La surpopulation absente de la primaire écolo

Thomas Roussot : Alors que les primaires écologistes battent leur plein, aucun des cinq candidats n’a évoqué la surpopulation, pourtant problème central de toute prise de conscience écologique. Les intégrismes s’en nourrissent, les financiers en tirent leur miel via l’ultra libéralisme, les terrorismes réactifs et autres pandémies s’y lovent complaisamment. Mais aucun n’ose aborder le terreau qui rend possible ces multiples dérives. La surpopulation reste LE sujet tabou de l’écologie politique. La population mondiale a atteint 7 milliards au 31 octobre 2011. Elle atteindra 8 milliards en 2023, 9 milliards en 2037 et 10 milliards de personnes en 2055. Elle a doublé en 40 ans de 1959 (3 milliards) à 1999 (6 milliards). Son taux de croissance a atteint son apogée à la fin des années 1960, alors qu’il était de 2,09 % .Elle est actuellement (2020) en croissance à un taux d’environ 1,05 % par an, ajoutant 81 millions de personnes par an au total. Un taux de 1 %, c’est encore un doublement de la population en 70 ans. Alors qu’il avait fallu toute l’histoire de l’humanité jusqu’à l’an 1800 pour que la population mondiale atteigne 1 milliard, le deuxième milliard a été atteint en seulement 130 ans (1930), le troisième en 30 ans ( 1960), le quatrième milliard en 15 ans (1974), le cinquième milliard en 13 ans (1987), le sixième milliard en 12 ans (1999) et le septième milliard en 12 ans (2011). Au cours du seul 20e siècle, la population mondiale est passée de 1,65 milliard à 6 milliards.

D’où ce résultat : En 2021, 3 669 784 d’hectares de forets détruits, 4 940 522 hectares de terres perdues à cause de l’érosion des sols, 25 623 981 235 tonnes d’émissions de CO2 , 6 910 054 tonnes de produits chimiques toxiques rejetés dans l’environnement.

La surpopulation est en interdépendance avec le progrès techno-scientifique. Pour nourrir bientôt 8 milliards d’humains, les États n’ont d’autre recours que le productivisme, la nourriture industrielle, les énergies fossiles et nucléaires. Le cycle de l’eau, la qualité de l’air, tout l’environnement est pourtant impacté par le gaz, le pétrole et le charbon au point de mettre en suspension l’avenir des homo dits sapiens. Les nécessités vitales des hommes induisent le chaos quand elles ne sont pas satisfaites. À moins d’une réduction drastique des naissances via une éducation prenant à rebours les traditions religieuses et culturelles ! À défaut, seul le dogme nihiliste de la croissance économique continuera d’apporter ses réponses aveugles et aveuglantes à cette hypertrophie humaine.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Tout savoir sur la surpopulation humaine

10 septembre 2021, Solutions radicales pour surpopulation avérée

3 septembre 2021, Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

26 août 2021, Surpopulation et extinction des espèces

22 août 2021, L’Égypte et Al-Sissi face à la surpopulation

17 août 2021, Wikipedia et le concept de surpopulation

7 août 2021, 10 milliards en 2050 = surpopulation ?

2 décembre 2017, EELV célèbre le Sida, mais se fiche de la surpopulation

22 décembre 2015, La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

11 novembre 2014, Référendum en Suisse : halte à la surpopulation

29 juillet 2014, Les pathogènes s’attaquent à la surpopulation humaine

25 février 2014, Surpopulation, c’est en partie la faute des démographes

30 octobre 2013, Surpopulation, la faute aux machos et autres sexistes

24 juillet 2013, pour casser le cercle vicieux agriculture-surpopulation

18 janvier 2012, Tribunal pour les générations futures : la surpopulation

28 août 2009, surpopulation en 2050

Primaire du pôle écologiste, faussée et futile

122 670 inscrits pour cette primaire pré-présidentielle. C’est peu par rapport aux primaires de l’écologie en 2016, la droite et le PS avaient rassemblé chacun plusieurs millions de personnes. C’est beaucoup, le PS n’a fait voter que 22 000 adhérents à jour de cotisation sur son projet le 9 septembre 2021. C’est ambigu et faussé car il s’agit d’une primaire ouverte à n’importe qui de plus de 16 ans. Il y a eu TROP d’inscriptions de dernière minute. Les quatre perdants vont dire que le gagnant a eu des … aides. Trop facile en effet de rameuter des gens de tous horizons pour un droit de voter ne coûtant que 2 euros. Noyautage du scrutin par des forces hostiles c’est donc fort possible. Les féministes différentialistes vont voter Sandrine Rousseau, rejoints par une extrême droite narquoise. Delphine Batho va mobiliser les écologistes décroissancistes, s’il en existe. Yannick Jadot compte sur l’entourage des élus qui veulent garder leur poste. Eric Piolle aura peut-être des soutiens venant de Grenoble, la ville dont il est le maire. Et Jean-Marc Governatori peut s’appuyer sur les votants dont il a avancé le droit d’inscription. EELV a toujours été erratique quant à la désignation de son représentant : sac d’embrouilles Mamère/Lipietz en 2002, valse-hésitation autour de Mélenchon en 2017. Rappelons-nous la primaire 2011, Nicolas Hulot devait l’emporter sans coup férir et c’est Eva Joly qui est sortie du chapeau. Et même la droite regrette amèrement cette procédure d’une primaire ouverte subie en 2017, sans compter le fiasco Benoît Hamon issu des rangs de la primaire PS. Une primaire ouverte n’a de toute façon aucune validité en matière de démocratie représentative, et cette procédure est maintenant rejetée par l’ensemble des autres partis.

C’est aussi une primaire de l’écologie futile et sans intérêt dans un contexte où tous les partis sans exception disent porter un message écologiste. Il n’y avait donc pas lieu pour le pôle écologiste de présenter un ou une candidat(e), mais d’être prêt à soutenir la personnalité ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Au niveau médiatique, cela donnait à l’écologie politique un statut d’arbitre entre les différents présidentiables 2022. Attendre et voir venir, c’est souvent une bonne stratégie. D’autant plus qu’un tel positionnement économisait les frais d’une campagne électorale. Libéré des conflits sans fin pour une candidature autonome de présidentiable, l’écologie politique pouvait consacrer tout son temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres fluctuent pour chaque circonscription. Soit il existera un présidentiable suffisamment écolo et les candidats du pôle écologiste se présenteront aux législatives comme force d’appoint, soit le président élu après le second tour ne le sera pas et dans chaque circonscription les candidats écolos se présenteront comme force d’opposition pour le quinquennat à venir.

La présidentielle 2017 a montré qu’on peut créer un nouveau parti avec la dynamique porté par un(e) présidentiable. Cela relativise complètement l’idée qu’il faut obligatoirement qu’un parti déjà institutionnalisé désigne un candidat de son choix. Bien plus 2017 a relativisé l’existence même des partis traditionnels. A cause de l’inversion de calendrier voulu par Jospin, les législatives ne font que confirmer le choix de la présidentielle. Centré sur la préparation des législatives, qui vont succéder rapidement à la présentielle 2022, le pôle écologiste pouvait obtenir un groupe parlementaire de meilleure façon que par d’obscures tractations comme avec le PS en 2011. On peut même envisager un miracle : au nom d’un rassemblement très large autour d’une personnalité dépassant le cadre restrictif de l’axe vert-rose, on pouvait voir en 2022 la naissance d’un Mouvement Social-Écologique digne de gouverner face à une droite anti-écolo et contre les populismes. Mais l’écologie institutionnelle (EELV et Générations écologie) n’a pour l’heure actuelle aucune vision stratégique d’ensemble…

Pour en savoir plus grâce aux contributions sur lemonde.fr :

Tyrion : Cette primaire n’est qu’une façon d’exister un court instant. S’ils veulent vraiment survivre, ils feraient mieux de s’allier avec le PS pour battre Macron au premier tour. Sinon nous aurons 2 candidats de droite au second tour comme il y a 5 ans. Quant aux programmes des candidats écolos, ils sont si différents qu’on a l’impression qu’ils ne vivent pas sur la mème planète.

Jackpot : Je souhaite de tout cœur que ce sera Sandrine Rousseau qui sera retenue, pour qu’on se marre pendant la campagne !

Viral : Le but d’une telle opération n’est nullement de gagner. A moins d’être naïf. Gagner quoi d’ailleurs ??. L’objectif est de se faire connaître.

Michel SOURROUILLE : Il n’y a pas que 5 candidats écolos pour la présidentielle, il faut rajouter Antoine Waechter. Ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988, il a annoncé à l’AFP mercredi 15 septembre sa candidature pour celle de 2022 sous la bannière du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Constatant « le caractère utopique de rassembler les écologistes », il souhaite « affirmer beaucoup plus fortement ce qui fait l’identité de la pensée écologiste elle-même, au-delà de la droite et de la gauche ». Cette personnalité est engagée depuis 1965 dans dans la lutte écologique, il avait en effet créé (à 16 ans)  une association, les « Jeunes amis des animaux et de la nature de Mulhouse ». Il n’a pas arrêté depuis de militer, associativement et politiquement. Mais l’alliance des Verts avec les socialistes a minimisé médiatiquement l’option « L’écologie n’est pas à marier », et poussé le MEI vers le centre-droit.

Lorange : Les SEULS qui depuis 40 ans alertent sur la catastrophe liée au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité sont les écologistes. On se passera donc des leçons de morale, de politique ou de démocratie des réactionnaires et des égoïstes destructeurs plus préoccupés par leur porte-monnaie que par l’avenir de leurs enfants.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

10 février 2017, Europe Ecologie – Les Verts à l’épreuve du pouvoir

La convention patronale pour le climat

Les patrons commencent à s’inquiéter comme le commun des mortels. Le directeur général de Renault Trucks :  On a une piètre image des camions, et j’ai même eu des discussions musclées avec mes enfants. Je suis un quinquagénaire et un dirigeant ébranlé ». Le PDG de Caterpillar France : « Mes enfants me demandent si fabriquer des bulldozers et des excavatrices est utile à la société. Moi-même, je dois m’interroger sur ma production, si mes processus sont vertueux et même si l’on aura toujours besoin de faire des routes demain ».

Leur « business model » est confronté aux limites planétaires, que faire ? Une convention pour le climat réunit 150 patrons, le total représentant 36 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ils sont déterminés à trouver d’ici le 18 juin 2022 un nouveau modèle économique. Directement inspirée de la convention citoyenne pour le climat (CCC), cette CEC s’est fixé pour objectif d’« émettre des propositions de transformation environnementale audacieuses et impactantes, destinées à être mises en œuvre dans les entreprises ».

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Le travail de la CEC est déjà fait. La Commission européenne a publié le 18 juin 2019 une proposition de « référentiel d’activités durables » qui a pour objectif d’inciter les entreprises à passer « du marron au vert ». Cette taxonomie permet d’identifier les secteurs qui génèrent des bénéfices environnementaux, c’est-à-dire qui contribuent significativement à la lutte contre le changement climatique sans pour autant provoquer des dommages collatéraux. Ainsi les énergies renouvelables vont figurer dans la catégorie verte et le charbon dans la catégorie noire. Mais la chose se complique pour des secteurs comme l’automobile, la construction, l’agriculture… Ainsi, le gaz, quand il remplace le charbon, représente une avancée. Mais ne peut constituer une solution satisfaisante à terme. Quant au nucléaire, si, en termes d’émission de CO2, il n’est pas problématique, il pose en revanche de lourdes questions en matière de traitements de déchets.

Francis Payot : C’est le modèle de la concurrence sauvage privilégié par le système néo-libéral depuis 40 ans qui est hautement polluant… et le changement de mentalité interviendra quand plus personne ne s’exclamera: « ça c’est un bon coup gagnant ».

Un lecteur du Val de Marne @Francis Payot : Bien sûr dans un système non libéral sans concurrence on ne pollue plus. Par exemple la sidérurgie soviétique était non polluante car non libérale ! la centrale de Tchernobyl n’a pas engendré de pollution car elle a été fabriqué et maintenue dans un modèle économique vertueux (car sans concurrence libérale). L’Ile de Pâques n’a pas eu de problème de déforestation car c’était une société antérieure au libéralisme économique donc dépourvue de réel problème écologique. Tout devient simple quand on a une vision claire et simple des problèmes !

Benjamin_P : Une entreprise sans ‘marge’ ou ‘profit’ ne peut perdurer. Quelle que soit l’organisation adoptée, une entreprise doit avoir un peu plus en caisse en fin de mois qu’en début de mois. Que l’on soit anarchiste, communiste, capitaliste ou quoi que ce soit d’autre, c’est nécessaire à la survie de toute organisation.

Pierre Poulpe : Pour un dirigeant, j’identifie un triple risque à ne pas être moteur sur l’urgence climatique : 1/ Le risque « primaire », de subir comme tout habitant de cette planète, le chaos que va générer la situation si on ne fait rien. 2/ Le risque d’une dictature verte, qui tuerai leur entreprise par mesures trop brutales/rapides. 3/ Le risque de ne plus attirer les « talents ». Si tous les ingénieurs, pris de dissonance cognitive, rechignent à travailler pour Airbus/Total, et préfèrent partir cultiver leur jardin, il y aura un souci.

Pour en savoir plus grâce au blog biosphere :

18 décembre 2019, L’art de classer ce qui est bien ou mal

La honte du pétrole, c’est pas pour demain

En 1892 Mendeleïev, l’inventeur de la classification périodique des éléments, présentait cet avis au tsar : « Le pétrole est trop précieux pour être brûlé. Il faut l’utiliser comme matière première de la synthèse chimique ». Aujourd’hui le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, exhorte à « mettre fin à toute nouvelle exploration et production de combustibles fossiles ». La ministre norvégienne de l’énergie et du pétrole s’agace : « Que la Norvège, qui fournit 2 % du pétrole et 3 % du gaz utilisés dans le monde, arrête, ne va pas résoudre le problème du climat ». Mais si personne ne commence à faire ce qu’il faut faire, qui le fera ?

C’est grâce à l’argent du pétrole que la Norvège finance l’Etat-providence et que les Norvégiens ont un emploi. Le secteur des hydrocarbures représente à lui seul 14 % du produit intérieur brut, 20 % des exportations et 160 000 emplois. Equinor, né Statoil en 1972, est contrôlé à 67 % par l’État norvégien. Le plus gros fonds souverain du monde pèse désormais près de 1 170 milliards d’euros. Que faire de cet argent ? On fait semblant d’investir dans les énergies renouvelables, hydrogène et éolien flottant. Actuellement, 5 % seulement des investissements de l’entreprise sont consacrés aux nouvelles énergies. Mais le gouvernement a accordé cette année 65 licences d’exploration aux compagnies d’extraction. La « oljeskam » – « honte du pétrole » – reste marginale. Les jeunes sont divisés. Une infime minorité milite à l’association Natur og Ungdom. La majorité rêve encore de métiers offshore. L’avenir du pétrole pour le moment, c’est conforme au slogan de Sarah Palin, l’ancienne candidate à la vie-présidence des États-Unis : « Drill, baby, drill » ! On est au cœur des problèmes ingérables de notre civilisation : besoin croissant d’énergies indispensables à notre mode vie et mise en péril structurelle de ce même mode vie par la dilapidation de l’or noir. C’est un moment de l’histoire où les problèmes écologiques sont clairement posés et les solutions clairement inacceptables. L’abondance actuelle contre des restrictions volontaires pour préserver le futur, le résultat des élections législatives du 13 septembre en Norvège était couru d’avance. La gauche norvégienne a remporté les élections. Le multimillionnaire de gauche Jonas Gahr Store a énoncé ses priorités : « La lutte contre les inégalités sociales, l’emploi, les investissements dans l’Etat-providence ». Le parti des Verts voulait imposer la sortie du pétrole, annonçant un calendrier jugé « irréaliste » par leurs opposants. Avec 3,8 % des voix, ils devront se contenter de trois sièges au Parlement. Et c’est vers le parti centriste et la gauche socialiste que Jonas Gahr Store va se tourner pour former un gouvernement. Nos réservoirs boiront jusqu’à la dernière goutte de pétrole.

Thomas More en 1516 , à propos de l’or et l’argent, écrivait « La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » On sait aujourd’hui ce qu’il en a été ! Mendeleïev, Thomas More, ce sont des points de vue éclairés que la société thermo-industrielle est incapable d’écouter. Tant pis pour elle, tant pis pour tous ceux qui croient encore que notre niveau de vie n’est pas négociable ! Demain régnera la décroissance subie, la grande crise finale… le monde post-pétrole, on commence juste à percevoir qu’il sera invivable.

Cinq écologistes face à l’enjeu décroissant

Les votes pour la primaire des écologistes débutent aujourd’hui 16 septembre 2021.

Voici quelques éléments de réflexion pour mieux comprendre les programmes des 5 présidentiables.

Décroissance ?

Jean-Marc Governatori souhaite « revoir notre mode de vie » mais ne veut pas parler de « décroissance » .

Eric Piolle : « La croissance est devenue une religion. Je ne suis ni pour ni contre : je n’y crois pas. »

Yannick Jadot : « Je suis décroissant pour le carbone, pour les maladies liées à l’environnement, pour les pesticides, mais je suis croissant pour le bien vivre-ensemble ».

Sandrine Rousseau : « La décroissance sans un projet social, sans une réforme de la fiscalité, sans une réduction massive des inégalités, sans un contrôle des marchés financiers et un protectionnisme aux frontières, ça n’existe pas ».

Delphine Batho : « La décroissance, seule voie réaliste pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre ».

Dévoiturage ?

Yannick Jadot souhaite interdire les ventes des voitures diesel et thermiques classiques à partir de 2030 et imposer une prise en charge obligatoire du forfait mobilité par les entreprises.

Eric Piolle propose d’interdire les vols aériens intérieurs si les trajets peut se faire en moins de 4 h 30 en train, et d’avancer à 2030 la fin de la vente des véhicules thermiques.

Jean-Marc Governatori prône le développement des transports collectifs, et rejette la voiture électrique qui est « un fléau écologique ». Il préfère investir dans les biocarburants de troisième génération, le train et le vélo.

Delphine Batho souhaite instaurer une règle sur le poids des voitures pour qu’elles consomment moins, développer le vélo et faire baisser le prix du train.

Sandrine Rousseau : « Investir sur les transports en commun et dépendre beaucoup moins de la voiture individuelle. »

Dénucléarisation ?

Delphine Batho prône une sortie du nucléaire « à terme, mais aujourd’hui, ce n’est pas possible ».

Jean-Marc Governatori envisage une sortie du nucléaire « quand on pourra, ça peut être dix ans, ça peut être trente ans ».

Eric Piolle souhaite une sortie du nucléaire : « En 2050, le nucléaire ne doit plus faire partie de la photo. »

Yannick Jadot souhaite une sortie du nucléaire « de manière responsable, c’est-à-dire sur quinze ou vingt ans ».

Sandrine Rousseau souhaite sortir du nucléaire « le plus rapidement possible ».

Déconsommation ?

Sandrine Rousseau propose de mettre en place un revenu d’existence à 850 euros et d’augmenter le Smic.

Eric Piolle propose un revenu minimum garanti dès 18 ans, mais aussi une hausse des bas salaires d’au moins 10 %.

Yannick Jadot propose de fusionner le RSA et la prime d’activité pour créer un revenu citoyen.

Delphine Batho considère que le gain de pouvoir d’achat passe par la décroissance « en consommant moins mais mieux, en achetant des produits d’occasion, ou en allant dans les brocantes ou vide-greniers… »

Jean-Marc Governatori souhaite le développement « des systèmes d’échanges locaux où chacun prend l’habitude d’échanger du temps, des biens et des compétences. »

Dés-addiction ?

Eric Piolle se déclare favorable à la légalisation du cannabis.

Sandrine Rousseau propose une légalisation du cannabis et la mise en place d’une politique de santé et d’accompagnement des personnes dépendantes.

Jean-Marc Governatori se montre défavorable à la légalisation du cannabis récréatif.

Delphine Batho souhaite légaliser et encadrer la distribution avec une politique d’interdiction pour les mineurs et une politique de santé publique.

Yannick Jadot est favorable à une légalisation « sous contrôle public, pour traiter les personnes en addiction ».

source : LE MONDE

Greenpeace, que je t’aime… que je t’aime…

L’ONG Greenpeace a fêté son 50e anniversaire le 15 septembre 2021. A l’origine mobilisée contre des essais nucléaires américains en 1971, cette institution entièrement autonome financièrement a mené des actions médiatiques dans de multiples domaines liés à la protection de la planète. Sans compter l’important travail d’enquête, d’investigation pour cibler au mieux leurs campagnes. Le premier salarié de Greenpeace France était chargé de la production photo, Pierre Gleizes ; ce qui éclaire bien le choix de communiquer avec des images percutantes. Greenpeace a toujours revendiqué de marcher sur deux jambes. L’activisme, avec cette forte capacité d’actions non violentes, et le lobbying qui l’amène à discuter avec les gouvernements et à s’asseoir aux tables des grandes conférences. Lors de la campagne contre la pêche des baleines, dans les années 1970, ils étaient à la fois sur les bateaux pour fournir des images, et présent à la Commission baleinière internationale. En 1982, celle-ci annonce la fin de la chasse commerciale à la baleine ! (Alexis Vrignon)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

14 septembre 2021, Militer à l’heure de la société du spectacle

11 octobre 2020, Urgence écologique et destructions de biens

24 janvier 2012, Devenir activiste avec Greenpeace

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

Quelques commentaires sur lemonde.fr, trop rares à notre avis :

Michel SOURROUILLE : Résister à la pression, rester zen, avec Greenpeace c’est ce qu’apprennent les futurs activistes. 80 % de cette formation porte sur la non-violence lors du stage de base, le Basic Action Training, le  » BAT » . Les personnes doivent être prêtes à endurer des situations de stress, physique et psychologique. Les militant(e)s ont vite fait de se faire cracher dessus, tu es formée pour sourire, ne pas répondre. Pas toujours facile, mais c’est la condition pour devenir activiste. Une activiste parisienne a sa méthode.  » Quand tu as un policier en face de toi, si tu t’adresses à son uniforme, c’est l’uniforme qui te répondra, explique-t-elle. Il faut parler à l’homme. » Les têtes brûlées ne sont pas les bienvenues. Chaque initiative est minutieusement préparée avec des repérages, des briefings durant lesquels sont présentés le contexte politique de la campagne, l’action elle-même et ses conséquences judiciaires éventuelles.

Choux rave à MS : Merci pour ce commentaire très juste. C’est vrai également pour des assocs plus jeunes (XR, Alternatiba…). Mais jusqu’à quand ? LM rappelait dernièrement que des centaines de militants écologistes étaient tués chaque année partout dans le monde. En France, on sabote les freins de la voiture d’une journaliste qui enquête sur l’agrobusiness en Bretagne. En Loire-Atlantique, les opposants au projet du Carnet sont intimidés et leurs véhicules vandalisés pendant que les gendarmes regardent ailleurs. Étant non-violent par nature, j’ai bien peur que le mur climatique, qui se rapproche de jour en jour, ne génère bientôt une explosion de violence.

pierre marie 22 : Bref, de l’agit-prop. On a connu ça du temps du communisme… La vérité compte peu. Il faut occuper le terrain médiatique. Jongler avec les fantasmes de peur des foules (nucléaire, grande extinction, dérèglement climatique)… C’est, hélas, redoutablement efficace pour manipuler l’opinion.

Lire aussi La centrale nucléaire du Tricastin visée par une action de Greenpeace pour sa vétusté

La Démographie Responsable en actes

Newsletter de l’association Démographie Responsable

1. Création d’une Alliance Européenne pour une Population Soutenable regroupant différents mouvements abordant le thème de la surpopulation à Filzbach en Suisse, les 21 et 22 août 2021.En anglais European alliance for Sustainable Population (ESP). Cette association relève du droit suisse, le bureau de Démographie Responsable en validera prochainement les statuts.

Voici la liste de ces associations : Ecopop ( Suisse et à l’initiative du projet) – Démographie Responsable (France, représentée par Martin Rott lors de la création) – Bocs Fondation(Hongrie) – Minder Mensen (« moins de gens », Belgique, néerlandophone) – Club van tien Miljoen (Pays Bas, Club des 10 millions)

D’autres mouvements participent aux discussions : One Baby (Belgique) – Prosperity for Sustainable Population (Allemagne) – Rientrodolce (Italie) – Population Matters Suède ( sans lien direct avec Population Matters Royaume-Uni)

2. Futurs salons : ( avec les incertitudes liées encore à la crise sanitaire)

–      Foire Echobio de Montbéliard les 18 et 19 septembre2021. Nous y tiendrons un stand.

–      Festival Climat de Strasbourg les 1er, 2 et 3 octobre 2021. Nous y aurons un stand et Didier Barthès animera une table ronde (voir plus bas)

–      Salon Marjolaine de Paris, avec une conférence de Denis Garnier (voir plus bas)

3. Articles :

–      Article de Denis Garnier sur France 24

–      Article du Canard Enchaîné suite à un entretien de Didier Barthès avec l’auteur ( texte en PJ)

4. Conférences :

Michel Sourrouille a tenu une conférence aux Journées d’Eté du Mouvement Ecologiste Indépendant (voir texte en PJ). Didier Barthès y a aussi fait une intervention pour faire le point sur la démographie mondiale et pour envisager les conséquences démographiques de la crise du Covid.

Rappelons que Michel Sourrouille a publié sur son blog « Biosphère Ouvaton » tout l’été et chaque jour, un article sur la démographie .

et toujours, avec les réserves dues à la crise sanitaire, sont prévues :

–      Une intervention de Didier Barthès à Strasbourg lors de la table ronde de la foire Echobio. Intervention qui portera sur le tabou du sujet de la surpopulation. 

–      Une conférence de Denis Garnier au salon Marjolaine le 11 novembre 2021, intitulée : « Pandémies  et démographie »

–      Deux conférences-débats de Denis Garnier et Didier Barthès à Paris en mars 2022 dans le cadre d’une exposition artistique à l’IMMIX Galerie. Cette expo-photos proposera des images de la surpopulation et les conférences devraient porter sur les liens entre démographie et émissions de CO2, et/ou sur les conséquences de la surpopulation sur la biodiversité…

5. Démographie Mondiale :

Le compteur de l’INED (que nous reprenons sur notre site) passera la barre symbolique des 7,9 milliards d’humains fin octobre 2021, le seuil des 8 milliards (début 2023) se rapproche  et notre association doit réfléchir aux actions que nous mènerons à cette occasion…

Écologie, la peur peut être bonne conseillère

Climat : les trois quarts des jeunes jugent le futur « effrayant ». 45 % des jeunes sondés affirment même que l’écoanxiété (solastalgie) affecte leur vie quotidienne, 39 % hésitent à avoir des enfants. . L’échec des gouvernements à faire face à la crise renforce cette détresse. Pire, le sondage a été mené avant l’enchaînement de catastrophes climatiques meurtrières de cet été, qu’il s’agisse des inondations en Allemagne, en Belgique ou en Chine, du cyclone Ida aux Etats-Unis ou des incendies en Californie, en Grèce, en Turquie ou en Sibérie. Historiquement, nous sommes passés d’une époque où on avait surtout peur de la nature sauvage à une peur face aux atteintes que nous infligeons à la nature. Cela fait longtemps que notre blog biosphere montre que la peur devient omniprésente :

23 juin 2019, Eco-anxiété, dépression verte, « solastalgie »

24 octobre 2018, Tout va s’écrouler ? Même pas peur !

15 décembre 2017, Peur du terrorisme, insouciance totale pour le climat

19 décembre 2016, Des chiffres, rien que des chiffres, à faire peur

24 octobre 2015, La peur écologique renforcera la peur « des autres »

13 janvier 2015, « Le marketing de la peur », un livre de Serge Michels

31 août 2012, Culture de la peur et extrémismes, Rachel Carson ?

1er mai 2012, Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

17 avril 2012, Nomophobie, la peur sans portable

12 mai 2010, j’ai peur d’être écolo

2 septembre 2007, peur de la nature ?

Les commentateurs sur lemonde.fr nous en disent plus :

De ma fenêtre : Cette enquête confirme ce que nous avons vécu avec nos enfants cet été lors d’une conversation. Celui de 13 ans nous a fait a part de sa peur du futur. Sa conclusion : « Vous avez de la chance, vous serez morts »

Brutus : On peut faire la même enquête sur la peur de la guerre nucléaire, les résultats dans les années 70 auraient été pas mal. Au niveau plus local, on peut faire une enquête en Afghanistan sur ce que pensent les femmes de leur futur. En Tchétchénie, Pologne, Nigéria sur le futur selon les homosexuels. Au Texas, on peut demander leur avis sur leur avenir aux jeunes filles qui ne veulent pas tomber enceinte. En Somalie ou en Haïti, ce que pensent les habitants de leur futur alimentaire. En Corée du Nord, on ne peut pas mener d’enquête. Et Elon Musk répondra qu’il a peur de l’intelligence artificielle future. Etc…

Nawak : Pauvres enfants…qu’auraient ils eu comme angoisses il y a 2 ou 3 siècles face aux incertitudes de ces temps oubliés ? Guerre, violence, famine, épidémie, absence de soins, d’éducation, d’accès à la santé…

ayhdk @Nawak : Sauf qu’à l’époque les possibilités de changement étaient réelles et les améliorations ont eu lieu, là il n’y a plus de plan B…

Michel SOURROUILLE : La façon anxiogène dont le catastrophisme est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet. C’est sur ce constat psychologique que surfent les anti-écolos. Rachel Carson a publié son livre « Le printemps silencieux »  en 1962. En résumé, l’usage du DDT (insecticide) tue les oiseaux, le silence règne sur les champs. Un site Internet commente : « La rhétorique extrémiste de Rachel Carson a généré une culture de la peur. » Lorsque des extraits du livre de Rachel ont été publiés dans le New Yorker, un chœur bien orchestré a accusé Rachel d’être hystérique et extrémiste. Alors le Président Kennedy avait constitué un comité pour examiner les conclusions du livre : Rachel avait scientifiquement raison. Le système des pesticides est un pari faustien, nous sommes gagnants à court terme, au prix d’une tragédie à long terme : les « nuisibles » s’adaptent par mutation, et les produits chimiques deviennent impuissants. Oui il faut avoir peur, l’angoisse peut être bonne conseillère.

Justin Kidam : Les jeunes ont raison d’être inquiets. Je me souviens encore de l’interdiction des sacs plastiques, puis des pailles en plastique. Il y a eu des discussions interminables sur ces points qui n’étaient pourtant que des détails en comparaison du problème à traiter avec le réchauffement.

Peps72 : Quand l’extrême-droite fait peur en agitant la menace migratoire (c’est mal). Quand l’extrême-gauche et les écolos font peur en agitant la menace climatique (c’est bien).

Balder : Les humains, quel que soit leur âge ont de quoi être inquiets car seule une dictature pourrait imposer les restrictions sur le mode de vie des pays développés et sur le taux de reproduction des autres pays. Malgré ces inquiétudes très peu sont capables de mettre en œuvre la simplicité volontaire, y compris nous qui postons sur ce forum. Le plus choquant est cette génération des années 45 à 55 « peace & love », qui s’est libérée du modèle patriarcal, des exigences de la religion, pour finalement devenir addictive à l’hyper-consommation, refuser de modifier son agriculture, pillé les ressources de la planète. Nous sommes dans une phase irréversible qui va provoquer la disparition de plusieurs milliards d’humain et un chaos indescriptible pour que la planète puisse retrouver un équilibre.

lecteur assidu : La mort est consubstantiel au vivant, l’Humanité est «  condamnée » par l’évolution du système solaire… Sur le fond «  avoir moins que ses parents » et «  ne pas avoir d’enfants » semble être un bon point de départ vers la non-croissance. Non- croissance, particulièrement du nombre d’humain, est une des bases de la pensée humaniste.

Antoine Waechter, écolo depuis ses douze ans

Antoine Waechter est un des co-fondateurs des Verts en 1984. Mais son militantisme était en germe depuis ses 12 ans, en 1961. Il découle d’un cheminement qui n’est pas intellectuel, mais sensible. Quand il était enfant, la vie foisonnait autour de son village. Il a vu disparaître son paradis, tracteurs et bulldozer ont effacé les paysages d’antan dans la moitié nord de la France. Bien avant que l’écologie ne devienne politique, il a créé à 16 ans une association, les « Jeunes amis des animaux et de la nature de Mulhouse ». Mais empêcher une autoroute ou lutter contre l’urbanisation était une action vouée à l’échec pendant cette période qu’on a appelé de façon présomptueuse « les Trente Glorieuses ». Antoine ne s’est pas avoué vaincu, il a depuis lors toujours milité, d’abord au niveau associatif, puis au niveau politique. Il garde de son enfance un sentiment très fort, toujours vivace. Il y a pour lui deux sortes d’écologie. La sienne est sensible à la beauté de la nature, consciente de la finitude du monde, une perception encore très présente en milieu rural. Mais cette conception entre en conflit avec une vision minérale de l’existence, celle des milieux urbains où se recrutent dorénavant les militants des Verts et leurs électeurs. La planète entière risque de devenir une surface sans nature sauvage où les humains resteront avec les seules espèces qui leur sont utiles. Cette vision est insupportable pour Antoine qui garde pour référence le film de Richard Fleischer, « Soleil Vert », sorti en 1973.

Antoine Waechter devient l’un des porte-parole des Verts en 1986, puis le candidat de ce parti à la présidence de la République à l’élection de 1988. Il fera une campagne sans moyens, circulant en train avec une simple valise. Mais il rassemblera pourtant 1,2 millions d’électeurs. A l’assemblée générale de son parti en 1993, la motion qu’il soutient est mise en minorité et c’est la ligne politique de Dominique Voynet qui l’emporte. Antoine voulait s’opposer aux alliances électorales qui arrime l’écologie au parti socialiste et lui faisait perdre son âme. Il quitte alors les Verts en 1994 pour fonder le Mouvement écologiste indépendant (MEI). Depuis, toutes les différentes tentatives de rapprochement entre les deux sensibilités ont échoué. Les Verts prennent de l’importance grâce au soutien des socialistes alors que le MEI perd de l’influence. Ce parti en faveur d’une écologie de rupture va être marginalisé, et souvent grâce à des procédures déloyales. Le PS se verdit grâce aux Verts, il s’acharne à détruire toute volonté d’indépendance des écologistes. EELV, qui succède aux Verts en 2011, persiste encore aujourd’hui dans cette logique d’une « union de la gauche » à visée électoraliste. Ses dirigeants croient qu’ils vont devenir le leader d’une social-écologie en devenir, gardant l’étiquette de gauche pour combattre la droite. Mais pour Antoine, l’écologie n’est pas à marier, son projet de société va bien au-delà de l’opposition libéralisme/socialisme, il s’attaque au productivisme. Le MEI se situe dans une vision non linéaire de l’histoire, il n’y a jamais progrès ininterrompue. Tout est cyclique, c’est inéluctable. Et l’humain esclave de l’outil, oublieux de la nature, ce n’est pas une fatalité.

Contrairement aux autres partis (toutes étiquettes confondues), le MEI porte aussi une attention soutenue à la question démographique. Antoine Waechter s’explique. Le poids de l’humanité sur la planète est le produit du nombre d’humains par la consommation du Terrien moyen. 5 milliards de personnes vivant aujourd’hui dans les pays en développement souhaitent pouvoir consommer comme nous, ce qui n’est pas illégitime. Comment un gouvernement démocratique peut-il porter le message d’une consommation frugale ? Pourtant, la situation se tend. Les Pays-Bas, par exemple, n’ont plus assez d’espace pour produire leur alimentation de façon autonome, ni même pour construire des résidences secondaires. Le MEI porte le message d’une maîtrise volontaire de la fécondité humaine. Antoine Waechter avec Didier Barthès ont d’ailleurs co-écrit un livre qui sera bientôt publié, « Le défi du nombre ».

NB : portrait antérieurement publié sur le site des JNE,

https://jne-asso.org/2021/09/06/antoine-waechter-ecolo-depuis-ses-douze-ans/

 

Militer à l’heure de la société du spectacle

Il y a les amuseurs publics qui nous font perdre notre temps, ainsi Valérie Lemercier : « Faire rire représente les premières joies de ma vie. Tout d’un coup, on a le sentiment de servir à quelque choses, d’avoir un intérêt. » Comme si une franche rigolade entre potes n’était pas la bonne méthode plutôt que sourire enfermé dans une salle de spectacle. Et puis il y a ceux qui servent vraiment à quelque chose. Ainsi Vincent Magnet qui laisse aux forêts le temps de vivre, Antidia Citores qui se met au service des océans, Sylvie Monier en défenseure opiniâtre des haies, Victor Noël, 16 ans (dont huit à protéger la nature), Rachel Lagière qui plante des variétés paysannes, François Sarano avec qui on reprend contact avec le vivant, etc. Grâce à eux et à tous les autres militants dans l’ombre, je sais que l’humanité peut être l’instrument du meilleur parmi le pire. Et je sais aussi que militer pour l’écologie, c’est ne pas s’attendre à des résultats probants, mais c’est faire ce qu’on doit faire.

J’ai toujours été un prophète de malheur comme Claire Nouvian, tous ceux qui annoncent la catastrophe afin que l’on puisse réagir et l’éviter. Mais aujourd’hui nous les écolos nous regardons les faits, le dérèglement climatique, la disparition des espèces, le recul de la démocratie, la concentration inouïe des richesses, l’état de surveillance numérique, le divertissement qui a gagné contre le goût de connaître et de réfléchir. Garder espoir relèverait de la profession de foi. Or nous ne sommes pas croyants, nous sommes réalistes. Les militants de Greenpeace ou de l’Earthforce ne sont pas des extrémistes, les vrais extrémistes ce sont les anti-écolos qui empêchent médiatiquement de lutter tous ensemble pour faire la paix avec notre mère la Terre et avec tous nos frères et sœurs qui méritent ce titre. Pour l’instant, nous perdons tous les combats, pour la planète, la justice sociale et les libertés fondamentales. L’humanité déraille et les bateleurs devraient arrêter de nous faire collectivement perdre la tête. Sinon, à bout d’arguments, les militants se transformeront en écoguerriers qui n’auront plus rien à perdre et qui n’hésiterons pas à détruire les biens nuisibles à l’équilibre planétaire.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 janvier 2020, Claire Nouvian, militantisme et désespoir

11 octobre 2020, Urgence écologique et destructions de biens

29 mars 2018, L’encéphalogramme plat du militantisme chez les jeunes

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

20 août 2014, Les écoguerriers en vert sont-ils des terroristes ?

9 septembre 2013, L’écologie pousse forcément au militantisme

21 juillet 2013, La force du militantisme écolo l’emportera forcément

6 décembre 2012, Où sont les écoguerriers ? Partout et près de vous !

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

17 septembre 2007, écoguerrier = terroriste ?

24 avril 2007, le code de l’écoguerrier

Pour un sevrage d’énergies fossiles, comment ?

Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, il faudrait laisser 60 % du pétrole et du gaz dans le sol, et 90 % du charbon. La production de gaz et de pétrole devrait diminuer en moyenne de 3 % par an dans le monde jusqu’en 2050 – et celle de charbon de 7 % –, selon les conclusions d’une étude parue dans Nature, mercredi 8 septembre.

Audrey Garric : « Pour parvenir à ce sevrage, au-delà du changement de comportement des consommateurs, le rôle des gouvernements et des investisseurs sera essentiel. Or aucun des engagements de réduction des émissions pris à ce jour par les principaux pays producteurs de pétrole et de gaz n’inclut d’objectifs explicites de réduction de la production. Pire, le monde prend actuellement la direction opposée, une augmentation annuelle moyenne de 2 % de la production d’énergie durant la prochaine décennie. De son côté le directeur du Centre énergie et climat à l’Institut français des relations internationales assure que « Le changement se fera tout seul avec les nouvelles technologies de mobilités » »

Les commentateurs sur lemonde.fr deviennent de plus en plus perspicaces :

Un passant bien paisible : Baisser la production, en voilà une excellente idée. Mais on fera comment pour la consommation ?

arthur Hemmer : Mais c’est expliqué en fin d’article « Le changement pour le pétrole se fera tout seul avec les nouvelles technologies de mobilités  » …. un sommet de démagogie bien entendu.

Laurent1837 : Quand je lis ce genre d’articles, je me dis que c’est mort.

Rosalie Abbey : Les autorités ivoiriennes se réjouissent ces temps-ci d’avoir découvert du pétrole et du gaz !

Fer : Eh oui, on pompera jusqu’à la dernière goutte de pétrole, jusqu’au dernier mètre cube de gaz, les multinationales sont là pour ça, et les politiques à leurs bottes, et les consommateurs qui consomment. Il est impensable, dans un monde à la « concurrence libre et non faussée », de ne pas continuer à aller dans le mur. Exemple : Macron sera réélu.

Mauvais sang : Ce n’est donc pas le réchauffement qui est la menace principale, mais plutôt la fin de l’énergie fossile, dont le pic de production est passé depuis longtemps déjà. Les crises énergétiques auront des conséquences économiques et sociales extrêmement négatives partout.

YW : Nous on veut rouler rouler… Dans nos voitures toujours plus grosses… On veut con conso consommer… Habiter la ville à la campagne…. On veut tout pomper… Pomper jusqu’à la dernière goutte… Et rouler rouler toujours plus loin… Pour montrer aux enfants… Ce qui reste de la nature…

Reggio : Ha ha… »‘les technologies de captation des GES sont incertaines » …Bon, autant dire tout de suite qu’elles n’ont aucune chance…

le sceptique : La civilisation industrielle à base fossile s’est mise en place entre 1770 et 1970. Il faut un degré d’ignorance abyssale de l’histoire des sciences, techniques et industries pour penser que sortir mondialement des infrastructures mises en place serait juste affaire d’un peu de bonne volonté sur deux ou trois décennies. Sans la productivité des machines énergétiques remplaçant le travail humain, la vie moderne est inconcevable, les deux-tiers de nos emplois actuels sont à changer. Et tous les horizons d’innovation sont énergivores (spatial, IA, robotique, médecine personnalisée, calcul quantique, nouveaux matériaux, etc.).

SLN : 7 milliards d’êtres humains n’ayant pas notre niveau de vie n’arrêteront pas leurs envies en si bon chemin, même si on commençait à donner l’exemple. Mais rassurez-vous, il y à fort à parier que le nettoyage se fera de lui-mème. La planète va devenir invivable, beaucoup d’espèce disparaître, l’humanité prendre un sacré coup, mais ensuite cela se calmera quand la nature aura repris le dessus. Profitons bien du voyage car 1) c’est trop tard 2) je ne veux pas imposer ma vision d’écolo à ceux qui n’ont pas mon confort, quand bien même c’est probablement ça qui les sauverait. C’est comme ça.

J.Etouffe : Quand j’étais gamin je n’arrivais pas à comprendre comment les juifs avaient pu se laisser enfermer dans les ghettos puis transporter vers les camps de concentration puis être exterminés sans réagir violemment. Puis j’ai compris que c’était comme les crabes que l’on met dans l’eau froide avant de la faire chauffer tout doucement et puis et puis … fini , mort ! Bien sûr, l’idéologie derrière le réchauffement climatique n’est pas immédiatement mortifère comme l’était l’idéologie nazie, mais d’une certaine façon c’est peut-être pire : c’est nous tous à notre échelle et collectivement qui sommes porteurs d’un comportement suicidaire que nous nous cachons en reportant la faute sur les autres et les gouvernements.

Minorités : tout à fait J.E. Mais il y a une issue contre nos pulsions destructrices : voter des lois qui nous contraignent, voter pour limiter l’offre, ce qui limitera la demande. Tout le contraire de ce que demande le peuple, les politiques et les économistes, bien sûr. Pour une personne addict à une drogue, il faut éviter tout contact avec la drogue. Une personne attirée par le chocolat sait qu’elle ne doit pas s’approcher d’un gâteau au chocolat, sinon elle craquera. Si la population est en partie obèse, ce n’est pas parce que les humains ont changé, mais parce qu’on propose à tous du gâteau au chocolat à volonté et gratuitement (au frais de la planète). Stop aux énergies fossiles, à la 5G, à l’évolution technologique qui va beaucoup plus vite que ce qu’on est capable de maîtriser.

2022, des candidates en dehors des clous

Deux candidates à la présidentielle 2022, une élection au féminin  pluriel ? Anne Hidalgo, a annoncé sa candidature le12 septembre 2021. Le même jour, Marine Le Pen lance officiellement sa campagne pour 2022.

Anne Hidalgo : « Je suis candidate pour offrir un avenir à nos enfants, à tous nos enfants… Le quinquennat qui s’achève devait unir les Français, il les a divisés comme jamais. Il devait régler des problèmes sociaux, il les a aggravés. Il devait protéger notre planète, il a tourné le dos à l’écologie… La transition écologique ne doit pas se faire au détriment des classes moyennes et des catégories populaires… »

Marine Le Pen : « La liberté n’est qu’un principe vide sans sa déclinaison avec un “s”. Voilà pourquoi nous avons fait le choix de ce slogan, “libertés, libertés chéries”…  En 2022, cette élection ce ne sera pas seulement un choix de société. Ce sera un choix de civilisation, un choix de vie et d’avenir pour nos enfants, un choix de sécurité et de puissance pour notre pays, un choix de liberté et d’indépendance… Nous devons décider qui rentre chez nous et à quelles conditions … Nous éradiquerons les bandes (dans les quartiers sensibles)… Les délinquants français en prison, les étrangers dans l’avion ! »

Chacune de ces candidates brasse ses thèmes de prédilection, aucune n’aborde de façon frontale l’urgence écologique. Pourtant c’est la décroissance du PIB qui nous guette et qu’une présidente pour 2022 se devrait de préparer par un programme qu’on pourrait résumer ainsi : sobriété énergétique ET sobriété du mode de vie, moins de biens ET plus de liens, penser globalement ET agir localement, etc. De gré ou de force, il faudra réduire nos besoins énergétiques ET l’exploitation immodérée des ressources ET la destruction des écosystèmes. En termes clairs et concis, ceux de René Dumont lors de la présidentielle 1974, « l’écologie ou la mort ». Selon l’enquête annuelle « Fractures françaises », 82 % des Français approuvent l’idée « que le gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques » quitte à « modifier en profondeur leur mode de vie ». Jean Pisani-Ferry avertit des « implications significatives » des mesures climatiques sur l’économie : « Aujourd’hui, les politiques ne tiennent aux gens que ce type de discours : vous aurez la même vie, mais avec des technologies différentes. A terme, la technologie va apporter des solutions, mais la transition sera brutale…  Qui va tirer son épingle du jeu ? La question va se poser assez vite. » Daniel Cohn-Bendit en est persuadé, « la transition écologique en douceur, ça n’existe pas. » Plus qu’un bouleversement comparable aux chocs pétroliers des années 1970, nous allons vers une crise structurelle profonde du type 1929.

Le ou la titulaire de l’emploi à l’Elysée en 2022 devra gérer des crises dont la pandémie et ses restrictions successives ont donné un avant-goût. Il ou Elle devra affronter en même temps des manifestations de bonnets rouges, de gilets jaunes, d’écharpes vertes et de chemises brunes. Le spectacle va être charmant, mais une femme au pouvoir peut être féroce, type Indira Gandhi ou Margaret Thatcher. Si les postulants pour 2022 ne parlent pas de rupture écologique à maîtriser pour ne pas subir des crises économiques à répétition, ce ne sont pas de bons candidat(e)s et autant rester chez nous lors de la présidentielle. Je rêve même que pas un seul Français et Française ne s’intéresse à cette élection afin que ces bateleurs tous aussi incompétents les uns que les autres comprennent à quel point ils sont devenus insignifiants. Voici quelques morceaux choisis sur le net :

Sylvain-19 : Madame Le Pen a la solution. Liberté ! Terminé les contraintes de Bruxelles sur les émissions de CO2 des voitures ! Liberté ! Le droit français prime sur le droit européen. On est libre.
Bon. Qui y croit ? Les anti tout ?

Palencia Domingo : Les promesses commencent à pleuvoir (Hidalgo : doublement du salaire des personnes en contact avec les enfants, etc., après Mélenchon qui annonce qu’il augmenterait très fortement le smic). La surenchère commence, à huit mois de l’élection. Les Français mal payés vont devenir riches ; c’la bonne nouvelle de la rentrée ! Je ne veux pas savoir comment tout cela sera financé. Je ne veux que d’excellentes promesses. Allez les candidats, un peu d’imagination.

Lafitte : « Je ne suis pas contre la vaccination, mais pour la liberté vaccinale. » dixit Marine = Je ne suis pas contre la limitation de vitesse, mais pour la liberté de rouler à 150. Quelle hypocrisie ! La gratuité du train pour les jeunes? Pourquoi pas pour les vieux? Ou pour les unijambistes? Demain on rase gratis.

La rupture écologique en mal de financement

L’éditorial du MONDE s’interroge benoîtement : « Qui va payer le coût de la transition écologique ? Alors que l’espoir d’une adaptation progressive de notre modèle de croissance a longtemps fait illusion, l’idée d’un ajustement brutal émerge. La primaire des écologistes montre à quel point ce langage de vérité est difficile à assumer. De Yannick Jadot à Sandrine Rousseau en passant par Delphine Batho, Eric Piolle et Jean-Marc Governatori, tous s’emploient à populariser une utopie : une société plus inclusive, un rapport apaisé à la nature, une consommation sans gaspillage, etc. Tous restent en revanche coupablement évasifs sur le financement de leurs propositions, même la taxe carbone reste en suspens. Entre le parler-vrai et la promesse d’un monde qui chante, les écologistes ont choisi l’option la plus facile. »

Cet éditorial a choisi la voie la plus facile, taper sur l’écologie institutionnelle. Les commentateurs sur lemonde.fr montrent les lacunes d’une telle approche :

Michel SOURROUILLE : Le financement des investissements en situation de crise économique n’est pas un problème. Depuis Keynes, on sait en effet qu’il suffit de dépenser d’abord, y compris par un déficit budgétaire, et le résultat final de la relance économique va permettre de rembourser largement l’emprunt initial. Le problème actuel, posé à tous les plans de relance du type Green Deal US ou Pacte vert de l’UE, c’est que la croissance économique est définitivement dernière nous par épuisement des ressources naturelles, d’où remboursement des dettes impossibles ! Il va falloir gérer la pénurie, situation que Keynes ne pouvait envisager à son époque d’abondance des ressources fossiles. On ne peut plus miser sur une relance des salaires, des dépenses sociales et des investissements « verts ». Nous allons bientôt retrouver la stagflation en vigueur dans les années 1970, une stagnation des activités économiques (donc un chômage surmultiplié) et une inflation galopante. C’est inéluctable.

Jean Rouergue : Notre gouvernement actuel en voulant sauver l’entreprise a t’il pensé à comment le financer ? « Quoi qu’il en coûte  » a t’il été décrété comme si demain il n’y aurait pas d’autres chantiers prioritaires… Il fallait sauver la possibilité d’une éventuelle réélection. Or tout a un prix, même l’air pur qu’on veut respirer.

Sarah Py : Le procédé souvent utilisé dans les médias ces temps-ci, consistant à choisir une cible aussi facile à écrabouiller que nos écologistes, est d’une facilité consternante, à la limite scandaleuse. C’est tirer sur une ambulance pour reprendre la formule de F. Giroud. Comme si le débat central, existentiel que doit être celui de la lutte contre les changements climatiques ne concernait que les écologistes, dont on sait surtout leur inaptitude à gagner l’élection à venir. Non, la question se pose à l’ensemble de nos élites économiques, politiques et autres. Y a t-il eu dans les débats de nos politiques une volonté de donner à la question climatique sa juste place ? Bien évidemment non, et ce serait à ces malheureux écolo d’assumer cette responsabilité ? Soyons sérieux.

Christophe To : Pas un mot du MONDE sur les candidats des autres partis qui proposent une croissance aussi « verte » qu’illusoire.

Frog : Je ne comprends pas pourquoi cet éditorial dit que la facture sera rude, puisque de toutes façons, si on n’essaie pas d’amorcer un tant soit peu la transition, ce ne sera plus un choc rude mais un effondrement ! On ne veut pas de choc rude et on préfère un effondrement brutal, c’est ça ?

Lorange : Lorsque la Terre sera devenue un cloaque invivable pour une partie de ses habitants et à peine viable pour le reste, on appellera encore nos économistes pour savoir si on peut financer le désastre ?

Doudoudodudor : l y a eu les bonnets rouges, puis les gilets jaunes. Que croyez vous qu’il arrivera si les verts appliquent leur programme comme des bleus en politique? Les chemises brunes vont arriver, et tout sera noir.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

2 octobre 2008, Keynes a tort

8 septembre 2021, La décroissance selon Delphine Batho

UICN, l’humanité sur la corde raide

« L’humanité a atteint un point de bascule », alerte le congrès mondial de la nature. Dans le manifeste de Marseille, adopté le 10 septembre 2021 à l’issue de son congrès, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) appelle à une « réforme systémique urgente » pour résoudre conjointement l’ensemble de ces défis. La “réussite” économique ne devrait plus se faire aux dépens de la nature. Tâche herculéenne, il s’agit de supprimer les polluants, éliminer la surpêche, diminuer la déforestation, réduire de moitié l’empreinte écologique des modèles de consommation et de production, transformer le système agricole et notre régime alimentaire… L’objectif spatial est de protéger et de conserver de manière efficace et équitable au moins 30 % des terres et des mers d’ici à 2030.

Les recommandations et résolutions votées à Marseille ne sont pas contraignantes, elles ne servent donc à rien. De plus cette « systémique » oublie carrément la variable démographique, ce qui est un comble pour une association tournée vers les systèmes biologiques et les mécanismes proies/prédateurs. Les commentateurs sur lemonde.fr sont plus perspicaces :

Bang : Consternant que personne encore parmi ces scientifiques n’ose faire publiquement le lien entre de nombreuses variables comme l’accès à eau potable, la diminution des ressources halieutiques et le nombre d’être humain. Plus de 3 milliards de plus en 40 ans … Mais non, les seuls problèmes, sont le moteur thermique, l’agriculture animale, etc…

Lorange : Que ne comprenez-vous pas dans : « les 10 % des plus riches consomment 50% des ressources de la planète » ? L’urgence c’est nous, c’est vous, pas les Africains.

Nawak @Lorange : Vous êtes totalement à côté de la plaque… Déjà parce qu’une partie des Africains migre vers les pays qui consomment le plus, et renforce donc cette consommation. Ensuite parce que l’Afrique est le continent où il y a tout à faire, tout à construire…A moins que votre vision des choses soit de laisser ce continent dans le même état : pauvreté endémique, manque de tout avec l’émigration comme seul horizon pour améliorer son cadre de vie.

Verslinfini : Il faut réécrire dans les religions la partie « croissez et multiplier » (c’est bon on a rempli la planète)

MoiMême : Précambrien, la nature élimine 95% des espèces. La vie repart de plus belle. Très longtemps après, la nature « produit » l’homme, lequel devient le facteur d’une extinction massive.
La vie repartira de plus belle, peut être sans nous. Nous sommes juste un des éléments naturels temporairement impliqué, sur un laps de temps ridiculement court. Un détail : quoi qu’il arrive, nous allons mourir, vous et moi, sans l’ombre d’un doute. Bonne journée !

Michel SOURROUILLE : L’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Une initiation à l’écologie profonde, une expression du philosophe Arne Naess, serait indispensable dans les écoles. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. La solution la plus radicale consiste à faire moins d’enfants. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 septembre 2021, UICN, les humains écrasent la biodiversité

2022, la décroissance démographique oubliée

La présidentiable Delphine Batho nous explique la ligne générale de son programme « La décroissance : pourquoi et comment » :

https://generationecologie.fr/2021/08/30/la-decroissance-pourquoi-et-comment/

Tous les militants pour la décroissance ne peuvent qu’être en parfait accord avec cette analyse. Par contre il y a un oubli total, la décroissance démographique. Dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques et démographiques, ce que le texte de Delphine Batho ne dit pas. Rappelons que René Dumont, avait une approche réaliste sur la démographie dans son programme de présidentiable écolo en 1974 :

« Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui. Je pense aussi que ce positionnement politique, qu’on pourrait appeler « malthusien » (au sens d’un dictionnaire de français), est porteur politiquement car l’idée de surpopulation est répandue dans la tête des électeurs/électrices alors que c’est devenu un tabou politique et médiatique.

La décroissance démographique peut être exposée publiquement de façon simple et compréhensible par tous et toutes. Notre impact écologique dépend à la fois de notre mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais le facteur « mode de vie » est assez rigide, nos comportements consuméristes sont formatés par la publicité et l’abondance à crédit. Par contre la maîtrise démographique apparaît d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes difficiles à remuer, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Plus les filles vont à l’école, plus le taux de fécondité baisse rapidement et fortement. Féminisme et environnement, même combat, accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire.

Les natalistes veulent interdire l’avortement

Dans l’État américain du Texas, une loi particulièrement restrictive est entrée en vigueur le 1er septembre 2021. La législation interdit toute interruption de grossesse dès lors que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit à partir de la sixième semaine de grossesse environ. A ce stade, beaucoup de femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes. La Cour suprême des Etats-Unis, avec six magistrats conservateurs sur neuf, n’est pas tenue de se prononcer avant l’entrée en vigueur de cette loi qui rend illégaux l’immense majorité des avortements – même en cas d’inceste ou de viol. Pourtant au Texas, selon les organisations de planning familial, plus de 85 % des femmes avortent après six semaines de grossesse. Avant le Texas, douze États avaient voté des lois pour interdire les avortements dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles. Ces législations ont toutes été invalidées en justice, en raison du fait qu’elles violent la jurisprudence de la Cour suprême, laquelle a reconnu dans l’arrêt Roe v. Wade » de 1973 un droit à l’avortement tant que le fœtus n’est pas viable, soit jusqu’entre vingt-deux et vingt-quatre semaines de grossesse. Mais le Texas a formulé sa loi différemment. Ainsi, il ne revient pas aux autorités de faire respecter la mesure, mais « exclusivement » aux citoyens, encouragés à porter plainte au civil contre les organisations ou les personnes qui aideraient les femmes à avorter et pouvoir ainsi gagner de l’argent ! Le ministère américain de la justice a promis le 6 septembre, de protéger les cliniques pratiquant des avortements au Texas.

Les associations « pro-life » (pro-vie) qui veulent interdire tout avortement relèvent d’une attitude anti-démocratique. L’avortement est un acte volontaire et non obligatoire, or les réactionnaires veulent interdire ce choix pour des considérations qui se révèlent d’origine religieuse, c’est-à-dire des arguments d’autorité, avec pratiques imposées. Par contre la démocratie est un lieu vide à l’origine où on peut déclarer légitime une chose ou son contraire, on délibère collectivement, on recherche la meilleure voie, ce qui fluctue historiquement. L’avortement a été violemment réprimé en France par la loi de 1920, mais autorisé par la loi Veil de 1975. Aujourd’hui la démocratie, face au constat mondial de surpopulation, devrait permettre d’autoriser l’IVG (interruption volontaire de grossesse) dans tous les pays sans exception. Redisons à nouveau qu’autoriser ne veut pas dire rendre obligatoire.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 janvier 2021, Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

23 octobre 2020, Le droit à l’avortement remis en question

Pour savourer quelques contributions sur lemonde.fr :

Nicolas23 : cette référence des premiers battements de cœur me fait me demander à partir de quand est-ce raisonnable de considérer qu’un embryon devient un être humain.

Clicisclic : Le cœur est un organe qui a une forte charge symbolique, mais il n’est pas le siège de la pensée. C’est émouvant à l’échographie de voir qu’un cœur fonctionne, mais c’est surtout beaucoup de projection de notre part. Il n’y a pas le début de l’ombre d’une conscience, qui se fait dans le cerveau.

I Comas : Le même jour, une loi est passée autorisant le port d’une arme à feu dès 21 ans sans permis. Donc t’es un texan, tu peux violer ta nièce sous la menace d’un flingue, et c’est ta voisine qui l’aura aidée à avorter qui va se retrouver en prison pendant que tu toucheras 10 000 dollars pour l’avoir dénoncée. C’est beau, le rêve américain.

Horus77 : La lutte contre l’obscurantisme religieux ne finira qu’avec la fin des religions. On a donc en perspective des siècles de luttes contre des gens qui pensent parler au nom d’un Dieu qu’ils n’ont jamais vu et dont on a aucune preuve tangible. C’est hallucinant de régression.

Zebucourt : Imposer de poursuivre une grossesse revient à prendre possession du corps des femmes. Obliger une femme à faire une chose qu’elle ne veut pas c’est en faire une esclave.

Solutions radicales pour surpopulation avérée

On avait tout essayé, généralisation du planning familial dans tous les pays, émancipation des femmes et scolarisation des filles, distribution de préservatifs dans les lycées, gratuité de la pilule, cours pour enfants et adultes sur la capacité de charge d’un territoire, connaissance généralisé de l’empreinte écologique, etc. Pourtant l’espèce humaine rajoutait encore et toujours 80 à 90 millions de personnes chaque année aux milliards déjà préexistants. Le monde était donc à feu et à sang depuis des décennies. On survivait difficilement avec des températures insupportables suite aux émissions de gaz à effet de serre du XXIe siècle, le choc pétrolier ultime avait multiplié par 780 le prix du baril dans la décennie 2050 au point de rendre le pétrole inaccessible pour des bourses déjà vides, des pénuries alimentaires extrêmes résultaient de l’effondrement de l’agriculture industrielle, la hausse du prix des biens de première nécessité était continue et désespérante, les villes tentaculaire sont devenues ingérables, des bandes armées incontrôlées se multiplient dans les banlieues et dévastent même des pays entiers, les soins sanitaires sont en déshérence un peu partout étant donné la faillite des systèmes de santé, des populistes font et défont les pouvoirs en place, des hordes de manifestants éructent leurs colères face à des gouvernements impuissants, la démocratie vacille… Pourtant la fécondité humaine restait vivace pour compenser les vides laissés par une mortalité extrême. Comme l’effondrement de la société thermo-industrielle avait entraîné une décroissance économique extrême, on n’avait plus d’argent pour faire autre chose que du contrôle démographique. Alors ce qu’il restait de l’ordre international organisa une rencontre de la dernière chance pour juguler la surpopulation. Il fallait taper vite et fort pour se faire entendre, d’où les décisions suivantes prises à l’unanimité :

– Le permis de procréer devient obligatoire pour les couples, un seul enfant par femme devient la norme mondiale.

– Pour éviter toute récidive, la stérilisation de la femme est réalisée juste après son accouchement.

– Les hommes n’ont droit eux aussi qu’à un seul enfant, à eux de s’adapter pour trouver une femme nullipare.

– La vasectomie est pratiqué après la naissance, l’égalité des sexes devant la contrainte de fécondité est respectée.

– Le couple parental devient indissociable pendant les 15 premières années de l’enfant.

– Obtenir un permis de parentalité est une nécessité, on vérifie a priori la capacité des futurs parents à s’occuper durablement d’un enfant.

– Si un bébé souffre de déficience mentale ou physique, il est recyclé dans la chaîne alimentaire.

– Le suicide assisté est facilité pour toutes les personnes qui le désirent, quel que soit leur âge.

– L’euthanasie active pour les personnes en fin de vie résulte d’un échange entre toutes les parties concernées.

– Les personnes qui désirent vivre à tout prix doivent prendre en charge tous les frais propres à leur état.

– Un comité délibère dans le cas des personnes qui ont perdu toute conscience de leur état physique ou mental.

Les casques verts sont chargés de faire respecter le présent diktat mondial. Leur tâche est d’ailleurs facilitée par le fait que ces solutions radicales ont été acceptées par la grande majorité de la population ; les souffrances de la vie quotidienne endurées depuis longtemps par les familles faisaient en sorte que les gens avaient pris conscience qu’il n’y avait pas d’autre alternative. Par exemple les personnes en fin de vie acceptent facilement d’abréger leur existence puisqu’elles ont conscience qu’elles sont devenues une charge pour la société et pour leur famille.

NB : Bien entendu le présent texte n’est qu’affabulation, n’est pas Cassandre qui veut. Notez aussi que l’auteur/trice de ce texte écrit le 8 septembre 2063 veut conserver son anonymat, il risque encore aujourd’hui sa vie tant les natalistes et autres tenants du droit à la vie à tout prix règnent encore sur le monde actuel et pourchassent avec violence les rares malthusiens ou ce qu’il en reste.

Sortir de l’impasse démographique, vite

Antoine Bueno : Notre empreinte environnementale dépend de note mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais comme le facteur « mode de vie » est rigide, on ne peut se priver d’agir sur la population. A côté des transitions économiques, la maîtrise démographique apparaît d’ailleurs d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception et en demandes d’IVG partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Il y a en effet une forte corrélation négative entre le niveau d’instruction des filles et le taux de fécondité moyen. Plus les filles vont à l’école, plus le aux de fécondité baisse rapidement et fortement. De plus accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Féminisme et environnement, même combat. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire. Soit 0, 0005 % du PIB mondial quand la transition économique en réclamerait 2000 fois plus. Faire l’impasse sur la démographie pourrait bien nous mener à une impasse écologique. (revue Front populaire n° 5, page 32-33)

Brigitte Bardot : La démographie galopante sera notre prochaine tragédie. J’attends une prise de conscience. Or, comme c’est un sujet qui fâche, on évite de l’aborder. Mais comment peut-on penser que l’on pourra résoudre les problèmes posés par la pollution, les déforestations et les gaz à effet de serre avec une progression démentielle de la démographie humaine ? La planète a déjà du mal avec les 7,6 milliards d’êtres humains qu’elle doit supporter aujourd’hui. Que se passera-t-il en 2050 s’il y en a 9,8 milliards comme le prévoit l’ONU ? Le combat sera perdu d’avance. L’humanité sera responsable de la fin d’un monde qui, déjà, commence à s’effriter… Notre drame, si j’ose dire, est que l’homme n’a pas de prédateurs, contraire aux autres espèces animales. C’est pourquoi je me demande si le coronavirus n’est pas un signe qui nous est envoyé. (revue Front populaire n° 5, page 13 et 15)

Michel Onfray : Le productivisme qui fut l’horizon indépassable de la gauche et de la droite pendant des dizaines d’années, mais également le natalisme, une idéologie partagée par les mêmes, ont l’un et l’autre contribué à épuiser la planète et à faire naître un sentiment écologique… Hans Jonas affirme qu’engendrer est une obligation éthique sans imaginer une seule seconde que ce puisse être un choix et qu’on puisse s’y soustraire en ne souhaitant pas procréer. Après tout, cesser de faire des enfants serait une bonne méthode pour économiser la planète ! Bonne et très efficace, la meilleure peut-être ! (revue Front populaire n° 5, page 3 et 4)

Jean-Paul Belmondo ne méritait pas d’hommage national

Jean-Paul Belmondo est mort. Pauvre civilisation malade qui chérit comme une idole un acteur parmi tant d’autres saltimbanques. Des dizaines de milliers de fan(atique)s pour voir passer un corbillard. Bientôt des pèlerinages pour aller voir une tombe parmi tant d’autres sépultures. Jean-Paul Belmondo n’est pour un écologiste que le symbole de la société du spectacle, de la futilité et de l’oubli des réalités. Normalement une icône doit se comporter comme un saint et œuvrer au bien commun. Jean-Paul Belmondo n’en avait ni les pratiques, ni les discours. Il ne méritait pas une folie médiatique, encore moins le speech d’un président de la République… Un hommage populaire qui n’est pas mérité, un éditorial du MONDE basé sur la popularité et non sur la valeur d’une personne, un hommage national qui est une injure à tant d’hommes et de femmes qui ont œuvré pour faire progresser la société et qui ont été oubliés des médias. Jean-Paul Belmondo, « Un trésor national », avait loué le chef de l’État en début de semaine. Mieux vaut en rire qu’en pleurer !

Nous sommes une société artificielle où l’information chasse la précédente, donc plus aucun événement n’a d’importance. De temps en temps on s’immobilise médiatiquement sur des événements anodins comme les manifestions récurrentes des gilets jaunes et des anti-vaccinations… quand il n’y a pas un attentat terroriste ou un procès retentissant. Un jour on nous parle de la fonte des glaciers, c’est abominable, le lendemain de la mort de Johnny Hallyday, c’est atterrant, le surlendemain de l’extinction de la biodiversité, c’est catastrophique, aujourd’hui 9 septembre 2021 c’est un hommage national à Jean-Paul Bermondo ! Autant dire que le pic pétrolier est derrière nous et pas devant, on a déjà oublié que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables puisque l’essence est abordable, on veut ignorer que la société thermo-industrielle va droit vers son effondrement. Misère, misère, trop de faits divers tue l’information, tue l’intelligence collective, tue notre capacité à envisager l’avenir. Les commentateurs sur lemonde.fr sont presque de notre avis :

Shiva : Bebel le Guignolo, un joueur de claquettes, aux Invalides, bientôt au Panthéon. Tout est bon pour Macron pour se mettre dans le vent de la popularité.

Bambi : Qu’il soit un acteur populaire certes, mais au delà que restera-t-il comme grands films ? Assez peu. Entrer au Panthéon ? Au nom de quels services rendus à la patrie ? Quels actes de courage ? Quelle générosité concrète ? Quels investissements au service d’une cause ? Des Obsèques nationales !!! c’est indécent et déplacé au regard des soldats morts sur les terrains d’opération, des combats de Gisèle Halimi… l’éditorial du Monde sombre dans une démagogie sans nom. Un peu de courage et de dignité, Belmondo a eu une vie de star et il s’est enrichi en donnant du plaisir à certains. Ça ne mérite pas tout ce cinéma.

Rgc : Un président de la république n’a-il pas mieux à faire que de s’occuper de l’enterrement d’un artiste de variété ?

JL31 : Ouf, on a échappé à la panthéonisation …

Noussachons : Du pain et des jeux… la chute de l’empire romain !

Isaphan : Après Jean-philippe Smet (Johnny) et Jean d’Ormesson, Jean-Paul Belmondo. Faut-il que le pays manque cruellement de héros ?

Michel SOURROUILLE : Emmanuel Macron se comporte comme un populiste qui caresse la foule dans le sens du poil pour conserver son pouvoir. Qu’il accorde de l’importance à Jean-Paul Belmondo relève de l’émotionnel, pas de la raison d’État. Ce n’est pas digne d’un président de la république en charge de la place de la France dans le monde, mais aussi (et surtout) garant de la stabilité internationale comme de la préservation de la planète. Ouvrant le congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature le 3 septembre 2021, le chef de l’État avait fait le service minimum, se contentant encore une fois de vagues promesses… sur la protection des mers françaises !

Nous avons eu sur ce blog biosphere les mêmes réactions lors des célébrations de la mort de Johnny :

10 décembre 2017, Johnny Halliday, symbole de la société du spectacle

6 décembre 2017, Johnny Hallyday est mort, cela nous fait ni chaud ni froid

12 décembre 2009, Johnny Hallyday est mort

L’idée de liberté à l’heure du pass-sanitaire

Jean-Claude Kaufmann : Avec les manifestations récurrentes du samedi anti-pass, des oppositionnels se regroupent autour d’un slogan, la défense de la liberté, supposée menacée par la montée d’un autoritarisme étatique : « J’ai le droit de ne pas me faire vacciner, c’est ma liberté ! » Le processus de démocratisation individuelle ne cesse de s’élargir : nous décidons de plus en plus par nous-mêmes et pour nous-mêmes, dans les domaines les plus divers, inventant notre propre morale et notre vérité. Ce nouveau type de société produit à la fois un élargissement des libertés concrètes dans certains domaines et un fractionnement des communautés. Dans ce contexte, se positionner abstraitement pour la liberté n’a aucun sens. Ceux qui croient lutter au nom de la liberté ne font qu’accentuer les clivages et renforcer les tenants d’un autoritarisme plus marqué.

Pangeran : Merci Kaufmann pour cette remise en perspective de l’utilisation du mot liberté. Les gens qui manifestent ont accepté sans frémir de passer le permis, voyager avec un passeport, se faire soigner avec une carte Vitale, mais aussi donner leur approbation à tous les cookies du monde Internet en appuyant sur la monstrueuse touche « tout accepter ». Tout cela est-il liberticide ? Pourquoi une telle focalisation sur ce Passe Sanitaire ? Je m’interroge.

Michel SOURROUILLE : Un réfugié afghan se pose une seule question : « Que vais-je faire de cette liberté maintenant que je ne cherche plus à savoir ce que les autorités pensent de moi ? » Bienvenu en France, le pays où on ne sait plus quoi faire de sa liberté. Dans un monde normal, on sait toujours ce qu’on doit faire. Dans la société thermo-industrielle, on ne sait plus si on doit utiliser plutôt son iPod, son iPhone, l’iPad ou son dernier achat le smartphone. La liberté dans le monde occidentalisé, ce n’est plus de travailler à son rythme à un travail utile, c’est dépendre de la prise électrique pour vivre dans un monde virtuel et, pour le fun, manifester de temps en temps contre la taxe carbone ou le passe sanitaire.

Didier O : Quand le monde se complexifie les règles se multiplient. Ça a donc un prix mais aussi des avantages. Dans un monde peuplé de 5 personnes l’anarchie peut être cool un moment mais dans un système complexe de 7 milliards d’humains et autant de machines ça bug. Il a été calculé que si vous faites Paris-Marseille en voiture vous êtes soumis à plusieurs centaines d’injonctions. Cela permet à plus de gens de faire le trajet en moins de temps et en moins dangereux.

Pour en savoir plus sur le concept de liberté :

28 avril 2008, écolo-liberté ou écolo-fascisme ?

9 mars 2009, illusion de la liberté avec Pascal Bruckner

16 mai 2010, liberté contraceptive ou planification ?

15 février 2014, La liberté de se reproduire est intolérable