En direct de la nature et de l’environnement

À lire, les recensions des JNE (journalistes pour la nature et l’écologie)

.• L’écologie profonde : un enjeu pour notre époque – Roland de Miller (JNE) – >> lire
..• Mousses et lichens – V Wirth, R Düll et S Caspari >> lire
..• La Flore des Bonnes Herbes – Gérard Ducerf et Rémi Geneston >> lire

CLIMAT : LES LEÇONS DE LA CONVENTION CITOYENNE par Thomas Blosseville >> lire

Opinions et débat : L’avenir tel qu’on se le cache. par Michel Sourrouille >> lire

Actualités internationales :

État des lieux de la nature dans les Alpes et les Cévennes par Jean-Pierre Lamic >> lire
• En forêt, les exotiques c’est pas automatique ! par Jean-Claude Génot >> lire
• Projet de Loi climat : pourquoi ce décalage avec les attentes de la Convention citoyenne ? Propos recueillis par Anne Henry >> lire

Indisponibilité du serveur ouvaton.org

Indisponibilité totale du 01/03 00:01 au 02/03 fin d’après-midi du serveur ouvaton.org, notre blog biosphere n’a pas été visible sur cette période. Quelques infos du serveur :

Arrêt de la plate-forme ouvaton le 1er mars à 0h01. Retour à partir du mardi 2 mars en fin d’après-midi. Nous faisons tout pour minimiser l’impact .

13h45 : Le déplacement de nos serveurs va bientôt commencer. 14h15 : Nous avons récupéré nos serveurs. 14h54 : Le branchement commence … fin estimée vers 17 heures 16h20 : on tient le planning … les branchements continuent, tout se passe bien … vers 17 heures toujours, début des vérifications … 16h38 : Tout est connecté et clignote au vert !! La suite bientôt ! 17h39 : Le remontage réseau se passe bien. Sauf gros imprévu, retour en ligne entre 18h et 19h. 18h56 : Encore un peu de patience : ça avance …

mardi 19h13 : Le déménagement est terminé, Ouvaton est en rétablissement progressif. Déjà des sites en ligne…

Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Philippe Escande, éditorialiste économique au MONDE, se voulait un véritable adepte de la civilisation motorisée doublé d’un croyant technologisé : « Les constructeurs doivent investir massivement pour préparer la plus importante transition technologique de leur histoire, celle vers la voiture électrique et le véhicule autonome… »

Aujourd’hui Escande commence à prendre conscience des réalités, une trajectoire mortifère : «  Nous ne sommes pas sortis de l’auberge si la plus grave crise économique de l’après-guerre et le gel par la Covid-19 d’une bonne partie de l’activité industrielle n’aboutissent qu’à nous remettre dans les clous d’un accord largement bafoué…2020 n’aura-t-elle donc été qu’une parenthèse vertueuse sur une trajectoire mortifère, cette « guerre suicidaire contre la nature »… Déjà, les pays de l’OPEP échafaudent leurs plans d’accroissement de la consommation de pétrole à la faveur de la reprise économique à venir… La trajectoire actuelle d’émission de CO2 des entreprises du CAC 40 les porte vers un réchauffement de 3,5 °C… » Mais il se garde bien de nous conseiller la sobriété énergétique et d’envisager l’inéluctable dévoiturage.

Philippe Escande nous rappelle encore plus récemment que « l’énergie a un coût qui sera de plus en plus élevé avec les contraintes climatiques.. Cela ne peut qu’exacerber les tension sociales. Le prix de l’énergie est un sujet politiquement explosif. La France n’y a pas échappé en 2018, avec le soulèvement des « gilets jaunes » contre la hausse des taxes sur les carburants. En 2018, les camionneurs s’étaient mis en grève au Brésil pendant dix jours pour protester contre la hausse des prix des carburants, paralysant un pays entièrement dépendant du transport routier… Jair Bolsonaro a été élu. En 2021 une annonce d’augmentation des prix de 15 % du diesel et de 10 % de l’essence a été fatale au patron de la compagnie pétrolière nationale Petrobras. Il faudra convaincre, camionneurs, politiques et citoyens qu’il n’y a plus d’énergie bon marché. »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

Electron : On oublie souvent que 80% de notre énergie primaire est d’origine fossile, donc productrice de CO2, et non renouvelable. Pourquoi autant ? Parce qu’elles sont très énergétiques, faciles à produire et à utiliser, transportables et stockables. Mais le pétrole va commencer à disparaître, très certainement dans les 20 ans qui viennent. Alors par quoi remplacer ? C’est une énorme question, avec des implications éventuellement considérables sur notre civilisation. Car sans énergie nous ne sommes plus grand chose.

Rick Deckard : Si le coût de l’énergie est de plus en plus élevé ce n’est pas du aux contraintes climatiques mais aux contraintes politiques. Le baril est à 66 $, il y 10 ans on nous l’annonçait à 300 $.

Michel SOURROUILLE : étonnant que la sobriété énergétique, nécessaire dans une société thermo-industrielle complètement dépendante des énergies fusilles, ne soit pas abordée, ni par Escande, ni par les commentaires. Le choc pétrolier ultime qui arrivera quand le prix du baril explosera, personne en nous y prépare, on est trop obnubilé par le réchauffement climatique et le Covid…

Lecteur du ghetto : Si la combustion des énergies fossiles est vraiment un grave danger pour la planète et l’humanité, il faut investir pour trouver le moyen de recycler le carbone émis… et il faut surtout FAIRE CESSER LA DEMOGRAPHIE GALOPANTE qui est la seule réalité qui promet les pires excès, quelque soit les choix faits en matière d’énergie.

Frog : On peut éventuellement arrêter de consommer du pétrole demain. Par contre la démographie…. Figurez-vous qu’une fois que les gens sont nés, il y a 60 à 100 ans d’inertie. C’est après-guerre qu’il aurait fallu y penser, on y repensera après les prochaines guerres…

Pour en savoir plus, Bientôt le choc pétrolier ultime ?

L’essentiel du mois de février 2021

La conquête spatiale a été à l’honneur en ce mois de février 2021 : Une trace de vie sur Mars, est-ce possible ? Bientôt la terraformation de cette planète ? Coloniser Mars ? «  Le fantasme d’un exode vers d’autres mondes nourrit nos imaginaires« , dixit le journaliste scientifique Stéphane Foucart.

Des informations décontextualisées laissent croire qu’il y aurait dans le cosmos une multitude d’ailleurs vivables et accessibles. Le mirage de la technologie qui va nous permettre d’échapper à une planète qu’on a rendu invivable, ça marche puisque les médias en parlent. Mais il nous faut savoir raison garder, voici notre synthèse sur la question, parue au mois de février dernier :

Tout savoir sur la conquête spatiale

https://biosphere.ouvaton.org/blog/tout-savoir-sur-la-conquete-spatiale/

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

Ulrich Beck et la société du risque

« On se prend à rêver de l’époque où la seule catastrophe menaçant l’humanité était un conflit nucléaire » En janvier 1986, trois mois avant la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, Ulrich Beck publiait La Société du risque, un ouvrage clé qui ne fut traduit en français qu’en 2002 (Aubier). Face aux accidents industriels précédents, entre autres fléaux, le sociologue allemand estimait que le principal enjeu des pays riches ne serait plus la répartition des fruits de la production, mais la réparation des dégâts du progrès. Ce proche des Grünen prônait une « modernité réflexive », capable d’intégrer la nature aux relations de plus en plus étroites avec la société humaine, et un débat citoyen sur les choix technologiques. En 2006, la menace du virus de grippe aviaire H5N1 lui inspira des déclarations critiques sur l’impréparation, notamment institutionnelle, face au risque annonciateur d’une catastrophe sanitaire qui n’advint pas. L’accident de Fukushima, en mars 2011, confirma « à quel point ce qui est imputable à la nature et ce qui l’est à la technique et aux compétences humaines sont directement enchevêtrés », déclara-t-il au Monde (daté 26 mars 2011). Mort le 1er janvier 2015, il n’a pas pu penser la crise du Covid-19. Elle ne fait que conforter ses analyses.

