Biosphere-Info, Emmanuel Macron l’anti-écolo

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois sur notre blog biosphere. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Emmanuel Macron, plutôt droite, parfois gauche, toujours anti-écolo… Voici la chronique d’un homme qui a osé « Make Our Planet Great Again » le 1er juin 2017 et qui a fait tout le contraire depuis son accession à la présidence ! Lors de son allocution « déconfinement » le 14 juin 2020, aucune allusion aux nombreuses analyses selon laquelle la période post-covid devrait être fondamentalement différente du « business as usual ». Plutôt que la lampe à huile il a récemment choisi la 5G, l’idée de sobriété partagée n’est pas dans son logiciel. Quelques extraits de notre blog biosphere pour mieux cerner le macronisme :

17 septembre 2020, Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

La demande d’un moratoire sur la 5G faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile »…..

11 août 2020,Macron, le magicien de l’écologie politique

Entrez, entrez, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! L’écologie politique a trouvé son Grand Illusionniste, il s’appelle Emmanuel Macron. Ce qui sort de son chapeau s’appelle relance verte, 7 tours de magie font croire que l’on fait quelque chose. – Tour n°1 : réinventer la démocratie participative…..

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser…..

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche : « Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social »…..

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre…..

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

La transition écologique, un des quatre thèmes du grand débat national, un débat déjà sans avenir. Les anti-écolos s’agitent : le syndicat agricole FNSEA a demandé que l’on revienne sur l’interdiction du glyphosate, tout comme la CGT voudrait un « moratoire » sur la fermeture des centrales à charbon. Dans sa lettre, Emmanuel Macron ne se montre guère précis, il ne parle même pas de la taxe carbone. Sur les problématiques de transport, de chauffage ou d’alimentation, le chef de l’État évoque des solutions locales sans autre précision. Sur la biodiversité, il livre une phrase cryptées car le débat est cadré dans son aspect le plus technocratique…..

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc….

8 décembre 2018, Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

Écoutons la réponse d’un vieux sage qui, à la question du MONDE (Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à agir en faveur de l’environnement. Peut-il réussir ?), répondait ainsi : « Non. Il n’est pas différent des autres. Les problèmes engendrés par le changement climatique et la pollution exigent de déployer des mesures extrêmement coûteuses à court terme mais dont les effets ne se mesureront pas avant des décennies. Aucun homme politique ou parti ne remportera une élection avec un tel programme. C’est la limite de la démocratie, qui a échoué à traiter le problème environnemental – même si elle reste le meilleur régime que nous connaissions… Mais les politiques peuvent bien faire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux. » (LE MONDE du 3 décembre 2018, Dennis Meadows : « La démocratie a échoué à traiter le problème environnemental ») ….

10 septembre 2018, Les ennemis de l’écologie qui se disent écologistes

Nicolas Hulot a démissionné fin août de son poste de ministre de l’écologie. Il avait essayé de faire bouger les lignes en rentrant au gouvernement. Il savait pourtant que sa force était à l’extérieur, parce qu’il pouvait mobiliser l’opinion, parce qu’il pouvait dialoguer avec les politiques et les mettre face à leurs contradictions. Mais il a eu l’espoir que sa présence en tant que ministre pouvait faire bouger la situation utilement et non pas simplement symboliquement. Il a constaté au bout de 14 mois « au pouvoir » que sa volonté de mettre en place une écologie de rupture avec le système dominant se heurtait à des résistances trop fortes. Nicolas pose clairement le problème de fond : « Quel compromis peut-on trouver entre notre idéal et le monde tel qu’il est, avec son inertie, sa résistance et sa dynamique fulgurante. Si notre combat était partagé par le plus grand nombre, nous l’aurions déjà mis en chantier… Il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » ….

31 août 2018, Alain Hervé : « Le roi (Macron) est nu »

La présence d’un lobbyiste pro-chasse lors la réunion sur la chasse à l’Élysée le lundi 27 août 2018 a fait comprendre à Nicolas Hulot les limites de ce qu’il pouvait entreprendre à son poste de ministre. Il a cru pendant quatorze mois pouvoir être utile à l’écologie. Mais l’incompréhension fondamentale de Macron sur l’évolution d’une société engagée dans une démarche suicidaire collective devient flagrante. Démarche suicidaire résultant de l’explosion démographique et de la course en sac économique à laquelle elle se livre. Une petite démagogie électorale, en vue des Européennes, auprès de 1 200 000 chasseurs lui est apparue plus urgente…..

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

Il n’a jamais été question d’écologie mercredi soir pendant les 2h30 qu’a duré le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est bien sûr d’abord la faute des deux accompagnateurs de ce pugilat, journalistes qui se sont cantonnée des traditionnelles questions générales types « emploi » ou « terrorisme ». C’est aussi la faute d’une candidate de l’extrême droite dont on connaît la répulsion vis-à-vis des questions écologiques. C’est plus surprenant de la part du candidat ni droite ni gauche qui avait su attirer des personnalités issues de l’écologie politique de droite, de gauche et du centre…..

24 avril 2017, Macron président, quelles perspectives écologistes ?

Sur ce blog biosphere, exprimons d’abord notre déception à la lecture du programme de Macron qui nous était envoyé par la poste. Sur les six chantiers, éducation, travail, économie, sécurité, démocratie et international, rien d’explicitement environnementaliste alors que l’urgence écologique est un fait scientifiquement avéré. Croire qu’un « nouveau modèle de croissance » peut réconcilier « transition écolo, industrie du futur et agriculture de demain » est le fourre-tout habituel des promesses plus vagues tu meurs…..

10 octobre 2016, Emmanuel Macron, un programme écologique pervers

Nous nous sommes penchés sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il est pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Il fait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Il adopte le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. Les start-up ont une bannière, la French Tech. Et un objectif : inventer l’économie française de demain qui sera nécessairement positive. » Il est pour l’impossible perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » …..

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

Jusqu’à présent les soi-disant impératifs de l’économie l’emportent largement sur les nécessités écologiques. Le projet de loi Macron ne fait pas exception. L’article 28 proposait de confier au gouvernement le pouvoir de décider lui-même par ordonnance « des projets publics et privés ayant des incidences sur l’environnement »…..

Douze idées fausses sur la surpopulation

Douze des principales idées niant l’idée de surpopulation sont réfutées aux Pays Bas, overpopulationwareness :

Idée fausse nº 1 Il y a suffisamment d’aliments pour tous les habitants de la Terre, c’est vrai aujourd’hui et dans le futur. Le problème, c’est la répartition inégale. Dans les pays riches, il y a abondance, dans les pays pauvres, pénurie.

Réaction. Par définition, la surpopulation est une situation dans laquelle une région ne peut pas répondre aux besoins de ses habitants. Selon cette définition, les pays riches et les pays pauvres peuvent être surpeuplés : les pays riches parce qu’ils importent des produits alimentaires de l’étranger, et les pays pauvres par manque d’opportunités de créer leurs moyens de subsistance pour leurs habitants. Le transport de produits alimentaires entraîne des émissions considérables de dioxyde de carbone ce qui contribue par conséquent au changement climatique, avec les problèmes agricoles croissants qui en découlent. Une répartition plus équitable des aliments sur la planète impliquerait plus de transport et donc plus de consommation d’énergie.

Idée fausse nº 2 Les habitants des pays pauvres consomment moins et créent bien moins de pollution que ceux des pays riches. L’appauvrissement des sols et le changement climatique dû aux gaz à effet de serre sont la conséquence de la surconsommation des pays riches. Les pays pauvres ne sont en aucun cas responsables de cela. Le véritable problème ne devrait pas s’appeler surpopulation, mais surconsommation.

Réaction. Si les pays riches consommaient et polluaient bien moins, cela résoudrait certes de nombreux problèmes. Mais les pays émergents comme la Chine et l’Inde évoluent vers le même modèle de consommation que les pays riches. En bref, moins il y aurait de personnes qui vivraient ici, mieux ce serait. Et également, moins il y aurait de personnes qui vivraient là-bas, mieux ce serait.

Idée fausse nº 3 Nous avons besoin de plus de jeunes pour éviter que notre population ne vieillisse. Qui d’autre maintiendrait l’économie en marche et paierait nos retraites ? Et qui d’autre prendrait soin des personnes âgées ?

Réaction. On peut avancer plusieurs arguments contre les avantages de soutenir les taux de natalité ou attirer les jeunes migrants. En premier lieu, ces mesures ne feront que déplacer le problème : ces jeunes vieilliront également et qui prendra alors soin d’eux ? En second lieu, même si la population actuelle vieillit, il y aura toujours une capacité de travail en plus. De nombreuses personnes travaillent à temps partiel ou cherchent du travail. Enfin, les dépenses supplémentaires liées aux personnes âgées seront économisées sur les coûts liés aux jeunes et aux chômeurs.

Idée fausse nº 4 La surpopulation n’est pas la cause de la pénurie alimentaire dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient, c’est plutôt la guerre et la pauvreté. Peu importe si les habitants sont plus ou moins nombreux à un endroit. Si vous avez la malchance d’y habiter, vous souffrirez de famine.

Réaction. La guerre et la pauvreté sont plus la conséquence de la surpopulation qu’une cause de pénurie alimentaire. Dans pratiquement toutes les zones de conflit au Moyen-Orient (en Syrie, au Yémen) et en Afrique (Somalie, Érythrée) la pénurie alimentaire est due au manque d’eau, de pâturages et de terres arables par rapport à une population trop nombreuse. Si les autres ont plus que vous et ne veulent pas partager, vous irez vous servir vous-mêmes, et une guerre éclatera.

Idée fausse nº 5 C’est un droit fondamental et un choix individuel d’avoir des enfants. Le Gouvernement ne peut pas interférer avec cela. Après tout, nous n’habitons pas en Chine.

Réaction. L’article 16 de la déclaration universelle des droits de l’Homme précise que les hommes et les femmes ont le droit de se marier et de fonder une famille. Toutefois, si ce droit est exercé sans restriction, cela peut entraîner la violation d’autres droits de l’Homme en raison de la surpopulation comme par exemple le droit à un niveau de vie spécifique (article 25), lorsque les enfants issus de familles nombreuses se trouvent dans des situations de pénurie. En outre, le Gouvernement interfère déjà de puis longtemps avec les niveaux de reproduction sous la forme d’allocations familiales, d’avantages fiscaux pour les familles ou de réduction des impôts sur les frais de garde.

Idée fausse nº 6 Les scénarios catastrophe prévus, de pénurie alimentaire en raison de la surpopulation, ne se sont pas réalisés. Malthus et le Club de Rome se sont trompés. La technologie dans l’agriculture a toujours trouvé des solutions : la Révolution verte du siècle dernier et à présent les cultures génétiquement modifiées.

Réaction. Nous entrons dans un cercle vicieux : une production alimentaire supérieure évite les famines. Plus de personnes restent donc en vie, ils se reproduisent et ont besoin d’une production alimentaire supérieure en vue de nourrir un nombre croissant de bouches affamées. Ce cercle vicieux sera rompu de manière très violente dès que la production alimentaire ne pourra plus répondre aux besoins d’une population croissante. C’est déjà le cas dans de nombreuses régions. 10 % de la population mondiale est encore sous-alimentée.

Idée fausse nº 7 Dès qu’on parle de contrôle des naissances, cela est toujours associé aux pays en développement. Les habitants de ces pays doivent limiter le nombre d’enfants qu’ils ont comme le demandent les pays riches. Cela m’a tout l’air de propos racistes.

Réaction. De nombreuses femmes des pays en développement ont besoin de planification familiale mais elles ne peuvent pas y recourir vu la culture ambiante sexiste et pro-natalité. Trop souvent les jeunes femmes sont mariées très tôt et le mari décide du nombre d’enfants. Il s’agit pas de racisme quand on veut la libération de la femme par sa maîtrise de sa fécondité.

Idée fausse nº 8 À l’échelle de la planète, le nombre de naissances par femme baisse sans cesse. On se limite à deux enfants, le seuil de renouvellement des générations.  La population mondiale se stabilisera donc à dix milliards d’habitants d’ici à la fin du siècle et elle diminuera même après cela.

Réaction. Ce n’est qu’une hypothèse. Si les taux de fertilité des années 2005 – 2010 persistent, nous terminerons avec 27 milliards de personnes. Mais même si les prévisions moyennes s’avèrent, le nombre d’habitants sera trop élevé par rapport aux ressources globales disponibles. On a calculé que la population mondiale actuelle d’environ 7,5 milliards de personnes pourrait vivre durablement au niveau de prospérité que nous connaissions dans les années 50. Cela signifierait soit un énorme pas en arrière pour les pays riches, soit une réduction importante du nombre des habitants.

Idée fausse nº 9 Le fait d’insister sur le contrôle des naissances constitue une manière d’opprimer les femmes. On considère qu’une grossesse n’est pas souhaitée uniquement parce que cela limite leur disponibilité pour accéder au marché du travail. Cela va à l’encontre du désir d’épanouissement des femmes.

Réaction. En principe, les femmes sont libres de céder à leur désir d’avoir des enfants. La loi doit les protéger pour qu’elles puissent avoir des enfants comme elles le souhaitent. Toutefois, dans la situation actuelle de surpopulation, le soutien de la natalité par le Gouvernement n’est pas souhaitable. Le Gouvernement ne devrait pas discriminer les personnes qui n’ont pas d’enfants par rapport à ceux qui en ont.

Idée fausse nº 10 Les migrations et la surpopulation sont deux problèmes différents. Les migrants sont déjà là. Ils se déplacent mais leur nombre reste le même. Ils devraient bénéficier de la liberté de choisir leur lieu de résidence dans le monde.

Réaction. Dans la situation actuelle de surconsommation dans les pays riches, avec des conséquences désastreuses sur l’environnement, le nombre de personnes qui acquièrent ce niveau de vie devrait être considérablement réduit par le contrôle des naissances et par l’arrêt de l’immigration. Les pays riches peuvent accueillir des migrants uniquement après avoir réduit drastiquement leur propre population et leur niveau de consommation.

Idée fausse nº 11 La surpopulation ne peut pas être un problème grave car le Gouvernement n’en parle pas.

Réaction. La question malthusienne est taboue. Les partis chrétiens considèrent que les grandes familles sont essentielles pour la société, les partis de gauche estiment que la procréation est un droit fondamental de l’Homme, et les néolibéraux considèrent avant tout les personnes comme des consommateurs et une force de travail. À droite, on s’oppose à l’immigration mais pas en raison de la croissance de la population.

Idée fausse nº 12 L’histoire nous a montré que la technologie permet de résoudre toute une série de problèmes. Pourquoi ne serait-ce pas également  le cas de la surpopulation ?

Réaction. Avec la technologie, on peut penser à la production alimentaire, au génie génétique et à la gestion de l’eau. Mais remarquons que la technologie a de fait résolu tous les problèmes dès le siècle dernier : l’invention des modes de contraceptions modernes offre la possibilité aux personnes d’avoir des relations sexuelles sans avoir d’enfants et d’ajuster leur nombre en fonction de leur situation.

En France le site de Démographie Responsable fait des analyses similaires (en 30 points) sur sa page « éléments du débat autour des questions les plus fréquentes » :

https://www.demographie-responsable.org/component/pagebuilderck/page.html?id=15

« Tech for good », un écran de fumée

L’entreprise ne va pas sauver le monde : Véritable virus sémantique, le « good » se répand aujourd’hui à une vitesse accélérée. Le good, c’est rien moins que le Bien transformé en biens marchands. Le good, c’est un nouveau mot d’ordre positif qui communique plus d’énergie qu’un terme poussiéreux comme Responsabilité sociale des entreprises [RSE]. Ce nouveau phare lexical capte rapidement l’attention et détrône le terme « disruption » au firmament du psittacisme*. Au temps des bullshit jobs, il répond opportunément à un désir de sens de plus en plus manifeste. Après avoir affiné leur purpose (en gros, ce qu’ils proposent), les entrepreneurs français qui se reconnaissent dans ce mouvement peuvent se ranger sous la bannière de la Tech for Good, puissante organisation professionnelle ayant ses entrées dans les plus hautes sphères du pouvoir. Avant, soit on faisait de l’argent, soit on faisait le bien. Puis on s’est aperçu qu’on pouvait faire les deux, d’où le développement de ce que l’on nomme l’impact investing. Truffé d’anglicismes, le jargon de cet entreprenariat éthique fait parfois penser au champ lexical de Jean-Claude Van Damme.

Un des nombreux problèmes du good, c’est qu’il repose sur une idée du bien commun très fluctuante dans le temps et dont la concrétisation peut potentiellement générer des effets négatifs inattendus. Prenez par exemple ceux qui ont commercialisé les pesticides : au départ, ils étaient persuadés d’être dans le vrai, de lutter contre la faim en augmentant les rendements. On a vu la suite. Qui peut dire aujourd’hui ce qui est vraiment « good »? Les mots sont-ils devenus à ce point vides de sens ?

Le discours sur la “tech for good” est un écran de fumée : si les Français se montraient héroïques dans leurs comportements quotidiens, il en résulterait une baisse maximale de 25 % de leurs émissions de CO2. La tech for good, c’est l’équivalent de ces écogestes, juste un moyen de se donner bonne conscience. Même si certaines de ces initiatives peuvent avoir un impact positif, leur poids global dans la lutte contre les grands problèmes tels que le réchauffement restera marginal.Mais ce discours sur la tech for good, porté notamment par les pouvoirs publics, fonctionne comme un écran de fumée qui permet de masquer le manque d’action nécessaire à une échelle systémique, structurelle. On l’a vu avec le gouvernement Macron et ses nombreuses reculades en matière écologique. Au lieu de remettre en question le dogme de la croissance, qui est irréconciliable avec la sauvegarde de la planète,on reste dans le régime du progrès qui s’est installé au XIXe siècle, en déléguant aux entreprises la résolution des grands problèmes de société !

Le « goodwashing » lave plus blanc que blanc : Quand la multinationale Total lutte, avec son réseau de stations-service, contre le gaspillage alimentaire en partenariat avec la start-up Too Good To Go, on se dit que la ficelle éthique est pour le coup un peu trop grosse. Chaque repas « sauvé » est transformé en équivalent CO2 et laisse penser que l’on lutte vertueusement pour le bilan carbone de la planète. Anecdotique, voire cocasse, pour un groupe dont le modèle repose sur la dilapidation des énergies fossiles. Mais peut-être sommes-nous un peu trop dogmatiques ?

* psittacisme : Répétition mécanique (comme par un perroquet) de phrases que la personne qui les dit ne comprend pas.

Que lire en ces temps de (re)confinement

Recensions de livre grâce à l’association JNE
..• Que crève le capitalisme, ce sera lui ou nous – Hervé Kempf (JNE) – >> lire
..• Sauvons les forêts – les 10 actions pour (ré)agir ) – Nathalie Tordjman (JNE) – >> lire
..• La fabrique de l’obésité, enquête sur un fléau planétaire – Yves Leers (JNE) – >> lire
..• Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons – Rob Hopkins – >> lire
..• Réparons le monde – Humains, animaux, nature – Corine Pelluchon – >> lire
..• Bienvenue dans ma maison zéro déchet – Julie Niel-Villemin. Illustrations Bérengère Staron – >> lire
..• L’agenda 2021 du jardinier bio – Blaise Leclerc – >> lire
..• Flore de Dordogne – Bernard et Nicole Bédé – >> lire
..• Une vigne bio dans mon jardin – Sonja et Toni Schmid – >> lire
..• Des arbres fruitiers dans mon jardin – Jean-Marie Lespinasse et Danielle Depierre-Martin – >> lire
..• Identifier arbres et arbustes en toutes saisons – Rita Lüder – >> lire
..• L’Adieu aux insectes ? Pourquoi ils disparaissent – Vincent Albouy, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart – >> lire
..• Le lièvre invisible – Olivier Borne et Michel Bouche – >> lire
..• L’exode urbain. Manifeste pour une ruralité positive – Claire Desmares-Poirrier – >> lire
..• Comment saboter un pipeline – Andreas Malm – >> lire
..• Le tour du France du littoral. Regard d’un géologue – François Michel – >> lire

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Opinions et débat

Climat : jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? par Michel Sourrouille >> lire

Vive l’ensauvagement par Jean-Claude Génot >> lire

Catastrophe Lubrizol : l’absence de contrôles par Gabriel Ullmann >> lire

Bye, bye, l’âme des étangs de Corot par Bernard Boisson >> lire

Tchekhov, un écolo du désespoir par Jane Hervé >> lire

L’écologie en quête d’incarnation nationale .. par Michel Sourrouille >> lire

232 000 avortements en France, insuffisant ?

Plus de 232 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été pratiquées en France en 2019, soit environ une pour trois naissances. C’est le plus haut niveau constaté depuis trente ans. Depuis l’autorisation des IVG par voie médicamenteuse en 2001, le nombre d’avortements chirurgicaux est en baisse constante. En 2019, 70 % des IVG ont été pratiquées de façon médicamenteuse, contre 30 % en 2001. Par ailleurs, près d’une IVG sur cinq est réalisée entre la 10e et la 12e semaine de grossesse, délai légal maximal.

Les pays nordiques connaissent un taux faible d’IVG grâce à une information généralisée à la sexualité. Au contraire  dans les pays Anglo-Saxons la sexualité n’est jamais évoquée et les taux de grossesse chez les mineures sont les plus élevés du monde occidental. En France, la sexualité comme la contraception sont des sujets dont on parle peu en famille, et avec gêne dans le cadre scolaire. Les jeunes filles ont les mêmes craintes, les mêmes problèmes qu’il y a des décennies, mais amplifiés par Internet et la pornographie. Il est vrai aussi que les mentalités sont profondément natalistes, empêchant de manière pernicieuse le contrôle personnel de sa fécondité. Malthus devrait être un nom connu de tous, le néo-malthusianisme devrait être enseigné dans toutes les écoles françaises, à commencer par les collèges.

En 1971 Paul Ehrlich publie « la bombe P » : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. L’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe. Il s’agira en particulier de découvrir des valeurs nouvelles pour remplacer ce sentiment de plénitude que la femme retire du don de la vie, et cette satisfaction de l’ego engendrée chez le père par le spectacle d’une nombreuse progéniture. Admettons que les États-Unis inaugurent enfin une politique démographique sensée dans le pays : nous aurons alors la possibilité de proposer une solution à l’échelle mondiale. » Un livre de Michel Sourrouille, à paraître en octobre prochain, fait le point sur tout ce qui concerne la maîtrise de la fécondité : « Arrêtons de faire des gosses, comment la surpopulation nous mène à notre perte » aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte).

Pour en savoir plus sur l’IVG grâce à notre blog biosphere :

31 juillet 2020, Avortement, euthanasie… droit à la mort

19 avril 2018, tout savoir sur l’IVG

21 février 2018, On interdit l’avortement, donc nous manquons d’eau

14 août 2017, Pas besoin d’aiguille à tricoter pour avorter

3 juillet 2017, Les malthusiens se rappellent du courage de Simone Veil

29 novembre 2014, L’avortement serait-il contraire à la nature humaine ?

21 janvier 2014, avorter, une nécessité sur une planète saturée d’humains

17 juillet 2013, Pour limiter le nombre de morts, vive l’avortement…

25 janvier 2011, l’avortement dans la dignité

Croire au progrès, un vrai obscurantisme

Emmanuel Macron veut faire passer en force le passage à la 5G. Au lieu d’argumenter, il ironise sur ceux qui préféreraient « le modèle Amish » et le « retour à la lampe à huile » au modèle français incarné par « les Lumières » et « l’innovation ». Mais son « haro sur les écolos » révèle une crainte devant l’émergence d’une alternative à la société thermo-industrielle et à son croissancisme effréné. Loin d’être totalitaire,l’écologie politique est totalisante, elle repense la totalité de l’existence, mettant en évidence nos multiples interdépendances avec le vivant, avec les écosystèmes, avec la planète. Nous sommes Terriens bien avant d’être des humains. L’écologie devient la religion du XXIe siècle, une religion ancrée dans le réel biophysique et non une croyance en un dieu abstrait et invisible, une religion éclairée par l’écologie scientifique qui ne repose pas sur des arguments d’autorité, une religion qui relie et qui rassemble au sens profond du mot « religion ». L’écologie est une alternative au récit bien plus productiviste que progressiste qui a structuré aussi bien le libéralisme que le socialisme. Emmanuel Macron reproche à certains écologistes d’être obscurantistes, anti-Lumières et de prôner un retour en arrière. Mais la religion du progrès s’est transformée en croyance aveugle, tout ce qu’on peut faire techniquement doit être réalisé, peu importe les conséquences. Toute hésitation sur une avancée technologique relèverait d’une tentation nostalgique, toute interrogation sur une technique est vue comme une régression de Khmers verts et autres ayatollahs de l’écologie.

Or qu’est-ce que les Lumières, sinon la définition qu’en donnait Emmanuel Kant en 1784 : « Ose savoir ! » Questionner la pertinence d’une technique, c’est s’inscrire dans l’héritage des Lumières qui prônaient un usage de la raison critique. Les politiciens, toujours en retard d’une guerre à l’image de Macron, montrent leur vrai visage d’obscurantistes patentés : « On ne pourra pas avoir de transition écologique ni rester compétitif sans utiliser les technologies et notamment les objets connectés qui s’appuient sur la 5G » (Laure de La Raudiere, Agir ensemble) ; « On ne met pas assez dans la balance ce que la 5G va représenter en termes d’économies au-delà de l’amélioration des services » (Eric Bothorel, LRM). Les obscurantistes vont de l’avant, les premières enchères pour l’attribution des fréquences 5G débutent dès le 29 septembre avant toute analyse sérieuse avantage/coût de cette technologie.

Au sens des technophiles, si vous n’allez pas tout droit, vous ne pouvez que « revenir en arrière », ce qui veut dire à leur avis « régresser ». Que cet argument soit encore considéré comme imparable, au moment même où le monde brûle parce que le « train du progrès » nous a menés au désastre, a quelque chose de désespérant. Le président Macron et ses sbires feraient bien de se renseigner un peu sur « le modèle amish » qu’on a cru bon de ridiculiser, car lui au moins a l’avantage de faire discuter la communauté concernée sur l’ajout ou non de telle ou telle innovation. L’écologie, c’est la méfiance informée à propos de décisions politiques ou techno-économiques prétendument irréversibles. Faudrait-il cesser de vouloir apprendre ? Faudrait-il s’aveugler volontairement ? Tout se passe comme si les tenants du cliché progressiste ne voyaient derrière eux que le vide et devant eux qu’un mirage. Et c’est vrai qu’ils ont fait le vide en pillant la planète. Comme l’exprimait Jacques Chirac devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesburg, « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Comment ignorer les faits au moment même de l’année la plus chaude jamais enregistrée à cause d’un réchauffement climatique provoqué par les techniques humaines. A force de continuer comme si le train du progrès n’avait qu’une seule voie, comme l’exprime Bruno Latour, ces gens-là vont finir par nous faire vivre pour de vrai dans des caves éclairées à la bougie… c’est alors que nous regretterons « le modèle amish » autant que « la lampe à huile ».

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

8 octobre 2007, techniques douces

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

principe innovation / principe de précaution

Dans le livre « Les Gardiens de la raison », on explore les nouvelles stratégies des firmes pour instrumentaliser le savoir. L’usage de l’autorité scientifique est vital au maintien de pans entiers de l’industrie : c’est donc la possibilité même de la diffusion de la vérité scientifique auprès du plus grand nombre qui se trouve attaquée. Les années 2000 ont été vouées au lobbying des “marchands de doute” et de leurs études sponsorisées dissimulant les dangers de leurs activités. Aujourd’hui les arguments de l’industrie se dissimulent sous les atours de la science comme recherche du bien commun. Critiquer les pesticides, les biotechnologies ou le nucléaire, c’est être “contre la science”, c’est verser dans l“obscurantisme”. L’idéal de vérité est perverti. Des associations “à but non lucratif”, en fait financées par l’industrie, mettent en selle des citoyens “ordinaires” qui demandent à leurs députés de prendre leurs décisions politiques sur la base de preuves scientifiques. Référencé comme journaliste, « biosphere » a reçu une illustration parfaite des propos de ce livre sur le thème « Pour le bien commun, vive la 5G » :

La 5G est en marche, la « Révolution du Soigner » avec la Télémédecine c’est maintenant ! Si la 5G succède à la 4G, nous aurons une couverture optimale sur l’ensemble du territoire, un débit plus important, une rapidité d’exécution, et la possibilité d’échanger un plus grand nombre de données sans engorgement du réseau…Ce serait une erreur historique de ne pas considérer et inclure la Télémédecine dans cette avancée majeure… La Télémédecine se doit de prendre part au projet de la 5G avec autant d’audace que de prudence (Communiqué de Presse de l’« Institut de France – Académie de Télémédecine et eSanté <communique@pressonly.info>)

Les politiciens au pouvoir en France soutiennent cette tendance technophile, il faut dit Macron ne pas en rester à la lampe à huile. Le gouvenement veut mettre en place un centre officiel fournisseur de matière scientifique prête‑à‑l’emploi pour les journalistes. Si nous n’avons pas encore atteint le stade orwellien d’un ministère unifié de la Vérité, voilà déjà les brigades du Vrai qui entrent en action. Le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030, présenté lundi 21 septembre 2020 à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une « Maison de la science et des médias ». A l’instar de Science Media Centres (SMC) au Royaume-Uni, cet organisme aurait pour vocation de « permettre la mise en contact rapide entre journalistes et chercheurs, favoriser l’accès des citoyens à une information scientifique fiable, et accroître l’apport d’éclairages scientifiques dans les débats publics sur les grands sujets actuels… A l’heure où la société française est traversée par des courants d’irrationalité et de doutes sur les progrès et les connaissances, le gouvernement fait le choix d’inverser résolument la tendance », expose le projet de loi. Et ce, afin de « replacer la science et la rationalité scientifique au cœur du pacte social et du développement économique du pays ».

Aucun des trois groupes de travail ayant nourri le projet de loi ne suggère la création d’un SMC « à la française ». Ce n’est que le fruit d’une volonté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Sollicité, le cabinet de la ministre n’a pas répondu aux questions du MONDE. En fait il s’agit d’un action concertée par les lobbyistes du complexe thermo-industriel pour soutenir le « principe d’innovation » contre le principe de précaution. Voici quelques articles complémentaires sur notre blog biosphere :

22 janvier 2020, SDHi et le principe de précaution bafoué

1er mai 2017, BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

7 octobre 2014, Principe de précaution, de prévention et de responsabilité

4 octobre 2013, le principe de précaution et ses adversaires

24 juin 2010, principe de précaution ou principe d’irresponsabilité ? (à propos du chlordécone)

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

Le tourisme au long cours s’éloigne définitivement de nos projets d’avenir, du moins faut-il l’espérer. La pandémie a entraîné un changement de perception des ménages, le prochain blocage énergétique fera le reste. Nous allons rapidement vers un tourisme lent, de proximité, qui rejettera l’avion et les fantasmes de vacances paradisiaques. Tout le système publicitaire nous  dit encore le contraire et cultive la psychologie du « plus vite, plus loin, plus souvent et toujours moins cher ». La reprise économique après le confinement passera par le tourisme, disent les gouvernements du monde entier. Une tribune dans LE MONDE réagit : « La transition écologique est incompatible avec la massification des voyages ». Les auteurs, quatre universitaires, estiment avec raison que l’industrie touristique figure parmi les mauvais élèves en matière de rejets de gaz à effet de serre et de polluants. Le tourisme de masse met sous tension les ressources, déséquilibre les écosystèmes locaux et met en péril les sites naturels et patrimoniaux. La révélation du « vrai prix des choses » aurait l’avantage d’amener les consommateurs à prendre conscience de leur empreinte écologique d’une part, et d’autre part à effectuer des arbitrages de consommation salutaires. Adopter une telle démarche demanderait de rompre avec la vision stratégique gouvernementale qui a érigé en objectif prioritaire l’accueil de 100 millions de visiteurs étrangers par an. Cela implique une remise en cause du programme de soutien de 1,3 milliard d’euros annoncé par le premier ministre Edouard Philippe, qui ne fait que répercuter les logiques d’aménagements portés par France Tourisme Ingénierie…

Rappelons un texte de 1937 qui pourrait être écrit aujourd’hui : « Le touriste n’a plus rien d’humain. Il est né d’un sentiment authentique qui est devenu social. Or le « social » est entre les mains de la publicité. Les affiches publicitaires insistent sur le caractère d’évasion du voyage. Une publicité intense a dirigé les foules vers certains points aménagés de la montagne .L’agence Havas provoque les mouvements des masses bourgeoises qui, selon les saisons, montent à la montagne pour faire du ski ou descendent vers la mer pour se baigner. Il y a des foules plus effroyables que celles qui s’entassent à heures fixes dans les métros, ce sont les foules de nos grandes plages. Ce sont des masses qui voyagent et prennent des bains. Le hasard des intérêts financiers et des lignes de transports accumule les touristes à certains endroits. Comme la classe bourgeoise est hiérarchisée, il existera toute une échelle de stations balnéaires, la station chic, la station sportive, le trou à instituteurs. Décrire la civilisation actuelle sans tenir compte du tourisme, c’est commettre une grave erreur parce que, dans bien des pays ou régions, il joue un rôle plus important que l’industrie lourde. Il s’agit maintenant d’énormes organisations et de milliards de capitaux. La forme la plus caractéristique du tourisme c’est aujourd’hui la croisière. Le développement subit des croisières maritimes depuis 1930 s’explique par la publicité souvent subtile des compagnies de navigation qui répondent parfaitement à la conception bourgeoise de la vie : évasion et vie en société ; tout bourgeois est un solitaire affilié au yacht Club. La croisière répond parfaitement à ses désirs ; il n’a pas à s’inquiéter d’un choix, le programme est établi à l’avance selon quelques standard : visitez le Maroc – un palmier, la Norvège – un fjord pâle. Le bourgeois étendu sur un canapé agonise d’un ravissant coucher de soleil – « Ah, voir Naples et mourir ! » Certains, qui se disent révolutionnaires, songent pourtant à ce spectacle avec plaisir, ils s’indignent seulement que ces « loisirs » soient réservés aux bourgeois. Prisonniers de la civilisation, marxistes ou fascistes ne les imagent que sous une forme bourgeoise. Il faut que le peuple à son tour puisse voyager en croisière. Les partis sont bien d’accord là-dessus ; les loisirs doivent être organisés, il n’y aura qu’à transformer les grandes agences privées de tourisme en trusts d’Etat. » (Extraits d’un article paru en juin 1937) »

Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

9 octobre 2018, Surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles

13 mai 2018, L’imbécillité écologique du tourisme mondial

14 janvier 2018,Le summum du tourisme débile… en 21 jours

3 août 2017, Barcelone ou ailleurs, trop de tourisme tue le tourisme

13 juillet 2017, Il faut en finir avec la bougeotte touristique

6 novembre 2014, Le tourisme spatial en deuil, juste retour des choses

27 août 2014, Tourisme, Le pire du pire aux journées d’été de l’écologie politique

11 février 2010, tourisme et goût du risque

28 juillet 2008, lunette théoriques sur le tourisme

à lire 1935-1937 Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (le tourisme selon Bernard Charbonneau et Jacques Ellul)

à ne pas lire, Que serait le tourisme sans pétrole d’Isabelle Babou et Philippe Callot (2012

La force de l’écologie aux législatives 2022

Yannick Jadot veut prouver sa crédibilité de présidentiable, il s’attarde sur les idées concernant les sujets régaliens : contre l’insécurité, «une conférence du respect et de la confiance entre la police et la société» ; La laïcité, « le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine!» ; Les questions internationales, «Il faut parler avec Vladimir Poutine. Mais pas à Brégançon et jamais avec complaisance. C’est l’Europe qui doit parler face à Poutine. Même chose face à Trump ou au Liban. »

Yannick Jadot aime contredire d’autres Verts. Jacques Boutault, l’ancien maire EELV du 2e arrondissement de Paris : « Ils (les Français) restent dans leur canapé à rêver à des exploits de types hyper-dopés qui ne gagnent que parce qu’ils se font changer leur sang voire une autre forme de dopage… »… Yannick Jadot, eurodéputé EELV : « Je suis fatigué de ces prises de paroles. Je ne supporte pas ce mépris, cette façon d’insulter les Français et les classes populaires. Quand j’étais gamin j’y allais au Tour de France, j’y ai amené mes enfants et je le regarde régulièrement sur mon canapé, un peu avachi. Je souhaite une écologie qui inspire plutôt qu’une écologie qui repousse. »

LE MONDE soutient Yannick Jadot : Le député européen est celui qui, chez les Verts, prône l’alliance la plus large possible, de la gauche jusqu’au centre. Il est l’élu qui clame qu’il n’a pas peur du « compromis » et dit se méfier de « la radicalité ». Il est celui qui ose assister à l’université d’été du Medef et reconnaître que « le modèle social européen est le plus protecteur du monde ». Il est le Picard qui déclare « adorer le Tour » de France quand le maire de Lyon, Grégory Doucet, juge l’événement « machiste et polluant ». (Françoise Fressoz, Éditorialiste)

Conclusion de Biosphere : Yannick Jadot ne peut pas être un présidentiable crédible, trop de démagogie de sa part pour plaire aux électeurs, trop de contradictions internes au sein des Verts. Le WE dernier le Conseil fédéral EELV a (par 75 %) invalidé l’idée de Yannick Jadot d’une désignation d’un présidentiable écolo avant fin 2020 afin que les Verts (c’est-à-dire Yannick Jadot) occupent sans tarder l’espace présidentiel. C’était une mauvaise stratégie que de vouloir désigner en 2022 un présidentiable au sein d’une primaire d’origine EELV. En effet l’insoumis Mélenchon se voit encore sur le podium, la socialo-centriste Hidalgo pointe le bout du nez, les deux s’affichent en vert. Les possibles présidentiables qui se voudront écolos en 2022 sont innombrables : Emmanuel Macron, Édouard Philippe, François Ruffin, Eric Piolle et Jean Passe. Trop de concurrence, tout le monde (même Marine) devient écolo. L’élection en 2022 se présente donc sous des jours complètement nouveaux, l’écologie est devenu un paradigme politique très (trop) partagé. Un candidat estampillé EELV n’est plus qu’un grain de poussière dans un tourbillon. Autrement dit mieux vaut qu’EELV se prépare directement pour les législatives 2022 sans vouloir de présidentiable spécifique. Voici quelques conseils donnés à EELV pour justifier un positionnement « législatives d’abord » :

1) Nous (EELV) évitons un combat fratricide en notre sein pour désigner un présidentiable.

2) Sans présidentiable spécifique, l’écologie politique portée par EELV se retrouve au niveau médiatique en position d’arbitre, décernant bons et mauvais points sur les prétendants.

3) Nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres dans chaque circonscription sont extrêmement complexes.

4) Si nous sommes bien organisés pour les législatives, un président nouvellement élu (à vocation écolo) aura besoin de nous comme force d’appoint, il nous le fera savoir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

5) Si le nouveau président élu n’a pas de sensibilité écolo, dans chaque circonscription nous nous positionnerons comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

Pour en savoir plus, Connaître Yannick Jadot, présidentiable 2022

Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

Pour faire évoluer les comportements du consommateur dans un sens écoresponsable, nous (conférence citoyenne) voulons Interdire de manière efficace la publicité des produits les plus émetteurs de GES sur tous les supports publicitaires, réguler la publicité pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation, mettre en place des mentions pour inciter à moins consommer du type « En avez-vous vraiment besoin ? » ou «  La surconsommation nuit à la planète. »

Cette remise en cause de l’emprise publicitaire ne provient pas d’une mouvance anti-publicitaire, mais d’une représentation de la population française, la conférence citoyenne pour le climat. La lutte contre le dérèglement climatique est en effet incompatible avec le martellement marchand dont la fonction est l’incitation permanente à la consommation. Cette entreprise qui fait le vide dans nos cerveaux ne vend pas des produits mais un imaginaire, elle ne vend pas du savon mais de l’élégance, elle ne vend pas des voitures mais des solutions de mobilité… Le thème du bonheur est omniprésent dans les messages publicitaires. Pour les agences publicitaires, le bonheur, la beauté, le plaisir ne résultent que des pratiques consuméristes. Il y a un déséquilibre effroyable entre les trois à quatre messages qui nous incitent à la sobriété comparés aux 400 à 3 000 messages publicitaires faisant quotidiennement l’apologie de produits que nous subissons à notre insu de notre plein gré. Les commentateurs sur lemonde.fr en rajoutent :

LEFG : la responsabilité de la publicité mais aussi des films, des séries télévisuelles sur le comportement humain ont une influence certaine sur nos comportements et la hiérarchie des valeurs qui motivent nos actes. Cette incidence est vraisemblablement différente au regard du niveau de culture de la population concernée et de son pouvoir critique de l’information délivrée. Toutefois la rapidité et la masse de l’information délivrée, l’homogénéité des comportements représentés, la durée de notre exposition croissante passée devant les écrans laisse hélas présager un émoussement de notre pouvoir critique…

boomer :Tout le monde veut du gratuit, de wikipedia à la météo et aux sites people. Si vous obtenez quelque chose gratuitement, c’est que quelqu’un l’a payé pour vous et c’est pour cela que internet, la télé et les événements sportifs sont envahis de pub.

D accord : Si on supprime la publicité, il n’y a plus de secteur automobile, plus d’avions, plus de nouvel achat (car recyclage ou achat d’occasion ), plus de téléphonie mobile ou de télévision, plus d’ordinateurs autre que ceux qu’on a déjà… J’oubliais, pour la confection, pas d’importation, on réutilise les vêtements existant et au maximum une tenue / habitant.

LJ : On peut aussi se passer de résidence secondaire, de voiture, de smartphone car même si l’on peut se payer les fruits du progrès, la vraie question est : ce progrès-là a-t-il un sens ? Indubitablement, un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul. Une voiture alors que je vis en ville, non. Une résidence secondaire, une crème antirides à cent balles non plus. Depuis quelques années je me passe complètement de vacances à l’autre bout du monde, voire de vacances tout court et je ne m’en porte que mieux… L’accumulation forcenée ne rend pas plus heureux…

Quart-Vittel : «un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul.» Et même six quand on ajoute le cerveau de l’utilisateur !

Sarah Py : La publicité n’est pas de l’information mais de la séduction, voire de la manipulation, le fameux cerveau disponible. Cette constatation me semble l’évidence. Réguler dès lors la publicité devient logique. La réguler sans rupture, compter sur la maturité des individus qui contraint l’imagination des publicitaires, cercle vertueux qui ne résout pas la question de la place qu’occupe l’acte de consommer, de posséder, d’accumuler dans nos structures mentales.

Gaston : horreur, ne plus consommer à tire-larigot, mais que vont faire les femmes qui passent leur vies dans les magasins de fringues et de chaussures et les hommes devant les écrans a baver devant les voitures en ventes .…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juin 2020, La publicité commerciale est indéfendable

13 juin 2020, La publicité dévore la planète et nous avec

4 mars 2020, L’urgence climatique interdite de publicité

12 décembre 2019, « Casseurs de pub » vingt ans après

7 janvier 2019, Damnation, les médias aux ordres des publicitaires !

23 mai 2018, publicité pour Nutella = disparition des orang-outan

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

18 janvier 2016, Un premier pas vers la fin de la publicité… pour enfant

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Interdire la publicité, c’est incontournable

Interdire de publicité tous les produits les plus nocifs pour l’environnement et la santé publique, cela devrait aller de soi. Pas pour l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) qui montre son vrai visage. Elle considère les appels à la régulation (non professionnelle) comme de « nouvelles censures », dénonce de supposées « haines sociales » dont la publicité serait la cible, condamne l’organisation par une minorité d’une tyrannie morale de la « bien-pensance » qui mettrait en danger la démocratie et la liberté d’expression… Pourtant la liberté d’expression définie par les grands textes internationaux ne protège de l’intervention de l’État que le discours politique, religieux et journalistique . Selon une jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’homme, la communication commerciale ne bénéficie pas de ce niveau de protection. OUI, la liberté du récepteur compte. OUI, certains produits autorisés au commerce peuvent être interdits de promotion publicitaire, ainsi déjà le tabac et l’alcool,.

Une simple tribune dans LE MONDE constate qu’Il est devenu urgent de réguler la publicité pour restreindre la toute puissance des annonceurs. Mais dans la Sélection de la rédaction du MONDE, on nous conseille de lire « la polémique sur le film « Mignonnes » », et l’article le plus lu du MONDE c’est « Covid 19 et mesures non contraignantes de Macron « . C’est bien la preuve que la publicité a fait le vide dans nos cerveaux pour nous inciter à boire du Coca Cola et à ne s’intéresser qu’ à l’écume des jours… Publicitaires, consommateurs et médias, une alliance qui nous mène à notre perte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juin 2020, La publicité commerciale est indéfendable

13 juin 2020, La publicité dévore la planète et nous avec

4 mars 2020, L’urgence climatique interdite de publicité

23 mai 2018, publicité pour Nutella = disparition des orang-outan

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

18 janvier 2016, Un premier pas vers la fin de la publicité… pour enfant

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

Sportifs en chambre, Sarko, Jadot, Macron

L’édile vert de Lyon, Grégory Doucet, a vivement critiqué le Tour de France, qui s’arrêtait dans sa ville les 12 et 13 septembre 2020. Pour lui, cet événement est « machiste et polluant » et doit, comme les autres compétitions, être repensé. Cette opposition au sport-business devrait aller de soi pour des politiques éclairés. C’est tout le contraire qui se passe, ils doivent flatter les électeurs de base. Exemples :

Nicolas Sarkozy : « J’aime le cyclisme, j’aime le Tour de France. C’est un sport admirable. Jamais je n’aurais imaginé qu’on attaquerait ces gens-là, qu’on les mépriserait en les traitant de pollueurs et de machistes. C’est ça, la régression… « Moi, quand j’étais enfant, j’attendais toute l’année le jour où j’allais avec ma maman choisir le sapin de Noël. Je n’avais pas le sentiment d’être un criminel qui faisait du mal à l’humanité. »

Yannick Jadot : « C’est vrai qu’il y a une défiance chez nous les Verts envers le sport business. Les militants écolos ne sont pas toujours fans de sport et notre parti est capable de coller des réunions un soir de match…Je ne m’y retrouve pas complètement. En effet j’adore les Jeux olympiques, j’ai kiffé la Coupe du monde en France. Mais on peut toujours aimer cela et combattre la corruption, le dopage, faire des infrastructures respectueuses de l’environnement, qui s’intègrent dans le tissu urbain… » (LE MONDE du 16 septembre)

Daniel Cohn-Bendit :« Des Jeux olympiques écolos, on peut faire. Mais avouez qu’une finale du 100 mètres, c’est magnifique, c’est de l’art ! Apprécier cela n’implique pas d’oublier la corruption, le dopage, l’argent. Le rapport des écolos au sport symbolise leur idéologie. On voit leur rapport au plaisir. Pour eux, le monde va mal, il est détruit. Ils ont peur de jouir, de prendre leur plaisir total. »(LE MONDE du 18 septembre)

Dany, Yannick, et le petit Nicolas viennent d’enfourcher la polémique ridicule de certains « journalistes » sur des propos déformés. Le directeur du Tour de France a lui-même indiqué combien le tour s’efforce de diminuer son empreinte carbone liées aux véhicules suiveurs et de faire la promotion de compétitions féminines. Pour les sapins, il y a longtemps que des entreprises font la promotion de sapins vivants. L’humour de l’ex-président est une nouvelle sortie de route d’un adepte du promoteur de l’impasse libyenne et du naufrage du Grenelle de l’environnement. Quant aux pseudo-écolos, ils soutiennent Macron ou sont proches de le faire…

Emmanuel Macron : Le Président Emmanuel Macron, s’est rendu en Savoie pour assister à la 17ème étape du 107ème Tour de France. En s’appuyant sur un protocole sanitaire strict, il illustre la capacité des Français à vivre avec le virus, et ont ainsi pu maintenir cet événement majeur de notre patrimoine sportif et culturel.(communiqué de l’Élysée)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

4 janvier 2020, Le sport-spectacle, on tourne en rond

30 juin 2017, Le Tour de France sera « le sauveur » de la biodiversité

23 juillet 2014, Romain Bardet, un des forcenés du tour de France à vélo

27 juillet 2013, mieux que le Tour de France, AlterTour contre la drogue

13 juillet 2013, Il ne faut croire ni au surhomme, ni au Tour de France

12 juin 2013, La démesure du sport qu’un écologiste devrait dénoncer

6 juillet 2012, le sport, antinature, antipathique, pro-capitalisme

6 juillet 2010, AlterTour de France

18 juin 2009, la Grande Boucle, out

NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs. Les JO, c’est aussi un pognon dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Londres, en 2012, avait dû débourser 6 milliards d’euros supplémentaires (total de 11 milliards), Rio en 2016 23 milliards (total de 33 milliards) et Pékin, en 2008, 29 milliards (total de 32 milliards). Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables.

Étonnant, des personnalités aussi anti-écolos que Luc Ferry et Pascal Bruckner signent une tribune anti-Jeux Olympiques à Paris dans LE MONDE : « Il est irresponsable de dilapider l’argent public dans une opération de prestige pharaonique… Les centaines de milliers de touristes qui viendront par avion provoqueront d’énormes pics de pollution… Les prétendus « Jeux verts » établiront un bilan carbone record… Des ressources budgétaires limitées ne peuvent aller à des fastes médiatiques où s’exhibent des athlètes en service commandé au profit du CIO, de ses sponsors et annonceurs… Aussi nous appelons les forces politiques et syndicales, lles organes de presse et leurs journalistes, les autorités morales à dénoncer le projet de Jeux olympiques en France en 2024. Il est temps de proposer pour le « monde d’après » d’autres projets que le dogme olympique de la compétition de tous contre tous, par exemple la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. »

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

Anne Hidalgo, présidente en 2022 ?

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, Anne Hidalgo ne paraît désormais plus écarter la possibilité de se présenter à l’Elysée… Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

Les partisans d’une telle candidature peuvent s’appuyer sur trois arguments majeurs. L’expérience acquise à la tête d’une très grande ville, d’abord, c’est un bon tremplin. La crédibilité, ensuite. A 61 ans, la maire de Paris fait partie des personnalités de gauche qui ont gardé la meilleure cote dans l’opinion. Elle arrive même en tête des figures jugées les plus à même de faire gagner la gauche en 2022. Sa force enfin : elle bénéficie d’un soutien aussi net chez les sympathisants écologistes que chez ceux de La France insoumise ou du Parti socialiste. Elle pourrait ainsi rassembler plus facilement que d’autres. (LE MONDE du 18/09/2020)

Commentaire de tokolosh sur lemonde.fr : L’hypothèse peut paraître farfelue… mais qui aurait parié sur un Macron président de la République en septembre 2015 ? L’article met bien en avant les forces et faiblesses d’AH – la principale de ces dernières étant son statut de « Parisienne ». Cela dit, n’oublions pas que le ticket d’entrée au second tour sera assez bas, dans les 19 à 22 % sans doute. Les 24 % de Macron en 2017, seront amputés d’une bonne moitié, celle venue de la gauche à l’époque et dont les yeux se sont décillés depuis, et qui ne sera pas compensée par un électorat de droite accro à la sécurité, au terroir et à l’anti-européanisme pour certains. AH est la seule à gauche à pouvoir partiellement assécher Mélenchon, principal obstacle à l’accès d’un.e candidat.e de gauche au second tour. « Et en même temps » elle gère une métropole mondiale, a affronté le terrorisme en première ligne, a un réseau national et international, un parti, une équipe solide et expérimentée (comme elle). Entre Jadot et Hidalgo, y’a pas photo.

Alors, Anne Hidlago, symbole de l’émergence en 2022 d’un parti social-écologique digne de gouverner la France ?

Endettement perpétuel, impasse totale

L’endettement de l’État est de la même nature que l’endettement d’un ménage, on ne peut dépenser plus que ce qu’on peut rembourser dans la durée. Une dette publique arrivant à son terme qui ne peut être remboursée qu’en contractant un nouvelle dette ne peut que mal se terminer, par la faillite de l’État. Or l’endettement perpétuel est une constante depuis le premier choc pétrolier de 1974. Cet endettement est théoriquement soutenu par les thèses keynésiennes qui recommandent de s’endetter pour relancer l’économie et faire face à une crise conjoncturelle. Mais ce remède ne peut être que temporaire, il ne peut rien contre un chômage structurel comme nous le vivons depuis des décennies. La politique de déficit budgétaire en France s’est accompagnée par des périodes de « stop and go », politique de relance à un moment suivie par une politique d’austérité pour freiner l’inflation. Cette politique budgétaire s’est terminée par une période de stagflation, concomitance de la stagnation de l’activité économique et de l’inflation.

Croire aussi qu’avec l’endettement perpétuel l’État ne paye que les intérêts de la dette publique est un deuxième non sens. Non seulement la masse des créanciers peut revendiquer son droit au remboursement du capital prêté (ce qui entraînera un effondrement financier pour éviter la faillite de l’État), mais le taux d’intérêt est fondamentalement pernicieux car, par logique comptable incontournable, on ne peut rembourser plus que ce qui a été prêté… sauf à croire au mythe de la croissance économique perpétuelle dans un monde fini. Un tel acte de foi nous mène inéluctablement à l’effondrement des ressources de la planète et au non remboursement de la dette écologique ce qui est déjà une réalité aujourd’hui. L’échec des politiques de relance par déficit budgétaire et laxisme monétaire a créé un nouveau mythe, faire du libéralisme économique pour faire face aux crises récurrentes du capitalisme thermo-industriel par moins d’État. Nouvelle impasse. L’histoire humaine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou une guerre globale. Les commentateurs sur lemonde.fr d’une analyse débile de trois étudiants de Sciences Po Lille, « L’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse » ne peuvent que confirmer notre analyse !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 avril 2020, post-covid, dette économique/dette écologique

18 mars 2012, Définitions de la dette écologique

17 juin 2009, endettés jusqu’au cou

5 décembre 2008, dette écologique

Pour en savoir encore plus, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

«  La sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G et les Amish ». La demande d’un moratoire faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile ». Les enchères pour l’attribution des fréquences débutent fin septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne rendra ses travaux sur les effets sanitaires qu’en mars 2021.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris » : le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale qui s’inquiète de l’absence de débat politique

Pour en savoir plus sur les Amish à mille lieux de la 5G :

Totalement autonomes, les Amish vivent en micro-autarcie. Pas un moteur dans ces fermes. Pas un tracteur, pas une automobile. Ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni réfrigérateur, ni aspirateur, ni d’ailleurs d’électricité, de gaz ou d’eau courante. Seule source d’énergie en vue, un occasionnel moulin à vent. Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. » La Cour suprême américaine vient de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants. Pour la Cour suprême, l’Etat du Wisconsin n’a pas prouvé que l’éducation d’une high school était indispensable pour faire un bon citoyen. Les attendus : « Une façon de vivre qui nous paraît étrange mais qui n’interfère pas avec les droits ou intérêts d’autrui ne saurait être condamnée parce qu’elle est différente, et rien ne nous permet de présumer que la majorité actuelle a raisons de vivre comme elle vit et que les Amish ont tort de mener leur vie comme ils la mènent… (article daté du 15 juin 1972)». L’Amish était en 1972 un objecteur de croissance, il le reste aujourd’hui en 2020.

Pour en savoir plus sur la 5G grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

Contre-violence par destruction de biens

Je suis personnellement depuis le début des années 1970 fidèle adepte de la non-violence, engagé à l’époque dans un groupe de soutien aux objecteurs de conscience et objecteur moi-même. Gandhi est évidemment une de mes figures de référence. Pourtant je m’interroge aujourd’hui face aux déréglementations écologiques qui frappent presque tous les domaines de la vie sur Terre. Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées, Greta Thunberg se contente de dire aux politiques qu’ils feraient bien d’agir, les Conférences internationales sur le climat depuis plus de 25 ans n’ont absolument rien changé aux émissions de gaz à effet de serre ! Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe. L’arrêt brutal de nombre d’activités à cause de la Covid-19 a parfaitement montré qu’il fallait beaucoup déconstruire pour rendre l’air respirable et que c’était possible. Mais on ne parle maintenant que de relance économique et de soutien aux activités même les plus polluantes comme l’automobile ou l’aviation. Il est beaucoup trop rare de rencontrer des personnes qui prônent une action radicale contre la violence anti-écologique des biens consommés et des infrastructures actuelles, une contre-violence qui irait au-delà d’une non-violence jugée trop paisible. Ce genre d’analyse est restée ultra-minoritaires chez les activistes écologistes ; Greenpeace Sea Shepherd ou Extinction Rebellion par exemple ne détruisent aucun biens.

Il faut donc se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »*

De même un livre** récent d’ Andreas Malm se pose la question de la nécessité de dégonfler les pneus des SUV et détruire pipelines et autres éléments de l’infrastructure basée sur l’énergie fossile. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens les plus néfastes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? » L’usage de la violence contre les biens est certes mal accepté socialement, imaginez la réaction du propriétaire d’un SUV qui retrouve au petit matin sa chère voiture avec les pneus crevés ! Pourtant maintenir le statu quo et le business as usual nous condamne à aller vers une planète invivable. Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est aujourd’hui rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques…

Michel Sourrouille

* Françoise d’Eaubonne, « Écologie et féminisme (révolution ou mutation ?) », première édition en 1978, réédition 2018 aux éditions Libre & Solidaire

** Andreas Malm, « Comment saboter un pipeline », La Fabrique éditions, 2020

Saboter les pipelines, un impératif ?

La question des différentes formes de non-violence face à la violence de la société thermo-industrielle doit être discuté par tous les militants de l’écologie. Sur ce blog biosphere, nous pensons que la destruction de biens nuisibles à la santé des humains et de la Terre n’est pas une violence, c’est une contre-violence, elle appartient au domaine de la non-violence. La démonstration qu’en fait Andreas Malm* paraît convaincante. Ainsi par cet exemple :

Deux membres des Catholic Workers, Jessica Reznicek et Ruby Montoya, tout au long du printemps 2017, ont perforé à plusieurs reprises un pipeline en construction. Elles justifient : « Après avoir épuisé toutes les formes d’action possibles, dont la participation à des réunions publiques, la collecte de signatures pour réclamer des études d’impact environnemental, la désobéissance civile, les grèves de la faim, les manifestions, boycotts et campements, nous avons constaté l’incapacité évidente de notre gouvernement (américain) à entendre les revendications populaires. » 

Elles savent dorénavant qu’elles doivent obtenir plus de résultats. N’ayant aucune expérience du sabotage, elles optent d’abord pour l’incendie. Elles brûlent alors six pièces de machinerie lourde en enflammant des chiffons imbibés d’un mélange à base d’essence et d’huile de moteur, le tout placé dans des thermos de café. Elles décident ensuite de cibler les tuyaux. Elles étudient comment percer l’acier, et choisissent d’utiliser un chalumeau à oxygène-acétylène pour trouer l’oléoduc au niveau des vannes d’arrêt (qui en sont la portion émergente du tuyau). Après avoir rassemblé les ressources nécessaires, elles perforent les vannes tout le long de l’oléoduc de mars à mai 2017. Voici leur analyse : « Le pétrole qui est sorti de terre et les machines qui le font sortir et l’infrastructure qui permet cela, voilà la violence. Nous n’avons jamais menacé de vie humaine, nous agissons pour tenter de sauver la vie humaine. Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait avec des mains pacifiques, résolues et toujours aimantes. » Elles ont fini par sortir de la clandestinité en revendiquant publiquement leurs actions : « Nous prenons la parole pour encourager d’autres à entrer dans l’action, le cœur pur, pour démanteler l’infrastructure qui nie notre droit à l’eau, à la terre et à la liberté. »

Kelcy Warren, PDG d’Energy Tranger, s’en est pris directement à ces deux femmes selon son expression « abominables » : « Il s’agit de personnes qui devraient être sorti du patrimoine héréditaire de l’espèce ». Des lois prévoyant de lourdes peines pour toute action de protestation contre les pipelines ont été promulguées dans une douzaine d’Etats américains pendant l’ère Trump. En octobre 2019, Jessica et Ruby ont été mises en examen pour des chefs d’accusation passibles de 110 ans emprisonnement… Pourtant Kelcy Warren et Donald Trump passeront un jour au tribunal de l’histoire pour crime écologique. Jessica Reznicek et Ruby Montoya deviendront des héroïnes !

* Comment saboter un pipeline, de Andréas Malm. La Fabrique éditions 2020.

Sea Shepherd et la tentation de la violence

Lamya Essemlali : « Pour ma part, à la mélancolie qui découle immanquablement de la conscience d’un monde qui agonise et de l’apathie ambiante qui l’accompagne vers une fin tragique tel un cortège funéraire, je n’ai pas trouvé de meilleur remède que l’action. Couler des bateaux à quai, s’interposer physiquement pour empêcher la mise à mort d’une baleine, confisquer de filets de pêche illégaux, harceler des braconniers pour les forcer à lâcher leur proie… tel est le modus operandi de Sea Shepherd ; et forcément la question de la violence revient régulièrement. Jusqu’où peut-on aller pour sauver une baleine ? Couler à quai un bateau qui tue en toute impunité des milliers d’animaux serait-il un acte de violence ? La réponse est sans doute oui si l’on considère que la valeur matérielle de l’objet excède celle des vies qu’il détruit. En revanche la question deviendrait grotesque si on l’appliquait à une équivalence humaine. Des activistes qui détruisent le matériel de braconniers, tout en prenant soin de ne blesser personne, se voient reprocher par certains, y compris dans le camp des écologistes, d’être de violents extrémistes, voire des écoterroristes. Et pourtant, parfois l’attentisme peut en soi devenir une forme de complicité de la violence. Einstein n’a-t-il pas dit que le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui laissent faire !

La vraie question qui se pose, derrière celle de la violence, est celle de la hiérarchie des valeurs. A quel point la vision anthropocentrique et les intérêts cupides de certains humains peuvent-ils passer décemment devant les intérêts vitaux d’autres êtres vivants ? A cette question, Sea Shepherd a répondu dès sa création : dépasser la protestation et intervenir de façon « agressive mais non violente » pour empêcher les atteintes illégales à la vie marine, là où les autorités publiques qui devraient le faire se révèlent incompétentes par manque de moyens ou de volonté. Dans la vision de Sea Shepherd, en tant qu’ONG combative, c’est là que se situe la force : s’interdire la violence envers les êtres vivants, comme une cohérence morale qui consiste à ne pas détruire des vies quand on lutte pour sauver le vivant. La réflexion inverse existe aussi ; pourquoi se contenter de neutraliser le matériel et ne pas s’en prendre directement aux auteurs des crimes contre la nature ? C’est à mon avis une réflexion stratégique face à des gouvernements qui détiennent l’exclusivité de la violence dite légitime : ceux-ci feraient de toute action entraînant des morts ou des blessés une justification pour une riposte encore plus forte et la situation risque de dégénérer rapidement. Il nous faut sauver des vies tout en restant cohérent avec les valeur que l’on défend. Il nous faut redéfinir la notion de violence sur les bases d’une hiérarchie nouvelle qui place l’intégrité du monde naturel au-dessus des profits. Voilà sans doute des sujets qui deviendront incontournables pour les activistes de demain au regard du combat qui se profile à l’horizon. » (encadré page 302-303, Faut-il céder à la tentation de la violence ? in Collapsus, livre collectif (Ed. Albin Michel)

Sea Shepherd Conservation society, fondée par Paul Watson, existe depuis 1977 pour sauver des vies et pour soutenir les lois de conservation internationale que les nations n’ont pas la volonté politique de soutenir elles-mêmes. Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

15 novembre 2013, Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

26 mai 2012, Paul Watson de Sea Shepherd contre le Costa Rica

9 avril 2010, l’écoterroriste Paul Watson

Urgence écolo, faut-il faire brûler les SUV ?

Pour vivre comme un écologiste devrait vivre, il faut avoir une conscience morale, celle d’une responsabilité vis-à-vis de ce qui nous dépasse : la planète, les autres espèces vivantes, les générations à venir, ce qu’on appelle les acteurs absents. Mais face aux crises écologiques subsistent plusieurs freins à un basculement de notre comportement.

– Les menaces restent très abstraites pour une grande partie de la population. La fonte des glaces, c’est ailleurs, l’extinction de la biodiversité aussi ;

­- Le syndrome de la goutte d’eau, mécanisme de déresponsabilisation, consiste à considérer que ses efforts sont dérisoires et inutiles par rapport aux véritables pollueurs. Ce serait à l’État d’intervenir, pas à nous ;

– ­l’hyper-individualisme, qui concerne 17 % environ de la population, « ce qui compte, c’est moi d’abord, les autres viennent toujours après . L’égoïsme du présent l’emporte largement dans les mentalités sur l’héroïsme de l’altruisme ;

Le coût – psychologique, organisationnel, économique –, de changer ses habitudes quand il s’agit de s’imposer des contraintes supplémentaires alors qu’on vit le confort et la facilité. Dans un système d’injonctions contradictoires, on suit la voie de la facilité même si on sait qu’il faudrait faire autrement. C’est le mécanisme de la dissonance cognitive.

Conclusion. Face à l’inertie politique et à la passivité globale de la population, on ne peut donc rien attendre des autres, il nous faut tracer notre propre chemin vers la simplicité volontaire, devenir un colibri. « Le pessimisme est une prophétie qui s’auto-alimente. Il s’engendre de lui-même et mine notre volonté d’agir… Les changements révolutionnaires ne s’abattent pas sur nous à la manière d’un cataclysme soudain, mais ils sont le produit d’une succession infinie qui, en un processus erratique, nous conduit vers une société plus digne. Il n’est pas nécessaire d’entreprendre des actions héroïques pour participer à ce processus de changement ; les actes les plus infimes, quand ils sont le fait de millions de personnes, peuvent transformer le monde. Et si nous agissons même très modestement, nous n’aurons pas à nous en remettre à un future utopique. Le futur est une succession infinie de moment présents, et vivre dès aujourd’hui comme nous pensons que les hommes devraient vivre, malgré tous les malheurs qui nous cernent, représente déjà une merveilleuse victoire… Même le plus infime des actes vient s’ajouter aux tas de brindilles auxquelles une circonstance imprévue pourrait bien mettre le feu jusqu’à entraîner de brutaux changements… » (Howard Zinn (1922-2010), qui a accompagné de façon militante et non-violente la reconnaissance des droits civiques pour les Noirs d’Amérique et a lutté contre toutes les guerres, particulièrement celle du Vietnam.

Mais l’urgence écologique relève d’une autre temporalité, nous n’avons pas le temps attendre que les gens arrêtent par eux-mêmes de rouler en voiture, nous sommes confrontés à des déséquilibres planétaires qui rentrent dans le domaine de l’irréversible. C’est pourquoi l’atteinte contre les biens qui causent notre perte nous paraît compréhensible. Ainsi pour les gros SUV, on a toute une palette d’actions possibles. Nous écrivions en 2005 « Son usage incarne une américanisation du mode de vie occidental, c’est devenu une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation. Des SUV ont été incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. La Biosphère saute de joie devant ces actes, car que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère ! »

Incendier des SUV ? Notre société est tellement formatée par le croissancisme que de telles actions seraient aujourd’hui assimilées à du terrorisme !

Pour en savoir plus sur notre blog biosphere :
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embraser