Écologie / Économie, les frères ennemis

Le 6 mars 2010, Sarkozy au Salon de l’agriculture : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire. » A un peu plus de trois mois des élections européennes de juin 2024, à nouveau « l’écologie, ça commence à bien faire ». Normal, pour être élu il faut faire plaisir aux citoyens. En Europe, les gouvernements réduisent leurs dépenses « vertes ».

En France, face à la crise agricole, à laquelle le gouvernement a reculé sur des normes environnementales, mis en pause le plan Ecophyto, et les économies budgétaires annoncées par l’exécutif puisent largement dans les « crédits verts ». L’enveloppe du dispositif MaPrimRénov’ sera amputée de 1 milliard d’euros et le fonds vert pour le climat, qui permet aux collectivités d’investir dans des projets de transition écologique, sera réduit0

En Allemagne, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a interdit, en novembre 2023, le transfert de 60 milliards d’euros vers un fonds pour le climat.

La Suède a supprimé les subventions à l’achat de véhicules électriques, puis revu à la baisse la part de biocarburant dans le gazole et l’essence.

Le point de vue des écologistes urgentistes

Ecologie et pouvoir d’achat font très mauvais ménage depuis la création du « ministère de l’impossible »… en 1971 ! Vouloir ramener nos émissions CO2 de 8 à 2T par an reviendrait pratiquement aujourd’hui à diviser notre pouvoir d’achat par 4. Si le progrès des technologies peut espérer réduire un peu ce facteur, cela nécessitera des investissements géants, donc de très gros efforts. Aucun peuple ne peut comprendre et admettre cela, surtout en France, pays très négatif. D’ailleurs même la gauche se moque du monde. Mélenchon n’a t il pas promis l’essence à 1,3 €, histoire de financer les énergies fossiles ? Quant à l’extrême droite elle prospère sur le rejet de mesures pourtant nécessaires, car du pétrole il n’y en a plus pour très longtemps, mais fonçons dans le mur.

Il faut bien créer des richesses, croître toujours, se goinfrer à en vomir, devenir obèse ou anorexique… Les 3000 milliards de dettes de la France ont profité très majoritairement à notre politique sociale, au soutien de l’économie de marché et bien sûr à l’agriculture productiviste. Quasiment pas à la transition vers un environnement plus sain et vers la souveraineté énergétique. Mais les gouvernants sont à l’image des citoyens.

La population dans sa grande majorité, ne veut pas réduire sa consommation et avale la pilule du techno-solutionnisme que lui sert le mythe contemporain. C’est un déni total de la gravité de la situation. De ce gouvernement qui a un rapport privilégié à la croissance, il ne faut pas s’attendre a une perception de la réalité biophysique… Si les Français continuent de croire que c’est chacun sa bagnole, son pavillon et la bouffe pas chère pour s’acheter une masse de loisirs et de médias, ils vont vite déchanter dans un avenir plus ou moins proche. Et bien entendu ce sont d’abord ceux qui n’ont déjà pas assez qui vont devoir se serrer la ceinture pour que les autres continuent leur mode de vie excessif… sans parler des 1% qui sont un pur délire de débauche consumériste.

Que les chinois et les américains se mettent à nôtre niveau en terme de CO2 ? Certes aucun État, ne peut « sauver la planète à lui tout seul ». Mais attendre son voisin est juste un alibi pour continuer à rêver aux mythes du XX° siècle : consommation effrénée, croissance du PIB, liberté des marchés, concurrence… Quand la catastrophe écologique nous réveillera, nous serons vraiment devant un « trou sans fond », et nous regretterons d’avoir fui les efforts nécessaires. Les actions individuelles et collectives à faire pour la transition écologique ne sont pas une punition, mais une nécessité pour éviter la terrible punition que nous prépare la nature. L’ « écologie punitive » n’est qu’un slogan-alibi pour fuir les efforts de sobriété et de solidarité nécessaires.

Aucun état européen n’est sur la bonne trajectoire respectant les accords de Paris de 2015. Les 1,5 degrés sont enterrés, foutus. Les 2 degrés de réchauffement, on en prend dangereusement le chemin puisque on fait le contraire de ce qu’il faudrait. Avec le déclin du pétrole et notre dépendance à celui-ci, les 20 prochaines années risquent d’être plus que périlleuses…

Le dérèglement climatique accélère ? C’est le bon moment pour freiner ! On va quand même pas changer de vie pour ça, non ? On est les maîtres de la nature, c’est pas à elle de décider.

Les  » réalités économiques » se heurteront aux réalités biophysiques qu’elles engendrent… Nier l’obstacle n’est ni le résoudre ni même le contourner, c’est un aveuglement injustifiable. N’en déplaise aux gouvernements et aux consommateurs, la lutte contre le réchauffement ne pourra que passer que par la décroissance. Comme on ne veut pas la planifier, elle sera terriblement subie.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

2020. Le faux clivage entre économie et écologie

extraits : Économie et écologie sont-elles définitivement irréconciliables ? Oui, si l’on entend par économie la croissance et la négation que les ressources de cette planète sont limitées ; mais non, si l’on envisage un autre modèle économique.La théorie économique dominante considère les activités humaines uniquement comme un circuit économique d’échange entre la production et la consommation. Pourtant il y a une continuelle interaction entre ce processus et l’environnement matériel. Non seulement les ressources naturelles se raréfient, mais les économiste oublient une loi écologique fondamentale, l’entropie : toute activité économique est en soi un processus de dégradation de l’énergie.

2015. Climat, économie contre écologie et Sud imitant le Nord

extraits : L’organisation de l’économie mondiale se joue dans des arènes comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) où il n’est pas question de climat. Quand on discute du traité transatlantique de libre-échange, on ne se préoccupe pas du climat. Pourtant le libre-échange, qui tire la croissance économique, est bien facteur d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires. Le protectionnisme est un mot actuellement tabou. Et quand on traite directement du climat dans une conférence internationale, il n’est pas question de réguler le commerce. Ce hiatus, Stefan Aykut et Amy Dahan l’appellent « schisme de réalité »…..

2013. l’économie comme succursale obligée de l’écologie

extraits : L’économie orthodoxe s’est transformée en religion de la croissance, une chose abstraite dénuée de fondements matériels. Cette croyance est relayée politiquement aussi bien par la droite ou la gauche. Sarkozy voulait aller chercher la croissance avec les dents, Hollande n’a  que le mot croissance à la bouche. Il est difficile de changer mentalement de paradigme quand une période s’achève. Mais avant 1750, il n’y avait pas de croissance. Les progrès de ces 250 dernières années, principalement basés sur l’abondance relative des hydrocarbures, touche à sa fin… On observe des signes d’affaiblissement de la rationalité. Il est tellement plus facile de changer notre raison que de changer notre comportement. Les sans-limites ont donc continué à changer les raisons pour ne pas changer de comportement….

2011. bioéconomie : l’économie comme sous-partie de l’écologie

extraits : D’un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié le 12 mai 2011, il ressort qu’une croissance mondiale viable, impliquant un retour aux consommations de ressources naturelles de l’année 2000, exigerait une division par trois des consommations actuelles de ces ressources pour les pays industrialisés, et une stabilisation pour les autres. Les auteurs de l’étude soulignent eux-mêmes que cela ne pourrait être obtenu que moyennant une quantité de contraintes qui « peut être difficilement envisagée ». Il nous faut réhabiliter les économies de proximité, assurer le droit des peuples à satisfaire par eux-mêmes leurs besoins fondamentaux. En un mot, réinventer le monde dans un temps limité. « There is no alternative… »….

2008. l’économie, filiale de l’écologie

extraits : Le New Green Deal d’Obama ne fonctionnera pas si l’on se contente par exemple de remplacer des voitures à essence par des voitures qui roulent aux carburants renouvelables. L’économie doit être pensée comme une filiale à 100 % de l’environnement. Le prix que nous donnons aux choses doit être réévalué. Si nous prenions en compte les coûts véritables de l’eau et des carburants nécessaires à la fabrication et au transport des biens, nous constaterions que les déplacer autour du monde comme nous le faisons coûte très cher. En 2009, l’influence des citoyens sera cruciale. C’est ainsi que s’exprime Jacqueline McGlade, directrice de l’Agence européenne pour l’environnement…

2024. Gabriel Attal, la politique sans l’écologie

extraits : Lors de sa déclaration de politique générale, le premier ministre a fustigé avec vigueur la décroissance, qu’il considère comme « la fin de notre modèle social » et « la pauvreté de masse ». « Oui, nous ferons rimer climat avec croissance. Une écologie populaire, c’est une écologie qui se construit au plus près des réalités des Français. On ne fera pas l’écologie contre le peuple. Il faut entendre les préoccupations de tous les Français.»

La FNSEA n’aime pas les loups

Le loup, qui avait été exterminé au XIXe siècle, a fait son retour en France dans les années 1990 en passant par les Alpes italiennes. On comptait, en 2023, 1 104 individus sur le territoire national, contre 430 en 2018. Le nouveau « plan loup » pour la période 2024-2029, révélé le 23 février 2024 à la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, ne satisfait ni les éleveurs ni les défenseurs de la vie sauvage.

D’un côté on déplore que 11 500 animaux d’élevage ont été tués en 2023 par des attaques de loups. Si le plafond de tirs est fixé à 19 % de la population lupine, inchangé, pourquoi l’éleveur n’aurait-il pas le droit de défendre son troupeau lui-même ? Pourtant les tirs seront facilités, les éleveurs pourront d’équiper d’appareils de vision nocturne (tels que des jumelles thermiques). Les louvetiers, bénévoles assermentés chargés de réguler certaines espèces, n’auront plus à éclairer le loup avant de tirer. 207 loups ont été « prélevés » en 2023, sur un plafond de 209 individus.

De l’autre on constate que ce plan national d’actions n’est plus un plan de préservation mais un plan de régulation. C’est du jamais-vu, il met en avant tous les bienfaits du pastoralisme et tous les méfaits du loup, mais jamais l’inverse. De toute façon les éleveurs n’ont rien à dire, la collectivité les aide. En cas de pertes « directes », c’est-à-dire si un animal du troupeau est tué, les indemnisations sont revalorisées avec une augmentation de 33 % pour les ovins et de 25 % pour les caprins.

Le point de vue des écologistes lupins

La FNSEA à obtenu du gouvernement de stopper la diminution des pesticides, de supprimer des lois environnementales, de toucher plus de subventions, de ne plus payer d’impôts sur la vente de leur entreprise, de payer moins cher le carburant, de confisquer l’eau et maintenant de supprimer les OFB du contrôle et de flinguer les loup, ce magnifique animal . Si ça continue, la FNSEA viendra bientôt se vautrer dans mon canapé et manger mon pop-corn !

La FNSEA s’arroge le droit de régler la nature en la pliant à ses volontés et à ses intérêts, des pesticides au massacre de loups, des bassines aux élevages hormonés, ça commence à ressembler à une secte, un petite question, qui nous protégera de la FNSEA?

