Projet de loi pour le climat, le recul

Le texte de 65 articles, destiné à accélérer la transition écologique de la France, marque un recul par rapport aux mesures des 150 conventionnels. Par exemple le projet de loi ne reprend pas l’obligation de rénovation globale de l’ensemble des logements dès 2024 alors qu’il s’agit de l’une des mesures les plus efficaces pour réduire les émissions. Sur l’encadrement de la publicité, les membres de la convention sont loin d’avoir eu gain de cause. L’interdiction de la réclame pour les produits polluants, comme les SUV, ne figure pas dans le projet de loi ; sur les douze mesures sur la régulation de la publicité de la convention, seule une est présente dans le texte gouvernemental, quatre ont été modifiées et fortement assouplies et sept sont portées disparues. Concernant l’alimentation, la convention citoyenne souhaitait que l’ensemble de la restauration collective publique propose, dès janvier 2022, un choix végétarien quotidien. Le projet gouvernemental troque l’obligation par une expérimentation de deux ans sur la base du volontariat. Etc, etc. Sauf quelques scories, les commentaires sur le monde.fr se rejoignent, Macron n’est pas l’écolo qu’il affirme être :

Jac2006 : Attendre des mesures efficaces pour l’environnement et le climat de la part de ce gouvernement, c’est comme espérer des mesures de désarmement de la part de militaires. Un gouvernement aux aguets, qui navigue à vue avec pour seule boussole les élections à venir et des grosses doses de démagogie.

Thibaut : Au final, ce texte répond parfaitement à la définition du « greenwashing » : l’application d’un mince vernis teinté de vert sur un modèle fondamentalement inchangé. Rappelons qu’il faut diviser les émissions de CO2 par 4 au moins… Bon, il est vrai qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché son idéologie productiviste. Si les Français veulent changer de logiciel, ils devront changer de président.

Brutus : Sérieusement, interdire la publicité pour les SUV ? La prochaine étape, c’était interdire la publicité pour les voyages, la viande, les sacs en cuir ?

Artemis purple : Ben oui Brutus, la masse n’ayant pas l’esprit critique nécessaire, interdire la publicité pour les produits et services les plus néfastes est la base. Comme pour le tabac et l’alcool. Feuilletez donc un magasine des années 70/80, vous verrez que les choses peuvent changer.

Sormiou : Étonnante présentation négative du Monde qui déplore “un recul par rapport aux propositions de la commission” (dont on sait au passage qu’elles n’étaient ni chiffrées ni financées), alors que l’important est ces décisions vont dans le bon sens et auront un impact positif sur l’environnement. C’est donc une “avancée” et non pas un quelconque “recul”. Un peu moins de négativisme à la française ne serait pas superflu ?

Gustave Antoine : Mais non, Sormiou, c’est bien un recul, y compris par rapport à des sujets déjà « arbitrés » depuis des années mais jamais mis en œuvre : par exemple, – la rénovation thermique globale des logements, cela fait 25 ans que c’est sur la table et arbitré ; ou encore « les considérations environnementales « dans le code de la commande publique : cela fait 20 ans qu’il y a déjà des éléments, autrement plus contraignants sur le sujet que de simple « considérations » , dans le code de la commande publique ; ou encore « limiter l’artificialisation des sols » : cela fait 20 ans que l’on a décidé non pas de limiter mais de supprimer toute « artificialisation nette » des sols, c’est-à-dire qu’en cas de nouvelle artificialisation, on compense par une retour à la nature de sols déjà artificialisés, etc, etc…

Noleb : Je constate par ailleurs que tout est reporté au moins à 2023. Comme c’est une coïncidence étrange que les élections présidentielles aient lieu en 2022 !

le sceptique : A la taxe carbone universelle, on a préféré le mal français : un tas de normes sur des détails qui vont impliquer une bureaucratie de contrôle, des procédures, des contentieux, des protestations sur les effets imprévus, etc. Macron et son équipe n’ont pas diagnostiqué le mal français, ils l’aggravent dans la verticalité jacobine, le dirigisme centralisé et les gadgets de communication.

Untel : Comme d’habitude, les écolos chouinent parce que ce n’est pas assez, et ils pleureront ensuite parce que les promesses n’ont pas été tenues. Se souvenir de la COP21. Elle ne les satisfaisait pas du tout. Ils ont été exaucés : elle n’a pas été appliquée.

Michel SOURROUILLE : Untel, ce n’est pas des écologistes dont il faut parler, ce sont les générations futures qui maudiront les négationnistes persifleurs sur une planète transformée en fournaise. Que ce soit les conférences sur le climat ou toutes les tentatives illusoires d’écoblanchiment, ce n’est jamais assez par rapport aux mesures à prendre dans une situation dont tous les études scientifiques montrent que nous allons au désastre.

Héraclès : Que ceux qui se plaignent du manque d’ambition du gouvernement se rassurent, la réalité et la nécessité de plus d’écologie rattrapera tous les gouvernements de la planète , c’est exactement comme la Covid-19, ça force tout le monde à faire des efforts. Quant aux pro-nucléaire qui envahissent dès qu’ils le peuvent le moindre forum, si l’avenir s’appelait Tchernobyl, Fukushima ou Three Miles Island, ça se saurait ! La sobriété énergétique est un bon début.

docteur Maboul : Héraclès, vous n’êtes pas sympa avec le commun des mortels. Déjà que c’est difficile pour eux de pédaler jusqu’à la boulangerie la plus proche. Alors imaginez quand ils auront besoin de mouvoir leurs petites jambes pour allumer une ampoule.

Adrienne : Cette Convention citoyenne s’est discréditée en évitant de parler du risque majeur que constitue la natalité. En versant une allocation familiale dès le premier enfant sans l’augmenter pour un second et en la supprimant totalement en cas de 3ème, on réduirait non seulement la natalité, les inégalités femme-homme et la pauvreté en France mais aussi l’attractivité du pays pour les militants des politiques natalistes de conquête.

TO : La mesure la plus utile serait d’inciter les gens à faire moins d’enfants, que ce soit en France ou à l’étranger.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

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16 réflexions sur “Projet de loi pour le climat, le recul”

  1. Brutus demande s’il est sérieux d’interdire la publicité pour les SUV. Il craint que la prochaine étape soit l’interdiction de la publicité pour les voyages, la viande et les sacs en cuir. Déjà je me demande si Brutus est sérieux.
    Dans sa réponse Artemis purple laisse entendre que les choses peuvent changer. Non pas que la masse acquière l’esprit critique nécessaire pour faire face à la publicité (en effet ce serait trop demander), mais que nos responsables (avec ou sans «») consentent à interdire certaines pubs, comme ils l’ont fait par le passé pour le tabac et l’alcool.

    1. Certes en France les pubs pour le tabac et l’alcool on disparues du paysage. Mais sommes-nous plus avancés pour autant ? Dans de nombreux pays cette pub est règlementée mais on ne peut pas dire qu’elle ait totalement disparue. La pub est insidieuse, elle se déguise de diverses façons et d’une manière générale il reste très difficile d’y résister. D’autre part si on compare un magasine des années 70/80 à un magasine d’aujourd’hui on voit clairement que la pub est loin de régresser. Et toute celle aux bords des routes etc. Au contraire toujours plus. Regardons ces budgets honteux !

      Quand comprendra t-on que les pubs pour les SUV, fussent-ils hybrides ou électriques, les pubs pour les voyages, de luxe ou à bas coûts, etc. etc. sont aussi scandaleuses et toxiques que les pubs pour telle ou telle drogue ?

      1. Proposition ...

        Peut-être comprendrons nous le jour où toutes les bagnoles arboreront le même type de message que nous lisons aujourd’hui sur les paquets de clopes.
        ROULER EN BAGNOLE ÇA TUE, ÇA PUE, ÇA POLLUE ET ÇA REND CON !

  2. Je pense que le problème de la France d’aujourd’hui (sans oublier le reste du monde) se résume dans ces deux commentaires :
    – Jac2006 : «Attendre des mesures efficaces pour l’environnement et le climat de la part de ce gouvernement, c’est comme espérer des mesures de désarmement de la part de militaires. »
    – Thibaut : « il est vrai qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché son idéologie productiviste. Si les Français veulent changer de logiciel, ils devront changer de président. »

    Demandons-nous ce qu’un autre gouvernement (avec qui et comment) ferait de plus et de mieux. Demandons-nous si les Français veulent changer logiciel, en finir du productivisme.
    Je pense que s’ils le voulaient réellement ils auraient déjà un autre type de président. Disons un autre type de chef. Un vrai. Or les Français (pas qu’eux d’ailleurs) veulent une chose et son contraire, les deux et en même temps. Les voilà donc bien servis, mais pas plus avancés.

  3. Collectiviser le régime végétarien dans la restauration tant privé que publique, c’est une idiotie sans nom. 1- L’homme est omnivore point, c’est une réalité incontournable. 2- Le régime végétarien n’est pas extensible à l’ensemble de l’humanité parce que ça implique la monoculture qui ravage les terres, il n’y a même plus un seul ver de terre dans les terrains produisant par la monoculture. 3- Un régime végétarien est très polluant car il implique le transbordement de tous les aliments se substituant à la la viande par trafic maritime et routier. C’est impossible d’être végétalien tout en étant résiliant sur le plan alimentaire et en restant en bonne santé. Les végétariens importent des fruits et légumes des 4 coins de la planète pour trouver des substituts à la viande, et vont même jusqu’à prendre des compléments alimentaires à la pharmacie.

    1. D’ailleurs, une personne qui veut devenir végétarien consulte souvent des médecins, des associations et des nutritionnistes pour apprendre à gérer leur alimentation, car ce n’est pas simple de devenir végétarien et c’est tout sauf simple d’être végétarien.

      En outre, beaucoup se prétendent végétariens alors qu’ils ne le sont pas dans les faits ! J’avais déjà donné ici l’exemple d’une amie, mais bon hier encore j’ai vu une vidéo sur youtube « Je me suis forcé à être végétarien pendant 2 ans et j’ai arrêté » Bref ce brave gars végétarien a peut être arrêté de manger de la viande mais il mangeait du poisson. D’ailleurs dans les commentaires beaucoup de prétendus végétariens avouent manger du poisson comme substitut.

      1. OR, des enquêtes scientifiques ont pourtant appris que si tous les terriens mangeaient du poisson 2 fois par semaine alors les océans seraient vidés et qu’en l’occurrence c’était une mauvaise idée des écologistes de préconiser une telle idée !

        BREF, beaucoup de gens ont mal compris ce que c’est vraiment de devenir végétarien ! Beaucoup pensent qu’il s’agit de seulement renoncer à la viande mais ne savent pas qu’un vrai régime végétarien implique aussi de renoncer au poisson et crustacés ! En résumé, ils ne sont pas végétariens comme ils l’affirment mais flexitariens !

        Aussi dans des enquêtes, il s’est avéré aussi que beaucoup de végétariens continuaient malgré tout à manger du poulet, car ça serait la viande la plus difficile à renoncer, autrement dit ça serait la seule viande qu’ils préserveraient finalement dans leur régime alimentaire.

        1. Personnellement je n’en mange pas à tous les repas, ni tous les jours. Je sais que toutes les productions de viande n’ont pas le même impact écologique, la pire étant certainement la viande dite rouge, notamment celle qui est produite intensivement et que nous importons.
          Au lieu de croire et raconter que tout le monde peut et doit devenir végétarien, ou à l’inverse que c’est impossible et que ce n’est pas bon etc. et entrer ainsi dans ces faux débats où s’affrontent «viandards » et végés… nous devrions tout simplement accepter le fait que nous mangeons TROP de viande. Et donc admettre qu’il est impératif de réduire cette consommation.

          1. Manger trop de viande je suis d’accord, mais promouvoir les régimes végétariens est une imbécilité sans nom !

            Preuve mathématique, alors déjà pour vacciner 67 millions de français c’est la galère, pourtant un vaccin prend 30 secondes montre en main à un médecin généraliste pour l’exécuter. Pourtant il n’y a pas assez de médecins pour vacciner 67 millions de français.

            Selon France Info article « Ou en est la vaccination en Alleamagne…etc… je cite « L’Allemagne vaccine en moyenne 35 000 personnes par jour du lundi au dimanche » et encore en mobilisant l’armée et les aides-soignants !!! Tant qu’ils parviennent à vacciner les 81 millions d’habitants…. ET encore, il va falloir que ces 81 millions d’habitants se fassent vacciner une seconde fois puisque le vaccin implique 2 doses à quelques mois d’intervalle.

          2. Alors quel rapport entre vaccin et régime végétarien ? Ben le TEMPS et les effectifs humains !

            Ben oui, devenir végétarien ne se fait pas du jour au lendemain juste en renonçant à la viande. Il faut consulter pendant plusieurs heures de consultations des médecins et des nutritionnistes. Et je ne parle pas des prises de sang pour surveiller et régler le régime alimentaire végétarien. Y aura-t-il assez de médecins et nutritionnistes pour prendre en charge 67 millions de français pour qu’ils apprennent leur nouveau régime alimentaire ? Déjà, même lorsque les français doivent consulter les diététiciens pour des pathologies graves ils manquent souvent leur rendez-vous ou n’en prennent pas ! Alors pensez vous qu’ils vont allez les consulter pour devenir végétarien ? Y aura-t-il assez de laboratoire pour les prises de sang ?

          3. Enfin, tout ce personnel médical déjà manquant pour des problèmes de santé grave, n’ont ils pas mieux à faire que de produire des consultations pour apprendre à devenir végétarien ?

            Tout ça est absolument grotesque et irréaliste, jamais la population mondiale ne deviendra végétarienne pour sauver le climat, c’est une perte de temps !

            Manger moins de viande oui, et c’est ce qu’il y a de plus simple à mettre en œuvre, mais renoncer à la viande non, ce matraquage médiatique pour ce régime alimentaire est absurde à tous les niveaux.

          4. Ne te disperse pas. On parle là de cette proposition concernant l’alimentation dans l’ensemble de la restauration collective publique. Non ce n’est pas une imbécilité.
            Proposer des menus végétariens, c’est juste donner à des «viandards» l’occasion de découvrir autre chose que le sempiternel steak-frites. Et puis c’est donner au consommateur une autre alternative que le steak, le poulet ou le poisson. Réfléchis un peu. En entrée, t’as a bien le choix entre salade OU charcuterie … pour le dessert, t’as le choix entre fromage OU compote… alors pourquoi pas pour le plat du jour ?

      2. – « ce n’est pas simple de devenir végétarien  »
        C’est ce que je pense, c’est compliqué. Notamment pour quelqu’un comme moi qui même s’il ne mange pas de viande tous les jours ne veut pas se prendre la tête à compter les protéines etc. Et qui en plus reconnait qu’il ne crache pas sur le poulet mayonnaise, les charcutailles en tous genres, ni sur une bonne daube à damner un curé.
        Mais ça c’est le genre d’arguments que ne peuvent pas entendre les végés. Les vegans n’en parlons même pas. C’est pour ça que ça ne sert à rien de discuter avec eux, comme avec d’autres sur des sujets de ce genre. Bref, pour eux je reste et resterais un «viandard », point !
        Ceci dit je reste convaincu que je je pourrais et que nous pourrions manger moins de viande. Je pense que renoncer définitivement à la bagnole, à l’eau chaude au robinet, bref à notre petit confort de petits bourgeois, serait bien plus compliqué. Même pour nos amis végés. 🙂

  4. – « Macron n’est pas l’écolo qu’il affirme être » (Biosphère)
    Une chose devrait être maintenant claire pour tout le monde, sauf bien sûr pour les aveugles, Macron n’est pas l’écolo que certains ont cru voir en lui à une époque. C’est exactement comme avec le ni-ni. À ce stade on peut dire deux choses : 1) que tout le monde peut se tromper. 2) que tout dépend de ce qu’on entend par «écolo» ainsi que par «gauche, droite».

    – « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ! » (Camus)
    Maintenant, à moins que les mots n’aient changés de sens, ce qui hélas n’est pas à exclure, si Macron n’est pas non plus l’écolo qu’il affirme être, encore aujourd’hui… alors il est un menteur. Et donc un malhonnête.
    Si Untel affirme être diplômé de ceci ou cela alors qu’il ne l’est pas, alors il est un menteur. Ou alors un fou. Les asiles sont pleins de malades qui se prennent pour Napoléon, pour Dieu ou pour Jupiter.

    1. (suite) Je ne crois pas que Macron soit fou, Donald oui, mais pas Macron. Je ne crois pas non plus qu’il s‘agisse là de naïveté, je laisse ça aux pigeons, à ceux qui gobent toutes sortes de salades.
      Macron est un menteur comme le sont tous les politiques, tous les dirigeants, tous ceux qui cherchent à se faire élire, ou à nous vendre n’importe quoi.
      Ceci dit il y a menteur ET menteur, malhonnête ET malhonnête, naïf ET naïf etc. il y a des gros, des petits etc. Que dire alors de celui qui nous avait promis du «sans filtre» et qui nous sert ce texte de 65 articles ? Que dire de tous ceux qui pensent que «ces décisions vont dans le bon sens et auront un impact positif sur l’environnement» et qui donc voient là une «avancée» (ex. Sormiou) ? Et que dire de tous ceux qui continuent et continueront à collaborer à ce genre de mascarade ?

    2. En attendant je crois qu’il nous faut accepter le fait que le monde tourne ainsi. Et que nous ne sommes pas clairs, nous non plus. Nous savons très bien que nos dirigeants (avec ou sans «») sont des menteurs, qu’ils sont obligés de l’être, sinon ils ne seraient pas là où ils sont aujourd’hui. Et on appelle ça «démocratie», «transparence» etc. Reconnaissons que nous (les gens, le peuple, les «éco-citoyens») aimons ça, plus ou moins bien sûr. Avaler et faire avaler des couleuvres, croire aux jolies histoires, en raconter, s’en raconter. On appelle ça «action », on appelle ça «débat». Reconnaissons enfin que nous sommes bel et bien plantés, qu’il ne nous reste plus qu’à réfléchir à ce que nous pourrions encore sauver.

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