Un dictateur est forcément sanguinaire. Il devient omnipotent suite à une longue série de cadavres, il se maintient au pouvoir de la même façon. Il n’hésite pas, ses mensonges deviennent la vérité, par définition il a toujours raison.
Dans son monologue devant un public choisi par lui le 19 décembre 2025, le chef du Kremlin a reporté sur Kiev la responsabilité de la guerre en Ukraine, une invasion déclenchée par lui-même en février 2022. Contre toute évidence, Poutine assène sans risquer d’être contredit : « Nous ne nous considérons pas responsables de la mort des gens, parce que nous n’avons pas commencé cette guerre ». A aucun moment il n’a été interrogé sur les détails des négociations en cours, il a seulement expliqué que son « opération militaire spéciale », qui entrera bientôt dans sa cinquième année, s’inscrit dans un temps plus long encore. De ces longues tirades présidentielles sans contradiction possible, les téléspectateurs russes doivent sortir convaincus : ce n’est pas la Russie qui est en guerre contre l’Occident, mais l’Occident qui est en guerre contre la Russie.
Voyons maintenant le prix de la guerre pour les Russes.
Des soldats meurent par milliers pour Poutine
En près de trois ans, du 12 novembre 2022 au 17 août 2025, la Russie n’a conquis au total que 5 842 kilomètres carrés supplémentaires, soit moins de 0,97 % du territoire ukrainien. Alors que le conflit s’enlise, les pertes, elles, s’accumulent. Au total, 250 000 soldats russes sont morts en Ukraine, pour un total de plus de 950 000 victimes. Pour compenser ses pertes, l’armée russe s’efforce de recruter toujours plus, à la fois en Russie et à l’étranger, sans déclarer pour autant une mobilisation générale, susceptible de semer la panique. Poutine a signé une loi qui, à partir du 1er janvier 2026, permettra la conscription tout le long de l’année, et non plus lors des campagnes de printemps et d’automne. Un oukase du Kremlin oblige par ailleurs tout ressortissant étranger demandant un permis de séjour à signer un contrat avec les forces armées. Quant aux règles pour mobiliser, elles ont été assouplies, permettant même désormais l’envoi forcé au front de malades recrutés dans les hôpitaux psychiatriques. L’envoi forcé au front depuis les prisons s’intensifie lui aussi. Il ne vise plus seulement les condamnés, mais aussi les simples prévenus.
Moscou n’hésite pas non plus à enrôler des mercenaires étrangers. Selon une enquête publiée en avril par le média russe indépendant Important Stories, plus de 1 500 hommes de 48 pays sont passés par le centre de recrutement de Moscou entre avril 2023 et mai 2024.
La fin de la guerre laissera un pays meurtri
Les Revenants, film russe fait par des Russes pour être regardé par des Russes. Ce documentaire est un précieux témoignage sur l’état des troupes. Dix-huit hommes ont accepté de parler, à visage découvert. C’est un film antiguerre, car il contraste avec les récits héroïques de la propagande poutinienne. Il raconte la réalité. Ces hommes disent crûment le cauchemar de la guerre. Tous en sont revenus cassés psychologiquement, incapables de retrouver une vie normale. Quand ce retour des troupes sera massif, il posera un vrai problème pour la Russie d’après-guerre. Tous sauf deux (sur 18) disent vouloir la paix, et sont prêts à cesser de combattre . Quelques témoignages :
« C’est comme si on provoquait un chien pour qu’il vous morde, puis on dit que le chien est coupable »
« On peut quitter la guerre, on peut y revenir, mais comment la guerre peut-elle quitter un homme ? »
Au front, les corps déchirés, mutilés, la chair, ce « hachoir » où « la mort devient ordinaire », où « on dort parfois sur des cadavres parce qu’il n’y a pas d’autre endroit », où « il y a pire que la vue de la mort : son odeur ».
« Quand les pertes sont devenues énormes, ils nous ont envoyé des listes de primes pour nous motiver : détruire un char : 150 000 roubles [soit environ 1 500 euros] ; un véhicule blindé… »
« Il y avait aussi des patriotes. Ils disaient : “Je veux juste une médaille. Pour la montrer à mes petits-enfants.” »
« Les Ukrainiens… nos frères. On veut les aider. Volodymyr Zelensky, lui, propage le fascisme. »
La réalité du retour contraste avec ce qu’annonce la propagande. « Il y aura des problèmes. Divorces, alcool, bagarres… et la patrie ne sait pas quoi faire avec nous »
« Bien sûr, les objectifs ne sont pas atteints. Mais les gars sont fatigués de cette guerre. Tout le monde veut la paix »
« Je suis très critique envers le régime et le pouvoir chez nous. Il faut faire le tri : qui est coupable, qui doit être puni, soutenu ou écarté. »
Le point de vue des écologistes pacifistes
La seule question qui vaille : « Qui pour succéder à Poutine ? »
Le problème du dictateur, c’est qu’il est mortel. Hitler est mort, Staline est mort, Franco est mort, Mao est mort, Pinochet est mort, Poutine mourra. La guerre de succession n’est rien par rapport aux désastres provoqué par un dictateur vivant.
