écologie appliquée

Nicolas Hulot et les BIENS COMMUNS

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Je persiste et je signe, l’appropriation privée des biens communs est insupportable. Voir par exemple quelques multinationales mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète est inacceptable. Les biens communs, c’est l’ensemble des ressources naturelles, les écosystèmes qui permettent aux hommes de prospérer tout en maintenant les équilibres naturels : équilibres climatiques, océaniques, forestiers, etc. En somme tout de sur quoi repose l’existence de l’humanité. Il s’agit d’un héritage transmis de génération en génération, dont nous avons l’usufruit, mais en aucun cas la propriété. La rivière est un bien commun, comme l’eau que l’on y puise.

Les biens communs nous obligent à une gestion collective dans le temps et dans l’espace. Mais pour les décideurs et pour les experts patentés, cela reste une notion très abstraite. D’autant plus que, dans un contexte capitaliste tel qu’il s’est développé, la notion de bien commun est un oxymore, le rapprochement des contraires. Pourtant j’ai rencontré cette notion-là appliquée au quotidien et héritée depuis la nuit des temps aussi bien en Amazonie que chez les peuples sibériens… mais pas dans les nations modernes ! Nous avons perdu la conscience ou la perception de la finitude de nos ressources, ce qui a d’ailleurs antérieurement poussé beaucoup de civilisations au désastre comme l’explique très bien Jared Diamond dans son livre Effondrement. La préservation des communs.

Nicolas Hulot, une (AUTO)BIOGRAPHIE pour faire connaissance

Nicolas Hulot s’est exprimé très souvent sur son parcours d’écolo, voici quelques extraits de sa pensée :

J’ai fait mienne cette pensée de David Brower : « L’optimisme et le pessimisme expriment sous des formes différentes la même capitulation face au futur ; car tous les deux le traitent comme une fatalité et non comme un choix. » Il faut dire que j’ai traversé bien des chagrins et bien des joies pour en arriver à cette certitude.

Je suis convaincu que nous portons en nous, depuis l’enfance, une portion de notre destinée. Je suis né le 30 avril 1955 à Lille dans une famille bourgeoise bien installée, puis j’ai grandi à Paris dans les beaux quartiers. Il faut voir de quelle façon notre milieu et la société nous a programmé. Je dis souvent que j’ai passé une période de ma vie en position fœtale, la tête sur mon nombril. J’ai évolué dans un univers où il n’y avait de place que pour l’homogénéité. J’ai vite pris conscience de la nécessité de la différence. Notre société nous impose en permanence l’arbitraire de l’autorité. Il y a donc une période de rébellion nécessaire pour aller vers le libre arbitre. De façon plus générale, mon évolution personnelle se fait au fur et à mesure que je brise mes certitudes et mes préjugés. Mon père était éclectique, alcoolique, chercheur d’or… Mais surtout mon père a été rebelle dans son propre milieu, pourfendeur du système bourgeois, et j’ai hérité de cet aspect de sa personnalité. Je suis passé par des collèges religieux jusqu’à l’âge de treize ans. Si ces lieux représentaient les extrêmes d’un système liberticide absolu, ils m’ont aussi fourni des outils, des repères face à ce qui aurait pu devenir des divagations définitives. J’ai eu en moi les germes d’une révolte, moment indispensable pour découvrir sa propre vérité. J’ai très vite senti qu’il fallait s’extraire des mouvements qui décident à ta place. C’est ma différence qui me permet d’exister. Mais les événements ont failli précipité mes certitudes dans les abîmes. Je me suis rendu compte que la vie n’était pas un long fleuve tranquille. A Noël 1974, quatre ans après la mort de mon père, j’ai trouvé dans la cave le corps de mon aîné, Gonzague, censé faire le tour du monde depuis trois mois, suicidé. Je n’avais que 19 ans. J’ai caché dans un premier temps ce drame à ma mère pour la ménager.

Depuis, je suis toujours en réflexion permanente, je suis devenu un autodidacte absolu. Après six mois de fac de médecine, j’ai exploré d’autres itinéraires. J’ai fait tous les métiers, plagiste, moniteur de voile, serveur, photo-reporter. J’ai commencé à parcourir le monde, l’Afrique, le Guatemala… J’ai fait un Paris-Dakar, deux tours de Corse, deux expéditions polaires. Puis c’est la télé. Je descend le Zambèze sans armes, fait Le Cap-Alger en voiture, le pôle nord en ULM. De 1987 à 1995, je présente l’émission télévisée Ushuaïa sur la Une, le magazine de l’extrême qui fait ma renommée. Je n’ai rien d’un doux rêveur même si mon grand-père a inspiré à Jacques Tati son personnage de naïf lunaire. Moi je suis plutôt un pragmatique, ce qui souvent déroute, parfois choque, mais me vaut aussi des réussites.

Je suis prêt à le reconnaître, je suis comme tout un chacun, on ne naît pas écolo, on le devient. Car je ne suis pas parfait. Ma femme passe son temps à me dire : « Bravo, l’écolo ! » quand je me goure de poubelle pour trier ou que je bouffe des cerises en hiver. Alors là, je me fais engueuler comme tu peux même pas savoir !

C’est mon film, Le syndrome du Titanic, qui m’a permis en 2009 de révéler mes angoisses, mes révoltes et mes aspirations. Cette chronique effrayante et anxiogène de la destruction du monde naturel a signé ma radicalisation. J’étais porté par un sentiment d’urgence, celui des gens qui voient que la situation se dégrade très fortement, celui des scientifiques qui s’alarment d’une évolution plus rapide que prévu. Presque candidat à la présidentielle ces trois derniers quinquennats, ministre d’État le 17 mai 2017, à 32 ans. L’aboutissement d’un long parcours. Mais être ministre ça prend la tête sept jours sur sept, même quand on est en famille. C’est la chose la plus dure qu’il me faut supporter. Je sais faire quelques tours de magie, mais en politique on ne peut échapper aux chocs de la réalité.

Lire, Le bilan de Nicolas Hulot, positif ou négatif ?

Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelle

Nous passons entre deux articles ce post à propos de Nicolas Hulot, car trop c’est trop. Les médias, même LE MONDE, passent de ragot en ragots à l’image des réseaux sociaux pour nous faire oublier l’essentiel.  De son côté un féminisme exacerbé présente toutes les femmes en victimes potentielles, ce qui commence à fausser la relation entre les hommes et les femmes. Depuis l’affaire Baupin, l’écologisme souffre d’un féminisme qui a oublié son universalisme.

Lire, Les faits divers, des faits qui font diversion

LE MONDE (article non attribué) : Nicolas Hulot a annoncé le 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique » à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989… Nicolas Hulot a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices… La présidente de la Fondation des femmes : « Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »… L’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau : « C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer. » … Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou : «J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole… Nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements »

Pour y voir plus clair et plus loin, quelques commentaires sur lemonde.fr :

Lectrice09 : Lorsqu’il advient que l’on connaît bien un sujet traité par E.Lucet et son équipe, ce qui a été une fois mon cas, cela permet de comprendre que les reportages sont très orientés vers un point de vue, voire passent sous silence des faits réels ou une partie de la vérité pour mieux monter une démonstration à charge, qui va faire de l’audience.

Diplo @lectrice09 : même expérience, dans mon domaine professionnel. J’ai assisté à un massacre à charge et sans contradiction. Je boycotte depuis.

A.C-B : Tristesse, avant d’être jugé ? Un mec bien politiquement (quoi qu’on en pense) jeté en pâture, par les Sandrine R. de ce monde de merde

Jeanne H : Il est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. C’est le seul commentaire recevable à ce stade.

Max42 : La présomption d’innocence a vraiment du plomb dans l’aile dans ce pays. Rappelez vous il y a 10 jours l’affaire de la footballeuse agressée et de sa collègue en garde à vue que l’Equipe a quasiment désignée comme coupable (sans s’excuser depuis). Comment J.Bayou peut il dire « je les crois » alors qu’il n’y a pas encore eu d’enquête ? Je suis totalement d’accord pour dire que la parole des femmes victimes a été outrageusement occultée dans ce pays depuis longtemps, mais ça ne donne pas un cachet de vérité non plus à toute personne se prétendant victime.

citoyen epsilon : Les enquêtes médiatiques qui se substituent aux enquêtes pénales sont absolument scandaleuses, que les faits qu’elle dénoncent soient plus tard démontrés vrais ou faux par la Justice (avec certains cas « indécidables »…). Absolument aucun des droits fondamentaux n’est respecté: présomption d’innocence, instruction à charge et décharge, débat contradictoire, respect de l’auteur présumé et des victimes… et il faut y ajouter une exposition médiatique perverse , voyeuriste et indécente… Cela suffit. Je pense que cela devrait être interdit par la Loi. Encourager inlassablement les dépôts de plainte dans les conditions les plus respectueuses des plaignant(e)s: OUI,….la délation publique mortifère : NON.

XYZ : Fonctionnaire retraité, je vis dans l’angoisse: au temps de mes études en 1972, j’ai raccompagné d’un bal ma petite amie et osé l’embrasser en lui tripotant un sein avant de la quitter devant la porte du logement familial, ceci sans avoir auparavant exigé une autorisation datée et signée, bien sûr dûment contresignée par les parents puisqu’elle était alors mineure civile (17 ans). Je n’ai pas non plus régularisé ensuite cette agression par les saints noeuds d’un mariage chrétien puisque nous nous sommes définitivement perdus de vue en 1974. Depuis, je tremble à chaque coup de sonnette qu’un huissier vienne me signifier une ordonnance de comparaître (je paraîtrai en ce cas, si…si!).

Lire, Nature de la sexualité et droit à la sexualité

O-Sidartha : On devrait commencer par ceux qui n’ont violé personne. Ça irait plus vite puisque tout le monde est suspect . Accusez-les tous, dieu reconnaîtra les siens

Hadrien45 : Toute libération contient en elle-même ses propres excès. Il en a été ainsi de la libération sexuelle. C’est aujourd’hui le cas de la parole libérée. Le balancier finit toujours par revenir. Dommage pour ceux qui en ont fait les frais entre-temps.

GERARDC27 : Le sexe, encore le sexe et toujours le sexe. Des faits prescrits qui remontent à parfois trente ans ressortent des tiroirs sans preuves. Et la destruction de la planète dans tout ça au second plan évidemment.

Lire, Écologisme et sexualité, mélange détonnant

Aloes : Que l’on aime ou pas Hulot , et même s’il a été un ministre un peu décevant, il est le seul homme d’envergure (vivant) qui sait incarner l’écologie avec compétence, pédagogie et modération . Aucun de ceux qui représentent politiquement cette famille n’a son envergure et son aura. D’ailleurs les français ne s’y trompent pas en le plaçant toujours très haut dans les enquêtes de popularité .

Alan Geher : Nicolas Hulot restera pour moi la personne qui a fait le plus pour vulgariser l’écologie. Il a fait prendre conscience à des millions d’individus de la beauté et de la fragilité de la Terre. Quant à ces accusations, laissons la justice faire son travail.

La mouche du coche : Ce serait normal que bien que prenant de l’âge, il soit resté très vert.