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Fécondité des loups, fécondité des hommes

extraits : En France, 1 104 loups en 2023 pour 67 millions d’humains : cherchez l’erreur ! Le problème essentiel est que l’espèce homo sapiens s’est propagée au détriment de presque toutes les autres. Que diraient les Français si leur taux de mortalité provoquée était fixé « à 19 % de la population totale » et qu’on pouvait tirer à vue le surnombre avec des lunettes à visée nocturne. Quel est le seuil de viabilité de cette espèce d’hominidé qu’on devrait respecter : environ 500 individus, ou 2500 individus sexuellement matures ? Notez que l’humain et le loup se ressemblent, ils chassent en meute. Ce sont des prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui doivent en conséquence réguler leur population en proportion des ressources à leur disposition. Le loup limite sa reproduction au seul couple dominant de la meute pour ajuster ses effectifs aux ressources disponibles. Quand les proies se font rares, la meute reste parfois deux ou trois ans sans mises bas !

Nos amis les loups en ligne de mire

extraits : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a ouvert la voie le 4 septembre 2023 à une possible révision du statut de protection de cet animal : son propre poney, Dolly, a été tué par un loup en septembre 2022 ! Exemple frappant de l’animal domestique choyé au détriment de l’espèce sauvage….

Emmanuel Macron se couche devant la FNSEA

Lors du Salon de l’agriculture le chef de l’Etat devait échanger avec agriculteurs, industriels, grande distribution et ONG ce samedi 24 février. Mais la FNSEA a annoncé qu’elle ne participerait pas au débat.

Nathalie Segaunes : En dépit des « mesures d’urgence » annoncées par le premier ministre, Gabriel Attal, les agriculteurs appellent Emmanuel Macron à s’investir personnellement. Le chef de l’Etat va s’adonnera à l’une de ses figures favorites, un dialogue « ouvert, franc et direct » avec les acteurs du secteur. Plusieurs centaines de personnes sont conviées, dont les représentants des principaux syndicats, de la grande distribution et des industriels… Les défenseurs de l’environnement auront également voix au chapitre, tels que Réseau Action Climat ou Générations futures. Et même, annonçait l’Elysée jeudi après-midi, Les Soulèvements de la Terre.

« L’invitation d’un groupuscule est une provocation inacceptable pour les agriculteurs », dénonçait le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, refusant de « prendre part à ce qui ne sera qu’une mascarade ».

Dernière heure, vendredi 23, 18h41 : Emmanuel Macron a annulé le débat devant le refus de la FNSEA d’y participer ! Mais les tenants et aboutissants de ce fiasco méritent d’être décortiqués, ce que nous faisons ci-dessous.

Le point de vue des écologistes paysans

– Grand débat = grand foutage de gueule… Ça fait maintenant des années que celui qui nous sert de Président de la République nous ressort les mêmes ficelles… On sait ce qu’il est advenu des précédents « grands débats », un enfumage pour pouvoir continuer impunément ses grands manœuvres qui permettent aux ultra riches de l’être de plus en plus. Et on ne sait même pas ce que sont devenus les fameux cahiers de doléances…

– La FNSEA refuse de débattre avec les soulèvements de la terre qui ne sont pas un « groupuscule » mais un fédération de plusieurs groupes, dont des agriculteurs. Avec le soutien explicite de nombreux intellectuels et une décision juridique qui a empêché la dissolution voulue par Macron. « Il n’y a pas de débat possible avec ces gens violents », dit Arnaud Gaillot, président du CNJA… qui bloque les routes, déverse du purin sur les bâtiments publics, saccage des administrations et menace de mort ses opposants..

– Les activistes de la FNSEA sont encore plus violents que ceux des Soulèvements de la Terre. Le propre des lobbys et des mafias est de refuser la lumière et la confrontation publique pour agir dans l’ombre où elles peuvent plus facilement faire pression. La FNSEA semble faire partie plutôt de la deuxième catégorie. Dans d’autres pays, on tue même les réfractaires à leur emprise. A quand des mesures contre l’agri-terrorisme ?

-La FNSEA et son antichambre, les JA, veulent bien participer au débat à condition que tous les invités aillent dans leur sens. Et la FNSEA était déjà gagnante sur toute la ligne. Le plan Ecophyto est suspendu. Les subventions européennes seront accélérées. Quelle profession jouit en France d’autant d’avantages… pour l’agro-industrie ? Elle ne défend que les exploitations industrielles hyper polluantes, exportatrices, qui a écrasé la petite paysannerie en France et qui internationalise sa prédation.

– La FNSEA n’a aucune envie de débattre. Ils ont déjà, avec l’appui du gouvernement, tout ce qui les arrange : moins de normes, plus d’agrochimie, non aux jachères, haro sur l’Europe. Il savent pertinemment que cela ne résoudra pas la question du revenu de la grande majorité des agriculteurs, des rapports avec les industriels et la grande distribution ; ils s’opposent à une réforme de la PAC en faveur d’une agriculture paysanne et des petits producteurs

– La FNSEA n’a aucun désir ni intérêt à « inventer un nouveau modèle agricole français » qui allierait plus grande souveraineté alimentaire, santé et environnement. Son objectif est de se servir du levier de la bonne image du petit paysan français pour extraire un maximum de subventions, de réductions d’impôts tout en obtenant une réduction des normes sanitaires pour maintenir le modèle actuel productiviste qui bénéficie à ses adhérents et non aux petits agriculteurs survivant autour du seuil de pauvreté. C’est ce qu’on appelle un lobby. Et plus on accorde des concessions à un lobby pour tenter de l’amadouer et plus on le renforce.

– Arnaud Rousseau qui préside la FNSEA est loin d’être représentatif des paysans. Il est producteur en Brie de colza, , tournesol, blé, betterave, maïs et possède 339 hectares de cultures en Seine-et-Marne. Avec sa femme, ils exploitent au total 700 hectares. Il reçoit 173 000 € de subventions/an de l’UE ( l’agriculteur moyen, c’est 69 ha et 30 000 € d’aides/an). Il préside le Groupe Avril, l’un des plus grands groupes agroalimentaires français. Ce géant des huiles – près de sept milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 – doublé d’une société d’investissement est présent avec les marques Lesieur et Puget, Il siège dans Sofiprotéol et Saipol, une filiale d’Avril producteur des agrocarburants Diester (largement subventionnés). C’est un pro-OGM, tout cela le rend très proche de Monsanto-Bayer et du lobbying de l’agrochimie en général. La règle « Pollueur/Payeur », il ne ne connaît pas, la biodiversité, non plus.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Politique agricole à la solde de la FNSEA

extraits. Mai 2021, les arbitrages de la France pour la future PAC (politique agricole commune), une descente aux enfers ! Principal outil de verdissement de la future PAC, les « écorégimes » cristallisent tous les mécontentements. Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la mise en place de cette « boîte verte », qui servira à rémunérer des pratiques environnementales vertueuses, représentera une perte sèche de revenus pour une partie de la profession. C’est-à- dire tout pour moi, rien pour eux. Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : …

Schizophrénie au ministère de l’agriculture

Un fauteuil pour deux au ministère de l’agriculture ? Agnès Pannier-Runacher, nommée ministre déléguée chargée de l’industrie en 2020, est devienne ministre de la transition énergétique dans le gouvernement d’Elisabeth Borne en 2022 puis ministre déléguée auprès du ministre de l’agriculture depuis le 8 février 2024. Conflit ou harmonie avec Marc Fesneau, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire depuis 2022 ?

Nathalie Segaunes : Comme une relation de subordination est difficilement concevable, les deux ministres se sont mis d’accord sur le périmètre d’intervention de chacun. Marc Fesneau gardera les filières animales et végétales, les aspects sanitaires et la santé animale, la forêt et la politique agricole commune, ainsi que les sujets européens. Agnès Pannier-Runacher s’occupera de la planification écologique du secteur agricole, des enjeux énergétiques, notamment la production de biomasse, des industries agroalimentaires, ainsi que de l’innovation et de la recherche.

Le point de vue des écologistes paysans

On aurait pu se dire qu’une ministre chargée de la planification écologique en tandem avec un ministre plus orienté productivité agricole est une bonne façon de forcer les compromis nécessaires entre le développement du secteur et la protection de l’environnement. C’est tâche impossible. Les conflits d’attribution et le choc des ambitions personnelles ne sont rien face à l’incompatibilité de fait entre l’agriculture et l’écologie. Les multiples renoncements de Marc Fesneau devant les agriculteurs en matière d’écologie n’est que le dernier exemple en date. Il n’est d’ailleurs ignoré par personne que le ministère de l’Agriculture n’est qu’un strapontin de la FNSEA et de ses énormes tracteurs subventionnés par la PAC (politique agricole commune). Le lobby de l’agrochimie est aussi à tous les étages de la décision par sa capacité d’influence. C’est le modèle agro-industriel qui est à la fois prépondérant et punitif alors que la relation à la terre est multiple ; on ne peut comparer le maraîchage et la monoculture, l’industriel qui fait de l’élevage en batterie et le petit éleveur en bio…

Mais soyons honnête, laissons à Agnès Pannier-Runacher le temps de faire ses preuves. Alors ministre de la transition énergétique, elle insistait en juin 2022 sur la nécessité de réduire les envois de courriels accompagnés de pièces jointes, mais jugeait au mois d’août la pollution des jets privés « limité[e] »… Lors de l’université d’été du Medef le 29 août 2022, elle avait pourtant déclaré :  La sobriété vise certes à passer l’hiver, mais c’est surtout la condition sine qua non de la réduction de notre empreinte carbone à l’horizon 2050 ». Elle avait fait publier le 6 octobre 2022 le décret harmonisant les règles existantes d’extinction des publicités lumineuses, qui différaient jusqu’à présent selon la taille de l’agglomération. Peu de choses il est vrai, mais en mai 2021, alors ministre déléguée à l’industrie et à l’inverse de Macron, elle avait twitté : « Choisir dans la dignité sa #findevie, un débat sociétal qui doit trouver sa place au Parlement »…

Marc Fesneau de son côté a déjà largement fait ses preuves d’anti-écolo notoire. Il avait demandé le 30 mars 2023 à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de revenir sur sa volonté d’interdire les principaux usages de cet herbicide S-métolachlore, responsable d’une vaste pollution des nappes phréatiques: « Je ne serai pas le ministre qui abandonnera des décisions stratégiques pour notre souveraineté alimentaire à la seule appréciation d’une agence ». Des militants avaient pénétré dans un golf et détérioré un green et un système d’irrigation. Le ministre de l’agriculture avait dénoncé ceux qui « dégradent, détruisent, saccagent… Il n’y aura jamais de dialogue possible avec ceux qui entendent imposer leur loi par la violence ». Il ne paraît pas possible qu’il soit sur la même longueur d’onde qu’Agnès !

