écologie appliquée

Démilitarisation, le point de vue de V. Cheynet

échange de Michel Sourrouille, gestionnaire de ce blog biosphere, avec Vincent Cheynet, rédacteur en rédacteur en chef du journal La Décroissance

Michel Sourrouille (08/05/2024) qui tente de faire publier une tribune sur l’objection de conscience bien avant de savoir qu’elle paraîtra plus tard dans l’Humanité.

Monsieur Cheynet,

objecteur de conscience au tout début des années 1970, je suis devenu en 1972 objecteur de croissance. Pour moi les deux combats vont de pair, la pacification de l’existence passe à la fois par la décroissance économique et par la décroissance des armées.

Ces deux décroissances sont pourtant soumise au mur médiatique, difficile pour vous d’être relayé dans les autres médias. Difficile pour moi de faire passer la tribune ci-jointe d’un collectif d’objecteurs de conscience.

Si vous jugez utile de reprendre dans vos colonnes le contenu de cette tribune, signée entre autres par José Bové et Pierre Sommermeyer, prière de m’en informer.

Merci de votre attention, et bon avenir pour les décroissances.

Réponse  de Vincent Cheynet (08/05/2024)

Quelle énormissime blague : José Bové a été le premier a réclamer l’envoi d’armes en Ukraine.

Michel Sourrouille au rédacteur en rédacteur en chef du journal La Décroissance (25/05/2024)

J’ai coordonné une tribune paru dans le journal papier « L’humanité » du 24 mai :

https://www.humanite.fr/en-debat/armee-francaise/objecteur-de-conscience-a-la-journee-defense-et-citoyennete-cest-possible

Je suis à votre disposition pour écrire pour votre revue un article sur la démilitarisation et ses moyens…

Pas de réponse de Cheynet à ce mail du 25/05/2024

Ce que devient cet échange sur le journal La Décroissance (juillet-août 2024, dossier sur «  désarmons la France », page 12)

« Nous devons armer la résistance ukrainienne ». Le 9 mai 2022 dans une tribune, José Bové, Daniel Cohn-Bendit et Jean-Paul Besset reprenaient à leur compte cette injonction…. José Bové est passé de Lanza de Vasto au traité constitutionnel, du vert au kaki… Nous n’épiloguerons pas ici davantage sur sa trajectoire. Néanmoins nous l’invitons à être cohérent car, dans l’édition de L’humanité du 23 mai 2024, le même José Bové figure en tête d’une tribune pour l’objection de conscience :

Le président de la république, Emmanuel Macon, lors d’une conférence de presse le 14 mars 2024, était clair : « Nous devons être prêt sans rien exclure, pas même le déploiement des militaires français sur le territoire ukrainien » [….] C’est pourquoi, […] il nous semble conforme à la logique démocratique qu’un jeune homme ou une jeune femme puisse déclarer : « Je désire manifester mon refus d’un service militaire armé pour motif de conscience »… Quand on légitime la guerre, le minimum est d’assumer les conséquences de ses propos. On ne peut pas en même temps réclamer d’envoyer des missiles en Ukraine, de l’autre signer des pétitions pour refuser de porter les armes en France…

Conclusion : Vincent Cheynet a trop souvent l’art de rendre illisible le message en s’attaquant au messager (ici un des messagers)… C’est un procédé rhétorique très souvent utilisé par les adversaires de ceux qui recherchent la vérité. Mieux vaut lire l’intégralité de cette tribune de 14 objecteurs de conscience :

TRIBUNE d’objecteurs de conscience

Se déclarer objecteur de conscience à la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), c’est possible

La guerre n’a jamais cessé, la fin de la seconde guerre mondiale ne signifiait pas la fin de toutes les guerres. Pour la France, la guerre en Indochine, ce n’était pas une « opération spéciale ». Entre 1952 et 1962, ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d’active qui participent au « maintien de l’ordre » en Afrique du Nord (en Algérie, Maroc et Tunisie). Le statut des objecteurs de conscience découle d’ailleurs du refus par certains de la guerre en Algérie. Il est, grâce à l’action de Louis Lecoin et l’assentiment du président Charles de Gaule, adopté par une loi de décembre 1963. La loi Joxe en 1983, ne fait qu’assouplir les conditions d’obtention du statut. L‘obtention du statut devient automatique sous réserve d’envoyer une lettre type.

Mais la fin de la conscription en 1997 constitue une nouvelle donne. Une journée de défense et de citoyenneté devient obligatoire. Tous les jeunes ayant la nationalité française doivent être recensés à partir de 16 ans et sont appelés à effectuer une journée d’appel avant 18 ans. Par contre, aucune possibilité de se déclarer « objecteur de conscience » n’est prévue par la loi du 28 octobre 1997. Selon le point de vue officiel publié au JO le 20/03/2007,  « le ministère de la défense ne peut préjuger des dispositions que prendrait le pouvoir législatif sur les conditions de recevabilité des demandes d’admission au bénéfice du dispositif de l’objection de conscience. La forme de service que souhaiterait accomplir chaque administré effectuant la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD) n’est pas l’une des données dont le recueil est autorisé. »

Rappelons pourtant que le droit à l’objection de conscience au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. L’obligation d’employer la force au prix de vies humaines peut être gravement en conflit avec la liberté de conscience et le droit de manifester sa religion ou ses convictions.

Le président de la république Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse le 14 mars 2024, était clair : « Nous devons être prêts sans rien exclure, pas même le déploiement de militaires français sur le territoire ukrainien. » En toute transparence démocratique, les jeunes doivent être informés que l’incorporation n’est que suspendue ; l’appel sous les drapeaux peut être « rétabli à tout moment par la loi dès lors que les conditions de la défense de la Nation l’exigent ou que les objectifs assignés aux armées le nécessitent » (Loi portant réforme du service national du 28 octobre 1997, L. 112.2). Dans de telles circonstances, il pourrait être difficile pour les services compétents de traiter dans l’urgence et massivement des demandes d’objection de conscience.

C’est pourquoi lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC, anciennement JAPD), il nous semble conforme à la logique démocratique qu’un jeune homme ou une jeune femme puisse déclarer :

« Je désire manifester dès maintenant mon refus d’un service militaire armé pour motif de conscience et je demande à bénéficier d’un tel droit reconnu internationalement. Mes convictions, basées sur la recherche de la bonne entente collective, me conduisent à d’autres formes d’engagement pour la nation et les peuples que l’usage des armes ».

Premiers signataires

BELIN Hervé (objecteur, 1977)

BOVÉ José (objecteur, 1975)

CARLEN Jean-Yves (objecteur, 1988)

FABRE Paul (objecteur, 1973)

COULON Patrice (objecteur, 1975)

KOPP Jean (objecteur, 1981)

LANGLOIS Denis (emprisonné en 1966)

MARCHAND François (objecteur, 1974)

MOREL Dominique (objecteur, 1970)

MOREL Yves (objecteur, 1975)

REFALO Alain (objecteur, 1985)

RICHARD Christian (objecteur, 1974)

SOMMERMEYER Pierre (objecteur, 1963)

SOURROUILLE Michel (objecteur, 1971)

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L’après 7 juillet, la nécessaire radicalisation

En cette année 2024, 50 ans après la candidature de l’écologiste René Dumont à une présidentielle, nous sommes à un moment clé de l’histoire, en France comme partout ailleurs. Ne raisonnons pas à l’échelle des législatives ou des pays dominés par l’extrême droite. Voyons le long terme au-delà des péripéties temporaires. Étant donné l’accélération de la dégradation environnementale, nous pouvons prévoir l’échec de notre société thermo-industrielle. La crise environnementale, sociale, économique, démocratique… va se durcir rapidement. Notre civilisation occidentalisée va vers un effondrement, à moyen ou long terme. Cette période sera probablement accompagné d’une montée des totalitarismes, c’est déjà le cas. La connaissance du passé montre que l’élite qui nous gouverne n’hésite pas à s’associer à l’extrême droite pour gagner quelques années supplémentaires de « tranquillité ». Il n’est matériellement pas possible qu’il y ait un retour de la croissance, donc poursuivre comme d’habitude ne pourra se faire qu’en détruisant davantage les plus fragiles d’entre nous ainsi que ce qui reste de la nature.

Mais il reste une possibilité d’éviter le krach ou tout au moins d’en réduire les conséquences mortifères. Cela implique que le plus grand nombre d’entre nous soit capable de changer individuellement, collectivement, localement, rapidement et radicalement… de mode de vie. Il n’y aura pas de sauveur suprême, pas de lois miracles en provenance du gouvernement quel qu’il soit. Nous ne devrons compter que sur nous. Individuellement, tout en assumant ses contradictions, chacun devra incarner le changement qu’il veut voir dans le monde. Il y aura une rupture écologique qui sera plus ou moins rapide selon la radicalité ou non de nos comportements.

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Écologie radicale ou écologie réformiste ?

extraits : Des saumons qui meurent brûlés par la température trop élevée d’un fleuve aux USA. L’Ukraine devenue l’épicentre d’un conflit global de l’énergie et d’une crise alimentaire mondiale… l’écologie est assurément l’affaire du siècle, mais faut-il une écologie superficielle ou une écologie de rupture ? Notre modèle de développement est un modèle de destruction et la véritable guerre mondiale, c’est celle qui oppose notre espèce à son environnement global. Face à ce constat, deux types de réponse, deux écologies. Une écologie « superficielle » et une écologie « profonde », que le philosophe norvégien Arne Næss (1912-2009) s’est attaché à distinguer dès 1973. « Superficielle », en raison de son inclination à proposer des solutions techniques sans s’attaquer aux racines d’un productivisme axé sur une conception anthropocentrée du monde. « Profonde », parce qu’elle associe l’humanité à toutes les formes du vivant. La fracture s’amplifie entre une écologie « conciliatrice » avec le productivisme et une écologie « radicale » qui cherche à rompre avec lui.

Effondrement en vue, radicalité militante

extraits : Nous voici déjà profondément entrés dans l’effondrement de la société thermo-industrielle, mais nous ne savons pas exactement quelle échappatoire pourrait fonctionner. La seule chose dont nous pouvons être sûrs est la suivante : nous sommes dans une spirale de mort, le temps de la protestation polie est peut-être définitivement révolu. Andreas Malm, auteur de « Comment saboter un pipeline », est fataliste :« Le mouvement pour le climat va inévitablement produire des ailes radicalisées dans un futur proche… à moins qu’il ne se dissolve dans le désespoir général puisque les choses ne vont faire qu’empirer ».

L’activisme écolo radical, une nécessité

extraits : Les gouvernements de nombreux pays occidentaux font face à des actions ciblées visant à alerter les populations sur le dérèglement climatique. « La désobéissance civile a été nécessaire dans de nombreuses périodes de l’histoire, affirme Aurélie Trouvé, députée La France insoumise (LFI) . Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe. Il est beaucoup trop rare de rencontrer des personnes qui prônent une action radicale contre la violence anti-écologique des biens consommés et des infrastructures actuelles, une contre-violence qui irait au-delà d’une non-violence jugée trop paisible. Ce genre d’analyse est restée ultra-minoritaires chez les activistes écologistes.Il faut donc se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ».

Contre-violence et rupture radicale

extraits : L’idée-clé de l’écologie politique, c’est la conscience aiguë que nous avons déjà dépassé les limites de la biosphère. Il faudrait donc opter pour une écologie de rupture. A ceux qui lui demandaient comment sortir de la crise, l’écologiste Teddy Goldsmith répondait en souriant : « Faire l’exact contraire de ce que nous faisons aujourd’hui, et ce en tous les domaines. » Vu l’aliénation des masses, un tel programme ne peut résulter que par l’action d’une infime minorité d’activistes. Sortir de la soumission volontaire à son groupe d’appartenance commence toujours de façon marginale… Plutôt que de révolution, nous préférons parler de contre-violence par rapport à un système qui a anesthésié la population, qu’elle vive en France ou sous une dictature.

René Dumont, radicalement malthusien

extraits : René Dumont, le premier des présidentiables écolo en 1974, avait exposé ses idées en 1973 dans un livre « L’utopie ou la mort ».De son expérience des limites de la planète, il en avait déduit un projet de « disciplines matérielles », incluant une disciple de consommation qui permettra l’aisance chez les plus démunis, mais aussi une discipline démographique (s’appliquant d’abord dans les pays riches). Dumont ne manque pas de propositions concrètes pour donner corps à son projet de civilisation : interdiction des automobiles privées en centre ville, rationnement des voyages en avion, égalisation des revenus et fiscalité plus lourde sur les riches en vue de réduire leur consommation, taxation des familles nombreuses par l’impôt, réduction du temps de travail, armement zéro, compostage pour l’agriculture des excréments, taxation des produits pétroliers, rationnement mondial des ressources rares….

Solutions radicales pour surpopulation avérée

extraits : On avait tout essayé, généralisation du planning familial dans tous les pays, émancipation des femmes et scolarisation des filles, distribution de préservatifs dans les lycées, gratuité de la pilule, cours pour enfants et adultes sur la capacité de charge d’un territoire, connaissance généralisé de l’empreinte écologique, etc. Pourtant l’espèce humaine rajoutait encore et toujours 80 à 90 millions de personnes chaque année aux milliards déjà préexistants. Le monde était donc à feu et à sang depuis des décennies. Alors ce qu’il restait de l’ordre international organisa une rencontre de la dernière chance pour juguler la surpopulation. Il fallait taper vite et fort pour se faire entendre, d’où les décisions suivantes prises à l’unanimité

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On garde Macron, plus pour longtemps. Ouf !

Sur ce blog, nous avons consacré de longues pages à l’anti-écologisme primaire du Rassemblement national. Il ne faudrait pas oublier que le président Emmanuel Macron a fait le contraire de ce qu’il faudrait alors qu’il était en charge des intérêts de la France et de son avenir. Il prône « l’écologie à la française », l’extrême droite une « écologie nationaliste », pas beaucoup de différence !

Stéphane Foucart : Emmanuel Macron a été le chef de l’État qui a le plus investi verbalement la question écologique. Ses actes n’ont pas du tout suivi. On se souvient de son opposition flamboyante à Donald Trump sur le climat, du « Make our planet great again », de son titre de « Champion de la Terre » décerné en 2018 par les Nations unies, ou de sa sortie de 2022 : « Mon mandat sera écologique ou ne sera pas ! »

Mais les décrets d’application de la loi « zéro artificialisation nette » (ZAN) en ont réduit la portée. La convention citoyenne sur le climat a esquissé de nouveaux modes de délibération démocratique mais la promesse de reprendre « sans filtre » ses propositions n’a pas été tenue. Ses gouvernements successifs ont agi en simples supplétifs de l’agriculture la plus intensive. En 2023, pour la première fois depuis trente ans, les surfaces exploitées en agriculture biologique ont reculé dans l’Hexagone. Malgré la promesse présidentielle, le glyphosate a été ré-autorisé… et l’indicateur d’usage des pesticides en vigueur depuis 2008 a été supprimé. Sur le dossier des nouveaux OGM, l’expertise collective de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a été bloquée par le ministre de l’agriculture. L’industrie chimique peut aussi remercier le gouvernement, qui s’est opposé (en vain) à la restriction des dangereux « polluants éternels » (ou « PFAS »). Au niveau européen, la France a aussi œuvré pour éroder les mesures « vertes » de la politique agricole commune. La pêche industrielle n’est pas moins satisfaite : la France a opposé une fin de non-recevoir à la volonté de Bruxelles d’interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées…

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Macron, « l’écologie à la française » !!!!

extraits : Le 25 septembre 2023, Emmanuel Macron a présenté sa vision d’une « écologie à la française » censée répondre à un triple défi, « celui du dérèglement climatique et de ses conséquences, celui d’un effondrement de notre biodiversité et celui de la rareté de nos ressources » Mais toute idée de contraintes ou de changements sociétaux est repoussée. « Nous avons décidé d’encourager nos compatriotes à changer plus vite, sans interdiction, en les incitant », a-t-il ainsi assumé au sujet des chaudières à gaz. Des sujets comme la limitation de la vitesse à 110 km/h sur l’autoroute – proposée par la convention citoyenne pour le climat en 2019 –, la consommation de viande ou l’usage de l’avion n’ont même pas été abordés….

