« Au lieu de mesurer ses limites, nous sommes beaucoup trop pressés de confier à l’IA la gestion du monde ». C’est le titre d’une tribune du MONDE, mais ce n’est que la dernière des limites que nous avons outrepassées. Au niveau collectif, ne pas retrouver le sens des limites est suicidaire.
Jérôme Bourdon : L’IA prolonge l’histoire des machines à communiquer. Même les sceptiques n’échappent pas au langage de la foi, nous sommes beaucoup trop pressés de confier à l’IA la gestion du monde au lieu d’en mesurer ses limites. L’IA dévoreuse d’énergie prolonge l’histoire d’un monde abîmé par nos machines, même si l’on fantasme que l’IA pourra réparer les dégâts passés et futurs, y compris ses propres dégâts. Et on se rappellera que cette machine, tout comme votre brosse à dent électrique, est à la merci des pannes d’électricité que l’avenir tient en réserve.
Michel SOURROUILLE : Lundi 28 avril 2025, une panne d’électricité géante a rapidement plongé la péninsule Ibérique dans le chaos – trains à l’arrêt, métros fermés, trafic routier paralysé, vols annulés, communications téléphoniques et accès à Internet partiellement coupés, lecteurs de cartes de crédit et distributeurs de billets hors service… Je ne peux pas ouvrir la porte de mon garage où se trouve ma voiture ; de toute façon, ma voiture, elle est électrique… Sans électricité dans le monde dit moderne, tu n’es plus rien. Merci aux pannes d’électricité quand elles nous rappellent aux vertus de la sobriété énergétique !
Hauteclaire : La grande objection à l’IA c’est qu’elle ne sait pas remplacer un plombier.
Pangeran : Cette IA, qui n’est pas intelligente mais bien artificielle, est la dernière marche que l’humanité gravit avant le grand saut, le grand sceau apposé par la destruction de tout ce qui nous permet vivre. Seul survivront ceux qui sauront cultiver la terre, pêcher a la ligne, et ouvrir un dictionnaire. Le reste ma foi. Peu importe.
En savoir plus sur le dépassement des limites grâce à notre blog biosphere
MALTHUS, le prophète du sens des limites
extraits : Si l’on pense que la substance de l’Essais sur la population réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et un fonds borné, alors Malthus précède de 170 ans le Club de Rome et ses courbes exponentielles. Malthus s’appuyait sur une constante, la loi des rendements décroissants en agriculture : « Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants. » Cette approche reste toujours valide aujourd’hui quand on fait le calcul intégral des rendements. Si on compare le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production, on constate une diminution des rendements au fil des années….
Les limites à la croissance démographique
extraits : La baisse de la fécondité ne signifie pas que la croissance de la population mondiale a cessé ni qu’elle n’est plus exponentielle. Elle signifie simplement que le temps de doublement s’est allongé : il est passé de 36 ans à 2 % par an (en 1965) à 60 ans et 1,2 % par an aujourd’hui. Le nombre net d’individus sur la planète continue d’augmenter chaque année puisque le taux s’applique à un nombre d’habitants plus important. Dans les pays pauvres, la transition démographique reste bloquée à la phase intermédiaire, celle où l’écart entre les naissances et les décès est important. D’où l’expression « les riches font de l’argent et les pauvres font des enfants ». Est-ce la pauvreté qui entraîne l’accroissement démographique ou l’inverse ? Dans les faits, la boucle de rétroaction positive (population => pauvreté => accroissement démographique => population…) forme un système piège, une boucle d’aggravation de situations déjà problématiques….
13 août 2015, le jour du dépassement des limites
extraits : Ce jeudi 13 août 2015 est le « jour de dépassement » : en moins de huit mois, l’humanité a déjà utilisé toutes les ressources naturelles renouvelables que la planète peut produire en un an. Cette date tombait en 1975 fin novembre et en 2005, début septembre. Notre planète contient de moins en moins d’or, de pétrole, de minerais, de poissons, d’espèces sauvages… Nous puisons dans le capital naturel au lieu de vivre des intérêts du capital que nous avait offert si généreusement la biosphère. Combien de millions d’années pour fabriquer le pétrole que nous allons consommer en deux siècles seulement ! Il faudrait 1,6 planète pour répondre aux besoins de l’humanité actuelle, or nous n’avons qu’une seule Terre à notre disposition. Si la tendance se poursuit, il faudra 2 planètes pour répondre à nos besoins en 2030. Quand une génération a dilapidé son héritage familial, il ne reste plus rien pour les générations futures.
