Tik Tok, la responsabilité parentale en débat

Le problème de nos sociétés modernes, c’est qu’elles ont annihilé la nécessité de la responsabilité individuelle, même dans les sociétés libérale dont c’est pourtant le fondement. C’est pourquoi il semble de plus en plus évident que l’État doit légiférer à la place des individus défaillants comme des parents dépassés par leur progéniture. L’exemple particulier ci-dessous peut être généralisé : faudra-t-il un régime à la chinoise pour que la limitation des besoins dans une société soit imposée par l’État ?

La Chine vient de limiter le temps d’utilisation de TikTok à 40 minutes par jour chez les moins de 14 ans. La version chinoise de l’application de vidéos courtes, baptisée Douyin, ne leur sera également plus accessible pendant la nuit. ByteDance, la maison mère de TikTok, conseille aux parents de procéder eux-mêmes à l’enregistrement de leur enfant sur la plate-forme. En juin2021 , la Chine avait déjà révisé sa loi de protection des mineurs en exigeant des réseaux sociaux des outils de limitation de la consommation. : « la société, les écoles et les familles doivent mener une éducation idéale (…). L’état encourage et soutient la création et la diffusion de contenus en ligne propices à une croissance saine des mineurs ». Il fixe également l’objectif « d’empêcher les mineurs de devenir dépendants du réseau ». Le 3 août, l’État chinois était allé plus en loin en interdisant aux mineurs l’usage des jeux vidéo en ligne pendant la semaine, limitant la consommation hebdomadaire à trois heures. Bien entendu tenants de la liberté individuelle et réalistes s’affrontent sur le monde.fr :

Lucas.A : Je trouve quand même désolant que c’est l’État qui doit imposer des règles aussi intrusives dans la vie privée. Même si limiter Tik tok et autre réseau est une très bonne chose, car certains y passent des heures et en deviennent dépendants… Néanmoins, je trouve que ça devrait être les parents qui s’en occupent avant l’état…

Isotope : Les parents ne sont pas parfaits (sans parler de ceux qui sont complètement défaillants dans leurs obligations envers leurs enfants). Il y a même des parents qui doivent eux-mêmes être protégés : aux USA moins de dix Etats seulement autorisent leurs citoyens à jouer en argent réel sur les sites de poker online.

Sardine : Apparemment, parmi les commentaires il y a des gens pour se féliciter que l’État intervienne dans les échanges entre individus. Puis ce sera pour tout le monde, sous divers prétextes (interdiction aux asociaux, aux malfaisants, etc.). Puis on se rendra compte que la vraie liberté c’est le papier et la lettre.

EijiroSaito : Les réseaux sociaux, les jeux vidéos, la pornographie, sont des drogues douces face auxquelles un enfant est bien désarmé quand il est adolescent. De mon point de vue personnel, je mets ces addictions au même niveau que la cigarette, l’alcool ou le cannabis, drogues douces plus matérielles, et qui se répandent aussi parmi les enfants malgré leurs parents.. Je trouve normal de légiférer dessus en ce qui concerne les enfants.

Désenchanté : Incroyable les contributions qui voient une bonne chose à cela. Faut il avoir raté son éducation, ne pas avoir compris le fonctionnement de la liberté individuelle et n’avoir aucune notion de philosophie pour penser cela.

Professeur Gaston : Chacun a un degré différent d’adhésion au principe de liberté individuelle. J’y suis attaché aussi mais mon adhésion n’est pas inconditionnelle. Regardez ce qu’est devenu internet : un outil de radicalisation antisociale, pourvoyeur de fake news et de théories du complot, un outil d’abrutissement généralisé et de fabrique de la dépendance au jeu-vidéo, au jeu d’argent, au porno. Ne voyez-vous pas tous ces gens qui font défiler et rediffusent toute la journée des articles complotistes, des mini-vidéos débiles ou qui se zombifient sur Candy Crush? Et l’effet que cela a sur les plus fragiles ou les jeunes ados et même sur la fragmentation de la société (filter bubbles)? Tôt ou tard, nous imiterons la Chine.

ROTZ : Il y a un concept qui semble vous échapper et qui est pourtant un pilier fondamental de la société européenne : la liberté du citoyen, ! Nous avons le droit d’agir comme bon nous semble tant que cela n’enfreint pas la liberté des autres. On peut effectivement déplorer que trop d’adolescents passent des heures sur Tik Tok, mais ce n’est certainement pas une raison pour approuver la folie totalitaire du régime chinois et souhaiter l’importer chez nous.

ED : Quand je vois des jeunes et des moins jeunes passer leur temps à se prendre en photo dans une espèce de frénésie narcissique, poster des vidéo et des photos sans intérêt sur des réseaux et consommer l’équivalent de plusieurs centrales nucléaires pour brasser du vide, je me dis qu’il faudrait tout simplement interdire ces machins. Ce qui est attentatoire à la liberté c’est de rendre la population addict à des instruments qui rendent idiot.

Pour en savoir plus grâce notre blog biosphere :

4 mars 2021, La génération des écrans, dégénérescence

6 mai 2018, Démence digitale, l’addiction des petits aux écrans

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3 réflexions sur “Tik Tok, la responsabilité parentale en débat”

  1. Reste à voir si la Chine va également limiter à 3 heures hebdomadaires la pollution des cerveaux de ses gamins par la propagande d’État .

    1. Pollution des cerveaux par la propagande d’état comme tout régime socialo-communiste qui se respecte ! Bien que nos socialo-communistes français vont bien au-delà des 3 heures de leurs homologues chinois !

  2. Merde alors, on va finir par penser que la Chine est un pays totalitaire. En attendant, que la France s’en inspire, j’en connais au moins un qui serait bien emm… s’il ne pouvait pas déconner sur internet pendant que les autres dorment.

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