traiter enfin les questions qui fâchent

La recomposition institutionnelle de la gauche est déjà difficile ; à plus forte raison sa recomposition idéologique. Nous savons déjà qu’elle sera sociale ET écologiste, mais le contenu ressemble encore à ce que dit la droite, croissance verte et compétitivité. Les voix discordantes sont encore minoritaires. Des membres du pôle écologique du PS viennent de signer le 20 avril un point de vue dans lemonde.fr : « Gauche et écologie : traiter enfin les questions qui fâchent ». Bravo !

Le propos est à la limite du supportable pour le système, par exemple : « Nul ne nie plus aujourd’hui la nécessité d’une transition écologique conduisant à un modèle de développement plus sobre. Sur cette base, il faudra déterminer ce qui fait précisément débat, par exemple l’évolution de certaines activités, comme l’industrie automobile. » Déjà le pôle avait osé un communiqué de presse anti-F1 le 13 mars dernier : « Ce week-end a lieu la reprise du championnat du monde de F1. A l’heure du changement climatique et de l’épuisement des hydrocarbures, la question de l’existence de telles courses automobiles mérite d’être posée. » Bravo, bravo !!

La question écologique, société de frugalité, sobriété énergétique, fiscalité écologique généralisée, arrêt des déficits publics… deviennent de véritables enjeux. Christophe Caresche, Géraud Guibert, Philippe Plisson veulent un vaste débat démocratique aboutissant à un contrat de gouvernement réunissant socialistes, écologistes et Front de gauche. Bravo, bravo, bravo !!!

Mais l’urgence écologique, par exemple l’imminence du pic pétrolier mondial, nécessite une recomposition institutionnelle et idéologique de la gauche très très rapide. Nous n’avons plus le temps de laisser du temps au temps. Il manque encore une grande gueule écolo au sein du PS pour faire passer médiatiquement le message. La gauche a besoin d’un Jaurès de l’écologie.

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