énergie

Emmanuel Macron, pour ET contre le nucléaire

février 2017, Emmanuel Macron : « Ça n’est pas bon d’avoir 75 % de notre énergie électrique qui dépend du nucléaire ». Aucun nouveau projet de centrales ne figurait donc à son programme de présidentiable.

Novembre 2018, le président Macron estime que « Le nucléaire reste une piste prometteuse pour continuer à pouvoir compter sur une énergie fiable, décarbonée et à bas coût »,

Décembre 2020,  Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire »

novembre 2021, Emmanuel Macron souhaite « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays… lLatome  garant de l’indépendance énergétique de la France reste le chemin le plus rapide vers la neutralité carbone en 2050 »

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

5 janvier 2022, Macron a vanté l’atome mais ans préciser ce que recouvre son plan dans les faits : combien de réacteurs, où, quand et pour quel coût ?

Olivier Faye : Sur les six scénarios présentés par le Réseau de transport d’électricité (RTE),, un seul envisage d’alimenter entièrement la France par les énergies renouvelables. Le plus cher… (Mais) un projet de nouvelles centrales fleure bon la nostalgie des années 1970, quand Georges Pompidou et son premier ministre, Pierre Messmer, décidèrent de tout miser sur l’atome, devenu fleuron national dans l’imaginaire collectif. « Si quelqu’un d’autre est élu, il pourra tout arrêter », reconnaît François de Rugy. Une saute de vent est vite arrivée.

Commentaires sur lemonde.fr :

François R. : cet article d’Olivier Faye est factuellement faux en écrivant « Sur les six scénarios présentés, un seul envisage d’alimenter entièrement la France par les énergies renouvelables. »
Sur les 6 scenarios RTE, la moitié envisage le 100% renouvelable, 1 dès 2050, et 2 autres à l’horizon 2060. Aucun nouveau réacteur (EPR) ne serait lancé dans ces scenarios. Merci de corriger ce point !

Lire, Électricité, les scénarios de RTE pour 2050

Amiral Bragueton : Invoquer l' »indépendance énergétique de la France » (bien insister sur la « Frrrance », en y mettant une pointe d’émotion et beaucoup d’autorité, comme si la France, c’était vous)…quand on sait que les mines d’uranium sont au Kazakhstan, en Australie… Mais bon, les défenseurs de l’atome, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît…

Matdread : Sans déconner comment on peux encore promouvoir le nucléaire, où se situent les mines d’uranium qui alimentent tout ça ? Apparemment Australie, Canada, Kazakhstan et Niger, on voit déjà que la situation géopolitique de la moitié des approvisionnements peut-être compliquée, et même l’Australie n’est pas un partenaire très fiable… Et n’espérez pas rouvrir des mines en France, on a déjà une liste d’anciennes mines de la cogema qui continuent à polluer…

PHILEMON.FROG : La décarbonation est l’alibi des productivistes qui y ont été indifférents toute leur vie, croyant en la croissance éternelle, et qui ne parviennent pas à remettre en cause leurs schémas de pensée. Le nucléaire prolonge un peu ce rêve mais cette énergie est, quoi qu’on veuille, condamnée : épuisement dans moins d’un siècle des réserves exploitables à coûts soutenables, ce qui rend absurdes les investissements ; limites technologiques : projet Astrid (4ème génération) repoussé après 2050 ! EPR, naufrage technologique et budgétaire hallucinant ; dépendance vis à vis de gisements à 80 % dans des pays instables géopolitiquement ; risques de sécurité majeurs ; problématique insoluble des déchets, etc. Le projet nucléaire est exclusivement idéologique et lié à une génération qui va passer. Macron dorlote celle-ci et tente de rameuter un électorat de droite. Mais rappelons qu’il faut d’abord é-co-no-mi-ser l’énergie ! Et l’horizon n’est ni 2050 ni 2037 mais 2030 !

Elis : Si tous les ÉPR multiplient par quatre leurs budgets, le scénario du nucléaire devient le plus cher. On veut préserver la vie humaine sur la planète en dé- carbonnant l’électricité et en même temps on charge de la gestion des déchets, les générations des 10000 prochaines années et même plus. Tout cela pour ne pas remettre en question nos trains de vie d’occidentaux gâtés. Après moi le déluge! Lire l’article de N Truong qui émet l’hypothèse que c’est le refus de cette réalité du changement en cours qui est à la source de l’ultra droitisation de la société qui préfère se faire peur en se focalisant sur les migrants ou le féminisme !!!

Michel SOURROUILLE : La stratégie nucléaire repose sur un avenir pensé comme identique au passé, basé par exemple sur le véhicule individuel qui ne serait plus thermique mais électrique. Or la voiture comme objet de consommation de masse est un phénomène récent, moins de 100 ans ; la déplétion des ressources énergétiques vont rendre ce luxe inabordable. Les choses débutent, prennent de l’expansion puis meurent, c’est la vie. L’énergie n’est pas donnée, elle est volée à la nature. La seule vraiment renouvelable à portée de notre main, c’est notre énergie physique. Notre avenir, c’est de remplacer l’énergie exosomatique par des tâches simplifiées le plus possible manuelles. Quand des étudiants des grandes écoles se mettent au maraîchage ou à l’artisanat, c’est la preuve qu’ils ont bien compris où va notre futur.

Lire, En marche… vers la sobriété partagée

Nucléaire, trop coûteux pour être valable

Entre 1976 et 1990 (14 ans), la France a mis en service 48 réacteurs, entre 1990 et 2010 (20 ans), 8 réacteurs à eau pressurisée dite de deuxième génération. Entre 2010 et aujourd’hui, rien, zéro.

Lire, tout savoir sur le nucléaire

Adrien Pécout : « Le chantier du réacteur nucléaire EPR (European Pressurized Reactor) de « troisième génération » à Flamanville connaît retard et surcoûts. EDF a commencé le chantier de l’EPR en 2007, et visait initialement une mise en service… pour 2012. La date de chargement du combustible dans la cuve du futur réacteur a été décalée de fin 2022 au second trimestre 2023. Le coût de construction était estimé à l’origine à 3 milliards d’euros, il est passé à 12,7 milliards d’euros annonce l’entreprise. En juillet 2020, la Cour des comptes considérait même que le coût total du chantier s’élèverait à plus de 19 milliards d’euros. »

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Les deux premiers EPR à être entrés en fonctionnement dans le monde, en 2018 et 2019, se trouvent en Chine, à Taishan. Un phénomène d’usure mécanique de certains composants d’assemblages  a déjà conduit à l’arrêt, en juillet 2021, de l’un d’eux. 

Lire, Taishan, une centrale nucléaire en difficulté

Malgré les problèmes constatés sur le chantier de Flamanville-3, Emmanuel Macron, qui ne doute de rien même contre l’évidence, avait annoncé le 9 novembre 2021 son intention de « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». On se contente de cherche désespérément comment accroître l’offre, le nucléaire un jour, l’hydrogène un autre jour, les agrocarburants parfois, la recherche du mouvement perpétuel le plus souvent. Mais absolument personne ne parle des nécessaires économies d’énergie.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Le nucléaire classé énergie « verte » et le gaz « énergie de transition », la taxonomie européenne ou classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 se révèle pour ce qu’elle est, un exercice purement politicien. Le propre de l’oxymore est de rapprocher deux réalités contradictoires. Nucléaire vert, moteur propre, développement durable, agriculture raisonnée, financiarisation durable, vidéoprotection, etc. La montée des oxymores constitue un des faits révélateurs de la société contemporaine. Ces zombies nous suggèrent perfidement la possibilité de concilier l’inconciliable, c’est du pur greenwashing (écoblanchiment).

À lire, Croissance verte, l’oxymore de la Banque mondiale

Le Monde avec AFP : La Commission européenne a dévoilé le 31 décembre 2021 un projet de labellisation verte pour les centrales nucléaires et à gaz qui vise à faciliter leur financement. Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont exigées.

Le débat sur lemonde.fr :

Ericdesaintpaul : investir sur des éléments radioactifs qui ont une durée de vie de millions d’années : OUI c’est durable ( en terme de pollution surtout) !

Vince : Durable le nucléaire? Les chantiers durent extrêmement longtemps, s’ils aboutissent un jour, les déchets durent encore beaucoup beaucoup plus longtemps, et ça va encore durer très longtemps pour trouver quoi faire avec, s’il y a un accident ça va durer TRÈS longtemps avant qu’on puisse habiter la zone, et les cancers vont durer, durer, durer. Le démantèlement, n’en parlons pas… Le nucléaire, c’est donc vraiment durable !

PHILEMON.FROG : Rappelons les données de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur les réserves d’uranium : les ressources mondiales connues, dont le coût d’extraction est supportable(inférieur à 130 dollars/kg) = 6 Mtonnes = juste 1 siècle de consommation au rythme actuel. A un coût supérieur de 130 à 260 dollars/kg, les réserves non exploitables aujourd’hui techniquement (eau de mer) = 7,5 Mt de réserves estimées. Cette réserve additionnelle, si on met au point les techniques pour l’extraire, fournirait un peu plus d’1 siècle de consommation au rythme actuel. Enfin, des études spéculatives évaluent à 10,5 Mt de réserves hypothétiques dont le coût d’extraction n’est pas concevable. Bref ! En gros, si on augmente la consommation d’uranium, dans 50 à 75 ans, il n’y aura plus de réserves ! Ajoutons que seulement 40 % des réserves connues se trouvent dans des pays de l’OCDE..

LaVénalitéenMarcHe : La seule chose de durable dans cette filière, est la lenteur des démantèlements, la durée de toxicité des déchets, et le sacrifice d’une région en cas d’accident. 1 : le principe de précaution élémentaire exige de ne PAS développer une industrie basée sur un risque aussi fou, totalement disproportionné par rapport à l’utilité du produit. 2: la production de déchets ingérables est totalement inadmissible. 3 : produire une énergie abondante ne peut pas contribuer à réduire les GES. Car une énergie abondante, c’est une surconsommation abondante d’autres ressources polluantes : pétrole (plastiques…), malbouffe (engrais pétrochimiques…), fringues (plastiques encore), etc. La sobriété de la consommation ne peut passer que par une sobriété de la production énergétique : c’est une évidence toujours nécessaire à rappeler.

Françoise B. : Pas de gaz à effet de serre, oui, quand la centrale est en activité. Mais pour la construire ? L’entretenir ? La démanteler ?

Manon Boquen : « à Brennilisl, a centrale nucléaire an fonctionné de 1967 à 1985 ; le bloc réacteur, 64 000 tonnes de déchets radioactifs, n’est toujours pas démantelé. Une enquête publique est organisée jusqu’au 3 janvier 2022 pour que toute personne intéressée expose son point de vue s : « Approuvez-vous ou non le plan de démantèlement complet proposé par EDF ? » Le dossier de 2 500 pages peut refroidir bien des ardeurs. Et le nucléaire ne mobilise plus. « La radioactivité, ça ne se voit pas, ça ne se sent pas, donc les gens s’en fichent », déplore une habitante ; elle milite pour que l’installation reste en l’état, le temps que la radioactivité diminue. La commission de l’enquête publique présidée par Danielle Faysse rendra son rapport courant février 2022, pour de potentiels débuts de travaux en 2023. »

Éditorial du MONDE : La taxonomie consiste à définir ce qu’est une activité économique durable afin de flécher les financements dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe. Ainsi, soixante-dix secteurs d’activité, représentant 93 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire européen (construction, transport, industrie ou encore énergie), ont été passés au crible… Sans gaz et/ou nucléaire, la neutralité carbone et la limitation du réchauffement climatique seront extrêmement difficiles à tenir dans les délais, sinon au prix d’un changement rapide et profond de mode de vie, difficilement acceptable à ce stade par l’opinion publique… Nucléaire et gaz disposent de l’immense avantage d’être pilotables, c’est-à-dire d’être utilisables à tout moment, même lorsqu’il n’y a pas de vent pour faire tourner les éoliennes ou de soleil pour alimenter les panneaux solaires… Dans le débat énergétique, il n’existe pas de solution miracle.

Lire, Taxonomie ou L’art de classer ce qui est bien ou mal

Nouveau débat sur lemonde.fr par rapport à l’éditorial :

Ecolo-geek : On ne dit pas merci au Monde pour cet édito. Le gouvernement sait très bien expliquer ces choix lui-même… On préférerait une approche plus critique et surtout ne pas voir invoquer le réalisme là où on pourrait tout à fait parler d’irresponsabilité…

Frog : Deux choses me scandalisent : 1) Qualifier de « verte » l’énergie nucléaire relève du pur greenwashing et sert à entretenir les populations dans l’idée que cette énergie serait fiable et sécurisée, ce qui n’est absolument pas le cas. « Décarboné » est le seul terme envisageable – et encore, car tout a un coût carbone. 2) Ce débat autour de l’énergie éclipse le débat qui devrait être le premier : comment économiser l’énergie ?!!! Pendant que nos politiques comptent sur le nucléaire, on étend toujours plus les zones urbaines pour utiliser toujours plus la bagnole, on vit dans des passoires thermiques avec des aides à la rénovation indigentes, on consomme n’importe quoi à l’autre bout de la planète dans une économie mondialisée… A un moment il serait temps de redevenir raisonnable !!!

moussila : J’avoue que faire passer le gaz naturel du problème à sa solution est quand même un sacré tour de passe-passe. On va se servir d’une énergie fossile pour résoudre le problème lié aux énergies fossiles? C’est grandiose ! Y en a qui osent tout… Le gaz « naturel » n’est pas du tout une énergie propre. A énergie équivalente, il n’émet que 20% de moins de GES que le pétrole (type gazole ou essence), et plus de la moitié de ce qu’émet le charbon. Et delà veut-il dire qu’il y aura un financement européen pour de nouvelles infrastructures gazières et explorer de nouveaux gisements ? Ce serait tout simplement scandaleux.

Alerte, l’envolée des prix du gaz en Europe

Nous avons un sentiment croissant d’insécurité, dérive alimentaire, érosion des ressources, surpopulation… Alerte, Alerte, Alerte. Mais pour ne pas avoir d’insomnies, nous avons adopté plusieurs stratégies. Le déni (« c’est des conneries »), la croyance (« La science trouvera bien une solution »), le greenwashing (« j’achète des crédits carbone »), le n’importe quoi (« avec la croissance verte, tout est possible »). Nous nous refusons à aborder les problèmes de fond, ainsi la pénurie de gaz qui nous pend au nez.

Eléa Pommiers : Les prix du gaz européen connaissent une hausse spectaculaire depuis plusieurs mois, et la tendance ne s’inverse pas ; c’est un « choc gazier ».. Or l’Union européenne (UE) est dépendante du reste du monde pour sa consommation d’énergie : 60,7 % de sa consommation énergétique sont satisfaits par des importations. Pour le gaz, qui représente plus de 21 % de sa consommation d’énergie finale en 2019, elle est dépendante des approvisionnements extérieurs à 90 %. De nombreux incidents dans les pays exportateurs de gaz ont provoqué un resserrement de l’offre mondiale… Il existe une concurrence sur le marché du gaz à l’échelle mondiale entre l’Europe et l’Asie… L’entrée dans l’hiver 2021-2022 laisse présager une nouvelle hausse de la demande d’énergie pour se chauffer… Vladimir Poutine se sert du gaz comme d’une arme diplomatique…

à lire, Gaz à tous les étages, notre mode de vie dans l’impasse

Comme d’habitude, l’article du MONDE ne traite que d’événements conjoncturels sans s’intéresser à l’avenir. Or le gaz naturel est une ressource non renouvelable qui devrait atteindre son pic de production entre 2030 et 2040. Ce qui veut dire qu’il sera impossible de conserver le gaz à tous les étages et le confort qui va avec. Il en va du pic gazier comme du pic pétrolier, la pénurie nous menace. Le seul moyen d’éviter une explosion des inégalités et de la précarité, ce serait d’instituer un système de rationnement de l’énergie, un quota carbone égal pour tous et échangeable. Entre le règne du chacun pour soi ou le choix collectif de la sobriété partagée, nous ne pouvons pas savoir à l’avance ce qui l’emportera. Mais si on en croit l’expérience de notre passé historique, il y aura la violence des riches et le fatalisme des pauvres…

à lire, Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Jean-Marc JANCOVICI devient malthusien

Le spécialiste de l’énergie Jean-Marc Jancovici nous montre clairement que l’augmentation de la population est un multiplicateur des menaces, ce que s’acharne pourtant encore à ignorer bon nombre de personnes qui se disent écologistes. Voici un résumé de sa dernière publication,  une BD (Le monde sans fin) dont nous espérons que cela a été votre cadeau de Noël à toute la famille.

Lire aussi, Jancovici nous pousse hors zone de confort

p. 49 et suivantes (le texte, sans les dessins) : : Depuis deux siècle, tu vois (sur le graphique) une augmentation de la population qui tient plus de l’hyperbole que de l’exponentielle. Début de la révolution industrielle, 0,5 milliards d’humains ; 1800, un milliard ; 1930, deux milliards ; 1960, trois milliards ; 1975, quatre milliards  ; 1985, cinq milliards ; 2000, six milliards ; 2019, plus de 7,5 milliards. Est-ce que cet accroissement spectaculaire aurait pu avoir lieu sans énergie abondante ? Et si on entre dans une décrue énergétique forte, va-t-on rester 7 ou 8 milliards ? Ce n’est pas complètement sûr. C‘est même assez certain que nous ne connaîtrons pas un monde qui prolongera la tendance que nous avons connu dans le passé…

Lire, Jancovici, « sans pétrole t’es plus rien »

Entre 1930 et 2000, la génération de mes parents, la consommation d’énergie des machines a été multipliée par 10 et leur puissance a plutôt été multipliée par 50. Comme l’énergie est la marque de la transformation, la pression de l’humanité sur la planète augmente aussi vite que la quantité d’énergie qu’on utilise. Reprends le tableau de l’évolution de la population. Multiplie le chiffre qui correspond à chaque année par la quantité d’énergie mobilisée par personne. Ça te donne un bon ordre de grandeur de la pression humaine sur l’environnement. Malheureusement, notre vaisseau spatial de 13 000 km de diamètre ne peut pas supporter une pression constante sans avoir des avaries de tous les bords. Ou on fait un effort qui va nous coûter, mais qui évitera la panne. Ou on attend la panne.

p.122 et suivantes : L‘équation de Yoichi Kaya ne résout pas tous nos problèmes, mais ça donne une idée de leur taille :

GES = GES/E x E/PIB x PIB/POP x POP

GES, gaz à effet de serre, c’est-à-dire la quantité totale de gaz à effet de serre émise par les activités humaines

GES/Énergie, la quantité de gaz à effet de serre émise par une quantité donnée d’énergie

E/PIB, la quantité d’énergie nécessaire à la production totale de biens et services dans le monde

PIB/POP, le PIB par habitant, c’est-à-dire le niveau de vie moyen

POP, Population

On doit diviser le GES par 3 d’ici 2050, reste à savoir comment. En divisant la population par 3 ? La famine et les épidémies peuvent y parvenir. La guerre plus difficilement. A moins qu’elle facilite la famine et la maladie. La grippe espagnole en 1918 a tué plus de gens et plus rapidement que la seconde guerre mondiale. La grande peste du XIVe siècle a divisé la population par 2. Ça, c’est du sérieux. Sinon, il y a le contrôle des naissances, sujet délicat… Bâton merdeux tu peux dire.

Si on prend les projections démographiques, qui ne sont que des projections, la population devrait être multipliée par 1,25 d’ici 30 ans.A moins d’une pandémie fulgurante… ou d’une bonne vieille météorite. Les termes restants, il faut maintenant les diviser, non plus par 3 mais par 3,75 (soit 3×1,25)…

On prend le PIB par personne ? Qui est d’accord pour faire çà ? La France, pour sauver son régime de retraite, compte sur une croissance de 2 % par an. Croissance, croissance, croissance, croissance…

Il ne reste plus qu’à demander aux ingénieurs de diviser les termes restants par 10, c’est-à-dire gagner en efficacité énergétique. Tu comprends qu’à cette vitesse de réduction d’émissions, ça passe par une limitation des activités, donc des richesses, accompagnée d’un risque de déstabilisation sociale.

La vitesse à laquelle il faut réformer le système n’est pas compatible avec le maintien d’une liberté individuelle accompagnée du niveau de vie auquel on est habitué aujourd’hui. Tout débat sur la liberté individuelle est passionnel. Tu as une opposition entre l’urbain de centre-ville qui vit à côté de son boulot et la banlieusard qui doit prendre sa voiture pour aller bosser. Le tissu urbain moderne a été fait par et pour la voiture. On te dit maintenant, « Ne prends plus la voiture ». Tu gueules, « C’est de l’injustice ». Si tu veux limiter les naissances, tu te met à dos tous les courants religieux. Si tu parles décroissance, c’est pareil, pouvoir d’achat contre décroissance. Peut-on continuer à avoir une abondance de biens, de services, de croissance avec une population croissante ? La sobriété et la pauvreté sont deux manières de consommer moins, la première est choisie, la seconde subie, généralement dans la violence… L’approvisionnement fossile devant décliner, le temps se chargera de nous pousser vers la pauvreté.

La planète nous dit : « A cause des dommages que la croissance me fait subir, vous croyez vous enrichir alors que vous vous appauvrissez. A moins de changer les conventions de la macroéconomie. Et arrêtez de considérer le PIB comme l’indicateur unique. »

Lire, Extraits du discours décapant de Jean-Marc Jancovici (en 2017)

p.190 : Aujourd’hui nous avons un sentiment global d’insécurité, dérive alimentaire, érosion des ressources, surpopulation… Alerte, Alerte, Alerte. Pour calmer notre cortex, nous avons plusieurs stratégies. Le déni (« c’est des conneries »), la croyance (« La science trouvera bien une solution »), le greenwashing (« j’achète des crédits carbone »), le n’importe quoi (« avec la croissance verte, c’est possible »). Tout ça, ce sont différentes formes de déni.

Source : BD, Le monde sans fin (éditions Dargaud, 2021)

Du miracle énergétique à la dérive climatique, texte de Jean-Marc Jancovici et dessins de Christophe Blain.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

La sobriété est devenue une nécessité absolue… qui reste pourtant l’angle mort de notre société de consommation. La simplicité volontaire de certains n’est qu’un premier pas, les politiques publiques doivent soutenir le mouvement général de basculement. Pour faire passer la purge des économies d’énergie et de la sobriété partagée, non seulement les politiciens devraient imposer un revenu maximum admissible (3 fois le salaire minimum par exemple), mais ils devraient rendre obligatoire à l’école l’apprentissage de la tempérance. Quant aux parents, ne pas offrir de cadeaux pour Noël serait un grand pas dans le bon sens.

Lire, En marche… vers la sobriété partagée

Perrine Mouterde : Plusieurs « scénarios » visant à atteindre la neutralité carbone, celui de négaWatt, du Réseau de transport d’électricité, de l’Ademe ou de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Il en ressort un messages convergents, cet objectif exigera de réduire drastiquement nos besoins. Même le gouvernement français le dit par le biais de sa stratégie nationale bas carbone, il faut une réduction par deux de la consommation globale d’énergie. Or s’interroger sur ces besoins ne va pas de soi. L’énergie n’a plus de visibilité, de réalité physique, ce que l’on consomme est totalement abstrait…

Lire, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

La nécessité de réfléchir collectivement à la notion de sobriété s’impose, mais cette notion, largement absente du débat public, est éminemment clivante. Sommes-nous prêts à remettre en cause la manière dont nous nous déplaçons, dont nous occupons nos logements, dont nous mangeons ? Ou souhaitons-nous préserver nos modes de vie actuels, quitte à rendre l’atteinte de nos objectifs climatiques impossible ? La sobriété, ce n’est ni un scénario du Moyen-Age ni un scénario où les trains s’arrêtent quand il n’y a plus de vent pour faire tourner les éoliennes, mais c’est clairement un scénario où le pacte de société n’est plus le même. Espérer atteindre la neutralité carbone implique de sortir totalement des fossiles, de développer les énergies renouvelables non électriques, de réformer les systèmes agricoles et alimentaires, de préserver les forêts et les océans qui sont des puits de carbone, de repenser le modèle de développement économique, l’organisation du territoire… Le défi est systémique et toutes ses dimensions doivent être prises en compte.

Lire, La transition écologique nécessite une déstructuration

Il y a urgence à agir, mais cela ne peu se faire qu’avec l’assentiment de la population et c’est là où le bât blesse. Un objectif de baisse du pouvoir d’achat n’a aucun chance d’aboutir. Et pour l’heure, on ne peut que s’inquiéter de la pauvreté des discussions sur l’écologie dans la campagne présidentielle. Il y a incapacité des Français et des dirigeants à se projeter dans l’avenir et à porter une vision de ce que pourrait être une société de la neutralité carbone en 2050.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Notre plus ancien article sur la question de la sobriété :

13 janvier 2009, sobriété énergétique ?

Nicolas HULOT et l’AVION

L’avion est comme la ville, un endroit inhumain, sans horizon, où l’on ne respire pas un air sain, où l’on vit sans possibilité d’évasion, de sortie, d’exception. Aujourd’hui, en avion, en voiture et même en train, on ne voyage plus, on se déplace ; témoin inconscient d’un spectacle trop rapide que l’esprit ne peut fixer. Pour moi l’avion n’était qu’ un métro. Si j’ai l’instinct voyageur, c’est vrai aussi que j’ai l’esprit casanier. J’aime bien m’installer dans un lieu durable. Comme un arbre aux racines étalées, mais qui ne s’incrustent pas dans la terre. Partir me demande un effort, mais demeurer m’est impossible car l’instinct de découverte me stimule : c’est ma contradiction.

En 1991, je faisais un livre, « États d’âme », à partir des anecdotes de mon expérience de baroudeur. Mais j’aimais encore plus lire qu’écrire : picorer les cinq continents, c’est cent jours d’avion, donc cent jours de lectures. Je fréquentais à l’époque des maîtres à penser, aussi bien Paul-Emile Victoire que Théodore Monod. Quand je traversais les fuseaux de notre planète au rythme des avions de ligne, à la cadence parfois accélérée de mes voyages professionnels, je prenais conscience que notre terre se résume à quelques îlots d’opulence entourés d’océans de misère et de détresse.

Dès lors que l’on s’inscrit dans le luxe, comme quand on prend l’avion, il faudrait automatiquement prélever une somme qui soit reversée à un fonds au mécanisme approuvé : l’aide alimentaire, l’accès aux soins, l’éducation… A partir du moment où l’on prétend au voyage, on s’inscrit comme citoyen de la planète et il est alors évident que l’on doit contribuer à un élan de solidarité. Le trafic aérien a été exclu du protocole de Kyoto, et par ailleurs le kérosène des avions n’est pas taxé… si bien qu’il coûte beaucoup moins cher que l’essence utilisée par les automobilistes. Ce n’est pas normal. Mettre 20 tonnes de pétrole dans un avion pour emmener 180 Français à Venise n’a pas de sens. Les hommes peuvent exprimer leurs inquiétudes sur la dégradation du climat d’un ton fort grave pour aussitôt les oublier, acheter une nouvelle voiture, mettre la climatisation ou prendre l’avion pour partir en vacances. Je ne pense pas que le fait d’accomplir les choses au seul motif que nous pouvons ou savons les faire soit une expression bien haute de notre liberté.

NB : Les extraits précédents ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

Déprime existentielle dans l’aéronautique

Une nouvelle génération d’étudiants s’interroge sur l’avenir de l’aviation civile dans un monde en surchauffe. Les écoles misent sur les technologies de rupture, mais la décroissance des flux aériens n’est plus un sujet tabou. Margherita Nasi :

– ISAE-Supaéro, l’école d’ingénieurs qui forme les bataillons de l’industrie aéronautique : en 2020, 710 étudiants du secteur de l’aéronautique, dont 335 de l’ISAE-Supaéro, ont publié une tribune plaidant en faveur de reconversions industrielles et d’une réduction du trafic aérien.

– Le directeur des études de l’ENAC : « Le débat est particulièrement clivant, avec des questionnements brutaux remettant en cause l’existence même du secteur ». L’école va mettre en place vingt heures de tronc commun pour tous ses étudiants sur les relations entre climat et transport aérien.

– Un professeur en aérodynamique à l’ISAE-Supaéro : « Les étudiants ressentent une forme de déprime existentielle alors que, pour une partie de la population, il n’y a rien de plus grotesque que de mettre des avions dans l’air et d’envoyer des fusées dans l’espace »,

Un étudiant : « En réalité, la culture de l’aviation imprègne chaque exercice. Cette coloration m’a inquiété, parce que je suis très porté sur l’écologie. »

Lire, L’aviation au banc des accusés, coupable !

– Francis Pollet : « Interdire le Paris-Marseille en avion, c’est supprimer la première commande d’avion électrique. Et puis, les gens ont envie de voyager. Je vous garantis que l’été prochain, on va battre des records de billets low cost pour aller très ilon ».

– Jean-Marc Moschetta : « A Airbus, on s’inquiète : si leurs futurs cadres commencent à dire qu’il faut arrêter le trafic aérien et se mettent à la permaculture, autant démonter les aéroports et réactiver les diligences. Si nous n’inventons pas les avions et les fusées propres de demain, qui va le faire ? »

– Olivier Lesbre : « Il nous faut encore du temps pour décarboner l’aviation, mais ce n’est pas dramatique : l’aviation civile représente environ 2 % des émissions mondiales de CO2. Si on casse l’industrie, on aura du mal à inventer des solutions. »

Réactions sur lemonde.fr :

Pakko : Chaque jour un petit coup de canif dans nos certitudes . Les mythes tombent, les impasses apparaissent (état réel de la planète, foi dans le progrès, croissance génératrice de bonheur, supériorité de notre modèle ). Aujourd’hui c’est le tour du gratin des ingénieurs de le reconnaître , viendra celui des économistes et décideurs… Jusqu’à l’acceptation (maîtrisée ou contrainte) de la décroissance et la fin du mythe prométhéen du génie illimité, scientifique et technique, humain

zeOurs : A ceux qui veulent à tout prix tuer l’avion: je suppose que vous êtes tous cyclistes, non fumeurs, végétariens, dans un appartement de petite surface, parfaitement isolé? (il y a un intrus dans la liste, le trouverez-vous?)

Lire, Léonore Moncond’huy, seule contre les avions

Ducalme : L’aviation, un peu plus de 2 % des émissions de CO2. Ma contribution, la vôtre, l’intérnet et les réseaux sociaux 4 % des émissions de CO2 et je vous laisse imaginer ce qui croit le plus (on atteindrait 8% en 2025). L’aviation doit donc faire des efforts et contribuer comme tout le monde mais c’est inutile de la mettre au pilori.

Lire, gaz à effet de serre de l’aéronautique, ça flambe

Tiouriret : Bientôt, deux ou trois écoles d’ingénieurs aéronautiques suffiront dans le monde. Ils concevront les vaisseaux spatiaux par lesquels quelques ultra riches rejoindront leurs planètes personnelles, non polluées, vivables, alors que le port du masque à oxygène sera obligatoire sur Terre, dès la naissance.

Nicolas Hulot et le NUCLÉAIRE CIVIL

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Que faire dans un gouvernement pro-nucléaire ? C’était début juillet 2017. Fraîchement nommé ministre de la transition écologique et solidaire, j’annonçais sur RTL qu’il faudrait fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs nucléaires » d’ici à 2025 pour faire descendre la part de l’atome dans la production électrique française à 50 %. Mi-juillet 2017, j’en appelle à EDF pour accompagner la révolution énergétique en cours. Pour diminuer réellement la part du nucléaire, il faut remettre les choses à plat, engager des trajectoires planifiées notamment sur un plan social et économique. On ne peut fermer des centrales sans prendre en compte la réalité des emplois. Nous devons modéliser les scénarios et construire ces trajectoires de transition.

Or Emmanuel Macron est pronucléaire, comme tous les présidents antérieurs, droite et gauche confondus : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Mais dans le programme du présidentiable Macron, il était aussi écrit : « Nous réduirons notre dépendance à l’énergie nucléaire, avec l’objectif de 50% d’énergie nucléaire à l’horizon 2025. Nous prendrons nos décisions stratégiques une fois que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) aura rendu ses conclusions, attendues pour 2018, sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans. La fermeture de la centrale de Fessenheim sera confirmée. Elle interviendra au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville. » L’idée macroniste de considérer « en même temps » la sortie du nucléaire et sa relance pose un problème de fond, une politique énergétique est un exercice de longue haleine. Devenu ministre de l’écologie, je cultive désormais la même ambiguïté. Au lendemain de ma nomination, j’avais déclaré que la part du nucléaire en 2025 devait être de 50 % « et en même temps » que la démonstration se fera peut-être, chemin faisant, qu’on peut aller au-delà de 50 %, ou au contraire que le développement des énergies renouvelables est plus lent que prévu. Or la plupart des cinquante-huit réacteurs du parc hexagonal ont été mis en service entre la fin des années 1970 et celle des années 1980. Ils approchent donc du seuil de quarante ans d’exploitation, la durée de vie pour laquelle ils ont été conçus. D’ici à la fin du quinquennat en cours, vingt-trois d’entre eux auront atteint cet âge. Il faut donc de toute urgence savoir décider. C’est compliqué.

Que l’on soit pour ou contre le nucléaire, chacun doit être d’accord que l’on ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il faut rééquilibrer le mix énergétique et cela donnera une liberté et une indépendance plus grandes à la France. Il faut combiner plusieurs impératifs, ne pas se mettre dans une situation de rupture de stock. L’hiver dernier, nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe, c’est pourquoi j’ai dans la loi hydrocarbures pris des dispositions sur le stockage de gaz. L’horizon énergétique pour 2025, c’est seulement une date « butoir », symbolique. D’ailleurs j’avais aussi évoqué 2030, 2035… les échéances ne sont que fictives, politiquement déterminées, pratiquement sans effet. J’étais tenu par les diktats d’EDF, la défense de l’emploi, les 70 % de l’électricité provenant des 58 réacteurs français. Je voulais prendre en compte l’ensemble des critères (climatiques, énergétiques, sociaux, ou encore la sûreté des centrales), étudier la faisabilité des fermetures pour mettre l’État, cette fois-ci, en situation de tenir ses objectifs. Je voulais faire la jonction avec l’ensemble de la société, mais j’étais bien seul au ministère. J’ai donc été pris au piège du politique obligé de faire des compromis. Il faut dire que je suis arrivé dans une situation où le gouvernement Hollande avait brassé de l’air. Je pensais naïvement en arrivant à mon poste qu’un plan pour réduire à 50 % de nucléaire dans la production électrique avait été prévu dans la foulée de l’adoption de la loi de transition énergétique en 2015. Mais rien n’avait été concrètement mis en œuvre, au cours du mandat précédent ! La loi sur la transition énergétique avait été une course de lenteur. C’est à l’image de beaucoup de choses pendant les cinq ans du gouvernement socialiste : tout a été fait pour gagner du temps. Il m’a fallu bien du courage pour annoncer le 7 novembre 2017 à la sortie du conseil des ministres que l’objectif de 50 % était irréaliste. J’ai même subi les foudres de la FNH, l’association que j’avais moi-même fondé. Auparavant, sur le CETA ou encore les perturbateurs endocriniens, l’ONG avait attaqué le gouvernement ou le chef de l’État, mais jamais son créateur et ancien président.

Janvier 2018, lors de mes vœux à la presse. Promis, le gouvernement sera très précis sur les réacteurs qu’il faudra fermer dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Les objectifs seront bien «tenus», y compris les 50% de nucléaire dans le mix électrique… mais pas d’ici à 2025. Parce que si l’on ferme des réacteurs sans avoir réussi à développer les énergies renouvelables et après avoir fermé les centrales à charbon, le risque existe de difficultés d’approvisionnement. J’explique dans le quotidien LE MONDE qu’il faudra dans la PPE établir un calendrier précis, avec le nom des réacteurs qui vont fermer. Mon scepticisme sur le nucléaire ne fait pas l’unanimité dans l’exécutif, loin de là. Il semble donc de plus en plus improbable que la France ferme d’autres réacteurs que Fessenheim pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. Mais si je n’étais pas au gouvernement, on serait reparti pour la construction de deux EPR. Du 19 mars au 30 juin 2018, il y aura débat public national sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour dix ans. Paradoxal, voire virtuel, car les éléments soumis à la discussion escamotent la question centrale du nucléaire. Le mot « nucléaire » n’apparaît même pas dans mon éditorial qui introduit ce document. Tout au plus est-il écrit que « le rythme de fermeture des réacteurs nucléaires doit être cohérent avec l’évolution de la demande [d’électricité] et de la dynamique de progression des énergies renouvelables et du parc thermique ». La liste nominative des fermetures de réacteurs ne devrait pas y figurer, contrairement à mon vœu initial. Aujourd’hui c’est la vision pronucléaire du président de la République et de son premier ministre qui prévaut. Je m’aligne. Interrogé le 13 mars 2018 sur France Inter, je botte en touche : « 50 %, c’est un moment de vérité. Si on y arrive, on pourra peut-être aller plus loin. Si on n’y arrive pas, ça veut dire que, peut-être, il faudra garder un peu plus longtemps la part du nucléaire à un niveau élevé. »

Les arguments pronucléaires, incompréhensibles

Yves Cochet mérite d’être connu. Il ose une tribune dans LE MONDE, « L’échec du nucléaire ». Aussitôt une nuée de commentaires d’anti-écolos se précipite pour le descendre en flèche alors que ce qu’il dit paraît crédible, ce que nous montrerons en fin de cet article. Mais aujourd’hui sur les zéros sociaux, même les abonnés du MONDE ne sont pas les derniers à déverser leur bile. Exemples :

jea.vie : Pourquoi donner la parole à des guignols pareils qui ne représentent qu’eux même et encore ! Le Monde se fourvoie et se déconsidère complètement en publiant ce genre de tribune .

pierre marie 22 : La nouvelle religion de l’écologisme est inepte.

Dominique Deux : Il fallait vraiment être Jospin, spécialiste des mauvais choix, pour avoir pris ce monsieur comme ministre.

Ricardo Uztarroz : On avait oublié qu’il fut ministre tellement il fut évanescent.

Jardinier vigneron : Franchement, Mr Cochet ferait mieux de prendre sa retraite plutôt que de servir cette soupe de mensonges. Rien n’est vrai dans cette chronique. Et il oublie surtout d’expliquer la réalité : c’est bien l’irresponsabilité des antinucléaires fanatiques et idéologiques dont il fait partie qui a successivement fait barrage au nucléaire, et ainsi contribué grandement au réchauffement climatique.

Deevee : Cochet, vous devez vous renseigner et lire Jancovici, un vrai spécialiste de l’énergie avant de publier les inepties d’un idéologue qui nie les statistiques et la sciences.

Revers lifté : Tribune bourrée de biais et de mensonges ( délibérés ? ) par ce chef des Effondristes qui doit trembler dans son bunker ! Pas la place pour tout relever.

Lire, L’apocalypse éclairée d’Yves Cochet

-Alazon- : Ce garçon est un collapsologue extrémiste, persuadé que la fin de notre civilisation est pour bientôt. Il vit dans une vaste ferme en cherchant l’autarcie, possède de nombreux chevaux, deux vieilles VOITURES (si si), bref il a un bilan environnemental calamiteux par rapport à l’habitant d’un appartement dans un immeuble collectif, mais il fait la leçon aux gens sérieux. C’est la caricature de l’écologiste dogmatique, incohérent et tartuffe. Le Monde a dû consacrer une vingtaine de pages en un an à ce genre de rigolos.

Astartes : Je me demande si la rédaction du monde laisserait une tribune à un anti-vaccin. Car c’est exactement ça, les anti-nucléaire sont à l’énergie et à l’écologie ce que les anti-vaccins sont au monde médical et à la santé publique. La plupart de ces arguments sont grossiers, et on remarque, une fois n’est pas coutume, que ces tribunes sont signées par des gens n’ayant rien à voir avec l’ingénierie ou les domaines de l’énergie. Le débat sur le nucléaire est comme le débat sur la nécessité de la vaccination; laissez les activistes loin de tout ça.

Didlan55 : Encore un pantouflard d’écolo qui n’a jamais rien fait et qui bien sûr ne propose aucune solution et ne s’appuie sur aucun chiffre opposables. De tels individus néfastes sont à bannir du journal le monde

Je doute et je redoute : L’écologie politique : la plaie de l’environnement. Le dogmatisme sans avis raisonné interdisant la recherche de compromis mais favorisant le statut quo …

jean-claude meyer : Ce monsieur prétendu écolo se perd dans des élucubrations philosophiques sur le nucléaire et son avenir. Oui, il faut persévérer dans cette filière malgré ses imperfections. Les déboires des EPR sont plus dus à des manquements graves dans la gestion du programme et une incroyable incompétence technique des acteurs principaux. Les excès de l’autorité de sûreté nucléaire n’ont pas beaucoup aidé.

Scarole Chic Dorée : Il n’y a qu’un seul argument vraiment solide dans cette tribune. Mais je crois qu’il est décisif. C’est le dernier. On peut en effet être mathématiquement certain qu’un jour ou l’autre, il se trouvera des imbéciles en mesure de faire sauter quelques installations. Et ils le feront.

Biosphere: On peut voir dans les commentaires pro-nuc ci-dessus la collection habituelle d’attaques ad hominem et de dénigrements qui tiennent lieu de raisonnement. C’est très inquiétant, plus de débat réel possible. Pour faire contre-poids à ce qui précède, lire Notre ami Yves Cochet, effondriste assumé… Et savourer ce qu’il disait effectivement dans sa tribune. En résumé :

Yves Cochet : Le nucléaire ne contribue aujourd’hui qu’à 5 % de la fourniture d’énergie mondiale et à 10 % de la production d’électricité… Les investissements nucléaires ont toujours été soutenus ou garantis par les Etats. Sans ces subventions, pas de nucléaire… Quant aux réserves de l’uranium fissile, il n’y aura pas assez de ce minéral pour approvisionner les réacteurs en combustible… Pas de surgénérateurs signifie qu’il n’y a pas d’âge du nucléaire, dit le physicien Ugo Bardi… En aval de la filière nucléaire, il fallait résoudre les problèmes de la gestion des déchets et du démantèlement des réacteurs… La majorité des réacteurs nucléaires, en France et dans le monde, ne seront simplement jamais démantelés… La fascination des humains pour la force hallucinante du nucléaire relève de la croyance religieuse, celle de la toute-puissance.. Les penseurs et les acteurs du nucléaire sont des idéalistes irresponsables qui tentent de construise un empire industriel pour mille ans, sans considérer des conditions à réunir pour réussir ce pari fou. En effet, le nucléaire, civil ou militaire, réclame des sociétés stables et technologiques afin d’empêcher toute interruption de la chaîne nucléaire, du minerai au kWh ou à la bombe ; qui peut raisonnablement parier que, en 2100, toutes choses n’étant pas égales par ailleurs, les conditions d’habitabilité de la Terre et les configurations politiques mondiales garantissent encore cette stabilité et cette technicité nécessaires à l’opérationnalité du nucléaire ?

Voiture ou climat, on est obligé de choisir

Le déplacement d’une voiture gaspille une ressource fossile mise gratuitement par la nature à la disposition de la civilisation thermo-industrielle. Mais, contrairement à l’usage d’un cheval, cette source d’énergie n’est pas renouvelable : plus on fabrique de voitures, plus on accroît l’imminence du pic pétrolier, ce moment où la production de pétrole va diminuer inexorablement. Alors nous nous rendrons compte que la voiture pour tous n’était qu’un rêve, entretenu par une pression médiatique et publicitaire absurde dont même LE MONDE se faisait régulièrement l’écho. Les temps changent

Lire, LE MONDE est l’otage des lobbies automobiles

Marie Pouzadoux : La France a été redessinée par et pour l’automobile. Aujourd’hui, 85 % des foyers disposent au moins d’un véhicule, et c’est devenu un bien indispensable pour deux tiers d’entre eux, qui vivent notamment en zones périurbaines et rurales. Il n’est donc pas facile pour le personnel politique de condamner la voiture. A droite et à l’extrême droite, aucun candidat ne souhaite froisser les automobilistes. Valérie Pécresse, prétendante à l’investiture du parti Les Républicains, fustige toute « écologie punitive ». Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour défend la suppression du permis à points. Anne Hidalgo propose une baisse de la TVA sur le carburant à 5,5 % face à l’augmentation des prix du baril. Yannick Jadot souhaite soutenir le secteur industriel automobile français, et prévoit d’étendre le prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule « propre ». Seule Sandrine Rousseau, candidate déçue de la primaire d’EELV, se positionne en faveur d’une hausse des taxes sur le carburant.

Aucune transition ne se fait rapidement sans contraintes, elle générera douleurs et crispations. Nous avons privilégié ci-dessous les commentaires sur le monde.fr qui en sont conscients, sauf le sceptique de service.

le sceptique : La Ford T a été un objet politique majeur, le moment où l’abondance moderne est devenue à portée de (presque) tous les individus. Le reste a suivi, la maison, l’électro-ménager, l’ordinateur etc. Autant de technologies et industries qui ont produit l’individuation moderne à la place du communautarisme paysan et du collectivisme de la première révolution industrielle. Pas vraiment de « casse-tête » , les bobos écolos de métropole sachant circuler en taxi-TGV-avion contre la voiture, d’un côté, le reste de la société pour, rapport 20/80.

ChP : Mon dieu, que voila avec le sceptique une belle étude sur la sociologie de la bagnole. Elle peut se résumer autrement de la façon suivante : une société organisée autour de la voiture ne peut pas se passer de voiture. Réciproquement, pour se passer de voiture, il faut réorganiser la société. Voila qui est plus dur. C’est pour cela que personne n’en parle. C‘est pourtant facile de comprendre la politique.

Lire, Quand la bagnole s’est imposée dans nos vies

Glazikbleu : OUI il faut le dire – la transition écologique sera douloureuse et contraignante et coûteuse ! Certaines contraintes seront communes ( température des habitations 17 °C, donc pulls le jour et duvets la nuit) — densification des lotissements (avec interdiction des piscines) – boutique d’entretien et de réparation des vélos dans chaque commune — jardins communaux partagés pour fruits et légumes — et recherche constante de la non consommation d’énergie — c’est la diminution réelle et constante de la consommation d’énergie qui seule sera efficace sur le long terme ! Bienvenue au pays de la sobriété heureuse et partagée !

LaVénalitéenMarcHe : « ce moyen de transport, très polluant mais indispensable à la plupart des Français » Depuis quand cette horreur est-elle devenue soi-disant indispensable ? Depuis que nous sommes gouvernés par les lobbies de la bagnole, du pétrole, du béton & bitume, de la grande distrib.ution..

ebrun : Ça pleure toujours sur le coût de la bagnole pour aller au boulot. Si on suit cette idée que la voiture coûte cher, les gens devraient en avoir un usage raisonné,. Mais les week-end il y a toujours autant de trafic, autant de bouchons. En pendant les vacances c’est encore pire. Les Français sont tout simplement accros à leur drogue.

Isaphan : On ne peut pas toujours avoir le beurre (la maison -plus grande surface qu’un appartement pour le même prix- et les barbecues entre amis) et l’argent du beurre (des trajets pas chers: carburants polluants pas chers.) Les français auraient dû regarder l’habitat loin de son lieu de travail sous l’angle global, coût des déplacements + coût du logement. Quand le premier monte, le second baisse et vice versa.

lire, La transition écologique nécessite une déstructuration

Walter : Il va pourtant bien falloir s’en passer, de la bagnole, fermer cette parenthèse automobile. On aura bien rigolé pendant 100 ans, perdu énormément de temps assis dans des caisses aussi, passons à autre chose. Ce sera une excellente occasion de transformer une économie caractérisée par le gaspillage (oxymore bien réel). Investir dans des transports collectifs mieux pensés, développer les trams trains, avoir des autocars cadencés en campagne, reprendre le pouvoir que les commerçants ont pris sur l’urbanisme, remettre en service des lignes ferroviaires en souffrance etc.. ce sera toujours moins cher que de mourir pollués, réchauffés, effondrés.

Michel SOURROUILLE: A l’époque de la Ford T en 1908, il n’y avait en France que 1672 voitures, aujourd’hui il y en a 38,8 millions La démocratisation de l’automobile a incité à multiplier les voies carrossable, puis les autoroutes, la mondialisation du complexe pétrolier, etc. Mais la voiture pour tous, c’est ce que Lewis Mumford appelle une technique autoritaire, qui rassemble à une échelle monumentale une nouvelle organisation de masse. Il faut donc remettre en question le processus de sur-structuration qui pousse à l’augmentation des flux de véhicules. Il nous faut déconstruire ce qu’un passé dépassé continue à imposer. Il nous faut revenir à des organisations à l’échelle humaine, rechercher localement l’autonomie alimentaire et énergétique, retrouver les circuits courts et les liens de proximité. Le dévoiturage devrait être le cri de ralliement de l’écologie politique. Ce n’est pas le cas. Alors c’est le choc pétrolier ultime qui nous obliger à changer, brutalement.

Lire, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

Zhkarojr : Une chose est sûre, la France était beaucoup plus belle avant l’arrivée des voitures.

Danmer : Oui, avec les carrosses pour le roi et les nobles.

En Ouganda, le pétrole de TOTAL fait la loi

Dans ce pays de 46 millions d’habitants (6,8 millions en 1960), le groupe français TotalEnergie joue un rôle moteur critiqué pour ses conséquences sur l’environnement et les populations locales.

Lire, un ou deux enfants par couple, maximum admissible (en Ouganda)

Laurence Caramel : Dans l’ouest de l’Ouganda, rares sont les opposants au gigantesque projet d’exploitation du pétrole enfoui sous les eaux et les rives du lac Albert. Ce chantier à 9 milliards d’euros incarne les promesses de prospérité faites à la population par le président Yoweri Museveni. L’inamovible président répète que plus rien ne fera obstacle au démarrage de la production, prévu en 2025 pour une durée de vingt-cinq à trente années… Dans le district de Buliisa, près d’un tiers de la population doit abandonner ses terres. L’entêtement des familles ayant refusé l’expropriation décidée par Total leur a valu d’être traduites en justice pour « entrave au développement du pays »… La militarisation de la zone a encore monté d’un cran. Total vient, avec son partenaire chinois, de charger la société de sécurité privée Saracen du recrutement de 1 500 gardes supplémentaires afin de surveiller les futurs sites de production. Cinq mille autres seront bientôt embauchés pour protéger l’oléoduc. Saracen a pour actionnaire majoritaire Salim Saleh, demi-frère du président, dont il est aussi le conseiller militaire… Pour avoir voulu regarder la situation de trop près, une mission diplomatique européenne a été expulsée de la zone pétrolière le 9 novembre… L’impact du projet sur la nature préservée de cette région reculée de l’Afrique des Grands Lacs soulève d’autres craintes. Près d’un millier d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles… y ont trouvé refuge, soulève les plus sombres interrogations. A côté des girafes de Rothschild, dont il reste moins de 2 000 spécimens entre l’Ouganda et le Kenya, éléphants, hippopotames, léopards, colobes… figurent sur la liste rouge des espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Comment réagiront les animaux au vacarme, aux vibrations des 140 forages et au va-et-vient des camions ?.. L’opposition au projet de Total a désormais pris une dimension mondiale. Menée au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, la campagne StopEacop réunit près de trois cents ONG internationales et africaines. Son objectif : faire capoter le financement du projet, pour lequel la major française et son partenaire chinois, CNOOC, ont besoin d’emprunter 3,5 milliards de dollars… Dans le sillage des recommandations faites par l’Agence internationale de l’énergie pour atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, une coalition d’une vingtaine de pays, dont la France, ont annoncé, lors de la conférence sur le climat de Glasgow, qu’ils ne soutiendraient plus d’investissements à l’étranger dans le pétrole et le gaz à partir de 2022.

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le mal-nommé « or noir » tient dans ses barils le futur de la civilisation thermo-industrielle. Heureusement la prochaine étape se profile, lire « Pétrole, le déclin est proche », de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin. Presque partout, c’est la «descendada». Les poches de pétrole de la Mer du Nord déclinent depuis l’an 2000, l’Algérie depuis 2007, le Nigeria depuis 2011, l’Angola depuis 2008, Moscou prévoit que son déclin débutera dans la décennie… La pénurie de pétrole va t-elle sauver le climat ? Non, répondent les auteurs. Il faudrait pour cela diminuer d’au moins 5 % chaque année la consommation d’énergie fossile. L’affairisme de TOTAL, c’est juste les derniers soubresauts d’un monde glouton qui s’effondre.

Lire, La « merde du diable » triomphe en Algérie et en France

Albireo : Ces ONG n’ont rien à proposer à part laisser le terrain libre aux chinois qui eux n’auront pas le centième de nos scrupules environnementaux ou sociaux…la réalité est dure à entendre, mais ça reste la réalité.

Earth @ Albireo : Vous proposez quoi ? Laisser faire parce que le voisin ferait pire ? Les chinois c’est l’excuse facile non? Pendant 50 ans les Chinois , c’était nous en Afrique…

dmg : Eh oui, la face sombre de notre développement effréné… Total est abject, Total nous enfume sur le changement climatique, Total bousille la planète, Total fricote avec toutes les dictatures (que pour la plupart nous, démocraties, avons installées et soutenons, juste pour accaparer leur sous-sol), depuis des décennies… ni plus ni moins que toutes les majors du pétrole et du gaz. Total n’est que l’exécuteur de nos basses œuvres : tant que nous serons drogués aux hydrocarbures, il y aura des Total… Lire « carbon democracy », de Timothy Mitchell.

Lire, Carbon Democracy. Le pouvoir politique à l’ère du pétrole (Timothy Mitchell, 2011)

Pb : Total est méchant. Je pense que l’Ouganda devrait rester une réserve naturelle la plus pauvre et la plus déserte possible, cela vaut mieux pour tout le monde, apparemment.

Marie Rose Poux du ciel : Je ne veux rien savoir tant que le carburant coule dans mon réservoir.

Nicolas Hulot et BURE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Concernant le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure, je refuse de précipiter  les choses en tant que ministre de l’écologie. Dans le sous-sol de cette commune de la Meuse doivent être enfouis, à 500 mètres de profondeur, les déchets nucléaires français les plus dangereux : 85 000 m3 de produits hautement radioactifs et à vie longue – des dizaines ou des centaines de milliers d’années. Mon travail est de vérifier que le stockage se fasse dans des conditions de sécurité absolue. Ensuite, cela doit nous pousser encore plus à réfléchir sur le nucléaire.

Ce n’est pas ma conception d’une civilisation d’avoir des déchets que l’on délègue aux générations futures. L’article premier de la loi française de décembre 1991 sur le stockage des déchets radioactifs disait : « Les générations futures ont le droit de jouir de cette terre indemne et non contaminée ; elles ont le droit de jouir de cette terre qui est le support de l’histoire de l’humanité. » J’ai répondu à une interpellation d’une députée de La France insoumise, montrant une photo où je manifestait contre le projet de Bure. « Je n’ai pas l’impression d’être en porte-à-faux avec ma conscience. J’aurais préféré ne jamais avoir à traiter ce sujet-là, que l’on n’arrive pas à cette situation avec ces déchets dont personne ne veut mais il fallait choisir la moins mauvaise solution. » Lors de mes vœux à la presse en janvier 2018, je temporise : « Concernant le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, ce n’est pas en 2018 qu’on va mettre au fond et rendre ça irréversible, il y a encore du temps. Si l’on m’offre des alternatives, je suis preneur. Je me serais bien passé des déchets nucléaires. Mais maintenant que je suis ministre et que j’en ai la charge, je veux bien les mettre au fond des océans ou les envoyer dans l’espace, mais je ne crois pas que ce soit très raisonnable. » Après l’abandon de NDDL, un nouveau problème de zadistes se profile. Plusieurs dizaines de jeunes antinucléaires ont choisi d’investir ce territoire, où ils ont acheté des maisons et construit des cabanes dans une forêt de 220 hectares, le bois Lejuc, qu’ils occupent depuis l’été 2016. Mon secrétaire d’État, Sébastien Lecornu, avait témoigné en conseil des ministres qu’une cabane dite « de la résistance et de la solidarité » était en voie d’installation à Bure. Mes collèges se sont marrés, « la cabane au fond du jardin », mais la situation a été prise au sérieux par le ministre de l’inétrieur Gérard Collomb : « La détermination suffit à provoquer des heurts ». J’ai dit aux zadistes que la décision d’abandon du projet d’aéroport n’était en aucun cas une licence pour reproduire ce type d’action ailleurs. Mais l’opposition à l’enfouissement à Bure va être très difficile à gérer.

Avec le gouvernement Macron, la force prime. Évacuations par la force des environs de Bure le 22 février 2018, 500 gendarmes mobiles pour quinze zadistes. Bien entendu mon secrétaire d’État Sébastien Lecornu, qui devait recevoir les associations qui le souhaitent à la préfecture, n’a rencontré personne. Il dénonce « les occupants illégaux du bois Lejuc qui appartiennent à la mouvance d’extrême gauche anarchiste ». Sébastien Lecornu a annoncé le 7 mars qu’un débat national aura lieu entre septembre et décembre 2018 sur la gestion des déchets nucléaires. Cette concertation, organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public, comprendra aussi la mise en place « d’ici l’été » d’un centre de ressources en ligne ouvert au public et d’une « instance de dialogue » d’experts. Mais « à projet hors norme, il est normal que la concertation soit hors norme », a-t-il précisé. C’est ma conception, associer à ce débat non seulement le public local mais aussi l’opinion publique nationale. Sur mon compte twitter, j’ai commenté : « La gestion des déchets nucléaires est un choix qui engage notre pays pour des siècles. Je pose deux principes : transparence totale et débat serein où toutes les opinions pourront s’exprimer. » Le calendrier de réalisation des travaux est encore long puisque la demande de déclaration d’utilité publique doit être déposée en 2019 et sera validée sans doute aux alentours de 2022, la phase pilote ne devant commencer qu’en 2025 environ.

L’avenir du pétrole est derrière lui

Joe Biden a annoncé le 23 novembre 2021 que les Etats-Unis vont puiser 50 millions de barils de pétrole dans leurs réserves stratégiques de 600 millions de barils. Les pays assoiffés de brut cherchent à faire baisser les cours qui alimentent le retour de l’inflation.

Jean-Michel Bezat : Ces réserves ont été créées en 1974 après le choc pétrolier qui a suivi la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. Chaque pays doit stocker l’équivalent de quatre-vingt-dix jours de consommation de brut. Mais puiser dans ces stocks était à l’origine envisagé seulement comme l’ultime réponse à une crise grave. La décision de M. Biden est donc d’abord politique. En difficulté dans les sondages, il veut afficher sa volonté de réduire le prix de l’essence, qui a atteint 3,41 dollars le gallon (3,78 litres)… L’annonce et elle a fait pschitt : le prix du baril de brent pour livraison en janvier a même bondi de 3,27 % (82,31 dollars, soit 73,18 euros).

Joe Biden est un présidant a très courte vue. Il ne sait pas encore que l’avenir du pétrole est derrière lui. Le prix de l’essence ne va plus être le résultat de manipulations politiques, mais des limites géologiques

lire, James Howard Kunstler, vivre la fin du pétrole

Sylvestre Huet : « Pétrole, le déclin est proche ». Avec ce titre de livre*, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin ne tournent pas autour du pot. Leur message : le pic pétrolier est bien plus proche que ce que vous croyez. Il surviendra probablement «durant la décennie 2020». Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. Un pic parfaitement prévu, par les géologues Colin Campbell et Jean Laherrère dans un article publié en 1998 où ils le prévoyaient pour «probablement d’ici à 10 ans».

Lire, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

Ce sont des experts à la retraite qui ont dit une vérité bien occultée aujourd’hui. Des transfuges de l’industrie pétrolière ont fondé l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) en 2000. Son fondateur Colin Campbell avait dirigé le département Géologie d’Amoco, Robert Hirsch était un ancien directeur de la prospection pétrolière chez Exxon. Ils annoncent lors de la conférence mondiale de l’ASPO à Vienne en 2012 que le monde, dont l’énergie est fournie à 85 % par les fossiles, sera confronté assez prochainement à des turbulences pires que celles qui ont accompagné les chocs pétroliers de 1973 et de 1980. Ce sont les Cassandre des temps modernes, ils ont dit la vérité sur la fin de leur vie, ils ne sont pas écoutés, occupés que nous sommes par les péripéties du temps présent, étouffés par le lobbying des industries fossiles, écrasés par les considérations financières.

Lire, Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

Toutes les technologies disponibles pour augmenter le taux d’extraction du pétrole ont été déployées et malgré ces effort acharnés, la production diminue. Un rebond est tout à fait improbable. La cause fondamentale de ce pic réside dans la limitation géologique planétaire. La quantité de pétrole est fixe, puisqu’il a été formé il y a des dizaines ou des centaines de millions d’années. Au total, depuis 35 ans la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher : les grands fonds océaniques, l’Arctique, les roches-mères (le pétrole dit « de schiste » en Europe, les sables bitumineux du Canada… Mais presque partout, c’est la «descendada». La Mer du Nord décline de puis l’an 2000, l’Algérie depuis 2007, le Nigeria depuis 2011, l’Angola depuis 2008, Moscou prévoit que son déclin débutera dans la décennie… La pénurie de pétrole va t-elle sauver le climat ? Non, répondent les auteurs. Il faudrait pour cela diminuer d’au moins 5 % chaque année la consommation d’énergie fossile. Alors que celle du gaz croît vigoureusement.

À diffuser, Module sur le pic pétrolier

Mais si ce déclin inéluctable n’est pas assez rapide pour sauver le climat, il pourrait néanmoins provoquer un choc économique et social d’envergure. Car nos économies sont toujours dépendantes de l’or noir. D’où la solution, paradoxale, promue par les deux auteurs : pour éviter cette pénurie d’offre, organisons une pénurie plus aiguë encore de la demande. Prenons au sérieux l’alerte climatique, et transformons nos sociétés, nos économies, nos industries afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles, dont le précieux pétrole,  qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques. Un programme nécessaire… mais vaste et rude.

Lire, La honte du pétrole, c’est pas pour demain

* Pétrole, le déclin est proche, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin, Seuil,/Reporterre, 136 pages, 12 €, septembre 2021 (Matthieu Auzanneau est par ailleurs l’auteur du livre de référence : Or noir, la grande histoire du pétrole, La Découverte, 2016.

Jancovici nous pousse hors zone de confort

Jean-Marc Jancovici, fondateur de Carbone 4, président du think tank The Shift Project, membre du Haut conseil pour le climat, multiplie les interventions dans les grandes écoles. Chacune de ses conférences compte des centaines de milliers de vues sur la plate-forme vidéo YouTube. L’ingénieur rappelle avec force graphiques et métaphores que notre économie est dopée aux énergies fossiles et que la décroissance énergétique est un horizon incontournable.

Jean-Marc Jancovici : Pour ma génération, il y avait une certaine insouciance, et l’esprit – moi le premier – c’était plutôt : après l’X, à nous le monde et l’argent ! Les temps changent. Cette génération a une quête de sens, elle sait que même un diplôme de l’X ne les protégera pas des crises à venir…

Lire, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Normalement, la formation d’ingénieur apprend à tenir compte des limites, c’est-à-dire de ce qui ne dépend pas de nous. Dans les écoles de commerce, c’est parfois compliqué, car la finitude du monde vient tamponner toute la théorie économique mainstream enseignée dans ces institutions ; il est plus facile d’enseigner les bases physiques du changement climatique par un prof de mécanique en école d’ingénieurs que par un prof de finance en école de commerce. Les écoles sont prises en étau entre les enjeux d’attractivité et d’employabilité. Ce que veulent les étudiants est contradictoire avec ce que demandent les entreprises. Si vous êtes un jeune ingénieur dans les travaux publics et que votre entreprise construit des autoroutes, vous aurez du mal à faire basculer l’activité vers la construction de pistes cyclables.

Lire, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Par ailleurs, il n’y a pas nécessairement de solution alternative. Total, par exemple, n’a pas de solution à moyen terme pour sortir du pétrole et du gaz… Les grandes visions techno-optimistes, qui consistent à parier sur une accélération encore jamais vue des « bonnes » innovations sans les mauvaises, sont plus souvent portées par des hommes politiques ou des économistes que par des ingénieurs… le problème est dans notre logiciel politique, qui nous pousse à vouloir toujours plus sans limite. Nous sommes des animaux à la mémoire courte, c’est cela qui explique qu’un film d’horreur a cessé de vous faire peur au sortir du ciné… Du coup, je mets mon auditoire en dehors de leur zone de confort, pour qu’il en reste quelque chose des mois ou des années plus tard, quand il faudra passer à l’action !

Pour en savoir plus sur Janco grâce à notre blog biosphere :

6 octobre 2019, Jancovici, « sans pétrole t’es plus rien »

18 décembre 2017, Extraits du discours décapant de Jean-Marc Jancovici

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

4 janvier 2009, Jean-Marc Jancovici (ses opinons politiques)

Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

La sobriété énergétique est la seule façon de sortir du nucléaire, mais notre président de la république ne le sait pas encore.

Perrine Mouterde et Adrien Pécout : Le chef de l’État a annoncé le 9 novembre sa décision de « relancer la construction de réacteurs dans notre pays ». Le projet vise à « garantir l’indépendance énergétique de la France (…), l’approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050 ». L’annonce reste vague : aucune date n’a été donnée pour un début de chantier, et le nombre de réacteurs envisagés n’a pas été précisé. Jusqu’à présent, l’exécutif avait toujours assuré qu’aucune décision concernant la construction de nouveaux réacteurs ne serait prise avant la mise en service du réacteur EPR de Flamanville… qui ne sera pas opérationnel avant 2023. Mais à la veille de l’annonce présidentielle, EDF a fait savoir que la filière « serait prête » en cas de commandes de nouveaux réacteurs. « Ce qui est désespérant, c’est que le paravent climatique occulte tous les autres enjeux, déplore Yves Marignac, porte-parole de l’association NégaWatt.

Lire, agir pour une planète dénucléarisée

FNE, 9 novembre 2021 : L’annonce par le Président de la République de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France n’a pas de base légale. En effet, la politique énergétique nationale est construite sur le long terme au sein de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) qui fixe, de manière normative, les objectifs quantitatifs servant à lancer des appels d’offres pour des installations de production d’électricité. La PPE actuelle ne prévoit pas de construction de centrales nucléaires nouvelles et court jusqu’en 2023. Autrement dit, avant cette date, et l’adoption d’une nouvelle PPE, aucun appel d’offre pour la construction de nouvelles centrales nucléaires ne pourra être lancé. RTE et NégaWatt ont publié récemment des scenarii énergétiques à l’horizon 2050 visant à atteindre la neutralité carbone. Ces différents scenarii proposent un éventail d’hypothèses et plusieurs d’entre eux reposent sur une sortie du nucléaire. Ils doivent nourrir le débat démocratique national sur l’avenir énergétique de la France et son indispensable action climatique dans le cadre de la préparation de la prochaine PPE. Ce débat doit être un débat de société, ce que la loi prévoit.

Emmanuel Macron aurait mieux fait de lire les commentaires sur le monde.fr avant de se nucléariser :

Doud01 : Non, ce n’est pas être un grand président que de prendre seul, sans débat national, une telle décision, qui engage le pays pour des générations ! Et en plus, de sa part, c’est une volte-face, lui qui jusqu’à présent affirmait qu’il fallait attendre la mise en service de Flamanville pour pouvoir décider, ce qui semblait du simple bon sens !

Bolzano : La blague du jour fera ma journée: le « savoir-faire industriel français à travers le monde » en parlant de la construction d’EPR, c’est de l’antiphrase bien plus que de la litote ! Vive la technologie française capable de tripler les délais et les coûts (et plus si affinités), de produire à trois fois le prix du marché, et de continuer à exploiter des centrales sur des fleuves qui n’auront plus le débit d’eau nécessaire dans un climat qui ne permettra plus de les refroidir. L’important c’est d’y croire, les shadoks disaient « plus ça rate, plus ça a des chances de marcher après », donc après l’EPR qui a raté au-delà des espérances des antinucléaires, vive l’EPR 2 !

R.Berr : Indépendance avec le nucléaire ? L’uranium est-il produit en France ?

Trojika : Les réserves mondiales d’uranium nous permettront de nous approvisionner que pour une centaine d’années. Hors la Chine va construire 150 réacteurs en 15 ans, et d’autres pays vont certainement suivre.

Gustave Antoine : Il est incroyable combien les officiels de notre pays occultent la question de la sécurité : risque faible mais réel et, si tel était le cas, aux conséquences majeures, d’un accident nucléaire significatif ; et ce sparadrap des déchets nucléaires, dont on voudrait nous faire croire qu’on sait les traiter alors que personne ne sait comment traiter des déchets hautement radioactifs à vie longue. La solution d’un stockage profond et irréversible des déchets est la chimère des chimères : aucun scientifique ne peut savoir comment vont se comporter, sur une durée de centaines ou milliers d’années, les couches géologiques dans lesquelles on aura enfoui les déchets. Et nos lointains successeurs en auront-ils conservé la disposition de l’inventaire ? Quant aux coûts, le coût complet du nucléaire, non subventionné, est déjà plus élevé que celui des énergies renouvelables, pourtant non encore matures ! Hinkley est déjà à 150 € le mWh.

LaSomme : Outre les déchets du nucléaire « classique », la sécurité est trop fragile, que ce soit vis à vis d’agressions délibérées ou des risques naturels, dont la violence imprévisible a déjà frappé de façon catastrophique. Surtout quand l’ensemble doit être inscrit dans une logique économique, qui crée des limites à la couverture des risques. Exemple: la centrale de Blaye a déjà été partiellement inondée en 1999 et nous avons évité d’extrême justesse un Fukushima français.

Hdrp : L’EPR Français a 10 ans de retard, le coût a été multiplié par 3… L’EPR finlandais lui aussi a vu son coût multiplié par 3, et l’État Français a du mettre la main à la poche. Il sortira avec plus de 12 ans de retard. L’EPR Anglais qui en est au début des travaux a déjà pris 5 Milliards de surcoût et 18 mois de retard… Mise en service prévue en 2026… On a le temps d’avoir des retards. Alors ok, étonnamment en Chine tout va bien… se dire que les normes de sécurité ne sont pas les mêmes est une évidence. Et ça c’est pour l’EPR 1 qui est donc parfaitement maîtrisé. Vive l’EPR 2 ! Et avec en prime le fait qu’on n’a tjs pas industrialisé la mise en sécurité des déchets longs… Merci à nos descendances de bien vouloir gérer la poubelle qu’on leur lègue.

Ulysse : « Barbara Pompili, pourtant connue pour son opposition au nucléaire.  » La ministre de l’écologie avale boa sur boa. Elle vient de renoncer à voter une résolution de la COP26 sur les livraisons en camionnettes électriques, sous prétexte que les territoires ne sont pas prêt !

Siropderable : A ceux qui poussent des cris d’orfraies : que proposez-vous pour éviter des pénuries énergétiques à moyen terme ? Êtes vous donc tous si vieux que vous ne vous sentez pas concernés ?

il était temps @Siropderable : La sobriété. On peut également lancer une politique volontariste sur la mobilité en favorisant les transports collectifs plutôt que la voiture individuelle électrique. L’argent nécessaire à la construction des centrales nucléaires pourraient être dirigées vers la construction d’éolienne, de géothermie, de centrale solaire, d’hydrolienne…

Lire, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

Électricité, les scénarios de RTE pour 2050

Sobriété énergétique, je crie ton nom. Aux États-Unis au début du XXe siècle, il a fallu 46 ans pour qu’un quart de la population adopte l’électricité. Lénine suivait alors le courant : « Le communisme, c’est l’électricité plus les soviets. » Aujourd’hui il faudrait s’attaquer à la « pauvreté énergétique », le monde entier se devrait d’adopter le modèle de la civilisation thermo-industrielle. Demain, les coupures généralisées de courant seront sans doute le premier signe de l’effondrement de cette civilisation.

Lire, l’électricité ou la sagesse, il faut savoir choisir

Le gestionnaire national du Réseau de transport d’électricité (RTE) a publié le 25 octobre 2021 « Futurs énergétiques 2050 ». La question la plus clivante, combien les Français consommeront-ils d’électricité en 2050 ? Thomas Veyrenc, stratégie et prospective de RTE : « La concertation a donné lieu à des prises de position parfois violentes, très polarisées sur la question de la sobriété : pour certaines personnes, il s’agit d’une évidence, alors que d’autres en rejettent le principe même au nom des libertés individuelles ». Alros il ne faut mécontenter personne. Les six scénarios présentés lundi sont calculés à partir d’une trajectoire de consommation « de référence », soit 645 TWh en 2050 – contre près de 475 en moyenne au cours de la décennie écoulée. Elle prend en compte des gains importants en matière d’efficacité énergétique mais n’implique pas de changements de mode de vie des Français. RTE a aussi étudié deux autres trajectoires possibles de consommation – sans pour autant les détailler de façon aussi poussée que celle dite « de référence ». La trajectoire de la « sobriété » (554 TWh) supposerait une politique volontariste et des changements sociétaux : réduction des déplacements individuels au profit du covoiturage, recours accru au télétravail, régulation du chauffage, allongement de la durée de vie des équipements… La trajectoire d’une « réindustrialisation profonde » (752 TWh, dont 87 d’hydrogène) imagine, au contraire, une consommation supérieure à celle de référence.

L’approche traditionnelle (et quasi-exclusive) des questions énergétiques par l’offre (production d’électricité) va se déplacer progressivement vers une approche davantage guidée par la demande, laquelle va gagner en pertinence et en force. L’intérêt bien compris des consommateurs est de satisfaire leurs besoins finaux avec la moindre dépense énergétique. La logique voudrait que ce déplacement de l’offre vers la demande s’accompagne d’un déplacement des financements consacrés à l’accroissement de l’offre (TéraWatts) vers ceux destinés à réduire la demande (Négawatts)… L’électricité, pourquoi faire ? On ne se pose jamais assez cette question. Est-il bien raisonnable de circuler en ville avec une voiture de 1300-1500 kilos pour transporter un bonhomme qui en pèse 70 ? Un calcul a montré que 2 réacteurs nucléaires en France servaient uniquement pour les appareils en veille. Nous devons réfléchir en termes de besoins, les classer selon une grille qui va de l’indispensable au nuisible, en passant par le nécessaire, le superflu… Et cette grille peut faire l’objet d’une législation. Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Le niveau de chauffage nécessaire et suffisant ? L’accès au numérique ? Les humains sont des animaux parmi les autres qui vivent normalement sans voiture électrique ni éclairage en pleine nuit. Il nous faudra considérer un jour que seule la lumière du soleil nous procure une énergie durable, il nous faudra accéder à d’autres valeurs que le tout électrique. Parions que d’ici 20250 tous les besoins faussement essentiels basés sur une électricité à flux continu tomberont dans les oubliettes de l’histoire ; avec une énergie intermittente, il faudra beaucoup travailler simplement pour obtenir un peu d’eau potable et l’alimentation de base.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

22 janvier 2021, Hercule, l’électricité en phase terminale

14 février 2017, NégaWatt, rencontre avec Thierry Salomon

12 juin 2012, La fée électricité est-elle une mégère ?

13 décembre 2011, l’électricité en France, 13 décembre 2026

30 mai 2009, vivre sans électricité

21 décembre 2007, soyons négawatts

12 septembre 2007, vivons sans électricité

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

JEANLAIN : J’ai parcouru le rapport RTE. L’ampleur des changements et des investissements sont tels qu’aucun ne pourra être mené dans le temps imparti ! Il faudrait d’ailleurs commencer par réduire notre consommation d’énergie de 40% !!! Essayez pour voir? Par ailleurs, il n’y a aucune mention concernant l’épuisement des ressources mondiales en matières premières telles que le Cuivre, les métaux rares nécessaires pour produire l’électricité…C’est pas gagné!

Michel SOURROUILLE : Sans électricité la vie d’une nation « moderne » s’arrêterait immédiatement. Or l’électricité n’est pas un besoin fondamental, l’électricité ne sera pas toujours facile à produire, nous avons donc besoin d’autres modèles de comportement. Il est possible de vivre sans électricité, à l’ancienne.  Par exemple l’électricité a été strictement contrôlé par les Amish car, en plus du fait qu’être relié au réseau électrique aurait rompu la séparation avec le monde moderne, le confort et la multiplicité des objets de loisirs (télévision, téléphone, portable…) amène la destruction des valeurs traditionnelles, le rejet de la notion de labeur, la détérioration de la paix du foyer et la dégradation des rapports communautaires. C’est pourquoi les Amish ont décidé qu’aucune technologie les liant au monde extérieur ne viendrait perturber leurs vies et leurs principes : « L’harmonie de la nature, de la famille et de la communauté ».

La 5G, une technologie sans avenir

Sur la 5G comme sur toutes les innovations technologiques ou presque, c’est toujours la désespérante impossibilité d’arriver à un consensus ! D’un côté la convention citoyenne pour le climat souhaitait un moratoire pour pouvoir déterminer les risques de cette nouvelle technologie. De l’autre Emmanuel Macron a maintenu le calendrier prévu pour une première version fin 2020-début 2021.

Lire sur notre blog, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

Adrien Sénécat : Plus de données, plus d’objets connectés, plus vite, partout… Pour certains, la 5G est fondamentalement opposée à la « sobriété numérique » qui s’impose pour juguler l’explosion de la consommation d’équipements informatiques. Les industriels défendent, au contraire, une technologie « verte ». Qui croire ? S’il est vrai qu’une antenne 5G consomme de l’ordre de dix fois moins d’énergie pour transporter le même volume de données qu’un modèle 4G, l’utilisation de données devrait augmenter avec les nouveaux usages qu’elle entraîne. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond. Au final le futur réseau consommera plus d’électricité que l’ancien,. De plus le changement de réseau implique de passer à des modèles de smartphones compatibles, il y a création d’obsolescence..

Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique, balaye les critiques d’un revers de clavier : « Aujourd’hui, le fonctionnement global de notre économie est largement inefficient : on gaspille de l’essence, de l’électricité, des intrants agricoles… Pour réussir la transition écologique, nous allons avoir besoin d’innovation technique pour optimiser drastiquement notre utilisation des ressources… La 5G, c’est plus de connexions. Plus de connexions, c’est plus d’informations échangées. Et plus d’informations échangées, c’est plus d’efficacité, donc moins de gaspillage. C’est une loi immuable de la technique. »

Lire sur notre blog, techniques douces contre techniques dures

On retrouve le débat des années 1970, techniques douces/ techniques dures, low tech/ high tech, techniques disproportionnées contre techniques adaptées au contexte. Le groupe de réflexion sur la transition énergétique « The Shift Project », est réaliste : « C’est d’abord un problème de démarche intellectuelle. Dans l’agriculture, par exemple, on voit que le passage à la permaculture permettrait des gains environnementaux beaucoup plus importants que le fait de s’aider de capteurs connectés. La vraie révolution serait donc d’abord de sortir de l’agriculture intensive, puis, ensuite seulement, de choisir les technologies appropriées. »

Commentaires sur lemonde.fr :

In Girum Imus Nocte : Un peu comme si James Watt avait expliqué que son amélioration de la machine à vapeur de Thoms Newcomen (1712) allait faire diminuer la consommation de charbon. Rien de nouveau en effet depuis le constat de Jevons. Qui peut croire que l’internet des objets, ses capteurs ubiquistes et ses téra-octets de données quotidiennes — pour des usages globalement tous plus futiles les uns que les autres — sera synonyme de sobriété en ressources, qu’elles soient minières ou énergétiques… Ce monde-là ne va nulle part.

Man from Blacksea : Une fois que la machine est lancée personne ne pourra s’en passer. Les anti-tout ont perdu d’avance.

Michel SOURROUILLE @ Man in black : Il est vrai qu’à l‘heure actuelle, l’innovation technologique impose son rythme aux entreprises et aux consommateurs, ; bientôt la 6G par exemple alors que la 5G n’est pas encore installée ! Mais la High tech, impose une forte consommation d’énergie et pour éviter cela, on commence déjà à envisager la sobriété numérique. Le croissancisme techno repose sur l’hypothèse complètement fausse d’une abondance durable des ressources énergétiques. Utiliser sans réflexion approfondie une technique à la mode sans considération de ce qui lui permet de fonctionner durablement nous mène encore plus rapidement vers le mur des réalités biophysiques.

Michel Lepesant : La sobriété numérique c’est le refus d’aller toujours plus vite, toujours plus connecté : sa justification est d’abord sociale. Car plus de connexion, c’est moins de relations humaines en vrai, en chair et en os. C’est plus de relations « immédiates » mais moins de relations « directes ». C’est moins d’humanité. Il ne faudra pas s’étonner ensuite que dans une société où les relations humaines seraient de plus en plus robotisé, on en viendra à nous expliquer que les robots peuvent ressembler à des humains : c’est parce que, auparavant, les humains auront déjà ressemblé à des robots.

Untel : Il est vrai pourtant que les pays à forte technologie feront mieux face au réchauffement que les pays sous-développés.

Michel SOURROUILLE @ untel : Avec la sortie des énergies fossiles qui est vivement recommandée aujourd’hui, les techniques disproportionnées comme la 5G deviendront inutilisables et tous ceux que en dépendront feront faillite en chaîne ; l’appauvrissement sera général. Les pays sous-développés, avec leurs techniques rudimentaires, les garderont et ne souffrirons pas plus qu’avant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

4 février 2013, être technologue, savoir s’interdire certaines techniques

La voiture individuelle, plus rare et plus chère

Bientôt le dévoiturage, très bientôt. L’éditorialiste MONDE Philippe Escande se pose la question !

Philippe Escande : « Le marché de l’automobile en Europe est revenu aux ventes qu’il enregistrait il y a plus de vingt-cinq ans. Voici une expérience de décroissance menée in vivo, et qui devrait contribuer à réduire la part de la voiture, et donc sa pollution… Bien sûr, la crise des semi-conducteurs aura une fin. Mais cette histoire, très conjoncturelle, ressemble à un galop d’essai de ce qui attend l’industrie, avec le basculement violent vers l’électrique. Celui-ci coûte énormément d’argent en investissement, les prix moyens vont exploser, la voiture deviendra un bien plus rare et plus cher, l’industrie réduira de taille et emploiera nettement moins de monde. La transition énergétique ne sera pas gratuite. »

à lire, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Quelques commentaires sur lemonde.fr, la liberté de circuler appartiendra au passé :

He jean Passe : Il y avait 2 fois moins de voitures (et de consommation) en 1970 et les Français ne vivaient pas moins bien. On va y revenir. Rouleront en voiture les riches ou les débrouillards (qui feront du co-voiturage) les autres iront à pied, en train ou à vélo et la planète s’en portera mieux.

Jamaiscontent : Si on bascule dans le tout électrique pour les voitures d’ici 10-15 ans, comment produit-on l’électricité nécessaire. Pour le moment, pas de solution satisfaisante. Le nucléaire ? Qui voudra deux fois plus de réacteurs qu’aujourd’hui, si tant est qu’EDF ait la capacité de les construire ? Le gaz naturel ? Pour être à la merci de Poutine, bof. Les éoliennes ? Dès qu’on veut en planter une, les assocs, noyautées par le RN, hurlent plus fort qu’un milliardaire à qui les impôts prennent une cacahuète. Le solaire ? Il en faudra, des panneaux… L’hydrogène propre pourra-t-il être fabriqué à temps ? Et sans parler des matières premières nécessaires (terres rares etc.) Et à l’échelle de l’Europe ? Du monde ? Pour le moment, le développement de l’électrique consiste à déplacer la pollution, pas à l’éliminer.

Lls : De toute manière, le remplacement des voitures thermiques en ville par des voitures électriques est un non-sens écologique. Mettre au rebus des dizaines de véhicules thermiques pour les remplacer par le même nombre de véhicules électriques ne parait pas être une bonne solution en termes de gestion des déchets et de production de masse de batteries. Il faut arrêter avec la voiture individuelle en ville.

CORTO MALTESE : Le problème sera rapidement obsolète . Les communications se faisant de plus en plus sur internet , et encore plus sur son successeur , il deviendra inutile de se déplacer , de voyager, de se rencontrer etc… Les voitures subirons le sort des chevaux et autres cabs des siècles derniers . quelques unes servirons de loisir à quelques nostalgiques , et qu’elles soient thermiques , électriques , » hydrogéniques » ou autre chose n’aura plus aucune importance !!!

ARARAT : Vous oubliez l’essentiel: la liberté d’aller et venir, l’envie d’aller où bon nous semble, les relations virtuelles je les exècre, je ne fais jamais mes courses sur un écran, j’apprécie d’aller acheter du vin chez un producteur, de se balader, les relations humaines ne seront pas aussi simples que vous le pressentez..Etre statique quelle horreur avec ou sans le net et autres..

CED34 : Cher ARARAT votre liberté « d’aller et venir » pour tout et n’importe quoi … n’est-elle pas également la liberté de polluer la planète pour votre (petit) plaisir ? Sachant que la voiture individuelle est une des sources majeures de pollution… A mon humble avis vous vous trompez. Avec le renchérissement de l’énergie – fini le temps où le pétrole presque gratuit coulait à flot – les trajets forcément coûteux en énergie, vont se faire plus rares et surtout plus rationnels.

Jerry Fules : Que cela vous plaise ou non, la liberté de déplacement est un acquis du XXe siècle sur lequel il sera très difficile de revenir, que la raison soit écologique ou pas.

Rhombo : Que cela vous plaise ou non, la liberté de déplacement a toujours été un luxe. Le xxème siécle et le début du xxième feront figure d’exception.

DécroissantsDeLamourEtDuTofu :Le véhicule motorisé individuel ou familial n’aurait tout simplement jamais dû exister. C’est une aberration totale, un gouffre énergétique shadockien, qui détruit notre qualité de vie (bruit, pollution, stress, accidents, déplacements domicile-travail s’allongeant à cause de cet outil stupide) et notre vie tout court (accidents mortels, réchauffement climatique). A éliminer, tout comme le nucléaire, le logement béton et un bon 75% de notre production actuelle (viande industrielle, TV, jeux vidéos, Bourse, presse réac, sportive et futile, malbouffe, etc.)

Max Lombard : Enfin les pauvres n’auront plus accès à la voiture, on pourra rouler plus facilement.

Esa : Bienvenue dans le monde d’après !

Tout savoir sur la voiture électrique

Dans le cadre du pacte vert, les véhicules à moteur thermique seront interdits de commercialisation dès 2035… Avec la voiture électrique, la solution existe… La voiture,va redevenir un produit cher… La place de l’automobile dans la société est remise en question… Seul un large débat de société permettra de reconfigurer l’usage de ce bien à forte valeur symbolique. (édito du MONDE)

Compléments d’analyse avec les commentaires sur le monde.fr

Marie81 : Combien de centrales nucléaires en plus pour alimenter tout ça ? Ou bien on pédale 🙂

jbfa : Le transport routier en France représente une consommation d’énergie avoisinant les 450 TWh/an. La production électrique en France est d’environ 525 Twh/an. Le doublement de la capacité de production électrique en France étant difficilement envisageable dans les 15 ans, il semblerait que la proposition politique (politicienne) consistant à laisser croire en creux que l’ensemble des véhicules thermiques seront à terme remplacés par des véhicules électriques est illusoire.

Pessicart : Edito où se déplacer semble être une fin en soi. La voiture électrique permettrait de confirmer le principe « je décide de me déplacer donc je me déplace par moi-même où je veux ». Même en électrique le coût d’un simple déplacement individuel est énorme. Quand on réfléchit à ses propres déplacements on voit assez vite qu’ils vont à l’encontre d’une vie équilibrée : dépendance à un véhicule, risques associés, temps gâché, prix du transport, infrastructures nécessaires… Comme le disait Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre ». La finalité d’une société ne peut pas être de donner une voiture à n’importe qui pour aller acheter son pain, il est urgent de décourager les déplacements.

Michel Lepesant : L’automobile – électrique ou non – n’est utile que dans un monde de la mobilité. C’est donc cette mobilité qu’il faut remettre en cause : je travaille pour me payer une voiture qui me permet d’aller travailler puis de partir en vacances pour retrouver des forces pour retourner travailler pour payer ma voiture… Même un hamster saurait que c’est une histoire de fous. La voiture électrique est bien un défi, un pied de nez à notre intelligence collective (ou à ce qu’il en reste).

Sarah Py : L’analyse de cycle de vie d’une automobile. Voilà comment se mesure la pertinence de la comparaison entre véhicule moteur essence ou diesel et moteur électrique. C’est à dire intégrer l’ensemble des paramètres de la fabrication à l’utilisation, au recyclage. Ce choix de basculer l’ensemble du parc automobile vers l’électrique à t-il été le fruit d’une réflexion approfondie et objective et tenant en compte l’ensemble de ce cycle de vie, ou à t-il été pris sur des postures idéologiques ?

Observateur : Les Véhicules Électriques ne deviennent notablement plus propres que les classiques qu’en considérant un nombre élevé de km parcourus total : dévastateur pour la société, car on accroît encore la dépendance a la voiture. Vous voulez diviser par 2 les émissions de votre véhicule ? Divisez par 2 les km parcourus..
Requiem : Jeudi dernier en allant faire le plein d’essence je faisais le calcul suivant : devant moi il y avait 1 voiture qui se servait et 3 qui attendaient. Entre le moment ou je me suis mis dans la file et celui ou j’ai remis le contact pour quitter la station il s’est écoulé près de 30 mn. En rentant chez moi j’ai regardé quel était le temps de recharge d’une voiture électrique et j’ai trouvé qu’avec une recharge rapide une Renault Zoe ZE40 se charge en 2h40. Donc dans une situation équivalente mais avec des voitures électriques je serai resté 13 heures dans la station. Je crains que dans le futur, faire un voyage en véhicule électrique risquera de ressembler à ceux du temps de la traction animale ou il fallait laisser du temps aux chevaux pour se reposer et se nourrir.
pioch : la voiture électrique ne pourra jamais être la solution aux transports individuels. Le marché international du lithium et autres composés des batteries ne le permettra pas : trop limité et rapidement hors de prix. Quant aux besoins en électricité il impliquerait un fort investissement en centrale nucléaires, ce que nous sommes incapables de faire quand bien même la population accepterait ce deal, ce qui n’ est pas gagné.

Michel Brunet : La e-208 pèse 1450 kg contre la même en essence 75cv 1030 kg, les 420 kg de batteries à trimballer ne sont pas innocents dans ce bilan

DécroissantsDeLamourEtDuTofu : Vivre sans bagnole, un défi vital pour l’humanité. Pour lutter contre le dérèglement climatique, l’automobile doit rapidement disparaître, à l’exception des véhicules d’urgences, professionnels ou de location. Révolution pour les citoyens des pays industrialisés, cette relocalisation de nos vies dans un espace-temps à taille humaine, avec un rythme plus naturel, va aussi réduire les inégalités sociales, améliorer la santé, la qualité de vie et le pouvoir d’achat de tous.

Artemis purple : Illich avait compris depuis longtemps que la voiture, à essence ou électrique, nous mènerait dans le mur. L’utilisation de la voiture entraîne un allongement des distances dans les déplacements, entre lieu de vie et activité professionnelle. C’est la phénomène dit de la vitesse généralisée, plus on veut aller vite, plus on va lentement. Invitation à lire ou relire ‘Energie et équité’ de Ivan Illich.

MarcoPolo : Si on compare l’énergie que l’on peut tirer d’un kilogramme de carburant: Avec de l’essence on obtient environ 13 KWh/Kg Avec de une batterie Lithium-ion, environ 0.2 KWh/Kg Avec de l’hydrogène compressé, environ 34 KWh/Kg Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Densit%C3%A9_massique_d%27%C3%A9nergie On voit que le gagnant est l’hydrogène , qu’il faudra produire avec de l’électricité nucléaire…

PRC @Marcopolo : Oui mais la densité de l’hydrogène comprimé a 700 bar vaut environ la moitié de celle de l’essence. Comme ce qui compte c’est le volume du réservoir, nous voilà à égalité sauf que l’essence est liquide à température ambiante. Personnellement j’aurais quelques doutes à m’asseoir au dessus d’un réservoir d’hydrogène à 700 bars…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 juin 2009, pour une société de non-voiture

17 septembre 2009, écolomobilité, non électrique

9 mars 2013, Zoé, véhicule électrique tout public, fiasco assuré

23 janvier 2014, Il n’y a sans doute pas de voiture vraiment « propre »

29 juin 2014, Ségolène Royal et le fiasco de la voiture électrique

9 février 2015, La voiture électrique de Ségolène Royal est très sale

24 octobre 2017, La voiture électrique nous empêche de voir l’essentiel (Alain Gras)

21 juillet 2019, Voiture électrique pour tous, faut pas rêver (synthèse)

20 juin 2021, Voiture électrique, le piège du cobalt

3 juillet 2021, Le rêve de l’automobile pour tous prend fin

26 juillet 2021, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé