Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde

Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde est passé à 137 le mardi 17 mars. Le Taj Mahal, monument emblématique de l’amour en Inde, a été fermé en raison de l’angoisse provoquée par le coronavirus. La faiblesse des chiffres officiels s’explique par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde, contre 200 000 en Corée du Sud. Les médias locaux persiflent, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. On ne compte que 1,3 lit d’hôpital pour mille habitants, en France il y en a 6. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19. Boire de l’urine de vache va-t-il protéger les Hindous du coronavirus ? Quelques commentaires à savourer sur le monde.fr* :

iphigenie : J’ai fait une balade en bateau sur le Gange, les gens se baignaient, se lavaient et faisaient leurs besoins… au même endroit. A 5 mètres il y avait une chèvre crevée qui flottait. La notion d’hygiène n’est pas la même que la nôtre. A Bombay, il y avait 1 humain tous les mètres sur 15 kilomètres entre le centre et l’aéroport. A Delhi, c’est pareil. La densité humaine est incroyable et la fatalité fait partie de la culture. Je vois mal comment le sous-continent peut échapper à l’hécatombe.

Bg83lrem : Les conditions d’hygiène sont telles, que ces gens sont vaccinés contre toutes mes menaces. On peut imaginer qu’ils pourraient même servir de vaccin au reste de l’humanité.

Fer : Normalement, les Indiens ont des anticorps à toute épreuve. Espérons qu’ils soient à la hauteur du coronavirus. Parce que sinon, c’est une bombe potentielle, ce pays, avec l’Afrique.

Pff… : Très très inquiet pour ce pays et ses habitants, si aucun traitement n’est trouvé dans les semaines qui viennent les morts se compteront en 6 voire 7 chiffres.

VincentB : Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Inde vont pouvoir mesurer l’efficacité de leurs gouvernements populistes respectifs qui semblent, comme la Chine, apprécier le déni.

* lemonde.fr du 17 mars 2020, L’Inde, une « bombe à retardement », cherche à gagner du temps face au coronavirus

8 réflexions sur “Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde”

  1. Depuis mardi 24 mars minuit, l’Inde est intégralement verrouillée. 1,3 milliard d’habitants sont confinés chez eux pour vingt et un jours par Narendra Modi. Les urbains ont pris d’assaut les derniers moyens de transport disponibles, s’agglutinant dans les gares, les aéroports, les stations de bus, nourrissant la chaîne de transmission pour regagner leur village.
    Officiellement, le pays a dépassé la barre des 500 contaminations. Les spécialistes estiment toutefois que ces chiffres sont très sous-estimés. L’Inde ne dépiste pratiquement pas, et surtout la moitié de la population vit dans des conditions précaires ou isolées.
    Tous les indicateurs du pays laissent entrevoir le pire : la densité de la population, la promiscuité des habitants, notamment dans les bidonvilles, le manque d’eau et d’hygiène, un sous-équipement en matière de santé… Une partie de la population présente des facteurs de risques supplémentaires, en cas de contamination par le coronavirus : l’Inde compte 2,7 millions de personnes atteintes de la tuberculose et 6 % de diabétiques.

  2. Plus de 2,6 milliards d’habitants sont désormais contraints de rester chez eux pour tenter d’endiguer la pandémie, soit plus d’un tiers de la population mondiale… L’Inde est le dernier pays en date, et de loin le plus grand, à instaurer un confinement total de trois semaines pour son 1,3 milliard d’habitants.

  3. A son tour, l’Inde se confine pour tenter d’enrayer la propagation du coronavirus. Les Indiens ont respecté les consignes à leur façon. Alors que Narendra Modi avait demandé aux citoyens de saluer de leur balcon à 17 heures les personnels soignants en tapant sur des casseroles ou dans leurs mains, des habitants se sont regroupés dans la rue, sans aucune protection, pour fêter bruyamment l’événement. Des magasins ont même rouvert leurs portes.
    Le deuxième pays le plus peuplé de la planète, 1,3 milliard d’habitants, ne dénombre officiellement que 415 cas et 7 morts, mais ces chiffres sont totalement sous-évalués. L’Inde compte de nombreux bidonvilles et des sans-abri qui vivent sur le trottoir. L’eau se réduit souvent, dans les villages, à un puits commun.
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/23/coronavirus-l-inde-adopte-a-son-tour-le-confinement_6034087_3210.html

  4. Le Brésil est bel et bien atteint par le Covid-19. L’épidémie frappe désormais pratiquement toutes les régions, et jusqu’au sommet de l’Etat : mercredi, rien de moins que le président du Sénat, le ministre de l’énergie et le chef du cabinet de sécurité institutionnel (GSI) et bras droit de Bolsonaro, Augusto Heleno, ont été testés positifs au coronavirus. Selon une étude préliminaire de chercheurs d’Oxford, dévoilée par le journal en ligne Intercept, l’épidémie pourrait faire jusqu’à 478 000 morts dans le pays.
    Mais jusqu’à tout récemment, le président du Brésil se distinguait par son déni et son insouciance. Pour Jair Bolsonaro le coronavirus n’était qu’un « fantasme », une « hystérie », voire une « grossesse » – « Ça va passer (…), un jour un enfant va naître », a-t-il tenté d’expliquer. Le chef de l’Etat n’a pas hésité, dimanche, à prendre des bains de foule au milieu de ses partisans, et a clamé, mardi, qu’il organiserait sans faute, le 21 mars, une grande fête avec ses amis et sa famille pour célébrer joyeusement ses 65 ans.

  5. Charybde ou Scylla
    La première option, l’atténuation, n’a pas pour objectif premier d’interrompre complètement la circulation du virus. Dans ce scénario, l’immunité de la population se renforce au fil de l’épidémie, conduisant, in fine, à un déclin du nombre de cas. C’est peu ou prou celle envisagée par le gouvernement de Boris Johnson jusqu’à ces dernières heures, misant sur une acquisition d’une protection immunitaire collective lorsqu’un pourcentage suffisant de la population a été atteint. Mais l’atténuation n’empêcherait pas une augmentation des cas qui excéderait jusqu’à huit fois les capacités en lits d’hôpitaux et de réanimation, dans le scénario le plus optimiste. Et même si l’ensemble des patients pouvaient être pris en charge, il y aurait encore 250 000 morts au Royaume-Uni.
    La seconde option, l’endiguement, vise à faire en sorte qu’un individu donné transmette le virus à moins d’une personne, conduisant à l’extinction de l’épidémie. Cette stratégie appliquée par la Chine de façon autoritaire suppose des mesures plus radicales allant jusqu’au confinement de la population entière. La France suit cette voie. Mais même après cinq mois d’un tel régime, l’épidémie risquerait de flamber en cas d’interruption de ces mesures.

  6. Didier Barthès

    Bonjour Michel C
    Ce n’est pas l’élégance qui nous autorise à dire que nous sommes trop nombreux c’est juste l’exigence de vérité, une épidémie se propage d’autant mieux dans la promiscuité, vous n’avez plus le droit d’aller à la pêche où vous ne menacez personne, je n’ai plus le droit de faire du vélo, mais rassurons nous la vente du tabac qui fait des millions de morts est toujours autorisée parce qu’on n’oserait jamais mettre en colère les fumeurs alors que l’on n’a pas peur des pêcheurs à la ligne ou des cyclistes.
    Si l’on pouvait aussi rappeler que pour l’instant cette épidémie a fait au niveau mondial le centième des morts que fait tous les ans la grippe saisonnières, ça nous éviterait aussi pas mal de stress.

    1. Bonjour Didier Barthès
      Je vous avoue que je ne sais toujours pas ce qu’est l’élégance, il faudrait que je demande à Michel Onfray. En attendant, j’ai une certaine idée de ce qu’elle n’est pas.
      Pour la vérité c’est pareil. Personne (ni même un scientifique) ne peut sérieusement dire qu’il détient la vérité (la Vérité ?) Par contre là aussi, nous savons tout de même faire (plus ou moins) la différence entre une vérité et une contre-vérité (un mensonge). Dire qu’«une épidémie se propage d’autant mieux dans la promiscuité» est une vérité. Je précise, une vérité scientifique. De même lorsque vous comparez le nombre de victimes de ce coronavirus avec le reste, vous dites une vérité. Et de même lorsque je dis que depuis des années et des années de politiques de casse, aujourd’hui l’hôpital public n’est pas au mieux de sa forme pour affronter cette épidémie. Et aussi quand je rajoute que depuis longtemps nos «dirigeants» ne sont plus à une contradiction ou à un mensonge près.
      Finalement, je pense que nous sommes tous les deux d’accord sur l’essentiel. Bien entendu, il ne s’agit pas là de l’essentiel de cette «élégante» Lancia. 😉

  7. J’espère que tout le monde ici, sait résoudre un problème de mathématiques niveau CM2. Soit une population P de 1,3 milliard d’êtres humains, soit un coronomachin C qui infecte 80% de cette population. Avec un taux de mortalité de 2%, calculer le nombre de victimes de C et en déduire le nombre de survivants.
    S’ils arrivent à résoudre ce problème, certains (donc pas tous) obsédés du « trop nombreux » n’auront donc même pas l’occasion de se réjouir et de faire péter le champagne. Je compatis à leur tristesse 🙂

    – «On ne compte que 1,3 lit d’hôpital pour mille habitants, en France il y en a 6. »
    Sur un graphique de l’OCDE je vois qu’en 2017 l’Inde comptait 0,5 lit pour 1000 habitants. Dans ce genre de situation, je ne crois pas que 0,5 ou 1,3 change vraiment grand chose. Pour la France c’est bien 6. Pour comparer plus loin :
    Allemagne 8 – Italie 3,2 . Espagne 3 . Royaume-Uni 2,5 .
    Japon 13,1 . Corée du Sud 12,3 . Russie 8,1 etc. etc. US 2,8
    Au passage, demandons-nous s’il n’y aurait pas (par hasard) une corrélation entre le nombre de lits d’hôpitaux et le taux de mortalité de ce virus.

    La question qui fâche commence à se faire entendre, question posée sous une forme ou une autre. Où sont passés les masques ? Et le gel hydroalcoolique ? Où passe l’argent des contribuables ? Et bien sûr, la réponse du politiquement correct : «L’heure n’est pas aux polémiques». Comprenons qu’il ne faut pas dire que la France manque de moyens, dire ça ce n’est pas élégant. 😉
    Je ne sais pas si l’élégance nous autorise à dire que nous sommes trop nombreux sur cette Terre, par contre je sais aujourd’hui que je n’ai plus le droit d’aller à la pêche. En attendant, bien sûr.

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