Association nataliste versus malthusienne

En matière démographique, il y a ceux qui véhiculent le message traditionnel, « il n’y a richesse ni force que d’hommes »*, et ceux, beaucoup moins nombreux, qui prônent la sagesse en matière de fécondité. Prenons l’opposition frontale entre l’association « Population & Avenir ! » d’une part et « Démographie Responsable » d’autre part.

Population & Avenir ! 

Le repopulateur Jacques Bertillon fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française en 1896. L’association Population & Avenir f se reconnaît explicitement de cette filiation. Reconnue comme établissement d’utilité publique depuis 1913, elle était née de la prise de conscience des conséquences néfastes que faisait alors courir à la France la combinaison entre une dénatalité persistante et une mortalité infantile encore fort élevée, indépendamment de toute considération religieuse ou politique.

Dans la première moitié du vingtième siècle, notamment par suite des deux guerres mondiales, les démarches de l’association ont généralement été bien accueillies par les autorités. Les réflexions de l’association ont exercé une grande influence sur la législation sociale de l’entre-deux-guerres et de l’immédiat après-guerre : généralisation des Caisses de compensation familiale (1932) ; création du haut Comité de la Population et élaboration du “Code de la Famille” (1939) ; création de l’allocation de salaire unique (1941) et du quotient familial (1945) ; extension des prestations sociales (1946). C’est également elle qui commanda les premiers travaux de projection démographique réalisés pour la France en 1929 et réitérés en 1932 puis 1937 par Alfred Sauvy.

Démographie Responsable 

En 1896, la même année que Bertillon, le néo-malthusien Paul Robin fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». L’association Démographie Responsable, fondée en 2008, reprend le flambeau et incite à l’auto-limitation de la natalité. Voici en guise de présentation leur derrière lettre d’information.

– Suite à la parution de son livre « Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte », notre adhérent Michel SOURROUILLE a donné une interview au journal Sud Ouest. Nous rappelons que vous pouvez commander son ouvrage (20 €) à votre libraire.

– Nous vous recommandons aussi la lecture de « Démographie et émergence économique de l’Afrique subsaharienne » de John F. MAY et Jean-Pierre GUENGANT. (L’académie en poche. 141 pages, 7 euros)

Le livre « Démographie , l’impasse évolutive » de notre adhérent Jean-Michel FAVROT propose que l’on s’engage dans une nouvelle philosophie moins anthropocentrée, qui redonne toute sa place au vivant… (Editeur : Books On Demand .Collection : essais. 20 euros)

Synthèse : à nos lecteurs de nous expliquer en commentaire à laquelle de ces deux associations ils aimeraient adhérer et pourquoi… Merci.

* Jean Bodin (1530-1596) : « Il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions : d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens. » (République II.5)

 

Transports : 2020, année de la « démobilité »

Nous avons découvert le terme déconsommation en 2017, on ajoute aujourd’hui l’expression « mobilité » à notre catalogue des Dé ( Décroissance, Démondialisation,  Dépopulation, etc.) . Il y a un site dédié, https://www.demobilite.org/ . Ce nouveau concept a notamment fait l’objet d’une étude en 2013 de la Fondation pour l’innovation politique intitulée “La Démobilité: travailler, vivre autrement”, rédigée par Julien Damon. Dans cette étude, il est rappelé que la croissance contemporaine des mobilités peut être alternativement présentée comme incarnation de libertés nouvelles ou comme puissante menace environnementale ». Ces réflexions ont ensuite été poursuivies par Bruno Marzloff dans son ouvrage “Sans bureau fixe”, paru en 2015.

Une tribune du MONDE aborde cette notion pour la première fois en juillet 2020 , mais c’est pour la dénigrer. Les douze vice-présidents de région de la France métropolitaine, chargés des transports, lancent ce cri désespéré : « Prenons garde à ce qui court sous la « démobilité », ce mot à la mode : l’occasion de renoncer un peu plus à tout aménagement du territoire ? La mobilité est une des composantes de notre devise de liberté, nous refusons toute forme d’assignation dans les territoires. » Pourtant l’expression gagne du terrain, c’est lobjet d’un article de janvier 2021. Une étude, réalisée dans la dernière semaine d’octobre 2020 auprès de 4 500 personnes vivant en France, confirme l’avènement de la « démobilité ». A la fin d’octobre, juste avant le deuxième confinement, alors qu’un couvre-feu avait été instauré dans la moitié des départements, seul un quart des personnes interrogées disaient avoir repris le cours normal de leurs déplacements… Mais plus de 40 % du 1,2 million de personnes travaillant à moins d’un kilomètre de leur domicile prenaient le volant pour se rendre au travail… » 

Nous marchons sur la tête, ou plutôt nous ne marchons pas assez. Il nous faut tous devenir adepte de la déconstruction du système thermo-industriel , il nous faut pratiquer toute la palette des « dé », déconsommer, démobiliter, démondialiser, désurbaniser, dévoiturer… pour lutter contre le règne des SUR (surabondance, suractivité, surcommunication, surconsommation, surdéveloppement, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpâturage, surpêche, surproduction…). En d’autres termes, il nous faut réduire nos besoins. La rupture d’avec la société de croissance peut aussi prendre la forme d’un cercle vertueux de la sobriété en 8 « R » : Réévaluer, Reconceptualiser, Restructurer, Redistribuer, Relocaliser, Réduire, Réutiliser, Recycler. A chacun de nos lecteurs de pratiquer les Dé et les R à son rythme… mieux vaut se préparer à l’effondrement civilisationnel en prenant de l’avance.

TIAN, Traité interdisant les armes nucléaires

Le Traité international interdisant les armes nucléaires (TIAN) est entré en vigueur le 22 janvier 2022, mais il n’était pas signé par les pays déjà détenteurs de l’arme atomique. Le TIAN prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes. C’est le « premier instrument juridiquement contraignant à interdire explicitement ces armes, dont l’utilisation a un impact indiscriminé, touche un grand nombre de personnes en peu de temps et cause des dommages à très long terme à l’environnement », a fait valoir le pape François. De son côté le quotidien LE MONDE fait silence sur le TIAN !

Le 24 octobre 2020, un 50e pays avait ratifié le Traité approuvé par une centaine d’États, permettant sa mise en œuvre 90 jours plus tard. Les militants pro-abolition espèrent qu’il sera plus que symbolique, stigmatisera ses détenteurs et les poussera à changer de mentalité. Avec les États-Unis et la Russie, le monde compte au total neuf puissances nucléaires, incluant aussi la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Le Japon, seul pays à avoir subi le feu nucléaire, a exclu de le signer pour l’instant et mis en cause son efficacité, vu précisément que les puissances atomiques n’y adhérent pas. Ce traité est « inadapté au contexte sécuritaire international », a estimé le ministère français des Affaires étrangères. « Il n’est assorti d’aucun mécanisme de vérification clair ou rigoureux… Il fragilise le TNP (Traité de non prolifération)… Toute la politique française de sécurité repose sur la dissuasion nucléaire ». C’est à l’image de l’aveuglement stratégique de la France. Lors de la présidentielle 2017, un seul candidat avait fait connaître son intention de « remplacer la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen dénucléarisé » , Yannick Jadot (75e proposition de « la France vive »). Il s’était ensuite aligné sur la position de Hamon (« défendre le rang de la France »), rien dans leur plate-forme commune n’avait trait aux armes nucléaires…

Le TIAN a été établi à l’initiative de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), une ONG gratifiée pour son action du prix Nobel de la paix en 2017. « Dans leurs principes même, ces armes là ont toujours été illégitimes, mais d’un point de vue juridique, elles sont illégales » s’est réjouit Jean-Marie Collin, porte-parole de ICAN France ; « Il y a désormais une norme internationale qui dit que les armes nucléaires sont interdites ».

Pour en savoir plus : Faire boum avec une arme nucléaire, le pied

Inceste, Xavier Gorce quitte LEMONDE

La caricature est-elle devenue le tabou suprême ? Le dessinateur Xavier Gorce a annoncé le 20 janvier 2021 qu’il mettait un terme à sa collaboration avec LE MONDE.

