énergie

La relance inconsidérée du nucléaire civil

Bien plus que la question climatique, les guerres en Ukraine et en Iran ainsi que les tensions qu’elles induisent sur les marchés d’hydrocarbures ont transformé la relance du nucléaire tricolore en nécessité indiscutable… pour beaucoup trop de monde !

Stéphane Foucart (extraits) : Le retour au nucléaire est à l’œuvre en Belgique, où la loi de 2003 qui prévoyait une sortie totale de l’atome avant fin 2025, a été abrogée in extremis, quelques mois avant l’échéance. Même en Allemagne, qui a misé sur la sortie du nucléaire après la catastrophe de Fukushima (Japon) en 2011, au profit d’un fort développement des énergies renouvelables, la question se repose de manière aiguë. Mais les conflits en Ukraine et en Iran n’ont en effet pas seulement mis en lumière l’ultra-dépendance de l’économie mondiale aux combustibles fossiles : ils montrent crûment que les installations nucléaires peuvent devenir les cibles militaires d’un pouvoir aux abois.

Le risque est aussi lié à la versatilité politique ; à cet égard, la mention d’une possible mise en chantier, en 2030, d’un « premier réacteur à neutrons rapides ». De tels réacteurs expérimentaux ont fonctionné en France, le plus connu, Superphénix, a été fermé en 1997. Le dernier d’entre eux, le projet Astrid, a été abandonné en 2019, au milieu du premier mandat d’Emmanuel Macron.

Le point de vue des écologistes non radioactifs

– Le nucléaire c’est bien en théorie, mais en vrai il y a tout une série d’enjeux, notre dépendance à l’énergie exosomatique, l’idiotie du culte de la croissance dans un monde fini, etc.

– Les hommes politiques actuels n’ont AUCUNE connaissance et compréhension des conditions technologiques de notre prospérité actuelle et jouent avec les concepts comme un exercice de style à Science-Po, c’est à dire sans souci des conséquences ni vision holistique sur le temps long…

– Et dire que l’électricité produite par les centrales nucléaires est classée « verte ». Il serait opportun de rappeler que l’électricité, il faut la fabriquer contrairement aux ressources fossiles.

– Écrire  » énergie extrêmement sûre  » après Tchernobyl et Fukushima, faudrait oser.

– Si les Réacteurs à neutrons rapides ont été partout arrêtés, ce n’est pas pour faire plaisir aux écolos, mais parce que l’on n’arrive pas à les faire fonctionner de façon fiable (pas plus aux EU, qu’au Japon et ailleurs).

– L’ampleur des risques accidentels du nucléaire sont tels que la seule motivation de préserver le nucléaire est militaire. La raison civile voudrait en effet que tels risques ne soient jamais pris.

– Pour l’approvisionnement en uranium, il y a dépendance de dictatures, Kazakhstan, Niger, et Russie pour l’uranium enrichi, donc perte de souveraineté et risque de longs black-outs.

– L’uranium n’est pas une énergie renouvelable, les stocks sont limités, ceux de la France ont déjà été épuisés.

– Les coûts de construction d’une centrale nucléaire sont exorbitants, très nettement sous-évalués dans les projets, pénalisant lourdement les finances publiques.

– Notons l’absence totale de compétitivité économique vis à vis des énergies renouvelables.

– On ne sait toujours pas comment faire pour détruire les anciennes centrales ni l’énormité du coût ( voir Brennilis, petite centrale toujours pas démantelée au bout de 30 ans).

– Le nucléaire n’est pas une énergie propre car elle contribue à fabriquer quantité de déchets dont on ne sait que faire. Et qu’on va joyeusement enterrer, pour partie, de manière non réversible et pour plus de 100 000 ans. Pour rappel les pyramides ont seulement 5 000 ans.

– Est-il raisonnable de construire des centrales nucléaires exigeant un haut niveau de sûreté dans un monde instable, sujet à des conflits de grande ampleur ?

– L’aveuglement des promoteurs du nucléaire (civil et militaire) fait froid dans le dos.

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Bientôt fascisme et barbarie post-pétrole

Une ville portuaire des Caraïbes exportatrice de charbon avec, au large, des navires chargés de ce combustible le plus polluant, accueillait la première conférence internationale consacrée à la sortie des énergies fossiles !!!

A l’issue du sommet, le 29 avril 2026, les 57 pays réunis à Santa Marta (Colombie) ont esquissé des pistes pour tourner la page du charbon, du pétrole et du gaz. La veille, le président colombien, Gustavo Petro, avait déclaré que le modèle capitalistique « suicidaire », fondé sur les énergies fossiles, pousse l’humanité vers des guerres et la « barbarie », qui s’avère « le prélude, voire l’essence même, du fascisme ».

Audrey Garric : Si les énergies fossiles sont responsables de la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre, elles ne sont que très peu abordées lors des conférences annuelles sur le climat, souvent paralysées par la règle du consensus et le lobbying industriel. La conférence a donné lieu à une série de propositions :

– mettre fin aux subventions au charbon, pétrole et gaz

– réduire la demande d’énergie

– accroître la tarification du carbone

– taxer davantage les profits de l’industrie des énergies fossiles

– accélérer l’électrification du système énergétique

– verdir le commerce mondial…

Le point de vue des écologistes décarbonés

– Ressasser des mesures déjà préconisées depuis longtemps en conférence internationale ne sert à rien puisqu’on n’en fait pas des politiques contraignantes.

=> nos générations futures connaîtront des bouffées de chaleur et l’abandon de la voiture individuelle.

– Des guerres pour les ressources feront couler le sang un peu partout.

– La société extractiviste ne laissera que des miettes.

=> Nous n’atteindrons jamais le chiffre de 10 milliards d’êtres humains…

– Nos sociétés industrielles libérales ne sont définitivement pas prêtes à correctement gérer les crises identifiées à long terme, le problème de fond n’a pas de solution.

– Le problème, ce n’est pas seulement les milliards d’indiens ou africains à moins de 2 teqCO2/personne, ce sont les millions d’occidentaux à 10 voire 20 teqC02.

=> Il serait si simple que les pays de l’OPEP gardent leurs ressources fossiles sous le sol…, pour le cas où on en aurait vraiment besoin !

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Macron ne sait pas que le pétrole, faut s’en passer

Emmanuel Macron a appelé, mercredi 29 avril en conseil des ministres, le gouvernement à réfléchir à de « nouvelles réponses » face à la hausse des prix de l’énergie. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé le 21 avril le prolongement et le renforcement, pour le mois de mai, des aides pour les pêcheurs et agriculteurs, en réponse à la flambée des prix des carburants causée par la guerre au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron : « Je demande à l’ensemble du gouvernement de continuer à recevoir les professions concernées par la hausse du prix de l’énergie et spécifiquement par la hausse du prix des carburants pour apporter et construire avec eux d’éventuelles nouvelles réponses d’appui à la trésorerie d’une part, réponses ciblées d’autre part pour anticiper les semaines à venir. »

Les commentaires sur lemonde.fr

Hipparchia : Quoi qu’il en coule !

Jamaiscontent : Hors crise Covid, Macron se préoccupe depuis le début de son premier mandat, de creuser le déficit et de ruiner l’Etat, en bon libéral qui se respecte. Pourquoi ne pas continuer? On ne change pas une recette qui rate.

Tchoupi : Il n’y aura pas de pénurie, répétez après moi, il n’y aura pas de pénurie, il n’y aura pas…

Ady : Qui peut lui dire d’arrêter d’envoyer des chèques énergie à ma mère retraitée et très à l’aise financièrement?

Pierre1954 : Une nouvelle réponse à la crise énergétique, ça pourrait être de ne rien faire, débrouillez-vous avec votre bagnole…

Michel Sourrouille : Un responsable politique digne de ce nom dirait que le prix du carburant est complètement sous-évalué vu que c’est tiré d’une ressource non renouvelable en voie d’épuisement et cause du réchauffement climatique ? Quand le litre de Soda au Cola est à 2,79 euros, on devrait pouvoir consacrer au moins dix euros ou cent euros le litre pour un pétrole qui a mis des millions d’années pour se constituer… L’essence à 2 euros le litre est bradée, ça ne durera pas !

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Deux litres de pétrole par jour et par habitant

Pour la première fois, la barre historique des 100 millions de barils produits par jour a été franchie au mois d’août 2018, soit 15 900 000 000 litres, soit environ deux litres de pétrole par jour et par habitant au niveau mondial ! C’est vertigineux, démentiel, non durable. Qu’en est-il de la France ?

Max Ponce, Mervan (Saône-et-Loire)

En 1960 la France comptait 7 900 000 automobiles. Elle en compte 39 000 0000 soixante-six ans plus tard, somme à laquelle il faut ajouter 625 000 poids lourds, 6 500 000 véhicules utilitaires et 94 000 autocars.

Sur notre petite planète au bord de l’asphyxie circulent près de 1,4 milliards de véhicules assoiffés de pétrole ! Le rapport de l’OPEP en date de juillet 2025 prévoit une consommation pouvant atteindre 123 millions de barils par jour en 2050, faisant face à une demande croissante des pays émergents. Les mesures et discours annonçant un monde décarboné pour demain ressemblent de plus en plus à une fable destinée à calmer les angoisses de l’humanité et à donner à chacun une bonne conscience illusoire. Et surtout à entretenir la foi en la croissance.

Les réserves prouvées de pétrole en 2024 représenteraient, d’après la revue statistique de l’énergie mondial, 47 années de consommation au rythme actuel. Autant dire que la pénurie est pour demain. Les perspectives pour les générations futures, prises en tenaille entre le dérèglement climatique et la disparition annoncée de la principale ressource énergétique, sont alarmantes. La voiture électrique présentée comme la panacée n’est qu’un leurre. Hormis le coût économique des infrastructures qu’imposeraient le « tout électrique », notre boulimie de mobilité reviendrait à transformer nos paysages en cauchemar digne des pires scénarios de films d’anticipation.

NB : Ce point de vue de Max est issu du courrier des lecteurs du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026. Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes,

Le point de vue des écologistes bio-physiques

Sur ce blog biosphere, nous ne nous intéressons qu’aux déterminants du long terme et pas à l’écume des jours présents. Le prix du baril n’est rien, volatile, la disponibilité en quantité de la ressource devrait être le seul indicateur fiable. Or la quantité de pétrole est fixé à l’avance, il a été formé pendant des centaines de millions d’années. Depuis des dizaines d’années la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pou

La prise de conscience planétaire pour le climat, le fait de devoir laisser les ressources fossiles sous terre pour éviter la catastrophe est encore loin. Pour rester en dessous de la barre symbolique de 2°C d’augmentation de la température mondiale, il faudrait en effet s’abstenir d’extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial.

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Quel est le véritable prix du baril de pétrole ? (juin 2018)

extraits : Pour les Romains, le moteur de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent le 29 mai 2018 était de 74,75 dollars, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on sait quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XXIe siècle, autant dire demain….

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Jancovici veut une hausse du prix de l’essence

Le groupe de réflexion The Shift Project a publié le 14 avril 2026, le premier volet de son Plan robuste pour l’économie française sur les conditions permettant de mener à bien la décarbonation. Pour l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, qui préside le think tank, « la hausse des prix à la pompe n’est qu’un apéritif par rapport à ce qui pourrait advenir si la décarbonation n’est pas gérée ».

Jean-Marc Jancovici : « Être moins dépendants des combustibles fossiles induit deux bénéfices. D’abord, on contribue moins au changement climatique, et cela nous protège aussi un peu mieux du risque de pénurie. Si la décarbonation continue d’être subie plutôt que gérée, le niveau de désorganisation de la société sera majeur, de même que la casse sociale. La hausse des prix à la pompe est un apéritif en comparaison de ce qui pourrait advenir.

Les émissions domestiques doivent baisser de 5 % par an. Et en démocratie, on ne peut y arriver que si on rassemble une majorité qui en a envie. Il faut un discours global qui fasse qu’une fraction importante de la population considère comme légitime d’interdire le gaz dans les constructions neuves ou d’avoir des pistes cyclables et moins de stationnements pour les voitures. Le gouvernement n’aurait pas dû annoncer 100 000 voitures électriques en leasing social mais plutôt 1 million ! Les acheteurs particuliers de voitures neuves, ce sont souvent des personnes âgées et plus aisées que la moyenne ; il faut les obliger à passer à l’électrique.

Étant donné la quantité d’électricité dont nous allons avoir besoin pour décarboner à la bonne vitesse, il faut utiliser tout ce que l’on peut trouver, nucléaire comme renouvelables. Il faut combiner changement technologique et sobriété. La sobriété est essentielle. On ne peut, par exemple, pas avoir une aviation durable sans baisser le trafic. Il n’y aura jamais assez de carburant durable pour conserver le trafic actuel. Un monde 100 % renouvelable ne correspond absolument pas au monde industriel dans lequel nous vivons, avec, par exemple, une voiture par ménage.

La guerre au Moyen-Orient va accélérer une décrue de la consommation des énergies fossiles. Donald Trump rend un grand service à la transition énergétique, à son corps défendant !

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« Shifters », pour un monde climato-compatible (juin 2025)

extraits : évangéliser sur le dérèglement climatique, c’est « faire “shifter” ceux qui écoutent – du verbe anglais to shift qui signifie changer, déplacer. Il s’agit d’amener son prochain à réduire son empreinte carbone, actuellement de 10 tonnes annuelles en moyenne par Français. « Janco », c’est le nom magique, le surnom de l’ingénieur qui a inventé le bilan carbone. En 2010, il crée The Shift Project, un cercle de réflexion qui produit des travaux d’utilité publique sur la décarbonation : 57 comités locaux, 12 000 cotisants et 30 000 sympathisants. Les statuts de l’association imposent de se former ; on se repasse le rapport Meadows (1972)….

