Les écologistes disent non au cannabis (2/2)

Beaucoup plus fort en THC (tétrahydrocannabinol), le nouveau cannabis accroît le risque de dépendance et les drogues de synthèse se développent. Plusieurs agences régionales de santé s’inquiètent. Ces produits entraînent un risque de dépendance accru et leurs effets peuvent entraîner une hospitalisation. Des dizaines de lycéens ont développé des effets indésirables après avoir vapoté un e-liquide appelé « Pète ton crâne »… Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues ne devraient pas être autorisés. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Voici quelques réactions sur lemonde.fr quant à l’usage du cannabis qui montrent la difficulté d’arriver à un consensus sur l’usage des drogues :

Olivier BCD : Et dire qu’on entendait encore des personnes comme le sociologue Jean Viard ce week-end demander la légalisation du haschich (sic)… Ce n’est pas parce que la fumette se développe qu’il faut s’aplatir devant la doxa ambiante. Les effets indésirables sont connus, ils sont désormais renforcés. Le passage vers d’autres drogues dures et/ou de substitution est avéré… Le trafic ne disparaîtra pas avec la légalisation, il se renforcera au contraire avec des produits toujours plus actifs et dangereux. Alors merci aux « abolitionnistes » de ranger leurs arguments dans leur poche., et aux États mais aussi à tous les citoyens de continuer à prévenir, empêcher, lutter contre les drogues. Ce n’est pas parce que l’alcool et le tabac existent et sont légalisés, qu’il faut ajouter d’autres tueurs à la panoplie.

Michel SOURROUILLE : Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers.
Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous.

Untel @ Sourrouille : Pas besoin de dix lignes. Vous pouviez simplement écrire : « Nous les Amish ».

Mohamed – dylanologue freudo-lacanien : Même pas besoin qu’il soit Amish. Michel SOURROUILLE me fait penser à ce que j’ai vu sur Arte l’autre soir, un documentaire sur les néo-hippies de l’île de La Gomera. Pour la curiosité, allez-y voir, ça vaut vraiment le coup d’œil. Ils vivent à poils, se nourrissent d’une carotte et de qqs amandes. Ils n’ont ni smartphone ni carte bleue ni rien, ils vivent à la bougie en regardant le couché du soleil qu’ils trouvent beaux. En visionnant ce documentaire vous aurez une idée complète de ce que vous recommande de faire Michel, avoir une vie entre celle des Amish et des néo-hippies de l’Île de la Gomera.

Edoardo : La plupart des contributeurs n’ont aucune idée des dégâts que TOUTES les drogues causent dans les classes populaires. Une forme de défonce ne se substitue pas à l’autre, bien souvent elle s’ajoute. Comment un gosse dépourvu de milieu favorable peut-il espérer réussir quoique ce soit à l’école en étant stone dès le matin. Pour quelle raison croyez-vous que les filles de banlieue soient les seules à terminer un parcours scolaire correct. Parce qu’elles sont clean. Pourquoi les mosquées et les temples évangéliques sont si nombreux dans les quartiers, parce que les familles n’ont guère d’autres endroits safe pour éloigner leur fils de la rue et ses tentations. Les plus forts ont le devoir de protéger les faibles. Vous êtes forts, alors montrez l’exemple.

Paul Sernine : Amusant de voir que certains proposent encore la légalisation comme solution universelle. Petit rappel des faits : au Canada, avec la légalisation – La consommation de cannabis chez les jeunes de 15 a 24 ans est passée de 17,5 % à 27,6 % (source: « Qu’est-ce qui a changé depuis la légalisation du cannabis?  » – statistique Canada). De 60% a 82% des transactions (selon statistique Canada et la SQDC, respectivement) se font encore au marché noir (causes: prix, *taux de THC*). Mêmes constatations aux États-Unis (Névada, le Colorado, le Maine, l’Oregon et l’état de Washington) et en Uruguay (augmentation de la consommation de 9.3% a 15.5% chez les adultes). Par ailleurs 30% des usagers de marijuana ont des problèmes d’abus ou de dépendance (DS Hasin et al., Prevalence of Marijuana Use Disorders in the US Between 2001-2002 and 2012-2013. JAMA Psychiatry).

Gaël COSTE-MEUNIER : Les conséquences de la prohibition : Aucun contrôle des produits, des mélanges très dangereux avec toutes sortes de choses, un accaparement des forces de l’ordre sur des contrôles de simples consommateurs, une impossibilité de faire de la prévention (paquets neutres comme les cigarettes, numéro d’aide pour la lutte contre la dépendance, indication médicales, information sur le contenu réel du produit,…), une absence de contrôle sanitaire (pas de labo qui contrôlent les produits vendus), une exposition des consommateurs à des drogues plus dures (un vendeur légal ne vendrait que du cannabis, le dealer du coin de la rue peut vendre des extasies, du crack, de l’héroïne, …), un financement pour le banditisme et les mafias (milieu qui peut avoir des liens avec d’autres réseaux illégaux comme les réseaux terroristes), un coût médical non diminué par les taxes sur les produits et, pour finir, un pays qui compte le plus grand nombre de consommateurs malgré la prohibition. Temps de changer ?

L Éveillée : Et ça veut dire quoi, que les gens ne sont pas assez matures pour se protéger eux même ? Et pourquoi aller contre leur volonté après tout.

Jacote : J’ai personnellement rencontré un certain nombre de jeunes (18 à 30 ans) au cours de leur hospitalisation « sans consentement » qui souffraient de schizophrenie, pour certains alors qu’ils suivaient de belles études (sc po Paris, Essec, médecine etc). 100% de ceux à qui j’ai posé la question consommaient régulièrement du cannabis depuis plusieurs années. Il ne m’en semble pas utile de faire cesser l’interdit qui s’attache à la consommation de cannabis en le légalisant, je crains que cela ne fasse augmenter le nombre de ces jeunes. Cela dit, il appartient aux parents de les éduquer pour tenter d’éviter cela …

Hasdrubal : Pour avoir connu des cas dans ma famille je peux attester que l usage du cannabis très jeune pendant plusieurs années a conduit à des bouffées délirantes dont on n a pu savoir si c est le début de la schizophrénie ou pas.pas le temps de le savoir car suicide rapide.etait ce le cannabis qui a potentialise une fragilité préalable existante ou l inverse ?il s agissait de cannabis acheté en Hollande à fort taux de Thc.des vies foutues,une famille effondrée. Qu on ne me parle pas d éducation qui aurait pu éviter ça.il aurait fallu isoler déscolariser pour éviter les copains pour aller où ? Il y a un vrai lobby qui monte au créneau pour défendre cette substance. On le voit dans les commentaires

Athanagore Porphyrogenete : Je n’ai toujours pas compris cette évolution récente – un siècle – qui demande à l’état de protéger le citoyen contre lui même. Ce rôle était en générale dévoué à la religion, et par extension à la morale. Quand l’état protège des citoyens d’un autre citoyen, ou d’un groupe, il joue le rôle d’un mur. c’est nécessaire. Mais quand il nous protège de nous même, il est intériorisé. C’est inacceptable. Le contrôle des stupéfiants est l’exemple typique d’un rôle abusif de l’état.

@ Athanagoire : A moins d’être Robinson Crusoé, vos toxicomanies ont un impact sur l’entourage familial et un coût social (déscolarisation, dépenses de santé). Vous faites comme si le citoyen « qu’on protège contre lui-même » n’était pas sous l’influence de processus physiologiques d’addiction qui abolissent son libre arbitre, et soumis à des pressions sociales qui le poussent à consommer. Difficile de refuser un verre, un joint ou autre dans certains contextes, tous ceux qui tentent de contrôler des consommations abusives vous le diront.

Apiculture, l’hypocrisie des agro-industriels

tribune du MONDE : « Les cultures et les aménagements mellifères (jachères, haies) des champs agricoles permettent à l’apiculteur de garantir à ses abeilles une alimentation variée toute l’année.L’agriculteur est lui dépendant de la bonne pollinisation de ses cultures pour assurer sa production, tant en quantité qu’en qualité, de colza, d’arbres fruitiers, de melon, de semences… Pour qu’elle soit fructueuse, cette complémentarité doit reposer sur une cohabitation en bonne intelligence… Rappelons que la France importe actuellement près de la moitié du miel consommé par les citoyens chaque année en France. Ne perdons pas de vue l’objectif de développement de la production de miel sur notre territoire. En nous focalisant sur l’interdiction de certains produits de traitement, que nos voisins européens continueront à utiliser, nous n’en prenons pas le chemin. » (Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Eric Lelong président de l’interprofession apicole Interapi)

Ce qu’il faut en penser du point de vue des écologistes ? Il suffit de lire les commentateurs sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Il y a confit d’intérêt flagrant dans cette tribune. Interapi, a été promu comme interlocuteur privilégié de l’Etat, mais à sa tête il y avait le représentant du leader européen du miel, la famille Michaud. Les petits producteurs locaux passeront après la vente de miel par les grossistes importateurs. Notons que président d’Interapi n’est plus Vincent Michaud (passé vice président quand même), mais Eric LELONG, apiculteur pro-FNSEA. Notons que la FNSEA (Christiane Lambert) est le bras armé de l’agriculture industrielle friande de pesticides et autres joyeusetés. Notons que Christiane Lambert rassemble plus de 1000 truies dans sa porcherie, elle est bien entendu en faveur des porcheries industrielles. Terminer une tribune en demandant qu’il n’y ait pas d’interdiction de produits de traitement est significatif, « Macron, faites-nous confiance ! ». Hulot, ministre de écologie, s’était déjà heurté frontalement au ministre de l’agriculture de l’époque, un émissaire de la FNSEA…

Dance Fly :Tribune bien pauvre, écrite par des agriculteurs pour des agriculteurs. La vérité c’est que le plan pollinisateur, piloté par le ministère de l’écologie, annonce un nouveau bras de fer avec le ministère de l’agriculture. Beaucoup, comme certains députés (qui « représentent » la profession agricole) et les lobbies (dont les deux auteurs de cette tribune), s’excitent depuis des semaines en exerçant des pressions auprès de M. Denormandie (qui de toute façon ne sera pas difficile à convaincre) pour éviter à tout prix toute remise en cause de l’agrobusiness, principal responsable de la diminution de la diversité des pollinisateurs. Ecrire une tribune sur le thème « pollinisateurs et agriculture » sans faire mention des pesticides et des pollinisateurs sauvages montrent à quel point les auteurs se soucient avant tout de leur business et très peu de biodiversité.

Réaliste. : À la FNSEA, les discussions entre apiculteurs et agriculteurs relèvent de la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Cette organisation contrôle 99 % des chambres d’agriculture, des caisses locales de la banque ou de la mutuelle des agriculteurs et l’écrasante majorité des coopératives. Pour elle, l’essentiel est de pouvoir continuer à polluer pour ne pas désorganiser les filières de vente de ces produits qui lui permettent de mieux contrôler la masse des paysans.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 février 2019, L’exaspération des apiculteurs et apicultrices

Les écologistes disent non au cannabis (1/2)

Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues en général ne devraient pas être autorisés, y compris le THC du cannabis. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Malheureusement ce n’est pas l’avis des écologistes institutionnels qui se croient être à la pointe de la modernité transgressive. Voici quelques extraits de notre blog biosphere pour en savoir plus sur la légalisation du cannabis en débat.

7 juin 2012, Dépénalisation du cannabis, Duflot pour, l’écologie contre

La dépénalisation du cannabis, c’est « la position » d’Europe Ecologie-Les Verts, depuis « très longtemps ». En tant que chef de parti Cécile Duflot a déclaré sur RMC et BFM TV : « Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime ; une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes. »

Ce positionnement résulte de l’amalgame qu’il y a eu au moment de la formation des Verts entre un gauchisme issu de mai 1968 bercé par les illusions du slogan « il est interdit d’interdire » et l’écologie scientifique qui s’intéressait réellement au devenir des écosystèmes. Il faut que l’écologie politique abandonne son aspect permissif pour atteindre sa maturité. Il faut que Cécile Duflot sache dire « Non, cela ne doit pas se faire »…

6 janvier 2014, fumer du cannabis est-il écolo ? Certainement pas !

… Rappelons que le principe actif du cannabis, le THC tétrahydrocannabinol, est inscrit sur la liste des stupéfiants. Des doses fortes entraînent rapidement des difficultés à accomplir une tâche, perturbant la perception du temps, la perception visuelle et la mémoire immédiate, et provoquent une léthargie. Est-ce cela qu’on attend d’un écolo, l’inconscience citoyenne ? L’appareil respiratoire est exposé aux risques du tabac qui accompagne le joint. Il y a des difficultés de concentration, donc des difficultés sociales, une dépendance psychique possible, des dédoublements de la personnalité… Ces effets peuvent se traduire par une forte anxiété et favoriser la survenue de troubles psychiques. Est-ce cela que les écologistes défendent, des citoyens en difficulté ?….

4 octobre 2016, légalisation du cannabis, une erreur des écolos

Le tout premier débat de l’élection présidentielle a eu lieu le 27 septembre entre les quatre candidats à la primaire écologiste, Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Cécile Duflot et Karima Delli. Sur la légalisation du cannabis, c’est probablement le sujet sur lequel les quatre candidats se rejoignent le plus. Tous sont favorables à la légalisation du cannabis, à condition que celle-ci soit « encadrée ». Les écologistes sont donc le seul parti dont tous les candidats à l’élection présidentielle sont favorables à la légalisation et non à la seule dépénalisation du cannabis…

15 août 2020, exemplarité des membres d’un parti écolo

Un parti écolo a une grande supériorité sur les autres partis, ses membres peuvent montrer l’exemple de ce qu’il faut personnellement pratiquer, la sobriété personnelle. En effet l’expression de Gandhi, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » s’applique parfaitement à l’objectif de militants écolos qui veulent que changent les comportements dans un contexte d’urgence écologique. Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers. Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous…

La prostitution est un boulot comme un autre

« l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution » écrivions-nous sur ce blog en 2013. Le seul élément du discours des Verts français qui relève de l’écologie est celui-ci : « La prostitution n’est pas un élément naturellement constitutif de la vie en société. » C’est vrai, la sexualité tarifée relève du culturel. Mais la sexualité ordinaire aussi. Il n’y a donc aucune règle définitive qui puisse nous permettre de privilégier a priori la répression totale de la prostitution ou la légalisation intégrale des travailleurs du sexe. Mais relevons le fait essentiel, l’exercice de la sexualité procure naturellement du plaisir quand on se laisse aller. Il y a prostitution parce qu’il y a frustration. Si les humains passaient plus de temps à faire l’amour comme les Bonobos, sans esprit de conquête et chaque fois qu’il faut réduire les tensions sociales, sans doute n’y aurait-il plus de prostitution (ni même de guerres). L’amour libre, le sexe libéré, implique aussi de lutter contre les rapports de domination. Comme on disait en d’autres temps, « peace and love », l’amour et la paix. Réconcilier nature et culture, n’est-ce pas là l’objectif premier des écologistes ? Cinq ans après son vote, la loi du 13 avril 2016 qui voulait abolir la prostitution continue de faire débat. Voici l’avis d’un spécialiste :

Daniel Borrillo : « L’appréhension du phénomène prostitutionnel par l’Etat appelle une régulation et non une pénalisation. En décembre 2019, après une évaluation de l’application de la loi de 2016, un rapport interministériel a mis en lumière à la fois une aggravation de la précarité des personnes qui se prostituent dans la rue et un transfert du sexe tarifé vers le Web. Les violences à l’encontre des travailleuses du sexe de rue ont augmenté en quantité et en intensité… La loi de 2016 a réussi à imposer aux prostituées et à leurs clients une conception paternaliste selon laquelle la prostituée est une victime à protéger des clients, mais aussi d’elle-même puisqu’on ne peut consentir à la prostitution sous peine de compromettre sa propre dignité humaine. Or, comme tout travail, la prostitution peut être libre ou subie ; le seul moyen efficace de mettre fin à la contrainte d’un supposé « système prostitutionnel » est de rendre les prostitués, hommes et femmes, libres de leur force de travail… La reconnaissance légale du service sexuel constitue la consécration du principe de la liberté de disposer de son corps et permet de mieux combattre la prostitution forcée et surtout celle des mineurs, d’éliminer les situations d’abus et d’assurer des conditions dignes de travail aux prostituées en matière de sécurité et de santé… L’Etat devrait réajuster sa politique pénale en substituant à la criminalisation désuète du client une coopération policière et judiciaire renforcée de lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains.

Daniel Borrillo est chercheur au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (CERSA)/CNRS, il est auteur de plusieurs ouvrages sur la régulation juridique des sexualités, l’égalité des genres et la bioéthique.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 mars 2021, Faire l’amour en public, est-ce écologique ?

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

9 novembre 2013, l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution

Le président Macron vendu à l’agro-industrie

Faut-il abattre les écologistes activistes ? Les actes d’intimidation pleuvent sur les défenseurs de l’environnement et le gouvernement Macron défend l’agro-industrie.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent… » Depuis octobre 2019, la cellule de gendarmerie Demeter est notamment chargée, selon la convention signée entre le ministère de l’intérieur et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), « de la prévention et du suivi (…) des actions de nature idéologique » visant des exploitants, y compris lorsqu’il ne s’agit que « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ».

Stéphane Foucart, journaliste au MONDE : « Morgan Large est connue pour son travail sur les dégâts de l’agro-industrie. Régulièrement stigmatisée par les collectivités locales ou des industriels, la journaliste est ciblée avec une agressivité décuplée depuis qu’elle a témoigné dans un remarquable documentaire, Bretagne, une terre sacrifiée. Appels téléphoniques nocturnes, menaces sur les réseaux sociaux où sa photo est diffusée, intrusion nocturne dans les locaux de RKB ou chez elle, où les prés ont été ouverts pour laisser ses animaux divaguer… En janvier, son chien a été empoisonné. Depuis plusieurs années, les journalistes installés en Bretagne alertent sur la « loi du silence » qui leur est imposée par l’industrie agroalimentaire. »

Le gouvernement a choisi son camp, il conforte les adversaires les plus radicaux de la liberté de la presse sur les questions d’agriculture et d’environnement. En reprenant à son compte les éléments de langage des propagandistes de l’agriculture intensive – le désormais célèbre « agribashing » – et en privatisant l’action de la gendarmerie nationale par la création de la cellule Demeter, le gouvernement a contribué à criminaliser ceux qui s’inquiètent publiquement des dégâts de l’agro-industrie. Dans la mythologie grecque, Déméter enseigna aux humains les semis et le labour. Dans la société agro-industrielle, on a oublié les rites de la paysannerie pour faire de la terre un objet d’exploitation forcenée.

Voiture autonome et démesure technologique

Du point de vue des écologistes, l‘innovation technologique nous amène à une impasse. Même le journal LE MONDE doute maintenant : La voiture autonome de la folie à l’âge de la raison (10 avril 2021). Extraits : « En 2015, on rêvait que des « robots-taxis » remplaceraient bientôt les chauffeurs d’Uber. Ou que la voiture des particuliers deviendrait autonome. En 2015, Elon Musk, estimait que cette perspective « est un problème réglé, nous savons exactement quoi faire et y arriverons dans quelques années ». En 2016 l’institut McKinsey disait que 15 % des véhicules vendus en 2030 seront « totalement autonomes ». En décembre 2020, McKinsey écrit que les voitures autonomes de niveau 5  «  ne seront disponibles ni techniquement ni commercialement dans l’avenir prévisible ». Faire rouler une voiture sans chauffeur se révèle plus difficile que lancer une fusée… »

commentaires sur le monde.fr

Credo Quia Absurdum : Une telle débauche d’intelligence humaine et de moyens financiers pour un gadget inutile qui renforcera encore la fragilité de nos sociétés, où tout s’arrête à la moindre coupure de courant ou cyberattaque. Lamentable et obscène quand on pense à l’utilisation qui pourrait être faite de ces ressources.

Laurent : L’autonomie de la voiture, cela risque de coûter tellement cher que les personnes qui pourront se payer pourront aussi bien se payer une voiture normale et le chauffeur qui va avec.

Tarnais : Et l’environnement dans tout ça ? La voiture autonome généralisée dans le monde nécessiterait la fabrication de centaines de millions de capteurs et calculateurs supplémentaires, impliquant minerais, usines, déchets, etc. Elle augmenterait la consommation d’énergie, aussi bien au stade de la fabrication qu’à celui de l’exploitation.
Elle générerait partout des transmissions par ondes qui ne seraient sans doute pas sans effet sur la biodiversité. Elle accélérerait l’obsolescence des véhicules. Enfin, et c’est peut-être le pire, elle signerait quasiment l’arrêt de mort des transports ferroviaires, puisque ceux-ci perdraient leur atout essentiel par rapport à la voiture, celui de pouvoir se déplacer tout en faisant autre chose. Pour les industriels et les financiers qui se moquent complètement de l’environnement, la voiture autonome n’est qu’un relais de croissance.

Hugues : Une vraie flotte de véhicules autonomes permettraient de régler le problème des « derniers kilomètres » des transports en commun. Le TGV va beaucoup plus vite qu’une voiture et coûte moins cher (quand on compte bien tout), en revanche, il faut allez de chez soi à la gare.

Zahnstocher @Hugues : e que vous conseillez s’appelle un taxi. Ça fait moins rêver, mais ça consomme moins de ressources naturelles qui s’épuisent et utilise ce que nous avons en trop grand nombre : des humains.

Trismus : « Une alternative est le convoi de camions autonomes mené par un chef de file avec chauffeur ». Çà existe déjà et ça roule sur des roues et des rails en acier. Çà s’appelle un train !

Michel SOURROUILLE : Du point de vue des écologistes, la voiture autonome et les robots-taxis sont un des signes que notre démesure technologique arrive enfin au bout de ses fantasmes. On a voulu nous faire croire qu’après avoir artificialisé complètement la nature, les humains n’attendaient qu’une chose, remplacer les humains par des machines. Cela n’a été rendu possible que par l’abondance énergétique (charbon, pétrole, gaz…) qui nous a donné profusion d’esclaves mécaniques, à commencer par le lave-linge. Avec la descente énergétique inéluctable qui s’annonce puisque nous allons connaître une descente énergétique par disparition des ressources fossiles, une énergie non renouvelable dont nous extrayons les derniers lambeaux du ventre de notre Terre-mère. Sans compter que la lutte contre le réchauffement climatique implique qu’il faudrait laisser beaucoup de ces donc du diable sous terre afin de ne pas accentuer les émissions de gaz à effet de serre. Trop de monde croit encore au « progrès technique » !

Ulugh Beg :Soyons fou, faisons de l’anticipation : – les super-constellations de satellites type Starlink ne seront pas rentables, la voiture autonome pour tous et partout ne sera jamais une réalité, la filière hydrogène sera durablement limitée à des marchés de niche (flottes, camions, trains..), un humain ne mettra pas le pied sur Mars avant 3160, – il y aura des black-outs en Europe dès la 2e moitié de la décennie, l’Europe sera loin de l’objectif 2050 pour ses émissions de GES.

Commentaire de biosphere : Le véhicule autonome est une « opportunité » pour des mobilités « plus propres et plus solidaires », croit fermement le gouvernement. Dans un rapport, le think tank La Fabrique écologique arrive à la conclusion contraire : les « discours prometteurs » cachent « des conséquences écologiques potentiellement catastrophiques ». L’étude relève ainsi un « contraste important » entre le « fantasme » d’un véhicule au service de la mobilité durable et la perspective probable d’« une entreprise énergivore, polluante, consommatrice de ressources et d’espaces, coûteuse et risquée pour les libertés publiques ».  La voiture autonome sert d’alibi pour renforcer la présence de la voiture tout court . Du point de vue des écologistes, nous pensons que faute de carburants fossiles on va vers un dévoiturage inéluctable, que la voiture individuelle soit thermique, électrique, autonome ou à vapeur.

Bientôt des centaines de millions de chômeurs

Avec l’arrêt du tourisme pour cause de pandémie, les pays qui en vivent risquent de voir disparaître des dizaines de millions d’emplois. La plupart des commentateurs s’en réjouissent sur lemonde.fr, pourtant cela ne présage rien de bon.

Boulama : Pour de vrai j’ai hâte. Hâte de voir tous ces gens arrêter d’aller massacrer des pays où ils croient leur présence indispensable parce qu’ils ont le mythe du voyage. Qu’ils commencent par aller voir la colline à côté de chez eux, puis celle d’après.

Jamaiscontent : L’article du MONDE éclaire sur un problème qui semble insoluble : le tourisme de masse est devenu indispensable à des millions de personnes pour (sur)vivre, il est légitime de se préoccuper du sort de ces personnes, en particulier dans les pays qui n’ont pas de filet social. Mais on sait que ce type de tourisme est aussi destructeur de sites entiers, naturels en particulier, de ressources (constructions…) et qu’il est un contributeur au réchauffement climatique (avions, clim, surconsommation et gaspillage). Sans pour autant assurer de façon durable un niveau de vie décent à toutes les petites mains de cette massification. C’est mal barré pour ces gens, et pour la planète…

Tinos : Vivement que le tourisme redevienne ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : un passe temps pour riches Anglo saxons désœuvrés. Et moi. Il me reste une place dans mon Falcon 9 demain pour Nicosie : prix à débattre entre gens biens. Ironie.

Gaston : chacun dans son pays c’est l’avenir, la France est grande il y a beaucoup de lieux à visiter, pas besoin de faire des milliers de kms pour se faire servir par des salariés peux rémunérés car c est cela l attrait pour les touriste de masse pas cher et beaucoup de serviteurs..

Ours : Dans les structures hors sol du tourisme de masse, l’indigène n’a un intérêt que s’il permet de réduire le coût de la main d’œuvre, sinon celle ci est importé, comme le reste.
Le tourisme n’est qu’une exploitation du territoire, comme dans l’industrie minière par exemple et l’occasion de formidables profits à court terme.

Bibifoc : quant la pandémie sera terminée, la main d’œuvre retournera très rapidement dans le secteur du tourisme car dans nombre pays, c’est le secteur où les conditions de travail et de salaire sont, et de loin les meilleurs.

Michel SOURROUILLE : Cet article pose clairement le problème lié à la nécessaire rupture écologique. Le nombre d’emplois nuisibles à la bonne santé de la biosphère est énorme, le tourisme de masse n’en est qu’une des facettes particulières. N’oublions pas que seul le travail des paysans et de quelques artisans est nécessaire à la bonne marche d’une société, tout le reste n’est qu’emploi parasitaire : la quasi totalité des employés, au service ou non de l’État, la plupart des ouvriers, sans compter tous les intermédiaires et autres cadres supérieurs qui vivent au crochet de ceux qu’ils font travailler. Il n’y aura plus de destruction créatrice au sens de Schumpeter, les emplois perdus dans un secteur étaient compensés pendant les Trente Glorieuses par les emplois créés ailleurs. Déjà le chômage de masse est une réalité dans la plupart des pays, il ne peut que s’amplifier dans la société post-Covid, sauf à vouloir retourner à la croissance, au pillage de la planète et à la guerre de tous contre tous au final

A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance»

Le point de vue des écologistes ne pourra s’affirme que si une connaissance de base se diffuse dans la population. Il y a des expressions essentielles, à retenir et à diffuser, entre autres l’analyse de Marshal Sahlins qui déconstruit l’idée de société d’abondance.

Michel Sourrouille : « j’ai lu « âge de pierre, âge d’abondance », LE livre de Marshall Sahlins. La virgule peut prêter à interprétations. En fait cette étude démontrait que l’âge de pierre (les sociétés premières), c’était vraiment l’âge d’abondance : sans désir de superflu, il n’y avait pas sentiment de manque. Autrefois, aux temps de la chasse et de la cueillette, on vivait un sentiment de plénitude car on limitait les besoins… et donc le travail… pour avoir plus de temps libre… et être heureux. Aujourd’hui l’intérêt du moment change, de plus en plus vite. Il y a toujours un nouveau match à la télé. II y a toujours un machin de la dernière génération qu’il faut posséder et bientôt jeter à la poubelle avec l’apparition d’une nouvelle « fonctionnalité ». La période contemporaine fait courir la plupart d’entre nous derrière l’illusion de l’abondance… à crédit. »

Thierry Sallantin : « En octobre 1968, je découvre l’ethnologie en tombant dans « Les Temps Modernes » sur une communication de Marshall Sahlins en 1966 : « La première société d’abondance ». Cet ethnologue y parle de la vie agréable, en travaillant presque pas, au sein des peuples actuels vivant de pêche, chasse et cueillette. J’adhère en 1969 à l’association « Atipaya » de soutien aux indiens Wayana créée par Christian Delorme, future figure de la non-violence et de l’écologie. L’article de Sahlins ne sera republié qu’en 1976 dans « Age de pierre, âge d’abondance » (Gallimard). Je pense que l’ethnologie, en revalorisant les modes de vie « primitifs » de peuples estimés « en retard » par rapport aux « races supérieures » ou estimés « sous-développés », apporte la solution à l’impasse de la modernité. A 15 ans, je sais déjà que le mode de vie occidental est insoutenable et qu’il se répand hélas partout par ce moyen criminel de « persuasion clandestine » (Vance Packard et Stuart Ewen). »

Hervé Kempf : Guillaume Sarkozy, ex vice-président du Medef, m’avait dit un jour publiquement d’un ton vif : « Je ne crois pas une seconde qu’on puisse mobiliser les gens en disant « vous allez vivre moins bien qu’aujourd’hui ». Et demain, vous allez retourner à la bougie sans votre téléphone portable ? ». Je répliquai : « Si ceux qui ont le plus de capacité et de richesse ne reprennent pas notre destin par rapport à la crise écologique, nous irons précisément à un état de chaos social qui ne sera peut-être pas celui de l’âge de pierre, mais qui serra extrêmement négatif. Donc, s’il vous plaît, monsieur Sarkozy, employons des arguments sérieux, et ne nous envoyons pas des bougies et des blocs de pierre à la figure. » Cette anecdote illustre la propension de l’oligarchie à répondre aux questions qui dérangent par des images éculées. Jacques Attali recourut au même procédé. On l’interrogeait sur les conséquences écologiques qu’aurait la croissance forte qu’il préconisait : « La meilleure façon de ne pas polluer, répondit-il, est de revenir à l’âge de pierre ». Je ne sais si cette réponse est stupide ou méprisante.

PS : Marshall Sahlins est mort le 5 avril 2021, à l’âge de 90 ans. Il était sans conteste le plus grand anthropologue contemporain de l’Océanie. Savant inclassable, homme de terrain et infatigable pourvoyeur d’idées, il a lancé certains des plus grands débats de la discipline. En 1974, il devient professeur à l’université de Chicago, où il fera le reste de sa carrière. C’est aussi l’année où il publie Stone Age Economics (Age de pierre, âge d’abondance, Gallimard, 1976), dans lequel il déconstruit l’image fantasmée du « sauvage ». A partir de l’analyse de sociétés paléolithiques et de chasseurs-cueilleurs, il démontre que plus une société est marquée par des progrès technologiques, moins ses membres disposent de temps à accorder aux loisirs ou à la culture. Avec cet ouvrage majeur, il relègue définitivement au rayon des théories surannées l’évolutionnisme linéaire qui assimilait avancée technique et progrès social.

Le point de vue des écologistes sur ce blog

Notre tâche quotidienne est de donner sur ce blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire ; soyez svp respectueux des avis des autres intervenants sur ce blog. Vous pouvez aussi poster une contribution personnelle afin d’approfondir notre intelligence collective, pas plus de 4000 caractères à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Notre audience reste pour le moment marginale, mais nous ne sommes qu’une esquisse dans la prolifération des initiatives qui nous amènent progressivement à penser collectivement que l’écologie est l’avenir de l’humanité si elle veut rester en bons termes avec notre Terre-mère. Nous connaissons tous les obstacles qui nous empêchent d’arriver à un consensus d’écologistes : la société du spectacle qui nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation qui nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste qui ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit qui fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition qui annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande qui défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses. A tous ces obstacles à la formation d’une société écologisée, il faut ajouter la « société du commentaire » telle que définie par le texte suivant :

L’analyse de Nicolas Truong : « Des réseaux sociaux aux chaînes d’information en continu, la société du commentaire étend son influence dans l’espace public à coups de polémiques. Ce n’est pas nouveau, l’être humain est bavard. Platon dénonçait déjà l’isegoria, le droit de parole égal pour tous les citoyens d’Athènes : « Elle noie la parole du sage ». Les nouveaux moyens de communication marquent-il une avancée de la démocratie ou une régression ? Le pouvoir de « n’importe qui » de dire « n’importe quoi » peut-il déboucher sur un consensus ? Le président Macron constate : « Le problème-clé pour moi, c’est l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu’un qui n’est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d’un scientifique… On finit par ne plus croire en rien. » Le médiatique a colonisé et vidé de sa substance l’espace public, le commentaire est devenu un spectacle et l’information un divertissement. On refuse le point de vue mesuré, on valorise le clivant et le polémique, l’espace de la disputatio, qui oblige à argumenter face à un adversaire, est trop souvent aboli. Dans la société du commentaire, la délibération raisonnée laisse place à la transgression. Les opinions sont souvent réduites à l’exposition de simples pulsions. L’intellectuel spécifique qui intervient dans l’espace public à partir d’un savoir déterminé devient inaudible. L’horizontalité apparente des réseaux sociaux masque d’importantes hiérarchies, celle des réputations et des followers. La société du commentaire devient une menace pour la démocratie.   » (résumé amélioré)

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la contamination de tous par les idées d’avenir.

Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

Il devrait être évident pour tous les citoyens que n’importe quelle publicité est faite pour provoquer la surconsommation, donc l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Du point de vue des écologistes, la publicité, qui n’est qu’une forme sournoise de propagande, devrait être interdite. Comment continuer à accepter qu’il soit autorisé de faire le vide dans les cerveaux pour inciter à boire du Coca Cola ou à rouler en SUV ? Pourtant ce déni de l’urgence écologique trône à l’Assemblée nationale. Les députés viennent d’achever l’examen du titre 1, « consommer » du projet de loi « climat et résilience ». La prise de bec sur la publicité est significative d’un débat « démocratique » soumis aux diktats des entreprises. La liberté d’entreprendre et la santé immédiate des secteurs économiques passe avant la détérioration des conditions de vie sur notre planète. La fracture au sein même des Macronistes est palpable, démonstration :

– amendement proposé par une députée LRM : « lorsqu’on constate un manquement grave aux codes de bonne conduite en matière d’environnement, le CSA adresse des observations publiques aux sociétés concernées ».

La rapporteuse LRM du titre 1 rejette cet amendement. « Si, chaque fois que le CSA constate un manquement, il doit formuler publiquement une observation, nous manquerons notre objectif, car le rôle de cette instance est de permettre aux entreprises d’ajuster leur comportement, d’aller dans la bonne direction et de réduire la publicité ayant un impact négatif en matière environnementale ».

– La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, émet un avis favorable à l’amendement : « Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec madame la rapporteuse. L’amendement vise à permettre au CSA de formuler des observations publiques aux sociétés qui auraient commis un manquement grave au code de conduite qu’elles ont adopté en matière de publicité. C’est la logique du “name and shame” (nommer et faire honte). que nous avons retenue en matière de responsabilité de l’annonceur. »

– Une députée LRM contredit la ministre : « Alors que nous cherchons à accompagner les entreprises engagées dans une démarche d’amélioration, nous devons éviter qu’elles puissent voir leur image de marque détruite en très peu de temps »

Au final le « name and shame » a été rejeté, la droite se joint bien sûr aux anti-écolos macronistes dans leurs votes. Contre la convention citoyenne pour le climat, tous les amendements visant l’interdiction de la publicité pour les plus polluants ont été rejetés. La CCC demandait que l’interdiction du dépôt de publicité dans les boîtes aux lettres, sauf autorisation « Oui pub », soit mise en vigueur : rejeté ! L’interdiction de la publicité lumineuse et celle dans les vitrines des magasins… rejeté ! Un autre amendement proposant l’obligation d’un bilan annuel pour les annonceurs sur les investissements publicitaires « faisant apparaître la répartition des investissements entre les produits vertueux et les autres, pour les produits soumis à l’affichage environnemental », a aussi été rejeté. Le rapporteur général du projet de loi (LRM) se permet d’en rajouter : « Nous demandons déjà beaucoup aux entreprises dans ce projet de loi , il ne faut pas en rajouter ». C’est le ditkat du business as usual, c’est un désastre pour l’écologie et les générations futures…

Du point de vue des écologistes, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Aussi sur notre blog biosphere, Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

La voie hydrogène, une nouvelle impasse

Décarbonation de l’économie, on cherche en vain la solution miracle. Le pétrole voit sa fin prochaine, le charbon produit trop de gaz à effet de serre, passons à l’hydrogène. La région Bourgogne-Franche-Comté est décrétée « territoire hydrogène » par sa présidente socialiste. Dans la communication gouvernementale, H2 est aussi présenté comme la solution pour la mobilité de demain. Toujours et encore les mêmes réflexes de nos sociétés techno-capitalistes : trouver de nouveaux vecteurs de croissance. Et l’écologie est un merveilleux prétexte. L’hydrogène, c’est en effet vendu comme vert de vert. Combiné à une pile à combustible, l’hydrogène permet de produire de l’électricité et rejette de l’eau. Le conducteur fait le plein en quelques minutes d’H2 comme à une pompe à essence. Et puis la ressource est inépuisable. On peut extraire de l’hydrogène partout, par électrolyse, en faisant passer dans de l’eau du courant produit par une éolienne, des panneaux solaires. Tout cela, c’est de la propagande.

Retour au réel. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’hydrogène est considérée comme « gris » : il est produit à partir d’énergies fossiles dans des raffineries. Il s’agit donc d’abord de le remplacer par de l’hydrogène décarboné car produit grâce à de l’électricité d’origine renouvelable. Mais la production d’hydrogène demande énormément d’énergie, et son utilisation n’est pas toujours la plus efficace. Ainsi, un litre d’essence contient autant d’énergie que quatre litres d’hydrogène liquéfié – et rendre le H2 liquide est un processus coûteux. Les piles à combustible ont également un rendement deux à trois fois plus faible que les batteries. Gaz ultra-léger sous la pression atmosphérique, il faut le stocker à plus de 350 bar pour limiter le volume. Les réservoirs actuels d’hydrogène des camions ou des bus sont difficile à étanchéifier tant la molécule est petite. Ils contiennent un gaz hyper-explosif, comprimé à 700 bars .Or une simple bouteille de butane fait peur, et la pression est limitée à 7 bar en usage domestique. Que peuvent penser les pompiers des véhicules H2 ? L’hydrogène est un gaz qui se transporte difficilement, il faut le comprimer, le liquéfier ou le transformer en ammoniac, ce qui est coûteux en énergie et demande des infrastructures spécifiques. En résumé l’hydrogène n‘est qu’une énergie de troisième niveau, produit avec la source d’énergie secondaire qu’est l’électricité. Un rendement final dérisoire, à peine utile pour stocker de l’énergie. Hydrogène et mobilité généralisée sont donc incompatibles. La voiture à hydrogène pour tous est une leurre, mais le député (LRM) Michel Delpon y croit : «  Emmanuel Macron a une carte à jouer, comme quand le général de Gaulle a lancé le nucléaire. »

Rappelons que notre croissance économique, notre confort, notre alimentation, notre médecine, nos transports doivent TOUT à l’énergie surabondante procurée par les ressources fossiles. La puissance développée par un homme oscille entre 100 et 400W. Celle d’une simple bouilloire est de 1000W. Le moteur d’une citadine de 40 0000 à 70 000 W. Un Boeing 747 nécessite environ 65 000 000 W. L’énergie nécessaire à nos besoins actuels est colossale. Ce n’est pas un amoureux de la calèche qui dit ça, c’est la science. Et la science nous dit aussi que l’hydrogène à foison, c’est du pipeau. Notre réveil va être difficile…

L’adieu au charbon sera long, trop long

Le charbon en France ne représente que 2 % de la production électrique, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le 31 mars 2021, la centrale à charbon du Havre ferme, les deux dernières centrales thermiques en Moselle et en Loire-Atlantique devraient l’être en 2022. Mais dans le monde la demande d’électricité devrait croître de 10 % en Inde et exploser en Chine où la moitié des centrales ont moins de dix ans. Le charbon sert aussi à la fabrication de l’acier et du ciment. La lutte contre le réchauffement climatique est vouée à l’échec face à omnipotente du charbon, du pétrole et du gaz dans nos manières de produire et de vivre actuelles. La vérité est qu’aujourd’hui rien n’est sous contrôle. L’homme qui reste un peu honnête avec lui-même a l’impression de se retrouver dans un piège abominable dont il ne voit pas comment sortir. Voici quel

On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Mais à force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement, ni en France, ni ailleurs, à affronter la descente énergétique. Nous étions en train de brûler nos forêts, (mal)heureusement nous avons exploité le charbon. Pour ne pas qu’il s’épuise trop vite, nous avons utilisé le pétrole, le gaz, la fission atomique et même le photovoltaïque… aujourd’hui on veut en revenir au bois ! C’est le signe de l’impuissance collective actuelle à nous mener sur les voies d’un futur acceptable. #EndCoal, enfin un hashtag sur Twitter qui nous parle, des panneaux qui s’enflamment lors d’une manifestation de Greenpeace. Dérisoire symbolqiue. Le 8 janvier 2018, l’église Saint-Lambert du village d’Immerath en Allemagne a été rasée, pour laisser place à une mine de charbon. Le système thermo-industriel résiste, mais ce sont ses derniers souffles avant qu’un choc pétrolier/charbonnier nous amène inéluctablement à la déroute finale.

Bientôt le pic charbonnier. Après son livre de 2003 sur le pic pétrolier, Richard Heinberg s’était consacré au pic charbonnier : la production de charbon suit la même courbe que la production de pétrole. Elle aussi commence par augmenter, atteint un maximum, puis décline inexorablement au fur et à mesure que les gisements s’épuisent. Les chiffres officiels ignorent généralement les différentes qualités de charbon ou les présentent d’une manière exagérément simplifiée, ce qui donne une fausse impression d’abondance. Il n’empêche que le pic charbonnier chinois aura lieu entre 2015 et 2032, aux USA entre 2025 et 2040 … Heinberg conclut que le charbon est suffisamment abondant pour avoir un impact conséquent sur le climat mais ne l’est pas assez pour remplacer durablement les autres énergies fossiles une fois qu’elles auront commencées à décliner.

Que faire ? Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison .Dans le futur proche il nous faudra apprendre à vivre dans un nouveau contexte de catastrophes à répétition qui, inévitablement, porteront atteinte à nos libertés, sans d’ailleurs pour autant que cela résolve les problèmes de pénurie de ressources naturelles. La récession actuellement en cours avec la pandémie nous donne un avant-goût des révisions douloureuses à accomplir. L’avenir passera par des mécanismes administratifs de rationnement ainsi qu’une baisse drastique de nos revenus

En guise de conclusion, nous vous conseillons de lire d’urgence Lewis Mumford : « L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. Le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie,  ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appas du gain, le lendemain épuisée et sans forces. En revanche, l’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué ; le champ labouré, le verger, les planches à  légumes, les terres à blé, les massifs de fleurs – tous témoignent d’un ordre formel, d’un cycle de croissance.»

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

14 mars 2014, La fin du charbon au Royaume-Uni, un air d’apocalypse

27 avril 2012, les dangers du charbon (1/3)

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

28 septembre 2010, des mineurs bientôt sans charbon

26 juillet 2010, l’impasse charbonnière

9 février 2008, charbon de terre

5 avril 2007, bientôt une Chine sans charbon !

Pour ou contre la décroissance économique ?

Revue de presse

« Je ne suis pas décroissant, mais je sais qu’il y a des gens qui pensent que la seule solution à la crise écologique, c’est la déconsommation. Moi je pense que c’est pas la bonne solution parce que nos concitoyens sont pas pré-décroissance (sic). Par contre il faut trouver, on appelle ça la « croissance sobre », c’est-à-dire une croissance qui permet d’améliorer le niveau de vie et l’espérance de vie, mais qui, pour la même unité de prod… de consommation pollue moins la planéte » (Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef)

« Je ne crois pas à la décroissance, concept qui ne prend pas en compte les réalités » (Jordan Bardella, numéro 2 du RN)

« Le mode de vie français ne se négocie pas car nous sommes déjà et heureusement les meilleurs de la classe écologique grâce au nucléaire » (Marine Le Pen, numéro 1 du RN)

Courriers des lecteurs

« Ma philosophie prend ses fondements chez Epicure qui disait : Celui qui ne sais pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien. (David)

« J’ai découvert dans le bulletin municipal d’une banlieue de Bourg-en-Bresse la création d’une course de tracteurs de pelouses… On développe une pédagogie du gaspillage de ressources et du bonheur à détruire aux antipodes de ce qu’il faudrait faire en notre époque de catastrophe écologique généralisée. (Pierre Joly)

Une professeure d’économie dénonce le transport de part et d’autres des Alpes de bouteilles italiennes consommées en France et de bouteilles françaises consommées en Italie, d’une eau provenant du même massif. Et voici sa conclusion : « L’idée générale de limiter le commerce international pour réduire les émissions de gaz à effet de serre n’adresse pas la source du problème. La source n’est pas le commerce international, c’est le fait que le commerce mondial ne paye pas ses émissions. » Pour les élites de l’économie, depuis Ricardo* rien n’a changé ; les échanges internationaux sont intrinsèquement bénéfiques à l’humanité. Merci à la Décroissance de nous faire sortir de ce cadre par des articles parfois excessifs, mais qui ouvrent tous les possibles. (Bernard Riou)

(phrases à méditer, issues du mensuel « La Décroissance », avril 2021)

* La démonstration des avantages comparatifs de David Ricardo (1772-1823) repose sur l’exemple chiffré de deux pays (Angleterre et Portugal), de deux produits (drap et vin), et d’un facteur travail immobile entre les nations mais mobile à l’intérieur. Partant d’une situation d’autarcie, Ricardo montre que le Portugal détient un avantage absolu dans la fabrication des deux produits ; aussi l’Angleterre ne peut échanger quoi que ce soit si l’on suit la théorie des avantages absolus d’Adam Smith. Avec Ricardo, l’Angleterre va pouvoir se spécialiser là où son désavantage relatif est le moins grand, c’est-à-dire le drap. Le Portugal se spécialisera dans le vin. Il y a ré-allocation interne du facteur travail entre drap et vin dans les deux pays. Dans l’Angleterre du XIXe siècle David Ricardo a certes produit une théorie pure, mais largement subordonnée au fait de repousser les limites de l’accumulation du capital et de conjurer le spectre de l’état stationnaire. Sa théorie précède de quelque 25 ans la libéralisation du commerce des blés. Ce modèle va constituer la justification théorique d’une décision politique dont la visée est de sacrifier l’agriculture sur l’autel de l’industrialisation d’une Angleterre cherchant à asseoir son hégémonie sur le reste du monde.

Démographie, le point de vue du MEI

Le choc après l’explosion démographique

A quelques exceptions africaines près, l’abaissement généralisé de la fécondité humaine est une bonne nouvelle. Celle-ci ne doit pas cependant créer l’illusion d’une tendance à l’équilibre. Non seulement, la population mondiale va encore croître d’un à deux milliards d’individus, mais nous voici face à l’onde de choc de l’explosion démographique du XXe siècle, qui a vu notre nombre multiplié par 7, alors que se profile l’effondrement de la base énergétique qui a permis cette croissance.

L’onde de choc d’après l’explosion démographique

La population mondiale grossit de 1,2 % par an (elle double en 60 ans), mais son poids sur les ressources de la planète augmente de 6,8 % par an (doublement en 10 ans). Ce phénomène est alimenté par l’accès au mode de vie occidental de centaines de millions de consommateurs supplémentaires, localisés pour l’essentiel en Asie. Les cinq milliards d’êtres humains laissés en marge du développement ont vocation, à court ou moyen terme, à rejoindre le standard consumériste des pays industrialisés. La Chine et l’Inde sont sur cette voie, à marche forcée… En réalité, la perspective que six, sept ou huit milliards d’être humains atteignent le niveau de vie occidental est matériellement impossible.

L’effacement de la base énergétique

Toutes les périodes de croissance démographique de l’histoire humaine sont liées à des sauts dans la mobilisation des ressources naturelles, notamment énergétiques. La dernière période, qui a pris la dimension d’une “explosion”, repose sur l’exploitation d’une énergie bon marché, le pétrole. Or, dans un délai plus ou moins rapproché, l’offre ne permettra plus de satisfaire la demande. La base énergétique sur laquelle repose la densité actuelle du peuplement humain va s’effacer. Que l’événement se produise en 2030, comme l’annonce l’Agence Mondiale de l’énergie, ne change rien au défi. La fin du pétrole bon marché s’accompagnera d’une contraction de l’économie globale et d’un effondrement de la productivité agricole. Les hauts rendements actuels reposent sur de gros apports d’engrais azotés : or, il faut trois tonnes de pétrole pour produire une tonne d’ammoniaque. Sans les fortes doses d’intrants (associées ou non à l’irrigation), une partie des surfaces agricoles utilisées perdraient même toute capacité à produire. Facteur additionnel, la dérive climatique va déplacer les zones de productivité, rendre plus fréquents les accidents météorologiques qui détruisent les récoltes et noyer des terres sur lesquelles vivent des millions de personnes.

Agir sans tarder

Pour stabiliser au niveau de 2005 l’impact de l’Humanité sur les ressources et les écosystèmes de la Terre, tout en permettant à chacun de vivre selon les standards français, la population devrait se réduire à 1,7 ou 2 milliards d’individus. Cet optimum ne peut pas être atteint rapidement compte tenu de la relative inertie des phénomènes démographiques. C’est pourquoi, les décennies à venir s’annoncent difficiles, surtout si nous ne savons pas anticiper les événements… En démocratie, une formation politique est créatrice d’idées et de propositions, conteste ce qui est contraire à l’intérêt du plus grand nombre et participe à la gestion des villes, des régions et de la nation. Participer à la vie d’une formation politique, c’est s’engager dans la vie et participer à la mise en œuvre de nos idées pour le bien commun. Devenir écologiste, c’est mettre l’Écologie au plus haut des sujets à traiter.

Vous pouvez adhérer en ligne .

Les Ecologistes – Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI)

Pandémie de Covid-19 et « baby flop »

Comme d’habitude, LE MONDE reste globalement nataliste et verse beaucoup de statistiques sur une « natalité en berne », le « baby flop » et les « affres du déclin démographique ». L’article pointe comme cause « la crainte d’un avenir incertain à cause du Covid », mais tous les habitants de la planète devraient être terrorisés par ce qui s’annonce, déplétion énergétique, crise climatique, stress hydrique, extinction des espèces, et j’en passe. Ce n’est pas une baisse conjoncturelle des naissances qui devrait être une préoccupation politique majeure, mais l’état de surpopulation de quasiment tous les pays de la planète, qu’il soient développés ou confinés dans la misère. Un seul bon passage dans l’article de Martine Valo, « pandémie ou pas, le gouvernement indonésien continue de mener campagne pour convaincre les couples de se marier plus tard et d’avoir recours à la contraception, espérant stabiliser ses 270 millions d’habitants ». Si LE MONDE voulait vraiment nous éclairer, il insisterait sur l’idée de « démographie responsable », ce qui est d’ailleurs l’intitulé d’une association à laquelle il serait bien utile d’adhérer. Les commentateurs sur lemonde.fr sont plutôt malthusiens :

Nepoznati Knez : Bah ! Vu qu’on est bientôt 8 milliards sur une planète qui ne peut en accepter durablement que la moitié, on ne va pas pleurer sur cette (bonne) nouvelle, la baisse de fécondité.

ROBIN C. : Pourrait-on arrêter de traiter les questions de démographie avec un point de vue nataliste dont on n’arrive visiblement pas à se défaire en France. Avec bientôt 8 milliards d’habitants et une pression déjà insupportable sur les matières premières, la faune et la flore de notre planète, je ne vois pas en quoi une démographie croissante pourrait être une bonne nouvelle. De même en France, avec un accès au travail et au logement de plus en plus difficile pour les jeunes générations. Vraiment je ne vois pas en quoi une baisse de la natalité serait « un flop ».

Éric42600 : La population mondiale est passée grosso modo de 1,8 milliards d’habitants en 1900 à 7,8 milliards aujourd’hui. Alors quelques millions de naissances en moins est sans conséquences.

Christopher ELM : Il ne faudrait pas perdre vue que malgré la pandémie, l’humanité continue de croître. Pour information : la population a augmentée de près de 21 millions d’individus depuis le 1er janvier 2021 (36 millions de naissances versus 15 millions de décès) alors que les écocystèmes de notre planète sont déjà largement dépassés par l’impact de l’espèce humaine. Que la baisse des naissances affecte particulièrement les pays développés pourrait être une bonne nouvelle puisque l’empreinte des habitants de ces pays est maximale. Mais il y a un problème : d’ici moins de 30 ans, l’Europe sera confrontée à la bombe démographique que nous prépare le Nigéria (5 enfants par femmes) dont la population (200 millions actuellement) ne devrait pas se stabiliser à moins de 500 millions d’individus qui devront émigrer massivement. Les organisations qui se sont opposées au contrôle des naissances portent la responsabilité historique d’avoir favorisé l’explosion démographique de l’humanité.

Stéphane : Depuis plus d’une génération, l’homme vit à crédit sur terre. L’addition que l’écosystème terrestre va nous présenter passe par une stricte diminution de la population terrestre. La crise du Covid n’est sans doute que le début d’importants bouleversements socio-économiques et démographiques.
La baisse contrôlée de la natalité pourrait être une façon d’atténuer le choc

BorderlineyeDisruptive : Tout cela est excellent pour la planète et devrait être pérennisé : un seul enfant par femme + possibilité d’adoptions. Réduire la natalité sera compliqué dans les pays soumis à des religions qui prônent le slogan biblique de croître et se multiplier, refusant contraception et avortement… Il faudrait une sacrée pression scientifique pour que les religions acceptent de mettre à jour leurs discours à la lumière du dérèglement climatique… Quant à abolir ces sectes jusqu’à preuve que leur dieu existe, ce serait évidemment l’idéal, mais l’humanité ne semble pas vouloir gagner quelques points de QI. Les points de croissance économique sont tellement plus précieux. Quant aux retraites, il convient d’abolir le système actuel qui ressemble davantage à une pyramide de Ponzi qu’à une gestion saine… Retraite unique à 1500-2000€ pour tous + complémentaires pour qui veut.

Alain Henri Gangneux Bourgoin : La baisse du nombre des naissances est une très bonne nouvelle pour la planète, pour les animaux et les végétaux, c’est aussi une mauvaise nouvelle pour les fictions religieuses et politiques. L’espèce « humaine » est une espèce nuisible.

MisterT : Franchement, qui veut encore offrir à un enfant une vie en enfer ? Clairement si j’avais su il y a 20 ans où nous en serions aujourd’hui, jamais je n’aurais eu d’enfants.

2022, Édouard Philippe président ET écolo !?

Nous adorons ce qui va se passer en 2022, les candidatures pleuvent : Xavier Bertrand, Macron, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, etc. Et maintenant Édouard Philippe dixit LE MONDE, Comme les sondages avertissent d’un risque non négligeable de la victoire de Marine Le Pen en cas d’un deuxième tour face à Macron, le risque deviendrait négligeable dans le cas d’un duel Philippe/Marine. Pour « sauver la république », place au vote utile. Dès le premier tour, Édouard Philippe obtiendrait à vue de nez les 3/4 des voix LR, une bonne moitié des LRM, 1/5 des PS ; il sera donc au second tour et élu président.

Dommage que l’article du MONDE se contente pour le moment de ragots : Après sa réélection inespérée comme sénateur de la Côte-d’Or, en septembre 2020, le macroniste François Patriat a eu droit à un appel dans le plus pur style philippiste : « Ils ont voulu ta peau… Turlututu doigt dans le cul ! »… « Edouard est un orgueilleux, il n’osera jamais me trahir », a glissé le chef de l’Etat à un ami... « Ça les rassure, ils veulent qu’Édouard reste un homme lige, alors qu’il n’est plus aux ordres », souffle un ami du maire du Havre.

Mais le quotidien « de référence » note aussi que la candidature d’EP est sur sa rampe de lancement. Neuf mois après son départ de Matignon, l’« ex » s’autorise à commenter la politique nationale à l’occasion de la publication le 7 avril d’un livre, Impressions et lignes claires, coécrit avec son ami et conseiller le député européen Gilles Boyer. Depuis qu’il a quitté Matignon, l’ancien directeur général de l’UMP travaille ses réseaux politiques, avec des maires de droite et de gauche. Cette campagne qui ne dit pas son nom suscite l’agacement en Macronie. Pourtant l’idée que son ancien premier ministre cherche à le doubler ne monte pas encore au cerveau d’Emmanuel Macron. Pourtant il avait fait de même avec François Hollande en 2017, le coup de couteau dans le dos.

Aucun des 53 premiers commentaires sur lemonde.fr n’ont révélé que Gilles Boyer est un fervent écolo qui a écrit un roman entièrement consacré à cette problématique,  « Un monde pour Stella ».On y envisage la création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité. C’est radical, limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables. Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

Que l’écologie radicale entre à l’Élysée dans la valise d’Édouard Philippe, cela serait une surprise de taille.

Pour en savoir plus, le point de vue des écolos :

14 juin 2019, Édouard Philippe devient plus vert que vert

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Covid, sauvons d’abord femmes et enfants !

Tri médical, un bon ou un mauvais choix ? Le 28 octobre 2020, Emmanuel Macron annonçait aux Français le deuxième confinement :  L’objectif, c’est de protéger nos soignants. Si nous ne donnons pas aujourd’hui un coup de frein brutal aux contaminations, les médecins devront choisir, ici entre un patient atteint du Covid et une personne victime d’un accident de la route, là entre deux malades du Covid. » Depuis la boussole ne varie pas. « Nous ne laisserons pas saturer les hôpitaux. Nous ne laisserons pas les médecins en situation de devoir trier les malades, c’est impossible », a affirmé le 30 mars 2021 le ministre de la santé, Olivier Véran. « Il y a une ligne rouge absolue, c’est le tri des patients », a tenté de convaincre Bruno Le Maire. Mais le ministre de l’économie ajoute que le gouvernement devait aussi éviter des actions aux « conséquences sociales, économiques, humaines, morales qui soient trop lourdes ». En clair, le degré d’acceptabilité du confinement dans l’opinion compte autant que la possibilité d’un triage des malades.

Les soignants concernés par les réanimations en chaîne estiment que c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités : « Il y a un an, Emmanuel Macron disait : « Nous sommes en guerre. » Chacun sait qu’il n’y a pas de guerre propre et que les dégâts collatéraux de cette crise dépassent la dimension sanitaire, puisque son impact est aussi économique, sociétal, psychologique et philosophique. Ce n’est pas tant la stratégie de réponse sanitaire qui est en cause. Ce qui est en cause, c’est l’absence de transparence sur ses conséquences. Le gouvernement a choisi une stratégie et il doit en assumer les arbitrages devant la société tout entière. En la matière, il se doit de prendre la responsabilité des conséquences de sa stratégie. » En fait l’exercice de la médecine se fait en conformité avec les moyens dont dispose le médecin, et cela est très différent d’un endroit à un autre. De plus le comportement des malades est aussi un fait incontournable. Combien d’hospitalisations abusives en réanimation ? Dans certains hôpitaux, au moins 25 % ? Mais certaines personnes que nous saluons pour leur courage et leur exemplarité ont pratiqué un auto-tri en refusant la réanimation. Il n’existe aucune convention internationale qui fixe le contenu de la déontologie médicale. Celle-ci est réglementée au niveau national par les règlements des associations des professionnels de santé, qui assurent également les sanctions disciplinaires au sein de la profession. L’Association médicale mondiale (AMM) a cependant adopté en novembre 1983 un Code international d’éthique médicale dont voici ce qui a trait à la protection des blessés et malades (Article 12) :

3) Seules des raisons d’urgence médicale autoriseront une priorité dans l’ordre des soins.

4) Les femmes seront traitées avec tous les égards particuliers dus à leur sexe.

Lorsque le Titanic a heurté un iceberg le 15 avril 1912, le capitaine a ordonné aux hommes de laisser les femmes et les enfants embarquer en premier à bord des canots de sauvetage. Il a également donné comme consigne de tirer sur tout homme qui désobéirait à cet ordre. Par conséquent, 70% des femmes et des enfants présents à bord du paquebot ont pu être sauvés, contre seulement 20% des hommes. Le Titanic a plutôt été l’exception à la règle, des chercheurs ont analysé une base de données contenant des informations sur les 18 plus grands naufrages survenus entre 1852 et 2011. Ils en ont conclu que les enfants affichent le taux de survie le plus faible, alors que ce sont les membres de l’équipage et les capitaines qui présentent le taux de survie le plus élevé. C’est la règle du «chacun pour soi» qui l’emporte quand la situation devient dramatique.

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

10 décembre 2020, Priorisation, tri médical, des gros mots ?

Extraits : L’obligation de sélection est un mot-clé pour comprendre les sociétés complexes. Tout le monde ne peut pas gagner à l’Eurovision, tout le monde ne peut pas entrer librement à l’École Normale Supérieure, tout le monde ne peut pas diriger une multinationale, tout le monde ne peut pas devenir milliardaire. Mais « sélection » est un gros mot, utilisé ad nauseam par le système concurrentiel qui est le nôtre. Nous préférons l’idée écologique de « sens des limites », et de cela tout le monde devrait en être conscient. Nous devrions mettre en place collectivement une sobriété partagée et ce dans tous les domaines, y compris pour notre dernière heure…

Loi climat, les commerçants à l’attaque

Il est question dans le projet de loi sur le climat de soumettre à la prérogative des maires les dispositifs publicitaires lumineux au sein des vitrines de magasins. Ces écrans pourraient être soumis à « des prescriptions en matière d’emplacement, de surface, de hauteur et, le cas échéant d’économies d’énergie et de prévention des nuisances lumineuses », définit le texte.

Le point de vue des commerçants : Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture qu’ils qualifient « d’outil de communication principal du point de vente » à l’heure où les commerces sont déjà en difficulté. Pour eux, la mesure s’apparente à « régir la couleur des rideaux aux fenêtres de nos appartements » ou « la page d’accueil d’un site Internet ». « Supprimons aussi les illuminations à Noël, et les animations musicales, s’agace Jean-Pierre Lehmann, président de la fédération nationale des centres-villes. Ce n’est pas en enlevant les écrans de nos boutiques qu’on va sauver la planète. » Les agents immobiliers pestent, ils seront « contraints de revenir au papier pour afficher leurs annonces de logements en vitrine sachant que la filière bois est aussi en danger ».

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr :

Vert de Terre : J’ai beaucoup aimé la phrase « Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture ». En cette période où l’état soutient massivement, et à juste titre, les commerçants, je trouve cela osé. Il serait souhaitable de regarder un peu plus loin que le bout de son nez. Le réchauffement climatique va nous appauvrir massivement et ça ne va pas être bon pour le commerce.

F.3368 : Ces écrans devraient tous être interdits dès lors qu’ils donnent sur la voie publique. Une balade urbaine ou autre ne devrait pas être interrompue par de vulgaires publicités !

JohannG : Le sujet de ce projet n’est pas l’économie d’énergie engendrée par l’arrêt de ces écrans mais la publicité intrusive qu’ils imposent. C’est sûr que les agences de voyages ont envie de continuer à mettre en avant les voyages qu’elles proposent avec des vidéos sur des écrans de 2mx3m. Mais à continuer à vendre un modèle de société ultra-consumériste et non soutenable, on n’aide personne à changer ses habitudes et ses envies.

Vincent N : En gros le message c’est « laissez moi la liberté de polluer visuellement », y compris la nuit à 1h du matin… Car quand on voit toutes ces vitrines allumées en plein milieu de la nuit, on se demande bien qui les regarde et l’impact sur les ventes.

pierre marie 22 : Il est temps, mes frères, de se vêtir de noir. Temps de manger du quinoa bio, acheté en vrac. Temps d’avoir des toilettes sèches. Temps de subventionner la permaculture urbaine. Temps de résilier. Gaïa est grande et Greta est sa prophète.

Ce qu’il faut retenir du mois de mars 2021

Les péripéties de la pandémie occulte toute autre préoccupation en matière d’écologie. Cependant en France le mois de mars a connu deux événements politiques, un début de concrétisation des délibérations de la CCC (Convention citoyenne pour le climat) et les prémices d’une inscription dans la constitution d’un article sur l’environnement.

Pour en savoir plus sur ces velléités politiques grâce à notre blog biosphere qui consacre chaque jour un article à l’urgence écologique :

19 mars 2021, L’environnement dans la Constitution, quand ?

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

Nous ajoutons que l’évolution de la loi est une chose, mais jusqu’à présent aucun politicien n’explique à la population qu’en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, il va falloir faire beaucoup d’efforts personnels dans tous les aspects de notre vie quotidienne, déplacements, alimentation, voyages, etc. Il nous faut une sobriété partagée, mais cela, on n’en prend pas le chemin si ce n’est forcé par les confinements.

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution pour notre blog, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

La conquête de Mars, une utopie dévastatrice

Quelle est cette époque qui ne sait pas distinguer entre la réalité présente et une construction virtuelle, On cultive l’impossible, l’imaginaire, la fiction, alors qu’Il n’y qu’une réalité bien terrestre. L’Antarctique est plus accueillant que la Lune ou Mars, pourtant personne n’envisage d’y construire une nouvelle civilisation.

Arnaud Saint-Martin nous explique : «  A la faveur de la multiplication des projets de mission extraterrestre refleurissent l’idée de villes dans l’espace. Pourtant dans les villes sur Terre, l’avenir n’est pas toujours aussi radieux, a fortiori à l’ère des pandémies et de l’urgence climatique. Ce qui frappe dans ces projets grandioses, c’est l’absence de délibération quant à leur viabilité et leur pertinence. On étoufferait sur la Planète rouge, mais il se trouve pourtant des milliers de passionnés pour rêver d’y habiter. La confiance dans la technologie et l’adaptabilité humaines se veut l’antithèse du pessimisme du mouvement environnemental. Qu’il s’agisse des projections martiennes d’Elon Musk ou des fictions de villes orbitales de Jeff Bezos, les élus de l’aventure cosmique ne sont pourtant que des citoyens ordinaires. Le projet Biosphere 2 est souvent cité. La vie organisées sous un dôme dans le désert d’Arizona entre 1991 et 1994 atteste pourtant de la difficulté d’un confinement en proie aux conflits interpersonnels. Les termes du contrat que doivent signer les abonnés à Starlink décrètent de façon unilatérale que Mars est une « planète libre, et qu’aucun gouvernement basé sur Terre n’a d’autorité ou de souveraineté sur les activités martiennes. »

Ce plaidoyer libertarien, à savoir retour aux principes d’autonomie comme au temps du Far West, laisse deviner le genre de gouvernement que les space cowboys de l’entreprise fantasment depuis le Texas. L’expérience historique montre qu’une colonisation n’est jamais une bonne chose, les Comanches en savent quelque chose. Nous avons aujourd’hui assez à faire pour essayer d’arrêter de mettre cette planète Terre au pillage sans rêver de faire de même dans l’espace. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 février 2021, Tout savoir sur la conquête spatiale

22 juillet 2019, Conquête spatiale, rêveries extraterrestres

21 août 2019, Notre frontière est terrestre, pas martienne

9 juillet 2018, Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale