Apprendre à désobéir, une nécessité absolue

Le collectif des Désobéissants vous propose une journée de formation à la désobéissance civile, le samedi 26 juin à Chaville (25 min de Paris en RER). Pour s’inscrire ou en savoir plus, envoyez nous un mail: desobeissance.paris@protonmail.com

Ce stage s’adresse aux militants expérimentés comme aux militants débutants. Il s’agira notamment d’apprendre à organiser des actions visant à défendre des droits sociaux de plus en plus menacés, les Droits humains et des animaux, l’avenir de la planète…Cette formation peut s’avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.

PROGRAMME

1) Positionnement philosophique: Pourquoi la non-violence ? Comment utiliser la répression pour faire avancer la cause ?

2) La rencontre avec son adversaire: policer, gendarme, vigile…

3) Techniques de blocage et de résistance à une évacuation, gérer son stress pendant l’action

4) Déroulement d’une action/ Aspect méthodologique

– coordination, sécurité, communication, négociation, évaluation – répartition des différents rôles dans une action – les différents types d’action : répertoire et exemples concrets – check list (récapitulatif) d’une action type

5) Aspects juridiques / audition au commissariat

– quels droits quand on est arrêté par la police ? – la garde-à-vue – la convocation au commissariat

6) L’action et les médias
7) Aspects stratégiques: Objectifs de l’action? Adversaires? Alliés? Comment gagner une lutte (exemples de luttes non-violentes victorieuses)? Quelles erreurs éviter?
– Horaires: samedi 26 juin de 9h45 à 17h45.
– Lieu: Pour
connaître l’adresse, merci de s’inscrire: desobeissance.paris@protonmail.com

– Prix: La participation aux frais est libre (prix conseillé 30€). Chacun donne ce qu’il peut en fonction de ses moyens.
– Covid-19: Nous respecterons naturellement les gestes barrières, et chacun.e est invité.e à se munir d’un masque.
– Repas: Chacun est invité à venir avec son repas du midi (ainsi qu’un verre et une assiette et des couverts si nécessaire). Nous ne pourrons pas partager la nourriture pour des raisons sanitaires.
– Formateur: Praticien de la Désobéissance civile depuis plus de 10 ans en France et à l’étranger, il anime des formations depuis 8 ans dans toute la France auprès de militants œuvrant pour la justice sociale, les droits humains, les droits des animaux, l’écologie…

Article de presse sur nos formations.
Bonne journée,
les Désobéissants
www.desobeir.net

GIEC et IPBES sont dans un bateau…

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) montent dans le même bateau pour la première fois : « Plus le monde se réchauffe, moins il y a de nourriture ou d’eau potable dans de nombreuses régions. Les changements de biodiversité, à leur tour, affectent le climat, en particulier par le biais d’impacts sur les cycles du carbone et de l’eau. »

50 spécialistes mondiaux appellent donc à une lutte commune alors que les deux aspects sont traités séparément. La COP15 sur la biodiversité est prévue en Chine cette année ou au plus tard en 2022 et la COP26 sur le climat sera organisée en Écosse. Mais GIEC et IPBES sont montés dans un bateau qui prend déjà l’eau de toutes parts. Le réchauffement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre et l’extinction de la biodiversité entraînée par la surpopulation humaine continuent de plus belle. Les 50 scientifiques ne peuvent que lister de bonnes intentions, évidentes : stopper la destruction des écosystèmes, restaurer les écosystèmes dégradés, limiter l’érosion des sols, augmenter la superficie des aires protégées, limiter les bioénergies, réduire notre consommation de protéines animales, etc.

Sur ce blog biosphere, nous montrons régulièrement que nous ne faisons politiquement et économiquement rien d’efficace pour limiter les dégâts multiples et profonds que nous infligeons à la planète, le bateau va couler. Mais vous, pour sauver le climat, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Pour sauver la biodiversité, que faites-vous ? Face à la catastrophe annoncée, nous pouvons toujours apprendre à nager… individuellement en pratiquant la simplicité volontaire et en devenant Colibri, associativement en adhérant à Greenpeace, France Nature Environnement, Démographie Responsable, Casseurs de pub… la liste est longue, heureusement car c’est le seul espoir, faire ensemble ou chacun dans son coin une insurrection active.

Pour en savoir plus :

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag (en France)

8 mai 2020, Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

1er janvier 2020, Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

5 décembre 2019, L’historique du fiasco climatique

29 septembre 2019, Sur terre et sous l’eau, le désastre

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

11 octobre 2018, GIEC et politique, l’incompatibilité demeure

Barkhane du point de vue des écologistes

Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin 2021 la fin de l’opération « Barkhane » pour laquelle des  soldats français sont déployés au Sahel depuis 2014. Donnez-nous un seul exemple qui montre que la guerre sert à quelque chose. Pour le moment nous n’en connaissons pas… depuis que les humains se font la guerre ! Même pour des forces d’interposition, le résultat n’est pas garantie, les exemples sont innombrables, Afghanistan, Libye, Mali. Depuis le début, nous avions dénoncé sur ce blog une opération malienne voulue par Hollande et vouée à l’échec :s

15 janvier 2013, intervention au Mali, une erreur de plus des socialistes

20 janvier 2013, guerre au Mali, encore des morts… pour rien

28 novembre 2019, Des morts pour rien au Mali

13 janvier 2021, L’écologie contre l’interventionnisme armé

23 janvier 2021, Guerre au Mali, guerre colonialiste

Laissons à l’Église sa doctrine de la guerre juste ; massacrer pour la « bonne cause » est devenue une maladie récurrente de l’histoire humaine. Pour faire la paix demain, ne prépare pas la guerre. Mieux vaudrait tarir à la source la cause des conflits plutôt que se préparer à des guerres sans lendemain. Quelles sont les menaces ? La Chine et autres pays « proliférants », les risques des États en faillite, les risques de la mondialisation (flux de marchandises, terrorisme, attaque informatique). L’état actuel de la communauté internationale empêche tout conflit du premier type qui puisse toucher la France. La faiblesse d’Etat comme le Mali est un problème interne à ce pays et aurait du le rester. Enfin des soldats en uniforme ne sont pas équipés pour faire face à un ennemi invisible, problématique typique du terrorisme. Restent les problèmes de la mondialisation qui est en fait un problème de partage des ressources, donc un problème commercial et éthique et certainement pas militaire. Par exemple, un pays occidental est-il en droit d’intervenir militairement en Arabie Saoudite pour perpétuer son approvisionnement en pétrole ? Certainement pas. Quelles guerres l’écologie peut-elle accepter ? On sait pertinemment que toute guerre est en soi destructrice nette de ressources. La menace multipolaire du terrorisme est-elle soluble dans un engagement militaire  classique ? La réponse est NON. Faut-il éliminer toutes les armées nationales ? La Réponse est OUI. Que faire des militaires ? Les mettre au service de l’ONU, mettre des casques bleus sur la tête des soldats !

Dorénavant, il s’agit pour les politiciens d’améliorer les relations diplomatiques au niveau mondial, et nous serons d’autant plus apte à négocier sérieusement qu’on s’interdira le recours à l’armée comme continuation de la politique par d’autres moyens. C’est la condition nécessaire (et non suffisante) pour que le « concert » des Nations puisse aborder des problèmes aussi graves que le pic énergétique ou le réchauffement climatique…

Pour en savoir plus sur les autres interventions militaires :

21 mars 2011, LeMonde, va-t-en guerre en Libye !

22 mars 2011, LeMonde sent le vent tourner en Libye

24 mars 2011, LeMonde, une guerre « juste » en Libye ?

21 février 2012, La guerre de Libye, l’écologie et la non-violence

16 août 2014, Le pape François pour une guerre « juste », hérésie ! en Irak)

6 février 2018, LE MONDE et la guerre en Libye, bonjour l’aveuglement !

13 janvier 2021, L’écologie contre l’interventionnisme armé

Les inégalités du point de vue écologiste

Notre société est toujours une royauté, avec ses privilégiés qui n’ont pas un carrosse mais un avion personnel, par de palais mais des demeures luxueuses disséminées dans le monde entier, et un amour immodéré pour les paradis fiscaux. L’inégalité permet à certains d’avoir une empreinte écologique démesurée alors que d’autres personnes vivent en dessous du minimum vital. La différence de richesses entre personnes est non seulement injustifié d’un point de vue socio-économique, mais insupportable d’un point de vue écologique. Notre critère est simple. Dans une société du gaspillage généralisé sur une planète dévastée, nous devons mettre en place un système de sobriété partagée. Les inégalités doivent disparaître et la consommation se réduire de façon drastique. Il faut repenser revenu du travail et revenu du capital, impôt sur le revenu et impôt sur le patrimoine. Voici quelques propositions avant d’aborder le traitement actuel des riches aux USA et en France.

Propriété : La propriété, c’est le vol. L’homme ne travaille pas socialement pour lui-même mais pour le bien commun. Il n’a aucun droit absolu sur « son » entreprise », « son » capital, « sa » maison, « son » salaire, etc. C’est un locataire perpétuel temporairement embarqué dans des structures collectives qu’on appelle entreprise, capital financier ou technique, maison pavillonnaire ou HLM, participation à la valeur ajoutée de l’entreprise (pour le paiement des salaires ou le bénéfice).

Répartition de la valeur ajoutée : Aucun dirigeant d’entreprise n’a à lui seul le pouvoir de faire de l’argent. En fait il bénéficie du groupe de travail que constitue l’ensemble des travailleurs de l’entreprise ; ce sont eux qui font la valeur ajoutée. Sans personne à sa disposition, un patron n’est qu’une personne indépendante qui ne peut compter pour gagner de l’argent que sur ses propres forces ; artisans et commerçants travaillent beaucoup et ne gagnent pas grand chose. L’autre aspect est le chiffre d’affaires de l’entreprise, c’est-à-dire l’apport d’argent par les consommateurs. Plutôt que de rémunérer le seul patron sur les bénéfices, ou distribuer aux actionnaires, on peut aussi bien réparitir l’argent à l’ensemble du personnel ou, mieux, redonner l’argent en trop aux consommateurs en diminuant les prix de vente. D’ailleurs les montants versés aux dirigeants dépendent moins de leur « performance » individuelle que de la taille de l’entreprise. Plus l’entreprise est grande, plus sa valeur ajoutée permet les fortes rémunérations d’une seule personne… avec la bienveillance d’un conseil d’administration inféodé à ce patron.

Salaire : Il est possible de fixer un salaire minimum, il est donc possible de plafonner le salaire des dirigeants. Un patron ne possède que deux bras et une seule tête, des besoins similaires à tous, il ne vaut pas beaucoup plus que n’importe lequel d’entre nous et sans doute beaucoup moins dans des tas de domaines (la sagesse, le respect des autres, l’amour de la nature, etc.). Donc à travail égal, salaire égal. Il n’y a pas d’inégalité de valeur entre le travail d’un éboueur et celui d’un PDG. Ils sont aussi utiles à la société l’un que l’autre, ils dépendent autant l’un de l’autre, ils ont les mêmes besoins matériels. Alors pourquoi à travail égal un revenu différencié ? L’unité monétaire devrait être définie par l’heure de travail, seul le nombre d’heures travaillées ferait la différence de revenu entre dirigeant et dirigés. Admettons qu’un patron travaille 15 heures par jour sept jours sur sept en pensant certaines nuits à son entreprise. Même dans ce cas il ne devrait être payé que trois fois la somme donné au travailleur de base de son entreprise, il ne turbine pas du chapeau plus de 100 heures par semaine ! Pratiquons la simplicité volontaire, exigeons des cadres et des patrons de faire de même.

Héritage : quand le patrimoine est transmis d’une génération à l’autre par famille interposée, les inégalités se reproduisent dans le temps. Toute égalisation consisterait à donner à chaque personne le même capital de départ, ce qui est difficile quand on considère qu’il y a à la fois un capital économique et financier (entreprise, patrimoine de rapport), mais aussi un capital culturel ( pouvoir de se faire entendre, qualité acquise par une socialisation spécifique), ou même un capital relationnel (le carnet d’adresses des parents et/ou de la grande école dont on sort). La disparition de l’héritage des biens mobiliers et immobiliers serait un premier pas vers une société abandonnant la reproduction des privilèges. En définitive la polarisation des raisonnements sur la reproduction sociale oublie un paramètre essentiel, le niveau de capital naturel qui est transmise non pas à l’intérieur d’une famille, mais d’une génération humaine à l’autre. C’est pourtant là l’essentiel, préserver l’avenir des générations futures en transmettant un capital naturel intact.

Interaction spéculaire : dans l’état actuel de la planète, affaiblie et épuisée, aucune personne ne devrait revendiquer un niveau de vie supérieur à celui de la moyenne mondiale. Tant que les gros continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine, sommes-nous incités à changer notre mode de vie et à limiter nos gaspillages? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de la classe globale soit sévèrement réduite. En soi, pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Thorstein Veblen pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas.

Actualisation. Jeff Bezos n’a pas payé d’impôt sur le revenu en 2007 et en 2011, Elon Musk n’a pas versé un cent en 2018, George Soros n’a rien payé trois ans de suite. Selon les calculs du site ProPublica,, sur la période 2014-2018 les vingt-cinq premiers milliardaires américains ont payé 13,6 milliards de dollars d’impôt fédéral sur le revenu alors que leur fortune progressait de 401 milliards de dollars : il n’existe pas d’impôt sur la fortune aux Etats-Unis. Quant aux plus-values, elles ne sont pas taxées tant qu’elles restent latentes, depuis une jurisprudence de la Cour suprême en 1920. Si Joe Biden prévoit d’augmenter le taux marginal de l’impôt sur le revenu de 37 % à 39,6 %, de taxer les plus-values comme les revenus pour les millionnaires, et de taxer plus fortement les héritages, il ne prévoit pas d’impôt sur la fortune. En France l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) a remplacé l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) sur décision de Macron ; les actionnaires ne payent plus rien, mais le patrimoine immobilier est taxable même si vous n’avez pas l’intention de vendre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 avril 2011, supprimons les inégalités de salaires

7 avril 2011, supprimons les inégalités de salaires (suite)

7 mars 2014, L’héritage, instrument oublié de la décroissance

12 mai 2015, Salaire élevé d’un patron, n’acceptons pas l’injustifiable

28 janvier 2020, La fin des inégalités, c’est pour demain !

Lanceurs d’alerte, allons à leur défense

Panama papers, Mediator, Dépakine, contaminations et fraudes alimentaires, pollutions environnementales… Derrière ces scandales, il y a des lanceurs d’alerte qui décident de prendre la parole pour dénoncer les dysfonctionnements. Ils sont motivés par leur souci de l’intérêt général. Malheureusement, suite à cet engagement, leur quotidien devient trop souvent intolérable, harcelés, mis au placard, licenciés. Lorsqu’il s’agit de militants associatifs, ils font face à des agressions verbales, physiques, ou des poursuites judiciaires abusives. En 2016, la loi Sapin II a tenté de régler, en partie, ce problème. Elle a, par exemple, interdit de licencier ou de rétrograder les lanceurs d’alerte. Mais obtenir ce statut relève encore du parcours du combattant et cette loi comporte de nombreuses lacunes. Elle n’offre, par exemple, aucune garantie que les alertes soient traitées, ce qui est bien souvent la première demande des lanceurs d’alerte.

Nous demandons à présent au gouvernement et aux parlementaires d’aller plus loin et de saisir l’occasion inédite que représente l’impératif de transposition de la directive européenne pour la protection des lanceurs d’alerte.

En effet en 2019, l’Union européenne a adopté une directive qui doit être transposée en droit français avant la fin de l’année 2021. Elle met, par exemple, fin à l’obligation, pour un salarié, d’alerter d’abord au sein de son entreprise – obligation qui l’expose bien souvent aux représailles ou qui fait courir le risque de destruction de preuves. Mais sur d’autres points, elle laisse aux États le soin de définir eux-mêmes les modalités d’amélioration de leur législation . Douze propositions concrètes ont été formulées par la Maison des Lanceurs d’Alerte pour compléter les dispositions de la directive. Des institutions reconnues telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH – la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme – ont publié des avis rappelant au gouvernement l’urgence et l’importance du problème. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons aucune certitude que des mesures ambitieuses seront adoptées.

Nous invitons donc toutes les personnes à signer notre appel.

https://loi.mlalerte.org/je-signe

Pour nous contacter : https://sciencescitoyennes.org/a-propos/contacts/

Pour en savoir plus sur les lanceurs d’alerte :

3 février 2015, Loi Macron, secret des affaires et lanceurs d’alerte

13 mars 2019, Contre le secret des affaires, quelle législation ?

6 juin 2021, Interdit de lutter contre le greenwashing

Le temps long et incertain de l’innovation

Faut-il faire confiance aux innovations ? Non seulement nous n’avons pas le temps d’attendre, mais elles sont plus conceptuelles que realisables.

Jean-Baptiste Fressoz : « En 1974 se tient à Miami le premier colloque international sur l’économie hydrogène  comme vecteur énergétique du futur; on y retrouve les promesses actuelles, la fin des fossiles, la pile à combustible, etc. On discute beaucoup d’avions à hydrogène, dont les ingénieurs de Lockheed dessinent les élégants fuselages. Les perspectives sont grandioses : des centrales atomiques construites sur des atolls du Pacifique produiraient de l’hydrogène par craquage thermique de l’eau (plus efficace que l’électrolyse) ; l’hydrogène serait exporté par une flotte de cryotankers ; le Japon deviendrait l’Arabie saoudite du XXIe siècle. Quant aux déchets radioactifs, en attendant la fusion, on s’en débarrasserait par auto-enfouissement : par leur propre chaleur, ils s’enfonceraient dans le socle basaltique des atolls… Le temps de diffusion de l’innovation est le facteur-clé de la transition, un temps difficilement compressible lié à l’inertie des infrastructures et au déplacement des capitaux. : cent soixante ans pour que le charbon pèse la moitié de l’énergie mondiale, quatre-vingts ans pour le pétrole. La dynamique du capitalisme produit des transitions beaucoup trop lentes face au changement climatique, dont on estime qu’il deviendra potentiellement catastrophique vers 2020. »

Cette présentation de la temporalité insuffisante vu l’urgence écologique occulte le fait que les innovations qui pourraient nous sortir de la merde dans laquelle nous a mis les innovations, on ne voit pas du tout ce que ça pourrait être. L’hydrogène est une fausse bonne idée, les surgénérateurs (Astrid) une impasse avérée, la fusion (ITER) une impossibilité majeure, la numérisation du monde une mode énergivorace, etc. Il nous reste donc l’énergie solaire et les moulins à vent, l’agriculture bio et notre force endosomatique (l’huile de coude), le vélo plutôt que l’auto, le petit tour autour de chez soi plutôt que le tourisme au long cours, en clair la décroissance économique. Mais les tenants du confort exosomatique comme « Le sceptique » croit encore à l’innovation qui nous sauvera un jour, peut-être, dans le plus lointain des lointains, aux calendes grecques ou à la Saint-Glinglin… Ils sont comme les croyants et psalmodient « innovation, innovation, viens à mon secours, je t’aime ».

