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Macron annonce le rationnement énergétique

Une trentaine de piscines publiques ont fermé leurs portes début septembre car la société exploitante ne peut plus faire face à l’augmentation des prix de l’énergie. Relation de cause à effet ? Le chef de l’État a dit en introduction lors de sa conférence de presse le 5 septembre 2022 : « Je souhaite faire un point rapide sur la situation en termes énergétiques dans le contexte que nous connaissons »

Emmanuel Macron : « Nous le voyons depuis plusieurs mois. Notre pays a été soumis d’abord à une hausse des prix de l’énergie qui a été aggravée par la guerre en Ukraine. Et ce, compte tenu de ce que représente la Russie sur le marché des énergies fossiles, qu’il s’agisse du gaz comme du pétrole. Début de cette année, 25 % de toute l’énergie européenne était du gaz, et 50 % de ce gaz venait de la Russie. On ne pourra, pendant des mois et des mois, avoir des mécanismes aussi larges qui financent la consommation d’énergies fossiles. On va devoir cibler les choses. Je prends un exemple. Aujourd’hui, ce qu’on fait sur l’essence n’est pas ciblé. Vous pouvez gagner cinq SMIC, vous avez les mécanismes qui sont payés par le contribuable à la pompe. C’était une mesure d’urgence. Ce n’est pas la plus intelligente. On va devoir recycler nos politiques d’aide pour mieux accompagner nos compatriotes qui travaillent et les ménages les plus modestes. La solution est dans nos mains. Chacun a son rôle à jouer, la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Iil nous faut mettre la climatisation et le chauffage un peu moins fort que d’habitude.  

Si on voit que ce n’est pas assez, on se posera la question “est-ce qu’on doit être plus contraignant ? Et ce qu’on doit mettre des mesures de contrôle, des mesures pour aller vers la contrainte ou le rationnement ? Si nous sommes tous responsables, tout porte à croire que l’on n’atteindra pas ce deuxième seuil. Mais en tout cas, il y a ensuite un deuxième seuil où on a la sobriété contrainte. On va, dans certains secteurs, rationner. Ça, c’est vraiment, je dirais, presque un mécanisme d’avant dernier ressort. Ce plan de rationnement, c’est celui qui nous évitera les coupures de courant»

Le point de vue des écologistes

Emmanuel Macron n’aurait-il plus peur des Gilets jaunes et fait-il sienne la conception de la sobriété des Amish ? Rappelons ce précédent historique, développé par un spécialiste de l’industrie automobile dans un livre de 1979, « Vivre sans pétrole ».

Jean Albert Grégoire : En avril 1977, le président Carter s’adresse par télévision à la nation : « Ce que je vous demande est l’équivalent d’une guerre. Il s’agit bel et bien de préparer un monde différent pour nos enfants et nos petits-enfants. » La revue Newsweek chiffre le gaspillage moyen d’énergie qu’il veut supprimer à plus de la moitié de la consommation totale. C’est une douche froide pour ce peuple si sûr de sa richesse et de ses immenses ressources. Tous ceux qui sentent leur intérêt et même leur simple confort menacé se mettent à hurler. Le royaume automobile de Détroit déclare la guerre au président Carter, les syndicats de l’automobile suivent, le peuple suit, bien entendu. Carter perd des points de popularité, sa cote passe de 70 à 35 au début de 1978.

Le peuple américain n’est pas mobilisable pour des sacrifices dont il ne voit pas la nécessité en un âge ou la technologie – et non l’austérité – lui paraît constituer la solution à tous les problèmes du monde moderne. On retrouve là les illusions fondamentales des penseurs du XIXe siècle. La science toute-puissante : erreur. Les réserves de matières premières inépuisables : erreur. Le progrès indéfini : erreur. La crise va se terminer : erreur. Car non seulement ce qu’on appelle crise va devenir l’état normal de l’humanité mais cet état imposera l’austérité.

Jean-Albert poursuivait : Aujourd’hui nous consommons du pétrole comme nous respirons. Son manque nous paraît aussi inconcevable, aussi mortel que le manque d’air. Comme dans toute maladie sournoise, les symptômes apparaîtront tard. Jusqu’aux premières manifestations de la pénurie, la situation restera normale, l’humanité continuera à dilapider son irremplaçable richesse, les constructeurs continueront à augmenter leurs cadences et le parc mondial continuera à s’accroître. Mais l’économie est un colosse fragile créé par la civilisation du pétrole. Ce pétrole en est le sang, l’automobile son support le plus solide. Restreignez l’arrivée du « sang pétrole », une anémie pernicieuse envahira ce corps. Coupez le support automobile, l’équilibre du colosse sera d’autant plus menacé qu’en même temps les maladies endémiques, inflation, chômage, feront une poussée violente. Aujourd’hui, sans pétrole, l’infortuné ne saurait plus travailler dans ses usines, cultiver ses terres, circuler, s’éclairer, se chauffer, se loger, se vêtir. Sans lui, il ne saurait plus comment vivre…

Un affolement contagieux s’étendra sur la terre dès que le pétrole commencera vraiment à manquer. Si le monde échappe à une guerre militaire, il sera plongé dans une guerre économique sans merci bien plus meurtrière puisqu’elle exterminera une partie du quart-monde par la faim. L’homme acceptera tous les sacrifices, se privera du superflu et même du nécessaire pour conserver son automobile. L’expérience de la dernière guerre où le ticket d’essence atteignait au marché noir des tarifs astronomiques l’a prouvé. Rationnement. Voici le mot lâché, ce mot qui indispose, ce mot qui fait frémir. Il ne faut pourtant pas hésiter à le prononcer et à l’écrire. Car le rationnement est inéluctable pour le pétrole d’abord, pour l’énergie ensuite. Les jeunes gens ignorent l’esclavage du rationnement qui traîne derrière lui le marché noir. Ceux qui ont vécu les guerres en connaissent les servitudes : restriction de circulation en automobiles, coupures d’électricité, restriction de chauffage dans les logements. Et combien d’autres restrictions… On ne peut pas en prévoir la fin.

Comment réagiront nos enfants ? Fureur de constater que leurs ancêtres ont gaspillé ce pétrole irremplaçable ? Ou désespoir de ne pouvoir assouvir ce besoin devenu héréditaire de rouler en automobile ?

La France dope le réchauffement climatique

Scandale, le climat oublié ! Le 23 juillet le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, pour aider les Français face à la flambée des prix des carburants,, s’est dit favorable à augmenter la remise à la pompe de 18 centimes par litre actuellement à 30 centimes en septembre et en octobre.

Lire, L’impossible blocage du prix des carburants

Voici quelques commentaires qui pourfendent ce populisme anti-écolo.

Prat : On nage en plein délire. Et si si les tensions su les hydrocarbures s’accroissent, on fera quoi ?

Wx sans klp : Pour la planète, il est souhaitable que l’essence devienne hors de prix (3 voire 4 et pourquoi pas 10 euros le litre). La consommation se réduira ainsi naturellement et tout le monde s’adaptera nolens volens !

Zazie : Laissez moi payer mon essence plein pot, je n’ai pas envie d’être à la charge du contribuable. Je suis scandalisée qu’on fasse payer à la collectivité nos consommations de fossiles.

Satisfaits : D’un coté on prétend lutter contre le réchauffement climatique et de l’autre on incite les automobilistes à continuer à utiliser leur automobile à bas prix. C’est à l’image de la prétendue transition écologique qu’essaie de nous vendre le gouvernement.

Benbenben @ Satifsaits : On se met sur la tronche avec les gilets jaunes ? On explique encore « au peuple » ? Dans un hémicycle rempli sur les bords de populisme, ça devrait bien se passer…ou pas. Alors on fait plaisir « au peuple » en diminuant le prix de l’essence.

Artemis purple @ Benbenben : Les dirigeants du pays ne sont pas là pour céder à tous les caprices et frustrations du peuple. Comme les parents ne devraient pas céder à tous les caprices et frustrations de leurs jeunes enfants. On sait où ça mène, des caractériels.

Claude : D’une certaine façon, le mouvement des gilets jaunes aura plomber la capacité de gestion saine de nos dirigeants en activant leur peur et notre déraison. Pour moi, ce n’est pas grave, je suis vieux, je ne verrai donc qu’un nombre limité de conséquences, mais je crains pour mes petits-enfants. Mes pauvres petits. Vous vivrez dans une société « égalitaire » avec le mot Égalité au fronton mais dans la réalité, certains échapperont aux pires. Les différences liées aux inégalités structurelles de revenus et de patrimoine apparaîtront comme de la graine d’injustice devant les brutalités climatiques provoquées par notre. façon d’entreprendre librement, de produire, de commercer et d’être les jouets du capital.

Gaf : Pourquoi ne pas mettre en place un système de tickets carburant calqué sur le système des tickets restau ?
Ces baisses des carburants pour tous sont totalement anti écolo. Pourquoi n’entend on nous pas les Verts tenir ce type de discours ?

planether @Gaf : Quels Verts? Vous voyez du vert dans les diagrammes/graphiques du Monde représentant les forces parlementaires en présence ? Le vert à disparu. Ils ne sont plus audibles qu’au travers du filtre vociférant de l’insoumission quand plus que jamais on aurait besoin de leur expertise et idées.

Pomègue : 100 € le litre, c’est la seule solution. Vivement que la pénurie de ressources fossiles nous y amène.

Lire, Le prix de l’essence va flamber, c’est obligé

Transition énergétique, un oxymore de plus

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

La « transition » énergétique  n’a pas eu lieu, elle n’aura jamais lieu, la croissance record des renouvelables ne fait rien à l’affaire. Du point de vue des écologistes, il faut parler de « rupture » d’’avec la société thermo-industrielle, pas de molle transformation progressive.

Lire, Dire « Transition énergétique », un non sens

Perrine Mouterde : Le réseau international des énergies renouvelables REN21, qui rassemble des membres issus du monde scientifique, académique, de l’industrie, d’ONG ou de gouvernements, publiait le 15 juin 2022 la 17e édition de son rapport annuel. Le système énergétique continue d’être largement dominé par les énergies fossiles, à des niveaux quasi similaires à ce qu’ils étaient il y a une dizaine d’années.

« La transition énergétique n’a pas lieu », regrette REN21, Alors qu’en 2021 les gouvernements avaient été de plus en plus nombreux à s’engager à atteindre la neutralité carbone, la réalité est que, en réponse à la crise en Ukraine, de nombreux pays recommencent à développer de nouvelles sources de combustibles fossiles, et à en brûler davantage ».

En parallèle, la demande en énergie a continué de croître (+ 4 % en 2021), notamment dans les pays émergents en Afrique et en Asie. Or, une grande partie de ces besoins ont été comblés par un recours accru au charbon et au gaz naturel. Les émissions globales de CO2, dont les trois quarts sont liés au secteur de l’énergie, ont ainsi bondi de 6 % l’an dernier, ajoutant 2 milliards de tonnes dans l’atmosphère…. Outre l’efficacité technologique, des acteurs de la société civile appellent à réfléchir aux différents usages de l’énergie et à mettre en place des politiques de sobriété, pour diminuer la demande.

Commentaires éclairés

Raphou : En 150 ans d’histoire du pétrole, pas une seule fois les améliorations d’efficacité énergétique n’ont entraîne une diminution de la consommation énergétique globale : à chaque fois qu’un moteur a gagné 20 % de rendement, il s’en est vendu au moins 20 % de plus… Et ceci pour une raison bien simple liée à la nature du capitalisme : celui qui a financé la recherche et le développement pour améliorer l’efficacité énergétique cherche toujours à rentabiliser son investissement, en vendant 20 % de plus. Source = le livre « Or Noir, l’histoire du pétrole ».

Marredesc : Le nucléaire n’a pas remplacé le gaz qui n’a pas remplacé le pétrole qui n’a remplacé le charbon qui n’a pas remplacé le bois. Nous vivons sur une hypothèse (la substitution) qui n’a pas raison d’être si nous ne devenons pas plus frugaux. Rien de nouveau sous le soleil, hélas.

Isaphan : JM Jancovici a maintes fois montré que les renouvelables n’ont jamais remplacé du fossile mais sont venus se surajouter à la consommation d’énergie. La seule solution : la sobriété énergétique qui va forcément s’accompagner d’une décroissance. Le reste, c’est pipeau.

GDarmois : Ce n’est pas seulement la production qu’il faut regarder, mais la consommation. Changer un patrimoine consommateur (logement, transport en particulier) prend des années. Les voitures proposées sont de plus en plus grosses et puissantes; la rénovation thermique des logements est beaucoup trop complexe à mettre en œuvre pour un individu normal. Les diagnostiqueurs font du coupé-collé et personne ne garantit que les travaux seront effectivement rentables.

