présidentielle 2027, le bal des prétendants

31 août 2023. Le candidat de l’Union populaire républicaine, François Asselineau, est le premier à s’être déclaré pour la présidentielle 2027, dans un entretien au « le Dauphiné libéré » le 31 août 2023.

10 mai 2026. Devant près de 850 cadres et élus d’Horizons, réunis à Reims, Édouard Philippe se pose en candidat d’une « France libre » qu’il souhaite rassembler au-delà de son parti ces prochains mois.

22 mai 2026. Lors d’un déplacement en Aveyron, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, s’est ajouté à la longue liste des prétendants à l’Élysée en officialisant sa candidature à la présidentielle de 2027.

6 juin 2026. La 15e convention nationale de Génération Écologie a décidé le 6 juin 2026 d’investir officiellement Delphine Batho comme candidate de l’écologie à l’élection présidentielle de 2027. 

9 juin 2006. 25 candidats sont déjà officiellement déclarés à la présidentielle de 2027. Certains ont une candidature officialisée par leurs partis (Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon), d’autres sont candidats à la candidature…

13 juin 2026. Marine Tondelier prépare le terrain moins d’un an avant le scrutin de 2027. Initialement désignée candidate par son parti pour une primaire de la gauche, la secrétaire nationale des Ecologistes, voyant l’idée de cette primaire s’enliser, glisse doucement vers le scénario d’une candidature directe pour le premier tour, la sienne. Le Bureau politique de son parti va s’adresser aux membres du Conseil Fédéral le 11 juillet prochain : « La stratégie politique de notre mouvement passe notamment par la réaffirmation du besoin d’une primaire de la gauche et des écologistes et, en cas d’impossibilité, l’affirmation d’une candidature écologiste. »

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ICAN. Toujours plus d’argent pour la bombe

La Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (en anglais International Campaign to Abolish Nuclear Weapons, abrégé en ICAN) est une coalition de plusieurs ONG qui militent pour le désarmement nucléaire. Elle est lauréate du prix Nobel de la paix en 2017.

Communiqué de presse ICAN France

https://icanfrance.org/communique-les-depenses-nucleaires-mondiales-toujours-plus-dargent-pour-la-bombe/

Les chiffres sont effarants

  • Les neuf États dotés de l’arme nucléaire ont consacré 119 milliards de dollars à leurs arsenaux nucléaires en 2025,
  • Une augmentation de 16,8 milliards de dollars en un an (+19 %).
  • Depuis 2021, les neuf puissances nucléaires ont dépensé au total 471 milliards de dollars pour leurs arsenaux nucléaires.
  • La France y participe pleinement, avec un budget nucléaire porté à 6,9 milliards d’euros en 2025, soit plus de 13 000 euros dépensés chaque minute.
  • Les États-Unis demeurent de loin le premier dépensier avec 69,2 milliards de dollars en 2025, soit davantage que l’ensemble des autres États dotés réunis. 

Cette augmentation continue des dépenses s’accompagne d’une volonté assumée de pérenniser les arsenaux nucléaires. Tous les États dotés investissent dans de nouveaux systèmes d’armes destinés à rester opérationnels jusqu’à la fin du siècle. Loin d’une logique de désarmement, ces investissements organisent la poursuite d’une sécurité avec des armes de destruction massive pour plusieurs générations.

Ces choix politiques et budgétaires se font au détriment des investissements nécessaires pour répondre aux défis de sécurité du XXIe siècle : la diplomatie, la prévention des conflits,  la lutte contre le dérèglement climatique, la justice sociale.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_internationale_pour_l%27abolition_des_armes_nucl%C3%A9aires

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Se libérer de l’arme nucléaire, c’est possible

extraits : La dissuasion nucléaire élargie à la Macron reçoit peu de critiques dans le médias, mais voici le point de vue du Vice-président de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC) qui fait le point sur la question de la bombe atomique…..

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RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES

Positionnement des Écologistes par rapport aux armes nucléaires : une MOTION PROGRAMMATIQUE  devrait faire l’objet du Conseil Fédéral du 11 juillet 2026.

 RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR

LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES (extraits)

En RÉSUMÉ

Aux racines de la guerre et du chaos actuel, il y a le non-respect de leurs obligations par les États dotés d’armes nucléaires – dont la France. Ils n’ont jamais entamé les négociations prévues depuis 1970 par l’Article VI du TNP en vue d’aboutir à un monde sans armes nucléaires ni radioactives, par un désarmement multilatéral planifié, progressif, intégral, universel et strictement contrôlé. Le peuple français est le seul acteur capable de forcer ses dirigeants à en prendre l’initiative, et le seul moyen actuel de lui donner la parole est un référendum d’initiative partagée.

MOTiFS

– Avec plus de 12 000 armes nucléaires dont 4000 « déployées », chaque humain est assis sur un baril de poudre.

– L’arme nucléaire incite des dirigeants comme Poutine, Trump ou Netanyahou à piétiner le droit.

– « Tout État qui emploie des armes nucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (Résolution de l’ONU 1653 XVI du 24 novembre 1961).

– Obligation légale de désarmement, obligation inscrite dans l’article VI du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), auquel la France a adhéré en 1992, et concerne tous les États Dotés d’Armes Nucléaires.

– Employée contre un autre État nucléaire, l’arme nucléaire est suicidaire.

– Scandale démocratique : sans jamais avoir été consultés, nous Français dépensons des centaines de milliards à créer et entretenir un système d’armes

militairement inefficaces et moralement indéfendables. Le Chef de l’Etat décidera de nos vies et de millions d’autres vies en un quart d’heure.

– L’arme nucléaire n’est pas un « parapluie ». Au mieux, c’est un paratonnerre, qui attire la foudre.

– « L’ultime avertissement » sera, par définition, une frappe nucléaire en premier. C’est jouer à la roulette russe, ouvrir la boîte de Pandore.

MOTION

Le Conseil Fédéral soutient la Proposition Parlementaire de Loi suivante :

Article 1. La France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle

mutuel et international strict et efficace. »

« Article 2. L’article 1 ci-dessus est soumis à l’approbation des Français par référendum, en application de l’Article 11, alinéa 3, de la Constitution. »

La signature d’au moins 20 % des parlementaires eux (185 sur 925) suffit à enclencher le processus du RIP.

RÉFÉRENCES

I. Les fondamentaux du parti « Les Écologistes »

Selon les statuts du parti en vigueur depuis le 18 mars 2024 : « Les Écologistes constituent un mouvement démocratique large, divers, ouvert, dont l’ensemble des membres arment leur adhésion à la Charte des verts Mondiaux adoptée en 2001 :

« La poursuite d’un désarmement général et complet, y compris des accords internationaux pour garantir l’élimination complète et irrévocable des armes nucléaires, biologiques et chimiques ainsi que des mines antipersonnel et des munitions à l’uranium appauvri. »

II. Résolutions antérieures du Conseil Fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts

1. Le Conseil fédéral du 5 juin 2011 s’associe officiellement à l’Appel international pour une Europe sans armes ni centrales nucléaires

2. « Le Conseil fédéral des 23 et 24 juin 2012 demande à l’ensemble de ses représentant-e-s au parlement et au gouvernement de tout mettre en oeuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi portant l’organisation d’un référendum sur la question suivante : « Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

3. Le Conseil fédéral des 11 et 12 mars 2017 décide d’appeler la France à ne plus s’opposer aux propositions de principes d’un projet de traité d’interdiction des armes nucléaires en vue de leur élimination et approuve la proposition de loi parlementaire organisant un référendum national sur la question : « Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

4. Le Conseil fédéral des 1er et 2 octobre 2022 souhaite impulser de nouvelles initiatives européennes pour le désarmement nucléaire dans le monde et refuse toute prolifération européenne des armes nucléaires françaises – tant en termes de financement européen qu’en termes de scénarii d’utilisation. Il n’exclut pas la possibilité d’engager une initiative de désarmement nucléaire au niveau français sans consensus européen sur le sujet et lorsque les conditions seront réunies.

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Mondial United 2026, la coupe la plus polluante

La Coupe du monde de football du 11 juin au 19 juillet 2026 est un « événement médiatique », un vaste récit collectif qui traverse les frontières mais ne fait rien pour assurer la paix entre les peuples et la conscientisation des citoyens. Elle exacerbe au contraire les tensions nationalistes et fait oublier l’urgence écologique. Dans leur dossier de candidature pour accueillir la Coupe du monde de football 2026, en 2018, le Canada , les Etats-Unis et le Mexique annonçaient la couleur : leur compétition sera « la plus verte » et « la moins émettrice de carbone de l’ère moderne »

Huit ans plus tard, il est permis de douter de la sincérité de ces engagements : ce Mondial « United 2026 »devrait être l’un des pires en matière d’empreinte carbone.

lemonde.fr : Alors que les pays hôtes annonçaient 3,6 millions de tonnes d’émissions de CO₂, les déplacements en avion des équipes et des supporteurs entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique pourraient faire exploser le bilan carbone de la compétition.  Les pays du Golfe avaient déclaré 3,8 millions de tonnes d’émissions de CO2 pour leur tournoi. Scientists for Global Responsibility évalue à au moins 9 millions de tonnes de CO2 le bilan carbone de la future Coupe du monde – ce qui représente, pour un événement de cinq semaines, l’équivalent des émissions annuelles de Chypre, un pays de près de 800 000 habitants.

Sans surprise, le transport aérien constitue le principal facteur d’émissions pour le tournoi de 2026. On estime qu’il représente environ 86 % du total. L’immense majorité des émissions de CO2 émises seront d’ailleurs causées par les déplacements des fans !

Le point de vue des écologistes réalistes

– Tout ça pour un jeu de ballon !

– Mais voyons, puisque Trump nous répète à l’envie que le réchauffement climatique, ça n’existe pas, ça n’est qu’une arnaque chinoise !

– L’expérience du la coupe du monde au Quatar a été un franc succès… grâce à ses stades climatisés ! Cela prouve bien que le climat n’intéresse personne.

– Une vaste blague. « La société du spectacle » dans ce qu’elle a de pire : des justifications bidons pour justifier une orgie de densité technologique (médias, transports). Le tout au service de l’enrichissement de quelques uns, pendant que Donald Trump, dimanche organise un tournois de MMA pour son anniversaire sur la pelouse de la maison blanche. On est en plein idiocracy.

– Tout ce qu’il ne faut plus faire, en somme… Et on continue aveuglément, avec des prétextes tellement bidons qu’ils en deviendraient ridicules si on avait envie d’en rire…

– Supprimez les déplacements des supporters, qu’il reste devant leur écran (géant) à la maison, c’est déjà mieux. Supprimez cette compétition qui n’a aucune utilité véritable, ce serait parfait !

– On passe sans respirer du PSG à Roland-Garros pour enchaîner sur la Coupe du monde et bientôt le Tour de France… « Du pain et des jeux » était la politique suivie juste avant l’effondrement de l’empire romain !

– Il faut dire les choses comme elles sont : l’avenir de nos enfants nous est, en fait, indifférent. Qu’ils se débrouillent, et peu importe ce qu’ils diront de nous.

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Coupe du monde des footeux, on s’en fout (2022)

extraits : Du 14 juin au 18 juillet 2018, la Coupe du monde de foot nous avait déjà emmerdé à longueur de journées. Un long calvaire lié à la futilité de courir après un ballon, la corruption de la FIFA, le chauvinisme des supporteurs et par dessus tout la crétinisation des masses. S’ajoutait cette année-là le fait que cela se déroulait en Russie et que Vladimir Poutine en avait tiré un avantage politique. Globalement le foot professionnel ne conteste pas l’ordre établi, il le renforce. Le football n’est jamais innocent, à l’image de nos sociétés et de nos émotions. Quatre ans après, ça recommence, le même cirque médiatique en 2022. C’est un constat, les foules aiment le sport de masse, elles préfèrent ça à la réflexion….

Pour en savoir encore plus

Foot au Qatar, le sport EST politique (2022)

BIOSPHERE-INFO, futilité du mondial de foot (2018)

FIFA en accusation… comme le foot spectacle ! (2015)

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Détruisons les biens nuisibles à notre survie

Dans Alternatives non-violentes n°219 de juin 2026 (page 38 à 40), on présente Christian Delorme qui expliquait en 2007 lors de la parution du n°142 qu’il est « absolument opposé à des actes de destruction » lors d’actions de désobéissance civile, comme le démontage du MacCDO de Millau par José Bové et les paysans du Larzac, l’arrachage de maïs OGM par les Faucheurs volontaire, les barbouillages de panneaux publicitaires par les Déboulonneurs. Pour lui ces destructions – bien que toujours limitées et le plus souvent qualifiées de détériorations légères par la Justice – « ouvrent la porte à la légitimation de n’importe quelle destruction au nom de mille révoltes légitimes. » Ce positionnement sur une non-violence qui condamnerait toute destruction mérite débat.

La violence contre un bien est-elle comparable à la violence contre une personne ?

Le point de vue de Michel Sourrouille

Le concept de violence est un mot valise qui mélange légalité et légitimité, il faut parfois se faire violence et parfois même se défendre contre la violence. Mais pour les dégâts environnementaux actuels, personne n’est responsable puisque tout le monde est coupable de la dégradation de la planète. Pas de cible désignée. Alors des destructions de bien nuisibles à notre environnement, pourquoi pas ?

Christian Delorme s’inquiète de la porte ouverte, une violence justifierait toute autre violence qui serait considérée comme légitime. Mais il ne s’agit pas de violence plus ou moins révolutionnaire, il s’agit de violence contre des biens dont l’existence met concrètement en péril la survie humaine. Crever les pneus d’un SUV, barbouiller un jet privé, saboter un pipeline, détériorer une cimenterie, dérégler les machines qui créent une nouvelle autoroute… peut se comprendre. Détruire à visage découvert est même un plus  en démocratie ; tout procès intenté ne peut que faire la promotion d’actions en faveur de l’environnement et des générations futures.

Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est aujourd’hui rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques…

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Malm et la destruction de biens nuisibles (juin 2023)

extraits : « Au milieu d’une vague de répression instiguée par l’Etat français à l’encontre des militants écologistes (qui s’inscrit dans une escalade autoritaire beaucoup plus vaste menée par le président Macron et ses alliés), mon livre Comment saboter un pipeline (La Fabrique, 2020) a été cité dans un décret de dissolution : il serait à l’origine de tous les « désordres » attribués aux luttes environnementales dans la période récente. Mon livre a contribué à un débat plus large au sein du mouvement écologiste, amené à se poser des questions difficiles sur ce qu’il est urgent de faire dans une situation où les effets du changement climatique s’intensifient et s’accélèrent, mais où les Etats hégémoniques sont déterminés à agir de façon minimale ou à ne pas agir du tout. Je suis loin d’être le seul auteur à soutenir que nous devons désactiver rapidement et de manière décisive l’infrastructure des combustibles fossiles. Et soyons clairs ici, je parle de propriété, d’objets matériels, pas de personnes – je n’ai jamais prôné la violence contre des individus ou des groupes. Il est proprement stupéfiant que ces propositions relativement modestes soient maintenant qualifiées de « terrorisme intellectuel » ou d’« actions extrêmes allant jusqu’à la confrontation avec les forces de l’ordre » par le ministre français de l’intérieur, Gérald Darmanin….

Urgence écologique et destructions de biens (octobre 2020)

extraits : Aujourd’hui la première caractéristique de la désobéissance civile, c’est d’être mis au profit d’une cause nouvelle, la défense de l’environnement : actions de Greenpeace, faucheurs volontaires d’OGM, blocages de ponts de Londres par Extinction Rebellion, grèves scolaires pour le climat, etc.. Le problème, c’est que l’urgence écologique des dérèglements planétaires oblige à des actions de masse dans une société anesthésiée par les délices de la civilisation thermo-industrielle basée sur les ressources fossiles. Andreas Malm donne sa réponse : « Agir spectaculairement, sans atteinte aux personnes, mais avec destruction possible des biens nuisibles à l’équilibre planétaire. ».

Contre-violence par destruction de biens (septembre 2020)

extraits : Je suis personnellement depuis le début des années 1970 fidèle adepte de la non-violence. Pourtant je m’interroge aujourd’hui face aux déréglementations écologiques qui frappent presque tous les domaines de la vie sur Terre. Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencée. Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe.

Il faut se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »

De même un livre d’ Andreas Malm en 2020 se pose la question de la nécessité de dégonfler les pneus des SUV et détruire pipelines et autres éléments de l’infrastructure basée sur l’énergie fossile. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens les plus néfastes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? »

Pour en savoir encore plus

9 octobre 2020, Crever les pneus des SUV, trop difficile ?

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat

15 septembre 2020, Saboter les pipelines, un impératif ?

14 septembre 2020, Sea Shepherd et la tentation de la violence

4 septembre 2020, CLIMAT : « Comment saboter un pipeline »

3 septembre 2020, CLIMAT, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?

21 mars 2019, Nécessité de la violence pour les antispécistes ?

12 juillet 2018, Faut-il casser des vitrines pour manger moins de viande ?

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

24 janvier 2018, Climat : Faut-il faire brûler les centrales à charbon ?

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

31 janvier 2015, L’appel au sabotage relève de la liberté d’expression

20 août 2014, Les écoguerriers en vert sont-ils des terroristes ?

14 avril 2014, A-t-on vraiment le droit de saboter un chantier de TGV ?

3 janvier 2014, Des bombes contre la société industrielle, Kaczynski

15 novembre 2013, Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

15 décembre 2008, Kaczynski sans portable

17 septembre 2007, écoguerrier = terroriste ?

29 avril 2007, Collectif des déboulonneurs

24 avril 2007, le code de l’écoguerrier

23 avril 2007, action directe aux USA

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L’azote, aussi indispensable que l’eau et l’air

Les coûts de l’azote de synthèse ont explosé à cause de la guerre en Iran. Or la France importe 70 % de ses besoins en azote, sur lesquels repose son modèle agricole céréalier intensif. La sécurité alimentaire repose sur l’agriculture biologique, pas sur l’agro-industrie.

Manon Rescan : L’azote est essentiel pour la croissance des végétaux. Il est présent dans le lisier et le fumier épandus sur les cultures et dans l’air, mais l’agriculture mondiale s’est développée sur un modèle intensif qui repose sur le recours à de l’azote de synthèse. La tonne d’urée, le principal engrais azoté de synthèse utilisé en agriculture, se vend à plus de 800 euros, contre 400 euros avant le début du conflit.

« Nous devons devenir moins dépendants aux engrais importés », a écrit Annie Genevard, ministre de l’agriculture. D’autant que le pays est aussi tributaire des importations d’engrais phosphatés et potassiques. Devant les membres de l’Association générale des producteurs de blé (une association d’agriculteurs du syndicat FNSEA), la ministre avait annoncé travailler à mettre en place un guichet engrais : « L’engrais est au sol ce que le carburant est à la voiture. L’engrais permet d’avoir des cultures abondantes et de qualité, il nous faut des engrais »…

Le point de vue des agro-écologistes

– Et nous bêtement, nous allons payer pour importer des engrais, réaliser des mega-bassines, continuer la pollution des eaux, détruire la biodiversité pour une souveraineté alimentaire fantasmatique… basée sur l’exportation.

– La France a un secteur privé dont la compétence essentielle (inexportable), c’est la recherche de subventions publiques tout azimut.

– D’un côté, la région Champagne-Ardennes se vante d’être le premier exportateur mondial de luzerne déshydratée et de l’autre, on importe des engrais azotés. Pour les non-initiés, la luzerne, le trèfle et quelques autres plantes fixent l’azote et rendent inutile l’apport d’engrais azotés.

– J’étais il y a quelques jours dans une ferme en polyculture élevage (ces gens que méprise Duplomb), eux ils s’en moquent bien du détroit d’Ormuz ! Que les fans de chimie se débrouillent sans l’aide de l’État, ça les changera.

– La Confédération paysanne plaide pour mettre en place des solutions « de nature économique et agronomique », en particulier le développement d’une filière avec des débouchés pour les légumineuses, notamment fourragères, moins gourmandes en azote, et pour réintroduire de l’élevage dans les zones céréalières afin de permettre un plus grand recours aux engrais organiques.

– L’urine humaine est très riche en azote. On paie pour des stations d’épuration pour s’en débarrasser et de l’autre côté on importe des engrais azotés…

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La merde, un de nos biens les plus précieux

extraits : Avec le développement de l’hygiénisme, l’arrivée progressive de l’eau courante dans les habitations s’accompagne de la généralisation des toilettes à chasse d’eau puis des systèmes d’égouts. Les excréments y disparaissent comme par magie, même si, en réalité, ils vont polluer les rivières. Mais c’est surtout au XXe siècle, avec l’apparition des engrais de synthèse, que s’opère le basculement. En 1913, le chimiste allemand Fritz Haber et l’industriel Carl Bosch développent un procédé industriel pour convertir l’azote de l’air en azote assimilable par les plantes. Après la seconde guerre mondiale, ce procédé se généralise en France, en même temps que l’agriculture industrielle….

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La « sécurité nationale », un tournant répressif

La notion de « sécurité nationale » provient du champ américain : en 1947, le National Security Act a construit le dispositif actuel de sécurité, en créant le département de la défense, mais aussi le Conseil de sécurité nationale rattaché au président des Etats-Unis et à la CIA (l’agence de renseignement extérieur américaine). Introduite en France par une loi de programmation militaire de 2009, cette notion s’est progressivement substituée à celle de « défense nationale », datant de 1959.

Julien Fragnon : Dans le cadre de la discussion sur l’actualisation de la loi de programmation militaire, l’Assemblée nationale a adopté, le 19 mai 2026, un article créant un « état d’alerte de sécurité nationale ». Ce nouveau régime juridique vise à renforcer la protection des secteurs d’importance vitale et à faciliter le lancement de marchés publics en dérogeant à certaines normes environnementales ou d’urbanisme. Il ne viserait qu’à s’adapter à une nouvelle configuration des relations internationales, un espace hybride entre la guerre et la paix. En brouillant les frontières du militaire et du policier, elle fournit un cadre d’action qui pense la sécurité de manière globale – à l’intérieur et à l’extérieur d’un territoire – et dans des domaines très différents tels que l’économie, la santé, les risques industriels, le terrorisme, la criminalité organisée, les risques cyber…

Le point de vue des écologistes éco-anxieux

Parler de  sécurité est légèrement légitime dans un monde marqué par la multiplication des menaces hybrides qu’il s’agit de gérer et non plus seulement d’empêcher. Mais le risque est de créer un amalgame entre des menaces de nature différente ; la sécurité nationale demeure un ensemble relativement flou qui mêle indistinctement toutes formes d’actions sécuritaires de l’État.

A l’instar de l’évolution du système antiterroriste, l’utilisation croissante dans le droit de la notion de sécurité nationale conduit à éroder toujours plus le rapport entre sécurité et liberté et à fragiliser les garanties apportées par l’État de droit. Rien n’empêcherait qu’un gouvernement non républicain ne dévoie ce nouveau régime juridique contre toute opposition, sans même avoir à modifier la loi.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estimait dans son rapport du 8 janvier 2022 que l’insécurité n’est pas seulement liée aux questions économiques mais aussi à la pression de l’homme sur la nature. Et d’en conclure que le mode de développement actuel n’est satisfaisant ni pour les populations ni pour la planète.

Se polariser sur la « sécurité nationale » envisagée comme le simple renforcement des mesure de répression occulte l’insécurité profonde de notre société sur-développée qui saccage la planète. En conséquence l’insécurité alimentaire devient une constate de nos sociétés et l’éco-anxiété se propage.

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Eco-anxiété, les jeunes à la peine (2023)

extraits : La crise environnementale est un parfait sujet d’anxiété. Il est potentiellement très grave, nous n’avons pas de prise directe, nous sentons le danger approcher… Il peut donc devenir envahissant, alimenter une sensibilité à la dépression, et priver les soignants de leviers pour remobiliser la personne, comme la projection dans l’avenir. » Les adolescents que reçoit la psychiatre Marion Robin ne se privent pas de lui faire savoir que« les adultes ont bousillé la planète….

Pour en savoir encore plus

Eco-anxiété, dépression verte, « solastalgie » (2019)

Écologie, la peur peut être bonne conseillère (2021)

L’écoanxiété a-t-elle besoin d’être soignée ? (2021)

La jeunesse s’inquiète des chocs écologiques (2022)

La « sécurité nationale », un tournant répressif Lire la suite »

Bilan 2026, la démocratie fout le camp

L’institut Varieties of Democracy publie chaque année un rapport sur l’état global de la démocratie et analyse les tendances actuelles. Paru en mars 2026, il établit que seulement 7 % de la population mondiale vivait dans une démocratie libérale au 31 décembre 2025, contre 17 % en 2005.

Staffan Ingemar Lindberg : Nous assistons à l’effondrement de l’ordre international, désormais, des autocrates agissent à leur guise, sans même chercher à sauver les apparences. Depuis 2000, 85 pays ont connu au moins un épisode d’autocratisation, soit près de la moitié des États du monde. Ce recul, inédit, touche des pays très différents, pas même la France, où le Rassemblement national pourrait remporter la prochaine élection présidentielle. Ce parti appartient à la famille des formations d’extrême droite, nationalistes, réactionnaires et illibérales qui, une fois au pouvoir, sapent les institutions démocratiques.

Les autocrates s’inspirent du système mis en place par Vladimir Poutine. Tout commence par les médias : les journalistes sont menacés, intimidés, voire assassinés. Les groupes de presse sont repris en main par le pouvoir, ou confié à des oligarques qui refaçonnent le paysage médiatique. Parallèlement, la liberté académique est attaquée. L’objectif est de saper la notion même de vérité, la désinformation jouant ici un rôle central.

Dans un second temps, la société civile est réprimée. La priorité devient la prise de contrôle du système judiciaire et de l’appareil d’État. Dans ce cadre, les tribunaux, comme les cours suprêmes et cours constitutionnelles, jouent un rôle décisif. Le scénario idéal pour un dictateur consiste à organiser des élections formellement libres et équitables, dans lesquelles tout le monde – du moins une majorité – vote pour lui, soit parce que les électeurs ont été bernés par la désinformation, soit sous l’effet de l’intimidation. Les dirigeants qui recourent à la torture se sentent désormais moins contraints par les conventions internationales.

Trump a pu s’appuyer sur le Projet 2025 [un plan d’action ultraconservateur élaboré par la Heritage Foundation], dont la moitié des propositions a été mise en œuvre dès la première année. Les conséquences sont majeures. Les Etats-Unis représentaient plus de la moitié du financement mondial consacré aux droits de l’homme et à la démocratie. L’une des premières mesures de l’administration Trump a été de mettre fin à l’Usaid, l’agence américaine pour le développement international. Puis il s’en est pris à la National Endowment for Democracy [NED, Fondation nationale pour la démocratie]…

Le point de vue des écologistes politistes

Qu’est-ce qui est le plus démocratique quand on peut mettre la démocratie à toutes les sauces : LFI et le RN disent tous deux représenter le peuple. Arrivés au pouvoir, ils diront que c’est eux le peuple ! En fait une démocratie véritable repose sur la capacité des citoyens d’être éclairés, de voter en toutes connaissance de cause des conséquences, et de savoir résister à toute action qui nie les fondements de la démocratie, à savoir l’État de droit, la liberté d’expression, l’action des associations, l’indépendance de la justice, la non-corruption des élus, etc.

La démocratie n’est jamais une donnée stable, c’est un combat.

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Bilan 2024. L’autocratisation de la démocratie

extraits : En 2023, 42 pays se trouvaient dans un processus d’autocratisation, soit 35 % de la population mondiale ; au 31 décembre 2023, 71 % de la population mondiale (contre 48 % il y a dix ans) vivait dans une autocratie ; Sur les 60 pays qui ont organisé des scrutins nationaux, 31 sont des autocraties ;des dirigeants autoritaires ont été renforcés par les élections, comme en Russie ; En France, l’extrême droite a pris de l’ampleur, en Allemagne l’AfD progresse ; La cerise sur le gâteau, c’est évidemment la réélection de Donald Trump aux Etats-Unis ; La situation est pire que celle que nous avons connue dans les années 1930 ; Des dirigeants qui arrivent aujourd’hui au pouvoir à l’issue d’élections relativement démocratiques mettent en œuvre un programme antipluraliste… ils sapent les médias, les journalistes, les organisations de la société civile…Quelques grandes entreprises technologiques dominent le marché et modifient les algorithmes pour générer le plus de profits possible. Il y a donc une incitation structurelle à cultiver et à diffuser davantage de désinformation, de fausses nouvelles et de théories du complot, plutôt que la vérité et une discussion honnête et respectueuse ; Ils propagent beaucoup la désinformation ; Si vous vous rendez aux urnes et que vous votez sur un mensonge, plus personne n’a de compte à rendre et il n’y a plus de mécanisme démocratique…. La vague d’autocratisation dans les années 1930 a débouché sur la seconde guerre mondiale !!!

Démocratie, guerre et/ou paix, le débat

Arne Naess :« En 1948, j’ai été invité par l’UNESCO à diriger un projet scientifique sur la controverse entre l’Est et l’Ouest à propos de la définition de la démocratie. C’était au début de la guerre froide. Les Soviétiques disaient « Nous sommes démocrates » parce que, en vertu de l’usage établi par la Révolution française, la démocratie signifiait la prise du pouvoir par les défavorisés et les opprimés. Et l’Ouest disait : « Non, cela n’a rien à voir avec la démocratie. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, dans lequel tous sont équitablement représentés. » Je suis donc allé à Paris….( extraits )

Démocratie et guerre, idéalisme et pragmatisme

extraits : La « démocratie » est un mot valise où on peut mettre ce qu’on veut. Même la pire des dictatures peut se présenter sous les oripeaux d’un vote démocratique. La démocratie est formelle dans un pays capitaliste soumis aux puissances d’argent. La démocratie n’est pas réelle dans un système marxiste où domine la dictature du prolétariat. l n’y a pas de différence ontologique qui sépare le projet démocratique des régimes autoritaires. On peut passer très facilement du populisme à la dictature, les exemples contemporains sont nombreux. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump par les urnes montre que la démocratie peut se fourvoyer. Et ce n’est pas un cas isolé…

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Batho, présidentiable écolo en 2027 !?

La 15e convention nationale de Génération Écologie a décidé le 6 juin 2026 d’investir officiellement Delphine Batho comme candidate de l’écologie à l’élection présidentielle de 2027. 

https://www.generationecologie.fr/app/uploads/2026/06/Resolution-investiture-Delphine-Batho.pdf

Résolution adoptée par la 15e convention nationale

Cette étape formalise l’engagement de notre mouvement, deuxième parti écologiste de France, dans la détermination à porter lors de ce scrutin, devant les citoyennes et citoyens, la voix de l’écologie. Députée expérimentée, ancienne ministre qui a tenu bon sur ses convictions dans l’exercice des responsabilités, élue d’un territoire rural depuis près de vingt ans, Delphine Batho incarne la nouvelle écologie dont notre pays a besoin : une écologie capable de gouverner, libre et concrète, ancrée dans les réalités des territoires et les valeurs républicaines.

Avec elle, nous porterons dans cette élection un projet pour la France différent de tous les autres, fondé sur l’espérance et la nécessité de vivre mieux autrement. Face à l’offensive du trumpisme à la française, il faut donner à l’écologie une nouvelle force et une nouvelle orientation. À l’heure où les bases mêmes de nos conditions d’existence sont menacées, nous appelons toutes les citoyennes et citoyens qui n’acceptent pas la disparition de la cause du vivant, du climat, de la santé et de la paix dans le débat démocratique à se rassembler pour construire le programme de gouvernement qui sera porté par le bulletin de vote écologiste.

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Delphine Batho augmente les dépenses militaires (décembre 2025)

Présidentielle 2027, Delphine Batho candidate (novembre 2025)

Delphine Batho, un programme de décroissance (janvier 2022)

Delphine Batho : décroissance démographique ? (janvier 2022)

La décroissance selon Delphine Batho (septembre 2021)

Batho l’écologiste / Rousseau la féministe (septembre 2021)

L’écologie intégrale du pape… et de Delphine Batho (janvier 2021)

L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie (mai 2018)

Delphine Batho, menée en pédalo par François Hollande (octobre 2014)

la conférence sur l’énergie, version nucléaire avec Batho (novembre 2012)

Pour en savoir encore plus sur Delphine Batho, lire son livre « Insoumise«  (Grasset, 2014)

 

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Roland Garros, à supprimer… définitivement

Parmi les 256 joueuses et joueurs réunis porte d’Auteuil, on compte une ribambelle d’anciens blessés, qui ont subi tous les pépins physiques possibles et imaginables. Dos, épaule, genou, poignet, hanche… Nommez une partie du corps humain et vous trouverez probablement un spécialiste de ces mésaventures dans les vestiaires de Roland-Garros. Le corps a ses limites que le sport-spectacle ne veut pas connaître.

Donc pour la bonne santé des sportifs, liste des compétions à supprimer : Championnats de Wimbledon, Champions League, Coupe du monde de la FIFA, Ligue des champions, Finale de l’UEFA, Jeux olympiques d’été (et d’hiver), Roland-Garros, Super Bowl, Tour de France cycliste, etc.