Le constat : Deux manchots (animal que Gorce utilise pour croquer l’actualité) en pleine discussion. Le plus petit des deux demande à l’autre :« Si j’ai été abusée par le beau-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre devenu ma mère, est-ce un inceste ? »

Les réactions des minorités : « Indignation », « indécence », « sidération », « infâme », « violent », « nauséabond », « mauvais goût extrême »…, « il s’ajoute le luxe de se moquer des personnes LGBTQI+, une autre de ses obsessions, pour cracher un peu plus au visage de minorités »,

Mise au point de Jérôme Fenoglio, le directeur du Monde : « Cette démission de Xavier Gorcen que nous ne la souhaitions pas, intervient après la parution, mardi 19 janvier, d’un dessin de Xavier Gorce que nous n’aurions pas dû publier. Nous considérons, en effet, que la liberté de la presse, élément vital de notre démocratie, ne peut se diviser… (Mais) nous considérons que la liberté de la presse est également une responsabilité, qui inclut la capacité à reconnaître une erreur et à présenter des excuses à nos lecteurs. Il ne s’agit ni d’une censure (le dessin reste publié) ni, a fortiori, d’une sanction à l’endroit de notre dessinateur. »

Réactions des lecteurs après cette mise au point : « Il me paraît inadmissible que, si peu de temps après le meurtre de Samuel Paty et la défense du droit à la caricature, après avoir répété que caricaturer une religion n’est pas mépriser ses fidèles, vous cédiez vous-mêmes devant une pression venant non pas d’un groupe religieux mais – et c’est tout comme – d’un groupe de pression décidé à imposer la manière dont on peut parler de certains sujets qu’il estime lui appartenir », « On a le droit de se moquer des curés, des imams… mais pas des transgenres ! C’est n’importe quoi », « Il n’y a que Charlie Hebdo qui a droit à la liberté d’expression ? Il n’y a que les musulmans qu’on a le droit de choquer ? Ce dessin était tout à fait dans la veine des Indégivrables : montrer les limites des emballements médiatiques »,

Un autre dessin de Gorce. Le plus petit des manchots est content : « J’ai fait un joli dessin pour sauver le monde de la perdition ». Réaction du père : « retourne à l’école. » On ne peut s’empêcher de penser à Greta Thunberg, jugée trop jeune pour manifester hors scolarité contre le climat…

Un petit dernier pour montrer que les dessins de Gorce sont aussi au service du débat écologique : le manchot Jancovici à un petit manchot : « Fais le calcul. Il vaut mieux que tu crèves du réchauffement climatique dans 30 ans plutôt que de t’emmerder avec des déchets nucléaires pendant 100 000 ans !

Un texte de notre blog biosphere : discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

On perdra toujours contre les virus

Tout être vivant peut être infecté par un virus. Il existe des virus de bactéries, des virus de plantes, des virus d’animaux et même des virus de virus. Les maladies virales comme la rage, la fièvre jaune ou la variole affectent l’Homme depuis des siècles. Quelle perspectives de la lutte anti-virale ? La guerre est perdue d’avance. En effet les virus évoluent plus rapidement que l’espèce humaine, qui n’a connu que 7500 générations en 200 000 ans. Le VIH atteint le même nombre de générations en vingt ans au sein d’un même patient. Les virus sont des milliards de milliards, nous ne sommes que des milliards. Le variant anglais du coronavirus, très contagieux, envahit aujourd’hui la France et la planète. Voici un peu d’histoire sur la vaccination et son analyse :

1723. En France, tout au long du XVIIIe siècle, 50 000 à 80 000 personnes mouraient chaque année de ce qu’on appelait « la petite vérole ». Elle contaminait jusqu’à 80 % de la population, n’épargnant aucune classe sociale. Le virus de la variole fit en 1723 à Paris 14 000 morts. Voltaire parvint à survivre, il avait 29 ans. La XIe de ses Lettres philosophiques, publiées en 1734, s’intitule « Sur l’insertion de la petite vérole ». Elle prend la défense de l’inoculation, ancêtre des vaccins, importée d’Orient par Lady Mary Montagu. Pour créer une immunité, on incisait la peau, du bras ou de la jambe, pour y mettre un peu de pus prélevé sur un malade.

1804, première campagne publique de vaccination en France. Le ministre de l’intérieur, Jean-Antoine Chaptal, fixe la vaccination comme mission prioritaire : « Aucun objet ne réclame plus hautement votre attention ; c’est des plus chers intérêts de l’État qu’il s’agit et du moyen assuré d’accroître la population. » Mais multiplier le nombre d’humains, est-ce vraiment un bonne politique ?

1871, Charles Darwin : « Chez les sauvages, les individus faibles de corps ou d’esprit sont promptement éliminés, et les survivants se font ordinairement remarquer par leur vigoureux état de santé. Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons, au contraire, tous nos efforts pour arrêter la marche de l’élimination ; nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les informes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déplient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun… (in La descendance de l’homme – 1871)

1926, Jean Rostand : « Nos sociétés donnent la possibilité de survivre et de se reproduire à des milliers d’êtres qui eussent été autrefois implacablement éliminés dès le jeune âge. La diminution de la mortalité infantile, les vaccinations généralisées entraînent un affaiblissement de la résistance moyenne de l’espèce. Il s’ensuit un avilissement progressif de l’espèce. Donc par l’effet de la civilisation, nul progrès à espérer pour l’animal humain, mais une décadence à craindre. (L’homme, éditions Babelio) » Cette liberté d’expression ferait scandale aujourd’hui.

1980. L’OMS a déclaré la complète disparition de la variole au niveau mondial, un succès de la vaccination. Mais si la disparition de la poliomyélite a été prise en 1988, ce virus court toujours en 2021.

2020. Le virus Sars-Cov-2 entraîne une pandémie mondiale dont l’humanité n’est toujours pas sortie en 2021. Darwin prend sa revanche sur Pasteur, l’évolution des populations par variabilité, héritabilité et sélectivité expliquent à la fois nos faiblesses et nos résistances aux virus. Notons aussi que les microbes font de la résistance à nos antibiotiques. On perdra toujours des plumes contre les virus et les microbes, la mort est notre destin naturel. Faut-il miser sur la sélection naturelle ? Voici un texte à méditer :

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Hercule, l’électricité en phase terminale

Hercule joue la sobriété. Avant d’entrer dans les détails techniques du projet de réorganisation d’EDF, l’élément de langage que les écologistes devraient tenir sur l’électricité, c’est : « Soyons Négawatts ». En effet, en ces temps de descente énergétique qui s’amorce, la politique de l’offre doit s’accompagner forcément d’une politique de réduction de la demande. Il faut politiquement induire une réflexion collective sur les besoins réels en électricité pour tendre vers une sobriété énergétique.

Pour en savoir plus sur le projet Hercule

Le projet de réorganisation d’EDF « Hercule » n’est pas encore engagé que ça chauffe, grève syndicale le 19 janvier, opposition politique des « insoumis » comme des Républicains. Constatons d’abord que 12 % des ménages sont en situation de précarité énergétique, c’est à dire consacrant plus de 10 % de leurs  revenus aux dépenses énergétiques. Une augmentation rapide et constante des prix de l’électricité pourrait conduire à une nouvelle révolte de type gilets jaunes. Dans un MÉMO du 17/12/20, EELV précise  la situation énergétique actuelle, dramatique. EDF est incapable de financer les investissements pour la poursuite ou l’arrêt du nucléaire et encore moins de financer les renouvelables qui plafonnent à 11,7 % de la consommation d’énergie primaire, 17,2 % de la consommation finale en 2019 (Pour mémoire l’objectif était de 23 % en 2020 et 33 % en 2030). Aujourd’hui EDF est surendettée avec 33 milliards d’euros de dette, une paille au regard des investissements à venir. Le grand carénage consiste en la remise en état du parc des réacteurs nucléaires pour leur permettre de tenir de 50 à 60 ans. La Cour des comptes a réactualisé en 2020 le coût du grand carénage sur la période 2014 à 2035 à 100 milliards d’euros. Le Parlement français estime le coût du démantèlement des centrales nucléaires et le traitement de leurs déchets à 75 milliards d’euros dont seulement 35 ont été provisionnés. La construction de 6 réacteurs EPR reviendrait (au minimum) à 46 milliards d’euros. A noter qu’EDF est DÉJÀ en train d’acheter les terrains pour construire ces EPR!

Le projet Hercule vise à séparer EDF en trois entités : EDF Bleu, entreprise publique, comprendrait principalement les activités liées au nucléaire ; EDF Vert, dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait les activités de fourniture et de distribution d’électricité, ainsi que les énergies renouvelables ; enfin, EDF Azur aurait un statut particulier et serait chargé de la gestion des barrages hydroélectriques. En devenant actionnaire à 100 % d’EDF Bleu, l’État va pouvoir faire sauter le verrou de la cotation d’EDF qui limite son accès à l’emprunt. Si l’État le décide il pourra apporter sa garantie aux emprunts d’EDF qui verra sa capacité d’investissements démultipliée. C’est sans doute la raison principale de l’opération de réorganisation d’EDF, le contribuable devient dernier recours du nucléaire.  Ce découpage répond à la volonté d’EDF de contourner le dispositif Arenh, « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh), mis en place en 2011 ; il fallait ouvrir EDF à la concurrence, objectif premier de l’UE avec séparation entre les fonctions de distribution et de production (unbundling). Le dispositif Arenh oblige EdF à vendre un quart de sa production à 42 €/MWh à des requins genre Total-Energie-Directe (qui la revend avec une marge confortable et un label « Vert »). L’Arenh ne couvre que le coût de production primaire d’EDF, c’est à dire sans le grand carénage, la déconstruction, ni le traitement des déchets, ce qui revient à subventionner ses concurrents. Curieuse conception du libéralisme ; on nous refait le coup de la privatisation des autoroutes en privatisant les profits et en mutualisant les pertes.

De toute façon l’avenir reste sombre pour la production d’électricité nucléaire. En effet 60 % des centrales nucléaires ont été construites avant 1985 – soit 35 ans au compteur. On fait un foin avec Fessenheim, attendez 10 ans et il y aura presque 40 réacteurs avec le même age que Fessenheim aujourd’hui – 40 réacteurs à démanteler et probablement 40 autres à reconstruire puisque personne ne semble préparer la mise à la retraite de nos réacteurs. De milliards dont on n’aura pas le moindre sou en situation prévisible de crise structurelle de la société thermo-industrielle (liée à la fin des énergies fossiles). Isoler le nucléaire dans une structure publique pendant que les activités génératrices de cash sont privatisées ne fait qu’accroire l’impossibilité d’un avenir pour le nucléaire.

Pour en savoir plus sur le scénario Négawatt, extraits :

14 février 2017, NégaWatt, rencontre avec Thierry Salomon

C’est le sens du mot NégaWatt, l’énergie que nous sommes susceptibles de ne pas consommer. Est-il bien raisonnable de circuler en ville avec une voiture de 1300-1500 kilos pour transporter un bonhomme qui en pèse 70 ? Un calcul a montré que 2 réacteurs nucléaires en France servaient uniquement pour les appareils en veille. Nous devons réfléchir en termes de besoins, les classer selon une grille qui va de l’indispensable au nuisible, en passant par le nécessaire, le superflu… Et cette grille doit faire l’objet d’une législation. Ai-je vraiment besoin de me déplacer ? Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Ce qu’il faut, c’est intégrer dans l’ensemble de nos actes les externalités négatives, les conséquences néfastes de nos consommations d’énergie…

21 décembre 2007, soyons négawatts

. L’approche traditionnelle (et quasi-exclusive) des questions énergétiques par l’offre va se déplacer progressivement vers une approche davantage guidée par la demande, laquelle va gagner en pertinence et en force. L’intérêt bien compris des consommateurs est de satisfaire leurs besoins finaux avec la moindre dépense énergétique. La logique voudrait que ce déplacement de l’offre vers la demande s’accompagne d’un déplacement des financements consacrés à l’accroissement de l’offre (MégaWatts) vers ceux destinés à réduire la demande (Négawatts)…

Des médias natalistes, même LE MONDE

Dans la rubrique « Planète » sur lemonde.fr, les articles sur la pandémie étouffent complètement les rares analyses vraiment écologistes. Et quand ce « quotidien de référence » s’égare en traitant de démographie (dans la rubrique international !), il se révèle comme d’habitude profondément anti-malthusien. Ainsi l’article du 19 janvier 2020, L’Italie face aux périls d’un déclin démographique persistant, qui renvoie comme complément d’analyse à un article du 16 juin 2019, Italie : un vieillissement accéléré et ses conséquences (négatives).

Ces journaleux du MONDE n’ont de la complexité de la question démographique qu’une pensée unique : « La natalité ne repart pas cette année, cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays… Plus grave encore, le phénomène s’est installé dans le temps depuis plusieurs décennies, l’objectif du renouvellement des générations ne semble plus qu’une chimère… Parvenir à ce constat est douloureux… La seule mesure directement dirigée vers l’aide aux familles figurant dans le plan de relance est le soutien pour l’accueil des plus petits... Le système de retraite ne pourra pas tenir … Le déclin de la population active limite le dynamisme du marché du travail et plombe le potentiel de la croissance de long terme… »

Aucun contre-poids de ces affirmations idéologiquement orientées, ce qui est très rare dans les articles du MONDE qui ménagent habituellement la chèvre et le chou. Les commentaires sur lemonde.fr de ces deux articles sont très très peu nombreux, mais tous disent l’inverse de ces journaleux. On les comprend, dans un monde qui multiplient les périls pour les générations futures, une des principales solutions est la réduction de la fécondité humaine. Les futurs parents devraient connaître leur malthusianisme sur le bout des doigts, la surpopulation nous mène à notre perte.

Jean-Pierre M : Pourquoi « un péri du déclin démographique », tous les problèmes viennent de la surpopulation sur cette planète.

Gwen44 : Souhaitons que les journalistes progressent en cohérence intellectuelle : le déclin démographique n’est en aucun cas un « péril » mais une nécessité écologique. « Cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays ». Quel équilibre ??? Il n’y a rien de plus déséquilibré que les sociétés capitalistes industrialisées ! Ma parole cet article a été écrit par un stagiaire débutant ? Et ce qui déséquilibre nos pays, ce sont les inégalités radicales, la croissance infinie, la compétition, l’oligarchie…

Poncho du 67 : Une baisse de la (sur) population des pays européens semble amplement préférable à un mouvement immigrationniste de grand remplacement comme ce que l’on nous impose en France.

Eymeric L : Sous l’angle du modèle économique nataliste érigé après 1945,  la baisse de la natalité est effectivement une catastrophe. Sous l’angle des enjeux écologiques et des limites de la planète, c’est une chance et une lueur d’espoir. Il serait bien de le mentionner.

Dedale4 (16/06/2019) : Je m’interroge sur le manque de culture mathématique et visionnaire des journalistes. Notre planète est limitée, donc il faut contenir la progression démographique, donc équilibrer naissances et décès. Les décès diminuant grâce à la médecine, la natalité doit diminuer dans le respect des règles morales (cela est un vrai sujet éthique et politique). C’est très simple à dire et très difficile à mettre en place, mais les discours niais et bien pensants sont irresponsables et criminels.

Aurelio Peccei et la revue « La Décroissance »

Nous aimons bien le mensuel « La Décroissance », coup de poing contre la pensée unique croissanciste. Nous aimons beaucoup moins le fait que tout ce qui bouge au niveau des écologistes y est automatiquement classé comme « écotartufe », que ce soit Hugo Clément ou Aurélio Peccei dans leur dernier opuscule (numéro de décembre 2020/janvier 2021).

Du point de vue des écologistes, nous voyons plutôt le côté positif de tous ceux qui veulent faire face à l’urgence écologique, et Aurelio (1908-1984), fondateur du Club de Rome en 1968,  est vraiment un précurseur qui pouvait écrire dans les années 1970 :

« Je suis né en homme libre et j’ai tâché de le rester. Alors j’ai refusé, j’ai refusé… vous comprenez ce que ça veut dire, surtout en Italie à mon époque : la soumission au conformisme religieux, le fascisme. Je me sens obligé de faire tout ce que je peux pour mettre à la disposition des hommes ce que je sais, ce que je sens, ce que je peux faire. Nous avons tellement développé notre capacité de production qu’il nous faut soutenir une économie dont le côté productif est hypertrophique.  On le fait avec ces injections de motivations artificielles, par exemple par la publicité-propagande. Ou on le justifie par la nécessité de donner du travail à des gens, à une population qui sont enfermés dans un système dans lequel, s’il n’y a pas de production, tout s’écroule. Autrement dit nous sommes prisonniers d’un cercle vicieux, qui nous contraint à produire plus pour une population qui augmente sans cesse… Nous avons été fascinés par la société de consommation, par les bénéfices apparents ou les satisfactions immédiates, et nous avons oublié tout un aspect de notre nature d’hommes. Le profit individuel, ou la somme des profits individuels, ne donne pas le profit collectif ; au contraire, la somme des profits individuels donne une perte collective, absolue, irréparable.  Nous le voyons maintenant avec le plus grand bien commun qu’on puisse imaginer : les océans. Les océans seront détruits si on continue à les exploiter comme on le fait actuellement. Ils seront exploités à 100 % pour les bénéfices personnels de certaines nations, de certaines flottes, de certains individus, etc. Et le bien commun disparaît. Les richesses que nous avons reçues des générations précédentes disparaissent. Notre génération n’a pas le droite de volatiliser un héritage, nous devons à notre tour le passer aux autres.

Nous sommes en train de détruire, au-delà de toute possibilité de recyclage, les bases mêmes de la vie. L’homme achèvera son œuvre irresponsable, maudite – il a détruit les formes animales les plus évoluées ; les grands animaux, les baleines, la faune africaine, les éléphants, etc. C’est l’aspect le plus voyant de notre puissance destructrice dans la biosphère. Quand nous coupons du bois pour en faire l’édition du dimanche d’un journal à grand tirage, qui est constitué pour 90 % de publicité qui est une activité parasitaire, quand nous reboisons, il nous semble que nous reconstituons la nature. En fait le fait d’avoir détruit un bois détruit tous ces biens infinis de vie qui avaient besoin de l’ensemble de ces grands arbres, et  qui étaient un tissu de cycles, de systèmes enchevêtrés l’un dans l’autre ; tout ce bouillonnement de vie est dégradé par le fait que nous avons, sur une grande superficie, coupé les arbres. C’est comme une blessure : après le tissu de reconstitue mais la cicatrice reste. Si nous le faisons sur des superficies très grandes, comme nous le faisons partout dans le monde, nous provoquons d’une façon irrémédiable une dégradation de la biosphère. L’homme, servant son intérêt immédiat, réduit la déjà mince capacité de support de vie humaine dans le monde : la biosphère, cette mince pellicule d’air, d’eau et de sol que nous devons partager avec les animaux et les plantes. Parce que nos connaissances nous ont donné des possibilités supérieures, nous pouvons engranger toutes les calories que nous savons puiser dans la terre, nous pouvons nous entasser dans des communautés plus vastes que celles que nous savons manier, nous pouvons obtenir des vitesses plus grandes que celles que nous savons maîtriser, nous pouvons avoir des communications plus rapides entres nous sans savoir quel contenu leur donner. Nous agissons comme des barbares, l’homme n’a pas su utiliser ses connaissances d’une façon intelligente. Les bêtes, elles, quand elles ont satisfait leurs besoins, ne tuent pas, ne mangent pas, n’accumulent pas, elles gardent leur nature primitive et belle.

