Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ? Oui, mais.. toute liberté est soumise à des contraintes.
L’émission Punchline, c’est sur Cnews. La télévision selon Bolloré ne donne la parole à personne si ce n’est aux obsessions de son propriétaire. L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a sanctionné le fait qu’un climato-sceptique a pu s’exprimer sur sa chaîne « sans que la position qu’il défendait ne soit mise en perspective et sans qu’une contradiction ne soit exprimée à la suite de ses propos. Il y a méconnaissance des exigences d’honnêteté de l’information et de maîtrise de l’antenne. »
Il est vrai que l’intervenant parlait de l’influence humaine sur le réchauffement climatique comme un mensonge, une escroquerie et un complot destinés à justifier l’intervention de l’État dans la vie quotidienne qui s’apparenterait à un totalitarisme. La chaîne (mais pas l’intervenant lui-même) a été sanctionnée d’une amende de 20 000 euros. L’intervenant pouvait donc tout dire, mais Cnews devait permettre aux auditeurs de déterminer où était la vérité et de savoir que c’était une opinion invalidées par les données de la climatologie.
On pourrait s’arrêter là mais Vincent Cheynet, dans un article de « la décroissance » (janvier-février 2026), s’insurge contre une écologie qui serait liberticide : « L’opinion devient un délit, notre société sombre dans un totalitarisme, c’est l’ère de la police de la pensée, l’écologie est utilisée pour nier la liberté… ». Vincent Cheynet s’attache à une superficialité.
« La liberté d’expression est un droit »… sauf qu’il ne faut pas troubler l’ordre public..
« La liberté est ce qui nous spécifie comme humaine » ; sauf que la liberté doit être accompagné de l’égalité, de la fraternité, du respect des avancées scientifiques, du souci des non-humains et des générations futures, etc.
Cet ancien rédacteur en chef de ce journal décroissant s’appuie entre autres pour justifier son point de vue sur cette sentence apocryphe : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Mais dans l’émission Punchline, redisons qu’il n’y avait pas interdiction d’exprimer son climato-scepticisme, mais obligation pour une chaîne d’information de garder une certaine objectivité dans des opinions proférées publiquement. Il est nécessaire d’être protégés contre les fake news, sinon on va tout droit vers une société où les réseaux sociaux aux mains de milliardaires feront la loi et l’aliénation des masses.
En fait Cheynet termine son article par l’essentiel pour lui, faire la publicité pour son prochain livre à paraître en 2026 : « Liberté et décroissance » (parution 20 février 2026 aux éditions du Rouge et du Noir). Il faut connaître la pensée des personnes qui ne pensent pas tout à fait comme nous.
Le point de vue des écologistes réchauffistes
Soutenir d’une manière ou d’une autre les climato-sceptiques est une grave erreur étant donné que cela donne prise au refus de toute action contre nos émissions de gaz à effet de serre. Comme la combustion du carbone fossile est aussi un facteur fondamental de la croissance économique, il est paradoxal pour un décroissant comme Vincent Cheynet de se tirer une balle dans le pied.
Mais comme tout n’est pas noir chez un militant de longue date, voici un résumé de son livre de 2008 (sur notre site de documentation des écologistes).
Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet (extraits)
Vincent attaque assez assidûment ses confrères en objection de croissance, Ellul, Latouche, Hulot, l’ASPO, Malthus, Paccalet, les pédagogues de la catastrophe… Il traite même l’écologie de « mot qui piège ». Mais comme assez souvent il dit des choses très vraies, attardons-nous sur ces morceaux choisis :
– La réflexion sur les mots est primordiale car ceux-ci sont le socle sur lequel faire avancer les idées. Il existe tout autant des mots poisons qui empêchent de penser, que d’autres qui frayent de nouveaux imaginaires. Les capitalistes l’ont bien compris. Armés de légions de communicants, ils s’emploient autant à vider les mots de leur sens qu’à s’accaparer les mots de leurs contradicteurs.
– L’expression objecteurs de croissance est très parlante : les objecteurs de croissance font acte de non violence en refusant la guerre économique comme les objecteurs de conscience refusent l’ordre de la guerre.
– La récusation du débat par notre société est symptomatique d’une forme de totalitarisme mou. Cela se traduit par une inflation d’oxymores tels que « guerre propre », « voiture propre », « croissance verte » « durable » ou « écologique », « fonds de placements éthiques », « entreprises citoyenne », « développement durable », etc
– Depuis deux siècles, la « science » économique occidentale a quasiment évacué le paramètre écologique de ses raisonnements. Elle fonctionne déconnectée de la réalité physique et géochimique.
– Répondant au député des Verts Yves Cochet qui lui rappelait nos responsabilités face aux limites de la planète, le chroniqueur du Figaro Philippe Simonnot s’énerve : « Moi, ce qui compte pour moi, c’est la liberté. Je veux pouvoir acheter mes chemises à Hongkong, mes chaussures en Inde. C’est ça qui compte pour moi. »
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Éditorial du MONDE, 31 janvier 2026 : Dans le contexte actuel de montée des populismes climatosceptiques aux Etats-Unis, le gouvernement français n’a pas compris que l’époque a changé et que l’enjeu environnemental devient de plus en plus urgent. Le 29 janvier, une proposition de loi réautorisant la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer a été votée au Sénat. L’initiative est venue d’un groupe centriste proche du gouvernement et contredit à la fois la loi Hulot de 2017, les engagements d’Emmanuel Macron et les avis des scientifiques qui préconisent d’arrêter tout nouveau forage pour limiter le changement climatique. Le gouvernement manque de courage ou préfère les intérêts économiques aux enjeux écologiques… Il n’a en tout cas pas compris que l’époque a changé et que l’enjeu environnemental devient de plus en plus urgent.
– « Vincent Cheynet s’attache à une superficialité. » (Biosphère)
Admettons. Il faudrait alors commencer par définir ce qu’est une superficialité.
En tous cas, de mon point de vue, il dit là l’essentiel. Oui d’accord…je devrais alors commencer par définir ce qu’est l’essentiel. J’espère que tout le monde comprendra que nous rentrerions alors là dans le grand n’importe quoi.
Je préfère donc commenter là les contre-arguments que Biosphère oppose à V. Cheynet :
1) « « La liberté d’expression est un droit »… sauf qu’il ne faut pas troubler l’ordre public. »
=> La paix… l’Ordre Établi… c’est quoi au juste l’ordre public ?
En tous cas moi je suis pour la paix, à commencer par celle des ménages. 😉
(à suivre)
2) « « La liberté est ce qui nous spécifie comme humaine » ; sauf que la liberté doit être accompagnée de l’égalité, de la fraternité, du respect des avancées scientifiques, du souci des non-humains et des générations futures, etc. »
=> D’accord avec Biosphère, avec qui je partage cette définition (vision) de la liberté. Sauf que je ne peux, aussi, qu’être d’accord avec VC. Tout simplement parce que je ne pense pas que les non-humains et les générations futures (acteurs-absents) se soucient de nos petits désaccords. Ni même de nos gros. 😉
(à suivre)
3) « « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Mais dans l’émission Punchline, redisons qu’il n’y avait pas interdiction d’exprimer son climato-scepticisme, mais obligation pour une chaîne d’information de garder une certaine objectivité dans des opinions proférées publiquement. »
=> D’accord avec Biosphère, il n’est évidemment pas question de tolérer qu’une chaîne d’info (digne de ce nom) bafoue ainsi les règles élémentaires en matières d’objectivité, d’impartialité, de temps de parole etc. Sauf qu’à ce moment là c’est à CNews (Bolloré) qu’il faut faire un procès, mais pas à Cheynet.
En guise de conclusion : Ne nous trompons (trumpons) pas d’adversaire. 😉
– « Soutenir d’une manière ou d’une autre les climato-sceptiques est une grave erreur étant donné que cela donne prise au refus de toute action contre nos émissions de gaz à effet de serre. […] il est paradoxal pour un décroissant comme Vincent Cheynet de se tirer une balle dans le pied. » (Le point de vue des écologistes réchauffistes)
Là encore, aussi paradoxal que cela puisse paraître… en disant ce que je dis, je n’ai pas l’impression de me tirer une balle dans le pied. À la rigueur… ON peut bien sûr m’accuser de défendre leur fumeuse «liberté» d’expression, ou «liberté» de chier.
Mais m’accuser de soutenir les climato-sceptiques serait plutôt… comique.
Et pour finir, avec les paradoxes… n’oublions pas qu’ils sont notre lot à tous. Et que comme pour tout, et n’importe quoi, des balles et des pieds, par exemples…, il y a paradoxe ET paradoxe.
Des petits, des pas bien méchants, des insignifiants…
Et puis des gros, des énoooormes, des terriblement puants etc. etc.
– « Ce qu’il y a de plus terrible, c’est cette panique que déclenche l’idée de passer pour un soutien de nos contradicteurs. C’est là, et pas ailleurs, que se niche le problème, n’en déplaise aux esprits stalinoïdes qui veulent t faire taire tout opposant. […]
de fait, ce n’est pas à nous, premier journal d’écologie politique en kiosque depuis plus de vingt ans, que l’on peut faire un procès en «climato-scepticisme», ni accuser de soutenir un mass media, qu’il appartienne à M. Bolloré ou à d’autres milliardaires. »
( Vincent Cheynet – Contre l’écologie liberticide – La Décroissance )
Ah cette sacro-sainte, si ce n’est satanée… disons alors fumeuse… Liberté d’Expression !
Mon dieu quelle foutaise ça aussi ! Maintenant je me demande quel est le sens, le but, de ce procès fait à Vincent Cheynet sur ce sujet. Dans cet article (P5 La Décroissance), VC ne fait, justement, qu’exprimer son point de vue, là-dessus.
Et quand bien même tout ce qu’il raconte là ne serait finalement que de la pub pour son dernier bouquin («l’essentiel pour lui»)… et alors ? Que ceux qui n’ont jamais profité de telle ou telle occasion pour faire de la pub (propagande) pour leur bouquin, leur salon ou je ne sais quoi, lui jettent alors la première pierre.
Admettons déjà qu’il y a bien pire que ça. Notamment quand ON profite de n’importe quelle occasion pour chier sur certains, et certaines idéologies. Et comme par hasard toujours sur les mêmes. Et ce au nom de la sacro-sainte Liberté de Chier ! (à suivre)
(suite) Je voudrais surtout éviter d’en arriver à penser que ce genre de «liberté»… ardemment défendue par Bolloré-CNews et Compagnie… participe à faire progresser l’intelligence collective. 🙂 Du mien, point de vue, l’essentiel est là, dans ce passage :
– « Paradoxalement, en infligeant cette amende, l’État donne raison à l’inculpé, non sur le réchauffement climatique, mais sur le caractère totalitaire dans lequel sombre notre société. De fait, quand quand l’opinion devient un délit, c’est le signe de l’entrée dans l’ère de la police de la pensée [etc.] » (Vincent Cheynet)
Eh oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître… Cheynet dit vrai.
Et pour moi c’est clair comme de l’eau de roche. (à suivre)
(suite) ON peut voir là l’effet Streisand (Voir Wikipédia), mais pas que ça.
Pour moi, ces enfoirés se servent du réchauffement climatique pour faire diversion.
En fait ils peuvent prendre n’importe quoi pour trumper et enfumer les couillons.
Cette stratégie s’observe également sur ce blog, par exemple quand ON cherche à me faire passer pour ce que je ne suis pas. Et/ou me faire dire ce que je n’ai jamais dit.
Le truc consiste à balancer une énormité… et dès que les couillons hurlent au Mensonge, dénoncent les fake-news etc. nos enfoirés enfoncent le Clou en hurlant à la Dictature.
Les couillons sont alors qualifiés de toutes les tares, et deviennent des… enfoirés.
C’est le monde à l’envers, ON est alors ni plus ni moins que dans la Grande Confusion, ou grand n’importe quoi. Le problème, c’est qu’à ce jeu de cons même le dernier des couillons risque d’y perdre son latin. Ses chèvres ou son âme peu importe.
Mon seul doute réside dans la persistance du CO2 durant des années our former selon les scientifiques du Giec 😁😁😁 un effet de serre et cela sans s’ unir avec d’ autres éléments chimiques pour former de nouvelles molécules .
Ce n’est pas le doute, mais c’est la certitude qui rend fou. Quoique… j’ai un doute.
Plus ON sait, et plus ON doute. Je sais… mais j’en doute.
Le doute est le commencement de la sagesse. Je ne dois pas être assez sage… j’en doute.
Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
https://biosphere.ouvaton.org/blog/
Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
https://biosphere.ouvaton.org/
Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.
Un commentateur : « D’accord avec Biosphère, il n’est évidemment pas question de tolérer qu’une chaîne d’info bafoue les règles élémentaires en matières d’objectivité, etc. Sauf qu’à ce moment là c’est à CNews (Bolloré) qu’il faut faire un procès, mais pas à Cheynet. Ne nous trompons (trumpons) pas d’adversaire. »
notre réponse : Relisez bien notre article, Vincent Cheynet prend la défense de Bolloré en faisant croire que la liberté d’expression est absolue, et donc qu’un climato-sceptique a le droit de s’exprimer sans que personne ait le droit de dire le contraire. En termes clair, sur ce point Bolloré et Cheynet, même combat.
Il faut pouvoir critiquer son ami de militance (ici décroissanciste) quand celui-ci fait une erreur de jugement.