Trump et Rubio n’aiment pas la CPI

Le Statut de Rome est le traité international qui a fondé la Cour pénale internationale (CPI) . Il est adopté lors d’une conférence diplomatique réunissant les représentants des États adhérant aux Nations unies qui se déroule en 1998 à Rome. Il entre en vigueur le 1er juillet 2002 après sa ratification par 60 États. La Cour compte aujourd’hui 125 Etats membres. Vingt-neuf États, dont la Russie et les États-Unis, ont signé le Statut de Rome, mais ne l’ont pas ratifié. Enfin, certains, dont la Chine et l’Inde, n’ont pas signé le Statut. La CPI juge les auteurs de génocide, d’agression, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Rien de plus normal que de pouvoir juger des criminels.

Pourtant le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a rouvert le 20 juillet 2026 une campagne diplomatique visant à démanteler la CPI, en combinant sanctions, pressions sur les Etats membres et recherche d’alliés parmi les grandes puissances hostiles à l’institution : « La CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays. Non pas à coups de balles et de missiles, mais au moyen de statuts, de traités et à la force du droit international. Washington  mobilisera l’ensemble de l’appareil gouvernemental pour paralyser systématiquement la capacité de la CPI à opérer, à cibler des militaires ou des responsables américains ».

Les USA de Trump veulent donc l’impunité pour des criminels américains, mais aussi Israéliens.

C’est le dossier israélien qui, aujourd’hui, mobilise Washington au premier chef : en 2024, la CPI a émis des mandats d’arrêt contre le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et son ex-ministre de la défense Yoav Gallant, pour crimes contre l’humanité commis à Gaza. Les Etats-Unis exigent de la Cour l’annulation des mandats d’arrêt contre les responsables israéliens et la clôture des enquêtes sur les crimes commis sur le territoire palestinien.

Entre criminels de guerre, on se sert les coudes.

La CPI est dirigée par « un puissant réseau d’organisations non gouvernementales de gauche, de mondialistes imbus d’eux-mêmes et de gouvernements hostiles du tiers-monde, unis par leur animosité envers les Etats-Unis », fustige Marc Rubio.

Comme quoi n’importe quel argument même le plus improbable a de la valeur pour les salauds.

Le secrétaire d’Etat américain accuse la CPI de « se poser en arbitre mondial », de se placer « au-dessus de l’Etat-nation en tant que bras armé supranational d’une bureaucratie mondialiste ». Marco Rubio veut faire de sa campagne diplomatique le combat de deux mondes, celui de la « souveraineté » contre celui du « globalisme ».

Les Etats-Unis de Trump vont à l’inverse de la bonne marche du monde qui repose de plus en plus sur les accords internationaux et l’entente transnationale.

Éditorial du MONDE (17 juillet 2026)

Washington a régulièrement fait campagne contre une institution née de la volonté de limiter le principe de la souveraineté des Etats, qui est invariablement invoqué par les auteurs des crimes les plus graves, qu’ils soient des chefs d’Etat ou des responsables politiques, pour échapper à toute forme de poursuite.

A l’heure où la force ne cesse de prévaloir sur le droit, il faut donc espérer que la CPI puisse résister à ce dernier assaut en date des Etats-Unis.

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CPI. Trump continue de faire des dégâts (février 2025)

extraits : Le président américain D.Trump reproche à la CPI d’avoir mené des « actions illégales ». Il a signé jeudi un décret interdisant notamment l’entrée aux Etats-Unis à ses dirigeants, employés et agents, et qui prévoit de geler tous leurs avoirs détenus dans ce pays. Selon le texte diffusé par la Maison Blanche, la Cour a « engagé des actions illégales et sans fondement contre l’Amérique et notre proche allié Israël »…

2 réflexions sur “Trump et Rubio n’aiment pas la CPI”

  1. inversion accusatoire

    – « Le secrétaire d’Etat américain accuse la CPI de « se poser en arbitre mondial », de se placer « au-dessus de l’Etat-nation en tant que bras armé supranational d’une bureaucratie mondialiste » [etc.] »

    – « Il n’est pas question de discuter la légitimité ou non de la décision de la CPI, mais simplement de noter qu’elle est révélatrice d’un invariant de la collaboration internationale : l’omniprésence du rapport de force et la prééminence des intérêts nationaux particuliers.
    On pourrait en donner de nombreux exemples. Le principe de l’extraterritorialité du droit américain en est un. Parce qu’ils sont l’hyperpuissance mondiale, les Etats-Unis peuvent se permettre de faire appliquer leur droit partout dans le monde, en violation flagrante des différentes souverainetés nationales. » (Souverainisme contre gouvernance internationale – 29 janvier 2025 leregardlibre.com)

  2. Salauds de gauchistes va !

    – « La CPI est dirigée par « un puissant réseau d’organisations non gouvernementales de gauche, de mondialistes imbus d’eux-mêmes et de gouvernements hostiles du tiers-monde, unis par leur animosité envers les Etats-Unis », fustige Marc Rubio.
    Comme quoi n’importe quel argument même le plus improbable a de la valeur pour les salauds. »

    Il ne faut aller bien loin pour entendre de telles conneries. C’est bien connu, ON nous le rabâche suffisamment, les juges sont TOUS des rouges !

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