Surpopulation française, une réalité vraie

Se polariser sur l’explosion démographique en Afrique nous empêche de regarder notre propre situation. Avec 67 millions d’habitants franchi au 1er janvier 2020, la France reste selon l’INSEE le deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne, derrière l’Allemagne (83 millions). C’est douze millions d’habitants de plus qu’en 1981, et vingt deux millions de plus qu’en 1958. Est-ce à dire que la France est surpeuplée ? Avec une densité de 100 habitants au kilomètre carré, chaque habitant n’a à sa disposition qu’un carré de 100 mètres de côté, soit un hectare, à partir duquel il devrait satisfaire tous ses besoins d’habitat, de routes, d’alimentation, de loisirs, etc. C’est fort peu, c’est insuffisant. Or la France métropolitaine était déjà à une densité de 116 en 2011. La France vit de ses importations de pétrole, de gaz, de charbon, de minerais, toutes nos mines ou presque ont fermé. Nos capacités d’autonomie énergétique et industrielle sont quasi-inexistantes alors que nos besoins sont démesurés. Pourra-t-on encore longtemps dépendre du pillage du reste du monde pour sauvegarder notre niveau de vie ? Que se passera-t-il lorsqu’on ne pourra plus drainer des ressources d’autres régions de la planète ?

Lire, Ah, si la population française diminuait !

Le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi est à l’heure où j’écris ces lignes de 5 530 000 dont 3 364 500 personnes sont sans emploi. Plusieurs millions de surnuméraires, il y a trop de personnes et pas assez de demande de travail. Le chômage est structurel, aucune politique de l’emploi depuis des dizaines d’années n’a réussi à endiguer ce fléau. Toute crise pétrolière ou financière accroît rapidement ce problème. Avec la crise financière des subprimes en 2008, le taux de chômage est passé de 7,5 % de la population active en France métropolitaine à presque 10 % en 2010. Autant dire qu’une situation explosive peut devenir rapidement la norme si nos systèmes d’aide publique n’étaient pas là au prix d’un endettement très important. Ces statistiques globales s’accompagnent d’un malaise social, coincés que nous sommes dans les embouteillages, dans les cités dortoirs, dans le métro ou sur les plages. Qui dit hausse de la population dit aussi hausse de la pression foncière, ce qui fait augmenter le coût du logement pour les particuliers. Se loger devient très cher dans les centres ville, et habiter en banlieue rend nécessaire la voiture. C’est Charybde ou Scylla. Une société surpeuplée offre comme compensation illusoire des loisirs de masse. Le Groupama Stadium à Lyon offre près de 60 000 places, le Parc des principes presque 49 000 et nos jeunes oublient les réalités devant leurs écrans. N’oublions pas aussi que le nombre de personnes est un multiplicateur des menaces climatiques liées au niveau de la consommation par tête. Ajoutons que les phénomènes migratoires sont aussi un bon indicateur de surpopulation dans les pays d’origine et qu’un mauvais accueil de ces migrants peut être le signe d’un sentiment de saturation du territoire d’appartenance.

Nous ne pouvons pas être de plus en plus nombreux en France si nous souhaitons mettre en place une société économiquement durable, écologiquement équilibrée et conviviale dans les interrelations sociales. Même la stabilisation de la population à 67 millions d’habitants serait un leurre ; il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire des enfants, il faut aussi un territoire viable et vivable. Arrêtons de faire des gosses de façon inconsidérée ; avant de procréer il nous faut réfléchir tant au niveau de sa situation personnelle que de la situation planétaire.

Pour réagir face à la question démographique,

https://www.demographie-responsable.org/

 

La surpopulation généralisée aux Pays-Bas

Trop facile de dénoncer la surpopulation de certains pays du tiers-monde, le Bangladesh, le Brésil ou le Nigeria. Il faut aussi se rendre compte que la plupart des pays développés sont à des niveaux de surpopulation intenables. Prenons une nation comme les Pays-Bas, avec 11 millions d’habitants en 1963 et plus de 17 millions en 2020 pour un tout petit pays de 41 500 km². La densité est donc très forte, 421 habitants/km², quatre fois plus que la France. Si ce pays devait se nourrir grâce à une agriculture biologique à l’ancienne et avec une alimentation plutôt végétarienne, il ne pourrait pas dépasser une population de 2,6 millions, celle de 1830. Rappelons de plus que 96 % du territoire est plat, et que 25 % des terres sont sous le niveau de la mer. Rappelons qu’il a fallu aux Néerlandais des siècles de pratique pour maîtriser la formation de polders, ces immenses zones agricoles qui se trouvent juste un niveau de la mer, protégées de la Mer du Nord par des digues gigantesques. Les travaux, qui continuent toujours à certains endroits, sont titanesques ! Avec la montée des eaux causée par le réchauffement climatique, le pays devrait se réduire fortement en superficie. Problème supplémentaire qui s’ajoute à la surpopulation humaine, ce pays est devenu un grand producteur de viande. Il croule déjà sous les déjections de bétail.

Stéphane Foucart : La « crise de l’azote » que connaît les Pays-Bas rappelle celle que vit la Bretagne avec les algues vertes. Et les densités de bétail sur les territoires bretons et néerlandais ne sont pas si différentes. Pour les porcs, elles sont même strictement identiques : 275 animaux par kilomètre carré. Les Pays-Bas projettent de réduire d’un tiers le cheptel national pour réduire la pollution de leurs cours d’eau par les nitrates. Notons que la production animale est la plus rationalisée, la plus densifiée, la plus technologisée de l’espace européen. Dans ce petit pays, près de 100 millions de volailles et 11 millions de porcs sont élevés dans des bâtiments. A quoi il faut ajouter 1,5 million d’ovins et de caprins, ainsi que 3,8 millions de bovins. A comparer aux 17 millions de Néerlandais. Or un cheptel ne peut pas croître indéfiniment sur un territoire fini

Et si on réduisait le cheptel d’humains, qui est à la racine du problème de l’azote ? Avec un taux conjoncturel de fécondité de 1,57 enfants par femme (2019), on pourrait croire que la population va se stabiliser. Mais se stabiliser à un haut niveau reste toujours synonyme de surpopulation. Et la croissance démographique aux Pays-bas, vu son inertie, est encore de 0,33 % /an. Puisque les ressources naturelles sont limitées et que le réchauffement va rendre nombre d’endroits inhabitables aux Pays-Bas et ailleurs, la compétition pour la survie débouchera nécessairement sur des conflits d’accès aux ressources et des migrations de masse. Comme le prévoyait Malthus, épidémies guerres et famine vont réduire le « cheptel » humain de manière appréciable… La réalité finit toujours par s’imposer. Toujours. Et quand c’est contre les habitudes humaines et le confort à crédit, ça fait mal, très mal. Oui, il faut réduire le cheptel néerlandais et breton. Oui, il faut diminuer la part animale dans notre alimentation. Oui, les prix de vente de l’alimentation vont grimper. Oui, cela finira mal, très mal  ! Car il aurait fallu s’intéresser à la question malthusienne depuis l’époque où elle a été exprimée, 1789. On a préféré faire du croissancisme démographique et ajouter à nos problèmes la multiplication de nos cheptels domestiques. Intenable, ingérable.

Pour réagir face à la question démographique,

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Démographie, le Brésil en perdition !

Le Nigeria, miné par la surpopulation

CLIMAT : rationnement, alternative d’avenir

Pour atteindre la sobriété énergétique, le rationnement est une alternative d’avenir à la taxe carbone. C’est l’idée que nous relayons sur ce blog depuis 2009.

à lire notre article le plus ancien, carte carbone

Christophe Gay, Claire-Marine Javary et Sylvie Landriève reprennent dans LE MONDE cette solution qui va s’imposer un jour ou l’autre : « Ni les innovations technologiques (voitures électriques, etc.), ni les incitations à utiliser des modes de déplacement « propre » ne parviennent à faire baisser les émissions de CO2 du secteur des transports en France. Le rationnement donne à chaque Français le droit d’émettre la même quantité de CO2, quels que soient ses moyens financiers. Une agence nationale serait en charge de l’allocation des quotas carbone, et chacun disposerait d’une carte personnelle à utiliser lors de ses achats de carburant et de billets d’avion. Chaque Français se verrait attribuer la même quantité de CO2, convertie en litres de carburant. Cette alternative radicale, mais plus juste que la taxe carbone, ouvre aussitôt de nouvelles questions : faudrait-il étendre le rationnement à d’autres domaines de consommation comme le logement ? L’échelle nationale est-elle suffisante ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

7 mai 2021, Planification publique et carte carbone

2 août 2020, Carte carbone, bientôt généralisée à tous (synthèse)

Commentaires sur lemonde.fr :

le sceptique : Arrêtez de rêver à l’égalité par la verdure, les nobles et prélats de l’Ancien Régime étaient totalement bas carbone, ils savaient néanmoins vivre mieux que les gueux.

Michel SOURROUILLE : émissions de gaz à effet de serre. Une action par les prix (la taxe carbone) agit certes sur les comportements, mais elle reste très inégalitaire, qui peut payer en remet une couche. L’autre solution, action sur les quantités, est donc nécessaire. Les moyens d’un rationnement de l’énergie, méthode égalitariste, ont déjà été à l’étude en Angleterre. Un système de carte carbone par personne avait été proposé fin juin 2005 par le ministre de l’environnement E. Morley. Les points carbone de la carte seraient débités chaque fois que son détenteur achèterait des combustibles fossiles, que ce soit pour se chauffer, pour cuisiner, pour se déplacer, pour acheter des engrais…. Il est en effet malheureusement évident qu’une limitation volontaire de ses besoins du type « sobriété énergétique » est illusoire collectivement, il faudra sans nul doute une dose de coercition.

MH : Toute restriction provoque l’apparition d’un marché noir et de trafics juteux. Sans parler de la fraude qui s’en donnera à cœur joie. Gageons que là encore ceux qui seront en capacité d’acheter des quotas carbone supplémentaires tireront leur épingle du jeu. Ajoutons que dans un pays aussi divisé et peu civique que la France (et osons le dire aussi corrompu), ce système va dérailler très rapidement.

Qui paiera pour sauver la planète ? Personne

à lire, La rupture écologique en mal de financement

Eric Albert : Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut éteindre les centrales à charbon, mettre fin aux véhicules à essence, mieux isoler les logements, inventer de nouveaux processus industriels pour l’acier et le ciment… Le chantier est gigantesque et coûteux. L’AIE estime qu’il faut 4 000 milliards de dollars d’investissement par an d’ici à 2030. Cette hausse de l’investissement signifie mécaniquement une réallocation des flux financiers vers moins de consommation… Qui paiera ? Il faut faire payer les émissions de gaz à effet de serre. Les centrales au charbon émettent 20 % des gaz à effet de serre à travers la planète. Les éteindre est une priorité absolue. Mais comment ? Actuellement, la grande majorité d’entre elles se trouvent en Asie, où leur âge moyen est de 13 ans. Il leur reste des décennies de fonctionnement … Certes, en regardant très loin, un réchauffement catastrophique de 4 °C ou 5 °C finirait par provoquer une violente chute économique dans la seconde moitié du siècle. Mais c’est si loin… »

à lire, Désastre en 2050, neutralité carbone impossible

Quelques échanges significatifs sur lemonde.fr :

Petit Pierre : Qui paiera pour sauver la planète ? C’est très simple, il faut arrêter de faire la guerre et de produire des armements, cela représente 2000 milliards de dollars par an. Est ce irréaliste ? A voir ce qui se passe dans le monde, oui ! La transition écologique n’est pas une affaire monétaire mais une question de comportement humain, inadapté à la crise actuelle.

Pessicart : Quid de tous ces pays où les gens font beaucoup d’enfants, ne demandent qu’à consommer plus et ont de très faibles revenus ? Et je ne parle pas du Qatar ou de Koweit où l’été on refroidit les piscines et où la mer est à plus de 30°C. Le plus probable c’est qu’on agira à la marge dans les pays évolués, et la terre se réchauffera inexorablement.

Gustave Antoine : Et pendant ce temps-là, on nous gonfle sur l’installation des éoliennes, terrestre ou offshore : « c’est pas joli, ça fait du bruit, la coquille Saint-Jacques n’aime pas trop, etc… » C’est un peu comme si on refusait de monter dans une ambulance qui vous emmène en urgence à l’hôpital, sous prétexte qu’elle n’est pas de la couleur que vous aimez. Nous sommes, tous, gouvernants et citoyens, consternants dans nos refus de prendre les mesures qui s’imposent : mesures pas trop contraignantes, si prises il y a 15 ans ; mesures plus contraignantes aujourd’hui ; mesures ultra contraignantes, avec des risques de guerre civile, demain. Triste, triste.

JCM : En cause, la gigantesque inertie voire le monstrueux aveuglement volontaire des pays industrialisés et des grandes sociétés pétrolières, depuis au moins cinquante ans que des scientifiques alertent sur la question. Ceci a entraîné sur la voie de la croissance absurde de plus en plus de pays qui ne voyaient aucune raison de se priver à cause de nos excès. C’est vrai pour le climat, le plastique, les pesticides, les déchets de toute sorte, bref l’environnement c’est-à-dire l’endroit où vivre devient de plus en plus difficile. Quelle que soit la voie suivie, effort ou passivité, le prix sera lourd. Nous devons donc choisir: gémir en subissant les conséquences de notre stupidité, ou tâcher de limiter ces conséquences et en inventant un mode de vie moins consommateur mais pas forcément sinistre. C’est ce que disent les écolos depuis les années 70. Tous des boomers bien sûr.

Poprequiem : Les conséquences des « limites à la croissance » sont connues depuis 1972. L’homme étant un loup pour l’homme, il va continuer à produire, à extraire, à polluer, à limiter nos ressources en eau potable. « Verdir » notre électricité ! Les 6 principaux producteurs de charbon dans le monde représentent 3,5 milliards d’habitants. Si nous ne décroissons pas (un Covid chaque année pendant 50 ans), nous nous retrouverons, très vite, avec l’image du marin-pêcheur qui aura beau disposer du navire, d’un personnel, du matériel le plus performant au monde, mais sans poisson ! Les crises climatiques, la pollution, le manque d’eau potable, les virus finiront par avoir raison de ce capitalisme destructeur…

Batman : La transition énergétique est une escroquerie intellectuelle, irréalisable et nocive. Ce qui coûte le moins cher, c’est d’arrêter de consommer à tout va, revenir à une vie sobre. Il faut arrêter avec les trois voitures par foyer, les équipement barbecue pharaoniques, les smartphone qui durent 2 ans, les écrans télé qui prennent un mur. CA ne coûte rien d’être modeste et la planète s’en porte mieux. Il en faut peu pour être heureux.

Lorange @ Batman : Vous allez vous faire traiter de Khmer vert stalinien. Et puis les réactionnaires vous reprocheront d’avoir un téléphone ou un ordinateur (leur argument le plus élaboré concernant les tenants de l’écologie).

La voiture individuelle, plus rare et plus chère

Bientôt le dévoiturage, très bientôt. L’éditorialiste MONDE Philippe Escande se pose la question !

Philippe Escande : « Le marché de l’automobile en Europe est revenu aux ventes qu’il enregistrait il y a plus de vingt-cinq ans. Voici une expérience de décroissance menée in vivo, et qui devrait contribuer à réduire la part de la voiture, et donc sa pollution… Bien sûr, la crise des semi-conducteurs aura une fin. Mais cette histoire, très conjoncturelle, ressemble à un galop d’essai de ce qui attend l’industrie, avec le basculement violent vers l’électrique. Celui-ci coûte énormément d’argent en investissement, les prix moyens vont exploser, la voiture deviendra un bien plus rare et plus cher, l’industrie réduira de taille et emploiera nettement moins de monde. La transition énergétique ne sera pas gratuite. »

à lire, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Quelques commentaires sur lemonde.fr, la liberté de circuler appartiendra au passé :

He jean Passe : Il y avait 2 fois moins de voitures (et de consommation) en 1970 et les Français ne vivaient pas moins bien. On va y revenir. Rouleront en voiture les riches ou les débrouillards (qui feront du co-voiturage) les autres iront à pied, en train ou à vélo et la planète s’en portera mieux.

Jamaiscontent : Si on bascule dans le tout électrique pour les voitures d’ici 10-15 ans, comment produit-on l’électricité nécessaire. Pour le moment, pas de solution satisfaisante. Le nucléaire ? Qui voudra deux fois plus de réacteurs qu’aujourd’hui, si tant est qu’EDF ait la capacité de les construire ? Le gaz naturel ? Pour être à la merci de Poutine, bof. Les éoliennes ? Dès qu’on veut en planter une, les assocs, noyautées par le RN, hurlent plus fort qu’un milliardaire à qui les impôts prennent une cacahuète. Le solaire ? Il en faudra, des panneaux… L’hydrogène propre pourra-t-il être fabriqué à temps ? Et sans parler des matières premières nécessaires (terres rares etc.) Et à l’échelle de l’Europe ? Du monde ? Pour le moment, le développement de l’électrique consiste à déplacer la pollution, pas à l’éliminer.

Lls : De toute manière, le remplacement des voitures thermiques en ville par des voitures électriques est un non-sens écologique. Mettre au rebus des dizaines de véhicules thermiques pour les remplacer par le même nombre de véhicules électriques ne parait pas être une bonne solution en termes de gestion des déchets et de production de masse de batteries. Il faut arrêter avec la voiture individuelle en ville.

CORTO MALTESE : Le problème sera rapidement obsolète . Les communications se faisant de plus en plus sur internet , et encore plus sur son successeur , il deviendra inutile de se déplacer , de voyager, de se rencontrer etc… Les voitures subirons le sort des chevaux et autres cabs des siècles derniers . quelques unes servirons de loisir à quelques nostalgiques , et qu’elles soient thermiques , électriques , » hydrogéniques » ou autre chose n’aura plus aucune importance !!!

ARARAT : Vous oubliez l’essentiel: la liberté d’aller et venir, l’envie d’aller où bon nous semble, les relations virtuelles je les exècre, je ne fais jamais mes courses sur un écran, j’apprécie d’aller acheter du vin chez un producteur, de se balader, les relations humaines ne seront pas aussi simples que vous le pressentez..Etre statique quelle horreur avec ou sans le net et autres..

CED34 : Cher ARARAT votre liberté « d’aller et venir » pour tout et n’importe quoi … n’est-elle pas également la liberté de polluer la planète pour votre (petit) plaisir ? Sachant que la voiture individuelle est une des sources majeures de pollution… A mon humble avis vous vous trompez. Avec le renchérissement de l’énergie – fini le temps où le pétrole presque gratuit coulait à flot – les trajets forcément coûteux en énergie, vont se faire plus rares et surtout plus rationnels.

Jerry Fules : Que cela vous plaise ou non, la liberté de déplacement est un acquis du XXe siècle sur lequel il sera très difficile de revenir, que la raison soit écologique ou pas.

Rhombo : Que cela vous plaise ou non, la liberté de déplacement a toujours été un luxe. Le xxème siécle et le début du xxième feront figure d’exception.

DécroissantsDeLamourEtDuTofu :Le véhicule motorisé individuel ou familial n’aurait tout simplement jamais dû exister. C’est une aberration totale, un gouffre énergétique shadockien, qui détruit notre qualité de vie (bruit, pollution, stress, accidents, déplacements domicile-travail s’allongeant à cause de cet outil stupide) et notre vie tout court (accidents mortels, réchauffement climatique). A éliminer, tout comme le nucléaire, le logement béton et un bon 75% de notre production actuelle (viande industrielle, TV, jeux vidéos, Bourse, presse réac, sportive et futile, malbouffe, etc.)

Max Lombard : Enfin les pauvres n’auront plus accès à la voiture, on pourra rouler plus facilement.

Esa : Bienvenue dans le monde d’après !

Tout savoir sur la voiture électrique

Dans le cadre du pacte vert, les véhicules à moteur thermique seront interdits de commercialisation dès 2035… Avec la voiture électrique, la solution existe… La voiture,va redevenir un produit cher… La place de l’automobile dans la société est remise en question… Seul un large débat de société permettra de reconfigurer l’usage de ce bien à forte valeur symbolique. (édito du MONDE)

Compléments d’analyse avec les commentaires sur le monde.fr

Marie81 : Combien de centrales nucléaires en plus pour alimenter tout ça ? Ou bien on pédale 🙂

jbfa : Le transport routier en France représente une consommation d’énergie avoisinant les 450 TWh/an. La production électrique en France est d’environ 525 Twh/an. Le doublement de la capacité de production électrique en France étant difficilement envisageable dans les 15 ans, il semblerait que la proposition politique (politicienne) consistant à laisser croire en creux que l’ensemble des véhicules thermiques seront à terme remplacés par des véhicules électriques est illusoire.