G. Delaurens : Chaque proposition d’évolution pour lutter contre l’effet de serre (Diesel, agrocarburants, nucléaire …) ne vise qu’à répondre à des besoins nouveaux, qui viennent se rajouter à l’existant. C’est une logique économique imparable : on ne change rien mais on répond aux nouveaux besoins. On en rajoute une couche … Il est donc tout à fait normal que la réalité diverge avec les prévisions puisque l’on n’a jamais prévu de traiter le problème de fond !

Lire, effet rebond,effet débond

Freddom : La rupture énergétique se fera sous la contrainte de la raréfaction des ressources dans un monde qui deviendra explosif (famines, guerres de subsistance). La décroissance énergétique a déjà commencé en Europe depuis quelques années et c a va s accélérer inévitablement. Le seul choix que nous avons étant soit d essayer d en profiter encore un peu avant le chaos définitif et l implosion de nos sociétés ou alors se préparer au plus vite à rendre résiliant nos sociétés à un monde aux ressources limitées dans un environnement plus hostile (climat, biodiversité, accès à la nourriture)

Jean-Pierre M : Avec l’accroissement de la population, les émissions de CO2 ne risque pas de baisser, tout au contraire… c’est juste de la logique

Brutus : Je ne m’en ferais pas trop quand même. A partir de 2030, soit dans 8 petites années, au rythme de la consommation actuelle, (100 millions de barils/jour) le pétrole accessible va VRAIMENT se raréfier (il y aura toujours du gaz et du charbon mais pas assez pour alimenter le monde jusqu’à la fin du siècle), ce qui va forcément ouvrir la voie en grand à d’autres solutions. On sera confrontés à la raréfaction et au renchérissement de l’énergie avant tout autre problème.

John Garcia : Au fur et à mesure que le réchauffement final et la fin des énergies fossiles s’approchent, les pays s’effondreront et la sobriété se mettra en place naturellement. L’Inde en prends le chemin, le Pérou aussi. Dieu seul sait ce qui se passera en Chine. Si les Russes coupent le gaz aux allemands, leur industrie s’arrêtera et les émissions avec. En bref, la planète s’autorégule.

Dire « Transition énergétique », un non sens

On ne remplace pas une source d’énergie, on en ajoute d’autres dans un cycle qui ne finira que par disparition des sources d’énergie à bon compte. Jean-Baptiste Fressoz l’écrit, il n’y a jamais eu de transition énergétique globale par le passé, il n’y en aura jamais :

« Combien de temps pourrait prendre la transition énergétique tant désirée ? La « courbe en S », ou courbe de diffusion logistique, nous induit en erreur. L’innovation se propagerait d’abord lentement, s’améliorerait peu à peu, avant de se propage soudainement dans le vaste monde, jusqu’à éliminer ses concurrents. Espoir d’un basculement soudain vers les renouvelables ? Contrairement aux idées reçues sur la révolution industrielle, le charbon ne fait pas reculer la consommation de bois, bien au contraire. En 1900, l’Angleterre utilise davantage de bois uniquement pour étayer les galeries de ses mines de charbon qu’elle n’en brûlait au XVIIIe siècle. Le même phénomène de symbiose existe entre le pétrole et le charbon, car le premier sert principalement à faire avancer des voitures qui, pour leur production (acier, électricité, verre, etc.), consomment énormément du second. En 2020, les énergies fossiles occupaient 80 % du mix énergétique, soit la même part que trente ans auparavant. »

L’éditorial du MONDE veut ignorer cette donnée, envisageant la fin du moteur thermique, comme simple virage vers la voiture électrique :

« Afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, l’UE interdira la commercialisation de véhicules neufs à essence ou diesel à partir de 2035… Mais il faudra plusieurs décennies pour que le parc soit entièrement électrifié, le temps que les anciens modèles arrivent en fin de vie. L’extinction de la filière thermique devrait aboutir à la disparition d’une centaine de milliers d’emplois qui ne seront pas entièrement compensés par les postes créés grâce au développement du véhicule électrique… La généralisation de l’électrique va également nécessiter une accélération de la localisation européenne de la fabrication des batteries… L’impulsion donnée par le Parlement européen doit être maintenant confirmée par les États membres de l’UE, pour que l’ère de l’après-pétrole débute enfin. »

Nulle trace dans cet éditorial d’une transition vers le dévoiturage, la fin de la voiture individuelle, seule option à envisager si on veut faire une rupture avec la société thermo-industrielle. Une route ne se construit pas avec une énergie électrique, énergie qui d’ailleurs ne se trouve pas à l’état naturel, il faut la fabriquer, ce qui demande de l’énergie.

Lire, Transition énergétique et dévoituration avec René Dumont

Place aux commentaires perspicaces :.

Random : La foret française a doublé de volume en 100 ans et a retrouve son niveau du moyen age car le pétrole s’est substitue au bois comme source d’énergie avec un intermède charbon.donc ce que dit Fressoz est inexact.

D Pesce @ Random : C’est mal choisi pour étayer votre propos. En 100 ans la consommation de bois de chauffage a doublée mondialement. Un pays comme la France s’était détournée du bois, mais depuis 2000, le bois de chauffage est en croissance rapide avec une importation depuis les pays scandinaves et US de granulés. Et il faut craindre les megaprojets de centrale à bois comme Drax en GB qui consomme l’équivalent de la production du pays.

Philipp69 : Il y a de plus en plus d’illusions dans l’imaginaire médiatique, au point que l’on a envie de crier au délire ! Croire que grâce à l’électricité on sauvera la voiture individuelle, c’est un leurre si on veut vraiment être sobre. Car une voiture électrique, avec le sur-poids des batteries à transporter, n’a pas un bilan carbone meilleur que celui d’une voiture thermique récente de petite cylindrée si on fait moins de 30.000 Km par an.

Tchi keufté : Hélas, ce n’est pas la fin du transport individuel qui est voté là, mais plutôt son maintien jusqu’au bout de l’agonie. Les industriels de l’automobile ont réalisé leur virage vers l’électrique. Une industrie très loin d’être « verte ». Ils vont pouvoir continuer à vendre et maintenir leurs profits. La solution c’est moins de voitures sur les route ! Plutôt que de subventionner l’achat de voitures individuelles, à quand des investissements massifs dans le ferroviaire, les transports publics urbains, peri-urbains voire ruraux !

Silgar : Les transports publics ruraux n’auront jamais une densité suffisante pour que les habitants les utilisent massivement. Ce qui fait l’intérêt des transports publics en ville, c’est de ne jamais avoir à attendre 1 heure que le bus, tram ou métro arrive.

Chriss : J’ajouterais également que dans la plupart des cas les nouvelles énergies dites vertes ne viennent pas du tout compenser une démarche de diminution des énergies fossiles mais viennent s’y ajouter, dans un contexte de consommation croissante d’énergie. Quand bien même la part des premières dans le mix total serait en hausse, et donc celle des secondes en baisse, cela ne signifierait pas pour autant qu’en valeur absolue les secondes seraient aussi en diminution.

François_E : Et pendant ce temps-là, le tourisme de masse en avion continue de plus belle.

Michel SOURROUILLE : La sobriété renvoie à l’intelligence de l’usage, l’efficacité à la performance de l’équipement. Si on isole parfaitement une maison pour économiser l’énergie mais qu’on en profite pour vivre avec quelques degrés de plus, il n’y a pas de transition énergétique. La sobriété, c’est rompre avec la facilité, c’est le contraire de l’ébriété énergétique. En clair, cela veut dire limiter nos besoins et ne pas trop compter sur la technique (électrique) et l’innovation (hors sol). Cela, ni le gouvernement ni les entreprise ne sont susceptibles d’y penser. Mais les ménages sont-ils prêts à pratiquer la sobriété énergétique ?

RivièreRose : On continue à donner des prestations pour faire de plus en plus d’enfants à qui on interdira d’avoir des voitures et bien sur de voyage , sauf voyage à pieds pour aller au boulot. Plus de 50 % de la planète se reproduit sans qu’on sache pourquoi , ni eux non plus. C’est Poutine qui a trouvé la solution pour la planète: raser gratis les villes avec les habitants, ainsi pas de problèmes alimentaires ni d’approvisionnement en pétrole et gaz..…

Vince : Enrico Fermi, Nobel de physique, avait un jour posé la question de pourquoi aucune civilisation extraterrestre n’était détectée alors que le nombre de planètes où les conditions d’émergence de la vie étaient remplies devait être très élevé. Une réponse serait la suivante. Si la vie peut éclore, elle se complexifie et fini par engendrer des êtres qui contrôlent l’énergie. Cette énergie transforme l’environnement de manière exponentielle car l’énergie permet de créer des biens, qui ont besoin d’énergie. Il faut savoir qu’une explosion exponentielle s’arrête quand il n’y a plus rien à consumer.

Lire, Loi sur la transition énergétique, loupée comme d’habitude

2027, une présidentielle sans Macron, ouf ?

Le président Macron ne peut pas être candidat à un troisième mandat en 2027, la Constitution le lui interdit. Sera-t-il soulagé  pour autant ?

Claude Henry : Pendant son second mandat la nature va se faire de plus en plus agressive, en réponse à la multiplication des agressions humaines contre elle. Une sécheresse sans précédent en 2024 a ramené les rendements des grandes cultures aux niveaux d’avant la seconde guerre mondiale. La canicule a atteint dans l’est du pays une intensité que l’on croyait réservée à l’Inde et au Pakistan. L’hiver 2026, déluges d’eau… En 2027, le projet de Total en Afrique provoque de très nombreuses disparitions d’exploitations agricoles. Famines, épidémies et conflits armés, déplacements massifs de populations en quête de refuges introuvables, c’est la banalité du mal pour ces centaines de milliers de personnes. Y aura-t-il chez le président Macron comme un remords ? Ben van Beurden, directeur général de Shell, a battu des records de cynisme : « Shell est pour l’essentiel une compagnie pétrolière et gazière, et elle le restera dans un avenir prévisible. Ce dont nous avons besoin pour maintenir l’augmentation de la température de la terre en dessous de 1,5°C, c’est de reforester massivement. Penser un deuxième Brésil avec sa forêt tropicale. » Ben van Beurden, des remords ? Tout est-il donc perdu ? Dans le livre III de L’Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville décrit et analyse le fourmillement de visions et d’actions nouvelles au cours des décennies 1770 et 1780, convergeant finalement vers l’effondrement de l’ordre ancien. Peut-on espérer que le président de la République y contribuera réellement au cours de son quinquennat ?

Quelques commentaires inspirés :

le sceptique : Ah, 1789… A la Lanterne, le président Macron, son ministre de la planification écologique et les membres du Haut Conseil pour la Nature a défini en 2022 les priorités claires de la nation : – rendre les récoltes aux sauterelles et criquets – multiplier les ours et les loups – s’assurer d’une inflation de l’énergie et de l’alimentation en plus de celle du logement déjà acquise – interdire avant tous les autres le plastique et la viande – exiger d’isoler son bien pour un temps de retour exceptionnel de 38 ans – empêcher tous les projets de mines, carrières, exploitations et de manière générale tout ce qui artificialise – prohiber au plus vite la voiture dans toute ville de plus de 50 000 habitants… A Versailles, on est confiant : le peuple est enthousiaste. Et puis s’il manque de chipolatas, il n’a qu’à acheter des carottes bio.

Izy : Un monde où l’eau plate coûtera plus cher que le Château Margaux nous attend. Que les rieurs rigolent un bon coup, cette secousse zygomatique ne durera pas.

DRAREG : « quelque chose comme un remords ? » J’en doute fort quand on sait que la moindre mesure qui gêne est stoppée nette par des manifs. Alors l’excuse c’est la faute à….Trop facile et pas besoin d’être pro-macron pour constater cette évidence dans la vie quotidienne.

Jac 35 : Moi j’ai des remords tous les soirs. Pourtant tous les matins je recommence. Car je compte sur les autres…

Michel Brunet : Changement climatique : « En 2027, y aura-t-il chez « les présidents Poutine, XI Jinping et autres » quelque chose comme un remord ? »On peut en douter … et le « climat en France » ne dépend pas uniquement des mesures hexagonales ! Le problème est mondial et me semble insoluble en l’état du monde d’aujourd’hui

A. Gauthier : C’est vrai. Mais historiquement la France a toujours eu un rôle de leader, défricheur de voie. La constitution américaine est une application directe des pensées des philosophes français, et ça a montré la voie pour l’ensemble des démocraties. La France seule ne peut sauver la planète, mais elle peut monter qu’un comportement vertueux et responsable est possible, même au niveau d’un Etat. Ou alors on peut aussi se lamenter continuellement de ne plus avoir aucun rôle dans l’évolution humaine.

Philip69 : Notre président est à la tête d’une démocratie, où les capacités du gouvernement à faire des réformes se heurtent à l’extraordinaire résistance des intérêts coalisés et où leurs capacités à changer les mœurs sont nulles.

Osmose95 : Je vous conseille un film, issu d’un livre de Harry Harrisson en 1966, et réalisé par Richard Fleischer en 1973, « Soleil vert » avec Charlton Heston, qui se situe en .… 2022. Film très visionnaire, et si Macron et nos chers dirigeants ne font rien, nous allons y venir à grande vitesse !!!

CLIMAT : Pour qui voter le 10 avril 2022 ?

Selon The Shift Project, aucun des candidats pour la Présidentielle 2022 n’est à la hauteur  de l’enjeu de climatique. On ne propose pas d’approche systémique nécessaire à la rupture écologique et énergétique.

Lire, Shift Project, les politiciens l’ignorent

Audrey Garric :The Shift Project a demandé à tous les candidats de décrire leurs principales propositions pour décarboner la France au cours du prochain quinquennat. Elle a ensuite passé au crible les réponses, avec comme prisme d’analyse son ouvrage Plan de transformation de l’économie française éPTEF), qui dessine une France fonctionnant sans énergies fossiles – avec notamment la sobriété. Seuls le président candidat Emmanuel Macron et le candidat de Résistons !, Jean Lassalle, n’ont pas répondu. On reste largement dans l’incantation, la pensée magique. Eric Zemmour défend à la fois le productivisme et la sobriété, ce qui est contradictoire. Marine Le Pen souhaite maintenir la place de la voiture individuelle et réduire la fiscalité sur les énergies fossiles. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ne croit même pas qu’il faut sortir des énergies fossiles. Valérie Pécresse évoque la sobriété sans aucune mesure concrète. Le programme d’Emmanuel Macron indique qu’il s’est engagé à planifier la transition écologique, mais il ne présente aucune stratégie. Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon n’ abordent pas les questions énergétiques d’interconnexions et de stockage ou encore d’acceptabilité de la population.

Quelques commentaires d’Internautes :

François C.H. : Les candidats, Jadot compris (pour qui je voterai malgré tout) multiplient les incohérences. Mélenchon tient la palme: fin du pétrole, fin du charbon, fin du nucléaire, mais retraite pour tous a 60 ans et hausse du Smic. Et aussi l’argent pour l’école, et les hôpitaux, etc. Encore et toujours cette fameuse pensée magique. Assez bizarrement, je dirai que le plus cohérent et le moins hypocrite est Macron. Il a très bien compris que la sobriété et la décroissance qui va avec sont incompatibles avec les aspirations de la majorité de la population, un mode de vie que personne ne souhaite abandonner et le financement des prestations sociales. D’où sa fin de non recevoir au PTEF. Je ne crois pas que l’humain soit capable d’atteindre le niveau de rationalité suffisant pour s’en sortir.

AnonyMousse : Quel mépris de Macron pour l’écologie, en même temps que peut-on attendre d’un néo-libéral absolument incompétent sur ces problématiques. Quant à la sobriété de Pécresse, personne ne rit ? On rappelle que sobriété, c’est du nudging jancovici pour dire décroissance.

Sejas : Le rôle du Shift Project et de Jancovici c’est de faire comprendre le problème inéluctable que nous avons devant nous. Le peuple, celui qui vote, n’a pas encore intériorisé le problème. En démocratie on ne peut pas trop devancer le peuple.

JGPAUL : Comment prôner l’abstinence et être élu…?

disparition des lucioles : Homo autoproclamé « sapiens » fonce droit dans le mur climatique mais accélère. La start-up nation sous 50 degré ne va pas faire long feu. dernier rapport du GIEC, pas dans 100 ans, dans 30 ans et ça s’accélère : – réduction de la disponibilité des ressources en eau et en nourriture – impact sur la santé dans toutes les régions du monde (plus grande mortalité, émergence de nouvelles maladies, développement du choléra), augmentation du stress thermique, dégradation de la qualité de l’air – baisse de moitié des aires de répartition des espèces animales et végétales – déplacement de centaine de millions de personnes fuyant la montée des eaux et la famine et les guerres qu’elles ne manqueront pas de créer. Et Macron et Le Pen, les putatifs finalistes, quelles sont leurs solutions pour prendre à bras le corps ces questions : RIEN

Le paraméen : Il y a belle lurette que les jeux sont faits. La transition écologique exigeait du temps pour préparer les esprits à la notion de modération, de frugalité, pour transformer en profondeur nos modes de production, de distribution et de consommation, pour se passer progressivement des énergies fossiles. « notre Maison brûle et nous regardons ailleurs » ( J. Chirac 2002). En 2022, étant donné la trajectoire actuelle du réchauffement climatique et le fait que la transition écologique reste une incantation, il est à l’évidence trop tard pour limiter la hausse à +1,5°. +2°, + 3° dans moins de 50 ans sera la réalité. Notre procrastination écologique, notre croyance en une Science qui trouvera les solutions, notre consumérisme destructeur, notre apathie, notre ankylose mentale nous auront conduit à notre perte. L’hubris des décideurs politiques et économiques fait le reste. Les dictatures se mettront en place pour gérer le chaos prévisible. Fin de notre civilisation. Fin de l’ Histoire.

Edouard : Il faut voir aussi le dernier budget Américain, pour ainsi dire rien pour le climat. On dirait que les Élites n’ont trouvé aucune solution.

Marc : C’est certain qu’il est plus facile à un candidat de promettre la croissance éternelle que la sobriété et par un retournement de la réalité, laisser penser que c’est le plus raisonnable.

Lire, Tout savoir sur la « Sobriété » obligée

Indépendance énergétique par la sobriété

Le plus sûr chemin pour accéder à l’indépendance énergétique n’est pas le nucléaire mais la sobriété énergétique.

Stéphen Kerckhove (Directeur général dAgir pour l’environnement) : Le déficit de notre balance commerciale a atteint un record absolu en 2021 de 84,7 milliards d’euros. La moitié de ce déficit est due à notre facture énergétique. Le conformisme énergétique postule que, pour rompre la dépendance à l’égard des pétromonarchies et autres dictatures gazières, il nous faudrait accroître nos capacités de production renouvelables et nucléaires. Jamais ou presque le principe d’une sobriété énergétique n’est appréhendé avec sérieux par notre classe politique. Il faudrait produire ce qui est consommé et non pas consommer ce qui est produit. Près de la moitié de la facture électrique des communes est induite par l’éclairage public. Des dizaines de milliers de panneaux publicitaires rétroéclairés absorbent unitairement l’équivalent électrique de trois familles de quatre personnes. Près de 10 % du trafic aérien est lié aux vols de jets privés, naviguant à vide 40 % du temps. Notre urbanisme tentaculaire, fait de grands projets inutiles et autres hypermarchés, contribue aux cinquante années gaspilleuses. Face à cet impensé, nous devons rappeler les vertus de la sobriété. Comme le veut la formule consacrée, l’énergie la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas. Le plus sûr chemin pour accéder à l’indépendance énergétique de l’Europe n’est pas le nucléaire, qui ne représente que 17 % de l’énergie finale consommée en France, mais la sobriété énergétique.

Quelques éléments du débat :

le sceptique : Actuellement, la France consomme sur son sol 1600 TWh d’énergie finale, toutes sources confondues. On peut vanter la sobriété, mais il faut faire les maths : les petites mesures auront des petits effets. Il ne s’agit pas de se moquer des « amish », juste d’observer que si vous revenez à la conso d’énergie par habitant de 1850 ou de 1950, vous aurez grosso modo le même niveau de vie qu’en 1850 ou 1950. Rappel : si un prof est payé 2000 € aujourd’hui contre 200 € sous Gambetta, ce n’est pas qu’il enseigne à plus de personnes (sa productivité n’a pas changé), c’est qu’il est inséré dans une économie énergivore permettant ce salaire.

Frog : Tribune de Kerckhove extrêmement juste, mais si je doute que la majorité des politiques se saisissent du sujet. Plus qu’au pouvoir d’achat (qui n’est pas forcément un pouvoir), il serait effectivement temps de s’intéresser au réel besoin des individus. J’ai souvent entendu parler avec mépris des Amish qui voudraient nous priver de « l’innocent plaisir » de mettre la clim à fond ou d’installer une piscine chauffée dans son jardin.… Aujourd’hui, pendant que ces hédonistes s’affolent et pleurent pour que l’état leur donne des ristournes avec nos impôt, je ne vois arriver aucune tension dans mon mode de vie : ma facture énergétique est ultra- basse, je prends les transports en commun, je mange les légumes de mon potager, je reste en vacances en France comme tous les ans…. Bref, je vis avec beaucoup de plaisir pendant que tout le monde s’affole.

Sarah Py : L’idée de la sobriété devient de plus en plus présente dans les discours, mais la peur du Gilet Jaune rôde. Je vais suggérer une étape intermédiaire moins polémique, celle de lutte contre les gaspillages. Qui va être contre ? Les exemples donnés par Kerckhove relèvent d’ailleurs souvent de cela, du gaspillage. Et puis peu à peu élargir cette notion de gaspillage, puisque nous devons convaincre que si nous n’organisons pas notre sobriété, nous la subirons, et là ce sera frugalité et économie de guerre le sujet.

PCVT : Il vaudrait mieux parler d’économie d’énergie que de sobriété, qui a un côté moraliste, triste. Si on plonge les villes dans le noir et si on ne peut plus s’asseoir en terrasse en hiver, la vie va devenir plutôt sombre (pour les citadins).

Juste du Bonsens @ PCVT : C’est triste d’avoir besoin d’une terrasse chauffée en hiver pour ne pas être triste !

Haydée : On n’en peut plus de ces discours moralisateurs à 2 euros qui ne voient pas plus loin que la prochaine frontière. Si demain on éteint tout en UE (plus aucune consommation d’énergie), il n’y aura que 15% d’émissions en moins sur terre… alors on fait quoi ? On fait quoi avec la Chine? Et l’Inde ? Et les États-Unis ? Le seul avenir de l’humanité, c’est pas de rouler à vélo, c’est d’investir dans la science !

PPX : Ce qui est dit par Kerckhove est une totale ineptie. Aujourd’hui on consomme 1600 TWh d’énergie pour se chauffer, se déplacer, produire. Seulement 650 TWh sont décarbonés ( dont 350 sont d’origine nucléaire) et 950 sont fossiles, pétrole et gaz. La sobriété ne peut pas éliminer les 2/3 de nos besoins d’énergie !! Il faut éliminer l’énergie issue de fossiles au plus vite et la remplacer par de l’électricité solaire, éolienne et nucléaire + du biogaz et des biocarburants. Et bien sûr aussi de la sobriété dans ce qui est raisonnable, sans doute pas plus de 50 TWh à économiser sauf à supprimer chauffage et déplacements en voiture, (83% des déplacements aujourd’hui, dont une grande partie est contrainte) et fret routier. Toutes ces données sont publiques, faciles à vérifier.

Michel SOURROUILLE : Il ne peut pas y avoir d’opposition valide à l’idée de sobriété énergétique. Les ressources fossiles sont non renouvelable et le stock d’uranium limité. Quand il n’y aura plus une goutte de pétrole à un tarif abordable, il n’y aura plus de voiture thermiques, c’est aussi simple que cela, c’est une réalité d’ordre géologique. Les gouvernements mettent en place actuellement une taxe carbone « aux frontières » (de l’UE), mais l’effet prix arrive trop tard pour que changent rapidement les habitudes de déplacement. Pour que les automobilistes prennent conscience, il aurait fallu augmenter régulièrement le prix de l’essence depuis des années et des années (1972 pour être précis, année où on a démontré les limites de la croissance). Il faudra donc passer politiquement à la carte carbone, un rationnement des consommations d’énergie. Bien sûr il y aura des maisons qu’on ne chauffe plus en permanence, des villes dans le noir et des routiers en colère. Mais nécessité fait loi !

Vince : De la sobriété choisie, nous allons fort probablement passer à la décroissance subie. Il ne faut jamais sous-estimer la bêtise humaine, dixit Huval Noah Harari. Les années qui s’annoncent vont être difficiles. Le nucléaire est en chute libre et il faudrait 15 ans pour voir le bout d’un nouveau réacteur opérationnel (et je suis très optimiste). Les infrastructures énergétiques ont été pensées par une caste, pas du tout pour assurer la résilience au pays. Ils ont trahi. Les prix vont exploser avec les pénuries et la grogne sociale suivra. Les Flash-ball et les grands débats seront sans doute la réponse du pouvoir.

