éthique de la réciprocité… intergénérationnelle

Nous ne voyons nulle part d’altruisme inconditionnel (hormis quelques figures exceptionnelles type Gandhi), que ce soit dans des petits groupes ou dans de grandes communautés. Il pourrait en être autrement. Individuellement et collectivement, nous avons toujours théoriquement le choix. Car c’est notre socialisation qui formate nos sentiments. D’un côté l’égoïsme, le chacun pour soi, la violence à fleur de peau, les conflits familiaux et de voisinage, etc. Au niveau collectif, l’exubérance irrationnelle mais si merveilleuse du pillage total de la planète par un consumérisme de satisfaction immédiate. De l’autre nous pourrions cultiver l’altruisme, l’empathie envers autrui et l’ensemble du vivant et plus généralement une austérité assumée pour laisser des ressources viables aux générations futures et de l’espace pour les autres espèces vivantes. On peut donc de façon contradictoire adhérer aux codes d’une bande de prédateurs ou se sentir concerné par l’avenir lointain. Parvenus au point où nous en sommes, une planète exsangue, nous voici sommés de choisir entre une évolution fondée sur des sentiments positifs où l’emporteraient l’amitié, la solidarité, la coopération, la fraternité, la convivialité, les forces de l’esprit et, pour tout dire, l’amour, et une société encore et toujours traversée d’intenses compétitions aboutissant à des conflits généralisés et à un cataclysme écologique sans précédent. En d’autres termes, nous n’avons pas le choix, mais nous n’en avons pas encore conscience.T el devrait être le postulat d’un écologiste, combattre l’égoïsme et favoriser l’altruisme.

Selon la morale en vigueur, nous pouvons faire tout ce qui ne nuit pas à autrui et nous devons assurer aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. C’est ce qu’on appelle une éthique de la réciprocité. La plupart du temps, on pratique la réciprocité directe, je te redonne l’équivalent de ce que tu m’as donné. C’est typique de l’échange marchand, j’ai obtenu l’objet ou le service, je paye directement en monnaie. C’est là une conception étriquée de l’éthique. Car qui dit réciprocité dit aussi relation. Il commence à exister une réciprocité généralisée, se comporter de telle façon que si les autres faisaient de même, la société deviendrait meilleure. Peu importe le résultat immédiat, l’important est d’indiquer le chemin à suivre. Par exemple, si tout le monde était objecteur de conscience, rejetant l’usage collectif des armes, il n’y aurait plus de guerres. Le gros problème réside dans le « si ». Les objecteurs en France ont été très peu nombreux en France malgré le fait qu’ils aient obtenu officiellement un statut en 1963, et plus personne n’en parle aujourd’hui avec la suspension du service militaire pour les jeunes. On ne peut guère attendre des autres qu’ils pratiquent la réciprocité généralisée dans une société qui célèbre le culte des armées et le choc des nations. Mais si tu ne commences pas à agir pour le bien commun, qui le fera ? Au niveau écologique, la tentative des colibris est une autre application : l’exemplarité de ceux qui pratiquent la simplicité volontaire pourrait servir de catalyseur, et devenir un mouvement de masse. Mais à l’heure de la consommation de masse et de l’abondance à crédit, les changement de comportements individuels et collectifs restent microscopiques.

Envisager une réciprocité intergénérationnelle, considérer des êtres qui n’existent pas encore et agir pour leurs intérêts futurs, demande encore plus d’ouverture d’esprit qu’une réciprocité généralisée uniquement adaptée aux temps présents. Il nous faudrait répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cette belle phrase, popularisée par le Sommet de la terre de Rio en 1992, a été malheureusement considérée comme donnant droit à encore plus de croissance économique. L’oxymore « développement durable » de Rio a laissé place à l’imbécillité de l’expression « croissance verte », et maintenant nous subissons le mot fourre-tout « transition écologique ». Des mots, des mots pour mélanger l’inconciliable. L’inflation d’oxymores aujourd’hui tels que « voiture propre », « fonds de placements éthiques », « entreprises citoyenne », « croissance durable », « guerre propre », « agriculture raisonnée », « marché civilisationnel », « financiarisation durable », « flexisécurité », « moralisation du capitalisme », « vidéoprotection »… est symptomatique d’une société qui se grise de paroles pour ne pas penser à une rupture radicale avec la société thermo-industrielle. Tourner complètement le dos à notre confort exosomatique actuel est pourtant une condition incontournable pour pouvoir laisser quelques miettes aux générations futures. Nous devrions tous connaître l’expression « acteurs absents », l’avenir s’en porterait mieux.

En savoir plus sur l’éthique de la réciprocité :

15 avril 2014, Choisir l’égoïsme du présent ou l’altruisme envers avenir

15 octobre 2017, De l’ère de la compétition à la loi de la réciprocité

4 novembre 2017, Quelle boussole pour diriger mon action envers autrui ?

29 juin 2020, Le colibri, emblème de l’écologie en marche

En savoir plus sur l’éthique intergénérationnelle :

28 mai 2019, De la génération 1968 à la génération climat

19 mars 2019, Les générations futures font entendre leurs voix

2 février 2012, les coûts cachés du nucléaire, l’oubli des générations futures

18 janvier 2012, Tribunal pour les générations futures : la surpopulation

Mort de la recherche-développement, enfin !

La conception d’une science neutre, motivée par la saine curiosité intellectuelle et la passion de la découverte, a aujourd’hui cédé le pas au vrai visage de la science moderne, rattachée par des liens organiques à la société industrielle qu’elle alimente en progrès illusoires et néfastes tout à la fois. … Les applications industrielles de la recherche scientifique ont permis un développement considérable des forces productives, entraînant désastres écologiques et décomposition sociale. C’est pour cette raison que je condamne la recherche-développement pour toutes ces découvertes qui font dorénavant partie de notre vie quotidienne : centrales nucléaires et téléphones portables, industries agroalimentaires et pesticides, voitures et TGV, tourisme spatial, etc. De toute façon, comme l’exprime à juste titre Jean Colcombet, la décrue énergétique supprimera des pans entiers de la recherche académique. Déjà des gens ultra-diplômés en viennent à travailler la terre…

Jean Colcombet (INRAe, biologie végétale) : « En moins d’un siècle, la mécanisation a entraîné une diminution drastique du nombre d’agriculteurs, a décuplé la productivité au point de rendre les ouvriers quasi accessoires et a permis un accroissement explosif du secteur tertiaire, devenu nécessaire pour gérer des flux de plus en plus complexes… L’ironie veut que la recherche scientifique, fille de la modernité et des énergies fossiles, nous aide à analyser les grands enjeux de l’anthropocène : nous comprenons désormais que notre développement glouton nous fait dépasser les frontières planétaires et fragilise les écosystèmes… Si nous n’y prenons garde, la décrue énergétique inévitable et les perturbations environnementales déstabiliseront notre agriculture et la société dans son ensemble. Il est alors possible que notre histoire s’écrive à rebours de celle des siècles passés : moins d’énergie et de mécanisation induira un retour aux activités manuelles et à la terre, dans un contexte environnemental dégradé. Cette simplification sociétale, mal comprise et mal préparée, sera vécue à juste titre comme une perte, engendrant de fortes tensions sociales… Dans un monde en contraction, ne devons-nous pas considérer que, face à l’urgence écologique, certains domaines de recherche sont plus importants que d’autres ? »

Bref, chaque chercheur ne doit-il pas se demander quel sens donner à un possible chant du cygne de son activité ?

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

l’Écologisme devient un mythe fédérateur

Les valeurs écologistes vont dessiner de nouvelles normes sociales en passe de se substituer à celles de la civilisation thermo-industrielle. Ce que je propose à titre de sociologue, c’est de voir comment le discours éco-environnementaliste est en train de se constituer comme fait social total, c’est-à-dire comment il est en mesure de mobiliser à la fois les individus et les institutions afin de réguler les comportements. Le discours écologiste a toutes les caractéristiques d’un discours mythique au sens où l’entend Claude Lévi-Strauss, c’est-à-dire qu’il permet à toute société humaine de construire du sens à propos de l’univers dans lequel elle évolue. Le mythe fabrique du lien social et des objectifs. L’anthropologue souligne que « la substance du mythe ne se trouve ni dans le style, ni dans le mode de narration, ni dans la syntaxe, mais dans l’histoire qui y est racontée ». Le mythe codifie les interdits moraux et sociaux, mobilise dans un but donné par l’effet de croyances partagées par l’individu et le collectif. Rare sont les mythes qui sont en mesure comme l’Écologisme de mobiliser en l’espace de deux générations seulement autant de gens et de politiques. La promesse faite par l’écologisme est celle d’un avenir radieux pour la planète, où l’empreinte de l’être humain sur la planète serait limitée au maximum, où la décroissance économique et démographique serait à l’ordre du jour, où le climat serait revenu à ce qu’il était avant la révolution industrielle, où la pollution serait quasi-inexistente, où l’autosuffisance alimentaire deviendrait chose courante, où la consommation de viande ne serait le fait que de quelques irréductibles, où toute production industrielle serait soumise au principe de précaution… L’Écologisme se veut essentiellement une déconstruction de la révolution industrielle, une remise en question de toutes les valeurs capitalistes. Elle remplace par une nouvelle perception des réalités biophysiques l’idée que la croissance économique est source de progrès et que la technologie reste la seule solution pour résoudre les problèmes qu’elle a créé.

La construction de ce mythe se dessine sur un fond d’incertitudes multiples et inquiétantes, c’est ce qui fait sa force. Greta Thunberg ne dit-elle pas : : « Je ne veux pas que vous soyez plein d’espoir. Je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours. Et ensuite, je veux que vous agissiez. » Quand bien même l’American psychological association (APA) n’a pas intégrée cette peur à sa bible des maladies mentales, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), elle l’officialise peu à peu, évoquant l’éco-anxiété dans son rapport de mars 2017 consacré aux conséquences des changements climatiques sur la santé mentale. Sa définition : « peur chronique d’un environnement condamné ». 

Nous prenons conscience avec l’Écologisme que l’être humain est fondamentalement un prédateur de la nature, une espèce envahissante, en quelque sorte un cancer à la surface de la planète. Et les penseurs de la nature sauvage ainsi que les néo-malthusiens peuvent en conclure à juste titre que moins il y aurait de gens sur la planète, plus nombreux seraient le milieux naturels protégés et plus les humains bénéficieraient d’une meilleure qualité de vie. D’autre part, si nous considérons les humains comme un chancre destructeur, il est de peu d’intérêt de prendre position contre le génocide au Darfour, la guerre en Irak ou la pauvreté, parce que ces préoccupations particulières relèvent du militantisme socio-culturel et non du combat environnemental.

