Se soigner aux antibiotiques, mourir plus vite

« Demain, des infections banales et des blessures légères, soignées depuis des décennies, pourraient redevenir mortelles. La résistance aux antibiotiques est devenue une réalité cruciale que révèle le premier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la question. A force de se soigner aux antibiotiques, on reste malade ou mourant. L’évolution du vivant est en effet un mécanisme plus performant que les progrès de l’industrie chimique. »* C’est ce que nous écrivions en 2014. Dans un rapport d’avril 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que les résistances microbiennes causaient 700 000 morts par an dans le monde, et prévoyait 10 millions de morts par an en 2050. En Inde, c’est déjà le désastre.

Il était entré à l’hôpital pour un problème respiratoire. Il est mort quarante jours plus tard d’une infection à bactéries hautement résistantes. Les bactéries sont capables d’échanger leurs gènes de résistance entre elles par simple contact, même entre espèces différentes. Elles peuvent se propager à d’autres patients, notamment par les mains ou les instruments médicaux, véritables « aimants » à bactéries. D’où cette fulgurante propagation des résistances. Sachant qu’il y a plus de 75 000 hôpitaux en Inde, le fardeau de l’antibiorésistance apparaît subitement incommensurable. Il se chiffre en centaines de milliers de morts. Les infections résistantes sont devenues la première cause de décès chez les personnes atteintes de cancers du sang en Inde. Autrement dit, ces infections se révèlent désormais plus mortelles pour ces patients que le cancer lui-même ! Dans une étude menée dans un grand hôpital public de Delhi, 73 % de ces patients étaient porteurs de bactéries résistantes à toute une famille d’antibiotiques de dernière génération, les carbapénèmes, utilisés en derniers recours en France contre les « bactéries hautement résistantes émergentes ». En Inde, difficile de connaître l’impact de la résistance aux antibiotiques. Et pour cause : aucun système de surveillance national n’existe, et les trois quarts des hôpitaux ne tiennent aucune comptabilité de ces infections.  Mais ce n’est pas tout. Ces superbactéries ne se contentent pas d’attaquer à l’intérieur des hôpitaux : on les trouve désormais dans les sols, les rivières, les animaux, le lait, la nourriture… Partout où l’on trouve des antibiotiques, des résistances émergent. Or, les antibiotiques sont omniprésents dans l’environnement indien : ils proviennent des élevages, des rejets hospitaliers, des eaux usées urbaines ou encore des effluents des industries pharmaceutiques qui les produisent, sachant que l’Inde est le plus gros producteur mondial d’antibiotiques avec la Chine. Il n’y a plus besoin d’avoir pris des antibiotiques ou d’être allé à l’hôpital pour être porteur de ces bactéries multirésistantes. On touche là un autre problème, le surcoût astronomique de ces infections. Si les patients qui contractent ces infections à l’hôpital refusaient de payer les surcoûts inhérents, l’ensemble du système de soins indien s’effondrerait.**

Mourir par épidémie médicamenteuse, saine régulation démographique dans un pays surpeuplé comme l’Inde ? Puisque les hommes sont incapables d’auto-limiter leur population, la nature va s’en charger. Donc rien de grave, les super-bactéries font le ménage entre les personnes qui résistent par leur propre force et les autres. C’est ce que pensent certains, miser sur la sélection naturelle. Vaste débat. Comme l’écrivait Rachel Carson en 1962 à propos des insecticides, « L’histoire de la vie sur Terre est l’histoire d’une interaction entre les êtres vivants et ce qui les entoure. C’est seulement dans la séquence temporelle du XXe siècle qu’une espèce – l’homme – a acquis la puissance considérable d’altérer la nature du monde. Depuis que le DDT a été homologué les insectes, dans une splendide confirmation de la théorie darwinienne de la « survie du plus adapté », ont évolué vers des super-races immunisées. Nous avons à résoudre un problème de coexistence avec les autres créatures peuplant notre planète. Nous avons affaire à la vie, à des populations de créatures animées, qui possèdent leur individualité, leurs réactions, leur expansion et leur déclin. Le tir de barrage chimique s’abat sur la trame de la vie, sur ce tissu d’une élasticité et d’une résistance si admirables, capables même de renvoyer la balle de la manière la plus inattendue. Vouloir « contrôler la nature » est une arrogante prétention, née des insuffisances d’une biologie et d’une philosophie qui en sont encore à l’âge de Neandertal… »

* 6 mai 2014, Se soigner aux antibiotiques, mourir de ce mésusage

** LE MONDE du 28 janvier 2020, En Inde, la résistance aux antibiotiques devient un problème sanitaire très sérieux

*** https://www.lemonde.fr/medecine/article/2016/06/06/la-guerre-contre-les-superbacteries-est-declaree_4939189_1650718.html

La fin des inégalités, c’est pour demain !

Notre société est toujours une royauté, avec ses privilégiés qui n’ont pas un carrosse mais un avion personnel, par de palais mais des demeures luxueuses disséminées dans le monde entier, pas de jets d’eau dans le jardin mais des palaces flottants dans les paradis fiscaux. Rares sont les transfuges de cette super-classe. Abigail Disney, une des héritières de l’empire Disney, a adhéré en 211 au club des Patriotic Millionaires, les millionnaires patriotiques, super-riches culpabilisant de l’être un peu trop. En octobre 2019, Abigail a reçu la distinction de « traître de classe », décernée par l’Union pour une économie juste, une association fondée par Chuck Collins, 60 arrière-petit-fils du magnat du hot-dog, Oscar Mayer. Un social-traître lui aussi : à 26 ans, il distribuait la totalité de son héritage à des organismes de justice sociale et environnementale.*

La différence de revenus entre personnes est non seulement injustifié d’un point de vue économique, mais insupportable d’un point de vue écologique. Un jour où Abigail voyageait, seule dans le Boeing 737 familial, installée dans son grand lit, elle a réalisé que l’avion était un peu disproportionné. « L’empreinte carbone, le carburant. Je me suis dit que c’était totalement erroné. » En mars 2018, on l’informa qu’à Disneylan. le personnel n’arrivait plus à joindre les deux bouts. « C’était censé être l’endroit du plus parfait bonheur sur terre, et les employés étaient si mal payés qu’ils étaient obligés de dormir dans leur voiture ou de se nourrir dans les banques alimentaires », a-t-elle relaté. Parallèlement, Disney avait enregistré un profit de 13 milliards de dollars et son PDG, Bob Iger, avait été gratifié d’une rémunération de 65 millions de dollars. Soit plus de mille fois le salaire médian des salariés. Comment passer de ce cas particulier à une proposition globale ? Avec les Patriotic Millionaires, Abigail Disney fait maintenant campagne pour imposer une surtaxe de 1 % aux compagnies qui rémunèrent les patrons de 50 à 100 fois plus que les salariés – et de 4 % si le ratio est de plus de 300. La législation ne s’appliquerait qu’aux entreprises qui réalisent plus de 10 millions de dollars de revenus imposables. On peut aller beaucoup plus loin. Nos principes de base sur l’égalisation des conditions reposent sur deux points :

– La propriété, c’est le vol. L’homme ne travaille pas socialement pour lui-même mais pour le bien commun. Il n’a aucun droit absolu sur « son » entreprise », « son » capital, « sa » maison, « son » salaire, etc. C’est un locataire perpétuel temporairement embarqué dans des structures collectives qu’on appelle entreprise, capital financier ou technique, maison pavillonnaire ou HLM, participation à la valeur ajoutée de l’entreprise (pour le paiement des salaires ou le bénéfice)….

– A travail égal, salaire égal. Il n’y a pas d’inégalité de valeur entre le travail d’un éboueur et celui d’un PDG. Ils sont aussi utiles à la société l’un que l’autre, ils dépendent autant l’un de l’autre, ils ont les mêmes besoins matériels. Alors pourquoi alors à travail égal un revenu différencié ? L’unité monétaire devrait être définie par l’heure de travail, seul le nombre d’heures travaillées ferait la différence de revenu entre dirigeant et dirigés. Pratiquons la simplicité volontaire, exigeons des cadres et des patrons de faire de même.