Tout savoir sur Jean-Marc Jancovici

Comment se débarrasser de l’or noir et du gaz ? Comment reconstruire une économie sur des bases sans carbone ? Comment faire face concrètement au défi climatique ? Ce sont les questions que se pose « Janco » depuis vingt ans. Jean-Marc Jancovici est susceptible de recueillir sur son nom les voix d’un patron du BTP, d’un syndicaliste CGT du nucléaire et d’un écolo décroissant… mais pas encore d’un politicien.

Jean-Marc Jancovici en 2022 : « Le monde dans lequel nous vivons est un monde fini, et croire que nous disposerons toujours des ressources énergétiques à notre disposition aujourd’hui, c’est se bercer d’illusions. L’alternative à ne pas imposer de contrainte, c’est que la contrainte arrivera d’une manière qu’on n’a pas choisie. Beaucoup de gens sous-estiment cruellement “le sang et les larmes” qu’il faudra pour parvenir à la neutralité carbone.J e vais vous donner un seul chiffre : 5 %. Il faut que les émissions de CO2 baissent de 5 % par an. Ce chiffre nous est imposé par la physique, il ne peut pas être négocié en votant une loi au Parlement. J’ai mûri. Je pensais qu’il suffisait, pour avoir un effet, d’exposer un raisonnement qui se tienne. J’ai fini par comprendre que ça ne servait à rien. Nombre de journalistes pensent, à tort, que le “droit au débat” s’applique aux faits comme aux opinions. Ils deviennent alors complices de mensonges. Je veux pouvoir discuter à gauche et à droite, l’erreur des écolos a été de se mettre dans les bagages des socialistes La vraie fracture n’est pas le clivage gauche-droite, c’est entre ceux qui pensent que les faits s’imposent aux opinions et les autres, entre ceux qui ont compris qu’il y a un monde fini et ceux qui continuent de croire que la croissance infinie est possible. Mon épouse est à la maison , ce qui supprime la nécessité d’une deuxième voiture. Et le nucléaire évite toujours plus de risques qu’il n’en crée, c’est un amortisseur de la décroissance.

Jean-Marc Jancovici en 2011 : Michel Sourrouille avait organisé un  colloque « Pic pétrolier, quelles propositions politiques pour 2012 ? » le mardi 25 janvier 2011 dans les locaux de l’Assemblée nationale à Paris. Voici la transcription du discours de Jancovici à l’époque.

« Je commence par une question, combien de parlementaires dans cette salle ? 1,2 3, on va dire sept ou huit ! Au niveau de l’énergie, c’est le serpent qui se mord la queue : les parlementaires n’ont pas conscience de l’urgence du problème, donc ils ne viennent pas s’informer, donc ils n’ont pas conscience du problème ! Quelle est la martingale qui permettrait à 200 parlementaires de se tenir tranquille dans une salle pendant trois heures pour écouter un cours ? Si quelqu’un a une réponse, je prends ! Car c’est une bonne partie de la stabilité politique de la France dans les vingt ans qui viennent qui en dépend. Comme les politiques sont interrogés par des journalistes qui n’y connaissant rien non plus, cela tourne en vase clos, à aucun moment il n’y a d’issue. Quelques pensées que je donne en désordre :

–          Si on met bout à bout pétrole, gaz et nucléaire, on est aux alentours de 90 % de l’énergie primaire. Or la consommation d’énergie fait le pouvoir d’achat. Si on divise par dix la production d’énergie, il faut diviser par dix le pouvoir d’achat des Français.

–          Le pic pétrolier, c’est un théorème de math. Il y a une dotation limitée de pétrole, de gaz et de charbon, un stock de départ donné une fois pour toutes. L’extraction part de zéro, passe par un maximum puis décroît. Cela se passe de la même façon pour tout minerai, pour le phosphate, l’alumine, le Tantale… c’est mathématique.

–          Ce qui compte, c’est la quantité de pétrole par  habitant. Avec l’accroissement démographique, la part diminue. La quantité mondiale de pétrole par habitant est déjà à la baisse depuis 1980. Il faut ajouter la baisse de capacité d’exportation des pays producteurs de pétrole qui font face à leurs propres besoins. La France connaît aussi une baisse de sa part dans les exportations mondiales. Ces trois baisses se conjuguent et je rappelle cette évidence : il n’existe pas de consommation croissante quand la production décroît. Il existe pourtant des gens qui font encore des scénarios de consommation croissante du trafic, imaginent le Grand Paris ou l’aéroport Notre Dame des Landes… mais avec quelle énergie ? Se contenter de dire que la demande ne sera pas satisfaite est idiot. Le Grenelle est postérieur de deux ans à la baisse de la consommation de carburant en France. La faillite de Lehmann Brothers nous a rendu un grand service…

–          Le prix des fossiles est dérisoire. Les ressources naturelles mises  à notre disposition sont gratuites, nous ne comptabilisons que les revenus humains, le travail et les rentes. On ne paye pas la formation du litre de pétrole. Pourtant pour le fabriquer, il faut de l’énergie solaire et attendre 300 millions d’années. Allez refaire cela avec vos petits bras musclés, cela ne va pas vous coûter le même prix !

L’idée qu’on va pouvoir trouver des substituts à l’énergie fossile ou à l’uranium, c’est une chimère, ça n’existera pas. Aujourd’hui, pour faire un baril jour de pétrole conventionnel, il faut mettre sur la table 20 000 dollars de coût en capital. Pour les hydrocarbures non conventionnels, coal to liquids ou sables bitumineux, il faut 200 000 dollars. Dix fois plus de capital nécessaire, le coût en capital du déplacement des ressources fossiles représente des sommes astronomiques. Il faut donc investir massivement dans les économies d’énergie sinon le problème social sera dramatique. J’ai une cravate, cela montre bien que je me préoccupe plus du sort des hommes que de celui des marmottes.

Dernière chose, et les socialistes ont joué leur rôle, le rejet de la taxe carbone sous le prétexte que cela allait assommer les Français est une grave erreur. Pour une croissance du prix de baril de 50 dollars, c’est une taxe carbone de 100 dollars qui va alimenter les caisses des fonctionnaires vénézuéliens, saoudiens ou russes. Dans un pays comme le nôtre qui importe 99 % de son pétrole, la taxe carbone nous la payons de toute façon.

Parce que nous avons déjà beaucoup trop attendu, les investissement de transition qu’il va falloir faire dans un contexte récessif posent problème. L’inertie des systèmes énergétiques du côté de la consommation (parc de logements, de voitures…) fait que le changement ne se fait pas en une semaine, mais plutôt en 30 ans. Géraud Guibert a dit en rigolant que les socialistes n’étaient pas au pouvoir il y a deux ans. Mais les socialistes l’ont été au cours des trente dernières années. La faute est collective, il n’y a pas droite ou gauche sur la question, il n’y a pas électeurs ou élus, on s’est tous vautrés, on a beaucoup trop attendu pour faire les choses en douceur. Mais si nous en le faisons pas maintenant de manière extrêmement musclée, ce qui nous attend n’est pas du tout ce que conçoivent les politiques dans leurs programmes électoraux pour 2012. »

Nabil Wakim décrypte Jean-Marc Jancovici : A 60 ans ce polytechnicien, nommé en 2018 au Haut Conseil pour le climat (HCC), a consacré un pan entier de sa vie à décortiquer la thématique climatique et énergétique. Il crée dans les années 2000 une méthode pour mesurer qui émet quoi, appelée le bilan carbone, désormais utilisée de manière massive en France, mais aussi à l’étranger. Il fonde, en 2007, le cabinet Carbone 4, qui conseille des entreprises pour faire face à la crise climatique et énergétique. Lui-même a rendu public son bilan carbone il y a vingt ans – il ne prend quasiment plus l’avion, chauffe son logement à 18 degrés (15 la nuit), limite sa consommation de viande de bœuf et ne roule que quelques kilomètres par an en voiture. Seule entorse au tableau : sa maison, située dans le sud de Paris, est chauffée au gaz naturel – un combustible fossile. « Janco » est une sorte de Hulot qui promet à la télévision de douloureux efforts et des sacrifices plutôt que de beaux paysages. Sa leçon inaugurale à Sciences Po intitulée « CO2 ou PIB, il faut choisir » en dit beaucoup sur sa personnalité : « Je ne vais pas beaucoup vous parler de solutions, de toute façon, ça va vous occuper jusqu’à votre mort, comme ça, vous aurez un peu de travail. » Lancé en 2010, son think tank, The Shift Project, tire ses revenus de généreux mécènes, parmi lesquels Bouygues, EDF, BNP Paribas ou Veolia. Les shifters ont professionnalisé le lobbying auprès des élus et des collectivités.

Bibliographie, les livres de Jean-Marc Jancovici :

Le plein s’il vous plaît (2006)

C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde (2009)

Le changement climatique expliqué à ma fille (2009)

Changer le monde, tout un programme (2011)

Dormez tranquilles jusqu’en 2100 et autres malentendus sur le climat et l’énergie (2015)

Nos articles sur ce blog biosphere :

24 décembre 2021, Jean-Marc JANCOVICI devient malthusien

21 novembre 2021, Jancovici nous pousse hors zone de confort

6 octobre 2019, Jancovici, « sans pétrole t’es plus rien »

18 décembre 2017, Extraits du discours décapant de Jean-Marc Jancovici

4 janvier 2009, Jean-Marc Jancovici critique Nicolas Sarkozy

Présidentiables 2022 et question nucléaire

Trop facile de vouloir relancer le nucléaire civil sans dire un mot des contraintes d’une telle activité, lire en fin d’article l’analyse de Perrine Mouterde. Les présidentiables 2022 pronucléaires sont des apprentis sorciers, qu’ils gardent les déchets radioactifs dans leur salle à manger…

Zemmour : construction de quatorze nouveaux réacteurs, car il estime que le nucléaire permet à la France d’« être le pays qui émet le moins de CO2 ». Il requiert la prolongation du parc existant à soixante ans au moins et veut viser quatre-vingts ans, après avis de l’Autorité de sûreté nucléaire. Il prône le soutien du développement des réacteurs de petite taille (Small Modular Reactors, SMR) et la relance de la recherche dans le nucléaire du futur, comme les réacteurs de quatrième génération (programme Astrid). Par ailleurs, il veut continuer d’enfouir les déchets nucléaires à Bure (Meuse).

Lire, énergie, après l’EPR, les SMR . Acceptable ?

Lire, Astrid, l’enfant mort-né du nucléaire

Lire, Bure et la considération du long terme

Pécresse : La candidate des Républicains souhaite réinvestir dans les centrales existantes pour en prolonger le fonctionnement, et lancer six nouveaux EPR. Elle souhaite aussi redémarrer le projet Astrid de réacteur de quatrième génération, et veut soutenir le développement de petits réacteurs modulaires.

Macron : Le président de la République sortant souhaite que la France réinvestisse dans l’énergie nucléaire par souci de transition écologique et de souveraineté industrielle. Il a décidé début 2022, en exercice de ses fonctions, de faire investir l’Etat dans la construction de 6 réacteurs nucléaires de type EPR2 d’ici à 2050, à mis à l’étude la construction de 8 EPR de plus et a demandé la prolongation au-delà de cinquante ans de la durée de vie de « tous les réacteurs qui peuvent l’être » (revenant sur sa volonté de fermeture de centrales en début de quinquennat).

Lire, Emmanuel Macron, pour ET contre le nucléaire

Le Pen : Marine Le Pen souhaite lancer « la construction de trois nouveaux [réacteurs] EPR » en plus de la révision et de la modernisation des centrales existantes. Demande également un moratoire sur le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), prévu pour 2025.

Lire, Fessenheim ferme, démantèlement incertain

Dupont-Aignan : milite pour la nationalisation complète d’EDF et la recréation d’une filière d’excellence nucléaire avec l’abandon de l’objectif de 50 % de nucléaire dans la production électrique en 2035, la poursuite de la recherche pour un nucléaire 100 % « propre » et le lancement d’un plan de développement de la filière thorium sur trente ans.

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Lassalle : Jean Lassalle veut préparer la transition « énergétique du nucléaire vers des centrales de quatrième génération, plus sûres et moins chères ».

Roussel : Relancer le projet Astrid visant à fabriquer un réacteur nucléaire de quatrième génération. Le député communiste estime que le nucléaire est indispensable et souhaite « un mix énergétique énergies renouvelables-énergie nucléaire, les deux devant augmenter ».

Hidalgo : Estimant que la France ne pourra pas sortir du nucléaire avant 2050, la maire de Paris veut l’utiliser comme énergie de transition « sans sortie précipitée pour ne pas faire flamber le prix de l’énergie ». Elle assure également qu’il n’y aura pas de construction de nouveaux EPR.

Jadot : L’eurodéputé prône une « sortie responsable » du nucléaire, en ne construisant pas de nouvelles centrales et en arrêtant dix réacteurs nucléaires « d’ici 2035 ».