Macron aime la bagnole, pas l’écologie !

extraits : Dimanche 24 septembre 2023, décidé moins de vingt-quatre heures plus tôt, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets – immigration, écologie, inflation, géopolitique –. Face aux prix de l’essence qui s’envolent, Emmanuel Macron ose : « En France on aime la bagnole. Et moi, je l’adore ». Ouah ! On ne change rien, victoire, tu régneras, oh joie tu nous sauveras, roulez petits bolides !….

E. Macron invente la « sobriété raisonnable » !!

extraits : Emmanuel Macron, ce vieux jeune qui vit encore aux temps de l’abondance à crédit, ânonne l’idée de sobriété sans vouloir nous avertir que le futur proche ne sera pas une allée bordée de roses, mais de larmes….En visite au Salon du Bourget, lundi 19 juin 2023, le chef de l’État affirme qu’il faut distinguer une sobriété « bien organisée, non punitive », d’une sobriété « punitive » : « La première serait comprise par tous et raisonnable, tout le monde fait des efforts qui permettent de faire des économies d’énergies. L’autre en viendrait à dire « il faut tout arrêter, et il faut renoncer à la croissance. Je ne la crois pas raisonnable….

Macron, un technolâtre de l’aviation

extraits : Le président de la République a annoncé une salve d’investissements pour créer une filière française de biocarburants baptisée « BioTJet ». Macron enfile les oxymores comme des perles : «  avion ultrasobre, appareil zéro émission, des carburants aériens durables, moteur à biocarburant, kérosène durable… » La voiture propre et la croissance verte passent dans la stratosphère, le greenwashing fait toujours ses ravages…

Macron subventionne les émissions de GES

extraits : La première ministre, Elisabeth Borne vient d’annoncer (décembre 2022) le versement en 2023 d’une « indemnité carburant » de 100 euros. Ce gouvernement soi-disant libéral (en faveur de la loi du marché) s’ingénie à masquer l’indicateur prix, la seule boussole pour nos comportements marchands dans nos sociétés trop complexes. Dans un contexte de réchauffement climatique, l’État doit non seulement laisser les automobiliste gérer par eux-mêmes leur budget « effet de serre », mais il aurait du, dès le premier rapport du GIEC sur le climat, augmenter chaque année la taxation du pétrole pour inciter la population à se passer de véhicule individuel pour privilégier par ses choix de vie les modes de déplacement doux pour la planète…

Emmanuel Macron cause, la planète trinque

extraits : La lutte contre le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources et la crise de la biodiversité suppose de revoir en un temps record tout notre modèle de développement, le président de la République ne le sait pas encore. Il  aura fallu attendre quelque quarante-cinq minutes pour que la journaliste de France 2, Caroline Roux, aborde en octobre 2022 la question de l’urgence climatique, interrogeant Emmanuel Macron sur les véhicules électriques…

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Des cancres à l’Élysée, désastre pour l’écologie

Marc Ambroise-Rendu (1929-2024) était le premier journaliste dédié à l’écologie dans le journal LE MONDE. Il a publié entre autres « Des cancres à l’Élysée : cinq présidents de la République face à la crise écologique » (Jacob-Duvernet, 2007). Voici un condensé de son livre… mais on constate en 2024 qu’il y a encore et toujours un cancre à l’Élysée. 

Georges Pompidou, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Georges Pompidou a été élu confortablement, le 15 juin 1969, au terme d’une campagne courte et sans passion. En septembre 1970, Pompidou apprend que le Royaume-Uni vient de créer un important ministère groupant le Logement, l’Urbanisme et l’Environnement. Pompidou va donc créer le 2 janvier 1971 le « ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la protection de la nature et de l’Environnement ». Robert Poujade sera le poil à gratter des autres administrations et ministères. En juin 1971, Pompidou résume en deux minutes son point de vue : « Sauver la nature, c’est sauver la nature habitée et cultivée. Une nature abandonnée par le paysan devient une nature artificielle et je dirais une nature funèbre. Il est plus rentable d’avoir des terres habitées et cultivées par des hommes que d’avoir de vastes réserves nationales protégées fatalement par une masse de fonctionnaires. » Pompidou exprime l’aversion du paysan envers tout ce qui échappe à ses outils : la friche, la zone humide, la forêt laissée à elle-même…..

Giscard d’Estaing, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Le 27 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing prend ses fonctions de président de la République par l’avenue Marigny… à pied. Mais Giscard n’a guère d’idée sur l’environnement et encore moins sur l’écologie. Une seule page sur la « nouvelle croissance » dans son livre-programme, Démocratie française, et pas un mot sur l’environnement dans les 1370 pages de ses Mémoires. Dès le mois de juin 1975, un conseil des ministres programme, pour les quatre années suivantes, le lancement de 29 réacteurs supplémentaires. Pourtant Giscard n’a jamais vu une centrale nucléaire, il ira à Gravelines seulement en octobre 1979. Ces monstres de puissance sont pilotés par une poignée de techniciens auxquels on fait confiance. En juin 1975, le ministre de l’Environnement Jarrot convoque des experts. Question : quelle sont les conséquences des rejets des centrales sur la température et la chimie des eaux de rivière ? Réponse : on ne sait pas, mais ça ne doit pas être bien dangereux. Les risques d’accident ? La main sur le cœur, les spécialistes garantissent que toutes les précautions sont prises….

Mitterrand, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Son affiche de campagne en 1974 présente Mitterrand sur un fond de cheminée d’usine et de ligne à haute tension.  Durant cette campagne présidentielle, le terme environnement n’est utilisé qu’une seule fois. Si le terme remplit plusieurs pages de ses livres, cela reste du domaine littéraire. Les neuf pages de sa campagne de 1981 consacrées à l’environnement résultent en fait des succès électoraux des écologistes en 1977. La crise écologique reste une notion assez floue pour Mitterrand, sous-tendue par l’intime conviction que la science lui portera remède. « J’adore les chemins de fer, les avions et tous les transports rapides, jusqu’aux fusées qui nous entraîneront ailleurs quand la terre sera devenue trop exiguë », écrit-il en 1978 dans L’Abeille et l’Architecte….

Jacques Chirac, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Jacques Chirac entre à l’Élysée le 17 mai 1995. Jusque là, Chirac n’avait jamais montré un réel intérêt pour la protection de la nature, l’environnement, l’écologie. Bien qu’il ait été ministre ou Premier ministre pendant 28 ans, de 1967 à 1995, on peine à dénicher une vraie pensée ou une action décisive en matière d’environnement. Des quatre Premiers ministres qu’il a lui-même désignés, aucun ne montre le moindre intérêt pour l’écologie. Il n’est donc pas surprenant qu’en 1995 il stoppe la procédure de désignation des sites Natura 2000, édulcore les propositions d’une commission du développement durable et refuse de muscler le ministère de l’environnement. La première titulaire, Corinne Lepage, au 22e rang du gouvernement Juppé, dresse dans son livre On ne peut rien faire, Madame le ministre la longue liste des mesures que les lobbies et l’administration ont enterrées….

Nicolas Sarkozy, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : En 2001, Nicolas Sarkozy n’accorde pas une seule ligne à l’écologie dans « Libre », son autobiographie de 400 pages. S’il évoque le naufrage de l’Erika, c’est parce que la marée noire a touché la côte où il roule l’été à bicyclette ! Même ignorance du sujet en 2006, avec « Témoignage », livre confession destiné à asseoir sa candidature présidentielle. Dix lignes sur 281 pages pour souhaiter que le ministre de l’écologie ait de « vrais leviers d’action ». La campagne présidentielle de 2007 va modifier la donne, sur la forme, pas sur le fond. Sarkozy, sous la pression de Nicolas Hulot, a signé le pacte écologique en 2007, comme les autres présidentiables. Mais au second tour des élections présidentielles, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy proposaient à leurs électeurs le même objectif : intensifier la croissance des productions, des consommations et des déplacements sans s’interroger sur leur contenu…..

Malheureusement l’histoire des cancres à l’Élysée ne s’arrête pas là, voici notre analyse des deux suivants :

François Hollande (2012-2017)

Nicole Bricq, ministre (socialiste) de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 au 18 juin 2012). Elle a été licenciée par le premier ministre (socialiste) Jean-Marc Ayrault pour avoir voulu suspendre des forages pétroliers au large de la Guyane. Sa remplaçante entre juin 2012 et juillet 2013, la socialiste Delphine Batho, a été licenciée par Jean-Marc Ayrault… parce qu’elle contestait la faiblesse du budget qui avait été attribué à l’écologie ! Un ministre de l’écologie, ça ferme sa gueule ou il est mis à la porte. François Hollande complice, il a laissé faire son premier ministre !

Delphine Batho a écrit un livre sur son expérience ministérielle, « Insoumise » : Depuis presque trente ans, depuis mon adolescence, j’attendais l’élection d’un président de gauche. Je n’imaginais pas une telle déconvenue. Voici le récit, étape par étape, de la façon dont l’influence des milieux financiers et industriels s’est installée au cœur du pouvoir… C’est un petit article publié dans le magazine Challenges le 20 juin 2013 : « Philippe Crouzet s’est lâché devant l’état-major de Vallourec USA. Sans jamais nommer Delphine Batho, il a dit et répété qu’elle était « a real disaster » dans sa façon de mener le débat sur la transition énergétique et de se positionner en antinucléaire. Et précisé que son influence au gouvernement allait décroître. Un propos à ne pas prendre à la légère : Philippe Crouzet est l’époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. »…La démocratie participative fait peur aux entreprises. Dans leur esprit, il faut traduire « les entreprises ne sont pas assez associées » par « ce sont les entreprises qui doivent tenir la plume ». Pendant le Conseil des ministres, en mars 2013, François Hollande me passe un petit mot : « Evitons de parler du gasoil. » Quelques jours auparavant, la Cour des comptes avait pourtant enjoint au gouvernement de mettre fin à l’avantage fiscal du diesel. ..

« De longue date je suis convaincue qu’il ne peut pas y avoir de sortie de crise sans changement de modèle et que c’est autour des enjeux écologiques que cette mutation doit s’organiser. Là est le cœur de mon désaccord avec le président de la République : la crise n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle. Elle s’explique notamment par la crise énergétique et la raréfaction des ressources à l’échelle mondiale. »

Emmanuel Macron (2017-…)

Sur ce blog, nous nous étions penchés en octobre 2016 sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il était pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Macron faisait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Macron adoptait le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. » Macron était aussi pour l(’impossible) perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » ….

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Marine Tondelier contre Marine Le Pen, le choc

Marine Tondelier, née en 1986, a été la grande organisatrice des journées d’été des Verts pendant des années. Elle est élue secrétaire nationale du parti EELV lors du congrès du 10 décembre 2022 avec 90,8 % des suffrages. Elle est l’auteure, en 2017, de Nouvelles du Front, livre dénonçant la gestion de la ville d’Hénin-Beaumont par Steeve Briois et l’extrême droite.

Marine Tondelier contre Marine Le Pen, Front populaire contre Front national, enfin les perspectives de l’avenir de la France deviennent plus claires.

Notre article antérieur sur notre blog biosphere

Front National contre front écolo, les deux Marine (mai 2017)

Elle est jeune et jolie. Cela n’empêche pas d’être une écologiste convaincue. Elle se prénomme Marine. Elle se présente pour la deuxième fois aux législatives contre l’autre Marine, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, Hénin-Beaumont. Marine Tondelier contre Marine Le Pen, LE MONDE en fait un article : «  Conseillère municipale d’opposition, Marine Tondelier est balayée dès le premier tour aux législatives 2012 par le frontiste Steeve Briois… Elle est devenue l’une des bêtes noires de la nouvelle équipe municipale d’extrême droite et de ses militants… « Sur Facebook, elle subit un harcèlement quotidien de frontistes qui la traite de “gauchiasse” ou “socialopes”…Ils n’ont aucune limite. Le but, c’est de la faire craquer. »

Ainsi va le Front National, qui ne supporte aucune opposition puisque tout ce qui n’est pas eux est « pourri », argumentation facile. Marine Tondelier a raconté dans un livre la vie sous le FN et le difficile quotidien des employés municipaux : « Intimidations, prises à parties et lynchage public des récalcitrants… Un vrai règne de la peur a vu le jour ».

Les législatives 2017 s’annoncent à nouveau difficile. Marine Tondelier n’avait recueilli que 1,6 % des voix aux législatives 2012. Elle se retrouve en 2017 contre la Marine frontiste qui, à la présidentielle, avait recueilli au premier tour 41,17 % des voix, loin devant Jean-Luc Mélenchon (23,13 %) et Emmanuel Macron (14,55 %). Elle ne bénéficie pas d’une dynamique présidentielle puisque le candidat de l’écologie politique, Yannick Jadot, a voulu se dissoudre dans le PS de Benoît Hamon dont le score est au plus bas dans la 11e circonscription. Elle se retrouve noyée au milieu de 13 candidats avec six prétendants à gauche parmi lesquels le député sortant socialiste Philippe Kemel. Il faudra aussi compter sur Anne Roquet (LRM de Macron). Il y a même en concurrence un autre candidat au nom de l’écologie, Rachid Ferahtia. Les électeurs vont y perdre leur latin.

Pourtant Marine Tondelier est une personne politiquement engagée dans l’écologie. Membre du Bureau Exécutif en charge des commissions thématiques, elle en supervisait l’objectif : « Il existe au sein du parti des lieux de réflexions et de débats que l’on appelle les commissions thématiques. Elles participent à l’élaboration des orientations du parti… ». Elle est depuis longtemps la principale organisatrice des Journées d’été d’Europe Ecologie Les Verts (prochaines rencontre à Dunkerque du 24 au 26 août). Mais la beauté et la compétence ne suffisent pas pour faire progresser l’écologie politique. Les élections législatives sont un marigot où pataugent petits et gros crocodiles à l’affût d’une victime. Il n’en reste pas moins que les commentaires sur lemonde.fr sont positifs : « Bravo pour votre action ! Nous saluons votre courage… Marine ne choisit l’endroit le plus facile pour porter ses convictions, ce qui n’est pas le cas d’autres dont je ne citerai pas les noms…

Le parti pris des médias contre l’écologiste Marine Tondelier

Le premier ministre, Gabriel Attal, le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, et la cheffe de file des Ecologistes, Marine Tondelier, devaient s’affronter, mercredi 3 juillet, sur le plateau de BFM-TV. Au sein de l’alliance à gauche, on s’était mis d’accord pour que chaque force débatte à tour de rôle sur les plateaux de télévision. Pour cette troisième rencontre, c’était en théorie le tour de Marine Tondelier. « Marine Tondelier est parfaitement légitime pour nous représenter », confie Olivier Faure (PS). « Marine Tondelier demandait à nous représenter, ce qui était légitime », enchaîne Manuel Bompard (LFI). Ce débat ne se fera pas, Jordan Bardella n’avait pas envie de se confronter avec celle qui est aussi conseillère municipale d’Hénin-Beaumont et croise le fer depuis des années avec le maire (RN) de cette ville, Steeve Briois. Pour remplacer le débat, la chaîne a prévu trois interviews successives de chacun des « représentants majeurs des trois blocs », avec Gabriel Attal, Jordan Bardella et… Marine Tondelier, dans un ordre tiré au sort.

Quelques réactions normales face à cet ostracisme

– Je ne comprends pas pourquoi les débats politiques n’ont pas lieu sur les chaînes publiques.

