Emmanuel Macron, pour ET contre le nucléaire

février 2017, Emmanuel Macron : « Ça n’est pas bon d’avoir 75 % de notre énergie électrique qui dépend du nucléaire ». Aucun nouveau projet de centrales ne figurait donc à son programme de présidentiable.

Novembre 2018, le président Macron estime que « Le nucléaire reste une piste prometteuse pour continuer à pouvoir compter sur une énergie fiable, décarbonée et à bas coût »,

Décembre 2020,  Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire »

novembre 2021, Emmanuel Macron souhaite « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays… lLatome  garant de l’indépendance énergétique de la France reste le chemin le plus rapide vers la neutralité carbone en 2050 »

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

5 janvier 2022, Macron a vanté l’atome mais ans préciser ce que recouvre son plan dans les faits : combien de réacteurs, où, quand et pour quel coût ?

Olivier Faye : Sur les six scénarios présentés par le Réseau de transport d’électricité (RTE),, un seul envisage d’alimenter entièrement la France par les énergies renouvelables. Le plus cher… (Mais) un projet de nouvelles centrales fleure bon la nostalgie des années 1970, quand Georges Pompidou et son premier ministre, Pierre Messmer, décidèrent de tout miser sur l’atome, devenu fleuron national dans l’imaginaire collectif. « Si quelqu’un d’autre est élu, il pourra tout arrêter », reconnaît François de Rugy. Une saute de vent est vite arrivée.

Commentaires sur lemonde.fr :

François R. : cet article d’Olivier Faye est factuellement faux en écrivant « Sur les six scénarios présentés, un seul envisage d’alimenter entièrement la France par les énergies renouvelables. »
Sur les 6 scenarios RTE, la moitié envisage le 100% renouvelable, 1 dès 2050, et 2 autres à l’horizon 2060. Aucun nouveau réacteur (EPR) ne serait lancé dans ces scenarios. Merci de corriger ce point !

Lire, Électricité, les scénarios de RTE pour 2050

Amiral Bragueton : Invoquer l' »indépendance énergétique de la France » (bien insister sur la « Frrrance », en y mettant une pointe d’émotion et beaucoup d’autorité, comme si la France, c’était vous)…quand on sait que les mines d’uranium sont au Kazakhstan, en Australie… Mais bon, les défenseurs de l’atome, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît…

Matdread : Sans déconner comment on peux encore promouvoir le nucléaire, où se situent les mines d’uranium qui alimentent tout ça ? Apparemment Australie, Canada, Kazakhstan et Niger, on voit déjà que la situation géopolitique de la moitié des approvisionnements peut-être compliquée, et même l’Australie n’est pas un partenaire très fiable… Et n’espérez pas rouvrir des mines en France, on a déjà une liste d’anciennes mines de la cogema qui continuent à polluer…

PHILEMON.FROG : La décarbonation est l’alibi des productivistes qui y ont été indifférents toute leur vie, croyant en la croissance éternelle, et qui ne parviennent pas à remettre en cause leurs schémas de pensée. Le nucléaire prolonge un peu ce rêve mais cette énergie est, quoi qu’on veuille, condamnée : épuisement dans moins d’un siècle des réserves exploitables à coûts soutenables, ce qui rend absurdes les investissements ; limites technologiques : projet Astrid (4ème génération) repoussé après 2050 ! EPR, naufrage technologique et budgétaire hallucinant ; dépendance vis à vis de gisements à 80 % dans des pays instables géopolitiquement ; risques de sécurité majeurs ; problématique insoluble des déchets, etc. Le projet nucléaire est exclusivement idéologique et lié à une génération qui va passer. Macron dorlote celle-ci et tente de rameuter un électorat de droite. Mais rappelons qu’il faut d’abord é-co-no-mi-ser l’énergie ! Et l’horizon n’est ni 2050 ni 2037 mais 2030 !

Elis : Si tous les ÉPR multiplient par quatre leurs budgets, le scénario du nucléaire devient le plus cher. On veut préserver la vie humaine sur la planète en dé- carbonnant l’électricité et en même temps on charge de la gestion des déchets, les générations des 10000 prochaines années et même plus. Tout cela pour ne pas remettre en question nos trains de vie d’occidentaux gâtés. Après moi le déluge! Lire l’article de N Truong qui émet l’hypothèse que c’est le refus de cette réalité du changement en cours qui est à la source de l’ultra droitisation de la société qui préfère se faire peur en se focalisant sur les migrants ou le féminisme !!!

Michel SOURROUILLE : La stratégie nucléaire repose sur un avenir pensé comme identique au passé, basé par exemple sur le véhicule individuel qui ne serait plus thermique mais électrique. Or la voiture comme objet de consommation de masse est un phénomène récent, moins de 100 ans ; la déplétion des ressources énergétiques vont rendre ce luxe inabordable. Les choses débutent, prennent de l’expansion puis meurent, c’est la vie. L’énergie n’est pas donnée, elle est volée à la nature. La seule vraiment renouvelable à portée de notre main, c’est notre énergie physique. Notre avenir, c’est de remplacer l’énergie exosomatique par des tâches simplifiées le plus possible manuelles. Quand des étudiants des grandes écoles se mettent au maraîchage ou à l’artisanat, c’est la preuve qu’ils ont bien compris où va notre futur.

Lire, En marche… vers la sobriété partagée

Planning familial, que disent les chiffres

Le planning familial dans le monde

Le 8 juillet 2017, à cette question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? », le président français Emmanuel Macron a répondu  : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

Hasard du calendrier, le 11 juillet 2017 s’est tenue à Londres une conférence internationale sur le contrôle des naissances, Family Planning 2020 pour le contrôle des naissances, l’occasion de revenir sur les chiffres de la fécondité africaines. Les femmes africaines ont 4,7 enfants en moyenne, la moyenne mondiale est de 2,5. Le Niger détient le record avec un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, le Burkina Faso à 5,7 et l’Éthiopie à 4,2. Près de la moitié des 6 millions d’enfants dans le monde qui meurent avant l’âge de 5 ans sont africains. Dans les pays en développement, 43 % des grossesses ne sont pas désirées. Dans la plupart des cas, la grossesse est accompagnée d’un mariage précoce et provoque une déscolarisation de la jeune fille. Les femmes ont tendance à reproduire avec leurs filles les inégalités dont elles ont été victimes.

Les dépenses actuelles pour le planning familial dans les pays en voie de développement sont de 5,5 milliards de dollars pour la contraception, 8,3 milliards de dollars d’investissement pour les grossesses non prévues et 17,2 milliards de dollars pour les grossesses prévues. Au cours du sommet Family Planning, de nombreux gouvernements se sont engagés à contribuer à la cause . Une planification familiale performante serait moins coûteuse que l’adaptation aux grossesses non désirées. Offrir une protection aux 885 millions de femmes qui ne souhaitent pas tomber enceintes dans les pays en voie de développement coûterait 8,3 dollars par femme et par an.

Lire, pas de sécurité alimentaire sans planning familial

Le planning familial, angle mort de l’aide au développement de la France

Alors que l’ONU préconise depuis les années 1970 que les pays investissent 0,7 % de leur revenu national brut dans les aides publiques au développement, la France n’était qu’à 0,38 % en 2016. Bien loin du Danemark, du Luxembourg, de la Norvège et de la Suède, qui avaient atteint et dépassé cet objectif dès les années 2000, et ont amorcé une vraie politique d’aide au développement à destination des femmes.

La France est loin d’être à la pointe de l’aide au développement en faveur des politiques de planning familial. Paris n’a d’ailleurs envoyé aucun membre de son gouvernement au sommet Family Planning 2020. Deux fonctionnaires français étaient présents, mais ni déclaration officielle ni engagement financier n’étaient à l’ordre du jour.En 2015, la France a investi seulement 1,44 % de son aide au développement dévolue à l’Afrique dans les droits sexuels et reproductifs. Sur les vingt-cinq membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE qui ont financé des politiques de population en Afrique, la France arrive en 16e position. Grands premiers, les Etats-Unis dépensent 29 % de leur aide au développement à destination de l’Afrique pour les droits sexuels et reproductifs. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et l’Irlande investissent autour de 5 %.

Neil Datta, secrétaire du Forum parlementaire européen sur la population et le développement, un réseau en faveur du droit des femmes, déplore : « La France s’est plusieurs fois déclarée championne des droits des femmes, mais quelle que soit la couleur politique du gouvernement, l’aide apportée aux pays en voie de développement est très modeste. Quand j’essaie d’aborder ces questions en France, on détourne toujours la conversation sur les succès du pays, comme la lutte contre le sida et le changement climatique. »

Lire, Tout savoir sur l’aide au développement

Lutter contre les causes structurelles de la faim par l’agriculture biologique est certes nécessaire. Mais il serait aussi urgent d’augmenter fortement la part de l’aide publique au développement à destination du planning familial. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD y soit consacré.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Triage colonial sur la fécondité africaine ?

Un commentateur de ce blog nous rappelle sans plus de précisions la tribune de la « philosophe » Elsa Dorlin (LE MONDE du 30 novembre 2017). Il aurait mieux fait de remettre les propos délirants de cette dame en perspective et de lire les commentaires assassins sur lemonde.fr.

Emmanuel MACRON : « Ça fait des décennies qu’on vous promet des plans Marshall pour l’Afrique et qu’on les a d’ailleurs décidés, donc si c’était aussi simple, vous l’auriez constaté. Le plan Marshall, c’était un plan de reconstruction matérielle dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité. Le défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, aujourd’hui, le défi de l’Afrique, il est civilisationnel. » Et de poursuivre : « Dans un pays qui compte encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien .» ( conférence de presse sur l’Afrique le 8 juillet 2017)

Lire, Macron, un président malthusien, cela se fête

Elsa Dorlin : Ces propos de Macron ont été quasi unanimement qualifiés de racistes…. Les termes utilisés par le chef d’État étaient marqués d’un passé impérial qui continue d’imposer l’ordre du discours sur « l’Afrique »… Ce sont les femmes africaines qui sont visées, à la sexualité débridée et irresponsable… La France a constamment activé dans son propre intérêt ce mythe de la surpopulation des territoires colonisés…

On me la fait pas : Je n’ai pas compris ce que cherche à dire cette brave dame : Macron a-t-il inventé les chiffres ?

Domnick : Je suis consternée devant tant de mauvaise foi. Qui a jamais dit que compter le nombre d’enfants par femme signifiait que les femmes étaient responsables de la natalité ? Et il n’y aurait donc pas de surnatalité en Afrique ? Elle ose dire aussi que si les femmes africaines se soulèvent contre le patriarcat, elles font le jeu du colonialisme ? Faîtes taire cette incompétente !

Assorbo : J’aurais parié qu’elle était universitaire à Paris 8… L’antre du leitmotiv de la repentance éternelle et du communautarisme. Rappelons à cette philosophe des chiffres sans appel : toutes les études statistiques prouvent que le développement économique est impossible sans la maîtrise de la fécondité. Éducation, insertion dans la vie professionnelle, politique et sociale, les femmes réussissent toujours mieux avec 2/3 enfants qu’avec 12 (et vivent mieux aussi !).

vetiver : J ai écouté le discours de Mr Macron et les questions/réponses avec les étudiants. Suis je stupide de ne pas du tout avoir compris la même chose que cette dame ? En fait, j en ai assez de ces pseudos intellectuels qui donnent des leçons à longueur de journée sans se préoccuper de la réalité. Je suis un homme noir et je dis bravo à Mr Macron pour ce discours. Les amis doivent se dire la vérité en toute amitié.

Elsa Dorlin : C’est ce préjugé de la surnatalité, conséquence des politiques d’appauvrissement du continent africain qui active ce sentiment d’indifférence face à ces corps affamés sur des zones de conflits, il ne s’agit que de vie de chiens issus de portées en surnombre et qu’on élimine…. Entre mythe de la surnatalité et technologies de stérilisation, les politiques démographiques ont aussi consisté à contraindre à la migration-déportation pour extorquer des ressources humaines et intellectuelles et culturelles…Sept, huit ou neuf enfants par femme, êtes-vous sûrs, vous, hommes africains, que c’est le choix de vos femmes ?

o. : Nier que la surnatalité engendre des problèmes de pauvreté et de stabilité politique… Faire des raccourcis idéologiques pour ensuite les dénoncer. Omettre que les enfants naissent grâce à un homme et pas seulement grâce à une femme, pour ensuite interpréter le propos comme une attaque envers les femmes. Pitoyable.

DANIEL GALL : Les projections démographiques prévoient 4 milliards d’africains en 2100. J’espère que Madame Dorlin sera là pour les accueillir. Pendant ce temps, le Kivu est livré à lui-même et aux massacres, au viol organisé, le Burundi retient son souffle, les pays du sahel voient avancer la sécheresse avec les djihadistes, le Cap n’a plus d’eau, la population Algérienne a triplé depuis l’indépendance, absorbant en vie quotidienne les ressources du pétrole…

Emmanuel Macron : « Je vous le dis avec la même franchise, je regarde avec inquiétude, parfois dans certains quartiers de mon propre pays, la déscolarisation des jeunes filles progresser, et je le vois dans certains pays africains. Si l’Afrique veut réussir, et la France avec elle, ce grand basculement du monde, nous devons former et éduquer tout le monde, et nous devons éduquer les jeunes filles, nous devons avoir des jeunes filles et des femmes libres, libres de choisir. Et je le dis pour vous, jeunes hommes qui êtes là, c’est bon pour vous. »

Elsa Dorlin : Dans ce discours, il y a quelque chose de particulièrement écœurant. Sous couvert d’un engagement qui emprunte au féminisme son lexique, il n’est question que d’une forme actualisée de triage colonial : à la surnatalité prétendue des femmes africaines, l’État français propose la migration prétendument éducative et diplômante… La promotion des femmes africaines, forme de sélection genrée, n’est qu’un autre moyen d’ériger des frontières de race et de creuser des lignes de couleur.

Gh : Comme vous le dites à l’encontre du Président Macron : « Dans votre discours, il y a quelque chose de particulièrement écœurant … » Vous m’avez écœuré.

Epsilon : Cette dame enfile les mots comme des perles pour le simple plaisir de s’écouter parler. Malheureusement, le résultat n’a aucun sens. C’est regrettable, mais le militantisme intégral entraîne parfois ce genre de dégénérescence…

Elsa Dorlin : Ce que l’on peut rétorquer à Emmanuel Macron, c’est que dans son pays, la présence des jeunes femmes se raréfie sérieusement aux portes des grandes écoles ou dans les recrutements à des postes et concours à haute valeur sociale ajoutée. Cela a un nom : le sexisme institutionnel. Celui-ci a la dent dure et fait tache quand on prétend porter l’étendard de la liberté des femmes… Que les hommes d’Etat nous épargnent ce « fémocolonialisme », terreau du racisme comme de l’antiféminisme.

Vm : Avec des « intellectuelles » de cette trempe, les africains ne sortiront pas de leur position victimaire, et c’est bien dommage. Mme Dorlin aurait-elle eu la même carrière en étant mère de 8 enfants ?

Lire aussi Article réservé à nos abonnés En 2100, 40 % de l’humanité sera africaine

Elsa Dorlin est professeure de philosophie au département de science politique de l’université Paris 8.

La démographie n’est plus un tabou pour LM

Extraordinaire, LE MONDE découvre enfin le péril démographique… en attendant un rectificatif qui mettra très bientôt en avant le dynamisme extraordinaire de la jeunesse africaine et sa capacité inouïe d’innovation…

Philippe Bernard : « Critiquer l’instrumentalisation de la démographie africaine comme machine à fantasmes xénophobes ne doit pas empêcher de considérer que l’emballement démographique est un véritable fléau. Avec une augmentation de la population de plus de 3 % chaque année au Sahel, la démographie rend illusoire toute perspective de sortie de la pauvreté. Le milliard d’habitants que compte l’Afrique aura doublé en 2050 puisque 40 % de sa population a moins de 15 ans.Tandis qu’une femme française a en moyenne 1,8 enfant, une Africaine en a 4,4 et même 7 si elle vit au Niger. Le Niger, pays dont seuls 8 % de la superficie est cultivable, avait 3 millions d’habitants en 1960. Il en aura plus de 40 millions dans vingt ans. Comment suivre le rythme effréné des naissances quand 40 % du total de la population est censé » être scolarisés ? La forte hausse de la population jette dans le sous-emploi ou dans le djihadisme des masses de jeunes sans espoir. Longtemps, cette « malédiction de la démographie » était taboue, indicible pour les Européens, anciens colonisateurs. Quant aux Africains, ils ont longtemps évité un sujet ultrasensible, qui met en jeu les traditions ancestrales des mariages précoces et constitue l’une des clés de la domination des hommes sur les femmes quand le statut de la femme est lié à sa capacité de procréer. Résultat : au Niger, plus de trois jeunes filles sur quatre sont mariées avant 18 ans et souvent dès 13 ans). Ce sort est celui de 67 % des Tchadiennes, de 54 % des Maliennes… Au Mali, l’essor des islamistes a commencé en 2009 lorsque l’imam Mahmoud Dicko a obtenu l’abrogation de la réforme du code de la famille, qui donnait davantage de droits aux femmes, fixant notamment à 18 ans l’âge minimum du mariage. Depuis lors, les religieux n’ont fait que renforcer leur emprise sur le Sahel. »

Commentaires sur lemonde.fr :

PP2 : Incroyable cette 1ère phrase de Philippe Bernard, « Instrumentalisée en Europe pour nourrir les fantasmes xénophobes ». Ne jamais oublier d’ins*lter ses adversaires : ceux qui s’alarment de l’explosion dém*graphique en cours ne sauraient avoir QUE de mauvaises raisons ! Ce sont obligatoirement des « xén.oph*bes ». Dans les années 70, il était normal et rationnel de s’inquiéter de ce qui allait inévitablement se passer, étant donné l’âge moyen des populations. Aujourd’hui, la gauche a changé de bord et s’est alliée aux pires obscur*ntistes : la libération de la femme indienne ou africaine ? Pas question !

Démographie Responsable : Article assez complet et très intéressant… mais rappelons que cela fait des décennies que de nombreuses personnes ou organisations alertent sur le sujet. Maintenant, si l’on ne peut que constater une certaine instrumentalisation de la part de la droite française, l’aveuglement dont a fait preuve la gauche, et qui persiste encore largement chez elle, est encore nettement plus critiquable. Rappelons en effet que les lanceurs d’alerte sont systématiquement traités de racistes, de colonialistes et j’en passe. Pire, les négationnistes de l’explosion démographique africaine sont en partie responsables du phénomène puisqu’ils ont indirectement empêché que notre pays soutienne des initiatives intelligentes sur le sujet dans la partie francophone du continent. Même s’il est malheureusement sans doute déjà trop tard pour éviter le chaos, on doit encore pouvoir le limiter.

Jean Rouergue : Voilà 50 ans au moins René Dumont, ingénieur agronome, dénonçait déjà tout cela dans « l’Afrique est mal partie »…

Michel SOURROUILLE : René Dumont dans son livre « L’Afrique noire est mal partie (1962) : « L’école actuelle freine le progrès agricole. Le nombre de gosses qui, étant resté plus de trois ou quatre ans sur les bancs de l’école, consentent à retourner à la terre est généralement infime. On remplit de jeunes désœuvrés les rues des villages, puis des bourgs ; bientôt ils atteignent les bidonvilles des capitales. Ce sont eux qui fournissent ces parasites sociaux, passant leur temps à écrire des demandes d’emploi dans toutes les administrations. D’autres préfèrent rejoindre le maquis… » L’intervention militaire française au Mali dans un contexte délétère bien prévu il y a 60 ans par l’écologiste et agronome Dumont montre que nos gouvernants n’ont aucune conscience des vérités socio-démographiques. Puisse les médias s’emparer du thème de la surpopulation, pas seulement celle de l’Afrique…( NB : ce message de MS pouvait « enfreindre les règles de l’espace de contribution » , il a été soumis aux modérateurs du MONDE… qui l’ont finalement accepté!)

Philoulou : Le plus choquant dans cette démographie galopante, c’est la croissance proportionnelle et donc galopante des villes, qui ressemblent à des bidonvilles sans fin. Enjeux sanitaire, sécuritaire, économique, écologique, embrigadement religieux facilité par la proximité et la promiscuité, tension communautaire et ethnique… ces villes devenues totalement ingérables sont une bombe pour l’humanité. A désamorcer… si le peut encore…

Scarole Chic Dorée : Article qui comporte les slogans habituels – « fantasmes xénophobes » etc. – mais qui lève néanmoins un coin du voile.
Évidemment qu’avec la poussée démographique et le dérèglement climatique, la pression migratoire vers l’Europe va s’accentuer. Le nier est tout simplement ridicule. Vrai également que la plupart des mouvements de population se feront au sein des grandes régions du continent. L’un n’exclut pas l’autre, mais le deuxième phénomène renforce le premier : les infrastructures et institutions fragiles présentes en Afrique ne pourront pas soutenir le choc. D’ailleurs nous assistons déjà à l’effondrement des États de la bande sahélienne. Alors disons-le simplement et calmement : il n’y a pas d’espoir à court et moyen terme pour l’Afrique. Des siècles de chaos l’attendent.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

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Taubira assume le démantèlement de la gauche

Il paraît qu’elle a été ministre de la justice. Elle ne parvenait pas à inscrire un texte écolo à l’ordre du jour du Parlement ! Par contre on sait depuis vingt ans grâce à « sa » loi que l’esclavage est un crime contre l’humanité. Quelle avancée !! Aujourd’hui Christiane Taubira revient d’entre les morts pour se présenter à la présidentielle 2022.

Laurent Telo : « Christiane Taubira, encartée dans aucun parti, instrumentalise le « mouvement citoyen » qui va départager les candidats de gauche, avec ou sans leur permission… Tout doit partir de cet objet politique clair-obscur, dont surgira la grande lumière de la victoire… Yannick Jadot compare la Primaire populaire à la secte du « Temple solaire »… Et pour le projet ? « Si vous assommez les gens avec une littérature politique technocratique… Christiane Taubira a un langage et une vision politique différents. » …Christiane Taubira dit souvent des choses très poétiques, mais parfois ce n’est pas très clair. »

Le Monde avec AFP : L’ex-garde des sceaux de François Hollande est surtout connue notamment pour son combat pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels… Christiane Taubira a annoncé le 15 janvier 2022 qu’elle se lançait à son tour dans la course à la présidentielle. La candidate guyanaise a notamment annoncé qu’elle souhaitait que les « 46 % des jeunes (…) obligés de travailler pendant leurs études » reçoivent « un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans » Elle promet de revaloriser le Smic « à 1 400 euros net » par mois. Concernant l’écologie, elle se contente d’affirmer qu’il s’agit de « l’affaire du siècle ». Lors de la présidentielle de 2002, elle n’avait recueilli que 2,32 % des suffrages.

Les commentaires sur lemonde.fr disent tout haut ce qu’il faut penser d’une telle candidature :

Vosgepat : Cela fait un moment que je ne lis plus que les titres de MONDE et je vais voir les contributions afin de voir si il y a de l’enthousiasme . Eh Bien ! pas vraiment.

Promac83 : Monsieur Jospin va faire des cauchemars. Cette Pseudo icône a fait perdre le PsSen 2002, et participé activement á l’entreprise de démolition des frondeurs contre le Président Hollande.

Bergeist : Elle prétend vouloir faire entendre la voix du peuple ? En réalité, elle n’a trouvé qu’un minable moyen d’exister – pathétique.

Gaston : Son interview sur France au 20 heures de samedi était un sacré moment, d’une qualité rare…  Je souhaite rassembler… ». Oui comme en 2002 quand elle a planté Jospin ! « Il ne m’appartient pas de parler des modalités de cette primaire… ». Ah bon, donc C. Taubira participe à une opération sur laquelle elle n’a rien à dire… et pour laquelle 120 000 gugusses vont faire soi disant un choix parmi 7 personnes, dont 3 s’en fichent du résultat, 3 sont sortis de nulle part, du chapeau des organisateurs. Bref, elle a vraiment donné envie aux téléspectateurs de surtout ne pas voter pour la gauche. Mission accomplie…

HBM : Pour l’instant on sait peu de chose de Mme Taubira, on sait qu’elle a été partisane de l’indépendance de la Guyane puis fait demi tour, on sait qu’elle a été une compagne de route de Bernard Tapie, qu’elle sait mentir aussi bien que la plupart des politiques, elle peut déclarer n’avoir jamais vu un document qu’elle a sous le bras, qu’elle a un a priori très favorable pour les personnes LGBT et qu’elle est favorable à une forte diminution des sanctions envers les délinquants n’ayant pas commis de crimes de sang.

Thalès : Sa proposition de 800€ par mois pendant 5 ans est complètement irréaliste. Sans aucune obligation de rester en France à la fin des études ? (Note de la rédaction. Le nombre d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur pour l’année universitaire 2018-2019 est passé à 2,7 millions)

Milieu : La droite républicaine a désigné son candidat qui fera campagne avec le soutien de ses anciens concurrents. La gauche patauge dans la confusion et dans l’âpreté de ses compétitions d’egos.

Quidonc : la gauche n’a même plus besoin de scier la branche sur laquelle elle est assise, elle cassera sous le poids des nombreux candidats.

Marc Siste : Avec tous ses candidats, je crains que la gauche soit en manque d’électeurs.

ESP, alliance pour une population soutenable

Nous vous informons de la création d’une nouvelle association européenne, l’European alliance for a Sustainable Population  (ESP). Voici les associations membres : Prosupop (Prosperity through Sustainable Population – deutsch, Allemagne), MinderMensen (Belgique), Démographie Responsable (France), Bocs (Hongrie), OverBevolking (Pays-Bas) , ecopop ( Suisse)

Lire, Population soutenable, Population optimale

Quelques éléments de réflexion sur ce site européen, pour l’instant en anglais, mais des versions française et allemande seront  prochainement disponibles)

 https://eurasp.org/

Sustainable Population: Human population growth and over-consumption are at the root of our most pressing environmental problems, including the wildlife extinction crisis, habitat loss, pollution and climate change. As humans, we have an impact on the health of our planet. What is a sustainable population?

A sustainable population is a population that can be maintained at that number of people indefinitely without detrimental effects on the environment or the quality of life of the members of that population and their future generations. Important factors are population growth, overconsumption en human pressure on the environment. But of course, it’s not just about people. Animals and other living beings also have the right to a good and healthy existence. Some eight million plants and animal species live on Earth. A 2019 United Nations report found that of those eight million, one million species will become extinct within a few decades – unless we take action now. For ecosystems, it takes millions of years to recover, which is why action is crucial. Scientists are making it clear to us that planetary limits have long been exceeded and that it is necessary to adjust both our consumption patterns and the number of people on Earth.

Lire aussi IPAT, soit I = P x A x T, désastre en vue

Impact = Population x Affluence x Technology

I = PxAxT is the mathematical notation of a formula put forward to describe the impact of human activity on the environment.

In order to prevent the impact from increasing due to the growth of the population and the increase in consumption (Population X Affluence), humans must balance the carrying capacity of the Earth in order to be able to continue to carry a certain number of people and their activities. Technological developments could ensure that more people can live on earth, but at the same time further deplete the natural resources so that fewer people can live on earth in the longer term.

We must work with the three factors in order to achieve a safe and just humanity. Incorporating the population factor in any policy or strategy would mean faster results and a more sustainable and just world.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Info de l’association Démographie Responsable

Voici les dernières nouvelles de notre association « Démographie Responsable » :

Salon Primevère à Lyon : Nous serons présents au salon Primevère de Lyon les vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 février 2022. Venez nombreux nous rencontrer et nous soutenir, nous tenons à votre disposition des entrées gratuites, n’hésitez pas à nous en demander.

Livres

Signalons la publication d’un nouveau livre de Michel Tarrier consacré à la démographie : « Le malheur de naître ». Si les positions de l’auteur ne reflètent pas tout-à-fait celles de notre association qui ne préconise aucunement de ne plus mettre d’enfants au monde, Michel Tarrier met une nouvelle fois en garde contre le problème que pose à la planète nos effectifs pléthoriques et toujours en croissance. Il souligne d’ailleurs avec pertinence la vie difficile que ces enfants pourraient connaître sur une Terre toujours plus peuplée et toujours plus dégradée.

Vidéos : Jean-Marc Jancovici, bien connu, pour ses ouvrages et ses conférences sur l’énergie, a fortement insisté sur le facteur démographique à l’occasion d’une interview sur Arte le 29 décembre dernier. Sur ce point ces analyses semblent assez proches de celles de notre mouvement.

Publication de nos adhérents

Comme tous les ans, notre porte-parole, Didier Barthès, a publié sur son site un article faisant le point sur la démographie mondiale au 1er janvier. Cette année, l’accent a été mis sur les potentielles conséquences démographiques de l’épidémie de Covid.

Michel Sourrouille poursuit sur le blog biosphere la publication d’un ensemble d’articles sur la démographie, vous trouverez ici quelques exemples de thèmes traités en décembre dernier : Nicolas Hulot, Jean-Marc Jancovici, L’Inde (1) et (2).

Une association Européenne : Il est en train de se constituer une association (European Association for a Sustainable Population) qui regroupe plusieurs mouvements européens militant, comme nous, pour alerter sur les dangers de la surpopulation. Démographie Responsable en est l’un des membres fondateurs. Le lien sur le nom de l’association vous permettra de découvrir le site internet (site en cours d’achèvement, pour l’instant en anglais, mais des versions française et allemande seront sans doute prochainement disponibles).

Démographie Responsable croquée au salon Marjolaine

Notre représentante de l’Île de France, Marie-Eve Perru, et notre stand au salon Marjolaine ont eu les honneurs de Charlie Hebdo qui les a dessinés dans le numéro 1529 du 10 novembre 2021.

On notera le caractère très cultivé de notre association, la seule sans doute à mettre en avant la citation d’un philosophe, « Laissez faire Vénus, vous aurez Mars » (Bergson)

Haïti, un pays ingérable parce que surpeuplé

Trop fort, on sait tout sur tout à propos de l’assassinat le 7 juillet 2021 du président d’Haïti Moïse Jovenel, abattu chez lui d’une douzaine de balles dans le corpsIl suffit de lire l’enquête de Nicolas Bourcier : Jovenel jouait sur plusieurs tableaux à la fois, les gangs, les clans politiques et les oligarques de l’île, cette mafia protéiforme qui a pris en otage le pouvoir… Haïti est devenu un trou noir où prospèrent les gangsters et les forces criminelles qui se sont rendues maîtres de la capitale… Les enquêteurs ayant travaillé sur l’affaire ont été convoqués par l’inspection générale de la PNH (police nationale d’Haïti) avec l’objectif évident de les intimider… Autre fait troublant, l’enquête de police judiciaire a pour l’instant épargné le secteur bancaire. … Le chef du parquet de la capitale a été limogé le 14 septembre, juste après avoir demandé l’inculpation du chef du gouvernement Ariel Henry… A Port-au-Prince, les appels à la démission du premier ministre, Ariel Henry, se sont multipliés… »

On sait tout sur les protagonistes actuels de cet assassinat, on ne dit rien dans LE MONDE des causes profondes de la déliquescence du pays, la surpopulation. Il est vrai que les considérations de ce journal anti-malthusien sont claires, ne jamais parler de surpopulation. Ou alors pour en rigoler : «  Sommes-nous trop nombreux  ? Pour le biologiste Gilles Bœuf ­ et le démographe Hervé Le Bras, c’est un moyen commode, pour les pays du Nord, de ne pas remettre en cause leur mode de vie…. » (…) « Les êtres humains sont-ils trop nombreux ?  Certains écologistes pensent que la population mondiale serait trop importante, mais des chercheurs estiment, au contraire, que celle-ci va stagner, voire décroître. » Bien entendu ils ne disent jamais rien de la démographie haïtienne. Alors rétablissons les faits.

Haïti est le pays le plus misérable du continent américain et l’un des plus pauvres du monde. Ce pays occupe une superficie de 27 750 kilomètres carrés (un peu moins que la Belgique) dans la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, occupée à l’est par la République dominicaine. Il est peuplé en grande majorité des Noirs, descendants d’esclaves africains. Les mulâtres forment la bourgeoisie. La population est évaluée à 6,75 millions de personnes en 1993 (densité de 243 hab./km² ), elle passe à 11,4 millions en 2020 (densité de 414 hab./km² ) malgré les tremblements de terre et autres catastrophes. L’indice de fécondité était proche de cinq enfants par femme en âge de procréer en 1993, mais encore de 2,9 en 2019. En république dominicaine, qui partage avec Haïti l’île d’Hispaniola, la densité est de 225 hab./km² en 2020.

Pour Jared Diamond, l’histoire comparée de ces deux peuples de même origine sur la même île devrait constituer un antidote au « déterminisme environnemental ». La République dominicaine est un paradis ou presque, alors qu’Haïti est devenu un enfer. En République dominicaine, Balaguer avait confié la responsabilité de la protection des forêts à l’armée en déclarant les coupes de bois « crimes contre la sûreté de l’Etat ». En Haïti, on a laissé la forêt tropicale grignotée par des millions de petits paysans en quête d’un lopin de terre pour survivre. La croissance démographique en République dominicaine était de 1,6 %, mais de 3 % en Haïti. La richesse agricole en Haïti s’était faite aux dépens de son capital en forêts et en sols. L’élite haïtienne s’est identifiée à la France et à son mode de vie plutôt qu’à la défense de son environnement. Faisons en sorte que l’avenir de l’humanité ne soit pas semblable au destin (voulu) d’Haïti. Choisissons partout des dirigeants qui donnent la priorité à la question écologique et à la réponse démographique, base de la survie de nos sociétés…(chapitre 11 du livre Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie)

Bien entendu l’appauvrissement d’un pays résulte de multiples causes enchevêtrées, c’est multifactoriel : rapports de pouvoir, élite plus ou moins éclairée, potentiel agricole ou non, attractivité du pays, modalités de l’ingérence internationale, etc. Mais quand la population d’un pays augmente beaucoup trop vite, cela a des répercussions néfastes à la fois politiques, socio-économiques et écologiques. L’ignorer comme le fait systématiquement LE MONDE et les médias, c’est nous fait oublier que depuis longtemps il était nécessaire de maîtriser la fécondité humaine ici et là-bas. Dans des quartiers surpeuplés des banlieues françaises, ce sont déjà des bandes organisées qui font la loi, comme en Haiti…

Lire, notre avenir, c’est Haïti

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Nucléaire, trop coûteux pour être valable

Entre 1976 et 1990 (14 ans), la France a mis en service 48 réacteurs, entre 1990 et 2010 (20 ans), 8 réacteurs à eau pressurisée dite de deuxième génération. Entre 2010 et aujourd’hui, rien, zéro.

Lire, tout savoir sur le nucléaire

Adrien Pécout : « Le chantier du réacteur nucléaire EPR (European Pressurized Reactor) de « troisième génération » à Flamanville connaît retard et surcoûts. EDF a commencé le chantier de l’EPR en 2007, et visait initialement une mise en service… pour 2012. La date de chargement du combustible dans la cuve du futur réacteur a été décalée de fin 2022 au second trimestre 2023. Le coût de construction était estimé à l’origine à 3 milliards d’euros, il est passé à 12,7 milliards d’euros annonce l’entreprise. En juillet 2020, la Cour des comptes considérait même que le coût total du chantier s’élèverait à plus de 19 milliards d’euros. »

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Les deux premiers EPR à être entrés en fonctionnement dans le monde, en 2018 et 2019, se trouvent en Chine, à Taishan. Un phénomène d’usure mécanique de certains composants d’assemblages  a déjà conduit à l’arrêt, en juillet 2021, de l’un d’eux. 

Lire, Taishan, une centrale nucléaire en difficulté

Malgré les problèmes constatés sur le chantier de Flamanville-3, Emmanuel Macron, qui ne doute de rien même contre l’évidence, avait annoncé le 9 novembre 2021 son intention de « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». On se contente de cherche désespérément comment accroître l’offre, le nucléaire un jour, l’hydrogène un autre jour, les agrocarburants parfois, la recherche du mouvement perpétuel le plus souvent. Mais absolument personne ne parle des nécessaires économies d’énergie.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

2022, le programme d’Anne Hidalgo

Dans une France gouvernée par Anne Hidalgo, en bref et avec commentaires très méchants :

– augmenter le smic de 15 % dès son arrivée au pouvoir…. Pourquoi pas si en contre-partie on instaure un salaire maximum autorisé « au forceps » !

Lire, pour des patrons payés au mieux à 10 fois le SMIC

– le plus gros salaire d’une société ne doit pas excéder vingt fois le salaire le plus faible…. Mesure non préparée en amont, trop clivante, cela n’arrivera pas, ce sont des paroles en l’air.

Lire, 2022, le revenu maximum autorisé au programme

– inscrire dans la Constitution la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité…. C’était déjà une volonté, avortée, d’Emmanuel Macron !!!! Le 6 juillet 2021 le gouvernement avait annoncé vouloir mettre “un terme au processus de révision constitutionnelle”. Hidalgo plus forte que la droite sénatoriale ?

Lire, Le référendum CLIMAT n’aura pas lieu

100 % d’énergies renouvelables « aussi rapidement que possible », sans construction de nouveaux réacteurs nucléaires…. Aucune trace de sobriété énergétique dans ce discours.

Lire, EDF et le scénario « 100 % renouvelables »

– installer un million de nouvelles bornes de recharge de véhicules électriques…. Avec des éoliennes reliées à la borne ?

Lire, Le rêve de l’automobile pour tous prend fin

– Le prix du billet d’avion sera augmenté d’une taxe carbone si le trajet peut se faire en train de manière « comparable »…. Une taxe carbone remisée dans un petit coin !

Lire, la fuite éperdue des politiques devant la taxe carbone

le « numéro deux » du gouvernement sera d’un ministre du climat, de la biodiversité et de l’économie…. On vu ce que ça a donné avec Nicolas Hulot ministre et numéro deux, rien du tout.

– le droit de vote serait donné aux étrangers pour les élections locales…. Faut pas avoir honte, c’était déjà dans le programme de Mitterrand en 1981 et dans celui d’Hollande en 2012.

– création d’un tribunal pénal international de l’environnement…. La Cour internationale de justice de La Haye a toujours refusé de reconnaître un droit d’ingérence écologique.

– chaque jeune toucherait 5 000 euros le jour de ses 18 ans…. Comme rien n’indique si c’est au service d’un projet ou pour s’éclater entre potes aux Bermudes, c’est de l’argent foutu en l’air. Les jeunes doivent apprendre la sobriété et l’effort, on va à l’inverse en distribuant inconditionnellement de l’argent.

2022, dire la vérité scientifique aux Français

Jean-David Zeitoun nous avait montré en juin 2021 que l’industrialisation des sociétés occidentales avait produit un effet largement délétère sur la santé : « L’urbanisation à marche forcée, la densification de l’habitat dans des conditions insalubres et le maintien de fortes inégalités sociales détériorent l’espérance de vie. Aujourd’hui, nous avons d’un côté dans le PIB les dépenses de santé et les médicaments, mais de l’autre les pesticides, les hydrocarbures, la cigarette ou l’alcool. Avec les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et l’obésité, morbidité et mortalité s’accroissent. Aux facteurs de risque comportementaux s’ajoutent, de plus en plus, les grandes menaces environnementales que sont le réchauffement, l’effondrement de la biodiversité et les pollutions diffuses, et sur lesquelles viennent se greffer les risques de maladies infectieuses émergentes comme le Covid-19. La « résistance à mourir » commence à rencontrer ses limites. » Un médecin et épidémiologiste qui ne s’intéresse pas seulement aux symptômes du mal-être occidental mais aussi à ses causes, ça c’est un écologiste.

Lire, espérance de vie et équivalent pétrole

Jean-David Zeitoun en janvier 2022 élève le débat : « On ne sait pas si les candidats à l’élection présidentielle de 2022 auront recours à la science, mais beaucoup de thèmes de campagne s’y prêteront : la santé, l’environnement, la démographie. Les candidats auront l’opportunité d’élaborer leurs programmes sur une quantité de faits. Pr exemple un État qui tient à protéger sa population doit s’en prendre aux industries qui vivent intentionnellement ou non de la production de maladies. La chimie, les transports fossiles, l’alcool, le tabac, certains aliments toxiques et, peut-être, déjà, les médias sociaux ont tous des effets négatifs sur la santé physique et mentale.ces industries détruisent plus de valeur qu’elles n’en créent, et elles ne rendent pas heureux. Cette conception scientifique de la campagne peut s’appliquer à l’environnement – un sujet que je connais un peu – et à la démographie – un domaine que je ne connais pas mais dont les scientifiques ont aussi des choses à nous dire. »

Michel SOURROUILLE sur lemonde.fr : Au niveau démographique, on a démontré de manière scientifique que les Français par leur empreinte écologique ont déjà dépassé la capacité de charge de leur territoire, la France est donc surpeuplée. Il faut par voie de conséquence arrêter toute aide aux familles nombreuses de la part de l’État pour mettre les citoyens en face de leur responsabilité personnelle en matière de fécondité. La science nous dit, « fin des allocations familiales », mais la politique nous dit « est-ce que cela va faire plaisir aux électeurs ? C’est là le dilemme entre une démocratie reposant sur des citoyens conscients des faits bien établis et un populisme où des citoyens irresponsables vont continuer de voter…

Lire, démographie mondiale et capacité de charge planétaire

montaphilant : Sourrouille, le malthusianisme est une idéologie populiste totalitaire sans aucun fondement scientifique. Au passage, vous connaissez bien mal la France qui est en réalité un désert démographique.

Michel SOURROUILLE @ Montaphilant. La France avec plus de 100 hab./km² offre à chaque personne un carré de moins de 100 mètres de coté dans lequel, pour être autonome, il doit pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver du pétrole, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage… En fait le Français moyen se retrouve dans un « désert » qui mesure moins d’un hectare… alors il préfère, pour échapper au vertige de sa solitude, s’entasser dans des conurbations qui deviennent ingérables. Bien entendu nous aimerions aussi avoir votre point de vue argumenté. Par exemple, quand on vous parle de dépassement de la capacité de charge, quels sont vos arguments scientifiques pour dire le contraire ?

Sélection naturelle, immunité et anti-vax

Les anti-vax ne le disent pas, mais leur action d’un point de vue politique repose sur l’idée qu’il faut accepter la sélection naturelle pour atteindre l’immunité collective. Vrai ou faux ?

Lire, Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Florence Rosier nous donne les élément de langage à maîtriser : « Limmunité collective, c’est la proportion de la population qui acquiert une immunité protectrice par le vaccin ou par l’infection pour stopper la propagation d’une épidémie donnée. Fin 2019, la souche historique du SARS-CoV-2 a rapidement essaimé alors que la population humaine n’avait jamais été exposée à ce nouveau coronavirus et n’avait donc développé aucune défense immunitaire. Les modèles de diffusion des épidémies reposent sur l’hypothèse d’une immunité bloquante, une personne immunisée fait obstacle à la circulation du virus . Mais Omicron parvient à réinfecter une personne déjà vaccinée ou infectée par le SARS-CoV-2 ; Les anticorps que nous avons acquis contre la souche historique du SARS-CoV-2 ou contre les variants Alpha ou Delta, peinent à nous protéger d’Omicron, les anticorps acquis grâce à Omicron ne nous protège pas des variants anciens. Une immunité collective risque alors d’être hors d’atteinte. Sauf si l’immunité cellulaire des lymphocytes T et B dits « mémoires » nous protège contre les formes sévères de la maladie. Une personne infectée en contaminait alors trois autres, puis le variant Delta en contamine 6 à 8 autres et Omicron plus de dix autres. Avec environ 200 000 personnes infectées chaque jour par Omicron en France ce 10 janvier, soit au moins 1,4 million par semaine, et jusqu’à trois milliards d’individus dans le monde au cours des deux prochains mois, on peut dire que personne ne va passer entre les gouttes. Il faut alors, pour étouffer l’intrus, que 90 % de la population soit immunisée. Conséquence de la sélection naturelle, un variant émergent doit disposer d’avantages évolutifs ; s’il est plus contagieux, il bénéficie d’un atout majeur. Quand un nouveau variant arrivera sur le terrain d’une population largement vaccinée ou infectée, il se heurtera à une immunité cellulaire résiduelle, qui dure assez longtemps. Sauf à voir émerger un variant complètement différent. Sauf à atteindre une protection sans cesse renforcée par accumulation de couches d’immunité « protectrices ». »

Quelques commentaires sur lemonde.fr

Francis Baque : J’ai beau relire l’article, je ne vois pas quelle certitude on peut en retirer.

Sarah Py : Mme Rosier est très didactique, elle n’ose pas cependant conclure que la vaccination à elle seule n’a pas vaincu la pandémie, que l’immunité naturelle reste essentielle, et que la question de la santé publique qui vise à améliorer cette santé de chacun reste primordiale. Em…er les français et combattre tout ce qui participe à la malbouffe par exemple, et ces enfants dans la publicité télé. M. Macron visiblement ne sait pas lier santé publique et immunité naturelle.

Matret : Les publications scientifiques montrent cependant que cette immunité cellulaire est bien supérieure après infection qu’après un vaccin. Il semble donc que c’est bien l’infection qui nous protégera des formes graves. Le vaccin aura juste servi à éviter les formes graves chez les personnes fragiles. Et c’est déjà pas si mal. Il n’y a donc aucune raison de maintenir un pass vaccinal. Concentrons nous sur la protection des plus fragiles, maintenant et pour les années futures.

Michel SOURROUILLE : En d’autres termes, si personne n’était vacciné comme aux temps des pandémies virales anciennes, nous arriverions de toute façon (avec une forte probabilité) à des formes plus ou moins bénignes selon les personnes… comme pour la grippe. La grosse différence entre vaccination obligée ou non, c’est le nombre de morts qu’on accepte à un moment donné. Le tri médical peut-il être un choix voulu et non subi ? Les anti-vax sont-ils prêts à montrer l’exemple et à refuser pour eux-mêmes toute procédure de réanimation pour ne pas encombrer les hôpitaux ? Vacciner le plus grand nombre, n’est-ce pas diminuer les défenses immunitaires naturelles de l’espèce humaine, et donc d’affaiblir notre race ? Ce sont autant de questions que seule une délibération démocratique peut apporter réponse, mais notre démocratie est-elle faite de citoyens responsables ou d’individus irresponsables ? À Omacron de trancher…

Krusty : avec près de 100 % de vaccinés dans certains pays, la vague Omicron continue gentiment à clapoter. Aujourd’hui, la seule question qui vaille est celle-ci : l’immunité acquise « naturellement » (par contamination) est-elle ou non de meilleure qualité que celle obtenue par des injections répétées d’un sérum expérimental ? Réponse au prochain épisode.

Yves68 : des informations circulant sur les réseaux sociaux britanniques (à prendre avec des pincettes?) font état de seulement 6 morts ayant été infectés par le variant omicron. Tous les autres décès seraient dus à Delta. Dès lors, on devrait peut-être envisager d’organiser des Omicron parties comme il y a eu autrefois des rubéole parties afin de faciliter la propagation d’omicron et de chasser les autres variants plus dangereux.
HdA : Ou des Omicron parties avec Delta dans le métro de retour.

Peace : Un virus ne « s’améliore » pas, il s’adapte, et il pourrait le faire indéfiniment en fonction de… l’adaptation de notre système immunitaire.

Lire, Histoire de la sélection naturelle

Malthusien ou nataliste, faut choisir

Arretons les faux semblants, allons droit au but.

Malthus était un écologiste avant la lettre, un démographe avant même que le mot ne soit inventé, un éducateur à une époque où le peuple était encore analphabète et même un ethnologue bien au fait des comparaisons culturelles internationales. Dans son essai sur le principe de population, il a analysé dès 1798 la tendance structurelle à une augmentation beaucoup trop rapide de la population humaine par rapport à la progression plus lente des ressources alimentaires, obligeant à la maîtrise de la fécondité humaine sinon on obtenait épidémies, guerres et famines. La portée de son message était telle que son nom est entré dans le dictionnaire : « Malthusien, qui est partisan des doctrines de Malthus… » Dans le Larousse encyclopédique du XXe siècle en 6 volumes (1931), on trouve cette précision : « Malthusianisme ou malthusisme (de Malthus, économiste anglais) : Diminution de la natalité par restriction volontaire (…) Il conseillait de s’abstenir de procréer pour éviter le paupérisme. » Tous ceux qui sont en faveur du planning familial pour choisir le nombre d’enfants qui convient aux possibilités de la planète, tous ceux qui ont milité pour la liberté de contraception et d’avortement, tous les socialistes qui sont pour l’épanouissement du genre humain, et bien sûr tous et toutes les féministes sont par définition malthusiens.

En face les natalistes ont le pouvoir depuis que la Bible a asséné son sacré « Croissez et multipliez-vous, dominez toute la terre », depuis que l’élite dirigeante estime qu’il n’y a pouvoir ni force que d’hommes, depuis que les marxistes ont dit que le problème c’était les capitalistes et certainement pas le nombre de la main d’œuvre servile, et depuis qu’une frange des décroissants mise tout sur la décroissance économique en ignorant le nom même de Malthus. Comme les partisans d’une population nombreuse n’ont pas d’arguments fiables à présenter face aux malthusiens, on attaque le messager Malthus pour ne pas écouter son message, on se complaît assez souvent à ne pas donner la parole aux malthusiens et, le plus fréquemment, on se contente de les agonir d’injures, traitant le malthusianisme de doctrine ignoble, de message nauséabond, de volonté dictatoriale…. Ces procédures de diversion les dispensent de justifier leur propre point de vue nataliste, l’agression vaut argumentation,

Autant dire que les deux positions sont viscéralement antagonistes, malthusiens contre natalistes et réciproquement. Il y a d’un côté des personnes sensibilisées à l’urgence écologique et connaissant notre état actuel de surpopulation. Ils souhaitent que soit mise en place une démographie responsable, à réfléchir au niveau des couples comme au niveau des États, ils souhaitent une conférence internationale du type COP (conférence des parties) sur la démographie. De l’autre il y a des croyants qui défendent la vulgate religieuse, des endoctrinés qui attendent le grand soir de la révolution prolétarienne, des populistes de droite ou de gauche qui aiment la chair à canon, des patrons qui se frottent les mains dès qu’il y a plus de naissances et plus d’immigrés (puisque cela veut dire une chute du salaire moyen). C’est un conglomérat nataliste assez étonnant puisque entre ces différentes idéologies, il y a le plus souvent incompatibilité totale.

Conclusion. Il faut être brutal avec les anti-malthusiens « par principe » car, de toute façon, on n’arrivera pas à les convaincre comme on n’arrive pas à raisonner des climatosceptiques ou des complotistes. Notre brutalité de malthusien n’est que relative, il suffit de les renvoyer aux conséquences de leur position, leur dire qu’être anti-malthusien, c’est être de fait nataliste et porter en soi tous les inconvénients du natalisme : « Vous ne voulez pas une maîtrise de la fécondité humaine, alors vous aurez les épidémies, les guerres et/ou les famines»

Pour des gens qui seraient plus ouvert à la discussion, vous pouvez leur donner comme référence ce résumé de l’introduction de Jean Paul Maréchal aux textes de Malthus (Flammarion 1992) : « Pour certains, la cause est entendue. Malthus n’a pas vu la révolution industrielle et ses extraordinaires potentialités. Avec lui, l’économie politique est irrémédiablement la « science du lugubre » comme la désignait Carlyle après avoir lu l’Essai. Mais si l’on pense, au contraire, que la substance de l’Essai réside dans l’avertissement que la Terre constitue un espace clos et un fonds borné, alors Malthus précède d’un siècle et demi le Club de Rome et ses courbes exponentielles. La catastrophe démographique n’est pas survenue, non pas parce que la Terre pourrait nourrir n’importe quelle population, mais parce que, jusqu’à présent, le développement économique a pu suivre la croissance des besoins. Or, il apparaît depuis quelques années que cette expansion que l’on croyait indéfiniment perpétuable butte sur la double limite de l’épuisement des ressources naturelles et des capacités de régénération du milieu. Et l’on découvre, surexploitation pétrolière, micropollutions, pollutions globales et déforestation à l’appui, que la sphère des activités économiques est dépendante de la reproduction de la biosphère. Le principe de population resurgit là où on l’attendait le moins : dans l’air, dans l’eau et dans les sols. Malthus l’empiriste contre Ricardo le théorique prend une revanche qu’il n’aurait sans doute jamais imaginée. Au moment où l’homme met en péril les conditions de sa propre survie, Malthus rappelle la nécessité d’une pensée des limites, d’une interrogation de la finitude face à l’extension du royaume de la marchandise et à l’hybris techno-scientifique de cette fin de millénaire. »

Michel SOURROUILLE, malthusien et fier de l’être

Stroud, le berceau d’Extinction Rebellion

Avant de théoriser notre nécessaire rébellion contre la société thermo-industrielle, un peu de pratique.

Gail Bradbrook : Le 30 mars 2021, bonnet noir et lunettes de protection, je redouble d’efforts pour faire céder la devanture de l’établissement de la Barclays. J’ai pris soin de placarder une affiche sur la façade : « Cette banque finance le chaos climatique ». Je suis membre du groupe d’activistes écologistes Extinction Rebellion, je participais à l’opération « Money Rebellion » (« rébellion de l’argent »), qui dénonce les investissements des banques dans les énergies fossiles. Les épaisseurs de verre se fragmentent sous mes coups, mais la vitrine ne cède pas. Mise en examen pour « dommages criminels » et « atteinte contre une institution financière », j’encours dix ans de prison ferme. Une première audience de mon procès aura lieu le 11 janvier 2022… j’espère un bon impact médiatique.

Réactions sur lemonde.fr :

animal nyctemeral : exploser une vitrine a coups de marteau….. je ne pense pas avoir la même définition de la non violence….

Rodolphe Leroy : Vous avez raison, elle aurait pu se blesser !

Bob Morane : Travaillant depuis 20 ans sur des sites industriels de production en France et à l’ étranger, je confirme qu’aujourd’hui la crainte d’événements terroristes et donc violents est de plus en plus liée à ce genre de mouvements.

Raphou : Le blocage de la cimenterie Lafarge par Extinction Rébellion était parfaitement pertinent : la fabrication actuelle de ciment et de béton est un désastre en termes d’émissions de CO2, et les alternatives à base d’argile nécessitant beaucoup moins de chaleur existent en France. Donc merci à Extinction Rébellion.

Lire, Urgence écologique, rébellion nécessaire

Quelques repères historiques

Stroud, bourgade du Gloucestershire, a vu naître en 2018 le groupe écologiste Extinction Rebellion. En 1990, la ville avait élu le premier maire écologiste d’Angleterre, John Marjoram. En se référant au modèle établi en 2010 par Rob Hopkins, Stroud devient « en transition » : la municipalité planifie la réduction drastique de son empreinte carbone et le respect des écosystèmes. Les activistes se font la main au sein du groupe de défense du climat Rising Up, né en 2016. Ils ont multiplié les combats : lutte contre la fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste (que le Royaume-Uni a stoppée en 2019), campagne contre la pollution des grandes villes, occupation d’arbres pour défendre les dernières forêts anciennes du pays… Dès l’automne 2017, une dizaine de militants de diverses origines se réunissent pour déterminer comment faire face à l’urgence écologique. Gail Bradbrook, biophysicienne moléculaire de formation, les accueille dans sa maison de Stroud. Lors d’un week-end d’avril 2018, connu comme « la réunion de Stroud », le groupe se définit à partir de trois grands piliers : la non-violence, la désobéissance civile et l’objectif de mobiliser 3,5 % de la population dans le monde. Un seuil qui entraînerait selon eux un « changement de système ». Le 31 octobre 2018, la dizaine de cofondateurs lit une « Déclaration de rébellion » devant le Parlement, à Londres, et crée ainsi officiellement le mouvement. En novembre, XR occupe cinq ponts au centre de la capitale.

Lire, Tout savoir sur Extinction Rebellion

Aujourd’hui, la pandémie a chamboulé ce mouvement, en train de se scinder en deux camps. Pour ou contre la vaccination. « Ils ne veulent plus se parler », dit Simon Bramwell, bûcheron, cofondateur d’Extinction Rebellion et ancien compagnon de Gail Bradbrook. « Peut-être qu’il faut accepter qu’Extinction Rebellion a rempli sa mission, de nouveaux mouvements surgiront. » Pour Simon, « la seule solution pour s’en sortir, c’est de rester radical ».

Zaza : Il y a quelques mois, une journaliste de Planète -Audrey Garric- suivait pas à pas les actions de ce groupe radical et nous les rapportait avec une complaisance frisant la complicité, mettant notamment très en avant la non-violence de leur démarche. Les exaltés de tous poils ne reculent devant aucune violence car celle-ci se trouve légitimée à leurs yeux par la « justesse » de leur cause. Il ne fait aucun doute qu’une partie des intégristes écolos dérivera vers le terrorisme car ils sont (auto) persuadés qu’il font vraiment œuvre de sauvetage du genre humain. Alors, un jour, on ressortira les articles relatant leurs « débuts ».

Lorange : Pour l’heure le terrorisme le plus violent est celui des réactionnaires qui nient les efforts à faire pour laisser une planète viable à nos petits-enfants. Un jour surtout les tribunaux seront encombrés par ceux qui auront laissé la situation se dégrader sans réagir, au nom de leur liberté et de leur petit confort bourgeois.

Artemis purple : Une vision, une stratégie, des moyens de communications et du courage sur le terrain. Trois activistes d’ Extinction Rebellion qui s’assoient par terre, ce sont des terroristes ? XR est juste en avance.

Stéphane : Pour être tout à fait lucide, je dirais plutôt que XR arrive trop tard…

Lire, Quelle critique faire à Extinction Rebellion ?

Le pape veut faire des bébés à la chaîne

Avec 1,27 enfants par femme, l’Italie a enregistré « seulement » 400 000 naissances en 2020 pour 746 000 décès. Le Pape a appelé à faire « tout le possible pour vaincre cet hiver démographique qui va contre nos familles, contre notre patrie, et aussi contre notre futur ». Mais le pays compte 60 millions d’habitants et une densité de 200 hab./km2, soit un carré de 70 mètres sur 70 mètres pour chaque Italien, carré dans lequel pour être autonome il doit pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver du pétrole, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage…

Soit le pape n’est qu’un affreux nataliste, soit un parfait ignorant des réalités biophysiques, soit un croyant au miracle …. soit tout cela à la fois.

Lire, Le pape François, la question démographique

La population de la Péninsule passerait de 60,4 millions d’habitants actuellement à 58,3 millions en 2050. Lors des États généraux de la natalité le 14 mai 2021, le Pape François a donc lancé un appel à «inverser» la tendance pour remettre l’Italie en marche à partir de la vie : « Comment est-il possible qu’une femme ressente de la honte pour le plus beau cadeau que la vie puisse offrir ? Ce n’est pas la femme, mais la société qui devrait avoir honte, car une société qui n’accueille pas la vie cesse de vivre… Les enfants sont l’espoir qui donne naissance à un peuple ! Nous sommes appelés à transmettre la vie… Nous ne serons pas en mesure de nourrir la production et de protéger l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux familles et aux enfants. La croissance durable vient d’ici… Le taux de natalité dramatique et les chiffres effrayants de la pandémie appellent au changement et à la responsabilité… Il faut des politiques familiales de grande envergure, fondées sur la croissance du bien commun à long terme… Il est urgent d’offrir aux jeunes des garanties d’emploi suffisamment stable, la sécurité de leur foyer… Et sans taux de natalité, il n’y a pas d’avenir.. C’est un défi non seulement pour l’Italie, mais aussi pour de nombreux pays, souvent riches en ressources, mais pauvres en espoir »

Lire aussi, Le pape François est-il pour la régulation des naissance ?

Quelle réponses faire au pape François, un anti-malthusien ?

– Un pape suit la vulgate selon laquelle il reste célibataire sans enfant. Pourquoi refuser aux autres ce qu’il s’autorise pour lui-même ?

– Un pape n’a rien à dire sur l’organisation de la vie civile dans un pays qui se veut démocratique. C’est au peuple de décider, les arguments d’autorité n’ont pas lieu d’être.

– Un pape ne peut s’appuyer sur ses livres sacrés, Ancien et Nouveau testament ne disent rien sur le niveau de population soutenable dans un territoire donné.

– Un pape ne peut accuser des femmes de ne pas avoir d’enfant, c’est leur liberté de choix d’avoir ou non en enfant qui serait vraiment désiré.

– Donner naissance à un enfant ne dit rien en soi sur sa vie à venir, le « droit à la vie » est une revendication soumise à contraintes multiples.

Lire, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

– Le bébé n’est pas un cadeau, il a un coût culturel et financier pour les parents, sans compter son empreinte écologique, importante pour un bébé italien.

– Trop d’enfants ne fait pas un avenir durable pour un pays quand cela s’accompagne d’un taux de chômage élevé, presque 10 % en Italie.

– Trop d’enfants nuit gravement à l’environnemental, en particulier réduit fortement l’espace dévolu à toutes les autres espèces animales.

– La croissance durable désirée par le pape est devenue impossible sur une planète dont l’activité humaine a déjà épuisé les richesses les plus accessibles.

– Comment demander des « garanties d’emploi » dans un contexte où tous les indicateurs économique et écologiques sont au rouge ?

– Le Pape appelle à des politiques familiales natalistes, Mario Draghi promet un chèque versé pour chaque enfant, jusqu’à ses 21 ans. Dramatique !

– Le pape n’a aucun droit à intervenir de quelque manière que ce soit dans les affaires économiques d’un pays.

– Le pape veut généraliser le cas de l’Italie à d’autres pays, or chaque territoire a ses données particulières et ses ressources propres.

– L’état de surpopulation est généralisé, y compris en Italie, 200 habitants au kilomètre carré, soit un rectangle de 50 mètres sur 100 mètres pour chaque habitant.

– Sans maîtrise de la fécondité humaine, il n’y a donc pas d’avenir.

– La responsabilité en matière démographique est de nous inciter à devenir malthusien…

Contactez l’association Démographie Responsable plutôt que le Vatican…

https://www.demographie-responsable.org/

Quelques références sur la décroissance

Recension de livres sur le site biosphere de documentation des écologistes, en liens :

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre) de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann, candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

Nous n’avons pas attendu l’année 2022 pour oser dire sur ce blog biosphere que la décroissance est notre destin. Voici nos références sur le blog:

29 octobre 2008, décroissance positive

9 décembre 2008, décroissance et catastrophe

20 janvier 2009, décroissance et écologie politique

16 mai 2009, enfin la décroissance !

16 novembre 2009, Décroissance comme Destin

7 juillet 2010, croissance négative ou décroissance choisie ?

30 juillet 2010, une décroissance autoritaire et chaotique

18 août 2010, la décroissance selon Yves Cochet

28 août 2010, la décroissance est porteuse d’espoir

17 novembre 2010, LeMonde pour la décroissance !?

24 janvier 2011, bien parti pour la décroissance

13 octobre 2011, pour une décroissance de la recherche scientifique

3 décembre 2011, Durban, le climat est mal parti, vive la décroissance

17 janvier 2012, Croissance économique, décroissance ou état stable ?

27 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

15 juillet 2012, la décroissance est-elle malthusienne ?

22 juillet 2012, La décroissance au programme de terminale SES

4 novembre 2012, pour une religion de la décroissance, un curé nous parle

16 février 2013, Une décroissance voulue n’est pas une récession subie

7 juillet 2013, Décroissance voulue, le bonheur devient une réalité

20 juillet 2013, La décroissance pour s’affranchir de l’impérialisme éco

14 octobre 2013, pour une société de décroissance, des témoignages

4 novembre 2013, Question qui tue : la décroissance est-elle antisociale ?

10 décembre 2013, La décroissance est en marche, même LE MONDE l’écrit

24 janvier 2014, La décroissance est-elle malthusienne ? Vaste débat !

14 février 2014, L’autoproduction, une voie vers la décroissance ?

3 novembre 2014, La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

25 décembre 2014, Vivre la simplicité volontaire dans la décroissance

22 juillet 2015, Une seule solution au choc climatique, la décroissance !

28 décembre 2015, L’issue fatale du développement, c’est la décroissance

12 janvier 2016, Introduction à la société de décroissance

22 février 2016, stagnation séculaire, croissance zéro ou décroissance ?

10 avril 2016, Un vrai programme pour la décroissance… en 2007

24 juillet 2016, le programme de décroissance de Georgescu-Roegen

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

1er décembre 2016, les précurseurs de la décroissance… sans Malthus !

1e janvier 2017, Simone Weil (1909-1943), précurseur de la décroissance

1er septembre 2017, BIOSPHERE-INFO, Gouverner la décroissance ?

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

22 septembre 2018, Quelle transition pour le mouvement de la décroissance ?

26 décembre 2018, Presque personne ne veut consentir à la décroissance

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance

26 août 2019, Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance

13 mars 2020, Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

4 avril 2020, post-covid, décroissance et relocalisation !

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

13 août 2020, EELV face au concept de « décroissance »

28 novembre 2020, Décroissance maîtrisée ou récession sévère

26 décembre 2020 : Décroissance économique ET démographique

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

20 août 2021, Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

Message pour Delphine Batho, la décroissante

Delphine Batho, 22,3 % au premier tour de la primaire des écologistes en septembre 2021, présente son retour d’expérience au 89ème séminaire de l’institut Momentum aujourd’hui 8 janvier 2022 . Alors que le projet politique de la Décroissance a longtemps été réservé à des cercles intellectuels, il est entré désormais dans le champ électoral. Delphine Batho présentera les résultats de sa stratégie, ses limites et ses perspectives, tout cela en vue de faire gagner la décroissance à l’avenir. Le problème, c’est qu’elle occulte complètement l’idée de décroissance démographique.

Lire, La décroissance selon Delphine Batho

Militant pour la décroissance économique depuis des années, nous sommes en parfait accord avec son analyse. Par contre il y a un oubli total dans son programme, la décroissance démographique. Pourtant dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait pourtant les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques ET démographiques, ce que votre texte ne dit pas.

René Dumont, présidentiable écolo en 1974, avait aussi une approche réaliste sur la démographie dans son programme : « Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à M. Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui. Nous pensons pourtant que ce positionnement politique qu’on pourrait appeler « malthusien » (au sens d’un dictionnaire de français), est porteur électoralement car l’idée de surpopulation est répandue dans la tête des électeurs/électrices alors que c’est devenu un tabou politique et médiatique.

La décroissance démographique peut être exposée publiquement de façon simple et compréhensible par tous et toutes. Notre impact écologique dépend à la fois de notre mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais le facteur « mode de vie » est assez rigide, nos comportements consuméristes sont formatés par la publicité et l’abondance à crédit. Par contre la maîtrise démographique apparaît d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes difficiles à remuer, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Plus les filles vont à l’école, plus le taux de fécondité baisse rapidement et fortement. Féminisme et environnement, même combat, accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire.

Que faire politiquement ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Le nucléaire classé énergie « verte » et le gaz « énergie de transition », la taxonomie européenne ou classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 se révèle pour ce qu’elle est, un exercice purement politicien. Le propre de l’oxymore est de rapprocher deux réalités contradictoires. Nucléaire vert, moteur propre, développement durable, agriculture raisonnée, financiarisation durable, vidéoprotection, etc. La montée des oxymores constitue un des faits révélateurs de la société contemporaine. Ces zombies nous suggèrent perfidement la possibilité de concilier l’inconciliable, c’est du pur greenwashing (écoblanchiment).

À lire, Croissance verte, l’oxymore de la Banque mondiale

Le Monde avec AFP : La Commission européenne a dévoilé le 31 décembre 2021 un projet de labellisation verte pour les centrales nucléaires et à gaz qui vise à faciliter leur financement. Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont exigées.

Le débat sur lemonde.fr :

Ericdesaintpaul : investir sur des éléments radioactifs qui ont une durée de vie de millions d’années : OUI c’est durable ( en terme de pollution surtout) !

Vince : Durable le nucléaire? Les chantiers durent extrêmement longtemps, s’ils aboutissent un jour, les déchets durent encore beaucoup beaucoup plus longtemps, et ça va encore durer très longtemps pour trouver quoi faire avec, s’il y a un accident ça va durer TRÈS longtemps avant qu’on puisse habiter la zone, et les cancers vont durer, durer, durer. Le démantèlement, n’en parlons pas… Le nucléaire, c’est donc vraiment durable !

PHILEMON.FROG : Rappelons les données de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur les réserves d’uranium : les ressources mondiales connues, dont le coût d’extraction est supportable(inférieur à 130 dollars/kg) = 6 Mtonnes = juste 1 siècle de consommation au rythme actuel. A un coût supérieur de 130 à 260 dollars/kg, les réserves non exploitables aujourd’hui techniquement (eau de mer) = 7,5 Mt de réserves estimées. Cette réserve additionnelle, si on met au point les techniques pour l’extraire, fournirait un peu plus d’1 siècle de consommation au rythme actuel. Enfin, des études spéculatives évaluent à 10,5 Mt de réserves hypothétiques dont le coût d’extraction n’est pas concevable. Bref ! En gros, si on augmente la consommation d’uranium, dans 50 à 75 ans, il n’y aura plus de réserves ! Ajoutons que seulement 40 % des réserves connues se trouvent dans des pays de l’OCDE..

LaVénalitéenMarcHe : La seule chose de durable dans cette filière, est la lenteur des démantèlements, la durée de toxicité des déchets, et le sacrifice d’une région en cas d’accident. 1 : le principe de précaution élémentaire exige de ne PAS développer une industrie basée sur un risque aussi fou, totalement disproportionné par rapport à l’utilité du produit. 2: la production de déchets ingérables est totalement inadmissible. 3 : produire une énergie abondante ne peut pas contribuer à réduire les GES. Car une énergie abondante, c’est une surconsommation abondante d’autres ressources polluantes : pétrole (plastiques…), malbouffe (engrais pétrochimiques…), fringues (plastiques encore), etc. La sobriété de la consommation ne peut passer que par une sobriété de la production énergétique : c’est une évidence toujours nécessaire à rappeler.

Françoise B. : Pas de gaz à effet de serre, oui, quand la centrale est en activité. Mais pour la construire ? L’entretenir ? La démanteler ?

Manon Boquen : « à Brennilisl, a centrale nucléaire an fonctionné de 1967 à 1985 ; le bloc réacteur, 64 000 tonnes de déchets radioactifs, n’est toujours pas démantelé. Une enquête publique est organisée jusqu’au 3 janvier 2022 pour que toute personne intéressée expose son point de vue s : « Approuvez-vous ou non le plan de démantèlement complet proposé par EDF ? » Le dossier de 2 500 pages peut refroidir bien des ardeurs. Et le nucléaire ne mobilise plus. « La radioactivité, ça ne se voit pas, ça ne se sent pas, donc les gens s’en fichent », déplore une habitante ; elle milite pour que l’installation reste en l’état, le temps que la radioactivité diminue. La commission de l’enquête publique présidée par Danielle Faysse rendra son rapport courant février 2022, pour de potentiels débuts de travaux en 2023. »

Éditorial du MONDE : La taxonomie consiste à définir ce qu’est une activité économique durable afin de flécher les financements dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe. Ainsi, soixante-dix secteurs d’activité, représentant 93 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire européen (construction, transport, industrie ou encore énergie), ont été passés au crible… Sans gaz et/ou nucléaire, la neutralité carbone et la limitation du réchauffement climatique seront extrêmement difficiles à tenir dans les délais, sinon au prix d’un changement rapide et profond de mode de vie, difficilement acceptable à ce stade par l’opinion publique… Nucléaire et gaz disposent de l’immense avantage d’être pilotables, c’est-à-dire d’être utilisables à tout moment, même lorsqu’il n’y a pas de vent pour faire tourner les éoliennes ou de soleil pour alimenter les panneaux solaires… Dans le débat énergétique, il n’existe pas de solution miracle.

Lire, Taxonomie ou L’art de classer ce qui est bien ou mal

Nouveau débat sur lemonde.fr par rapport à l’éditorial :

Ecolo-geek : On ne dit pas merci au Monde pour cet édito. Le gouvernement sait très bien expliquer ces choix lui-même… On préférerait une approche plus critique et surtout ne pas voir invoquer le réalisme là où on pourrait tout à fait parler d’irresponsabilité…

Frog : Deux choses me scandalisent : 1) Qualifier de « verte » l’énergie nucléaire relève du pur greenwashing et sert à entretenir les populations dans l’idée que cette énergie serait fiable et sécurisée, ce qui n’est absolument pas le cas. « Décarboné » est le seul terme envisageable – et encore, car tout a un coût carbone. 2) Ce débat autour de l’énergie éclipse le débat qui devrait être le premier : comment économiser l’énergie ?!!! Pendant que nos politiques comptent sur le nucléaire, on étend toujours plus les zones urbaines pour utiliser toujours plus la bagnole, on vit dans des passoires thermiques avec des aides à la rénovation indigentes, on consomme n’importe quoi à l’autre bout de la planète dans une économie mondialisée… A un moment il serait temps de redevenir raisonnable !!!

moussila : J’avoue que faire passer le gaz naturel du problème à sa solution est quand même un sacré tour de passe-passe. On va se servir d’une énergie fossile pour résoudre le problème lié aux énergies fossiles? C’est grandiose ! Y en a qui osent tout… Le gaz « naturel » n’est pas du tout une énergie propre. A énergie équivalente, il n’émet que 20% de moins de GES que le pétrole (type gazole ou essence), et plus de la moitié de ce qu’émet le charbon. Et delà veut-il dire qu’il y aura un financement européen pour de nouvelles infrastructures gazières et explorer de nouveaux gisements ? Ce serait tout simplement scandaleux.

Durabilité forte contre soutenabilité faible

Un peu de théorie pour mieux comprendre l’erreur fondamentale des économistes orthodoxes, tous ceux qui nous bercent d’illusions.

soutenabilité faible

Les tenants de la durabilité faible forment le courant économique dominant (de droite comme de gauche) : le capital naturel peut toujours être remplacé par des éléments fabriqués, donc par du travail et du capital technique. Cette approche promulguée par la Banque mondiale et l’OCDE suppose la substitution toujours possible entre capital humain, capital manufacturier et capital naturel. Ainsi, si l’une des composantes baisse, une autre pourra toujours compenser le manque. Elle repose sur une confiance aveugle dans un progrès technique qui pourrait toujours compenser la déperdition irréversible des ressources naturelles non renouvelables. On dit aussi qu’il y a dans tous les cas substitution possible entre les facteurs de production, y compris le facteur ressources naturelles. Les économistes soutiennent depuis l’origine de la révolution industrielle une durabilité faible, donc considèrent une croissance économique sans se soucier des générations futures ni du reste de la Biosphère puisque, selon leur point de vue, on trouvera sans doute une solution technique à tous les problèmes que la technique a créé.

Une telle pensée, ce que Nicholas Georgescu-Roegen appelle « le sophisme de la substitution perpétuelle », n’est pas durable. Il faut en effet avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer notre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès. Mais les économistes, libéraux ou marxistes, inébranlablement attachés à leur cadre mécaniste, sont restés complètement insensibles aux appels que lancèrent les mouvements pour la conservation de la nature. L’exploitation de la nature reste une fin en soi et les économistes ont mis plus d’un siècle pour prendre en considération la question de l’environnement et du renouvellement des ressources.

Nicholas Georgescu-Roegen : « Quelques organismes ralentissent la dégradation entropique : les plantes vertes emmagasinent une partie du rayonnement solaire qui autrement serait immédiatement dissipée sous forme de chaleur. C’est pourquoi vous pouvez brûler aujourd’hui de l’énergie solaire préservée de la dégradation il y a des millions d’années sous forme de charbon, ou depuis un plus petit nombre d’années sous forme d’arbres. Tous les autres organismes accélèrent la marche de l’entropie et les humains plus que les autres. Le processus économique, comme tout autre processus du vivant, est irréversible mais beaucoup d’économistes ne connaissent même pas la loi de l’entropie. Certains pensent même de façon illusoire qu’on réussira toujours à trouver de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux moyens de les asservir à notre profit. Mais on ne peut pas utiliser des schistes bitumineux si leur extraction coûte plus d’énergie que leur apport. Il y a aussi la thèse que nous pourrions nommer le sophisme de la substitution perpétuelle. Ainsi, selon Solow, on pourra toujours substituer d’autres facteurs (travail ou capital technique) aux ressources naturelles. Mais il faut avoir une vue bien erronée du processus économique pour ne pas remarquer qu’il n’existe pas de facteur matériel autres que les ressources naturelles. Plus que l’impact du progrès technique sur la consommation de ressources par unité de PIB, ce qui doit attirer votre attention, c’est l’accroissement du taux d’épuisement des ressources comme effet de ce progrès. Mais les économistes, inébranlablement attachés à leur cadre mécaniste, sont restés complètement insensibles aux appels que lancèrent les mouvements pour la conservation de la nature. »

durabilité forte

La biosphère remplit quatre fonctions vis à vis de l’espèce humaine : c’est le support de la vie, un stock de ressources naturelles, un récepteur de déchets et une source d’aménités. Il y a bien des possibilités de substitution aux services environnementaux, le recyclage des déchets permet par exemple de réduire à la fois la demande de services de réception de déchets et la demande de matières premières. Mais ces substitutions sont plus ou moins fortes et le stock de capital physique (par exemple une piscine) constitue un avatar plus ou moins imparfait du capital naturel (lac ou rivière). En effet, l’analyse néo-classique de Pigou (les externalités) ne reconnaît pas l’interdépendance étroite entre économique et environnement. Pour dépasser la pensée dominante, il faudrait utiliser des développements empruntés aux sciences de la nature, en particulier la thermodynamique et l’écologie, il faudrait insérer l’économie dans l’écologie alors qu’on a déjà le plus grand mal à intégrer l’écologie dans l’économie. Comme synthèse de cette analyse, on peut dire qu’une durabilité forte nécessite que le patrimoine naturel reste constant (il est absolument complémentaire de l’activité humaine d’une génération à l’autre). Cette conception repose donc sur la forte complémentarité entre les trois types de capital (technique, humain et naturel) et récuse l’idée de soutenabilité faible. Concrètement la réalisation du développement durable passe alors par une limitation de l’usage du capital naturel, notamment par la décroissance des facteurs de production matériels et énergétiques. Ce soubassement biophysique de l’activité humaine nous amène à repenser le matérialisme historique de Marx.

cf. Libéralisme, marxisme et écologisme

L’année 2022 et la fin de ce monde en folie

Quelques journalistes se prennent pour Philippulus, le prophète qui promettait l’apocalypse en 1942 (dans Tintin, L’Etoile mystérieuse). Sauf qu’aujourd’hui il ne s’agit pas d’un cinglé, mais d’analystes de la situation désespérée de la société thermo-industrielle.

Philippe Escande : « Le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité, dus en majorité à ces énergies fossiles, ne permettent plus de continuer sur ce rythme. De cela, la plupart des gens en sont désormais convaincus. Mais ils n’ont pas intégré les sacrifices que cela implique : réduire l’utilisation de la voiture, la consommation de viande, les voyages, les achats, sa liberté individuelle… Gérer ce basculement inévitable vers un monde plus cher, car plus économe, mais aussi plus instable, devrait figurer en tête des préoccupations des politiques en ce début 2022. En auront-ils le courage ? »

Lire, Paradoxes du monde fini… selon Dominique Bourg

La question de la finitude des ressources ne devrait plus diviser. Parier sur l’abondance des ressources et la croissance, sur une planète insidieusement finie, alors même que la décrue démographique n’aura pas même lieu durant le siècle, est aussi inepte que dangereux.

Florian Fizaine : « Dès la naissance de l’économie politique au XVIIIe siècle, les physiocrates placent la nature au cœur de la production des richesses, ce qui implique d’en respecter les contraintes. A partir de la révolution industrielle, cette question de la finitude des ressources va devenir plus conflictuelle chez les économistes classiques. Alors que, pour Jean-Baptiste Say, les ressources naturelles, illimitées et donc gratuites, ne sont pas un sujet, pour d’autres, comme David Ricardo, il existe une limite naturelle à la croissance, se traduisant par une décroissance des rendements, et donc une hausse du prix du blé, qui conduit in fine l’économie à un état stationnaire sur le long terme. A partir de là, des économistes comme John Stuart Mill vont considérer cette décroissance comme une opportunité pour l’humanité qui, au lieu d’accumuler des richesses, pourra se tourner vers d’autres activités, telles que l’art. D’autres, à l’image de Thomas Malthus, craignent que les ressources naturelles ne s’accroissent pas suffisamment vite face aux dynamiques de croissance démographique, ce qui nécessite de limiter la fécondité. A la fin du XIXe siècle, l’école néoclassique estime que la disponibilité limitée en ressources naturelles peut être compensée par une organisation du travail optimisée. Le progrès technique et les découvertes de nouvelles ressources pourront continuellement lutter contre les rendements décroissants. Malgré cette idéologie dominante, certains économistes commencent à réfléchir à l’épuisement. On attribue à l’économiste Kenneth Boulding cette phrase : « Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Mais en réaction au rapport Meadows, le quatuor Partha Dasgupta+Geoffrey Heal+Robert Solow-+Joseph Stiglitz a suggéré que l’économie pourrait continuer à croître éternellement, dès lors qu’il était possible de substituer suffisamment vite des ressources essentielles s’épuisant par du capital. »

Biosphere : Dasgupta et consorts font l’hypothèse d’une soutenabilité « faible » qui suppose la substitution toujours possible entre capital humain, capital manufacturier et capital naturel. Ainsi, si l’une des composantes baisse, une autre pourra toujours compenser le manque. Elle repose sur une confiance aveugle dans un progrès technique qui pourrait toujours compenser la déperdition irréversible des ressources naturelles non renouvelables. C’est donc une croyance religieuse parmi d’autres. Car si la nature peut exister sans capital bâti, l’inverse n’est pas vrai. Il existe de ce fait une hiérarchie fondamentale entre les capitaux qui limite le degré de substituabilité entre le capital bâti et le capital naturel. C’est ce qu’on appelle la durabilité forte. En conséquence, il est impossible d’envisager le capital bâti et le capital naturel comme de parfaits substituts. Sans substitution durable entre facteurs de production, il n’y a d’autre solution que la décroissance.

Lire, Programme pour une économie soutenable et désirable (économie écologique)

Vanille455 : C‘est trop tard pour ce genre d’articles. C’est trop tard tout court pour le climat. Maintenant il va falloir s’adapter, c’est-à-dire acheter des armes et se barricader dans des bunkers et attendre la crise.