Une hausse normale des prix à la pompe

Sur ce blog biosphere, nous ne nous intéressons qu’aux déterminants du long terme et pas à l’écume des jours présents.

L’État se polarise sur ce qui ne le regarde pas vraiment, le prix du carburant. Dans notre système libéral de marché, ce prix est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Si l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix augmente. Si la pénurie arrive, le prix explose. C’est ce qui est s’est passé lors des premiers choc pétroliers de 1974 et 1979. Mais il s’agit là d’une réalité de court terme, à un instant donné. En fait depuis qu’on sait que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables et que leur combustion provoque le réchauffement climatique, les prix à la pompe devraient augmenter constamment pour que les gens s’obligent à la sobriété énergétique. Comme le marché est incapable de prévoir le long terme, l’État doit intervenir. Mais pas pour réduire la facture pour le consommateur, tout au contraire pour l’augmenter…

lemonde.fr avec AFP : La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué une envolée historique du prix du baril de pétrole. Dans un marché paniqué, le baril de pétrole a flambé le 9 mars 2026, et a tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé le 8 mars 2026« un plan exceptionnel de 500 contrôles » dans les stations-service pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe ». Ils seront réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF). Le ministre de l’économie, Roland Lescure, procédera au “name and shame” », en référence à la pratique consistant à montrer du doigt le nom des entreprises non vertueuses.

Le point de vue des écologistes à pied

Guerre contre l’Iran et blocage du détroit d’Ormuz, le Rassemblement national (RN) et la France insoumise (LFI), se sont émus de la conséquence, une hausse des prix. Le parti lepéniste réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz. Il appelle aujourd’hui encore à une baisse des taxes sur les carburants. Eric Coquerel (LFI), a demandé au gouvernement de « réfléchir à un blocage des prix » de l’essence.

Les deux partis politiques populistes (RN et LFI) font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Ils cajolent le consommateur dans le sens du poil en ignorant que les ressources énergétiques deviendront obligatoirement de plus en plus chère à cause de leur rareté croissante. Le marche est myope, il ne voit pas plus loin que l’état de l’offre et de la demande. Les populistes sont aveugles, ils ne voient que l’horizon de la prochaine élection.

Le prix du baril n’est rien, la disponibilité en quantité de la ressource devrait être le seul indicateur fiable. Or la quantité de pétrole est fixé à l’avance, il a été formé autre fois pendant des centaines de millions d’années. Depuis des dizaines d’années la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher. Il faut donc nous préparer au choc pétrolier ultime en nous sevrant progressivement de notre soif d’or noir. Prenons au sérieux la pénurie à venir d’une ressource non renouvelable et l’alerte climatique, transformons nos besoins et nos économies afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques à venir.

Le vrai prix du carburant

Quel est le véritable prix du baril de pétrole ? (juin 2018)

extraits : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XIXe siècle, autant dire demain….

Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle (mars 2017)

extraits : Nous vivons actuellement un contre-choc pétrolier, les cours du baril sont tombés de 114 dollars mi-juin 2014 à 55 dollars. La baisse des investissements qui en a résulté pourrait entraîner un début de pénurie et une nouvelle flambée des prix. Les « forces du marché » ne fonctionnent qu’à court terme. Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. »….

juste prix du baril (mars 2009)

extraits : Les spécialistes n’ont pas vu venir l’envolée des prix du baril (147,5 dollars à la mi-juillet 2008) ni son effondrement (35 dollars mi-décembre). Pourtant le spécialiste du Monde (rubrique matières premières, 29-30 mars) s’interroge doctement sur le juste prix ou optimum économique. A-t-il la réponse ? Oui, il a la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffit à Jean-Michel Bezat de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe. Ni le journaliste, ni les pétromonarchies, ni le CGES (Centre for Global Energy Studie) ne s’interrogent sur la raréfaction croissance du pétrole, le pic pétrolier imminent et le réchauffement climatique provoqué par la combustion de pétrole. Le long terme n’existe pas pour ces « spécialistes », rien ne vaut le bon temps du court et moyen terme. Les générations futures se passeront de pétrole, ils n’avaient qu’à naître au moment des Trente Glorieuses, période qu’on surnommera plus tard les années toxiques….

