une synthèse sur l’urgence démographique

I/ Constat : La population mondiale va passer le cap de 7,5 milliards d’habitants en 2017, alors qu’elle était de 6 milliards en l’an 2000 et seulement de 2,5 milliards en 1950. Elle devrait atteindre 10 milliards d’habitants entre 2050 et 2060, et dépasser 11 milliards à la fin du siècle ! Certes, l’Europe est entrée dans une phase de stabilisation de sa population, tandis que l’Amérique du Sud et l’Asie, qui est déjà très peuplée, parviennent peu à peu à réduire leurs taux de fécondité. Mais la situation est gravement préoccupante en Afrique, en particulier au sud du Sahara, avec des risques de famines et de migrations massives des populations concernées.

II/ Conséquences sur la planète : D’ores et déjà, l’explosion démographique a eu sur l’environnement des effets désastreux, qu’il s’agisse du réchauffement climatique, causé par l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre, de l’érosion des terres arables, liée à la déforestation et à l’abus d’engrais, ou de l’effondrement dramatique de la biodiversité. Au cours des cinquante dernières années, tandis que la population humaine doublait, 40 à 50 % des espèces animales terrestres et marines ont disparu, ainsi que 72 % de celles vivant dans les fleuves, les lacs et les rivières. Depuis un demi-siècle, l’homme est devenu la cause majeure de l’extinction des espèces animales. Si la terre elle-même n’est pas menacée en tant que planète, à moins de deux générations de nous, les conditions physiques qui ont rendu possibles le développement de l’humanité et l’essor des civilisations risquent de disparaître.

III/ Solutions : La première des urgences est de faire baisser la natalité dans les pays où elle reste la plus forte et, pour cela, de développer massivement les programmes de soutien à la contraception, de type planning familial, ciblés sur la formation culturelle et sanitaire des jeunes filles, qui sont souvent dans ces pays écartées du système éducatif. Cet effort prioritaire en direction du Sud ne nous dispense pas, dans les pays riches, de nous interroger sur l’opportunité des politiques natalistes appliquées au lendemain de la guerre et toujours en vigueur. Sans que soit remise en cause la liberté de procréation, on peut se demander s’il est encore justifié qu’au-delà de trois, voire de deux enfants, l’Etat encourage financièrement les familles à s’agrandir. Certains font observer, en réponse, que le problème des pays riches réside moins dans la taille de leur population que dans leur niveau de consommation. On ne doit pas sous-estimer cependant la difficulté d’une limitation volontaire de la consommation dans une société démocratique. Si l’on se place sur ce terrain, la réduction de l’alimentation carnée serait sans doute l’un des moyens les plus efficaces de diminuer l’empreinte écologique par habitant à l’intérieur d’un territoire comme le nôtre, sachant toutefois que cette empreinte est en France supérieure de 90 % à la moyenne mondiale. Pour réduire de manière significative l’empreinte globale de notre pays, il faut agir sur les deux leviers et la composante démographique ne peut être négligée.

Nous ne sommes plus à l’époque où la puissance d’une nation se mesurait au nombre des soldats qu’elle pouvait rassembler sur un champ de bataille. Nous ne devons pas non plus espérer résoudre le problème du financement des retraites par l’arrivée sur le marché du travail d’un grand nombre de jeunes précarisés : c’est une politique de fuite en avant, porteuse de fractures sociales et générationnelles. Il faut désormais réfléchir en termes de capacité de charge, ce que les écologistes anglophones appellent carrying capacity et qui correspond à la taille maximale de population qu’un territoire donné peut supporter sans destruction de ses écosystèmes. Cette taille est aujourd’hui largement atteinte pour la France.

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14 réflexions sur “une synthèse sur l’urgence démographique”

  1. Séverine Fontan

    @Michel
    Tout à fait d’accord avec vos réflexions lucides et très bien exprimées. Rien à ajouter, à part que le scientisme est effectivement une nouvelle religion.
    Des raisonnements tels que « mais on trouvera (bien) autre chose, etc… sont assez courants aussi. Le sophisme/l’illusion de la substitution perpétuelle.
    Il y aussi ceux qui croient qu’un faux effondrement serait en passe d’être orchestré par les fameux illuminati (le Club de Rome en ferait partie) voulant réduire la population à 500 millions d’humains. Et pour ce faire, ils seraient en train d’organiser de fausses pénuries alors que les réserves de pétrole sont de plusieurs siècles encore
    La grande majorité va tomber de haut

  2. Je suis d’accord avec vous Séverine, la fin du pétrole aura des conséquences que beaucoup ne veulent pas voir.
    Sans pétrole comment extraire l’uranium ainsi que toutes ces matières (qui d’ailleurs se tarissent) indispensables à la fabrication de nos si utopiques « énergies renouvelables » ? A la pioche peut-être ? Sans pétrole, comment produire ces milliards de tonnes de béton indispensables à la construction des centrales, de nos hypermarchés, aéroports etc. Bref à quoi carburera notre si cher « Développement » ? Au bois qu’on brûlera dans des machines à vapeur, peut-être ? Mouai, j’imagine alors que les derniers arbres vaudront une fortune.

    La fin du pétrole sera source de conflits, ne serait-ce que pour se disputer les dernières gouttes accessibles. Le scénario du réalisateur George Miller dans le film Mad Max, est plus que probable.
    Et à côté de ça … on fait comme si cet effondrement n’était que de la pure fiction, que dans les têtes de quelques catastrophistes dérangés.

    Je trouve par exemple curieux que d’un côté la NASA nous prévoit la fin prochaine de notre civilisation, et que de l’autre elle continue à plancher sur des projets dignes des plus grands scénarios de science-fiction. La NASA serait-elle infiltrée par des farfelus ?
    Et puis je trouve ahurissant les prévisions de certains (nombreux) qui nous assurent que dans 20 ans, 50 ans… les voitures rouleront toutes seules, les avions comme ci, les ordinateurs et les robots comme ça. Comme si leur sacro-saint Progrès ne pouvait que suivre une direction linéaire, gravée dans le marbre.

    Il ne faut pas alors s’étonner que les acteurs économiques ou politiques, ni même l’Education Nationale, n’évoquent jamais la perspective de l’effondrement , puisqu’ils n’y croient pas.

  3. Séverine Fontan

    @ Florian, Marcel, Didier

    Mon raisonnement :

    « L’ Afrique par exemple, devrait voir ses populations ravagées par la faim , les guerres , les maladies ». Oui et pas seulement l’Afrique.

    Avec l’effondrement économique mondial dû à la fin du pétrole rentable (risque au cours de la décennie prochaine selon l’Arabie Saoudite même), l’aide humanitaire et médicale (vaccins etc…) apportée aux continents/pays les plus pauvres sera réduite, faisant augmenter la mortalité et réduisant l’espérance de vie.

    Les implications du pétrole sont nombreuses et non limitées au système alimentaire. Je vous conseille l’excellent livre de Pablo Servigne : « Comment tout peut s’effondrer », qui a fait une synthèse transdiciplinaire de 4 ans de parutions scientifiques internationales. Il en appelle à construire d’urgence des systèmes locaux résilients.

    Il a calculé qu’il faudrait 1 Français sur 4 spécialisé en agro-écologie d’ici 2030 pour pouvoir nourrir les 500 millions d’Européens quand les systèmes alimentaires industriels s’effondreront. Il faudrait déjà que l’Education Nationale et les acteurs de la Formation professionnelle soient conscients que ceux-ci vont s’effondrer! Aucune formation pour les jeunes, à ma connaissance. L’agro-intensive est riche non seulement en main-d’oeuvre mais aussi en connaissances. Nous ne serons jamais prêts pour la transition.

    Il également explique que pas de pétrole = plus de nucléaire, plus de renouvelables, moins voire plus d’eau potable au robinet, de systèmes de traitement de l’eau.
    Pour faire court, maladies liées à l’eau qui peuvent être mortelles comme la diphtérie.
    Des projections sur le climat qui varient de +4 à +9 à la fin du siècle. + 9 degrés serait un anéantissement des sociétés/civilisations humaines..
    Je lisais hier sur la page l’Effondrement de FB un article sur le permafrost : un spécialiste français de la question parlait d’un risque de + 8°à la fin de notre siècle.
    Ce sont des théories, mais rien n’est exclu.
    Bref, à nos potagers.

  4. Conclusion de tout ceci ,
    la décroissance démographique façon dame nature est inévitable et comme le dit
    le national geographic : « nous ne savons pas quand elle se produira mais sa survenance est inexorable !
    L’ Afrique par exemple, devrait voir ses populations ravagées par la faim , les guerres , les maladies et retournerait à ses classiques d’ antan qu’ elle n’ aurait jamais dû quitter : une forte natalité corrigée par dame nature en l’ absence de l’ aide imbécile et pleurnicharde de l’ Occident « humaniste » (ce mot gorgé d’ hypocrisie me fait rire ) .
    L’ humain ne réagit que lorsqu’ il est placé au pied du mur ou au bord de l’ abîme

  5. A Séverine, Florian et Michel,

    Je suis bien sûr tout à fait conscient du poids du pétrole dans la marche de notre société et des bouleversements, en matière alimentaire notamment, que sa disparition pourrait entrainer.
    Le pétrole est nécessaire à tous les échelons de l’agriculture moderne, pour la fabrication des engrais qui lui sont indispensables, il est nécessaire pour la mécanisation (fabrication puis fonctionnement et entretien des machines), on ne nourrirait pas 7 milliards de personnes s’il fallait planter ou arracher chaque carotte à la main (ou alors il faudrait que tout le monde soit agriculteur mais il n’y a plus de place pour que chacun ait son jardin), il est enfin indispensable aussi pour le transport des zones de production vers les zones de distribution et in fine de consommation (on va au supermarché en voiture). Bref, sans pétrole (voir JM Jancovici sur ce point) tout s’écroule.
    Pour autant, revenir à 1 ou 2 milliards en 2100 quand on est aujourd’hui 7,5 milliards et sur la pente de 11 suppose un écroulement complet et en vérité un véritable chaos, sans doute synonyme de guerres avec les plus terribles armes qui soient.
    Comment imaginer que la population soit divisée par 4 ou par 10 en 80 ans sans une véritable explosion du monde ?
    En écrivant que les démographes se trompent lourdement (vers le haut) on doit être conscient qu’on écrit que le monde va connaître l’apocalypse, car on ne fera pas disparaitre l’essentiel de l’humanité dans la douceur et le consensus bienveillant.
    C’est pourquoi, depuis des années, l’association Démographie Responsable alerte sur le problème, c’est pourquoi elle milite pour des mesures respectueuses mais fortes en faveur de la baisse de la fécondité. Pour que l’on s’y prenne le plus tôt possible et le plus doucement. Si nous pouvions stopper la croissance de l’humanité d’ici 2050 ou 2060 et revenir à 6 ou 7 milliards en 2100 puis continuer à descendre tout au long des siècles suivants pour revenir à des effectifs comparables à ceux qu’a connu l’humanité durant l’essentiel de son histoire, nous et la nature seraient peut-être sauvés, j’avoue que c’est improbable aujourd’hui compte tenu de la direction prise.
    Hélas le monde politique en est inconscient. Un questionnaire envoyé à tous les candidats à la présidentielle n’a reçu que 4 réponses dont une seule partageant ces points de vue. Le natalisme a le vent en poupe chez les dirigeants et c’est bien triste.
    Les écologistes eux-mêmes sont les premiers coupables : la direction d’EELV ne veut pas entendre parler de ça, et les « non-politiques » fortement aimés de l’opinion comme Nicolas Hulot ou surtout Pierre Rabhi ne veulent pas non plus évoquer la question. Leur image d »humaniste en est provisoirement préservée mais sans doute ni la nature ni l’humanité ne sortira indemne de cette surdité médiatique alors même qu’une partie de l’opinion publique est prête à entendre le message.

  6. Séverine Fontan

    @Didier, Michel, Florian

    Bien sûr nous ne pouvons pas savoir combien nous serons en 2050 et 2100. Jusqu’à présent il est vrai que les démographes ne se sont pas beaucoup trompés sur les projections jusqu’à l’an 2000. Mais nous n’étions pas encore proches de ce que Richard Heinberg – appelle « The peak everything » (le pic de tout).

    Même si les personnes qui seront vivantes en 2050 sont déjà nées, cela ne signifie pas que les conditions de vie -entendre restrictions, pénuries diverses- leur permettront d’avoir la même espérance de vie.
    La mortalité infantile pourrait aussi augmenter, comme c’est le cas au Venezuela, qui en serait au stade 1 de son effondrement. La raison : le manque de médicaments, antibiotiques, coupures d’électricité dans les hôpitaux (si ce que j’ai lu dans la presse est exact).

    Pour ne parler que de la France et de l’alimentation, j’ai lu un chiffre (source officielle, mais dont je ne me rappelle plus le nom) qui m’a paru extrêmement élevé: notre agriculture dépend à 84% -exactement- des phosphates (pic mondial estimé 2030, aucune mine de phosphate en Europe).

    Nous sommes à tel point dépendants d’un système énergétique et industriel pour notre survie que c’en est effrayant. A moins de transitionner dans les 15-20 à venir vers l’agroécologie (agriculture intensive sans pétrole ni phosphates), bref… vous suivez mon raisonnement..
    Pénuries d’eau, de nourriture, de produits pharmaceutiques etc… pourraient faire chuter la population d’ici 2050.
    Quoiqu’il en soit, il faut continuer à interpeller les gouvernements sur ce problème de l’explosion démographique.

  7. @Didier Barthès.

    Je ne pense pas que les démographes soient mauvais, mais je sais aussi bien que la perméabilité entre disciplines est limitée… je persiste à penser qu’ils n’intègrent pas la dégradation de l’environnement et une hausse de la mortalité qui finira à terme par compenser une natalité, même stabilisée à 2.5 enfants par femme (moyenne mondiale).
    Évidemment, ça veut dire que la décroissance de la population (dans 20, 50, 100 ans??, je parie comme Michel C sur 10 milliards en 2050 mais plus que 2 en 2100) sera subie et donc douloureuse, alors qu’une anticipation volontaire permettrait (permettra? c’est là le rôle de Démographie responsable ou de Population Matters par ex.) de limiter les dégâts. Si l’homme était sage, on aurait même pu aller depuis la révolution industrielle vers la construction d’un monde stable et merveilleux. Mais c’est râpé et ça finira probablement par un carnage. Triste destin.

    Pour ce qui est de la situation en Afrique, l’environnement mis sous pression par l’explosion de la population va conduire à un terrible chaos qui, à mon avis, se traduira finalement par un rééquilibrage de la mortalité à un niveau supérieur à la natalité très élevée (-> situation absurde pour le bien-être de tous et de chacun). Surtout qu’il n’y a pas de sortie par le développement (qui se traduirait par une baisse tendancielle de la natalité) possible pour l’Afrique, comme l’a fait il y a 100 ans l’Europe, puisqu’il n’y a plus d’augmentation de l’énergie disponible par habitant et constitution d’un surplus que leur cèderait le reste du monde (ça non plus n’est pas pris en compte par les démographes, qui se basent en toute bonne foi sur les prévisions officielles, mais farfelues, d’organismes types IEA/AIE).

    Pour résumer, nos points de vue divergent sur l’évolution de la mortalité dans le courant du siècle. Mais on est je crois d’accord sur les fâcheuses conséquences d’une natalité depuis longtemps trop élevée et je vous remercie de pouvoir débattre de ce sujet important.

  8. En ce qui me concerne, je crois moi aussi aux prévisions pour 2050. Quoi qu’il se passe nous serons 9 à 10 milliards.
    Pour 2100… compte-tenu de ce dont parle à juste raison Séverine Fontan, bien malin celui qui pourrait prévoir avec une marge d’erreur relativement faible combien la Terre portera d’humains. Quoi qu’il en soit, personnellement et si je devais parier… je dirais 1 ou 2 milliards plutôt que 10.
    Mais je ne peux pas non plus raisonnablement exclure la possibilité que notre espèce aura totalement disparu à la fin de ce siècle. Je ne le crois pas… peux être tout simplement parce que cette possibilité est pour moi trop difficile à accepter. (j’en ai déjà parlé)

    En attendant… que faire ? Quelles sont les solutions ? C’est l’éternel débat.

    Sachant qu’en effet « On ne doit pas sous-estimer cependant la difficulté d’une limitation volontaire de la consommation dans une société démocratique. »

    Dans les pays riches, réduire l’alimentation carnée afin de réduire l’empreinte écologique… oui d’accord. Mais je crains que l’ effet rebond annule aussitôt ce qu’on gagnerait sur ce point. Malgré toutes les difficultés… c’est bien sur tous les tableaux qu’il nous faudrait réduire. Sur les transports (finis les week-ends à Rome), sur l’industrie (finies l’obsolescence programmée, les fabrications de gadgets, la publicité etc) , et bien-entendu sur le sacro-saint pouvoir d’achat. Bref il nous faudrait en finir avec ce système productiviste-consumériste !
    Hélas ce n’est pas gagné… je ne vois aucune solution au niveau de l’enjeu, et le temps joue contre nous. Voilà en ce qui concerne seulement la décroissance du niveau de consommation. (la décroissance économique).

    Quant à la décroissance démographique, nous savons de la même façon qu’on ne doit pas sous-estimer non plus la difficulté d’une limitation des naissances.

    Que reste t-il alors comme solution ? Je dirais que pour seulement limiter les dégâts… nous devrions miser sur l’éducation des peuples, des hommes, des femmes et des jeunes. Mais cette fois, pas dans la demi-mesure ! Il faudrait le faire à grande échelle, avec un max de moyens, une réelle volonté !
    Hélas là aussi, ce n’est pas gagné et le temps presse.

  9. Bonjour Florian,

    Pour mettre en cause les projections actuelles, on imagine toujours une baisse plus forte de la fécondité que ce qui est prévu, mais on peut aussi imaginer une hausse, ou du moins un arrêt de la baisse. Il faut savoir que même les prévisions hautes de l’ONU qui pour 2100 envisagent pourtant un monde de plus de 16 milliards de personnes (contre un peu plus de 11 pour les projections moyennes) sont établies à partir d’une hypothèse de baisse de la fécondité. On ne publie même pas, ou rarement, ce que donnerait une fécondité stable !

    Or justement, depuis quelques années, la fécondité mondiale se stabilise à environ 2,5 enfants par femme et en Afrique, là où aura lieu l’essentiel de la croissance démographique au cours du siècle qui commence, on a eu un arrêt de la baisse de la fécondité dans beaucoup de zones au sud du Sahel et même une hausse au nord (où elle était plus basse et où l’on imaginait qu’elle allait peu à peu s’aligner sur le modèle occidental).
    Je ne sais pas si ces prédictions apocalyptiques ont une (mal)chance de se réaliser, mais on voit par là qu’une baisse plus forte de la fécondité que ce qui est prévu n’est pas assuré puisque manifestement il y a des éléments contraires, au moins aujourd’hui.
    Quant à la mortalité, indépendamment d’éventuelles catastrophes plantaires, elle montera de toute façon mécaniquement car beaucoup de gens nés après les « baby boom » arriveront en fin de vie (cela est aussi vrai dans les pays africains).

  10. @Didier Barthès. On augure mal une baisse de natalité extraordinaire qui invaliderait les prévisions des démographes dans les trois prochaines décennies, je suis d’accord. Quoique Dennis Meadows, qui a conduit les études « Limits to Growth » du MIT commandées au départ par le club de Rome, imagine la mise en place de politiques dénatalistes dès fin 2020. L’évolution de la natalité en ex URSS dans la décennie 90 est aussi une modélisation possible de l’avenir des pays développés soumis au marasme économique.
    Par contre, on peut s’attendre très sûrement à une augmentation de fond de la mortalité, conséquence naturelle à une population qui a dépassé la capacité de charge de l’environnement depuis les années 70. Les conditions de vie dans la seconde moitié du siècle seront complètement différentes et largement en voie de dégradation : ça ce n’est pas pris en compte par les démographes de la vieille école qui se basent sur les modèles de transitions démographiques et de développement du XXe siècle.

