Pour défendre les intérêt de la biosphère

Ce blog a été créé en 2005 à l’initiative d’une association loi 1901 « Biosphere » déclarée en préfecture en septembre 2004. Son objet statutaire est de défendre les intérêt de la biosphère. A cette époque, on avait déjà le diagnostic, mais pas la solution. En février 2005, selon l’Union mondiale pour la nature, « 12 à 52 % des espèces actuelles seraient menacées. On peut déjà penser à une sixième extinction (la précédente a vu la disparition des dinosaures il y a 85 millions d’années) et cette fois l’activité humaine en est presque le seul et unique responsable ». Mais aucune institution, à part notre minuscule et insignifiante association, ne prenait le problème à cœur, devenir la nature qui se défend par notre intermédiaire.

Les choses changent. La compagnie britannique de produits de beauté Faith in Nature a récemment nommé un administrateur pour représenter la Nature à son conseil d’administration. L’entreprise ferait de son mieux pour « avoir un impact positif sur la nature dans son ensemble ». Alexandra Pimor, proxy pour la voix de la Nature : « C’est un véritable privilège d’être une des premières personnes humaines à représenter la voix de la Nature au sein d’une entreprise. » 

Simeon Rose, directeur de création de la société : « Tout ce que nous faisons a un impact sur le monde naturel, mais la seule voix qui n’a jamais été entendue dans les conseils d’administration est celle de la nature elle-même. Donner à la nature un droit de vote et une voix au sein d’une structure d’entreprise, c’est reconnaître les droits de la nature et faire un grand pas vers le rééquilibrage des relations entre les entreprises et le monde naturel. Mais cela ne devient vraiment puissant que lorsque de très nombreuses entreprises font comme nous. »

Le point de vue des écologistes

La politique, l’art de savoir vivre en communauté, repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante propagent dans la presse, croissance économique, libre échange, innovation technologique, progrès social… On ne s’intéresse pas aux « acteurs absents », une expression que nous essayons de populariser sur ce blog depuis 2005.

Acteur absent, élément-clé d’une démocratie écologique

Acteur absent (ou tiers absent), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

En 2007, nos écrivions sur ce blog : « Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote à 18 ans si on pouvait inclure dans la participation électorale les générations futures. De plus il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération, sans élargir sa pensée dans l’espace et dans le temps ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions. »

Nous avons même réussi à faire publier par LE MONDE cette notion le 1er octobre 2021 :

Penser l’avenir au nom des acteurs absents

Conclusion : Nous avons tous un système de pensée qui nous incite à devenir personnellement le représentant de causes les plus diverses, notre propre intérêt, les intérêts de « notre » entreprise, les intérêts des Français, les intérêts des peuples indigènes, les intérêts des grands singes, les intérêts de la Terre-Mère. Un avocat représente un client, absent ou non. Un député vote au nom d’un pays, entité abstraite. Des chefs d’État réunis pour traiter du réchauffement climatique ou de l’extinction des espèces ont pour rôle de penser à la place des générations futures et des non-humains. Il nous reste à nous exprimer le plus souvent possible  au nom des acteurs absents.

Ce n’est pas parce que ce blog n’attire qu’une audience marginale qu’il ne s’occupe pas de présenter des éléments de langage pour le XXIe siècle… qui sera écologique et /ou la proie de conflits trop humains, inhumains.

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4 réflexions sur “Pour défendre les intérêt de la biosphère”

  1. Eva Joly et Lucas Surel dans LE MONDE du 29 novembre 2022 : Au début des années 1970, le juriste Christopher D. Stone a imaginer la notion de droits des entités naturelles Qu’on finisse par l’intégrer dans notre corpus juridique ou qu’on lui préfère d’autres approches, telles que celle des biens communs, c’est indubitablement à un réexamen collectif des valeurs que nous attribuons à ce qui compose le monde, de leur hiérarchie, de leurs fins et de leur mode de gestion que nous devons procéder.
    Quitte à décréter que telle ou telle entité, que ce soit au nom de son droit propre ou de son usage, ne soit décidément pas une entité pouvant être appropriée autrement qu’ensemble et par toutes et tous. Il s’agit de réinterroger la « propriétabilité », soit le fait de pouvoir être réduit à l’état de propriété, de toutes choses.

  2. – « Ce blog a été créé en 2005 à l’initiative d’une association loi 1901 « Biosphere » déclarée en préfecture en septembre 2004. Son objet statutaire est de défendre les intérêt de la biosphère. A cette époque, on avait déjà le diagnostic, mais pas la solution. »

    Eh oui, 18 ans déjà … que Biopshere s’est faite l’avocate des «acteurs absents», des «sans-voix»… 18 ans qu’Elle défend les intérêts de tous les animaux, rats inclus, des arbres et des fleurs, des laitues et des cailloux, des montagnes, des ruisseaux, des océans et j’en passe.
    Eh oui, 18 ans c’est un bel âge … pour les jeunes filles surtout. Remarque, quand on sait qu’un site internet a une durée de vie de 3 à 5 ans… on peut dire que Biosphère aura bien vécue.
    C’est probablement parce que la vieille mémère aura toujours su faire preuve de modération, et qu’elle aura toujours fait en sorte de ne pas être surpeuplée. 🙂

      1. Eh ben tant mieux ! Et si en plus il vous a fait rire, de notre côté NOUS en sommes doublement ravis. Ah l’humour… celui de Michel C, celui du Parti d’en Rire… ET celui de Misère misère !
        Comme disait je ne sais plus qui, l’humour est la politesse du désespoir.
        Puisque vous aimez rigoler, et qu’il NOUS reste encore 3 cartouches, ce serait bête de ne pas en profiter. Vu que du notre c’est réglé, il faudra quand même qu’un jour vous présentiez tous les membres de votre bande à votre fan-club.

        Modération @ Michel C
        Comme nous vous l’avons expliqué antérieurement, nous supprimons les commentaires qui n’ont pas trait à l’article commenté, ici les propos de Michel Sourrouille

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