Un exemple typique sur lemonde.fr, « Le sceptique » qui écrit sans rire :

– Il n’existe pas de limite physique proche aux besoins énergétiques des humains, le soleil seul par rayonnement nous envoie 5000 fois ce que nous consommons, et outre le solaire PV ou TD, nucléaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse originelle ou modifiée sont mobilisables. Inventons au plus vite l’abondance non fossile pour tous.
– La régression n’est pas une option : les sociétés d’abondance sont plébiscitées et le resteront évidemment. L’urgence climatique est un non-sens si elle induit paupérisation économique et guerre sociale. On perd du temps en laissant le sujet aux pseudo-solutions genre décroissance, fétichisme de la nature, moralisme pénitentiel.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

26 février 2021, Les mirages de l’innovation technologique

26 septembre 2020, principe innovation / principe de précaution

Dormez braves gens, Oliveau veille sur vous

Une tribune du MONDE remet encore en question la nécessaire décroissance dans un monde fini. Avant de donner la parole à François-Xavier Oliveau, un utopiste de l’innovation au service du business as usual, voici nos considérations. Son raisonnement repose sur des considérations financières et pas du tout sur l’épuisement physique de stocks non renouvelables, épuisement inéluctable donc. Que les Smicards croient encore que l’essence doit rester durablement à bas prix est certes confortés par le cartel pétrolier (OPEP + Russie manipulent le jeu de l’offre et de la demande), c’est un fait d’ordre religieux. Mais quand les pays possesseurs de l’or noir verront que la rente pétrolière va sur sa fin, ce sera le choc pétrolier ultime. Le prix du pétrole peut quadrupler dans l’année, c’est arrivé en 1973. Il peut même être multiplié par dix ou cent, tout est possible quand les marchés s’affolent. Le même raisonnement sur le manque inéluctable peut se faire sur toutes les ressources fossiles et métalliques. L’innovation ne fait que retarder l’échéance finale. Pouvoir extraire des ressources plus profond, même au fond des océans, utiliser les schistes bitumineux et la fracturation des sols ne peut empêcher l’épuisement des ressources extractives.

C’est pourquoi il faut considérer que les propos biaisés de François-Xavier Oliveau sont dangereux, ils nous bercent d’un optimisme irréaliste et nous bloquent dans l’idéologie croissanciste actuelle. François-Xavier devrait apprendre les mécanismes de l’entropie et lire Nicholas Georgescu-Roegen… Notons aussi que les croissances du PIB n’ont pas fait décroître les inégalités, tout au contraire. Mais les OGM qui vont nourrir la planète et les innovations «  à venir » qui permettront la fin de la rareté, c’est le fantasme entretenu par les thuriféraires du progrès technique.

François-Xavier Oliveau : « Le rapport sur les limites de la croissance , publié en 1972, expose ainsi dans son scénario principal un effondrement lié à l’épuisement des ressources de matières premières. Mais loin d’avoir décrû, les réserves identifiées sont aujourd’hui bien supérieures à celles citées par le rapport. Même le pétrole est plus accessible : en France, une dizaine de minutes rémunérées au Smic permettent de se procurer un litre d’essence ; c’était le double en 1970, lorsque le litre d’essence coûtait 1,10 franc pour un salaire minimum à 3,50 francs de l’heure. Notre invraisemblable capacité d’innovation nous a permis d’inventer de nouveaux procédés de prospection, d’extraction et de raffinage qui ont rendu abondante une ressource finie, reportant sa disparition aux calendes grecques. Nos crises environnementales sont des crises de l’excès et non du manque. Rien n’indique une inversion future. Les prophéties de l’épuisement des métaux ne résistent pas à l’analyse géologique ; au pire verrons-nous quelques poussées inflationnistes temporaires liées aux ajustements entre offre et demande… Les prophètes de la rareté préconisent la frugalité, voire la décroissance … Mais il serait illusoire de l’exiger des six autres milliards d’humains qui rêvent d’abondance. Ils feront tout pour y accéder ; les moyens techniques le leur permettront ; et il n’y aura pas d’épuisement des ressources pour les en empêcher. L’innovation nous aidera en fournissant des solutions, stockage d’énergies décarbonées, substituts à la viande, processus de production moins polluants… Au lieu d’attendre en vain une rareté mortifère, visons la maîtrise de l’abondance et son extension au monde entier… »

Population soutenable, Population optimale

Résumé d’une longue analyse très détaillée sur le site de Démographie Responsable :

Denis Garnier : A l’occasion de la dernière Conférence climat (COP23), 15.000 scientifiques originaires de plus de 180 pays ont lancé un cri d’alarme sur l’état de la planète. Dans leur appel figuraient treize mesures dont la suivante : « déterminer sur le long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable ». Ce qui suit se veut un début de réponse.

1) On pourrait tout d’abord parvenir à une situation d’équilibre global si chaque pays, quelle que soit sa biocapacité, amenait son empreinte écologique au niveau de la biocapacité moyenne de la planète (1,7 ha). Cela permettrait de répartir de façon totalement égalitaire les ressources de la planète. Le problème est que, comme on le sait, ces ressources sont très inégalement réparties et cela obligerait donc, entre autres, à des transferts continus de ressources agricoles sur des distances plus ou moins longues, ce qui est énergivore et donc anti-écologique. Ces déplacements auraient même probablement pour conséquence de fausser les calculs en créant de nouvelles sources d’émissions de CO2… Finalement, la planète serait effectivement en équilibre, mais aucun des pays ne le serait avec lui-même. Bien que cette solution soit celle privilégiée par un certain nombre d’écologistes pour lesquelles la « répartition stricte » est un credo, et qui ne veulent surtout pas entendre parler de démographie, il est clair qu’elle est excessive et non écologique. Notons qu’avec la croissance démographique prévue par l’ONU, le seuil de 1,7 hectare diminuerait inexorablement et il faudrait à terme se contenter d’une biocapacité de 1,1 hectare par personne.

2) Le cas suivant étudié considère que les pays débiteurs peuvent conserver leur empreinte individuelle, mais doivent (à terme) avoir moins d’habitants jusqu’à revenir à l’équilibre, et ce alors que les pays créditeurs peuvent avoir plus d’habitants jusqu’à utiliser toute leur biocapacité. L’évaluation de la population soutenable de chaque pays se fait alors en divisant sa biocapacité globale par son empreinte individuelle. La population soutenable de la planète étant alors la somme des populations de chaque pays. Le calcul donne une « Population SOUTENABLE » de 4,8 milliards d’habitants pour 2013, date des dernières statistiques du Global Footprint Network (il faut plusieurs années pour collecter les données, les analyser et les rendre publiques).

Si on choisit de « se caler » sur l’empreinte de 2,9 hectares, c’est-à-dire celle qui correspond au niveau de vie moyen actuel d’un terrien (et par ailleurs à la biocapacité individuelle de la France) et qu’on laisse les pays ayant une biocapacité supérieure à 2,9 au même niveau de population, la « Population OPTIMALE » se monterait à 3 milliards d’habitants. Cette évaluation basse s’explique par le fait que l’on a choisi un niveau de vie « assez élevé ». C’est cette option qui aurait la préférence de l’association Démographie Responsable. Ce scénario demande une baisse importante du niveau de vie des pays du nord et une baisse significative des effectifs de certains pays du sud surpeuplés.

CONCLUSION : A partir des données du Global Footprint Network, l’écologie-statistique peut permettre de modéliser un très grand nombre de scénarios. Il est évident que si le choix de la réduction, de la population mondiale était décidé par la communauté internationale, et ce dans le cadre de COP dédiées à ce sujet, sa mise en œuvre mettrait un certain temps à se concrétiser. En effet les résultats des mesures démographiques courent sur plusieurs générations (inertie démographique). De plus il ne faudrait pas commettre l’erreur inverse de celle qui a été faite dans le passé : à une explosion démographique catastrophique, il ne faudrait pas substituer une baisse démographique trop brutale, aux conséquences économiques et sociales difficilement gérables. Les couples doivent absolument pouvoir continuer à avoir un ou deux enfants mais il serait bon qu’ils n’aillent pas au-delà, car l’aventure humaine, malgré toutes ses erreurs accumulées, doit pouvoir se poursuivre le plus longtemps possible.

NB : Denis Garnier  est président de l’association Démographie Responsable

Le casse-tête de la population optimale

Les grands carnivores comme les lions et les tigres, ne sont plus au total que 20 000 à 40 000 seulement sur la planète. Contre bientôt 8 milliards pour la seule espèce humaine, le super-prédateur. Si nous avions à exprimer un idéal de population, ce serait 6 à 8 millions de terriens, un chiffre qui nous ramène avant le néolithique il y a plus de 10 000 ans, époque où il fallait vivre de chasse et de cueillette sans empiéter sur son écosystème… condition qui n’a d’ailleurs pas toujours été respectée à l’époque ! Voici de nos jours quelques avis sur la notion de l’optimum de population souhaitable.

Georg Borgstrom montre en 1964 que si plusieurs pays réussissent à nourrir une population excessive, c’est uniquement parce qu’ils tirent une part croissante de leur alimentation de terres « invisibles », par l’importation et par l’exploitation des mers. (The Hungry Planet)

Eugen Pleasants Odum définit en 1971 la notion de « population limite » comme la limite de croissance d’une population dans un milieu donné. Cette limite ne tient pas seulement compte de la possibilité de nourriture : « Il devient de plus en plus évident que la densité optimale de population pour l’homme doit être limitée par la qualité de l’espace de vie et non par le nombre de calories disponibles. » (in Fundamentals of Ecology)

Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) en 1971 : « Combien d’êtres humains la Terre pourrait accueillir ? Aucun des expert en démographie ne s’est posé la question cruciale de savoir combien de temps pourrait durer une population des 40 milliards, voire d’un seul million. Cette question met à nu la vision mécaniste du monde, à savoir le mythe de la population optimale « comme d’une population qui peut se maintenir indéfiniment ». Dans La République de Platon, la taille de la population doit être maintenue constante, (si besoin est par des infanticides). Mais il est inexact de croire que l’état stationnaire peut perdurer aussi longtemps que le niveau de la population n’excède pas la capacité de charge biologique. Cet état ne saurait avoir qu’une durée finie, faute de quoi il faudrait rejoindre le club des « sans limites » en soutenant que les ressources terrestres sont inépuisables. La Terre a une capacité de charge qui dépend d’un ensemble de facteurs incluant la taille de la population, la quantité de ressources épuisées par personne dans l’année et la quantité des ressources accessibles de la croûte terrestre. »

William Catton montre en 1982 que la croissance est une catastrophique fuite en avant qui n’est possible que par la consommation des biens des générations futures : « La technologie moderne est devenue si puissante qu’elle semble avoir écarté tous les obstacles, en les repoussant par une surconsommation des ressources qui hypothèque celles de nos descendants. » (Overshoot : The Ecological Basis or Revolutionary Change )

Joel Cohen en 1995 : « La population limite (human carrying capacity) dépendra de toute évidence du niveau matériel auquel les gens choisiront de vivre… Le nombre d’hommes sur terre a atteint ou atteindra dans le prochain demi-siècle le niveau maximum que la terre peut supporter en fonction du type d’existence que nous, nos enfants et petits-enfants  avons choisi. »

Yves Cochet pense en 2009 que la disponibilité à bon marché des énergies fossiles a permis à l’humanité de vivre au-dessus de la capacité de charge de la planète. Cette époque s’achève en 2006 avec l’arrivée du pic de pétrole conventionnel, et vers 2025, du pic énergétique général. Il existe en effet une corrélation historique entre la quantité totale d’énergie dans le monde et, d’un autre, le niveau démographique et le niveau de vie. Cette corrélation est si forte qu’on peut émettre l’hypothèse d’une causalité : moins il y aura d’énergie disponible, moins la planète pourra accueillir d’individus à un certain niveau de vie. En résumant dans l’expression « niveau de vie moyen » de la Terre le rapport entre la consommation d’énergie par personne et le nombre de la population, on pourrait énoncer que plus le niveau de vie est élevé, moins la planète peut accueillir de personnes. Si cette hypothèse est vraie, le nombre maximal d’humains sur terre, au niveau de vie moyen actuel, déclinera d’environ 7 milliards à environ 5 milliards en 2050, puis 2 à 3 milliards en 2100. (Antimanuel d’écologie)

Joseph Tainter en 2013 : « Les deux tiers de la population sur Terre sont aujourd’hui en vie grâce à la production industrielle de nourriture, aux installations sanitaires et à la médecine moderne, tout ceci reposant sur du pétrole. Sans pétrole, nous ne pourrions plus maintenir notre niveau de population.Si le système de transports tombe en panne, les villes n’auront plus de nourriture. Nous perdrions le plus gros de notre système médecine industrialisée. Nous dépendrions à nouveau directement de l’énergie solaire, et la plupart d’entre nous seraient paysans. Mais il n’y a pas assez de terres disponibles pour que chacun puisse les cultiver. En quelques années, peut-être 3 ou 4 milliards de gens mourraient. La population mondiale chuterait finalement à 2 milliards, contre 7 milliards aujourd’hui. L’espérance de vie tomberait à environ 40 ans. Seulement quelques personnes se préparent à de telles perspectives. Sinon, nous aurions déjà besoin d’un permis pour avoir un enfant. » (interview de Joseph Tainter par le mensuel La Décroissance – octobre 2013)

Alan Weisman en 2013 : « Dans l’histoire de la biologie, toute espèce qui a surexploité ses ressources a vu sa population s’effondrer – parfois jusqu’à l’extinction. Pour la survie de l’espèce humaine, peut-être s’agit-il de trouver le moyen de réduire humainement la population globale, puis de la maintenir à un chiffre optimal. La détermination de ce chiffre sera,  que cela nous plaise ou non, la grande affaire du XXIe siècle. Le premier Congrès de la population optimale pour le monde fut organisé à Cambridge en 1993. Gretchen Daily et le couple Ehrlich présentèrent le résultat d’une estimation qu’ils qualifièrent eux-mêmes de « calcul de coin de table » : le nombre total d’habitants susceptibles de vivre avec 6 térawatts d’énergie, chaque individu disposant de 3 kilowatts en moyenne, était de deux milliards. Deux milliards, c’était le chiffre de la population en 1930, au moment où le procédé Haber-Bosch (engrais à base d’azote artificiel) commençait juste à être commercialisé. La quasi-totalité de l’humanité vivait encore de végétaux qui poussaient grâce à la seule lumière du soleil, pas avec l’aide de combustibles fossiles. Quand nous n’en aurons plus, la population de notre espèce pourrait bien se rapprocher de nouveau de cette moyenne naturelle. Je ne veux personnellement éliminer aucun être humain de la planète. Je vous souhaite à tous longue vie et bonne santé. Mais soit nous réduisons humainement nos effectifs, soit la nature va mettre beaucoup d’entre nous à la porte, et brutalement… Partageons mieux la Terre avec toutes les espèces qu’elle fait vivre, laissons à celles-ci l’espace et les ressources dont elles ont besoin, et nos rituels amoureux se perpétueront. »

Alain Gras en 2014 : « Paul Chefurka met en évidence la corrélation très forte entre énergie et population : « Une des deux options de son modèle mathématique prend non seulement en compte la raréfaction des ressources, mais aussi l’hypothèse Lotka-Volterra qu’il nomme « excès de capacité de charge » dans l’écosystème. Entre autres : déficits alimentaires régionaux massifs, maladies non soignées en raison du démantèlement des services médicaux et sanitaires dans les villes, mortalité accrue due aux aléas climatiques, affaissement de la durée de vie, etc. Dans ce cas, les chiffres de la population mondiale sont de 4 milliards en 2050 et 1 milliard en 2100. » (dans le livre « Moins nombreux, plus heureux »)

Pablo Servigne en 2014 : « En l’espace de quelques décennies, l’humanité a de fortes chances de faire face à un pic de la population, un pic énergétique, un pic de l’eau disponible, un pic des terres arables, et très probablement un pic des rendements agricoles. Ainsi, il est désormais réaliste de penser que nous redescendions au cours des prochaines décennies à des niveaux de population proches de l’ère pré-industrielle : un à deux milliards d’êtres humains sur terre. » (dans le livre « Moins nombreux, plus heureux »)

Maxime de Blasi : « Concrètement, le niveau soutenable pour la planète de la population mondiale pourrait être fixé à partir d’une seule donnée, le jour du dépassement.qui symbolise la consommation de toutes les ressources renouvelables de la planète sur une année. En 2019, il surgissait le 1er août, nous consommons 1,7 fois ce que la Terre peut donner chaque année. Au moyen d’une simple règle de trois, on pourrait déduire que le niveau de population mondiale soutenable pour la planète est de huit divisé par 1,7 = 4,7 milliards d’humains. Mais si on prend en compte le fait que les trois quarts des humains aspirent à un meilleur bien-être matériel, le niveau de population soutenable est en réalité moitié moindre, à savoir entre 2 et 3 milliards d’habitants… à comparer aux 11 milliards attendus en 2050 lorsque le pic démographique sera atteint.« 

En guise de conclusion : En dépit de l’importance vitale de l’enjeu et de l’indiscutable compétence des lanceurs d’alerte démographique, ces avertissements ne produisent pas l’écho auquel on aurait pu s’attendre. Nous continuons à nous multiplier comme des lapins sans chasseurs. Ceux qui aiment le tourisme de masse et la vie en HLM, ceux qui adorent faire la queue et s’entasser dans les transports, se bousculer sur les plages et dans les discothèques… tous ceux-là estiment sans doute que la fourmilière n’a pas encore fait le plein.

Nous préférons penser autrement sur ce blog biosphere, l’optimum de population est dépassé depuis longtemps. Une analyse thermodynamique fait ressortir que la grandeur souhaitable d’une population est celle que pourrait nourrir une agriculture exclusivement organique, approximativement un milliard de personnes qui limitent drsatiquement leur consommation. Or nous avons franchi le cap du 1er milliard de personnes en 1804, pour atteindre 2 milliards en 1927, 3 milliards en 1960, 4 milliards en 1974, 5 milliards en 1987, 6 milliards en 1999, 7 milliards en 2011, bientôt 8 milliards en 2022. On prévoit 9 à 10 milliards en 2050 et 11 milliards en 2100. Ce qui précède montre que nous n’atteindront jamais les 10 milliards ; étant donné notre irresponsabilité démographique, il y aura multiplication des famines, guerres et épidémies comme le prévoyait Malthus. Nous accusons l’anti-malthusianisme de crime contre l’humanité.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

28 avril 2014, Choc très sanglant entre démographes et écologistes

Interdiction d’avoir plus de deux logements

Interdiction de posséder plus de deux logements, ça ce serait une mesure efficace ! L’urgence écologigue impose des mesures radicales, on doit le dire même si c’est mal perçu dans l’immédiat. La transition énergétique, que la fin des énergies fossiles et le réchauffement climatique rendent nécessaire, ne sera pas facile. Mais la meilleure façon de s’afficher comme un citoyen responsable vis-à-vis des générations futures est d’habiter une petite maison, une seule, près du boulot, qui consommera automatiquement moins de tout et réduira les émissions de gaz à effet de serre. N’oublions pas que chaque logement qui se construit, chaque habitat pavillonnaire qui s’étend à l’extérieur des villes, chaque résidence secondaire… empiète sur le territoire des autres espèces et explose l’empreinte écologique. Il semble certain que l’étouffement de la Biosphère par l’espèce humaine se fait au détriment de l’ensemble des possibilités de la vie sur Terre, homo sapiens inclus. Malgré cette évidence, la mode de la résidence secondaire se généralise aujourd’hui. Deux exemples.

Des avions pour Belle-Ile-en-Mer provoquent la colère en Bretagne. Le 15 mai dernier, l’engin de neuf places décollait de Vannes pour ses ­dix-huit minutes de vol (57 km) et 99 euros. Belle-Ile compte 5 426 habitants à l’année et plus de 400 000 visiteurs en 2019. Le territoire affiche un taux de 56,8 % de résidences secondaires. Entre 2019 et 2020, les prix de l’­immobilier ont bondi de 19,2 % à Belle-Ile-en-Mer.

La vague des « bi-résidentiels » dans les régions françaises. Dès l’annonce, le 16 mars 2020, du premier confinement, un million de Franciliens ont quitté la capitale pour la campagne, dans une résidence de moins en moins secondaire. On les appelle les « bi-résidentiels ». Les prix sont à l’avenant, qui grimpent. Les Français sont champions du monde de la résidence secondaire. Près de 10 % du parc total des logements, soit autour de 3,5 millions.

En ce mois de juin, le journal La Décroissance interviewe Nil Caouissin sur la multi-possession. Les propos sont mesurés, trop mesurés : « Il est urgent d’en finir avec les résidences secondaires, c’est la garantie du droit au logement pour tous. Lorsque les résidences secondaires sont présentes massivement sur un territoire, le marché de l’immobilier est gelé, les prix deviennent exorbitants et les faibles revenus ne peuvent pas se loger… Je propose que seules les personnes résidant depuis plus d’un an dans un bassin de vie auront le droit d’acheter un logement dans ce pays… La proportion de résidences secondaires baissera progressivement avec leur revente, les prix baisseront, les habitants pourront enfin acheter là où ils vivent. Il n’y a donc pas d’expropriation, il n’existe pas de rapport de force suffisant pour une solution aussi radicale. Je suis pragmatique… A ceux qui disent que mon projet est contre la liberté, je réponds qu’en effet il est contre la liberté qu’ont certains de se payer une résidence secondaire à 400 000 euros. »

Nous nous souvenons encore du programme bien plus radical présenté par des candidats du Parti pour la Décroissance (PPLD) aux législative françaises de 2007 : Sortie de l’automobile et de sa civilisation, sortie des énergies fossiles au profit de la sobriété énergétique, relocalisation de l’économie, développement des petites entités économiques pour favoriser l’emploi local, instauration d’un Revenu maximum autorisé à hauteur de trois fois le SMIC et interdiction de posséder plus de deux logements. Enfin, voilà une mesure efficace, quand c’est interdit, c’est interdit. Dans la liste des saloperies à ne pas acheter, on trouve de tout : la bombe nucléaire ; le yacht  ; le TGV ; l’hélico ; la moto  ; le quad ; l’escalator ; l’aspirateur… et la résidence secondaire. Mais à partir de quels critères incontournables doit-on interdire une activité ?

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 novembre 2011, réduisons la surface de nos logements

9 avril 2007, votez PPLD… (Parti pour la décroissance)

Interdit de lutter contre le greenwashing

Stéphane Foucart : « La porte-parole de l’association Alerte aux toxiques ! a été condamnée par un tribunal judiciaire à verser 125 000 euros au Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Une série d’analyses menées par l’association sur des vins labellisés « haute valeur environnementale » (HVE) indiquaient un total de vingt-huit pesticides différents détectés, avec une moyenne de huit substances par bouteille. Le label HVE n’est donc qu’un instrument de marketing destiné à vendre au consommateur une démarche écologique vertueuse, tout en maintenant l’utilisation de produits dangereux (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques ou perturbateurs endocriniens). Le tribunal a estimé que la communication de l’association, « volontairement anxiogène », relevait d’un « dénigrement fautif » : les taux de substances retrouvés dans les bouteilles testées étaient très bas, de l’ordre d’une fraction des seuils réglementaires autorisés. Justice aux ordres ? La certification HVE a bénéficié d’un soutien fort des pouvoirs publics. Arnaque administrative ? Dans le cas de la viticulture – qui représente plus de 80 % des exploitations bénéficiant du label –, la HVE n’apporte aucun bénéfice environnemental. Pire, le budget consacré aux pesticides et aux intrants de synthèse ne doit pas excéder 30 % du chiffre d’affaires de l’exploitation pour que celle-ci puisse bénéficier du tampon HVE. En viticulture, la moyenne française se situe à 14 %. Même en consacrant aux pesticides un budget plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale, une exploitation peut donc postuler à la certification HVE. Le cas de Valérie Murat n’est pas unique. Le tribunal de commerce de Paris a condamné l’application Yuka à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs. L’avertissement, par l’application d’information nutritionnelle, des risques liés aux charcuteries traitées aux sels de nitrites a été considéré comme une forme de dénigrement. C’est pourtant un fait scientifique bien établi : la charcuterie est un cancérogène avéré. »

Tout cela pose évidemment question. Où s’arrête le droit de dire la vérité, et où commence le dénigrement ? Quelques commentaires perspicaces sur le monde.fr :

La mouche du coche : Merci à ces juges de nous rappeler de façon flagrante que l’Etat, son appareil, ses assemblées, sa magistrature, sa police… sont au service de la classe dominante, celle qui possède (les vignobles, les industries agro-alimentaires, les moyens de production en général) et pas du peuple en général, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire depuis 1789.

A.Blanchard : L’utilisation de la justice est une méthode traditionnelle dans les régimes autoritaires pour faire taire les opposants. Si la méthode est plus rare dans nos démocraties, en particulier dans les affaires politiques, il arrive que la justice soit instrumentalisée sur une base légale mais clairement illégitime comme dans l’affaire opposant Alain Riazuelo à animateurs d’émission. Or quand des intérêts commerciaux sont en jeu la protection de l’image de marque peut-être un outil efficace pour tente de faire taire toute expression gênante. Ce qui semble bien être le cas ic i! De plus le combat (judiciaire) est souvent inégal: des entreprises aux puissants moyens financiers peuvent intenter des procès incertains mais qui mettrons en difficultés financières leurs adversaires.

E.3.41 : Il y a asymétrie des arguments : là où les lanceurs d’alerte doivent mesurer leurs propos sous peine de condamnation, les industriels peuvent utiliser tous les arguments marketings mensongers ou qui induisent le consommateur en erreur : on peut ainsi vendre des voitures écologiques (!), des bonbons 100% sans graisses et des biscuits  » à la saveur encore meilleure garantie »… Au final, le dénigrement du produit non, mais le dénigrement du consommateur, oui. Cherchez l’erreur…

Georgescu-Roegen, la question démographique

Une aile du mouvement de défense de l’environnement soutient que le problème de la croissance démographique n’est qu’un croquemitaine agité par les nations riches afin de masquer leurs propres abus écologiques. Pour les tenants de cette opinion, il n’y a qu’un mal, à savoir le développement inégal. D’autres font valoir en sens inverse que la croissance de la population est le mal le plus menaçant pour l’humanité et qu’il doit être traité d’urgence. Comme il fallait s‘y attendre, ces deux opinions opposées n’ont cessé de s’affronter en controverses inutiles et même violentes, ainsi qu’on a pu le constater notamment lors des conférences de Stockholm sur l’environnement en 1972 et lors de la conférence de Bucarest sur la population en 1974. Il est vrai que la différence de progression des nations riches et des nations pauvres est un mal en soi ; bien qu’étroitement liée à la croissance démographique continue, elle doit être traitée aussi pour elle-même. Bien entendu les pays qui connaissent à présent une très forte croissance démographique devront faire des efforts tout particuliers pour obtenir aussi vite que possible des résultats dans la décroissance démographique.

L’humanité devrait diminuer progressivement sa population jusqu’à un niveau où une agriculture organique suffirait à la nourrir convenablement. Étant donné l’éventail existant des plantes vertes et leur distribution géographique à n’importe quelle époque, la capacité de charge biologique de la Terre est déterminée. C’est dans ce cadre que l’homme lutte pour la nourriture contre d’autres organismes vivants. Il n’a pas dévié si peu que ce soit de la loi de la jungle ; s’il a fait quelque chose, c’est de se rendre encore plus impitoyable par ses instruments exosomatiques perfectionnés. L’homme a ouvertement cherché à exterminer toutes les espèces qui lui « volent » sa nourriture – les loups, les lapins, les mauvaise herbes, les insectes, les microbes, etc.

Deux facteurs ont influé sur la technologie agricole. Le plus ancien est la pression continuelle de la population sur la terre effectivement cultivée. L’essaimage des villages d’abord, les migrations ensuite, sont parvenus à réduire cette pression. Le second est un sous-produit de la révolution industrielle ; il réside dans l’extension à l’agriculture du processus par lequel la basse entropie d’origine minérale (les ressources fossiles en particulier) remplaça celle de nature biologique. Cette technique moderne constitue à long terme une orientation défavorable à l’intérêt bioéconomique fondamental de l’espèce humaine. Les tracteurs et autres machines agricoles ont supplanté les animaux de trait, les fertilisants chimiques ont supplanté fumures et jachères. Cela équivaut à substituer des éléments rares au plus abondant de tous, le rayonnement solaire. Une agriculture hautement mécanisée et lourdement fertilisée permet la survie d’une très grande population, mais au prix d’un épuisement accru des ressources, ce qui signifie une réduction proportionnellement accrue de la quantité de vie future. Aristote lui-même enseignait que l’État idéal doit veiller à ce que la taille de sa population reste accordée à celle de son sol.

Combien d’êtres humains la Terre pourrait accueillir ? Aucun des expert en démographie ne s’est posé la question cruciale de savoir combien de temps pourrait durer une population des 40 milliards, voire d’un seul million. Cette question met à nu la vision mécaniste du monde, à savoir le mythe de la population optimale « comme d’une population qui peut se maintenir indéfiniment ». Dans La République de Platon, la taille de la population doit être maintenue constante, (si besoin est par des infanticides). Mais il est inexact de croire que l’état stationnaire peut perdurer aussi longtemps que le niveau de la population n’excède pas la capacité de charge biologique. Cet état ne saurait avoir qu’une durée finie, faute de quoi il faudrait rejoindre le club des « sans limites » en soutenant que les ressources terrestres sont inépuisables. La Terre a une capacité de charge qui dépend d’un ensemble de facteurs incluant la taille de la population, la quantité de ressources épuisées par personne dans l’année et la quantité des ressources accessibles de la croûte terrestre.

Source : Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance (Entropie, écologie, économie) aux éditons Sang de la Terre, 2020

Pour en savoir plus sur Georgescu-Roegen (1906-1994)

le programme bioéconomique minimal

équité intergénérationnelle, la grand oubliée

24 juillet 2016, le programme de décroissance de Georgescu-Roegen

22 mai 2012, GEORGESCU-ROEGEN, l’entropie contre l’économie

avec Greta Thunberg, le bien affronte le mal

Greta Thunberg ne dit que des choses banales : « La situation climatique est plus terrible et plus urgente que ce que je croyais… Cette crise affecte plus durement les plus vulnérables, et ceux qui ont le moins pollué… On ne peut pas demander les mêmes efforts à tous, on doit cibler les principaux émetteurs… Les promesses de net zéro émissions de gaz à effet de serre en 2050 se transforment en excuses pour ne pas agir maintenant… Les pays pétroliers commencent à paniquer, ils commencent à comprendre que l’on va quitter l’ère des énergies fossiles… Le mouvement Fridays for Future, cest une pression énorme sur mes épaules d’adolescente, mais je suis bien plus heureuse dans ma vie lorsque je me sens utile. »

Greta n’est qu’une caisse de résonance médiatique de l’inquiétude des dirigeants de la planète qui ne veulent pas assumer directement le message des scientifiques du climat. Greta n’est que l’icône dont nous avons besoin. Le véritable problème, c’est qu’un certain nombre de commentateurs, même sur lemonde.fr , s’acharnent à dénigrer Mlle Thunberg pour ne pas avoir à écouter son message, Ce sont des criminels qui veulent la détérioration des conditions de vie sur Terre de nos générations futures. Il serait intéressant de voir ce que deviendrait le nombre de ces négationnistes du climat si l’anonymat des commentaires était interdit. Greta parle à visage découvert, elle mériterait la réciproque. Quelques exemples de ce faux débat entre le bien et le mal :

Las Vegas : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique »! Pas sûr, je pense surtout que les gens ne veulent plus entendre Greta Thunberg

Obéron : On peut comprendre, devant cette jeune femme qui cumule l’intelligence, la maturité et l’empathie, la frustration de ceux qui ont passé leur vie à chercher des boucs émissaires à leurs échecs, à fuir la réalité trop complexe, à se laisser manipuler par les premiers venus sur des slogans de rejet ou de haine.

Médiéviste : Il est possible d’œuvrer pour l’écologie sans haine et sans enfoncer les portes ouvertes. Ce n’est pas le discours de cette jeune fille apparemment manipulée par son entourage et les médias.
Être n’est pas paraître….

noli : Le jour où vous subirez à titre personnel, comme de nombreux compatriotes déjà, inondations, sécheresse, assèchement et modification des sols, fissures de maison, etc, vous vous rendrez peut-être compte du problème et changerez d’avis.

Ginkgo_Biloba : N’importe qui aujourd’hui peut se parer du titre de »lanceur d’alerte » ; cela ne lui le légitime pas pour autant. Les gens ne veulent plus entendre Mlle Thunberg qui n’a ni compétence scientifique ni aptitude au compromis ce qui l’essence de la délibération démocratique.

ROTZ : Quand on ne peut pas contester les propos, on s’attaque à celui ou celle qui les tient. C’est une vieille technique qui, comme celles et ceux qui l’utilisent dans les commentaires ici, a fait son temps. Allez, encore un peu de patience, ils débarrasseront bientôt le plancher et nous pourrons enfin commencer à réparer les dégâts qu’il ont créés pendant leur passage sur Terre.

Trompe-la-Mort : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique » Ni de la basse propagande mal orchestrée qui consiste à nous faire croire qu’une gamine qui ne sait ni lire ni écrire peut changer quoi que ce soit à la situation dans laquelle nous nous trouvons. A pardon, elle vient en bateau et prend la tesla de schwarzenegger pour fendre les routes des US. Ridicule, du Hollywood comme on en mange depuis 60 ans.

Mathieu Vincennes : N’est-il pas surprenant qu’une jeune fille puisse énerver tant de monde, susciter tant de haine et d’insultes de la part d’adultes dans le monde entier, alors qu’elle ne fait que tenir un discours réaliste et que son combat, qui doit être celui de tous, est plus que légitime? Merci à Greta de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, d’inspirer de nombreuses personnes à sa suite et d’énerver tant de monde dont une bonne partie finira par se remettre en cause, nolens, volens.

Andin du Pérou : Avec son permis et son bac, elle va pouvoir s’offrir la vieille voiture diesel des rêves de ses parents et polluer à son tour elle même!

San-San : À voir les réactions de nombreux contributeurs, effectivement Greta Thunberg dérange. Trop de dormeurs qui ne veulent surtout pas qu’on les réveille dans leurs rêves de croissance infinie. Gardez vos yeux grand fermés braves gens !

Pour savoir ce que Greta répond à tous les empêcheurs de penser juste:

25 juin 2019, CLIMAT, Greta Thunberg s’explique

Un milliard d’hectares de terres dégradées

Un milliard d’hectares, ça fait 10 millions de km2. Ça correspond à un carré d’un peu plus de 3000 kilomètres de côté. A l’occasion du lancement de la décennie pour la restauration des écosystèmes (2021-2030), les Nations unies appellent à restaurer un milliard d’hectares de terres dégradées. Les écosystèmes, indispensables pour assurer la sécurité alimentaire, ont été massivement touchés par notre surexploitation des ressources. Une étude récente estime par exemple que seuls 3 % de la surface terrestre sont « écologiquement intacts ». Environ 80 % des terres arables sont affectées d’une façon ou d’une autre – par la sécheresse, le déclin de la végétation, la salinisation des sols… –, ce qui pourrait entraîner une baisse de la productivité du système alimentaire mondial de 12 % d’ici à 2040. Depuis 1990, plus de 65 % des zones humides ont disparu et aujourd’hui, 66 % des écosystèmes marins sont dégradés ou modifiés. Aucun des objectifs internationaux de protection de la nature adoptés en 2010 au Japon n’a été atteint dix ans plus tard. Pour le consommateur, l’agriculteur ou la grande multinationale, le coût de cet usage des écosystèmes n’apparaît encore nulle part. Comment agir ?

Jean Autard : Toute récolte extrait du sol les réserves des principaux éléments minéraux : azote (nitrates), phosphore (phosphates), potassium, mais aussi magnésium, fer, sodium… qu’il est nécessaire de fournir en retour au sol sous peine de l’épuiser en quelques années. L’épuisement des sols a eu lieu de nombreuses fois dans l’histoire. Parmi les formes les plus poussées, on peut citer la désertification produite par la salinisation liée à l’agriculture irriguée du « croissant fertile » aujourd’hui désert stérile, plus récemment la Dust Bowl des années 1930 aux États-Unis. Depuis le début du XXe siècle, l’usage d’engrais minéraux fossile ou de synthèse (azote produit par le procédé Haber-Bosch à partir de gaz) est devenu indispensable au maintien de la fertilité de sols. Or, les mines de phosphore et de potassium s’épuisent, de même que les hydrocarbures nécessaire à l’azote. De plus, dans un monde en effondrement, il deviendrait difficile de soutenir les vastes infrastructures qui permettent leur approvisionnement mondial. Le problème du renouvellement de la fertilité est encore aggravé par la « rupture métabolique » : alors que dans les systèmes agricoles traditionnels les nutriments consommés étaient pour une grande part rejetés (sous forme d’excréments, de déchets de culture…) sur place, aujourd’hui ils sont massivement exportés vers des villes lointaines où ils sont perdus définitivement vers la mer ou pollués dans des boues d’épuration mélangées de pathogènes, de métaux lourds et de produits chimiques divers. La valorisation des résidus de culture (biocarburant, isolation, plastiques biosourcés) aggrave encore ce problème, car c’est autant de matière retirée à des sols qui s’épuisent.

Il sera nécessaire de « boucler la boucle » de nouveau. Il nous faudra bientôt récupérer à nouveau le crottin des chevaux. On peut noter que l’agriculture « low tech » hautement productive développée dans l’Europe du XIXe siècle offrait des rendements élevés qui auraient pu nourrir une population aux deux tiers non agricole sans recourir ni aux engrais de synthèse, ni à la motorisation, ni à la chimie. En effet, l’association d’un système de culture sans jachère avec stabulation et d’une traction animale dotée de machines agricoles permettait des rendements élevés. Par exemple, la faucheuse à barre de coupe horizontale mues par les roues lorsque le cheval la tracte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Les illusions de la productivité agricole

Pour calculer un indice statistique globalisé du rendement, il faut faire le rapport production/intrants : combien de calories ont été utilisées pour produire, combien de calories délivrent les champs cultivés. L’agriculture est normalement une illustration parfaite de l’échange constant entre matière et énergie. Basée sur l’assimilation chlorophyllienne, elle devrait donner plus qu’elle ne coûte puisqu’elle transforme l’énergie du soleil et les éléments de la terre. C’est ce qui a été fait pendant plusieurs millénaires, ce n’est plus le cas aujourd’hui de l’agriculture productiviste qui doit investir sous forme d’hydrocarbures deux fois plus d’énergie que ce qu’on récolte. Plus globalement, on peut montrer que l’énergie consommée par l’ensemble de la chaîne alimentaire, compte tenu du processus de transformation et de la distance parcourue par les produits agricoles, représente 10 fois l’énergie restituée sous forme de calories utilisées pour l’alimentation humaine. Et encore, nous n’avons pas développé sur la détérioration par l’agriculture productiviste des sols et du climat !

Démographie, le triangle d’incompatibilités

Maxime de Blasi : « Pékin autorise les Chinois à faire un troisième enfant s’ils le souhaitent, François Bayrou souhaite relancer la natalité française. On n’aurait pas cru que  le PC chinois et le fondateur du MoDem puissent tomber d’accord ! De 1950 à 2020, la population mondiale a été multipliée par trois, celle des émissions de gaz à effet de serre (GES) par quatre. Si la Terre comptait un milliard d’humains au lieu de huit actuellement, il est évident que le problème environnemental et la pollution globale seraient inexistants, et que de vastes espaces pourraient être laissés aux espèces sauvages. Dans le système de ressources finies de la Terre, il y a incompatibilité entre la préservation de la planète, la croissance économique et celle de la population : deux de ces objectifs peuvent être atteints simultanément mais toujours au détriment du troisième – ce qu’on appelle un « trilemme » ou triangle d’incompatibilités. Concrètement, si la Chine et M. Bayrou veulent desserrer nos ceintures de chasteté, il va falloir… nous serrer la ceinture et réduire nos consommations qui sont déjà près de deux fois trop élevées. Ce n’est clairement pas le cap de leurs déclarations

Être un écologiste sincère, ce n’est pas plaider pour des vélos électriques soi-disant « verts » aux batteries contenant mille polluants ou un recyclage qui n’est largement qu’une fiction : c’est agir pour une maîtrise de la population mondiale. Concrètement, le niveau soutenable pour la planète de la population mondiale pourrait être fixé à partir d’une seule donnée, le jour du dépassement.qui symbolise la consommation de toutes les ressources renouvelables de la planète sur une année. En 2019, il surgissait le 1er août, nous consommons 1,7 fois ce que la Terre peut donner chaque année. Au moyen d’une simple règle de trois, on pourrait déduire que le niveau de population mondiale soutenable pour la planète est de huit divisé par 1,7 = 4,7 milliards d’humains. Mais si on prend en compte le fait que les trois quarts des humains aspirent à un meilleur bien-être matériel, le niveau de population soutenable est en réalité moitié moindre, à savoir entre 2 et 3 milliards d’habitants… à comparer aux 11 milliards attendus en 2050 lorsque le pic démographique sera atteint.

Les pistes d’une démographie mieux contrôlée existent, y compris chez nous. Soutenons les Etats qui investissent sur l’émancipation féminine et leur éducation comme le Rwanda ou le Ghana. Il va falloir chez nous questionner les allocations familiales croissantes en fonction du nombre d’enfants, ou encore le quotient familial, d’autant qu’un bébé occidental aura un impact environnemental 10 à 100 fois supérieur à celui d’un Indien durant sa vie . L’annonce de l’aide aux familles nombreuses serait immédiatement un vrai signal de responsabilité d’un Occident qui accapare les ressources de la planète. »

Biosphere : Il est surprenant que l’Obs ait laissé passer une telle tribune sur la surnatalité tellement le malthusianisme est tabou médiatique. Mais il ne faut pas croire que les nations vont restreindre leur natalité, ils affecteront leurs ressources à tenter de les nourrir. Il n’y a pas matière à s’inquiéter, la population mondiale se régulera selon les lois de la nature : lorsqu’il n’y aura plus adéquation entre les ressources et la demande, les humains se disputent les dernières gouttes d’eau et de pétrole : ils s’entre-tueront. Les épidémies et les famines feront aussi leur œuvre. Ce ne sera pas la première fois ni la dernière, à part que c’était plus localisé jusqu’à présent si on excepte les deux guerres mondiales et la pandémie actuelle. De toute façon cela ne modifie pas la loi de Malthus selon laquelle la population humaine s’accroît plus vite que les ressources alimentaires… si on ne maîtrise pas la fécondité humaine.

Pour en savoir plus sur Maxime de Blasi grâce à ce blog biosphere :

19 décembre 2020, Produire ou se reproduire, il faut choisir !

Pour en savoir plus sur les incompatibilités :

25 janvier 2017, démographie et politique, histoire d’incompatibilité

16 septembre 2016, Incompatibilité de la démographie et du libre-échange !

Un enfant par femme… ou deux ou trois !

1980, le pouvoir chinois interdit aux couples chinois d’avoir plus d’un enfant. Cette politique aurait ainsi évité 400 millions de naissances.

2014, le cinéaste Zhang Yimou s’acquitte d’une amende d’environ 1 million d’euros pour avoir eu trois enfants, deux de plus que ce que la loi permettait.

2015, le gouvernement autorise les ménages à avoir un deuxième enfant.

2020, le taux de fécondité est de 1,3 enfants par femme. La Chine va passer de 1,412 milliard de Chinois en 2020 à quelque 700 millions à la fin du siècle. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la planète ne l’est pas pour les dirigeants communistes, dont l’une des fiertés est d’être à la tête du pays le plus peuplé au monde. En 2100, la Chine serait dépassée par l’Inde, mais aussi par le Nigeria.

2021, le bureau politique « présidé par Xi Jinping » va autoriser les couples à avoir un troisième enfant. Pour le Parti communiste, rester le pays le plus peuplé du monde est une question de principe. Il s’agit de « préserver les atouts du pays en matière de ressources humaines » a déclaré le bureau politique ? Mais les couples chinois n’en veulent qu’un : « Je suis enfant unique, mon mari aussi. Nous avons nos quatre parents à charge ainsi qu’un enfant. Comment voulez-vous que nous élevions d’autres enfants ». Et la Chine n’est pas un pays d’immigration. Dans ce pays très nationaliste, le sujet est extrêmement sensible. En 2019, la mise en place de mesures assurant « la sécurité politique et frontalière » a facilité l’expulsion des résidents étrangers illégaux.

Kathy Barla : « Il est  temps d’arrêter de valoriser la croissance, et en particulier la croissance de la population quel qu’en soit le pays, pour se focaliser sur une adaptation de l’être humain plus appropriée aux limites de la planète, et ainsi limiter son impact… Il est temps que les journalistes (et les politiques) changent de point de vue. .. Pourriez-vous faire passer ce message à vos journalistes, car il me semble très important que les messages véhiculés par LE MONDE soient en phase avec les grands problèmes de notre époque ?» (Paroles de lecteurs)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 août 2019, Il y a cinq milliards d’hommes en trop sur Terre

12 décembre 2017, Dix milliards de terriens, ce n’est vraiment pas humain

15 octobre 2016, Le vieillissement de la Chine n’est pas un drame

31 octobre 2015, Le climat souffre d’un trop plein d’humains… chinois

27 novembre 2013, vieillir n’est pas une charge insurmontable en Chine

3 avril 2013, la politique démographique chinoise ne doit pas changer

28 novembre 2012, Pour ou contre une Chine de 3 milliards d’habitants ?

25 mai 2007, 1,5 milliards de Chinois

Contribution : Écologie et souveraineté

contribution de Gilles Lacan : « La dégradation de la biosphère, dont les manifestations les plus visibles sont le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles, a porté la défense de l’environnement au centre du débat public. L’ampleur et la rapidité de cette dégradation comme son caractère irréversible, malgré son origine anthropique, conduisent à privilégier désormais l’adaptation par rapport à l’évitement. Les stratégies d’évitement reposent, par nature, sur une gouvernance mondiale ou, du moins, sur une concertation internationale en vue d’aboutir à des accords, peu ou pas contraignants, comme celui de Paris en 2015. Les stratégies d’adaptation, au contraire, peuvent être mises en œuvre par les gouvernements nationaux, avec deux avantages qui leur sont propres : d’une part, une approche plus spécifique des mesures à prendre, d’autre part, une gouvernance disposant sur une aire déterminée d’une grande capacité de contrainte, y compris dans les pays démocratiques. C’est dans l’espace étatique, là où s’exerce la souveraineté, que doivent être faits les choix difficiles commandés par l’adaptation.

Ces choix pour la France sont le nucléaire, civil et militaire, la souveraineté alimentaire assurée par une agriculture de petites ou moyennes exploitations de polycultures et d’élevage, la relocalisation industrielle assortie d’un protectionnisme ciblé, l’arrêt des politiques natalistes et de l’immigration, le recul de l’âge de la retraite, la limitation des mobilités et la gestion prévisionnelle de l’exode urbain, la réduction des transferts sociaux et des subventions, le remboursement de la dette. Le niveau actuel de consommation des biens et des services, y compris des services publics, n’est pas soutenable. Contrairement à une idée répandue, sa baisse s’accompagnera nécessairement d’un abandon, au moins partiel, du modèle social français qui prévaut depuis 1945. Entrer en résilience, c’est accepter les contraintes d’une économie de guerre, de surcroît sans déficits possibles. »

remarques de Biosphere : beaucoup de choses dans ce texte de Gilles Lacan dont plusieurs points méritent développement et débat. Notre blog biosphere est aussi fait pour cela, chercher le consensus. Nous rappelons que nous sommes ouverts à des contributions, moins de 4000 caractères svp… à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Le procès « Bure », politiquement manipulé

A l’ouverture du procès au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, les débats ont été complètement éclipsés par le rassemblement festif des opposants à l’installation par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) d’un centre industriel de stockage géologique de déchets radioactifs (Cigéo) à Bure. Dans une ambiance de kermesse, les prévenus, le poing levé, ont été ovationnés par les militants antinucléaires massés sur la place Saint-Pierre, où des stands étaient dressés. Vêtue de violet, la couleur des opposants au projet Cigéo, la foule a dénoncé « l’Etat policier » et réclamé « la fin du nucléaire ». Le 1er juin 2021, le président du tribunal correctionnel de Bar-le-Duc a suspendu l’audience alors que les sept prévenus étaient partis manifester dans les rues du centre-ville avec plusieurs centaines de membres du mouvement de contestation antinucléaire.

Les sept opposants sont poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée ». Ce n’est qu’un prétexte, un des militants relate : « Un représentant de l’État m’a dit un jour : “On n’a pas droit de lutter en France contre le nucléaire, s’attaquer au nucléaire, c’est s’attaquer à l’Etat” ». Tout est dit, il n’y a pas d’approche démocratique un système nucléaire qui a été imposé dès son origine par l’État , et les centrales nucléaire civiles sont des espaces militarisés.

« Ce procès est celui de la criminalisation des opposants au nucléaire, considèrent Mes Alexandre Faro, Raphaël Kempf et Matteo Bonaglia, membres du collectif d’avocats des prévenus. Pendant trois ans, des militants ont été sous contrôle judiciaire strict et n’ont donc pas pu s’organiser et agir politiquement. C’est pourtant le procureur de Bar-le-Duc qui politise à outrance cette affaire depuis le début de l’instruction, se faisant ainsi le relais des exigences de l’industrie nucléaire. Utiliser la justice pour empêcher des gens d’exercer des droits démocratiques fondamentaux est grave dans un Etat de droit. » Pour illustrer la disproportion des forces en présence, lors de la manifestation du 15 août 2017, les forces de l’ordre ont utilisé « 320 grenades lacrymogènes, 37 grenades GLI-F4, 21 cartouches de lanceurs de balles de défense et cinq grenades de désencerclement ». Et l’appareil judiciaire s’efforce de faire passer les anti-nucléaires pour des terroristes alors que ces lanceurs d’alerte n’ont qu’une obsession : protéger les générations futures…

Pour tout savoir sur Bure, poubelle nucléaire :

14 novembre 2018, Déchets nucléaires : ça commence à cogner à Bure

31 mars 2018, Bure et la considération du long terme

17 mars 2018, Pour une alternative à l’enfouissement à Bure

23 février 2018, Les Zadistes à Bure, c’est un combat perdu d’avance

Covid et Bhoutan, avantage à la petite taille

Curieusement, plus il y a d’hommes sur la terre, moins la réflexion semble tenir compte de l’influence exercée par le nombre sur les comportements. A partir du XIXe siècle, on a même l’impression qu’il n’y a guère que les malthusiens pour comprendre qu’une organisation est solidaire d’une échelle. Cette négligence envers le caractère essentiel du nombre est stupéfiante, c’est pourquoi tout éloge de la petitesse est bienvenu. Perché entre la Chine et l’Inde sur les contreforts de l’Himalaya, le Bhoutan et ses 750 000 habitants n’a enregistré que 1 190 cas déclarés de Covid, dont un seul mortel. « Notre force tient au fait que nous sommes petits », a expliqué la ministre de la santé. Sa Majesté Jigme Khesar Namgyel Wangchuck l’avait déjà dit en 2015 devant les étudiants de l’université du Bhoutan : « En tant que petit pays, nous pouvons être bien plus efficaces, plus réactifs, et plus résolus que ne peut l’être une grande nation. » Il avait même ajouté que cela permettait de s’épargner bien des problèmes, comme le développement des mégapoles ou l’émergence d’une technostructure éloignée des citoyens. Pendant la pandémie actuelle, le premier ministre bhoutanais qui est aussi chirurgien a continué d’opérer le samedi. Les paysans venaient apporter des vivres aux fonctionnaires du ministre de la santé qui veillaient tard dans leurs bureaux. Au Bhoutan, ce n’est donc pas officiellement la grandeur de la nation qui importe, mais la recherche de l’harmonie.

Ce petit pays semble donc une illustration parfaite des recommandations de Leopold Kohr qui avait fait dès 1957 l’éloge de la petitesse : « Si nous voulons éliminer le crime à Chicago, nous ne devons pas éduquer Chicago et le repeupler de membres de l’Armée du Salut ; nous devons éliminer les communautés de la taille de Chicago… La taille modeste est une solution aux problèmes créés par la taille excessive… Les problèmes de la violence ne disparaissent pas, ils sont juste réduits à des proportions supportablesOlivier Rey, dans son livre « Une question de taille », reprend les idées de Kohr, mais aussi d’Ivan Illich, pour en tirer quelques enseignements. Il y a ceux qui refusent l’idée même de limite posée a priori : pour eux, l’être humain est infiniment transgressif ou n’est pas. Il y a ceux qui admettent que certains seuils ne doivent pas être franchis mais, quand il s’agit de savoir où situer ces seuils, impossible de s’entendre. On croit beaucoup, de nos jours, aux vertus du débat d’où pourrait émerger un consensus. Bien à tort. Les débats exacerbent les antagonismes et font progresser l’incompréhension mutuelle. Telle est la force de l’idéologie libérale que, une fois implantée, elle anéantit radicalement la faculté psychique et sociale à admettre une limite et à la respecter, qu’elle ne peut que continuer à régner jusqu’à ce qu’intervienne la main invisible de la catastrophe.

Être petit est certes une qualité, encore faut-il se préserver des interférences venues de l’extérieur. Le Bhoutan pouvait encore échapper aux diktats d’une société consumériste dilapidant les ressources naturelles. La télévision n’avait été introduite qu’en 1999, la capitale Thimphu (50 000 habitants) n’avait ni feu rouge, ni ascenseurs, le tourisme était endigué. Le Bhoutan avait même adopté le principe du BNB (Bonheur National Brut) lors d’une tribune prononcée par son roi devant les Nations unies en 1972 : gouvernance responsable, conservation d’une culture traditionnelle, sauvegarde de l’environnement et utilisation durable des ressources. Malheureusement le quatrième principe, « croissance et développement économiques » ne pouvait que démolir rapidement les principes précédents : il faut augmenter le PNB (Produit National Brut) en imitant un modèle occidental qui est en train de faire faillite. Le ver est dans le fruit, le Bhoutan a cédé aux vertiges de l’éducation scolaire et aux ravissements de la télévision ; on a déjà assisté à la première émission de « Bhutan idol », version locale de « Star Academy ». Tout est possible dorénavant, on a construit un stade et la route nationale est élargie ; on importe des travailleurs immigrés et on laisse l’Inde financer jusqu’à 70 % du budget national. En conséquence le contact avec la Nature va disparaître au triple galop : la Biosphère ne peut plus être tranquille même sur les bords de l’Himalaya.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

20 juillet 2016, À lire, The Breakdown of Nations (Leopold Kohr, 1957)

Démographie Responsable, à connaître

« Démographie Responsable », une association malthusienne à soutenir. Voici son dernier bulletin d’information.

association d’intérêt général : Démographie Responsable bénéficie désormais du statut d’organisme d’intérêt général avec les avantages fiscaux qui lui sont associés. Donc, les sommes (dons et adhésions) versées à Démographie Responsable au cours de l’année 2021 pourront être déclarées au titre des « dons  à certains organismes d’intérêt général »  dans votre déclaration de 2022. Les services fiscaux se chargeront alors de déduire 66% de ces versements du montant de vos impôts.

le Pacte Démographique : François Bayrou, Haut-commissaire au plan, a récemment proposé un pacte démographique censé participer à la défense de notre modèle social. Il suggère pour cela de relancer la natalité via des aides sociales et via une politique plus favorable à l’immigration. Démographie Responsable a réagi rapidement par un communiqué publié sur notre site ainsi que sur Facebook.  Ce communiqué a également envoyé individuellement à l’ensemble des parlementaires (577 députés et 348 sénateurs).

Report du Festival Climat de Strasbourg : Nous devions participer au Festival Climat de Strasbourg les 4, 5 et 6 juin prochains. Hélas, les dernières restrictions sanitaires ne permettront pas la tenue de cette manifestation. Il est pour l’instant envisagé un report les 2 et 3 octobre. Nous vous tiendrons au courant, a priori, nous aurions un petit stand et animerions une table ronde.

– Publications de nos adhérents

Pierre Jouventin, éthologue et également membre d’honneur de Démographie Responsable vient de publier l’ouvrage  « Le loup, ce mal-aimé qui nous ressemble ». Voici ce que nous en dit l’auteur : « Ce n’est pas seulement un livre sur le loup mais sur le chien et surtout l’homme qui ne sait pas réguler ses populations ! Je propose sous une forme grand-public une nouvelle théorie anthropologique : l’homme n’est pas aussi proche génétiquement du loup que du chimpanzé, mais il en est plus proche par convergence adaptative. Il a longtemps occupé la même niche écologique de chasseur coopératif de gros gibier, ce qui explique nos particularités uniques dans notre famille de primate-prédateur. Il s’en est émancipé il y a 10 000 ans grâce à l’agriculture et l’élevage avec un succès fulgurant qui a permis la surexploitation des ressources et la surpopulation »

Michel Sourrouille, créateur et rédacteur du site Biosphère, le point de vue des écologistes), dans lntexte Faire face à l’explosion démographique  détaille les contraintes et blocages générés par l’explosion démographique et nous invite à agir vite à travers quatre axes principaux.

Bernard Lafon,  sous le titre Les violences faites à la Terre  et sous la forme d’une tragédie en V actes, décrit l’aventure humaine et sa folie démographique.

Roland Pourtier, Géographe, spécialiste de l’Afrique et membre d’honneur de Démographie Responsable vient de publier le livre : Congo un fleuve à la puissance contrariée (éditions du CNRS). Évidemment la problématique démographique n’est pas oubliée parmi les grands déterminants de l’évolution des régions qui bordent ce fleuve.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

3 octobre 2020, Appel… pour une démographie responsable

18 juin 2020, Démographie Responsable et immigrations

13 décembre 2016, Le point de vue de « Démographie Responsable »

3 septembre 2010, démographie responsable