Pommes de terre, avec ou sans OGM ?

Nous ne savons plus comment cultiver. En haut de page Planète, le groupe BSF veut cultiver une pomme de terre génétiquement modifiée*. En bas de page, le Pérou décrète un moratoire de dix ans sur la culture des OGM pour protéger ses 3000 variétés de pommes de terre ! Plutôt que nous lancer dans la controverse pro ou anti déjà bien fournie sur ce blog, quelques infos sur la patate tirées du livre de Saporta*** :

« Chacun d’entre nous consomme en France 30 kilos de pommes de terre fraîches, auxquels il faut ajouter les 25 kilos de frites surgelées et autres purées en flocons déshydratés. Les donneurs d’ordre des agriculteurs, les façonniers de la terre, ce sont désormais les industriels ; quand on croque dans une frite où que ce soit dans le monde, on a une  chance sur trois qu’il s’agisse d’une frite McCain. Le paysan n’est plus qu’un technicien, lourdement endetté, à la solde des industriels, avec lesquels il se doit d’être lié puisque ces derniers s’engagent à lui acheter une partie importante de sa récolte. Les petits agriculteurs disparaissent au profit de ceux qui sont capables de payer des appareils énormes et supporter des mises aux normes drastiques. Les pommes de terre sont contrôlées pour leur taille, leur couleur, leur matière sèche…

                Les consommateurs sont pris en otage par des circuits commerciaux qui écoulent toute l’année des pommes de terre conservées par le froid et chimiquement. Stockée durant une année dans des frigos dévoreurs d’énergie, la patate aura été aspergée de chlorprophame, un antigerminatif suspecté d’être cancérigène. Rappelons l’itinéraire d’une patate industrielle. Ses fleurs sont arrosées d’herbicide pour endurcir la peau de la patate afin de pouvoir la laver pour qu’au final elle se conserve moins bien qu’une patate pleine de terre. La pomme de terre primeur était une nécessité pour faire la jonction entre la récole d’août-septembre et celle de mars-avril. Or la production d’un leader de la primeur est passé de 125 000 tonnes en 1996 à 10 000 tonnes en 2010 !

Mais grâce aux techniques de conservation, les industriels iront demain planter leurs patates dans des pays où la main d’œuvre est moins chère… »

* LE MONDE du 8 novembre 2011, Fortuna, la pomme de terre OGM.

** LE MONDE du 8 novembre 2011, Le Pérou interdit les cultures transgéniques.

*** Comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement d’Isabelle Saporta (Fayard, 2011)

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2 réflexions sur “Pommes de terre, avec ou sans OGM ?”

  1. __qlture de la pomme de tr avec ou 100 patron, 100 patron pas d’ogm, 100 patron égalit de rev’nu pour tous avec ou 100 papier avec ou 100 « travail », ni fron1/3 ni frontex

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