Un langage commun grâce à ce blog biosphere

Noël est un fête pour célébrer l’allongement des journées et l’annonce du réveil de la nature. Noël est une fête pour les chrétiens qui ont récupéré ce moment pour célébrer la naissance du fils de leur dieu. Noël est devenu une fête pour les marchands qui offrent des cadeaux payant à la société de consommation. A chaque période, à chaque groupe social son propre langage. Noël a perdu son sens profond, sur ce blog nous proposons de nouveaux éléments de langage pour nous y retrouver un peu dans ce monde de brut et de brutes. Mais c’est beaucoup plus compliqué que de déterminer le cadeau à choisir pour ses proches…

Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait poser les termes de façon suivante

Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), Malthusien (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc.

Pour mieux comprendre la première expression,  « Acteurs absents ».

Le mot « représentation » peut se comprendre de deux manières. La première concerne la façon dont nos imaginaires contemporains se figurent cette nature, plus ou moins anthropocentrée. La seconde concerne la façon d’inclure la nature dans nos débats et les prises de décision. Évidemment, les deux perspectives sont liées : l’inclusion du vivant dans les décisions dépend largement de notre conception de la nature. Encore faudrait-il installer des chaises pour les acteurs absents. C’est ce  qu’il faudrait faire. Pour en savoir plus, lire :

Tiers-absents ! (juin 2007)

extraits : Il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Tu n’es que partie de la Biosphère, tes décisions sont contraintes. Un jour notre bulletin de vote ira à un candidat aux élections qui prendra en compte l’existence des tiers-absents. Ce jour-là, la démocratie aura fait un pas de géant, au delà de son anthropocentrisme ordinaire…. 

une démocratie élargie aux acteurs-absents (décembre 2009)

extraits : Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au court-termisme ? Il faut que chaque citoyen en position de décision délibérative se fasse l’avocat des acteurs-absents, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations : milieu naturel, être vivants non humains, générations futures. Il faut d’ailleurs remarquer que la génération actuelle peut se permettre d’utiliser autant de ressources non reproductibles (et perturber le climat) uniquement parce que les générations à venir sont exclues du marché actuel pour la simple raison qu’elles ne peuvent y être présentes ; sinon le prix s’élèverait déjà à l’infini. Il y a une dictature du présent sur l’avenir….

La démocratie représentative élargie aux acteurs absents (janvier 2016)

extraits : Les désordres écologiques posent, au niveau global comme local, la question centrale : comment vivre ensemble ? ou plus précisément : comment décider ensemble ? A ce propos, nous montrons que les théories de la négociation dévoilent leurs faiblesses quand elles sont confrontées aux acteurs faibles et aux acteurs absents ; deux entités importantes à considérer dans une problématique environnementale. Afin de faciliter la négociation environnementale dans un contexte multi-acteurs, nous avons mis au point le modèle de l’Acteur en 4 Dimensions (A4D). Testé sur plusieurs territoires….

Acteur absent, pour une représentation démocratique (mai 2016)

extraits : La plupart de nos contemporains vivent au jour le jour. Les politiciens, même réunis dans une conférence internationale sur le climat, ne raisonnent pas beaucoup plus loin que les intérêts immédiats de leurs électeurs. Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au fatalisme et au court-termisme ? En utilisant la notion d’acteur absent dans notre conception de la démocratie représentative.

Acteur absent, élément-clé d’une démocratie écologique (août 2016)

extraits : La politique repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante s’efforcent de propager dans la presse et d’inculquer à l’opinion publique. Michel Sourrouille propose aux électeurs dans son dernier livre un lexique pour pouvoir mieux se situer face aux jeux du pouvoir et mieux comprendre les enjeux de la démocratie. Exemple : Acteur absent (ou tiers absent), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

Penser l’avenir au nom des acteurs absents (octobre 2021)

Le texte intégral de Michel SOURROUILLE a été publié par LE MONDE

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

extraits : Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Nommer permet de représenter, de pouvoir en discuter, d’y croire jusqu’à pouvoir en faire un statut social. C’est pourquoi l’expression « acteurs absents » mérite considération. Selon la définition du Dictionnaire du développement durable, il s’agit des générations futures et des non-humains, absents de nos délibérations actuelles. Une expression nouvelle permet de rendre visible l’invisible. C’est possible, les religions du livre en témoignent : elles font célébrer un dieu abstrait dont l’existence ne pourra jamais être prouvée. Par contre, les enfants de nos enfants et la biodiversité dans la nature sont une réalité tangible dont l’avenir est compromis.

Il n’y a pas eu un seul commentaire si ce n’est celui de Michel Sourrouille  : « Pour résumer mon analyse, trop complexe peut-être. Si tu dois décider de quelque chose, tu dois tenir compte de tes propres centres d’intérêt, mais aussi du sort des générations futures et de la biodiversité (les acteurs absents) qui sont nécessairement impactées par les conséquences de tes décisions présentes. Cela est valable autant dans nos comportements quotidiens (manger de la viande par exemple, avec effet sur le climat) que dans les délibérations politiques (condition animale par exemple) qui ne doivent pas rester centrées sur des intérêts catégoriels ou même nationaux. Une démocratie ne peut véritablement fonctionner que si tous les citoyens et électeurs font preuve d’ouverture d’esprit, et la considération des générations futures ainsi que des non-humains est un des éléments de cette aptitude… Est-ce plus clair ainsi ? »

Acteurs absents de nos délibérations présentes (juillet 2022)

extraits : Le suffrage universel est une conquête récente qui s’est progressivement élargi à des acteurs de plus en plus nombreux, ce qui a permis un certain approfondissement de la démocratie. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote aux femmes et aux adulescents si on pouvait inclure dans la participation électorale les êtres vivants non humains, le milieu naturel et les générations futures. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents ou tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération sans participation vraiment universelle ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions : on s’immerge dans la défense d’un groupe particulier et/ou on ignore le long terme….

M. Sourrouille représente les acteurs absents (mai 2024)

extraits : Les acteurs, militants ou experts, s’appuient moins sur l’argument de protection de l’humanité. Il s’agit désormais de préserver la nature, voire de lui refaire gagner du terrain pour elle-même. En parlant au nom d’êtres qui n’ont pas la parole (faune, flore, océan, nature en général), les militants ou les experts se positionnent en porte-parole. Diverses expérimentations existent. Un groupe de travail de l’Agence française de normalisation a, par exemple, mis en place une « chaise vide pour le vivant », qui incarne la présence de la nature à la table de discussion. Lors des réunions, chacun peut venir s’y asseoir pour devenir porte-parole de la nature (ou d’une entité vivante)….

BONUS

Nécessité pour la foule, partager un langage commun

Plus le nombre de personnes ayant à se mettre d’accord sur une décision à prendre est important, plus les points communs à leur réflexion sont réduits. On peut donc dire que les considérations de chaque individu (ou États) ne s’ajoutent pas, au contraire, elles s’annihilent ! Des immeubles construits par plus de 195 personnes, il y en a beaucoup. Mais ils ne sont jamais le fruit de la volonté d’un si grand nombre de personnes. C’est là qu’on retrouve la structure pyramidale habituelle de la société… avec un « chef » architecte qui décide en définitive tout seul, comme notre auto-constructeur. Souvenons-nous : L’homme est un animal de petit groupe. Alors oui : lorsqu’il s’agit de réfléchir en petit groupe, au niveau de son clan, POUR SON CLAN, les individus qui composent ce clan sont capables d’aboutir à une réflexion commune, un consensus. Mais au niveau national ou mondial, les compétences dans la réflexion s’annulent. En d’autres termes : 8 milliard de personnes, cela fait une capacité d’action qui tend vers l’infini. 8 milliard de personnes, cela fait une capacité de réflexion qui tend vers zéro.

11 réflexions sur “Un langage commun grâce à ce blog biosphere”

  1. Robert, du parti d'en rire

    – « Dans le langage commun, peut-être, n’a-t-on pas besoin d’être plus précis. […]
    Dans le langage commun, le concept de bidimensionnalité est synonyme d’intelligence médiocre. […] Dans le langage commun, personne, sujet et individu désignent peu ou prou la même chose. […] L’objectif est qu’il y ait un langage commun dans cette équipe pour que l’on puisse se partager la balle facilement. […] Dès lors, à partir de quelles bases communes, dans quel langage commun les différentes confessions pourront-elles se reconnaître mutuellement ? […] Nous tenons un langage commun lorsque nous cédons à l’attrait de mots comme «efficacité», » gestion financière saine» et «discipline budgétaire appropriée». […] Dans le langage commun, on appelle ça le rhume des foins. »

    ( dictionnaire.lerobert.com/definition/langage-commun )

  2. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Ici, il n’y a pas de modération a priori des commentaires…
    Prière de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

    1. Un commentateur voudrait qu’on commence par retrouver le véritable sens des mots plutôt que d’élaborer un nouveau langage. Mais les mots usuels sont devenus des mots-valise où on ne trouve que ce qu’on y cherche. Même la vérité devient relative à l’heure des réseaux sociaux. On sait aussi que des mots nouveaux comme acteurs-absents sont très peu répandus alors qu’un dictionnaire AFNOR définissait déjà le terme. Cette expression est une critique de l’anthropocentrisme et du court-termisme qui sont si bien entretenues par le système croissanciste.

      On est certes marginalisé quand on ne participe pas à l’imaginaire social du moment présent. Mais une expression nouvelle est un signe de rupture, comme le mot obus « décroissance » qui joue son rôle de déstructuration du système actuel l’a montré.

