Mon père a passé 26 mois dans les camps de concentration nazis, en particulier dans le tunnel de Dora. J’en ai tiré les conséquences, j’ai été objecteur de conscience au début des années 1970. Mais je constate que le principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » reste toujours dominant en 2026 et sans espoir visible que ça change.
L’invasion de l’Ukraine nécessite certes un soutien militaire massif de l’UE. Mon idéal d’objecteur ne m’empêche pas d’envisager au niveau géopolitique la nécessité d’être pragmatique. Mais l’augmentation du budget militaire français voté le 10 décembre par le parlement n’avait rien à voir avec l’Ukraine. Et l’armée russe n’a pas l’intention de défiler sur les Champs Élysées.
Le problème essentiel, c’est le positionnement global du mouvement écologiste. Actuellement, il soutient aveuglément le réarmement militaire voulu par Macron. Il lui manque une vision globale, un « plan de paix ». J’ai élaboré un tel plan en dix points qui se veut pragmatique, politiquement possible à mettre en œuvre par un pays qui veut échapper à l’état de guerre perpétuelle.
Michel Sourrouille
Un projet français pour la paix mondiale
Deux guerres mondiales, des guerres coloniales, même l’institutionnalisation de l’Organisation des Nations unies n’a pas permis d’échapper aux violence armées. Nous sommes en 2026, nous assistons à des nationalisme exacerbés et des « opérations militaires » un peu partout. Emmanuel Macron militarise la France, augmentation des dépenses militaires, construction d’un nouveau porte-avions, service militaire volontaire… Nous pouvons penser autrement.
1) La tendance à la non conflictualité est aussi ancienne que l’art de la guerre. La non-violence est à la base de presque toutes les religions, du jaïnisme (Xᵉ siècle av. J.-C.) aux Évangiles. Les chrétiens, aux trois premiers siècles de l’Église, refusaient le service des armes. La fête du 14 juillet faisait référence au 14 juillet 1790, jour de l’union fraternelle de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Ce n’était pas un défilé militaire.
On peut à l’école apprendre l’esprit de coopération et la force de la non violence. Si tu veux la paix, prépare la paix. La Constitution de la France pourrait adopter le point de vue japonais : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. »
2) Le nationalisme devrait être obsolète. Aujourd’hui notre appartenance à un territoire élargi est symbolisé par le drapeau de l’Union européenne. Mais un autre drapeau mérite l’attention d’une humanité pacifiste et pacifiée, celui de l’ONU. Sa vocation est de promouvoir la fin des conflits dans le monde.
3) Le terme « défense » possède deux acceptions, préparer la guerre ou promouvoir la capacité de résistance. Lors de la JDC (Journée défense citoyenneté) obligatoire pour tous les jeunes, il serait normal d’avoir un module centré sur la DCNV (défense civile non-violente) pour apprendre à résister à l’injustice. Ministère de la défense, ministère des armées, plutôt ministère de la paix.
4) Il devrait même être possible lors de cette journée de se déclarer OC (objecteur de conscience), opposé à l’usage collectif des armes. Le statut d’OC est reconnu par la France depuis décembre 1963. La fin du service militaire obligatoire n’empêche pas qu’une mobilisation générale soit un jour possible. En démocratie, on devait avoir le choix entre combattre par les armes ou vouloir la paix.
5) Les armes attisent les conflits plus qu’elles ne les apaisent, et on n’éteint pas un incendie avec un lance flammes. Toute vente d’armes par la France à des pays tiers est une erreur stratégique et un non-sens si on recherche la paix.
6) Les faits sont têtus : l’arme nucléaire n’empêche pas la guerre ni un territoire national d’être attaqué. Le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) est signé à l’ONU en 2017 et ratifié par nombre de pays. La France devrait faire de même.
7) L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (North Atlantic Treaty Organization) est l’organisation politico-militaire mise en place le 4 avril 1949 face aux Soviétiques. Mais il y a eu dissolution du pacte de Varsovie en 1991. L’OTAN aurait du disparaître au même moment. En novembre 2019, le président Emmanuel Macron avait horrifié la communauté occidentale en déclarant l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) « en état de mort cérébrale ». Tout instrument de guerre doit être supprimé quand il peut l’être.
8) Mieux vaudrait mettre l’armée française sous les couleurs de l’ONU. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été instaurée en 1945 dans le but de préserver la paix et la sécurité internationales. Cet objectif est intégré dans la Charte des Nations Unies : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »
Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant ses forces armées à l’ONU pour le maintien de la paix, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?
9) Pour diminuer le quasi monopole d’une langue nationale dans les relations mondiales et pour favoriser les échanges entre les peuples, nous avons besoin d’une langue-pont apprises dans toutes les écoles. L’espéranto, c’est 7 500 mots d’usage courant, une grammaire très simplifiée de 16 règles ne connaissant pas d’exception, une langue si facile que le temps d’apprentissage en est réduit. Pouvoir se parler sans intermédiaire, c’est un bon moyen de pacifier l’existence.
10) Les fondateurs de l’Union européenne ont poursuivi deux objectifs en parallèle, un projet de paix et un projet de puissance. En d’autres termes, le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles tandis que le projet de puissance requiert le développement d’une force armée. Mais constituer un nouveau bloc dédié à la guerre ne peut que renforcer la militarisation du monde. Contre un réarmement militaire européen, la France propose que l’UE suive la voie qu’elle a tracée par les actions politiques proposées ci-dessus.
Pour conclure, on ne connaît pas une seule guerre qui ait servi à quoi que ce soit pour faire progresser l’intelligence collective de l’humanité. D’autre part nous faisons la guerre à la planète. Or la défense militarisée n’est d’aucun secours pour faire face aux menaces écologiques. Au contraire, elle les accroît.