Pessicart : Edito où se déplacer semble être une fin en soi. La voiture électrique permettrait de confirmer le principe « je décide de me déplacer donc je me déplace par moi-même où je veux ». Même en électrique le coût d’un simple déplacement individuel est énorme. Quand on réfléchit à ses propres déplacements on voit assez vite qu’ils vont à l’encontre d’une vie équilibrée : dépendance à un véhicule, risques associés, temps gâché, prix du transport, infrastructures nécessaires… Comme le disait Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre ». La finalité d’une société ne peut pas être de donner une voiture à n’importe qui pour aller acheter son pain, il est urgent de décourager les déplacements.

Michel Lepesant : L’automobile – électrique ou non – n’est utile que dans un monde de la mobilité. C’est donc cette mobilité qu’il faut remettre en cause : je travaille pour me payer une voiture qui me permet d’aller travailler puis de partir en vacances pour retrouver des forces pour retourner travailler pour payer ma voiture… Même un hamster saurait que c’est une histoire de fous. La voiture électrique est bien un défi, un pied de nez à notre intelligence collective (ou à ce qu’il en reste).

Sarah Py : L’analyse de cycle de vie d’une automobile. Voilà comment se mesure la pertinence de la comparaison entre véhicule moteur essence ou diesel et moteur électrique. C’est à dire intégrer l’ensemble des paramètres de la fabrication à l’utilisation, au recyclage. Ce choix de basculer l’ensemble du parc automobile vers l’électrique à t-il été le fruit d’une réflexion approfondie et objective et tenant en compte l’ensemble de ce cycle de vie, ou à t-il été pris sur des postures idéologiques ?

Observateur : Les Véhicules Électriques ne deviennent notablement plus propres que les classiques qu’en considérant un nombre élevé de km parcourus total : dévastateur pour la société, car on accroît encore la dépendance a la voiture. Vous voulez diviser par 2 les émissions de votre véhicule ? Divisez par 2 les km parcourus..
Requiem : Jeudi dernier en allant faire le plein d’essence je faisais le calcul suivant : devant moi il y avait 1 voiture qui se servait et 3 qui attendaient. Entre le moment ou je me suis mis dans la file et celui ou j’ai remis le contact pour quitter la station il s’est écoulé près de 30 mn. En rentant chez moi j’ai regardé quel était le temps de recharge d’une voiture électrique et j’ai trouvé qu’avec une recharge rapide une Renault Zoe ZE40 se charge en 2h40. Donc dans une situation équivalente mais avec des voitures électriques je serai resté 13 heures dans la station. Je crains que dans le futur, faire un voyage en véhicule électrique risquera de ressembler à ceux du temps de la traction animale ou il fallait laisser du temps aux chevaux pour se reposer et se nourrir.
pioch : la voiture électrique ne pourra jamais être la solution aux transports individuels. Le marché international du lithium et autres composés des batteries ne le permettra pas : trop limité et rapidement hors de prix. Quant aux besoins en électricité il impliquerait un fort investissement en centrale nucléaires, ce que nous sommes incapables de faire quand bien même la population accepterait ce deal, ce qui n’ est pas gagné.

Michel Brunet : La e-208 pèse 1450 kg contre la même en essence 75cv 1030 kg, les 420 kg de batteries à trimballer ne sont pas innocents dans ce bilan

DécroissantsDeLamourEtDuTofu : Vivre sans bagnole, un défi vital pour l’humanité. Pour lutter contre le dérèglement climatique, l’automobile doit rapidement disparaître, à l’exception des véhicules d’urgences, professionnels ou de location. Révolution pour les citoyens des pays industrialisés, cette relocalisation de nos vies dans un espace-temps à taille humaine, avec un rythme plus naturel, va aussi réduire les inégalités sociales, améliorer la santé, la qualité de vie et le pouvoir d’achat de tous.

Artemis purple : Illich avait compris depuis longtemps que la voiture, à essence ou électrique, nous mènerait dans le mur. L’utilisation de la voiture entraîne un allongement des distances dans les déplacements, entre lieu de vie et activité professionnelle. C’est la phénomène dit de la vitesse généralisée, plus on veut aller vite, plus on va lentement. Invitation à lire ou relire ‘Energie et équité’ de Ivan Illich.

MarcoPolo : Si on compare l’énergie que l’on peut tirer d’un kilogramme de carburant: Avec de l’essence on obtient environ 13 KWh/Kg Avec de une batterie Lithium-ion, environ 0.2 KWh/Kg Avec de l’hydrogène compressé, environ 34 KWh/Kg Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Densit%C3%A9_massique_d%27%C3%A9nergie On voit que le gagnant est l’hydrogène , qu’il faudra produire avec de l’électricité nucléaire…

PRC @Marcopolo : Oui mais la densité de l’hydrogène comprimé a 700 bar vaut environ la moitié de celle de l’essence. Comme ce qui compte c’est le volume du réservoir, nous voilà à égalité sauf que l’essence est liquide à température ambiante. Personnellement j’aurais quelques doutes à m’asseoir au dessus d’un réservoir d’hydrogène à 700 bars…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 juin 2009, pour une société de non-voiture

17 septembre 2009, écolomobilité, non électrique

9 mars 2013, Zoé, véhicule électrique tout public, fiasco assuré

23 janvier 2014, Il n’y a sans doute pas de voiture vraiment « propre »

29 juin 2014, Ségolène Royal et le fiasco de la voiture électrique

9 février 2015, La voiture électrique de Ségolène Royal est très sale

24 octobre 2017, La voiture électrique nous empêche de voir l’essentiel (Alain Gras)

21 juillet 2019, Voiture électrique pour tous, faut pas rêver (synthèse)

20 juin 2021, Voiture électrique, le piège du cobalt

3 juillet 2021, Le rêve de l’automobile pour tous prend fin

26 juillet 2021, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Hydrogène, la nouvelle croyance à la mode

La poursuite des chimères technologiques est une manière de ne pas sortir de la civilisation motorisée. Une mode succède à une autre. Avant-hier on parlait du miracle de l’hydrogène, hier on misait tout sur les agrocarburants, aujourd’hui les médias nous reparlent d’hydrogène.

Jean-Michel Bezat : Aujourd’hui, le H2 est « noir » ou « gris » puisqu’il est produit en brûlant du charbon ou du gaz, et non compétitif avec d’autres sources d’énergie. Mais demain ? M. Alvera envisage ainsi de transporter par pipeline jusqu’au cœur de l’Europe industrielle de l’hydrogène produit en Afrique du Nord ou en Arabie saoudite grâce à des centrales solaires. Le patron de SNAM (géant italien des infrastructures gazières) n’a pas oublié sa lecture de L’Ile mystérieuse de Jules Verne (1874) : « Oui, mes amis, s’enflamme le savant Cyrus Smith, je crois que l’eau sera un jour utilisée comme combustible, que l’hydrogène et l’oxygène qui la constituent fourniront une source de lumière et de chaleur inépuisables et d’une intensité que la houille ne saurait avoir. » Dans la perspective d’une économie neutre en carbone au milieu du siècle, la part de l’électricité passerait de 20 % à 60 % ; les activités plus difficiles à électrifier, comme les industries lourdes et le transport de masse, devront recourir aux énergies fossiles avec captage-stockage du CO2. Et l’hydrogène « vert » pourrait représenter 10 % de la demande globale… Emporté par un enthousiasme de néophyte, Emmanuel Macron veut faire de la France le « leader » mondial de l’hydrogène… Une utopie ? La transition n’aura rien à voir avec les précédentes. L’humanité était passée du bois au charbon, puis au pétrole et au gaz, en empilant ces sources d’énergie, il faut désormais les éliminer Le temps, qui est compté, n’est plus un allié… N’aurait-il pas fallu prendre Cyrus Smith au sérieux plus tôt ?

À lire sur notre blog biosphere,

9 avril 2021, La voie hydrogène, une nouvelle impasse

22 décembre 2007, chimère hydrogène

Quelques précisions grâce aux commentaires sur le monde.fr

Michel SOURROUILLE : Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’hydrogène est considérée comme « gris » : il est produit à partir d’énergies fossiles dans des raffineries. L’hydrogène décarboné est produit grâce à de l’électricité d’origine renouvelable. Mais la production d’hydrogène demande énormément d’énergie, et son utilisation n’est pas toujours la plus efficace. Gaz ultra-léger sous la pression atmosphérique, il faut le stocker à plus de 350 bar pour limiter le volume. Or une simple bouteille de butane fait peur, et la pression est limitée à 7 bar en usage domestique. Que peuvent penser les pompiers des véhicules H2 ? L’hydrogène est un gaz qui se transporte difficilement, il faut le comprimer, le liquéfier ou le transformer en ammoniac, ce qui est coûteux en énergie et demande des infrastructures spécifiques. En résumé l’hydrogène n‘est qu’une énergie de troisième niveau, produit avec la source d’énergie secondaire qu’est l’électricité. Hydrogène et mobilité généralisée sont donc incompatibles. Les humains préfèrent se consacrer à la glorification du progrès technique alors que la sauvegarde de la Biosphère passe par les économies d’énergie, une priorité de premier rang.

YV : L’hydrogène n’est pas une énergie mais un moyen de stockage d’une énergie électrique produite par ailleurs. Qu’il soit moins « sale » que le lithium de nos batteries actuelles, soit, mais ça ne résout pas le problème fondamental suivant: passer de 20% d’électricité à 60%, c’est multiplier par 3 la production d’électricité.

Fouilla : Comme d’autres commentateurs, je suis choqué que l’on continue de parler de l’hydrogène en terme de ressource, alors que ce n’est qu’une solution de stockage. Solution à laquelle j’ai du mal à croire, car ça fait plus de 40 ans que ce phantasme de thermodynamicien (il permet de passer outre le rendement de Carnot!) est soi-disant la techno du futur, mais reste beaucoup trop complexe pour essaimer vers le grand public. Sans parler du rendement électricité / électricité qui reste faible même sans barrière théorique.

Sarah Py : Le tic tac de l’horloge climatique introduit la temporalité. Considérons les résistances des populations et l’incapacité des politiques, c’est dans le chas de l’aiguille que le chameau humain empesé de nos conformismes doit tenter de se faufiler.

7,9 milliards d’humains le 20 octobre 2021

On m’a inhumé aujourd’hui 20 octobre dans un petit cimetière et j’apprends à l’instant que nous venons de tourner le chiffre exorbitant de 7 900 000 000 d’humains sur cette petite planète. Coïncidence ? J’ai vécu 96 ans, et j’avoue avoir avorté trois fois au tournant des années 1950. Je pensais qu’avoir deux enfants, cela suffisait. Si tout le monde avait fait comme moi, la population mondiale se serait stabilisée à 2,5 milliards, le chiffre de 1950, ce qui est déjà beaucoup. Mais 5,4 milliards de personnes de plus en 71 ans seulement, plus qu’un triplement de la population, c’est de la folie. C’est pourquoi j’estime que mon point de vue personnel l’emporte largement sur l’état de la législation. Une législation répressive ! On assimilait à mon époque la contraception à l’avortement. La loi du 31 juillet 1920 réprimait la provocation à l’avortement et à la propagande ‎anticonceptionnelle. L’avortement était considéré comme un crime et passible de la cour d’Assises. Cette loi était toujours en vigueur au moment de la naissance de mes deux fils et de mes trois avortements. J’étais coupable devant la loi française, j’étais surtout coupable à mes yeux devant la loi de l’Église catholique. J’avais péché, disait ma religion, pour la célébration de mon dernier voyage je ne me sentais pas à ma place dans les murs d’une Église. J’ai refusé toute cérémonie religieuse pour le jour de mon enterrement.

Pas de rituel, pas de référence religieuse, c’est mon fils aîné qui a servi de maître de cérémonie pour des obsèques civiles. On aurait pu se placer sous l’autorité d’un coach PFG (Pompes funèbres générales), mais un membre de ma famille faisait aussi bien l’affaire. On ne le sait pas assez, mais un tiers des obsèques se font hors Églises. J’ai apprécié le déroulement de la cérémonie en plein air, tout autour de moi un peu plus de trente personnes, mes deux fils, tous mes petits-enfants, mes neveux, mes amis, tout mon passé réuni pour se souvenir de mon existence. Je regrette seulement de ne pas avoir été au cours de ma vie plus active, plus féministe, plus militante. Mais quand on est née en 1925, on n’avait pas du tout la même conception qu’à l’heure actuelle, libérée. On subissait sans rien dire l’autorité de l’Église et l’autorité du mari.

Si j’avais pu me libérer du poids des interdits religieux, je serais fière d’avoir été précurseur, préparant l’autorisation légale de l’interruption volontaire de grossesse en 1975. Quant à la position de l’Église qui reste toujours répressive à l’égard de l’IVG en 2021, c’est devenu une anomalie. J’aurais du arrêter depuis longtemps de culpabiliser pour un acte d’avortement que j’estimais nécessaire. Le libre choix de sa fécondité l’emporte nécessairement sur les traditions religieuses faites au nom d’un dieu que personne n’a vu. J’irai même plus loin. Nos Églises et nos gouvernements, en laissant libre cours à l’explosion démographique, ont commis un crime contre l’humanité car ils ont provoqué la détérioration des conditions de vie présente et futures. Ils ont aussi commis un crime contre la planète car notre surnombre a étouffé la biodiversité et éradiqué nombre d’espèces. Si mon exemple et celui de toutes celles qui ont avorté depuis les années 1950 avait été suivi, nous serions moins nombreux, nous serions plus heureux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas bonheur de vivre dans une famille nombreuse, mais au niveau collectif il n’en est pas de même. Je repose dorénavant en paix, puisse l’humanité pratiquer dans l’avenir une démographie responsable.

en hommage à Paulette Facquier, née le 27 avril 2025, décédée le 15 octobre 2021, inhumée le 20 octobre

L’Éthiopie, victime de sa surpopulation

Qui connaît le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ? Il a pourtant obtenu le prix Nobel de la paix en 2019 pour avoir tenté de « résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée voisine ». Prix Nobel dénaturé. En novembre 2020, c’est la même personne qui a envoyé l’armée pour renverser les autorités régionales issues du FPLT (Front populaire de libération du Tigré). Mais les rebelles ont repris la quasi-totalité du Tigré et la guerre civile dure encore. LE MONDE et les autres médias se contentent de constater : « Nouvelle offensive de l’armée fédérale dans le nord de l’Ethiopie ». Aucune analyse de la cause profonde des guerres, la surpopulation.

Trop nombreux dans un sac de farine, les charançons s’entre-dévorent. Il en est de même des humains. Les tensions et les frustrations causée par une démographie incontrôlée ont fait les guerres du passé, elles expliquent celles du présent et préparent celles de l’avenir. L’Éthiopie fait partie des trois « poids lourds » démographiques de l’Afrique subsaharienne après les 201 millions du Nigeria et avant les 86,8 millions d’habitants du Congo RDC. En juillet 2015, selon l’Agence centrale des statistiques éthiopienne, la population s’élève à 90 074 000 habitants. En 2020 selon la banque mondiale, on arrive à 115 millions (2020). Un pays qui croit de 25 millions de personnes en 5 ans est ingérable, définitivement ingérable. Le taux de fécondité est de 4,15 enfants par femme (2019), le taux de croissance annuel de la population de 2,5% (2020), soit un doublement en 28 ans seulement. Même en faisant l’hypothèse, dite moyenne, d’une poursuite de la baisse de la fécondité, les Nations unies projettent 160 millions d’Éthiopiens en 2035 et 205 millions en 2050. L’Éthiopie est apparemment un vaste territoire de 1,1 million de km2, soit le double de la France métropolitaine. Mais c’est un pays enclavé et aride, peu doté de ressources naturelles. Son économie reste essentiellement agricole, avec seulement 20 % de personnes urbanisées. Toutefois, la population de la capitale Addis Abeba explose, en 2016 elle comptait au bas mot 3 352 000 habitants, et 5 153 000 en 2020. Ingérable, définitivement ingérable. Les heurts dits ethniques, en général ancrés dans une course aux ressources, ont provoqué près de trois millions de déplacés internes et des milliers de morts. Ici et là émerge un pouvoir local informel, l’autorité se délite tant à Addis-Abeba qu’au-delà. Les humains s’entre-dévorent, en Éthiopie et ailleurs. « Laissez faire Vénus, elle vous aménera Mars » déclarait déjà en 1959 Mme Louise Weiss à la suite de Bergson.

Dans les années 1970, le philosophe Gaston Bouthoul a pu définir la guerre comme un infanticide différé. «  Quoi de plus étrange, dit ce fondateur en 1945 d’un institut de polémologie, que la sempiternelle succession des guerres et des paix ? » Il en vient vite à constater que les violences armées ont un seul point commun : elles détruisent des vies humaines et, ce faisant, empêchent d’autres vies humaines de voir le jour. Tout se passe comme si cette destruction aurait pour fonction fondamentale de résorber les excédents de population. Ce n’est pas par hasard, selon Gaston Bouthoul, que les deux guerres mondiales, qui ont coûté la vie à des dizaines de millions de militaires et de civils, ont eu lieu à une époque où la mortalité infantile a pratiquement disparu et où la durée moyenne de la vie humaine a considérablement augmenté.  » L’inflation démographique  » a provoqué ce qu’il appelle une  » surchauffe belligène « . Pour M. Bouthoul, il s’agirait là d’un phénomène de fuite en avant. Il ne voit pas d’autre manière de l’éviter que la planification rigoureuse des naissances, impliquant, si nécessaire, des mesures de contrainte. Puisque la vaccination est obligatoire, demande-t-il, pourquoi la limitation des maternités ne le serait-elle pas ? Le seul moyen de mettre fin aux guerres, c’est à son avis l’avènement de  » l’ère de la population contrôlée « , qui  » mettra fin à une période de l’histoire, celle de l’homme à bon marché « .

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Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Démographie, le Brésil en perdition !

Le Nigeria, miné par la surpopulation

Cueilleur par nature, obèses par culture

Faut-il manger des herbes ? L’humanité actuelle mange déjà trop de viande, trop de poissons, trop de tout, on arrive au bout du bout des disponibilités terrestres. Dorénavant les médias envisagent qu’on puisse manger des insectes, du krill et même des plantes sauvages. Depuis que l’humanité s’est sédentarisée, passant d’un modèle de chasseur-cueilleur à celui d’agriculteur, elle s’est éloignée d’une grande partie des 80 000 espèces végétales comestibles de la planète. Certain envisagent maintenant de revenir au bon vieux temps des chasseurs-cueilleurs, encore faut-il savoir aussi reconnaître la cinquantaine de plantes, en France, capables de tuer son bipède. Il y a des stages pour cela. (cf. Cueilleurs par nature, documentaire d’Emilie Darnaud). Mais la question fondamentale demeure que ce documentaire ne traite pas : que se passerait-il si tous les consommateurs se convertissaient à la cueillette et partaient à l’assaut des chemins et des collines ? Il n’y aurait plus aucune plante sauvage comestible vu notre nombre. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere:

15 mai 2011, manger des insectes dans un environnement dégradé

extraits : La FAO encourage l’élevage et la consommation d’insectes. Ils se reproduisent rapidement, note l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « présentent des taux de croissance et de conversion alimentaire élevés et un faible impact sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie ». En outre, les insectes « sont nutritifs, avec une teneur élevée en protéines, matières grasses et minéraux ». Ils peuvent « être consommés entiers ou réduits en poudre ou pâte et incorporés à d’autres aliments ». De grosses blattes OGM bien grasses nourries au lisier de porc… J’en salive d’avance, rien que du bonheur !Ainsi va le monde contemporain qui détériore l’environnement et qui nous prie de nous adapter à l’insupportable…

20 mai 2014, Nous mangerons bientôt du krill, des insectes, nos déchets

extraits : Le krill, nourriture des baleines, est le nom générique de 85 espèces de petits crustacés qui grouillent dans l’océan austral. Le krill antarctique représente 500 millions de tonnes de matière vivante, c’est-à-dire environ 5 fois le volume total des poissons péchés et élevés chaque année dans le monde. Malheureusement les progrès technologiques permettent à l’industrie de la pêche d’armer des bateaux capables de capturer des proies aussi petites. Et bien sûr nous visons au gigantisme. Un chalutier norvégien de 135 mètres de long peut déjà prélever et transformer jusqu’à 250 tonnes de krill par jour. Un article de l’Ecologiste pose la question du krill comme réponse aux besoins alimentaires de la population mondiale en forte augmentation…

2022, le revenu maximum autorisé au programme

Au lieu de vouloir lutter contre les inégalités de revenus, tous les prétendants à la présidentielle font assaut de générosité sur les salaires et le pouvoir d’achat. L’objectif est partagé par tous, même si les solutions divergent chez les postulants à l’Elysée.  Or, sauf action à la marge, aucun gouvernement n’est maître des paramètres globaux, qui dépendent de la santé des entreprises, du niveau de l’inflation, et du prix du baril. A cause de la cécité de nos présidentiables, voici ce qui va se passer en 2022.

L’or noir va quadrupler, passant de 60 dollars le baril à 240 dollars à la fin du premier trimestre. En effet l’homme fort d’Arabie saoudite, aidé par la Russie de Poutine, a cessé de fournir du pétrole à bas prix ; ils ont décidé d’en garder le plus possible pour leurs générations futures. La facture pétrolière française explose, le gouvernement réagi à bon escient. Après une intense campagne de sensibilisation de la population aux enjeux écologiques, la réduction à 80 km/h sur les routes ordinaires s’élargit à une vitesse limitée à 100 km/h sur toutes les autoroutes. La taxe carbone est étendue à toutes nos dépenses énergétique, il y a rationnement par le prix. Après discussion (mouvementée) au niveau de l’Union Européenne, il est prévu que la taxe carbone aux frontières sera adopté dès mars 2022. De plus tout accord international, tout échange commercial avec l’extérieur, sera dorénavant soumis aux normes écologiques et sociales européennes.

Comme les inégalités sont exacerbées par la pénurie d’énergie, on dégonfle la pression sociale par l’instauration d’un revenu maximum autorisé, bonus et revenus du capital compris ; il est fixé à dix fois le salaire minimum par un vote presque unanime du Parlement. Une intense campagne d’explication dans les médias et les écoles insiste sur la fragilité extrême de notre société thermo-industrielle, devenue trop complexe et incapable de se réformer. On prône les quatre D, Démondialisation, Désurbanisation, Décroissance heureuse et Décentralisation. Le citoyen comprend que la résilience au choc pétrolier ne pourra s’effectuer que par l’autonomie alimentaire et énergétique acquise au niveau local. L’État décide d’abandonner la plupart de ses prérogatives au bénéfice des entités territoriales. La sortie du nucléaire est acté, les centrales vieillissantes fermeront les unes après le autres. L’essentiel du plan gouvernemental est centré sur les mesures d’économies d’énergie dans tous les domaines. Les municipalités réduisent l’éclairage public de nuit, parfois même le suppriment complètement. Les citoyens commencent à bouder volontairement les escalators pour faire de l’exercice physique dans les escaliers. Prendre son vélo ou marcher est devenu tendance, rouler en voiture est désormais ressenti comme passéiste, si ce n’est condamnable.

Gaspiller devient source de culpabilité. Se rendre autonome devient le leitmotiv. Les familles élargies devient à la mode. Les couples restent plus longtemps en couple, partageant difficultés… et appartement. Ils décident de faire moins d’enfants, et les enfants partagent la même chambre dans des maisons qui devient plus petites, plus faciles à chauffer. On garde les personnes âgées dans le foyer familial le plus longtemps possible. Le suicide assisté devient banal. Les habitants des villes se demandent ce qu’ils vont manger, ils commencent à s’organiser. Les jardins partagés se multiplient au milieu des HLM, les tomates poussent sur les balcons. Les pelouses deviennent des potagers, les jardins d’ornement font place à des arbres fruitiers. Il y a de moins en moins d’employés et de cadres, moins d’emplois surnuméraires. Mais les artisans, petits commerçants, et paysans se multiplient dans tous les domaines. Avoir fait des études longues est devenu un handicap, l’intelligence manuelle est appréciée. La reconversion des tâches effectuées par nos esclaves mécaniques est en effet nécessaire. Des techniques douces sont mises en place, la force physique et l’ingéniosité humaine permet de suppléer l’obsolescence de la thermodynamique industrielle. On casse un peu partout les grosses machines qui ont produites le chômage de masse, on les recycle. Chacun comprend qu’aller moins vite, moins loin et moins souvent pouvait procurer le bonheur. Les voitures rouillent, les rotules se dérouillent : marcher dans la forêt devient le nec plus ultra, plus besoin de paradis artificiels. La France est devenue le pays que le monde entier veut imiter… puisque le Bonheur national brut a remplacé le PIB.

Nous te souhaitons des années ultérieures où l’œuf sera pondu dans le poulailler familial, le lait produit dans une économie domestique, le miel récolté dans des ruches partagées. On peut toujours rêver…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

7 juin 2021, Interdiction d’avoir plus de deux logements

14 novembre 2018, A qui doit profiter la hausse du prix du carburant ?

18 septembre 2018, Débat européen sur la notion de post-croissance

World Energy Outlook 2021, le chaos en vue

Le « World Energy Outlook » (WEO), rapport de référence de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), est paru le13 octobre, à la veille de la 26e conférence mondiale sur le climat (COP26) fin octobre à Glasgow. Quand le représentant des vendeurs d’hydrocarbures nous dit qu’on va droit dans le mur, que le chaos climatique nous pend au nez, c’est qu’on doit vraiment y être déjà jusqu’au cou ! Et pendant ce temps-là on ne nous parle médiatiquement que de Zemmour et d’un monde qui ve encore de croissance.

à lire, World Energy Outlook 2019, l’avenir énergétique !

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE : « En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, les engagements déjà pris par les Etats ne couvrent malheureusement que 20 % des réductions nécessaires d’ici à 2030 pour être sur la voie d’une limitation du réchauffement à 1,5 °C à la fin du siècle [par rapport à l’ère préindustrielle]. C’est inquiétant… Les seuls secteurs chinois du ciment et de l’acier émettent davantage de gaz à effet de serre que toute l’Union européenne. Et comment peut-on attendre que l’Inde, où le secteur du charbon est le premier employeur et représente plus de la moitié de la consommation d’énergie, prenne le même engagement que l’Allemagne ? Parvenir à 1,7 °C ou 2 °C serait toujours mieux que d’atteindre 3 °C. Si nous ne parvenons pas à lancer un message clair en faveur de la transition énergétique lors de la COP26, nous devrions dire au revoir à la planète telle que nous la connaissons et nous préparer à la multiplication d’événements climatiques extrêmes et plus intenses. »

Pour Fatih Birol, le scénario 1,5 °C repose sur des paris technologiques, des investissements mondiaux dans l’énergie propre, passer des ressources fossiles à l’hydrogène et aux minerais stratégiques, véhicules électriques à la pelle. De toute façon le scénario 1,5 est déjà obsolète. Toutes les modélisations récentes, celles du CNRS notamment, montrent que 1,5°C est désormais inaccessible pour 2050, inertie climatique oblige ! On parle désormais d’un scénario optimiste à +2/+2.5°C et d’un scénario pessimiste (le plus probable) à +3°C/+3.5°C ! Indépendamment d’une hypothétique baisse à venir de nos émissions de C02, tout va dépendre de la vitesse à laquelle l’Antarctique va fondre…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

World Energy Outlook 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

World Energy Outlook 2011, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

World Energy Outlook 2010, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

World Energy Outlook 2007, en panne d’énergie

Le Nigeria, miné par la surpopulation

Les médias présentent la pauvreté comme causée par beaucoup de choses, mais jamais par une trop forte démographie. Rétablissons la réalité.

Au Nigeria, l’État a fait faillite, les gouvernements successifs n’ont plus les moyens de payer des fonctionnaires, l’armée n’arrive plus à venir à bout des groupes islamistes et des bandes armées. Le secteur informel explose, mais ne nourrit pas son monde. Les coupures de courant sont récurrentes et l’accès à l’électricité reste extrêmement coûteux. Dans les quartiers préservés, le vrombissement de quelques rares générateurs forme un bruit de fond permanent. Les zones périurbaines se transforment en bidonvilles, les égouts sont bouchés et des montagnes d’ordures s’étendent sur des centaines de mètres. Dans certains quartiers, les conflits communautaires tuent en silence, blancs contre arabes, arabes contre noirs, l’apparence des gens est source de conflits infinis. Sur les plaines fertiles du centre, des affrontements pour l’accès à la terre et à l’eau ont fait plusieurs milliers de morts entre agriculteurs et éleveurs en 2018.

à lire, La France en 2049 sera le Nigeria de 2019

Marie de Vergès  confirme : « Les autorités semblent avoir perdu le contrôle de la situation. L’« inhumanité de l’homme pour l’homme » serait devenue, selon l’écrivain Wole Soyinka « l’essence du Nigeria contemporain à tous les niveaux, que l’on parle des conséquences de la corruption, de la dégradation de la vie humaine, des enlèvements ». Il ne se passe plus guère de semaine sans qu’une attaque terroriste, un affrontement sanglant entre communautés ou un rapt vienne endeuiller cet immense pays, le plus peuplé d’Afrique. Dans les régions du nord, les gangs criminels pillent les villages et pratiquent des enlèvements contre rançons. La rente pétrolière n’a jamais bénéficié au plus grand nombre… Wole Soyinka dit ne plus jamais utiliser le mot « espoir » pour parler de son pays. »

Pourquoi ce constat glaçant ? La faute à la surpopulation ! Sur un territoire relativement étroit d’environ 920 000 km2, soit 1,7 fois la France et dix fois moins que les Etats-Unis, la pression démographique est extrême. Les chiffres donnent le vertige. Il y avait moins de 38 millions de Nigérians en 1950, le pays en comptait 190 millions en 2018. L’ONU en prévoit 410 millions d’ici à 2050, et presque le double en 2100. La densité est de 215 habitants au km/2 en 2018 (France 119), et 872 de prévisible en 2100 (France 135). Le taux de fécondité au Nigeria est de 5,53 enfants par femme (Banque mondiale, 2016) et 60 % de la population a moins de 25 ans. Résultat, depuis plusieurs années, l’économie progresse deux à trois fois moins vite que la démographie. Sur 20 millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, 2 ou 3 millions seulement trouvent du travail. La jeunesse, perçue comme un atout, n’apparaît plus que comme une bombe à retardement. Le Nigeria apparaît comme un exemple typique d’insouciance démographique. Le malthusianisme, c’est-à-dire la maîtrise de la fécondité, aurait dû être depuis de nombreuses années un enseignement de base au niveau planétaire. Mais le concept de « surpopulation » reste un tabou médiatique en France et un non-dit dans les autres pays.

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Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Hormis les très petits pays tels que Singapour et Bahreïn, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde avec plus de 1 251 hab/km2 (en 2016). La population était de 50 millions en 1960, plus de 160 millions aujourd’hui, les projections prévoient un maximum démographique vers 2060 (à 190 millions d’habitants). Soit une multiplication par quatre en un siècle seulement.

C’est intenable, ingérable, même les villes deviennent maintenant des repoussoirs.

Julien Bouissou : La saturation des villes est telle que les catastrophes à venir au Bangladesh ne seront plus seulement climatiques, mais urbaines, ce qui commence à inquiéter le gouvernement. La capitale Dacca a vu sa population décupler en quarante ans. Avec près de 50 000 habitants par km², elle est l’une des plus densément peuplées au monde et s’est transformée en un cauchemar urbain. Les rivières sont devenues des égouts à ciel ouvert, et les chauffeurs de cyclopousse dorment sur leurs vélos faute de pouvoir trouver un logement. Dans un rapport publié en novembre 2020, le ministère bangladais de la gestion des catastrophes note : « Avec l’urbanisation, couplée au changement climatique, le Bangladesh s’expose à de nouveaux risques ».

Sur ce blog biosphere, nous prônons la désurbanisation. Mais comment faire quand les campagnes sont non seulement surpeuplées, mais déjà dévastées ? Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, les cyclones tropicaux, les tornades, et les raz de marée touchent le pays pratiquement tous les ans. Échapper à ces fléaux paraît impossible La majorité de la population n’a pas de terre à vendre, se déplacer vers des villes saturées d’humains ne règle aucun problème, seuls les plus fortunés préfèrent tenter leur chance à Paris ou à Berlin plutôt qu’à Dacca.

Alors tout miser sur la dépopulation ? L’indice de fécondité était de 6 à 7 enfants par femme sur la période 1950-1985. Jusqu’en 1990, ce pays n’avait pas connu de véritable politique de population mais avait subi seulement une propagande effrénée qui s’était traduite par une avalanche désordonnée de contraceptifs divers. Devant la faiblesse des résultats, on a recouru à la stérilisation massive, mais elle n’a pas eu, non plus, le succès désiré. Au contraire, cette initiative a eu pour conséquence d’accroître la méfiance à l’égard de la contraception. Depuis il y a une baisse progressive de l’indice de fécondité pour arriver à 2,3 en 2018. Cela ne suffira pas. Environ 10 % du territoire est situé en dessous du niveau de la mer et il est estimé qu’environ 50 % de la superficie du pays serait inondée si le niveau de la mer augmentait d’un mètre. En 2050, les « réfugiés climatiques » pourraient être 50 millions dans le pays (sur 162 millions). Bien entendu ni les pays limitrophes, ni l’Union européenne, ne sont en capacité de recevoir un tel afflux de migrants.

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Démographie, le Brésil en perdition !

Les médias présentent la pauvreté comme causée par beaucoup de choses, mais jamais par une trop forte démographie. Rectifions ce qu’écrit LE MONDE. Le nombre de pays qui sombrent dans l’extrême pauvreté montre que nous sommes à un tournant historique, passant de l’euphorie de la société thermo-industrielle à la fin des énergies fossiles. Venezuela, Nigeria et maintenant le Brésil. Ce pays compte 61 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en 2021, soit près d’un Brésilien sur trois. L’extrême pauvreté (c’est-à-dire les personnes vivant avec moins de 1,90 dollar) toucherait 19,3 millions de Brésiliens. Ils vivent en situation de grave insécurité alimentaire. Le chômage culmine désormais à 13,7 % (mais atteint jusqu’à 36 % chez les plus pauvres). L’inflation touche les produits les plus essentiels du quotidien : l’essence (+ 39 % sur un an), le kilo de riz (+ 32 %), de haricots (+ 40 %), l’huile de soja (+ 67 %).

Pourquoi la pauvreté ? D’abord pour des raisons conjoncturelles. La crise sanitaire a entraîné une récession planétaire, l’augmentation généralisée du baril de pétrole a fait flamber le prix de l’énergie. Trop d’humains, trop de besoins, la raréfaction d’une ressource naturelle pèse sur son prix. Pour ne rien arranger, le Brésil a également été frappé, ces derniers mois, par une sécheresse historique, mettant à mal la production agricole dans un pays où l’agro-négoce pèse pour plus d’un quart du produit intérieur brut (PIB). Trop d’automobilistes, trop d’automobiles, le réchauffement climatique s’ensuit. Le gouvernement de Jair Bolsonaro coupe dans les aides sociales, la banque centrale relève de 1 point son taux directeur, à 6,25 %, rendant la vie à crédit impossible. On va découvrir que l’argent ne se mange pas.

Encore faudrait-il aborder plus directement la question démographique pour avoir une vision plus structurelle de la situation brésilienne. Une population de 212,6 millions (2020), c’est beaucoup trop. Le Brésil est devenu le 6e pays le plus peuplé au monde. Lors du premier recensement effectué au Brésil en 1872, ce pays ne comptait que 10 millions d’habitants, ce qui signifie que sa population a été multipliée par plus de 21 en 150 ans… Une telle progression est ingérable. La faute d’abord à la colonisation par flux migratoire. La croissance démographique du Brésil a été longtemps soutenue par une très importante immigration européenne, au XIXe siècle et au premier quart du XXe siècle. On impose la langue, le portugais, et on détruit les structures ancestrales des autochtones. Une politique de grand remplacement ? Puis l’accroissement naturel devient la cause quasi exclusive de la croissance démographique brésilienne. La deuxième phase de la transition démographique, fort taux de natalité par inertie culturelle et chute de la mortalité par les avancées de l’hygiène et de la médecine, s’accompagne d’une explosion idéographique. Difficile pour un pays émergent d’arriver à un développement économique suffisant pour faire baisser assez rapidement le nombre de naissance. Aujourd’hui le taux de fécondité est de 1,72 enfants par femme (2019), moindre que le taux de remplacement. Mais la part très importante de la population en âge de procréer entraîne encore un taux de croissance de la population de 0,7% en 2020 : décélération et non diminution de la population. Entre 2005 et aujourd’hui, le nombre de personnes est passé de 184 millions à 213 millions. Comment nourrir suffisamment et faire vivre décemment 29 millions de personnes de plus en 15 ans seulement ? Impossible.

L’espace vivable et viable, non extensible en superficie sauf guerre de conquête, se réduit en proportion de l’accroissement démographique. En 1872, le Brésil avait une densité moyenne de 1,2 habitant/km2. Aujourd’hui la densité moyenne paraît faible, 25 hab./km², mais la forêt amazonienne couvre une superficie de plus de 5,5 millions de kilomètres carrés pour une superficie totale du Brésil de 8,5. La course sans fin entre population et alimentation ne peut qu’aboutir à la famine, aux guerres et aux épidémies comme le prévoyait Malthus.

Lire aussi, Bolsonaro au Brésil, le massacre de l’Amazonie

Le taux d’urbanisation est de 90 %, ce qui veut dire que les Brésiliens sont pour leur presque totalité dépendant de ressources agricoles dédiées pourtant pour l’essentiel à l’exportation. Le Brésil était présenté en 2011 par LE MONDE comme « la nouvelle ferme du monde ». L’article était dithyrambique, le Brésil « puissance agro-exportatrice, performances agricoles impressionnantes, vastes exploitations à double récole… ». Rien n’y manquait, même pas le panégyrique de la mécanisation poussée, de l’élevage intensif et des transgéniques. Or, non seulement l’agriculture d’exportation se fait au détriment de la culture vivrière, mais elle pousse à l’exode rural et à la paupérisation. De plus l’exportation de produits agricoles veut dire exportation d’une partie des qualités du sol. L’équilibre entre population et ressources alimentaires est donc bien compromis. Il faudrait d’urgence instaurer un programme malthusien, maîtriser la fécondité brésilienne. On fait tout le contraire.

Le président Lula avait annoncé en 2007 un nouveau programme de planning familial prévoyant notamment une réduction de 90 % du prix des contraceptifs. Pour les hommes, les démarches d’accès à la vasectomie étaient facilitées dans le système public de santé. Avec Jair Bolsonaro, le planning familial n’est plus au programme. La seule proposition en la matière consiste à supprimer toute éducation sur la sexualité à l’école : « La sexualité doit être abordée seulement au sein des familles. » Notons aussi que le Brésil n’autorise l’avortement qu’en cas de viol, fœtus atteint d’anencéphalie ou danger pour la vie de la femme. C’est pourquoi le nombre d’avortements clandestins s’élève à 800 000 par an et coûte la vie à 4 000 femmes. Depuis 2020 en cas de viol, la législation s’est durcie : la femme devra « raconter en détail » ce qui s’est passé et risquera des poursuites si elle ne peut pas prouver ses dires . Le personnel médical est obligé de proposer à la femme de voir le fœtus par échographie avant l’opération.

NB : Le Portugais Joao Abegao a réalisé un site Web, l’Atlas de la surpopulation humaine. Cet Atlas lui a servi de mémoire de maîtrise. Il peut être téléchargé gratuitement sur le site Internet. Pour Joao, la surpopulation humaine est indissociable de la perspective d’un effondrement civilisationnel. Pour aborder collectivement la question démographique, vous pouvez adhérer à l’association Démographie Responsable :

https://www.demographie-responsable.org/

Le superéthanol E85, une connerie de plus

Dès 2003, les principaux pays occidentaux avaient engagé des plans ambitieux de développement des agrocarburants. On avait déchanté, il ne s’agissati plus de « bio »carburants. Certains agro-carburants conduisent à une augmentation des émissions de polluants atmosphériques, comme le protoxyde d’azote. Comme le colza absorbe assez mal l’engrais azoté, son développement en culture énergétique risque de provoquer une augmentation des pollutions de l’eau. Les nécrocarburants produits dans les pays tropicaux, s’ils présentent des rendements énergétiques bien meilleurs (notamment la canne à sucre), sont produits en partie par la déforestation. La concurrence avec les cultures alimentaires est nuisible aux plus pauvres, en poussant les prix alimentaires à la hausse. Quant à la prévention du changement climatique, les agrocarburants semblent d’un intérêt limité. En fait, le développement des agrocarburants a été largement motivé par la volonté de soutenir les céréaliers… Aujourd’hui pourtant Total veut nourrir nos bagnoles avec l’E85 ou « superéthanol », un alcool issu de produits agricoles (betterave, blé ou maïs).

Eric Béziat : Ford France présente sa nouvelle gamme de véhicules « Flexifuel », pouvant rouler aussi bien au SP95 ou 98 qu’au superéthanol. Ce dernier carburant s’achète aujourd’hui 70 centimes d’euro le litre, quand le SP95 dépasse 1,55 euro en moyenne… Côté environnemental, les débats font rage pour savoir si l’E85 est une réponse durable à la crise climatique. Le principal reproche adressé aux agrocarburants est d’utiliser les terres pour des productions non alimentaires. « Attention, nous ne sommes pas le biodiesel ! Pas de déforestation, pas d’importations massives de matières. Nous produisons en France notre alcool à partir de champs existants et de résidus sucriers et amidonniers. Nous n’occupons, aujourd’hui, que 0,6 % de la surface agricole utile », répond Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA). Les ONG sont moins enthousiastes. « Nous sommes évidemment opposés au développement du GPL, qui est un carburant fossile. Mais nous ne sommes pas non plus favorables aux biocarburants actuels dits “de première génération”. » Les associations Canopée et Les Amis de la Terre France : « La betterave et le blé, bases de l’E85, font partie des cultures qui reçoivent le plus de traitements phytosanitaires. L’utilisation des pesticides et la disparition des jachères, due au développement des biocarburants, sont les deux principaux facteurs expliquant l’effondrement des populations d’oiseaux et d’insectes en milieu agricole. »

Le Parlement européen s’était prononcé à une large majorité en 2015 pour un plafonnement des agrocarburants à 7 % du total des carburants utilisés dans le secteur des transports. Timide tournant, Bruxelles s’était prononcée en 2012 pour un plafonnement à 5 %. L’union européenne limitait l’usage des agrocarburants « nocifs pour la planète » après en avoir fait un cheval de bataille. Le lobbying des céréaliers veut contourner ses obligations environnementales. Misère, misère !

Pour en savoir plus sur les nécro-carburants grâce à notre blog biosphere:

26 juin 2021, Des avions qui volent au colza, foutaises

12 juin 2018, Huile de palme ou colza, toujours des nécrocarburants

30 octobre 2015, Agrocarburants, cause et non solution à l’effet de serre

6 mai 2015, L’usage des agrocarburants est nocif pour la planète

21 octobre 2013, Aimer se faire très mal grâce aux agrocarburants

21 octobre 2012, Enfin la vérité sur les « biocarburants » !

26 janvier 2012, Agrocarburants, pas assez pour la voiture

19 octobre 2011, les agrocarburants sont méchants

21 juillet 2011, bio, agro ou nécrocarburants ?

11 septembre 2008, agrocarburants ou culture vivrière ?

25 février 2008, non aux agrocarburants

Le gazole devrait être encore plus cher

Le prix moyen à la pompe a atteint 1,5354 euros, soit une hausse de 28 % sur un an. Selon LE MONDE, il n’aurait jamais été aussi élevé. Le prix du baril de brent a atteint 82 dollars la semaine dernière, après être tombé au-dessous de 20 dollars durant la première vague de Covid-19. Le budget carburants représente 10 % des revenus pour les plus modestes, 3 % pour les plus aisés. LE MONDE valorise les solutions gouvernementales pour faire passer la pilule, les commentateurs sur lemonde.fr sont d’un avis contraire.

IGstras : Il faut relativiser le prix en fonction du niveau de vie. Une heure de Smic permettait d’acheter 3 litres de carburant en 1973 , 5,8 litres en 2001, 6,7 litres aujourd’hui. Avec des voitures qui consomment actuellement moitié moins, une heure de Smic permettait de rouler 30 km en 1973 contre plus de 130 km aujourd’hui.

DMA : Notre appétit étant trop grand pour une ressource finie, les prix vont nécessairement continuer à grimper à moyen ou long terme. Le coup de pouce du Gouvernement n’aurait de sens que dans l’hypothèse où, parallèlement, un effort massif était entrepris pour nous sevrer de la dépendance aux énergies fossiles. Or, nous sommes encore très loin du compte. C’est donc la flambée des prix qui va imposer le changement de comportement pénalisant les plus pauvres et générant son lot de troubles sociaux.

DBok : Je croyais qu’on souhaitait renchérir le prix de l’énergie pour entraîner une baisse de la consommation, et donc une diminution des rejets de CO2. Heureusement que le prix du gasoil augmente, c’est ce qui sauvera la planète. Et les gilets jaunes n’y pourrons rien cette fois.

Tokolosh : Il y en a un peu marre d’entendre que tous les gens vivant en pavillon sont des lumpens GJ exclus des centre-ville à l’insu de leur plein gré. Cela existe, surtout dans les 5 grandes agglomérations françaises. Mais la plupart d’entre eux habitent autour de villes moyennes pas en tension immobilière et pourraient se loger en milieu urbain à Dijon ou Valence. Mais ils veulent être « tranquilles », avoir le jardin tout ça. Donc maison à 30 bornes, isolement, deux bagnoles. Grand bien leur fasse, mais ces 60 000 ha annuels d’artificialisation des sols, ces passoires thermiques, c’est une catastrophe écologique, paysagère, sociale. En cette période de campagne électorale , il faudrait prendre une mesure drastique : interdire tout permis de construire pour une maison individuelle neuve. Ce qui se raréfie est cher.

à lire, Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Lithopedion : Il faut arrêter de dire que les ménages n’ont pas le choix, il y a 1.4 milliards de véhicules dans le monde. Comment font les autres ? Dans dix ans, quand la planète sera invivable, nous n’aurons vraiment plus le choix car il sera déjà trop tard !

JMBZH : Le carburant et fuel n’est pas assez cher encore; il peut doubler, tripler même. Cela empêchera peut-être les beauf de laisser tourner les voitures à l’arrêt, d’acheter ou faire rouler les camping-cars, de prendre la voiture pour conduire les enfants à l’école ou aller faire ses achats à l’hyper en banlieue, d’acheter des SUV, de faire pétarader les motos et scooters le soir en boucle, de laisser les portes et fenêtres ouvertes, etc. Vive la hausse effrénée de l’énergie !
He jean Passe : Le pic pétrolier est derrière nous, dans dix ans le gasoil coûtera peut être 5 ou 10 € le litre (et le baril 1000 dollars). Moralité il est temps de se désintoxiquer de la voiture individuelle.

Imprécateur : Encore un petit effort sur les prix des énergies et il n’y aura bientôt plus besoin de se casser la tête au sujet du réchauffement climatique, bilan carbone….

Raphou : On peut avoir une pensée pour les habitants des pays du tiers monde qui vont subir de plein fouet les effets du réchauffement climatique (crues, sécheresses, cyclones …) sans avoir jamais bénéficié d’un train de vie confortable.

Chéradenine Zakalwe : Moi je trouve que l’on a de la chance, il y a encore du gazole à la pompe.

Qu’est-ce qu’une avancée civilisationnelle ?

Emmanuel Macron a célébré le 9 octobre 2021 les 40 ans de l’abolition de la peine de mort, à son avis « une avancée civilisationnelle majeure ». Il serait temps de faire des progrès ! Car apparememnt l’espèce humaine n’a pas véritablement progressé. Depuis que la « civilisation » existe, c’est-à-dire l’institutionnalisation des grands groupes, homo dit sapiens n’arrive pas à dépasser les conflits récurrents de pouvoir, la multiplication de guerres de toutes sortes, les entités territoriales plus ou moins éphémères, qu’on appelle cela empires, nations ou régions. Il n’y a pas de progrès véritable quand la montée de l’idée démocratique au XIXe siècle a abouti à deux guerres mondiales. Nous n’avons rien appris de notre passé, nous continuons à accumuler les cadavres, à cultiver des ambitions démesurées, vouloir faire la conquête de Mars tout en préparant un hiver nucléaires sur Terre, réchauffer les domiciles tout en réchauffant le climat, faire circuler plus de un milliard de véhicules à quatre roues pour bientôt 8 milliards de bipèdes. L’avènement de l’agriculture n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais l’abandon du paradis terrestre offert gratuitement aux chasseurs-cueilleurs sans l’aide du marché de l’offre et de la demande et l’intermédiaire de la monnaie. L’invention du monothéisme n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais le ferment des guerres de religion. L’utilisation des ressources fossiles n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais l’instrument du pillage de la planète par notre espèce. Les 35 heures de travail par semaine n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais une compensation mineure du rythme effrée de l’exploitation de l’homme par l’homme. Homo demens ? Où est l’intelligence humaine quand notre espèce détériore son propre nid, dorénavant à l’échelle de la planète toute entière ?

Alors, dans ce contexte mortifère, le débat « pour ou contre la peine de mort » relève de la futilité absolue, de l’arrogance mentale. Mettre des mots comme « changement de civilisation » à une péripétie infime, un mort plus tôt par décapitation ou un mort plus tard après enfermement, où est l’avancée civilisationnelle majeure ? Il est vrai qu’avec un jeune président de la république qui rend un hommage national à Johnny Halliday et à Jean-Paul Belmondo, on ne peut attendre les prémices d’un changement civilisationnel majeur ! Alors, où se situe l’espoir d’un changement radical ? Pour une première ébauche de réponses, nous pouvons relever cinq motifs d’espérance en une avancée civilisationnelle.

1) D’abord la démocratisation du pouvoir politique, le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres. La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose uniquement sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). Cependant l’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique.

Lire aussi, Quelle démocratie en période d’urgence écologique ?

2) Ensuite la consiration ontologique de la valeur intrinsèque de toutes les formes du vivant. Contre le racisme dominant, la biologie a démontré la ressemblance fondamentale entre toutes les variantes de l’homo sapiens et conforté (de manière indirecte) la fin de l’esclavage. Contre le machisme dominant, on a posé le principe du féminisme, l’égalité entre l’homme et la femme, et démontré l’égale capacité cérébrale de l’un et l’autre sexe.. Contre l’anthropocentrisme dominant et un spécisme avéré, on en arrive à envisager le respect de toutes les formes du vivant, posant les jalons du biocentrisme et de l’éco-centrisme.

Lire aussi, Écologie, ne pas confondre antispécisme et écocentrisme

3) Ajoutons l’idéal de non-violence contre l’idéologie de la concurrence, de la compétition et de la compétitivité. Que ce soit dans les rapports de couple ou les relations entre peuples, l’écoute de la différence et la recherche du consensus est une meilleure méthode que l’affrontement et l’illusoire victoire sur un adversaire. Si tous les citoyens étaient objecteurs de conscience, opposés en toutes circonstances à l’usage collectif des armes, il n’y aurait plus de guerres. Si on savait aimer vraiment, il n’y aurait pas autant de divorces.

Lire aussi, non-violence, toujours

4) L’aptitude à envisager un futur viable, vivable et durable constituerait une autre avancée majeure de notre intelligence collective. On y arrive en donnant la parole aux acteurs absents, les générations futures et le non-humains. Il nous faut protéger la biodiversité qui favorise la résilience à l’heure où l’espèce humaine éradique à rythme accéléré les autres espèces. Il nous faut changer de comportement pour favoriser le sort des générations futures, vivre aujourd’hui comme si on pouvait faire de même dans les siècles à venir.

Lire aussi, Penser l’avenir au nom des acteurs absents

5) Enfin dans le monde tel qu’il est devenu, la capacité à définir nos limites devrait devenir une exigence de notre pensée individuelle et collective. Maîtriser notre fécondité pour la rendre compatible avec les ressources naturelles devrait être notre préoccupation première avant de choisir d’enfanter. Pratiquer la sobriété partagée pour mettre un terme à l’idée fantaisiste de besoins illimités véhiculée par la publicité et la société consumériste. Réduire à rien les inégalités sociales, empêcher toue accumulation de richesses au profit de particuliers. Délimiter l’innovation technologique à ce qui est juste nécessaire pour améliorer durablement le mode de vie.

Lire aussi, MALTHUS, le prophète du sens des limites

Dans l’espoir que des commentaires sur ce blog nous ouvrent d’autres perspectives ou complètent notre point de vue…

Peine de mort abolie, une avancée majeure ?

Emmanuel Macron a célébré le 9 octobre 2021 les 40 ans de l’abolition de la peine de mort, à son avis « une avancée civilisationnelle majeure ». Que veut dire une telle présomption ? Un chef d’État est-il doté de l’infaillibilité pontificale ? Notons d’un point de vue démocratique qu’en 2020 encore, 55 % des personnes interrogées dans un sondage Ipsos se disaient favorables au retour de la peine de mort. Macron et Badinter sont-ils plus pertinents que le point de vue du peuple ? Voici les argumentations d’un côté et de l’autre.

Robert Badinter : « Je veux vous dire ma conviction absolue, la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde, parce qu’elle est une honte pour l’humanité. Jamais, nulle part, elle n’a fait reculer la criminalité sanglante … En vérité, la peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres, elle la déshonore…  L’abolition est devenue un pilier de la civilisation européenne… Vive l’abolition universelle ! » 

Déplaisant, alors que le sujet méritait plus de raison que de passion. Notons la faiblesse de l’argumentation de Badinter qui repose sur un acte de foi personnel au nom d’un sentiment de « honte » que 55 % des Français n’éprouvent pas. Nous nous souvenons parfaitement du discours de Robert Badinter en 1981, surchargé de pathos à l’excès, dégoulinant de grandeur d’âme envers les criminels et oubliant complètement le sort funeste des victimes d’assassinats. En termes d’universalisme, on en est loin, très loin. Pour notre part, nous proposons comme avancée de l’intelligence collective l’avènement du système démocratique en lieu et place des arguments d’autorité, au peuple de décider le registre légal des sanctions punitives, sachant que ce qui se décide aujourd’hui peut être modifié demain. De toute façon, priver quelqu’un de liberté pour le reste de sa vie est tout aussi cruel, si ce n’est plus cruel encore qu’une mort douce.

Emmanuel Macron, le Jupiter français : « En 1981, la France a été le 35e État à abolir la peine de mort. A ce jour,  106 États ont emprunté la voie abolitionniste quand 50 autres respectent un moratoire de droit ou de fait sur les exécutions… 483 exécutions , un nombre certainement sous-évalué, ont été perpétrées dans le monde en 2020 par des régimes politiques qui ont pour la plupart en commun un goût partagé pour le despotisme, le rejet de l’universalité des droits de l’homme… partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine, partout où la peine de mort est rare la civilisation règne. »

Notons que ce que font d’autres pays n’est jamais un argument en soi pour faire de même. Notons aussi que la démocratique France d’avant 1981 assumait la peine de mort, et que des pays jugés démocratiques comme certains États américains, le Japon ou l’Inde l’appliquent toujours. Décernons un point Godwin à Macron qui voit de la barbarie dans ce qui est seulement discussion sur le système pénal. Soyons véritablement démocratique, demandons l’avis du peuple sur ce type de question : souhaitez vous le rétablissement de la peine de mort pour les assassins récidivistes et les terroristes ? Nous sommes sûr du résultat. L’État prend en charge le traitement judiciaire d’un meurtre pour éviter l’usage de la vengeance privées. Encore faudrait-il éviter ses ingérences dans le registre des sanctions à la libre disposition des décisions du jury d’Assises. La légitime défense existe, on pourrait arguer que la peine de mort n’est jamais qu’une légitime défense de la victime par l’intermédiaire de la société. Soulignons enfin qu’envoyer à la guerre (au Mali ou ailleurs), c’est décider d’envoyer à la mort des soldats dans des guerres inutiles. Etait-il vraiment justifié d’accompagner les USA dans leur expédition punitive en Afghanistan. 150 000 morts pour rien dont 50 000 civils parfaitement innocents. Remarquons d’ailleurs que le chef d’État se permet de décider des assassinats dans le cadre des opérations Homo, une élimination de personnes menée par le service Action de la DGSE.

Emmanuel Macron, leader des pays civilisés : « La France va relancer le combat pour l’abolition universelle de la peine de mort…  Je vais saisir l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, qui débute en janvier 2022, pour organiser à Paris une rencontre « au plus haut niveau » avec les sociétés civiles des États appliquant encore la peine de mort. La France, avec ses partenaires de l’Union européenne, présentera à la prochaine session des Nations unies un projet de résolution pour que chaque année, les États n’ayant pas aboli la peine de mort communiquent à l’ONU le nombre de condamnations prononcées et le nombre d’exécutions… »

Donc la France veut expliquer au monde entier ce qui est la bonne norme. A quel titre ?  Les ingérences ne sont jamais bonnes en soi, aller bombarder l’Afghanistan au nom de « la lutte pour la démocratie », aller frapper le Rwanda au nom « des droits de l’homme », faire la guerre au Tchad au nom « des valeurs de la France »… et maintenant vouloir l’abolition universelle de la peine de mort ! Macron avait dit que la colonisation était un crime contre l’humanité, la volonté d’imposer ses propres critères gouvernementaux à un autre peuple fait aussi partie de cette catégorie. Nous sommes très très loin dans les propos de Macron d’un changement civilisationnel majeur !

énergie, après l’EPR, les SMR . Acceptable ?

Dernière coqueluche à la mode, les mini-réacteurs nucléaires SMR (small modular reactors), un « projet d’exportation pour la France ». Emmanuel Macron est pour, EELV est contre.

Communiqué EELV du 11 octobre 2021 : « EELV dénonce une manœuvre électoraliste et plaide pour une sortie raisonnable et pilotée du dogme nucléaire en France… Cette technologie SMR n’est pas maîtrisée par la France. La filière annonce le premier dessin pour 2022, un dossier terminé pour 2026 et un prototype espéré pour 2030. il n’y aura donc pas de production en série avant 2040… L’indépendance énergétique française repose sur les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, et non sur une énergie nucléaire coûteuse et risquée… Nous, écologistes, assumons le besoin de sobriété. Les SMR, comme l’ensemble de ces technologies fantasmées, sont une énième chimère pour ne pas remettre en cause le modèle de la société de sur-consommation. Tant qu’on ne pose pas sérieusement  la question des usages, il est quasiment vain de parler des moyens de production d’énergie. »

à lire, Les présidentiables et leur avis sur le nucléaire civil

Du point de vue des écologistes, même si on parvenait à produire en série des SMR, ce serait la pire des catastrophes, car avec une énergie illimitée, nous serions en passe d’artificialiser totalement la Terre et donc de détériorer complètement tout ce qui n’est pas au service des humains. Voici quelques commentaires complémentaires sur lemonde.fr :

HBM : J’aurais aimé avoir quelques caractéristiques de ces SMR. On commence à en entendre parler un peu partout, mais nous n’avons nulle part aucun renseignement à ce sujet. S’agit il d’une version civile des réacteurs utilisés dans nos sous-marins avec de l’uranium fortement enrichi, s’agit-il de réacteurs de 4ème génération dérivés des études faite pour ASTRID ou ….

Rajeu : Cela dépend des pays et des modèles. Les modèles les plus avancés restent des réacteurs pressurisés à eau légère, donc une technologie éprouvée pour les réacteurs actuellement opérationnels, le SMR NuScale américain en fait partie. Il y a d’autres projets de SMR qui utilisent des technologies dites de 4e génération, mais ils sont tous très peu avancés dans la conception, à l’exception du petit réacteur à sel fondus (MSR) de Terrestrial Energy, qui est en cours de discussion avec le régulateur nucléaire canadien (la CNSC) pour avoir l’approbation de la conception. Dans tous les cas, le déploiement commercial à échelle n’est pas prévu pour cette décennie.

Gabriel Moreau : Il faut savoir que la DCN a proposé cela il y a plus de 10 ans. En gros on fait un sous marin mais sans la partie militaire. Le type de réacteur actuel est adapté au sous marin et non à la terre ferme. On construit à Cherbourg et on détruit à Cherbourg. Beaucoup moins de béton, bien plus facile.

Dance Fly : J’ai lu l’article du MONDE, la problématique du coût n’a pas été abordée. Car finalement si le nucléaire est en déclin sur la planète (415 réacteurs aujourd’hui contre 438 en 2002), c’est avant tout à cause de sa perte de compétitivité face au renouvelable (en dix ans les coûts du solaire et de l’éolien ont baissé respectivement de 90 et 70% alors que les coûts de construction des réacteurs ont augmenté de 30 % ), si bien que dans l’UE on produit aujourd’hui plus d’électricité d’origine renouvelable que nucléaire. Alors un SMR combien ça coûte ?
Rajeu : Estimer le coût de l’électricité d’un SMR est compliqué, d’autant plus qu’il y a beaucoup de « moving parts » (existence d’un marché, harmonisation, conditions de financement, etc.). En revanche, la comparaison doit être faite avec des moyens de production qui fournissent un même service : principalement les combinés gaz. Je crois comprendre que RTE publiera certains scénario avec des SMR dedans, on verra quelle évaluation ils ont fait du coût total. Pour ma part, je trouve très très ambitieux de vouloir se prononcer sur le bien fondé des SMR à ce stade tellement on est loin du compte en termes de maturité. Ça peut très très bien devenir un énorme flop… ou pas.

O-Sidartha : Ouais des petites unités un peu partout faudra sur place des gens compétents , ce ne sera pas l’électricien du coin . Et pour le sécuritaire itou. un petit machin mal gardé invitera à l’attentat!

César Bistruk : Sans aucun doute. Pour être honnête et pertinent, il faudra vérifier que le coût du KWh SMR inclut celui de la protection permanente de l’installation par les moyens humains adéquats (gardes armés, entre autres, comme c’est déjà le cas pour nombre d’installations sensibles sur le territoire national). Pas à mettre entre toutes les mains, donc.