Nous avons dépassé 5 limites planétaires
extraits : Une équipe de chercheurs internationaux avait forgé en 2009 cette notion de « limite planétaire ». En 2015 la même équipe identifiait quatre limites déjà franchies ou en cours de dépassement, la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone, la diversité érodée du vivant, le changement trop rapide d’usage des sols, la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore qui assurent la fertilité des sols agricoles. La pollution chimique constitue une cinquième limite ; la quantité d’« entités nouvelles » (plastiques, pesticides, solvants, polluants organiques persistants, etc.) introduites dans l’environnement par les activités humaines, est ingérable….
Dépasser les limites amène à l’effondrement
extraits : Beaucoup de phénomènes agissent de façon différée. Prenez la baisse de la mortalité infantile. On sait qu’elle conduit les couples à faire moins d’enfants. Mais on sait aussi que cet effet n’est pas immédiat. Il faut a minima qu’une génération se passe. Donc il faut introduire des délais dans notre modèle statistique (Gros Bébé). Ils essayèrent de nouvelles hypothèses : et si la population se stabilisait rapidement, avec un enfant par femme? Et si l’on freinait drastiquement la production industrielle ? Et si l’on parvenait à endiguer les niveaux de pollution grâce à l’innovation technologique ? Et si l’on découvrait d’immenses gisements de ressources énergétiques facilement exploitables ? Gros Bébé était formel : aucun de ces mesures ne pouvait, seule, éviter l’effondrement. Pour espérer une issu favorable elles devaient être mises en œuvre SIMULTANÉMENT et IMMÉDIATEMENT….
Limites planétaires franchies => décroissance
extraits : Le concept de « limites planétaires » est scientifiquement établi. Il provient d’une étude internationale réalisée en 2009. Elle fixe neuf limites à ne pas franchir pour que l’écosystème terre continue de fonctionner d’une manière qui soit vivable pour les humains. Six sont déjà considérées comme dépassées. Il en manque une dixième, et de taille, le nombre d’habitants humains. C’est sur cette dimension, et elle seule car elle détermine toutes les autres, que se fera ou non l’équilibre indispensable….
Tout savoir sur les limites de la croissance
extraits : Voici une présentation générale suivie d’un résumé du rapport au club de Rome sur « les limites de la croissance » de 1972.Le rapport des Limites est issu du projet d’Aurelio Peccei, l’industriel italien qui a fondé le Club de Rome. En 1968, âgé de soixante ans, Peccei fonde une organisation consacrée aux « grands problèmes du monde », le Club de Rome. À cette époque, l’enthousiaste manifesté jusque-là pour ce développement laisse la place à une interrogation sur ses effets sociaux et écologiques, et à une inquiétude concernant le risque d’éclatement d’un monde où ce développement procède à des rythmes extrêmement différents, selon les régions. Peccei semble également très marqué par les préoccupations de l’époque : « explosion démographique » (l’ouvrage de Paul et Anne Ehrlich, La Bombe P est publié en 1968), mais aussi épuisement des ressources, pollutions, et prolifération nucléaire….
gratter l’écorce de la Terre jusqu’aux dernières limites
extraits : Nous sommes comme dans la légende de l’homme né avec un cerveau empli d’or qui, tout au cours de sa courte vie, puise dans son crâne de quoi se croire riche jusqu’à gratter les dernières poussières d’or dans le sang et les larmes et en mourir vidé de sa substance. De même la France veut puiser ses ressources pétrolières, minières et minérales dans le sol sous-marin grâce à l’extension du plateau continental français. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son avis oublie son étiquette environnementale : « Cette possibilité d’extension du plateau est une chance et un atout à ne pas négliger. Dans un contexte de crise économique, quel pays côtier ne saisirait pas l’opportunité d’accéder à des droits sur des ressources naturelles vitales pour ses industries ? » Depuis le tournant libéral des années 1980, funestes années Reagan-Thatcher, la planète est au pillage….
hausse du baril et limites de la démocratie
extraits : La commission européenne vient de refuser un objectif contraignant d’efficacité énergétique. Pourquoi ? A cause des lobbies et de la lâcheté des politiques. Les distributeurs de pétrole, de gaz et d’électricité n’ont pas d’intérêts financiers à promouvoir la baisse de la consommation, donc ils ne le font pas. Les politiques, qui n’ont jamais entendu parler de pic énergétique mondial et de déplétion pétrolière, font ce que les lobbies industriels exigent. Les journaux, y compris LeMonde, minimisent les perspectives de pénurie. Tout juste si on reconnaît que « dans les deux prochaines années les marchés voient se profiler un déséquilibre offre-demande ». Pourquoi deux années seulement ? Parce que l’avenir pour le marché, les journalistes et donc les politiques se limitent aux événements de la veille….
Loi bioéthique, des techniques sans limites
extraits : La loi bioéthique a été adoptée le 29 juin 2021. Qui, même au sein des médias, sait réellement ce qui se prépare à travers les évolutions nombreuses que ce texte autorise : Chimères homme-animal, embryons transgéniques, ciseaux génétiques Crispr-Cas9, « bébés-médicaments », autoconservation des ovocytes sans motif médical, gamètes artificiels… La France consent d’avance à toutes les mutations que la science permettra et renonce ainsi au principe même de la responsabilité politique, qui est de décider de la règle commune… Derrière la mise en scène du « progressisme » en marche, la logique du marché gagne des pans entiers de la vie humaine… Toute nouveauté n’est pas nécessairement bonne en soi… Étrange paradoxe que cette tendance à déréguler les expérimentations menées sur l’homme, au moment où nous réapprenons envers l’environnement le sens de la mesure, la nécessité d’une autolimitation, l’obligation d’anticiper les conséquences des mutations que nous imposons à des équilibres vulnérables et nécessaires à la vie….
Quelles limites à la procréation médicalement assistée ?
extraits : Notre système démocratique montre que tout et son contraire est possible quand se dégage un consensus. Mais où sont les limites, la référence ultime ? Selon un groupe de travail, sous l’égide de la sociologue Irène Théry, le droit doit prendre en compte « la grande métamorphose de la filiation, et plus généralement de la famille et de la parenté, dans les sociétés occidentales contemporaines ». A savoir l’explosion de l’union libre et des naissances hors-mariage, la banalisation des séparations, l’émergence des familles recomposées, le développement de l’homoparentalité, le recours croissant à la PMA (Procréation médicalement assistée). Le père du premier bébé éprouvette, Jacques Testard, se confie dans un mensuel : « Les dérives actuelles de l’AMP (aide médicale à la procréation) pour raisons sociétales ont davantage à voir avec des comportements individuels qu’avec des inventions scientifiques ; je suis consterné par les positions d’EELV sur l’AMP, comme si les écologistes d’appareil reniaient les fondements mêmes de l’écologie, avec les principes de frugalité, d’autonomie et de convivialité….
Eradication des baleines, une volonté d’ignorer les limites
extraits : Rares sont ceux qui imaginent devoir apprendre à vivre à l’intérieur de limites rigides lorsque la plupart espèrent les repousser indéfiniment. Le secteur de l’industrie baleinière est un secteur marginal de l’économie globale, mais il fournit l’un des exemples les plus caractéristiques de l’accroissement sans frein d’une activité dans un cadre matériellement limité : les baleines les plus rentables, les baleines bleues, ont été systématiquement exterminées avec des moyens sans cesse plus puissants et plus perfectionnés. Pour maintenir et accroître le tonnage d’huile produit chaque année, on a mis en œuvre des bateaux de plus fort tonnage, plus rapides et dotés de moyens de traitement plus productifs. En conséquence il a fallu pourchasser en nombre croisant les baleinoptères dont le rendement en huile était inférieur. Cette seconde espèce puis une troisième étant en voie de disparition, les baleiniers en sont maintenant à chasser le cachalot. C’est l’ultime folie…..
