Tik Tok, la responsabilité parentale en débat

Le problème de nos sociétés modernes, c’est qu’elles ont annihilé la nécessité de la responsabilité individuelle, même dans les sociétés libérale dont c’est pourtant le fondement. C’est pourquoi il semble de plus en plus évident que l’État doit légiférer à la place des individus défaillants comme des parents dépassés par leur progéniture. L’exemple particulier ci-dessous peut être généralisé : faudra-t-il un régime à la chinoise pour que la limitation des besoins dans une société soit imposée par l’État ?

La Chine vient de limiter le temps d’utilisation de TikTok à 40 minutes par jour chez les moins de 14 ans. La version chinoise de l’application de vidéos courtes, baptisée Douyin, ne leur sera également plus accessible pendant la nuit. ByteDance, la maison mère de TikTok, conseille aux parents de procéder eux-mêmes à l’enregistrement de leur enfant sur la plate-forme. En juin2021 , la Chine avait déjà révisé sa loi de protection des mineurs en exigeant des réseaux sociaux des outils de limitation de la consommation. : « la société, les écoles et les familles doivent mener une éducation idéale (…). L’état encourage et soutient la création et la diffusion de contenus en ligne propices à une croissance saine des mineurs ». Il fixe également l’objectif « d’empêcher les mineurs de devenir dépendants du réseau ». Le 3 août, l’État chinois était allé plus en loin en interdisant aux mineurs l’usage des jeux vidéo en ligne pendant la semaine, limitant la consommation hebdomadaire à trois heures. Bien entendu tenants de la liberté individuelle et réalistes s’affrontent sur le monde.fr :

Lucas.A : Je trouve quand même désolant que c’est l’État qui doit imposer des règles aussi intrusives dans la vie privée. Même si limiter Tik tok et autre réseau est une très bonne chose, car certains y passent des heures et en deviennent dépendants… Néanmoins, je trouve que ça devrait être les parents qui s’en occupent avant l’état…

Isotope : Les parents ne sont pas parfaits (sans parler de ceux qui sont complètement défaillants dans leurs obligations envers leurs enfants). Il y a même des parents qui doivent eux-mêmes être protégés : aux USA moins de dix Etats seulement autorisent leurs citoyens à jouer en argent réel sur les sites de poker online.

Sardine : Apparemment, parmi les commentaires il y a des gens pour se féliciter que l’État intervienne dans les échanges entre individus. Puis ce sera pour tout le monde, sous divers prétextes (interdiction aux asociaux, aux malfaisants, etc.). Puis on se rendra compte que la vraie liberté c’est le papier et la lettre.

EijiroSaito : Les réseaux sociaux, les jeux vidéos, la pornographie, sont des drogues douces face auxquelles un enfant est bien désarmé quand il est adolescent. De mon point de vue personnel, je mets ces addictions au même niveau que la cigarette, l’alcool ou le cannabis, drogues douces plus matérielles, et qui se répandent aussi parmi les enfants malgré leurs parents.. Je trouve normal de légiférer dessus en ce qui concerne les enfants.

Désenchanté : Incroyable les contributions qui voient une bonne chose à cela. Faut il avoir raté son éducation, ne pas avoir compris le fonctionnement de la liberté individuelle et n’avoir aucune notion de philosophie pour penser cela.

Professeur Gaston : Chacun a un degré différent d’adhésion au principe de liberté individuelle. J’y suis attaché aussi mais mon adhésion n’est pas inconditionnelle. Regardez ce qu’est devenu internet : un outil de radicalisation antisociale, pourvoyeur de fake news et de théories du complot, un outil d’abrutissement généralisé et de fabrique de la dépendance au jeu-vidéo, au jeu d’argent, au porno. Ne voyez-vous pas tous ces gens qui font défiler et rediffusent toute la journée des articles complotistes, des mini-vidéos débiles ou qui se zombifient sur Candy Crush? Et l’effet que cela a sur les plus fragiles ou les jeunes ados et même sur la fragmentation de la société (filter bubbles)? Tôt ou tard, nous imiterons la Chine.

ROTZ : Il y a un concept qui semble vous échapper et qui est pourtant un pilier fondamental de la société européenne : la liberté du citoyen, ! Nous avons le droit d’agir comme bon nous semble tant que cela n’enfreint pas la liberté des autres. On peut effectivement déplorer que trop d’adolescents passent des heures sur Tik Tok, mais ce n’est certainement pas une raison pour approuver la folie totalitaire du régime chinois et souhaiter l’importer chez nous.

ED : Quand je vois des jeunes et des moins jeunes passer leur temps à se prendre en photo dans une espèce de frénésie narcissique, poster des vidéo et des photos sans intérêt sur des réseaux et consommer l’équivalent de plusieurs centrales nucléaires pour brasser du vide, je me dis qu’il faudrait tout simplement interdire ces machins. Ce qui est attentatoire à la liberté c’est de rendre la population addict à des instruments qui rendent idiot.

Pour en savoir plus grâce notre blog biosphere :

4 mars 2021, La génération des écrans, dégénérescence

6 mai 2018, Démence digitale, l’addiction des petits aux écrans

Enfer numérique, dictature des chiffres

Voter pour la primaire des écologistes, c’était l’enfer. Un identifiant de 5 lettres, un mot de passe de 9 chiffres et lettres, un sms de confirmation de 5 chiffres à retaper sur son clavier, un appel téléphonique parce que ça ne marchait pas, soit 10 chiffres supplémentaires… soit près de 30 chiffres pour présenter son nom à une élection. Autrefois sa carte d’identité suffisait, mais c’était dans un autre temps, où les rapports de proximité étaient la norme. Le 2 octobre 1971, l’humanité est soudainement projetée dans l’ère de l’immédiateté éthérée. Ray Tomlinson envoie le premier e-mail sur Arpanet, un réseau informatique propre aux scientifiques et militaires américains. Aujourd’hui, travailler, consommer, se faire des amis, draguer, écouter de la musique, voir des films, lire, s’informer, voter, jouer, etc., tout cela se fait par écran interposé. Des individus connectés en permanence, surinformés, se croient omniscients et tout-puissants alors que leur impuissance politique et sociale n’a jamais été aussi grande. A force de vouloir communiquer toujours plus loin, on en a oublié les liens de proximité ; autrefois on s’identifiait à son voisinage, aujourd’hui nous ne connaissons plus nos voisins. L’utopie numérique laissait envisager un monde ouvert, sans nationalismes ni haine. douce vision en miettes. Internet devait révéler la diversité, il ne véhicule que des stéréotypes. A la place du village planétaire, nous avons hérité d’un marché globalisé, otage de la publicité.

Le coût de la numérisation du monde est affolant, les chiffres sont édifiants : l’industrie numérique mondiale consomme tant d’eau, de matériaux et d’énergie que son empreinte est le triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. La pollution numérique est colossale, et c’est même celle qui croît le plus rapidement.Les technologies numériques mobilisent aujourd’hui 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de CO2, soit presque le double du secteur civil aérien mondial. Pour envoyer un simple like, nous déployons ce qui devient la plus vaste infrastructure jamais édifiée par l’homme, un royaume de béton, de fibre et d’acier, un inframonde constitué de datacenters, de barrages hydroélectriques et de centrales à charbon, tous unis dans une triple quête : celle de puissance, de vitesse et… de froid ; dans les vastes plaines du cercle arctique où refroidissent nos comptes Facebook !

Réveillons-nous, révoltons-nous, n’achetons pas (n’achetons plus) d’objets numériques, vivons au plus près de la Biosphère et de nos prochains. Maintenant, tu sais ce qu’il te reste à faire…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 mai 2021, L’écran pharmakon, à la fois remède et poison

4 mars 2021, La génération des écrans, dégénérescence

25 octobre 2019, Écrans, décérébration à grande échelle

3 octobre 2019, La fabrique du crétin numérique

6 mai 2018, Démence digitale, l’addiction des petits aux écrans

26 février 2018, Les écrans contre la santé psychique des enfants

12 janvier 2018, L’addiction aux écrans, signe de folie technologique

27 octobre 2017, Libérons nos enfants de l’emprise des écrans

7 octobre 2016, Le désastre de l’école numérique dans LE MONDE

12 septembre 2016, Ecrans ou éducation, il faut choisir… le présentiel

28 avril 2016, Faut-il vraiment du tout-numérique à l’école ? NON

7 janvier 2016, La génération de l’écran en perdition intellectuelle

4 novembre 2014, Est-il encore possible aujourd’hui de vivre sans écrans ?

24 janvier 2013, l’enfant face aux écrans, l’interdit est nécessaire

18 décembre 2012, Noël, sans achat de tablette numérique pour enfants

14 juin 2011, pourquoi vivre sans écrans

13 juin 2011, vivre en famille sans écrans

28 mars 2010, vivre sans écrans, c’est possible

27 mars 2010, l’écran pervertit (les relations humaines)

26 mars 2010, l’écran chasse les livres

25 mars 2010, tout sur l’écran et rien dans la tête

24 mars 2010, l’écran est une drogue

23 mars 2010, l’invasion des écrans

22 mars 2010, Semaine sans écrans (22 au 28 mars)

19 mars 2010, Semaine sans écrans

18 avril 2009, semaine sans écran

26 mars 2009, l’emprise des écrans

15 septembre 2007, l’emprise des écrans

9 septembre 2007, utopie numérique ?

à lire, L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like, de Guillaume Pitron, Éditions Les liens qui libèrent, 304 pages, 20 euros

2022, Montebourg un présidentiable renégat

Dire qu’à une époque on pouvait croire que Montebourg serait le Jaurès de l’écologie que toute la gauche attend. Fin août 2010, Arnaud Montebourg était à Saint Ciers avec le pôle écologique du PS. Son discours était percutant :

« Une synthèse “rose-verte” est nécessaire… le Parti Socialiste fait une analyse de classe, l’écologie proclame au contraire la responsabilité de chaque individu quelle que soit sa place dans la sociétéLa question écologique dépasse les clivages gauche/droite ; même nos modes de vie les plus modestes engagent cette responsabilité… La politique va devoir revisiter la vie privée des gens, ce qui est explosif dans notre société individualiste. On aura peut-être besoin de redire aux gens comment mieux dépenser leur argent, de nous exprimer sur leurs achats d’écrans plats et d’Ipad fabriqués par des esclaves chinois, de mettre en place des péages urbains dans les grandes villes, même si aujourd’hui tout cela semble liberticide… Le propre de la mutation écologique de l’économie est bien une forme de décroissance. La seule question politique porte sur le choix des secteurs… »

Tout y est, décroissance, écologie hors clivage droite/gauche, baisse du niveau de vie, responsabilité de chacun… Hier à Frangy-en-Bresse, même pas un frémissement d’un public restreint face à sa « remontada » ! Pour ceux qui attendent un programme présidentiel de rupture avec la société thermo-industrielle, c’était raté. Son discours reste de l’ordre de l’incantation : « Toi l’orphelin, perdu, sans voix mais aussi sans reproche, lève-toi, redresse-toi, (…) peuple de gauche rejoins-moi » Un élément négatif dans son discours actuel, Montebourg est un défenseur déclaré du nucléaire : « L’urgence, c’est l’extinction du charbon et du pétrole pour diminuer les émissions européennes de CO2. Et nous avons besoin du nucléaire pour cela ». Un seul élément positif, Arnaud est le seul présidentiable à prévoir la fin du pétrole (pour 2040) et envisage une diminution annuelle de sa consommation de 5 %. Mais il parle aussi de hausse des salaires, comme tous les présidentiables.  

Rappelons pour conclure la contribution de Montebourg au Congrès socialiste du Mans en 2005, remarquable :

« La conjonction de l’explosion démographique et de l’épuisement prévisible des ressources de combustible fossile entraîne un choc énergétique qui met directement en cause le mode de développement industriel. L’approvisionnement en pétrole de l’économie mondiale est menacé par l’entrée de la production de pétrole en déclin continu. C’est le phénomène de « pic pétrolier » ; la production journalière atteint son maximum pour décroître ensuite. L’effet principal sera d’entretenir une pression constante sur les prix, et ce d’autant plus que les économies consommatrices sont fortement dépendantes. Suivra inéluctablement une baisse de la consommation du fait de la raréfaction de la ressource. Nous avons le choix entre anticiper ce bouleversement de nos économies ou subir la crise annoncée et ses conséquences sur le plus grand nombre… »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 septembre 2012, Montebourg, la vacuité opportuniste faite ministre

2 juillet 2012, Arnaud Montebourg renie ses convictions écologistes

2 octobre 2011, Arnaud Montebourg, un Jaurès de l’écologie qui se limite à la démondialisation

Eric Zemmour, l’antiécolo par excellence

Ah, Zemmour, la coqueluche actuelle des médias, par exemple BFM-TV qui lui donne la parole :

« Nous avons donné les droits de la politique d’immigration aux immigrés. Ce sont eux qui choisissent qui vient, qui ne vient pas : le fils, la mère, la femme, le cousin… L’islam est une religion politique par essence. Elle ne s’occupe pas de l’intériorité des fidèles mais des normes sociales et politiques… L’islam est une religion qui concurrence le code civil, ce qui n’est pas compatible avec la France.. Pour moi, la délinquance que nous vivons n’est pas une délinquance, c’est un djihad, c’est une guerre de civilisation qui nous est menée, une guerre de pillages, une guerre de viols, une guerre de meurtres. »

Bon, ça c’est du classique d’extrêmement à droite, on n’a que deux mots à la bouche, islam et immigré. Pour un intellectuel, le vocabulaire est un peu retreint. Venons-en à l’écologie.

Eric Zemmour : «  Mon écologie est de droite, enracinée, près de la nature… Le nucléaire permet à la France d’être le pays qui émet le moins de CO2, le nucléaire c’est la souveraineté de la France, le nucléaire c’est 200 000 emplois directs… Les éolienne c’est une catastrophe, ça ne sert à rien de vouloir sauver la planète si c’est pour ne pas garder la beauté pour nos yeux… Est-ce que le réchauffement climatique est une question que peut régler le peuple français? Je ne suis pas sûr. Est-ce que c’est vraiment une question urgente? Je ne sais pas… En fait le problème du climat, c’est la démographie et l’explosion de la natalité en Afrique et en Asie. Il faut arrêter de parler des conséquences et pas de la cause… « 

Bon, ça aussi c’est du classique anti-écolo. Alors que peut-on trouver sur le site generation-Zemmour ? En guise de programme écolo, seulement cette fin de non recevoir : « Notre environnement est épuisé par un modèle productiviste imposé par la pression de la concurrence mondiale. La balance commerciale est déficitaire. Préserver des paysages, des terroirs, des modes d’alimentation est un combat identitaire qu’il nous faut mener loin des lobbies et des éclats médiatiques. L’actualité nous le démontre ; ce ne sont pas les internationalistes libres échangistes qui pourront répondre de manière cohérente à ce grand défi. Il faut bien faire la distinction entre les Verts et l’écologie qui est définie comme une science.  

Eric Zemmour, un présidentiable crédible aux temps des catastrophes écologiques ?

Formations à la désobéissance civile NV

Formation à la Désobéissance civile non-violente à Romans sur Isère, Lorient, Hellebecq, St-Junien

Romans sur Isère : 9 – 10 octobre 2021, stage de désobéissance civile.
Inscriptions : Tél. 0954696211 ou planetaiire@gmail.com

Conférence Gesticulée de Xavier Renou « Sans haine, sans arme, sans violence. De l’Ixérisme à la désobéissance civile, comment la non-violence change le monde«  :8 octobre : Romans Sur Isère)
Renseignements : Tél. 0954696211 ou planetaiire@gmail.com

8 novembre : Lorient. 20H30. SANS PASSE.
Réservations : conference.solidaires56@gmail.com

27 novembre : Hellebecq – Belgique – 33 km de Tournai, Belgique. Renseignements : joelle.lacroix@outlook.com

Dans le cadre du festival  » Foutez Nous La Paix » :

SAMEDI 23 OCT. / SAINT-JUNIEN (87) 20H30 CONFÉRENCE GESTICULÉE
​Au P’tit Bidule. Sans haine, sans arme, sans violence / Xavier Renou
à partir de 12 ans – PRIX LIBRE

DIMANCHE 24 OCT. / ST-JUNIEN (87)
9H-14h30 ATELIER

Au P’tit Bidule.
FORMATION À LA DÉSOBÉISSANCE NON-VIOLENTE
Participation libre (tarif conseillé : 20 euros) / Repas tiré du sac. Inscriptions : stages@desobeir.net

La justice sanctionne grave les antinucléaires

Prison ferme, neuf et douze mois, pour deux opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, quatre autres à des peines de six à neuf mois avec sursis. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs. En fait ils étaient surtout poursuivis pour leur participation à une manifestation non déclarée le 15 août 2017. Conduit par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le projet baptisé Cigéo vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85 000 mètres cubes de déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français, à partir de 2035. Les commentaires sur lemonde.fr montrent deux avis complètement opposés, ceux qui ne voient qu’une certaine violence des manifestants et ceux qui constatent la violences avérée de la nucléarisation de la France. On devrait les mettre ensemble pour faire l’apprentissage d’une conférence de consensus, mais le résultat n’est pas garantie à l’avance…

Camtaoij : Ça manque un peu de précisions cet article. Les prévenus étaient accusés notamment de détention illégale d’objets explosifs et incendiaires, et de violences pour l’un d’entre eux, selon un article daté de juin. Cela semble plus grave que la simple organisation d’une manifestation non déclarée, non ?

Michel SOURROUILLE : Les sept opposants étaient initialement poursuivis pour « association de malfaiteurs », mais aussi « détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée ». Ce n’était qu’un prétexte, un des militants relate : « Le représentant de l’État m’a dit : “On n’a pas droit de lutter en France contre le nucléaire, s’attaquer au nucléaire, c’est s’attaquer à l’Etat” ». Pour illustrer la disproportion des forces en présence, lors de la manifestation du 15 août 2017, les forces de l’ordre ont utilisé « 320 grenades lacrymogènes, 37 grenades GLI-F4, 21 cartouches de lanceurs de balles de défense et cinq grenades de désencerclement ». Et l’appareil judiciaire s’efforce de faire passer les anti-nucléaires pour des terroristes alors que ces lanceurs d’alerte n’ont qu’une obsession : protéger les générations futures…

Slibo : La honte. Politisation et privatisation de la justice au service d’une industrie mortifère. Stocamine bis est annoncé, les magistrats se porteront j’espère volontaires pour aller débarrasser ces déchets lorsque l’accident annoncé se produira.

Elzéard : Je ne sais que trop que le passage en force (sous une apparence de démocratie) de l’ANDRA est une autre forme de violence pour les générations futures, elle ne sera jamais condamnée… La violence institutionnelle conduit certains à la violence… Qui est à juger ?

lecteur assidu : Enfin, un tribunal reconnaît le droit aux Français de vivre sans toute cette violence zadiste et fasciste.

Velynes : Aux nucléocrates béats : depuis quand l’enfouissement des déchets nucléaire à vie longue est mâture ? Il y a 100.000 ans que les tests on commencé, ou 10.000, ou encore 1.000 ? Non, bien évidemment. Quelle civilisation a duré sans interruption le temps nécessaire à la maintenance de ce genre de site ? Aucune. Donc le pipeau de l’ANDRA, ça va 5 minutes pour les gens voyant plus loin que le bout de leurs nez. Cela dit, ne soyez pas timides, dites juste après nous le déluge (ce qui est exactement le comportement de tous les nucléocrates)

PJPTHOMAS : Si les juges de ce tribunal pouvaient officier à Paris, de nombreux GJ auraient sans doute rapidement cessé de tout casser en nous laissant une facture énorme à payer.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 juin 2021, Le procès « Bure », politiquement manipulé

3 février 2019, La crise mondiale des déchets nucléaires

31 mars 2018, Bure et la considération du long terme

Hymne à toutes les décroissances

La décroissance est devenue en 2021 un thème de présidentielle, voici quelques éléments de réflexion pour mieux percevoir cette rupture conceptuelle.

Timothée Parrique : La décroissance est bien plus qu’une simple réduction du PIB. L’économie actuelle ressemble à une voiture lancée à pleine vitesse contre un mur écologique. L’urgence est de ralentir avant l’accident. L’objectif est de construire une économie où la production serait socialement utile et écologiquement soutenable :  réduction du temps de travail, relocalisation de la production, rationnement du budget carbone… Pour les décroissants, le niveau de PIB par habitant de la France est démesurée par rapport aux capacités des écosystème. Passé une certaine taille critique, toute activité économique – aussi désirable soit-elle – devient écologiquement problématique. Au sein du mouvement écologiste, si Delphine Batho défend la décroissance, les autres candidats s’y opposent. Mais ils connaissent mal le sujet, qu’ils réduisent à une croissance négative du PIB.

Michel Lepesant : Nous n’éviterons pas un monde à + 1,5 °C (entre 2030 et 2040), explique le GIEC. La réponse politique consiste à cesser de faire de la croissance du produit intérieur brut (PIB) notre boussole. Cet indicateur est devenu une idéologie au service du monde de la croissance. Or tout gain de croissance est corrélé à une dégradation de l’empreinte écologique (EE). Pire, le « jour du dépassement » en 2021 a eu lieu le 29 juillet. Il n’est donc pas devant nous, mais derrière nous. Désormais chaque humain doit se sentir responsable et s’efforcer de repasser sous ce seuil : c’est cela qui s’appelle la « décroissance ». Il s’agit bien d’une crise économique. Une récession correspond au recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs. Quand une récession est grave et durable , elle devient une dépression. Quelle devra être la durée de ce recul ? Le temps de revenir à une EE soutenable. En France, l’EE est de 1,8 planètes par rapport à la biocapacité française et de 2,9 par rapport à la biocapacité mondial. Avec un taux de décroissance de 10 % par an, il faudra près de 40 trimestres de récession si on part d’une EE de 2,9. Pas grave, ce sera une vie où chacun pourra préférer les dimensions du commun, de la coopération, de la convivialité, de la sérénité plutôt que de fétichiser l’individualisme, la concurrence, la rivalité, l’agitation…

François Jarrige : Chaque société a ses tabous comme le mot « décroissance », sans cesse disqualifié depuis vingt ans. Anxiogène, peu mobilisateur, négatif, punitif, tous les qualificatifs pour le discréditer ne peuvent résister au constat implacable selon lequel l’accumulation matérielle atteint ses limites et nous pousse vers l’abîme. Les grands médias s’intéressent aujourd’hui à la décroissance après des décennies de déni. Ils y sont évidemment poussés par la force des choses, alors que les pires prévisions, répétées depuis des décennies par ceux qui se disaient « décroissants », ne cessent de se confirmer, alors que s’impose l’urgence d’une réduction massive des émissions de CO2, c’est-à-dire de la plupart des flux de matières qui constituent le fondement de nos existences. Longtemps, l’idée même de croissance économique n’avait aucun sens. Jusqu’au XIXe siècle, les sociétés vivaient dans un monde relativement stable, gérant la pénurie et des ressources contraintes. Mais l’accumulation matérielle s’intensifie au milieu du XXe siècle. Sa  mesure par le PIB est inventée par Simon Kuznets en 1934. La théorie économique se développe ensuite en laissant de côté les effets délétères sur la nature, les « externalités négatives ». La remise en question de la croissance s’intensifie surtout dans les années 1970, à la suite des chocs pétroliers, des crises énergétiques et des alertes écologistes formulées dans un contexte de vives conflictualités sociales. En 1972, le rapport Meadows sur les « limites à la croissance » suscite d’abondants débats. Nicholas Georgescu-Roegen propose un nouveau paradigme, une « perspective bioéconomique » qui vise à réduire l’empreinte matérielle. Le concept de « décroissance » a été inventé par le philosophe Jacques Grinevald pour contrer les opérations idéologiques de « greenwashing ». La « décroissance » est devenue un « mot-obus », une stratégie disruptive qui porte l’attaque au cœur du système idéologique dominant. Le terme circule de plus en plus dans divers pays… Alors que les plans de relance continuent de célébrer la croissance comme seul horizon, il s’agit de rompre avec cette évidence pour rouvrir le champ des possibles, et imaginer d’autres façons de vivre dans un monde « post-croissance ».

Biosphère : Ces trois intellectuels se centrent sur la décroissance économique, ils ignorent complètement l’idée de décroissance démographique. Il en était de même pour le programme de Delphine Batho. Pourtant, dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques ET démographiques. Dans le programme du présidentiable écolo René Dumont en 1974 on indique explicitement que « depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel… Nous sommes les premiers à dire que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France…Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

Des écologistes digne de ce nom devraient assumer une perspective de décroissance économique ET démographique.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

24 septembre 2021, Population et consommation en interactions

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

26 décembre 2020, Décroissance économique ET démographique

Portrait de la radicale écolo Sandrine Rousseau

Y avait-il une autre personne cachée derrière la féministe exacerbée ? Il semble bien que oui si on en croit ses propos sur BFM-TV le 24 septembre 2021.

Sandrine Rousseau : «  Il faut mettre en place une politique de démobilité, de changement de voiture. Je souhaite augmenter le prix de l’essence entre 6 à 10 centimes le litre par an durant tout le quinquennat. Je m’engage à vous accompagner, mais, oui, il faut que l’essence augmente, car c’est ce qui pollue, c’est ce qui nous met en danger. La vente des SUV sera interdite, ils sont extrêmement lourds, consomment énormément et il n’y a pas d’utilité à être transporté dans des SUV. Je sais que tout cela n’est pas facile à entendre, et je voudrais dire aux Françaises et Français qui s’inquiètent que c’est précisément la raison pour laquelle je mets en place un revenu d’existence. Mais on ne peut pas faire un revenu qui soit au-dessus du seuil de pauvreté…Je pense aussi qu’il faudra créer une tranche supplémentaire d’imposition à 80 % pour les salaires les plus élevés… Je revendique le fait que l’on puisse diminuer la part du travail dans notre vie, cela permettra de ne pas être tributaire d’une espèce de folie, d’organisation qui consiste à consommer toujours plus. Cela consiste à avoir du temps de vie avec sa famille, du temps pour s’investir dans les associations. Delphine Batho avait raison sur le fond quant à la décroissance, il y a bien choc de productivité négative. On doit diminuer notre volume de consommation et on doit développer ce qui crée le lien dans la société. A la fin de mon mandat, il faudrait que les personnes dépensent moins qu’en 2022.

Les commentaires sur lemonde.fr vont bon train :

Orion : Europe ? Défense ? Diplomatie ? Rien. Nada. Alors même que ce sont les principales prérogatives du président de la République…

Vulaignot : C’est sur, les écologistes ne remporteront pas la présidentielle. Mais au moins, ils nous obligent à réfléchir à l’avenir de nos petits enfants.

LeClos : L’un des objectifs de S. Rousseau est que les gens restent chez eux à ne rien faire (contre versement d’un revenu). La question lui a été posée à plusieurs reprises et elle confirme avec ces mots : il faut « valoriser » les « temps de non-travail », l’idée étant que… bé, tant qu’on reste tranquille chez soi, on n’est pas dehors à polluer… Incroyable non ? Pour autant, pour que soient financés ceux qui choisiront de rester chez eux à ne rien faire, il faudra quand même qu’il y en ait qui travaillent… et polluent. Il en faudra combien pour que le système soit viable ? Il faudra vraiment prendre sur soi parce que, en même temps, on n’aura pas le droit de gagner plus de 5 000 euros par mois (au-dessus, l’impôt S. Rousseau prendra 85 % du revenu, c’est annoncé).

The Ad : La magie n’existe pas : la décroissance a déjà commencé et augmentera de toutes façons dans les vingt ans qui viennent (écoutez Jancovici et Meadows). A nous de choisir si cette décroissance sera choisie ou subie. Je préfère choisir en votant Rousseau, que je trouve pourtant insupportable et parfois dogmatique, mais elle a le mérite de ne pas faire l’autruche pour séduire les électeurs.

Flambée des prix de l’énergie, enfin !

Les tarifs du gaz ont quadruplé depuis avril, les autres hydrocarbures suivent le mouvement. En Espagne, les factures d’électricité ont augmenté de 37 % en un an. En Italie, hausse vertigineuse des factures (+ 30 % pour le gaz et + 40 % pour l’électricité). En Belgique, un ménage sur cinq est en situation de « précarité énergétique ». Le complotisme a de beaux jours devant lui : « Les compagnies d’électricité nous volent, le gouvernement est leur complice ». Face aux manifestations et aux faillites, les gouvernements se sentent obligés d’intervenir : réduction de la TVA , distribution de chèque-énergie d’argent, surtaxe sur les producteurs… Frans Timmermans, le commissaire européen en charge des questions climatiques, s’exclame : « Nous ne pouvons pas nous permettre d’opposer le social au climat. »

Reste que la flambée des prix de l’énergie ne peut être que durable pour des ressources fossiles en voie de raréfaction. Aucun gouvernement ne devrait faire l’impasse sur les réalités biophysiques d’une planète dont nous avons déjà gaspillé les principales richesses. C’est ce qu’indique des commentaires sur lemonde.fr :

Undefined : Il faut appeler les choses par leur nom : l’aide gouvernementale, ce sont des subventions aux énergies fossiles.

Michel SOURROUILLE : Certes l’austérité n’est pas un programme électoral facile, mais à flatter les électeurs et à cultiver la facilité des promesses, on cristallise les tensions et on fait le jeu des populismes de droite comme de gauche. Les pays qui résisteront aux chocs climatiques et à la déplétion des ressources fossiles seront ceux qui appliqueront le plus tôt possible des politiques drastiques de sobriété énergétique. Maintenir le pouvoir d’achat ne peut plus être une priorité.

Tony81 : Ce n’est que le début de la décroissance énergétique, cf Jancovici entre autres qui s’époumone à le répéter depuis des années. La décroissance sera subie (et est déjà subie par la population à plus bas revenus).

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere,

Jean-Michel Bezat prédit la catastrophe

Population et consommation en interactions

La problématique population – consommation ne repose pas sur des sciences exactes, mais sur des approches sociologiques. Ce sont des phénomènes sociaux relatifs à l’état d’une société donnée, donc variables dans le temps et dans l’espace. La consommation dépend de l’expression de nos besoins, or ceux-ci sont conditionnés par un apprentissage social dont le matraquage publicitaire n’est qu’une des formes. La démographie est un simple dénombrement des personnes, ce qui n’indique rien de l’état de surpopulation qui pourrait exister. Et la fécondité obéit à des préceptes sociaux et au hasard des rencontres entre sexes. Cela rend extrêmement difficile la perception des interrelations entre population et consommation. A l’heure actuelle en France s’oppose deux écoles. L’une considère que le niveau de surconsommation est la principale source de pillage de la planète, l’autre s’appuie sur la relation IPAT, une façon mathématique et simplifiée d’indiquer que la démographie est un multiplicateur des menaces.

L’équation d’Ehrlich, « I = PAT (P x A x T) », montre que l’impact environnemental, noté (I), est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est encore de 1 % (x 1,01), soit un doublement tous les 70 ans. Le taux de croissance du PIB sur ces dernières années est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, et donc neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste. L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit 1,0403. Pour faciliter le calcul, l’approximation par addition des taux (1 % + 3 % + 0 % = 4%) est assez bonne pour des taux de variation assez proches. On voit les conséquences de cette croissance globale tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc. Que faire ? L’équation nous montre la voie, il faudrait agir en même temps sur P, A et T. Aucun des termes ne peut être considéré indépendamment des deux autres. L’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur. Or nous arrivons ce mois de septembre 2021 à 7,9 milliards d’humains sur cette planète et 1,4 milliard de véhicules à moteur à 4 roues. Cent automobilistes possédant une voiture polluent cent fois plus qu’un collectionneur possédant cent voitures. Mais il faut préciser l’influence des inégalités, un 4×4 pollue plus qu’une petite voiture… et un riche préfère l’avion ! Il faut aussi considérer (T), la puissance du moteur, son niveau de sophistication (électrique ou thermique), etc.

Serge Latouche, le pape de la décroissance se contente de prioriser population et consommation : « Il convient de dénoncer en premier lieu l’illimitation du paradigme économique dans le productivisme et le consumérisme. La crise écologique vient d’abord de cette illimitation. L’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance est seconde. Le problème, c’est d’abord qu’il y a trop d’autos, plutôt que trop d’hommes (même si chaque auto suppose un automobiliste…), que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…). » Cette logique argumentative est incompréhensible, il est affirmé sans preuve que la démographie est seconde pour en tirer la conclusion que la démographie est en effet seconde. Serge Latouche faisait la même figure rhétorique dans son « Que sais-je ? » sur la décroissance, l’affirmation valant démonstration d’une hiérarchie entre aspect économique (surconsommation) et aspect démographique (surpopulation). Or dans l’équation IPAT ou Kaya, il ne peut y avoir hiérarchie, tous les déterminants de l’équation sont des multiples les uns des autres. Du point de vue écologique, plutôt que l’idée de causalités multiples qui fragmentent le réel, mieux vaut la conception d’interrelations, le fait par exemple que d’un point de vue systémique les besoins ressentis par une personne sont étroitement reliés au nombre de personnes qui ressentent les même besoins. C’est ce qu’on appelle l’interaction spéculaire. Comme dans un miroir, je fais par mimétisme selon ce que je pense de ce que les autres attendent de moi.

D’autre part dans les propos de Latouche, on part d’une déconsidération du discours adverse, faisant ainsi un procès d’intention : « l’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux (le Medef entre autres) qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance ». Quand le message déplaît, on tue le messager pour ne pas l’écouter. En d’autres termes, puisque les malthusiens sont des méchants qui veulent ignorer la dimension économique, ils ne peuvent qu’être écartés. On pourrait retourner facilement l’argument : puisque ces gens-là ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause la fécondité humaine, alors leur point de vue ne peut qu’être second et nous pourrions affirmer que dire le contraire, c’est se retrouver dans le camp des natalistes. Pourtant certains décroissants continuent d’affirmer abruptement qu’il y a trop d’automobiles, peu importe le nombre d’automobilistes. Le rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, Vincent Cheynet, ne considère que l’aspect économique et se refusent absolument à envisager la question démographique. Comme l’écrit Bruno Clémentin, «  On l’a déjà dit, on va le répéter : il n’y a pas trop de monde sur notre planète, il y a trop d’automobilistes et de motards) » (éditorial du mensuel La décroissance de novembre 2019). Pourtant, presque tous les auteurs de référence de la décroissance, ceux qui ont mis en évidence les limites de la croissance (Jacques Ellul, Nicholas Georgescu-Roegen, Ivan Illich, entre autres), ont tiré le signal d’alarme de la surpopulation. Et on ne peut pas les accuser d’être des défenseurs du système techno-industriel. Plusieurs personnalités, Didier Barthès, Yves Cochet, Alain Gras, Alain Hervé, ou Pablo Servigne envisagent à la fois décroissance démographique ET décroissance économique ; ils ont d’ailleurs participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux ». Le mouvement de la décroissance est né comme protestation contre l’imposture du développement durable, cet oxymore qui mettait tout le monde d’accord en noyant la contradiction entre la croissance et les limites de la planète. C’est cela qui importe, et les décroissants se tirent une balle dans le pied en se positionnant contre Malthus ou en oubliant Malthus.

Lors de la primaire du pôle écologiste, la candidate Delphine Batho nous expliquait la ligne générale de son programme « La décroissance : pourquoi et comment ». Tous les militants pour la décroissance ne peuvent qu’être en parfait accord avec cette analyse, mais il ne s’agissait que de décroissance économique. Par contre l’idée de décroissance démographique était complètement occultée. Pourtant dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques et démographiques, ce que le texte de Delphine Batho ne disait pas. Pourtant René Dumont, dans son programme de présidentiable écolo en 1974 , écrivait : « Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité... » A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui.

La décroissance, subie ou voulue, n’est pas un phénomène en soi, ce n’est que la résultante de nos difficultés à limiter nos besoins, c’est une sous-partie de l’écologie. Sur une planète délabrée par notre nombre, notre poids économique et notre technologie, il s’agit de choisir une décroissance maîtrisée sans attendre le prochain choc pétrolier ultime pour agir. Le message de Malthus, le déséquilibre entre population humaine et possibilités de la nourrir, montre qu’il était en 1798 à la fois un précurseur de l’écologie et de la décroissance. Il est intéressant de savoir que la maison d’édition « Le Passager clandestin » a refusé d’inscrire Malthus dans sa collection les  précurseurs de la décroissance : « Nous estimons que les thèses que Malthus avance sont trop éloignées des idées que nous souhaitons porter avec cette collection. Il nous semble qu’il serait nécessaire d’approfondir les objections et réserves qui ont été faites au sujet des thèses malthusiennes, mais ce travail ne nous paraît pas envisageable dans le cadre de notre collection… » Serge Latouche, directeur de cette collection, avait pourtant accepté le manuscrit de Michel Sourrouille sur Malthus, il avait progressivement mieux perçu l’importance de la question démographique: « Si tout est discutable dans le détail, l’ensemble du malthusianisme n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée. Si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple est incontournable. Ma position correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance est que, si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population. La question démographique est seconde en théorie, mais cela ne signifie pas qu’en pratique elle soit secondaire. Loin de là. Même si les Burkinabés produisent peu et consomment peu, leur multiplication pose problème : la disponibilité en terre, la déforestation, la pression foncière dans les centres urbains, la dégradation des infrastructures, etc. et finalement la diminution de la qualité de vie pour eux et pour les autres, s’ils émigrent à l’étranger. »

Que faire ? Selon les sensibilités, les intérêts ou les aveuglements, on peut donner la priorité à l’action sur l’un des trois facteurs de l’équation IPAT: population, consommation ou technologies employées. Mais il est plus sage d’agir en même temps sur les trois niveaux, décroissance économique, décroissance démographique et technologies efficaces. C’est d’autant plus urgent qu’il y a à la fois une inertie démographique et économique ainsi qu’une illusion technologique. Certains « spécialistes » de la démographie considèrent que la stabilisation de la population mondiale s’établira d’elle-même avec le développement économique, il s’agit du schéma de la transition démographique. Encore faut-il que le développement des pays sous-développés soit encore possible sur une planète que l’activisme humain a rendu exsangue et dans des territoires surpeuplés. Les faits sont têtus. La stabilisation de la population mondiale n’a pas eu lieu, et les modèles de développement des pays riches, de plus en plus partagés par les pays émergents, restent nocifs pour l’environnement. Il importe donc de conseiller aux couples de ne pas avoir trop d’enfants, y compris dans les pays développés à faible fécondité où un bébé est beaucoup plus « lourd » pour les écosystèmes que des naissances multiples dans un pays pauvre. Dire et redire « Un enfant ça va, trois enfants, bonjour les dégâts » est une vérité. Il faut mettre fin aux politiques natalistes en France et faire du planning familial un volontarisme politique dans tous les pays. Un seul enfant par femme pourrait devenir un objectif connu de tous. Facile à dire, difficile à appliquer tant le culte de la fécondité se retrouve partout. Quant au facteur « A », agir sur la consommation et le niveau de vie reste encore un repoussoir puisque le culte de la croissance est généralisé au niveau mondial. Allez dire aux Gilets jaunes français qu’il faut instituer une forte taxe carbone pour changer le mode de déplacement, allez dire aux syndiqués que la hausse du pouvoir d’achat ne doit plus être mis en avant, allez dire aux retraités présents et futurs que leur niveau de vie doit baisser, allez dire aux milliardaires qu’un écart de revenu de 1 à 3 est le maximum admissible , allez dire à un habitant des pays pauvres que vouloir atteindre le niveau de vie des pays riches est une illusion, les capacités de la Terre à supporter l’empreinte écologique de humains étant déjà dépassé depuis les années 1970. En 2021, le jour du dépassement a eu lieu le 29 juillet. Il faudrait également interdire la publicité, un instrument de la surconsommation. Faire ainsi, c’est effectivement enrayer le mécanisme imitation/ostentation qui provoque la spirale infernale du consumérisme, mais c’est aussi provoquer des faillites en chaîne et un chômage record. On n’hésite pas aussi à invoquer aujourd’hui sans précaution le progrès technique à venir pour faire des miracles : repousser les limites naturelles, découvrir des innovations capables de nous extraire des contingences naturelles de notre Terre, moteur propre, énergies renouvelables, des colonies sur Mars, etc. De plus se joue un phénomène pervers au niveau technologique. C’est le paradoxe que Jevons qui, dès le XIXe siècle, pouvait écrire : si des techniques plus efficaces apparaissent, elles diminuent le prix de revient des produits, leurs ventes augmentent et leur production croît plus vite que la réduction de pollution qu’elles ont engendrée. Avec l’adoption de technologies moins consommatrices d’énergie, on n’observe pas de ralentissement des dégâts environnementaux, c’est l’effet rebond. Bien que les véhicules automobiles consomment moins qu’il y a 20 ans, la consommation de carburants des ménages a augmenté car les gens parcourent plus de kilomètres vu le moindre coût que cela représente pour eux… S’il apparaît de plus en plus que le « toujours plus de technologies innovantes » entraîne un gaspillage d’énergie insensé, c’est si bon de changer de modèle de smartphone.

Autant dire pour conclure que l’humanité veut encore et toujours accélérer, mais que le mur (ou le précipice) est de plus en plus proche car nous voulons mener à toute vitesse la marche du « progrès » dans une société d’abondance factice. Le « niveau de vie des Américains avant tout » disait Trump, bousillons la forêt amazonienne répète Bolsonaro, bientôt on n’aura plus besoin de lutter contre le froid en Sibérie aurait dit Poutine… et nous sur ce blog biosphere , nous indiquons gentiment que l’équation IPAT devrait être connu de tous, dirigeants et dirigés. La tâche des politiciens sensés peut se résumer à « diminuer au maximum le nombre de morts (dixit Yves Cochet) » ou, si on en croit les réalités de l’histoire humaine, augmenter au maximum le nombre de morts. Nous avons malheureusement dans les sociétés humines une préférence pour la violence comme solution à nos difficultés et peu d’appétence pour l’approfondissement de l’intelligence collective. Il faudrait aborder la question délicate de la définition d’une population soutenable pour notre planète, nous préférons dans cette période de pandémie envisager des politiques de relance économique à coups de milliards à crédit.

Michel Sourrouille,

faculté de sciences économiques (option économétrie), carrière professionnelle en tant que professeur de sciences économiques et sociales, cinq livres sur l’écologie publiés, président de l’association loi 1901 « biosphere », collaborateur régulier du site et du blog biosphere et membre de l’association Démographie responsable.

Jean-Michel Bezat prédit la catastrophe

Nous notons le 20 septembre 2021 un changement radical dans la chronique d’un journaliste du MONDE.

Jean-Michel Bezat : Certains dirigeants sous-estiment le coût économique du grand basculement vers un monde décarbonées, un changement inévitable et urgent du modèle productif et des modes de vie. Les dommages économiques de l’inaction seraient, même exorbitants. Le coût écologique risque d’être très élevé, peut-on rejeter plus de gaz à effet de serre aujourd’hui pour en émettre moins demain ? La production des métaux rares utilisés dans les véhicules électriques et les renouvelables est destructrice de l’environnement De plus en plus de pays producteurs prennent des mesures freinant l’extraction du cuivre. L’aluminium, concentré à 60 % en Chine, est produit dans des usines alimentées par des centrales au charbon. Les panneaux solaires consomment de grandes quantités de silicium, dont le raffinage est gourmand en électricité. Le bilan carbone du véhicule électrique sur son cycle de vie n’est pas brillant. Le numérique a besoin de lourdes infrastructures pour transmettre, traiter et stocker une masse de données ; en 2025, ces technologies pourraient absorber 20 % de l’électricité mondiale et représenter 7,5 % des émissions de CO2, plus que les transports maritime et aérien cumulés aujourd’hui. « La transition écologique en douceur, ça n’existe pas », tranche Daniel Cohn-Bendit. Mais qui est prêt à promettre du sang et des larmes ?

Les commentateurs sur lemonde.fr sont partagés entre étonnement et colère.

Michel SOURROUILLE: Jean-Michel Bezat, le spécialiste énergie du MONDE, conscient du coût démesuré de la nécessaire rupture écologique ? On n’y croit pas. Ce journaliste reste viscéralement partisan du tout-pétrole, militant du court-termisme, adepte du business as usual. Rappelons ce qu’il écrivait récemment (05.05.2021) : « Dans le monde d’après, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre, sans honte. Passé les violentes turbulences liées au Covid-19, le trafic aérien devrait retrouver son rythme de croisière… Les progrès technologiques ne s’arrêteront pas, avion propulsé à 100 % par des biocarburants, court-courrier brûlant de l’hydrogène en 2035… Objectif : attirer les touristes en mal de destinations exotiques, en attendant un hypothétique retour des hommes d’affaires… » !!!!

Sarah Py : Introduction de l’article de Bezat. « Certains écologistes se persuadent que la transition environnementale est un long fleuve presque tranquille qui ne rencontrerait qu’un obstacle de taille : l’absence de courage d’une partie des dirigeants politiques et des chefs d’entreprise . » Sauf que nous, les « certains écologistes », nous alertons depuis des décennies sur l’urgence climatique et qu’attendre était rendre le monde plus invivable et la transition climatique de plus en plus douloureuse. Et ce serait nous les idiots du village? Curieuse manière de retourner les choses à l’avantage de tous ceux criminels, le mot est fort, qui ont laissé faire et ont nié le problème. C’est inadmissible de parler ainsi, je vous le dis tout net M. le journaliste. Où étiez vous quand il fallait alerter et alerter encore ?

Sacha Frenchy : La conclusion « Mais qui est prêt à promettre du sang et des larmes ? » est valable pour tous les partis ! C’est ce qu’il y a à dire aujourd’hui, mais les Mr Beziat qui font l’opinion essayent de nous faire croire que c’est le problème des Verts. Cette transition, c’est un problème pour tous ! Tout sera plus difficile est la réalité d’aujourd’hui, et plus on tarde, plus se sera difficile. Au lien de botter en touche écolo, Mr Beziat, quand donc vous et vos semblables aurez enfin le courage d’aborder ce problème en face ? Quand il sera trop tard ?

