Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage

« Il est indispensable de trouver un équilibre qui permette à tous, êtres humains comme animaux sauvages, de conserver leur droit de vivre sur cette planète. » Telle est la conclusion de l’éditorial du MONDE*, titré « halte au braconnage ! » 20 000 à 30 000 éléphants sont désormais tués clandestinement chaque année. Le cadavre d’un éléphant au bord d’un cours d’eau empoisonné par les braconniers est insupportable. Cette photo illustre l’article intérieur : « Malgré une forte mobilisation, la proportion des éléphants africains a chuté de 15 % en dix ans ». A ce rythme, nos petits-enfants ne verront plus d’éléphants que dans les zoos ou dans les livres d’histoire. Le trafic d’ivoire et la demande des gens friqués n’est cependant pas la cause principale de la disparition des éléphants, des gorilles, des tigres, des ours, des rhinocéros, des loups, des pangolins…

La pression démographique humaine, qui limite les habitats naturels nécessaires à la vie sauvage, doit être mise sur le banc des accusés. Il faut donc limiter la fécondité humaine, vaste programme. Le but fixé en France par le Conservatoire du littoral en 1975 était le tiers sauvage pour protéger les côtes d’une urbanisation sauvage : le tiers de la planète pour la Nature et les deux tiers pour l’impérialisme humain, ce serait déjà un pas dans la bonne direction. Mais restreindre la propension des humains à s’étaler dans l’espace avec tout leur appareillage de routes et de LGV, de magasins et de parkings, de villes tentaculaires et d’habitats dispersés semble encore plus difficile que de prôner le planning familial. Alors, en désespoir de cause, nous donnons la parole à quelques espèces emblématiques pour espérer que vous écouterez un peu leurs discours (extraits d’article sur notre blog) :

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2013/10/28/de-lhomme-au-loup-une-trop-troublante-similitude/
…Un berger s’exclame : « On élève des brebis, pas des loups. On n’a pas signé pour faire des croquettes fraîches. » Un loup rétorque : « Mieux vaut des croquettes fraîches de brebis qu’un Big Mac de chez McDonald’s »…

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2013/08/28/le-droit-absolu-des-crocodiles-a-manger-de-lhumain/
…Un ingénieur de 26 ans vivant à Darwin (Australie) a été attrapé et emporté par un crocodile… Il s’est baigné dans une zone appartenant aux crocodiles, qui ne savent pas lire les pancartes interdisant de manger des hommes…

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2012/09/11/nous-lions-de-tanzanie-nous-voulons-la-paix/
…Nous, Lions de Tanzanie, déclarons : à qui appartiennent les terres ? Toutes les terres nous appartiennent, nous les animaux. Nous les partageons avec toutes les autres créatures, nous aimons nous coucher dans l’herbe et savourer le temps qui passe. Qu’il nous semble lointain le temps béni où nous partagions la savane avec beaucoup de Gnous et très peu de Massaïs…

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2012/09/04/face-aux-eleveurs-des-loups-exasperes/
…Nous les loups, nous ne pouvons pas saquer les bergers. Sans nous, ils se croyaient en vacances en haute montage. Mais pour nous la montagne, sans les bergers, c’était le paradis ! Ils font de l’élevage pour la viande, un ranching avec des troupeaux de plus en plus importants…

* LE MONDE éditorial du 27 mars 2015, Halte au braconnage

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3 réflexions sur “Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage”

  1. Tant que tous ceux qui se réclament de l’écologie ne seront pas convaincus de ce qui est écrit dans ce texte, tant que nous chercherons juste quelques boucs émissaires à livrer à la vindicte publique, tant que nous ne comprendrons pas qu’aucune astuce d’organisation, qu’aucune optimisation des mécanismes en jeu dans la société n’auront le moindre intérêt si elles ne sont pas accompagnées d’un reflux massif du nombre des hommes et du niveau de nos consommations, alors nous irons à l’échec et nos efforts relèveront de l’inutile.
    Il n’y a pas de bonne solution pour le monde de 11 milliards d’humains qui se profile à l’horizon de la fin du siècle. Il faut partager la Terre avec le reste du vivant, et pour cela il faut laisser de la place aux forêts, aux prairies, à tous les animaux.
    Qu’importe que cette vérité soit simple et ne relève pas d’une subtilité dialectique, systémique, compliquée, alambiquée, c’est une réalité incontournable, c’est d’ailleurs celle qui nous mettra sur la voie de l’humilité nécessaire.
    Hélas, beaucoup d’écologistes aujourd’hui, non seulement parmi les « politiques » mais aussi parmi les plus médiatiques et parmi ceux qui bénéficient de la meilleure image en terme de sagesse et d’humanisme nous disent exactement le contraire. La faute serait à quelques-uns, à quelques comportements facilement évitables, c’est tellement plus vendeur….. tellement plus trompeur aussi !

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