vivre en vaut-il la peine ?

Pour clarifier le débat sur la bioéthique, Pierre-andré Taguieff identifie dans son livre La bioéthique ou le juste milieu ; une quête de sens à l’âge du nihilisme technicien trois courants de pensée.

Le premier courant est le plus ancien, il n’a aucune considération pour l’écologie. Mais issu de la chrétienté et plus particulièrement de l’Eglise catholique, cette idéologie estime que Dieu a créé l’homme à son image, conférant de ce fait à la vie humaine son caractère sacré. Interdiction éternelle est donc faite à l’homme d’agir aux confins des deux extrémités de son existence terrestre. Le Vatican est opposé aussi bien à l’avortement qu’à l’euthanasie et à la manipulation génétique ; il est hors de question de modifier l’alphabet et la grammaire de ce Livre de la vie qu’il voit en son génome.

 

La position de la deep ecology valorise au contraire la considération des relations entre l’homme et son milieu. Selon Taguieff, il s’agit d’une forme nouvelle de fondamentalisme, caractérisée par une mystique panthéiste (tout est lié et sacré) doublé d’un souci éthique face à la nature. L’humain est considéré comme faisant partie de la biosphère, mais en tant  qu’agent dénaturé, devenu particulièrement polluant avec la société techno-industrielle. Dans cette éthique de la diversité de la vie, l’intégrité de la nature, génome compris, est la mesure de toutes choses. Ce n’est plus la vie humaine qui est ici sacrée, mais l’ensemble de la vie.

 

La troisième position, liée à ce qu’on peut appeler l’écologie réparatrice, est qualifiée par Taguieff de prométhéenne. Elle présuppose que l’homme est un dieu pour l’homme, ce qui implique l’idéal d’une maîtrise technoscientifique de la nature et entend que l’homme fasse tout ce qui est susceptible d’améliorer ses facultés et son bien-être. Ces trois courants sont incompatibles et le comité consultatif français d’éthique ne peut donc depuis un quart de siècle qu’émettre des avis flous et sans conséquences.

 

En fait se pose depuis toujours cette question fondamentale : « Comment juger si une vie humaine vaut ou non la peine d’être vécue ?

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2 réflexions sur “vivre en vaut-il la peine ?”

  1. Si les judéo-chrétiens veulent vraiment voir en notre Biosphère une création divine, alors, que les judéo-chrétiens s’occupe un peu plus d’écologie et un peu moins de prières inutiles.

    Quant aux amis, c’est sur que c’est préférable à la confess auprès du curé…

    A chacun son chemin du moment qu’on essayre de rétablir un contact équilibré avec la planète qui nous porte.
    amitiés…

  2. Pourquoi se poser cette question ?
    La réponse est en chacun et elle est individuelle.
    Je souhaiterais quand même dire que l’écologie intégriste représente pour moi une déclinaison de la pensée catholique, une conceptualisation moderne du complexe judéo-chrétien.
    Ce fut pour moi une étape sur mon chemin de croix.
    Quant à l’intersubjectivité qui prétendrait que nous sommes tous les dieux des autres, je lui préfère quand même une bonne poignée d’amis avec qui je peux échanger en conservant le recul qui me dit que j’existe.
    Et au milieu de cette mélée, j’ai réussi quand même à continuer de croire à un présent meilleur, surement grâce à ce dieu à l’humour limite …

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