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Soutien des paysans, rejet des tracteurs

extraits. Nous soutenons depuis toujours les technologies paysannes pour « reprendre la terre aux machines ». Les machines comme engins de guerre agricole, mais aussi comme machine industrielle, machine administrée, machine à nourrir ou plutôt à remplir les caddies. Cette agro-industrie profite de chaque occasion pour se propager encore plus, éliminant les savoir-faire, les communautés paysannes, mais aussi la biodiversité et finalement le savoir et le pouvoir s’alimenter. Les dégâts sanitaires et sociaux sont colossaux, pas moins que les dégâts environnementaux…

Nicolas Hulot, amertume et impuissance

Extraits. Nicolas Hulot : « J’étais censé être ministre d’État et numéro trois du gouvernement mais c’était juste pour la façade ! Quand j’ai pris cette décision difficile de partir du gouvernement, j’avais demandé douze points de clarification au premier ministre et au président, dont ma volonté de copiloter la révision de la politique agricole commune, parce que pour moi il n’était pas pensable qu’on loupe cette fenêtre. Évidemment, ça ne m’a pas été accordé. Le fait d’être en conflit permanent avec Stéphane Travert, mon collègue à l’agriculture, au bout d’un moment, à part alimenter les couacs médiatiques, ça ne sert à rien et c’est absolument épuisant. J’ai parfois trouvé plus de conservatisme au ministère de l’agriculture qu’à la FNSEA. »…

Aurelio Peccei et le déclin de l’humanité

Dans les archives du MONDE (2 juin 1979)

L’humanité va vers un déclin progressif, à moins que…

nous déclare Aurelio Peccei, président du Club de Rome

Aurelio Peccei : Nous (le Club de Rome) tentons d’être un centre de réflexion pour l’humanité, c’est-à-dire que nous l’incitons à réfléchir sur ce qu’elle est et sur ce qu’elle veut devenir. Car la planète est tout à fait différente de celle que les hommes ont connue jusqu’ici. Tout se passe comme si quatre milliards de super-hommes et de super-femmes venaient de débarquer sur une terre appauvrie. Ils ont un pouvoir immense, des connaissances encyclopédiques (on publie chaque année dans le monde six cent mille livres, et quelques millions d’articles scientifiques) mais sont dans l’incapacité de mettre ces acquis à profit. Ils peuvent changer le climat, détruire les espèces, mais ne savent pas comment conserver la nature.Il est nécessaire de prendre conscience que nous sommes des super-hommes enfantins, des géants au cerveau non développé mais développable.

Voilà la fonction du Club de Rome. Il a commencé par dire: « Attention, on ne peut pas croître physiquement et indéfiniment dans un environnement fini. ce que dit le Club de Rome est clair : si les tendances du monde restent ce qu’elles sont, nous allons sûrement au-devant de désastres écologiques, militaires, politiques, sociaux, psychologiques, économiques. Quel est le premier élément qui déclenchera les autres ? Nous ne le savons pas, mais nous sommes certains que l’humanité va vers un déclin progressif, vers des situations plus difficiles, des problèmes plus complexes, et cela sans qu’elle ait appris à les maîtriser.

Question du journaliste : La croissance démographique est à nouveau d’actualité. Chez nous, certains la trouvent insuffisante et prônent une politique nataliste. Le désir d’avoir des enfants est-il compatible avec le souhait d’avoir plus de nourriture et davantage de biens en tout genre ?

Aurelio Peccei : Sur ce plan, je suis radical. Nous sommes déjà beaucoup trop nombreux sur cette terre. L’humanité a mis trois millions d’années pour parvenir à un milliard d’individus, à la fin du siècle passé. Puis en soixante ans, elle s’est multipliée par trois. D’ici à la fin de ce siècle, en vingt ans, elle va encore doubler. Voilà le type même du phénomène incontrôlable. On ne peut pas gérer la croissance démographique d’une humanité morcelée en cent cinquante États souverains. L’époque des grandes migrations étant achevée, la densité de la population atteindra dans certaines zones des sommets incroyables. S’ajoute à cela l’urbanisation. Au rythme du développement actuel, Mexico, par exemple, comptera trente millions d’habitants à la fin du siècle (ndlr, aire urbaine = 21 millions en 2015). Sans adduction d’eau potable, sans égouts ! D’ici à l’an 2000, il serait nécessaire de créer un milliard deux cents millions d’emplois nouveaux. Malgré cela, il y aurait encore quatre cent millions de chômeurs.

Aucun modèle capitaliste ou socialiste n’est capable de répondre à ce défi. Nous sommes dans une époque de folie qu’il faudra payer d’une manière ou d’une autre.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Démographie, apocalypse ou régulation ?

dans les archives du MONDE, 21 février 1977 (extraits)

La population mondiale

Apocalypse ou régulation ?

Dr ESCOFFIER-LAMBIOTTE : En matière démographique, et pour M. Albert Jacquard, professeur à l’Université de Genève et directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques (INED), la mutation à laquelle assiste notre génération pourrait conduire à l’apocalypse.

Les premiers hommes n’étaient que quelques millions. L’invention de l’agriculture, il y a dix mille ans, par la manne alimentaire qu’elle procure, déclenche la première révolution démographique. L’effectif humain passe rapidement à 300 millions d’hommes à l’époque de Jésus-Christ. Survient alors la seconde mutation : la victoire sur la mortalité infantile conduit à une augmentation exponentielle des populations qui passent de 1 milliard 200 millions d’hommes en 1850 à 2 milliards 500 millions un siècle plus tard. Au rythme actuel, il y aura 50 milliards d’hommes à la fin du siècle prochain, ce qui signifie que toutes les terres émergées auront la densité humaine du Japon. La démonstration de M. Jacquard, qui s’appuie sur l’espace vital et le nombre des mètres carrés, montre la gravité d’une situation que ne changeraient en rien l’exploitation d’énergies nouvelles ou les comprimés de protéines…

 » Un système qui n’est pas autorégulé ne peut aboutir qu’à une explosion… Si les rapports de force ne sont pas proportionnels aux effectifs humains, ils seront alors et nécessairement d’ordre totalitaire « , conclut M. Jacquard.

La vision d’apocalypse qui est la sienne est tempérée par la foi que place M. Girard, professeur de démographie, dans les facultés d’adaptation des hommes ; cette adaptation, qui peut être très rapide, se traduit en l’occurrence par les restrictions de natalité qui suivent comme en Occident) la baisse de la mortalité. Pourquoi penser que le tiers-monde ne suivra pas cette même évolution. Mais ce qui préoccupe M. Girard est cet autre phénomène, totalement inédit dans l’histoire de l’humanité, qu’est la maîtrise totale de la reproduction, laquelle était soumise depuis des millénaires aux règles du hasard. La démographie n’obéira plus qu’aux lois de l’opinion publique ou personnelle… à moins que des pressions politiques ne viennent écraser les revendications de cette liberté nouvelle.

Pour M. Keifitz, professeur de sociologie et de démographie, le taux numérique de la population n’est plus en tant que tel un élément majeur du rapport des forces à l’ère de la technologie. Les puissances industrielles ou militaires s’appuient beaucoup plus sur le niveau d’équipement que sur le nombre d’hommes…

En somme, conclut le professeur Ruffié, les hommes ont toujours été hantés par deux peurs : être trop nombreux ou ne pas l’être assez. Sur ce point, rien n’a changé depuis la nuit des temps.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Pierre SAMUEL, De l’espace ou des enfants

Dans les archives du MONDE (21 juillet 1975)

De l’espace ou des enfants (extraits)

M. Pierre Samuel, professeur à l’université de Paris-Sud et secrétaire des Amis de la terre, nous écrit à propos de l’article de M. Michel Debré :  » Un favoritisme justifié  » (le Monde du 15 juillet 1975)

Pierre Samuel : M. Debré et les autres panégyristes d’une natalité abondante raisonnent en fonction d’une époque révolue : époque d’espaces illimitées d’abord, puis de matières premières abondantes et d’énergie particulièrement facile à capter. Cette époque a vu la population mondiale quadrupler en un siècle environ sous l’effet des progrès de la médecine et surtout de l’hygiène, alors que d’autres progrès techniques permettaient – tant bien que mal et avec de dramatiques inégalités – de nourrir, de vêtir, de loger et de transporter ces milliards d’hommes supplémentaires. Mais, à l’opposé des techniques médicales et hygiéniques, ces autres techniques demandent des quantités considérables d’énergie et de matières premières. Ce sont là des denrées qui deviennent rares et, par la loi des rendements décroissants, le surcroît de richesses apporté par un surcroît de travail et de technique est en train de diminuer.

On dit souvent que le problème de la surpopulation ne se pose que dans certains pays du tiers-monde, et que la croissance de la population y est bien plus rapide qu’en France (temps de doublement de vingt à trente ans, contre plus de soixante-dix en France). C’est oublier que l’habitant d’un pays développé est accompagné de multiples esclaves mécaniques – plus d’une quinzaine en France, si l’on se fonde sur l’énergie qu’ils consomment. Si la croissance de notre population  » libre  » a été relativement modérée par rapport à la moyenne mondiale ces dernières décennies, celle de notre population  » esclave  » a été vertigineuse. Cinquante millions de Français, plus huit cent millions d’esclaves mécaniques. Vingt millions de Français de plus, ce serait donc quelque deux cents millions d’esclaves supplémentaires.Or ces esclaves exigent de l’espace, des matières premières et beaucoup d’énergie. Je suis de ceux qui réclament que, parmi ces esclaves mécaniques, l’on choisisse les plus sobres – les transports en commun de préférence aux voitures individuelles, les télécommunications de préférence aux voyages supersoniques.

Il ne faudrait pas que cet arrêt provienne de catastrophes – guerres, famines ou épidémies. Il faut, au contraire, souhaiter un arrêt raisonné, un freinage en douceur. C’est ce que la population des pays développés commence à faire, de façon plus ou moins consciente.

Dans l’inquiétude des natalistes en face du vieillissement de la population, transparaît leur conception singulièrement restreinte de ce qu’ils appellent la production : il n’est pour eux de production que comptabilisable dans le P.N.B. Les biens et les services que peuvent fournir les vieux (aides domestiques, menus travaux, conseils, rapports avec les enfants…) ne figureront probablement pas dans le P.N.B. ; ils n’en sont pas moins essentiels.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

LE DÉSARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE

dans les archives du MONDE (19 janvier 1972)

LE DÉSARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE (extraits)

Dr ESCOFFIER-LAMBIOTTE : A l’exception de l’homme, et contrairement à ce que pensait Malthus, toutes les espèces vivantes sont dotées d’un système qui règle subtilement et par des mécanismes endocriniens encore mal connus le taux de leur reproduction. En accédant à la conscience logique et au langage, l’espèce humaine a perdu cette régulation automatique.l’humanité se doit de manière impérative d’y suppléer dans les délais les plus brefs – en fait, une génération, – soit par une percée technique, soit par le déclenchement de motivations nouvelles.Tel est le sens des actions prioritaires et des programmes des  » task forces  » (groupes de travail lancés par l’Organisation mondiale de la santé, dans un effort ultime pour modifier la situation actuelle. La pilule est, certes, utilisée par vingt millions de femmes, sur les cinq cent millions en âge de procréer que compte l’univers, mais elles appartiennent, pour leur immense majorité, à des nations ou à des communautés évoluées où le taux de natalité est déjà très faible.

L’avortement garde dans les pays sous-développés une faveur que seul peut atténuer le développement culturel. Même lorsque ce développement est acquis, le bilan de la dernière décennie montre que cette technique constitue, dans l’état actuel des choses, l’une des plus puissantes méthodes de contrôle de la fertilité à l’échelle d’une nation. On estime que trente millions d’avortements sont provoqués chaque année dans le monde, dont dix millions légalement ; 8 % des femmes en âge de procréer connaissent cette épreuve à un stade déjà tardif de la grossesse, alors qu’elle risque d’entraîner des complications immédiates ou tardives.