Savoir communiquer demande la reconnaissance de valeurs communes, une possibilité créatrice et une vision de la vie. Nous avons perdu ces trois choses, et nous nous obstinons à créer des moyens de communication qui restent sans contenu. Nous donnons à nos enfants le téléphone, la motocyclette, la télévision, l’avion, etc., mais aucunement la capacité d’utiliser ces moyens techniques de façon créatrice. L’homme emploie ses connaissances pour créer des biens matériels, des machines, des biens consommables, et ce que nous appelons le progrès : ce ne peut pas être notre but. Nous sommes prisonniers des machines que nous avons créées. L’essentiel reste les élans spirituels, la morale, qui n’ont rien à voir avec la technologie, la technique, les gadgets. Notre culture s’est essentiellement axées, dans sa forme capitaliste ou socialiste, sur des valeurs purement matérielles. C’est ce que nous devons réformer en nous… »*

* Enquête sur le Club de Rome par Janine Delaunay (in Halte à la croissance) Fayard 1972, 318 pages, 26 francs

La double pensée d’Emmanuel Macron

L’écologie fait l’objet d’un hiatus profond entre la parole et l’action politiques. Lors du « One Planet Summit », le président Macron a brandi son smartphone  : « Cet objet-là, qu’on partage tous, c’est l’un des objets qui sont l’illustration de ce qu’est la mondialisation… c’est l’un des pires objets, sans doute, en termes d’émissions de gaz à effet de serre : chaîne logistique, matériaux rares, obsolescence. On a créé un système où on incite les gens à en changer tous les six mois. L’un des premiers objets sur lesquels on change les comportements et la production, c’est ça, et de manière très concrète. » Mais quatre mois plus tôt, devant le gratin de la « French Tech », Emmanuel Macron moquait les sceptiques de la 5G, les renvoyant à leur obscur désir de « lampe à huile » et assurant que la France allait « prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation ». Pourtant c’est une technologie qui va conduire des centaines de millions d’individus à remplacer leur smartphone. L’option « en même temps » macronien, c’est similaire à la « double pensée » orwellienne : la liberté, c’est l’esclavage ! Merci Stéphane Foucart de mettre le doigt où ça fait mal.

Les décisions en matière d’écologie ne sont que des promesses sans cesse renvoyée aux prochaines décennies – neutralité carbone en 2050, fin du plastique à usage unique en 2040… Sur le climat, Emmanuel Macron a même troqué l’action concrète et immédiate contre la promesse de soumettre au référendum l’inscription de la lutte contre le réchauffement dans la Constitution. Des commentateurs sur lemonde.fr expriment notre propre pensée d’écologistes:

Bv34 : analyse juste. Mais malheureusement partielle. Il aurait fallu rajouter que cet écart entre la parole et les gestes n’est que la traduction de ce que veulent vivent nombre d’entre nous (la majorité en fait) : il n’y a jamais eu autant de SUV !

Michel Brunet : Stéphane Foucart commence à distiller dans ses articles récent le problème des démocraties : de part leur nature, elles n’arriveront pas à imposer des changements de comportement radicaux à leurs citoyens. Il faut bien être élu, il faut donc faire plaisir. On peut faire la comparaison avec la pandémie actuelle : la « liberté individuelle », socle des démocraties, bloque les tentatives de contrôle de l’épidémie au contraire des pays où un « autoritarisme » plus ou moins accentué y parviennent. Il en sera de même avec les désordres de l’environnement, « l’autoritarisme » sera de rigueur et sonnera la fin des démocraties libérales. Ceci dit les partis écologiques auront-ils le courage de le dire? j’en doute.

Julien R. : M. Foucart est dans le vrai, mais il oublie de préciser que les renoncements du politique ne sont que le reflets de nos renoncements individuels. En faisant porter l’essentiel de la faute aux gouvernants, il s’assure l’approbation de la majorité mais il ne leur dit pas la vérité.

le sceptique : En démocratie, le rôle des politiques est d’apporter des solutions acceptables, les autres étant réservées aux dictatures. Tant que les écologistes sont (largement) minoritaires, cela signifie que les électeurs ne sont pas très intéressés par le climat ou la biodiversité. Dans la hiérarchie des urgences, les questions économiques et sociales viennent avant les questions écologiques.

François C.H. : J’émettrai quand même un bémol. En démocratie nous élisons nos représentant, lesquels ont pour mission d’être à la fois écologistes ET à la fois comptables de l’emploi, de la dette, de la compétitivité des entreprises, de la garantie des retraites, et j’en passe. Ce « en même temps » est d’une part obligatoire lorsque l’on représente une somme d’intérêt généraux et particuliers, ET d’autre part une impasse, puisque bon nombre de ces intérêts sont incompatibles. Il conviendrait dans un premier temps de prendre conscience collectivement qu’une écologie sérieuse est incompatible avec notre mode de vie, le système capitaliste actuel et les impératifs de croissance. Il faut avoir ce débat, collectivement, car on ne mènera pas cette guerre sans l’assentiment général.

Pour en savoir plus sur la versatilité des promesses politiques, ce discours de Chirac en 2002 à l’ONU lors d’un sommet de la Terre :

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d’ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d’alerte s’allument. L’Europe est frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires. En Asie, la multiplication des pollutions, dont témoigne le nuage brun, s’étend et menace d’empoisonnement un continent tout entier. L’Afrique est accablée par les conflits, le SIDA, la désertification, la famine. Certains pays insulaires sont menacés de disparition par le réchauffement climatique. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le 21e siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie.

Notre responsabilité collective est engagée. Responsabilité première des pays développés. Première par l’histoire, première par la puissance, première par le niveau de leurs consommations. Si l’humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins. Responsabilité des pays en développement aussi. Nier les contraintes à long terme au nom de l’urgence n’a pas de sens. Ces pays doivent admettre qu’il n’est d’autre solution pour eux que d’inventer un mode de croissance moins polluant.

Dix ans après Rio, nous n’avons pas de quoi être fiers. La conscience de notre défaillance doit nous conduire, ici, à Johannesburg, à conclure l’alliance mondiale pour le développement durable. Une alliance par laquelle les pays développés engageront la révolution écologique, la révolution de leurs modes de production et de consommation. Une alliance par laquelle ils consentiront l’effort de solidarité nécessaire en direction des pays pauvres. Une alliance par laquelle le monde en développement s’engagera sur la voie de la bonne gouvernance et du développement propre. Nous avons devant nous, je crois, cinq chantiers prioritaires.

Le changement climatique d’abord. Il est engagé du fait de l’activité humaine. Il nous menace d’une tragédie planétaire. Il n’est plus temps de jouer chacun pour soi. De Johannesburg, doit s’élever un appel solennel vers tous les pays du monde, et d’abord vers les grands pays industrialisés, pour qu’ils ratifient et appliquent le Protocole de Kyoto. Le réchauffement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre.

Deuxième chantier: l’éradication de la pauvreté. A l’heure de la mondialisation, la persistance de la pauvreté de masse est un scandale et une aberration. Appliquons les décisions de Doha et de Monterrey. Augmentons l’aide au développement pour atteindre dans les dix ans au maximum les 0,7 % du PIB. Trouvons de nouvelles sources de financement. Par exemple par un nécessaire prélèvement de solidarité sur les richesses considérables engendrées par la mondialisation.

Troisième chantier: la diversité. La diversité biologique et la diversité culturelle, toutes deux patrimoine commun de l’humanité, toutes deux sont menacées. La réponse, c’est l’affirmation du droit à la diversité et l’adoption d’engagements juridiques sur l’éthique.

Quatrième chantier: les modes de production et de consommation. Avec les entreprises, il faut mettre au point des systèmes économes en ressources naturelles, économes en déchets, économes en pollutions. L’invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies, dans le respect du principe de précaution. La France proposera à ses partenaires du G8 l’adoption, lors du Sommet d’Evian en juin prochain, d’une initiative pour stimuler la recherche scientifique et technologique au service du développement durable.

Cinquième chantier: la gouvernance mondiale, pour humaniser et pour maîtriser la mondialisation. Il est temps de reconnaître qu’existent des biens publics mondiaux et que nous devons les gérer ensemble. Il est temps d’affirmer et de faire prévaloir un intérêt supérieur de l’humanité, qui dépasse à l’évidence l’intérêt de chacun des pays qui la compose. Pour mieux gérer l’environnement, nous avons besoin d’une Organisation mondiale de l’environnement.

Au regard de l’histoire de la vie sur terre, celle de l’humanité commence à peine. Et pourtant, la voici déjà, par la faute de l’homme, menaçante pour la nature et donc elle-même menacée. L’Homme, pointe avancée de l’évolution, peut-il devenir l’ennemi de la Vie ? Il est apparu en Afrique voici plusieurs millions d’années. Fragile et désarmé, il a su, par son intelligence et ses capacités, essaimer sur la planète entière et lui imposer sa loi. Le moment est venu pour l’humanité, dans la diversité de ses cultures et de ses civilisations, le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d’harmonie, et donc d’apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l’homme. Aujourd’hui, à Johannesburg, l’humanité a rendez-vous avec son destin. »

Notre nombre accroît le risque épidémique

Voici les propos de Michel Sourrouille dans Sud Ouest du 14 janvier 2021 retranscris par la journaliste Delphine Lamy.