– C’est quand même hallucinant. Bardella refuse de débattre s’il ne peut pas choisir son adversaire, et la chaîne privée cède ???

– Le RN impose sa loi, une énième préfiguration de ce qui attend le pays.

– Fogiel bientôt ministre RN de l’information et de la censure ?

– Ou l’on voit que la devise du RN et de son représentant c’est « courage, fuyons ! »

– Le RN a toujours gagné plus de voix en se taisant qu’en parlant.

– Le RN un catalyseur de frustrations et de haines, pas une force de proposition.

– La seule femme qui a grâce à ses yeux est sa tantine Marine Le Pen ?

– Pourquoi ne pas faire de débat sans ceux qui refusent de le faire ?

– Marine Tondelier est LA révélation de ces élections, la seule bonne nouvelle dans un océan de médiocrité.

Conclusion : Cette censure de la redoutable débatteuse Marine Tondelier par Marc-Olivier Fogiel, le plancton de BFM-TV (un puissant média privé aux mains de Rodolphe Saadé , le patron de CMA CGM) souligne le rôle très néfaste que jouent depuis longtemps ces chaînes d’information continue dans le débat public. Pour la plupart privées, ces chaînes ont un puissant impact et utilisent une poignée d’éditorialistes patentés trustant les plateaux télé pour diffuser vers le plus grand nombre, non pas de l’information pour aider les citoyens électeurs à se forger une opinion, mais asséner ad nauseam une propagande sournoise au profit d’une politique pérennisant la domination des propriétaires des moyens de production et détenteurs de capital et de patrimoine. Jusqu’à banaliser l’arrivée de l’extrême-droite pour faire barrage aux mouvements sociaux réclamant plus de justice sociale. Elles ont résumé le débat de ces scrutins électoraux aux prétendus antisémitisme et alliance avec le Hamas de LFI, agitant le keffieh de Rima Hassan et la caricature de Mélenchon comme épouvantails. Aujourd’hui Marine Tondelier va remplacer Mélenchon comme porte-parle de la gauche écologiste, la situation devient plus claire.

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élection, un vrai/faux « piège à con » !

Il y a une chose dont je suis maintenant sûr, c’est qu’un ou une président(e) à la fibre écologiste avancée sera un jour ou l’autre élu, c’est inéluctable, c’est inscrit dans les soubresauts de la biosphère. Nous avons vraiment besoin en France d’un Jaurès de l’écologie ou d’un De Gaulle au chevet de la planète. Nous en avons même besoin dans tous les pays de notre petite planète. Ce sera l’écologie au pouvoir ou le chaos. Une telle conception ne va pas de soi, il faut tout un cheminent mental des citoyens, mais aussi l’action politique de certains.

Je suis né en 1947. Assigné par ma naissance à la génération qui a vécu les événements de mai 1968, j’ai été un lecteur assidu d’Hara-Kiri, formaté par le réalisme du slogan « élections, piège à cons »… J’ai donc déchiré en deux et affiché sur un panneau de la fac de sciences économiques ma carte d’électeur. La politique, un jeu de marionnettes dans les mains du marché et des lobbies, ce n’était pas pour moi. Si j’adorais les fleurs, leur odeur de merde dénaturée, c’était pour faire quelques variations de style, pas pour penser compost. La société française des décennies 1950 et 1960 ne savait même pas que l’écologie existe. En 1969, je roulais en vélo en ville, mais uniquement pour lutter contre les premiers embouteillages à Bordeaux. Il n’y avait à ma connaissance aucun discours établi en écologie, aucune connaissance des risques que notre expansionnisme techno-économique pouvaient entraîner. Le terme « écologiste » ne fera son entrée dans le Petit Larousse qu’en 1976 ! Le basculement de la perception ne commence en effet qu’au début des années 1970.

Octobre 1970, je commence ma quatrième année de sciences économiques, option économétrie. Planification indicative à la française, planification impérative à la soviétique, autogestion yougoslave, tout paraît possible. Mais le 11 mai 1971, 2 200 scientifiques de 23 pays se sont adressés à tous les hommes pour les mettre en garde contre le « danger sans précédent » que fait courir à l’humanité la civilisation industrielle (message de Menton). Aucun de nos dirigeants n’a écouté cet appel, les universitaires non plus. Dans ma faculté, on s’est bien gardé de commenter ce texte, ni même de nous en parler. L’absurdité de la croissance économique dans un monde clos n’était encore perceptible par personne. Pourtant, Pierre Massé, du Commissariat au plan, expliquait déjà à l’époque que si la production continuait de progresser à son rythme actuel, elle conduirait en 2070 à doter chaque Français d’une centaine d’automobiles et à fabriquer avant l’an 3000 un volume de produits manufacturés dépassant celui de la Terre, de la Lune et de Vénus réunis.

Le 15 juin 1972, je découpe dans un journal local un entrefilet sur la première conférence des Nations unies sur l’environnement qui se tient à Stockholm. Mais la France a le mauvais goût de faire un essai nucléaire dans l’atmosphère à la veille de cette conférence… Le Gouvernement montrait ainsi qu’il se foutait complètement de ce qui se passe à Stockholm. Même jour, un article sur le cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun :

« La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. »

Cette déclaration se base sur le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance, plus connu sous le nom de rapport Meadows, et publié en juillet 1971. La planète est déjà peuplée de 3,7 milliards de personnes. Que faut-il faire ? Mansholt écrivait dans une lettre publique de février 1972 :

« Il faut réduire notre croissance purement matérielle, pour y substituer la notion d’une autre croissance, celle de la culture, du bonheur, du bien-être. C’est pourquoi j’ai proposé de substituer au PNB “l’Utilité nationale bruteˮ ou, comme on le dit plus poétiquement en français, le Bonheur national brut. »

Même jour, un autre article où s’exprime Philippe Saint Marc :

« Nous sommes dans un train qui roule à 150 km/h vers un pont coupé. Le monde court à la catastrophe écologique s’il ne procède pas rapidement à une réorientation fondamentale de la croissance économique. »

Cela me paraissait si extraordinaire que je n’ai pas tellement attaché d’importance à ces analyses. Je n’avais encore aucune idée de l’importance cruciale que prendrait l’écologie.

Je suis sorti diplômé de mes études de sciences économiques en octobre 1971. J’avais subi un enseignement aussi théorique que desséchant, mais mon ouverture d’esprit et mon militantisme naissant m’ont poussé en 1972 à lire dans le texte, avec grand intérêt, le rapport Meadows sur les limites de la croissance. Le raisonnement paraissait incontestable. Dès que l’on aborde les problèmes relatifs aux activités humaines, on se trouve en présence de phénomènes de nature exponentielle. On arrivera aux limites extrêmes de la croissance en un temps étonnamment court…

« Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire…La plupart des gens résolvent leurs problèmes dans un contexte spatio-temporel restreint avant de se sentir concernés par des problèmes moins immédiats dans un contexte plus large. Plus les problèmes sont à longue échéance et leur impact étendu, plus est retreint le nombre d’individus réellement soucieux de leur trouver une solution… [Mais] dès qu’une société reconnaît qu’elle ne peut pas tout donner à tout le monde, elle doit commencer à procéder à des choix. Doit-il y avoir davantage de naissances ou un revenu individuel plus élevé, davantage de sites préservés ou davantage d’automobiles, davantage de nourriture pour les pauvres ou encore plus de services pour les riches ? L’essence même de la politique consiste à ordonner les réponses à ces questions et à traduire ces réponses en un certain nombre d’orientations. »1

C’était prévu, c’était prouvé, l’amour de notre société marchande pour les exponentielles dans un monde fini faisait que nous allions droit dans le mur ; je suis devenu réaliste. Lorsque René Dumont, poussé par des associations environnementalistes, s’est présenté à la présidentielle française de 1974 au nom de l’écologie, j’ai compris qu’un vote significatif pouvait enfin avoir lieu pour préparer un avenir moins perverti : nous allions manquer d’eau, les voitures allaient s’arrêter faute de pétrole, le nucléaire militaire et civil était le mal absolu. René parlait vrai. Il me fallait réagir, je suis devenu écolo. J’ai voté pour la première fois de ma vie à cette présidentielle, j’avais 26 ans. L’élection du chef de l’État pouvait ne pas être un « piège à cons ». Depuis j’ai toujours voté écolo au premier tour pour chaque présidentielle.

« Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent », disait Coluche. Aux présidentielles, faisons voter les arbres, votons pour les générations futures, votons pour un programme écolo. Car pour changer le monde dans le bon sens, encore faut-il que la politique s’en mêle et nous permette de faire un choix raisonné. Faire de la politique est par définition une bonne chose, il s’agit d’organiser la vie de la cité (polis, en grec, signifie la ville). Reste, comme l’avait enseigné René Dumont, à écologiser les politiques et politiser les écologistes. Cela ne peut se concrétiser que si chaque citoyen se considère aussi comme un écologiste en devenir. Nous sommes tous concernés, voter ne suffit pas. Nous devons changer notre mode de vie, notre façon de nous déplacer, de travailler, de se loger. L’impératif écologique se concrétise en réalité par un changement de civilisation. Reste la question que beaucoup se posent : Quel(le) candidat(e) à une élection dans un pays démocratique serait suffisamment suicidaire pour imaginer se faire élire sur un programme de rigueur énergétique au risque d’accélérer le déclin économique de son pays ? L’analyse que nous commençons aujourd’hui est faite pour montrer que c’est là une fausse contradiction, la rupture écologique est concevable, elle est absolument nécessaire. Même si on ne le sait pas encore.

Michel Sourrouille, 15 avril 2016

1 . Donella H. Meadows, Dennis L. Meadows, Jørgen Randers & William W. Behrens III, du Massachusetts Institute of Technology, Halte à la croissance ? [The Limits to Growth], Paris, Éditions Fayard, 1972.

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Écologie, choix du long terme contre le CT

La seule chose dont on peut être certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. Au jeu d’échecs, il y a le combat au corps à corps pour le centre, donner autant de coups qu’on en reçoit, équilibrer le matériel… mais celui qui gagne, c’est celui qui a une vision stratégique, qui améliore sa position en vue de la fin de partie, contrôler durablement une colonne ouverte, garder la mobilité de la paire de fous, etc. Dans la guerre il en est de même, on peut perdre une bataille mais gagner la guerre. La catastrophe écologique actuellement en œuvre a pour cause essentielle l’incapacité de l’espèce humaine à raisonner sur le long terme, à anticiper les drames à venir.

Une des caractéristiques principales de l’écologisme est sa préoccupation du long terme, à savoir le sort des générations futures et de la biodiversité. Cette pensée du futur peut rendre optimiste. Certes la montée de l’extrême droite en France et dans beaucoup de pays fait en sorte que l’urgence écologique n’est pas du tout ressentie actuellement dans les discours et les programmes de ce genre de parti. C’est la victoire du populisme, l’idée simpliste de prendre le pouvoir en flattant les intérêts immédiats des électeurs, pouvoir d’achat en hausse, essence à prix réduit, retraite à 60 ans, etc. Le réchauffement climatique, la déplétion des ressources fossiles, le stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, la chute de la biodiversité, on n’en parle jamais, ce n’est pas au programme du court-termisme. Pourtant ce sont bien là des réalités biophysiques, réelles et incontournables, des enjeux qu’on sera bien forcé d’affronter un jour ou l’autre. Le plus tôt sera le mieux et voter extrême droite (ou extrême gauche) ne fait que retarder les prises de décision inéluctables : nous devrons tous faire des efforts, dépenser moins, rouler au minimum, économiser dans tous les domaines, en un mot, décroître.

Soyons équitables, tous les partis sans exception en France (sauf Delphine Batho) prône la croissance économique et va dont l’encontre du sort de nos générations futures. Les impacts des changements écologiques sur nos vies se font encore peu sentir, nos démocraties représentatives restent donc de marbre. Le « court-termisme » idéologique et la préoccupation électorale de se maintenir au pouvoir contribuent encore à accélérer le déni. Tout ce qui renvoie au long terme apparaît comme une entrave à cette course à la croissance des activités économiques et de l’abondance à crédit. Comment corriger notre myopie face à l’avenir ? Attendre le choc des réalités et une décroissance subie.

Prenons un exemple. Un militant écolo pur et dur a décidé de ne plus avoir de voiture thermique, marche et vélo ont sa préférence. Mais il permet à d’autres de pouvoir gaspiller le pétrole qu’il a ainsi économisé. Prenons les 38 millions de véhicules qui circulent en France. Ce sont beaucoup de barils qui partent en fumée dans des embouteillages, du tourisme de masse, des allers-retours vers le lieu de travail ou les centres de loisirs pour les enfants. Cela accélère l’arrivée du choc pétrolier, la hausse brutale du prix du baril quand on s’apercevra que les réserves fossiles sont en passe d’être définitivement épuisées. Alors les gouvernements quelles que soient leur étiquette politique pendront les mesures qui s’imposent à eux, carte carbone, interdiction progressive de la voiture individuelle, fin du tourisme au long cours, réduction drastique des inégalités de revenus, etc. Les changements auront lieu, à la fois voulus et subis, mais ils auront lieu. En France et dans le monde entier.

On retrouvera quelques vérités de sagesse comme celle de la constitution orale de la Confédération iroquoise, le Gayanashagowa, qui encourage toutes les prises de décision à « avoir toujours en vue non seulement le présent mais aussi les générations à venir »

Lorsque les Iroquois se réunissent en conseil pour examiner des décisions majeures, leur pratique est de se demander : « Comment cela affectera-t-il la septième génération ? » Chaque génération devrait s’engager à préserver les fondations de la vie et du bien-être pour les générations futures.

Chaque être humain a le devoir sacré de protéger le bien-être de notre Mère Terre d’où provient toute vie (chef Iroquois devant l’Assemblée générale des Nations Unies en 1985)

La seule chose dont on est certain est que le long terme

finit toujours par l’emporter sur le court terme.

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LE MONDE est un quotidien, le long terme n’y vaut rien

extraits : Aujourd’hui la crise financière étouffe dans les médias toute perception claire de la crise écologique qui va dans les années prochaines approfondir gravement les crises socio-économiques. Car, comme le disait récemment Stéphane Foucart devant un parterre de journalistes environnementaux : « LE MONDE est un quotidien : par définition le long terme ne vaut donc rien par rapport au court terme. »….

Opinion publique, engluée dans le court terme

extraits : Comment se forme les idées de la population ? Essentiellement par les médias qui sont en très grandes majorité des supports publicitaires a longueurs de journée de la pub pour consommer sans retenues. Les informations sérieuses sont très limitées, la priorité n’est pas là ca il faut avoir le plus grand nombre devant les écrans pour vendre de la pub. Le sport, les jeux et les séries débiles sont plus accrocheur, alors l’environnement, les pollutions, la biodiversité, c’est néant….

Le long-termisme écologique contre la myopie

extraits : A l’occasion de la présentation de son plan pour « verdir » l’industrie, le 11 mai 2023, Emmanuel Macron a appelé à une « pause » dans la réglementation européenne, afin de préserver les acteurs locaux soumis à la concurrence des pays moins-disants du point de vue environnemental, comme la Chine. Les propos d’Emmanuel Macron ont immédiatement semé le trouble à Bruxelles….

Pour penser le long terme au niveau institutionnel

extraits : Accorder un droit de veto suspensif à une chambre composée d’experts et de citoyens corrigerait la myopie du Parlement face à l’urgence écologique, propose le philosophe Dominique Bourg….

Il est temps pour l’UE de se doter d’un représentant institutionnel dévolu à l’avenir

extraits : Malgré des décennies passées à favoriser l’intégration européenne, l’UE ne dispose toujours pas d’un cadre institutionnel qui mette véritablement le bien-être des générations futures au premier plan.Il suffit de regarder le déclin du soutien aux politiques de protection de l’environnement ! Il est temps pour l’UE de se doter d’un représentant institutionnel dévolu à l’avenir, d’un commissaire européen représentant les intérêts des générations futures.

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Législatives 2024, rejet de l’écologie et RN

Après avoir tenté de construire sa propre doctrine sur les sujets écolos avec le « localisme », un concept issu de l’extrême droite identitaire, la formation populiste a décidé de mettre en place une tactique plus basique : repérer les sujets de crispation et surfer sur les ressentiments générés par la transition écologique. Cela leur permet de trouver un nouveau moyen de critiquer Bruxelles, les élites, de prendre la défense des “petits” qui seraient opprimés par les “puissants”… Le Rassemblement national développe aussi une forme de « climato-rassurisme », en opposant sur chaque sujet une « écologie du bon sens » contre une écologie décrite comme « punitive ».

– Le 1er mai 2024, Marine Le Pen tempête contre « Bruxelles » qui « vous oblige, presque du jour au lendemain, à changer votre chaudière pour 15 000 euros », contre les « diminutions autoritaires des surfaces agricoles »… « C’est toujours la même logique de la décroissance qui les conduit à interdire la vente des moteurs thermiques en 2035 et programme ainsi volontairement la mise à sac de notre industrie automobile et la dépendance à la Chine. »

– Lors de la campagne des élections européennes, Jordan Bardella a répété son opposition au Green Deal.0 Favorable au tout-nucléaire, il a aussi promis d’imposer un moratoire sur les énergies renouvelables et de revenir sur la fin de la vente des véhicules neufs à moteur thermique .

Matthieu Goar : L’objectif est de récolter le vent de défiance au sein de catégories de la population inquiètes des changements de modes de vie. Le RN exploite et instrumentalise l’angoisse créée par les évolutions rendues nécessaires par le défi climatique. ils rassurent en disant à tout le monde qu’on a le temps, tout en se précipitant au chevet des colères. Une récupération qui met en lumière l’importance d’un des défis majeurs de la transition : l’acceptabilité par les citoyens. Contactés, deux cadres du RN spécialisés sur ces enjeux écologiques n’ont pas souhaité répondre aux questions du MONDE.

Le débat, mais on sait que convaincre des convaincus est impossible

pm42 : Ce qu’on va traduire autrement : le discours soi-disant écolo n’a absolument pas convaincu la population parce qu’il est tenu au mieux par des intellos déconnectés, au pire par des militants extrémistes qui mélangent tout. Et que personne n’a fait l’effort d’aller parler à la population.

Michel SOURROUILLE @ pm42 : Mensonge. Depuis 1971 et la nomination du 1er ministre à l’environnement en France, on parle à la population des risques écologiques. Depuis des années, l’effondrement de la biodiversité, le réchauffement climatique, le stress hydrique, l’épuisement des ressources fossiles, tout cela est bien documenté par un nombre énorme d’études scientifiques disponibles à qui cherche l’information sur ce qui compte vraiment. Mais comme vous, Pm42, par votre discours, vous entretenez de façon constante le doute quant à la réalité de la catastrophe en cours, vous faites le jeu d’un extrémisme qui, arrivé au pouvoir, ira comme d’habitude taper sur des boucs émissaires au lieu de regarder les réalités en face et d’agir pour le bien commun. Je ne vous félicite pas.

Peps72 : Pourtant nos Khmers verts d’EELV font tout pour faire reculer l’extrême droite en France : ils financent la mosquée de Strasbourg tenue par les islamo-conservateurs d’Ankara, ils autorisent illégalement le burkini dans les piscines de Grenoble, ils qualifient le voile islamique « d’embellissement », ils sont alliés avec les islamogauchistes de LFI. Non franchement, c’est incompréhensible que ces militants d’extrême gauche qui ne parlent jamais d’écologie favorisent autant la progression de l’extrême droite dans notre pays…

Michel SOURROUILLE @ Peps72 : Vous ne traitez pas du sujet posé, l’impuissance flagrante de l’extrême droite d’aborder sérieusement les menaces écologiques qui pèsent sur nous. Vous vous contentez d’attaquer l’extrême gauche à la Mélenchon, vous changez de sujet pour ne pas écouter le message initial. De plus vous faites un gros mensonge, le nouveau Front populaire n’est pas l’extrême gauche, c’est une nouvelle configuration qui allie les socialistes, les écologistes et tous les opposants au système capitaliste libéral. Une telle configuration est porteuse d’espoir et ne peut se restreindre à quelques actions d’excités du bulbe comme il en existe beaucoup du côté du Front national…

pm22 : Opportuniste et n’hésitant pas à modifier son programme, le RN peut séduire plus d’un électeur qui n’avait jamais voté extrême droite. En revanche les programmes dogmatiques affichés par LFI et EELV ont trop souvent pour effet de décourager plus d’un. Ex : les agriculteurs, contrairement aux préjugés, étaient plus rétifs face au vote RN que la moyenne de la population. En promettant l’interdiction immédiate des pesticides de synthèse et des réserves d’eau, LFI les braque. Autres exemples : la condamnation du nucléaire, la détestation de la voiture, etc.

Michel SOURROUILLE @ Pm22 : Le dogmatisme est du côté de ceux qui, comme le RN caressent les électeurs dan le sens du poil au lieu de les informer qu’il faudra faire des efforts pour nous sortir de la nasse que constitue le réchauffement climatique et la déplétion des ressources fossiles. Le nucléaire n’est qu’un pis aller impossible à mettre en place dans les temps très courts que nous laisse les périls dont je viens de parler. Et je ne confonds pas comme vous le faites les agro-industriels intoxiqué par les pesticides et qui défendent leur bassines. Il y a des paysans qui veulent rester nature et bio pour la santé de la terre. Quant à la voiture, c’est un instrument admirable pour se déplacer sans avoir à faire d’efforts physiques. Mais l’énergie dont elle a besoin sera de plus en plus difficile à se procurer, cette machine deviendra obsolète…

Le point de vue des écologistes réalistes

ExtinctionRebellion : Les écologistes ont toujours lié la question de la transition et celle de la justice sociale. Il est évident que les efforts et renoncement à certains conforts ne seront acceptables que s’ils sont équitablement répartis. Mais que leur rétorque-t-on alors ? Qu’ils sont des « pastèques », que l’écologie « ne devrait pas être politique ». À un moment, un minimum de cohérence et de bonne foi s’impose, sans quoi il n’est plus possible de débattre.

On peut rêver : Tout est dans les éléments de langage. A force de répéter des phrases qui n’ont pas de sens, elles finissent par leur donner une signification. Ecologie punitive, largement utilisée par la droite de Macron au RN en passant par LR, ne veut strictement rien dire. L’ écologie est une science qui, comme toutes les sciences, n’a jamais puni personne. Elle se contente, par exemple d’étudier et d’avertir sur les dégats, sur la santé, ou sur le climat, de certaines pratiques agricoles Ceux qui refusent de voir la réalité et veulent faire croire que l’on peut continuer indéfiniment à polluer, à épuiser les énergies fossiles juste parce qu’ils veulent continuer à gagner plus( les industries chimiques, les producteurs de pétrole, par exemple), ou parce qu’ils veulent un argument électoral (on est contre les normes pour faire plaisir à des agriculteurs; heureusement qu’elles existent!) ont trouvé cette expression pour ne pas aborder l’essentiel.

Arston : L’écologie est un sujet transversal qui intéresse la totalité de la population. Malheureusement, elle est perçue par une partie de l’électorat français comme une couverture pour des forces de gauche ou d’extrême-gauche.

Neril : Le français est comme tout le monde : il a une résistance au changement importante. C’est naturel. Ensuite, il y a 2 types de personnes : ceux qui prennent du recul et prennent sur eux pour avancer, et ceux qui en reste au « c’était mieux avant » et ne veulent rien changer. Le RN depuis toujours ne joue que sur ce sentiment. Le RN est l’illustration même du parti conservateur. Selon la période et les projets sociétaux, le RN va faire son beurre sur le rejet du projet en cours. Aujourd’hui c’est l’écologie (sans hésiter à raconter n’importe quoi), avant c’était le PACS ou autre…

Flytox : Le pétrole est une drogue hautement addictive. Bienvenue dans le monde des junkies!

TA : Que fera le RN lorsqu’il y aura 450 millions de réfugiés climatiques venus de régions voisines du monde devenues inhabitables ?… Toujours dans le  » déni de la science  » ?

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L’anti-écologisme du Rassemblement National

extraits : Le RN n’a pas de compréhension globale des enjeux environnementaux, il n’a aucune crédibilité sur ces questions. Dans son programme des élections européennes, le parti de Marine Le Pen veut abroger des pans entiers du pacte vert pour l’Europe, notamment l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, et il y réaffirme sa volonté de mettre en place un moratoire sur l’éolien et le solaire. Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide….

L’écologie à la mode du Rassemblement national

extraits : En 2023, Marine Le Pen identifie maintenant l’environnement comme un axe de progression pour le RN. L’idée sous-jacente est d’opposer « le bon sens de la terre, du paysan », contre l’idéologie urbaine bobo et les “technos hors sol”. Cela parle sans doute aux artisans, aux agriculteurs, aux petits chefs d’entreprise qui subissent des normes administratives complexes. Mais cela ne résoudrait en rien les problèmes systémiques auxquels nous sommes confrontés….

Rassemblement national, écologisme superficiel

extraits : Le discours du Rassemblement national (RN, ex FN) sur l’écologie a toujours été marqué par le rejet ou l’indifférence. La récupération actuelle de cette thématique relève essentiellement de l’opportunisme, les fondements idéologiques de l’extrême droite restent les mêmes….

L’écologie, impensé du Rassemblement National

extraits : Ce parti d’extrême droite fait bloc avec la FNSEA et oppose la ruralité aux « talibans de la verdure », comme Marine Le Pen appelait les écologistes durant sa campagne présidentielle de 2022. En matière de sécheresse, son programme incluait eulement « un plan de rénovation du réseau de distribution de l’eau [et l’étude de] la construction de centrales de désalinisation dans les zones les plus exposées à la sécheresse ». Voici ce que pensent aujourd’hui les élus du RN….

 

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L’anti-écologisme du Rassemblement National

Macron au niveau écolo, ça craint déjà ! Et si l’extrême droite, en campagne depuis des mois contre une prétendue « écologie punitive » arrivait au pouvoir en France ? Aurait-on un réchauffement de 5 ou 6°C ? Les écologistes s’inquiètent, on passe du mal au pire.

Macron tout d’abord : les différentes sphères de la cause environnementale ont recensé toutes les mesures mises à l’arrêt par la dissolution de l’Assemblée nationale. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, décalé depuis des semaines, remisé aux calendes grecques. La stratégie nationale bas carbone, qui devait être dévoilée jeudi 13 juin, attendra. Et une énième concertation sur le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ne peut plus être lancée. Pendant plusieurs semaines encore, la France devra donc se passer de feuilles de route énergétique et climatique.

Le Rassemblement National ensuite :  Le RN n’a pas de compréhension globale des enjeux environnementaux, il n’a aucune crédibilité sur ces questions. Dans son programme des élections européennes, le parti de Marine Le Pen veut abroger des pans entiers du pacte vert pour l’Europe, notamment l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, et il y réaffirme sa volonté de mettre en place un moratoire sur l’éolien et le solaire. Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. Soit les membres du parti sont climato-sceptiques et nient le problème, soit ils l’ignorent. En défendant uniquement le nucléaire, le RN propose une réponse extrêmement simpliste et populiste, qui caresse les électeurs dans le sens du poil en leur faisant croire que l’on peut enlever toutes les contraintes. Extrêmement simpliste et populiste. Et on peut prévoir le pire. Le RN au pouvoir risque fort de couper les subventions publiques à différentes associations environnementales, le Réseau Action Climat (RAC), Les Amis de la Terre et même France Nature Environnement. Il y aurait sans aucun doute une diminution drastique des autorisations de manifestations et une répression plus forte contre la désobéissance civile. Silence, l’ordre nationaliste aveugle règne. Or la question de fond n’est pas pensée : est -il ou non important de conserver une planète vivable. Les points de vue exprimés par les soutiens du RN font peur :

Le point de vue des frontistes d’extrême droite

Krikri : Mais enfin, ce sont bien 40% des votants qui ont choisi l’extrême-droite.

Rumi : L’arroseur du bien se retrouve arrosé par le camp du mal. C’est ennuyeux car ce camp du mal fait 40% des votes. Pauvres bobos et zadistes de tout poil, le bon peuple leur a dit m…

Kowloon : Les « mouvements écolos » pourront ils continuer les saccages, les tentatives d’assassinat et les agressions, comme à Sainte Soline ?

Ana : Les très, très, très nombreuses associations écologiques craignent d’avoir moins de subventions : les activistes vont devoir travailler pour acheter des boules de pétanque , des mortiers de feux d’artifice, de l’essence pour les cocktails ?

Brad the pit : Les écologistes (politiques) sont les dignes héritiers des inquisiteurs, des marxistes-leninistes grand teint, de Pol Pot . ils sont prompt à faire des procès politiques même à leurs alliés ,ils gueulent dès qu’il faut créer une mine de lithium en France mais veulent des voitures électriques.

Notre chasse à la bêtise anti-écolo sur notre blog biosphere

L’écologie à la mode du Rassemblement national

extraits : Interrogée par terraeco en mars 2012, Marine Le Pen exprimait le fond de sa pensée. Selon vous, les changements climatiques n’existent pas ? « Je ne suis pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale de ce phénomène. » Parlons agriculture ? « Le bio est une dictature, avec des histoires de gros sous enrobées dans des bons sentiments. »….

Projet de l’écologiste Marine Le Pen

extraits : sur son site en 2023, le projet du RN (l’environnement pour une écologie française) : Nous pratiquerons, dans tous les domaines, une écologie positive, notre projet tourne la page de l’écologie punitive… L’urgence est de rompre avec une écologie dévoyée par un terrorisme climatique… Nous sortirons du « Green deal » et de l’enfer administratif qu’il impose aux petites entreprises sous le nom de « taxonomie » au profit d’un plan d’autonomie stratégique fondé sur le développement durable… La France n’a pas à sacrifier le bien-être de sa population pour corriger les erreurs ou les abus des autres pays !… … Les Français pourront continuer à sortir leur famille en voiture, à prendre des bains chauds, à apprécier le feu de bois dans la cheminée et à fêter Noël ! »….

L’écologie, impensé du Rassemblement National

extraits : Ce parti d’extrême droite fait bloc avec la FNSEA et oppose la ruralité aux « talibans de la verdure », comme Marine Le Pen appelait les écologistes durant sa campagne présidentielle de 2022. Christophe Barthès, député Rassemblement national (RN) de l’Aude : « Il faudrait être idiot pour voir qu’il n’y a pas de changement climatique. Mais est-ce l’effet de l’homme ? Peut-être que oui, peut-être que non….

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L’indigne criminalisation des mouvements écolos

Il n’était pas rare dès la naissance de ce blog que des commentateurs nous renvoient à la face les mots « totalitarisme », « Khmers verts » ou autres « Ayatollah de l’écologie ». L’écologie serait donc un repère de gens peu recommandables. Aujourd’hui le gouvernement avait repris cette thématique en allant encore plus loin que des mots, en criminalisant les mouvements écolos, par exemple cette tentative de Darmain d’interdire « Soulèvements de la Terre ». Pour en savoir plus :

Stéphane Foucart  (journaliste du MONDE) : « La thématique environnementale a presque disparu lors des élections européennes du 9 juin 2024. Une des causes résulte à l’évidence de la criminalisation du mouvement environnementaliste : extravagante sévérité de la réponse judiciaire au Royaume-Uni, gestion policière des actions écologistes par le ministre de l’intérieur en France. Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou interdictions de manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social. L’écologie serait une affaire de dangereux délinquants ! Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement.

En miroir de la criminalisation des mouvements écologistes se construit ainsi la banalisation des postures et des mots de l’extrême droite la plus radicale.« 

Le point de vue des aveugles

Mr Foucard est un parfait porte-parole de nos khmers verts.

– Décidément l’idéologie rend sourd et aveugle M.Foucart.

– Une telle tribune partielle et partisane a-t-elle sa place dans le Monde ?

– Certaines manifestations  » écologiques  » ne permettent en aucun cas de justifier cette tribune.

– Les juges anglais ont récemment envoyé en prison des rigolos qui avaient bloqué le pont de la tour de Londres, exemple à suivre.

– Dans un système démocratique, ce n’est pas le plus violent qui décide, point final à la ligne.

Le point de vue des écologistes éclairés

Les contributions ci-dessus montrent combien la menace du dérèglement climatique est peu prise au sérieux par les Français….jusqu’à ce que leur maison soit inondée, l’électricité coupée, et là on va chouiner auprès des pouvoirs publics…

– Bien d’accord avec vous monsieur Foucard. Dans 50 ans les manifestants écolos d’aujourd’hui seront vus comme des résistants précurseurs. Comme les suffragettes en leur temps qui bravaient à l’époque les lois du machisme.

– Quand un état n’est plus capable ni désireux de répondre à la menace la plus forte qui pèse sur le pays et l’humanité, il se délégitime et ouvre la voie au chaos ou à la dictature. Un concept éclaire la situation, le « carbo-fascisme », une nouvelle tendance du populisme : il installe au pouvoir les néolibéraux pour continuer leurs sombres desseins de pillage de la planète.

– Il est parfaitement possible de faire de juteuses affaires avec les régimes d’extrême droite. L’histoire regorge d’exemples de grandes fortunes soutenant sans état d’âme ce type de régimes.

– La rengaine simpliste sur l’obéissance due à l’Etat en démocratie ne tient plus devant les faits scientifiques. Cela fait 40 ans que les gouvernements successifs ignorent 7 rapports consécutifs de la plus démocratique instance scientifique internationale, le GIEC, qui nous dit que les politiques actuelles nous mènent à la catastrophe : un réchauffement de 3 degrés.

– L’histoire donnera raison à ceux qui ont résisté contre le saccage de la planète, pas à ceux qui font des leçons de démocratie, dans le confort de leurs appartements bien chauffés et climatisés.

– Les industries polluantes et pilleuses des ressources naturelles, les vraies criminelles, se démènent à coup de millions avec des lobbies surpuissants pour contrer toutes les tentatives de critique. Faire passer les acteurs écologistes pour des criminels en se faisant aider par le pouvoir est une de leurs dernières trouvailles.
– Macron, Darmanin et consorts n’ont aucune compréhension des enjeux environnementaux. Ce ne sont même pas des « politiques » mais de simples marionnettes dont la mission est de préserver les intérêts du monde économique. Rien d’étonnant donc à ce qu’il mettent prioritairement l’accent sur la lutte contre ceux qui aspire à un changement de modèle.

– « Personne n’aime les porteurs de mauvaise nouvelle » entend-on dans Antigone, la pièce de Sophocle.

– Macron n’attaque pas les Amishs par hasard. C’est pourtant un mode de vie de ce type qui peut sauver tout le monde. Mais les gens n’en veulent pas. Donc ce sera le mur.

– Le « court-termisme » idéologique et la préoccupation électorale de se maintenir au pouvoir contribuent encore à accélérer cette tendance gouvernementale à la répression. La seule chose dont on est certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. Les changements auront lieu, voulus ou subis, mais ils auront lieu.

En savoir encore plus grâce à notre blog biosphere

Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie (2013)

extraits : En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits.

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Européennes, les résultats du vote du 9 juin…

Européenne 2024, une élection à la proportionnelle tous les 5 ans dans les 27 États membre de l’UE. Chaque pays fait ses règles, en France par exemple chaque parti doit imprimer son propre bulletin de vote. De toute façon sera-t-il utilisé : on prévoit plus de 50% d’abstentionnistes. Faut-il donc en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son fauteuil ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre Les Écologistes dans les choux ? A chacun de décider, c’est le seul avantage du vote dans l’isoloir : on peut changer d’avis à la dernière minute ! Certes, mais autant connaître tous les déterminants du choix pour avoir une démocratie éclairée. Et d’abord le sondage d’opinion pour se faire une idée de ce que pensent les autres et à comparer avec les résultats effectifs ce soir.

Sondage IPSOS pour Le MONDE

Au niveau des tendances électorales, Jordan Bardella confirme sa première place, loin devant avec 32 % d’intentions de vote pour le Rassemblement national. Valérie Hayer (majorité présidentielle) poursuit son érosion en perdant un point de pourcentage, elle s’établit à 15 %. Raphaël Glucksmann, le candidat du Parti socialiste, est stable à 14,5 %( marge d’erreur = 1). La France insoumise (LFI) conduite par Manon Aubry poursuit sa progression et enregistre désormais 9,5 %. La liste Les Républicains (LR), menée par François-Xavier Bellamy, reste stable à 7 %. Deux listes sont en danger de passer sous la barre des 5 % des votes requis pour envoyer des députés à Bruxelles. Reconquête conduite par Marion Maréchal s’établit ainsi à 5,5 % d’intentions de vote, celle des Ecologistes (Ex-EELV), conduite par Marie Toussaint, à 5 %. Léon Deffontaines, qui conduit la liste du Parti communiste français (PCF), est estimé, quant à lui, à 2,5 % d’intentions de vote, soit au même niveau que la candidate du Parti animaliste, Hélène Thouy,

Le point de vue des écologistes bien informés

Si on voulait que l’écologie ait encore quelques députés à Strasbourg, il fallait d’urgence convertir le plus de personnes possibles. Tant pis pour vous, c’est maintenant trop tard, le vote est ouvert. Si on voulait ridiculiser Macron, on votait Glucksmann. Les autres votes n’avaient aucune importance : si on ne veut pas des idées des extrémistes de droite comme de gauche et si on aime son minou, autant voter animaliste pour se faire plaisir et oublier que c’est une élection qui concerne l’Europe (et pas les toutous).

Pour le reste, notre blog biosphere vous avait déjà informé

Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

extraits : Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles)….

Trois raisons de ne pas voter Rass. Nat.

extraits : Il y a trois raisons pour ne pas voter Rassemblement national . D’abord son désintérêt de la question écologique qui va pourtant structurer nos comportements pendant les décennies qui viennent. Ensuite son culte du leader, l’ordre assumé par une seule personne, de préférence avec une passation de pouvoir au sein d’une même famille. Enfin un argumentaire politique qui se résume à une seule thématique, Nous Français, Eux étrangers, qu’ils restent chez eux….

Européennes, le paradis de Jordan Bardella

extraits : Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration….

Européennes. Des écologistes inaudibles

extraits : Premier débat avec les sept principales têtes de liste… Échanges lamentables ! Des promoteurs d’une société militarisée et non de paix. Pas un mot pour le droit international, la négociation et l’exigence de paix, de sécurité humaine, de rupture avec le capitalisme, d’exigence de solidarité face aux menaces existentielles !

Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen (2023)

extraits : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

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Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles).

1. Europe Écologie Marie Toussaint. « Pour l’Europe, pour nos vies, l’écologie ».

Dans les 10 solutions, 1) adopter un traité environnemental, 3) reprendre en main les entreprises du pétrole et du gaz pour réorienter vers les renouvelables, 4) baisse la TVA sur les produits « verts », 8) Sortir de la civilisation des toxiques.

2. Réveiller l’Europe (Glucksmann). Les élections européennes du 9 juin 2024 sont les plus importantes de l’Histoire.

L’écologie se retrouve dans certains des 11 engagements, par exemple l’Europe du train, la sauvegardes des océans, l’agroécologie…

3. La France insoumise avec Manon Aubry (et Mélenchon). « La force de tout changer ».

10 combats contre les multinationales qui maltraitent les travailleurs et la nature. Deux points sur l’écologie, 5) refuser les pesticides et 6) 100 % d’énergies renouvelables en 2050

4. Europe, Territoires, écologie (parti radical de gauche). « Pour une Europe plus forte qui nous respecte et nous protège ».

L’écologie se retrouve dans 2 des 15 engagements, lutte contre le réchauffement climatique par les énergies renouvelables, interdiction des polluants éternels.

5. La gauche unie pour le monde du travail (PCF). Protégeons les travailleurs, baissons les factures, produisons en France.

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 7 : un mix décarboné avec le nucléaire et une baisse de la TVA sur l’essence.

6. Écologie au centre (Governatori). « Pour notre planète, nos aimés, nos entreprises, une écologie pragmatique », finissons-en avec l’écologie sectaire.

L’objectif écologique arrive en 7e position sur 12 : innovation verte et maison des semences (par région).

7. Parti animaliste. « Les animaux comptent, votre voix aussi ». Nous défendrons les animaux au Parlement européen, chaque minute, chaque seconde.

Une de nos mesures : réduire la TVA sur les soins vétérinaires et les aliments pour animaux de compagnie.

8. L’Alliance rurale (Jean Lassalle). « L’urgence du bon sens »

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 9 : suppression de toutes les taxes d’origine européenne voulues par des écologistes déconnectés.

9. Majorité présidentielle (Macron). Besoin d’Europe pour une France plus forte.

L’objectif écologique, économique et social arrive en 3e position sur 5 : investissements massifs dans l’énergie, les transports, l’agriculture, le numérique, le spatial…

10. Le 9 juin avec FX Bellamy. La droite pour faire entendre la voix des Français en Europe

Quelques considérations anti-écolos… Abroger les éléments du Pacte vert… Une Europe qui transmette notre nature par une écologie des résultats et non de la décroissance…

11. La France revient ! Avec Jordan Bardella. « Pour l’Europe des Nations contre l’Europe de Macron ! »

Aucun objectif écolo explicite sur les 9 propositions mais dans point 5 (notre agriculture) on trouve  : arrêt de l’écologie punitive et point 9 : coopération européenne sur les technologies vertes.

12. Votez Marion, la France fière. « Le vrai vote utile, c’est Marion ! »

Sur les 10 « combats », 7) Défense de notre excellence nucléaire et 9) politique de soutien à la natalité

13. Lutte ouvrière, le camp des travailleurs (Nathalie Arthaud). Contre l’Europe du capital, contre les guerres impérialistes…

Aucun positionnement écolo explicite…, si ce n’est : « Aucun des problèmes posés à l’humanité sur le terrain climatique ne peut trouver de solution nationale, brandissons le drapeau rouge. »

14. Pour un monde sans frontières ni patrons (NPA révolutionnaires). « Renverser le capitalisme pour sauver la planète »

Aucun positionnement écolo explicite… si ce n’est : « Si les capitalistes ne sont pas capables d’assurer la survie de l’humanité, qu’ils passent la main. »

15. L’Europe, ça suffit ! (Florian Philippot). « Le Frexit est la seule solution pour retrouver la maîtrise de notre destin ».

Aucun positionnement écolo explicite… sauf en annexes : Stop à l’écologie punitive, investissons dans le nucléaire, refusons les éoliennes.

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Testament écologique d’un militant politique

La chaise vide n’est jamais une bonne attitude. J’ai milité pendant 25 ans pour la cause écologique, c’est-à-dire pour rendre possible l’impossible. Voici un aperçu de mes engagements politiques qui vous permettront, je l’espère, de mieux apprécier la situation présente et d’envisager l’avenir.

Petit rappel historique.

Le premier candidat à la présidentielle s’appelle René Dumont, en 1974. Mais le parti des Verts n’a été créé qu’en 1984. Il s’est transformé en mouvement EELV (Europe Écologie Les Verts) en 2011. Il a regroupé le parti des Verts stricto sensu et une coopérative ouverte aux sympathisants, même appartenant à un autre parti. Je fais un constat d’échec de cette nouvelle formule, la coopérative est un mort-vivant. Fin 2011, la coopérative comptait 17 500 adhérents, et le parti 14 500 adhérents, soit 32 000 adhérents à EELV. Fin 2020, la coopérative ne compte plus que 250 adhérents avec une cotisation  à 10€ ou 20€, et le parti environ 10 000 adhérents avec une cotisation libre à partir de 1€. La perte de militants écologistes est énorme pour le Mouvement et surtout pour la coopérative qui n’est pas devenue le socle espéré de plusieurs dizaines de milliers d’adhérents qui aurait fait  d’EELV comme le voulait Daniel Cohn-Bendit un mouvement écologiste de masse. Dans la lignée de Cécile Duflot et Jean Vincent, la « firme » au pouvoir n’a jamais aimé ni soutenu la coopérative, au contraire. Ils ont fait le choix du pire.

Aujourd’hui encore la nomenklatura des Verts ne se rend pas compte que le parti EELV est en bout de course, il a fait son temps, et la coopérative était la seule solution pour élargir son impact médiatique. Les succès verts aux élections locales ne sont pas redevables au parti, mais aux divers conglomérats qui se sont formés au nom de l’écologie. Il y a eu des alliances gagnantes comme le Printemps Marseillais, ou le groupement citoyen Poitiers Collectif. Il s’agit de catalyseurs comme en chimie, où un additif (l’écologie) permet de décupler la vigueur d’une réaction. Quelle peut être la place d’un individu dans ce collectif mouvant qui constitue l’écologie politique ? Personnellement j’ai essayé d’ouvrir dans et hors de ce parti beaucoup de chemins, je ne suis apparemment arrivé à aucun résultat.

J’ai tout essayé.

J‘étais chez les Verts dans les années 1990, mais il faisaient de l’auto-blocage avec leurs statuts rigides et un acoquinement avec le PS qui les empêchait de présenter électoralement une écologie de rupture. J’ai alors tenté pendant dix ans l’entrisme au PS car je croyais en 2002 que l’urgence écologique était devenue telle qu’un parti dit « de gouvernement » allait se saisir de cette thématique. J‘étais membre de leur commission nationale environnement, j’ai été en charge officiellement d’un suivi de la politique de la droite en matière d’écologie, périodique envoyé à tous les députés et sénateurs socialistes. J’ai aussi participé activement à la motion du congrès de Reims en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique » : 1,58 % des voix seulement, il n’y a pas eu débat d’idées, c’était la lutte à couteaux tirés pour savoir qui allait être premier secrétaire du parti, Ségolène ou Bertrand, Martine ou Benoît. Un parti politique ne réfléchit pas, il s’épuise dans les affrontements de pouvoir (le bal des ego), ce n’est pas une particularité du parti EELV ! J’ai organisé un colloque en janvier 2011 dans les locaux de l’Assemblée nationale « Pic pétrolier, quelles propositions politiques pour 2012 ? » ; plusieurs spécialistes à la tribune, la salle de réunion du PS pleine à craquer, des députés dans la salle. On n’en a retenu aucune leçon.

De toute façon le vieux PS de François Hollande n’était pas mûr pour parler « écologie ». Une fois arrivé au pouvoir, leur optique croissanciste a constitué leur mantra. J’ai donc rejoint EELV en 2011 avec le statut (nouvellement créé) de coopérateur qui me permettait la double appartenance partisane, socialiste ET écologiste. J’ai co-animé en 2011 aux JDE de Clermont-Ferrand un atelier qui a permis la création d’une commission accueil-formation, structure sans résultats malgré plusieurs WE de rencontres à Paris. Cette commission s’est enlisée dans les méandres de GIRAF (groupe interrégional accueil/formation)….

J’ai continué d’essayer. Je me suis encarté à EELV pour participer aux décisions de congrès. Je voulais une écologie de rupture, j’ai soutenu la motion Avenir Ecolo. Pour le congrès suivant, on est devenu « Pôle Ecolo » après union avec objectif Terre  ; j’ai été co-administrateur de la liste de diffusion. Mais nous avons été écarté du congrès par les partisans de la firme résultant des initiatives politiciennes de Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé.

J’ai continué d’essayer, y compris par des livres en libraire. J’ai coordonné un livre paru début 2014 avec comme auteurs Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Hervé… et intitulé « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». J’ai monté la même année, après plusieurs ateliers aux JDE sur cette thématique, un groupe de travail « démographie » qui a été officialisé par le BE mais qui n’a eu aucun écho chez nos dirigeants. Je suis aussi cofondateur du groupe de travail « imaginer une économie écologique », une instance adoubée par le CF en 2014. Pour préparer la présidentielle de 2017, j’ai rédigé un livre synthèse de 370 pages, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », présentant tous les programmes politiques possibles. Au JDE de 2016, on a refusé un atelier autour de mes thématiques et ma séance de dédicace n’a eu aucun succès. Entre les deux tours de la présidentielle de 2017, j’ai donc pris contact étroit avec le (futur) député « en marche » de ma circonscription, très ouvert apparemment à l’écologie. Mais dans la mouvance du groupe local, autant la plupart des adhérents de base avaient la fibre écolo, autant les orientations nationales allaient à l’inverse. Au bout de deux ou trois mois, j’ai compris (comme plus tard Nicolas Hulot) que Macron n’était pas compatible avec l’écologie. Mon livre anti-Macron « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » est sorti en libraire en octobre 2018. Je suis (re)devenu coopérateur EELV à plein temps. J’ai mis en place officiellement en 2019 lors des JDE de Toulouse un collectif « Formation de formateurs à l’écologie ». J’ai rassemblé tout un groupe, mais il n’y avait que moi qui était actif pour rédiger fiches de formation et rapports de conférences. Qui sait que le BE actuel compte un membre dédié à la formation ? Mais il ne faut pas se décourager, il faut toujours chercher le chemin le plus propice à promouvoir l’écologie politique.

J’ai presque tout essayé. La structure « économie écologique » était devenue en 2017 une commission thématique « post-croissance ». J’en suis récemment devenu membre… mais il n’y a aucune organisation interne à cette commission, on discutaille à perdre haleine sans vouloir que cela débouche sur une orientation du parti. J’ai même testé sans illusion beaucoup d’autres tentatives d’ouverture du mouvement ; à une époque j’étais au conseil d’orientation politique, et récemment avec le groupe de travail sur la « réinvention du Mouvement »

Aucune de ces structures, groupes de travail ou commission, n’est arrivé à donner un résultat durable, les militants préfèrent se contester entre eux plutôt que de rechercher la symbiose. On peut d’ailleurs généraliser à toutes les commissions thématiques, elles existent théoriquement pour réfléchir et éclairer le parti sur les orientations à prendre, elle ne servent à rien. La seule commission qui arrive à se faire connaître, c’est la commission féminisme, mais on n’y parle pas d’écologisme ! Grâce à Denis, j’ai obtenu une place de coopérateur auprès du Conseil Fédéral que j’abreuve de mes analyses ; elles ne sont jamais suivies d’effet, mais au moins je peux les proférer.

En conclusion, ce n’est pas parce que je passe personnellement d’un échec à un autre qu’il ne faut pas tenter l’impossible… René Dumont, notre figure de proue écologique, disait dès 1974 que l’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. A mon avis il faudra au moins un siècle pour que l’urgence écologique devienne l’éthique commune de l’humanité. D’ici là le mouvement écologiste aura connu beaucoup de schismes et opéré beaucoup de mutations avant de convaincre nos peuples que l’humanité doit s’obliger à une coopération durable avec la planète qui entretient la vie de tous les espèces (dont homo sapiens/demens). D’ici là je serai mort depuis longtemps, mais il faut par principe faire confiance aux générations futures. Pour arriver à une humanité moins anthropocentrée, elles seront aidées par mon partenaire préféré, la biosphère.

Ce sont les craquements de notre mère la Terre et ses dysfonctionnements provoqués par notre espèce qui nous obligent à penser autrement. Notre constat politique est commun, toutes les études scientifiques le prouvent, l’urgence écologique est omniprésente : épuisement halieutique, stress hydrique, surpopulation ET surconsommation, raréfaction des ressources renouvelables ET non renouvelables, pic pétrolier ET pic des métaux, réchauffement climatique, extinction de la biodiversité, stérilisation des terres agricoles et disparition des forêts primaires, bidonvillisation de l’habitat et morgue des super-riches du haut de leurs yachts et de leurs avions, gaspillage des ressources alimentaires et obsolescences programmées, aliénation du peuple par la société du spectacle, conformisme des consommateurs formatés par l’emprise publicitaire, foi aveugle dans le progrès techno-scientifique et ses solutions-miracle, montée de l’individualisme exacerbé d’un côté et explosion des intégrismes de l’autre, militarisation de l’existence, en bref dépassement des limites dans tous les domaines.

Reconnaître cela, lutter contre des tendances mortifères, c’est vouloir nécessairement la coopération, c’est chercher le meilleur chemin, c’est tenter l’impossible.

Michel Sourrouille

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Sécurité ou souveraineté alimentaire ?

Faire de la souveraineté alimentaire de la France la boussole des politiques publiques agricoles, c’est l’objectif principal du projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture. » Il sera examiné à l’Assemblée nationale en séance à partir de mardi 14 mai 2024. S’ouvre une boîte de Pandore au service d’objectifs divergents. Le libre échange n’est pas une bonne méthode pour assurer la sécurité alimentaire, sauf pour le pays développés !

Mathilde Gérard : Le projet de loi ne définit pas la souveraineté alimentaire, il en fixe l’esprit à travers une liste de politiques y contribuant : assurer l’approvisionnement alimentaire, anticiper et s’adapter aux conséquences du changement climatique, contribuer à la décarbonation de l’économie. La notion de souveraineté alimentaire est forgée dans la seconde moitié des années 1990. Après la création de l’Organisation mondiale du commerce, en 1995, les Etats défendaient l’idée qu’il fallait ouvrir les marchés pour rendre l’alimentation moins chère et permettre aux pauvres de se nourrir. C’était n’importe quoi, parce que la majorité de ceux qui ont du mal à manger, ce sont les paysans pauvres, et baisser leurs revenus n’allait pas les aider.

La pandémie de Covid-19 puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont déstabilisé les filières d’approvisionnement dépendantes des marchés internationaux. La France est une grande puissance céréalière, mais les importations d’engrais la rendent dépendante des pays producteurs de gaz, notamment la Russie, et des énergies fossiles. Les syndicats agricoles français, puis le gouvernement en appellent à l’impératif de « souveraineté » pour justifier le besoin de maximiser la production agricole française et déroger à certaines règles environnementales : la souveraineté, c’est devenu la course à la compétitivité et à l’export. Les associations soulignent le besoin de penser les dépendances sur le long terme : la souveraineté alimentaire, c’est aussi celle des générations futures, qui doit être garantie en préservant les ressources naturelles.

Le point de vue des écologistes les pieds sur terre

L’agriculture techno-industrielle liée à la marchandisation mondialise des ressources alimentaires a été une catastrophe : paupérisation des paysans traditionnels, dépendance totale des consommateurs occidentalisés envers les filières agricoles des multinationales. Il faut soutenir les petits paysans et prendre en compte les processus écologiques comme le fait l’agriculture biologique. Il faut une retour aux savoirs locaux et communautaires, afin de retrouver une autosuffisance alimentaire pour assurer une sécurité alimentaire durable.

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tous paysans en 2050 (2009)

extraits : Autrefois nos parents étaient presque tous des ruraux, aujourd’hui nous nous rapprochons de la terre, demain nous serons tous paysans. De gré ou de force. En effet en 2050, nous serons au lendemain des grands chocs écologiques qui vont déstructurer la société thermo-industrielle. Ce sera comme pendant une grande guerre, la pénurie et le rapprochement des campagnes. Ce sera le retour des paysans comme décrit par Silvia Pérez-Vitoria : « Dès le début de l’industrialisation, la paysannerie a constitué un enjeu idéologique. Elle fut dénigrée par les tenants de la modernisation, les termes ne manquent pas : cul-terreux, bouseux, plouc, péquenot…La souveraineté alimentaire, le droit de produire nos aliments sur notre propre territoire, pose la question de la finalité de l’agriculture. Elle s’articule avec la défense d’une relocalisation de l’agriculture vivrière…

Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange (2012)

extraits : En 1986, l’agriculture entre dans les accords du GATT avec l’Uruguay Round. La suprématie de la marchandise sur l’aliment est actée dans des textes internationaux. Le seul intérêt est le développement du commerce et les profits des transactionnaires (firmes agro-exportatrices, sociétés de transports, assurances, banques). Cela ne favorise ni l’alimentation de la population, ni l’activité du paysan local, ni les économies d’énergie. Le protectionnisme est une condition incontournable de l’autonomie. Via Campesina demande le retrait de l’agriculture de l’OMC (organisation mondiale du commerce), ou plutôt le retrait de l’OMC de l’agriculture….

pas de sécurité alimentaire sans planning familial (2012)

extraits : Personne ne peut s’exprimer décemment sur la faim dans le monde en oubliant l’évolution exponentielle de la démographie humaine. Il ne faut pas « seulement » s’interroger sur la manière de produire des aliments, mais aussi sur notre manière de faire des enfants. Jamais la sécurité alimentaire ne sera atteinte si on s’occupe seulement de nourrir les ventres affamés. En agissant ainsi, la population continuera d’augmenter plus vite que les ressources agricoles car cela constitue un permis de procréer….

Autonome grâce à son potager, c’est possible (2018)

extraits : A l’heure de la mondialisation de la production alimentaire, produire une partie de sa propre nourriture est un acte fort pour retrouver une partie de son autonomie. Il s’agit d’une démarche individuelle relativement simple et rapide à mettre en place. Il vous suffit de suivre les conseils prodigués par Blaise Leclerc dans son livre « Produire tous ses légumes, toute l’année ».  Il vous y donne des exemples….

Pour en savoir encore plus, LIRE

2005. Les paysans sont de retour de Silvia Pérez-Vitoria

2010. la guerre des terres de Thierry Pouch

2011. victoires d’une Indienne contre le pillage de la biodiversité de Vandana Shiva,

2012. La fabrique de la famine (les paysans face à la mondialisation) de Walden Bello

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Contre-violence et rupture radicale

Il n’y a pas pire violence que celle dont on ne se rend pas compte. La flamme olympique avait débarqué à Marseille le 8 mai 2024 sous les critiques de collectifs militants : « Cet événement imposé vient amplifier les problèmes écologiques, économiques ou sociaux actuels 

Mais c’est inaudible, tout le monde se doit de vénérer le passage de cette flamme à 150 000 euros par département. La seule critique admissible, c’est de savoir si Jul avait ou non le droit de porter cette bougie de luxe. Triste monde qu’on fait revivre comme à une époque lointaine, avec du pain et des jeux, une abondance factice et des divertissements débiles. Divertir pour ne pas penser à l’essentiel ! Autant dire sauver le système : celui qui détruit les écosystèmes, bousille notre climat, détruit la vie sur terre, fait exploser les maladies chroniques, et mène l’humanité au désastre.

L’idée-clé de l’écologie politique, c’est la conscience aiguë que nous avons déjà dépassé les limites de la biosphère. Il faudrait donc opter pour une écologie de rupture. A ceux qui lui demandaient comment sortir de la crise, l’écologiste Teddy Goldsmith répondait en souriant : « Faire l’exact contraire de ce que nous faisons aujourd’hui, et ce en tous les domaines. »

Vu l’aliénation des masses, un tel programme ne peut résulter que par l’action d’une infime minorité d’activistes. Sortir de la soumission volontaire à son groupe d’appartenance commence toujours de façon marginalePlutôt que de révolution, nous préférons parler de contre-violence par rapport à un système qui a anesthésié la population, qu’elle vive en France ou sous une dictature.

Lire, Une écologie de rupture contre la société croissanciste

et aussi Soumission/ volontaire, comment sortir de cet oxymore ?

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Violence, contre-violence et dissolution

extraits : ll y a plusieurs sortes de violences à ne pas confondre. Il y a la violence du système thermo-industriel qui nous a enfermé dans une impasse, réchauffement climatique, extinction de la biodiversité, stress hydrique, etc. Face aux entreprises destructrices du vivant, il y a la contre-violence de quelques militants qui défendent les générations futures contre cette agression. Et puis il y a la violence d’État qui soutient la violence de ce système croissanciste aveugle….

Urgence écologique de la contre-violence

extraits : En Allemagne, les autorités criminalisent le mouvement écologiste radical Letzte Generation(« dernière génération »). Pourtant le mouvement écologiste est d’essence non-violente. Par contre la violence d’État par justice interposée signifie l’absence de sensibilité écologique d’un gouvernement quand il réprime férocement les militants. C’est le déni gouvernemental de l’urgence écologique qui fait en sorte que la non-violence peut se transformer en contre-violence, par exemple par la destruction de biens nuisibles à la planète. Saboter un pipeline, est-ce de la violence ? L’existence du pipeline n’est-il pas déjà une violence ?….

Contre-violence par destruction de biens

extraits : Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées… Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe….

Th. Kaczynski, adepte de la contre-violence

extraits : Brillant mathématicien devenu ermite, Theodore Kaczynski s’était lancé dans une croisade contre le progrès et la technologie. En septembre 1995, promettant d’arrêter ses envois de bombes, il obtient du New York Times et du Washington Post qu’ils publient un long manifeste dans lequel il exprime une haine de la technologie et du monde moderne….

Pour en savoir encore plus sur la contre-violence

Définition du concept : La contre-violence est un concept sociopolitique qui désigne l’acte de résistance ou de rébellion d’un individu ou d’un groupe face à une situation d’injustice, d’oppression ou de domination. Elle peut être considérée comme une forme de défense légitime lorsque les moyens pacifiques ont échoué. La contre-violence peut prendre diverses formes : manifestations, grèves, actes de sabotage, voire recours à la force physique. Il est important de souligner que la contre-violence n’est pas synonyme de violence gratuite ou destructrice. Elle vise à rétablir un certain équilibre et à promouvoir la justice sociale.

Jean-Marie Müller : La violence est un enchaînement. La non-violence veut briser cet engrenage. La contre-violence, en définitive, ne permet pas de combattre le système de la violence parce qu’elle en fait elle-même partie et ne fait que l’entretenir. En toute rigueur, la contre-violence est une violence contraire, mais elle n’est pas le contraire de la violence. Opter pour la non-violence, c’est, face à la violence subie, refuser de réagir en rendant la violence pour la violence, reproduisant ainsi le mal subi. C’est, tout au contraire, décider d’agir librement pour interrompre la chaîne des revanches et des vengeances.

Françoise d’Eaubonne, Contre-violence ou la Résistance à l’État (publié en 1978) : Les théories radicales de l’écrivaine Françoise d’Eaubonne et ses pratiques de sabotages font de sa vision singulière de l’écoféminisme un objet de réflexion pour toute une génération militante qui s’interroge, à l’heure de l’urgence climatique, sur les stratégies à mettre en œuvre, incluant les sabotages et l’action directe spectaculaire dans l’espace public.

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Européennes. Des écologistes inaudibles

32 listes à ce jour pour les Européennes (vote le 9 juin 2024), un vrai gaspillage de la part de tous ces candidat à vouloir faire parler d’eux. Sachant que toutes les listes ont de toute façon leurs présupposés sur l’écologie, voici les différentes listes potentielles qui mettent l’écologie en affichage, ou du moins un soupçon d’écologie : Les écologistes – Europe Ecologie  ; Ecologie au centre ; Union des centristes et des écologistes ; Ecologie positive & Territoires ; Mouvement écologiste indépendant avec L’Ecologie autrement ; Europe Egalité Ecologie ; Parti animaliste… Notons que le Trotskisme serait porté par trois listes dont aucune ne veut afficher l’étendard écolo. 

Quatre thèmes principaux ont animé le premier débat avec les sept principales têtes de liste : Jordan Bardella (Rassemblement national, RN), Valérie Hayer (Renaissance), Raphaël Glucksmann (Parti socialiste-Place publique), Manon Aubry (La France insoumise), Marie Toussaint (Les Ecologistes), François-Xavier Bellamy (Les Républicains) et Marion Maréchal (Reconquête ! Que peut-on retenir de ce débat à propos du « défi écologique »  !

Interrogés sur la question de la transition écologique, plusieurs candidats ont critiqué l’interdiction prévue de la vente des voitures thermiques neuves à partir de 2035. Ainsi de Jordan Bardella (« un coup de canif porté au pouvoir d’achat de nos concitoyens ») ou de Marion Maréchal-Le Pen, qui y voit une mesure qui « favorise une fois de plus les importations chinoises ». Valérie Hayer a souligné qu’il ne s’agissait « pas de dire demain aux Français “vous ne pourrez plus utiliser votre voiture thermique” », mais que « vous pourrez continuer à utiliser des voitures thermiques de seconde main ». Raphaël Glucksmann a approuvé le développement « des filières européennes de voiture électrique ». François-Xavier Bellamy et Jordan Bardella ont dénoncé la stratégie « Farm to the Fork » (« de la ferme à la fourchette », adoptée en octobre 2021) visant, selon eux, à une « décroissance agricole »

Marie Toussaint a notamment estimé que le candidat du RN est « un agent de l’étranger ». Cette dernière a aussi critiqué le positionnement de Jordan Bardella au Parlement européen, qui n’a « jamais voté en faveur de se libérer du gaz russe ». Marie Toussaint a mis en avant la nécessité d’une « faible TVA verte sur les produits qui sont bons pour la santé, bons pour la planète et bons pour l’emploi ». Elle a appelé à aller encore plus loin avec un « Buy Green and European Act », une préférence européenne pour les marchés publics, et à une extension de la taxe carbone aux frontières du continent. Elle a affirmé « qu’on a besoin de l’immigration ».

Le point de vue des écologistes qui ne savent plus pour qui voter

– L’unanimité sur la place centrale de la voiture montre que les débatteurs ont oublié le réchauffement climatique.

– On passe plus de temps à critique l’extrême droite qu’à proposer des solutions pérennes.

– Échanges lamentables ! Des promoteurs d’une société militarisée et non de paix. Pas un mot pour le droit international, la négociation et l’exigence de paix, de sécurité humaine, de rupture avec le capitalisme, d’exigence de solidarité face aux menaces existentielles !

– Sur l’Europe, le néant du y’a qu’à faut qu’on. Vivement des listes transnationales présentées par les partis siégeant effectivement à Bruxelles présentant leur projet Européen au lieu des carabistouilles de nos camelots gaulois.

– L’Europe, ce sont 75 ans de paix, où les conflits sont réglés de manière civilisée par des négociations. Jetons l’UE à la poubelle ?

– Quant à l’immigration, le blabla habituel des extrêmes droites, sans proposition tenable, notamment le développement des pays d’origine.

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Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen (2023)

extraits : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

Européennes : Pascal Canfin verdit la liste de Macron (2019)

extraits : Pour les européennes 2019, toutes les listes sans exception font de l’écologisme. Le Rassemblement national a déjà son slogan écolo : « Priorité au local avant le global ». Emmanuel Macron se contente surtout de débaucher des têtes d’affiche. Aujourd’hui c’est Pascal Canfin, ex-membre d’EELV et ex-ministre–alibi écolo de François Hollande. Il est propulsé numéro 2 de la liste « Nathalie Loiseau ». Il justifie naïvement son ralliement

Des européennes sans Dany Cohn-Bendit, EELV à la peine (2014)

extraits : Comme l’anticipaient les sondages pour les élections européennes, les écologistes ne sont pas parvenus à rééditer leur performance de 2009, où ils avaient obtenu 16,28 % des voix ; Europe Ecologie-Les Verts arrive à peine à 9 %. Quelle analyse ? Examinons le cas emblématique de Daniel Cohn-Bendit. D’écologie, on ne l’entendait pas beaucoup parler. Mais les gens aiment les grandes gueules : la figure de Marine remplace maintenant celle de Dany.

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Le droit d’être Objecteur de Conscience

Droit européen : l’objection de conscience au service militaire (4 octobre 2016)

L’objection de conscience est un droit qui s’est construit au fil de la jurisprudence. S’il n’est pas visé expressément par la Convention européenne des droits de l’homme, la jurisprudence européenne le considère comme une composante de la liberté de conscience protégée par l’article 9 de la Convention. Sa décision rendue le 15 septembre 2016 permet à Dalloz Actu Étudiant de faire un point sur cette notion.

Lorsque le service militaire était obligatoire en France, l’objection de conscience était prévue par les articles L. 116-1 et suivants du Code du service national. Les jeunes gens qui, pour des motifs de conscience, se déclaraient opposés à l’usage personnel des armes, pouvaient être admis à satisfaire à leurs obligations, soit dans un service civil, soit dans un organisme à vocation sociale ou humanitaire assurant une mission d’intérêt général. 

Les pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme (Conv. EDH) n’ont pas tous les mêmes exigences face à l’objection de conscience. C’est la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui va demander aux États non seulement de respecter les convictions de l’objecteur de conscience, mais également de tout mettre en œuvre pour que puisse être exercé ce droit, même s’il n’en a pas toujours été ainsi. 

La dernière décision de la CEDH relative à l’objection de conscience au service militaire a été rendue le 15 septembre 2016 (Papavasilakis c/ Grèce ). En l’espèce, un grec, témoin de Jéhovah, avait demandé l’autorisation d’effectuer un service civil au lieu du service militaire obligatoire, au motif qu’il était objecteur de conscience. Cette demande lui ayant été refusée, il a saisi la CEDH. La Cour conclut à la violation de l’article 9 Conv. EDH au motif que sa liberté de conscience et de religion a été méconnue, et à la violation de l’article 6, § 1 garantissant le droit à un procès équitable. 

La première application par la CEDH de l’article 9 Conv. EDH aux objecteurs de conscience date de la décision Bayatyan c/ Arménie du 7 juillet 2011 (n° 23459/03). La Cour relevait dans cet arrêt que l’article 9 ne mentionnait pas expressément le droit à l’objection de conscience mais considérait toutefois que lorsque l’opposition au service militaire était motivée par un conflit grave et insurmontable entre l’obligation de servir dans l’armée et la conscience d’une personne ou ses convictions sincères et profondes, de nature religieuse ou autre, constituait une conviction atteignant un degré suffisant de force, de sérieux, de cohérence et d’importance pour entraîner l’application de ces garanties. Quant à savoir si et dans quelle mesure l’objection au service militaire relevait de cette disposition, la question devait être tranchée en fonction des circonstances propres à chaque affaire. En l’espèce, le requérant faisait partie des témoins de Jéhovah. Par conséquent, la Cour n’avait aucune raison de douter que l’objection du requérant au service militaire fût motivée par des convictions religieuses sincères qui entraient en conflit, de manière sérieuse et insurmontable, avec son obligation d’effectuer le service militaire.

Avant cette décision, la jurisprudence européenne refusait l’application de l’article 9 de la Conv. EDH aux objecteurs de conscience.

La Commission européenne des droits de l’homme (Com. EDH) avait estimé que l’article 9 Conv. EDH ne pouvait être méconnu au motif que les objecteurs de conscience ne bénéficiaient pas d’un droit d’être exemptés du service militaire et que chaque État contractant pouvait décider, ou non, de reconnaître ce droit (12 déc. 1966, Grandrath c/ Allemagne, n° 2299/64. V. égalementCom. EDH 2 avr. 1973, G. Z c/ Autriche, n° 5591/72 ; Com. EDH 5 juill. 1977, X. c/ Allemagne, n° 7705/76). Il avait également été décidé qu’il n’était pas discriminatoire de réserver l’exemption totale du service militaire et du service civil de remplacement aux seuls objecteurs de conscience appartenant à une communauté religieuse, excluant ainsi ceux objectant conscience pour des motifs idéologiques ou philosophiques (V. Com. EDH, 11 oct. 1984, N. c/ Suède, n° 10410/83 et Com. EDH, 30 nov. 1994, Peters c/ Pays-Bas, n° 22793/93).

Cependant, la jurisprudence va évoluer. Ainsi en 2000, les sanctions disproportionnées prises à l’encontre des réfractaires au service militaire ont été considérées comme constitutives de violation de la convention (CEDH, gr. ch., 6 avr. 2000, Thlimmenos c/ Grèce, n° 34369/97). La Cour va plus loin en 2006, en demandant aux États contractants d’avoir une législation claire et définie sur les sanctions encourues, pour éviter que le requérant fasse l’objet d’une série interminable de poursuites et de condamnations pénales (CEDH, 24 janv. 2006, Ülke c/ Turquie, n° 39437/98). 

Désormais, l’objection de conscience, relève de la protection de l’article 9 Conv. EDH. Notons également que l’objection de conscience est également reconnue, pour les pays de l’Union européenne par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (art. 10).

CEDH, 15 septembre 2016, Papavasilakis c/Grèce, n° 66899/14

annexe : Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (26.10.2012)

Le Parlement européen, le Conseil et la Commission proclament solennellement en tant que Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne le texte repris ci-après.

Article 10

Liberté de pensée, de conscience et de religion

1.   Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

2.   Le droit à l’objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en régissent l’exercice.

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La Terre se soulève, son manifeste

Il n’y a pas que des personnalités comme Greta Thunberg qui portent par leurs actions l’urgence écologique. Il y a aussi des associations, de plus en plus nombreuses et qui recouvrent des domaines aussi bien ponctuels que nationaux ou même internationaux. Mais c’est le mouvement des « Soulèvements de la Terre », conglomérat d’associations, qui est en train de structurer la contre-violence à exercer contre la société thermo-industrielle qui nous mène au désastre.

Voici une présentation du manifeste des Soulèvements de la Terre, « Premières secousses » 

Nabil Wakim : Dans un livre manifeste, intitulé Premières secousses (La Fabrique, 296 pages, 15 euros) et signé collectivement Les Soulèvements de la Terre, cette organisation polymorphe tente de définir ses grandes lignes politiques. Le livre explique que le mouvement se reconnaît en premier lieu dans trois modes d’action. D’abord, le blocage, défini comme « une suspension d’une infrastructure responsable du ravage écologique » – arrêter un chantier, par exemple. Le « désarmement », présenté comme la « mise en pièces d’infrastructures ou de chantiers qui accélèrent la catastrophe en cours », autrement dit, le sabotage. Et, enfin, « l’occupation de terres . « L’écologie qui se contente de faire la morale est au mieux impuissante, au pire contre-productive », écrivent Les Soulèvements de la Terre. Si l’agro-industrie se trouve dans le viseur du mouvement, c’est également le cas du secteur du ciment, considéré comme « l’une des industries les plus universellement associées au ravage environnemental ».

Autour des mégabassines, les actions de sabotage ou d’occupation de lieux n’étaient pas forcément consensuelles au départ. Elles le sont progressivement devenues, estiment les auteurs, dans l’enthousiasme de la contestation commune mais aussi face à la répression.« Nous n’avions pas anticipé l’ampleur inédite du feu qui s’est abattu sur nous ce jour-là », reconnaissent les militants à propos des affrontements de Sainte-Soline. Forts de leur expérience dans les modes d’action radicaux, Les Soulèvements se rêvent en « force d’intervention » militante, en soutien à des mouvements sociaux. Mais souhaitent aussi participer à rendre certains territoires « ingouvernables » pour les institutions – comme un message adressé directement au ministre de l’intérieur.

Le point de vue des écologistes concernés

ti Gilou : 1) Lorsqu’un ministre de l’intérieur tolère les violences et les déprédations d’un camp (la FNSEA) et taxe l’autre « d’ecoterroriste », il attise la violence. 2) Actuellement, toutes les contraintes écologiques sont sacrifiées à la recherche de profits à court terme. Ces deux raisons incitent les moins de 30 ans à l’action. Certains lecteurs de plus de 60 ans crient au scandale. Malgré mes 72 ans, j’incite ces jeunes à continuer, pour l’avenir de mes petits enfants.

Marc Girod : Il y a la radicalité du pouvoir, sa brutalité, l’abus cynique des outils conventionnels de la « démocratie », et l’urgence écologique. Agir en citoyens, organiser la résistance, n’est pas facile. Mais c’est nécessaire.

John Baird Callicott : La vision relationnelle du Soi transforme l’égoïsme en écologisme. « Je protège la forêt tropicale » devient : « Je suis une part de la forêt tropicale qui me protège moi-même. » Le monde est le prolongement de ton propre corps, et ton corps est la concentration du monde dans un endroit particulier de l’espace-temps. Nul n’existe indépendamment, bios est intrinsèquement symbiose.

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13 août 2023, Soulèvements de la Terre / Darmanin… 1 / 0

extraits : Les juges des référés de la haute instance administrative ont suspendu, vendredi 11 août, la dissolution des Soulèvements de la Terre, prononcée le 21 juin en conseil des ministres. Le gouvernement qualifiait dans son décret SLT de « groupement de fait », et l’avait dissous pour avoir incité « à la commission de sabotages et dégradations matérielles, y compris par la violence ». C’est un sérieux camouflet qu’a infligé le Conseil d’Etat à Gérald Darmanin….

21 juin 2023, Dissolution SLT en conseil des ministres

extraits : Les terroristes sont ceux qui massacrent des centaines de km 2 de nature ou polluent abondamment l’environnement. Pas ceux qui cassent 3 machines ou bloquent un chantier. Pour ce gouv., il vaut mieux tuer l’avenir de nos enfants au nom du capital, que de résister pacifiquement aux atteintes à la nature pour sauver l’humanité…

9 juin 2023, Violence, contre-violence et dissolution

extraits : il y a plusieurs sortes de violences à ne pas confondre. Il y a la violence du système thermo-industriel qui nous a enfermé dans une impasse, réchauffement climatique, extinction de la biodiversité, stress hydrique, etc. Face aux entreprises destructrices du vivant, il y a la contre-violence de quelques militants qui défendent les générations futures contre cette agression. Et puis il y a la violence d’État qui soutient la violence de ce système croissanciste aveugle…

2 Avril 2023, « Nous sommes les Soulèvements de la terre »

extraits : Trois cents personnalités, dont Philippe Descola, Cyril Dion, Annie Ernaux et Adèle Haenel ont décidé de rendre publique leur appartenance aux Soulèvements de la terre…

2 avril 2023, Nous sommes la Terre qui se soulève

extraits : Nous sommes la Terre qui se soulève, nous sommes la forêt qui se défend, nous sommes le peuple de l’eau et nous sommes multiples, insaisissables. Le mouvement des Soulèvements de la Terre ne peut pas être dissout car il est multiple et vivant. Le mouvement des soulèvements ne peut être dissout, car il est composé de tous les mouvements paysans, écologistes, de sauvegarde de l’eau et de nos terres. On ne dissout pas un mouvement qui gronde, on ne dissout pas une révolte qui se prépare.

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Écologie : rendre possible l’impossible

Après la nomination en 1971 d’un secrétaire délégué de la protection de la nature et de l’environnement et d’un ministère à part entière en 1975, le bilan suivant a été fait par son premier titulaire, Robert Poujade. Dans son livre-témoignage de 1975, « Le ministère de l’impossible », il explique :

« Avec 300 fonctionnaires et un budget minuscule, il me fallait infléchir – essayer d’infléchir ! – la politique d’une douzaine de ministères, disposant d’administrations puissantes, et de très grands moyens…J’ai eu trop souvent le sentiment de lutter presque seul contre des entreprises que tout aurait dû condamner… On accepte de subventionner n’importe quelle activité sous la pression des intérêts privés, mais beaucoup plus difficilement de prélever une part très modeste de profits, faits au détriment de la collectivité, pour lui permettre de réparer des dommages… La civilisation industrielle a préféré le rendement immédiat à la protection des ressources naturelles. ».

Voici quelques solutions pour dépasser un blocage gouvernemental qui perdure jusqu’à nos jours, ce que nous avons constaté dans notre article précédent.

  •  Redéfinir le périmètre du ministère de l’écologie

Corinne Lepage tirait de son expérience de ministre de l’écologie en 1995-1997 ce résultat : « Les ministères de l’agriculture, de l’industrie, des transports gèrent seuls ou presque les pesticides, les choix énergétiques, le bruit des avions… Le ministère de l’agriculture sera celui des agriculteurs, le ministère des transports celui des transporteurs. Le principe d’intégration qui veut que l’écologie soit intégrée en amont de tous les choix publics est piétiné. » Pour éliminer cette infériorisation systématique, Nicolas Hulot proposait en 2006, dans son Pacte écologique, la voie d’un grand ministère de l’Écologie qui regrouperait différents domaines. Cette solution d’élargissement du périmètre dilue encore davantage l’impératif écologique dans un conglomérat d’intérêts contradictoires. Alain Juppé est devenu en 2007 ministre d’État, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables (MEDAD) et numéro 2 du Gouvernement. Expérience peu concluante.

Plutôt qu’un ministère à périmètre variable, plutôt qu’un vice-Premier ministre, il est préférable que ce soit le Premier ministre lui-même qui soit en charge de l’écologie. Car en fait c’est le Premier ministre qui est tenu d’arbitrer entre les projets de ses différents ministres lorsque les logiques sont contradictoires. Nommée Première ministre en mai 2022, Elisabeth Borne a été chargée de la planification écologique et énergétique. C’était la première fois qu’un Premier ministre possèdait directement une attribution. Mais si le président n’a pas la fibre écolo, cela ne change rien fondamentalement.

  •  Un vote éclairé des parlementaires

Selon l’article 27 de la Constitution française, « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du parlement est personnel ». Chaque député, représentant du peuple français et non d’un chef de parti, est directement responsable de son vote. Le statut d’un député est nominatif, il ne dépend pas normalement des partis. La place des partis comme l’existence des circonscriptions ne sont que des modalités de sélection des candidats. La logique partisane devrait s’effacer devant l’urgence écologique, un élu devrait réfléchir et voter en son âme et conscience pour le bien commun de la nation.

Encore faut-il que le parlementaire ait une formation lui permettant de voter en pleine conscience. Or, selon une étude de l’Ademe, 20 % des parlementaires estimaient que le changement climatique ne fait pas l’objet de consensus scientifique et la même proportion pense qu’il s’agit « uniquement d’un phénomène naturel qui a toujours existé »… alors que la totalité de la communauté scientifique compétente s’accorde sur le fait que le réchauffement est dû aux activités humaines. Une doctrine interministérielle commune sur l’écologie pourrait être mise en œuvre. Le climat ou la biodiversité relève de la science écologique, l’opinion politique doit savoir en tirer les conséquences.

  •  Généraliser les conventions citoyennes

Une convention citoyenne est composé de personnes tirées au sort et représentative de la structure de la population française. Des experts (in)forment les membres de ce groupe sur un problème spécifique, par exemple le réchauffement climatique. Ces citoyens en discutent, cherchent le consensus et votent les mesures à prendre. C’est donc un avis conforme à ce qui devrait être et d’ailleurs personne n’a contesté la validité des 149 propositions faites par la convention climat créée en octobre 2019. Encore faut-il qu’elles soient appliquées « sans filtre », sans édulcoration par son passage à l’Assemblée nationale ni veto du président de la république. Ce qui n’a pas été fait.

Une bonne manière de rendre efficace la tenue d’une convention citoyenne, ce serait que son déroulé intégral soit diffusé en direct sur une chaîne publique. La transparence de la vie politique est un des critères du bon fonctionnement de la démocratie.

  • S’affranchir de l’immédiat par la planification

Après 1945, il y avait une planification indicative à la française, un commissariat au plan et des perspectives définies sur cinq ans. Le dernier plan français a pris fin en 1992, on a jugé que le rôle des gouvernements n’était pas de jouer les chefs d’orchestre d’une activité économique de plus en plus complexe. Mais aujourd’hui, avec la raréfaction des ressources, la transition écologique implique de déterminer les secteurs d’activité qui doivent être supprimés, réorientés ou soutenus. Il n’y aura de transition réussie que si les citoyens se reconnaissent dans un projet collectif, y voient la possibilité d’un avenir désirable et en deviennent les acteurs. Un Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) devait coordonner l’élaboration des stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire (communiqué de la Première ministre du 20 mai 2022). En juillet 2022, le tandem Elisabeth Borne, chargée de la planification écologique, avec Antoine Pellion, secrétaire général du SGPE était confirmé par l’Elysée. Ce processus est resté malheureusement sans lendemain.

Le 5 juillet 2017 Emmanuel Macron avait évoqué devant le congrès le 5 juillet 2017 une autre innovation institutionnelle, transformer le Conseil économique, social et environnemental) :

« Le CESE doit devenir la Chambre du futur, où circuleront toutes les forces vives de la nation. Nous ferons de cette assemblée le carrefour des consultations publiques. L’actuel CESE doit pouvoir devenir le forum de notre République. Il réunira toutes les sensibilités et toutes les compétences, du monde de l’entreprise et du travail, des entrepreneurs et des syndicats, des salariés comme des indépendants, donnera un lieu d’expression aux associations et aux ONG, et deviendra ainsi pour l’Etat la grande instance consultative qui fait aujourd’hui défaut. »

Une autre initiative pour intégrer le long terme dans les décisions publiques qui n’a malheureusement pas été concrétisée.

Conclusion

Nous avons montré qu’il est possible de définir les modalités d’une prise en compte de l’urgence écologique par un gouvernement. Reste à faire en sorte que la théorie devienne réalité. Nicolas Hulot avait fait sienne cette pensée de David Brower : « L’optimisme et le pessimisme expriment sous des formes différentes la même capitulation face au futur ; car tous les deux le traitent comme une fatalité et non comme un choix. » En s’engageant dans un gouvernement pas vraiment écolo en 2017, Nicolas avait tenté de rendre possible l’impossible. Il a échoué, mais ce n’était qu’un des marcheurs d’une longue marche collective.

Tout dépend en définitive de notre capacité collective à reconnaître les contraintes biophysiques et à agir en conséquence. Un gouvernement même très motivé écolo ne peut pas grand-chose s’il n’a pas avec lui le consensus social. Il n’y aura donc sortie de la myopie démocratique si les citoyens sont eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace.

La constellation des impossibilités sur notre blog biosphere

Fukushima, quand l’impossible est certain (mars 2011)

Eduquer au XXIe siècle ? Impossible ! (mars 2011)

contrôler la fécondité des pauvres, impossible obligation (janvier 2014)

noces impossibles du productivisme et de l’agroécologie (janvier 2014)

Impossible mais vrai, l’homme dévore 1,5 Terre par an (octobre 2014)

Produire plus, polluer moins : l’impossible découplage (janvier 2015)

Un impossible démantèlement des centrales nucléaires (mars 2016)

Nicolas Hulot vivait au ministère de l’impossible (août 2018)

L’énergie contrainte rend la démocratie impossible (novembre 2018)

Désastre en 2050, neutralité carbone impossible (mars 2019)

Pas de bol, l’impossible retour à la nature sauvage (avril 2019)

L’ impossible union des mouvements écolos (juin 2019)

post-Covid, l’impossible an 01 de l’écologie (avril 2020)

Un impossible tourisme « durable » (juillet 2021)

Sortir des énergies fossiles, impossible ? (novembre 2021)

l’impossible réveil écologique des ingénieurs (décembre 2021)

L’impossible blocage du prix des carburants (mars 2022)

Écologie, le ministère de l’impossible (juin 2022)

L’impossible assurance anti-apocalypse (janvier 2024)

Sombrer dans le chaos n’est pas impossible… (mars 2012)

Extraits : Dans un monde fragilisé par l’expansion incontrôlée de l’activité humaine, tout devient possible. Prenons le battement d’aile de nos avions. La décision européenne de taxer, depuis le 1er janvier 2012,  les émissions de CO2 des compagnies aériennes opérant en Europe est déjà remise en question par plusieurs pays qui préfèrent la guerre commerciale que l’entente sur le climat. Résultat probable, un réchauffement climatique qui va être accéléré par les boucles de rétroaction positive que nous avons analysées dans un post antérieur. D’où la possibilité du chaos environnemental et social résultant d’un réchauffement dépassant 4 ou 5 °C en moyenne mondiale. Nos motivations économiques égoïstes et de courte vue amplifient les déséquilibres écologiques, la croissance voulue par nos dirigeants actuels préfigure le chaos futur. Nous ne nous méfions pas assez du battement des ailes de nos avions.

Écologie : rendre possible l’impossible Lire la suite »

Les jeunes et le service civique écologique

Attention de ne pas confondre le Service national universel qui faisait l’objet de notre précédent article et le service civique. Le SNU est une tentative propre à Emmanuel Macron depuis qu’il a accédé à la présidence de la France ; il s’agit d’enrégimenter les jeunes au nom d’un patriotisme désuet. Le SNU nest qu’une annexe du ministère des armées ! Le service civique est beaucoup plus ancien ; sous des dénominations diverses, son rôle historique est de diminuer artificiellement le taux de chômage des jeunes.

Le service civique existe depuis 2010. Il faisait suite du « service civil volontaire » qui avait été mis en place en 2006. Le gouvernement Jospin avait antérieurement mis en place des contrats emploi-jeunes de 1997 à 2002… Le taux de chômage avait presque atteint 10 % en 1990, le nombre des emplois aidés s’est élevé 900 000 en 1991. Dans une France surpeuplée, il faut maquiller de diverses manières les statistiques du sous-emploi.

Le service « civique » (ça fait mieux que « civil ») a attiré en 2022 près de 80 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, pour une durée allant de six à douze mois et pour une rémunération mensuelle de 620 euros. Pour septembre 2024, le gouvernement promeut un service civique « écologique »… pour « lutter contre l’écoanxiété de la jeunesse » !

Zoé Dert-Chopin : Le ministre de la transition écologique Christophe Béchu a adopté les codes de la communication TikTok pour annoncer aux jeunes qu’ils pourront réaliser un service civique « écologique » à partir de septembre 2024. Une façon dit-il de permettre à cette frange de la population de « remédier à l’anxiété et [de] passer à l’action ». Le ministre promet le déploiement, dès cet automne, de 1 000 « ambassadeurs » volontaires, pour promouvoir ce type d’engagement : « Quand on voit des jeunes qui considèrent que la façon d’agir, c’est d’aller jeter de la purée dans des musées, je préfère qu’on leur donne les moyens de regarder comment, de façon concrète, s’engager au service de l’écologie ». Béchu vise l’objectif de 50 000 volontaires auprès d’associations ou d’entreprises publiques liées à la protection de l’environnement d’ici à 2027 et des emplois « verts » à la sortie.

Le point de vue des écologistes difficile à berner

Le Premier ministre Gabriel Attal avait déjà annoncé le 30 janvier 2024 que le gouvernement lancerait « un service civique écologique » lors de ses grandes orientation de politique générale. Dans la même conférence, Attal s’était placé dans la droite ligne du chef de l’Etat en pointant ceux qui voudraient une « écologie punitive » ou des contraintes plus fortes. Il défendait ceux pour qui « la voiture est un gage de travail et de liberté ». Il s’est vanté du succès du leasing social pour acheter un véhicule électrique. Pourtant nommé en mai 2022 » secrétaire général à la planification écologique » (SGPE), Antoine Pellion est resté aux abonnés absents. Le contenu de la planification écologique est remis aux calendes grecques. L’État ne fait rien, les petits jeunes feront le reste… l’écoanxiété des jeunes ne peut que grandir.

Le programme Médiaterre de l’association Unis-cité Ile-de-France avait déjà un programme écolo en 2010. Les volontaires du service civique devaient apprendre des éco-gestes aux familles défavorisées des grandes barres de la région parisienne ; plus prosaïquement, apprendre à consommer moins d’énergie, moins d’eau et à produire moins de déchets. Un lien social s’établissait entre des jeunes qui se sentent utiles et des familles en difficulté matérielle. Pourquoi pas de tels ambassadeurs. Mais cela reste complètement marginal par rapport à l’ampleur de la rupture écologique à mener.

Il faut que l’Etat annonce clairement à la population qu’il faudra faire des efforts dans tous les domaines, consommation, production, loisirs… Mais il ne suffit pas de dire qu’il faut manger moins de viande, s’abstenir de prendre l’avion, rapprocher son lieu de résidence de son lieu de travail… Il ne suffit certainement pas de demander à quelques jeunes de servir la cause écologique, le problème est structurel. L’État doit avoir le courage  de ce qu’il appelle la « transition écologique ».  Seul l’État peut refuser de nouvelles voies à grande vitesse, augmenter le prix de l’essence, taxer le kérosène, combattre l’artificialisation des sols, favoriser l’agriculture biologique, réglementer et même interdire. Mais tout cela, Macron s’y refuse absolument.

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Macron écolo ? Laissez-moi rire ! (mai 2021)

extraits : Emmanuel Macron en juin 2017, son slogan « Make our planet great again » face aux climatosceptiques comme Donald Trump ou Jair Bolsonaro. Depuis on déchante, tout ça n’est que de la stratégie politique. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal : « Nous, on ne dit pas aux jeunes : “Demain, vous ne prendrez plus l’avion”, mais : “on met les moyens pour inventer l’avion de demain.” »….

Macron en marche vers l’écologie superficielle (juin 2022)

extraits : Pour l’écologie, Emmanuel Macron avait voulu deux ministères distincts, l’un consacrée à la transition écologique et à la cohésion des territoires, l’autre à la transition énergétique. La ministre de la nature aura pour mission principale de promouvoir la chasse à courre, la ministre des émissions de gaz à effet de serre sera chargée de mettre sous respirateur artificiel nos centrales nucléaires en fin de vie. Bref on divise, on rend ingérable. Bref, on n’y comprend plus rien….

Macron, « l’écologie à la française » !!!! (septembre 2023)

extraits : Avec ce mélange d’un refus des interdictions et d’une ambition assumée pour une « croissance verte », teintée d’un techno-solutionnisme sur l’hydrogène ou le captage du carbone, Emmanuel Macron dessine sa propre vision d’une écologie « positive ». Une façon de se tenir en équilibre instable entre « l’écologie du déni » de l’extrême droite et « l’écologie de la cure » incarnée par une infime partie des écologistes institutionnels. « Notre écologie est aussi une stratégie de préservation de notre richesse de biodiversité et au fond, de nos paysages qui constituent l’identité profonde de la France », avait conclu le président de la république, comme si la transition n’était qu’une douce évolution pour mieux protéger les modes de vie… 

Macron aime la bagnole, pas l’écologie ! (septembre 2023)

extraits : Dimanche 24 septembre 2023, décidé moins de vingt-quatre heures plus tôt, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets – immigration, écologie, inflation, géopolitique –. Face aux prix de l’essence qui s’envolent, Emmanuel Macron ose : « On aime la bagnole. Et moi, je l’adore ».Ouah ! On ne change rien….

Gabriel Attal, anti-écolo… comme Macron (janvier 2024)

extraits : Sur ce blog, nous nous étions penchés en octobre 2016 sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il était pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Macron faisait une confiance absolue à la croissance….

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