Malthus de retour

            « On n’obtiendra pas avec la même facilité la nourriture nécessaire pour faire face au doublement de la population. Lorsque tous les arpents ont été ajoutés les uns aux autres jusqu’à ce que toute la terre fertile soit utilisée, l’accroissement de nourriture ne dépendra plus que de l’amélioration des terres mises en valeur. Or cette amélioration ne peut faire des progrès toujours croissants, bien au contraire. » (Malthus, Essai sur le principe de population, 1798). Après des décennies d’agriculture intensive, l’analyse de Malthus des rendements  décroissants en agriculture se vérifie aujourd’hui.

Car en agriculture, la recette miracle qui permettait de conjuguer productivité maximale, protection de l’environnement et économies de carburant n’existe plus. Alors qu’ils n’avaient cessé d’augmenter depuis les années d’après-guerre, les rendements des grandes cultures plafonnent depuis une dizaine d’années. En France, abstraction faite des variations climatique, c’est le cas aussi bien pour le blé tendre et le maïs que pour d’autres céréales comme le blé dur et l’orge. Mais aussi pour les oléagineux, colza et tournesol. L’appauvrissement en matière organique, relevé par la Commission européenne sur 45 % des sols de l’Union, est un facteur explicatif prépondérant de la baisse des rendements (LeMonde du 28.06.2008)

 L’agriculture productiviste a fait comme si le dopage par les fertilisations, les pesticides et l’irrigation était une méthode durable. Il n’en est rien et la fin des illusions dans les pays riches s’accompagne d’une désertification mondiale des sols de par l’activité humaine. Il n’y a donc plus qu’une solution dominante, limiter la croissance démographique tant qu’il en est encore temps. Malthus avait déjà raison il y a plus de deux siècles…

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