  11. En ce qui concerne les prévisions je serais moins sévère, on ne se trompe pas toujours, ainsi dés 1950 on prédisait qu’on serait 6 milliards en l’an 2000 et le seuil semble avoir été atteint à l’automne 1999 ! (à quelques mois près, on considère généralement que la population mondiale est connue à plus ou moins un pour cent ce qui génère également une incertitude de plus ou moins un an sur la date de franchissement de tel ou tel seuil).

    Bien entendu il faut tenir compte du terme, pour 2050 (c’est seulement dans 33 ans !) les prévisions sont quand même assez fiables. Une bonne partie des gens qui vivront à cette date sont déjà nés, de même que ceux qui vont faire des enfants d’ici là. Sauf bouleversement d’une violence inimaginable, il est bien improbable que l’on change grand chose aux ordres de grandeur. Ni la fécondité, ni la natalité, ni la mortalité ne vont être multipliées ou divisées par deux d’ici là et les démographes le savent bien. Les statisticiens honnêtes sont d’ailleurs parfaitement au courant des différents biais qui pourraient venir invalider leur prévisions.

    Je crois qu’on peut raisonnablement dire que nous seront entre 9,5 et 10 milliards en 2050 (depuis quelques années, les projections sont régulièrement rehaussées aussi bien par l’ONU que par l’INED).

    Pour 2100, bien entendu, c’est plus délicat. La plupart des habitants de cette période ne sont pas encore nés, et même leur parents ne le sont pas. L’évolution du comportement reproductif dans un monde qui risque de connaître de graves problèmes est difficile à anticiper. Séverine Fontan a bien raison de rappeler que la fin du pétrole pourrait changer les choses.

    Pour autant, cela ne veut pas dire que les prévisions sont fausses, disons qu’elles ne sont pas certaines. Mais la population mondiale est jeune, celle de l’Afrique qui est en pleine explosion démographique est très jeune (de nombreux pays ont une population dont l’âge médian est inférieur à 20 ans), et donc ce continent aura beaucoup de personnes en âge d’avoir des enfants (et en auront) dans les décennies futures.

    Cela augure mal d’une baisse démographique. Tout en étant prudent je ne rejetterais pas les prévisions de l’ONU qui prévoient hélas plus de 11 milliards de personnes en 2100 (et pire encore qui prévoie qu’à cette date la croissance démographique ne sera pas stoppée) !

  12. Oui, le seul intérêt des projections des démographes orthodoxes est de donner comment divergent la tendance démographique dans un système hors sol, ou libre, et la capacité de charge de notre environnement contraint, à laquelle la courbe de la démographie collera à terme par définition. Le temps que les courbes se rejoignent, guerres, malnutrition et santé dégradée sont fonctions de cette différence.

  13. Séverine Fontan

    Ce sont toujours les projections hors sol des démographes, comme si la population pouvait croître jusqu’à la fin du siècle dans un monde fini et un climat instable. Les modélisateurs du Club de Rome, ou encore les chercheurs en effondrement des systèmes complexes projettent les chiffres suivants : 2 milliards, 1 milliard d’humains, ou peut-être encore moins à la fin du siècle.
    Car leurs projections prennent en compte la fin imminente des ressources diverses et le changement climatique.
    l’Agence française de développent craint une pénurie de pétrole dans la décennie à venir, pour ne parler que de cette ressource, indispensable au système qui nous nourrit et à la médecine moderne.

  14. Parmi le dernier rapport du club de Rome (Reinventing Prosperity, 2016), figure l’idée de verser de l’argent (50000$ dans les pays riches) aux femmes atteignant l’âge de 50 ans avec au maximum un enfant, tout en maintenant les prestations familiales. La raison est que:
    – les politiques de soutiens de l’enfance sont d’abord positives pour le développement de l’enfant (et donc de l’intérêt général)
    – mais sont aussi désastreuses puisqu’elles ont souvent incité les parents à procréer, que ce soit en leur facilitant la tâche ou bien en leur envoyant le signal erroné que la société leur en sera reconnaissant (prestige social).
    Il faut donc réussir à soutenir l’éducation et les soins des enfants, tout en décourageant les gens d’en faire. La proposition de récompenser financièrement les femmes a par ailleurs aussi le mérite de mettre un coup de pied dans les inégalités hommes/femmes.

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