Tournant malthusien chez les décroissants ?

La surpopulation snobée par les décroissants

Après des années de silence absolu sur la question démographique de la part du mensuel « La décroissance », il y a eu au mois d’avril 2023 une première approche, disons assez « décalée ». Le grand titre en première page : «  Pour sauver le monde, faites des bébés, pas la guerre ». L’article de fond en page 3 : la pensée stérile des « no kid ».

cf, Vincent Cheynet, la décroissance démographique

Mais au mois de mai 2023, le journal de Vincent Cheynet a le courage de donner la parole à la critique dans sa rubrique « Courriers des lecteurs ».

Michel Gossart sous le titre « Vieux cathos réacs »

« Alors comme ça, une croissance économique infinie dans un monde fini est une hérésie, alors qu’une croissance démographique infinie dans le même monde tout aussi fini est une bénédiction !? Wah ! On reconnaît bien les vieux cathos réacs dont vous traînez la réputation et qui me paraît de moins en moins usurpée… anti-avortement, c’est pour quand ? »

Catherine Lieber sous le titre « Poisson d’avril ? »

« Préconiser la procréation sur une planète limitée, est-ce un poisson d’avril d’un journal qui prône la décroissance ? Dès les années 1970, certains écologistes s’inquiétaient de la prolifération des êtres humains et je me rappelle avoir lu à l’époque (j’ai 73 ans) un livre intitulé La Bombe P (P pour population). Certes lutter contre la croissance démographique exponentielle de l’humanité ne suffira pas à régler tous les problèmes écologiques. Mais qui a dit que cela suffirait ? De même changer de mode de vie et de système économique ne suffirait pas si nous continuions à croître et multiplier. Je ne donnerai qu’un argument (parmi beaucoup d’autres) : plus l’humanité s’accroît, plus elle occupe l’espace, moins les autres espèces vivantes ont de l’espace vital, plus leurs habitats naturels se réduisent, conduisant à terme à leur disparition. Car je rappelle que la sixième extinction de masse a commencé.

Vos interlocuteurs natalistes affirment que « ce qu’il y a d’unique », c’est « qu’il y ait en permanence des êtres humains sur cette planète. Mais cette planète au cours des milliards d’années de son existence n’a accueilli l’espèce humaine que le temps d’un clignement d’yeux à son échelle. Et au cours de ce clignement d’yeux, quelle dégringolade ! Et de quelle « permanence » parlent-ils ? Aucun espèce naturelle n’est éternelle, l’espèce humaine pas plus que les autres. Le drame, c’est qu’elle se fait hara-kiri elle-même… et qu’elle anéantit en même temps tout l’écosystème auquel elle appartient… Ne pas vouloir d’enfant est assimilé à de l’égoïsme, de la « flemme », du « narcissisme », j’en aspes et des meilleurs. Passons (aussi) sur le fait que que le fait de vouloir un enfant peut être, de même, un désir narcissique et égotiste. La formule « droit à l’enfant » m’apparaît comme un abus quand il faudrait parler de vocation et envisager la mise au monde d’un enfant comme un don de soi et un engagement à contribuer à son épanouissement.

Personnellement je crois que les jeux sont faits et que nous nous réveillons un peu tard… Mettre un enfant au monde dans ces circonstances est une très grave responsabilité. Quand je vois un nouveau-né, je le plains, car son avenir me paraît plus que compromis. C’est à l’enfant, à son avenir qu’il faut penser, pas à soi ,voire à sa propre retraite. J’ai su très tôt que je ne voulais pas avoir d’enfants. Je m’en réjouis car si j’en avais, je serais rongée d’angoisse et de culpabilité. Ce n’est pas parce que je n’aimais pas les enfants que j’ai choisi de ne pas en avoir. Au contraire! C’est parce que je voulais pas qu’ils connaissent pas les désastres qui se profilent et qui déferlent aujourd’hui. Cela ne m’a pas empêché de militer et essayer d’éveiller les consciences. Je me suis battue pour les enfants des autres. Et je continue à ma petite échelle, en me disant qu’il faut essayer, même sans espoir. Je pense que ma lettre exprime ce que pensent beaucoup d’écologistes responsables et cohérents. Il y aura peut-être, dans un avenir lointain, une autre espèce animale vraiment intelligente, digne des merveilles de la Terre, capable de vivre sans tout détruire autour d’elle. »

Lire, La pensée d’avant-garde du « no kid »

 

11 réflexions sur “Tournant malthusien chez les décroissants ?”

  1. iL faut faire des enfants, si l’on est ecologiste, et ne pas laisser le monde a ceux qui ‘en foutent et se reproduisent allegrement.
    Selon les mots de Ted Kaczynski, ce faisant on n’agrave que marginalement le probleme de surpopulation, mais en fournissant des soldats qui lutteront activement contre la civilisation industrielle, nous precipiterons sa chute et par la meme la cause de tous les dommages, y compris la surpopulation.
    Donc, baisez mes freres, et faites autant d’enfants que vous pourrez endoctrinez, du moins tamt que les autres continueront a repandre leur progenitures.

  2. Bonjour Michel C.
    Comme vous vous contentez de répéter trop souvent sur notre blog les mêmes éléments de langage dénués d’explicitation de votre part, nous vous demandons de lire attentivement l’article paru ce soir, « Trois théories de la décroissance ». On montre à l’université de Lausanne que les années 1970 ont été malthusiennes, que certains décroissants comme Cheynet ont complètement dénaturé le message qui était porté par tous les précurseurs de l’écologie politique sans exception, mais qu’actuellement les thèses de retour à l’idée de surpopulation font à nouveau leur chemin.

    Autant, Michel C, vos nombreux commentaires sur ce blog sont souvent judicieux, autant sur la question démographique vous nous donnez l’image d’un vieux disque rayé. (à suivre)

    1. (suite 1) Michel C., vous nous faites penser dans vos commentaires anti-malthusiens répétitifs à cet article fondamental paru dans « La Décroissance » de mai 2023, « la fausse conscience ou la vision déformée de la réalité » : La fausse conscience caractérise les personnes accordant une importance supérieure à tout le reste à un seul critère. Elle caractérise des militants aveuglés par leurs convictions, c’est une forme de pétrification de l’esprit. Elle possède une tendance permanente à « déshistoriciser » les éléments auxquels la doctrine accorde le primat afin de garder une pureté idéologique.

      L’auteur de cette analyse, Joseph Gabel, disait que « l’homme est le seul être pour qui la conscience authentique n’est pas une donnée immédiate mais une conquête, dont la maturation individuelle marque les étapes ».

      1. (suite 2) Joseph Gabel mettait en avant la nécessité, lorsqu’on réfléchit à un phénomène quel qu’il soit, de le replacer dans la « totalité », c’est-à-dire dans son contexte social et dans le cours de l’histoire pour en comprendre les tenants et les aboutissants afin d’éviter qu’un point de vue partiel n’en vienne à devenir la vérité en soi. Les grands penseurs se positionnent au carrefour de plusieurs influences culturelles ce qui leur permet de parvenir à une sorte de vision panoramique sur le monde. Vincent Cheynet a-t-il une telle disposition d’esprit ?
        Michel Sourrouille, cité par le mémoire universitaire, nous indique que ce n’est pas le cas. A la demande même d’un journaliste de « La Décroissance », il avait envoyé un manuscrit de son dernier livre « Alerter surpopulation – le combat de Démographie Responsable ». Il n’y a eu depuis octobre dernier aucune recension sur son ouvrage dans ce mensuel.

      2. marcel duterte

        Bon sang, que le malthusianisme plaise ou non à Cheynet et son mensuel à bobogauchos ou michel C , on s’ en fout complètement
        Des fois que les monstres malthusiens s’ en prendraient à cette merveilleuse espèce bipédique , voilà qui devrait inquiéter nos merveilleux humanistes surtout si leurs frères en humanité sont colorés : bouhou , les vilains racistes qui veulent limiter la ponte de nos chers africains parce qu’ ils sont noirs ou bistres .
        Ces gauchobobos sont un fléau pour tous les peuples du monde , partout ils sont ils sèment pauvreté et discorde sous couvert de principes humanitaires (comme l’ islam d’ ailleurs) : leur liquidation totale rendrait un fieffé service au monde entier .
        J’ en ai autant pour les mondialistes .

    2. –  » les mêmes éléments de langage dénués d’explicitation » …
      Ah bon ? Je ne développe pas suffisamment peut-être ? Ni ne cite suffisamment de sources, ni ne pose suffisamment de questions, peut-être ?
      Maintenant c’est sûr que je radote. Et pas que sur la question démographique. D’ailleurs je ne m’en cache pas, que je suis un vieux disque rayé. Mais de votre côté que faites-vous d’autre ? Je suis d’accord avec Cheynet, Latouche et bien d’autres sur ce sujet. Et alors ? Devrais-je vous re-re-re-réexpliquer pourquoi, peut-être ?
      D’autre part j’ai toujours dit qu’il ne pouvait pas y avoir de débat sur ce sujet.
      Et dit et redit ce qu’était pour moi un débat. (à suivre)

  3. Oui, « La décroissance » publie sans arrêt et avec placidité des courriers de lecteurs déçus, furieux, qui les détestent et qui disent qu’ils ne se ré-abonneront plus. Sans pour autant prendre la peine de répondre, creuser le débat etc. C’est « cause toujours »… quoi que tu dises.

    1. De mo côté, ma chère ALICE, je prends la peine de vous répondre.
      Reconnaissez au moins que La Décroissance a déjà le mérite de publier les courriers de certains scrogneugneux. Pas tous bien sûr, sinon ça nous ferait je ne sais combien de pages, en plus de celles consacrées aux courriers de tous ceux qui encouragent le journal à continuer comme il fait. Pour ce qui est des réponses, qui vous dit que le journal ne répond pas individuellement à tel ou tel pas content ?Je n’en sais rien, mais en ce qui me concerne il l’a déjà fait.
      Ceci dit, vous aimeriez donc creuser le débat etc. (sic).
      Pensez-vous que La Décroissance ne creuse pas assez les sujets qu’elle traite ?
      Quant au débat… mais de quoi parlez-vous ? ( à suivre )

      1. La Décroissance a déjà largement traité la question du Surnombre dans le numéro spécial de juillet 2009 (« La décroissance contre Malthus »). Vincent Cheynet parle d’un «terrain miné». De mon côté je parle de faux-débat, de dialogue de sourds etc.
        Dans ce cadre là, pourquoi devrions-nous en rajouter ? D’autant plus que :
        – « En fréquentant les milieux écologistes, nous croisons inévitablement des militants pour la réduction de la population humaine […] Il est particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique de leur démarche. » (Vincent Cheynet)
        Ma chère ALICE… je vous invite à jeter un oeil sur les commentaires générés par les articles (très nombreux) de Biosphère sur ce sujet . Et de m’en dire ce que vous en pensez. Quant au « cause toujours », c’est finalement la même chose partout. Il n’y a qu’une chose qui puisse faire changer de cap un média, c’est son audience.

    2. Didier BARTHES

      Le journal de la décroissance nie tout simplement les méfaits de la surpopulation, ils ne veulent pas en entendre parler, tant pis pour la faune qui meurt, tant pis pour les forêts qui disparaissent, nous pouvons être 20 milliards sur la planète il n’y a qu’à nous serrer, à nous entasser, à nous aimer tous les uns les autres… Hélas ils sont comme beaucoup d’écologistes, prisonniers d’un a priori idéologique.

      1. Mon cher Didier vous avez raison, le journal de la décroissance n’a rien compris, ce sont TOUS des cancres, définitivement irrécupérables.
        Ben oui, tant qu’à en sortir des bonnes autant qu’elles soient bien grosses.
        20 milliards sur la planète… dites-vous ? Ben moi je dis 50 milliards ! Qui dit mieux ?
        Ah ça oui c’est du “débat » ! Chapeau !! Et avec ça, encore une fois, nous voilà donc bien avancés. Ben oui, comme d’habe quoi. 🙂

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