Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en a fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.
MALTHUS, penseur de la finitude
(démographie et responsabilité)
https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022
NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.
Serge Latouche, connu pour ses livres sur la décroissance économique, en a fait la préface suivante :
« Dans la collection des Précurseurs de la décroissance que je dirigeais aux éditions « Le passager clandestin » l’éditeur, pour des raisons de divergence idéologique et/ou politique s’était refusé de publier un ouvrage de Michel Sourrouille sur Malthus et ce en dépit de mon insistance. Cet épisode est assez révélateur des passions que suscite encore aujourd’hui le « sinistre pasteur ». Mais il faut reconnaître que, pour le meilleur ou pour le pire, Malthus est un précurseur. Il est difficile d’être spécialiste d’un auteur sans éprouver à son égard un minimum d’empathie. Michel Sourrouille, spécialiste reconnu du malthusianisme sur lequel il a publié plusieurs écrits, se reconnaît non seulement de la sympathie pour le pasteur, mais s’avoue même malthusien militant.
On peut parler d’une affaire Malthus comme on parle d’une affaire Darwin, les deux n’étant d’ailleurs pas sans lien puisque Darwin a eu l’intuition de sa loi de sélection naturelle à la lecture de l’essai sur le principe de population. Héritiers de l’optimisme des Lumières et ardents croyants dans la théologie du progrès, les penseurs socialistes ont tiré à boulets rouges sur Malthus, partisan raisonné de l’aristocratie foncière, au point que Proudhon pourtant généralement pondéré, déclare qu’il n’y a qu’un homme de trop sur la terre, c’est Malthus. Le coup de grâce a été porté par Marx qui critique l’idée d’une loi universelle et trans-historique de population et met en évidence, dans le cas du capitalisme, une loi de surpopulation relative, due au chômage et à la création d’un prolétariat surnuméraire, pour faire pression sur les prix. Du coup le problème du divorce inévitable entre croissance à long terme de la production et croissance de la population, n’est pas abordée, d’autant qu’aucune limite n’est posée à la croissance des forces productives.
Si tout chez Malthus est discutable dans le détail, l’ensemble n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Ma position personnelle, qui correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance, est que si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population.
On aura beau faire et beau dire, si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple, voir simpliste, est incontournable, en dépit de toutes les faiblesses sur lesquelles il repose et de toutes les critiques qui lui ont été adressés, vérifiant par là la boutade de Paul Valéry : « Tout ce qui est simple est faux, mais ce qui n’est pas simple est inutilisable… ». Le dossier « Malthus » ne sera pas clos par cet essai de Michel Sourrouille, et ne le sera sans doute jamais, mais ce dernier contribue à éclairer le lecteur de bonne foi sur le problème, en particulier dans l’optique de la nécessaire décroissance. »
PS : Pour toute remarque, on peut lui écrire par l’intermédiaire du blog… ou poster un commentaire

J’ai écrit mon livre sur Malthus pour qu’il n’y ait plus de fausses interprétation par rapport à son « essai sur le principe de population ».
Le malthusianisme mérite d’être étudié par tout citoyen qui se veut éclairé, que ce soit en France ou ailleurs. Malthus montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Nous pouvons en effet pratiquer la sobriété démographique comme il nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants. Son message principal est écologique, d’avant-garde : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète.
Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte.
Oui, c’est en cela que Malthus est à la fois le précurseur de l’écologie et de la décroissance. Dans le sens le plus large du concept de malthusianisme on règle souvent mieux un problème en réduisant son ordre de grandeur qu’en organisant des changements organisationnels.
Oui, Malthus devrait être étudié, mais pas comme il le fut longtemps dans les cours d’économie, c’est à dire pour nous montrer comment il s’était toujours trompé et comment Marx lui était infiniment supérieur.
Cette propagande politique que l’Education Nationale à imposé à l’enseignement a fait un tort bien injuste à Malthus dont la réflexion fondamentale aurait dû nous inspirer. Que l’adjectif malthusien ait aujourd’hui une connotation péjorative chez tant de courants de pensées (par ailleurs opposés entre eux) est une aberration.
Malthus et Marx ont évidemment toute leur place dans les cours d’économie. Maintenant je doute qu’il y ait eu une volonté de discréditer l’un au profit de l’autre. Je pense plutôt, mais ça je crois vous l’avoir déjà dit, Monsieur Barthès… que vous avez un petit problème avec Marx. Comme d’ailleurs avec tout ce qui est rouge. Ou woke… Mais bon, des goûts et des couleurs ON ne discute pas.
Si l’adjectif malthusien a aujourd’hui une connotation péjorative… ce n’est ni plus ni moins que parce qu’il renvoie à certaines idées, disons… pas très jolies jolies.
C’est comme sadique… ou encore machiavélique.
Machiavel mérite pourtant d’être lu, lui-aussi. Notamment Le Prince, d’ailleurs enseigné dans les écoles militaires et Sciences Po. Quant à Sade, je pense qu’ON peut fort bien s’en dispenser…
Quoiqu’il en soit, si l’adjectif malthusien a aujourd’hui une connotation péjorative… que dites-vous alors de l’adjectif marxiste… Monsieur Barthès ? 🙂
Il est bien quand même ce Serge, non ? Et très sympa en plus. Enfin moi je trouve.
En tous cas bien plus que cet éditeur qui, pour des raisons de divergence idéologique et/ou politique s’était refusé de publier un ouvrage de Michel Sourrouille sur Malthus.
Ceci dit Latouche est toujours sur la même position. Et moi aussi.
– Serge Latouche et la question démographique (Biosphère décembre 2020)
– « Le dossier « Malthus » ne sera pas clos par cet essai de Michel Sourrouille, et ne le sera sans doute jamais, mais ce dernier contribue à éclairer le lecteur de bonne foi sur le problème, en particulier dans l’optique de la nécessaire décroissance. » (Serge Latouche)
Ah ça c’est sûr, et ce n’est pas Biosphère qui risque de clore ce dossier. Ni ces «débats».
Alors va pour l’éclairage, moi je suis POUR. Mais avec modération. La juste mesure quoi. 😉
– « La question démographique doit être prise très au sérieux, mais en évitant de dramatiser à outrance. » (Serge Latouche)