Or un dictateur n’est au pouvoir que parce qu’il provoque la soumission volontaire. Étienne de La Boétie écrivait en 1576 : « Comment il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire. Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, sinon qu’il a plus que vous tous : c’est l’avantage que vous lui faites pour vous détruire… »
En clair, mourir pour Poutine n’existe que parce qu’on veut bien mourir pour Poutine. Si un apprenti dictateur savait que n’importe qui dans son entourage pourrait le tuer s’il voulait faire mourir les autres à sa place, il n’y aurait plus de dictatures.

Des Poutine un peu partout ! Nous vivons dans un monde incapable de faire la paix. Le Conseil de sécurité créé après la seconde guerre mondiale est un organisme devenu inutile. Certains membres permanents sont en désaccord sur chaque dossier alors que les crises se multiplient.
Au cours de la décennie écoulée, le nombre de déplacés a presque doublé pour atteindre aujourd’hui 117 millions de personnes. Il y a eu des coups d’Etat et des offensives de groupes terroristes, une guerre civile au Tigré, en Éthiopie, une guerre civile au Myanmar qui a provoqué la fuite au Bangladesh d’un million de Rohingyas, le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan en 2021, des crises qui ont perduré comme au Congo, l’implosion du Venezuela et bien sûr l’atrocité de la guerre à Gaza. Au Soudan, une douzaine de millions de déplacés internes et de réfugiés. Les cinq millions de réfugiés ukrainiens ont aussi rappelé en 2022 à l’Europe qu’elle n’était pas immunisée.
L’abbé Pierre était un personnage mythique, avec le risque de se croire hors du monde commun et de ses lois élémentaires, morales comme légales….
Le tsar Poutine est un personnage mythique qui se croit hors du monde commun et de ses lois élémentaires, morales comme légales…
Le nombre de morts qu’ont provoqué l’un et l’autre est toutefois sans commune mesure, de 0 à plusieurs millions.
Qu’en savez-vous, Monsieur Barthès, si ce pauvre curé… que j’ai moi aussi longtemps pris pour un saint… en a vraiment zéro au compteur ? Oseriez-vous nier les dégâts que ce genre de crime peut causer ? Maintenant je suis d’accord, c’est comme pour tout, et n’importe quoi, il y a salaud ET salaud. Des petits, des gros, des jeunes, des vieux etc. Et le votre l’est juste un million de fois moins que celui du Kremlin.
Il avait raison la Boétie
Combien de morts parce que les peuples ont obéi aux dictateurs ?
C’est bien Poutine qui a raison. Cette guerre a été bien voulue et provoquée par les démocrates américains avec à leur tête un Biden qui lui ne l’avait plus beaucoup. Il suffit de reprendre à la chronologie des faits pour s’en convaincre. Ensuite c’est tout aussi vrai que c’est Zelensky et ses acolytes européens qui font obstacle à l’accord de paix alors qu’ils n’ont pas les moyens de poursuivre une guerre qui n’est pas la leur. L’argument de la défense de « nos » valeurs face la barbarie d’un dictateur ne convainc que les crédules et/ou les ignorants. Poutine n’est pas plus dictateur que le furent de Gaulle et Churchill. En revanche Zelensky ?
J’avoue, je suis un spécialiste de la désinformation, cf mon commentaire ci-dessus sur lemonde.fr…
Un article complètement à charge indigne d’un journaliste dont le travail consiste à contextualiser. Certes,Poutine à dégainé d’ abord dans cette guerre mais qui a tout fait pour créer une ambiance de provocation pour pousser les troupes russes à intervenir : provocations du Maidam, projet d’ extension de l’ Otan, développement de bases militaires ceinturon la Russie, une guerre depuis 2014 au Dombas menée essentiellement grâce à des régiments d’ extrême droite ( Azov), brimades vis-à-vis des populations russophones devenues de second rang, non-respect des accords de Minsk etc )
Je suis, je suis… un spécialiste de la désinformation, cf mon commentaire ci-dessus sur lemonde.fr…
La guerre c’est la paix, l’ignorance c’est la force, le mensonge devient la vérité.
Ce n’est pas Poutine qui a commencé, Poutine il est gentil.