post-covid, décroissance et relocalisation !

Les modèles alternatifs à la société thermo-industrielle existe chez quelques théoriciens de l’effondrement, mais les partis politiques que se veulent « de pouvoir » n’ont pas leur manifeste déjà préparé pour indiquer le chemin à suivre. Le PS réunit autour de sa direction des intellectuels et chercheurs pour « imaginer avec d’autres ce qui arrive à notre société » ! EELV compte sur un Conseil programmatique pour savoir comment la tête leur tourne, mais cette instance n’est pas encore nommée. Voici quelques bribes de société post-croissance trouvé sur LE MONDE* :

La tentation planificatrice : « Soit c’est un virus de gauche et on réfléchit aux frontières, aux nationalisations et au plafonnement des prix. Soit c’est un virus de droite et on a le confinement, l’individualisme, les écrans…  Au Royaume-Uni, pendant la seconde guerre mondiale, ils ont établi un rationnement. L’espérance de vie est remontée et le taux de pauvreté a baissé. C’est le partage.  », estime François Ruffin. LFI (La France insoumise) propose un déconfinement planifié, des solutions pour éviter une « rechute ». Mais on s’immobilise sur les urgences présentes. Jean-Luc Mélenchon évoque la « planification », la nationalisation de Luxfer et Famar, deux usines qui produisent des bouteilles d’oxygène ou des médicaments ; il réclame que des industries textiles soient réquisitionnées pour produire des masques. Pour Thomas Porcher, il y a nécessité à « reprendre le contrôle de certains secteurs vitaux comme les médicaments et l’énergie et arrêter de les laisser fonctionner comme des entreprises privées ». Nous sommes loin d’un horizon politique exigeant de revitaliser un commissariat au plan qui puisse indiquer ce qu’il est nécessaire de fabriquer ou d’abandonner. Nous sommes très loin d’une planification écologique.

L’irruption de la décroissance : « Ce débat aura lieu après la crise, mais ce sera concret et pas théorique, prédit Delphine Batho. Par exemple, doit-on sauver toutes les banques et leurs actifs dans le charbon et le pétrole ? Doit-on sauver toutes les compagnies aériennes ? » Ségolène Royal, pour une fois pas tellement autocentrée : « L’environnement a du souci à se faire avec la relance à tous crins portée par le gouvernement. On voit déjà qu’ils espèrent que cela reparte comme avant : regardez les déclarations d’Air France sur la nécessité de remettre en cause certaines normes sur le kérosène ou sur les taxes sur les billets d’avion. » Charbon, pétrole, avions, voitures individuelles, tout cela n’a aucun avenir et il faudrait le dire clairement, parler de décarbonisation de l’économie, dévoiturage,  honte de prendre l’avion (‘flygskam’)…

L’imparable relocalisation : La critique de la mondialisation est remise au goût du jour, relocalisation des productions au plus proche des besoins. « Il faut se poser la question : on relocalise pour quoi faire ? », précise Aurélie Trouvé, qui prône une relocalisation « écologique et sociale », avec l’aide d’une taxe kilométrique qui met en lumière les distances, et pas les frontières. Pourquoi éviter de parler de taxe carbone, pourquoi éviter de dire qu’il faudra bien un jour instituer une carte carbone ? En période de confinement, nous apprenons à faire nos course au plus près du domicile, les circuits courts sont recherchés, changer de comportement est facile quand on y est obligé.

Adrien sur lemonde.fr : Tout ceci est remplis de sophismes qui profitent de l’angoisse de certains et surtout de tous les biais de raisonnement possible et imaginable pour vendre une soupe frelatée et des solutions qui ont montré leur inefficacité.

Albane Delipovać @ Adrien : Sauf que des millions de personnes vont mourir. Peut être que vous, vous vous en sortirez bien en étant propriétaire de votre logement et en télé-travaillant, avec un accès à l’hôpital public gratuit. La France passera la vague grâce à une dette assise sur ces actifs. Mais quid des autres pays, pris dans le piège de la mondialisation ? Que l’on a invité à importer nourriture et médicament au nom du sacro-saint « avantage comparatif » ? Quid des millions de travailleurs journaliers indiens ? Des paysans pauvres du monde entier qui dépendent des engrais issus de la pétrochimie pour vivre ?

Friday : Comme je le lisais récemment, « tous ces gens qui vous parlent de bâtir « l’après » et qui sont absolument incapables de changer une roue de bicyclette du présent ça laisse rêveur en matière de grand soir et de lendemain qui chantent. » Rien à ajouter…

Albane Delipovać : Moi ce qui m’effraye, c’est l’impréparation de notre société, la vulnérabilité du système mondialisé, et l’explosion des inégalités face à la crise. Combien de millions de gens dans le monde vont mourir du covid, puis de faim, puis des conflits ?

* https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/03/effondrement-decroissance-relocalisation-comment-la-gauche-pense-l-apres-coronavirus_6035379_823448.html

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3 réflexions sur “post-covid, décroissance et relocalisation !”