Rappelons l’essentiel de notre article « Salaire élevé d’un patron, n’acceptons pas l’injustifiable » : L’inégalité des revenus permet à certains d’avoir une empreinte écologique démesurée alors que d’autres personnes vivent en dessous du minimum vital. Qu’est-ce qui justifie cet état de fait ? Aucun dirigeant d’entreprise n’a à lui seul le pouvoir de faire de l’argent. En fait il bénéficie du groupe de travail que constitue l’ensemble des travailleurs de l’entreprise. Sans personne à sa disposition, un patron n’est qu’une personne indépendante qui ne peut compter pour gagner de l’argent que sur ses propres forces; les artisans et commerçants travaillent beaucoup et ne gagnent pas grand chose. L’autre aspect est le chiffre d’affaires de l’entreprise, c’est-à-dire l’apport d’argent par les consommateurs. Plutôt que de rémunérer le seul patrons sur les bénéfices, on peut aussi bien distribuer l’argent à l’ensemble du personnel ou, mieux, redonner le surplus d’argent aux consommateurs en diminuant les prix de vente. D’ailleurs les montants versés aux dirigeants ne dépendent pas de leur « performance » individuelle mais de la taille de l’entreprise. Plus l’entreprise est grande, plus sa valeur ajoutée permet les fortes rémunérations d’une seule personne… avec la bienveillance d’un conseil d’administration inféodé à ce patron. Admettons qu’un patron travaille 15 heures par jour sept jours sur sept en pensant certaines nuits à son entreprise. Même dans ce cas il ne devrait être payé que trois fois la somme donné au travailleur de base de son entreprise, il ne turbine pas du chapeau plus de 100 heures par semaine ! En savoir plus grâce à notre réseau biosphere :

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/04/06/supprimons-les-inegalites-de-salaires/
http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/04/07/supprimons-les-inegalites-de-salaires-suite/
Comment les riches détruisent la planète d’Hervé Kempf (Seuil, 2007)

* LE MONDE du 23 janvier 2020, Abigail Disney, héritière et « millionnaire patriotique »

Kobe Bryant est mort, ça n’a aucun intérêt

NBA et autres spectacles où on joue à la baballe sont les symboles d’une société du spectacle, une source de divertissement, dans le sens de divertir, faire diversion, « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». LE MONDE* consacre pourtant tout un article à un ancien champion américain de basket ; Kobe Bryant est mort dans un accident du ciel. Son hélicoptère, qu’il avait tant de fois emprunté pour faire la navette entre son domicile et l’antre des Los Angeles Lakers, s’est écrasé dans les collines. Voici quelques extraits significatif de l’article : « Le « Black Mamba » n’est plus et la sidération est immense… Il peut agacer son entraîneur en ne respectant pas les consignes pour prendre un tir risqué… Désormais maître incontesté du navire Lakers, l’acharné compétiteur grogne, insulte ses coachs, affuble ses partenaires de sobriquets désobligeants, voire refuse de leur passer la balle… Accusé de viol par l’employée d’un hôtel du Colorado en 2003, Kobe Bryant voit ses sponsors le lâcher, et son image s’assombrir… « Un sacré connard », synthétisera le Canadien Steve Nash, son coéquipier pendant trois saisons. » Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Thucydide : J’ai découvert l’existence de cet individu le jour de sa mort. En ferait-on autant pour la mort d’un grand scientifique ? La société a les héros qu’elle mérite.

HUBERT MENSCH : Quelle « Une » du MONDE fascinante, suspendue quelque part entre Voici et Gala. Goici ou Voila ?…

Laurent Outang : Malgré tout le respect que j ai pour cette personne (et toutes celles qui meurent un jour d’ailleurs ). Voir la mort d un sportif faire la une du Monde me laisse pantois !

mille sabords : Rest in peace, certes. Mais ni vous ni moi ne risquons l’accident d’hélicoptère pour rentrer chez nous. Le vélo a un avantage, c’est qu’il pollue moins que l’hélico., et un inconvénient : si vous êtes tué en vélo sur la route de la maison, cela ne fera pas une ligne dans Le Monde. Morale très à la Trump : « polluez comme des fous, même pas grave si vous faites parler de vous… »

René B. : pour sauver la planète je ne prends plus mon hélicoptère pour aller au supermarché.

Le Basque  : Pas une once de compassion dans ces commentaires pour cet homme exceptionnel qui a fait rêver des millions de jeunes à travers le monde et qui disparaît à 41 ans avec sa fille. Je vous plains…

pour en savoir plus, Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

* LE MONDE du 28 janvier 2020, Avec la mort de Kobe Bryant, le basket perd l’un des plus grands joueurs de son histoire

Tout savoir sur le coronavirus 2019-nCoV

Depuis un mois, le coronavirus apparu à Wuhan en Chine a contaminé près de 1 300 personnes, 237 sont dans un état critique. Parce qu’il est transmissible par simple contact entre humains, il inquiète les autorités du monde entier. Les coronavirus forment un groupe de virus dont les premiers représentants ont été identifiés au milieu des années 1960. Leur nom provient des prolongements en forme de couronne situés à leur surface. Ils provoquent des infections respiratoires. Selon le type de virus, ces infections sont d’une gravité très variable puisqu’elles vont du simple rhume à des syndromes provoquant une détresse respiratoire et la mort. Quelques réactions sur lemonde.fr qui montrent la complexité d’une pandémie :

Agnès Buzyn, ministre de la santé : « Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible » ; « Nous aurons probablement d’autres cas. »

Pierre Robes : « Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (…) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti », a affirmé samedi le président Xi Jinping : on dirait Staline dans le texte !

soyez le premier à réagir @robes : heureusement qu’ils ont un régime centralisé « fort ». On imagine la même chose en Europe, c’est la débandade.

daniel georges : En France 8000 morts l’année dernière. Le coronovirus, non la grippe !

Loriot : Rappelons une chose, toute simple, hélas. Les pneumonies « ordinaires » tuent toutes les 40 secondes un enfant, essentiellement dans les pays pauvres, donc près d’un million de morts CHAQUE ANNEE (chiffres officiels de l’OMS pour la dernière année connue : 2015).

CDU : La grippe espagnole a été fatal pour 2,5 à 5% de la population mondiale de l’époque.

dilivier7 : Nulle part je n’ai lu s’il y avait un traitement contre cette maladie. Quelqu’un a t’il une réponse à cette question ?

Catherine R. : Comme la grippe. Antipyrétique, sérum phy pour laver le nez. Et attendre que ça passe.

Woudi Kherenc  : Pour des personnes en bonen santé, seul le système immunitaire est capable d’éliminer totalement un virus. Les traitements éventuels ne servent qu’à ralentir l’infection ou à soulager les symptômes. La meilleure arme serait un vaccin, mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain…

Robert Corel : Les masques chirurgicaux ne servent qu’à éviter de contaminer quelqu’un, mais en aucun cas ils vous protègent. S’il faut porter un masque alors vérifiez qu’il ait la norme ffp2 et même mieux ffp3. Et désinfectons-nous les mains, un masque ne nous servira à rien si nous portons nos mains souillées à la bouche ou nous grattons le nez.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9 (21 janvier 2020)

* LE MONDE du 26-27 janvier 2020, Coronavirus : la situation est « grave » et l’épidémie « s’accélère », affirme Xi Jinping

Horloge de l’apocalypse, on va tous sauter

L’horloge de l’apocalypse annonce minuit moins cent secondes. En 1991, à la fin de la guerre froide, grâce à la détente elle avait pourtant reculé jusqu’à dix-sept minutes avant minuit. Sur le front nucléaire, les concepteurs ont constaté le démantèlement du socle de contrôle international des armements avec le retrait en 2019 des Etats-Unis et de la Russie du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Les Etats-Unis de Donald Trump menacent aussi de ne pas renouveler le traité New Start de réduction des armes stratégiques nucléaires, conclu en 2010. Sans compter la nouvelle militarisation de l’espace. Concernant le climat, les experts ont pointé la déception après les grands sommets consacrés au climat, qui n’ont pas suscité les engagements nécessaires pour infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Les « horlogers » s’inquiètent aussi du délitement sociétal tels que les campagnes de désinformation et les deepfakes (vidéos trafiquées).* Et encore, ces experts ne disent rien de la descente énergétique qui s’amorce ni le l’effondrement de la biodiversité qui s’accélère !

La « Doomsday Clock » du Bulletin des scientifiques atomiques a été imaginée en 1947 pour symboliser l’imminence d’un cataclysme planétaire. Un groupe d’experts, dont treize lauréats du prix Nobel, fixe chaque année la nouvelle heure. A chaque mouvement de l’horloge correspond une période de tension ou d’espoir dans les relations diplomatiques. Le 26 janvier 2017, les scientifiques mettaient par exemple en garde l’opinion après les propos du nouveau président américain, Donald Trump. : « les “faits alternatifs” ne feront pas magiquement disparaître les défis dus aux changements climatiques ».**

Bon, on peut penser ce qu’on veut de ce système d’horloge à l’américaine, mais au moins il a l’objectif de chatouiller un peu les consciences, ce qui vaut mieux que ceux qui lisent, boivent un coup, rotent et tournent la page. Il y a beaucoup de gens, décideurs aveugles ou consommateurs effrénés, qui sont responsable de la situation de plus en plus inquiétante où nous sommes arrivés. Les premières classes du Titanic ont continué de danser jusqu’à ce que la dangereuse gîte du bateau réputé « insubmersible » devienne incontestable… Il n’y a pas que l’horloge de l’apocalypse qui nous aura averti. Ainsi le rapport sur les limites de la croissance en 1972, l’empreinte écologique qui montre dès 1996 qu’on explose la planète, le syndrome du Titanic de Nicolas Hulot en 2004, les avertissements de 10 000 scientifique ici ou 15 000 scientifiques là, etc. Les contraintes écologiques, climatiques et démographiques, par leurs conséquences déjà observables (désertification, stress hydrique, famine, guerres civiles, dirigeants corrompus ou inconséquents…) ont déjà fait basculer l’aiguille au-delà de minuit dans bien des pays. Douter, se moquer, parler d’élucubrations ou de grand guignol apocalyptique ne grandit pas les commentateurs qui profèrent sur lemonde.fr ces phrases toutes faites.

* LE MONDE du 22 janvier 2020, L’horloge de l’apocalypse avancée de vingt secondes, plus près de minuit que jamais

** LE MONDE du 28 janvier 2017, Qu’est-ce donc que cette « Horloge de l’apocalypse » qui a changé avec Trump ?

Dry January, janvier sans alcool, dur dur

L’opération « Janvier sec » ou « Dry January», qui consiste à suspendre sa consommation d’alcool pendant un mois, devait être soutenue par l’agence nationale Santé publique France, mais voilà que le vigneron triomphe : elle se fera sans l’État*. Macron ne veut pas de diète alcoolique, il est bien entouré. Désignée conseillère agriculture du président en mai 2017, Audrey Bourolleau a accompagné Emmanuel Macron tout au long de sa campagne. Mais elle était aussi déléguée générale de Vin & Société depuis 2012. Créditée pour avoir mené, en 2015, la dernière offensive victorieuse de détricotage de la loi Evin – les contenus consacrés au « patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique » ne sont plus considérés comme de la publicité mais comme de l’information ! La ministre de la santé, Agnès Buzyn, fait profil bas.

Paradoxe bien connu dans nos société marchandes, la contradiction ne fait pas peur. LE MONDE « science&médecine » du 22 janvier montre comment le lobby de l’alcool sape la prévention. Et le supplément « LE MONDE des vins » du 21 janvier était uniquement consacré à vanter les soirées alcoolisées, mais en bio s’il vous plaît : les promesses du bio, 75 flacon bons et bio à moins de 25 euros, et même l’appui de Mario Vargas Llosa « come une lange, le vin relie les hommes » ! Il est vrai que le Prix Nobel de littérature est aussi lauréat du prix littéraire Château La Tour Carnet 2019 : « Je ne consomme pas d’alcool fort. Mais je déguste seulement du rouge le soir, pas au déjeuner, sinon je suis paralysé et je ne peux pas travailler. Un jour, un médecin m’a recommandé d’arrêter l’alcool pendant un mois. Je lui ai avoué que je ne buvais que du vin. Cela l’a rassuré, et il m’a dit que ce n’était pas de l’alcool ! Je lui ai alors demandé ce qu’était le vin. Il m’a répondu : « C’est la civilisation. » Quelle civilisation ? C’est la marque de l’intoxiqué d’aimer la source de son addiction, surtout quand il est payé pour en faire la propagande, le prix était doté de 20 000 euros. .

C’est la marque de notre société marchande d’imposer ses produits mêmes toxiques aux consommateurs par différents moyens, politiques, publicitaires et agents de liaisons. Qu’elle dure un mois ou toujours, les alcooliers ne veulent pas de l’abstinence. Au cauchemar de la sobriété, ils préfèrent la « modération » toute l’année. Le détournement des repères par le lobbying viticole est d’autant plus lourd de conséquences que, depuis la fin des années 2000, les études scientifiques qui s’accumulent finissent de balayer le mythe des effets bénéfiques de l’alcool consommé avec « modération ». Face aux avancées de la science, tous les moyens sont bons pour ignorer les faits. Un éditorial de La Revue du vin de France vilipende les « associations hygiénistes qui font régner la peur en associant le vin à la mort et au cancer », n’hésite pas à parler de « camarilla prohibitionniste », de « censeurs », de « ligues de vertu », du « carcan mortifère de la loi Evin », qui encadre le tabac et l’alcool. « Il faut réagir, s’enflamme le directeur de la rédaction, cesser de financer ces associations parasites qui préconisent la ruine de notre secteur viticole, le reniement de notre culture. » Comment résister au déferlement de la haine quand on touche aux intérêt financiers ? Face au pouvoir de l’argent, la résistance n’est que symbolique, janvier sec, semaine sans écrans, lundi végétarien, etc. Mais ce n’est pas parce qu’on est minoritaire qu’on n’a pas raison. Le détournement des repères par le secteur est d’autant plus lourd de conséquences que, depuis la fin des années 2000, les études scientifiques qui s’accumulent finissent de balayer le mythe des effets bénéfiques de l’alcool consommé avec « modération ». L’alcool est la deuxième cause de mortalité prématurée évitable après le tabac. Vin, bière ou rhum : tous les alcools ont les mêmes effets. Pour en lire plus sur notre blog biosphere :

27 janvier 2019, Même le vin bio, c’est pas bien, c’est pas beau

13 février 2012, dur pour un écolo de refuser de trinquer ?

* LE MONDE du 22 janvier 2020, Comment le lobby de l’alcool sape toute prévention prônant l’abstinence

** LE MONDE du 21 janvier 2020, Mario Vargas Llosa : « Comme une langue, le vin relie les hommes »

Code minier et carte carbone, aux oubliettes

LE MONDE* : L’arrêt du projet minier de la Montagne d’or, en Guyane, est-il définitif ou un nouveau projet peut-il voir le jour ?

Elisabeth Borne : Ma conviction, c’est qu’un projet minier de cette ampleur-là ne sera jamais compatible avec le maintien de la biodiversité et de la forêt guyanaise. C’est pour cela qu’une réforme du code minier est en cours pour éviter que des porteurs de projets ne s’embarquent dans des chantiers incompatibles avec des enjeux environnementaux.

Biosphere : Le code minier français date du 21 avril 1810. Les différentes réformes dont il a fait l’objet n’ont guère pris en compte la question de leur impact environnemental. En juillet 2013, FNE (France Nature environnement) demande au gouvernement de s’appuyer sur les travaux réalisés sous la présidence de Thierry Tuot, conseiller d’Etat en charge de la réforme du code minier. Un avant projet de loi de qualité, débattu de manière transparente et contradictoire par l’ensemble des acteurs est actuellement à la disposition du gouvernement. Dans ces conditions, FNE ne pourrait pas comprendre qu’un projet de loi ne soit pas adopté en Conseil des ministres dans les plus brefs délais… Sous le gouvernement Hollande, les députés adoptent le 25 janvier 2017 une proposition de loi visant à adapter le code minier au droit de l’environnement. Cette réforme, attendue et annoncée depuis plus de cinq ans, laisse un goût amer. En effet, si certaines améliorations ont pu être adoptées malgré l’opposition du gouvernement, cette réforme arrive bien tard et risque de ne pas aboutir, la session parlementaire se terminant dans un mois. Nosu sommes en 2020, et Elisabeth Borne parel d’ne réforme du code miner en cours. La démocratie dite représentative se fout de la gueule du monde.

LE MONDE* : Qu’attendez-vous de la convention citoyenne pour le climat ?

Elisabeth Borne : Cette convention est un moment charnière pour la démocratie. Cela montre que l’on peut préparer des mesures fortes et qui soient acceptables, en associant les citoyens. La hausse de la taxe carbone a été abandonnée. Si on veut malgré tout rehausser notre ambition, nous avons besoin de partager avec les citoyens quels sont les leviers qui leur semblent les plus appropriés.

Biosphere : En renchérissant le prix de l’énergie fossile par la taxe carbone, on privilégie la responsabilisation de chaque producteur et de chaque consommateur afin qu’il programme ses activités en évitant les surcoûts énergétiques. Des habitudes considérées comme « normales » (circuler en voiture à sa guise, brancher la climatisation, manger des tomates toute l’année…) feraient place au civisme écologique. En 2006,  Jean-Marc Jancovici dans « Le plein s’il vous plaît » envisageait ainsi la taxe carbone : « Le changement de mode de vie porte déjà un nom : un prix de l’énergie toujours croissant. C’est si simple, il suffit juste de le vouloir ! Votez pour le premier candidat qui proposera d’augmenter progressivement et indéfiniment la fiscalité sur les énergies fossiles ! » En 2006 Nicolas Hulot reprend l’idée dans le pacte écologique : « taxe carbone, passage obligé vers une société sobre ». Mais il y a une fuite éperdue des politiques devant cette taxe. Sarkozy en avait un peu parlé en 2008, pour abandonner l’idée. Septembre 2009, le premier ministre Fillon fixe le prix du carbone à un prix ridicule, 14 euros la tonne. Rappelons que la TIPP sur l’essence, à 0,61 €/litre, représente 265 € par tonne de CO2 émise. L’éditorial du MONDE (15 novembre 2013) conseille la mise en place immédiate et en augmentation constante d’une taxe sur le carbone absolument nécessaire pour enrayer le réchauffement climatique : « Ne pas le faire conduira, à l’évidence, à des situations plus ingérables encore. » En 2014 Ségolène Royal, soi-disant ministre de l’écologie, supprime l’écotaxe pour les poids lourds. La taxe carbone a été introduite la même année sous forme d’une composante incorporée dans les accises énergétiques (taxes sur les volumes d’énergie consommés), au prorata de leurs contenus respectifs en CO2. Entre 2014 et 2017, le taux de cette taxe a augmenté, mais son impact sur les énergies fossiles a été moindre que celui de la baisse de leurs prix hors taxe résultant de l’affaiblissement des cours mondiaux du pétrole. Pour les ménages, le renchérissement de la taxe a donc été indolore. En 2017, le cours du brent était voisin de 40 dollars le baril. Lors de la discussion du projet de loi de finances pour le budget 2019, il cotait à plus de 80 dollars*. La hausse du carburant devient cette fois visible, les consommateurs poussent des hauts cris. Décembre 2018, les Gilets jaunes enterrent la taxe carbone. Honte à lui, Matignon annonce un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants. Aujourd’hui en 2020 Élisabeth Borne annonce que la taxe carbone serait définitivement abandonnée ; le gouvernement Macron ne fera rien de sérieux pour lutter contre le réchauffement climatique. Les générations futures vont en prendre plein la gueule.

* LE MONDE du 21 janvier 2020, Elisabeth Borne : « Nous voulons corriger les insuffisances du passé »

Guerre au Mali, guerre colonialiste

Donnez-nous un seul exemple qui montre que la guerre sert à quelque chose. Pour le moment nous n’en connaissons pas… depuis que les humains se font la guerre ! Même pour des forces d’interposition, le résultat n’est pas garantie, exemple au Mali. Voici nos articles antérieurs sur ce blog biosphere, puis des analyses de spécialistes qui vont aujourd’hui dans le même sens que notre approche.

15 janvier 2013, intervention au Mali, une erreur de plus des socialistes

20 janvier 2013, guerre au Mali, encore des morts… pour rien

28 novembre 2019, Des morts pour rien au Mali

Une Guerre perdue : dans son dernier ouvrage Marc-Antoine Pérouse de Montclos décrypte les raisons de l’échec de l’opération « Barkhane ». Le djihadisme au Mali est avant tout le symptôme d’un Etat défaillant, miné par la corruption et incapable d’exercer sa souveraineté. La Franceest prise au piège. En intervenant militairement, elle garantit la pérennité des gouvernements en place. Ce faisant, elle ôte toute incitation à se réformer à des régimes corrompus et parfois très autoritaires. Plus grave encore, elle travaille de concert avec des armées locales coupables d’exactions et de massacres de civils perpétrés en toute impunité au nom de la lutte contre le terrorisme. « Comment alors s’étonner que les Sahéliens la perçoivent comme une puissance néocoloniale responsable de tous leurs malheurs ? », s’interroge-t-il sans détour.*

La guerre au Sahel ne peut être gagnée : Pour une armée étrangère, conduire des opérations de contre-guérilla à la poursuite d’un ennemi qui se cache au sein de la population est très difficile. Les échecs au Vietnam et en Afghanistan sont là pour le rappeler. Sur le terrain, le conflit est de plus en plus perçu comme un affrontement ethnique entre agriculteurs bambara, dogon ou mossi avec des éleveurs peuls hâtivement assimilés aux djihadistes. La guerre au Sahel ne peut être gagnée par une force occidentale. La France a aussi perdu la bataille de l’opinion locale. Les foules qui avaient acclamé « Serval » caillassent désormais les véhicules de l’armée française. Au Mali, la formation des militaires locaux a été confiés à l’Union européenne. Mais lorsque le problème est le népotisme et la corruption, on peut former des soldats pendant des années sans parvenir à reconstruire une armée.**

– Le point de vue des écologistes : On sait pertinemment que toute guerre est en soi destructrice nette de ressources. Quelles guerres l’écologie peut-elle donc accepter ? Y a-t-il des guerres justes ? Laissons à l’Église sa doctrine de la guerre juste ; massacrer pour la « bonne cause » est devenue une maladie récurrente de l’histoire humaine. De façon plus précise, la menace multipolaire du terrorisme est-elle soluble dans un engagement militaire  classique ? La réponse est NON. Faut-il éliminer toutes les armées nationales ? La Réponse est OUI. Que faire des militaires ? Les mettre au service de l’ONU, mettre des casques bleus sur la tête des soldats !

* LE MONDE du 23 janvier 2020, Autopsie d’un enlisement de la France au Sahel

** LE MONDE du 14 janvier 2020, « La guerre au Sahel ne peut être gagnée par une force occidentale »

Claire Nouvian, militantisme et désespoir

Claire Nouvian aujourd’hui: « J’ai toujours été un prophète de malheur : celle qui annonce la catastrophe afin que l’on puisse réagir et l’éviter. Mais aujourd’hui je regarde les faits, le dérèglement du climat, la disparition des espèces, le recul de la démocratie, la concentration inouïe des richesses dans les mains de quelques-uns, l’état de surveillance numérique, le divertissement qui a gagné contre la culture de la connaissance. Garder espoir relèverait de la profession de foi. Je ne suis pas croyante. Moi qui, plus jeune, pensais que les militants de Greenpeace étaient des extrémistes, j’ai compris que les vrais extrémistes étaient les capitalistes qui détruisaient la planète.Pour l’instant, nous avons perdu le combat pour la planète, la justice sociale et les libertés fondamentales. L’humanité déraille et je ne veux plus mentir en donnant l’illusion que « ça ira ».*

Claire Nouvian hier, dégoûtée par les politicards : Présidente de l’association Bloom, Claire Nouvian a été l’une des fondatrices de Place Publique avec Raphaël Glucksmann. Leur mouvement a fait alliance aux européennes avec le PS. Elle raconte l’arrière-cuisine des partis, dont elle se dit « dégoûtée ». Extraits : Une poignée d’intrigants ont transformé Place publique en organe classique où règnent les luttes intestines et où les courtisans réussissent plus que les combattants. Loin d’être rappelés à l’ordre, ceux qui se sont le plus mal comportés ont au contraire pris du galon dans le premier cercle. Les arrivistes auront toujours, par définition, une longueur d’avance sur les autres puisqu’ils passent leurs journées à calculer leurs coups, puisqu’il n’y a rien d’autre dans leur horizon que leur carrière et la constitution d’une rente politique. Nous savons tous, en théorie, que la politique fonctionne ainsi, selon un système féodal d’allégeances, mais en faire l’expérience pratique change tout. J’ai été dégoûtée par cette forme de prostitution de la démocratie qui a comme conséquence que les plus vils obtiennent les meilleurs postes. La campagne européenne a appuyé sur nos faiblesses structurelles et fait tomber les derniers masques. J’ai servi de caution écolo une fois, pas deux. La radicalité en politique, ce n’est pas pour demain. Notre alliance devait fermer la porte à ceux qui étaient favorables à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, au Grand Contournement Ouest de Strasbourg, à Europacity etc. Mais ainsi va la politique : l’idée de ne pas passer la barre des 5 % a plongé l’appareil PS en crise de nerfs et ils se sont mis à trembler de peur dès que j’allais prendre la parole, puisque mon discours ne changeait pas d’un iota par rapport à la feuille de route idéologique et programmatique sur laquelle nous étions tombés d’accord. Je pense que tous les partis, peu importe leur couleur politique, sont des rouleaux compresseurs qui génèrent partout des schémas qui me semblent similaires : le règne de la défiance, le régime de la rumeur, du mensonge et des coups bas. Dans les espaces de lutte, les ONG, les médias, les tribunaux… nous sommes très efficaces. A l’échelle globale, j’ai entièrement perdu foi en notre capacité à relever les défis. Au moment où notre avenir est promis à l’apocalypse climatique et à l’extinction des espèces, le pouvoir politique est plus que jamais une modalité et non une fin en soi. La politique c’est un hachoir de la pensée qui interdit le recul, la lecture, le calme, qui instaure un régime de compétition et de défiance alors que nous ne nous en sortirons que par la coopération et la confiance.**

Claire Nouvian avant-hier. Un découragement passager se comprend, mais la grandeur de espérance humaine et de ses représentants est fait de la capacité à rebondir. Nous avons fait antérieurement l’éloge de Claire Nouvian sur notre blog biosphere, il n’y a rien à retrancher :

23 septembre 2018, N’oubliez pas les noms des héros de l’environnement

Nous ne connaissons pas suffisamment les héros de l’environnement. Depuis 1989, le Prix Goldman rend chaque année hommage aux défenseurs de l’écologie issus des six régions du monde. Cette récompense individuelle est considérée comme « le prix Nobel de l’Écologie ». Voici les Portraits de six héros de l’environnement primés le lundi 23 avril 2018. Pour l’Europe, Claire Nouvian (protectrice des fonds marins)

25 avril 2018, Bloom et Nicolas Hulot, même combat en mer

Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom vient de recevoir le prix Goldman, considéré comme la plus haute distinction internationale dans le domaine de l’environnement.* Bloom est une petite association de 8 salariés entièrement vouée « aux océans et à ceux qui en vivent », avec pour ambition d’établir « un pacte durable entre l’homme et la mer ». Si la madone des poissons se fait autant remarquer, c’est surtout parce qu’elle remporte les campagnes qu’elle mène. L’interdiction de la pêche profonde en dessous de 800 mètres décrétée par l’Union européenne en 2016 est très largement à mettre à son crédit. L’interdiction de la pêche électrique est en bonne voie. L’attitude à son égard est variée, il y a ceux qui la détestent : « Je suis hyperclivante. Les pêcheurs néerlandais m’appellent Hitler…  » Il y a ceux qui la comprennent…

* LE MONDE du 19-20 janvier 2019, Claire Nouvian, militante écologiste : « J’ai toujours été un prophète de malheur »

** Claire Nouvian : « J’ai servi de caution écolo une fois, pas deux »

SDHi et le principe de précaution bafoué

Nous avons reçu le 21 janvier le message suivant de la part de l’UIPP (appelée improprement Union des Industries de la Protection des Plantes) : « Suite à l’annonce d’une action en justice ciblant les produits à base de SDHI, l’UIPP déplore une action fondée sur une lecture résolument excessive du principe de précaution… Les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) ne sont délivrées que lorsque les instances politiques et les experts en charge de l’évaluation ont vérifié et fait l’analyse critique des informations transmises par les industriels… » L’UIPP avoue, il n’y a pas véritablement d’expertise neutre et objective puisqu’on reste tributaire des « informations » faites par les industriels eux-mêmes. C’est du lobbying intéressé, ni plus ni moins. L’UIPP ne veut que protéger les débouchés de ses 19 entreprises membres. Le vrai scandale, c’est que l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) soutienne par sa passivité une industrie chimique mortifère envers la biodiversité. Rappelons la dangerosité potentielle des SDHi, ce que l’UIPP se garde bien d’expliciter.

Les fongicides ou SDHi (pour « inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ») bloquent le fonctionnement d’une enzyme (la SDH) nécessaire à la respiration cellulaire des champignons. Ce mécanisme est présent non seulement chez les champignons, mais aussi chez la majorité des organismes – des vers de terre aux insectes en passant par les humains. Avec, comme risque, de voir se développer des maladies chroniques induites par le défaut de fonctionnement de la SDH : « encéphalopathies sévères », « tumeurs du système nerveux  », « prédispose en outre à certains cancers du rein ou du système digestif », est associé à la maladie de Huntington, de Parkinson… détaillaient des chercheurs en avril 2018. En réponse à cette mise en garde, l’Anses avait conclu, dans un rapport rendu en janvier 2019, à l’absence d’alerte sanitaire… tout en recommandant la poursuite de la recherche. Le 19 novembre 2019 la Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé ­publique et d’environnement (cnDAspe) a publié un avis estimant que l’alerte était fondée, étayée par « des données scientifiques de qualité ». Les données montrent bien, sur des cultures cellulaires, que les substances appartenant à la famille des SDHI ne ciblent pas seulement les champignons et les moisissures, mais une diversité d’organismes comme l’abeille domestique, le lombric ou l’être humain. Ils précisent que le recul n’est pas suffisant sur les usages actuels de plusieurs de ces produits pour pouvoir se fonder sur des données épidémiologiques relatives aux personnes exposées.

Le 21 janvier 2020, les associations Nous voulons des coquelicots, Générations futures et FNE ont écrit à l’Anses pour lui demander d’abroger l’AMM de trois produits commerciaux à base de SDHI : le Keynote et l’Aviator Xpro commercialisés par Bayer, et le Librax, de BASF. Si dans deux mois l’Anses n’a pas répondu favorablement à la demande des ONG, ces dernières saisiront le tribunal administratif de Lyon, ville où sont installés les sièges français des deux firmes. Ces associations peuvent s’appuyer sur l’avis des scientifiques* : « Les tests réglementaires sont systématiquement effectués dans des conditions qui masquent la toxicité cellulaire des SDHI. Leur toxicité est aggravée en cas de dysfonctionnements mitochondriaux tels que ceux constatés dans de nombreuses maladies humaines. Ces données ont été mises à la disposition de l’Anses, qui est restée sourde à cette argumentation scientifique. L’Anses ne semble pas même être préoccupée du rôle démontré in vivo des SDHI sur nombre d’espèces animales. Ce déni des données scientifiques déjà existantes intervient alors que celles-ci placent objectivement les SDHI très haut dans l’échelle de la toxicité des pesticides, requérant d’appliquer le principe de précaution figurant dans la constitution, principe auquel l’Anses devrait se sentir tenue. »

* LE MONDE du 22 janvier 2020, Pesticides SDHI : 450 scientifiques appellent à appliquer le principe de précaution au plus vite

(Antoni Barrientos: University of Miami Miller School of Medicine | UM · Departments of Neurology and Biochemistry // Paolo Bernardi: University of Padova | UNIPD · Department of Biomedical Sciences – DSB // Howard Jacobs 1182 Biochemistry, cell and molecular biology // Holger Prokisch: Skills and Expertise: Genetics-Mitochondria-Cell Biology-Neuroscience-Molecular Biology-Mutation Sequencing-Cell Viability-Reactive Oxygen Species-Oxidative Stress // etc.)

sur notre blog biosphere et les SDHi, Vers de terre et humains, même combat

lire aussi BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

Forum à Davos, le bal des hypocrites

Davos, Forum économique mondial en Suisse où décideurs économiques et socio-politiques se rencontrent. 3 000 participants à partir du mardi 21 janvier. Il y a des tables rondes du type « Eviter l’apocalypse climatique ». 119 milliardaires, américains, indiens ou russes, défileront au cours de cette édition, pesant ensemble près de 500 milliards de dollars. Des centaines de militants marchent vers la station transformée en forteresse et dénoncent « une farce » pour sauver la planète… C’est un choc des titans, avec des préoccupations diamétralement opposées et des milliards là où ça fait mal.

Greta Thunberg à Davos : « le climat et l’environnement sont un sujet d’actualité aujourd’hui, mais en pratique, rien n’a été fait, les émissions de CO2 n’ont pas diminué »

Donald Trump : « En route pour Davos, pour rencontrer les Leaders du monde et des affaires, et ramener des centaines de milliards de dollars aux Etats-Unis ! Nous sommes le NUMERO UN dans l’univers, de loin »*.

Il n’y a donc rien à retrancher de notre point de vue sur Davos en 2011 : L’oligarchie se réunit régulièrement, le groupe Bilderberg depuis 1952, la commission Trilatérale depuis 1973, le Forum économique mondial depuis 1987. Ces hommes et ces femmes partagent des convictions : la globalisation, la libre circulation du capital, le marché interconnecté pour permettre aux multinationales de progresser. L’oligarchie ne se dissimule plus. Dans la débâcle de 2008, la branche politique de l’oligarchie a mobilisé l’épargne publique pour éviter l’effondrement, la branche financière a continué à piller. Quand le profit est placé au-dessus de l’intérêt général, la morale est pervertie. Comme l’écrit Hervé Kempf, « les puissants ne sont pas les meilleurs, ils visent d’abord la conservation de leur puissance, ils gouvernent en vue de leur propre but qui est, dans le capitalisme finissant, une accumulation sans limites de richesses et de prestige ostentatoire. En Egypte la classe dirigeante, qui pressure le peuple avec un cynisme éhonté, fait éduquer dès le plus jeune âge ses enfants en anglais ou en français, et non en arabe, la langue du pays. L’oligarchie mondiale n’a pas d’autre patrie que celle de l’argent »**. Notons que les forums antérieurs n’avaient rien vu venir de la crise financière de 2008, l’oligarchie ne peut envisager que sa prospérité à court terme. Cette oligarchie n’est pas prête à assumer les responsabilités que le pic pétrolier et autre épuisement des ressources imposent. Mais comment la remplacer quand on sait que le pouvoir ne sera jamais dans la rue ?

* LE MONDE du 22 janvier 2020, En attendant Trump à Davos, Greta Thunberg estime que « rien n’a été fait » pour le climat

** L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie d’Hervé Kempf (Seuil, 2010)

Pandémies mortelles, SRAS, H5N1, H7N9

Contagion, le film de Steven Soderbergh, cartographie la propagation mondiale d’un virus qui tue rapidement ses victimes*. Très réaliste, trop ! En juin 1918, 70 % de la population madrilène fut contaminée en l’espace de trois jours par la grippe espagnole. De 1918 à 1919, ce virus de type H1N1 a fait mondialement entre 30 millions et 100 millions de morts. Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler envisage que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués »  contre les populations (après avoir bien sûr vacciné une élite présélectionnée !). C’est tout-à-fait dans l’ordre des possibles, une série d’expérimentations a cherché à rendre contagieux des virus grippaux mortels. Les deux pathogènes soumis à expérience, le H5N1 et le H7N9, sont extraordinairement meurtriers. Les malades, après une brutale poussée de fièvre, développent généralement une pneumonie, puis une grave détresse respiratoire à l’issue souvent fatale. Ces grippes ne parviennent pas encore à passer d’un homme à un autre. Mais quelques mutations suffisent pour que ces virus grippaux deviennent transmissibles par « aérosolisation », voyageant dans les gouttelettes émises par la toux et les éternuements entre humains.

La réalité dépasse la fiction. La Chine vient d’annoncer le 20 janvier un troisième mort et près de 140 nouveaux cas du mystérieux virus, analogue au SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère ou pneumonie)**. A Wuhan, 11 millions d’habitant, 136 nouveaux cas ont été répertoriés durant le week-end. S’y ajoutent des nouveaux cas à Pékin, en Thaïlande, au Japon. Les déplacements de population multiplient les risques de contagion. Et l’épidémie survient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, période durant laquelle des centaines de millions de personnes profitent de l’occasion pour voyager, dans le pays et à l’étranger.

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. Wuhan, 11 millions d’habitants, la folie. La Chine, 350 millions de porcs tués pour juguler une épidémie de peste porcine. L’élevage en batterie des humains et des animaux ne présagent rien de bon… La concentration humaine accentue les risques de contamination. « Quand l’épidémie de peste noire éclata en 1347, on vit disparaître les deux tiers de la population européenne. La cause apparente, ce sont les rats qui ont transporté le bacille. Mais en y regardant de plus près on s’aperçoit que dans les deux siècles qui précédent l’épidémie, une expansion fantastique des villes avait eu lieu sans que soient préservées les nécessités hygiéniques minimales dans un espace au peuplement dense. Le bacille de la peste trouva ainsi un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. L’événement « rats » fut l’effet de seuil qui déclencha la catastrophe. Or on se réjouit de nos jours d’une population urbaine qui atteindrait bientôt plus de 80% sur l’ensemble de la planète, avec des mégalopoles de plus de 20 millions d’habitants. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche de celle du XIVe siècle en Europe ? »***

* La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler (2005)

** LE MONDE du 21 janvier 2020, En Chine, la mystérieuse pneumonie fait un troisième mort

*** Moins nombreux, plus heureux (livre collectif aux éditons Sang de la Terre, 2014)

CLIMAT, Juliana contre les États-Unis

Une Cour d’appel américaine a jugé, vendredi 17 janvier, à une majorité de deux juges contre un, qu’il n’est pas du ressort du pouvoir judiciaire fédéral de contraindre le gouvernement des États-Unis à agir contre les changements climatiques*. Dans le dossier « Juliana contre les Etats-Unis », 21 jeunes requérants reprochaient au gouvernement fédéral d’avoir manqué à leur devoir de les protéger du dérèglement climatique, en soutenant depuis plus de cinquante ans l’utilisation des énergies fossiles. Pour sa défense, le gouvernement a fait valoir que ni la loi ni l’histoire des États-Unis ne peuvent étayer la revendication des plaignants pour un droit fondamental à un « climat vivable ». Remédier au changement climatique, explique la cour d’appel, exige « des décisions politiques complexes confiées, pour le meilleur ou pour le pire, à la sagesse et à la discrétion » de la Maison Blanche et du Congrès. Mais moralement les jeunes ont gagné car il est aussi écrit dans le jugement : « Les plaignants ont fait valoir de façon convaincante la nécessité d’agir ; il sera de plus en plus difficile, à la lumière de ce dossier, pour les branches politiques de nier que les changements climatiques se produisent, que le gouvernement a joué un rôle dans leur apparition et que nos élus ont la responsabilité morale de chercher des solutions, développe la décision. Nous concluons, à contrecœur cependant, que les arguments des plaignants doivent être présentés aux branches politiques ou à l’ensemble de l’électorat, ce dernier pouvant modifier la composition des branches politiques par le biais des urnes. »

La troisième juge a, pour sa part, manifesté ainsi son désaccord : « C’est comme si un astéroïde se dirigeait vers la Terre et que le gouvernement décidait de nous priver de tous nos moyens de défense. En cherchant à annuler ce procès, le gouvernement insiste lourdement sur le fait qu’il a le pouvoir absolu et irrévocable de détruire la nation. (Or) la Constitution américaine ne tolère pas la destruction délibérée de la nation par le changement climatique.» Et pourtant c’est le cas ! Ainsi va la démocratie dans nos systèmes complexes, dans le mur. Le peuple envoie par les urnes à la présidence des États-Unis un climato-sceptique assez ignorant de l’intérêt public pour subir actuellement un procès en destitution. Le peuple élit aussi un sénat aux ordres car fondamentalement conservateur ; il défendra un président en train de mettre la planète en feu avec ses coups de sang type type » assassinat de l’Iranien Ghassem Soleimani. » Poison dans la pomme, Trump démantèle méthodiquement toute la législation américaine de protection de environnement depuis son arrivée au pouvoir.

C’est à cause de cette pseudo-démocratie de citoyens sous-informés et sur-conditionnés que l’année 2019 a été la plus chaude enregistrée (avec 2016) depuis les premiers relevés de température au milieu du XIXe siècle, que la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 1,1 °C par rapport à l’époque préindustrielle (1850-1900), tandis que la chaleur accumulée par les océans a atteint un nouveau sommet. Selon l’OMM (Organisation météorologique mondiale) « nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de 3 °C à 5 °C d’ici à la fin du siècle  au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone. »

* LE MONDE du 19-20 janvier 2020, Réchauffement climatique : de jeunes citoyens américains perdent leur combat devant la justice

CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site* de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples :

​- Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ;

​- Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ;

– Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ;

– Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ;

​- Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ;

– Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ;

​- Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ;

​- Produire soi-même sa nourriture…

​Le Canard enchaîné du 15 janvier reprend de son côté d’autres propositions, « instaurer un permis pour manger de la viande » ou « supprimer la publicité de façon pure et simple au moins dans les espaces publics »… Le Canard en profite pour se moquer de nos députés : Nombre de ces idées, même « sans filtre », n’ont aucune chance de se concrétiser. Aucune chance, dans une Assemblée qui vient de voter une distance de sécurité de seulement 5 mètres pour les pesticides d’accepter « Sortir du nucléaire, trop insécuritaire. » En revanche parions que si les citoyens formulaient cette proposition : « Construire 10 EPR pour assurer à la France une énergie décarbonée », elle serait votée à une large majorité macroniste.

Ce que nous venons d’écrire montre deux choses. D’abord que les propositions des 150 citoyens n’ont aucune chance d’aboutir législativement, sauf à être édulcoré de façon à ne plus avoir de signification. Ensuite que la démocratie représentative, qui envoie au parlement des citoyens qui défendent un parti et/ou des intérêts économiques sans se soucier ni de l’intérêt public, ni de la durabilité dans le temps de leurs décisions, est complètement inadaptée à l’urgence écologique. Alors remplacer nos élus au niveau national par des conventions citoyennes semble la première des mesures à prendre pour sortir de la merde où nos émissions de gaz à effet de serre nous mènent…

* https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/

Fin de vie à domicile, la galère

Journaliste, Catherine Vincent a répondu cet été au souhait de sa mère, qui demandait à mourir simplement à la maison. Elle témoigne personnellement dans un article du MONDE* des difficultés rencontrées pour exaucer cette dernière volonté : « Autrefois on mourait « de vieillesse », chez soi, dans son lit, entouré des siens, de plus en plus faible jusqu’à ce que la mort nous prenne. La différence avec cette époque, c’est que la médecine a maintenant des moyens simples et efficaces pour apaiser à domicile, dans la plupart des cas, les souffrances morales ou physiques. C’est leur mise en œuvre, politiquement voulue, correctement financée et à grande échelle, qui fait défaut. Mais qui le sait ? Qui en débat ?

J’ai découvert que rien n’est véritablement fait dans notre pays, pas même dans notre capitale pourtant dotée de moyens privilégiés, pour favoriser la mort à domicile. Il s’en faudrait pourtant de peu, m’a-t-il semblé, pour que tout fonctionne mieux. Mais le peu manque à l’appel, notamment par manque d’information. (… après moultes mésaventures et impossibilité de dialogue avec différentes autorités sanitaires), un ami, médecin généraliste rompu aux situations délicates et connaissant bien ma famille, est encore à Paris. Lui saura me conseiller. Il fait bien plus : il me sauve. A peine lui ai-je expliqué le contexte qu’il me propose de le rejoindre à son cabinet. Une demi-heure plus tard, il me remet une enveloppe contenant quelques dosettes d’Oramorph – une solution buvable à libération immédiate de morphine. Ajoute quelques mini-flacons de scopolamine, destinés à pallier l’éventuelle survenue de râles agoniques. M’explique qu’en soins palliatifs il suffit en général de disposer de trois types de molécules : un anxiolytique (le Lexomil que nous avons déjà fera l’affaire), un opioïde contre la douleur (morphine ou dérivés), un anticholinergique contre la détresse respiratoire aiguë (la scopolamine). C’est tout ? C’est tout. Et encore, toutes ces substances ne sont pas forcément nécessaires. La preuve : jusqu’à la fin, la scopolamine restera dans son enveloppe. Et ce que fait mon ami en me donnant ces produits, est-ce légal ? Il sourit, ne répond pas.

Mon principal problème réside dans la posologie des « bonbons qui font du bien » – c’est ainsi que j’ai surnommé la cuillère d’eau gélifiée dans laquelle je glisse, à heures régulières, quelques gouttes d’Oramorph et un peu de Lexomil dissous. Je crains sans cesse d’en donner trop à ma mère – est-ce pour cela qu’elle somnole tant ? A moins que ce ne soit pas assez – est-ce pour cela qu’elle s’agite, gémit et tient par moments des propos délirants ?…………………

Complément d’analyse sur notre blog biosphere :

8 janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

21 août 2018, Hans Jonas confronté au problème de l’euthanasie

25 septembre 2016, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

29 janvier 2016, Ni euthanasie, ni suicide assisté, une molle décision !

