Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, indique le bilan démographique de l’Insee publié le 3 janvier 2025, le nombre de décès excède celui des naissances. La France affiche le nombre moyen d’enfants par femme le plus faible depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

éditorial du MONDE : En France comme en Europe, la substitution progressive, depuis les années 1970, du « désir d’enfant » au « devoir d’enfant », qui, pendant des siècles, a conduit à désigner les femmes comme les seuls agents de la natalité, constitue un immense progrès, qui renforce les responsabilités parentales. On doit reconnaître la gravité des conséquences de la crise démographique. Du logement aux retraites, de l’éducation aux conditions de travail, de la protection sociale à la place de la France dans le monde, aucun domaine de l’action politique ne devrait être considéré indépendamment de l’enjeu démographique. (extraits)

Le point de vue des écologistes malthusiens

LaurentHBDE : Une fois les papys sous terre, les enfants auront la France pour eux, de l’immobilier disponible à bas prix, probablement moins de pollutions et des emplois enfin accessibles. Quelqu’un m’explique pourquoi je devrais paniquer ?

Luc de Noiolo : « Les plus de 65 ans seront bientôt plus nombreux que les moins de 20 ans » ; le taux de natalité « bien inférieur au seuil de renouvellement »; « gravité de la crise démographique »… Les éditoriaux du MONDE sur la situation démographique se suivent et se ressemblent : une liste de mauvaises nouvelles assénées d’un ton autant péremptoire que faussement neutre. Et bien sûr, toujours aucune mention d’un phénomène qui pourtant ne s’embarrasse aucunement du conditionnel : le Papy Crash, ou disparition naturelle des boomers: Stabilisation du nombre de retraités dès 2028-2029, diminution à partir de 2037-2038. Jusqu’à 2000 décès par jour, autant de pensions et de dépenses de santé en moins.

Forza : L’obstination d’avoir toujours plus de population pour faire vivre un modèle de croissance infinie, est une hérésie hors sol. Il faut le dire. C’est bien que la population baisse. Certes il faut trouver de quoi compenser, mais on va aussi moins dépenser !!! En tout cas, on ne peut pas continuer a se multiplier comme des lapins sur une planète qui crame…

Michel Sourrouille : Il est étonnant qu’on ne se soit jamais inquiété de la hausse de la population alors que la France a depuis longtemps dépassé la capacité de charge de son territoire… Maintenant on trouve épouvantable la baisse de fécondité alors que c’est une excellente nouvelle pour les voyageurs dans le métro et le nombre de loups en France !

Donc amis politiques, travaillez sur des scénarios de décroissance, c’est vital.

SBC1982 : Enfin ! Les humains n’étant pas indispensables sur cette petite planète, vivement qu’ils deviennent le moins nombreux possible. Arriver à zéro, c’est très bien.

La question complexe du désir d’enfant

Solène Cordier : Cette chute de la natalité, amorcée en 2011, traduit-elle une baisse du désir d’enfant  ? En vingt-cinq ans, le nombre d’enfants souhaités est en effet passé de 2,7 à 2,3 en moyenne. Dans la tranche d’âge des 25-39 ans, un âge-clé en matière de procréation, les intentions de fécondité sont en baisse dans toutes les catégories sociales, de genre et d’origine. Or, il existe un décalage entre le nombre d’enfants souhaités et le nombre d’enfants réels, moins élevé. Les incertitudes liées à l’avenir, d’ordre climatique, économique et politique, sont avancées. Émancipation des femmes et entrée massive de ces dernières dans le monde du travail, injonctions fortes pesant sur la parentalité, angoisse climatique, infertilité croissante, coût élevé du logement… Une foule de raisons peuvent peser sur la décision de procréer.

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval : « Depuis le Moyen Age, c’était le devoir d’enfant qui primait et écrasait le désir. Devoir vis-à-vis des parents des individus, vis-à-vis d’enfants aînés décédés, vis-à-vis de la société, vis-à-vis de l’espèce… ».

L’historienne Sylvie Chaperon : « Plus qu’un désir, on considérait que c’est la nature des femmes de mettre au monde des enfants ».

L’émergence du désir de maternité assumée en tout conscience renvoie à une période très récente. Avec deux dates importantes : 1956, la création de la Maternité heureuse, l’ancêtre du Planning familial, et la décennie 1970, qui se caractérise par la diffusion des méthodes de contraception et la légalisation de l’avortement.

Sur le plan des idées : La sortie en 1949 du Deuxième Sexe, livre de Simone de Beauvoir, est une date importante. Beauvoir affirme que les mauvaises mères existent et s’élève contre l’idée d’un instinct maternel. De nos jours, la parole des nullipares se libère. Dans des podcasts, des ouvrages, des comptes Instagram, le non-désir d’enfant est davantage assumé. Le phénomène prend racine dans une « volonté de sortir des diktats de la maternité ».

Zorglu : Ne faudrait-il pas inverser la question : plutôt que se demander pourquoi les gens veulent moins d’enfants, il serait intéressant de leur demander pourquoi ils en veulent ? On serait très étonné par les réponses. Les allocations familiales ? Donner un petit frère à la petite sœur ? Ma troisième femme en voulait un elle aussi !

Allons allons… : Un enfant ça coûte un pognon de dingue…

Fran56 : La perspective de se retrouver dans un régime d’extrême droite ne donne pas non plus très envie d’imposer ce naufrage à des enfants

testiflette : Même si elle a eu des enfants, elle termine « seule avec son chats ». En effet, les enfants, flexibilité de l’emploi oblige, ne vivent plus à proximité de leurs parents et les visitent seulement occasionnellement… quand ils ont le temps.

9 réflexions sur “Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?”

  1. Didier BARTHES

    On s’étonne que la baisse de la natalité puisse entraîner des difficultés de logement puisqu’au contraire cela va diminuer la pression sur l’immobilier, plus de logements seront disponibles à terme.
    Curieux que tous ceux qui s’inquiètent oublient toujours cette donnée de base : nous n’avons jamais été si nombreux, ni en France ni dans le monde et la nature n’a jamais été aussi repoussée du fait même de notre expansion numérique.

    1. Oh vous savez… la pression sur l’immobilier dépend de tellement de choses.
      C’est comme le cours du Pétrole, la Bourse… et même la Météo.
      Moi je n’y crois pas, à cette foutue loi de l’Offre et de la Demande.
      Quant au reste, là encore c’est toujours pareil. ON s’inquiète pour tout et n’importe quoi.
      Et même pour un rien. Je l’ai dit mille fois, ON va toustes finir par mourir de peur.

  2. – « la substitution progressive, depuis les années 1970, du «désir d’enfant» au «devoir d’enfant», qui, pendant des siècles, a conduit à désigner les femmes comme les seuls agents de la natalité, constitue un immense progrès, qui renforce les responsabilités parentales. » (Le MONDE)

    Cette mise en parallèle entre désir et devoir est intéressante. Pensons déjà à ce fameux «devoir conjugal», que Madame devait (et doit encore) accomplir pour satisfaire le désir de Monsieur.
    Le désir… l’envie ou le plaisir… de Monsieur ? Mais peu importe ici ce genre de détail.
    De toute façon l’homme, la femme aussi, se définit comme un être de désir.
    Et la femme, en plus, comme un objet de… désir. Voire de plaisir.
    D’ailleurs, si ON se réfère à une certaine histoire… c’est de ça dont ON crève. (à suivre)

    1. Parti d'en rire

      En effet, si Dieu, dans son infinie bonté, n’avait pas offert une femme à Adam… pour ne pas qu’il s’ennuie, le pauvre… mais tout simplement un chien, ou un chat… eh ben nous n’en serions pas là. Mais non, ce plaisantin a eu besoin de lui offrir une chatte !

    2. Esprit critique

      (suite) Bref, quelle soit parentale ou autre (citoyenne, juridique…) la notion de responsabilité ne s’applique qu’à l’être humain. Un âne, un chat, un lapin, ne sont responsables de rien du tout. Comme les petits enfants et les dits irresponsables, qui toutefois restent des êtres humains. Pour moi responsable veut dire adulte, capable de discernement, jugement etc.
      Et citoyen veut dire la même chose.
      Quelle soit parentale ou autre, la responsabilité est évidemment liée à un certain nombre de devoirs. Notamment celui de ne pas succomber à n’importe quel désir (ou envie).
      Ce «devoir d’enfant» puise certainement ses racines très loin, dans notre Histoire.
      Pour chasser, cueillir, labourer la terre, et aussi prendre soin de ceux qui ne pouvaient pas, ou plus (les petits enfants, les vieux, les malades), il fallait bien évidemment que le clan soit… fécond. (« Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre [etc.] »)
      (à suivre)

      1. Esprit critique

        (suite) Pendant longtemps la survie du clan dépendait donc du Nombre.
        Et qu’ON le veuille ou non cette nécessité a laissé des traces. Probablement jusque dans nos gènes…
        Du clan à la famille, de la famille au pays… ON connaît l’Histoire.
        Et du pays à la Patri-illeuh ON connaît la Chanson. Et pour moi le Problème survient lorsque la survie est associée à la puissance. Ou à la taille, la grosseur etc.
        Autrement dit lorsque, par je ne sais quel égarement de l’esprit, la Puissance d’un pays devient proportionnelle au Nombre de grosses bites. Qu’ON exprime en tonnes de chair à canon. Sans oublier bien sûr les gros ventres bien féconds. (à suivre)

        1. MC esprit critique

          (et fin) Ceci dit, si ce «devoir d’enfant», tel qu’ON l’entend encore aujourd’hui… est en effet absurde, grotesque, et tout ce que vous voudrez… en quoi le «devoir de ne pas en faire» serait-il plus raisonnable, plus noble ou je ne sais quoi ?
          Autrement dit, en quoi ce «devoir» serait-il un immense progrès ?
          Attention, je parle bien de devoir… pas de désir.

  3. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

    1. De ce rappel quotidien, je retiens seulement la fin :
      – « Nous avons une volonté de formation des citoyens […] merci. »

      De mon point de vue… ce rappel quotidien me semble porter ses fruits. En effet, ces derniers temps… un certain grand n’importe quoi semble avoir disparu.
      Je parle de celui généré par certains commentaires, que j’évite ici de qualifier.
      En tous cas tant mieux ! Même si les raisons sont nombreuses d’en douter, c’est là-dessus que nous devons espérer, et parier… l’intelligence collective.
      Toutefois je pense que Biosphère devrait faire plus attention sur le choix des commentaires (puisés sur le monde.fr) qu’il nous donne en pâture. Pour seul exemple, je doute que celui de SBC1982 puisse nous aider à aller dans ce sens. Le bon sens.
      De mon côté j’espère remplir cette petite mission, biosphérique, si ce n’est de service public, si ce n’est encore ce devoir, de citoyen. Bref, j’espère contribuer comme il faut.
      En tous cas je fais de mon mieux, comme je peux …
      Et j’espère aussi que Biosphère le sait. 😉

      modération : biosphere le sait, merci à vous…

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