Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out !

La suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée le 28 mai par les députés avec les voix de l’alliance RN-UDR, de la droite, de LFI et de quelques députés macronistes. C’est un camouflet à la fois pour la gauche « unie » et pour le gouvernement, c’est une « régression » pour les défenseurs de l’environnement et la santé.

Stéphane Mandard : Le 8 octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des transports, réunit les quinze villes et métropoles les plus polluées de France pour annoncer le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE). La future ex-première ministre évoque « une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national ». Le vote dissident du 28 mai 2025 devra être confirmé par celui sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique, encore visé par plus de 600 amendements. Le cabinet de la la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, « rappelle que l’enjeu qui est au cœur de ce dispositif, c’est le droit de vivre en bonne santé dans un contexte où la pollution de l’air est à l’origine, chaque année, de dizaines de milliers de décès précoces, de maladies graves et de pathologies chez les enfants, et notamment les plus modestes ». Le déploiement des ZFE visait seulement à restreindre progressivement la circulation des voitures les plus anciennes pour améliorer la qualité de l’air dans les zones urbaines denses. La candidate du RN, Marine Le Pen, réclamait la fin de « zones de non droit » quand celui du Parti communiste, Fabien Roussel, dénonçait une « bombe sociale ».

Le point de vue des écologistes ulcérés

Environnement vs confort. 40 000 morts prématurés par an pour cause de pollution. Les cancers des voies aériennes et les insuffisances respiratoires ont le triste privilège d’ignorer les barrières sociales. Et notons que les vrais pauvres n’ont pas de voiture. Ce vote rétrograde engage la France en sens inverse du nécessaire parcours vers la décarbonation et s’inscrit à contresens des impératifs sanitaires. Après la ré-autorisation des pesticides, les petits arrangements avec les distributeurs d’eau, le droit à polluer en veux-tu en voilà, qui peut encore croire à la politique.

Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible. La France va-t-elle emboîter le pas à Trump ?

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Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

extraits : Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la ministre des transports, Elisabeth Borne, ont présenté le 20 juillet 2018, « les engagements de l’Etat en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air ». Ils préfigurent la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), d’abord annoncée au printemps et désormais attendue en fin d’année ou début 2019. Comme d’habitude un retard à l’allumage, de simples déclarations d’intention, une écologie superficielle qui se contente de faux-semblants : zones à circulation restreinte dites ZFE (zones à faibles émissions), le langage technocratique règne en maître quand il s’agit de ne rien faire de sérieux, il n’y aura aucune obligation pour les collectivités concernées. Il n’y aura pas de plan vélo, Macron évite tout ce qui coûte de l’argent quand il s’agit d’écologie. Autre grand absent des « engagements », le report modal dans le transport de marchandises vers le fret ferroviaire. Comme d’habitude, Nicolas Hulot se contente de miettes…

2 réflexions sur “Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out !”

  1. Les zones à faibles émissions (ZFE) c’est comme les sacs et les pailles en papier. Je pourrais prendre mille autres exemples. D’un côté ON prétend faire là quelque chose de super important pour sauver la planète… et bien sûr les zécolos marchent à fond là-dedans… et de l’autre ON en rajoute toujours plus au Désastre. Toujours plus de plastoc, d’émissions, de pollutions, de gaspillages de matières et d’énergie, de malades et de couillons etc. etc.
    Les zones à faibles émissions pourquoi pas. Si encore ON arrêtait de produire des bagnoles qui ressemblent à des chars d’assaut. Et le fait qu’elles soient électriques n’y change rien.
    Des bagnoles bourrées de gadgets qui roulent à 200, alors que la vitesse est limitée bien en deçà. Des bagnoles qui ont besoin de changer de look tous les ans, pour faire tourner le Business. Hypocrisie totale !

  2. La suppression des zones à faibles émissions (ZFE), actée par les députés mercredi 28 mai, pourrait remettre en circulation plus de 2,7 millions de véhicules dans les rues des plus grandes agglomérations françaises. Près d’un quart des véhicules les plus polluants immatriculés autour des métropoles de Montpellier, de Grenoble, de Paris et de Lyon pourraient ainsi circuler à nouveau sans aucune restriction.

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