Taubira assume le démantèlement de la gauche

Il paraît qu’elle a été ministre de la justice. Elle ne parvenait pas à inscrire un texte écolo à l’ordre du jour du Parlement ! Par contre on sait depuis vingt ans grâce à « sa » loi que l’esclavage est un crime contre l’humanité. Quelle avancée !! Aujourd’hui Christiane Taubira revient d’entre les morts pour se présenter à la présidentielle 2022.

Laurent Telo : « Christiane Taubira, encartée dans aucun parti, instrumentalise le « mouvement citoyen » qui va départager les candidats de gauche, avec ou sans leur permission… Tout doit partir de cet objet politique clair-obscur, dont surgira la grande lumière de la victoire… Yannick Jadot compare la Primaire populaire à la secte du « Temple solaire »… Et pour le projet ? « Si vous assommez les gens avec une littérature politique technocratique… Christiane Taubira a un langage et une vision politique différents. » …Christiane Taubira dit souvent des choses très poétiques, mais parfois ce n’est pas très clair. »

Le Monde avec AFP : L’ex-garde des sceaux de François Hollande est surtout connue notamment pour son combat pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels… Christiane Taubira a annoncé le 15 janvier 2022 qu’elle se lançait à son tour dans la course à la présidentielle. La candidate guyanaise a notamment annoncé qu’elle souhaitait que les « 46 % des jeunes (…) obligés de travailler pendant leurs études » reçoivent « un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans » Elle promet de revaloriser le Smic « à 1 400 euros net » par mois. Concernant l’écologie, elle se contente d’affirmer qu’il s’agit de « l’affaire du siècle ». Lors de la présidentielle de 2002, elle n’avait recueilli que 2,32 % des suffrages.

Les commentaires sur lemonde.fr disent tout haut ce qu’il faut penser d’une telle candidature :

Vosgepat : Cela fait un moment que je ne lis plus que les titres de MONDE et je vais voir les contributions afin de voir si il y a de l’enthousiasme . Eh Bien ! pas vraiment.

Promac83 : Monsieur Jospin va faire des cauchemars. Cette Pseudo icône a fait perdre le PsSen 2002, et participé activement á l’entreprise de démolition des frondeurs contre le Président Hollande.

Bergeist : Elle prétend vouloir faire entendre la voix du peuple ? En réalité, elle n’a trouvé qu’un minable moyen d’exister – pathétique.

Gaston : Son interview sur France au 20 heures de samedi était un sacré moment, d’une qualité rare…  Je souhaite rassembler… ». Oui comme en 2002 quand elle a planté Jospin ! « Il ne m’appartient pas de parler des modalités de cette primaire… ». Ah bon, donc C. Taubira participe à une opération sur laquelle elle n’a rien à dire… et pour laquelle 120 000 gugusses vont faire soi disant un choix parmi 7 personnes, dont 3 s’en fichent du résultat, 3 sont sortis de nulle part, du chapeau des organisateurs. Bref, elle a vraiment donné envie aux téléspectateurs de surtout ne pas voter pour la gauche. Mission accomplie…

HBM : Pour l’instant on sait peu de chose de Mme Taubira, on sait qu’elle a été partisane de l’indépendance de la Guyane puis fait demi tour, on sait qu’elle a été une compagne de route de Bernard Tapie, qu’elle sait mentir aussi bien que la plupart des politiques, elle peut déclarer n’avoir jamais vu un document qu’elle a sous le bras, qu’elle a un a priori très favorable pour les personnes LGBT et qu’elle est favorable à une forte diminution des sanctions envers les délinquants n’ayant pas commis de crimes de sang.

Thalès : Sa proposition de 800€ par mois pendant 5 ans est complètement irréaliste. Sans aucune obligation de rester en France à la fin des études ? (Note de la rédaction. Le nombre d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur pour l’année universitaire 2018-2019 est passé à 2,7 millions)

Milieu : La droite républicaine a désigné son candidat qui fera campagne avec le soutien de ses anciens concurrents. La gauche patauge dans la confusion et dans l’âpreté de ses compétitions d’egos.

Quidonc : la gauche n’a même plus besoin de scier la branche sur laquelle elle est assise, elle cassera sous le poids des nombreux candidats.

Marc Siste : Avec tous ses candidats, je crains que la gauche soit en manque d’électeurs.

ESP, alliance pour une population soutenable

Nous vous informons de la création d’une nouvelle association européenne, l’European alliance for a Sustainable Population  (ESP). Voici les associations membres : Prosupop (Prosperity through Sustainable Population – deutsch, Allemagne), MinderMensen (Belgique), Démographie Responsable (France), Bocs (Hongrie), OverBevolking (Pays-Bas) , ecopop ( Suisse)

Lire, Population soutenable, Population optimale

Quelques éléments de réflexion sur ce site européen, pour l’instant en anglais, mais des versions française et allemande seront  prochainement disponibles)

 https://eurasp.org/

Sustainable Population: Human population growth and over-consumption are at the root of our most pressing environmental problems, including the wildlife extinction crisis, habitat loss, pollution and climate change. As humans, we have an impact on the health of our planet. What is a sustainable population?

A sustainable population is a population that can be maintained at that number of people indefinitely without detrimental effects on the environment or the quality of life of the members of that population and their future generations. Important factors are population growth, overconsumption en human pressure on the environment. But of course, it’s not just about people. Animals and other living beings also have the right to a good and healthy existence. Some eight million plants and animal species live on Earth. A 2019 United Nations report found that of those eight million, one million species will become extinct within a few decades – unless we take action now. For ecosystems, it takes millions of years to recover, which is why action is crucial. Scientists are making it clear to us that planetary limits have long been exceeded and that it is necessary to adjust both our consumption patterns and the number of people on Earth.

Lire aussi IPAT, soit I = P x A x T, désastre en vue

Impact = Population x Affluence x Technology

I = PxAxT is the mathematical notation of a formula put forward to describe the impact of human activity on the environment.

In order to prevent the impact from increasing due to the growth of the population and the increase in consumption (Population X Affluence), humans must balance the carrying capacity of the Earth in order to be able to continue to carry a certain number of people and their activities. Technological developments could ensure that more people can live on earth, but at the same time further deplete the natural resources so that fewer people can live on earth in the longer term.

We must work with the three factors in order to achieve a safe and just humanity. Incorporating the population factor in any policy or strategy would mean faster results and a more sustainable and just world.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Info de l’association Démographie Responsable

Voici les dernières nouvelles de notre association « Démographie Responsable » :

Salon Primevère à Lyon : Nous serons présents au salon Primevère de Lyon les vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 février 2022. Venez nombreux nous rencontrer et nous soutenir, nous tenons à votre disposition des entrées gratuites, n’hésitez pas à nous en demander.

Livres

Signalons la publication d’un nouveau livre de Michel Tarrier consacré à la démographie : « Le malheur de naître ». Si les positions de l’auteur ne reflètent pas tout-à-fait celles de notre association qui ne préconise aucunement de ne plus mettre d’enfants au monde, Michel Tarrier met une nouvelle fois en garde contre le problème que pose à la planète nos effectifs pléthoriques et toujours en croissance. Il souligne d’ailleurs avec pertinence la vie difficile que ces enfants pourraient connaître sur une Terre toujours plus peuplée et toujours plus dégradée.

Vidéos : Jean-Marc Jancovici, bien connu, pour ses ouvrages et ses conférences sur l’énergie, a fortement insisté sur le facteur démographique à l’occasion d’une interview sur Arte le 29 décembre dernier. Sur ce point ces analyses semblent assez proches de celles de notre mouvement.

Publication de nos adhérents

Comme tous les ans, notre porte-parole, Didier Barthès, a publié sur son site un article faisant le point sur la démographie mondiale au 1er janvier. Cette année, l’accent a été mis sur les potentielles conséquences démographiques de l’épidémie de Covid.

Michel Sourrouille poursuit sur le blog biosphere la publication d’un ensemble d’articles sur la démographie, vous trouverez ici quelques exemples de thèmes traités en décembre dernier : Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici, L’Inde (1) et (2).

Une association Européenne : Il est en train de se constituer une association (European Association for a Sustainable Population) qui regroupe plusieurs mouvements européens militant, comme nous, pour alerter sur les dangers de la surpopulation. Démographie Responsable en est l’un des membres fondateurs. Le lien sur le nom de l’association vous permettra de découvrir le site internet (site en cours d’achèvement, pour l’instant en anglais, mais des versions française et allemande seront sans doute prochainement disponibles).

Démographie Responsable croquée au salon Marjolaine

Notre représentante de l’Île de France, Marie-Eve Perru, et notre stand au salon Marjolaine ont eu les honneurs de Charlie Hebdo qui les a dessinés dans le numéro 1529 du 10 novembre 2021.

On notera le caractère très cultivé de notre association, la seule sans doute à mettre en avant la citation d’un philosophe, « Laissez faire Vénus, vous aurez Mars » (Bergson)

Haïti, un pays ingérable parce que surpeuplé

Trop fort, on sait tout sur tout à propos de l’assassinat le 7 juillet 2021 du président d’Haïti Moïse Jovenel, abattu chez lui d’une douzaine de balles dans le corpsIl suffit de lire l’enquête de Nicolas Bourcier : Jovenel jouait sur plusieurs tableaux à la fois, les gangs, les clans politiques et les oligarques de l’île, cette mafia protéiforme qui a pris en otage le pouvoir… Haïti est devenu un trou noir où prospèrent les gangsters et les forces criminelles qui se sont rendues maîtres de la capitale… Les enquêteurs ayant travaillé sur l’affaire ont été convoqués par l’inspection générale de la PNH (police nationale d’Haïti) avec l’objectif évident de les intimider… Autre fait troublant, l’enquête de police judiciaire a pour l’instant épargné le secteur bancaire. … Le chef du parquet de la capitale a été limogé le 14 septembre, juste après avoir demandé l’inculpation du chef du gouvernement Ariel Henry… A Port-au-Prince, les appels à la démission du premier ministre, Ariel Henry, se sont multipliés… »

On sait tout sur les protagonistes actuels de cet assassinat, on ne dit rien dans LE MONDE des causes profondes de la déliquescence du pays, la surpopulation. Il est vrai que les considérations de ce journal anti-malthusien sont claires, ne jamais parler de surpopulation. Ou alors pour en rigoler : «  Sommes-nous trop nombreux  ? Pour le biologiste Gilles Bœuf ­ et le démographe Hervé Le Bras, c’est un moyen commode, pour les pays du Nord, de ne pas remettre en cause leur mode de vie…. » (…) « Les êtres humains sont-ils trop nombreux ?  Certains écologistes pensent que la population mondiale serait trop importante, mais des chercheurs estiment, au contraire, que celle-ci va stagner, voire décroître. » Bien entendu ils ne disent jamais rien de la démographie haïtienne. Alors rétablissons les faits.

