Tout début d’une crise du pouvoir d’achat

Depuis 2019, en France les salaires réels sont en baisse, un phénomène rare, mais les transferts sociaux et les revenus du patrimoine ont longtemps compensé. En 2025 et 2026, ce n’est plus le cas. Conséquence : le pouvoir d’achat baisse deux années de suite, ce qui n’est arrivé que deux fois depuis 1960.

Eric Albert : En 2025, le pouvoir d’achat par « unité de consommation » (un concept proche de celui du foyer, mais qui est pondéré en fonction de la taille des familles) a reculé de 0,7 %. La France n’a connu jusqu’à présent que deux périodes similaires. La première a été le tournant de la rigueur de 1983-1984, sous François Mitterrand (1981-1995). La seconde correspond aux années qui ont suivi la grande crise financière, de 2010 à 2013, également en période de durcissement budgétaire. Quant aux perspectives actuelles, elles sont sombres à cause de la lourde dette française, qui limite fortement les marges de manœuvre de l’Etat et la capacité de celui-ci à compenser les pertes. Pour les ménages, il s’agit d’une rupture violente. Génération après génération, il était devenu la norme de voir les salaires réels progresser. Le chômage fait son retour, il est aujourd’hui à 8,3 %.

Mais si on se serre la ceinture, c’est pour partir en week-end ou aller au concert de Taylor Swift… 

Le point de vue des écologistes décroissants

– Rassurez-nous… les ultra-riches ont gagné de l’argent ! Ça ne va pas tarder à ruisseler…

– Quand on voit les bennes des déchetteries déborder de biens de consommation inutiles et récents, la baisse du pouvoir d’achat est une bonne nouvelle.

– Ne serait-ce pas le début de la décroissance ? Non pas choisie mais contrainte. Le toujours plus n’est plus soutenable.

– Le mot fait peur mais cette décroissance va devenir pérenne et structurelle. Pour différentes raisons, la principale étant que la croissance infinie est une chimère dans un monde aux ressources limitées. C’est cette décroissance qu’il va falloir apprendre à gérer sur d’autres références comptables que celle en cours.

– Quand les citoyens d’un pays consomment plus en moyenne que ce que les ressources naturelles peuvent leur fournir durablement (et sans réchauffement climatique), il est normal que le pouvoir d’achat baisse. Les réalités biophysiques s’imposent nécessairement à nos désirs du toujours plus.

– Et pendant ce temps-là, notre système continue à faire vivre des personnes qui n’ont pas contribué à son financement… et qui ne comptent pas forcément y contribuer.

– Et pendant ce temps-là, la planète chauffe et nous ne faisons rien, faute de moyens, dit-on.

– Le pire dans tout ça c’est que bon nombre vont penser que pour tout changer, il suffira de voter pour une riche héritière déjà condamnée deux fois pour les avoir escroqués.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

2022, l’obsession morbide du pouvoir d’achat (02/2022)

extraits : 52 % des Français citent le pouvoir d’achat comme leur principale préoccupation.« Dans les “convois de la liberté”, il y a des gens qui souffrent énormément de l’augmentation spectaculaire des coûts du carburant, du fioul, de l’électricité et du gaz », a tweeté la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen. Valérie Pécresse promet « un choc de pouvoir d’achat », avec promesses d’augmentation des salaires. Eric Zemmour a fait du pouvoir d’achat « une urgence absolue », proposant de créer une prime « zéro charge ». A gauche, c’est autour de la revalorisation du Smic que se concentrent les propositions de l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, de l’écologiste Yannick Jadot, et de la socialiste Anne Hidalgo. Mélenchon promet même de bloquer les prix des produits de première nécessité. Le refus généralisé de la sobriété nécessaire en période d’urgence écologique ne fait pas encore recette….

2022, le piège du pouvoir d’achat (10/2021)

extraits : Du point des vue des écologistes, le pouvoir d’achat ne peut plus être une priorité dans un monde contraint par la déplétion des ressources naturelles. En 1972, le remède à la crise écologique était clairement posé par le rapport au club de Rome sur les limites de la croissance : « Dès qu’une société reconnaît qu’elle ne peut pas tout donner à tout le monde, elle doit commencer à procéder à des choix. Doit-il y avoir davantage de sites préservés ou davantage d’automobiles, davantage de nourriture pour les pauvres ou encore plus de services pour les riches, davantage de naissances ou un revenu individuel plus élevé ? L’essence même de la politique consiste à ordonner les réponses à ces questions et à traduire ces réponses en un certain nombre d’orientations. » Presque cinquante ans plus tard, aucune des limites écologiques de notre croissance, aucun des risques majeurs que traversent notre société thermo-industrielle ne sont envisagées ni par les gilets jaunes, ni par les médias, ni donc par les politiques….

Ni Ruffin, ni Leclerc ! A bas le pouvoir d’achat ! (12/2018)

extraits : Les syndicats (ex-)rouges sont pour le pouvoir d’achat. Les syndicats jaunes itou. La droite et l’extrême droite, idem. Point commun avec la gauche et l’extrême-gauche, tout pour le pouvoir d’chant. Et Mr Leclerc, Mme Carrefour, etc. : « Le pouvoir d’achat doit croître ! » Une touchante convergence historique. Pour une société écologique, vous repasserez ! Y a-t-il une institution, une organisation aujourd’hui qui soit opposée au pouvoir d’achat ? Si je ne compte pas les derniers moines et bonnes sœurs prudemment retirés du monde, à ma connaissance aucun. Sauf le journal La Décroissance bien entendu ?….

6 réflexions sur “Tout début d’une crise du pouvoir d’achat”

  1. des-croissants

    Vive Trump ! A Athènes, à Stockholm, à Varsovie ou à Rome, partout les citoyens contraints d’utiliser la voiture au quotidien voient leur pouvoir d’achat éliminé par la flambée des cours du pétrole.
    Mais il ne s’agit que d’un évènement conjoncturel, d’ordre géopolitique. Quand on prendra conscience que la société thermo-industrielle va manquer définitivement de carburant suite à l’épuisement inéluctable des ressources non renouvelables, alors tout notre système complexe relié à la facilité énergétique va s’effondrer : la fragilité découle de la complexité.

  2. Tiens, voilà que ça recommence… voilà une nouvelle crise.
    Et qui dit crise… dit passagère. Alors patience, ce n’est qu’un mauvais moment à passer.
    Oui mais, COMBIEN DE TEMPS … qu’ON va me demander !
    Et là, si j’étais le caporal-chef de Fernand (Raynaud), je répondrais : « Un certain temps ! »
    En fait tout dépend de la crise. Du type de crise. Une crise d’hémorroïdes, par exemple, dure généralement entre 2 et 7 jours. Mais les spécialistes précisent qu’elle peut s’étendre jusqu’à plusieurs semaines selon la gravité et le type d’hémorroïdes.

    1. Blagues à part, quoique, qu’en dire de plus, et que nous n’ayons pas dit, du pouvoir d’achat ? Du sacro-saint Pouvoir d’Achat ! Ben moi, déjà, je dirais que j’en ai plein le cul de tous ces satanés sacro-saints Machins et autres saloperies de sacro-saintes Machines. Non non, je n’ai pas d’hémorroïdes. 🙂
      Bref, pour commencer, je note que parmi ces dits décroissants (Le point de vue des écologistes décroissants) il y en a au moins deux qui auraient bien besoin de cours de rattrapages. Ensuite que l’article du MONDE ne nous avance en rien. ON nous parle d’une troisième crise… troisième période historique, de la même ampleur, et que cette année on est vraiment entré dans le dur (sic) et patati et patata.
      Bref, rien de nouveau sous le soleil. Dur dur !! Et c’est pareil pour tout, et n’importe quoi, hier la Neutralité, du Climat, qui chauffe toujours plus, l’autre jour les écrans, les réseaux, et l’IA …qui nous rendent toujours plus cons, etc. etc. etc. !

    2. Parti d’en rire, toujours aussi con !

      Alors manière de passer le temps, en attendant, j’ai relu les articles de Biosphère (mis en liens), ainsi que les commentaires, dont les miens, bien sûr, que je n’ai même pas pris soin de compter. Et ce juste pour voir en quoi les choses avancent, depuis 2018. Je parle bien sûr des idées, des points de vue. Autrement dit de l’intelligence collective, si vous préférez. Eh ben vous savez quoi ? En ce qui me con cerne, j’en suis toujours au même point, de vue.
      Alors c’est sûr, dur dur !! Misère misère !! si vous préférez.
      Maintenant, et si ça peut vous con soler, de toutes les matières… savez-vous laquelle est la plus dure ? Le diamant ! Seulement c’est pas celle que j’préfère.

  3. – « […] Aujourd’hui, vous m’écoutez comme un original, comme un marginal, bien assis que vous êtes sur vos certitudes – Croissance ! Croissance ! Croissance ! Mais un vent se lève.
    C’est même un orage, une terrible tempête, que moi aussi je redoute et qui viendra balayer votre assurance, qui viendra imposer une évidence : les fous, c’est vous – les fous qui prônez une croissance infinie dans un monde fini, les fous qui menez l’humanité à son suicide.
    Heureusement, il reste quelques sages, des gens peut-être sans cravate, ou aux cheveux longs, ou au langage mal policé, mais des gens au fond infiniment plus raisonnables et qui préparent pour demain, pour notre pays, une autre espérance. »
    (fin du discours de François Ruffin le 26 septembre 2018 à l’Assemblée Nationale)

    1. Toujours aussi nul !

      Tiens, comme c’est marrant. Enfin moi je trouve. Ben oui, il se trouve que ce discours date de 2018. Qu’elle coïncidence !
      Et en quoi a t-il changé le monde, hein ? Et ne seraient-ce que nos Manu et Compagnie, qu’en ont-ils retenu, de ce discours hein ? Rien ! Zéro !! Nada !!!

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