Michel Sourrouille
NB : Ce projet a été publié dans L’Humanité le 29 janvier 2026
Un monde de paix et de non-violence
https://www.humanite.fr/en-debat/nations-unies/un-monde-de-paix-et-de-non-violence

Lors de ma conférence sur « supériorité stratégique et très haute altitude », j’ai présenté les missiles qui rebondissent sur les couches supérieures de l’atmosphère pour rester insaisissables, armes hyper-véloces, super ou hypersoniques, ballons spatiaux, satellites en THA, radars de THA, planeurs leurres pour masquer une attaque, tirs de haute altitude sur ballon par Rafale. C’est fascinant, quel que soit l’Etat qui les utilise. Je suis un petit garçon fasciné dès l’enfance par les soldats de plomb, ils sont aujourd’hui devenus armes super-destructrices. J’en suis heureux, la technologie militaire me fait rêver.
Quant au droit international, rassurez-vous, il suit l’évolution technique…
Je pense qu’il faut mettre au jour et exposer publiquement ce plaisir enfantin des armes et de l’action militaire. Tout ça est tabou, sauf peut-être quand Fabien Mandon dit « en Afghanistan, j’ai tué. Je sais qui : des Talibans. Je suis un combattant ». Les meurtres en situation de guerre, on dit que ce ne sont plus des meurtres ;
Quand on agit depuis un avion de chasse en balançant un missile longue distance, c’est facile. On ne voit pas les corps déchiquetés en gros. C’est de la barbarie « propre » qu’il ne faut surtout pas nommer « barbarie ». Si on fait la même chose à l’arme blanche et au détail, on se donne le droit de nommer ça « barbarie ».
Le pacifisme intégral, c’est politiquement incorrect, mais c’est la seule voie…
C’est sûr que ce plaisir enfantin ne vole pas très haut.
ON a les rêves qu’ON peut.
– « […] un « plan de paix ». J’ai élaboré un tel plan en dix points qui se veut pragmatique […] »
Parmi tous ces mots qui me sortent par les trous du nez (10 février 2026 À 13:58 “IPBES, sans biodiversité tu meurs”) … il y a pragmatisme (pragmatique).
– « Moi je fais preuve de pragmatisme. Moi je regarde les choses en face, et comme elles sont ! »
C’est tous les jours qu’ON nous sort ça. Remarquons que c’est beaucoup plus politiquement correct que de dire «Toi tu vis sur un nuage, t’as de la merde dans les yeux. »
Une fois qu’ON a dit pragmatisme… ON croit avoir tout dit. Alors que rien du tout.
Le pragmatisme est un courant philosophique qui a fait couler beaucoup d’encre, son l’histoire commence aux États-Unis. Pour ceux que ça intéresse… voir déjà Wikipédia.
(à suivre)
(suite) Le pragmatisme se veut anti-intellectualiste …
Et il me fait penser à Bouvard et Pécuchet (Flaubert) … ces deux pauvres malheureux qui après avoir voulu tout révolutionné, et échoué dans tous les domaines, finissent complètement dégoûtés. Et s’en retournent à leur métier d’antan, celui de copiste.
Ne plus réfléchir, se contenter de faire comme les autres, copier… voilà donc ce qui marche le mieux. Pour moi c’est comme ça que j’entends le pragmatisme.
En fait le pragmatisme n’a jamais été un courant homogène, ce qui fait que pragmatistes et pragmatiques se confondent. Et que finalement ce mot (ces mots) ne veut (veulent) rien dire. Comme le fumeux wokisme, très à la mode lui-aussi, et qui selon certaines théories trouverait justement sa source dans le pragmatisme. (à suivre)
(suite) Ceci dit, avec son « plan de paix » Michel Sourrouille part d’une bonne intention. Seulement là encore il y a matière à réfléchir, et donc à critiquer.
Je pourrais remplir des pages sur chacun de ces 10 points, seulement sur Biosphère je me dois de respecter la… juste mesure. Sinon je n’ai qu’à écrire un bouquin. 🙂
1) Oui ON peut… à l’école apprendre l’esprit de coopération etc. Je pense d’ailleurs que ça se fait déjà. Seulement pour que cet apprentissage (formatage) ait un sens, il faudrait en finir de l’esprit de compétition.
Oui ON peut s’inspirer des Japonais, et même les copier, écrire nous aussi de belles phrases dans notre Constitution. Seulement ON voit bien que ça n’a pas empêché le Japon de s’asseoir dessus et de renforcer sa puissance militaire. Le pragmatisme c’est ça aussi.
3-4) La fameuse JDC ! Comme si, en une seule petite journée… ON pouvait apprendre tout ça à nos pauvres gosses. Et le pragmatisme c’est ça aussi. 😉
(à suivre)
(et fin)
9) L’Espéranto… oui, pourquoi pas. Puisqu’ON en est là à parler de la langue et du langage, finissons-en d’abord avec tous ces mots utilisés à tort et à travers : bataille, stratégie, cible, allié, ennemi, victoire, défaite etc. (je ne les ai pas comptés).
Autrement dit ces mots poisons (mots toxiques), et ce langage guerrier omniprésent.
Pour conclure…
1) La Guerre c’est pas bon ! Sauf bien sûr pour les fous de guerre et les marchands de canons. Sur ce point il ne devrait pas être difficile de rassembler tout le monde.
2) Tout est bon pour faire la guerre à la Guerre. Là ça risque d’être un peu plus compliqué, surtout s’il s’agit de tout et n’importe quoi.
3) La Compétition c’est la Guerre. Et ça… comment le faire comprendre ?
– Le nouveau paradigme stratégique : compétition-contestation-affrontement (ih2ef.gouv.fr 30 juin 2025)