Paroles de sagesse à la mode écolo

Cyril Dion : Pour le biologiste allemand Ernst Haeckel, inventeur du terme, l’écologie est « la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence ». En d’autres termes : comprendre quelles sont les interactions entre les différents systèmes vivants (dont l’être humain fait partie) et quelles sont les conditions pour que leur existence puisse perdurer dans le temps. Être écologiste, c’est ça. Si l’écologie est aussi devenue politique, c’est par nécessité. Pendant des décennies, les alertes des scientifiques ne furent généralement pas suivies d’effet par les gouvernements et il a fallu se battre sur le terrain législatif pour faire entendre ces impératifs. Aujourd’hui, le débat sur l’écologie s’abîme trop souvent dans des clivages stériles, pour savoir qui est ou n’est pas un véritable écolo, ou dans les méandres d’un tableau Excel, à calculer combien de tonnes de carbone nous pourrions économiser avec telle ou telle rupture technologique. La question est ailleurs : sommes-nous prêts à organiser nos systèmes économiques, politiques et sociaux dans l’objectif de perpétuer la vie, sous toutes ses formes ?

Delphine Batho : Je porte une espérance en rupture totale avec le libéralisme et le socialisme qui sont en réalité les deux faces d’une même pièce : celle de l’effondrement de la nature ».

Edgar Morin : L’intelligence ne comporte en elle aucune moralité ou immoralité, elle peut être mise au service de la méchanceté comme de la bonté. Theodor W. Adorno et Max Horkheimer ont montré que la raison peut être instrumentalisée au service du pire ou du délire, comme elle le fut par le nazisme, entre autres.

Sergio Ramirez :« En 1977, la famille Somoza m’avait accusé de terrorisme, association pour commettre des crimes et atteintes à l’ordre et à la paix, alors que je luttais contre cette dictature, tout comme je lutte, aujourd’hui, contre celle de Daniel Ortega… Les dictatures ont peu d’imagination et répètent leurs mensonges, leur acharnement, leur haine et leurs caprices. Ce sont les mêmes délires, la même obstination aveugle pour le pouvoir et la même médiocrité…e suis un écrivain engagé pour la démocratie et la liberté, et je ne baisserai pas les bras, où que je me trouve… Mon œuvre littéraire est l’œuvre d’un homme libre. Les seules armes que je possède sont les mots, et on ne m’imposera pas le silence. »

Denis Villeneuve : « Les enjeux de l’intrigue (dans mon film DUNE) sont d’actualité : le pétrole, l’économie de marché, l’épuisement des ressources. Dune est précurseur de l’idée selon laquelle l’écologie est un mouvement qui va au-delà de la politique et peut aussi devenir violent. C’est inévitable, la surexploitation des ressources naturelles va créer des tensions énormes à l’avenir. »

Michel Onfray : Crémation ou inhumation ? La religion écologique tranche : ni l’un ni l’autre mais bien plutôt l’humusation, autrement dit la transformation des cadavres en humus. On place le mort sur un lit de copeaux et de sciure dans un endroit ventilé, on l’arrose d’une solution aqueuse de sucre pour produire une fermentation, la température monte à 60 °C, les bactéries du corps dégagent des enzymes qui détruisent le tissus. Le corps s’enfonce dans les copeaux. Quatre à six semaines plus tard, plus si on veut traiter les os, on obtient un compost dans lequel on peut planter un gland. L’État de Washington a donné son feu vert ; la France pas encore.

En marche… vers la sobriété partagée

La sobriété est devenue une nécessité absolue… qui reste pourtant l’angle mort de notre société de consommation.

Claire Legros : La « tempérance » ou « frugalité » ou « modération » est une notion ancienne, qui s’enracine dans les grandes traditions philosophiques et religieuses. Elle était perçue comme « une évidence », dans des sociétés « soumises aux contraintes matérielles », où les populations s’organisaient « pour répartir des sources d’énergie peu abondantes, gérer la pénurie pour se chauffer, s’alimenter, se déplacer, ou produire des biens », rappelle François Jarrige (« Sobriété énergétique, un nouvel oxymore ? ». C’est seulement à partir du XVIIIe siècle qu’émerge l’idée que la Terre est exploitable, qu’il suffit de la creuser pour en extraire une énergie abondante. Se déploie alors « un nouvel imaginaire où l’émancipation et la réalisation de soi passent par un progrès technologique sans limite, qui pourvoit à la satisfaction matérielle de tous les désirs », analyse Barbara Nicoloso, autrice d’un Petit traité de sobriété énergétique. Au XIXe siècle, la sobriété devient même une idée rétrograde, « un signe de misère ou de retard ». Ce récit se renforce tout au long du XXe siècle jusqu’à l’avènement de la société de l’hyperconsommation et du tout-jetable…

Lire, Dans les entrailles de la machine mondiale à expresso

La « chasse au gaspi », lancée par Valéry Giscard d’Estaing en 1979 après les chocs pétroliers, apporte la preuve qu’une stratégie politique de rationnement est possible. Mais comment faire la part entre les besoins fondamentaux et ce dont on peut se passer, alors que la sociologie montre que cette distinction est culturelle et non universelle ? Comment définir un accès équitable à l’énergie et aux biens quand une large part de la population vit déjà une sobriété qu’elle n’a pas choisie ?

À connaître, « âge de pierre, âge d’abondance »

Marc Campi et Guillaume Flament : Il devient évident que le réchauffement climatique oblige les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu ». Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations. Or la productivité globale des facteurs augmente (et donc la croissance économique) lorsque les consommations d’énergie augmentent ; à l’inverse, la productivité globale des facteurs décroît (et le PIB se contracte) lorsque les consommations d’énergie décroissent… Le défi principal est de savoir comment les humains vont réduire leur consommation d’énergie d’ici à 2050 : soit ils inventent un modèle économique capable de combiner croissance et réduction de la consommation d’énergie (le découplage absolu), ce qu’ils n’ont jamais réussi à réaliser depuis le début de l’ère industrielle ; soit il va falloir accepter la décroissance et apprendre à la gérer sans faire exploser le pacte social, ce qui est un défi tout aussi considérable. Le troisième chemin serait de renoncer aux engagements de l’accord de Paris, et d’accepter que les températures augmentent au-delà des 1,5 ou 2 degrés, au mépris des générations futures.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Michel SOURROUILLE : On ne peut mesurer l’influence que chacun de nous est susceptible d’exercer sur les autres. On ne sait jamais quand s’amorce une réaction en chaîne. Mais n’oublions jamais que notre société n’est que la somme de toutes nos actions individuelles de producteurs, de clients, d’amis, de parents. Cessons d’attendre que le système change, changeons nos comportements pour que le système change. L’action qui déclenche l’effet domino a besoin que chacun de nous pour que la réaction en chaîne se produise. Mais la sobriété volontaire n’est qu’un premier pas, les politiques publiques doivent soutenir le mouvement général de basculement. Pour faire passer la purge des économies d’énergie, non seulement les politiciens devraient imposer un revenu maximum admissible (3 fois le salaire minimum par exemple), mais ils devraient rendre obligatoire la lecture à l’école de livres comme No Impact man.

Lire : 2022, le revenu maximum autorisé au programme

He jean Passe : C’est pas si compliqué on laisse les énergies fossiles sous-terre et l’humanité se débrouille avec la force musculaire, le solaire, l’hydroélectrique… Les humains seront moins riches, les pauvres devront élever moins d’enfants et nous tâcherons tous d’avoir à manger, à boire… et à faire la fête !

Dans les archives du blog biosphere :

15 décembre 2020, La sobriété ne suffit pas vu notre nombre

26 janvier 2017, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

30 mars 2011, sobriété volontaire ET forcée !

13 janvier 2009, sobriété énergétique ?

Question nucléaire, la démocratie bafouille

Sur le nucléaire, il n’y a jamais eu débat. Dès l’origine, le nucléaire civil étant l’enfant reconnu du nucléaire militaire, la construction de réacteurs relevait d’un système dirigiste et non d’un système démocratique. En 1973, EDF propose de construire des réacteurs en série. En proie à des douleurs crucifiantes, le président Pompidou laisse Messmer conduire l’affaire. Début décembre 1973, le secrétaire général à l’énergie téléphone à Marcel Boiteux (patron d’EDF de 1967 à 1987) : « Il est neuf heures du matin, j’ai besoin de savoir avant midi quel est le nombre maximum de tranches nucléaires qu’EDF s’estime capable d’engager chaque année. » A midi Marcel Boiteux rappelait Couture et bluffait : « pas plus de six ou 7 tranches par an… quatre sans doute ». Les 51 réacteurs sous licence Westinghouse ont été construits en treize ans, de 1971 à 1984. La France prenait des décisions structurantes sans se préoccuper ni de leurs coûts, ni de leur utilité économique. Le parc nucléaire s’est trouvé surdimensionné dès l’origine.

à lire absolument, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

Jérôme Fenogl: Notre parc nucléaire, contributeur à hauteur d’environ 70 % du mix actuel, entre dans la dernière phase de sa vie et ne sera quasiment plus opérationnel dans une vingtaine d’années…Relancer un chantier colossal de plusieurs EPR, comme le souhaite le président Macron, a de très nombreuses implications, budgétaires, environnementales, technologiques…Toute option constitue un pari sur l’avenir, comportant de nombreux risques qui devraient être beaucoup plus mûrement réfléchis et débattus… A quelques mois de la présidentielle, les Français méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité…

Cet éditorial de Jérôme Fenoglio, directeur du MONDE, entraîne près de 100 commentaires sur lemonde.fr dont nous extrayons ce qui a trait aux procédures de choix en matière nucléaire :

Noleb : « Sur l’ensemble de ces sujets, nos concitoyens méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité. » Sur tous les sujets en fait. Mais avec la Ve république, en fait une monarchie, un homme providentiel rencontre les Français et décide de tout, tout seul, pendant 5 ans. De la couleur du drapeau au lancement de nouvelles centrales nucléaires. C’est marrant, Manu est le plus jeune des présidents de la Ve, mais son logiciel intellectuel est vraiment bloqué sur les 30 glorieuses. Allez, chiche on relance le Concorde (mais à hydrogène hein, Jupiter est un vrai écolo).

LEF : Aaaaaah cette manie du soi disant débat public. Merci Ségolène… Si on débattait du nucléaire, de l’immigration ou de la peine de mort, les idées les plus conservatrices gagneraient à coup sûr.

Pessicart : L’électricité est à la base de notre niveau de vie. La plupart des politiciens qui s’expriment sur l’électricité, pour ne pas dire tous, ne connaissent rien à ce sujet. Dans une commission parlementaire un Jancovici expliqua à un député que la puissance produite était fonction du cube de la vitesse du vent, notre député se mit à ricaner et la suite prouva qu’il n’avait toujours pas compris de quoi on parlait. Comme la guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires, l’énergie est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiques.

Bruno_F : Un débat pourquoi pas, mais en pratique quelle procédure démocratique ? Référendum ? Vote par l’Assemblée Nationale ? Des lors qu’il y a des fonds publics à engager, le Président de la république ne peut décider seul.

Pash : On ne peut pas laisser la population inculte décider d’un sujet si important pour l’avenir de notre civilisation, de notre pays. Une majorité de Français pense que le nucléaire est une des plus grandes sources de rejet de CO2. Convaincu de cette idée complètement erronée, pourquoi ces personnes auraient le droit de donner leur opinion sur un sujet technique sur lequel ils auraient un zéro pointé ?

FKDC : Ce n’est pas d’un débat dont on a besoin, c’est d’éduquer les Français sur les questions scientifiques. C’est plus large que le nucléaire (il y a aussi les vaccins, les OGM, les médicaments…) Et là on part de zéro, on n’aura pas le temps de le faire avant de lancer les chantiers.

Orion : La présidentielle sera l’occasion aux citoyens de décider de la relance ou non du nucléaire, puisque les principaux candidats ont des opinions assez tranchés sur le sujet : Macron, les candidats LR, Le Pen et Zemmour sont pour, Mélenchon et Jadot sont contre. Les résultats électoraux seront instructifs et confirmeront peut-être que 61% de Français sont favorables à la relance de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires comme le montre un récent sondage Elabe réalisé après l’allocution de Macron.

Quesquispass : Le président n’est pas élu pour 50 ans qui est la durée minimale dans laquelle s’engagerait la France en cas de renouvellement des centrales nucléaires. Il n’est donc pas légitime à prendre cette décision sur sa seule réélection. On. pourra rajouter au débat la question du financement public et/ou privée d’un tel projet. La privatisation partielle d’EDF nous impose d’y réfléchir.

Philip69 : Il est très naïf et illusoire de penser qu’un débat argumenté peut fabriquer un consensus, que l’échange et la confrontation de points de vue peut faire naître une position rationnelle, raisonnable et partagée. Toute l’histoire des idées et des idéologies, tous les apports de la sociologie des représentations et toute la science cognitive montrent que sur des sujets sensibles et globaux, les malentendus règnent, les positions irréconciliables se cristallisent, les prémisses incommensurables et les axiomes divergents se figent. A cet égard la démocratie (qu’elle soit représentative ou directe, délibérative ou participative…) n’est qu’une incantation. Bref, il y a des moments où la fonction d’arbitre s’impose, qui a toujours sa part d’arbitraire.

Vince : La convention citoyenne sur le climat a démontré exactement l’inverse de ce que vous avancez. Des citoyens aux avis initialement différents peuvent s’informer, débattre et finalement se mettre d’accord sur des actions consensuelles. Mais encore faudrait-il que les lobbys et les politiques acceptent la démocratie, la vraie, pas la mascarade des élections manipulées par les émotions.

On peut rêver : Macron, qui est un grand adorateur des commissions de citoyens pourrait peut-être demander à des citoyens choisis parmi les différents horizons : scientifiques, médecins, sociologues, spécialistes des risques, économistes, activistes antinucléaires et autres, de faire un vrai dossier sur le nucléaire, avec les différents aspects. Aujourd’hui, on reste dans les incantations : si on ne veut pas s’éclairer à la bougie, le nucléaire est indispensable OU jamais de nucléaire, cf. Tchernobyl, Fukushima et les déchets. Ce n’est pas en quelques phrases particulièrement percutantes dans ces commentaires qu’on fera changer d’avis les pros et les antis !

RichardParis : On a un grand débat national sur l’énergie tous les 5 ans environ et des débats intermédiaires tous les ans. Donc on a plein de chiffres, de scénarios, d’impacts, etc. En fait ces débats finissent toujours en eau de boudin.

Claustaire : Pour avoir souvent échangé avec des professionnels (énergétiques, alternatives, pro et antinucléaires, etc.), j’ai la nette impression qu’eux-mêmes ne sont pas sûrs des choix qu’ils seront pourtant obligés de présenter aux politiques. Ils sont conscients de prendre autant de paris que de décisions possibles. Comment voudrait-on que des citoyens lambda soient mieux informés que ces professionnels dont nombreux sont ceux qui ne sauraient dire eux-mêmes quels seraient, selon eux, les bons choix ou les paris gagnables ?

À lire, Conférence énergétique, mascarade ou imposture ? (Avril 2013)

Aimer les enfants, c’est ne pas en avoir

C’est un reportage diffusé dans « Envoyé spécial » le 21 octobre 2021, « Si tu aimes les enfants ne les met pas au monde ». Alors que la natalité baisse en France depuis cinq ans, certains jeunes se font stériliser parce qu’ils ne veulent pas d’enfants, une opération irréversible mais encore rare. En France, très peu de médecins acceptent de stériliser des jeunes gens de moins de 30 ans sans enfant, même si la loi l’autorise depuis 2001. Motivations environnementales ? Ecoanxiété ? Qu’est-ce qui pousse des jeunes à faire un choix aussi radical ? D’après une étude publiée par la revue scientifique The Lancet Planetary Health menée de mai à juin 2021 sur 10 000 jeunes de 16 à 25 ans dans dix pays, 39 % des sondés hésiteraient à avoir des enfants dans le monde de demain…

Quand on a un enfant, on sait pourquoi on se lève le matin pour aller au boulot. Mais quand on n’a pas de boulot, que penser ? Et quand on a fait de enfants sans y penser ? Avoir un enfant en moins est la mesure la plus politique, la plus socio-économique, la plus écolo qui soit. Diminuer sa consommation de viande, éviter l’avion, renoncer à une voiture… autant de mesures individuelles pour réduire son empreinte carbone. Mais le changement de comportement le plus efficace reste encore de faire moins d’enfants. Selon l’annualisation de l’estimation que l’on a sur toutes les émissions d’un bébé au cours de sa vie future, un enfant supplémentaire dans un pays développé pèserait 58 tonnes de CO2 en moyenne par an, tandis que le cumul d’un régime végétarien (en moyenne 0,8 tonne par an), de l’arrêt des voyages en avion (1,6 tonne) et de l’usage d’une voiture (2,4 tonnes) permettrait d’économiser au total 4,8 tonnes par an. Notons qu’un Français émet en moyenne 11,2 tonnes de gaz à effet de serre par an.

Nous avons donc l’énorme responsabilité de donner la vie ou non dans le monde tel qu’il devient aujourd’hui : fin des énergies fossiles, réchauffement climatique, épuisement halieutique, stérilisation des terres, stress hydrique, guerres, épidémies, famines, etc… Un couple devrait être terrifié devant une telle décision à prendre. Ce n’est pas l’enfant qui donne un sens à la vie de ses parents ; ce qui compte, c’est la place que cet enfant va pouvoir assumer dans l’équilibre de moins en moins durable des écosystèmes. Le désir égoïste d’enfant devrait s’effacer devant les intérêts d’une biosphère déjà surpeuplée. Dans les pays anglo-saxons des associations de non-parents se sont crées au milieu des années 1980 et ont imposé l’usage du mot childfree à la place de childless, histoire de montrer que leurs adhérents ne souffrent d’aucun manque. Les nullipares, les femmes n’ayant jamais accouché, existent, c’est parfois leur choix. Il est significatif que le dictionnaire ajoute pourtant : « se dit d’une femelle de mammifère avant sa première gestation ». Comme si les humains étaient voués à la procréation sans limites !

Lire, Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

Le reportage d’Envoyé spécial se termine par des considérations égoïstes, en résumé : « Je préfère passer mon temps à voyager plutôt qu’à changer des couches ». D’un autre côté des femmes (des hommes) deviennent ginks (Green Inclination, No Kids), leur  engagement écolo les mène à ne pas avoir d’enfant. Cela peut se comprendre.

Pour rejoindre l’association « Démographie Responsable » :

https://www.demographie-responsable.org/nous-rejoindre.html

Sortir des énergies fossiles, impossible ?

La coalition « Beyond Oil and Gas Alliance » (BOGA), lancée par, regroupe aussi la France, le Danemark, le Costa Rica, la Suède, .l’Irlande, le Pays de Galles, le Groenland et le Québec

Audrey Garric : Ces nations se sont engagées à ne plus octroyer de nouvelles concessions pour la production et l’exploration de pétrole et de gaz – avec effet immédiat. « Il s’agit d’un tournant alors que les négociations climatiques ont ignoré la question des énergies fossiles pendant trente ans », confirme le chargé de campagne à l’ONG Oil Change International. L’accord de Paris de 2015 ne mentionnait pas les énergies fossiles, pourtant responsables de 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Or pour garder une chance de limiter le réchauffement à 1,5 °C, il faudrait laisser dans le sol près de 60 % des réserves de pétrole et de gaz, et 90 % de celles de charbon d’ici à 2050. Ce qui reviendrait à diminuer la production de gaz et de pétrole de 3 % par an jusqu’en 2050, et celle de charbon de 7 %. Mais cette alliance ne comporte pas les grands pays producteurs de pétrole et de gaz, comme les États-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, le Canada ou la Norvège. D’ailleurs ils ne se sont pas fixé d’objectifs explicites de baisse de leur production d’hydrocarbures. Et la France n’a pas rejoint une autre alliance, celle de 30 pays et banques publiques qui s’engagent à mettre un terme au financement à l’étranger de projets d’énergies fossiles d’ici à la fin de 2022 ! Le Royaume-Uni , qui produit encore beaucoup de pétrole, a signé l’engagement de fin des subventions aux fossiles à l’étranger, à l’inverse, il ne fait pas partie de la coalition BOGA sur la sortie de la production !! Selon un rapport de l’ONG Global Witness, 503 lobbyistes du charbon, du pétrole et du gaz ont été accrédités à la COP26, un nombre plus élevé que la délégation la plus fournie. Et 27 pays (dont le Canada ou la Russie) comptent des lobbyistes des fossiles au sein de leur délégation nationale.

Lire, En route directe pour atteindre un réchauffement de 2 °C

Pour en savoir plus grâce aux commentaires sur lemonde.fr :

Choux rave : Si je comprends bien, le Royaume-Uni qui a du pétrole à domicile accepte de renoncer à financer ou soutenir des projets à l’étranger mais pas chez lui. La France qui n’a pas de pétrole à domicile accepte de renoncer à financer ou soutenir des projets chez lui mais pas à l’étranger. A part ça, on avance…

Jean Kazadi : Je vois le Québec parmi les membres de la coalition BOGA et non Le Canada. Or le Québec est la province qui reçoit la grande partie des subsides du gouvernement fédéral canadien. Cet argent vient entre autre du pétrole produit dans la province d’Alberta.

RegardCritique : Ça me semble être de la propagande : tous les pays de cette alliance n’ont pas de réserves sérieuses à exploiter, par contre ils continuent à importer des hydrocarbures en quantité, à financer leur extraction à l’étranger (e.g. Total en MENA / Russie), à accueillir des infrastructures logistiques nécessaires au traitement des hydrocarbures (ports, raffineries, oléoducs).
Une seule action serait véritablement efficace : réduire la consommation d’hydrocarbure. Mais cela implique des actes concrets plutôt que des annonces d’alliance cosmétique.

Jean Kaweskars : Sans réduction de la consommation, cette action n’est ni fiable, ni efficace. Peu efficace par un effet de substitution : ce qui n’est plus produit par un pays le sera par un autre. Peu fiable car aucun pays ne renoncera à des sources de revenus importantes, en particulier l’ OPEP + Russie. Et même dans les pays industrialisés, ça ne résistera pas à une grosse crise économique.

Choux rave : La seule solution, c’est la sobriété, c’est indéniable. Même en France, on ne remplacera pas le pétrole et le gaz (67% de notre consommation d’énergie primaire) par du nucléaire et des ENR. Donc cela veut dire moins de consommation d’énergie, donc a priori moins de croissance. Après, soit c’est de la récession (mais sans reprise possible) ; soit on l’organise et dans ce cas ça s’appelle de la décroissance (qui me semble inéluctable, la question n’étant pas d’être pour ou contre).

N. Desprez : Ce n’est pas la fin de la PRODUCTION des énergies fossiles qu’il faut arrêter, mais la fin de la CONSOMMATION de ces énergies.

O-Sidartha : Pour réaliser tout ça, il faudrait revenir à l’ère préindustrielle, ce que personne ne fera.. pas par mauvaise volonté mais c’est irréalisable

Michel SOURROUILLE : Il nous faudra revenir à l’ère préindustrielle, avant l’invention de la machine à vapeur, une époque où nos n’étions que 1 milliards d’humains au lieu des 7,9 milliards actuels, une époque où il existait une égalité du niveau de vie moyen dans tous les pays du monde même si les puissants faisaient étalage de leur arrogance, une époque où l’agriculture était biologique sans qu’on en possède le terme, une époque où les vill(ag)es étaient encore à taille humaine. Certains comme O-Sidartha vont me dire que c’est irréalisable. Pourtant ce n’est qu’un simple constat, nous sommes à la fin ultime de l’exploitation des énergies fossiles, ressources non renouvelables dont les dernières réserves devraient être laissées sous terre à cause du réchauffement climatique que nous avons causé avec notre société thermo-industrielle. Nous avons cru au progrès technologique et à l’abondance matérielle pour presque tous, nous nous sommes trompés. Revenir en arrière ne va pas facile, mais c’est obligé.

Lire, Des millions de morts de faim en 2050 ?

COP26, le piège du développement (durable)

Audrey Garric : Si le principal émetteur mondial, la Chine, est devenu le premier producteur d’éoliennes et de panneaux solaires, il est dans le même temps toujours « accro » au charbon : sa consommation croît, et le pays continue de construire de nouvelles centrales. Son voisin indien, quatrième émetteur de gaz à effet de serre (après l’Union européenne et les Etats-Unis), suit la même trajectoire au nom du droit au développement.

Commentaire : La société mondialisée fonctionne par des catéchismes que tout le monde se doit de suivre. Aors que nous éloignons ici et là des vulgates religieuses, le monde occidental a inventé un nouveau slogan, le « développement ». C’était un piège ! Le « droit au développement », imposé au niveau international, va permettre aux pays industrialisés de multiplier leurs émissions de gaz à effet de serre. Les pays « émergents » vont être soumis à cet impératif de croissance économique au nom du rattrapage. Toute la planète va imiter un modèle civilisationnel basé sur la combustion des énergies fossiles. Voici un historique fait par Gilbert Rist  de cette invention conceptuelle qui explique pourquoi la COP26 ne peut aboutir qu’à l’échec. Il faudrait accepter la sobriété partagée, ce n’est pas dans l’air du temps.

« Le « développement » est un leurre agité par les puissances occidentales pour mondialiser leur propre système.Cela commence avec l’article 22 du pacte de la Société des nations (1919) : « Les principes suivants s’appliquent aux colonies et territoires qui sont habités par des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le développement de ces peuples forment une mission sacrée de la civilisation. La meilleure méthode de réaliser pratiquement ce principe est de confier la tutelle des ces peuples aux nations développées. » Ce texte utilise pour la première fois dans la littérature internationale la notion de « degré de développement » pour justifier un classement des nations, tout en affirmant qu’il existe, au sommet de l’échelle, des nations « développées ». La colonisation acquiert ses lettres de noblesse ! Cela se poursuit en 1949 avec le point IV du discours d’investiture de Truman. Pour la première fois l’adjectif « sous-développé » apparaît dans un texte destiné à une pareille diffusion. Cette innovation terminologique introduit un rapport inédit entre « développement » et « sous-développement ». A l’ancienne relation hiérarchique des colonies soumises à leur métropole se substitue un monde dans lequel tous les États sont  égaux en droit même s’ils ne le sont pas encore en fait. Dans ces conditions, une accélération de la croissance apparaît comme la seule manière logique de combler l’écart. Non seulement on évacue les effets de la colonisation, du démantèlement de l’artisanat, de la  déstructuration des sociétés, etc., mais encore on fait comme si l’existence des pays industriels ne transformait pas radicalement le contexte dans lequel évoluent les candidats à l’industrialisation. Ainsi, à partir de 1949, plus de deux milliards d’habitants de la planète ne seront plus Aymaras, Bambaras, Berbères, Mongols ou Quechuas, mais simplement « sous-développés ». L’esprit est conditionné au sous-développement lorsqu’on parvint à faire admettre aux masses que leurs besoins se définissent comme un appel aux solutions occidentales, ces solutions qui ne leur sont pas accessibles. Car en cessant d’être un processus endogène et autocentré d’évolution spécifique à chaque société, le développement ne pouvait plus être une dimension de l’histoire humaine, seulement une imposture. »

lisez Rajid Rahnema et devenez pauvres

Nous avons apprécié les deux livres de Majid Rahnema es Quand la misère chasse la pauvreté  et La Puissance des pauvres. Grâce à lui, nous savons qu’il y a une pauvreté désirable et une misère à proscrire. Redéfinissions la pauvreté. Dans l’Afrique traditionnelle, on considère comme pauvre non pas celui qui manque de moyens matériels, mais celui qui n’a personne vers qui se tourner, devenant ainsi un orphelin social, un pauvre en relations. Cela n’exonère pas les riches de devenir eux-mêmes beaucoup moins riches en pratiquant la sobriété énergétique et la simplicité du mode de vie.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere :

27 juillet 2016, L’austérité qui libère contre l’austérité-gabegie

20 juillet 2013, La décroissance pour s’affranchir de l’impérialisme éco

29 octobre 2007, de la pauvreté à la misère

Octobre 2021, le point de vue des écologistes

Notre tâche quotidienne depuis 2005 est de présenter le point de vue des écologistes sur ce blog biosphere.

Voici en libre service les thématiques étudiées pendant le mois d’octobre 2021. 

La question démographique

Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Démographie, le Brésil en perdition !

L’Éthiopie, victime de sa surpopulation

Surpopulation française, une réalité vraie

Le Nigeria, miné par la surpopulation

La surpopulation généralisée aux Pays-Bas

7,9 milliards d’humains le 20 octobre 2021

Pauvreté, guerre et surpopulation sont liées

Notre responsabilité démographique

Tout savoir sur la décroissance démographique

La question énergétique

World Energy Outlook 2021, le chaos en vue

Flambée des prix de l’énergie, que faire ?

Le gazole devrait être encore plus cher

Bravo l’OPEP, bientôt le baril à 320 dollars

Le superéthanol E85, une connerie de plus

Hydrogène, la nouvelle croyance à la mode

énergie, après l’EPR, les SMR . Acceptable ?

Tout savoir sur la voiture électrique

La voiture individuelle, plus rare et plus chère

La 5G, une technologie sans avenir

Électricité, les scénarios de RTE pour 2050

La question écologique

CLIMAT : rationnement, alternative d’avenir

Climat, inquiétudes bien avant la COP26

Simplicité, Sobriété… Techniques douces

Nature, environnement, biodiversité… VIVANT !

Condition animale, maigre avancée de la loi

Aimer le bien-être animal ET les chasseurs

Vider les océans jusqu’aux tréfonds du fond

La question économique

Croissance, ils n’ont que ce mot à la bouche

Croissance verte, véritable “fake news”

Futur du croissancisme, décroissance subie

Pour sortir du fétichisme consacré au PIB

2022, le piège du pouvoir d’achat

Charybde climatique et Scylla taxonomique

Qui paiera pour sauver la planète ? Personne

Coca-Cola, champion du monde de la pollution

La question politique

Penser l’avenir au nom des acteurs absents

Terrien, Humain, Européen, Polonais, apatride

Gouvernance démocratique… ou financière ?

L’imaginaire technologique de nos présidents

Autriche, une écologie à droite toute ?

Le socialisme peut-il s’accaparer l’écologie ?

La question sociale

2022, le revenu maximum autorisé au programme

Qu’est-ce qu’une avancée civilisationnelle ?

Un (dés)accord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire sur un article.

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Coca-Cola, champion du monde de la pollution

Il faut se souvenir de ce constat de Patrick Le Lay, PDG de TF1 : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Les émissions de TF1 ont pour vocation de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages publicitaires. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible. » A cause de ces publicitaires marchands d’illusions nocives, nous sommes submergés par le Coca-Cola et ses pollutions diverses.

Stéphane Mandard : L’ONG Break Free From Plastic classe les entreprises championnes de la pollution plastique. Coca-Cola termine en tête de ce palmarès. Un score qui fait tache pour une entreprise qui se dit éco-compatible. « Nous nous engageons notamment à permettre la collecte de tous les emballages de nos produits d’ici à 2025 afin qu’ils ne finissent pas comme des déchets sauvages ou dans les océans. » Rien d’étonnant à ce que la marque américaine – qui distribue aussi Fanta, Sprite ou Tropico – soit la plus souvent retrouvée. C’est l’entreprise qui génère le plus d’emballages plastiques, 3 millions de tonnes par an, soit environ 108 milliards de bouteilles, une bouteille sur cinq dans le monde. Le coût de la collecte, du tri, de l’élimination ou du recyclage de ces bouteilles a été estimé à environ 32 milliards de dollars (27,5 milliards d’euros) pour la seule année 2019 selon les calculs de WWF, quasiment le chiffre d’affaires de Coca-Cola en 2020 (33 milliards de dollars).

Lire aussi Tout le MONDE en croisade contre Coca-Cola

Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

Hervé Corvellec : Après des années de déni et des années de déclarations mensongères, les entreprises multinationales ont inauguré une nouvelle stratégie qui est de se présenter comme la solution (et non pas le problème), par exemple auprès de l’Union Européenne, des Nations Unies….et auprềs de la COP climatique.

Maurice Benzaquen : Faire du name and shame là-dessus est sans doute utile. Mais ne faire que ça sur le sujet des détritus jetés par … nous, les lecteurs, sans jamais parler de nos comportements individuels n’est plus du journalisme mais de l’activisme.

Michel SOURROUILLE : Coca-Cola a largement contribué à fixer l’image actuelle du père Noël : à partir de 1930, une série de publicités pour la marque Coca-Cola utilisait le costume rouge et blanc. Le système marchand s’emparait dorénavant des mythes religieux. La duplicité du système marchand est à son comble et Coca-Cola va inonder le monde de son beaujolais américain. En 1900, il suffisait d’une orange donnée à un enfant pour avoir l’impression d’un immense cadeau. Aujourd’hui le Coca-Cola devient la denrée de base d’une grand partie des milieux peu favorisés. Même dans le désert on boit du Coca-Cola. Et même dans les pays producteurs d’orange, on préfère l’infâme Coca-Cola au jus d’orange local. Il ne suffit pas de boycotter le Coca-Cola et tous les sodas, il faut supprimer la publicité pour redonner aux consommateurs le libre-choix de leurs actes.

Pgayet : Coca-Cola, champion du monde de la pollution corporelle… sucre, faux sucre, caféine…allons-y et après on court chez le médecin pour trouble cardiaque, diabète et obésité… les producteurs sont autant en faute que les consommateurs.

Hein : Si l’humanité se composait de 5 millions de personnes, en supposant qu’elles aient la même civilisation industrielle que nous, on aurait de la place, alors aucun problème de pollution ni d’énergie, & nos déchets se recycleraient sans atteindre un stock critique. Mais on est 7,9 milliards, prétendant tous tabler sur le produit emballé transporté par les multinationales, même au milieu du désert.

Notre blog biosphere s’intéresse à Coca-Cola depuis longtemps :

8 septembre 2011, boycottons Coca-Cola, buvons de l’eau, c’est plus écolo

6 mars 2011, supprimons (le) Coca-Cola

Le superéthanol E85, une connerie de plus

Dès 2003, les principaux pays occidentaux avaient engagé des plans ambitieux de développement des agrocarburants. On avait déchanté, il ne s’agissati plus de « bio »carburants. Certains agro-carburants conduisent à une augmentation des émissions de polluants atmosphériques, comme le protoxyde d’azote. Comme le colza absorbe assez mal l’engrais azoté, son développement en culture énergétique risque de provoquer une augmentation des pollutions de l’eau. Les nécrocarburants produits dans les pays tropicaux, s’ils présentent des rendements énergétiques bien meilleurs (notamment la canne à sucre), sont produits en partie par la déforestation. La concurrence avec les cultures alimentaires est nuisible aux plus pauvres, en poussant les prix alimentaires à la hausse. Quant à la prévention du changement climatique, les agrocarburants semblent d’un intérêt limité. En fait, le développement des agrocarburants a été largement motivé par la volonté de soutenir les céréaliers… Aujourd’hui pourtant Total veut nourrir nos bagnoles avec l’E85 ou « superéthanol », un alcool issu de produits agricoles (betterave, blé ou maïs).

Eric Béziat : Ford France présente sa nouvelle gamme de véhicules « Flexifuel », pouvant rouler aussi bien au SP95 ou 98 qu’au superéthanol. Ce dernier carburant s’achète aujourd’hui 70 centimes d’euro le litre, quand le SP95 dépasse 1,55 euro en moyenne… Côté environnemental, les débats font rage pour savoir si l’E85 est une réponse durable à la crise climatique. Le principal reproche adressé aux agrocarburants est d’utiliser les terres pour des productions non alimentaires. « Attention, nous ne sommes pas le biodiesel ! Pas de déforestation, pas d’importations massives de matières. Nous produisons en France notre alcool à partir de champs existants et de résidus sucriers et amidonniers. Nous n’occupons, aujourd’hui, que 0,6 % de la surface agricole utile », répond Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA). Les ONG sont moins enthousiastes. « Nous sommes évidemment opposés au développement du GPL, qui est un carburant fossile. Mais nous ne sommes pas non plus favorables aux biocarburants actuels dits “de première génération”. » Les associations Canopée et Les Amis de la Terre France : « La betterave et le blé, bases de l’E85, font partie des cultures qui reçoivent le plus de traitements phytosanitaires. L’utilisation des pesticides et la disparition des jachères, due au développement des biocarburants, sont les deux principaux facteurs expliquant l’effondrement des populations d’oiseaux et d’insectes en milieu agricole. »

Le Parlement européen s’était prononcé à une large majorité en 2015 pour un plafonnement des agrocarburants à 7 % du total des carburants utilisés dans le secteur des transports. Timide tournant, Bruxelles s’était prononcée en 2012 pour un plafonnement à 5 %. L’union européenne limitait l’usage des agrocarburants « nocifs pour la planète » après en avoir fait un cheval de bataille. Le lobbying des céréaliers veut contourner ses obligations environnementales. Misère, misère !

Pour en savoir plus sur les nécro-carburants grâce à notre blog biosphere:

26 juin 2021, Des avions qui volent au colza, foutaises

12 juin 2018, Huile de palme ou colza, toujours des nécrocarburants

30 octobre 2015, Agrocarburants, cause et non solution à l’effet de serre

6 mai 2015, L’usage des agrocarburants est nocif pour la planète

21 octobre 2013, Aimer se faire très mal grâce aux agrocarburants

21 octobre 2012, Enfin la vérité sur les « biocarburants » !

26 janvier 2012, Agrocarburants, pas assez pour la voiture

19 octobre 2011, les agrocarburants sont méchants

21 juillet 2011, bio, agro ou nécrocarburants ?

11 septembre 2008, agrocarburants ou culture vivrière ?

25 février 2008, non aux agrocarburants

Le socialisme peut-il s’accaparer l’écologie ?

Première indication. Le Parti Socialiste n’a jamais été écolo. C’est un parti productiviste dont les fondamentaux économiques ressemblent à ceux de la droite : volonté de croissance du PIB, souci de compétitivité internationale, mépris des contraintes écologiques. En novembre 2008, le pôle écologique du PS avait présenté une motion d’orientation politique lors du Congrès de Reims : « pour un parti socialiste résolument écologique ». Il a obtenu un score ultra-minoritaire (1,59 % des voix) et complètement disparu depuis. C’était la croissance qui était déjà dans toutes les têtes à ce congrès. On connaît le sort donné dès le début de la présidentielle Hollande à Nicole Bricq : ministre socialiste de l’écologie, elle est débarquée à peine nommée (elle voulait modérer en Guyane les ardeurs extractivistes). Il en a été de même pour Delphine Batho, jetée parce qu’elle exigeait un budget normal pour l’écologie.

Deuxième indication. Un parti « social-écologiste » n’ a aucun avenir car l’écologie se situe au-delà du dualisme traditionnel, il ne se positionne « ni à droite ni à gauche ». A droite les conservateurs, au centre les réformiste et à gauche les révolutionnaires ? Cette simplification a du plomb dans l’aile. D’abord à cause de l’ambiguïté de ce qu’est la gauche, qui est un terme fourre-tout ; trotskysme, communisme, social-démocratie, social-libéralisme, autogestion, planification impérative, relance par l’offre ou relance par la demande, tout cela se dit à gauche. Et le productivisme comme le consumérisme sont à la fois ET de droite ET de gauche. La vérité, essentielle et compréhensible par tous et toutes, c’est que l’écologie politique veut rassembler tous les citoyens sans exception puisque par exemple le consumérisme ou la question nucléaire concernent l’ensemble des citoyens.

Patrick Vieu, ancien conseiller de François Hollande, croit encore au parti social-écologiste :  Le socialisme et l’écologie politique reposent sur des hypothèses fondamentalement divergentes. L’écologie politique s’inscrit d’abord en faux contre l’anthropocentrisme qui fait de l’homme le maître et possesseur d’une nature conçue comme une « ressource » utile. Elle récuse le modèle productiviste engendré par un capitalisme prédateur à l’origine des désastres écologiques actuels, et dénonce l’autonomie de la technique moderne qui, par un processus auto-entretenu, expose l’humanité au risque de sa propre destruction… Le socialisme tombe sous le coup de ces critiques, sa vision des rapports de l’homme à la nature ne le distingue guère de l’idéologie libérale. Comme le libéralisme, le socialisme a toujours lié l’idéal d’autonomie à celui de l’abondance matérielle. L’humanisme, qui constitue l’ADN du socialisme, exclut de reconnaître des droits à des entités non humaines. L’écologie est une réalité métapolitique qui sur-détermine les questions politique, économique et sociale. C’est ici que le socialisme doit opérer, au prix d’un travail théorique, sa mutation idéologique. S’il est vrai que sur une planète malade il n’y a ni droits humains ni justice sociale qui vaillent, que vaudrait une planète saine sans droits humains ni justice sociale ? C’est pour n’avoir jamais à répondre à cette question que le socialisme doit être l’écologie du XXIe siècle. »

Cette conclusion d’une argumentation bien construite est étonnante ! Les socialistes seraient donc les seuls à même de porter le projet écologiste faute de quoi il n’y aurait plus ni justice sociale ni droits humains ? En réalité, comme c’est très bien dit dans l’article, les socialistes et les écologistes ont des visions du monde très différentes, qui sont de fait en concurrence. Quand Ségolène Royal dégaine le concept d’écologie punitive ou quand Anne Hidalgo veut baisser les taxes sur l’essence, elles tuent dans l’œuf la fiscalité écologique. Avec les écologistes institutionnels, pas sûr qu’on arrive à bon port, mais avec les socialistes ce sera encore le doublement des salaires et l’écologie à la ramasse. L’illusion d’un conglomérat social-écologiste a déjà montré ses limites sous la houlette du tandem Hamon/Jadot en 2017 ! Verra-t-on la même figure de style avec le couple Jadot/Hidalgo à marier en 2022 ?

Pour en savoir encore plus avec notre blog biosphere :

30 mars 2021, En 2022, tous les partis seront verts !

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

28 février 2017, EELV + PS, en marche vers un parti social-écologiste ?

30 mai 2015, Le PS peut-il devenir un vrai parti social-écologiste ?

9 mars 2011, PSE, Parti Socialiste Européen, Parti Social-Ecologiste ?

29 août 2010, PS, parti social-démocrate ou social-écologiste ?

Terrien, Humain, Européen, Polonais, apatride

Qui suis-je ? De quelle ethnie, de quelle couleur, de quel sexe, de quelle nationalité, de quelle citoyenneté ? Réponses complexes dans un monde traversé par des identités multiples et fracturé par des égoïsme locaux. Le 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel polonais, aux ordres de la majorité nationale-conservatrice, a rendu un arrêt perçu comme remettant en cause un des fondements de l’Union européenne (UE) : la primauté du droit européen sur les droits nationaux. Phagocyté par des juges politisés, directement nommés par la majorité parlementaire, le Tribunal constitutionnel est en fait une « anomalie juridique ». L’association des juges polonais Iustitia a déclaré vouloir continuer à « respecter les arrêts des tribunaux européens et rester gardienne des valeurs européennes ». Mais cette décision purement politique de la « Cour constitutionnelle » ouvrirait une brèche dans le système législatif européen. La décision de la cour polonaise « ressemble à un Polexit juridique, mais pour l’heure, il faut se contenter d’une présentation orale de son jugement ! Les résurgences du nationalisme ne sont que broutilles sur une planète en proie à des problèmes majeurs, accès aux ressources naturelles, inégalités croissante, réchauffement climatique, etc. Il s’agit de nations gouvernée par des populistes qui n’ont que leur propre pouvoir en ligne de mire, certainement pas l’intérêt général.

Un écologiste reconnaît qu’il n’est de nationalité polonaise ou de citoyenneté européenne (depuis 1992) que par inadvertance, par le hasard du lieu de sa venue au monde et des pérégrinations de ses parents. Nous sommes cosmopolites par essence et d’une nationalité quelconque par nécessité temporaire. Il n’y a structurellement ni homme ou femme, ni noirs ou blancs, ni Palestiniens ou Israéliens, ni n’importe quelle autre ethnie, il n’y a que des humains. Nous sommes tous citoyens de l’univers, Terriens. Restera alors à appliquer la sagesse : « Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime (Montesquieu) » Ajoutons : Si je savais quelque chose qui fut utile à l’humanité et préjudiciable aux conditions de vie sur Terre, je la regarderais comme un crime. »

Du point de vue des écologistes, être Polonais ou Européen n’a pas grande signification puisque nous habitons tous et toutes la même planète qui se fout des frontières. Nous sommes tous cosmopolites dans un monde recroquevillé dans ses égoïsmes nationalistes. Il ne devrait plus jamais y avoir de débat sur les identités nationales, il devrait y avoir une prise de conscience planétaire que nous appartenons tous à la même biosphère, que c’est la Terre qui est notre patrie, que nous dépendons du substrat qui nous fait vivre. Ni nationaliste ni internationaliste ni européen, terrien tout simplement ! L’écolo pense global, cosmopolite, mais en même temps il vit local, enraciné dans son terroir. A ce moment-là seulement, nous pourrons prendre des décisions qui puissent aller dans le sens du bien commun.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

23 décembre 2021, Qu’est-ce qu’être français ? Réponse écolo

16 décembre 2009, nous n’avons aucune identité nationale

Quelques éléments de réflexions sur lemonde.fr :

a.w. : La primauté du  »droit européen » c’est d’avoir une justice indépendante du pouvoir des partis politiques. Ce qui n’est pas le cas en Pologne où tout le système judiciaire et constitutionnel est aux mains du parti nationaliste. Ce parti s’est accapare en plus par des magouilles politiques de l’administration, de la justice, de la Banque d’État polonaise, etc.etc. 30% des électeurs polonais et entre 20 et 25 % de la population ont permis a Kaczynski le  »petit timonier » d’installer une autocratie.

Rockrol25 : L’imbécilité historique des polonais est une constante, c’est le seul grand peuple européen qui n’a jamais pu stabiliser une existence étatique autonome du fait de son incapacité à définir une stratégie hiérarchisant les priorités. La Pologne avait refusé de se joindre à la France dans la guerre car Hitler lui avait promis l’enclave tchèque de Teschen pour prix de sa neutralité. Moins d’un an plus tard il n’y avait plus de Pologne. L’histoire se répète aujourd’hui face à la Russie revancharde de Poutine. Au lieu de s’arrimer au camp occidental, elle provoque le protecteur américain par des initiatives anti homosexuelles grotesques et le financeur européen par des rodomontades judiciaires. Ça pourrait mal finir une fois de plus.

ROTZ : À présent la situation est, paradoxalement, relativement simple: soit le gouvernement polonais rentre dans le rang et respecte les règles auxquelles la Pologne a souscrit dans le Traité d’adhésion qu’elle a signé, soit il enclenche la procédure relative à l’article 55 et ouvre la voie à une sortie de la Pologne de l’UE, comme l’a fait le UK l’année dernière.

BOLAND : L’Europe me fait penser à un parent qui n’arrête pas de dire « Je vais me fâcher » et qui ne se fâche pas… L’enfant sait jusqu’à quel point il va être « gagnant » à ce jeu et devient un enfant-roi ingérable. La « famille » Europe a 27 enfants. Il serait temps d’avoir le geste éducatif exemplaire.

septembre 2021, le point de vue des écologistes

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Voici en libre service les thématiques étudiées pendant le mois de septembre 2021 :

Tous coupables, on a pourri grave la planète

Rendre visible notre dépendance énergétique

Pic pétrolier, faudrait vraiment en discuter !

Les vautours prolifèrent à la FNSEA

Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

Pour une écologie du démantèlement

Batho l’écologiste / Rousseau la féministe

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité

UICN, les humains écrasent la biodiversité

Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Fini la liberté de tondre sa pelouse

La décroissance devient à la mode, trop tard !

La décroissance selon Delphine Batho

L’idée de liberté à l’heure du pass-sanitaire

Jean-Paul Belmondo ne méritait pas d’hommage national

Sortir de l’impasse démographique, vite

Les natalistes veulent interdire l’avortement

2022, la décroissance démographique oubliée

UICN, l’humanité sur la corde raide

La rupture écologique en mal de financement

Pour un sevrage d’énergies fossiles, comment ?

Militer à l’heure de la société du spectacle

Antoine Waechter, écolo depuis ses douze ans

Écologie, la peur peut être bonne conseillère

La Démographie Responsable en actes

Greenpeace, que je t’aime… que je t’aime…

Cinq écologistes face à l’enjeu décroissant

La honte du pétrole, c’est pas pour demain

La convention patronale pour le climat

Primaire du pôle écologiste, faussée et futile

La surpopulation absente de la primaire écolo

Subventionner la consommation, une hérésie

L’écologie, à gauche, à droite, ailleurs ?

Stéphane Foucart devient très très pessimiste

Notre conseil, donnons des fusils aux lapins

Primaire des « écologistes », le second tour

Jean-Michel Bezat prédit la catastrophe

Population et consommation en interactions

Flambée des prix de l’énergie, enfin !

Portrait de la radicale écolo Sandrine Rousseau

Hymne à toutes les décroissances

La justice sanctionne grave les antinucléaires

Eric Zemmour, l’antiécolo par excellence

2022, Montebourg un présidentiable renégat

Enfer numérique, dictature des chiffres

NB : Le blog biosphere est rattaché de façon explicite à un site de documentation des écologistes : http://biosphere.ouvaton.org/. Par exemple le lien « Bibliothèque » renvoie à des résumés de livres sur l’écologie. Nous laissons aux lecteurs le soin de parcourir nos autres rubriques, « Lexique », «  Repères », « Spiritualités », etc. Notre association biosphere est au service du peuple écolo en formation, à la recherche de la symbiose pour affronter de façon analytique l’urgence écologique.

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la transmission des idées d’avenir.

Pour recevoir gratuitement par mail notre récapitulatif mensuel, écrire à biosphere@ouvaton.org, merci.

Yannick Jadot, une présidentielle au rabais

Le « pragmatique » Yannick Jadot l’a emporté de justesse face à la « radicale » Sandrine Rousseau en obtenant 51,03 % des voix. Jadot veut « réparer la société » alors que les réalités biophysiques imposent de déconstruire la société thermo-industrielle. Il veut faire croire que « L’écologie c’est redonner du pouvoir d’achat aux Français ». Or le niveau de vie des Français a déjà dépassé la soutenabilité de la planète, il était donc évident qu’il fallait prôner la sobriété énergétique et des besoins réduits à l’essentiel. La période de Covid que nous avons traversé a montré que c’était possible à mettre en place concrètement. Il veut ajouter un plan investissement alors qu’il y a en déjà pléthore, en France, dans l’UE (Green Deal), aux USA. C’est, dit-il, pour favoriser les énergies renouvelables sans envisager une taxe carbone qui ferait réfléchir à la dépense de carburant, comme il s’agit aussi pour lui de gonfler le chèque énergie alors qu’il faudrait déjà penser à la carte carbone (le rationnement). Ce programme social-démocrate est indigne d’un écolo véritable. Le réalisme dont il se vante est en fait un aplatissement devant la dictature des marchés.

Jadot est passé du statut de directeur de campagne de Greenpeace à celui de député européen. Il est donc devenu un politicien parmi d’autres politiciens, uniquement aveuglé par son poste et sa relative notoriété. Or cette image médiatisée ne tient qu’au fait qu’il a été un présidentiable honteux en 2017, abandonnant l’écologie en rase campagne. Il a profité de la vague verte aux élections européennes avec l’unique ambition de conserver ce nouveau statut au détriment de sa fibre écolo qu’il a soigneusement rangé dans un placard. Jadot adore adore les Jeux olympiques, il a « kiffé la Coupe du monde », il est devenu un simple rouage de la société du spectacle. Les médias ont considéré que Yannick était l’interlocuteur officiel du parti, il n’était même pas membre du conseil fédéral ! Il n’est qu’une construction spectaculaire. Ce qui doit intéresser, c’est d’imposer l’écologie, tenir un discours radical, pas de construire une carrière. Sinon l’écologie devient superficielle.

Lire aussi, Connaître Yannick Jadot, présidentiable 2022

Notre civilisation basée sur les énergies fossiles, avec ces infrastructures démesurées, mégalopoles, autoroutes, LGV, hypermarchés, etc, va s’écrouler dans les années qui viennent. C’était déannoncé par le rapport sur les limites de la croissance de 1972. Nous regretterons de ne pas avoir été favorable à des décisions radicales, pourtant déjà portée à la présidentielle 1974 par René Dumont qui doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe...

Formations à la désobéissance civile NV

Formation à la Désobéissance civile non-violente à Romans sur Isère, Lorient, Hellebecq, St-Junien

Romans sur Isère : 9 – 10 octobre 2021, stage de désobéissance civile.
Inscriptions : Tél. 0954696211 ou planetaiire@gmail.com

Conférence Gesticulée de Xavier Renou « Sans haine, sans arme, sans violence. De l’Ixérisme à la désobéissance civile, comment la non-violence change le monde«  :8 octobre : Romans Sur Isère)
Renseignements : Tél. 0954696211 ou planetaiire@gmail.com

8 novembre : Lorient. 20H30. SANS PASSE.
Réservations : conference.solidaires56@gmail.com

27 novembre : Hellebecq – Belgique – 33 km de Tournai, Belgique. Renseignements : joelle.lacroix@outlook.com

Dans le cadre du festival  » Foutez Nous La Paix » :

SAMEDI 23 OCT. / SAINT-JUNIEN (87) 20H30 CONFÉRENCE GESTICULÉE
​Au P’tit Bidule. Sans haine, sans arme, sans violence / Xavier Renou
à partir de 12 ans – PRIX LIBRE

DIMANCHE 24 OCT. / ST-JUNIEN (87)
9H-14h30 ATELIER

Au P’tit Bidule.
FORMATION À LA DÉSOBÉISSANCE NON-VIOLENTE
Participation libre (tarif conseillé : 20 euros) / Repas tiré du sac. Inscriptions : stages@desobeir.net

La justice sanctionne grave les antinucléaires

Prison ferme, neuf et douze mois, pour deux opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, quatre autres à des peines de six à neuf mois avec sursis. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs. En fait ils étaient surtout poursuivis pour leur participation à une manifestation non déclarée le 15 août 2017. Conduit par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le projet baptisé Cigéo vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85 000 mètres cubes de déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français, à partir de 2035. Les commentaires sur lemonde.fr montrent deux avis complètement opposés, ceux qui ne voient qu’une certaine violence des manifestants et ceux qui constatent la violences avérée de la nucléarisation de la France. On devrait les mettre ensemble pour faire l’apprentissage d’une conférence de consensus, mais le résultat n’est pas garantie à l’avance…

Camtaoij : Ça manque un peu de précisions cet article. Les prévenus étaient accusés notamment de détention illégale d’objets explosifs et incendiaires, et de violences pour l’un d’entre eux, selon un article daté de juin. Cela semble plus grave que la simple organisation d’une manifestation non déclarée, non ?

Michel SOURROUILLE : Les sept opposants étaient initialement poursuivis pour « association de malfaiteurs », mais aussi « détention de substances ou produits incendiaires ou explosifs en bande organisée ». Ce n’était qu’un prétexte, un des militants relate : « Le représentant de l’État m’a dit : “On n’a pas droit de lutter en France contre le nucléaire, s’attaquer au nucléaire, c’est s’attaquer à l’Etat” ». Pour illustrer la disproportion des forces en présence, lors de la manifestation du 15 août 2017, les forces de l’ordre ont utilisé « 320 grenades lacrymogènes, 37 grenades GLI-F4, 21 cartouches de lanceurs de balles de défense et cinq grenades de désencerclement ». Et l’appareil judiciaire s’efforce de faire passer les anti-nucléaires pour des terroristes alors que ces lanceurs d’alerte n’ont qu’une obsession : protéger les générations futures…

Slibo : La honte. Politisation et privatisation de la justice au service d’une industrie mortifère. Stocamine bis est annoncé, les magistrats se porteront j’espère volontaires pour aller débarrasser ces déchets lorsque l’accident annoncé se produira.

Elzéard : Je ne sais que trop que le passage en force (sous une apparence de démocratie) de l’ANDRA est une autre forme de violence pour les générations futures, elle ne sera jamais condamnée… La violence institutionnelle conduit certains à la violence… Qui est à juger ?

lecteur assidu : Enfin, un tribunal reconnaît le droit aux Français de vivre sans toute cette violence zadiste et fasciste.

Velynes : Aux nucléocrates béats : depuis quand l’enfouissement des déchets nucléaire à vie longue est mâture ? Il y a 100.000 ans que les tests on commencé, ou 10.000, ou encore 1.000 ? Non, bien évidemment. Quelle civilisation a duré sans interruption le temps nécessaire à la maintenance de ce genre de site ? Aucune. Donc le pipeau de l’ANDRA, ça va 5 minutes pour les gens voyant plus loin que le bout de leurs nez. Cela dit, ne soyez pas timides, dites juste après nous le déluge (ce qui est exactement le comportement de tous les nucléocrates)

PJPTHOMAS : Si les juges de ce tribunal pouvaient officier à Paris, de nombreux GJ auraient sans doute rapidement cessé de tout casser en nous laissant une facture énorme à payer.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 juin 2021, Le procès « Bure », politiquement manipulé

3 février 2019, La crise mondiale des déchets nucléaires

31 mars 2018, Bure et la considération du long terme

Population et consommation en interactions

La problématique population – consommation ne repose pas sur des sciences exactes, mais sur des approches sociologiques. Ce sont des phénomènes sociaux relatifs à l’état d’une société donnée, donc variables dans le temps et dans l’espace. La consommation dépend de l’expression de nos besoins, or ceux-ci sont conditionnés par un apprentissage social dont le matraquage publicitaire n’est qu’une des formes. La démographie est un simple dénombrement des personnes, ce qui n’indique rien de l’état de surpopulation qui pourrait exister. Et la fécondité obéit à des préceptes sociaux et au hasard des rencontres entre sexes. Cela rend extrêmement difficile la perception des interrelations entre population et consommation. A l’heure actuelle en France s’oppose deux écoles. L’une considère que le niveau de surconsommation est la principale source de pillage de la planète, l’autre s’appuie sur la relation IPAT, une façon mathématique et simplifiée d’indiquer que la démographie est un multiplicateur des menaces.

L’équation d’Ehrlich, « I = PAT (P x A x T) », montre que l’impact environnemental, noté (I), est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est encore de 1 % (x 1,01), soit un doublement tous les 70 ans. Le taux de croissance du PIB sur ces dernières années est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, et donc neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste. L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit 1,0403. Pour faciliter le calcul, l’approximation par addition des taux (1 % + 3 % + 0 % = 4%) est assez bonne pour des taux de variation assez proches. On voit les conséquences de cette croissance globale tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc. Que faire ? L’équation nous montre la voie, il faudrait agir en même temps sur P, A et T. Aucun des termes ne peut être considéré indépendamment des deux autres. L’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur. Or nous arrivons ce mois de septembre 2021 à 7,9 milliards d’humains sur cette planète et 1,4 milliard de véhicules à moteur à 4 roues. Cent automobilistes possédant une voiture polluent cent fois plus qu’un collectionneur possédant cent voitures. Mais il faut préciser l’influence des inégalités, un 4×4 pollue plus qu’une petite voiture… et un riche préfère l’avion ! Il faut aussi considérer (T), la puissance du moteur, son niveau de sophistication (électrique ou thermique), etc.

Serge Latouche, le pape de la décroissance se contente de prioriser population et consommation : « Il convient de dénoncer en premier lieu l’illimitation du paradigme économique dans le productivisme et le consumérisme. La crise écologique vient d’abord de cette illimitation. L’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance est seconde. Le problème, c’est d’abord qu’il y a trop d’autos, plutôt que trop d’hommes (même si chaque auto suppose un automobiliste…), que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…). » Cette logique argumentative est incompréhensible, il est affirmé sans preuve que la démographie est seconde pour en tirer la conclusion que la démographie est en effet seconde. Serge Latouche faisait la même figure rhétorique dans son « Que sais-je ? » sur la décroissance, l’affirmation valant démonstration d’une hiérarchie entre aspect économique (surconsommation) et aspect démographique (surpopulation). Or dans l’équation IPAT ou Kaya, il ne peut y avoir hiérarchie, tous les déterminants de l’équation sont des multiples les uns des autres. Du point de vue écologique, plutôt que l’idée de causalités multiples qui fragmentent le réel, mieux vaut la conception d’interrelations, le fait par exemple que d’un point de vue systémique les besoins ressentis par une personne sont étroitement reliés au nombre de personnes qui ressentent les même besoins. C’est ce qu’on appelle l’interaction spéculaire. Comme dans un miroir, je fais par mimétisme selon ce que je pense de ce que les autres attendent de moi.

D’autre part dans les propos de Latouche, on part d’une déconsidération du discours adverse, faisant ainsi un procès d’intention : « l’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux (le Medef entre autres) qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance ». Quand le message déplaît, on tue le messager pour ne pas l’écouter. En d’autres termes, puisque les malthusiens sont des méchants qui veulent ignorer la dimension économique, ils ne peuvent qu’être écartés. On pourrait retourner facilement l’argument : puisque ces gens-là ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause la fécondité humaine, alors leur point de vue ne peut qu’être second et nous pourrions affirmer que dire le contraire, c’est se retrouver dans le camp des natalistes. Pourtant certains décroissants continuent d’affirmer abruptement qu’il y a trop d’automobiles, peu importe le nombre d’automobilistes. Le rédacteur en chef du mensuel La Décroissance, Vincent Cheynet, ne considère que l’aspect économique et se refusent absolument à envisager la question démographique. Comme l’écrit Bruno Clémentin, «  On l’a déjà dit, on va le répéter : il n’y a pas trop de monde sur notre planète, il y a trop d’automobilistes et de motards) » (éditorial du mensuel La décroissance de novembre 2019). Pourtant, presque tous les auteurs de référence de la décroissance, ceux qui ont mis en évidence les limites de la croissance (Jacques Ellul, Nicholas Georgescu-Roegen, Ivan Illich, entre autres), ont tiré le signal d’alarme de la surpopulation. Et on ne peut pas les accuser d’être des défenseurs du système techno-industriel. Plusieurs personnalités, Didier Barthès, Yves Cochet, Alain Gras, Alain Hervé, ou Pablo Servigne envisagent à la fois décroissance démographique ET décroissance économique ; ils ont d’ailleurs participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux ». Le mouvement de la décroissance est né comme protestation contre l’imposture du développement durable, cet oxymore qui mettait tout le monde d’accord en noyant la contradiction entre la croissance et les limites de la planète. C’est cela qui importe, et les décroissants se tirent une balle dans le pied en se positionnant contre Malthus ou en oubliant Malthus.

Lors de la primaire du pôle écologiste, la candidate Delphine Batho nous expliquait la ligne générale de son programme « La décroissance : pourquoi et comment ». Tous les militants pour la décroissance ne peuvent qu’être en parfait accord avec cette analyse, mais il ne s’agissait que de décroissance économique. Par contre l’idée de décroissance démographique était complètement occultée. Pourtant dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques et démographiques, ce que le texte de Delphine Batho ne disait pas. Pourtant René Dumont, dans son programme de présidentiable écolo en 1974 , écrivait : « Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité... » A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui.

La décroissance, subie ou voulue, n’est pas un phénomène en soi, ce n’est que la résultante de nos difficultés à limiter nos besoins, c’est une sous-partie de l’écologie. Sur une planète délabrée par notre nombre, notre poids économique et notre technologie, il s’agit de choisir une décroissance maîtrisée sans attendre le prochain choc pétrolier ultime pour agir. Le message de Malthus, le déséquilibre entre population humaine et possibilités de la nourrir, montre qu’il était en 1798 à la fois un précurseur de l’écologie et de la décroissance. Il est intéressant de savoir que la maison d’édition « Le Passager clandestin » a refusé d’inscrire Malthus dans sa collection les  précurseurs de la décroissance : « Nous estimons que les thèses que Malthus avance sont trop éloignées des idées que nous souhaitons porter avec cette collection. Il nous semble qu’il serait nécessaire d’approfondir les objections et réserves qui ont été faites au sujet des thèses malthusiennes, mais ce travail ne nous paraît pas envisageable dans le cadre de notre collection… » Serge Latouche, directeur de cette collection, avait pourtant accepté le manuscrit de Michel Sourrouille sur Malthus, il avait progressivement mieux perçu l’importance de la question démographique: « Si tout est discutable dans le détail, l’ensemble du malthusianisme n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée. Si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple est incontournable. Ma position correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance est que, si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population. La question démographique est seconde en théorie, mais cela ne signifie pas qu’en pratique elle soit secondaire. Loin de là. Même si les Burkinabés produisent peu et consomment peu, leur multiplication pose problème : la disponibilité en terre, la déforestation, la pression foncière dans les centres urbains, la dégradation des infrastructures, etc. et finalement la diminution de la qualité de vie pour eux et pour les autres, s’ils émigrent à l’étranger. »

Que faire ? Selon les sensibilités, les intérêts ou les aveuglements, on peut donner la priorité à l’action sur l’un des trois facteurs de l’équation IPAT: population, consommation ou technologies employées. Mais il est plus sage d’agir en même temps sur les trois niveaux, décroissance économique, décroissance démographique et technologies efficaces. C’est d’autant plus urgent qu’il y a à la fois une inertie démographique et économique ainsi qu’une illusion technologique. Certains « spécialistes » de la démographie considèrent que la stabilisation de la population mondiale s’établira d’elle-même avec le développement économique, il s’agit du schéma de la transition démographique. Encore faut-il que le développement des pays sous-développés soit encore possible sur une planète que l’activisme humain a rendu exsangue et dans des territoires surpeuplés. Les faits sont têtus. La stabilisation de la population mondiale n’a pas eu lieu, et les modèles de développement des pays riches, de plus en plus partagés par les pays émergents, restent nocifs pour l’environnement. Il importe donc de conseiller aux couples de ne pas avoir trop d’enfants, y compris dans les pays développés à faible fécondité où un bébé est beaucoup plus « lourd » pour les écosystèmes que des naissances multiples dans un pays pauvre. Dire et redire « Un enfant ça va, trois enfants, bonjour les dégâts » est une vérité. Il faut mettre fin aux politiques natalistes en France et faire du planning familial un volontarisme politique dans tous les pays. Un seul enfant par femme pourrait devenir un objectif connu de tous. Facile à dire, difficile à appliquer tant le culte de la fécondité se retrouve partout. Quant au facteur « A », agir sur la consommation et le niveau de vie reste encore un repoussoir puisque le culte de la croissance est généralisé au niveau mondial. Allez dire aux Gilets jaunes français qu’il faut instituer une forte taxe carbone pour changer le mode de déplacement, allez dire aux syndiqués que la hausse du pouvoir d’achat ne doit plus être mis en avant, allez dire aux retraités présents et futurs que leur niveau de vie doit baisser, allez dire aux milliardaires qu’un écart de revenu de 1 à 3 est le maximum admissible , allez dire à un habitant des pays pauvres que vouloir atteindre le niveau de vie des pays riches est une illusion, les capacités de la Terre à supporter l’empreinte écologique de humains étant déjà dépassé depuis les années 1970. En 2021, le jour du dépassement a eu lieu le 29 juillet. Il faudrait également interdire la publicité, un instrument de la surconsommation. Faire ainsi, c’est effectivement enrayer le mécanisme imitation/ostentation qui provoque la spirale infernale du consumérisme, mais c’est aussi provoquer des faillites en chaîne et un chômage record. On n’hésite pas aussi à invoquer aujourd’hui sans précaution le progrès technique à venir pour faire des miracles : repousser les limites naturelles, découvrir des innovations capables de nous extraire des contingences naturelles de notre Terre, moteur propre, énergies renouvelables, des colonies sur Mars, etc. De plus se joue un phénomène pervers au niveau technologique. C’est le paradoxe que Jevons qui, dès le XIXe siècle, pouvait écrire : si des techniques plus efficaces apparaissent, elles diminuent le prix de revient des produits, leurs ventes augmentent et leur production croît plus vite que la réduction de pollution qu’elles ont engendrée. Avec l’adoption de technologies moins consommatrices d’énergie, on n’observe pas de ralentissement des dégâts environnementaux, c’est l’effet rebond. Bien que les véhicules automobiles consomment moins qu’il y a 20 ans, la consommation de carburants des ménages a augmenté car les gens parcourent plus de kilomètres vu le moindre coût que cela représente pour eux… S’il apparaît de plus en plus que le « toujours plus de technologies innovantes » entraîne un gaspillage d’énergie insensé, c’est si bon de changer de modèle de smartphone.

Autant dire pour conclure que l’humanité veut encore et toujours accélérer, mais que le mur (ou le précipice) est de plus en plus proche car nous voulons mener à toute vitesse la marche du « progrès » dans une société d’abondance factice. Le « niveau de vie des Américains avant tout » disait Trump, bousillons la forêt amazonienne répète Bolsonaro, bientôt on n’aura plus besoin de lutter contre le froid en Sibérie aurait dit Poutine… et nous sur ce blog biosphere , nous indiquons gentiment que l’équation IPAT devrait être connu de tous, dirigeants et dirigés. La tâche des politiciens sensés peut se résumer à « diminuer au maximum le nombre de morts (dixit Yves Cochet) » ou, si on en croit les réalités de l’histoire humaine, augmenter au maximum le nombre de morts. Nous avons malheureusement dans les sociétés humines une préférence pour la violence comme solution à nos difficultés et peu d’appétence pour l’approfondissement de l’intelligence collective. Il faudrait aborder la question délicate de la définition d’une population soutenable pour notre planète, nous préférons dans cette période de pandémie envisager des politiques de relance économique à coups de milliards à crédit.

Michel Sourrouille,

faculté de sciences économiques (option économétrie), carrière professionnelle en tant que professeur de sciences économiques et sociales, cinq livres sur l’écologie publiés, président de l’association loi 1901 « biosphere », collaborateur régulier du site et du blog biosphere et membre de l’association Démographie responsable.

L’écologie, à gauche, à droite, ailleurs ?

Biosphere : L‘écologie est un projet trans-politique. L’avenir de notre planète et des conditions de vie concerne tous les Français, tous les humains sans distinctions partisanes… le clivage gauche/droite est donc obsolète.

Marie Toussaint (eurodéputée EELV: Dans l’histoire des idées, l’écologie politique est une idée neuve, qui dépasse les cartographies anciennes, sans pour autant les abolir. Le clivage droite-gauche reste pertinent, mais l’écologie pose des questions supplémentaires. En gros, l’écologie n’est pas soluble dans la gauche, mais elle doit en devenir le nouveau centre de gravité. Vu l’urgence des enjeux, j’espère que tout le monde va bientôt converger pour comprendre que la crise climatique comme celle de la biodiversité demandent une réforme globale des manières de penser et de gouverner issues du passé.

Damien Abad (député LR): Oui vous avez complètement raison ! L’écologie n’est pas l’affaire d’un parti mais un enjeu pour nous tous. A droite, nous avons encore du travail pour mettre l’écologie au centre de nos priorités. Voilà pourquoi, avec mes collègues parlementaires, nous avons créé une « task force environnement » afin de porter ce combat au cœur des débats nationaux. Nous voulons porter une écologie positive, axée sur l’innovation, l’éco-modernisme et le pouvoir d’achat. En effet, contrairement aux chantres de la décroissance, nous pensons qu’il est indispensable d’allier écologie et progrès scientifique et technologique.

Biosphere : Pourtant l’écologie est souvent présentée comme un marqueur de gauche pour les électeurs ! Comment la droite peut-elle arriver à être crédible sur le sujet ?

Damien Abad (LR) : Voir l’écologie comme un marqueur de gauche est un prisme très franco-français. Dans les autres pays européens, notamment en Allemagne, l’écologie est transpartisane et n’est pas le fait d’un seul parti politique. L’écologie est trop importante pour la laisser entre les seules mains des Verts, qui n’ont finalement qu’une vision réductrice, décroissante et idéologique de ce que doit être réellement la protection de l’environnement. Pour redevenir crédible sur l’écologie, la droite doit renouer avec son ADN ! C’est De Gaulle qui a institué le principe de parc naturel national, c’est Pompidou qui a créé le ministère de l’environnement en 1971, c’est Giscard d’Estaing qui a fait la loi sur la protection de la nature en 1976, c’est Chirac qui crée la tCharte de l’environnement en 2004, c’est Sarkozy qui lance le Grenelle de l’environnement qui conduira aux lois Grenelle en 2009.

Marie Toussaint (EELV) : L’écologie n’est pas considérée comme de gauche par l’ensemble de la population. On peut espérer que l’écologie tomber un jour dans le domaine commun, comme c’est le cas avec l’idéologie républicaine qui fait désormais partie de l’identité politique de la France. Mais, pour l’instant, l’originalité du projet écologiste est telle qu’il est nécessaire qu’une force d’écologie politique la porte pour permettre de quitter les rivages du productivisme, matrice des pensées politiques de la droite et de la gauche classiques. A gauche, la tectonique des idées a fait son œuvre, et l’aggiornamento est en cours. La droite partidaire reste très majoritairement sourde aux enjeux écologiques.

Biosphere : L’incapacité de la droite à embrasser la cause écologiste tient ses liens historiques avec les milieux industriels et financiers, qui n’ont à court terme aucun intérêt à changer leurs pratiques pour prendre en compte la crise écologique.

Damien Abad : Absolument pas. Je crois au contraire que beaucoup d’entreprises, grandes comme petites, sont des moteurs dans la lutte contre le réchauffement climatique, et non des freins. Je suis d’ailleurs frappé par l’évolution de la stratégie et de la communication de nos entreprises, qui font désormais de la protection de l’environnement leur cheval de bataille. Les technologies de captage, stockage et valorisation du CO2 (CCUS), par exemple, méritent d’être considérées ; des grands chefs d’entreprises, comme Bill Gates ou Elon Musk, s’intéressent ou ont investi dans ces technologies !

Biosphere : Croissance économique et préservation de la planète sont pourtant incompatibles !

Damien Abad : La sobriété énergétique n’empêche pas la croissance économique. Nous voulons faire de l’écologie un levier de réindustrialisation, avec l’ambition d’une France qui serait numéro 1 mondiale de l’hydrogène, de l’intelligence artificielle, des batteries électriques… L’idéologie de la décroissance est extrêmement dangereuse et je ne crois pas que l’on puisse remplacer un mal (le réchauffement climatique) par un autre (le déclassement de la France, la pauvreté de masse pour les Français…). Concrètement, la Fondapol a calculé, dans une note récente, l’impact économique d’une politique de décroissance : un revenu brut divisé par 4, des provisions de services publics divisés par 5, et une grande majorité de Français qui tomberaient sous le seuil de pauvreté. Les Français ne veulent pas cela. L’enjeu n’est pas la décroissance mais au contraire la croissance durable. Pour cela, nous devons reconquérir notre souveraineté agricole, fondée sur une agriculture compétitive et respectueuse de notre environnement.

Marie Toussaint : Le culte de la croissance a fait des ravages partout sur la planète. Une vision à courte vue, fondée sur la dictature du profit et le triomphe des actionnaires, a par ailleurs colonisé l’économie. C’est à cela qu’il faut mettre un terme, nous devons comprendre que les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature. A l’échelle européenne, je plaide pour l’instauration d’un traité environnemental qui fasse de la préservation de la planète et de ses ressources une priorité supérieure en termes de hiérarchie des normes. La condamnation des écocides doit en être l’un des piliers.

Biosphere : Delphine Batho a parlé dans sa campagne du clivage terriens-destructeurs en remplacement du traditionnel clivage gauche-droite, qu’en pensez-vous ?

Damien Abad : Ne tombons pas dans la caricature. N’oublions jamais que les agriculteurs sont les premiers écologistes de France. L’enjeu, c’est de passer d’une société du gaspillage à une société du durable, de revoir nos manières de produire avec des technologies propres. Je ne crois pas au mythe de la décroissance, qui est le doux nom de la récession.

Marie Toussaint : Reconnaître ce clivage terriens-destructeurs est essentiel. Pour autant, il n’abolit pas les autres clivages ; notre monde est complexe et nous avons besoin de le lire avec des lunettes multiples. Nous habitons une seule et même planète, mais les mondes sociaux que nous habitons sont tellement fracturés.

Biosphere : l’écologie remet en cause le système de production capitaliste, l’écologie de droite ne peut donc relever que du greenwashing.

Damien Abad : Ce n’est pas le système capitaliste en soi qui compromet l’avenir de la planète. En outre, il n’y a pas de modèles alternatifs sérieux qui permettent de subvenir aux besoins de tous ! Je crois au contraire que l’enjeu est d’agir sur la responsabilité de chacun, des entreprises comme des particuliers. Plutôt que d’interdire la mobilité individuelle, nous proposons de la rendre propre et vertueuse. Ainsi, il ne s’agit pas d’interdire la voiture ou l’avion, mais de construire les véhicules propres de demain en investissant massivement dans les technologies du futur !

Marie Toussaint : Le greenwashing sera de moins en moins possible. La crise écologique forcera la droite à bouger, le plus tôt sera le mieux. Je ne pense pas qu’un électeur ou une électrice de droite soit insensible à la question environnementale. A nous autres écologistes de les convaincre de la justesse de nos solutions.

Biosphere : Notons la convergence de LR et d’EELV, la crise écologique incite la droite comme la gauche à se penser comme écolo. Il n’y a plus de véritable opposition entre droite et gauche, mais plutôt une fracture entre un écologisme superficiel, ne voulant transformer le système productiviste et consumériste qu’à la marge, avec des slogans du type moteur propre ou innovations salvatrices. L’écologie de rupture devient une nécessité avec une planète en surchauffe, mais ni Marie Toussaint, ni à plus forte raison Damien Abad ne l’envisage pour l’instant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Ecologie, droite ou gauche ?

7 juin 2019, Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

22 août 2016, L’écologie est-elle de droite ou de gauche, ou d’ailleurs

23 avril 2016, L’écologie, ni gauche, ni droite, ni centre, mais supérieur

8 avril 2016, Le « ni droite ni gauche » va avoir le vent en poupe

20 février 2016, Deux manières de tuer l’affrontement droite/gauche

19 décembre 2013, Droite ou gauche, comment situer l’écologie ?

17 mai 2010, plus à gauche et moins à droite, Nicolas Hulot

26 février 2010, droite/gauche, un classement ringard

1er octobre 2009, la gauche passe à droite

6 juillet 2008, droite et gauche, même combat

3 mars 2008, l’écologie, de droite ou de gauche ?