      1. – « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez [etc. etc.] » (Bernard Werber)

        Peut-être n’ai-je pas été assez clair, alors je précise. Je n’ai rien contre les nouveaux concepts (idées), parce qu’il se trouve que j’aime bien réfléchir. Je n’ai donc rien contre ces nouveaux mots qui ne servent qu’à les traduire.
        Ainsi «acteurs-absents» me va très bien. Tout comme le mot obus «décroissance», l’expression «décolonisation des imaginaires» et j’en passe.
        Maintenant, quand ces nouveaux mots n’apportent finalement rien de nouveau, certains anglicismes par exemple… quand ON dit «débriefing» pour dire «réunion», ou «mise au point»… là je rigole. Donc je me moque. (à suivre)

        1. MC esprit critique

          (suite et fin) Et quand ils ne font que compliquer encore plus les choses… voire ne rien dire de bien sérieux, et donc alimenter le Grand N’importe Quoi… comme ce fumeux «wokisme»… là je dis STOP !
          Si, comme vous dites, les mots usuels sont devenus des mots valise où on ne trouve que ce qu’on y cherche… d’abord c’est très grave, ensuite c’est une raison suffisante pour faire de leur réhabilitation une priorité.
          Juste pour qu’un cercle ne devienne pas un carré, etc. etc.

        2. Regardez déjà à quoi les gens pensent quand ils entendent le mot « concept ».
          Et « utopie », et j’en passe !
          Je pourrais bien sûr en faire une liste, par ordre alphabétique. 😉
          Comment pourrions-nous aller bien loin dans ces conditions là ?

  3. – « A chaque période, à chaque groupe social son propre langage. […]
    Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun […]
    Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Nommer permet de représenter, de pouvoir en discuter, d’y croire jusqu’à pouvoir en faire un statut social. […] » (Biosphère)

    Tout ça est très intéressant, seulement je ne sais pas trop par où commencer…
    D’ailleurs c’est peut-être ce qui explique pourquoi, même sur Le MONDE, il n’y a pas eu un seul commentaire si ce n’est celui de Michel Sourrouille (sic).
    En fait, il n’y a que sur ce petit blog qu’ON daigne porter un peu d’intérêt à cette idée de nouveau langage. Plus exactement à ces « acteurs absents ». Eh oui, puisqu’il faut bien commencer par quelque chose, autant le faire dans l’ordre alphabétique. Ce qui laisse donc une bonne quinzaine de jours de vacances à nos trois pelés et un tondu, pour aller faire du ski. 🙂
    (à suivre)

    1. (suite) Pour commencer, n’allons pas croire que les acteurs absents sont ceux qui, par manque d’inspiration, total désintérêt ou je ne sais quoi, n’ont rien à dire.
      Tout le contraire de Ma Pomme, en somme.
      – “Penser l’avenir au nom des acteurs absents” (Biosphère octobre 2021)
      Qu’en dire de plus, des acteurs absents… si ce n’est qu’ils ne sont pas là.
      Ben non puisqu’ils sont absents. Toutefois ON sait qu’ils existent. Qu’ils sont là quoi.
      Bref, les acteurs absents c’est vu, c’est bon. (à suivre)

      1. Michel C , du parti d’en rire

        – « Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Nommer permet de représenter, de pouvoir en discuter, d’y croire jusqu’à pouvoir en faire un statut social […] »
        (Michel Sourrouille, Le Monde 01 octobre 2021)

        C’est tellement évident. Tiens, Dieu par exemple, moi personnellement je me contrefous du nom qu’ON lui donne. Un simple ? (point d’interrogation) me va très bien.
        N’empêche que c’est incroyable… Et dire que cet article n’a pas recueilli un seul commentaire… misère misère ! Trop complexe peut-être…
        Dans ce cas ça revenait à donner de la confiture aux cochons.
        Comme quoi les lecteurs du Monde sont loin d’être une référence. Des lumières quoi.
        Et ceux de ce petit blog n’en parlons pas. Ben non, parce que parler des absents ça ne se fait pas ! Tout connement parce que c’est contraire à la morale, ils ne peuvent pas se défendre et patati et patata.

      2. Rire pour réfléchir, au risque de provoquer

        Ou plutôt si, parlons-en, rien à foot de ces vieux principes du 16ème siècle !
        J’imagine les têtes qu’ils doivent faire à l’idée de ce langage… commun.
        Et pourquoi pas un programme commun, tant qu’ON y est !
        Le Communisme… oh mon dieu non pas ça ! Non, ceux-là préfèrent parler de l’Islamo-gauchisme, de l’UmPs, du Wokisme et autres conneries du genre. Parce que tout ça au moins ça existe. Dans leur pauvre petite tête seulement, misère misère !
        Même l’espéranto ne trouvera pas grâce à leurs yeux, pas assez subtil, ou trop simple peut-être… La Preuve, Tolstoï l’a appris en deux heures, c’est Wiki qui le dit.
        Bref, le langage commun c’est vu aussi, et c’est NIET !

        1. Tout ça pour dire quoi ?

          – « Déjà que la notion de «générations futures» est assez floue, celle d’«acteurs absents» ne peut l’être qu’encore plus. Ces deux concepts (ou idées) ne sont toutefois pas sans intérêt, au contraire. […] » (Michel C 2 octobre 2021 à 20:31)

          Pour dire qu’avant d’en rajouter, toujours plus, des nouveaux concepts… et de penser à élaborer un nouveau langage, commun… ON ferait peut-être mieux de commencer par retrouver le véritable sens des mots.
          Et de lutter contre cette novlangue qui nous fait voir des vessies comme des lanternes, la droite à gauche, le mensonge comme la vérité etc. etc.

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