Des risques croissants d’épidémie

Michel Sourrouille, militant politique et associatif notamment comme membre de l’association Démographie Responsable, a produit plusieurs ouvrages sur l’écologie. Son cinquième essai « Arrêtons de faire des gosses ! » est sorti aux éditions Kiwi. Entretien.

« Sud-Ouest » Comment vous êtes-vous intéressé aux questions démographiques ?

Michel SOURROUILLE Progressivement, par accumulation de connaissances. Il y a tout juste cinquante ans, je lisais dans « Partisans » un dossier, Libération des femmes, année zéro. J’avais pris quelques notes : « Du point de vue du danger, mieux vaudrait vendre les pilules dans des distributeurs automatiques et ne délivrer les cigarettes que sur ordonnance… » Je ressentais déjà que la question démographique est très complexe et relève souvent d’injonctions contradictoires.

En quoi concrètement la surpopulation va mener à la perte de la planète et par conséquence à la perte de l’humanité ?

« Mener à notre perte » dans le sous-titre de mon livre ne veut pas dire que l’humanité va disparaître. Mais c’est un fait étudié par maintes études scientifiques que nous fragilisons par notre nombre et par notre emprise techno-économique les différentes composantes de la planète : climat, ressources renouvelables et non renouvelables, biodiversité…

Quelle place tient l’économiste britannique Malthus dans votre pensée ?

Ce sont mes études en faculté de sciences économiques à la fin des années 1960 qui m’ont fait découvrir Thomas Robert Malthus. Cet économiste et pasteur anglican a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croit selon une progression géométrique très rapide et l’alimentation seulement comme une progression arithmétique bien plus lente. Il y a un déséquilibre qui se résout par des obstacles comme la famine, les épidémies et les guerres. Une seule solution, rationnelle, limiter les naissances.

Que pensez-vous du taux de natalité en France qui a baissé ces dernières années ?

La baisse du taux de natalité en France et dans d’autres parties du monde, cela ne veut pas dire que le taux d’accroissement démographique diminue. La population française continu d’augmenter et au niveau mondial le rythme d’accroissement conduit au doublement de notre nombre en moins de 70 ans. La question de fond subsiste : le poids du nombre d’humains en France ou dans d’autres territoires est-il compatible avec l’équilibre du milieu et la production durable de ressources ? La réponse est « non ». Au niveau mondial l’empreinte écologique de l’humanité est démesurée. Nous avons besoin de plusieurs planètes, ce qui est impossible, donc nous puisons dans le capital naturel et ce n’est pas durable.

Peut-on dire que la pression démographique a pesé sur l’émergence du Covid 19

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. La concentration humaine accentue les risques de contamination. Le bacille de la peste au XIVe siècle trouva un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche ? Les pandémies se multiplient aujourd’hui. A l’heure où je bouclais ce livre, nous apprenions que la ville de Wuhan, 11 millions d’habitants, était mise en quarantaine.

Pour en savoir plus: « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Moins de bébés pour sauver le climat ?

« L’humanité est au bord du précipice climatique. Cette crise aura des conséquences pour l’humanité et pour les écosystèmes bien plus graves que celles du Covid-19. On se demande ce qu’il faut pour que la situation soit enfin traitée avec l’urgence qu’elle mérite. », s’exclame le climatologue Jean-Pascal van Ypersele. Que faire ? « Sortir complètement des énergies fossiles, décarboner les économies, arrêter la déforestation, réduire fortement les émissions de méthane…. »

Mais penser à la baisse de fécondité n’effleure pas l’esprit de Ypersele, contrairement aux commentateurs sur lemonde.fr :

Pascalou : Et pas un mot sur le fait que la population mondiale ait triplé en moins d’une durée de vie humaine? La capote, l’abstinence et le stérilet sont des moyens très simples de lutter contre la réchauffement climatique…

JPH-35 : Oui, mais il n’est pas convenable de le dire.

Bergeist : Le plus probable, c’est que l’humanité n’arrivera pas à gérer le réchauffement climatique, ce qui entraînera des conséquences incommensurables… et des guerres etc qui réguleront la population. Je n’ai qu’un regret, celui d’avoir eu des enfants.

LargoF : Oui, entièrement d’accord. L’évolution permanente de la population mondiale pour une planète à la capacité de charge limitée est une idiotie. Seulement voilà, le genre humain semble incapable d’intelligence collective.

Georges-Henri : La réalité est la suivante : 20% de la population mondiale (nous) produit par sa production/consommation 80% des gaz à effet de serre.

Michel SOURROUILLE : Pour présenter simplement la relation entre émissions de gaz à effet de serre et évolution démographique, il est utile de se référer à l’équation de Kaya :

CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.

Frogeater : Finalement on est tous d’accord sur le bilan. La planète trouvera son équilibre quand elle sera devenue partiellement inhabitable et ce qui la bousille disparaîtra… C’est à dire la population humaine va significativement diminuer et la production de CO2 / consommation de matières premières épuisables avec. Ce qui est illusoire et dérisoire, c’est de penser qu’en utilisant des pailles en bambou, des voitures électriques et des pompes à chaleur ou en portant plainte contre l’Etat français, on va résoudre le problème créé par 8, bientôt 10, voire 15 milliards d’humains qui ne rêvent que de confort et de développement…

Eljulio : Avant la déroute, nous subirons (à compter de la présente décennie) une crise économique majeure, une faillite du système bancaire, le déclin de l’industrie et notamment de l’industrie extractive (cf baisse drastique des investissements de l’industrie pétrolière dores et déjà observée, qui reste le rouage essentiel de l’économie mondialisée sur laquelle tous nos « acquis » ont été bâtis), le déclin de la production agricole, l’effondrement de tout ou partie des États et surtout des démocraties, et son lot de conséquence sociales, sanitaires, géopolitiques etc … Par conséquent il ne restera probablement, et avec un peu de « chance », que 2 ou 3 milliards d’habitants sur Terre d’ici la fin de ce siècle ce qui devrait résoudre le problème climatique.

Quelles sciences pour le monde à venir ?

Il y a la science pure, la recherche pour déterminer comment le monde est fait, ce qui nourrit la connaissance pour le seul plaisir de connaître. Avec la civilisation thermo-industrielle, la techno-science a pris le pouvoir, les scientifiques sont devenus des esclaves de l’innovation qui rapporte aux entreprises. Cette science croissanciste et aveugle aux limites biophysiques de la planète a induit tellement de désastres que certains scientifiques deviennent des lanceurs d’alerte. Ce sont les climatologues qui nous informent du réchauffement climatique, ce sont les naturalistes qui nous avertissent de la disparition de la biodiversité, etc. Mais la situation est jugée tellement grave de la part de scientifiques de tous horizons que l‘alerte devient dénonciation.

Cette évolution est d’autant plus pertinente que les pseudo-scientifiques à la solde du business s’ingénient à dénigrer les scientifiques lanceurs d’alerte. Ils deviennent au niveau médiatique des marchands de doute ou des remparts d’un progrès technique sans conscience de ses effets pervers. Tout ce qui est inventé doit pouvoir être réalisé, bombe atomique, poisons chimiques, numérisation sans limites, etc. Sinon, selon eux, ce serait le retour à la bougie, si ce n’est à l’âge des cavernes.

Ces scientifiques vendus au système se transforment en religieux qui nous annoncent le paradis… dans un futur indéterminé. Pour eux la science est la solution alors qu’elle a créé le problème. Mais c’est eux qui recueillent les fonds des entreprises et des gouvernements dans un monde formaté par la croyance au progrès. Ils sont aidés dans leur propagande par les pseudo « sciences » économiques, une économie politique qui s’est mise au service du pouvoir des marchands du temple. Sans compter les médias de masse qui sont aussi une grande part du problème car, dépendant des ressources publicitaires et rachetés par des industriels, sont devenus eux aussi les complices des marchands. On n’est pas encore prêt à sortir de ce monde aveugle aux conséquences à long terme de l’activisme désordonné des humains

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

8 octobre 2007, techniques douces

Pour en savoir encore plus, lire : « Quelles sciences pour le monde à venir ? Face au dérèglement climatique et à la destruction de la biodiversité », dirigé par Alain Grandjean et Thierry Libaert (Odile Jacob, 268 p., 22,90 €).

PAC, politique agricole… commune ???

PAC 2013. Le 13 mars 2013, les parlementaires européens ont voté à Strasbourg les quatre rapports portant sur la réforme de la PAC – paiements directs, développement rural, organisation commune de marché et règlement horizontal. Portant sur la période 2014-2020, les mesures sont faibles et les textes manquent cruellement d’ambition.

La crise de l’agriculture européenne dure pourtant depuis de longues années. Son budget conséquent est régulièrement remis en cause, car il est distribué de manière très inéquitable entre les agriculteurs. Favorisant souvent de grandes exploitations et la domination d’une agriculture industrielle intensive, la PAC alloue à l’inverse de maigres subventions à destination des pratiques agricoles responsables et à l’aménagement territorial durable. Dommageables à l’environnement, les aides de la PAC le sont également à l’économie des pays en développement, dont le secteur agricole fait face aux politiques de dumping des prix pratiqués sur les produits agricoles par l’Europe. A la suite du vote, la présidente du WWF France a déclaré : « Bien que nous saluions le fait que le Parlement européen a bloqué les pires aspects de la proposition de sa Commission agriculture, ce vote demeure décevant. Le Parlement n’a pas intégré des règles aussi basiques que le respect de la Directive Cadre sur l’Eau ou la protection des zones humides. Il a aussi manqué d’ambition pour faire du contenu du verdissement un véritable moyen d’aller vers une agriculture plus résiliente et plus bénéfique pour l’environnement. Le verdissement a donc été rétabli sur sa forme, par rapport aux propositions initiales, mais manque toujours de fonds. » La prochaine réforme de la PAC n’aura lieu que dans 7 ans, en 2020.

PAC 2020. La PAC fait l’objet d’une nouveauté, chaque État membre devra présenter un « plan stratégique national », une déclinaison nationale des grandes orientations européennes de la PAC. La Commission nationale du débat public (CNDP) vient de publier le bilan de huit mois de concertation sur la politique agricole commune. « Rarement la CNDP aura eu à traiter d’un enjeu aussi fortement marqué par la défiance », note Chantal Jouanno, la présidente de cette autorité administrative. Finalement, il ne fallait pas moins de 224 pages de rapport pour rendre compte des 1 083 propositions et de l’ensemble des échanges. Sur le fond, la demande de sortir d’un système des aides à l’hectare pour aller vers l’aide à l’actif a fait consensus, pour éviter une course à l’agrandissement et à la concentration des exploitations. La souveraineté alimentaire est devenue un sujet incontournable dans les échanges après les premiers mois de confinement. Les questions environnementales se sont imposées comme une préoccupation majeure, et une forte demande s’est exprimée d’accélérer la transition agroécologique. En revanche, les moyens de mise en œuvre divisent : quelle place accorder à l’agriculture bio dans le tissu productif, comment réduire l’usage des produits phytosanitaires ? Le ministre de l’agriculture a désormais jusqu’au 7 avril pour apporter sa réponse.

Débat : Quelques réactions sur le monde.fr et nos réponses :

Sejas : Toujours ce rêve d’une agriculture familiale heureuse sans engrais et sans pesticide. En 1840, avant la révolution verte, il fallait que la moitié des Français travaillent dans l’agriculture pour nourrir l’autre moitié. Et la nourriture était très chère pour les ouvriers.

Biosphere : Pas de pays sans paysans, pas de nourriture sans paysans. La période de l’agriculture industrielle, basée sur les ressources fossiles, va se terminer faute de carburant. Alors il y a aura une inversion, l’exode rural deviendra le retour à la terre. Les produits agricoles seront plus cher, le travail à la ferme plus physique que l’emploi tertiaire. Cela sera très dur, accompagné de beaucoup de drames individuels et collectifs. Mais on ne peut éviter les réalités d’une déplétion énergétique si ce n’est s’adapter, se convertir aux emplois durables, manger beaucoup moins de viande et plus du tout d’alimentation issue de l’industrie.

Un lecteur du Val de Marne : Je suis très sceptique sur cette vision fermière et familiale… Les exploitations céréalières doivent devenir toutes petites ? Quelle rentabilité ? Si on divise les parcelles il faudra beaucoup plus d’agriculteurs pour les exploiter… vous allez les trouver où ? Vous voulez aussi la fin de l’industrie pour revenir à l’artisanat ? Je ne vois pas pourquoi le travail familial garantirait le bon produit sain et la préservation de l’environnement.

Biosphere : Lecteur du Val de Marne, habiter un département du grand Paris s’accompagne d’une dépendance très grande vis-à-vis des exploitations agricoles extérieures. Une crise économique profonde comme il faut s’y attendre étant donné la surchauffe de notre système techno-industriel actuel est donc un risque. Il vous faudra oublier les grandes phrases hors sol du type « bon produit sain et préservation de l’environnement ». Les générations futures reviendront au travail de la terre et à l’artisanat. Les exploitations agricoles deviendront beaucoup plus petites, familiales, alimentés en main d’œuvre par la désurbanisation.

ca_alors : Le choix d’une photo illustrant l’agriculture ‘productiviste’ est bien symptomatique de la ligne éditoriale du MONDE. Mais c’est oublier que nourrir 7.5 milliards de personnes nécessite une mécanisation de l’agriculture. L’Histoire retiendra sans doute que la bataille contre la faim dans le monde est l’une des plus grandes conquêtes de l’humanité. Les excès ne doivent pas faire oublier qu’une famille modeste dépense maintenant 15% de son budget à la nourriture contre plus de 30% il y a quelques dizaines d’années.

Biosphere : L’agriculture « productiviste » a oublié que sans énergie fossile, elle est vouée au néant. De toute façon, malgré nos prouesses techno-agricoles, la faim dans le monde touche encore plusieurs centaines de millions de personnes. Quant à la loi d’Engel qui décrit l’évolution du budget alimentaire, elle va s’inverser. Cette  « loi » énonce qu’au fur et à mesure que le revenu augmente, la part des dépenses alimentaires diminue. Historiquement, notons d’abord que c’est l’augmentation du pouvoir d’achat plutôt que les performances de l’agro-industrie qui a permis de consacrer la plus grande part de son budget à des dépenses secondaires. De plus l’agriculture, le fondement même de notre survie, est paradoxalement subventionnée par l’Union européenne (la PAC) ; on ne paye pas le vrai prix de notre alimentation. Enfin la pression à la baisse des prix concédés aux agriculteurs par les grands distributeurs est une anomalie. Dans l’avenir, nous reviendrons à une situation plus normale, moins de gadgets achetés et beaucoup plus d’argent consacré à notre alimentation de base.

Lire L’ECOLOGISTE pour y voir plus clair

Quelques extraits de L’ECOLOGISTE n° 57, décembre 2020 – février 2021 :

Thierry Jaccaud, rédacteur en chef : « Le vaccin contre la variole, fléau historique responsable de véritables hécatombes, a joué un rôle certain dans l’élimination ee la maladie sur notre planète annoncée en 1980. Le vaccin avait des effets secondaires graves et connus. Mais la variole elle-même tuait beaucoup plus. »

Martin Kohr a popularisé le terme d’« émissions négatives » de gaz à effet de serre. Lors de la Conférence des parties en 2007 à Bali, les pays en voie de développement étaient sur le point d’accepter l’engagement des pays développés à réduire leurs émission de seulement 80 %. Martin Kohr a expliqué alors que ce n’était pas suffisant si l’on prenait en considération les émissions passées. C’est pourquoi le Nord doit produire des émissions négatives, ce qui est une pensée douloureuse pour beaucoup de gens.

Recension du livre « Les limites planétaires » : Aujourd’hui, l’extraction annuelle de matières premières atteint le chiffre astronomique de 70 milliards de tonnes au niveau planétaire, soit environ 10 tonnes par personne. 20 milliards de tonnes sont issues de la biomasse (alimentation, bois, textiles…) et 50 milliards sont extraits de la lithosphère : 28 de minerais non métalliques essentiellement destinés à la construction d’infrastructures ou de bâtiments, 13 pour les énergies fossiles et 7 pour les minerais métalliques.

Satish Kumar : « Si la technologie est à notre service en étant utilisée avec discernement pour développer les relations humaines, sans polluer l’environnement et sans gaspiller les ressources naturelles, alors elle peut être bonne. Ce n’est pas le cas des écrans. Nos enfants ont besoin d’apprendre des choses sur la nature, mais aussi de la nature, du jardinage, de la vie marine et de la vie sauvage. Une telle connaissance ne s’acquiert pas en fixant des écrans. Un ordinateur est une boîte, il vous apprend à penser dans une boîte. »

Faut-il incendier les émetteurs radio/télé ?

L’information fait-elle l’action ? Un incendie, revendiqué par un comité « pour l’abolition de la 5G et de son monde », a endommagé un émetteur radio, privant 1,5 million de personnes de radio et de télévision. D’après le comité, « Le sabotage de l’antenne a eu lieu dans le cadre de l’opération voix du vent et chants d’oiseaux. Nous ne sommes qu’une poignée, pourchassées, terrifiées, mais nous vaincrons malgré notre faiblesse ».

Cette information du quotidien LE MONDE ne fait pas l’action, mais elle y contribue. Est-ce du terrorisme écologique ? Fallait-il ne pas en parler ? Les réactions sur lemonde.fr portent pour partie sur l’intérêt ou non de l’innovation technique.

Benoit Croquinard : Quelques heures de télé en moins, action salutaire

MD : Les écolos radicalisés ont frappé, ce n’est qu’un début. Rien de surprenant de la part de gens qui refusent tout progrès technique.

Mais le débat de fond porte aussi sur la validité de la destruction de biens jugés néfastes pour l’humanité.

Mort de rire : J’imagine 2 ou 3 anciennes baba-cool qui ne supportent plus la bêtise dont nous sommes abreuvés quotidiennement. Et qu’on veuille nous en imposer encore plus pour pour pouvoir dire encore plus de bêtises, encore plus vite. Alors elles ont eu le courage de s’engager pour le bien de l’humanité. Je les comprends.

Fredh : Vous savez, vos anciens baba cool ont tout à fait le droit de ne pas avoir et regarder la télé, de ne pas avoir de smartphones 4G ou 5G, de ne pas avoir de voiture, de ne pas prendre l’avion, de ne pas se faire vacciner… mais il faut aussi respecter les désirs des autres personnes… Ils ne sont pas si cool que ça, mais plutôt fachos, vos babas.

Ces échanges résument parfaitement les contradictions du monde contemporain et la difficulté de l’action. Dans une société d’homo economicus, l’aliénation n’est plus extérieure, elle a été intégrée, digérée par les sujets. La société de consommation est devenue la raison d’être d’une grande partie des gens aujourd’hui. Lutter contre l’aliénation est donc difficile, il faut risquer la prison, si ce n’est sa vie. Ainsi l’exemple des luddites, débattu aussi sur lemonde.fr :

gbouvier : Révoltes insignifiantes mais pénibles de luddites qui brandissent leurs fourches garnies de fumier. Ce qui rassure, c’est que les fourches n’ont rien pu faire contre les fusils.

Michel SOURROUILLE : Monsieur Bouvier, votre remarque sur les luddites du XIXe siècle est intéressante. Les artisans ont brisé des machines automatiques qui mettaient au chômage beaucoup d’artisans à domicile pour le plus grand profit de l’industrie textile en formation. Deux siècles plus tard, on constate que cette industrialisation à marche forcée a entraîné la croissance économique sans limites et la détérioration brutale des conditions de vie sur Terre. Les luddites avaient donc raison. Mais on a fait à l’époque des lois condamnant à mort pour bris de machines, et des luddites sont passé sous les fourches caudines. Ce qui veut dire que dans notre système techno-industriel, la protection des machines a plus de valeur que la vie humaine. Pensez-vous encore, Monsieur, que l’écrasement des luddites a été une bonne chose ?

Synthèse : Tous les écolos ne sont pas adeptes du sabotage, sinon il y a bien longtemps qu’on ne trouverait plus une seule centrale nucléaire, plus un seul SUV, plus un seul bateau de milliardaire, etc. La question de la destruction de biens pour le bien de la planète a été posée par l’action contre une centrale nucléaire de Françoise d’Eaubonne et contre les SUV par le livre d’Andreas Malm, lire sur notre blog biosphere :

16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens

L’écologie contre l’interventionnisme armé

Que fait la France au Mali ? L‘éditorial du MONDE pose enfin la question sept ans après la décision de l’intervention militaire française. Les opérations françaises n’ont empêché ni la montée des violences entre ethnies, ni les percées islamistes, ni la contagion dans les pays voisins. Cinquante « morts pour la France » depuis 2013, 50 morts pour rien. Une seule perspective, le retrait des troupes, qui confirmera notre analyse constante, lire ci-dessous :

15 janvier 2013, intervention au Mali, une erreur de plus des socialistes

20 janvier 2013, guerre au Mali, encore des morts… pour rien

28 novembre 2019, Des morts pour rien au Mali

23 janvier 2020, Guerre au Mali, guerre colonialiste

Un écologiste est forcément un objecteur de conscience, opposé à l’usage collectif des armes, opposé à une force militaire qui ne serai pas sous l’égide de l’ONU. Il est plus que temps de s’apercevoir que nous n’avons qu’une seule planète, et qu’il faut apprendre à la sauvegarder au lieu de la mettre à feu et à sang.

Nous avons connu un Malien en 2012, Ibrahima Coulibaly, président à l’époque de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali. Notre aide doit aller vers des personnalités locales actives comme lui, pas à la répétition de nos interventions extérieures inutiles, l’Indochine, L’Algérie, l’Afghanistan, la Libye, le Mali… un fiasco perpétuel.

One Planet Summit, la CDB de Macron

Biodiversité, les sommets de la terre se succèdent et les espèces disparaissent. Une première conférence sous l’égide des Nations Unies a eu lieu à Stockholm en 1972 sur le thème « L’homme et l’environnement ». Quelques objectifs réduits, comme un moratoire de dix ans sur la chasse commerciale à la baleine, point final. Vingt ans plus tard, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, on met en place la Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB). En 2010, lors de la COP10 (conférence des parties) au Japon, la CBD avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020 ; les objectifs n’ont pas été atteints. La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du GIEC sur le climat, n’a vu le jour qu’en 2012. La 15e Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) était programmée à Kunming (Chine) en octobre 2020. Mais sous prétexte pandémique, elle a été reportée (17 au 30 mai 2021). Alors Emmanuel Macron réunit à lui tout seul le One Planet Summit (11 janvier 2020). Autant dire qu’on a assisté au défilé des annonces périmées et du « bla-bla » habituel.

Le président français lance une série de rendez-vous déjà prévus de longue date. Il est très fier de lui : « Notre avenir et celui de la planète dépendent de ce que nous faisons ici et maintenant. » Il est vrai que ça urge, une espèce sur huit, animale et végétale, risque de disparaître à brève échéance. Mais l’idée de placer 10 % des terres et des mers sous protection forte n’a pas été abordée… faute de consensus. De toute façon le flou persiste quant au niveau de protection envisagé. On insiste sur les liens entre les trois crises majeures que sont le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pandémie de Covid-19. On se contente d’insister. On lance un « appel » à ce que 30 % des investissements en faveur du climat soient aussi bénéfiques à la protection de la nature d’ici à 2030. Hello, hello, écho entends-tu ? « Nous avons besoin de solidarité entre les continents ; nous avons besoin d’une Grande Muraille verte au Sahel et de plus petites murailles vertes à l’échelle de chaque pays ; nous avons besoin de protéger nos forêts ici et ailleurs. » Certes, nous en avons bien besoin, mais la satisfaction attendra. La Chine, qui accueillera la COP15 de la CDB, a simplement appelé à un « effort collectif » et ça, ça ne mange pas de pain. Bien entendu la question démographique est complètement absente des débats, ce que relève ce dialogue sur lemonde.fr :

lecteur assidu : La politique de l’enfant unique et la non-croissance des populations est le b-a-ba de la protection des écosystèmes. Le reste c’est du baratin politicien à la Duflot.

Mercuryal : La démographie, c’est une solution de fond, mais pas directement connectée à l’urgence du problème. Il faut combattre tous les facteurs de pollution pour sauver les eaux potables, la qualité de l’air. Combattre l’industrialisation sauvage et l’agriculture chimique pour sauver les terres arables et préserver l’environnement sauvage.

Michel SOURROUILLE : Mercuryal, les humains par leur nombre prennent l’espace vital de toutes les autres espèces et cela, c’est directement relié à la chute de la biodiversité. Et si on pratique une agriculture chimique non durable, c’est pour l’objectif affirmé de nourrir une population trop nombreuse. Démographie, biodiversité et économie sont en interdépendances étroites, il n’y a rien de secondaire dans ces variables, étudiez la relation IPAT.

Adrien H : « Sauvons le monde en ayant moins d’enfants » est la fausse idée géniale de ceux qui n’ont pas vraiment compris le problème, et qui en général croient naïvement que cela suffirait pour conserver leur mode de vie.

Michel SOURROUILLE @ Adrien H : Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, toutes les composantes de la vie sur Terre étaient déjà mises sur la table, sauf une, la démographie. Maurice Strong, le secrétaire général de cette rencontre, eut beau déclarer que « soit nous réduisons volontairement la population mondiale, soit la nature s’en chargera pour nous et brutalement », dès le début ce sujet était purement et simplement tabou.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

L’aide active à mourir gagne du terrain

En France. La députée Marine Brenier a déposé une proposition de loi le 17 décembre sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité ? J’ai donc été amenée à rencontrer des personnes qui travaillaient sur ces sujets, des praticiens, des patients et des associations. C’est une problématique à laquelle il faut répondre. Ma proposition de loi parle « d’aide active à mourir ». On renforce le dispositif actuel dans le cas où les personnes ne préparent pas de directives anticipées ou de personne de confiance. Cela permettra d’avoir des témoins pour dire que, quand il était conscient, le patient a dit qu’il voulait pouvoir passer par ce dispositif. Je souhaite que l’ #AideActiveAMourir puisse aussi se faire à domicile mais encadrée par des équipes soignantes. Beaucoup de personnes sont âgées, en #FindeVie, atteintes de maladies dégénératives et veulent pouvoir partir depuis chez elles. Mais c‘est un acte très particulier et on comprend que pour des raisons personnelles, de conscience ou de religion, un médecin puisse y être opposé. C’est la raison pour laquelle dans ma proposition de loi, j’ai mis un chapitre qui est dédié à la clause de conscience. » Pour le moment, la députée n’a aucune certitude concernant l’étude de sa proposition de loi par l’Assemblée Nationale. Cette décision dépend de la commission des affaires sociales.

À l’étranger. Toujours plus de pays reconnaissent la liberté fondamentale de décider de sa propre fin de vie. Après que la Cour constitutionnelle autrichienne a ordonné au Parlement de légiférer en faveur du droit à l’autodétermination en fin de vie – rejoignant ainsi, en Europe, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse – le Congrès des députés espagnol a voté très majoritairement, le 17 décembre 2020, en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté. Un texte qui devra être validé par le Sénat dans le courant du mois de février 2021. Cette loi, qui entrera en vigueur en Espagne au second trimestre 2021, répondait à la promesse électorale faite lors des dernières élections législatives par le chef du Gouvernement, Pedro Sanchez. Évidemment, ce nouveau droit ne s’imposera à personne et respectera toutes les consciences.

La France, aux prises avec la triste loi Leonetti qui n’autorise que le « laisser mourir » par la dénutrition et la déshydratation, provoquant une insuffisance rénale sévère, devra encore attendre… le président de l’ADMD, Jean-Luc Romero-Michel a déclaré : « Je suis très triste de constater que, sur ce sujet encore, la France, pays laïque, est sous le joug du pouvoir spirituel des Églises, omniprésentes sur les sujets de bioéthique et sociétaux, et sous le joug du pouvoir temporel de certains médecins qui refusent d’abdiquer leur omnipotence et de reconnaître la démocratie sanitaire. »

Projet de loi pour le climat, le recul

Le texte de 65 articles, destiné à accélérer la transition écologique de la France, marque un recul par rapport aux mesures des 150 conventionnels. Par exemple le projet de loi ne reprend pas l’obligation de rénovation globale de l’ensemble des logements dès 2024 alors qu’il s’agit de l’une des mesures les plus efficaces pour réduire les émissions. Sur l’encadrement de la publicité, les membres de la convention sont loin d’avoir eu gain de cause. L’interdiction de la réclame pour les produits polluants, comme les SUV, ne figure pas dans le projet de loi ; sur les douze mesures sur la régulation de la publicité de la convention, seule une est présente dans le texte gouvernemental, quatre ont été modifiées et fortement assouplies et sept sont portées disparues. Concernant l’alimentation, la convention citoyenne souhaitait que l’ensemble de la restauration collective publique propose, dès janvier 2022, un choix végétarien quotidien. Le projet gouvernemental troque l’obligation par une expérimentation de deux ans sur la base du volontariat. Etc, etc. Sauf quelques scories, les commentaires sur le monde.fr se rejoignent, Macron n’est pas l’écolo qu’il affirme être :

Jac2006 : Attendre des mesures efficaces pour l’environnement et le climat de la part de ce gouvernement, c’est comme espérer des mesures de désarmement de la part de militaires. Un gouvernement aux aguets, qui navigue à vue avec pour seule boussole les élections à venir et des grosses doses de démagogie.

Thibaut : Au final, ce texte répond parfaitement à la définition du « greenwashing » : l’application d’un mince vernis teinté de vert sur un modèle fondamentalement inchangé. Rappelons qu’il faut diviser les émissions de CO2 par 4 au moins… Bon, il est vrai qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché son idéologie productiviste. Si les Français veulent changer de logiciel, ils devront changer de président.

Brutus : Sérieusement, interdire la publicité pour les SUV ? La prochaine étape, c’était interdire la publicité pour les voyages, la viande, les sacs en cuir ?

Artemis purple : Ben oui Brutus, la masse n’ayant pas l’esprit critique nécessaire, interdire la publicité pour les produits et services les plus néfastes est la base. Comme pour le tabac et l’alcool. Feuilletez donc un magasine des années 70/80, vous verrez que les choses peuvent changer.

Sormiou : Étonnante présentation négative du Monde qui déplore “un recul par rapport aux propositions de la commission” (dont on sait au passage qu’elles n’étaient ni chiffrées ni financées), alors que l’important est ces décisions vont dans le bon sens et auront un impact positif sur l’environnement. C’est donc une “avancée” et non pas un quelconque “recul”. Un peu moins de négativisme à la française ne serait pas superflu ?

Gustave Antoine : Mais non, Sormiou, c’est bien un recul, y compris par rapport à des sujets déjà « arbitrés » depuis des années mais jamais mis en œuvre : par exemple, – la rénovation thermique globale des logements, cela fait 25 ans que c’est sur la table et arbitré ; ou encore « les considérations environnementales « dans le code de la commande publique : cela fait 20 ans qu’il y a déjà des éléments, autrement plus contraignants sur le sujet que de simple « considérations » , dans le code de la commande publique ; ou encore « limiter l’artificialisation des sols » : cela fait 20 ans que l’on a décidé non pas de limiter mais de supprimer toute « artificialisation nette » des sols, c’est-à-dire qu’en cas de nouvelle artificialisation, on compense par une retour à la nature de sols déjà artificialisés, etc, etc…

Noleb : Je constate par ailleurs que tout est reporté au moins à 2023. Comme c’est une coïncidence étrange que les élections présidentielles aient lieu en 2022 !

le sceptique : A la taxe carbone universelle, on a préféré le mal français : un tas de normes sur des détails qui vont impliquer une bureaucratie de contrôle, des procédures, des contentieux, des protestations sur les effets imprévus, etc. Macron et son équipe n’ont pas diagnostiqué le mal français, ils l’aggravent dans la verticalité jacobine, le dirigisme centralisé et les gadgets de communication.

Untel : Comme d’habitude, les écolos chouinent parce que ce n’est pas assez, et ils pleureront ensuite parce que les promesses n’ont pas été tenues. Se souvenir de la COP21. Elle ne les satisfaisait pas du tout. Ils ont été exaucés : elle n’a pas été appliquée.

Michel SOURROUILLE : Untel, ce n’est pas des écologistes dont il faut parler, ce sont les générations futures qui maudiront les négationnistes persifleurs sur une planète transformée en fournaise. Que ce soit les conférences sur le climat ou toutes les tentatives illusoires d’écoblanchiment, ce n’est jamais assez par rapport aux mesures à prendre dans une situation dont tous les études scientifiques montrent que nous allons au désastre.

Héraclès : Que ceux qui se plaignent du manque d’ambition du gouvernement se rassurent, la réalité et la nécessité de plus d’écologie rattrapera tous les gouvernements de la planète , c’est exactement comme la Covid-19, ça force tout le monde à faire des efforts. Quant aux pro-nucléaire qui envahissent dès qu’ils le peuvent le moindre forum, si l’avenir s’appelait Tchernobyl, Fukushima ou Three Miles Island, ça se saurait ! La sobriété énergétique est un bon début.

docteur Maboul : Héraclès, vous n’êtes pas sympa avec le commun des mortels. Déjà que c’est difficile pour eux de pédaler jusqu’à la boulangerie la plus proche. Alors imaginez quand ils auront besoin de mouvoir leurs petites jambes pour allumer une ampoule.

Adrienne : Cette Convention citoyenne s’est discréditée en évitant de parler du risque majeur que constitue la natalité. En versant une allocation familiale dès le premier enfant sans l’augmenter pour un second et en la supprimant totalement en cas de 3ème, on réduirait non seulement la natalité, les inégalités femme-homme et la pauvreté en France mais aussi l’attractivité du pays pour les militants des politiques natalistes de conquête.

TO : La mesure la plus utile serait d’inciter les gens à faire moins d’enfants, que ce soit en France ou à l’étranger.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Aux commentateurs de ce blog biosphere

Triste époque où toute argumentation s’expose à la vindicte et parfois même à l’insulte. Le contexte actuel semble obliger quiconque à choisir un camp. Sans zone grise. Noir ou blanc seulement. Je suis pour le principe de précaution. Non, je suis pour le principe d’innovation. On ne peut être de gauche si on adhère à certaines valeurs de droite… et réciproquement. On n’a pas le droit de penser autrement que Caroline De Haas et Alice Coffin sans être traité de phallocrate. On n’a pas le droit de penser qu’on a un problème d’immigration en France sans être taxé de raciste. On n’a pas le droit de penser qu‘un enfant ne peut pas se faire par un couple du même sexe sans être traité d’homophobe. Il faut désormais choisir son camp. Ah, tu ne sais pas s’il y aura un vaccin efficace ? Tu es pour que tes gosses meurent de la rougeole ! Tu crois en l’émergence d’un vaccin efficace ? Pauvre naïf, c’est Bill Gates qui tire les ficelles ! Tu crois qu’il y a un problème de surpopulation ? Ridicule, l’agrobiologie va sauver le monde… et si tu n’es pas content, tu n’as qu’à te suicider.

C’est si facile aujourd’hui de s’enfermer dans sa propre opinion, d’un simple clic on quitte la page web, on perd la capacité de la synthèse dans un monde complexe, l’ouverture d’esprit n’est plus de ce monde. Et la caricature de la fermeture d’esprit se retrouve même à la tête de nombreux Etats !

Ce texte est un préliminaire à toute dépose d’un commentaire sur ce blog biosphere. Méditez ce que  vous lisez, réfléchissez avant de  poster votre analyse, ouvrez votre esprit et celui des autres lecteurs. A vous de rester dans la thématique de l’article de départ, de compléter les points de vue, de ne pas faire de hors sujet et de respecter tous les autres intervenants sur ce blog. Nous croyons encore à la possibilité de cristalliser un moment d’intelligence collective.