6 réflexions sur “Une hausse normale des prix à la pompe”

  1. – « Les générations futures se passeront de pétrole, ils n’avaient qu’à naître au moment des Trente Glorieuses, période qu’on surnommera plus tard les années toxiques. »
    (Biosphère : juste prix du baril – mars 2009)

    Ce court article résume très bien notre relation au Pétrole. Notamment l’idée que nous nous faisons de son « juste prix », dont dépend l’usage et (surtout) le gaspillage que nous en faisons.
    Ça fait longtemps que j’ai compris que ces fumeuses Trente Glorieuses (1945-1975) étaient en fait les Trente Piteuses. Piteuses ou toxiques, à tous points de vue. L’idée du Progrès qui progresse, et qu’ON n’arrête pas… l’idée que plus (et/ou nouveau) = mieux, et que je le veau bien, etc. etc.
    Alors bien sûr, les libéraux ne le voient pas du tout comme ça.
    – Les trente piteuses (Nicolas Baverez 1998)

  2. esprit critique

    – « Une hausse normale des prix à la pompe » (titre)

    Normale, dans le sens où il ne fallait pas s’attendre à autre chose. Je l’ai dit X fois, une mouche qui passe… et hop la Bourse s’envole. Et avec une mouche qui pète, hop elle dégringole !
    Ces 2 articles nous expliquent…
    – Hausse du prix de l’essence : quelle est la part de taxes sur un litre de carburant ? (.cnews.fr/france/2026-03-09)
    – Pétrole : les 110 dollars franchis, direction 150 et un nouveau record ? (economiematin.fr 9 mars 2026)

    1) Les taxes… oui bon, et que dire de plus ? Normal ou pas normal ?
    2) Les prix du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022 (sic).
    Oui bon, et alors ?
    3) Le précédent sommet remonte à l’été 2008. À l’époque, le Brent avait atteint environ 147 dollars le baril dans un contexte de forte demande mondiale et de spéculation financière sur les matières premières. (sic)
    Ah bon… et à combien était le litre d’essence et de gasoil à la Pompe à cette époque ?
    (à suivre)

    1. Esprit critique

      (suite) À l’été 2008 … de mémoire… dans les 1,30 le litre, non ?
      Et c’est là qu’ON va mieux nous « expliquer » :
      – Attention à ce parallèle avec les prix de l’essence en 2008
      (defacto-observatoire.fr 21 février 2022)
      Ah ben oui, il ne faut pas oublier que le Pétrole se paie en Dollars !
      Et que le 11 juillet 2008, un euro s’échangeait ainsi contre 1,57 dollar (sic).

      Et c’est ainsi que le 8 juin 2022, un euro s’échangeait contre 1,07 dollar.
      Et que le Baril cotait 129 dollars, et que le litre d’essence coûtait 2,195 € à la Pompe.
      Et aujourd’hui, 10 mars 2026, un euro s’échange contre 1,17 dollar. Et après avoir grimpé à 120 dollars la veille… le Baril dégringole sous les 90 dollars. Spectaculaire !
      Et ON paie 1,90 € le litre d’essence (SP98) à la Pompe. Normal quoi. Comme il serait normal que demain elle ne coûte «que» dans les 1,50 … Et encore moins si Donald nous libère Ormuz. Bref, prions le Ciel pour que la mouche se tienne bien. 🙂

  3. Didier BARTHES

    Oui, quitte à choquer, je suis des rares qui pensent que l’énergie n’est pas assez chère
    au regard de ce qu’elle nous apporte et de ce qu’elle coûte à la planète.
    On ne fera pas d’économies en la matière dans un cadre d’énergie bon marché et de toute façon. la déplétion physique contribuera à moyen terme à un envol des prix. Il ya des impôts à supprimer mais pas ceux sur l’énergie.

    1. Quand on voit comment on la gaspille, par exemple en prenant la bagnole pour aller chercher le pain à 500m, ou se rendre à la salle de gym pour pédaler sur un vélo immobile… on peut effectivement dire que l’énergie (ici l’essence) n’est pas assez chère.
      Seulement il faut voir également que l’énergie est vitale pour tout le monde.
      Comme l’eau, au sujet de laquelle je dis que les premiers mètres cubes (volume vital) devraient être gratuits. Pour les premiers litres d’essence, m3 de gaz et kWh d’électricité, je ne dis pas qu’ils devraient être gratuits. Mais seulement que le prix de l’énergie devrait être proportionnel à l’usage qui en est fait. Seulement voilà, COMMENT définir tout ça ?

      1. esprit critique

        Et là on va me ressortir le fameux Compte Carbone, et sa fumeuse Carte Carbone. Non, je suis désolé, commençons d’abord par en finir de toute cette hypocrisie ! Finissons en déjà de tous ces gaspillages d’énergie. Courses de bagnoles (de motos etc.), bagnoles surdimensionnées et moteurs surpuissants, logements idem, surdimensionnés, déplacements inutiles, fabrications de gadgets, organisation et promotion de divertissements débiles et tout aussi inutiles, etc. etc. etc.
        Cela fait des années, et maintenant des décennies, que la Fin du Pétrole est annoncée. Alors bien sûr elle n’est pas pour demain (11 mars 2026), ni pour après demain. Seulement ON continue de faire, et de raisonner (surtout résonner) comme s’il y en avait encore pour des siècles et des siècles, du Pétrole.
        Et c’est d’ailleurs comme ça qu’ON s’est mis à l’Electrique. Transition à la con oblige ! Courses de bagnoles électriques, nouvelle flottes de camions électriques, pour trimballer des trottinettes et des brosses à dents électriques, etc. etc. etc !

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