Trump dans les abysses, il touche le fond

Nous, les privilégiés de la société de consommation, nous avons choisi de mourir riche quoi qu’il en coûte… sil y a du fric à se faire, ça se fera. Le capitalisme financier est un ogre qui mange tout, l’Arctique sera pillé, la forêt amazonienne, les sous-sols et maintenant les fonds marins. Aucune extraction minière commerciale n’a encore eu lieu dans les fonds marins, aux États-Unis ou ailleurs. Certains États ont, en revanche, déjà octroyé des permis d’exploration dans leurs zones économiques exclusives, notamment le Japon. D’autres se refusent à ce pillage. Trump déconne à nouveau.

AFP : Donald Trump a signé, jeudi 24 avril, un décret destiné à ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales. Cette décision remet en cause l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), qui a juridiction sur les fonds marins en haute mer.

L’initiative doit permettre de collecter un milliard de tonnes de matériaux en dix ans. Le gouvernement Trump estime que l’extraction minière en eaux profondes pourrait créer 100 000 emplois et augmenter de 300 milliards de dollars (264 milliards d’euros environ) le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, sur dix ans. L’extraction concerne principalement les nodules polymétalliques, des sortes de galets posés sur les fonds marins, riches en minéraux, comme le manganèse, le nickel, le cobalt, le cuivre ou les terres rares. le ministère des affaires étrangères chinois avait estimé qu’aucun pays ne devait passer outre à l’avis de l’AIFM et autoriser unilatéralement l’exploitation minière sous-marine.

Le point de vue des écologistes les pieds sur terre

Claude.B : La croissance, la compétition pour manger la concurrence…. pour devenir le plus grand groupe, le patron le mieux payé… qu’importe si cela conduit dans le mur, aux limites de la planète…. il n’y a pas que Trump, il est la face émergée de l’iceberg… tous rêvent d’avoir le yacht le plus grand sur un océan de plastique…..

RDF : Le président de la première puissance mondiale donne le signal de la curée sur les ressources. La  guerre mondiale prend de nouvelles formes.

FDV75 : En tant que promoteur, l’exploitation sans limite de la planète, fut ce en la dégradant rapidement, est le vrai combat de Trump.Il a déjà commencé en ouvrant à la pêche le plus grand sanctuaire marin par l’ amputation de moitié de certains parcs nationaux……

rm : Parce que l’être humain ne peut pas résister à un bénéfice de court terme, parce qu’il est matérialiste et technophile, il détruira tout, exploitera, transformera, tuera jusqu’à ce qu’il ne reste rien qu’il puisse mettre à son profit immédiat.C’est vrai pour les fonds marins, et pour tous les autres écosystèmes que nous avons ravagés en quelques années, alors qu’il en a fallu des millions pour les construire.

Paris13 : Trump aime les chiffres ronds: 100 000 emplois, 20 milliards de tonnes, 1 500 milliards de dollars. 1 000 000 d’émigrants à expulser… il a péniblement fait repartir quelques milliers… Les discours sont ronflants et la réalité modeste s’impose.

Hervé Corvellec : Un décret ne vaut pas concrétisation. Les derniers mois ont démontré que Trump prend ses désirs pour des réalités. Cela est fréquent chez les personnes qui vivent dans des réalités imaginées  !

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

cervelle d’or, biosphère pillée (2010)

extraits : Il suffit de lire une semaine du Monde pour mesurer à quel point notre planète se vide : Les prélèvements non durables d’eau sont passés de 126 km3 par an à 283 km3 de 1960 à 2000 dans le monde… Pénurie des éléments rare, gallium, hafnium, indium, rhodium … Un cinquième des espèces de vertébrés de la planète est menacé d’extinction… Nous sommes à l’image de l’homme à la cervelle d’or, nous puisons dans les tréfonds de notre planète pour en arracher les derniers morceaux : « Du train dont il menait sa vie, royalement, et semant l’or sans compter, on aurait dit que sa cervelle était inépuisable… Elle s’épuisait cependant, et à mesure on pouvait voir les yeux s’éteindre, la joue devenir plus creuse. Un jour enfin, au matin d’une débauche folle, le malheureux, resté seul parmi les débris du festin et les lustres qui pâlissaient s’épouvanta de l’énorme brèche qu’il avait déjà faite à son lingot. Il était temps de s’arrêter. » (La Légende de l’homme à la cervelle d’or d’Alphonse Daudet in Lettres de mon moulin – 1866) ….

gratter l’écorce de la Terre jusqu’aux dernières limites (2013)

extraits : Nous sommes comme dans la légende de l’homme né avec un cerveau empli d’or qui, tout au cours de sa courte vie, puise dans son crâne de quoi se croire riche jusqu’à gratter les dernières poussières d’or dans le sang et les larmes et en mourir vidé de sa substance. De même la France veut puiser ses ressources pétrolières, minières et minérales dans le sol sous-marin grâce à l’extension du plateau continental français. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son avis oublie son étiquette environnementale : « Cette possibilité d’extension du plateau est une chance et un atout à ne pas négliger. Dans un contexte de crise économique, quel pays côtier ne saisirait pas l’opportunité d’accéder à des droits sur des ressources naturelles vitales pour ses industries ? »….

Vider les océans jusqu’aux tréfonds du fond (2021)

extraits : Dans les années 1970, nous considérions déjà les étendues de nodules au fond des océans comme des eldorados, mais nous avons d’abord exploité à outrance le plus abordable, vidant les océans de ses poissons. Nous nous tournons maintenant vers les profondeurs océaniques, soi-disant pour mieux connaître, mais avec une telle envie d’exploiter les ressources jusqu’à la lie. Le président Macron ménage la chèvre et le chou : « 84 % de nos minerais sont dans nos océans, formidables réservoirs de recherche, de matières premières dont il nous faut organiser à la fois la connaissance ET l’extraction de manière compatible avec les autres activités, avec la recherche et la préservation de la biodiversité. »….

L’extractivisme au fond des abysses (2023)

extraits : En 2023, The Metals Company (TMC) a envoyé à 4 400 mètres de profondeur un gros engin à chenilles aux allures de moissonneuse-batteuse, une dizaine de mètres de long et autant de large, qui a aspiré 3 000 tonnes de nodules et les a remontés à la surface, en les poussant dans une conduite à air comprimé, au rythme de 86 tonnes par heure. La firme ne génère aucun chiffre d’affaires et elle est poursuivie en justice par une action de groupe d’actionnaires qui lui reprochent d’avoir surestimé ses promesses d’activité.

Le pillage des fonds marins à l’étude (2024)

extraits : Les délégations des 168 Etats membres de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) face à TMC (The Metals Company), une société canadienne qui est le seul opérateur à livrer des données chiffrées sur l’exploitation des nodules polymétalliques par 4 000 à 6 000 mètres de profondeur. L’ordre du jour du conseil porte sur la rédaction du code minier susceptible de définir les seuils d’impact à partir desquels l’exploitation du fond des océans serait un jour autorisée. Les débats techniques sont donc intenses….

6 réflexions sur “Trump dans les abysses, il touche le fond”

  1. trump racle le fond

    – « Les impacts de l’exploitation des nodules polymétalliques sont encore mal connus. Ces milieux étant difficiles à étudier, leur biodiversité et leur fonctionnement sont encore mal connus. […] Dans les années 70, des tests de collecte ont été réalisés avec des prototypes d’engin d’exploitation. Des études récentes ont montré que dans ces zones perturbées, la faune reste très différente des zones non impactées. La biodiversité n’a pas retrouvé son état initial, même plus de 40 ans après les tests. »
    (Les nodules polymétalliques, des galets de métaux dans les abysses – ifremer.fr)

    Comme pour l’exploitation des derniers poissons… coquillages et crustacés… là encore Trump nous racontera qu’ « une pêche commerciale correctement gérée ne mettrait pas en danger les objets d’intérêt scientifique et historique. » (Donald Trump réautorise la pêche commerciale dans un vaste sanctuaire marin de l’océan Pacifique – francetvinfo.fr 18/04/2025)

    1. Mais fort heureusement… comme pour la fusion nucléaire, la colonisation de Mars, et autres délires technoscientistes…
      – « Aller chercher les nodules au fond de la mer est loin d’être une simple affaire ! »
      ( L’ exploitation nodules des polymétalliques : utopie ou réalité ? – mediachimie.org )

      Signer un décret à la con, comme celui de ce jeudi 24 avril destiné à ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques… ça c’est facile. Maintenant je voudrais le voir plonger avec le masque et le tuba… notre super canard.

  2. esprit critique

    – « Parce que l’être humain ne peut pas résister à un bénéfice de court terme, parce qu’il est matérialiste et technophile, il détruira tout, exploitera, transformera, tuera jusqu’à ce qu’il ne reste rien qu’il puisse mettre à son profit immédiat. C’est vrai pour les fonds marins, et pour tous les autres écosystèmes […] » (rm)

    Attention ! Avoir les pieds sur terre («les écologistes les pieds sur terre») ne veut pas être défaitiste. Sinon à quoi bon lutter, résister, ou ne serait-ce que réfléchir.
    Dire que l’être humain ne peut pas résister… parce qu’il est ceci et cela, que c’est inscrit dans ses gènes et patati et patata… c’est du défaitisme.
    Ça ce n’est encore qu’une histoire, comme tant d’autres, une croyance entretenue pour mieux nous assujettir. ( à suivre )

    1. – « Alors on pourrait dire «merci Trump» de nous avoir poussé aux fesses ! […]
      Ça se ferait dans mille difficultés et beaucoup de douleur ?
      Comme en 1789, comme en 1848, comme toujours lorsqu’il y a eu de la grande histoire. Voilà ce que serait une révolution antimondialiste. Voilà ce que presque personne ne dit. Voilà ce que dit La Décroissance (et ses amis). C’est pas cher pour une parole vraie : 7 euros tous les deux mois ! »
      ( Denis Bayon et Vincent Cheynet : “Vive Trump ?“ P.3 )

  3. un peu de lecture

    Le Capitalisme de la finitude ! Même la presse libérale en parle :
    – Eugénie Bastié : « Donald Trump n’est pas fou, il incarne le capitalisme de la finitude »
    (Le Figaro 16 avril 2025)
    – Trump, premier dirigeant d’un monde fini (Les Echos 24 mars 2025)

    Pas seulement la presse libérale :
    -« Le monde entre dans une nouvelle ère de domination du capitalisme de la finitude »
    (Le MONDE 15 janvier 2025 )
    – Sur le « capitalisme de la finitude » (blogs.mediapart.fr 29 mars 2025)
    – Capitalisme de la finitude, technofascisme… “Succession”, série qui avait prédit les États-Unis de 2025 ? (philomag.com 25 avril 2025)
    – Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (Arnaud Orain)
    – Vive Trump ? (La Décroissance mai-juin 2025 – P4 et 5)

    1. Le capitalisme de la finitude c’est la fin de la fable du doux commerce pacificateur, de la démocratie libérale (sic), la fin de toutes ces croyances qui nous ont amené où nous en sommes aujourd’hui. Bref, c’est la fin de la fin l’Histoire. (Lire Pierre Thiesset, “Face à la puissance, la désescalade“, La Décroissance P.3).
      Serait-ce alors la fin des haricots ? C’est à nous d’en décider !
      En attendant, le Capitalisme c’est le Bordel. Et le voilà donc en feu.
      La débandade et les femmes paniquées.

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