écologie appliquée

La justice sanctionne grave les antinucléaires

Prison ferme, neuf et douze mois, pour deux opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, quatre autres à des peines de six à neuf mois avec sursis. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs. En fait ils étaient surtout poursuivis pour leur participation à une manifestation non déclarée le 15 août 2017. Conduit par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le projet baptisé Cigéo vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85 000 mètres cubes de déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français, à partir de 2035. Les commentaires sur lemonde.fr montrent deux avis complètement opposés, ceux qui ne voient qu’une certaine violence des manifestants et ceux qui constatent la violences avérée de la nucléarisation de la France. On devrait les mettre ensemble pour faire l’apprentissage d’une conférence de consensus, mais le résultat n’est pas garantie à l’avance…

Camtaoij : Ça manque un peu de précisions cet article. Les prévenus étaient accusés notamment de détention illégale d’objets explosifs et incendiaires, et de violences pour l’un d’entre eux, selon un article daté de juin. Cela semble plus grave que la simple organisation d’une manifestation non déclarée, non ?

Michel SOURROUILLE : Les sept opposants étaient initialement poursuivis pour « association de malfaiteurs », mais aussi « détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée ». Ce n’était qu’un prétexte, un des militants relate : « Le représentant de l’État m’a dit : “On n’a pas droit de lutter en France contre le nucléaire, s’attaquer au nucléaire, c’est s’attaquer à l’Etat” ». Pour illustrer la disproportion des forces en présence, lors de la manifestation du 15 août 2017, les forces de l’ordre ont utilisé « 320 grenades lacrymogènes, 37 grenades GLI-F4, 21 cartouches de lanceurs de balles de défense et cinq grenades de désencerclement ». Et l’appareil judiciaire s’efforce de faire passer les anti-nucléaires pour des terroristes alors que ces lanceurs d’alerte n’ont qu’une obsession : protéger les générations futures…

Slibo : La honte. Politisation et privatisation de la justice au service d’une industrie mortifère. Stocamine bis est annoncé, les magistrats se porteront j’espère volontaires pour aller débarrasser ces déchets lorsque l’accident annoncé se produira.

Elzéard : Je ne sais que trop que le passage en force (sous une apparence de démocratie) de l’ANDRA est une autre forme de violence pour les générations futures, elle ne sera jamais condamnée… La violence institutionnelle conduit certains à la violence… Qui est à juger ?

lecteur assidu : Enfin, un tribunal reconnaît le droit aux Français de vivre sans toute cette violence zadiste et fasciste.

Velynes : Aux nucléocrates béats : depuis quand l’enfouissement des déchets nucléaire à vie longue est mâture ? Il y a 100.000 ans que les tests on commencé, ou 10.000, ou encore 1.000 ? Non, bien évidemment. Quelle civilisation a duré sans interruption le temps nécessaire à la maintenance de ce genre de site ? Aucune. Donc le pipeau de l’ANDRA, ça va 5 minutes pour les gens voyant plus loin que le bout de leurs nez. Cela dit, ne soyez pas timides, dites juste après nous le déluge (ce qui est exactement le comportement de tous les nucléocrates)

PJPTHOMAS : Si les juges de ce tribunal pouvaient officier à Paris, de nombreux GJ auraient sans doute rapidement cessé de tout casser en nous laissant une facture énorme à payer.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 juin 2021, Le procès « Bure », politiquement manipulé

3 février 2019, La crise mondiale des déchets nucléaires

31 mars 2018, Bure et la considération du long terme

Population et consommation en interactions

La problématique population – consommation ne repose pas sur des sciences exactes, mais sur des approches sociologiques. Ce sont des phénomènes sociaux relatifs à l’état d’une société donnée, donc variables dans le temps et dans l’espace. La consommation dépend de l’expression de nos besoins, or ceux-ci sont conditionnés par un apprentissage social dont le matraquage publicitaire n’est qu’une des formes. La démographie est un simple dénombrement des personnes, ce qui n’indique rien de l’état de surpopulation qui pourrait exister. Et la fécondité obéit à des préceptes sociaux et au hasard des rencontres entre sexes. Cela rend extrêmement difficile la perception des interrelations entre population et consommation. A l’heure actuelle en France s’oppose deux écoles. L’une considère que le niveau de surconsommation est la principale source de pillage de la planète, l’autre s’appuie sur la relation IPAT, une façon mathématique et simplifiée d’indiquer que la démographie est un multiplicateur des menaces.

L’équation d’Ehrlich, « I = PAT (P x A x T) », montre que l’impact environnemental, noté (I), est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est encore de 1 % (x 1,01), soit un doublement tous les 70 ans. Le taux de croissance du PIB sur ces dernières années est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, et donc neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste. L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit 1,0403. Pour faciliter le calcul, l’approximation par addition des taux (1 % + 3 % + 0 % = 4%) est assez bonne pour des taux de variation assez proches. On voit les conséquences de cette croissance globale tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc. Que faire ? L’équation nous montre la voie, il faudrait agir en même temps sur P, A et T. Aucun des termes ne peut être considéré indépendamment des deux autres. L’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur. Or nous arrivons ce mois de septembre 2021 à 7,9 milliards d’humains sur cette planète et 1,4 milliard de véhicules à moteur à 4 roues. Cent automobilistes possédant une voiture polluent cent fois plus qu’un collectionneur possédant cent voitures. Mais il faut préciser l’influence des inégalités, un 4×4 pollue plus qu’une petite voiture… et un riche préfère l’avion ! Il faut aussi considérer (T), la puissance du moteur, son niveau de sophistication (électrique ou thermique), etc.

Serge Latouche, le pape de la décroissance se contente de prioriser population et consommation : « Il convient de dénoncer en premier lieu l’illimitation du paradigme économique dans le productivisme et le consumérisme. La crise écologique vient d’abord de cette illimitation. L’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance est seconde. Le problème, c’est d’abord qu’il y a trop d’autos, plutôt que trop d’hommes (même si chaque auto suppose un automobiliste…), que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…). » Cette logique argumentative est incompréhensible, il est affirmé sans preuve que la démographie est seconde pour en tirer la conclusion que la démographie est en effet seconde. Serge Latouche faisait la même figure rhétorique dans son « Que sais-je ? » sur la décroissance, l’affirmation valant démonstration d’une hiérarchie entre aspect économique (surconsommation) et aspect démographique (surpopulation). Or dans l’équation IPAT ou Kaya, il ne peut y avoir hiérarchie, tous les déterminants de l’équation sont des multiples les uns des autres. Du point de vue écologique, plutôt que l’idée de causalités multiples qui fragmentent le réel, mieux vaut la conception d’interrelations, le fait par exemple que d’un point de vue systémique les besoins ressentis par une personne sont étroitement reliés au nombre de personnes qui ressentent les même besoins. C’est ce qu’on appelle l’interaction spéculaire. Comme dans un miroir, je fais par mimétisme selon ce que je pense de ce que les autres attendent de moi.

D’autre part dans les propos de Latouche, on part d’une déconsidération du discours adverse, faisant ainsi un procès d’intention : « l’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux (le Medef entre autres) qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance ». Quand le message déplaît, on tue le messager pour ne pas l’écouter. En d’autres termes, puisque les malthusiens sont des méchants qui veulent ignorer la dimension économique, ils ne peuvent qu’être écartés. On pourrait retourner facilement l’argument : puisque ces gens-là ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause la fécondité humaine, alors leur point de vue ne peut qu’être second et nous pourrions affirmer que dire le contraire, c’est se retrouver dans le camp des natalistes. Pourtant certains décroissants continuent d’affirmer abruptement qu’il y a trop d’automobiles, peu importe le nombre d’automobilistes. Le rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, Vincent Cheynet, ne considère que l’aspect économique et se refusent absolument à envisager la question démographique. Comme l’écrit Bruno Clémentin, «  On l’a déjà dit, on va le répéter : il n’y a pas trop de monde sur notre planète, il y a trop d’automobilistes et de motards) » (éditorial du mensuel La décroissance de novembre 2019). Pourtant, presque tous les auteurs de référence de la décroissance, ceux qui ont mis en évidence les limites de la croissance (Jacques Ellul, Nicholas Georgescu-Roegen, Ivan Illich, entre autres), ont tiré le signal d’alarme de la surpopulation. Et on ne peut pas les accuser d’être des défenseurs du système techno-industriel. Plusieurs personnalités, Didier Barthès, Yves Cochet, Alain Gras, Alain Hervé, ou Pablo Servigne envisagent à la fois décroissance démographique ET décroissance économique ; ils ont d’ailleurs participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux ». Le mouvement de la décroissance est né comme protestation contre l’imposture du développement durable, cet oxymore qui mettait tout le monde d’accord en noyant la contradiction entre la croissance et les limites de la planète. C’est cela qui importe, et les décroissants se tirent une balle dans le pied en se positionnant contre Malthus ou en oubliant Malthus.

Lors de la primaire du pôle écologiste, la candidate Delphine Batho nous expliquait la ligne générale de son programme « La décroissance : pourquoi et comment ». Tous les militants pour la décroissance ne peuvent qu’être en parfait accord avec cette analyse, mais il ne s’agissait que de décroissance économique. Par contre l’idée de décroissance démographique était complètement occultée. Pourtant dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques et démographiques, ce que le texte de Delphine Batho ne disait pas. Pourtant René Dumont, dans son programme de présidentiable écolo en 1974 , écrivait : « Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité... » A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui.

La décroissance, subie ou voulue, n’est pas un phénomène en soi, ce n’est que la résultante de nos difficultés à limiter nos besoins, c’est une sous-partie de l’écologie. Sur une planète délabrée par notre nombre, notre poids économique et notre technologie, il s’agit de choisir une décroissance maîtrisée sans attendre le prochain choc pétrolier ultime pour agir. Le message de Malthus, le déséquilibre entre population humaine et possibilités de la nourrir, montre qu’il était en 1798 à la fois un précurseur de l’écologie et de la décroissance. Il est intéressant de savoir que la maison d’édition « Le Passager clandestin » a refusé d’inscrire Malthus dans sa collection les  précurseurs de la décroissance : « Nous estimons que les thèses que Malthus avance sont trop éloignées des idées que nous souhaitons porter avec cette collection. Il nous semble qu’il serait nécessaire d’approfondir les objections et réserves qui ont été faites au sujet des thèses malthusiennes, mais ce travail ne nous paraît pas envisageable dans le cadre de notre collection… » Serge Latouche, directeur de cette collection, avait pourtant accepté le manuscrit de Michel Sourrouille sur Malthus, il avait progressivement mieux perçu l’importance de la question démographique: « Si tout est discutable dans le détail, l’ensemble du malthusianisme n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée. Si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple est incontournable. Ma position correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance est que, si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population. La question démographique est seconde en théorie, mais cela ne signifie pas qu’en pratique elle soit secondaire. Loin de là. Même si les Burkinabés produisent peu et consomment peu, leur multiplication pose problème : la disponibilité en terre, la déforestation, la pression foncière dans les centres urbains, la dégradation des infrastructures, etc. et finalement la diminution de la qualité de vie pour eux et pour les autres, s’ils émigrent à l’étranger. »

Que faire ? Selon les sensibilités, les intérêts ou les aveuglements, on peut donner la priorité à l’action sur l’un des trois facteurs de l’équation IPAT: population, consommation ou technologies employées. Mais il est plus sage d’agir en même temps sur les trois niveaux, décroissance économique, décroissance démographique et technologies efficaces. C’est d’autant plus urgent qu’il y a à la fois une inertie démographique et économique ainsi qu’une illusion technologique. Certains « spécialistes » de la démographie considèrent que la stabilisation de la population mondiale s’établira d’elle-même avec le développement économique, il s’agit du schéma de la transition démographique. Encore faut-il que le développement des pays sous-développés soit encore possible sur une planète que l’activisme humain a rendu exsangue et dans des territoires surpeuplés. Les faits sont têtus. La stabilisation de la population mondiale n’a pas eu lieu, et les modèles de développement des pays riches, de plus en plus partagés par les pays émergents, restent nocifs pour l’environnement. Il importe donc de conseiller aux couples de ne pas avoir trop d’enfants, y compris dans les pays développés à faible fécondité où un bébé est beaucoup plus « lourd » pour les écosystèmes que des naissances multiples dans un pays pauvre. Dire et redire « Un enfant ça va, trois enfants, bonjour les dégâts » est une vérité. Il faut mettre fin aux politiques natalistes en France et faire du planning familial un volontarisme politique dans tous les pays. Un seul enfant par femme pourrait devenir un objectif connu de tous. Facile à dire, difficile à appliquer tant le culte de la fécondité se retrouve partout. Quant au facteur « A », agir sur la consommation et le niveau de vie reste encore un repoussoir puisque le culte de la croissance est généralisé au niveau mondial. Allez dire aux Gilets jaunes français qu’il faut instituer une forte taxe carbone pour changer le mode de déplacement, allez dire aux syndiqués que la hausse du pouvoir d’achat ne doit plus être mis en avant, allez dire aux retraités présents et futurs que leur niveau de vie doit baisser, allez dire aux milliardaires qu’un écart de revenu de 1 à 3 est le maximum admissible , allez dire à un habitant des pays pauvres que vouloir atteindre le niveau de vie des pays riches est une illusion, les capacités de la Terre à supporter l’empreinte écologique de humains étant déjà dépassé depuis les années 1970. En 2021, le jour du dépassement a eu lieu le 29 juillet. Il faudrait également interdire la publicité, un instrument de la surconsommation. Faire ainsi, c’est effectivement enrayer le mécanisme imitation/ostentation qui provoque la spirale infernale du consumérisme, mais c’est aussi provoquer des faillites en chaîne et un chômage record. On n’hésite pas aussi à invoquer aujourd’hui sans précaution le progrès technique à venir pour faire des miracles : repousser les limites naturelles, découvrir des innovations capables de nous extraire des contingences naturelles de notre Terre, moteur propre, énergies renouvelables, des colonies sur Mars, etc. De plus se joue un phénomène pervers au niveau technologique. C’est le paradoxe que Jevons qui, dès le XIXe siècle, pouvait écrire : si des techniques plus efficaces apparaissent, elles diminuent le prix de revient des produits, leurs ventes augmentent et leur production croît plus vite que la réduction de pollution qu’elles ont engendrée. Avec l’adoption de technologies moins consommatrices d’énergie, on n’observe pas de ralentissement des dégâts environnementaux, c’est l’effet rebond. Bien que les véhicules automobiles consomment moins qu’il y a 20 ans, la consommation de carburants des ménages a augmenté car les gens parcourent plus de kilomètres vu le moindre coût que cela représente pour eux… S’il apparaît de plus en plus que le « toujours plus de technologies innovantes » entraîne un gaspillage d’énergie insensé, c’est si bon de changer de modèle de smartphone.

