Le mouvement écologiste est brisé par deux tendances contraires, la préservation de l’emploi à n’importe quel prix d’une part, et la préservation du niveau de vie d’autre part. Ainsi la politique d’allégement de la facture énergétique pour calmer la grogne des consommateurs. Ainsi va le système démocratique actuel, un populisme obligé puisqu’il faut bien être réélu. Les socio-démocrates font ainsi, les extrêmes droites ne font qu’en rajouter pour flatter le peuple. Arrivé au pouvoir en 2015, quelques jours avant la conclusion de l’accord de Paris sur le climat à l’issue de la Cop21, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait été l’un des plus ardents défenseurs d’une taxation écologique visant à freiner les émissions de gaz à effet de serre (GES) en modifiant le comportement des citoyens. Il a maintenant rejoint le camp des populistes !
Hélène Jouan : Le 26 octobre 2023, Justin Trudeau annonçait la suspension pour trois années de la taxe carbone sur le mazout. Le gouvernement conservateur de la Saskatchewan a annoncé le 1er janvier 2024 que les consommateurs de gaz naturel et d’électricité étaient désormais exemptés du paiement de la redevance fédérale sur le carbone. Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, mène campagne pour l’abolition pure et simple de la taxe carbone sous le slogan « Axe the tax » (« hachez la taxe »)… Ottawa continue de donner son accord à de nouveaux projets d’exploitation de combustibles fossiles.
Le point de vue des écologistes désabusés
skid : Toujours le dilemme entre court terme et long terme : choisir entre polluer maintenant pour payer moins cher (en détruisant la stabilité climatique) et payer plus cher pour préserver l’avenir… Choisir l’usage de fossiles bon marché est forcément perdant puisque les coûts d’un climat instable sont quasi infinis sur le long terme. Cette société riche accro à la consommation, à l’hyper-mobilité et aux fossiles (pour leurs prix dérisoires) vit sur le dos des générations futures. Nous avons créé un monde (et un système économique) où l’intérêt individuel de court terme passe bien avant l’intérêt collectif de long terme.
Tiouriret : Soyez optimiste, faites comme E. Musk et ses semblables. Achetez une navette spatiale pour votre famille afin de vous mettre à l’abri sur une autre planète en cas de problème sur terre. Il suffit de traverser la galaxie pour trouver du profit ailleurs.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
L’écologisme contre le populisme, qui va gagner ?
extraits : Le populisme et l’écologisme sont deux axes de la pensée humaine incompatibles, si ce n’est complètement opposés. Le mouvement des « Gilets jaunes » en est un exemple frappant : mieux vaut épuiser le pétrole qu’accepter l’augmentation du prix de l’essence ou une taxe carbone…
Sables bitumineux entre richesse et catastrophe (2023)
extraits : Ma liberté, mon fric, mon pétrole à moi ! Au Canada, la guerre est déclarée entre la riche province de l’Alberta et Ottawa. La première ministre albertaine Danielle Smith a fait adopter une loi sur la souveraineté de la province canadienne. Cet acte législatif accorde à l’Alberta le pouvoir d’ignorer « les lois fédérales et les initiatives jugées contraires aux intérêts de la province ». En jeu : la libre exploitation du pétrole local, alors que les autorités fédérales voudraient la restreindre pour des raisons environnementales.
Le traité commercial avec le Canada menace le climat (2016)
extraits : le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) – visant à faciliter les échanges économiques entre son pays et l’Europe. En l’état, cet accord va à contresens de nos engagements internationaux de limiter le réchauffement climatique. Il fait une grande place aux énergies fossiles et limite la capacité des Etats à prendre les mesures nécessaires à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. En s’appuyant sur les tribunaux d’arbitrage, le CETA permettra aux entreprises de porter plainte contre un Etat adoptant une politique publique contraire à ses intérêts privés.

Je ne comprends pas la première phrase.
Les tendances de certains écologistes à vouloir préserver l’emploi et le niveau de vie ne sont pas contraires, elles iraient plutôt ensemble
Elles sont par contre communément contraires à ce que devrait être le but d’un parti écologiste, à savoir préserver la nature, car la croissance économique (base des deux premiers objectifs cités) est fondamentalement contraire à la préservation de notre environnement, quoi qu’en pensent les bonnes âmes qu,i pour se donner bonne image prétendent qu’elles sont absolument conciliables.
Non elles ne le sont pas car le monde est de surface finie.
C’est vrai que cette première phrase suscite des réactions. Et c’est vrai aussi que ces deux tendances ne sont pas contraires, et qu’elles vont plutôt bien ensemble (sic).
Mais en ce qui me concerne, c’est le « à n’importe quel prix » qui me gène.
Pour commencer, au lieu de parler d’emplois, de pouvoir d’achat, de niveau de vie etc. je pense qu’il vaut mieux parler de… social. De justice sociale, d’équité etc.
Je vous renvoie donc au récent article de Biosphère (équité intergénérationnelle, la grande oubliée – 6 août 2026) qui, encore une fois, et à part moi… n’a pas inspiré grand monde.
Bref, ceci juste pour rappeler, et n’en déplaise à certains… que l’écologie (politique) ne peut être que sociale. Pour ne pas dire de gauche. (à suivre)
(suite) Et justement, qui donc, à part la gauche… disons une certaine gauche… peut imaginer, par exemple… qu’ON puisse payer des gens « à rien foutre » ? (sacrilège !!!)
Ou encore que l’éthiopien puisse très bien, comme moi, ne pas avoir envie d’une piscine individuelle. Autrement dit que le pauvre pêcheur mexicain puisse en avoir rien à foutre du mode de vie du businessman américain (voir la petite histoire bien connue). Que le mode vie et la qualité de vie sont deux choses différentes, etc. etc.
(=> décolonisation des imaginaires)
Pourtant les mouvements migratoires semblent bien indiquer que le pauvre pêcheur mexicain ou l’éthiopien ont bien envie du mode de vie Américain.
Pas du tout Monsieur Barthès et vous devriez pourtant le savoir. Que les raisons des migrations ne se limitent pas à des facteurs d’attraction. Ce n’est donc pas nécessairement le mode vie américain (ou européen) qui attire les migrants.
– Pourquoi migrer ? Les raisons derrière la migration (europarl.europa.eu)
Du moment qu’il peut faire la grasse matinée, pêcher un peu, jouer avec ses enfants, faire la sieste avec sa femme, le soir aller au village voir ses amis, boire du vin et jouer de la guitare (voir la petite histoire bien connue) … le pauvre pêcheur mexicain n’a nullement envie (ou besoin) de franchir le Mur pour aller vivre au pays de l’Oncle Sam. Et c’est pareil pour l’éthiopien :
– Comprendre la Migration éthiopienne : Perspectives Historiques et Orientations Actuelles (akem.org.tr)
D’autre part ON ne peut pas, d’un côté…. raconter que c’est un certain mode de vie qui le attire… et de l’autre leur reprocher de ne pas vouloir vivre comme les «braves gens» qui les «accueillent». Là encore un minimum de sérieux !