Certains, qui mesurent l’étendue du péril que représente la conjugaison de la poussée démographique irrépressible et de l’impasse scientifique ou administrative actuelle, en viennent à penser que la solution ne peut venir en réalité, et à l’échelle mondiale, que de la découverte d’une substance qui administrée par exemple avec l’eau de boisson, inverserait l’état naturel de fertilité des êtres humains. L’infertilité deviendrait ainsi permanente, et c’est d’une décision personnellement motivée que résulterait alors la procréation, par l’absorption d’un médicament annulant l’effet du premier. Une telle conception, si elle ne paraît pas utopique sur le plan scientifique, impliquerait évidemment un profond bouleversement des consciences et des traditions. De la fertilité volontaire – étape positive dans l’évolution des libertés humaines – aux abus de la stérilité obligatoire, il pourrait, en effet, n’y avoir qu’un pas, qui risque de conduire au génocide, aussi longtemps que n’existerait pas une véritable conscience collective, fondée sur une éthique universelle. Il reste que l’abolition du droit immémorial à la procréation anarchique pourrait bien être le prix que devra payer l’homme pour la survie de sa civilisation.

Faute de cette double révolution éthique et biologique, et devant l’inflation démographique actuelle, le recours au régulateur barbare et par essence antisélectif qu’est la destruction guerrière paraît inévitable. L’histoire de ces vingt dernières années, le déplacement des guerres vers un continent – l’Asie – où la population croît plus vite que les ressources, montrent bien le caractère explosif de structures où la sous-alimentation et le chômage engendrent le désespoir et l’agressivité collective.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

ESCOFFIER-LAMBIOTTE dénonce la surpopulation

Dans les archives du MONDE (extraits)

18 janvier 1972 L’ECHEC DE LA CONTRACEPTION

docteur ESCOFFIER-LAMBIOTTE : les dernières statistiques des Nations unies montrent clairement que. pour bien des pays sinon pour l’espèce tout entière, la croissance incontrôlée de la population est un des pires dangers qui soient. La population mondiale est actuellement de 3 632 millions d’êtres. Il faut douze ans à l’heure actuelle, contre un siècle en 1800, pour produire un milliard d’hommes. La population terrestre doublera dans les trente prochaines années, alors qu’il lui avait fallu, depuis Jésus-Christ, dix-sept siècles pour y parvenir…

L’Organisation mondiale de la santé a décidé de consacrer à l’étude de la reproduction humaine le plus important programme de recherche qu’elle ait jamais entrepris ; les travaux retenus par le conseil consultatif constitué à cet effet ont été engagés, dès ce mois de janvier, avec un budget initial de 6.7 millions de dollars qui doit doubler en trois ans.Cette décision marque un tournant dans la politique d’un organisme qui, dans un souci de neutralité et devant les oppositions doctrinales ou politiques auxquelles se heurtait le principe même de la contraception, s’était jusqu’à présent abstenu de toute action directe en la matière. Elle est motivée  » par le besoin urgent d’obtenir diverses méthodes sûres, efficaces et acceptables de la régulation de la reproduction humaine « .

Si le retour au nationalisme parait Incompatible avec la notion d' » administrateur de la civilisation « , l’urgence d’une action mondiale contre l’Inflation démographique est, elle, évidente.

Dans les archives du MONDE diplomatique (mai 1963)

Les moyens biologiques, scientifiques et économiques de lutte contre la faim.

Une des méthodes préconisées : la limitation des naissances

(par Claudine Escoffier-Lambiotte)

La courbe d’augmentation de la population mondiale, ou plus précisément l’extraordinaire redressement qu’elle manifeste depuis une centaine d’années, ne laisse pas d’inquiéter médecins et démographes. L’augmentation nette de cette population est à l’heure actuelle de trente-cinq millions par an, soit quatre-vingt-dix mille par jour, et ce rythme permet de prévoir dès à présent, et pour les cinquante années à venir, d’angoissants problèmes concernant tant l’alimentation que l’espace vital, ou la transformation d’une espèce échappant à la loi séculaire de la sélection naturelle.

C’est non pas tant, comme le croient certains, à la multiplication des naissances qu’est due cette augmentation, mais à la disparition des grandes épidémies de jadis et aux progrès techniques et médicaux grâce auxquels l’homme d’aujourd’hui vit en moyenne deux fois plus longtemps qu’autrefois.

La mortalité infantile et celle du nouveau-né, qui étaient énormes il y a deux siècles et restent considérables dans les pays sous-développés, sont pratiquement négligeables aujourd’hui, tant aux Etats-Unis qu’en Europe occidentale.

Pour que la population française demeure stationnaire, sous Louis XIV, il fallait que chaque femme ait huit ou neuf enfants, dont deux atteignaient l’âge adulte. Le même résultat est tenu en 1963 avec 2,2 grossesses, et il est très curieux de constater que ce nombre correspond précisément à la réalité familiale d’aujourd’hui.

Il a fallu cent cinquante ans pour que l’on supprime en France cinq ou six grossesses par femme, et la sagesse populaire semble avoir inspiré une limitation des naissances, instinctivement établie en fonction de la courbe démographique.

Lorsque cette sagesse ou, à défaut, l’adoption d’une politique démographique active n’interviennent pas, le nécessaire équilibre entre la natalité et la mortalité se trouve compromis, ce qui ne manque pas de poser des problèmes économiques et sociaux redoutables.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

LA SURPOPULATION : un nouveau  » cauchemar  » ?

Dans les archives du MONDE (extraits)

31 décembre 1971, LA SURPOPULATION : un nouveau  » cauchemar  » ?

https://www.lemonde.fr/archives/article/1971/12/31/la-surpopulation-un-nouveau-cauchemar_2466697_1819218.html

Gilles du Jonchay : L’an dernier, le président Nixon avait reconnu que la surpopulation des Etats-Unis constituait « un des plus sérieux défis à la destinée humaine « . En l’an 2000, la population des Etats-Unis – deux cent cinq millions en 1970 – devrait être proche de trois cents millions d’habitants (ndlr, 282 millions en réalité)…

Un biologiste de renom, le professeur Paul Ehrlich, de l’université de Stanford, s’en est ému et depuis tire la sonnette d’alarme. Consignant des conclusions terrifiantes dans un opuscule de quarante pages : Comment survivre – un plan pour sauver l’astre terrestre, il conjure le gouvernement de prendre sans délai toutes les mesures appropriées. Pour le professeur Ehrlich, la pollution va de pair avec l’explosion démographique. Les cimetières de voitures s’emplissent chaque année d’un million de véhicules ; trente-six millions de bouteilles et 58 millions de tonnes de papier vont aux ordures. Il faudrait ajouter à cette vision apocalyptique d’autres obsessions : comment nourrir une telle population, comment lui donner du travail… Pour  » Mister Catastrophe  » comme baptisé par le Guardian. l’Amérique serait mal venue de  » se glorifier de l’accroissement de sa population, comme si un malade atteint du cancer tirait fierté du développement de sa tumeur « . En exemple, il n’a pas hésité à se faire stériliser.

Une  » coalition  » de parlementaires et de personnalités regroupés par M. Milton Eisenhower et l’ancien sénateur Joseph Tydings mène la croisade depuis août dernier pour  » une croissance nulle de la population  » (Zero Population Growth). Elle suggère de ramener, dès maintenant, le taux moyen de fertilité de 2,5 enfants par famille à 2,1. Ce taux  » magique  » permettrait d’équilibrer immédiatement les naissances et les décès et de stabiliser en soixante-sept ans, soit en deux générations, la population américaine à 275 millions d’habitants….

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Moins de bébés, donc moins de logements ?

Combien faut-il de nouveaux logements en France ? Tout dépend en premier lieu de la superficie exigée. Aux USA après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 mètres carrés. Dans les années 1970, la taille moyenne des maisons était de 150 m2. En 2011 elle est de 233. Aujourd’hui c’est pire, il faut au moins deux garages. La meilleure façon de s’afficher comme un citoyen responsable vis-à-vis de l’environnement est de choisir une petite maison, qui consommera automatiquement moins de tout. Fin 2021, l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, préconisait, parmi les moyens d’améliorer le bilan carbone du pays, de construire beaucoup moins.

On n’en a pas encore officiellement l’idée en France. Malgré les raisons écologiques et la baisse de natalité, on prévoit de construire, de construire, de construire…

Claire Ané : La cheffe économiste de la direction générale du Trésor estime qu’il faut environ 250 000 nouveaux logements par an. La Fédération des promoteurs immobiliers présente en mars 2023 une étude concluant à un besoin proche de 450 000 logements par an. Ces études ont en commun de calculer la « demande potentielle » de logements, nombre attendu de ménages, qui dépend de la démographie (natalité, espérance de vie, solde migratoire) et surtout des modes de cohabitation. Selon Samuel Depraz, « 34 % des besoins de logement sont désormais liés à la réduction de la taille des ménages », elle-même liée principalement au recul de la vie à deux (célibat, divorces) et au vieillissement. Les autres paramètres sont, par ordre décroissant, le nombre escompté de nouvelles résidences secondaires, ainsi que le besoin de renouvellement du parc.

Aucun espoir de respecter l’objectif d’arriver en 2050 au “zéro artificialisation net” des sols.

Le point de vue des écologistes débâtisseurs

En résumé, il y a déjà bien assez de logements déjà construits si les couples ne divorcent plus et gardent la progéniture chez soi le plus longtemps possible, si les enfants n’ont pas chacun leur chambre, si les personnes âgées se retrouvant seules prennent des colocataires, si la taille des logements occupés diminue, s’il n’y a plus de logements vacants, si on loge les sans domicile fixe dans les résidences secondaires qu’on ne devrait pas avoir, si les villes se vident pour ne pas faire exploser le prix des loyers et si la baisse de fécondité se poursuit comme elle le devrait.

Pourquoi s’inquiéter, quand le bâtiment va mal, les maçons ont moins mal au dos…

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Logement, avec quelle superficie ?

extraits : C’est par mes gestes quotidiens que je favorise ou non les émissions de gaz à effet de serre. Prenons la façon de se loger. Il n’y a pas de limites à la limitation de nos besoins : Diogène se contentait de vivre dans un tonneau.La taille de la maison est une donnée qui doit être repensée. Les plus grosses économies d’énergie dans l’habitat sont à chercher d’abord dans la superficie.

Interdiction d’avoir plus de deux logements

extraits : La meilleure façon de s’afficher comme un citoyen responsable vis-à-vis des générations futures est d’habiter une petite maison, une seule, près du boulot, qui consommera automatiquement moins de tout et réduira les émissions de gaz à effet de serre. N’oublions pas que chaque logement qui se construit, chaque habitat pavillonnaire qui s’étend à l’extérieur des villes, chaque résidence secondaire… empiète sur le territoire des autres espèces et explose l’empreinte écologique.

Logement social, un socialisme sans qualité

extraits : Adepte du quantitatif, la qualité on s’en fout. On veut imposer une augmentation du quota de logements sociaux dans les villes de plus de 3 500 habitants. On veut multiplier par cinq les sanctions contre les communes qui ne respecteraient pas leurs obligations légales. On veut réquisitionner des terrains publics pour y construire des logements. Mais on ne dit rien sur le niveau d’isolation des maisons, est-ce que ce sera des passoires thermiques ? On ne dit rien sur l’emploi qui devrait être le plus près possible à un logement. On ne dit rien sur le mitage du territoire qu’on devrait combattre…

Notre plus ancien article sur la question,

réduisons la surface de nos logements (2011)

extraits : En 2007, Laura Turner a achevé l’équipement de son modeste EcoManor de 575 m2 à Atlanta. Cette maison a été la première à recevoir la norme environnementale LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Avec 27 panneaux solaires sur le toit, la récupération complète des eaux de pluie, de la géothermie partout, une isolation en mousse de soja et des portes en aggloméré de paille de blé, la baraque consomme de 80 à 90 % de moins d’énergie qu’une maison de la même taille dans la région. Mais une grande maison où vivent peu de personnes ne peut se revendiquer d’un mode de vie durable.

L’abattage rituel des animaux, une anomalie

Pour les deux cultes, juif et musulman, les animaux doivent être saignés encore conscients (sans étourdissement préalable) pour que leur viande puisse être consommée conformément aux principes religieux. Notez que l’étourdir n’empêchera pas qu’il se videra de son sang. L’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme sur « la liberté de pensée, de conscience et de religions » garantit à chacun la possibilité de pratiquer et d’accomplir les rites.

Le 13 février 2024, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) une institution à laquelle adhérent 46 pays, a pourtant trouvé normal l’interdiction par deux régions belges de l’abattage rituel : les autorités « ont pris une mesure qui est justifiée dans son principe et qui peut passer pour proportionnée au but poursuivi, à savoir la protection du bien-être animal en tant qu’élément de la morale publique ».

Le bien-être animal comme restriction à la liberté religieuse ? Selon le paragraphe 2 de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, « la liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires ». Ces « mesures nécessaires » sont justement précisément listées et le bien-être animal n’en fait pas directement partie. Mais la Cour a considéré que ce dernier, compte tenu de l’évolution de la société, relève de la question de la « morale publique » qui, elle, fait bien partie des raisons justifiant une éventuelle restriction de l’article 9.

L’arrêt de la CEDH est fondamental, à un moment où, sur tous les plans, les revendications religieuses se font de plus en plus agressives. Si l’arrêt est confirmé en grande chambre, soit la dernière juridiction de la CEDH, il ouvre, selon les juristes, des portes nouvelles. Ainsi pourrait se poser la question de la chasse et de la pêche récréatives, contre lesquelles on pourrait opposer le droit des animaux.

Le point de vue des écolos amoureux des animaux

– La laïcité est de plus en plus menacée, nous devons veiller à ce que les religions ne prennent pas de place dans la sphère publique et reste bien dans la sphère personnelle, ni intervenir dans les lois établies par les états, C’est la base intangible du bien vivre ensemble et de la tolérance.

– Le rabbin de Strasbourg estime qu’il s’agit là d’une situation inédite où « les juges acceptent que les droits des animaux fassent balance avec le droit des hommes ». Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, lui, estime que cette décision « fait fi des droits religieux ». Comme si le droit religieux était d’essence démocratique ! La bible et le Coran ne sont pas des livres de droit, mais des livres pour les croyants et seulement pour les croyants dont la foi ne concerne qu’eux et pas la chose publique.

– Interdire qu’au nom de tabous religieux soient infligées des souffrances inutiles à des animaux ne relève pas de la laïcité mais de l’élémentaire respect du vivant. La souffrance des animaux on la voit, on la constate, alors que le mécontentement d’Allah ou de Yahvé on ne peut pas en être certain ! La souffrance du vivant passe avant des rituels qui sont d’ailleurs, la partie la plus stupide du religieux… Méditons la parole d’un certain Jésus qui vécut il y a 2000 ans environ : Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur » (Mc 7, 14-23)

« En France, il existe des dérogations pour les cultes, autorisant l’abattage rituel sans étourdissement dans un cadre légal strict » On pratique majoritairement l’abattage rituel afin d’optimiser les coût ! Quoi qu’il en soit, non à la souffrance animale, quand on voit les vidéos dans les abattoirs, c’est vraiment terrible, pauvre bête.

– L’évolution logique est qu’on commence par s’en prendre aux abattages rituels, puis suivront l’interdiction de la corrida, de la chasse, de la pêche de loisir. Enfin, ce sera l’interdiction de tuer les animaux pour les manger, et des abattoirs. Je ne suis pas végétarien, mais je pense que mes enfants et petits-enfants n’auront pas le choix, de même que toute la population.

– cet arrêt questionne le caractère immuable de pratiques religieuses ancestrales qui ne devraient plus avoir cours au XXIème siècle. Le monde évolue, pourquoi les religions et les pratiques qui leur sont attachées ne devraient elles pas évoluer également ? Chrétien baptisé catholique, je souhaite depuis bien longtemps la fin du célibat obligatoire des prêtres et la mixité de la prêtrise, jusque dans la curie de Rome ! On est en 2024 bon Dieu !

– Autorisons l’abattage rituel des monothéismes.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Hugo Clément ne mange pas de lapins

extraits : Chaque jour en France, nous abattons trois millions d’animaux destinés à la consommation, 2000 par minutes, et encore ce nombre n’inclut pas les poissons. Même en rendant les normes d’abattage plus strictes et en multipliant les contrôles, tant que nous consommerons autant de viande les animaux ne seront pas traités comme des êtres sensibles, mais comme des objets…

BIOSPHERE-INFO, l’antispéciste Brigitte Bardot

extraits : Ne faisons aucune différence entre les espèces. Aussi longtemps que l’animal sera considéré comme une espèce inférieure, qu’on lui infligera toutes sortes de maux et de souffrances, qu’on le tuera pour nos loisirs et nos plaisirs, je ne ferai pas partie de cette race insolente et sanguinaire. Je suis « anti-spéciste », de corps et d’âme, mais depuis 44 ans je le clame d’une façon différente, sans termes savants. Je suis heureuse d’avoir pu vivre assez longtemps pour voir, lire, toucher du doigt le débat autour de l’anti-spécisme et le développement du végétarisme…

Anticapitaliste, est-ce encore possible ?

Capitalisme, autrement dit la propriété privée des moyens de production… et de presque tout le reste. Nous répondons ici à notre commentateur fidèle Michel C qui se veut « anticapitaliste avant tout. En résumé, nos archives sur la question marxiste montrent que nous cherchons sur ce blog à montrer la complexité des choses au-delà des mots valise comme capitalisme, croissance, progrès technique…

Nicolas Hulot et le CAPITALISME (2021)

extraits : Je n’hésite pas à faire une critique sans concession du capitalisme. On ne peut déplorer les conséquences mais continuer d’adorer les causes. Il faut dénoncer son culte de la croissance. Osons dire que la violence capitaliste a colonisé tous les cercles de pouvoir. Une grande partie du capitalisme reste excessif, prédateur, concentrateur, spéculateur et résiste au changement. Le plus petit dénominateur de tous les maux que nous traversons, c’est l’excès et cette incapacité à nous fixer des limites. Je ne rejette pas le capitalisme dans son intégralité, je rejette un capitalisme qui ne se fixe pas de limites…

Dire NON au capitalisme empêche de penser écolo (2018)

extraits : La situation a complètement changé depuis le manifeste du parti communiste de 1848. Le capitalisme est aujourd’hui sans visage. Qui est responsable quand tout le monde peut devenir actionnaire, quand les retraités jouent en bourse avec les fonds de pension, quand la direction des multinationale n’est qu’une technocratie au service d’actionnaires anonymes. Le prolétariat n’a plus d’adversaire bien identifié, il n’y a plus de combat possible. Dénoncer le capitalisme est donc un simple effet de manche quand il n’y a plus de capitaliste à pendre avec les tripes du dernier bureaucrate.En fait le capitalisme est devenu un mot valise où chacun met ce qu’il veut, c’est un moyen usé mais facile pour les maoïstes/trotskystes/gauchistes et même professeur de faculté pour simplifier le raisonnement. Plus grave, aborder ainsi le débat politique occulte l’urgence écologique et le fait que nous sommes tous complices de l’état de dégradation de la biosphère…

Tout peut changer. Capitalisme & changement climatique (2015)

extraits : Naomi Klein vient d’écrire « Tout peut changer. Capitalisme & changement climatique ». Il est vrai que Naomi Klein ne fait que rappeler l’évidence. Notre système économique actuel, fondé sur notre capacité à extraire du sous-sol et à brûler des combustibles fossiles, est entré en conflit armé avec le climat terrestre et donc la planète tout entière. Ensuite, que des taxes et des arrangements technologiques à la marge ne suffiront pas à réparer les choses. Enfin, que « tout changer » ne relève pas de la lubie romantique de quelques jeunes contestataires, mais bien d’une question de survie – fût-elle à moyen ou long terme. C’est ce que nous disons sur ce blog biosphere depuis dix ans. Naomi souligne comme nous l’émergence d’un réseau de résistance, ce qu’elle appelle du néologisme «Blocadie»…

Les journalistes et l’écologie vendue au capitalisme (2015)

extraits : L’idée selon laquelle l’accumulation illimitée du capital sur une planète aux ressources naturelles limitées est un principe non seulement amoral mais irrationnel. Pourtant l’immense majorité des journalistes amenés à traiter d’environnement adhère à la doxa du « capitalisme vert ». Nos analyses sur le traitement médiatique des enjeux climatiques en France ont ainsi montré que plus les journalistes parlent du problème climatique, plus ils parlent de ses conséquences au détriment de ses causes et solutions. Cette tendance à illustrer les problèmes plutôt qu’à les expliquer n’est pas neutre, les journalistes évacuent du champ du pensable environnemental la question des relations entre la mécanique capitaliste et la détérioration des écosystèmes…

le sport, antinature, antipathique, pro-capitalisme (2012)

extraits : Les humains n’ont pas toujours fait du « sport ». C’est un processus historique qui découle de l’avènement de la « modernité ». Esprit de compétition, recherche de la perfection du geste et du dépassement de soi, aspiration au succès se retrouvent à la fois au cœur de l’idéologie sportive et de celle du taylorisme. Rendement et optimisation deviennent des fins auxquelles concourent, aiguillonnés par le travail des scientifiques, l’entreprise, l’Etat et le maître de gymnastique. Cette modernité industrielle, entièrement tournée vers la recherche du  profit, instrumentalise les corps des travailleurs et des sportifs pour atteindre ses objectifs. Pierre de Coubertin, promoteur des Jeux Olympiques modernes, avait bien compris que le sport permettait de fabriquer « des chevaliers servants au caractère trempé et aux muscles robustes  pour la révolution industrielle et la société libérale capitaliste »…

la fin du capitalisme mondialisé (2009)

