simplicité volontaire

Réveillon du Nouvel An dans la sobriété

Difficile de trouver des appels à la sobriété pour célébrer le Nouvel An, même si sur ce blog biosphere nous n’hésitons pas à mettre les pieds dans les grands plats.

À lire, 31 décembre 2020, les réveillons au pilori

En cette fin 2021, nous n’avons toujours pas trouvé d’appel public à la sobriété, un angle mort de la société de consommation. Au milieu des annonces de confinement forcé face au variant Omicron, plus de 100 000 contaminations par jour, il nous faudrait quand même faire la fête. Alors il faut faire appel à la fiction pour mieux résumer ce qui nous attend prochainement et dont nous avons aujourd’hui un avant-goût, virus, changement climatique, démographie en berne :

En ce jour de réveillon en 2050, Léa est bien seule, il ne lui reste plus qu’un dernier descendant. Ses deux autres petits-enfants sont décédés il y a trois ans, ils ont succombé à l’une de ces nouvelles maladies à côté desquelles l’épidémie de grippe aviaire, qui avait frappé la France en 2010, n’avait été qu’une discrète entrée en matière. Ils avaient été victimes d’un virus apparu en Sibérie du Nord, là où le permafrost a cédé la place à des marais à partir de l’année 2025. Léa confectionne un repas 100 % local, ce qui réduit considérablement la variété des mets possibles. Elle se souvient comme d’un rêve des papayes que ses parents lui achetaient à la fin du XXe siècle, sans se soucier du fait qu’il avait fallu dépenser pour cela plusieurs litres de pétrole. De toute façon elle a renoncé depuis longtemps à l’idée d’acheter une automobile ; en 2035, l’Union européenne avait réservé l’usage des biocarburants aux véhicules utilitaires. Même l’utilisation du charbon liquéfié a été proscrite car les sols et surtout les océans qui séquestraient le carbone depuis toujours, ne jouaient plus leur rôle, renforçant ainsi très brutalement l’effet de serre anthropique et les dérèglements du climat. Cet été, Léa avait appris par une amie que le thermomètre était monté jusqu’à 45°C à Caen. Maintenant des millions de personnes sont au chômage. Le gouvernement français vient d’interdire toute manifestation et même les rassemblements de protestation. Le ministre de l’Intérieur vient de prendre un de ces décrets maudits, c’est l’armée qui réprimera d’éventuels troubles de l’ordre public…

à lire, Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

La Biosphère vous souhaite une sobriété heureuse et partagée en 2022

Convention citoyenne et foie gras mi-cuit

Pour faire plaisir à notre fidèle commentateur Michel C, voici notre tirade contre le foie gras…

Il y a ceux qui prennent conscience, mais il leur faut réfléchir pendant des mois et des mois en bonne compagnie, ainsi ils étaient 150 citoyens engagés dans une convention pour le climat. Mais il y a surtout les conflits interminables pour décider d’un minuscule aspect de notre régime alimentaire en cette veille de Noël.

Lire, pas de foie gras dans l’assiette

LE MONDE : Plusieurs villes écologistes bannissent le foie gras. L majorité écologique lyonnaise lors des réceptions, la mairie écologiste de Strasbourg qui a banni ce produit de ses activités, à Grenoble le foie gras a disparu des cérémonies dès 2014. De son côté, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras s’est dit mardi « choquée et scandalisée » par ces décisions, qualifiées d’« offenses à tous les producteurs français qui élèvent leurs animaux avec passion dans le plus strict respect du bien-être animal ». Or le gavage des oies et des canards entraîne une stéatite hépatique et ne subsiste que dans une poignée de pays de l’Union européenne. New York a même interdit la commercialisation du foie gras à partir de 2022. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni et le Danemark, sont allés jusqu’à interdire la production de ce produit.

Bien entendu les commentaires nous gavent :

Gus : Et pour les huîtres, dévorées vivantes, les homards et langoustes ébouillantés, les poissons arrachés aux grands fonds, les escargots qui en bavent, … etc. Mais que les végans ne se réjouissent pas, il est prouvé que les végétaux souffrent aussi… Il reste la possibilité de vivre d’amour et d’eau fraîche, mais l’amour…, aujourd’hui…, c’est pas sans risque !

JeDubiteTuDubites : C’est d’autant plus ridicule que les électeurs n’ont pas voté l’interdiction du foie gras à 51%. Les écologistes avancent masqués et leur modèle est une forme d éco-terrorisme totalitaire .

Anatole : Chez moi tout est prêt ! On va se régaler avec un p’tit côte d’Aubance mais bio de préfèrence !

Lire, Noël autrement, Noël écolo

Catherine Pacar: Avant la convention citoyenne, ils ne se rendaient pas compte de la gravité de l’enjeu… jusqu’à ce qu’on leur donne les moyens de comprendre », résume Benoît. Et là, c’est « le coup de matraque », assure Nadine. Dès le premier week-end de participation, Lambert, 29 ans, troque son auto pour un vélo et devient végétarien. Pendant de longs mois, quels que soient leur niveau d’éducation ou leurs idées politiques, toutes et tous vont se parler, s’écouter pour finalement s’accorder sur les mesures communes. Aujourd’hui, Guillaume est fier que sa proposition sur « l’éducation à l’environnement » soit une des rares à être passées sans modifications. Mohamed a réussi à convaincre son entourage que « si, on peut changer les choses »… On peut commencer par en finir avec le foie gras….
(Les 150. Des citoyens s’engagent après la convention citoyenne pour le climat, en preview sur lcp.fr à partir du 7 décembre 2021)

Lire, Tout savoir sur la Convention Citoyenne

Sapins de Noël, un épouvantable gâchis

Notre époque, le culte de l’inutile ! En temps de confinement, un décret avait été publié en 2020 pour permettre l’achat de sapin de Noël. Les français ont alors dépensé 170 millions d’euros en sapin naturel et 30 millions pour ses succédanés en plastique. D’un côté on nous incite à planter des arbres, de l’autre on abattait 6 millions d’arbres pour une occupation fugace. Mais il est dangereux de le dire, les suppôts de la tradition ont la dent dure. En septembre 2020, quelques mots prononcés par le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, avaient suffi pour lancer une polémique d’envergure nationale: « Nous ne mettrons pas d’arbres morts sur la place de la ville. » Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, :« Appelez-moi vieux monde si vous voulez, mais le sapin de Noël, le Tour de France et toutes ces traditions qui nous unissent seront toujours le ciment d’une société ». Marlène Schiappa, ministre chargée de la citoyenneté : « Les maires EELV [Europe Ecologie-Les Verts], c’est tout ce qui amène un peu de joie ou de fête qu’ils interdisent ! Ils sont pires qu’idéologues « . Marine Le Pen, cheftaine du Rassemblement National : « Les écologistes ont un rejet viscéral de tout ce qui fait notre pays, nos traditions, notre culture et chercheront à tout démonter pièce par pièce ». La droite (la gauche) se fout complètement des considérations écologiques, relisons quelques vérités émises sur ce blog biosphere :

19 décembre 2019, Faut le faire, ce sera Noël sans cadeau

Pour en finir avec le mythe de la croissance, Noël est un bon indicateur de notre aptitude réelle à changer. Car qui est vraiment prêt à dire à ses proches le jour J : «  Je ne vous ai rien acheté, car on va crever de surconsommation, et je préfère favoriser la vie » ? Combien sommes-nous à regarder en face ceux qu’on aime… sans rien leur offrir ? Combien sommes-nous à fabriquer nous-mêmes nos cadeaux ? Très peu, trop peu. (édito du Kaizen, novembre-décembre 2019)

22 décembre 2018, Le père Noël a fait mourir la symbolique de Noël

NOËL C’EST QUOI ? Des échanges de cadeaux, généralement superflus. Une fête pour les enfants, avec un arbre et des lumières qui n’ont plus aucun sens. Bien entendu une occasion exceptionnelle de vente et d’affaires pour les commerçants. Et puis, la tradition veut maintenant que les autorités politiques s’en mêlent, et dans chaque commune, on tient à dresser le plus beau sapin, et de mettre dans toutes les rues importantes des guirlandes de lumière. Finalement, je crois que, dans l’opinion commune, Noël ce n’est rien d’autre qu’une occasion pour faire la fête. Autrement dit, il ne reste rien de la signification. Qui donc se demande le sens de ce qu’il est en train de faire ?

22 décembre 2016, Sapin naturel ou sapin artificiel, le faux débat

En 2009, le sapin artificiel représentait 16 % en France des sapins, 58 % aux Etats-Unis et 67 % en Grande-Bretagne. L’association du sapin de Noël naturel, qui regroupe 70 professionnels, ironise : « Contrairement aux sapins artificiels, les sapins naturels ne sont pas dérivés du pétrole et sont parfaitement biodégradables ». Il n’empêche que les sapins naturels issus d’une monoculture mobilisent des terres qu’on devrait laisser à la biodiversité. On les coupe pour les jeter dans des semi-remorques qui contribuent à l’effet de serre. On les habillera de boules et de guirlandes qui ne représentent rien si ce n’est le culte du toc et de la superficialité qui caractérise la société marchande

20 décembre 2010, le père Noël sans sapins

Profitez plutôt de cette fête de Noël pour marcher au milieu d’une forêt vivante et réfléchir au système qui nous aliène. Considérez que dans un monde fini nous devons apprendre à limiter nos envies matérialistes. Il nous faut retrouver cet objectif qui devrait nous mobiliser à toutes les époques : moins de biens, plus de liens. Cette année 2010, Michelle Obama a demandé qu’on réutilise les ornements des années précédentes. Pour la Green Room, elle a choisi des sapins recyclés : ils sont faits de papier journal passé à la peinture dorée. Il ne reste plus qu’à refuser les cadeaux.