Autant dire pour conclure que l’humanité veut encore et toujours accélérer, mais que le mur (ou le précipice) est de plus en plus proche car nous voulons mener à toute vitesse la marche du « progrès » dans une société d’abondance factice. Le « niveau de vie des Américains avant tout » disait Trump, bousillons la forêt amazonienne répète Bolsonaro, bientôt on n’aura plus besoin de lutter contre le froid en Sibérie aurait dit Poutine… et nous sur ce blog biosphere , nous indiquons gentiment que l’équation IPAT devrait être connu de tous, dirigeants et dirigés. La tâche des politiciens sensés peut se résumer à « diminuer au maximum le nombre de morts (dixit Yves Cochet) » ou, si on en croit les réalités de l’histoire humaine, augmenter au maximum le nombre de morts. Nous avons malheureusement dans les sociétés humines une préférence pour la violence comme solution à nos difficultés et peu d’appétence pour l’approfondissement de l’intelligence collective. Il faudrait aborder la question délicate de la définition d’une population soutenable pour notre planète, nous préférons dans cette période de pandémie envisager des politiques de relance économique à coups de milliards à crédit.

Michel Sourrouille,

faculté de sciences économiques (option économétrie), carrière professionnelle en tant que professeur de sciences économiques et sociales, cinq livres sur l’écologie publiés, président de l’association loi 1901 « biosphere », collaborateur régulier du site et du blog biosphere et membre de l’association Démographie responsable.

L’écologie, à gauche, à droite, ailleurs ?

Biosphere : L‘écologie est un projet trans-politique. L’avenir de notre planète et des conditions de vie concerne tous les Français, tous les humains sans distinctions partisanes… le clivage gauche/droite est donc obsolète.

Marie Toussaint (eurodéputée EELV: Dans l’histoire des idées, l’écologie politique est une idée neuve, qui dépasse les cartographies anciennes, sans pour autant les abolir. Le clivage droite-gauche reste pertinent, mais l’écologie pose des questions supplémentaires. En gros, l’écologie n’est pas soluble dans la gauche, mais elle doit en devenir le nouveau centre de gravité. Vu l’urgence des enjeux, j’espère que tout le monde va bientôt converger pour comprendre que la crise climatique comme celle de la biodiversité demandent une réforme globale des manières de penser et de gouverner issues du passé.

Damien Abad (député LR): Oui vous avez complètement raison ! L’écologie n’est pas l’affaire d’un parti mais un enjeu pour nous tous. A droite, nous avons encore du travail pour mettre l’écologie au centre de nos priorités. Voilà pourquoi, avec mes collègues parlementaires, nous avons créé une « task force environnement » afin de porter ce combat au cœur des débats nationaux. Nous voulons porter une écologie positive, axée sur l’innovation, l’éco-modernisme et le pouvoir d’achat. En effet, contrairement aux chantres de la décroissance, nous pensons qu’il est indispensable d’allier écologie et progrès scientifique et technologique.

Biosphere : Pourtant l’écologie est souvent présentée comme un marqueur de gauche pour les électeurs ! Comment la droite peut-elle arriver à être crédible sur le sujet ?

Damien Abad (LR) : Voir l’écologie comme un marqueur de gauche est un prisme très franco-français. Dans les autres pays européens, notamment en Allemagne, l’écologie est transpartisane et n’est pas le fait d’un seul parti politique. L’écologie est trop importante pour la laisser entre les seules mains des Verts, qui n’ont finalement qu’une vision réductrice, décroissante et idéologique de ce que doit être réellement la protection de l’environnement. Pour redevenir crédible sur l’écologie, la droite doit renouer avec son ADN ! C’est De Gaulle qui a institué le principe de parc naturel national, c’est Pompidou qui a créé le ministère de l’environnement en 1971, c’est Giscard d’Estaing qui a fait la loi sur la protection de la nature en 1976, c’est Chirac qui crée la tCharte de l’environnement en 2004, c’est Sarkozy qui lance le Grenelle de l’environnement qui conduira aux lois Grenelle en 2009.

Marie Toussaint (EELV) : L’écologie n’est pas considérée comme de gauche par l’ensemble de la population. On peut espérer que l’écologie tomber un jour dans le domaine commun, comme c’est le cas avec l’idéologie républicaine qui fait désormais partie de l’identité politique de la France. Mais, pour l’instant, l’originalité du projet écologiste est telle qu’il est nécessaire qu’une force d’écologie politique la porte pour permettre de quitter les rivages du productivisme, matrice des pensées politiques de la droite et de la gauche classiques. A gauche, la tectonique des idées a fait son œuvre, et l’aggiornamento est en cours. La droite partidaire reste très majoritairement sourde aux enjeux écologiques.

Biosphere : L’incapacité de la droite à embrasser la cause écologiste tient ses liens historiques avec les milieux industriels et financiers, qui n’ont à court terme aucun intérêt à changer leurs pratiques pour prendre en compte la crise écologique.

Damien Abad : Absolument pas. Je crois au contraire que beaucoup d’entreprises, grandes comme petites, sont des moteurs dans la lutte contre le réchauffement climatique, et non des freins. Je suis d’ailleurs frappé par l’évolution de la stratégie et de la communication de nos entreprises, qui font désormais de la protection de l’environnement leur cheval de bataille. Les technologies de captage, stockage et valorisation du CO2 (CCUS), par exemple, méritent d’être considérées ; des grands chefs d’entreprises, comme Bill Gates ou Elon Musk, s’intéressent ou ont investi dans ces technologies !

Biosphere : Croissance économique et préservation de la planète sont pourtant incompatibles !

Damien Abad : La sobriété énergétique n’empêche pas la croissance économique. Nous voulons faire de l’écologie un levier de réindustrialisation, avec l’ambition d’une France qui serait numéro 1 mondiale de l’hydrogène, de l’intelligence artificielle, des batteries électriques… L’idéologie de la décroissance est extrêmement dangereuse et je ne crois pas que l’on puisse remplacer un mal (le réchauffement climatique) par un autre (le déclassement de la France, la pauvreté de masse pour les Français…). Concrètement, la Fondapol a calculé, dans une note récente, l’impact économique d’une politique de décroissance : un revenu brut divisé par 4, des provisions de services publics divisés par 5, et une grande majorité de Français qui tomberaient sous le seuil de pauvreté. Les Français ne veulent pas cela. L’enjeu n’est pas la décroissance mais au contraire la croissance durable. Pour cela, nous devons reconquérir notre souveraineté agricole, fondée sur une agriculture compétitive et respectueuse de notre environnement.

Marie Toussaint : Le culte de la croissance a fait des ravages partout sur la planète. Une vision à courte vue, fondée sur la dictature du profit et le triomphe des actionnaires, a par ailleurs colonisé l’économie. C’est à cela qu’il faut mettre un terme, nous devons comprendre que les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature. A l’échelle européenne, je plaide pour l’instauration d’un traité environnemental qui fasse de la préservation de la planète et de ses ressources une priorité supérieure en termes de hiérarchie des normes. La condamnation des écocides doit en être l’un des piliers.

Biosphere : Delphine Batho a parlé dans sa campagne du clivage terriens-destructeurs en remplacement du traditionnel clivage gauche-droite, qu’en pensez-vous ?

Damien Abad : Ne tombons pas dans la caricature. N’oublions jamais que les agriculteurs sont les premiers écologistes de France. L’enjeu, c’est de passer d’une société du gaspillage à une société du durable, de revoir nos manières de produire avec des technologies propres. Je ne crois pas au mythe de la décroissance, qui est le doux nom de la récession.

Marie Toussaint : Reconnaître ce clivage terriens-destructeurs est essentiel. Pour autant, il n’abolit pas les autres clivages ; notre monde est complexe et nous avons besoin de le lire avec des lunettes multiples. Nous habitons une seule et même planète, mais les mondes sociaux que nous habitons sont tellement fracturés.

Biosphere : l’écologie remet en cause le système de production capitaliste, l’écologie de droite ne peut donc relever que du greenwashing.

Damien Abad : Ce n’est pas le système capitaliste en soi qui compromet l’avenir de la planète. En outre, il n’y a pas de modèles alternatifs sérieux qui permettent de subvenir aux besoins de tous ! Je crois au contraire que l’enjeu est d’agir sur la responsabilité de chacun, des entreprises comme des particuliers. Plutôt que d’interdire la mobilité individuelle, nous proposons de la rendre propre et vertueuse. Ainsi, il ne s’agit pas d’interdire la voiture ou l’avion, mais de construire les véhicules propres de demain en investissant massivement dans les technologies du futur !

Marie Toussaint : Le greenwashing sera de moins en moins possible. La crise écologique forcera la droite à bouger, le plus tôt sera le mieux. Je ne pense pas qu’un électeur ou une électrice de droite soit insensible à la question environnementale. A nous autres écologistes de les convaincre de la justesse de nos solutions.

Biosphere : Notons la convergence de LR et d’EELV, la crise écologique incite la droite comme la gauche à se penser comme écolo. Il n’y a plus de véritable opposition entre droite et gauche, mais plutôt une fracture entre un écologisme superficiel, ne voulant transformer le système productiviste et consumériste qu’à la marge, avec des slogans du type moteur propre ou innovations salvatrices. L’écologie de rupture devient une nécessité avec une planète en surchauffe, mais ni Marie Toussaint, ni à plus forte raison Damien Abad ne l’envisage pour l’instant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Ecologie, droite ou gauche ?

7 juin 2019, Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

22 août 2016, L’écologie est-elle de droite ou de gauche, ou d’ailleurs

23 avril 2016, L’écologie, ni gauche, ni droite, ni centre, mais supérieur

8 avril 2016, Le « ni droite ni gauche » va avoir le vent en poupe

20 février 2016, Deux manières de tuer l’affrontement droite/gauche

19 décembre 2013, Droite ou gauche, comment situer l’écologie ?

17 mai 2010, plus à gauche et moins à droite, Nicolas Hulot

26 février 2010, droite/gauche, un classement ringard

1er octobre 2009, la gauche passe à droite

6 juillet 2008, droite et gauche, même combat

3 mars 2008, l’écologie, de droite ou de gauche ?

La convention patronale pour le climat

Les patrons commencent à s’inquiéter comme le commun des mortels. Le directeur général de Renault Trucks :  On a une piètre image des camions, et j’ai même eu des discussions musclées avec mes enfants. Je suis un quinquagénaire et un dirigeant ébranlé ». Le PDG de Caterpillar France : « Mes enfants me demandent si fabriquer des bulldozers et des excavatrices est utile à la société. Moi-même, je dois m’interroger sur ma production, si mes processus sont vertueux et même si l’on aura toujours besoin de faire des routes demain ».

Leur « business model » est confronté aux limites planétaires, que faire ? Une convention pour le climat réunit 150 patrons, le total représentant 36 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ils sont déterminés à trouver d’ici le 18 juin 2022 un nouveau modèle économique. Directement inspirée de la convention citoyenne pour le climat (CCC), cette CEC s’est fixé pour objectif d’« émettre des propositions de transformation environnementale audacieuses et impactantes, destinées à être mises en œuvre dans les entreprises ».

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : Le travail de la CEC est déjà fait. La Commission européenne a publié le 18 juin 2019 une proposition de « référentiel d’activités durables » qui a pour objectif d’inciter les entreprises à passer « du marron au vert ». Cette taxonomie permet d’identifier les secteurs qui génèrent des bénéfices environnementaux, c’est-à-dire qui contribuent significativement à la lutte contre le changement climatique sans pour autant provoquer des dommages collatéraux. Ainsi les énergies renouvelables vont figurer dans la catégorie verte et le charbon dans la catégorie noire. Mais la chose se complique pour des secteurs comme l’automobile, la construction, l’agriculture… Ainsi, le gaz, quand il remplace le charbon, représente une avancée. Mais ne peut constituer une solution satisfaisante à terme. Quant au nucléaire, si, en termes d’émission de CO2, il n’est pas problématique, il pose en revanche de lourdes questions en matière de traitements de déchets.

Francis Payot : C’est le modèle de la concurrence sauvage privilégié par le système néo-libéral depuis 40 ans qui est hautement polluant… et le changement de mentalité interviendra quand plus personne ne s’exclamera: « ça c’est un bon coup gagnant ».

Un lecteur du Val de Marne @Francis Payot : Bien sûr dans un système non libéral sans concurrence on ne pollue plus. Par exemple la sidérurgie soviétique était non polluante car non libérale ! la centrale de Tchernobyl n’a pas engendré de pollution car elle a été fabriqué et maintenue dans un modèle économique vertueux (car sans concurrence libérale). L’Ile de Pâques n’a pas eu de problème de déforestation car c’était une société antérieure au libéralisme économique donc dépourvue de réel problème écologique. Tout devient simple quand on a une vision claire et simple des problèmes !

Benjamin_P : Une entreprise sans ‘marge’ ou ‘profit’ ne peut perdurer. Quelle que soit l’organisation adoptée, une entreprise doit avoir un peu plus en caisse en fin de mois qu’en début de mois. Que l’on soit anarchiste, communiste, capitaliste ou quoi que ce soit d’autre, c’est nécessaire à la survie de toute organisation.

Pierre Poulpe : Pour un dirigeant, j’identifie un triple risque à ne pas être moteur sur l’urgence climatique : 1/ Le risque « primaire », de subir comme tout habitant de cette planète, le chaos que va générer la situation si on ne fait rien. 2/ Le risque d’une dictature verte, qui tuerai leur entreprise par mesures trop brutales/rapides. 3/ Le risque de ne plus attirer les « talents ». Si tous les ingénieurs, pris de dissonance cognitive, rechignent à travailler pour Airbus/Total, et préfèrent partir cultiver leur jardin, il y aura un souci.

Pour en savoir plus grâce au blog biosphere :

18 décembre 2019, L’art de classer ce qui est bien ou mal

Greenpeace, que je t’aime… que je t’aime…

L’ONG Greenpeace a fêté son 50e anniversaire le 15 septembre 2021. A l’origine mobilisée contre des essais nucléaires américains en 1971, cette institution entièrement autonome financièrement a mené des actions médiatiques dans de multiples domaines liés à la protection de la planète. Sans compter l’important travail d’enquête, d’investigation pour cibler au mieux leurs campagnes. Le premier salarié de Greenpeace France était chargé de la production photo, Pierre Gleizes ; ce qui éclaire bien le choix de communiquer avec des images percutantes. Greenpeace a toujours revendiqué de marcher sur deux jambes. L’activisme, avec cette forte capacité d’actions non violentes, et le lobbying qui l’amène à discuter avec les gouvernements et à s’asseoir aux tables des grandes conférences. Lors de la campagne contre la pêche des baleines, dans les années 1970, ils étaient à la fois sur les bateaux pour fournir des images, et présent à la Commission baleinière internationale. En 1982, celle-ci annonce la fin de la chasse commerciale à la baleine ! (Alexis Vrignon)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

14 septembre 2021, Militer à l’heure de la société du spectacle

11 octobre 2020, Urgence écologique et destructions de biens

24 janvier 2012, Devenir activiste avec Greenpeace

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

Quelques commentaires sur lemonde.fr, trop rares à notre avis :

Michel SOURROUILLE : Résister à la pression, rester zen, avec Greenpeace c’est ce qu’apprennent les futurs activistes. 80 % de cette formation porte sur la non-violence lors du stage de base, le Basic Action Training, le  » BAT » . Les personnes doivent être prêtes à endurer des situations de stress, physique et psychologique. Les militant(e)s ont vite fait de se faire cracher dessus, tu es formée pour sourire, ne pas répondre. Pas toujours facile, mais c’est la condition pour devenir activiste. Une activiste parisienne a sa méthode.  » Quand tu as un policier en face de toi, si tu t’adresses à son uniforme, c’est l’uniforme qui te répondra, explique-t-elle. Il faut parler à l’homme. » Les têtes brûlées ne sont pas les bienvenues. Chaque initiative est minutieusement préparée avec des repérages, des briefings durant lesquels sont présentés le contexte politique de la campagne, l’action elle-même et ses conséquences judiciaires éventuelles.

Choux rave à MS : Merci pour ce commentaire très juste. C’est vrai également pour des assocs plus jeunes (XR, Alternatiba…). Mais jusqu’à quand ? LM rappelait dernièrement que des centaines de militants écologistes étaient tués chaque année partout dans le monde. En France, on sabote les freins de la voiture d’une journaliste qui enquête sur l’agrobusiness en Bretagne. En Loire-Atlantique, les opposants au projet du Carnet sont intimidés et leurs véhicules vandalisés pendant que les gendarmes regardent ailleurs. Étant non-violent par nature, j’ai bien peur que le mur climatique, qui se rapproche de jour en jour, ne génère bientôt une explosion de violence.

pierre marie 22 : Bref, de l’agit-prop. On a connu ça du temps du communisme… La vérité compte peu. Il faut occuper le terrain médiatique. Jongler avec les fantasmes de peur des foules (nucléaire, grande extinction, dérèglement climatique)… C’est, hélas, redoutablement efficace pour manipuler l’opinion.

Lire aussi La centrale nucléaire du Tricastin visée par une action de Greenpeace pour sa vétusté

L’idée de liberté à l’heure du pass-sanitaire

Jean-Claude Kaufmann : Avec les manifestations récurrentes du samedi anti-pass, des oppositionnels se regroupent autour d’un slogan, la défense de la liberté, supposée menacée par la montée d’un autoritarisme étatique : « J’ai le droit de ne pas me faire vacciner, c’est ma liberté ! » Le processus de démocratisation individuelle ne cesse de s’élargir : nous décidons de plus en plus par nous-mêmes et pour nous-mêmes, dans les domaines les plus divers, inventant notre propre morale et notre vérité. Ce nouveau type de société produit à la fois un élargissement des libertés concrètes dans certains domaines et un fractionnement des communautés. Dans ce contexte, se positionner abstraitement pour la liberté n’a aucun sens. Ceux qui croient lutter au nom de la liberté ne font qu’accentuer les clivages et renforcer les tenants d’un autoritarisme plus marqué.

Pangeran : Merci Kaufmann pour cette remise en perspective de l’utilisation du mot liberté. Les gens qui manifestent ont accepté sans frémir de passer le permis, voyager avec un passeport, se faire soigner avec une carte Vitale, mais aussi donner leur approbation à tous les cookies du monde Internet en appuyant sur la monstrueuse touche « tout accepter ». Tout cela est-il liberticide ? Pourquoi une telle focalisation sur ce Passe Sanitaire ? Je m’interroge.

Michel SOURROUILLE : Un réfugié afghan se pose une seule question : « Que vais-je faire de cette liberté maintenant que je ne cherche plus à savoir ce que les autorités pensent de moi ? » Bienvenu en France, le pays où on ne sait plus quoi faire de sa liberté. Dans un monde normal, on sait toujours ce qu’on doit faire. Dans la société thermo-industrielle, on ne sait plus si on doit utiliser plutôt son iPod, son iPhone, l’iPad ou son dernier achat le smartphone. La liberté dans le monde occidentalisé, ce n’est plus de travailler à son rythme à un travail utile, c’est dépendre de la prise électrique pour vivre dans un monde virtuel et, pour le fun, manifester de temps en temps contre la taxe carbone ou le passe sanitaire.

Didier O : Quand le monde se complexifie les règles se multiplient. Ça a donc un prix mais aussi des avantages. Dans un monde peuplé de 5 personnes l’anarchie peut être cool un moment mais dans un système complexe de 7 milliards d’humains et autant de machines ça bug. Il a été calculé que si vous faites Paris-Marseille en voiture vous êtes soumis à plusieurs centaines d’injonctions. Cela permet à plus de gens de faire le trajet en moins de temps et en moins dangereux.

Pour en savoir plus sur le concept de liberté :

28 avril 2008, écolo-liberté ou écolo-fascisme ?

9 mars 2009, illusion de la liberté avec Pascal Bruckner

16 mai 2010, liberté contraceptive ou planification ?

15 février 2014, La liberté de se reproduire est intolérable

Fini la liberté de tondre sa pelouse

Pascale Krémer : Le gazon est un non-sens écologique, rangeons tondeuses, engrais et pesticides. Elle vient d’un coup, sans prévenir, cette vague sensation de malaise teintée de culpabilité face au gazon semé, roulé, nourri d’engrais organique, inlassablement arrosé. Les 12 millions de jardins avec pelouse en France ont fait éclore un marché (semences, outillage, produits…) de près d’un milliard d’euros. A Montpellier ou à Marseille, une pelouse nécessite près de 1 000 litres d’eau par mètre carré et par an. Un gazon composé uniquement de graminées si souvent coupées qu’elles ne fleurissent jamais n’offre ni refuge ni nourriture aux insectes pollinisateurs et oiseaux. D’où la montée du mouvement « No Mow May » (« En mai, laissez pousser ! ») qui incite à se passer de tonte au printemps pour aider les pollinisateurs. Sentant passer le vent (chaud) du boulet climatique, les semenciers se mobilisent pour des plantes à gazon plus écolo. Plus rustiques, résistant mieux à la chaleur, à la sécheresse, aux maladies, de pousse plus lente, moins exigeantes en fertilisants, plus nourrissantes pour les pollinisateurs… Ce sont des jardins foisonnants, ébouriffés, réenfrichés qui illustrent désormais les magazines.

Plus de 120 commentaires en moins de 24 heures sur lemonde.fr, extraits :

MLBRLyon : L’habitant de pavillon, 2 bagnoles parfois garées dehors ou sur le trottoir car le garage est plein du capharnaüm improbable, des produits chimiques plein le garage et le jardin, le portail électrique à télécommande et gyrophare orange comme accomplissement, et le sacro-Saint gazon justement combattu dans crt article, (et bien sûr l’inévitable trampoline défoncé gisant dans un coin du jardin) m’angoisse. Suis-je normal?

Michel Ryvarde : Bientôt on nous dira que nous laver et laver nos vêtements est une hérésie écologique. Nous couper les cheveux et nous raser. Ça se tient parfaitement. Une bonne caverne un feu de bois… Nos sociétés de plus en plus minoritariste (protection des plus faibles d’entre nous) aspirent également au retour à l état de nature. Ne nous trompons pas la jungle est tout sauf hospitalière. Il sera compliqué d’avoir les 2.

ARem : On apprend ici que le golf, le football, le rugby et tous les sports qui se jouent sur gazon sont néfastes. Du balais tous ces sports ! Le ski défigure la montagne et génère des embouteillages : fini le ski ! Les voyages en avion polluent : hop, plus de tourisme lointain ! La chasse, euh … pas de débat ! Et les fourneaux de la cuisine ? Ça ne réchaufferait pas le climat par hasard ? Allez, adieu la pâtisserie ! Évidemment, les ballades à moto et en décapotable sont à bannir ! Et les plaisanciers, on n’en parle pas assez de ces plaisanciers pollueurs ! Et toutes ces terres cultivées, arrosées et traitées pour produire des alcools, on y pense ? Il n’y a pas assez de place ici pour compléter la liste. Pour faire simple, supprimons les loisirs et nos menus plaisirs pour avoir une vie meilleure !

BL2 @Arem : Et pour faire encore plus simple que votre caricature, continuons comme avant, et la crise écologique se chargera de « supprimer les loisirs et nos menus plaisirs » et même plus.

Agrippa : Essayez donc de ne plus tondre ! Très joli jusqu’à mi-juin : fleurs variées, tiges vertes bien dressées. Puis à mi-juillet, le tout jaunit. A mi-août, tout est couché, marron brûlé. A mi-octobre, c’est un terrain vague où personne surtout pas les enfants ne vont. L’année d’après, les herbes couchées non fauchées donneront un espace marron de désolation. Affreux ! Puis les ronces arrivent. Et vous craquez, et sortez la débroussailleuse ! Je le sais, je l’ai essayé ! Ah ! Les Bobos écolos…

amilia : 1- gazon naturel, parsemé de plantes locales, on enlève juste ce qui pique (chardon et ronce) et on garde le reste. Trèfle, pissenlit, mâche viennent tous seuls. 2- Arrosage interdit, donc on accepte que ça jaunisse l’été. 3- On tond quelques allées, coin repas, assez haut, ça résiste mieux et on passe la faux pour rabattre les hautes tiges (juin puis septembre). 4- On agrémente : le pourtour en forêt comestible en ajoutant BRF ou bois mort. On plante des arbres, effet verger, plus d’ombre qui soulage l’herbe. Cadeau : des orchidées sauvages ornent le jardin, 3 variétés… et des champignons. En février repérer les grosses feuilles, mettre un bâton, ne pas tondre ou faucher… en avril-mai=fleurs, juin=graine, on coupe à partir de juillet-août

Michel SOURROUILLE « La sécheresse vient d’entrer dans sa quatrième année en Californie. Le gouverneur Jerry Brown a décrété un rationnement général et obligatoire de 25 % de l’eau potable, et on a cessé d’arroser les pelouses. On est passé des amendes pour pelouses mal entretenues aux amendes pour tous ceux qui n’auront pas réduit leur consommation. Les citoyens décortiquent les quantités d’eau qui sont entrées dans leur consommation. Un hamburger : 2 300 litres ; un verre de vin : 121 litres… Et les amandes ! Plus personne n’ignore qu’il faut plus de 3 litres d’eau pour faire pousser une seule amande. Les piscines ne peuvent plus être vidangées. Il faut contribuer à l’effort général, les riches qui « peuvent payer les amendes », sont dans la ligne de mire. Les collectivités locales ont ouvert des pages Web où chacun peut dénoncer les gaspilleurs qui arrosent en dehors des heures autorisées ou lavent leur voiture à grands jets. » (LE MONDE du 24-25 mai 2015, Californie, gazon maudit)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

26 mai 2015, Bientôt nos pelouses seront remplacées par des potagers

28 mars 2008, baby- golf

Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Frédérique Laget : Le nœud du problème pour décarboner est triple : d’abord, il faudrait prendre des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; ensuite, un pays ne peut agir seul, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun. Les mesures à prendre concerneraient la vie quotidienne : interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol aérien non justifié, division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos et de éseaux sociaux), limitation à 1 kg par an le nombre de vêtements neufs par personne (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…). Il faudrait que des mesures similaires soient prises partout sinon l’impact de la France sur le climat serait quasi nul, et les sacrifices engagés par la population ne pourraient se justifier. Le changement de mode de vie serait piloté par l’État, assorti de contrôle et de surveillance des populations. Car, sans cela, comment s’assurer que les jardins particuliers ont bien tous un potager, et que personne n’a pu se procurer plus de vêtements ou de café qu’autorisé ? Entre la liberté individuelle et le besoin d’un Etat fort, qu’allons-nous choisir ? Je n’ai pas la réponse.

Pas moins de 150 contributions en 13 heures seulement sur lemonde.fr, extraits :

Pol50 : MERCI, Madame Laget. Enfin, nous sommes mis au pied de l’Everest. Je n’évoquerais que le sujet que je connais le mieux, la politique énergétique : le défi sera de vivre avec une énergie au moins 3 fois plus chère (j’écris 3 car je n’ose pas écrire 10), alors que notre progrès économique a été bâti sur une énergie bon marché.

Doudoudodudor : Exposé de Fédérique concis et clair des enjeux. Mais en l’état actuel, c’est infaisable sans rééduquer la population pour qu’elle « accepte » routes ces restrictions de liberté à côté desquelles le passe sanitaire est une douce plaisanterie. L’augmentation de quelques centimes des taxes sur le gasoil ont mis des milliers de personnes sur les ronds-points. On imagine que le programme de décarbonisation nécessaire pourrait faire en France surtout si les autres pays ne suivent pas.

LionHeart : Le ton et la conclusion de cet tribune sont très gênants : ils laissent le sentiment que l’auteure partage le point de vue des « Kmers verts » mais n’ose pas l’assumer. Privons les individus de liberté la plus basique ( se vêtir, se nourrir..), au nom de « la Cause ».

Gabbagabbahey @ LionHeart : Le problème, c’est que le point de vue opposé ( la croissance verte je suppose? ) n’existe pas. Dans le sens où son scénario (continuer à augmenter notre consommation d’énergie (sans énergie, aucun de nos conforts n’existeraient) en diminuant nos émissions de g.e.s est une impossibilité physique.

Dilemme de À à Z : Les citoyens acceptent ( plus ou moins … et en tous cas en majorité …) les contraintes et les privations de liberté si il y a des contreparties immédiates et tangibles … l’impôt est accepté car il y a les écoles , le système de santé , les routes , etc… les contrôles et vigipirate et les fichages pour gérer la menace terroriste… la ceinture de sécurité pour éviter de mourir en voiture … la vaccination pour éviter le covid … Mais les contreparties à la nécessaire transformation de nos habitudes n’existeront qu’en 2100 … d’ici là nous aurons… tempêtes ouragans et canicules …alors je doute de l’acceptation par la population des mesures permettant de décarboner nos vies … donc l’auteure a raison et moi aussi je n’ai pas la solution …

SEM : L’auteure exprime avec clarté ce que je pense. Si on se risque à une prospective, je dirais que nos démocraties vont être prises en tenaille. D’un coté les écologistes revendiqueront le bien être a long terme du peuple, contre les libertés individuelles. D’un autre les nationalistes voudront nous protéger des réfugiés que le dérèglement climatique fera migrer vers les pays, riches, qui ont les moyens de s’adapter.

Gaston : Pour une adhésion a une « dictature » verte il faut un minimum de soutiens dans la population. Sur quel paradigme la fonder ? Sainte Gaïa ? quels intérêts aurons-nous à moins consommer?

Marc B @ Gaston : Et bien si ça permet a mes enfants de vivre dans un monde « décent », pour ma part ces sacrifices je les ferais sans hésitations. On touche la un point faible de la démocratie, les voix des futures générations n’ont aucun poids et il faut attendre de se prendre le mur avant que l’on commence à agir, souvent beaucoup trop tard.

Robertpointu : Mes droits sont infiniment supérieurs à tous genres de prévalence naturelle. L’humanité s’adaptera ou elle périra. Dans l’un ou l’autre cas, où est le problème ?

Michel SOURROUILLE : Je croyais à la pédagogie de la catastrophe dès le début des années 2000 avec le pic pétrolier qui avait provoqué la crise de 2008. Désabusé par l’inertie sociale, j’ai alors pensé, grâce aux conséquences du réchauffement climatique, que la catastrophe servirait de pédagogie. Aujourd’hui je suis désespéré, la sensibilité écologique a progressé mais les politiques économiques restent suicidaires. Les avertissements multiples des différentes branches de la science sur l’imminence des catastrophes écologiques et démographiques n’ont entraîné que quelques brèves dans quelques médias sans rien changer au modèle croissanciste soutenu par les politiciens de tous bords. Merci à Frédérique Laget de montrer qu’il nous faut entrer dans une économie de guerre. Merci au MONDE de publier cette tribune. Merci à la pandémie de nous avoir montré que des mesures « liberticides » pour nous indiquer le chemin de la sobriété, c’est possible même en régime démocratique.

Pour une écologie du démantèlement

Plaidant pour une écologie du démantèlement, des chercheurs préviennent que l’humanité doit se préparer à « fermer » ce qui la détruit. Tâche gigantesque !

« La fermeture ne serait-ce que d’une centrale nucléaire prend une dizaine d’années, son démantèlement va s’étaler pendant plusieurs décennies. Pourquoi n’arrivons-nous pas à fermer les choses rapidement ? D’abord parce qu’un des traits majeurs de la modernité est celui de « l’ouverture ». L’innovation, la technologie seraient les seules solutions pour affronter l’urgence écologique. La difficulté de la fermeture vient aussi du fait que le capitalisme a investi des efforts considérables pour structurer les compétences de l’ouverture : ingénierie, design, conception, process industriels, entrepreneuriat… Enfin, l’obstacle majeur tient au fait que des millions de personnes sont aujourd’hui dépendantes financièrement et socialement de secteurs économiques condamnés par leur incompatibilité écologique. Aujourd’hui en France, un hypermarché fait vivre directement plus de 1 500 familles. Que proposer à ces 1 500 familles ? Nous devons apprendre à désinnover tout en renforçant la protection sociale des victimes de la déconstruction. »

Une telle tribune dans LE MONDE, c’est nouveau, c’est vouloir passer du croissancisme à son inverse.

Désinnover, c’est un mot qui manquait encore aux éléments de langage appropriés pour un avenir écologisé à reconstruire. Désinnover s’ajoute aux mots en « dé » à diffuser autour de nous, déconsommation, décroissance, démilitarisation, démobilité, démondialisation, dénatalité, dénucléarisation, dépollution, dépopulation, dépublicité, déstructuration, désindustrialisation, désurbanisation, détwitter, dé-techniciser, dévoiturage, etc. Autant dire qu’il faut démanteler toutes les structures de la société thermo-industrielle, basée sur des ressources fossiles en voie de raréfaction et des esclaves énergétique à profusion.

Autant le dire, il va falloir supprimer des dizaines de millions d’emplois. Et pour mettre quoi à la place ? Comment fournir des services et des produits aux gens en consommant moins de pétrole, voire pas de pétrole. Pour l’instant on ne sait pas faire. Un supermarché qui fonctionne, c’est 1500 personnes qui bossent, c’est aussi des barils brûles tous les jours (le camion qui amène les produits, les machines qui produisent tout ce qui s’y trouve, les voitures qui viennent, etc.). On sait faire différemment, ça s’appelle un marché bio local. Mais il n’y a pas grand chose à y acheter en février. Et comme tout le monde l’a remarqué, c’est plus cher que le supermarché, ce qui signifie une baisse de pouvoir d’achat. Donc on peut inventer tous les substantifs qu’on veut, pour l’instant, une économie sans pétrole, c’est une économie de la décroissance, de la pauvreté, de la dé-prospérité.

Autant dire que maîtriser la crise socio-économique qui se profile ne va pas être facile, d’autant plus que nous venons d’utiliser un vocabulaire « en Dé » complètement étranger à nos dirigeants, qu’ils soient dans la sphère entrepreneuriale ou dans le cirque politique. Jeff Bezos, Richard Branson ou Elon Musk ne peuvent entendre un tel discours. Emmanuel Macron, Xavier Bertrand ou Marine Le Pen parleraient d’Amish, de Khmers verts ou de retour à la bougie. Autant dire que la rupture écologique, inéluctable, va s’opérer dans la douleur…

 

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

21 janvier 2012, beaucoup de « DE » contre les « SUR »

15 mars 2021, Entrons en résistance, « Dé »construisons

OUI au contrôle technique des motos

Enfin un éditorial du « Monde » à la hauteur des enjeux écologiques : « La généralisation aux motos du contrôle technique résultait d’une directive européenne de 2014 que la France était l’un des rares pays de l’UE à n’avoir pas encore mise en œuvre. Publié au Journal officiel mercredi 11 août 2021, le décret instaurant ce contrôle des deux-roues motorisés à partir de 2023 a été « suspendu jusqu’à nouvel ordre » dès le lendemain, à la demande du président de la République. Fait du prince et mauvais signal à l’heure où la défense de l’environnement devrait être résolument mise en avant, cette reculade est inquiétante tant dans sa forme que sur le fond. Après avoir découvert cette mesure, le président de la République a décidé que ce n’était pas le moment d’embêter les Français », a justifié un conseiller du gouvernement. Alors que la multiplication des signes de décrochage démocratique exige de responsabiliser les citoyens, Emmanuel Macron confirme sa pratique verticale du pouvoir. Son message assimilant le contrôle technique à une manière d’« embêter les Français » relève de la démagogie. Cet injustifiable recul sur le contrôle technique est de mauvais augure : il reflète une propension à céder aux plus bruyants. Surtout, il ne laisse pas d’inquiéter sur la capacité des responsables politiques à préparer les Français aux mutations profondes, tant dans l’emploi que dans les modes de vie et de consommation, que nécessite impérieusement la lutte contre le réchauffement climatique. Comment un dirigeant qui capitule devant le lobby des motards pourrait-il convaincre les automobilistes d’abandonner les moteurs thermiques ou de se reporter sur les transports en commun ? Pour être à la hauteur des risques climatiques majeurs des années qui viennent, nos démocraties auront besoin de responsables crédibles dans leur capacité à faire œuvre de pédagogie et de courage politique afin d’accélérer la décarbonation de nos sociétés. Précisément l’inverse de ce que le président de la République vient de faire. » Bien entendu le Rassemblement national montre qu’il ne comprend rien à l’enjeu écologique. « La mobilisation des motards et des élus paye. Nous resterons vigilants sur cette escroquerie souhaitée par l’Union européenne ! », a tweeté son porte-parole, Sébastien Chenu. « C’est une victoire du bon sens et de la mobilisation contre cette mesure technocratique », a abondé Marine Le Pen.

Presque 300 commentaires sur lemonde.fr de l’éditorial dont voici un résumé :

Martin : Le droit européen est supérieur au droit national. La transposition de la directive de 2014 n’est pas optionnelle mais obligatoire. La Commission va ouvrir une procédure d’infraction contre la France qui débouchera sur une saisine de la Cour de Justice de l’UE et une condamnation à plusieurs centaines de milliers d’euros d’amende par jour de non respect de la décision. Macron met la France hors la loi, il ne fait juste « gagner » que quelques mois.

Steph_74 @ Martin : Assez de toutes ces directives européennes qui nous pourrissent la vie. Elle est passée où notre souveraineté nationale !

Temporalité @ Steph : Si on faisait parler la souveraineté nationale, par exemple par référendum au sujet des 2 roues motorisés, les assocs de motards auraient du souci à se faire…

Notre blog biosphere a suivi avec attention la descente aux enfers de l’écologie sous le règne de Jupiter, voici quelques extraits de nos articles :

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

Jusqu’à présent les soi-disant impératifs de l’économie l’emportent largement sur les nécessités écologiques. Le projet de loi Macron ne fait pas exception. L’article 28 proposait de confier au gouvernement le pouvoir de décider lui-même par ordonnance « des projets publics et privés ayant des incidences sur l’environnement ». Une telle disposition aurait sans doute empêché les recours déposés par les opposants « aux grands chantiers », comme le barrage de Sivens.

10 octobre 2016, Emmanuel Macron, un programme écologique pervers

Nous nous sommes penchés sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il est pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Il fait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Il adopte le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. » Il est pour l’impossible perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » ….

24 avril 2017, Macron président, quelles perspectives écologistes ?

Sur ce blog biosphere, exprimons d’abord notre déception à la lecture du programme de Macron qui nous était envoyé par la poste. Sur les six chantiers, éducation, travail, économie, sécurité, démocratie et international, rien d’explicitement environnementaliste alors que l’urgence écologique est un fait scientifiquement avéré. Croire qu’un « nouveau modèle de croissance » peut réconcilier « transition écolo, industrie du futur et agriculture de demain » est le fourre-tout habituel des promesses plus vagues tu meurs…..

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

Il n’a jamais été question d’écologie mercredi soir pendant les 2h30 qu’a duré le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

8 septembre 2018, L’écologie pour Macron, comment ça marche ?

Sans commentaire de notre part pour ne pas être trop méchant, voici le discours aux militants de Christophe Castaner, Délégué général de La République En Marche !

« Je veux, au travers de ce message, saluer l’arrivée au Gouvernement de François de Rugy. Je connais l’expertise et la rigueur de François de Rugy pour accélérer la transition écologique…

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc.*

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant.

30 avril 2020, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort…

11 août 2020, Macron, le magicien de l’écologie politique

Pendant que le Grand Magicien officie, l’horloge carbone continue à tourner, inexorablement. Me viennent alors des pensées attendries pour Barbara, Dany, François, Pascal et la floppée de pseudo-écolos Macron-compatibles qui ont su préserver leur âme d’enfant et ne demandent qu’à croire et croire encore aux tours de magie.

10 octobre 2020, Emmanuel Macron en panne d’écologie

Jupiter est « écartelé » entre sa (soi-disant) ambition écologique et la volonté de faire redémarrer l’économie française frappée par le Covid. Alors l’écologisme superficiel invente de nouveaux éléments de langage, « progressisme vert  et écoloproductivisme » pour garder dans ses filets la frange la plus « raisonnable » des électeurs.

8 décembre 2020, CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle

Emmanuel Macron : «Moi, je suis vraiment très en colère contre des activistes comme Cyril Dion qui m’ont aidé au début et qui disent maintenant, il faudrait tout prendre… Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran »…  »

19 janvier 2021, La double pensée d’Emmanuel Macron

Lors du « One Planet Summit », le président Macron a brandi son smartphone  : « Cet objet-là, qu’on partage tous, c’est l’un des objets qui sont l’illustration de ce qu’est la mondialisation… c’est l’un des pires objets, sans doute, en termes d’émissions de gaz à effet de serre : chaîne logistique, matériaux rares, obsolescence. On a créé un système où on incite les gens à en changer tous les six mois…. » Mais quatre mois plus tôt, devant le gratin de la « French Tech », Emmanuel Macron moquait les sceptiques de la 5G, les renvoyant à leur obscur désir de « lampe à huile » et assurant que la France allait « prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation ».

13 mars 2021, Macron, politique de dénigrement des écolos

« J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle amish », avait-il aussi lancé. Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish, pourtant un modèle de civilisation agropastoral bien préférable par sa durabilité au système thermo-industriel qui mène droit à la catastrophe !

18 mai 2021, Macron écolo ? Laissez-moi rire !

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal : « Notre conception de l’écologie n’est ni celle de LR – qui vote systématiquement contre tous nos textes en faveur de l’environnement – ni celle des Verts qui ne voient comme seule solution que taxer et punir… Nous, on ne dit pas aux jeunes : “Demain, vous ne prendrez plus l’avion”, mais : “on met les moyens pour inventer l’avion de demain.” »

Matthieu Orphelin, ex LREM : « Tout ça n’est que de la stratégie politique. Voilà ce qu’est l’écologie pour Emmanuel Macron : une stratégie politique ».

Le prix de l’essence va flamber, c’est obligé

Irrésistible hausse des prix de l’énergie. Enfin la vérité se fait jour !

Jean-Michel Bezat (10.08.2021) : « Le monde a de nouveau soif de pétrole, de gaz, d’électricité et de charbon pour faire fonctionner ses usines, ses centrales thermiques et ses transports. Mais à moyen terme, où les prix ne peuvent que croître. L’or noir sera volatil, Patrick Pouyanné de TotalEnergies, n’exclut pas un baril à 100 dollars. Carburants automobiles, fioul domestique, gaz et électricité resteront chers. La transition écologique a un prix et il sera élevé, le seul remède reste la sobriété énergétique… pour ceux qui peuvent se le permettre. »

Quelques contributions complémentaires sur lemonde.fr : 

Michel SOURROUILLE : Jean-Michel Bezat, le spécialiste énergie du MONDE, adepte de la « Sobriété énergétique » ! On n’y croit pas. Ce journaliste reste viscéralement partisan du tout-pétrole, militant du court-termisme (prix du baril fixé par le jeu de l’offre et de la demande). Rappelons ce qu’il écrivait récemment (05.05.2021) : « Dans le monde d’après, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre, sans honte. Passé les violentes turbulences liées au Covid-19, le trafic aérien devrait retrouver son rythme de croisière… Les progrès technologiques ne s’arrêteront pas, avion propulsé à 100 % par des biocarburants, court-courrier brûlant de l’hydrogène en 2035… Objectif : attirer les touristes en mal de destinations exotiques, en attendant un hypothétique retour des hommes d’affaires… » !!!!

G. Delaurens : « irrésistible hausse des prix de l’énergie » : ah, première et seule bonne nouvelle de l’année concernant la lutte contre le réchauffement climatique !

General Kenobi : C’est un peu plus compliqué. L’énergie au fil des années représente une part toujours plus faible dans le budget des Français. Une conférence de Jancovici ferait du bien.

Eric.Jean : Général Kenobi a raison et c’est facilement vérifiable. Avec une heure de Smic on achète environ 6 litres d’essence, contre 3 litres en 1973.

le sceptique : Vous avez raison, mais il faut aller au bout du raisonnement. La société d’abondance a permis depuis un siècle de baisser quasiment tous les prix (relatifs aux salaires), au moins de ce qui vient de l’industrie (les services ont moins de gains de productivité). En échange, nous nous sommes permis des tas de choses, par exemple des administrations, des redistributions. Mais l’un va avec l’autre : si l’on commence à dire que la fête est finie, qu’il va falloir redresser le prix de l’énergie et des matériaux pour « sauver la planète », alors le reste va devoir s’ajuster et se simplifier.

Sarah Py : Le prix, pourquoi ne pas le dire sera un des moyens de nous contraindre à cette sobriété redoutée mais nécessaire. Les autres moyens sont le rationnement, le quota. Pourquoi ne pas s’y intéresser davantage: un quota pour vous chauffer par exemple selon divers critères. C’est bien évidemment lourd, bureaucratique, tandis que la sélection par le prix, c’est si simple. Le riche fait vrombir le moteur de son yacht et le pauvre a froid tout l’hiver dans sa passoire thermique.

Quidam : j’imagine déjà la réglementation. Vous avez droit à 5000kw par personne. Vous êtes trois, cela fait 15.000 kw. Ah oui mais il n’y a pas de vide sanitaire pour isoler le sol, 17° pour ma vieille mère dans le séjour c’est trop peu, j’atteins à peine 14° dans les chambres. Bon je vais reprendre mon chauffage d’appoint au pétrole, et utiliser la cheminée, etc. La révolution des sans culottes, une douce plaisanterie comparée à ce qui nous arriverait avec de telles mesures !

Frog : La seule bonne énergie est celle qu’on ne consomme pas.

Michel SOURROUILLE : Frog, il faudrait que le prix de l’essence tourne autour de 100 euros le litre pour que les gens comprennent. Pour une période faste qui aura duré moins de deux siècles, les humains ont gaspillé un don de la nature accumulé pendant des millions d’année et enfoui sous terre. Le problème essentiel n’est pas seulement l’effet de serre, mais un système de croissance éphémère basé sur l’éloignement croissant entre domiciles et lieux de travail, entre localisation de la production et centres commerciaux, entre espaces de vie et destinations du tourisme. Si nous étions prévoyants, il faudrait dès aujourd’hui se préparer à des changements structurels de nos modes de vie pour éviter la pétrole-apocalypse.

NB: Le marché, cette invention du système libéral, ne sait pas si demain le baril de pétrole sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. A la mi-juillet 2008, les spécialistes n’avaient pas vu venir l’envolée des prix du baril à 147,5 dollars, ni son effondrement (35 dollars mi-décembre 2008). Le 29 mai 2018, le prix du baril Brent était de 74,75 dollars ; début mars 2020 , la Russie et l’Arabie Saoudite ont augmenté leur production, ce qui a fait chuter brutalement les prix : le baril de brent s’est retrouvé à 16 dollars en avril, et le prix sur le marché américain à même connu un épisode de prix négatifs : le 21 avril 2020, le pétrole s’est brièvement échangé à − 37 dollars le baril sur le marché américain. L’or noir bradé ! En octobre 2020, le prix du baril de brent avait remonté à 37,45 dollars, il a atteint plus de 77 dollars en juin 2021.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

20 août 2017, Pensez-vous normal que le prix de l’essence augmente

11 février 2013, Le prix de l’essence n’augmente pas, dommage !

Elon Musk et la question démographique

La question démographique semble inquiéter Elon Musk : « L’effondrement de la population est un problème bien plus grave que les gens ne le réalisent » Elon Musk, qui croit n’importe quoi et qui le fait savoir, craint que le « déclin » (une prévision de certains démographes) de la population mondiale ne nuise à son projet de « conquête interplanétaire » : « Mars a un grand besoin de personnes, les humains sont les gardiens d’une autre vie sur Terre. Amenons la vie sur Mars ! ». Il considère la potentielle décroissance démographique comme un problème majeur, ajoutant qu’il y a désormais plus de chance que notre civilisation finisse « dans un gémissement » que dans un « bang ».

Sa quête halluciné d’une colonisation de Mars l’ empêche de réaliser qu’au lieu de rêver conquête spatiale, il nous faut réguler nos émissions de gaz à effet de serre et notre expansion démographique sur Terre.

Louis d’Hendecourt, astrophysicien : « Le but avoué d’Elon Musk n’est autre que la planète Mars à des fins de colonisation… Or sans eau (ou si peu), sans atmosphère (ou si peu), sans champ magnétique protecteur d’un rayonnement cosmique féroce et avec des températures qui feraient prendre le sommet de l’Everest pour un sauna tropical, Mars est par définition une planète inhabitable… Mais au-delà de cette banale réalité scientifique et en négligeant le problème éthique qui consisterait à ne sauver que quelques privilégiés, se pose avec force une interrogation vertigineuse et ô combien cruciale à laquelle Elon Musk n’accorde qu’une attention de façade : est-il possible de re-terraformer la Terre ? Est-il possible, par exemple, de simplement ramener le taux de dioxyde de carbone dans l’air, responsable du réchauffement climatique, de 440 ppm [parties par million] actuellement à sa concentration préindustrielle de l’ordre de 280 ppm ? Un défi nettement plus intéressant que celui proposé par Elon Musk, Don Quichotte d’un nihilisme planétaire, adulé par l’ignorance et la crédulité d’une société en totale déconnexion avec la réalité scientifique. »

Certains commentaires sur lemonde.fr, au-delà du mirage technologique spatial, se penchent sur la question démographique :

Charlotte : Pour ceux qui parlent de sauver la terre (dont je suis), quand sera t-il possible de parler de limites urgentes à la croissance démographique sans être accusée d’être raciste ? Le discours disant que l’on peux subvenir aux besoins d’une population en croissance perpétuelle est bêtement idiot, économiquement et psychologiquement analphabète. Le mécanisme autorégulateur de contrôle de population (guerre, famine, maladie) est déjà en marche. Il serait utile que des chercheurs au CNRS puissent modéliser les différents scénarios économiques de planning familial, et proposer des solution d’urgences, sans s’attirer les foudres de la galerie du politiquement correct – les futurs milliard de terriens supplémentaires, vont consommer la terre, produire du CO2, consommer du plastic au moins autant que nous. Cela ne me dérange pas d’être accusée de racisme, ce qui me dérange c’est l’interdiction du débat.

disparition des lucioles : Le néo-malthusianisme n’est pas forcement raciste mais il se trompe de sujet, nous pourrions facilement vivre à 7 milliards en vivant sobrement, avec une alimentation majoritairement végétarienne, en restaurant les écosystèmes. Certes si le standard de vie est celui d’un américain ou d’un européen on n’y arrivera pas sans à terme monter à + 4 degrés . La plupart des pays à forte natalité sont des pays dans lesquels il n’y a pas de retraites, pas de sécu…

Trafic @ lucioles : Retraite et sécu coïncident avec l’exploitation des ressources naturelles, avec sa contrepartie d’émission de CO2. Supprimons le CO2, arrêtons l’exploitation et on en revient à la situation ante, càd pas une vie sobre mais une vie misérable pour la majorité, et Malthus redevient valide.

Michel SOURROUILLE : L’humanité a atteint les frontières de son propre monde, il n’y a plus d’expansion possible sur une planète close et saturée d’humains et de pollutions. Il nous faut maintenant reconnaître que nous n’avons qu’une seule Terre et qu’elle est bien trop petite pour assurer nos fantasmes de nouvelles frontières perpétuelles. Que les humains gèrent au mieux leur propre territoire, qu’ils se contentent pour le reste de contempler la lune et les étoiles. Et à chacun ses rêves dans son propre sommeil, cela ne coûte rien. Amen, qu’il en soit ainsi.

Franck Mignot : Le biais cognitif auquel est soumis le commun des mortels est implacable : « Si Mr Musk a réussi dans le monde de l’entreprise, s’il a réussi là où la Nasa a eu des échecs, il réussira à terraformer Mars ». — Fatale erreur. Rostropovitch ne fera jamais jouer du violoncelle à un âne, même avec des leçons en russe ou avec un fusil dans le dos.

Dominique Deux : C’est pourtant une excellente idée de créer une colonie troglodyte de milliardaires sur Mars. Fourniture d’oxygène sur abonnement. Visa de retour subordonné à examen médical approfondi, les radiations subies durant le long voyage d’aller (il faudrait un blindage de plusieurs mètres) faisant craindre des mutations aux conséquences imprévisibles.

Hypocrite : Être con(finé) sur Terre ou sur Mars : telle est la question.

Le GIEC nous recommande la décroissance

Le rapport du GIEC montre que nous allons au désastre climatique. Il nous faut donc agir sur toutes les variables, décroissance économique ET décroissance démographique. Mais ni l’une ni l’autre de ces politiques n’est à l’heure actuelle envisagée. Cela n’empêche pas de commencer à avoir une attitude responsable au niveau des individus et des couples en pratiquant la simplicité volontaire ET la limitation des naissances. Les contributeurs sur lemonde.fr s’écharpent donc inutilement :

Pierre TRUTT : Je ne crois pas que cet ultime avertissement du GIEC soit suivi d’effets à sa mesure. Je suis par ailleurs très étonné qu’il n’y ait aucune remarque au sujet de la démographie mondiale dont l’expansion quasi exponentielle depuis 1950 est un facteur déterminant de la catastrophe climatique qui nous attend. Quelques chiffres sur la population mondiale : 1950 : 2,5 milliards… 2020 : 7,8 milliards… 2050 : 9,8 milliards. Population qui voudra se nourrir, se désaltérer, se vêtir, trouver un emploi, un moyen de déplacement et avant tout chose s’équiper d’un smartphone ! Alors comment limiter les naissances, alors que la fécondité ne baisse naturellement que chez la population des pays riches ?

Lacannerie : Pendant ce temps là, les cohortes d’enfants gâtés de la société de surconsommation ont repris le chemin des paradis artificiels du tourisme de masse sous les applaudissements des avionneurs, des producteurs de pétrole et des marchands « d’ailleurs » en bétaillère. Tout est reparti comme avant. Après nous, le déluge!

Débattre et choisir : Des différents scénarii étudiés par le GIEC, celui qui nous mène le plus à la catastrophe est celui où quelques pays consomment comme des porcs pendant que la majorité des autres vivent dans la pauvreté, ça vous rappelle qqchose ? A un moment, il faut arrêter des chercher des faux coupables : éliminer les Africains comme certains posts le suggèrent en creux de manière nauséabonde ne changera rien. Persister dans ce genre de raisonnement, c’est se mentir à soi-même et à ses enfants. Nous les occidentaux sommes les uniques responsables. Point. Donc maintenant, à nous de faire de gros efforts.

Félix : Sauf que les millions d’Indiens et d’Africains qui sortiront de la pauvreté voudront eux aussi améliorer leur confort de vie. Cette hausse annulera la quasi-totalité de nos efforts de réduction démission de CO2. Et même sans vivre à « l’américaine », faudra loger, produire de l’électricité et de la nourriture pour tout ce monde. Donc oui, la démographie est une cause majeure du réchauffement climatique. Mais aucun politique n’ose en parler car c’est très politiquement incorrect.

Artemis purple : Un occidental émet 10 fois plus qu’un Africain et on leur explique qu’ils sont trop ? Ce qu’il faudrait peut-être remettre en cause c’est notre mode de vie de sur-consommation généralisée boostée par la publicité. Sans être plus heureux d’ailleurs. Voir l’autre article du Monde de ce jour sur la démocratisation du yachting. On croit rêver !!!

PRC : Pour ceux qui pensent que le problème, c’est l’Afrique et l’Asie, je leur conseille d’aller consulter la liste des pays par empreinte écologique sur wikipedia. Ils se rendront compte que vu notre consommation par tête d’habitant, l’Europe et les USA sont le problème, pas l’Afrique et l’Asie. Si les pays devaient être peuplés de manière équitable, c’est à dire ayant la même empreinte écologique rapportée à la surface du pays, le Gabon devrait avoir 25 fois plus d’habitants qu’aujourd’hui, le Brésil 6 fois plus, la France 2 fois moins, les USA 5 fois moins et le Luxembourg 14 fois moins. Bien sur il s’agit d’un calcul tout ce qu’il y a de plus théorique mais qui a l’avantage de montrer que le facteur démographique ne joue pas dans le sens que croit la plupart des contributeurs de ce forum.

Pelayo Decovadonga : PRC, vous croyez que les futurs 2 milliards d’africains ne voudrons pas consommer comme les européens d’aujourd’hui ? Ils auraient un gène de la sous-consommation qui les maintiendrait éternellement dans le sous-développement ? Limite raciste…

Minga : Selon une étude de l’université de Washington, la poursuite de la croissance démographique mondiale n’est plus la trajectoire la plus probable pour la population mondiale. 23 pays perdraient plus de la moitié de leur population tandis que dans 34 autres pays, dont la Chine, le nombre d’habitants diminuerait de 25 à 50%. Pourquoi une telle baisse ? A cause de la diminution du taux de fécondité. D’ici à 2100, presque tous les pays (183 sur 195) auront un taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) inférieur au seuil de remplacement des générations (2,1 naissances par femme).

Pierre TRUTT @ Minga : Vous ne dites pas quand ce scénario se réaliserait. Quant à une diminution de 25 à 50 % elle me parait excessive, voire improbable, sauf si un cataclysme survenait comme une augmentation ultra rapide et conséquente de la température terrestre, combinée à des conflits mondiaux. La Chine vient même de supprimer sa politique de l’enfant unique. Aucune religion sur Terre ne préconise le contrôle des naissances. Et comme elles ont le vent en poupe. De toute façon il est trop tard, nous avons entre 10 et 20 ans pour réagir de manière drastique et les conséquences sociales seront tellement importantes (chômage de masse, révoltes, jacqueries généralisées) qu’aucun gouvernement ne pourra ou ne voudra prendre les mesures de décroissance, car, in fine, c’est bien de ça qu’il s’agit pour tenter de sauver le Titanic. Quand on voit aujourd’hui les antivax sur le pavé, ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend.

Constat : La bombe « Démographie » est encore plus préoccupante que celle du CO2. Même si les démographes ne sont pas d’accord sur les chiffres. Des experts de l’ONU chiffrent à 11 milliards l’humanité en 2100, d’autres à 8,7 milliards et 2 universitaires australiens pensent à une hécatombe d’ici 2100, de la population tombant à 6 milliards, en cause les catastrophes climatiques les pandémies et les guerres..

Calmos : « Personne n’a ni les moyens ni les outils pour prévoir à 10 ans » dixit H.Le Bras. Avec 2 milliards de plus de citadins prévus déjà en 2040. C’est demain.

Petit Pierre : Comme souvent, suite aux articles sur l’avenir de l’humanité face au réchauffement climatique, il y a des commentaires à propos de la surpopulation qui est rarement mentionnée dans les médias. Publier quelques moyens pour réduire son empreinte carbone entraîne des réactions violentes… mais quand on voit les chiffres c’est évident. Abandonner sa voiture à essence ou renoncer à un vol transatlantique c’est diminuer de 1 tonne équivalent CO2 par an, 1 enfant en moins économise 60 tonnes par an….

Jubbi : On est à deux doigts de l’eugénisme, malheureusement. Je pose une simple question : en quoi les enfants à naître ont-ils moins le droit d’exister que les enfants déjà nés, les ados ou même les adultes en pleine santé. La seule vraie question si on veut aller au fond est du sujet est celle de la réduction du nombre des personnes les plus polluantes / émettrices de GES, dans nos civilisations occidentales donc, et souvent les plus riches. Il reste donc deux moyens : la suppression pure et simple (par darwinisme et / ou déterminisme) ou la spoliation pure des biens des plus riches. Qu’en dites-vous ? De quelle catégorie faites-vous partie ?

Petit Pierre @ Jubbi : Non pas eugénisme, régulation des naissances. Votre question: “en quoi les enfants à naître ont-ils moins le droit d’exister que les enfants déjà nés, les ados ou même les adultes en pleine santé?” n’a pas de sens, car si ils ne sont pas nés ils sont inexistants, voir William Shakespeare, être ou ne pas être. Non ça ne fait pas bizarre, car nous sommes mortels, et le sachant, nous savons que nous disparaîtrons, question de temps. Je ne suis pas sûr que la spoliation des gens riches aident, demandez à Bernard Arnaud.

VMT76GODER : Pour Jubbi, il s’agit moins de l’expression d’un droit, en l’occurrence faire des enfants n’est pas un droit mais l’expression d’un réflexe de survie de l’espèce, que de savoir dans quel univers vivront les enfants que l’on se sera arroge le droit de pondre sans réflexion sur sa responsabilité vis-à-vis d’une question qui ne pet être réglée, QUE globalement.

Lambda69 : @PetitPierre. Les effets du réchauffement climatique se feront sentir avant 2050, soit bien avant que la population humaine ne commence à reculer. Ainsi, la baisse de la démographie interviendra trop tard pour constituer un levier efficace de lutte contre le réchauffement climatique, à cette échéance (+3°C, voire +4°C). Mais, si l’on vise 2100, oui, il faudrait, dès maintenant, contenir la démographie planétaire ! Mais pas sûr que la Chine, l’Inde et l’Afrique l’entendent de cette oreille… On est cuits, très probablement, enfin surtout nos enfants !

Benjamin – Lyon : La clé du problème c’est les émission de CO2, ce n’est pas la démographie. Par exemple : un enfant du Nigeria n’a pratiquement aucun impact sur les émission de CO2 contrairement à un petit Français : smartphone, voitures au cours de sa vie (aller chercher son pain en voiture parfois), chauffage, climatisation, hôpitaux, etc. Je ne parle même pas d’un enfant de milliardaire. C’est aussi un problème de répartition de la richesse. Dire que le climat change à cause des enfants de pauvres, c’est de la mauvais foi.

Lambda69 @Benjamin de Lyon : Un habitant d’un « pays du sud » a l’ambition (louable) d’avoir la même qualité de vie que les occidentaux, demain. Donc, oui, le contrôle de la démographie est l’une des clefs pour circonscrire le réchauffement climatique. La planète ne peut pas héberger 10 milliards d’âmes, quel que soit le scénario. À ce sujet, je vous recommande la lecture du « Petit traité de la décroissance sereine », de Serge Latouche : tout y est !

LeBret : Même le rapport du GIEC recommande de maîtriser la démographie. La situation est si critique qu’il faut activer tous les leviers à nos dispositions, y compris démographique (et aussi en Europe). Même en réduisant drastiquement nos consommations, refuser d’agir sur la démographie ne fera que repousser le problème. Un exemple simple, l’agriculture : domaine où la réduction de consommation est limité. Entre 1950 et 2020 la population humaine a été multiplié par 3 ; et les rendements à l’hectare par 1,25. Comment a-t-on nourri la population supplémentaire ? Par la déforestation.

InitialsBB : Il est absurde d’opposer l’argument démographique à la nécessité de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Il faut bien évidemment jouer sur les deux tableaux.

Chardon Marie : Certes il y a les changements climatiques, mais il y a également d’autres problèmes tout aussi pressants, et plus ou moins liés : l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des sols. Selon certains experts, la plupart des sols ne pourront plus donner que 60 récoltes… à moins que l’on ne change radicalement de modèle agricole.

Rapport du GIEC et question démographique

Le rapport du GIEC est un état des lieux qui donne le vertige. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) établit un diagnostic effrayant dans le premier volet de son sixième rapport d’évaluation, publié le 9 août 2021. Le « résumé à l’intention des décideurs », un document d’une quinzaine de pages, sonne comme un dernier avertissement pour les États, à moins de cent jours de la 26e conférence climat de l’ONU (COP26) à Glasgow. Pour la première fois, le GIEC montre que le rôle des activités humaines est « sans équivoque » sur le réchauffement climatique ; il avait été qualifiée d’« extrêmement probable » en 2013. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, ont atteint 410 parties par million (ppm) en 2019, un niveau inégalé depuis au moins deux millions d’années. La température à la surface du globe s’est élevée d’environ 1,1 °C sur la dernière décennie comparativement à la période 1850-1900. L’acidification et la désoxygénation de l’océan se poursuivront pendant des siècles, les glaciers vont continuer de fondre pendant des décennies. « Il ne peut pas être exclu que l’élévation du niveau de mer s’approche de 2 mètres d’ici à 2100 et 5 mètres d’ici à 2150 », écrivent ainsi les auteurs.

Rien dans ce scénario sur l’indispensable sobriété énergétique, rien sur la question démographique, abordée seulement par certains commentaires sur lemonde.fr :

Lecteur du ghetto : La démographie, pas une seule fois abordée. Ridicule. Le drame absolu est la folle croissance démographique impliquée par le capitalisme qui encourage les pauvres à se reproduire le plus possible pour se garantir une main-d’œuvre pléthorique, sous-qualifiée et affamée si possible, pour briser le fameux « coût du travail ».

Unavis : Vous n’avez pas compris que le grand pollueur (et émetteur) sur cette planète est l’américain et l’européen moyen, pas le pauvre (affamé)

Kiamb : La courbe du réchauffement suit depuis 1800 suit de façon très proche l’accroissement de la population mondiale..
Foruminator : Kiamb, tous les démographes, Hervé le Bras en tête, vous le diront : vouloir contrôler l’accroissement de la population, c’est mal.

Tom Tkr : Réchauffement et pandémie nous indiquent 2 choses: la planète est trop peuplée, la croissance permanente est une impasse. Il est utopique de croire que l’humanité toute entière sera suffisamment disciplinée pour combattre le réchauffement… « après moi le déluge ! ». D’autre part notre rapport à la nature (notre berceau) est malsain. Il devient urgent de mettre en place des « cours d’émerveillement » à la nature. On ne peur respecter que ce qui nous émerveille, la logique de conservation pour la conservation est une impasse également. C’est notre regard sur le vivant qui doit évoluer également, mais tout cela relève de l’utopie.

disparition des lucioles : J’aime beaucoup votre concept de cours « d’émerveillement », je pense que c’est une clé importante pour une réconciliation de l’humain et de la biosphère. Les dimanches de mon enfance à regarder le commandant Cousteau dans la Calypso ont infusé ma sensibilité pour le vivant. Je pense aussi que pour les enfants des villes il faudrait beaucoup plus d’occasion de se mettre au vert. Moins d’accord sur le problème démographique, faire des enfants est avant tout une assurance-vie dans certains pays.

lecteur assidu : Pour rappel, 15 millions d’Indiens de plus cette année.

He jean Passe : En gros il faut arrêter de surconsommer en France (déplacements, tourismes, nourriture, vêtements, soins..) et monter une armée européenne pour empêcher les centaines de millions de réfugiés climatiques de venir en Europe.

Corentin : D’accord avec d’autres : même si on doit être plus vertueux PAR HABITANT, la démographie est l’éléphant dans la pièce que personne ne veut voir. Un sujet tabou?

Michel SOURROUILLE : Rappelons l’équation de Kaya : CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP. Avec (CO2 : TEP), contenu carbone d’une unité d’énergie ; (TEP : PIB), quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB) ; (PIB : POP), niveau de vie moyen ; POP, nombre d’habitants. La tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050 pour atteindre un peu plus de 9 milliards d’habitants. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs de l’équation par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre. On mesure les efforts à demander à la population, gigantesque, sachant qu’on ne peut avoir du succès à court terme sur l’évolution démographique étant donné son inertie. C’est donc dès maintenant qu’il faudrait parler de planning familial généralisé au niveau mondial, pour « make the planete great again » !

Perros Jean Michel : Nous sommes trop nombreux sur la planète. Sauf à coloniser Mars ou autres, ce qui semble impossible dans l’avenir connu, il faut diminuer la population. En clair : arrêter de faire des gosses.

Lesseville : Avec 7 milliards d’humains aujourd’hui et 11 prévus en 2100 qui comme nous consomment et veulent consommer plus, on est mal, très mal.

Mort de la recherche-développement, enfin !

La conception d’une science neutre, motivée par la saine curiosité intellectuelle et la passion de la découverte, a aujourd’hui cédé le pas au vrai visage de la science moderne, rattachée par des liens organiques à la société industrielle qu’elle alimente en progrès illusoires et néfastes tout à la fois. … Les applications industrielles de la recherche scientifique ont permis un développement considérable des forces productives, entraînant désastres écologiques et décomposition sociale. C’est pour cette raison que je condamne la recherche-développement pour toutes ces découvertes qui font dorénavant partie de notre vie quotidienne : centrales nucléaires et téléphones portables, industries agroalimentaires et pesticides, voitures et TGV, tourisme spatial, etc. De toute façon, comme l’exprime à juste titre Jean Colcombet, la décrue énergétique supprimera des pans entiers de la recherche académique. Déjà des gens ultra-diplômés en viennent à travailler la terre…

Jean Colcombet (INRAe, biologie végétale) : « En moins d’un siècle, la mécanisation a entraîné une diminution drastique du nombre d’agriculteurs, a décuplé la productivité au point de rendre les ouvriers quasi accessoires et a permis un accroissement explosif du secteur tertiaire, devenu nécessaire pour gérer des flux de plus en plus complexes… L’ironie veut que la recherche scientifique, fille de la modernité et des énergies fossiles, nous aide à analyser les grands enjeux de l’anthropocène : nous comprenons désormais que notre développement glouton nous fait dépasser les frontières planétaires et fragilise les écosystèmes… Si nous n’y prenons garde, la décrue énergétique inévitable et les perturbations environnementales déstabiliseront notre agriculture et la société dans son ensemble. Il est alors possible que notre histoire s’écrive à rebours de celle des siècles passés : moins d’énergie et de mécanisation induira un retour aux activités manuelles et à la terre, dans un contexte environnemental dégradé. Cette simplification sociétale, mal comprise et mal préparée, sera vécue à juste titre comme une perte, engendrant de fortes tensions sociales… Dans un monde en contraction, ne devons-nous pas considérer que, face à l’urgence écologique, certains domaines de recherche sont plus importants que d’autres ? »

Bref, chaque chercheur ne doit-il pas se demander quel sens donner à un possible chant du cygne de son activité ?

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Jean-Michel Normand : « L’Union européenne a décidé qu’à partir de 2035, il ne sera plus possible de commercialiser une voiture neuve émettant du CO2. La durée de vie moyenne d’une automobile étant de quinze ans, l’échéance s’inscrit dans la perspective de parvenir à une « neutralité carbone » en Europe en 2050. Les énormes investissements réalisés dans les voitures électriques désignent clairement la nouvelle priorité des constructeurs. Mais la question de l’origine de l’électricité reste ouverte. La constitution d’un réseau de recharge dense et fiable pose problème. La voiture électrique soulève aussi la question de l’emploi, car sa fabrication réclame une main-d’œuvre environ trois fois moins nombreuse. L’automobile risque de redevenir un produit de luxe. »

Lire notre article synthèse sur ce blog : Le rêve de l’automobile pour tous prend fin.

Quelques commentaires intéressants :

Alsatian : on ferme les centrales thermiques, on n’en construit pas d’autres, et on prétend passer au tout électrique avec une borne en panne tous les 500km. Et ne parlons pas de l’origine des matériaux pour fabriquer accus et moteurs.… Çà c’est de la planification!

O.Coutrot : Beaucoup se soucient de disposer d’un réseau de recharge des voitures électriques ? Noble souci ! Mais tirer des câbles électriques n’est pas très difficile encore que, pour alimenter 1 million de vacanciers le 1er juillet ! Mais surtout, au bout, à l’origine du câble que va-t-on mettre ? Un âne pour faire tourner la gégène ? Mon Dieu que de ânnissements, si vous permettez ce néologisme odieux ! La vraie question que personne ne pose est avec quelle matière première produire la monstrueuse quantité l’électricité nécessaire pour alimenter tout le parc de voiture, camions, autobus ? Éoliennes, photo-voltaïque, bio-masse seront incapables de fournir les quantités requises. Quand à l’hydrogène propre, ça n’existe pas. Alors combien de centrales nucléaires pour répondre à la demande ? Sautons dans le vide allègrement !

lours.des.wab : C’est quoi la durée de vie d’une batterie ? Combien je perds de Km d’autonomie par an avant qu’elle ne me lâche ? C’est quoi la valeur résiduelle de ma voiture avec une batterie presque hors d’usage ? Combien de Lithium il faut pour soutenir une telle demande en France ? Et dans le monde ? Ça représente combien en plus par rapport à la production actuelle ? En pression supplémentaire sur les écosystèmes ? Moi ça me semble être surtout un feu de paille pour essayer de sauver un mode vie condamné (énergie abondante et bon marché).

Lmbmichel : Comme d’habitude, on ne parle que des voitures, jamais des poids lourds. C’est une totale hypocrisie.

Pessicart : Comme le disait Blaise Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir rester au repos dans une chambre ».

Michel SOURROUILLE : L’automobile en tant qu’objet de consommation de masse (1,2 milliards de voitures dans le monde) est devenue le cancer de notre civilisation thermo-industrielle. Elle casse les villes, dégrade l’espace, pollue la nature. Elle ronge toute nos infrastructures par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse à produire. Elle brise les cadres d’une vie communautaire, chacun de nous restant enfermé dans sa petite carapace qui exalte notre agressivité… ou cultive notre découragement dans les embouteillages. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir donner par l’électrification une nouvelle vie à nos carrosses  ? La voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle. Vive le dévoiturage, le rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, la fin du tourisme au long cours…

Requiem : Je crois que je vais placer mes économie dans l’industrie de la chaussure et suggérer à mes petits-enfants de s’orienter vers le métier de cordonnier ou de réparateur de vélo. Car ce ne sont pas les énergies renouvelables qui fourniront l’électricité pour la vie courante, l’industrie et en plus pour les transports.

Palétuvier rose : Je maintiens qu’il ne faut pas sous-estimer la filière de la voiture à pédale, la seule qui assure d’avoir de beaux mollets.

L’effet de loupe, le fait qui fait diversion

Les médias nous défrisent, les réseaux sociaux encore plus, ils cultivent ce qu’on appelle en sociologie l’effet de loupe : montrer une réalité qui existe, certes, mais qui est tellement minoritaire qu’elle ne nécessite même pas une brève. Normalement le journalisme, c’est l’art de trier entre l’anecdotique et l’essentiel, sinon les pages d’un média se remplissent de vide. Mais à force d’être diffusés en boucle sur les réseaux de communication, un micro-évènement sature l’espace public et devient la dernière question à la mode dont il faut causer. Le problème, c’est que cela nous détourne de l’essentiel, nous rentrons dans le domaine du commérage et en oublions de réfléchir. Cet effet de loupe continue un biais cognitif qu’on retrouve dans beaucoup de domaines. Célébrer tel ou tel match de football, évènement ponctuel s’il en est, ou ressasser tel ou tel acte criminel relève du même procédé. L’instrumentalisation du sport et autres faits-divers n’a plus de limites.

On pourrait dire aussi bien le « fait-diversion », autre approche de l’effet de loupe. Luc Cédelle nous rappelait dans LE MONDE ce néologisme forgé par Pierre Bourdieu à la fin des années 1990 : « Par l’émotion qu’il suscite et l’exploitation qui en est faite, tel ou tel fait divers sert à faire diversion. » Aujourd’hui le fait-diversion atteint son apogée, il est devenu le principal carburant de l’extrême-droite et de certaines chaînes de télévision toujours plus racoleuses et obsédées par le buzz qui dope l’audience. Prenons l’exemple des éoliennes. Le mouvement anti-éolien impose sa thématique à partir de petite phrases sans avoir besoin d’en dire plus. Xavier Bertrand redit tout le mal qu’il pensait des éoliennes, ce « scandale national ». Marine Le Pen renchérit le 15 mai 2021 : « Le combat contre les éoliennes est un combat majeur, parce que les éoliennes sont une véritable catastrophe, visuelle, écologique, économique ». Moins de 400 personnes manifestent à Caen contre « les éoliennes qui détruisent la mer », LE MONDE en fait un article de plus de 5000 caractères (19/06/2021). Les pêcheurs dénoncent une destruction des fonds marins par l’industrie éolienne offshore . Bien entendu l’article fait parler les pour et les contre, mais il s’agit là encore d’empiler les petites phrases des uns et des autres.

C’est donc dans les commentaires sur lemonde.fr qu’il faut rechercher le débat de fond.

PM84 : Dans un monde ancien, il fallait 1 million de personnes pour avoir un article dans la presse. Maintenant 200 personnes suffisent !

Sp. : Les pêcheurs crient à la destruction des fonds marins ! on croit rêver : et les chaluts ça fait quoi !!!?

The One : Ah ah ah ah ah ! Quoi qu’il arrive dans ce pays, il y a toujours des gens contre qui bloquent tout.

VeritasOrigine : On trouvera toujours des gens contre une décision quelle qu’elle soit, dans quelque domaine que ce soit. Ces Antis n’en disent pas pour autant ce pour quoi ils sont. En général pour leur confort personnel au détriment de celui de la collectivité, ou alors ils veulent le beurre,l’argent du beurre et le sourire de la crémière faisant là fi de tout réalisme.

le sceptique : Le fossile c’est affreux, le nucléaire c’est horrible, l’hydraulique ça tue les rivières, le bois ça flingue les forêts, l’éolien ça bétonne le bocage et le rivage, etc. D’un côté on dit qu’il faut construire une civilisation durable exploitant des flux naturels renouvelables, d’un autre côté on refuse la conséquence, qui est notamment de collecter l’énergie du soleil, du vent, de l’eau et de la biomasse là où elle se trouve. Et oui, comme la densité massique ou surfacique d’énergie est faible à chaque fois, comme il y a des limites de rendement non dépassables, comme c’est dur et souverainement risqué de transporter l’électricité de trop loin et de pays trop instables, cela prend pas mal de place pour collecter un peu partout. Mais cela fait quand même 20 ans au moins que des physiciens l’ont expliqué. Il est vrai que nos médias font 1000 articles sur le blabla politiques, juristes & ONG pour 1 article sur la physique.

L.OURS : Aller voir à Dunkerque si le paysage est si merveilleux ! Les éoliennes qui ne seront même pas visibles de la côte seront pourtant bien plus jolies que le reste du site !!! Personne ne veut rien dans son patelin mais tout le monde veut sa bagnole, son air conditionné toute l’année et son éclairage public ! Si on écoute tous ces tordus faut revenir à la bougie, mais faut des puits de pétrole, et au feu de bois, mais faut alors bien plus de forêts… Vous verrez si nos paysages seront plus jolis !

Isaphan : Je suis d’accord avec ces personnes. Oui à la non installation des éoliennes, mais il faut aussi détruire leurs maisons qui enlaidissent aussi le paysage. Et pour tous, il faut commencer par leur couper l’électricité par souci de cohérence. Et interdire l’utilisation du diesel pour la pêche, qui envoie du CO2 dans l’atmosphère.

Papou69 : Est-ce que les « verts » du moyen-âge ont manifesté lors de la construction des moulins à vent? Ils font aujourd’hui partie du paysage!

Obéron : Mais les « verts » qui manifestent contre l’éolien sont plutôt « vert-brun », non ? Ils disent être pour davantage de nucléaire, soit, à condition bien sûr que l’emplacement des sites (centrales et stockage des déchets) soit soumis à approbation via un référendum régional, puisque leurs partis veulent que les citoyens consommateurs d’énergie décident de tout. Personnellement, je peux accepter des éoliennes dans ma commune (dans des endroits bien choisis), mais je ne veux pas de centrale nucléaire dans ma région. Et encore moins, bien entendu, de centrales thermiques fonctionnant aux énergies fossiles.

Méphisto : Il est symptomatique qu’ucun de ces opposants ne parle des retours d’expérience des multiples parcs éoliens offshore existant à l’international qui font l’objet d’amples évaluations scientifiques, certainement parce que cela démontrerait que leurs arguments ne tiennent pas la route.

Doudoudodudor : L’argumentaire des pécheurs est hallucinant. La destruction des fonds marins est quand même de leur fait avec leurs dragues et leurs chaluts. La polémique sur la fuite de 100 litres d’huile alors que les pécheurs en rejettent plus chaque jour avec leurs gros moteurs diesel refroidit à l’eau de mer était aussi hallucinante.

L.OURS : Dégradation du paysage côtier à Dunkerque par les éoliennes ? C’est une plaisanterie pour un bord de mer déjà complètement occupé par d’énormes installations portuaires ! Mais quand même 600 anti tout pour deux manifestations, cela vaut-il un article sur le sujet ? Remarquez, dans 50 ans, lorsque le Gulf Stream aura quasiment disparu de nos côtes, leurs enfants défileront pour qu’on implante des éoliennes, des centrales nucléaires ou des panneaux solaires autour de chez eux….

YV : Pour connaître un ingénieur de recherche qui bosse sur les éoliennes maritimes, celles-ci sont une chance d’un point de vue écologique et ressource halieutique: les zones d’exclusions qui les entourent permettent aux poissons de se reproduire, au bénéfice à long terme des pêcheurs.

marin du levant : Mouhahahahahaha Ils sont trop fort ces pechous ! Dans le genre protection du milieu naturel, s’il y a bien une catégorie qui ferait mieux de la boucler, c’est eux. Ratissage des fonds, exploitations jusqu’a extinction si les autorités n’y mettaient pas leur nez etc etc. Un peu de sérieux, les bases gravitaires ou les jackets sont des récifs artificielles qui vont augmenter la ressource du milieu, de plus les zones des éoliennes étant fermées a la pêche cela va permettre a la vie sous marine de reprendre et les abords des champs éoliens vont être des zones ou les pechous vont se battre pour mettre leurs filets ou lignes tellement ça va mordre.

PMF : A se demander comment font les Allemands, les Britanniques, les Neerlandais, les Danois, etc. Et leurs flottes de pêche. Tous ces arguments ne tiennent pas debout.

Morgenstern : Les arguments des anti-éoliennes sont totalement hallucinants ! On dirait qu’ils ignorent l’existence des plates-formes pétrolières, des centrales à gaz, des usines hydroélectriques ou même des… centrales nucléaires !

Silgar : Je ne suis pas vraiment pro-éoliennes, mais l’effet de récif des éoliennes offshore à base gravitaire est démontré : c’est positif pour la biodiversité marine.

Lazizou : Non aux énormes bateaux conteneurs, Non au énormes bateaux de croisière qui polluent sans états d’âme Non au chaluts qui raclent les fonds marins et détruisent faune et flore Non à la pêche intensive. Non aux serveurs sous marins qui réchauffent les mers Non aux plastiques qui non seulement polluent mais aussi tuent la faune Non aux dechets nucléaires qui pourrissent au fond des mers J’en passe sûrement, alors les éoliennes……c’est un peu la goutte d’eau pour noyer les vraies questions.

Don Lope : On ne s’en sortira pas. Les énergies fossiles nous tuent lentement, le nucléaire c’est dangereux, le solaire trop cher et l’éolien c’est pas beau dans le paysage. Donc aucune solution en vue pour contrer le réchauffement climatique à part le retour à l’âge de pierre de gré ou de force une fois que les écosystèmes se seront effondrés sur nous. Youpi !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 février 2021, Les faits divers, des faits qui font diversion

extraits : L’endoctrinement idéologique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. L’urgence écologique devient invisible de par la multiplicité des informations de tous ordres, mais le penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective.

2 février 2008, Avec ce blog, vous arrêterez de croire n’importe quoi

extraits : Avec la navigation sur le Web, nous sommes dans la bibliothèque de ­Babel, où l’on trouve toutes les vérités mais aussi tous les mensonges du monde. C’est la cacophonie de millions de personnes, le smartphone par exemple est non seulement un récepteur, mais aussi un émetteur de tweets. Chaque humain, qu’il soit n’importe qui ou président des États-Unis peut dire n’importe quoi sans être vraiment détrompé.

15 janvier 2014, L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

extraits : La secrétaire nationale d’EELV est interrogée au Grand Rendez-vous*. Aucune question sur l’écologie, pourtant la spécificité d’Emmanuelle Cosse. Mais six questions (sur 8) à propos des alcôves de l’Elysée du type : Aujourd’hui, la vie personnelle du président de la République est étalée en détail. Faut-il s’y faire ou s’en plaindre ?

Formation à la Désobéissance non-violente

Ce stage s’adresse aux militants expérimentés comme aux débutants. Il s’agira notamment d’apprendre à organiser des actions visant à défendre des droits sociaux de plus en plus menacés, les Droits humains et des animaux, l’avenir de la planète… Cette formation peut s’avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.Organiser une action non-violente, pour débutant.e.s ou expérimenté.e.s
Du 24 juillet 2021 à 9h30 au 25 juillet à 15h à Saint Antoine l’Abbaye (38)

suivie d’une conférence gesticulée avec Xavier Renou :

Sans haine, sans arme, sans violence : De l’Ixérisme à la Désobéissance civile.

Pédagogie : 40€
Pension complète à l’Arche de Saint-Antoine à partir de 66,50€ (réductions possibles)
Inscriptions / hébergement : en remplissant le formulaire ici

L’étoile jaune pour les non vaccinés ?

Lundi 12 juillet 2021, Emmanuel Macron a mis la pression sur les non-vaccinés pour éviter une nouvelle vague de Covid-19 alors que le virus repart à la hausse dans tous les territoires avec le variant Delta. Le président de la République a même décidé d’imposer le passe sanitaire à l’entrée de la plupart des lieux publics et a rendu la vaccination obligatoire pour les soignants et ceux au contact des personnes fragiles, avec des sanctions à la clé. Les annonces du chef de l’État visant à inciter à la vaccination ont provoqué une ruée des Français pour prendre rendez-vous et se faire vacciner. En soirée le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé que les personnels soignants qui ne seront pas vaccinés au 15 septembre ne pourront plus travailler et ne seront plus payés. Les employeurs – agences régionales de santé, directions d’établissement, Assurance-maladie – « seront habilités à effectuer des contrôles comme ça existe déjà dans le droit commun pour d’autres maladies, notamment l’hépatite B », a détaillé le ministre. Alors vaccination obligatoire pour tous et toutes ?

Du point de vue des écologistes, plutôt anti-vaccins, le choix collectif devrait être formulé de façon abrupte. Soit nous misons sur la sélection naturelle, le vaccin n’est pas obligatoire, les mesures de confinement sont facultatives, nous laissons nos défenses immunitaires se renforcer naturellement et tant pis pour les plus faibles, le tri médical est un passage obligé vu l’explosion d’hospitalisations. Soit, à l’image de ce qui se passe pour les enfants, la vaccination est obligatoire pour tout le monde, mais une population de plus en plus nombreuse est de plus en plus fragilisée face aux atteintes virales et microbiennes. L’obésité et les comorbidités se généralisent, et un jour ou l’autre une mutation d’un des vecteurs de la sélection naturelle envoie de toute façon à trépas une grande partie de l’espèce humaine. Le problème, c’est que notre société se refuse à aborder les choix fondamentaux et préfère laisser les gens dépérir dans l’assistanat et la contrainte sociale.

Nos articles antérieurs sur l’obligation vaccinale :

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

extraits : Le Conseil constitutionnel vient de juger que le caractère obligatoire de la vaccination, présent dans le code de la santé publique, n’était pas contraire à la Constitution de 1958. Mais pour certains écologistes le débat « pour ou contre la vaccination » dépasse largement la problématique de l’article du MONDE : liberté individuelle contre « stalinisme vaccinal », caractère potentiellement toxique de certains adjuvants contenus dans les vaccins, injection de telles substances dès la première année de vie alors que le système immunitaire du nourrisson est fragile, fait que la France est en Europe le seul pays avec l’Italie à imposer cette injection aux enfants…

7 juillet 2021, Vaccination obligatoire et acceptation sociale

extraits : La vaccination obligatoire pour tous, c’est bien déjà le cas pour les enfant. Alors, peut-on contraindre les adultes à se vacciner contre le SARS-Cov2 ? Sélection naturelle ou immunité collective vaccinale ? La question de l’acceptabilité sociale est cruciale dans un système démocratique. Convaincre plutôt que contraindre… 

articles de référence sur lemonde.fr :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/13/plus-de-900-000-candidats-a-la-vaccination-apres-les-annonces-d-emmanuel-macron_6088123_3244.html?contributions

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/12/allocution-d-emmanuel-macron-passe-sanitaire-etendu-tests-pcr-payants-obligation-vaccinale-pour-les-soignants-le-resume_6088062_823448.html?contributions

https://www.lemonde.fr/sante/article/2021/07/13/covid-19-l-obligation-vaccinale-imposee-aux-professionnels-de-sante-ne-manque-pas-de-faire-reagir_6088083_1651302.html

Richard Branson, reste en orbite s’il te plaît

Il fut un temps où les multi-milliardaires se contentaient d’avoir un yacht plus gros que les autres. L’Al Saïd (155 m, famille royale du sultanat d’Oman) dispose d’une salle de concert susceptible d’accueillir un orchestre de cinquante musiciens. Le Prince Abdulaziz (147 m, famille royale saoudienne) jouit d’un bloc opératoire et d’une mosquée. Maintenant les hyper-riches font désormais la course pour être le premier à partir dans l’espace.

Dans la catégorie « ma fusée est plus grosse que la tienne », Richard Branson s’envoie en l’air le 11 juillet 2021. Vers les limites de l’attraction terrestre, il veut ouvrir la voie au tourisme dans l’espace. Le 25 juin, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a fourni une licence l’autorisant à transporter des clients. Des billets ont été mis en vente et six cents réservations ont déjà été prises. Prix du voyage : autour de 250 000 dollars (environ 211 000 euros), avec les premiers départs en 2022, espère Virgin Galactic. Que Branson reste en orbite ! On devrait interdire ce genre de connerie par respect pour toutes les personnes qui sont obligées de marcher à pieds. Le gaspillage de l’énergie nécessaire pour satisfaire ce caprice sera payé par l’ensemble du vivant sur des siècles.

Jeff Bezos assume désormais son statut d’homme le plus riche du monde. Il a commandé un yacht à voile plus long qu’un terrain de football… Mais il vit aussi sa passion pour l’espace avec sa société Blue Origin, qui doit faire de lui l’un des premiers touristes spatiaux, le 20 juillet 2021. Il a même vendu une place aux enchères pour 28 millions de dollars. Après avoir contribué à la destruction de milliers d’emplois, ce monsieur va apporter sa pierre au réchauffement climatique. Que Bezos reste en orbite !   Et boycottons Amazon, retournons au commerce de proximité…

Après la voiture électrique et autonome, l’ambition ultime d’Elon Musk est l’installation d’une colonie sur Mars. En attendant l’effondrement de ce rêve, il fait des trucs ridicules comme envoyer dans l’espace une Tesla rouge cerise pour un vol d’essaim, il multiplie les petits satellites autour de la terre, il prépare un vol privé autour de la Lune. Qu’il y reste ! Les nouveaux riches ne se contentent plus de piller la terre et d’exploiter les gens, ils veulent polluer l’espace !!!

D’un point de vue écologique, le tourisme spatial est une aberration de l’esprit humain. Pourquoi tant de recherche, tant de prise de risques, tant de ressources naturelles dilapidées pour envoyer en l’air quelques hurluberlus? Ce sont les riches qui propagent un style de vie destructeur pour la planète : palais, yachts, avions privés, saut spatial, etc. Ah, si les trop riches mettaient leur argent au sujet d’une vraie cause… Comparez l’initiative de Trevor Neilson aux extravagances de Branson, Bezos et Musk. Cet investisseur américain a lancé en juillet 2019 le Climate Emergency Fund (CEF), un fonds consacré au financement de la désobéissance civile pour le climat. Son fonds a pour l’heure rassemblé moins d’un million de dollars.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 août 2019, Méga-yachts, à couler d’urgence

9 février 2018, Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale