Shutdown aux USA, s’endetter sans limites

Les États-Unis, comme tous les pays développés ou presque, vivent à crédit depuis des décennies en ce qui concerne la dépense publique. C’est anormal, un riche normalement épargne puisque ses revenus dépassent largement sa consommation. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards (16 000 000 000 000) de dollars. Il faudrait d’urgence retrouver le sens des limites, ce qui paraît impossible puisque tous les dirigeants US sans exception mettent à leur programme la protection du niveau de vie des Américains.

Lire, USA, seize mille milliards de dollars de dette publique (en 2013)

LE MONDE avec AFP : Le Congrès américain est parvenu le 2 décembre 2021 à repousser in extremis la menace d’une paralysie des services fédéraux du pays, le fameux shutdown, Il revient désormais au président démocrate de promulguer le budget fédéral afin d’éviter que les financements ne soient soudainement coupés, forçant des centaines de milliers de travailleurs au chômage technique. Ce risque maintenant écarté, les élus ont jusqu’au 15 décembre pour relever la capacité d’endettement des Etats-Unis afin d’éviter le premier défaut souverain de la plus grande puissance économique mondiale. Relever le plafond d’endettement des États-Unis de 480 milliards de dollars permettra au pays d’honorer ses paiements seulement jusqu’en décembre, voire au tout début de 2022. Sans quoi l’Amérique pourrait se trouver à court d’argent et dans l’incapacité d’honorer ses paiements, une situation potentiellement catastrophique, que les grandes puissances à travers le monde surveillent de près.

Lire, Endettement perpétuel, impasse totale

L’endettement de l’État est de la même nature que l’endettement d’un ménage, on ne peut dépenser plus que ce qu’on peut rembourser dans la durée. Une dette publique arrivant à son terme qui ne peut être remboursée qu’en contractant un nouvelle dette ne peut que mal se terminer, par la faillite de l’État. Or l’endettement perpétuel est une constante depuis le premier choc pétrolier de 1974. Ce contexte obligerait normalement à refuser le gigantesque volet d’investissements voulus par Joe Biden, un projet de 1 750 milliards de dollars, qui prévoit, entre autres, la maternelle gratuite pour tous et des financements pour réduire les émissions américaines de gaz à effet de serre. Autant dire en plus que ce projet n’est que fantasme, lutter contre le réchauffement climatique découle avant tout d’une réduction des dépenses énergétiques, à commencer par des restrictions sévères sur l’usage des automobiles aux USA. Mesures politiques hautement improbables ! L’histoire humaine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou des affrontements militaires sans fins. Et n’oublions pas que tous ces riches qui vivent à crédit, c’est aussi NOUS en France. Cela veut dire aussi que tous les pays croissancistes vivent au détriment du capital naturel.

Lire, 29 juillet 2021, « le jour du dépassement »

Nicolas Hulot et les Colibris

La marge de manœuvre des individus est limitée. Mais il y a aussi des moments pour faire des choix. Il y a certes des êtres qui, par leur appartenance géographique ou sociale, n’ont pas cette possibilité. Ils subissent dès la naissance. Dans notre société, nous avons le grand privilège d’avoir un certain choix au niveau individuel. En revanche, je m’interroge sur la marche de manœuvre collégiale, dans un système qui s’est sécrété presque seul. Peut-on ordonner différemment les choses ? L’inertie est telle que les forces que nous pourrions créer ne serons pas assez puissantes pour endiguer le mouvement. C’est une question qui me hante au point que je finis par l’évacuer en me disant que notre seule obligation est de tenter l’impossible. Mon ami Pierre Rabhi m’a enseignée la légende amérindienne du colibri : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »

On me demande souvent si les individus sont vraiment prêts à modifier leurs comportements. Eh bien, je pense que oui, mais à la condition que leur volonté individuelle rencontre l’organisation collective, car les gens ne veulent pas être seuls à pédaler dans le bon sens. Les individus vont devoir se responsabiliser en permanence par leurs gestes de consommation. Il va falloir devenir des écolo-citoyens et des consommacteurs pour que la planète reste vivable. Chaque geste de consommation, avant de s’effectuer, doit nous interpeller sur sa nécessité et sa finalité. Le consommateur doit encourager prioritairement les produits de proximité. Dans les entreprises, dans les associations, dans les collectivités, je vois émerger des solutions, qu’elles soient modestes ou macro. Le changement que je pressens dans la société civile est la seule chose qui fait que je ne renonce pas à mon engagement. Je compare souvent cette énergie que nous pouvons générer au travail de l’eau. On pense que l’eau n’a aucun pouvoir par rapport à la roche, alors qu’elle est capable de vaincre avec le temps les plus grandes résistances. Je pense qu’il en va de même pour l’esprit humain. Une partie de l’humanité est convaincue que tout semble immuable, et elle occulte probablement une autre humanité. C’est à cette seconde partie qu’il faut s’adresser, pour essayer de la rassembler.

Quand on observe l’histoire présente, on s’aperçoit que nous sommes à un stade déterminant, propice à de gigantesques bouleversements. Ne serait-ce que parce que nous sommes entrés dans l’ère atomique, que nous avons changé d’échelle et que les rapports entre l’homme et la nature sont presque inversés. Fut un temps où l’homme subissait l’évolution, alors que maintenant nous la conditionnons nous-mêmes. Mais l’échéance qui nous concerne ne se situe pas dans quelques siècles, Nous avons à peine quelques décennies pour réagir. C’est le moment de juger notre véritable intelligence et de constater si nous sommes capables de reprendre les rênes du progrès en mains. Si la réponse est négative, nous allons à la collision. Nous sommes devenus un acteur de l’évolution, pour le meilleur ou pour le pire. Et l’exemplarité des uns peut devenir la norme future.

Lire aussi, Le colibri, emblème de l’écologie en marche

Pierre Rabhi raconté par lui-même

4 décembre 2021, Pierre Rabhi, figure de l’écologie, est mort

Ses propos recueillis par Catherine Vincent en 2018 :

Je ne serai pas arrivé là si je n’avais pas perdu ma mère à l’âge de 4 ans. Mon père, forgeron, s’est retrouvé seul dans une oasis au milieu du désert algérien. Mon père se dit : « Le futur est entre les mains des Européens ; si mon fils n’a pas les secrets de cette nouvelle civilisation, il ne réussira pas dans la vie. » Il se trouve qu’il y avait un couple de Français sans enfant dans mon village, qui ont proposé de me prendre en charge et de m’instruire. C’est comme ça que je suis passé, sans transition, d’une organisation sociale séculaire à la modernité. Je vivais par alternance chez mes parents adoptifs et dans ma famille d’origine, J’allais à l’école française, mais mon père exigeait que je passe aussi à l’école coranique… Quand j’étais dans l’islam, j’étais pour mes parents adoptifs chez des gens non évolués, mais quand j’étais chez les Européens, j’avais l’impression d’être chez les mécréants. Je n’aimais pas l’école. On m’y apprenait des tas de trucs qui me paraissaient sans intérêt, des dates de bataille… Mais on ne répondait pas à mes vraies questions, au grand point d’interrogation qu’était la vie, avec ses religions, ses cultures contradictoires. C’est en lisant les philosophes que j’ai trouvé des réponses. Et je découvre dans les Évangiles ce type appelé Jésus, qui répète en permanence que seul l’amour peut sauver l’humanité… et je choisis le prénom de Pierre car, de tous les apôtres, c’est celui qui m’inspire le plus.

A Paris, je ne supporte pas l’espace reclus de la ville et je rencontre Michèle, qui deviendra ma femme, qui veut aussi partir vers la nature. Nous sommes au début des « trente glorieuses », et voilà que nous décidons de devenir paysans et d’aller retourner la terre caillouteuse de l’Ardèche… Nous avons acheté la ferme de Montchamp en 1963… J’ai lu Fécondité de la terre, d’Ehrenfried Pfeiffer, et je m’aperçois qu’on peut parfaitement faire autrement en adoptant l’agriculture biodynamique. Dans cette ferme, il n’y avait pratiquement pas d’eau, pas d’électricité, pas de chemin carrossable et un sol rocailleux… J’ai passé des nuits blanches à me demander comment j’allais nourrir nos cinq enfants. Je me suis engagé dans la promotion de l’agroécologie, cette agriculture du pauvre qui affranchit le paysan de la culture d’exportation menée à coups d’engrais et de pesticides, et qui répond à ses besoins parce que c’est une agriculture élaborée, accessible à tous sans bourse délier et régénératrice des sols.

Lire, L’agroécologie, une leçon de vie avec Pierre Rabhi

J’ai commencé à donner mes premiers stages d’initiation à cette méthodologie. En Ardèche d’abord, puis, à partir du début des années 1980, au Burkina Faso où je me rendais régulièrement. Le président Thomas Sankara voulait me charger de l’agriculture du pays, mais il a été assassiné en 1987. Et tout s’est arrêté.

Je crois que quelque chose me différencie des autres : l’écologie, je ne fais pas qu’en parler, je l’applique. Des livres sur l’écologie, les bibliothèques en sont pleines ! Les gens me perçoivent comme un type qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait. Si nous voulons, nous pouvons changer le monde. Mais dans une société où les consciences sont au degré zéro de l’évolution écologique, avec des intérêts énormes en jeu, comment voulez-vous faire ?

Lire, Pierre Rabhi et Al Gore face au réchauffement climatique

La solution ne passe pas par le politique, elle passe par l’élévation de la conscience. Le jour où le politique dira : il faut une grande part d’écologie dans l’enseignement, avec un jardin pour que les enfants apprennent ce que c’est que la vie, avec un atelier manuel et non pas des écrans, cela commencera peut-être à aller mieux. J’ai vu des gens sortir de grandes écoles ultradiplômés : ils ne savent même pas comment pousse un poireau !

Lire aussi, Pierre Rabhi croit à l’insurrection des consciences

Écologie, le droit d’emmerder Dieu 

Pour Karl Marx, toute critique commençait par la critique de la religion : « Religion, opium du peuple » ! Il ne faut voir dans la bible et le coran qu’imagination humaine, poison de notre pensée. Les religions du livre font référence à un dieu abstrait, invisible, indéchiffrable. Alors ce sont des humains qui interprètent la parole de « dieu » pour imposer aux autres leur propre conception de l’existence. Impossible de s’entendre, on sacralise des arguments d’autorité, on jette l’anathème sur les infidèles ou on les massacre puisqu’on n’a pas d’argument rationnel pour les convaincre.

Cependant aucune société ne peut vivre sans une certaine forme de religion. Mais ma spiritualité, ce qui est sacré à mes yeux, c’est le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes. Ni la bible, ni le coran, il nous faut lire dans le livre de la Nature l’amour de toutes les formes de vie. La définition que donne Spinoza d’un dieu se manifestant au travers du monde naturel revient d’ailleurs à exclure l’existence d’un dieu abstrait. Il n’y a plus de place pour un dieu autoproclamé qui intervient dans les affaires humaines, et encore moins pour un dieu qui prend parti dans de haineuses violences. Dieu n’a pas créé l’homme à sa propre image. C’est bien sûr l’inverse.

Lire, préalable à l’action, se libérer de la religion

L’avocat de « Charlie Hebdo » vient de publier sa plaidoirie lors du procès des attentats de janvier 2015. « Le droit d’emmerder Dieu » (96 pages, 10 euros) de Richard Malka est une apologie passionnée du droit de blasphémer. Il y pourfend tous ceux qui ont « soufflé sur les braises ». « La liberté de critique des croyances, c’est le verrou qui garde en cage le monstre du totalitarisme. » L’affaire des caricatures, massacre perpétré par les frères Kouachi, a donc une portée métaphysique : « le sens de ces crimes, c’est l’annihilation de l’Autre, de la différence ».

Lire, Charlie : la religion assassine la liberté de réflexion

D’où la question : comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce que c’est que cette guerre qui oppose des dessinateurs avec des crayons à des fanatiques armés de kalachnikovs ? La liberté d’expression, issue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est une liberté-mère et le premier-né de cette lignée, c’est… le « droit d’emmerder Dieu » . La suppression du délit de blasphème du code pénal date de 1791. Il faudra attendre près d’un siècle pour passer de la « proclamation à la concrétisation », avec la grande loi sur la liberté de la presse de 1881, « un des piliers de notre République ».

Lire, Liberté de la presse et écologie, le cas Hervé Kempf

Le droit d’emmerder Dieu, il faut de nos jours le défendre car il est attaqué. Le problème, regrette Richard Malka, c’est que « la moitié de la classe politique et intellectuelle » n’a eu de cesse de reprocher au journal Charlie d’exercer ce droit. « Ils ont fait naître l’idée qu’avec les caricatures, nous étions les ennemis des musulmans… Et ils nous ont collé une cible dans le dos ». Même les personnes qui jugent les caricatures provocantes ou blessantes mettent de l’huile sur le feu, elle appellent à se mettre un bâillon sur la bouche.

Lire aussi, Dieu n’est pas grand (comment la religion empoisonne tout) de Christopher Hitchens

Pierre Rabhi, figure de l’écologie, est mort

Pierre Rabhi est mort le 4 décembre 2021 des suites d’une hémorragie cérébrale. Il restera comme l’un des pionniers de l’agroécologie, qui vise dans le domaine agricole à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques. Éphémère candidat à la présidentielle en 2002, il dira plus tard : « La solution ne passe pas par le politique, elle passe par l’élévation de la conscience. »

Père de cinq enfants, ses nombreux ouvrages ont rencontré un succès indéniable. Il a cofondé avec Cyril Dion le mouvement citoyen des Colibris, appelant à être soi-même le changement qu’on veut voir pour le monde. Sandrine Rousseau, une « écoféministe » notoire, est quasiment la seule à voir le diable en Rabhi : « Des positions conservatrices sur le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée (PMA) en 2015. » Pour nous écologistes, le message de Pierr Rabhi restera intemporel, par exemple :

– L’homme sait, au fond de lui, que pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. Comme une mère !

– Les religions devraient être au front de l’écologie. Toutes proclament que notre planète est l’œuvre du créateur, mais aucune ne s’offusque de la voir polluée et détruite. Il y a là une sacrée contradiction.

– Une frugalité heureuse et joyeuse doit être considérée comme une option morale, mais aussi comme une démarche politique et de légitime résistance à la dictature marchande.

– Nos enfants sont élevés « hors-sol », comme les produits de l’agriculture moderne, dans un milieu artificiel, sans rapport avec la nature, alors que celle-ci est un livre ouvert.

– La télévision s’ouvre comme une fenêtre sur le monde pour nous faire oublier l’espace exigu de notre quotidien.

– Un camion de tomates a quitté la Hollande pour l’Espagne. Dans le même temps, un camion de tomates quittait l’Espagne pour la Hollande. Ils se sont percutés à mi-chemin, dans la vallée du Rhône. On est, loi du marché oblige, en pleine chorégraphie de l’absurde.

– Prendre conscience de notre inconscience est le premier pas vers une véritable libération.

Pour en savoir plus grâce à nos articles antérieurs :

10 juin 2018, Pierre Rabhi croit à l’insurrection des consciences

4 novembre 2015, L’agroécologie, une leçon de vie avec Pierre Rabhi

2 février 2013, Pierre Rhabhi, un anti-malthusien en parole et en acte

son livre de 2007, Terre-mère, homicide volontaire ?

Nicolas Hulot et le CLIMAT

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Je pataugeais à la fin des années 1980 dans le dossier réchauffement de la planète, gaz carbonique, fonte des glaces polaires. Je pataugeais puisque les scientifiques n’étaient pas d’accord, rappelons-nous Claude Allègre. Qui savait que, en France, l’agriculture constituait la deuxième source d’émission de gaz à effet de serre ? Mais le doute doit profiter à la prévention. Non pas sceptiques mais vigilants. Non pas ironiques mais prévenants. En 2014 ma conviction est faite, on a rendez-vous avec l’Histoire ! Maîtrisons les rejets de gaz carbonique. Je revenais de Dakar, où la population double tous les dix ans, en grande partie en raison des migrations qui découlent de la désertification. Où ces gens finiront-ils par aller ? Vers le nord, logiquement et légitimement.  Le principal danger du réchauffement climatique est géopolitique. Je veux crier que le réchauffement climatique n’est pas une simple crise que le temps effacera. Il est l’enjeu qui conditionne tous les enjeux de solidarité auxquels nous sommes attachés. Il affecte ou conditionne tout ce qui a de l’importance à nos yeux. Osons affirmer que la crise climatique est l’ultime injustice. Elle frappe d’emblée les plus vulnérables : les populations qui, non seulement n’ont pas profité de notre mode de développement, mais qui en subissent le plus les effets négatifs. Développement qui s’est fait parfois sur leur dos, en utilisant leurs ressources naturelles et leurs populations. En janvier 2017, j’énonce quelques vérités dans les colonnes du MONDE. La sortie des énergies fossiles doit être la clé de voûte du moteur économique de demain… Si nous voulons atteindre l’objectif de contenir le réchauffement climatique, il faut renoncer à exploiter les trois quarts des réserves d’énergies fossiles… Les dirigeants n’ont pas encore réalisé que, pour atteindre les objectifs de neutralité carbone en 2050, il faut des révisions d’investissement fondamentales… Il serait aléatoire d’espérer atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre si nous nous accommodons du fait que des millions d’hectares soient dégradés chaque année, restituant simultanément des millions de tonnes de CO2… La lutte contre le réchauffement climatique devient une nécessité de plus en plus concrète, les effets se font déjà sentir.

Devenu ministre, j’ai présenté le 6 juillet 2017 un plan climat : « Ce n’est pas un sujet qui spontanément passe toujours au premier plan dans l’écran radar. Notre responsabilité, c’est de faire que ce sujet prime sur tous les autres. » J’annonce la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Une « prime de transition » sera proposée pour remplacer les voitures à essence d’avant 1997 ou à diesel d’avant 2001. Afin d’associer directement les Français aux actions sur le climat, j’avais aussi annoncé un projet de budgets participatifs. A travers « Mon projet pour la planète, » les citoyens sont invités à proposer des projets dans les domaines de l’énergie, de l’économie circulaire et de la biodiversité. Les résultats de la consultation seront connus en juin. Dans ce cadre, un collectif de monnaies locales a déposé un projet de monnaie numérique pour « lutter concrètement contre le dérèglement climatique ». Il s’agit de promouvoir l’achat local pour diminuer les déplacements. Mais le montant consacré à « Mon projet pour la planète » est seulement de trois millions d’euros.

Le 8 septembre 2017, lors du « 20 heures » de France 2, j’ai commenté les conséquences du changement climatique au travers de l’ouragan Irma. Le pire est devant nous. Le changement climatique et ses conséquences migratoires relèvent de ce que j’appelle l’ultime injustice. Elle frappe et va mettre en péril les conditions d’existence des générations à venir niais que des personnes qui ne sont pas responsables de la situation. Nous sommes en train de réaliser que les premiers impacts migratoires que nous avons subis aux portes de l’Europe (et je dis cela sans cynisme) sont un échantillon de ce qui peut nous arriver si les changements climatiques se combinent aux autres causes d’exode. Au risque d’un certain raccourci, je crois que l’intégrisme est le refuge de certains exploités. Il y a un moment où on touche les limites, où l’événement nous dépasse. Ce sont toujours les hommes, les femmes, les enfants les plus vulnérables qui sont atteints. La multiplication et l’intensification des extrêmes climatiques  va aussi poser des problèmes sur les îles océaniennes de basse altitude dans le Pacifique. Il va falloir tout mettre en œuvre pour aider les habitants de ces îles. Ce qui est l’exception dans beaucoup de domaines, y compris chez nous la canicule, va devenir parfois la norme. A force de nier la réalité, elle nous rattrape et on n’est pas forcément prêt. Que tout ça nous serve de leçon, on n’en fera jamais assez. Ne nous divisons pas sur ces sujets-là, réunissons toutes nos intelligences, tous nos moyens et c’est pour longtemps. Ce que m’inspire cet événement, c’est que ça nous confronte d’abord à notre vulnérabilité et aux limites de notre vieille condition humaine. Souvent, on dit que tout ce qu’on fait, c’est pour protéger la planète, mais c’est bien pour protéger l’humanité.

Mars 2018. Depuis plusieurs mois, je discute avec Emmanuel Macron du projet de trouver une place dans la Constitution pour la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agirait de compléter l’article 34 consacré au champ d’action du législateur à propos des « principes fondamentaux de la préservation de l’environnement ». Dès septembre 2017, j’avais échange avec association WWF et officialisé cette intention lors de mes vœux de nouvelle année 2018. Rien n’est encore déterminé définitivement. Pour certains l’article 1er paraît plus adapté à l’immensité de l’enjeu. Pour d’autres, limiter la constitution au changement climatique pourrait occulter le fait qu’il s’agit en fait de préserver globalement l’intégrité de l’écosystème Terre dans toutes ses dimensions. Devant le Congrès des Etats-Unis, Emmanuel Macron a plaidé le 25 avril 2018 pour l’environnement en répétant sa formule « Make our Planet Great Again » assenée après la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris, le 1er juin 2017. Il faisait ainsi une allusion directe au slogan de campagne du président des Etats-Unis – « Make America Great Again ». Pour le président de la république française, il n’y a pas de « planète B » qui dispenserait les États de s’attaquer aux périls liés à l’environnement. Est-ce un leurre à visée médiatique ou une véritable conversion à l’écologie ? Aux lendemains d’un quasi-écrasement de toute opposition au parlement pendant tout un quinquennat, Emmanuel Macron va porter une lourde responsabilité dans l’avenir de nos générations futures.

Labourage et pâturage, deux erreurs manifestes

« Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » écrivait en 1638 Maximilien De Sully. Aujourd’hui l’élevage industriel du bétail nous pousse à l’augmentation exagérée de notre consommation de viande. Quant à l’agriculture intensive, elle se fait au détriment de la microbiologie des sols… Voici une mise au point sur la terre nourricière, un patrimoine dont nous ne laisserons que des miettes aux générations futures.

Lire, la Terre en partage, réalité que nous devrions adopter

Emmanuel Bourguignon : Depuis l’invention de l’agriculture sédentarisée il y a 10 000 ans environ, l’humanité a créé deux milliards d’hectares de désert, dont un au cours du XXe siècle. La mort d’un sol se déroule en trois étapes. En premier lieu arrive la mort biologique, elle est la plus commune. Elle commence avec les apports d’engrais qui favorisent la minéralisation de la matière organique. Privé de nourriture, la biomasse de la faune du sol s’effondre. Elle s’accélère depuis la fin de la seconde guerre mondiale par l’utilisation massive des pesticides qui détruisent les vers de terre et la microfaune (collemboles, cloportes, etc.), les champignons et les microbes. Le LAMS (laboratoire d’analyse microbiologique des sols) a noté plus d’activité biologique dans des zones très désertifiées en Tunisie que dans certains sols français ou espagnols ! Le sol devient progressivement incapable de retenir les éléments tels que la potasse, l’azote, le manganèse, le phosphore, qui sont solubilisés dans l’eau. A ce stade, le sol peut s’acidifier de manière irréversible et va ensuite rentrer dans sa phase ultime de dégradation, la mort physique. L’agronomie actuelle a fait une erreur fondamentale dans son approche du sol ; elle l’a considéré comme un simple support inerte sur lequel il suffisait de mettre des engrais et des pesticides. On a réduit l’agriculture à de la gestion de pathologies végétales sur sol mort, on a oublié que le sol était un milieu dynamique et vivant. On se rend compte maintenant que les rendements chutent dans tous les pays.

Marc-André Selosse : Un sol, pour faire simple, c’est de la matière organique en devenir, sous l’effet du vivant qui recycle ainsi des sels minéraux. Ce sont également des fragments minéraux colonisés par des microbes qui les dissolvent, notamment par des processus d’acidification locale. La fertilité ainsi libérée sert à nourrir les plantes. Les sols hébergent plus du quart de l’ensemble des espèces connues – encore ne connaissons-nous qu’à peine 1 % des microbes. Entre 50 % et 75 % de la masse vivante des écosystèmes se trouvent sous terre. Dans nos régions, un gramme de sol forestier contient des millions de bactéries, appartenant à plusieurs milliers d’espèces, des milliers d’espèces de champignons, un millier d’amibes et des milliards de virus, d’un nombre inconnu d’espèces. La biodiversité, on en parle autant qu’on la foule aux pieds… Les sols agricoles de nos régions sont très pauvres en matière organique parce qu’on les laboure. Cet appauvrissement les déstructure et les rend plus vulnérables à l’érosion et à la sécheresse, car ils retiennent moins bien l’eau, et cette sécheresse est elle-même très défavorable à la vie microbienne. Dans la Corn Belt du Middle West américain, par exemple, le maïs pousse – mal – sur un sol qui ne contient plus que quelques pour cent de matière organique. La construction de l’université Paris-Saclay, sur le plateau de Saclay, a allègrement détruit un des sols les plus productifs d’Ile-de-France, et nul n’a bronché. Suite au Dust Bowl, le président Franklin D. Roosevelt a eu cette réaction en 1937 : « Une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même. » Nos sols labourés sont en train de fondre, mais en général trop lentement pour qu’on s’en rende compte Le processus de formation des sols prend un millénaire, au moins. C’est un patrimoine dont nous avons seulement le droit d’encaisser les intérêts, et notre devoir devrait être de le transmettre en bon état.

Claude Bourguignon : J’ai fini mes études de zoologie et de biochimie pour rentrer à l’Agro. Et là, j’ai été horrifié. Il y a même eu des ingénieurs ingénieux qui ont créé des variétés de poulets sans plumes… Il se trouve qu’il y avait encore une formation en microbiologie des sols. Quand je suis arrivé en troisième année, j’étais le seul. Depuis la chaire de microbiologie a été supprimé en 1986. Il y a donc, depuis plus de vingt ans, 150 ingénieurs agronomes qui sortent chaque année en France, et qui ne savent pas ce que c’est que la biologie du sol, ni comment fonctionnent les microbes. Rien. Ils ne savent même pas que le sol est vivant, ils sont prêts à déverser des pesticides et des engrais. Ils ne savent pas que, chaque fois que vous mettez un grain de potasse sur un verre de terre, il est mort. Toutes les chaires de microbiologie ont été supprimées dans le monde. Pourtant les forêts, elles poussent sans engrais chimiques, sans l’aide de personne, et elles poussent depuis des millions d’années. Mais l’agronomie a fait croire aux gens que sans engrais on allait tous mourir de faim. C’est une propagande.

Lire aussi, Tout savoir sur une agriculture durable

Nicolas Hulot et la CHASSE à COURRE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Les traditions culturelles ne sont pas bonnes en soi. Tout m’écœure dans la pire expression de la vanité humaine envers le monde animal, la corrida. L’hystérie des aficionados, l’arène qui met en scène la mort, ces paillettes qui brillent sur un lit d’hémoglobines, l’agonie du taureau. La télévision amplifie ces comportements, relayée par quelques esprits cyniques qui, d’une plume indécente, justifient ce vice honteux d’un alibi culturel et traditionnel. Je dis qu’une société se grandit quand, au fil de son histoire, elle se débarrasse de ses comportements avilissants ; que son degré de civilisation se mesure à l’état de sa conscience.

Ma plus grande aversion va à la chasse à courre, une chasse cruelle, ridicule mascarade d’une époque révolue où le gibier traqué par un cortège grotesque n’a d’autre choix que de s’empaler sur les clôtures qui partout entrave sa fuite, ou, ayant échappé à bien des périls, ne peut qu’attendre, tremblant, écumant de bave sous la terreur, le coup fatal du piqueux porté dans une mise en scène odieuse. Cette pratique prolonge l’agonie et le stress de l’animal. Cela me heurte profondément. Ce n’est pas l’idée que je me fais de la civilisation. Une lettre ouverte m’avait été adressée après l’abattage, le 21 octobre 2017, d’un cerf qui s’était réfugié dans un pavillon. Le 22 novembre 2017, quatorze sénateurs, dont Laurence Rossignol (PS), ont pris une initiative auprès du Sénat. « La chasse à courre, à cor et à cri est une pratique nobiliaire, oligarchique et barbare, digne d’un autre âge », affirment les députés. « Bien loin d’être une tradition populaire de notre pays », elle ne « contribue pas à la nécessaire régulation des espèces » et suscite des « troubles à l’ordre public ». Ils notent que cette chasse a été abolie en 1995 en Belgique, puis en Écosse, en Angleterre et au pays de Galles.

Mais fin décembre 2017, j’annonce que je n’agirai pas pour faire abolir la chasse à courre. Mon sentiment personnel ne peut pas préempter ce qui doit être un débat de société. La France, qui a été historiquement associée à la chasse à courre, n’est pas encore prête à l’abandonner. Les choses sont toujours plus complexes que ce qu’on peut en dire. Le 15 décembre 2017, Emmanuel Macron avait fait une escapade à Chambord dans la perspective de ses 40 ans. Le soir, il assistait à l’exposition du « tableau de chasse » après la journée de battue : une quinzaine de sangliers. Le président voulait ménager le Sénat, un repaire de porteurs de fusil. L’Élysée aura en effet bien besoin de la Chambre haute, tenue par la droite, pour faire adopter sa réforme constitutionnelle en 2018. Et Gérard Larcher, le patron des sénateurs, est un grand soutien de la vénerie. N’a-t-il pas consacré sa thèse de vénerie à un chien de chasse à courre ! Ainsi va la politique.

La Cour suprême se penche sur l’avortement

Dans l’État américain du Texas, une loi particulièrement restrictive est entrée en vigueur le 1er septembre 2021. La législation interdit toute interruption de grossesse dès lors que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit à partir de la sixième semaine de grossesse environ. A ce stade, beaucoup de femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes. Le Mississippi en rajoute et cela passe maintenant devant la Cour suprême.

Lire, Les natalistes veulent interdire l’avortement

Piotr Smolar : La Cour suprême des Etats-Unis examine le 1er décembre 2021 une loi du Mississippi interdisant l’avortement au-delà de quinze semaines Les neuf juges dont six conservateurs peuvent remettre en question la décision Roe contre Wade, de 1973, qui avait établi, au nom du droit à la vie privée, un droit constitutionnel des femmes à disposer de leur corps et à avorter. Roe contre Wade estimait en fait que les Etats ne pouvaient décider d’une interdiction de l’avortement avant que le fœtus ne soit viable. En termes médicaux, cela signifie que l’avortement est autorisé jusqu’à environ la vingt-troisième semaine de grossesse. En 1992, Planning familial contre Casey a considéré que les lois limitant l’avortement ne devaient pas entraîner pour la femme enceinte une « charge excessive » (undue burden). Tout est politique, à commencer par la perception de la vie humaine, à mettre au monde ou non. Le solliciteur du Mississippi s’est contenté de dire que « la Constitution place sa confiance dans le peuple », et qu’il fallait s’en remettre à ce dernier, Etat par Etat, pour déterminer la ligne en matière d’avortement. Si la Cour suprême revenait sur sa propre décision de 1973, et confiait à chaque Etat le soin de légiférer à sa guise, l’avortement ne serait plus un droit garanti. Certains juge conservateurs, en évoquant les « droits du fœtus », ont clairement exprimé leurs convictions religieuses au détriment des certitudes médicales.

Lire, Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

Amy Coney Barrett, bien connue pour son opposition à l’interruption volontaire de grossesse, est devenue grâce à Trump membre de la Cour suprême des États-Unis. En 2006, elle avait déclaré que, « si vous pouvez garder à l’esprit que votre objectif fondamental dans la vie n’est pas d’être un avocat, mais de connaître, d’aimer et de servir Dieu, vous serez vraiment un autre type d’avocat…Gardez à l’esprit que votre carrière juridique n’est qu’un moyen pour une fin et cette fin est la construction du royaume de Dieu ». Elle avait signé un texte qualifiant la décision de 1973 de « barbare » et plaidé pour sa révocation.  Au-delà des références à la religion ce qui fait la cohérence des prises de positions anti-avortement, que ce soit aux USA, en France ou ailleurs, est la mentalité nataliste : il faut accepter tous les enfants qu’une femme puisse mettre au monde, et on fait pression pour qu’elle en ait davantage ! Cette mentalité est anti-écolo, elle ne tient aucun compte de la capacité de charge d’un territoire en population humaine alors que tous les indicateurs montrent que la Terre est saturée d’humains.

Les natalistes anti-avortements, s’ils étaient logiques avec leur « droit à la vie », devraient être les objecteurs de conscience les plus résolus, opposés à l’usage des armes et aux meurtres collectifs organisés. Malheureusement leur pensée s’arrête à la vue d’un berceau, considéré comme le but ultime de la vie. Aimer la vie à n’importe quel prix n’est pas aimer. Les soi-disants pro-life sont d’ailleurs stupéfiants de contradiction. Ils sont opposés à l’avortement, mais n’hésitent pas à envoyer sur la chaise électrique des personnes et exigent leur droit à porter librement des armes de guerre dans l’espace public. En clair, votre grossesse doit être menée à son terme pour que votre enfant puisse se faire assassiner dans son école. En France les gouvernements, ivres de chair à canon ou de main d’œuvre servile, ont eux aussi mené toutes étiquettes politiques confondues une lutte anti-malthusienne qui s’était traduit par la loi de 1920 qui assimile la contraception à l’avortement. Toute propagande anticonceptionnelle était interdit, le crime d’avortement était passible de la cour d’Assises. La contrainte n’est pas du côté des malthusiens, mais des natalistes. Pour un néo-malthusien, la liberté de contraception (loi de 1967) et d’avortement (loi Veil de 1975) sont des avancées sociales qui permettent le libre choix entre faire l’amour par plaisir ou faire l’amour pour procréer.

Lire, Pour limiter le nombre de morts, vive l’avortement…

 

Nicolas Hulot et la CHASSE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

La chasse dans son ensemble me répugne ; la vie observée me comble trop pour que me vienne l’idée de la supprimer. Quand j’étais enfant, une partie de ma famille avait des résidences en Sologne qui, à l’époque, était la Mecque de la chasse. Ma révolte contre la chasse date de cette époque. Trop de regards animaux se sont reflétés dans mes propres yeux pour que je reste étranger à leur sort. Un principe intangible guide ma réflexion, engendre mon dégoût de tuer : le fait d’ôter la vie ne doit jamais être source de plaisir ni de spectacle. Je suis toujours consterné de voir avec quel sang-froid le chasseur détruit l’existence. Je suis inquiet de son accoutumance à la vie qui s’en va. Rien de commun entre le paysan qui, pour améliorer son ordinaire, ira lever quelques perdrix ou faisan, et le chasseur déguisé en Rambo qui confond forêt et fête foraine. Rien de commun entre le trappeur indien rencontré sous les arbres de la taïga canadienne, et l’homme des villes, qui quitte son pays pour venir, en avion de ligne, décrocher son trophée dans les plaines africaines. Rien de commun encore entre le marin-pêcheur courageux qui traîne ses courts filets derrière sa petite unité et l’armada destructrice d’usines flottantes qui dépeuplent nos océans. Les humains sont devenus les premiers prédateurs à ne pas craindre d’autres prédateurs qu’eux-mêmes.

J‘estime que leur activité donne aux chasseurs plus de devoirs que de droits. En août 2017, j’ai pris des mesures pour mettre un terme définitif au braconnage des ortolans dans les Landes : renforcer toutes les mesures de surveillance, de contrôle et de verbalisation, tant à l’égard des braconniers que des intermédiaires qui se livreraient à un trafic, et de n’accorder aucune tolérance aux pratiquants. Mais c’est dur de contester sur la durée le lobbying des chasseurs. Une directive européenne interdisait de chasser les migrateurs qui reviennent sur leurs lieux de nidification… les chasseurs ont annoncé pour le 27 janvier 2018 une manifestation pour tirer le gibier d’eau après le 31 janvier ! Le président de la Fédération des chasseurs m’avait déjà demandé le 20 décembre 2017 de repousser cette date. J’ai proposé « un deal » aux chasseurs : autoriser la chasse aux oies en février avec la contrepartie de l’interdiction de la chasse au grand tétras dans les Pyrénées, de la remise en cause du classement nuisible du renard et des mustélidés, de l’interdiction de la chasse de certains limicoles, de l’interdiction de la chasse à la tourterelle, et bien sûr de la remise en cause des chasses traditionnelles. La discussion a tourné court. Mais j’avais lancé la réflexion…

Cette année encore, par décision du préfet les 24 juillet 2017 et 27 février 2018, la chasse au grand tétras (ou coq des bruyères) a été autorisée dans les Pyrénées. Le Canard enchaîné m’a fait porter injustement la responsabilité première de cet état de fait. En fait depuis des années les arrêtés préfectoraux sont jugés illégaux, mais les décisions en justice sont confirmés… bien après que la chasse ait eu lieu effectivement. Début mai 2018, le tribunal administratif a annulé l’arrêté… pour la saison 2015 ! Cette décision trop tardive s’ajoutait aux  37 décisions antérieures ! Les associations environnementales m’ont demandé officiellement d’intervenir… La politique est un éternel recommencement. Il y a malheureusement une bonne relation du monde de la chasse avec l’exécutif. Par un arrêté du 2 janvier 2018, les chasseurs sont désormais autorisés à utiliser « un modérateur de son » pour leurs armes à feu. Après une rencontre le 15 février 2018 entre la Fédération nationale des chasseurs et Emmanuel Macron, le président de la République a annoncé la division par deux en juin 2018 du prix du permis national de chasse, la réouverture des chasses présidentielles, la possibilité de chasser sur tout le territoire national et une dérogation qui autorise la chasse aux oies cendrées jusqu’au 28 février 2019 (au lieu du 1er février, comme l’impose la réglementation européenne). Si l’on en croit les mots du chef de l’État, les chasseurs sont les garants de la biodiversité terrestre. Gestion de la biodiversité ? Un tiers des animaux chassés sont issus d’élevage… De plus, le chef de l’État a renouvelé son soutien à la vénerie sous terre et à la chasse à courre.

L’ADEME, technologie ou frugalité ???

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) présente quatre scénarios énergétiques pour 2050. Nous laissons les commentateurs du monde.fr commenter les deux scénarios « extrêmes ».

1. Le pari réparateur : Les innovations technologiques permettent à la consommation de masse de se poursuivre. Véhicules électriques, captage et stockage de CO2, etc.

Jean g. : « …mise sur les innovations technologiques pour permettre à la consommation de masse de se poursuivre » ! Dans le cas de ce scénario, les conséquences ne se limitent pas aux seules émissions de CO2, mais en une demande toujours accrue de ressources en quantité finie (eau, minerai, surface agricole…), d’infrastructure (acheminement, stockage, recyclage…) et une destruction croissante de notre environnement…

PHILEMON FROG : La « captation du CO2 » est le dernier avatar de la résistance du productivisme. C’est demain matin qu’il faut faire évoluer notre rapport au monde. « l’Ademe explique que la contrainte sera nécessaire, par le biais d’interdictions, des quotas et des rationnements ». Évidemment. C’est le principe même de la vie en commun, dans une société. Même l’état de nature a des contraintes et même bien plus dures.

R3D3 : Investir dans les nouvelles technologies ? Mais le business as usual, en attendant vautrés dans nos canapés qu’une technologie magique apparaisse, comme par opération du St Esprit, c’est complètement irresponsable et suicidaire. Cela fait des dizaines d’années qu’on le fait, cela ne marche pas. Il faut changer de trajectoire.

Soteria : Ceux qui répètent ad nauseam qu’il faut gérer le pays « en bon père de famille »… sont les mêmes qui sont prêts à parier l’habitabilité de la planète à moyen terme sur la découverte de nouvelles technologies miraculeuses, bref sur la pensée magique. La seule réaction saine face à un risque aux conséquences graves, c’est l’aversion. C’est pour ça qu’on incite les fumeurs à arrêter de fumer plutôt qu’à espérer qu’un traitement contre le cancer sera découvert avant qu’ils n’en déclarent un.

Pat75 : Je recommande la lecture commentée par Jean-Marc Jancovici de l’équation de Kaya : CO2 = CO2/TEP × TEP/PIB × PIB/POP × POP où le 1er facteur correspond au contenu en Gaz à Effet de Serres de l’énergie produite, le 2nd à l’Intensité énergétique de l’économie, le 3e à la Production par personne et le 4e la taille de la Population (mondiale). Ça semble compliqué certes, mais en fait ça ne l’est pas, c’est une décomposition toute simple en leviers qu’il faut activer pour essayer de s’en sortir. : le levier technologique, les choix des consommateurs et le nombre de consommateurs.

Lire, L’équation de KAYA et la question démographique

Fr13 : On ne peut pas croire à l’assurance d’une technologie salvatrice…l a frugalité va s’imposer d’elle même, brutalement, méchamment, dans la douleur. Ce n’est pas de l’écologie, c’est une révolution qui se prépare…

2. Génération frugale : Réduction forte des trajets parcourus, division par trois de la consommation de viande, limitation des constructions neuves, logements vacants et résidences secondaires transformées en résidences principales, industrie centrée sur le « made in France »…

Lire, En marche… vers la sobriété partagée

jcb : quand on voit les réactions aux petites contraintes comme le 110 sur autoroute ou au chauffage des terrasses on doit se demander ce qui pourrait être fait

Scarole Chic Dorée : Scénario frugal, je rigole. Sauf à imaginer un régime autoritaire, je ne vois hélas absolument pas comment ces mesures s’imposeraient. A vrai dire il y a déjà environ une moitié de Français qui, de fait, se déplace peu, ne part pas en vacances, n’a pas de résidence secondaire, etc. Les problèmes commencent avec ceux, un peu plus riches, qui font partie disons de la classe moyenne supérieure. Une minorité d’entre eux est déjà sensible aux discours sur la décroissance, la frugalité, l’écologie. Mais la majorité ne voudra rien savoir, elle veut vivre son rêve américain : le chalet pour les sports d’hiver, les vacances en Indonésie, des habits portés trois fois puis poubelle, etc.

Untel : « on n’a pas d’autre choix que de miser sur l’effet d’entraînement / l’exemplarité / la propension au mimétisme » C’est totalement utopique. On parle ici de la Chine et de l’Inde. Ces pays ne cherchent pas un modèle vertueux, exemple frugalité qui chez eux s’appelle la misère. Ils l’ont trop bien connue. Ils cherchent à nous passer devant pour devenir la première ou deuxième puissance mondiale. Point. C’est ça leur but.

Antibody : C’est toujours le problème avec les gens qui considèrent un problème physique (énergie fossile vouée à se raréfier, accumulation de CO2 ) comme un sujet uniquement politique (bouh les vilains écolos dirigistes). La sobriété n’est pas un « choix de société », c’est une nécessité physique pour une planète à 8 milliards d’individus (pour le moment) qui ambitionneraient d’éviter autant que possible famine, migrations climatiques, événements météorologiques invraisemblables, instabilités politiques.

MaxdeBlé : donnons à chacun de nous la même carte carbone qui serait débitée à chaque acte de consommation. Ça paraît juste. Ça revient aussi à instituer une égalité totale des dépenses énergétiques dans notre société.

Lire, Planification publique et carte carbone

He jean Passe : Il y a malheureusement un cinquième scénario, que personne ne peut prôner, mais qui doit être envisagé : un déclin s’accélérant inexorablement pour aboutir à un effondrement économique, monétaire, technologique et social du pays (comme en 1940) à la fin de notre pays vers l’an 2050. Ca n’est pas à souhaiter mais pour les autres scénarii la marche est tellement haute que nous risquons de la manquer tant notre pays manque d’éducation et de prévision.

Lire, « Au bord de l’effondrement » dit un rapport

Nicolas Hulot et le CETA libre échangiste

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

J’ai interpellé Emmanuel Macron sur le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) quand il était encore candidat. Son point de vue était alors celui-ci : : « Nous ferons de la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat une des priorités de notre action internationale. Nous devrons prendre des sanctions commerciales au niveau européen contre les pays qui ne respectent pas les clauses environnementales des accords commerciaux conclus avec l’Union européenne. » Cet accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne tend à niveler les normes environnementales par le bas. Le CETA et le TAFTA (accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis) sont des exemples d’incohérence d’une Europe à l’avant-garde sur les changements climatiques, mais en train de s’accommoder de traités de libre-échange qui vont mettre à mal tous les acquis environnementaux que nous avons érigés dans nos frontières. L’Europe va ouvrir grandes les écluses pour laisser entrer des biens qui n’auront pas respecté nos règles. Adhérer à ces traités est climato-incompatibles, à moins d’un encadrement rigoureux. Mi-septembre 2017 dans Libération, j’exprimais ma déconvenue sur le CETA, incompatible avec le plan climat porté par mon ministère. En l’état, cet accord fait une grande place aux énergies fossiles et limite la capacité des États à prendre les mesures nécessaires à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. En s’appuyant sur les tribunaux d’arbitrage, le CETA permettra aux entreprises de porter plainte contre un État adoptant une politique publique contraire à ses intérêts privés. Mais une étape cruciale a été franchie avec un plan d’action de la France conçu avec les parlementaires.

En présentant, mercredi 25 octobre 2017, un plan « pour la mise en œuvre du CETA », le gouvernement devait répondre à une double contrainte. D’une part, il lui fallait répondre à mon inquiétude et à celle des ONG, d’autre part rassurer l’UE sur la prochaine ratification du CETA. Il ne saurait être question, avec ce plan d’action dont j’étais partie prenante avec les ministres des affaires étrangères, de l’économie et de l’agriculture de tolérer l’importation de produits qui n’auraient pas respecté les règles environnementales et sanitaires. Pour faire le suivi de ces importations, nous proposions à Bruxelles un renforcement des contrôles au sein de l’UE, notamment la mise en place d’« une force spécialisée antifraude dans le domaine alimentaire ». Le règlement des différends ne doit pas permettre un nivellement par le bas des normes, insistent les concepteurs du plan. Le tribunal arbitral, contesté, serait remplacé par une « cour bilatérale d’investissement », où les juges seront choisis par les parties (UE et Canada) et non plus par les investisseurs privés. La deuxième partie du plan répond aux remarques de la commission d’experts, qui estimait que « le grand absent de cet accord est le climat ». Le gouvernement propose de renforcer les discussions avec le Canada sur la tarification du carbone, en particulier dans les transports maritime et aérien, qui vont s’accroître avec la multiplication des échanges commerciaux. La question des carburants, et de leur éventuelle taxation notamment en fonction de leur empreinte carbone, est posée. La France va proposer à l’UE de distinguer ceux issus des schistes bitumineux, ceux qui proviennent de l’Alberta, et les pétroles issus des productions offshore. Les nouveaux OGM, cibles des ONG, sont aussi dans le collimateur. « Le principe de précaution, qui n’est cependant pas mentionné dans le CETA, permettrait de cibler les produits présumés dangereux, même si ces derniers n’étaient pas mentionnés au moment de la signature de l’accord », affirme une source gouvernementale.

Si ce plan d’action reflète ce que la France peut proposer de mieux dans les circonstances actuelles, sa réussite est liée à ce que l’UE va décider. Si l’Europe ne nous aide pas à faire la démonstration que les outils que nous souhaitons mettre en œuvre vont mieux protéger les citoyens européens, il ne faudra pas s’étonner que des pays renâclent à ratifier ce traité. Ce serait injurieux pour nos députés de penser qu’ils vont voter en faisant l’économie du nécessaire débat. Nous avons engagé des discussions avec le Canada et la Commission qui doivent se poursuivre. Si elles n’aboutissent pas, chacun en tirera les leçons. Je n’ai pas changé d’avis sur les risques du CETA. Je ne fustige pas l’ensemble du traité mais certains risques, notamment environnementaux et sanitaires, que j’avais pointés du doigt. Mais il y a des choses que l’on peut faire, et d’autres non, ne serait-ce que du point de vue juridique. Le CETA nous alerte sur les futurs traités commerciaux entre l’UE et ses partenaires : nous serons beaucoup plus exigeants à l’avenir. De nombreuses ONG, dont la Fondation pour la nature et l’homme, que j’ai créé et présidé, critiquent ce plan de suivi. Mais il faut faire attention à ne pas tomber dans les jeux de rôle. Les ONG doivent évidemment garder leurs exigences, mais il faut aussi être un peu objectif pour ne pas décourager tout le monde.

Le soutien écolo au « made in France »

Le vent tourne, le libre-change est derrière nous. Sept candidats à la présidentielle 2022 sont passés au salon annuel consacré à la promotion des produits français (11 au 14 novembre 2021). Difficile de ne pas afficher son soutien au monde paysan ou au développement d’entreprises sur le territoire national par la relocalisation.

Lire aussi, Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

Difficile d’être contre les circuits courts et la recherche d’autonomie territoriale. Mais Marine Cambefort y voit une idéologie d’extrême droite : « Les appels à consommer français au nom de la « préférence nationale » se sont effectivement multipliés en ces temps de campagne présidentielle. La question est avant tout symbolique car le « made in France » est souvent plus cher que les produits d’importation. L’achat « bleu-blanc-rouge » est particulièrement valorisé par une mouvance d’extrême droite. Il s’agit d’être « buycott », boycotte certains produits considérés comme opposés aux valeurs françaises, tout en promouvant des achats patriotiques. Si l’extrême-droite continue à s’imposer dans le paysage politique français, les entreprises vont-elles rivaliser dans la surenchère nationaliste ou vont-elles tenter de résister ? »

La démonstration est tordue, Marine Combefort commençait par parler des toilettes mixtes au Brésil et des toilettes pour transgenre aux USA, évolution condamnée par l’extrême droite, pour ensuite ramener le débat protectionnisme / libre échange à une question politique ; c’est oublier la nécessité de consommer écologique de préférence

Lire aussi, tout est écolo, y compris le protectionnisme

Les commentateurs sur le monde.fr nous en disent plus :

Nawak : Donc acheter français, c’est être d’extrême droite. Avec une telle intellectuelle, les climatoseptiques et autres pollueurs professionnels peuvent élargir leur cercle…

Mercuryal : Lier l’achat français à une influence d’extrême droite est une conclusion ne couvrant qu’un champ très partiel de cette problématique. Cette analyse élaborée sous un angle politique n’attaque qu’une partie réduite du sujet, elle manque sa cible. Vue sous un angle écologiste, Marine Combefort aurait conclu que c’est un souci de proximité qui motive un achat français. Vue sous un angle économique, elle aurait conclu que c’est l’emploi local qui pousse à l’achat de produits français. Vue sous un angle esthétique, elle aurait conclu que le design français est un marqueur de singularité. Vue sous l’angle de la durabilité, elle aurait conclu que la fabrication française est un gage de qualité, etc. De mon point de vue c’est principalement ces critères qui font que j’achète français d’abord, européen ensuite, et le moins possible venant de plus loin. En réalité cette tribune nous renseigne plus sur son auteur que sur son sujet.

J.Dupont111 : Assimiler l’achat de produits créés en France à faire le jeu de l’extrême droite est extrêmement choquant a une époque où on espère pouvoir reindistrialiser notre pays. Cette vision biaisée est quand même étonnante quand on voit combien un pays cosmopolite comme la Suisse peut mettre en avant et privilégier ses produits intérieurs sans qu’il y ait une once de cette mentalité malsaine qui se manifeste. Si je peux aider une entreprise française à garder ses emplois en France , pourquoi s’en priver ?

Lire aussi, Démondialisation, pour un retour au protectionnisme

Zygmunt : Chère Marine Camembert, si mon fromage vient de l’hexagone et pas du fin fond de l’Europe de l’Est alors c’est autant de CO2 en moins pour le transporter : je ne vois pas en quoi en faisant le geste citoyen de l’acheter je commet un acte discriminatoire à l’encontre de mon voisin français Kader.

Pvn : Je suis ravi de voir que ma consommation de fastfashion made in China (main d’œuvre esclavagisée, Ouighours en prime) est un acte de résistance digne d’un Jean Moulin moderne ! Merci Madame.

Alfred-poirot : Donc si je mange un Big Mac, je suis un citoyen du monde?

F.Rique : Comment se situer ? Acheter local est un geste écologique. Donc acheter italien dans les alpes maritimes, espagnol dans les Pyrénées, Belge ou Allemand dans le Nord ou l’Est reste de bon sens. De même il semble préférable d’acheter des haricots verts lambda non bio mais locaux à du bio venant du Kenya.

Michel SOURROUILLE : GLOCAL, la fusion des deux mots « global » et « local ». C’est l’idée qu’un individu peut maîtriser le destin collectif en agissant à proximité de sa résidence. Une action raisonnée de l’écocitoyen est une subtile synthèse, elle découle d’une pensée ancrée dans l’espace mondial et dans le long terme qui s’accompagne d’une pratique qui s’exerce de préférence dans son milieu d’appartenance. Il faut par exemple consommer des fruits et des légumes de saison d’origine locale pour ne plus soutenir des circuits de production et de distribution qui gaspillent de l’énergie et contribuent à l’effet de serre. Cette attitude permet aux autres territoires de se recentrer sur leurs propres ressources alimentaires et de lieux en lieux, chacun pourra ainsi obtenir son autonomie.

Penser globalement, agir localement, un mot d’ordre nécessaire.

Novembre 2021, le point de vue des écologistes

Voici un récapitulatif des différentes thématiques traitées au mois de novembre 2021 sur ce blog biosphere.

la question climatique

Neutralité carbone, compensation, foutaises !

COP26, technologie ou sobriété partagée ?

COP26, le bal des hypocrites à Glasgow

COP26, avec quelle pratique journalistique ?

COP26, le piège du développement (durable)

COP26, on s’intéresse enfin au méthane

COP26, le choc charbonnier va faire mal

COP26, histoire d’un fiasco programmé

COP26, le pouvoir n’est pas dans la rue !?

COP26, un sommet pour VIP, bilan nullissime

la question écologique

La sobriété, une valeur émergente

En marche… vers la sobriété partagée

Nicolas Hulot et la BIODIVERSITE

Démographie africaine et faune sauvage

Un chasseur mort OU des oursons sans mère ?

En finir avec le sexe, en finir avec la mort

L’écoanxiété a-t-elle besoin d’être soignée ?

Nicolas Hulot, un écolo sincère et engagé

Paroles de sagesse à la mode écolo

la question énergétique

En Ouganda, le pétrole de TOTAL fait la loi

L’avenir du pétrole est derrière lui

Sortir des énergies fossiles, impossible ?

Question nucléaire, la démocratie bafouille

Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Jancovici nous pousse hors zone de confort

la question démographique

La Démographie Responsable en actes

Démographie africaine et faune sauvage

La faim dans le monde, qui est responsable ?

Surpopulation au Yemen, 377 000 morts

Lettre à l’enfant que je n’aurai jamais

Aimer les enfants, c’est ne pas en avoir

Fin de vie, comparaison internationale

L’Autriche va autoriser le suicide assisté

L’arrêt forcé des migrations se mondialise

Grand remplacement, nativisme, écologisme

la question politique

Nicolas Hulot et le CAPITALISME

L’écologie au pays de Xi Jinping

Confinement obligatoire pour les non-vaccinés

Vaccin, la libre acceptabilité des contraintes

Michel Sourrouille, au service de la cause écologique depuis bien longtemps

Pour en savoir plus, Sur ce blog, le point de vue des écologistes ?

Nicolas Hulot et le CAPITALISME

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Je n’hésite pas à faire une critique sans concession du capitalisme. On ne peut déplorer les conséquences mais continuer d’adorer les causes. Il faut dénoncer son culte de la croissance. Osons dire que la violence capitaliste a colonisé tous les cercles de pouvoir. Une grande partie du capitalisme reste excessif, prédateur, concentrateur, spéculateur et résiste au changement. Le plus petit dénominateur de tous les maux que nous traversons, c’est l’excès et cette incapacité à nous fixer des limites. Il en est des hommes comme des enfants, s’ils n’ont plus de limites sur lesquelles s’appuyer, ils basculent dans le vide. Le capitalisme a réussi à imposer son modèle individualiste de représentation et de comportement, d’où cette rivalité mimétique : soumis à ses désirs matériels, l’homme accepte que soit étouffé en lui le citoyen responsable au profit du consommateur aveuglé par les mirages de la publicité. Dans le film que j’ai réalisé avec Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, 90 % des images sont tournées en ville. Notre addiction à la consommation s’y étale avec indécence. Par exemple, nos équipes de tournage se trouvaient à Tokyo et à Los Angeles le jour de la sortie du iPhone. Elles ont filmé les longues files d’attente des clients avant l’ouverture des points de vente. Le montage alterne ces files avec celles où, à New York, des pauvres patientent durant des heures, ticket à la main, pour pouvoir manger. La barbarie s’étale partout, sous toutes ses formes.

Derrière l’ambitieux programme invitant l’homme à la maîtrise et à la possession de la nature se dissimule une réalité bien plus triviale : un infini pouvoir de destruction sur tout ce qui l’entoure. Je ne rejette pas le capitalisme dans son intégralité, je rejette un capitalisme qui ne se fixe pas de limites. Quand il ne restera plus de pétrole ni de gaz, comment fera-t-on ? On sait depuis 1972, quand le rapport du Club de Rome est sorti (« Halte à la croissance » de Dennis et Donella Meadows) que les choses ont une fin. Comme l’ont bien montré les économistes Kenneth Boulding et Nicholas Georgescu-Roegen, la Terre est un système fermé, qui ne peut consommer plus qu’elle reçoit du Soleil.

Le problème n’est donc pas de savoir si nous sommes capitalistes ou pas, cela n’a plus de sens dans ce contexte ! Gardons au contraire à l’esprit qu’aucune démocratie, qu’aucun système économique ou social, ne pourra résister à la combinaison de la pauvreté, de l’effondrement des ressources naturelles et des conséquences du changement climatique. Heureusement, face au capitalisme se développe un tissu d’économie sociale et solidaire qui est en train de se connecter, de se relier. Edgar Morin, disait que « L’histoire a montré que l’improbable est possible quand la contrainte est imparable ». Et mon ami Théodore Monod que « L’utopie n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui n’a pas encore été réalisé ».

En Ouganda, le pétrole de TOTAL fait la loi

Dans ce pays de 46 millions d’habitants (6,8 millions en 1960), le groupe français TotalEnergie joue un rôle moteur critiqué pour ses conséquences sur l’environnement et les populations locales.

Lire, un ou deux enfants par couple, maximum admissible (en Ouganda)

Laurence Caramel : Dans l’ouest de l’Ouganda, rares sont les opposants au gigantesque projet d’exploitation du pétrole enfoui sous les eaux et les rives du lac Albert. Ce chantier à 9 milliards d’euros incarne les promesses de prospérité faites à la population par le président Yoweri Museveni. L’inamovible président répète que plus rien ne fera obstacle au démarrage de la production, prévu en 2025 pour une durée de vingt-cinq à trente années… Dans le district de Buliisa, près d’un tiers de la population doit abandonner ses terres. L’entêtement des familles ayant refusé l’expropriation décidée par Total leur a valu d’être traduites en justice pour « entrave au développement du pays »… La militarisation de la zone a encore monté d’un cran. Total vient, avec son partenaire chinois, de charger la société de sécurité privée Saracen du recrutement de 1 500 gardes supplémentaires afin de surveiller les futurs sites de production. Cinq mille autres seront bientôt embauchés pour protéger l’oléoduc. Saracen a pour actionnaire majoritaire Salim Saleh, demi-frère du président, dont il est aussi le conseiller militaire… Pour avoir voulu regarder la situation de trop près, une mission diplomatique européenne a été expulsée de la zone pétrolière le 9 novembre… L’impact du projet sur la nature préservée de cette région reculée de l’Afrique des Grands Lacs soulève d’autres craintes. Près d’un millier d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles… y ont trouvé refuge, soulève les plus sombres interrogations. A côté des girafes de Rothschild, dont il reste moins de 2 000 spécimens entre l’Ouganda et le Kenya, éléphants, hippopotames, léopards, colobes… figurent sur la liste rouge des espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Comment réagiront les animaux au vacarme, aux vibrations des 140 forages et au va-et-vient des camions ?.. L’opposition au projet de Total a désormais pris une dimension mondiale. Menée au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, la campagne StopEacop réunit près de trois cents ONG internationales et africaines. Son objectif : faire capoter le financement du projet, pour lequel la major française et son partenaire chinois, CNOOC, ont besoin d’emprunter 3,5 milliards de dollars… Dans le sillage des recommandations faites par l’Agence internationale de l’énergie pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, une coalition d’une vingtaine de pays, dont la France, ont annoncé, lors de la conférence sur le climat de Glasgow, qu’ils ne soutiendraient plus d’investissements à l’étranger dans le pétrole et le gaz à partir de 2022.

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le mal-nommé « or noir » tient dans ses barils le futur de la civilisation thermo-industrielle. Heureusement la prochaine étape se profile, lire « Pétrole, le déclin est proche », de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin. Presque partout, c’est la «descendada». Les poches de pétrole de la Mer du Nord déclinent depuis l’an 2000, l’Algérie depuis 2007, le Nigeria depuis 2011, l’Angola depuis 2008, Moscou prévoit que son déclin débutera dans la décennie… La pénurie de pétrole va t-elle sauver le climat ? Non, répondent les auteurs. Il faudrait pour cela diminuer d’au moins 5 % chaque année la consommation d’énergie fossile. L’affairisme de TOTAL, c’est juste les derniers soubresauts d’un monde glouton qui s’effondre.

Lire, La « merde du diable » triomphe en Algérie et en France

Albireo : Ces ONG n’ont rien à proposer à part laisser le terrain libre aux chinois qui eux n’auront pas le centième de nos scrupules environnementaux ou sociaux…la réalité est dure à entendre, mais ça reste la réalité.

Earth @ Albireo : Vous proposez quoi ? Laisser faire parce que le voisin ferait pire ? Les chinois c’est l’excuse facile non? Pendant 50 ans les Chinois , c’était nous en Afrique…

dmg : Eh oui, la face sombre de notre développement effréné… Total est abject, Total nous enfume sur le changement climatique, Total bousille la planète, Total fricote avec toutes les dictatures (que pour la plupart nous, démocraties, avons installées et soutenons, juste pour accaparer leur sous-sol), depuis des décennies… ni plus ni moins que toutes les majors du pétrole et du gaz. Total n’est que l’exécuteur de nos basses œuvres : tant que nous serons drogués aux hydrocarbures, il y aura des Total… Lire « carbon democracy », de Timothy Mitchell.

Lire, Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole (Timothy Mitchell, 2011)

Pb : Total est méchant. Je pense que l’Ouganda devrait rester une réserve naturelle la plus pauvre et la plus déserte possible, cela vaut mieux pour tout le monde, apparemment.

Marie Rose Poux du ciel : Je ne veux rien savoir tant que le carburant coule dans mon réservoir.

Nicolas Hulot et BURE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Concernant le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, je refuse de précipiter  les choses en tant que ministre de l’écologie. Dans le sous-sol de cette commune de la Meuse doivent être enfouis, à 500 mètres de profondeur, les déchets nucléaires français les plus dangereux : 85 000 m3 de produits hautement radioactifs et à vie longue – des dizaines ou des centaines de milliers d’années. Mon travail est de vérifier que le stockage se fasse dans des conditions de sécurité absolue. Ensuite, cela doit nous pousser encore plus à réfléchir sur le nucléaire.

Ce n’est pas ma conception d’une civilisation d’avoir des déchets que l’on délègue aux générations futures. L’article premier de la loi française de décembre 1991 sur le stockage des déchets radioactifs disait : « Les générations futures ont le droit de jouir de cette terre indemne et non contaminée ; elles ont le droit de jouir de cette terre qui est le support de l’histoire de l’humanité. » J’ai répondu à une interpellation d’une députée de La France insoumise, montrant une photo où je manifestait contre le projet de Bure. « Je n’ai pas l’impression d’être en porte-à-faux avec ma conscience. J’aurais préféré ne jamais avoir à traiter ce sujet-là, que l’on n’arrive pas à cette situation avec ces déchets dont personne ne veut mais il fallait choisir la moins mauvaise solution. » Lors de mes vœux à la presse en janvier 2018, je temporise : « Concernant le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, ce n’est pas en 2018 qu’on va mettre au fond et rendre ça irréversible, il y a encore du temps. Si l’on m’offre des alternatives, je suis preneur. Je me serais bien passé des déchets nucléaires. Mais maintenant que je suis ministre et que j’en ai la charge, je veux bien les mettre au fond des océans ou les envoyer dans l’espace, mais je ne crois pas que ce soit très raisonnable. » Après l’abandon de NDDL, un nouveau problème de zadistes se profile. Plusieurs dizaines de jeunes antinucléaires ont choisi d’investir ce territoire, où ils ont acheté des maisons et construit des cabanes dans une forêt de 220 hectares, le bois Lejuc, qu’ils occupent depuis l’été 2016. Mon secrétaire d’État, Sébastien Lecornu, avait témoigné en conseil des ministres qu’une cabane dite « de la résistance et de la solidarité » était en voie d’installation à Bure. Mes collèges se sont marrés, « la cabane au fond du jardin », mais la situation a été prise au sérieux par le ministre de l’inétrieur Gérard Collomb : « La détermination suffit à provoquer des heurts ». J’ai dit aux zadistes que la décision d’abandon du projet d’aéroport n’était en aucun cas une licence pour reproduire ce type d’action ailleurs. Mais l’opposition à l’enfouissement à Bure va être très difficile à gérer.

Avec le gouvernement Macron, la force prime. Évacuations par la force des environs de Bure le 22 février 2018, 500 gendarmes mobiles pour quinze zadistes. Bien entendu mon secrétaire d’État Sébastien Lecornu, qui devait recevoir les associations qui le souhaitent à la préfecture, n’a rencontré personne. Il dénonce « les occupants illégaux du bois Lejuc qui appartiennent à la mouvance d’extrême gauche anarchiste ». Sébastien Lecornu a annoncé le 7 mars qu’un débat national aura lieu entre septembre et décembre 2018 sur la gestion des déchets nucléaires. Cette concertation, organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public, comprendra aussi la mise en place « d’ici l’été » d’un centre de ressources en ligne ouvert au public et d’une « instance de dialogue » d’experts. Mais « à projet hors norme, il est normal que la concertation soit hors norme », a-t-il précisé. C’est ma conception, associer à ce débat non seulement le public local mais aussi l’opinion publique nationale. Sur mon compte twitter, j’ai commenté : « La gestion des déchets nucléaires est un choix qui engage notre pays pour des siècles. Je pose deux principes : transparence totale et débat serein où toutes les opinions pourront s’exprimer. » Le calendrier de réalisation des travaux est encore long puisque la demande de déclaration d’utilité publique doit être déposée en 2019 et sera validée sans doute aux alentours de 2022, la phase pilote ne devant commencer qu’en 2025 environ.

L’avenir du pétrole est derrière lui

Joe Biden a annoncé le 23 novembre 2021 que les Etats-Unis vont puiser 50 millions de barils de pétrole dans leurs réserves stratégiques de 600 millions de barils. Les pays assoiffés de brut cherchent à faire baisser les cours qui alimentent le retour de l’inflation.

Jean-Michel Bezat : Ces réserves ont été créées en 1974 après le choc pétrolier qui a suivi la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. Chaque pays doit stocker l’équivalent de quatre-vingt-dix jours de consommation de brut. Mais puiser dans ces stocks était à l’origine envisagé seulement comme l’ultime réponse à une crise grave. La décision de M. Biden est donc d’abord politique. En difficulté dans les sondages, il veut afficher sa volonté de réduire le prix de l’essence, qui a atteint 3,41 dollars le gallon (3,78 litres)… L’annonce et elle a fait pschitt : le prix du baril de brent pour livraison en janvier a même bondi de 3,27 % (82,31 dollars, soit 73,18 euros).

Joe Biden est un présidant a très courte vue. Il ne sait pas encore que l’avenir du pétrole est derrière lui. Le prix de l’essence ne va plus être le résultat de manipulations politiques, mais des limites géologiques

lire, James Howard Kunstler, vivre la fin du pétrole

Sylvestre Huet : « Pétrole, le déclin est proche ». Avec ce titre de livre*, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin ne tournent pas autour du pot. Leur message : le pic pétrolier est bien plus proche que ce que vous croyez. Il surviendra probablement «durant la décennie 2020». Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. Un pic parfaitement prévu, par les géologues Colin Campbell et Jean Laherrère dans un article publié en 1998 où ils le prévoyaient pour «probablement d’ici à 10 ans».

Lire, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

Ce sont des experts à la retraite qui ont dit une vérité bien occultée aujourd’hui. Des transfuges de l’industrie pétrolière ont fondé l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) en 2000. Son fondateur Colin Campbell avait dirigé le département Géologie d’Amoco, Robert Hirsch était un ancien directeur de la prospection pétrolière chez Exxon. Ils annoncent lors de la conférence mondiale de l’ASPO à Vienne en 2012 que le monde, dont l’énergie est fournie à 85 % par les fossiles, sera confronté assez prochainement à des turbulences pires que celles qui ont accompagné les chocs pétroliers de 1973 et de 1980. Ce sont les Cassandre des temps modernes, ils ont dit la vérité sur la fin de leur vie, ils ne sont pas écoutés, occupés que nous sommes par les péripéties du temps présent, étouffés par le lobbying des industries fossiles, écrasés par les considérations financières.

Lire, Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

Toutes les technologies disponibles pour augmenter le taux d’extraction du pétrole ont été déployées et malgré ces effort acharnés, la production diminue. Un rebond est tout à fait improbable. La cause fondamentale de ce pic réside dans la limitation géologique planétaire. La quantité de pétrole est fixe, puisqu’il a été formé il y a des dizaines ou des centaines de millions d’années. Au total, depuis 35 ans la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher : les grands fonds océaniques, l’Arctique, les roches-mères (le pétrole dit « de schiste » en Europe, les sables bitumineux du Canada… Mais presque partout, c’est la «descendada». La Mer du Nord décline de puis l’an 2000, l’Algérie depuis 2007, le Nigeria depuis 2011, l’Angola depuis 2008, Moscou prévoit que son déclin débutera dans la décennie… La pénurie de pétrole va t-elle sauver le climat ? Non, répondent les auteurs. Il faudrait pour cela diminuer d’au moins 5 % chaque année la consommation d’énergie fossile. Alors que celle du gaz croît vigoureusement.

À diffuser, Module sur le pic pétrolier

Mais si ce déclin inéluctable n’est pas assez rapide pour sauver le climat, il pourrait néanmoins provoquer un choc économique et social d’envergure. Car nos économies sont toujours dépendantes de l’or noir. D’où la solution, paradoxale, promue par les deux auteurs : pour éviter cette pénurie d’offre, organisons une pénurie plus aiguë encore de la demande. Prenons au sérieux l’alerte climatique, et transformons nos sociétés, nos économies, nos industries afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles, dont le précieux pétrole,  qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques. Un programme nécessaire… mais vaste et rude.

Lire, La honte du pétrole, c’est pas pour demain

* Pétrole, le déclin est proche, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin, Seuil,/Reporterre, 136 pages, 12 €, septembre 2021 (Matthieu Auzanneau est par ailleurs l’auteur du livre de référence : Or noir, la grande histoire du pétrole, La Découverte, 2016.

Nicolas Hulot et la BIODIVERSITE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature et que la diversité est riche. Plus nous la réduisons, plus nous devenons vulnérables. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. La protection et la réhabilitation des océans, des forêts, des zones humides, des terres arables, de tous les écosystèmes ne sont pas facultatives, mais sont une obligation pour lutter contre le réchauffement climatique, préserver la vie sous toutes ses formes et enrayer la pauvreté. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Les enjeux écologiques sont désormais des enjeux géostratégiques et diplomatiques majeurs. Nous défendrons la biodiversité au plan mondial. Nous mobiliserons les chefs d’Etat et les entreprises, afin de créer une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique, grâce à une conférence mondiale. Afin d’être cohérent avec cette ambition mondiale, nous serons rigoureux tant en métropole qu’en outre-mer pour la préservation des espèces protégées, et mettrons en œuvre les mesures nécessaires pour cohabiter avec nos populations de grands carnivores (loups, lynx, ours).  » L’intention est bonne, la réalisation aléatoire. Mais je suis devenu partie prenante. D’où la préparation d’une loi Biodiversité du temps que j’étais ministre de l’écologie.

La question sexuelle chez les écologistes

Il est bien oublié le temps de la libération sexuelle d’après mai 1968. Le rapprochement physique homme/femme voulu par dame-nature devient aujourd’hui un chemin de croix avec déclaration de consentement en trois exemplaires. Pour des faits que remonteraient trente ans en arrière et même plus, on s’en prend à Nicolas Hulot, une des figures emblématique de l’écologisme en acte.

lire, Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelle

Nous n’aurions rien à en dire de plus si cette affaire ne relevait sans doute d’un magouillage politique à l’instigation de certains membres du parti écologiste nommé EELV. Matthieu Orphelin, porte-parole de Yannick Jadot et proche de Nicolas Hulot, est mis à l’écart de la campagne pour la présidentielle 2022. Cette décision est un coup dur pour Yannick Jadot. Le directeur de campagne EELV : « Il a été décidé de mettre Matthieu Orphelin en retrait de ses responsabilités de porte-parole. La sérénité nécessaire à l’exercice de ses fonctions n’est plus possible suite aux révélations d’Envoyé spécial ». Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, a été informé par Yannick Jadot de sa « mise en retrait d’office » seulement une heure avant que l’information soit rendue publique. Matthieu Orphelin a pris acte « du motif utilisé » et ajouté : « Je ne suis pas dupe ». Concernant Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin insiste : « Je redis que je n’ai jamais couvert le moindre agissement répréhensible et que mon soutien est entier pour ses victimes. »  Dans le sillage des accusations d’agressions sexuelles visant le député écologiste Denis Baupin en 2016, le parti EELV s’était doté d’une instance pour recueillir la parole des femmes et d’une cellule d’enquête. Est-ce que ces instances ont nourri « Envoyé spécial » ?

Les commentateurs sur lemonde.fr se posent les bonnes questions :

BenLaurent : On se demandait à qui était destinée cette torpille Hulot. On commence à avoir une idée.

Faidherbe : Encore un coup de billard à trois bandes pour attaquer Jadot. je me demandais aussi pourquoi sortir cette histoire à la mord moi le n… maintenant.

Le Navigateur : Soit les membres de EELV ne croient pas à la présomption d’innocence, et alors franchement çà fait peur. Soit les membres de EELV étaient parfaitement informés et convaincus de la réalités des faits allégués, n’ont non rien dit jusqu’ici, et se ruent soudainement sur les micros, Mme Rousseau en tête, dès lors que l’affaire est rendue publique par les média. Et alors cela soulève d’autres questions, non moins gênantes.

jamin Valberg : Les purges staliniennes, Rousseau à la manœuvre.

Verothi : Je n’ai aucune sympathie pour M. Nicolas Hulot. Je suis cependant abasourdi par la dérive que prennent nos médias vers un tribunal permanent sans aucun droit à la présomption d’innocence. Il suffit donc d’être l’ami de quelqu’un qui est soupçonné d’un délit pour être soi-même mis au ban…Ça peut aller très loin. Quelle est la prochaine étape ? La famille, les amis de lycée ?

Reuga : J’ai connu quelqu’un qui connaissait Matthieu Orphelin. Est ce que je dois m’isoler pendant 14 jours ?

MarxDarwin : Maintenant je comprends mieux ce qu’est l’écoféminisme…

Brutus : On peut dire que le parti vert est orphelin de deux de ses plus grandes personnalités.