Manuel de défense civile non-violente

Texte élaboré par le groupe de travail DCNV (défense civile non-violente) du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente)

La militarisation croissante de l’Europe, principalement par suite de l’agression russe de l’Ukraine en février 2022, est selon nous une réponse inadéquate aux impératifs bien réels de sécurité de nos nations. La France, qui a considérablement augmenté ses dépenses militaires, contribue à sa mesure à la course mondiale aux armements, facteur d’instabilité, de tensions et de menaces pour l’avenir de la planète. Elle illustre un engrenage et une logique de rapport de force militaire au détriment de l’État de droit avec des risques de plus en plus importants pour les populations civiles, également pour leurs droits et leurs libertés.

Par ailleurs, les forces de défense conventionnelle des pays de l’Europe sont très supérieures à celles de la Russie1, et largement en mesure de dissuader Poutine de toute velléité d’agression des Pays baltes ou de la Pologne. Leur coût pourrait baisser considérablement et leur efficacité augmenter si elles étaient harmonisées. Même si nous ne cautionnons pas ces systèmes de défense, ils existent et sont en l’état un moindre mal par rapport à la dissuasion nucléaire2.

Cette dernière, particulièrement dangereuse et risquée, est également illégale, antidémocratique, démobilisatrice, immorale, ruineuse, et surtout inefficace. La dissuasion nucléaire fait prendre aux États qui en jouent le risque d’une destruction mutuelle assurée (mutual assured destruction ou MAD, c’est-à-dire « fou »). Nous rappelons que le Mouvement pour une Alternative Non-violente soutient toutes les luttes pour le désarmement, notamment le désarmement nucléaire et est favorable à l’adhésion de la France au Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

Toutefois, la paix ne peut reposer uniquement sur les initiatives de désarmement. Il n’y a pas de paix sans justice. La paix doit se construire sur des bases solides et durables. Il faut donc assurer une régulation des tensions et conflits entre les intérêts des pays, et assurer par des moyens appropriés la sécurité des peuples contre les diverses menaces qui les guettent. Outre les initiatives nécessaires de désescalade militaire, il convient donc de repenser fondamentalement les questions de défense et de sécurité. À commencer par notre pays.

Démilitariser la défense

La défense nationale française repose essentiellement sur les militaires de carrière (armée de Terre, de l’Air et Marine) et sur la technologie militaire. Nous récusons cette conception techniciste et militariste de la défense. Depuis des décennies, la priorité donnée à la dissuasion nucléaire et aux systèmes d’armes toujours plus sophistiqués a contribué à déresponsabiliser les citoyens au sujet de leur défense. Les civils n’ont d’ailleurs qu’une place tout à fait marginale dans la défense globale de la nation. Il s’agit de la protection civile, c’est-à-dire du soutien aux populations victimes de catastrophes ; quelques milliers de civils sont présents pour cela au sein des effectifs de la défense militaire.

Les civils – l’immense majorité de la population – ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans la défense de la démocratie. Celle-ci ne se résume pas à la défense du territoire. Tout organisme vivant, végétal, animal ou humain développe naturellement ses propres moyens de défense ; c’est pourquoi les moyens que le corps social utilise en temps de paix doivent être développés et mis en œuvre à plus forte raison en temps de crise. La défense de la démocratie doit reposer sur les acteurs et les institutions de la démocratie. Au lieu de militariser les civils, il convient donc de civiliser la défense.

Que défendre ?

Ce que nous devons défendre ne se limite pas au territoire national. En outre, en cas d’échec de la dissuasion, que celle-ci soit nucléaire, militaire conventionnelle ou civile, l’invasion éventuelle du pays par les troupes d’un État agresseur ne signifie pas la défaite, mais doit marquer la continuité des résistances non-violentes de la société civile contre l’agresseur afin de l’empêcher d’atteindre ses objectifs idéologiques, politiques et économiques. Il s’agit donc de rendre la société « insaisissable » par un agresseur ou un dictateur : inexploitable économiquement, ingouvernable politiquement, « insoumettable » psychologiquement. Et la priorité est d’anticiper les tentatives d’agressions par une politique de prévention des conflits efficiente et collective.

Engagé dans les luttes politiques, sociales et écologiques, notre mouvement s’investit pour transformer durablement la société par l’esprit et par les méthodes d’action de la non-violence politique. Le projet de société qui inspire cette approche conjugue démocratie participative, justice sociale, écologie, citoyenneté, solidarité et résolution non-violente des conflits.

Ainsi, ce que nous avons aussi à défendre, ce sont des valeurs éthiques et civiques, c’est un projet de société démocratique, solidaire et écologique. La liberté, l’égalité et la fraternité, ainsi que les institutions civiles et politiques qui les incarnent, sont aujourd’hui déjà menacées, remises en cause, dévoyées, parfois trahies. Cette société reste toujours à construire et à défendre en permanence, par les luttes et les résistances non-violentes. Les questions de défense et de sécurité méritent d’être prises en compte par l’ensemble de la population, tout en étant pensées dans le temps long – d’où le rôle important de l’éducation et de la culture.

Quelles menaces ?

La réflexion sur l’identification des menaces et les réponses à leur apporter est essentielle pour définir un modèle de défense globale non-violente. Les menaces qui pèsent sur notre pays et notre société sont multiples, diversifiées, internes et externes :

– menaces idéologiques et culturelles : idéologies xénophobes, racistes, nationalistes, anti-démocratiques, religieuses intégristes qui alimentent des discours de haine, d’exclusion et de rejet de certaines catégories de la population ; instrumentalisation des médias et des réseaux sociaux qui défient la démocratie par le complotisme et l’obscurantisme.

– menaces économiques, sociales et politiques : inégalités criantes en France et surtout dans le monde, susceptibles de provoquer des révoltes et des soulèvements ; montée électorale de l’extrême droite qui pourrait aboutir un jour à l’instauration d’un régime ultra-autoritaire, voire fasciste ; tensions sociales non régulées – violences urbaines dans les « quartiers sensibles » ou hors de ces quartiers, grande criminalité, trafic et consommation de stupéfiants, etc. – accentuant le désir d’un régime « d’ordre » ; menaces de crise économique ou monétaire internationale, comme en 1929 ou en 2008.

– menaces environnementales, déjà présentes par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, la pollution des sols, de l’air, de l’eau douce et de la mer, mais potentiellement les risques d’accidents nucléaires civils et militaires, d’explosions et de pollutions chimiques, avec des impacts environnementaux, économiques et sociaux importants.

– menaces contre la sécurité nationale : agressions militaires et terrorisme, mais aussi cyberattaques, désinformation, narcotrafic international, menaces sanitaires, risques de ruptures d’appro-visionnement alimentaire ou énergétique, etc. Ces menaces existantes ou potentielles présentent un danger pour le fonctionnement pacifié de la société, la cohésion sociale, le vivre ensemble, les valeurs républicaines et les institutions démocratiques. Les menaces contre la sécurité nationale doivent, bien sûr, être prises en compte, mais à leur juste mesure, et non plus de façon exclusive ou prioritaire par rapport aux autres, comme c’est le cas actuellement par la classe politique et l’institution militaire.

Quelles réponses aux menaces ?

Chacune des menaces énoncées ci-dessus appelle des réponses spécifiques.

– Menaces idéologiques : lutte contre les idéologies de haine et d’exclusion à l’école, dans les médias, les fédérations sportives ; éducation à la citoyenneté, à la laïcité, à l’interculturalité, à l’interconvictionnalité, formation à l’esprit critique et à la résolution non violente des conflits, etc.

– Inégalités : en France, lutte contre les inégalités à l’école, par l’éducation populaire, le syndicalisme, la fiscalité, l’insertion par l’activité économique, etc. ; travail sur les racines de la grande pauvreté, par exemple la maltraitance institutionnelle, les difficultés d’accès aux droits, etc. Dans le monde, régulation du libéralisme, lutte contre les paradis fiscaux et la corruption, l’accaparement des sols, de l’eau, le brevetage du vivant, mise en œuvre déterminée des Objectifs du Développement Durable.

– Justice dans le commerce international ; aide au développement durable, à l’altercroissance ; soutien aux organisations démocratiques dans les dictatures et dans les « démocratures » ; soutien aux régimes et aux avancées démocratiques partout dans le monde ; intervention civile de paix entre belligérants dans ou entre les pays en guerre à la demande d’organisations internationales ou intergouvernementales ; etc.

– Menaces environnementales : développement de l’agriculture biologique, des transports en commun, des pistes cyclables et du covoiturage, de l’isolation thermique des bâtiments, taxes sur le kérosène, perma-économie, priorité aux matériaux biosourcés, recyclage des déchets ; développe-ment de la prévention et des alternatives écologiques dans l’industrie, les transports, la distribution, etc.

– Accidents nucléaires et chimiques : énergies alternatives pour sortir peu à peu de l’énergie nucléaire, renonciation aux armes nucléaires, développement des alternatives à la pétrochimie, etc. 

– Ruptures d’approvisionnement alimentaire ou énergétique : décentralisation et souveraineté alimentaires ; sortie de l’énergie nucléaire, dont la production est très centralisée et dont les sites sont particulièrement vulnérables en cas de conflit3 ; développement des énergies renouvelables, propres et décentralisées : solaire, éolienne, marémotrice, géothermique, etc.

– Cyberattaques, désinformation, infox : renforcement de la politique nationale et européenne de protection contre les cyberattaques ; éducation à la citoyenneté dans le monde numérique ; législation française et européenne encadrant mieux les médias ; développement des réseaux citoyens d’information et de formation indépendants.

– Tensions sociales non régulées, violences urbaines : prévention dans les quartiers sensibles ; « thérapie sociale » impliquant les communes, la police de proximité, la Justice, les services sociaux, les associations de quartier, les commerçants, aide à la parentalité, etc.

– Terrorisme : mobilisation de la société civile en complément à l’action des pouvoirs publics, renforcement de la coopération européenne et internationale ; etc.

On le voit, la lutte contre toutes ces menaces diversifiées est à la fois l’affaire de la société civile et des autorités publiques ; mais quand les pouvoirs publics sont défaillants, les citoyens peuvent et doivent mener les luttes non-violentes contre l’inaction des gouvernants ou contre des projets contraires aux valeurs de la démocratie et de l’État de droit, en vue de les contraindre à viser le bien commun.

La défense civile non-violente

Face à ces menaces diversifiées, il apparaît que la défense militaire classique n’est plus appropriée, si tant est qu’elle l’ait été dans le passé. C’est pourquoi nous plaidons pour  un modèle de défense qui articule les luttes non-violentes pour résister à toutes les idéologies anti-démocratiques, les structures de domination existantes, les violations des droits et de la dignité de la personne humaine, les atteintes à l’environnement et au vivant, et la résistance civile face à un pouvoir ultra-autoritaire, un coup d’État ou une agression militaire extérieure. Au lieu qu’elle soit assurée par un seul individu, le chef de l’État presse-bouton-nucléaire, ou par les militaires, corps de spécialistes d’une tranche d’âge limitée et en bonne santé physique, la défense devient alors l’affaire de toute la population, femmes et hommes, quels que soient leur âge et leur aptitude physique. L’articulation des deux notions, luttes non-violentes sociétales et résistance civile, assumée par la société civile pour les premières, et si possible préparée et coordonnée par les institutions publiques légitimes pour la seconde, constitue la matrice d’un système global de défense apte à assurer la sécurité des habitants.

La défense civile non-violente a ainsi pour objectif de faire face à toutes les menaces existantes ou à venir, idéologiques, politiques, environnementales ou liées à la sécurité nationale, tant sur le plan intérieur qu’extérieur. C’est pourquoi elle comprend deux volets : un volet luttes non-violentes et un volet résistance civile, les deux étant complémentaires et s’inscrivant dans une continuité. La défense civile non-violente supprime ainsi la frontière entre temps de « paix » et temps de « guerre » puisqu’elle est active dès aujourd’hui pour faire face aux menaces existantes et sera encore active demain si d’autres dangers survenaient, notamment militaires ou politiques.

Sur le plan des moyens, la défense civile non-violente est une stratégie de résistance collective qui repose sur la mobilisation populaire par les moyens de la non-coopération (manifestation, grève, boycott…), la désobéissance civile (refus d’obéissance aux ordres injustes ou illégitimes, blocage, sabotage non meurtrier…), la solidarité civique et sociale et le pouvoir des citoyens organisés.

Préparer et organiser une défense civile non-violente

Les luttes non-violentes pour construire une société plus juste, plus solidaire et plus écologique sont aussi dans les faits une préparation à la résistance civile qui devra se mettre en place si survenait une menace existentielle sur cette société. Autrement dit, l’esprit et les méthodes de la défense civile non-violente s’inscrivent déjà dans le cadre et dans la suite des luttes sociétales et écologiques d’aujourd’hui. Toutes ces résistances actuelles sont déjà la mise en œuvre, de façon localisée, sectorielle et limitée, d’une défense civile non-violente plus générale de la société.

Le concept de défense civile non-violente offre la possibilité de rendre plus concrète la problématique de la défense qui ne se limite plus à une mise en œuvre de moyens armés ou/et non-violents face à une agression militaire extérieure ou un coup d’État. Elle permet de visualiser dès aujourd’hui que les méthodes de l’action non-violente susceptibles d’être mises en œuvre en cas de régime fasciste, de coup d’État, ou de menace sur la démocratie, l’information, la souveraineté alimentaire et énergétique, etc., sont déjà en place, fonctionnent et sont efficaces.

Chaque citoyenne, chaque citoyen est un acteur réel ou potentiel de la défense non-violente quels que soient son âge, son champ d’activité, son aptitude physique. Sa responsabilité est d’agir, ici et maintenant, pour transformer la société et la défendre face à toutes les menaces existantes ou à venir. De fait, et dans la perspective que les pouvoirs  publics préparent et organisent un jour la défense globale de la société démocratique par les moyens de la non-violence, ce qui n’est sans doute ni pour demain ni pour après-demain, la population peut dès maintenant s’organiser en réseaux de résistance civique et sociale. C’est la population qui prend en main sa défense et la défense de la société, déjà en proie à des menaces bien réelles. C’est ainsi que la défense civile non-violente est réellement une « défense démocratique de la démocratie ».

Un tel dispositif de défense doit être suffisamment robuste pour avoir un effet dissuasif envers tout agresseur ou dictateur potentiel, c’est-à-dire lui faire comprendre que les coûts de son agression seraient supérieurs aux gains qu’il peut en espérer : nous pourrons alors parler de « dissuasion civile »4.

Pour une sécurité européenne commune

La réflexion sur la défense nationale ne doit pas occulter le fait que les mêmes analyses et les mêmes préoccupations prévalent pour les autres pays d’Europe (et du monde) confrontés aux mêmes menaces idéologiques et climatiques, à des régimes autoritaires et des menaces militaires, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Nous invitons les militants de la non-violence et de la résolution non-violente des conflits en Europe à réfléchir ensemble aux meilleures stratégies possibles pour lutter pour la dénucléarisation du continent européen, et pour promouvoir des formes de défense non agressives. Certes, à l’échelle de l’Europe, la menace politique et militaire russe doit être prise en compte, mais elle n’est pas exclusive des autres menaces déjà présentes qui hypothèquent l’avenir d’une Europe démocratique, sociale et pacifique. Dans cette perspective, l’ouverture du chantier de construction d’une défense non-violente telle que nous la définissons s’avère une priorité de premier rang : elle constitue une contribution aussi urgente que nécessaire à la mise en place d’une sécurité européenne commune.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, nos ancêtres ont construit des institutions pour bâtir la paix : l’ONU et ses agences, le Conseil de l’Europe, et plus tard  l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Ces institutions qui ont souvent échoué à prévenir et réguler pacifiquement les conflits ont besoin d’être réformées et consolidées.

L’Europe a été construite pour la paix. C’est pourquoi elle ne doit pas devenir un bloc militaire comme les autres. Elle a vocation à mettre en place d’autres modes de résolution des conflits et à être motrice de la construction d’un monde plus juste et plus pacifique.

notes

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_armées_des_Etats_de l’UE

2 Onze exemples d’échec de la dissuasion nucléaire sur le diaporama « Les sept vices de la dissuasion nucléaire » :

https://www.irnc.org/IRNC/Diaporamas/358

3 l’exemple de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, bombardée et sous contrôle russe depuis 2022

4 La dissuasion civile était le titre de l’ouvrage rédigé en 1985 par C. Mellon, J.-M. Muller et J. Sémelin sur une commande de Charles Hernu, ministre de la Défense (éd. FEDN, épuisé, https://www.irnc.org/IRNC/Textes/3103 )

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Jürgen Habermas est mort le 14 mars 2026

Jürgen Habermas (1929-2026) est mort. Le philosophe allemand, héritier de l’École de Francfort, était déterminant dans la réflexion écologique car il réfléchissait à son articulation avec la démocratie. De nombreux penseurs « verts » échafaudent des scénarios inspirés par une pensée libertaire, sans État ni politique, difficiles à mettre en œuvre dans un cadre démocratique. C’est pourquoi Habermas se propose de refonder la démocratie à l’âge écologique. Autour de ses travaux sur la « démocratie participative » (ou délibérative) et le principe de publicité des débats (éthique de la discussion), ce marxiste sincère fut abasourdi par le totalitarisme soviétique. Il combat les risques autoritaires des pensées écologiques et refonde l’ « écologie politique » sur des bases pluralistes en dépit de sa fragmentation idéologique. Loin du courant de l’ « écologie autoritaire », ou même de l’ « écologie profonde », sa pensée contribue à bâtir une « écologie démocratique ».

Contrairement à la philosophie néolibérale, qui faisait reposer la liberté sur le seul équilibre des intérêts, une démocratie véritable, déconnectée du capitalisme, ne pouvait selon Habermas s’appuyer sur le marché. Pour lui, la démocratie ne pouvait émerger que d’un débat continué entre citoyens, en vue de produire de la légitimité en se soumettant au « meilleur argument ». Parmi les notions typiquement habermassiennes les plus célèbres, on trouve l’« éthique discursive », soit l’élaboration en commun des normes politiques et sociales dans l’espace démocratique. Il proposait un aggiornamento fondé sur la « communication », des échanges non hiérarchiques entre citoyens comme condition de la démocratie. C’est ce qu’essaye de faire blog biosphere, vainement. Il n’y a plus de référence commune, mais le bal des egos.

Ce rationaliste sans illusions, mais jamais désespéré, décrivait comme suit l’idéal qui anima son parcours : « S’il me reste une trace d’utopie, elle réside seulement dans la conception que la démocratie – et le débat public dans ses formes optimales – a la capacité de trancher le nœud gordien de problèmes sinon pratiquement insolubles. »

Une belle citation de J. Habermas : « Nous sommes ce que nous partageons. »

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Vaclav Smil, sobriété énergétique exigée

Entre 1820 et 2000, la consommation mondiale d’énergie aurait été multipliée au moins par 25 (World Energy Consumption. A Database, Paolo Malanima, 2022). Et encore est-ce une moyenne qui cache d’énormes disparités : en 2015, un Nord-Américain consommait 282 gigajoules par an contre 4,5 pour un habitant du Malawi. Sur la base de l’indice de développement humain, le chercheur canadien Vaclav Smil estime qu’une consommation énergétique annuelle supérieure à 110 gigajoules n’apporte aucun bienfait réel.

Vaclav Smil : « Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne dépend des combustibles fossiles »

Vaclav Smil vient de publier en 2026 « Comment nourrir le monde ». Depuis vingt-cinq ans que nous parlons de décarbonation, mais nous brûlons chaque année davantage de combustibles fossiles [charbon, pétrole et gaz]. On extrait aujourd’hui 10 milliards de tonnes de carbone par an ! Nous ne pourrons pas passer à zéro aussi rapidement. Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne – le transport aérien, le transport maritime à grande échelle, la production de biens essentiels – dépend des combustibles fossiles. Il y a des processus qu’on ne peut pas électrifier facilement, qui sont les fondements de notre civilisation : ce monde repose sur le béton, l’acier, le plastique et surtout l’ammoniac, qui permet de produire des engrais azotés et de nourrir 8 milliards de personnes. Le système alimentaire dans son ensemble est si immense qu’il représente près de 30 % de la consommation mondiale d’énergie. Plus le système est complexe, plus il faut du temps pour le changer. Or les systèmes énergétiques et alimentaires, mondialisés et interdépendants, comptent parmi les plus complexes qui soient.

Vaclav Smil : « 2050. Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible »

Pour limiter le réchauffement catastrophique de la planète, plus d’une centaine de pays se sont engagés à débarrasser leurs systèmes énergétiques du charbon, du pétrole et du gaz et à atteindre la « neutralité carbone » d’ici au milieu du XXIe siècle. Pourtant, il n’y a quasiment aucune chance qu’elle se réalise : c’est ce que démontre en 2025 Vaclav Smil, un expert mondialement reconnu de l’énergie. Si la décarbonation complète du système énergétique n’est pas possible d’ici à 2050, Vaclav Smil ouvre la voie à d’autres pistes pour lutter contre le réchauffement : limiter les gaz à effet de serre issus de l’agriculture, de l’élevage ou encore de la déforestation…

Le point de vue des écologistes de la sobriété énergétique

L’agriculture paysanne, basée sur l’énergie solaire par assimilation chlorophyllienne, donnait en énergie plus qu’elle ne coûtait. Il n’en est pas de même pour l’agro-industrie. Alors que les rendements à l’hectare ont constamment augmenté, on constate que l’agriculture affiche un bilan énergétique négatif : elle consomme désormais beaucoup plus d’énergie fossile non renouvelable qu’elle ne crée de calories. Si on intègre la transformation agro-alimentaire et le transport des produits agricoles, le bilan est encore plus négatif. En fait, si on supprimait les subventions au gazole non routier pour les tracteurs, la presque totalité des techno-agriculteurs feraient faillite.

L’industrie sans énergie fossilise, c’est un monde sans avions, sans voitures, sans béton, sans goudron, sans industrie chimique… le  pied !

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

L’alimentation très dépendante des énergies fossiles

extraits : Selon Vaclav Smil, chercheur dans le domaine de l’énergie, 20 % de tous les êtres humains, soit plus de trois milliards de personnes, survivent grâce aux engrais azotés, le principal ingrédient de la Révolution verte qui a boosté le secteur agricole dans les années 1960.

L’agrocarburant peut émettre plus de CO₂ que le pétrole si on remplace la forêt pour y pourvoir .

Une exploitation céréalière des plaines d Argentine, pour être autonome en énergie, doit consacrer entre 20 à 30 % de sa surface à la production d agrocarburant type huile de colza.

Si on doit revenir à la traction animale pour les travaux des champs, il faut savoir qu’il y a un siècle la nourriture des animaux consommait 25% des céréales produites.

Quand on regarde les surfaces consacrées à la production pour la consommation de viande, on est déjà à ce chiffre de 25 %.

Produire avec la traction animale nourrie sur place ne produit que très peu de CO2 contrairement à l’importation d’urée, d’engrais, de pesticides.

Seule l’agriculture bio émet beaucoup moins de carbone car les engrais, l’urée etc.. peuvent être produits sur place en mêlant élevage et culture.

Cultiver des plantes pour les réservoirs plutôt que pour les assiettes aggrave la crise alimentaire mondiale.

ne pas mourir de faim dépend de l’équilibre (ou non) entre la production agricole et le nombre de bouches à nourrir.

COP28 et AIE, sobriété énergétique tabou ! (2023)

extraits : La demande d’énergies fossiles devrait rester « trop élevée » pour respecter les objectifs les plus ambitieux de limitation du réchauffement planétaire, insiste l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à un mois de la COP28 à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre. Mais rien dans son rapport sur la nécessaire, indispensable, obligatoire et incontournable économie d’énergie dans le sens « sobriété partagée ». Nous ne nous faisons pas d’illusions : à la COP28 de Dubaï, les ambitions et les objectifs seront poliment rappelés, mais les moyens concrets de mise en œuvre – en particulier la réduction massive de la consommation d’énergies fossiles – seront muselés et renvoyés aux calendes grecques…

Sobriété énergétique, l’affolement gagne (2022)

extraits : Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies appellent à une sobriété d’urgence face à la flambée des prix de l’énergie.Il est assez rare que des entreprises incitent leurs clients à moins acheter les produits qu’elles commercialisent. « Le prix de l’énergie menace notre cohésion », clament les dirigeants dans la tribune. Une phrase qui aurait sans doute encore beaucoup plus de retentissement si elle était prononcée et assumée au sommet de l’Etat. Lorsque les efforts sont massifs et coordonnés, les économies d’énergie sont substantielles. Mais la ruée sur les climatiseurs lors de la dernière vague de chaleur montre qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de civisme énergétique. Le gouvernement doit expliquer clairement que la sobriété est une moindre contrainte que le rationnement. Or, si la première n’est pas acceptée, c’est le second qui finira par s’imposer….

Efficacité énergétique et économies d’énergie (2020)

extraits : Une confusion est trop souvent entretenue entre « efficacité énergétique » et « économies d’énergie ». L’efficacité renvoie à la performance de l’équipement, la sobriété renvoie à l’intelligence de l’usage. Si on isole parfaitement une maison pour économiser l’énergie mais qu’on en profite pour vivre avec quelques degrés de plus, il n’y aura pas de transition énergétique ; c’est l’effet rebond. La sobriété, c’est au contraire rompre avec la facilité, c’est le contraire de l’ébriété énergétique. En clair, cela veut dire limiter nos besoins à l’essentiel et ne pas trop compter sur la technique et l’innovation. Cette réflexion, nous l’avions publiquement faite lors d’une rencontre organisée par l’entreprise Schneider Electric en 2013 dans le cadre d’un débat national sur la transition énergétique…

Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050 (2017)

extraits : Selon le scénario Négawatt de 100 % d’énergie renouvelable en 2050, le défi le plus difficile à surmonter est la réduction de la consommation, qui suppose des évolutions sociétales drastiques et des réorganisations industrielles extraordinaires… Il faudrait que chacun d’entre nous établisse une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun devrait se livrer à l’exercice en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité…

efficacité énergétique contre limitation des besoins (2013)

extraits : Notre société n’a pas encore compris que les citoyens devront limiter leurs besoins. A quoi sert en effet une bonne isolation thermique de sa maison (efficacité énergétique) si on en retire l’idée qu’on peut augmenter la température de son foyer (refus de la sobriété). Il est d’ailleurs significatif qu’on confonde généralement dans les débats « économies d’énergie » et « efficacité énergétique », ce qui permet de passer la sobriété à la trappe…

sobriété énergétique ? (2009)

C’est assez rare pour être commenté. L’analyste du Monde Jean-Michel Bezat termine son article du 13 janvier 2009 en supputant la possibilité d’une « forme de sobriété énergétique ». Il est vrai qu’avec un pic de consommation électrique de 92 400 Mw le 7 janvier la France n’est pas à l’abri d’un lock-out. Mais après le premier choc pétrolier de 1973, on raisonnait sainement en termes d’économies d’énergie ; le Premier ministre de l’époque avait même interdit les courses de formule 1. Aujourd’hui le patron d’EDF se plaint du manque d’investissement de son prédécesseur (faut produire toujours plus !) et les consommateurs plus ou moins jeunes font tourner leur Internet à haut débit 24 heures sur 24 tout en s’émerveillant des prouesses de bolides qui vont à Dakar en passant par l’Amérique du Sud. Et le Premier ministre (je crois qu’y en a un en France !) est un fanatique des 24 heures du Mans… 

Le réchauffement climatique et le prochain pic pétrolier auront-ils raison de la connerie humaine ?

Notre article le plus ancien sur la sobriété énergétique

27.11.2005 Moins de pétrole, plus de pauvres

Les pays pauvres importateurs de l’or noir n’ont pas fini de souffrir. L’Etat prenait souvent à sa charge l’écart entre les cours mondiaux et les tarifs intérieurs, c’était le seul moyen de rendre l’essence et le combustible domestique accessible à des populations très démunies. Comme ils connaissent maintenant un nouveau choc pétrolier avec un baril autour de 60 $, l’alourdissement de la facture pétrolière devient insupportable pour les budgets publics et les balances des paiements. Le poids de la facture énergétique peut en effet dépasser dans certains pays 5 % du PIB (1,75 % pour la France en 2004) et leur industrialisation peu efficace reste très énergivorace. Le coût du pétrole risque même d’annuler les effets bénéfiques de l’effacement récent de la dette multilatérale envers les 18 pays les plus pauvres. Même si le président Hugo Chavez d’un Venezuela pétrolier donne des facilités de paiement en Amérique central (pour réduire ainsi l’influence des Etats-Unis dans cette zone), même si les pays de l’OPAEP pourraient faire de même dans leur zone géographique, les pays pauvres importateurs de l’or noir qui ne veulent pas rogner dans les budgets consacrés à l’éducation ou la santé seront obligés de pratiquer la vérité des prix en affrontant le mécontentement populaire qui en résultera. Mais ce sont les voitures de la classe globale qui devraient être mises à la casse, tant que les pays riches ne donneront pas l’exemple de la sobriété énergétique, les inégalités mondiales s’accentueront.

De toute façon la meilleure solution dans l’intérêt bien compris de la Biosphère comme des humains est de laisser le plus rapidement possible des ressources fossiles dans les profondeurs de la Terre dont elles n’auraient jamais du sortir.

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Trump bombarde l’Iran, c’est stupide

Depuis deux semaines, les bombes tombent sur l’Iran. Grâce à l’arme du pétrole et à une tactique de harcèlement, l’Iran et ses proxys ont réussi, en deux semaines d’affrontement, à compenser une partie de leur immense infériorité militaire vis-à-vis d’Israël et des Etats-Unis. On joue à fond la carte de la guerre asymétrique, celle où il suffit au plus faible de survivre le plus longtemps possible pour ne pas perdre.

L’Iran n’a pas besoin de gagner de manière conventionnelle s’il peut rendre le coût régional et mondial de la guerre insupportable. 

Les tirs de missiles et de drones sur les pétromonarchies se poursuivent, en dépit des milliers de frappes ayant visé les installations militaires iraniennes.

La République islamique a adopté une « stratégie de défense en mosaïque » : un système de commandement et de contrôle décentralisé, pensé pour que les unités militaires puissent continuer d’opérer, à l’échelon local et régional, même si le fonctionnement au sommet est très perturbé.

– Trump semble ignorer les défaites que les Américains ont connu au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan. On ne peut contrôler durablement de l’extérieur un pays homogène culturellement.

Dans l’adversité, le socle fidèle au régime iranien – il est estimé, par de nombreux analystes, à plusieurs millions, voire à des dizaines de millions, sur une population d’environ 92 millions – semble encore plus soudé. L’Iran se trouve dans une confrontation historique avec des puissances qui classent les pays en deux groupes : leurs esclaves ou leurs ennemis. On peuple prêt à mourir pour ses convictions ne peut être vaincu. Les cris de « Allaho akbar » (« Dieu est le plus grand ») jaillissent. Trump et Netanyahou ignorent ce qui devrait être le sens de l’histoire, une fraternisation des peuples sur notre petite planète complètement isolée dans le vide spatial.

– Il faut être complètement abruti de propagande américano-israélienne pour imaginer que les Iraniens, qu’ils soient opposants au régime islamique ou pas, puissent se réjouir de se faire réduire en cendres !!!

– Une dimension centrale est négligée par Trump : la religion et l’esprit du martyr sont extrêmement puissants en Iran. Mais il ne savait même pas où était l’Iran avant de l’avoir attaqué.

– Étonnant que Netanyahou ne comprenne pas la symétrie. Les massacres commis par le Hamas ont eu pour résultat de faire taire toute opposition en Israël ; les massacres commis par Israël en Iran et au Liban ont pour résultat de mobiliser les peuples contre Israël.

– Netanyahou et Trump, obnubilés par leur ego, envoient des avions à l’assaut sans penser au blocage du détroit d’Ormuz et au choc pétrolier qui s’ensuit. Ce n’est pas de la légèreté, c’est de l’incompétence.

– Les USA définissent le terrorisme comme « l’utilisation illégale délibérée de la violence en vue de causer la peur; dans un but de coercition ou d’intimidation de gouvernements ou de sociétés à des fins généralement politiques, religieuses ou idéologiques. (JP 3-07.2) (US DoD) ». L’attaque israélo-palestinienne est donc une action terroriste selon la définition US…

Face à un régime autoritaire imposant sa loi un grand pays, la solution était de promouvoir les valeurs universelles, pas de bombarder ce pays et y semer le chaos. Or, au lieu de promouvoir les valeurs universelles, l’Occident a promu la tyrannie en soutenant le régime israélien (colonisation, apartheid, ultra-violence. Et le blocus occidental envers l’Iran a durci le régime iranien.

Trump bombarde l’Iran, c’est stupide Lire la suite »

Thomas Piketty, un idéaliste hors sol

Thomas Piketty est un doux rêveur, il croit que le monde sur-développé va continuer sur la même voix croissanciste en devenant même écologiquement compatible, indemne d’un extractivisme forcené. Il suffirait d’un haut niveau des dépenses publiques. Yaka, FauKon. Il a oublié qu’une croissance dans un monde fini voit obligatoirement sa fin, et ce moment approche de plus en plus vite. Comme l’exprimait Thomas Malthus, on ne peut vivre durablement à crédit, au dessus des ressources utilisables.

Thomas Piketty : « L’Europe est devenue une puissance sociale-démocrate ou même un « éco-socialisme ». Les pays nordiques les plus prospères (Danemark, Suède, Norvège) ont des dépenses publiques avoisinant 45 % à 50 % du PIB, proches à l’échelle historique des niveaux observés en Allemagne et en France, et personne ne reviendra sur cette réalité. Les pays européens ont atteint un niveau de prospérité et de bien-être social inconnu dans l’histoire, en grande partie grâce aux investissements collectifs dans la santé, la formation et les infrastructures publiques. L’Europe affirme ses valeurs et défend haut et fort son modèle de développement, opposé en tous points au modèle nationaliste-extractiviste des trumpistes et des poutiniens. Si l’on prend en compte les externalités négatives liées aux émissions carbone, alors le PIB corrigé de ces effets externes s’effondre aux Etats-Unis comparativement à l’Europe. Ce n’est pas en couvrant la planète de centres de données – nouveau fantasme en vogue à Washington et parfois à Bruxelles – que l’on va résoudre les problèmes du monde. »

Le point de vue des écologistes décroissancistes

Valérie S : Merci Piketty pour votre article. Il contribue utilement à la prise de conscience de l’émergence d’une identité européenne distincte au sein du bloc occidental. Cela étant, un élément vient relativiser le succès présumé du modèle européen, et assombrir ses perspectives d’avenir. Malgré des investissements sociaux considérables, les démocraties européennes échouent à contenir la montée des national-populismes, menace directe pour l’Europe et la démocratie. Sur ce terrain, l’Europe ne fait pas mieux que les États-Unis.

Mendo : L’inflation des normes, l’effondrement du niveau scolaire, la désindustrialisation, la fragmentation communautariste mériteraient aussi d’être intégrée à cette analyse. Quant au « niveau de bien être »….Qu’en sera-t-il si, faute « d’extractivité prédatrice » on ne pourra plus se chauffer en hiver ?

Rempart : Décidément ce Piketty est impayable ! Comment la Suède a réduit ses déficits publics pour préserver son modèle social dès les années 1990 ? La retraite : capitalisation + répartition Age de départ à taux plein porté à 65 ans. Fonctionnaires au même régime que le privé. Le montant des pensions varie tous les 2 ans à la hausse ou à la baisse en fonction de la situation économique. Suppression de 70 000 postes de fonctionnaires (- 4 % en France ça en ferait 220 000 de moins). Réduction des prestations sociales. Mise en concurrence des écoles publiques avec le privé.

Jla 83 : Avec une dette de 3 400 milliards, la France peut se sentir à l’aise et fière de ses acquis sociaux. Je pourrais acheter le château de Versailles avec un prêt que je ne rembourserais jamais…

Alec Touvabienovitch : Des dépenses publiques avoisinant 45 % à 50 % je trouve que ça fait déjà beaucoup d’impôts et qu’il faudrait les réduire, l’auteur, que je surnomme « taxman » en pensant à la chanson des Beatles, n’a de cesse de réclamer encore plus d’impôts…

ricob en réponse à Alec Touvabienovitch : Ce ne sont pas que des impôts. La plupart sont des cotisations sociales, retraites, maladie, chômage, cela n’a rien à voir. C’est plutôt une forme d’assurance.

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Taxer les riches pour refroidir la planète

Thomas Piketty : « Au cours du XXe siècle, l’impôt progressif sur le revenu a été un immense succès historique. Au XXIe siècle, il faudra étendre cet héritage à l’impôt progressif sur la fortune, avec des taux de 80-90 % sur les milliardaires, et mettre à contribution les 10 % des patrimoines les plus élevés. Il faut aussi et surtout qu’une part substantielle des recettes pesant sur les plus riches soient versées directement aux pays les plus pauvres, en proportion de leur population et de leur exposition au changement climatique…. (extraits)

CLIMAT, prendre aux riches, donner au pauvres

Thomas Piketty : « les responsables Verts, enivrés par leur succès, notamment en France, refusent de dire s’ils souhaitent gouverner avec la gauche ou la droite. Pourtant tout indique de plus en plus clairement que la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans un puissant mouvement de compression des inégalités sociales. On voit mal comment les classes moyennes accepteraient de changer leur mode de vie si on ne leur apporte pas la preuve que les plus aisés sont mis à contribution. Avec l’ampleur actuelle des inégalités, la marche en avant vers la sobriété énergétique restera un vœu pieux…. (extraits)

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Municipales, primaire « unitaire » avec qui ?

« Le secrétariat exécutif a décidé de vous suspendre du votre statut d’adhérent », missive envoyé à une trentaine de militants écolos. Ils ont signé une tribune dans laquelle ils dénoncent la stratégie d’alliance avec le Parti socialiste aux élections municipales plutôt qu’avec La France insoumise (LFI). Selon les dirigeants écologistes, ce sont les fédérations locales qui ont décidé des alliances avec le PS et non la direction, comme le prévoit d’ailleurs le principe de subsidiarité des statuts du parti.

Le point de vue des écologistes écolos

Aloes30 : Des militants venus de l’extrême gauche ont choisi l’écologie pour donner une nouvelle jeunesse à leurs échecs . C’est ceux là qui veulent tirer le mouvement vers LFI pour le tuer définitivement. Les écologistes n’ont aucune réserve électorale de ce côté, et n’ont plus d’identité propre, ils peuvent disparaître.

Paul Hurley : J’ai pendant un temps voté « écolo » avec enthousiasme, mais la fin de partie semble proche pour ce parti à l’agonie qui n’a d’écologiste que le nom ! René Dumont doit se retourner dans sa tombe, et José Bové doit avoir les oreilles qui qui sifflent sur le plateau du Larzac…

Michel SOURROUILLE : Le problème de l’écologie politique, c’est de vouloir avec des élus à tout prix même s’il s’agit pour cela de s’allier avec le diable. Je conseille à Marine Tondelier de proposer un programme vraiment écolo et, sur ce programme, présenter des candidats au niveau local, national ou européen. Il y aura peu d’élus dans un premier temps, mais on ne pourra pas accuser les militants écolo, seulement les électeurs bernés par des partis croissancistes et populistes sans aucune vision de nos lendemains qui vont déchanter. Quand l’urgence écologique se fera ressentir encore plus violemment qu’aujourd’hui, on saura alors pour qui voter.

dudu la trompette : Jadot ne veut pas entendre parler de cette primaire et il est déjà numéro 2 de Place publique. Ici on ne parle pas d’entrisme ! Le fait est que c’est Tondelier qui mise tout sur cette primaire « unitaire » dont personne ne veut à part elle-même, Ruffin, Autain et (peut-être) Faure.

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Bilan trés écolo des municipales (en 2020)

extraits : Les Verts enregistrent de bons scores lors de ce scrutin ; à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours ou encore Besançon, où les candidats estampillés EELV sont en tête. L’écologie politique est passée d’une offre de témoignage à une force politique majeure. Une chose a en effet changé en vingt ans, l’état de l’opinion publique. Personne ne peut plus se dire en désaccord avec l’objectif de préserver la planète ou celui de lutter contre le réchauffement climatique. Il y a eu un basculement particulièrement ressenti il y a deux ans avec les marches internationales des jeunes pour le climat. A ce moment-là, les parents, les grands-parents et les enseignants ont commencé à se sentir concernés…..

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Objections à la dissuasion macroniste

Le président de la République a annoncé le 2 mars 2026 la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée », offrant notamment la possibilité pour les alliés européens « de participer aux exercices de la dissuasion » nucléaire française. Au lieu de lutter contre la prolifération, Macron veut mettre des bombes partout. Notre spécialiste répond à cet adepte de la guerre en fauteuil. Quand on est président, il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher un cataclysme. Envisager à l’avance que c’est possible, c’est vouloir un crime de masse. Emmanuel Macron est un assassin potentiel, il devrait être jugé pour cela.

Emmanuel Macron : Tous ceux qui auraient l’audace de vouloir s’en prendre à la France savent le prix insoutenable qu’il y aurait pour eux, à payer.

Michel Sourrouille : La dissuasion marche si elle marche, mais si l’ennemi passe outre, le système de croyance sur lequel elle repose s’effondre. On ne peut pas gagner une guerre nucléaire. On ne peut que compter le nombre de morts civils. De plus la dissuasion « avancée » accroît les risques de guerre nucléaire, elle ne peut être perçue qu’agressive vis à vis de la Russie; cela ressemble à l’épisode des missiles Pershing dans les années 1980.

50% du budget de la défense devrait être consacré à la résistance non-violente, à la géopolitique citoyenne, à l’élimination des causes de la guerre. On n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. 

Emmanuel Macron : Nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerais une dissuasion avancée.

Michel Sourrouille : La prévention et la résolution non violente des conflits représente une valeur fondamentale de l’écologie politique. Elle s’avère indispensable pour répondre à la montée des crises internationales : raréfaction des matières premières et des énergies non renouvelables, crises alimentaires, diminution des ressources en eau potable, dérèglement climatique générant des mouvements massifs de populations et des inégalités.

Une communauté socialiste d’hommes et de femmes éduqués aux méthode de la non-violence aussi intensément qu’ils le sont aujourd’hui aux méthodes de la violence pourrait permettre à une armée étrangère d’envahir son territoire et parvenir malgré tout à établir une défense du socialisme qui aurait de bonnes chances de triompher. Telle serait une dissuasion réellement avancée.

Emmanuel Macron : Il ne s’agit pas d’entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n’a jamais été notre doctrine.

Michel Sourrouille : Mensonge. Macron a fait augmenter les dépenses militaires alors que la France est surendettée. Macron fait construire un nouveau sous-marin lanceur d’engins de mort. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », écrivait déjà Anatole France en 1922. Tous les hommes d’État affirment que l’armement de leur propre nation est préparé uniquement pour des raisons de défense. Tous les hommes d’État affirment que l’existence d’armement dans un pays étranger constitue une raisons pour la création immédiate de nouveaux armements dans leur pays. Chaque nation se sent tenue d’imiter les autres. Les canons sont pointés vers les canons, les avions contre les avions, les bombes chimiques contre les bombes chimiques. Un acte de désarmement unilatéral abaisserait les tensions internationales.

L’existence d’une armée est en soi une raison de faire la guerre. Une nation désarmée ne peut en aucun cas être accusée d’être un agresseur. Il y a toutes les raisons de croire qu’un mouvement de la France vers un désarmement universel aurait un impact considérable.

Emmanuel Macron : Ma responsabilité est d’assurer que notre dissuasion conserve et qu’elle conservera à l’avenir son pouvoir de destruction assuré dans l’environnement dangereux, mouvant et proliférant. C’est pourquoi j’ai ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal.

Michel Sourrouille : Il faut absolument remettre en cause le dogme de la dissuasion nucléaire. L’hiver nucléaire est toujours possible, il suffit d’appuyer sur un bouton. Hiroshima et Nagasaki victimes d’une bombe nucléaire montre que rien n’arrête certains dirigeants. La possession de la bombe par les USA n’a pas empêché l’URSS de se la procurer. La non-possession de la bombe par l’Iran n’a pas empêché Israël de se la procurer. La défense contre une attaque nucléaire surprise est impossible. Cela arrive si vite.

La France n’a adhéré au TNP (traité sur la non prolifération des armes nucléaires) que 22 ans après son entrée en vigueur. Elle n’a jamais « négocié de bonne foi » en faveur du désarmement nucléaire comme l’exigent l’art. VI du TNP et l’avis consultatif de la CIJ de 1996. Il faut d’urgence arrêter le programme de modernisation des armes nucléaires et adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté le 7 juillet 2017 par la Conférence des Nations Unies.

Emmanuel Macron : Pour être libre, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne.

Michel Sourrouille : Se faire craindre, c’est refuser de se faire aimer. Contraindre, c’est le contraire de la liberté. Ce n’est pas le complexe militaro-industriel qui doit faire la loi sur une planète mondialisée ; on doit soutenir les instances internationales dédiées à la paix. La France, troisième exportateur d’armes dans le monde, devra agir pour une réduction et une reconversion substantielle de l’industrie de l’armement. Pour motiver les autres, on doit montrer l’exemple.

Alors que le TNP exige depuis 1992 de la France des « mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée », et depuis 2010 de « réduire encore le rôle et l’importance des armes nucléaires dans tous les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité », la France modernise et accroît son arsenal nucléaire en lançant notamment un sous-marin lanceur d’engins de mort.

Emmanuel Macron : Notre sécurité ne s’est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire.

Michel Sourrouille  : La sécurité obtenue par la préparation de la guerre ne peut jamais arriver à instaurer la paix. La politique étrangère de la France en matière de sécurité collective doit contribuer à la mise en place d’un nouvel ordre mondial organisé dans le cadre des Nations Unies. L’armée française confiée à l’ONU deviendrait une force de paix considérable. Les réformes défendues par les écologistes ne peuvent se faire sur une planète en perpétuel conflit.

Rappelons la Charte de l’ONU  : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force armée.

Emmanuel Macron : La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout Etat de s’en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein.

Michel Sourrouille : L’emploi de bons moyens est d’une plus grande importance que la poursuite de bonnes fins. Il en est ainsi parce que de bonnes fins ne peuvent pas été atteintes par de mauvais moyens. Accepter la possibilité de l’hiver nucléaire, c’est aller à l’encontre de tous les intérêts vitaux d’une nation, pas besoin donc de les définir.

La guerre nucléaire n’est pas la continuation de la politique par d’autres moyens, elle constitue une rupture avec les moyens classiques de la politique, à savoir le dialogue, la négociation, la gestion pacifique des conflits.

Emmanuel Macron : A coup sûr nos intérêts, s’ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales.

Michel Sourrouille : Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles. Il existe un Tout plus vaste dont la patrie n’est qu’un morceau.

Accorder à une partie de l’espace géographique la vénération qui ne peut revenir qu’à notre mère la Terre, c’est de l’idolâtrie.

Emmanuel Macron : Nous avons d’abord resserré en juillet dernier les liens avec le Royaume-Uni, partenaire majeur et puissance nucléaire indépendante avec laquelle nous reconnaissons depuis 1995 qu’il n’y a pas de situation engageant les intérêts vitaux de l’une sans que ceux de l’autre ne soient affectés.

Michel Sourrouille : La seule définition qui convient au mot « nation » est une communauté organisée pour faire la guerre. Resserrer les liens entre deux nations, c’est mathématiquement multiplier les causes de la guerre. On trouvera toujours des prétextes à défendre des « intérêts vitaux ».

Emmanuel Macron : Nous entrons sur le chemin de ce que j’appellerai la dissuasion avancée. Je préfère le dire tout de suite, il n’y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre. En vertu de notre Constitution, elle appartient au seul président de la République comptable devant le peuple français.

Michel Sourrouille : Donner à un seul homme la possibilité de déclencher immédiatement le feu nucléaire, c’est l’inverse d’un système démocratique. Le Parlement devrait être systématiquement consulté, ce qui est incompatible avec le dogme de la dissuasion.

Les opérations militaires de la France devraient à chaque fois être sous mandat international catégorique. Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même d’identifier un chemin viable vers la paix. Nous fermerons toutes les bases militaires à l’étranger, nous n’accepterons plus de bases américaines en Europe.

Emmanuel Macron : Nos forces aériennes stratégiques pourront ainsi se disséminer dans la profondeur du continent européen. Cette dispersion sur le territoire européen, à la manière d’un archipel de forces, compliquera le calcul de nos adversaires et donnera à cette dissuasion avancée beaucoup de valeur pour nous.

Michel Sourrouille : Prévenir le risque de guerre ne passe pas par la militarisation de la tension partout où cela est possible, mais au contraire par la démilitarisation des possibles partout où on peut. Certes le projet d’Europe fédérale passe par une véritable politique européenne de sécurité et de défense. Mais il s’agira uniquement (de Forces d’interposition dûment formées à la prévention et la résolution non violente des conflit. Créer un service civil européen portera un message de paix. Donner la possibilité aux jeunes de se déclarer objecteurs de conscience, opposés à l’usage collectif des armes, est une nécessité reconnue internationalement au niveau juridique.

Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même. Il en coûterait cent fois moins pour protéger la planète que pour préparer sa destruction…Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même identifier un chemin viable vers la paix. Les pacifistes sont des personnes qui tirent les leçons de l’Histoire. Macron est une personne déterminée à ne pas tirer les leçons de l’expérience passée.

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Bifurcation. Hegel, Marx ou Malthus ?

Un article du MONDE qui montre à quel point l’engagement écologique réel est un véritable sacerdoce qui exige une mentalité d’acier… et un bon carnet d’adresses.

Marine Miller : Rien ne prédisposait ce diplômé de Sciences Po Paris à se retrouver sur un bateau de pêche. Arnaud Gilles a arpenté pendant cinq ans les salons des COP en tant que porte-parole de l’organisation non gouvernementale (ONG) WWF : Glasgow, Charm el-Cheikh, Montréal, Dubaï et Cali. Il y faisait ce qu’il nomme aujourd’hui de l’« écologie de salon ». « Les COP, raconte-t-il, c’était lunaire. Petits fours, costards, tu cales des rendez-vous, tu joues un rôle, tu parles aux journalistes. Moi, j’étais une courroie de transmission, j’essayais de porter les sujets qu’on défendait ».

En 2025, Arnaud quitte les cercles politiques parisiens pour se former au lycée maritime de Sète et passer son CAP de matelot. « J’étais arrivé au bout d’un cycle, je comprenais tout le décalage qu’il y avait entre cette écologie des élites et le quotidien des gens, en particulier des classes populaires ». Sur le chalutier Marie-Galante amarré à Port-en-Bessin-Huppain (Calvados), Arnaud, 31 ans, est matelot. Ses journées s’étirent, en fonction des marées, de 12 heures à 22 heures. Il se sent un peu cassé. Il jette un coup d’œil à ses mains. Abîmées, entaillées, rougies. Des mains de travailleurs. Ses genoux sont douloureux. Sans parler du dos, sur lequel il se colle des patchs antidouleur chauffants depuis trois semaines. Comme les autres marins, il carbure aussi au Nurofenflash. Toujours mieux que ceux qui tournent à l’héroïne. Son corps, explique-t-il, n’avait pas vraiment été préparé à ce travail intense et répétitif : « Je n’ai plus de temps ni d’espace pour réfléchir, je suis dans une sorte de grande machine à laver, où je pense surtout à l’économie de mes gestes. Ne pas me faire mal, ne pas perdre de temps. Je n’ai plus le temps d’intellectualiser ce que je fais. »

Cette bifurcation n’est pas sans rappeler celle que d’autres ont commencée avant lui. Des jeunes très diplômés, souvent ingénieurs, qui ont déserté les entreprises ou des « jobs destructeurs » pour inventer une nouvelle façon de vivre et de travailler. Mais en avril, Arnaud partira avec la Fondation Tara Océan dans les eaux du Pacifique, avec une équipe scientifique chargée d’étudier les coraux résistants au réchauffement climatique. La bifurcation « reste un geste inégalitaire »

La mesure phare  d’Arnaud Gilles s’il était président de la République : « Des quotas de pêches prioritaires pour la pêche artisanale française, qui représente 60 % de l’emploi et 80 % des navires. Comment est-il possible qu’on se soit laissé bouffer par la pêche industrielle ? »

Le point de vue des écologistes idéologues

Ainsi va le monde, on en connaît un certain nombre qui ont été encartés à la GP ( Gauche Prolétarienne) et qui sont devenus Inspecteur Général de L’éducation Nationale… C’était l’époque juste après mai 68 de la montée du marxisme dont les plus chauds militants on été intégrés et bien digérés par le système thermo-industriel. L’abondance nourrit le « toujours plus ». Aujourd’hui se sont les jeunes engagés pour le climat qui vont bientôt structurer les instances économico-politiques pour gérer la pénurie et la montée des guerres pour les ressources. La période de confinement où on ne pouvait plus se déplacer librement et où on revenait aux achats de première nécessité nous a donné un avant-goût de ce que va être bientôt le vécu de nos générations futures : la sobriété dans tous les domaines.

Ce n’est pas la volonté des humains qui dictent nos comportement, mais l’état des ressources naturelles dont dépend notre genre de vie. Pour K.Marx, les forces motrices de l’histoire sont à chercher dans l’organisation « matérielle » des sociétés, c’est-à-dire pour lui dans la façon dont elles produisent leurs richesses. C’était une critique de l’idéaliste Hegel pour qui la dialectique (le changement social) est issu du mouvement des idées. Il faut attendre l’année 1971 qui marque un véritable tournant analytique. C’est Howard Odum (Environment, power, and society, 1971) qui fait observer que dans la combinaison « homme, esprit, énergie », c’est la source d’énergie et non l’inspiration humaine que, en dernière analyse, fixe les limites du progrès humain.

Mais c’est Malthus qui a posé clairement le problème de base posé à toute réflexion rationnelle : les ressources de la planète sont limitées, l’humanité ne peut donc croître indéfiniment en nombre. Ce prêtre anglican est donc un précurseur de l’écologie, terme qui n’a été créé qu’en 1866 par Ernst Haeckel.

Lire Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

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Infrastructure matérielle au sens marxiste… et écolo

extraits : K.Marx avait raison d’accorder aux conditions matérielles d’existence un statut explicatif de l’infrastructure idéologique et politique. Mais ce faisant il n’a considéré que le facteur travail et capital, oubliant le fondement strictement matériel qui sous-tend à son tour l’existence des sociétés humaines : l’état des ressources naturelles. C’est Bertrand de Jouvenel qui a le mieux explicité cette nouvelle perception dans son livre publié en 1968 « Arcadie, essai sur le mieux vivre » : « Nous faisons preuve de myopie lorsque  nous négligeons de nous intéresser à l’entretien et à l’amélioration de notre infrastructure fondamentale : la Nature. Une autre manière de penser, c’est de transformer l’économie politique en écologie politique ; je veux dire que les flux retracés et mesurés par l’économiste doivent être reconnus comme dérivations entées sur les circuits de la Nature.

Planification de nos besoins, une nécessité

extraits : « Comment bifurquer » : un manuel de Cédric Durand et Razmig Keucheyan en 2024 pour planifier la transition écologique, une des premières tentatives de théoriser une planification. Contrairement à la planification indicative de la France des années 1960 ou la planification impérative de l’Union soviétique, elle n’aurait pas pour objectif de produire plus, mais plutôt de produire moins, en fonction des besoins, dans le respect des limites planétaires. ...

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Une hausse normale des prix à la pompe

Sur ce blog biosphere, nous ne nous intéressons qu’aux déterminants du long terme et pas à l’écume des jours présents.

L’État se polarise sur ce qui ne le regarde pas vraiment, le prix du carburant. Dans notre système libéral de marché, ce prix est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Si l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix augmente. Si la pénurie arrive, le prix explose. C’est ce qui est s’est passé lors des premiers choc pétroliers de 1974 et 1979. Mais il s’agit là d’une réalité de court terme, à un instant donné. En fait depuis qu’on sait que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables et que leur combustion provoque le réchauffement climatique, les prix à la pompe devraient augmenter constamment pour que les gens s’obligent à la sobriété énergétique. Comme le marché est incapable de prévoir le long terme, l’État doit intervenir. Mais pas pour réduire la facture pour le consommateur, tout au contraire pour l’augmenter…

lemonde.fr avec AFP : La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué une envolée historique du prix du baril de pétrole. Dans un marché paniqué, le baril de pétrole a flambé le 9 mars 2026, et a tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé le 8 mars 2026« un plan exceptionnel de 500 contrôles » dans les stations-service pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe ». Ils seront réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF). Le ministre de l’économie, Roland Lescure, procédera au “name and shame” », en référence à la pratique consistant à montrer du doigt le nom des entreprises non vertueuses.

Le point de vue des écologistes à pied

Guerre contre l’Iran et blocage du détroit d’Ormuz, le Rassemblement national (RN) et la France insoumise (LFI), se sont émus de la conséquence, une hausse des prix. Le parti lepéniste réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz. Il appelle aujourd’hui encore à une baisse des taxes sur les carburants. Eric Coquerel (LFI), a demandé au gouvernement de « réfléchir à un blocage des prix » de l’essence.

Les deux partis politiques populistes (RN et LFI) font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Ils cajolent le consommateur dans le sens du poil en ignorant que les ressources énergétiques deviendront obligatoirement de plus en plus chère à cause de leur rareté croissante. Le marche est myope, il ne voit pas plus loin que l’état de l’offre et de la demande. Les populistes sont aveugles, ils ne voient que l’horizon de la prochaine élection.

Le prix du baril n’est rien, la disponibilité en quantité de la ressource devrait être le seul indicateur fiable. Or la quantité de pétrole est fixé à l’avance, il a été formé autre fois pendant des centaines de millions d’années. Depuis des dizaines d’années la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher. Il faut donc nous préparer au choc pétrolier ultime en nous sevrant progressivement de notre soif d’or noir. Prenons au sérieux la pénurie à venir d’une ressource non renouvelable et l’alerte climatique, transformons nos besoins et nos économies afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques à venir.

Le vrai prix du carburant

Quel est le véritable prix du baril de pétrole ? (juin 2018)

extraits : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XIXe siècle, autant dire demain….

Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle (mars 2017)

extraits : Nous vivons actuellement un contre-choc pétrolier, les cours du baril sont tombés de 114 dollars mi-juin 2014 à 55 dollars. La baisse des investissements qui en a résulté pourrait entraîner un début de pénurie et une nouvelle flambée des prix. Les « forces du marché » ne fonctionnent qu’à court terme. Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. »….

juste prix du baril (mars 2009)

extraits : Les spécialistes n’ont pas vu venir l’envolée des prix du baril (147,5 dollars à la mi-juillet 2008) ni son effondrement (35 dollars mi-décembre). Pourtant le spécialiste du Monde (rubrique matières premières, 29-30 mars) s’interroge doctement sur le juste prix ou optimum économique. A-t-il la réponse ? Oui, il a la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffit à Jean-Michel Bezat de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe. Ni le journaliste, ni les pétromonarchies, ni le CGES (Centre for Global Energy Studie) ne s’interrogent sur la raréfaction croissance du pétrole, le pic pétrolier imminent et le réchauffement climatique provoqué par la combustion de pétrole. Le long terme n’existe pas pour ces « spécialistes », rien ne vaut le bon temps du court et moyen terme. Les générations futures se passeront de pétrole, ils n’avaient qu’à naître au moment des Trente Glorieuses, période qu’on surnommera plus tard les années toxiques….

Une hausse normale des prix à la pompe Lire la suite »

Objection de conscience face à l’IA générative

Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser ».

Soazig Le Nevé : Trois arguments sont avancés, en premier lieu « le gouffre énergétique et matériel » qu’engendre l’installation massive de l’intelligence artificielle, liée à son impact sur l’accès à l’eau, aux métaux rares et à l’électricité. Viennent ensuite « les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés » comme le « travail du clic » des travailleurs précaires. Enfin, les signataires s’opposent à ce que des mégafirmes tels OpenAI et les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) accumulent « un pouvoir démiurgique », et ce, sans faire mystère de « leurs projets mégalomaniaques, eugénistes, et de leur détestation de la démocratie ».

Pour Guillaume Carbou,« il faut couper court à l’idée qu’on pourrait choisir entre les bons et les mauvais usages de l’IA ».

Le point de vue des écologistes qui utilisent leur propre cerveau

– Faut être sacrément idiot pour croire que chatgpt, c’est mieux que chercher par soi-même.

– Les ravages de l’IA sont déjà dans l’enseignement secondaire.

– Si vous envoyez un robot à votre place à la salle de sport, estimez-vous que ça va servir à quelque chose ?

– Les étudiants perdront la capacité de déduction à la lecture d’un texte. Leur esprit sera formé à utiliser l’IA et ils seront devenus des robots

– Gagner du temps et perdre des compétences… c’est tout à fait ça. Et pour quelle raison gagner du temps ? Pour aller scroller sur des vidéos de chats ?

– Il faut rejeter les calculatrices car cela réduit nos compétences en calcul mental.

– Ces universitaires ont raison. Mais ça ne sert à rien d’avoir raison quand on lutte contre une déferlante phénoménale.

– Leurs étudiants utilisent déjà ChatGPT depuis belle lurette !

– Ces objecteurs veulent seulement rappeler que la maison brûle et qu’il y a mieux à faire que se plier servilement à l’agenda délirant de quelques milliardaires de la tech.

Mais comment pouvions nous faire avant l’IA ?

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L’IA altère notre pensée, la lecture aussi 

extraits : Mieux vaudrait privilégier l’accès de tous à un nombre restreint de textes importants. L’usage de l’écriture, de l’imprimerie, des moteurs de recherche et de l’IA implique une délégation de nos capacités intellectuelles. A travers l’écriture, puis le livre, on délègue la mémoire : plus besoin de se remémorer par nous-mêmes les savoirs. Avec les technologies d’enregistrement analogique comme la photographie et la télévision, on délègue la mémoire des sons et des images. Avec le numérique, nous déléguons aux algorithmes de recommandation notre capacité de jugement et de décision. Et aux IA génératives, notre capacité d’expression. Ce n’est plus moi qui m’exprime, les machines le font à ma place….

ChatGPT nous empêche de devenir intelligent

extraits : On demande à quelqu’un de penser à notre place, évidement on n’aura pas la même trace dans notre cerveau que si l’on avait réfléchi sur le sujet. L’IA est déjà utilisée par des millions d élèves pour avoir de bonnes notes sans travailler ; en ressort conformisme et bouillie intellectuelle. Depuis que le smartphone et son annuaire garde les contacts, on n’est plus capable de mémoriser un n° de tel. Si tu mets l’assistance GPS, tu reste incapable de t’orienter même si tu as déjà fait le trajet. L’usage intensif de la voiture induit une diminution des capacités à marcher.L’homme s’autodétruit par les machines et pas seulement écologiquement….

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Raphaël Glucksmann est-il un écologiste ?

La réponse de Perplexity : Non, Raphaël Glucksmann n’est pas un écologiste.

Il est le leader de Place publique, un mouvement social-démocrate et pro-européen, et conduit des listes avec le Parti socialiste (PS), comme aux européennes de 2019 et 2024. Il refuse les alliances avec les écologistes ou La France insoumise, il propose d’ouvrir son projet à des « humanistes et écologistes » mais en second cercle, sans en faire partie. Aucune information récente (jusqu’en 2026) ne l’associe à un parti écologiste ou à une étiquette verte.

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Macron, des Européennes aux Législatives (juin 2024)

extraits : Raphaël Glucksmann sur une union à gauche et écolo… « Voici les conditions : un soutien indéfectible à la construction européenne, un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’assurance-chômage et de la loi “immigration”, une accélération de la transition écologique et un rejet de la brutalisation de la vie politique. Si ces conditions ne sont pas remplies, on ne fait pas alliance…. Je vais prendre mon bâton de pèlerin et soutenir tous les candidats face au RN qui auront adhéré à ces cinq points qui sont les cinq points basiques de respect de la démocratie et je ne fais pas ça pour être premier ministre. J’ai une idée, ça ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon. Je pense à Laurent Berger [ancien secrétaire général de la CFDT] qui a incarné la lutte contre la réforme des retraites, qui a été d’une responsabilité aussi grande que l’irresponsabilité de notre président actuel. »…

Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo (juin 2024)

extraits : Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles).

1. Europe Écologie Marie Toussaint. « Pour l’Europe, pour nos vies, l’écologie ».

2. Réveiller l’Europe (Glucksmann). Les élections européennes du 9 juin 2024 sont les plus importantes de l’Histoire.

L’écologie se retrouve dans certains des 11 engagements, par exemple l’Europe du train, la sauvegarde des océans, l’agroécologie…

Claire Nouvian, militantisme et désespoir (janvier 2020)

extraits : Claire Nouvian, dégoûtée par les politicards… Présidente de l’association Bloom, Claire Nouvian a été l’une des fondatrices de Place Publique avec Raphaël Glucksmann. Leur mouvement a fait alliance aux européennes avec le PS. Elle raconte l’arrière-cuisine des partis, dont elle se dit « dégoûtée ». Extraits : Une poignée d’intrigants ont transformé Place publique en organe classique où règnent les luttes intestines et où les courtisans réussissent plus que les combattants. Loin d’être rappelés à l’ordre, ceux qui se sont le plus mal comportés ont au contraire pris du galon dans le premier cercle. Les arrivistes auront toujours, par définition, une longueur d’avance sur les autres puisqu’ils passent leurs journées à calculer leurs coups, puisqu’il n’y a rien d’autre dans leur horizon que leur carrière et la constitution d’une rente politique. Nous savons tous, en théorie, que la politique fonctionne ainsi, selon un système féodal d’allégeances, mais en faire l’expérience pratique change tout. J’ai été dégoûtée par cette forme de prostitution de la démocratie…

annexe : Raphaël Glucksmann est-il un pacifiste ?

La réponse de Perplexity : Raphaël Glucksmann n’est pas un pacifiste au sens strict. Bien qu’il défende une position nuancée sur les conflits internationaux, il s’oppose explicitement à certaines formes de passivité politique. Sur la question israélo-palestinienne, il affirme qu’on peut « soutenir le peuple de Gaza sans être ambigu vis-à-vis du terrorisme ». Son positionnement se caractérise surtout par une affirmation de la puissance européenne. Il déclare œuvrer « à l’affirmation de la puissance européenne, être au cœur de la construction d’une défense européenne autonome », ce qui s’oppose à une logique pacifiste traditionnelle. Son approche privilégie plutôt la stabilité institutionnelle et la construction d’une Europe forte, plutôt que le refus de toute forme de confrontation politique ou militaire.

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Éduquer l’enfant à suivre sa propre voie

L’éducation des enfants a pour finalité d’en faire, non pas des citoyens obéissants, mais des citoyens responsables, capables d’apprécier et de juger les normes et valeurs à laquelle la société leur demandera d’obéir. En clair, les enfants doivent savoir désobéir à un ordre injuste, quel que soit celui qui le leur demande, un parent, un enseignant, l’Etat.

(Re)lisons le petit livre rouge des écoliers et lycéens de 1969. Extraits, le livre fait 190 pages.

Etienne Bolo dans la préface : Les adultes ne sont pas tout-puissants pour la bonne raison que très souvent ils n’ont même pas le pouvoir de modifier leur propre situation ou d’agir comme ils le voudraient. Et ce sont les enfants et les jeunes qui paient l’addition. Nous parlons dans ce petit livre de tous les sujets qui ont de importance quand on va en classe.

L’enseignement

Beaucoup de professeurs (pas tous) pensent que ce serait une perte de temps bien inutile que de permettre aux élèves d’apprendre des choses par eux-mêmes. Beaucoup estiment aussi qu’il est bon qu’une partie du travail qu’ils donnent aux élèves soit ennuyeuses. Comme ça, pensent-ils, les élèves appendront très tôt que la vie est pleine d’obligations bien ennuyeuses. Ces professeurs se trompent. Mais pour apprendre quelque chose, il faut premièrement que tu fasses un effort. Deuxièmement que tu disposes autour de toi les moyens pour faire cet effort. Tout ce que tu sais, c’est toi et toi tout seul qui l’a appris. La seule façon d’apprendre comment distinguer le vrai du faux, c’est de pouvoir le découvrir soi-même par l’expérience. La plupart des professeurs veulent que vous vous sentiez bien en classe, parce qu’alors, eux aussi se sentent bien. Si vous trouvez qu’un de vos professeurs n’est pas très doué pour l’enseignement, il faut que vous l’aidiez à améliorer ses façons de faire.

Si on te donne un devoir, ce n’est pas pour que tes parents t’aident à le faire. Tu peux réunir quelques camarades et faire les devoirs ensemble. S’il y a quelques chose que tu ne sais pas faire, ne le fais pas. Et le lendemain, n’hésite pas à dire à ton professeur pourquoi tu n’as pas pu faire le devoir. Si vous voulez établir un vrai programme de travail, consultez d’autres livres et laissez-vous aussi inspirer par le monde qui vous entoure. Beaucoup de professeurs n’ont fait autre choses pendant toute leur vie que de fréquenter des écoles, d’abord comme élèves, puis comme étudiants, ensuite comme professeurs ; ils ignorent l’essentiel du monde qui les entoure. Ce sont des spécialistes dans une branche déterminée du savoir. Ils ne savent pas grand chose sur l’art d’enseigner.

Les relations entre jeunes et adultes ne sont vraiment positives que lorsque les uns et les autres peuvent s’influencer et s’enseigner réciproquement. Servez-vous du journal de l’école. Les actes influencent plus que les paroles.

Les camarades

Tu rencontres toutes sortes de camarade. Il y en a à qui on peut faire confiance, et d’autres qui trahissent leurs promesses. Il y en a qui ont toujours de bonnes idées et d’autres presque jamais. Sais-tu que tu es influencé par tes camarades. Tu as le droit de développer ta personnalité en suivant ta propre voie. Tu es quelqu’un, tu peux apprendre des autres et les autres peuvent apprendre de toi.

Il faut que tu saches que quelqu’un ne peut rester un leader qu’aussi longtemps que tu le reconnais comme tel. Deviens ton propre leader.

L’intelligence

On croyait que tous les gens naissent avec une certaine dose d’intelligence qu’ils gardaient jusqu’à la fin de leur vie. C’est absurde. Des vrais jumeaux sont parfaitement égaux génétiquement. Mais s’ils sont élevés par des personnes différentes, ils n’auront pas la même intelligence. Personne n’est mauvais en tout. Mais les méthodes employées à l’école favorisent les enfants appartenant à des milieux déjà favorisés. On peut avoir une intelligence scolaire, c’est-à-dire réussir en classe, mais être bête dans les activités extra-scolaires qui sont pourtant le tissu de la vie quotidienne.

Pour changer l’école, il faut changer la société. Pour changer la société, il faut changer l’école. La moindre chose que nous changeons dans l’école peut avoir des répercussions dans la société. La moindre chose que nous changeons dans la société peut avoir des répercussions dans l’école. Pour changer quelque chose, transformer le monde, n’oublie pas qu’il faut commencer par agir là où tu te trouves.

Pour aller encore plus loin

Tous les enfants de France devraient connaître la Déclaration des 121 sur le droit à l’insoumission en 1960 dans la guerre d’Algérie ou le Manifeste des 343 en 1971 pour légaliser l’avortement. La désobéissance civile est la respiration de la démocratie. Le problème de nos sociétés pseudo-démocratiques, en fait soumises aux diktats de l’économie, c’est qu’il faudrait pratiquement désobéir à tout. Non seulement désobéir aux OGM ou à la publicité…, mais désobéir aussi aux petits chefs dans les bureaux, à la consommation de masse, à la société du spectacle, au productivisme, au populationnisme, à la mondialisation, etc. Autant dire que les enfants ont beaucoup à apprendre de ce qu’il faudrait faire…

La désobéissance civile sur notre blog biosphere

7 janvier 2023, L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile

19 décembre 2022, Le pourquoi de la désobéissance civile

1er octobre 2022, La désobéissance civile des scientifiques

26 septembre 2021, Formations à la désobéissance civile NV

19 mai 2021, 29 mai, formation à la désobéissance civile

9 février 2021, Tout savoir sur la désobéissance civile

15 octobre 2019, Pour ou contre la désobéissance civique

19 septembre 2019, José Bové, désobéissance civile ou civique ?

1er octobre 2019, Biosphere-Info, la désobéissance civique (SYNTHÈSE)

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

2 juin 2016, À lire, La désobéissance civile (H.D.Thoreau, 1849)

22 mai 2014, La désobéissance s’apprend, savoir déterminer l’injuste

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

24 janvier 2012, Devenir activiste avec Greenpeace

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

14 septembre 2011, appel à la désobéissance généralisée

17 septembre 2010, ne pas confondre désobéisseur et désobéissant !

29 avril 2007, Collectif des déboulonneurs

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Quelques éléments de militantisme adapté

Tout citoyen doit s’engager d’une manière ou d’une autre pour élever l’intelligence collective et faire progresser l’harmonie sociale. Une expérience dans l’activité associative et/ou politique devrait être obligatoire pour tout jeune avant l’entrée dans la vie active. Mais comme il vaut mieux montrer l’exemple que dire aux autres ce qu’ils devraient faire, voici le compte-rendu de mon propre engagement bénévole.

Pendant les années 1970

– Objecteur de conscience (opposé à l’usage collectif des armes)

– membre d’un groupe d’action non-violente

– membre du comité de soutien aux objecteurs de conscience

– instructeur CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active)

– Responsable du journal des lycéens au lycée Marguerite de Valois

A partir de 1976, les échecs pendant 20 ans

– Animateur d’échecs au collège et au lycée Marguerite de Valois

– Président du club d’échecs d’Angoulême, du département de Charente, de la région Poitou-Charentes….

– Formateur d’animateurs d’échecs, responsable de la formation au niveau national

– Arbitre national, formateur d’arbitres d’échecs

– Membre du conseil d’administration de la FFE (Fédération Française des Échecs) et même vice-président de la FFE

A partir de 1997, l’écologie comme préoccupation principale

A mon avis, toute personne engagée dans le tissu associatif ne peut se contenter d’être un simple consommateur, ou alors il lui manque quelque chose. Mais même si j’ai été plus organisateur que joueur, je participais avec les échecs à la société de consommation, pas à améliorer l’intelligence collective. Les échecs sont à classer parmi les associations de loisirs, les associations particularistes, consacrées uniquement à « l’épanouissement personnel ». J’arrête donc toutes mes activités échiquéennes pour me consacrer à « sauver la planète » dans des associations à objectif universaliste.

Je me suis engagé dans le militantisme écolo, c’est là où la société a le plus besoin de nous. Cela passe autant par les associations environnementales que par les partis politiques.

Les associations

– Charente-nature, dont j’ai été membre du conseil d’administration

– MAB (maison d’agriculture biologique), dont j’ai été membre du conseil d’administration

– JNE (Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie), dont j’ai été membre du conseil d’administration et reste correspondant régulier, beaucoup de mes articles sont sur leur site.

– Démographie Responsable (dont je suis toujours responsable régional)

– Technologos (dont j’ai été membre fondateur)

– Casseurs de pub (résistance à l’agression publicitaire) ; Momentum ; Greenpeace ; Reporterre ; Terrestres ; Utopia… (aide financière, sans participation active)

Les partis politiques (chronologie)

– Les Verts à partir de 1997, qui deviendra EELV puis « Les Écologistes »

– Le Parti socialiste de 2002 à 2011 (responsable fédéral de l’environnement, membre de la commission nationale environnement, membre co-fondateur du Pôle écolo du PS)

– EELV ensuite (membre au niveau national du conseil fédéral)

– septembre 2024. Membre de la commission Paix&Désarmement (parti « Les Écologistes »)

à partir de 2004-2005. Mon blog et mon site « biosphere »

Le 9 septembre 2004, je crée l’association loi 1901 « biosphere », déclarée en préfecture, dont l’objet est de défendre les intérêts de la biosphère.

– Le site biosphere depuis 2005 a pour contenu une ressource documentaire pour les écologistes (résumé de livres, lexique, etc.)

– Le blog biosphere : le 13 janvier 2005, je poste mon premier article d’analyse de l’actualité 365 jours sur 365… Nous sommes en 2026, et ça continue malgré mes 78 ans. Tant que Nature me prête vie…

Michel Sourrouille

NB : pour avoir mon autobiographie complète, elle est sur Internet :

Mémoires d’un écolo

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Aujourd’hui l’antimilitarisme devient vital

Guerre en Iran, budgets militaires en hausse : « L’antimilitarisme devient vital »

https://reporterre.net/Guerre-en-Iran-budgets-militaires-en-hausse-L-antimilitarisme-devient-vital?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_hebdomadaire

Pierre Douillard-Lefèvre (extraits) : Au niveau planétaire, les dépenses militaires n’ont jamais été aussi élevées.Or, comme le rappellent les exemples de la Première Guerre mondiale et des courses à l’armement lors de la Guerre Froide, qui a été émaillée de conflits par puissances interposées à travers le globe, lorsque les États vident leurs caisses pour s’équiper militairement, ils finissent tôt ou tard par se servir des armes dont ils se sont dotés. Dans ce contexte, l’antimilitarisme devient vital. Mais il ne faut pas confondre antimilitarisme et pacifisme : le pacifisme est une posture morale, selon laquelle il faudrait refuser la violence quelles que soient les circonstances. Or la critique et le rejet des armes n’interdisent pas leur usage : dans des situations d’injustice, où un fort écrase un faible, un colon écrase un colonisé, le pacifisme revient à maintenir un statu quo.

L’antimilitarisme n’est pas un refus abstrait de la violence, mais un refus de la militarisation de la population, de l’union sacrée et de l’obéissance aveugle à l’armée. L’antimilitarisme, c’est le refus de toutes les guerres entre États. Depuis la révolution industrielle, une guerre entre États, ce sont deux appareils technologiques et industriels qui se font face, avec de la chair humaine entre les deux.

Il ne s’agit pas pour autant de reprendre des positions d’une partie de la gauche, comme Marine Tondelier [Les Écologistes] qui dit ne pas être contre des moyens de « financer l’effort de guerre », ou d’autres qui appellent à socialiser l’appareil de production de technologies militaires. En d’autres termes, un militarisme repeint en vert ou en rose. Mais c’est oublier que ce sont des technologies de pointe si spécifiques que, à l’instar du nucléaire, elles ne peuvent pas être démocratiques et socialisées, et qu’elles tombent dans le domaine de la raison d’État.

Par où commencer ?

Le premier point, c’est de renouer avec une culture antimilitariste, en s’informant dessus et en en parlant autour de soi. C’était la colonne vertébrale de la gauche et des écologistes il n’y a pas si longtemps : souvenons-nous de Boris Vian qui chantait Le déserteur, du journal écolo La gueule ouverte qui était fondamentalement antimilitariste, et des manifestations contre l’invasion de l’Irak en 2003 qui ont réuni plusieurs millions de personnes dans le monde.

Ensuite, il faut se souvenir que sans les travailleurs, la guerre est impossible : les technologies militaires modernes reposent sur des chaînes d’approvisionnement extrêmement complexes. Des associations comme Stop Arming Israël interviennent directement auprès des quelque 200 000 salariés de l’industrie de l’armement qui travaillent en France et dont certains équipements servent à bombarder la bande de Gaza.

Enfin, des coalitions peuvent être créées avec des mobilisations écologistes : il faut s’attendre à ce que, dans les années à venir, bon nombre de grands projets inutiles et imposés soient des extensions d’usine d’armement ou de nouvelles carrières ouvertes pour extraire des composants d’armements, ou pour produire des engins aux bilans écologiques catastrophiques : ce sont autant de nouveaux terrains de lutte écolos et antimilitaristes.

Pierre Douillard-Lefèvre, sociologue et auteur de Maudite soit la guerre (éd. Divergences, 2025)

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Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

1922. Au cœur du village de Gentioux dans la Creuse, un monument aux morts construit en 1922 proclame « Maudite soit la guerre ! » Un enfant en blouse d’écolier lève son poing rageur vers le ciel, un orphelin devant la plaque gravée des 63 noms de villageois morts durant la guerre….

2025. Lorsque vous sortez de la gare, la vue de militaires de la patrouille Sentinelle, équipés de fusils d’assaut, vous rappelle que l’espace public est militarisé depuis près de trois décennies au nom de la « menace terroriste »…. (extraits)

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Pacifisme, citations à connaître et à déclamer

Voici un recueil de citations, si vous pouviez nous aider à compléter… merci.

Quand la guerre commence, on oblige à serrer les rangs, la contradiction devient une mutinerie, l’opposant un déserteur, le président le grand chef et le pays une caserne… autant dire que tous les ingrédients d’une dictature sont présents. Autant savoir résister à la militarisation.

Pacifisme, citations à connaître et àclamer en public

La guerre est souvent décrite comme une loi de la nature. C’est faux. L’homme est la seule créature à organiser le meurtre en masse de sa propre espèce.

Le principe de la non-violence

– Au principe « Si tu veux la paix, prépare la guerre », il faut opposer le principe « Si tu veux la paix, prépare la paix »

– La seule victoire, c’est la paix. 

– « Remets ton épée à sa place… car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » [Mt 26,52].

– La militarisation d’une révolution est le tombeau d’une révolution.

– Aucun des dictateurs n’a été confronté au pacifisme à grande échelle.

La défense civile non violente

– La guerre n’est pas la continuation de la politique par d’autres moyens, elle constitue une rupture avec les moyens classiques de la politique, à savoir le dialogue, la négociation, la gestion pacifique des conflits.

– Une communauté socialiste d’hommes et de femmes éduqués aux méthode de la non-violence aussi intensément qu’ils le sont aujourd’hui aux méthodes de la violence pourrait permettre à une armée étrangère d’envahir son territoire et parvenir malgré tout à établir une défense du socialisme qui aurait de bonnes chances de triompher.

– La fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence

– L’emploi de bons moyens est d’une plus grande importance que la poursuite de bonnes fins. Il en est ainsi parce que de bonnes fins ne peuvent pas été atteintes par de mauvais moyens.

– La guerre doit devenir inacceptable, illégitime aux yeux des peuples.

– Les pacifistes sont des personnes qui tirent les leçons de l’Histoire. Les militaristes sont des personnes qui sont déterminées à ne pas tirer les leçons de l’expérience.

– S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirai quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. 

Les causes de la guerre

– La seule définition qui convient au mot « nation » est une communauté organisée pour faire la guerre.

– Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles.

– Il existe un Tout plus vaste dont la patrie n’est qu’un morceau. Accorder à une partie de l’univers la vénération qui ne peut revenir qu’au Tout, c’est de l’idolâtrie.

– L’existence d’une armée est en soi une raison de faire la guerre.

– Un dictateur est forcément sanguinaire. Il devient omnipotent suite à une longue série de cadavres, il se maintient au pouvoir de la même façon.

La course aux armements

– On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels (Anatole France, 1922)

– Tous les hommes d’État affirment que l’armement de leur propre nation est préparé uniquement pour des raisons de défense. Tous les hommes d’État affirment que l’existence d’armement dans un pays étranger constitue une raisons pour la création immédiate de nouveaux armements dans leur pays.

– Chaque nation se sent tenue d’imiter les autres. Les canons sont pointés vers les canons, les avions contre les avions, les bombes chimiques contre les bombes chimiques. Un acte de désarmement unilatéral abaisserait les tensions internationales.

– Réduction des dépenses d’armement jusqu’à leur intégralité. 

– Une nation désarmée ne peut en aucun cas être accusée d’être un agresseur. Il y a toutes les raisons de croire qu’un mouvement vers la raison serait suivi.

La non dissuasion nucléaire

– Hiroshima et Nagasaki victimes d’une bombe nucléaire montre que rien n’arrête certains dirigeants

– La possession de la bombe par les USA n’a pas empêché l’URSS de se la procurer.

– Être une puissance nucléaire n’empêche pas de faire la guerre par d’autres moyens.

– La dissuasion marche si elle marche, mais si l’ennemi passe outre, le système de croyance sur lequel elle repose s’effondre.

– La défense contre une attaque nucléaire surprise est impossible. Cela arrive si vite.

– L’hiver nucléaire est toujours possible, il suffit d’appuyer sur un bouton.

– On ne peut pas gagner une guerre nucléaire. On ne peut que compter le nombre de morts civils.

Les conséquences de la guerre

– Il existe une différence fondamentale entre la guerre et les confits entre individus. Les Individus se battent pour leurs propres différends. Les soldats sont entraînés à se battre dans des confits qui ne sont pas les leurs.

– La guerre est un crime organisé, les militaires en sont les ordonnateurs et les bras.

– Les militaires sont la plus grande source de gaspillage, ils gaspillent du travail, de l’espace, de l’énergie, des minéraux rares et ils polluent les airs et les eaux. 

– Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même.

Les solutions du pacifisme

– Il n’est pas de solution militaire à un problème politique. Ni à un problème écologique.

– Prévenir le risque de guerre ne passe pas par la militarisation de la tension partout où cela est possible, mais au contraire par la démilitarisation des possibles partout où on peut.

– Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme.

– Si des milliers d’humains s’abstenaient de payer leurs impôts pour l’armée, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi à l’État de commettre des violences.

– Il en coûterait dix fois moins pour protéger la planète que pour préparer sa destruction…

Droit international, garantie de la paix

– Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même identifier un chemin viable vers la paix.

Charte de l’ONU  : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force.

Pacifisme, citations à connaître et à déclamer Lire la suite »

Libérons la France de l’arme nucléaire

La Croix Internet (publié le 2 mars 2026)

« Libérer la France de l’arme nucléaire est urgent, nécessaire et possible »

(extraits) Les États-Unis et Israël mènent depuis trois jours des attaques contre les dirigeants et les installations militaires du régime de Téhéran, certes tyrannique et criminel, mais dans le mépris total du droit international et au risque de mettre le feu à tout le Moyen-Orient. C’est dans ce contexte inflammable que le président Macron doit tenir à l’île Longue ce lundi 2 mars 2026 un discours sur la dissuasion nucléaire française, dont il se propose de faire bénéficier nos voisins européens. (Mais) imagine-t-on Vladimir Poutine attaquer les pays Baltes, la Finlande ou la Pologne, membres de l’Otan, alors que depuis bientôt quatre ans son armée est en échec face à la résistance ukrainienne ?

Les dictateurs, les promoteurs des idéologies impérialistes et nationalistes savent très bien que leurs vrais ennemis sont la démocratie, la liberté d’expression, de réunion, de la presse, la séparation des pouvoirs. Face à la guerre hybride menée par le pouvoir russe contre les démocraties, il faut bien sûr développer un programme européen de lutte contre les cyberattaques, mettre en place une protection efficace contre les incursions de drones, un système de renseignement satellitaire autonome par rapport à celui des États-Unis. Il faut (surtout) préparer les démocraties européennes à la résistance non-violente aux agressions extérieures, aux coups d’État, aux régimes autoritaires, comme le fait le Manuel citoyen pour une défense civile non-violente du Mouvement pour une alternative non-violente. Il faut développer dans le monde entier les missions d’intervention civile de paix entre des belligérants, menées par des organisations comme Nonviolent Peaceforce ou Peace Brigades International.

Se reposer sur le nucléaire est inefficace et démobilisateur…. Il faut cesser de financer une dissuasion nucléaire dangereuse, illégale, antidémocratique, immorale et ruineuse, mais surtout inefficace et démobilisatrice. Aujourd’hui, les dirigeants français croient tellement peu à l’efficacité de leur dissuasion qu’ils envisagent un « avertissement nucléaire, unique et non renouvelable, pour signifier clairement à un agresseur étatique que le conflit vient de changer de nature et rétablir la dissuasion ». Mais peut-on imaginer qu’une une frappe de 7 à 20 fois Hiroshima resterait sans réponse ? Elle déclencherait très certainement une « destruction mutuelle assurée », en anglais « Mutual Assured Destuction », MAD, étant rappelé que «mad» signifie fou…L’énorme effort de développement des armements conventionnels qu’ont décidé nos dirigeants n’est-il pas la preuve qu’ils ne croient pas à la dissuasion nucléaire, censée être « la clé de voûte de notre défense » ? Quelle est la crédibilité de notre dissuasion nucléaire, alors que le règlement militaire français interdit aux militaires, et donc aux officiers de tir des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), d’obéir à des ordres contraires à la loi internationale et à la morale ?

Comme naguère la ligne Maginot face au nazisme, l’effet principal de la dissuasion nucléaire, en la faisant reposer sur le seul chef de l’État, est de démobiliser la population au sujet de sa défense et de la laisser complètement démunie en cas de crise ou d’agression, d’où qu’elle vienne. L’arme nucléaire française, censée protéger la démocratie contre le totalitarisme, est, dans son principe, dans sa conception, dans son utilisation éventuelle et dans ses conséquences, une expression du totalitarisme.

Le traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui établit une discrimination inacceptable entre les pays qui ont « le droit » de posséder l’arme nucléaire et ceux qui ne l’ont pas, n’est même pas respecté par ses signataires qui violent son article 6. Comme le crient depuis des années l’ONU, le Vatican, les papes François et Léon, le Conseil mondial des Églises, il importe de promouvoir le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu depuis janvier 2021 la norme du droit international.

Libérer la France de l’arme nucléaire, viser l’efficacité de la défense en réduisant ses coûts, c’est urgent, c’est nécessaire, et c’est tout à fait possible !

Étienne Godinot, vice-président de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)

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Bientôt une guerre nucléaire, Macron le veut

Le tabou nucléaire s’érode, et la France porte une grande part de responsabilité 

Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, et Jean-Marie Collin, directeur d’ICAN France :

« La dissuasion repose sur une construction théorique – non vérifiable – fondée sur l’hypothèse d’une rationalité permanente des acteurs, sur un pari de maîtrise et sur l’absence d’erreur humaine. Elle ne garantit en rien la sécurité, comme le montrent de nombreux exemples historiques. Pendant des décennies, la prudence du langage contribuait à maintenir la retenue sur l’arme nucléaire, capable d’anéantir des populations entières. La mobilisation citoyenne contre les conséquences humanitaires, celle des scientifiques, notamment autour du concept d’hiver nucléaire, ont contribué à installer un « tabou nucléaire ». Les dirigeants des cinq puissances permanentes du Conseil de sécurité [des Nations unies] à déclarer, en 2022, qu’« une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ».

Aujourd’hui pourtant, l’idée s’installe qu’elles seraient un instrument normal de la politique de sécurité. La France porte une part de responsabilité. Le tournant remonte au discours du président Macron à la Sorbonne, en 2017, appelant l’Europe à développer une « culture stratégique commune ». Que ce soit en Belgique, en Pologne, en Scandinavie, en Allemagne ou en Italie, responsables politiques, experts et médias évoquent ouvertement le stationnement, ou même l’acquisition d’armes nucléaires. La promotion de ces armes produit un effet bien réel : elle fragilise les normes du droit international, qui ont créé de la sécurité, et elle banalise l’idée même de leur utilisation. Comment les diplomaties française et européenne pourront-elles défendre de manière crédible la non-prolifération lors de la prochaine conférence d’examen du TNP, du 27 avril au 22 mai, tout en soulignant l’importance accrue des armes nucléaires pour leur propre sécurité ? Comment critiquer la Russie lorsqu’elle adopte une posture proliférante en installant des armes nucléaires en Biélorussie ?

Dans un Etat qui se veut démocratique et responsable, un tel basculement ne peut se faire en silence. Il doit être débattu publiquement et non discuté entre un président et quelques conseillers.

Le point de vue de Michel Sourrouille

J’ai lu avec attention cette tribune de Patrice Bouveret et Jean-Marie Collin qui me paraissent d’un bon sens absolu. Le problème, c’est que tous les commentaires sur lemonde.fr sont pour la condamnation de cette tribune, par exemple :

– Si l’on comprend bien les auteurs de cette tribune, la seule réponse moralement concevable à l’installation de missiles à têtes nucléaires en Biélorussie serait notre désarmement unilatéral. Plutôt rouges que morts, disaient déjà les pacifistes allemands des années 60/70, complices des néostaliniens de Moscou.

– Cette tribune est surréaliste. Ainsi, c’est Emmanuel Macron qui aurait ouvert la boîte de Pandore nucléaire ?!? Les deux auteurs au titre ronflant parlent pour leur chapelle et ne représentent que leur groupuscule

– Les pacifistes sont des simples d’esprit. Le jour où il comprendront qu’on a pas eu de guerre majeure entre grandes puissances depuis 80 ans c’est justement grâce aux armes nucléaires………………

Je propose de faire connaître par tout moyen cet extrait du discours d’Emmanuel Macron sur la base opérationnelle de l’Île Longue (2 mars 2026) :

«  Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l’audace de vouloir s’en prendre à la France savent le prix insoutenable qu’il y aurait pour eux, à payer… Pour être libre, il faut être craint… Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires. C’est donc un discours de puissance assumé au service de la paix que je viens vous tenir aujourd’hui ».

Avec le commentaire suivant : N’importe quelle personne sensée dirait que c’est le discours d’un fou qui envisage de sang froid et de son propre chef de faire des millions et des millions de victimes civiles. C’est Orwell, l’inversion de la réalité, la guerre c’est la paix…

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SURpêche, un des aspects du règne des « SUR »

La démesure de la société thermo-industrielle a entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage,SURproduction, SURtourisme… et bien sûr SURpêche. Selon un rapport de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), un peu plus d’un quart du volume de poissons débarqués restent issus de populations sur-pêchées, et 7 % de stocks halieutiques considérés comme effondrés (cabillaud de mer du Nord, maquereau de l’Atlantique Nord-Est, anguille…). L’Union européenne s’était pourtant fixé pour objectif d’atteindre d’ici à 2020 au plus tard le « rendement maximum durable » pour tous les stocks, c’est-à-dire le volume maximum de poissons de chaque espèce pouvant être pêché dans une zone géographique, sans mettre en péril le renouvellement de celle-ci à long terme. Nous pensons qu’il faut dorénavant être l’ami des poissons avant d’être l’ami des pêcheurs.

Léa Sanchez : La biomasse devrait baisser de 5 % à 8 % dans les écosystèmes marins français d’ici à 2050, selon des projections scientifiques. C’est davantage encore en Méditerranée, où les eaux se tropicalisent. Les scientifiques de l’Ifremer proposent de « viser des niveaux de capture plus précautionneux », pour maintenir une marge, et de considérer le rendement maximum durable actuel « comme une limite plutôt que comme une cible ». L’élévation des températures de la planète font en sorte que l’océan se réchauffe, s’acidifie et se désoxygène. Le milieu halieutique se dégrade.

Le point de vue des écologistes

– limiter la taille des navires et interdire les chalutier-usines qui pêchent autant que plusieurs centaines de bateaux de pêche artisanale.

– interdire les technologies de pointe qui permettent de traquer le poisson…

– mettre fin aux chaluts qui pulvérisent les organismes vivant sur le fond, dragues, sennes démersales non sélectives….

– soustraire aux pêcheurs certaines zone dans des aires marines protégées…

– pêcher moins, il faut laisser les poissons grandir, se nourrir, se reproduire…

– ne pas soustraire pour l’aquaculture les anchois et autres petits pélagiques…

– les espèces des grandes profondeurs ont besoin de beaucoup de temps pour se reproduire, cessons de détruire leurs habitats…

– mettre fin aux subventions néfastes, estimées déjà à 20 milliards d’euros en 2018

– Appliquer la notion de rendement maximal durable à l’espèce humain elle-même.

Le retour à la pêche artisanale est une nécessité. Sinon on trouvera un jour cette brève journalistique : « Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années… »

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Pêche, de l’artisanat au massacre de masse

extraits : Aujourd’hui les sondeurs, sonars et autres radars traquent les poissons, le recours aux avions pour détecter les bancs de thon et au satellite pour explorer les couches d’eau sont des éléments d’une spirale néfaste dans laquelle les pêcheurs comme les décideurs politiques ont enfermé les ressources halieutiques. Va-t-on aux champignons avec une pelleteuse ? Non, mais ce n’est pas le cas pour la pêche….. 

pêcheries, nous savons tout mais nous ne faisons rien

extraits : En 2016, 40 millions d’heures de pêche ont consommé 19 milliards de kWh d’énergie et parcouru plus de 460 millions de kilomètres, soit 600 fois la distance aller-retour de la Terre à la Lune. 31 % des stocks de poissons sont surexploités dans le monde, ce qui signifie que ces espèces sont prélevées plus rapidement qu’elles ne peuvent se reproduire. En 1995, la capture de poissons a atteint son tonnage maximum avec 95 millions de tonnes. Depuis, la pêche mondiale plafonne autour de 90 millions de tonnes. On peut parler de pic du poisson ou peak fish comme il y a un pic pétrolier…..

Les prises de poisson témoignent de notre surpuissance

extraits : S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, Daniel Pauly prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Daniel Pauly et Dirk Zelly approfondissent la question par une étude de janvier 2016. Ils chiffrent le maximum à 130 millions de tonnes en 1996. Puis les performances de la pêche ont régressé de 1,2 million de tonnes par an. Malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer….

Nos articles les plus anciens

19.06.2008 ami des pêcheurs ou ami des poissons ?

Chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que sa catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective.

Le libéralisme économique repose sur le libre choix, c’est donc un principe vraiment superbe. Mais quand un code de bonne conduite en matière de pêche « responsable » repose sur l’engagement volontaire des pays, la surexploitation des ressources halieutique continue. La moitié des stocks mondiaux est aujourd’hui exploitée au maximum de ses  capacités, et 25 % sont surexploités…

10.03.2009 Surexploitation prouvée de la mer

Il est français mais inconnu en France. Daniel Pauly est le premier à alerter la communauté internationale sur la surexploitation des ressources halieutiques. S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, il prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Il démontre que les humains pêchent des poissons de plus en plus bas dans la chaîne alimentaire des océans : nous finirons par manger du zooplancton…

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Les raisons de ne pas voter Mélenchon

La vraie nature du mélenchonisme

éditorial du MONDE : Depuis l’agression mortelle du militant néofasciste Quentin Deranque, le leader de LFI et ses cadres n’ont ni désavoué Raphaël Arnault, député « insoumis » du Vaucluse et fondateur de la Jeune Garde, ni pris leurs distances avec le groupe « antifasciste ». Après avoir offert à la vindicte en ligne les noms de plusieurs journalistes, il a promis de « vendre à la découpe » les « monopoles » dans la presse, dénonçant les « élites », les « croûtons », les « vieilles barbes ». Une volonté d’autoritarisme inquiétante.

L’homme de la gauche radicale s’est empressé de confirmer les craintes : sa future campagne présidentielle sera complotiste, brutale, désignera des ennemis dans une outrance verbale inarrêtable et n’hésitera pas à user des pires ressentiments pour flatter sa base. Recroquevillés dans une posture du « eux contre nous » et usant d’un double discours permanent sur les faits.Le résultat ne pourra être que la diabolisation de son mouvement, qu’il encourage, mais surtout de toute la gauche, ainsi prise en otage. Cette stratégie aux accents trumpistes fait le jeu du RN. La gauche doit au plus vite en tirer les conséquences, sous peine d’être entraînée par le fond. (extraits)

Le point de vue de la social-écologie

Il est certain que le positionnement médiatique de Jean-Luc Mélenchon hérisse une bonne partie de la gauche et rend donc impossible une victoire à la prochaine présidentielle. Nous ajoutons que la façon mélenchoniste de gouverner le mouvement des Insoumis est plus proche d’une manière totalitaire que d’une façon démocratique. La structure d’un mouvement politique qui privilégie « le chef » devait être un indicateur du vote des citoyens éclairés. Dans une démocratie, une figure de dictateur en puissance ne peut être tolérée. Prenons le cas des Insoumis soumis à Mélenchon.

– Les positions hiérarchiques sont mal définies : Jean-Luc Mélenchon dirige le parti, mais n’a aucun titre, si ce n’est celui de coprésident de l’Institut La Boétie ; Manuel Bompard, lui, est « coordinateur », un statut vague.

– Fin 2022, LFI a mis en place une forme de direction, la « coordination des espaces », mais le processus de nomination des membres de cette coordination reste opaque.

– Aucune contestation interne n’émerge, il faut avoir en tête les mots d’ordre du parti : fiabilité et loyauté au chef et à la ligne.

– Jean-Luc Mélenchon gardent la main sur la sélection des candidats. A la différence d’autres partis comme le PS, Les Républicains (LR), Les Ecologistes, le Parti communiste français (PCF), qui accordent dans la désignation des candidats une place importante aux instances locales et au vote des militants, l’investiture des candidats « insoumis » est assurée par un comité électoral national, à la faveur d’un processus centralisé.

– Les élections législatives servent d’abord à rétribuer les cadres dévoués et loyaux à l’égard de Jean-Luc Mélenchon (le noyau dur de fidèles), souvent parachutés dans de « bonnes » circonscriptions.

– Une nouvelle génération de jeunes cadres – Mathilde Panot, Antoine Léaument, Clémence Guetté, doivent tout au parti.

– La discipline est totale ; les purges de 2024 contre Alexis Corbière et Raquel Garrido ont mis en garde le reste des troupes. Le signal est d’autant plus fort que la plupart des députés « insoumis » n’ont pas de capital politique personnel et doivent leur élection à la marque LFI. 

– Les élus se taisent, même en cas de désaccord majeur, car l’épée de Damoclès d’un retrait d’investiture plane. 

– Il y a un grand flou sur les règles du jeu internes, alors que les partis politiques français sont généralement structurés de manière bureaucratique – au Parti socialiste (PS), il y a des fédérations, des conseils nationaux, des bureaux nationaux, des secrétariats nationaux…

– Il n’y a pas de congrès pour trancher entre différentes lignes politiques.

– LFI est un parti où le cadre organisationnel est minimal. N’importe qui peut adhérer au mouvement en quelques clics, sans avoir à payer de cotisation ; n’importe qui peut créer un groupe d’action au niveau local.

– Il y a un décalage entre l’invocation du peuple et la pratique partisane. Les CSP+ sont surreprésentés

– Le parti donne un sentiment de grande liberté à ses adhérents. L’horizontalité sur le terrain ne se comprend qu’à l’aune de la très grande verticalité décisionnelle du parti : le leader n’a pas de comptes à rendre aux militants.

– Ce modèle organisationnel est assez inédit en France. A une exception près : La République en marche (LRM), conçue en 2016 par l’actuel président de la République, Emmanuel Macron. Dans les deux cas, il n’y a pas d’adhésion, pas de congrès, pas de vote des adhérents, des investitures décidées par le haut et une très forte personnalisation autour du chef.

En somme, LFI ne représente guère le « peuple » et n’est pas très éloigné du RN ou du macronisme pour le plus grand malheur des classes populaires.

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Trump/Mélenchon, un profil de dictateurs

extraits : Comme dans tout scénario de mise en place d’une dictature, celui qui doute de son chef est un traître à éliminer. Nous ne voyons aucun différence comportementale entre l’homme d’Etat qu’est devenu Trump et l’homme d’État que voudrait devenir Mélenchon. Voici quelques extraits d’un livre consacré à ce personnage qui se veut présidentiable, « La Meute ». Comme dans tout scénario de mise en place d’une dictature, celui qui doute de son chef est un traître à éliminer. Nous ne voyons aucun différence comportementale entre l’homme d’Etat qu’est devenu Trump et l’homme d’État que voudrait devenir Mélenchon. Voici quelques extraits d’un livre consacré à ce personnage qui se veut présidentiable, « La Meute »….

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Localisme, extrême droite ou écologisme ?

Sur ce blog, nous défendons l’idée de communautés de résilience, recherche de l’autonomie alimentaire, énergétique et politique au niveau local. Cette approche se différencie fortement d’un localisme véhiculé par l’extrême droite.

Claire Legros : Le localisme  donne la priorité aux enjeux de proximité. Est-ce la diversité des cultures au nom du lien que chaque peuple entretient avec son terroir, son « sol natal » ? A l’extrême droite, Alain de Benoist et la nouvelle droite théorisent un localisme identitaire, centré sur l’« enracinement » de communautés autochtones fermées. En témoigne la création, en 2020, du Parti localiste, satellite du Rassemblement national (RN). Le RN a d’ailleurs intégré le localisme dans son programme présidentiel en 2022.

Autre conception, l’écologie sociale de Murray Bookchin promeut une fédération de communes autonomes, tandis que le biorégionalisme vise à repenser l’occupation d’un territoire à partir de ses ressources. A l’étiquette « localiste » qu’ils jugent porteuse d’une vision réactionnaire, ils préfèrent la formule « Penser global, agir local » articulant les enjeux planétaires et l’action concrète à l’échelle d’un territoire.

Entre cette gauche écologiste, qui considère l’« agir local » comme un levier face à la catastrophe environnementale, et l’extrême droite, davantage préoccupée de préserver cadres de vie et identités immuables, l’écart est profond.

Le point de vue des écologistes décentrés

– Nos politiciens toutes étiquette confondues préfèrent une idée de commerce mondialisé qui permet de maintenir loin des yeux la pollution et les esclaves.

– L’hyper-mobilité des marchandises (la mondialisation) est un sous-produit du pétrole… Une anomalie de l’Histoire créée par la surexploitation des fossiles. Nous vivons les dernières décennies de pétrole peu cher.

– Les bio-régions et l’approvisionnement local sont un futur incontournable du fait de la descente énergétique causée par l’épuisement des fossiles.

– Le mouvement des Villes en Transition (voir Rob Hopkins, un des fondateurs) recommande d’identifier nos dépendances (en ressources) et de comprendre à quel point nos dépendances peuvent être satisfaites, ou non, par le territoire où l’on vit.

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Localisme à la sauce Rassemblement National (mai 2021)

extraits : Hervé Juvin, candidat localiste, est  farouchement hostile aux éoliennes et ardent supporter du nucléaire. Hervé est de fait le penseur de l’écologie à la sauce Rassemblement National. Il prône une « écologie heureuse », appuyée sur des référendums locaux, contre « l’écologie punitive » des Verts. Il pense à un label de préférence locale ou régionale pour privilégier les circuits courts. Le 10 mai dernier, Marine Le Pen est venue le soutenir localement pour les élections régionales….

Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme (avril 2019)

extraits : « Localisme », l’ex-FN a définitivement trouvé son concept totem pour les Européennes. Sa tête de liste, Jordan Bardella, d’affirme qu’« on ne peut pas faire d’écologie sans frontières ». Marine Le Pen jure que le RN défend désormais « une vision totalement alternative » de l’écologie, à savoir « la protection des écosystèmes, à commencer par les écosystèmes humains que sont les nations ». Derrière la défense des circuits courts, il s’agit de promouvoir plus largement une forme d’autarcie grand-continentale dans la continuité des théories nationales-révolutionnaires….

Notre futur, la résilience alimentaire locale (juillet 2020)

extraits : La France peut-elle revenir à une agriculture du XIXe siècle basé sur la polyculture et une très nombreuse main d’œuvre agricole ? Comment les grandes villes peuvent-elles reconquérir leurs ceintures vivrières alors qu’on a tout bétonné ? Faudra-t-il se priver de thé, de café et de fruits exotiques ? Dans un partenariat entre Paris et la Creuse, quelle pourrait être la contribution comparé de chacun ? Après le choc énergétique, ne faut-il pas craindre de voir un jour des hordes d’urbains affamés et armés dévaler sur nos campagnes ?….

Pour en savoir encore plus

23 mars 2012, Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange

10 septembre 2012, transition énergétique, centralisation, autonomies locales ?

27 janvier 2014, Localité et simplicité : les clés de la résilience

24 juin 2017, Biorégions pour le futur, instituer la résilience locale

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

2 mai 2018, Autonome grâce à son potager, c’est possible

30 juin 2019, Créez votre communauté résiliente

7 septembre 2019, la résilience selon Piero San Giorgo

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