Qui connaît Magnus Carlsen et son jeu de Roi

Le jeu d’échecs ne se joue qu’à deux, mais n’importe quel spectateur peut rentrer dans la partie en observant la position. Quel coup jouer ? Qu’est-ce que j’aurai fait à la place du joueur ? Que va-t-il se passer ? C’est pour cela que médiatiquement ce sport devrait être roi, mais on préfère les jeux de baballe sur nos écrans télé et le boum-boum des jeux vidéos. Misère, misère !

Le 10 décembre 2021 à Dubaï, le Norvégien Magnus Carlsen a conservé sa couronne mondiale en remportant la 11e partie de son match (prévu en 14 rencontres) contre son challenger russe Ian Nepomniachtchi. Avec quatre victoires à son compteur et aucune défaite, il menait 7,5-3,5 et ne pouvait plus être rejoint au score. L’écologie n’attache aucune importance à un championnat d’échecs, même s’il est mondial. Pourtant ce jeu d’échecs en lui-même a un immense avantage du point de vue écologique. Il prend peu d’espace pour y jouer, un coin de salon ou une petite table dans un jardin, on peut même réunir des centaines de joueurs sur l’équivalent d’un terrain de foot. Il utilise peu de ressources naturelles, les pièces nécessitent très peu de bois et se léguer aux générations futures. Aucun déchet non recyclable pour une occupation qui peut nous motiver pendant des heures et des journées…

Lire, Le jeu d’échecs est un jeu utile et très écolo

De plus, en sexe temps de féminisme exacerbé, le jeu d’échecs est un jeu complètement égalitaire même si les Blancs ont l’avantage du trait. A ce jour, aucune preuve d’une quelconque différence naturelle pouvant causer l’écart entre hommes et femmes sur les 64 cases n’a pu être avancée. Pourtant c’est un domaine où l’inégalité règne encore, c’est culturel. Durant les années 1960, un psychologue hongrois nommé Laszlo Polgar dévora les biographies de centaines de grands intellectuels et en tira le trait commun : une spécialisation précoce et intensive. Il en conclut que le génie est acquis et non inné “geniuses are made, not born”. Il se mit au défi de le prouver en rendant géniaux ses futurs enfants. Plus pragmatique que romantique, il posta une petite annonce disant en substance “recherche femme pour avoir des enfants génies”. En 1969, naquit Susan. Quatre ans plus tard, alors que son père hésitait encore entre la spécialiser en mathématiques ou en physique, la gamine découvrit par hasard un jeu d’échecs et demanda qu’on lui en apprenne les règles. Ce fut une révélation… pour son père. A la fois une science, un art et un sport, le jeu d’échecs présente l’avantage de produire des résultats parfaitement mesurables, l’idéal donc pour retranscrire la progression de la progéniture. Onze années d’entraînement intensif plus tard, Susan était devenue la meilleure joueuse du monde, à 15 ans !

Lire, Féminisme, écologie et jeu d’échecs

Nicolas Hulot et le PROFIT

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Dans le code civil français, on peut lire aujourd’hui encore que l’objet d’une entreprise, c’est le profit. Pourtant, à l’origine, elle devait être un moyen au service de l’humain, et petit à petit, par la dérégulation, les priorités se sont inversées, et aujourd’hui on annexe l’économie aux besoins de la finance, et on utilise les hommes comme du vulgaire capital. Ce monde où on licencie des gens parce que les dividendes versés aux actionnaires ne correspondent pas à la prévision du dernier conseil d’administration n’est rendu possible que parce qu’on l’accepte.

Je ne suis pas favorable à la fermeture de toutes les multinationales, mais nous devons prendre conscience qu’elles ont acquis leur pouvoir, je le répète, parce qu’on les a laissé faire. Elles ne sont puissantes que parce que nous avons été faibles ! Les règles doivent venir du monde politique et non des entreprises. Si le profit des grandes entreprises transite dans des paradis fiscaux, il faut les soumettre à la même exigence de probité attendue des PME ou du petit artisan. Normes, taxes, labels et certifications : tel est le parcours obligé d’une économie libérale mais régulée. Sans la contrainte de ce cadre réglementaire et fiscal, aucune transition écologique n’est envisageable.

Dans mon manifeste « Osons ! », publié à l’automne 2015, deux mois avant la conférence des ­Nations unies sur les changements climatiques (COP21 à Paris), j’énonçais les propositions politiques suivantes : « réguler enfin la finance », « mettre fin aux abus des multinationales », « intégrer la pollution au prix de vente » et ­ « démazouter les investissements ». Dans ce manifeste, j’écrivais que « tant que le profit restera la finalité ultime, on n’y arrivera pas. » Je persiste et signe. L’économie est un moyen au service de l’épanouissement humain et non une variable d’ajustement pour répondre aux besoins de la finance. Dans l’économie sociale et solidaire, on se déclare heureux de travailler, alors que c’est l’inverse dans d’autres secteurs d’activité.

Pierre Rabhi, figure de l’écologie, est mort

Pierre Rabhi est mort le 4 décembre 2021 des suites d’une hémorragie cérébrale. Il restera comme l’un des pionniers de l’agroécologie, qui vise dans le domaine agricole à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques. Éphémère candidat à la présidentielle en 2002, il dira plus tard : « La solution ne passe pas par le politique, elle passe par l’élévation de la conscience. »

Père de cinq enfants, ses nombreux ouvrages ont rencontré un succès indéniable. Il a cofondé avec Cyril Dion le mouvement citoyen des Colibris, appelant à être soi-même le changement qu’on veut voir pour le monde. Sandrine Rousseau, une « écoféministe » notoire, est quasiment la seule à voir le diable en Rabhi : « Des positions conservatrices sur le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée (PMA) en 2015. » Pour nous écologistes, le message de Pierr Rabhi restera intemporel, par exemple :

– L’homme sait, au fond de lui, que pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. Comme une mère !

– Les religions devraient être au front de l’écologie. Toutes proclament que notre planète est l’œuvre du créateur, mais aucune ne s’offusque de la voir polluée et détruite. Il y a là une sacrée contradiction.

– Une frugalité heureuse et joyeuse doit être considérée comme une option morale, mais aussi comme une démarche politique et de légitime résistance à la dictature marchande.

– Nos enfants sont élevés « hors-sol », comme les produits de l’agriculture moderne, dans un milieu artificiel, sans rapport avec la nature, alors que celle-ci est un livre ouvert.

– La télévision s’ouvre comme une fenêtre sur le monde pour nous faire oublier l’espace exigu de notre quotidien.

– Un camion de tomates a quitté la Hollande pour l’Espagne. Dans le même temps, un camion de tomates quittait l’Espagne pour la Hollande. Ils se sont percutés à mi-chemin, dans la vallée du Rhône. On est, loi du marché oblige, en pleine chorégraphie de l’absurde.

– Prendre conscience de notre inconscience est le premier pas vers une véritable libération.

Pour en savoir plus grâce à nos articles antérieurs :

10 juin 2018, Pierre Rabhi croit à l’insurrection des consciences

4 novembre 2015, L’agroécologie, une leçon de vie avec Pierre Rabhi

2 février 2013, Pierre Rhabhi, un anti-malthusien en parole et en acte

son livre de 2007, Terre-mère, homicide volontaire ?

Le soutien écolo au « made in France »

Le vent tourne, le libre-change est derrière nous. Sept candidats à la présidentielle 2022 sont passés au salon annuel consacré à la promotion des produits français (11 au 14 novembre 2021). Difficile de ne pas afficher son soutien au monde paysan ou au développement d’entreprises sur le territoire national par la relocalisation.

Lire aussi, Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

Difficile d’être contre les circuits courts et la recherche d’autonomie territoriale. Mais Marine Cambefort y voit une idéologie d’extrême droite : « Les appels à consommer français au nom de la « préférence nationale » se sont effectivement multipliés en ces temps de campagne présidentielle. La question est avant tout symbolique car le « made in France » est souvent plus cher que les produits d’importation. L’achat « bleu-blanc-rouge » est particulièrement valorisé par une mouvance d’extrême droite. Il s’agit d’être « buycott », boycotte certains produits considérés comme opposés aux valeurs françaises, tout en promouvant des achats patriotiques. Si l’extrême-droite continue à s’imposer dans le paysage politique français, les entreprises vont-elles rivaliser dans la surenchère nationaliste ou vont-elles tenter de résister ? »

La démonstration est tordue, Marine Combefort commençait par parler des toilettes mixtes au Brésil et des toilettes pour transgenre aux USA, évolution condamnée par l’extrême droite, pour ensuite ramener le débat protectionnisme / libre échange à une question politique ; c’est oublier la nécessité de consommer écologique de préférence

Lire aussi, tout est écolo, y compris le protectionnisme

Les commentateurs sur le monde.fr nous en disent plus :

Nawak : Donc acheter français, c’est être d’extrême droite. Avec une telle intellectuelle, les climatoseptiques et autres pollueurs professionnels peuvent élargir leur cercle…

Mercuryal : Lier l’achat français à une influence d’extrême droite est une conclusion ne couvrant qu’un champ très partiel de cette problématique. Cette analyse élaborée sous un angle politique n’attaque qu’une partie réduite du sujet, elle manque sa cible. Vue sous un angle écologiste, Marine Combefort aurait conclu que c’est un souci de proximité qui motive un achat français. Vue sous un angle économique, elle aurait conclu que c’est l’emploi local qui pousse à l’achat de produits français. Vue sous un angle esthétique, elle aurait conclu que le design français est un marqueur de singularité. Vue sous l’angle de la durabilité, elle aurait conclu que la fabrication française est un gage de qualité, etc. De mon point de vue c’est principalement ces critères qui font que j’achète français d’abord, européen ensuite, et le moins possible venant de plus loin. En réalité cette tribune nous renseigne plus sur son auteur que sur son sujet.

J.Dupont111 : Assimiler l’achat de produits créés en France à faire le jeu de l’extrême droite est extrêmement choquant a une époque où on espère pouvoir reindistrialiser notre pays. Cette vision biaisée est quand même étonnante quand on voit combien un pays cosmopolite comme la Suisse peut mettre en avant et privilégier ses produits intérieurs sans qu’il y ait une once de cette mentalité malsaine qui se manifeste. Si je peux aider une entreprise française à garder ses emplois en France , pourquoi s’en priver ?

Lire aussi, Démondialisation, pour un retour au protectionnisme

Zygmunt : Chère Marine Camembert, si mon fromage vient de l’hexagone et pas du fin fond de l’Europe de l’Est alors c’est autant de CO2 en moins pour le transporter : je ne vois pas en quoi en faisant le geste citoyen de l’acheter je commet un acte discriminatoire à l’encontre de mon voisin français Kader.

Pvn : Je suis ravi de voir que ma consommation de fastfashion made in China (main d’œuvre esclavagisée, Ouighours en prime) est un acte de résistance digne d’un Jean Moulin moderne ! Merci Madame.

Alfred-poirot : Donc si je mange un Big Mac, je suis un citoyen du monde?

F.Rique : Comment se situer ? Acheter local est un geste écologique. Donc acheter italien dans les alpes maritimes, espagnol dans les Pyrénées, Belge ou Allemand dans le Nord ou l’Est reste de bon sens. De même il semble préférable d’acheter des haricots verts lambda non bio mais locaux à du bio venant du Kenya.

Michel SOURROUILLE : GLOCAL, la fusion des deux mots « global » et « local ». C’est l’idée qu’un individu peut maîtriser le destin collectif en agissant à proximité de sa résidence. Une action raisonnée de l’écocitoyen est une subtile synthèse, elle découle d’une pensée ancrée dans l’espace mondial et dans le long terme qui s’accompagne d’une pratique qui s’exerce de préférence dans son milieu d’appartenance. Il faut par exemple consommer des fruits et des légumes de saison d’origine locale pour ne plus soutenir des circuits de production et de distribution qui gaspillent de l’énergie et contribuent à l’effet de serre. Cette attitude permet aux autres territoires de se recentrer sur leurs propres ressources alimentaires et de lieux en lieux, chacun pourra ainsi obtenir son autonomie.

Penser globalement, agir localement, un mot d’ordre nécessaire.

La sobriété, une valeur émergente

Nos aspirations semblent à peu près les mêmes que celles des anciens : s’habiller, se déplacer, se chauffer, se nourrir, se distraire au spectacle ou entre amis, se soigner. Simplement les moyens ont changé parce que nous sommes des primates à très gros cerveau qui finissent toujours par trouver des solutions pour aller plus vite, plus loin et plus souvent. Malheureusement cela ne peut se faire aujourd’hui que par des industries qui polluent l’air, l’eau, la terre et  stérilisent de grands espaces. De plus en un siècle et demi, les humains sont aussi devenus beaucoup trop nombreux. La population mondiale a été multipliée par 10 environ dans ce laps de temps… Nous sommes passés à 7,9 milliards en octobre 2021. On ne guérira pas notre Terre malade d’une humanité devenue pléthorique uniquement en incitant les humains à mener une vie plus sobre et le modèle d’un enfant par femme est encore à des années lumières de notre compréhension des réalités. Mais on peut toujours espérer.

Lire, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

Laurent Assouly : La révolution silencieuse de la sobriété s’immisce dans de nombreux pans de nos vies, nous intimant en sourdine de ralentir nos cadences… Une enquête met en lumière un décalage entre les incantations des politiques à consommer plus pour soutenir l’économie et une frange de la population, toutes classes sociales confondues, qui opte pour un ralentissement de son mode de vie… Le rapport à l’habitat se fait plus sobre, des initiatives citoyennes de coopératives se constituent pour un habitat participatif… La « valeur travail » dévoile ses premières fissures ; souvent convoquées à contresens comme valeur morale, ses nouvelles brèches ouvrent la voie à une autre éthique, celle d’un « droit à la paresse »…En Chine le« tang ping » est le nom donné à cette « indolence volontaire »… Parions que ces résistances éparses à une certaine « modernité » ne sont pas un feu de paille : travailler et consommer moins pour une vie meilleure et plus libre ?

Quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr :

Françoise B. : Il y avait un slogan en 1968 qui disait « on arrête tout et on réfléchit ». Occasion ratée. Dommage, ça aurait permis de faire face à ce que la majorité des gens découvrent enfin maintenant : la planète n’est pas extensible.

Fchloe : Le seul levier garanti efficace ! Et politique de l’enfant unique ! Le reste, c’est hypothétique,: éoliennes, énergie solaire, fin des centrales à charbon en Europe, voiture électrique, fusion nucléaire, pile à hydrogène… Le tout en 2050 ou 2060. Autant dire trop tard !

Antropocene : Bof les gens ont de plus en plus de grosses voitures de grosses maisons et de gros ventres alors la sobriété elle est où ? dans la tête de certains qui sont vraiment ultra minoritaires. Seule une « bonne crise économique » peut diminuer la progression des imc (indice de masse corporelle), je sais c est immoral et non politiquement correct de dire cela ont va me taxer de réac …pourtant j ai raison …

Vincetheprince : Les gens qui changent de mode de vie sont admirables. Permaculture, vélo, voilier, marche à pied, poulailler, alimentation bio, moins de viande consommée, tout cela est positif certes. Mais tellement marginal ! La population mondiale, c’est 7,5 milliards de personnes. Il faut 80 ans pour compter sans s’arrêter jusqu’à 1 milliard. Un grand nombre consomme à outrance (du Coca cola, premier pollueur de plastique : 120 milliards de bouteilles à usage unique par an, soit 3800 par seconde). Le principe qui régit l’humanité n’est pas la réflexion pour une organisation collective raisonnée, mais la concurrence et la loi du plus fort. Qui peut croire que l’humanité va s’en sortir à partir d’un raisonnement qui s’appuie sur des exemples de minimalisme vertueux réservé à une micro élite consciente et soucieuse des enjeux ?

lire, La sobriété ne suffit pas vu notre nombre

Sarah Py : De la la sobriété voulue à celle qui sera subie ! Qui peut croire que l’avenir sera rose, que nous allons savoir faire face solidairement aux conséquences des changements climatiques ? La sobriété assumée est un choix moral individuel dont il évident qu’il n’a pas d’impact réel sur les évolutions en cours. Les changements climatiques sont un sujet de politique internationale ; le comportement exceptionnel ne fait pas une politique.

Michel SOURROUILLE: L’information mentionnant le comportement d’autrui est une norme sociale bien plus efficace que les appels politiques à la préservation de l’environnement. Il s’agit de faire jouer l’interaction spéculaire, tu fais parce que je fais ainsi parce que nous devrions tous faire de même. Cette explication sociologique nous permet d’enterrer le vieux débat épistémologique sur l’antériorité de l’individu ou de la société. L’un et l’autre se renforcent mutuellement car je me représente la manière dont les autres se représentent les choses et moi-même. « Je donne le bon exemple » est un message positif. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde » nous rappelait Gandhi.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere :

8 octobre 2021, Simplicité, Sobriété… Techniques douces

20 février 2021, La sobriété en médecine au temps du Covid

30 mars 2011, sobriété volontaire ET forcée !

13 janvier 2009, sobriété énergétique ?

COP26, technologie ou sobriété partagée ?

De nombreux dirigeants, à commencer par Emmanuel Macron, comptent avant tout sur des progrès technologiques à venir pour faire face au défi climatique. Ils laissent complètement de côté la question de l’évolution de nos modes de vie.

Lire, L’illusion technologique confrontée au climat

Stéphane Foucart : Ouverture, le 31 octobre, de la 26e conférence sur les changements climatiques. La question des moyens à mettre en œuvre pour atteindre les buts poursuivis est éludée. La question du « comment » entremêle deux enjeux, lavenir du système technique ET l’évolution culturelle des sociétés. Le premier est omniprésent, le second à peu près absent. On le voit, jusqu’à la caricature, dans les récentes déclarations des dirigeants des plus gros exportateurs d’hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite : « J’annonce aujourd’hui l’objectif zéro émission de l’Arabie saoudite d’ici à 2060 grâce à une stratégie d’économie circulaire du carbone », a ainsi déclaré Mohammed Ben Salmane. L’engagement princier repose entièrement sur des technologies futures et très probablement imaginaires… Emmanuel Macron mise lui aussi sur d’hypothétiques révolutions technologiques : avion bas carbone, petits réacteurs nucléaires, hydrogène « vert »… Le mot « sobriété » n’apparaît pas quand les mots « innovation », « innovant » sont prononcés à plus de soixante-dix reprises… La transition écologique apparaît avant tout comme une transition technologique… Quand on a un marteau dans la tête, tout a la forme d’un clou… Mais qui sait ce que l’accumulation des dégâts causés par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité produira sur les imaginaires et les aspirations collectives ? L’aventure spatiale, l’avion bas carbone ou la conquête des grands fonds marins feront-ils encore rêver en 2030 ? Où seront-ils plutôt perçus comme de dangereuses futilités ?

Très bonne analyse d’un journaliste scientifique du MONDE, à compléter par les commentaires sur lemonde.fr :

ERoy : Nous sommes une démocratie et allez vous faire élire en expliquant à vos futurs administrés que : les vacances au soleil en 2 heures d’avion pour 300 euros la semaine c’est fini, le ski, c’est fini, le chauffage à plus de 18 degré c’est fini, le téléphone pour les ados c’est fini, deux télévisions par foyer sera interdit, voitures surtaxées (max une par foyer), gaz surtaxé et essence sur-surtaxée… Bon courage pour les prochaines élections!

Slab : Le dernier rapport de RTE l’a pourtant montré. Tous les scenarii permettant de réaliser la neutralité carbone n’ont qu’un point commun : la sobriété et l’économie de 40 % de l’énergie. La sobriété se réalisera par des changements de comportements. Mais les mentalités évoluent vite, et des habitudes qui relevaient de la lubie boboécolo il y a quelques années sont maintenant largement admises, comme les repas sans viande dans les cantines, le compostage, moins d’éclairage public la nuit, le recyclage des vêtements…

davidirle : On constate ici, en réponse à cet article fort juste, pas mal de commentaires pro-technologies qui ne se fondent sur absolument rien de concret, à part une mythologie du progrès. Pourtant, les gens dont la transition écologique est le métier, c’est mon cas, rêveraient d’avoir à disposition des technologies magiques. Il y a une forme étonnante de déni de la part de ceux qui croient en la science mais semblent parfaitement incapables de regarder ce que la science explique : les limites matérielles de la digitalisation, les limites quantitatives de la transition énergétique, la difficulté à se passer des hydrocarbures, etc. La science, la vraie, nous explique que nous ne pouvons pas compter uniquement sur elle, mais sur des évolutions de nos modes de vie, mais c’est pas grave, ceux qui « promeuvent » la science préfère s’asseoir sur l’état des connaissances scientifiques et écouter des prophètes scientistes/économistes…

Michel Lepesant : Le problème avec l’économie aujourd’hui c’est qu’elle est punitive : certes elle prétend être libérale mais elle ne profite qu’à une minorité. Le problème avec la technologie aujourd’hui c’est qu’elle est sectaire : ce qu’elle impose ce sont des modes de vie de plus en plus conformes, qui s’imposent à tous .. La domination techno-économique nous fait croire que la liberté c’est de dépasser toutes les limites : s’enfoncer au fond des océans et conquérir Mars ! Pire le problème aujourd’hui c’est que la technologie et l’économie sont unies pour contrôler du « temps de cerveau disponible ». Et qu’ils utilisent ce contrôle pour renverser systématiquement les analyses de bon sens : c’est l’écologie qui serait selon eux punitive et sectaire. C’est le monde à l’envers !

Romagination : L’humanité n’a pas maîtrisé la taille de la population mondiale en proportion des ressources disponibles pour assurer à chacun une vie confortable compte tenu de ce que les technologies actuelles permettent. On peut toujours essayer de changer le mode de vie des plus privilégiés actuellement mais ça sera vraiment marginal : le point moyen à atteindre est trop bas à 8 milliards, sauf si l’on rêve en France du niveau de vie du Bangladesh, et qu’au Bangladesh on accepte de rester à ce niveau…

Lire, Notre responsabilité démographique

Marcassin87 : Personne n’a envie de changer son mode de vie, les bonnets rouges, les gilets jaunes entre autres, nous l’ont rappelé avec virulence. Et il est tout-à-fait légitime que les Africains, les chinois, etc. aspirent à un niveau de vie comparable au nôtre. Or personne ne veut évoquer la réduction drastique de la population. Tout le reste c’est illusoire.

Dump : Cette contradiction sera résolue de la manière la plus classique, par la guerre qui ne fait plus peur, même en agitant l’atome. Au moins cela résoudra le problème, peut être même définitivement pourvu qu’on force la dose…

La mouche du coche : Macron est une marionnette, avec la moitié des fils tenus par le MEDEF et l’autre par la FNSEA. Pas étonnant qu’il se cache derrière des illusions pour éviter de voir la réalité : avec bientôt 8 milliards d’Homo sapiens avides d’un « modèle » occidental basé sur la gabegie énergétique. La planète est foutue.

NonMais @ La mouche : La planète s’en fout royalement.

Tous coupables, vite au confessionnal

Nicolas Santorolia : « Beaucoup de gens disent qu’ils ont une responsabilité limitée dans la catastrophe actuelle, mais nous avons collectivement la responsabilité générationnelle de n’avoir pas su modifier nos modes de vie, nos aspirations. Parce que nous semblons incapables d’infléchir la trajectoire globale du système, l’idée que l’on pourrait avoir un jour à s’excuser auprès de nos enfants fait petit à petit son chemin. » La culpabilisation est-elle un bon chemin vers la rédemption écologique ? Faisons le tour de la question grâce aux contributions sur lemonde.fr :

Peps72 : Ce qu’il faudrait c’est créer des lieux spécifiques où l’on pourrait s’excuser. On y installerait une sorte de cabanon à l’abri des regards. Et une personne spécialisée dans le recueil des excuses recevrait les fautifs. On appellerait ce lieu une Église. Le cabanon un confessionnal. Et la personne spécialisée un prêtre…

Michel SOURROUILLE : La différence entre la culpabilité confessée pour obtenir l’absolution d’un prêtre et la culpabilité contemporaine, c’est que ce qui était avoué autrefois était anodin, du genre j’ai pêché, je me suis masturbé ou j’ai couché avant de me marier. Aujourd’hui la responsabilité de chacun de nous est objective, notre croissancisme consumériste dilapide les richesses naturelles et pas grand-chose ne sera donné en héritage aux générations future. Ne pas se sentir coupable de posséder un SUV ou de prendre ses vacances par avion, c’est accepter que rien ne changera avant l’Apocalypse finale qu’on appellera choc pétrolier ultime ou réchauffement climatique irréversible…

pm42 : Au fur et à mesure que la religion organisée devient moins influente, elle est remplacée par des succédanés vaguement politiques qui en tout cas reprennent ces bons moyens de domination qui est la culpabilisation, le bouc émissaire et la désignation des hérétiques, pêcheurs responsables de tous les maux, etc. Accuser un groupe et lui demander de s’excuser, c’est du niveau de la Chine maoïste et Cie.

Michel SOURROUILLE @ pm42 : Les confessions forcées ou séance d’autocritiques publiques sur ordre du temps de Mao, ce n’est pas du tout ce qui dit l’article de Nicolas Santorolia. Il s’agit de prendre conscience que chacun de nous est un colibri, qu’il fait sa part pour enrayer la dévastation de la planète, mais que nous avons aussi nos insuffisances, et que nous voulons faire en sorte d’améliorer notre comportement : moins prendre sa voiture, moins manger de viande, ne pas prendre l’avion, se contenter d’un voyage autour de chez soi, rapprocher son domicile de son lieu de travail, etc, etc. Se sentir coupable d’une insuffisance comportementale n’est pas une tare, c’est le contraire, le début d’un changement vers la simplicité volontaire et la sobriété énergétique. C’est à dire des actes absolument nécessaires…
très curieuse : « Reconnaître ses erreurs, s’en excuser auprès de l’enfant ne peut être que bénéfique dans la relation éducative et humaine, mettant en exergue le caractère faillible de chacun ».Donc, il suffirait de s’excuser – et ne pas changer – pour paraître moins coupable et rester le Héros auprès de vos enfants ?

X.ARANUI : Les élèves qui arrivent en collège à 10/11 ans sont effectivement massivement angoissés par l’état de l’héritage. Et ils savent bien qui en est responsable : leurs parents ( encore jeunes) et grand parents. Si on propose à ces enfants héritiers de rajouter 2h à leur emploi du temps hebdomadaire pour découvrir leur environnement et prendre des initiatives pour sauver ce qui peut l’être, ils seront très nombreux à se porter volontaires.

GERONIMO :Je commencerai à me sentir coupable – et à effrayer mes enfants – le jour où l’on me prouvera que MON action et non celles des États est à la base de la pollution.

ByeFelicia : On devrait faire de grandes campagnes touristiques dans un style plus électrochoc « Vous allez polluer où en vacances cet été ? » « Avec Eazy Jet, la pollution est moins chère » « Venez découvrir et saccager en masse les sublimes plages de Thaïlande » « Vous aussi participez à l’incontournable transhumance polluante estivale, vous l’avez bien mérité avec vos vies de m… » etc. Ça aurait plus d’impact, non ?

Biosphere : Mea culpa, mea maxima culpa, c’est ma faute, ma plus grande faute. Le sentiment de culpabilité est un bon signe, celui de prendre conscience et de vouloir faire autrement. Cette intériorisation des contraintes à s’imposer sur soi-même ne relève pas du « péché » à la mode catholique, mais d’une conséquence logique d’une réalité biophysique. Nous détruisons la planète et donc les conditions de vie de nos générations futures. Mais comme les humains sont trop souvent soumis à la force des habitudes, cela demande un effort sur soi quand le voyage en voiture est devenu la norme et le tourisme une obligation. Contre nos penchants funestes, un processus de culpabilisation doit être lancé, auquel succéderait le sentiment de culpabilité, puis viendrait ensuite la résolution personnelle de se passer de voiture. Ressentir la « honte de voler » en avion nous semble tout à fait normal, rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable. Ce sera voulu ou subi.

Tous coupables, on a pourri grave la planète

Julien Doré : « Tu sais, c’est la honte/Qui me sert de papier/J’ai dessiné ta tombe/Avant même de te bercer. » . Le chanteur évoque sa culpabilité d’adulte laissant aux enfants un monde pourri par sa génération. Entre espèces en voie de disparition et montée des océans, nos voyages en voiture ressemblent à un enterrement, nos transports en avion une route vers l’enfer. Nos pulsions écocidaires deviennent suicidaires, entre méga-feux et pluies diluviennes. La souillure généralisée de notre habitat lèguent un avenir poubelle sur une planète qu’on a vidé de sa vie prolixe pour en faire un milieu minéral et sans âme. « Le monde serait sans doute mieux sans nous, les humains » me murmure une voix intérieure. Homo sapiens n’est pas pas assez intelligent pour respecter mère Nature, et trop intelligent par ses armes de destruction massive de la vie et de la Terre. On pourrait même se lancer dans un hiver nucléaire !

Nous avons tous collectivement la responsabilité générationnelle de n’avoir pas su maîtriser notre démesure et décroître tant qu’il en était encore temps. Sorry Children* nous propose de formuler sur les réseaux sociaux des excuses : « Dans quelque temps, le monde n’aura rien à voir avec celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Cette situation critique nous oblige à regarder les choses en face : à moins que nous ayons tout fait pour éviter le pire, nous aurons tous une responsabilité envers nos enfants. » La campagne #lapireexcuse propose à chaque adulte de se projeter au moment de sa mort et de formuler des excuses aux jeunes générations pour l’inaction climatique des décennies passées. Là où les rapports du GIEC accumulés et les mises en garde rationnelles réitérées ne semblent pas fonctionner, la culpabilité devrait devenir un moteur du changement.

Mea culpa, mea maxima culpa, c’est ma faute, ma plus grande faute. Le sentiment personnel de culpabilité est un bon signe, celui de prendre conscience et de vouloir faire autrement. Cette intériorisation des contraintes à s’imposer sur soi-même ne relève pas du « péché » à la mode catholique, mais d’une conséquence logique d’une réalité biophysique. Nous détruisons la planète et donc les conditions de vie de nos générations futures. Mais comme les humains sont trop souvent soumis à la force des habitudes, cela demande un effort sur soi quand le voyage en voiture est devenu la norme et le tourisme une obligation. Contre nos penchants funestes, un processus de culpabilisation devrait être mis en place, auquel succéderait le sentiment de culpabilité, puis viendrait ensuite la résolution personnelle de se passer de voiture et de bien autre choses. Ressentir la « honte de voler » en avion nous semble tout à fait normal, rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable. La diminution de nos émissions de gaz à effet de serre sera voulue ou subie.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 avril 2019, Écologie, culpabiliser pour ressentir la culpabilité

17 juillet 2021, Torrents de boue en ville, mea maxima culpa

* Sorry Children. Les pires excuses à donner à nos enfants pour avoir ravagé la planète et autant d’actions pour y remédier (Alternatives, 144 pages, 19,90 euros, sortie le 21 septembre 2021).

Greta Thunberg se met à la mode, bravo

Il n’y a pas que la problématique de la surpopulation qui peut faire causer. « Si vous achetez de la mode rapide, de la fast fashion, vous encouragez cette industrie à développer et à poursuivre son projet néfaste ». Greta Thunberg n’accuse plus seulement les politiques qui ne font rien face au réchauffement climatique, elle pourfend maintenant des entreprises. En Une du premier numéro de « Vogue Scandinavia », notre icône Greta étrille toutes ces marques qui promettent des vêtements « durables », « éthiques », équitables » alors qu’elles ne font que produire en masse. Libé(ration) en parle sur le ton méprisant : « Un tel plaidoyer dans les pages d’un magazine rutilant, nourri par la pub de l’industrie de la mode, n’est-ce pas paradoxal, voire contradictoire ? »

Libé et la gauche bien pensante n’ont rien compris. Si Greta infiltre le système, c’est pour mieux le déshabiller de l’intérieur ! (Le Canard enchaîné du 18 août 2023)

Pour en savoir sur Greta Thunberg  :

5 juin 2021, avec Greta Thunberg, le bien affronte le mal

24 juillet 2019, Greta Thunberg, le climat face aux députés

25 juin 2019, face à la haine, Greta Thunberg s’explique

20 mai 2019, Greta Thunberg, l’icône dont nous avons besoin

14 décembre 2019, COP25, heureusement qu’il y a Greta

Donnons au futur l’importance qu’il mérite

La question du temps recouvre tout un champ de l’économie qui étudie les phénomènes à partir des comportements individuels. Du point de vue des écologistes, il ne s’agit pas simplement d’arbitrer entre consommation présente et épargne (consommation future), mais de tenir compte au présent de la planète à transmettre aux générations futures.

Laurie Bréban : Les économistes expliquent la manière d’arbitrer dans le temps entre consommation présente et épargne (consommation future). Dans les modèles microéconomiques, on accorde un forte pondération au présent relativement au futur, « la préférence pour le présent ». Dans La Théorie des sentiments moraux, ouvrage d’Adam Smith publié en 1759, on distingue deux types d’individus : les « prodigues », qui se laissent emporter par la « passion » pour les jouissances présentes, et les « frugaux », qui s’astreignent à épargner une part importante de leur revenu présent afin d’obtenir un profit dans le futur. Deux possibilités s’offrent à ces derniers : utiliser eux-mêmes leurs fonds ou les prêter. C’est afin d’orienter les fonds prêtés vers le financement dans des secteurs apparemment moins profitables, mais au rendement plus certain et plus durables, que Smith propose de réguler le marché du crédit. La fixation d’un taux d’intérêt maximum légal permettrait d’évincer les investisseurs imprudents du marché du crédit au bénéfice des « investisseurs sages ». » Mais on sait aussi que les interactions sociales influencent la manière dont les individus maîtrisent leurs passions et leur attitude à l’égard du temps.

Michel Sourrouille : Croissance, croissance, Laurie Bréban est une croissanciste. L’épargne ne sert qu’à investir pour une croissance future. Or les économistes devraient savoir qu’investir aujourd’hui, c’est accroître le capital productif pour dégrader encore plus une planète déjà fort mal au point. Les « frugaux » dont parlait Smith au Laurie Bréban XVIIe siècle pratiquent aujourd’hui la simplicité volontaire, réduisent leur revenus monétaires et donc se retrouvent avec une capacité d’épargne proche de zéro. Ils sont l’avant-garde qui montre que le gaspillage de nos consommations ostentatoires, c’est le passé, c’est fini, et qu’il nous faut pratiquer la sobriété partagée. Comme l’indique en passant Laurie, il n’y a pas de comportement gravé dans le marbre, ils évoluent avec les interactions sociales, ce qu’on appelle les interactions spéculaires : chacun fait ce qu’on attend de lui, et la planète nous dit : stoppez vos investissements à la con qui détruisent les possibilités de vos vies futures.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

19 mars 2021, Les générations futures font entendre leurs voix

24 juillet 2020, Notre futur, la résilience alimentaire locale

25 mai 2019, Fridays for Future, génération CLIMAT dans la rue

2 février 2012, les coûts cachés du nucléaire, l’oubli des générations futures

18 janvier 2012, Tribunal pour les générations futures : la surpopulation

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Jean-Michel Normand : « L’Union européenne a décidé qu’à partir de 2035, il ne sera plus possible de commercialiser une voiture neuve émettant du CO2. La durée de vie moyenne d’une automobile étant de quinze ans, l’échéance s’inscrit dans la perspective de parvenir à une « neutralité carbone » en Europe en 2050. Les énormes investissements réalisés dans les voitures électriques désignent clairement la nouvelle priorité des constructeurs. Mais la question de l’origine de l’électricité reste ouverte. La constitution d’un réseau de recharge dense et fiable pose problème. La voiture électrique soulève aussi la question de l’emploi, car sa fabrication réclame une main-d’œuvre environ trois fois moins nombreuse. L’automobile risque de redevenir un produit de luxe. »

Lire notre article synthèse sur ce blog : Le rêve de l’automobile pour tous prend fin.

Quelques commentaires intéressants :

Alsatian : on ferme les centrales thermiques, on n’en construit pas d’autres, et on prétend passer au tout électrique avec une borne en panne tous les 500km. Et ne parlons pas de l’origine des matériaux pour fabriquer accus et moteurs.… Çà c’est de la planification!

O.Coutrot : Beaucoup se soucient de disposer d’un réseau de recharge des voitures électriques ? Noble souci ! Mais tirer des câbles électriques n’est pas très difficile encore que, pour alimenter 1 million de vacanciers le 1er juillet ! Mais surtout, au bout, à l’origine du câble que va-t-on mettre ? Un âne pour faire tourner la gégène ? Mon Dieu que de ânnissements, si vous permettez ce néologisme odieux ! La vraie question que personne ne pose est avec quelle matière première produire la monstrueuse quantité l’électricité nécessaire pour alimenter tout le parc de voiture, camions, autobus ? Éoliennes, photo-voltaïque, bio-masse seront incapables de fournir les quantités requises. Quand à l’hydrogène propre, ça n’existe pas. Alors combien de centrales nucléaires pour répondre à la demande ? Sautons dans le vide allègrement !

lours.des.wab : C’est quoi la durée de vie d’une batterie ? Combien je perds de Km d’autonomie par an avant qu’elle ne me lâche ? C’est quoi la valeur résiduelle de ma voiture avec une batterie presque hors d’usage ? Combien de Lithium il faut pour soutenir une telle demande en France ? Et dans le monde ? Ça représente combien en plus par rapport à la production actuelle ? En pression supplémentaire sur les écosystèmes ? Moi ça me semble être surtout un feu de paille pour essayer de sauver un mode vie condamné (énergie abondante et bon marché).

Lmbmichel : Comme d’habitude, on ne parle que des voitures, jamais des poids lourds. C’est une totale hypocrisie.

Pessicart : Comme le disait Blaise Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir rester au repos dans une chambre ».

Michel SOURROUILLE : L’automobile en tant qu’objet de consommation de masse (1,2 milliards de voitures dans le monde) est devenue le cancer de notre civilisation thermo-industrielle. Elle casse les villes, dégrade l’espace, pollue la nature. Elle ronge toute nos infrastructures par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse à produire. Elle brise les cadres d’une vie communautaire, chacun de nous restant enfermé dans sa petite carapace qui exalte notre agressivité… ou cultive notre découragement dans les embouteillages. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir donner par l’électrification une nouvelle vie à nos carrosses  ? La voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle. Vive le dévoiturage, le rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, la fin du tourisme au long cours…

Requiem : Je crois que je vais placer mes économie dans l’industrie de la chaussure et suggérer à mes petits-enfants de s’orienter vers le métier de cordonnier ou de réparateur de vélo. Car ce ne sont pas les énergies renouvelables qui fourniront l’électricité pour la vie courante, l’industrie et en plus pour les transports.

Palétuvier rose : Je maintiens qu’il ne faut pas sous-estimer la filière de la voiture à pédale, la seule qui assure d’avoir de beaux mollets.

Un impossible tourisme « durable »

L’approche des grandes vacances d’été montre un retour en force d’un tourisme très énergivorace. Alors on se grise officiellement de mots doux : tourisme durable , soutenable , équitable , écoresponsable, et même vert de vert. Notre société de loisirs n’a pas peur des oxymores, ces contradictions insolubles. Il n’y a pas que le « tourisme mondialisé par avion » qui doit être rejetté par une écologie de rupture, mais toutes les formes de voyage de loisirs. Il ne suffit pas de s’en tenir à l’abandon du projet de quatrième terminal à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Dans un monde contraint par la déplétion des ressources et les pertubations climatitques, il paraît dorénavant absurde de « faire de Paris la capitale du tourisme durable » comme le voudrait pourtant l’objectif affiché par cette ville. Cela implique également de rompre avec la vision stratégique gouvernementale qui a érigé en objectif prioritaire l’accueil de 100 millions de visiteurs étrangers par an en France. C’était en 2014 que Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avait fixé cet objectif. Mais en 2015 il présida aussi la COP21 à Paris sur le climat, visant un ralentissement des émissions de gaz à effet de serre. Or, ces deux objectifs sont profondément antinomiques, ainsi que le montre le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) du tourisme en France.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié un rapport au mois de juin. Ses conclusions sont claires : le tourisme en France, dont les seuls critères de réussite sont le nombre de visiteurs internationaux et sa part dans le produit intérieur brut (PIB), n’est pas compatible avec les objectifs environnementaux du pays. Cette évaluation recense le transport, l’hébergement, l’alimentation et la consommation des touristes, mais aussi l’exploitation et la construction des infrastructures nécessaires à leur accueil, de l’appartement loué sur Airbnb au centre de congrès vivant du tourisme d’affaires. Le poids du tourisme dans les émissions de GES se révèle ainsi supérieur à son apport au PIB (11,1 %, contre 7,4 %).

Le tourisme est une activité superflue, il est parfaitement possible de s’en passer et c’est ce que font une grande partie des français… non fortunés. Selon l’observatoire des inégalités, le taux de départ en vacances des personnes à bas revenus (1 200 euros mensuels pour une personne seule,) est inférieur à 50 % pour l’année 2019, alors qu’il dépasse 80 % pour les hauts revenus (plus de 2 600 euros). En moyenne le taux de départ atteint 60 % en France. Pourquoi ne pas tout simplement obliger tout le monde à rester chez soi. Ce serait une mesure très égalitariste et un moyen très efficace pour lutter contre le gaspillage des ressources naturelles. Il est vrai que quand on creuse, il ne reste que très peu d’activités absolument indispensables et la période de pandémie nous a appris que c’était possible de limiter de façon drastique ses besoins de déplacement : pour se promener, pas plus de 1 kilomètre autour de chez soi, on nous a même dit de façon très impérative…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

25 septembre 2020, Tourisme de masse et écologie, incompatibles (synthèse)

Concilier infrastructures humaines /naturelle

Le pouvoir n’est ni dans la rue, ni dans les assemblées politiques, ni dans la libre entreprise, le pouvoir est celui de l’état des infrastructures à un moment donné. Tout mouvement de transition écologique qui s’appuie sur de larges infrastructures pour exister et se développer, et dont la finalité est seulement d’obtenir une régulation différente des flux, est voué à échouer dans ses objectifs d’évitement de « la catastrophe ». L’objectif premier à atteindre, c’est l’auto-dislocation par « désinfrastructuration ».

Xavier Coeytaux et les infrastructures humaines : L’intuition que les désastres environnementaux sont avant tout provoqués par un certain type d’organisation socio-technique me paraît assez juste s’il s’avère qu’elle s’intéresse aux infrastructures sur lesquelles elle repose. La recherche de croissance est une fatalité liée à l’interconnexion matérielle par des infrastructures, et les lois de la physique s’y appliquent implacablement. Ce mode d’organisation sociale étant instable par construction, sa dynamique interne se résume à devoir perpétuellement infrastructurer le monde sous peine de dislocation. Par conséquent, il n’existe pas de solution politique ou technique permettant de ralentir, stopper ou inverser la tendance actuelle de recherche de croissance, tant qu’il n’existe aucun champ de discussion ouvert sur la place des infrastructures. Ne regarder que les flux (trop d’émissions de CO2, trop de consommation d’énergie, d’eau et de sol, de viande, de mobilité mécanisée, etc.) sans s’intéresser au processus d’infrastructuration pousse à rechercher des solutions qui ne peuvent que faire perdurer, voire accélérer les processus désagréables en cours. Une recherche mature de solutions aux désastres en cours (climat, biodiversité, sol, eau, consumérisme, inégalités, pauvreté, etc.) devrait avant tout s’atteler à imaginer un chemin permettant une diminution de l’aliénation des individus aux infrastructures. Même les différentes prises de position en faveur d’une décroissance sont relativement ambiguës, car il s’agirait le plus souvent de faire décroître les flux sans toucher aux infrastructures. Ainsi décroître par exemple en ne prenant plus l’avion, en consommant moins d’eau ou d’énergie, ne peut pas se décorréler de l’empilement d’infrastructures dans lequel une telle décroissance prendrait place. Parce que l’infrastructuration possède une dynamique propre (et insoutenable dans un monde fini), à l’inverse la décroissance ne peut pas décider de s’arrêter à tel ou tel niveau de flux.

Bertrand de Jouvenel et l’infrastructure naturelle : « Nous faisons preuve de myopie lorsque  nous négligeons de nous intéresser à l’entretien et à l’amélioration de notre infrastructure fondamentale : la Nature. Une autre manière de penser, c’est de transformer l’économie politique en écologie politique ; je veux dire que les flux retracés et mesurés par l’économiste doivent être reconnus comme dérivations entées sur les circuits de la Nature. Parce que la Comptabilité Nationale est fondée sur les transactions financières, elle compte pour rien la Nature à laquelle nous ne devons rien en fait de payement financier, mais à laquelle nous devons tout en fait de moyens d’existence. Le terme d’infrastructure est à présent populaire, il est bon d’avoir donné conscience que nos opérations dépendent d’une infrastructure de moyens de communication, transport, et distribution d’énergie. Mais cette infrastructure construite de main d’homme est elle-même superstructure relativement à l’infrastructure par nous trouvée, celle des ressources et circuits de la Nature. » (1968, Arcadie, essai sur le mieux vivre )

Une seule solution pour concilier infrastructures humaines et infrastructure naturelle, ne garder de nos fabrications que celles qui nous permettent de vivre durablement avec l’écosystème environnant. Cela veut dire démanteler tout ce qui est goudronné, donc quitter la ville et vivre sans véhicule individuel, ne jamais partir en avion, travailler localement et à proximité de son domicile, aller faire ses courses à pied ou en vélo au petit commerce de son village. Cela veut dire aussi démanteler le réseau électrique pour se suffire du moulin à vent (ou à eau ) local. Le retour à la bougie n’empêchera pas d‘être heureux, l’ambiance pouvait être très conviviale à la campagne au milieu des années 1950 en France

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 septembre 2014, Infrastructure matérielle au sens marxiste… et écolo

11 juin 2019, Un empêcheur d’infrastructures inutiles radié

27 février 2021, Détechniciser le surdéveloppement technique

Déconstruction de la propriété privée, ça urge

Du sentiment d’appartenir au tout à l’appropriation privée des choses, tout a été essayé en matière d’organisation humaine. Mais depuis la révolution marchande, la propriété privée est devenu une référence obligée, elle a même été sacralisée. « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité », garantit ainsi en France l’article 17 de la Déclaration du 27 août 1789 des droits de l’homme et du citoyen. Robespierre n’est pas d’accord, il s’adresse aux rédacteurs de la DDHC : « La propriété ne porte sur aucun principe de morale. Elle exclut toutes les notions du juste et de l’injuste. Pourquoi votre déclaration des droits semble-t-elle présenter la même erreur ? En définissant la liberté, le premier des biens de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, vous avez dit avec raison qu’elle avait pour bornes les droits d’autrui: pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce principe à la propriété qui est une institution sociale, comme si les lois éternelles de la nature étaient moins inviolables que les conventions humaines ! Votre déclaration paraît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs et pour les tyrans. » Mais les juristes de la Révolution, eux-mêmes pour la plupart propriétaires, espéraient alors que la propriété individuelle parviendrait, à terme, à casser les grands domaines nobiliaires ou à répartir les terres de l’Église. Pourtant il est indéniable qu’une propriété inaliénable protège les intérêts des propriétaires, et donc des composantes déjà riches de la société. Le mouvement des enclosures va chasser les paysans, l’expansion des manufactures va détruire l’artisanat, les tendances à l’accumulation du capital aux mains de quelques-uns peuvent dorénavant jouer sans frein. Les inégalités s’accroissent alors fortement entre membres d’une société qui devient pourtant démocratique. Notons que le suffrage est censitaire jusqu’en 1848, seuls votent ceux qui s’acquittent d’une taxe foncière conséquente. Le suffrage est devenu universel, pourquoi n’en serait-il pas de même de l’appropriation ?

Benjamin Franklin, père fondateur de la Constitution d’Amérique, a placé ses nombreuses inventions dans le domaine public. Il écrit : « De même que nous profitons des avantages que nous apportent les inventions d’autres, nous devrions être heureux d’avoir l’opportunité de servir les autres au moyen de nos propres inventions ; et nous devrions faire cela gratuitement et avec générosité. » On pourrait faire de même avec les biens matériels, partager équitablement. Mais affirmer que «  la propriété, c’est le vol » ne dit rien des mécanismes de répartition. Car comment faire autrement que la gestion individuelle des biens quand l’appropriation collective dans les pays dits socialistes et la planification impérative ont été un échec flagrant ? Quel est donc le moyen terme acceptable entre l’absolutisme de certains individus propriétaires et l’omniprésence de l’État expropriateur ? Les expériences d’une gestion décentralisée se multiplient aujourd’hui., les jardins partagés, les cafés associatifs et autres coopératives citoyennes ou ateliers collectifs. On réfléchit aussi à la façon dont les ressources (forêts, rivières, prairies) pourraient être gérées par les communautés. C’est l’analyse faite par Elnior Ostrom, prix Nobel d’économie 2009., dans son livre, « Gouvernance des biens communs (pour une nouvelle approche des ressources naturelles) ». Voici nos article antérieurs :

7 septembre 2011, ni Etat ni marché, Elinor Ostrom

extraits : La supposition qu’un Léviathan externe est nécessaire pour éviter la tragédie des biens communs conduit à des recommandations prônant un contrôle de la plupart des systèmes de ressources naturelles par des gouvernements centraux (…) Les solutions présentées comme devant être imposées par « le » gouvernement sont basées sur des modèles de marchés idéalisés (…)

23 janvier 2012, Loin de Rio + 20, suivons l’enseignement d’Elinor Ostrom

extraits : La pêche locale est une gestion acceptable, avec quotas définis de façon communautaire, la pêche industrielle est une aberration, avec ses quotas centralisés et inappliqués… Il vaut mieux réaliser des plans climat locaux plutôt que de se réunir au niveau international pour palabrer sur l’environnement sans que personne ne se sente vraiment concerné…

Conclusion : Les recommandation d’Elinor Ostrom, basées sur les expériences du passé, portent sur la gestion des ressources naturelles qui doit être faite au plus près du contrôle humain direct et non éloignée dans des sphères gouvernementales, qu’elles soient nationales ou internationales. Mais cela ne dit rien des biens privatisables. Or si tout est privatisable, tout peut aussi bien être considéré comme appartenant à tous. Des trois caractéristiques de la propriété, usus, fructus et abusus, beaucoup trop d’accapareurs ont privilégié le troisième terme. Il en est résulté le saccage de la Terre. En effet un propriétaire possède le libre usage de son bien, il peut en retirer les fruits, mais il peut aussi faire ce que bon lui semble, en abuser, y compris en détruisant son bien. Ce n’est pas une spécificité des individus depuis que l’appropriation par des entreprises a été rendue possible. ; une concession extractive donne le droit d’épuiser la ressource et, en matière de combustibles, de provoquer le réchauffement climatique. L’appropriation, c’est le vol, mais c’est sutout la lurte de tous contre tout ; les conflits interhumains et le saccage de la planète sont indissolublement interconnectés. En fait il faut considérer que les individus ne travaillent pas socialement pour eux-mêmes, mais pour le bien commun. Personne ne devrait avoir de droit absolu sur « son » entreprise », « son » capital, « sa » maison, « son » salaire, « sa » femme, etc. Nous sommes des locataires perpétuels temporairement embarqués dans des structures collectives qu’on appelle entreprise, capital financier ou technique, maison pavillonnaire ou HLM, couples et famille, etc. Pour en savoir plus,

Les inégalités du point de vue écologiste (synthèse)

Il nous faudra « vivre avec » la Covid-19

Une population ne sera IMMUNISEE que lorsqu’elle aura été SUFFISAMMENT CONTAMINEE. Alors pourquoi ne pas accepter une létalité importante, mais source d’immunité collective ? On estime le taux de mortalité à moins de 3 %. Selon Statista, le nombre de personnes infectées par le coronavirus COVID-19 dans le monde au 26 avril 2021 était de 147,8 millions d’infections, le nombre de décès de 3,1 millions, soit une létalité de 2,1 %. Mais il y a 125.9 millions de personnes qui sortent guéries. Pourquoi ne considérer médiatiquement que la mortalité et pas la survie ? La COVID-19 serait donc un peu plus mortelle (et plus contagieuse) que la grippe saisonnière, mais c’est une grippe parmi bien d’autres épidémies virales que l’humanité rencontre épisodiquement. Il faut s’y faire et accepter une part de sélection naturelle. Au 26 avril 2021, des cas de la maladie ont été recensés dans plus de 180 pays ou territoires sur les six continents. Certes il faudra beaucoup moins prendre l’avion et moins circuler en voiture pour un oui ou pour un non. Que du bon pour l’écologie !

Emmanuel Macron est d’accord avec la première partie de ce raisonnement, pas avec la seconde. Après y a un peu plus d’un an avoir déclaré la « guerre » face à un virus aussi sournois qu’imprévisible, le chef de l’État s’est résolu à « vivre avec » son « ennemi ». En annonçant un déconfinement dont la première étape débute le 3 mai, le président a assumé cette stratégie visant à laisser circuler le virus à un niveau relativement élevé, tout en espérant que le respect des gestes barrières et l’avancée de la vaccination éviteront une situation hors de contrôle.Mais il n’est pas question de parler d’urgence écologique. « A partir du 19 mai, des étapes successives vont nous conduire ensemble à définir un nouveau modèle de croissance et de prospérité », s’est avancé Emmanuel Macron le 1er mai 2021.

Pas question de parler de sens des limites et de sobriété partagée, de réduction des déplacements et de repli durable sur les activités essentielles. Le croissancisme demeure le mantra du gouvernement Macron.

Pour tout savoir sur l’immunité collective,

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

Faire l’amour en public, est-ce écologique ?

Hier on apprenait que « pépé le putois », sur fond de débat sur le sexisme et la « cancel culture », était censuré. Pépé le putois passait son temps à poursuivre une chatte rebutée par ses avances et son odeur nauséabonde. Un chroniqueur de New York Times y a vu une « normalisation de la culture du viol ». Peu après le putois était coupé au montage du dessin animé Space jam : Nouvelle ère (LE MONDE du 13 mars 2021).

Aujourd’hui la BD Niala, double féminin (et noire) de Tarzan, crée la polémique. Une pétition demande la suspension de publication, l’héroïne étant jugée réduite à un « objet sexuel » et le fond véhiculerait des « principes racistes des années 1950 » Pourtant il ne s’agit que de libido décomplexée pour initier aux plaisirs charnels tous ceux et celles qui s’aventurent dans la jungle : religieuses en mal d’évangélisation, explorateurs en mal d’exotisme et autres Livingstone de pacotille, que l’héroïne va dévergonder en vertu d’un principe simple : rien de tel que le sexe pour apaiser les conflits et vivre en harmonie. Une philosophie apprise au contact des singes bonobos qui l’ont élevée : ces chimpanzés ont la particularité de s’accoupler afin de réduire les tensions sociales. Une leçon que les pétitionnaires feraient mieux d’apprendre par cœur, mieux vaut faire l’amour que la guerre.

Un pan de la philosophie grecque préconisait un retour total à la nature et refusait de se soumettre aux interdits qui relèvent de l’arbitraire social. Pour un Cynique, le plaisir que procure la sexualité est un plaisir naturel qui ne diffère en rien de celui que connaissent les animaux. C’est pourquoi ces philosophes admettent, en matière de sexualité, des actes qui choquaient les contemporains, tels que la masturbation ou l’union en public. Diogène part d’un principe simple, à savoir que rien de ce qui est naturel n’est honteux, et il en tire toutes les conséquences. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de lire chez Diogène Laërce : « Il se masturbait constamment en public et disait : “Ah ! si seulement en se frottant aussi le ventre, on pouvait calmer sa faim” ». Des disciples de Diogène, Cratès de Thèbes est certainement le plus célèbre. Issu d’une riche famille thébaine, il su se défaire de tous ses biens pour s’adonner au cynisme et mener avec son épouse Hipparchia de Maronée une vraie vie de canidé qui allait jusqu’à faire l’amour en public. Aujourd’hui il y a d’un coté l’amour en vente libre par vidéos interposées et de l’autre des ligues de petite vertu qui poussent des cris de vierge effarouchée dès qu’on parle de sexe.

Mieux vaut faire l’amour que la guerre, cela pourrait être le point de vue des écologistes, proches de la nature et éloignés des violences humaines. Les anthropologues ont renouvelé l’approche de la sexualité en montrant l’importance de la perte de l’œstrus. La relation entre les sexes est soumise chez les mammifères, y compris les grands singes, à une horloge biologique et hormonale qui détermine les périodes de rut ; pour les humains au contraire, l’absence de cette détermination naturelle met la sexualité sous le signe de la disponibilité permanente. Cette liberté totale fut certainement une des conditions de l’apparition des normes et des interdits qui limitent, dans toutes les sociétés, les usages et les pratiques de la sexualité. C’est pourquoi le mot sexualité est à double sens… Il a un côté positif, relation, sentiment, bien-être, compréhension, échange… Mais aussi un côté négatif : viol, pédophilie, maladies sexuellement transmissibles, Sida… Depuis que la contraception a dissocié la fonction de reproduction et le principe de plaisir, nous pouvions penser que la sexualité, enfin associée à l’extase sans angoisse, pouvait devenir une activité banalisée et fréquente… comme chez les bonobos. Mais le véritable plaisir des humains, c’est de tout compliquer. Tant que nous n’aurons pas de rite de passage à la vie sexuelle, simple et généralisé à tous, nous connaîtrons l’angoisse et/ou la violence du passage à l’acte qui a abouti au processus #MeToo, balance ton porc, élimine les hommes. Misère, misère…

Pour en savoir plus sur l’écologie de la sexualité grâce à ce blog biosphere :

Nature de la sexualité et droit à la sexualité

l’écologie face aux abolitionnistes de la prostitution

La bipédie, origine de notre sexualité très encadrée

Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

nature et sexualités : le débat sur le genre humain

PAC, politique agricole… commune ???

PAC 2013. Le 13 mars 2013, les parlementaires européens ont voté à Strasbourg les quatre rapports portant sur la réforme de la PAC – paiements directs, développement rural, organisation commune de marché et règlement horizontal. Portant sur la période 2014-2020, les mesures sont faibles et les textes manquent cruellement d’ambition.

La crise de l’agriculture européenne dure pourtant depuis de longues années. Son budget conséquent est régulièrement remis en cause, car il est distribué de manière très inéquitable entre les agriculteurs. Favorisant souvent de grandes exploitations et la domination d’une agriculture industrielle intensive, la PAC alloue à l’inverse de maigres subventions à destination des pratiques agricoles responsables et à l’aménagement territorial durable. Dommageables à l’environnement, les aides de la PAC le sont également à l’économie des pays en développement, dont le secteur agricole fait face aux politiques de dumping des prix pratiqués sur les produits agricoles par l’Europe. A la suite du vote, la présidente du WWF France a déclaré : « Bien que nous saluions le fait que le Parlement européen a bloqué les pires aspects de la proposition de sa Commission agriculture, ce vote demeure décevant. Le Parlement n’a pas intégré des règles aussi basiques que le respect de la Directive Cadre sur l’Eau ou la protection des zones humides. Il a aussi manqué d’ambition pour faire du contenu du verdissement un véritable moyen d’aller vers une agriculture plus résiliente et plus bénéfique pour l’environnement. Le verdissement a donc été rétabli sur sa forme, par rapport aux propositions initiales, mais manque toujours de fonds. » La prochaine réforme de la PAC n’aura lieu que dans 7 ans, en 2020.

PAC 2020. La PAC fait l’objet d’une nouveauté, chaque État membre devra présenter un « plan stratégique national », une déclinaison nationale des grandes orientations européennes de la PAC. La Commission nationale du débat public (CNDP) vient de publier le bilan de huit mois de concertation sur la politique agricole commune. « Rarement la CNDP aura eu à traiter d’un enjeu aussi fortement marqué par la défiance », note Chantal Jouanno, la présidente de cette autorité administrative. Finalement, il ne fallait pas moins de 224 pages de rapport pour rendre compte des 1 083 propositions et de l’ensemble des échanges. Sur le fond, la demande de sortir d’un système des aides à l’hectare pour aller vers l’aide à l’actif a fait consensus, pour éviter une course à l’agrandissement et à la concentration des exploitations. La souveraineté alimentaire est devenue un sujet incontournable dans les échanges après les premiers mois de confinement. Les questions environnementales se sont imposées comme une préoccupation majeure, et une forte demande s’est exprimée d’accélérer la transition agroécologique. En revanche, les moyens de mise en œuvre divisent : quelle place accorder à l’agriculture bio dans le tissu productif, comment réduire l’usage des produits phytosanitaires ? Le ministre de l’agriculture a désormais jusqu’au 7 avril pour apporter sa réponse.

Débat : Quelques réactions sur le monde.fr et nos réponses :

Sejas : Toujours ce rêve d’une agriculture familiale heureuse sans engrais et sans pesticide. En 1840, avant la révolution verte, il fallait que la moitié des Français travaillent dans l’agriculture pour nourrir l’autre moitié. Et la nourriture était très chère pour les ouvriers.

Biosphere : Pas de pays sans paysans, pas de nourriture sans paysans. La période de l’agriculture industrielle, basée sur les ressources fossiles, va se terminer faute de carburant. Alors il y a aura une inversion, l’exode rural deviendra le retour à la terre. Les produits agricoles seront plus cher, le travail à la ferme plus physique que l’emploi tertiaire. Cela sera très dur, accompagné de beaucoup de drames individuels et collectifs. Mais on ne peut éviter les réalités d’une déplétion énergétique si ce n’est s’adapter, se convertir aux emplois durables, manger beaucoup moins de viande et plus du tout d’alimentation issue de l’industrie.

Un lecteur du Val de Marne : Je suis très sceptique sur cette vision fermière et familiale… Les exploitations céréalières doivent devenir toutes petites ? Quelle rentabilité ? Si on divise les parcelles il faudra beaucoup plus d’agriculteurs pour les exploiter… vous allez les trouver où ? Vous voulez aussi la fin de l’industrie pour revenir à l’artisanat ? Je ne vois pas pourquoi le travail familial garantirait le bon produit sain et la préservation de l’environnement.

Biosphere : Lecteur du Val de Marne, habiter un département du grand Paris s’accompagne d’une dépendance très grande vis-à-vis des exploitations agricoles extérieures. Une crise économique profonde comme il faut s’y attendre étant donné la surchauffe de notre système techno-industriel actuel est donc un risque. Il vous faudra oublier les grandes phrases hors sol du type « bon produit sain et préservation de l’environnement ». Les générations futures reviendront au travail de la terre et à l’artisanat. Les exploitations agricoles deviendront beaucoup plus petites, familiales, alimentés en main d’œuvre par la désurbanisation.

ca_alors : Le choix d’une photo illustrant l’agriculture ‘productiviste’ est bien symptomatique de la ligne éditoriale du MONDE. Mais c’est oublier que nourrir 7.5 milliards de personnes nécessite une mécanisation de l’agriculture. L’Histoire retiendra sans doute que la bataille contre la faim dans le monde est l’une des plus grandes conquêtes de l’humanité. Les excès ne doivent pas faire oublier qu’une famille modeste dépense maintenant 15% de son budget à la nourriture contre plus de 30% il y a quelques dizaines d’années.

Biosphere : L’agriculture « productiviste » a oublié que sans énergie fossile, elle est vouée au néant. De toute façon, malgré nos prouesses techno-agricoles, la faim dans le monde touche encore plusieurs centaines de millions de personnes. Quant à la loi d’Engel qui décrit l’évolution du budget alimentaire, elle va s’inverser. Cette  « loi » énonce qu’au fur et à mesure que le revenu augmente, la part des dépenses alimentaires diminue. Historiquement, notons d’abord que c’est l’augmentation du pouvoir d’achat plutôt que les performances de l’agro-industrie qui a permis de consacrer la plus grande part de son budget à des dépenses secondaires. De plus l’agriculture, le fondement même de notre survie, est paradoxalement subventionnée par l’Union européenne (la PAC) ; on ne paye pas le vrai prix de notre alimentation. Enfin la pression à la baisse des prix concédés aux agriculteurs par les grands distributeurs est une anomalie. Dans l’avenir, nous reviendrons à une situation plus normale, moins de gadgets achetés et beaucoup plus d’argent consacré à notre alimentation de base.