énergie

Brice Lalonde, un vendu au lobby nucléaire

Une tribune de Brice Lalonde dans LE MONDE est en fait un panégyrique de l’énergie nucléaire sous prétexte des émissions de gaz à effet de serre économisées par les centrales françaises. Rappelons qu’en France nous n’arrivons pas à construire une seule centrale EPR, rappelons que l’uranium n’est pas une source d’énergie renouvelable, rappelons que dans le monde l’énergie nucléaire est marginale et le restera. Du point de vue des écologistes, l’énergie la plus durable est celle qu’on ne consomme pas. Les Inuits passent l’hiver boréal dans un igloo, à zéro degré Celsius au ras du sol. Dans la France des années 1960 et dans la plupart des foyers, on ne chauffait pas le logement, on vivait couvert en hiver, dehors et au dedans, la nuit on se blottissait sous les duvets en plume d’oie. Demain avec la descente énergétique il faudra principalement compter sur l’énergie endosomatique, celle de notre propre corps ; c’est tellement plus écolo d’isoler des corps qui fonctionnent naturellement à 37 degrés plutôt que de se chauffer au bois, au gaz ou au nucléaire. La maison passive, c’est la maison qu’on ne chauffe pas.

Voici un résumé de l’argumentation de cet ancien ministre de l’environnement (1988-1992), adepte d’une écologie superficielle : « La performance énergétique (DPE) d’un bâtiment est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. La contrainte CO2 n’existe pas, le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’État considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou. C’est bien l’électricité décarbonée et qu’il faut favoriser. Dès lors, paradoxe ultime, nos propriétaires de logements mal classés dans le DPE parce que chauffés à l’électricité ont un moyen simple d’améliorer leur classement : c’est de passer au gaz ! Voilà comment les émissions de CO2 augmenteront, en dépit des engagements solennels, en dépit de la volonté du Parlement. L’aversion pour le nucléaire est demeurée le dogme fondateur du parti Vert, entraînant sa volonté absurde d’interdire le chauffage électrique…. »

Pour en savoir plus sur Brice Lalonde grâce à notre blog biosphere :

13 août 2018, L’écologie superficielle et irréaliste de Brice Lalonde

6 novembre 2015, Le ciel nous tombe sur la tête, Brice Lalonde aussi !

La voie hydrogène, une nouvelle impasse

Décarbonation de l’économie, on cherche en vain la solution miracle. Le pétrole voit sa fin prochaine, le charbon produit trop de gaz à effet de serre, passons à l’hydrogène. La région Bourgogne-Franche-Comté est décrétée « territoire hydrogène » par sa présidente socialiste. Dans la communication gouvernementale, H2 est aussi présenté comme la solution pour la mobilité de demain. Toujours et encore les mêmes réflexes de nos sociétés techno-capitalistes : trouver de nouveaux vecteurs de croissance. Et l’écologie est un merveilleux prétexte. L’hydrogène, c’est en effet vendu comme vert de vert. Combiné à une pile à combustible, l’hydrogène permet de produire de l’électricité et rejette de l’eau. Le conducteur fait le plein en quelques minutes d’H2 comme à une pompe à essence. Et puis la ressource est inépuisable. On peut extraire de l’hydrogène partout, par électrolyse, en faisant passer dans de l’eau du courant produit par une éolienne, des panneaux solaires. Tout cela, c’est de la propagande.

Retour au réel. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’hydrogène est considérée comme « gris » : il est produit à partir d’énergies fossiles dans des raffineries. Il s’agit donc d’abord de le remplacer par de l’hydrogène décarboné car produit grâce à de l’électricité d’origine renouvelable. Mais la production d’hydrogène demande énormément d’énergie, et son utilisation n’est pas toujours la plus efficace. Ainsi, un litre d’essence contient autant d’énergie que quatre litres d’hydrogène liquéfié – et rendre le H2 liquide est un processus coûteux. Les piles à combustible ont également un rendement deux à trois fois plus faible que les batteries. Gaz ultra-léger sous la pression atmosphérique, il faut le stocker à plus de 350 bar pour limiter le volume. Les réservoirs actuels d’hydrogène des camions ou des bus sont difficile à étanchéifier tant la molécule est petite. Ils contiennent un gaz hyper-explosif, comprimé à 700 bars .Or une simple bouteille de butane fait peur, et la pression est limitée à 7 bar en usage domestique. Que peuvent penser les pompiers des véhicules H2 ? L’hydrogène est un gaz qui se transporte difficilement, il faut le comprimer, le liquéfier ou le transformer en ammoniac, ce qui est coûteux en énergie et demande des infrastructures spécifiques. En résumé l’hydrogène n‘est qu’une énergie de troisième niveau, produit avec la source d’énergie secondaire qu’est l’électricité. Un rendement final dérisoire, à peine utile pour stocker de l’énergie. Hydrogène et mobilité généralisée sont donc incompatibles. La voiture à hydrogène pour tous est une leurre, mais le député (LRM) Michel Delpon y croit : «  Emmanuel Macron a une carte à jouer, comme quand le général de Gaulle a lancé le nucléaire. »

Rappelons que notre croissance économique, notre confort, notre alimentation, notre médecine, nos transports doivent TOUT à l’énergie surabondante procurée par les ressources fossiles. La puissance développée par un homme oscille entre 100 et 400W. Celle d’une simple bouilloire est de 1000W. Le moteur d’une citadine de 40 0000 à 70 000 W. Un Boeing 747 nécessite environ 65 000 000 W. L’énergie nécessaire à nos besoins actuels est colossale. Ce n’est pas un amoureux de la calèche qui dit ça, c’est la science. Et la science nous dit aussi que l’hydrogène à foison, c’est du pipeau. Notre réveil va être difficile…

L’adieu au charbon sera long, trop long

Le charbon en France ne représente que 2 % de la production électrique, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le 31 mars 2021, la centrale à charbon du Havre ferme, les deux dernières centrales thermiques en Moselle et en Loire-Atlantique devraient l’être en 2022. Mais dans le monde la demande d’électricité devrait croître de 10 % en Inde et exploser en Chine où la moitié des centrales ont moins de dix ans. Le charbon sert aussi à la fabrication de l’acier et du ciment. La lutte contre le réchauffement climatique est vouée à l’échec face à omnipotente du charbon, du pétrole et du gaz dans nos manières de produire et de vivre actuelles. La vérité est qu’aujourd’hui rien n’est sous contrôle. L’homme qui reste un peu honnête avec lui-même a l’impression de se retrouver dans un piège abominable dont il ne voit pas comment sortir. Voici quel

On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Mais à force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement, ni en France, ni ailleurs, à affronter la descente énergétique. Nous étions en train de brûler nos forêts, (mal)heureusement nous avons exploité le charbon. Pour ne pas qu’il s’épuise trop vite, nous avons utilisé le pétrole, le gaz, la fission atomique et même le photovoltaïque… aujourd’hui on veut en revenir au bois ! C’est le signe de l’impuissance collective actuelle à nous mener sur les voies d’un futur acceptable. #EndCoal, enfin un hashtag sur Twitter qui nous parle, des panneaux qui s’enflamment lors d’une manifestation de Greenpeace. Dérisoire symbolqiue. Le 8 janvier 2018, l’église Saint-Lambert du village d’Immerath en Allemagne a été rasée, pour laisser place à une mine de charbon. Le système thermo-industriel résiste, mais ce sont ses derniers souffles avant qu’un choc pétrolier/charbonnier nous amène inéluctablement à la déroute finale.

Bientôt le pic charbonnier. Après son livre de 2003 sur le pic pétrolier, Richard Heinberg s’était consacré au pic charbonnier : la production de charbon suit la même courbe que la production de pétrole. Elle aussi commence par augmenter, atteint un maximum, puis décline inexorablement au fur et à mesure que les gisements s’épuisent. Les chiffres officiels ignorent généralement les différentes qualités de charbon ou les présentent d’une manière exagérément simplifiée, ce qui donne une fausse impression d’abondance. Il n’empêche que le pic charbonnier chinois aura lieu entre 2015 et 2032, aux USA entre 2025 et 2040 … Heinberg conclut que le charbon est suffisamment abondant pour avoir un impact conséquent sur le climat mais ne l’est pas assez pour remplacer durablement les autres énergies fossiles une fois qu’elles auront commencées à décliner.

Que faire ? Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison .Dans le futur proche il nous faudra apprendre à vivre dans un nouveau contexte de catastrophes à répétition qui, inévitablement, porteront atteinte à nos libertés, sans d’ailleurs pour autant que cela résolve les problèmes de pénurie de ressources naturelles. La récession actuellement en cours avec la pandémie nous donne un avant-goût des révisions douloureuses à accomplir. L’avenir passera par des mécanismes administratifs de rationnement ainsi qu’une baisse drastique de nos revenus

En guise de conclusion, nous vous conseillons de lire d’urgence Lewis Mumford : « L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. Le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie,  ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appas du gain, le lendemain épuisée et sans forces. En revanche, l’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué ; le champ labouré, le verger, les planches à  légumes, les terres à blé, les massifs de fleurs – tous témoignent d’un ordre formel, d’un cycle de croissance.»

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

14 mars 2014, La fin du charbon au Royaume-Uni, un air d’apocalypse

27 avril 2012, les dangers du charbon (1/3)

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

28 septembre 2010, des mineurs bientôt sans charbon

26 juillet 2010, l’impasse charbonnière

9 février 2008, charbon de terre

5 avril 2007, bientôt une Chine sans charbon !

Nucléaire, François de Rugy se renie

François de Rugy, en 2016, défendait un scénario 100 % énergies renouvelables, avec un arrêt total du nucléaire en 2040. Il proposait de « supprimer le risque nucléaire qui pèse sur la France et surtout la production de déchets dont on ne sait pas quoi faire ».

Biosphere : C’était l’époque où le Vert François de Rugy avait un petit peu la fibre écolo… avant de tomber dans l’escarcelle de Macron.

François de Rugy en juin 2019 : « Il faudra tirer toutes les leçons pour voir si ce type de réacteur nucléaire EPR est compétitif. Aujourd’hui, on peut en effet avoir des doutes sur la compétitivité future par rapport aux énergies renouvelables dont les coûts de production baissent. »

Biosphere : Le coût du kWh des EPR de Flamanville et Hinkley Point ne sera connu que quand ils auront démarré et produit quelques années, de Rugy sera à la retraite depuis longtemps. De plus les factures du grand carénage (100 milliards estimés au départ, certainement bien plus en fin de parcours) vont être douloureuses. Mais de Rugy change d’avis.

François de Rugy en mars 2021 : « Dans le domaine de l’énergie, la France est en train d’inventer un nouveau modèle, dans lequel les énergies renouvelables associées au nucléaire pourraient nous permettre de nous passer totalement des énergies fossiles »

Biosphere : L‘argument d’autorité n’est pas un argument. Le nucléaire couvre actuellement à peine 3 % de la consommation d’énergie finale d’énergie mondiale et ne pourra jamais faire beaucoup mieux faute d’uranium ; le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable. Avec ou sans nucléaire, se satisfaire des énergies renouvelables demande à réduire drastiquement notre demande d’énergie. Ne pas le dire c’est forfaiture.

François de Rugy : « J’ai pu vérifier que l’enjeu de sécurité nucléaire – le risque d’un accident est le premier sujet – était extrêmement maîtrisé en France, avec des outils de contrôle de sûreté extrêmement resserrés ».

Biosphere : Confondre sécurité et sûreté est confondant de naïveté ! S’exprimer ainsi aux lendemains des dix ans de Fukusihima (11 mars 2011) est même inconvenant pour ne pas dire plus.

François de Rugy : « Dans le combat pour le climat, le fait d’avoir une production d’électricité de base en grande quantité décarbonée est un formidable atout pour la France. »

Biosphere : Aujourd’hui, il faut 20 ans pour construire une centrale nucléaire, elle est supposée fonctionner 60 ans et sa déconstruction prend également quelques dizaines d’années. Est-on vraiment certain que dans 100 ans, il y aura encore un état français suffisamment riche et fort pour prendre à sa charge et mener à bien la sortie du nucléaire ? De plus la construction des centrales nucléaires, leur entretien, leur démantèlement et la gestion des déchets radioactifs, sans parler d’un accident toujours possible, rend nécessaire l’utilisation d’énergies fossiles, ce que les nucléocrates oublient de dire et même de penser. Que le nucléaire ait encore des adeptes montre l’état de désinformation des anti-écolos.

Pour tout savoir sur François de Rugy :

– Recension de ses livres sur le site biosphere :

2012. A quoi peut bien servir un député écolo ?

2015. Ecologie ou gauchisme, il faut choisir !

– Sur notre blog biosphere, son parcour s:

16 novembre 2019, Dialogue avec l’ex-ministre François de Rugy

29 janvier 2019, de Rugy détricote toutes les avancées écologiques

12 septembre 2018, François de Rugy, adepte d’une écologie superficielle

5 septembre 2018, de Rugy ministre de l’écologie, l’ambition au pouvoir

2 juin 2012, François de Rugy, un député vraiment écolo ?

John KERRY et le CLIMAT, sobriété attendra

La conférence sur le climat s’était achevé le 12 décembre 2014 à Lima , elle était entrée dans l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique. Le secrétaire d’Etat John Kerry, n’avait fait qu’un passage éclair à Lima. Aujourd’hui John est l’envoyé spécial de Joe Biden pour le climat, son discours en reste à l’optimisme béat : « Les États-Unis doivent montrer l’exemple… Les multinationales se fixent des objectifs de zéro émission nette [de CO2] en 2050… il y aura tellement d’emplois créés dans le monde,.. Vous allez voir des mesures économiques pour encourager la construction d’un réseau électrique [propre] aux Etats-Unis et il y aura une course considérable vers le véhicule électrique…Bill Gates travaille avec le gouvernement américain pour créer un prototype qui pourra peut-être résoudre les problèmes de fusion et de prolifération des déchets… Nous entrons dans une période extraordinaire de découvertes, qu’il s’agisse de la captation du CO2, d’hydrogène… Je ne sais pas si résoudre la crise climatique se fera par la capture directe du carbone, l’hydrogène, les batteries qui dureront vingt à vingt-cinq jours, mais il y a d’innombrables personnes qui poursuivent ces objectifs à travers toute la planète. »

Les commentaires sur le monde.fr sont à juste titre acerbes :

Zhkarojr : L’un des pays les plus pollueurs au monde prétend qu’il va montrer l’exemple ? Pourquoi pas ? Quand 80% des américains auront abandonné définitivement la voiture et rouleront seulement en bicyclette, on pourra les applaudir des deux mains.

ARNAUD LEPARMENTIER (un des journalistes ayant interviewé Kerry) @ Zhkaroj : C’est le meilleur moyen de se faire dépasser. Ils peuvent très bien faire une bascule technologique. C’est en tous cas leur pari.

PYR : Et le grand représentant du climat d’expliquer que les réponses au dérèglement climatique passent par des solutions technologiques qui n’existent pas ! C’est d’une tristesse.

Louvier : J’ai comme l’impression que ce brave monsieur Kerry ne mesure pas à quel point c’est un changement drastique de modes de vie que de réduire autant ses émissions… Pour lutter contre le changement, c’est pas des mesurettes ni des nouvelles technologies qui le feront à notre place, mais bien des peuples entiers qui doivent prendre conscience de l’enjeu et des changements à opérer. Le but n’est pas de mieux consommer, mais de moins consommer, et ça change tout

noelle.plat2020 : Je pense qu’il faut effectivement MOINS consommer, mais aussi mieux consommer. Je vis aux US et même parmi les « défenseurs » de l’environnement, je n’entends jamais parler de « moins consommer ». Les américains (beaucoup plus que les Européens) sont accros à la consommation et n’accepteraient que très difficilement de se « mettre au régime ». J’aimerais bien entendre Biden (et d’autres) parler de moins consommer, moins bouger, vivre autrement !

Pessicart : Le plan de relance de Biden (1% du PIB mondial injecté) est un sale coup vis à vis du climat car il encourage la consommation.

ChP : C’est effrayant. Quel discours vide qui pose comme principe que les moteurs d’une société 100 % ENR sont les mêmes que ceux de la société actuelle qui sont les énergies fossiles, charbon, pétrole et gaz. Les entreprises vont rendre la transition écologique irréversible ! (sic), mais le CO2 augmente ! La solution viendra de technologies qui n’existent pas encore, dont la fusion qui, si elle marche, ne sera pas opérationnelle avant 2075/2100. C’est un peu tard !

le sceptique : Kerry indique que la géopolitique du climat ne sera pas le partage de la décroissance, comme certains pouvaient peut-être en rêver, mais la compétition planétaire pour les industries bas-carbone et le captage CO2. Là encore, cela crédibilise le sujet, si vous voyez un financier, un ingénieur et un industriel monter un projet, vous vous attendez à davantage de résultats que si vous voyez une actrice de cinéma, un sociologue et un jardinier en biodynamie faire une pétition.

MEDEFritesMerguez au sceptique : Et pourtant ce sont les jardiniers bio qui vous nourrissent tout en préservant la planète – pas le financier, l’ingénieur et l’industriel… Un jour vous risquez de vous étouffer en mangeant vos euros quand les supermarchés seront vides. Ou de vous faire une tendinite à force d’écrire des âneries. Faites gaffe !

Candel et Fontecave, les lobbyistes d’EDF

Pour Sébastien Candel et Marc Fontecave, « Il est temps de reconsidérer favorablement la place de l’énergie nucléaire en France ». LE MONDE ouvre encore une fois ses colonnes à des nucléocrates : le professeur Candel est président du conseil scientifique d’EDF et le chimiste Fontecave est lui aussi membre du conseil scientifique d’EDF. Leur discours est récurrent, rien de nouveau dans leur parti-pris : « Une augmentation de l’électrification de notre système énergétique est inéluctable… Notre électricité est presque en totalité décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydraulique… Le principal défi est celui de l’intermittence des énergies éolienne et solaire… L’acceptabilité sociale d’une réduction de la demande d’énergie n’est pas garantie… Il ressort de cette analyse que, dès 2030, la France ne disposera pas, sans construction de nouveaux moyens pilotables, de suffisamment d’électricité pour satisfaire les demandes de pointe moyennes… Tout indique qu’il est urgent de reconsidérer en France la place de l’énergie nucléaire, seule à même d’assurer sécurité d’approvisionnement, stabilité du réseau, souveraineté énergétique et faibles émissions de CO2. » CQFD !!!

Quand les nucléaristes seront capables de présenter leurs arguments de manière un tant soit peu objective, nous aurons fait un pas en avant. Mais on a ici affaire à la présentation classique : « construire de nouveaux EPR » (ça fait 15 ans qu’on rame pour en mettre un en service), « passer à la 4ème génération » (on y bosse depuis au moins Phénix en 1973…), « le vilain renouvelable utilise trop de terres rares » (là, nos Go Trouvetou ont raté le rapport de l’ADEME), les panneaux solaires et batteries sont condamnés à venir de Chine, etc. Le problème central, c’est que LE MONDE donne la parole à des lobbyistes patentés de façon structurelle, ce qui ressort de nos articles antérieurs sur Fontecave, extraits  :

31 décembre 2018, Marc Fontecave, un pronucléaire en plein délire

Dans une récente tribune au « MONDE », le professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences Marc Fontecave juge ainsi la pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant ». Il a un seul argument : « l’Hexagone, grâce à l’énergie nucléaire, est un leader mondial en matière de limitation des gaz à effet de serre. » Il aurait été préférable que LE MONDE signale aux lecteurs l’appartenance de M. Fontecave au conseil scientifique d’EDF.

26 mars 2014, Prêcheurs d’apocalypse, Ph. Aghion et Marc Fontecave

LE MONDE offre une page entière à deux « experts » qui n’ont qu’une seule chose à dire : la transition  énergétique reposera uniquement sur le nucléaire et le gaz de schiste !

Module sur le pic pétrolier… à diffuser

Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier qui pourrait faire le buzz grâce à vos relais, chers lecteurs.

A) Commencer par un sondage dans votre groupe d’appartenance avec 3 choix personnels possible :

1. baisser ou stabiliser le prix du carburant (c’était la méthode F.Hollande en 2012)

2. accepter une hausse (minime) de prix

3. programmer dans le temps une forte hausse avec intervention de l’Etat

Le résultat montre que la presque totalité du groupe sondé va choisir l’option 1. Il faut donc une démonstration argumentée sur le baril d’or noir.

B) le prix du pétrole

B1) Présenter les différentes manières de fixer le prix de l’essence :

– prix du marché pétrolier, mécanisme de l’offre et de la demande (vision à court terme) : prix actuellement bas.

– prix correspondant au coût de l’extraction (moyen terme) : entraîne une hausse progressive.

– prix correspondant à la rareté croissante (long terme) : une forte hausse est inéluctable.

B2) Faire un graphique montrant que le prix grimpe de manière exponentielle quand on arrive à la barre verticale symbolisant la fin du pétrole conventionnel (en 2050 environ). Indiquer ce qu’est un choc pétrolier (1973, 1979, 2008), c’est à dire une variation conjoncturelle du prix à fort impact sur le PIB (choc pétrolier).

C) les quantités de pétrole

C1) Faire un graphique montrant le pic du pétrole conventionnel en 2006 (la quantité). Cette date indique le moment où la difficulté de pomper davantage de pétrole entraîne une baisse des quantités extraites.

C2) Présenter les différentes actions sur les quantités. Actuellement le pic pétrolier ne se fait pas encore sentir car :

– on utilise le pétrole non conventionnel (sables bitumineux, pétrole de schiste, off-shore profond)

– on fait appel aux agrocarburants, à la liquéfaction du charbon, au méthane ou à l’hydrogène

– on utilise des sources d’énergie alternatives comme les voitures électriques (nucléaire, éolien, photovoltaïque, etc.)

– on espère un saut technologique (4ème génération du nucléaire, ASTRID, ITER, agrocarburants de 3ème génération, etc.)

D) relations entre prix et quantités

D1) Une hausse de prix entraîne une hausse des quantités, ce qui fait que le pic pétrolier n’est pas un sommet, mais un plateau ondulant. La fin du pétrole est donc repoussée d’année en année (depuis cinquante ans, on annonce chaque année qu’il n’y aura plus de pétrole dans 50 ans).

D2) Mais ce système a une fin inéluctable, la merde du diable est une ressource non renouvelable. Persévérer dans l’extraction entraîne des inconvénient technologiques croissants : compétition entre agrocarburants et ressources alimentaires, fortes pollutions des ressources fossiles non conventionnelles, échec de certaines technologies (surgénérateur)… Sans compter le réchauffement climatique entraîné par la combustion du pétrole.

Conclusion

Théoriquement, plus rapidement on préparerait la sortie des énergies fossiles, plus la transition énergétique serait facile. Un mouvement politique responsable aurait indiqué qu’une augmentation du carburant de 10 % chaque année (doublement de prix en 7 ans) était nécessaire. Il fallait préparer les citoyens à la civilisation de l’après-pétrole. Mais nous n’avons pas compris les leçons des chocs pétroliers des années 1970, nous n’avons rien fait pour économiser le pétrole, le choc pétrolier ultime qui se profile sera d’autant plus brutal. Nous serons confrontés à des guerres et violences pour l’accès aux ressources. Certaines analyses du complexe militaro-industriel l’envisagent déjà.

Comme Il est maintenant trop tard politiquement pour mettre en place une taxe carbone conséquente, nous allons inéluctablement vers un rationnement par l’instauration d’une carte carbone pour chaque personne. Pour une acceptation sociale de la pénurie à venir, une incitation psychosociologique devraitt être mis en place, appel à l’effort des citoyens, à la sobriété énergétique dans tous les domaines. Cet exercice que nous venons de faire (avec vous) peut contribuer à la prise de conscience.

Ouverture du sujet : à qui appartient le pétrole qui est sous terre ? A l’émir de tel ou tel pays arabe ? A la multinationale qui exploite les gisements ? Au consommateur final qui paye son essence ? Ou bien aux générations futures ? La question était piégé, le pétrole appartient à la Terre. La lutte contre le réchauffement climatique impose de laisser sous terre les énergies fossiles qui sont source de gaz à effet de serre. Forer pour atteindre une ressource non renouvelable bien cachée dans ses entrailles contsitue un viol de notre Terre-mère.

Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Philippe Escande, éditorialiste économique au MONDE, se voulait un véritable adepte de la civilisation motorisée doublé d’un croyant technologisé : « Les constructeurs doivent investir massivement pour préparer la plus importante transition technologique de leur histoire, celle vers la voiture électrique et le véhicule autonome… »

Aujourd’hui Escande commence à prendre conscience des réalités, une trajectoire mortifère : «  Nous ne sommes pas sortis de l’auberge si la plus grave crise économique de l’après-guerre et le gel par la Covid-19 d’une bonne partie de l’activité industrielle n’aboutissent qu’à nous remettre dans les clous d’un accord largement bafoué…2020 n’aura-t-elle donc été qu’une parenthèse vertueuse sur une trajectoire mortifère, cette « guerre suicidaire contre la nature »… Déjà, les pays de l’OPEP échafaudent leurs plans d’accroissement de la consommation de pétrole à la faveur de la reprise économique à venir… La trajectoire actuelle d’émission de CO2 des entreprises du CAC 40 les porte vers un réchauffement de 3,5 °C… » Mais il se garde bien de nous conseiller la sobriété énergétique et d’envisager l’inéluctable dévoiturage.

Philippe Escande nous rappelle encore plus récemment que « l’énergie a un coût qui sera de plus en plus élevé avec les contraintes climatiques.. Cela ne peut qu’exacerber les tension sociales. Le prix de l’énergie est un sujet politiquement explosif. La France n’y a pas échappé en 2018, avec le soulèvement des « gilets jaunes » contre la hausse des taxes sur les carburants. En 2018, les camionneurs s’étaient mis en grève au Brésil pendant dix jours pour protester contre la hausse des prix des carburants, paralysant un pays entièrement dépendant du transport routier… Jair Bolsonaro a été élu. En 2021 une annonce d’augmentation des prix de 15 % du diesel et de 10 % de l’essence a été fatale au patron de la compagnie pétrolière nationale Petrobras. Il faudra convaincre, camionneurs, politiques et citoyens qu’il n’y a plus d’énergie bon marché. »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

Electron : On oublie souvent que 80% de notre énergie primaire est d’origine fossile, donc productrice de CO2, et non renouvelable. Pourquoi autant ? Parce qu’elles sont très énergétiques, faciles à produire et à utiliser, transportables et stockables. Mais le pétrole va commencer à disparaître, très certainement dans les 20 ans qui viennent. Alors par quoi remplacer ? C’est une énorme question, avec des implications éventuellement considérables sur notre civilisation. Car sans énergie nous ne sommes plus grand chose.

Rick Deckard : Si le coût de l’énergie est de plus en plus élevé ce n’est pas du aux contraintes climatiques mais aux contraintes politiques. Le baril est à 66 $, il y 10 ans on nous l’annonçait à 300 $.

Michel SOURROUILLE : étonnant que la sobriété énergétique, nécessaire dans une société thermo-industrielle complètement dépendante des énergies fusilles, ne soit pas abordée, ni par Escande, ni par les commentaires. Le choc pétrolier ultime qui arrivera quand le prix du baril explosera, personne en nous y prépare, on est trop obnubilé par le réchauffement climatique et le Covid…

Lecteur du ghetto : Si la combustion des énergies fossiles est vraiment un grave danger pour la planète et l’humanité, il faut investir pour trouver le moyen de recycler le carbone émis… et il faut surtout FAIRE CESSER LA DEMOGRAPHIE GALOPANTE qui est la seule réalité qui promet les pires excès, quelque soit les choix faits en matière d’énergie.

Frog : On peut éventuellement arrêter de consommer du pétrole demain. Par contre la démographie…. Figurez-vous qu’une fois que les gens sont nés, il y a 60 à 100 ans d’inertie. C’est après-guerre qu’il aurait fallu y penser, on y repensera après les prochaines guerres…

Pour en savoir plus, Bientôt le choc pétrolier ultime ?

Promoteurs du nucléaire, vous m’emmerdez

Montebourg, Accoyer et Chevènement tous unis pour la défense du « patrimoine nucléaire français ». Gérard Longuet et Julien Aubert (LR), André Chassaigne (PCF), Arnaud Montebourg (PS), tous unis pour une source d’énergie du passé. La bataille du lobbying est lancée, mais aucune mention dans l’article du MONDE d’une quelconque critique de l’atome civil , faut plus de centrales, point final. Bizarre, cette anomalie de l’analyse, heureusement compensée par les commentaires sur lemonde.fr :

Walter : Qu’ils disent d’abord ce qu’ils vont faire des déchets encore tout jeunes et des centrales déjà toutes vieilles.

G. Delaurens : Déjà avoir réparti 56 réacteurs dans tout le pays pour disait-on assurer l’indépendance énergétique de la France alors que le nucléaire ne représenterait jamais que 17% de notre consommation d’énergie, c’était très fort. Nous proposer maintenant de relancer la construction de centrales non concurrentielles sur le marché grâce à nos impôts, alors que le nucléaire ne représentera que 2% de l’énergie finale consommée dans le monde en 2040 et qu’il faudra diminuer notre production de CO2 de 50 % avant 2030, c’est tout simplement se ficher du monde. Ou plus exactement ça fait partie des propositions qu’on émet pour faire porter l’attention sur soi, faire semblant d’exister…

Orion @ Delaurens : Il convient de faire des corrections à votre post. Primo, quand on parle du nucléaire, il ne faut pas faire une analyse sur la base de la consommation d’énergie (incluant par exemple l’essence et le diesel pour les bagnoles), mais sur la base de la production d’électricité. Et là, le nucléaire représente 70% de la production d’électricité en France. Deuzio, le nucléaire est un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique comme l’ont rappelé – excusez du peu – le GIEC et l’Agence Internationale de l’Energie, qui ont aussi invité les pays ayant déjà une filière nucléaire à la préserver en poursuivant recherches et investissements. Cela vaut donc pour la France, ne vous en déplaise. Tertio, l’impact carbone réel d’une énergie se mesure par Analyse de Cycle de Vie d’une énergie (ACV) selon le GIEC. En France, selon l’ADEME, cela donne seulement 6 gCO2/kWh par ACV pour le nucléaire contre… 55 gCO2/kWh par ACV pour le solaire. Un facteur 9 !

G. Delaurens @Orion : la problématique c’est l’urgence de diminuer l’effet de serre, dans la mesure où on n’a strictement rien fait avant (par exemple depuis 10 dans notre consommation de pétrole automobile n’a pas varié, même si le nombre de véhicules diminuait). Dès lors ce que vous appelez « un atout » qui consiste en notre seul effort industriel et polarise nos interventions ne représente aucune solution pour le but recherché (le CO2). C’est juste une façon de détourner le problème en se focalisant sur l’accessoire, pour garder belle figure sans rien faire de concret.

JCM : Dans les analyses, on limite trop souvent l’impact du nucléaire à l’aspect climatique. Il y en a bien d’autres, beaucoup moins reluisants: coût du démantèlement, gestion des déchets, sécurité en cas d’accident ou d’attentat, centralisation et goût excessif du secret, dépendance aux matières premières etc.

Lappreciateur : Quelques évidences : les énergies les moins polluantes sont celles qu’on ne consomme pas. Nous dépendons à 90% ( 95% ? ) d’un combustible importé. Un accident dans une centrale ( sabotage interne, erreur de manip, attentat, suicide , tremblement de terre, inondation, etc. ) aura des conséquences effroyables. Mais EDF veille, rendormons-nous. Et après tout si on doit évacuer Paris ou Bordeaux c’est rigolo. Nos politiques « responsables » vont léguer à nos descendants des déchets ? On s’en fout on ne sera plus là. Les tours opérators proposeront un circuit : mines de charbon , sidérurgie, nucléaire !

Digi : Je trouvais Montebourg plutôt pertinent dans son discours relocalisant. Mais là c’est mort. Si le but c’est d’investir dans une énergie du passé, coûteuse, centralisée, ingérable à long terme, sans se soucier du vrai problème (la consommation, donc le gaspillage et les pertes en ligne), alors continuons dans le nucléaire.

Orion @Digi : Ne vous en déplaise, l’énergie nucléaire est une énergie du futur et un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique

schnitzler @ Orion : Savez-vous que les réserves d‘uranium seront bientôt épuisés?

ManuLeMytho : Les Français n’ont jamais eu droit à un référendum sur ce sujet, mais les sondages indiquent 70% de refus de cette industrie, comme nos voisins qui, eux, ont eu le droit de s’exprimer… Quand au « patrimoine », y’a pas de quoi s’inquiéter : les déchets radioactifs sont là pour 1 million d’années. Je réponds par avance aux réacs : oui on aura des ordinateurs & internet mais pas l’obsolescence programmée et l’augmentation irrationnelle des data…

ManuHamburg : Adieu Montebourg. Dommage mais la vraiment NON. Le nucléaire c’est l’enfouissement de substances toxiques pendant des dizaines de milliers d’années en disant aux prochaines générations: démerdez vous. Aucune génération n’a jamais fait ça pour les suivantes.

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Hercule, l’électricité en phase terminale

Hercule joue la sobriété. Avant d’entrer dans les détails techniques du projet de réorganisation d’EDF, l’élément de langage que les écologistes devraient tenir sur l’électricité, c’est : « Soyons Négawatts ». En effet, en ces temps de descente énergétique qui s’amorce, la politique de l’offre doit s’accompagner forcément d’une politique de réduction de la demande. Il faut politiquement induire une réflexion collective sur les besoins réels en électricité pour tendre vers une sobriété énergétique.

Pour en savoir plus sur le projet Hercule

Le projet de réorganisation d’EDF « Hercule » n’est pas encore engagé que ça chauffe, grève syndicale le 19 janvier, opposition politique des « insoumis » comme des Républicains. Constatons d’abord que 12 % des ménages sont en situation de précarité énergétique, c’est à dire consacrant plus de 10 % de leurs  revenus aux dépenses énergétiques. Une augmentation rapide et constante des prix de l’électricité pourrait conduire à une nouvelle révolte de type gilets jaunes. Dans un MÉMO du 17/12/20, EELV précise  la situation énergétique actuelle, dramatique. EDF est incapable de financer les investissements pour la poursuite ou l’arrêt du nucléaire et encore moins de financer les renouvelables qui plafonnent à 11,7 % de la consommation d’énergie primaire, 17,2 % de la consommation finale en 2019 (Pour mémoire l’objectif était de 23 % en 2020 et 33 % en 2030). Aujourd’hui EDF est surendettée avec 33 milliards d’euros de dette, une paille au regard des investissements à venir. Le grand carénage consiste en la remise en état du parc des réacteurs nucléaires pour leur permettre de tenir de 50 à 60 ans. La Cour des comptes a réactualisé en 2020 le coût du grand carénage sur la période 2014 à 2035 à 100 milliards d’euros. Le Parlement français estime le coût du démantèlement des centrales nucléaires et le traitement de leurs déchets à 75 milliards d’euros dont seulement 35 ont été provisionnés. La construction de 6 réacteurs EPR reviendrait (au minimum) à 46 milliards d’euros. A noter qu’EDF est DÉJÀ en train d’acheter les terrains pour construire ces EPR!

Le projet Hercule vise à séparer EDF en trois entités : EDF Bleu, entreprise publique, comprendrait principalement les activités liées au nucléaire ; EDF Vert, dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait les activités de fourniture et de distribution d’électricité, ainsi que les énergies renouvelables ; enfin, EDF Azur aurait un statut particulier et serait chargé de la gestion des barrages hydroélectriques. En devenant actionnaire à 100 % d’EDF Bleu, l’État va pouvoir faire sauter le verrou de la cotation d’EDF qui limite son accès à l’emprunt. Si l’État le décide il pourra apporter sa garantie aux emprunts d’EDF qui verra sa capacité d’investissements démultipliée. C’est sans doute la raison principale de l’opération de réorganisation d’EDF, le contribuable devient dernier recours du nucléaire.  Ce découpage répond à la volonté d’EDF de contourner le dispositif Arenh, « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh), mis en place en 2011 ; il fallait ouvrir EDF à la concurrence, objectif premier de l’UE avec séparation entre les fonctions de distribution et de production (unbundling). Le dispositif Arenh oblige EdF à vendre un quart de sa production à 42 €/MWh à des requins genre Total-Energie-Directe (qui la revend avec une marge confortable et un label « Vert »). L’Arenh ne couvre que le coût de production primaire d’EDF, c’est à dire sans le grand carénage, la déconstruction, ni le traitement des déchets, ce qui revient à subventionner ses concurrents. Curieuse conception du libéralisme ; on nous refait le coup de la privatisation des autoroutes en privatisant les profits et en mutualisant les pertes.

De toute façon l’avenir reste sombre pour la production d’électricité nucléaire. En effet 60 % des centrales nucléaires ont été construites avant 1985 – soit 35 ans au compteur. On fait un foin avec Fessenheim, attendez 10 ans et il y aura presque 40 réacteurs avec le même age que Fessenheim aujourd’hui – 40 réacteurs à démanteler et probablement 40 autres à reconstruire puisque personne ne semble préparer la mise à la retraite de nos réacteurs. De milliards dont on n’aura pas le moindre sou en situation prévisible de crise structurelle de la société thermo-industrielle (liée à la fin des énergies fossiles). Isoler le nucléaire dans une structure publique pendant que les activités génératrices de cash sont privatisées ne fait qu’accroire l’impossibilité d’un avenir pour le nucléaire.

Pour en savoir plus sur le scénario Négawatt, extraits :

14 février 2017, NégaWatt, rencontre avec Thierry Salomon

C’est le sens du mot NégaWatt, l’énergie que nous sommes susceptibles de ne pas consommer. Est-il bien raisonnable de circuler en ville avec une voiture de 1300-1500 kilos pour transporter un bonhomme qui en pèse 70 ? Un calcul a montré que 2 réacteurs nucléaires en France servaient uniquement pour les appareils en veille. Nous devons réfléchir en termes de besoins, les classer selon une grille qui va de l’indispensable au nuisible, en passant par le nécessaire, le superflu… Et cette grille doit faire l’objet d’une législation. Ai-je vraiment besoin de me déplacer ? Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Ce qu’il faut, c’est intégrer dans l’ensemble de nos actes les externalités négatives, les conséquences néfastes de nos consommations d’énergie…

21 décembre 2007, soyons négawatts

. L’approche traditionnelle (et quasi-exclusive) des questions énergétiques par l’offre va se déplacer progressivement vers une approche davantage guidée par la demande, laquelle va gagner en pertinence et en force. L’intérêt bien compris des consommateurs est de satisfaire leurs besoins finaux avec la moindre dépense énergétique. La logique voudrait que ce déplacement de l’offre vers la demande s’accompagne d’un déplacement des financements consacrés à l’accroissement de l’offre (MégaWatts) vers ceux destinés à réduire la demande (Négawatts)…

Pétrole, la merde du diable fait des siennes

Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le pétrole tient dans ses barils le futur de la civilisation thermo-industrielle. Mais son prix semble une valeur relative, très volatile. A la mi-juillet 2008, les spécialistes n’avaient pas vu venir l’envolée des prix du baril à 147,5 dollars, ni son effondrement (35 dollars mi-décembre 2008). Le 29 mai 2018, le prix du baril Brent était de 74,75 dollars, et le marché (du système libéral) ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Mais de cela on ne s’inquiète guère, chacun fait ce qui lui plaît.

Début mars 2020 , la Russie et l’Arabie Saoudite ont augmenté leur production, ce qui a fait chuter brutalement les prix : le baril de brent s’est retrouvé à 16 dollars en avril, et le prix sur le marché américain à même connu un épisode de prix négatifs : le 21 avril, le pétrole s’est brièvement échangé à − 37 dollars le baril sur le marché américain. L’or noir bradé ! Sur ces entrefaites, la crise sanitaire a entraîné une baisse de la demande ; en avril 2020, elle a ainsi chuté de 30 %, soit 30 millions de barils par jours consommés en moins. Alors les pays de l’OPEP+ (organisation des pays exportateurs de pétrole + la Russie) ont retiré du marché en mai et juin plus de 9,7 millions de barils par jour et le baril s’est maintenu autour de 40 dollars durant l’été. Un niveau qui reste pourtant trop bas pour de nombreux pays très dépendants de leurs exportations. Le 30 novembre 2020, le cartel pétrolier n’a pas réussi à trouver un accord pour prolonger ses quotas de production. Mais quand les marchés demain s’apercevront que le pétrole n’est pas inépuisable, le choc pétrolier ultime aura lieu et là, on ne parlera même plus de crise des ventes de voiture neuves ; plus personne ou presque ne pourra se payer une voiture individuelle. Mais ça, nul ne l’envisage, ni l’OPEP, ni d’ailleurs tous nos politiques accro aux carburants fossiles et encore moins ceux qui achètent des SUV malgré la pandémie actuelle. Les marchés et les articles dans les médias ne s’intéressent qu’au court terme et le réchauffement climatique fera la Une de tous les journaux seulement quand on aura les pieds dans l’eau. Pauvre de nous, et on dit que les humains sont intelligents.

Le prix du pétrole est artificiellement maintenu à bas prix depuis le début de son exploitation. Ce non sens économique et géophysique a permis les trente Glorieuses, le confort à tous les étages et l’auto pour une grande partie de l’humanité (soit plus de 1 milliard de voitures particulières). Pour une période faste qui aura duré moins de deux siècles, les humains ont gaspillé un don de la nature accumulé pendant des millions d’année et enfoui sous terre. Le problème essentiel n’est pas seulement l’effet de serre, mais un système de croissance éphémère basé sur l’éloignement croissant entre domiciles et lieux de travail, entre localisation de la production et centres commerciaux, entre espaces de vie et destinations du tourisme.Si nous étions prévoyants, il faudrait dès aujourd’hui se préparer à des changements structurels de nos modes de vie pour éviter la pétrole-apocalypse. Il faudrait que le prix de l’essence tourne autour de 100 euros le litre pour que les gens comprennent.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

https://biosphere.ouvaton.org/blog/post-covid-a-quel-prix-le-baril-apres-demain/

 

Youpi, effondrement du marché automobile

Automobile : la grande peur d’un nouvel effondrement (titre du journal LE MONDE) : Les ventes de voitures neuves ont baissé de 9,5 % en octobre. Avec le retour du confinement, des reculs supérieurs à 30 % en novembre et décembre sont à craindre. Les commentateurs sur lemonde.fr sautent de joie, vive le dévoiturage :

Michel SOURROUILLE : Le réchauffement climatique et la déplétion pétrolière imposent de sortir le plus vite possible de la voiture individuelle, mais cela l’article n’en dit mot.
Les médias et les mécanismes de marché ne considèrent que le court terme sans se préoccuper de préparer l’avenir pour nos générations futures… Le Covid-19 aurait pu permettre aux politiques de se saisir de l’idée de sobriété partagée, il n’en est rien, on ne parle que de business as usual, et si c’est pas aujourd’hui ce sera demain. Après-demain ce sera l’effondrement de la société thermo-industrielle…

Varna73 @Michel SOURROUILLE : tout à fait de votre avis, d’un côté on nous rabâche le réchauffement climatique, de l’autre les pubs de bagnoles défilent du matin au soir à la télé et pas pour des petites !

Alimonosou : C’est les cyclistes et les écologistes qui sont contents.

Gilles SPAIER : Je trouve curieux qu’il n’y ait aucun lien entre les articles de la section « planète » et ceux de la section « économie » du Monde. On a l’impression que les auteurs écrivent dans deux journaux différents. Ceci étant, juste avant le confinement, la longueur total des bouchons atteignait 400 km juste en Île de France. La moindre grande surface en province a un parking d’une surface triple de celle du magasin. La baisse du nombre des immatriculations est donc bénéfique pour notre société, qui doit s’adapter. Cessons de construire les logements à 40 km des entreprises. Multiplions pistes cyclables et transports en commun, arrêtons les zones commerciales hideuses à 10km des centre ville. Un dernier mot. Lors du dernier confinement, les parisiens ont redécouvert que le ciel peut être bleu. Faisons en sorte que cela ne soit plus conjoncturel. Nos enfants et nos petits enfants nous en saurons gré.

LWa @ Gilles : Complètement d’accord. Il est plus que temps que l’économie ne soit plus celle qui parle du PIB et des bourses. L’économie devrait devenir science et politique de la diminution des pollutions et des gaz à effet de serre.

Patou : Chacun sait que la bagnole est un problème environnemental, que l’industrie automobile est sous perfusion depuis longtemps (primes reconversion, électriques, fiscalité gasoil…). Tiens, on en vend un peu moins, et ça râle encore plus. Et ben on va encore réclamer des subsides, sûr que ça va marcher !

J.Duboisset : L’automobile, ce véhicule non occupé 95 % d’y temps, aimant à bouchon et extrêmement cher en entretien, assurance, essence/location batterie. Et pourtant toute l’industrie est dopée aux subventions publiques entre l’achat et la rénovation des routes, on met un pognon de dingue en tant que collectivité et on se retrouve avec pollution et morts…

Ça m isole : L’automobile se vend moins ? Et alors est-ce vraiment si grave quand on connaît le coût environnementale exorbitant de cette industrie ?

El Mayorqui : Existent-ils des lecteurs du Monde non autophobes ?

MLBRLyon : Il doit bien y en avoir quelques uns, mais il est surtout salutaire de constater que l’esprit critique existe sur un article aussi déconnecté de la réalité brutale infligée par l’automobile particulière à nos villes, enfants et modes de vie. Même si la forme est contestable pour certains, le refus de plus en plus massif de ce modèle sera salvateur.

Un nucléaire sans avenir, Macron l’assume

Il y a encore peu, la nomination de Barbara Pompili à la tête du ministère de la transition écologique semblait impensable. La députée de la Somme n’a en effet jamais caché ses convictions antinucléaires, et elle les répétait dimanche 12 juillet : « J’ai des positions, elles sont connues et elles ne changent pas. » C’est pourtant le choix qu’a fait Emmanuel Macron en la nommant numéro deux du gouvernement, provoquant désarroi et colère dans le secteur nucléaire. Mais cette nomination arrive au moment même où le débat autour du nucléaire a perdu de son intensité. Sous l’impulsion de figures comme Greta Thunberg, le mouvement international a ciblé les énergies fossiles, comme le charbon, le pétrole et le gaz, responsables du dérèglement climatique. L’Elysée est de toute façon mis en difficulté par les errements de la filière, batailles entre EDF et Areva, affaires de fraudes, dette abyssale d’EDF et surtout dérives du chantier de l’EPR de Flamanville. Démarré en 2007, le réacteur de troisième génération aurait dû voir le jour en 2012 et coûter 3,3 milliards d’euros. Il ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023 et son coût de construction sera d’au moins 12,4 milliards d’euros – la Cour des comptes estime même qu’il pourrait dépasser 19,1 milliards d’euros au démarrage. A l’Elysée, le discours est désormais calé : « On ne peut pas prendre de décision, l’EPR est un boulet qui ralentit tout. » On souligne explicitement que « le sujet ne pourra pas être porté dans la campagne présidentielle ». Il est donc urgent d’attendre. La décision de lancer en France de nouveaux chantiers EPR est reporté après la présidentielle de 2022. Une tendance qui se reflète au niveau mondial : depuis l’accident de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’atome a perdu de son attrait dans la plupart des pays occidentaux, et les nouveaux projets se sont faits rares.

Si on inclut dans le prix du kWh le coût du démantèlement des réacteurs et celui de la gestion et de la surveillance des déchets sur les 10 000 prochaines années, la même durée que l’essor de l’agriculture d’où découle notre civilisation thermo-industrielle, on ne peut que douter de l’énergie nucléaire. Il n’est que temps d’arrêter les conneries et des verrues radioactives pour des millions d’années dans le paysage. Le béton sera dissous par l’érosion, les cœurs intransportable seront radioactives et mortel pendant des centaines de milliers d’années voire au-delà… Vous imaginer le coût pour assurer la protection sur cette durée. Proche de l’infini. Donc on arrête pour nos descendants qui nous maudiront de toute façon avec les 58 réacteurs aujourd’hui irrécupérables.

Pour en savoir plus, lire nos synthèses sur ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire

BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

ITER, symbole de la croyance technologique

Un article dithyrambique, « Au cœur du chantier ITER, qui va tenter de maîtriser la fusion nucléaire à l’œuvre dans les étoiles ». LE MONDE du 2 juillet verse dans la technolâtrie : « L’aimant supraconducteur circulaire dit « de champ poloïdal », en provenance de Chine, de 10 m de diamètre et d’une masse de 400 tonne, arrive à Cadarache… Le coût total de ce projet international est estimé à 18 milliards d’euros… L’enjeu d’ITER (acronyme anglais de Réacteur thermonucléaire expérimental international et qui signifie « le chemin » en latin) : « Démontrer, dans la machine expérimentale que nous fabriquons, notre capacité scientifique et technologique à maîtriser la fusion des noyaux d’hydrogène, la même qui est à l’œuvre dans le Soleil et les étoiles. »… Température du plasma : 150 millions de °C, soit dix fois plus qu’au centre du Soleil… Les aimants supraconducteurs devront être refroidis à la température proche du vide interstellaire, soit – 269 °C… Un gramme d’hydrogène libère autant d’énergie que huit tonnes de pétrole… Pas de risque d’accident majeur, pas de déchets de haute activité à vie longue.. Ce serait une source d’énergie non carbonée et respectueuse de l’environnement… Dans le contexte de réchauffement climatique, de demande énergétique croissante et de recours de moins en moins viable aux ressources fossiles, la maîtrise de l’énergie des étoiles serait une très bonne nouvelle pour le devenir de la planète et de ses habitants. »

Les commentaires sur lemonde.fr ne font pas dans la dentelle :

VincentB : Très beau publi-reportage. Mais j’ai lu des articles bien moins élogieux sur ITER. Désengagements financiers qui conduisent à un allongement des délais de construction, choix d’autres pistes technologiques aux Etats-Unis… Cela fait des décennies que les promesses de la fusion sont reportées à la prochaine génération. La question est de savoir si la terre aura pris feu avant la production du premier kwh « fusionné ».

Archisauvage : Il est dommage que cet article du MONDE ne donne la parole aux nombreux scientifiques qui considèrent que cette voie est une impasse. Contrairement à ce qui est avancé, cette technologie n’est pas dans danger quand on sait que 2 kg de tritium vont être utilisés. Les dizaines de milliards injectés dans ce laboratoire (ITER ne produira jamais d’électricité) pourraient être mis à profit pour d’autres types de recherche, notamment en vue du stockage de l’électricité renouvelable.

Toto le Rigolo : C’est formidable, le génie humain n’a pas de limites ! Merci à tous ces scientifiques qui travaillent pour le bien de l’humanité

Piérick : Euh… On fait comment pour neutraliser les flux de… neutrons ?! Et, aussi, on fait comment avec la fameuse instabilité MHD de Velikov… ?! Pour info, aucun prototype en amont n’a été en mesure de résoudre ces deux « problèmes » cruciaux…

Invisio : Toujours plus gros, toujours plus cher, toujours plus compliqués, toujours plus longs à construirs. Générations après générations, les takomaks ont vu leur coût décupler, aujourd’hui il faut 35 pays très riches pour en financer un seul, et 25 ans pour le construire. Sachant qu’il ne seront opérationnels que dans minimum 2 générations, comment pourra t’on en construire un peu partout dans le monde pour répondre à la demande énergétique? C’est une très belle machine pour la recherche, mais l’équation de rentabilité semble impossible à résoudre.

Corentin : Sinon il y a un truc qui fait la même chose mais avec de quoi fournir en une heure de temps la puissance nécessaire à alimenter toute la planète pour une année, le tout sans aucun risque ni matériaux contaminés et pour un prix bien moins élevé : le soleil 🙂

Petit Pierre : La maîtrise de la fusion nucléaire de l’hydrogène pose des problèmes techniques considérables, résistance des matériaux, extraction de l’énergie etc.. L’ancien directeur d’ITER montrait l’évolution du projet jusqu’en 2100.. où peut-être on pourra avoir une production d’énergie supérieure à l’énergie que l’on met dans le tokamak pour qu’il fonctionne. Entre temps le réchauffement climatique aura fait son chemin, et ITER sera toujours un projet d’avenir, alors que l’énergie solaire qui vient de la fusion nucléaire du soleil est déjà là, disponible.

Tartifliste : Peut être est-ce séduisant pour la planète de générer de l’énergie en quantité, sans risque et sans pollution… Sauf que si la technologie tient ses promesses et est économiquement viable et concurrentielle, alors on produira plus d’énergie, donc on consommera plus d’énergie… pour faire des tas de choses qui n’iront probablement pas améliorer le triste sort de la planète !

Michel SOURROUILLE : On oublie trop souvent de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. C’est un message biblique, demain le paradis sera notre destin. La technoscience et ses technophiles veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, après-demain l’innovation trouvera la pierre philosophale : la preuve, elle cherche ! Entre 2025 et 2035 pourrait être construit un prototype électrogène. Et ce n’est pas avant 2050, avec la première génération de réacteurs industriels qui n’est encore qu’une promesse, que l’on saura si le rêve n’était pas un cauchemar !! La Biosphère n’a pas besoin qu’on tripatouille ses atomes. L’espèce homo sapiens (homo demens) ferait mieux de lancer une grande campagne de méditation sur la vanité de la société thermo-industrielle.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

2 mai 2007, la technique est le problème, pas la solution

4 mai 2016, ITER, Sarkozy ne sait même pas ce que c’est

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, je vous l’écris, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, qui parfois mettent tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, qui ont besoin pour retrouver leur famille de les utiliser, dont la vie s’organise par ces transports, ils vont dire : « OK, leur projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, c’est un projet d’urbains, il n’existe pas. » Ce n’est pas la réponse que vous voulez apporter. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la caricature. Je pense qu’il faut faire maturer ce débat dans la société, celui de la vitesse. Ne donnons jamais le sentiment à certains de nos concitoyens qu’on les culpabilise. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

Noun : Pour le 110 il a évidemment raison, ça nous promettait une deuxième saison du feuilleton gilets jaunes, et c’est pas le moment !

Hil92 : La plupart des mesures proposées ont un coût économique plus ou moins important. Mais il y en a UNE qui ne coûte quasiment rien, c’est le passage de 130 à 110km/h max sur les autoroutes. Et on sait que c’est très efficace. Et, qui sera étonné ?, c’est la première qui est abandonnée… Courage, fuyons !

StephaneB : Humm…il n’est pas interdit de chercher à comprendre la fin de non-recevoir soulevée par Emmanuel Macron avec un peu de bonne foi…parce qu’on peut raisonnablement admettre que notre President n’ignore rien des effets positifs d’une réduction de vitesse sur toute… Il se trouve juste qu’à l’hiver 2019, une grosse majorité de Français a eu la glorieuse et lumineuse idée de soutenir la jacquerie des Gilets Jaunes, qui, sous couvert d’un prétentieux projet de réforme sociale, n’avait en réalité pour autre dessein que d’être à nouveau autorisé à rouler à 160 km sur départementale, et d’obtenir un coup d’pouce financier pour rembourser l’emprunt sur l »ecran plat acheté à la rentrée… Bien…en tant que politique, il a donc bien le droit de se prémunir contre la bêtise des français !

-Alazon- : Cela coûte du temps, qui est un bien précieux. On passe deux ans par an dans une voiture en moyenne, 10% de réduction des vitesses c’est deux mois de plus. La mesure touche principalement les gens en zone rurale, déjà pénalisés par le 80 km/h. Ces mesures sans effet sérieux sur le climat sont défendues par des urbains nantis qui veulent les imposer aux autres.

Démocrate @ Alazon : au collège, on a dû vous apprendre que l’énergie cinétique est égale à 1/2 x masse x vitesse AU CARRE. Donc rouler à 110 km/h c’est 8% plus lent, mais environ 16% plus économe en énergie (donc aussi moins cher et moins dangereux en cas d’accident). Sans compter le temps gagné en réduisant les effets d’accordéons, générateurs de bouchons. En revanche là où vous avez raison, c’est qu’en allant très très très vite, le temps s’écoulera plus lentement pour vous que pour les autres, mais je ne suis pas certain que votre véhicule puisse s’approcher assez de la vitesse de la lumière pour que ce soit notable. Si c’est le cas cependant, vous ne risquez pas l’amende : les flashs des radars ne pourrons pas vous rattraper, inutile donc de les vandaliser. Et toc pour les urbains nantis!

Teknofan : Notre hyperprésident refuse le 110 km/h ! Dommage car rouler à 110 plutôt qu’à 130 permet de diminuer la consommation de 25 % (c’est pas moi qui le dit, mais un site de fana de l’automobile qui a fait l’essai). Que tout ceux qui croient encore notre président soucieux de l’écologie se rassurent ; il s’en fout. Il veut se faire réélire, point !

ChP 2 : Pour faire simple, dans ce domaine de vitesse, la principale force de résistance à l’avancement d’un véhicule est la traînée aérodynamique, Fx,q ui est proportionnelle au carré de la vitesse. L’énergie dépensée, la consommation donc, est proportionnelle à Fx et à la distance parcourue (C’est pour cela qu’elle s’exprime en l/100 km). Si l’on passe de 130 km/h à 110 km/h, on va donc économiser dans le rapport (110/130) au carré soit 72 %. C’est bien sûr un résultat du 1er ordre. La vérité n’est pas très loin.

Don Lope : Malheureusement ce quinquennat comme celui qui l’ont précédé, montre que si on veut de décisions écologiste, il faut… un pouvoir écologiste. Pour tous jusqu’à aujourd’hui, gauche, droite, ou LREM, l’écologie a toujours été un faire-valoir et aucune décision difficile en faveur de la préservation de l’environnement n’a été prise au détriment des intérêts économiques. Si les industries et in fine le consommateur devait payer le vrai coût environnemental évidemment ça changerait beaucoup de choses. <l’environnement appartient à tous et pourtant personne ne s’en soucie.

Michel SOURROUILLE : Passer aux 110 km/h va donc dans le bon sens, comme cela s’est fait pour le 80 km/h sur routes. Les automobilistes conscients des limites de la biosphère devraient se rendre compte que ce n’est là qu’une étape vers le dévoiturage, c’est-à-dire l’abandon à moyen terme de la voiture individuelle comme moyen de déplacement. Nous devons nous préparer à cet événement géo-physique inéluctable, quand il n’y aura presque plus de pétrole, essence ou gas-oil seront à des tarifs dissuasifs. Des évolutions favorables qui limitent notre usage de la voiture sont déjà en cours, le covoiturage, les ralentisseurs qui se multiplient, le recours aux transports collectif. Le bridage des moteurs à 110 km/h serait le nec plus ultra.

l’infernal triangle emploi/climat/croissance

L’infernale triangulaire des politiques, « stimuler la croissance tout en créant des emplois tout en éviter un rebond des émissions de CO2 ! » L’Agence internationale de l’énergie (AIE) résout le problème par « trente propositions pour une relance favorable au climat » ! L’éternel directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, l’affirme : « L’économie mondiale risque de s’effondrer mais la calotte polaire est aussi en train de fondre. Il faut faire face à ces deux défis en même temps. » On voudrait stimuler la croissance mondiale avec1 000 milliards de dollars d’investissements pour créer chaque année seulement 9 millions d’emplois. Rappelons que la population mondiale s’accroît de 80 millions de personnes chaque année, il faudrait donc structurellement créer au moins autant d’emplois. De toute façon rien de nouveau, l’AIE enfile les perles : efficacité énergétique (pour éviter de parle d’économiser l’énergie), rénovation des bâtiments (dans les bidonvilles?), moteurs électriques (sans s’interroger sur comment produire l’électricité), énergies renouvelables (qui ne seront jamais à la hauteur des énergies fossiles), développer les réseaux de trains à grande vitesse (et supprimer les lignes secondaires de chemins de fer), investir dans l’hydrogène (qu’il faudrait produire avec des énergies renouvelables!), etc. Précisons que l’AIE est une émanation du club des pays riches (l’OCDE) chargé de garantir l’approvisionnement en combustibles du monde développé. Les problèmes du tiers-monde, on s’en moque.

Faisons le point sur l’AIE grâce à notre blog biosphere :

13 novembre 2019, World Energy Outlook, l’avenir énergétique !

World Energy Outlook, rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE – 13 novembre 2019), rien de nouveau sous le soleil ! On croit encore que les panneaux solaires et les éoliennes permettront de produire des énergies « propres »…

11 mars 2017, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. » Aujourd’hui l’AIE croit nécessaire une hausse des investissements (capex) dans l’exploration-production de brut : « L’offre mondiale de brut pourrait avoir du mal à répondre à la demande peu après 2020. »* Notre société cultive les oxymores, l’illusoire union des contraires.

14 novembre 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

Fatih Birol : «  Je crois que grâce aux gaz de schiste, le secrétaire d’Etat américain doit se sentir dans une situation plus confortable lorsqu’il est en tournée à l’étranger ». Ils ont certes réduit la dépendance des Etats-Unis aux hydrocarbures du Moyen-Orient, mais ce n’est que temporaire. Nulle mention dans l’article du MONDE de l’opposition internationale aux gaz de schiste, nulle référence à une quelconque avancée technologique pour limiter les effets environnementaux désastreux de la fracturation de la roche mère. Si on vous dit que Fatih Birol est aussi en faveur du nucléaire, vous ne serez donc pas étonné. Un avenir sans pétrole ni nucléaire n’est pas abordé…

16 mai 2013, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie est surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. L’AIE a toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique. Car si on annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Streeet s’effondrerait…

14 novembre 2012, Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

Fatih Birol fait la promotion d’une stratégie de l’offre : « La future autonomie énergétique américaine est due au développement des technologies de pointe qui lui permettent notamment d’exploiter les hydrocarbures non conventionnels comme le pétrole et le gaz de schiste. » Fatih Birol croit que la demande d’énergie va croître de plus d’un tiers d’ici à 2035, nulle mention dans son discours de la nécessaire sobriété énergétique. ..

16 décembre 2007, en panne d’énergie

Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables ». Pourtant ce pessimisme se double d’un optimisme effréné puisque, selon l’AIE, le pétrole ne manquera pas avant vingt-cinq ans !!! L’AIE conclut sur l’urgence d’agir pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement climatique. Il faudrait s’engager dans une « transition » visant à « décarboniser «  l’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre tout en admettant qu’il n’existe pas de substitut au pétrole pour le transport…

Un spécialiste prévoit la fin du pétrole

La crise liée à la pandémie de Covid-19 va-t-elle accélérer la transition énergétique, et donc la fin rapide du pétrole ? Le journaliste Jean-Michel Bezat estime que oui, la planète pétrole n’est plus dans la situation des contre-chocs précédents de 1986, 2008 et 2014. Il n’y a pas si longtemps, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoyait une production à 120 millions de barils par jour en 2030. Mais au plus fort de la récession d’avril-mai, la demande quotidienne est tombée de 100 millions à 70 millions de barils. Elle reculera de l’ordre de 8 % sur l’année. Et après ? Des tendances réduisent sa consommation, la limitation des voyages en avion, la percée des véhicules électriques, le développement de l’hydrogène comme à la SNCF, la réduction du transport maritime sous l’effet de relocalisations industrielles. Le directeur général de Shell admet qu’il est « très difficile » de dire si la consommation retrouvera rapidement son niveau d’avant-crise. Au sein des compagnies pétrolières, l’ambiance n’est plus à l’euphorie des heures fastes. Depuis cinq ans, elles ont réduit leurs dépenses d’exploration et n’ont jamais découvert aussi peu de brut : 10 milliards de barils en 2019, deux fois moins qu’en 2015. Dissipés les mirages des sables bitumineux du Canada, la multiplication exubérante des forages par 7 000 mètres de fonds marins, les projets fous dans l’Arctique, région déclarée « no-go zone » par Goldman Sachs fin 2019. La Bourse est un juge de paix implacable, les valeurs pétrolières reculent depuis des années. Les investisseurs institutionnels tiennent de plus en plus compte du risque systémique du réchauffement climatique : une partie importante des réserves, qui constituent l’actif de ces « zinzins », devra rester sous terre si l’on veut réduire les émissions de CO2.

Jean-Michel Bezat, le spécialiste énergie du MONDE, peaufine sa conversion aux réalités biophysiques. Adepte autrefois du tout-pétrole, militant du court-termisme du prix du baril fixé par le jeu de l’offre et de la demande, il se penche maintenant sur les problèmes structurels de la merde du diable, c’est-à-dire la raréfaction des ressources en énergie fossile, la contrainte climatique, la chute des cours en bourse. Bienvenue Jean-Michel au pays des militants de la descente énergétique liée au fait qu’on a déjà dépassé le pic du pétrole conventionnel depuis 2006. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 avril 2020, post-Covid, une société sans pétrole ?

extraits : L’éditorial du MONDE titre : « Après la crise, sortir de notre addiction au pétrole. » Il s’intéresse au conjoncturel, le contre-choc pétrolier, une baisse du prix du baril manigancé politiquement par la Russie et l’Arabie saoudite. Il s’intéresse à la baisse de la demande qui risque d’être durable confinement oblige, et qui accentuera un cours à la baisse de l’or noir. Pourtant l’éditorial constate que le climat exige une diminution de la consommation de pétrole… mais il ne dit pas que le prix du baril doit augmenter !…

21 février 2019, Beyond Petroleum, des mouvements vers cet objectif

extraits : Jean-Michel Bezat, journaliste au MONDE, était un « spécialiste » du pétrole qui se contentait de commenter l’état du marché, c’est-à-dire le jeu de l’offre et de la demande. Aucune perspective à long terme, aucune mention des dangereux rapports entre pétrole et réchauffement climatique. Il était un adepte du court-termisme. Dans une chronique récente, il donne au slogan de BP, « Beyond Petroleum », une toute autre dimension. Sa prise de conscience des enjeux écologiques est réelle…

17 janvier 2016, Le juste prix du pétrole, le même en 2009 et en 2016 !!!

extraits : Le journaliste Jean-Michel Bezat* se contente de ce qu’il connaît, le jeu marchand de l’offre et de la demande : « juste prix du baril, prix qui assure la rentabilité des investissements de production sans tuer la demande de pétrole ». Donc pour faire plaisir à tout le monde, « un cours oscillant autour de 70 dollars ». Rien de nouveau sous le soleil, Bezat avait écrit exactement la même chose… en 2009 : Sous la rubrique matières premières (29-30 mars 2009), il s’interrogeait doctement sur le juste prix du pétrole ou optimum économique. Avait-il la réponse ? Oui, il avait la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffisait au journaliste de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe. Mais n’occultons pas la conclusion que faisait Jean-Michel : « Le sursis que les pétroliers s’accordent ne fera que rendre plus difficile la résolution de l’équation climatique. »…

25 septembre 2011, Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole

extraits : Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole en laissant trop de place à un écolo-sceptique, Daniel Yergin. Son article du MONDE* est d’autant plus biaisé qu’il dévalorise les analystes du pic pétrolier, traités d’adeptes du peak oil alors que ce sont des géologues confirmés…

L’hypocrisie « Total » de Patrick Pouyanné

Atteindre la « neutralité carbone » en 2050, tel est l’engagement de Patrick Pouyanné, PDG de Total. Il nous prend pour des idiots, sa raison d’être repose sur la production et la vente d’énergies fossiles, donc de contribuer fortement au réchauffement climatique… il est vrai que l’expression « neutralité carbone » est un leurre, c’est la volonté de ne rien faire : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffirait de compenser par ailleurs ces émissions, Total illusion. Pouyanné fait référence pour cela à des techniques qui n’ont pas prouvé leur efficacité, les technologies de captage et de stockage de carbone. De toute façon le Conseil européen n’a pas adopté l’objectif de zéro émissions nettes en 2050. Si les politiques ne sont pas en avant-garde de la rupture avec le système thermo-industriel, autant dire que les entreprises ne feront rien.

D’autre part Pouyanné fait porter la responsabilité de 90 % des émissions de gaz à effet de serre sur les consommateurs. «  Ce n’est pas nous qui décidons à quoi tournent les moteurs de nos clients. Total ne fabrique ni avions, ni voitures, ni ciment. C’est la demande qui crée l’offre, et pas l’inverse. » Rappelons que la théorie libérale du consommateur-roi qu’il invoque est une Total illusion. Dans cette théorie, le consommateur est le décideur, votant par ses achats de ce qu’il faut produire et distribuer. En fait il s’agit d’un consommateur manipulé, aliéné, étranger à ce qu’il devrait être. Galbraith parle de filière inversée. Dans un système de publicité de masse, ce n’est plus le consommateur qui dicte ses choix aux entreprises, ce sont les entreprises qui incitent les gens à « aimer » leurs produits. L’achat automobile ne découle pas de la volonté de ceux qui marchaient à pied autrefois, mais de la baisse des prix par la production à la chaîne et la constructions d’infrastructures routières par décisions politiques. Ensuite, quand la bagnole devient un objet de consommation courante, elle se rend indispensable pour aller au travail ou même pour faire ses courses. : les distances à parcourir se sont allongées. La faute aux constricteurs de voitures ! De plus Pouyanné se retranche derrière la concurrence pour ne rien faire : « Je ne suis pas prêt à arrêter de produire du pétrole le faire parce que d’autres le produiront à ma place. Total ne représente que 1 % de la production mondiale. » Il faut arrêter de se défiler avec si je ne pollue pas d’autres le feront ! Quand on fait une erreur, il faut cesser de la faire car sinon la somme Totale des erreurs s’amplifie. Enfin Pouyannée fait confiance à la fée électricité : « Je prends comme défi pour Total de se développer dans l’électricité. Dans nos modèles, nous estimons que la demande mondiale de pétrole atteindra un plateau vers 2030, notamment parce que l’Europe et la Chine auront basculé vers le véhicule électrique.  Il faut que les gouvernements accélèrent sur les bornes de recharge. Total a besoin de soutiens publics massifs de soutien. » Encore un technolâtre qui croit aux lendemains qui chantent grâce à des politiques au service des multinationales et à des innovations qui ne peuvent exister sans ressources fossiles en abondance.

Pouyanné est un salaud d’hypocrite. Pouyanné dirige un des 5 groupes pétroliers qui ont dépensé 1 milliard d’euros en lobbying pour qu’aucune mesure contraignante ne soit adopté ces dernières années. Il distribue des dividende très importants même pendant la pandémie. Dans deux ou trois siècles, on regardera sûrement les patrons des multinationales qui dévastent la nature, asservissent leur main d’œuvre et manipulent les consommateurs comme on regarde aujourd’hui les seigneurs d’ancien régime qui pouvaient faire ce qu’ils voulaient de la vie des serfs. Aujourd’hui Patrick Pouyanné fait joujou avec les émissions de gaz à effet de serre, c’est un criminel endurci qui ne sera malheureusement jamais jugé. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 février 2018, L’aveuglement de Patrick Pouyanné, PDG de Total

extrait : Qu’on fasse des investissements ou non, un jour prochain le pétrole viendra à manquer, c’est une inéluctabilité d’origine biophysique. Alors autant se préparer déjà à la pénurie de ressources fossiles non renouvelables. D‘autant plus que lutter contre le réchauffement climatique implique de laisser la plus grand partie du pétrole sous terre, ce qu’oublie de dire Patrick Pouyanné ! L’essentiel est de diminuer nos besoins en énergie, tout le reste n’est que gesticulation financière…

8 novembre 2015, Mr Pouyanné, faut-il rompre avec les énergies fossiles ?

Extrait : LE MONDE ose la question qui tue : La décroissance est-elle une piste intéressante à explorer ? Patrick Pouyanné fait semblant de ne pas comprendre la question : « L’enthousiasme peut venir si l’on réfléchit à horizon de quinze ou vingt ans. Lorsque Total a investi dans le solaire, certains actionnaires nous ont critiqués. La rentabilité n’est pas immédiate. Il faut être patient.

15 février 2013, Oil Man : l’information Total qu’il ne fallait pas loup

extrait : La production de pétrole du groupe Total décline pour la 8ème année ! Les extractions de pétrole de Total se sont établies à 1,22 million de barils par jour (Mb/j) en 2012, en recul de 0,5 % par rapport à 2011. Le recul est de 19,2 % par rapport à 2007 et de 28 % par rapport à 2004, date du début de la baisse de la production du groupe. Le nombre de puits de pétrole exploités à part entière par Total a pourtant été accru de 40 % entre 2007 et 2011, essentiellement à travers des acquisitions.

21 février 2013, Droit de réponse contre l’avocat du groupe Total

extrait : Juste avant le premier tour, de la présidentielle LE MONDE laisse passer, est-ce un hasard de calendrier, un point de vue de l’avocat de Total titré méchamment « Eva Joly a une vision obscurantiste ». Cet avocat, Jean Veil, croit encore que l’or noir irriguera notre société pour des siècles et des siècles : « Sans le pétrole comment vivriez-vous, Eva Joly ? Sans le pétrole, pas de chauffage, pas d’électricité. Sans le pétrole, pas d’avion, pas de voiture, pas de train non plus. Iriez-vous en traîneau tiré par des rennes de Paris à Oslo ? Sans le pétrole, disparition de tellement d’autres choses, vos lunettes par exemple… »

Biosphere-Info, SARS-CoV-2 et choc pétrolier

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Un événement chasse l’autre. Les médias nous font passer avec trop de facilité d’une spectacularisation à une autre ; avant-hier le réchauffement climatique, hier le terrorisme, aujourd’hui la pandémie, demain… on en oublie la descente énergétique. On capte notre attention pour nous détourner de l’essentiel, nos lendemains seront de plus en plus difficiles. La tendance de long terme de ce système de production a été de détruire des emplois puisqu’on a substitué le pétrole à l’énergie humaine. La bonne nouvelle, c’est que l’inéluctable déplétion pétrolière multipliera les emplois intensifs en travail comme la culture du sol et l’artisanat. La mauvaise nouvelle, c’est que nos dirigeants, ignorant les contraintes biophysiques, vivent au jour le jour et veulent retrouver post-covid une croissance « business as usual ». C’est impossible durablement vu le blocage énergétique qui se profile, et quelles que soient les mesures de relance mises en place. Peu de gens restent lucides sur le rôle essentiel du pétrole, voici les différents avertissements de Jean-Marc Jancovici. suivie par notre synthèse sur la question énergétique. Une catastrophe n’a pas effacée la catastrophe précédente, il faudrait agir dans tous les domaines, instituer une stratégie globale de rupture avec la société thermo-industrielle.

09.04.2020, du pétrole ou pas: « Avec un baril qui se traîne aujourd’hui entre 20 et 30 dollars dans un contexte de surproduction massive, il serait déraisonnable d’expliquer que nous en manquons déjà. Et pourtant… Si l’indicateur retenu est la quantité produite par terrien et non la quantité produite globale, le premier pic est survenu en 1979. Jamais un humain n’avait autant utilisé de pétrole que cette année là, et jamais plus il n’en utilisera autant. Avec ce passage du pic de la production par personne, nous avons assisté, dans tous les pays occidentaux en même temps, à l’apparition du chômage, de l’endettement public, des services et de la mondialisation, c’est-à-dire la recherche de gains de productivité en allant chercher ailleurs du travail pas cher. En 2008, nous avons connu un nouveau pic de production, global cette fois, celui du pétrole conventionnel. Ce passage du pic conventionnel conduit la production mondiale à rester quasiment stable de 2005 à 2009, déclenchant un nouveau choc économique, la « crise des subprimes » qui vient heurter le mur de dettes qui s’est patiemment construit depuis le choc de 1973. Mais les pétroliers n’ont pas encore dit leur dernier mot, et la production repart grâce à deux ressources de fonds de tiroir : les sables bitumineux du Canada, et surtout les pétroles de roche mère des USA. Malgré cet apport, depuis fin 2018 la production a de nouveau cessé de croître. Cela va avoir une conséquence majeure pour nous. Cela fait 40 ans que le PIB mondial varie exactement comme la quantité de pétrole qui sort de terre (quel que soit son prix), parce que les transports sont le facteur limitant de l’économie mondiale. Quand le pétrole va se mettre à baisser de façon structurelle, le PIB va faire de même « un certain temps ». Les montagnes de liquidités qui seront déversées post-covid n’y changeront hélas pas grand chose. »

29.08.2019, Leçon inaugurale de Jean-Marc Jancovici à Sciences Po: « Les indicateurs monétaires ne font que suivre les indicateurs physiques. L’économie n’est qu’une machine à transformer des ressources naturelles. Par définition, l’énergie est la grandeur qui quantifie le degré de changement d’un système. Il n’y a donc pas de transformation sans énergie, et donc pas d’économie sans énergie. PIB ou CO2 faut choisir. Personne dans le discours politique ne le dit, à part Yves Cochet. Les politiques sont devenus paresseux, ils ne font pas l’effort de concevoir des programmes qui permettraient de vivre sous contrainte et de faire revenir du sens, ce qui ne se trouve pas dans l’idée de vouloir augmenter les résultats trimestriels. Un manque d’énergie signifie diminution de production, c’est un facteur limitant. Pas d’énergie, pas de PIB. Sans énergies fossiles, il n’y aura pas de croissance économique. Quand on ne pourra plus promettre la croissance, les arbitrages politiques vont devenir très violents. Marine Le Pen, enfant du carbone ! Tant que nous ne nous mettrons pas la décarbonisation de l’économie au sommet de nos politiques, ce qui nous attend au bout du chemin est hélas uniquement le chaos et le totalitarisme. Tant que la pédagogie du problème ne sera pas faite, ce sera l’impasse. »

Sur ce blog biosphere, nous sonnons le tocsin depuis longtemps :

18 mai 2019, Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

21 septembre 2019, + 7 °C en 2100 ou krach pétrolier en 2020 ?

17 septembre 2019, Bientôt le choc pétrolier ultime ?

24 août 2017, L’objectif, faire entrer le pétrole en politique ?

16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime

23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier

31 mars 2013, transition énergétique : rien sur le pic pétrolier !!!

10 décembre 2012, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

25 février 2012, campagne présidentielle française et déni du pic pétrolier

6 février 2012, pic pétrolier, pic de la mondialisation, pic de notre civilisation

16 février 2011, le pic pétrolier vu par les politiciens

15 février 2011, le pic pétrolier vu par Yves Cochet

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

13 février 2011, le pic pétrolier vu par Bernard Durand

30 décembre 2010, Crise ultime et pic pétrolier

4 décembre 2010, tout savoir sur le pic pétrolier

25 novembre 2010, pic pétrolier, le commencement de la fin

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

12 août 2010, la date du pic pétrolier

19 avril 2008, pic pétrolier (USA, Russie, etc.)

Bibliographie pétrolière

1979 Vivre sans pétrole de J.A.Grégoire

2003 Pétrole, la fête est finie (avenir des sociétés industrielles après le pic pétrolier) de Richard Heinberg

2005 la fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler

2005 Pétrole apocalypse d’Yves Cochet

2005 la vie après le pétrole de Jean-Luc Wingert

2006 le plein s’il vous plaît (la solution au problème de l’énergie) de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean

2009 la crise pétrolière (analyse des mesures d’urgence) de Bernard Durand

Climat, gare à la relance économique « grise »

« Tenter de remettre l’économie sur pied sans tenir compte de la trajectoire climatique serait faire preuve d’une myopie dangereuse. La baisse spectaculaire des prix du pétrole, qui se sont effondrés en même temps que l’activité mondiale, pourrait rendre tentante l’idée d’une relance « grise », qui s’appuierait fortement sur des énergies fossiles temporairement bon marché. La France doit se servir de cette crise pour renforcer ses ambitions climatiques… si nous ne le faisons pas dans ces circonstances, il y a peu de chances d’y arriver une fois que les vieux réflexes auront repris le dessus. » Ce n’est pas un dangereux écologiste qui a écrit cela, c’est l’éditorial du MONDE.

Il est en effet très probable qu’on va s’évertuer à rejouer le même air. Comme le pays va se prendre une énorme claque économique, Pôle emploi sera submergé d’inscriptions, le chômage partiel va se transformer en chômage total dans les secteurs du tourisme-restauration, sport, culture, bagnole, aérien… Ça va être le sauve qui peut général, la course au boulot, au client, au chiffre d’affaires. La crise sanitaire vient de repousser de 10 ou 20 ans la transition écologique. Le marché dit : ne raisonnez pas, produisez ! La publicité dit : ne raisonnez pas, consommez ! Le prêtre dit : ne raisonnez pas, croyez ! L’officier dit : ne raisonnez pas, exécutez ! Macron dit : ne raisonnez pas, retournez travailler ! Pourtant un confinement durable et généralisé serait le moment idéal pour mettre en œuvre le processus de destruction créatrice cher à Schumpeter. On doit accepter de perdre des emplois dans des secteurs polluants et non rentables compte tenu de leurs externalités, pour les transférer vers les secteurs réellement utiles à l’échelle de la société. Seul l’État ou la responsabilité cumulée de tous les consommateurs conscientisés ont les moyens de le faire puisque les externalités ne se mesurent qu’à l’échelle de la société entière. A l’échelle des entreprises, tant que les externalités ne leur seront pas taxées, il y a peu d’espoir de réorientation significative des investissements.

Nicolas Hulot affirme à juste titre que la nature exprime avec ce virus « une sorte d’ultimatum ».On verra quel sera le degré d’adaptation de l’espèce homo sapiens-demens face à un danger cette fois-ci irréversible, le réchauffement climatique pour lequel il n’y aura plus d’espoir de traitement ni de vaccin. Un seuil a été dépassé, le seuil de liaison entre le capitalisme fondé sur le crédit et les ressources naturelles qui sont la base de toute richesse réelle. L’espoir d’une nouvelle phase A (le moment de la reprise économique analysé par Schumpeter) du cycle Kondratieff, cet espoir est vain. Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle, nous sommes dans la phase terminale du capitalisme. De l’argent public va être massivement emprunté aux générations futures pour remettre la machine en route, le moins que nous leur devons c’est de penser à eux dans notre façon de l’investir pour leur éviter la double peine. On doit supprimer des millions d’emplois dans les secteurs qui reposent sur les énergies fossiles pour les remplacer par des emplois de maçons spécialisés dans l’isolation des immeubles, dans le retour de la paysannerie et la systématisation de l’artisanat. Il n’y aura de sobriété énergétique et de rupture écologique que sur un champ de ruines. Les années qui arrivent s’annoncent passionnantes.