Suisse. Halte à la surpopulation ?

Le dernier livre de Michel Sourrouille

SURPOPULATION

Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

On ne considère qu’un seul pays par lettre alphabétique. Le choix a été aléatoire. Mais l’auteur n’a voulu laisser aucun pays de côté, le défi du nombre n’est pas l’apanage des pays pauvres. La France ou les Pays-Bas sont aussi des pays surpeuplés. Et même la Suisse !

Suisse. Halte à la surpopulation ?

On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20 % alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes.

Le taux de natalité en Suisse a continuellement dépassé son taux de mortalité depuis que des statistiques sont disponibles, en 1861. Mais le taux de natalité est de 1,8 pour les étrangers contre 1,2 pour les enfants de nationalité suisse. En 2021, alors que 26% de la population résidente permanente de la Suisse est de nationalité étrangère, 31% d’entre elle est née à l’étranger et 39% est issue de la migration selon les données de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA). Aujourd’hui l’immigration participe à 45 % de l’accroissement de la population. Début 2024, les statistiques indiquent que près de 60 % des enfants ont des parents nés à l’étranger. Le sentiment de surpopulation commence à grandir en Suisse. Il devient de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes, et les infrastructures de toutes sortes sont particulièrement sollicitées. Ainsi, le nombre d’heures d’embouteillage sur les autoroutes a plus que triplé depuis 2002. Cette importante croissance démographique est également une des raisons de la pénurie d’énergie actuelle.

D’autant plus qu’il faut remettre la densité en perspectives. Elle était de 137,5 hab./km² en 1961, de 181,8 hab./km² en 2000 et de 220 hab./km² en 2021. Or ce petit territoire de 41 285 km2 compte 48 pics culminant à plus de 4000 m. Les montagnes occupent 70% du territoire, et seul un quart de la population y habite. La Suisse compte aussi quelque 1500 lacs et 4% de la surface du pays est recouverte de cours d’eau et d’étendues d’eau. Les surfaces d’habitat et d’infrastructure (bâtiments, aires industrielles et commerciales, infrastructures de transports, installations pour la distribution des services publics et la gestion des déchets, espaces verts et lieux de détente) occupent déjà environ 8% du territoire. Les Suisses se retrouvent donc à l’étroit. Le DAUPHINÉ libéré du 29 août 2023 titre : « La peur de la surpopulation revient dans une Suisse qui ne cesse de croître ».

Le site officiel de la confédération suisse relate les objectifs de l’initiative populaire fédérale de 2014, « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » 1.

1. La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement.

2. La part de l’accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans.

3. Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire.

Ces considérations ont été soumises à référendum le 30 novembre 2014. C’est l’association Ecologie et population (Ecopop) qui était à l’origine de ce référendum. Ecopoop est une organisation non partisane de défense de l’environnement. Son idéal : maintenir, pour les générations à venir, les bases et la qualité de la vie en Suisse et dans le monde entier et, à cet effet, tenir compte du facteur Population. L’ex-directeur de l’Office fédéral de l’environnement Philippe Roch, faisait partie d’Ecopop. Voici quelques desiderata de cette association.

Ecopop souhaite la fin de la surpopulation, en Suisse comme dans le monde entier. Ecopop se démarque catégoriquement des théories xénophobes et racistes. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Or chaque année, il y a dans les pays en développement environ 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. Cela montre que le droit humain à la planification familiale volontaire (c’est-à-dire de la planification familiale telle que nous la connaissons) n’est pas toujours considéré avec la même importance. Ecopop veut changer cela. Ecopop ne nécessite pas de budget supplémentaire pour l’aide au développement, ce sont les fonds déjà disponibles qui doivent être utilisés pour aller au contrôle des naissances dans les pays pauvres. 2

Environ 74% des Suisses ont dit « non » à ce référendum d’initiative populaire. Il n’empêche qu’en France LE MONDE relate cette phrase d’un membre du comité Ecopop : « Au rythme où actuellement on bétonne le paysage, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné  toutes les régions non montagneuses de la Suisse. »

En 2024, le parti de droite UDC veut à nouveau lancer une initiative populaire, à savoir plafonner la population à 10 millions d’habitants en 2050. Pour l’UDC, la liste des maux dont souffrirait la Confédération helvétique est longue : « Criminalité en hausse, explosion des coûts sociaux, pénurie de logements, augmentation des loyers et des primes d’assurance maladie, baisse de la qualité dans nos écoles, embouteillages et transports publics surchargés…»3.

Présentation du livre par la maison d’édition

https://www.edilivre.com/surpopulation-michel-sourrouille.html/

1 https://www.bk.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis406t.html

2 http://www.ecopop.ch/fr/home-fr/62-page-content/aktuell/aktuelles/483-initiative-ecopop-le-peuple-tranchera-en-novembre-2014

2 réflexions sur “Suisse. Halte à la surpopulation ?”

  1. esprit critique

    – « Au rythme où actuellement on bétonne le paysage, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné toutes les régions non montagneuses de la Suisse. » (un membre Ecopop au MONDE)

    Combien pèse le facteur Population dans l’artificialisation des sols en Suisse ?
    En Suisse et ailleurs.
    Toujours bon à rappeler… ne serait-ce que «chez nous»… ces 40 dernières années, l’artificialisation des sols a progressé 3,5 fois plus vite que la population française !

  2. Mauvaise langue ?

    Halte à l’immigr. euh pardon la Surpopulation ! Et oui à la préservation durable des ressources.
    L’assoce écolo Ecopop était donc à l’origine de ce référendum (votation) de 2014. Comme quoi il y a de tout chez les écolos. L’initiative avait alors été rejetée par 74% des votants. Comme quoi il y a de tout chez les votants.
    En 2020, et comme par hasard, avec son «Pas de Suisse à 10 millions !» c’est l’UDC qui remet ça. Là encore c’est NON (68%). En 2026, rebelote, encore l’UDC, et c’est toujours NON (54%).
    Avec un peu de chance au 4ème coup, si ce n’est au 5ème, ça devrait être bon. Plus ça rate et plus ON a de chances de réussir. Maintenant dépêchez-vous, parce qu’en Suisse comme ailleurs ça va bien finir par décroître.
    En attendant, ON peut toujours raconter qu’Ecopop n’a rien à voir avec l’UDC, encore moins avec l’extrême droite, côté assoce ON peut toujours se revendiquer «mains propres et tête haute», il n’empêche qu’ON ne pourra pas faire taire les mauvaises langues.

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