Mélenchon : Le candidat « insoumis » propose d’abandonner les projets d’EPR, de planifier le démantèlement des centrales et la reconversion des sites nucléaires, sans avancer de date.

Lire, Macron vante les EPR 2, Jadot parle sobriété

Poutou : Le candidat du NPA veut mettre fin au nucléaire en l’espace de dix ans, tout en développant les énergies renouvelables.

Arthaud : Pas de proposition à ce jour.

Perrine Mouterde : Depuis fin 2018, la France ne dispose plus de plan de gestion des matières et déchets radioactifs. Au cours du quinquennat, aucun contrôle de la stratégie gouvernementale n’a pu avoir lieu. Des parlementaires dénoncent une « entrave » à l’exercice de leur fonction et une « défaillance démocratique grave ». contrôle de la stratégie gouvernementale portant sur la gestion des matières et des déchets radioactifs. L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) : « On aurait aimé avoir un plan complet sur lequel on aurait pu questionner le gouvernement et dont on aurait pu critiquer les options. » on déplore aussi l’absence de chiffrage financier. Le projet de centre de stockage géologique profond Cigéo, destiné à accueillir les produits les plus dangereux attend encore sa reconnaissance d’utilité publique, est encore contesté. Les capacités d’entreposage des combustibles usés dans les piscines d’Orano (ex-Areva), à la Hague (Manche), seront saturées à l’horizon 2030.

De toute façon les recommandations formulées lors du précédent plan, notamment en matière d’incidences environnementales, n’avaient pas été prises en compte !!!

Macron, le type qui ne vaut que 15 centimes

Une « remise à la pompe de 15 centimes par litre » s’appliquera à partir du 1er avril et pendant quatre mois pour tous les Français, afin de faire face à l’envolée des prix du carburant. Ce n’est même pas un poisson d’avril ! Interrogé sur un procès en clientélisme, à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, le chef du gouvernement a argué que le prix des carburants était devenu « la première préoccupation des Français. Me voyez-vous leur dire “circulez, il n’y a rien à voir !” parce qu’il y a une élection dans moins de trente jours ? Ce n’est pas ma conception de ma responsabilité ». La responsabilité d’un chef de gouvernement, c’est de considérer à la fois le réchauffement climatique, l’invasion en Ukraine, notre addiction au pétrole… car tout est lié. Ni Castex ni Macron ne pensent à explique aux gens que les temps à venir vont être très durs et que chacun doit prendre ses responsabilités. Voici quelques commentaires qui confirment notre point de vue d’écologiste.

Fredh : Chouette une baisse du prix du carburant, comme ça je vais pouvoir faire plus de km et tant pis pour la planète et tant pis si cela finance l’effort de guerre de Poutine, c’est que moi je suis un bon occidental moyen préoccupé par mon petit confort.

J.A. : Le contribuable finira bien par payer le manque à gagner du à ce cadeau électoral …

Ebn : Même pas J.A. ! Avec l’augmentation folle du carburant ces dernières semaines, l’État reçoit un cadeau inespéré par le biais des taxes qui frappent le carburant (en gros 60% du prix payé par le consommateur). Aussi, réduire sa ponction de quelques dizaines de centimes ne « coûte » RIEN à l’État. C’est juste pour lui renoncer à une petite partie de l’effet d’aubaine qui par chance augmentait ses caisses.

Lire, L’essence à 2 euros le litre, bientôt à 10 €

Jean Vincensini : Je me souviens de l’époque où les suffrages s’achetaient à coups de billets de banque , d’électroménager, de promesses d’emploi ou de logement.
C’était il y a longtemps dans une île désertée par la démocratie. M
r Castel nous ressert, sur ordre, le même infâme breuvage.

Denis Monod-Broca : L’Etat-nounou a encore frappé ! Cette façon de vouloir nous cacher la dureté des temps, la dureté des temps de guerre, est déprimante. Cette façon de mépriser la capacité de chacun à faire face, avec ses moyens propres, est décidément désespérante. Tout cela à crédit évidemment. Mille milliards de dettes ou deux mille milliards de dette, au point où nous en sommes, qu’est-ce que ça peut faire ? Quelle folie ! Quoi qu’il en coûte…

AntoineD : C’est ce qui s’appelle subventionner les énergies fossiles, soit l’exact inverse de ce qu’il faudrait faire pour que la seule planète habitable de l’univers le reste.

Lire, Ukraine, l’arrivée proche de la carte carbone

Earth : Le message de Macron est clair, continuer à polluer pour faire tourner l’économie. Pauvre ou riche aucune distinction, aucune contrepartie écologique. A quand une mesure pour récompenser ceux qui réduisent leur consommation ? Macron n’aura certainement pas ma voix.

Alex. : Encore une entorse à l’impératif écologique… Je rappelle le titre d’un article du MONDE de janvier 2021 : « 42% des personnes dont le lieu de travail est situé à moins de 1 km de leur domicile s’y rendent en voiture ». C’était aujourd’hui l’occasion de leur faire changer leurs habitudes et de réduire ainsi toutes les externalités de la voiture thermique.

L’essence à 2 euros le litre, bientôt à 10 €

La flambée des cours des énergies fossiles depuis l’invasion russe en Ukraine et la lutte contre le réchauffement climatique vont nous imposer une sobriété énergétique démesurée qu’aucun politicien n’ose encore aborder de front.

Lire, Dire la vérité, c’est augmenter le prix du carburant (article du 11 novembre 2018)

Editorial du « Monde » : Le fait que le prix du litre d’essence dépasse les 2 euros ou que les factures de chauffage atteignent des montants prohibitifs ne doit pas être seulement interprété comme un accident conjoncturel, c’est un avant-goût de ce qui nous attend. Le choc énergétique actuel doit nous inciter à regarder la réalité en face. L’objectif de neutralité carbone en 2050 que s’est fixé l’Union européenne implique une mutation complète de nos modes de vie. Jusqu’à présent, rares sont les dirigeants qui ont le courage de préparer les esprits à cette perspective. Pour un plan de « résilience », l’État se dit prêt à débourser au total une vingtaine de milliards d’euros. Cette nouvelle version du « quoi qu’il en coûte » ne sera pas tenable très longtemps.

Corentin : Je pense que si on demande (à bulletin secret) aux Français « de combien de degrés accepteriez-vous de baisser la température de votre logement pour aider les Ukrainiens? », ou « combien d’€ supplémentaire par plein de carburant seriez vous prêt à payer pour sauver la planète? »
La moyenne des réponses serait vers 0,1°C et 0,0001€.

Requiem : Dans les années 1973/1974 après le premier choc pétrolier, dans l’entreprise ou je travaillais alors, la règle de chauffage des bureaux était de 18° au maximum et dans les ateliers de 16° maximum, sans la moindre contestation du personnel et avec une plaisanterie qui circulait : un pull à col roulé est aussi seyant qu’une chemise-cravate

Yannick Jadot : Une économie sous perfusion d’énergies fossiles la met à la merci d’un dictateur. Il nous faut sortir du gaz et du pétrole, la sobriété énergétiques va constituer une grande aventure humaine. Un plan d’indépendance énergétique doit être décidé par l’Union européenne : plafonnement des prix de gros du gaz et de l’électricité, solidarité européenne pour gérer en commun les réserves stratégiques, plan d’investissement massif pour la sobriété énergétique et l’investissement dans les énergies renouvelables. Je propose qu’un plan de 1 000 milliards d’euros pour la sécurité climatique et énergétique, financé par un emprunt européen.

Sarah Py : Il n’est question dans cette tribune de Jadot que d’un slogan, « sobriété énergétique ». Pas de changements de mode de vie, pas de réduction de nos folies consuméristes, non une vague sobriété énergétique et nous aurions fait les efforts qui conviennent pour cette neutralité carbone. C’est court, terriblement faible de la part de Jadot qui devait incarner cette révolution de nos modes de vie dont parle l’éditorial du Monde.

Lire, Le prix de l’essence n’augmente pas, dommage ! (article du 11 février 2013)

L. Rivron : Peut-on néanmoins faire remarquer que ce ne sont pas les écologistes qui étaient en responsabilité quand nous expliquait naguère que le chauffage au gaz était à la fois vertueux et économique ? Pourrait-on demander quels sont ceux qui se sont succédé au ministère de l’économie ? Et quand nous sommes clients d’Engie, quand nous finançons Total avec nos contrats d’assurance-vie, il faut bien reconnaître que l’on finance l’économie russe, que l’on facilite la continuation de la guerre et les atrocités de l’armée de Vladimir Poutine. Sans pour autant se couvrir de cendres, un minimum de lucidité ne fait pas de mal.

Renard français : Je dois faire 47 km pour aller au boulot. J’habite à la campagne, je n’ai pas le choix. J’ai une voiture diesel. Le litre est à 2 euros bientôt. Après l’embargo sur le pétrole russe il sera encore plus haut. Pas de souci pour les riches, mais moi je gagne 1500 euros par mo

XYZ @ Renard : Voilà plusieurs décennies que les écolos alertent sur la fin du pétrole… Qui peut dire qu’il n’était pas prévenu ? Maintenant, rien ne vous empêche de changer de logement ou de boulot. Ne me dites pas qu’il n’existe AUCUN emploi à moins de 47km ! Ou alors vous habitez au sommet d’une montagne au fin fond des Alpes ? Dans ce cas devenez guide de montagne et travaillez à pieds 🙂

San-San : On ne voudrait surtout pas que l’Ukraine ou le changement climatique vienne égratigner son pouvoir d’achat, ses appartements surchauffés, ses 3 bagnoles, les écrans partout…

Lire, Flambée des prix de l’énergie, que faire ?

Yves Cochet exprimait déjà en 2005 ce qui reste toujours d’actualité : « La décroissance mondiale de la production de pétrole sera synonyme de décroissance du PIB pour l’économie mondiale dans son ensemble. Depuis plus de trente ans, les écologistes n’ont cessé de proposer la diminution des consommations d’énergie fossiles et la mise en œuvre de politiques de sobriété énergétique et de promotion des énergies renouvelables, l’abandon de l’agriculture productiviste au profit de l’agrobiologie, le désengagement de notre dépendance à l’égard des entreprises transnationales et la réhabilitation des circuits économiques courts. En vain. Il est déjà trop tard pour espérer transmettre à nos enfants un monde en meilleure santé que celui que nous connaissons aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus leurs souffrances seront grandes et dévastatrices.

Présidentielle 2022, voiture et climat

Une présentation rapide des programmes des présidentiables 2022 sur deux points, la baisse des émission de gaz à effet de serre et l’usage de la voiture, permet de ressentir le décalage profond qui existe entre l’urgence écologique et les flatteries devant l’électeur. Rappelons aux citoyens que réchauffement climatique et usage généralisé de l’automobile sont intrinsèquement liés. Rappelons aux présidentiables que pour réduire notre empreinte écologique, il faudrait politiquement mettre en place une carte carbone et dire que les déplacements en voiture individuelle, qu’elle soit électrique ou thermique, deviendra bientôt hors de prix.

Baisse des émissions de CO2

Zemmour : Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, Eric Zemmour prône l’interdiction des exportations de bois brut n’ayant subi aucune transformation « afin de favoriser la création de valeur ajoutée sur notre sol et d’éviter leur transport extrêmement polluant ». Le candidat exige aussi la mise en place au niveau européen de la taxe carbone aux frontières. Enfin, il veut privilégier les circuits courts en augmentant la part des produits locaux dans la restauration collective.

Pécresse : Ne croyant pas en « l’écologie punitive », elle veut des incitations financières « plutôt que les taxes » pour décarboner la consommation des ménages. Elle souhaite qu’en 2035 plus aucun véhicule neuf ne fonctionne qu’avec des énergies fossiles, et qu’en 2040 tous les véhicules neufs s’en passent complètement. Elle compte aussi remplacer les transports en commun fonctionnant au diesel par des transports propres.

Lassalle : Le candidat souhaite investir dans les énergies renouvelables en développant l’énergie solaire, géothermique et l’énergie de la mer (houle et écarts thermiques entre la surface et les grands fonds). Il met notamment l’accent sur le développement de la recherche sur le milieu océanique.

Roussel : Le communiste veut élaborer un projet d’investissement pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, « avec une forte croissance de la production électrique, en investissant dans les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien et surtout l’hydraulique) et dans l’électricité nucléaire avec la construction d’au moins six EPR ».

Hidalgo : plan de relocalisation des activités économiques permettant de réduire de 50 % les émissions de CO2 du secteur industriel d’ici à 2035. Elle compte également créer un fonds pour la réindustrialisation et l’emploi local doté de 3 milliards d’euros pour aider temporairement les entreprises en difficulté relevant d’industries d’avenir ou stratégiques

Mélenchon : Le candidat de gauche propose de baisser de 65 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030, soit davantage que l’objectif de 40 % fixé actuellement.

Jadot : Avec ses propositions, Yannick Jadot veut « réduire l’empreinte carbone de la France de 55 % d’ici 2030 en vivant mieux et atteindre la neutralité carbone en 2050 ».

Pas de proposition connue à ce jour (10 mars) : le Pen Dupont Arthaud Poutou Macron

Lire, Les gaz à effet de serre, c’est aussi notre affaire

Avenir de l’automobile

Zemmour : Supprimer les contraintes pour les conducteurs . Le candidat prône la « suppression du permis à points », la « restauration de la limitation de vitesse à 90 km/h » sur les routes, « mettre fin à toute interdiction de circuler en ville », ainsi que « revenir à la limitation de vitesse de 50 km/h en ville ». Il veut aussi « plafonner les amendes de stationnement à 17 euros sur tout le territoire ».

Dupont-Aignan : entend remplacer les 10 millions de véhicules les plus énergivores par le biais d’un nouveau bonus-malus favorable aux véhicules électriques et peu polluants, et accélérer la mise en place de bornes de recharge rapide pour les voitures électriques.

Pécresse : souhaite remplacer les transports en commun fonctionnant au diesel par des transports propres. Elle envisage aussi, pour 2035, de mettre fin aux véhicules neufs consommant des énergies fossiles et de développer les bornes de recharges pour véhicules électriques

Roussel : Estimant que l’amélioration de la qualité de l’air « ne peut pas se faire sur le dos des classes populaires », le candidat propose une prime à la reconversion allant jusqu’à 10 000 euros par foyer pour l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion Crit’air 1 ou 2.

Hidalgo : La candidate souhaite renforcer le recours aux véhicules électriques (aides à l’acquisition, système de location peu coûteux, etc.).

Mélenchon : Diminuer le recours à la voiture individuelle. Pour cela, le candidat propose de mettre en place « un plan national de développement massif des transports collectifs dans les grandes agglomérations » ainsi que le cofinancement avec les grandes agglomérations « des infrastructures cyclables et de stationnement vélo ». Il ambitionne aussi de développer « des parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à faibles revenus ».

Jadot : Pour « réduire la dépendance à l’automobile », le candidat écologiste souhaite mettre fin à la vente de véhicules neufs avec un carburant fossile (essence, diesel ou hybride) et prône une « vélorution ». Il propose notamment le prêt d’un vélo à tous les jeunes de 16 ans qui le souhaitent

Pas de proposition connue à ce jour (10 mars) : lepen arthaud poutou lassalle macron

Lire, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

UKRAINE / CLIMAT, retour à l’essentiel

Le 28 février, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 2e volet de son sixième rapport en trente ans. Concentré sur les impacts, les vulnérabilités et l’adaptation à la crise climatique, il est beaucoup plus alarmant que le précédent, daté de 2014.

Lire, Le rapport du GIEC occulté par Poutine

Jean Jouzel, climatologue : Les problèmes environnementaux, en dépit de leur extrême urgence et de leur gravité, ne sont que rarement prioritaires. Oui, nous continuons d’être très égoïstes… Certaines des solutions technologiques s’inscrivent dans l’idée que nous pouvons dominer la nature plutôt que d’essayer d’être en harmonie avec elle. D’autant que certaines, à l’instar de la manipulation du rayonnement solaire, me paraissent dangereuses… Il me semble indispensable de répéter que chaque demi-degré compte… Près de cent vingt pays ont adhéré à l’idée de la neutralité carbone d’ici à 2050 (la Chine en 2060 et l’Inde en 2070), mais ces messages ambitieux restent cantonnés aux bonnes intentions. Y compris en France… L’idée des véhicules moins volumineux et émetteurs, qui avait été proposée par la convention citoyenne, n’a pas été sérieusement retenue…

Lire, Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Frog : Il est possible de se passer de nombreuses choses sans que ça fasse le moindre mal. Je ne prends pas l’avion, je n’ai pas de voiture, pas de machine à expresso, pas de sèche linge, pas de lave-vaisselle, pas de piscine, pas de climatiseur, j’achète le moins de neuf possible… et je vis très bien, j’ai même beaucoup de temps pour moi grâce à cela. Pourquoi vouloir imaginer que les défenseurs de l’environnement seraient forcément des pourvoyeurs de malheur ? Pour moi, le plus grand malheur, c’est de passer mon temps à acheter, entretenir et faire réparer une consommation inutile !

le sceptique @ Frog : vous comprenez que c’est différent de dire « moi je ne fais pas X ou Y » et « moi je veux interdire X ou Y ». Dans le premier cas, vous faites usage de votre liberté comme les autres sociétaires ; dans le second cas vous demandez la suspension d’un certain nombre de libertés pour tous les sociétaires. Il ne vous a pas échappé que cette question de la suspension des libertés est critique dans l’histoire démocratique moderne. En outre, dire « cela se passe très bien pour moi dans mon choix libre » ne vous permet pas de dire « cela se passera très bien pour tous si cela devient une obligation ». Pour prendre votre seul premier point, si l’avion devait être interdit, cela se passerait mal pour beaucoup de gens dont le revenu dépend de cette avion, des gens qui n’ont pas votre vie, des gens dont le chômage nuirait à eux et aux autres. Donc voilà, si vous êtes seulement pour la liberté, eh bien cela ne conduit qu’à des petits pas pour le climat.

Lire, Fini la liberté de tondre sa pelouse

Du point de vue des écologistes, on ne peut pas opposer pratiques de Colibri et politiques collectives, tout est en interdépendance. Charbon, pétrole et gaz sont les principales causes du réchauffement, mais aussi principales sources de financement de la Russie de Vladimir Poutine. Notre addiction aux énergies fossiles a armé le maître du Kremlin. Lutte contre le réchauffement climatique, c’est donc à la fois économiser drastiquement notre consommation d’énergie, lutter contre l’usage collectif des armes et oeuvrer pour la décroissance de la population humaine. Vaste programme que les présidentiables 2022 en France ne songent même par à penser. C’est pourquoi le fracas des armes continuera à éradiquer une fraction de la population tout en gaspillant les dernières gouttes de pétrole qi restent encore…

Lire, la dernière goutte de pétrole (notre article de 2010)

extraits : Demain, bientôt, en 2011 ou 2027, le baril à 300 dollars, 1000 dollars, plus… Autant dire le Premier jour de l’après-pétrole. Quelques tankers circulent encore, mais la Russie a serré la vis de ses pipe-lines. L’Europe se dessèche et les Etats-Unis entrent en transes. Des milliers de station-service ferment, les avions cessent de voler, le chauffage au fuel est abandonné. La fermeture des raffineries contamine peu à peu le secteur industriel tout entier. Plus de matières plastiques,  donc plus de tuyauteries, plus d’emballages, de rouge à lèvre, de tissus synthétique, de bouteilles d’eau. Wall Street fait naufrage, les traders sautent par la fenêtre. Le chômage explose, 15 %, 30 %, 50 % de la population… Des manifestations dans tous les pays, des violences incontrôlées, la loi martiale est décrétée. Les voitures s’arrêtent de rouler, les supermarchés ferment quand ils ne sont pas pillés. La plupart des habitants des conurbations ne peuvent plus se rendre désormais à des boulots inexistants. Les banlieues pavillonnaires deviennent des déserts ou des taudis. La police est débordée, l’armée déboussolée. L’obscurité s’étend sur les villes, plus d’éclairage public. Les dernières gouttes de pétrole sont réservées à des tanks qui ne servent plus à grand chose. Les centrales nucléaires sont abandonnées, même l’Etat n’a plus les moyens de les pérenniser. Les émeutes de la faim gagnent les pays du Nord après avoir dévasté le Sud. Des marées humaines se réfugient à la campagne où il n’y a plus de refuges possibles. Des seigneurs de la guerre font la loi à coup de kalachnikov tant qu’ils ont encore des balles. En 2050, la planète compte moins d’un milliard d’habitants. Dans quelques endroits aux terres encore fertiles, la vie communautaire se reconstruit peu à peu. L’ère de la croissance économique dans un monde fini est définitivement terminée.

Poutine / Ukraine, parfum d’hydrocarbures !

A quelques jours d’écart, les 24 et 28 février, Vladimir Poutine lançait l’armée russe sur l’Ukraine et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rendait public son sixième rapport, le plus alarmant rendu à ce jour par l’organisme onusien. Rien ne semble a priori rapprocher ces deux menaces. La première tient à la folie d’un seul homme quand la seconde tient aux lois intangibles de la physique. Sur ces deux menaces plane pourtant le même parfum d’hydrocarbures.

Lire, Ukraine, bientôt le choc pétrolier ultime

Stéphane Foucart : Charbon, pétrole et gaz sont les principales causes du réchauffement, mais aussi principales sources de financement de la Russie de Vladimir Poutine. Notre addiction aux énergies fossiles a armé le maître du Kremlin ; Politico a fait ce cruel calcul , en 2020 les dépenses militaires russes (56 milliards d’euros) correspondent peu ou prou à la valeur des exportations de combustibles fossiles de la Russie vers l’Europe (59 milliards d’euros). Au total, 40 % de la consommation de gaz des pays de l’Union proviennent de Russie. En jouant ainsi avec les nerfs des populations européennes, le maître du Kremlin semble nous susurrer : « Voyez comme ces centrales nucléaires vous rendent vulnérables au moindre de mes caprices. Ne préférez-vous pas rester au gaz ? »

Quelques commentaires :

Vince : Citation du Sunday Times: « Tout en envahissant l’Ukraine et en menaçant l’Otan d’une guerre nucléaire, Vladimir Poutine tient à vendre au monde ses marchandises. La Russie a exporté 235 milliards de dollars d’énergie l’année dernière, soit environ la moitié de ses revenus d’exportation totaux. Cela signifie que chaque jour, les acheteurs de pétrole, de gaz, de diesel et de charbon russes versent plus de 640 millions de dollars dans les coffres du Kremlin, aidant à soutenir le régime meurtrier de Poutine et à payer les chars qui bombardent son voisin.  »

jcf : La corrélation entre l’exportation par la Russie d’énormes quantités d’hydrocarbures et l’invasion de l’Ukraine est d’une évidence telle qu’il est surprenant que les journalistes du Monde n’aient pas alerté l’opinion politique depuis longtemps. Ce sont sans doute les lobbys du carbone et de la finance qui les en ont empêchés. Peut-être aussi les photos sur papier glacé des produits de luxe qui prennent tant de place dans M Magazine…

Tomjedusor : Merci Stéphane. Bon le problème c’est que les lois de la physique sont têtues : on a besoin de beaucoup, beaucoup d’énergie pour se nourrir, se chauffer, s’habiller, écrire des articles. A peu prêt l’équivalent de la force 600 esclaves par an et par français. Ce serait bien de se sevrer mais comment faire ? Personne ne veut revenir au 17eme siècle, personne ne veut revenir faire pousser des poireaux a la place des tracteurs et des engrais issus de la pétrochimie, personne ne veut transporter ses récoltes en charrette pour les vendre au marché du coin. Se sevrer, oui, mais avec quoi ? Trois éoliennes en plus ? Les européens n’ont pas très bien compris l’ampleur du problème énergétique. En France par exemple se sevrer du gaz et du pétrole voudrait dire 60 EPR de plus, pas 14. Et encore on arrenterait pas les importations carbonées avec ça

Freretug : Ben quoi retournons à un monde de serfs attachés à leur terre, aux villageois d’antan qui ne quittaient leur village que deux fois pas an. Pas d’avions pas de voitures pas de voyage en Thaïlande pour aller se dorer les fesses… Le monde d’après…

Haïdouk @Freretug : Et en plus on voudrait même nous interdire le plastique ! Les sacs étaient pourtant bien pratiques. Notamment pour se suicider…

fongalop : Les bobos parisiens et les écolos en rêvaient depuis longtemps, la décroissance. Grace à Poutine, elle va enfin s’installer sans débat dans toute l’Europe.

Frog : Oui, et après il y aura la fin des énergies fossiles dans un monde très conflictuel, et les partisans de la croissance n’auront rien vu venir bien qu’on en parle depuis plus de 50 ans….

Lorange : J’avoue rêver d’assister à un repas dominical durant lequel papi boomer explique à une tablée fatiguée de ses élucubrations réactionnaires que les rapports du GIEC, synthèse des expertises scientifiques de toute la planète sont faussés, que les écologistes qui n’ont jamais été au pouvoir sont responsables du réchauffement climatique et que Macron ou la droite sont les plus à même de résoudre la crise écologique. Et, en point d’orgue, à partir du fromage, not’bon papi réactionnaire s’étranglant de rage et hurlant que lui vivant, jamais, ô grand jamais, on ne retournera vivre dans les cavernes en s’éclairant à la bougie.

Batman : Soyons clair, Poutine, les Russes, les Ukrainiens d’aujourd’hui et leurs conflits auront tous disparus dans 50 ans mais le réchauffement sera là. Je m’étonne également que face au risque de pénurie aucun appel à la sobriété énergétique ne soit fait ni aucun rationnement prévu. C’est si dur de se passer de sa bagnole et son smartphone ?

Peps72 : Y’a 7 milliards d’être humains sur Terre, alors je vois pas vraiment quel serait l’intérêt d’évaluer le coût écologique d’un conflit qui oppose 150 000 militaires russes à 100 000 militaires ukrainiens, sachant que tout ce petit monde s’entraine quoiqu’il arrive tout au long de l’année en consommant de l’essence et des munitions, à un niveau certes beaucoup moins élevé, mais au final d’un point de vue écologique ça va (absolument) rien changer du tout au devenir de l’humanité…

Lire, Pauvreté, guerre et surpopulation sont liées

Ukraine, bientôt le choc pétrolier ultime

Le monde est un baril de pétrole qui ne demande qu’à s’enflammer. Qui aurait dit en septembre 1972 que le prix du baril allait quadrupler au cours de l’année 1973, entraînant pour les années suivantes stagnation de l’activité économique et inflation (stagflation) ? La guerre du Kippour d’octobre 1973 a entraîné le premier choc pétrolier, l’invasion de l’Ukraine pourrait bien déclencher le choc pétrolier ultime !

Lire, Bientôt le choc pétrolier ultime ? (septembre 2019)

Michel Lepetit : Le conflit entre Égypte et Israël avait été le prétexte à un embargo pétrolier, qui durera jusqu’en mars 1974, et à une spectaculaire envolée des prix du brut imposée par l’OPEP. Le quintuplement des prix du brut aurait été atteint dès la mi-1974. Mais le catalyseur de cette crise est d’abord la soif effrénée de croissance économique des pays riches, assouvie par une consommation énergétique toujours plus abondante. Pour autant, cest l’embargo de 1973 qui envoient un signal politique fort et clair.La crise révèle la vulnérabilité de secteurs entiers aux hydrocarbures, en particulier l’agriculture, du fait du machinisme agricole (pétrole) et des engrais (gaz naturel). Les pays de l’OCDE doivent déployer des plans de rationnement sans précédent en temps de paix : restrictions d’approvisionnement de l’industrie  ; fermeture de stations-service ; limitations de vitesse sur les autoroutes ; normes de température dans les bâtiments publics  ; sensibilisation de l’opinion (la « chasse au gaspi ») ; interdiction de l’éclairage des bureaux et des enseignes lumineuses après 22 heures ; arrêt des émissions télévisées à 23 heures  ; interdiction de circuler le dimanche (en Suisse). L’industrie automobile se voit imposer des normes spectaculaires, favorisant les petits véhicules, plus sobres.

Michel SOURROUILLE : Rappelons ce qu’écrivait un spécialiste de l’automobile en 1979, JA Grégoire : « L’observateur ne peut manquer d’être angoissé par le contraste entre l’insouciance de l’homme et la gravité des épreuves qui le guette. Comme le gouvernement crie au feu d’une voix rassurante et qu’on n’aperçoit pas d’incendie, personne n’y croit. Jusqu’au jour où la baraque flambera. Comment l’automobiliste pourrait-il admettre la pénurie lorsqu’il voit l’essence couler à flot dans les pompes et lorsqu’il s’agglutine à chaque congé dans des encombrements imbéciles ? Cette situation me paraît beaucoup plus inquiétante encore que celle des Français en 1938. Ceux qui acceptaient de regarder les choses en face apercevaient au-delà des frontières la lueur des torches illuminant les manifestations wagnériennes, ils entendaient les bruits de bottes rythmant les hurlements hystériques du Führer. Tous les autres refusaient de voir et d’entendre. On se souvient de notre réveil en 1940 ! » (Vivre sans pétrole)

Lire, 2022, un choc bien pire que celui de 1973

Tragiquement, la crise pétrolière des années 1970 avait débouché sur le triomphe d’une idéologie du tout-marché, une économie qui ignore fondamentalement la centralité de l’énergie. Trop souvent la victime collatérale d’une crise est l’environnement. Tous les discours écologiques des années 1970 ont été remisés dans les oubliettes jusqu’à nos jours. Cinquante ans de perdus !

Lire, les limites de la croissance ou rapport au club de ROME (1972)

Carte carbone à la sauce décroissante

Sans attendre l’effondrement, Yves Cochet fait de la carte carbone un moyen efficace pour décarboner nos sociétés et la voit comme un instrument de justice sociale. Chacun recevra un quota annuel de droit d’émission de CO2 qui encadrera toute consommation d’énergie et d’alimentation. L’agence nationale de maîtrise de l’énergie (Ademe) publie des études affirment qu’une carte à puce permettra de suivre la consommation des particuliers, de renseigner leurs habitudes en matière de transport, d’énergie d’habitat et que cela présente un potentiel liberticide très faible. Le Medef se prononce pour une notation carbone des produits. L’infrastructure technique de pilotage des modes de vie est prête. Tout le monde est équipé d’ordiphone, les compteurs communicants permettent de fournir en temps réel des données personnelles. La carte carbone est donc une piste pour gouverner dans un monde aux ressources finies. Les restrictions de liberté ayant été acceptées au prétexte de la santé peuvent se poursuivre et s’approfondir.

Une telle analyse trouvée dans le mensuel « La Décroissance » (février 2022) paraît donner une solution d’avenir au problème de l’urgence écologique. Sauf que cela se trouve dans la rubrique « La saloperie que nous n’achèterons pas ». Vincent Cheynet justifie sa position critique ainsi : « Je ne rejette pas la carte carbone au nom du « je fais ce que je veux ». La décroissance suppose bien évidemment une autolimitation collective. Mais la décroissance que nous défendons a pour première préoccupation la liberté. Elle passe par une prise en main de la production, une redéfinition des besoins, une maîtrise de nos conditions de vie. Pas par un rationnement autoritaire des consommateurs sans rien changer aux structures techno-capitalistes. »

Donc, si nous avons bien compris, il faut attendre le Grand Soir du renversement du capitalisme pour pouvoir agir en toute liberté. Vincent Cheynet n’a donc aucune connaissance historique, car si le marxisme avait fonctionné (manifeste du parti communiste, 1848), nous serions 175 ans plus tard dans un monde du « à chacun selon ses besoins et l’abondance pour tous ».

Lire, Le croissanciste Rostow contre le croissanciste Karl Marx

Sauf que nous sommes déjà dans ce monde de consommation de masse, et cela grâce au capitalisme libéral. Presque tout occidentalisé possède sa voiture personnelle, le prolétaire peut partir en vacances plusieurs jours chaque année, il n’a même plus besoin de cultiver la terre. Ce n’est pas du capitalisme qu’il faut se défaire, c’est un mot vide de sens quand tout le monde peut acheter des actions ou des obligations.

Lire, Dire NON au capitalisme empêche de penser écolo

Il faut lutter contre les multinationales qui, grâce aux moteurs de recherche, prélèvent déjà toutes nos données personnelles pour mieux aiguiller la publicité vers ce qui fera vendre. Dans ce système, le consommateur est tout aussi coupable que le système car c’est bien lui qui accepte de consommer Mc DO, de rouler auto, d’acheter une nourriture ultra-transformée et des gadgets communicants, de pratiquer assidûment les voyages-loisirs, etc. Nos besoin sont déjà orientés dans le mauvais sens, et ce n’est pas ce système techno-industriel qui va définir nos besoins essentiels, supprimer la publicité et défendre la carte-carbone. C’est un État responsable écologiquement qui pourrait le faire en mettant en place une carte carbone. Et il ne pourra le faire que si la majorité des citoyens deviennent écologistes…

Macron vante les EPR 2, Jadot parle sobriété

Emmanuel Macron envisage la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR 2 d’ici à 2050, avec une mise en service du premier vers 2035. Une version plus simple et moins chère que celui de l’EPR actuel à Flamanville. Pour construire des réacteurs, il faudra plusieurs étapes avec un débat public sur le projet et le dépôt par EDF auprès du gouvernement d’une demande d’autorisation de création d’une installation nucléaire, qui sera ensuite instruite par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire.)

Lire, Emmanuel Macron, pour ET contre le nucléaire

Yannick Jadot : « Construire six nouveaux réacteurs de type EPR [comme l’a annoncé le président le 10 février à Belfort], ce serait le budget de l’hôpital public. Le président de la République outrepasse son mandat en planifiant un vaste projet énergétique sans aucune certitude sur son coût global, sans aucune solution sur la gestion des déchets, sans aucune garantie sur les délais de mise en route alors que l’urgence climatique exige que nous agissions vite. Pourquoi prévoir une hausse de 60 % de la production d’électricité quand toutes les lois, les rapports, les scientifiques et les instituts les plus sérieux estiment que, sans sobriété, nous n’arriverons jamais à respecter nos engagements climatiques… si ce n’est par dogmatisme ? Emmanuel Macron condamne la France à l’ébriété énergétique et à la hausse des factures d’énergie. Je fermerai progressivement les centrales au bon rythme, sans jamais mettre en danger l’approvisionnement en énergie du pays.

Lire, Question nucléaire, la démocratie bafouille

Nucléaire et gaz, le greenwashing à l’UE

L’exécutif communautaire a fini par publier, le 2 février 2022, son décret sur la taxonomie verte, classement des activités selon leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Le nucléaire classé énergie « verte » et le gaz « énergie de transition », se révèle pour ce qu’elle est, un exercice purement politicien. Le propre de l’oxymore est de rapprocher deux réalités contradictoires. Nucléaire vert, moteur propre, développement durable, agriculture raisonnée, financiarisation durable, vidéoprotection, etc. La montée des oxymores constitue un des faits révélateurs de la société contemporaine. Ces zombies nous suggèrent perfidement la possibilité de concilier l’inconciliable, c’est du pur greenwashing (écoblanchiment).

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Virginie Malingre, journaliste : Les investissements dans une centrale à gaz seront jugés durables si le permis de construire a été délivré avant 2030. Les investissements dans le nucléaire, pour leur part, bénéficieront du label « vert » s’ils financent des travaux de modernisation de centrales qui auront obtenu un permis avant 2040 ou la construction de réacteurs de troisième génération qui aura été autorisée avant 2045. « Le texte doit permettre de mobiliser des fonds privés car, comme le souligne Bruxelles, « il n’y a pas beaucoup d’argent public pour ça ». Certes, ni le nucléaire, dont l’exploitation génère des déchets hautement radioactifs, ni le gaz, qui émet du CO2, « ne sont verts ou durables », admet la Commission. Mais, dans une Europe où 15 % de la production d’électricité provient encore des centrales à charbon et où les énergies renouvelables ne garantissent pas un approvisionnement stable, ils permettent de réduire l’empreinte carbone des Vingt-Sept. Trois représentants se sont déclarés contre l’acte délégué : l’Autrichien Johannes Hahn, chargé du budget, l’Espagnol Josep Borrell, haut représentant des Vingt-Sept pour les affaires étrangères, et la Portugaise Elisa Ferreira, responsable des réformes. Le Luxembourgeois Nicolas Schmit, chargé de l’emploi, et le Lituanien Virginijus Sinkevicius, de l’environnement avaient fait valoir leurs réticences. Mais les opposants au texte de la Commission n’ont aucune chance de rassembler la majorité qualifiée de vingt Etats membres représentant 65 % de la population européenne qu’il leur faudrait. Le Parlement européen peut s’opposer à l’acte délégué sur la taxonomie par une majorité absolue et l’état des forces à ce stade ne rend pas la chose inenvisageable.

Jean-Baptiste Chastand, journaliste : La petite Autriche, 8,8 millions d’habitants, a pris la tête du front du refus. Dans ce pays qui s’enorgueillit de n’avoir jamais eu de centrale nucléaire en activité sur son territoire et de produire près de 80 % de ses besoins en électricité par des sources durables, cette position fait l’objet d’un consensus transpartisan, de la gauche à l’extrême droite. Dans le combat autrichien, la France de Macron fait figure de principale adversaire.

Lire aussi, Incompatibilité de la croissance et du climat

Le numérique réchauffe grave la planète

Après la honte de partir en avion (flight shame), faudra-t-il instiller la honte du numérique (digital shame) ? Sans aucun doute ! L ’empreinte énergétique de tous nos bits représente déjà 6 à 10 % de la consommation mondiale d’électricité et 2 à 4 % des émissions de CO2. Ce gadget qui nous ensorcelle, très énergivorace, contribue au réchauffement de la planète de manière de plus en plus importante. Il nous faudra désinformatiser en même temps que démondialiser, dévoiturer, désurbaniser, etc.

Lire, La fabrique du crétin numérique

Charles de Laubier : L’écosystème numérique mondial contribue aux émissions de gaz à effet de serre deux fois plus que le transport aérien. « Pour un courriel lesté d’une pièce jointe lourde, ce sont 20 grammes de CO2 qui sont émis, soit autant que 150 mètres parcourus en voiture », indique Guillaume Pitron, auteur de L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like. Avec 10 milliards de messages électroniques envoyés par heure dans le monde, cela équivaut à 50 gigawatts, soit la production électrique horaire de quinze centrales nucléaires ! Mais la pollution numérique provient pour les trois quarts de la fabrication de terminaux tels que – dans l’ordre de leur empreinte carbone – les téléviseurs, les ordinateurs portables, les smartphones, les box Internet, les écrans et les consoles de jeux. Contenant une cinquantaine de métaux, un smartphone ne pèse pas 150 grammes, mais 150 kilos – ce que M. Pitron appelle « le sac à dos écologique ».

Selon le think tank français The Shift Project, « Les émissions de gaz à effet de serre des services de vidéo à la demande, de type Netflix ou Amazon Prime, équivalent à celles d’un pays comme le Chili (plus de 100 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit près de 0,3 % des émissions mondiales). » Les gains obtenus en émissions carbone pourraient être vite balayés par la croissance du secteur. La réalité virtuelle, les métavers accessibles par des milliards d’êtres humains demanderai tune puissance informatique mille fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Sans parler de la lutte contre la fracture numérique dans un monde où 2,9 milliards d’êtres humains ne sont pas encore connectés à Internet.

Pour en savoir plus, quelques contributions :

BeaufistanUberAlles : Passionnante et implacable démonstration du caractère auto-destructeur de l’idéologie folle de la croissance éternelle. La sobriété est donc l’unique voie, il n’y a plus à écouter les cancres qui prétendent le contraire. La question est : comment réaliser la sobriété ? Évidemment sortir du nucléaire au plus vite. Puis limiter ou supprimer les consommations inutiles et futiles : bagnole individuelle, jeux vidéos, malbouffe, TV, presse people et sportive, congélateurs, tondeuses à gazon motorisées… Les petits ruisseaux font les grands fleuves. Il conviendra aussi de limiter le nombre d’applications et rézosociaux, c’est n’importe quoi. Supprimer twitter, tiktok, insta, whatsapp, limiter le nombre de publications sur youtube, effacer les publications au bout de 6 mois, tout ça est à débattre… On n’y arrivera jamais avec la droite, de Macron à Zemmour, ils ignorent ces sujets qui sont les plus importants.

Lire, Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

Ht : Ce qui est notable et ce sur quoi Charles de Laubier n’insiste pas assez, c’est à quel point les technos les plus consommatrices sont justement celles qui n’apportent rien ou pas grand chose au consommateur : cloud gaming, bitcoin, 5G. Qu’on commence par là plutôt que de culpabiliser ceux qui envoient des mails.

Kim Kitaek : On pourrait commencer par supprimer TiK Tok, Facebook, Twitter etc etc qui visiblement ne sont ni bons pour l’humanité ni pour la planète.

KAR1M : A tout ceux qui rappellent les bienfaits (réels en apparence) du numérique. Renseignez vous sur leur « effet rebond ». En effet, par exemple, si l’on compare l’impact de l’envoi d’un email avec l’envoi d’un courrier physique, il est probable que l’impact soit inférieur. En revanche, la facilité d’envoi d’e-mail fait que finalement nous envoyons beaucoup plus d’e-mail que nous envoyons de courriers physiques. La numérisation s’accompagne ainsi très souvent d’une augmentation des usages de sorte que le bienfait peut s’annuler jusqu’à provoquer l’effet inverse.

Zarastro : On peut aussi s’interroger sur l’abandon prochain des les lignes téléphoniques analogiques classiques qui obligent concrètement à laisser en permanence sa box allumée pour les applications de domotique traditionnelles comme le déclenchement du chauffage à distance… mais aussi à se rééquiper avec du matériel compatible wifi. Bref, l’obsolescence programmée avec la bénédiction de l’État. En fait chaque nouvelle génération de technologie induit plus de consommation énergétique que la précédente.

Christian Giusti : Tout cela me fait penser aux travaux de Lewis Mumford, historien reconnu des techniques qui, au siècle dernier, dénonçait dans « Le Mythe de la machine » : (citation extraite de la page Wikipédia en français) : « la tendance moderne de la technologie, qui met l’accent sur une expansion constante et illimitée de la production et du remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l’encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l’efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne, qu’il appelle « mégatechnique » élude la production durable, la qualité, en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce à des dispositifs tels que crédit à la consommation, designs non fonctionnels et défectueux, obsolescence programmée, changements de mode fréquent et superficiels ».

Lire, Enfer numérique, dictature des chiffres

Très bientôt le baril de pétrole à 100 dollars

Les prix du baril de brut pourraient bientôt dépasser 90 dollars, voire les 100 dollars. Plusieurs facteurs sont en cause, tensions géopolitiques dans plusieurs régions du globe, augmentations marginales des objectifs d’extraction de l’OPEP… mais on n’envisage pas encore la déplétions des ressources fossiles. C’est la fin de l’utopie libérale qui voulait faire de la planète un immense supermarché. Flambée des prix de l’énergie + tensions sur les matières premières + remontée des taux d’intérêt + explosion des dettes publiques et privées = ça sent le krach boursier. Les gouvernements vont avoir la lourde tâche d’arbitrer entre réponses à effondrement des ressources, maintien du pouvoir d’achat et stabilité du système monétaire. Le triangle de l’impossible.

Adrien Pécout : L’humanité peut-elle se passer d’« or noir », essentiel à notre civilisation thermo-industrielle ? Les écologistes entendent hâter la fin du pétrole. La neutralité carbone d’ici à 2050 (Europe, Etats-Unis), 2060 (Chine), voire 2070 (Inde) s’impose face au défi climatique. Ce scénario suppose d’ arrêter de brûler du pétrole, de supprimer le moteur thermique, de trouver des substituts à partir de ressources végétales, de fabriquer de l’aspirine autrement qu’à partir du benzène et du propylène, deux briques de base issues du pétrole. Tout cela posera le problème de la concurrence des terres entre les usages alimentaires et les usages non alimentaires de la biomasse. Dans notre société, le pétrole est l’équivalent du système sanguin pour un organisme, changer le système d’irrigation énergétique suppose de modifier l’organisation des organes vitaux. Efficacité énergétique ? Sobriété ? Si la première notion signifie une optimisation à niveau constant (meilleure isolation des bâtiments), la seconde nécessiterait de repenser plus en profondeur les rapports sociaux. Mais en pleine crise des prix de l’énergie, comment financer la transition vers une production bas carbone sans rogner sur le pouvoir d’achat des ménages, sachant que plus de 750 millions d’habitants dans le monde n’ont pas accès à l’électricité  ?

Lire, Quel est le véritable prix du baril de pétrole ?

Les commentaires sur lemonde.fr sont conscients des réalités ; il faudra de la sueur, du sang et des larmes pour essayer de laisser une peu quelque chose aux générations futures.

Michel SOURROUILLE : En 1892 Mendeleïev, l’inventeur de la classification périodique des éléments, présentait cet avis au tsar : « Le pétrole est trop précieux pour être brûlé. Il faut l’utiliser comme matière première de la synthèse chimique ». Thomas More en 1516 , à propos de l’or et l’argent, écrivait : « La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » On sait aujourd’hui ce qu’il en a été ! Mendeleïev, Thomas More, ce sont des points de vue éclairés que la société thermo-industrielle est incapable d’écouter. Tant pis pour elle, tant pis pour tous ceux qui croient encore que notre niveau de vie n’est pas négociable ! Demain régnera la décroissance subie, la grande crise finale… le monde post-pétrole, on commence juste à percevoir qu’il sera invivable.. même dans LE MONDE !

Benco : Je relève une citation essentielle de cet article : “on pourrait même dire qu’il est dommage de brûler un produit d’une telle complexité”. Effectivement, quand on pense au temps qu’il a fallu et à la complexité des processus que la terre a mis en œuvre pour nous offrir une matière aussi riche, on mesure bien toute l’irresponsabilité de l’espèce humaine qui s’en est servi pour des usages plus que futiles.

Alain29 : Cet article fait une erreur sociologique majeure : » l’auto-mobile » serait un progrès pour l’humanité ! Dès lors il faudrait trouver des motorisations nouvelles économes en énergie sans augmenter l’effet de serre ! Or les voitures électriques d’aujourd’hui ne font que déplacer le problème vers une électricité nucléaire ou carbonée d’une part, et des matériaux dont les batteries qui ne sont zero-carbone qu’après 30 000 km ! En quelque sorte une imposture intellectuelle !

Michel Brunet : Comme il est dit : « Beaucoup de nos concitoyens vivent dans l’utopie d’une transition écologique et énergétique heureuse qui créera des millions d’emplois, mais la réalité s’annonce différente, étant donné les technologies disponibles aujourd’hui », »

Julius : En fait, ce n’est pas une perte de pouvoir d’achat qui est en cause, c’est une disparition massive de l’offre. On ne se rend pas compte de tous les produits tirés de l’exploitation du pétrole, des produits chimiques les plus utilisés quotidiennement jusqu’au goudron des routes, des produits textiles à bas prix jusqu’a de nombreux précurseurs de médicaments les plus courants

DouceBrise : Le vrai défi, c’est la densité énergétique de très loin inégalée du pétrole, hormis par l’uranium (difficile à extraire et impossible à démocratiser au monde entier aussi vite). La transition au monde sans pétrole sera l’équivalent de guérir un toxicomane dont le cerveau n’aurait connu aucun autre plaisir que celui de l’héroïne depuis sa naissance. Les gens sont pour la guérison sur le principe, on en reparle à la première journée de sobriété (réelle).

CED34 : La fin du pétrole est un énorme défi qui va en plus en rencontrer un autre : le problème démographique. Quand on voit aujourd’hui le nombre de gens sous-alimentés, le nombre de pays défaillants et que l’on nous prédit 9.7 milliards d’habitants en 2050, c’est à dire demain, il y a de quoi vraiment s’inquiéter. Et rien n’est fait – ou si peu – pour contrer cet autre problème qui s’annonce majeur.

Krakatoe : A un moment faudra faire des choix. 200 ans qu’on vit à crédit, gavés. On consomme 3 terres par an. Intenable. Ça va piquer. La clé est dans la justice, une juste répartition, pour amortir. Et dans un autre modèle. Il y aura la sobriété. Heureuse ou malheureuse. Mais qu’on le veuille ou non, ça s’imposera. Comme pour une drogue, ça y avoir la descente. Et ça va piquer.

Attendons Godot : Sans pétrole, tout s’arrêtera. – plus de bâtiments (le ciment étant un des produits les plus énergivores. Plus de tuiles, carreaux, joints, mastic, – plus de routes (bitume) – plus de peinture – plus de vêtements en synthétique – plus de voitures (plastique, vernis, …) – plus d’électronique (puces électroniques, cartes Électroniques) – plus d’appareils médicaux (plus de scanner, IRM, etc) – plus d’ordinateurs – plus d’électricité (les fils étant enrobés en plastique) – plus de médicaments… Regardez dans votre chambre, maison, ville. Il n’y a rien qui ne contient pas de pétrole. Honnêtement, il n‘y aura plus rien. Est-ce que c‘est une mauvaise chose ? Ça se discute.

Fchloe : Le plus simple (techniquement) est d’empêcher les 10% les plus riches de consommer inutilement (jet-ski, rallye, fusée de tourisme…) les ressources en attendant de trouver une éventuelle solution. Cela ne sera pas évidemment, les 50% de masse grouillante étant béate d’admiration et d’envie devant ceux-là. Le système va s’effondrer comme le fit le communisme. C’est notre seule chance en tant qu’espèce.

Friday : Sauf qu’à l’échelle mondiale, les 10% les plus riches ça représente une sacrée proportion parmi les Français, par exemple. Suffira pas de huer les patrons et les rentiers, loin de là. Bon courage 😊

BOLAND : Et sur qui faut-il compter pour que cela aille dans le bon sens : sur les zombies incultes rivés à leurs I-phones ? sur les champions qui courent après des balles ? sur les enfants gâtés , gavés de sodas et de malbouffe? sur les traumatisés par la parano du Covid ? ou par ceux que le Covid a mis en burn-out ? C’est foutu , car le changement va être soit trop lent, soit trop brutal , et donc le crash est pour bientôt.

Enric : La réalité est que vivre une vie confortable et polluante deviendra l’apanage des plus riches, qui ne s’en priveront pas.