Marc 31 : Dans un scénario optimiste, les peuples et leurs dirigeants comprennent que chaque effort qui n’est pas fait aujourd’hui sera payé le double, le triple ou plus encore dans 20 ans. Ils priorisent ce qui doit être préservé, planifient cet effort sur 10 ans, et se mobilisent. Dans un scénario pessimiste, chacun se dit qu’on a le temps, que c’est aux autres de donner l’exemple. Quand viendrons les vaches maigres, les mêmes se plaindront en accusant les scientifiques d’avoir mal expliqué ce qui allait se passer, en accusant les politiques d’avoir rien fait, et les riches de s’être préparé des bastions. On va commencer à se battre pour les ressources, et on va porter au pouvoir des pouvoirs forts qui promettront l’ordre et la survie au détriment des autres. Mais les autres ne se laisseront pas faire.
Quand aux partisans de la croissance… Quand le cours du blé flambera, même une baisse de la production devient une augmentation du PIB…

simple citoyen : Un autre angle mort se cache dans l’article du journaliste, la décroissance. Il est question de plus de panneaux solaires, plus de batteries, etc., et jamais moins de consommation tout simplement. Parce que discuter de la croissance est tabou, cela implique une remise en question fondamentale que malheureusement seules de plus graves catastrophes parviendront à enclencher

Zahnstocher 2 : Un journaliste économique découvre l’eau tiède et le reproche aux Verts, alors que c’est presque uniquement chez eux que l’on trouve les personnalités politiques regardant la décroissance nécessaire en face. D‘autant plus surprenant quand on sort de la primaire de EELV où Delphine Batho a fait de la décroissance son thème numéro 1. Ça n’est pas sérieux.

Sylvain : Et oui, ça va faire mal. Mais quel gouvernement se fera élire en promettant d’augmenter le chômage, d’augmenter les prix à salaire au mieux égal, de mettre en place toute une série d’interdictions ? Bref la planète va encore chauffer un certain temps. Et difficile de voir une issue.
Cmac : Seuls des scenarii profondément décroissants sont envisageables…

Victor M : En même temps le coût économique des catastrophes naturelles (inondations, incendies, pandémies, sécheresse,…) est aussi l’angle mort de l’ultra-capitalisme ! Des pans entiers de l’économie mondiale vont s’effondrer, des centaines de millions de personnes vont devoir migrer et le tourisme dans l’espace ou la vente de voitures toujours plus grosses ne seront pas d’un grand secours !

le sceptique : Bah, si les ressources deviennent rares, elles deviennent chères. De quoi se plaignent les tenants d’une régulation de la croissance, ils pensent que les puissants vont vivre comme des misérables et que tous vont chanter « planète, planète » ? La bonne blague.

Primaire des « écologistes », le second tour

Quel sens donner à notre vote lors d’une présidentielle quand on est écologiste ? Depuis 1974 et René Dumont, c’est toujours un vote symbolique, le présidentiable n’a depuis lors  qu’une fois dépassé la barre des 5 % , et seulement quand on a choisi une personne médiatique, Noël Mamère. Pour 2022, les candidat(e)s de tous bords se disent porter dorénavant le message de l’urgence écologique. Cela élimine l’intérêt d’une candidature qui se dit spécifiquement écolo lors d’une élection centrée sur une personnalité. De toute façon, entre le programme de Yannick Jadot, celui d’Anne Hidalgo ou celui de Macron, il n’y aurait même pas l’épaisseur d’un cheveu. Tout cela devrait faire en sorte que Yannick Jadot ne passera pas le cap des 5 %. s’il sortait du chapeau le WE prochain.

La primaire du pôle écologiste se révèle en définitive comme un fiasco, pour ne pas dire une farce. Lors du premier tour, le seul message qui avait une certaine valeur symbolique était le décroissancisme économique de Delphine Batho. Le concept de décroissance est en effet pour moi le seul message symbolique qui pouvait fédérer une partie des électeurs autour d’un message d’avenir, savoir maîtriser une décroissance économique qui, de toute façon, va être inéluctable. Mais comme le résultat d’une primaire ouverte repose sur des inscrits dont on ne connaît pas les convictions, c’est la féministe Sandrine Rousseau, je n’ose même pas dire écoféministe, qui a pris la deuxième place, à proximité de Jadot et suivie de près par deux autres candidats, Batho et Piolle. Seulement 2 733 voix sur 122 670 inscrits séparent Yannick de Sandrine. Le deuxième tour prévu pour le 25 septembre peut donc réserver bien des surprises.

Ni Delphine Batho ni Eric Piolle ne donnent de consigne de vote pour le second tour, ce que je trouve significatif de l’hésitation à se prononcer entre une écologie molle et une écologie faussement radicale. Personnellement je ne me sens plus du tout concerné par les errements stratégiques d’EELV. En tant que membre du Conseil Fédéral au titre de coopérateur, j’avais conseillé officiellement de faire l’impasse sur la présidentielle pour miser toutes nos forces militantes sur les législatives de 2022. Mais nos « élites » préfèrent faire de la politique politicienne plutôt que de porter la nécessité d’une rupture (terme mieux adaptée que « transition ») écologique. Cette absence de réflexion a d’ailleurs été la principale raison qui m’a fait prendre ma retraite de militant politique il y a quelques semaines. L’écologie politique institutionnelle est dans une impasse où je n’ai plus ma place.

(envoi de Michel Sourrouille qui explicite ainsi sa position en tant que membre d’EELV (au titre de coopérateur))

Voici quelques commentaires sur lemonde.fr (suite à un éditorial du MONDE consacré à la primaire du pôle écologiste) :

L.Leuwen : Édito bizarre, qui se félicite d’une primaire qui mène ce parti, irrémédiablement gauchiste, une nouvelle fois à sa perte avec la victoire quasi assurée de Mme Rousseau. Les écolos français ne servent à rien car ils n’élèvent même pas le débat sur l’écologie et se perdent dans les errements sociétaux à la mode.

Lau : Le Monde aimerait bien que les votants soient tous des écologistes convaincus, ayant voté après une analyse approfondie des programmes, des moyens et des conséquences, et donc que cette primaire soit une réussite non biaisée par un quelconque entrisme, mais il est bien incapable de le prouver.

Scarole : Parler de « rumeurs d’entrisme de l’extrême droite » est une manière gentille de suggérer ce qui relève plutôt de la certitude : l’extrême droite regarde Sandrine Rousseau comme une bénédiction et elle fera tout pour donner à ses sorties la plus grande exposition possible.

MEKEDA : La thèse de votes de trolls au profit de Sandrine Rousseau, pour saboter la candidature écologiste au scrutin présidentiel, me semble plausible.
Sinon, si ce sont vraiment les encartés EELV qui ont voté pour elle, il ne reste plus qu’à dire de profundis EELV.

PMF : La seule question qui vaille : la transition, fût-elle écoféministe, ne sera pas un chemin de rose, loin de là. Or personne ne semble vouloir le dire clairement. Bon, c’est vrai que comme argument électoral, il y a mieux. Donc autant ne pas en parler. A moins qu’ils n’aient aucune idée sur le sujet. Ce qui est possible aussi.

« Tout s’est bien passé », le film de la rentrée !

A 85 ans, le père est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme aimant passionnément la vie demande à sa fille de l’aider à mourir. Le film est l’adaptation du roman du même nom de l’écrivaine Emmanuèle Bernheim, narrant sa propre histoire avec son père. Au casting, André Dussollier dans le rôle du père, et Sophie Marceau et Géraldine Pailhas dans le rôle des filles. En salle le 22 septembre 2021.

Jacqueline Jencquel, déléguée nationale de l’ADMD : J’ai eu la chance d‘assister à l‘une des avant-premières du magnifique film de François Ozon. Je suis retournée 12 ans en arrière. Je me souviens de l‘appel angoissé d’Emmanuèle Bernheim. Pour Emmanuèle, la mort volontaire de son père était très difficile à comprendre et à accepter. Il demandait à Emmanuèle de l’aider à mourir, elle ne savait pas comment s’y prendre. Une amie lui conseille d’appeler l’ADMD. Comme je parle allemand, comme je faisais mes débuts à l‘ADMD et comme j’étais déjà confrontée à des histoires dramatiques de fin de vie, c‘est tout naturellement que j‘ai pris le relais. Je rassure Emmanuèle en lui donnant le contact d’une association suisse qui va lui procurer la mort douce qu’il souhaite. A l’époque, le sujet est encore tabou en France. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’on peut aller mourir en Suisse si on le souhaite et si on en a les moyens. Comme on le voit dans le film, lorsqu’on a les réseaux et surtout l’argent, on peut avoir accès à une mort douce. Et les autres ? La grande majorité de nos concitoyens sont condamnés à souffrir avant de mourir. Pour des raisons incompréhensibles – alors que chaque anesthésiste-réanimateur sait endormir un patient en quelques minutes – on nous impose une sédation (dans le meilleur des cas) qui peut durer quelques heures voire quelques jours, selon la décision de l’équipe médicale. Le patient est infantilisé et n’a pas le droit de choisir. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le choix .

On voit bien dans le film que ce choix est difficile. Même dans l’ état dans lequel se trouvait André Bernheim. Notre cerveau rationnel nous dit qu’il ne faut pas attendre trop longtemps, mais notre instinct de survie nous pousse à trouver des raisons de continuer. Je ne voulais pas dépasser 76 ans et pourtant j’en ai aujourd’hui 77,  bientôt 78. J’ai peur de me retrouver dans la même situation que le protagoniste du film. Mais ce qui me rassure, c’est que j’ai la porte de sortie. Je me suis préparée à cette éventualité, car je suis amie avec le médecin suisse qui m’ aidera. Quel privilège par rapport à la grande majorité de mes compatriotes qui, eux, n’ont pas ce choix ! Voilà pourquoi je continuerai de militer aux côtés de mes amis de l’ADMD pour que soit adoptée la loi Falorni qui nous donnera enfin à tous le même privilège : la porte de sortie – seulement si nous la désirons. Savoir qu’on l’a, cette porte de sortie, permet de vivre la vieillesse plus sereinement, en sachant qu’on ne sera pas obligé de jouer les prolongations.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 mars 2021, Suicide assisté, faut aller en Suisse !

29 janvier 2021, Pour ma propre mort, une sédation douce

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

26 novembre 2008, ADMD versus Axel Kahn

NB : L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) est une association loi 1901 déclarée en préfecture le 18 avril 1980.

 

Primaire des « écologistes », le fiasco intégral

Entre 23 000 et 29 000 voix pour chacun des quatre premiers candidats, le premier tour s’est joué à quelques milliers de clics. Yannick Jadot (27,7 % des voix ) et Sandrine Rousseau (25,14 %) s’affronteront au second tour (25 au 28 septembre 2021) ; Jadot, une « écologie de gouvernement » versus Rousseau, « une écologie de gauche. » La décroissanciste Delphine Batho et le plus à gauche Eric Piolle  n’ont donné de consigne de vote alors que le marginal Jean-Marc Governatori soutient Yannick Jadot. Les ressorts du vote à une primaire ouverte restent donc insondables, les commentaires sur lemonde.fr donnent Sandrine victorieuse au second tour :

Benjamin Valberg : Imaginez Rousseau présidente et Coffin première ministre ..… D’un côté celle qui tweete « Merci Jean-Pierre Belmondo » et souhaite accueillir les Talibans pour mieux les surveiller. De l’autre, une meuf qui veut exterminer les hommes.

Furusato : Des différents textes/propos issus de leurs préoccupations électorales, j’ai retenu qu’ils pratiquent le mariage de la carpe climatique et du lapin immigrationniste. Évidemment à cause du lapin je ne peux les soutenir me rappelant le sort de l’Australie à une certaine époque. Et il se trouve que j’ai entendu S Rousseau ce matin sur France Inter opposant « les gentils sorts des sorcières à la masculinité toxique des néandertaliens qui construisent des EPR » : formule choc. Certes je ne suis pas forcément EPR, mais quand je vois un cabas woke aussi parfaitement rempli dans quelque marché dominical intersectionnel je sais que ça ne va pas le faire.

Munstead : Selon LEMONDE, « l’idéologie woke, un terme désignant, la prise de conscience des injustices « . Le sens réel de woke aujourd’hui n’est pas celui-ci. C’est synonyme de dénonciations, d’intolérance, de harcèlements, de chasse aux idées différentes, de censure…

JLMUL : En fait le choix entre une dogmatique radicale woke collectiviste et un opportuniste qui cache exactement les mêmes tendances. Pour tous ceux qui pensent que seul EELV est propriétaire de l’écologie, la primaire est une chimère !

Simon M : Ce serait bien d’avoir Rousseau comme représentante des écolos… nous saurions enfin quelle est la part de français qui adhèrent aux idées racisé.e.s et woke (ceci dit sans ironie / ça doit être très faible mais autant le savoir)… ça permettrait en revanche à Anne Hidalgo de faire 2 % de plus.

Agnostic : Intersectionnalité, décolonialisme, critique de l’universalisme… avec de telles valeurs extrêmes portées par cette candidate, c’est le meilleur carburant pour l’autre face de la même médaille, à savoir Le Pen et Zemmour.

Ech : En tout cas ce que l’on a compris, c’est que EELV et ses sympathisants sont tout sauf écologistes. Pauvre Jadot, moi je serais lui, je quitterais ce parti d’extrémistes qui agrège toutes les tendances d’extrême gauche les plus déconnectées des problèmes écologiques.

Lorange : Amis réactionnaires de droite et réactionnaires macronistes : Soyez rassurés, les écologistes se contrefichent de votre avis. Un jour, dans 5 ans, dans 100 ans peut-être, les prévisions du GIEC se réalisant, vos petits enfants, terrifiés par l’extinction du vivant en action, deviendront écologistes par la force des choses et pour leur SURVIE. Ce sera forcément violent. Et ils vous en voudront. Et ils vous jugeront. Parce que vous saviez. Et votre portefeuille garni, votre négationnisme écologique, vos quolibets de petits bourgeois prétentieux et méprisants ne vous sauveront pas. Vos enfants vous jugeront. Continuez donc à vous amuser. Mais le temps tourne. À l’orage, la tempête, la fin d’un monde. Prenez soin de vous.

Fitz : En tant que réactionnaire j’aimerais simplement savoir comment la théorie du genre, l’écriture inclusive, le révisionnisme historique et les autodafés vont empêcher le réchauffement climatique.

Savigniy : Pas un mot sur le fait que la 2e place de Rousseau est probablement due à des trolls… EELV est bien partie pour refaire un score à la Eva Joly

Pierre.D @ Savigny : Je suis bien d’accord , personne ne parle de cette possibilité alors que les trolls ont toujours été très organisés pour pourrir des votes en ligne.

olivier abc : Les instructions pour le second tour sont pourtant claires : – si vous êtes pour hidalgo votez rousseau elle vous prendra peu de voix mais ira embêter Mélenchon – si vous êtes pour Mélenchon, l’inverse évidemment, votez Jadot. – si vous êtes droite ou extrême droite votez Rousseau car vous pourrez jouer à l’épouvantail avec elle et Mélenchon. – si vous êtes pour Macron, votez plutôt Jadot pour morceler la gauche qui pourrait gouverner… Bref la décision appartient aux faux militants de cette primaire ouverte. Et pendant ce temps là la planète? Honnêtement, peu importe le sortant EELV, cela ne changera rien.

Michel SOURROUILLE : Votez Antoine Waechter. L’ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988, cofondateur de ce parti en 1984, a choisi de ne pas participer à cette primaire du pôle écologiste. Il estime que « la vocation principale de cette primaire est d’essayer de trouver celui qui arrivera à fédérer la gauche, et non pas celui qui réussirait à fédérer les écologistes ». Il a annoncé le 15 septembre 2021 sa candidature pour celle de 2022 sous la bannière du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Sa candidature affirme fortement ce qui fait l’identité de la pensée écologiste, au-delà de la droite et de la gauche. C’était aussi la position de Nicolas Hulot lors de la primaire 2011. Il voulait rassembler « tous ceux qui ne se résignent pas au déclin conjoint de l’humanité et de la nature », ce qui en d’autres termes concerne tout le monde.

Nicolas Hulot avait lancé le « Pacte écologique » pour la présidentielle 2007. Il demandait aux politiques de ne plus s’affronter systématiquement mais de valider les idées pertinentes d’où qu’elles viennent : « S’il n’existe pas un esprit de concorde entre la droite et la gauche, nous assisterons impuissants à l’effondrement de notre planète. » EELV a pourtant négocié un accord avec François Hollande sur un certain nombre de députés sans demander son avis ni celui d’Eva Joly, pourtant présidentiables de la primaire 2011. Nicolas précise : « Il aurait fallu que je proclame ma symbiose absolue avec la gauche alors que, sur les sujets écologiques, elle n’est pas plus éveillée ou instruite que ne l’est la droite. Si leurs priorités diffèrent, leurs modalités sont identiques.Conditionner l’engagement écologique à un ancrage politique est un problème majeur. » Pourtant EELV se veut pour 2022 toujours à gauche…

Notre conseil, donnons des fusils aux lapins

Comment faire pour réguler la surpopulation de chasseurs ? Plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 18 septembre 2021 pour défendre les chasses traditionnelles d’oiseaux. Ils jugent le « monde rural menacé » et les « traditions en danger ». L e méchant Conseil d’État avait jugé que plusieurs techniques de chasse étaient contraires à la directive européenne « oiseaux » de 2009,

lire aussi, Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, appelle à la création d’un grand ministère de la ruralité pour s’y sentir enfin chez nous : « On a en face de nous des démagogues. On ne demandera jamais à un végan de manger de la viande, qu’on nous foute la paix ! Qu’on nous laisse vivre ». Les commentateurs sur lemonde.fr répondent a cette provocation :

Pascal H : C’est choquant de confondre la défense de la chasse et de la ruralité (ce concept restant à définir d’ailleurs ) …….… Je suis rural , depuis toujours et depuis des générations.… S’il s’agit juste de s’immerger dans la nature et de la protéger ……pourquoi un fusil et pourquoi tuer ? sauf à considérer que les huîtrier pies , les tourterelles , les marmottes ,etc etc sont des dangers ou nécessaires à la nourritures humaines……!!!!!!!! Et les chasseurs se présentent comme des défenseurs de la nature………nous ferons rire ou pleurer hélas les générations futures…..

Lorgnette : La ruralité, elle est comme tout le monde : elle n’aime pas les chasseurs. Voire plus, car après tout à y réfléchir 2,47 secondes la ruralité c’est surtout elle qui subit vos caprices d’enfants armés.La ruralité, c’est elle qui subit les violations de propriété privées pour achever un animal ; qui voit des sangliers agrainés manger les cultures… Les ruraux, se sont aussi des promeneurs, des cueilleurs de champignon, des vttistes, des coureurs à pied , et surtout des paysans.

Castanea : Quelques dizaines de milliers de manifestants qui défendent quoi exactement ? L’obscurantisme de nier que certaines populations animales sont en situation difficile depuis quelques décennies pour conserver leur jouissance ludique à jouer au ball-trap ? Si c’est bien ça, c’est lamentable. Et surtout, c’est une micro-manif, alors que des millions de français, en face, détestent la chasse ! Et pour cause, elle est le plus souvent tellement excessive à bien des égards… (durée annuelle, nombre d’espèces chassables, empoisonnement du sol au plomb, risques collatéraux, trafic du vivant et certainement pas « régulation », il y a qu’à voir le cas des sangliers…, mise en danger d’espèces menacées, etc…etc…).

Léon Tr. : Les pauvres petits chéris… les méchants bobos citadins les empêchent de massacrer à tort et à travers.

Atoum : La faune sauvage appartient AUSSI aux « Bobos citadins ignorants démagogues ». Et pas seulement aux seuls chasseurs. On fait un référendum?

Epi-Logos : Doit-on dire des « viandards » ? Ou est ce des primitifs ? Ce qu’ils ne comprennent pas est que ses traditions, sa culture, sa façon de vivre sont en contradiction avec l’état actuel de la Nature, et du respect des animaux, et de la sauvegarde des espèces.

Pascool17 : Drame de la chasse : il visait un randonneur, il tue par erreur un chasseur.

Artemis purple : Les adeptes de la mort-loisir sont en voie d’extinction. Encore quelques bravades et pfffff….

pierre marie 22 : La haine et le mépris des commentateurs du Monde pour le monde rural est… stupéfiante. Avez-vous tellement besoin d’un bouc émissaire ? Restez dans vos villes, vos stations de ski, votre ile de Ré. Vos aéroports. Laissez nous vivre.

BAEBB : Ceux qui n’aiment pas la chasse ne sont pas dans les villes, aéroport et autres de villégiatures où il n’y a rien à chasser mais dans les maisons du village à coté de chez vous…. Inutile d’aller ailleurs.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

27 avril 2018, Le bon chasseur respecte l’éthique de la Terre

2 janvier 2010, LE VILAIN CHASSEUR

31 juillet 2008, chassons les chasseurs

Stéphane Foucart devient très très pessimiste

Le journaliste scientifique du MONDE, Stéphane Foucart, interroge les faits : « Il y a contraste entre le fracas des mots utilisés par l’UICN pour décrire le problème de la biodiversité en péril et l’absence forcenée du plus petit début de réponse politique. La France se refuse même à appliquer la loi afin de ne pas entraver des activités aussi marginales que les chasses traditionnelles aux passereaux. Est-il si impérieusement nécessaire de tuer des grives musiciennes ou des vanneaux huppés ? La « nouvelle » politique agricole commune (PAC) va conforter jusqu’en 2027 les modes de production des exploitations les plus grandes, les plus industrialisées, les plus destructrices. La protection de l’environnement n’est pas seulement le domaine des paroles en l’air, c’est aussi celui du brouillage délibéré de la frontière entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. A quoi a servi, en définitive, le congrès de l’UICN ? On aurait pu s’épargner les quatre feuillets de cette chronique car la réponse, simple et désespérante, tient en quatre lettres : rien. »

Les commentaires sur lemonde.fr confirment,  soyons pessimistes :

Mamani Quispe : Les gouvernants et industriels ne font que répondre aux demandes et besoins des gentils citoyens écologistes. Ces derniers se disent écologistes dans la mesure où ils peuvent se faire livrer en deux jours le dernier smartphone par Amazon. Un jeune aujourd’hui, accro aux écrans et au macdo, souille la planète infiniment plus qu’un jeune de 1960. Mais ceux qui me pompent le plus, ce sont les seniors qui se paient des croisières en HLM géants flottants. Je paierais pour ne pas faire ce genre de truc. Bref, le manque de réactions adéquates face à l’urgence climatique est la chose du monde la mieux partagée : politiques, industriels et population, jeunes et vieux.

Pascal Biezeray : Tout à fait d’accord. Mais c’est plus facile de taper sur les politiques et sur le capitalisme, que d’arrêter de se chauffer, de s’habiller, de se laver, de voyager, d’avoir des enfants….

Minorités : J’ai arrêté de me chauffer (12° l’hiver dans les chambres-SdB, ça vous convient ?), de m’habiller (des vêtements basiques pour des années, changés en lambeaux), de me laver (pas de bains depuis des années, peu de douches), de voyager (pas mon truc), d’avoir des enfants (vasectomisé) …

DMA : Plus le temps passe et plus je me dis que mes enfants doivent être particulièrement heureux de ne pas être venus au monde.

Benco17 @ DMA : Les pauvres. Ils n’auront pas vu un lever de soleil, des vagues déferler sur une plage, une voûte étoilée, senti le vent dans leurs cheveux, entendu le chant des oiseaux,….

DMA @Benco17 : Il n’auront pas non plus l’angoisse de voir les espèces disparaître les unes après les autres, le climat changer jusqu’à rendre une partie de leur planète inhabitable, les tensions géopolitiques et sociales monter inexorablement… Chacun fera le bilan dans quelques années. J’espère très sincèrement pour les vôtres (sans ironie) que je me trompe du tout au tout…

Peace : L’écologie demande beaucoup d’altruisme, malheureusement pour nous, nous sommes des créatures fondamentalement égoïstes.

Krakatoe : Espérons éviter un choix Macron / le Pen. Ce serait une impasse écologique. Hidalgo, les Verts, Mélenchon,… oui vous avez certes des spécificités, mais laissez vos égos et rassemblez vous nom de nom !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, faut-il être optimiste ou pessimiste ?

5 janvier 2019, Évitons l’optimisme en 2019, cela empêche le réalisme

16 octobre 2018, Climat, faut-il être optimiste ou pessimiste ?

7 janvier 2018, La collaposologie est-elle la voie de l’optimisme ?

L’écologie, à gauche, à droite, ailleurs ?

Biosphere : L‘écologie est un projet trans-politique. L’avenir de notre planète et des conditions de vie concerne tous les Français, tous les humains sans distinctions partisanes… le clivage gauche/droite est donc obsolète.

Marie Toussaint (eurodéputée EELV: Dans l’histoire des idées, l’écologie politique est une idée neuve, qui dépasse les cartographies anciennes, sans pour autant les abolir. Le clivage droite-gauche reste pertinent, mais l’écologie pose des questions supplémentaires. En gros, l’écologie n’est pas soluble dans la gauche, mais elle doit en devenir le nouveau centre de gravité. Vu l’urgence des enjeux, j’espère que tout le monde va bientôt converger pour comprendre que la crise climatique comme celle de la biodiversité demandent une réforme globale des manières de penser et de gouverner issues du passé.

Damien Abad (député LR): Oui vous avez complètement raison ! L’écologie n’est pas l’affaire d’un parti mais un enjeu pour nous tous. A droite, nous avons encore du travail pour mettre l’écologie au centre de nos priorités. Voilà pourquoi, avec mes collègues parlementaires, nous avons créé une « task force environnement » afin de porter ce combat au cœur des débats nationaux. Nous voulons porter une écologie positive, axée sur l’innovation, l’éco-modernisme et le pouvoir d’achat. En effet, contrairement aux chantres de la décroissance, nous pensons qu’il est indispensable d’allier écologie et progrès scientifique et technologique.

Biosphere : Pourtant l’écologie est souvent présentée comme un marqueur de gauche pour les électeurs ! Comment la droite peut-elle arriver à être crédible sur le sujet ?

Damien Abad (LR) : Voir l’écologie comme un marqueur de gauche est un prisme très franco-français. Dans les autres pays européens, notamment en Allemagne, l’écologie est transpartisane et n’est pas le fait d’un seul parti politique. L’écologie est trop importante pour la laisser entre les seules mains des Verts, qui n’ont finalement qu’une vision réductrice, décroissante et idéologique de ce que doit être réellement la protection de l’environnement. Pour redevenir crédible sur l’écologie, la droite doit renouer avec son ADN ! C’est De Gaulle qui a institué le principe de parc naturel national, c’est Pompidou qui a créé le ministère de l’environnement en 1971, c’est Giscard d’Estaing qui a fait la loi sur la protection de la nature en 1976, c’est Chirac qui crée la tCharte de l’environnement en 2004, c’est Sarkozy qui lance le Grenelle de l’environnement qui conduira aux lois Grenelle en 2009.

Marie Toussaint (EELV) : L’écologie n’est pas considérée comme de gauche par l’ensemble de la population. On peut espérer que l’écologie tomber un jour dans le domaine commun, comme c’est le cas avec l’idéologie républicaine qui fait désormais partie de l’identité politique de la France. Mais, pour l’instant, l’originalité du projet écologiste est telle qu’il est nécessaire qu’une force d’écologie politique la porte pour permettre de quitter les rivages du productivisme, matrice des pensées politiques de la droite et de la gauche classiques. A gauche, la tectonique des idées a fait son œuvre, et l’aggiornamento est en cours. La droite partidaire reste très majoritairement sourde aux enjeux écologiques.

Biosphere : L’incapacité de la droite à embrasser la cause écologiste tient ses liens historiques avec les milieux industriels et financiers, qui n’ont à court terme aucun intérêt à changer leurs pratiques pour prendre en compte la crise écologique.

Damien Abad : Absolument pas. Je crois au contraire que beaucoup d’entreprises, grandes comme petites, sont des moteurs dans la lutte contre le réchauffement climatique, et non des freins. Je suis d’ailleurs frappé par l’évolution de la stratégie et de la communication de nos entreprises, qui font désormais de la protection de l’environnement leur cheval de bataille. Les technologies de captage, stockage et valorisation du CO2 (CCUS), par exemple, méritent d’être considérées ; des grands chefs d’entreprises, comme Bill Gates ou Elon Musk, s’intéressent ou ont investi dans ces technologies !

Biosphere : Croissance économique et préservation de la planète sont pourtant incompatibles !

Damien Abad : La sobriété énergétique n’empêche pas la croissance économique. Nous voulons faire de l’écologie un levier de réindustrialisation, avec l’ambition d’une France qui serait numéro 1 mondiale de l’hydrogène, de l’intelligence artificielle, des batteries électriques… L’idéologie de la décroissance est extrêmement dangereuse et je ne crois pas que l’on puisse remplacer un mal (le réchauffement climatique) par un autre (le déclassement de la France, la pauvreté de masse pour les Français…). Concrètement, la Fondapol a calculé, dans une note récente, l’impact économique d’une politique de décroissance : un revenu brut divisé par 4, des provisions de services publics divisés par 5, et une grande majorité de Français qui tomberaient sous le seuil de pauvreté. Les Français ne veulent pas cela. L’enjeu n’est pas la décroissance mais au contraire la croissance durable. Pour cela, nous devons reconquérir notre souveraineté agricole, fondée sur une agriculture compétitive et respectueuse de notre environnement.

Marie Toussaint : Le culte de la croissance a fait des ravages partout sur la planète. Une vision à courte vue, fondée sur la dictature du profit et le triomphe des actionnaires, a par ailleurs colonisé l’économie. C’est à cela qu’il faut mettre un terme, nous devons comprendre que les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature. A l’échelle européenne, je plaide pour l’instauration d’un traité environnemental qui fasse de la préservation de la planète et de ses ressources une priorité supérieure en termes de hiérarchie des normes. La condamnation des écocides doit en être l’un des piliers.

Biosphere : Delphine Batho a parlé dans sa campagne du clivage terriens-destructeurs en remplacement du traditionnel clivage gauche-droite, qu’en pensez-vous ?

Damien Abad : Ne tombons pas dans la caricature. N’oublions jamais que les agriculteurs sont les premiers écologistes de France. L’enjeu, c’est de passer d’une société du gaspillage à une société du durable, de revoir nos manières de produire avec des technologies propres. Je ne crois pas au mythe de la décroissance, qui est le doux nom de la récession.

Marie Toussaint : Reconnaître ce clivage terriens-destructeurs est essentiel. Pour autant, il n’abolit pas les autres clivages ; notre monde est complexe et nous avons besoin de le lire avec des lunettes multiples. Nous habitons une seule et même planète, mais les mondes sociaux que nous habitons sont tellement fracturés.

Biosphere : l’écologie remet en cause le système de production capitaliste, l’écologie de droite ne peut donc relever que du greenwashing.

Damien Abad : Ce n’est pas le système capitaliste en soi qui compromet l’avenir de la planète. En outre, il n’y a pas de modèles alternatifs sérieux qui permettent de subvenir aux besoins de tous ! Je crois au contraire que l’enjeu est d’agir sur la responsabilité de chacun, des entreprises comme des particuliers. Plutôt que d’interdire la mobilité individuelle, nous proposons de la rendre propre et vertueuse. Ainsi, il ne s’agit pas d’interdire la voiture ou l’avion, mais de construire les véhicules propres de demain en investissant massivement dans les technologies du futur !

Marie Toussaint : Le greenwashing sera de moins en moins possible. La crise écologique forcera la droite à bouger, le plus tôt sera le mieux. Je ne pense pas qu’un électeur ou une électrice de droite soit insensible à la question environnementale. A nous autres écologistes de les convaincre de la justesse de nos solutions.

Biosphere : Notons la convergence de LR et d’EELV, la crise écologique incite la droite comme la gauche à se penser comme écolo. Il n’y a plus de véritable opposition entre droite et gauche, mais plutôt une fracture entre un écologisme superficiel, ne voulant transformer le système productiviste et consumériste qu’à la marge, avec des slogans du type moteur propre ou innovations salvatrices. L’écologie de rupture devient une nécessité avec une planète en surchauffe, mais ni Marie Toussaint, ni à plus forte raison Damien Abad ne l’envisage pour l’instant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Ecologie, droite ou gauche ?

7 juin 2019, Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

22 août 2016, L’écologie est-elle de droite ou de gauche, ou d’ailleurs

23 avril 2016, L’écologie, ni gauche, ni droite, ni centre, mais supérieur

8 avril 2016, Le « ni droite ni gauche » va avoir le vent en poupe

20 février 2016, Deux manières de tuer l’affrontement droite/gauche

19 décembre 2013, Droite ou gauche, comment situer l’écologie ?

17 mai 2010, plus à gauche et moins à droite, Nicolas Hulot

26 février 2010, droite/gauche, un classement ringard

1er octobre 2009, la gauche passe à droite

6 juillet 2008, droite et gauche, même combat

3 mars 2008, l’écologie, de droite ou de gauche ?

Subventionner la consommation, une hérésie

odifier la date et l’heurLe premier ministre français a annoncé, le 16 septembre 2021 un coup de pouce de 100 euros pour 5,8 millions de ménages déjà bénéficiaires du chèque-énergie (150 euros en moyenne). Le chèque-énergie permettait aux personnes modestes de bénéficier d’une aide automatique au chauffage ; ce dispositif a été élargi au moment de la crise des  « gilets jaunes ». Aujourd’hui encore, l’exécutif ne veut prendre aucun risque à quelques mois de la campagne présidentielle. Or les tensions sur les marchés mondiaux font augmenter le prix de l’énergie et Bruxelles mène une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’où un grand écart entre ce que le gouvernement Macron décide et ce qu’il faudrait faire. Certes l’austérité n’est pas un programme électoral facile, mais à flatter les électeurs et à cultiver la facilité des promesses, on cristallise les tensions et on fait le jeu des populismes de droite comme de gauche. Les pays qui résisteront aux chocs climatiques et à la déplétion des ressources fossiles seront ceux qui appliqueront le plus tôt possible des politiques drastiques de sobriété énergétique. Maintenir le pouvoir d’achat ne peut plus être une priorité.

L’envolée des prix des matières premières touche non seulement le secteur des carburants, mais aussi les denrées agricoles. L’inflation ne fait que commencer, elle sera durable et continue car l’humanité est trop nombreuse et trop vorace par rapport aux ressources de la planète en voie d’épuisement, cf par exemple notre empreinte écologique et le jour du dépassement. Pour maintenir une certaine égalité des conditions face à la pénurie, il serait nécessaire d’instaurer politiquement un rationnement, par exemple par l’intermédiaire d’une carte carbone.

Les contributions sur lemonde.fr ne sont pas tendre envers la générosité illusoire du candidat Macron 2022 :

Pessicart : Subventionner la consommation quand les prix montent, ça c’est une sacrée idée !

herve L : Les multinationales encaissent les hausses du coût de l’énergie, avec une production et un prix consciencieusement régulé au plus haut ( on en rêve nous agriculteurs), et le gentil contribuable compense pour éviter les manifestations . C’est ça le libéralisme version Macron.

Juhles : Le quoi qu’il en coûte continue. Enfin, on aurait Hidalgo au pouvoir, ce serait un chèque de 1.000 euros. Ça va devenir vraiment commode de travailler au black tout en touchant les aides. C’est d’ailleurs ce que l’on voit de + en +….

Lorange : Plutôt que forcer les multinationales à calmer le jeu et/ou redistribuer la manne qu’elle encaissent, on offre aux pauvres de l’argent public qu’ils pourront reverser à ces entreprises gloutonnes.

Val : La démagogie des politiques est sans limite. A l’heure où nous devons apprendre à être un peu plus sobre, le gouvernement subventionne la dépense énergétique. A quand une vraie politique de transition : aidez nous à consommer moins d’énergie, pas à conserver nos mauvaises habitudes.

le sceptique : On peut douter maintenant qu’on fera la transition écologique. Le gouvernement devrait expliquer qu’il faut assumer le prix plus élevé de l’énergie, en prendre conscience et se diriger vers des choix de vie moins énergivores, baisser éventuellement des taxes non progressives type CSG ou des charges sur le travail. Mais le système français est englué dans l’achat permanent de clientèles sur argent public et la pose de rustines sur la jambe de bois.

Michel SOURROUILLE : Le soutien des politiques à la civilisation fossile est significative d’un état d’esprit constant et généralisé. Depuis les années 1990, les organisations islamistes faisaient distribuer gratuitement du charbon aux familles modestes turques, pratique concrétisée officiellement par l’AKP au pouvoir depuis 2003 ; le taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère s’envole. A peine arrivé au pouvoir en 2012, le blocage des prix de l’essence avait été envisagé par François Hollande. En avril 2016, Hollande annonce l’instauration unilatérale par la France d’un prix plancher pour la tonne de carbone, mais la mesure n’entrera jamais en vigueur. Il n’y a qu’une manière d’analyser les énergies fossiles, elles doivent rester sous terre rester sous terre, réchauffement climatique oblige. La voiture individuelle devrait subir le sort des dinosaures… et le meilleur chauffage, on le trouve sous la couette en bonne compagnie.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

29 août 2012, Prix de l’essence, des socialistes sans boussole

La surpopulation absente de la primaire écolo

Thomas Roussot : Alors que les primaires écologistes battent leur plein, aucun des cinq candidats n’a évoqué la surpopulation, pourtant problème central de toute prise de conscience écologique. Les intégrismes s’en nourrissent, les financiers en tirent leur miel via l’ultra libéralisme, les terrorismes réactifs et autres pandémies s’y lovent complaisamment. Mais aucun n’ose aborder le terreau qui rend possible ces multiples dérives. La surpopulation reste LE sujet tabou de l’écologie politique. La population mondiale a atteint 7 milliards au 31 octobre 2011. Elle atteindra 8 milliards en 2023, 9 milliards en 2037 et 10 milliards de personnes en 2055. Elle a doublé en 40 ans de 1959 (3 milliards) à 1999 (6 milliards). Son taux de croissance a atteint son apogée à la fin des années 1960, alors qu’il était de 2,09 % .Elle est actuellement (2020) en croissance à un taux d’environ 1,05 % par an, ajoutant 81 millions de personnes par an au total. Un taux de 1 %, c’est encore un doublement de la population en 70 ans. Alors qu’il avait fallu toute l’histoire de l’humanité jusqu’à l’an 1800 pour que la population mondiale atteigne 1 milliard, le deuxième milliard a été atteint en seulement 130 ans (1930), le troisième en 30 ans ( 1960), le quatrième milliard en 15 ans (1974), le cinquième milliard en 13 ans (1987), le sixième milliard en 12 ans (1999) et le septième milliard en 12 ans (2011). Au cours du seul 20e siècle, la population mondiale est passée de 1,65 milliard à 6 milliards.

D’où ce résultat : En 2021, 3 669 784 d’hectares de forets détruits, 4 940 522 hectares de terres perdues à cause de l’érosion des sols, 25 623 981 235 tonnes d’émissions de CO2 , 6 910 054 tonnes de produits chimiques toxiques rejetés dans l’environnement.

La surpopulation est en interdépendance avec le progrès techno-scientifique. Pour nourrir bientôt 8 milliards d’humains, les États n’ont d’autre recours que le productivisme, la nourriture industrielle, les énergies fossiles et nucléaires. Le cycle de l’eau, la qualité de l’air, tout l’environnement est pourtant impacté par le gaz, le pétrole et le charbon au point de mettre en suspension l’avenir des homo dits sapiens. Les nécessités vitales des hommes induisent le chaos quand elles ne sont pas satisfaites. À moins d’une réduction drastique des naissances via une éducation prenant à rebours les traditions religieuses et culturelles ! À défaut, seul le dogme nihiliste de la croissance économique continuera d’apporter ses réponses aveugles et aveuglantes à cette hypertrophie humaine.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Tout savoir sur la surpopulation humaine

10 septembre 2021, Solutions radicales pour surpopulation avérée

3 septembre 2021, Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

26 août 2021, Surpopulation et extinction des espèces

22 août 2021, L’Égypte et Al-Sissi face à la surpopulation

17 août 2021, Wikipedia et le concept de surpopulation

7 août 2021, 10 milliards en 2050 = surpopulation ?

2 décembre 2017, EELV célèbre le Sida, mais se fiche de la surpopulation

22 décembre 2015, La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

11 novembre 2014, Référendum en Suisse : halte à la surpopulation

29 juillet 2014, Les pathogènes s’attaquent à la surpopulation humaine

25 février 2014, Surpopulation, c’est en partie la faute des démographes

30 octobre 2013, Surpopulation, la faute aux machos et autres sexistes

24 juillet 2013, pour casser le cercle vicieux agriculture-surpopulation

18 janvier 2012, Tribunal pour les générations futures : la surpopulation

28 août 2009, surpopulation en 2050

Primaire du pôle écologiste, faussée et futile

122 670 inscrits pour cette primaire pré-présidentielle. C’est peu par rapport aux primaires de l’écologie en 2016, la droite et le PS avaient rassemblé chacun plusieurs millions de personnes. C’est beaucoup, le PS n’a fait voter que 22 000 adhérents à jour de cotisation sur son projet le 9 septembre 2021. C’est ambigu et faussé car il s’agit d’une primaire ouverte à n’importe qui de plus de 16 ans. Il y a eu TROP d’inscriptions de dernière minute. Les quatre perdants vont dire que le gagnant a eu des … aides. Trop facile en effet de rameuter des gens de tous horizons pour un droit de voter ne coûtant que 2 euros. Noyautage du scrutin par des forces hostiles c’est donc fort possible. Les féministes différentialistes vont voter Sandrine Rousseau, rejoints par une extrême droite narquoise. Delphine Batho va mobiliser les écologistes décroissancistes, s’il en existe. Yannick Jadot compte sur l’entourage des élus qui veulent garder leur poste. Eric Piolle aura peut-être des soutiens venant de Grenoble, la ville dont il est le maire. Et Jean-Marc Governatori peut s’appuyer sur les votants dont il a avancé le droit d’inscription. EELV a toujours été erratique quant à la désignation de son représentant : sac d’embrouilles Mamère/Lipietz en 2002, valse-hésitation autour de Mélenchon en 2017. Rappelons-nous la primaire 2011, Nicolas Hulot devait l’emporter sans coup férir et c’est Eva Joly qui est sortie du chapeau. Et même la droite regrette amèrement cette procédure d’une primaire ouverte subie en 2017, sans compter le fiasco Benoît Hamon issu des rangs de la primaire PS. Une primaire ouverte n’a de toute façon aucune validité en matière de démocratie représentative, et cette procédure est maintenant rejetée par l’ensemble des autres partis.

C’est aussi une primaire de l’écologie futile et sans intérêt dans un contexte où tous les partis sans exception disent porter un message écologiste. Il n’y avait donc pas lieu pour le pôle écologiste de présenter un ou une candidat(e), mais d’être prêt à soutenir la personnalité ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Au niveau médiatique, cela donnait à l’écologie politique un statut d’arbitre entre les différents présidentiables 2022. Attendre et voir venir, c’est souvent une bonne stratégie. D’autant plus qu’un tel positionnement économisait les frais d’une campagne électorale. Libéré des conflits sans fin pour une candidature autonome de présidentiable, l’écologie politique pouvait consacrer tout son temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres fluctuent pour chaque circonscription. Soit il existera un présidentiable suffisamment écolo et les candidats du pôle écologiste se présenteront aux législatives comme force d’appoint, soit le président élu après le second tour ne le sera pas et dans chaque circonscription les candidats écolos se présenteront comme force d’opposition pour le quinquennat à venir.

La présidentielle 2017 a montré qu’on peut créer un nouveau parti avec la dynamique porté par un(e) présidentiable. Cela relativise complètement l’idée qu’il faut obligatoirement qu’un parti déjà institutionnalisé désigne un candidat de son choix. Bien plus 2017 a relativisé l’existence même des partis traditionnels. A cause de l’inversion de calendrier voulu par Jospin, les législatives ne font que confirmer le choix de la présidentielle. Centré sur la préparation des législatives, qui vont succéder rapidement à la présentielle 2022, le pôle écologiste pouvait obtenir un groupe parlementaire de meilleure façon que par d’obscures tractations comme avec le PS en 2011. On peut même envisager un miracle : au nom d’un rassemblement très large autour d’une personnalité dépassant le cadre restrictif de l’axe vert-rose, on pouvait voir en 2022 la naissance d’un Mouvement Social-Écologique digne de gouverner face à une droite anti-écolo et contre les populismes. Mais l’écologie institutionnelle (EELV et Générations écologie) n’a pour l’heure actuelle aucune vision stratégique d’ensemble…

Pour en savoir plus grâce aux contributions sur lemonde.fr :

Tyrion : Cette primaire n’est qu’une façon d’exister un court instant. S’ils veulent vraiment survivre, ils feraient mieux de s’allier avec le PS pour battre Macron au premier tour. Sinon nous aurons 2 candidats de droite au second tour comme il y a 5 ans. Quant aux programmes des candidats écolos, ils sont si différents qu’on a l’impression qu’ils ne vivent pas sur la mème planète.

Jackpot : Je souhaite de tout cœur que ce sera Sandrine Rousseau qui sera retenue, pour qu’on se marre pendant la campagne !

Viral : Le but d’une telle opération n’est nullement de gagner. A moins d’être naïf. Gagner quoi d’ailleurs ??. L’objectif est de se faire connaître.

Michel SOURROUILLE : Il n’y a pas que 5 candidats écolos pour la présidentielle, il faut rajouter Antoine Waechter. Ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988, il a annoncé à l’AFP mercredi 15 septembre sa candidature pour celle de 2022 sous la bannière du Mouvement écologiste indépendant (MEI). Constatant « le caractère utopique de rassembler les écologistes », il souhaite « affirmer beaucoup plus fortement ce qui fait l’identité de la pensée écologiste elle-même, au-delà de la droite et de la gauche ». Cette personnalité est engagée depuis 1965 dans dans la lutte écologique, il avait en effet créé (à 16 ans)  une association, les « Jeunes amis des animaux et de la nature de Mulhouse ». Il n’a pas arrêté depuis de militer, associativement et politiquement. Mais l’alliance des Verts avec les socialistes a minimisé médiatiquement l’option « L’écologie n’est pas à marier », et poussé le MEI vers le centre-droit.

Lorange : Les SEULS qui depuis 40 ans alertent sur la catastrophe liée au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité sont les écologistes. On se passera donc des leçons de morale, de politique ou de démocratie des réactionnaires et des égoïstes destructeurs plus préoccupés par leur porte-monnaie que par l’avenir de leurs enfants.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

10 février 2017, Europe Ecologie – Les Verts à l’épreuve du pouvoir