Haïti est le pays le plus misérable du continent américain et l’un des plus pauvres du monde. Ce pays occupe une superficie de 27 750 kilomètres carrés (un peu moins que la Belgique) dans la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, occupée à l’est par la République dominicaine. Il est peuplé en grande majorité des Noirs, descendants d’esclaves africains. Les mulâtres forment la bourgeoisie. La population est évaluée à 6,75 millions de personnes en 1993 (densité de 243 hab./km² ), elle passe à 11,4 millions en 2020 (densité de 414 hab./km² ) malgré les tremblements de terre et autres catastrophes. L’indice de fécondité était proche de cinq enfants par femme en âge de procréer en 1993, mais encore de 2,9 en 2019. En république dominicaine, qui partage avec Haïti l’île d’Hispaniola, la densité est de 225 hab./km² en 2020.

Pour Jared Diamond, l’histoire comparée de ces deux peuples de même origine sur la même île devrait constituer un antidote au « déterminisme environnemental ». La République dominicaine est un paradis ou presque, alors qu’Haïti est devenu un enfer. En République dominicaine, Balaguer avait confié la responsabilité de la protection des forêts à l’armée en déclarant les coupes de bois « crimes contre la sûreté de l’Etat ». En Haïti, on a laissé la forêt tropicale grignotée par des millions de petits paysans en quête d’un lopin de terre pour survivre. La croissance démographique en République dominicaine était de 1,6 %, mais de 3 % en Haïti. La richesse agricole en Haïti s’était faite aux dépens de son capital en forêts et en sols. L’élite haïtienne s’est identifiée à la France et à son mode de vie plutôt qu’à la défense de son environnement. Faisons en sorte que l’avenir de l’humanité ne soit pas semblable au destin (voulu) d’Haïti. Choisissons partout des dirigeants qui donnent la priorité à la question écologique et à la réponse démographique, base de la survie de nos sociétés…(chapitre 11 du livre Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie)

Bien entendu l’appauvrissement d’un pays résulte de multiples causes enchevêtrées, c’est multifactoriel : rapports de pouvoir, élite plus ou moins éclairée, potentiel agricole ou non, attractivité du pays, modalités de l’ingérence internationale, etc. Mais quand la population d’un pays augmente beaucoup trop vite, cela a des répercussions néfastes à la fois politiques, socio-économiques et écologiques. L’ignorer comme le fait systématiquement LE MONDE et les médias, c’est nous fait oublier que depuis longtemps il était nécessaire de maîtriser la fécondité humaine ici et là-bas. Dans des quartiers surpeuplés des banlieues françaises, ce sont déjà des bandes organisées qui font la loi, comme en Haiti…

Lire, notre avenir, c’est Haïti

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Nucléaire, trop coûteux pour être valable

Entre 1976 et 1990 (14 ans), la France a mis en service 48 réacteurs, entre 1990 et 2010 (20 ans), 8 réacteurs à eau pressurisée dite de deuxième génération. Entre 2010 et aujourd’hui, rien, zéro.

Lire, tout savoir sur le nucléaire

Adrien Pécout : « Le chantier du réacteur nucléaire EPR (European Pressurized Reactor) de « troisième génération » à Flamanville connaît retard et surcoûts. EDF a commencé le chantier de l’EPR en 2007, et visait initialement une mise en service… pour 2012. La date de chargement du combustible dans la cuve du futur réacteur a été décalée de fin 2022 au second trimestre 2023. Le coût de construction était estimé à l’origine à 3 milliards d’euros, il est passé à 12,7 milliards d’euros annonce l’entreprise. En juillet 2020, la Cour des comptes considérait même que le coût total du chantier s’élèverait à plus de 19 milliards d’euros. »

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Les deux premiers EPR à être entrés en fonctionnement dans le monde, en 2018 et 2019, se trouvent en Chine, à Taishan. Un phénomène d’usure mécanique de certains composants d’assemblages  a déjà conduit à l’arrêt, en juillet 2021, de l’un d’eux. 

Lire, Taishan, une centrale nucléaire en difficulté

Malgré les problèmes constatés sur le chantier de Flamanville-3, Emmanuel Macron, qui ne doute de rien même contre l’évidence, avait annoncé le 9 novembre 2021 son intention de « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». On se contente de cherche désespérément comment accroître l’offre, le nucléaire un jour, l’hydrogène un autre jour, les agrocarburants parfois, la recherche du mouvement perpétuel le plus souvent. Mais absolument personne ne parle des nécessaires économies d’énergie.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

2022, le programme d’Anne Hidalgo

Dans une France gouvernée par Anne Hidalgo, en bref et avec commentaires très méchants :

– augmenter le smic de 15 % dès son arrivée au pouvoir…. Pourquoi pas si en contre-partie on instaure un salaire maximum autorisé « au forceps » !

Lire, pour des patrons payés au mieux à 10 fois le SMIC

– le plus gros salaire d’une société ne doit pas excéder vingt fois le salaire le plus faible…. Mesure non préparée en amont, trop clivante, cela n’arrivera pas, ce sont des paroles en l’air.

Lire, 2022, le revenu maximum autorisé au programme

– inscrire dans la Constitution la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité…. C’était déjà une volonté, avortée, d’Emmanuel Macron !!!! Le 6 juillet 2021 le gouvernement avait annoncé vouloir mettre “un terme au processus de révision constitutionnelle”. Hidalgo plus forte que la droite sénatoriale ?

Lire, Le référendum CLIMAT n’aura pas lieu

100 % d’énergies renouvelables « aussi rapidement que possible », sans construction de nouveaux réacteurs nucléaires…. Aucune trace de sobriété énergétique dans ce discours.

Lire, EDF et le scénario « 100 % renouvelables »

– installer un million de nouvelles bornes de recharge de véhicules électriques…. Avec des éoliennes reliées à la borne ?

Lire, Le rêve de l’automobile pour tous prend fin

– Le prix du billet d’avion sera augmenté d’une taxe carbone si le trajet peut se faire en train de manière « comparable »…. Une taxe carbone remisée dans un petit coin !

Lire, la fuite éperdue des politiques devant la taxe carbone

le « numéro deux » du gouvernement sera d’un ministre du climat, de la biodiversité et de l’économie…. On vu ce que ça a donné avec Nicolas Hulot ministre et numéro deux, rien du tout.

– le droit de vote serait donné aux étrangers pour les élections locales…. Faut pas avoir honte, c’était déjà dans le programme de Mitterrand en 1981 et dans celui d’Hollande en 2012.

– création d’un tribunal pénal international de l’environnement…. La Cour internationale de justice de La Haye a toujours refusé de reconnaître un droit d’ingérence écologique.

– chaque jeune toucherait 5 000 euros le jour de ses 18 ans…. Comme rien n’indique si c’est au service d’un projet ou pour s’éclater entre potes aux Bermudes, c’est de l’argent foutu en l’air. Les jeunes doivent apprendre la sobriété et l’effort, on va à l’inverse en distribuant inconditionnellement de l’argent.

2022, dire la vérité scientifique aux Français

Jean-David Zeitoun nous avait montré en juin 2021 que l’industrialisation des sociétés occidentales avait produit un effet largement délétère sur la santé : « L’urbanisation à marche forcée, la densification de l’habitat dans des conditions insalubres et le maintien de fortes inégalités sociales détériorent l’espérance de vie. Aujourd’hui, nous avons d’un côté dans le PIB les dépenses de santé et les médicaments, mais de l’autre les pesticides, les hydrocarbures, la cigarette ou l’alcool. Avec les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et l’obésité, morbidité et mortalité s’accroissent. Aux facteurs de risque comportementaux s’ajoutent, de plus en plus, les grandes menaces environnementales que sont le réchauffement, l’effondrement de la biodiversité et les pollutions diffuses, et sur lesquelles viennent se greffer les risques de maladies infectieuses émergentes comme le Covid-19. La « résistance à mourir » commence à rencontrer ses limites. » Un médecin et épidémiologiste qui ne s’intéresse pas seulement aux symptômes du mal-être occidental mais aussi à ses causes, ça c’est un écologiste.

Lire, espérance de vie et équivalent pétrole

Jean-David Zeitoun en janvier 2022 élève le débat : « On ne sait pas si les candidats à l’élection présidentielle de 2022 auront recours à la science, mais beaucoup de thèmes de campagne s’y prêteront : la santé, l’environnement, la démographie. Les candidats auront l’opportunité d’élaborer leurs programmes sur une quantité de faits. Pr exemple un État qui tient à protéger sa population doit s’en prendre aux industries qui vivent intentionnellement ou non de la production de maladies. La chimie, les transports fossiles, l’alcool, le tabac, certains aliments toxiques et, peut-être, déjà, les médias sociaux ont tous des effets négatifs sur la santé physique et mentale.ces industries détruisent plus de valeur qu’elles n’en créent, et elles ne rendent pas heureux. Cette conception scientifique de la campagne peut s’appliquer à l’environnement – un sujet que je connais un peu – et à la démographie – un domaine que je ne connais pas mais dont les scientifiques ont aussi des choses à nous dire. »

Michel SOURROUILLE sur lemonde.fr : Au niveau démographique, on a démontré de manière scientifique que les Français par leur empreinte écologique ont déjà dépassé la capacité de charge de leur territoire, la France est donc surpeuplée. Il faut par voie de conséquence arrêter toute aide aux familles nombreuses de la part de l’État pour mettre les citoyens en face de leur responsabilité personnelle en matière de fécondité. La science nous dit, « fin des allocations familiales », mais la politique nous dit « est-ce que cela va faire plaisir aux électeurs ? C’est là le dilemme entre une démocratie reposant sur des citoyens conscients des faits bien établis et un populisme où des citoyens irresponsables vont continuer de voter…

Lire, démographie mondiale et capacité de charge planétaire

montaphilant : Sourrouille, le malthusianisme est une idéologie populiste totalitaire sans aucun fondement scientifique. Au passage, vous connaissez bien mal la France qui est en réalité un désert démographique.

Michel SOURROUILLE @ Montaphilant. La France avec plus de 100 hab./km² offre à chaque personne un carré de moins de 100 mètres de coté dans lequel, pour être autonome, il doit pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver du pétrole, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage… En fait le Français moyen se retrouve dans un « désert » qui mesure moins d’un hectare… alors il préfère, pour échapper au vertige de sa solitude, s’entasser dans des conurbations qui deviennent ingérables. Bien entendu nous aimerions aussi avoir votre point de vue argumenté. Par exemple, quand on vous parle de dépassement de la capacité de charge, quels sont vos arguments scientifiques pour dire le contraire ?

Sélection naturelle, immunité et anti-vax

Les anti-vax ne le disent pas, mais leur action d’un point de vue politique repose sur l’idée qu’il faut accepter la sélection naturelle pour atteindre l’immunité collective. Vrai ou faux ?

Lire, Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Florence Rosier nous donne les élément de langage à maîtriser : « Limmunité collective, c’est la proportion de la population qui acquiert une immunité protectrice par le vaccin ou par l’infection pour stopper la propagation d’une épidémie donnée. Fin 2019, la souche historique du SARS-CoV-2 a rapidement essaimé alors que la population humaine n’avait jamais été exposée à ce nouveau coronavirus et n’avait donc développé aucune défense immunitaire. Les modèles de diffusion des épidémies reposent sur l’hypothèse d’une immunité bloquante, une personne immunisée fait obstacle à la circulation du virus . Mais Omicron parvient à réinfecter une personne déjà vaccinée ou infectée par le SARS-CoV-2 ; Les anticorps que nous avons acquis contre la souche historique du SARS-CoV-2 ou contre les variants Alpha ou Delta, peinent à nous protéger d’Omicron, les anticorps acquis grâce à Omicron ne nous protège pas des variants anciens. Une immunité collective risque alors d’être hors d’atteinte. Sauf si l’immunité cellulaire des lymphocytes T et B dits « mémoires » nous protège contre les formes sévères de la maladie. Une personne infectée en contaminait alors trois autres, puis le variant Delta en contamine 6 à 8 autres et Omicron plus de dix autres. Avec environ 200 000 personnes infectées chaque jour par Omicron en France ce 10 janvier, soit au moins 1,4 million par semaine, et jusqu’à trois milliards d’individus dans le monde au cours des deux prochains mois, on peut dire que personne ne va passer entre les gouttes. Il faut alors, pour étouffer l’intrus, que 90 % de la population soit immunisée. Conséquence de la sélection naturelle, un variant émergent doit disposer d’avantages évolutifs ; s’il est plus contagieux, il bénéficie d’un atout majeur. Quand un nouveau variant arrivera sur le terrain d’une population largement vaccinée ou infectée, il se heurtera à une immunité cellulaire résiduelle, qui dure assez longtemps. Sauf à voir émerger un variant complètement différent. Sauf à atteindre une protection sans cesse renforcée par accumulation de couches d’immunité « protectrices ». »

Quelques commentaires sur lemonde.fr

Francis Baque : J’ai beau relire l’article, je ne vois pas quelle certitude on peut en retirer.

Sarah Py : Mme Rosier est très didactique, elle n’ose pas cependant conclure que la vaccination à elle seule n’a pas vaincu la pandémie, que l’immunité naturelle reste essentielle, et que la question de la santé publique qui vise à améliorer cette santé de chacun reste primordiale. Em…er les français et combattre tout ce qui participe à la malbouffe par exemple, et ces enfants dans la publicité télé. M. Macron visiblement ne sait pas lier santé publique et immunité naturelle.

Matret : Les publications scientifiques montrent cependant que cette immunité cellulaire est bien supérieure après infection qu’après un vaccin. Il semble donc que c’est bien l’infection qui nous protégera des formes graves. Le vaccin aura juste servi à éviter les formes graves chez les personnes fragiles. Et c’est déjà pas si mal. Il n’y a donc aucune raison de maintenir un pass vaccinal. Concentrons nous sur la protection des plus fragiles, maintenant et pour les années futures.

Michel SOURROUILLE : En d’autres termes, si personne n’était vacciné comme aux temps des pandémies virales anciennes, nous arriverions de toute façon (avec une forte probabilité) à des formes plus ou moins bénignes selon les personnes… comme pour la grippe. La grosse différence entre vaccination obligée ou non, c’est le nombre de morts qu’on accepte à un moment donné. Le tri médical peut-il être un choix voulu et non subi ? Les anti-vax sont-ils prêts à montrer l’exemple et à refuser pour eux-mêmes toute procédure de réanimation pour ne pas encombrer les hôpitaux ? Vacciner le plus grand nombre, n’est-ce pas diminuer les défenses immunitaires naturelles de l’espèce humaine, et donc d’affaiblir notre race ? Ce sont autant de questions que seule une délibération démocratique peut apporter réponse, mais notre démocratie est-elle faite de citoyens responsables ou d’individus irresponsables ? À Omacron de trancher…

Krusty : avec près de 100 % de vaccinés dans certains pays, la vague Omicron continue gentiment à clapoter. Aujourd’hui, la seule question qui vaille est celle-ci : l’immunité acquise « naturellement » (par contamination) est-elle ou non de meilleure qualité que celle obtenue par des injections répétées d’un sérum expérimental ? Réponse au prochain épisode.

Yves68 : des informations circulant sur les réseaux sociaux britanniques (à prendre avec des pincettes?) font état de seulement 6 morts ayant été infectés par le variant omicron. Tous les autres décès seraient dus à Delta. Dès lors, on devrait peut-être envisager d’organiser des Omicron parties comme il y a eu autrefois des rubéole parties afin de faciliter la propagation d’omicron et de chasser les autres variants plus dangereux.
HdA : Ou des Omicron parties avec Delta dans le métro de retour.

Peace : Un virus ne « s’améliore » pas, il s’adapte, et il pourrait le faire indéfiniment en fonction de… l’adaptation de notre système immunitaire.

Lire, Histoire de la sélection naturelle

Malthusien ou nataliste, faut choisir

Arretons les faux semblants, allons droit au but.

Malthus était un écologiste avant la lettre, un démographe avant même que le mot ne soit inventé, un éducateur à une époque où le peuple était encore analphabète et même un ethnologue bien au fait des comparaisons culturelles internationales. Dans son essai sur le principe de population, il a analysé dès 1798 la tendance structurelle à une augmentation beaucoup trop rapide de la population humaine par rapport à la progression plus lente des ressources alimentaires, obligeant à la maîtrise de la fécondité humaine sinon on obtenait épidémies, guerres et famines. La portée de son message était telle que son nom est entré dans le dictionnaire : « Malthusien, qui est partisan des doctrines de Malthus… » Dans le Larousse encyclopédique du XXe siècle en 6 volumes (1931), on trouve cette précision : « Malthusianisme ou malthusisme (de Malthus, économiste anglais) : Diminution de la natalité par restriction volontaire (…) Il conseillait de s’abstenir de procréer pour éviter le paupérisme. » Tous ceux qui sont en faveur du planning familial pour choisir le nombre d’enfants qui convient aux possibilités de la planète, tous ceux qui ont milité pour la liberté de contraception et d’avortement, tous les socialistes qui sont pour l’épanouissement du genre humain, et bien sûr tous et toutes les féministes sont par définition malthusiens.

En face les natalistes ont le pouvoir depuis que la Bible a asséné son sacré « Croissez et multipliez-vous, dominez toute la terre », depuis que l’élite dirigeante estime qu’il n’y a pouvoir ni force que d’hommes, depuis que les marxistes ont dit que le problème c’était les capitalistes et certainement pas le nombre de la main d’œuvre servile, et depuis qu’une frange des décroissants mise tout sur la décroissance économique en ignorant le nom même de Malthus. Comme les partisans d’une population nombreuse n’ont pas d’arguments fiables à présenter face aux malthusiens, on attaque le messager Malthus pour ne pas écouter son message, on se complaît assez souvent à ne pas donner la parole aux malthusiens et, le plus fréquemment, on se contente de les agonir d’injures, traitant le malthusianisme de doctrine ignoble, de message nauséabond, de volonté dictatoriale…. Ces procédures de diversion les dispensent de justifier leur propre point de vue nataliste, l’agression vaut argumentation,

Autant dire que les deux positions sont viscéralement antagonistes, malthusiens contre natalistes et réciproquement. Il y a d’un côté des personnes sensibilisées à l’urgence écologique et connaissant notre état actuel de surpopulation. Ils souhaitent que soit mise en place une démographie responsable, à réfléchir au niveau des couples comme au niveau des États, ils souhaitent une conférence internationale du type COP (conférence des parties) sur la démographie. De l’autre il y a des croyants qui défendent la vulgate religieuse, des endoctrinés qui attendent le grand soir de la révolution prolétarienne, des populistes de droite ou de gauche qui aiment la chair à canon, des patrons qui se frottent les mains dès qu’il y a plus de naissances et plus d’immigrés (puisque cela veut dire une chute du salaire moyen). C’est un conglomérat nataliste assez étonnant puisque entre ces différentes idéologies, il y a le plus souvent incompatibilité totale.

Conclusion. Il faut être brutal avec les anti-malthusiens « par principe » car, de toute façon, on n’arrivera pas à les convaincre comme on n’arrive pas à raisonner des climatosceptiques ou des complotistes. Notre brutalité de malthusien n’est que relative, il suffit de les renvoyer aux conséquences de leur position, leur dire qu’être anti-malthusien, c’est être de fait nataliste et porter en soi tous les inconvénients du natalisme : « Vous ne voulez pas une maîtrise de la fécondité humaine, alors vous aurez les épidémies, les guerres et/ou les famines»

Pour des gens qui seraient plus ouvert à la discussion, vous pouvez leur donner comme référence ce résumé de l’introduction de Jean Paul Maréchal aux textes de Malthus (Flammarion 1992) : « Pour certains, la cause est entendue. Malthus n’a pas vu la révolution industrielle et ses extraordinaires potentialités. Avec lui, l’économie politique est irrémédiablement la « science du lugubre » comme la désignait Carlyle après avoir lu l’Essai. Mais si l’on pense, au contraire, que la substance de l’Essai réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et un fonds borné, alors Malthus précède d’un siècle et demi le Club de Rome et ses courbes exponentielles. La catastrophe démographique n’est pas survenue, non pas parce que la Terre pourrait nourrir n’importe quelle population, mais parce que, jusqu’à présent, le développement économique a pu suivre la croissance des besoins. Or, il apparaît depuis quelques années que cette expansion que l’on croyait indéfiniment perpétuable butte sur la double limite de l’épuisement des ressources naturelles et des capacités de régénération du milieu. Et l’on découvre, surexploitation pétrolière, micropollutions, pollutions globales et déforestation à l’appui, que la sphère des activités économiques est dépendante de la reproduction de la biosphère. Le principe de population resurgit là où on l’attendait le moins : dans l’air, dans l’eau et dans les sols. Malthus l’empiriste contre Ricardo le théorique prend une revanche qu’il n’aurait sans doute jamais imaginée. Au moment où l’homme met en péril les conditions de sa propre survie, Malthus rappelle la nécessité d’une pensée des limites, d’une interrogation de la finitude face à l’extension du royaume de la marchandise et à l’hybris techno-scientifique de cette fin de millénaire. »

Michel SOURROUILLE, malthusien et fier de l’être

Stroud, le berceau d’Extinction Rebellion

Avant de théoriser notre nécessaire rébellion contre la société thermo-industrielle, un peu de pratique.

Gail Bradbrook : Le 30 mars 2021, bonnet noir et lunettes de protection, je redouble d’efforts pour faire céder la devanture de l’établissement de la Barclays. J’ai pris soin de placarder une affiche sur la façade : « Cette banque finance le chaos climatique ». Je suis membre du groupe d’activistes écologistes Extinction Rebellion, je participais à l’opération « Money Rebellion » (« rébellion de l’argent »), qui dénonce les investissements des banques dans les énergies fossiles. Les épaisseurs de verre se fragmentent sous mes coups, mais la vitrine ne cède pas. Mise en examen pour « dommages criminels » et « atteinte contre une institution financière », j’encours dix ans de prison ferme. Une première audience de mon procès aura lieu le 11 janvier 2022… j’espère un bon impact médiatique.

Réactions sur lemonde.fr :

animal nyctemeral : exploser une vitrine a coups de marteau….. je ne pense pas avoir la même définition de la non violence….

Rodolphe Leroy : Vous avez raison, elle aurait pu se blesser !

Bob Morane : Travaillant depuis 20 ans sur des sites industriels de production en France et à l’ étranger, je confirme qu’aujourd’hui la crainte d’événements terroristes et donc violents est de plus en plus liée à ce genre de mouvements.

Raphou : Le blocage de la cimenterie Lafarge par Extinction Rébellion était parfaitement pertinent : la fabrication actuelle de ciment et de béton est un désastre en termes d’émissions de CO2, et les alternatives à base d’argile nécessitant beaucoup moins de chaleur existent en France. Donc merci à Extinction Rébellion.

Lire, Urgence écologique, rébellion nécessaire

Quelques repères historiques

Stroud, bourgade du Gloucestershire, a vu naître en 2018 le groupe écologiste Extinction Rebellion. En 1990, la ville avait élu le premier maire écologiste d’Angleterre, John Marjoram. En se référant au modèle établi en 2010 par Rob Hopkins, Stroud devient « en transition » : la municipalité planifie la réduction drastique de son empreinte carbone et le respect des écosystèmes. Les activistes se font la main au sein du groupe de défense du climat Rising Up, né en 2016. Ils ont multiplié les combats : lutte contre la fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste (que le Royaume-Uni a stoppée en 2019), campagne contre la pollution des grandes villes, occupation d’arbres pour défendre les dernières forêts anciennes du pays… Dès l’automne 2017, une dizaine de militants de diverses origines se réunissent pour déterminer comment faire face à l’urgence écologique. Gail Bradbrook, biophysicienne moléculaire de formation, les accueille dans sa maison de Stroud. Lors d’un week-end d’avril 2018, connu comme « la réunion de Stroud », le groupe se définit à partir de trois grands piliers : la non-violence, la désobéissance civile et l’objectif de mobiliser 3,5 % de la population dans le monde. Un seuil qui entraînerait selon eux un « changement de système ». Le 31 octobre 2018, la dizaine de cofondateurs lit une « Déclaration de rébellion » devant le Parlement, à Londres, et crée ainsi officiellement le mouvement. En novembre, XR occupe cinq ponts au centre de la capitale.

Lire, Tout savoir sur Extinction Rebellion

Aujourd’hui, la pandémie a chamboulé ce mouvement, en train de se scinder en deux camps. Pour ou contre la vaccination. « Ils ne veulent plus se parler », dit Simon Bramwell, bûcheron, cofondateur d’Extinction Rebellion et ancien compagnon de Gail Bradbrook. « Peut-être qu’il faut accepter qu’Extinction Rebellion a rempli sa mission, de nouveaux mouvements surgiront. » Pour Simon, « la seule solution pour s’en sortir, c’est de rester radical ».

Zaza : Il y a quelques mois, une journaliste de Planète -Audrey Garric- suivait pas à pas les actions de ce groupe radical et nous les rapportait avec une complaisance frisant la complicité, mettant notamment très en avant la non-violence de leur démarche. Les exaltés de tous poils ne reculent devant aucune violence car celle-ci se trouve légitimée à leurs yeux par la « justesse » de leur cause. Il ne fait aucun doute qu’une partie des intégristes écolos dérivera vers le terrorisme car ils sont (auto) persuadés qu’il font vraiment œuvre de sauvetage du genre humain. Alors, un jour, on ressortira les articles relatant leurs « débuts ».

Lorange : Pour l’heure le terrorisme le plus violent est celui des réactionnaires qui nient les efforts à faire pour laisser une planète viable à nos petits-enfants. Un jour surtout les tribunaux seront encombrés par ceux qui auront laissé la situation se dégrader sans réagir, au nom de leur liberté et de leur petit confort bourgeois.

Artemis purple : Une vision, une stratégie, des moyens de communications et du courage sur le terrain. Trois activistes d’ Extinction Rebellion qui s’assoient par terre, ce sont des terroristes ? XR est juste en avance.

Stéphane : Pour être tout à fait lucide, je dirais plutôt que XR arrive trop tard…

Lire, Quelle critique faire à Extinction Rebellion ?

Le pape veut faire des bébés à la chaîne

Avec 1,27 enfants par femme, l’Italie a enregistré « seulement » 400 000 naissances en 2020 pour 746 000 décès. Le Pape a appelé à faire « tout le possible pour vaincre cet hiver démographique qui va contre nos familles, contre notre patrie, et aussi contre notre futur ». Mais le pays compte 60 millions d’habitants et une densité de 200 hab./km2, soit un carré de 70 mètres sur 70 mètres pour chaque Italien, carré dans lequel pour être autonome il doit pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver du pétrole, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage…

Soit le pape n’est qu’un affreux nataliste, soit un parfait ignorant des réalités biophysiques, soit un croyant au miracle …. soit tout cela à la fois.

Lire, Le pape François, la question démographique

La population de la Péninsule passerait de 60,4 millions d’habitants actuellement à 58,3 millions en 2050. Lors des États généraux de la natalité le 14 mai 2021, le Pape François a donc lancé un appel à «inverser» la tendance pour remettre l’Italie en marche à partir de la vie : « Comment est-il possible qu’une femme ressente de la honte pour le plus beau cadeau que la vie puisse offrir ? Ce n’est pas la femme, mais la société qui devrait avoir honte, car une société qui n’accueille pas la vie cesse de vivre… Les enfants sont l’espoir qui donne naissance à un peuple ! Nous sommes appelés à transmettre la vie… Nous ne serons pas en mesure de nourrir la production et de protéger l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux familles et aux enfants. La croissance durable vient d’ici… Le taux de natalité dramatique et les chiffres effrayants de la pandémie appellent au changement et à la responsabilité… Il faut des politiques familiales de grande envergure, fondées sur la croissance du bien commun à long terme… Il est urgent d’offrir aux jeunes des garanties d’emploi suffisamment stable, la sécurité de leur foyer… Et sans taux de natalité, il n’y a pas d’avenir.. C’est un défi non seulement pour l’Italie, mais aussi pour de nombreux pays, souvent riches en ressources, mais pauvres en espoir »

Lire aussi, Le pape François est-il pour la régulation des naissance ?

Quelle réponses faire au pape François, un anti-malthusien ?

– Un pape suit la vulgate selon laquelle il reste célibataire sans enfant. Pourquoi refuser aux autres ce qu’il s’autorise pour lui-même ?

– Un pape n’a rien à dire sur l’organisation de la vie civile dans un pays qui se veut démocratique. C’est au peuple de décider, les arguments d’autorité n’ont pas lieu d’être.

– Un pape ne peut s’appuyer sur ses livres sacrés, Ancien et Nouveau testament ne disent rien sur le niveau de population soutenable dans un territoire donné.

– Un pape ne peut accuser des femmes de ne pas avoir d’enfant, c’est leur liberté de choix d’avoir ou non en enfant qui serait vraiment désiré.

– Donner naissance à un enfant ne dit rien en soi sur sa vie à venir, le « droit à la vie » est une revendication soumise à contraintes multiples.

Lire, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

– Le bébé n’est pas un cadeau, il a un coût culturel et financier pour les parents, sans compter son empreinte écologique, importante pour un bébé italien.

– Trop d’enfants ne fait pas un avenir durable pour un pays quand cela s’accompagne d’un taux de chômage élevé, presque 10 % en Italie.

– Trop d’enfants nuit gravement à l’environnemental, en particulier réduit fortement l’espace dévolu à toutes les autres espèces animales.

– La croissance durable désirée par le pape est devenue impossible sur une planète dont l’activité humaine a déjà épuisé les richesses les plus accessibles.

– Comment demander des « garanties d’emploi » dans un contexte où tous les indicateurs économique et écologiques sont au rouge ?

– Le Pape appelle à des politiques familiales natalistes, Mario Draghi promet un chèque versé pour chaque enfant, jusqu’à ses 21 ans. Dramatique !

– Le pape n’a aucun droit à intervenir de quelque manière que ce soit dans les affaires économiques d’un pays.

– Le pape veut généraliser le cas de l’Italie à d’autres pays, or chaque territoire a ses données particulières et ses ressources propres.

– L’état de surpopulation est généralisé, y compris en Italie, 200 habitants au kilomètre carré, soit un rectangle de 50 mètres sur 100 mètres pour chaque habitant.

– Sans maîtrise de la fécondité humaine, il n’y a donc pas d’avenir.

– La responsabilité en matière démographique est de nous inciter à devenir malthusien…

Contactez l’association Démographie Responsable plutôt que le Vatican…

https://www.demographie-responsable.org/

Quelques références sur la décroissance

Recension de livres sur le site biosphere de documentation des écologistes, en liens :

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre) de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann, candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

Nous n’avons pas attendu l’année 2022 pour oser dire sur ce blog biosphere que la décroissance est notre destin. Voici nos références sur le blog:

29 octobre 2008, décroissance positive

9 décembre 2008, décroissance et catastrophe

20 janvier 2009, décroissance et écologie politique

16 mai 2009, enfin la décroissance !

16 novembre 2009, Décroissance comme Destin

7 juillet 2010, croissance négative ou décroissance choisie ?

30 juillet 2010, une décroissance autoritaire et chaotique

18 août 2010, la décroissance selon Yves Cochet

28 août 2010, la décroissance est porteuse d’espoir

17 novembre 2010, LeMonde pour la décroissance !?

24 janvier 2011, bien parti pour la décroissance

13 octobre 2011, pour une décroissance de la recherche scientifique

3 décembre 2011, Durban, le climat est mal parti, vive la décroissance

17 janvier 2012, Croissance économique, décroissance ou état stable ?

27 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

15 juillet 2012, la décroissance est-elle malthusienne ?

22 juillet 2012, La décroissance au programme de terminale SES

4 novembre 2012, pour une religion de la décroissance, un curé nous parle

16 février 2013, Une décroissance voulue n’est pas une récession subie

7 juillet 2013, Décroissance voulue, le bonheur devient une réalité

20 juillet 2013, La décroissance pour s’affranchir de l’impérialisme éco

14 octobre 2013, pour une société de décroissance, des témoignages

4 novembre 2013, Question qui tue : la décroissance est-elle antisociale ?

10 décembre 2013, La décroissance est en marche, même LE MONDE l’écrit

24 janvier 2014, La décroissance est-elle malthusienne ? Vaste débat !

14 février 2014, L’autoproduction, une voie vers la décroissance ?

3 novembre 2014, La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

25 décembre 2014, Vivre la simplicité volontaire dans la décroissance

22 juillet 2015, Une seule solution au choc climatique, la décroissance !

28 décembre 2015, L’issue fatale du développement, c’est la décroissance

12 janvier 2016, Introduction à la société de décroissance

22 février 2016, stagnation séculaire, croissance zéro ou décroissance ?

10 avril 2016, Un vrai programme pour la décroissance… en 2007

24 juillet 2016, le programme de décroissance de Georgescu-Roegen

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

1er décembre 2016, les précurseurs de la décroissance… sans Malthus !

1e janvier 2017, Simone Weil (1909-1943), précurseur de la décroissance

1er septembre 2017, BIOSPHERE-INFO, Gouverner la décroissance ?

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

22 septembre 2018, Quelle transition pour le mouvement de la décroissance ?

26 décembre 2018, Presque personne ne veut consentir à la décroissance

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance

26 août 2019, Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance

13 mars 2020, Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

4 avril 2020, post-covid, décroissance et relocalisation !

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

13 août 2020, EELV face au concept de « décroissance »

28 novembre 2020, Décroissance maîtrisée ou récession sévère

26 décembre 2020 : Décroissance économique ET démographique

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

20 août 2021, Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

Message pour Delphine Batho, la décroissante

Delphine Batho, 22,3 % au premier tour de la primaire des écologistes en septembre 2021, présente son retour d’expérience au 89ème séminaire de l’institut Momentum aujourd’hui 8 janvier 2022 . Alors que le projet politique de la Décroissance a longtemps été réservé à des cercles intellectuels, il est entré désormais dans le champ électoral. Delphine Batho présentera les résultats de sa stratégie, ses limites et ses perspectives, tout cela en vue de faire gagner la décroissance à l’avenir. Le problème, c’est qu’elle occulte complètement l’idée de décroissance démographique.

Lire, La décroissance selon Delphine Batho

Militant pour la décroissance économique depuis des années, nous sommes en parfait accord avec son analyse. Par contre il y a un oubli total dans son programme, la décroissance démographique. Pourtant dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait pourtant les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques ET démographiques, ce que votre texte ne dit pas.

René Dumont, présidentiable écolo en 1974, avait aussi une approche réaliste sur la démographie dans son programme : « Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à M. Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui. Nous pensons pourtant que ce positionnement politique qu’on pourrait appeler « malthusien » (au sens d’un dictionnaire de français), est porteur électoralement car l’idée de surpopulation est répandue dans la tête des électeurs/électrices alors que c’est devenu un tabou politique et médiatique.

La décroissance démographique peut être exposée publiquement de façon simple et compréhensible par tous et toutes. Notre impact écologique dépend à la fois de notre mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais le facteur « mode de vie » est assez rigide, nos comportements consuméristes sont formatés par la publicité et l’abondance à crédit. Par contre la maîtrise démographique apparaît d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes difficiles à remuer, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Plus les filles vont à l’école, plus le taux de fécondité baisse rapidement et fortement. Féminisme et environnement, même combat, accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire.

Que faire politiquement ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Le nucléaire classé énergie « verte » et le gaz « énergie de transition », la taxonomie européenne ou classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 se révèle pour ce qu’elle est, un exercice purement politicien. Le propre de l’oxymore est de rapprocher deux réalités contradictoires. Nucléaire vert, moteur propre, développement durable, agriculture raisonnée, financiarisation durable, vidéoprotection, etc. La montée des oxymores constitue un des faits révélateurs de la société contemporaine. Ces zombies nous suggèrent perfidement la possibilité de concilier l’inconciliable, c’est du pur greenwashing (écoblanchiment).

À lire, Croissance verte, l’oxymore de la Banque mondiale

Le Monde avec AFP : La Commission européenne a dévoilé le 31 décembre 2021 un projet de labellisation verte pour les centrales nucléaires et à gaz qui vise à faciliter leur financement. Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont exigées.

Le débat sur lemonde.fr :

Ericdesaintpaul : investir sur des éléments radioactifs qui ont une durée de vie de millions d’années : OUI c’est durable ( en terme de pollution surtout) !

Vince : Durable le nucléaire? Les chantiers durent extrêmement longtemps, s’ils aboutissent un jour, les déchets durent encore beaucoup beaucoup plus longtemps, et ça va encore durer très longtemps pour trouver quoi faire avec, s’il y a un accident ça va durer TRÈS longtemps avant qu’on puisse habiter la zone, et les cancers vont durer, durer, durer. Le démantèlement, n’en parlons pas… Le nucléaire, c’est donc vraiment durable !

PHILEMON.FROG : Rappelons les données de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur les réserves d’uranium : les ressources mondiales connues, dont le coût d’extraction est supportable(inférieur à 130 dollars/kg) = 6 Mtonnes = juste 1 siècle de consommation au rythme actuel. A un coût supérieur de 130 à 260 dollars/kg, les réserves non exploitables aujourd’hui techniquement (eau de mer) = 7,5 Mt de réserves estimées. Cette réserve additionnelle, si on met au point les techniques pour l’extraire, fournirait un peu plus d’1 siècle de consommation au rythme actuel. Enfin, des études spéculatives évaluent à 10,5 Mt de réserves hypothétiques dont le coût d’extraction n’est pas concevable. Bref ! En gros, si on augmente la consommation d’uranium, dans 50 à 75 ans, il n’y aura plus de réserves ! Ajoutons que seulement 40 % des réserves connues se trouvent dans des pays de l’OCDE..

LaVénalitéenMarcHe : La seule chose de durable dans cette filière, est la lenteur des démantèlements, la durée de toxicité des déchets, et le sacrifice d’une région en cas d’accident. 1 : le principe de précaution élémentaire exige de ne PAS développer une industrie basée sur un risque aussi fou, totalement disproportionné par rapport à l’utilité du produit. 2: la production de déchets ingérables est totalement inadmissible. 3 : produire une énergie abondante ne peut pas contribuer à réduire les GES. Car une énergie abondante, c’est une surconsommation abondante d’autres ressources polluantes : pétrole (plastiques…), malbouffe (engrais pétrochimiques…), fringues (plastiques encore), etc. La sobriété de la consommation ne peut passer que par une sobriété de la production énergétique : c’est une évidence toujours nécessaire à rappeler.

Françoise B. : Pas de gaz à effet de serre, oui, quand la centrale est en activité. Mais pour la construire ? L’entretenir ? La démanteler ?

Manon Boquen : « à Brennilisl, a centrale nucléaire an fonctionné de 1967 à 1985 ; le bloc réacteur, 64 000 tonnes de déchets radioactifs, n’est toujours pas démantelé. Une enquête publique est organisée jusqu’au 3 janvier 2022 pour que toute personne intéressée expose son point de vue s : « Approuvez-vous ou non le plan de démantèlement complet proposé par EDF ? » Le dossier de 2 500 pages peut refroidir bien des ardeurs. Et le nucléaire ne mobilise plus. « La radioactivité, ça ne se voit pas, ça ne se sent pas, donc les gens s’en fichent », déplore une habitante ; elle milite pour que l’installation reste en l’état, le temps que la radioactivité diminue. La commission de l’enquête publique présidée par Danielle Faysse rendra son rapport courant février 2022, pour de potentiels débuts de travaux en 2023. »

Éditorial du MONDE : La taxonomie consiste à définir ce qu’est une activité économique durable afin de flécher les financements dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe. Ainsi, soixante-dix secteurs d’activité, représentant 93 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire européen (construction, transport, industrie ou encore énergie), ont été passés au crible… Sans gaz et/ou nucléaire, la neutralité carbone et la limitation du réchauffement climatique seront extrêmement difficiles à tenir dans les délais, sinon au prix d’un changement rapide et profond de mode de vie, difficilement acceptable à ce stade par l’opinion publique… Nucléaire et gaz disposent de l’immense avantage d’être pilotables, c’est-à-dire d’être utilisables à tout moment, même lorsqu’il n’y a pas de vent pour faire tourner les éoliennes ou de soleil pour alimenter les panneaux solaires… Dans le débat énergétique, il n’existe pas de solution miracle.

Lire, Taxonomie ou L’art de classer ce qui est bien ou mal

Nouveau débat sur lemonde.fr par rapport à l’éditorial :

Ecolo-geek : On ne dit pas merci au Monde pour cet édito. Le gouvernement sait très bien expliquer ces choix lui-même… On préférerait une approche plus critique et surtout ne pas voir invoquer le réalisme là où on pourrait tout à fait parler d’irresponsabilité…

Frog : Deux choses me scandalisent : 1) Qualifier de « verte » l’énergie nucléaire relève du pur greenwashing et sert à entretenir les populations dans l’idée que cette énergie serait fiable et sécurisée, ce qui n’est absolument pas le cas. « Décarboné » est le seul terme envisageable – et encore, car tout a un coût carbone. 2) Ce débat autour de l’énergie éclipse le débat qui devrait être le premier : comment économiser l’énergie ?!!! Pendant que nos politiques comptent sur le nucléaire, on étend toujours plus les zones urbaines pour utiliser toujours plus la bagnole, on vit dans des passoires thermiques avec des aides à la rénovation indigentes, on consomme n’importe quoi à l’autre bout de la planète dans une économie mondialisée… A un moment il serait temps de redevenir raisonnable !!!

moussila : J’avoue que faire passer le gaz naturel du problème à sa solution est quand même un sacré tour de passe-passe. On va se servir d’une énergie fossile pour résoudre le problème lié aux énergies fossiles? C’est grandiose ! Y en a qui osent tout… Le gaz « naturel » n’est pas du tout une énergie propre. A énergie équivalente, il n’émet que 20% de moins de GES que le pétrole (type gazole ou essence), et plus de la moitié de ce qu’émet le charbon. Et delà veut-il dire qu’il y aura un financement européen pour de nouvelles infrastructures gazières et explorer de nouveaux gisements ? Ce serait tout simplement scandaleux.

Durabilité forte contre soutenabilité faible

Un peu de théorie pour mieux comprendre l’erreur fondamentale des économistes orthodoxes, tous ceux qui nous bercent d’illusions.

soutenabilité faible

Les tenants de la durabilité faible forment le courant économique dominant (de droite comme de gauche) : le capital naturel peut toujours être remplacé par des éléments fabriqués, donc par du travail et du capital technique. Cette approche promulguée par la Banque mondiale et l’OCDE suppose la substitution toujours possible entre capital humain, capital manufacturier et capital naturel. Ainsi, si l’une des composantes baisse, une autre pourra toujours compenser le manque. Elle repose sur une confiance aveugle dans un progrès technique qui pourrait toujours compenser la déperdition irréversible des ressources naturelles non renouvelables. On dit aussi qu’il y a dans tous les cas substitution possible entre les facteurs de production, y compris le facteur ressources naturelles. Les économistes soutiennent depuis l’origine de la révolution industrielle une durabilité faible, donc considèrent une croissance économique sans se soucier des générations futures ni du reste de la Biosphère puisque, selon leur point de vue, on trouvera sans doute une solution technique à tous les problèmes que la technique a créé.

Une telle pensée, ce que Nicholas Georgescu-Roegen appelle « le sophisme de la substitution perpétuelle », n’est pas durable. Il faut en effet avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer notre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès. Mais les économistes, libéraux ou marxistes, inébranlablement attachés à leur cadre mécaniste, sont restés complètement insensibles aux appels que lancèrent les mouvements pour la conservation de la nature. L’exploitation de la nature reste une fin en soi et les économistes ont mis plus d’un siècle pour prendre en considération la question de l’environnement et du renouvellement des ressources.

Nicholas Georgescu-Roegen : « Quelques organismes ralentissent la dégradation entropique : les plantes vertes emmagasinent une partie du rayonnement solaire qui autrement serait immédiatement dissipée sous forme de chaleur. C’est pourquoi vous pouvez brûler aujourd’hui de l’énergie solaire préservée de la dégradation il y a des millions d’années sous forme de charbon, ou depuis un plus petit nombre d’années sous forme d’arbres. Tous les autres organismes accélèrent la marche de l’entropie et les humains plus que les autres. Le processus économique, comme tout autre processus du vivant, est irréversible mais beaucoup d’économistes ne connaissent même pas la loi de l’entropie. Certains pensent même de façon illusoire qu’on réussira toujours à trouver de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux moyens de les asservir à notre profit. Mais on ne peut pas utiliser des schistes bitumineux si leur extraction coûte plus d’énergie que leur apport. Il y a aussi la thèse que nous pourrions nommer le sophisme de la substitution perpétuelle. Ainsi, selon Solow, on pourra toujours substituer d’autres facteurs (travail ou capital technique) aux ressources naturelles. Mais il faut avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer votre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès. Mais les économistes, inébranlablement attachés à leur cadre mécaniste, sont restés complètement insensibles aux appels que lancèrent les mouvements pour la conservation de la nature. »

durabilité forte

La biosphère remplit quatre fonctions vis à vis de l’espèce humaine : c’est le support de la vie, un stock de ressources naturelles, un récepteur de déchets et une source d’aménités. Il y a bien des possibilités de substitution aux services environnementaux, le recyclage des déchets permet par exemple de réduire à la fois la demande de services de réception de déchets et la demande de matières premières. Mais ces substitutions sont plus ou moins fortes et le stock de capital physique (par exemple une piscine) constitue un avatar plus ou moins imparfait du capital naturel (lac ou rivière). En effet, l’analyse néo-classique de Pigou (les externalités) ne reconnaît pas l’interdépendance étroite entre économique et environnement. Pour dépasser la pensée dominante, il faudrait utiliser des développements empruntés aux sciences de la nature, en particulier la thermodynamique et l’écologie, il faudrait insérer l’économie dans l’écologie alors qu’on a déjà le plus grand mal à intégrer l’écologie dans l’économie. Comme synthèse de cette analyse, on peut dire qu’une durabilité forte nécessite que le patrimoine naturel reste constant (il est absolument complémentaire de l’activité humaine d’une génération à l’autre). Cette conception repose donc sur la forte complémentarité entre les trois types de capital (technique, humain et naturel) et récuse l’idée de soutenabilité faible. Concrètement la réalisation du développement durable passe alors par une limitation de l’usage du capital naturel, notamment par la décroissance des facteurs de production matériels et énergétiques. Ce soubassement biophysique de l’activité humaine nous amène à repenser le matérialisme historique de Marx.

cf. Libéralisme, marxisme et écologisme

L’année 2022 et la fin de ce monde en folie

Quelques journalistes se prennent pour Philippulus, le prophète qui promettait l’apocalypse en 1942 (dans Tintin, L’Etoile mystérieuse). Sauf qu’aujourd’hui il ne s’agit pas d’un cinglé, mais d’analystes de la situation désespérée de la société thermo-industrielle.

Philippe Escande : « Le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité, dus en majorité à ces énergies fossiles, ne permettent plus de continuer sur ce rythme. De cela, la plupart des gens en sont désormais convaincus. Mais ils n’ont pas intégré les sacrifices que cela implique : réduire l’utilisation de la voiture, la consommation de viande, les voyages, les achats, sa liberté individuelle… Gérer ce basculement inévitable vers un monde plus cher, car plus économe, mais aussi plus instable, devrait figurer en tête des préoccupations des politiques en ce début 2022. En auront-ils le courage ? »

Lire, Paradoxes du monde fini… selon Dominique Bourg

La question de la finitude des ressources ne devrait plus diviser. Parier sur l’abondance des ressources et la croissance, sur une planète insidieusement finie, alors même que la décrue démographique n’aura pas même lieu durant le siècle, est aussi inepte que dangereux.

Florian Fizaine : « Dès la naissance de l’économie politique au XVIIIe siècle, les physiocrates placent la nature au cœur de la production des richesses, ce qui implique d’en respecter les contraintes. A partir de la révolution industrielle, cette question de la finitude des ressources va devenir plus conflictuelle chez les économistes classiques. Alors que, pour Jean-Baptiste Say, les ressources naturelles, illimitées et donc gratuites, ne sont pas un sujet, pour d’autres, comme David Ricardo, il existe une limite naturelle à la croissance, se traduisant par une décroissance des rendements, et donc une hausse du prix du blé, qui conduit in fine l’économie à un état stationnaire sur le long terme. A partir de là, des économistes comme John Stuart Mill vont considérer cette décroissance comme une opportunité pour l’humanité qui, au lieu d’accumuler des richesses, pourra se tourner vers d’autres activités, telles que l’art. D’autres, à l’image de Thomas Malthus, craignent que les ressources naturelles ne s’accroissent pas suffisamment vite face aux dynamiques de croissance démographique, ce qui nécessite de limiter la fécondité. A la fin du XIXe siècle, l’école néoclassique estime que la disponibilité limitée en ressources naturelles peut être compensée par une organisation du travail optimisée. Le progrès technique et les découvertes de nouvelles ressources pourront continuellement lutter contre les rendements décroissants. Malgré cette idéologie dominante, certains économistes commencent à réfléchir à l’épuisement. On attribue à l’économiste Kenneth Boulding cette phrase : « Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Mais en réaction au rapport Meadows, le quatuor Partha Dasgupta+Geoffrey Heal+Robert Solow-+Joseph Stiglitz a suggéré que l’économie pourrait continuer à croître éternellement, dès lors qu’il était possible de substituer suffisamment vite des ressources essentielles s’épuisant par du capital. »

Biosphere : Dasgupta et consorts font l’hypothèse d’une soutenabilité « faible » qui suppose la substitution toujours possible entre capital humain, capital manufacturier et capital naturel. Ainsi, si l’une des composantes baisse, une autre pourra toujours compenser le manque. Elle repose sur une confiance aveugle dans un progrès technique qui pourrait toujours compenser la déperdition irréversible des ressources naturelles non renouvelables. C’est donc une croyance religieuse parmi d’autres. Car si la nature peut exister sans capital bâti, l’inverse n’est pas vrai. Il existe de ce fait une hiérarchie fondamentale entre les capitaux qui limite le degré de substituabilité entre le capital bâti et le capital naturel. C’est ce qu’on appelle la durabilité forte. En conséquence, il est impossible d’envisager le capital bâti et le capital naturel comme de parfaits substituts. Sans substitution durable entre facteurs de production, il n’y a d’autre solution que la décroissance.

Lire, Programme pour une économie soutenable et désirable (économie écologique)

Vanille455 : C‘est trop tard pour ce genre d’articles. C’est trop tard tout court pour le climat. Maintenant il va falloir s’adapter, c’est-à-dire acheter des armes et se barricader dans des bunkers et attendre la crise.

Malthusianisme dans le journal La Décroissance

« « La littérature d’anticipation s’est toujours intéressé à l’impact de l’humanité sur la biosphère. Je citerai « Tous à Zanzibar » de John Brunner, un livre dans lequel surpopulation et dégradation extrême de l’environnement condamne les humains à survivre dans un monde qui les oppresse et ne leur est plus adapté. La massification des sociétés dans un monde en croissance démographique forte est aussi le thème central de Ballard ou du Soleil Vert de Harry Harrison. » »

Ces indications en page 16 (décembre 2021-janvier 2022) ont du échapper à la rédaction du journal La Décroissance qui censure systématiquement toute approche malthusienne.

À lire, MALTHUS, décroissant nié par les décroissants

Pour Vincent Cheynet, on ne peut en effet parler que de décroissance économique, l’idée de décroissance démographique reste un tabou indigne de ses colonnes. Pourtant dans son bimensuel, on peut aussi trouver ce compte-rendu du livre de Jean-Pierre Androvon, « Le travail du furet » (1983) en page 24 :

« « Les furets sont des tueurs aux ordres de l’État chargé de liquider chaque année 400 000 citoyens sélectionnés par un programme informatique dénommé Atropos. Leur liquidation participe d’une politique de contrôle de la population justifiée par la « crise » du monde contemporain (surpopulation, famine, épuisement des ressources, etc.). Soit une politique eugéniste, menée sciemment à partir des données de santé. Tous les citoyens doivent se faire dépister chaque année pour prévenir et traiter au plus tôt la survenue d’une grave maladie. Mais le gigantesque fichier rassemblant les données est couplé avec Atropos : ce sont les futurs malades qui sont livrés aux furets. « Toutes ces personnes qui vont crever de leur cancer, de leur leucémie, de leur polybacillose dans les six mois, dans les deux ans, vous croyez que ça fait bien dans les statistiques ? Tandis que maintenant Atropos crache leur nom et hop ! Liquidés et çà baigne… » C’est « la machine » qui trie froidement, « objectivement », entre les coûteux malades à venir et les bien-portants. Elle permet à l’État de mettre en œuvre sa volonté eugéniste en écartant toute considération morale. Mais le furet, le personnage central du livre, se retourne contre ses employeurs et son travail est désormais de faire éclater la vérité. » »

Cette thématique de la surpopulation dans un monde clos et en bout de course mérite d’être prise en considération et nous espérons que prochainement le mensuel « La Décroissance » en fera un dossier complet exposant tous les points de vue, y compris ceux de l’association Démographie Responsable. La démocratie repose sur la libre confrontation des idées, refuser d’envisager la problématique malthusienne est un acte de censure qui empêche toute réflexion de fond sur notre avenir commun.

À lire, L’article que vous ne lirez pas… à cause de V.Cheynet

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

NB : Les Atropos sont des divinités du Destin implacable de la mythologie grecque.

Croissance du PIB, décroissance des idées

Dans la campagne présidentielle, on trouve surtout des croissancistes, mais aussi les « altercroissants » de la croissance verte, et une seule avec l’étendard de la décroissance économique, Delphine Batho. Emmanuel Macron rêve tout haut d’une croissance de « 12 % ou 13 % » à horizon 2030 alors que Jean-Luc Mélenchon affirme dès 2012 « s’interdire le mot “croissance” ». Il est vrai que la croissance du PIB est globalement nocive pour l’environnement – plus on produit, plus on consomme, plus on détruit.

Lire, Une bonne nouvelle, la croissance du PIB est en panne

Elsa Conesa : Longtemps productiviste et convaincue de la nécessité de croître pour redistribuer, la gauche est devenue plus prudente, notamment depuis l’émergence des questions climatiques. Les crises écologiques ont ouvert le débat sur les externalités négatives de la croissance économique. Le leader de La France insoumise propose une « règle verte » : « Ne pas prendre à la nature plus qu’elle ne peut reconstituer ». A droite, les candidats restent en faveur d’une économie en croissance, mais même Eric Zemmour réfute « la croissance pour la croissance ». Cependant la sobriété peine à percer politiquement. Car dans l’opinion, la croissance demeure assimilée à la prospérité et au pouvoir d’achat.

Lire, 2022, le piège du pouvoir d’achat

Nos institutions sont actuellement conçues pour une perpétuation de la croissance . On éalue l’évolution du budget de l’État selon le rythme de croissance du PIB. Quand il y en a moins que prévu, la dette publique explose. Et certains peuvent même écrire que « Si la croissance était abandonnée comme objectif politique, la démocratie devrait aussi l’être ».

Lire, Hymne à toutes les décroissances

Voici les termes du débat sur lemonde.fr, mais pour nous il n’y a pas photo. Un politique ou un économiste qui croit à une croissance durable dans un monde clos est soit un fou, soit un irresponsable.

Marc Girod : Le fait de parler de croissance dans préciser de quoi est problématique, et trompeur. Il s’agit bien sûr de croissance du PIB, effet non pas de croissance de la prospérité ou du bien-être. Le PIB est une mesure de l’activité rémunérée. C’est donc une vision purement quantitative, non qualitative. Le processus est réducteur. La monnaie fonctionne comme convertisseur de qualité en quantité (mesurable et comparable). Les acteurs économiques s’engagent à rembourser des crédits à la mesure de leur système de valorisation propre. On additionne ainsi allègrement des projets antinomiques. L’activité résultante est factice, arbitraire, valorisée indirectement. Ce modèle est absurde et mortifère.

Edouard kidi : je suis plutôt croissant au beurre, avec un peu de confiture. Et surtout pas d’anxiolytiques. Matthieu Ricard, moine bouddhiste qui sème l’altruisme, la compassion et l »amour de l’autre fût inviter à donner un séminaire aux cadres d’une grande entreprise. Il parla donc de ces sujets. A la fin de son intervention, le modérateur le remercia puis dit ‘Passons maintenant aux choses sérieuses’.

LaVénalitéenMarcHe : Oui… L’autodestruction par la croissance du cynisme imbécile, c’est tellement plus sérieux. La radicalisation de la mauvaise foi croissanciste menace notre survie. Ainsi le noble Fourquet de l’IFOP pour qui « la vision traditionnelle est contestée, mais sans qu’on voie vraiment ce qu’est le récit alternatif. » Il faut un sacré culot pour affirmer, comme du temps de Thatchet/Reagan « TINA (There Is No Alternative) ». Comme si n’existait pas le nombre incalculable de livres, films, articles, reportages consacrés à ces alternatives depuis plus de 15 ans ! Sobriété, écovillages, bâtiments bioclimatiques, phyto-épuration, tiny house, économie circulaire e tutti quanti ? Connais pas ! Il est pourtant là, le « récit alternatif », avec sa cohérence et son efficacité… au lieu de moisir dans une vie grise de béton, d’ennui, TV, bagnoles, bruit, pollutions, bs jobs, violences, addictions, gadgets, malbouffe, perte de sens et de soi, inégalités et confiscation du pouvoir par les nantis. Il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir.

Francois M : En France , plus de 30% du PIB est le fait de la redistribution. Décroître, ce serait renoncer à la démocratie sociale ? Dictature ou ultra-libéralisme ?

Surtout : 300 000 sans domicile fixe déjà en France. Un chiffre qui a doublé en 10 ans. Combien en 2025 ? Un quart sont d’anciens enfants placés. En 2017, 49 bébés sont nés dans la rue à Paris, puis 100 en 2018 et 146 aujourd’hui.

Michel SOURROUILLE : La « création de richesses » n’est en fait qu’une transformation de ressources naturelles. Lorsque l’approvisionnement énergétique commence à être fortement contraint, il est logique que l’emploi tertiaire souffre autant que l’emploi productif. Retraites et études longues sont « assises » sur des consommations d’énergie importantes, il n’y a beaucoup de retraités et d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! Une journée d’hospitalisation en service de réanimation coûte de 500 à 5000 kWh d’énergie. Même si cela peut paraître sordide, dès lors que la quantité d’énergie est limitée, il devient légitime de se demander si la collectivité doit plutôt les dépenser pour sauver mille conducteurs imprudents, vingt malades de Parkinson ou pour maintenir en vie des personnes en bout de course avec des dispositifs lourds. (dixit Jancovici en 2011)

Acceptons librement de mourir du COVID

André Grimaldi : « La question que posent la cinquième vague en cours est celle du tri des patients à admettre en réanimation. Il est utile de rappeler que les soignants soignent en fonction des besoins des patients, sans autre considération. Mais ce rappel éthique ne gomme pas la question du tri quand il n’y a qu’un lit pour deux patients relevant tous deux de la réanimation. Auquel donner la priorité ? C’est aux soignants de décider collégialement, mais cela devrait être à la société dans son ensemble et à ses élus de débattre des principes qui doivent guider les soignants . Il serait bon de conseiller systématiquement à toute personne adulte refusant de se faire vacciner de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée en cas de forme grave de Covid-19. Une personne revendiquant le libre choix de ne pas se faire vacciner ne devrait-elle pas assumer en cohérence son libre choix de ne pas se faire réanimer ? »

Lire, Les non-vaccinés poussent au tri médical

Le débat sur le libre arbitre est intense entre les internautes sur lemonde.fr :

Ceif : C’ est le même problème avec les témoins de Jéhovah qui refusent la transfusion sanguine. En cas d’hémorragie grave, doit on les laisser se vider de leur sang en se croisant les bras? La réponse est clairement non.

Marc : A la montagne on prend des risques à vouloir dévaler des pistes plus ou moins risquées et on accepte de payer une assurance spécifique pour être héliporté en cas de blessure grave. Sans assurance (carte neige), l’hélico est facturé pleinement aux victimes. On pourrait demander aux anti-vax de payer 5 euros par jour soit 1800 euros par an pour bénéficier de la réa en cas de besoin.

Sennepy : 1800€ est une somme dérisoire comparée au coût de la réanimation ainsi que des soins non urgents retardés qui vont devenir urgents. Les sommes sont telles qu’il faut plutôt demander de choisir à ne pas être réanimé : si on estime que se faire vacciner est contre-nature, alors être intubé ou perfusé l’est aussi.

Michel Ryvarde : Demander aux français biberonnés pendant des années à l’état providence d assumer un choix en responsabilité est impossible : La liberté de mon voisin s arrête là où j’ai décidé que s arrêtait la mienne. Alors ça dépend des jours, des sujets. Je suis au chomdu et ben c’est normal que ceux qui bossent payent pour moi, je suis fauché, ben c’est normal que les riches payent des impôts…le beurre l argent du beurre et la laitière : pas de vaccins, mon bistrot et mon lit en réanimation s’il vous plaît. Je vous appelle 15 minutes avant d arriver. Aller m expliquer en quoi un vaccin est plus attentatoire à une liberté qu’un impôt ou une cotisation sociale ???

Juste_en_passant : Cet article met le doigt sur une vraie question. Dans un contexte de tri, doit-on donner la même chance à quelqu’un qui a fait sciemment le choix de se mettre en danger? Mais à l’extrême, on peut se poser le choix de prioriser le covid vis à vis d’autres pathologies qui sont tout autant mortelles.

ezec : Ce brave professeur a raison …Mais surtout commençons par régler le pb des 75 000 décès liés au tabac et des 23 000 morts directement liés à l’alcool. Etendons le règne des Grimaldi à toute la France : « Grimaldi président » !

AntiC @ ezec :Tiens un génie qui ne sait pas que le tabagisme et l’alcoolisme sont des maladies liées à la dépendance à une drogue (addiction). Je suis sûr que s’il existait un vaccin pour se sortir de l’un ou de l’autre nombreuses seraient les personnes à le prendre. Malheureusement il n’en existe pas, tout comme il n’existe pas de vaccin pour rendre plus intelligent. De plus aux dernières nouvelles ni le tabagisme, ni l’alcoolisme ne sont des maladies contagieuses. Toute petite différence.

Papachon : Contrairement aux réactions de ceux qui comparent la situation des non vaccinés aux alcooliques, tabagiques et autres malades souffrant d’affections non maîtrisables car il existe d’autres facteurs qui nous sont inconnus, on peut rappeler que le vaccin protège des formes graves de la Covid 19 et donc son refus revient à accepter délibérément le risque de se retrouver en réanimation. Et donc d’occuper un lit et du personnel qui devraient revenir à un malade souffrant d’une affection dont la cause n’est pas maîtrisable à 100%. Ce refus s’il était responsable devrait être assorti d’un refus de soins en réanimation.

Lpn33 : Il serait de bon ton de revoir la question de l’euthanasie

Lire, Hans Jonas confronté au problème de l’euthanasie

Contre la dissuasion nucléaire en 2022…

Défendre le nucléaire militaire ne devrait pas entrer dans la logique d’un écologiste. Pourtant c’est ce que font tous les présidentiables, et 2022 n’échappera pas à la règle. Le propre d’une institution, c’est de vouloir sauvegarder son existence sans s’interroger sur le bien fondé de sa pérennité. Ainsi la dissuasion nucléaire qui a ses chiens de garde, rassemblés au sein de la commission des forces armées de l’Assemblée nationale.

Fabien Gouttefarde, député LRM : « Oui, la dissuasion nucléaire a encore un sens. La dissuasion, c’est une industrie et des emplois. C’est une capacité, nos 4 sous-marins nucléaires portent des charges dont chacune équivaut à vingt fois celle de la bombe d’Hiroshima. C’est œuvrer pour la survie du peuple français face à un ennemi qui voudrait l’annihiler. C’est la défense de nos « intérêts vitaux », le président de la République est seul à les apprécier, leur définition n’est nulle part inscrite. Le président Mitterrand le disait : « La dissuasion, c’est moi »… Le coût de la dissuasion n’est que de cinq euros par mois et par Français (3,5 milliards au total)… Reste la question spatiale, le président Macron a ordonné la création du commandement de l’espace. »

Lire, Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ?

Jean-Luc Mélenchon : « Est-ce que la dissuasion nucléaire est encore efficace maintenant que l’on sait que la guerre peut avoir lieu et aura lieu d’abord depuis l’Espace ? Je souhaite qu’il y ait un débat sur les conséquences de la militarisation de l’Espace. Si nous disposons des moyens de tirer depuis le sol vers l’espace et depuis l’espace vers le sol, notamment sur les installations nucléaires d’un adversaire potentiel, la dissuasion n’est-elle pas plutôt là ? Cela ne se substitue-t-il pas à la dissuasion nucléaire actuelle ? Si nous disposons de la capacité de faire une flotte d’avions hypersoniques, à quoi bon les sous-marins nucléaires ?  La présidentielle de 2022 est le moment où doivent être prises les décisions qui engageront l’avenir et la sécurité collective du pays »

Biosphere : Notons que Mélenchon ne remet pas en question la dissuasion nucléaire, mais s’interroge seulement sur sa composante spatiale. Il reste dans la lignée de tous les présidentiables sans exception depuis de Gaulle. Macron, dans son discours aux armées en janvier 2018 : « La dissuasion nucléaire est depuis plus de cinquante ans la clé de voûte de notre stratégie de défense. Les débats sur ce sujet sont aujourd’hui tranchés. La dissuasion fait partie de notre histoire et elle le restera. » ! Le débat est tranché avant même d’avoir commencé, c’est la même histoire depuis 70 ans. Notons que Gouttefarde reconnaît que la dissuasion nucléaire relève d’un exercice antidémocratique, y’a que le président qui appuie sur le bouton sans demander notre avis. Notons le conflit d’intérêt, Gouttefarde a été missionné par le Ministère des Armées comme correspondant au Parlement européen entre 2011 et 2013. Notons surtout que l’explosion atomique ne protège pas le peuple, une guerre nucléaire est un match perdant/perdant, des Hiroshima puissance vingt,où les civils donneront par leur innombrables morts un hommage posthume à la bêtise humaine.

La dissuasion nucléaire n’est qu’un résidu sinistre de la guerre froide dans un monde globalement sécurisé au niveau inter-étatique. Nous savons que les véritables menaces ne sont plus d’ordre géopolitique, mais écologique : elles portent pour nom pic pétrolier, réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles. En définitive, qui veut-on dissuader depuis que la menace communiste a été remplacée par les terroristes barbus ? L’existence même de l’arme nucléaire consacre l’échec de toutes les morales, de toutes les spiritualités, de toutes les sagesses et de toutes les négociations internationales. Le désarmement universel discuté au niveau diplomatique reste une utopie bien plus grande qu’un désarmement nucléaire décidé unilatéralement par la France. Lors d’un symposium sur le désarmement le pape François posait le 10 novembre 2017, les fondements de la nouvelle doctrine de l’Église: « Il faut condamner fermement la menace de l’usage du nucléaire ainsi que leur possession, précisément parce que leur existence est liée à une logique de la peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain… il y a l’idée d’un parallélisme entre le développement intégral, le désarmement intégral et l’écologie intégrale. »

La dissuasion nucléaire est la défaite de la raison. Soyons objecteurs de conscience, opposés en toutes circonstances à l’usage collectif des armes. Quant tout le monde sera objecteur, il n’y aura plus d’armée, il n’y aura plus de guerre, la planète pourra un peu mieux respirer.

Lire aussi, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel