simplicité volontaire

Added : «  La décroissance, c’est la liberté »

Serge Added a publié en octobre « Éloge de la décroissance ». Le bimestriel « La décroissance » lui donne la parole (page 12), ce qui est la moindre des choses. En voici la quintessence :

« La société ne se rassemble plus comme elle avait coutume de le faire. Par conséquent les citoyens sont perturbés dans leur identité. Les deux piliers de la construction individuelle étaient d’une part le travail qui permettait de participer à la puissance collective et d’autre part, depuis les années 1960, la consommation. Or ces deux facteurs de construction identitaire sonr grippés. Non seulement il y a énormément de chômeurs et de travailleurs précaires, mais les méthodes de management sont tellement oppressantes que le travail n’est plus un lieu de construction de soi en lien avec un projet collectif. Le sens de ce que l’on fait se dissout.

Quant à la consommation, elle nous fait nous heurter collectivement à un effrayant mut écologique. L’écosystème terrestre n’en peut plus de notre façon de produire et de consommer. Dès lors, chaque individu est en quelque sorte écartelé entre un besoin d’intégrer le groupe social par la consommation et une exigence éthique de respect du vivant dont nous faisons parti.

Sans parler du système technicien qui entrave les relations vivantes qui nous sont indispensables pour être. La gestion technologique de la catastrophe me paraît vouée à l’échec. La technique ne résoudra pas les problème engendrés par la technique. Cette société s’est construite autour du besoin de puissance ; elle a échoué. Il y de quoi être déboussolé.

Les expériences de simplicité volontaire sont en quelque sorte un réponse individuelle à cette situation anxiogène. Aller vers moins de biens en créant plus de liens permet de retrouve une cohérence de soi… Il faudrait un changement d’imaginaire débouchant sur un changement de société. C’est l’une des grandeurs du mouvement de la décroissance que d’y œuvrer. »

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Les décroissants n’auront plus leur mensuel (décembre 2024)

extraits : Fin 1999, Vincent Cheynet et Bruno Clémentin lançaient en kiosque le dossier de Casseurs de pub. A sa suite la lettre d’information trimestrielle sur papier se transforma, en mars 2004 en un journal, « La Décroissance ». Il était publié tous les deux mois. Puis tous les mois. Aujourd’hui la situation de la presse papier les contraint à retourner à la périodicité bimestrielle… Sans la générosité de ses sympathisants et Amis de la Décroissance, ils auraient sans doute fermé la boutique depuis longtemps. La rédaction en chef sera assurée par Pierre Thiesset.  Le premier numéro de la nouvelle formule, mi-janvier 2025….

Lisez La Décroissance, la joie de vivre en + (avril 2024)

extraits : Dès son premier numéro de mars 2004, quelle bouffée d’oxygène. Nous découvrions un nouveau périodique mettant en cohérence toutes les… incohérences de notre société. « La Décroissance » devenait la référence en matière de critique de la société consumériste, productiviste et capitaliste : démontage en règle de ses instruments (la pub) et de ses moyens (le pic pétrolier), dénonciation de la saloperie à ne pas acheter, promotion de la simplicité volontaire…

Vincent Cheynet, la décroissance démographique (avril 2023)

extraits : Après des années de silence absolu sur la question démographique de la part du mensuel « La décroissance » et de son rédacteur en chef Vincent Cheynet, voici ce mois d’avril 2023 une première approche, disons assez « décalée ». Le grand titre en première page : «  Pour sauver le monde, faites des bébés, pas la guerre »….

Que vive La Décroissance en septembre 2020

extraits : Quand j’étais adolescente, je me lavais avec une bassine, en utilisant l’eau que je faisais chauffer sur le poêle. Il n’y avait pas de salle de bain. On vivait du jardin et des produits de la ferme… Si on a une carte bleue assez alimentée et qu’on peut acheter ce qu’on veut immédiatement, on n’a plus en tête la valeurs des choses. (Danielle, rubrique « Simplicité volontaire »)….

À lire, mensuel « La décroissance », extraits (septembre 2019)

extraits : Nous remettons fondamentalement en cause l’hypermobilité et appelons à en finir avec la grande vitesse, que ce soit sur mer, dans les airs, sur rail, sur route ou dans des tubes à faible pression d’air. Ni TGV, ni Hyper-loop, ni avion à réaction. De la lenteur, de l’enracinement, de l’enclavement….

A acheter en kiosque, le mensuel « La Décroissance » (juin 2015)

extraits : Le « journal de la joie de vivre » était devenu, en France, le porte-drapeau du mouvement naissant de la Décroissance. Réalisé avec peu de moyens, sans aucune publicité, ses articles sont réalisés par des auteurs amoureux du bénévolat. Son rédacteur en chef, Vincent Cheynet, vit sans doute au-dessous du SMIC. Hommage lui soit rendu sur ce point, l’amour de ses idées et le mépris apparent de l’argent….

La Décroissance, c’est simplement le sens des limites (novembre 2014)

extraits : Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pense écologique, retrouver le sens des limites. En voici une présentation succincte : p.3, La perte de la mesure (Olivier Rey)….

mensuel « La Décroissance » numéro 101, le bilan général (juillet-août 2013)

extraits : Ce numéro double juillet-août 2013 nous fait l’historique de la revue. Il contient aussi comme d’habitude des informations intéressantes. Nous avons relevé deux choses. D’abord, la messe est dite, ensuite il faudra penser et agir autrement. « Aujourd’hui, il est trop tard pour éviter un effondrement des sociétés et les concepts de la thermodynamique feront partie de nos sociétés futures….

Achetez la Décroissance, ça défrise (avril 2012)

extraits : C’est presque gratuit, à 2,20 euros pour un mensuel qui défrise et fait penser. Entre le vrai visage des Anonymous, la thermodynamique contre le croissancisme, les soubassements de la simplicité volontaire et une BD, etc., il y a de quoi comprendre et respirer. Comme avant-goût, nous vous résumons le texte de Pierre-Jean Delahousse, président de l’association Paysages de France, contre l’affichage publicitaire…..

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Des bijoux volés au Louvre, on s’en contre-fout

Les bijoux volés au Louvre le 19 octobre 2025, personne ou presque n’en connaissait l’existence. Ce n’était que couvre-chef ornant la tête de reines et d’impératrices, colifichet des gens qui s’accaparent du pouvoir et se couvrent d’or et de diamants. Pour l ’extrême droite, ce vol est un lèse-majesté. Ils multiplient les figures de style pour dire ce que signifie cette perte pour les nationalistes : « Jusqu’où ira le délitement de l’Etat ? » (Jordan Bardella, sur X) ; « Une nouvelle épreuve pour notre pays » (Marine Le Pen, sur X) ; « Une nation menacée » (Eric Ciotti, sur X)… Les mots s’inscrivent trop souvent dans le calendrier électoral. En réalité le pékin moyen ne va pas au Louvre pour des joyaux désuets en forme de diadèmes et de colliers. Il y va pour ce qjon li a dit d’admirer, Léonard de Vinci, Delacroix, Vermeer, pour les arts d’Egypte ou de l’islam. Les voleurs ont snobé tous ces chefs-d’œuvre invendable au profit de bibelots royaux recyclables au cours des métaux précieux – saphirs, émeraudes, or, diamants.

Le point de vue des écologistes

Le Louvre brûlerait-il que rien ne serait véritablement changé sur cette Terre. Ce musée n’est qu’une enfilade de couloirs qui présentent une culture morte pour touristes en goguette, un passé dépassé qui ne présente rien si ce n’est la culture d’une élite. ll y a beaucoup plus de profondeur dans la contemplation d’un nuage que de voir la Joconde derrière une vitre blindée. Le nuage nous unit à l’eau et à l’amour, Leonard de Vinci croupit au Louvre.

L’art n’existe que par ce que nous pratiquons nous-même. Une chanson à boire n’est ni supérieure ni inférieure à une fugue de Beethoven. L’individu peut s’épanouir dans les domaines les plus variés, chorale de village, fanfare locale, théâtre d’amateurs… ou cultiver l’art de la contemplation de l’instant qui passe ; tout le reste n’est qu’illusion. Faire de l’art à son échelle rend heureux, visiter un musée c’est normalement s’ennuyer.

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Musée, un passé dépassé

extraits : L’art n’est en fait qu’une technique à laquelle on attribue une valeur esthétique. Notre fibre artistique est issue d’un très lointain passé. On a retrouvé des flûtes fabriquées par l’homme de Cro-Magnon il y a 25 000 ans dans des os de vautour. Leur longueur était ajustée pour que le premier régime tous trous ouverts corresponde à la même note tout trous fermés. Une technique rustique n’empêche pas la clarté mélodique et l’art de communier dans un groupe comme le montre la diversité des pratiques musicales et gestuelles dans les sociétés premières. Mais l’art a été très vite relié à une religion, puis au soutien d’un ordre politique. Maintenant c’est l’art marchand dont le contenu devient l’absence de contenu, autrement dit la licence de faire n’importe quoi pourvu que ça se vende. Il arrive désormais que l’on considère comme œuvre d’art des choses qui ne ressemblent à rien, qui n’éduquent pas le peuple et dont on ne saurait dire qu’elles sont belles…

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L’aide contre la pauvreté provoque la pauvreté

L’objectif de solidarité internationale  était fixé à 0,7 % du produit intérieur brut (PIB) des pays riches. Un chiffre adopté dans les années 1970. Les USA n’y consacraient que 0,25 % de leur richesse à l’aide publique au développement mais c’était le premier donateur en valeur absolue. Aujourd’hui les USA de Trump arrêtent les frais.

Laurence Caramel : Washington a confirmé l’abandon le 1er juillet de 83 % des programmes d’aide ainsi que la fermeture le 1er juillet de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), une administration indépendante créée en 1961. Le secrétaire d’Etat, Marco Rubio explique : « En dehors de la création d’un complexe industriel mondial d’ONG aux frais du contribuable, l’Usaid n’a pas grand-chose à montrer depuis la fin de la guerre froide. Les objectifs de développement ont rarement été atteints, l’instabilité s’est souvent aggravée et le sentiment antiaméricain n’a fait que croître. Les Américains ne devraient pas payer des impôts pour financer des gouvernements défaillants dans des pays lointains ». On met en avant le principe « Le commerce plutôt que l’aide », la générosité américaine sera « ciblée et limitée dans le temps ». Elle privilégiera les nations qui ont démontré leur capacité et leur volonté de s’aider elles-mêmes.

Nul ne conteste à Donald Trump le droit d’interroger l’efficacité du système de coopération internationale, sa bureaucratie, ses effets pervers en matière de dépendance ou son coût pour les finances publiques américaines. Mais la brutalité avec laquelle il a procédé à ce sabotage conduit à son quasi-effondrement. La promesse du président américain d’épargner les dépenses humanitaires qui permettent de « sauver des vies » n’a pas été tenue. Mais certains chefs d’Etat africain, comme le Kényan William Ruto ou le Zambien Hakainde Hichilema, ont remercié le président Trump d’avoir, par sa décision, provoqué une saine réflexion sur la nécessité pour le continent d’assumer ses besoins de développement

Les commentaires sur lemonde.fr

Interloqué : Ce que dit Marco Rubio est exact, l’aide au développement en Afrique n’a réussi qu’à maintenir sous perfusion des populations augmentant à un rythme effréné de 4 enfants par femme (soit grosso modo un doublement de la population à chaque génération). Ce n’est pas aux contribuables occidentaux de financer cette démographie.

La Grande Image : La manière de faire est brutale et clivante sans aucun doute. Sur le fond, le raisonnement se tient. L’électeur américain moyen peut légitimement se demander pourquoi son pays finance de l’aide pour l’Afrique et ce qu’il en retire. Au niveau des pays africains, on peut se demander si l’aide reçue ne sert pas plus à permettre à ses dirigeants de détourner encore plus d’argent et qu’elle encourage la dépendance. C’est aussi la démonstration qu’il n’est jamais bon de dépendre d’un autre pays car cela peut s’arrêter à un moment.

PatrickF : Les chefs d’État africains, pantins corrompus et politiquement impotents, sont face à leurs responsabilités. Ils ne sont rien sans perfusion chronique.

Breton futé : Chacun chez-soi. Cette aide inconditionnelle engraissait une fonction publique internationale, des corrompus locaux et elle était un obstacle à la responsabilisation démographique de ces pays, qui plus est détestaient le nord.

Horodateur : C’est dur cette sentence, mais « donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprends-lui à pêcher, il mangera toujours. »

Nawak : Les conséquences de cette décision seront probablement terribles à très court terme mais elles seront salvatrices à long terme. Il est inexplicable que se soit des pays étrangers qui financent les besoins primaires de populations entières. Les gouvernements pouvaient se concentrer sur le pillage de leur pays car ils savaient que les étrangers (principalement les occidentaux , 90% de l’aide humanitaire mondiale) s’assuraient que leur peuple ait de quoi survivre et ainsi protéger leur pouvoir. C‘est justement là que la souveraineté d’un pays commence, quand il est capable de nourrir, soigner et éduquer seul son peuple.

DRoman : Les dirigeants africains, latino américains et asiatiques seraient bien inspirés d’en tirer les conclusions finales : Reprendre le contrôle de toutes leurs ressources, expulser tous les militaires occidentaux, n’accepter la présence de multinationales qu’en échange strict de transfert de technologies et de programmes de formation de leurs cadres, fixer librement leurs prix ( x 100 pour l’uranium, x 10 pour le pétrole), se poser la question du tourisme de masse pour leur équilibre social… On verra alors comment l’Europe si vertueuse s’en sortira… hahaha !

Paris13 : Chez nous, les subsides distribués font-ils reculer la pauvreté ou bien ne sont-ils là que pour acheter la paix sociale ?

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aide au développement, nouvelle formule

extraits : C’est seulement en 1949 qu’un discours du président américain Truman invente la notion de sous-développement : « Nous devons nous engager dans un nouveau programme audacieux et utiliser notre avancée scientifique et notre savoir-faire industriel pour favoriser l’amélioration des conditions de vie et la croissance économique dans les régions sous-développées ».  La société thermo-industrielle devenait ainsi une référence universelle, il fallait passer obligatoirement par les cinq étapes de la croissance économique, c’est-à-dire dépasser l’état de société traditionnelle, faire son décollage économique pour aboutir à l’ère de la consommation de masse. Cette théorie du parcours obligé a merveilleusement servi les intérêts des grandes puissances….

Charité bien ordonnée commence par soi même…

extraits : Le président américain a ordonné dès le 20 janvier 2025 la suspension de tous les programmes d’aide étrangère des Etats-Unis pour une durée de 90 jours. Trump assure que ces programmes « servent à déstabiliser la paix mondiale en promouvant dans les pays étrangers des idées qui vont directement à l’encontre de relations harmonieuses et stables à l’intérieur des pays et entre les pays ». Aux Etats-Unis, dans les milieux conservateurs, l’aide à destination de l’étranger est considérée de longue date comme un symbole de gabegie et de programmes inutiles….

APD, l’aide au développement, une illusion

extraits : Le développement n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens . Ce n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. L’aide au développement est même devenue une menace pour le pays en difficulté. Il sera entraîné dans une série de dépendances qui en feront un instrument entre les mains de l’institution « donatrice ». Ce n’est pas sans raison que le gros des dépenses va à l’aide militaire, l’aide pour les infrastructures du « développement » et l’aide financière pour sauver des institutions bancaires de la faillite…

Baisse de l’aide publique au développement

extraits : Dans un compte-rendu de colloque, « Malthus hier et aujourd’hui » (1984), le politicien sénégalais Landing Savané affirmait : « L’aide internationale est comparable à la Loi des pauvres puisqu’elle bloque la nécessité de développer la production locale et d’assurer l’autosuffisance alimentaire. On voit mal comment il serait soutenable de fournir en permanence des aides toujours croissantes à une population dont la croissance provoquerait la dégradation des sols sur lesquels elle vit, et donc une diminution de ses propres ressources. »  Depuis, on a laissé la situation démographique se détériorer jusqu’à ce que dans plusieurs pays comme l’Égypte ou le Nigeria on ait atteint le point de non retour….

Pleurnicher pour l’aide n’est pas une stratégie

extraits : Il faut sortir de cette sémantique de l’illusion : personne n’aide personne. Face aux transactions que l’on classe sous le registre de « dons », il faudrait mesurer ce que les pays occidentaux reçoivent de l’Afrique dans divers secteurs, tels que celui des matières premières dont ils fixent les cours d’achat, le montant des maigres royalties qu’ils versent aux Etats, etc. L’appui américain à l’Afrique, c’est cinq fois moins que les capitaux illicites qui quittent le continent chaque année et dont il faudrait se demander ce qu’ils deviennent ! Les pays africains proposent très peu de stratégies crédibles de transformation . Ils se contentent chaque mois de trouver de l’argent pour payer les fonctionnaires et l’armée, ils ne développent pas l’économie. Le Ghana, qui est considéré comme un pays africain plus performant que les autres, a signé 17 accords avec le FMI. Fin 2022, il était toujours en défaut de paiement…..

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Rupture avec l’idée d’« abondance » ?

Quand ma fille encore petite me déclarait (il y a quarante ans) «  Moi, j’ai envie de… », je lui répondais : « D’accord. Mais pourquoi cette envie soudaine ? Que veux-tu réellement ? Pourquoi cette précipitation ? » Il faut savoir résister à la société de consommation, ce qui demande une réflexion poussée pour ne pas sauter sur le dernier objet à la mode. L’écologie, c’est en résumé posséder un sens aigu des limites. C’est comprendre que l’exigence de l’abondance matérielle détériore gravement la biosphère. Se contenter de peu est la voie d’une sagesse qui minimise notre empreinte écologique.

Ce n’est pas l’avis de la gauche et la droite, qu’elle soit française ou américaine, on court après l’abondance et la hausse du niveau de vie. Comme quoi tous ceux qui croient à la croissance dans un monde fini sont soit des politiciens, soit des fous. Quant aux écologistes, je ne sais plus comment ils se situent… recherche de l’abondance ou maîtrise des pénuries ?

Corine Lesnes : L’« abondance » est le mantra de la nouvelle gauche américaine. Bâtir plus, produire plus, développer, aller plus vite. L’abondance, c’est l’opposé de la décroissance.Le mot a surgi dans le débat public à la mi-mars, avec la publication du livre Abundance d’ Ezra Klein et Derek Thompson. Leur credo : mettre au centre de la politique, non pas une revendication – égalité, justice, prospérité –, mais une projection. Celle d’un avenir où logements, énergies, transports et soins seraient disponibles à profusion. Le livre est devenu une bénédiction pour des élus en mal de message positif. « Nous savons qu’il faut construire des logements, développer le réseau électrique et investir dans la recherche scientifique, notait le représentant démocrate de Californie Scott Peters. Pourtant, nous laissons des groupes prétendument écologistes prendre en otage la transition énergétique dans des décennies de contentieux juridique. »

Les « Yimby » (« Yes in my backyard ! », « oui, dans mon jardin ») s’opposent aux « Nimby » (« Not in my backyard ! »). Les « Nimby » sont écologistes. Les « Yimby » réclament des maisons, de l’énergie pour leurs réseaux, des panneaux solaires, des innovations, et surtout, des résultats. Des développements indispensables, comme des panneaux solaires ou des parcs d’éoliennes, sont à leur avis « bloqués ou ralentis jusqu’à l’immobilisme par des obstacles désuets et d’un localisme étroit ». Aux « Nimby » qui pensent protéger la planète en freinant le développement, ils répondent que le sentiment de pénurie alimente le vote populiste. L’abondance, c’est le rêve américain 2.0, si possible à vitesse accélérée.

Le point de vue des écologistes

JlF : Toujours plus. Et on ose appeler ça « nouveau ».

PALEO : Parler d’“abondance” sans reconnaître l’effondrement écologique en cours, c’est du déni. Produire toujours plus, c’est accélérer la catastrophe climatique et la destruction du vivant.

M. Kolarov : Vouloir l’abondance dans un monde aux ressources finies dont le pic d’extraction des énergies fossiles a déjà été dépassé en pariant sur des technologies qui n’existent pas encore, la chute est connue d’avance !

Kiamb : Bref les Démocrates 3.0 ne sont pas écolo mais libéraux (peu de réglementation) et partisans du « toujours plus » consumériste… Make America great again comme Trump !

D.KOUINO : Bref si l’on résume, ce sont des gens de gauche, qui s’ils étaient français auraient voté la loi Duplomb avec enthousiasme au nom de la liberté. Traduit en bon français leur philosophie se résume à : « l’écologie m’emmerde et j’emmerde l’écologie ».

Dupapont : Ce serait moins inquiétant si ces gens n’étaient pas à 15 tonnes CO2/hab/an

Caracol : L’abîme est en vue, accélérons.

GoAl : Pas un mot sur l’abondance spirituelle pour se rendre maître des excès trop humains…

Sylvian : La sobriété heureuse de Pierre Rabhi semble plus adaptée que la course sans fin à l’abondance pour affronter les défis causés par la surconsommation.

Michel Sourrouille : A travers les mécanismes de la division du travail de la révolution industrielle, on entre dans une période productiviste qui a débouché sur notre société de consommation. Plus dure sera la chute ! Un cornucopien est un illusionniste qui estime que les innovations technologiques permettront à l’humanité de subvenir éternellement à tous ses besoins matériels. Le terme lui-même vient du latin cornu copiae signifiant corne d’abondance. En 1798, le révérend Thomas Malthus reprend la prophétie d’une fin prochaine de l’abondance dans le but de réfuter les pensées « cornucopiennes ». Il entend répondre, non plus aux républicains anglais, mais aux défenseurs de la Révolution française. A Condorcet, qui avait promis un avenir d’amélioration continue et la fin de la pauvreté, il oppose les limites matérielles au progrès humain. L’argument n’est pas nouveau, mais Malthus lui donne une dimension scientifique et philosophique inédite. Au début du XIXe siècle, l’Angleterre a déjà dépassé les limites naturelles de ce que son territoire peut produire. Pour cet ecclésiastique anglican, la seule réponse aux limites physiques est morale : il faut restreindre les naissances.

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Septembre 2022, de l’abondance à la pénurie

extraits : L’abondance est une notion toute relative. Elle dépend de « besoins » qui sont eux-mêmes le produit de structures sociales et culturelles changeantes. En 1972, Marshall Sahlins montre que l’abondance n’a peut-être jamais été aussi parfaite que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs. Dans ces populations nomades où la surmortalité des enfants et des vieillards est acceptée, et où les inégalités de richesse sont constamment mises en échec par le groupe, les besoins sont minimes. On peut alors jouir de beaucoup de temps libre, ne chassant et ne glanant que quelques heures par jour….

Bientôt la fin de l’abondance, annoncée depuis longtemps par notre blog biosphere

Lire, Macron annonce le rationnement énergétique (6 septembre 2022)

Lire, société d’Abondance, société de pénuries (6 juillet 2022)

Lire, A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance» de Marshall Sahlins(11 avril 2021)

Lire, Journée mondiale de l’eau, un constat de pénurie (22 mars 2019)

Lire, Climat et pénuries, la démocratie en danger (5 janvier 2019)

Lire, Abondance, s’éloigne quand on lui court après (14 février 2018)

Lire, La pénurie au Venezuela, et si c’était la France ? (4 juillet 2016)

Lire, Droite et gauche, société du risque ou société de pénurie (19 janvier 2014)

Lire, fin de la société minière, fin de l’abondance à crédit (28 novembre 2013)

Lire, Peak all, pénurie de tout, énergie et minerais (13 mai 2012)

Lire, pénurie définitive de carburants (2 novembre 2010)

27.12.2008 conclusion : l’abondance du désert

Des ethnologues parcourent le désert du Kalahari en passant d’un clan de Bochimans à un autre, accompagné par un interprète indigène. A la question « Ce clan est prospère ou misérable, », l’interprète rétorque que, pour répondre, il lui faudrait connaître les insectes comestibles, les racines, les abies et les petits mammifères disponibles en cette période de l’année, et ajoute que, selon son expérience, personne ne manque jamais de rien dans les clans. Sages seigneurs du désert qui, n’ayant nul besoin des cadeaux de l’extérieur, les acceptent courtoisement avant de les abandonner discrètement, comme des choses superflues, parmi les détritus du camp. Les peuples les plus primitifs du monde ont peu de biens, mais ils ne sont pas pauvres. (in La puissance des pauvres de M.Rahnema et J.Robert)

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Le ventilateur de poche, à boycotter

Le journal La décroissance nous offre entre autres merveilles d’analyse sa rubrique traditionnelle « la saloperie que nous n’achèterons pas ». Nous en avions dressé en 2011 une liste non exhaustive, la bombe nucléaire, l’ascenseur, l’appareil photo, le vélo électrique, le chewing-gum, etc. Dans LE MONDE du 8 août 2025, un écrivain s’attaque au ventilateur de poche.

Thomas Clerc : L’objet le plus con… s’appelle le ventilateur électrique de poche. N’y avait-il pas, jadis, un objet beaucoup plus smart, qui s’appelait « éventail » ? Il se faisait fort de lutter contre la chaleur par des moyens à la fois fonctionnels, simples et d’une élégance très écolo. Le ventilateur de poche est tout le contraire, il est nuisible et moche, à l’image du monde dans lequel nous sommes précipités par le libéralisme technologique le plus absurde. Le capitalisme techno ne supporte pas la permanence des choses ; il modifie toute la camelote qu’il produit par un renouvellement constant, raison de son succès planétaire auprès de ceux qui croient être dans le vent alors qu’ils vont dans le mur. L’industrie des pollueurs plastiques a de beaux jours devant elle, qui est sans cesse en train d’inventer de quoi rendre le monde irrespirable. Il paraît qu’il se vend des millions de ventilateurs électriques de poche : ses promoteurs peuvent remercier le réchauffement climatique, un business juteux ; Encore un effort pour être plus com… pétitif, plus com… plice, plus con… sumériste, si vous voulez qu’on évite les gros mots. Mais qu’est-ce qu’un gros mot à côté d’un objet qui dissimule sous son apparente fraîcheur sa nocivité parfaite ?

Le point de vue des écologistes anti-consumérisme

Ce ventilateur n’est qu’un simple exemple des multitudes de gadgets qui fonctionnent à l’électricité. La porte s’ouvre toute seule devant toi, tu n’as pas à bouger sur l’escalator, tu fais de la trottinette ou de la bagnole électrique, et même tu te brosses les dents sans rien avoir à faire. Cet impérialisme du tout électrique formate nos structures, même les plus indispensables : trains et caténaires, caisses enregistreuses, comptabilité des entreprises, usage de l’ordinateur ou du smartphone sans parler de l’appel à l’Intelligence Artificielle devenue indispensable aux élèves et aux profs. Sans électricité, tu n’es plus rien, sans électricité tout s’arrête comme lors de la panne géante qu’il y a eu récemment en Espagne. Notre société est devenue ultra-dépendante aux réseaux électriques, donc d’autant plus fragile. Or l’électricité, il faut la fabriquer, la distribuer, la stocker…

Boris Vian : complainte du progrès (1956)

Ah, Gudule viens m’embrasser Et je te donnerai

Un frigidaire Un joli scooter Un atomixer Et du Dunlopillo
Une cuisinière Avec un four en verre Une tourniquette Pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur Pour bouffer les odeurs Des draps qui chauffent Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux Et nous serons heureux…..

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novembre 2009. saloperie de parfum

extraits : Il y a la saloperie que nous n’achèterons pas ce mois-ci (mensuel La Décroissance, journal de la joie de vivre, novembre 2009) : « Quand une personne achète un parfum, avant d’acheter une odeur, elle achète une image : celle que livre la publicité. On est un homme « Dior » ou une femme « Samsara ». Quand on achète un parfum, on achète à 90 % de la pub. Et c’est cher ! Le parfum pousse à son paroxysme la logique consumériste : on achète les moyens de son endoctrinement. »

juillet 2011. liste des saloperies à ne pas acheter

extraits tirés du journal La décroissance, entre 2004 et 2011

le gros équipement superflu : la bombe nucléaire ; le yacht  ; la résidence secondaire ; le pavillon ; le TGV ; l’hélico ; la moto  ; le quad ;  la mini-moto…

les équipement inutiles : le « Home Cinema » ; l’ascenseur ; l’escalator ; l’aspirateur ; la tondeuse à gazon ; le climatiseur ; la fontaine à eau…

les appareils électroniques à jeter : l’appareil photo numérique ; l’ordinateur ; le Ipod ; le cadre-photo numérique…

les trucs électriques dont on peut se passer : le vélo électrique ; la radio ; la chaîne stéréo ; la machine à pain ;  la machine à expresso ; moulins à sel et à poivre électrique ; la brosse à dents électrique ; le cornet à glace motorisé…

les gadgets attrapes-couillons : le chien ; le chewing-gum ; le jus de fruit Unicef ; le chocolat ; le pot de Nutella  ; le stylo à bille ; le costard ; la cravate ; la montre…

Mars 2025. Court de tennis, la saloperie que nous n’achèterons pas

En ce mois de mars 2015, La décroissance s’attaque au court de tennis. En résumé…

juillet-août 2025. La saloperie que nous n’achèterons pas, la musique amplifiée

extraits de La Décroissance, juillet août 2025. Quel râleur ce Raoul ! Voilà qu’il s’en prend à une de nos petites joies estivales, les festivals ! Un concert de musique amplifiée, saloperie à ne pas acheter ? Eh, tu ne serais pas un petit peu vieux jeu ? Vous n’avez pas tort, je vieillis, je supporte de moins en moins ces rassemblements festifs, cette foule qui exulte devant ces groupes adulés, entraînés par une musique endiablée. Alors que j’aimais ça dans ma prime jeunesse ! Mais je me suis livré à une introspection : « Dis-moi, toi qui te prétends partisan de la décroissance, qu’est-ce que tu fais là » ? C’était lors d’un concert de Patti Smith à la fête de l’Huma. Lors d’un Printemps de Bourges, je me suis retrouvé sous un chapiteau en compagnie d’une dizaine de milliers de congénères, j’ai enfin compris : nous étions dans une usine à décibels sous perfusion électrique, nous consommions la production standardisé de l’industrie du divertissement…

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Grandir au contact de la nature, impératif

Alors que l’Allemagne, la Suisse ou les pays nordiques ont depuis longtemps intégré le plein air à leur pédagogie, la France est à la traîne. Dans une tribune au « Monde », un collectif d’élus et de professionnels de l’éducation appelle à systématiser par une proposition de loi des sessions de classe dehors, sur tout le territoire.

collectif : Face au réchauffement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à la crise sanitaire et sociale que traversent nos enfants, le lien au vivant n’est plus un luxe, mais une nécessité. Apprendre dehors et au contact de la nature, sur tous les temps de la vie de l’enfant, à la crèche, dans la cour de récréation, un potager pédagogique, un tiers-lieu ou en classe découverte, c’est apprendre autrement. C’est découvrir le monde par les sens, l’émerveillement, l’enquête, l’attention, l’ouverture à l’autre. C’est aussi ancrer les savoirs fondamentaux dans une expérience vivante du réel, qui stimule la concentration, la curiosité, l’apprentissage, développe la motricité, la confiance en soi, améliore les compétences langagières et mathématiques. C’est aussi un levier puissant de santé publique, en luttant contre la sédentarité, le stress, l’exposition excessive aux écrans et les troubles de l’attention.

Or les enfants français passent dix fois moins de temps dehors qu’il y a trente ans. Près de 40 % des enfants de 3 à 10 ans ne jouent jamais dehors en semaine. Ce déficit de nature engendre un isolement sensoriel, un appauvrissement de l’imaginaire, un mal-être croissant. Nous avons donc besoin d’une loi pour inscrire durablement l’éducation au contact de la nature dans notre système scolaire. Il ne s’agit pas d’une loi de plus, il s’agit d’un basculement : celui qui fait du vivant une part pleine et entière de l’expérience scolaire.

Le point de vue des écologistes du retour à la terre

Les commentaires sur lemonde.fr

– Pendant qu’on fait des lois pour apprendre dehors, le dedans verrouille les grilles. La nature ? Oui, mais encadrée. Chronométrée. Répertoriée. L’enfant doit rester assis, visible, numéroté. L’autorité perd son plan de salle, ça panique.

– Faut-il rappeler que l’administration et les profs s’étranglent dès qu’un quidam propose un cours sous un arbre du lycée ? Un buisson, c’est une zone grise. Une brindille, c’est une prise de risque.

– Oui, mais s’il pleut ? La nature, ce n’est pas seulement le ciel bleu, l’herbe verte et les petits oiseaux… c’est aussi le froid, la pluie, la grêle, les fourmis, les guêpes… On marche, on n’est pas surveillé par des parents précautionneux. Il faut savoir ce qu’on veut !

– Un petit qui se fait mal, un vêtement qui se déchire, et tout le monde monte au créneau.

– Le coût des classes de découverte a explosé du fait des contraintes réglementaires croissantes. Et on ne ferait plus les choses comme il y a trente ans sous peine de faire hurler les parents sur les conditions d’hébergement, d’hygiène, d’encadrement, etc.

– Les bourgeois envoient leurs enfants chez les scouts, et les classes populaires n’ont droit qu’au bitume de leurs cités.

– Quand l’évasion passe actuellement par le seul écran d’un portable, il n’y a plus de nature…

René Dumont se passionnait pour la terre. « Dès que j’ai eu la force physique de prendre la fourche au poing, je l’ai fait. » Partout l’agronome plaide pour la réhabilitation du travail manuel. « Apprendre à labourer est plus urgent que le théâtre de Racine », répète-t-il en Afrique où le diplôme universitaire a pris une dimension quasi-mythique. Les étudiants applaudissent à tout rompre son discours sur les inégalités Nord-Sud. Soudain il hausse le ton et tend un doigt accusateur : « Vous êtes un par chambre, vous vivez comme des petit-bourgeois, savez-vous combien ça coûte aux familles de paysans pour vous entretenir ? » Silence glacial. Il en appelle à une éducation fonctionnelle : « à six ans les enfants peuvent repiquer, sarcler en terre légère, arroser, commencer à produire des légumes »…

René Dumont a été candidat à la présidentielle en 1974 au nom de l’écologie… Sa leçon aux pays dits émergents aurait des applications en France où notre civilisation devient hors sol.

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Enfants coupés de la nature, civilisation sans âme

extraits : « Quoi ? Pieds nus dans l’herbe ? Ça va pas la tête ! C’est dégoûtant. Il y a des bêtes… » Dans un monde normal, on découvre le contact direct avec la terre dès qu’on commence à marcher. Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine. Et les petits franciliens sortent encore moins. Quand on ne sait plus grimper aux arbres et jouer dans l’herbe, on se déconnecte aussi de tout contact avec le sensible, notre odorat, notre toucher. Quand un enfant joue dehors, la nature lui offre des défis variés, il a l’occasion de prendre des décisions, de résoudre des problèmes. Mais tout retient les enfants à intérieur des habitats, l’attrait des écrans, l’urbanisation, les « dangers » de l’apprentissage de l’autonomie. Des enfants dénaturés, le constat est terrifiant. Comment devenir écolo dans un tel contexte ?….

Notre très inquiétante séparation d’avec la nature

extraits : Que reste-t-il de la vraie nature dans nos villes, nos intérieurs aseptisés, nos supermarchés climatisés, nos jardinets engazonnés, nos autoroutes embouteillés et nos parcs d’attraction ? A la maison, à l’école ou au travail, quand sommes-nous en contact sensoriel avec la texture de la terre, la lumière, les cycles de la terre, les esprits des arbres, la puissance de la vie ? Où et comment apprenons-nous cela ? De par leur formatage intérieur dès la petite enfance, nombre de personnes sont – existentiellement et émotionnellement – trop séparées de la nature pour être véritablement touchés par les maux qui l’affectent. Fruit de la modernité, la culture de la société industrielle est déconnectée de son substrat naturel. Nous savons notre impact écologique négatif, mais nous n’y prêtons guère attention, car la nature ne fait plus vraiment partie de notre être et de notre vie….

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Fast-fashion ou mode éphémère, à interdire

La nouveauté vestimentaire n’est pas normalement un besoin : autrefois chacun s’habille comme ses parents et grands-parents. A l’époque l’habillement, c’est un coût ; il représente encore un tiers du budget des ménages en 1950… contre 5 % en 2020. Alors il faut faire vendre pour garder le chiffre d’affaires. L’industrie du luxe prolifère, et les pauvres ont la fast-fashion. Les vêtements sont destinés à être portés pendant une très courte période, et à un coût suffisamment bas pour que la clientèle soit fortement incitée à les renouveler très fréquemment. La durée d’utilisation des vêtements n’est pas limitée seulement par l’idée de démodé, mais aussi par leur faible qualité, ce qui les rend difficiles à revendre ou à donner. Ils sont de plus difficiles à recycler à cause du polyester. La fast-fashion ou mode éphémère est un des pièges de la surconsommation qui nous mène au désastre. Le secteur de la mode compte parmi les industries ayant un des impacts les plus importants sur les changements climatiques et le renforcement des inégalités socio-économiques à travers le monde.

Une proposition de loi vise à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile.

Juliette Garnier : C’est le texte qui électrise le secteur de la mode. Adopté à l’unanimité par les députés en mars 2024, il prévoyait d’imposer aux acteurs de la fast-fashion, cette mode éphémère à prix cassés, un malus indexé sur un score environnemental et de leur interdire de faire de la publicité. Largement amendé par la commission du développement durable du Sénat, l’interdiction de publicité se limiterait à empêcher les plateformes de recourir à des influenceurs pour faire leur promotion. Examinée les 2 et3 juin 2023 au Sénat, le gouvernement a annoncé soutenir un amendement pour rétablir l’interdiction totale de publicité.

Le point de vue des écologistes démodés

On va encore se laisser envahir par cette m… ?

Quand on achète des vêtements qui ne dureront qu’une saison, produits à l’autre bout du monde au mépris des droits humains et de l’environnement, en concurrence directe avec les boutiques de proximité… et bien on doit avoir deux sous de bon sens pour se dire que tout le monde est perdant dans l’opération ! Même le consommateur qui, certes achète moins cher, mais pour des choses dont il n’a pas besoin et/ou qui seront hors d’usage au bout de quelques mois. Notons que les grandes enseignes d’habillement françaises font aussi fabriquer leurs collections dans des pays à bas coût. Elles ont aussi recours à des tissus bon marché en polyester à forte empreinte environnementale. Elles vendent aussi pléthore de références après avoir abandonné le rythme d’antan de deux collections par an. La liberté de communiquer et d’entreprendre a bon dos.

Dans un système mondialisé, il faut faire de la démondialisation de la production. Dans un système de surconsommation, il faut faire de la sobriété textile. On se rappelle avec nostalgie la philosophie du rouet de Gandhi par laquelle chaque famille indienne se devait de tisser ses propres étoffes pour lutter contre les importations (en provenance d’Angleterre) destructrices du tissu social indien. Il ne reste plus aux syndicalistes occidentaux qu’à appliquer cette leçon de l’histoire : il est de tout temps nécessaire de fabriquer localement ses propres vêtements.

Dans le désert, nous crions : non à la mode, non au luxe, non aux inégalités de revenus, oui à la stabilité, oui à la simplicité. Nous voulons des vêtements unisexe, simples, inusables ou presque.


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La législation anti-obésité à la diète

L’obésité et le surpoids sont associés à un risque accru de nombreuses pathologies (diabète de type 2, maladies cardiaques, hypertension artérielle, cancers…) et représentent déjà la cinquième cause de décès dans le monde. Sachant que l’obésité est un facteur de risque pour une vingtaine de pathologies associées, pour la plupart chroniques, la tendance chez les individus plus âgés risque de placer encore plus sous tension des systèmes de santé exsangues. Mais le lobbyisme de la malbouffe n’a qu’un objectif, nous faire mourir plus vite et engranger le plus rapidement possible des bénéfices !

En élève obéissant, le gouvernement britannique préfère ne rien faire. Le Royaume-Uni est pourtant l’un des pays les plus touchés en Europe par l’obésité infantile.

Cécile Doucourtieux : Que va-t-il rester de la future législation anti-obésité britannique, censée lutter contre la proportion alarmante d’enfants en surpoids au Royaume-Uni ? Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a confirmé le 22 mai que les nouvelles règles interdisant la publicité avant 21 heures à la télévision (et la bannissant complètement en ligne) pour les aliments dits « ultratransformés » (à savoir trop riches en sel, en sucres, en gras et dangereusement addictifs) ne seront plus introduites au 1er octobre 2025 comme prévu, mais au 1er janvier 2026. Ces règles ne concerneront pas les affichages publics, les publicités radio ou incluses dans les podcasts et les services de streaming tels que Spotify.

Le renoncement du gouvernement Starmer est intervenu après une série d’interventions et de courriels de la Food and Drink Federation, le syndicat des industriels de l’agroalimentaire, représentant notamment Nestlé, Mondelez, Coca-Cola ou Unilever. La nouvelle réglementation se contente d’encourager vaguement la promotion d’« options [alimentaires] plus saines ».

Le point de vue des écologistes à la diète

La promotion agressive de junk food pas chère rend la tâche de nourrir sainement les enfants presque impossible pour les familles. En voyage en Écosse il y a 3 ans j’avais été surpris à Inverness par le manque de choix dans le rayon fruits et légumes du tesco local et à contrario combien était bien achalandé le rayon des chips et autres snacks… Devant les écoles, il est vraiment désolant de voir les gamins manger chips et coca et sandwich triangle tous les midi. (Le fameux “meal deal” mis en avant par tous les supermarchés).

La santé ou les profits ? Le choix devrait être évident. Pourtant, selon la même logique que l’alternative entre la fin du monde ou la fin du mois, l »humain choisit ce qui lui nuit. C’est beau le capitalisme dérégulé ! Comment ces chefs d’entreprise et ces politiques font-ils pour continuer à se regarder dans la glace le matin ? Ils préfèrent regarder le cours de leurs stock options.

Il existe une affinité souterraine entre l’alimentation industrielle et la pensée autoritaire : toutes deux reposent sur la standardisation des goûts, l’élimination de l’altérité. Manger mal, c’est penser pauvrement, non par manque de moyens, mais par réduction des possibles. Le sucre en excès remplace le goût complexe ; la peur de l’épice devient peur de l’étranger. Ainsi se referme le palais, et avec lui, l’horizon. La politique promeut une identité préfabriquée, facile à avaler, sans mastication, comme un produit ultra-transformé. Les estomacs saturés de gras trans digèrent mieux les slogans que la nuance. Là où le goût s’éduque, le fascisme recule. Là où tout est fade, il revient, comme un fast-food des ressentiments.

Arrêtons les messages hypocrites (à consommer avec modération, consommez moins d’aliments gras, salés ou sucré, au moins cinq fruits et légume par jour), c’est la malbouffe qui occupe l’espace. Un gouvernement efficace commencerait par interdire la pub, toute la pub, pour laisser le consommateur mieux choisir son régime.

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Le poids du nombre ET le poids des obèses (janvier 2022)

extraits : C’est une « épidémie mondiale » dont on parle moins mais qui fait encore plus de morts que le SARS-Cov2. Selon un rapport de la Food Foundation publié en juin 2024, les niveaux d’obésité chez les 10 ans et 11 ans ont bondi de 30 % dans le pays depuis 2006. Un enfant sur cinq est considéré comme obèse à la sortie de l’école primaire. En outre, la taille moyenne des enfants de 5 ans a régulièrement baissé depuis 2013 et le nombre de personnes diagnostiquées avec un diabète de type 2 a grimpé de 22 % chez les moins de 25 ans, entre 2019 et 2024. Maladie chronique aux conséquences parfois graves sur la qualité et l’espérance de vie, l’obésité est le résultat de facteurs sociopolitiques, économiques et, bien sûr, environnementaux….

Lire aussi, Malbouffe, le dico (les dossiers du Canard enchaîné)

Lire, boycottons Coca-Cola, buvons de l’eau, c’est plus écolo

Lire, Interdisons les sodas, place à l’écologie responsable

Lire, Que faire contre les obèses, attendre leur décès

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Un président de la république tel que je l’aime

Cet article est notre post n° 7400. Il résume par l’intermédiaire de José Mujica tout ce que nous voulons défendre sur ce blog.

Pendant son mandat, on l’avait surnommé « le président le plus pauvre du monde » car il avait préféré rester dans sa modeste ferme, à Rincon del Cerro, à 15 kilomètres de Montevideo, et continuer à y cultiver ses fleurs, plutôt que de s’installer dans le palais présidentiel. Dès que sa santé le lui permet, José Mujica laboure son champ avec son tracteur à plus de 80 ans. Il a été militant tupamaros, guérilla qui a opté pour la lutte armée dans les années 1960 pour tenter (en vain) de contrer l’instauration d’une dictature (1973-1985) en Uruguay. 

José « Pepe » Mujica en a été président de 2010 à 2015. Il est mort le 13 mai 2025. Puisse son message être relayé.

José « Pepe » Mujica en 2024 : « Nous n’avons pas changé le monde, mais nous nous sommes battus pour qu’il y ait une meilleure répartition. Le fait que les Etats-Unis, le pays avec le plus fort taux de scientifiques, de penseurs, d’universitaires brillants, aient choisi quelqu’un comme Trump montre que la démocratie contemporaine est malade et ne donne pas de réponses à la complexité croissante de ce monde. La voie des armes et la voie électorale vers la révolution ont toutes deux été prises, et ont toutes deux échoué.  La dictature du prolétariat n’a servi qu’à créer de la bureaucratie parasite et inefficace. Qu’est-ce que la liberté ? C’est d’abord avoir une raison de vivre. Ensuite, c’est avoir du temps pour faire ce qu’on a envie de faire. Mais si je dois passer ma vie à travailler pour consommer, je ne suis pas libre. La véritable liberté consiste à apprendre à vivre sobrement. Mais la société de consommation est un élément fonctionnel de l’accumulation capitaliste. En Uruguay, il y a trois millions et demi d’habitants, et nous importons 27 millions de paires de chaussures par an. Comme si on était des mille-pattes ! Penser que pour être heureux il faut être riche est une tragédie.  L’amélioration des indicateurs sociaux en Uruguay [réduction de la pauvreté et des inégalités, du travail informel, augmentation des salaires…] a été le fruit de notre labeur, le mien, et celui de beaucoup d’autres. Cependant, nous avons fait des consommateurs, mais nous n’avons pas fait des citoyens. J’appartiens à une génération qui pensait qu’en changeant les relations de production et de distribution, on changerait la société. Qu’on aurait un homme nouveau. Nous nous sommes trompés. Nous n’avons pas su donner à la culture le rôle qu’elle devrait avoir. Nous avons surestimé le rôle de l’économie. Pour les indigènes Aymaras, celui qui est pauvre est celui qui n’a pas de communauté. Et moi je suis entouré ici par tous mes camarades. La bêtise humaine est de se croire indispensable et de ne pas se rendre compte que le vieil arbre fait de l’ombre et doit s’écarter pour les jeunes pousses. J’ai toujours dit que le meilleur dirigeant n’est pas celui qui en fait le plus, mais celui qui laisse des remplaçants qui feront mieux que lui. Mais Yuval Noaḥ] Harari m’a un jour dit qu’il avait peur que l’humanité n’ait pas le temps de réparer les désastres qu’elle a commis, que l’holocauste écologique s’abatte sur elle avant qu’elle ne puisse inverser la tendance. Parce que nous, les humains, nous savons parfaitement ce qu’il faut faire, mais nous ne le faisons pas. Nous mourons les yeux ouverts. » 

nécrologie de José Mujica : Son éthique s’exprime par une vie toujours menée dans la frugalité, roulant à côté de sa compagne, Lucia Topolansky, au volant de sa Coccinelle Volkswagen sur les chemins de terre qui le conduisent au palais présidentiel depuis sa petite ferme. Après une journée d’exercice du pouvoir, on l’aperçoit s’occuper de ses plantations de marguerites et recevoir, sur les chaises en plastique de son jardin, autorités, journalistes et célébrités du monde entier. Fort de son image, Mujica prononce deux discours dont le retentissement sera planétaire. Celui qui n’a ni compte Twitter, ni Facebook, ni même de smartphone prend la parole, en 2012, au sommet de l’ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro, puis en 2013 lors de la 68assemblée des Nations unies à New York. Le vieux militant n’accorde que peu d’importance au fait d’être au pouvoir, car, pour lui, « ce n’est qu’une circonstance » ; il cherche à laisser « una barra » (« une bande ») de militants jeunes capables de pousser de nouvelles énergies de transformation sociale. « A quoi sert un vieil arbre s’il ne laisse pas passer la lumière pour que des nouvelles graines poussent à travers son feuillage ? »  Mujica associe la liberté à la politique et répète aux jeunes :

« Tu n’es pas une fourmi ou un scarabée, car tu as de la conscience. Au lieu de suivre un destin naturel, une tradition, ou de mener une vie dépourvue de sens, tu peux faire quelque chose avec le monde où tu vis. Prends la vie entre tes mains et construis un projet collectif. Ne perds pas ton temps à travailler pour gagner de l’argent, tu n’auras fait que perdre ta vie, ton temps de vie, dont la seule chose importante est de la vivre avec les autres… Vis comme tu penses ou tu finiras par penser comme tu vis ! »

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Le mensuel La décroissance de novembre 2014 dans Le président de la décroissance ? : «  Tu es libre seulement les moments de ta vie où tu fais des choses qui te plaisent, et tu n’es pas libre quand tu dois te consacrer exclusivement à gagner de l’argent… La vie ne doit pas servir la marchandise… » Cette citation provient du président de la République de l’Uruguay, José Mujica. C’est la première fois qu’un chef d’État va aussi loin dans la dépossession. Tous ce qu’il possède, c’est une Coccinelle. Il habite dans une ferme qui appartient à sa femme… Il reverse 87 % de ses émoluments à des œuvres sociales…

Le contexte uruguayen

Avec 2,7 millions d’habitants, l’Uruguay fait alors figure d’exception dans l’Amérique du sud, grâce aux réformes du président José Batlle (1903-1907 et 1911-1915). La peine de mort a été abolie en 1907, le divorce légalisé en 1913, l’Eglise séparée de l’Etat en 1917, les femmes votent depuis 1927. Grâce au poids considérable d’un salariat protecteur qui couvre plus de trois quarts de sa population active et à un taux d’urbanisation supérieur à 80 % depuis les années 1930, l’Uruguay a inventé la social-démocratie, bien avant l’Autriche ou l’Allemagne.

Mais divers secteurs de l’armée conspirent depuis 1964 avec le soutien des administrations nord-américaines. Fin 1972, la guérilla des Tupamaros est définitivement défaite par l’armée. Neuf dirigeants, dont Mujica, seront déclarés « otages » par la dictature militaire qui s’installe après le coup d’Etat de juin 1973 et maintenus dans des conditions terribles d’isolement total et de torture pendant près de treize années.

En 1989, Mujica et les Tupamaros créent le Mouvement de participation populaire (MPP), partie intégrante de l’alliance des gauches. Mujica se présente à une élection pour la première fois en 1995, où il est élu député. En 2000, il est sénateur, en 2005 ministre de l’agriculture, en 2010 président de la République. Sous la présidence de Mujica, l’Uruguay légalise l’avortement (2012) et le mariage homosexuel (2013), il régule la consommation et la production de cannabis en 2014. Une loi visant à limiter les effets monopolistiques de concentration de la presse. La pauvreté est divisée par deux et la pauvreté extrême réduite à 1 % de la population ; le système de santé est réformé, offrant un accès assez égalitaire à la santé.

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Héritiers, héritage et générations futures

Marlene Engelhorn, descendante de Friedrich Engelhorn, le fondateur des entreprises chimiques et pharmaceutiques allemandes BASF, est devenue multimillionnaire à la mort de sa grand-mère, Traudl Engelhorn-Vechiatto, en septembre 2022. L’Austro-Allemande a décidé, en 2024, de redistribuer 25 millions d’euros, soit plus de 92 % de son héritage. Le problème, c’est le donner à qui ?

Le point de vue de Marlene Engelhorn

 J’étais étudiante en littérature, je n’ai pas travaillé ni fait quoi que ce soit pour mériter cet argent . L’héritage est une injustice. Les ultrariches se croient au centre de la société, mais, en réalité, ils sont à la marge. Ils disposent de leurs propres écoles et cliniques privées, vivent dans des quartiers ultrasécurisés, cultivent un entre-soi discret. Les ultrariches se pensent plus compétents que le reste de la population, simplement parce qu’ils peuvent payer pour voir leurs idées s’appliquer, en politique comme en économie. L’excès de richesse privée est antidémocratique. 

Dans un livre paru en 2024, L’Argent. Pouvoir, richesse, injustice, j’ai déconstruit mon propre rapport à l’argent. Souhaitant joindre la parole aux actes, j’ai lancé en Autriche le mouvement Tax Me Now. Mais pas par la philanthropie, car celle-ci permet aux riches de s’acheter une bonne image, tout en continuant de ne pas payer les impôts finançant les services publics.  Pour bien transmettre à bon escient, j’ai constitué une « assemblée citoyenne » de 50 personnes sélectionnées pour représenter la diversité de la population autrichienne.

Les 77 organisations sélectionnées à l’issue de leurs échanges, dont beaucoup d’associations locales d’aide aux femmes victimes de violences ou de protection de l’environnement, ont reçu de 40 000 à 1,6 million d’euros chacune.

Le point de vue des écologistes partageux ou presque

Pesun : « La propriété, c’est le vol »

mdi : Ok. Mais bon, le communisme ça n a pas été super concluant…

DRAREGD : C’est très bien sur le principe… Aprés ce n’est pas un acte isolé qui suffira à éradiquer la pauvreté du monde!

Valmy : Le drame est que les plus riches ont convaincus les pauvres que les droits de successions sont une spoliation. Pourtant c’est une faible contribution pour un revenu obtenu sans travailler alors que le travailleur est infiniment plus taxé en proportion.

Arto : C’est trop bête ! Marlene aurait pu avoir une vie de rêve à Dubaï ou ailleurs.

La ronche : Comme dit Léon Bloy dans son journal, « le mauvais riche, c’est celui qui donne, parce qu’il gâte le métier » – c’est en tout cas ce que pensent pas mal de contributeurs ici…

R3D3 : Les cercles vicieux, d’avoir toujours plus quand on a tout et d’avoir toujours moins quand on a rien, doivent être stoppés.

Moi13 : Il faudrait plafonner l’héritage. Le surplus serait récupéré par un fond qui déciderait ou le redistribuer : action sociale / éducation / associations, etc. Cela permettrait d’apaiser la société et d’en faire bénéficier les classes exploitées qui sont en réalité à l’origine de ces fortunes.

Le point de vue de Michel Sourrouille

J’ai mené à son terme mes études par mes efforts personnels sans doute, mais surtout par l’héritage culturel qui provient de toute ma famille. L’héritage des biens n’est rien face à la reconnaissance d’une bonne socialisation par des parents dévoués. Les inégalités forment système, l’étude des principaux domaines de la vie sociale (emploi, revenu, patrimoine, santé, école, usages sociaux du temps…) montre que les inégalités s’engendrent les unes les autres. Elles contribuent à former un processus cumulatif, au terme duquel les privilèges s’accumulent à l’un des pôles de l’échelle sociale tandis qu’à l’autre pôle se multiplient les handicaps. Une position dominante au sein des rapports de propriété et de la division sociale du travail vaut presque à coup sûr à son détenteur tout à la fois de solides revenus primaires, un haut niveau de vie et d’importantes possibilités d’accumulation patrimoniale : un logement situé dans les beaux quartiers, complété par une ou plusieurs résidences secondaires ; une moindre usure au travail ; de multiples relations qui, à elles seules, sont susceptibles de garantir l’avenir de ses propres enfants. Quand ce patrimoine global est transmis d’une génération à l’autre par héritage, les inégalités se reproduisent dans le temps.

Mais en définitive la polarisation des raisonnements sur la reproduction sociale oublie un paramètre essentiel, le niveau de capital naturel qui est transmise non pas à l’intérieur d’une famille, mais d’une génération humaine à l’autre. C’est pourtant là l’essentiel, préserver l’avenir des générations futures en transmettant un capital naturel intact. Or nos descendants vont hériter d’une planète exsangue, super-polluée, avec le réchauffement climatique en prime. L’argent ne se mange pas !

Il n’y a pas d’autre rationalité possible que l’égalisation du capital global (financier, culturel et naturel), si on estime qu’un individu vaut un autre individu comme nous l’enseigne la théorie démocratique.

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L’héritage, instrument oublié de la décroissance

extraits : L’héritage part a priori d’une bonne intention, sécuriser l’avenir de la filiation après le décès d’un proche. Mais avec l’héritage, seule les familles les plus riches sont en mesure d’assurer la sécurité matérielle de leur filiation, ce qui est profondément inégalitaire. En effet le propre de l’héritage dans un système  capitaliste est d’entériner le principe de l’accumulation infinie de richesses. La sécurité matérielle ne doit pas passer  par un hypothétique legs, fonction de sa classe sociale. Tout citoyen devrait pouvoir disposer d’un accès garanti aux biens publics fondamentaux afin de ne plus craindre pour son avenir et celui de ses proches….

des déchets en héritage

extraits : Avec l’explosion démographique, le carcinome de l’urbanisme désordonné, les eaux d’égout et les déchets formant désormais de véritables couches géologiques, il est certain qu’aucun créature autre que l’homme n’a jamais réussi à souiller son nid en un temps aussi court. Si l’humanité disparaissait, combien de temps faudrait-il pour rendre à l’Eden l’allure et les parfums qui étaient les siens à la veille de l’apparition d’Adam ? Les humains ne seront à leur place dans la biosphère que s’ils utilisent uniquement ce qui est biodégradable, que ce soit pour leurs habitations ou leurs consommations. Ce n’est pas les pyramides d’Égypte qui importent, elles sont seulement significatives de la démesure de ceux qui nous gouvernent. Les humbles paysans du temps des pharaons n’ont laissé aucun trace, et cela est bon….

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Le tabac tue, c’est marqué sur les paquets

Le tabac n’est pas seulement un tueur d’humains (8 millions de morts par an, dont 75 000 en France), mais aussi un massacreur de planète : 200 000 hectares de terres agricoles gaspillés, 22 milliards de tonnes d’eau perdues, 84 millions de tonnes de CO₂ relâchées chaque année, des particules fines à proportion de gigantesques feux de forêt, et les mégots, desmilliers de milliards de filtres jetés. Tout cela pour un produit toxique et inutile.

Similikowski et Hopkinson : L’industrie cigarettière détruit des vies, empoisonne les milieux naturels, nuit à la santé de nos sociétés .En France, 39 milliards d’euros de produit intérieur brut (PIB) sont perdus chaque année du fait des effets du tabagisme sur la productivité de ses victimes (santé physique, santé mentale, carrières écourtées. A l’échelle mondiale, on parle de 2 000 milliards. A cela s’ajoutent les coûts de santé directs. A cela s’ajoute le coût financier : au smic, un paquet par jour, c’est trois mois de salaire vaporisés par an. N’oublions pas les violences structurelles imposées aux cultivateurs, quasiment tous dans des pays pauvres : des revenus corrects au début, à la fin des terres qui ne peuvent plus accueillir autre chose et ne nourrissent ni famille, ni voisins, ni personne.

Que faire ? Dès maintenant, chacun peut agir. Nous devons viser pour nos enfants une société qui, par la raison et par la loi, aura banni le tabac sous toutes ses formes – cigarettes électroniques et autres « machins » ne sont qu’un piège de plus. Au Royaume-Uni, on dit : « No One Starts, Everyone Stops, No Profit in Tobacco » (« personne ne commence, tout le monde arrête, pas un sou pour l’industrie du tabac »).

Le point de vue des écologistes non fumeurs

La dynamique de l’innovation se désintéresse des finalités de la consommation pour imposer sa propre logique du profit. C’est l’invention en 1880 d’une machine capable de produire plus de 200 cigarettes à la minute, soit autant que quarante à cinquante ouvrières ayant un bon coup de main, qui va changer le niveau de la consommation tabagique. Plutôt que de licencier des centaines d’ouvrières au risque d’un conflit social, un entrepreneur a utilisé la division par deux du prix de revient unitaire pour mettre en place la production de masse de cigarettes, donc la consommation de masse. Les profits qui en résultent sont utilisés dans l’investissement promotionnel pour élargir la clientèle : on crée de nouvelles marques, de nouveaux goûts, de nouvelles addictions. Les concurrents suivent l’exemple et se mécanisent à leur tour, l’entreprise perd ses avantages comparatifs et la guerre des prix commence.

Alors il suffit de s’entendre avec ses ennemis et en 1889 les cinq principaux fabricants de cigarettes fusionnent : l’American Tobacco Company peut dorénavant maîtriser 80 % du tabagisme, jusqu’à la prise de conscience de leur intoxication par les consommateurs un siècle plus tard. Trop tard pour revenir en arrière ?

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le tabac tue et rend esclave, un écolo ne fume pas (2012)

extraits : Au cours de la réunion de Paris le 12 juillet 1947 qui a mis en oeuvre le plan Marshall, il n’y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe. Les populations européennes sont alors devenues accros au tabac blond….

Cigarettes, bombes écotoxiques pour la planète (2023)

extraits : On estime que 4 500 milliards de mégots sont jetés par terre chaque année à l’échelle de la planète et terminent invariablement dans les cours d’eau et l’océan. Un mégot de cigarette peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau. En France, 23,5 milliards de mégots sont jetés chaque année dans l’espace public. Chaque fumeur jette en moyenne 5 cigarettes par jour dans l’espace public. A Paris, environ 350 tonnes sont ramassées tous les ans….

Une société sans tabac, est-ce possible ? (2024)

extraits : Le Royaume-Uni veut interdire définitivement le tabac.Un peu tordu d’interdire le tabac, et de laisser l’alcool avec ses terribles méfaits de tous ordres. Étape suivante ? Interdiction de conduire pour ceux nés après 2009, puis interdiction de Coca et autres sodas pour les obèses, interdiction des jeux d’argent, interdiction des écrans et de leurs spectacles débilitants, etc. Certes, si on supprime tous les emplois inutiles et/ou nuisibles à l’homme et à l’environnement, le chômage dans les pays développés ferait un bond en avant extraordinaire. Mais n’est-ce pas LA SEULE solution au désastre écologique en cours, interdire ?…

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Pour choisir le meilleur moment pour mourir

Je marche 2 kilomètres chaque jour à partir de ma maison, je me fais la cuisine, j’entretiens ma maison, je suis une passionné de puzzle et de mots croisés, je tape le carton avec la famille et je fais un peu de potager… J’avoue, j’emploie quand même un jardiner de temps en temps, tailler les haies n’est plus de mon âge, j’ai 94 ans. J’ai connu les pénuries, la cuvette d’eau pour unique salle de bain, la sensation de faim pendant l’occupation, les Allemands qui ont réquisitionné la chambre de mon frère et la forge de mon père. Aujourd’hui cela va encore plus mal en Ukraine et le président des États-Unis est pire qu’un bouffon, ajoutant connerie sur connerie dans tous les domaines. Je suis en bonne santé, active, mais quand je vois le monde tel qu’il va, si demain matin je ne me réveille pas, je serai libérée d’une société sans espérance.

Ce témoignage touchant montre que le moment pour quitter ce monde est déterminé par le contexte. Beaucoup pensent que la mort est une fatalité décidée par Dieu ou le grand âge. D’autres décident de se suicider avant l’heure. Dans notre société démocratique où le libre arbitre devient fondamental, le choix de sa mort devient une réflexion personnelle et une délibération collective.

Si vous voulez nous donner votre avis sur « le meilleur moment pour mourir », nous écrire

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Euthanasie, la législation aux Pays-Bas

L’aide à mourir est inscrite depuis 1994 dans la loi des Pays-Bas. L’évolution législative va vers de plus en plus de liberté de choix, ce que regrette Theo Boer. Le débat est ouvert.

Theo Boer : Depuis plus de vingt ans, les Pays-Bas expérimentent l’euthanasie. En 2024, leur nombre a connu une hausse de 10 %. Ce n’est plus une fluctuation, c’est une tendance structurelle. L’euthanasie n’est plus exceptionnelle : elle devient, dans bien des cas, une fin de vie parmi d’autres. L’émergence de l’« euthanasie à deux » permet à des couples ou à des fratries de mourir ensemble. Les euthanasies pour troubles psychiatriques ont progressé de 59 %, touchant des personnes parfois très jeunes. Des patients physiquement en bonne santé, mais plongés dans des souffrances mentales que la médecine peine à soulager, demandent désormais à mourir – et obtiennent gain de cause. La demande d’euthanasie est souvent fondée sur la crainte d’une dépendance, d’une perte de dignité ou sur un testament de vie signé bien avant les premiers symptômes. Une constante revient : la pression s’accroît. Ce n’est plus seulement une demande individuelle, mais une attente sociale. Jusqu’où irons-nous ?

Le Parlement néerlandais étudie prochainement une proposition de loi visant à accorder le suicide assisté à toute personne de plus de 74 ans, même en l’absence de pathologie grave. Le seul critère serait l’âge. On ne meurt plus parce qu’on souffre, mais parce qu’on estime avoir assez vécu. Chaque ouverture du champ de l’euthanasie crée de nouvelles attentes, de nouvelles demandes, une nouvelle normalité. On introduit l’idée que certaines vies, dans certaines conditions, ne valent plus la peine d’être vécues – ni même d’être soignées.

Le point de vue des écologistes qui veulent en finir

 Le suicide assisté n’est pas une question médicale : nul besoin d’un médecin, c’est une question technique pour sa réalisation, mais surtout un choix personnel. PERSONNEL ! Que le corps médical, les religieux de tous poils ou les profs de morale arrêtent de prétendre savoir à la place des autres. Un référendum sur la question et ils auront droit à leur voix, ni plus ni moins… Et encore, on ne voit pas pour quelle raison une majorité interdirait de choisir le moment de sa mort et le moyen le moins sale pour y parvenir. La possibilité du suicide existe toujours, aucun réglementation sur la question !

– Le débat sur la fin de vie, c’est encore et toujours une affaire de pouvoir. Avoir barre sur la vie et la fin des autres est tellement jouissif.

– Tout est pression sociale. L’image que nous avons de nous-même ou de notre qualité de vie nous est renvoyée par la société autour de nous. Notre liberté dépend en fait des interactions spéculaires.

– La liberté d’un individu se situe toujours entre différentes contraintes. Vaut-il mieux mourir chez Orpéa à 3 500 euros le mois, dans mes couches et à bien vouloir qu’on veuille me laver de temps en temps ?

– Et oui ne vous en déplaise, certaines vies dans certaines conditions n’ont plus de vie que de nom. Et si un individu ne veut tout simplement pas de la vie qu’il subit ?

– En matière de choix, nous sommes tous des porteurs de dignité, que ce soit refus d’une transfusion sanguine ou de toute autre pratique thérapeutique jugée inutile par nous.

– La sagesse, c’est de ne pas mettre en suspens le vieillissement de nos artères, d’accepter la fatalité et la nécessité de notre mort.

– Une vie ne vaut que si elle est utile pour soi et pour les autres.

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Le suicide assisté, une pente glissante ?

extraits : La seule certitude de la vie sociale en démocratie, c’est le principe de la libre détermination de la personne une fois qu’on lui permet de choisir en toute connaissance de cause. Si dans un pays libre on permet le suicide assisté à des personnes ayant toute leur faculté de penser, c’est à la personne de décider pour sa propre mort sans qu’on puisse la rendre responsable du suicide des autres personnes. Theo Boer parle « d’incitation au désespoir ». Mais on peut aussi bien considérer la réalité psychologique inverse : si on sait qu’on peut choisir de mourir quand on veut, autant décider de continuer à vivre le plus longtemps possible. Une de ses phrases interpelle : « Dans une société où l’aide à mourir est accessible, les gens sont confrontés à l’un des choix les plus déshumanisants qui soient : est-ce que je veux continuer à vivre ou est-ce que je veux mettre fin à mes jours ? »

Et alors ? En quoi est-ce déshumanisant. C’est peut-être le contraire, une interrogation personnelle sur ce qu’est le sens de l’humain, le sens de la vie sur Terre. Au delà de sa propre personne, il faut s’interroger sur le sentiment d’être ou non encore utile à la collectivité humaine…

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Euthanasie, éternel débat sur le libre choix

À compter du lundi 12 mai débute la discussion par article sur les soins palliatifs et d’accompagnement. La semaine suivante, le lundi 19 mai, débutera la discussion par article sur l’aide active à mourir. Les députés seront appelés à se prononcer sur chacun par un vote solennel le même jour, a priori le 27 mai.

Catherine Vautrin, la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles s’est positionnée le 9 avril en faveur d’un accès à une « aide à mourir » que pourraient demander certains malades au « stade ultime » de leur vie selon un « cadre très strict ». Le ministre de la santé, Yannick Neuder, a indiqué qu’à ses yeux il fallait que « le pronostic vital » soit un critère pris en compte dans l’accès à une aide à mourir. Le Rassemblement national (RN) et la Droite républicaine (DR) sont hostiles dans leur écrasante majorité à l’aide à mourir. Autant dire que le libre choix de la manière de mourir ne subsiste que s’il y a suicide.

Commentaires sur lemonde.fr

LT81 : Mais pourquoi tant d’hésitations, de pusillanimité, de réticences, de restrictions sur les conditions à remplir ! Notre mort nous appartient, c’est notre ultime liberté, elle n’appartient ni à dieu, ni aux religieux, ni aux médecins qui ont beaucoup trop de pouvoir et dont la consultation sur ce sujet devrait être purement technique.

ROTZ : Il n’appartient pas au médecin de décider en dernier recours à notre place. Qu’il donne un avis soit, mais la décision finale doit rester exclusivement du ressort du citoyen dont la liberté de disposer de son corps ne peut être mise en discussion.

Raki : Soutien total aux amendements visant à desserrer les contraintes et critères stricts pour l’accès à l’aide légale à mourir. Ne parlons pas de rupture anthropologique, concept pompeux et flou  ; seulement de décolonisation des esprits opprimés par le préjugé que notre liberté peut être contrainte par un pouvoir, religieux ou médical, paternaliste. Le choix revient au sujet. Personne n’est forcé.

MEKEDA : Il faudrait que notre société intègre que quand on devient vraiment vieux, la mort est naturelle et que la perte totale d’autonomie et de sens à la vie doit donner le droit absolu à la personne de demander une mort choisie et digne. Les soins palliatifs nous transforment en légumes et nous volent la conscience de notre mort.

Paul Lafargue, époux de Laura Marx et donc gendre de Karl Marx, proche de la limite d’âge de 70 ans qu’il s’était fixée, se suicide en 1911 avec son épouse en se justifiant dans une courte lettre :

« Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. »

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Il n’est pas interdit d’interdire… la publicité

Les citoyens ne savent plus ce qu’il et vraiment bon pour eux de consommer, la publicité en décide à leur place. Pour parler savant, il y a une filière inverse : ce n’est plus le consommateur aujourd’hui qui dicte aux entreprises ce qu’il faut produire, mais les entreprises qui dictent ce qu’il faut consommer. C’est pourquoi il devrait y avoir interdiction totale de toutes les publicités sans exception. A une époque, il n’y avait pas de publicités, même pas de « réclames », et pourtant les acheteurs savaient pertinemment ce qu’il fallait acheter. La liberté s’éloigne quand les algorithmes décident à notre place. La liberté s’éloigne et laisse place à une police de la pensée : combien de marques les jeunes enfants connaissent déjà ? Infiniment plus que le nom des arbres qu’ils pourraient rencontrer. Un rapport propose d’interdire la publicité pour les produits non écolos, ce n’est qu’un premier pas dans la bonne direction.

Maryline Baumard : Le 16 juillet 2024, au lendemain des législatives, le premier ministre Gabriel Attal avait commandé un travail de fond pour tenter de réguler les incitations du consommateur à acheter les produits les plus nocifs pour l’environnement. Le groupe a produit un rapport de 465 pages, baptisé « Contribution et régulation de la publicité pour une consommation plus durable ». Globalement, cette dépense annuelle de 34 milliards d’euros est utilisée pour les deux tiers (22 milliards) à promouvoir des produits aux « caractéristiques souvent contraires à une consommation durable et de qualité », de la grosse voiture à la nourriture ultratransformée ou aux sodas en passant par la fast fashion… Les inspecteurs rappellent que le consommateur perd son latin entre la « profusion de labels environnementaux » et les « allégations souvent trompeuses » des vendeurs. Les experts préconisent une mesure assez radicale : « Interdire les communications commerciales pour les trajets courts en transport aérien , les SUV et les autres automobiles les plus polluantes (au regard non seulement de leurs émissions de CO2, mais aussi de leur cycle de vie) ainsi que les énergies fossiles ». Sur les produits alimentaires trop gras, trop salés ou trop sucrés, on recommande de « rendre obligatoire » l’affichage du Nutri-Score dans les messages publicitaires. Les inspections recommandent de « maintenir l’objectif d’une interdiction des communications commerciales pour la “fast fashion” ». Un énorme dossier à lui seul car les dépenses publicitaires en ligne pour le textile ont augmenté de près de 1 000 % depuis 2013.

L’idée de limiter certaines publicités n’émerge pas avec ce rapport. Pourtant la convention citoyenne pour le climat, en 2020, avait recommandé de le faire.

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Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

extraits : Pour faire évoluer les comportements du consommateur dans un sens écoresponsable, nous (conférence citoyenne) voulons interdire de manière efficace la publicité des produits les plus émetteurs de GES sur tous les supports publicitaires, réguler la publicité pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation, mettre en place des mentions pour inciter à moins consommer du type « En avez-vous vraiment besoin ? » ou «  La surconsommation nuit à la planète. » Cette remise en cause de l’emprise publicitaire ne provient pas d’une mouvance anti-publicitaire, mais d’une représentation de la population française, la conférence citoyenne pour le climat.

Vivre dans un monde sans publicité, bientôt ?

extraits : La publicité dévore la planète et pollue nos sentiments. Vingt-deux associations, dont Les Amis de la Terre France, Foodwatch, l’institut Veblen, Résistance à l’agression publicitaire (RAP), Sherpa, Communication sans frontières…, avaient dénoncé l’influence des milliards d’euros investis en dépenses publicitaires sur les comportements, en contradiction avec la transition écologique. Les dépenses annuelles mondiales de publicité et de communication des grandes entreprises dépasseront les 1 500 milliards de dollars (1 320 milliards d’euros) en 2021.D’autant plus que le pouvoir d’influencer est complètement déséquilibré. Parmi les quelque trois millions d’entreprises en France, moins de 1 % ont accès au marché publicitaire….

Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

extraits : Il devrait être évident pour tous les citoyens que n’importe quelle publicité est faite pour provoquer la surconsommation, donc l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Du point de vue des écologistes, la publicité, qui n’est qu’une forme sournoise de propagande, devrait être interdite. Comment continuer à accepter qu’il soit autorisé de faire le vide dans les cerveaux pour inciter à boire du Coca Cola ou à rouler en SUV ? Pourtant ce déni de l’urgence écologique trône à l’Assemblée nationale. Les députés viennent d’achever l’examen du titre 1, « consommer » du projet de loi « climat et résilience ». La prise de bec sur la publicité est significative d’un débat « démocratique » soumis aux diktats des entreprises….

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Sensationnalisme et société du spectacle

Avec Sensationnalisme. Enquête sur le bavardage médiatique (Amsterdam, 2024), Yoan Vérilhac, spécialiste de l’histoire de la culture médiatique, montre comment notre modernité a été marquée par l’avènement du choc et du scandale.

thèse : Je (Yoan Vérilhac) définis le sensationnalisme à travers trois traits : une promesse d’intensité par l’excès, une relation au présent, et une indifférence à toute forme de cohérence logique, narrative ou morale ; faire par exemple coexister un discours féministe et des photos de Miss France dénudée. A mesure de leur croissance, les groupes humains ont inventé des moyens (le langage, l’écriture, la télévision…) pour prolonger ce plaisir du bavardage, dont la fonction est de savoir qui fait quoi et avec qui. C’est ce que le sociologue Gabriel Tarde nommait, dans L’Opinion et la foule, la « sensation de l’actualité ». Des journaux à Netflix et Instagram, nous sommes aujourd’hui entourés d’outils qui augmentent notre plaisir d’éprouver ce que je nomme la « sensation intense du présent moderne ». La répétitivité des exagérations finit par neutraliser l’enjeu de chaque sujet au profit du simple plaisir de commérer, qui est une fonction en soi.

Antithèse : La pensée critique se fonde sur la valorisation de la réflexion et de la signification contre ce bavardage associé à l’absence de sens profond. Kant décrit le bavardage comme un agrément servant à faire passer le temps en société, Heidegger y voit une parole du « on », sans intérêt. Lorsque le sensationnalisme procède à un brouillage entre les catégories du sérieux et du ludique, il devient toxique. On l’observe par exemple avec les débats sur l’immigration ou l’islam de la chaîne CNews. Le bavardage ludique (on y joue à se disputer sur un mode excessif rappelant celui des commentateurs sportifs), s’articule à une puissance économique et à un dogmatisme idéologique. Le discours politique tend à ne plus apparaître comme une parole de décision, mais à se présenter aussi sous la forme d’un bavardage.

Synthèse : Le régime sensationnaliste procède à une mise en signification des contradictions du présent – à la différence que celles-ci ne reposent pas sur un affrontement logique, mais sur une mosaïque de propos contradictoires. Il existe pourtant un sensationnalisme sérieux dont la vocation est d’alerter, à l’image du journalisme de révélation.

Le point de vue des écologistes rationnels

L’analyse est frappante de vérité, le sensationnalisme n’est qu’un nouveau mot pour la société du spectacle de Guy Debord (1967) : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » Nous sommes dans la forme aboutie d’une aliénation par la société de consommation. Nous sommes bercés à longueur de journée par des péripéties sans queue ni tête. Les journaux télévisés ne sont que des recueils de faits divers. Dès qu’un analyste commence à démontrer, le journaliste lui coupe la parole pour passer à autre chose. Les réseaux sociaux ne font que confirmer la tendance au brouillage du raisonnement.

Alors quelle solution? Elle est simple. Supprimer le téléviseur, le smartphone, les réseaux sociaux, Facebook et Twitter X, Tiktok, Instagram, etc. Le bavardage à l’ancienne par le téléphone fixe ou par la palabre au coin du bourg devrait suffire à notre bonheur de faire groupe. Pour le reste, lire LE MONDE qui aurait supprimer toute tendance au sensationnalisme…

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Militer à l’heure de la société du spectacle

extraits : Il y a les amuseurs publics qui nous font perdre notre temps, ainsi Valérie Lemercier : « Faire rire représente les premières joies de ma vie. Tout d’un coup, on a le sentiment de servir à quelque choses, d’avoir un intérêt. » Comme si une franche rigolade entre potes n’était pas la bonne méthode plutôt que sourire enfermé dans une salle de spectacle. Et puis il y a ceux qui servent vraiment à quelque chose. Ainsi Vincent Magnet qui laisse aux forêts le temps de vivre, Antidia Citores qui se met au service des océans, Sylvie Monier en défenseure opiniâtre des haies, Victor Noël, 16 ans (dont huit à protéger la nature), Rachel Lagière qui plante des variétés paysannes, François Sarano avec qui on reprend contact avec le vivant, etc. Grâce à eux et à tous les autres militants dans l’ombre, je sais que l’humanité peut être l’instrument du meilleur parmi le pire. Et je sais aussi que militer pour l’écologie, c’est ne pas s’attendre à des résultats probants, mais c’est faire ce qu’on doit faire…

Johnny Halliday, symbole de la société du spectacle

extraits : Pauvre civilisation malade qui chérit comme idole un chanteur parmi tant d’autres saltimbanques. Des dizaines de milliers de fan(atique)s pour voir passer un corbillard. Bientôt des pèlerinages pour aller voir une tombe parmi tant d’autres sépultures. Un hommage populaire qui n’est pas mérité. Johnny Hallyday n’est pour un écologiste que le symbole de la démesure, de la futilité et de l’oubli des réalités. Figure régulière du classement annuel des chanteurs français les mieux payés – deuxième en 2016, avec 16 millions d’euros de revenus, et pourtant ! Train de vie dispendieux, dettes et démêlés fiscaux ….

Société de consommation, des loisirs, du spectacle

extraits : La société de consommation devient une société des loisirs. La première nous enferme, individuellement et collectivement, dans une cage qui nous laisse moins en moins choix véritables et vraie liberté. Le matraquage publicitaire veille pour qu’il en soit ainsi. Mais la seconde élève encore notre niveau de fausse satisfaction en pratiquant personnellement des activité ludiques, mais payantes. Le summum est atteint quand se donne du plaisir à regarder les autres prendre leur pied. La société des loisirs devient la société du spectacle.

Les Jeux olympiques de Paris 2024 vous manquent ? Vous allez reprendre une dose de frisson et de suspense avec la 10e édition du Vendée Globe….

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Les raisons de ne pas croire au père Noël

Les raisons de ne pas croire au père Noël, ni en Dieu, ni aux fantasmes marchands de notre époque.

Franck Ramus, spécialiste des sciences cognitives : Que diriez-vous de parents qui raconteraient à leur enfant l’histoire du Père Noël, mais qui, alors que l’enfant grandit, ne lui diraient jamais qu’il s’agit d’une histoire inventée ? Et qui, alors que l’enfant commence à douter et à opposer des arguments rationnels à l’existence du Père Noël (par exemple, l’impossibilité physique de livrer tous les foyers du monde en une nuit), maintiendraient mordicus que l’histoire est vraie, que ses détracteurs sont mal intentionnés, qu’il est essentiel pour l’enfant d’y croire, et que, s’il n’y croit pas, le Père Noël lui infligera des punitions. Vous trouveriez certainement que ces parents jouent une farce bien cruelle à leur enfant, qu’ils le maintiennent dans un état de sujétion intellectuelle et psychique inacceptable, et qu’ils lui rendent un bien mauvais service en cultivant et en perpétuant sa crédulité d’enfant au lieu de développer son esprit critique. Vous considéreriez cette attitude comme un abus de pouvoir inexcusable, et vous auriez raison.

Si l’on y réfléchit bien, de manière objective et dépassionnée, ce que font tous les parents qui élèvent leur enfant dans la religion – et que la plupart des gens (même non croyants) semblent trouver normal –, c’est exactement ce que tout le monde (même croyant) trouverait inacceptable dans le cas de la croyance au Père Noël. La différence entre Dieu et le Père Noël, c’est simplement que Dieu (et ses multiples avatars) est un Père Noël auquel de nombreux adultes dans le monde continuent à croire. Les raisons de ne pas croire en un dieu sont pourtant exactement les mêmes que celles de ne pas croire au Père Noël : aucune preuve crédible de son existence, et des attributs magiques qui défient à la fois l’expérience personnelle que chacun a du monde et la connaissance objective qu’en fournit la science.

La France s’enorgueillit d’être la patrie des droits de l’homme et de garantir la liberté de conscience de tous les citoyens. Mais celle-ci n’est-elle pas bien théorique lorsqu’elle est si systématiquement bafouée chez les enfants ? La liberté de religion n’est pas la liberté d’imposer sa religion aux autres, fussent-ils ses propres enfants.Or la plupart des religions ont bâti leurs empires sur l’embrigadement précoce d’individus trop jeunes pour disposer de cette liberté.

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Apprendre aux enfants à ne pas croire au père Noël

Une enseignante remplaçante du New Jersey a annoncé à ses élèves, âgés de 6 et 7 ans, que le père Noël n’existait pas. Face au traumatisme enduré, le directeur de l’école élémentaire a envoyé une lettre aux parents pour s’excuser et leur recommande de « prendre les mesures appropriées pour préserver l’innocence des enfants ». L’enseignante a été renvoyée. Elle aurait du être remerciée, félicitée, montrée en exemple. Car l’innocence des enfants est exploitée, dénaturée. le Père Noël est devenu le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde….

Notre texte le plus ancien sur le père Noël

24.10.2007 Le père Noël est un flic

Numéro 3 du mensuel la Gueule ouverte,

le journal qui annonce la fin du monde (janvier 1973)

Le Père Noël est un des pires flics de la terre et de l’au-delà, le Père Noël est le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde. les marchands de rêve et d’illusion, véritables pirates des aspirations enfantines, colporteurs mercantiles de l’idéologie du flic, du fric, de flingue… Face à la grisaille géométrique des cités-clapiers, bidonvilles de la croissance, face aux arbres rachitiques, aux peuples lessivés, essorés, contraints, s’étale la merde plaquée or synthétique, la chimie vicieuse de monceaux de jouets, un dégueulis de panoplies criardes, avec, derrière la porte capitonnée le ricanement malin des marchands.

Noël est une chiotte ignoble et on va plonger nos gosses là-dedans ? Mais faut bien faire plaisir au gamin ! Rubrique « Filles » du catalogue des Nouvelles Galeries : 28 pages sur 30 exclusivement consacrées aux poupées, aux dînettes, avec trousses de toilette et fers à repasser miniatures. Les deux pages restantes sont consacrés au tissage, à la couture, à des panoplies de danseuse…et de majorette ! Si avec ça votre fifille n’a pas pigé quel est son rôle futur. Côté « les Garçons » : sur 40 pages, 32 seulement consacrées aux bagnoles, avions, panoplies de cow-boys et carabines à plomb ! Doivent retarder, aux Nouvelles Galeries, j’ai pas trouvé de panoplies de CRS ou de para. Par ailleurs ces jeux sollicitent de plus en plus de consommation électrique. Allez, tenez, on va fantasmer un peu : bientôt pour construire des centrales nucléaires, l’EDF s’adressera à nos gosses et leur proclamera la nécessité de l’atome pour fournir de l’électricité à leurs jouets !

Mais au fond, quelles sont les tendances d’enfants élevés dans un milieu naturel et n’ayant pas à souffrir du poids des divers modes d’intoxication ? Ils courent, ils jouent dans les falques, se roulent dans la boue, ou tentent de percer le mystère de « papa-maman ». Ils vivent, pensent, créent. Refouler ces pulsions naturelles est donc le but criminel de notre société. Sauter à la corde ou jouer au ballon devient un exploit quasi contestataire sur des abords d’immeubles transformés en parking. Le systèmes des marchands au pouvoir a dit : « J’achète le Père Noël ». Les marchands tuent l’enfant, tuent les parents, tuent le jouet.

Devant la clarté du propos, la Biosphère n’a rien à ajouter…

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le revenu médian des Français, trop élevé !

Nous avons reçu cette contribution qui porte à réfléchir.

C’est un débat entre écolos qui montre que dans le parti qui les rassemble, la notion de limites biophysiques n’existe pas encore pour la plupart des membres.

Yves : Alternatives Économiques publie ce 1er décembre un graphique (source Eurosat) qui montre que le revenu médian en France régresse depuis 2010 et tout particulièrement depuis 2018. Merci Macron qui nous fait descendre en queue de classement des pays européens.

Jason : La France n’en reste pas moins au dessus de la moyenne de l’UE et de la zone euro. Je précise. Si on fait une lecture rapide de l’article d’alter-eco on peut avoir l’impression que la Roumanie a le salaire médian le plus élevé, alors que faire une grosse augmentation parait plus facile en pourcentage quand le salaire médian est très faible au début de la période observée. Ça n’en reste pas moins inquiétant que nos concitoyens s’appauvrissent en moyenne et en médiane depuis une décennie…

Marie : Un salaire médian, ça devrait suivre l’augmentation du coût de la vie. Les prix variables de la SNCF et autres,  y en a marre, une chose a un coût quelle que soit la demande. Que des rabotages sur les services publics ce n’est pas de la décroissance mais du sabotage et de l’austérité à relents idéologique de droite.

Nadine : Aujourd’hui, je suis devenue une aidante et je vous assure que les histoires de salaire médian me font rigoler jaune. Continuez à être inaudibles pour le commun des mortels et nous le subirons ce Rassemblement National.

Michel : Selon les données de l’Insee pour l’année 2019, le salaire médian en France s’élevait à 1 850 euros net. En tant qu’écologiste, il faudrait se demander si un tel niveau est supportable pour les capacités de la planète…

Yves : Un niveau de revenu élevé me semble au contraire utile pour préserver les capacités de la planète. En effet, si j’ai un bon revenu j’achète bio pour me nourrir, j’investis pour un logement à énergie positive, j’achète des vêtements durables, du matériel un peu cher mais réparable. Et au total, plus j’avancerai en âge, moins j’aurai besoin de travailler car j’aurai acquis un niveau de confort satisfaisant. Au contraire, si mon revenu diminue je vais abandonner la nourriture bio et me tourner vers la nourriture industrielle bon marché néfaste pour la planète et catastrophique pour ma santé ; pareil pour les fringues et les chaussures qui ne durent qu’une saison. Et au niveau de mon logement je vais me faire arnaquer avec une soi-disant isolation à 1€. Résultat, pour une piètre vie, je devrai me plier au report de l’âge de la retraite, avant de souffler un peu en mauvaise santé et en grelottant l’hiver ou en cuisant l’été.

Michel : On retrouve ici l’argument classique selon lequel il faut plus de croissance économique pour mieux financer la transition écologique. Cette option oublie tout simplement deux choses. Une croissance illimitée dans un monde fini est physiquement impossible et nous avons déjà dépassé les limites de la planète. Tout accroissement de revenu entraîne un impact écologique, y compris en termes d’extinction de la biodiversité. Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait en 2019 déjà 2,7 planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité. Quant aux choix de consommation quand le revenu augmente, ce n’est pas généralement pour vivre écolo mais pour dépenser plus en superflu, poussé par une publicité qui modèle nos besoins, voiture, tourisme, parfums, etc. Il ne devrait pas être question d’augmentation ou de diminution des revenus, mais de combattre les inégalités de revenus, que ce soit au niveau national ou international. Un smicard en France possède un pouvoir d’achat énorme par rapport à d’autres pays, démesuré en termes de pillage des ressources naturelles. Si on est un écolo conscient des réalités, on accepte le report de l’âge de la retraite vu une pyramide des âges défavorable, ce qu’on appelle aussi vieillissement de la population. Il faut mettre des vêtements plus chauds pour ne pas grelotter l’hiver, mais aussi lutter contre le réchauffement climatique pour ne pas cuire l’été. Enfin pour favoriser l’espérance de vie en bonne santé, il faudrait penser aux possibilités de permettre le libre choix en matière de fin de vie. Une vie au prisme de l’écologie ne consiste pas à choisir la voie de la facilité.

Yves : Michel, juste une remarque, je n’ai jamais dit qu’il fallait plus de croissance.

Michel : Yves, augmenter les revenus ne peut se faire qu’avec plus de croissance du PIB,  sauf s’il y a inflation et alors le pouvoir d’achat n’y gagne rien. Je pense qu’il faut être réaliste et appeler un chat un chat..

Jacques : Je suis d’accord Michel que l’on peut vivre plus frugalement et plus sobrement, que la croissance n’est pas une solution, que c’est même le problème puisque les limites planétaires sont atteintes. Mais c’est la réduction des inégalités qui est primordiale, le gâchis criminel du modèle des super riches qui se gavent en faisant n’importe quoi, ne peut que générer frustration ou violence chez les plus pauvres, qui n’aspirent ainsi qu’à surconsommer dès qu’ils le peuvent… Quant à savoir si un revenu médian à 1850€ est trop élevé…. je ne crois pas, cela dépend tellement du lieu de résidence, si on a la chance d’en avoir une …. etc.

Marie : Que l’ industrie nous fournisse des objets de qualité, éthiques, recyclables, réparables, durables (sans obsolescence programmée). On est trop souvent condamné à jeter,  faute de possibilité de réparer. Et malgré la frugalité nécessaire, hors de question de se serrer la ceinture sur les livres, la culture et dans une certaine mesure au voyage qui est ce qui permet l’ouverture à l’autre, aux autres civilisations. Trop de gens racistes nationalistes parmi ceux qui n’ont jamais quitté leur village.

Michel : Ne faisons pas d’amalgame, il y a aussi plein de racistes dans les villes. Entre écolos, ne perdons pas de vue l’essentielle, le système capitaliste ne fait rien pour que notre mode de vie devienne souhaitable, vivable et durable.

Nadine : J’ai les moyens de payer les factures de fuel mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et je n’ai pas les moyens de faire les aménagements écologiques de ma maison. J’ai milité souvent et depuis longtemps pour les Verts, EELV, les Écolos, l’union de la Gauche… mais même moi, j’arrive à être écœurée. Mes valeurs de gauche ne semblent plus guère faire écho et les gens de gauche se sabordent. Je suis triste, triste et désabusée. A ce rythme, je crois que je vais finir ma vie politique à l’extrême gauche et pas sûre que LFI suffise…

Bernard : Et d’autres, écœurés par les gauchistes et par les écolos, finissent au Rassemblement National…

conclusion: Lorsque nous échangeons une heure de notre labeur contre un produit dont la fabrication en nécessite dix, nous en volons neuf à quelqu’un. C’est une estimation très loin du compte : il faut 300 ans à un producteur de café colombien pour gagner l’équivalent du revenu médian français.

le revenu médian des Français, trop élevé ! Lire la suite »

Mes dernières volontés

De la part d’un des correspondants de notre blog biosphere

En ce jour de mes 77 années, il est sans doute grand temps de prévoir les modalités de mon recyclage ; j’hésite encore entre humusation, terramation, aquamation, promession ou… simple tour du silence (zoroastrien). Mais il n’y a en France d’autorisé qu’inhumation ou incinération. Enfer et damnation ! Pas assez écolo à mon goût.  Alors, pour l’instant, je vous donne quelques bribes de mes pensées qui peuvent vous être utiles.

« Je désire un enterrement sans aucune cérémonie religieuse, sans fleurs ni couronnes ni aucune marque matérielle de condoléances. Je veux être enterré de façon à minimiser mon empreinte écologique au maximum.  Donc pas de cercueil qui mobilise des ressources naturelles. Pas de vêtements car nu je suis né, nu je veux mourir. Pas de crémation qui utilise une énergie extracorporelle devenue trop rare.  Mon idéal est de participer sans rechigner au grand recyclage que la nature nous propose gratuitement.

Je suis émerveillé par toutes les générations précédentes d’hominidés qui depuis des millions d’années n’ont laissé pratiquement aucune trace sur terre. Ils ont permis aux décomposeurs le soin de disperser leurs molécules au profit des autres formes de vie. Je suis révolté par tous ces puissants et autres saccageurs de la nature qui font construire des pyramides et des mausolées dédiés à leur ego et à la hauteur de leur suffisance. Ils n’ont aucun sens de l’écologie, ils n’ont pas le sens des limites, ils sont néfastes.

Notre trace sur terre importe dans le souvenir que nous laissons aux vivants, pas dans l’empreinte matérielle qui défigure notre planète. Loin des rêves de conquête spatiale, c’est quand mes atomes tourbillonneront pour l’éternité dans l’espace intergalactique que j’atteindrai objectivement la véritable plénitude. »

Michel SOURROUILLE

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Fête des morts, l’art et la manière

En France, seuls deux modes de sépulture sont actuellement reconnus : l’inhumation et la crémation. Alors que de nouvelles pratiques funéraires émergent ailleurs en Europe et dans le monde,

Damien Charabidze et Martin Julier-Costes : Avec l’inhumation, les dépouilles ne se décomposent plus. Trop grand nombre de défunts enterrés au même endroit, emploi de formol pour la thanatopraxie… les sols sont devenues inertes, empêchant les processus naturels de décomposition. L’usage de cercueils hermétiques et de bois traités ralentit également la biodégradation : emprisonnés sans air et sans microfaune, les cadavres pourrissent en générant des résidus toxiques. Légalisée en 1887, la crémation a progressivement trouvé sa place dans le paysage funéraire français, jusqu’à concerner 42 % des défunts en 2022. Cette évolution nécessite de construire de plus en plus de crématoriums : des infrastructures lourdes, consommatrices d’énergie et polluantes.

Des alternatives méritent d’être considérées. Une proposition de loi vise à développer l’humusation des corps. La « terramation » désigne un ensemble de pratiques fondées sur la réduction organique aérobie des corps, autrement dit leur compostage par les micro-organismes. L’aquamation, également appelée « crémation par l’eau », propose, quant à elle, la dissolution du corps grâce à son immersion dans une solution alcaline fortement chauffée. Qu’il s’agisse d’autorisation du linceul en lieu et place du cercueil, actuellement obligatoire, ou d’autres approches innovantes, il est nécessaire de créer un cadre légal et éthique clair. Le funéraire est à la fois une question intime et politique.

Le point de vue des écologistes six pieds sous terre

FIer : Nulle mention du don du corps qui aboutit aux mêmes problématiques quand le corps a fini de servir à l’entraînement des étudiants, mais permet d’échapper au cérémonial souvent hypocrite de la cérémonie mortuaire.

Ailleurs : La nature est parfaitement équipée pour décomposer un corps. Il suffit juste de le laisser sans vêtements et sans produit chimique ni emballage. Mais l’être humain ayant un ego surdimensionné, il nous faut des cérémonies et autres inepties du genre pour que les vivants aient l’impression de « rendre hommage » au mort. Petit scoop le mort s’en tape … il est mort.

Ophrys : Concernant la décomposition source de gaz à effet de serre, il existe une solution : servir de nourriture à des carnivores et/ou des charognards, option encore plus « près de la nature » que la terramation. Sinon les vautours sont très efficaces, ils dispersent l’azote, le phosphore et les autres nutriments à grande distance, ce qui évite une pollution locale. Les larves nécrophages et les micro-organismes finissent ensuite le boulot et la famille peut transformer les os en engrais.

FrançoisM : Les tours du silence des zoroastriens sont des structures circulaires surélevées. Encore pratiqué en Inde par les Parsis qui ont, notamment à Bombay, leurs tours du silence. La pratique est rendue difficile par la quasi-disparition des oiseaux de proie en Inde.

Louis Bresson : Il existe un troisième type de sépulture, autrefois pratiqué dans la marine, maintenant interdit, mais que Paul-Émile Victor avait obtenu par une dérogation exceptionnelle de François Mitterrand : l’immersion. Outre que c’est sans doute le moyen le plus écologique de rendre le corps humain à la nature, c’est aussi l’occasion d’une cérémonie émouvante qui rapproche les personnes embarquant sur le bateau qui va conduire la personne décédée à sa « dernière demeure ».

Ellipsoïde : A la porte du Paradis (ou des Enfers), il y a désormais des pancartes « Prière de déposer vos implants, vos broches et vos pacemakers au vestiaire avant d’entrer »‘.

Nos plus anciens articles sur la question

5 août 2006, Le statut du corps mort

En 1980 la crémation en France concernait moins de 1 % des décès, mais presque 24 % en 2004. Il est vrai que ce procédé revient environ 30 % moins cher qu’une inhumation : on place le cercueil dans un four chauffé à 800° et sous l’effet de la chaleur l’auto-combustion dure environ une heure et demie. La crémation est autorisées depuis 1887 en France, et un décret de 1976 permet même aux familles de disposer librement des restes du défunt, y compris en se partageant les cendres. Les cendres sont remises dans une urne et, à part l’interdiction d’une dispersion sur la voie publique, les rivières ou à moins de 300 mètres du rivage, on peut placer l’urne ou disperser les cendres selon les désirs de la famille. Les familles ont un lien de plus en plus lointain avec un cimetière particulier ; avec la crémation, c’est même la représentation d’un espace collectif pour les morts qui est remis en question.

Mais les alternatives sont nombreuses, on pourrait par exemple transformer les cimetières en forêts : on fabrique une urne avec des matériaux biodégradables, on y insère les cendres mélangées à de la terre et du compost, on place la graine d’un arbre et le tour est joué. Plusieurs générations successives d’une famille pourront célébrer la trace du défunt auprès d’un chêne plus que centenaire. La Biosphère te dit : à chacun sa manière d’entretenir le souvenir des morts à la condition de ne pas oublier que la destinée de ton cadavre est de participer au recyclage global. La voie de la simplicité volontaire doit limiter les coûts environnementaux d’une sépulture.

7 novembre 2008, sépulture propre et verte

extraits : En France la loi de 1887 instituait la liberté de choix des funérailles, enterrement civil ou religieux, inhumation ou crémation. Depuis 1948 au Japon, la crémation est obligatoire en zone urbaine pour ne pas laisser l’espace de plus en plus rare envahi par les cimetières. De son côté le pouvoir chinois s’emploie à empêcher les sépultures en pleine terre dans les campagnes : dans un pays habité par le cinquième de la population mondiale, mais où 7 % seulement des terres sont arables, l’éparpillement des tombes pose en effet un problème d’occupation des sols…

2 novembre 2011, fête des morts ; où les enterrer ?

extraits : Aux USA, vogue des green burials (enterrements verts). L’augmentation fulgurante du chômage a généré le retour à une pratique ancienne : l’enterrement dans le jardin ou, au minimum, le traitement familial intégral des gestes et cérémonies consécutives à un décès. Dans le jardin ? Oui, aux Etats-Unis, c’est permis la plupart du temps en zone rurale ou semi-rurale. En France il est aussi possible de se faire enterrer dans une propriété privée, à condition qu’elle se trouve en dehors d’une zone urbaine et à plus de 35 mètres des autres habitations. Il faut au préalable une enquête hydrogéologique ainsi que l’autorisation du préfet de département…

26 décembre 2011, Mon testament écolo

extraits : Je soussigné désire un enterrement sans aucune cérémonie religieuse, sans fleurs ni couronnes ni aucune marque matérielle de condoléances.  Je veux être enterré de façon à minimiser mon empreinte écologique au maximum. Pas de crémation qui utilise une énergie extracorporelle devenue trop rare. Pas de cercueil qui mobilise des ressources naturelles. Pas de vêtements car nu je suis né, nu je veux mourir. Mon idéal est de participer sans rechigner au grand recyclage que la nature nous propose gratuitement. Pour faciliter la chose, Paris nous offre paraît-il un modèle que je recommande : la commune fournit aux personnes décédées (sans ressources ni famille) des caissons en béton étanche équipés d’un système d’introduction de l’air afin que les espèces qui aident au recyclage de l’organisme puissent accéder au festin. L’oxygène accélère le dessèchement du corps et l’évacuation des gaz de décomposition est assurée. Il n’y a aucune pollution et le caveau peut être récupéré à l’infini : tous les cinq ans, il est à nouveau disponible. Nous ne nous appuyons pas assez sur les compétences de la biosphère qui possède depuis des temps immémoriaux un sens pratique très développé en ce qui concerne l’équilibre dynamique et le recyclage performant.

27 octobre 2014, Tout écologique, même au moment de notre enterrement

extraits : L’empreinte écologique de nos obsèques. La crémation génère 160 kg de CO2 contre 39 kg pour une inhumation. L’aquamation consiste à plonger la dépouille mortelle dans une eau alcaline pour dissoudre les tissus et ne conserver que les os a posteriori mis en poussière. Avec la promession, où on plonge le corps du défunt dans l’azote liquide pour le rendre friable, le tout sans émission de CO2 ni émanation de produit toxique…

9 juillet 2019, écolo pour l’éternité… au cimetière

extraits : Dès septembre 2019 à Paris, un premier espace funéraire écologique sera créé dans le cimetière d’Ivry. Objectif officiel : mettre en place « un lieu de recueillement et d’inhumation respectueux de l’environnement », afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de « funérailles écologiques ». Sur 1 560 mètres carrés, on n’accueillera que des cercueils en carton, ou en bois local et les inhumations « auront lieu en pleine terre ». Pas de monument en surface, surtout pas de caveau en béton…

11 novembre 2019, Transformer notre corps en humus, le pied

extraits : Je ne suis que poussière et j’y retournerai (selon la bible). En termes écolo, mieux vaut après notre mort se transformer en bon humus pour perpétuer le cycle de la vie. L’État de Washington a adopté un texte permettant de transformer le corps de défunts en compost. Sur le site Humusation.org, la fondation Métamorphose pour mourir… décrit ainsi le processus d’humusation… 

29 octobre 2020, Inhumation, incinération ou humusation ?

extraits : L’humusation consiste à reproduire avec le corps humains ce qui se passe dans la nature où les matières naturelles sont transformées en humus grâce à la microfaune du sol. Il suffit d’ensevelir le défunt vêtu d’un simple linceul biodégradable directement sur le sol au milieu d’une butte de trois mètres cubes de terreau végétal gorgé d’eau. Le tout devient en douze mois 1,5 mètres cubes d’humus environ. Ce compost humain pourra fertiliser les arbres et régénérer les sols pauvres.e qui n’est absolument pas le cas pour enterrement et l’incération qui s’avèrent extrêmement polluants et privent à jamais les couches superficielles des sols des restes de ce qu’elles ont créé….

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