Le statut de la vérité au bac philo 2024

« La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ? » Le sujet de philosophie du baccalauréat général 2024 propose d’aborder la science depuis un mobile subjectif (satisfaction d’un besoin) alors même que la démarche scientifique témoigne d’un souci d’objectivité. Problème existentiel à mille lieux des préoccupations des lycéens pour qui Tik Tok tient lieu de messie.

corrigé de Didier Guilliomet (prof de φ) : « La vérité est l’accord de la pensée avec la réalité, et la science propose justement de penser la réalité quelle qu’elle soit – formelle, naturelle ou spécifiquement humaine. Les experts du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] peuvent éclairer les politiques et les citoyens sur le dérèglement climatique et faire reculer le climato-scepticisme. Un historien peut lutter contre toutes les formes de falsification de l’histoire (révisionnisme ou négationnisme). Mais est-ce que cela suffit ? La science ne peut satisfaire notre besoin de vérité, car ce dernier peut porter sur des objets qui ne sont pas nécessairement connaissables et qui relèvent, par exemple, de la religion ou d’aspiration personnelle. »

Le point de vue des écologistes

Michel Sourrouille : Si c’est ça qu’on enseigne aux élèves, ce fatras informe avec juste quelques noms connus pour égayer le tout, et il ne reste plus pour nos lycéens qu’à s’engager en religion car là est la vérité ultime (cachée derrière un soi-disant « besoin existentiel d’authenticité »). Didier Guilliomet a oublié que la France était un État laïque où la religion n’a pas de place dans la sphère publique (scolaire). Par contre, comme la réalité socio-économique dépasse la connaissance scientifique car constructions purement humaines, on a besoin du débat démocratique pour savoir quelles décisions prendre en situations confuses. D’accord le GIEC nous dit qu’il y a réchauffement climatique, mais que faisons-nous pour lutter contre ce phénomène que nous avons nous-même crées ? Tel est personnellement mon besoin de vérité, examiner les réponses que nous faisons au niveau… politique (au sens de savoir comment gérer notre cité, notre société). La science peut aider, mais elle ne dit pas tout !

Pommepoirescoubidou : 41% des Français lisent avec confiance leur horoscope, croyant y lire la vérité sur leur avenir…

Alno : Des vérités factuelles, scientifiquement ou rationnellement établies, peuvent être supplantées aujourd’hui par des vérités dites « alternatives » proférées sur les réseaux sociaux par des hurluberlus de tous poils : créationnistes, platistes, complotistes et j’en passe !

Athanagore Porphyrogenete : Eh oui. La science n’est pas une religion. Si Greta Thunberg continue ses études elle l’apprendra peut être un jour.

EsseG : Vous avez raison, Athanagore. Le réchauffement climatique, la disparition du vivant, la pollution de l’eau, de l’air, des sous sols, qui gagne toutes les parties de la planète sans aucune exception, sont très certainement des fake news, et ceux qui s’en inquiètent doivent être des fanatiques…

Neril : Ne pas oublier que « Savoir » à deux contraires : « Ignorer » et « Croire »…

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COP28, le moment d’une vérité édulcorée

extraits : « La COP28 sera un moment de vérité pour l’industrie pétrolière et gazière », affirme Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En réalité, les entreprises pétrolières et gazières jouent aujourd’hui un rôle plus que marginal dans la transition énergétique. Un chiffre résume ce manque d’engagement : leurs investissements dans les énergies bas carbone ne représentent que 1 % des investissements totaux (1 800 milliards de dollars en 2023).

2022, dire la vérité scientifique aux Français

extraits : On ne sait pas si les candidats à l’élection présidentielle de 2022 auront recours à la science, mais beaucoup de thèmes de campagne s’y prêteront : la santé, l’environnement, la démographie. Les candidats auront l’opportunité d’élaborer leurs programmes sur une quantité de faits. Pr exemple un État qui tient à protéger sa population doit s’en prendre aux industries qui vivent intentionnellement ou non de la production de maladies. La chimie, les transports fossiles, l’alcool, le tabac….

Dire la vérité, c’est augmenter le prix du carburant

extraits : Conduire pollue, et cette pollution tue, et tuera pour plusieurs siècles en ce qui concerne le gaz carbonique. La levée de boucliers concernant la hausse du prix du carburant constitue un moment de vérité écologique. Le principe pollueur-payeur justifie que ces dommages soient intégrés au prix des carburants à la pompe….

Pour dire la vérité vraie, il faut avoir un cancer

extraits : Pour la question du pic pétrolier, il en en de même, ce sont des experts à la retraite qui ont dit une vérité bien occultée aujourd’hui. Des transfuges de l’industrie pétrolière ont fondé lASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) en 2000. En France le spécialiste de l’ASPO, Jean Laherrère, ancien ingénieur pétrolier, est né en 1931. Ce sont les Cassandre des temps modernes, ils ont dit la vérité sur la fin de leur vie, ils ne sont pas écoutés, occupés que nous sommes par les sirènes du marketing, étouffés par le lobbying des industries fossiles….

Parler d’urgence démographique, une vérité qui dérange

extraits : La démographie ne pose aucun problème pour ceux qui, enfermés dans une discipline particulière, n’ont pas de vision globale des choses. Les démographes ne raisonnent qu’en termes de transition démographique, donc tout ira mieux demain puisque la fécondité va baisser comme par miracle. Les agronomes croient que des prouesses agricoles (incertaines) vont pouvoir nourrir la population demain, même à plus de 10 milliards de personnes. Les « écologistes » institutionnels, je pense à ceux qui courent après les places grâce à un parti, ne veulent pas faire de vagues puisqu’ils désirent être élus….

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Unicef, enfant de trop, enfant mal nourri

Éradiquer la faim semble un objectif de moins en moins atteignable au fur et à mesure que les chocs climatiques, les inégalités économiques et les conflits font progresser l’insécurité alimentaire. On attend depuis longtemps que LE MONDE ajoute à ces déterminants le poids du nombre. On attend depuis trop longtemps que LE MONDE utilise le terme de surpopulation et des freins culturels et politiques à l’autolimitation de la fécondité. On attend avec impatience de savoir quelles sont les politiques de planning familial instaurées dans les différents pays cités par l’article suivant d’une journaliste du MONDE .

Mathilde Gérard : L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, évalue dans un nouveau rapport l’ampleur de la « pauvreté alimentaire » des enfants : un quart des enfants de moins de 5 ans dans le monde (181 millions) vivent dans une situation de pauvreté alimentaire sévère, c’est-à-dire qu’ils ne sont nourris exclusivement que par un ou deux groupes d’aliments – le plus souvent du lait maternel ou infantile et/ou des féculents –, se retrouvant privés d’aliments nutritifs et diversifiés indispensables à leur santé et leur développement, comme les fruits et légumes, les légumineuses ou les protéines animales. C’est le cas de 63 % des enfants en Somalie, de la moitié des enfants en Afghanistan, 40 % en Inde et 32 % en Afrique de l’Ouest. Selon une autre étude dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, la part des jeunes enfants (moins de 5 ans) consommant au quotidien des snacks ou des boissons sucrées se situe entre 25 et 45 %. Il faut garantir les droits des enfants à travers toutes les enceintes de négociations internationales et dans les politiques publiques…

Le point de vue des écologistes néomalthusiens

Qui ne peut nourrir ses enfants n’en fait pas… sinon on peut parler à propos de ces parents indignes « d’incitation à la malnutrition ». Cette réalité doit être perceptible depuis toutes les chambres à coucher du monde, sinon la famine ne peut que s’amplifier. Voici quelques donnés démographiques sur les pays cités par Mathilde Gérard :

Afghanistan : En 1950, l’Afghanistan compte environ 7,5 millions de personnes.En 2021 on atteint près de 40 millions d’habitants. En 2023, la population de l’Afghanistan aurait augmenté de 1 270 382 personnes et à la fin de l’année elle serait de 43 349 960 personnes.

Afrique de l’ouest (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo) : La population en Afrique de l’Ouest (391 millions d’habitants en 2019) devrait doubler d’ici 2050 (796 millions d’habitants) et être multipliée par 3,8 à la fin du siècle (1,5 milliard d’habitants). »

Inde : Au recensement de 1921, la population comptait 300 millions d’habitants, on atteint 400 millions en 1955.  L’ Inde vient de dépasser la Chine en 2023, elle est devenue le pays le plus peuplé de la planète avec 1,4 milliard d’habitants. Comme plus de 40 % de sa population a moins de 25 ans, cela veut dire que la croissance démographique est loin d’être terminée. Notez que l’Inde a déjà une densité de 470 hab./km2.

Rwanda : Le nombre de Rwandais était de 4,8 millions en 1978 et déjà 8,1 millions en 2002 malgré le génocide des Tutsis. Nous arrivons à 13,3 millions en 2022 et 20 millions sont prévus en 2050. En 1965, le Rwanda avait une densité de 126 hab/km². En 1990, LE MONDE la densité avait atteint 760 personnes au km2 . Il est prévu une densité autour de 1 000 hab/km² en 2050, soit 10 habitants par hectare.

Somalie : En Somalie, 16 millions d’habitants, le taux de fécondité est de 5,98 enfants par femme (2019) et le taux de croissance annuel de la population de 2,9% de variation annuelle (2020) soit un doublement en 24 ans seulement.

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Démographie africaine et migrations vers l’Europe

extraits : Emmanuel Macron avait déclaré, en marge du Sommet du G20 en juillet 2017 : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » Il s’attira les foudres de l’ambassadrice de l’Unicef, Angélique Kidjo : « Moi ça ne m’intéresse pas qu’un Président, d’où qu’il vienne, dise à des millions [d’Africains] ce qu’ils doivent faire dans leur chambre à coucher ». Cette déclaration montre bien à quel point l’incompréhension demeure au niveau de l’Unicef sur les enjeux démographiques africains. …

Le péril noir menace aux portes de l’Europe

extraits : L’Agence française de développement (AFD) ne participe pas à des programmes de contrôle des naissances, seulement à des mesures de protection maternelle et infantile. C’est un tort. L’association « Démographie responsable » a demandé qu’un quart du budget actuel de l’Aide au Développement de l’UE soit affecté à la Planification Familiale. Cela nous semble la voie de la sagesse… car les migrations internationales ne peuvent plus servir d’exutoire dans un monde clos et saturé d’humains….

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Les droits de la nature, à ne pas oublier

Comme toutes nos institutions, notre droit n’est pas neutre, il est largement conditionné par une certaine vision du monde. Ainsi de nos rapport à la nature, on fait preuve actuellement d’anthropocentrisme, on pourrait aussi bien un jour faire preuve d’écocentrisme.

Lire, Définir anthropocentrisme, biocentrisme, écocentrisme

Claire Legros : Des fleuves, des montagnes, des forêts se voient progressivement reconnaître comme des personnes juridiques, quand ce n’est pas la nature dans son ensemble – la Pachamama (la Terre Mère) – qui est promue sujet de droit. Cette mutation se heurte toutefois à de fortes oppositions. Si la confrontation semble à ce point radicale, c’est sans doute qu’au-delà de la querelle juridique, les droits de la nature portent en germe une transformation profonde de la pensée, une révolution copernicienne qui bouscule la vision anthropocentrique du monde et ouvre de nouveaux champs de réflexion sur les mutuelles dépendances entre humains et non-humains. C’est aux Etats-Unis que le juriste Christopher Stone élabore, en 1972, la première théorie juridique des droits de la nature, Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? Les arbres dont il est question sont de vénérables séquoias géants multimillénaires de la Mineral King Valley en Californie, que la compagnie Walt Disney s’apprête alors à supprimer pour construire une station de ski. L’une des principales organisations de défense de l’environnement aux Etats-Unis, le Sierra Club, assigne la firme en justice, mais est déboutée au motif qu’elle ne peut défendre les intérêts des arbres puisque la montagne ne lui appartient pas. Le juriste s’appuie des son côté sur la notion technique de « personnalité morale », créée au XIXe siècle pour les entreprises commerciales. Il suffit de déployer cette « fiction juridique » aux végétaux, aux minéraux ou aux animaux pour ne plus les considérer comme des choses.

Mais il est évident que, à partir du moment où des droits sont reconnus à la nature, la question de leur confrontation par rapport à ceux des humains est posée. Le respect des cycles naturels peut-il prévaloir sur les besoins fondamentaux des populations ? Pour les partisans des droits de la nature, la question relève presque du contresens. Loin de s’opposer aux droits humains, les droits de la nature en conditionnent au contraire l’exercice. Les droits de la nature renforcent au contraire les droits humains fondamentaux tels que le droit à un environnement sain ou à une eau potable. Si donner une personnalité juridique aux entités naturelles semble nécessaire, c’est pour provoquer une rupture symbolique, bousculer les représentations et en finir avec « une vision utilitariste et dominatrice de la nature ».

Le point de vue des écologistes

Guifredo : Merci pour cet article approfondi. L’idée est surprenante mais n’est-il pas aussi étonnant que les marchands de pétrole ou de ciment aient une personnalité morale qui leur donne des droits leur permettant de porter atteinte au climat ?

Lorange : Je ne vois en effet pas en quoi un fleuve aurait moins d’importance pour la planète et l’humanité qu’un cacochyme milliardaire du CAC 40. Limite même on peut aisément se passer du second alors que le premier est vital.

Alain Sager : Précisons. Quand Descartes dit : « comme maîtres et possesseurs de la nature », c’est avant tout pour éloigner l’idée d’un Dieu ou d’entités irrationnelles qui, selon leur bon vouloir ou leur caprice, pourraient influer sur le cours des choses, sans que l’homme ait sur elles aucune prise certaine. Dans l’esprit de Descartes, il restera donc toujours une distance, ou un écart, entre son bon vouloir et les forces naturelles en action. On pourrait même le rapprocher ici de Francis Bacon : « on ne commande à la nature qu’en lui obéissant ».

Michel SOURROUILLE : L’expression « acteurs absents » mérite considération. Selon la définition du Dictionnaire du développement durable, il s’agit des générations futures et des non-humains, absents de nos délibérations actuelles. Une expression nouvelle permet de rendre visible l’invisible. C’est possible, les religions du livre en témoignent : elles font célébrer un dieu abstrait dont l’existence ne pourra jamais être prouvée. Par contre, les enfants de nos enfants et la biodiversité dans la nature sont une réalité tangible dont l’avenir est compromis. Mais comment faire s’exprimer ces acteurs fantômes, par définition absents de notre présent ? On peut développer cette proposition de Sarah Vanuxem : « Derrière la personnification d’éléments de la nature, il y a la possibilité de les faire bénéficier d’un porte-parole humain. » Un avocat en somme !

Lire, Acteurs absents de nos délibérations présentes

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« Restauration de la nature » à l’arrachée

La loi « Restauration de la nature » a été adoptée in extremis. Ce texte-clé du pacte vert européen, qui prévoit la remise en état de 20 % des terres et des mers de l’UE d’ici à 2030, a été voté à l’issue d’un processus tumultueux et de la courageuse expression de la ministre autrichienne.

Chastand et Mouterde : Ce texte majeur du pacte vert a été définitivement adopté le 17 juin 2024 grâce au changement de pied de dernière minute de la ministre autrichienne de l’environnement, Leonore Gewessler (Die Grünen, les Verts). Le Parti populaire d’Autriche (ÖVP) avait officiellement appelé la ministre écologiste à s’abstenir.  « Dans les moments décisifs, je veux faire ce qui est juste sans me cacher », elle avait estimé qu’elle était légalement en position de décider seule de son vote à la table du conseil. Dénonçant un « abus de pouvoir », l’ÖVP a annoncé vouloir porter plainte contre sa minstre… devant la justice européenne. Vingt Etats sur vingt-sept, représentant 66 % de la population de l’UE, ont voté en faveur du texte – la majorité qualifiée étant d’au moins 15 Etats représentant au moins 65 % de la population. La Suède, la Finlande, la Pologne, les Pays-Bas, l’Italie et la Hongrie s’y sont opposés et la Belgique s’est abstenue. Les États devront remettre progressivement en eau les tourbières, améliorer la biodiversité des écosystèmes forestiers en laissant par exemple davantage de bois mort, éviter toute perte d’espaces verts urbains ou encore restaurer l’écoulement naturel de 25 000 kilomètres de rivières….

Le point de vue des écologistes

Bonne nouvelle mais en même temps c’est effarant : décidément il faut aller à l’encontre de son propre gouvernement pour assurer la survie de la biodiversité. Notre avenir ne tient qu’à un fil, ici une ministre courageuse, là des lanceurs d’alerte, et des associations environnementales vilipendées… Le populisme de l’extrême droite n’a pas fini de faire des ravages.

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Des droits de l’Homme aux droits de la nature

extraits: Après l’irruption des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, la constitutionnalisation de la Charte de l’environnement reconnaissait en 2005 les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme. Il manque encore la reconnaissance des droits de la nature, mais l’idée fait son chemin….

La biodiversité aux abonnés absents

extraits : Si les services rendus par la nature sont surexploités, c’est que personne n’en assure le coût. La nature ne se fait pas payer quand elle nous donne son eau, son pétrole, ses forêts, ou quand elle gère et digère nos déchets. Elle n’envoie pas d’avocat pour les préjudices qu’elle subit quand on dérégule le climat ou qu’on détruit la biodiversité. Il n’y a pas d’autres choix que de recourir à des mécanismes impliquant la puissance publique. Autrement dit, la gestion de la biodiversité en tant que bien collectif doit devenir une mission régalienne….

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WePlanet, le scientisme fait du lobbying

Le vote des eurodéputés sur la législation encadrant les nouvelles techniques génomiques, le 7 février 2024, a donné lieu à une opération de communication impliquant des membres du CNRS.

Stéphane Foucart : L’organisation WePlanet a orchestré une campagne d’influence fondée sur la mise en avant de chercheurs favorables à la dérégulation de la diffusion de ces plantes, issues des nouvelles techniques génomiques (NGT pour New Genomic Techniques). Elle a coordonné l’écriture d’une lettre ouverte envoyée aux membres du Parlement européen pour les inciter à voter en faveur d’une réglementation assouplie pour les nouvelles techniques génomiques. » Relayée par l’institut de biologie du CNRS, les NGT sont toutefois l’objet de grandes divergences d’opinions au sein de la communauté scientifique.

La juriste Christine Noiville, directrice de recherche au CNRS et présidente de son comité d’éthique (Comets) : « si le CNRS venait à décider de s’engager en tant qu’institution, c’est-à-dire s’il prenait des positions publiques et normatives sur des sujets de société, il devrait respecter les règles qui s’appliquent aux chercheurs – faire connaître clairement sa position, expliciter les objectifs et valeurs qui la sous-tendent – et permettre un débat contradictoire au sein de l’institution ». Michèle Leduc, ancienne présidente du Comets, se dit pour sa part très surprise par cette initiative de l’institut de biologie, qui « s’adresse directement à ses directeurs de laboratoire avec des injonctions précises et sans justifier ses options, sur un sujet qui fait l’objet de vifs débats scientifiques, non totalement tranchés et porteurs de graves enjeux politiques ».

La représentante de Weplanet en France est une ex-cadre d’Areva, fondatrice de l’association Voix du nucléaire !!!

Le point de vue des écolo scientifiquement compatibles

Haïdouk : Une obscure ONG dont le rôle est de faire du lobbying en faveur du nucléaire et des OGMs au service des industriels, et qui réussit à embaucher une dizaine de chercheurs du CNRS, c’est tout ce que vous voulez, mais ce n’est pas la Science.

Me2 : Une association pratiquement inconnue qui pousse des scientifiques à prendre publiquement une position favorable aux NGT, et ça marche. Cela me rappelle les moyens utilisés par l’industrie du tabac dans les années 60-80 pour faire croire que le tabac n’était pas nocif. Je n’ai a priori rien contre certaines catégories de NGT mais j’aimerais cependant que la TOTALITE du génome de la plante soit séquencé avant ET après utilisation des outils CrispR ou dérivés a) pour identifier les off-target éventuels et b) servir de références.

Mmi76 : Ce ne sont pas des OGM ( des êtres à qui on incorpore des gènes extérieurs) mais des NGT (ou avec les nouveaux outils crisper, on sélectionne ou renforce des gènes de l’être modifié dans une proportion limitée.

G RICH : Les NGT ne sont pas des OGM. Les mutations génétiques, à la base des NGT, sont la généralité dans la nature et on peut les encourager ce qui est fait ici pour de bonnes causes servant l’humanité.

Sol @ RICH : … désolée de mon ignorance, je ne savais pas que la nature brevetait le vivant Comment cela avait il pu m’échapper ?

Klaatu Vanuatu : Avec le changement climatique rapide, l’agriculture va faire face à des défis considérables pour adapter les plantes aux nouvelles conditions thermiques et hydriques qui favorisent aussi les ravageurs. La génétique moderne offre des moyens que n’avaient pas les agriculteurs antiques pour y répondre. Toutes les plantes utilisées dans l’agriculture sont issues de sélections et croisements qui les ont peu à peu éloigné des espèces sauvages. L’orange a été produit dans la Chine antique par hybridation de fruits initialement non comestibles. De telles manipulations seraient-elles aujourd’hui interdites ?

Max21 : Dommage de ne pas regarder ce que ça produit in fine: des cultures intensives d’un seul et même plan entièrement ravagées par le premier insecte venu que l’on va donc noyer de pesticides détruisant ainsi tout le vivant et la biodiversité (les vers, les oiseaux, …) Et n’augmentent pas les rendements… La diversité des semences est importante aussi pour résister au changement climatique

Juste du Bonsens : Si vraiment les végétaux obtenus au moyen de NGT sont sans aucun danger, pourquoi a-t-on essayé d’en rendre facultatifs la traçabilité et l’affichage ? A part dans les dictatures, notamment communistes, le client a droit à une information complète si on admet la théorie économique libérale.

Fwd : « Un certain nombre de rapports publiés ont établi un lien entre les pesticides et différentes maladies, dont le cancer. Nos objectifs étaient d’estimer l’incidence du cancer et les taux de mortalité dans les petites villes rurales argentines touchées par les pesticides agricoles et de comparer ces estimations avec les indices de la population générale de l’Argentine.(…) Nos résultats suggèrent que le fait de vivre dans de petites villes rurales touchées par des applications de pesticides à proximité a un impact négatif sur la santé, notamment en ce qui concerne le cancer. Ces résultats soulignent la nécessité de mettre en place des politiques de réduction des pesticides, en particulier dans l’environnement des petites populations urbaines. » Verzeñassi, Damián, et al. « Cancer incidence and death rates in Argentine rural towns surrounded by pesticide-treated agricultural land. » Clinical Epidemiology and Global Health 20 (2023): 101239.

NBgt : Voici un bilan de 30 années d’OGM traditionnels : les campagnes en Argentine sont dévastées par les produits phytosanitaires épandus dans les champs d’OGM résistants aux herbicides, causant de graves problèmes de santé publique. Le maïs sauvage et les variétés anciennes au Mexique ont été contaminées génétiquement par les variétés OGM cultivées, ce qui n’était pas censé arriver selon les firmes vendant ces produits. La vérité est assez simple, les variétés OGM n’ont aucunement amélioré l’offre alimentaire mondiale, au contraire. Consultez un rapport de la FAO de 2011 sur l’agriculture mondiale et l’accès à l’alimentation, résultant du travail de nombreux experts : l’agriculture vivrière est celle qui permet à la majorité de la population mondiale de se nourrir, et non pas les OGM.

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Crispr-CAS9, La guerre entre génophobes et génophiles

extraits : Plus de 150 organisations non gouvernementales (ONG) ont appelé en 2016 à un moratoire sur les techniques de « forçage génétique ». Les nouvelles méthodes d’édition du génome – comme Crispr-CAS9 – rendent en effet possible des manipulations génétiques à grande échelle.  « Le forçage génétique est délibérément conçu pour se diffuser et persister, sans considération pour les frontières nationales, écrivent les organisations signataires de l’appel. « Il n’est pas possible de prédire les effets écologiques en cascade de la diffusion [d’une modification génétique] dans les écosystèmes sauvages », les gènes introduits « pourraient se diffuser de manière irréversible » et « franchir la barrière des espèces ». Les pétitionnaires demandent un moratoire sur les applications bien sûr, mais aussi sur la « recherche appliquée »…

L’Académie des sciences inféodée au business

extraits : Le 10 novembre 2023, la vénérable compagnie a publié un communiqué (que nous reproduisons en annexe) en soutien implicite à la proposition de la Commission européenne de déréguler les cultures issues des nouvelles techniques génomiques (NGT). En dehors des absurdités énoncées par l’Académie des Sciences sur les ciseaux moléculaires (on croule pourtant sous les articles sur les off-targets), on y lit (point 2) que cette technique ayant été utilisée pour le traitement d’anémies génétiques serait en soi une justification scientifique et (point 8 ) une opinion sur les conflits d’intérêts qui laisse pantois : «  L’invocation perpétuelle de conflits d’intérêt qui biaiserait le jugement de scientifiques compétents ne peut être généralisée ». Laissons la parole à deux avis diamétralement opposés…

Crispations autour du Crispr.Cas9

extraits : Le procédé d’édition de l’ADN nommé Crispr-Cas9 (un « ciseau » qui permet de reconfigurer assez facilement nos gènes) permet d’intervenir sur les cellules pour soigner des maladies génétiques. La modification se transmettrait alors à la descendance, une forme d’eugénisme durable. La sélection naturelle est remplacée par une sélection programmée par la médecine. Dans le cas de l’embryon humain, toute recherche reste conditionnée pour l’instant à une « finalité médicale ». Mais l’Inserm et l’Académie de médecine ont réclamé un assouplissement des contraintes dans ce domaine. L’eugénisme scientifique rentre dans les mœurs, bien oubliées les dérives de la sélection d’une « race » pure du temps de l’Allemagne nazie. La techno-science va nous sauver de façon rationnelle…

À propos de WePlanet, leur site

https://www.replanet.fr/

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L’anti-écologisme du Rassemblement National

Macron au niveau écolo, ça craint déjà ! Et si l’extrême droite, en campagne depuis des mois contre une prétendue « écologie punitive » arrivait au pouvoir en France ? Aurait-on un réchauffement de 5 ou 6°C ? Les écologistes s’inquiètent, on passe du mal au pire.

Macron tout d’abord : les différentes sphères de la cause environnementale ont recensé toutes les mesures mises à l’arrêt par la dissolution de l’Assemblée nationale. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, décalé depuis des semaines, remisé aux calendes grecques. La stratégie nationale bas carbone, qui devait être dévoilée jeudi 13 juin, attendra. Et une énième concertation sur le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ne peut plus être lancée. Pendant plusieurs semaines encore, la France devra donc se passer de feuilles de route énergétique et climatique.

Le Rassemblement National ensuite :  Le RN n’a pas de compréhension globale des enjeux environnementaux, il n’a aucune crédibilité sur ces questions. Dans son programme des élections européennes, le parti de Marine Le Pen veut abroger des pans entiers du pacte vert pour l’Europe, notamment l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, et il y réaffirme sa volonté de mettre en place un moratoire sur l’éolien et le solaire. Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. Soit les membres du parti sont climato-sceptiques et nient le problème, soit ils l’ignorent. En défendant uniquement le nucléaire, le RN propose une réponse extrêmement simpliste et populiste, qui caresse les électeurs dans le sens du poil en leur faisant croire que l’on peut enlever toutes les contraintes. Extrêmement simpliste et populiste. Et on peut prévoir le pire. Le RN au pouvoir risque fort de couper les subventions publiques à différentes associations environnementales, le Réseau Action Climat (RAC), Les Amis de la Terre et même France Nature Environnement. Il y aurait sans aucun doute une diminution drastique des autorisations de manifestations et une répression plus forte contre la désobéissance civile. Silence, l’ordre nationaliste aveugle règne. Or la question de fond n’est pas pensée : est -il ou non important de conserver une planète vivable. Les points de vue exprimés par les soutiens du RN font peur :

Le point de vue des frontistes d’extrême droite

Krikri : Mais enfin, ce sont bien 40% des votants qui ont choisi l’extrême-droite.

Rumi : L’arroseur du bien se retrouve arrosé par le camp du mal. C’est ennuyeux car ce camp du mal fait 40% des votes. Pauvres bobos et zadistes de tout poil, le bon peuple leur a dit m…

Kowloon : Les « mouvements écolos » pourront ils continuer les saccages, les tentatives d’assassinat et les agressions, comme à Sainte Soline ?

Ana : Les très, très, très nombreuses associations écologiques craignent d’avoir moins de subventions : les activistes vont devoir travailler pour acheter des boules de pétanque , des mortiers de feux d’artifice, de l’essence pour les cocktails ?

Brad the pit : Les écologistes (politiques) sont les dignes héritiers des inquisiteurs, des marxistes-leninistes grand teint, de Pol Pot . ils sont prompt à faire des procès politiques même à leurs alliés ,ils gueulent dès qu’il faut créer une mine de lithium en France mais veulent des voitures électriques.

Notre chasse à la bêtise anti-écolo sur notre blog biosphere

L’écologie à la mode du Rassemblement national

extraits : Interrogée par terraeco en mars 2012, Marine Le Pen exprimait le fond de sa pensée. Selon vous, les changements climatiques n’existent pas ? « Je ne suis pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale de ce phénomène. » Parlons agriculture ? « Le bio est une dictature, avec des histoires de gros sous enrobées dans des bons sentiments. »….

Projet de l’écologiste Marine Le Pen

extraits : sur son site en 2023, le projet du RN (l’environnement pour une écologie française) : Nous pratiquerons, dans tous les domaines, une écologie positive, notre projet tourne la page de l’écologie punitive… L’urgence est de rompre avec une écologie dévoyée par un terrorisme climatique… Nous sortirons du « Green deal » et de l’enfer administratif qu’il impose aux petites entreprises sous le nom de « taxonomie » au profit d’un plan d’autonomie stratégique fondé sur le développement durable… La France n’a pas à sacrifier le bien-être de sa population pour corriger les erreurs ou les abus des autres pays !… … Les Français pourront continuer à sortir leur famille en voiture, à prendre des bains chauds, à apprécier le feu de bois dans la cheminée et à fêter Noël ! »….

L’écologie, impensé du Rassemblement National

extraits : Ce parti d’extrême droite fait bloc avec la FNSEA et oppose la ruralité aux « talibans de la verdure », comme Marine Le Pen appelait les écologistes durant sa campagne présidentielle de 2022. Christophe Barthès, député Rassemblement national (RN) de l’Aude : « Il faudrait être idiot pour voir qu’il n’y a pas de changement climatique. Mais est-ce l’effet de l’homme ? Peut-être que oui, peut-être que non….

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Apprendre l’essentiel par les décroissants

mensuel La décroissance, juin 2024

Christian Bonnet : Je comprends de moins en moins la raison d’être d’Homo sapiens. Que fait-on d’autre, si ce n’est attenter à la vie sous toutes ses formes au nom d’un supposé progrès ? Où est la cohérence quand il est unanimement choisi d’investir davantage dans l’armement et dans l’extractivisme ? Est-ce vivre que d’être des heures durant rivés sur un portable ? D’être progressivement télécommandé par une IA ? Je ne comprends plus mon espèce et sa civilisation.

Philippe Pongy : L’usage des écrans connectés par les adultes en présence des enfants a un pouvoir de contamination majeur sur ces derniers et il serait illusoire d’envisager une restriction de l’appétence infantile pour ces outils sans proposer une restriction de leur usage par les adultes… Tout est donc prêt pour la généralisation de l’Idiotie Augmentée (IA).

Bernard Charbonneau : Parce qu’il y a des machines, sur sa machine l’homme fuit la machine.

Denis Baba : Nombre de Français rechignent de plus en plus à certaines conséquences du programme d’industrialisation sans limites. Voici un terreau fertile pour la national-libéralisme. Lequel ne conteste pas une seule seconde le monde-machine. « La croissance, la croissance, la croissance »  psalmodie, tel un possédé, ce qu’il est (comme nous tous) Jordan Bardella. Mais il prétend la mettre au service exclusif des Français (« de souche » [sic])

Clive Hamilton : Gabriel Attal n’est qu’un homme politique accro à la croissance. Tout le reste doit venir après la croissance. Le capitalisme ne peut exister sans une croissance sans fin. Pour Attal, il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme.

François Jarrige : Les secteurs high tech ajoutent des strates supplémentaires d’accaparement de l’eau, pour refroidir les centrales nucléaires, les centres de données. Chaque année ce sont plus de 16 milliards de litres d’eau qui sont absorbés par les centres de données de Google aux États-Unis pour leur refroidissement.

Marine Le Pen : On finit par s’interroger tout de même sur l’objectif de ceux qui entretiennent des prix de l’énergie aussi hauts. N’ont-ils pas comme objectif la réduction de l’activité humaine, ce qui en réalité correspond à l’idéologie très en vogue à l’Union européenne de la décroissance généralisée. Il faut moins de tout, moins d’industrie, moins d’énergie, moins de voitures, moins de maisons individuelles, même moins d’enfants nous disent certains.

Elle, 8 mai 2024 : Emmanuel Macron veut accélérer la procréation médicalement assistée. Dans le même entretien, il veut instaurer le « droit de visite » des pères divorcés. Mais si le père est le frigo, comment faire ?

Paul Hawken : Tout électrifier, c’est la solution. Nous pouvons garder nos voitures, mais il faut qu’elles soient électriques. L’énergie du réseau doit être entièrement issu de sources renouvelables, ce qui est faisable. 20 millions d’emplois seront créés. Les coûts diminueront, les bénéfices s’envoleront. Le ciel s’éclaircira, le bruit dans les villes s’estompera. La vie continuera, plus belle qu’auparavant… (ndlr, Hawken nous refait le coup de « demain on rase gratis »)

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Front populaire contre Front national, ça va chauffer

Aux élections européennes, nous avons un scrutin à la proportionnelle à un tour, c.-à-d. que les candidats sont élus selon les règles de la représentation proportionnelle à scrutin de liste à la plus forte moyenne. Ce système les obligent à faire des alliances APRÈS le vote. Aux législatives, le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours implique que les partis politiques voulant accéder au gouvernement doivent faire des alliances AVANT le vote. Au moment de l’alliance Nupes en 2022, les Insoumis avaient présenté 328 candidats, contre 100 pour EELV, 70 pour le PS et 50 pour le PCF.

Les discussions actuelles pour la formation d’un (Nouveau) Front populaire se sont faites sur la base de 546 circonscriptions sur 577 en France. Les circonscriptions où les partis détiennent un ou une députée sortante sont reconduites. La France insoumise aura 229 candidatures (dont 90 sortants), le Parti socialiste 175 (dont 31 sortants), les Écologistes 92 (dont 21 sortants) et le Parti communiste français 50 (dont 12 sortants). Le programme maintenant et tout sera ficelé en une semaine. Tandis qu’à droite c’est la Bérézina alors que Macron reprend son refrain favori :  » Sans moi, c’est le chaos ». A l’heure où les duels et les triangulaires comptant l’extrême droite s’annoncent nombreux au deuxième tour le 7 juillet, la force des candidats du NFP (ex Nupes) face au RN (ex FN) aura son importance. Emmanuel Macron, qui assume de rejeter en bloc « des alliances contre nature aux deux extrêmes », n’aura que les restes, un os à ronger.

Le point de vue des écologistes politiciens

Faut-il en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire ? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son abstentionnisme ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre l’écologie dans les choux ? A chacun de décider dans le secret de l’isoloir. Cette dissolution surprise offre pourtant de joyeuses perspectives. Admettons que le RN obtienne la majorité absolue à l’Assemblée nationale le 7 juillet. Victoire ! L’extrême droite au pouvoir va faire la preuve vivante de son incapacité à gouverner en appliquant un programme devenu obsolète dans un monde en crises multiples. Autre hypothèse, le Front populaire et le RN se retrouvent au coude à coude, mettons à vue de nez 31% des sièges pour l’extrême droite, 29 % pour le NFP et le reste éparpillé ente les différentes mouvances de la droite (dont le macronisme). La situation est alors ingérable. Victoire, on va pouvoir programmer une nouvelle élection après la démission de Macron.

Reste l’essentiel, le pouvoir pourquoi faire ?

L’alliance d’appareils politiques n’est qu’un moyen, reste à définir les objectifs. Tous les écologistes au fait des tristes réalités géopolitiques et biophysiques de notre monde en péril savent que les mesures à prendre doivent être drastiques. Il s’agit de rompre avec notre mode de vie actuel, fait de gaspillages, de mille addictions, de convoitises… Une Assemblée nationale en charge de l’intérêt public montrera l’exemple de la rigueur intellectuelle et morale. Des citoyens qui auront retrouver ce que veut dire une démocratie éclairée pratiqueront la sobriété énergétique et démographique, le retour à la terre, une technoscience consciente de ses limites, la démilitarisation. On condamnera la surconsommation et les voyages en avion, on envisagera sérieusement le dévoiturage (l’abandon de la voiture individuelle), on préférera converser avec les voisins que faire du tourisme, on jettera son smartphone à la poubelle , etc.

Reste un piège pour la gauche de la gauche, sa sur-considération des problèmes sociétaux. OUI à un mouvement social-écologique qui défend au niveau politique les luttes pour le vivant et le climat. Non à ces obsessions sociétales (féminisme dénaturé, antiracisme primaire…) qui déconsidèrent l’écologie aux yeux des électeurs. Il faut vivre avec son temps : l’égalité entre les homme et les femmes est vraiment garantie dans notre beau pays. Le racisme est poursuivie devant les tribunaux français. Et les LGBT font déjà ce qu’ils veulent en France, même se marier et avoir des enfants. Alors en rajouter, c’est se tirer une balle dans le pied. Notre système demande des efforts de tous les Français pour faire face au périls écologiques, géopolitiques et technologiques de notre temps. Pas des positionnements extrémistes de court-terme.

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Macron, des Européennes aux Législatives

Le soir des Européennes, 9 juin 2024, Emmanuel Macron

« On ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé lors de ces élections, ma décision de dissolution s’imposait. L’heure est à la clarification. C’était la bonne décision, dans l’intérêt du pays. Et je dis aux Français : n’ayez pas peur, allez voter.  Les forces républicaines d’un côté, les forces extrémistes de l’autre se positionnent. Je tends la main à tous ceux qui sont prêts à venir gouverner et à travailler à une synthèse dans le sens d’une radicalité ambitieuse. La décision que j’ai prise ouvre une nouvelle ère. J’y vais pour gagner ! 

Conférence de presse de Macron le 12 juin 2024. La liste à la Prévert qu’il annone représente des intérêts bien trop hétérogènes pour en faire un « NOUS » . Et l‘écologie est complètement absente, comme d’ailleurs les enjeux internationaux :

« Je ne veux pas donner les clés du pouvoir au Rassemblement national en 2027… Certains députés de La France insoumise créent un désordre à l’Assemblée nationale… L’équation parlementaire était devenue intenable. J’ai donc pris acte d’un blocage qui conduisait inéluctablement à empêcher le gouvernement d’agir, ce qui devenait dangereux pour la France . Je propose des élections législatives anticipées pour permettre de gouverner à des forces politiques qui ont été choisies par les Françaises et les Français… La droite républicaine, tout au moins celui qui en a la charge, vient de faire pour la première fois alliance avec l’extrême droite… Je  promet l’autorité républicaine à tous les étages.. Je vais réduire l’immigration illégale grâce à l’Union européenne… Je promet la reprise en main par l’Etat des mineurs non accompagnés… Je ne permet pas  l’usage des téléphones avant 11 ans et l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans… Je  généralise le service national universel d’ici à la rentrée 2026 afin de recréer des rites républicains… Je construis huit nouveaux réacteurs nucléaires… » 

Le point de vue des gens normaux

– Le chef de l’État a sobrement répondu aux questions des journalistes : « Je ne me prends pas pour Jupiter, je suis Jupiter ».

– Le classique : moi ou le RN… Seulement là manifestement cela va virer au cauchemar… car qui veut encore de lui ?

– Notre Président en culottes courtes n’a jamais compris que « En marche » puis « Renaissance » n’ont aucune substance et qu’il a fait le jeux des extrêmes.

Le mec dégage tous ses députés et fait tout de suite campagne pour qu’on réélise les mêmes députés, c’est une blague?

– Ça sent les propositions de dernière minute. Il doit avoir de sacrés conseillers le père Macron.

– Toujours la même soupe, plus il parle, plus il s’écoute parler, moins on écoute

– « C’est clair ! », « j’ai toujours été clair ! », « les choses sont claires ! », « je suis pour la clarification ! »..… En bref c’est pas très clair !

– En fait, c’est un catalogue de mesurettes : un discours de chef de gouvernement, pas de président de la république.

Je suis choqué de voir le président se comporter comme le leader d’une majorité improbable alors que je croyais qu’il était le garant de l unité du pays

– Merci Monsieur Macron, vous venez de me faire comprendre que je si je vote à droite, je suis fasciste, et que si je vote à gauche, je suis stalinien.

– J’ai l’impression qu’en plus de jouer avec le feu, il commence à manquer sérieusement de lucidité. Mais faites-le taire !

– Il n’a pas encore compris que l’heure de la fin de son unique septennat avait sonné…

– Les élections du 7 juillet prochain vont montrer que Macron va se retrouver dans l’incapacité totale d’appliquer un quelconque programme…

– Macron affirme sans sourciller ne pas vouloir donner les clés du pouvoir au RN en 2027… alors qu’il va les lui donner aux législatives.

La presse internationale se demande si Macron est devenu fou? La réponse est claire, oui !

Où allons-nous ? Quelle est la hiérarchie des objectifs potentiels ? Quelles marges de manœuvre dans un contexte international de plus en plus tendu, et un contexte budgétaire de plus en plus contraint ? Quels moyens pour lutter contre le réchauffement climatique ? Que faire si le prix du baril explose ? Quelle compétitivité pour la France alors qu’elle n’a pas plus de mines sur son sol et un coût salarial élevé ? Quelle place faire à la résorption du déficit public ? Comment payer les retraites si on supprime la loi qui a été voté ? Quelle attitude adopter sur les conflits internationaux en cours, Ukraine, Gaza, Taïwan, etc. ? Il ne faut plus compter sur Macron pour donner des réponses.

Le point de vue de Raphaël Glucksmann sur une union à gauche et écolo

« Voici les conditions : un soutien indéfectible à la construction européenne, un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’assurance-chômage et de la loi “immigration”, une accélération de la transition écologique et un rejet de la brutalisation de la vie politique. Si ces conditions ne sont pas remplies, on ne fait pas alliance…. Je vais prendre mon bâton de pèlerin et soutenir tous les candidats face au RN qui auront adhéré à ces cinq points qui sont les cinq points basiques de respect de la démocratie et je ne fais pas ça pour être premier ministre. J’ai une idée, ça ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon. Je pense à Laurent Berger [ancien secrétaire général de la CFDT] qui a incarné la lutte contre la réforme des retraites, qui a été d’une responsabilité aussi grande que l’irresponsabilité de notre président actuel. »

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L’indigne criminalisation des mouvements écolos

Il n’était pas rare dès la naissance de ce blog que des commentateurs nous renvoient à la face les mots « totalitarisme », « Khmers verts » ou autres « Ayatollah de l’écologie ». L’écologie serait donc un repère de gens peu recommandables. Aujourd’hui le gouvernement avait repris cette thématique en allant encore plus loin que des mots, en criminalisant les mouvements écolos, par exemple cette tentative de Darmain d’interdire « Soulèvements de la Terre ». Pour en savoir plus :

Stéphane Foucart  (journaliste du MONDE) : « La thématique environnementale a presque disparu lors des élections européennes du 9 juin 2024. Une des causes résulte à l’évidence de la criminalisation du mouvement environnementaliste : extravagante sévérité de la réponse judiciaire au Royaume-Uni, gestion policière des actions écologistes par le ministre de l’intérieur en France. Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou interdictions de manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social. L’écologie serait une affaire de dangereux délinquants ! Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement.

En miroir de la criminalisation des mouvements écologistes se construit ainsi la banalisation des postures et des mots de l’extrême droite la plus radicale.« 

Le point de vue des aveugles

Mr Foucard est un parfait porte-parole de nos khmers verts.

– Décidément l’idéologie rend sourd et aveugle M.Foucart.

– Une telle tribune partielle et partisane a-t-elle sa place dans le Monde ?

– Certaines manifestations  » écologiques  » ne permettent en aucun cas de justifier cette tribune.

– Les juges anglais ont récemment envoyé en prison des rigolos qui avaient bloqué le pont de la tour de Londres, exemple à suivre.

– Dans un système démocratique, ce n’est pas le plus violent qui décide, point final à la ligne.

Le point de vue des écologistes éclairés

Les contributions ci-dessus montrent combien la menace du dérèglement climatique est peu prise au sérieux par les Français….jusqu’à ce que leur maison soit inondée, l’électricité coupée, et là on va chouiner auprès des pouvoirs publics…

– Bien d’accord avec vous monsieur Foucard. Dans 50 ans les manifestants écolos d’aujourd’hui seront vus comme des résistants précurseurs. Comme les suffragettes en leur temps qui bravaient à l’époque les lois du machisme.

– Quand un état n’est plus capable ni désireux de répondre à la menace la plus forte qui pèse sur le pays et l’humanité, il se délégitime et ouvre la voie au chaos ou à la dictature. Un concept éclaire la situation, le « carbo-fascisme », une nouvelle tendance du populisme : il installe au pouvoir les néolibéraux pour continuer leurs sombres desseins de pillage de la planète.

– Il est parfaitement possible de faire de juteuses affaires avec les régimes d’extrême droite. L’histoire regorge d’exemples de grandes fortunes soutenant sans état d’âme ce type de régimes.

– La rengaine simpliste sur l’obéissance due à l’Etat en démocratie ne tient plus devant les faits scientifiques. Cela fait 40 ans que les gouvernements successifs ignorent 7 rapports consécutifs de la plus démocratique instance scientifique internationale, le GIEC, qui nous dit que les politiques actuelles nous mènent à la catastrophe : un réchauffement de 3 degrés.

– L’histoire donnera raison à ceux qui ont résisté contre le saccage de la planète, pas à ceux qui font des leçons de démocratie, dans le confort de leurs appartements bien chauffés et climatisés.

– Les industries polluantes et pilleuses des ressources naturelles, les vraies criminelles, se démènent à coup de millions avec des lobbies surpuissants pour contrer toutes les tentatives de critique. Faire passer les acteurs écologistes pour des criminels en se faisant aider par le pouvoir est une de leurs dernières trouvailles.
– Macron, Darmanin et consorts n’ont aucune compréhension des enjeux environnementaux. Ce ne sont même pas des « politiques » mais de simples marionnettes dont la mission est de préserver les intérêts du monde économique. Rien d’étonnant donc à ce qu’il mettent prioritairement l’accent sur la lutte contre ceux qui aspire à un changement de modèle.

– « Personne n’aime les porteurs de mauvaise nouvelle » entend-on dans Antigone, la pièce de Sophocle.

– Macron n’attaque pas les Amishs par hasard. C’est pourtant un mode de vie de ce type qui peut sauver tout le monde. Mais les gens n’en veulent pas. Donc ce sera le mur.

– Le « court-termisme » idéologique et la préoccupation électorale de se maintenir au pouvoir contribuent encore à accélérer cette tendance gouvernementale à la répression. La seule chose dont on est certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. Les changements auront lieu, voulus ou subis, mais ils auront lieu.

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Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie (2013)

extraits : En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits.

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A69. Manifestation interdite, donc violente ?

Les États présentent un caractère double assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage et des projets utopiques. Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126.  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Pour se désenclaver, un travailleur castrais devra donc débourser chaque mois un peu plus d’un quart du smic.

Matthieu Goar et Audrey Sommazi : A partir du 7 juin 2024, les mouvements mobilisés contre le projet d’autoroute avaient prévu trois jours de réunions et d’actions sur le tracé de l’A69. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a demandé au préfet du Tarn d’interdire « cette nouvelle manifestation qui s’annonce extrêmement violente » où pourraient se rendre « 5 000 personnes dont 600 black blocs ». Le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale a, pour sa part, évoqué le film Minority Report (2002) en décrivant un gouvernement prêt à « nous plonger en plein film d’anticipation où la violence s’invente avant même son existence éventuelle ».

Après s’être concertés, les principaux collectifs – Les Soulèvements de la Terre, La Voie est libre (LVEL), Extinction Rebellion Toulouse, la ZAD A69 – ont signé un communiqué où ils appellent quand même à « se rassembler massivement ». Autour du chantier de l’A69, des dégradations de matériels ont été constatées depuis plusieurs semaines, certaines revendiquées par le GIEC, le Groupe d’intervention pour l’extinction des chantiers….

Le point de vue des écologistes activistes

ExtinctionRebellion : Darmanin était plus humble et compréhensif face aux agriculteurs en tracteurs de 10 tonnes… Facile de faire le gros bras contre des familles en vélo cargo et quelques freluquets végétariens à capuche.

hapax : Le gouvernement cherche la confrontation. Ce sera donc violent : les luttes de défense de la Terre ne se font pas avec des caresses. Face à l’absurdité de ce projet dénoncé par tous les scientifiques et face à l’urgence climatique, il s’agit de légitime défense. Il s’agit de contre-violence. Il s’agit de défendre l’avenir.

Stchef : Soutien total a ces opposants dont je salue le courage. L’humanité doit RALENTIR et non pas accélérer comme ce qui est propose par ce type de projet complètement décalé par rapport aux enjeux climatiques actuels…

bruno81 : J’habite dans le coin et lors de la dernière manifestation, qui s’est très bien passé d’ailleurs, la police contrôlait les véhicules des personnes qui rentraient chez eux le soir. Ainsi, mon canif de pique-nique m’a été volé par les forces de l’ordre, et est devenu, dans les rapports, la preuve des ambitions violentes de tous les manifestants. Je suis assez fier du destin révolutionnaire glorieux de mon petit canif à fromage, même s’il me manque…

Tanith : Au lieu de construire une autoroute qui ne servira qu’aux quelques privilégiés qui pourront se payer le péage, on ferait mieux d’utiliser tout cet argent, coût de la construction mais aussi coût exorbitant du soi-disant maintien de l’ordre (qui aggrave plus le bordel qu’autre chose) à rendre résiliant nos campagnes et nos villes contre le changement climatique.

Paspourlongtemps : Mais qu’ils la construisent cette autoroute. Dans 10 à 20 ans ce sera une magnifique piste cyclable ! Enfin peut-être que les futurs décideurs la transformeront en ligne de tramways à pneus, ce sera facile et pas cher.

Slibo : A l’heure où tout indique une accélération du réchauffement climatique, Renaissance et le PS, gardent le cap: oui aux autoroutes, non aux arbres

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A69, État pillard et non État stratège ! (avril 2024)

extraits : En dépit des avis négatifs des instances d’expertise et des fortes oppositions locales, la volonté de l’État et des collectivités de construire cette autoroute censée désenclaver Castres semble inébranlable. A quel moment l’État pillard prend-il le pas sur l’État stratège ? Notons que le pillage n’existe que par le soutien des électeurs au pouvoir en place. Toute tentative d’avancée militante se heurte à des personnes qui vivent dans un monde où l’urgence écologique n’existe pas….

A69, entraves à la liberté de la presse (mars 2024)

extraits : Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a demandé le 29 février 2024 à ce que le travail de la presse soit facilité sur le site occupé par les opposants au projet de l’autoroute A69….

A69, quand le futur combat le passé (novembre 2023)

extraits : Le 24 septembre 2023, deux cents scientifiques toulousains d’entre eux avaient réclamé l’abandon de l’A69 (une nouvelle autoroute) dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente (socialiste) de la région Occitanie, qui soutient le projet. Le 4 octobre 2023, ils sont 1 500 scientifiques à signer une lettre ouverte, publiée par L’Obs, pour dénoncer ce même projet….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

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D-Day versus élections européennes

Coup de tonnerre, Macron vient de dissoudre hier soir (peu après 21 heures) l’Assemblée nationale, nouvelle élection législative le 30 juin (1er tour). Il y en a un qui aime joue avec le feu !

Nous maintenons cependant notre article ci-dessous qui était programmé pour ce jour… Macron avait  mélangé élections européennes et combat contre l’extrême droite comme il a aussi mélangé élections  européennes et commémorations du D-Day. Le mélange des genres ne fait jamais bon ménage…

D-Day versus élections européennes

Les gouvernants nous prennent de tous temps pour des imbéciles, toujours prêt à devenir de la chair à canon. Et si on n’obtempère pas on se fait fusiller… pour l’exemple. Devenons objecteurs de conscience, opposés à l’usage collectif des armes, bénéficiant d’un statut voté en 1963. Une démocratie réelle n’est possible que si le citoyen peut s’opposer à un enrôlement dans une guerre qu’il jugera inutile. Or aucune guerre dans l’histoire humaine n’a montré sa nécessité. C’est pourquoi les commémorations du D-Day ne sont que  des hommages à la bêtise humaine. Cette cérémonie médiatisée et mise en scène pour les 80 ans de « la libération » devrait nous laisser indifférents : pourquoi mettre en avant quelques centenaires alors que ce qui est le plus parlant, c’est le nombre de morts sur la plage le 6 juin 1944 pour pas grand chose.

Ce qui soulève le cœur, c’est la récupération politique qui est faite du D-Day par les présidents des grandes puissances ; Emmanuel Macron en particulier ne fait qu’utiliser l’évènement pour parler de la guerre en Ukraine, du conflit à Gaza et des enjeux du scrutin européen. Jamais pour proclamer la fin de toutes les guerres. Le chancelier allemand Olaf Scholz est associé à cette commémoration alors que son pays était à cette époque maintenant lointaine l’ennemi déclaré. Pourquoi ne pas avoir fait autrefois l’union des peuples au lieu de toujours penser militarisation ? L’Union européenne essaye par exemple de chercher aujourd’hui la paix pas d’autres moyens que la guerre. Qu’il y ait eu des élections européennes le 9 juin 2024 montre parfaitement la pacification des relations entre la France et l’Allemagne. C’est une réelle avancée qu’on n’aurait jamais du éclipser par un retour 80 ans en arrière,  Ce n’est pas l’entrée des troupes alliées en France qui ouvre la voie à la démocratie et à la liberté. Cela n’a pas marqué définitivement « la fin du système barbare du national-socialisme et de son hystérie raciste » comme le voudrait Olaf Scholz. La montée actuelle de l’extrême droite en France comme en Allemagne montre clairement qu’aucun débarquement ne met un terme à la connerie humaine.

Précisons. Refuser l’usage des armes n’est pas un refus de se défendre. Le problème de fond, c’est le manque de conscience des citoyens. Hitler n’est arrivé au pouvoir qu’avec l’assentiment des Allemands. La France a fait des guerres colonialistes en Indochine et en Algérie sans demander l’avis du peuple. L’invasion de l’Ukraine par Poutine n’a pu se faire qu’avec l’accord global des Russes. Si tout le monde était objecteur de conscience, on résisterait avec succès à l’autoritarisme des gouvernants. Si tout le monde était objecteur de conscience, il n’y aurait plus de guerre. Le changement se fait donc d’abord par l’action individuelle. Encore faut-il qu’un jeune puisse se déclarer objecteur de conscience lors de la JDC (journée défense citoyenneté) obligatoire. C’est paradoxalement interdit, prétextant de la fin (temporaire) de la conscription.

Encore faut-il aussi que la recherche de la paix se concrétise au niveau collectif. Si nos dirigeants étaient conscients de l’impasse historique à laquelle nous a mené le fait d’aimer semble-t-il nous entre-tuer, ils remplaceraient le principe obsolète « Si tu veux la paix, prépare la guerre » par son alternative : « Si tu veux la paix, prépare la paix ». Candidat à la présidence de la république, un candidat crédible devrait annoncer dans son programme que la France ne veut plus être un pays supérieur aux autres disposant d’un droit de veto unilatéral. L’appartenance au bloc militaire que constitue l’OTAN ne peut que nous entraîner dans une spirale de la violence, il fiat en sortir. Si l’ensemble de l’appareil militaire français était confié aux mains de l’ONU, nos soldats auraient des casques bleus. On ne s’engagerait pas pour faire la guerre au nom d’une « patrie », mais comme membre d’une force internationale d’interposition dans les conflits armés. Et bien sûr la France engagerait de façon unilatérale un désarmement nucléaire intégral. Autant d’argent qui pourra être utilisé à de meilleures fins que le massacre potentiel d’énormément de civils.

Comme l’exprimait en 1934 Albert Einstein, pacifiste convaincu, « nous aurons le destin que nous aurons mérité ».

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Ukraine, éviter l’invasion était possible

extraits : Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir, un gouvernement pro-Poutine aurait été mis en place, mais il n’y aurait eu aucun morts. Certes une dictature peut perdurer, mais tant que les citoyens feront preuve de soumission volontaire. Aucune dictature n’est éternelle, d’autant plus qu’elle repose le plus souvent sur une seule personne. Hitler, Staline ou Poutine n’ont que leur temps, ils ne maîtrisent pas l’avenir. Le problème n’est donc pas l’absence temporaire de démocratie, mais l’inertie des peuples. Les militaires ont le pouvoir parce qu’ils sont institutionnalisés, on paye des impôts pour les équiper et les nourrir. Une population d’objecteurs de conscience ne se laisserait pas faire, elle aurait la capacité de résister à toute situation imposée à mauvais escient….

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Européennes, les résultats du vote du 9 juin…

Européenne 2024, une élection à la proportionnelle tous les 5 ans dans les 27 États membre de l’UE. Chaque pays fait ses règles, en France par exemple chaque parti doit imprimer son propre bulletin de vote. De toute façon sera-t-il utilisé : on prévoit plus de 50% d’abstentionnistes. Faut-il donc en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son fauteuil ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre Les Écologistes dans les choux ? A chacun de décider, c’est le seul avantage du vote dans l’isoloir : on peut changer d’avis à la dernière minute ! Certes, mais autant connaître tous les déterminants du choix pour avoir une démocratie éclairée. Et d’abord le sondage d’opinion pour se faire une idée de ce que pensent les autres et à comparer avec les résultats effectifs ce soir.

Sondage IPSOS pour Le MONDE

Au niveau des tendances électorales, Jordan Bardella confirme sa première place, loin devant avec 32 % d’intentions de vote pour le Rassemblement national. Valérie Hayer (majorité présidentielle) poursuit son érosion en perdant un point de pourcentage, elle s’établit à 15 %. Raphaël Glucksmann, le candidat du Parti socialiste, est stable à 14,5 %( marge d’erreur = 1). La France insoumise (LFI) conduite par Manon Aubry poursuit sa progression et enregistre désormais 9,5 %. La liste Les Républicains (LR), menée par François-Xavier Bellamy, reste stable à 7 %. Deux listes sont en danger de passer sous la barre des 5 % des votes requis pour envoyer des députés à Bruxelles. Reconquête conduite par Marion Maréchal s’établit ainsi à 5,5 % d’intentions de vote, celle des Ecologistes (Ex-EELV), conduite par Marie Toussaint, à 5 %. Léon Deffontaines, qui conduit la liste du Parti communiste français (PCF), est estimé, quant à lui, à 2,5 % d’intentions de vote, soit au même niveau que la candidate du Parti animaliste, Hélène Thouy,

Le point de vue des écologistes bien informés

Si on voulait que l’écologie ait encore quelques députés à Strasbourg, il fallait d’urgence convertir le plus de personnes possibles. Tant pis pour vous, c’est maintenant trop tard, le vote est ouvert. Si on voulait ridiculiser Macron, on votait Glucksmann. Les autres votes n’avaient aucune importance : si on ne veut pas des idées des extrémistes de droite comme de gauche et si on aime son minou, autant voter animaliste pour se faire plaisir et oublier que c’est une élection qui concerne l’Europe (et pas les toutous).

Pour le reste, notre blog biosphere vous avait déjà informé

Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

extraits : Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles)….

Trois raisons de ne pas voter Rass. Nat.

extraits : Il y a trois raisons pour ne pas voter Rassemblement national . D’abord son désintérêt de la question écologique qui va pourtant structurer nos comportements pendant les décennies qui viennent. Ensuite son culte du leader, l’ordre assumé par une seule personne, de préférence avec une passation de pouvoir au sein d’une même famille. Enfin un argumentaire politique qui se résume à une seule thématique, Nous Français, Eux étrangers, qu’ils restent chez eux….

Européennes, le paradis de Jordan Bardella

extraits : Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration….

Européennes. Des écologistes inaudibles

extraits : Premier débat avec les sept principales têtes de liste… Échanges lamentables ! Des promoteurs d’une société militarisée et non de paix. Pas un mot pour le droit international, la négociation et l’exigence de paix, de sécurité humaine, de rupture avec le capitalisme, d’exigence de solidarité face aux menaces existentielles !

Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen (2023)

extraits : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

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CLIMAT. On ne peut que prévoir le pire

Lutte contre le changement climatique, ne risque-t-on pas de sacrifier injustement notre niveau de vie ? Une nouvelle étude estime qu’une hausse de 2 °C de la température mondiale à l’horizon 2100 entraînerait une baisse du PIB mondial de l’ordre de 50 % ! Encore une hypothèse bien en dessous des réalités futures !

Adrien Bilal et Diego Känzig : La plupart des projections des macro-économistes – à commencer par le prix Nobel d’économie William Nordhaus – tablent en moyenne sur un impact du réchauffement climatique somme toute assez faible, de l’ordre d’un à deux points de PIB par degré supplémentaire à la surface du globe. Ils basent leurs évaluations à partir des changements de températures locales, dans un pays donné. Pourtant les événements climatiques (canicules, sécheresses, incendies, hausse de la température des océans, précipitations intenses, tempêtes) ont à la fois des répercussions au niveau local, mais aussi des effets de long terme à l’échelle globale. Une hausse de 2 °C à l’horizon 2100 entraînerait une baisse du PIB mondial de l’ordre de 50 %. Cela se traduirait par une diminution moyenne du pouvoir d’achat de 31 %, soit un niveau équivalent à celui qui a été constaté au pic de la Grande Dépression américaine de 1929.

Stéphane Lauer : L’étude estime le coût économique de l’émission de 1 tonne de carbone aux environs de 1 000 euros, à comparer avec les 160 euros en moyenne habituellement avancés par les économistes. Le rapport coût-bénéfice de la lutte contre le changement climatique se retrouve donc complètement inversé. La décarbonation n’est plus regardée comme un coût net, mais comme un gain à long terme, même si le sujet de son financement reste entier.

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Michel SOURROUILLE : William Nordhaus « prix Nobel d’économie » en 2018, estimait qu’un réchauffement climatique de 3 °C mènerait en 2100 à une perte de PIB de seulement 2,1 % et à une perte de 8,5 % pour une augmentation de 6 °C. La réalité est qu’à 6 °C d’élévation de la température de la Terre, la civilisation thermo-industrielle ne serait plus qu’un vague souvenir et il n’existerait plus aucune institution susceptible de calculer un quelconque PIB – notion qui n’aurait, du reste, plus le moindre intérêt.

Obéron : On ne peut que se réjouir que des études se mettent enfin à évaluer sérieusement les coûts de l’inaction climatique, et ceci à la seule échelle réaliste, celle de la planète. Les climato-sceptiques se contentent d’alarmer les gens en pointant les coûts, exorbitants selon eux, de la lutte contre le réchauffement climatique à présent qu’il leur devient difficile de nier celui-ci. L’étude porte ici sur un réchauffement « limité » à + 2 C, et cela n’est même pas garanti. Lutter contre le dérèglement climatique représente sans doute un effort encore supportable, tandis que l’inaction, elle, rendra la situation hors de contrôle et insupportable, aggravée de plus par de nouveaux conflits. Un réchauffement de seulement 2 degrés en 2100 devient donc une hypothèse optimiste…

Jacques Py : C’est l’unité de la machinerie du Vivant qui est concernée, tant le climat lui est fondateur et déterminant. Les climatologues ont intégré le principe d’une accélération de ces changements climatiques. Le prochain stade est l’emballement, stade où plus rien de connu ni prévisible devient possible. Le Covid fut ce Cygne noir, d’autres surgiront; complexité et fragilité, c’est la définition même de ces équilibres climatiques que nous avons rompu, pour entrer dans l’inconnu.

Le paraméen : 2 exemples récents: les conséquences sur la viticulture de la sécheresse de longue durée qu’ont connue les départements du Sud de la France et celles de l’excès de pluviométrie pour les agriculteurs, éleveurs et viticulteurs récemment. Quel coût économique ? Autre aspect : la répercussion sur le prix des assurances pour couvrir le coût des dégâts occasionnés par les canicules, les incendies, les inondations, les tempêtes dont les fréquences vont s’accroître ? Penser qu’une augmentation des températures sera quasiment sans effets sur la qualité et le niveau de vie des populations est aberrant.

Zahnstocher : Encore un article inutilement anxiogène. Si le PIB diminue de 50%, mais que dans le même temps les canicules et famines engendrées par les baisses de rendements agricoles nous débarrassent de la moitié de la population, tout reste tel quel pour les survivants. Pas de quoi fouetter un chat.

D accord : Certains sont tellement dans leur monde que même s’ils grillaient au soleil, ils accuseraient encore des martiens, un complot judéo-maçonnique, la gauche bobo ou l’ccident.

CM : Moi, ce qui m’épate, c’est cette phrase : « Bilal et Känzig estiment qu’entre 1960 et 2019, le réchauffement a déjà réduit le PIB par tête de 37 %. » Et dire qu’on ne s’en était même pas rendu compte. On pensait même plutôt l’inverse avec nos joujoux technologiques, nos voyages en avion à l’autre bout du monde, nos SUV, nos centrales nucléaires…

Lucy : Oui et c’est sans compter sur l’actuelle chute de la biodiversité. Lorsqu’il ne restera plus que les espèces domestiques et nous sur la planète, il y aura toujours ceux qu’on ne voit pas : les bactéries, champignons et virus…

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CLIMAT. S’adapter, c’est déjà trop tard !

extraits : Dès novembre 1976, la Mitre Corporation, un groupe de réflexion d’origine militaire proche de la Maison Blanche, organisait un congrès intitulé « Living with Climate Change ». Dans son préambule, le rapport passait rapidement sur le réchauffement, considéré comme inexorable. Restait à en évaluer les conséquences sur l’économie américaine. Au Royaume-Uni, un séminaire gouvernemental d’avril 1989 exprimait un point de vue similaire. La première ministre Margaret Thatcher avait demandé à son gouvernement d’identifier les moyens de réduire les émissions. Les réponses vont toutes dans le même sens : inutile de se lancer dans une bataille perdue d’avance. Le ministre français de la transition écologique, Christophe Béchu, a annoncé en 2023 « commencer à construire une trajectoire [de réchauffement] à 4°C » en vue de la fin du siècle….

Croissance durable, un oxymore obtient le prix Nobel !

extraits : Un bon économiste est d’abord un bon écologiste. Mais la Banque de Suède, qui a attribué le « prix Nobel » d’économie aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ne le sait pas encore. Les colauréats ont paraît-il « mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète ». Comme chacun devrait savoir, une personne qui croit encore qu’une croissance à long terme est possible dans un système planétaire clos (dont on a déjà transgressé toutes les limites) est soit un fou, soit un économiste. Paul Romer vit encore dans l’illusion technologique, « demain on rasera gratis ». Il n’a aucune conscience des contraintes biophysiques. Pour lui, l’innovation permettra la croissance….

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L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée. Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée. Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme. Pour décider de sa propre mort, on peut demander pour soi les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de vieillesse. L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

lemonde.fr : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. » L’article ainsi adopté dispose que « la personne s’administre une substance létale ou, lorsqu’elle n’est pas en mesure physiquement d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou un infirmier ». Les élus Les Républicains (LR) et ceux du Rassemblement national (RN) l’ont âprement combattu : « Cet article 5 est une rupture anthropologique avec le principe d’inviolabilité de la vie humaine , selon un député LR. A l’inverse, les principaux zélateurs ont été les députés insoumis, socialistes et écologistes, soutenus par l’aile gauche de la macronie : l’« aide à mourir » est le moyen d’éviter aux personnes malades de « souffrir le martyre et l’enfer », selon René Pilato, député « insoumis » de Charente. Introduire l’aide à mourir dans le code de la santé publique revient à considérer que l’acte létal pourrait être un soin.

Le point de vue des écologistes qui veulent mourir dans la dignité

Daniel : L’aide à mourir ! Pourquoi ne pas utiliser les termes employés par l’association ADMD, « droit de mourir dans la dignité » car c’est bien de cela qu’il devrait être question…

Alfred K. : LR et RN massivement contre ! Il faut prendre conscience de ce qu’expriment ces droites : une rupture radicale avec l’immense majorité des Français. Et un positionnement accablant face aux nécessités de notre époque confrontée à l’acharnement thérapeutique.

Pile ou face : Ce qu’une loi peut faire, une autre loi peut le défaire…sauf pour ceux qui seront partis entre-temps bien sûr. Le principal est de déterminer la direction générale de l’évolution des lois, vers plus de conscientisation des personnes ou vers l’encadrement des gens.

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L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

Mourir dans la dignité, quelle définition ?

extraits : Sur une planète saturée d’humains, l’écologie s’intéresse forcément à la démographie, qui porte autant sur le nombre des naissances que sur notre façon de mourir, autant sur l’entrée des immigrés que sur le départ des émigrants. L’essentiel est que cela se passe dans la dignité la plus parfaite possible. La dignité humaine est la promesse d’une fin de vie heureuse. Intervenir pour entraver une tentative de suicide reviendrait à briser la volonté d’autrui. La mort fait partie de la vie, et si j’ai la possibilité de me l’approprier, pourquoi devoir y renoncer ? Pour quelle raison me l’interdirait-on ? ….

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Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles).

1. Europe Écologie Marie Toussaint. « Pour l’Europe, pour nos vies, l’écologie ».

Dans les 10 solutions, 1) adopter un traité environnemental, 3) reprendre en main les entreprises du pétrole et du gaz pour réorienter vers les renouvelables, 4) baisse la TVA sur les produits « verts », 8) Sortir de la civilisation des toxiques.

2. Réveiller l’Europe (Glucksmann). Les élections européennes du 9 juin 2024 sont les plus importantes de l’Histoire.

L’écologie se retrouve dans certains des 11 engagements, par exemple l’Europe du train, la sauvegardes des océans, l’agroécologie…

3. La France insoumise avec Manon Aubry (et Mélenchon). « La force de tout changer ».

10 combats contre les multinationales qui maltraitent les travailleurs et la nature. Deux points sur l’écologie, 5) refuser les pesticides et 6) 100 % d’énergies renouvelables en 2050

4. Europe, Territoires, écologie (parti radical de gauche). « Pour une Europe plus forte qui nous respecte et nous protège ».

L’écologie se retrouve dans 2 des 15 engagements, lutte contre le réchauffement climatique par les énergies renouvelables, interdiction des polluants éternels.

5. La gauche unie pour le monde du travail (PCF). Protégeons les travailleurs, baissons les factures, produisons en France.

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 7 : un mix décarboné avec le nucléaire et une baisse de la TVA sur l’essence.

6. Écologie au centre (Governatori). « Pour notre planète, nos aimés, nos entreprises, une écologie pragmatique », finissons-en avec l’écologie sectaire.

L’objectif écologique arrive en 7e position sur 12 : innovation verte et maison des semences (par région).

7. Parti animaliste. « Les animaux comptent, votre voix aussi ». Nous défendrons les animaux au Parlement européen, chaque minute, chaque seconde.

Une de nos mesures : réduire la TVA sur les soins vétérinaires et les aliments pour animaux de compagnie.

8. L’Alliance rurale (Jean Lassalle). « L’urgence du bon sens »

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 9 : suppression de toutes les taxes d’origine européenne voulues par des écologistes déconnectés.

9. Majorité présidentielle (Macron). Besoin d’Europe pour une France plus forte.

L’objectif écologique, économique et social arrive en 3e position sur 5 : investissements massifs dans l’énergie, les transports, l’agriculture, le numérique, le spatial…

10. Le 9 juin avec FX Bellamy. La droite pour faire entendre la voix des Français en Europe

Quelques considérations anti-écolos… Abroger les éléments du Pacte vert… Une Europe qui transmette notre nature par une écologie des résultats et non de la décroissance…

11. La France revient ! Avec Jordan Bardella. « Pour l’Europe des Nations contre l’Europe de Macron ! »

Aucun objectif écolo explicite sur les 9 propositions mais dans point 5 (notre agriculture) on trouve  : arrêt de l’écologie punitive et point 9 : coopération européenne sur les technologies vertes.

12. Votez Marion, la France fière. « Le vrai vote utile, c’est Marion ! »

Sur les 10 « combats », 7) Défense de notre excellence nucléaire et 9) politique de soutien à la natalité

13. Lutte ouvrière, le camp des travailleurs (Nathalie Arthaud). Contre l’Europe du capital, contre les guerres impérialistes…

Aucun positionnement écolo explicite…, si ce n’est : « Aucun des problèmes posés à l’humanité sur le terrain climatique ne peut trouver de solution nationale, brandissons le drapeau rouge. »

14. Pour un monde sans frontières ni patrons (NPA révolutionnaires). « Renverser le capitalisme pour sauver la planète »

Aucun positionnement écolo explicite… si ce n’est : « Si les capitalistes ne sont pas capables d’assurer la survie de l’humanité, qu’ils passent la main. »

15. L’Europe, ça suffit ! (Florian Philippot). « Le Frexit est la seule solution pour retrouver la maîtrise de notre destin ».

Aucun positionnement écolo explicite… sauf en annexes : Stop à l’écologie punitive, investissons dans le nucléaire, refusons les éoliennes.

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Européennes, le paradis de Jordan Bardella

Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration :

Jordan Bardella : « Je veux que la France redevienne un paradis énergétique. Ma manière de réussir la transition énergétique consiste à développer fortement l’énergie nucléaire et à arrêter immédiatement le développement de l’éolien et du solaire. Je propose aussi de sortir des mécanismes de fixation des prix du marché européen de l’électricité et d’établir un prix français basé uniquement sur la production électrique dans l’Hexagone. Pour convaincre les autres pays de l’Union européenne, on verra bien. Ma promesse de baisser les factures d’électricité de 30 % à 40 % est certes au mieux irréaliste, au pire mensongère, mais c’est la mienne. Enfin je propose d’abroger l’interdiction de la vente des voitures à moteur thermique en 2035. Il faudra bien sûr importer plus de pétrole bien que, je le sais, le défi du XXIe siècle sera la fin inévitable de l’ère des énergies fossiles. Mais on a le temps de faire autrement. » 

Le point de vue des écologistes Négawatts

Philémon Frog : Ce programme du RN est certes aberrant mais ce n’est pas si éloigné que cela de ce que pensait la Macronie il y a à peine 2 ans, notamment le nucléaire. Ils ont fini par comprendre que l’urgence ne permettait pas d’attendre 2038 au plus tôt pour qu’une nouvelle centrale soit construite, ils ont fini par confirmer plusieurs projets d’éolien offshore. Concernant Bardella, si au moins il n’y avait que ça d’aberrant dans son programme…

Rectification2 : d’ici 10 à 20 ans, la quasi totalité des centrales (40 GW) auront plus de 60 ans et devront partir en démantèlement (c’est l’ASN qui le dit), or nous pouvons industriellement au mieux en construire une trentaine de GW… C’est donc un fait mathématique que nous ne pouvons que difficilement garder notre assiette de production nucléaire dans un contexte où il faudra augmenter massivement notre production pour remplacer les chaudières à gaz par des radiateurs électriques etc. Avoir un autre récit c’est simplement faux scientifiquement et une erreur politique lourde. Défendre le FN/RN sur leur programme énergétique c’est prouver son incompétence et sa malhonnêteté en la matière, pas étonnant d’ailleurs que ce sont souvent des climato-sceptiques, ils sont habitués au mensonge.

Raoul Radis : comme pour Trump, l’engouement pour Bardella est irrationnel. Alors ça ne sert à rien d’expliquer qu’il présente un programme irréaliste et aux contours fluctuants. Ça ne sert à rien de prouver sa vacuité. Ça ne sert à rien de démontrer qu’en tant que député européen, il n’a rien fichu à part toucher une solide paye plus indemnités. Ça ne sert à rien parce que ses électeurs ne veulent pas entendre ces arguments. Ils voient un jeune homme propre sur lui, qui promet plein de dépenses sociales et qui affiche un racisme soft.

Jm Dionisi : Très peu d’électeurs votent pour un programme, mais pour une lubie, un rêve, une contestation, une illusion, comme on croit en Dieu. Alors tous ces beaux arguments, aussi vrais soient-ils, malheureusement tombent dans l’œil d’aveugles. C’est ainsi qu’on peut voter pour Erdogan, Trump, Modi ou Javier Milei. Et même pire. Le fanatisme et l’obscurantisme sont universels, et à l’heure actuelle sans doute une valeur montante !

CharlesdM : Tous les experts interrogés s’entendent pour montrer que le programme du FN est irréaliste et même dangereux pour l’ensemble des citoyens français. Mais c’est plus compliqué de lire l’avis de spécialistes plutôt que de regarder un clip de 20 sec sur TikTok ;

Krikri : Si le scénario présenté par Bardella se matérialise, ce sera bien fait pour les électeurs RN et il sera trop tard pour les jérémiades. Personnellement, je trouverai cela très amusant.

le sceptique : Le défaut des partis spécialisés sur l’immigration, la sécurité, l’islam et quelques autres thèmes, c’est qu’ils n’ont en général aucune approche claire et cohérente du fonctionnement de l’Etat et de l’économie. L’argument « mon pays seul » reste une profonde aberration au plan institutionnel (sauf les « exiters » qui sont au moins cohérents sur le processus de détachement unilatéral de toute obligation européenne) et pratique (des usines à gaz en vue pour « nationaliser » des économies qui souffrent plutôt de désavantages compétitifs). Sans parler des slogans (par exemple quand on dit « nucléaire » on croit avoir tout dit sur l’énergie).

Damien16 : Depuis quand on se pose des questions sur la crédibilité économique du FN/RN ou de sa faisabilité ? Ce qui est important, c’est d’avoir l’air sûr de soi et de dire que ceux qui sont au pouvoir sont incompétents. Une fois qu’on a dit ça, tout le reste n’a aucune espèce d’importance. Ce qui était rassurant, c’est que jusqu’à maintenant, l’extrême droite n’avait aucune intention de gouverner et de mettre en œuvre un programme dont ils savent le manque de fond. Oui mais voilà, les français vont les mettre au pouvoir. La suite ? Bien malin ceux qui peuvent la prédire, mais a priori, ils ne feront pas grand chose de ce qu’ils ont promis. On va se retrouver un peu plus dans la mouise qu’aujourd’hui, voire beaucoup beaucoup plus.

PDubois : tant qu’on a assez d’électricité pour faire des selfies, tout va bien.

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Match en bio Jordan Bardella / Gabriel Attal

Extraits : Entre les deux jeunes et beaux gosses, Gabriel Attal et Jordan Bardella, à qui dire « Je t’aime » ? Pour vous aider à faire votre choix, petite présentation de ces deux personnages qui concourent au « Moins écolo que moi, tu meurs »….

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Démographie galopante en Afrique

Enfin un article du MONDE qui met l’accent sur la problématique démographique

La croissance africaine encore bridée par sa démographie galopante

quelques extraits : En Tanzanie, l’ex-président John Magufuli priait les femmes de « libérer leurs ovaires », car, « lorsque la population est nombreuse, l’économie se développe ». Le président du Nigeria, Bola Tinubu devant un parterre d’entreprises réunies pour sonder les opportunités de ce pays de quelque 220 millions d’habitants :  « Nous avons la jeunesse la plus importante et la plus dynamique d’Afrique ». Sa population a déjà été multipliée par cinq depuis son indépendance en 1960. Au Niger, la population pourrait être multipliée par huit entre aujourd’hui et 2100. Dès 2050, un humain sur quatre sera africain et même un sur trois parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, d’après les Nations unies.

Un emballement susceptible d’amplifier la triple crise – économique, climatique et sécuritaire. Ce facteur démographique apparaît derrière presque toutes les grandes questions du moment, de la congestion des villes aux difficultés dans la provision d’électricité en passant par la migration, constate un démographe camerounais. Durant les années où la forte croissance (5 % en moyenne en Afrique subsaharienne entre 2004 et 2014) nourrissait les discours afro-optimistes, la jeunesse était perçue comme l’un des plus beaux actifs du continent. Depuis une décennie, l’activité progresse moins vite que la démographie. Ce qui signifie qu’en termes réels les ménages africains se sont appauvris. Pour les investisseurs, il est difficile de capitaliser sur un marché dont les consommateurs sont dotés de très faibles revenus. De fait, les perspectives manquent dans des économies où dominent l’informel et le secteur agricole. Ne reste souvent qu’une seule option : partir, migrer ailleurs…

Le point de vue des écologistes malthusiens

Edgard Wibeau : Cela fait des années que lorsque l’on souligne ce point essentiel, « la surpopulation », en commentaire des articles sur l’Afrique, on s’attire des remarques grossières et idéologiquement très marquées. Et voilà que cela fait l’objet d’un article complet, avec forces détails. Le titre montre la gêne (ce « encore », totalement surréaliste …), mais on progresse un petit peu. Avec des décennies de retard, et alors que la situation est pratiquement désespérée.

Michel SOURROUILLE : Ayant accès comme tout abonné aux archives du MONDE, j’avais constaté que le concept de surpopulation était absent des différents articles écrits sur les pays africains. Cet article ne fait pas exception, mais au moins il pose le problème du déséquilibre démographique par rapport aux ressources. J’ai écrit plusieurs livres, avec d’autres co-auteurs, sur la surpopulation, mais LE MONDE ne donne la parole qu’au Français Gilles Pison qui s’évertue à minimiser les problèmes. De plus cet article n’est pas très lisible car il mélange les données de plusieurs pays. Il en ressort néanmoins que l’Afrique noire est mal partie, mais c’est ce qu’écrivait déjà René Dumont en 1962. Comme l’action sur la fécondité est une tâche de longue période, la plupart des pays africains deviennent aujourd’hui des pays en voie de sous-développement. On n’a pas écouté le malthusien René Dumont, le temps perdu ne se rattrape pas…

Demokratos : La baisse de la natalité vient déjà de la volonté éducative, on le sait depuis des décennies. Si c’est pour s’accrocher à des traditions ancestrales, il est clair que ça ne va pas avancer très vite. Il existe des forces néo-conservatrices très puissantes en Afrique qui freinent une réduction rapide de la natalité. Mais on ne va pas imposer de manière coercitive une démarche malthusienne aux pays africains. C’est aux Africains eux-mêmes de se sentir responsables de leurs populations. Il y a malheureusement en Afrique un déficit de la réflexion intellectuelle sur ces sujets, souvent encouragé d’ailleurs par nos altermondialistes occidentaux qui considèrent que tous les problèmes de l’Afrique sont exogènes. La responsabilité est entre les mains des dirigeants africains, nulle part ailleurs.

KLP : Pour le bien de la Planète il serait absolument nécessaire de restreindre le développement des pays africains. Leur accès à un mode de vie du type occidental constituerait en effet une catastrophe en terme d’émissions de GES, réduisant ainsi à néant tous les efforts qui sont en train d’être déployés. Il faut également lancer une importante campagne de diffusion de la contraception et de l’avortement dans ces pays. Les moyens sont connus : arrêt immédiat de l’aide au développement industriel et de technologies d’origine occidentales, fin des livraisons de céréales importées qui concurrencent les cultures agricoles vivrières locales, lesquelles permettent le maintien des populations dans les campagnes, livraisons massives de moyens de contraception !

Mandar : A noter que les ONG américaines ont arrêter de soutenir des programme de planning familial suite aux remontrances des mouvements évangéliques.

Le11 : Dans les pays du Sahel, vouloir ralentir la natalité se heurte aux réalités socio-religieuses: en gros si la femme est enceinte, c’est la volonté de Dieu, et on ne doit pas chercher à aller contre. A ma connaissance les nouveaux dirigeants putschistes n’ont pris aucune mesure destinée à ralentir la démographie.

pierre guillemot : cet article démontre au moins une chose : l’émigration n’est pas une solution. Question de volume. L’effet des départs vers l’Europe et l’Amérique (quelques millions par an) est presque invisible dans les pays africains. Dans les chiffres, car dans les têtes c’est destructeur. Tous ceux qui ont quelques capacités et quelques ressources pensent à partir dans les pays riches au lieu de réussir chez eux.

Bulgroz : Les naïfs présentent l’Afrique et sa « jeunesse » comme l’avenir de l’humanité. Elle sera surtout son boulet…

le sceptique : Le développement, une redistribution pour la paix sociale et la circulation des élites, un passage du stade agraire au stade industriel, une forte classe moyenne ayant intérêt à la stabilité et à la reconnaissance du mérite individuel, un évitement du syndrome hollandais (vivre sur quelques rentes minières ou autres), etc. Or beaucoup de ces conditions manquent encore dans beaucoup de pays africains.

Hansi : Le véritable coupable est la médecine occidentale du XXe siècle. Le taux de mortalité des enfants en bas âge a très fortement chuté grâce aux progrès de la médecine mais comme le taux de natalité n’a pas baissé, on a une grosse augmentation de la population.

Camtaoij : Arrêtons de dire que la population du Niger va être multipliée par 8 d’ici 2100. Cette prévision n’a aucune chance de se réaliser parce qu’il n’y a pas au Niger un potentiel agricole suffisant pour nourrir tous ces gens (et de loin). Seulement 8% du territoire reçoit des précipitations suffisantes pour cultiver dans des conditions correctes. Le pays, comme le Mali et le Burkina (déjà sujets aux conflits d’accès aux terres), courent droit à la catastrophe. D’autre part Mali, Niger, Soudan, Soudan du Sud, Somalie, Congo, Centrafrique sont gangrenés par les conflits ethniques et religieux, comment voulez-vous que ces pays se développent ?

Odomos : Si on pense au bien de la planète et si on prend garde à ce que dit l’article : densité de 49 hab/km2 au sud du Sahara, 112 au sein de l’UE => il serait donc bien plus simple et efficace de diviser par deux la population européenne.

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L’effet tunnel fabrique des mégalopoles

Lancé il y a une vingtaine d’années, le projet de l’A69, qui doit relier Toulouse à Castres, a démarré en mars 2023, soulevant une forte opposition des écologistes. La réalisation de cette autoroute de 53 kilomètres nécessite l’abattage de 260 arbres, 366 hectares de sol à bétonner, dont 232 hectares de terre agricole, la destruction de 23 hectares de zones humides et 13 hectares de forêt avec la biodiversité qui les accompagne. Tout pour les métropoles, rien pour les petites communes, rien pour l’équilibre écologique, c’est l’effet tunnel.

L’effet tunnel explique la révolte des Gilets jaunes

Dès les débuts du chemin de fer, on a parlé d’effet tunnel : un train désertifie les zones rurales en reliant une ville à une autre ville. En France, les conseillers municipaux d’Albion dénonçaient en 1833 l’effet tunnel : « Le chemin de fer est incapable d’être lucratif sauf aux grandes villes… tous les pays intermédiaires en souffriront par le défaut de communication ». Puis on a désertifié les villes intermédiaires avec les TGV. Face à ce vide spatial, les constructeurs d’automobiles ont pu imposer le choix de la voiture individuelle, « indispensable » puisqu’il n’y a plus de dessertes de proximité. Or la voiture dépend du pétrole, et bientôt il n’y en aura plus….

Métropolisation du territoire

Albert Levy, architecte : Dans le contexte de crise climatique et écologique actuel, dont l’A69 est emblématique, c’est la métropolisation du territoire qui est en cause, mise en question, avec la « mondialisation heureuse » à laquelle elle est associée. Ce modèle a été adopté en France avec la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam, loi « Métropoles ») de 2014 par la création, au départ, de onze métropoles, vingt-deux aujourd’hui, postulées indispensables à la croissance économique : l’existence de métropoles attractives, rayonnantes sur le plan international, est une question de survie dans le contexte de la mondialisation.

Mais, pour lutter contre le réchauffement climatique, métropolisation et transition énergétique restent des politiques totalement inconciliables : par l’importance de la mobilité, interne et externe, qu’elle génère et qui la fonde, la métropolisation énergivore, grosse consommatrice d’énergie fossile, freine la transition en impactant le climat. Elle est source, aussi, d’un déséquilibre territorial entre les métropoles qui gagnent (mise en réseau par le TGV), vitrines de prospérité, et la France qui perd, les territoires marginaux à l’écart et en déclin. Avec l’opposition à l’A69, c’est la métropole toulousaine qui est concernée, caractérisée par un tissu urbain fortement étalé (deux fois la surface de Lyon pour une même population) générant des déplacements internes importants (4 millions de déplacements quotidiens où l’auto domine). Une altermétropolisation est-elle possible ?

Le point de vue des écologistes de proximité

Lorsque l’on compare des villes petites ou moyennes de même population on constate que plus elles sont proches (en distance et en temps de trajet) d’une métropole et moins elles ont de services et équipements tels que commerces, cinémas, théâtre, hôpitaux, entreprises, etc. Et évidemment cela se traduit par une augmentation continue du besoin de transports de et vers la métropole, donc on rajoute une autoroute et c’est le cercle vicieux. C’est cela la métropolisation, c’est dévastateur en termes de qualité de vie et d’impact environnemental.

Si l’on n’est pas capable de renoncer ne serait-ce qu’à un tronçon d’autoroute et qu’on invente toutes les fausses excuses imaginables dès que la moindre alternative est proposée, la « transition » est perdue d’avance. Comment arrêter une tragédie en criant à la mort de la démocratie dès qu’on demande ne serait-ce que rouler moins vite ? Les activistes ant-A69 sont des citoyens éclairés et soucieux de la biodiversité, de notre avenir à tous et de celui de nos enfants. Sans ce type d’action, nous aurions encore moins d’écosystèmes préservés.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

extraits : Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols. Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural….

Désurbanisation (2009)

extraits : Qu’on le veuille ou non, il faudra bien un jour sortir du culte de la croissance, toujours plus de pouvoir d’achat, toujours plus de bagnoles, toujours plus d’avions, travailler toujours plus. L’urbanisation croissante est un élément de cette anthropisation forcenée de notre planète qui a accompagné la révolution industrielle dès le XIXe siècle. Mais au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue selon les termes mêmes du Monde (22 septembre 2009) « violente », particulièrement en Afrique : les villes y passeront de 350 millions d’habitants en 2005 à 1,2 milliards en 2050….

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Les Jeux Olympiques de Paris, une connerie

Le sénateur socialiste du Nord Patrick Kanner ancien ministre des sports (2014-2017) déplore dans une tribune le relatif désintérêt de l’État pour les Jeux olympiques. Nous pensons avec d’autres que les JO devraient être supprimés !

Le point de vue des écologistes, sportifs dans leur jardin potager

Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables. Les JO, c’est en effet un pognon de dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Le coût des Jeux de Tokyo de 2021 avaient atteint 15,4 milliards, montant bien sûr sous-évalué.

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectacularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs.

La controverse

Patrick Kanner : Dans six mois, la France accueillera le plus grand événement sportif mondial : les Jeux olympiques et paralympiques. A l’été 2017, la désignation de Paris comme ville hôte a suscité un formidable élan d’espoir dans notre pays.

MS : Espoir de quoi ? D’un endettement qui va s’ajouter aux autres endettements, des installations sportives qui ne trouveront pas de public durable, de l’argent supplémentaire dévolu à des sponsors privés, un surencombrement de Paris qui n’en demande pas tant…

Patrick Kanner : Celui de faire enfin de la France une grande nation sportive, en préparant nos athlètes à l’épreuve suprême et en insufflant une envie de pratiquer une activité physique et sportive chez l’ensemble de nos concitoyens, des plus jeunes aux plus âgés.

Lacannerie : Pendant que la Macronie et les politiques se gobergent avec les « valeurs » du sport, le gouvernement vide les hôtels de la région parisienne qui accueillent les femmes et les enfants sans domicile en les envoyant à l’autre bout de la France et dégage les étudiants de leurs appartements. Il s’agit de faire place nette pour les JO, ces jeux de la vacuité et de l’argent roi. Lamentable.

Patrick Kanner : Emmanuel Macron lui-même déclarait, le 13 septembre 2017 : « Ces Jeux doivent nous permettre de mobiliser le sport partout en France. Le sport amateur en particulier et les pratiques sportives partout dans le pays. »

Mic So : Entretenir la confusion entre sport de haut niveau et sport individuel à son échelle est un abus de langage, ces deux domaines sont complètemtn séparés. On n’a pas besoin ndes JO pour fiare du vléo ou une radonée pédestre.

Patrick Kanner : Je ne parle pas là du travail du Comité d’organisation des Jeux olympique. Je parle de la responsabilité de l’État, qui n’a donné aucun cap, aucune stratégie lisible en matière de haute performance.

Paclair : Les JOs sont surtout un business, plutôt que du sport. Le CIO est en fait un regroupement de personnes auto-choisies qui mettent les JO aux enchères en pensant à la visibilité médiatique à la mode et à ses retombées financières conséquentes.

Patrick Kanner : Une politique à rebours de l’objectif de quatre-vingts médailles fièrement affiché par le gouvernement.

Padequartier : Ce que décrit Patrick Kanner dans sa tribune est exactement ce qui fait que le sport me dégoûte. Le côté social-nationaliste, le côté embrigadement dans un projet collectif à l’échelle de la nation. Le côté patriotisme. Comme le chantait Henri Tachan : « Ce s’rait chouette les Jeux Olympiques – Si nom de Dieu il n’y avait – Leurs p’tits drapeaux leurs p’tits fanions – Couleur kaki caca d’oie des frontières – Leurs p’tits drapeaux pour chaque nation – Qui claquent au vent d’une musique militaire… »

Patrick Kanner : Au-delà du haut niveau, l’activité physique et sportive chez le plus grand nombre aurait dû être développée, érigée en grande cause nationale.

Charlieck : non le sport n’est pas une priorité ! le logement, la santé, l’école sont des priorités

Patrick Kanner : Le sport reste le parent pauvre de notre système éducatif. Nous savons aussi combien les études peuvent représenter un obstacle pour les athlètes. Des solutions existent : de l’aménagement des temps aux équipements, en passant par les bourses et les aménagements scolaires.

JOnon : L’hygiène sportive du corps n’est pas de l’ordre d’un système éducatif d’État. C’est dans son lieu appartenance qu’on doit faire du sport, à commencer par l’activité physique autour de son jardin ou la participation aux activités sportive de son village. Les associations sont en première ligne pour le collectif, pas l’État.

Patrick Kanner : Des moyens considérables auraient dû être consacrés au sport dans la perspective de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques.

citoyen lambda : Permettez-moi, Monsieur le Sénateur, de vous dire que votre tribune est à coté de la plaque.. Vous vous plaignez d’un manque de moyens apportés par l’Etat pour le sport. Vous rendez-vous compte qu’à 3000 milliards de dette publique, l’Etat n’a simplement plus les moyens de financer des actions qui, disons le franchement, ne sont pas dans le top 10 ou 20 ou 30 des priorités du pays ?

Patrick Kanner : Malgré ce contexte, je souhaite le plus grand succès aux athlètes qui nous représenteront à partir du 26 juillet. Je serai derrière eux, comme l’ensemble de nos concitoyens.

Pat Cartier : « Le serai derrière eux comme l’ensemble de nos concitoyens ». Euh, non, Patrick, non. Ce sera sans moi, pas en mon nom. Et je sais que je ne suis pas le seul mauvais citoyen à fuir l’événement ou à y être simplement indifférent.

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere

8 août 2021, Fin des Jeux Olympiques, enfin !

25 juillet 2021, La mort des Jeux Olympiques, bonne idée !

20 septembre 2020, NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

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