Bien entendu la liste est incomplète, toutes les compétitions pour sportifs professionnels devraient être citées. Le sport doit seulement entretenir la santé, certainement pas le spectacle.

Un ami qui voulait il y a bien longtemps se lancer dans le football, son père : « Court après nos vaches, cela devrait te suffire. »

Le point de vue des écologistes décroissants

La finale de Roland Garros ne nous fait pas rêver. La religion de la balle jaune nous gonfle. Rappelons qu’en mars 2015, le mensuel La décroissance s’attaquait ainsi au court de tennis :

« Ces dernières années une chose m’a frappé : le nombre de courts de tennis abandonnés… Engouement voici une trentaine d’années, désaffection actuelle… Un court de tennis fait 23,77 mètres par 8,23, soit plus de 260 m2, ce qui correspond à la surface d’un potager capable d’alimenter une famille de 4 personnes en légumes frais… Pour faire face à la crise écologique et pour assurer notre sécurité alimentaire, la priorité des priorités est de mettre fin à la destruction des terres agricoles. Cela semble une évidence : les courts de tennis sont parmi les premières des saloperies bétonnantes à arrêter… On y joue seul face à un adversaire, et plus rarement en double, entre gens du même monde. Voilà une cible de choix pour les objecteurs de croissance au couteau entre les dents… Alors que faire de ces courts de tennis qui pourrissent notre pays déjà si abîmé ? Les transformer en potager ? Hélas, leur revêtement en goudron et autres saloperies synthétiques suintent depuis des années dans la terre… »

Notre article du 5 août 2007, qui n’a pas pris une ride

Balle jaune, carton rouge

Comment redonner le goût de la Nature à des individus qui vont préférer rester leurs après-midi devant leur écran télé plutôt que de s’activer physiquement à l’extérieur de leurs linceuls ?

Par exemple, fin mai-début juin de chaque année sur les chaînes publiques, difficile depuis vingt ans en France d’échapper à Roland Garros. On y réconforte les perdants ou félicite les gagnants jusqu’à plus soif. On se désole qu’il n’y ait plus de finaliste français avec des larmes de crocodile. Mais au moins on aura eu un grand spectacle sportif. Pour ce faire, de plus en plus de caméras varient les angles de vue pour remontrer au ralenti le point gagnant ad nauseam ou un grand écart sur terre battue. Lorsque les échanges deviennent interminables et que les téléspectateurs s’endorment, on filme aussi de jolies filles sur les gradins ou des spectateurs assoupis. Pour relayer les ralentis sur la balle, on montre aussi en gros plan l’expression de dépit ou de triomphe du joueur ; quelle source empathie ! Il est vrai que regarder une petite balle jaune courir d’un côté à l’autre d’un filet n’est pas très passionnant. Le plus marrant cette année, c’est quand même que la première semaine de tournoi a été fortement arrosée par la pluie, encombrant de passants désœuvrés les allées d’un site de huit hectares enlevés à la biodiversité. Alors on prévoit la construction d’un nouveau court à toit rétractable, un projet de 120 millions d’euros pour protéger une petite balle jaune. Autant de moins qui ne pourra servir à lutter contre la disparition des grands primates.

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3 juin 2026, Victoire du PSG, on n’aurait pas du en parler

7 février 2026, JO d’hiver… à la neige très artificielle

14 août 2025, Retrouver le sens des limites, ça urge

18 juin 2025, L’amour du foot, c’est l’amour des dictatures

19 novembre 2024, Société de consommation, des loisirs, du spectacle

8 juillet 2021, Tour de France, polluant et inutile

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

4 janvier 2020, Le sport-spectacle, on tourne en rond

30 juin 2017, Le Tour de France sera « le sauveur » de la biodiversité

29 mai 2016, Extension du domaine de la lutte à Roland-Garros

23 juillet 2014, Romain Bardet, un des forcenés du tour de France à vélo

27 juillet 2013, mieux que le Tour de France, AlterTour contre la drogue

13 juillet 2013, Il ne faut croire ni au surhomme, ni au Tour de France

12 juin 2013, La démesure du sport qu’un écologiste devrait dénoncer

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

6 juillet 2012, le sport, antinature, antipathique, pro-capitalisme

6 juillet 2010, AlterTour de France

2 juin 2010, finale Federer-Nadal, on s’en fout

18 juin 2009, la Grande Boucle, out

22 juin 2008, foot, opium du peuple

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Crime d’agression, crime contre la paix

création d’un tribunal spécial pour juger l’invasion du pays par la Russie

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/16/un-tribunal-special-cree-pour-juger-le-crime-d-agression-contre-l-ukraine-qui-salue-un-jour-historique_6689862_3210.html

Trente-six pays, majoritairement européens, et l’Union européenne (UE) se sont engagés le15 mai 2026, lors de la réunion annuelle des ministres des affaires étrangères du Conseil de l’Europe, à créer un tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine. C’est la première fois depuis les procès de Nuremberg (1945-1946), en Allemagne, et de Tokyo (1948), au Japon, après la seconde guerre mondiale, qu’un tribunal international est institué pour juger le crime d’agression.

Pour des raisons à la fois politiques et juridiques, aucune des deux cours de justice créées sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU) – la Cour internationale de justice (CIJ), qui règle les conflits entre Etats, et la Cour pénale internationale (CPI), qui juge les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre – ne pouvait prétendre juger un jour le président russe, Vladimir Poutine, pour l’agression de l’Ukraine. L’agression de l’Ukraine est claire, sans ambiguïté. Dès le 2 mars 2022, à New York, 141 Etats sur 195 de l’Assemblée générale de l’ONU condamnent « l’agression contre l’Ukraine ».

Le crime d’agression bien figure au statut de la CPI. Mais les grandes puissances, Etats-Unis en tête, après leur agression de l’Irak en 2003, refusent que ce crime puisse être poursuivi à l’initiative du procureur de la CPI et exigent que le Conseil de sécurité de l’ONU, où ils disposent d’un droit de veto, soit le décisionnaire unique d’éventuelles poursuites pour agression. L’idée d’un tribunal ad hoc, pour juger l’agression contre l’Ukraine, permet donc de contourner la paralysie de la CPI. Les Etats doivent encore faire ratifier l’idée du tribunal spécial par leurs Parlements et en trouver le financement. La Russie, de son côté, refuse toute idée de justice, estimant que tout conflit doit s’achever par une amnistie.

Nous sommes à un moment de l’histoire où, d’un côté, il y a une destruction méthodique du droit international et du multilatéralisme, et, de l’autre côté, des gens qui continuent à construire.

Annexe documentaire

La notion de crime contre la paix, plus précisément de « crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité », a été définie par l’accord de Londres du pour les tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo établis après la Seconde Guerre mondiale. Selon ces accords, un tel crime se définit par « la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression, ou d’une guerre en violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes qui précèdent ». La poursuite des personnes pour ce genre de crime ne concerne que les dirigeants d’un pays et les très hauts officiers militaires.

Depuis, cette notion a été remplacée par celle de crime d’agression.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_contre_la_paix

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L’IA, la France en veut… ou pas

La publication le 25 mai 2026 par le pape Léon XIV de l’encyclique Magnifica humanitas (« Magnifique humanité ») « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle » (IA), constitue un manifeste politique d’une portée inédite. Aucun gouvernement, aucune autorité de régulation, aucun think tank n’avait encore proposé une réflexion aussi aboutie et articulée sur cette révolution technologique.

Un article du MONDE montrent que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité, un autre souligne les risques en utilisant le message du pape Léon XIV.

Le dernier sommet Choose France d’Emmanuel Macron confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA

https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/01/le-dernier-sommet-choose-france-d-emmanuel-macron-confirme-la-course-au-gigantisme-des-centres-de-donnees-pour-l-intelligence-artificielle_6695879_3234.html

extraits : L’Hexagone est une terre d’accueil pour les gigantesques centres de données destinés à l’intelligence artificielle (IA). Quarante-cinq milliards seront dépensés d’ici à 2031 pour la construction de trois centres de données. Chacun aura une puissance de 1 gigawatt (GW), soit presque autant que la capacité actuelle déjà installée en France (1,3 GW) et près des deux tiers de celle du réacteur nucléaire EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (1,6 GW). Cela sera officialisé par Emmanuel Macron lors du neuvième sommet Choose France le 1er juin 2026. La loi de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel le 27 mai, prévoit un article pour faciliter l’installation sur le sol français de ces infrastructures….

« Il est urgent d’écouter l’alerte lancée par l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/01/il-est-urgent-d-ecouter-l-alerte-lancee-par-l-encyclique-du-pape-sur-l-intelligence-artificielle_6695916_3232.html

extraits : Qu’il faille attendre qu’une autorité spirituelle pose le débat sur la protection de l’humain en dit long sur l’affaiblissement du pouvoir politique, qui peine à se hisser à la hauteur des enjeux civilisationnels de l’IA Il s’agit d’alerter sur le risque d’une dilution de la dignité de l’individu, face à la promesse d’une efficacité désincarnée à l’ère de l’algorithme. Le pape estime qu’il ne faut pas attendre que les processus technologiques arrivent à maturité pour chercher à les canaliser. Si l’impact de Magnifica humanitas doit prendre plusieurs générations pour infuser, il y a un sérieux risque pour que les dégâts causés par l’IA soient irrémédiables. La technologie se propage à une vitesse vertigineuse, dans toutes les couches de la société et à l’échelle de la planète, bien plus rapidement que ne peuvent se former des contre-pouvoirs que le Vatican appelle de ses vœux. Une technologie comme l’IA qui façonne l’attention, organise l’information et anticipe les comportements, aura toutes les facilités pour se déployer en neutralisant sa propre contestation. L’histoire regorge de ces aveuglements où l’absence de garde-fous a fini par provoquer un retour de bâton bien plus destructeur que la régulation initialement refusée….

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Le pape Léon XIV, un pacifiste convaincu (l’IA et la guerre, 27 mai 2026)

extraits : Le choix par Léon XIV de la date anniversaire de Rerum novarum, le 25 mai, pour signer Magnifica humanitas (« Magnifique humanité »), est lourd de sens. Consacrée à l’intelligence artificielle (IA), c’est sa première encyclique : les « algorithmes opaques » contrôlés par des firmes privées menacent de faire apparaître de « nouvelles formes de déshumanisation ». Mais l’encyclique « Magnifica humanitas » est aussi une critique de la guerre automatisée et de la doctrine de la « guerre juste ». En résumé….

L’IA menace 5 millions de salariés en France (25 mars 2026)

extraits : D’ici deux à cinq ans, 16,3 % de l’emploi français serait menacé par le déploiement de l’IA générative, soit près de 5 millions de personnes. L’IA agentique [qui permet l’analyse, la planification et l’exécution autonome d’opérations] peut combiner plusieurs actions, et pourrait automatiser des flux de travail entiers de certains métiers. Il s’agit d’activités en général très qualifiées, bien rémunérées : ainsi les 10 % des plus hauts revenus de la population française sont menacés à hauteur de 22,1 %. Certains promettent un « jobs apocalypse ». Peu de secteurs sont épargnés. Dans l’industrie, les métiers manufacturiers sont protégés. Mais il y a aussi des ingénieurs qui sont, eux, menacés . Il y aurait un effet de ciseau sur les finances publiques, avec moins de cotisations, et plus des demandeurs d’emploi à indemniser….

Objection de conscience face à l’IA générative (9 mars 2026)

extraits : Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser »….

L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois (18 février 2026)

extraits : Jusqu’à présent on a a fonctionné sur le processus de destruction créatrice, la destruction d’emplois dans un secteur étant compensé par la création dans d’autres secteurs innovants. Mais c’est un mythe, le chômage est devenu structurel depuis les années 1970. Dans les pays développés, on a caché cette réalité par l’endettement public pour conserver à crédit des emplois qui n’avaient pas de réelle utilité. L’IA ne fait qu’amplifier l’évolution, mais au prix d’une débauche d’énergie exosomatique, la machine remplace les esclaves. Notre présent est donc sombre, mais l’avenir encore plus car quand on n’aura plus suffisamment d’énergie fossile et autres substituts, le système d’informatisation numérique tombera en panne et tous les emplois surnuméraires se transformeront en violence généralisée…

Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) (6 février 2026)

extraits : Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, OpenAI (ChatGPT) de Sam Altman, Anthropic de Dario Amodei, et SpaceX d’Elon Musk. OpenAI a promis de réaliser quelque 1 400 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années, soit cent fois son chiffre d’affaires de 2025. Il ne dispose naturellement pas des capitaux suffisants. Anthropic tente actuellement de lever 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards de dollars. SpaceX, valorisée récemment 800 milliards de dollars, rêve d’une introduction en bourse à plus de 1 000 milliards….

L’intelligence artificielle atteint ses limites (15 juin 2025)

extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs… Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril…

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L’intelligence artificielle vue par Léon XIV

Même si on est athée, la condamnation par le pape Léon XIV de l’omniprésence des risques de « l’intelligence artificielle » mérite d’être connu de tous et toutes, d’autant plus que cela s’adresse aussi à plus de 1,3 milliard de baptisés catholiques.

Dommage que les catholiques ne soient pas des militants qui mettent en œuvre ce que dit le pape… On l’a déjà vu pour l’encyclique du pape François sur le climat, les catholiques prennent encore leur voiture thermique et même l’avion !

Résumé de l’encyclique Magnifica Humanitas quant à l’intelligence artificielle

43. Avec Laudato si’, François propose la première grande analyse systématique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique prétendant tout réduire à un objet de domination.

67. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, il se crée un déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus.

76. Tout comme l’environnement naturel, l’“écosystème numérique” peut être préservé ou exploité, partagé ou monopolisé. La solidarité exige que les choix en matière de données, d’algorithmes, de plateformes et d’intelligence artificielle tiennent compte non seulement de l’avantage immédiat de certains, mais aussi de l’impact sur l’ensemble des peuples comme sur les générations à venir.

85. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ?

LE PARADIGME TECHNOCRATIQUE ET LE POUVOIR NUMÉRIQUE

92. Dans l’Encyclique Laudato si’, le Pape François dénonçait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique dans le monde globalisé : la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et économiques. La technique n’est pas un simple instrument, elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant.

93. Les innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique. Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualité : « L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir ».

95. Dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités.

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

97. Je me limiterai à rappeler quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui préserve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité l’usage et les limites.

98. Il convient de formuler deux remarques préliminaires : la première est que toute affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsolète, compte tenu de la vitesse impressionnante à laquelle ces systèmes évoluent. La seconde est que nous tous, y compris ceux qui les conçoivent, en savons peu sur leur fonctionnement réel. Les intelligences artificielles modernes sont en effet davantage “cultivées ” que “construites” : les développeurs n’en conçoivent pas directement chaque détail, mais créent une architecture sur laquelle l’IA “se développe”. En conséquence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que les représentations internes et les processus computationnels de ces systèmes – restent pour l’instant inconnus.

99. Il n’est pas possible de donner une définition univoque et complète de l’IA. Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut éviter l’erreur consistant à assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine. Ces systèmes imitent certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste exclusivement liée au traitement des données : les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. Même lorsque ces outils sont présentés comme capables d’“apprendre”, leur manière de le faire diffère de celle de l’être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de celui qui se laisse façonner par la vie et grandit au fil du temps à travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la fidélité ; il s’agit plutôt d’une adaptation statistique à partir de données.

100. La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus médiatiques et des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour peut s’avérer gratifiante et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Le risque n’est alors pas tant qu’une personne croie parler à une autre personne, mais qu’elle perde le désir même de rechercher véritablement l’autre.

101. Une adoption rapide et sans discernement nous expose à divers risques, notamment celui de sous-estimer son impact environnemental. Les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière intensive. Avec l’augmentation de la complexité, notamment dans les grands modèles linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacité de stockage augmentent également, s’appuyant sur un ensemble de machines, de câbles, de centres de données et d’infrastructures énergivores. C’est pourquoi il est essentiel de développer des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison commune.

102. L’utilisation de l’IA n’est jamais un fait purement technique. Il peut y avoir des utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information ou la violation de la vie privée, mais il peut aussi y avoir un danger moins évident, lorsque les systèmes d’IA, se présentant comme neutres et objectifs, reflètent et renforcent les stéréotypes ou les positions idéologiques de ceux qui les ont conçus et formés.

103. Confier, dans les faits, à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne mérite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette décision, revient à lui confier la tâche de redéfinir les limites des possibilités humaines.

104. Il en découle une conséquence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations.

106. Appeler à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement dans l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais faire preuve d’une attention responsable envers la famille humaine.

107. Nous ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le courage de poser une condition supplémentaire : la possibilité de débattre du code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale partagés.

108. En effet, comme c’est le cas pour toute grande avancée technologique, l’IA tend surtout à renforcer le pouvoir de ceux qui disposent déjà de ressources économiques, de compétences et de l’accès aux données. La propriété des données ne peut être confiée uniquement à des acteurs privés, mais doit être réglementée. Elles sont le fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent être vendues ou confiées à quelques-uns. Une créativité capable de les gérer comme un bien commun ou collectif est nécessaire,

110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : “désarmer”. Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie.

La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

118. Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite.

127. L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour.

129. L’humanisme chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus élevée. En fin de compte, la question décisive reste celle posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle « la vie humaine sur la terre “plus humaine” à tout point de vue ? La rend [-elle] plus “digne de l’homme” ? ». Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une opportunité sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.

132. Les plateformes numériques et les systèmes d’IA pourraient favoriser le débat et la participation, ils sont souvent utilisés pour construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste.

134. La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est elle-même un instrument de participation au bien commun.

136. Ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les moyens de communication ont une capacité remarquable pour influencer l’imaginaire collectif et présenter comme désirable une certaine vision de la réalité. C’est un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la liberté intérieure et la pensée critique.

37. La vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication : établir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont sélectionnés et amplifiés, journalisme sérieux et des lieux de débat où comptent davantage l’argumentation et la vérification que la réaction immédiate ; du côté de l’école, la croissance du besoin d’une nouvelle conscience éducative et la formation à l’utilisation correcte et critique des outils numériques, de l’IA pour former à la fois à la capacité de relier et de fusionner les connaissances, à appréhender la complexité, ainsi qu’aux techniques de vérification des faits.

139. À une époque où la vérité est souvent soumise aux intérêts et aux stratégies de communication, le monde de l’éducation revêt une importance cruciale. Mais l’omniprésence des médias numériques engendre une culture de l’immédiateté et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue et l’apathie face à l’effort nécessaire pour rechercher la vérité.

140. Au contraire, les processus éducatifs ont besoin de temps de croissance, d’une confrontation avec la réalité au-delà des apparences et d’un cheminement patient. La question est fondamentale, car toute technologie éduque ceux qui l’utilisent. Éduquer à l’utilisation de l’IA implique donc d’éduquer à décider quand et pourquoi ne pas l’utiliser.

Texte intégral : https://static.bayard.io/la-croix.com/cue/download/Lettre-encyclique-MAGNIFICA-HUMANITAS-du-Saint-Pere-Leon-XIV.pdf

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Quelques extraits de la Lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS du Saint-Père LÉON XIV pour promouvoir la paix

La lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS

L’intelligence artificielle vue par Léon XIV Lire la suite »

Victoire du PSG, on n’aurait pas du en parler

Victoire du PSG face aux Anglais d’Arsenal le 30 mai 2026 ! Des jours et des jours de liesse médiatique et même un éditorial du MONDE le 2 juin 2026 !! C’est étonnant que le système d’information donne tant d’importance à ce qui n’en a aucune, même si un peu d’analyse complémentaire sur ce pseudo-évènement peut porter à réflexion !!!

éditorial du MONDE (résumé) : La liesse dans les rues de la capitale et ailleurs en France, après le coup de sifflet final était à la mesure de l’importance de ce titre. Mais aussi des scènes de violences inadmissibles, devenues malheureusement habituelles après une victoire sportive. N’oublions pas une autre réalité du football : sa financiarisation à outrance. C’est le Qatar qui a acheté le PSG en 2011. Depuis 1,4 milliard d’euros ont été injectés. Pour l’exercice 2025-2026, le budget du PSG s’élèvet à 850 millions d’euros, celui de l’Olympique de Marseille est estimé à 260 millions. Une différence de moyens qui tue le suspense sportif. Les clubs les plus riches achètent, de plus en plus cher, les meilleurs joueurs étrangers. La Ligue des champions devient réserve aux ultrariches…

Le point de vue des écologistes sportifs en vrai

– Les deux buts marqués par le PSG : un penalty, un tir au but ! Donc rien issu d’un action commune, quelque chose qui fasse vibrer. Et tout le monde se félicite de ce résultat… Le foot est le miroir du monde actuel qui glorifie le néant.

– J’espère que tu n’es pas un fanatique du Paris Saint-Germain parce que le foot-spectacle, y’en a rien à cirer. Qu’est-ce que cette équipe siglée « PSG » a de français en fait ? Un chef d’équipe brésilien, 2/3 de l’effectif étranger, les fonds sont qataris…

– Tous ces individus (président, journalistes, politiciens et autres jeunes désœuvrés des cités) qui « communient » revêtus de tee-shirts à l’effigie d’une dictature islamiste farouchement décidée à éradiquer les progressistes et démocrates du monde musulman sont une honte pour la république.

– Voir les supporters français glorifier ce club de foot semble totalement incongru. Du pain et des jeux. Des jeux pour tous, et de plus en plus de guerres. Et Macron en première ligne pour accueillir l’équipe de foot à l’Élysée !

– En 2012, pour la première fois sous la Ve République, les candidats du second tour de l’élection présidentielle, Sarko-Hollande, ont parlé sport ; les deux candidats se retrouvent sur l’engagement de la France à accueillir les Jeux Olympiques. Le sport est devenu un vaste spectacle que nos dirigeants présents et futurs cultivent à dessein : divertir pour dominer ! Le sport d’élite est le moyen utilisé par la société de croissance pour cultiver la démesure et l’enrégimentement des populations. Toujours plus de stades, toujours plus de spectateurs, toujours moins d’attention aux problèmes fondamentaux.

– Le président Sarkozy a un jour déclaré sans rire que « le sport est une réponse à la crise ». Nous n’avons pas des présidents qui forment leurs concitoyens aux dures réalités qu’ils devront affronter demain, nous avons des clones à la remorque d’une société du spectacle et de l’infantilisation.

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Foot au Qatar, le sport EST politique (2022)

extraits : Le président français, Emmanuel Macron, a estimé le 17 novembre 2022 qu’il ne fallait pas « politiser le sport ». Pourtant Macron a fait savoir qu’il se rendrait au Qatar si les Bleus arrivaient en finale ou en demi-finales !!! Il faut « montrer du respect » au pays organisateur, s’est justifié le capitaine des Bleus, Hugo Lloris. Mr Lloris, quand le Qatar respectera les femmes, les travailleurs étrangers… et le climat… nous le respecterons.

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L’Égypte surpeuplée a-t-elle besoin d’un monorail ?

Les premiers essais publics d’un chemin de fer monorail ont eu lieu en octobre 1952 près de Cologne. La maquette d’essai présentée était une réduction aux deux cinquièmes du modèle définitif. En 1964 a été inauguré le monorail de Tokyo qui permet de relier en un quart d’heure l’aéroport au centre de la ville. En 2012 Bombardier entretient un système de monorail à Riyad, en Arabie saoudite.

Samuel Forey : Fin mars 2026, un monorail relie la périphérie orientale du Caire, à la nouvelle capitale administrative, surgie ces dernières années des sables du désert, 57 kilomètres plus à l’est. Ce projet pharaonique de nouvelle capitale, voulu par le président, Abdel Fattah Al-Sissi, s’étale sur 700 kilomètres carrés — soit sept fois la surface de Paris. Tous ces projets sont plus ou moins aboutis, l’endroit est encore largement désert.

Ce monorail semble davantage répondre aux intérêts du régime qu’aux besoins de la population. Les tarifs des tickets sont hors de prix pour la population. Il s’agit de créer une mise en scène urbaine moderne, reproduisant un modèle de transport dernier cri, sans se soucier de savoir si une ville comme Le Caire est réellement adaptée à de tels projet.

Le point de vue des écologistes malthusiens

L’Égypte veut se faire à l’égal des grands, l’Égypte vit au dessus de ses moyens sous la houlette du maréchal Al-Sissi. Le Caire, une mégapole de 25 millions d’habitants qui semble s’étendre à l’infini, est saturée d’embouteillages. Le pays gagne 1,5 million d’habitants par an, le taux de pauvreté a doublé en vingt ans. Une mégalopole aux mains d’un mégalomane ; on construit un monorail, on achète des Rafale à la France on n’agit pas vraiment sur la question démographique.

De nombreux enjeux sociaux, comme l’éducation, la santé ou l’accès au logement, y sont liés. Associée à une menace, érigée en sujet de « sécurité nationale », la pression sur les ressources est devenue un leitmotiv politique en Égypte. Le pays arabe le plus peuplé compte désormais plus de 105 millions d’habitants, presque un million d’Égyptiens en plus tous les 6 mois. Plus de 60 % des Égyptiens ont moins de 30 ans. Le nombre idéal d’enfants reste au-delà des objectifs officiels : chez les jeunes de 15-29 ans, il oscille en moyenne entre 2,6 et 2,9.

Le contrôle des naissances est désormais un thème récurrent des interventions du président Abdel Fattah Al-Sissi, mais seulement pour lier accroissement de la population et agitation sociale. La campagne « Deux, c’est assez », lancée en 2018 par les autorités, vise seulement des familles bénéficiaires de programmes sociaux. Les critiques objectent que l’angle alarmiste masque mal la réalité des inégalités sociales.

Pour en savoir plus

1er février 2011, l’Egypte, victime de sa démographie

lire le livre de Michel SOURROUILLE,

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

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La science fiction de Musk qui se croit réalisable

Notre monde est remplie de fous. Des petits fous qui se permettent de prendre l’avion pour faire du tourisme au bout du monde. Des grands fous qui croient qu’on peut envahir impunément un pays technologiquement développé. Et des fousfous qui croient que l’argent peut tout faire. Elon Musk lance l’introduction en Bourse de SpaceX avec une valorisation espérée entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars. Elle pourrait donc surpasser l’introduction du géant saoudien du pétrole Aramco, en 2019, pour 1 800 milliards de dollars. 

Elon Musk recevra même 550 milliards de dollars s’il parvient à implanter une colonie humaine sur Mars d’au moins un million d’habitants et à faire dépasser un jour la valorisation de la firme au-delà de 7 500 milliards de dollars ! La science fiction de Musk se croit réalisable !

Arnaud Leparmentier : L’introduction en Bourse de SpaceX, la firme spatiale d’Elon Musk, s’annonce comme celle de tous les superlatifs. Le texte introductif commence par une citation de l’entrepreneur :

« Il s’agit de croire en l’avenir et de penser qu’il sera meilleur que le passé. Et je ne saurais imaginer rien de plus exaltant que de partir à la conquête de l’espace et de nous retrouver parmi les étoiles. » Sur son compte X, il a surenchéri : « Je veux permettre à quiconque d’aller sur la Lune ou sur Mars, afin de garantir l’avenir de la conscience. »

Mais SpaceX ne réalisait, en 2025, que 18,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, était endettée à hauteur de 29 milliards, ce qi entraînait 2 milliards de paiement d’intérêts, et des prévisions de profits renvoyées à plus tard ; il a enregistré, en 2025, une perte nette après impôts de 4,9 milliards. Le secteur de l’intelligence artificielle (IA), absorbé par SpaceX en février 2026, se compose de X, l’ancien réseau social Twitter, et de xAI, la société d’intelligence artificielle de Musk ; elle a englouti 6,3 milliards de dollars de pertes opérationnelles pour un chiffre d’affaires réduit à 3,2 milliards, en raison du coût abyssal et de la dépréciation des data centers de la firme. Il n’y a que le réseau de téléphone mondial Starlink, avec 9 600 satellites, qui apporte 4,4 milliards de profits opérationnels pour un chiffre d’affaires de 11,4 milliards.

Elon Musk détient la moitié de l’entreprise et régnera en maître absolu avec 85 % des droits de vote. Il estime que son marché potentiel est de… 28 500 milliards. : 370 milliards seraient dans l’espace, 1 600 milliards dans Starlink et 26 500 milliards dans l’IA. La cotation au Nasdaq devrait probablement intervenir le 12 juin.

Le point de vue des écologistes sur la terre ferme

– La tour qui devait monter jusqu’au ciel s’est effondré, et « on l’appela Babel »

– Quand l’hubris atteint l’orbite martienne : rêver de colonies sur Mars avant d’avoir appris à cohabiter et à respecter la Terre.

– Bonne chance pour le million de Martiens, sans eau, oxygène ni atmosphère.

– Aller sur Mars pour des humains, c’est absolument impossible, ne serait-ce par les mois de voyages, l’exposition aux radiations cosmiques, etc

– Acheter des actions X, c’est enrichir Musk, donc financer le développement du fascisme en Europe.

– Revendez aussi votre Tesla et boycottez cette marque de voiture et ses superchargeurs.

– La vénalité hystérique et le comportement moutonnier sont tels chez les investisseurs que l’introduction pourrait être une réussite… qui va très mal finir !

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Musk, Zuckerberg… les ingénieurs du chaos

extraits : Nous assistons au retour sur la scène de figures de prédateurs politiques sans scrupules qui s’affranchissent de toute règle et affirment leur emprise par des actions brutales qui sidèrent leurs adversaires : ils ressemblent beaucoup aux personnages que l’on trouve dans les chroniques de Tacite [l’historien romain] ou du penseur italien Machiavel. Mais, d’un autre côté, ces figures bénéficient du soutien de la machine surpuissante des seigneurs de la tech. Ces oligarques ne tolèrent aucune forme d’autorité ou de loi car elles mettraient un frein à leur désir de puissance….

Macron, Musk, Poutine, le culte du chef

extraits : Elon Musk ne vend pas des voitures. Les voitures n’ont absolument aucune importance. Son vrai business, c’est la vente d’actions. Il vend des actions. En utilisant son image. Il a racheté une entreprise (Tesla) avant de construire un véritable culte de la personnalité autour de sa personne. Cela n’a qu’un temps ! Le conseil d’administration de Tesla, composé d’amis d’Elon Musk, de membres de sa famille et d’affidés, laisse libre cours à l’hubris du « big boss », alors que l’aveuglement du chef a souvent été la cause de l’effondrement des empires.

Elon Musk et Donald Trump font la paire

extraits : Le conseiller spécial de Donald Trump, Elon Musk, avait exigé le 22 février 2025 que les travailleurs fédéraux décrivent cinq tâches effectuées récemment dans un courriel, faute de quoi ils seraient considérés comme démissionnaires. Le Pentagone et d’autres agences du gouvernement américain, dont le FBI, ont demandé à leurs équipes de ne pas répondre à ce courriel : « Le ministère de la défense est responsable de l’évaluation des performances de son personnel et il conduira tout examen en accord avec ses propres procédures »…

Elon Musk appelle au boycott de Wikipédia ???

extraits : L’intelligence collective passe par ce blog biosphere, mais surtout par Wikipedia, une encyclopédie collaborative en ligne qui offre gratuitement à chacun les moyens de savoir tout sur tout. Son contenu est évolutif, il découle de la participation de ceux et celles qui veulent améliorer tel ou tel aspect de notre langage commun. Les complotistes comme Elon Musk n’aiment pas Wikipedia car ils n’aiment pas l’intelligence….

Elon Musk, un tout fou très nataliste

extraits : Ce que fait la Silicon Valley à ses enfants est devenu un sujet d’intérêt parental. Steve Jobs, père de quatre enfants, ne les laissait pas jouer sur une tablette. Elon Musk, de son côté, invite régulièrement à faire le plus d’enfants possible pour sauver la civilisation. L’homme de 52 ans a même montré l’exemple avec onze (pour le moment). Sa biographie vient de paraître, titrée de son nom : « J’élève mon enfant pour aller sur Mars ». Né en 2020, son fils X Æ A-XII apprend, bébé, à compter à rebours à partir de 10 en regardant des lancements de fusée….

Elon Musk et la question démographique

extraits : La question démographique semble inquiéter Elon Musk : « L’effondrement de la population est un problème bien plus grave que les gens ne le réalisent » Elon Musk, qui croit n’importe quoi et qui le fait savoir, craint que le « déclin » de la population mondiale ne nuise à son projet de « conquête interplanétaire » : « Mars a un grand besoin de personnes, les humains sont les gardiens d’une autre vie sur Terre. Amenons la vie sur Mars ! ». Il considère la potentielle décroissance démographique comme un problème majeur, ajoutant qu’il y a désormais plus de chance que notre civilisation finisse « dans un gémissement » que dans un « bang ».

Sa quête halluciné d’une colonisation de Mars l’empêche de réaliser qu’au lieu de rêver conquête spatiale, il nous faut réguler nos émissions de gaz à effet de serre et notre expansion démographique sur Terre

Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale

extraits : Folie humaine, une Tesla rouge cerise envoyée dans l’espace par le milliardaire (à crédit) Elon Musk pour un vol d’essai. Un type à enfermer, une info qui prend pourtant une page du MONDE. La conquête spatiale, mais pour quoi faire ? L’ambition ultime d’Elon Musk est l’installation sur Mars. En attendant on prépare des trucs ridicules comme multiplier les petits satellites autour de la terre et un vol privé autour de la Lune. Même dans ces projets démesurés, il y a concurrence entre la société SpaceX d’Elon Musk et Blue Origin du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos…

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Tous nos articles biosphèriques de mai 2026

Abonnez-vous, ça vaut le coup

analyse structurelle

La lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS

action écologique

RAP@Toile 2026

Le militantisme écolo pourchassé

ZFE, la démocratie en débat

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changeons d’imaginaire social

Le pape Léon XIV, un pacifiste convaincu

Jésus Christ contre « l’identité » chrétienne

des loups, des renards et des hommes

La corrida, obsolescence de la « tradition »

Edgar Morin nous a quitté à l’âge de 104 ans

Pédagogie, fragile équilibre entre contraintes et liberté

Du ressenti au ressentiment , malheur !

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à 50°C, on va tous crever bientôt

démilitarisation

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GORBATCHEV en 1987, contre la bombe atomique

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Bientôt fascisme et barbarie post-pétrole

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Festival de Cannes, rien sur les échecs ?

Michel Sourrouille parle de lui-même, et donc des autres

01 Quelques fragments de mon existence

02 Préalable, se libérer de la religion

03 Une pensée en formation, un effort constant

04 En faculté de sciences économiques, bof !

05. Mes premiers contacts avec l’écologie

06. Je deviens objecteur de conscience

07. éducateur, un rite de passage obligé

08. Insoumis… puis militaire !

09. Je deviens professeur de sciences économiques et sociales

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Pédagogie, fragile équilibre entre contraintes et liberté

Le pédiatre français Aldo Naouri, né le 22 décembre 1937 en Libye, est mort le 18 mai 2026. Ce qui a fait sa renommée, et lui a valu aussi controverses et polémiques, est son plaidoyer constant pour la « verticalité » de l’éducation. Une liberté assumée par un enfant repose sur une juste mesure par lui-même des contraintes, Les parents doivent toujours justifier leur acte au lieu de commencer par contraindre : une pédagogie sans gifle ni martinet n’est possible que si la relation entre parents et enfants passe par l’échange de mots structurants. Bel idéal remis en question actuellement par la préférence des enfants pour leur smartphone plutôt que l’écoute des parents ou des éducateurs.

Roger-Pol Droit : La première singularité d’Aldo Naouri réside dans sa trajectoire personnelle. Elle a quelque chose d’exceptionnel, dans la mesure où rien, apparemment, ne le prédisposait à la réussite qu’il a connue. Son père, modeste tailleur juif, meurt deux mois avant sa naissance. Il est le dixième enfant d’une mère qui ne sait pas lire et se retrouve veuve à 34 ans. La famille, presque sans ressources, vit alors dans la partie italienne de la Libye. Elle en est expulsée en 1942 par le régime de Mussolini. A 4 ans, le petit Aldo est exilé en Algérie et vit à Orléansville dans un grand dénuement. Huit personnes partagent une cave de 20 mètres carrés. Sa mère, par ses récits, rend constamment présent son père disparu. Chaque soir, elle captive l’attention des enfants par les contes qu’elle a mémorisés, adaptés des Mille et une nuits et des classiques de la littérature française.

Cet étonnant parcours éclaire en partie le regard singulier qu’il va porter sur les enfants et sur l’éducation. Aldo Naouri s’intéresse prioritairement aux relations familiales et à leurs structures, plutôt qu’aux individus et à leurs tempéraments. L’essentiel, à ses yeux, se joue dans les rôles tenus ou non, les places occupées ou vides des uns et des autres, au sein des réseaux d’interactions entre générations et sexes. Aldo arrive à 20 ans à Marseille, études de médecine à Besançon, internat à Paris et installation de son cabinet de pédiatre en 1966.

Il a pour principale image publique la défense de l’autorité dans l’éducation. Contre « l’enfant-roi », contre l’éducation positive et l’obsession postmoderne de ne jamais entraver le libre développement des petits, Aldo Naouri n’a cessé de rappeler que l’autonomie, pour se constituer, a besoin de limites. La première tâche de l’éducation est de les poser, avec pour objectif le bien-être mental de ceux qui vont les intérioriser.

Ce dernier point est essentiel. Les conseils que ce pédiatre adresse aux parents – ne pas chercher à séduire à tout prix ses enfants, ne pas avoir sans cesse peur de les traumatiser… – visent à protéger les enfants eux-mêmes des conséquences désastreuses du « sans limites ». Loin de prôner une rigidité archaïque, Naouri voulait avant tout défendre la santé mentale des petits et leur avenir autonome.

Quelques extraits de l’analyse d’Aldo Naouri

– Mon activité professionnelle de pédiatre m’a conduit à analyser les facteurs qui ont abouti progressivement à la disparition de la notion de limite dans nos façons de penser. La non-limite est devenue l’idéal, laissant croire à chacun qu’il peut déployer son désir et ignorer la règle du don et du contre-don qui fonde le lien social…

– Il me paraît parfois inutile de conseiller une réprimande dissuasive à défaut d’une punition et encore moins d’une de ces bonnes claques qui n’ont jamais tué personne tout en ayant souvent permis la fabrication de solides limites.

– Nous ne sommes pas de grossiers adultes cohabitant avec la délicieuse innocence de l’enfant. La pulsion qui travaille l’enfant puisse être strictement identique, y compris dans sa violence, à celle de l’adulte.

– Nous sommes devenus ce que nous sommes en raison seulement du fait que nous nous sommes frottés aux écueils et à la répression de notre environnement. Voilà qui nous contraint à admettre que nous sommes le produit d’une histoire. Ce n’est pas le résultat d’une sorte d’auto-création qui aurait fait de nous des êtres libres.

– L’amour qui se déploie sans mesure, l’amour qui se rit des limites, l’amour capable de transformer de fond en comble les êtres, l’amour si merveilleusement vivant et vivifiant peut lui aussi mourir ! De plus en plus souvent, semble-t-il, si on en juge à la crise qui frappe l’institution du couple.

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La meilleure façon d’élever ses enfants

extraits : Ma mère m’avait dit : « Il faudra toujours travailler pour être indépendante et si tu sais coudre et faire à manger, tu auras toujours du travail. » Je crois qu’elle a raison. Mon père était très strict, à l’ancienne, mais il nous a aussi transmis le goût de la liberté. Pour ne pas être envoyée en seconde et pouvoir faire un BEP couture, je ne me suis pas présentée au brevet. Et je continue à défendre ça ! Sortis de 3e, tous les enfants devraient faire une année pro. Tous ! Là, on leur demande de décider ce qu’ils veulent faire plus tard alors qu’ils ne savent rien faire de leurs mains. Le pro, ça permet aux enfants d’avoir confiance en eux, de se dire : « J’ai fait un truc, je sais produire avec mes mains. »

Quelques avancées en matière de pédagogie

extraits : Dans les années 1920, la psychologie de la forme selon laquelle le cerveau contient des structures innées sur lesquelles viennent se greffer les connaissances est contestée par le behaviorisme (science des comportements) qui voit l’esprit comme une cire molle qui attend un apprentissage. L’individu construit alors ses connaissance selon les possibilités que lui offre son milieu de vie. C’est la socialisation fait en sorte que l’individu se comporte d’une manière ou d’une autre. L’intelligence n’est pas conditionnée par la génétique, mais formatée par un imaginaire social, une culture. Restait à montrer que les méthodes d’éducation active sont bien plus adaptées à l’éveil d’une personne que les méthodes magistrales de transmission d’un savoir. C’est le sens de l’évolution récente de la pédagogie….

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Edgar Morin nous a quitté à l’âge de 104 ans

Edgar Morin est mort le 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans.

Lorsque naît à Paris Edgar Nahoum, le 8 juillet 1921 dans une famille juive originaire de Salonique. Son père est un commerçant du Sentier à Paris.Trait irréductible de son identité, le mot « juif » est pour lui un adjectif, non un substantif. « Je suis étranger à toute idée du peuple élu ». Lorsqu’il va vers ses 10 ans, sa mère Luna meurt d’une crise cardiaque. Le jeune Edgar se réfugie dans les romans, qu’il dévore à table, au lit ou même en classe, pendant les cours. Il devient ainsi un « omnivore culturel ».Edgar Nahoum devient « Morin » à la suite d’une méprise : une camarade de l’armée des ombres de Toulouse transforma son pseudonyme de « Manin », choisi en référence à un personnage de L’Espoir, d’André Malraux, en « Morin ». Il écrit en 1946 L’An zéro de l’Allemagne, un essai hérétique où il refuse les clichés en vigueur sur la mauvaise nature germanique et tente de comprendre comment la nation la plus cultivée en Europe, patrie de Goethe et de Beethoven, a pu engendrer la barbarie nazie.

Éternel étudiant et chercheur autodidacte, il trouve un refuge intellectuel au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en 1950, il arpente déjà tous les territoires, établit des passerelles entre le symbolique et le politique, le poétique et l’économique. La « pensée complexe », concept qu’il forgera plus tard en voulant « relier ce qui est tissé ensemble », est déjà en marche. Il s’éveille aussi sa conscience écologique. Il rédige, dans le cadre du Club de Rome, en 1972, L’An I de l’ère écologique, convaincu qu’un nouvel âge doit s’ouvrir face à la dévastation de la biosphère. Thème à présent répandu mais qu’ils n’étaient pas nombreux, dans ces années-là, à explorer. C’est sur ce magma de nouvelles cultures et sur les airs d’Angie des Rolling Stones que commence à s’ébaucher La Méthode (Seuil, 1977-2004).

Dans son grand œuvre théorique, Edgar Morin substituera au dépassement des contraires par la dialectique le « dialogique », qui vise à unir les principes antagonistes. Mais très vite, avec le renfort de Marx, qui remet la dialectique hégélienne « sur ses pieds » en privilégiant les conditions matérielles d’existence plutôt que l’Idée, le jeune Edgar se sent intellectuellement armé. Loin de l’hégélianisme, Morin assure qu’il n’y a pas de vérité du « Tout ». La totalité est toujours inachevée, morcelée, fragmentée. Mais « toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, il est impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties ».c

Chaque être humain, pour le meilleur ou pour le pire, dans l’abondance ou dans le dénuement, « porte en lui la planète tout entière ». Ainsi l’Européen aisé se lève en écoutant une radio de fabrication japonaise, boit son thé de Ceylan, enfile son jean made in USA, au moment où le miséreux du tiers-monde subit les cours du marché mondial, quitte son village à cause de la monoculture imposée par l’industrie agroalimentaire, danse sur des musiques syncrétiques en buvant du Coca-Cola. Tous les fragments d’humanité se sont déposés en eux.

Edgar Morin ne cesse de penser qu’il faut « relier les oasis de vie et de pensée » et qu’il convient même de les faire converger . Une nouvelle voie « dialogique », qui associerait « les termes contradictoires de mondialisation (pour tout ce qui est coopération) et de démondialisation(pour établir une autonomie vivrière sanitaire et sauver les territoires de la désertification), de “croissance” (de l’économie des besoins essentiels, du durable, de l’agriculture fermière ou bio) et de décroissance (de l’économie du frivole, de l’illusoire, du jetable), de développement (de tout ce qui produit bien-être, santé, liberté) et d’enveloppement (dans les solidarités communautaires) ».

Morceaux choisis de sa pensée

– Je me définis selon une unité plurielle. Je suis d’abord un être humain pour qui, comme le disait Montaigne, tout homme est mon compatriote ; puis je suis français, juif, méditerranéen, nourri par un humanisme universaliste qu’apportèrent le marrane Montaigne et l’apostat Spinoza

– Dans le vide actuel de pensée, la politique est réduite à l’économie, et même à la seule économie néolibérale. Mais ce n’est pas seulement la politique qui est sous-développée dans notre société, c’est la pensée.

– L’homme peut être manipulé par ses instruments de manipulation. L’intelligence artificielle est l’ultime création humaine qui confirme que nous pouvons être instrumentalisés par nos instruments.

– Nous subissons embouteillages automobiles et embouteillages d’informations. Les outils sont devenus des armes pour tuer des humains et ravager la nature, ont créé la menace écologique sur la biosphère et l’humanité, tout comme la machine libératrice d’énergies humaines a permis l’asservissement des ouvriers voués à des tâches monotones ou épuisantes.

– Les guerres en cours, l’industrie des armements, la puissance des gros céréaliers de la FNSEA, l’hyper-centralité du pouvoir d’achat, c’est tout cela qui occulte le problème écologique et inhibe les prises de conscience.

– Le régime ignoble des mollahs subit les frappes ignobles de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou. Le pro-israélisme est un fondement du trumpisme.

– Une personne qui souffre excessivement, qui ne veut pas que sa vieillesse soit à la charge d’autrui a le droit de décider de sa propre mort.

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Edgar Morin, 104 ans, tout son mordant (12 avril 2026)

extraits : Edgar Morin en 2026 : « Le national-populisme favorise l’une des deux France, celle qui fut longtemps monarchique, aristocratique et religieuse, une France pétainiste pendant la guerre. Les antihumanistes réactionnaires la voient monolithique dans son unité. Il faut redéfinir ce que j’appelle un humanisme régénéré conscient de l’identité d’origine et de la communauté de destin de tous les humains. (Mais) un grand courant de régression néoautoritaire se répand dans le monde, néototalitarisme chinois, dictature poutinienne, etc. Il sera peut-être bientôt minuit dans le siècle. »

Edgar Morin, 103 ans et la dent dure (7 juillet 2024)

extraits : «  Le noyau dur de Marine Le Pen est «souchien» alors que la France s’est constituée historiquement dans l’intégration de peuples étrangers les uns aux autres. Le RN méconnaît la réalité française qui est la diversité dans l’unité. Je crains que s’il occupe le pouvoir, il n’y installe un néo-autoritarisme. Mais être «contre» est insuffisant, il faut nécessairement un «pour»…

Une tribune d’Edgar Morin, à 102 ans ! (22 janvier 2024)

extraits : « Le progrès scientifique technique qui se développe de façon prodigieuse dans tous les domaines est la cause des pires régressions de notre siècle. C’est lui qui a permis l’organisation scientifique du camp d’extermination d’Auschwitz ; c’est lui qui a permis la conception et la fabrication des armes les plus destructrices, jusqu’à la première bombe atomique ; c’est lui qui rend les guerres de plus en plus meurtrières ; c’est lui qui, animé par la soif du profit, a créé la crise écologique de la planète…»

lettre ouverte à Edgar Morin (12 juin 2010)

extraits : Edgar, tu nous invites à résister, d’accord, mais à qui, à quoi ? Tu vaudrais décoloniser l’imaginaire, parfait, mais lequel ? Tu nous invites seulement à « épouser les combats de notre temps » (Le Monde du 11 juin 2010). Un peu court, pour un grand intellectuel hors norme. De ton temps, puisque tu es né en 1921, il était assez facile de savoir à quoi résister, le nazisme, la guerre coloniale en Algérie, le communisme stalinien. Mais aujourd’hui, alors que les générations présentes sont menacées d’une amnésie généralisée,  ton interview ne nous aide pas beaucoup à savoir à quoi résister ! Dans notre société dont tu soulignes la complexité, la publicité habille en blanc même les idées les plus révolutionnaires, les entreprises habillent en vert l’environnement et la nature, les politiques retournent leur veste ! Alors, que faire ?…..

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Du ressenti au ressentiment , malheur !

Notre cerveau nous joue des tours, il recherche la simplification. Dans Séquence émotion. La France du ressenti, Gilles Finchelstein relie l’élection de tous les présidents de la République, de Jacques Chirac à Macron, à la concordance entre leur intuition et le ressenti des Français, équation éminemment politique. Car du ressenti au ressentiment, il n’y a qu’un pas. Un biais cultivé par l’extrême droite et par l’extrême gauche

Philippe BERNARD : Ressentir ce que l’on croit, plutôt que croire dans des faits qui nous dérangent. La tendance est perceptible partout. Les réseaux sociaux – dont les algorithmes sont conçus pour conforter les ressentis individuels – en rajoutent et, avec eux, la montée des identités et des émotions. De l’insécurité à l’école, de l’immigration au sentiment de déclin, la plupart des sujets brûlants du débat public ont été pris dans un tourbillon opposant la réalité au ressenti. Constater que les juges sont de plus en plus répressifs n’empêche pas la croyance dans le « laxisme de la justice ». Évoquer la massification de l’accès à l’enseignement supérieur ne tord pas le cou à l’idée selon laquelle « le niveau baisse ». Et lorsque l’institut Ipsos, en 2024, demande aux Français quel pourcentage d’immigrés compte la population de leur pays, ils répondent en moyenne 25 %, alors que la réalité est de 11,3 %.

Le point de vue des écologistes non émotif

Le décalage entre ressenti et discours dominant apparaît comme l’un des premiers carburants de l’extrême droite ET de l’extrême gauche. Le vote en faveur du Rassemblement National est considéré comme plus proche de son ressenti anti-immigré. Le vote pour Mélenchon est considéré comme plus proche de son ressenti anti-capitaliste. Mais sans accord sur la réalité des faits, comment dialoguer et coexister pacifiquement ?

Il faut lire le livre de Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow, publié en 2011. La thèse centrale du livre est la dichotomie entre deux modes de pensée : le système 1 (rapide, instinctif et émotionnel) et le système 2 (plus lent, plus réfléchi et plus logique). De manière générale, le système 1 est le système de raisonnement utilisé par défaut, car il est le moins coûteux en énergie. Ce système cognitif fonctionne de manière automatique, intuitive, rapide et sans effort. Le système 1 recherche ensuite avant tout des éléments qui viennent étayer sa vision préalable du monde : « Seul compte, ce qui est connu. » Le système 2 nécessite une certaine concentration et une certaine attention de la part de l’individu. Il intervient dans la résolution de problèmes complexes, grâce à son approche plutôt analytique.

Chaque individu est doté d’un certain niveau de concentration et de paresse intellectuelle. Mais si le système 1 est plus confortable, il est victime de biais de raisonnement. Bien souvent, les vainqueurs d’une élection sont ceux dont le visage suscite le plus d’émotions positives !

Sur ce blog, nous faisons appel au système 2. Nous passons beaucoup de temps à essayer de collecter les faits sur les sujets qui concernent l’avenir de notre société. Mais nous voyons bien dans les réactions de la plupart de nos commentateurs qu’ils se situent plutôt dans le ressenti, voir le ressentiment et l’idéologie. Au niveau collectif émerge une « dictature des ressentis » qui conduit à des jérémiades narcissiques sur l’âge de la retraite et le prix de l’essence. Le populisme de l’extrême-droite fait appel au système 1.

Si chacun d’entre nous possédait tous les éléments de la réflexion, alors nous pourrions arriver collectivement à un consensus acceptable sur la société la plus désirable. Les conditions pour y parvenir :

– avoir une maîtrise de ses affects, de ses sentiments personnels, de ses préjugés et a priori.

– avoir le temps de la réflexion.

– avoir des connaissances de base en matière de mécanismes économiques, de sociologie, d’écologie, d’histoire…

– avoir la capacité de se remettre en cause, ce qui nécessite une prise de distance avec soi-même.

– avoir une écoute de l’autre, être ouvert à une argumentation différente de la sienne.

– adopter la démarche scientifique « l’hypothèse reste vraie, mais tant qu’on ne m’a pas démontré le contraire ».

– chercher à approfondir ses connaissances par le choix de ses lectures, de sa fréquentation des médias.

– ne pas être prisonnier de sa fonction sociale (son métier, ses responsabilités familiales ou politiques…), être libre.

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Le sentiment qui m’habite, c’est l’angoisse

extraits : « Le sentiment qui m’habite, en vérité, et qui habite plein de gens, c’est l’angoisse : quel monde terrifiant va-t-on laisser à nos enfants ? » Les anti-écolos qu sévissent dans les médias devraient méditer un peu plus cette phrase de Ruffin. De source sûre depuis le rapport sur les limites de la croissance en 1972 et toutes les études scientifiques qui, depuis, ont confirmé le mauvais état dans lequel nous mettons la planète, tout le monde devrait savoir que ce monde thermo-industriel court à sa perte. Les illusionnistes anti-écolo ne font qu’accélérer un peu plus la vitesse à laquelle on fonce vers le mur. Voici quelques textes récents de référence….

Le sentiment d’insécurité partagé par le PNUD

extraits : Le sentiment d’insécurité repose sur une combinaison de facteurs, tels la peur de ne pas pouvoir se nourrir, de perdre son emploi, d’être confronté à des attaques terroristes… Les gens craignent aussi bien pour le présent que pour leur futur. L’indice de « perception de la sécurité humaine » combine 17 variables couvrant les insécurités liées aux conflits violents, les insécurités socio-économiques… aux niveaux personnel et communautaire. Il révèle que ce sentiment touche aussi bien les pays aux économies développées que les pays en voie de développement. « Même dans les pays avec des indices de développement élevés, trois personnes sur quatre se sentent dans l’insécurité….

Écologie, culpabiliser pour ressentir la culpabilité

extraits : De plus en plus de Suédois commencent à ressentir la « honte de voler » en avion. Ce sentiment de culpabilité nous semble tout à fait normal rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable. C’est le contraire, vouloir « voler sans entraves », qui nous semble absurde à l’heure de la déplétion pétrolière et du réchauffement climatique. Cette intériorisation des contraintes à s’imposer sur soi-même ne relève pas du « péché » à la mode catholique, mais d’une conséquence logique d’une réalité biophysique. Il ne s’agit pas de penser en termes d’écologie punitive, mais d’écologie réaliste. Mais comme les humains sont trop souvent soumis à la force des habitudes, cela demande un effort sur soi quand le voyage en avion est devenu la norme de son milieu social…..

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