L’écoanxiété amplifiée par l’inertie politique

Au moment des incendies dantesques, cet été, le gouvernement lançait une campagne pour aider les écoanxieux à gérer leurs émotions. Or, psychiatriser l’angoisse rationnelle des personnes face à un phénomène auquel il n’est apporté aucune réponse sérieuse est un indice de l’agonie d’un système, souligne Stéphane Foucart, journaliste au service Planète du MONDE.

Stéphane Foucart : « L’été qui s’achève a surtout permis à chacun d’éprouver physiquement à quelle sorte d’enfer nous assignons les générations qui nous suivront. Le chef de l’État, Macron, a pourtant cherché à perpétuer l’idée d’un simple accident avec son célèbre « Qui aurait pu prédire ? » relatif à l’été 2022 ! Aux « écoanxieux » – c’est-à-dire à ceux qui ont le mieux compris ce qui est en train de se produire –, le gouvernement conseille sans rire de « cultiver leurs compétences psychosociales pour réguler leurs émotions », de « consulter un professionnel de santé » ou encore d’« adopter des écogestes ».

Psychiatriser l’anxiété rationnelle des individus face à un phénomène auquel il n’est apporté aucune réponse politique sérieuse est un indice de l’agonie d’un système. Mettre en regard la brutalité des manifestations du désastre en cours et le renforcement des politiques qui le causent, est source de sidération…. »

Le point de vue des écologistes atterrés

– Ce sont ceux qui ne ressentent pas l’éco-anxiété qui devraient consulter un éco-psy !

– J’ai voté Macron contre Le Pen (contraint et forcé) mais je ne pouvais pas prédire son incapacité et, pire, sa volonté de ne rien faire d’autre que se regarder dans un miroir et dissoudre l’Assemblée nationale !

– Nous ne sommes pas anxieux mais en colère : les élus ne font strictement rien. Aucun plan à court terme, encore moins à long terme. Tout va très bien, madame Brigitte et monsieur Macron, tout va très bien…

– Rendez-vous à la marche pour le climat samedi 26 septembre, pour faire entendre notre colère.

– D’un point de vue psychiatrique, quand les patients souffrant de troubles anxio-dépressifs retrouvent le pouvoir d’agir sur les causes de leur souffrance, ils guérissent et peuvent arrêter les médicaments.

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L’écoanxiété gagne les esprits, agissons (08/2022)

extraits : Voici, par les titres de MONDE en août 2022, les nouvelles de la planète sur deux jours : Climat, des changements plus rapides que prévu…Les modèles climatiques du GIEC donnent une vision un peu trop optimiste…Méditerranée, le réchauffement s’accélère… Corse, les arbres tombaient comme des allumettes… Répondre à un été de catastrophes climatiques… Le Portugal en proie aux feux de forêt… En Italie, des scènes de chaos après de violentes tempêtes… Une sécheresse sans précédent menace la croissance de la Chine… La France et le vélo, une succession de rendez-vous manqués…

L’écoanxiété a-t-elle besoin d’être soignée ? (11/2021)

extraits : Les psychothérapeutes adaptent le patient à une société déstabilisante, ils soignent les symptômes et pas la cause du mal. Les écopsychologues estiment au contraire que notre rupture avec la Terre est la source profonde de notre malaise social. L’écopsychologie réunit la sensibilité des thérapeutes, l’expertise des écologistes et l’énergie éthique des activistes de l’environnement. Cette discipline émerge avec la multiplication actuelle des cas d’éco-anxiété….

L’écopsychologie qui soigne l’esprit et sauve la Terre (06/2015)

extraits : Le livre de Michel Maxime Egger « Soigner l’esprit, sauver la Terre (introduction à l’écopsychologie) » nous paraît indispensable. Il montre historiquement l’émergence de cette nouvelle approche qui lie écologie et psychologie, très répandue dans le monde anglo-saxon mais malheureusement encore ignorée dans l’espace francophone. L’humanité est à un carrefour, elle ne sauvera pas la Terre si elle ne soigne pas l’esprit du mal : la bataille sera pour une bonne part dans nos têtes….

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IA. « Cognitive offloading » ou délestage cognitif 

L’intelligence artificielle générative est entrée dans la vie des élèves, on sait déjà quelles transformations elle produira dans leur manière de mémoriser et de raisonner : des générations futures en route vers le néant cérébral.

lemonde.fr

Des contingents entiers d’élèves et d’étudiants esquivent désormais les apprentissages en faisant travailler l’IA à leur place. Derrière cette pratique se loge la propension humaine, le « cognitive offloading » (délestage cognitif) : la caractéristique de tout travailleur est l’inclination à la paresse, que cette technologie entérine en économisant toute une série d’opérations mentales. Une réponse immédiate par l’IA comble le désir de savoir, mais tue dans le même mouvement le désir d’apprendre. Ce qui préoccupe avec l’IA, c’est la rapidité des réponses qui risque d’enfermer les élèves dans un présentisme empêchant le mûrissement. Car la pensée se développe normalement dans le temps, y compris à travers l’expérience de la frustration.

Les performances des IA génératives affectent aussi notre capacité à retenir des informations. Les sciences de l’éducation nous montrent que plus on exonère l’apprenant d’engagement dans la tâche qu’il réalise, plus la mémorisation immédiate est faible, donc difficile à mobiliser dans un autre contexte. On constate déjà une baisse de la mémorisation chez les élèves qui utilisent l’IA.

Face à ces dangers, les élèves ne sont pas tous égaux, il y amplification des inégalités par l’IA. Les « scolaires opportunistes », la majorité des élèves, utilisent l’outil comme un moyen de délégation quasi-intégrale de leur travail scolaire. Ce rapport immédiat à la réponse, sans prise de recul, est corrélé à une plus grande fragilité scolaire. Il n’y a rien de mieux que l’ignorance pour produire de fausses certitudes !

Le point de vue des écologistes naturellement intelligents

– Avant l’invention de l’écriture, l’intelligence se mesurait au fait de connaître beaucoup d’aphorismes – la vérité tenait en peu de mots et se transmettait oralement. Le paradis des connaissances partagées collectivement !

– L’article du MONDE n’aide pas à comprendre l’intérêt de déléguer l’intelligence humaine à des serveurs robotisés.

– L’IA est le plus sécurisant des cavaliers de l’Apocalypse à côté de l’arme atomique, du changement climatique et de la destruction de la biodiversité !!

– A ne traiter que du résultat intellectuel de l’IA, on occulte la formidable (au sens étymologique) et intenable consommation d’énergie et de ressources qu’elle nécessite.

– On pourrait même préciser que « dans quelques décennies », il n’y aura plus assez d’énergie, d’eau et de composants électroniques pour faire tourner les data-centers. Il fera 45 degrés et le souci principal sera de survivre.

– La culture de masse tournée vers le divertissement était déjà un facteur d’abrutissement, et maintenant l’IA empêche d’approfondir le peu qu’on sait déjà par soi-même.

– L’humain n’a jusqu’à présent guère eu besoin d’une IA pour s’affranchir du doute nécessaire à toute construction intellectuelle solide, les religions se chargent depuis des siècles avec un certain succès de transmettre La Parole du Livre.

– La Parole de ChatGPT, la nouvelle croyance ?

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Vie et mort de l’Intelligence artificielle

extraits : Comment contrôler une technologie dont la diffusion et les capacités progressent plus vite que notre aptitude à en maîtriser les risques ? La question se pose depuis l’invention de la machine à vapeur, mais acquiert une acuité étourdissante avec l’intelligence artificielle (IA)….

L’intelligence artificielle vue par Léon XIV

extraits : Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ?…

L’intelligence artificielle atteint ses limites

extraits : Une question simple posée par intelligence artificielle interposée.. une réponse immédiate. En coulisses c’est pourtant un système informatique complexe qui s’est mis en branle. Le tout au prix d’une consommation d’énergie bien réelle : notre bref échange avec l’IA a nécessité 0,363Wh d’électricité, soit près de 2% de la charge d’un smartphone.si les tâches demandées se complexifient, elle va se montrer de plus en plus énergivore. Le développement effréné de l’IA générative devrait plus que doubler la demande d’électricité des centres de données dans le monde d’ici à 2030….

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Formule 1 : dire que ça existe encore en 2026 !

Dimanche 13 septembre, lors du Grand Prix d’Espagne, Kimi Antonelli remporte le Grand Prix d’Espagne sur le Madrin. Prochaine course samedi 26 septembre sur le circuit urbain de Bakou, en Azerbaïdjan.

Nous rappelons qu’un Premier ministre français avait décrété le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national… suite au premier choc pétrolier.

Le point de vue des écologistes à pied

– Sur ce circuit de Madrid, derrière des grillages, la laideur, la vanité et la ringardise se livrent une bataille féroce pour la pole position.

– Le même jour, un grand article sur le Doubs qui est à sec et plusieurs articles qui exposent les conséquences catastrophiques du réchauffement.

– Quand Le Monde arrêtera-t-il de faire caisse de résonance à cette activité mortifère? Si la presse arrête d’en parler, la F1 s’arrête d’elle même.

– Pourquoi y-a-t-il encore des grands prix de Formule 1 en 2026 ? Assez stupéfiant, la propension qu’ont nos sociétés d’aller à leur perte en courant… en roulant en l’occurrence.

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enfin! La fin de la F1… (2008)

extraits : C’est le commencement de la fin. Enfin ! La fin de la F1. Le Monde du 6 décembre 2008 nous informe que Honda se retire de la formule1 : « Cette décision a été prise à la lumière de la dégradation rapide du secteur-clé de l’automobile, due au resserrement du crédit et à la récession des économies mondiales ». Mais cette annonce vient trop tard car ce n’est pas la crise qui aurait du faire disparaître la compétition automobile, mais la simple raison raisonnante. Le sponsoring et la compétition constituent l’essence d’un système pervers qui empêche qu’un autre monde soit possible. Dans une Biosphère apaisée, on interdirait les courses automobiles, on n’attendrait pas la crise….

Formule 1, un « sport » inutile et même pas dangereux (2014)

extraits : Magnifier la F1, c’est valoriser le culte de la vitesse alors qu’on devrait faire l’éloge de la lenteur. Magnifier la F1, c’est choyer le spectacle télévisuel au lieu de marcher sur ses propres jambes. Magnifier la F1, c’est aller à l’encontre de l’urgente nécessité de laisser les dernières gouttes de pétrole sous la terre. La biosphère préconise la fin de la F1.Cela devrait être programmée internationalement alors qu’on s’achemine vers une conférence sur le climat à Paris qui devrait être décisive… si nous n’attendons pas encore une fois que le réchauffement climatique devienne vraiment irréversible…

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L’essence à 10 euros le litre, c’est pour bientôt

Dans notre société complexe, au lieu d’affronter la complexité, on fonctionne par slogans politiques. Aucune pensée sur la raréfaction des ressources fossiles et sur le réchauffement climatique, on fait du populisme, le prix de l’essence ne doit pas augmenter…

C’est un non-sens écologique et une totale négation du sort des générations futures. Le prix de l’essence devrait aujourd’hui dépasser les 10 euros le litre au moins, c’est à ce prix qu’on penserait au long terme et à l’adaptation à une planète qui brûle par notre faute. Mais alors, comment se déplacer ? Réfléchissez, pourquoi se déplacer !

La connerie de nos représentants

– La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exhorté le 11 septembre à augmenter les salaires et bloquer les prix du carburant.

– Fabien Roussel, présidentiable PCF, appelle à « se mobiliser sur les ronds-points » si le gouvernement n’agit pas « dans les jours qui viennent ».

– La candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal a défendu sur RTL « un litre d’essence [qui] ne doit pas dépasser 1,70 euro »

– le patron du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella : « se déplacer, se loger, se chauffer sont en train de devenir des biens de luxe… C’est un bras d’honneur aux millions de Français qui ont besoin de leurs véhicules pour se déplacer ». Le RN souhaite abaisser la TVA de 20 à 5,5 % et annuler les hausses des taxes appliquées lors du dernier mandat d’Emmanuel Macron.

Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a réclamé « tout de suite »  la baisse de la TVA sur les carburants « de 20 % à 5,5 % »

Le point de vue des écologistes sans voiture

Nous avons posé à l’IA perplexity du MONDE la question suivante : Sur le long terme, le prix de l’essence doit-il augmenter, diminuer ou se stabiliser ? Sa réponse est significative de la myopie d’un journal qui se veut pourtant « de référence » :

« Les articles disponibles du MONDE ne permettent pas de répondre de manière définitive à cette question sur le long terme, car ils se concentrent sur les évolutions à court et moyen terme. 

Pourtant ce n’est pas bien sorcier d’écrire à un moment ou un autre qu’une ressource basée sur une énergie non renouvelable et en voie de raréfaction doit voir tendanciellement son prix augmenter. C’est ce que nous répétons sur notre blog depuis des années et des années.

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René Dumont, son programme lors de la présidentielle en 1974 :

« Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… »

Yves Cochet, dans son livre Pétrole apocalypse, exprimait déjà en 2005 ce qui reste toujours d’actualité :

« La décroissance mondiale de la production de pétrole sera synonyme de décroissance du PIB pour l’économie mondiale dans son ensemble. Depuis plus de trente ans, les écologistes n’ont cessé de proposer la diminution des consommations d’énergie fossiles et la mise en œuvre de politiques de sobriété énergétique et de promotion des énergies renouvelables, l’abandon de l’agriculture productiviste au profit de l’agrobiologie, le désengagement de notre dépendance à l’égard des entreprises transnationales et la réhabilitation des circuits économiques courts. En vain. Il est déjà trop tard pour espérer transmettre à nos enfants un monde en meilleure santé que celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus leurs souffrances seront grandes et dévastatrices…« .

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Ultra-trail, la conquête de l’inutile

En 21 h 54 min 49 s, Blandine L’Hirondel a remporté l’Utra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) le 29 août. C’est une course de 174 kilomètres avec 9 900 mètres de dénivelé positif.

On s’en fout, vaut mieux faire sa petite randonnée journalière..

Blandine L’Hirondel : Le trail, au départ, n’était qu’une manière de m’évader de mes études.Physiquement, j’étais bien jusqu’aux trois quarts de la course, mais le dernier quart a été extrêmement difficile. En montée, je n’avais plus de force, mais il suffit de mettre un pied devant l’autre et de s’isoler dans sa bulle. Les descentes, c’est plus compliqué. Dans la dernière, je ne me sentais pas du tout sereine, et j’ai chuté à plusieurs reprises…

Je suis une femme ordinaire qui fait des choses un peu hors norme.

Le point de vue des écologistes sur lemonde.fr

docteur Maboul : Performance impressionnante. Cependant j’ai du mal à comprendre ce genre de sport qui bousille le corps, ici une endofibrose iliaque. Plus vite, plus performant, plus haut, plus long, plus plus plus… Le sport normalement c’est pour rester en forme et se sentir bien dans sa peau, pour soi en premier et certainement pas pour un public.

bakbak : Plus vite, plus fort, plus haut, plus performant,, toujours plus plus plus… L’intérêt de la montagne, c’est aussi le temps, la lenteur, la contemplation. Il n’est pas nécessaire d’arriver plus vite que les autres pour admirer plein de paysages

Exor : UTMB = non sens écologique. La montagne n’est pas un terrain de compétition. Aucune admiration pour ces êtres humains qui se doivent de comparer leurs egos et performances. Et en ce domaine, il y a égalité de genre…

PM42 : Au moment où je poste, plusieurs commentaires d’écolos punitifs ronchons qui voudraient qu’on ne fasse rien en fait…

Dies : Ces événements sportifs rassemblent beaucoup de gens au même endroit, ils sont destructeurs pour l’environnement. Il est assez paradoxal de saccager ce que l’on dit aimer. « On » pourrait faire du sport au lieu de regarder les autres courir, et de tirer de la fierté de choses dans lesquelles « on » n’est pour rien.

Xavier : C’est un article sur une athlète exceptionnelle, française, et modeste. Elle a toute mon admiration, elle est incroyable. Par pitié, lâchez-nous avec « l’UTMB-quel-désastre-écologique » !!!

Ghoran : les traileurs sont souvent indifférents aux paysages autour, c’est une vision consommatoire de la montagne.

Fran : Ne pas trop se poser la grande question du dopage sur ces « ultras performances » qui dégagent des « ultras bénéfices » pour l’organisateur, le tourisme local, les droits TV, et cetera…

MauroGusto : Pour ceux qui connaissent l’ultra trail, pouvez-vous me dire comment est-il possible d’avoir un job de gynécologue et d’être parmi les meilleurs athlètes de sa discipline ?

Max : Pour info elle a cessé complètement son activité de médecin.

Précisions : Un ultra-trail est une course à pied en milieu naturel (montagne, forêt, sentier) dont la distance est supérieure ou égale à 80 kilomètres. La discipline est née aux États-Unis en 1974 lorsque Gordy Ainsleigh a bouclé la Western States 100 en moins de 24 heures. Une préparation rigoureuse sur plusieurs années est indispensable pour éviter les blessures et habituer le corps aux longues heures d’effort.

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Culte de la performance sportive, un dévoiement

extraits : Sport et performance sont des nouveautés historiques qui caractérisent le monde actuel, croissanciste. Mais pour la croissance économique cela ne peut se poursuivre dans un monde fini , pour des corps humains la performance a aussi ses limites biophysiques. La question écologique et les conséquences parfois tragiques de cette vision du « toujours plus » nous obligent aujourd’hui à trouver des façons de décélérer. aujourd’hui, il nous faut penser le « moins »….

Sport spectacle, pieds nus et tout nus

extraits : C’est la fin programmée des records mondiaux : le sportif utilisait 65 % de ses capacités physiques en 1896 (début des JO), contre 99 % actuellement et 99,95 % en 2025 si on prolonge les tendances. Les sportifs de haut niveau s’entraînent dorénavant plusieurs heures par jour contre presque rien  en 1896 ; ils ont des préparateurs physiques, une gestion rationnelle de l’alimentation, on atteint les limites… Les sportifs doivent rester des amateurs et pratiquer les Jeux Olympiques comme dans l’antiquité, entièrement nus de la tête aux pieds, et sans sponsors. Pour bâtir un alter-JO écolo, nous suggérons aussi la fin de l’hyperspécialisation : chaque athlète devrait concourir dans quinze disciplines différentes. Enfin l’écologie devrait être aux avant-postes : pas de déplacement des sportifs et des spectateurs…

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CESE, convention citoyenne et déficit public

Le 8 septembre 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) annonce le lancement « en autosaisine » (c’est-à-dire à l’initiative de l’institution) d’une convention citoyenne sur les finances publiques, un thème aussi inflammable qu’omniprésent avec une dette publique de 3 500 milliards d’euros.

Associant 150 personnes tirées au sort, la démarche se présente sous la forme d’une vaste réflexion collective, pendant trois à quatre mois, pour un budget d’environ 3 millions d’euros. Elle tournera autour d’une question lancinante : « Comment retrouver la maîtrise de nos finances publiques et réduire le déficit ? »

La nouvelle présidente de l’institution, Claire Thoury : « Je pense que ça peut être très utile aux décideurs, surtout s’ils font preuve d’un peu d’humilité en se disant qu’ils ont besoin de l’intelligence de tous pour avancer. »

Le point de vue des écologistes d’avant-garde

– Le CESE devrait un jour devenir une Chambre du futur pour permettre aux parlementaires de sortir de l’ornière du court-termisme dans lequel ils se complaisent.

– Une convention citoyenne est beaucoup plus représentative du peuple qu’une assemblée d’élus qui ne représentent qu’eux-mêmes une fois élu.

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Le CESE, une Chambre du futur ?

extraits : A quoi sert le CESE (Conseil économique, social et environnemental) ? L’institution est chargée depuis 1925 de conseiller les pouvoirs exécutif et législatif mais son avis n’est que consultatif. Cette troisième chambre se veut le porte-voix de la « société civile organisée ». Emmanuel Macron en 2019 :

« Le CESE doit devenir la Chambre du futur, où circuleront toutes les forces vives de la nation. Nous ferons de cette assemblée le carrefour des consultations publiques. L’Etat ne travaille pas, il ne réforme pas, sans consulter. L’actuel CESE doit pouvoir devenir le forum de notre République… »

Ce CESE nouvelle formule pourrait devenir une véritable assemblée du long terme ayant le pouvoir d’imposer, dans la fabrication de la loi, la prise en compte des évolutions climatiques et écologiques….

CLIMAT. Une convention citoyenne trahie !

extraits : Un « gâchis » et une « trahison » : l’amertume des membres de la convention citoyenne pour le climat de 2020 est palpable. Ces 150 Français tirés au sort, âgés de 16 ans à 80 ans, de toutes les régions et catégories socioprofessionnelles ont vécu neuf mois de travaux, d’octobre 2019 à juin 2020. Tous ses membres avaient des opinions statistiquement identiques à la population générale sur l’écologie et les politiques climatiques. Ils ont réfléchi ensemble, aidés par des experts de tous horizons ; ils ont compris la gravité du choc climatique. La totalité de leurs délibérations aurait du être rendue publique, ce serait plus formateur que la télé-réalité. C’est resté confidentiel et sans suivi politique…

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« Fuck la planète », le choix de détruire la Terre

En trois épisodes de 45 minutes, le journaliste Jean-Robert Viallet, coréalisateur et narrateur du documentaire « Fuck la planète, le choix du réchauffement », démontre comment les dirigeants successifs ont préféré ignorer les alertes des scientifiques depuis le XIXe siècle car au service d’intérêts économiques et politiques.

https://www.arte.tv/fr/videos/117174-001-A/fuck-la-planete-1-3/

24 juin 1988. « Global warming has begun [“le réchauffement climatique a commencé”] », titre en une le New York Times du, après une année marquée par les sécheresses et les fortes chaleurs. Au point que James Hansen, climatologue américain téméraire, a accepté d’intervenir, la veille, devant les membres du Congrès américain. « Il est temps d’arrêter de jacasser… L’effet de serre est là… C’est sûr à 99 % », a-t-il lancé, provoquant une prise de conscience inédite dans l’Amérique de Ronald Reagan. Puis plus rien.

Pourquoi cet échec ? Dennis Meadows, co-auteur du rapport Les Limites à la croissance, présente en 1972 aux commanditaires du texte, les membres du Club de Rome, le résultat de leur modélisation du futur : nous allons à l’effondrement au cours du XXIe siècle. Il a été surpris de constater que certains ne maîtrisaient pas des concepts de base comme l’évolution exponentielle et le fait qu’une planète aux ressources limitées ne peut pas s’accommoder d’une croissance infinie. Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’économie, connaît ce rapport mais réagit ainsi : « Cette thèse n’est pas la mienne. »

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Le problème de fond, c’est que les citoyens ne savent rien des conséquences d’une évolution exponentielle de la population, de la pollution, de la raréfaction des ressources… car ils ne connaissent pas ce que c’est qu’une exponentielle et l’accélération de ses conséquences néfastes dans le temps qui en résulte. Ils sont victimes de la culture de masse, une culture du divertissement qui les rend aveugle.

Les citoyens-consommateurs ne savent pas grand chose parce que c’est une infime minorité d’entre eux qui a regardé ce documentaire, pour la plupart d’ailleurs des gens déjà bien informés.

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lire, Les limites de la croissance ou rapport au club de ROME (1972)

cliquez, Climat, inquiétudes bien avant la COP26 (extraits)

1857: la scientifique américaine Eunice Newton Foote avait identifié le phénomène de l’effet de serre, mais n’avait pas pu signer sa découverte, car « les femmes n’avaient pas l’autorisation d’exposer des travaux scientifiques ».

1896 : le chimiste suédois Svante Arrhenius prévoit l’augmentation de la température moyenne de la Terre comme conséquence de l’utilisation des combustibles fossiles. Il estimait qu’un doublement de la teneur en gaz carbonique de l’air se traduirait par un réchauffement de la planète de l’ordre de 5 à 6°C. Il était proche des analyses actuelles du GIEC, sachant que le CO2 de l’atmosphère atteignait 280 parties par millions avant la révolution industrielle pour atteindre avant la fin du siècle, 550 ppm !