OGM, limites de la recherche-développement
extraits : Sur le fond de la question technologique, le blocage résulte de la difficulté de fixer des limites à l’application dans la vie courante de découvertes scientifiques. A l’extrême règne pour certains le principe d’innovation, une croyance aux bienfaits du progrès technique totalement opposée au principe de précaution : tout ce qui a été inventé doit avoir son application (même la bombe atomique). A l’autre bord extrême, d‘autres vont dire qu’il fallait s’arrêter à l’épée pour en rester au contact direct pour faire la guerre et au cheval de labour pour garder le lien avec la nature. Choisir un moyen terme entre le retour à la bougie et la conquête de Mars reste une interrogation qui reste sans réponse si ce n’est par le débat démocratique. L’introduction d’une nouveauté parmi les Amish, soumise entre eux à controverse « en présentiel », montre que si on dialogue vraiment, on en reste à des techniques très simples….
extraits : Le nanomètre (nannos en grec signifie « nain ») est à l’échelle du milliardième de mètre.Les nanotechnologies comme le nucléaire sont déjà des éléments du marché et de l’emploi avant même qu’on commence à faire de la « démocratie participative ». Pourquoi revenir « en arrière » ? Les nanotechnologies comme le nucléaire ont certainement des effets négatifs sur les rapports sociaux et l’environnement, mais on applique le principe que tout ce qui est réalisable doit être réalisé ; même si on ne sait toujours pas traiter les déchets radioactifs ou le franchissement des barrières corporelles par les nanoparticules ! Les nanotechnologies comme le nucléaire relèvent du principe de précaution, mais on va nous expliquer qu’il faut savoir prendre des risques….
Le soldat « augmenté » sans limites !
extraits : De longue date, l’être humain comme un imbécile cherche à accroître ses capacités à guerroyer. On croyait que la bombe nucléaire et les drones avaient atteint le summum de son inventivité, on découvre qu’il faut rendre le soldat encore plus terrifiant. Le comité d’éthique du ministère de la défense plaide pour l’ouverture de travaux sur les méthodes « invasives » d’amélioration des performances physiques des militaires. Vive le « soldat augmenté ». En clair, l’injection ou l’absorption de substances et des opérations chirurgicales: substances conçues pour améliorer « la résistance face au phénomène d’isolement », » intégration de puces sous la peau pour être géolocalisé en cas de capture », opération des oreilles pour entendre des fréquences très élevées ou très basses, opération pour améliorer l’acuité visuelle ou encore implants « permettant de prendre le contrôle d’un système d’armes ». Les seules méthodes « invasives » employées aujourd’hui au sein des armées françaises sont le recours à un certain nombre de produits facilitant la récupération après l’effort ou diminuant le stress….
Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques
extraits : Le sport-spectacle s’accompagne du dopage, les JO ne font pas exception à la règle. Normal ! Quand on demande à un individu de dépasser ses limites, la tentation est grande de se faire aider. Le sportif est dénaturé par obligation. Au cours des six derniers mois, au moins 107 athlètes de sport olympiques d’été ont été sanctionnés pour une période de suspension qui inclut les jeux de Londres, a révélé le président de l’AMA (Agence mondiale antidopage). Une étude en cours de finalisation devrait révéler d’ici à la fin de l’année que plus de 10 % des athlètes prennent part à des activités de dopage. Les JO poussent les sportifs au-delà de leurs limites.A ux JO ou ailleurs, le sport de haut niveau est un enfer…
Shutdown aux USA, s’endetter sans limites
extraits : Les États-Unis, comme tous les pays développés ou presque, vivent à crédit depuis des décennies en ce qui concerne la dépense publique. C’est anormal, un riche normalement épargne puisque ses revenus dépassent largement sa consommation. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards (16 000 000 000 000) de dollars. Il faudrait d’urgence retrouver le sens des limites, ce qui paraît impossible puisque tous les dirigeants US sans exception mettent à leur programme la protection du niveau de vie des Américains….
L’intelligence artificielle atteint ses limites
extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs. On lui soumet des phrases ou images partiellement masquées, et on lui demande de prédire ce qui manque. A chaque erreur, l’IA ajuste automatiquement ses calculs grâce à un mécanisme appelé rétropropagation, qui lui permet de corriger ses connexions internes et de progresser. Ce processus est particulièrement long et coûteux. Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril 2025….
La Décroissance, c’est simplement le sens des limites
extraits : Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pense écologique, retrouver le sens des limites. En voici une présentation succincte. p.3, La perte de la mesure (Olivier Rey) : « …Depuis plusieurs siècles en Occident on s’est livré frénétiquement à la mesure au premier sens du terme, l’évaluation d’une quantité, et en même temps la mesure au sens de juste mesure a complètement été mise à l’écart… C’est ainsi que pour la plupart des dispositifs, il existe un point en deçà duquel le développement est bénéfique, au-delà duquel il devient nocif et se met à desservir ceux qu’il était censé aider… »….
extraits : Scott Momaday, professeur à l’université d’Arizona, a grandi dans les réserves indiennes et possède la potion magique : « Aucun de nous ne vit totalement séparé de la terre ; un tel isolement est inimaginable. Tôt ou tard, il nous faudra tenir compte du monde physique qui nous entoure, il nous faut en tenir compte dans une optique d’éthique. » Pour plus de précisions, pensons à Aldo Leopold, avant-garde de l’écologie profonde : « Une éthique (écologiquement parlant) est une limite imposée à la liberté d’agir dans la lutte pour l’existence. Il faut valoriser une éthique de la terre et montrer sa conviction quant à la responsabilité individuelle face à la santé de la terre, c’est-à-dire sa capacité à se renouveler elle-même. L’écologie, c’est cet effort pour comprendre et respecter cette capacité. Le progrès n’est pas de faire éclore des routes et des paysages merveilleux, mais de faire éclore le sens de l’observation dans des cerveaux humains….

Pour en revenir à l’IA (sujet de cette tribune du MONDE), d’abord deux mots sur ce passage :
– « L’effroi est nourri par des petites affaires, comme cet ouvrage d’un «philosophe de Hongkong» généré par l’IA, mais cela en dit plus sur la faiblesse d’une certaine philosophie et d’un certain lectorat que sur les forces de l’IA. »
Certes, ce n’est pas l’IA qui a rendu cette «certaine philosophie» ainsi que ce «certain lectorat» aussi misérables. Je pourrais rajouter la musique, l’Art et bien d’autres choses.
Non, le mal est bien plus ancien. La faute à quoi, la faute à qui peu importe, nous en sommes là. Seulement l’IA ne risque pas d’arranger les choses, bien au contraire.
– L’IA va nous faire perdre notre humanité : l’industrie de la tech avertit (lebigdata.fr 3 avril 2025)
Écologie de rupture et démocratie
Le moment de l’élection n’est qu’une étape de la démocratie représentative , encore faudrait-il que les élus appliquent à leur échelle une radicalité qui va à l’inverse de leurs habitudes. Combien d’élus pour résister à l’implantation d’une nouvelle zone commerciale ou pour refuser de promouvoir «l’ attractivité » de leur territoire ? On préfère l’antienne « écologie punitive » plutôt que de s’apercevoir que nous avons largement dépassé les limites de la planète. Députés et sénateurs n’écoutent qu’eux-mêmes ou suivent aveuglement les consignes de leur parti. Et l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) ne sert à rien. Députés et sénateurs, rentrez chez vous, on n’a plus besoin de vous. Les conférences de citoyen vont vous remplacer à meilleur résultat et moindre frais (à suivre)
(suite et fin) La démocratie repose sur l’échange entre citoyens éclairés dans une société mouvante. Il faut déterminer collectivement le meilleur chemin à prendre au milieu des inter-relations multiples d’une société de plus en plus complexe. Aucun livre sacralisé, aucun élu ne peut nous indiquer la bonne direction. Nous devons avoir des citoyens informés, non seulement au niveau scientifique, mais aussi au niveau socio-économique, écologique, etc. Comme il n’est pas possible de remettre tous les adultes à l’école, il suffit sur un problème crucial d’organiser une conférence des citoyens. Cet exercice d’apprentissage à la décision rassemble un groupe représentatif de la population française. Pour assurer le respecter le succès de leurs délibération informées, il suffit de faire en sorte que tous les citoyens en âge de voter suivent obligatoirement à la télévision ce parcours initiatique.
Six week-ends pour la conférence climat !
Je doute que votre remède suffise à soigner ce mal très profond.