  1. Gilles Lacan

    Décroissance, relocalisation, oui, bien sûr, mais aucun parti politique français ne se réclame de la décroissance et, jusqu’à la présente épidémie, les partis de gouvernement ne voulaient pas entendre parler de relocalisation, le terme étant timidement revendiqué par les partis populistes anti-européens, LFI et surtout RN, les Verts se trouvant quant à eux à la fois pro-relocalisation et pro-Europe…

    La question n’est pas tant de décrire la société dont on rêve, pour « l’après », mais de dire ce qu’il faut faire ici et maintenant, et d’abord par le gouvernement français (compte tenu de notre faible capacité à influer sur les autres gouvernements), pour y arriver dans le monde tel qu’il est.

    Les mesures doivent être : garder un Etat fort pour assurer le maintien des fonctions essentielles de la collectivité (sécurité, état de droit, santé publique, régulation économique, recherche), rompre avec la mondialisation et l’Europe, protéger notre économie tournée vers la satisfaction des besoins de base et non vers la compétitivité, donc avec protectionnisme et droits de douane, réduire notre consommation, réduire les transferts sociaux et les services publics, taxer l’énergie et les transports, réduire notre population par l’arrêt des politiques natalistes et de l’immigration.

    1. @ Gilles Lacan
      -«aucun parti politique français ne se réclame de la décroissance».
      Ben si, il y a déjà le PPLD. D’ailleurs chacun peut voir les scores «formidables» que ce parti politique affiche lorsqu’il participe à la Farce électorale.

      – «La question n’est pas tant de décrire la société dont on rêve, pour «l’après», mais de dire ce qu’il faut faire ici et maintenant, et d’abord par le gouvernement français […]»
      Oh, mais si ce n’est que ça, je vous rassure. Notre gouvernement y travaille, lui aussi. Et il avance. Et de la même manière que nos dirigeants (avec ou sans «») nous font confiance, pour ça nous pouvons nous aussi leur faire confiance. Surtout ceux-là. Déjà, de nos yaca-faucon ils sauront s’en arranger, comme d’habitude.
      En attendant, François Ruffin nous dit : «Soit c’est un virus de gauche et […] Soit c’est un virus de droite et […]»
      Seulement imaginons que ce soit un virus du centre, pire… un virus ni-ni. Donc là encore la prudence s’impose, nous ne devons pas aller trop vite, sinon nous courrons à la catastrophe. 😉

  2. Cet article est dans la continuité de celui d’il y a quelques jours : «1929-2020, stratégies écolos en temps de crise». Pas besoin de dire qu’on n’a pas bougé d’un poil depuis. Ni de redire qu’on n’a pas bougé davantage depuis tant de décennies, depuis le temps que tous ces théoriciens en tous genres nous parlent d’impasse, d’entropie, d’effondrement, de «meilleur des mondes» etc.
    Ou alors si justement ! Autant le dire, ou le redire. Puisque rabâcher, ressasser, radoter, ça fait toujours passer le temps, en attendant. Puisque tout mouvement est relatif, puisqu’il s’agit là encore d’une banale affaire de point de vue, on peut très bien dire aussi qu’on avance. Et/ou qu’on y travaille jour et nuit et blablabla.
    Tenez par exemple, la recherche, elle avance. C’est ainsi que le vaccin ne saurait tarder. Si la recherche avance, par conséquent nos connaissances aussi. On fait donc des progrès. Tenez par exemple, dans quelques jours il sera démontré une fois pour toute que l’eau, elle mouille. Désormais ce point ne fera plus débat, on pourra alors arrêter de blablater pour rien, on aura alors le temps pour avancer un peu plus loin. Ainsi par exemple on pourra prouver, et cette fois dans les règles de l’art, et pas à l’arrache sur un coin de paillasse, que la potion magique du Marseillais n’a rien d’efficace.
    Pour ce problème qui aujourd’hui nous occupe ici, eh ben c’est pareil. Comme le dit Janco (encore un exemple), Janco dans ses longs exposés, dans ses interminables radotages, «il n’existe aucun plan sur la table.» Eh oui, il n’existe que des brouillons, des épures, des ébauches, faites là aussi sur des coins de paillasses.
    Mais rassurez-vous braves gens, on va mettre tout ça au propre, on va vous le faire ce monde de demain. On y travaille. La droite, la gauche, le centre, les ni-ni, même les déboussolés y travaillent, tout le monde y travaille.
    On avance, on avance, Janco avance, François Ruffin aussi, et Mélenchon bien sûr. Et Thomas, et Delphine, Ségo, Aurélie… Félicie aussi ! Oui mais, quand j’avance tu recules, comment veux tu, comment veux tu, et Jean Passe bien sûr.
    Et moi, et moi, et moi… avec ma vie, mon petit chez-moi, mon mal de tête, mon point au foie et caetera et patati et patata, j’y pense et puis j’oublie. C’est la vie, c’est la vie 🙂

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