Concluons avec Greta Thunberg : « Je me fiche de savoir si ce que je fais – ce que nous faisons – est ou non plein d’espoir. On doit le faire de toute façon. Même s’il n’y a plus d’espoir et que tout est sans espoir, nous devons faire ce que nous pouvons. »

NB : libre reconstitution de l’idée générale du livre de Pierre Fraser,

L’écologisme ou le succès d’une idéologie politique (éditions Liber, 2021)

La filière (bio)Gaz naturel véhicule, beurk

tribune du MONDE: « Nous, élus de toutes sensibilités politiques, appelons de nos vœux des motorisations à faibles émissions utilisant un « mix » énergétique : énergie électrique, (bio)gaz et hydrogène ; la fin des véhicules essence et diesel ne saurait se traduire par le remplacement d’un monopole énergétique par un autre. La réglementation européenne, en mesurant uniquement les émissions de CO2 en sortie de pot d’échappement, pénalise le (bio)Gaz naturel véhicule (GNV). Il s’agit pourtant d’une énergie renouvelable, produite localement à partir des boues d’épuration, de la méthanisation des déchets alimentaires et des effluents d’élevage. En se basant sur une analyse du cycle de vie, les performances environnementales de véhicules bio GNV sont supérieures à toute autre solution… »

Cosigné par un présidentiable écolo Eric Piolle, ce pensum pue le lobbying pour la filière gaz naturel. Les commentateurs sur le monde.fr se déchaînent :

Wiss : « un collectif de membres d’associations et d’organisations environnementales » Sic.. Je n’en ai pas trouvé dans les signataires. Justes de élus EELV et des promoteurs du « bio » gaz. Methanisateurs, constructeurs, etc…

Eirikr : Que même les écologistes se concentrent sur le changement de technologie sans même évoquer dans cette tribune la nécessité de changer de mode de déplacement … Misère ! …

YW : Ce n’est visiblement pas cette écologie là, en ne posant même pas le problème de l’impact carbone du modèle de la voiture individuelle, qui proposera une transition suffisamment rapide, courageuse et intelligente pour être efficace.

Rakaye : A partir du moment où la production d’énergie est plus longue que la vitesse de consommation de celle–ci on a perdu : 15 jours pour brûler un arbre et 15 ans pour qu’il pousse ce qui nous un peu moins de 15 ans d’accumulation de CO2 sans compter les taux de micro particules record.

Katouchka : En fait il faut se rendre compte qu’on va changer de mode de vie de gré ou de force. Fini les virées décidées au dernier moment, les voyages trop court et trop loin, Il va falloir ré apprendre à voyager lentement, il va falloir prendre le train, le vélo, la marche… Courage à vous tous !

Michel SOURROUILLE : Nous devrions savoir qu’il n’y a pas des « bio »-carburants, mais plutôt des agrocarburants issus d’activités industrielles, donc plutôt des nécro-carburants en concurrence avec la production alimentaire. En penser nous faire encore rouler dans des voitures individuelle (1,2 milliards de véhicules en circulation sur la planète) avec seulement des résidus de l’activité alimentaire, c’est à manger son chapeau ou à mourir de rire. Nous ne pouvons faire face à la crise de l’énergie que si notre consommation dans tous les domaines, la mobilité n’étant qu’une de nos activités préférées (hors embouteillage), arrive tendanciellement à correspondre aux énergies renouvelables. Il faut donc nous préparer à nous passer de pétrole, d’uranium, de charbon et bien sûr de «(bio)gaz… Manger ou conduire, il faudra savoir choisir…

Isidorv : Je préconise le gazogène pour faire Paris-Marseille. Évidemment, il faut se préparer longtemps à l’avance : collecter les déjections canines, réduire la potion du chat, prévoir des étapes sur le parcours, surtout si le vent faibli et par temps couverts. Le char à bœuf me semble une bonne alternative. Surtout penser à collecter le crottin.

Doudoudodudor : C’est sûr. On a oublié que le gazogène a pu permettre la mobilité des Français pendant l’occupation. Ce n’est pas seulement un combustible d’un passé, rappelant une période trouble. Il a aussi un avenir.

Ana : Vive la voiture à pédales

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

Enfin la vérité sur les « biocarburants » !

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Jean-Michel Normand : « L’Union européenne a décidé qu’à partir de 2035, il ne sera plus possible de commercialiser une voiture neuve émettant du CO2. La durée de vie moyenne d’une automobile étant de quinze ans, l’échéance s’inscrit dans la perspective de parvenir à une « neutralité carbone » en Europe en 2050. Les énormes investissements réalisés dans les voitures électriques désignent clairement la nouvelle priorité des constructeurs. Mais la question de l’origine de l’électricité reste ouverte. La constitution d’un réseau de recharge dense et fiable pose problème. La voiture électrique soulève aussi la question de l’emploi, car sa fabrication réclame une main-d’œuvre environ trois fois moins nombreuse. L’automobile risque de redevenir un produit de luxe. »

Lire notre article synthèse sur ce blog : Le rêve de l’automobile pour tous prend fin.

Quelques commentaires intéressants :

Alsatian : on ferme les centrales thermiques, on n’en construit pas d’autres, et on prétend passer au tout électrique avec une borne en panne tous les 500km. Et ne parlons pas de l’origine des matériaux pour fabriquer accus et moteurs.… Çà c’est de la planification!

O.Coutrot : Beaucoup se soucient de disposer d’un réseau de recharge des voitures électriques ? Noble souci ! Mais tirer des câbles électriques n’est pas très difficile encore que, pour alimenter 1 million de vacanciers le 1er juillet ! Mais surtout, au bout, à l’origine du câble que va-t-on mettre ? Un âne pour faire tourner la gégène ? Mon Dieu que de ânnissements, si vous permettez ce néologisme odieux ! La vraie question que personne ne pose est avec quelle matière première produire la monstrueuse quantité l’électricité nécessaire pour alimenter tout le parc de voiture, camions, autobus ? Éoliennes, photo-voltaïque, bio-masse seront incapables de fournir les quantités requises. Quand à l’hydrogène propre, ça n’existe pas. Alors combien de centrales nucléaires pour répondre à la demande ? Sautons dans le vide allègrement !

lours.des.wab : C’est quoi la durée de vie d’une batterie ? Combien je perds de Km d’autonomie par an avant qu’elle ne me lâche ? C’est quoi la valeur résiduelle de ma voiture avec une batterie presque hors d’usage ? Combien de Lithium il faut pour soutenir une telle demande en France ? Et dans le monde ? Ça représente combien en plus par rapport à la production actuelle ? En pression supplémentaire sur les écosystèmes ? Moi ça me semble être surtout un feu de paille pour essayer de sauver un mode vie condamné (énergie abondante et bon marché).

Lmbmichel : Comme d’habitude, on ne parle que des voitures, jamais des poids lourds. C’est une totale hypocrisie.

Pessicart : Comme le disait Blaise Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir rester au repos dans une chambre ».

Michel SOURROUILLE : L’automobile en tant qu’objet de consommation de masse (1,2 milliards de voitures dans le monde) est devenue le cancer de notre civilisation thermo-industrielle. Elle casse les villes, dégrade l’espace, pollue la nature. Elle ronge toute nos infrastructures par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse à produire. Elle brise les cadres d’une vie communautaire, chacun de nous restant enfermé dans sa petite carapace qui exalte notre agressivité… ou cultive notre découragement dans les embouteillages. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir donner par l’électrification une nouvelle vie à nos carrosses  ? La voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle. Vive le dévoiturage, le rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, la fin du tourisme au long cours…

Requiem : Je crois que je vais placer mes économie dans l’industrie de la chaussure et suggérer à mes petits-enfants de s’orienter vers le métier de cordonnier ou de réparateur de vélo. Car ce ne sont pas les énergies renouvelables qui fourniront l’électricité pour la vie courante, l’industrie et en plus pour les transports.

Palétuvier rose : Je maintiens qu’il ne faut pas sous-estimer la filière de la voiture à pédale, la seule qui assure d’avoir de beaux mollets.

La mort des Jeux Olympiques, bonne idée !

Le MONDE dans son éditorial y croit encore, mais à peine : «  L’enjeu de Paris en 2024 sera de redonner du souffle à un événement usé… Il faut se rendre à l’évidence : la magie de l’olympisme n’opère plus comme avant… La devise du baron Pierre de Coubertin, « plus vite, plus haut, plus fort » s’est transformée en « plus coûteux, plus contesté, plus politique »… Concernant les coûts, la course au gigantisme a depuis longtemps atteint ses limites. Depuis Montréal 1976, l’exercice tourne au cauchemar financier… Quant aux audiences télé, principale source de recettes pour l’olympisme, elles sont vieillissantes et déclinantes… »

Les commentateurs sur lemonde.fr enterrent les Jeux Olympiques :

Gullivez : Les disciplines olympiques sont usées. La professionnalisation a transformé l’image des sportifs, qui ne sont plus des athlètes mais des machines à résultats.

Gilles SPAIER : Entre les constructions, les déplacements des différents participants, etc.. je suis curieux de connaître le bilan carbone d’une telle manifestation. A mon avis, ces jeux représentent un luxe que les humains ne peuvent plus s’offrir. Quant à moi, JO, Mondial, Euro, Tour de France etc. sont des manifestations qui ont plus à voir avec l’affairisme qu’avec le sport. Je snobe toutes les retransmissions, qu’elles soient télévisuelles, radiophoniques ou autres.

Agné : Dans l’Antiquité grecque et romaine, les Jeux olympiques ne comprenaient que des épreuves sportives correspondant aux nécessités de l’art de la guerre. Les Jeux modernes ont diversifié les disciplines mais ont conservé voire exacerbé l’esprit de compétition entre les nations. Or, pour que l’humanité ait encore un avenir, ce n’est plus la compétition qu’il faut cultiver mais la coopération. L’idéal olympique ne devrait plus être « plus vite, plus haut, plus fort » mais  » tous ensemble pour le bien de tous ». Peut-on envisager de tels Jeux ? C’est un rêve peu probable.

Regiomontanus : Pendant longtemps, les JO étaient le seul rassemblement mondial des athlètes des différentes disciplines (les championnats du monde de natation n’ont été créés qu’en 1973, ceux d’athlétisme en 1983). Ils avaient alors tout leur sens. Aujourd’hui où la moindre sous-discipline a ses championnats interplanétaires tous les quinze jours, ils ne sont plus qu’un Barnum publicitaire qui bénéficie beaucoup plus aux  »sponsors » qu’aux athlètes, corruption en prime dans certains cas.

DécroissantsDeLamourEtDuTofu : A l’origine, le sport n’est qu’un prétexte pour maintenir notre corps en forme et santé. Pratiqué de manière intensive et professionnelle, le sport devient au contraire nuisible à la santé : troubles musculo-squelettiques, dopage, obsession mentale délirante, esprit de compétition régressif et grotesque… Sans oublier le coût excessif pour les contribuables (stades), les manipulations publicitaires, la starification aux effets délétères, la survalorisation du sport comme écran de fumée au détriment des vrais sujets (écologie, justice sociale), l’imbécillité régressive des commentateurs surjouant l’hystérie et des fans : puérilité, esprit de clocher, sexisme, machisme, racisme. Pour le bien de l’humanité, le sport professionnel doit disparaître.

Michel SOURROUILLE : Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables. Les JO, c’est en effet un pognon de dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Londres, en 2012, avait dû débourser 6 milliards d’euros supplémentaires (total de 11 milliards). Initialement chiffré à 7,3 milliards de dollars, le coût des Jeux de Tokyo atteint désormais 15,4 milliards, montant bien sûr sous-évalué. Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectacularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs.

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Questions/réponses sur le « désir d’enfant »

Une étudiante a envoyé un questionnaire pour son mémoire de fin d’année : « Je traite les enjeux sociaux de la reproduction, sous forme d’étude diachronique pour comprendre comment des acteurs se réapproprient la question de la reproduction et de son contrôle à des fins de changement social ou de révolution.  »

Voici les questions et les réponses de notre chroniqueur spécialiste de la question démographique.

ENGAGEMENT POLITIQUE ET SOCIAL     

– Au cours de mes recherches, il me semble revenir à l’anarchisme en permanence. Avez-vous une idée du lien entre le non-désir d’enfant et la pensée anarchiste ? Vous rapprochez-vous vous-même de cette pensée politique ?  

Le « non-désir d’enfant » me paraît une vision réductrice de la problématique qui importe, celle de faire des enfants ou non en toute connaissance de cause. Historiquement le courant néo-malthusien est porté par un anarchiste, Paul Robin. En 1896, celui-ci fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». Il se propose de « répandre les notions exactes de science physiologique et sociale permettant aux parents d’apprécier les cas où ils devront se montrer prudents quant au nombre de leurs enfants, et assurant, sous ce rapport, leur liberté et surtout celle de la femme ». Mais il est resté isolé, même parmi les anarchistes.

– Considérez-vous les individus refusant d’avoir des enfants pour des questions de non-désir, d’engagement politique écologique ou philosophique comme constituant d’un mouvement ? Ou simplement comme des individus ? Avez-vous l’impression d’appartenir à un mouvement ?  

La psychologie d’une personne résulte d’une multitude d’influences sociales, et la norme actuelle reste encore pour beaucoup de mères le « désir d’enfant ». Il faut donc une capacité de résistance pour aller à l’encontre de ce contexte nataliste. Eve Libera a écrit « Arrêtez de faire des gosses ! », mais son livre relève de motivation très égoïstes. Un mouvement plus altruiste découle de considération écologiques, pourquoi faire un enfant de plus sur une planète déjà surpeuplée et surexploitée ! C’est par exemple le cas des ginks (Green Inclinations No Kids). Personnellement je milite au sein de l’association Démographie Responsable. J’ai coordonné en 2014 un livre collectif, « Moins nombreux, plus heureux (’urgence écologique de repenser la démographie) » aux éditions Sang de la Terre. En 2020, j’ai publié « Arrêtons de faire des gosses ! (Comment la surpopulation nous mène à notre perte) aux éditions Kiwi. Dans une société vraiment démocratique, un individu doit faire des choix de vie responsables, adhérer à une association pour agir collectivement, et faire politiquement tout ce qui est en son pouvoir pour constituer une société désirable, avec des enfants durablement heureux de vivre sur une planète préservée.

CHILDFREE/DENATALISTE/ANTINATALISTE 

– Au cours de mes recherches j’ai pu remarquer une porosité entre les frontières de ces trois catégories et de fait lors de mes entretiens, personne ne s’est défini comme uniquement childfree ou uniquement dénataliste, … Que pensez-vous de ces définitions, des frontières entre-elles, et des manières dont certains se distinguent des autres (les childfree qui disent ne pas vouloir d’enfant par non-désir mais pour aucunes raisons politiques par exemple) ? En bref comment ces catégories redéfinissent la manière dont les différentes personnes ne voulant pas d’enfants interagissent entre-elles malgré des buts communs ?  

 Le mot malthusien est dans le dictionnaire ordinaire, il est pourtant inconnu de la majorité de la population. Il y a même un courant anti-malthusien très fort dans la société française, faisant en sorte qu’évoquer la décroissance démographique reste tabou. Il est symptomatique que François Bayrou, Haut-commissaire au plan et à ce titre chargé des propectives à long terme, ait recommandé récemment d’augmenter la natalité française. Entre les injonctions sociales à devenir mères, les politiques étatiques françaises carrément natalistes, et un malthusianisme ignoré, il n’est pas étonnant que les individus aient du mal à se situer quant à la question de leur fécondité. Personnellement je pense qu’un écologiste doit se définir comme antinataliste, la capacité de charge de la France et de la planète est dépassée, notre nombre est devenu trop imposant, la fécondité doit être maîtrisée, responsable comme l’indique l’association DR. L’idée de childfree (nullipares) ne fait que témoigner du penchant social à l’exagération, le fait de n’avoir aucun enfant n’est qu’un choix individuel (assumé par exemples par les prêtres ou les personnes qui s’épanouissent dans leur travail) sans enjeu collectif. Par contre un gouvernement responsable pourrait proposer le modèle d’un seul enfant par femme comme idéal à atteindre, et ce démocratiquement cela va de soi.

  DESIR D’ENFANT  

– Comment définir le désir d’enfant pour vous ?    

Votre questionnaire est trop centré sur la psychologie. Or le comportement individuel est tellement différent d’une personne à une autre qu’on ne peut en retenir de leçon générale. Il faut replacer le « désir d’enfant » dans un contexte sociologique, la pression du groupe, l’état des politiques publiques, les traditions religieuses ou familiales, etc. Il est d’ailleurs remarquable qu’à l’heure actuelle même des personnes homosexuelles désirent avoir un enfant et ne questionnent pas leur désir…

HISTOIRE DES ENJEUX SOCIAUX DE LA REPRODUCTION 

– Que pensez-vous des liens entre les néo-malthusiens fin 19e début 20e et l’antinatalisme aujourd’hui ? Et leurs différences ?  

 J’ai déjà évoqué Paul Robin. Il avait déjà tout dit à son époque, y compris sur la nécessaire libération de la femme et un système scolaire mieux adapté à nos besoins réels. Il n’a pas été écouté, il y a même eu les lois répressives anti-malthusiennes de 1920 et des combats difficiles pour la contraception et l’avortement. En 2021, nous sommes encore trop peu à nous définir comme néomalthusien(ne)s ; c’est un des signes comme quoi notre société croissanciste désire aller au désastre.

 CAPITALISME ET REPRODUCTION  

– Du rapport capitalisme/reproduction on sait que le lien est fort. Sans armée de réserve par exemple, les ouvriers auraient le choix de négocier leurs salaires, et si une réforme pour le plein emploi ou des propositions comme le salaire universel peuvent le permettre, une baisse de la natalité pourrait également aller dans cette direction. Cependant aujourd’hui les grandes entreprises multinationales ont tendance à laisser entendre aux femmes de leur entreprise qu’elles devraient faire des enfants plus tard, l’employée modèle étant celle qui n’aura jamais d’enfants et dont le corps sera donc au service de l’employeur sans repos (sauf celui qui permet de revenir au travail le lendemain). Que pensez de ce changement de situation ?  

Ce questionnement est plus une réponse qu’une question ! Je précise que la volonté de faire plus d’enfants pour assurer la puissance d’un pays, pour faire de la chair à canon, pour payer les retraites ou pour constituer une armée de réserve n’est pas la marque spécifique du capitalisme, mais aussi des régimes socialistes, communistes et surtout totalitaires. Rares sont les pays, quel que soit leur régime politique, qui ont mis en place des politiques malthusiennes, et même la Chine revient actuellement en arrière.

Michel SOURROUILLE

Pompili et Canfin, des écolos macroniens

Barbara Pompili et Pascal Canfin : « Notre méthode, ce n’est pas l’écologie des petits pas, c’est l’écologie du marathon. C’est ce que nous avons commencé à faire en France depuis l’élection de Macron en 2017. Le gouvernement et la majorité ont fait énormément , la France se place parmi les leaders de l’action climatique. Notre méthode, c’est l’écologie de gouvernement, c’est de transformer sans fracturer, c’est une écologie crédible, c’est l’écologie du marathon. Ce n’est ni l’écologie excessive, ni une écologie simpliste, ni l’inaction du conservatisme rétrograde de la droite. Nous devons imaginer ensemble la suite, le projet écologique de la majorité présidentielle pour l’élection de 2022. Le chemin que nous proposons est celui qui peut unir les Français.

La ministre de la transition écologique Barbara Pompili (ex-EELV) et le député européen Pascal Canfin (ex-EELV) mangent dans la soupe à la Macron pour un plat de lentille. Les commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

paysager : Quand on entend le discours du ministre de l’agriculture sur la PAC, on ne vois pas le marathon, mais le sur place. D’ailleurs pas question des apports de la recherche dans cette tribune

HdA : Quand on écrit un truc pareil, « la France en tête de la fin progressive du plastique à usage unique », c’est qu’on est vraiment au début du commencement d’un frémissement d’une possible volonté de penser à y réfléchir… pour vite abandonner. Tiens, pas un mot sur la grande décision : la fermeture totale et effective des centrales à charbon en France, repoussée vers 2024 pour être effective en 2026 … si tout va bien. Ce ne sont ni des petits pas, ni un marathon, mais des promesses, comme la taxation des véhicules polluants, passée à l’oubliette jaunique.

le sceptique : Bon, ce sont les éléments de langage de 2022, « écologie de gouvernement » versus « écologie simpliste », « écologie excessive ». Ils évitent « écologie punitive », trop marquée. A part cela, aucune réflexion écologique sur les finalités politique. La science décrit les effets d’un ajout de carbone dans l’atmosphère ou d’une artificialisation d’habitat, mais en soi cette description n’est pas une politique. On a ici une écologie technocratique qui n’a pas envie de penser, qui veut s’imposer comme évidence sans débat.

Réaliste : Comment permettre les 42 % de SUV parmi les véhicules neufs ? La taxation proposée par la convention citoyenne pour le climat était là pour orienter les choix des citoyens sans être de l’écologie punitive. Quand je vois aussi le glyphosate, les néonicotinoïdes, les condamnations pour chasse aux espèces menacées… j’ai l’impression que le marathon se déroule sur un stade et cela n’avance pas vraiment. Il ne faut pas oublier que cet exécutif ne veut pas s’opposer à la FNSEA ou au lobby des chasseurs.

Bernard l. : C’est étonnant ces politiques qui agissent comme si l’on négociait avec la biosphère comme avec des syndicats. La biosphère suit ses propres règles physiques et n’a que faire de nos tergiversations. Que ne lisent-ils les rapports du Haut Conseil pour le Climat (pourtant voulu par E. Macron) sans parler de ceux du GIEC ou de l’IAE ? Leur boulot serait plutôt d’informer pour convaincre la population de la nécessité des changements considérables à entreprendre, et de les entreprendre sans délai.

Pour en savoir plus sur Barbara Pompili :

8 décembre 2020, Barbara Pompili , la serpillière de Macron (synthèse)

Pour en savoir plus sur Pascal Canfin :

16 juin 2019, Pascal Canfin, l’amoureux de Macron l’écolo (synthèse)

Parité politique et féminisme universaliste

La loi constitutionnelle du 8 juillet 1999 a modifié l’article 3 de la Constitution qui dispose désormais que la loi « favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives », et a précisé dans l’article 4 que « les partis et groupements politiques contribuent à la mise en œuvre de ce principe ». Malheureusement les bonnes intentions se sont transformés en « obligation de la parité », autant de femmes que d’hommes dans les listes électorales.

L’injonction constitutionnelle « Favoriser l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » ne veut pas dire obligatoirement l’imposition de quotas, ce qu’exprime pourtant l’idée de parité selon le sexe. Sinon pourquoi pas des quotas selon l’âge et la couleur de la peau ? Reconnaître l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est suivre le principe  « un homme = une femme = une voix ». Politiquement il n’y a pas à différencier les personnes selon le sexe, sinon c’est du communautarisme, on pourrait peut-être dire du « séparatisme » ou même du sexisme. Politiquement une femme peut à l’égale de l’homme se présenter à des élections et, si elle est élue, elle représentera les citoyens sans considération de leur sexe. Mais la mode de la « parité » a fait tourné la tête de certaines féministes différentialistes qui réclament des places d’élues pour les femmes sans considération de leurs compétences. Pire, on en arrive à rejeter les hommes. Ainsi ce message qui a circulé au sein du conseil fédéral du parti EELV : « Il s’agit, dans l’esprit de la motion « Pour un parti écoféministe en actes » de mettre en œuvre des formations en mixité choisie (Ce qui inclut toutes les personnes ne se reconnaissant pas comme hommes).  » Alice Coffin serait-elle représentative de l’écologisme ?

Qu’un parti contribue à la « mise en œuvre du principe énoncé au dernier alinéa de l’article 3 de la Constitution », rien de plus normal. Libre aussi aux personnes « ne se reconnaissant pas comme hommes », de se réunir. Mais pour « l’injonction à la parité » indiqué dans le message de la commission féministe du parti EELV, c’est de l’anti-féminisme. Le féminisme bien pensé ne peut être qu’universaliste, pas différentialiste. Mais comme la parité est à la mode, pour certaines élections (par listes et départementales) elle est devenue une obligation légale. Pour les législatives, les partis doivent s’y conformer aussi, sous peine de sanctions financières. Misère, misère !

Luc Ferry, un croissanciste aimé des médias

Surpopulation ou « planète vide » ?

Le livre de Paul Ehrlich, La Bombe P (1968) déplaît souverainement à Luc Ferry. Mais au lieu d’argumenter, ce philosophe de pacotille se permet d’attaquer le messager pour ne pas écouter son message : « Invraisemblables carabistouilles… recommandations néo-fascistes… fougue malthusienne… prédictions de plus en plus insensées… gourou pour fondamentalistes verts »  Sur sa lancée, il se permet de critiquer le rapport Meadows sur les limites de la croissance (1972 ) : « Une reprise des thèses délirantes d’Ehrlich ». Pourtant le scénario de 1972 est toujours scientifiquement validé en 2021. Fé-rire s’attaque ensuite à Jean-Marc Jancovici qui aurait dit : « Il y a un moyen de réguler la population, ne pas mettre tout en œuvre pour faire survivre les personnes âgées malades, à l’image du système anglais, qui ne pratique plus de greffe d’organes pour les personnes de plus de 65 ou 70 ans ». Notons que Jancovici est un expert reconnu dans le domaine de l’énergie, qu’il fait des conférences écoutées attentivement dans les grandes écoles et gère un site qui est une mine d’information. Luc Ferry préfère l’intox de la chute « dramatique » de la population mondiale : « Le danger qui nous menace, c’est celui d’une planète vidée de sa jeunesse pour cause de dénatalité. »

Dès 1992 dans Le nouvel ordre écologique. il condamnait l’écologie profonde sans avoir lu Arne Naess, initiateur de cette conception. Luc Ferry ne fait que réciter aujourd’hui dans les mérdias les poncifs et caricatures  accumulées par la droite contre l’écologie. Il se présente comme croissanciste, ou plutôt contre toute pensée de l’effondrement pourtant probable de la civilisation thermo-industrielle. Il se permet d’écrire : « Nous venons de vire une expérience grandeur nature de la décroissance avec la pandémie. Les hérites new look du communisme que sont les fondamentalistes verts se sont réjouis haut et fort de ce répit accordé à la planète. Ils poussent la Convention citoyenne à plaider pour une décroissance punitive tous azimuts : décroissance énergétique, réduction de la consommation, de la production, du temps de travail, de la vitesse sur les autoroutes, des voyages en avion, de la publicité pour des grosses cylindrées. Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés. » (Luc Ferry, Le Figaro, 25 juin 2020)

Pou ren savoir plus sur Luc Ferry

15 mai 2011, la catastrophe, c’est Luc Ferry

12 octobre 2010, Luc Ferry et l’écologie profonde (1/4)

1992, Le nouvel ordre écologique de Luc FERRY (l’arbre, l’animal et l’homme)

Inceste interdit, viol de la Terre autorisé

Les anthropologues ont renouvelé l’approche de la sexualité en montrant l’importance de la perte de l’œstrus. La relation entre les sexes est soumise chez les mammifères, y compris les grands singes, à une horloge biologique et hormonale qui détermine les périodes de rut ; pour les humains au contraire, l’absence de cette détermination naturelle met la sexualité sous le signe de la disponibilité permanente. Cette liberté totale fut certainement une des conditions de l’apparition des normes et des interdits qui limitent, dans toutes les sociétés, les usages et les pratiques de la sexualité. Que dit Maurice Godelier :

« Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les sociétés humaines ignoraient le processus biologique réel de la conception d’un enfant. Face à ce mystère, elles ont inventé des mythes. Homo sapiens sapiens, qui a expérimenté des formes d’organisation sociale très différentes, a conclu, de manière universelle, qu’il fallait interdire la permissivité sexuelle : parce que la sexualité est source de conflits, d’exclusions et de rivalités, elle ne peut être entièrement laissée à la liberté de chaque individu.Si l’inceste est interdit dans toutes les sociétés humaines, c’est parce qu’il réunit des personnes que l’on considère comme « trop semblables ». Mais chaque culture détermine la composante commune qui fonde cette prohibition : les Egyptiens anciens pensaient qu’aucune catastrophe cosmique ou sociale n’était attachée à une union entre frère et sœur alors qu’elle figure, en Occident, parmi celles que nous considérons comme les plus gravement incestueuses. Pour les habitants des îles Trobriand [Papouasie-Nouvelle-Guinée], les relations sexuelles entre le père et sa fille ne sont pas considérées comme un inceste  puisqu’il n’est pas à l’origine de sa procréation (filiation matrilinéaire). En transformant tous les alliés en quasi-consanguins, la mythologie chrétienne a étendu la prohibition de l’inceste, jjusqu’au septième degré du cousinage au XIIIe siècle − que l’Eglise catholique a réduit à quatre, puis à deux degrés de distance. En Occident, la famille est une famille « nucléaire », des rapports sexuels internes mettent en rivalité des membres de la famille. Le désir sexuel peut se tourner vers des personnes interdites : il n’est pas du tout impossible, par exemple, qu’un fils désire sa mère – la preuve, c’est qu’il faut l’interdire. En ce sens, la sexualité humaine est fondamentalement « a-sociale ». L’interdit de l’inceste est une invention de la pensée : toutes les sociétés transforment le corps sexué des hommes et des femmes en des sortes de ventriloques tenant un discours sur l’ordre moral et social qui doit régner dans la société. »

En fait l’éthique, l’art de distinguer ce qui est bien et ce qui est mal, ne sait plus très bien se situer face à la liberté sexuelle. Aujourd’hui on ne peut même plus en plaisanter, rappelons-nous l’éviction de Xavier Gorce. Parlons plutôt du viol de la Terre, l’inceste absolu. La question du symbole est indissociable de l’histoire de l’humanité. Dans le Croissant fertile du Moyen Orient propice au développement de l’agriculture, on  a choisi de déchirer le ventre de la terre en la désacralisant ; pour ce faire, on a projeté  dans le ciel les divinités et on leur a demandé l’autorisation de poursuivre le labeur. Et le ciel a répondu : « Fructifie, multiplie, emplie la terre, soumets-là… » A partir de là, fin de la Déesse mère et commencement de Dieu le père. Depuis le néolithique, cultiver signifie ouvrir le ventre de la terre. Homo sapiens demens se met à labourer la terre du soc de la charrue, un véritable inceste à l’égard de la Terre-mère dont on déchire la chair pour la féconder. C’est insupportable. Donc, ou vous arrêtez, ou vous transformez votre regard sur le monde. (propos résumés d’Eveline Grieder)

Conseil de lectures pour ne pas bronzer idiot

Livres à lire

Humain non-humain. Repenser l’intériorité du sujet de droit – sous la direction de Géraldine Aïdan et Danièle Bourcier ->> lire
● Les Pensées de l’écologie – Un manuel de poche – >> lire
● Histoire naturelle du plaisir amoureux – Thierry Lodé – >> lire
● Arbres en péril. Nos villes, leur dernier sanctuaire – David Happe – >> lire
● Une éthique animale pour le XXIème siècle – Patrick Llored – >> lire
● Le monde invisible du vivant – Pascale Cossart et Fabrice Hyber – >> lire
● La plage, une nature cachée – Arnaud Guérin – >> lire
● L’indispensable guide des Araignées – Dominique Martiré et Franck Merlier – >> lire

Tribunes

Quand Xavier Bertrand fusille la nature par Marc Giraud >> lire
● Hommage à René Dumont pour le 20e anniversaire de sa mort par Michel Sourrouille >> lire
● Le congrès mondial de l’UICN, faire valoir de la destruction de la nature ? par Pierre Grillet >> lire
● Avec le changement climatique, être ou ne pas être omnivore ? par Jean-Luc Fessard >> lire

La transition écologique nécessite une déstructuration par Michel Sourrouille >> lire

genre, parité, quotas… un anti-féminisme

Actuellement on met en avant des mots comme « genre » pour en faire des instruments de combat entre les sexes alors qu’on devrait savoir que notre biologie nous a différencié homme ou femme sans y mettre d’inégalités. « On ne naît pas femme, on le devient », écrivait déjà Simone de Beauvoir en 1949. Elle précisait : « Aucun destin biologique, psychique, économique, ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre ». Il n’y a pas d’ordre « naturel » dans les inégalités selon le sexe, forcer la nature par parité et quotas n’est pas une bonne chose. C’est ce que certains n’ont pas encore compris.

Michel Guerrin : « Féminisation de la culture ? La parité y est moins présente que dans les entreprises privées, c’est dire. Une quinzaine de musées sont enfin en train d’établir un diagnostic sur la place des femmes dans leurs activités. La fracture est béante entre les musées et ailleurs : 9 % des établissements de spectacle sont dirigés par des femmes, moins d’un opéra sur cinq est mis en scène par une femme, le chef d’orchestre est quasiment toujours un homme, les trois quarts des films sont réalisés par des hommes. La parité ne fait pas bon ménage avec deux dogmes fortement ancrés dans le milieu : la liberté du créateur et le fait que le talent n’a pas de genre. C’est ainsi que le mot quota est tabou. Nombre de figures de la culture s’inquiètent d’avoir été incitées à recruter en tenant compte du genre des candidats plutôt que de leur CV. Aux États-Unis, des responsables de musées sont sommés par leur conseil d’administration de nommer « des femmes de couleur ». On n’en est pas loin. Le fait que le doute passe pour sexiste ne facilite pas le débat. »

Ce monsieur est rédacteur en chef au « MONDE». Le genre, la parité, les quotas à tous les étages, est-ce que cela représente des références féministes ? Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, constitue l’exact contraire du séparatisme des sexes. L’existence du mot « genre », désignant certains ostracismes dans le monde socio-culturel et ailleurs, ne devrait pas occulter le fait que nous sommes tous fondamentalement androgynes. Dire autrement, c’est vraiment du sexisme. Ce que les « féministes » du genre ne comprennent pas, c’est que tous leurs excès provoquent ce qu’elles haïssent le plus. Chaque fois qu’une femme dit ne se sentir bien qu’avec des femmes, chaque fois qu’on instaure des quotas, chaque fois qu’on impose la parité, on méprise les véritables féministes, hommes et femmes, qui ne mettent pas d’inégalités entre les sexes biologiques. Le talent n’a pas de sexe, l’engagement militant non plus.

Durant les années 1960, un psychologue hongrois nommé Laszlo Polgar dévora les biographies de centaines de grands intellectuels et en tira le trait commun : une spécialisation précoce et intensive. Il en conclut que le génie est acquis et non inné. Il se mit au défi de le prouver en rendant géniaux ses futurs enfants. Onze années d’entraînement intensif plus tard, sa fille Susan était devenue la meilleure joueuse du monde, à 15 ans ! Elle ne se fit doubler que par Szofia, sa petite soeur. Judit, la cadette, devint Grand Maître international à 15 ans, battant le record de précocité auparavant détenu par l’américain Bobby Fischer. Par la suite, elle s’offrit le scalp des meilleurs joueurs mâles, dont celui de Garry Kasparov. Ni parité, ni quotas, les femmes sont capables de réussir par elles-mêmes quand la société n’est pas misogyne.

Il y a encore des pays qui légalisent l’inégalité entre les hommes et les femmes. Mais quand on voit de très jeunes filles comme Greta Thunberg s’exprimer de façon claire et incise devant des assemblées internationales de politiciens chevronnés, on ne peut que constater que la lutte pour le climat et pour bien d’autres choses n’est pas une question de genre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 novembre 2020, Féminisme radical et écologie politique

16 décembre 2016, LeLe genre et le sexe, des différences aux inégalités

17 septembre 2013, sexe/genre relève-t-il de la nature ou de la culture ?

21 avril 2013, sexe ou genre, l’art de tromper l’entendement humain

1er septembre 2011, nature et sexualités : le débat sur le genre humain

Loi climat définitivement adoptée, bof

La loi climat est définitivement adoptée ce  mardi 20 juillet 2021. Le texte comprend environ 320 articles. Des membres de la convention citoyenne et les ONG environnementales pointent le « détricotage » de leurs propositions. Le Haut Conseil pour le climat et le Conseil d’Etat ont émis de sérieux doutes quant à la capacité de l’Etat de respecter les engagements pris lors de l’accord de Paris de 2015. A droite, les élus Les Républicains se sont inquiétés de la multiplication des « taxes » ou d’une « judiciarisation » des enjeux environnementaux. Quelques mesures emblématiques de la loi :

  • Interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles… c’est le moins disant en matière d’intoxication publicitaire.
  • interdiction des vols aériens… quand il existe une alternative en train !!!
  • encadrement du loyer des logements dits « passoires thermiques »possiblement interdits plus tard à la location.
  • Généralisation d’un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines…viande obligatoire le reste du temps !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

30 juin 2021, Loi climat, édulcorée par les sénateurs

Tadej Pogacar achève le Tour de France

Un écologiste ne peut que vomir la Grande Boucle. Le brouet du Tour de France est indigeste, la domination de Tadej Pogacar plus que suspecte. Sa moyenne est de 41,17 km/h, frôlant la meilleure statistique de l’histoire établie en 2005 (41,65 km/h)… par le menteur et tricheur Lance Armstrong. Dès le contre-la-montre de Laval, Pogacar a assommé la concurrence. Vainqueur des deux dernières journées dans les Pyrénées, il s’est emparé des maillots distinctifs : le jaune de leader au classement général, le blanc de meilleur jeune et celui à pois de meilleur grimpeur. La vérité du dopage éclate trop souvent a posteriori, hélas. Du 108e Tour de France, qui s’est achevé dimanche 18 juillet sur les Champs-Elysées à Paris, il ne faut retenir que la dénaturation du sport. Il n’y a pas que les écologistes que le disent, ainsi ces commentaires sur lemonde.fr :

Genius : C’est ballot il ne manque à Tadej que le maillot vert, faudra améliorer la formule dans la seringue pour l’année prochaine et comme ça il pourra faire le grand chelem… On sait pas ce que c’est mais ça a l’air d’être de la bonne…

PHILEMON FROG : Contrairement à mes habitudes, je me suis abstenu d’enregistrer les fins d’étape « dures » (chrono, montagne…). C’est la 1ère fois depuis mon enfance que je ne suis pas du tout le tour. La répétition d’ « exploits » laisse pantois : un vainqueur final au léger gabarit très nettement plus puissant que tous les champions passés, y compris ceux convaincus de dopage (Riis, Ulrich, Armstrong…) ; des revenants de 35 ans sélectionnés inopinément pour ce tour et sprintant plus vite que tout le monde ; des sprinteurs et des coureurs de 80 kg plus forts en montagne que les meilleurs grimpeurs ; des baroudeurs tenant une cadence infernale pendant 80 km… Tout laisse penser que le dopage a franchi un palier cette année. Et cela semble accepté par le milieu et les médias.

Francis.C : Bien sûr, les progrès sur le matériel, l’entraînement, la nutrition… Sauf que c’est ce qu’on nous ressert à chaque fois (Armstrong, Sky…), à peu près mot pour mot. Tous ces progrès, réels, sont malheureusement encore loin de compenser une bonne cure de dopage sanguin…

passant : Est ce que des journalistes afutés ne devraient pas logiquement interviewer des responsables des autorités chargées de déceler le dopage des coureurs, leur soumettre les cas Pogacar, Van Aert, en essayant d’établir la probabilité pour que les coureurs aient recours à des techniques indécelables ?

Gilles06250 : Conditions dantesques, notamment météorologiques, meilleurs souvent distancés (Alaphilipe, champion du monde), il y a vraiment de quoi se poser des questions sur tous ces Slovènes qui dominent le tour, d’autant que la pays est à l’origine d’un système de dopage très développé et très performant.
Je pense qu’il est temps d’oublier ce sport, et de s’orienter vers d’autres sports, peut-être un peu plus propres : athlétisme avec Tokyo, rugby,…

EG à Gilles : Avec l’athlétisme et le rugby vous choisissez des sports qui ont régulièrement des affaires de dopage sur le dos. Pas sûr que ce soient les meilleurs exemples.

GL17 : Mes premiers souvenirs d’enfants avec mon grand père paternel : dans un coin du jardin le majestueux post de radio « Bajazo » qui nous narrait en direct les exploits de Poupou, Merxc et consorts. Depuis jamais je n’ai manqué ce Tour de France qui me replongeais dans cette enfance. J’ai vibré avec Hinault , croisé les doigts pour que jaja arrive au but et crié de joie devant mon poste devant les victoires Françaises. Puis il y a eu Lance Armstrong qui par 7 fois nous a menti et narguer de surcroit. Quand je vis Moratropvite larguer comme un poisson torpille ses copains d’échappée, j’éteins pour la première fois de ma vie mon poste. Ce n’est plus que du mauvais spectacle

PMancini : C’est un spectacle. Ne pas chercher plus loin. Arrêtons de prendre cela au sérieux, c’est du cirque ambulant !

Pour en savoir plus sur le dopage grâce à notre blog biosphere :

13 juillet 2013, Il ne faut croire ni au surhomme, ni au Tour de France (Christopher Froome)

12 juin 2013, La démesure du sport qu’un écologiste devrait dénoncer (au-delà de 410 watts…)

Écologisme et sexualité, mélange détonnant

La vie interne dans un parti n’est pas un long fleuve tranquille. C’est d’autant plus vrai quand un parti qui se dit écolo mélange son objectif de conquête du pouvoir par les urnes et revendications sociétales d’un féminisme très particulier. Exemple :

Didier : Cette année, je voulais fêter mes 20 ans d’adhésion à l’écologie politique. Au final, par ce mot, je vous informe que je démissionne en date d’aujourd’hui, ce 9 décembre 2020. Ma décision est conditionnée par l’arbitraire de la décision rendue ce matin par le conseil statutaire, et l’arbitraire de la décision rendue par la cellule d’enquête et de sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes. Je n’ai pas fauté, il n’y a pas eu de ma part d’intention de voler un baiser ou quoi que ce soit d’autre lors d’une soirée privée avec une camarade. Lors de l’audition, je n’ai jamais su ce qui m’était reproché exactement, sous couvert de vouloir protéger la victime. Aucun débat contradictoire n’a pu avoir lieu, j’étais quoiqu’il arrive coupable. Je trouve ça terrible qu’il n’y ait pas eu de dialogue, de médiation. Je nous trouve stupide, hyper-violent, immature, inconséquent dans notre fonctionnement collectif. J’ai saisi le Conseil Statutaire car une décision de suspension temporaire de 6 mois doit être prononcée contre moi à titre conservatoire. Mon recours a obtenu cette réponse : « le Conseil statutaire ne pouvant se prononcer que sur des éléments factuels, votre recours ne peut pas être instruit. »

Gérard : Le conseil statutaire dans sa réponse brut de décoffrage ne peut que laisser en plein désarroi un de nos militants qui affronte une procédure ou les « droits de l’accusé », doivent être exemplaires, sur le fond et la forme.

Jacques : Je suis assez surpris de la réponse du conseil statutaire. Quand on empêche une personne de se porter candidat à une élection parce qu’il existe une mesure conservatoire (suspension de 6 mois),  il existe de fait une  sanction. Si au final, il venait à être blanchi, on l’aura empêché d’être élu régional.

Michel : Il paraît donc qu’EELV s’est doté d’une « cellule d’enquête et de sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes ». De façon pragmatique, des instances judiciaires officielles existent déjà pour enquêter (et sanctionner) les violences sexuelles avec bien des garanties que n’offre pas une instance partisane interne. Un parti politique ne devrait (à mon avis) sanctionner un(e) de ses membres que si la justice officielle le déclarait coupable. Il est pour moi important politiquement de respecter la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Au delà des cas particuliers, nous devrions nous interroger sur la place d’une telle instance disciplinaire dans un parti normalement à vocation écologiste. Là est notre vocation et là est notre image électorale. Si nos compatriotes-électeurs savaient qu’une des préoccupations principales de notre parti « écolo » est de se polariser sur les pratiques sexuelles, il n’est pas certain que leur vote se porterait sur nous…

Sarah : tais-toi (à mon avis)

Françoise : Bravo pour la concision… On ne peut plus discuter ?

Jean-Michel : Comment ça, « tais-toi » ? Puisque l’intéressé a rendu publique sa convocation devant la cellule d’enquête, il serait bon de savoir de quoi il s’agit. Et Michel a raison de rappeler qu’il existe aussi des « instances judiciaires officielles ».

Annie : Mettre en opposition l’urgence écologique et le droit aux femmes de ne pas être agressées, violées, harcelées est tout bonnement honteux.

Jocelyne : Cette cellule (sur la sexualité) devrait avoir pour seule fonction d’écouter, soutenir, guider et conseiller les victimes. Point final.

Hélène : Il y a dans ce Parti un avant et un après « l’affaire Baupin ». Dans l’avant, la parole des femmes qui venaient dénoncer des agressions sexuelles, celles de Denis Baupin, ou d’autres encore, n’était absolument pas respectée. Les cadres du Parti osaient leur répondre : « mais ce n’est rien du tout, on sait que Denis est un grand dragueur, nous sommes un Parti libertaire, il faut l’accepter.. » Dans l’Après Baupin, de peur de faire les mêmes erreurs, on crée une cellule pour recueillir la parole des victimes sans écouter dans les règles celle de l’accusé qui n’a plus le droit de se défendre comme il se doit. Si un homme a le malheur de poser sa main sur l’épaule d’une copine cela peut lui coûter très cher…

Annie : Lire que bientôt les hommes n’oseront plus mettre la main sur l’épaule d’une femme est assez grandiose !! Dans l’affaire Baupin, ce fut le genre de propos tenus à la barre par Mesdames Voynet et Ferri ainsi que par Messieurs Benhamias et Archimbault . Minimiser l’acte en banalisant le geste ! Il y a des mains sur l’épaule que nous ne supportons pas comme il y a des regards qui nous dérangent. Laissons les femmes gérer leur vie, leur corps, leurs émotions. Aidons les à parler, croyons les…

Hélène : Quand j’écris « Si un homme a le malheur de poser sa main sur l’épaule d’une copine cela peut lui couter très cher », c’est une façon de dire qu’il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre. Pour certaines femmes, notamment chez celles qui ont déjà été victimes d’agression sexuelle, certains gestes d’hommes, qui font partis de la séduction, peuvent être très mal ressentis. Cela ne fait pas pour autant de ces hommes des agresseurs sexuels. Une femme peut mentir, ou exagérer les faits, ne serait-ce que pour servir ses intérêts. Les fausses accusations pour viol, sont rares mais elles existent bel et bien. Et je ne vous parle pas des fausses accusations d’agressions sexuelles.  J’ai subi plusieurs agressions sexuelles, je sais très bien ce que l’on peut ressentir. Mais je sais faire la différence entre la séduction et la séduction à laquelle on dit : STOP !  Cela devient une agression sexuelle si notre STOP n’est pas respecté. C’est du harcèlement si on reçoit de manière répétée des sms à caractère sexuel. Mais tout cela ne m’empêche pas de dire que, si toute victime doit être entendue et soutenue, tout accusé a droit également à être entendu, à être défendu et a droit à la présomption d’innocence.

Marie-Claire : C’est grave de nier les ressentis des femmes agressées. Ce que nous disons, ressentons est toujours juste. Il n’y a aucune preuve, dans le travail des traumas post-traumatiques d’une perception faussée. C’est un ressort connu du patriarcat qui nie le ressenti de l’autre pour dire que ce que ressent l’autre est faux. C’est notre travail de femme féministe de dire. Non ! Vivement que les femmes apprennent la sororité et l’histoire des féministes. 

Delphine : Là ça me fait réagir de lire ça.  Évidemment qu’il faut respecter son ressenti, que la sororité est importante et que la cause des femmes est à défendre plus que jamais. Mais une dérive ne se rééquilibre pas par une autre, les abus sont réels,  les malentendus aussi. Je suis psychologue,  je reçois des femmes abusées et des hommes aussi parfois. Le ressenti doit se confronter à la réalité de l’autre, la situation est toujours singulière. C’est ça rétablir une altérité juste. Certaines personnes, hommes ou femmes,  sont parfois coincées dans un trauma  mais elles sont bien contentes de pouvoir se rendre compte que toute personne qui les drague à nouveau n’est pas cet abuseur qui les a tant marqué, qu’autre chose est possible, heureusement.

Sylvain @ Marie-Claire : Ce que nous disons, ressentons est toujours juste. »Ainsi donc vous confirmez l’idée selon laquelle les femmes sont des animaux fragiles, esclaves de leurs émotions et dont il faut prendre le plus grand soin. C’est au passage toute la philosophie des lumières qui promeut l’élévation de l’esprit humain pour le libérer de ses émotions et préjugés qui est ainsi remis en cause… au plus grand bénéfice de tous les spécialistes en marketing qui travaillent pour la société de consommation et l’abrutissement des masses, où l’acte d’achat est promu par l’émotion, l’impulsion, l’envie, comme le saint Graal pour accéder au bonheur.Bravo, avec une telle dose de lucidité, il ne fait aucun doute que l’écologie est sur la bonne voie et l’humanité très prochainement sauvée d’elle même.

Jacques : Didier soulève une certaine dérive stalinienne qui prend forme dans le parti. Je le constate moi-même. On a très vite fait de vous mettre au pilori si vous ne rentrez pas dans le moule sur certaines positions de société ou refusez certaines stratégies. J’ai l’impression de me retrouver plus de 20 ans en arrière, à l’époque où je travaillais dans une mairie communiste en région parisienne.

Michel : On peut se demander à quoi sert un parti qui devrait être voué à l’engagement militant au nom de l’urgence écologique et qui de targue de lutte contre les « violences sexuelles ». Ce qui est au cœur de la vocation collective d’un parti écologique, c’est débattre de la controverse récente entre Macron et la convention citoyenne sur le climat, c’est condamner le parti pris pro-nucléaire de Macron qui veut construire 6 EPR et fabriquer un nouveau porte-avion nucléaire,. Entrer dans des considérations sans fin sur la sexualité humaine brouille forcément le message des écologistes.

L’effet de loupe, le fait qui fait diversion

Les médias nous défrisent, les réseaux sociaux encore plus, ils cultivent ce qu’on appelle en sociologie l’effet de loupe : montrer une réalité qui existe, certes, mais qui est tellement minoritaire qu’elle ne nécessite même pas une brève. Normalement le journalisme, c’est l’art de trier entre l’anecdotique et l’essentiel, sinon les pages d’un média se remplissent de vide. Mais à force d’être diffusés en boucle sur les réseaux de communication, un micro-évènement sature l’espace public et devient la dernière question à la mode dont il faut causer. Le problème, c’est que cela nous détourne de l’essentiel, nous rentrons dans le domaine du commérage et en oublions de réfléchir. Cet effet de loupe continue un biais cognitif qu’on retrouve dans beaucoup de domaines. Célébrer tel ou tel match de football, évènement ponctuel s’il en est, ou ressasser tel ou tel acte criminel relève du même procédé. L’instrumentalisation du sport et autres faits-divers n’a plus de limites.

On pourrait dire aussi bien le « fait-diversion », autre approche de l’effet de loupe. Luc Cédelle nous rappelait dans LE MONDE ce néologisme forgé par Pierre Bourdieu à la fin des années 1990 : « Par l’émotion qu’il suscite et l’exploitation qui en est faite, tel ou tel fait divers sert à faire diversion. » Aujourd’hui le fait-diversion atteint son apogée, il est devenu le principal carburant de l’extrême-droite et de certaines chaînes de télévision toujours plus racoleuses et obsédées par le buzz qui dope l’audience. Prenons l’exemple des éoliennes. Le mouvement anti-éolien impose sa thématique à partir de petite phrases sans avoir besoin d’en dire plus. Xavier Bertrand redit tout le mal qu’il pensait des éoliennes, ce « scandale national ». Marine Le Pen renchérit le 15 mai 2021 : « Le combat contre les éoliennes est un combat majeur, parce que les éoliennes sont une véritable catastrophe, visuelle, écologique, économique ». Moins de 400 personnes manifestent à Caen contre « les éoliennes qui détruisent la mer », LE MONDE en fait un article de plus de 5000 caractères (19/06/2021). Les pêcheurs dénoncent une destruction des fonds marins par l’industrie éolienne offshore . Bien entendu l’article fait parler les pour et les contre, mais il s’agit là encore d’empiler les petites phrases des uns et des autres.

C’est donc dans les commentaires sur lemonde.fr qu’il faut rechercher le débat de fond.

PM84 : Dans un monde ancien, il fallait 1 million de personnes pour avoir un article dans la presse. Maintenant 200 personnes suffisent !

Sp. : Les pêcheurs crient à la destruction des fonds marins ! on croit rêver : et les chaluts ça fait quoi !!!?

The One : Ah ah ah ah ah ! Quoi qu’il arrive dans ce pays, il y a toujours des gens contre qui bloquent tout.

VeritasOrigine : On trouvera toujours des gens contre une décision quelle qu’elle soit, dans quelque domaine que ce soit. Ces Antis n’en disent pas pour autant ce pour quoi ils sont. En général pour leur confort personnel au détriment de celui de la collectivité, ou alors ils veulent le beurre,l’argent du beurre et le sourire de la crémière faisant là fi de tout réalisme.

le sceptique : Le fossile c’est affreux, le nucléaire c’est horrible, l’hydraulique ça tue les rivières, le bois ça flingue les forêts, l’éolien ça bétonne le bocage et le rivage, etc. D’un côté on dit qu’il faut construire une civilisation durable exploitant des flux naturels renouvelables, d’un autre côté on refuse la conséquence, qui est notamment de collecter l’énergie du soleil, du vent, de l’eau et de la biomasse là où elle se trouve. Et oui, comme la densité massique ou surfacique d’énergie est faible à chaque fois, comme il y a des limites de rendement non dépassables, comme c’est dur et souverainement risqué de transporter l’électricité de trop loin et de pays trop instables, cela prend pas mal de place pour collecter un peu partout. Mais cela fait quand même 20 ans au moins que des physiciens l’ont expliqué. Il est vrai que nos médias font 1000 articles sur le blabla politiques, juristes & ONG pour 1 article sur la physique.

L.OURS : Aller voir à Dunkerque si le paysage est si merveilleux ! Les éoliennes qui ne seront même pas visibles de la côte seront pourtant bien plus jolies que le reste du site !!! Personne ne veut rien dans son patelin mais tout le monde veut sa bagnole, son air conditionné toute l’année et son éclairage public ! Si on écoute tous ces tordus faut revenir à la bougie, mais faut des puits de pétrole, et au feu de bois, mais faut alors bien plus de forêts… Vous verrez si nos paysages seront plus jolis !

Isaphan : Je suis d’accord avec ces personnes. Oui à la non installation des éoliennes, mais il faut aussi détruire leurs maisons qui enlaidissent aussi le paysage. Et pour tous, il faut commencer par leur couper l’électricité par souci de cohérence. Et interdire l’utilisation du diesel pour la pêche, qui envoie du CO2 dans l’atmosphère.

Papou69 : Est-ce que les « verts » du moyen-âge ont manifesté lors de la construction des moulins à vent? Ils font aujourd’hui partie du paysage!

Obéron : Mais les « verts » qui manifestent contre l’éolien sont plutôt « vert-brun », non ? Ils disent être pour davantage de nucléaire, soit, à condition bien sûr que l’emplacement des sites (centrales et stockage des déchets) soit soumis à approbation via un référendum régional, puisque leurs partis veulent que les citoyens consommateurs d’énergie décident de tout. Personnellement, je peux accepter des éoliennes dans ma commune (dans des endroits bien choisis), mais je ne veux pas de centrale nucléaire dans ma région. Et encore moins, bien entendu, de centrales thermiques fonctionnant aux énergies fossiles.

Méphisto : Il est symptomatique qu’ucun de ces opposants ne parle des retours d’expérience des multiples parcs éoliens offshore existant à l’international qui font l’objet d’amples évaluations scientifiques, certainement parce que cela démontrerait que leurs arguments ne tiennent pas la route.

Doudoudodudor : L’argumentaire des pécheurs est hallucinant. La destruction des fonds marins est quand même de leur fait avec leurs dragues et leurs chaluts. La polémique sur la fuite de 100 litres d’huile alors que les pécheurs en rejettent plus chaque jour avec leurs gros moteurs diesel refroidit à l’eau de mer était aussi hallucinante.

L.OURS : Dégradation du paysage côtier à Dunkerque par les éoliennes ? C’est une plaisanterie pour un bord de mer déjà complètement occupé par d’énormes installations portuaires ! Mais quand même 600 anti tout pour deux manifestations, cela vaut-il un article sur le sujet ? Remarquez, dans 50 ans, lorsque le Gulf Stream aura quasiment disparu de nos côtes, leurs enfants défileront pour qu’on implante des éoliennes, des centrales nucléaires ou des panneaux solaires autour de chez eux….

YV : Pour connaître un ingénieur de recherche qui bosse sur les éoliennes maritimes, celles-ci sont une chance d’un point de vue écologique et ressource halieutique: les zones d’exclusions qui les entourent permettent aux poissons de se reproduire, au bénéfice à long terme des pêcheurs.

marin du levant : Mouhahahahahaha Ils sont trop fort ces pechous ! Dans le genre protection du milieu naturel, s’il y a bien une catégorie qui ferait mieux de la boucler, c’est eux. Ratissage des fonds, exploitations jusqu’a extinction si les autorités n’y mettaient pas leur nez etc etc. Un peu de sérieux, les bases gravitaires ou les jackets sont des récifs artificielles qui vont augmenter la ressource du milieu, de plus les zones des éoliennes étant fermées a la pêche cela va permettre a la vie sous marine de reprendre et les abords des champs éoliens vont être des zones ou les pechous vont se battre pour mettre leurs filets ou lignes tellement ça va mordre.

PMF : A se demander comment font les Allemands, les Britanniques, les Neerlandais, les Danois, etc. Et leurs flottes de pêche. Tous ces arguments ne tiennent pas debout.

Morgenstern : Les arguments des anti-éoliennes sont totalement hallucinants ! On dirait qu’ils ignorent l’existence des plates-formes pétrolières, des centrales à gaz, des usines hydroélectriques ou même des… centrales nucléaires !

Silgar : Je ne suis pas vraiment pro-éoliennes, mais l’effet de récif des éoliennes offshore à base gravitaire est démontré : c’est positif pour la biodiversité marine.

Lazizou : Non aux énormes bateaux conteneurs, Non au énormes bateaux de croisière qui polluent sans états d’âme Non au chaluts qui raclent les fonds marins et détruisent faune et flore Non à la pêche intensive. Non aux serveurs sous marins qui réchauffent les mers Non aux plastiques qui non seulement polluent mais aussi tuent la faune Non aux dechets nucléaires qui pourrissent au fond des mers J’en passe sûrement, alors les éoliennes……c’est un peu la goutte d’eau pour noyer les vraies questions.

Don Lope : On ne s’en sortira pas. Les énergies fossiles nous tuent lentement, le nucléaire c’est dangereux, le solaire trop cher et l’éolien c’est pas beau dans le paysage. Donc aucune solution en vue pour contrer le réchauffement climatique à part le retour à l’âge de pierre de gré ou de force une fois que les écosystèmes se seront effondrés sur nous. Youpi !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 février 2021, Les faits divers, des faits qui font diversion

extraits : L’endoctrinement idéologique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. L’urgence écologique devient invisible de par la multiplicité des informations de tous ordres, mais le penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective.

2 février 2008, Avec ce blog, vous arrêterez de croire n’importe quoi

extraits : Avec la navigation sur le Web, nous sommes dans la bibliothèque de ­Babel, où l’on trouve toutes les vérités mais aussi tous les mensonges du monde. C’est la cacophonie de millions de personnes, le smartphone par exemple est non seulement un récepteur, mais aussi un émetteur de tweets. Chaque humain, qu’il soit n’importe qui ou président des États-Unis peut dire n’importe quoi sans être vraiment détrompé.

15 janvier 2014, L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

extraits : La secrétaire nationale d’EELV est interrogée au Grand Rendez-vous*. Aucune question sur l’écologie, pourtant la spécificité d’Emmanuelle Cosse. Mais six questions (sur 8) à propos des alcôves de l’Elysée du type : Aujourd’hui, la vie personnelle du président de la République est étalée en détail. Faut-il s’y faire ou s’en plaindre ?

Formation à la Désobéissance non-violente

Ce stage s’adresse aux militants expérimentés comme aux débutants. Il s’agira notamment d’apprendre à organiser des actions visant à défendre des droits sociaux de plus en plus menacés, les Droits humains et des animaux, l’avenir de la planète… Cette formation peut s’avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.Organiser une action non-violente, pour débutant.e.s ou expérimenté.e.s
Du 24 juillet 2021 à 9h30 au 25 juillet à 15h à Saint Antoine l’Abbaye (38)

suivie d’une conférence gesticulée avec Xavier Renou :

Sans haine, sans arme, sans violence : De l’Ixérisme à la Désobéissance civile.

Pédagogie : 40€
Pension complète à l’Arche de Saint-Antoine à partir de 66,50€ (réductions possibles)
Inscriptions / hébergement : en remplissant le formulaire ici

Pornographie, une sexualité trop simplifiée ?

Maïa Mazuarette : Aucune pratique culturelle ne devient un fait social par hasard. C’est un paradoxe de la sexualité contemporaine : le X, personne n’aime ça, mais tout le monde en consomme. Comment expliquer le succès planétaire, écrasant, d’une production répétitive et médiocre ? Les gens ne sont ni fous, ni stupides, ni masochistes. S’ils regardent, c’est qu’il y a une raison. Et même plusieurs raisons. Du côté des hommes hétérosexuels, la satisfaction de désirs masculins. Les règles de la séduction « dans le réel » paraissent impénétrables. La profusion des possibles en vidéo fonctionne comme une compensation du réel. Le film pornographique abolit la lenteur-relation, la négociation de la cour, en devenant un simple rapport sexuel. La pornographie est incroyablement accessible, une manière de pacifier les frustrations du quotidien. Et du côté des consommatrices, alors ? La réciprocité ? Hors sujet ! Bien sûr, une meilleure éducation sexuelle permettrait de mettre en pratique une sexualité exubérante – plutôt que de la regarder défiler sur son écran. Pour faire reculer le X, il faut proposer une utopie sexuelle concrète – en proposant un soulagement érotique plus efficace et plus généreux.

Marius Albufera : C’ est le discours social sur la sexualité qui rend la pornographie honteuse : le décalage est de plus en plus grand entre ce qui se passe dans les esprits et la façon dont on voudrait que la sexualité soit. Plus personne ne peut dire ouvertement qu’ il a envie de sexe, tout simplement. Le scandale du porno, c’ est le scandale sexuel: désirer agir avec son corps en dehors des normes sociales de retenu prescrites ailleurs et publiquement. On rêve d’ une société de cour…

John Morlar : Ce qui a beaucoup évolué depuis 30 ans dans ce domaine, c’est la violence qui s’est installée. Du temps de mon adolescence Canal +, je me souviens de films plutôt bon enfant. Les acteurs faisaient semblant de se séduire, de faire l’amour et d’y prendre du plaisir, dans des situations somme toute assez classiques. Ayant eu l’occasion de voir l’extrait d’une récente vidéo, j’ai eu l’impression d’assister à une scène de viol. Tout est dans la domination, les pratiques extrêmes et la violence. Le côté bon enfant avait complètement disparu. Les acteurs, patibulaires, semblaient échappés du bagne, les filles hystériques, tatouées des pieds à la tête, subissaient toutes les humiliations possibles. Assez cauchemardesque je dois dire. Effectivement si les enfants voient ça, en terme d’éducation sentimentale !

HdA : Et Maïa de souhaiter « une séduction masculine mieux travaillée ». Un diplôme universitaire sur les méthodes de séduction sera requis pour tout mâle postulant. Et la femme devra prouver qu’elle ne fait aucun effort à part appuyer sur le bouton « #metoo » au bon moment.

Arto : Compliqué, la séduction à notre époque. La dernière fois je suis allé au ciné avec une collègue. Elle arrive avec une jupe courte. J’hésite dans le noir à tenter une approche en lui posant ma main sur la cuisse. Et puis je me suis dit qu’elle pourrait m’accuser de harcèlement sexuel. J’ai donc laissé tomber et me suis fait une branlette une fois à la maison. C’est plus prudent.

Philou @ Arto : Oui enfin vous pourriez aussi lui parler. Bref utiliser pour communiquer ce machin où vous enfournez de la nourriture trois fois par jours.

le sceptique : Le marché de la sexualité est renouvelable, sobre en matière première et en carbone (si les serveurs du X sont alimentés par des énergies vertes), peu polluant. La consommation de pornographie pourrait marquer le pas si l’on favorisait l’économie en circuit-court, en encouragent la prostitution réglementée de proximité bien plus charnelles que les écrans 5G. Air B&B pourrait aussi songer à une déclinaison où le sens des « B » serait un peu changé.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 février 2019, Nature de la sexualité et droit à la sexualité

extraits : Les bonobos ne s’embarrassent pas de lois contraignantes, mâles et femelles aiment faire l’amour, point final.

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

extraits : Tout le monde gagnerait à une réelle égalité dans l’érotisme. Le jour où les femmes se sentiront parfaitement autorisées à exprimer leur désir, où l’entreprise de la séduction sera réellement partagée, elles ne seront plus des proies et ne se percevront plus comme telles. Encore faut-il qu’elles aient la possibilité de devenir aussi entreprenantes que les hommes, aussi actives.

JK Rowling nie l’identité de genre

Une controverse relayée par LE MONDE nous permet de mieux différencier nature et culture. Comme l’exprime le mensuel La Décroissance, « Plus l’homme s’érige en maître et en finalité de tout, plus le monde devient inhumain et idiot ».

Joanne K. Rowling : « If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)

Olivia Chaumont, née Olivier et militant(e) de la cause trans,  commente dans un tribune du MONDE:

« Rowling nous dit que les trans ne peuvent pas effacer leur sexe biologique et, par conséquent, se revendiquer femmes ou hommes. C’est méconnaître qu’il y a trois déterminants de l’identité d’une personne : le sexe biologique, le sexe social et le genre. Le premier se définit par les marqueurs génétiques et chromosomiques (mâles ou femelles), le deuxième par la reconnaissance sociale (homme ou femme), et le troisième par un concept culturel (masculin et féminin). L’identité de genre, où s’insère la notion de sexe social, s’oppose totalement au déterminisme ancestral qui veut que les critères « naturels » du sexe définissent le genre. Le genre ne se tient pas entre les jambes mais entre les oreilles !« 

Orion sur lemonde.fr : Tiens, voilà un nouveau procès en sorcellerie fait à JK Rowling ! N’en déplaise à l’auteur(e) de ce commentaire douteux, JK Rowling privilégie à raison la biologie à l’idéologie. Forcément cela déplaît à certaines personnes qui voudraient que l’inverse s’impose, le tout sur fond de victimisation permanente de cette minorité. Fatigant…

Lizandre : Olivia Chaumont passe à côté du sujet. Dans son tweet ironique, JK Rowling tournait gentiment en ridicule le remplacement de « femme » par « personne qui menstrue ». Alors c’est vrai que dire « femme » exclue l’infime % de personnes qui menstruent et qui pourtant s’identifient comme « homme » ou « masculin ».

alain sager : Il y a quand même une question soulevée ici, et qui n’est pourtant pas formulée. Au fond, quelqu’un peut se sentir, au cours d’une même journée, homme ou femme, si toutefois la distinction a totalement un sens. Dans son for intérieur, par l’imagination ou le rêve, l »individu peut vagabonder au gré des appartenances. Alors, pourquoi choisir l’extériorité, au prix de transformations physiques ostentatoires ? N’est-ce pas parce qu’à notre époque, le visible prime sur l’invisible, le superficiel sur le profond, le physique sur le spirituel ? La question me paraît dépasser le simple point de vue du nécessaire libre choix individuel, et de l’indispensable tolérance à l’égard des mœurs de chacun.

RV75 : Chacun ou chacune peut se prétendre ce qu’il ou elle veut en matière de genre cela ne me dérange absolument pas. Cependant l’homme qui se veut femme ne le sera jamais, elle n’est que l’idée qu’elle se fait d’un homme.

Alexandre Faulx-Briole : Le fait que la personne (substantif féminin qui désigne un être humain sans préciser s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle) qui a écrit cette tribune se présente comme « militante de la cause trans » laisse planer un doute sérieux sur l’objectivité de ses propos. Pour moi, et dussé-je avoir à supporter les sarcasmes de certains, les êtres humains naissent homme ou femme (mâle ou femelle), et pas les deux à la fois ; que les progrès de la médecine et de la chirurgie permettent à certains de gommer ou de développer des organes que la nature et la naissance ne leur ont pas attribués ne change rien.

Chardon Marie : Olivia, encore une victime du virtuel. Il y a une réalité biologique qu’on appelle le sexe et une réalité psychologique qu’on appelle le genre. Point. On n’est pas une « cis » femme ou un « cis » homme. On naît homme ou femme, à part quelques personnes androgynes. Plus tard, on se construit une identité, en fonction de la société où l’on évolue. On connaît l’anatomie du clitoris seulement depuis les années 1980, on ne sait toujours pas guérir l’endométriose, on meurt toujours en couches, et il faut en plus se taper les aigreurs d’une poignée de trans en mal de célébrité ! Non, il ne suffit pas de dire « je suis une licorne et je pète des arc-en-ciel » pour devenir une licorne.

A2lbd : Il est fascinant de voir combien les avocats de cette théorie du genre deviennent rapidement d’implacables procureurs dès qu’ils sont contredits. Cela prouve combien leurs bases théoriques sont fragiles et combien le débat qu’ils apportent sur la place publique ne provient pas d’une démarche scientifique mais bel et bien d’une question de foi. Une de plus….

Albert Parsons : Personnellement je me sens l’âme et le corps d’un homme de 30 ans, mais ce n’est pas ce que dit ma carte d’identité. Cette discrimination systémique d’Etat m’est insupportable, j’exige qu’on rectifie mon âge qui ne correspond pas à mon sentiment profond. C’est mon droit. Toute assignation à une identité fixe est nulle et non avenue. Je ne reconnais que le marché comme lieu libre d’épanouissement.

le sceptique : Artificialiste, je suis ouvert à tous les jeux possibles avec « la nature », notamment les changements de sexe biologique. Mais dans l’ordre public (que je souhaite minimal), relevant forcément de la loi du nombre (voilà pourquoi il faut que ce soit minimal, le nombre est horrible!), je ne souhaite pas réécrire des codes au gré de chaque minorité qui voudrait y inscrire une reconnaissance par tous. Construisez votre vie dans les espaces privés, les réseaux privés, les affinités privées : un multivers libre. Que le domaine public soit seulement un distributeur de fric et de coups de bâton pour les primates qui agressent encore leur voisin.

Grabotte : L’insistance des hommes trans à vouloir utiliser les toilettes féminines ou concourir dans les championnats sportifs féminins revient à nier l’existence des femmes en tant que catégorie sociale (en cours d’émancipation). C’est une intrusion du masculin dans le féminin. JK Rowling dénonce cela et je suis parfaitement d’accord avec elle. Mais libre aux individus de se mutiler et se mettre les prothèses qu’ils veulent pour ressembler à l’autre sexe. Ils ne transitionnent pas vers l’autre sexe, ils s’inventent un no man’s land.

Mètre des phynances : de toutes façons, il est techniquement impossible de changer de sexe, il est déterminé à l’instant de votre conception, selon que le spermatozoïde fécondant est X ou Y. Après, il est toujours possible de modifier artificiellement l’apparence physique (au prix d’opération parfois mutilantes) et les caractères sexuels SECONDAIRES (au prix d’un traitement hormonal non dénué de risques et d’effets secondaires) mais à moins de changer l’ADN de la totalité de nos cellules, un individu de sexe masculin (génétiquement s’entend) restera un individu de sexe masculin, et inversement. A-t-on le droit de rappeler des évidences scientifiques sans risquer un procès et/ou un lynchage sur les rézosocios ?

Furusato : J’ai de l’empathie pour l’humanité qui est foutrement tordue. Moi-même je suis un rien tordu, mais les chouineur(se)s divers que la génétique a foutu dans l’embarras jusqu’au niveau du cerveau feraient bien de se calmer.