Jean-Michel Bezat : « Les dirigeants politiques, les chefs d’entreprise et les économistes ont mis du temps à intégrer les grands risques systémiques. C’est désormais acquis : Davos et d’autres forums anticipent des scénarios beaucoup plus noirs que la réalité actuelle. L’Organisation mondiale de la santé envisageait déjà en 2018 l’apparition d’un agent très pathogène. Fin 2019, l’université Johns Hopkins avait modélisé une pandémie de coronavirus partie du Brésil et tuant 65 millions de personnes. Le classement des risques fluctue. Au premier rang en 2019, le réchauffement climatique a cédé sa place aux maladies infectieuses, qui ne figuraient qu’en huitième position un an plus tôt. Viennent ensuite les cyberattaques, les tensions géopolitiques et les conflits sociaux. La tendance nouvelle est l’interconnexion croissante des risques. En plongeant de nombreux pays dans la récession, le Covid-19 est porteur de graves troubles sociaux. Les dettes publiques et privées peuvent déstabiliser la finance en sortie de crise sanitaire. Et le réchauffement climatique reste une bombe à retardement. »

Cette chronique de Jean-Michel Bezat oublie ce qui nous semble le risque le plus grand de déflagration mondiale, une hausse brutale du prix du baril. Sans oublier que notre nombre étouffe toute possibilité de solutions à court terme… Voici quelques risques analysés sur notre blog biosphere :

18 janvier 2021, Notre nombre accroît le risque épidémique

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

10 novembre 2011, contagion virale, un risque élevé pour l’humanité

30 août 2011, les risques de la techno-science selon Alex Türck

3 avril 2011, écologie et risque fasciste

Détechniciser le surdéveloppement technique

Il nous faut construire, du latin dis-, indiquant la séparation ou même la négation. Il nous faut tous devenir adepte de la Déconstruction du système thermo-industriel , il nous faut pratiquer toute la palette des «  », consommation, mobilité, mondialisation, nucléariser, surbaniser, voiturer… pour lutter contre le règne des SUR (surabondance, surcommunication, surconsommation, surdéveloppement, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpâturage, surpêche, surproduction…). En d’autres termes, il nous faut réduire nos besoins et reconsidérer nos pratiques. Rajoutons aujourd’hui à notre liste le terme techniciser. faire perdre son caractère sur-technique à notre environnement matériel.

Le terme « Détechnicisation » n’est pas encore connu du journal LE MONDE. Cette expression a été proposé par D. Wolton : «  détechnicisation de la communication au profit de la relation », c’est-à-dire moins d’outils et plus de temps consacré au face à face. L’information est du domaine de la transmission des données, du sens unique A vers B ou B vers A. La communication doit donner confiance, transmettre un message construit, pensé, pesé ; on se situe dans l’ouverture à l’autre, la possibilité du dialogue et de l’explicitation. L’information est caractérisée par l’instantanéité, la communication par la longue durée. Les mails ne peuvent plus arriver à gérer des situations complexes. D’autant moins que l’avalanche des mails nous oblige à instaurer des filtres qui trop souvent reposent sur notre propre système de valeurs, sur notre propre vision du réel. Faire cohabiter l’ensemble de nos perceptions est devenu impossible avec l’usage des techniques numériques. La moindre pensée écologiste déposée sur la toile se retrouve dans un fouillis innommable de remises en cause diverses depuis les climato-sceptiques jusqu’aux ayatollahs du progrès technique adeptes du croissancisme. Détechnicisons nos pensées et nos actions.

Le terme détechniciser n’était pas employé au début des années 1970, on parlait plutôt de techniques douces contre les techniques dures. Dans une société vernaculaire, la technique est « enchâssée » dans les relations sociales, elle est socialement contrôlée et écologiquement appropriée. Quand les Portugais ont introduit le mousquet dans le Japon du XVIe siècle, son emploi fut désavoué et il fallut attendre longtemps avant qu’il soit autorisé à remplacer les armes traditionnelles. Son efficacité en tant qu’instrument de guerre n’était pas mise en doute. Mais il ne  correspondait pas à la tradition culturelle japonaise, pour laquelle l’utilisation d’un engin permettant à un gamin de tuer un samouraï chevronné était tout à fait inadmissible. Le mixer électrique extrait les jus de fruits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle merveille ! Mais il suffit de jeter un coup d’œil sur le fil électrique pour s’apercevoir qu’on est en face du terminal domestique d’un système mondialisé. L’électricité arrive par un réseau de lignes alimenté par des centrales nucléaires dont l’approvisionnement en uranium dépend principalement du Niger. L’ensemble de la chaîne ne garantit un approvisionnement adéquat et rapide que si chacun des maillons de cette chaîne de production est encadré par des bataillons d’ingénieurs reliés aux administrations quand ce n’est pas à l’armée. En mettant le mixer en marche, on n’utilise pas simplement un outil, on se branche sur tout un réseau de systèmes interdépendants. Le passage de techniques simples à l’équipement moderne avait impliqué la déstructuration des sociétés traditionnelles, la technicisation impliquera une construction des infrastructures actuelles et une Relocalisation des activités humaines. Le mieux que nos techniciens puissent faire aujourd’hui, c’est mettre au point des techniques moins destructrices, dont l’impact sur l’environnement soit minimes et le recours aux énergies fossiles marginal.

A ceux qui pourraient craindre que technicisation compromette notre capacité de résoudre les problèmes socio-économiques, rappelons que la technologie, malgré la multitude de ses usages, est incapable de résoudre les problèmes sociaux et écologiques auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Aucune technologie ne peut recréer une forêt tropicale, aucun artifice ne peut reconstituer une communauté disloquée. A chacun de nos lecteurs de pratiquer les à son rythme… mieux vaut se préparer à l’effondrement civilisationnel en prenant de l’avance.

Les mirages de l’innovation technologique

Croire dégoûte. La croyance religieuse, c’est l’opium du peuple comme l’écrivait Karl Marx. La foi au communisme institué, c’est l’espoir que tout dément mais que rien ne peut détruire sauf à admettre qu’une vie entière de militant n’était que leurre. Autre temps, autre croyance, ne faisons plus confiance aveugle aux mirages de l’innovation technologique.

Ruptures partout – médicales, musicales, gastronomiques… une fièvre d’innovation transforme nos existences, nos écrans, nos conceptions, triomphent dans les entreprises, bouleversent les organisations, les institutions et nos pratiques sociales. Mais pour quel bien ? Avec quelle démesure ? Le philosophe Thierry Ménissier dans son livre* démêle l’amalgame abusif existant dans nos représentations communes entre « innovations » et « progrès ».

Le progrès technique n’est qu’une économie de la promesse. Dans un numéro de la revue « Socio », intitulé « La technique y pourvoira ! »**, historiens, sociologues et politistes analysent les travers des progrès technologique sensés apporter des solutions à tous nos problèmes, sans que ni le pouvoir politique, ni la société ne puissent en questionner le rôle et le contrôle. L‘« économie de la promesse » n’est que l’avatar contemporain des paradis religieux et des utopies sociales des siècles antérieurs. Cette promesse doit contenir un tiers de prouesse scientifique, un tiers de rêve de progrès humain for good (pour le bien), et un grand tiers de profitabilité exponentielle. Et tout problème posé par la technique est réglé par la promesse… d’une nouvelle technique. Les auteurs soulignent aussi les caractéristiques réelles des technologies innovantes : leur extrême vulnérabilité face aux catastrophes naturelles et aux malveillances humaines ; leur ambivalence fondamentale dans la production simultanée d’effets positifs ou néfastes.

Le progrès technique est présenté comme un dogme indiscutable par l’ensemble des dirigeants et des médias. Il a infusé dans l’état d’esprit de la population, « on trouvera bien quelque innovation pour s’en sortir ». Quand on l’élève au rang d’un culte, toute remise en cause, tout débat rationnel deviennent impossibles et ceux qui osent élever la voix sont aussitôt considérés comme des apostats. Nous sommes dans la configuration que décrivait Jacques Ellul, dès 1960, dans La technique ou l’enjeu du siècle, où la démocratie n’a plus sa place puisqu’il faut croire sans poser de questions. Dans un monde où le discours enchanté de la technique s’écarte de plus en plus d’une réalité faite de limites, d’effets indésirables, de pannes et d’accidents,  la question de la délibération politique autour des choix techniques ne peut plus être éludée. Vive les techniques douces contre les techniques inappropriées.

Pour en savoir plus, cette synthèse :

en finir avec le progrès technique

https://biosphere.ouvaton.org/blog/en-finir-avec-le-progres-technique/

* « Innovations. Une enquête philosophique », de Thierry Ménissier, 276 p., 19 €.

** « Socio », « La technique y pourvoira ! », numéro 12, 2019, 240 pages, 20 euros.

Contrôler le récit national, une idiotie

Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. Malheureusement beaucoup de pays sont en train de multiplier volontairement les idiots.

Délit ou contravention, les lois de circonstances qui se multiplient actuellement dans le monde paraissent d’un autre âge, celui du XIXe siècle et de l’apparition des nationalismes qui ont ensanglanté l’Europe et le monde. Déconsidérer le drapeau bleu-blanc-rouge en France, diffamer la nation polonaise en Pologne, interdire la « propagande anti-russe » en Russie, des lois restrictives de type nationaliste encadrent la libre expression des opinions. Il est interdit de mettre en cause l’honneur de la Russie durant la seconde guerre mondiale. Même la simple information devient illégale, en Pologne on condamne au civil toute personne attribuant les crimes de la Shoah aux Polonais et non aux Allemands. La pénalisation de « l’outrage au drapeau tricolore » semble d’une incongruité totale. Un délit institué en 2003 punissait de 7500 euros d’amende « le fait au cours d’une manifestation organisée ou réglementaire par les autorités publiques d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore ».

La volonté de contrôler le récit national ne connaît pas de frontières. Pour un réfractaire à la guerre, la question de fond reste posé : est-ce que des valeurs nationalistes peuvent faire partie des valeurs démocratique ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, la déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte de l’environnement en France, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie. Car une fois un conflit défini comme opposant « NOUS » et « EUX  », instaurant ces groupes comme des catégories différentes par essence, les solutions de conciliation deviennent impensables. Cela a pour effet que les conflits sont partis pour se multiplier et durer, cela aboutit régulièrement aux meurtres en série, en tout cas jusqu’à ce qu’un côté ait vaincu l’autre.

Du point de vue des écologistes, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc. Ce n’est plus la confrontation entre nations qui devrait s’imposer, mais la coordination des peuples. Nous avons besoin d’une éthique de la Terre. Les obligations envers la planète passent avant les obligations nationales, les obligations envers la nature passent avant les obligations ecclésiastiques, chaque citoyen du monde est d’abord et avant tout au service de l’ensemble des équilibres de la biosphère. Du moins c’est ce qu’il faudrait penser, « make our planet great again » !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 février 2019, Inventons un hymne et un drapeau pour Terriens

12 septembre 2010, brûler le coran ET brûler le drapeau

27 juillet 2010, outrage au drapeau qui outrage la Terre

Haro politicien sur le menu sans viande

La mairie écologiste de Lyon propose des menus sans viande dans les cantines scolaires à partir du 22 février. « Idéologie scandaleuse », a tweeté Gérald Darmanin, « insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français … Politique élitiste, de nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande ».Plusieurs membres du gouvernement ont récupéré la polémique locale pour en faire un sujet national. Après Gérald Darmanin, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, et Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, ont relayé la thèse doctrinaire imputée à la mairie de Lyon.

Le point de vue des écologistes. Lutter contre le réchauffement climatique passe nécessairement par une réduction de la consommation de viande, important vecteur d’émissions de gaz à effet de serre. La convention citoyenne pour le climat, installée par Macron, proposait même de passer à un choix végétarien quotidien dans la restauration collective publique à partir de 2022, y compris dans la restauration à menu unique (proposition SN1.1.6). De toute façon la moitié des élèves de primaire ne choisissait pas la viande, par goût, par habitude familiale ou par précepte religieux. De toute façon l’ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, avait pris exactement la même mesure, lors de la sortie du premier confinement, seul moyen pour assurer la distribution de 29 000 repas quotidiens dans les écoles primaires de la ville. Les négociations en cours à Lyon prévoient deux types de menus, dont une alternative végétarienne, laissant toujours le choix aux familles. En toute chose, il faut savoir raison garder, ainsi des commentaires sur le monde.fr :

Axico : Un ministre de l’intérieur qui se mêle de diététique…pour moi ça discrédite un peu plus les politiques…

γλ : Ou comment une solution pragmatique est recyclée par la boboécologie politique en un principe doctrinaire non assumé.

Jemapivi : Bravo aux lyonnais. Un premier pas vers une alimentation plus saine et plus respectueuse de l’environnement et des animaux. Tenez bon face aux oppositions rétrogrades inévitables.

Patrice Bzh : Pourquoi tout ce raffut puisqu’il en est ainsi partout en France depuis 2 ans ? « Depuis le 1er novembre 2019, toutes les cantines scolaires publiques et privées françaises, de la maternelle au lycée, doivent proposer au moins un menu végétarien (sans viande ni poisson) par semaine. Il s’agit d’une mesure menée à titre expérimentale pendant deux ans. » C’est la loi Egalim mise en place par ce même gouvernement !!!

Eli 2 : Par ailleurs l’argument des classes sociales est puant de mépris. Personne n’ignore que les classes modestes mangent plus de viande (de qualité désastreuse) et pas assez de légumes frais. Enfin, il suffit d’avoir lu 3 pages d’un livre de diététique pour savoir qu’un plat de lentilles ou de pois chiches apporte protéines et fer. Bref c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles absolus que de monter en épingle la décision de supprimer la viande une fois par semaine alors que les rapports du GIEC préconisent une nette diminution de la consommation de viande. Comment transformer un micro-sujet de bon sens en une polémique nationale. La politique, dans ce qu’elle a de pire. Ces boomers me fatiguent.

Pour en savoir plus, La recette du régime alimentaire obligatoire

Un écologiste sans tabou ni limites

Suicide obligé ? Tous dans le même panier, tous ensemble tous ensemble ouais ouais, les vieux sont trop vieux, trop nombreux, c’est désastreux, faut faire quelque chose ! C’est un point de vue qui se défend. Les vieux prennent trop de place, ils coûtent cher à la société, ils ne servent à rien, ils pompent l’air des jeunes, bref ils sont de trop. En plus ce sont eux qui ont profité des Trente Glorieuses et de l’abondance à crédit, ils lèguent aux générations futures une planète exsangue et des lendemains qui déchantent. Ne parlons même pas des zombies qui hantent les Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgée dépendantes). Même si elle a encore toute sa tête ou presque, une personne qui dépasse 90 ans devrait penser à se suicider, ce qu’elle aurait d’ailleurs dû faire depuis dix ou vingt ans au moins, autant d’économisé pour le paiement des retraites. Plutôt que de vouloir vivre encore plus, 116 ans comme sœur André ou 122 ans comme Jeanne Calment, il faudrait peut-être penser à passer la main le plus rapidement possible.

Réfléchissons. Et évitons la pente glissante vers l’euthanasie obligatoire à 60 ans. Un suicide, même assisté, est un acte volontaire qui ne regarde que la personnes concernée. Tout dépend alors de son niveau de conscience sociale. L’anarchiste Paul Lafargue, né en 1842 et proche de la limite d’âge de 70 ans qu’il s’était fixé, écrivait avant de se suicider en 1911 avec sa femme Laura Marx : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » C’est admirable, est-ce un modèle à suivre ?

Le suicide est une pensée qui nous hante souvent et presque chacun d’entre nous connaît personnellement des proches qui sont passés à l’acte. Sur notre blog et en 60 jours, nous avons reçu 1460 visites pour le post Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes ; c’est le deuxième score en terme de fréquentation de ce blog biosphere. N’oublions pas que l’acte suicidaire a été une des illustrations de l’approche sociologique grâce à Durkheim, « Le suicide » (1897). Cet acte est un fait social à part entière. Ce phénomène, dont on pourrait penser de prime abord qu’il est déterminé par des raisons relevant de l’intime et du psychologique, est également éclairé par des déterminants sociaux Il exerce sur les individus un pouvoir coercitif et extérieur – et, à ce titre, peut être analysé par la sociologie… et par la réflexion écologique. Les raisons d’un tel acte sont aussi nombreuses qu’il y a de cas de suicide, mais la motivation altruiste pourrait sans doute devenir une norme culturelle partagée dans une société où nous prendrions conscience collectivement que nous sommes trop nombreux sur cette petite planète. Peut-être un jour serions-nous amenés à témoigner de notre utilité à vivre plus longtemps…

 

Vieille de 94 ans, voudrait vivre encore plus

Monique Pelletier : « Quels projets faisons-nous réellement pour ceux qui s’approchent du terme de leur vie ? Il apparaît nécessaire d’améliorer leur vie en leur assurant un personnel suffisant qui aurait le temps de leur parler et de leur prodiguer les soins qui leur font du bien en y consacrant tout le temps nécessaire… Les « EHPAD à domicile » se développent et conviennent mieux aux « vieux »… La France a enfin acté, le 23 juillet 2020, la création d’une 5e branche de la Sécurité sociale consacrée à la perte d’autonomie. Aujourd’hui, 30 milliards sont dépensés chaque année. Il faudra au moins 10 milliards de plus, chaque année, compte tenu de l’allongement de la vie… C’est aux financiers qu’il appartient de faire des propositions… (Dans ces conditions), vieillir n’est pas un drame… »

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

AlexandreB : Monique Pelletier, née le 25 juillet 1926, a 94 ans. Aujourd’hui le grand âge a une place dans notre société. Il prend l’avenir des jeunes.

Nardo : Alors que nous sommes à la veille d’un conflit générationnel c’est le moment que choisit Mme Pelletier pour en rajouter une couche. En même temps il faut comprendre cette génération : A la retraite à 60 ans, plein emploi, consommation à outrance, Il veulent mourir dans la  »dignité ». Comprenez tous frais payés pendant 25 ou 30 ans . ils ne doutent de rien.

lecteur assidu : Les lobby pro-âge sont à l’œuvre de toutes parts. N’oublions jamais que la « part patronale » de la sécu disparaît après la retraite alors que les même retraités consomment pas loin de 80 % de la ressource.

PHILEMON FROG : Le 3ème âge coûte déjà 14 pts de PIB en retraites, presque 9 des 11,5 pts de PIB des dépenses de santé. Alors commençons par baisser drastiquement les retraites supérieures à un certain seuil et affectons ces sommes à notre jeunesse aujourd’hui dédaignée.

Nicolas C. : Pour ne pas être dépendant, il suffit de claquer plus jeune, c’est con mais c’est comme ça.

NRVé 1 : Il est nécessaire de cesser de culpabiliser le suicide. Aider au suicide des volontaires est maintenant une priorité.

Querdenker : Je vous invite à lire un article, publié dans le « Courrier de l’Unesco » en 1963, intitulé « La vie finit-elle à 60 ans? », dans lequel l’auteu déplorait le statut réservé aux vieux dans les sociétés occidentales, peu enviables estimait-il par rapport à celui que les sociétés non-occidentales réservent à leurs anciens. L’auteur, anthropologue de métier, constatant tout à coup qu’il venait lui-même de dépasser la limite de 60 ans, résolut en conséquence de mettre fin à ses jours sans plus tergiverser. Son nom? Alfred Métraux*.

Jacques Brejoux : Au lieu de laisser un monde pourri à nos enfants, on pourrait peut-être penser à ne pas laisser d’enfants à ce monde pourri.

Michel Sourrouille : Alors que les vieux laissent un monde pourri à nos enfants, on pourrait peut-être penser à ne pas laisser trop de vieux à ce monde pourri… Il existe une association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Alfred Métraux : anthropologue d’origine suisse, il est né l 5 novembre 1902. Il se suicide le 11 avril 1963 par absorption de barbituriques. Sa mort fait écho a un article qui a été publié par le Courrier de l’UNESCO quelques jours avant son suicide. Intitulé La vie finit-elle a 60 ans ?, il y déplore le sort réservé aux personnes âgées en Occident, bien plus barbare selon lui que tout ce qu’il a pu voir dans d’autres sociétés considérées comme « primitives ».

Les dominants écrasent tout contre-pouvoir

Le point de vue de écologistes. Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? La démocratie est le plus mauvais des systèmes… à l’exception de tous les autres. La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est beaucoup mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). L’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique. Les écologues décrivent des réalités biophysiques et leur effondrement probable (pic de tout, réchauffement climatique, stress hydrique, chute de la biodiversité, etc.). Tout le monde, et les dirigeants les premiers, devraient savoir qu’il faudrait prendre des mesures drastiques pour éviter des confits sans nombre et innommables dans un avenir proche. Mais le vertige du pouvoir pour le pouvoir occulte l’urgence écologique : Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban ont tous en commun d’être des anti-écolos affirmés. Alors que faire ? Assassiner ces dirigeants qui nous mènent au désastre comme on a voulu le faire plusieurs fois pour Hitler ? Ou attendre patiemment des mouvements de foule qu’ils délogent leur dictateur par la non-violence ? La parole à nos commentateurs…

Nous sommes entrés dans une période folle où des paranoïaques comme Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban prennent le pouvoir d’État et font de leur pays un totalitarisme. Ils refusent tout contre-pouvoir alors qu’on sait depuis Montesquieu que le pouvoir incite à vouloir toujours plus de pouvoir, mécanisme qui ne peut être arrêté que par un autre pouvoir ; d’où par exemple la séparation des pouvoirs politiques (exécutif, législatif et judiciaire), l’exercice reconnu par la loi de la libre expression individuelle  et l’action collective grâce à des ONG (Organisations non gouvernementales). Illustration en Inde et en Hongrie de cette machine à concentrer le pouvoir aux mains d’un dirigeant imbu de lui-même :

En Inde, tweeter peut conduire en prison. Disha Ravi, 22 ans, est l’une des fondatrices de la branche indienne du mouvement Fridays for Future pour lutter contre l’inaction des gouvernants sur la question du changement climatique. Disha Ravi est accusée de complot criminel pour avoir partagé sur Twitter un document de Greta Thunberg, un kit standard d’actions pour donner de l’impact, notamment par l’utilisation des réseaux sociaux, la création de hashtag, le lancement de pétition, etc. Selon la police, cela aurait servi à préparer les manifestations d’agriculteurs dans la capitale : « Cette boîte à outils a été diffusée pour répandre la désinformation et nuire au gouvernement ». Le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), estime que cett « boîte à outils » est « une preuve des plans internationaux d’attaques contre l’Inde » ! Alors que les paysans indiens ne font que manifester contre la réforme agraire votée en septembre 2020 sous l’égide de leur propre gouvernement. Lire aussi « Modi veut vendre nos terres » : la révolte des paysans indiens.

En Hongrie, la loi « anti-ONG ». Cette loi adoptée en 2017 a pour but de décrédibiliser les organisations civiles bénéficiant de dons internationaux. Viktor Orban est en guerre contre la société civile hongroise, difficile de l’arrêter. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, il avait déjà criminalisé l’aide apportée par les ONG aux migrants. Handicapée par l’absence de volonté politique des Etats membres, l’UE ne parvient pas à parer aux dérives autoritaires en Hongrie ou en Pologne, qui touchent divers aspects de la démocratie. Lire aussi En Hongrie et en Pologne, l’inexorable dégradation de la liberté de la presse

Bruno Latour et Gaïa, la Terre-mère

Mère Térésa déclarait en 1988 : « Pourquoi nous soucier de la Terre ? Nous devons nous occuper des pauvres et des malades. Dieu prendra soin de la Terre. » Les religions du livre ne nous ont pas donnés de règles et de conseils pour vivre en harmonie avec Gaïa. Les concepts humanistes de développement durable, de gestion et d’intendance sont entachés d’orgueil. Nous ne sommes pas plus doués pour gérer la Terre que des chèvres pour jardiner.

Bruno Latour : « On parle de « reprise » post-covid, mais cela sonne comme une incantation, pas comme un projet mobilisateur. Le projet mobilisateur s’est décalé, comment maintenir les conditions d’habitabilité de la planète ? Il n’y a rien dans l’idéologie de l’Homo œconomicus, qui permette de répondre à cette questions. S’il est vrai que les humains ont construit artificiellement leur propre environnement, à l’intérieur duquel nous sommes confinés, il faut nous intéresser à ce dont nous dépendons, la température globale, la biodiversité. Cela change complètement le rapport au sol, c’est cela « atterrir ». Gaïa, la « Terre-mère », cette notion résume justement le changement de « lieu » que nous ressentons avec la pandémie. Pour exercer quelque forme politique que ce soit, il faut une Terre, un lieu, un espace. La meilleure preuve que la politique « sous Gaïa » est nouvelle c’est cette étonnante contrainte qui pèse sur toutes les décisions individuelles et collectives, de rester « sous les deux degrés » des accords climatiques. C’est cela que j’appelle « le nouveau régime climatique ». C’est bel et bien un nouveau régime juridique, politique, affectif puisque l’on vit dans une zone critique, « sous Gaïa », confinés dans les zones d’habitabilité. Le conflit entre les « extracteurs » et les « ravaudeurs » complique celui existant entre les bourgeois et les prolétaires. Il faut reconnaître que Laudato si’ [l’encyclique du pape François] a complètement rebattu les cartes avec cette injonction, vraiment prophétique, d’entendre le « cri de la Terre et le cri des pauvres » ! C’est quand même plus costaud que l’idée de classes géosociales… Ça touche beaucoup plus loin, que faites-vous sur Terre , quelle Terre habitez-vous ? Cela résonne beaucoup plus que les injonctions à « sauver la nature », qui reste toujours extérieure. Je ne sais pas penser sans un terrain empirique. Depuis quatre ans, on instaure des ateliers collectifs d’autodescription : « De quoi dépendez-vous pour exister, comment  maintenir les conditions d’habitabilité ? » C’est un moyen de reconstruire l’écologie politique sans jamais parler d’écologie ! Mais avec le couvre-feu, c’est un cauchemar à organiser…

Sarah Py : J’ai un problème avec Bruno Latour. Et cela me rappelle Michel Serres. Je ne vois là rien de structurel, aucun concept opératoire sur lequel se fonder : la Planète, la Terre mère, ça sonne la religiosité à deux sous. Et pour le reste, du vague, du général, rien qui accroche et vous incite à persévérer, à chercher cette voie d’entrée à une pensée.

Jean Rouergue :  » la Planète, la Terre mère, sonne [pour vous, comme une] religiosité à deux sous »…. Remplacez cela par biocénose et vous aurez fait un grand pas..

JDL : Pour les amateurs de lecture rapide, une phrase fulgurante de Michel Serres : « la terre, jadis notre mère, est devenue notre fille. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 août 2015, La revanche de Gaia, un réchauffement irréversible

28 février 2015, Une religion pour la terre-mère est-elle dangereuse ?

21 septembre 2013, un intellectuel face à l’apocalypse, Bruno Latour

29 décembre 2009, notre Terre-mère Pachamama

3 juin 2007, culte de Gaïa

La sobriété en médecine au temps du Covid

Il faut faire décroître le système de santé. C’est ce qu’on envisage dans le mensuel « La décroissance » de février 2021. Voici quelques extraits.

Sylvie Cognard : Quand je démontre que la plupart des maladies sont dues aux inégalités sociales, aux conditions de travail, aux problèmes environnementaux et à l’utilisation de certains traitements (Médiator, Dépakine, Distilbène), on me demande de me taire. Il est plus facile de « tout faire » pour tenter de guérir dans une débauche de moyens. Les autres combats sont bien trop vastes et dus à mener…il faudrait changer de système, alors il est préférable d’entretenir les causes. Quant à la mort, il n’est plus question de mourir de « mort naturelle ». Les vieux Inuits qui choisissent de s’éloigner de leur groupe pour aller finir leur vie sur la banquise, impensable de nos jours ! La Némésis médicale d’Ivan Illich est magnifiquement illustre par la pandémie actuelles ; bien que la mort due à la famine dans le monde soit infiniment plus tueuse, il faut combattre le virus comme si l’on été en guerre ! Le mythe de l’immortalité entretenu par la médecine occidentale fait tourner à plein la roue du hamster. La sobriété n’aurait-elle pas consisté à laisser ce virus circuler, accompagner dignement et avec empathie les malades, renforcer les capacités immunitaires des individus ? L’effondrement de la société thermo-industrielle qui s’annonce va forcer la monde à la sobriété de façon brutale, dans le domaine des soins comme dans les autres.

Alain Masquelet : Il est vain et illusoire de réclamer des moyens supplémentaires qui ne peuvent être sérieusement envisagés sans une croissance continue. Ce qui n’est pas souhaitable car la croissance ne peut être poursuivie indéfiniment. Il semble donc que nous ayons atteint un pic, du moins dans les pays occidentaux, en matière d’équipements médicaux et d’exercice médical. Par ailleurs il a été beaucoup question dans le discours politique se rapportant à la pandémie de sauver des vies. Or la vie est une notion abscons à laquelle il faudrait substituer l’idée de préserver le vivant. Des moyens pour parvenir à une médecine sobre peuvent être identifiés. Désescalade technologique, contre la robotisation des actes chirurgicaux et les bio-prothèses complexes, entretenant le mythe du dépassement des limites. Recentrage de l’activité clinique sur la parole du patient, expert de sa maladie qui permet de contextualiser le trouble. Réforme du système sanitaire, à décliner en unités géographiques fonctionnant sur une demande locale et non plus sur une offre centralisée.

Alexandra Laignel-Lavastine : Ériger la vie en souverain bien n’est pas anodin. La vie est certes un bien précieux, mais si elle était le premier d’entre eux, nous n’aurions eu ni l’appel du 18 juin, ni résistants à prendre les armes, ni dissidents sous le communisme, ni Dr Li à Wuahan pour nous alerter sur la gravité de la pandémie. La vie est l’alpha, pas l’oméga. Il existe des principes supérieurs au principe de survie, comme la liberté, le courage et l’honneur. Une vie qui n’est pas disposée à se sacrifier pour donner du sens à sa vie ne mérite pas d’être vécue.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

dévoiturage, dépublicité, détwitter

Le changement est en cours, en arrière toute, précipice en vue… Nous allons vers la fin de la voiture individuelle, vers un monde sans publicité, vers l’abandon des réseaux sociaux. Cela ne va pas assez vite à notre goût, mais les prémices sont là.

1) Dans l’industrie automobile, la longue marche vers la fin du moteur à combustion a commencé

La firme General Motors ; celle qui fabrique les énormes pick-up ou encore les « muscle cars », GM donc, cinquième constructeur mondial, a annoncé fin janvier 2021 son intention de ne plus fabriquer de voitures essence et diesel à partir de 2035… Paris a ordonné une interdiction des véhicules thermiques en 2030, Bruxelles en 2035. Des villes comme Madrid, Rome, Athènes ont décrété la fin du diesel dans leurs rues de façon imminente… Mais le directeur R&D de la filière automobile française rêve encore : « Après 2035, on considère qu’en Europe on n’utilisera plus de carburants issus d’énergies fossiles. Toute l’énergie qu’on mettra dans un objet de mobilité sera décarbonée de façon nette. Cela signifie que les véhicules qui auront encore un moteur thermique rouleront avec du biogaz, des biocarburants ou de l’essence synthétique. »

Pour en savoir plus, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

2) La publicité se vend en acteur crédible de la transition écologique

La convention citoyenne pour le climat voulait interdire la réclame pour les produits les plus émetteurs de gaz à effets de serre et obliger à la publication d’incitations à moins consommer. Le Conseil économique, social et environnemental recommande de « réexaminer la question de la publicité sur les véhicules les plus polluants », osant le parallèle avec la pub pour le tabac et l’alcool, qui a pu être interdite « malgré l’importance des recettes qu’elle générait ». Mais la proposition de loi « Cimat et résilience » se contente de mesurettes, par exemple un « code de bonne conduite » pour les publicitaires. Qui peut croire encore que les agences de publicité joueront un rôle positif dans la transition écologique alors que le cœur de leur métier est de travestir la réalité pour vendre toujours plus ?

Pour en savoir plus, Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

3) « J’ai vu naître le monstre » ou la chronique d’une addiction à Twitter

Samuel Laurent raconte sa décennie d’immersion au sein du réseau social : « Twitter me permet d’exister, de compter professionnellement. Je tweete, donc je suis, donc j’existe, donc je pèse. Il me pousse à continuer, à tweeter et à retweeter sans trêve, sur tout et n’importe quoi… Sans m’en rendre compte, j’ai basculé dans des joutes rhétoriques où l’idée n’est plus tant de convaincre l’autre que de lui montrer qu’il a tort. Tout y passe : caricaturer son argumentation, user de cynisme, d’exagération, souligner les faiblesses de son raisonnement… Sur un réseau social, la meute n’a jamais conscience qu’elle en est une. Chacun pratique sa propre indignation individuelle, sans prendre en compte le caractère collectif qu’elle finit par revêtir… Le 6 juillet, j’annonce ma décision : je quitte Les Décodeurs, le fact-checking, ma chronique sur France 5 et Twitter. Je sais que j’y jouais ma santé physique et mentale. » Ah, si tout les accros aux réseaux sociaux pouvaient faire de même !

Pour en savoir plus, Twitter encore et toujours, il n’en restera rien !

Tout savoir sur la conquête spatiale

« Coloniser Mars ? Le fantasme d’un exode vers d’autres mondes nourrit nos imaginaires », dixit Stéphane Foucart. Des informations décontextualisées laissent croire qu’il y aurait dans le cosmos une multitude d’ailleurs vivables et accessibles…

1) Le mirage de la technologie qui va nous faire échapper d’une planète qu’on a rendu invivable, ça marche! L’idée que nous pourrions ruiner la Terre avant de partir tranquillement vers d’autres soleils séduit des esprits parmi les plus éclairés. Le sociologue médiatique Gérald Bronner : « En quittant la Terre, il deviendrait évident que nous sommes humains avant d’être terriens. C’est là un rappel essentiel car l’idéologie précautionniste, en nous proposant un rapport empreint de sentimentalité à la planète, nous contraint à penser que le problème fondamental est de ne surtout pas risquer de détruire l’espace qui nous permet de vivre ». Autres exemples chez les lecteurs du monde.fr :

JCM : Le rêve d’un ailleurs est vieux comme le monde, il faut être bien amer pour le croire toxique.

Rust Cohle : Oui, il existe des contraintes énormes et pour l’instant indépassables pour aller sur Mars. C’est d’ailleurs pour ça que les Sky Crane de Curiosity et Perseverance sont une impasse. Mais l’Humain a cette capacité de dépasser les limites techniques, même si ça prendra 10 ans, 30 ans ou 100 ans.

Obéron : Coloniser significativement d’autres planètes, à commencer par les plus proches, c’est affaire de siècles (au moins un ou deux). Les terraformer, sans doute affaire de millénaires. C’est enthousiasmant pour l’esprit, cela fait rêver.

Nawak : Qui peut savoir quelles technologies nous maîtriserons dans deux siècles ? Regardons deux siècles en arrière pour avoir une idée de notre ignorance…en 1821, celui qui disait que l’homme irait sur la Lune ou volerait d’un continent à un autre en quelques heures aurait été traité de la même manière que cet article parle de ceux qui pensent que l’homme peut coloniser Mars.

2) « Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs ». Dans ce livre, Sylvia Ekström et Javier G. Nombela mettent les points sur les i. En conclusion, ils écrivent : « Là-bas au bord du champ, vous réaliserez que nous ne pouvons pas vivre sans la beauté multicolore de la nature terrestre. » Voici quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr :

AliceM : Merci Stéphane Foucart pour cet article. Les hommes sont bien fous de se penser indépendants de la Terre. Cela révèle une déconnexion pathologique d’avec leur essence même. Remarquez qu’aucune femme n’entretient ce complexe mégalomane et suicidaire.

Francis.C : Elon Musk, l’homme qui fait fortune en vendant quelques voitures électriques pour « sauver la planète », et qui veut utiliser cet argent pour du tourisme spatial, soit à peu près l’activité la plus polluante qu’on puisse imaginer. Difficile de le prendre au sérieux.

Man from Blacksea : Vivre sur une autre planète: le confinement éternel. Non merci.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

29 août 2019, Notre frontière est terrestre, pas martienne

22 juillet 2019, Conquête spatiale, rêveries extraterrestres

9 février 2018, Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale

Promoteurs du nucléaire, vous m’emmerdez

Montebourg, Accoyer et Chevènement tous unis pour la défense du « patrimoine nucléaire français ». Gérard Longuet et Julien Aubert (LR), André Chassaigne (PCF), Arnaud Montebourg (PS), tous unis pour une source d’énergie du passé. La bataille du lobbying est lancée, mais aucune mention dans l’article du MONDE d’une quelconque critique de l’atome civil , faut plus de centrales, point final. Bizarre, cette anomalie de l’analyse, heureusement compensée par les commentaires sur lemonde.fr :

Walter : Qu’ils disent d’abord ce qu’ils vont faire des déchets encore tout jeunes et des centrales déjà toutes vieilles.

G. Delaurens : Déjà avoir réparti 56 réacteurs dans tout le pays pour disait-on assurer l’indépendance énergétique de la France alors que le nucléaire ne représenterait jamais que 17% de notre consommation d’énergie, c’était très fort. Nous proposer maintenant de relancer la construction de centrales non concurrentielles sur le marché grâce à nos impôts, alors que le nucléaire ne représentera que 2% de l’énergie finale consommée dans le monde en 2040 et qu’il faudra diminuer notre production de CO2 de 50 % avant 2030, c’est tout simplement se ficher du monde. Ou plus exactement ça fait partie des propositions qu’on émet pour faire porter l’attention sur soi, faire semblant d’exister…

Orion @ Delaurens : Il convient de faire des corrections à votre post. Primo, quand on parle du nucléaire, il ne faut pas faire une analyse sur la base de la consommation d’énergie (incluant par exemple l’essence et le diesel pour les bagnoles), mais sur la base de la production d’électricité. Et là, le nucléaire représente 70% de la production d’électricité en France. Deuzio, le nucléaire est un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique comme l’ont rappelé – excusez du peu – le GIEC et l’Agence Internationale de l’Energie, qui ont aussi invité les pays ayant déjà une filière nucléaire à la préserver en poursuivant recherches et investissements. Cela vaut donc pour la France, ne vous en déplaise. Tertio, l’impact carbone réel d’une énergie se mesure par Analyse de Cycle de Vie d’une énergie (ACV) selon le GIEC. En France, selon l’ADEME, cela donne seulement 6 gCO2/kWh par ACV pour le nucléaire contre… 55 gCO2/kWh par ACV pour le solaire. Un facteur 9 !

G. Delaurens @Orion : la problématique c’est l’urgence de diminuer l’effet de serre, dans la mesure où on n’a strictement rien fait avant (par exemple depuis 10 dans notre consommation de pétrole automobile n’a pas varié, même si le nombre de véhicules diminuait). Dès lors ce que vous appelez « un atout » qui consiste en notre seul effort industriel et polarise nos interventions ne représente aucune solution pour le but recherché (le CO2). C’est juste une façon de détourner le problème en se focalisant sur l’accessoire, pour garder belle figure sans rien faire de concret.

JCM : Dans les analyses, on limite trop souvent l’impact du nucléaire à l’aspect climatique. Il y en a bien d’autres, beaucoup moins reluisants: coût du démantèlement, gestion des déchets, sécurité en cas d’accident ou d’attentat, centralisation et goût excessif du secret, dépendance aux matières premières etc.

Lappreciateur : Quelques évidences : les énergies les moins polluantes sont celles qu’on ne consomme pas. Nous dépendons à 90% ( 95% ? ) d’un combustible importé. Un accident dans une centrale ( sabotage interne, erreur de manip, attentat, suicide , tremblement de terre, inondation, etc. ) aura des conséquences effroyables. Mais EDF veille, rendormons-nous. Et après tout si on doit évacuer Paris ou Bordeaux c’est rigolo. Nos politiques « responsables » vont léguer à nos descendants des déchets ? On s’en fout on ne sera plus là. Les tours opérators proposeront un circuit : mines de charbon , sidérurgie, nucléaire !

Digi : Je trouvais Montebourg plutôt pertinent dans son discours relocalisant. Mais là c’est mort. Si le but c’est d’investir dans une énergie du passé, coûteuse, centralisée, ingérable à long terme, sans se soucier du vrai problème (la consommation, donc le gaspillage et les pertes en ligne), alors continuons dans le nucléaire.

Orion @Digi : Ne vous en déplaise, l’énergie nucléaire est une énergie du futur et un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique

schnitzler @ Orion : Savez-vous que les réserves d‘uranium seront bientôt épuisés?

ManuLeMytho : Les Français n’ont jamais eu droit à un référendum sur ce sujet, mais les sondages indiquent 70% de refus de cette industrie, comme nos voisins qui, eux, ont eu le droit de s’exprimer… Quand au « patrimoine », y’a pas de quoi s’inquiéter : les déchets radioactifs sont là pour 1 million d’années. Je réponds par avance aux réacs : oui on aura des ordinateurs & internet mais pas l’obsolescence programmée et l’augmentation irrationnelle des data…

ManuHamburg : Adieu Montebourg. Dommage mais la vraiment NON. Le nucléaire c’est l’enfouissement de substances toxiques pendant des dizaines de milliers d’années en disant aux prochaines générations: démerdez vous. Aucune génération n’a jamais fait ça pour les suivantes.

Cliquez ici pour tout savoir sur le nucléaire

Tout savoir sur l’aide au développement

Aide financière au développement, seulement 19 % des soutiens français affichent une volonté de réduction de la pauvreté, 10,9 % soutiennent l’agriculture familiale. La France investit presque deux fois plus dans des projets agro-industriels que dans des projets d’agroécologie ». Analysé sur dix ans (2009-2018), l’ensemble des financements agricoles publics de la France à destination des pays en développement représente 5,8 milliards d’euros : dons, prêts, garanties portés par l’Agence française de développement (AFD) et sa filiale financière Proparco. Par exemple depuis 2012, la France apporte son soutien à Feronia PHC, une société d’huile de palme opérant en République démocratique du Congo ; un cas d’école en matière d’opacité et d’intermédiation financière sur fonds de paradis fiscaux, d’accaparement des terres et de violation des droits des travailleurs. La France a accordé en 2018 un prêt de presque 9 millions d’euros à Spayka, le plus gros négociant arménien de fruits et légumes, pour créer des serres chauffées destinées à la production intensive de tomates et de poivrons principalement. Le tout, destiné à l’exportation vers l’Union européenne…

Lutter contre les causes structurelles de la faim par l’agriculture biologique est certes nécessaire. Mais il serait aussi urgent d’augmenter fortement la part de l’aide publique au développement à destination du planning familial. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD y soit consacré. La maîtrise de la fécondité est un accompagnant obligé de la production de nourriture, sinon il y a une course sans fin entre croissance démographique et ressources vivrières comme l’avait montré Malthus. C’est d’autant plus urgent que selon les termes mêmes de l’article, ce sont les cultures d’exportation qui sont aidés de façon préférentielle, ce qui détériore la capacité d’autonomie alimentaire des pays concernés.

Aux trois manières historiquement éprouvées pour régler la question de la pauvreté, l’action caritative, la répression et/ou l’obligation pour les pauvres de se rendre utile, les organisations internationales en ont rajouté une quatrième : l’obligation de s’enrichir. Cela n’a fait qu’accentuer les inégalités sociales et complètement perturber les sociétés vernaculaires. Dans un compte-rendu de colloque, « Malthus hier et aujourd’hui » (1984), le politicien sénégalais Landing Savané affirmait : « L’aide internationale est comparable à la Loi des pauvres puisqu’elle bloque la nécessité de développer la production locale et d’assurer l’autosuffisance alimentaire. On voit mal comment il serait soutenable de fournir en permanence des aides toujours croissantes à une population dont la croissance provoquerait la dégradation des sols sur lesquels elle vit, et donc une diminution de ses propres ressources. »  Redéfinissions la pauvreté. Dans l’Afrique traditionnelle, on considère comme pauvre non pas celui qui manque de moyens matériels, mais celui qui n’a personne vers qui se tourner, devenant ainsi un orphelin social, un pauvre en relations. Cela n’exonère pas les riches de devenir eux-mêmes beaucoup moins riches en pratiquant la sobriété énergétique et la simplicité du mode de vie. Il nous faut moins peser sur la planète pour laisser un peu plus de place pour tous, faire moins d’enfants ici et ailleurs…Laissons chaque territoire régler ses problèmes à sa façon, une aide structurelle empêche l’autonomie.

30 décembre 2020, APD, l’aide au développement, une illusion

25 août 2020, MALTHUS, aider les pauvres n’est pas aider !

19 février 2010, l’illusion de l’aide au « développement »

Tout savoir sur le Code minier

Le code minier français date du 21 avril 1810. Les différentes réformes dont il avait fait l’objet jusqu’à maintenant n’ont guère pris en compte la question de leur impact environnemental. Du temps de François Hollande, les députés avaient adopté le 25 janvier 2017 une proposition de loi visant à l’adapter le code minier. Cette réforme, annoncée depuis plus de cinq ans, arrivait en fin de quinquennat et ne pouvait aboutir. A l’heure actuelle, le « droit de suite » donne encore un droit quasi-automatique au passage à la concession pour les entreprises qui détiennent un permis de recherche. Même dans le détail, ça bloque. Avant le départ du président de la République en Guyane le 26 octobre 2017, Nicolas Hulot avait longuement insisté auprès d’Emmanuel Macron sur les menaces pour l’environnement d’un gigantesque projet minier au cœur de la forêt amazonienne, baptisé « Montagne d’or », un monstre sur 190 km2 de concessions, qui prévoit une fosse de 2,5 km de long, 500 mètres de large et 400 mètres de profondeur, avec une usine de traitement du minerai par cyanuration…. Pourtant, lors d’un entretien accordé à France Télévisions Guyane le 27 octobre 2017, le chef de l’État s’est dit favorable au dossier : « C’est un projet qui, je le pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane. » Les choses évoluent, lentement. Le 6 mai 2019, Emmanuel Macron enterrait le projet de mine d’or à ciel ouvert Montagne d’or, en Guyane, dont la production devait démarrer en 2022, en estimant qu’il n’était « pas compatible avec une ambition écologique en matière de biodiversité ». La réforme du code minier refait surface en 2021.

Un des volets du projet de loi « climat et résilience » présenté le 10 février 2010 en conseil des ministres, ne reprend pas l’idée d’un moratoire sur l’exploitation industrielle minière en Guyane proposé par la CCC. Mais il autorise le gouvernement à procéder par ordonnance à la refonte de la partie législative du code minier et du livre premier du code de l’environnement. Cette réforme, est-il affirmé dans l’exposé des motifs, « est nécessaire pour doter l’Etat des outils juridiques permettant notamment de refuser des permis miniers d’exploration ou d’exploitation pour des motifs environnementaux ». Tous les projets d’exploitation industrielle des ressources aurifères guyanaises sont suspendus à la promulgation de ce texte et à la publication des ordonnances qu’il appelle.

Montagne d’or est mort, vive Montagne d’or bis ? Le ministre de l’économie souligne l’enjeu : « La réforme du code minier permettra de mieux accompagner localement les projets, en donnant à l’autorité administrative davantage de possibilités pour réorienter ou interrompre ceux qui ne s’inscriraient pas dans une démarche responsable ». Une garantie qui ne s’apparente en aucun cas à un renoncement. « Dans le cas spécifique de la Guyane, une activité minière raisonnée contribue au développement économique du territoire, où la lutte contre l’orpaillage illégal est un enjeu important », ajoute-t-il. Le coordonnateur des projets miniers auprès du préfet de la Guyane, Didier Le Moine : « Le gouvernement n’a jamais dit qu’il fallait renoncer à toute forme d’exploitation minière, mais sous des formes compatibles avec les objectifs de développement durable, assure l’ancien directeur de l’industrie, des mines et de l’énergie en Nouvelle-Calédonie. « Cette réforme ne vise pas à interdire l’exploitation mais à l’encadrer et à permettre un développement vertueux et accepté par tous de l’activité aurifère. » On sait malheureusement ce que signifie vraiment un développement « propre » et accepté par la population, c’est écoblanchiment et distribution de généreux subsides au niveau local. Notre civilisation thermo-industrielle est extractiviste, il faudrait des oppositions citoyennes motivées et nombreuses pour enrayer ce processus mortifère d’une planète au pillage.

Pour en savoir plus sur le Code minier grâce à notre blog biosphere :

15 juin 2012, bonne nouvelle écolo, la réforme du code minier

18 janvier 2013, Hydrocarbures, nécessité d’une réforme du code minier

27 janvier 2017, Code minier : une réforme au goût amer votée à l’AN

24 janvier 2020, Code minier et carte carbone, aux oubliettes

Nicolas Hulot face à ses contradicteurs

Nicolas Hulot le 6 février 2021: « Le projet de loi climat et résilience n’est pas à la hauteur des enjeux et de nos engagements : ni de l’objectif de réduire nos émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, et encore moins du nouvel objectif européen de les abaisser d’au moins 55 %… Une transition, une métamorphose, ça s’organise et se planifie. Sinon, nous arrivons à une impasse. Au moment où on remet à l’ordre du jour le commissariat au plan, je me désole de ne pas avoir entendu une seule fois François Bayrou [haut-commissaire au plan depuis septembre 2020] parler de la transition écologique et sociale. Après, il y a la question des moyens, normatifs, réglementaires et législatifs. La contrainte n’est pas l’ennemie de la créativité, elle en est la condition… On a abandonné ce point crucial de la transition énergétique qu’est la réduction de notre consommation… A titre personnel, si quelqu’un sort de l’ombre (pour la présidentielle 2022) et me semble avoir la crédibilité, la probité, le sang-froid et l’énergie, je serai ravi !… Il y a eu un monde d’avant le confinement et il y aura un monde d’après, qui ne sera plus le même. Mais le sera-t-il d’une manière bénéfique ou toxique ? Honnêtement, je n’en sais rien. Mais on ne sortira pas de cette accumulation de crises par le haut avec des outils et des méthodes conventionnels. »

Il est surprenant que ces propos de Nicolas Hulot attirent sur le monde.fr autant de commentaires agressifs, deux exemples (sur plus de 140) qui attaquent le messager pour ne pas écouter le message :

PG380 : L’indécence de Nicolas Hulot, le grand donneur de leçons, n’a pas de limite.

pierre marie : Le nerf de la guerre de Nicolas, les shampoings. Après, il communique dans les médias !

Adrienne propose un des rares commentaires à apporter un complément d’analyse aux propos de NH : « On évite le problème central, la croissance de la population. Il suffirait que chaque femme ne fasse plus qu’un SEUL enfant pour réduire drastiquement et durablement la pollution. En France, la mesure écologique avec le meilleur impact serait de donner les allocations familiales dès le 1er enfant sans les augmenter au second et en les supprimant complètement à partir du 3ème et aurait sans doute un effet d’entraînement plus large au-delà du pays, trop long à décrire ici. Alors les commentateurs, combien d’enfants chez vous ? »

Nicolas Hulot est une personnalité qui a essayé par différents moyens, sa fondation, ses livres, ses engagements médiatiques et politiques, de faire tout son possible pour faire progresser la cause écologique. Dans son ouvrage synthèse « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », sorti juste après la démission de NH de son poste de ministre de l’écologie fin août 2018, Michel Sourrouille rappelle la position de Nicolas en matière démographique : « Dans le syndrome du Titanic, j’écrivais en 2004 que la crise environnementale va changer d’échelle et donnera des occasions supplémentaires pour s’affronter. Tous les signaux sont au rouge. Il y a quatre courbes qui s’alimentent les unes les autres. La première c’est la courbe démographique, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d’individus à la fin du siècle. Parallèlement la courbe de la consommation et de la pollution augmente, on pèse de plus en plus sur la planète. La troisième est l’émission de gaz à effet de serre ; quand nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va accentuer le changement climatique. Enfin l’érosion de la diversité est un fait avéré. On voit bien que les trajectoires de l’humanité et de la nature sont en train de converger et qu’il va y avoir une collision. Il faudrait quatre Terre pour faire face aux besoins des pays émergents… Le dangereux bipède se croit tous les droits, et se reproduit tellement plus vite que les cygnes et les éléphants. Chaque individu est une force de désintégration et nous sommes cinq milliards. Tant qu’on ne maîtrisera pas la «pollution démographique», il faudra réparer les dégâts de chacun et essayer de les limiter puis de les réduire… A titre personnel, je pense que la croissance démographique est un sujet central qui passe par l’éducation et la sensibilisation des populations. La sortie de la misère d’un pays réside dans la baisse de sa démographie. Le droit intouchable de la reproduction peut s’accompagner d’une sensibilisation des consciences, en Occident comme ailleurs. Mais si par malheur nous devions nous résoudre à des interventions étatiques pour limiter la liberté fondamentale de l’humanité de se reproduire, nous pourrons dire que nous aurons échoué… »

Sur ce blog biosphere, nous suivons depuis longtemps le parcours de NH, une des rares personnalités à avoir une conscience aiguë de la crise écologique, ainsi par exemple :

7 octobre 2009, Nicolas Hulot, ange ou démon ?

31 mai 2011, Nicolas Hulot et la primaire de l’écologie

29 juin 2016, Nicolas Hulot, ses états d’âme… en 1991 !

1er mars 2018, Biosphere-Info : la pensée de Nicolas Hulot en 1995

1er octobre 2018, synthèse : Biosphere-Info, Nicolas Hulot et la brûlure du pouvoir

2 juillet 2019, pour mieux connaître Nicolas Hulot