1958 : on mesure la concentration en CO2 de l’atmosphère à Hawaï. Charles David Keeling sera le premier en 1958-59 à donner l’alerte du haut des 3400 mètres d’altitude de l’observatoire du Mauna Loa : la teneur en gaz carbonique relevée dans l’atmosphère s’y avérait en concentration anormale et en augmentation.

1979 : première Conférence internationale sur le climat, tenue à Genève sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale. La réunion conclut seulement qu’il faut intensifier la recherche.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach pourra conclure que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.

1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines. Création du GIEC, cette même année, sous l’égide des Nations unies.

1990 : Premier rapport du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)….

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Mélenchon et Le Pen, une histoire de voile

Le Rassemblement national se propose de pénaliser le port du voile islamique dans l’espace public. Jean-Luc Mélenchon est revenu sur ses propos en 2010, qui voyait dans ce voile un « signe de soumission patriarcale ». En 2017, il en parlait encore comme d’un « chiffon sur la tête ». Aujourd’hui Mélenchon bat sa coulpe : « J’ai rencontré des femmes très croyantes qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n’étaient pas croyantes mais qui disaient “Chacun fait comme il veut”. Et on en a parlé, et j’ai été convaincu, j’ai changé d’avis. Je me suis dit que j’ai fait une erreur terrible ».

Certains accusent Jean-Luc Mélenchon d’avoir tourné le dos à la laïcité différentialiste, d’autres le félicitent d’en revenir à la laïcité universaliste. De toute façon réduire médiatiquement une campagne de présidentielle à la tenue vestimentaire, c’est de la désinformation.

Le point de vue des écologistes plus ou moins bien habillés

Un écologiste est forcément pour le principe de laïcité qui est un fondement du vivre ensemble. En France, l‘État ne privilégie aucun culte, les institutions publiques restent neutres face aux croyances et chacun à la garantie de croire, de ne pas croire ou de changer de religion. C’est une construction intellectuelle qui empêche l’emprise de toute croyance religieuse sur la société et cantonne les affaires spirituelles à la sphère privée. C’est un fondement de la liberté d’opinion.

Dans ce contexte, l’État n’a rien à dire sur la tenue vestimentaire ; voile islamique, kippa ou croix, chacun doit rester libre de ses choix d’apparence.

Quelques éléments de débat RN/LFI

– Le leader bien aimé a reconnu “une erreur”, c’est à ce moment-là seulement qu’il a eu raison.

– Moi, j’aimerais connaître l’avis des politiciens sur la politique envers les femmes en Afghanistan, en Iran, etc.

– Quand je combat les intégristes de Daesh avec des mots, je ne combat pas l’Islam, je combat le fondamentalisme, le terrorisme, l’esclavage des femmes etc…

– Ce n’est pas le voile qui est en question, c’est le comportement de l’homme qui cherche des points d’appui pour dominer sa fille, sa fiancée, son épouse.

– Il ne s’agit pas d’être pour ou contre le voile, le problème c’est l’intégrisme. Et dans ce cas, c’est du cas par cas, tous les cas sont possibles.

– Une femme sur la plage complètement nue à coté d’une femme complètement voilée, ça ne devrait déranger personne, on s’habille comme on veut dans une société complètement laïque !

– On peut être laïc, et donc pour le droit de porter le voile dans l’espace public, tout en y voyant une forme de servitude volontaire au patriarcat.

– Si vraiment on veut que ma nièce voilée mais ultra-fan de Taylor Swift évolue, ce sera plus sûrement en la laissant se balader avec son foulard tout en suivant de brillantes études.

– Vanter le burkini des femmes marchant à 5 mètre derrière un bel homme en short et tee shirt sur la plage, c’est un droit, mais cela ne m’empêche pas de penser que ce retour à des traditions très religieuse n’a rien de bon.

– Avec une guerre à nos portes et un changement climatique aux conséquences dévastatrices, n’avons nous pas sérieusement d’autres sujets plus important à débattre pour cette présidentielle que le port du voile ?

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Laïcité, la loi du 9 décembre 1905

extraits : Une république sans laïcité n’est pas une république, une chose commune à tous et toutes. Pierre angulaire de la laïcité, bien que ce mot n’y figure pas, la loi « concernant la séparation des Eglises et de l’Etat », promulguée en France le 9 décembre 1905, a consacré la liberté de conscience, le libre exercice des pratiques religieuses et le non-financement des cultes par l’État….

Laïcité, un écologiste ne peut être que pour

extraits : Le mot « laïque » veut dire « qui appartient au peuple », c’est-à-dire « qui n’appartient pas au clergé ». La laïcité est un principe juridique selon lequel l’État n’exerce aucun pouvoir religieux, et les Eglises aucun pouvoir politique. Cette idée de laïcité est née progressivement à la suite des guerres de religion entre catholiques et protestants au XVIe siècle. Pour y mettre un terme, Henri IV reconnaît avec l’édit de Nantes en 1598, la liberté de conscience dans tout le royaume de France, la liberté de culte en certains lieux, l’égalité civile. Cette situation, unique en Europe, dure jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ; on retourne à la conception commune : un roi, une foi, une loi. Mais ce retour à la tradition est contesté par les philosophes des Lumières et l’état civil est rendu aux protestants en 1787…

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2027, Jean-Luc Mélenchon au service de lui-même

Le livre de Laurent Mauduit et Denis Sieffert, « Trotskisme, histoires secrètes – de Lambert à Mélenchon » paraît jeudi 10 septembre en poche dans une version actualisée ; il éclaire certains errements majeurs de la gauche, et notamment de la direction de LFI. Dans le contexte de la campagne présidentielle il faudrait taire les désaccords et serrer les rangs. Ne rien dire et faire front ! C’est une erreur, il faut selon ces deux auteurs mieux connaître Mélenchon ! L’impérieuse lutte contre l’extrême droite ne justifie donc pas que l’on fasse silence sur les embardées de Mélenchon, sur ses jeux de mots insupportables, sur l’absence de démocratie interne au sein de LFI, sur la mise sur la touche des opposants à sa direction autoproclamée, etc.

Si Mélenchon apparaît selon les sondages le mieux placé pour porter les espoirs du « peuple de gauche », il entretient une distance constante avec la question démocratique. Il privilégie d’abord ses propres intérêts plutôt que ceux d’une gauche unie et rassemblée. Le fait est là, Mélenchon a imposé sa candidature au sein de LFI sans être soumis au moindre vote ; puis, de la même façon, il a imposé sa candidature, sans vouloir entendre parler d’une procédure de désignation collective, qui engagerait toute la gauche, toutes tendances rassemblées, dans une dynamique collective. Mélenchon n’a pas l’esprit démocratique, ce qui se vérifie malheureusement aussi bien dans le cas de la politique intérieure, mais tout autant dans le cas de la politique internationale.

Si le leader de LFI affiche fréquemment sa détestation de la presse et de sa mission citoyenne ; s’il accable fréquemment la justice et méprise sa fonction démocratique ; s’il a une conception autoritaire et verticale du pouvoir, c’est qu’il duplique par bien des aspects les travers de l’OCI (organisation communiste internationale) et en assume l’héritage : la fin justifie les moyens. Laurent Schwartz (1915-2002), ex-trotskiste lui aussi, disait pourtant : « Quelle que soit la partie du monde où il se trouve, le camp où il est engagé, dire la vérité – dire, à tout le moins ce qu’il croit humblement être la vérité, – est la tâche première de l’intellectuel. Il doit faire cela sans orgueil messianique, indépendamment de tous les pouvoirs et, au besoin, contre eux, quel que soit le nom qu’ils se donnent – indépendamment des modes, des conformismes, des démagogies. Il n’y a pas de César individuel ou collectif qui mérite l’adhésion de tous. Il n’y a pas de problème de la fin et des moyens. Les moyens font partie intégrante de la fin. Il en résulte que tout moyen qui ne s’orienterait pas en fonction de la fin recherchée doit être récusé au nom de la morale politique la plus élémentaire. »

Le point de vue des écologistes électeurs ou électrices

En 2022, douze ⁠candidats avaient brigué la magistrature suprême. Le record de 16 candidats remonte à 2002. En 2027, la liste des prétendants est démesurée alors que l’écologie, c’est d’abord le sens de la limite… Le chemin vers l’Élysée est fort embouteillé, il faut attendre le résultat du tri, pour se présenter 500 parrainages d’élus locaux sont nécessaires. Donc pour voter écolo, on ne peut actuellement que s’en tenir à des hypothèses et des suppositions.

Depuis que l’écologie politique existe lors de la présidentielle, 1974 avec René Dumont, la multiplication des candidatures qui se déclarent « écologistes » fait en sorte qu’il devenait de plus en plus difficile de savoir pour qui voter. Pour la présidentielle 2027, Mélenchon se dit écolo et veut l’alliance avec le parti qui s’est approprié l’étiquette écolo. La secrétaire nationale « des Écologistes », Marine Tondelier avait e son côté fait valider sa candidature par son parti. Mais Delphine Batho de Génération écolo a aussi annoncé sa candidature. De même le parti d’Antoine Waechter, le MEI (mouvement écologiste indépendant), présente comme candidat Erwan Rohou.

Mais une chose est sûre, il ne faut pas voter Mélenchon, ce serait vouloir mettre un bonimenteur autoritaire à la tête de l’État.

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2027, Mélenchon et l’alliance Insoumis/Verts (juillet 2026)

extraits : Petit rappel préliminaire, Mélenchon au second tour de la présidentielle, c’est la victoire assurée de Marine Le Pen….

Les raisons de ne pas voter Mélenchon (mars 2026)

extraits : L’homme de la gauche radicale s’est empressé de confirmer les craintes : sa future campagne présidentielle sera complotiste, brutale, désignera des ennemis dans une outrance verbale inarrêtable et n’hésitera pas à user des pires ressentiments pour flatter sa base….

Trump/Mélenchon, un profil de dictateurs (mai 2025)

extraits : Comme dans tout scénario de mise en place d’une dictature, celui qui doute de son chef est un traître à éliminer. Nous ne voyons aucun différence comportementale entre l’homme d’Etat qu’est devenu Trump et l’homme d’État que voudrait devenir Mélenchon. Voici quelques extraits d’un livre consacré à ce personnage qui se veut présidentiable, « La Meute »….

Jean-Luc Mélenchon, un boulet égocentré (juillet 2024)

extraits : Soyons clair, Mélenchon est aussi écolo que Sarko : un jour il n’y connaît rien, le lendemain, c’est le premier des écolos. C’est à cela qu’on reconnaît un populiste, enfourcher le thème porteur même si par ailleurs on s’assoit dessus. Avant il n’y avait pas pire productiviste que Jean-Luc Mélenchon ! Pour le Congrès de Reims du PS (novembre 2008), il avait commis une contribution générale, « Réinventer la gauche ». Il s’intéressait uniquement au fait d’empêcher la mutation du PS en parti démocrate, à refuser l’Europe américaine et le Traité de Lisbonne. Rien sur l’écologie….

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Lettre ouverte à Marine Tondelier

Bonjour Marine

Notre parti « Les Écologistes » a un gros problème. Tous les autre partis se veulent écolos, et certains de nos militants rejoignent la « cohérence écologique » de Glucksmann, d’autres Mélenchon qui nous fait un appel du pied, nous n’avons donc plus de spécificité.

La seule voie à mon avis, c’est que tu sois candidate autonome lors de la présidentielle en présentant un programme profondément écologique, donc radical.

Il ne faut pas continuer à nous bercer d’illusion sur le prix futur de l’essence, la croissance économique qui est notre passé, le pouvoir d’achat impossible à maintenir dans un monde fini, etc. Certes cela va demander des efforts aux Français, mais tu serais la seule à tenir un discours de vérité. Je pense que nous pourrions alors avoir plus de 5 % des voix dans un pays qui en a marre des fausses promesses proférées seulement aux moment de l’élection.

Je suis devenu écolo lors de mon vote pour René Dumont au moment de la présidentielle de 1974. Son programme reste d’actualité et pourrait t’inspirer, en voici un résumé… Il est malheureusement inquiétant de voir que depuis plus de 50 ans, l’urgence écologique n’a pas été prise en compte. Je compte sur toi…

Fraternellement,

Michel Sourrouille

1974 L’écologie ou la mort (à vous de choisir)

la campagne de René Dumont, les objectifs de l’écologie politique

Un livre qui n’a rien perdu de sa fraîcheur dont voici un résumé  restructuré :

1/6) Naissance de l’écologie politique

René Dumont présente en 1974 sa candidature à la présidence de la République sur une plate-forme écologique ; l’écologie politique est née. C’est le résultat de trois ans de réflexion : publication du rapport du Club de Rome (les méfaits des exponentielles), querelle Mansholt-Marchais, articles de l’Ecologist, déclaration de Menton (alerte de crise écologique) signée par des centaines de scientifiques, de la Conférence des Nations unies sur l’environnement de Stockholm. C’est le résultat de trois ans de prise de conscience militante, d’abord underground puis publique, des marches de Fessenheim, de Bugey, de Gravelines contre la construction de centrales nucléaires, des manifestations du Larzac, du débat sur le parc national de la Vanoise, des manifs à vélo de Paris. C’est le résultat du mépris dans lequel ont été tenus les Français depuis dix ans, en ce qui concerne la gestion de leur environnement.

A chaque élection, des écologistes en colère vont trouver les candidats des divers partis politiques. Ils sont reçus avec… une certaine condescendance. En juin 1972, le ministre des finances Giscard d’Estaing organise un colloque sur les conclusions fort alarmantes du Club de Rome. En mai 1974, le candidat Giscard d’Estaing ne leur accorde plus la moindre considération, ne parle que de croissance ! Et pourtant les écologistes anglais, américains et français sont tous d’accord. Si nous maintenons le taux d’expansion actuel de la population et de la production industrielle jusqu’au siècle prochain, ce dernier ne se terminera pas sans l’effondrement total de notre civilisation. Par épuisement des réserves minérales et pétrolières ; par la dégradation poussée des sols (érosion, lessivage, latérisation…) ; par la pollution insoutenable de l’air et des eaux ; enfin par une altération des climats, due notamment à l’accumulation du gaz carbonique…

Une fois la nourriture et le logement assurés, aucun problème n’est plus important pour l’avenir de la France que l’environnement. Voilà pourquoi le mouvement écologique devient politique. Voilà pourquoi, pour la première fois dans l’histoire des sociétés, un homme présente sa candidature à la direction d’un Etat avec pour programme la préservation de la vie. Il est grand temps que réagissent tous ceux qui se préoccupent de la société que nous laisserons à nos descendants.

2/6) Démographie et surpopulation

Une croissance démographique insensée vient empirer la situation. Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse.

L’homme attaque la nature depuis 100 000 ans par le feu, le déboisement, le défrichage, etc. Nourrir plus d’homme implique la destruction du milieu naturel. Du reste, si nous nous multiplions inconsidérément, le phosphore nécessaire à l’agriculture manquerait bientôt. Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à new York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à M.Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement.

3/6) Agriculture en péril

L’espace disponible se rétrécit : les 100 000 hectares des meilleures terres disparaissent sous le béton, un cinquième de département français. Il faut abolir le système de subventions agricoles qui revient à donner une Mercedes de plus à ceux qui en ont déjà une.

L’agriculture intensive, quand elle néglige la fumure organique et n’utilise que des engrais minéraux accompagnés de pesticides divers, menace gravement sa propre pérennité. La récupération de tous les déchets organiques est une exigence absolue. Pour produire 1000 calories de bifteck, on dépense 2500 calories de pétrole. Une laitue de serre demande un litre de pétrole. L’emploi des engrais artificiels, qui se développe à la suite des travaux de Liebig, repose sur une méconnaissance des règles de la nutrition végétale. Il ne tient pas compte de la vie du sol, ni de l’association mycorhizale, c’est-à-dire de ce pont que forment des champignons vivants entre le sol et les racines. Le résultat, c’est que l’agriculture surindustrielle stérilise les sols, déséquilibre les plantes cultivées et leur ôte toute résistance, ce qui rend nécessaire l’emploi d’une quantité de pesticides. D’ailleurs les marchands d’insecticides et d’engrais, comme par hasard, sont les mêmes.

L’agriculture écologique peut offrir une solution durable : façons culturales qui stimulent l’activité bactérienne dans l’humus, polyculture raisonnable, restauration des haies, ressources locales. L’agriculture biologique est aussi la technique agricole la mieux adaptée au Tiers-Monde.

4/6) Contre la croissance

De quelle croissance s’agit-il ? S’il s’agit de la croissance illimitée des marchandises alors OUI la croissance est une illusion dangereuse. Si on fait les vrais calculs en intégrant les dégradations, on s’aperçoit que nous sommes déjà en croissance négative. Viennent toutes les menaces sur les ressources naturelles, renouvelables ou non. Il nous faudrait donc ralentir la croissance en attendant de développer des formes d’énergie non polluantes et non dangereuses. Il ne s’agit pas de stabiliser la société, ce que le terme croissance zéro pourrait laisser supposer, il faut en changer. Il faut faire en sorte que le profit de quelques-uns ne tire pas son origine de la dégradation de ce qui appartient à tous : l’eau propre, l’air pur, la beauté des paysages. Si nous ne nous décidons pas aujourd’hui, sereinement, à prendre les problèmes socio-écologiques de front, c’est dans la confusion et sous la pression de catastrophes que nous serons obligés de le faire. Cela peut conduire à des guerres, à des dictatures.

Si les Français consentaient à vivre au niveau de vie de 1920 avec les moyens de travail et d’équipement de 1974, des économistes ont  calculé qu’il suffirait de travailler quatre heures par jour, de 25 à 40 ans, pour satisfaire les besoins. Il est bien évident que les Français ne sont pas prêts à accepter cette solution, mais tout de même…Je ne promets pas la richesse pour tout le monde, je promets moins de richesse pour les riches de façon à pouvoir maintenir la consommation des autres. Il est bien évident que les plus responsables de la pollution sont ceux qui ont le pouvoir, mais il faut reconnaître que l’ensemble de la classe ouvrière française profite en partie par son système de vie de l’exploitation de la richesse du Tiers-Monde. Elle doit reconnaître, tout en luttant contre le régime capitaliste, que les plus exploités ne sont pas ici, ce sont les travailleurs du Tiers-Monde.

5/6) Pour des techniques douces

L’écart ne fait que se creuser entre les techniques de lutte contre les nuisances et la technologie génératrice de nuisances. Nous consommons 2 fois plus d’énergie qu’en 1963 ; sommes-nous 2 fois plus heureux ? Le Français consomme 2,85 fois moins d’énergie que l’Américain ; est-il trois fois moins heureux ? En surexploitant les combustibles fossiles, on vole les ressources des générations futures. Quel monde laisserons-nous à nos enfants ?

Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… On peut penser dès à présent à réorienter l’industrie automobile vers la production des composantes de logements ou des systèmes d’énergie solaire ou éolienne.

Nous demandons le moratoire de l’énergie nucléaire. Nous refusons de continuer à faire des bombes atomiques et à gaspiller la majorité des chercheurs en recherche militaire. Nous sommes pour l’utilisation de techniques de production décentralisées, non polluantes et fondées sur des ressources renouvelables, comme l’énergie solaire par exemple (« techniques douces »).

6/6) Conclusion : l’écologie contre l’économie

Il est impossible de subordonner la survie des hommes à des impératifs économiques. L’économie, c’est des conditions de travail concentrationnaires, la concentration de la production et de l’habitat. Leur économie c’est celle des cinq P. : profit, puissance, prestige, pillage et pollution. Pour engager notre société dans cette direction, il faut favoriser la décentralisation et permettre aux communautés régionales d’être autonome. Il faut privilégier des unités de petite taille et renoncer au gigantisme industriel.

Personne n’est admis à avoir une vue globale des choses, ce qui est désastreux d’un point de vue écologique car tout est lié à tout. L’Ecologie, c’est un mot simple. Il veut dire que l’homme comme toutes les espèces vivantes, est inclus dans un milieu qui comprend la nature, les autres espèces vivantes, les autres hommes et qu’il ne peut se permettre de détruire ce milieu sans se détruire lui-même. La terre doit être à ceux qui la travaillent, les usines à ceux qui les font tourner. On a compris que la défense de la nature ne se limite pas à tel ou tel point particulier, mais exige une remise en cause fondamentale pour abouti à notre double objectif :

  1. Réduction fondamentale des injustices sociales à l’échelle mondiale, en vue de la réduction prioritaire du gaspillage et des consommations abusives des riches ; donc de leur nombre comme de leur revenu.
  2. Elaboration d’une civilisation à basse consommation d’énergie, de viande et de métaux, économisant pour les générations futures les ressources rares de la planète, arrêtant le pillage du Tiers-Monde et la destruction de la nature, source de toute vie.

(éditions Pauvert)

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Égypte, l’armée contre le peuple

Une armée n’a pas pour fonction principale de défendre une nation, mais au contraire de contrôler un pays et de garder le pouvoir. Ainsi cet exemple récent. En Égypte, « l’Octogone », quartier général démesuré de l’armée, est le symbole d’un pouvoir qui se barricade. La France « démocratique » n’est pas à l’abri d’une armée qui combat son propre peuple.

Samuel Forey : C’est une installation qui a la démesure dont raffole le régime égyptien, le Centre de commandement stratégique de l’Etat, surnommé « l’Octogone », couvre une superficie de 92 kilomètres carrés en plein désert.

Il ne s’agit pas tellement de se préparer à la guerre ! Comme le président-maréchal Al-Sissi l’a lui-même reconnu dans son discours d’inauguration le 4 juillet 2026, il s’agit d’abord de préserver le régime de menaces internes, et en particulier de l’éventualité d’un nouveau soulèvement. Selon lui, la « révolution du 30 juin » 2013, qui a abouti à la prise du contrôle du pays par l’armée, ne fut rien d’autre qu’une correction de celle de 2011, qui a vu l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans.  « Il fut un temps où la Cour constitutionnelle suprême, l’Assemblée populaire et le ministère de la défense étaient assiégés », a-t-il rappelé. « Il était donc nécessaire que l’État quitte la capitale pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Les personnes mal intentionnées et les terroristes ne s’arrêteront pas et, même si personne ne peut plus jamais reproduire un tel scénario en Égypte, cela restera une menace »

C’est la manifestation concrète d’un État qui s’éloigne d’une société dont il se méfie.

Le point de vue des écologistes pacifistes

Dans nos archives, cette controverse historique en France sur l’armée de métier. Charles de Gaulle explique en 1934 dans « Vers l’armée de métier » qu’il faut abandonner le service militaire universel au profit d’une armée motorisée composée exclusivement de professionnels : « Il faut qu’un maître apparaisse, irrécusable dans ses ordres, serviteur du seul État, faisant corps avec l’armée, tel sera le ministre, soldat ou politique à qui la patrie devra l’économie prochaine de sa force. »

Léon Blum manifeste sa vive hostilité pour les idées de l’armée de métier du colonel de Gaulle car il craint qu’elle ne soit utilisée contre le peuple, notamment les grévistes. Et, de fait, comme le montre une lettre de 1935, de Gaulle n’excluait nullement une telle possibilité.

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Égypte, plus de 105 millions d’habitants

extraits : Les estimations de la population égyptienne en 1810 s´étagent de 2 à 4 millions d´habitants, mais le pays compte déjà 21 millions d’habitants en 1950, 85 millions en 2011 et dépasse aujourd’hui 105 millions. Presque un million d’Égyptiens en plus tous les 6 mois. Ce n’est que récemment que le président al-Sissi a pris conscience de la menace que représente la bombe démographique pour la stabilité de l’Égypte, menace désormais placée par lui sur le même plan que le défi terroriste. Le contrôle des naissances est désormais un thème récurrent des interventions du président, qui n’a pas hésité à relier accroissement de la population et agitation sociale. La campagne « Deux, c’est assez », lancée en 2018 par les autorités, vise les familles bénéficiaires de programmes sociaux. Les allocations familiales ne leur sont désormais plus accordées au-delà du deuxième enfant….

L’Égypte surpeuplée a-t-elle besoin d’un monorail ?

extraits : Fin mars 2026, un monorail relie la périphérie orientale du Caire, à la nouvelle capitale administrative, surgie ces dernières années des sables du désert, 57 kilomètres plus à l’est. Ce projet pharaonique de nouvelle capitale, voulu par le président, Abdel Fattah Al-Sissi, s’étale sur 700 kilomètres carrés — soit sept fois la surface de Paris. Tous ces projets sont plus ou moins aboutis, l’endroit est encore largement désert. Ce monorail semble davantage répondre aux intérêts du régime qu’aux besoins de la population….

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La culture de masse, instrument de notre aliénation

Au 1er siècle de notre ère, Juvénal fustigeait l’indifférence de la plèbe romaine, qui avait abandonné ses ambitions politiques et sa liberté en échange des distributions gratuites de blé (panem) et des spectacles grandioses (circenses) organisés par les empereurs : du pain et des jeux ! Il faut rappeler que le despotique Néron fut aimé jusqu’au bout par la plèbe de Rome en raisons des largesses et des jeux qu’il offrait.

Que reste-t-il alors de la personne, de sa liberté, quand le temps libre est pris en charge par une organisation du divertissement toujours plus envahissante ? C’est le dossier du journal La décroissance septembre-octobre 2026, Contre la culture de masse

page 13, Votre attention s’il vous plaît

Pierre Thiesset : Dès que se sont répandues les machines à divertir, la TSF, le gramophone, le cinéma, des auteurs lucides avaient parfaitement compris que la prise en charge du loisir par l’industrie dénaturerait l’humanité : elle imposerait une culture de masse fabriquée par des professionnels et détruirait les cultures populaires issues de communautés vivantes ; elle nivellerait les consciences, uniformiserait la société ; elle atomiserait les individus, toujours plus isolés devant leurs récepteurs ; elle laminerait leur créativité et leur intériorité en les transformant en consommateurs passifs de contenus livrés à domicile.

page 18, la personne en danger

Jacqueline Kelen : Déjà se dessine le cercle vicieux. Est-ce l’humain qui demande à être distrait en permanence ou est-ce les puissants de ce monde qui useraient d’une stratégie festive afin d’ensorceler le peuple ? Il y a en fait une connivence étroite entre ceux qui dispensent des loisirs à profusion et ceux qui les consomment. Pour un Etat providentiel (ou totalitaire), toutes les occasions sont bonnes pour que les gens se perdent dans le futile et l’éphémère. Nous voici dans la « culture de masse » qui dispense de penser. Seul compte l’illusoire bonheur de l’instant.

Le divertissement détourne l’attention, empêche le silence, la réflexion, la vie intérieure, la disponibilité aux autres. On en oublie les questions majeures, qu’elles soient d’ordre politique, social ou écologique. On citera les réseaux sociaux, la connexion permanente, les jeux vidéo, les séries télévisées, les manifestations sportives, les parcs d’attraction, et bien sûr le matraquage publicitaire. Celui ou celle qui s’adonne aux distractions devient un être dispersé, parcellisé, incohérent, dépourvu d’orientation, dépouillé de son unité intérieure. Avec l’intrusion du numérique, il devient avec son smartphone un prisonnier consentant à domicile ou dans la rue, distrait à jet continu.

Il y a quelques décennies, on annonçait une société des loisirs qui offrirait du temps libre à chacun ; aujourd’hui le flot ininterrompu d’informations, de jeux, d’images et de bruits produits l’effet inverse, il submerge et subjugue le citoyen et enlève le temps vraiment libre. On a congédié toutes aspiration personnelle, tour désir de création, toute volonté d’engagement. Rien n’est grave ni sérieux, tout est ludique et fun. C’est ainsi que la culture de masse aboutit à l’asservissement des béats divertis.

Page 19, Nous avons perdu le contrôle de notre esprit

Nicholas Carr : Les promoteurs d’Internet pensaient qu’un réseau décentralisé favoriserait le développement de médias décentralisés, c’était une erreur. En réalité, ce réseau n’a fait que pousser la centralisation du pouvoir industriel car il exige un traitement des données à grande échelle et un contrôle de l’information. Internet était censé démocratiser la parole, cela a donné naissance au tribalisme et à l’animosité… et pour les dirigeants au culte de la personnalité.

Les systèmes de communication, lorsqu’ils deviennent trop rapides, engendrent des malentendus plutôt que la compréhension mutuelle, des tensions sociales plutôt que l’harmonie. Nous avons bel et bien perdu le contrôle de notre esprit. Ce sont désormais nos téléphones et des algorithmes qui déterminent ce à quoi nous prêtons attention. Voulons-nous que notre espèce reste fondamentalement biologique, ou préférons-nous devenir des êtres numériques ? Je ne sais pas quelle sera la réponse dans le futur.

Le point de vue des écologistes débranchés

La culture de masse (à ne pas confondre avec la culture populaire, localisée) est étroitement associée à la société de consommation, en particulier par le fait de dépendre des modes de production et de rentabilité des entreprises capitalistes. L’une des principales caractéristiques de ce phénomène est de rationaliser les rapports et les échanges humains autour de la sphère économique marchande.

Elle incarne la prégnance d’un nouvelle forme de totalitarisme soft où l’injonction au divertissement substitue à la figure du citoyen celle d’un consommateur narcissique et indifférent au bien commun. On peut aussi y voir la marque d’une aliénation affectant tout le monde, aussi bien les classes dominées que d’ailleurs les classes dominantes. Tout le monde, émetteurs comme récepteurs, devient complice d’un abêtissement généralisé.

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2010 Divertir pour dominer (la culture des masse contre les peuples)

extraits : Selon Peter Reichel, les nazis auraient été les premiers à comprendre l’importance de la culture de masse. Avec tous les moyens à leur disposition, ils ont créé un monde d’illusions qui a entraîné un peuple entier au désastre avec sa complicité active.En coupant les travailleurs de leur base rurale et domestique, qui constituait leur principal moyen de subsistance et leurs réseaux de sociabilité, le capitalisme industriel a obtenu leur soumission. L’impuissance et la malléabilité des masses s’accroissent en même temps que les quantités de biens qui leur sont assignées. Il y a aliénation au sens étymologique du mot, le fait de se « rendre étranger à soi-même », d’être dépossédé de soi….

Le portable comme système d’aliénation consentie

extraits : Les usages du téléphone portable peuvent être considérés comme des révélateurs de la nature de l’hyper modernité qui définit nos sociétés. Francis Jauréguiberry se livre à une identification minutieuse des usages du portable, régis par la spontanéité, l’impulsivité, le cocooning téléphonique – besoin d’être rassuré par une présence – jusqu’à la téléphonite, maladie aiguë qui caractériserait le branché consultant compulsivement son petit écran. Le désir d’ubiquité médiatique – être ici sans être là – se donne à voir dans l’« envol du branché ». Le portable favorise aussi la contagion de l’urgence, et les critères de gestion, de rationalité et d’efficacité du monde professionnel en viennent à envahir la sphère privée. Que reste-t-il des vives réactions d’hostilité des débuts….

Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

extraits : Nos société secrètent des habitudes par la répétition publicitaire, par la répétition des mots d’ordre de l’extrême droite ou des réseaux sociaux, par la répétition des mythes contemporains (croissance, progrès, technologie). Difficile d’aller contre ce bourrage de crâne, sauf à savoir prendre de la distance par rapport à ce qu’on veut nous imposer. Tout dépend alors de la socialisation primaire par le réseau familial qui formate un esprit actif ou passif. Tout dépend de l’engagement d’un individu qui cherche (ou non) à aller au-delà de ses habitudes de penser. Sinon il ne m’est pas possible d’être autrement que ce que les autres ont déterminé pour et en moi. L’aliénation est un aspect structurel de notre comportement….

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La retraite à 60 ans, un non-sens écologique

Les jeunes ne s’imaginent pas du tout que dans cinquante ans les chocs systémiques auront fait leur effet. Quand les collégiens arriveront à l’âge de la retraite, la désindustrialisation sera galopante, les caisses de l’État seront vides, les réfugiés climatiques nombreux, les chômeurs encore plus nombreux qu’après la crise de 1929. Beaucoup trop d’ayants-droit pour les rares actifs occupés, le système de redistribution sur lequel reposent les retraites en France sera exsangue. Mais le réalisme du poids des retraités sur les actifs ou la charge actuelle de l’endettement de la France n’est qu’un aspect du problème. Il faut ajouter les raisonnements écologistes, fondés sur la raréfaction de l’énergie extracorporelle.

Comme l’exprime Jean-Marc Jancovici, « Retraites et études longues sont assises sur des consommations d’énergie importantes, et c’est bien ainsi que se lit la géographie actuellement : il n’y a beaucoup de retraités et d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie. Évidemment, ce lien de cause à effet est porteur d’une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont cru que le problème des retraites était en bonne voie d’être réglée après la réforme initiée en 2010. En effet, la contrainte sur l’approvisionnement énergétique futur, qui va venir contrarier la productivité physique de manière forte, aura pour conséquence que le niveau relatif des retraites baissera, et que l’on va probablement pour partie revenir à un système de gestion des personnes âgées économe en énergie, c’est-à-dire… les garder chez leurs enfants. La question n’est pas de savoir si cette organisation est désirable ou non. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! »

Autant dire que les débats sur l’âge de la retraite ou de la ponction des retraites n’est qu’une étape intermédiaire avant la suppression à venir du système de redistribution.

Carriat et Métais : La dégradation de la situation budgétaire de la France rend la question du partage des efforts de plus en plus prégnante, et, compte tenu de la part des pensions dans le budget de l’Etat, l’idée de faire contribuer les retraités, longtemps taboue, émerge. les plus de 60 ans possèdent désormais près de 60 % du patrimoine non financier et financier. Mais les retraités, qui représentent environ un tiers des personnes en âge de voter, pèsent « jusqu’à 40 % des suffrages exprimés aux élections nationales » ! A gauche comme à droite, chacun essaie d’éviter de se mettre à dos les retraités. Mais Edouard Philippe a revendiqué de « dire aux retraités qu’il faudra contribuer davantage au financement de notre système social ».

Le point de vue des écologistes en retrait

– Enfin un article sur l’éléphant dans la pièce : les 690 milliards annuels de dépense publique et sociale allouée aux seuls retraités (en plus des autres dépenses « de droit commun » auxquelles ils ont droit comme tout autre citoyen).

– La classe d’âge la plus riche en patrimoine et en niveau de vie dispose de l’espérance de vie à la retraite la plus longue des pays développés en n’ayant cotisé que 50 à 75 centimes pour chaque euro de pension reçue et à recevoir.

– En 2026, ils reçoivent 430 milliards en pensions de retraite (base, complémentaires, réversion), soit 1790€ nets en moyenne par mois et par personne et 200 milliards en frais de santé, pour lesquels ils ne cotisent que très marginalement : Retraités, 3,5% de cotisations pour la santé et la dépendance et Travailleurs : 11%

– Tous les partis politiques qui réclament le retour aux 60 ans pour la retraite n’ont rien compris aux mécanismes de la redistribution des actifs vers les retraités. Pourtant c’est simple donner aux uns, c’est prendre aux autres. Les actifs occupés actuellement souffrent, le poids des cotisations sociales est déjà considérable, cela ne peut perdurer.

– Les autres pays ont compris la problématique, pas nous :

l’âge de la retraite à 65 ans : En vigueur dans plusieurs pays comme l’Allemagne (en augmentation progressive vers 67 ans), la Hongrie, la Lettonie ou l’Espagne…

66 à 67 ans : Retenus par de nombreux États. Par exemple, l’Italie et le Danemark fixent l’âge à 67 ans ou plus, le Danemark prévoyant une hausse graduelle allant jusqu’à 70 ans indexée sur l’espérance de vie…

– Nos candidats devront faire preuve de courage politique en expliquant que la dette économique et écologique est l’affaire de tous, et singulièrement des retraités, qui ont le plus longtemps bénéficié de la croissance économique.

– La diminution drastique des pensions est une urgence nationale et seul sujet valable de la présidentielle. Le reste est de la pacotille. On ne peut pas continuer à saborder l’avenir et la jeunesse du pays.

– Et par dessus ça, nous allons finir a 6 actifs pour 5 retraités !

Avec la crise à venir, ce seront les retraités qui vont voir leur niveau de vie baisser, demain ce sera les fonctionnaires, puis après-demain ce sera au tour des chômeurs d’être de plus en plus mal indemnisés, puis ensuite les malades de moins en moins bien remboursés… Déjà un retraité qui perçoit une pension de moins de 2000 euros par mois n’est même pas en mesure de se payer un Ehpad !

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Marine Tondelier prévoit d’annuler la réforme actuelle qui recule l’âge de départ. Elle défend un retour à un âge de départ plus bas, aligné autour de 62 ans ou moins selon les arbitrages et les prises de position de sa formation politique, tout en maintenant des dispositions pour la pénibilité.

Raphaël Glucksmann défend une position nuancée sur la réforme des retraites, en s’opposant à un retour universel à la retraite à 60 ans tout en plaidant pour une réforme qu’il qualifie de « juste et ambitieuse ». Le leader de Place publique prône un système basé sur la pénibilité et l’espérance de vie, estimant que les travailleurs en bonne santé devront partir plus tard.

Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé son programme économique lors du premier grand débat des candidats à l’élection présidentielle organisé fin août 2026 : rétablir l’âge de départ à 60 ans ; durée de cotisation fixée à 40 annuités pour obtenir un taux plein ; montant minimum, rehausser toutes les pensions au niveau du SMIC pour une carrière complète.

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Retraite, solution par l’euthanasie active

extraits : Le 6 février 2023 s’engage à l’Assemblée nationale un marathon de dix jours pour arriver au vote de la réforme des retraites… L’interruption volontaire de vieillesse est sans doute une solution, il y en a d’autres. Le Rassemblement national propose de relancer la natalité pour faire des actifs plus tard qui paieront les retraités… s’ils ne sont pas chômeurs et donc population à charge. C’est ce qu’on appelle une pyramide de Ponzi démographique, il n’a pas de fin sauf par l’effondrement inéluctable quand le poids des retraités d’une population en surchauffe fera s’effondrer le système de répartition…

Bientôt la retraite à 75 ans, normal ! (2023)

Bloquer le pays pour la retraite, c’est non ? (2023)

Grève des retraites ou grève du climat ? (2020)

Retraites : ce qu’en disent les écologistes (a)variés (2013)

Martine Aubry, la retraite et l’écologie (2011)

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La mise en boîte de notre existence ordinaire

Lewis Mumford : « Le destin final de l’homme posthistorique est de se transformer en un homoncule artificiel dans une capsule autopropulsée, voyageant à la vitesse maximale et ayant éliminé toute forme spontanée de vie de l’esprit. Considérons un pilote d’avion supersonique. Voici le nouvel homme mécanique, avec tout son harnachement, hermétiquement isolé de l’extérieur, sa combinaison chauffée électriquement, son casque à oxygène, monstrueux animal squameux ressemblant plus à une fourmi géante qu’à un primate.

Peut-on appeler cela une vie ? Non. C’est un coma mécaniquement assisté. »

Pierre Rabhi : « Nous grandissons dans des crèches, étudions dans des bahuts, logeons et travaillons dans des cubes de verre et de béton, circulons dans des « caisses », allons en « boîte » pour nous divertir, confinons nos aînés dans des maisons de retraite, en attendant notre cercueil. Nous ne savons plus respirer, nous vivons en disharmonie avec les rythmes de la nature et les pulsions de notre cœur.

Quand sortirons-nous de notre aveuglement et de notre surdité ? »

Pascal Chabot : « Nous vivons dans des boîtes. Appartements, maisons, bureaux… où nous sommes protégés et enclos à la fois. D’une boîte à une autre, nous nous déplaçons au moyen de coques mobiles – voiture, train, métro… A l’intérieur de toutes ces capsules, nous scrutons les écrans bien plus que le monde extérieur. « Le dehors a disparu »

Mais nous aurions tort de nous plaindre de « nos vies encapsulées », l’existence y est plutôt confortable. Nous ne croyons plus à l’ancien progrès, mais les lendemains qui déchantent garantissent des refuges de plus en plus douillets. »

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Nous devenons de plus en plus stupides

II y a un siècle, si l’on demandait à quelqu’un ce qu’un chien et un lapin avaient en commun, il répondait volontiers “Les chiens chassent les lapins”. Aujourd’hui ce serait plutôt “Ce sont deux mammifères”. Avec la scolarisation poussée, les individus sont devenus plus aptes à classer et raisonner de manière abstraite. À partir des années 1930, aux États-Unis comme dans une grande partie du monde développé, les scores de QI ont donc commencé à grimper. Et ils n’ont plus cessé de le faire, gagnant en moyenne près de 3 points par décennie.

En 2023, Elizabeth Dworak choisit ce constat pour son mémoire. Elle décida d’analyser les résultats de 394 378 tests de QI réalisés aux États-Unis entre 2006 et 2018 afin de vérifier si la progression était toujours à l’œuvre. Le résultat a montré un recul dans trois catégories importantes des tests de QI : le raisonnement matriciel, qui évalue la résolution de problèmes visuels abstraits ; les suites de lettres et de chiffres, qui mesurent la reconnaissance de schémas ; et le raisonnement verbal, qui porte sur la résolution de problèmes faisant appel au langage.

Mais si de nombreux outils permettent de mesurer l’intelligence, quantifier la stupidité se heurte à un problème de quantification. La “pure bêtise” serait étroitement liée au QI, avec des personnes qui ne parviennent pas à suivre un raisonnement logique et échouent à tirer des conclusions adaptées à la situation. Vient ensuite “la bêtise par ignorance”, qui découle d’un manque d’éducation ; quand on n’a pas de bases parce qu’on n’a pas appris l’essentiel dans la vie, on peut être très malin, on ne trouvera jamais la bonne solution. Mais aussi la “stupidité émotionnelle”, quand les émotions prennent le pas sur la réflexion et amènent à des décisions irréfléchies. Le déclin est le plus marqué dans les deux premières catégories.

Après cette publication, la plupart des réactions étaient toutes convergentes : « Les scores de QI baissent ? Vous ne m’apprenez rien ». La bêtise reste une notion difficile à définir, mais remarquablement facile à reconnaître lorsqu’on la rencontre. Dans presque tous les domaines de la vie, nous privilégions désormais des comportements, des divertissements et même des systèmes de pensée qui sollicitent toujours moins notre cerveau. Pour la plupart d’entre nous, le smartphone est devenu une sorte de parc de loisir de poche qui nous évite d’avoir à supporter le moindre moment d’ennui. Intuitivement, on a le sentiment qu’un tel usage ne peut qu’endommager certains de nos circuits cognitifs. Depuis Marshall McLuhan et Neil Postman, on sait que chaque nouveau média transforme notre manière de penser. Le médium reste le message. Sauf qu’aujourd’hui le médium, c’est la foule.

La transformation la plus profonde tient surtout au volume inouï de bruit humain auquel nous sommes désormais connectés en permanence. En théorie, il s’agit d’une démocratisation de l’expression. En pratique, cela ressemble parfois à une lobotomie participative. Aujourd’hui, des cerveaux hérités du paléolithique sont bombardés chaque heure par les pensées de centaines d’inconnus. Être intelligent, ce n’est plus aussi sexy qu’avant, aujourd’hui, ce qui compte surtout, c’est le nombre d’abonnés que vous avez sur Twitch. À l’échelle mondiale, 17 % de la population considère désormais TikTok comme une source d’information digne de confiance. Il est extrêmement difficile de discerner la bonne (in)formation, à supposer que quelqu’un ait encore envie de la chercher alors que les fils d’actualité débordent de divertissements, de contenus absurdes et d’une infinité de sous-genres pornographiques toujours plus alléchants. Et comme si cela ne suffisait pas, Donald Trump continue d’appliquer la stratégie popularisée par Steve Bannon, celle qui consiste à “inonder l’espace public avec de la merde”, saturant tous les canaux d’un bruit de fond permanent et poussant sans cesse le volume.

Désormais, ce sont les voix les plus bruyantes et les moins informées qui imposent les termes du débat, obligeant tous les autres à parler leur langage. Un quart de l’électorat américain est aujourd’hui constitué de ce que les politologues appellent des “low-information voters”, des électeurs peu informés, incapables de citer le nom de leurs représentants et qui s’informent principalement à travers leurs réseaux sociaux habituels. Ces électeurs deviennent décisifs dans les scrutins les plus serrés, à condition que les campagnes parviennent à les atteindre par des messages suffisamment simples et émotionnels pour entrer en résonance avec le peu d’informations dont ils disposent.

Plus le monde devient complexe, plus les métaphores censées l’expliciter deviennent simplistes.

[Ce résumé est fait à partir du numéro 1869 de Courrier international,“Sommes-nous devenus stupides”, en vente du 27 août au 2 septembre 2026. On explique fort bien pourquoi ce blog biosphere a aussi peu d’influence, il est beaucoup trop intelligent pour ce que sont devenus les gens]

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La Suède en guerre, elle enterre ses morts

Dans le cadre de la reconstruction de la défense du royaume scandinave, l’armée et des organisations civiles se préparent, à travers des entraînements grandeur nature, à enterrer les corps de 5 % des habitants du pays. Un chiffre établi pendant la guerre froide : « Cela ne veut pas dire que nous nous attendons à autant de victimes. Mais pour planifier, nous avons besoin d’une estimation », précise le chargé de l’orientation stratégique à l’Agence pour la défense civile. Dans un pays qui n’a pas connu la guerre depuis plus de deux cents ans, l’exercice a de quoi surprendre.

Anne-Françoise Hivert : A la fin de la guerre froide, le royaume avait renoncé à son modèle de « défense totale », combinant la préparation militaire et l’engagement de la société civile. Mais depuis l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, puis le déclenchement de la guerre en Ukraine huit ans plus tard, la Suède est sur le qui-vive. Pour se préparer à gérer autant de morts, la fédération des cimetières a déjà organisé plusieurs séminaires sur le thème de « La crémation en temps de crise et de guerre ».

Le point de vue des écologistes revenus de tout

– Ça délire sec en Suède… la russophobie rend complètement dingue.

– L’exercice lui-même relève d’une rêverie mortifère, particulièrement cintrée – qui menace la Suède, exactement ? Poutine, qui n’arrive à rien avec l’Ukraine ou Trump qui attaquerait la Suède en la prenant pour le Groenland ?

– La paranoïa géostratégique est un des aspects de la culture nationale suédoise.

– Il faut rappeler que pendant la guerre froide, la Suède, un pays un peu moins peuplé que la Belgique, voyant des menaces partout et tout le temps, s’est créé une puissante industrie d’armement.

– Pour remonter le moral des troupes, ça me semble pas être là meilleur exercice !

– S’habituer aux « morts pour la patrie » prépare l’opinion publique à l’inéluctabilité de la guerre et à ne pas penser autrement.

– Lire ce genre d’article glace le sang alors que nous avions grandi en pensant que 2 guerres mondiales avaient suffi à l’humanité.

– Avec des dirigeants politiques, religieux, économiques, imbus de leurs personnes, sûrs de leurs pouvoir et de leur fric, soumettant leurs peuples à des propagandes qui induisent des croyances absolues, l’humanité n’est pas prête au bien vivre ensemble.

– Les peuples depuis l’Antiquité aiment les conquêtes de territoires, de ressources naturelles, de butins, de femmes, sinon, ils s’ennuient !

– La guerre est un état mental collectif, finalement une sorte de jeu… voyez le succès planétaire des jeux vidéo de guerre simulée.

Il semble que la paix dans le monde passe d’abord par la paix intérieure de tout un chacun…

Un modèle de « défense totale » en Suède

extraits : En Suède, les organisations de défense civile proposent des cours chaque semaine. Par exemple « Débrouille-toi » (« Sköt dig själv ») : pendant plus de deux heures, les deux formatrices détaillent la nourriture et le matériel à stocker chez soi, avant d’inciter à cultiver un bout de jardin ou de balcon, pour accroître l’autosuffisance alimentaire du pays, dépendant à 50 % des importations. En novembre 2024, les 10 millions d’habitants du royaume ont tous reçu, dans leur boîte aux lettres, une nouvelle édition du livret « En cas de crise ou de guerre », distribué par l’Agence de la protection civile, leur rappelant qu’ils doivent avoir de quoi manger, boire, se chauffer et se soigner, pendant une semaine, sans aucune aide extérieure….

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No(s) Limit(es), pour apprendre la sobriété

Recension du livre collectif à 39 coauteurs,

No(s) Limit(es)

Étudier et enseigner face aux limites planétaires

aux éditions La Découverte (mai 2026)

Nous trouvons nécessaire, après avoir lu cet énorme ouvrage de 555 pages de niveau universitaire, d’en offrir simplement quelques phrases-clés pour inciter à réfléchir le commun des mortels que nous sommes.

Extraits avec référence de la page

35. Si Donald Trump incarne le rejet de l’écologie, c’est qu’il refuse toute limite, quelle qu’elle soit : Too much and never enough ! (Trop et jamais assez!), telle serait sa maxime selon sa nièce, comme en réponse à l’antique sagesse delphique : « Rien de trop. »

38. S’il reste un équivalent du potlatch (où on détruit le superflu) dans notre monde industrialisé, c’est sous la forme perverse de la débauche absurde d’énergie lors des guerres industrielles qui anéantissent tout sous leur flot de bombes.

41. La dépossession de certains est la condition sine qua non de l’abondance industrielle, qui n’a jamais été et ne sera jamais que le privilège d’une minorité.

50. La devise en 1933 de l’Exposition universelle à Chicago, nommée Century of Progress, était : « La science découvre, l’industrie applique, l’Homme suit. »

63. La consommation annuelle mondiale d’acier en 2011 a été supérieure à la production cumulée de fer de l’humanité depuis les origines préhistoriques de la sidérurgie jusqu’en 1900.

63. La quantité de béton utilisée jusqu’en 2012 correspond à un mur de 27 mètres de hauteur sur 27 mètres de large tout le long de l’équateur.

89. Le rapport des Limites à la croissance publié en 1972 pointait très clairement les risques de la poursuite de la croissance et s’opposait frontalement à l’idéologie dominante de marché.

98. Le rapport des Limites a été mis à jour à deux reprises, en 1992 et 2004. Ces versions actualisées ont continué à mettre en avant l’insoutenabilité de la croissance économique, mais avec très peu d’écho politique et médiatique.

101. Le concept de « frontières planétaires », élaboré par le Stockholm Resilience Centre, propose un panorama des 9 limites biophysiques critiques à ne pas franchir : changement climatique, perte de biodiversité, perturbation des cycles de l’azote et du phosphore, changement d’utilisation des sols, acidification des océans, utilisation mondiale de l’eau, appauvrissement de la couche d’ozone, pollutions chimiques et augmentation des aérosols dans l’atmosphère.

110. Malheureusement, on touche là les limites de la connaissance scientifique et de la modélisation : il est impossible de savoir précisément où se situe le point de bascule. On peut seulement dire par exemple que chaque ppm de CO2 supplémentaire accroît le risque de non-retour.

114. Au total, sur neuf variables identifiées comme déterminantes pour le maintien des équilibres de l’Holocène, au moins six font aujourd’hui l’objet documenté d’un dépassement des frontières planétaires. Deux secteurs d’activité sont particulièrement en cause : l’agriculture et l’industrie fossile.

116. Le référentiel des limites planétaires révèle la dimension plurielle et systémique de la crise écologique. Cette caractéristique nous oblige à trouver des réponses qui, elles aussi, doivent être globales et systémiques. Donc difficiles à penser et à mettre en œuvre.

133. Quoique entièrement dépendant des humains, le poulet industriel dépasse en masse cumulée l’ensemble des oiseaux vivant sur Terre. La consommation annuelle de l’ordre de 50 milliards de poulets laissera des empreintes géologiques ; c’est l’une des manifestations du concept d’Anthropocène.

150. Le capitalisme, du fait entre autres de la concurrence, a une tendance structurelle à accroître la part des machines dans le processus productif aux dépens de la part des humains, d’où une augmentation exponentielle de la consommation d’énergie, notamment fossile.

177. Claude Lévi-Strauss aborde la question sous un angle original, celui de la morale. Loin de voir l’humanité comme la maîtresse absolue de la planète, il rappelle que nos droits en tant qu’espèce vivante se heurte à ceux des autre formes de vie. Notre droit s’arrête là où il menace l’existence d’une autre espèce. Cette position ouvre une réflexion sur les limites démographiques pour un monde partagé entre toutes les autres espèces.

178. La question démographique ne se résume pas à : « Combien d’habitants pouvons-nous nourrir ? », à laquelle on tente de la réduire. Il faut en ajouter une autre : « A quel prix pour l’environnement ? »

183. L’humanité s’est accommodée de la croissance démographique grâce à l’intensification des pratiques agricoles et aux intrants chimiques et organiques. Or cette option est un facteur majeur de dégradation environnementale, tant du point de vue climatique qu’écologique.

185. Le remède à un taux de fécondité trop élevé tient davantage à l’émancipation des femmes, l’accès au planning familial, les grossesses choisies et non subies, toutes solutions déjà proposées lors de la conférence du Caire sur la population en 1994.

187. Invoquer la nécessité de « produire » de jeunes actifs pour maintenir l’équilibre des systèmes de retraite est une logique de « pyramide de Ponzi » – un système de spéculations remboursées par l’afflux de nouveaux entrants jusqu’à l’écroulement du système.

192. L’injonction à la responsabilité individuelle en matière d’écologie participe à renforcer les inégalité sociales. Comment envisager de baisser le chauffage lorsqu’on ne parvient pas à chauffer son logement et qu’on a déjà froid faute de moyens pour payer ses factures ?

201. Les pratiques économes propres aux classe populaires – récupérer, réparer, faire durer – sont en premier lieu associées à des justifications économiques et morales. La revendication d’un caractère écologiste de leur mode de vie est donc d’autant moins probable.

207. Reconnaître la différenciation entre les espèces, c’est accepter qu’il n’y a pas pas d’espèce plus intelligente qu’une autre ; tout est affaire de référentiel.

228. Le modèle dominant de « développement durable » va se diffuser à partir de la publication du rapport Brundtland en 1987 et de la tenue du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Relevant de la durabilité faible et compatible avec la forme du capitalisme néolibéral, ce slogan ne permet pas d’envisager de véritables transformations socio-écologiques fondées sur une remise en cause de la surconsommation.

229. On trouve dans le rapport de 1975 intitulé « What’s Now ? » une réflexion sur la sobriété : Combien est assez? On y trouve des propositions concrètes telles que le plafonnement de la consommation de viande et de pétrole, la fin de l’automobile individuelle, la longévité des biens de consommation ou la sobriété en ce qui concerne les usages du bâti et la construction.

233. Le développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

241. La planification par l’État ne traduit pas l’esprit des politiques de sobriété qui consisteraient à faire des choix collectifs et démocratiques d’autolimitation des besoins en se centrant sur les biens et services nécessaires et non superflus.

243. Les plans de descente énergétique ont quelque chose à voir avec la décroissance puisqu’il convient de se projeter dans un avenir au sein duquel le pétrole, moteur de la croissance, sera rare. La relocalisation de l’alimentation peut être un objectif important car elle limite les déplacements et donc la consommation de pétrole. Mais quel est l’intérêt d’acheter de la nourriture produite localement si ensuite il faut parcourir 400 kilomètres par semaine pour aller travailler ?

261. Le lien entre guerre et environnement pose avant tout la question de l’empreinte écologique des conflits armés, qui sont tous caractérisés à différents degrés par des crises environnementales ou écocides… La géopolitique des ressources, d’inspiration malthusienne, tend à considérer que l’épuisement des ressources est un facteur de conflit en raison de la compétition effrénée que mènent les acteurs pour se les approprier et les extraire. Mais la raréfaction peut aussi conduire à des mécanismes pacifiés de coopération.

301. L’économie écologique s’appuie sur la pensée systémique pour analyser les interactions entre l’économie (appréhendée comme l’un des aspects seulement d’un monde social plus vaste) et le contexte biophysique dont celle-ci dépend. Le processus économique est entropique, il transforme des ressources de basse entropie en produits à haute entropie. Cet acte est donc non seulement consomptif, il est également irréversible. Les externalités négatives ne sont donc pas des défaillances du marché à corriger, elles sont révélatrices de la faillite du marché à répondre aux enjeux environnementaux liés aux effluents et aux déchets.

315. L’analyse coût/bénéfice du changement climatique ne propose rien de moins que de déterminer le futur de la Terre sur la base de calculs monétaires à la fiabilité douteuse. Dans un contexte aussi peu quantifiable que celui du changement climatique, les problèmes de calcul sont même exacerbés. Quelle valeur par exemple donner à la disparition d’écosystèmes remarquables comme la grande barrière de corail ?

321. La production économique n’est pas pensée comme connectée à l’état du monde naturel, climat y compris. Elle est vue comme la résultante de forces d’abord économiques, indépendantes des conditions naturelles. On peut donc projeter pour le futur à la fois un climat complètement bouleversé et une économie florissante. Cela empêche de voir l’abîme dans lequel nous descendons depuis quatre décennies, lentement mais sûrement.

326. La Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée en 1992 lors du premier Sommet de la Terre, est rapidement suivie d’une première initiative d’évaluation globale visant à cerner les enjeux de la diversité biologique à l’échelle mondiale. Ce GBA soumet peu de recommandations aux décideurs, les connaissances sont encore trop limitées.

327. L’économiste néolibéral Milton Friedman a très rapidement identifié le potentiel de subversion que contient le mouvement de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE). Si on va jusqu’au bout de la logique RSE, il faut accepter que l’entreprise responsable ne soit la propriété de personne en particulier, mais qu’elle devienne celle de toutes ses parties prenantes. L’horizon de la RSE devrait être l’entreprise conçue comme un « commun ».

340. Les actionnaires transforment toute l’entreprise en leur propriété alors qu’ils n’ont que des parts du capital financier ; c’est injustifiable. Comment expliquer que les actionnaires, souvent très éloignés de l’entreprise, estiment avoir le droit de la presser comme un citron, éreintant les salariés, détruisant l’environnement, contraignant les consommateurs et les riverains de l’entreprise au prix de leur santé ? La doctrine néolibérale de Friedman dissout l’idée même de société.

371. Il faut douter des bienfaits des innovations technologiques « vertes », qu’il s’agisse des véhicules électriques, de bâtiments à énergie positive, de fermes solaires… Ces solutions comme condition d’une croissance « verte » ne permettent pas de sauver la planète tout en poursuivant l’objectif d’une croissance économique.

372. La consommation de ressources non renouvelables augmente au même rythme que celui de la croissance du PIB. Ce n’est pas avec la multiplication des innovations high-tech « vertes » que la situation va s’améliorer car celles-ci consomment davantage de ressources que les technologies conventionnelles qu’elles remplacent.

375. Depuis les travaux de Thorstein Veblen 1(899), on sait que la consommation est un processus ostentatoire qui n’est pas uniquement mû par la satisfaction des besoin essentiels ; consommer, c’est se distinguer des autres, être à la pointe de la mode. Or pour quelles raisons les besoins devraient-ils croître à l’infini ?

378. Pourquoi ne pas imaginer une société dont l’horizon ne serait plus l’accumulation infinie de richesses économiques mesurée à l’aune du PIB, mais celui d’un objectif de sobriété compatible avec le respect des limites planétaires ? A cette aune, les innovations auraient de toutes autres finalités que celles poursuivies aujourd’hui : produire une utilité socio-écologique et économiser des ressources.

383. L’économie circulaire n’est qu’un nouveau leurre pour perpétuer un système fondamentalement inégalitaire et prédateur.

389. Des entreprises comme Coca-Cola, championne de la pollution plastique, se présente aujourd’hui en fer de lance de l’économie circulaire avec des programmes comme World Without Waste, dont l’idée centrale est de financer des usines de recyclage dans les pays du Sud. Pourtant leur modèle reste fondé sur le jetable, 90 % de leurs emballages sont à usage unique.

411. « Préféreriez-vous vivre dans le passé ou dans le futur ? » demandait une enquête BVA en 2012. La préférence pour le passé était majoritaire (54%), nettement plus marquée pour les jeunes générations (59%) que pour les seniors (37%). Une telle préférence pour le passé est récente. Après une longue période marquée par le progrès, nous sommes entrés depuis les années 1980 dans un futur incertain, voire menaçant.

418. Construire la société autour de la solution technique ! La promesse du véhicule électrique nous impose de penser à l’inverse qu’il faut faire. La première question qu’il faut se poser est celle du futur que l’on désire collectivement faire advenir.

469. Pour assurer notre survie, il est nécessaire d’intimider effectivement ceux qui nous menacent effectivement. La référence au sabotage d’installations industrielles nocives n’est plus taboue et les affrontements entre la police et les défenseurs de l’environnement se sont multipliés. Notons que dans le même temps les associations écologistes multiplient les recours en justice.

474. « Pas de compromis dans la défense de la Terre ! » (Dave Foreman) ; « Je ne peux pas vous promettre que vous ne serez pas blessé ou que vous n’allez pas mourir… mais ce que je peux vous promettre, c’est que je vais couler ce baleinier ! «  (Paul Watson)

476. En 2021, Les Soulèvements de la Terre insistent : « Entre la fin du monde et la fin de leur monde, il n’y a pas d’alternative. »

488. La revue Casseurs de pub est éditée à partir de 1999 par d’anciens publicistes. Ils lancent le Journal de la décroissance à partir de 2004… Un premier colloque international se tient à Paris en 2008, le terme degrowth y a cours pour la première fois.

491. Aujourd’hui ce sont d’autres notions – la collapsologie, l’Anthropocène ou l’objectif de sobriété – qui bien qu’elles ne soient pas contradictoires avec la décroissance, retiennent davantage l’attention.

495. A la fois mot-valise et mot-obus, la décroissance n’en est pas moins un espace primordial de réflexions, débats et expérimentations pour penser le présent et affronter l’avenir.

503. L’Écosocialisme est un courant de pensée et d’action écologique qui fait sien les acquis fondamentaux du marxisme tout en le débarrassant de ses scories productivistes.

504. Dans son livre-programme L’Utopie ou la mort !, René Dumont propose en 1973 d’exclure la perspective du communisme d’extrême abondance qui paraît désormais impossible. A chacun selon ses besoins ne peut plus s’appliquer qu’aux besoins raisonnables.

510. Au cours des années 1970, plusieurs auteurs comme l’économiste Robert Heilbroner, le politiste William Ophuls et le philosophe Hans Jonas ont pu défendre la nécessité de recourir à un gouvernement hiérarchique, centralisé et fondé sur l’expertise scientifique pour répondre à la crise écologique.

511. D’autres théoriciens écologistes (Ellul, Illich, Castoriadis) entendent montrer que l’écologie se différencie nettement des approches fascisantes. Des propositions autoritaires et technocratiques ne sont pas antidémocratiques par nature.

515. Le terme « écofascisme » sert principalement à discréditer l’écologie politique par un réductionnisme et des amalgames infondés avec le nazisme.

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Tous nos articles biosphèriques d’août 2026

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Voici notre récapitulatif du mois d’août

cliquez à votre convenance

analyse structurelle

équité intergénérationnelle, la grande oubliée

Notre incapacité à envisager le long terme

action écologique

« On ne naît pas écolo, on le devient »

Amnésie écologique, perte de la nature

lutte de classes et guerre à la Terre

Marine Tondelier prépare la guerre pour 2027 !

Aldo Léopold, pour une éthique de la terre

Choisir la Terre plutôt que Mars, logique !

changeons d’imaginaire social

L’imaginaire social change… trop lentement

En Chine, les poils sous les bras s’exhibent

ASHOKA, un véritable chef d’État

Si Trump était un véritable chef d’État

Lire la Bible pour se faire peur !

carbonation

2026, les délires climatiques de l’extrême droite

Le RN et l’écologie sont incompatibles

démilitarisation

JDC. Se déclarer objecteur de conscience à tout moment

La défense nationale vue par les gauches

La France au tableau d’horreur, l’exportation d’armes

démilitarisation de la journée défense citoyenneté

la jeunesse face à la militarisation de la société

nucléaire : l’impuissance de la démocratie

LES ÉCOLOGISTES ET LA MENACE NUCLÉAIRE

dépolitisation

Présidentielle, tirage au sort plutôt qu’élection !

Méchanceté et aveuglement de la droite

Raphaël Glucksmann, l’incohérence écologique

20 août, le programme du Parti « écolo » à Grenoble

Journées d’été de l’écologie politique, beurk

Populisme fossile au Canada

dépopulation

quelques politiques nationales malthusiennes

détechnologisation

Les automobiles se transforment en drones

Dévoiturage, expression qui va devenir célèbre

L’agonie pourtant prévisible du transport aérien

Vie et mort de l’Intelligence artificielle

détérioration planétaire

L’incendie, c’est toujours chez les autres

Incendies. Joëlle Zask, enfin une parole sensée

Le bois qui brûle, plus polluant que le charbon

Même l’eau devient une denrée rare

Des-informations

NON aux benzodiazépines, un poison

transition de genre, réassignation sexuelle ???

BONUS : Toute l’année 2005 sur ce blog biosphere

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

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Présidentielle, tirage au sort plutôt qu’élection !

Avec l’initiative « Un commun accord », Jean-Marc Jancovici veut replacer les citoyens au cœur du débat climatique à travers une assemblée tirée au sort et une plateforme participative.

AFP : A l’occasion de la campagne présidentielle, Jean-Marc Jancovici a annoncé le 26 août 2026 la mise en place d’une assemblée de 150 personnes destinée à « donner de la voix aux citoyens » sur le sujet du réchauffement climatique. Le panel, tiré au sort pour représenter la diversité de la société, se réunira pendant six week-ends, débattant et échangeant avec des experts. En parallèle, une plateforme (Uncommunaccord.fr) « permettra à chacun de contribuer au débat ».

Le point de vue des écologistes jancovicistes

On peut dire que Jean-Marc a fait tout son possible pour essayer d’éviter le monde insoutenable que nous continuons à fabriquer. Voici entre autres ses livres à destination de nos dirigeants (et de nous-mêmes) :

2006 Le plein s’il vous plaît

2009 C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde

2011 Changer le monde, tout un programme de Jean-Marc

2015 Dormez tranquilles jusqu’en 2100 et autres malentendus sur le climat et l’énergie

lire aussi, Pour mieux connaître Jean-Marc JANCOVICI

BONUS : « Lors de la conférence-débat que Michel Sourrouille avait organisé à l’Assemblée nationale le 25 janvier 2011 sur le pic pétrolier, Janco avait dit : « Je commence par une question, combien de parlementaires dans cette salle ? 1,2 3, on va dire sept ou huit ! Au niveau de l’énergie, c’est le serpent qui se mord la queue : les parlementaires n’ont pas conscience de l’urgence du problème, donc ils ne viennent pas s’informer, donc ils n’ont pas conscience du problème ! Quelle est la martingale qui permettrait à 200 parlementaires de se tenir tranquille dans une salle pendant trois heures pour écouter un cours ? Si quelqu’un a une réponse, je prends ! Comme les politiques sont interrogés par des journalistes qui n’y connaissant rien non plus, cela tourne en vase clos, à aucun moment il n’y a d’issue. »

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La défense nationale vue par les gauches

Les insoumis et les sociaux-démocrates ont un discours militariste semblable à celui des droites,

et paradoxalement les écologistes institutionnels aussi !

La politique de défense nationale de Jean-Luc Mélenchon

Elle repose sur le principe de l’indépendance de la France et le non-alignement

Les grands axes de son programme :

– Sortie de l’OTAN : Rompre avec les alliances militaires permanentes jugées soumises aux intérêts des États-Unis.

– Refus de la défense européenne : S’opposer à une intégration militaire européenne subordonnée à l’OTAN.

– Souveraineté numérique et technologique : Réduire la dépendance informatique vis-à-vis des États-Unis et investir dans les technologies de rupture (intelligence artificielle, drones).

– Stratégie de dissuasion : Maintenir la dissuasion nucléaire centrée sur la protection absolue du territoire national.

– Construire une défense souveraine au service de la paix.

Vous pouvez consulter la présentation officielle de la vision géopolitique sur le site de Jean-Luc Mélenchon :

https://melenchon2027.fr/programme2025/livre/chapitre16/s2/

La politique de défense nationale de Raphaël Glucksmann

Il intègre la défense nationale et la sécurité au cœur de son « contrat patriotique ». Présenté en mai 2026, il affirme que ces sujets ne sont « en aucun cas des thèmes de droite ». Positions principales :

– Vision globale : Il souhaite réinvestir les questions de sécurité et de défense pour la gauche républicaine en combinant fermeté républicaine, prévention et engagement citoyen.

– Réserve opérationnelle : Il propose d’augmenter drastiquement la réserve opérationnelle pour en faire un pilier de la défense nationale.

Engagement civique et militaire : Son contrat prévoit une participation volontaire des citoyens (notamment dans les EHPAD ou les services publics) pouvant inclure une dimension de défense nationale et militaire.

– Cyberdéfense : Face aux menaces globales et aux cyberattaques, il préconise le renforcement de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et le déploiement de brigades spécialisées.

– Raphaël Glucksmann estime que la dissuasion nucléaire française ne fera « jamais l’objet d’un partage » de souveraineté, tout en ouvrant la voie à une réflexion sur une dimension européenne de protection et de stratégie de défense.

La politique de défense nationale de Marine Tondelier

Le programme de Marine Tondelier pour la présidentielle 2027 en matière de défense, c’est un copié-collé sur les desiderata de l’appareil militaro-industriel. Quelques  extraits de son programme :

– Développer une stratégie de défense et de sécurité globale pour mieux protéger les intérêts vitaux de la France et de l’Europe

– Préparer l’armée française à une guerre de haute intensité

– Créer et armer un commandement militaire intégré européen placé sous la tutelle du Conseil européen.

– Conserver la décision d’emploi de l’arme nucléaire, sans délégation possible aux Etats partenaires et se limiter à un nombre d’ogives strictement nécessaires en toute transparence.

Un seul point positif, mais qui ne condamne pas la dissuasion nucléaire : « Contribuer aux négociations sur le désarmement des arsenaux nucléaires et des armes de destruction massive en relançant avec le Royaume-Uni une initiative de désarmement nucléaire multilatéral. »

https://votons-2027.fr/candidats/tondelier/programme/europe

La politique de défense de Delphine Batho

Delphine Batho est membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale. Elle a suivi en 2025-2026 la formation de la 77e promotion de politique de défense de l’Institut des hautes études de défense nationale

Sa pensée : « L’écologie prône une société non-violente, donc j’estime que construire une écologie de gouvernement implique d’être sérieux et crédible sur la défense des intérêts fondamentaux de la nation. Cela nécessite par exemple d’augmenter le budget de nos forces armées, dans un contexte où Vladimir Poutine nous désigne comme ennemis et où des menaces pèsent sur l’Europe et sur la France. Soutenir l’effort de défense, c’est un effort pour défendre la paix. » 

https://www.tf1info.fr/politique/apporter-un-air-frais-et-des-idees-nouvelles-candidate-pour-2027-delphine-batho-defend-dans-un-livre-une-politique-de-la-beaute-2448174.html

En d’autres termes, si tu veux la paix, prépare la guerre !

C’est pourquoi la député Batho a voté le 10 décembre 2025 pour une forte augmentation du budget militaire alors que la presque totalité des parlementaires social-écologistes s’était abstenue. J’avais interpellé par écrit Delphine qui m’a répondu :

« Pour approfondir et comprendre qu’il ne s’agit pas d’un paradoxe mais d’une nécessité face à la guerre mondiale écologique déclenchée par le Pacte des Autocrates, de Poutine à Trump en passant par Xi Jinping, je vous invite à prendre connaissances de ces réflexions au sujet de la position écologiste et décroissante dans le contexte géopolitique actuel :

https://www.generationecologie.fr/app/uploads/2025/09/generation-ecologie-retranscription-delphine-batho-ni-trump-ni-poutine-defense.pdf

https://www.generationecologie.fr/nos-podcasts/archive/la-decroissance-ou-la-guerre/

https://www.generationecologie.fr/2025/12/10/oui-la-defense-contre-les-menaces-du-nouveau-yalta-des-predateurs/ »

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