extraits : Le capitalisme mondialisé  va être brisé par son succès. Une concurrence entre nations qui porte sur les mêmes biens industriels va rendre les échanges intenables pour les plus faibles, y compris la France. on ne voit pas d’issue à l’heure où la Chine, remontant les filières (depuis sa spécialisation passée sur le textile et les jouets) est en passe de maîtriser scientifiquement et techniquement tous les produits les plus sophistiqués. Dès 2009, les exportations chinoises devancent le premier exportateur mondial, l’Allemagne (…) Mais Les profils temporels de production des grandes mines du monde ressemblent à la  courbe en cloche de la production de pétrole : ça croit pendant un certain temps jusqu’à atteindre un maximum pour décroître ensuite inexorablement…

capitalisme vert-de-gris (2009)

extraits : Comme la croissance du PIB et de plus en plus freinée par le désordre financier et la crise écologique qu’elle aggrave, les tensions sociales se durcissent. Cela conduit au raidissement autoritaire du capitalisme. Répression policière accrue, fichage généralisé, contrôle des médias, recours au nationalisme (« identité nationale »). Dans l’avenir, la logique inhérente au capitalisme le conduira à limiter les libertés. La question qui se pose : le capitalisme devient-il brun ?…

capitalisme naturel ? (2009)

extraits : Amory Lovins fut un des premiers scientifiques à s’intéresser à l’écologie comme science globale. Dès 1982, il créa avec d’autres experts le Rocky Mountain Institute. Il a aussi lancé en 1989 le concept de négawatts.. .Amory Lovins propose d’adopter en France le concept de capitalisme « naturel ». Le capitalisme traditionnel n’attribue de valeur qu’au capital technique et aux hommes, mais ignore la valeur de la nature. Or les hommes et le capital sont devenus surabondants alors que la nature est devenue rare. L’hypothèse d’une substitution entre facteurs économiques (moyens de production et main d’œuvre) et facteurs biologiques ne peut plus avoir cours. Ainsi, il n’existe pas de technologie ou d’investissements qui puissent se substituer à un climat stable ou à une biosphère productive…

moraliser le capitalisme ? (2009)

extraits : « Moraliser le capitalisme », titre Pierre-Antoine Delhommais dans LeMonde du 8-9 février, pour conclure : « Ce n’est pas gagné ». Les Français ne sont pas choqués que le footballeur Thierry Henry puisse obtenir en 2006 1183 années de SMIC avec un salaire de 14 millions d’euros : ils aiment le foot. La réduction des inégalités a un fondement objectif, très bien analysé par Hervé Kempf dans son livre, Comment les riches détruisent la planète : « Nous limiterions notre gaspillage, nous chercherions à changer notre mode de vie, tandis que les gros, là-haut, continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine ? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de l’oligarchie soit sévèrement réduite. En soi pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire…

L’après-capitalisme (2008)

extraits : Selon Immanuel Wallerstein, inspirateur du mouvement altermondialiste, « Le capitalisme touche à sa fin » (LeMonde du 13 septembre 2008). Oh que voilà une bonne nouvelle ! Mais pour savoir ce qui va le remplacer, circulez, y’a rien à voir : « Des solutions inattendues se construisent de façon inconsciente (…) Il faut mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau sans que l’on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements (…) Il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire (…) Un nouveau modèle hégémonique peut mettre encore cinquante ans pour s’imposer, mais j’ignore lequel ». Quand on n’a que ça à dire, on ferme sa gueule ! Pourtant les solutions, on les connaît…

L’Orgie capitaliste, un livre à lire

Recension du livre « L’Orgie capitaliste », de Marc Dugain, entretiens avec Adrien Rivierre, Allary, 224 p., 20,90 €

Alain Beuve-Méry : Face à l’évolution du monde qui l’alarme, il ne peut plus se taire. Le romancier et cinéaste Marc Dugain entend transformer sa colère en moteur de changement. Cela donne une longue conversation, découpée en six chapitres, dont le premier s’intitule L’Orgie capitaliste, retenu comme titre de l’ouvrage. Marc a pour interlocuteur Adrien Rivierre, il ferraille contre le capitalisme néolibéral, la dictature consumériste et la surveillance numérique, au risque de ressembler à Don Quichotte qui, accompagné de son fidèle Sancho Pança, part à l’assaut des moulins de la sulfureuse modernité.

« Pour la première fois, nous sommes menacés par notre être collectif », explique Marc Dugain. « Les jeunes intègrent parfaitement la menace de notre potentielle disparition en tant qu’espèce. Qu’importe que cette dernière soit une disparition pure et simple, provoquée par la destruction de notre environnement, ou une disparition causée par l’émergence d’une nouvelle espèce augmentée, mécanisée, robotisée, hybridée au numérique »

D’individuel, l’égoïsme a prospéré en vase clos, au sein du club des plus privilégiés de la planète. Dans sa diatribe, il note par exemple que les grands patrons à la tête des entreprises géantes du numérique ont tous des « comportements autistiques », d’Elon Musk à Mark Zuckerberg, en incluant Bill Gates ou Larry Page. Mais Marc Dugain ne refuse pas complètement la modernité. Écrivain à succès, il utilise, comme ses semblables, smartphones et réseaux sociaux. Ce qui ne l’empêche pas d’être inquiet des discours sans nuances sur les bienfaits de la « start-up nation » ou de la panacée du technosolutionnisme.

« Pour renverser la table, il faut embrasser le récit strictement opposé à celui de la croissance infinie », dit-il. Aller vers plus de sobriété est nécessaire.

Le point de vue des écologistes qui lisent

Michel SOURROUILLE : Bravo pour cette recension. Aujourd’hui je suis toujours effaré par le nombre de titres qui encombrent nos librairies. Que choisir parmi tant de livres ? Les concepteurs du  Monde des livres sont de la partie, alignant semaine après semaine les recensions d’inutiles lectures. « Quelles que soient les directions successives, le roman a joui d’une sorte de préséance dans notre supplément hebdomadaire. On y évide une évidence, à savoir que le roman joue un rôle capital dans la conscience que nous avons du monde (25 mai 2007). » Mais le « partage d’humanité » permet au lecteur de se replier dans une petite bulle confortable où il ne prête nulle attention aux malheurs de la Biosphère. Ce n’est pas ainsi qu’on fait une conscience ! Le prix Nobel de littérature récompensait normalement une « inspiration idéaliste » ; maintenant les romans ne sont plus fait pour apprendre et se souvenir, mais pour passer le temps et oublier d’agir.

Faire un choix de lecture malthusienne grâce à notre blog biosphere

Nombre d’ouvrages sont parus ces dernières années pour dénoncer nos effectifs pléthoriques et leur croissance permanente. Pour s’en convaincre, voici une brève sélection par Didier Barthès de livres sur ce thème… 

Des livres incontournables sur la surpopulation

L’association « Démographie Responsable » est la seule en France à militer pour une décroissance démographique. Plusieurs de ses membres ont publié un livre, en voici une présentation…

Pour une Démographie Responsable, les livres

Stérilisation volontaire… des hommes

Stérilisation volontaire. Des chirurgiens urologues sectionnent les canaux déférents qui conduisent les spermatozoïdes des testicules vers la prostate, interdisant leur arrivée dans la verge. La vasectomie impose un délai de quatre mois de réflexion avant le passage à l’acte. Le nombre de recours à cette contraception quasi définitive est passé en France de 1 940 en 2010 à 30 288 en 2022, dépassant désormais depuis 2021 les stérilisations féminines. En 2022, trois stérilisations masculines ont été pratiquées pour deux stérilisations féminines.

Nathaniel Herzberg : Dans le paysage mondial de la stérilisation masculine, la France avait longtemps fait figure de mauvaise élève, loin derrière les pays anglo-saxons, l’Europe du Nord ou la Corée du Sud. Alors que la prévalence de la vasectomie semblait directement corrélée aux indicateurs d’égalité hommes-femmes, la France faisait exception. Sans doute l’effet d’une politique nataliste peu compatible avec un acte non réversible. Aux hommes de plus de 40 ans ayant déjà procréé s’ajoute dorénavant une population jeune qui choisirait clairement de ne pas avoir d’enfants.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Pat Cartier : Eh oui. Au sommet on appelle à un réarmement, à la base on s’organise pour tirer à blanc. Un bien bel acte de désertion, comme on aimerait en voir plus souvent. (Monsieur le Président, je vous fais une lettre, etc.)

LST : Homme sans enfant et sans désir d’en avoir, en couple fidèle depuis 17 ans (12 au moment de l’opération), j’ai choisi la vasectomie à 30 ans pour libérer ma compagne de la charge mentale et physiologique de la contraception (entre autres arguments, nombreux). Rapide, 3x moins onéreuse que la ligature des trompes chez la femme, c’est une solution idéale. Et quelle tranquillité d’esprit avec ma compagne depuis. J’irai même jusqu’à dire que notre libido commune ne s’est jamais mieux portée que depuis l’opération.

PierreBezoukhov : Cette progression de la vasectomie souligne avant tout l’avancée de l’égalité homme/femme dans la contraception. Ce n’est ainsi plus à la femme seule d’accepter cette contrainte avec une pilule sans doute néfaste pour le métabolisme. L’homme qui en a marre du préservatif dans son couple (pour x raisons), qui a eu des enfants et n’en veut plus, peut donc sauter le pas de la vasectomie sans regrets. Tant mieux.

Jefp : Plus de risque de devenir pères contre leur gré …

Job : Et moins de femmes à se retrouver enceintes contre leur gré…

Et demain : Formidable pour la planète ! Adieu réchauffement climatique, cultures intensives, grandes migrations… le bonheur quoi !

Malthus : « Plutôt issus de milieux favorisés, très peu de bénéficiaires de la couverture maladie universelle pour se faire stériliser ». Les pauvres préfèrent enfanter, insouciant de l’avenir de leurs générations futures.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Stérilisation, tout savoir sur la vasectomie

extraits : Bien que la vasectomie ait été utilisée dès le début du siècle à des fins contraceptives individuelles, les publications médicales relatives à cette indication sont demeurées exceptionnelles jusqu’au début des années 1960. Une étude publiée en 1984 portant sur 16 000 vasectomies effectuées entre 1970 et 1983 a confirmé l’efficacité et l’innocuité de cette pratique. En France, l’Assemblée nationale a adopté le 30 novembre 2000 un texte de loi autorisant et encadrant cette pratique…

Ligatures des trompes et vasectomie pour tous et toutes

extraits : Les Français(es) sont près de 67 millions, et leur appétit de ressources naturelles n’a rien à envier aux chats et chiens. Comment donner un travail utile et bien payé, procurer une voiture et des transports en commun, offrir des vacances et des résidences secondaires… à 27 millions de personnes de plus depuis 1951 si ce n’est en dépassant largement les capacités de régénération de la planète, au prix du réchauffement climatique, au détriment de la biodiversité, sans compter tous les problème annexes. Alors, décroissance démographique ? Ce que des célébrités envisagent sérieusement pour certains animaux, la stérilisation forcée, peut-on le dire pour l’animal humain ?…

Jeunes et sans enfants pour la vie

extraits : Sur TikTok, le hashtag #childfree (« sans enfant ») cumule les milliards de vues. De plus en plus de jeunes adultes assument de ne pas se projeter dans la parentalité, pour des raisons personnelles, politiques, sociétales, existentielles. Et subissent en retour le regard désapprobateur d’une partie de la société. Auteur de Seuls les enfants changent le monde (Seuil, 2023), Jean Birnbaum, journaliste au Monde, voit par exemple cette manière de se détourner de la parentalité comme le symptôme d’une « crise de l’espérance ». La surpopulation est-elle signe d’espérance ou d’erreur historique ?…

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

La baisse de natalité, une bonne nouvelle ?

LE MONDE a publié cette « parole de lecteur »

qui va dans le sens d’une démographie responsable

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2024/02/13/paroles-de-lecteurs-et-si-la-baisse-de-la-natalite-etait-une-bonne-nouvelle_6216372_5334984.html

Dominique Bidou : Pouvons-nous prôner chez nous une forte fécondité et demander « en même temps » une baisse de la natalité dans les pays du Sud, sachant en outre que l’empreinte écologique d’un petit Occidental est infiniment supérieure à celle d’un petit Bangladais ou d’un petit Somalien ? L’ idée « Il n’est de richesse que d’hommes »  est ancrée dans nos têtes depuis Jean Bodin. C’était au 16e siècle. Est-ce encore vrai aujourd’hui, ou bien ne faut-il pas en changer le sens, en passant d’une approche quantitative à une approche qualitative, La population  vieillit, il faut s’y adapter plutôt que tenter d’inverser le cours de l’histoire. Relancer la natalité revient à s’exonérer de l’exigence d’une transition démographique au détriment des générations futures qui y seront alors confrontées. Un cadeau empoisonné à nos enfants au nom de l’amour de la famille. Est-ce bien raisonnable ? Le vieillissement est inéluctable, préparons-nous à cette évolution, notamment en repensant la place de des vieux dans notre société, voir comment d’une charge en faire une ressource….

Commentaire sur lemonde.fr 

Michel SOURROUILLE : « Le Monde est une bonne illustration des approches de la natalité…». Personnellement, lecteur quotidien du MONDE, je n’ai pas rencontré dans ses colonnes ces dernières années de « crainte de la surpopulation mondiale », seulement une crainte du vieillissement. Et si on parle de surpopulation, c’est pour condamner la surpopulation « carcérale », réalité qui a droit à plusieurs articles chaque année… Par contre les commentateurs des articles journalistique sur des pays du tiers-monde s’insurgent du fait qu’on ne traite pas la démographie souvent exubérante du pays.

Françoise B. : « Croissez et multipliez » qu’ils disaient. Bon, ça y est, on est très nombreux. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On meurt étouffés de chaud et desséchés par le manque d’eau…

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Anti-écolos, leur stratégie de l’épouvantail

La pensée écologique s’est construite sur l’idée qu’une croissance matérielle infinie est impossible dans un monde fini. C’est un fait, une croissance matérielle trop prolongée produit des désastres globaux et irréversibles : par exemple, le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité. En miroir, la dénonciation des lanceurs d’alerte comme autant de fous ou d’extrémistes est devenue un lieu commun de la rhétorique écolosceptique.

Luc Semal : « Lors de sa déclaration de politique générale, le premier ministre, Gabriel Attal, a jugé utile de définir sa conception de l’écologie par contraste avec une « écologie de la brutalité », supposément portée par « certains » : « Pour eux, l’écologie doit être punitive, douloureuse, passer par la désignation de boucs émissaires et par la décroissance. La décroissance, je le redis ici, c’est la fin de notre modèle social, c’est la pauvreté de masse. »

En rhétorique, cela s’appelle la stratégie de l’épouvantail : caricaturer les propos de l’adversaire, si possible en son absence, pour mieux les balayer du revers de la main. En France, une particularité linguistique veut que cette figure imposée se cristallise sur le mot « décroissance » depuis qu’une (petite) partie des écologistes en a fait son étendard. N’est-elle pas l’épouvantail parfait ? Nul besoin d’argumenter. Mais c’est laisser prospérer l’illusion que l’on pourrait « en même temps » mener la transition écologique et poursuivre indéfiniment la croissance matérielle. C’est faire fi des travaux scientifiques qui alertent sur l’existence des limites et sur les conséquences de leur dépassement.

Pourtant la décroissance n’est ni la récession ni la pauvreté pour tous. Ce serait plutôt, dans sa dimension matérielle, une réduction de la production et de la consommation à des fins de soutenabilité écologique et de justice sociale. Il s’agirait d’abord de faire décroître les consommations des plus riches, et de faire décroître les inégalités. »

Le point de vue des écologistes décroissants

Diego : En deux mots : la décroissance rend possible la sobriété sans pauvreté. À l’inverse, l’obstination dans la recherche de croissance nous mène inévitablement vers une explosion de la pauvreté.

Michel SOURROUILLE : Un système économique ou financier, quand il est en surchauffe, débouche nécessairement sur une crise économique ou un krach boursier. On n’appelle pas cela « décroissance », mais cela en a le goût et l’odeur. C’est une décroissance subie, imposée par le dysfonctionnement de notre machinerie thermo-industrielle. Elle peut se traduire comme en 1929 par un chômage de masse et la montée du fascisme. Les crises cycliques du type Kondratiev sont amorties aujourd’hui par un émission forcenée d’argent, comme après la crise des subprimes de 2008. Mais cela débouche nécessairement sur la stagflation, à la fois stagnation de l’activité économique et inflation. Donc soyons sérieux. La décroissance est une composante obligée d’un système croissanciste. Les « décroissants » disent simplement que pour éviter une récession (décroissance économique), mieux vaut apprendre à l’avance à maîtriser la décroissance, ce qu’on appelle aussi sobriété… dans tous les domaines.

Zahnstocher : Ne pas confondre décroissance et récession. La décroissance (je préfère acroissance) est un projet de société dans lequel la croissance économique n’est pas une nécessité, mais une conséquence éventuelle. Ce qui est nécessaire, c’est une baisse des émissions de GES, ça c’est certain. Pas que de ça, mais on peut déjà commencer avec cela. Si on doit les diminuer de 4% par an, c’est pour des raisons physiques. On ne pourra pas échapper aux lois physiques qui rendront la planète inhabitable sans cela. c’est donc un critère prioritaire. Si on peut maintenir une croissance économique dans ce cadre, fort bien, mais ce n’est pas le cas avec les technologies actuelles (et les autres limites planétaires à prendre en compte). Donc, ou bien on accepte la réalité, on regarde le mur et on freine, ou bien on continue comme actuellement à accélérer jusqu’à se prendre le mur. Faut-il vraiment être si courageux pour lever le pied ? Il va falloir choisir entre crever tous pour profiter encore quelques années des appartements à la neige pour 30 000 euros du mètre carré, ou bien renoncer aux luxueuses glissades sur neige artificielle.

Odyssea : De toutes façons, dans un monde fini comme la planète Terre, la décroissance arrivera tôt ou tard, sachant que tard se mesure au mieux en quelques dizaines d’années…Donc, elle sera brutale si on tarde, si vous êtes boomer, vous y échapperez peut-être…
Elle peut être (plus ou moins bien) maîtrisée si on s’y met immédiatement, ce qui laisse une chance à vos enfants, qui nous remercieront…
Si vous craignez la guerre, la pauvreté, l’horreur d’un monde dévasté, c’est le premier choix qui vous le garantit à coup sûr et non le second. Toute autre option est un fantasme ! Relisez « La cigale et la fourmi », c’est une magnifique illustration des 2 situations…

zap : Abonnez les politiques et journalistes au mensuel ‘la décroissance’ pour les aider à ouvrir les yeux… La décroissance est déjà en marche : une partie grandissante des français se serre la ceinture, pénuries d’eau, rendements agricoles et surfaces productives en chute, disparition de milliers d’espèces etc le changement de logiciel est inéluctable : moins gaspiller, moins consommer, moins produire et moins polluer, moins se déplacer… pour l’avenir de nos enfants et petits enfants !

Les différentes acceptions du mot « Décroissance » sur ce blog biosphere

Décroissance psychiatrique par déprescription

extraits : La décroissance en psychiatrie s’associe d’abord pour moi à la notion de déprescription, c’est-à-dire alléger les ordonnances de psychotropes. Cette pensée orientée vers la sobriété médicamenteuse…

Cadeaux, Noël bientôt en décroissance

extraits : Étonnant que le peuple face à l’inflation ne réclame pas un chèque jouets, et pourquoi pas le chèque foie gras. Les marchands du temple sont partout et conditionnent les familles. Les marchés de Noël, quel étalage de la futilité…

L’habituel déni du mot « décroissance »

extraits : Le cerveau de beaucoup d’humains est socialement programmé pour ne se rendre compte qu’on va dans le mur qu’après qu’on ait heurté le mur ! Le mensuel La Décroissance (novembre 2023) a listé les idioties dites par des gens qui se croient intelligents…

Vers la décroissance, subir ou choisir ?

extraits : La décroissance peut également être abordée comme politique, comme stratégie. Approche plus récente, cette vision ne prône plus la recherche de la croissance et la course à l’attractivité, dans un monde où les ressources sont finies et où, si l’humain doit survivre, il doit savoir se contenter de moins…

Donald Trump, signe d’une société en perdition

En novembre 2012, Donald Trump avait qualifié les changements climatiques de canular lorsqu’il avait envoyé un tweet dans lequel il déclarait : « Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre le secteur manufacturier américain non compétitif. »

En février 2024, fidèle à lui-même, Donald Trump affirme qu’il « encouragerait » la Russie face à des pays de l’OTAN « délinquants » !

LE MONDE avec AFP : L’article 5 stipule que si un pays de l’OTAN est victime d’une attaque armée, chaque membre de l’Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres. Mais Donald Trump reproche régulièrement à ses alliés de l’Alliance atlantique de ne pas financer suffisamment l’institution. « Un des présidents d’un gros pays s’est levé et a dit : “Eh bien, monsieur, si on ne paie pas et qu’on est attaqué par la Russie, est-ce que vous nous protégerez ?” », raconte le milliardaire avant de révéler sa réponse : « Non, je ne vous protégerais pas. En fait je les encouragerais à vous faire ce qu’ils veulent. Vous devez payer vos dettes. »

« Encourager l’invasion de nos alliés les plus proches par des régimes meurtriers est consternant et insensé« , a réagi Andrew Bates, porte-parole de la Maison Blanche. « Des déclarations imprudentes sur la sécurité de l’OTAN et la solidarité de l’article 5 ne servent que les intérêts de Poutine » et « n’apportent ni plus de sécurité ni plus de paix dans le monde », a regretté le président du Conseil européen, Charles Michel,.

Le point de vue des écologistes trumpés

Trump sait qu’il a été élu la première fois grâce aux ingérences russes dans Facebook. Son message actuel ressemble à une proposition de pacte avec Poutine. Et il donnera l’Alaska quand Poutine va le lui réclamer… De la haute trahison en fait. Ce qui est bien avec Trump, c’est qu’on n’est jamais déçu. Il repousse toujours plus loin les frontières insondables de la stupidité humaine. Malgré ou à cause de ses outrances, il reste très populaire, la mentalité fasciste gagne du terrain… Un nouveau mandat de ce type, incontrôlable, irréfléchi, sous-cultivé et brutal, serait une expérience historique inoubliable.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Donald Trump, narcissique et psychopathe (2020)

extraits : Donald Trump révèle un « narcissisme malfaisant », intolérant aux critiques et virulent lorsqu’on lui fait des remarques. Il prend très souvent des décisions de manière impulsive, sans se soucier de leurs conséquences. Il fonctionne en permanence avec des rapports de force et il valorise l’action autoritaire. C’est aussi un psychopathe qui recherche assidûment le pouvoir. Sa personnalité est caractérisée par un ego surdimensionné, une froideur affective et une absence de peur qui lui fait souvent prendre des risques démesurés. Trump cultive des relations humaines superficielles, un manque d’empathie, il porte atteinte aux droits d’autrui sans ressentir la moindre culpabilité. Tout se passe donc comme s’il n’avait aucune conscience morale. Selon un test de personnalité permettant d’établir un score de psychopathie, on a observé que Donald Trump obtenait les scores parmi les plus élevés, en bonne place parmi de nombreux dictateurs…

Trump favorise la montée du fascisme (2020)

extraits : Trump est à l’image du pouvoir politique tel qu’il devient, une dictature qui se fout complètement du système démocratique. On le comprend dans des pays à tradition totalitaire comme la Chine ou la Russie, c’est absolument inquiétant quand cela se passe aux Etats-Unis, l’une des plus vieilles démocraties du monde. Pour la présidentielle du 3 novembre 2020, Donald Trump s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel américain avant même la fin du décompte des voix ! C’est inquiétant. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est qu’après 4 ans de chaos national et international organisé sciemment par Trump, autant d’Américains puissent encore voter pour ce guignol. Les circonstances actuelles font qu’une grande partie des personnes, aux USA et ailleurs, ne considèrent pas la démocratie comme essentielle. L’autoritarisme aveugle séduit un électorat bousculé par des crises à répétition…

Ne nous TRUMPons pas, nous l’avons bien cherché (2018)

extraits : Donald Trump prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier 2017. Pas de quoi trumpeter pour les écolos. Mais ne nous TRUMPons pas, nous l’avons bien cherché, c’est ce que les électeurs US attendaient. Il n’y a rien à dire sauf à contester une forme de démocratie élective. Si le peuple adule les trump-la-mort, qu’y faire ? Pourtant cette victoire en trump-l’oeil annonce des lendemains qui déchantent. Ce n’est pas une petite trumpette que nous allons faire avec la montée des eaux causés par le réchauffement climatique, ce sera le grand bain pour plusieurs générations. Les climatosceptiques ont gagné, les populistes bateleurs et menteurs sont avec eux. Même si en français nous n’avons pas de mot en « trump », il y a de fortes chances que le trumpisme devienne un mot courant. L’écologie va faire encore plus de trumpoline que précédemment, un vrai trumplin vers la catastrophe écologique. Voici ce que pense avec trumptitude Agnès Sinaï, une spécialiste de l’anthropocène, de la situation écolo-politique à venir : « …

Droit du sol ou droit du sang ?

Comment devient-on français ? Il existe plusieurs possibilités, dont celle d’avoir au moins un parent français. C’est le droit du sang. Mais il existe aussi le droit du sol, qui permet à un enfant né sur le territoire français d’acquérir la nationalité française sous certaines conditions. Cela dépend de la nationalité des parents, de leur lieu de naissance ou encore du temps qu’aura passé un enfant en France avant sa majorité. Et cela vaut pour tout le territoire… sauf à Mayotte.  L’archipel de l’océan Indien, qui est aussi le 101e département français, est régi par des règles plus strictes. Pour qu’un enfant soit reconnu comme français, il faut notamment que ses parents aient été en situation régulière au moment de sa naissance.

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé dimanche à Mayotte une révision constitutionnelle destinée à supprimer le droit du sol dans l’archipel de l’océan Indien, confronté à une grave crise migratoire et à une situation sociale et sécuritaire explosive. Mayotte connaît en effet depuis plusieurs années une forte immigration, principalement venue de l’archipel voisin des Comores.

Commentaires sur lemonde.fr

Mbeaufrere : Pour Mayotte, c’est une évidence. Passée de 2000 habitants en 1850 à 20 000 en 1950, à plus de 300 000 aujourd’hui, il est certain que la situation n’est pas comparable à celle de la France métropolitaine.

Fchloe : Il n’est que temps. En quoi des bébés, nés à Mayotte, de langue étrangère, de culture étrangère, sont-ils français ? Le droit ? Celui-ci est variable dans le temps et l’espace. Il l’a toujours été. Je suis marié à Mayotte, j’y suis retourné l’an dernier. Un paradis devenu un enfer.

Ced-Alexa : Le droit du sol avait déjà était remis en cause en 2005 de mémoire par F. Bayrou. En quoi cela remettrait en cause « nos valeurs ». Nos valeurs se doivent de s’adapter au nom des générations futures. Il serait temps que sur le sol métropolitain aussi, le droit du sol soit revu. Vouloir garder au XXI siècle des valeurs du XIX est d’un conservatisme absolutiste au service des « no border ».

REAC : 60% des français sont pour la fin du droit du sol. Il n’existe pas de sondages spécifiques pour Mayotte, mais le taux est sans doute bien plus élevé. Le droit du sol n’est pas un droit fondamental, ni même une mesure sociale. C’est une disposition opportuniste prise au 19ème siècle, à un moment où l’on souhaitait augmenter la taille de notre armée.

DvdE : C’est un non sujet, Mayotte fait partie des Comores, rendons ces îles, à ce pays, les nations Unis sont saisies du sujet depuis des années aidons-les à résoudre définitivement cette question. Et cessons enfin de jouer à tintin au Congo.

Jqy : La France est condamnée plusieurs fois par l’ONU pour occupation illégale de Mayotte.

Fuminax : L’erreur fondamentale, irréparable, fut en 1975 l’organisation de l’indépendance des Comores île par île, dictée par la présomption française de garder Mayotte. Tout le reste en découle. L’énorme différence économique entre Mayotte et les autre îles a suscité un courant migratoire incontrôlable. La maternité de Mayotte est la réelle maternité des Comores. Il est trop tard pour abolir le droit du sol. Les jeux sont faits ; plus de la moitié des habitants de Mayotte ne sont pas mahorais. Mayotte a été reconquise par le ventre des femmes comoriennes.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Mayotte, une surpopulation ingérable

extraits : Discours d’un sénateur de Mayotte, Saïd Omar Oili : « Pour tout de suite, l’urgence est claire, c’est la crise de l’eau. Sans eau il n’y a pas de vie et nous le touchons durement du doigt au quotidien. on a touché le fond, on ne peut plus s’adapter. L’autre priorité pour laquelle il faut absolument que l’on s’attelle, c’est la gestion des naissances. Dès l’école, il faut que les élèves réalisent ce qu’engendre, en termes de responsabilités et de coût financier, le fait d’avoir un enfant. Il faut que les prises de conscience s’amorcent dès le plus jeune âge…

Loi sur l’immigration, où est l’écologie ?

extraits : « Génération Écologie » condamne avec la plus grande force la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre 2023 par le Parlement : «  Il s’agit d’une loi de régression inédite, contraire aux valeurs républicaines… » Cette référence aux valeurs fait l’impasse sur la question de déterminer si des restrictions à l’immigration sont fondamentalement écolos ou complètement réactionnaires. Le problème de l’immigration n’est qu’une infime fraction de l’impasse dans laquelle nous a mené le mythe de la mobilité comme droit absolu. ..

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Dépopulation en outre-mer, un bienfait

Certains départements d’outre-mer sont « menacés » par une baisse de la population. Une tendance que l’Etat tente d’enrayer avec des incitations au retour pour les ultramarins, une remigration. La journaliste du MONDE ne voit que catastrophe dans cette baisse démographique, nous les malthusiens n’y voyons au contraire que des avantages.

Nathalie Guibert : « Dans des économies confrontées à une dépopulation sévère… Des départements menacés de se dévitaliser, comme la Martinique, la Guadeloupe et, dans une moindre ampleur, La Réunion… La chaire Outre-mer de Sciences Po a retenu la crise démographique pour sa première conférence, le 6 décembre 2023… « Si on ne fait rien, dans trente ans, ce sera l’extinction de la race des Martiniquais … En 2021, la Guadeloupe comptait 384 300 habitants, l’archipel tombera à 314 000 habitants dans moins de vingt ans… La prise de conscience de la gravité de la situation a commencé avec la première enquête « Migrations, famille, vieillissement », lancée en 2009 par l’Insee… Un rapport du Sénat avait mentionné, en 2014, un « risque de violence démographique dans les outre-mer », « Violence » car le phénomène s’illustre par sa rapidité : ce qui s’est produit en un siècle et demi dans l’Hexagone a pris cinquante ans dans les outre-mer… « Si l’attractivité de ces territoires ne bouge pas, qui prendra en charge le vieillissement ? »

Le point de vue anti-surpopulation

– Je n’ai pas compris le caractère souhaitable de renforcer le peuplement de territoires dont les ressources internes sont déjà insuffisantes pour assurer la prospérité de la population présente.

– En 2020, le montant total des importations de la Martinique atteint 2,5 milliards d’euros. Les exportations diminuent plus fortement s’élèvent à 298 millions d’euros. La balance commerciale est de – 2,2 milliards d’euros.

– La balance commerciale de la Guadeloupe, structurellement déficitaire, s’établit à – 2,6 milliards d’euros en 2020.

– Ces départements avaient une économie principalement rurale, ils ont subi une migration vers les villes et les centres industriels. Mais comme il n’y avait quasiment pas d’industrie dans les Dom, beaucoup sont partis en métropole. L’émigration sert de soupape de sécurité… mais cela n’a qu’un temps.

– La population de la Guadeloupe est passé de 230 00 habitants en 1954 à 380 000 en 2024 soit une augmentation de densité de 141 à 236 hab./km2 contre 107 pour la métropole. Les problèmes de gestion de l’eau, des terres arables, de la biodiversité sont devenus problématiques avec une telle densité sur une île montagneuse. La décroissance de la population est donc globalement une bonne chose.

– L’Île de la Réunion, sous peuplée ? Fermons les aéroports Roland-Garros et de Saint-Pierre Pierrefonds et coupons l’accès aux ports en eau profonde (Le Port) et de plaisance (St-Pierre, St-Gilles, Ste-Marie…). Faisons vivre l’île en autarcie. Est-ce possible ? Principaux caractères physiques : Population = 870 000 hab. Superficie de l’Île = 2512 km² dont forêts, montagnes, roches, eau = 1250 km²… friches = 500 km²… cultures = 500 km²…. zones urbaines & artificialisées = 250 km², soit au total 1250 km2 habitables. En 2022 la densité moyenne en zone habitable est d’environ 700 hab/km2 et il ne reste que 1000 km2 de terres agricoles ou éventuellement cultivables (friches), soit un ratio de 8,7 hab/ha cultivable. En clair un carré de 34 mètres de côté pour chaque habitant. Si ce n’est pas de la surpopulation, çà !

– Comment fera-t-on dans une vingtaine d’années pour maintenir la stabilité dans les DOM-TOM avec la flambée du prix de l’énergie et donc des importations sachant que quasiment tout vient par cargo ou avion dans ces îles ?

– Si le taux de natalité était le moteur de tout, n’importe quel pays africain serait très loin et ce dans tous les domaines devant le Japon vieillissant.

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/