L’influence du groupe sur l’individu est considérable et ça débute dès l’école maternelle. La théorie du désir mimétique est « à la fois originale et évidente », chacun pouvant observer comment les enfants envient le jouet qu’un autre possède. Se socialiser c’est forcément se conformer un tant soit peu.
On ne peut qu’exprimer la crainte d’une société de soumission : voir tous ces gens le même smartphone à la main ! Ce mécanisme s’illustre dans les réseaux sociaux où chacun se regarde dans le miroir des autres : l’adhésion de masse à des modes de pensées minoritaires qui apparaissent ensuite comme des normes. Même lorsque ces « normes » sont complètement aberrantes, des gens se mettent à y croire. Puisque les êtres humains sont des machines à imiter, alors celui qui contrôle les algorithmes qui suggèrent qui ou quoi imiter contrôle la société.
Cette servitude volontaire si confortable et paresseuse correspond au mimétisme, analysé par un René Girard notamment. Mais si c’est pour désigner des boucs émissaires, on va au désastre.
Nicolas Truong : La théorie du désir mimétique et du bouc émissaire de René Girard exerce une véritable fascination. Il remarque que le « désir mimétique » est l’un des grands ressorts des récits littéraires. Loin des clichés romantiques sur la singularité du désir, la vérité romanesque met au jour son caractère essentiellement imitatif : Don Quichotte imite les chevaliers médiévaux, et les snobs proustiens d’A la recherche du temps perdu singent les aristocrates. En un mot, nous ne pouvons désirer un objet que si quelqu’un d’autre le désire.
Un autre mécanisme est au fondement de la naissance de toute société, théorise René Girard dans La Violence et le sacré : la désignation d’un « bouc émissaire », rendu responsable des maux d’un collectif (chômage, insécurité…). Son expulsion, parfois même par la mise à mort, apaise les tensions et réconcilie un collectif déchiré.
Mais pour Girard, le christianisme est la seule religion à révéler l’innocence du bouc émissaire : le Christ est considéré comme une victime sous l’égide de laquelle on se place, déréglant ainsi de manière irréversible le cycle de la violence sacrificielle.
Le point de vue des écologistes insoumis
– Le contrat social est une fiction, la plus nécessaire de toutes. Une société qui s’édifie sur une fiction rationnellement construite vaudra toujours mieux qu’une société fondée sur l’entre-dévoration permanente du vivant.
– La démocratie, c’est désirer la vie dans une cité commune à tous, que chacun contribue à construire par le débat et la recherche du consensus.
– Les techno-fascistes d’aujourd’hui ne sont que des guerriers féodaux cherchant dans la technologie à détruire la démocratie,
– C’est l’idéologie de la forteresse, des serfs et un ordre fondé sur le prestige du meilleur armement, avec un horizon de brutes dominantes.
– La soumission volontaire est un fait généralisé. Il y a la soumission volontaire qui permet aux dictatures d’exister. Il y a la soumission des esclaves, des femmes ou des noirs qui a perduré pendant des millénaires.
– La capacité de résistance doit s’apprendre, et pourtant il n’y a nul enseignement de cette capacité puisque cela remettrait en cause le système thermo-industriel qui nous broie.
– Les objecteurs de croissance sont très rares, les objecteurs de conscience encore plus rares… et donc inaudibles !
– Nous sommes trop souvent un troupeau qui suit des directives, un lanceur d’alerte a de fortes chances d’y perdre son emploi et ses amis.
Tout cela renvoie à une question fondamentale : comment valider notre jugement ? Entre autres, en étudiant le contenu de ce blog biosphere…
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Nous sommes des moutons et fiers de l’être
extraits : Au début des années 1950, le psychologue américain Solomon Asch étudie les capacités de résistance de l’individu. Il avait espéré que son étude montrerait les capacités de résistance de l’individu. Il ne connaissait pas encore la psychologie humaine ! 76 % de ses cobayes se rallièrent au moins une fois – et 11 %, toujours – à l’avis incorrect de la majorité. L’assistant d’Asch, le jeune chercheur Stanley Milgram, reproduit l’expérience de son mentor en Norvège où il constate un fort taux d’adhésion à la réponse majoritaire….
Les humains, un animal débile
extraits : Sommes-nous prêt à électrocuter un inconnu pour les besoins d’un jeu télévisé ? Oui, d’après les résultats d’une expérience réalisée en 2009… Pour la biosphère, ce tortionnaire blotti en chacun de nous est une mauvaise nouvelle. Comme les humains sont prêts à faire n’importe quoi par interaction spéculaire, autant dire que la planète, ils s’en foutent complètement…
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À lire, Discours de la servitude volontaire (La Boétie, 1576)

J’ai eu maintes fois l’occasion de dire tout le bien que j’en pense des réseaux soces, dits sociaux.
Une catastrophe ! Pour ne pas dire de la merde. Le mimétisme, le panurgisme, les moutons, le troupeau, le gros animal, dont Platon se méfiait comme de la peste… les braves gens, comme les chantait si bien Brassens, les honnêtes gens, qui suivent l’air du temps, la mode, qui disent OK OK à tout, comme dans la chanson de Matthieu Côte (Qu’est-ce qu’ils sont cons !), et qui s’appliquent à marcher sagement dans les clous. Les bœufs, qui vont à la guerre en chantant… la servitude volontaire, la Boétie, tous ces toutous amoureux de leurs chaînes… bref là aussi je ne vois pas ce que je pourrais en dire de plus. Si ce n’est que les moutons noirs et les brebis galeuses moi j’aime bien. Des goûts et des couleurs ON ne discute pas ! Et des odeurs non plus. (à suivre)
(suite 1) Au sujet des boucs émissaires c’est pareil, je le disais encore récemment :
– « Ce système qui s’applique à nous abêtir, toujours plus. Débilités en tous genres, publicités, jeux du cirque, et à gratter etc. Et en même temps, à nous diviser. […] Et quand ce ne sont pas les «paresseux» (sauf de la quéquette), ce sont TOUS ces fainéants de fonctionnaires (sic Ducon), les plombiers polonais, les Gôchos, les Zécolos et j’en passe. » (22 MARS 2026 À 12:18 sur “René DUMONT, l’utopie ou la mort”)
Parlons alors d’autre chose, la récupération :
– Comment Peter Thiel et les techno-réactionnaires américains récupèrent la pensée du philosophe chrétien René Girard (Nicolas Truong , Le Monde)
J’ai toujours dit que Le Système était bien ficelé. Notamment grâce à sa formidable capacité à récupérer tout ce qui lui faisait obstacle. (à suivre)
(suite 2) Notamment les idées, qu’il récupère et recycle, pour les arranger à sa sauce.
Et c’est justement parce qu’il récupère tout (et n’importe quoi), et qu’il s’applique à nous endormir, à entretenir la résignation… la peur, le plaisir et la confusion… que Le Système est si difficile à combattre. Ce n’est pas pour autant qu’il est inutile et/ou absurde de le faire, et qu’il faut alors baisser le froc et capituler (TINA).
Seulement il faut déjà pouvoir repérer tous les subterfuges et autres stratagèmes dont ses tenants usent et abusent pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Le vrai le faux, la droite la gauche, l’endroit l’envers etc. etc. Et connaître aussi un peu tous les mécanismes qui nous poussent à croire ce qui nous arrange le mieux.
Bref, comprendre comment et pourquoi nous pouvons gober autant de conneries.
Le Développement durable, le Capitalisme vert, la Guerre propre etc. etc. etc.
(à suivre)
(suite 3) Le Système ne tient que parce qu’il a ses tenants. Ses suppôts, ses apôtres, ses défenseurs, ses complices, fussent-ils à l’insu de leur plein gré. Mais aussi ses stratèges, ses cerveaux, ses propagandistes, ses faux-ennemis, autrement dit nos faux amis. Bref, tous ceux qui sont là pour nous tromper (ou trumper). Et ce sont donc ceux-là que nous devons ici débusquer, démasquer, et démonter.
Comme ceux qui ont récupéré la Décroissance. Pas le journal, les idées !
Ce genre d’intellectuels, voire de philosophes (là aussi il y a de tout), qui n’hésitent pas à récupérer les idées des plus grands penseurs qui s’opposaient à ce système aliénant qu’est le Capitalisme.
– Le Gramsci de l’extrême droite (aidememoire.be)
– Alain de Benoist, un Marx actuel ? (revue-elements.com)
– Marx récupéré par l’extrême droite: un comble! (debunkersdehoax.org)
Le comble c’est peut-être aussi la récupération des idées de Malthus. 😉
(à suivre)
(suite 4 et fin) Et voilà que René Girard se voit aujourd’hui lui aussi récupéré…
Et donc, encore un qui doit se retourner dans tombe.
– Comment René Girard est-il devenu une référence pour des figures de la droite trumpiste ? (radiofrance.fr/franceculture 20 janvier 2026)
Pensons à Propaganda. Bien sûr, encore faut-il l’avoir lu, au moins entendu parler de son auteur, mais bon. Edward Bernays ne partait pas spécialement d’une mauvaise intention, au contraire. Sauf que le sinistre Goebbels s’est par la suite inspiré de son livre pour la propagande de son idéologie de merde.
– Comment les idées d’extrême droite se sont banalisées dans le monde intellectuel français (Nicolas Truong 05 juillet 2024, Le MONDE)
– Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées
(Gaël Brustier – 27 février 2021 – slate.fr/story)