Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. Aux dernières nouvelles, le virus SARS-CoV-2 entraîne bien une immunité protectrice. L’infection suscite la production d’anticorps et ceux-ci possèdent une action neutralisante contre ce coronavirus encore présente six semaines après l’apparition des symptômes. Maintenant on s’interroge sur l’efficacité du confinement généralisé en France et ailleurs. Le choix de l’immunité commence à être analysé ; la Suède est-elle un modèle à suivre ?

L’immunité avait été choisie dans un premier temps par la Grande Bretagne. Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, l’avait exprimé clairement : « Il n’est pas possible d’éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n’est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquière une certaine immunité. » Toujours selon M. Vallance, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective permettant d’éviter de futures épidémies. M. Johnson a donc alerté les Britanniques sur le fait qu’ils devaient « se préparer à perdre bien davantage d’êtres aimés« . De même en Suède, seuls les rassemblements de plus de 500 personnes avaient été interdits, ainsi que les visites dans les maisons de retraite. Le reste n’était que recommandation : se laver les mains, ne pas sortir de chez soi en cas de symptômes grippaux, renoncer aux interactions sociales pour les plus de 70 ans et les personnes à risque. Un confinement sélectif pour personnes à risque. Cafés et restaurants restent ouverts. L’argument ? Les conséquences du remède (le confinement) ne doivent pas être pires que celles de l’épidémie. Dimanche 22 mars 2020, le discours du premier ministre, Stefan Löfven n’avait duré que cinq minutes : « Beaucoup allaient devoir dire adieu à un être cher » ; il n’avait annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant d’appeler au civisme et à la responsabilité individuelle. Un discours accueilli positivement, tant par les commentateurs que par ses adversaires politiques, jouant la carte de l’unité nationale.

L’autre méthode, le confinement, est la voie choisie par la France et la plupart du pays,. On met en œuvre la distanciation sociale, entre autres le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui ; cela fait partie des gestes “barrière” recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des mesures policières empêchent le déplacement des personnes et les rassemblements. Lidée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de contaminés en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période. Il s’agit donc en arrêtant une grande partie de l’activité économique, de s’assurer que les systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. En termes philosophiques, il s’agit de choisir entre se soumettre presque totalement aux mécanismes de la sélection naturelle, ou bien d’essayer d’enrayer par contraintes multiples la propagation du virus.

Un des fondateurs de l’écologie politique, Alain Hervé, avait un discours très loin de la voie choisie par Macron : « Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal. On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle… » Nous acceptons toujours actuellement que la famine, les guerres et les automobiles entraînent la mort d’une partie de la population mondiale, pourquoi les épidémies devraient-elle être nécessairement éradiquées ? Il y avait cependant une méthode intermédiaire qui pouvait faire la synthèse, minimiser le nombre de morts tout en acceptant nos faiblesses. Avec une mise en quarantaine ciblée, on aurait imposé un confinement strict de toutes les populations à risques (grand âge et personnes ayant une pathologie) ; ce serait l’équivalent de la protection des « enfants bulle ». Le reste de la population serait soumise au processus d’immunité collective. C’est la voie choisie par le déconfinement !

Financer la bagnole ou marcher à pied ?

L’auto, ça tue, ça pollue et ça rend con. La preuve, c’est le gouvernement français qui donne quelque 8 milliards pour un secteur automobile employant 900 000 personnes en France, en perdition depuis l’émergence du Covid-19. Les uns seront pour, les autre contre, l’écologie ne peut que prôner le dévoiturage.

Thèse : un communiqué de presse d’EELV « appelle Renault à prendre l’engagement, en échange de l’aide de l’État, de ne fermer aucun site, de ne pas procéder à des licenciements » Qu’un parti social-démocratique mette l’emploi en premier se comprend, qu’un parti écolo dise de même paraît incongru. Nous aurions mieux fait de rappeler que la voie du plus lourd que l’air et l’ère de la voiture individuelle est vouée à la disparition complète par raréfaction des ressources fossiles et pollutions diverses. Au niveau pragmatique, il faut insister sur le fait que la disparition de certains emplois néfastes  est inéluctable, il ne faut donc pas subventionner les secteurs thermiques mais financer les moyens de la reconversion.

Antithèse : « C’est quand même incroyable d’entendre dire que les écolos ne doivent pas se préoccuper de l’emploi quand on a 4 sites de Renault qui risquent de fermer avec ses milliers d’emplois à la clé… Bien sûr qu’il faut penser à la reconversion industrielle mais ça c’est pour le moyen terme, à court terme il faut éviter que les emplois partent en Chine » dixit un porte -parole d’EELV.

Synthèse : Notre système médiatique et politique soutient les grandes entreprises et pas du tout les petites. A peine 30 % des autoentrepreneurs ferment boutique, qui en parle ? L’industrialisation de l’agriculture a imposé sans indemnisation des reconversions forcées à une très grande partie des paysans, qui en parlait ? Et il faudrait maintenant soutenir les travailleurs de Renault ou Air France en conservant des entreprises néfastes à la soutenabilité de notre environnement ? Voici quelques pistes de réflexion :

– la question sociale. Un parti écologique doit être clair sur la question sociale : on aide les travailleurs à supporter le choc d’une reconversion, on ne soutient pas des entreprises qui doivent disparaître. Je rappelle que c’est sans état d’âme qu’on a fermé les mines de charbon en Angleterre ou en France, cela paraissait inéluctable. De même la fermeture de toutes les entreprises basées sur les ressources fossiles devrait être présentée comme inéluctable. Un parti qui se veut « écologiste » doit affirmer la disparition programmée des secteurs d’activité carbonés. Qu’un militant écolo veuille défendre le court-termisme de l’emploi au détriment du sort des générations futures est une injure faite au rapport sur les limites de la croissance de 1972, à René Dumont notre candidat à la présidentielle 1974, et à toutes les études scientifiques qui nous indiquent que nous allons au désastre.

– la question écologique. Le « business as usual » nous amène trop rapidement vers un monde qui connaîtra non seulement la fournaise climatique, mais aussi le choc pétrolier ultime auprès duquel l’épisode du coronavirus ou même la crise de 1929 paraîtront de courtes parenthèses. L’écologie politique, c’est la gestion du long terme. Elle doit son existence à la détérioration des conditions de vie sur terre et indique un avenir possible face au désastre provoqué par la société thermo-industrielle. Il faut indiquer au corps électoral que la nécessaire transition écologique ne sera pas facile, que ce sera même très dur ; mais ce n’est pas être punitif qu’être réaliste. Il faut indiquer médiatiquement que le chantage à l’emploi fait par tous les anti-écolos retarde la transition écologique. Plus le temps passe sans rien faire ou presque, plus la « transition » deviendra un effondrement non maîtrisable de façon humaine. Nier les contraintes biophysiques fera à terme, et fait déjà le jeu des populistes qui inventent des boucs émissaires symboliques pour prendre et/ou garder le pouvoir.

Surpopulation, la télé en parle… très mal

Trop de monde sur Terre ? (Magazine « Terra Terre » sur Public Senat le 26 mai 2020 à 23h). Nous avons regardé l’émission malgré son heure très tardive, c’était super-nul. Dans une ambiance bistro où les gens n’écoutaient pas ce qui se disait de la démographie, on passait à toute vitesse d’un thème à l’autre sans s’arrêter sur aucun, capacité de charge, migration, transition démographique, statut des réfugiés climatiques, Nicolas Sarkozy a dit, on n’est plus dans une croissance exponentielle, ah mais il y a aussi le vieillissement de la population, et que pense donc les décroissants qui de toutes façon ne s’intéressent pas à la question démographique, etc. Malthus est envoyé en un mot aux oubliettes, qui ne sait pas que « malthusien » est dans le dictionnaire n’en saura pas plus, mais il y aura eu un reportage sur la spiruline : demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues « si riches en protéines »… Mieux vaut adhérer à l’association Démographique Responsable que perdre son temps devant la télé. Mieux vaut lire ce blog pour en savoir plus, ainsi des discours de Sarko :

– Nicolas Sarkozy en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». À son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat».*

– Nicolas Sarkozy en septembre 2019 devant le MEDE :« Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Les dérèglements climatiques, le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencé, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gêne quand on discute d’évolution de la démographiemondiale. » **

* http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-preconise-une-conference-mondiale-sur-la-demographie-783501

** https://www.youtube.com/watch?v=VuwncVRV4Iw&feature=youtu.be

Mariage à trois, CGT, Greenpeace et Attac !

Un miracle est arrivé, dix-huit organisations associatives et syndicales ont présenté le 26 mai un plan de « sortie de crise », y compris la CGT, Greenpeace et Attac. Mettre ensemble le vautour, la baleine et un coléoptère serait plus vraisemblable. Jugeons sur pièce de la pusillanimité de leurs représentants:

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT : Le vrai débat, c’est comment produire et consommer autrement. C’est pour cela que notre plan pose la question de la réduction du temps de travail. On peut également s’interroger sur la consommation : est-ce que ça vaut le coup d’avoir tous les deux ans une nouvelle version d’iPhone fabriquée au bout du monde ? S’il y a eu un syndicat qui s’est battu contre la casse de la SNCF et du fret ferroviaire, c’est bien la CGT ! Mais si on dit aux salariés « vous avez le choix entre votre emploi ou la planète », ça va être compliqué !

Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac : La transition écologique est complémentaire avec la création de centaines de milliers d’emplois. Nous voulons une reconversion professionnelle qui permette de maintenir les emplois actuels, d’en créer de nouveaux, et il faut que ce soit des emplois de qualité ! Quand on propose que la dette publique détenue par la Banque centrale européenne soit une dette perpétuelle à taux zéro, ce n’est pas rien du point de vue macroéconomique…

Jean-François Julliard,  directeur général de Greenpeace France : Les écologistes ne disent surtout pas qu’il faut arrêter toute activité productive ! Mais on parle décrue des industries qui polluent et réorientation des investissements vers les secteurs qui font du bien. On porte ensemble l’arrêt de certaines lignes aériennes… Ce n’est pas une approche décroissante.

Les commentaires sur lemonde.fr sont parfois pertinents :

Le roi est mort vive le roi : Le problème de la CGT c’est que quand elle dit un truc intelligent ( ça arrive !), on pense tout de suite à toutes les grèves jusqu au boutistes qu’elle a fait ( docker, sncf, sncm…)

jea.vie : Toujours les mêmes vieilles recettes de le CGT , augmenter les salaires (avec quel argent?), déverser de l’argent public qu’on n’a pas, réduire le temps de travail, alors qu’aucun pays concurrent ne le fait. Pourquoi accorder une telle place à ces sornettes répétées mille fois ? Difficile d être audible après ça.

Munstead : À la lecture, on a l’impression de lire trois discours parallèles. Martinez est excellent dans la récupération pour diffuser les obsessions cégétistes: salaires plus élevés et réduction du temps de travail. On aimerait savoir ce que les militants de Greenpeace pensent de cette association avec le syndicat le plus réactionnaire en matière d’environnement, qui s’est si souvent opposé à Greenpeace, y compris en justice. Quant à ceux d’Attac, ils sont noyautés par les trotskystes et divers groupuscules gauchistes et tout cela doit plutôt leur plaire. Leur problème est que la parole d’Attac est tellement politisée au sens politicard d’extrême-gauche qu’elle est devenue inaudible. Attac vit sur une image ancienne et dépassée d’un mouvement jadis généreux.

Pm42 : Moi aussi je veux plus d’argent tout en travaillant moins et en sauvant la planète. Et aussi rester jeune tout le temps, pouvoir manger tout ce que je veux sans grossir, ne jamais être malade… Tiens, si mon papa en ephad qui ne me reconnaît plus pouvait retrouver sa mémoire et si l’Etat payait 100% de ses frais d’hébergement, ce serait bien. En fait, il n’aurait même plus besoin d’être en ehpad parce qu’il serait à nouveau autonome. Et pouvoir rouler à nouveau vite en voiture (j’aimais bien ça) mais sans polluer, sans impact pour la sécurité et dans une ambiance apaisée où personne ne serait agressif au volant. Mais bon, je suis un adulte et je sais qu’on ne peut tout avoir et son contraire et je ne fais pas de tribune pour prétendre que ma liste au Père Noël est un programme politique.

Michel SOURROUILLE : Tous ensemble, tous ensemble. Bientôt nous serons tous écolos, de gré ou de force, quand on arrivera aux dernières gouttes de pétole et que la température du globe dépassera en moyenne de 5 °C la période pré-industrielle. Autant agir avant. Mais les 34 mesures proposées sur 24 pages aérées sont bien en deçà de ce qu’il faudrait, c’est un fourre-tout indigeste dans lequel l’écologie a la partie congrue : distribution gratuite des masques… pour les droits des étranger-ères et personnes incarcérées… maintien des droits pour les intermittent·es… reprendre le contrôle de la finance…. acter dans la loi l’arrêt des vols courts… les politiques publiques et les plans d’investissement doivent soutenir l’emploi, etc. Il n’est aucunement question de rupture avec la société thermo-industrielle qui nous mène droit au désastre, pas étonnant que CGT signe un texte qui n’engage à rien, plus étonnant que Greenpeace se lance dans les droits des femmes…

Adrien H : Rien que pour voir la CGT et Greenpeace essayer de tenir un discours commun sur le nucléaire, ça mérite de préparer le pop-corn.

Dance Fly : Autant je soutiens la plupart des campagnes de terrain de Greenpeace lorsque cette organisation lutte contre les OGM, les pesticides, le lobby climato-sceptique, les énergies fossiles ou bloque une plate-forme pétrolière ou appose une banderole géante sur un réacteur nucléaire, autant j’aurais tendance à me désolidariser lorsqu’elle se fourvoie avec un syndicat, qui depuis des décennies a toujours promu une politique industrielle productiviste qui est finalement plus proche du système capitaliste traditionnelle (celui qui carbure avec les énergies du XXe siècle et dont les représentants politiques sont Trump et Bolsonaro) que d’un capitalisme en transformation de ses modes de production.

yves9242 : Pour répondre à la question de Philippe Martinez : « On fait des propositions concrètes. Et on dit aux partis : On a bossé, qu’est-ce que vous faites de tout ça ? », la réponse est comme pour tous les autres qui ont déjà sorti leurs catalogues de mesures : « rien du tout ».

Ecolomaniak déconfine ses deux poules

Ma vie en période de confinement a été comme à l’ordinaire, bien employée et proche de la nature. J’aimerais que tout le monde puisse passer ses vieux jours dans les conditions qui sont les miennes, à la campagne, au milieu de ses poules, de ses fleurs, de ses arbres fruitiers et du potager d’où on peut contempler tout autour la forêt. Plus je vieillis, plus je pense que la ville est une invention du diable… et la pension de retraite une incitation à se mettre au rythme de la nature et au service de la collectivité. Je me lève assez tard, je l’avoue, pour un petit déjeuner eau/chicorée. Puis j’ouvre mon ordinateur pour plonger dans le télétravail. Participer à des associations écologistes et à un parti politique environnementaliste, ça occupe de longues heures. J’arrive au déjeuner, mes deux poules ont fourni l’essentiel du repas, leurs œufs. Et au dessert nos framboises sorties du congélateur (un luxe non durable), les dernières, les nouvelles arrivent mais pas en très bon état cette année. Je prépare la pâte à crêpe pour le soir, le lait est issu de la ferme d’à côté. Privilégions les circuits courts nous dit-on avec raison. mais tout le monde n’a pas le privilège de résider à la campagne…

Petite précision, hier j’ai déconfiné mes deux poules pondeuses. Je leur avais fabriqué un enclos de 30 m², elles ont maintenant le droit de circuler dans le verger, 2500 m². Elles ont l’air plus heureuse, moi aussi j’ai besoin d’espace pour parcourir la nature. Rappelons que le chiffre 3 sur une boîte d’œufs signifie un élevage en cage avec 18 poules au mètre carré. 18 poules ! J’ai pourtant lu qu’une poule a besoin au minimum de 0,5 mètre carré dans le dortoir et d’au moins 1 mètre carré dans la zone de promenade. Élevons des poules au grand air, tout le monde s’en portera mieux.

En début d’après-midi, je joue au piano, chacun à son passe-temps et mieux vaut martyriser un instrument de musique que taper sur sa femme en période de (dé)confinement. Ensuite c’est le travail au jardin, des cerises à ramasser en haut du cerisier de la vieille voisine, quelques plants de tomates à repiquer, la vie proche de la terre comble largement les vides de l’existence. En fin d’après-midi je me lance à bicyclette sur les chemins avec ma compagne, nous allons parcourir plus que les 4 à 8 km journaliers que nous nous étions imposés pour garder la forme ces deux derniers mois de mise en résidence surveillée. Personne dans les bois pour nous verbaliser alors que nous dépassions largement le kilomètre imparti pour les urbains… chut ne nous dénoncez pas. Le soir arrive, j’ouvre à nouveau mon ordinateur, militantisme écolo oblige pour un Ecolomaniak qui se respecte… c’est quand même mieux que s’affaler devant la télé !

NB : si vous voulez être publié, envoyez votre histoire d’Ecolomaniak à biosphere@ouvaton.org, merci. (3000 caractères maximum)

Post-covid à la gloire du libre échange, NON

Idée fausse : « La spécialisation et la production à grande échelle génèrent des bénéfices économiques importants. »

Idée pas claire : « La mondialisation permet aux consommateurs d’avoir accès à des biens sophistiqués à un coût faible. »

Idée fataliste : « Les politiques protectionnistes sont très coûteuses pour ceux qui les mettent en place, surtout dans des systèmes de production très fragmentés. »

Idée fantaisiste : « L’Europe a beaucoup tiré profit du libre-échange. »

Idée absurde  : « Les normes sociales et environnementales sont indispensables à une croissance durable sur le long terme. »

Ces propos d’Isabelle Méjean, professeure à l’Ecole polytechnique, sont largement commentés sur lemonde.fr :

Marredesc : Ca tourne en rond, façon hamster. Il faut « diversifier les sources d’approvisionnement », mais cela suppose de « réviser la concentration très importante de la production dans un petit nombre d’entreprises et de pays ». Or cette concentration « génère des bénéfices économiques importants », et si on revient en arrière c’est « le consommateur [qui] paiera la note ». Et çà il ne faut pas cher.e.s ami.e.s, car dans le modèle dont elle cause, c’est votre consommation effrénée de tout un tas de produits inutiles et toxiques (qui finissent dans de vastes dépotoirs) qui fait marcher le bazar.

Walden58 : Cette « jeune » économiste de 39 ans nous repropose la vieille lune de la mondialisation comme un résultat win/win. Quand on voit le résultat en matière d’explosion du chômage dans les pays occidentaux, l’exploitation féroce d’un salariat de misère dans les pays de délocalisation et la course tout aussi féroce aux riches dividendes par les actionnaires, on voit bien que les tenants de la mondialisation ne se préoccupent que de la bonne santé des dividendes et non des besoins réels de la population mondiale non détentrice de capitaux.

Super Sara : Si on relocalise en France, on payera plus cher. Mais on aura des emplois, des retombées fiscales et l’assurance qu’on ne sera pas tenu par les c… par la Chine et autres cinglés exotiques.
NGO : Ce qui est inquiétant c’est qu’elle enseigne à Polytechnique. Je doute que des profs d’économie puissent être neutres, ils propagent surtout leurs idées.

Michel SOURROUILLE : Si on rentre dans le détail des propos de Méjean, il faudrait croire à cette idée folle qu’une croissance durable sur le long terme est encore possible sur une planète dont on a déjà dépassé toutes les limites. Il faudrait croire à cette idée éculée d’un bénéfice du libre-échange pour l’Europe alors que celle-ci a pratiquement abandonné toutes ses activités industrielles, du textile aux gants chirurgicaux, au prix d’une dépendance absolue aux importations et d’un chômage de masse. Il faudrait encore désirer des « biens sophistiqués à un coût faible » alors que l’avenir est à la simplicité volontaire. Il faudrait refuser le protectionnisme mais instituer une taxe carbone aux frontières. Rappelons à cette économiste que la démondialisation pour une relocalisation des activités est la seule alternative à un libre échange qui impose la loi du plus fort, chose connue depuis Ricardo et la prédominance de l’Angleterre dans son empire au XIXe siècle.

Izy : Cette dame n’a pas l’air d’intégrer la nécessité d’une transition économique décarbonée dans ce qu’elle nous dit sur la relocalisation (laquelle s’impose tout simplement déjà pour réduire les coûts en carbone des transports). Je ne sais pas ce qu’elle raconte aux polytechniciens mais si c’est pour les maintenir dans l’idée complètement fausse que l’économie est indépendante des systèmes physiques et des équilibres biologiques terrestres , ça craint un maximum…

C. du Lac : Un prix bas pour les consommateurs n’est pas le nec plus ultra. Certains économistes oublient que le but de la politique économique, c’est la distribution juste du bonheur. La mondialisation, quant à elle, a pour destin la mort par le lingchi (supplice en usage en Chine qui consistait à entailler et retirer successivement, par tranches fines, des muscles et des organes du condamné avant de lui couper la tête).

Roymacaille : Mon grand père qui ne roulait pas sur l’or avait coutume de dire :  le bon marché revient cher. A quoi sert un prix bas pour un produit dont on n’a pas besoin ? Un prix bas au moment de l’achat signifie-t-il un prix bas sur la durée d’utilisation ? C’est loin d’être évident avec tous ces produits dont la principale caractéristique est la recherche du plus bas prix. Et je ne parle pas des conséquences sociales et environnementales…

Jean Kazadi : C’est la course effrénée à qui versera plus de dividendes aux actionnaires qui a justifié la délocalisation des entreprises, pas le souci de vendre des produits moins chers. Dans les années 1960 mon père qui n’avait pas plus étudié que moi pouvait faire des économies de quelques mois pour s’acheter une VW produite en Allemagne ; aujourd’hui je dois recourir à un crédit bancaire pour m’acheter la même Coccinelle dont la production a été délocalisée au Brésil, « pays à la main d’œuvre moins chère ».

G.Martin : Pas un mot sur le pic de production de pétrole qui a été dépassé alors que notre économie dépend entièrement du pétrole. Pas un mot donc concernant la préparation à l’après pétrole par la relocalisation. Jancovici a encore bien des conférence à faire avant de toucher les économistes… courage !

Gandalf : Relocaliser c’est créer des emplois ici et se rendre indépendant des aléas internationaux. Une vraie bonne idée alors que la catastrophe écologique est bien là et que le local est une vraie réponse pour y faire face. Peut-être un peu trop de lobbying dans ses propos ?

RAS : Merci pour cet article intéressant aussi par les réactions qu’il suscite. On pourrait bien sur inviter tous les « indignés » à planter leurs pommes de terre pour la récolte qui les nourrira l’année prochaine, et à se demander d’où viendront le coton et le polyamide de leurs futurs masques. Plus sérieusement il est évident que la question posée est celle de l’échelle adéquate pour une production efficace, et la diversification (en localisation, qualité, prix) semble essentielle.

Ana Chorète : Ouaip, j’ai planté mes pommes de terre. Sans indignation mais avec cohérence. Sans hystérie. Sinon, le lin et la laine, c’est bien aussi, pas pire que le polyester. N’est pas remise en question « une croissance durable sur le long terme ». Dans un monde fini ? Long terme… vingt, cinquante ans ? Un siècle ? Jusqu’à épuisement de toutes les ressources disponibles ?

Le monde-d’après, l’imagination sans pouvoir

La Convention citoyenne pour le climat reste inaudible, les partis politiques sont tétanisé par le virus, les cercles de réflexion vont dans tous les sens, comme d’habitude ; rien de fiable. On appelle même à une nouvelle assemblée de citoyens tirés au sort, « dédiée à la question du plan de relance ». Nous sommes très loin d’un appel à la sobriété partagée ! La France va sans doute vivre en 2020 sa pire année de récession depuis la fin de la seconde guerre mondiale et battre le record de 2009 – une chute de 2,9 % du produit intérieur brut (PIB). Mais budgétairement les mesures actuelles de soutien pèsent davantage que n’importe quel plan de relance. La facture a déjà explosé pour l’État, 11 milliards d’euros pour le chômage (84 % du salaire net pour les salariés au chômage partiel) et 2 milliards pour le fonds de solidarité pour les indépendant (1 500 euros mensuels). Le plan de relance suite à la crise financière de 2008-2009 avait été conçu sans perspectives écologiques, il en est de même aujourd’hui. « Le monde d’après » la Covid-19 risque fort de ne pas aller très loin si on se contente d’une étude publiée mercredi 1er avril par les chercheurs de l’Institut pour l’économie du climat (I4CE) : favoriser la production d’électricité renouvelable et de voitures électriques avec des infrastructures de recharge.

Alors que faire ? Le député Matthieu Orphelin n’offre pas beaucoup plus de perspectives avec un grand plan sur la sobriété numérique . Par contre le Fonds mondial pour la nature (WWF) propose de suivre su la « taxonomie verte » de l’Union européenne. Il s’agit d’une classification des activités économiques en fonction de leur empreinte écologique ; il faut relever les entreprises mais pas à n’importe quelle condition, en gelant les subventions au secteur fossile par exemple.  Daniel Boy n’est pas très optimiste : « J’ai beaucoup de doutes sur le fait qu’une fois sortis de cette crise on ait des politiques économiques très vertueuses. Je crois que l’on sera plutôt dans une course à retrouver la croissance, le pouvoir d’achat, des industries qui tournent… Une fois de plus l’écologie et l’environnement risquent de passer à la trappe. » Les commentaires sur lemonde.fr* se déchaînent :

Palaski : Les mots clefs de l’après crise seront : Croissance , chômage , dette , pouvoir d’achat , santé. On risque pas d’entendre reparler du climat et d’écologie avant un moment .

Marius Albufera : La question qui va se poser sera beaucoup plus prosaïque : nourrir des populations qui ne produisent plus rien de matériel parce qu’ elles achètent tout (notamment ce qui se mange et qui permet de produire de l’ énergie) dans des pays tiers grâce aux revenus de la finance et du commerce mondial ; s’ ils s’ écroulent, nous n’ auront plus rien. NOUS N’ AVONS PAS DE MATIERES PREMIERES et nous avons perdu NOTRE INDEPENDANCE ALIMENTAIRE. C’est si difficile à comprendre ?

Untel : Il est clair qu’après a crise il faudra relancer avec ce qui marche le mieux et non avec ce qui fait le plus plaisir. La priorité ne sera pas de revenir à ces conceptions d’enfants gâtés, le bobo-écologisme, mais de relancer la machine. Il faut que cette « guerre » soit suivie d’un nouveau baby boom et que ces nouveaux boomers redémarrent tout, dans tous les secteurs, dans une explosion d’activités.

Thibaut : Bref, Untel, réaccélérer à fond, tout droit en direction du mur ? Malin !

DMA : Le changement climatique et sa kyrielle de conséquences ne vont pas s’arrêter en raison du coronavirus, ni de la crise économique. La transformation de notre société de performance, en une société de résilience ne sera pas, à moyens termes, une option parmi d’autres, mais la condition de notre survie. Néanmoins, il y a effectivement fort à parier que nos gouvernants vont essayer , dans un premier temps, d’appliquer les vieilles recettes avant de s’apercevoir que nous ne sommes plus en 1948, ni même en 2008, et que les ressources dont nous disposons sont insuffisantes pour relancer durablement la croissance.

le sceptique : On a eu 10000 tribunes sur la catastrophe climat, 1000 tribunes sur la catastrophe pesticide, 100 tribunes sur la catastrophe fin du pétrole, résultat : on se tape finalement une pandémie. Des gens se contentant d’aligner des risques sans priorisation ni prédiction, de dire « faut tout changer » quoiqu’il arrive, ne sont pas crédibles. L’écolo répétera toujours la même chose qu’on se prenne un astéroïde, une pandémie, un tremblement de terre, un krach boursier, une guerre civile, etc. Pour sortir de la crise covid-19, nous n’avons pas trop besoin de vélos ni de carottes bio (ni de transport en commun où le virus respiratoire se diffuse mieux!), mais d’une bonne répartition des lits d’urgence privés et public, de traitements antiviraux, de vaccins, d’applis numériques, d’industries capables de produire masques, tests, respirateurs, médicaments. Une société ouverte, prospère, éduquée, avancée au plan industriel, technique, scientifique. Résilience? Cf Japon, Corée du Sud, Taiwan…

Frog : Si le covid-19 non montre bien quelque chose, c’est que la mondialisation n’a rien de résilient… pas assez de masques et médicaments chinois pour toute la planète, avions soudains bloqués au sol, chaîne d’approvisionnement de la nourriture sous tension… Qu’est-ce que cela donnera lorsque l’épuisement des ressources deviendra plus visible, couplé au réchauffement climatique ? Un peu d’anticipation et de sagesse aurait pu faire éviter des milliards au monde entier, alors que le risque pandémique était connu depuis longtemps. Ne reproduisons pas la même erreur avec le réchauffement climatique.

* https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/07/coronavirus-a-bercy-les-economistes-debattent-de-l-utilite-d-un-plan-de-relance_6035774_823448.html

** https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/06/en-france-les-pistes-pour-imaginer-le-monde-d-apres_6035721_3234.html

Post-covid, remplaçons le PIB par le BNB

En 2008 et 2009, années du précédent plongeon de la croissance, Nicolas Sarkozy avait chargé une commission, dite « Stiglitz-Sen », de redéfinir des indicateurs de progrès « au-delà du PIB » (produit intérieur brut). Votée à l’unanimité en 2015, une loi « visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques » n’est plus appliquée, et ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été. La croissance du PIB reste l’objectif premier des décideurs, elle doit se poursuivre coûte que coûte pour subvenir non seulement aux besoins sociaux individuels et collectifs mais aussi résoudre les problèmes écologiques. Or on sait depuis la fin des années 1960 que le « gâteau du PIB à partager » devient, en grossissant, de plus en plus toxique pour la vie, le climat, la biodiversité, la qualité de l’air, de l’eau, des mers et des sols. Qu’il ne contribue plus au bien-être à partir d’un niveau de richesse économique par habitant correspondant à celui qui était le nôtre il y a un demi- siècle. Qu’il s’est accompagné de l’explosion des inégalités mondiales. Qu’il met le travail sous pression en lui faisant perdre son sens et en provoquant des maladies professionnelles physiques et psychiques.

Pourtant il n’y a aucun besoin de croissance pour améliorer le pouvoir de vivre, pour réduire les inégalités, pour créer des emplois. Le contexte de la crise sanitaire actuelle fait resurgir des questionnements sur « ce qui compte vraiment ». L’alternative à la société thermo-industrielle est simple, c’est une juste répartition des richesses associée à de nouvelles priorités mettant l’utile et les biens communs au-dessus du futile et de l’accumulation privée. Cela implique de se donner d’autres indicateurs comme guides. (résumé d’une tribune de FAIR, Forum pour d’autres indicateurs de richesse)*

Le PIB est un fourre-tout trompeur. Un homme qui épouse sa femme de ménage fait chuter le PIB et diminuer les rentrée fiscales, un accident de la route augmente le PIB, cela fait travailler les garagistes et les pompes funèbres, les dépenses publicitaires boostent le PIB, mais cela nous agace fortement. Si tout se passe bien, nous abandonnerons progressivement l’indicateur PIB (produit intérieur brut), spécialisé dans l’accumulation économique, pour se fier à de nouveaux indicateurs de richesse durable. L’idée de « développement durable » n’opérait guère de saut conceptuel car il assimilait croissance et développement. On peut aussi aller beaucoup plus loin que l’IDH (indicateur de développement humain). L’indice final de performance environnementale en 2010 n’a pas eu beaucoup de succès. L’IBED (indicateur de bien-être véritable) peut être défini comme la somme [consommation marchande des ménages + services du travail domestique + dépenses publiques non défensives + formation de capital productif (investissement)] moins [dépenses privées défensives + coûts des dégradations de l’environnement + dépréciation du capital naturel]. L’empreinte écologique garde aujourd’hui toute sa pertinence. Pour l’instant les « indicateurs d’écologie appliquée » sont multiples et non utilisés par les gouvernants. Le BNB (Bonheur national brut) n’a toujours pas remplacé le PNB (produit national brut). Le tsunami financier de 2008-2009 n’était qu’un épiphénomène, les crises découlent surtout de notre désaccord économique avec les règles de reproduction inhérentes au vivant. L’épisode Covid-19 nous empêche actuellement de concevoir une société post-croissance tellement nous sommes hypnotisés par la sacralisation médicalisée de la vie humaine. Mais au fur et à mesure de l’approfondissement des crises écologiques, la prise en compte de l’économie biophysique deviendra essentielle. Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation des écologistes :

2016, Faut-il attendre la croissance ? de Florence Jany-Catrice et Dominique Méda

2010 Adieu à la croissance (bien vivre dans un monde solidaire) de Jean Gadrey

2005 Les nouveaux indicateurs de richesse de Gadrey et Jany-Catrice

livre synthèse : une utopie pour 2050

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/15/l-urgence-sanitaire-n-a-pas-fait-oublier-l-urgence-ecologique-et-climatique_6039773_3232.html

Plutôt mourir que donner du fric à Renault

Un prêt public bancaire de 5 milliards d’euros prévu pour Renault. Encore de l’argent gaspillé ! Pour obtenir l’aide de l’Etat, le constructeur automobile doit s’engager « dans trois directions : le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées », dixit le ministre français de l’économie. Rien sur l’écologie ! Bruno Le Maire ajoute sans rire : « Toutes les aides que nous apportons aux entreprises doivent être orientées dans deux directions : la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité. » Déroutant oxymore ! Étonnant que les politiques ne parlent pas du nécessaire dévoiturage, l’abandon de la voiture individuelle qui épuise les ressources fossiles et nous procure un réchauffement climatique de moins en moins délicieux. Sauvegarder l’emploi n’est rien quand cela se fait au prix de la détérioration des conditions de vie sur cette petite Terre. La voiture électrique ne résout rien, l’électricité est une énergie qu’il faut fabriquer dans des conditions non durables pour permettre la voiture électrique pour tous. Nous dilapidons l’argent public pour la voiture, l’avion, des secteurs sans avenir. Notre système thermo-industriel a bien obligé les paysans à quitter la terre, pourquoi on ne convertirait pas les travailleurs de l’automobile en paysans  ? Une agriculture non industrialisée a besoin de bras, de beaucoup de bras…

Pour en savoir plus sur le dévoiturage, lire sur notre blog biosphere :

5 juin 2019, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

Extrait : La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL)…

16 septembre 2019, Le salon de l’automobile en accusation

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo, ont défilé samedi 14 septembre à Francfort à l’occasion du salon international l’automobile. Le slogan « des sous, des sous » est remplacé par des évidences, « On ne peut pas remplacer nos poumons », « Le salon de l’automobile représente le siècle passé », « On n’en veut plus de ces gros SUV  »..

22 février 2019, LE MONDE est l’otage des lobbies automobiles

Extrait : Normal de pleurer sur la fin de la civilisation automobile, LE MONDE est victime de la nécessité de recettes publicitaires dont une grande partie provient du lobby automobile. Dans le numéro de mardi dernier, la dernière page en son entier est un hymne à Peugeot, « Motion & émotion » ! Un tiers de la page 7 pour la Nouvelle classe C coupé (jusqu’à 228 g de CO2 au km !). Sans oublier la rubrique habituelle « Styles » consacrant toute la page à l’automobile, ici la Toyota hybride…

18 janvier 2019, La voiture demain, économique, propre, omniprésente ?

Extrait : Économique, connectée, propre, la voiture de demain sera au cœur de la vie quotidienne des citoyens de demain, estime Serge Clemente dans LE MONDE*. Un tel point de vue est si irréaliste qu’il en est comique. Il est vrai que pour quelqu’un dont le métier est de vivre de l’automobile, le point de vue est biaisé. Comme on disait dans les années1970, la bagnole ça pue, ça pollue et ça rend con…

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

Extrait : Pour un écologiste, c’est à la déconstruction du monopole de la bagnole qu’il faut travailler, le dévoiturage doit être massif. Déjà en 1974, le candidat écolo à la présidentielle René Dumont s’exprimait ainsi : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde…

10 juillet 2017, Une société sans voitures à essence est-elle possible ?

Nicolas Hulot a présenté le 6 juillet 2017 un plan climat : « Ce n’est pas un sujet qui spontanément passe toujours au premier plan dans l’écran radar. Notre responsabilité, c’est de faire que ce sujet prime sur tous les autres. » Il annonce la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Un gouvernement adepte du dévoiturage, je demande à voir ! En fait il s’agit d’abord de relancer la machine à fabriquer encore plus d’automobiles…

9 mai 2017, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

Extrait : Une fois encore, nos gouvernements font preuve de manque de vision ; on répare les infrastructures routières qui se détériorent, on cherche les moyens de diminuer les bouchons de circulation, on encourage le remplacement des moteurs à combustion par des moteurs électriques… Bien évidemment, avec la fin du pétrole bon marché, l’ère de l’automobile s’achève et il faut dès maintenant repenser notre civilisation sur un autre modèle…

29 février 2016, Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier

Extrait : Moteur du dynamisme économique et de la mobilité individuelle, le trafic routier se présente en même temps comme une des causes principales du fameux effet de double ciseau : raréfaction de la ressource pétrolière d’une part et aggravation de l’effet de serre d’autre part…

27 avril 2015, Pourtant il faudra bien un jour se passer de voiture

Extrait : Pic de pollution en Ile-de-France*. Pourtant la ministre socialiste Ségolène Royal refuse des mesures de restriction du trafic routier contre l’avis des élus locaux : « Empêcher quelqu’un de prendre sa voiture, c’est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger »…

L’aviation au banc des accusés, coupable !

L’avion a commis des crimes sans nombre, émissions de gaz à effet de serre, complicité de permettre d’aller plus loin, plus vite, plus souvent, épuisement des ressources fossiles par gaspillage du kérosène, destruction des communautés locales en permettant le tourisme de masse. Aucunes circonstances atténuantes ! Coupable, condamné à la peine capitale, les avions cloués au sol, définitivement. C’est le verdict d’une écologie de rupture avec le système thermo-industriel. Ce n’est pas l’avis prédominant. Malheureusement nous continuerons à faire fausse route par la voie des airs. Le monde d’après sera similaire au monde d’avant… en pire. Un plan « historique » pour « sauver notre compagnie nationale ». Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire n’a pas hésité sur les mots ni sur les moyens pour soutenir Air France qui va recevoir une enveloppe de 7 milliards d’euros. Alors que les Verts sont au gouvernement en Suède, la SAS (Scandinavian Airlines) recevra des aides de l’État sans aucune condition. Les écologistes font partie de la coalition en Autriche et n’ont toujours rien imposé sur le sujet aérien. Nulle part les écologistes au pouvoir n’ont encore su concilier exigences sociales et environnementales. Même pas quand ils sont dans l’opposition.

Dimanche 26 avril sur BFMTV, le député européen EELV, Yannick Jadot, s’est dit favorable au « sauvetage d’Air France ». Le gouvernement impose à Air France une condition environnementale pour être refinancé : réduire les vols intérieurs. Une condition, en réalité, pas très impressionnante mais qui a le mérite de montrer ce que doit être le transport de demain. Yannick Jadot, au micro de France Inter, n’a pas su être précis quand on lui a demandé ce qu’il aurait fait, lui, pour sauver Air France. Il a même défendu François Bayrou qui proteste contre la réduction des liaisons aériennes Paris/Pau. Par pragmatisme de compromission, les écologistes se retrouveraient alignés sur le gouvernement. Allez comprendre ! La CGT réclame un « plan Marshall de 10 milliards d’euros pour l’aéronautique ». Le PDG de Dassault Aviation réclame une « prime à la casse » pour l’achat d’avions « moins polluants ». Air France va écarter ses vieux A340, A319 et A318, pour recevoir, à la place, des Airbus A320neo et des A350. Patronat, syndicats, même combat, la protection de l’emploi rejoint la dynamique des profits. Tous les notables soutiennent la ligne Paris-Bordeaux, le maire de Mérignac où se trouve l’aéroport, le maire de Bordeaux, le président de la métropole et le président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Les collectivités rappellent que « l’aéroport s’est doté d’un plan d’orientation stratégique volontariste en termes de lutte contre les nuisances sonores et visant à la neutralité carbone, devenant ainsi un équipement éco-responsable ». Le Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine « est engagé dans la mise en oeuvre d’une feuille de route stratégique aéronautique prévoyant le recours accru aux carburants alternatifs et le soutien à la filière hybride électrique ». Mais les spécialistes pointent que ni les biocarburants comme alternative au kérosène, ni les batteries électriques ne seront capables de faire face au défi climatique posé par l’envol du trafic. L’écoblanchiment sévit, les offres de « vols Paris-Bordeaux » pas cher se multiplient aujourd’hui !!  Avez-vous oublié que l’aéronautique a été à l’origine même de la propagation de la pandémie ? » interroge la Sepanso qui milite « pour le rétablissement des trains de nuits, alternative à l’avion, qui satisfaisait tant de passagers, par exemple ceux de Tarbes, Pau, Irun… »

La position de l’écologie politique est incompréhensible sans message et messagers assez affirmés pour tracer un chemin pas forcément populaire au premier abord. C’est pourtant le moment d’être limpide et d’avoir un propos qui tranche. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) recommande de conditionner l’octroi d’aides publiques à « l’adoption explicite de plans d’investissement, avec mesures de vérification, et de perspectives compatibles avec la trajectoire bas carbone ». Par exemple, toute aide au secteur aérien doit être conditionnée à la mise en place d’un plan précis pour atteindre la neutralité carbone. « Ce n’est pas le moment de soutenir l’aviation coûte que coûte, mais d’ouvrir le débat sur le fait de réduire les déplacements en avion, prévient la climatologue Corinne Le Quéré, présidente du HCC. Des aides (formation, reconversion) aux travailleurs des secteurs très émetteurs peuvent parfois être préférées à une aide sectorielle. » Les ministres de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’écologie Elisabeth Borne, ont confirmé que le plan d’aide de 7 milliards d’euros accordé à Air France serait conditionné à des critères écologiques, dont « la fermeture de lignes aériennes intérieures », SAUF pour les liaisons vers des hub, et A CONDITION qu’existe une « alternative en train durant moins de 2h30 ». Condition contre condition, autant dire qu’on ne va rien faire politiquement contre l’aviation. Seule source de satisfaction, venant des spéculateurs. Warren Buffett, patron du groupe Berkshire Hathaway, a annoncé le 2 mai 2020, lors de son assemblée générale des actionnaires, qu’il avait vendu toutes ses actions dans les compagnies aériennes américaines, pour un total de 6 milliards de dollars. « L’aérien, je pense que cela a changé fondamentalement », a-t-il expliqué : « Même si le trafic revenait à 70 % de sa capacité dans les prochaines années, il y aurait quand même une énorme surcapacité d’avions. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

30 janvier 2020, CLIMAT, l’illusoire compensation carbone

Air France annonce que, dès janvier 2020, elle compenserait les émissions de CO2 de ses quelque « 450 vols intérieurs » quotidiens en finançant des projets de « plantations d’arbres, de protection des forêts, de transition énergétique »… La forêt devient un alibi qui fait passer au second plan la priorité numéro un, c’est-à-dire la décarbonation de pans entiers de l’économie…

27 juin 2019, Pour l’avion tous bords confondus

Tribune signée par plusieurs sénateurs et députés de gauche, du Centre, de droite et macronistes, « Arrêtez de taper sur l’avion » . L’alliance de l’ancien monde économico-politique contre l’urgence écologique !…

21 juin 2019, Mettre à terre le lobby aérien

Nous avons reçu une déclaration écœurante du GIFAS. Créé en 1908, le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales ose dire que « Le secteur aérien français est mobilisé en faveur de la lutte contre le changement climatique »…

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques)…

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

Les experts semblent penser que la sagesse qu’ils répandent sur la Terre depuis leur siège en première classe à 10 000 mètres d’altitude est si importante qu’elle pèse plus lourd dans la balance que leurs propres émissions de gaz à effet de serre…

7 avril 2019 / 4 commentaires / effet de serre / Par biosphere

Il en est des savants comme des touristes aux antipodes et tant de commerciaux, l’avion est à la mode. No Fly Climate Sci, Hypocrites in the Air ou Labos1.5 en France, des collectifs de chercheurs visent à limiter les déplacements aériens académiques.

26 février 2019, Prenez l’avion, c’est bon pour nos générations futures

Celui qui se prive de voyages au long cours vers des destinations paradisiaques pour montrer l’exemple d’un comportement écologique sans faille ne fait que retarder l’échéance fatale. Son sacrifice offre aux avionneurs invétérés un répit avant d’arriver aux limites biophysiques de la planète : le kérosène qu’il économise, c’est autant de plus à la disposition des destructeurs.

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) instaure un mécanisme mondial de compensation des émissions de gaz à effet de serre*. Victoire ? Que nenni ! C’est un leurre, du greenwashing (écoblanchiment). Il s’agit d’achat de crédits carbone par les compagnies aériennes auprès d’autres secteurs via une Bourse d’échanges…

13 mai 2016, Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

Le transport aérien bénéficie d’un régime d’exception en étant le seul secteur dont le carburant est exonéré de toute taxe au niveau international. Pourtant, il pèse 3 % des émissions carbone mondiales. Ce chiffre n’est pas à négliger : si le secteur aérien était un pays, il serait le 7e pays le plus pollueur en termes d’émissions. Quand le kérosène sera taxé, les compagnies aériennes feront faillite…

23 juillet 2015, Pour ne pas changer le climat, ne pas prendre l’avion

la seule énergie utilisable pour les déplacements humains doit résulter des énergies renouvelables. On ne peut recouvrir la terre toute entière d’arbres. Le système de compensation d’un voyage en avion (détruire à un endroit, acheter une indulgence par ailleurs) a ses limites…

21 octobre 2014, Christophe de Margerie est mort, le kérosène l’a tué

Tombé dans le baril en 1974, au moment du premier choc pétrolier, Margerie pense que le brut est « la plus belle des sources d’énergie ». La maison brûle ? s’exclamait Chirac à un sommet de la Terre. Haussement d’épaules de Margerie : « Je suis foncièrement optimiste et je ne suis pas inquiet pour l’avenir. »…

25 novembre 2013, tout accord fait grâce à l’avion n’est pas un bon accord

Congressistes, restez chez vous ! Vous ne servez à rien. L’accord 2013 sur le climat est adopté à Varsovie… pour rien. On se reverra l’an prochain pour une autre « conférence d’étape, on prendra l’avion et on étudiera les modalités de la prochaine conférence. Le chef de la délégation sriklankaise à Varsovie met le doigt où ça fait mal : « Nous continuerons à essayer de nous mettre d’accord chaque année en contribuant toujours plus aux émissions de CO2 par nos voyages en avion. »…

8 octobre 2010, trop de touristes prennent l’avion

Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme par avion qui profite d’un kérosène détaxé pour abîmer des contrées lointaines et détériorer le climat. Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme du troisième âge qui multiplie les « long-séjouristes » puisqu’ils ont tout le temps…

19 avril 2010, des avions cloués au sol, la bonne affaire !

Un petit volcan qui se réveille et c’est une grande partie de l’espace aérien européen qui reste fermé plusieurs jours (LeMonde du 18-19 avril 2010). Pour nous, cela serait une bonne nouvelle si c’était volontaire et durable : l’avion est l’ennemi de la planète et des humains. Nous trouvons ridicule de la part des ressortissants européens de prendre l’avion pour aller dans un autre pays européen que le sien. A plus forte raison si on utilise les lignes aériennes internes à son pays. Les avions doivent rester définitivement cloués au sol…

19 septembre 2009, la fin de l’avion plus lourd que l’air

Les compagnies européennes continuent d’étendre leur flotte ! Ce paradoxe marque l’irréalisme des transporteurs aériens qui se croient encore exonérés de la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %…

12 août 2009, les avions, au sol !

Le projet de grand aéroport à Notre-Dame-des-Landes est contesté. Hervé Kempf conclut comme il se doit avec un militant anti-avion: « Ce projet cristallise tout ce qu’on rejette dans cette société : le réchauffement climatique, l’abus de pétrole, la surconsommation, la délocalisation et le gâchis de terres agricoles. »…

8 décembre 2007, avions et climat

Pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %. Les climatologues rappellent aussi qu’à consommation égale un avion a un impact climatique qui vaut plusieurs fois celle d’un transport routier, en raison des émissions de gaz à haute altitude…

Histoire de planètes parlant du virus humain

Histoire de planètes, j’en connaissais déjà une bien bonne :

La Terre rencontre une planète qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps : « Tu as bien pâle mine, lui dit celle-ci. – Je suis malade, dit la Terre, j’ai attrapé l’humanité. – Oh ! Ne t’inquiète pas, la rassure l’autre, je l’ai eue moi aussi, ça passe tout seul. (Eloge de la simplicité volontaire d’Hervé-René Martin p. 236).

Je viens d’en trouver une variante de la part d’un internaute sur lemonde.fr :

Saturne, Venus, et la Terre échangent autour d’un verre sur leurs maux. Venus : « Il fait tellement chaud chez moi que j’ai un mal de tête épouvantable. » Saturne : « Moi avec tous ces anneaux qui tournent sans cesse autour de moi, j’ai un tournis insupportable.
Et puis la Terre qui a le temps devant elle : « Moi, j’ai un petit virus humain qui m’exaspère, mais je suis tranquille, je vais bientôt m’en débarrasser… »

moralité : Dans les situations les plus désastreuses, les humains trouvent toujours le moyen d’en rigoler, et ça que c’est une bonne idée…

Le virus humain, plus mortel que le CoV-2

Philippe Descola : «  Les grandes pandémies sont des zoonoses, des maladies qui se propagent d’espèce en espèce et dont la diffusion est donc en grande partie dépendante des bouleversements écologiques ; la dégradation et le rétrécissement sans précédent des milieux peu anthropisés du fait de leur exploitation par l’élevage extensif, l’agriculture industrielle, la colonisation interne et l’extraction de minerais et d’énergies fossiles. Cette situation a eu pour effet que des espèces sauvages réservoirs de pathogènes se sont trouvées en contact beaucoup plus intense avec des humains vivant dans des habitats beaucoup plus denses… Le capitalisme se propager comme une épidémie, sauf qu’il ne tue pas directement ceux qui le pratiquent, mais les conditions de vie à long terme de tous les habitants de la Terre. Nous sommes devenus des virus pour la planète. Un virus est un parasite qui se réplique aux dépens de son hôte, parfois jusqu’à le tuer. C’est ce que le capitalisme fait avec la Terre depuis les débuts de la révolution industrielle, pendant longtemps sans le savoir. Maintenant, nous le savons, mais nous semblons avoir peur du remède, que nous connaissons aussi, à savoir un bouleversement de nos modes de vie. L’idée que les humains vivent dans un monde séparé de celui des non-humains nous a fait oublier que la chaîne de la vie est formée de maillons interdépendants. Le « nous » n’a guère de sens si l’on songe que le microbiote de chacun d’entre « nous » est composé de milliers de milliards d’« eux », ou que le CO2 que j’émets aujourd’hui affectera encore le climat dans mille ans. Les virus, les micro-organismes, les espèces animales et végétales que nous avons modifiées au fil des millénaires sont nos commensaux dans le banquet parfois tragique de la vie. Il est absurde de penser que l’on pourrait en prendre congé pour vivre dans une bulle… Dans plusieurs pays des petits collectifs ont fait sécession par rapport au mouvement continu d’appropriation de la nature et des biens communs qui caractérise la croissance économique depuis la fin du XVIe siècle. Ils mettent l’accent sur l’identification à un milieu et l’équilibre des rythmes de la vie plutôt que sur la compétition, l’appropriation privée et l’exploitation maximale de la Terre… On peut appeler ça un tournant anthropologique,devenue moins anthropocentrique. L’un des moyens pour ce faire fut d’introduire les non-humains comme des acteurs de plein droit… Que serait-il important de changer rapidement ? En vrac : développement des conventions citoyennes tirées au sort ; impôt écologique universel proportionnel à l’empreinte carbone ; taxation des coûts écologiques de production et de transport des biens et services ; développement de l’attribution de la personnalité juridique à des milieux de vie, etc. »*

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Precis : Saturne, Venus, et la Terre échangent autour d’un verre sur leurs maux. Venus : « Il fait tellement chaud chez moi que j’ai un mal de tête épouvantable. » Saturne : « Moi avec tous ces anneaux qui tournent sans cesse autour de moi, j’ai un tournis insupportable. » Et puis la Terre s’exprime : « Moi, j’ai un petit virus humain qui m’exaspère, mais je suis tranquille, je vais bientôt m’en débarrasser… »

J.Dupond1 : L’homme un virus ? Chouette, les écologistes profonds ont trouvé leur idéologue pour justifier de prochaines tueries de masse. Les terroristes islamistes pourraient même s’y raccrocher car, après tout, ce système ce sont plutôt ces infidèles d’occidentaux qui en sont responsables.

le sceptique : Descola ne va pas au bout de sa logique, « la nature » n’est qu’un mode d’auto-transformation. La construction des artefacts n’est ni plus ni moins « naturelle » que la construction des tissus et organes, la vie est un programme de captation de ressources pour s’autorépliquer. Si le capitalisme est un « virus », alors il est une émergence de la vie dont il a parfaitement compris la logique, d’où son grand succès ! Les cultures aussi co-évoluent, en compétition, coopération, hybridation. Difficile alors de dire qu’un état (passé, présent ou futur) de « la nature » serait une référence de quoi que ce soit.

Bernard l. @ le sceptique : Vous n’êtes pas sceptique, vous êtes désespéré. Et, oserais-je ajouter, désespérant. La vie évolue par essais successifs, au hasard. Des résultats de ces essais, le chemin parcouru. Mais l’homme, bien que partie intégrante de ce cheminement, à ceci de différent, qu’il est capable de comprendre ce fonctionnement et d’anticiper les conséquences de ses actions. Donc non, il ne me semble pas que ses choix soient à mettre au même niveau que les évolutions des autres composantes de la nature. On a le choix de notre futur, encore ne faut-il pas le sacrifier à notre présent.

le sceptique @ Bernard : je lis dans votre réponse le reflet de votre propre désespoir. Il n’y a rien de désespéré ni désespérant à observer l’incroyable trajectoire de la vie, la puissance du devenir qui se déploie et l’insignifiance quasi-complète du présent d’un Terrien dans ce processus. Je ne crois pas que la conscience humaine a tant de prise que cela, en fait nous bricolons comme le reste du vivant. Par ailleurs, si l’environnement émerge comme question au sein du capitalisme, assez vite finalement à échelle du temps historique, cela fait partie de l’auto-ajustement, non ?

Philippe Marrel : Sauf qu’il faut tenir compte des échelles temporelles! C’est sûr, à l’échelle de la biosphère, en centaines de millions d’années, le problème humain sera réglé et oublié, au catalogue des essais et erreurs de l’évolution. Une grande extinction parmi d’autres. Mais en tant qu’êtres vivants d’un temps bien plus bref, nous n’avons pas la possibilité de compter sur les auto-corrections, et nous devons donc nous référer à un schéma de principe, forcément simplificateur, forcément idéalisé, pour guider notre route. Du moins ce qui reste en notre pouvoir comme décision.

A. LE COMTE : Il y a une cinquantaine d’années, on me riait au nez quand je défendais les idées de René Dumont !! On voit où on en est maintenant !

Supergudule : Pour rappel la population mondiale de 1950 à 2017 est passée de 2 milliards à 7 milliards d’humains. c’est bien ? c’est mal ? c’est à cause du capitalisme ? Pensez vous que cela permet d’envisager cette coexistence sereine avec la nature ?? Sérieusement ???

Sybill : C’est le bon moment pour revisiter les écrits et la pensée de Nicolas Georgescu-Rogen : « Le processus économique n’est qu’une extension de l’évolution biologique et, par conséquent, les problèmes les plus importants de l’économie doivent être envisagés sous cet angle ». Tant que les dommages écologiques ne seront pris en compte que comme des externalités négatives, sorte de dommages collatéraux qu’il suffirait d’internaliser dans les coûts (principe pollueur-payeur), les choses ne changeront pas significativement…

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/20/philippe-descola-nous-sommes-devenus-des-virus-pour-la-planete_6040207_3232.html

Post-covid, rien ne changera-t-il vraiment ?

Un « expert en innovation » qui ne sait que prêcher la continuité, Vincent Charlet : « La pandémie a-t-elle encouragé au détachement matériel ? Bien au contraire, dans moins de deux ans les Français achèteront encore plus sur Amazon et seront encore plus nombreux à s’envoler au soleil pour leurs vacances. La seconde perspective est celle qui voudrait que les entreprises décident de rapatrier une part substantielle de leur production à proximité de leur pays d’origine. Mais déplacer ne veut pas dire relocaliser, surtout si les acheteurs restent peu enclins à payer le surcoût d’une fabrication locale… C’est le changement climatique qui obligera les principales puissances à se rasseoir à la table des négociations. »*

Les commentaires sur le monde-fr nous éclairent :

Xavier : Ce monsieur Charlet nous explique que rien ne changera parce que nous ne le voulons pas vraiment. Mais si cette crise dure, il est question d’endettement public stratosphérique en Europe, de chômage aux US, d’inflation peut être… pas sûr qu’il soit seulement possible de reprendre la même route après ça.

Michel Sourrouille : Vincent Charlet est un fin dialecticien, il dit que rien ne changera à cause du coronavirus, mais que tout changera à cause du changement climatique. Il ne croit pas que nos consommations ostentatoires vont cesser après le confinement, mais il croit qu’on va enfin s’asseoir autour d’une table pour réguler les émissions de gaz carbonique. Il a à la fois tort et raison, tout dépend de l’échelle de temps qu’on considère. ll y a eu une vie sans voiture individuelle il y a un siècle, il n’y aura plus de voiture individuelles dans un siècle. Sauf que le changement ne sera pas du principalement à la Covid-19, on s’accommode très bien des morts humaines pendant une guerre ou une pandémie ; mais on n’évitera pas la déplétion pétrolière et les autres contraintes biophysiques dues à l’épuisement des ressources naturelles. Vincent Charlet d’ailleurs n’est pas dupe : « La catastrophe annoncée se sera matérialisée sous nos yeux sans que nous n’ayons sans doute rien fait. »

Claude Danglot : La pandémie du Covid-19 est l’illustration caricaturale de l’effet dramatique de la mondialisation et du libéralisme sur les équilibres écologiques de la planète et sur son réchauffement climatique. S’imaginer que les choses vont pouvoir continuer « comme avant » alors que l’économie s’effondre est d’une naïveté affligeante. L’économiste américain Kenneth Ewart Boulding avait coutume de souligner : « Celui qui pense qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ……… Dans un système ouvert, il est possible de concevoir n’importe quelle activité humaine. Dans un système fermé, l’homme ne peut plus agir comme bon lui semble s’il ne veut pas disparaître, dans le cas extrême, de la surface de la Terre. »

GERONIMO : Loin de la « pensée magique » habituelle des collapsologues, Charlet décrit bien le monde tel qu’il est. Le consommateur qui ira toujours acheter au meilleur prix et le marché qui ira toujours produire au moins coûteux, l’emporteront toujours sur le citoyen (qui n’est qu’un consommateur comme un autre). Et pour les sceptiques, deux choses : 1/ Renoncerez-vous à vos ordinateurs bourrés de métaux rares et produits en Asie pour $5/jour ? 2/ La terrible Peste Noire du XIVème siècle qui a tué 50 % de la population européenne n’a changé ni les institutions, ni les habitudes alimentaires, ni les échanges et n’a pas mis fin ni même ralenti l’évolution de nos sociétés vers une sortie lente du Moyen-Âge, deux longs siècles plus tard. Elle a juste renforcée la peur en la « Colère de Dieu »… Ca ne vous rappelle rien?

G RICH : Le monde va changer graduellement même si les lobbys se mettent en travers. On ne parle pas forcément d’autosuffisance mais de sécurité d’approvisionnement. Il sera bientôt impossible à des grands groupes pharmaceutiques d’avoir un seul fournisseur au mépris des règles les plus élémentaires d’assurance qualité. Il y aura des relocalisations pour raisons stratégiques. Le vrai coût du transport sera progressivement affecté au prix des produits. Enfin, les moyens digitaux vont amputer une partie de la demande en voyage (voiture et avion).

Rosemonde : Une partie de la population a déjà changé ses habitudes de consommation, qui boycotte Amazon et l’agriculture intensive au profit des AMAP, prend son vélo plutôt que sa voiture, prend des locations en France plutôt que du all inclusive à Punta Cana, etc. Beaucoup déjà consomment moins mais mieux, c’est à dire ne s’achètent plus l’énième blue-jeans fait au Bangladesh mais payent leurs tomates plus chères. Bref, des hommes et des femmes qui ont une conscience et s’en servent. Il me semble que cette minorité va croissante, et qu’elle est, en plus, portée par plusieurs catégories sociales dont celle des leaders d’opinion…

Bergeist : Sans dévoiler mon identité, je peux dire que j’enseigne dans des très grandes écoles d’ingénieurs. Un constat : les 18-25 ans qui ont tous (pour les français) le bac avec mention TB ont la ferme volonté de changer ce monde, non pas du fait du coronavirus mais parce qu’ils le considèrent comme pervers (il se trouve que c’est le même mot en allemand et en français). Ainsi, 1/3 d’entre eux s’étaient déjà engagés à ne plus JAMAIS prendre d’avion hors obligation professionnelle à la rentrée d’octobre 2018. Un an et demi plus tard, ils avaient tenu bon…

NKN : Je confirme observer aussi dans les derniers recrutements des jeunes diplômés bac+5 qui devraient être le fer de lance de nos industries productivistes sont en fait déjà largement engagés dans une évolution des modes de vie : plus d’avion, pas ou presque de viande, vêtements d’occasion, etc. Ils n’ont pas attendu l’évolution de l’offre des multinationales pour changer. Bien sur il faut que jeunesse se passe mais parmi eux sont peut-être des dirigeants de demain.

Pm42  : Oui, ils sont jeunes. Rien de nouveau. Voyez le bon coté des choses : à une autre époque et dans un autre pays, ils auraient fait gardes rouges pour améliorer le monde et vous auraient flagellé en public afin de se débarrasser du passé.

Christophe M : A l’issue de cette crise, et par effet cumulatif de prises de conscience précédentes, non, Monsieur Charlet, la majorité des Français ne se précipitera pas dès septembre pour acheter un nouveau SUV, oui, une petite partie de la population aura définitivement changer sa manière de s’alimenter, non, le dogme économique financier ne sera plus l’unique étalon de la vie réelle pour certains, oui l’utilité sociale de la vie économique deviendra un critère de plus en plus prégnant. Ce n’est pas un grand soir qui s’annonce mais plutôt une longue journée.

Marius Albufera : L’ idée de relocalisation se heurte à un constat: nous n’ avons pas suffisamment de ressources naturelles et l’ opacité de la finance a été le moyen que nous avons trouvé de les payer à ceux qui les possèdent au lieu de continuer à leur extorquer comme nous avons fait depuis la colonisation (le pétrole…). De la même façon, nous travaillons une heure pour nous procurer un bien que d’ autres mettent 10 heures à produire: là aussi, le tour de passe-passe financier nous permet de faire travailler les autres pour nous. Sans mondialisation et sans masque financier, c’ est la vraie taille de notre richesse qui va se révéler…

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/apres-le-coronavirus-un-autre-monde-est-peut-etre-possible-mais-il-n-adviendra-pas_6036908_3232.htm

Pour une Union des écolos par la gauche ???

Le secrétaire national d’EELV Julien Bayou dans son discours au Congrès le 4 avril 2020 veut l’unité : « Ce qui se joue aujourd’hui c’est le rassemblement de l’Humanité pour affronter et vaincre une menace commune et invisible. Aujourd’hui la pandémie, demain d’autres crises, et le dérèglement climatique. » Mais comment rassembler ? Dans Le Parisien, Julien Bayou précise son projet le 13 mai 2020. Il a écrit aux responsables de la gauche et aux syndicats pour organiser des « universités du monde d’après » et réfléchir ensemble à un projet de rassemblement. Les appels à un rassemblement de la gauche sont une Arlésienne. Ainsi Laurent Fabius le 14 octobre 2006, « Je veux être le candidat du rassemblement de la gauche et des Verts. Mes combats sont ceux de la gauche rassemblée... »  Depuis la fin de la gauche plurielle, réunie autour de Lionel Jospin en 1997, les espoirs d’unité se sont toujours heurtés aux différences idéologiques des partis et aux ambitions de leurs responsables. « Je reste dubitatif sur tous ces appels souvent vagues, sans proposition de mobilisation, tellement attrape-tout qu’ils n’attrapent rien… Nous sommes actuellement dans la confrontation avec la politique du gouvernement…  », répond le député LFI Alexis Corbière à la proposition de Julien. La commune réponse des autres formations écolos, Génération écologie, Alliance écologiste indépendante, Cap 21 et le Mouvement des progressistes constitue une fin de non recevoir : « La vision qui consiste à engager la préparation de 2022 par une stratégie préalable d’alliance avec des formations politiques qui, en pratique, n’ont nullement rompu avec le productivisme, nous semble être une erreur et ne peut aboutir qu’à la dissolution du projet écologiste dans des compromis boiteux. »

Les associations de leur côté ne se sentent pas concernées par ces circonvolutions politiques. Les commentaires sur lemonde.fr vont bon train :

Capitaine Haddock : Si face a l’urgence climatique les écolos français abandonnaient leur doctrine gauchiste ils seraient demain au pouvoir et dans l’action. Une majorité de citoyens sont prêts a s’engager pour la planète, mais n’y mettons pas des préalables idéologiques. Quel temps perdu!

Izy : L’écologie politique n’existe pas. Il n’y a que de la bonne ou de la mauvaise économie et de la bonne ou de la mauvaise politique. La bonne économie, c’est celle qui intègre la finitude des ressources et les contraintes biophysiques dans ses modèles, est ménagère de ces ressources et prend soin de la ressource humaine. La bonne politique est celle qui s’appuie sur la bonne économie. Tout le reste ne vaut économiquement et politiquement strictement… RIEN, et doit être combattu.

Noodlefr @ Izy : Sauf que votre définition de l’économie et de la politique bonne ménagère c’est ce qu’on appelle le développement durable (ou soutenable) promu par l’écologie politique non radicale. Une autre écologie politique existe qui prône plutôt une économie frugale, basée sur un contingentement fort des activités économiques non essentielles. Ne vous en déplaise l’écologie politique existe bel et bien. Son problème c’est l’immaturité d’un bon nombre de ses partisans et dirigeants, c’est également son noyautage partiel par des groupes extrémistes ayant d’autres objectifs en tête et pour qui l’écologie n’est qu’un vecteur opportuniste. Ses nombreuses divisions obérent toute possibilité d’accession au pouvoir. L’écologie ne peut donc en l’état que demeurer une force politique à part, une sorte de réservoir d’idées, qui manque d’une forte structuration et d’une réelle stratégie de conquête électorale. Enfin il lui manque une vraie figure charismatique forte et fédératrice.

CL2P : Simplement sidéré devant le manque d’inspiration des écologistes français durant cette pandémie du Covid-19. Les différentes écuries, notamment à Paris, semblent uniquement obsédées par une énième « union de la gauche » contre le « Macronisme » (nous disent-elles) ; qui n’augure de rien sur le plan des idées et des projets concrets ; mais permet uniquement aux uns et aux autres de « sécuriser » leurs mandats et fonctions au sein de l’exécutif parisien. Je n’en peux plus avec cette grotesque manipulation au nom voulu des « valeurs de gauche » qu’ils sont les premiers à fouler aux pieds dans leurs vies respectives.

de ma banlieue : Les écolos, qui ont lancé tant d’alertes sur des risques en tout genre, n’avaient pas vu venir le risque épidémie. Qu’à cela ne tienne, le coronavirus confirme la justesse de leur cause, selon eux. Les nationalistes y voient eux la justesse du nationalisme, etc. Hélas les transports en commun franciliens sont parfaits pour la contagion, et la forte densité urbaine la favorise aussi. Mais pourtant l’idée écolo est de densifier la proche banlieue de Paris, déjà bien dense.

F. P. : Attention, tout de même, à ne pas verser dans ce que Freud appelait le narcissisme des petites différences ! Faire cause commune est possible dès lors que la cause en question est bien définie.
Richard Rorty distinguait utilement campagne (politique) et mouvement (pseudo-politique). Celle-ci se donne des objectifs définis, celui-là en appelle à des idées vagues. Hélas ! Il est plus facile de tenir un discours vague, mais persuasif parce qu’il parle au cœur, qu’un discours dûment argumenté, sachant parler à la raison. D’autant plus qu’un discours qui ne parlerait qu’à la raison sera peu entendu, quand bien même la raison en question serait autre chose qu’une rationalité d’expert-comptable. Bref, il faut l’un et l’autre : vouloir conduire sûrement et savoir séduire sans tromper. Ce n’est pas tout trouvé !

Pour en savoir plus sur le positionnement des écologistes grâce à notre blog biosphere :

10 mai 2020, Post-covid, qui sera président en 2022 ?

30 avril 2020, L’après Covid-19 se prépare déjà en coulisses

15 février 2020, EELV. Julien Bayou est-il un écotartuffe ?

28 octobre 2019, Différentes stratégies au Congrès EELV

15 juillet 2029, Lutte des places ou écosophie à EELV  ?

23 septembre 2018, EELV tient un beau discours, quels sont les actes ?

L’écologie nous rassemble par définition

Pierre Charbonnier : « L’écologie est au-delà de la droite et de la gauche, une finalité unique doit réunir l’ensemble des humains à travers leur appartenance commune à la Terre. C’est une stratégie de communion universelle style Nicolas Hulot qui nourrit certaines tribunes dans les médias… En vérité l’écologie nous divise bien plus qu’elle nous rassemble. L’écologie apparaît comme une opportunité de profit pour les uns, et comme un fardeau pour les autres…L’écologie est une ligne de clivage qui passe à l’intérieur de chacun d’entre nous... Il n’y a pas deux camps facilement identifiables, les Terriens contre les Destructeurs. ..L’écologie ne nous rassemble pas, elle nous divise..» Les commentateurs sur le monde.fr ne sont pas d’accord :

Ecureil : Eh bien. Si la prise de conscience unanime n est pas la bonne stratégie… quelle meilleure stratégie envisager ?

Babaille : Passer d’une conscience universelle à un manichéisme caricatural ne semble pas un grand progrès conceptuel.

Un romain: L’écologie nous divise, d’accord. Ceci dit nous faisons quoi? Comment surmonterons nous la division, sachant qu’il y a urgence?

Matt59 : Une tribune qui enfonce des portes ouvertes, tout nous divise, l’inégalité sociale, économique, environnementale. L’écologie n’a pas créé ces divisions, elle vise à les réduire. Voilà un philosophe qui plaira aux populistes…

-Alazon- : Le vrai clivage est entre des boboécolos religieux qui mettent la nature au dessus de tout, et les humanistes qui font de l’homme la mesure de toute chose. Ce clivage est aussi entre des gens qui mesurent l’importance de l’économie pour la vie des gens, et surtout des plus pauvres, et des écologistes qui veulent la sacrifier à leurs pulsions rétrogrades, technophobes et décroissantes. Pensons à la prohibition irrationnelle des OGM qui sont l’avenir de l’agriculture ! Les écologistes sont avant tout des nantis qui ne comprennent rien au monde, des Hulots superstitieux, des patineurs de voie sur berge, des gens du passé.

VDBs @ Alazon : Vous avez clairement choisi votre camp en tout cas… Personnellement, si l’humanisme est encore seulement le principe datant de la Renaissance de l’homme centre du monde, ce concept a été taillé en pièces par la science ces deux derniers siècles. Nous ne sommes qu’un composant de la nature et plus nous tentons de la transformer et de la maîtriser, plus nous créons les conditions de notre propre malheur. Être écologiste, contrairement à votre caricature, ce n’est pas être contre la science ou les avancées technologiques, c’est vouloir chercher un chemin dans ce qu’elles nous proposent qui permette de limiter notre impact sur la nature tout en couvrant nos besoins vitaux. Elle s’oppose en cela à votre scientisme qui considère que la seule réponse à l’avenir de l’humanité est toujours plus de transformation des processus naturels au profit du seul homme, généralement sans évaluation réelle de leurs conséquences sur le long terme.

Balturi : Charbonnier écrit « L’écologie nous divise. Et c’est tant mieux » !!! Il y a des individus, qui s’affublent du titre de philosophe, qui se réjouissent de la division… Donner n’importe quelles mauvaises nouvelles à un esprit actif et constructif : il proposera des solutions qui rassembleront le plus grand nombre. L’esprit réactif en dérivera des motifs de division, et s’en réjouira ! L’écologie a besoin des premiers, pas des derniers.

Vince : On peut philosopher tant qu’on veut, dire qu’on est divisés, tiraillés, attachés à nos libertés, nos ambiguïtés et tergiversations ne feront jamais le poids devant la vérité crue : nous détruisons notre maison commune. On ne discute pas avec les lois de la nature, on ne peut pas changer ces lois ni au parlement ni à l’ONU. Les sciences disent ce qui est (la vérité): réchauffement climatique et destruction de la biodiversité, deux éléments qui menacent la vie humaine. Donc soit on essaie solidairement, forcément maladroitement, de faire quelque chose qui aille dans la bonne direction, ou alors on reconnaît qu’on s’en fout et qu’on laissera les prochaines générations avec les conséquences de notre « sainte liberté ».

JFA : Tout divise en permanence. La liberté dont profitent les uns est interdite aux autres, l’égalité est purement juridique, quant à la fraternité, les SDF qui croupissent sur les trottoirs des villes témoignent de son caractère illusoire. On est divisé entre riches et pauvres, entre habitants des champs et ceux des villes, entre progressistes ouverts et réactionnaires bornés, citoyens du monde et nationalistes, gay friendly et homophobes, macronistes et macrophobes, etc. À travers tout cela, il faut concocter une très relative unité permettant à tous de vivre le plus convenablement possible. Une obligation pourtant, quand les excès des hommes ont détraqué le monde dans lequel ils vivent, il est urgent d’agir. Le crash qui nous menace aura des conséquences autrement graves que le covid.

DIEU est avec Nous : Pourquoi il y a autant de commentateurs ou commentatrices qui dénigrent les écologistes. Dire que l’écologie c’est trop sérieux pour la laisser aux mains des écologistes, je trouve ça grave et triste. Nous devons toutes et tous être écologistes ! Et comme je le dis souvent, la véritable écologie est transversale, elle doit être au cœur de tous les sujets, et nous devons faire une écologie holistique qui considèrent la planète dans son Unité. Ainsi, me semble t’il, nous pourrions rassembler tout le monde autour d’un grand Tout : climat, biodiversité, circuit de l’eau, terres clean, océans, forêts anciennes, pollution, propreté, etc, etc, etc. Bien à vous

Michel D. : Et pas un mot de la démographie dans cette tribune ! Le seul combat qui vaille est celui contre la surpopulation galopante, qui annihile tous les progrès permis par les sciences.

Faux rhum : Et donc ? On commence par vous supprimer ? Ou on compte sur vous pour décider qui on va euthanasier ?

As1 @ Miche D: C’est sûr que lutter contre la surpopulation c’est quelque chose de simple. Merci d’avoir trouvé la solution. J’espère que vous avez pris la précaution de ne pas faire d’enfants. Car finalement, nés en France, leur impact écologique aurait été bien plus grand que nés ailleurs.

François C.H. @ Michel D : L’argument massue habituel flirtant sous couvert de bon sens avec le racisme. Avez-vous comparé le bilan carbone d’un occidental avec celui d’un africain? Bon, regardez de plus près et vous verrez que le problème vient peut être moins de la surpopulation (celle des autres, forcément) que de nous-même.

Michel D. : Mes contradicteurs moralistes étant dans un incroyable déni, rappelons des chiffres, à savoir la population en 1950, la population en 2019 et la progression sur la période. Monde: 2,5 => 7,6 milliards, +204%… France: 42 => 67 millions, +59 %… Nigéria: 38 => 190 millions, +400%. Egypte: 21 => 100 millions, +376%. Indonésie: 70 => 270 milliions, + 285%. Etc…. Désolé, connaissant bien Mumbai, Djakarta ou Mexico, je ne me sens absolument pas responsable des problèmes qu’ils connaissant et je ne suis pas prêt à faire le moindre effort tant que les pays dits émergents ne prennent pas des mesures drastiques pour réduire leur natalité.

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Le confinement généralisé, une grave erreur

Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) restent confinées chez elles si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. Parmi les individus infectés, 3,6 % seulement ont été hospitalisés et 0,7 % sont morts. Le taux de létalité varie de 0,001 % chez les moins de 20 ans, à 10,1 % chez les plus de 80 ans.

De toute façon il suffit d’attendre, le virus perdra de sa virulence. La grippe espagnole de 1918 ou la grippe de Hongkong de 1968 se sont éloignées au bout de deux années sans qu’on fasse quoi que ce soit de spécial. C’est dû à la recombinaison génétique qui préside à l’évolution des espèces. Les changements du génome du virus (ARN) sont issues des erreurs d’association des bases dans la chaîne de la molécule au sein de la cellule hôte. Ces erreurs sont faites au hasard, il n’y a pas de déterminisme préétabli. La virulence des virus change pendant sa réplication dans chaque personne et continue en sautant d’une personne à l’autre. Au bout d’un certain temps de contagion, il existe des souches différentes avec des virulences différentes. Les souches virulentes vont continuer à provoquer des malades jusqu’à ce que la virulence cesse. Le temps pour la perte de la virulence n’est pas un facteur en lui même mais il est relié à la réplication et à la transmission. Il suffit donc d’attendre passivement le temps nécessaire à la modification du génome et à la perte de sa virulence du virus. Pour le Sars-cov-2, personne ne connaît encore la période nécessaire puisqu’il est nouveau mais il semble qu’il s’affaiblisse au bout de 3 mois. La seule motivation du confinement généralisé reposait sur le fait de ne pas encombrer les services hospitaliers. Mais là il suffit de faire du triage médical, sélection de qui doit vivre et qui doit mourir, méthode absolument nécessaire en période de crise sanitaires aiguës et qui a été effectivement utilisée par les soignants avec le SARS-CoV-2. Beaucoup de commentateurs sur lemonde.fr préfèrent l’immunité collective plutôt que le confinement :

Joan Alcover : Tout cela suggère que la « contagiosité » de la maladie est faible ; et elle l’est aussi dans les pays qui n’ont pas confiné ou ont confiné de façon moins exigeante que la France. Par ailleurs, il est maintenant acquis que la « létalité » de l’infection est très faible, sauf pour les personnes âgées. Alors, pourquoi a-t-on confiné tout le monde y compris les « actifs » (non « âgés ») qui ne courraient aucun risque et pas seulement ceux qui courraient un risque réel : les personnes âgées, qui ne font plus partie de la population active ? On aurait pu éviter ou fortement mitiger le désastre économique qui nous attend.

GERONIMO : Faudrait savoir : C’est le confinement ou l’immunité collective que l’on recherchait ? Parce que l’un EMPÊCHE l’autre. Donc si vous voulez prouver qu’en plus de toutes les omissions et de tous les mensonges, on nous a AUSSI mené en barque au sujet du confinement, vous marquez sûrement des points.

Le Renard Masqué : Avez-vous regardé la forme de la courbe au moment où le confinement a été mis en place? Sans confinement, la dynamique de l’épidémie aurait été exponentielle. Le nombre de morts (y compris chez les plus jeunes) aurait lui aussi atteint des hauteurs stratosphériques. Et les personnes âgées confinées auraient été plus contaminées car le reste de la population ne l’aurait pas été, à suivre vos préconisations qui font frémir…

Joan Alcover @ Le Renard Masqué : j’ai bien regardé « la forme de la courbe » en France et aussi dans les pays qui n’ont pas pratiqué le confinement « à la française » ; je vous invite à en faire autant. Vous observerez qu’il n’y a pas de différences significatives dans les formes de ces différentes courbes. La notion d’exponentielle qui monte jusqu’au ciel est un concept mathématique rarement observé dans les phénomènes naturels (la fission nucléaire n’étant pas, pour moi, un phénomène « naturel »).

Athanagore porphryrogenete : Le chiffre qui manque c’est la fraction de la population infectable. On n’en sait rien mais ce qui est sûr c’est que c’est pas 100%. Par exemple on sait que les femmes ont moins de récepteurs du virus que les hommes et ont donc moins de chance de le contracter, pareil pour les jeunes. Si 60% de la population a, pour une raison ou une autre, une protection significative, alors l’immunité collective est la.

PL : J’ai du mal à comprendre qu’on parle d’un « objectif » d’immunité collective à 65 % comme s’il était atteignable et marquerait la fin de l’épidémie. Si on compte une létalité de 0,7 %, et qu’on veut que 65 % d’un pays de 60 millions d’habitants soient contaminés, cela amène à 273 000 morts. C’est beaucoup. Il est donc vraisemblable, ou en tout cas souhaitable, qu’on n’atteigne jamais ce chiffre, c’est d’ailleurs le but de la stratégie du confinement.

Syfre @ PL : la létalité n’est pas la même sur toutes les tranches d’age, si vous laissez le virus se propager par exemple sur la tranche < 45 ans, vous aurez une létalité bien plus faible et vous couvrirez un % important de la population (autour de 50% je crois). Maintenant si dans cette tranche vous excluez les personnes avec des risques aggravants, en les surprotégeant par exemple, la létalité sera encore bien plus faible. Le problème c’est de raisonner sur des moyennes, idem pour le taux de couverture.

Fouilla : Syfre, on peut effectivement rechercher une immunité collective « partielle » en confinant les personnes à risque (mettons 30% de la population) en attendant que les autres soient immunisées à 70%. Le problème c’est que si à ce moment vous « lâchez » les personnes à risque, vous sortez de l’immunité collective, puisqu’au total seules environ 50% des personnes seront immunisées. Ce serait donc perpète pour les personnes à risque? Inacceptable.

Michel SOURROUILLE @ Fouilla il faut bien mourir un jour, mais autant que ce soit en bonne santé. Alors, que ce soit quelques semaines ou quelques mois de plus ou de moins en sursis pour une personne en fin de vie, cela ne semble pas très grave…S’accrocher à quelques lambeaux de vie au détriment de beaucoup de choses vitales, c’est cela qui est inacceptable !

Fep : « Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre, a averti l’Organisation mondiale de la santé » (OMS) dans un article de ce jour. Caramba, encore raté!

Çaosetout : Fondamentalement le sujet est surtout idéologique : surtout ne pas penser à l’immunité collective, horresco referens. Ceserait un concept barbare digne d’un suédois, ennemi de la Vie à Tout Prix. On a confiné, on reconfinera au besoin (enfin, peut-être pas, cela pourrait mal se passer…), en tout cas vous allez rester socialement distancés, masqués, hydroalcooliqués, fliqués, surveillés, limités, bien gentils, bien sages, jusqu’au Vaccin et au Traitement. On Sauve Des Vies. Sauf que le virus il finira par circuler partout, il ressurgit en Corée, en Chine, etc. Les médecins ont voulu jouer aux plus fins, mais ils vont vite comprendre qui est le plus fort. Et franchement ce sera une bonne leçon. Et oui il y aura des caisses en bois. Et alors, c’est la vie… 95 % de plus de 60 ans… et en mauvaise santé

tiède : 0,001 % de létalité pour les moins de 20 ans ? À comparer au 0,0016% à 0,002 % de mortalité en termes d’accidents domestiques (en temps normal càd hors confinement qui fait plus que double le temps passé à la maison !) pour les moins de 18 ans. Conclusion : les enfants sont plus en sécurité à l’école à jouer entre eux qu’à la maison. Et pourtant on empêche une partie de ces enfants de retourner à l’école à cause de normes sanitaires à la limite de l’absurde. On peut aussi comparer ces chiffres avec la mortalité infantile : 0,38% des enfants meurent avant leur premier anniversaire.

le sceptique : On se retrouve donc après 2 mois de confinement, 27 000 morts, 6 points de PIB envolés et 12 millions de chômeurs partiels à dire : on n’est pas pour autant immunisé et on aura une vague 2. A quand un débat de fond sur le principe de précaution ?

Albane Delipovać : Moins de 0,001% de létalité chez les moins de 20 ans… Ouvrez les universités, les plages, les jardins, les bars, puis libérez ces jeunes ! Puis les moins jeunes, puis les trentenaires, etc. Jusqu’à ce que les 65% soient atteints (60% de la population à moins de 50 ans).

Jean Claude Grange : Oui, mais pour cela il faut du courage politique…

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Malthus avait tout prévu dès 1798, l’épidémie, la famine, les guerres. Dans son « Essai sur le principe de population », il ramenait les causes multiples de ces dysfonctionnements à une cause principale, la non maîtrise de sa fécondité par l’espèce humaine. Dans une note, Malthus précisera son idée de fond : « A ce qu’il me semble personnellement, celui qui indique le moyen d’atteindre un mieux relatif est un bien plus grand bienfaiteur de l’humanité que celui qui se contente de discourir sur les tares de la société actuelle et la beauté d’une société différente, sans indiquer une méthode concrète pour accélérer notre progression de l’une vers l’autre. » A son avis, il était donc nécessaire de réguler l’évolution de la population à un niveau compatible avec les ressources alimentaires. Qu’en penser aujourd’hui alors que la révolution agricole depuis 200 ans a multiplié les ressources et accompagné l’explosion démographique ? Avant la crise sanitaire actuelle, les indicateurs de la malnutrition étaient déjà au rouge, 820 millions de personnes souffrent déjà de la faim, un Terrien sur neuf. Selon la FAO*, la pandémie de Covid-19 pourrait ajouter avec la récession économique 15 à 80 millions de personnes. L’objectif « faim zéro  d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale semble de moins en moins atteignable. Il est vrai que les médias, les experts et les politiques insistent toujours sur l’alimentation, les gaspillages des riches, les inégalités de distribution de nourriture… mais n’abordent quasiment jamais la nécessaire régulation des naissances. Erreur funeste.

Nous connaissons aujourd’hui avec la contamination virale le vertige des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus d’un million de personnes infectées. Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. La multiplication humaine suit le même schéma d’une génération à l’autre. Même avec un taux réduit d’accroissement naturel actuellement à un peu plus de 1 %, les humains doublent leur nombre tous les 70 ans, et cela se compte dorénavant en milliards ! La deuxième leçon à tirer de l’épisode SARS-CoV-2, c’est qu’arrêter la diffusion exponentielle du virus est extrêmement difficile, même après un confinement généralisé de deux mois. Les comportement sociaux ne suivent pas forcément les directives médicales de distanciation sociale. Il en serait de même de la démographie humaine, il suffit de voir les bagarres homériques à propos de l’avortement ou même de la contraception. De toute façon presque aucun gouvernement, sauf le repoussoir que constitue la Chine pour certains, n’a programmé de politique malthusienne. Ajoutons le lien direct entre pandémie et densité humaine. Wuhan était peuplée de 11 millions d’habitants, les grandes villes concentrées sont les plus touchées par le virus, et métros et stades de foot sont vecteurs privilégié de la contamination. Combattre la surpopulation devrait aller de pair avec les objectifs de sobriété partagée.

Un article du MONDE estime que « le confinement imposé à une partie de la planète laisse présager une aggravation de la famine ». Il n’y est jamais question de démographie, seuls quelque commentateurs sur lemonde.fr mettent les pieds dans le préservatif :

Agnès: Attention aux fausses évidences. La famine a toujours existé quelle que soit la population. De nos jours, la production alimentaire est très supérieure aux besoins. C’est un problème de répartition et de gaspillage auquel s’ajoute maintenant le blocage par la pandémie des circuits économiques qui l’aggrave. L’explosion démographique est cependant réelle, avec toutes sortes de problèmes, mais pas celui de l’insuffisance alimentaire globale pour l’instant.

Démographie Responsable : Bon, d’un autre côté, nous ne sommes que 7,8 milliards d’humains aujourd’hui et les ONG et autres FAO affirment depuis des lustres que la planète peut nourrir plus de 12 millards d’individus. Il ne s’agit donc que d’une mauvaise organisation et ça n’est pas comme si nous étions en surpopulation..

gaston : PLUS ONT EST NOMBREUX PLUS LA PART DU GÂTEAU EST PETITE..

Gabuzo : Je n’ai jamais compris pourquoi les thèses de Malthus faisaient l’objet d’un tel dédain, à part du fait d’un aveuglement propre à l’homme, persuadé qu’il y a aura toujours des ressources à l’infini ou une innovation technologique miraculeuse pour le sauver. La politique de l’enfant unique en Chine était d’une grande violence, mais sans elle il y aurait 300 à 400 millions de Chinois en plus à éduquer, loger, nourrir. La population de l’Afrique devrait doubler en 2050 (scoop : ce n’est pas le cas des ressources agricoles). Est-ce que l’humanité va attendre d’être au pied du mur et regarder les gens crever de faim, de pollution et de tous les autres maux de la surpopulation ou est-ce qu’on est capable, pour une fois, d’anticiper ?

LEONCE : Allez donc vous même essayer d’expliquer aux Africains et autres de ne plus faire d’enfants. L’ONU a mis en place partout des bureaux de « planning familial » qui sont aussi inefficaces que coûteux.

Régis : Les thèses démographiques de Malthus sont plutôt bien considérées, certains de ses remèdes, comme cesser l’aide économique aux pauvres, beaucoup moins.

Pascalou : Avec une population mondiale hors de contrôle mais des ressources alimentaires forcément limitées car nous vivons dans un monde fini, il fallait bien que cela arrive un jour. Regardez par exemple la courbe de la l’évolution de cette population depuis 2000 ans. Elle est tout simplement effrayante quand on voit son emballement récent. Cela posera tôt où tard la question de l’autorisation de procréer, que cela plaise ou non.

* http://www.fao.org/3/ca8800en/ca8800en.pdf

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

Post-covid, il faut combattre l’urbanisation

Philippe Chiambaretta : « L’accélération exponentielle de l’urbanisation a conduit à un épuisement tel des ressources naturelles que la Terre est aujourd’hui en état d’urgence respiratoire. Les villes consomment 80 % des ressources de la planète sur seulement 2 % de sa superficie. En cette période de confinement, la chute spectaculaire des niveaux de pollution et de production de déchets fait prendre conscience à l’opinion publique de l’impact des villes sur leur environnement. Le concept de « ville-métabolisme », qui s’attache à comprendre les interactions entre les différentes strates de la ville – mobilités, nature, infrastructures, usages, bâti – ne passera pas au stade de recherche appliquée sans le recours à la « data », qui permet de quantifier ces phénomènes. L’expérimentation de voiries temporaires dédiées au vélo peut permettre de mesurer une évolution du trafic, entraînant la libération d’espaces qui peuvent donner lieu à des systèmes de végétalisations susceptibles d’accueillir à leur tour de nouveaux usages, et jouer un rôle sur les niveaux de pollution, le bien-être, renforcer la biodiversité ou supplanter des infrastructures. Des projets pilotes à l’échelle d’une décennie devront pouvoir déroger aux normes habituelles qui brident l’innovation par principe de précaution et court-termisme politique. »

Chiambaretta pose pour incontournable l’existence des villes, il suffirait de les améliorer pour qu’elles soient moins polluantes et destructrice des ressources. L’idée de désurbanisation ne l’effleure jamais, il suffit de s’adapter, rengaine de ceux qui ne veulent rien changer vraiment à nos modes d’existence. L’idée de surpopulation, une des causes première de l’entassement dans les villes et leurs immeubles à (nombreux) étages, n’est pas du tout le cadre de sa pensée. Son idée fixe est du genre « donnez moi le pouvoir, fi du principe de précaution, vous allez voir ma capacité d’innover. » Mais il ne peut rien contre la réalité : une ville mise sous cloche verrait mourir rapidement presque tous ses habitants, un village isolé peut arriver rapidement à son autonomie alimentaire et énergétique. La révolution industrielle a détruit la paysannerie, socle fondamental de nos besoins primaires, alimentaires. Le système de classification moderne a bien octroyé au secteur agricole la qualification de « primaire » (qui vient en premier), mais c’est pour mieux glorifier l’extension du secteur secondaire puis tertiaire. Pourtant que ce soit clair : ouvriers, employés et cadres urbanisés ne sont que des parasites qui vivent au crochet des agriculteurs. Avec les crises écologiques qui menacent, le besoin d’avoir de quoi se nourrir va redevenir l’exigence de tous les jours.

En cette période de confinement, nous avons appris où se trouvent nos besoins essentiels. Chacun devrait cultiver son jardin, les paysans seront de retour. La meilleure politique de la ville pour les années à venir doit consister à abandonner progressivement les grandes agglomérations pour revitaliser les campagnes ; en France notamment des milliers de villages sont abandonnés. Nous avons connu l’exode rural pendant des décennies, le moment et venu de faire le mouvement inverse. c’est la position de ce blog biosphere. Pour en savoir plus :

2005 Les paysans sont de retour de Silvia Pérez-Vitoria

20 octobre 2013, un mauvais choix gouvernemental, l’agro-industrie

24 janvier 2019, Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

1er mai 2019, BIOSPHERE INFO, Small is Beautiful

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète