Le Nigeria, miné par la surpopulation

Les médias présentent la pauvreté comme causée par beaucoup de choses, mais jamais par une trop forte démographie. Rétablissons la réalité.

Au Nigeria, l’État a fait faillite, les gouvernements successifs n’ont plus les moyens de payer des fonctionnaires, l’armée n’arrive plus à venir à bout des groupes islamistes et des bandes armées. Le secteur informel explose, mais ne nourrit pas son monde. Les coupures de courant sont récurrentes et l’accès à l’électricité reste extrêmement coûteux. Dans les quartiers préservés, le vrombissement de quelques rares générateurs forme un bruit de fond permanent. Les zones périurbaines se transforment en bidonvilles, les égouts sont bouchés et des montagnes d’ordures s’étendent sur des centaines de mètres. Dans certains quartiers, les conflits communautaires tuent en silence, blancs contre arabes, arabes contre noirs, l’apparence des gens est source de conflits infinis. Sur les plaines fertiles du centre, des affrontements pour l’accès à la terre et à l’eau ont fait plusieurs milliers de morts entre agriculteurs et éleveurs en 2018.

à lire, La France en 2049 sera le Nigeria de 2019

Marie de Vergès  confirme : « Les autorités semblent avoir perdu le contrôle de la situation. L’« inhumanité de l’homme pour l’homme » serait devenue, selon l’écrivain Wole Soyinka « l’essence du Nigeria contemporain à tous les niveaux, que l’on parle des conséquences de la corruption, de la dégradation de la vie humaine, des enlèvements ». Il ne se passe plus guère de semaine sans qu’une attaque terroriste, un affrontement sanglant entre communautés ou un rapt vienne endeuiller cet immense pays, le plus peuplé d’Afrique. Dans les régions du nord, les gangs criminels pillent les villages et pratiquent des enlèvements contre rançons. La rente pétrolière n’a jamais bénéficié au plus grand nombre… Wole Soyinka dit ne plus jamais utiliser le mot « espoir » pour parler de son pays. »

Pourquoi ce constat glaçant ? La faute à la surpopulation ! Sur un territoire relativement étroit d’environ 920 000 km2, soit 1,7 fois la France et dix fois moins que les Etats-Unis, la pression démographique est extrême. Les chiffres donnent le vertige. Il y avait moins de 38 millions de Nigérians en 1950, le pays en comptait 190 millions en 2018. L’ONU en prévoit 410 millions d’ici à 2050, et presque le double en 2100. La densité est de 215 habitants au km/2 en 2018 (France 119), et 872 de prévisible en 2100 (France 135). Le taux de fécondité au Nigeria est de 5,53 enfants par femme (Banque mondiale, 2016) et 60 % de la population a moins de 25 ans. Résultat, depuis plusieurs années, l’économie progresse deux à trois fois moins vite que la démographie. Sur 20 millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, 2 ou 3 millions seulement trouvent du travail. La jeunesse, perçue comme un atout, n’apparaît plus que comme une bombe à retardement. Le Nigeria apparaît comme un exemple typique d’insouciance démographique. Le malthusianisme, c’est-à-dire la maîtrise de la fécondité, aurait dû être depuis de nombreuses années un enseignement de base au niveau planétaire. Mais le concept de « surpopulation » reste un tabou médiatique en France et un non-dit dans les autres pays.

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Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Hormis les très petits pays tels que Singapour et Bahreïn, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde avec plus de 1 251 hab/km2 (en 2016). La population était de 50 millions en 1960, plus de 160 millions aujourd’hui, les projections prévoient un maximum démographique vers 2060 (à 190 millions d’habitants). Soit une multiplication par quatre en un siècle seulement.

C’est intenable, ingérable, même les villes deviennent maintenant des repoussoirs.

Julien Bouissou : La saturation des villes est telle que les catastrophes à venir au Bangladesh ne seront plus seulement climatiques, mais urbaines, ce qui commence à inquiéter le gouvernement. La capitale Dacca a vu sa population décupler en quarante ans. Avec près de 50 000 habitants par km², elle est l’une des plus densément peuplées au monde et s’est transformée en un cauchemar urbain. Les rivières sont devenues des égouts à ciel ouvert, et les chauffeurs de cyclopousse dorment sur leurs vélos faute de pouvoir trouver un logement. Dans un rapport publié en novembre 2020, le ministère bangladais de la gestion des catastrophes note : « Avec l’urbanisation, couplée au changement climatique, le Bangladesh s’expose à de nouveaux risques ».

Sur ce blog biosphere, nous prônons la désurbanisation. Mais comment faire quand les campagnes sont non seulement surpeuplées, mais déjà dévastées ? Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, les cyclones tropicaux, les tornades, et les raz de marée touchent le pays pratiquement tous les ans. Échapper à ces fléaux paraît impossible La majorité de la population n’a pas de terre à vendre, se déplacer vers des villes saturées d’humains ne règle aucun problème, seuls les plus fortunés préfèrent tenter leur chance à Paris ou à Berlin plutôt qu’à Dacca.

Alors tout miser sur la dépopulation ? L’indice de fécondité était de 6 à 7 enfants par femme sur la période 1950-1985. Jusqu’en 1990, ce pays n’avait pas connu de véritable politique de population mais avait subi seulement une propagande effrénée qui s’était traduite par une avalanche désordonnée de contraceptifs divers. Devant la faiblesse des résultats, on a recouru à la stérilisation massive, mais elle n’a pas eu, non plus, le succès désiré. Au contraire, cette initiative a eu pour conséquence d’accroître la méfiance à l’égard de la contraception. Depuis il y a une baisse progressive de l’indice de fécondité pour arriver à 2,3 en 2018. Cela ne suffira pas. Environ 10 % du territoire est situé en dessous du niveau de la mer et il est estimé qu’environ 50 % de la superficie du pays serait inondée si le niveau de la mer augmentait d’un mètre. En 2050, les « réfugiés climatiques » pourraient être 50 millions dans le pays (sur 162 millions). Bien entendu ni les pays limitrophes, ni l’Union européenne, ne sont en capacité de recevoir un tel afflux de migrants.

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Démographie, le Brésil en perdition !

Les médias présentent la pauvreté comme causée par beaucoup de choses, mais jamais par une trop forte démographie. Rectifions ce qu’écrit LE MONDE. Le nombre de pays qui sombrent dans l’extrême pauvreté montre que nous sommes à un tournant historique, passant de l’euphorie de la société thermo-industrielle à la fin des énergies fossiles. Venezuela, Nigeria et maintenant le Brésil. Ce pays compte 61 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en 2021, soit près d’un Brésilien sur trois. L’extrême pauvreté (c’est-à-dire les personnes vivant avec moins de 1,90 dollar) toucherait 19,3 millions de Brésiliens. Ils vivent en situation de grave insécurité alimentaire. Le chômage culmine désormais à 13,7 % (mais atteint jusqu’à 36 % chez les plus pauvres). L’inflation touche les produits les plus essentiels du quotidien : l’essence (+ 39 % sur un an), le kilo de riz (+ 32 %), de haricots (+ 40 %), l’huile de soja (+ 67 %).

Pourquoi la pauvreté ? D’abord pour des raisons conjoncturelles. La crise sanitaire a entraîné une récession planétaire, l’augmentation généralisée du baril de pétrole a fait flamber le prix de l’énergie. Trop d’humains, trop de besoins, la raréfaction d’une ressource naturelle pèse sur son prix. Pour ne rien arranger, le Brésil a également été frappé, ces derniers mois, par une sécheresse historique, mettant à mal la production agricole dans un pays où l’agro-négoce pèse pour plus d’un quart du produit intérieur brut (PIB). Trop d’automobilistes, trop d’automobiles, le réchauffement climatique s’ensuit. Le gouvernement de Jair Bolsonaro coupe dans les aides sociales, la banque centrale relève de 1 point son taux directeur, à 6,25 %, rendant la vie à crédit impossible. On va découvrir que l’argent ne se mange pas.

Encore faudrait-il aborder plus directement la question démographique pour avoir une vision plus structurelle de la situation brésilienne. Une population de 212,6 millions (2020), c’est beaucoup trop. Le Brésil est devenu le 6e pays le plus peuplé au monde. Lors du premier recensement effectué au Brésil en 1872, ce pays ne comptait que 10 millions d’habitants, ce qui signifie que sa population a été multipliée par plus de 21 en 150 ans… Une telle progression est ingérable. La faute d’abord à la colonisation par flux migratoire. La croissance démographique du Brésil a été longtemps soutenue par une très importante immigration européenne, au XIXe siècle et au premier quart du XXe siècle. On impose la langue, le portugais, et on détruit les structures ancestrales des autochtones. Une politique de grand remplacement ? Puis l’accroissement naturel devient la cause quasi exclusive de la croissance démographique brésilienne. La deuxième phase de la transition démographique, fort taux de natalité par inertie culturelle et chute de la mortalité par les avancées de l’hygiène et de la médecine, s’accompagne d’une explosion idéographique. Difficile pour un pays émergent d’arriver à un développement économique suffisant pour faire baisser assez rapidement le nombre de naissance. Aujourd’hui le taux de fécondité est de 1,72 enfants par femme (2019), moindre que le taux de remplacement. Mais la part très importante de la population en âge de procréer entraîne encore un taux de croissance de la population de 0,7% en 2020 : décélération et non diminution de la population. Entre 2005 et aujourd’hui, le nombre de personnes est passé de 184 millions à 213 millions. Comment nourrir suffisamment et faire vivre décemment 29 millions de personnes de plus en 15 ans seulement ? Impossible.

L’espace vivable et viable, non extensible en superficie sauf guerre de conquête, se réduit en proportion de l’accroissement démographique. En 1872, le Brésil avait une densité moyenne de 1,2 habitant/km2. Aujourd’hui la densité moyenne paraît faible, 25 hab./km², mais la forêt amazonienne couvre une superficie de plus de 5,5 millions de kilomètres carrés pour une superficie totale du Brésil de 8,5. La course sans fin entre population et alimentation ne peut qu’aboutir à la famine, aux guerres et aux épidémies comme le prévoyait Malthus.

Lire aussi, Bolsonaro au Brésil, le massacre de l’Amazonie

Le taux d’urbanisation est de 90 %, ce qui veut dire que les Brésiliens sont pour leur presque totalité dépendant de ressources agricoles dédiées pourtant pour l’essentiel à l’exportation. Le Brésil était présenté en 2011 par LE MONDE comme « la nouvelle ferme du monde ». L’article était dithyrambique, le Brésil « puissance agro-exportatrice, performances agricoles impressionnantes, vastes exploitations à double récole… ». Rien n’y manquait, même pas le panégyrique de la mécanisation poussée, de l’élevage intensif et des transgéniques. Or, non seulement l’agriculture d’exportation se fait au détriment de la culture vivrière, mais elle pousse à l’exode rural et à la paupérisation. De plus l’exportation de produits agricoles veut dire exportation d’une partie des qualités du sol. L’équilibre entre population et ressources alimentaires est donc bien compromis. Il faudrait d’urgence instaurer un programme malthusien, maîtriser la fécondité brésilienne. On fait tout le contraire.

Le président Lula avait annoncé en 2007 un nouveau programme de planning familial prévoyant notamment une réduction de 90 % du prix des contraceptifs. Pour les hommes, les démarches d’accès à la vasectomie étaient facilitées dans le système public de santé. Avec Jair Bolsonaro, le planning familial n’est plus au programme. La seule proposition en la matière consiste à supprimer toute éducation sur la sexualité à l’école : « La sexualité doit être abordée seulement au sein des familles. » Notons aussi que le Brésil n’autorise l’avortement qu’en cas de viol, fœtus atteint d’anencéphalie ou danger pour la vie de la femme. C’est pourquoi le nombre d’avortements clandestins s’élève à 800 000 par an et coûte la vie à 4 000 femmes. Depuis 2020 en cas de viol, la législation s’est durcie : la femme devra « raconter en détail » ce qui s’est passé et risquera des poursuites si elle ne peut pas prouver ses dires . Le personnel médical est obligé de proposer à la femme de voir le fœtus par échographie avant l’opération.

NB : Le Portugais Joao Abegao a réalisé un site Web, l’Atlas de la surpopulation humaine. Cet Atlas lui a servi de mémoire de maîtrise. Il peut être téléchargé gratuitement sur le site Internet. Pour Joao, la surpopulation humaine est indissociable de la perspective d’un effondrement civilisationnel. Pour aborder collectivement la question démographique, vous pouvez adhérer à l’association Démographie Responsable :

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Le superéthanol E85, une connerie de plus

Dès 2003, les principaux pays occidentaux avaient engagé des plans ambitieux de développement des agrocarburants. On avait déchanté, il ne s’agissati plus de « bio »carburants. Certains agro-carburants conduisent à une augmentation des émissions de polluants atmosphériques, comme le protoxyde d’azote. Comme le colza absorbe assez mal l’engrais azoté, son développement en culture énergétique risque de provoquer une augmentation des pollutions de l’eau. Les nécrocarburants produits dans les pays tropicaux, s’ils présentent des rendements énergétiques bien meilleurs (notamment la canne à sucre), sont produits en partie par la déforestation. La concurrence avec les cultures alimentaires est nuisible aux plus pauvres, en poussant les prix alimentaires à la hausse. Quant à la prévention du changement climatique, les agrocarburants semblent d’un intérêt limité. En fait, le développement des agrocarburants a été largement motivé par la volonté de soutenir les céréaliers… Aujourd’hui pourtant Total veut nourrir nos bagnoles avec l’E85 ou « superéthanol », un alcool issu de produits agricoles (betterave, blé ou maïs).

Eric Béziat : Ford France présente sa nouvelle gamme de véhicules « Flexifuel », pouvant rouler aussi bien au SP95 ou 98 qu’au superéthanol. Ce dernier carburant s’achète aujourd’hui 70 centimes d’euro le litre, quand le SP95 dépasse 1,55 euro en moyenne… Côté environnemental, les débats font rage pour savoir si l’E85 est une réponse durable à la crise climatique. Le principal reproche adressé aux agrocarburants est d’utiliser les terres pour des productions non alimentaires. « Attention, nous ne sommes pas le biodiesel ! Pas de déforestation, pas d’importations massives de matières. Nous produisons en France notre alcool à partir de champs existants et de résidus sucriers et amidonniers. Nous n’occupons, aujourd’hui, que 0,6 % de la surface agricole utile », répond Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA). Les ONG sont moins enthousiastes. « Nous sommes évidemment opposés au développement du GPL, qui est un carburant fossile. Mais nous ne sommes pas non plus favorables aux biocarburants actuels dits “de première génération”. » Les associations Canopée et Les Amis de la Terre France : « La betterave et le blé, bases de l’E85, font partie des cultures qui reçoivent le plus de traitements phytosanitaires. L’utilisation des pesticides et la disparition des jachères, due au développement des biocarburants, sont les deux principaux facteurs expliquant l’effondrement des populations d’oiseaux et d’insectes en milieu agricole. »

Le Parlement européen s’était prononcé à une large majorité en 2015 pour un plafonnement des agrocarburants à 7 % du total des carburants utilisés dans le secteur des transports. Timide tournant, Bruxelles s’était prononcée en 2012 pour un plafonnement à 5 %. L’union européenne limitait l’usage des agrocarburants « nocifs pour la planète » après en avoir fait un cheval de bataille. Le lobbying des céréaliers veut contourner ses obligations environnementales. Misère, misère !

Pour en savoir plus sur les nécro-carburants grâce à notre blog biosphere:

26 juin 2021, Des avions qui volent au colza, foutaises

12 juin 2018, Huile de palme ou colza, toujours des nécrocarburants

30 octobre 2015, Agrocarburants, cause et non solution à l’effet de serre

6 mai 2015, L’usage des agrocarburants est nocif pour la planète

21 octobre 2013, Aimer se faire très mal grâce aux agrocarburants

21 octobre 2012, Enfin la vérité sur les « biocarburants » !

26 janvier 2012, Agrocarburants, pas assez pour la voiture

19 octobre 2011, les agrocarburants sont méchants

21 juillet 2011, bio, agro ou nécrocarburants ?

11 septembre 2008, agrocarburants ou culture vivrière ?

25 février 2008, non aux agrocarburants

Le gazole devrait être encore plus cher

Le prix moyen à la pompe a atteint 1,5354 euros, soit une hausse de 28 % sur un an. Selon LE MONDE, il n’aurait jamais été aussi élevé. Le prix du baril de brent a atteint 82 dollars la semaine dernière, après être tombé au-dessous de 20 dollars durant la première vague de Covid-19. Le budget carburants représente 10 % des revenus pour les plus modestes, 3 % pour les plus aisés. LE MONDE valorise les solutions gouvernementales pour faire passer la pilule, les commentateurs sur lemonde.fr sont d’un avis contraire.

IGstras : Il faut relativiser le prix en fonction du niveau de vie. Une heure de Smic permettait d’acheter 3 litres de carburant en 1973 , 5,8 litres en 2001, 6,7 litres aujourd’hui. Avec des voitures qui consomment actuellement moitié moins, une heure de Smic permettait de rouler 30 km en 1973 contre plus de 130 km aujourd’hui.

DMA : Notre appétit étant trop grand pour une ressource finie, les prix vont nécessairement continuer à grimper à moyen ou long terme. Le coup de pouce du Gouvernement n’aurait de sens que dans l’hypothèse où, parallèlement, un effort massif était entrepris pour nous sevrer de la dépendance aux énergies fossiles. Or, nous sommes encore très loin du compte. C’est donc la flambée des prix qui va imposer le changement de comportement pénalisant les plus pauvres et générant son lot de troubles sociaux.

DBok : Je croyais qu’on souhaitait renchérir le prix de l’énergie pour entraîner une baisse de la consommation, et donc une diminution des rejets de CO2. Heureusement que le prix du gasoil augmente, c’est ce qui sauvera la planète. Et les gilets jaunes n’y pourrons rien cette fois.

Tokolosh : Il y en a un peu marre d’entendre que tous les gens vivant en pavillon sont des lumpens GJ exclus des centre-ville à l’insu de leur plein gré. Cela existe, surtout dans les 5 grandes agglomérations françaises. Mais la plupart d’entre eux habitent autour de villes moyennes pas en tension immobilière et pourraient se loger en milieu urbain à Dijon ou Valence. Mais ils veulent être « tranquilles », avoir le jardin tout ça. Donc maison à 30 bornes, isolement, deux bagnoles. Grand bien leur fasse, mais ces 60 000 ha annuels d’artificialisation des sols, ces passoires thermiques, c’est une catastrophe écologique, paysagère, sociale. En cette période de campagne électorale , il faudrait prendre une mesure drastique : interdire tout permis de construire pour une maison individuelle neuve. Ce qui se raréfie est cher.

à lire, Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Lithopedion : Il faut arrêter de dire que les ménages n’ont pas le choix, il y a 1.4 milliards de véhicules dans le monde. Comment font les autres ? Dans dix ans, quand la planète sera invivable, nous n’aurons vraiment plus le choix car il sera déjà trop tard !

JMBZH : Le carburant et fuel n’est pas assez cher encore; il peut doubler, tripler même. Cela empêchera peut-être les beauf de laisser tourner les voitures à l’arrêt, d’acheter ou faire rouler les camping-cars, de prendre la voiture pour conduire les enfants à l’école ou aller faire ses achats à l’hyper en banlieue, d’acheter des SUV, de faire pétarader les motos et scooters le soir en boucle, de laisser les portes et fenêtres ouvertes, etc. Vive la hausse effrénée de l’énergie !
He jean Passe : Le pic pétrolier est derrière nous, dans dix ans le gasoil coûtera peut être 5 ou 10 € le litre (et le baril 1000 dollars). Moralité il est temps de se désintoxiquer de la voiture individuelle.

Imprécateur : Encore un petit effort sur les prix des énergies et il n’y aura bientôt plus besoin de se casser la tête au sujet du réchauffement climatique, bilan carbone….

Raphou : On peut avoir une pensée pour les habitants des pays du tiers monde qui vont subir de plein fouet les effets du réchauffement climatique (crues, sécheresses, cyclones …) sans avoir jamais bénéficié d’un train de vie confortable.

Chéradenine Zakalwe : Moi je trouve que l’on a de la chance, il y a encore du gazole à la pompe.

Qu’est-ce qu’une avancée civilisationnelle ?

Emmanuel Macron a célébré le 9 octobre 2021 les 40 ans de l’abolition de la peine de mort, à son avis « une avancée civilisationnelle majeure ». Il serait temps de faire des progrès ! Car apparememnt l’espèce humaine n’a pas véritablement progressé. Depuis que la « civilisation » existe, c’est-à-dire l’institutionnalisation des grands groupes, homo dit sapiens n’arrive pas à dépasser les conflits récurrents de pouvoir, la multiplication de guerres de toutes sortes, les entités territoriales plus ou moins éphémères, qu’on appelle cela empires, nations ou régions. Il n’y a pas de progrès véritable quand la montée de l’idée démocratique au XIXe siècle a abouti à deux guerres mondiales. Nous n’avons rien appris de notre passé, nous continuons à accumuler les cadavres, à cultiver des ambitions démesurées, vouloir faire la conquête de Mars tout en préparant un hiver nucléaires sur Terre, réchauffer les domiciles tout en réchauffant le climat, faire circuler plus de un milliard de véhicules à quatre roues pour bientôt 8 milliards de bipèdes. L’avènement de l’agriculture n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais l’abandon du paradis terrestre offert gratuitement aux chasseurs-cueilleurs sans l’aide du marché de l’offre et de la demande et l’intermédiaire de la monnaie. L’invention du monothéisme n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais le ferment des guerres de religion. L’utilisation des ressources fossiles n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais l’instrument du pillage de la planète par notre espèce. Les 35 heures de travail par semaine n’était pas une avancée civilisationnelle majeure, mais une compensation mineure du rythme effrée de l’exploitation de l’homme par l’homme. Homo demens ? Où est l’intelligence humaine quand notre espèce détériore son propre nid, dorénavant à l’échelle de la planète toute entière ?

Alors, dans ce contexte mortifère, le débat « pour ou contre la peine de mort » relève de la futilité absolue, de l’arrogance mentale. Mettre des mots comme « changement de civilisation » à une péripétie infime, un mort plus tôt par décapitation ou un mort plus tard après enfermement, où est l’avancée civilisationnelle majeure ? Il est vrai qu’avec un jeune président de la république qui rend un hommage national à Johnny Halliday et à Jean-Paul Belmondo, on ne peut attendre les prémices d’un changement civilisationnel majeur ! Alors, où se situe l’espoir d’un changement radical ? Pour une première ébauche de réponses, nous pouvons relever cinq motifs d’espérance en une avancée civilisationnelle.

1) D’abord la démocratisation du pouvoir politique, le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres. La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose uniquement sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). Cependant l’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique.

Lire aussi, Quelle démocratie en période d’urgence écologique ?

2) Ensuite la consiration ontologique de la valeur intrinsèque de toutes les formes du vivant. Contre le racisme dominant, la biologie a démontré la ressemblance fondamentale entre toutes les variantes de l’homo sapiens et conforté (de manière indirecte) la fin de l’esclavage. Contre le machisme dominant, on a posé le principe du féminisme, l’égalité entre l’homme et la femme, et démontré l’égale capacité cérébrale de l’un et l’autre sexe.. Contre l’anthropocentrisme dominant et un spécisme avéré, on en arrive à envisager le respect de toutes les formes du vivant, posant les jalons du biocentrisme et de l’éco-centrisme.

Lire aussi, Écologie, ne pas confondre antispécisme et écocentrisme

3) Ajoutons l’idéal de non-violence contre l’idéologie de la concurrence, de la compétition et de la compétitivité. Que ce soit dans les rapports de couple ou les relations entre peuples, l’écoute de la différence et la recherche du consensus est une meilleure méthode que l’affrontement et l’illusoire victoire sur un adversaire. Si tous les citoyens étaient objecteurs de conscience, opposés en toutes circonstances à l’usage collectif des armes, il n’y aurait plus de guerres. Si on savait aimer vraiment, il n’y aurait pas autant de divorces.

Lire aussi, non-violence, toujours

4) L’aptitude à envisager un futur viable, vivable et durable constituerait une autre avancée majeure de notre intelligence collective. On y arrive en donnant la parole aux acteurs absents, les générations futures et le non-humains. Il nous faut protéger la biodiversité qui favorise la résilience à l’heure où l’espèce humaine éradique à rythme accéléré les autres espèces. Il nous faut changer de comportement pour favoriser le sort des générations futures, vivre aujourd’hui comme si on pouvait faire de même dans les siècles à venir.

Lire aussi, Penser l’avenir au nom des acteurs absents

5) Enfin dans le monde tel qu’il est devenu, la capacité à définir nos limites devrait devenir une exigence de notre pensée individuelle et collective. Maîtriser notre fécondité pour la rendre compatible avec les ressources naturelles devrait être notre préoccupation première avant de choisir d’enfanter. Pratiquer la sobriété partagée pour mettre un terme à l’idée fantaisiste de besoins illimités véhiculée par la publicité et la société consumériste. Réduire à rien les inégalités sociales, empêcher toue accumulation de richesses au profit de particuliers. Délimiter l’innovation technologique à ce qui est juste nécessaire pour améliorer durablement le mode de vie.

Lire aussi, MALTHUS, le prophète du sens des limites

Dans l’espoir que des commentaires sur ce blog nous ouvrent d’autres perspectives ou complètent notre point de vue…

Peine de mort abolie, une avancée majeure ?

Emmanuel Macron a célébré le 9 octobre 2021 les 40 ans de l’abolition de la peine de mort, à son avis « une avancée civilisationnelle majeure ». Que veut dire une telle présomption ? Un chef d’État est-il doté de l’infaillibilité pontificale ? Notons d’un point de vue démocratique qu’en 2020 encore, 55 % des personnes interrogées dans un sondage Ipsos se disaient favorables au retour de la peine de mort. Macron et Badinter sont-ils plus pertinents que le point de vue du peuple ? Voici les argumentations d’un côté et de l’autre.

Robert Badinter : « Je veux vous dire ma conviction absolue, la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde, parce qu’elle est une honte pour l’humanité. Jamais, nulle part, elle n’a fait reculer la criminalité sanglante … En vérité, la peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres, elle la déshonore…  L’abolition est devenue un pilier de la civilisation européenne… Vive l’abolition universelle ! » 

Déplaisant, alors que le sujet méritait plus de raison que de passion. Notons la faiblesse de l’argumentation de Badinter qui repose sur un acte de foi personnel au nom d’un sentiment de « honte » que 55 % des Français n’éprouvent pas. Nous nous souvenons parfaitement du discours de Robert Badinter en 1981, surchargé de pathos à l’excès, dégoulinant de grandeur d’âme envers les criminels et oubliant complètement le sort funeste des victimes d’assassinats. En termes d’universalisme, on en est loin, très loin. Pour notre part, nous proposons comme avancée de l’intelligence collective l’avènement du système démocratique en lieu et place des arguments d’autorité, au peuple de décider le registre légal des sanctions punitives, sachant que ce qui se décide aujourd’hui peut être modifié demain. De toute façon, priver quelqu’un de liberté pour le reste de sa vie est tout aussi cruel, si ce n’est plus cruel encore qu’une mort douce.

Emmanuel Macron, le Jupiter français : « En 1981, la France a été le 35e État à abolir la peine de mort. A ce jour,  106 États ont emprunté la voie abolitionniste quand 50 autres respectent un moratoire de droit ou de fait sur les exécutions… 483 exécutions , un nombre certainement sous-évalué, ont été perpétrées dans le monde en 2020 par des régimes politiques qui ont pour la plupart en commun un goût partagé pour le despotisme, le rejet de l’universalité des droits de l’homme… partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine, partout où la peine de mort est rare la civilisation règne. »

Notons que ce que font d’autres pays n’est jamais un argument en soi pour faire de même. Notons aussi que la démocratique France d’avant 1981 assumait la peine de mort, et que des pays jugés démocratiques comme certains États américains, le Japon ou l’Inde l’appliquent toujours. Décernons un point Godwin à Macron qui voit de la barbarie dans ce qui est seulement discussion sur le système pénal. Soyons véritablement démocratique, demandons l’avis du peuple sur ce type de question : souhaitez vous le rétablissement de la peine de mort pour les assassins récidivistes et les terroristes ? Nous sommes sûr du résultat. L’État prend en charge le traitement judiciaire d’un meurtre pour éviter l’usage de la vengeance privées. Encore faudrait-il éviter ses ingérences dans le registre des sanctions à la libre disposition des décisions du jury d’Assises. La légitime défense existe, on pourrait arguer que la peine de mort n’est jamais qu’une légitime défense de la victime par l’intermédiaire de la société. Soulignons enfin qu’envoyer à la guerre (au Mali ou ailleurs), c’est décider d’envoyer à la mort des soldats dans des guerres inutiles. Etait-il vraiment justifié d’accompagner les USA dans leur expédition punitive en Afghanistan. 150 000 morts pour rien dont 50 000 civils parfaitement innocents. Remarquons d’ailleurs que le chef d’État se permet de décider des assassinats dans le cadre des opérations Homo, une élimination de personnes menée par le service Action de la DGSE.

Emmanuel Macron, leader des pays civilisés : « La France va relancer le combat pour l’abolition universelle de la peine de mort…  Je vais saisir l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, qui débute en janvier 2022, pour organiser à Paris une rencontre « au plus haut niveau » avec les sociétés civiles des États appliquant encore la peine de mort. La France, avec ses partenaires de l’Union européenne, présentera à la prochaine session des Nations unies un projet de résolution pour que chaque année, les États n’ayant pas aboli la peine de mort communiquent à l’ONU le nombre de condamnations prononcées et le nombre d’exécutions… »

Donc la France veut expliquer au monde entier ce qui est la bonne norme. A quel titre ?  Les ingérences ne sont jamais bonnes en soi, aller bombarder l’Afghanistan au nom de « la lutte pour la démocratie », aller frapper le Rwanda au nom « des droits de l’homme », faire la guerre au Tchad au nom « des valeurs de la France »… et maintenant vouloir l’abolition universelle de la peine de mort ! Macron avait dit que la colonisation était un crime contre l’humanité, la volonté d’imposer ses propres critères gouvernementaux à un autre peuple fait aussi partie de cette catégorie. Nous sommes très très loin dans les propos de Macron d’un changement civilisationnel majeur !

énergie, après l’EPR, les SMR . Acceptable ?

Dernière coqueluche à la mode, les mini-réacteurs nucléaires SMR (small modular reactors), un « projet d’exportation pour la France ». Emmanuel Macron est pour, EELV est contre.

Communiqué EELV du 11 octobre 2021 : « EELV dénonce une manœuvre électoraliste et plaide pour une sortie raisonnable et pilotée du dogme nucléaire en France… Cette technologie SMR n’est pas maîtrisée par la France. La filière annonce le premier dessin pour 2022, un dossier terminé pour 2026 et un prototype espéré pour 2030. il n’y aura donc pas de production en série avant 2040… L’indépendance énergétique française repose sur les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, et non sur une énergie nucléaire coûteuse et risquée… Nous, écologistes, assumons le besoin de sobriété. Les SMR, comme l’ensemble de ces technologies fantasmées, sont une énième chimère pour ne pas remettre en cause le modèle de la société de sur-consommation. Tant qu’on ne pose pas sérieusement  la question des usages, il est quasiment vain de parler des moyens de production d’énergie. »

à lire, Les présidentiables et leur avis sur le nucléaire civil

Du point de vue des écologistes, même si on parvenait à produire en série des SMR, ce serait la pire des catastrophes, car avec une énergie illimitée, nous serions en passe d’artificialiser totalement la Terre et donc de détériorer complètement tout ce qui n’est pas au service des humains. Voici quelques commentaires complémentaires sur lemonde.fr :

HBM : J’aurais aimé avoir quelques caractéristiques de ces SMR. On commence à en entendre parler un peu partout, mais nous n’avons nulle part aucun renseignement à ce sujet. S’agit il d’une version civile des réacteurs utilisés dans nos sous-marins avec de l’uranium fortement enrichi, s’agit-il de réacteurs de 4ème génération dérivés des études faite pour ASTRID ou ….

Rajeu : Cela dépend des pays et des modèles. Les modèles les plus avancés restent des réacteurs pressurisés à eau légère, donc une technologie éprouvée pour les réacteurs actuellement opérationnels, le SMR NuScale américain en fait partie. Il y a d’autres projets de SMR qui utilisent des technologies dites de 4e génération, mais ils sont tous très peu avancés dans la conception, à l’exception du petit réacteur à sel fondus (MSR) de Terrestrial Energy, qui est en cours de discussion avec le régulateur nucléaire canadien (la CNSC) pour avoir l’approbation de la conception. Dans tous les cas, le déploiement commercial à échelle n’est pas prévu pour cette décennie.

Gabriel Moreau : Il faut savoir que la DCN a proposé cela il y a plus de 10 ans. En gros on fait un sous marin mais sans la partie militaire. Le type de réacteur actuel est adapté au sous marin et non à la terre ferme. On construit à Cherbourg et on détruit à Cherbourg. Beaucoup moins de béton, bien plus facile.

Dance Fly : J’ai lu l’article du MONDE, la problématique du coût n’a pas été abordée. Car finalement si le nucléaire est en déclin sur la planète (415 réacteurs aujourd’hui contre 438 en 2002), c’est avant tout à cause de sa perte de compétitivité face au renouvelable (en dix ans les coûts du solaire et de l’éolien ont baissé respectivement de 90 et 70% alors que les coûts de construction des réacteurs ont augmenté de 30 % ), si bien que dans l’UE on produit aujourd’hui plus d’électricité d’origine renouvelable que nucléaire. Alors un SMR combien ça coûte ?
Rajeu : Estimer le coût de l’électricité d’un SMR est compliqué, d’autant plus qu’il y a beaucoup de « moving parts » (existence d’un marché, harmonisation, conditions de financement, etc.). En revanche, la comparaison doit être faite avec des moyens de production qui fournissent un même service : principalement les combinés gaz. Je crois comprendre que RTE publiera certains scénario avec des SMR dedans, on verra quelle évaluation ils ont fait du coût total. Pour ma part, je trouve très très ambitieux de vouloir se prononcer sur le bien fondé des SMR à ce stade tellement on est loin du compte en termes de maturité. Ça peut très très bien devenir un énorme flop… ou pas.

O-Sidartha : Ouais des petites unités un peu partout faudra sur place des gens compétents , ce ne sera pas l’électricien du coin . Et pour le sécuritaire itou. un petit machin mal gardé invitera à l’attentat!

César Bistruk : Sans aucun doute. Pour être honnête et pertinent, il faudra vérifier que le coût du KWh SMR inclut celui de la protection permanente de l’installation par les moyens humains adéquats (gardes armés, entre autres, comme c’est déjà le cas pour nombre d’installations sensibles sur le territoire national). Pas à mettre entre toutes les mains, donc.

Croissance, ils n’ont que ce mot à la bouche

Les croissancistes ne comprennent rien à la situation actuelle, avec une biosphère dont on a dépassé les limites en mettant à mal l’avenir des générations futures. Pourtant ce sont eux qui ont la faveur des médias. Ainsi ce professeur au Collège de France, titulaire d’une chaire au titre significatif, « Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance », qui sévit souvent dans les colonnes du MONDE. Voici un condensé de ses délires récents.

Philippe Aghion : Les décideurs économiques ont toujours pris le taux de croissance comme exogène… Or, la croissance est endogène. Investir dans la recherche, l’innovation, la politique industrielle, c’est doper la croissanceLes investissements publics augmentent la croissance et permettent de réduire notre dette. Plutôt que de se focaliser sur le montant total de la dépense publique, il faut plutôt prendre la part de la dépense publique consacrée aux investissements de croissance… Dans une recherche récente, nous analysons l’effet sur la dette publique à long terme d’une augmentation des dépenses de croissance en France et en Italie. En Italie, pays beaucoup plus endetté que le nôtre, un bon usage de l’investissement permet de doper la croissanceBien sûr, nous entendons déjà les esprits chagrins arguer que toute dépense pourrait être présentée comme un investissement de croissance. Un plan d’investissement « acceptable » doit aller de pair avec une réduction de certaines dépenses publiques dont les effets sur la croissance ne sont pas avérés. En France, nous avons considéré les effets d’une hausse des investissements de croissance accompagnée par un allongement raisonnable de la durée de cotisation des retraites… De même, la croissance de la productivité et la croissance de nouvelles entreprises, constituent de bons indicateurs de l’efficacité de l’innovation… Notre approche a l’avantage de ne pas compromettre nos chances de réindustrialiser la et de la mettre durablement la France sur le chemin d’une croissance plus soutenue, plus verte, plus juste.

Philippe Aghion est donc un croissanciste, le mot « croissance » revient 13 fois, presque autant que le nombre de paragraphes de sa tribune. Ce conservateur de l’ordre existant n’est qu’un prédicateur et il accuse les autres : « La pression de l’idéologie environnementale dominante crée une angoisse généralisée ». Alors que tout commence à s’effondrer autour de lui, la finance, la croissance, le climat, les ressources halieutiques, etc.), c’est toujours la recherche de la croissance à n’importe quel prix, peu importe l’endettement du moment qu’il crée de la croissance ; Aghion tourne en rond, l’esprit vide ! Rien sur les limites de la croissance, Aghion se contente de répéter par cœur son catéchisme. Une telle tribune n’incite pas à une rupture écologique efficace, basée à la fois sur les économies d’énergie, les énergies renouvelables, une réévaluation à la baisse de nos besoins ET une économie qui vit de son épargne, pas de ses emprunts…

Pour en savoir plus sur Aghion

20 mars 2014, Prêcheurs d’apocalypse, Ph. Aghion et Marc Fontecave

LE MONDE offre une page entière à deux « experts » qui n’ont qu’une seule chose à dire : la transition  énergétique reposera uniquement sur le nucléaire et le gaz de schiste ! Notons d’abord que pour ces spécialistes, l’un de la croissance et l’autre de la chimie, l’objectif d’une « bonne » politique énergétique est de contribuer à la compétitivité. Pourtant, sur une planète dont on a déjà dépassé les limites (cf. empreinte écologique), toute concurrence internationale ne fait qu’accroître la détérioration de notre environnement. (lire la suite)

19 août 2018, un enseignement économique et social (SES) aux ordres

Le cancre et cependant universitaire Philippe Aghion, un proche d’Emmanuel Macron, pilote la réécriture des programmes de sciences économiques et sociales (SES). Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, désigne l’objectif : « Si l’approche pluridisciplinaire (des SES) a tout son sens, les « regards croisés » entre économie, sociologie et sciences politiques seront limités au maximum. (lire la suite)

Le socialisme peut-il s’accaparer l’écologie ?

Première indication. Le Parti Socialiste n’a jamais été écolo. C’est un parti productiviste dont les fondamentaux économiques ressemblent à ceux de la droite : volonté de croissance du PIB, souci de compétitivité internationale, mépris des contraintes écologiques. En novembre 2008, le pôle écologique du PS avait présenté une motion d’orientation politique lors du Congrès de Reims : « pour un parti socialiste résolument écologique ». Il a obtenu un score ultra-minoritaire (1,59 % des voix) et complètement disparu depuis. C’était la croissance qui était déjà dans toutes les têtes à ce congrès. On connaît le sort donné dès le début de la présidentielle Hollande à Nicole Bricq : ministre socialiste de l’écologie, elle est débarquée à peine nommée (elle voulait modérer en Guyane les ardeurs extractivistes). Il en a été de même pour Delphine Batho, jetée parce qu’elle exigeait un budget normal pour l’écologie.

Deuxième indication. Un parti « social-écologiste » n’ a aucun avenir car l’écologie se situe au-delà du dualisme traditionnel, il ne se positionne « ni à droite ni à gauche ». A droite les conservateurs, au centre les réformiste et à gauche les révolutionnaires ? Cette simplification a du plomb dans l’aile. D’abord à cause de l’ambiguïté de ce qu’est la gauche, qui est un terme fourre-tout ; trotskysme, communisme, social-démocratie, social-libéralisme, autogestion, planification impérative, relance par l’offre ou relance par la demande, tout cela se dit à gauche. Et le productivisme comme le consumérisme sont à la fois ET de droite ET de gauche. La vérité, essentielle et compréhensible par tous et toutes, c’est que l’écologie politique veut rassembler tous les citoyens sans exception puisque par exemple le consumérisme ou la question nucléaire concernent l’ensemble des citoyens.

Patrick Vieu, ancien conseiller de François Hollande, croit encore au parti social-écologiste :  Le socialisme et l’écologie politique reposent sur des hypothèses fondamentalement divergentes. L’écologie politique s’inscrit d’abord en faux contre l’anthropocentrisme qui fait de l’homme le maître et possesseur d’une nature conçue comme une « ressource » utile. Elle récuse le modèle productiviste engendré par un capitalisme prédateur à l’origine des désastres écologiques actuels, et dénonce l’autonomie de la technique moderne qui, par un processus auto-entretenu, expose l’humanité au risque de sa propre destruction… Le socialisme tombe sous le coup de ces critiques, sa vision des rapports de l’homme à la nature ne le distingue guère de l’idéologie libérale. Comme le libéralisme, le socialisme a toujours lié l’idéal d’autonomie à celui de l’abondance matérielle. L’humanisme, qui constitue l’ADN du socialisme, exclut de reconnaître des droits à des entités non humaines. L’écologie est une réalité métapolitique qui sur-détermine les questions politique, économique et sociale. C’est ici que le socialisme doit opérer, au prix d’un travail théorique, sa mutation idéologique. S’il est vrai que sur une planète malade il n’y a ni droits humains ni justice sociale qui vaillent, que vaudrait une planète saine sans droits humains ni justice sociale ? C’est pour n’avoir jamais à répondre à cette question que le socialisme doit être l’écologie du XXIe siècle. »

Cette conclusion d’une argumentation bien construite est étonnante ! Les socialistes seraient donc les seuls à même de porter le projet écologiste faute de quoi il n’y aurait plus ni justice sociale ni droits humains ? En réalité, comme c’est très bien dit dans l’article, les socialistes et les écologistes ont des visions du monde très différentes, qui sont de fait en concurrence. Quand Ségolène Royal dégaine le concept d’écologie punitive ou quand Anne Hidalgo veut baisser les taxes sur l’essence, elles tuent dans l’œuf la fiscalité écologique. Avec les écologistes institutionnels, pas sûr qu’on arrive à bon port, mais avec les socialistes ce sera encore le doublement des salaires et l’écologie à la ramasse. L’illusion d’un conglomérat social-écologiste a déjà montré ses limites sous la houlette du tandem Hamon/Jadot en 2017 ! Verra-t-on la même figure de style avec le couple Jadot/Hidalgo à marier en 2022 ?

Pour en savoir encore plus avec notre blog biosphere :

30 mars 2021, En 2022, tous les partis seront verts !

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

28 février 2017, EELV + PS, en marche vers un parti social-écologiste ?

30 mai 2015, Le PS peut-il devenir un vrai parti social-écologiste ?

9 mars 2011, PSE, Parti Socialiste Européen, Parti Social-Ecologiste ?

29 août 2010, PS, parti social-démocrate ou social-écologiste ?

Terrien, Humain, Européen, Polonais, apatride

Qui suis-je ? De quelle ethnie, de quelle couleur, de quel sexe, de quelle nationalité, de quelle citoyenneté ? Réponses complexes dans un monde traversé par des identités multiples et fracturé par des égoïsme locaux. Le 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel polonais, aux ordres de la majorité nationale-conservatrice, a rendu un arrêt perçu comme remettant en cause un des fondements de l’Union européenne (UE) : la primauté du droit européen sur les droits nationaux. Phagocyté par des juges politisés, directement nommés par la majorité parlementaire, le Tribunal constitutionnel est en fait une « anomalie juridique ». L’association des juges polonais Iustitia a déclaré vouloir continuer à « respecter les arrêts des tribunaux européens et rester gardienne des valeurs européennes ». Mais cette décision purement politique de la « Cour constitutionnelle » ouvrirait une brèche dans le système législatif européen. La décision de la cour polonaise « ressemble à un Polexit juridique, mais pour l’heure, il faut se contenter d’une présentation orale de son jugement ! Les résurgences du nationalisme ne sont que broutilles sur une planète en proie à des problèmes majeurs, accès aux ressources naturelles, inégalités croissante, réchauffement climatique, etc. Il s’agit de nations gouvernée par des populistes qui n’ont que leur propre pouvoir en ligne de mire, certainement pas l’intérêt général.

Un écologiste reconnaît qu’il n’est de nationalité polonaise ou de citoyenneté européenne (depuis 1992) que par inadvertance, par le hasard du lieu de sa venue au monde et des pérégrinations de ses parents. Nous sommes cosmopolites par essence et d’une nationalité quelconque par nécessité temporaire. Il n’y a structurellement ni homme ou femme, ni noirs ou blancs, ni Palestiniens ou Israéliens, ni n’importe quelle autre ethnie, il n’y a que des humains. Nous sommes tous citoyens de l’univers, Terriens. Restera alors à appliquer la sagesse : « Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime (Montesquieu) » Ajoutons : Si je savais quelque chose qui fut utile à l’humanité et préjudiciable aux conditions de vie sur Terre, je la regarderais comme un crime. »

Du point de vue des écologistes, être Polonais ou Européen n’a pas grande signification puisque nous habitons tous et toutes la même planète qui se fout des frontières. Nous sommes tous cosmopolites dans un monde recroquevillé dans ses égoïsmes nationalistes. Il ne devrait plus jamais y avoir de débat sur les identités nationales, il devrait y avoir une prise de conscience planétaire que nous appartenons tous à la même biosphère, que c’est la Terre qui est notre patrie, que nous dépendons du substrat qui nous fait vivre. Ni nationaliste ni internationaliste ni européen, terrien tout simplement ! L’écolo pense global, cosmopolite, mais en même temps il vit local, enraciné dans son terroir. A ce moment-là seulement, nous pourrons prendre des décisions qui puissent aller dans le sens du bien commun.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

23 décembre 2021, Qu’est-ce qu’être français ? Réponse écolo

16 décembre 2009, nous n’avons aucune identité nationale

Quelques éléments de réflexions sur lemonde.fr :

a.w. : La primauté du  »droit européen » c’est d’avoir une justice indépendante du pouvoir des partis politiques. Ce qui n’est pas le cas en Pologne où tout le système judiciaire et constitutionnel est aux mains du parti nationaliste. Ce parti s’est accapare en plus par des magouilles politiques de l’administration, de la justice, de la Banque d’État polonaise, etc.etc. 30% des électeurs polonais et entre 20 et 25 % de la population ont permis a Kaczynski le  »petit timonier » d’installer une autocratie.

Rockrol25 : L’imbécilité historique des polonais est une constante, c’est le seul grand peuple européen qui n’a jamais pu stabiliser une existence étatique autonome du fait de son incapacité à définir une stratégie hiérarchisant les priorités. La Pologne avait refusé de se joindre à la France dans la guerre car Hitler lui avait promis l’enclave tchèque de Teschen pour prix de sa neutralité. Moins d’un an plus tard il n’y avait plus de Pologne. L’histoire se répète aujourd’hui face à la Russie revancharde de Poutine. Au lieu de s’arrimer au camp occidental, elle provoque le protecteur américain par des initiatives anti homosexuelles grotesques et le financeur européen par des rodomontades judiciaires. Ça pourrait mal finir une fois de plus.

ROTZ : À présent la situation est, paradoxalement, relativement simple: soit le gouvernement polonais rentre dans le rang et respecte les règles auxquelles la Pologne a souscrit dans le Traité d’adhésion qu’elle a signé, soit il enclenche la procédure relative à l’article 55 et ouvre la voie à une sortie de la Pologne de l’UE, comme l’a fait le UK l’année dernière.

BOLAND : L’Europe me fait penser à un parent qui n’arrête pas de dire « Je vais me fâcher » et qui ne se fâche pas… L’enfant sait jusqu’à quel point il va être « gagnant » à ce jeu et devient un enfant-roi ingérable. La « famille » Europe a 27 enfants. Il serait temps d’avoir le geste éducatif exemplaire.

Gouvernance démocratique… ou financière ?

Notre système de gouvernance, élaboré à l’époque fossile, n’a pas la capacité de faire face à la crise écologique actuelle. Des modalités de démocratie participative devraient être une possibilité de dépassement, le règne de la finance impose de toute façon sa loi.

CLIMAT, l’assemblée mondiale de citoyens : Composée de 100 personnes, tirées au sort dans le monde entier, elle devra répondre à une question unique mais ardue : « Comment l’humanité peut-elle répondre aux crises climatique et écologique d’une manière juste et efficace ? » 70 % des memresx gagnent 10 dollars par jour ou moins, 10 citoyens sont illettrés et 22 peu lettrés. Les organisateurs de cette assemblée mondiale ont été limités par un « budget très serré » de 975 000 dollars – en comparaison, la convention citoyenne pour le climat française a coûté plus de 6 millions d’euros.

Lire aussi, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

CLIMAT, une coalition financière à l’Élysée : Quelque 46 fonds souverains, pesant 36 000 milliards de dollars, partagent leurs travaux sur la transition écologique. Ils ont participé le 4 octobre à une plénière pour « accélérer » la mise en place de politiques de gestion en ligne avec les accords de Paris chez les fonds souverains, ces bras armés des États, avec l’idée d’entraîner, ensuite, la finance privée.

Lire aussi, Le réchauffement climatique à l’épreuve du marché

Nous avons le choix ! D’un côté des citoyens qui diront ce qu’il faudrait faire mais qui ne seront pas écoutés. De l’autre des intérêts financiers qui, sous couvert d’écologie, subventionneront les fabricants de viande d’origine végétale ou l’improbable hydrogène « vert ». Donc de la poudre aux yeux ! Fondée sur la conviction que les grands carnassiers de la planète vont de bon gré se transformer en panda. C’est le fantasme de l’auto-régulation des entreprises adapté à la lutte contre le réchauffement climatique. C’est la politique de Macron, faire semblant qu’on fait quelque chose. Notons que les soixante plus grandes banques du monde ont accordé 3 800 milliards de dollars (3 213 milliards d’euros) aux entreprises actives dans les énergies fossiles depuis l’accord de Paris.

Lire aussi, Exxon, la mise à mort du géant pétrolier

Climat, inquiétudes bien avant la COP26

Réunion internationale à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre 2021, c’est mal partie. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 410 parties par million (ppm) en 2020, un niveau inégalé depuis plus de 3 millions d’années. Les engagements actuels des États quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre mènent la planète vers un réchauffement « catastrophique » de 2,7 °C d’ici à la fin du siècle, loin de l’objectif de l’accord de Paris en 2015 de le limiter bien en deçà de 2 °C, et si possible à 1,5 °C. Greta Thunberg a moqué et dénoncé les « trente années de bla-bla » sur le climat des dirigeants, les accusant d’avoir « noyé » leurs espoirs dans des « promesses creuses ». Le premier ministre britannique, Boris Johnson, en rajoute dans la langue de bois : «  Il faudra faire des progrès considérables sur le charbon, les voitures, la finance et les arbres ». Ah ! Ah ! Pourtant l’alerte climatique remonte à très longtemps. Temps perdu ne se retrouve pas !

1857: la scientifique américaine Eunice Newton Foote avait identifié le phénomène de l’effet de serre, mais n’avait pas pu signer sa découverte, car « les femmes n’avaient pas l’autorisation d’exposer des travaux scientifiques ».

1896 : le chimiste suédois Svante Arrhenius prévoit l’augmentation de la température moyenne de la Terre comme conséquence de l’utilisation des combustibles fossiles. Il estimait qu’un doublement de la teneur en gaz carbonique de l’air se traduirait par un réchauffement de la planète de l’ordre de 5 à 6°C. Il était proche des analyses actuelles du GIEC, sachant que le CO2 de l’atmosphère atteignait 280 parties par millions avant la révolution industrielle pour atteindre avant la fin du siècle, 550 ppm !

1958 : on mesure la concentration en CO2 de l’atmosphère à Hawaï. Charles David Keeling sera le premier en 1958-59 à donner l’alerte du haut des 3400 mètres d’altitude de l’observatoire du Mauna Loa : la teneur en gaz carbonique relevée dans l’atmosphère s’y avérait en concentration anormale et en augmentation.

1979 : première Conférence internationale sur le climat, tenue à Genève sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale. La réunion conclut seulement qu’il faut intensifier la recherche.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach pourra conclure que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.

1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines. Création du GIEC, cette même année, sous l’égide des Nations unies.

1990 : Premier rapport du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)

1992 : Le sommet de la Terre à Rio instaure les Conférences des parties annuelles – les fameuses COP (Conference of the Parties, en anglais) –, qui se réunissent chaque année lors d’un sommet mondial où sont adoptées, par consensus, les décisions pour lutter contre le dérèglement climatique.

1995, première COP à Berlin. Elle prépare l’adoption, deux ans plus tard, du protocole de Kyoto.

1997, protocole de Kyoto : premier traité qui fixe des objectifs contraignants à 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990. Le protocole vise à réduire d’au moins 5 % leurs émissions entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. Parole, parole…

2005, le protocole de Kyoto entre en vigueur : il fallait attendre que suffisamment d’Etats aient ratifié le texte pour qu’il soit efficient. Mais les émissions de CO2 des pays en développement ont triplé entre 1990 et 2012. Tout le monde est concerné, la situation est donc bloquée !

2015, Greta Thunberg lors de la COP21 à Paris : « Le vrai danger est quand les politiques et les dirigeants d’entreprises font croire que des actions réelles se passent quand, en réalité, rien n’est fait … Les promesses n’incluent pas l’aviation, le secteur maritime et les biens importés ou exportés alors qu’ils incluent la possibilité pour les pays de compenser leurs émissions ailleurs… Ce n’est pas gouverner, c’est tromper… »

Conclusion (d’un ancien président des Maldives) : « Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l’eau dans son salon. Un jour, à New York, ils verront de l’eau dans leur salon et ils se diront : “Tiens, le changement climatique est une réalité !” Chez nous, aux Maldives, l’eau est déjà dans la maison. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 juin 2021, COP26, en route pour le désastre climatique

13 décembre 2020, Après la COP21, la (dé)route vers la COP26

Simplicité, Sobriété… Techniques douces

Les années 1970, c’était encore l’époque où nous n’avions pas besoin d’anglicismes comme low tech / high tech pour envisager ce qu’il faudrait pour assurer un avenir durable à nos générations futures. Dans le hors série « spécial écologie » du Nouvel Observateur (juin-juillet 1972), « La dernière chance de la Terre », on trouve explicitement une différenciation entre techniques dures et techniques douces dont voici un résumé : Petit apport d’énergie / Grand apport d’énergie exosomatique ; production artisanale / industrielle ; priorité au village / à la ville ; limites techniques imposées par la naturel / Limites techniques imposées par l’argent… Pour refroidir la Terre, nous n’avons pas besoin d’injection de soufre, nous avons besoin de négawatts, c’est à dire d’appuyer sur la pédale du vélo (techniques douces) et non sur l’accélérateur de la voiture thermique ou électrique(technique dure).

Aujourd’hui un article du MONDE, la conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs,  annonce un « basculement » que l’étudiante Florence Drouet décrit ainsi : « Je ne pouvais plus continuer mon travail, si contradictoire avec la réalité alarmante de la pénurie d’énergie et de ressources. On m’avait appris à rester dans un moule cadré. Quand j’ai pris conscience que, contrairement à ce qui est asséné, on ne pourra pas s’en sortir par la fuite en avant technologique, cela a été vertigineux. » Les bigots technophiles ne cachent pas leur joie devant ce qu’ils pensent être des délires technophobes :

Fbr : Bienvenue au moyen âge !

Gordon : Les ingénieurs high tech coréens rigolent…

le sceptique : En prenant un gros bloc de pierre, genre par exemple du silex, ben peut-être qu’on pourrait en dégager des sortes de lames et d’éclats, qu’on pourrait ensuite retravailler et dédier à des choses simples et universelles comme percer, trancher, racler…

D accord : Nul doute qu’en tirant au lance pierre on saura bien se défendre contre des pays qui rigoleront bien de nos délires. Curieux de voir ce que va donner un planeur lowtech dans un combat aérien contre un chasseur russe ou chinois de 6ème génération.

pierre marie : « ferme écologique du Bec Hellouin »ou mas Beaulieu de Rabhi, main d’œuvre gratuite appréciée. Le plus productif dans la permaculture : proposer des stages payants, toucher le fric et faire bosser gratuitement. Sympa, les topinambours et le quinoa sont proposés à tous les repas, à un prix solidaire.

Albireo : Courage, encore quelques recherches et on aura réinventé la technologie du Néolithique.

Philip69 : Alors que l’urgence climatique appelle une myriades de solutions techniques pour adapter notre monde tout en restant dans les limites du socialement et politiquement acceptable, on a besoin d’ingénieurs de high-tech, pas de bricolo du dimanche, pas plus que de permaculteurs de lopins.

Paolo Kanté : Il faut creuser de plus en plus profond pour déterrer un commentaire positif de nos jours.

Michel SOURROUILLE : Analysons les conséquences socio-économiques d’un appareil apparemment aussi anodin que le mixer électrique. Il extrait les jus de fruits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle merveille ! A première vue. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la prise et le fil pour s’apercevoir qu’on est en face du terminal domestique d’un système national et, en fait, mondialisé. L’électricité arrive par un réseau de lignes alimenté par les centrales… nucléaires. L’ensemble de la chaîne ne garantit un approvisionnement que si chacun des maillons est encadré par des bataillons d’ingénieurs, de gestionnaires, eux-mêmes reliés aux administrations(quand ce n’est pas à l’armée).  En mettant le mixer en marche, on se branche sur tout un réseau de systèmes interdépendants, complexes et fragiles. Le passage de techniques simples à l’équipement moderne a impliqué la réorganisation de la société tout entière. Sa nécessaire déstructuration ne sera pas facile.

L’imaginaire technologique de nos présidents

Nos présidents se font un point d’honneur de glorifier la technique dite « de pointe ». De Gaulle inaugure le sous-marin Le Redoutable (1967), Pompidou vole en Concorde de Paris à Toulouse (1971), Giscard visite la centrale nucléaire de Gravelines (1980), Mitterrand inaugure le TGV (1981), Emmanuel Macron adoore « le TGV, Ariane, le Concorde et le nucléaire. »

Jean-Baptiste Fressoz : « Difficile de trouver dans ce panthéon une technologie qui ait rendu les Français plus prospères. Mais il s’agit de valoriser par la technologie le patriotisme des électeurs. Le Concorde fut un formidable fiasco, quatorze exemplaires en tout et pour tout. Le TGV a renforcé le tropisme parisien : huit trajets à grande vitesse sur dix commencent ou finissent dans la capitale. »

Moriarti : Moi dit Fressoz, du haut de ma « Recherche » je vous garantis que Macron retarde, il a tout faux. Le Monde ne devrait pas jouer le jeu de ces donneurs de fausses leçons soi disant rehaussés par leurs titres universitaires. En quoi ces titres les qualifient ils pour parler de ces sujets ? En rien. Ce monsieur le prouve.

Mle @ Moriarty : J’adore votre argumentaire ! Vous avez dénigré le messager sans jamais donner des arguments contre le message. Votre commentaire peut se résumer à : il est nul parce qu’il est nul.

Biosphere : L’innovation technologique et sa démesure mérite mieux que ces coups de griffes. L’économie de la promesse technologique n’est que l’avatar contemporain des paradis religieux et des utopies sociales des siècles antérieurs. Cette promesse doit contenir un tiers de prouesse scientifique, un tiers de rêve de progrès humain for good (pour le bien), et un grand tiers de profitabilité exponentielle. Et tout problème posé par la technique est réglé par la promesse… d’une nouvelle technique. Le progrès technique est présenté comme un dogme indiscutable par l’ensemble des dirigeants et des médias. Il a infusé dans l’état d’esprit de la population, « on trouvera bien quelque innovation pour s’en sortir ». Quand on l’élève au rang d’un culte, toute remise en cause, tout débat rationnel deviennent impossibles et ceux qui osent élever la voix sont aussitôt considérés comme des apostats. Nous sommes dans la configuration que décrivait Jacques Ellul, dès 1960, dans La technique ou l’enjeu du siècle, où la démocratie n’a plus sa place puisqu’il faut croire sans poser de questions.

Dans un monde où le discours enchanté de la technique s’écarte de plus en plus d’une réalité faite de limites, d’effets indésirables, de pannes et d’accidents,  la question de la délibération politique autour des choix techniques ne peut plus être éludée. Vive les techniques douces contre les techniques inappropriées.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 juin 2021, Le temps long et incertain de l’innovation

26 février 2021, Les mirages de l’innovation technologique

25 décembre 2018, Jean-Baptiste Fressoz annonce l’apocalypse joyeuse

Nature, environnement, biodiversité… VIVANT !

La notion de « vivant », est plus inclusive que « nature » et « environnement », moins usée que « sauvage », moins savante que « biodiversité » ou « non-humains », plus partielle que « acteurs absents ». Les mots font ou défont les réalités. Quant un nouveau concept se répand dans l’espace public, il devient un mème et participe à un basculement du monde. Ainsi la notion de « vivant » marque le fait que « la crise écologique actuelle est une crise de nos relations au vivant »(Baptiste Morizot). « Vivant » selon Nicolas Truong permet de sortir du dualisme entre la nature et la culture. De nouvelles ontologies ne séparent plus les humains et les « non-humains », plantes, animaux, fleuves… ne sont plus des choses, mais des êtres qui doivent être pris en compte par le politique comme par le droit. On peut être en empathie avec le vivant, pas avec la nature. Et cette notion permet de mettre un peu d’animisme dans notre société anthropocentrée. On a passé la phase de l’écologie comme « truc dans un coin pour occuper les écolos », maintenant cela concerne des normes opposables à tous et sur de vastes périmètres. Il faut donc une démocratisation du débat et un éclaircissement des alternatives, sortir du vase clos des sachants et militants. L’important, c’est de discuter des rapports que l’humain peut, veut, doit entretenir avec ce que Vivant, Nature, Biodiversité désignent. Quelles nouvelles normes peuvent jaillir de notre rapport au vivant ? Il va bien falloir répondre.

Le philosophe Baptiste Morizot précise la signification du concept de Vivant « qui déplace la focale vers nos interdépendances avec les autres vivants. Il n’y a pas à « sauver » le climat, il ne craint rien : ce sont les vivants qui doivent être protégés des dérèglements du climat, humains compris ». Les humains ne sont qu’une maille dans la trame du vivant. Ce tissage rend la Terre habitable pour nous et pour les autres, et on comprend par là que ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin. Contre l’anthropocentrisme, il nous faut défendre une conception écocentrée, vision plus large que le biocentrisme qui s’intéresse seulement à chaque espèce séparée des autres. Penser avec cette idée de « vivant » n’oppose plus nature et culture, puisque la culture est une manifestation du vivant dans l’humain, une faculté façonnée par l’évolution du vivant. Les mots « biodiversité » ou « environnement » ne nous incluent pas : ce sont des concepts qui expriment l’extériorité hypothétique de l’humain. Le vivant, c’est un concept philosophique qui nomme notre relation à l’aventure de la vie sur Terre. Du point de vue concret, on pratique un meilleur humanisme parce qu’on comprend qu’il faut prendre soin des interdépendances entre tous les êtres vivants. Sans sacraliser bien sûr le Vivant, mère Nature, puisque le vivant vit chaque jour de s’entre-manger, c’est la base des écosystèmes.

Sirelius : J’ai aimé le début de « Manières d’être Vivant » de Morizot. Et puis, très vite, l’auteur goûte à tous les types de saucisses proposées dans un refuge du Vercors. On a donc un philosophe qui chante les louanges du vivant et des beautés inouïs de l’altérité, qui discute avec les loups et voit dans un champ grouillant d’insectes l’équivalent bouillonnant de vie de Times Square. Mais qui, nonobstant sa passion pour les animaux sauvages, les possibilités d’interactions et d’échanges avec eux, se remplit l’estomac du corps supplicié de ceux qui n’ont pas eu la chance de naître à l’état sauvage, mais dans un élevage où en guise de bienvenue à la vie ils se voient arracher les testicules, couper la queue, meuler les dents à vif. Exemple parfait de dissonance cognitive !

le sceptique : Nos débats humains sur le vivant sont toujours des débats sur nos désirs, nos valeurs, nos intérêts. Même le naturaliste le plus désintéressé est en réalité animé par un plaisir d’être dans un certain type de nature, c’est la possibilité de son plaisir qu’il défend.
(Bon, c’est une expérience de l’esprit, jamais je boufferais une laitue et jamais je ne la cultiverais 🙂 Mais disons que ceux qui cultivent des laitues pour ceux qui en mangent se posent ces questions).

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

6 mars 2019, Liselot des papillons (le Respect du vivant)

26 août 2018, Valérie Cabanes, être en harmonie avec le vivant

19 novembre 2015, Le climat dépend des êtres vivants, cela nous intéresse

16 juin 2013, respect du vivant, hommage radical à la dénatalité

19 décembre 2011, biocides : la revanche du vivant

19 décembre 2010, biotechnologies et (non) respect du vivant

24 août 2007, L’unité du vivant

Aimer le bien-être animal ET les chasseurs

Emmanuel Macron le 4 octobre : « Il faut que chacun se comprenne. On a trop tendance à opposer les mondes dans notre pays. Les chasseurs, ce sont des acteurs de la ruralité. Un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, il aime la nature, sinon il ne ferait pas de chasse… Ce qui m’importe, c’est qu’on réponde à la question du bien-être animal et qu’on le fasse en respectant chacune et chacun. Et que cela ne produise pas des tensions dans la société, en plus de tout ce que nous avons… Je pense honnêtement qu’on a beaucoup mieux à faire qu’aller chercher les gens sur les chasses traditionnelles … Personne ne veut de pratiques cruelles. Mais, en même temps, nos compatriotes chasseurs sont attachés à la ruralité et aux traditions. On ne peut pas leur dire du jour au lendemain, ce que vous avez fait, ce que vos parents, vos grands-parents ont fait, c’est absolument intolérable, circulez… »

Les commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Nono Isa : Le chasseur aime la nature comme le pédophile aime les enfants

avec le temps : Macron qui dit « Un chasseur aime les animaux, sinon il ne ferait pas de chasse ». Cette contradiction est au delà du ridicule.

Dance Fly : Les chiens de chasse sont sans doute parmi les premières victimes de la maltraitance animale ; leur accueil dans les refuges sont légions. Et ne parlons pas de la vénerie: des dizaines de milliers de chiens enfermés la plupart du temps dans des chenils glauques, des milliers victimes de souffrances abominables lors des parties de chasse : éventrés par un sanglier, assommés par un coup de sabot de cheval, percutés par une voiture, agressés par leurs congénères, perdus et errants pendant des semaines… La plupart des responsables politiques ont cette même vision idéaliste de la chasse qui n’existe que dans leur imaginaire, car finalement non seulement les chasseurs n’aiment pas la faune sauvage mais beaucoup n’aime pas leurs propres chiens.

Locredo : Macron jette 18 M€ pour les chats et les chiens en refuges, puis rappelle que la chasse c’est de la tradition. Que dire de l’élevage intensif ? Le en-même-temps est à l’agonie…

Dionys : Macron aurait interdit la chasse à la glu car il trouvait cette pratique scandaleuse ? C’est une plaisanterie ! Le lien nous renvoie à un article du Monde qui précise qu’il a fallu 5 ans de bataille contre la mauvaise volonté manifeste de ce gouvernement..

Victor M : Entre la criminalisation des lanceurs d’alertes sur la cruauté dans les élevages industriels ainsi que la cellule de gendarmerie (demeter) spécialement créée pour les traquer et les pleins pouvoirs accordés aux chasseurs, dont la possibilité de chasser des espèces menacées et protégées, Macron aura bien du mal à se placer en défenseur du bien être animal !

Anti-Pollueurs : Sous votre quinquennat Mr Macron, la Nation France n’a pas vraiment “amélioré la condition de l’ensemble des animaux qui vivent en son sein”. Il n’y a pas que les chiens et chats à protéger, toute la Biodiversité souffre en France. Est-ce que la quantité de toxiques (pesticides) volontairement répandus dans nos campagnes a diminuée ? Non. Est-ce que la prochaine PAC défendue par la France et M Denormandie & FNSEA va améliorer la situation ? Non. Le Ministère ne parle que des chats abandonnés ou des chiens écrasés, que fait-il pour que son secteur soit moins toxique ? Rien.
Vieux : Le chasseur n’est pas quelqu’un qui aime la nature et la ruralité. Le chasseur est un homme qui cartonne des animaux avec un fusil pour se sentir exister.

Camille Pol : Ce qui est le plus intéressant c’est finalement ce taux de chasseurs de 30-40% d’urbains CSP+ (contre 8% d’agriculteurs) qui permet de contredire l’argumentaire selon lequel le débat sur la chasse serait un débat de citadins aisés contre des ruraux modestes.

Simon T. : Les chasseurs aiment la nature ? Qu’ils troquent le fusil contre l’appareil photo. Macron se fait littéralement avaler par les lobbys de chasse. Les conflits se sont envenimés durant son mandat car les chasseurs ont étendu leur réseau et leurs pratiques mafieuses dans l’impunité la plus totale alors que les Français aspirent au respect du VIVANT (pas du trophée) et à vivre sans risquer de prendre une balle perdue.

Pop : Un chasseur aime les bêtes, un motard aime le silence, un gilet jaune aime la matraque et moi j’aime Hidalgo et Pecresse, Bertrand et Macron, Marine et Jean-Luc. Je crois que je vais voter pour le sens du vent, il est de tous les programmes.

JNP94 : En plus d’être comme les centristes ni de gauche  ni de gauche, Macron est en même  temps  et de droite et de droite

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 octobre 2021, Condition animale, maigre avancée de la loi

28 avril 2021, Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

Futur du croissancisme, décroissance subie

Il est totalement illusoire de croire que la courbe de consommation du pétrole diminuera tranquillement de la même manière qu’elle est montée jusqu’à son apogée. De même la population mondiale pourrait se réduire très brutalement comme elle l’a fait à la chute de l’empire romain. Car aucune croissance ne peut être extrapolée indéfiniment sans se heurter violemment aux limites matérielles de notre monde. Tout s’écroule, tout décroît, ce n’est qu’une question de temps. Mais certains aveugles invétérés sont persuadés du contraire, et ce sont eux qui ont la faveur des médias. (Denis Cheynet)

Yannick Jadot, présidentiable écolo pour 2022 : Le débat croissance-décroissance, je m’en fous complètement… L’intérêt politique de manier ce concept dans une campagne présidentielle me semble complètement nul… La décroissance serait la promesse d’un score autour de 2,5 %.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF : La sobriété, ce n’est pas la décroissance. On peut certainement faire de la croissance en consommant moins de matières… La sobriété oui, la décroissance non.

Stéphane Le Foll, ex-ministre socialiste : Une croissance sûre nous permet de financer un modèle social absolument nécessaire. Ceux qui disent qu’il faut aller vers la sobriété et la décroissance ne répondent pas à la question du financement. La croissance sûre permettra aussi le financement de la transition énergétique.

Rémy Rioux, directeur de l’Agence française de développement : Sur le plan financier, il faudrait 1000 milliards par an d’investissement ayant un effet positif sur la nature. Il faut réorienter les subventions néfastes. Et il ne faut pas oublier les pays du Sud. Ne parler que de décroissance dans des pays en développement, c’est être européocentré.

Eric Lombard, directeur de la Caisse des dépôts et consignations : Pour lutter contre le dérèglement climatique, il faut des investissements massifs, pas la décroissance

Frédéric Féry, prof ESCP Business : L’écologie doit embrasser l’énergie du capitalisme pour arriver à ses fins. L’histoire est encore à écrire, mais préférons l’ambition à la résignation, l’énergie à la contrition et la science à la décroissance. La tendance catastrophiste de l’écologisme pousse à l’ascétisme et à la décroissance, ne nous trompons pas de combat.

Benoît Leguet, directeur de l’I4CE, institut de l’économie pour le climat : Il va falloir consommer moins mais mieux, en privilégiant le durable, le responsable. Cela ne veut pas dire revenir à l’âge de pierre ou prôner la décroissance.

Guillaume Lacroix, président du Parti des radicaux de gauche : Ceux qui plaident pour la décroissance sont des irresponsables. Décroissance, ça veut dire individualisme et repli sur soi, c’est un sport de riches.

Appel de 100 jeunes LR pour une candidature d’Eric Ciotti : Nous refusons la décroissance promise par un écologisme vert doctrinal, nous lui préférons une écologie pragmatique centrée sur l’individu dont le nucléaire sera la pierre angulaire.

David Lisnard, maire sarkozyste de Cannes : Il faut faire en sorte que le climat ne soit plus source de stress et de peur, mais qu’il devienne l’occasion d’un engagement collectif. Pour cela il convient de démontrer que les solutions existent, s’appuyant sur les sciences, l’éducation, le bon sens, bien plus que sur la décroissance, les contraintes et les anathèmes.

Erwan le Noan, chroniqueur : La décroissance n’est pas qu’une ânerie, c’est un danger. La croissance ne va pas sans heurts, mais elle permet la liberté. La décroissance, à l’inverse, est une voie garantie pour l’appauvrissement et la tyrannie.

Robin Rivaton, scribouillard : le problème de la décroissance, c’est qu’historiquement c’est un chemin qui a mené à la famine, à la misère et à la pauvreté.

(Citations extraites du mensuel « La décroissance », octobre 2021)

Contre des inepties répétées en boucle un peu partout, difficile de pouvoir répondre. On se contente ici de montrer que leur discours peut être complètement inversé, par exemple :

Erwan le Noan, transfiguré : La croissance n’est pas qu’une ânerie, c’est un danger. La décroissance ne va pas sans heurts, mais elle permet la liberté. La croissance, à l’inverse, est une voie garantie pour l’appauvrissement et la tyrannie.

Guillaume Lacroix, incisif  : Ceux qui plaident pour la croissance sont des irresponsables. Croissance, ça veut dire individualisme et repli sur soi, c’est un sport de riches. Nous refusons la croissance promise par ce capitalisme dogmatique, nous lui préférons une écologie réaliste centrée sur la sobriété partagée, « moins de biens, plus de liens ».

Tout savoir sur la décroissance démographique

Delphine Batho a eu le mérite d’introduire le concept de décroissance pour la présidentielle 2022, mais elle se contentait de parler de décroissance économique. Voici ce qu’elle aurait du savoir :

Richard Heinberg : Nous avons tendance à croire que notre intelligence humaine et nos codes moraux nous distinguent des autres espèces vivantes. Erreur ! Lorsque d’autres créatures se procurent une manne énergétique, elles réagissent par la prolifération : leur population traverse les phases bien connues d’épanouissement, de dépassement des capacités de leur environnement, puis de chute brutale. Jusqu’à présent, nous avons réagi face à l’apport énergétique des énergies fossiles exactement comme les rats ou les bactéries répondent à une nouvelle et abondante source de vie.

Sur le globe vivent aujourd’hui entre 2 et 5 milliards d’êtres humains qui n’existeraient probablement pas sans les combustibles fossiles. Lorsque l’afflux d’énergie commencera à décliner, l’ensemble de la population  pourrait se retrouver dans une situation pire encore que si les combustibles fossiles n’avaient jamais été découverts et l’on assistera à une compétition intense pour la nourriture et l’eau entre les individus d’une population dont les besoins seront désormais impossibles à satisfaire. Combien d’êtres humains l’agriculture post-industrielle sera-t-elle capable de nourrir ? Une estimation précautionneuse serait : autant qu’elle pouvait en faire vivre avant que l’agriculture s’intensifie, c’est-à-dire la population du début du XXe siècle, soit un peu moins de 2 milliards d’êtres humains. Une politique démographique faisant en sorte que chaque couple n’engendre en moyenne que 1,5 enfants parait incontournable. Cet objectif global doit se traduire par des mesures et quotas nationaux. En effet, le niveau le plus efficace pour la régulation de la population se situe actuellement sur le plan national car seuls les Etats ont la possibilité d’influencer efficacement les comportements et d’imposer des restrictions.

L’opposition à l’immigration incontrôlée est souvent assimilée à tort à la xénophobie anti-immigrés. Mais dans une perspective écologique, l’immigration n’est pratiquement jamais souhaitable. Lorsqu’elle se fait massivement, elle ne fait que mondialiser le problème de surpopulation. De plus, ce n’est que lorsque les groupes humains se sont enracinés dans une zone particulière, au fil de plusieurs générations, qu’ils développent un sens des limites en termes de ressources. Pourtant la gauche comme la droite tendent à occulter le problème de la croissance démographique continuelle. (Pétrole, la fête est finie)

Pour en savoir plus grâce à ce blog biosphere :

25 septembre 2021, Hymne à toutes les décroissances (synthèse)

11 septembre 2021, La décroissance démographique oubliée (pour 2022)

26 décembre 2020, Décroissance économique ET démographique (débat avec un écosocialiste)

7 août 2019, Que sais-je sur la décroissance… démographique ! (Serge Latouche)

2 juin 2019, Conférence-débat sur la Décroissance démographique (association (DR!)

29 octobre 2011, Pierre Fournier et la décroissance démographique

31 décembre 2010, Pétrole et décroissance démographique (Richard Heinberg)

1er juillet 2009, décroissance démographique (échange avec Bruno Clémentin de « La Décroissance »)

29 août 2008, décroissance démographique (critique édito du MONDE)

Notre responsabilité démographique

Le problème de nos sociétés modernes, c’est qu’elles ont annihilé la nécessité de la responsabilité individuelle, c’est toujours la faute des autres: c’est la faute au gouvernement, le coût de mon hospitalisation la sécurité sociale y pourvoira , l’innovation technologique viendra bien un jour à notre secours, gaspillez comme vous voudrez, le camion-poubelle passera, etc. Dans cette société d’irresponsables, il faut espérer qu’il n’est pas trop tard pour une approche qu’on pourrait appeler social-libérale, reposant sur la prise de responsabilité individuelle. La remise en question de l’irresponsabilité en matière de fécondité est un élément crucial de cette évolution culturelle nécessaire. Pour éclairer l’avenir collectif, devenons malthusien.

La critique principale à l’encontre de Malthus porte sur son opposition au maintien d’une assistance aux pauvres. Malthus pensait au contraire défendre la cause des pauvres  :

« Dans tous les cas, les lois de la nature sont semblables et uniformes. Chacune d’elle nous indique le point où, en cédant à ses impulsions, nous passons la limite prescrite. On a généralement considéré les maladies comme des châtiments inévitables infligés par la Providence ; mais il y aurait de bonnes raisons d’envisager une partie de ces maux comme une indication de la violation de quelque loi de la nature. Si manger et boire sont une loi de la nature, c’en est une aussi que l’excès en ce genre nous devient nuisible ; et il en est de même à l’égard de la population. Le peuple doit s’envisager comme étant lui-même la cause principale de ses souffrances… L’obligation de s’abstenir du mariage, tant que l’on n’a pas la perspective de pouvoir suffire à l’entretien d’une famille, est un objet digne de toute l’attention du moraliste. » (De la contrainte morale / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 2 p. 198 à 215)

Pierre Rabhi est une personnalité admirable. Auteurs de nombreux livres, praticien de l’agroécologie, candidaté à la présidentiellesde 2002, sa parole est sage et ses actions écologiquement valables… sauf en matière démographique. Il écrit : « Les arguments démographiques que les repus exhibent sans cesse pour justifier l’inanition des pauvres, sont fallacieux et ne résistent pas à un examen attentif. Accuser le million de ventres vides d’être responsables du fléau dont ils sont victimes relèvent du cynisme que la raison et le cœur ne peuvent que récuser. » Sauf que sur cette planète, il n’y a pas un million, mais un milliard de ventres vides, sauf que les enfants des riches sont aussi trop nombreux, sauf que l’agriculture industrielle n’arrive pas à nourrir le monde et que l’agroécologie ne ferait pas mieux. Un adepte de la simplicité volontaire, un colibri qui fait sa part sans attendre que les autres agissent à sa place, ce message de Pierre est magnifique, basé sur la responsabilité individuelle. Mais Pierre Rabhi avec sa femme Michèle a fait cinq enfants. Si tous les couples faisaient comme eux, cela correspondrait à une multiplication par deux de la population mondiale tous les 40 ans environ. Insupportable pour une planète déjà vidée de ses ressources principales facilement accessibles. Pour sauver le climat, la biodiversité et les générations futures, il est nécessaire de pratiquer volontairement une fécondité au plus bas et Rabhi ne montre pas l’exemple à suivre…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

1er septembre 2020, les textes de MALTHUS

27 aout 2020, MALTHUS, décroissant nié par les décroissants

2 février 2013, Pierre Rabhi, un anti-malthusien en parole et en acte