– Derrière le succès de la pétition contre la loi Duplomb, les limites de la démocratie participative ( Romain David – publicsenat.fr 22/07/2025 )
– « Ce qui détruit la planète, c’est le superflu qui n’a pas de limite. (Pierre Rabhi)
– « Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites. » (Alphonse Allais)
– « Il est permis de dépasser les bornes, à condition toutefois de rester dans les limites. » (Pierre Dac)
– « Dans la vie, il y a ceux qui savent se donner des limites et il y a les bornés, qui n’en ont pas, de limites. » (Bel-Avenir, de Akli Tadjer, 2006)
Et dieu sait que des bornés, hélas, ce n’est pas ça qui manque ! 🙂
Pour retrouver le sens des limites, encore faudrait déjà être conscient de l’avoir perdu. Ben oui, par exemple… vu que je sais les avoir sur les yeux… je n’ai pas besoin de chercher mes lunettes.
Or, quand ON nous chante en permanence que les limites sont faites pour être dépassées… quand de cette idée à la con ON en fait un slogan, une règle, un «art» de vivre, une religion, une politique… il ne faut pas s’étonner que nous en soyons arrivés là. Complètement perdus !
– « Tout ce qu’un homme est capable d’imaginer, un autre est capable de le réaliser » (Jules Verne)
– « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » (Albert Einstein)
– « Ce qui distingue l’imagination saine de l’imagination folle est l’acceptation par l’une de la critique, son refus par l’autre. » (Albert Jacquard)
Pour retrouver le sens des limites, encore faudrait-il ne pas prendre ses désirs pour des réalités, pouvoir faire la différence entre possible et impossible etc.
Est-il possible de remplacer les élections (pièges à cons) par des sondages (à la con) et/ou le Président, les «sages» du Conseil Constitutionnel et j’en passe par une IA ?
Au stade où nous en sommes… pourquoi pas.
Oui mais… est-il réellement possible de réaliser (concrétiser) n’importe quoi, n’importe quelle idée etc. ? Bien sûr que non. (à suivre)
Décoloniser les imaginaires, ça urge … pourrait-ON dire. Seulement pour décoloniser son imaginaire, encore faut-il déjà être conscient qu’il est colonisé, pollué etc. Bonjour le cercle infernal. Et puis d’un percheron ON ne fera jamais un cheval de course. Bref, même là nous nous heurtons à des limites.
Et c’est pour tout pareil. Sauf la bêtise humaine c’est entendu. Tiens, par exemple, la démocratie… La loi Duplomb… et les limites de la démocratie participative (publicsenat.fr 22/07/2025) :
– « Finalement, nous ne sortons jamais de cette spirale infernale et mortifère pour notre démocratie : à savoir que nous sommes incapables de donner des débouchés concrets aux initiatives citoyennes » (Éric Kerrouche)
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l’amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu’on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l’accident, on prend trop de coke, on frôle l’overdose. Ça fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d’hommes d’affaires, qui dégénèrent à ce point là, c’est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d’autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du moi. Et on les déteste, parce qu’ils donnent tant et si peu. Tant pour qu’on puisse se foutre en l’air, et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s’estompent. ( à suivre )
(suite) On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du coeur, on va en boîte plus qu’on ne va en cours, on a plus de maisons qu’on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu’on n’appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on n’a pas le droit de s’en plaindre, parce qu’il paraît qu’on a tout pour être heureux. Et on crève, dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d’antidépresseurs, et le sourire aux lèvres.
On vit… comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore.
Et encore… chaque jour est l’inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu’un d’autre, on sort ailleurs.
Mais c’est pareil, sans but, sans intérêt. (à suivre)
(suite et fin) On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses.
On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustré pour l’éternité, soit on y parvient et on se rend compte qu’on s’en fout.
Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège.
Mais on a peur. De l’inconnu. Du pire. Et puis qu’on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu’à ce que le sang gicle…
Hell est une pétasse. C’est elle-même qui le dit et ce, dès la première phrase du roman de Lolita Pille aujourd’hui adapté sur grand écran. Hell est une gosse de riches, qui vit dans le 16e arrondissement de la capitale et qui n’a pas besoin de vendre des hamburgers le week-end pour pouvoir s’acheter des strings en soldes chez H&M.
Hell est l’héroïne éponyme du nouveau film de Bruno Chiche (Barnie et ses petites contrariétés) pour qui adapter ce roman culte et sulfureux était un pari audacieux…
– Hell : Critique ( ecranlarge.com/films/critique )