14 décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

5 novembre 2014, L’engagement 21 de François Hollande sur la fin de vie

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

16 janvier 2014, Vincent Lambert, qui peut décider de sa fin de vie ?

* LE MONDE du 11 janvier 2020, Fin de vie : « Je n’avais pas prévu qu’aider ma mère à mourir chez elle serait une épreuve si solitaire »

Australie, les flammes de l’apocalypse

On croirait l’apocalypse. Le ciel est en feu, une catastrophe nationale est en train de se produire en Australie. Cela fait trois mois que le feu ravage des terres déjà grillées par la sécheresse et des arbres assoiffés par des vagues de chaleur précoces. La journée du samedi 4 janvier a été la plus chaude depuis l’existence des relevés de températures, avec 44 °C à Canberra. De gigantesques murs de flammes projettent des pluies de braises, lesquelles enflamment tout alentour. Une superficie équivalente à celle de la Belgique a été réduite en cendres. Le nombre d’animaux qui ont déjà péri est estimé à 1 milliard. Des colonies entières de koalas ont été réduites à néant. Les Australiens, qui ne prêtaient jusque-là pas attention aux discours des climatologues du monde entier, observent tout cela avec horreur.

Clive Hamilton : Il est impossible de faire taire la rage ressentie à l’encontre des responsables politiques et des lobbyistes du charbon. Le gouvernement s’oppose à des réductions plus massives des émissions mondiales de CO2. Le premier ministre conservateur, Scott Morrison, déploie tous les talents qu’il a développés au cours de sa précédente carrière dans le marketing pour pointer du doigt des facteurs de l’embrasement autres que le changement climatique. Je pensais autrefois que des catastrophes causées par le changement climatique feraient tomber les murs psychologiques du déni. Mais je me trompais. Il est à présent clair que ceux qui sont dans le déni regarderaient le pays entier partir en fumée plutôt que d’admettre qu’ils avaient tort. Mais on peut s’attendre à une vague de dégoût envers ces responsables politiques et à une poussée de militantisme en faveur d’un changement. D’une façon ou d’une autre, nous devons commencer à imaginer un nouvel avenir sur une terre de plus en plus chaude, une terre de plus en plus hostile à la vie humaine.*

Isabelle Adjani : Notre colère gronde face à l’impéritie de dirigeants climatosceptiques, éco-irresponsables. Je n’en reviens pas de voir le premier ministre australien, Scott Morrison, fanfaronner, histrion malgré lui, qui regarde les flammes dévorer son pays comme s’il assistait à un spectacle d’effets spéciaux. Honte et indignation, disons-nous. Nous n’irons pas jouer à Sidney. Nous sommes des artistes, et aujourd’hui, plus que jamais, notre tâche est de redonner du sens aux choses. Le théâtre ne doit pas être un endroit égocentré. Toutes les crises graves posent la question de la place de l’artiste et de la place de l’art dans la crise, face à la crise et en dehors de la crise : engagement et éveil des consciences.Nous devons de nous opposer aux politiques climaticides et nous nous devons aussi d’inciter les responsables d’événements culturels à réfléchir à ce qui est le plus important quand brûlent les forêts. En attendant de mettre pour la première fois le pied sur le sol australien, en espérant y découvrir un nouveau gouvernement soucieux de son peuple, celui que les Australiens ne manqueront pas de choisir aux prochaines élections, après une telle catastrophe.

Audrey Garric : La planète brûle, littéralement. En Australie, en Amazonie ou au Cambodge, des hectares et des hectares partent en fumée, décimant la faune et la flore. Ces phénomènes dramatiques ne sont qu’un aperçu de ce qui nous attend dans un monde qui se réchauffe. En France, le tableau est également des plus sombres. La probabilité d’occurrence d’une année comme 2003, qui a marqué un record en termes de surfaces brûlées et de départs de feux, est 51 fois plus élevée aujourd’hui sur le littoral méditerranéen que ce qu’elle serait sans changement climatique. Il faut d’urgence rester bien en deçà de 2 °C de réchauffement.

Nous laissons maintenant la parole à nos commentateurs qui souvent complètent judicieusement nos synthèses…

* LE MONDE du 11 janvier 2020, Clive Hamilton : « En Australie, nous devrons faire le deuil de l’avenir »

** LE MONDE du 4 janvier 2020, Isabelle Adjani : « Pourquoi je renonce à jouer en Australie »

*** LE MONDE du 16 janvier 2020, Les incendies en Australie préfigurent le futur dans un monde réchauffé, selon des scientifiques

Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

Qui a écrit , « Face à l’effondrement de la biodiversité, annonciateur de celui des sociétés humaines, il n’est plus temps de tergiverser, de lésiner ou de se payer de fortes paroles. On ne marchande pas avec la vie » ? Cette phrase était la conclusion d’un éditorial du MONDE* il y a plus de deux ans. Depuis rien n’a bougé, le soi-disant contre-pouvoir des médias n’existe pas. Reste l’incantation des diplomates. La Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB) est un traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. En 2020, les États-Unis n’avaient toujours pas ratifié cette Convention. En 2010, lors de la COP10 (conférence des parties) au Japon, la CBD avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020. Dix ans plus tard le constat était amer : la plupart des objectifs n’avaient pas été atteints. La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) n’a vu le jour qu’en 2012, vingt ans après Rio. La 15e Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) est programmée en octobre 2020 à Kunming, en Chine**. COP15 pour la biodiversité et nous n’étions même pas au courant qu’il y en avait 14 avant ! L’objectif est de protéger au moins 30 % de la planète – terre et mer – d’ici à 2030. Dans ces 30 %, 10 % des zones protégées devraient être en état de « protection stricte », aucune activité humaine, comme la pêche ou l’agriculture, même réglementée, ne pourra y avoir lieu.

Ce genre d’objectifs ambitieux, on connaît. C’est comme les COP sur le climat, l’ambition est là et les moyens inexistants ; il s’agissait de limiter la température du globe à moins de 2°C et c’est pourtant parti pour 4 ou 5 degrés. L’Australie flambe et Trump est sorti des accords sur le climat. Sur ce blog, nous suivons avec inquiétude l’état de plus en plus désespérant de la biodiversité. Exemples :

La biodiversité dans le monde

9 mai 2019, Biodiversité en péril extrême, tout le monde s’en fout

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

20 octobre 2012, Conférence mondiale sur la biodiversité, bavardage !

20 février 2010, biodiversité, un objectif perdu d’avance

2 février 2005, la biodiversité en péril selon l’union mondiale de la nature

La biodiversité en France

8 juillet 2018, Plan biodiversité, laissez-moi rigoler…

22 mai 2018, Nicolas Hulot à l’épreuve de la chute de la biodiversité

6 janvier 2017, La police de la biodiversité mise en place sans moyens

17 mars 2016, Loi sur la biodiversité, un vrai parcours du combattant

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation

26 mars 2015, Loi sur la biodiversité ne veut pas dire biocentrisme

1er juin 2012, sans sentiment de nature, la biodiversité fout le camp

14 août 2008, bagnole versus Biodiversité

25 juin 2008, Donner un prix à la biodiversité (Pavan Sukhdev)

9 décembre 2007, le concept de biodiversité (définition)

* LE MONDE du 7 juillet 2018, éditorial : Biodiversité,fortes paroles et faibles moyens

** LE MONDE du 15 janvier 2019, L’ONU propose de protéger 30 % de la planète d’ici à 2030

Emmanuel Macron devant 150 citoyens

Devant les 150 citoyens qui bossent pour lui, Emmanuel Macron a présenté trois scénarios suite à leurs propositions sur le climat. Dans le premier cas de figure, le chef de l’Etat n’est pas d’accord : « Je n’ai pas fait cet exercice pour en arriver là. » Deuxième possibilité, « le texte que vous avez se tient, et on y va sans filtre … Les propositions trouveront leur cheminement par voie réglementaire, par voie législative ou par référendum ».Troisième option, la proposition n’est pas assez précise et le chef de l’État s’engage à la « finaliser » avec les citoyens. Rendez-vous en avril ; le chef de l’État s’est en effet engagé à revenir devant la « convention citoyenne pour le climat » pour leur annoncer le sort qu’il réserverait à leurs propositions. Quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr* :

Réalité : Si le roi n’est pas d accort avec une proposition il la refuse, toute la démocratie expliquée ainsi par notre suzerain !

Esclave moderne : J’adore ce type de concertation, on vous fait travailler en vous donnant l’illusion que votre avis à un quelconque intérêt, vous faites vos propositions, réponse «  c est très intéressant ce que vous proposez, j’aime bien mais blablabla cela ne pourra pas se faire car blablabla ».

curieux01 : Concernant le dérèglement climatique, toute autre mesure qu’une très forte augmentation et généralisation de la taxe carbone ne serait que mesurette destinée à amuser le public.

Jean Sérien @ curieux : Je signale au passage que la principale revendication « des gens » et « du peuple », c’est plus de pouvoir d’achat. Du pognon pour consommer, en résumé.

jea.vie : Comment ne pas voir que cette convention c’est du pipeau intégral. Un referendum sur quoi? L’arrêt des centrales nucléaires? L’interdiction des SUV? La fin des plastiques a usage unique dès l’année prochaine?

Lithopedion : Rassurez-vous ! C’est déjà trop tard. Cette consultation ne changera rien au fait que le réchauffement est estimé à +2° et que si rien n’est fait nous allons tranquillement sur les 4°. Ou que les réserves de pétrole et de phosphates sont bientôt épuisées.

PSLG : Il faut rappeler une évidence : la marche du monde nous conduit inexorablement à la catastrophe, à la fin prochaine de notre société thermo-industrielle. La prise de conscience est trop partielle, trop tardive. Sauver l’humanité à l’échelle du siècle réclamerait des changements tellement radicaux, notamment dans les sociétés occidentales, qu’ils n’auront pas lieu. Et le soi-disant « progrès » technologique ne nous sauvera pas, n’en déplaise à Monsieur Rifkin. Alors, quel (très mince) espoir nous reste-t-il ? Que la jeunesse perde son insouciance, son innocence et bouscule radicalement les baby-boomers pour imposer démocratiquement des changements massifs….

Cyril Videau : L’idéal serait que cette convention climat transmette les résultats de son travail à une commission climat qui pourrait ensuite faire valider (ou pas) ses conclusions par une assemblée climat en vue de la réunion d’un groupe de travail sur les enjeux climatiques, groupe de travail qui serait chargé de présenter les grands axes de cette réflexion aux citoyens en vue d’engager un grand débat national sur cette question que l’on doit considérer comme prioritaire et urgente.

Walden58 : Écologiste de la parole creuse, le néolibéral Macron travaille en fait pour garantir que ses amis de la grande entreprise puissent continuer à polluer nos vies et l’environnement.

* LE MONDE du 12 janvier 2020, « Il était cool, mais n’a pas apporté grand-chose » : accueil mitigé pour Emmanuel Macron à la convention sur le climat

Il est interdit d’avoir plus de deux enfants

– La loi interdit aux fonctionnaires d’avoir plus de deux enfants. Au-delà, ils encourent des sanctions. C’est déjà une réalité dans certaines régions de l’Inde, comme au Rajasthan. Ummed Singh Rathore l’a appris à ses dépens, alors qu’il cherchait du travail. « J’ai été embauché pour être gardien à l’Assemblée du Rajasthan. Plus tard, le directeur m’a convoqué et m’a dit que mon embauche était annulée », explique-t-il. « Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? » La raison de l’annulation de son embauche ? Ummed Singh a trois filles, et donc la loi l’empêche d’accéder à un poste de fonctionnaire. « J’ai trois enfants, mais je n’ai rien fait de mal. Pourquoi le gouvernement interfère dans nos vies privées ? Il est censé nous aider, au contraire », déplore-t-il. L’Inde est en état de surpopulation avec presque 1,4 milliard d’habitants. Le pays va bientôt dépasser la Chine. Face à ces défis, les autorités cherchent des solutions. (JT de 20 heures le 13 janvier 2020)*

– La population de l´Etat du Gujarat, en Inde, est en constante augmentation. Selon les données du recensement qui vient d´être réalisé, l´État compte 50,5 millions d´habitants. Dix millions de plus qu´en 1991. Les nationalistes hindous, au pouvoir dans cette région, proposent d´interdire aux couples d´avoir plus de deux enfants. L´Église catholique s´oppose résolument à ce projet. L´évêque de Ahmedabad a déclaré qu´il s´agit d´une « violation des droits humains élémentaires ». Le père Cedric Prakash a déclaré que le chemin à suivre pour faire face à la croissance démographique est celui de l´éducation « des femmes et des catégories les moins privilégiés ». L´Église, a-t-il souligné, encourage les « méthodes naturelles » de planification familiale. (ROME, lundi 27 août 2001)**

– Deux enfants par couple, c’est possible dans un pays où le divorce est interdit… ou impossible. La loi indienne permet le divorce par consentement mutuel ou pour sévices physiques. Dans la réalité, la plupart des femmes indiennes préféreront subir la violence de maris ivrognes plutôt que d’encourir le rejet de leur entourage. Alors mieux vaudrait dire deux enfant maximum par femme. Et si on va jusqu’au bout de la logique de l’intérêt collectif face aux menaces de surpopulation, de réchauffement climatique, d’épuisement des terres, de stress hydrique, d’extinction de la biodiversité… mieux vaudrait une loi mondiale imposant de façon progressive l’idée d’un seul enfant par femme. Sensibilisation éducative, consentement des populations et écologie punitive sont absolument complémentaires. Et ce n’est pas parce que certains sont contre les radars au bord des routes qu’on ne doit pas sanctionner pour excès de vitesse. Pourquoi faire une différence avec l’excès de fécondité ?

* https://www.francetvinfo.fr/monde/inde/inde-vers-une-limitation-du-nombre-d-enfants_3783485.html

** https://fr.zenit.org/articles/inde-l-eglise-s-oppose-au-plan-imposant-un-maximum-de-deux-enfants-par-couple/

La chasse aux cotons-tiges est ouverte

En France, la mise sur le marché des cotons-tiges à usage unique et en plastique est interdite depuis le 1er janvier 2020. Alors vive le nouveau coton-tige à label écolo. ! Le capitalisme est passé maître dans l’art de récupérer la contestation pour ne rien changer au fond : la sobriété ne doit pas connaître, le consommateur doit consommer. Ainsi

LastSwab, un nouveau concept danois, lance le premier coton-tige lavable et réutilisable breveté au monde : « Conçu intelligemment, son embout est en élastomère thermoplastique (TPE) et la tige en nylon rigide. L’étui, quant à lui, composé de maïs, est biodégradable. LastSwab propose deux versions déclinables: l’une aux embouts rembourrés pour le nettoyage des oreilleset l’autre aux embouts pointus pour les retouches de maquillage. Souhaitez-vous parler de ce nouveau produit éco-responsable ? »

Oui, on en parle, mais pour dire qu’on peut s’en passer. D’abord le maquillage abîme la peau, autant ne rien faire et laisser à notre beauté sans fard l’art de paraître et à nos rides l’a manière de vieillir naturellement. Quant au coton-tige pour les oreilles, on devrait déjà savoir qu’on peut remplacer le coton-tige par des oriculi, des cure-oreilles en bambou réutilisables à vie. Mais après mûre réflexion sur la raréfaction du pétrole et l’apparition du sixième continent*, on peut même comprendre qu’il suffit d’user d’une allumette brûlée au bout de laquelle on tortille un peu de coton. Mieux vaut au final la voie de la simplicité volontaire. Les trucs dans les oreilles, c’est très méchant : ils risquent de provoquer de l’eczéma dans vos conduits auditifs ou provoquer de vilains bouchons de cérumen. Ni coton-tige, ni oriculi, il faut savoir que l’oreille a besoin d’exsuder ses substances pour se sentir bien, et nous avec.

L’Europe accompagne la chasse au plastique menée (de façon très mesurée) par la France. Les eurodéputés avaient soutenu à une large majorité un texte visant même à interdire les produits oxoplastiques, supposés biodégradables, se fragmentent en microparticules de plastique. « Oxoplastique », un terme à connaître mieux que LastSwab ! L’interdiction de couverts et assiettes à usage unique, pailles, cotons-tiges, tiges de ballons, plastiques oxo-dégradables, récipients pour les aliments et gobelets en polystyrène expansé entrera en vigueur au printemps 2021. Les produits concernés par cette interdiction représentent 70 % de l’ensemble des déchets marins selon la Commission européenne. « On trouve des résidus de plastique dans l’organisme de nombreuses espèces marines – tortues de mer, phoques, baleines, oiseaux mais aussi poissons et coquillages – et, partant, dans la chaîne alimentaire humaine« , explique l’exécutif européen. La directive fixe aux Etats membres un objectif de collecte de 90 % des bouteilles en plastique d’ici 2029. Les bouteilles commercialisées dans l’UE devront par ailleurs contenir au moins 25 % de plastique recyclé en 2025 et au moins 30 % en 2030. Le texte adopté instaure également une responsabilité élargie des producteurs (REP) pour deux catégories de produits. Tout d’abord les filtres à cigarettes, qui devront par ailleurs faire l’objet d’un étiquetage obligatoire (tout comme les gobelets en plastique, les lingettes humides et les serviettes hygiéniques). Les engins de pêche ensuite, afin de faire supporter les coûts de collecte des filets perdus en mer par les fabricants.**

* Le vortex de déchets du Pacifique nord est une zone du gyre subtropical du Pacifique nord, également connue sous le nom « soupe plastique », « septième continent », vortex d’ordures, ou encore « grande zone d’ordures du Pacifique ».

** https://www.actu-environnement.com/ae/news/Union-europeenne-interdiction-plastiques-jetables-2021-33170.php4