Shift Project, les politiciens l’ignorent (2022)

extraits : Beaucoup de politiciens n’ont pas compris le côté systémique du problème climatique. Ce qui organise le monde aujourd’hui, ce sont des infrastructures qui ont des durées de vie très longues. Pour changer un réseau de transport ou d’électricité, il faut environ un siècle. Pour modifier l’urbanisme à large échelle, il faut plusieurs siècles. Donc si on veut changer ce système, on a besoin de voir loin sinon on déstabilise tout le système ; ça s’appelle planifier. La planification a un avantage, c’est qu’elle sécurise, et un inconvénient, c’est qu’elle contraint. Une fois qu’on a poussé au maximum les améliorations technologiques, on se rend compte que ça ne suffit pas pour atteindre la neutralité carbone, il faut donc avoir recours à la sobriété. Collectivement, nous avons intérêt à évoluer vers un système dans lequel on a un peu plus d’efforts à faire à court terme et beaucoup plus de sécurité à moyen terme. (Jancovici dixit)….

downshifters (2008)

extraits : Les désengagés (downshifters) travaillent moins et dépensent moins car ils veulent le faire de façon constructive. Ils déterminent ce qui est important et ce qui ne l’est pas dans leur vie. Même le Figaro s’y met (15.10.2007) : « Au diable l’avion (trop polluant), la télé, les fast-foods, les vêtements de marque, le dernier sac tendance… Vive Emmaüs, les légumes bio, le recyclage, le vélo, la vie à la campagne et le savon de Marseille ! Baptisés downshifters aux Etats-Unis, nos décroissants prônent la « slow life », refusant l’« étouffement de l’individu dans cette société dévorée par les objets et la technologie »…..

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Détroit d’Ormuz, nos infrastructures en péril

Les infrastructures ne deviennent visibles qu’en cas de panne. La fermeture du détroit d’Ormuz est en train de plonger le monde dans une crise énergétique. Les mesures de soutien mise en œuvre pour protéger les métiers les plus exposés à cette flambée des prix des carburants occultent toute vision à long terme. C’est une constante de l’histoire humaine que les évolutions les plus importantes sont souvent les plus ignorées, parce que les changements qu’elles annoncent sont tout simplement impensables.

La plupart des économistes orthodoxes ne reconnaissent aucune limite à la croissance projetée dans l’avenir. Otages de leur propre système, ils ne sont pas capables de concevoir une autre forme d’économie. Et Trump nous précipite vers l’avenir en somnambules.

Jean Daniélou : Le moment que nous vivons braque les projecteurs sur le fonctionnement concret des réseaux techniques qui sous-tendent nos modes de vie. Soudain, ce qui est ordinairement invisible apparaît au-devant de la scène. La vulnérabilité des infrastructures fossiles mettent en question le choix que nous faisons de maintenir notre subordination vis-à-vis de celles-ci. Un débat public sur nos infrastructures fossiles est plus facile à tenir lorsque celles-ci sont rendues visibles. Or, c’est précisément cela que nous sommes en train de rater. En se reportant sur l’adaptation des pratiques individuelles et la protection des habitudes de consommation, le débat public transforme une crise structurelle en une crise conjoncturelle.

Malgré les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de ne plus développer de nouveaux projets d’hydrocarbures si l’on espère pouvoir un jour limiter le réchauffement climatique, malgré les guerres qui se propagent à travers le monde et bouleversent les chaînes de production et d’acheminement des énergies fossiles, le choix est fait d’accélérer le développement de ces infrastructures.

Michel Sourrouille : Le pouvoir n’est ni dans la rue, ni dans les assemblées politiques, ni dans la libre entreprise, le pouvoir est celui de l’état des infrastructures à un moment donné. Tout mouvement de transition écologique qui s’appuie sur de larges infrastructures pour exister et se développer, et dont la finalité est seulement d’obtenir une régulation différente des flux, est voué à échouer dans ses objectifs d’évitement de « la catastrophe ». L’objectif premier à atteindre, c’est l’auto-dislocation par une « désinfrastructuration » : aller à pied sur les chemins plutôt que prendre la route goudronnée.

Le point de vue des écologistes inquiets

– Après la guerre de Gaza, la guerre du gazole.

– Les infrastructures pétrolières sont pour le moment irremplaçables. Le problème c’est « pour le moment ». Ces ressources sont limitées et nous coûteront de plus en plus cher.

– La plus grande illusion du monde moderne est de croire que la société thermo-industrielle peut fonctionner sans fossiles ; une fois qu’on a compris que ce n’est pas possible mais qu’on fera tout pour retarder sa fin, tout s’éclaire.

– TotalEnergies, poussé par l’administration Trump, a annoncé la réallocation de 1 milliard de dollars d’investissements initialement destinés au développement de parcs éoliens off-shore vers l’exploration-production d’énergies fossiles aux Etats-Unis !!!!!

– On importe de la viande du Brésil et qu’on déroule le tapis rouge à Amazon, shein et compagnie, où est la gestion des énergies fossiles ? Nos consommateurs sont incapables de penser plus loin que leurs emplettes….

– Idem pour les infrastructures permettant à l’information de circuler. Comment pourrions-nous réagir demain dans un monde sans ordinateurs et smartphone.

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Concilier infrastructures humaines /naturelle

extraits : La recherche de croissance est une fatalité liée à l’interconnexion matérielle par des infrastructures, et les lois de la physique s’y appliquent implacablement. Ce mode d’organisation sociale étant instable par construction, sa dynamique interne se résume à devoir perpétuellement infrastructurer le monde sous peine de dislocation. Par conséquent, il n’existe pas de solution politique ou technique permettant de ralentir, stopper ou inverser la tendance actuelle de recherche de croissance, tant qu’il n’existe aucun champ de discussion ouvert sur la place des infrastructures. Ne regarder que les flux (trop d’émissions de CO2, trop de consommation d’énergie, d’eau et de sol, de viande, de mobilité mécanisée, etc.) sans s’intéresser au processus d’infrastructuration pousse à rechercher des solutions qui ne peuvent que faire perdurer, voire accélérer les processus désagréables en cours….

La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle) de James Howard Kunstler (2005)

extraits : Rien n’est plus fondamental dans l’histoire que les guerres pour les ressources. Tous les pays seront partie prenante dans le combat pour le pétrole. Les Etats-Unis ont prouvé qu’ils étaient prêts à envahir les nations souveraines du Moyen-Orient. Ils appliquent en fin de compte la doctrine Carter, selon laquelle le ravitaillement en pétrole est un intérêt vital qu’il faut défendre par la force militaire si nécessaire. Un affrontement militaire à propos du pétrole pourrait mettre la planète à feu et à sang depuis le Moyen Orient jusqu’à l’Asie, en détruisant l’infrastructure pétrolière de nombreux pays. Les pays producteurs de pétrole risquent fort de sombrer dans de tels troubles qu’ils ne puissent même plus exploiter leurs gisements. Un tel conflit pourrait être la Dernière Guerre mondiale…

Arcadie, essai sur le mieux vivre de Bertrand de Jouvenel (1968)

extraits : Ce qui a détourné les économistes de prendre en considération l’épuisement des ressources naturelles, c’est le caractère lointain de cette menace. Il est bon d’avoir donné conscience que nos opérations dépendent d’une infrastructure de moyens de communication, transport, et distribution d’énergie. Mais cette construite de main d’homme est elle-même superstructure relativement à l’infrastructure fondamentale, celle des ressources et circuits de la Nature.Nous faisons preuve de myopie lorsque  nous négligeons de nous intéresser à l’entretien et à l’amélioration de notre infrastructure fondamentale : la Nature. Voilà un héritage que nous laisserons en piètre état à nos successeurs….

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Un monde sans carbone, un monde de pauvres

On sait depuis 1972 et le rapport sur les limites de la croissance que « la transition écologique », c’est de la blague s’il n’y pas pas rupture avec la croissance... Mais bon, dès qu’on parle de décroissance les pollueurs patentés se roulent par terre en hurlant au retour du moyen-âge sous prétexte qu’on leur propose de moins prendre l’avion… Au niveau très officiel des engagements qui n’engagent que ceux qui les écoutent, plus d’une centaine de pays voudraient débarrasser leurs systèmes énergétiques du charbon, du pétrole et du gaz , à atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2050. Cette ambition, visant à éliminer la combustion des fossiles et les émissions de CO₂ qui l’accompagnent, c’est du vent. Dans un monde sans carbone, c’est un monde de pauvres, et ça personne n’en veut… pour le moment.

Perrine Mouterde : Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur de la transformation à mettre en œuvre : il faudrait remplacer 1,5 milliard de véhicules fonctionnant à l’essence ou au diesel par des véhicules électriques, et convertir 50 millions de tracteurs. Il faudrait aussi remplacer plus d’un demi-milliard de chaudières au gaz naturel et trouver de nouveaux moyens de faire fonctionner 120 000 bateaux et 25 000 avions de ligne. Vaclav Smil, un expert mondialement reconnu de l’énergie, dans son livre « 2050 Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible » estime que les transitions énergétiques sont des processus « de longue haleine, difficiles, multiformes » et exigent des décennies d’investissements. Vaclav Smil regrette donc « une tendance indéniable à l’optimisme excessif et au battage médiatique ». Pour lui ces « vœux » de sortie du carbone ne sont que des objectifs « aspirationnels » :

« On devrait plutôt s’efforcer de tracer un avenir réaliste qui tienne compte de nos capacités techniques, de nos approvisionnements en matériaux, de nos possibilités économiques et de nos besoins sociaux, puis de concevoir des moyens pratiques pour y parvenir. »

Le point de vue des écologistes décroissancistes

Make the planet great again était de l’humour macronien. Les promesses des Etats ne sont pas tenues ? Aucune surprise ! Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. C’est pour ça que les échéances avaient été définies lointaines et sans jalon intermédiaire. Maintenant que les réserves fossiles s’épuisent, le greenwashing n’est plus possible, il est remplacé par le fascisme : faut faire plaisir, et donc forer toujours davantage. Drill, baby, drill !

Le maintien de la civilisation thermo-industrielle actuelle étant incompatible avec la vie sur terre, nous allons assister à un remarquable crash sur le mur de la réalité. Le changement de mode de vie porte pourtant un nom, la décroissance par la hausse du prix du carbone : Le pétrole devrait déjà être à 1000 dollars le baril et le litre d’essence à 20 euros pour qu’on comprenne enfin notre dépendance envers la merde noire. Un prix de l’énergie toujours croissant, c’est si simple, il suffit juste de le vouloir ! On ne le veut pas. Voter pour le premier candidat qui proposera d’augmenter progressivement et indéfiniment la fiscalité sur les énergies fossiles ? Cela ne se fait pas, c’est même inenvisageable à l’heure actuelle. Les prochaines élections sont si proches !

La carte carbone sera donc un jour absolument nécessaire pour nous obliger à la sobriété énergétique de façon partagée. Cela sera le seul remède à un appauvrissement généralisé de la population dont seuls les très riches seraient exclus.

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du marché carbone à la carte carbone (2024)

extraits : Payer pour polluer ne sera jamais une solution mais plutôt un désastre climatique. Les marchés du carbone sapent l’action en faveur du climat, car ils permettent la poursuite de la production et de l’utilisation de combustibles fossiles à un moment où cela est non seulement inacceptable, mais aussi irresponsable. La compensation n’est rien d’autre qu’un cadeau aux pollueurs…

du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable (2013)

extraits : Prenons l’exemple du carbone, c’est-à-dire les ressources fossiles, charbon, pétrole ou gaz, qui irriguent toutes nos activités économiques. Comme il s’agit d’énergie de stocks, il faut bien prévoir la fin de ces ressources. Un marché carbone pourrait renchérir l’utilisation de ces sources d’énergie, donc limiter la consommation. Nous n’en prenons pas le chemin. Avec la crise financière des subprimes, le prix du CO2 s’était effondré : 25 euros la tonne en 2008, 7 euros en 2012 puis 5 euros…. Puisque le marché carbone est soumis aux contraintes politiques, puisque la plupart des gouvernements refusent aussi la taxe carbone, le rationnement par une carte carbone deviendra inéluctable lors d’un prochain choc pétrolier. C’est ce que nous prévoyons sur ce blog depuis 2009….

Articles antérieurs sur ce blog biosphere

26 octobre 2018, Fiscalité carbone inepte, carte carbone inéluctable

26 août 2015, carte carbone, des quotas individuels de CO2

27 mars 2013, facture énergétique, bientôt la carte carbone !

9 septembre 2010, Sarkozy a-t-il pensé à la carte carbone ?

13 septembre 2009, après la taxe, la carte carbone

10 avril 2009, carte carbone ou taxe ?

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Après le pic pétrolier, le choc pétrolier ultime

Un article du MONDE nous donne un bon historique du passé pétrolier, mais rien sur les perspectives du long terme, sauf ces considérations finales :

« Le constat semble implacable. Maintenant, on a fait le tour de la planète. Tous les bassins développés s’épuisent. On est comme des rats de laboratoire qui ont mangé tous leurs corn flakes et découvrent qu’ils peuvent aussi manger la boîte en carton. »

 On n’envisage pas du tout la signification ultime de ce constat, le dévoiturage, une société future sans aucune voiture individuelle, qu’elle soit thermique ou électrique.

Pétrole, histoire d’une dépendance mondiale

Le 2 février 1977. Devant un feu dans la cheminée, Jimmy Carter, installé à la Maison Blanche depuis deux semaines, s’adresse à ses compatriotes. Le nouveau président des Etats-Unis est très inquiet de la situation énergétique. « Il faut voir la réalité en face : notre déficit énergétique est permanent. » Son pays produit alors de moins en moins de pétrole et souffre des prix du baril, qui ont quadruplé en 1973, lors du premier choc pétrolier. Il en appelle à la responsabilité de chacun : « La quantité d’énergie gaspillée, qui pourrait être économisée, est supérieure au total de l’énergie que nous importons des pays étrangers. » Pour lui, il est urgent que les Américains apprennent à vivre de façon « économe ».

Quand Jimmy Carter prononce son discours de 1977, la consommation mondiale de pétrole était de 63 millions de barils par jour. Elle dépasse aujourd’hui 105 millions. Le mode de vie « économe » prôné par l’ancien président américain ne s’est jamais concrétisé. Car, aux chocs pétroliers de 1973, de 1979 et de 2008 ont succédé des contre-chocs, avec de longues périodes d’effondrement des prix.

Les premiers choc pétroliers ont rendu rentable l’exploitation des gisements de la mer du Nord et de l’Alaska. En mer du Nord, British Petroleum proclame fièrement en 1975 sa prouesse technologique, quand elle commence à exploiter l’énorme gisement Forties, situé 106 mètres au-dessous du fond marin et à 177 kilomètres des côtes. Le prix du pétrole s’effondre et atteint un point bas de… 7 dollars, en 1986. C’est le contre-choc pétrolier. En 2008, l’envolée des prix qui a suivi l’émergence économique de la Chine et de l’Inde a rendu rentable le pétrole de schiste aux Etats-Unis. Quatre décennies après leur pic de pétrole conventionnel, les Etats-Unis redeviennent exportateurs nets de pétrole.

Le constat semble implacable. La limite est repoussée, l’addiction demeure. Sauf que, maintenant, on a fait le tour de la planète. Tous les bassins développés s’épuisent. On est comme des rats de laboratoire qui ont mangé tous leurs corn flakes et découvrent qu’ils peuvent aussi manger la boîte en carton. 

En savoir plus avec les articles antérieurs du MONDE

La polémique sur les réserves relance le débat sur la fin de l’or noir (1er avril 2004)

Longtemps méprisés, les pessimistes aiguillonnent une industrie en quête de transparence. Leur chef de file, le géologue Colin Campbell, fondateur de l’ASPO, une association qui étudie le « pic » de production au-delà duquel le déclin du pétrole commencera de façon irréversible. Un calcul théorisé dans les années 1950 par un autre géologue, King Hubbert. L’ASPO estime que le pic de la production mondiale sera atteint dès 2010, avec 85 millions de barils par jour (mbj), avant un recul qui ramènera la production au niveau de 1970 vers 2050 …

Alors que la hausse des cours du pétrole continue, les experts s’inquiètent de l’extinction des réserves (9 août 2004)

L’ASPO (Association for the Study of Peak Oil), un réseau informel de scientifiques et d’experts pétroliers du monde entier, tire la sonnette d’alarme.l’ASPO affirme que le « pic » de production de pétrole, c’est-à-dire le moment où celle-ci commencera à décliner, est beaucoup plus proche qu’on ne le pense : aux alentours de 2008-2010 pour le pétrole, en 2013 pour le gaz. Les estimations pour le « pic » varient en fait de 2004 à 2048, mais la date médiane de 2020, fondée sur des réserves prouvées de l’ordre de 1 050 milliards de barils, est la plus fréquemment citée : elle signifierait une production toujours importante jusqu’en 2050 (correspondant encore à la moitié des besoins).

Pour le député Vert français Yves Cochet, « la fin imminente du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu’ait jamais affrontée l’humanité » et ses conséquences sociales seront « dévastatrices ». Il juge que « la seule conduite possible est l’apprentissage de la sobriété »….

A 100 dollars le baril, on change de civilisation, par Yves Cochet (27 novembre 2007)

Le pétrole brut n’est pas cher, de même que le litre de super à 1,50 euro. Le cours du baril sur le marché new-yorkais retrouve aujourd’hui la cote qu’il avait atteinte en 1980, tandis que l’achat d’un litre d’essence nécessite deux fois moins d’heures de smic qu’il y a vingt-sept ans.

Désormais, les prix du pétrole – et ceux de toutes les énergies – seront toujours à la hausse pour trois raisons principales d’origine géologique, économique et géopolitique :Le maximum mondial de production de liquide hydrocarboné est atteint. La demande est structurellement supérieure à l’offre. Le pétrole c’est la guerre. Là où il y a du pétrole, une élite dirigeante vit de sa rente – souvent aux dépens de la population – et ces pays sont visés par le comportement prédateur des grands consommateurs comme les Etats-Unis.

Le modèle du monde qui habite le cerveau de l’Occidental moyen est que le marché, la technologie et l’inventivité humaine parviendront à résoudre les problèmes qu’affronte l’humanité, notamment la fin des énergies fossiles à bon marché et le changement climatique. Quel aveuglement ! Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de notre civilisation que sont la paix, la solidarité et la démocratie, nous n’avons pas d’autre choix que celui de la décroissance rapide de l’empreinte écologique des sociétés industrielles, en particulier la décroissance de notre consommation d’énergies fossiles.

Le pétrole est un ensemble de molécules merveilleuses qui ont permis la fabrication et la diffusion de milliers d’objets et de services dans notre vie quotidienne (véhicules, aliments, médicaments, plastiques, textiles…) et c’est aussi une matière puante et polluante dont il faut nous sevrer rapidement sous peine de chaos écologique, économique et social. La seule politique susceptible d’éviter cette catastrophe est celle de la sobriété, c’est-à-dire la décroissance franche et régulière de la consommation de pétrole. Cette politique n’est pas une adaptation légère due à un souci technique passager, c’est un changement de civilisation dû à la fin du monde tel que nous le connaissons.

Après le pic pétrolier, le choc pétrolier ultime Lire la suite »

Le prix de l’essence va exploser… demain

Nous avons posé à l’IA perplexity du MONDE la question suivante : Sur le long terme, le prix de l’essence doit-il augmenter, diminuer ou se stabiliser ?

La réponse est significative de la myopie d’un journal qui se veut pourtant « de référence » : « Les articles disponibles du MONDE ne permettent pas de répondre de manière définitive à cette question sur le long terme, car ils se concentrent sur les évolutions à court et moyen terme. Ce que l’on sait actuellement :

Situation récente (fin 2025 – début 2026) : Les prix de l’essence ont connu une baisse significative fin 2025, le SP95-E10 se vendant à 1,5992 euro le litre en décembre. Cependant, depuis février 2026, une hausse brutale s’est amorcée en raison de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec le sans-plomb 98 dépassant les 2 euros le litre en mars.

Facteurs d’incertitude : Les évolutions futures dépendent largement de facteurs externes difficilement prévisibles : la durée et l’intensité des conflits géopolitiques, les décisions de l’OPEP+ concernant la production pétrolière, et l’évolution de la demande mondiale.

Contexte structurel : En France, une augmentation de 4 à 6 centimes par litre était prévue à partir du 1er janvier 2026 en raison de l’évolution du dispositif des certificats d’économie d’énergie.

Pour une analyse prospective fiable sur le long terme, il faudrait consulter des articles spécialisés en prévisions énergétiques ou économiques qui ne sont pas disponibles dans les résultats actuels. »

Pourtant ce n’est pas bien sorcier d’écrire à un moment ou un autre qu’une ressource basée sur une énergie non renouvelable et en voie de raréfaction doit voir tendanciellement son prix augmenter. C’est ce que nous répétons sur notre blog depuis des années et des années.

Le point de vue des écologistes prévoyants

Comme les ressources fossiles ne sont pas renouvelables, comme leur durée est limitée dans le temps,

comme nous faisons semblant de ne pas le savoir, comme nous cultivons encore le slogan drill baby, drill,

le choc pétrolier ultime nous arrivera dans la gueule alors que nous ne sommes pas préparés :

Ce sera la panne désorganisée, la généralisation du chômage, des manifestations monstres et des barrages routiers,

mais rien n’y fait car il n’y a rien à faire… on ne peut pas lutter contre l’épuisement des ressources !

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Module sur le pic pétrolier… à diffuser (2021)

extraits : Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier qui pourrait faire le buzz grâce à vos relais, chers lecteurs. Commencez par un sondage avec 3 choix personnels possible : 1. baisser ou stabiliser le prix du carburant 2. accepter une hausse (minime) de prix 3. programmer dans le temps une forte hausse avec intervention de l’État.

Le résultat montre que la presque totalité du groupe sondé va choisir l’option 1. Il faut donc une démonstration argumentée sur le baril d’or noir….

Pensez-vous normal que le prix de l’essence augmente (2017)

extraits : Que ce soit une section locale, une fédération ou un bureau national, ne nous leurrons pas, l’enjeu dans un parti électoraliste est la répartition des postes, pas l’analyse écologique. On court d’une élection à l’autre, le nez dans le guidon. Les débats sont interminables… pour savoir qui on va désigner comme candidat. Les affrontements interpersonnels entre camarades socialistes sont omniprésents, entre courants, à l’intérieur des courants, entre habitants d’un même lieu. Comment alors prendre le temps de penser écologie ? J’ai quand même réussi à intervenir dans presque toutes les sections de Charente sur le prix de l’énergie. A la question préalable « pensez-vous normal que le prix de l’essence augmente, soit stable ou baisse », tout le monde ou presque voulait d’une diminution du prix, social exige. A la fin de la session de formation, tout le monde avait compris que le pétrole étant une ressource limitée en voie de disparition, le prix du baril devait augmenter et donc le litre d’essence. Mais cette connaissance nouvelle n’avait entraîné aucune conscience nouvelle… au Parti socialiste….

Prix de l’essence, des socialistes sans boussole (2012)

extraits : Il n’y a qu’une manière d’analyser le prix de l’essence. Les ménages français dépensent en moyenne autour de 1 000 euros par an en carburant. C’est 1000 euros de trop, un pétrole en voie de disparition devrait rester sous terre ; la voiture individuelle devrait subir le sort des dinosaures…En définitive, le problème du socialisme, c’est le terme social. Le social passe pour le gouvernement avant les réalités écologiques, ce qui ne peut qu’amener à de fausses promesses et des désillusions. Pour retrouver une boussole, les socialistes devraient affirmer que l’économie n’est qu’une sous-partie du social, et le social une variable déterminée par les contraintes écologiques, à commencer par l’état des ressources naturelles….

Nos plus anciens articles sur la question

30.09.2005 Consomm-acteur ?

Le prix de l’essence affole facilement les boussoles politiques. La gauche réclame le rétablissement de la TIPP flottante (mécanisme inventé par L.Fabius à Bercy en 2001-2002), c’est-à-dire une baisse de taxe. Le gouvernement supposé libéral de D. De Villepin a choisi de montrer du doigt les profits des compagnies pétrolière. Reste à savoir ce qui est citoyen en matière d’énergie en général et de pétrole en particulier. S’il s’agit de baisser les taxes ou de taxer les majors pour financer une baisse du carburant, et donc relancer la consommation de pétrole, il n’est pas sûr que ce soit dans l’intérêt à long terme de la France et de la planète l’attitude la plus « citoyenne ».

La Biosphère ne peut qu’être en accord avec la Cour des comptes qui, dans son rapport « fiscalité et environnement » indique : « La TIPP contribue à limiter la consommation d’énergie fossile ; elles constitue à ce titre un outil efficace pour respecter les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ». Comme la TIPP est moins appropriée pour limiter la pollution locale, la Cour envisage aussi des péages urbains pour limiter l’accès des automobiles aux centres-villes. Préparez-vous à ouvrir votre porte-feuille !

27.04.2005 L’A380 décolle

Le premier envol du gros porteur A380 d’Airbus est un grand espoir pour le développement durable, des réservoirs de 325 000 litres de carburant pour une consommation horaire de 17 000 litres seulement, soit 3 litres/100 km par passager. Bien sûr tout dépendra du nombre de passagers, on peut le remplir de 550 humains ou en empiler 800. Par comparaison, une voiture à 8 litres aux cents ne consomme que 2 litres s’il y a quatre passagers, quatre fois plus avec l’irresponsable qui se veut tout seul dans un véhicule dit individuel. De toute façon peu importe la façon de calculer, c’est toujours des ressources fossiles qui partent en CO2 et qui détraquent le climat. De toute façon peu importe, essence, diesel ou kérosène, dans 40 ans y’a plus de pétrole.

Alors, comment se déplacer ? Mais d’ailleurs, pourquoi se déplacer !

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Macron décide, notre épargne finance le nucléaire

Les citoyens n’ont jamais été consulté dès la construction des premières centrales nucléaires.

Macron décide de son propre chef de lancer un nouveau chantier pour six réacteurs de type EPR.

Et ce sont les citoyens qui n’ont pas été consultés qui doivent payer la note !

Il nous semble qu’il y a une anomalie quelque part !!!

lemonde.fr : La Caisse des dépôts et consignations (CDC) va contribuer au financement de l’électricité nucléaire, Elle gère fin 2025 406,5 milliards d’euros, soit 60 % de l’épargne du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire et du Livret d’épargne populaire. On assure qu’« en aucun cas » la contribution du fonds d’épargne aux futurs chantiers nucléaires ne remettra en question le financement du logement social.

Le point de vue des écologistes vitrifiés

– Le circuit de financement des futurs réacteurs EPR nécessite la création d’une structure ad hoc, un SPV (pour special purpose vehicle), filiale à 100 % d’EDF qui bénéficierait de la garantie de l’État. Ce qui veut dire en clair que les contribuables peuvent être mis à nouveau à contribution puisque l’État c’est nous, on le finance par nos impôts et nos prêts.

– Le programme de prêts au SPV d’EDF pourrait donc être amorcé en 2027, avec, à l’horizon, un rythme de 4 milliards d’euros annuels sur douze ans, précise M. Sichel – soit près des deux tiers de l’estimation du coût total de la construction du programme « EPR2 », à 72,8 milliards d’euros. Ce chiffre ne peut qu’exploser en cours de construction,

– Jamais dans le projet de Macron on n’a envisagé publiquement le coût du démantèlement, la gestion improbable des déchets nucléaires, le risque d’accident ou d’attentats et la solvabilité future de l’État et de ses contribuables.

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L’EPR et l’électronucléaire n’ont aucun avenir (08/12/2012)

Extraits : Au 1er janvier 2010, l’endettement d’EDF s’élevait à 42,5 milliards d’€ (= 280 milliards de F, séquelle du premier programme), pour un résultat brut d’exploitation de 17,5 milliards d’€ », (Nouvel Observateur, 2 juin 2011), soit un taux d’endettement de 243 %, à comparer à celui de la France, égal à « seulement » 90 %, tous deux d’ailleurs à la charge du consommateur et / ou du contribuable. Où trouver le financement d’une deuxième génération électro-nucléaire fondée sur des EPR dont les prix ne cessent de dériver à la hausse…

Nos plus anciens articles… en 2005

24.06.2005 / Quatre pages de supplément inséré dans un quotidien national par une association intitulée alternatives, « parler autrement de l’énergie ». En fait il s’agit d’une publicité initiée par Areva, entreprise qui « propose à ses clients des solutions technologiques pour produire l’énergie nucléaire et acheminer l’électricité ». Sous couvert de s’occuper de l’indépendance énergétique de l’Europe élargie, cette publicité présente ainsi Areva : « AREVA, pour l’accès à l’énergie pour le plus grand nombre » (EDF et ses sbires s’ingénient à laisser croire que l’électricité est un bien essentiel), « AREVA pour la préservation de la planète » (comme on devrait le savoir, l’énergie nucléaire n’émet presque pas d’effet de serre !), « AREVA et sa responsabilité vis-à-vis des générations futures »

La gestion des déchets nucléaires, non résolues à ce jour, sera décidée en 2006 seulement et de toute façon imposée aux générations futures vu la durée de vie de ces déchets) ».

5.07.2005 / Sans avoir commandé de nouveaux réacteurs depuis l’accident de Three Mile Island en 1979, les USA se contentaient de leurs 103 réacteurs (21 % de l’électricité produite), mais ils comptent bientôt se rattraper pour faire de leur pays une « nation plus sûre et moins polluante ». De leur côté les Chinois envisagent 25 à 30 nouvelle centrales d’ici à 2020, l’Inde devrait décupler ses capacités et le Japon (54 centrales) en construit déjà trois supplémentaires. La France (58 réacteurs) poursuit son projet d’EPR, soumis à une enquête d’utilité publique.

La Biosphère crie au scandale, les réserves d’uranium ne couvrent que quelques années de production, le problème des déchets radioactifs ne sont pas réglés en France (ils seront « parlementarisé » en 2006), et surtout tous les pays privilégient encore un mode de développement grand consommateur d’énergie sans s’interroger sur la finalité de la croissance économique !

14.07.2005 / EDF s’engage à produire une énergie aussi performante que pleinement maîtrisée et respectueuse de l’environnement. C’est l’intitulé principal de quatre pages de publicité payées par le lobby nucléaire. On affirme que les centrales nucléaires respectent des sites parmi les plus beaux de France en démontrant que la taille, nécessairement gigantesque des réacteurs, n’exclue pas une insertion harmonieuse dans la nature grâce à des formes spécifiques prenant en compte les deux éléments essentiels que sont le vide et la lumière. La Biosphère se demande comment les humains peuvent encore supporter l’impudence d’EDF, si ce n’est que tout le monde croit maintenant que l’électricité est essentielle, peu importe alors les moyens de l’obtenir.

Comment un lecteur-citoyen qui n’a jamais entendu parler du réseau « Sortir du nucléaire » ou de l’association « Négawatt » peut-il s’y retrouver au milieu de toutes ces informations manipulées par les industriels et les financiers ?

17.10.2005 / La Biosphère constate que sept millions d’éclairages urbains, lampadaires, candélabres et autres boules lumineuses entretiennent un obscur presque clair jusque dans les villages les plus reculés de France. Cette consommation d’énergie atteint six milliards de kilowatts heures, soit 2,5 réacteurs nucléaires qui ne servent en définitive qu’à éclairer le ciel. Mais ce n’est pas seulement l’éclairage public qui est en cause dans la boulimie d’énergie de la civilisation thermo-industrielle.

Un lecteur devrait lire sans lumière artificielle, les programmes de télévision pourraient s’arrêter à la tombée de la nuit, le travail de nuit sera interdit. Redonnez à la nuit sa toute puissance, il vous suffit de dormir à ce moment-là, de papoter ou de faire l’amour.

18.10.2005 / Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat !

20.10.2005 / En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire :

d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité, si ce n’est quelque coups de foudre de temps en temps !

24.10.2005 / Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question…

NB : La loi Bataille du 30 décembre 1991prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc !

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Zizanie politique sur le pétrole ultra-marin

Avec le pétrole, on fait comme si les réserves étaient inépuisable alors qu’elles sont non renouvelables et limitées. En brûlant le pétrole, on fait comme si on ne savait pas qu’il faut limiter les émissions de gaz à effet de serre. On sait qu’il faut laisser le pétrole sous terre, mais les politiciens et les conducteurs de véhicules thermiques ne le savent pas encore.

On fait comme s’il n’y avait pas d’avenir viable et vivable pour les générations futures. Homo demens. Exemple, cette initiative des sénateurs.

Marie de Vergès : Adoptée en décembre 2017, la loi Hulot a mis un terme à la recherche d’hydrocarbures sur le sol français et prévoit la fin de toute exploitation d’ici à 2040. Une proposition de loi vise à revenir sur cette interdiction pour les territoires ultramarins. La Guyane n’est pas la seule ciblée par le texte. Celui-ci mentionne également Mayotte et les îles Eparses, « situées dans le canal du Mozambique ». Les sénateurs mettent en avant la nécessité de renforcer la souveraineté énergétique de la France.

– Le sénateur de la Guyane : « Notre territoire demeure dans un état de précarité. Pourquoi ne pourrait-on pas, nous aussi, exploiter nos ressources naturelles et profiter des retombées sur la croissance et le développement des infrastructures ? »

– Pour les organisations de défense de l’environnement, ce serait s’inscrire dans la logique trumpiste de relance de l’extractivisme et de remise en cause des engagements climatiques. 

– La proposition de loi, qui se revendique transpartisane, a de bonnes chances d’être adoptée au Sénat.

– Le texte est rejeté avec vigueur par Monique Barbut, la ministre de la transition écologique.

– La ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, soutient la possibilité de forages.

– Matignon tarde à rendre son arbitrage !

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Écologie, le ministère de l’impossible

extraits : Nicole Bricq, ministre (socialiste) de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie du gouvernement Hollande, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 au 18 juin 2012). Elle a été virée par le premier ministre (socialiste) Jean-Marc Ayrault pour avoir annoncé la suspension des permis d’exploration d’hydrocarbures, une décision pénalisant l’entreprise pétrolière Shell, qui prospectait au large de la Guyane….

Quel est le véritable prix du baril de pétrole ?

extraits : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XIXe 21ème siècle, autant dire demain. Actuellement le prix du pétrole est artificiellement maintenu à bas prix depuis le début de son exploitation puisqu’il a permis les trente Glorieuses, le confort à tous les étages et l’auto pour une grande partie de l’humanité (soit plus de 1 milliard de voitures particulières). Pour une période faste qui aura duré moins de deux siècles, les humains ont gaspillé un don de la nature accumulé pendant des millions d’année et enfoui sous terre…..

La fièvre de l’or en Guyane, Macron est pour

extraits : La « Montagne d’or », un projet de gigantesque mine, mené en Guyane par le groupe russe Nordgold, associé au canadien Columbus Gold. Ce projet « participe pleinement au renouveau minier de la France », avait déclaré Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, aux Echos, en 2015 : « Il y a une richesse sous le territoire français, notamment de l’or. (…) Nous ferions une erreur profonde en ne l’exploitant pas. » ….

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À qui appartient le pétrole ? Pas à Trump !

A qui appartient le pétrole enseveli depuis des millions d’années sous la terre ? Aux potentats locaux qui n’ont absolument rien fait pour fabriquer le produit de leur sous-sol ? Aux multinationales qui s’engraissent sans risque en distribuant l’or noir ? A l’OPEP qui fixe le prix du baril à sa convenance sur une marché oligopolistique ? Aux conducteurs et conductrices d’automobiles thermiques qui bénéficient d’une essence données gratuitement par la nature et qu’on fournit à si bas prix qu’on peut la gaspiller à son aise. Aux générations futures qui ne trouveront que les vestiges des ressources fossiles ? Ou plus fondamentalement à la Terre-mère qui avait enfoui profondément en son sein ces restes de la vie passé sur Terre pour qu’on ne l’y trouve pas si on avait été raisonnable !

Mais Trump qui ne connaît rien à rien et qui se croit encore le président tout-puissant des Etats-Unis pense que le pétrole est à lui ; on lui a par exemple « volé » celui du Venezuela. Faisons le point de la situation réelle.

– Les ressources pétrolières appartiennent principalement aux États, qui en conservent la propriété souterraine, sauf aux États-Unis où le propriétaire du sol possède aussi le sous-sol.

– Les compagnies nationales contrôlées par les États détiennent la majorité des réserves mondiales. Elles agrègent 56 % des réserves mondiales de pétrole. Les principales compagnies nationales sont concentrées autour de l’OPEP et de ses alliés : Saudi Aramco (Arabie Saoudite), Rosneft (Russie), Nioc (Iran), PDVSA (Venezuela) et Sonatrach (Algérie). Le poids des compagnies nationales devrait croître, notamment parce que les meilleures réserves de pétrole conventionnel, les plus abondantes et aux coûts de production les plus bas, se situent dans le golfe Persique et sont détenues par des compagnies nationales.

– Les compagnies privées internationales (appelées « majors »), comme TotalEnergies, ExxonMobil, Shell et BP, ne contrôlent que 12 % des réserves mondiales. Elles exploitent les gisements en vertu de contrats de concession signés avec les États propriétaires des ressources. Les entreprises pétrolières signent des contrats pour des périodes déterminées, pas des actes de propriété éternelle. Cette règle n’a jamais été contestée.

Francisco Monaldi : Au début du XXe siècle, le Venezuela n’avait pas les moyens techniques d’exploiter seul ses immenses réserves pétrolières. Les concessions étaient de longue durée, et les royalties ne dépassaient pas 7 %, des redevances dérisoires. Dire qu’il y a eu « vol » à cette période ne tient pas. En 1929, le pays devient le premier exportateur mondial de brut, devant le Mexique. En 1943, sous le gouvernement du général Isaias Medina Angarita, une nouvelle loi sur les hydrocarbures impose le principe du 50/50 : les bénéfices sont partagés à parts égales entre l’Etat et les compagnies. Partout dans le monde, l’heure est aux nationalisations dans les années 1960. En 1975, deux ans après le premier choc pétrolier, le président social-démocrate Carlos Andres Perez nationalise le pétrole vénézuélien. Si c’est à cette nationalisation que Donald Trump se réfère pour parler de « vol », il faut alors rappeler qu’au Venezuela, comme partout dans le monde, sauf aux Etats-Unis, l’Etat est propriétaire du sous-sol. A partir de 1976, PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) détient le monopole sur l’exploration, la production, le raffinage et la commercialisation du pétrole.

La plupart des majors acceptent la participation majoritaire de PDVSA et cèdent une partie de leurs actions à l’Etat. ConocoPhillips et ExxonMobil refusent et saisissent les tribunaux d’arbitrage. Au terme d’une procédure qui dure des années, ils obtiennent respectivement 8,7 milliards de dollars et 1,6 milliard de dollars d’indemnisation. Il s’agit d’une dette, pas d’un vol. Les compagnies pétrolières ne sont pas les seules à réclamer leur dû : la liste des créanciers du Venezuela est longue. Le total des créances atteint environ 150 milliards de dollars, davantage encore si l’on inclut les intérêts, si bien que celles des entreprises pétrolières représentent moins de 10 % de l’ensemble.

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Module sur le pic pétrolier… à diffuser

extraits : Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier qui pourrait faire le buzz grâce à vos relais, chers lecteurs.

A) Commencer par un sondage dans votre groupe d’appartenance….

B) Présenter les différentes manières de fixer le prix de l’essence….

C) Faire un graphique montrant le pic du pétrole conventionnel en 2006 (la quantité)…..

D) Montrez les relations entre prix et quantités. Une hausse de prix entraîne une hausse des quantités, ce qui fait que le pic pétrolier n’est pas un sommet, mais un plateau ondulant. La fin du pétrole est donc repoussée d’année en année….

Conclusion : Un mouvement politique responsable aurait indiqué qu’une augmentation du carburant de 10 % chaque année (doublement de prix en 7 ans) était nécessaire. Il fallait préparer les citoyens à la civilisation de l’après-pétrole. Mais nous n’avons pas compris les leçons des chocs pétroliers des années 1970, nous n’avons rien fait pour économiser le pétrole, le choc pétrolier ultime qui se profile sera d’autant plus brutal. Nous serons confrontés à des guerres et violences pour l’accès aux ressources. ….

À qui appartient la forêt amazonienne ?

Extraits : Quand Bolsonaro est arrivé au pouvoir, il disait que les cavaleries brésiliennes auraient dû faire comme aux Etats-Unis pour en finir avec les indigènes. Dès le premier jour de son mandat, le président Bolsonaro a placé la démarcation des terres indigènes sous la tutelle du ministère de l’agriculture, les livrant ainsi à l’agrobusiness. Un projet de loi remettant en jeu les droits des indigènes a été déposé en février 2020 alors que la Constitution brésilienne rend ces terres « inaliénables et indisponibles … Le cacique Raoni Metuktire : « Le Blanc n’a pas l’air de comprendre que si les indigènes veulent préserver l’eau et la terre, ce n’est pas seulement pour eux, mais c’est pour préserver la vie en général, celle des générations futures. »…..

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Accès à l’énergie et guerres du pétrole

Donald Trump revendique haut et fort le sale petit secret au cœur de la géostratégie américaine depuis un demi-siècle : il n’y a pas de puissance sans contrôle de l’accès à l’énergie.

Ce secret de Polichinelle, l’Europe doit le regarder à nouveau bien en face. Les sources d’hydrocarbures de la mer du Nord ont commencé à se tarir il y a un quart de siècle. Pour échapper à la tenaille des deux « superpuissances » énergétiques que sont la Russie et les Etats-Unis, l’UE doit miser avec lucidité sur ses faibles sources domestiques d’énergie, renouvelables et nucléaire.

Matthieu Auzanneau : En 1970, les sources vieillissantes de pétrole conventionnel des Etats-Uni entrent en déclin. L’amorce de ce double tarissement de l’or noir classique sur le continent américain sur-détermine les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il coïncide aussi avec l’investissement cauchemardesque de la puissance américaine autour du golfe Persique, depuis la longue guerre Iran-Irak (autorisation du recours de l’Irak à l’arme chimique, « Irangate »…) jusqu’à l’invasion de l’Irak en 2003. L’ex-gouverneur de la Fed [la Banque centrale américaine] Alan Greenspan, affirmait : « Le pétrole est le seul mobile de la guerre d’Irak. » Le déclin du pétrole conventionnel n’a pas cessé de se poursuivre. Confrontée à ce phénomène naturel, l’industrie américaine cherche à partir des années 1980 à développer les sources non conventionnelles. On vise alors les pétroles lourds du Canada et du Venezuela. Exploiter ces bruts visqueux demande des investissements importants pour les traiter. La plupart des raffineries des Etats-Unis s’équipent alors pour traiter en particulier le brut « extra-lourd » vénézuélien, plus intéressant économiquement que les sables bitumineux canadiens.

En 1999, la prise de pouvoir du socialiste Hugo Chavez bouleverse ce plan de sauvegarde de l’industrie pétrolière américaine. Sur le continent américain, du Canada à l’Argentine, 40 % de la production mondiale de brut est à la portée de l’influence de Washington. En procrastinant sur ses objectifs climatiques de décarbonation, l’Europe, première importatrice mondiale de pétrole à égalité avec la Chine, s’est d’elle-même placée dans une position géostratégique terriblement vulnérable.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Je supplie les partis politiques, et particulièrement les partis écolos, de prendre en compte notre situation de « guerres du pétrole ». Dans le livre de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin « Pétrole, le déclin est proche », le pic pétrolier global « surviendra probablement durant la décennie 2020. Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. »

Le réchauffement climatique a occulté la réalité du pic pétrolier, mais cela fait une double menace qui pèse sur notre mode de vie futur. L’Union européenne est presque totalement dépendante de l’importation de ressources fossiles. La boulimie énergétique des USA accroît la concurrence sur ces ressources

J’avais organisé un colloque à l’Assemblée nationale le 25 janvier 2011 : « Pic pétrolier, quelles conséquences politiques pour 2012 ». A la tribune entre autres Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, Matthieu Auzanneau… devant un large public et plusieurs députés.

JM Jancovici ce jour-là (extraits) : « L’idée qu’on va pouvoir trouver des substituts à l’énergie fossile ou à l’uranium, c’est une chimère, ça n’existera pas. Aujourd’hui, pour faire un baril jour de pétrole conventionnel, il faut mettre sur la table 20 000 dollars de coût en capital. Pour les hydrocarbures non conventionnels, coal to liquids ou sables bitumineux, il faut 200 000 dollars. Dix fois plus de capital nécessaire, le coût en capital du déplacement des ressources fossiles représente des sommes astronomiques. Il faut donc investir massivement dans les économies d’énergie sinon le problème social sera dramatique…. »

Dès 2005, Yves Cochet pouvait parler de pétrole-apocalypse : « La hausse du cours des hydrocarbures ne sera pas un simple choc pétrolier, ce sera la fin du monde tel que nous le  connaissons… Dans les pays industrialisés, l’alimentation du consommateur est le dernier maillon d’une chaîne agroalimentaire dominée par la délocalisation et la désaisonnalisé… Suite au pic pétrolier, les pays importateurs souffriront de pénurie, ce qui les entraînera vers l’effondrement économique et social. Où aller pour trouver à boire et à manger ? Nous n’avons plus de parents fermiers à la campagne chez lesquels nous réfugier comme nous l’avons fait au cours de la débâcle de 1940. Nous n’avons plus un ailleurs inexploré comme l’avaient jadis quelques hordes, émigrant massivement lorsque la pression démographique sur le territoire traditionnel dépassait sa capacité de charge écologique. Que nous restera-t-il hormis la violence ? Il n’existe qu’une demi-solution : la sobriété immédiate… »

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Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

extraits : Nous sommes une société où l’information chasse la précédente, donc plus aucun événement n’a d’importance. Un jour on nous parle de la fonte des glaciers, c’est abominable, le lendemain de la mort de Johnny Hallyday, c’est atterrant, le surlendemain de l’extinction de la biodiversité, c’est catastrophique, et de temps en temps on s’immobilise médiatiquement sur des événements anodins… quand il n’y a pas un attentat terroriste. Autant dire que le pic pétrolier est derrière nous, on a déjà oublié que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables. Misère, misère, trop d’informations tue l’information, tu l’intelligence, tue notre capacité à envisager l’avenir. Seuls quelques spécialistes de l’énergie lancent en vain un cri d’alarme par rapport à notre addiction à la merde du diable….

Lire, « Pétrole-apocalypse «  d’Yves Cochet

http://biosphere.ouvaton.org/de-2005-a-2008/1119-2005-petrole-apocalypse-dyves-cochet

Sur ce blog biosphere, nous sonnons le tocsin depuis longtemps :

16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime

23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier

31 mars 2013, transition énergétique : rien sur le pic pétrolier !!!

10 décembre 2012, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

25 février 2012, campagne présidentielle française et déni du pic pétrolier

6 février 2012, pic pétrolier, pic de la mondialisation, pic de notre civilisation

16 février 2011, le pic pétrolier vu par les politiciens

15 février 2011, le pic pétrolier vu par Yves Cochet

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

13 février 2011, le pic pétrolier vu par Bernard Durand

30 décembre 2010, Crise ultime et pic pétrolier

4 décembre 2010, tout savoir sur le pic pétrolier

25 novembre 2010, pic pétrolier, le commencement de la fin

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

12 août 2010, la date du pic pétrolier

19 avril 2008, pic pétrolier (USA, Russie, etc.)

Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Accès à l’énergie et guerres du pétrole Lire la suite »

L’énergie sous la pression de Trump

Un travail d’expertise autant qu’un objet politique, ainsi apparaît le « World Energy Outlook » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). C’est un vaste tableau de bord mêlant hypothèses sur l’avenir de la demande, analyses régionales et passage en revue des leviers d’action pour la décarbonation. L’AIE est une organisation créée dans la foulée du choc pétrolier de 1973 pour sécuriser l’approvisionnement énergétique des pays riches. Contrairement à ses précédents scénarios, l’AIE prédit sous la pression de Trump. une augmentation massive de la demande dans les prochaines décennies

Marie de Vergès : « World Energy Outlook 2025 », cette bible du secteur de l’énergie est dénaturée par le virage « tout fossiles » de l’administration Trump. Au centre de la controverse, le troisième scénario présente les voies à emprunter pour atteindre la neutralité carbone. Une approche incompatible avec le credo « drill, baby, drill » (« fore, bébé, fore ») d’un Donald Trump, héraut autoproclamé de l’industrie fossile américaine. « Nous réformerons le fonctionnement de l’AIE ou nous nous retirerons », mettait en garde le secrétaire américain à l’énergie, Chris Wright, un ancien entrepreneur qui s’est enrichi grâce au pétrole et au gaz de schiste. L’AIE commence donc à se « repétroliser »…

Marie de Vergès : Le rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est publié le 12 novembre 2025. Trois scénarios sont proposés. Le premier se base uniquement sur les régulations déjà en place ; le deuxième inclut une partie des objectifs que se fixent les Etats dans le déploiement des technologies bas-carbone ; le troisième est construit à l’envers, détaillant la voie qu’il faudrait emprunter pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le premier envisage que la consommation de pétrole et de gaz naturel continue d’augmenter pendant les vingt-cinq prochaines années. Le deuxième scénario projette une consommation de gaz en hausse jusqu’en 2035. Un cap très éloigné de celui figurant dans les précédentes éditions du « World Energy Outlook », qui voyaient la demande en combustibles fossiles culminer d’ici la fin de la décennie.

L’envolée de la demande énergétique va de pair avec une multiplication des risques. Parmi eux, la faiblesse de l’investissement dans les réseaux électriques, la montée des tensions géopolitiques affectant les marchés pétroliers et gaziers ou encore l’apparition de nouvelles vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement en métaux critiques.

Le point de vue des écologistes

La science démontre le danger et les experts proposent aux décideurs des scénarios pour y échapper mais le sujet est dévoyé par des considérations purement politiques. Trump et ses copains s’acharnent à vouloir vivre au XXeme siècle. Donc demain, on ne sait plus de quoi il sera fait…

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COP28 et AIE, sobriété énergétique tabou ! (2023)

extraits : La demande d’énergies fossiles devrait rester « trop élevée » pour respecter les objectifs les plus ambitieux de limitation du réchauffement planétaire, insiste l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à un mois de la COP28 à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre. Mais rien dans son rapport sur la nécessaire, indispensable, obligatoire et incontournable économie d’énergie dans le sens « sobriété partagée ». A l’horizon 2030, l’AIE estime seulement qu’il devrait y avoir dans le monde 10 fois plus de véhicules électriques sur la route qu’aujourd’hui, tandis que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial devrait approcher de 50 %….

World Energy Outlook 2021, le chaos en vue

extraits : Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE : « En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, les engagements déjà pris par les Etats ne couvrent malheureusement que 20 % des réductions nécessaires d’ici à 2030 pour être sur la voie d’une limitation du réchauffement à 1,5 °C à la fin du siècle [par rapport à l’ère préindustrielle]. C’est inquiétant… Si nous ne parvenons pas à lancer un message clair en faveur de la transition énergétique lors de la COP26, nous devrions dire au revoir à la planète telle que nous la connaissons et nous préparer à la multiplication d’événements climatiques extrêmes et plus intenses. …..

World Energy Outlook, l’avenir énergétique ! (2019)

extraits : Rien dans le WEO 2019 sur la nécessaire réduction de nos besoins en énergie, rien sur le fait qu’il faudrait laisser la majorité des ressources fossiles connes sous terre pour lutter contre le réchauffement climatique, rien sur le coût financier et environnemental de la fracturation hydraulique, rien sur l’incapacité de la technologie à faire face aux crises ; rien sur l’imbécillité du recours aux climatiseurs, et bien sûr rien sur l’urgence de réguler la fécondité humaine, et ce pas seulement en Afrique ! On prend pour acquis le prolongement des tendances actuelles, l’action volontariste est complètement absente de ce énième rapport…..

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World Energy Outlook 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

2012. Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

World Energy Outlook 2011, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

World Energy Outlook 2010, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

World Energy Outlook 2007, en panne d’énergie

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La France accro grave aux fossiles

On a trop longtemps bercé les consommateurs par l’achat aux prix les plus bas, les grandes surfaces semblent à notre service, la publicité omniprésente nous fait aimer l’abondance à crédit, on croit que la voiture individuelle est absolument nécessaire, etc. Un socialisme mal conçu nous fait éviter les sujets qui fâchent comme la sortie des fossiles, la lutte nécessaire contre l’endettement public, la retraite à des conditions difficiles, le poids des enfants de trop vu la finitude des ressources, etc. Dans un monde soumis aux diktats du croissancisme, toute parole discordante est ignorée. C’est pourquoi l’article du MONDE du 12 novembre 2025 nous semble annoncer une ère nouvelle, celle de l’inéluctable effondrement à venir :

« La dépendance de la France au pétrole et au gaz menace son économie »

Jean-Marc Jancovici a déjà prévenu depuis 20 ans de cette situation préoccupante. N’étant entendu de personne ou presque il a lancé l’idée du ShiftProject qui travaille beaucoup, produit d’excellents rapports qui finissent par attirer l’attention de ceux qui sont les plus concernés : les politiques et les médias. Mais on peut craindre qu’il ne soit trop tard.

Marie de Vergès : Le conflit russo-ukrainien a remis au premier plan les enjeux de sécurité énergétique. La dépendance de la France aux énergies fossiles n’est pas seulement un problème pour le climat. Elle menace aussi le fonctionnement économique futur de notre pays. Soit une « double contrainte carbone », selon les termes de The Shift Projet. Si le pays produit une électricité largement décarbonée, grâce au nucléaire et aux sources renouvelables, celle-ci ne représente qu’un cinquième de ses besoins en énergie finale. Le reste est importé et repose essentiellement sur les combustibles fossiles. Au total, les entreprises et les ménages français dépendent toujours à plus de 70 % du pétrole, du gaz et du charbon, pour leur consommation d’énergie.

Au début des années 2000, plus d’un tiers de ses importations énergétiques – en pétrole notamment – provenaient de pays européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège) ; en 2022, ces derniers n’en représentaient plus que 20 %. Sept des dix premiers fournisseurs de pétrole de la France pourraient voir leur production dégringoler d’ici à 2050. Parmi eux, des pays tels que l’Algérie ou le Nigeria risquent de plus arriver à sortir suffisamment de barils pour satisfaire leur consommation domestique, compromettant leur capacité d’exportation vers la France. Autrement dit, la disponibilité de l’énergie aujourd’hui essentielle à l’économie et au train de vie des Français est tout sauf garantie.

Le point de vue des écologistes

La première crise pétrolière (choc de 1973), c’est le siècle dernier, choc oublié du grand public ; on fait comme si cela ne devait jamais arriver à nouveau. Grave erreur stratégique. Alors que la France importe CHAQUE JOUR environ 170 MILLIONS d’euros de matières fossiles, on peut raisonnablement se dire que nombre de nos concitoyens n’ont pas encore compris les enjeux qui se dressent devant nos sociétés énergivores. Le prix du carburant flambera un jour prochain. Tout le monde subira le blocage des raffineries par des routiers en colère contre la hausse du gazole et les Gilets jaunes seront à nouveau de sortie. Le prix de l’alimentation flambera, l’inflation fera des ravages. C’est le chaos assuré.

– En 1972, le rapport sur les limites de la croissance nous avait déjà averti, c’est l’effondrement garanti au cours du XXIe siècle si on continue sur notre lancée.

https://biosphere.ouvaton.org/de-1970-a-1979/2651-1972-les-limites-de-la-croissance-ou-rapport-du-club-de-rome

– En 1974 un candidat à la présidentielle porte un programme écolo de rupture avec le croissancisme, en vain.

https://biosphere.ouvaton.org/de-1970-a-1979/926-1974-lecologie-ou-la-mort-a-vous-de-choisir-la-campagne-de-rene-dumont-les-objectifs-de-lecologie-politique

– En 1979, un spécialiste de l’automobile nous avertit.

L’observateur ne peut manquer d’être angoissé par le contraste entre l’insouciance de l’homme et la gravité des épreuves qui le guette. Comme le gouvernement crie au feu d’une voix rassurante et qu’on n’aperçoit pas d’incendie, personne n’y croit. Jusqu’au jour où la baraque flambera. Comment l’automobiliste pourrait-il admettre la pénurie lorsqu’il voit l’essence couler à flot dans les pompes et lorsqu’il s’agglutine à chaque congé dans des encombrements imbéciles ? Cette situation me paraît beaucoup plus inquiétante encore que celle des Français en 1938. Ceux qui acceptaient de regarder les choses en face apercevaient au-delà des frontières la lueur des torches illuminant les manifestations wagnériennes, ils entendaient les bruits de bottes rythmant les hurlements hystériques du Führer. Tous les autres refusaient de voir et d’entendre. On se souvient de notre réveil en1940.

https://biosphere.ouvaton.org/de-1970-a-1979/495-1979-vivre-sans-petrole-de-ja-gregoire-

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1er octobre 2025, La croissance de l’IA sera insoutenable sans planification, alerte le Shift Project

6 juin 2025, Les « shifters », l’armée des bénévoles de Jean-Marc Jancovici qui veut décarboner la France : « Sans cet engagement, nous serions bien plus écoanxieux »

29 novembre 2024, Comment décarboner l’agriculture française à l’horizon 2050 : les propositions du Shift Project

24 juillet 2024, Jean-Marc Jancovici : « L’essentiel du progrès technique n’est pas fait pour résoudre les problèmes d’environnement »

16 décembre 2022, « Comment faire un business plan compatible avec les limites planétaires ? » Les propositions du Shift Project pour transformer l’enseignement en gestion

19 octobre 2022, Jancovici, Giraud, Masson-Delmotte… Les nouvelles rock stars des amphis

29 mars 2022, Présidentielle 2022 : les projets des candidats sur le climat « ne sont pas à la hauteur », selon The Shift Project

18 mars 2022, Jean-Marc Jancovici, un décroissant pronucléaire en campagne

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« jobs apocalypse », IA et chômage massif

Point de salut sans l’IA ? Les géants de Silicon Valley investissent des milliards de dollars dans les serveurs de l’IA ; toute firme soupçonnée de ne pas l’adopter assez rapidement est attaquée en Bourse. L’intelligence artificielle va remplacer littéralement la moitié des “cols blancs” aux Etats-Unis, et pas seulement. Mais un avenir sans électricité mettra l’Intelligence Artificielle dans le cimetière des techniques sans lendemain.

Arnaud Leparmentier : Le patron de la chaîne américaine de supermarchés Walmart, le plus gros employeur des Etats-Unis, avec 1,6 million de salariés sur le territoire : « Il existe peut-être un métier dans le monde que l’IA ne changera pas, mais il ne me vient pas à l’esprit. » Entrepôts, services clients, achats : toute l’entreprise est concernée. Les offres d’emploi pour les professions exposées à l’IA progressent déjà moins vite que pour celles moins exposées, et cet écart se creuse.  Marc Benioff, patron du géant des services aux entreprises Salesforce : « Nous sommes la dernière génération de PDG à ne gérer que des humains. Je pense que chaque PDG à l’avenir va piloter à la fois des humains et des agents d’IA. »

Le point de vue des écologistes

N’oublions jamais que seul le travail des paysans et de quelques artisans est nécessaire à la bonne marche d’une société, tout le reste n’est qu’emploi parasitaire : la quasi totalité des employés, au service ou non de l’État, la plupart des ouvriers, sans compter tous les intermédiaires et autres cadres supérieurs vivent au crochet de ceux qui travaillent dans le secteur primaire. Jusqu’au premier choc pétrolier, les emplois perdus dans un secteur étaient compensés par les emplois créés ailleurs. Avec la mondialisation des procédure de production, il n’y aura plus de destruction créatrice au sens de Schumpeter. Déjà le chômage de masse est une réalité dans la plupart des pays, même en Chine. L’idéologie croissanciste et le pillage de la planète ne font au final que retarder la guerre de tous contre tous. Elle ne sera plus commerciale, il s’agira pour un pays de capter au détriment des autres les dernières ressources naturelle accessibles. Non seulement la planète se réchauffe, mais les mentalités vont virer au rouge.

Une seule pensée positive. En fait les progrès technologiques dont l’IA n’est qu’une facette nous font oublier que toute application mécanique remplaçant la force physique par l’énergie exosomatique a un coût énergétique. Il faut de électricité pour faire fonctionner l’IA, beaucoup d’électricité, beaucoup plus que ce qu’on peut produire durablement. Or la descente énergétique est programmée par la diminution des ressources fossiles, l’absence d’alternatives crédibles (fusion…) et le réchauffement climatique qui oblige à la sobriété.

C’est pourquoi l’IA disparaîtra lors des grandes pannes d’électricité, ce qui ne saurait tarder… en Espagne ils ont déjà connu cela, dans les pays pauvres on s’habitue aux coupures de courant. Retour à la terre et au travail manuel…

Des commentaires perspicaces sur lemonde.fr

Lucy : « Nous sommes la dernière génération de PDG à ne gérer que des humains. Je pense que chaque PDG à l’avenir va piloter à la fois des humains et des agents d’IA. » Mais pas du tout, les PDG sont très facilement remplaçables par de l’IA. Qu’est ce qu’il croit !

Marius Albufera : Quiconque a utilisé correctement l’ IA dans son domaine professionnel s’ il touche au traitement de l’ information -la plupart des métiers intellectuels- a vite compris que l’ IA va massivement et rapidement supprimer une grande partie de ces emplois.

JANKOVIC : La Banque Mondiale évalue à 600 millions les emplois effacés à cause de l’IA dans les 10 qu iviennent…

Z0rgl0ub : Je vous invite à lire les papiers du workshop du NBER « Economics of Transformative AI » qui s’est tenu le mois dernier à Stanford.
Les conclusions sont sans appel. Le coût du travail va tendre vers zero. La destruction de travail ne sera par partielle mais massive. Avec les impacts tant sur l’emploi que les retraites.

Corrigō : Le gros bug, c’est que l’IA va bientôt être condamnée à acheter ses propres produits et services. Faute de client(s). Et à verser son obole aux actionnaires. C’est ballot. Sans demande, pas d’offre, l’IA est la maladie auto-immune du capitalisme !

Fab : Chômage de masse, montée des fascismes, concentration de la richesse. Possible que 2030 ressemble à 1930. Avec un soupçon de 1984.

B_risss : Un ami m’avait prédit, il y a quelques années : un jour viendra, nous serons tous sans emplois, soumis un salaire universel, constitué de bons d’achat !

Arthus : C’est pour cela que E.Musk, J.Bezos & Co commencent à parler d’un revenu universel, promouvant maintenant une idée provenant des partis les plus à gauche du spectre politique…

PhilouXera : Tout le monde se foutait de la gueule de Benoît Hamon lorsqu’il disait que tôt ou tard il faudra percevoir des cotisations sociales sur les machines pour financer le chômage de masse.

AlexRey : La crise énergétique qui s’annonce remettra un jour l’IA a sa place de béquille, si le soufflé techno-fanatique ne retombe pas de lui-même… Je prédis une apocalypse technologique avec de fortes retombées sociales : crises financières et bancaires, bavures administratives majeures, politiciens dépassés… Avec une humanité zombifiée incapable de faire face car revenue à l’état de dépendance d’un enfant de 4 ans. Le tout sur une terre dévastée par la sécheresse. En attendant, je vais envoyer mon fils en CAP car on ne sait jamais.

Multatuli : Il semble que les professions manuelles, autrefois largement dévalorisées par l’école, soient moins menacées par la révolution IA.

Klaatu Vanuatu : Plombier, serrurier, cuisinier, voire maçon ou terrassier, sont des activités qui vont être de plus en plus rémunératrices par rapport aux bureaucrates réduits à la misère.

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La fusion nucléaire, rêverie de start-up

Qui sera la première à envoyer un électron de fusion dans le réseau électrique ? De l’Allemagne à la Chine, en passant par les Etats-Unis et la France, plus d’une cinquantaine de start-up se livrent à une farouche compétition pour contrôler cette énergie, « promesse d’une source abondante, sûre et décarbonée ». On croit au miracle du moment que cela attire les capitaux spéculatifs !

David Larousserie :« Nous rêvons de faire descendre le Soleil sur la Terre », une nuée d’entreprises décidées à concrétiser les attentes. Fusion Industry Association, Renaissance Fusion, Marvel Fusion, Pacific Fusion, Type One Energy, Proxima Fusion (l’étoile la plus proche de la Terre), Helion Energy. Elles tablent sur le premier électron de fusion dans le réseau électrique avant 2035. mais il faut pour y parvenir un mélange très chaud, près de 150 millions de degrés (dix fois plus que le Soleil), très dense et une interaction la plus longue possible.Au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), WEST a tenu une soupe chaude de particules aptes à fusionner pendant vingt-deux minutes. en décembre 2022, que le NIF (National Ignition Facility) a pour la première fois dégagé plus d’énergie qu’il n’en a absorbée (en faisant abstraction de l’énergie colossale nécessaire au fonctionnement du système). Les nouveaux entrants sont convaincus de leur succès après avoir simulé le design et le fonctionnement de leur technologie.

Or, des calculs à la réalité, l’écart peut être grand. Viennent deux problèmes majeurs, souvent trop rapidement écartés. Le premier concerne la maintenance et la gestion des matières radioactives. En effet, la plupart des concepts fusionnent des noyaux qui produisent des neutrons qui vont « activer » les parois des enceintes. Cela suppose donc de les remplacer et de les gérer, même s’il ne s’agit pas de déchets très radioactifs, ni à vie longue. Mais cela ajoute un coût opérationnel qui peut être rédhibitoire. Le second est encore plus minimisé, alors qu’il s’agit de fournir le combustible. Dans le cas du mélange deutérium-tritium, le plus proposé, le premier composant est abondant dans la nature, en mer par exemple, mais l’autre doit être fabriqué. Aujourd’hui, seules les puissances nucléaires produisent quelques dizaines de kilogrammes de tritium par an pour les bombes à hydrogène. Or, il en faudra plus d’une centaine par année de fonctionnement d’un réacteur. D’une manière générale, l’enthousiasme des start-up contraste avec la pondération des chercheurs.

Le point de vue des écologistes les pieds sur terre

Voris Bian : Curieux: le dernier article sur le sujet, en juillet 2024 ne parlait que d’Iter et aucunement de ces start-ups.
Et là on nous les présente comme ayant dépassé des obstacles auparavant considérés comme insurmontables avant des décennies… comment? Par qui? Pourquoi n’en parler que maintenant ? Je suis surpris…

Captain13 : Très étonné que des « start-uppers » puissent être sur le point de maîtriser la fusion, ce Graal que des milliers d’ingénieurs essaient en vain d’atteindre depuis la fin des des 80, à grand coup de centaines de milliards…

Jean-Claude Herrenschmidt : Le mirage de la finance ! On injecte des sous et. la lumière jaillit. La niaiserie et la crédulité des investisseurs sont sans limites. La réalité physique se fonde sur les faits.et comme chacun sait, les faits sont têtus.

Perplexity : Des investissements massifs ont été réalisés ces dernières années : près de 9,7 milliards de dollars y ont été consacrés jusqu’en juillet 2025, dont 2,64 milliards sur la seule dernière année. Le nombre d’entreprises travaillant sur la fusion a fortement augmenté, passant de 10 à 53 en quinze ans. Le projet international ITER vise à prouver, d’ici à 2050, que la fusion peut produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Cependant, la fusion n’est pas encore une solution immédiatement disponible : il reste à maîtriser la stabilité des plasmas sur de longues durées et à garantir la résistance des composants des réacteurs. La production industrielle d’électricité à partir de cette technologie n’est pas attendue avant plusieurs décennies.

JE44 : C’est dommage que l’article ne mentionne pas quelques chiffres clefs pour mieux donner le contexte de la science de la fusion thermonucléaire :
– Sur le soleil les atomes fusionnent naturellement grâce à la gravité qui est 25 fois plus forte que sur la terre. Cet état est impossible à reproduire sur terre.
– Le tritium est indispensable à la fusion. Il y en a en tout et pour tout environ une trentaine de kilos sur toute la terre. Ça ne permettrait pas de produire plus d’énergie qu’un gros générateur. L’auto production du tritium dans le réacteur et peu réaliste.
– Pour créer la fusion sans la gravité on chauffe les atomes à …150 millions de degrés. Sauf que pour atteindre cette température il faut avoir déjà consommé tellement d’énergie que ça n’est pas rentable énergétiquement parlant.
Et tout cela sans évoquer le problème des neutrons qui vont venir percuter et altérer les matériaux du réacteur sans que l’or sache à ce stade à quel point ça pourrait les endommager.

Nico71 : C’est super le capitalisme. Alors qu’on manque de pognon pour sortir les gens de la rue, on va cramer des milliards pour un rêve d’enfant,

Achtungbaby : L’énergie abondante. La plus mauvaise nouvelle qui soit. On va continuer à tout saccager.

Veeny : Mais bon, l’humanité n’a pas encore compris. La seule trajectoire possible à long terme, ce n’est pas de produire plus, mais de consommer moins…

Michel Sourrouille : Lancé il y a près de vingt ans, le projet pharaonique de Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER) accuse un nouveau retard. La date de première production de plasma, indispensable à la fusion, initialement prévue pour 2025, est reportée à au moins 2033.Notez que pour faire exploser une bombe à hydrogène, il faut d’abord faire sauter une bombe à fission qui sert de déclencheur. Et même si la fusion maîtrisée devenait possible, l’humanité se jettera dans l’hubris d’une énergie sans limite qui signera la catastrophe tant elle lui donnera un pouvoir sans limite de destruction de la nature… Les humains s’autodétruisent déjà de façon suicidaire avec l’énergie fossile .. alors avec l’énergie du soleil à domicile !

Krakatoe : Même si cela fonctionnait, pas sûr que cela soit une bénédiction. L’énergie ne remplace pas la matière, ne dépollue pas, ne résout pas les inégalités. Or, des technologies aussi avancées, donc dans les mains d’élites, mises au service des mentalités d’aujourd’hui, ce serait probablement davantage encore de techno capitalisme colonial. Je crois que dans les rêves les plus grands de certains gourous du techno capitalisme néo libéral, le concept même de nature n’existe plus : tout devient modelable, colonisable sans limite.

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Fusion nucléaire : l’ITER sans avenir

extraits : ITER n’est qu’un prototype, qui a pour objectif de faire ses preuves, ce qui est très très loin d’être réalisé. Il utilise une technologie, celle du Tokamak (chambre toroïdale avec bobines magnétiques), qui rencontre deux problèmes sérieux, non résolus et possiblement insolubles : l’instabilité MHD du plasma et la maîtrise des flux de neutrons. Dommage pour le rêve d’une énergie abondante à volonté mais les lois de la physique y sont insensibles….

La fusion nucléaire, rêverie de start-up Lire la suite »

Donald Trump, un négationniste pétrolier

Jean-Baptiste Fressoz illustre le fossé idéologique qui existe entre les défenseurs des politiques climatiques et les tenants du productivisme : « Pour l’Amérique de Trump, l’annonce d’un pic de la demande de pétrole en 2030 est une trahison. »

En quoi une prévision peut-elle constituer une trahison ? D’autant plus que le pic de l’offre est déjà passé et cela, c’est une réalité biophysique.

Jean-Baptiste Fressoz : L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé que la demande mondiale de pétrole atteindrait probablement son maximum avant 2030. Autrement dit, demain ou presque. Dans sa logique, annoncer un pic de la demande revient à dissuader l’investissement dans ce secteur.

Pour l’Amérique de Trump, c’est le signe que l’AIE a trahi sa mission. Le sénateur républicain John Barrasso avait publié en 2024 un rapport accusant l’AIE d’avoir renoncé à sa mission historique – organiser la sécurité énergétique de l’Occident – pour se muer en ONG environnementaliste.. Pourtant, l’AIE est prudente. Elle ne prévoit pas un pic, mais un plateau très haut à 105,5 millions de barils par jour (Mb/j) à l’horizon 2030,

Le point de vue des écologistes

A l’horizon 2030, 105.5 millions de barils par jour (Mb/j), c’est 16.7745 milliards de litres. Pour une population mondiale estimée à 8,5 milliards en 2030, cela veut dire presque deux litres par jour et par personne. Au niveau des pays on prévoit 520 litres par an et par habitant en Chine contre 1 500 en France et 3 400 aux Etats-Unis. On circule avec du pétrole, on mange du pétrole, on plastifie grâce au pétrole… Sans pétrole, plus d’esclaves énergétiques, nous ne serons plus grand-chose, le chômage explosera…

Notez que le pic de la demande est surtout psychologique. Ce qui est déterminant, ce sont les quantités réellement offertes par les puits de pétrole, le pic de l’offre. La production mondiale de pétrole conventionnel (près des 3/4 de la production totale de pétrole) a déjà franchi ce pic en 2008 à 69 millions de barils par jour (Mb/j). Le pétrole non conventionnel, plus difficile et plus coûteux à extraire, ne fait que retarder l’échéance finale, la fin de la civilisation thermo-industrielle.

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Le pic pétrolier et le choc qui lui succède

extraits : Le pic pétrolier est ce point de retournement à partir duquel la production de pétrole commence à baisser inéluctablement. Le géologue américain King Hubbert avait annoncé en 1956 que les États-Unis connaîtraient ce pic vers 1970. A l’époque la majorité des experts s’était montrée incrédule. Pourtant le pic de Hubbert a été atteint aux Etats-Unis entre 1971 et 1972. De nos jours, la problématique du réchauffement climatique et de l’extinction de la biodiversité ont occulté la prévision d’une pénurie énergétique à venir faite par l’ASPO. Il faudrait d’urgence réintégrer cette donnée dans nos raisonnements car la pénurie inéluctable de ressources fossiles donnera le signal de la mort de la civilisation thermo-industrielle

Module sur le pic pétrolier… à diffuser

extraits : Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier

A) Commencez par un sondage avec 3 choix personnels possible :

1. baisser ou stabiliser le prix du carburant (c’était la méthode F.Hollande en 2012)

2. accepter une hausse (minime) de prix

3. programmer dans le temps une forte hausse avec intervention de l’Etat

Le résultat montre que la presque totalité du groupe sondé va choisir l’option 1. Il faut donc une démonstration argumentée sur le baril d’or noir, plus c’est rare, plus c’est cher…

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Le pétrole de Patrick Pouyanné en procès

Patrick Pouyanné dirige Total, un des 5 groupes pétroliers qui ont dépensé 1 milliard d’euros en lobbying pour qu’aucune mesure contraignante ne soit adopté ces dernières années. Dans deux ou trois siècles, on regardera sûrement les patrons des multinationales qui dévastent la nature, asservissent leur main d’œuvre et manipulent les consommateurs comme on regarde aujourd’hui les seigneurs de l’Ancien régime qui pouvaient faire ce qu’ils voulaient de la vie des serfs.

Certains n’attendent pas qu’ils soient jugés par l’histoire, ils utilisent les prétoires pour se faire entendre.

Communiqué de presse

(Amis de la Terre France, Greenpeace France et Notre Affaire à Tous)

Pour la première fois en France, une multinationale pétro-gazière a dû répondre devant un tribunal de la sincérité et de la promotion de ses engagements climatiques auprès des consommateurs. L’audience au fond du recours pour pratiques commerciales trompeuses contre TotalEnergies s’est tenue le 5 juin 2025 devant le Tribunal judiciaire de Paris. Cette action vise à faire reconnaître comme trompeuse la campagne de communication de l’entreprise opérée en 2021 autour de son changement de nom vers TotalEnergies. recours s’est imposé pour dénoncer le fossé entre les communications tendant à verdir l’image de TotalEnergies et la poursuite de sa stratégie d’expansion massive des hydrocarbures. Au cœur du dossier : une campagne de publicité diffusée auprès de millions de consommateurs français, où TotalEnergies prétend être un acteur majeur de la transition énergétique, affiche un objectif de “neutralité carbone” et distille des affirmations fallacieuses sur les prétendues vertus environnementales du gaz fossile et des agrocarburants. C’est une tromperie, et cette tromperie, comme les précédentes, nous fait collectivement perdre un temps inestimable dans la lutte contre la crise climatique.

La stratégie d’expansion fossile de l’entreprise reste en contradiction flagrante avec les objectifs de l’accord de Paris. Pour rappel, plus de 97 % de la production d’énergie globale de TotalEnergies reste assurée par les hydrocarbures et près de 80 % de ses investissements sont toujours orientés vers le développement des énergies fossiles. Les plaidoiries ont mis en lumière les contre-vérités, déroulées par TotalEnergies dans sa campagne de communication. A titre d’exemple, la major explique que le gaz est une énergie de transition que l’on pourrait distinguer des autres énergies fossiles. Ses arguments sur le sujet ont été démontés au regard de l’impact climatique réel du gaz fossile, et de la stratégie d’investissement de l’entreprise qui verrouille notre société dans la dépendance à cette énergie pour encore des décennies, à rebours de l’urgence de réduire les émissions des gaz à effet de serre. Non seulement ces projets gaziers aggravent le dérèglement climatique mais ils sont aussi liés à de graves violations de droits humains comme au Mozambique, et nous rendent tributaires de régimes autoritaires comme la Russie.

L’avocate de Total a accusé les associations d’instrumentaliser le droit de la consommation. Mais l’enjeu fondamental de ce recours est bien celui de la protection des consommateurs face à la désinformation. Nos associations, légitimes à poursuivre sur ce sujet, ont rappelé que le droit de la consommation impose une communication honnête et vérifiable, y compris en matière climatique et environnementale. Alors que l’État ne joue pas aujourd’hui son rôle de régulateur, nous espérons que la justice nous entendra et fera le choix de protéger les consommateurs.

Enfin, cette affaire s’inscrit dans un contexte international où de plus en plus d’entreprises sont attaquées pour des pratiques similaires. Les décisions des régulateurs et des juridictions de différents pays en matière de greenwashing se multiplient, notamment à l’encontre de majors pétrolières. Sur d’autres sujets, la communication de TotalEnergies a déjà été jugée trompeuse, comme en Allemagne en 2023, en Afrique du Sud en 2024 et au Royaume-Uni en 2025. Le jugement sera rendu le 23 octobre prochain. Il pourrait envoyer un signal fort à l’ensemble des entreprises qui exploitent les énergies fossiles.

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L’hypocrisie « Total » de Patrick Pouyanné

extrait : Atteindre la « neutralité carbone » en 2050, tel est l’engagement de Patrick Pouyanné, PDG de Total. Il nous prend pour des idiots, sa raison d’être repose sur la production et la vente d’énergies fossiles, donc de contribuer fortement au réchauffement climatique… il est vrai que l’expression « neutralité carbone » est un leurre, c’est la volonté de ne rien faire : on pourra toujours émettre davantage de gaz à effet de serre, il suffirait de compenser par ailleurs ces émissions, Total illusion. Pouyanné fait référence pour cela à des techniques qui n’ont pas prouvé leur efficacité, les technologies de captage et de stockage de carbone. D’autre part Pouyanné fait porter la responsabilité de 90 % des émissions de gaz à effet de serre sur les consommateurs. «  Ce n’est pas nous qui décidons à quoi tournent les moteurs de nos clients. Total ne fabrique ni avions, ni voitures, ni ciment. C’est la demande qui crée l’offre, et pas l’inverse. » Rappelons que la théorie libérale du consommateur-roi qu’il invoque est une Total illusion….

Les géants du pétrole, amoureux des arbres !

extrait : Petit calcul sur la compensation carbone. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a décidé de planter des acacias sur les plateaux Batéké en République du Congo. Cette forêt de 40 000 hectares piégera 10 millions de tonnes de CO2 sur une vingtaine d’années, soit environ 1370 tonnes par jour. Quelque 2 000 kilomètres plus à l’est, la compagnie va lancer sur les bords du lac Albert un des plus grands projets pétroliers au monde pour pomper chaque jour 230 000 barils de brut. Mais un baril de pétrole pèse 136 kg et le taux de pollution au carbone du pétrole brut est de 400 kg de CO2 par baril. Le groupe pétrolier va donc émettre chaque jour avec ce projet de pompage 92 000 tonnes de CO2. D’un côté 1370 tonnes pour compensation, de l’autre 92 000 tonnes supplémentaires émises. On est loin de la neutralité carbone, un objectif de toute façon insuffisant pour sauver le climat.

Nos articles plus anciens

10 février 2018, L’aveuglement de Patrick Pouyanné, PDG de Total

extrait : Qu’on fasse des investissements ou non, un jour prochain le pétrole viendra à manquer, c’est une inéluctabilité d’origine biophysique. Alors autant se préparer déjà à la pénurie de ressources fossiles non renouvelables. D‘autant plus que lutter contre le réchauffement climatique implique de laisser la plus grand partie du pétrole sous terre, ce qu’oublie de dire Patrick Pouyanné ! L’essentiel est de diminuer nos besoins en énergie, tout le reste n’est que gesticulation financière…

8 novembre 2015, Mr Pouyanné, faut-il rompre avec les énergies fossiles ?

extrait : LE MONDE ose la question qui tue : La décroissance est-elle une piste intéressante à explorer ? Patrick Pouyanné fait semblant de ne pas comprendre la question : « L’enthousiasme peut venir si l’on réfléchit à horizon de quinze ou vingt ans. Lorsque Total a investi dans le solaire, certains actionnaires nous ont critiqués. La rentabilité n’est pas immédiate. Il faut être patient….

15 février 2013, Oil Man : l’information Total qu’il ne fallait pas loup

extrait : La production de pétrole du groupe Total décline pour la 8ème année ! Les extractions de pétrole de Total se sont établies à 1,22 million de barils par jour (Mb/j) en 2012, en recul de 0,5 % par rapport à 2011. Le recul est de 19,2 % par rapport à 2007 et de 28 % par rapport à 2004, date du début de la baisse de la production du groupe. Le nombre de puits de pétrole exploités à part entière par Total a pourtant été accru de 40 % entre 2007 et 2011, essentiellement à travers des acquisitions….

21 février 2013, Droit de réponse contre l’avocat du groupe Total

extrait : Juste avant le premier tour, de la présidentielle LE MONDE laisse passer, est-ce un hasard de calendrier, un point de vue de l’avocat de Total titré méchamment « Eva Joly a une vision obscurantiste ». Cet avocat, Jean Veil, croit encore que l’or noir irriguera notre société pour des siècles et des siècles : « Sans le pétrole comment vivriez-vous, Eva Joly ? Sans le pétrole, pas de chauffage, pas d’électricité. Sans le pétrole, pas d’avion, pas de voiture, pas de train non plus. Iriez-vous en traîneau tiré par des rennes de Paris à Oslo ? Sans le pétrole, disparition de tellement d’autres choses, vos lunettes par exemple… »…..

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Sortie du nucléaire autrefois, retour aujourd’hui

« Atomic Boy » savoure sa victoire ! Mathieu Bihet, récent ministre belge de l’énergie, a fait voter le15 mai 2025 une loi qui supprime toute référence à une sortie de l’atome en 2025.

Le Parlement belge autorise la relance de l’atome dans le pays

Adopté en 2003, le texte antérieur interdisait la construction de nouvelles installations et prévoyait un arrêt total des sept réacteurs du pays en 2025 au plus tard. La nouvelle loi a été adoptée par une large majorité de 102 voix pour, 8 contre et 31 abstentions. « L’idéologie s’est fracassée sur le mur des réalités et de toute manière, la désactivation envisagée ne correspondait à aucune logique industrielle », explique le ministre au Monde. Mais Engie, propriétaire et opérateur du parc nucléaire belge, a dit sa volonté d’abandonner l’atome civil et de ne plus investir dans de nouvelles capacités. Les moyens de développer de nouvelles capacités ne sont donc pas déterminés. M. Bihet convient qu’un nouveau modèle industriel devra donc être défini mais se montre prudent quant à son contenu….

Le point de vue des écologistes de la sobriété énergétique

La Belgique ne sait toujours pas quoi faire de ses déchets hautement radioactifs, et la France est toujours en train d’y réfléchir. C’est la logique des technologies du passé : exploiter les ressources sans préoccupations des conséquences environnementales sur le long terme. Les idéologues et les politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, possèdent des éléments de langage qui leur ont été inculqués depuis plus de quarante ans par le lobby nucléaire.

En réalité, le nucléaire est une énergie déconnectée de l’emprise terrestre qui relègue dans l’ombre les problématiques liées à l’extraction et l’importation minière, la construction et l’entretien de kilomètres de tuyauteries soumises à la corrosion, les conditions de travail et les risques auxquels sont exposées les personnes. Cette énergie fabriquée pose le problème de la gestion des déchets par les générations futures, occulte la question du croissancisme actuel basé sur le fossile et (secondairement) sur le nucléaire, s’attache à la production électrothermique sans jamais envisager la sobriété énergétique. Le démantèlement des centrales est renvoyé dans un avenir lointain, etc.

Ce que je remarque, c’est que la presque totalité des commentateurs (lire ci-dessous) crachent sur les Verts et se contentent de leurs crachats. Aucune argumentation dans leurs posts. Quand les nucléaristes seront capables de présenter leurs arguments de manière un tant soit peu objective, nous aurons fait un grand pas en avant.

Le point de vue des nucléocrates

Denis Courvoisie : Aïe ! Aïe ! Aïe ! Dure journée pour Sardine Ruisseau, les khmères vertes, les ayatollahs pastèques et les Savonarole du soja pour tous.

Orion : Les idéologues antinucléaires sont en PLS 😊

pas bobo : 1 Belge vaudrait-il mieux que 2 escrologistes?

lecteur assidu : C’est pas facile de sortir du complotisme zecolo… et Voynet n’est toujours pas inculpée pour haute trahison.

GERONIMO : Ah ! les 20 ans que nous aurons fait perdre le délire des Ecolos !

Nemoauditur : Bref le vent tourne, on commence à revenir sur les délires écolos. Mais il faudra du temps pour virer les nombreux antinucléaires militants qui infiltrent toujours largement la haute administration.

Modulo37 : On ne dira jamais assez le mal que les écologistes du siècle dernier ont fait à la planète en s’en prenant au nucléaire plutôt qu’aux énergies fossiles !!! Nucléaire non merci était accolé à l’arrière de leur VAN émetteur de nuage de fumée noire et autres particules fines.

jea.vie : Les verts ont fait perdre des années à la réduction des émissions de GES ! Bande de nuls….

MD : Les écolos sont réduits à une peau de chagrin complètement inféodée à la meute.

Dans nos archives, on savait en 2005 mais on n’en a rien fait

23.06.2005 / « La vraie alternative à long terme, c’est le nucléaire ». C’est un point de vue (non publicitaire, rédactionnel) exprimé par le PDG de la banque d’investissement Suez.

La Biosphère note que la filiale électrique de Suez (Electrabel) est un partenaire d’EDF de longue date, Suez a aussi des participations croisées dans des centrales nucléaires en France et en Belgique, Suez souhaite donc participer au programme de réacteur nucléaire EPR dont la construction est prévue en France. La Biosphère note en outre que ce PDG ne parle jamais d’économiser l’énergie !

24.06.2005 / Bien plus que le vote, la démocratie, c’est aussi la reconnaissance des droits d’information et d’expression, la séparation des pouvoir ; bien plus que ces principes généraux, la démocratie c’est surtout l’existence de citoyens qui agissent en toute connaissance de cause et au mieux de l’intérêt de tous. Autant dire que la démocratie peut se fourvoyer par manque de clairvoyance ! Ainsi ces quatre pages de supplément inséré dans un quotidien national par une association intitulée alternatives, parler autrement de l’énergie. En fait il s’agit d’une publicité initiée par Areva, entreprise qui « propose à ses clients des solutions technologiques pour produire l’énergie nucléaire et acheminer l’électricité ». Sous couvert de s’occuper de l’indépendance énergétique de l’Europe élargie, cette publicité présente ainsi Areva : « AREVA, pour l’accès à l’énergie pour le plus grand nombre » (EDF et ses sbires s’ingénient à laisser croire que l’électricité est un bien essentiel), « AREVA pour la préservation de la planète » (comme on devrait le savoir, l’énergie nucléaire n’émet presque pas d’effet de serre !), « AREVA et sa responsabilité vis-à-vis des générations futures » (la gestion des déchets nucléaires, non résolues à ce jour, sera décidée en 2006 seulement et de toute façon imposée aux générations futures vu la durée de vie de ces déchets) ».

La démocratie, ce n’est vraiment pas possible avec des journaux financés indirectement par les industriels et leurs pubs qui détournent la réalité et font du populisme. La démocratie peut aussi bien préserver la planète que laisser libre cours à la folie humaine !

5.07.2005 / Sans avoir commandé de nouveaux réacteurs depuis l’accident de Three Mile Island en 1979, les USA se contentaient de leurs 103 réacteurs (21 % de l’électricité produite), mais ils comptent bientôt se rattraper pour faire de leur pays une « nation plus sûre et moins polluante ». De leur côté les Chinois envisagent 25 à 30 nouvelle centrales d’ici à 2020, l’Inde devrait décupler ses capacités et le Japon (54 centrales) en construit déjà trois supplémentaires. La France (58 réacteurs) poursuit son projet d’EPR, soumis à une enquête d’utilité publique.

La Biosphère crie au scandale, les réserves d’uranium ne couvrent que 30 à 60 années de production selon les besoins actuels, le problème des déchets radioactifs ne sont pas réglés en France (ils seront « parlementarisé » en 2006) et à plus forte raison dans les autres pays, et surtout tous les pays privilégient encore un mode de développement grand consommateur d’énergie sans s’interroger sur la finalité de la vie humaine !

14.07.2005 / EDF s’engage à produire une énergie aussi performante que pleinement maîtrisée et respectueuse de l’environnement. C’est l’intitulé principal de quatre pages de publicité payées par le lobby nucléaire, analysons leur justification ? Pour l’une, « Le nouveau logo possède une symbolique qui renvoie à une empreinte animale, donc à la nature ». Un autre affirme que les centrales nucléaires respectent des sites parmi les plus beaux de France en démontrant que la taille, nécessairement gigantesque des réacteurs, n’exclue pas une insertion harmonieuse dans la nature grâce à des formes spécifiques prenant en compte les deux éléments essentiels que sont le vide et la lumière. Et puis il ne faudrait pas oublier qu’EDF soutient généreusement la Fédération française Handisport : « Avec l’escrime, la proximité de l’électricité est très forte puisque chaque touche allume un voyant lumineux. Câblés et branchés, les escrimeurs sont ainsi doublement bourrés d’énergie ! ». En définitive quatre pages de conneries !

La Biosphère se demande comment les humains peuvent encore supporter l’impudence d’EDF, si ce n’est que tout le monde croit maintenant que l’électricité est essentielle, peu importe alors les moyens de l’obtenir. Comment faire confiance à ce PDG ? Comment un lecteur-citoyen qui n’a jamais entendu parler du réseau « Sortir du nucléaire » ou de l’association « Négawatt » peut-il s’y retrouver au milieu de toutes ces informations manipulées par les industriels et les financiers ? La démocratie peut aussi bien préserver la planète que laisser libre cours à la folie humaine !

11.09.2005 / La France a été contrainte d’adopter en 2002 les conventions internationales de comptabilité en matière d’énergie, ce qui a ramené la part du nucléaire à sa valeur réelle, soit 17 % (au lieu des 50 % annoncés précédemment !). De plus le coût du démantèlement est fixé de manière approximative en France alors que la Nuclear Decommissionning Authority en Grande-Bretagne a estimé plus rationnellement à 96 milliards d’euros le coût pour les 20 sites nucléaires britanniques. Si on applique cette évaluation au nucléaire français, il faudrait au moins 150 milliards d’euros. Pourtant les provisions fin 2003 (c’est à dire la somme attendue en 2040) pour le démantèlement et les déchets s’établissent à 71,4 milliards d’euros qui se répartissent entre Areva (12,3 milliards), le CEA (11,1 milliards) et EDF (48 milliards). En février 2005, même la Cour des comptes doutait qu’EDF puisse financer le démantèlement par ses propres moyens. On sait alors qui va payer, les contribuables de demain…

Bien sûr la Biosphère reconnaît qu’il y a déjà une radioactivité naturelle, mais les générations futures n’en souffriront pas. Par contre le nucléaire ne sert que les intérêts de la génération présente alors que ce sont les générations futures (et peut-être même les non-humains) qui paieront plus tard cette inconscience radioactive.

17.10.2005 / La Biosphère constate que sept millions d’éclairages urbains, lampadaires, candélabres et autres boules lumineuses entretiennent un obscur presque clair jusque dans les villages les plus reculés de France. Cette consommation d’énergie atteint six milliards de kilowatts heures, soit 2,5 réacteurs nucléaires qui ne servent en définitive qu’à éclairer le ciel. Mais ce n’est pas seulement l’éclairage public qui est en cause dans la boulimie d’énergie de la civilisation thermo-industrielle. Un lecteur devrait lire sans lumière artificielle, les programmes de télévision pourraient s’arrêter à la tombée de la nuit, le travail de nuit sera interdit.

Redonnez à la nuit sa toute puissance, il vous suffit de dormir à ce moment-là, de papoter ou de faire l’amour.

18.10.2005 / Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

20.10.2005 / En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.

Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité, si ce n’est quelque coups de foudre de temps en temps !

21.10.2005 / Le groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

24.10.2005 / Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.

Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

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