écologie appliquée

Télévision, machine à nous emprisonner

La télévision, un miracle technologique depuis les recherches sur le sélénium qui, plus ou moins stimulé par l’intensité lumineuse, la restitue sous une forme électrique. Il aura donné son impulsion aux découvertes sur l’alliance entre la lumière et l’électricité. Mais la télé repose aussi sur des politiques publiques, des investissements privés massifs et d’innombrables stratégies de guerre culturelle pour avoir accès au « temps de cerveau disponible » des spectateurs.

L’écran est devenue notre prison dans laquelle nous nous sommes enfermés à notre insu de notre plein gré.

Tristan Garcia : La télévision est devenue un cristal presque miraculeux pour le capitalisme, ordonnant, dans un appareillage technique, la captation du temps d’attention des consommateurs, un point de fixation des corps fatigués après le travail, la synchronisation des regards et des émotions, à partir de centres de diffusion à peu près contrôlables par les Etats ou par des consortiums industriels.

– Coordinatrice de nos solitudes et de nos vies familiales, elle est aussi devenue source de fascination grâce au miroitement de l’écran, au feuilletonnage du monde.

– Avec la télévision, le spectacle social a débarqué à la maison : on va au cinéma, mais la télévision vient à vous.

– Et puis, son flot ne s’arrête jamais vraiment, on l’arrête et on le reprend, selon notre tempo.

– Elle a domestiqué nos corps, elle nous a assis sur des canapés.

Le point de vue des écologistes débranchés

Après l’ère de la télévision, Internet et smartphones ont fait passer le spectacle entre nos mains. Chacun a pu se lever du canapé et regarder l’écran, à n’importe quel moment.

– Le temps disponible de notre cerveau pour devenir intelligent est devenu insignifiant.

– Un monde de drogués s’est répandu sur toute la planète, on ne peut plus rien faire sans la numérisation du monde.

– On a même besoin d’une intelligence artificielle qui se répand sur nos écrans et dans nos têtes.

– A force d’offrir (à peu de frais) de l’évasion, elle dispense l’aliénation à la tonne, à toutes les sauces, et en toutes les langues.

J’ai cessé de regarder la télé quand j’ai quitté mes parents à la fin de mes études. La télé était dans la salle à manger- séjour. Impossible d’y échapper, difficile de communiquer avec le reste de la famille. Depuis je n’ai jamais acheté de téléviseur. Quand les amis de parlaient des émissions, je leur disais que je n’avais pas la télé, ils me répondaient  » tu ne t’ennuies pas ? » Non je ne m’ennuie pas ! Je fais du sport, je lis, nous allons aux spectacles, nous dansons, nous faisons de la randonnée. Le poste de télévision ne jacasse pas tout seul chez nous.

la télévision, mouroir de la pensée (février 2011)

extraits : Le diagnostic est simple, TV lobotomie. La vie est dangereuse pour les hommes. L’alcoolisme, le bavardage et l’automobile en font déjà des abrutis. Pourtant on a rajouté la télé.. Il n’y a pas une bonne ou une mauvaise télévision. Il est préférable qu’il n’y ait pas de télévision du tout. Les influences médiatiques sont subtiles, cumulatives, et interviennent sur une longue période de temps ; parents, pédiatres et éducateurs peuvent ne pas être conscient de leur impact. Il n’empêche que la possibilité de  penser par soi-même s’effondre. Cela n’empêche pas des velléités de résistance aux émissions qui vident notre cerveau pour nous inciter à boire du coca cola….

Télévision, machine à nous emprisonner Lire la suite »

ZFE, la zone des frénétiques écolos

Les zones à faibles émissions, ou ZFE, vivent peut-être leurs derniers jours. Issu des lois d’orientation des mobilités (2019) et Climat et résilience (2021), ce dispositif vise à interdire progressivement les véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l’air dans les villes de plus de 150 000 habitants. Les ZFE sont devenues un repoussoir par la faute d’un personnel politique immature lorsqu’il s’agit de penser les enjeux de long terme de la transition écologique. L’opposition aux ZFE a amalgamé différents types de colères – contre les métropoles, contre les élites, contre le pouvoir politique… sans pour autant être capable de proposer ni aménagement, ni solution de recours.

Poussée par la droite, l’extrême droite et La France insoumise (LFI), la suppression des ZFE a été ajoutée au projet de loi de simplification de la vie économique, qui fera l’objet d’un vote au Parlement dans les prochains jours. Ce dossier illustre la difficulté à mettre en œuvre les politiques écologiques. Si les ZFE peuvent être supprimées d’un trait de plume, ni la pollution urbaine ni le réchauffement climatique ne disparaîtront par enchantement.

Les écolos et les zozos s’affrontent sur le monde.fr

ROTZ : Quand il s’agit d’agir contre les intérêts des citoyens tout en leur faisant croire le contraire, les extrémistes de tous bords sont toujours en première ligne !

Ailleurs : Personnels politique et vision à long terme. Ces deux termes devenus totalement antinomiques expliquent à eux seuls ce choix. Le fait que les deux extrêmes se mettent d’accord en dit également long. Bref nous avons les politiques que nous élisons … cela en dit long sur l’égoïsme générationnel, clanique et de caste qui caractérise désormais notre société.

Olive974 : le principe de la ZFE est inique, discriminatoire et stupide : c’est typiquement la mesure pour les bobos des villes. D’autant que les véhicules sont de moins en moins polluants et silencieux, le temps fera son œuvre : discriminer les pauvres sur l’accès à telle ou telle zone, c’est bête et méchant.

B52 en réponse à Olive974 : Il est largement documenté que les pauvres,comme vous dites, habitent les zones les plus polluées, près des rocades et voies rapides puisque c’est là que le foncier est moins cher pour construire des logements sociaux.

Tlsm en réponse à B52 : Vous parlez uniquement des banlieues des très grandes villes. Ce n’est pas la France. Quand aux bobos parisiens ils polluent en prenant leurs grosses voitures tous les week ends.

Nicolas C. en réponse à Tlsm : Les bobos parisiens n’ont pas de voiture.

Un lecteur du Val de Marne en réponse à Olive974 : Une mesure pour contrer la pollution est forcément discriminatoire envers les pollueurs. Je me méfie toujours de ceux qui balaient d’un revers de la main des questions de santé qui touchent les plus fragiles : enfants et personnes âgées notamment. Les ZFE, c’est tellement stupide et absurde que 315 ZFE dans 14 pays européens l’appliquent et ne songent pas du tout à revenir en arrière !!!

J Var : La suppression des ZFE (mesure discriminatoire antisociale) sera une bonne chose, n’en déplaise aux écolos de la rédaction du Monde. Le journal que je lis depuis 1972 tombe chaque jour plus bas dans la complaisance avec ceux qui ne connaissent que les taxes et les interdictions comme moyen de préparer l’avenir.

Jean Puplu en réponse à J Var : Depuis 1972 ? Bon au moins le facteur biologique devrait bientôt nous libérer de votre vision qui date du millénaire dernier.

BIOMAN en réponse à J Var : Heureusement que d’anciens ministres comme C.Evin ont eu davantage de courage que vous s’agissant de la lutte contre le tabagisme car avec avec des propos comme les vôtres, nous en serions toujours à subir. Il en est de même s’agissant de la pollution atmosphérique dont les les méfaits ne semblent pas vous émouvoir. En attendant, prenez le temps de l’échange avec les médecins (Pneumologues , cardiologues,allergologues,…) et vous comprendrez peut-être les dégâts de ce fléau qu’est la pollution atmosphérique…

Mésange Pinson : C’est curieux que les discussions ne portent jamais sur le paramètre des mobilités, comme s’il était tabou d’évoquer de possibles réductions de celles-ci. Beaucoup de mobilités ne résultent pourtant pas de choix personnels, mais sont contraintes, dues à l’éloignement des emplois, commerces et services par-rapport aux lieux de résidences. Ah, mais voilà, envisager le rapprochement de ceux-ci vers les usagers nuirait à la liberté et à la profitabilité des entreprises, et ça, on n’y touche pas. Redéployer de la proximité des réponses aux besoins sur tout le territoire, finalement, cela serait plus efficace à long terme.

Marc Girod : Bien sûr les pollutions disparaîtront par enchantement ! Il suffit d’attendre.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

ZFE, une étape vers le dévoiturage (4 juin 2025)

extraits : Suppression des ZFE : les députés votent la fin de ces zones à faibles émissions qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants. La mesure a été approuvée, contre l’avis du gouvernement, par les députés de droite, d’extrême droite, les insoumis (!) et quelques macronistes. Ils jugent injuste ce dispositif visant à lutter contre la pollution aux particules fines. Sa fin reste suspendue au vote sur le projet de loi tout entier… Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Avec la suppression des ZFE, Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible….

Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out ! (31 mai 2025)

extraits : Le 8 octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des transports, réunit les quinze villes et métropoles les plus polluées de France pour annoncer le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE). La future ex-première ministre évoque « une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national ». Mais la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée le 28 mai 2025. Ce vote dissident du 28 mai 2025 devra être confirmé par celui sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique….

ZFE, la zone des frénétiques écolos Lire la suite »

De nouveaux mots expriment notre désarroi

Des expressions ont été médiatisées pour nous faire croire que l’avenir allait être radieux, « progrès technique », « développement durable », « croissance verte », « transition écologique »… tout va se passer en douceur, l’urgence écologique attendra. Mais l’inquiétude croissante de l’opinion publique invite à mettre de nouveau mots sur nos maux.

Glenn Albrecht* invente des néologismes en phase avec la détérioration de notre planète, il y voit une stratégie politique : « Ce que nous faisons subir à la Terre est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cela crée en nous des émotions pour lesquelles nous n’avons pas encore de mots. Or, si nous voulons agir, il faut pouvoir les décrire précisément ». Installé dans l’est de l’Australie ce « fermosophe » ou fermier philosophe est devenu célèbre en inventant le concept de « solastalgie ».

« La solastalgie, c’est le sentiment de perte que vous ressentez lorsque le lieu que vous avez toujours connu n’existe plus. C’est avoir le mal du pays dans son propre pays. » Ce néologisme formé de la racine latine sola (le réconfort) et de la racine grecque algos (relatif à la douleur) est formulé pour la première fois en 2005 dans la revue australienne Philosophy, Activism, Nature, le terme a depuis fait florès. Une autre de ses inventions sémantiques, « symbiocène », autrement dit l’ère qui succédera, si tout se passe bien, à l’actuel anthropocène, période à partir de laquelle l’activité humaine a commencé à modifier l’histoire de la Terre pourrait aussi connaître un joli succès : « Au symbiocène, l’empreinte des humains sur la Terre sera réduite au minimum, et toutes les activités humaines seront intégrées dans les systèmes vitaux. » Glenn Albrecht n’est pas naïf, il sait que l’« écoagnosie » (le fait qu’une personne ignore son environnement ou soit indifférente à l’écologie) reste très prégnante. Mais il se veut « un optimiste sans relâche » :

« Nous sommes à l’aube d’une troisième guerre mondiale, une guerre “émotionnelle” entre les créateurs de la Terre et ses destructeurs. ».

Mieux que des néologismes, nous aimerions que soit relayé publiquement un certain nombre d’expression clés sur les changements réels à promouvoir, un langage commun qui ne soit pas réduit à des éléments de langage : Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), fécondité raisonnée (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc. Ce sont les thématiques qui sous-tendent le contenu de ce blog biosphere. A nos lecteurs d’en faire bon usage…

article antérieur du 23 juin 2019, Eco-anxiété, dépression verte, « solastalgie »

* LE MONDE du 10 mars 2020, Glenn Albrecht, gentleman « fermosophe »

De nouveaux mots expriment notre désarroi Lire la suite »

Un langage commun grâce à ce blog biosphere

Noël est un fête pour célébrer l’allongement des journées et l’annonce du réveil de la nature. Noël est une fête pour les chrétiens qui ont récupéré ce moment pour célébrer la naissance du fils de leur dieu. Noël est devenu une fête pour les marchands qui offrent des cadeaux payant à la société de consommation. A chaque période, à chaque groupe social son propre langage. Noël a perdu son sens profond, sur ce blog nous proposons de nouveaux éléments de langage pour nous y retrouver un peu dans ce monde de brut et de brutes. Mais c’est beaucoup plus compliqué que de déterminer le cadeau à choisir pour ses proches…

Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait poser les termes de façon suivante

Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), Malthusien (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc.

Pour mieux comprendre la première expression,  « Acteurs absents ».

Le mot « représentation » peut se comprendre de deux manières. La première concerne la façon dont nos imaginaires contemporains se figurent cette nature, plus ou moins anthropocentrée. La seconde concerne la façon d’inclure la nature dans nos débats et les prises de décision. Évidemment, les deux perspectives sont liées : l’inclusion du vivant dans les décisions dépend largement de notre conception de la nature. Encore faudrait-il installer des chaises pour les acteurs absents. C’est ce  qu’il faudrait faire. Pour en savoir plus, lire :

Tiers-absents ! (juin 2007)

extraits : Il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Tu n’es que partie de la Biosphère, tes décisions sont contraintes. Un jour notre bulletin de vote ira à un candidat aux élections qui prendra en compte l’existence des tiers-absents. Ce jour-là, la démocratie aura fait un pas de géant, au delà de son anthropocentrisme ordinaire…. 

une démocratie élargie aux acteurs-absents (décembre 2009)

extraits : Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au court-termisme ? Il faut que chaque citoyen en position de décision délibérative se fasse l’avocat des acteurs-absents, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations : milieu naturel, être vivants non humains, générations futures. Il faut d’ailleurs remarquer que la génération actuelle peut se permettre d’utiliser autant de ressources non reproductibles (et perturber le climat) uniquement parce que les générations à venir sont exclues du marché actuel pour la simple raison qu’elles ne peuvent y être présentes ; sinon le prix s’élèverait déjà à l’infini. Il y a une dictature du présent sur l’avenir….

La démocratie représentative élargie aux acteurs absents (janvier 2016)

extraits : Les désordres écologiques posent, au niveau global comme local, la question centrale : comment vivre ensemble ? ou plus précisément : comment décider ensemble ? A ce propos, nous montrons que les théories de la négociation dévoilent leurs faiblesses quand elles sont confrontées aux acteurs faibles et aux acteurs absents ; deux entités importantes à considérer dans une problématique environnementale. Afin de faciliter la négociation environnementale dans un contexte multi-acteurs, nous avons mis au point le modèle de l’Acteur en 4 Dimensions (A4D). Testé sur plusieurs territoires….

Acteur absent, pour une représentation démocratique (mai 2016)

extraits : La plupart de nos contemporains vivent au jour le jour. Les politiciens, même réunis dans une conférence internationale sur le climat, ne raisonnent pas beaucoup plus loin que les intérêts immédiats de leurs électeurs. Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au fatalisme et au court-termisme ? En utilisant la notion d’acteur absent dans notre conception de la démocratie représentative.

Acteur absent, élément-clé d’une démocratie écologique (août 2016)

extraits : La politique repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante s’efforcent de propager dans la presse et d’inculquer à l’opinion publique. Michel Sourrouille propose aux électeurs dans son dernier livre un lexique pour pouvoir mieux se situer face aux jeux du pouvoir et mieux comprendre les enjeux de la démocratie. Exemple : Acteur absent (ou tiers absent), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

Penser l’avenir au nom des acteurs absents (octobre 2021)

Le texte intégral de Michel SOURROUILLE a été publié par LE MONDE

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

extraits : Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Nommer permet de représenter, de pouvoir en discuter, d’y croire jusqu’à pouvoir en faire un statut social. C’est pourquoi l’expression « acteurs absents » mérite considération. Selon la définition du Dictionnaire du développement durable, il s’agit des générations futures et des non-humains, absents de nos délibérations actuelles. Une expression nouvelle permet de rendre visible l’invisible. C’est possible, les religions du livre en témoignent : elles font célébrer un dieu abstrait dont l’existence ne pourra jamais être prouvée. Par contre, les enfants de nos enfants et la biodiversité dans la nature sont une réalité tangible dont l’avenir est compromis.

Il n’y a pas eu un seul commentaire si ce n’est celui de Michel Sourrouille  : « Pour résumer mon analyse, trop complexe peut-être. Si tu dois décider de quelque chose, tu dois tenir compte de tes propres centres d’intérêt, mais aussi du sort des générations futures et de la biodiversité (les acteurs absents) qui sont nécessairement impactées par les conséquences de tes décisions présentes. Cela est valable autant dans nos comportements quotidiens (manger de la viande par exemple, avec effet sur le climat) que dans les délibérations politiques (condition animale par exemple) qui ne doivent pas rester centrées sur des intérêts catégoriels ou même nationaux. Une démocratie ne peut véritablement fonctionner que si tous les citoyens et électeurs font preuve d’ouverture d’esprit, et la considération des générations futures ainsi que des non-humains est un des éléments de cette aptitude… Est-ce plus clair ainsi ? »

Acteurs absents de nos délibérations présentes (juillet 2022)

extraits : Le suffrage universel est une conquête récente qui s’est progressivement élargi à des acteurs de plus en plus nombreux, ce qui a permis un certain approfondissement de la démocratie. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote aux femmes et aux adulescents si on pouvait inclure dans la participation électorale les êtres vivants non humains, le milieu naturel et les générations futures. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents ou tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération sans participation vraiment universelle ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions : on s’immerge dans la défense d’un groupe particulier et/ou on ignore le long terme….

M. Sourrouille représente les acteurs absents (mai 2024)

extraits : Les acteurs, militants ou experts, s’appuient moins sur l’argument de protection de l’humanité. Il s’agit désormais de préserver la nature, voire de lui refaire gagner du terrain pour elle-même. En parlant au nom d’êtres qui n’ont pas la parole (faune, flore, océan, nature en général), les militants ou les experts se positionnent en porte-parole. Diverses expérimentations existent. Un groupe de travail de l’Agence française de normalisation a, par exemple, mis en place une « chaise vide pour le vivant », qui incarne la présence de la nature à la table de discussion. Lors des réunions, chacun peut venir s’y asseoir pour devenir porte-parole de la nature (ou d’une entité vivante)….

BONUS

Nécessité pour la foule, partager un langage commun

Plus le nombre de personnes ayant à se mettre d’accord sur une décision à prendre est important, plus les points communs à leur réflexion sont réduits. On peut donc dire que les considérations de chaque individu (ou États) ne s’ajoutent pas, au contraire, elles s’annihilent ! Des immeubles construits par plus de 195 personnes, il y en a beaucoup. Mais ils ne sont jamais le fruit de la volonté d’un si grand nombre de personnes. C’est là qu’on retrouve la structure pyramidale habituelle de la société… avec un « chef » architecte qui décide en définitive tout seul, comme notre auto-constructeur. Souvenons-nous : L’homme est un animal de petit groupe. Alors oui : lorsqu’il s’agit de réfléchir en petit groupe, au niveau de son clan, POUR SON CLAN, les individus qui composent ce clan sont capables d’aboutir à une réflexion commune, un consensus. Mais au niveau national ou mondial, les compétences dans la réflexion s’annulent. En d’autres termes : 8 milliard de personnes, cela fait une capacité d’action qui tend vers l’infini. 8 milliard de personnes, cela fait une capacité de réflexion qui tend vers zéro.

Un langage commun grâce à ce blog biosphere Lire la suite »

Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

Il n’est pas de solution militaire à un problème politique. Dans le contexte de réarmement militaire, voici le résumé d’un livre qui réveille sans sonner le clairon.

Maudite soit la guerre de Pierre Douillard-Lefèvre

Le réarmement militaire actuel

1922. Au cœur du village de Gentioux dans la Creuse, un monument aux morts construit en 1922 proclame « Maudite soit la guerre ! » Un enfant en blouse d’écolier lève son poing rageur vers le ciel, un orphelin devant la plaque gravée des 63 noms de villageois morts durant la guerre.

2025. Lorsque vous sortez de la gare, la vue de militaires de la patrouille Sentinelle, équipés de fusils d’assaut, vous rappelle que l’espace public est militarisé depuis près de trois décennies au nom de la « menace terroriste ».

Depuis 1945, plus de 210 conflits armés ont tué 25 millions d’êtres humains. De 2020 à 2023, on recense 170 conflits armés en cours, majoritairement des guerres civiles. La guerre moderne est désormais presque toujours asymétrique et l’écrasante majorité des victimes ne participaient pas au combat.

Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 718 milliards de dollars en 2024,soit une augmentation de 9,4 % par rapport à 2023. L’union européenne, championne de l’austérité quand il s’agit de dépenses sociales, débloque la somme vertigineuse de 800 milliards d’euros pour un plan baptisé ReArm Europe, soit une augmentation de plus de 50% par rapport à 2024.

Voici résumé le grand paradoxe de notre temps : au moment où la guerre menace et que le militarisme fait son grand retour, l’antimilitarisme n’a jamais semblé aussi marginal. L’antimilitarisme musical de Brel, Brassens, Vian ou Anne Sylvestre est un vestige méconnu des nouvelles générations. Depuis la fin du service militaire obligatoire, les collectifs de réfractaires ont disparu. Dans le même temps, les générations ayant vécu dans leur chair les atrocités du siècle dernier s’éteignent peu à peu.

L’origine de la guerre

Depuis les premières cités antiques, la guerre est le processus fondateur des États. Les premières villes coïncident avec l’apparition des hiérarchies, des guerres et de l’accaparement des richesse par quelques-uns. La guerre est un processus de violence extrême, institutionnalisée, et de troupes disciplinées. Elle ne peut donc être que le fruit d’un pouvoir centralisé disposant d’un classe de guerriers. La notion de masse, de hiérarchie et de territoire est déterminante. Les premières armées professionnelles apparaissent en Mésopotamie il y a six millénaires, et sont liés à des conflits pour les droits sur la terre ou approvisionnement en eau, avant de devenir des guerres pour imposer la suprématie politique d’un roi ou d’une cité sur les autres. Ainsi les États ne sont jamais que des clans armés – c’est-à-dire des mafias – qui ont réussi en rançonnant la population en échange d’une « protection ».

La nation naît de l’État, non l’inverse. La troisième république n’a réussi à imposer le français comme langue unique que dans les tranchées de la première guerre mondiale. Qu’y avait -il de commun entre un breton, un Basque ou un Alsacien avant qu’on ne leur impose une fiction qu’on appelle France ? C’est la guerre qui forge l’affirmation d’un sentiment national, la fierté d’appartenir à une terre. Le nationalisme mène aux massacres. Les sondages montrent que les dirigeants qui lancent des guerres gagnent en popularité, à la manière d’un troupeau mené à l’abattoir qui remercierait son bourreau. La guerre est par définition la raison d’État et l’opacité, au détriment de toute liberté individuelle.

Pompée, Alexandre, Clovis, Tamerlan, Bonaparte, notre panthéon collectif est dévolu aux chefs de guerre, jamais à ceux qui ont tenté de s’y opposer, ni à leurs millions de victimes.

La fabrique du consentement

La première bataille est celle des mots. Tuez un homme, vous êtes un assassin ; tuez des milliers, vous êtes un héros. La guerre est un phénomène absurde qui consiste à envoyer des inconnus se massacrer au nom d’idées et de valeurs abstraites. Pour y parvenir, la fabrique du consentement au militarisme est l’étape la plus cruciale. Voici quelques « commandements » utilisés par faire accepter l’entrée en guerre : « Nous ne voulons pas la guerre »… « Le camp adverse est le seul responsable de la guerre »… Il s’agit de produire des storytelling simplistes qui marquent l’opinion. Benyamin Natanyahou, poursuivi pour crime contre l’humanité, réclame sans rire le prix Nobel de la paix pour son complice Donald Trump lors d’un dîner officiel. La grande majorité des productions culturelles de masse parle de guerre, nous connaissons les personnages de chevalier ou de héros mieux que les espèces d’oiseaux ou les essences d’arbre.

Avec l’instauration de l’école gratuite et obligatoire, l’État français a bénéficié d’un relais privilégié sur tout le territoire pour atteindre tous les enfants. A partir de 1882, la République organise des « bataillons scolaires » : les écoliers défilent au pas et s’entraînent au tir à la carabine. Les enseignants sont chargés de « faire aimer la patrie et former les jeunes citoyens à l’impératif de la défense ». A partir de septembre 2025, la journée défense citoyenneté (JDC), obligatoire pour tous les jeunes, est « militarisée » et transformée en passerelle assumée vers le recrutement. Un général déclare sas détour qu’en prévision d’une « confrontation militaire », il faut « identifier à l’avance des viviers » de soldats. Le 13 juillet 2025, Macron mettait en avant l’acceptation du sacrifice ultime ».

La guerre à la nature

La plus grande des guerres menées par l’Homme est celle qui s’exerce contre la nature. Les sociétés hiérarchisées n’ont eu de cesse de dominer, mutiler, asservir la faune et la flore.

Pourtant l’écologie politique en Europe semble avoir renié la tradition antimilitariste qui faisait pourtant partie de on ADN. En Allemagne, l’ancien ministre écologiste Joschka Fischer déclare que « le service militaire obligatoire doit être réintroduit pour les deux sexes ». En France le parti « Les Écologistes » reprend sans recul la propagande de guerre et s’aligne sur les positons du gouvernement Macron. Marine Tondelier parle de « financer l’effort de guerre » et la présidente des députés écologistes déclare à l’Assemblée que « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique de s’affirmer comme une force militaire ». Le vert vire au kaki, un mélange indigeste qui fait coexister la défense de la planète et l’augmentation des moyens pour la détruire. L’écologie avait abandonné l’anti-capitalisme, elle se débarrasse désormais de son pacifisme.

(éditions divergences 2025)

Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre) Lire la suite »

Comment vivre sans les réseaux sociaux ?

Vivre sans smartphone, c’est possible. Tous les parents sans exception devraient interdire l’usage d’un smartphone par leurs enfants. Et le meilleur moyen pour arriver à ce résultat, c’est que les parents se passent eux aussi de smartphone et de réseaux sociaux.

AFP : Depuis mercredi, Facebook, Instagram, YouTube, TikTok, Snapchat, Reddit, ou encore les plateformes de streaming Kick et Twitcho, ont l’obligation d’interdire l’accès aux utilisateurs australiens de moins de 16 ans.

L’entreprise Reddit, située aux Etats-Unis, attaque en justice ctte interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans. Dans un communiqué, elle convenait de l’importance de protéger les jeunes, mais que la nouvelle loi australienne avait « l’effet regrettable de contraindre les adultes comme les mineurs à des processus de vérification intrusifs et potentiellement peu sûrs ». Selon la plateforme, la nouvelle législation pourrait aussi isoler les adolescents d’« expériences communautaires adaptées à leur âge », ainsi que « créer un patchwork illogique de plateformes incluses et d’autres qui ne le sont pas ».

Le gouvernement australien a souligné de son côté qu’il était « du côté des parents et des enfants australiens, pas des plateformes… Nous ne céderons pas, afin de protéger les jeunes Australiens des dangers des réseaux sociaux. » La ministre des communications, Anika Wells :

« Les plateformes en ligne utilisent la technologie pour cibler les enfants. Nous leur demandons simplement d’utiliser cette même technologie pour assurer la sécurité des enfants en ligne… Nous voulons que les enfants aient une enfance et que les parents aient l’esprit tranquille »

Le point de vue des écologistes

Dans les années 1950 en France, il n’y avait ni téléphone, ni téléviseur, encore moins d’ordinateur et de numérisation de notre monde. On s’en portait très bien, on peut se satisfaire des petits riens dans l’existence, aller au travail à pied, discuter avec le voisins, aller au bistrot du coin, faire une belote en famille, laisser les enfants jouer dans le jardin…

Aujourd’hui le confort des écouteurs nous extraient de la compagnie de nos semblables. Notre « prosternation » permanente devant le portable est synonyme d’enfermement, d’addiction et d’aliénation. Jamais on n’a autant communiqué, mais sans parler aux autres. Paroxysme en la matière, les réseaux sociaux incarnent un monde de l’autre sans autres. Alors que nous n’avons jamais été autant connectés, jamais le sentiment de solitude n’a été aussi répandu. Le principal danger, plutôt qu’être anesthésié par notre portable, c’est de ne plus en être conscient.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Le Danemark vent debout contre les écrans

Mette Frederiksen, première ministre du Danemark :« Nous avons accepté les téléphones portables dans la vie de nos enfants avec les meilleures intentions. Pour qu’ils puissent appeler à la maison et communiquer avec leurs amis. Mais, en réalité, nous avons libéré un monstre… Jamais auparavant autant d’enfants et d’adolescents n’ont souffert d’anxiété et de dépression … Beaucoup ont des difficultés à lire et à se concentrer… Sur leur écran, ils voient des choses qu’ils ne devraient pas… 60 % des garçons âgés de 11 à 19 ans ne voient pas un seul de leurs amis physiquement pendant leur temps libre au cours d’une semaine… »

Caroline Stage Olsen, ministre danoise du numérique : « Nous avons été trop naïfs. Nous avons confié la vie numérique de nos enfants à des plateformes qui n’ont jamais eu à cœur leur bien-être. Ils ont été les pions d’une gigantesque expérience dans laquelle des algorithmes et des fonctionnalités addictives ont été autorisés à contrôler leur quotidien. Cela doit cesser maintenant. » (extraits)

« Pas d’écrans avant 13 ans », c’est un minimum

extraits : Auparavant, les enfants vivaient des aventures, ils circulaient librement à vélo, exploraient les bois. Le jeu libre était un espace où ils pouvaient s’amuser et grandir de façon autonome. Ils vivaient des expériences essentielles au développement du cortex cérébral frontal et de leurs aptitudes sociales. Plus aujourd’hui avec les écrans. Les contenus créés par des intelligences artificielles les rendra encore plus accros aux écrans. Tout cela se terminera mal, très mal….

BONUS

– Sur les réseaux sociaux, les jeunes font des recherches intéressantes 0,1% du temps. Les 99,9% du temps restant, ils y perdent leur cerveau.

– Interdire les réseaux sociaux protège les mineurs de phénomènes systémiques hautement toxiques pour leur équilibre mental.

– Bravo! Il faut passer à 18 ans. Et pourquoi ne pas interdire tout simplement les échanges numériques à tout âge.

– Je ne comprends pas comment une entreprise privée comme Reddit peut attaquer un État souverain…

– Elon Musk, patron de X, a précisé que son groupe se conformerait à l’interdiction.

– La Nouvelle-Zélande, pays voisin, ainsi que la Malaisie réfléchissent à des restrictions similaires à l’Australie.

– En France, Emmanuel Macron, mercredi 10 décembre, a répété qu’il souhaitait « imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l’âge » des utilisateurs et interdire leur accès aux moins de « 15 ou 16 ans », dans le cadre d’un projet de loi déposé au début de 2026.

– Excellent ! Et pour échanger, les ados reviendront aux bonnes vieilles méthodes : discuter entre eux en « vrai ».

Comment vivre sans les réseaux sociaux ? Lire la suite »

Faisons des cadeaux à la FEP

Pour mener à bien ses missions, la Fondation de l’Écologie Politique a besoin de vous. En faisant un don simple, vous nous donnez l’énergie d’avancer. En faisant un don régulier, vous nous offrez de la visibilité financière et de la capacité à agir dans une période où l’incertitude règne. Notre objectif, rassembler près de 1000 potes, ami.e.s ou compagnon.ne.s de de route pour faire un bout de chemin avec nous.

JE FAIS UN DON DÉFISCALISÉ

JE DÉCOUVRE LES CONTREPARTIES

Aidez nous à transmettre la mémoire du mouvement écologiste

Depuis 2015, la Fondation investit beaucoup pour collecter, classer et valoriser les archives de l’écologie. En 2024, avec nos nouveaux locaux et le soutien grandissant de nos partenaires, nous avons pu franchir un cap. Aujourd’hui notre travail est de plus en plus reconnu, nous accueillons de plus en plus de chercheur.se.s, etc. Mais il reste encore énormément de travail pour que la mémoire de toutes celles et ceux qui ont porté l’écologie depuis les années 1960 et 1970 soit transmise et nourrisse les batailles politiques d’aujourd’hui.

Aidez nous à remettre l’écologie et les sciences au centre du village (… et inversement)

Telle est notre boussole. Dans une société abîmée par la défiance, la désinformation et les attaques contre l’écologie, nous prenons le parti de celles et ceux qui s’appuient sur la méthode scientifique pour informer les débats qui traversent notre vie démocratique.

Dans un même mouvement, c’est le « village », le quotidien et les aspirations des classes moyennes et populaires que nous voulons replacer au cœur des pensées de l’écologie politique et des transformations écologiques. Nous prenons notre part à la construction d’un nouveau contrat écologique et social.

Faisons des cadeaux à la FEP Lire la suite »

Faisons des cadeaux à Sciences Citoyennes

Sciences Citoyennes lance un appel à dons

Nous vivons un moment de bouleversements. Les extrêmes droites et/ou leurs idées parviennent au pouvoir sur tous les continents – accompagnées d’un amoindrissement des libertés associatives, académiques et citoyennes. Depuis deux décennies, Sciences Citoyennes mène un travail de fond pour dessiner un autre projet de société. Ce travail, parfois peu visible, porte ses fruits. La recherche participative se développe peu à peu, notre plaidoyer pour une autre recherche – avec et pour la société, trouve un écho grandissant auprès des pouvoirs publics. 

Il n’est pas l’heure de ralentir ! 

Nous sommes mobilisé·es sur plusieurs fronts et dans le contexte politique contraint que nous connaissons, chacun de vos dons est précieux et a un réel impact sur notre capacité à poursuivre nos combats.

👉 Faire un don : https://urls.fr/wT6V8S

Tout savoir sur les Conventions citoyennes

Les vidéos des colloques sont disponibles

Du 30 septembre au 17 octobre, Sciences Citoyennes a organisé un cycle de colloques sur les Conventions citoyennes, avec le soutien du député Hendrik Davi, du sénateur Yan Chantrel et de Démocratie Ouverte.

L’objectif de ce cycle était de donner la parole à des observateurs et observatrices de ces types de dispositifs, des personnes qui les ont vécus de l’intérieur et des acteurs et actrices qui portent un plaidoyer visant à inscrire les Conventions citoyennes dans la Constitution

Les thèmes proposés étaient les suivants :

– 30 septembre (en ligne) : Analyse des forces et faiblesses des Conventions citoyennes

– 7 octobre (en ligne) : Les Conventions citoyennes par celles et ceux qui les ont vécues

– 17 octobre (à Paris) : Inscrire les Conventions citoyennes dans la Constitution

Les captations vidéos sont maintenant disponibles sur notre chaîne Youtube.

Faisons des cadeaux à Sciences Citoyennes Lire la suite »

Faisons des cadeaux à Zero Waste

Zero Waste France est une association citoyenne et indépendante qui milite pour la réduction des déchets et une meilleure gestion des ressources. Depuis plus de 25 ans, nous agissons pour faire avancer les politiques publiques, informer et mobiliser les citoyen⸱nes, et accompagner les acteurs et actrices de terrain vers le zéro déchet, zéro gaspillage. 

Très concrètement, en 2025, nous avons lutté pour  : 

🌱 Faire appliquer les mesures écologiques, notamment le tri à la source des biodéchets, et éviter des reculs, comme le retour du plastique dans les cantines scolaires ; 

👗 Stopper les dérives de la fast-fashion et faire adopter une régulation du secteur ambitieuse ; 

🥤 Se libérer de la dépendance au plastique, en soutenant une régulation ambitieuse et la généralisation du réemploi des emballages ;

🏭 Stopper le développement de l’incinération et du recyclage chimique, en alertant sur les conséquences sanitaires et environnementales de ces modes de traitement et en mobilisant nos groupes locaux sur tout le territoire ;

💻 Dénoncer les stratégies d’obsolescence programmée, et d’obsolescence logicielle des géants de la tech comme Microsoft, source massive de déchets électriques et électroniques ;

📍 Faire appliquer des mesures ambitieuses au niveau local, en accompagnant et en formant les militant⸱es du réseau Zero Waste pour qu’ils et elles portent des propositions ambitieuses auprès de leurs candidat⸱es aux prochaines élections municipales. 

Découvrez, dans cet article, comment vos dons ont directement contribué à nos actions :

Je découvre l’article

Toutes ces actions sont rendues possibles grâce au soutien de plus de 4 000 citoyennes et citoyens, qui garantissent notre indépendance et nous permettent d’agir pour construire une société plus respectueuse de l’environnement et des personnes. 

En 2026, grâce à vos dons, nous pourrons continuer à enquêter et alerter sur les dérives de la surproduction, interpeller les pouvoirs publics pour faire évoluer la réglementation, et défendre une approche zéro déchet, zéro gaspillage ambitieuse, qui donne la priorité à la réduction à la source.

Merci pour votre confiance et votre engagement à nos côtés depuis de nombreuses années.

Chloë, Responsable de la mobilisation citoyenne

Je fais un don 

Si vous êtes imposable, 66 % de votre don est déductible de votre impôt sur le revenu.

Faisons des cadeaux à Zero Waste Lire la suite »

Écologie, le ministère de l’impossible

Marine Braud a été au cœur des politiques écologiques. Conseillère dans le cabinet d’Elisabeth Borne au ministère de l’écologie puis à Matignon, bras droit de Barbara Pompili au moment de la rédaction de la loi Climat et résilience, conseillère à l’Elysée, directrice de cabinet de Sarah El Haïry à la biodiversité… Elle a publié « Qui aurait pu prédire ? Leçons de dix ans de politiques écologiques depuis l’accord de Paris ».

Matthieu Goar : Ce livre décrypte les immenses défis politiques de la transition écologique.Une transition bousculée par la « tragédie des horizons » avec un long terme entravé par l’instabilité politique ; une transition qui doit sans cesse réfléchir à l’acceptabilité ; une transition qui a besoin de la mobilisation des fonctionnaires de l’Etat et de l’ensemble des ministres… La loi Climat et résilience est attaquée de toutes parts, avec des « acteurs publics se renvoyant la balle » et laissant le champ libre aux extrêmes. « A force de prudence, par peur de braquer des citoyens qu’on sait évidemment attachés à leur voiture, un silence s’est installé dans lequel les discours populistes se sont engouffrés. Nous avons perdu la bataille de l’opinion », tranche Marine Braud, qui avait été une des premières macronistes à théoriser l’importance d’une planification écologique finalement mise en place en 2022.

L’historique du ministère de l’impossible

Rien de nouveau sous le soleil. Après sa création en 1973, le premier ministre de l’écologie Robert Poujade écrit dans son livre-témoignage de 1975, « Le ministère de l’impossible »  :

« Vous n’aurez pas beaucoup de moyens. Vous aurez peu d’action très directe sur les choses. » prévient le président de la République Georges Pompidou. Les autoroutes se multiplient, le ministère de l’Environnement a le droit d’émettre un avis sur le tracé, en aucun cas de s’interroger sur son bien-fondé. Pompidou martèle qu’« il faut adapter la ville à l’automobile » ; on ferme des voies de chemin de fer ; on développe l’agriculture intensive…

Vingt ans plus tard, Corinne Lepage tire de son expérience gouvernementale en 1995-1997 un livre « On ne peut rien faire, Madame le ministre »  :

« Le principe d’intégration qui veut que l’environnement soit intégré en amont de tous les choix publics est piétiné… Les ministères de l’agriculture, de l’industrie, des transports, de la santé, gèrent désormais seuls ou presque les pesticides et les nitrates, les choix énergétiques, le bruit des avions et les pollutions de la mer… Le ministère de l’agriculture sera celui des agriculteurs, le ministère des transports celui des transporteurs 

Nommé ministre de l’écologie et du développement durable en 2004, Serge Lepeltier ose dans son allocution de départ :

« Ceux que l’on dérange, les représentants d’intérêts particuliers, ne souhaitent qu’une chose, c’est que ce ministère n’existe pas. C’est ma crainte. On ne le supprimera pas, c’est impossible politiquement. Mais, sans le dire, on risque de n’en faire qu’une vitrine. »

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’écologie en 2009-2010 :

« On m’a fait venir au gouvernement en me disant « on veut une écolo moderne ». En fait, ils voulaient l’image, mais pas le son. Et moi, j’ai produit du son ! J’étais en désaccord avec le premier ministre François Fillon sur la construction du circuit de formule 1 dans les Yvelines, ou la taxe carbone, je l’ai dit. On me l’a reproché. « Maintenant que tu es ministre, tu n’es plus une militante, mais une politique » m’a dit François Fillon. Sous-entendu : tu dois savoir taire tes convictions. .. »

Nicole Bricq, ministre (socialiste) de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie du gouvernement Hollande, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 au 18 juin 2012). Elle a été virée par le premier ministre (socialiste) Jean-Marc Ayrault pour avoir annoncé la suspension des permis d’exploration d’hydrocarbures, une décision pénalisant l’entreprise pétrolière Shell, qui prospectait au large de la Guyane. Sa remplaçante entre juin 2012 et juillet 2013, la socialiste Delphine Batho, a été aussi limogée par Jean-Marc Ayrault… parce qu’elle contestait la faiblesse du budget qui avait été attribué à l’écologie ! Dans son livre de 2014, « Insoumise », elle relate le clash :

« Sur RTL, j’affirme sciemment le 2 juillet 2013 que le budget du ministère de l’écologie était « mauvais”, car en baisse de 7 %. Faire de mon budget la plus forte coupe budgétaire de toute la loi de finances est lourd de sens politique ». Quelques minutes plus tard, je reçois un SMS de Jean-Marc Ayrault : « Tes déclarations sur ton budget sont inadmissibles, je te demande de rectifier. » A 18h08, le communiqué de la présidence de la République tombe à l’AFP : « Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a mis fin aux fonctions de Madame Delphine BATHO… » Comme le constate l’ex-ministre, « la Bourse ne fera jamais le choix de la transition énergétique. Je sous-estimais, avant d’occuper les fonctions de ministre de l’Ecologie, la vigueur du lobby pétrolier en France. Les lobbies industriels sont forts et puissants. Mais ils sont surtout forts de la faiblesse des gouvernants en face d’eux. »

Son successeur de juillet 2013 à mars 2014, Philippe Martin, a dénoncé de même ces gens-là qui « chuchotent à l’oreille des puissants que cela va nuire à l’emploi, à la croissance, ils parlent mal de vous dans les dîners en ville, ils essaient d’influer les parlementaires ». Le lobbying est omniprésent.

Emmanuel Macron devient président le 14 mai 2017. Le 17 mai, Nicolas Hulot est nommé ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire.

« Seul à la manœuvre », ainsi Nicolas Hulot qualifiait-il son passage au ministère de la Transition écologique en annonçant à la radio le 28 août 2018 sa décision de démissionner du gouvernement. Écologiste sincère et médiatiquement reconnu, le nom de Nicolas vient allonger la liste des ministres de l‘écologie repartis frustrés, dépités par leur expérience au gouvernement, ne parvenant pas à inverser durablement le cours des choses : l’effondrement de la biodiversité se poursuit, l’artificialisation des sols continue, la France est en retard sur les énergies renouvelables, la consommation de pesticides est en augmentation… Dans son ultime témoignage médiatique, Mr Hulot dénonçait lui aussi « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ». Sous la présidence d’Emmanuel Macron, un palier a été franchi. Les relations entre la haute fonction publique et les grandes entreprises sont plus fortes, ce sont les mêmes copains de promo, les mêmes dîners en ville, c’est assumé et il n’y a pas de contrepoids politique.

En juillet 2022, Christophe Béchu est nommé ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Face au Black Friday, Christophe Béchu dégaine les « dévendeurs », clip télé  en faveur de la réparation et du réemploi :

« Le dérèglement climatique nous impose des choix de société. Si nous voulons mener à terme notre transition écologique, nous n’avons pas d’autre choix que d’aller vers plus de sobriété dans notre façon de consommer... » La Confédération des PME réclame aussitôt l’arrêt de cette campagne de communication.

En 2024, Léo Cohen fait un constat similaire de blocage après avoir passé « 800 jours au ministère de l’impossible ». Membre des cabinets de Barbara Pompili, lorsqu’elle était secrétaire d’État à la Biodiversité, de 2016 à 2017, puis de François de Rugy, ministre de la Transition écologique, de 2018 à 2019, il ne peut que constater :

« J’ai été deux fois conseiller dans deux gouvernements différents, issus de deux majorités différentes, et j’ai observé à chaque fois les mêmes dysfonctionnements… » La même impuissance.

Pour un livre paru début 2024, Justine Reix a mené l’enquête sur le ministère de l’écologie pendant deux ans, à la rencontre de ministres, de députés, de lobbyistes. Elle constate que le ministère de l’écologie n’a cessé de voir son budget et ses effectifs fondre, année après année et l’espérance de vie du titulaire est une des plus courtes au sein du gouvernement. Alors, le fait de placer le ministère de l’écologie comme numéro deux ou trois relève seulement de la poudre aux yeux. Roquelaure est le siège d’un ministère transversal confronté à ses ennemis, l’économie, mais aussi l’agriculture, l’éducation ou les armées. Il y a concurrence temporelle entre l’écologie – dont les bénéfices se mesurent à long terme – et un système politique centré sur le court terme, dont la priorité est de faire baisser la dette et le taux de chômage pour voir ses dirigeants réélus.

Jusqu’à aujourd’hui en 2025, les ministres successifs ont été de désillusion en désillusion. Les présidents sont au service d’un système croissanciste pour lequel la destruction des équilibres naturels n’a aucune importance. Industriels, consommateurs et politiciens vivent dans le court terme…

Écologie, le ministère de l’impossible Lire la suite »

La Snanc, serpent de mer de la politique

La genèse de la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) est une saga sans queue ni tête. La Snanc, plus personne n’y croit. La loi climat de 2021 disposait que ce texte devait être publié au plus tard le 1er juillet 2023, on attend toujours.

Stéphane Foucart : Les exigences de l’industrie agroalimentaire l’ont emporté sur l’intérêt général. Jeudi 27 novembre 2025, un briefing téléphonique est accordé aux journalistes et un déplacement de trois ministres (agriculture, écologie et santé) est annoncé pour le lendemain afin de présenter la Snanc. Quelques heures plus tard, le déplacement ministériel est annulé sans explications. Le lendemain matin, Radio France révèle que le texte que s’apprête à publier le gouvernement a été expurgé d’un objectif visant à « limiter les aliments ultratransformés » – une suppression demandée de longue date par l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA). Explication d’un représentant du ministère de l’agriculture : « Le terme d’aliment ultratransformé ne dispose actuellement pas de définition, ni scientifique ni réglementaire. » C’est la reprise, à l’identique, des éléments de langage de l’ANIA.

Matignon dit n’avoir rien arbitré. Résultat : on attend toujours la Snanc, et la farce peut continuer. Jamais dans la Ve République la porosité entre les grandes entreprises et le service de l’Etat n’avait été aussi ouvertement assumée. Parmi les ministres et les secrétaires d’Etat qui se sont succédé au gouvernement depuis 2017, on compte des hauts cadres d’Areva, de Danone, de Saint-Gobain, d’Axa, de Carrefour, de Safran, de Veolia ou de TotalEnergies. Selon un décompte réalisé à l’été 2023 par l’Observatoire des multinationales, « 34 % des ministres et secrétaires d’Etat des quinquennats d’Emmanuel Macron venaient du monde des grandes entreprises, et 51 % de ceux qui avaient quitté le gouvernement avaient rejoint le secteur privé ». Le directeur de la communication de l’ANIA a rejoint le cabinet du premier ministre le 22 novembre 2025.

Le point de vue des écologistes

Macron ne fait pas exception, au plus haut niveau les politiciens sont noyautés par les grandes firmes. A la commssion envionnemnt du parti socialiste, l’écologiste infiltré Michel Sourrouille avait d’un té un membre du CEA et de l’autre l’introducteur des OGM en France. Il n’est donc pas étonnant qu’arrivés au pouvoir, Hollande et son ministre Ayrault on très vite licencié la ministre socialiste de l’écologie Delhine Batho qui voulait résister au lobbying.

Lire, Insoumise de Delphine Batho (livre de 2014)

Si les grandes firmes ont le pouvoir, c’est parce que les consommateurs se font avoir par les prix bas et la facilité d’usage : les aliment ultratransformés par exemple sont plébiscités. Un consommtateur, c’est aussi un électeur, les politicients sont dans le court terme de la prochaine élection. Et le système macro-industriel est dans le court terme du profit.

Lire, Nocivité des aliments ultratransformés (AUT)

Enfin les médias, y compris LE MONDE, reste dans le court terme de l’événementiel.. sinon le lecteur ferait faux bond.

Lire, L’impuissance actuelle du journalisme environnemental (26 mars 2013)

extraits :  L’association JNE avait organisé un petit déjeuner de presse à Paris le 18 mars 2013. Les deux intervenants étaient de poids. D’un côté Stéphane Foucart, journaliste scientifique au MONDE, qui publie ce mois-ci « La fabrique du mensonge ». De l’autre côté Guillaume Malaurie, journaliste au Nouvel Observateur, qui a couvert dans ce cadre l’affaire Séralini. la question suivante a été posée à Stéphane et Guillaume : « Quand on compare les surfaces médiatiques des médias, il apparaît que les intérêts commerciaux, soutenus par l’expertise « scientifique », domine le journalisme d’investigation et les préoccupations environnementales. Quelle est la place qu’on vous donne dans vos journaux respectifs, est-ce satisfaisant ? »

Stéphane Foucart a été sincère : LE MONDE est un quotidien, par définition le long terme ne vaut rien par rapport au court terme. Stéphane Foucart estime que son groupe de presse lui donne toute liberté ; mais non seulement le temps lui manque pour approfondir les débats, mais la couverture médiatique est  faussée. Il prend le cas du déclin mondial des pollinisateurs sauvages. Son article sur la question ne faisait qu’une fraction de page, il aurait du être l’élément essentiel de l’actualité ce jour-là dans son journal.

De son côté, Guillaume Malaurie est resté absolument muet sur l’enjeu de ce petit-déjeuner de presse, à savoir les rapports de pouvoir entre la sphère médiatique et les intérêts financiers. Il s’était contenté tout au cours des débats de relativiser la question écologique.

Quelques réactions sur lemonde.fr

François Xavier : Combien d’excellentes chroniques de Stéphane Foucart faudra-t-il encore pour que la très conservatrice macronie cesse de pratiquer le go and stop en matière de santé et d’environnement, avec le soutien zélé de la droite radicale et de l’extrême droite ? Quand tiendra-t-on compte effectivement de la science environnementale ? Quand demandera-t-on enfin à Mme Genevard de démissionner du fait de son extrême collusion avec la Fnsea et l’agro-business ? Quand le Sénat sera-t-il enfin reformé du fait pour que les indispensables réformes écologiques puissent voir le jour ?

Phylis : On se souvient que Nicolas Hulot avait boycotté les États généraux de l’alimentation, en raison d’un déséquilibre flagrant de représentation en faveur de l’industrie agroalimentaire, avant de démissionner en dénonçant le poids des lobbys dans les cercles du pouvoir…

Bernard l. : Si l’on demandait à ces entreprises agroalimentaires de rembourser à la sécurité sociale l’ensemble des coûts de santé liés à la consommation de leurs produits le prix de ces produits deviendrait probablement vite dissuasif. Malheureusement c’est encore et toujours la collectivité qui paye, et on se plaint de l’augmentation des coûts de santé…

 

La Snanc, serpent de mer de la politique Lire la suite »

Nocivité des aliments ultratransformés (AUT)

La place grandissante des aliments ultratransformés (AUT) dans les régimes alimentaires est une menace à l’échelle mondiale et les preuves de nocivité sont suffisamment solides. Pourtant, entre 2009 et 2023, le marché des AUT a crû à l’échelle mondiale de 1 500 milliards à 1 900 milliards de dollars. Comment s’y retrouver ?

Stéphane Foucart : Les AUT sont obtenus grâce à des processus physico-chimiques qui modifient la texture des aliments bruts, leur goût et leur conservation. Des céréales du petit déjeuner, desserts lactés, nuggets et viandes transformées, soupes déshydratées, sauces, biscuits industriels, sodas, etc. contiennent des additifs (émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût, conservateurs et sels nitrités, sucre inverti, etc.) qui ne sont pas utilisés en cuisine traditionnelle. Cela augmente les risques de maladie de Crohn d’environ 90 %, d’obésité abdominale de 33 %, de dyslipidémie de 26 %, de dépression de 23 %, de maladie rénale chronique de 22 %, d’obésité de 21 %. Mais le commerce d’AUT est plus rentable que les autres filières de production alimentaire. Les industriels entravent l’action politique, influencent les perceptions du public, voire pèsent sur la production de connaissance. En 2024, Coca-Cola, PepsiCo et Mondelez [Oreo, Milka, Cadbury, LU, etc.] ont dépensé 13,2 milliards de dollars en publicité, soit presque quatre fois le budget opérationnel de l’Organisation mondiale de la santé…

Le point de vue des écologistes

Certes on pourrait stigmatiser les aliments ultratransformés par les solutions d’étiquetage genre nutriscore. Mais si les consommateurs ne veulent pas lire et continuent à acheter les AUT, parce que c’est pratique, qu’ils leur trouvent bon goût, on ne peut rien y faire : ils continueront à les acheter, même s’il y a une tête de mort sur la boîte ou la bouteille. Les paquets de cigarette ne dissuadent pas, même quand c’est écrit « fumer tue ». Alors quelles politiques publiques mettre en œuvre ?

Interdire purement et simplement les AUT. Mais aussi supprimer toutes les pub sans exception qui coûtent (plus de 500€ par an et par personne) et nous intoxiquent. Le seul critère de choix, que ce soit dans l’alimentaire ou ailleurs, devrait être une analyse avantage/coût comme le fait les associations de consommateurs. Et ajouter le coût écologique et médical.

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr

ti Gilou : J‘ai voulu offrir exceptionnellement une canette de soda à mon petit fils. J’ai regardé sa composition:z 8 morceaux de sucre dans 33cl. J’ai jeté la canette. Certains achètent par bouteilles de 1,5 l.

JBCo2a : En 50 ans les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution ont grandement contribué à détruire nos corps, nos sols, nos paysages, nos centres-villes. Le tout avec la complicité des pouvoirs publics.

PatronVert : J’attends avec impatience la réaction de pm22 ou untel ou tous ces autres soi-disant « lecteurs du Monde » qui ne lisent jamais les articles mais contribuent assidûment. Avec eux, il n’est pas nécessaire de lire les communiqués de la FNSEA, on a tout directement dans notre journal de référence.

Pm22 : 1) en France, les consommateurs ont le choix ; légumes frais, fruits, viande, poisson, farine, huile, etc. C est peu cher si on choisit intelligemment. Si le consommateur ne veux pas cuisiner et préfère acheter des plats « ultra transformés » c est lui qui l a décidé. 2) ces plats sont peut-être nocifs (cela dépasse mes compétences) mais ils n empêchent pas l espérance de vie d atteindre un niveau jamais atteint avant. 3) le problème n est Il pas plutôt que certains en mangent trop , préfèrent les plus gras, sales, sucres et ne mangent que ça. Boudant des produits simples. 4) amusant : j ‘étais hier dans le magasin bio de ma ville. Les rayonnages plein de produits « ultra transformés » bios 5) la conclusion sur Coca Cola est contestable. Ce n’est pas ce soda en lui-même qui pose problème, c est le fait d en boire trop (ultra sucre).

DP502492 : Lorsque Foucart abandonne sa zone de confort sur les pesticides et les PFAS, il choisit des articles qui lui permettent d’enfoncer des portes ouvertes… Accessoirement, il fait preuve d’un mépris de classe extraordinaire en écrivant que les pauvres, principaux clients des UT, seraient incapables de déterminer ce qu’est un AUT, alors que leur seul et unique critère de choix, c’est le prix.

Lucas Danvers : Je reste toujours très gêné de voir qu’on fait des articles de recherche sur les effets de la malbouffe, et surtout qu’on prétend en déduire quoi que ce soit. Les effets de l’alimentation sur la santé, c’est extrêmement difficile à étudier, la faute à des facteurs de confusion inévitables. Du coup, si les gens qui consomment beaucoup d’AUT ont plus de problèmes de santé, est-ce vraiment parce qu’ils mangent mal, ou parce qu’ils sont plus pauvres, font un travail plus éreintant, vont moins voir le docteur, habitent plus des régions où la sédentarité est élevée..

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Aliments ultratransformés (AUT), danger mortel

extraits : La consommation d’aliments ultratransformés (AUT) a fortement augmenté au niveau mondial. Elle représente désormais plus de 50 % de l’apport calorique au Royaume-Uni, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis. En France, environ 35 % de l’apport calorique moyen provient d’AUT ; ceux-ci représentent environ 80 % de l’offre de produits alimentaires de la grande distribution. Mais les humains ne sont pas adaptés à la nourriture industrielle ultra-transformée. C’est la conclusion d’un essai clinique que publie le 28 août 2025 une équipe de recherche dans la revue américaine Cell Metabolism. Les aliments ultratransformés ont des effets négatifs forts sur la santé en seulement quelques semaines….

Nocivité des aliments ultratransformés (AUT) Lire la suite »

René Passet est mort, vive la bioéconomie

Quelle est l’information la plus importante du MONDE papier du 27 novembre 2025 ? Ce n’est pas la page 1 : l’âge de la retraite, éternel serpent de mer et ce n’est pas l’Ukraine avec un plan Trump complètement pourri par les Russes. L’essentiel est quand on incite à penser à la bioéconomie dans la rubrique nécrologie : René Passet s’est éteint dans la nuit du 22 au 23 novembre 2025. Le MONDE lui consacre en page 20 un article sous le titre faussé « René Passet économiste » alors qu’il a combattu toute sa vie pour la bioéconomie, une critique fondamentale de l’économie orthodoxe. La fable de l’économie telle que l’expose la quasi-totalité des manuels de sciences économiques en fait un système circulaire d’échanges de valeurs entre la sphère des entreprises et la sphère des ménages. C’est un système conceptuellement clos, une sorte de machine intellectuelle réalisant le mouvement perpétuel à l’intérieur d’un grand parc aménagé pour la satisfaction à court terme des plus riches, et pour le plus grand malheur de tous à moyen terme.

René est l’un des premiers à avoir prôné le réencastrement de l’économie non seulement dans la société, mais aussi dans la biosphère. Il refusait l’idée que les êtres humains soient de simples individus mus par des intérêts particuliers et prisonniers d’un système marchand. L’économie devrait être au service d’êtres sociaux et, au-delà, du vivant. Intellectuel engagé, il a été le premier président du conseil scientifique de l’ONG de gauche Attac à la fin des années 1990.

René a popularisé une représentation de l’économie, de la société et de la nature en trois cercles concentriques. Alors que l’économie actuellement (le cercle le plus large) a tendance à englober et à dominer les activités sociales (cercle médian), et à ne pas se soucier de la nature (cercle le plus petit), il faut inverser cette hiérarchie. L’économie devient le cercle le plus petit, elle est mise au service de la société qui reste le cercle médian, elle-même contenue dans les limites de la nature (cercle englobant).

Dans Le Monde du 12 janvier 1971

René Passet signe une tribune qu’il tenait comme fondatrice de son engagement – « son grand saut ». Titrée « La science tronquée », elle laisse transparaître une introspection : « L’économiste qui prend conscience de cette réalité [la dégradation de l’environnement] s’aperçoit qu’il est au service d’une science tronquée dont les insuffisances, aujourd’hui éclatantes, l’invitent à un effort d’approfondissement et de remise en cause. »

(extraits) La science économique a fait son apparition à une époque la puissance des moyens de production restait assez limitée pour que l’on puisse utiliser les ressources de la nature sans altérer le principe qui les engendrait. La réserve de richesses constituée par cette dernière paraissait inépuisable. L‘extension du capital technique paraissait seule commander la création des richesses. Tout ce qui pouvait être entrepris, quel qu’en fût le coût pour l’homme et la nature, commandait et commande encore la plupart des décisions.

Un fait nouveau se révèle pourtant aujourd’hui : pour la première fois peut-être dans l’histoire de la vie la multiplication rapide d’une espèce, associée à l’extension de son aire biologique (critères habituels de succès) la menace elle-même. On connaît la forme exponentielle de la croissance démographique : le doublement de la population mondiale, qui avait exigé un siècle et demi entre les années 1750 et 1900, s’effectuera en quarante ans entre 1960 et l’an 2000. En même temps, l’accumulation de moyens techniques de plus en plus puissants donne à cette population un pouvoir de destruction sur la nature qui était impensable jusqu’à ce jour.

– L’homme épuise les sources dont il tire sa subsistance et la nature entre désormais dans le circuit des biens rares et périssables qu’il faut comptabiliser.

– Le développement s’accompagne d’un renforcement de la concentration urbaine. Or, les médecins, psychologues, sociologues, nous informent qu’une densité excessive de population est, pour toutes les espèces, une cause d’usure et une source d’agressivité.

– Il n’est pas sûr que le développement tel qu’il a été réalisé à ce jour, sous la forme essentielle d’une accumulation de biens, ne brise en l’homme quelques-uns des ressorts parmi les plus indispensables à la survie de l’espèce.

– Sous l’effet de l’amélioration des niveaux de vie, la sélection naturelle n’assure plus l’élimination des moins aptes, et c’est un matériel génétique progressivement dégradé qui risque de se transmettre de génération en génération.

La prise en considération de ces coûts conduirait à des orientations de développement très différentes de celles qu’imposent les économies de la matérialité, du rendement et de la rentabilité. Supposons que nous appliquions à la nature et à l’homme la notion simple d’amortissement. Ceci impliquerait, pour nous limiter à quelques conséquences évidentes :

– Que la part d’une production qui altère les possibilités de renouvellement d’une ressource (ou qui implique un épuisement trop rapide d’un gisement non reproductible) soit traitée non point comme un revenu, mais comme une destruction du patrimoine ouvrant, au bénéfice de la collectivité, un droit à compensation ;

– Qu’il en soit de même de toute atteinte (pollution, dégradation de site, amputation d’espace vert, etc.) portée à l’environnement.

On s’apercevrait alors qu’il existe des nations ou des catégories sociales dont le revenu est négatif, c’est-à-dire dont le potentiel humain, technique ou naturel s’épuise plus que ne s’accroissent leurs ressources apparentes. L‘économiste découvre l’importance que revêtent, pour lui, toutes les disciplines consacrées à l’homme. Il s’aperçoit alors inévitablement que, à l’image de la biologie, l’économique est d’abord une science de la vie. »

La pensée de René Passet sur ce blog biosphere

définir l’économie (2009)

extraits : Le petit Larousse nous dit : «  Économie, Art de réduire les dépenses » ou « ce que l’on ne dépense pas ». Ce sens traditionnel a malheureusement  été bien oublié au profit d’une économie de croissance qui a épuisé la biosphère. Pour devenir crédible, les « sciences » économiques (anciennement économie politique) doivent se transformer en écologie appliquée, ou économie biophysique, ou bioéconomie. Pour Yves Cochet, l’économie biophysique part de l’hypothèse que l’énergie et les matières requises pour fabriquer biens et services doivent être tout autant prises en compte que les interactions entre humains. Pour René Passet, les tenants des grandes écoles (néoclassique, keynésienne ou néolibérale), cantonnées dans les limites strictes de la sphère strictement économique, paraissent se situer en deçà des vrais enjeux. René plaide pour un paradigme bioéconomique, un système dans lequel le respect des lois de reproduction de la nature délimite le champ de l’optimisation économique. C’est-à-dire, très exactement le contraire de ce qu’entendent les néolibéraux contemporains comme Gary Becker pour lesquels c’est la gestion de la nature qui doit se plier aux lois de l’économie….

bioéconomie : l’économie comme sous-partie de l’écologie (2011)

(extraits) René Passet : « Il n’est désormais d’économie viable qu’une bio-économie au sens propre, c’est-à-dire une économie ouverte aux lois de la biosphère. Le paradigme qui s’impose aux sociétés n’est plus celui de la mécanique, mais celui de la biologie et des systèmes complexes régissant la survie évolutive de l’humanité et de la biosphère. Dire que l’humanité consomme plus d’une planète est une façon d’affirmer qu’elle a franchi les limites de la capacité de charge de la biosphère. Or, la généralisation des standards européens ou états-uniens actuels, exigerait une quantité de ressources représentant 4 à 7 fois celles dont peut disposer notre planète sans épuiser son patrimoine productif. D’un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié le 12 mai 2011, il ressort qu’une croissance mondiale viable, impliquant un retour aux consommations de ressources naturelles de l’année 2000, exigerait une division par trois des consommations actuelles de ces ressources pour les pays industrialisés, et une stabilisation pour les autres. Les auteurs de l’étude soulignent eux-mêmes que cela ne pourrait être obtenu que moyennant une quantité de contraintes qui « peut être difficilement envisagée ».

Il s’agit d’un tournant décisif. L’économie se trouve confrontée à sa vraie nature d’activité transformatrice de ressources et d’énergies réelles ; elle ne saurait se reproduire elle-même dans le temps que dans la mesure où ses règles d’optimisation restent subordonnées au respect des fonctions assurant la reproduction à très long terme de la nature ; elle est amenée à se penser dans la reproduction du monde. Or, en dépit des crises et des catastrophes qu’il ne cesse de provoquer, le paradigme néolibéral reste encore dominant. L’humanité continue son chemin sur la pente fatale. Il nous faut réhabiliter les économies de proximité, réinventer le monde dans un temps limité. « There is no alternative… » »

Naissance, définition et perspectives de la bioéconomie (2013)

extraits : La séparation entre sciences économiques et sociologie politique est en passe d’être dépassée. C’est l’enjeu de la bioéconomie. En d’autres termes, l’écologie politique est vouée à remplacer l’économie politique. En 1968, Bertrand de Jouvenel écrivait : « Les progrès matériels que nous avons faits tiennent à la mise en œuvre de forces naturelles : car il est bien vrai que nos moyens physiques sont très faibles et, relativement à notre taille, bien plus faibles que ceux des fourmis. Aussi J.B. Say avait-il raison de noter qu’Adam Smith s’égare lorsqu’il attribue une influence gigantesque à la division du travail, ou plutôt à la séparation des occupations ; non que cette influence soit nulle, ni même médiocre, mais les plus grandes merveilles en ce genre ne sont pas dues à la nature du travail : on les doit à l’usage qu’on fait des forces de la nature » Le mot bioéconomie n’était pas utilisé, mais l’intention y était. C’est en 1971 que Nicholas Georgescu-Roegen précise les intuitions de Bertrand de Jouvenel dans The Entropy law and the Economic Process : « La théorie économique dominante considère les activités humaines uniquement comme un circuit économique d’échange entre la production et la consommation. Pourtant il y a une continuelle interaction entre ce processus et l’environnement matériel. Selon le premier principe de la thermodynamique, les humains ne peuvent ni créer ni détruire de la matière ou de l’énergie, ils ne peuvent que les transformer… 

Bioéconomie, mainmise de l’industrie sur la biologie (2014)

extraits : Il y a une définition judicieuse de la bioéconomie, une économie consciente des limites biophysiques. C’est en 2004 que le terme de bioéconomie se retrouve pour la première fois : « Les principales avancées en conservation résultent de la reconnaissance des besoins spatiaux des espèces et des écosystèmes, qu’il s’agit à présent de concilier avec l’omniprésence de l’homme…  En élargissant sa cible à l’ensemble de la biodiversité terrestre, l’écologie de la conservation entre dans l’ère de la bioéconomie. La réconciliation des habitats doit intégrer des variables écologiques, économiques et sociales. » On y retrouve les travaux de Rosenzweig (2003)….

René Passet est mort, vive la bioéconomie Lire la suite »

Présidentielle 2027, Delphine Batho candidate

Après la candidature de Marine Tondelier à une primaire pour la présidentielle 2027, voici une autre offre écologiste. Dans un entretien au Nouvel Obs qui paraîtra le 27 novembre, Delphine Batho annonce que Génération Écologie a choisi de présenter sa candidature à l’élection présidentielle. 

Delphine Batho : « Je suis candidate à l’élection présidentielle pour reconstruire une écologie capable de gouverner. Marine Tondelier et Europe-Écologie-les-Verts ont franchi un Rubicon actant qu’il n’y aurait pas de bulletin écologiste au premier tour. Les quarante dernières années de combats contre l’extrême droite ont montré un épuisement des stratégies défensives et du vote par défaut. L’électorat attendait la construction d’une écologie de gouvernement. Cette attente a été déçue. Une très large partie de la société française sait pertinemment que vouloir sauver la croissance du PIB est incompatible avec la sécurité climatique, celle de notre approvisionnement en eau et en nourriture. ll faut faire table rase pour construire une offre politique positive. »

Soutenez ma candidature POUR !

    • Pour la santé, pour une eau, une alimentation et un air qui ne nous empoisonnent pas, pour reconstruire le système de santé et mettre fin aux déserts médicaux.
    • Pour la sécurité de nos conditions d’existence face au chaos climatique et pour défendre la paix.
    • Pour stopper la profitation, les arnaques de la surconsommation et orienter notre économie vers l’utile, local et résilient.
    • Pour la dignité et le bien-être, par la reconnaissance et l’amélioration des conditions de travail et en sortant 5 millions de personnes de la pauvreté.
    • Pour la jeunesse, dont la situation est une honte nationale. 
    • Pour le temps libéré pour soi, pour les autres, pour le collectif et tout ce qui donne un sens à nos vies.
    • Pour l’abolition du présidentialisme qui tue la démocratie. 
    • Pour une France unie et indivisible, tournée vers l’avenir, porteuse d’une refondation des relations entre humains et avec la nature. 

NB : La « profitation », c’est tout à la fois le profit, l’usurpation de ce profit, et la dénonciation de son caractère injuste.

Le point de vue des écologistes décroissants

Celle qui fut ministre sous François Hollande estime que l’écologie ne peut se permettre d’être absente en 2027. La députée des Deux-Sèvres et présidente du parti Génération Ecologie défend un programme décroissant sur les questions environnementales et ferme sur les questions régaliennes. Elle est la seule parmi les écolos institutionnels à tenir ce discours de vérité, elle a notre sympathie, aidez-là.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Delphine Batho, menée en pédalo par François Hollande (13 octobre 2014)

extraits : Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, a été brutalement virée en juillet 2013. Sur RTL, Delphine Batho ose dire que son budget est “mauvais”, car en baisse de 7%. Quelques minutes plus tard, elle reçoit un SMS de Jean-Marc Ayrault : « Tes déclarations sont inadmissibles sur ton budget, je te demande de rectifier. » Ce qu’elle refuse de faire. Elle demande d’en discuter, affirme qu’elle peut clarifier ses propos, déclare vouloir rester au gouvernement. Mais il semble que la décision du Premier ministre soit déjà prise. Quelques minutes seulement après l’annonce par Ayrault puis Hollande qu’elle est priée de partir, le communiqué de son départ arrive à l’AFP…

L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie (5 mai 2018)

extraits : L‘ex-ministre socialiste du gouvernement Ayrault, Delphine Batho, quitte le PS pour prendre la tête de Génération écologie. Son objectif est de faire de Génération écologie le parti d’une révolution non violente, celui de l’écologie intégrale : « Je veux que l’écologie ne soit plus considérée comme une force d’appoint ou marginale, mais centrale et hégémonique. Quand 15 000 scientifiques disent « bientôt il sera trop tard », l’écologie devient la question historique de ce siècle. Plusieurs formations ont cet objectif : Europe écologie-Les Verts (EELV), l’Union des démocrates et écologistes (UDE, centre), voire Génération. s ou La France insoumise… Aucune d’entre elles ne préconise une ligne d’autonomie, de construire une force politique de l’écologie à vocation majoritaire, pour avoir un gouvernement 100 % écologiste….

La décroissance selon Delphine Batho (8 septembre 2021)

extraits : Le programme de Delphine Batho pour la présidentielle 2022, centré sur le concept de décroissance. Pourquoi la décroissance ?

1. Constat implacable n°1 : la poursuite de la croissance du PIB est incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation du vivant

2. Constat implacable n°2 : la croissance ne fait pas le bonheur, au contraire, elle est synonyme d’explosion des inégalités et de frustrations

3. Constat implacable n°3 : l’objectif de la croissance est le principal obstacle à la transformation écologique 

4. Constat implacable n°4 : depuis longtemps des économistes appellent à rompre avec l’indicateur PIB et à sortir de la croissance…

Delphine Batho, un programme de décroissance (29 janvier 2022)

extraits : Delphine Batho  : Mon parcours personnel est singulier, je suis autodidacte, mon seul diplôme c’est le baccalauréat. Dans mon évolution, le déclic a été lié au refus du président F. Hollande et de son premier ministre de voir écrit le mot « raréfaction » dans un communiqué du Conseil des ministres. Cette obstruction a été justifiée par l’incompatibilité entre l’objectif de croissance, qui était une obsession de ce président, et le constat de la raréfaction des ressources. La prégnance de la croissance est de l’ordre du mythe et du religieux. Pourtant le PIB constitue un indicateur de destructions. La décroissance, ce n’est pas la récession, terme qui s’applique à la crise des économies dépendantes de la croissance.Dans notre situation écologique, c’est la décroissance ou le chaos….

Delphine Batho : décroissance démographique ? (29 janvier 2022)

Loïs M. : La décroissance que vous portez, Delphine Batho, est-elle aussi liée à la démographie ? Et si oui, de quelle manière ?

Delphine Batho : Je n’ai pas assez réfléchi à cette question d’un point de vue théorique, mais je pratique déjà un discours de responsabilité. En ce qui concerne la démographie, ce sujet peut être instrumentalisé par certaines forces politiques afin d’occulter la question des responsabilités et des inégalités. C’est d’abord un problème de modes de vie destructeurs. La maîtrise de la croissance démographique passe à mes yeux par le féminisme : l’émancipation des femmes, l’accès à l’éducation, au travail, à la contraception, à l’avortement, à l’égalité sociale et politique. La démographie n’est ni un sujet à esquiver ni un tabou, mais il doit être situé sa juste place….

Pour en savoir encore plus sur Delphine Batho,

lire son livre « Insoumise »  (Grasset, 2014)

http://biosphere.ouvaton.org/bibliotheque-2014-et/2800-2014-insoumise-de-delphine-batho

Présidentielle 2027, Delphine Batho candidate Lire la suite »

La droite s’intéresse à la « post-croissance »

Selon une évaluation publiée en janvier 2025, le PIB mondial pourrait chuter de moitié entre 2070 et 2090 en raison des divers chocs climatiques. Dans un rapport prospectif, trois élus de droite au sénat suggèrent de rompre avec l’obsession de la croissance et le mythe de la mondialisation heureuse. Un document assez décalé par rapport au discours conservateur habituel.

Denis Cosnard : « Post-croissance », « solvabilité planétaire », « agroécologie », « communautés locales résilientes »… Autant de mots habituels au sein de la gauche non productiviste, écologistes en tête. Beaucoup plus rares à droite, surtout dans ce bastion conservateur qu’est le Sénat. Ils se trouvent pourtant, noir sur blanc, au cœur du rapport sur les « valeurs » en matière économique « à l’horizon 2050 » signé par trois sénateurs de droite (LR), et adopté à l’unanimité en octobre par la délégation à la prospective. « Ce pas de côté nous amène à relativiser, pour ne pas dire à transcender, les oppositions politiques », s’est réjoui de son côté le sénateur communiste du Val-d’Oise…

Le lien vers le rapport sénatorial

https://www.senat.fr/rap/r25-010/r25-010-syn.pdf

Le point de vue des écologistes

Le constat des dégâts entraînés par la croissance n’a rien de nouveau. En 1972, le rapport de Dennis et Donella Meadows pour le Club de Rome montrait déjà l’illusion d’une croissance sans limites et les risques de catastrophe si la hausse continue du produit intérieur brut (PIB) restait l’objectif primordial. Ces idées ont néanmoins peiné à trouver un écho durable dans l’arène politique, surtout au-delà de la gauche. Malgré la confirmation scientifique du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, le PIB demeure l’indicateur roi, et son augmentation, un but partagé de façon presque unanime. C’est ce qui rend le rapport sénatorial si notable. « Comment peut-on continuer à réfléchir avec un référentiel, le PIB, qui date des lendemains de la Seconde Guerre mondiale ? », s’y interroge Vanina Paoli-Gagin. Sans aller jusqu’à prôner la décroissance, leur rapport suggère de « réussir la transition vers les valeurs de la post-croissance », et de « placer la santé du vivant au cœur de la valeur économique ».

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Post-croissance, l’idée fait son chemin… (2023)

extraits : A l’occasion de la conférence « Beyond Growth 2023 », un appel de 18 eurodéputés: « Nous devons sortir du dogme de la croissance ».En tant que députés européens issus de différents groupes politiques, nous sommes tous d’accord sur l’urgence et l’importance de ce débat, et sur la nécessité de sortir du dogme de la croissance. Plus de cinq mille personnes participeront à la conférence « Beyond Growth 2023 » [Au-delà de la croissance], du 15 au 17 mai, une initiative transpartisane qui se déroulera au Parlement européen. L’objectif est de questionner la doctrine dominante qui sous-tend les politiques publiques de l’Union européenne (UE) et de redéfinir nos objectifs communs dans tous les domaines, en s’éloignant de la focalisation néfaste sur la croissance économique comme seule base de notre modèle de développement. Pourquoi ? Tout d’abord…

Débat européen sur la notion de post-croissance (2018)

extraits : A l’occasion de la conférence «Post-Growth» qui se tiendra à Bruxelles les 18 et 19 septembre, un groupe d’universitaires de toute l’Europe appelle à revenir sur le dogme de la croissance, devenu incompatible avec la contrainte écologique et le bien-être des peuples : La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) est donnée comme l’objectif économique premier des nations européennes depuis plusieurs décennies. Mais si nos économies ont grandi, l’impact négatif sur l’environnement a augmenté en rapport. Nous dépassons aujourd’hui l’espace de fonctionnement sécurisé pour l’humanité sur cette planète et il n’y a aucun signe que l’activité économique soit en voie de découplage avec l’usage des ressources ou la pollution à l’échelle qui serait requise…..

Société « post-croissance » ou désastre ? Les deux… (2013)

extraits : Le point de vue des économistes Irmi Seidl et Angelika Zahrnt :l’aide sociale, les entreprises, le secteur bancaire et financier, les marchés, l’industrie des biens de consommation et les individus sont réglés sur l’hypothèse d’une croissance constante. D’ailleurs, il suffit que la croissance marque le pas pour que le désordre politique et social advienne. Pour que les politiques changent, il faut trouver une solution… qui fait défaut.  Le passage à la post-croissance est inévitable. Mais il serait préférable d’y arriver par la voie de la raison plutôt que par celle du désastre. »

La droite s’intéresse à la « post-croissance » Lire la suite »

Agir contre la publicité, c’est possible

ZAP Games 2025 du 14 au 28 novembre

En novembre, redémarrent les tant attendus ZAP Games : deux semaines d’actions non violentes contre la publicité commerciale, en amont du Black Friday, la célébration internationale du consumérisme débridé. Les ZAP Games – Zone Anti-Pub – sont des jeux de subvertising (contraction de subvert, subvertir, et advertising, publicité) initiés en premier lieu par un collectif anonyme basé à Bruxelles (Belgique), en collaboration avec Bruxelles Sans Pub. Ces Jeux impliquent détournement créatifs à l’encontre de panneaux publicitaires de tous types, sur mobilier urbain, abris voyageureuses, écrans numériques, ou tout autre espace ou support de communication commerciale.

EN SAVOIR PLUS
 Lancement de l’observatoire citoyen pour dénoncer les publicités abusives

Nous nous sommes réunies à 6 autres associations, pour lancer l’Observatoire Citoyen de la Publicité (OCP) le 27 octobre dernier, en lien avec 13 organisations qui incluent notamment des associations de consommateurices et des « influenceureuses » spécialisé·es. Notre objectif commun est de construire une critique collective des discours véhiculés par les marques, en particulier les incitations à la surconsommation, les tromperies (greenwashing et socialwashing) et les discours stigmatisants, notamment le publisexisme. Cela doit nous permettre d’interpeller les pouvoirs publics pour faire évoluer les règles qui les encadrent. Sur son site internet, l’OCP permet à chaque citoyen·ne de signaler, par un formulaire simple, une publicité qu’il·elle considère abusive en raison d’un discours trompeur srur le plan écologique et social, véhiculant des stéréotypes dégradants ou incitant à la surconsommation.

EN SAVOIR PLUS

Bug-o-matique : nous avons fait bugger la pub

Le 25 octobre 2025, Résistance à l’Agression Publicitaire et La Quadrature du Net ont fait bugger la pub. lors de leur rencontre  au garage dans le 20e arrondissement à Paris ! Au menu; artivisme, cartographie publicitaire et… une action sur les panneaux publicitaires. Compte-rendu en photo !

LIRE LA SUITE

Conférence Ban Fossil Ads – 12-14 septembre à Barcelone

Du 12 au 14 septembre, environ 40 personnes – activistes, académicien·nes, chercheureuses – issues de la lutte contre le système publicitaire et la promotion des énergies fossiles se sont réunies à Barcelone pour la troisième édition de la conférence Ban Fossil Ads (interdire les publicités pro-énergies fossiles), après Bruxelles l’an dernier et Amsterdam en 2023. L’objectif étant de partager les victoires internationales visant à mettre fin à la publicité et au parrainage des produits polluants, tout en replaçant ces luttes dans le cadre d’une critique plus large du pouvoir des entreprises.

LIRE LA SUITE

Actualités publicitaires

Lien vers les Actualités publicitaires 94 de septembre à octobre 2025, articles issus de notre veille sur le sujet de la publicité.

Accéder à la rubrique pour consulter les numéros précédents

Votre soutien est notre force !

JE SOUTIENS RAP

Motivé·es pour rejoindre nos groupes locaux ?

Je rejoins un groupe de RAP

Pour tout renseignement contactez-nous !

Agir contre la publicité, c’est possible Lire la suite »

René DUMONT, écologiste sans parti

La biographie, et donc les actes, de René Dumont devrait être connu de tous les militants écolos. Voici quelques extraits.

En ce début d’année 1974, Le président de la République française, Georges Pompidou, vient de mourir. Une élection anticipée aura donc lieu. René Dumont rentre d’Alger, à Orly on l’attend : « Voilà, les mouvements écologistes se sont réunis. Ils ont décidé d’apparaître politiquement en ayant un candidat à l’élection présidentielle. Nous avons pensé à toi… »

Dumont : « D’accord, j’ai trois semaines de vacances avant de repartir, je vous les donne. A une condition cependant, qu’on parle du tiers-monde ! »

Au programme de la présidentielle : la réduction de la consommation du tiers le plus riche de la population française, le cancer de l’automobile, la folle course aux armements, la folie nucléaire, la démographie galopante, une diminution radicale du temps de travail, la « limitation de la croissance économique aveugle », l’arrêt du gaspillage des ressources naturelles et de l’exploitation du tiers-monde… ». Quand le candidat Dumont se présente devant l’ORTF, il tombe sur un panneau « Interdit aux animaux ». Il déclare aussitôt que, relevant lui-même du monde animal, il n’entrera pas dans ce lieu. A un déjeuner de presse, Dumont prévient : « S’il y a à la fois du poisson et de la viande, je n’y vais pas. » Passant à la télévision, il s’attaque au tabou numéro un, la voiture ; il propose d’augmenter le prix du super à 5 francs alors qu’il se vendait 1,50 francs. Il déclare par exemple : « La civilisation de l’automobile particulière est en train de renforcer la famine mondiale. » Il se saisit d’un verre d’eau et le boit très solennellement en direct « avant que nous n’en manquions ». L’écologie politique obtiendra seulement 337 000 voix (1,33 %). Mais l’écologie politique est lancée et pas question d’appeler à voter pour le candidat de la gauche au deuxième tour.

René Dumont soutient Brice Lalonde qui se présente à l’élection présidentielle de 1981 : « Un écologiste contre un socialiste, je soutiens l’écologiste. » En 1986, il est tête de liste des Verts à Paris pour les élections législatives à la proportionnelle. En 1988, quand des militants écologistes lui proposent de se joindre à eux pour protester contre la « trahison » de Brice Lalonde qui a accepté d’être ministre de l’environnement, le professeur refuse de s’y joindre : « Si Brice estime qu’il peut faire quelque chose, il a eu raison d’accepter. C’est un problème de conscience et on verra à l’usage. » Mais en 1989, invité par Brice Lalonde à participer au lancement de Génération écologie, on parle surtout d’enjeux électoraux. Dumont se lève et déclare : « Je vous ai écouté avec une stupéfaction sans cesse croissante. Au revoir. » Avec lui, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Si on construit un barrage, il le trouve trop gros. Il y a toujours trop de fonctionnaires, ou trop de voitures, ou trop de dépenses d’armement : « Je suis obligé de dramatiser parce que les gens ne s’inquiètent pas assez. » A ceux qui lui reprochent un comportement « catastrophiste », il rétorque que c’est plutôt leur propre attitude qui est « catastrophique ».

Il restera « le plus rouge des Verts » et on devrait se souvenir encore longtemps de son éternel pull rouge. Dumont est désormais convaincu qu’une course de vitesse est engagée pour arrêter la dégradation du milieu naturel, sans l’équilibre duquel la société humaine sombrera dans le déclin économique et la dislocation sociale. Pendant que la production mondiale explosait pendant les Trente Glorieuses, le capital naturel a été entamé aux limites de l’irréparable : « Nous sommes en train de brûler en quelques dizaines d’année les réserves accumulées en quelques dizaines de millions d’années. » Les critiques n’ont pas manqué contre son « catastrophisme », son « archaïsme » ou son « malthusianisme ». Mais il en est persuadé : « Plus nous tarderons, plus nous paierons cher la note. » Il presse l’opinion et ses dirigeants de « regarder la réalité en face. » Il reste réaliste : « On reconnaît dans les milieux informés les limites de notre petite planète. On reconnaît le danger de surpopulation. Mais, encore une fois, on n’agira que lorsqu’il sera trop tard. »

René est mort le 18 juin 2001, souvenons-nous de ses convictions écologiques…

Source : René Dumont, une vie saisie par l’écologie de Jean-Paul Besset

René DUMONT, écologiste sans parti Lire la suite »

La Chine, plus ou moins que 1,4 milliards ?

Après avoir appliqué avec zèle la politique de l’enfant unique, subventions, chantage et propagande pour relancer la natalité, avoir plusieurs enfants en Chine est devenu déterminant pour l’obtention d’aides et la progression de carrière.

Harold Thibault : Durant trente-six ans, de 1980 à la fin 2015, le pays a interdit à ses couples d’avoir plus d’un enfant. Tardivement, il y a tout juste une décennie, les autorités ont annoncé l’abandon de la politique de l’enfant unique, puis permis aux familles, en 2021, d’avoir trois enfants. Avec seulement un enfant par femme aujourd’hui contre 2,5 en 1990 et 2,1 pour assurer le maintien d’une population stable, le pays est tombé dans l’« ultrafaible fécondité » selon la formule des Nations unies. Voilà trois années consécutives, probablement quatre avec 2025, que la Chine voit sa population baisser. Le gouvernement  prend peur.

Le congé plus long en cas de mariage tardif, qui existait jusqu’en 2015, pour dissuader de procréer, est donné maintenant aux couples qui se marient jeunes pour les convaincre de faire des enfants. Les amendes prohibitives pour naissances hors quotas ont laissé place aux abattements fiscaux pour enfant à charge. Les agents du bureau de la santé, ex-planning familial, ne vont plus toquer aux portes pour imposer des avortements, mais sensibiliser au bonheur d’avoir un bambin, aux bienfaits pour l’équilibre psychologique de grandir dans une fratrie et à ceux pour le corps des femmes d’avoir un bébé tôt. Ils ont aussi tout un argumentaire pour essayer de faire changer d’avis les femmes qui envisagent un avortement.

Le point de vue des écologistes.

La question de fond qui n’est pas traité par les gouvernements, que ce soit en Chine, en France ou ailleurs, est de déterminer si le pays concerné est déjà en situation de surpopulation ou non. Cela paraît invraisemblable qu’une Chine de 1,4 milliards d’habitants ait encore besoin d’augmenter sa population alors que tous les indicateurs du futur virent au rouge, au niveau local et mondial. Le natalisme est une idéologie néfaste qui ne repose sur aucune argumentation sérieuse. Pourtant elle est choyée par les pouvoirs et les religions. Par contre le bien fondé du malthusianisme est ignoré, lui qui ne fait que poser une réalité incontournable : on ne peut pas avoir un niveau de population qui dépasse les possibilités durables de son écosystème.

Selon l’ article 25 de la constitution chinoise, il était écrit : « L’État encourage la planification familiale pour assurer l’harmonie entre la croissance démographique et les plans de développement économique et social »…. Malheureusement le contenu d’une constitution peut être inversé !

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

CHINE. 1,4 milliards et ça ne suffit pas !

extraits : Sur les murs, les slogans du passé tels « Avoir juste un enfant est bien !  » ont été remplacés par d’autres : « Les frères et sœurs sont le plus beau cadeau que les parents peuvent faire à l’enfant !  » ou « Avoir un ou deux enfants est bien, pourquoi pas un troisième ! » La démographie ne peut pas être une course entre l’Inde et la Chine pour savoir qui sera numéro un mondial. Faire un enfant supplémentaire sur une planète surpeuplée et consumériste ne peut que dégrader davantage une biosphère qui n’en a certes pas besoin….

Surpopulation en Chine, une idée tabou ?

extraits : Entre 1950 et 1970, la population est passée de 540 millions à 800 millions pour dépasser le chiffre vertigineux de 1,4 milliards de personnes en 2020. La densité est élevée, de 150 hab./km² pour une moyenne mondiale de 60 hab./km². Ce pays dispose de 10 % de la superficie cultivable mondiale, mais doit nourrir 18 % de la population mondiale. La croissance chinoise, à base de charbon et d’exportations, est extrêmement fragile….

En savoir encore plus

Un enfant par femme… ou deux ou trois ! (en Chine)

L’ère de la cryptoprédiction… pour le pire en Chine

Délire, la Chine en manque de bébés !!!

La Chine contre le droit à l’avortement !?

LE MONDE voudrait une Chine plus peuplée

La Chine, plus ou moins que 1,4 milliards ? Lire la suite »

L’écologie, transpartisane, n’est pas à marier

Antoine Waechter : « Deux cultures politiques antagonistes ont toujours cohabité au sein des Verts. Jusqu’en 1992, les partisans d’une écologie indépendante étaient majoritaires. Puis la sociologie interne des Verts a changé, notamment avec l’arrivée de nombreux militants de gauche et d’extrême gauche. Les deux tendances ont fini par s’équilibrer, d’où les conflits et les blocages. La création du Mouvement indépendant écologiste met fin aux conflits qui rendaient l’ambiance invivable au sein des Verts. Ces derniers mois, nous passions 80 % de notre temps et de notre énergie dans les combats politiques internes. Les électeurs auront désormais le choix entre une écologie marquée à gauche, celle des Verts, et une formation qui entend affirmer l’écologie en dehors du schéma droite-gauche. L’écologie politique est un nouveau clivage face aux orientations productivistes des philosophies libérales et socialistes. En 1995, il y aura donc probablement deux pôles écologistes, l’un qui s’ancre à gauche et l’autre qui a choisi l’indépendance. »

(Interview dans « Libération » du 3 septembre 1994)

La question qui est posée aujourd’hui au parti qui se dit écolo est de savoir si Marine Tondelier participe à une primaire de la gauche comme il semble prévu ou si on fait une candidature spécifiquement écolo comme cela a toujours été le cas depuis 1974 (sauf en 2017 ou Yannick Jadot s’est désisté en faveur du PS Benoît Hamon).

René Dumont explique : A chaque élection, des écologistes en colère vont trouver les candidats des divers partis politiques. Ils sont reçus avec… une certaine condescendance. En juin 1972, le ministre des finances Giscard d’Estaing organise un colloque sur les conclusions fort alarmantes du Club de Rome. En mai 1974, le candidat Giscard d’Estaing ne leur accorde plus la moindre considération, ne parle que de croissance ! Mais si nous maintenons le taux d’expansion actuel de la population et de la production industrielle jusqu’au siècle prochain, ce dernier ne se terminera pas sans l’effondrement total de notre civilisation. Voilà pourquoi le mouvement écologique devient politique. Voilà pourquoi, pour la première fois dans l’histoire des sociétés, un homme présente sa candidature à la direction d’un Etat avec pour programme la préservation de la vie.

Nous sommes en 2025. Est-ce que la situation politique a changé fondamentalement ? Est-ce qu’il y a aujourd’hui autre chose que de la condescendance de la part des autres partis ? Si on trouve qu’aucun parti en 2025 considère à sa juste mesure l’urgence écologique, alors il faut que Marine Tondelier se présente à la présidentielle 2027 contre Marine Le Pen.

Quelques éléments de débat

Bernard : Depuis René Dumont, la place de l’écologie politique a évolué.

Michel : Depuis plus de 50 ans, tous les indicateurs du mauvais état de la planète et de ses habitants sont de plus en plus rouges. Pire, les politiques actuelles en France vont à l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Et la préoccupation écologique a stagné si ce n’est régressé, que ce soit en France, dans l’UE ou ailleurs dans le monde. L’évolution ne se fait pas dans le bon sens. Si on relit le programme de 1974 de René Dumont, tout reste valide. Marine Tondelier devrait (re)lire ce programme.

Bernard : D’une candidature de témoignage, elle est passé à des responsabilités concrètes dans des villes et des régions et dans différents gouvernements.

Michel : Qu’il y ait la présence de plus en plus d’élus à gauche dans différentes strates territoriale montre que la sensibilité écolo progresse, c’est une bonne chose. Mais une présidentielle n’est pas une élection locale. C’est le moment où on présente un projet d’avenir, c’est l’occasion de parler de la transversalité de l’écologie, cela donne une notoriété au candidat écolo même s’il n’était pas connu auparavant des électeurs. Par contre une primaire « à gauche » ne peut que brouiller le message écolo et dévoiler devant les citoyens les fractures profondes qu’il y a dans la gauche.

Bernard : Sur le plan national, c’est le ministère Voynet dans le gouvernement Jospin sous la présidence de Chirac qui a imposé l’écologie comme une option sérieuse à ce niveau.

Michel : Dominique Voynet, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement entre 1997 et 2001 sous Jospin, a certes fait des choses. Mais le parti socialiste en avait conclu que l’écologie était un créneau bon à prendre et les ministres de l’écologie sous Hollande ont été issu du PS. Et puis l’écologie n’est pas un monopole de la gauche. Chirac président en 2005 a imposé à ses troupe de voter en congrès la charte de l’environnement adossé à la constitution. Tout citoyen quelle que soit son appartenance partisane devrait devenir écolo, l’écologie n’a pas de frontières.

Bernard : Aujourd’hui une nouvelle forme de « gauche plurielle » est en route dans laquelle notre parti écolo joue (à juste titre) la carte de l’unité. La primaire au sein du NFP est le test en vraie grandeur pour mesurer le niveau de la culture écologique de la gauche en général.

Michel : Une primaire pour la présidentielle ne peut pas être unitaire, chacun veut tirer la couverture à soi. Les démêles actuels d’une partie de la gauche avec les insoumis est significatif. Quant au PCF, les communistes sont très loin des préoccupations écolos, Fabien Roussel aime la bonne viande. Pour les législatives par contre, une répartition des circonscriptions peut se faire par un arrangement entre parti comme cela a été fait dans le cadre du Nouveau Front Populaire

Bernard : Ce vote permettra de nous situer dans le rapport de force politique au delà des rapports d’appareil à appareil. Cela dira la place que notre parti devra prendre dans un futur gouvernement de gauche, même si le chef de l’état n’est pas écologiste.

Michel : Un vote de militant pour une primaire ne dit rien des rapports de force au niveau national. D’autant plus que le vote est souvent clanique et que le nombre de participants peut être faible ou manipulé. De toute façon la nomination des ministres est en France à la discrétion du président de la République qui fait ce qu’il veut, le premier ministre n’étant qu’une courroie de transmission.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

19 septembre 2021, L’écologie, à gauche, à droite, ailleurs ?

extraits : Marie Toussaint (eurodéputée EELV) : Dans l’histoire des idées, l’écologie politique est une idée neuve, qui dépasse les cartographies anciennes, sans pour autant les abolir. Le clivage droite-gauche reste pertinent, mais l’écologie pose des questions supplémentaires (…) Damien Abad (député LR) : Oui vous avez complètement raison ! L’écologie n’est pas l’affaire d’un parti mais un enjeu pour nous tous. A droite, nous avons encore du travail pour mettre l’écologie au centre de nos priorités…..

2 septembre 2019, Ecologie, droite ou gauche ?

extraits : A l’heure où l’idée écologique commence à infuser tous les partis politiques (ou presque) se pose la question de la classification de l’écologie sur l’échiquier politique : droite, gauche, ou ailleurs ?  le parti écologiste des Verts a fait en 1984 son entrée en politique sous le slogan : « Ni gauche, ni droite ! ». Son amarrage au Parti socialiste ne date que de 1997 Le véritable obstacle en matière écologique ne repose pas sur la dichotomie droite/gauche. Elle repose sur une contradiction qui s’insère au cœur de chaque individu : « Au sein des démocraties, la difficulté viendrait plutôt de la résistance farouche de la majorité des populations à la remise en cause de leur mode de vie, considéré comme un acquis dans le cadre d’un progrès à sens unique, perçu comme un droit. » ….

7 juin 2019, Yannick JADOT assume, ni droite ni gauche

extraits : Le récent positionnement politique de Yannick Jadot clôt la parenthèse 1994-2019. En 1986, Antoine Waechter fixait ainsi la ligne politique des Verts : « l’écologie politique n’est pas à marier. » Le ni-ni (ni droite, ni gauche) domine, les Verts considèrent que l’écologie est un nouveau courant de pensée politique différent des partis productivistes. Mais lors de l’Assemblée générale des Verts à Lille en 1994, l’alliance à gauche de l’écologie politique est devenue la norme. La participation au gouvernement Jospin puis Hollande, la constitution de groupes parlementaires grâce au PS, le ralliement du présidentiable écolo Jadot en 2017 au PS d’Hamon… se sont terminés par un désastre électoral. Merci Macron d’avoir fait éclater le vieil antagonisme droite/gauche, c’est là votre seule victoire !

Yannick JADOT :« Ce n’est pas la question de la recomposition de la gauche qu’il faut se poser, mais celle de tout le champ politique pour faire face au plus grand défi auquel l’humanité ait été confrontée : sa survie. Notre mandat, c’est de sauver l’avenir, pas le passé, sauver le climat et pas les vieux appareils. Je ne participerai pas à un rafistolage du paysage politique du XXe siècle.Il n’y aura pas de société solidaire et démocratique si on n’échappe pas au chaos climatique et à l’anéantissement de la biodiversité….

15 mai 2017, l’écologie politique, vision par-delà droite et gauche

extraits : Les écologistes ont une identité propre qui les oppose aux libéraux comme aux socialistes. Les militants des années 1970 affirmaient leur indépendance de pensée et d’action avec d’autant plus de force qu’il n’existait aucun offre politique répondant à leurs aspirations. Les écologistes peuvent être appréhendé comme des conservateurs en tant que défenseurs de la biodiversité, des paysages et des identités régionales. Mais aussi comme progressistes, ils veulent une évolution des rapports économiques, culturels et éthiques de la société humaine avec la Terre. L’écologie politique, prolongeant le constat scientifique de la complexité des écosystèmes, cherche avant tout à préserver les harmonieuses toujours fragiles que l’évolution lente de la vie et des sociétés a pu produire entre les hommes et la nature, et entre les hommes eux-mêmes.

27 mars 2017, un parti social-écologiste ou bien ni droite ni gauche ?

extraits : Le premier ministre Bernard Cazeneuve attaque Emmanuel Macron : « Faire son miel sur la fin du clivage gauche-droite qui structure la vie politique dans les démocraties depuis deux siècles est juste une hérésie. »* Bernard Cazeneuve se trompe. Aujourd’hui ce dualisme a du plomb dans l’aile. D’abord à cause de l’ambiguïté de ce qu’est la gauche, qui est un terme fourre-tout ; trotskysme, communisme, social-démocratie, social-libéralisme, autogestion, planification impérative, relance par l’offre ou relance par la demande, tout cela se dit à gauche. Et le productivisme comme le consumérisme sont à la fois de droite et de gauche. La deuxième raison, essentielle, c’est que l’écologie politique veut rassembler tous les citoyens sans exception puisque par exemple le consumérisme ou la question nucléaire concerne l’ensemble des citoyens….

22 août 2016, L’écologie est-elle de droite ou de gauche, ou d’ailleurs

extraits : S’il fallait donner une définition des écoles politique traditionnelles, alors dirions-nous : la droite privilégie le niveau de l’individu, la gauche celui de la société. Les dépassant toutes deux, l’écologisme s’intéresse au destin de l’espèce humaine (et de la biosphère) dont dépendent solidairement société et individus. Le véritable écologisme doit faire prendre conscience à chacun des limites de la biosphère et, par voie de conséquence, de ses propres limites dans le domaine de la consommation.Pour que ces limites soient comprises, admises et respectées, elles se doivent d’être les mêmes pour toutes les couches sociales, imposées sans écofascisme, sans coercition. L’ampleur de l’activité humaine et de son empreinte sur la planète doit faire l’objet d’un choix collectif. Pour diviser le nombre de morts sur les routes, n’a-t-il pas fallu contraindre l’automobiliste à boucler sa ceinture, à ne pas dépasser les limites de vitesse ni deux verres d’alcool, à ne pas téléphoner au volant, alors même que sa propre santé, sa sécurité et son porte-feuille étaient en jeu ?

23 avril 2016, L’écologie, ni gauche, ni droite, ni centre, mais supérieur

extraits : La question du positionnement « gauche » ou « droite » empoisonne la vie de l’écologie politique. Pourtant ce n’est que faux débat : un/e écologiste ne peut qu’être écologiste. Il n’y a pas de classes sociales en lutte pour les écologistes, tous les habitants de la planète ont un intérêt en commun, celui de protéger et de préserver les richesses de la planète pour eux, pour leurs générations futures, pour les autres êtres vivants. Il en va de notre survie en tant qu’espèce, liée à toutes les autres espèces animales et végétales. D’ailleurs je pourrai donner le nom de personnes qui sont classés à droite sur l’échiquier politique et qui sont beaucoup plus écolo que des gens qui se revendiquent de l’écologie politique…..

8 avril 2016, Le « ni droite ni gauche » va avoir le vent en poupe

(extraits) Emmanuel Macron, présidentiable : « En marche est un mouvement ouvert, pas à droite, pas à gauche, auquel il sera possible d’adhérer tout en restant adhérant d’un autre parti républicainCar je veux travailler avec des gens qui se sentent aujourd’hui à droite, aussi…On ne fera pas la France de demain sans faire place aux idées neuves…Qui que ce soit en 2017, s’il n’y a pas une exposition claire de la vision pour le pays, s’il n’y a pas un débat ouvert et donc la capacité à créer le consensus sur les mesures à prendre, qui que ce soit, il ou elle n’y arrivera pas …

Nicolas Hulot : «  Ce n’est un sujet ni de gauche, ni de droite, ni du centre, c’est un sujet supérieur. C’est simplement l’avenir et la sauvegarde de la famille humaine et de son écosystème, la planète. Osons dire que l’écologie ne doit plus être un vulgaire enjeu partisan, elle est un enjeu politique au sens le plus noble. Osons dire que l’humanité qui spolie, qui bafoue, qui méprise et qui pille n’est pas un échantillon représentatif de la patte humaine. Osons dire que toutes nos crises n’en sont qu’une : une crise de l’excès. Fixons-nous des limites, car la limite n’est pas une entrave à la liberté, mais sa condition. ….

20 février 2016, Deux manières de tuer l’affrontement droite/gauche

extraits : On peut se déclarer « ni droite ni gauche » à la manière du Front national. Cette ligne est défendue par Marine Le Pen qui souhaite avant tout se présenter comme une figure de rassemblement qui transcende le clivage gauche-droite, à mi-chemin entre un libéralisme bon teint et un étatisme assumé. « Nous sommes là pour nous adresser à tout le monde, on ne privilégie personne, appuie Florian Philippot, vice-président du FN. Il n’y a pas plus de réserve de voix à droite qu’à gauche. » On peut se déclarer « ni droite ni gauche » à la manière des Verts. Mais pour ce parti ce positionnement pose problèmes aux instances officielles et la ligne politique a été fluctuante. Le parti écologiste des Verts a fait en 1984 son entrée en politique sous le slogan : « Ni gauche, ni droite ! ». Son amarrage au Parti socialiste ne date que de 1997, l’écologie devient « de gauche ». Pourtant Arnold Schwarzenegger le dit simplement, l’enjeu écologique n’est pas un sujet partisan: « Il n’y a pas un air républicain ou un air démocrate, il y a l’air que nous respirons tous. (Le Monde.fr | 11.10.2014) »….

19 décembre 2013, Droite ou gauche, comment situer l’écologie ?

extraits : Historiquement, au moment de la révolution française, les conservateurs (royalistes) se trouvaient à droite de l’hémicycle et les progressistes (républicains) à gauche. Cette conception perdure mais elle est devenu marginale. Au XIXe siècle, la distinction s’est affirmée ainsi : la droite a défendu le système libéral de marché (les capitalistes) et la gauche l’analyse marxiste (le prolétariat). Aujourd’hui la lutte de classes entre les propriétaires des moyens de production (le facteur capital) et les travailleurs (le facteur travail) est dépassé. Ce qui importe, c’est que l’accumulation des marchandises s’est faite au détriment des possibilités de la biosphère. D’où la naissance de l’écologie politique, la gauche et la droite attachant trop d’importance à l’économie et/ou au social pour considérer les contraintes naturelles. C’est avec sagacité qu’André Gorz avait subsumé l’économie contemporaine capitaliste et socialiste sous un concept plus large, l’industrialisme (le productivisme).

23 novembre 2010, L’ultra-gauche se convertit à l’écologie

extraits : Le Parti de gauche tenait congrès le WE dernier. A 13h07, dimanche, le point de vue était clairement écolo : « La bataille sociale est ordonnée par la bataille écologique car sans écosystème, il ne peut même plus être question d’intérêt général. » Peut-on alors douter du mélenchonisme écologique ? NON si on en croit ces propos (…) Mais certaines affirmations de Mélenchon  nous rendent sceptiques, par exemple : « La solution de nos problèmes est dans le renouvellement des techniques. Je ne crois pas qu’on pourra complètement se passer de l’automobile. Est-ce le même débat si elles prennent leur énergie dans les piles à combustible ? »…

17 mai 2010, plus à gauche et moins à droite, Nicolas Hulot

extraits : Comme l’exprimait Serge Moscovici en 1978, la gauche et la droite sont des notions relatives : « Nous sommes à la gauche de la gauche. Cela veut dire que nous sommes proches de la gauche sur un certain nombre de points (rémunération, organisation des entreprises, internationalisme, etc.) ; mais sur d’autres points, c’est nous qui représentons la gauche, notamment pour tout ce qui a trait aux rapports à la nature, à l’utilisation des ressources, à l’autonomie des collectivités, au productivisme, à la croissance. Car, bien souvent, les hommes et les partis de gauche se sont éloignés de ce qu’on appelle le socialisme et, ce faisant, ont laissé un vide qu’on nous appelle à combler. » Pour Nicolas Hulot, la contrainte pétrolière, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique conditionnent l’économique et le social. Nicolas voit sa campagne présidentielle comme une immense mission pédagogique, pas comme un endoctrinement….

26 février 2010, droite/gauche, un classement ringard

extraits : « Pour moi, l’écologie politique se distingue de la droite et de la gauche par sa volonté de mettre une limite à la mainmise de l’humanité sur la planète. » Ainsi s’exprime Antoine Waechter (LeMonde du 26 février 2010). « Je crois plutôt à la sobriété. C’est une vertu ancienne, dont le caractère peut paraître suranné, mais qui sera l’un des traits de notre avenir. » Ainsi s’exprime l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet dans son livre Tu viens ? L’écologie n’a pas de frontières, elle respecte les différences, au-dessus des chapelles. La méthode de classement d’un engagement politique ne passe plus par la droite ou par la gauche, ceux qui sont pour le changement et ceux qui sont pour l’ordre établi, ceux qui sont pour la propriété privée et ceux qui sont contre. Il y a ceux qui ont conscience des limites et ceux qui croient qu’il n’y a pas de limites….

1er octobre 2009, la gauche passe à droite

extraits : La social-démocratie s’est dissoute dans la marmite de la droite dès le discours marxiste. En effet il n’y a pas de différence fondamentale entre le productivisme de droite et le productivisme de gauche, entre une fabrique d’automobiles qui peut être nationalisée et les ouvriers qui fabriquent les automobiles, entre Ségolène Royal qui ne jure que par la voiture électrique et une droite qui met en place un soutien à la voiture électrique. Patrons, élus et travailleurs naviguent de concert sur la même autoroute, la seule différence c’est la part de la valeur ajoutée qu’on peut se mettre dans sa poche….

6 juillet 2008, droite et gauche, même combat

extraits : La droite comme la gauche ont adopté la théologie croissanciste, le règne du productivisme, l’élévation du niveau de vie, la destruction des ressources naturelles qui en découlent. En politique, il y aura bientôt d’un côté ceux qui ont le sens des limites et ceux qui soutiennent la démesure de l’homme, ceux qui considèrent les contraintes de l’écologie contre ceux qui sont obsédés d’économisme techno-scientifique. Pour le prochain congrès du Parti socialiste, il y a une contribution générale qui va dans ce sens, celle du pôle écologique du PS.  Nous avons peut-être là les prémisses d’une nouvelle différence entre droite et gauche : social-libéralisme contre social-écologisme….

3 mars 2008, l’écologie, de droite ou de gauche ?

extraits : Selon lemonde.fr du 2-3.03.2008, l’environnement serait devenu la nouvelle coqueluche des maires . Examinons de plus près une étude de cas, Narbonne. Maryse Arditi, la candidate des Verts, prend la seule position qui vaille, une analyse transversale : «  Le maire de Narbonne fait un quartier durable, mais continue d’urbaniser à 10 km de la ville et de bétonner la crête… ». Maryse est une écologiste historique, elle fait partie du courant vert des Verts, contre le courant noir des anarchistes verts et le courant rouge des opportunistes en vert. Car on sait à quel point les Verts sont divisés, ce qui entrave tout discours constructif et transforme Maryse Arditi en éternelle minoritaire dans son propre camp….

L’écologie, transpartisane, n’est pas à marier Lire la suite »

L’écologie ne doit pas se fourvoyer à gauche

Le cœur du problème des écologistes institutionnels, c’est depuis 1994 et le départ de Waechter leur rapport à la gauche.

La pensée écologique est complexe, ne simplifions pas la réalité.

Fabien : Sur lemonde.fr, ce sont de simples commentaires anti-LFI. Quand on voit que le programme de LFI est du même ordre que celui du PS de Mitterrand, il paraît assez évident que le qualifier d’extrême-gauche est lunaire… C’est juste un mot utilisé par les libéraux ou ultra-libéraux pour qualifier un point de vue sur l’économie qui ne va pas dans leur sens.

Michel : Je ne m’attache pas au contenu précis des commentaires des abonnés du MONDE, mais au fait que la quasi-totalité des réactions à la candidature à la présidentielle de notre secrétaire nationale disqualifie notre parti. Il faut donc trouver des recettes pour contrer l’image négative que nous donnons.

Fabien : Le PS n’est ni un parti écologiste ni de gauche, vu les concession qu’il fait au gouvernement sur les problématiques écologiques et sociales.

Michel : Peu importe le positionnement du PS, il est devenu minoritaire avec 1,7 % à la présidentielle de 2022. Mais ta phrase, Fabien pose la question de fond, la compatibilité entre écologique et social. La position écologique est difficile à présenter car il s’agit de dire à nos concitoyens qu’ils vivent au dessus du niveau des ressources de la planète même s’ils ne sont payés qu’au Smic. Par exemple la possession d’une voiture individuelle n’est pas compatible avec les contraintes que sont le réchauffement climatique et la déplétion des ressources énergétiques. Pour obtenir l’acception sociale, il faut donc en même temps parler de sobriété partagée et d’élimination la plus grande possible des écarts de richesse. Il n’est pas normal par exemple que n’existe pas encore un revenu maximum autorisé par exemple et qu’on envisage politiquement la carte carbone comme forme de rationnement. Si un parti écolo ne présente pas un projet de long terme, qui le fera ?

Fabien : Donc, quel espace politique reste-t-il pour faire de l’écologie ? La gauche (de LFI) et l’extrême-gauche (du NPA). Se placer ailleurs, c’est se décrédibiliser. Je serais le premier à ne plus soutenir le parti s’il adoptait une position de « Ni de droite ni de gauche ».

Michel : L’espace politique pour faire de l’écologie, c’est un parti vraiment écolo, donc sans étiquette droite/gauche. Macron a réussi son hold-up sur la présidentielle 2017 en se présentant « ni droite ni gauche ». Il a gagné à l’époque car les électeurs en avaient plus que marre des éternelles chamailleries droite-gauche alors que rien ne changeait fondamentalement. C’est pourquoi le fait que l’écologie, un nouveau venu récent en politique avec un projet complètement décalé par rapport au système marchand, doit se présenter comme au delà de la gauche et de la droite, écolo d’abord car pensant à l’avenir. C’est ce qu’une partie grandissante d’électeurs attendent…

Fabien : Un parti politique qui serait concentré uniquement sur les questions écologiques, ça n’a pas de sens. Comment voteraient-ils sur les questions économiques, sociales, etc. ? Un parti doit porter un projet de société et ne peut se focaliser sur une seule thématique.

Michel : L’écologie et transdisciplinaire, elle touche tous les domaines. Par exemple un économiste ne peut pas être un bon économiste s’il n’est pas aussi écologiste. Car un économiste ne devrait pas ignorer les limites biophysiques de la terre, il lui faut sortir de l’orthodoxie croissanciste. Un sociologue ne peut pas ignorer la relativité des besoins et les avantages de la simplicité volontaire. Un politicien ne peut pas ignorer les acteurs absents de nos délibérations actuelles, les générations futures et les non-humains. Un démographe ne peut pas ignorer le poids du nombre sur les écosystèmes, un urbaniste ne peut pas ignorer la non validité écologique d’une grande ville, etc.

Fabien : L’écologie en tant que science est par nature transpartisane. Personne n’interdit aux partis de droite de s’en saisir… Ce n’est pas la faute des écologistes de gauche s’il n’y a pas vraiment de parti écologiste de droite. Le parti macroniste avait fait campagne sur l’écologie pour attirer les « écolo de droite », on voit ce que ça a donné, une doctrine ultra-libérale qui ne donne en réalité aucune place à l’écologie. Game over.

Michel : Il n’y a pas de parti écologiste de gauche, la gauche n’est pas écologiste. Tous les gouvernements sans exception depuis 1971 ont fait du ministère de l’écologie le ministère de l’impossible. Il suffit de lire le livre de Delphine Batho après avoir été virée de son poste de ministre de l’écologie par Ayault/Hollande pour savoir que le PS est soumis au lobbying de l’appareil industriel. Les puissances d’argent ne sont ni de droite ni de gauche, elles peuvent soutenir un gouvernement d’extrême droite si cela arrange leurs affaires.

Fabien : Un capitalisme/libéralisme de droite est non-régulé, et un capitalisme/libéralisme non-régulé est incompatible avec l’écologie. Il me semble que le problème est là, et est irréconciliable. L’écologie politique semble forcément de gauche.

Michel : La régulation est multiple, l’État qu’il soit de droite ou de gauche régule le capitalisme par des taxes ou des subventions, des interdits ou des prises de contrôle, etc. Ce qui revient à l’ordre du jour avec le gouvernement Macron, c’est la mise en place d’une planification, une tentative de gestion du long terme. C’est bien un des fondement de l’écologie politique, savoir penser le long terme. Il n’y a pas d’étiquette partisane pour faire ce qu’on doit faire. Il est possible de mettre en place une « chambre du futur » (annoncée par Macron en juillet 2017!!!).

Fabien : Le PS n’est ni un parti écologiste ni de gauche, vu les concession qu’il fait au gouvernement sur les problématiques écologiques et sociales.

Michel : Peu importe le positionnement du PS, il est devenu minoritaire avec 1,7 % à la présidentielle de 2022. Mais ta phrase, Fabien pose la question de fond, la compatibilité entre écologique et social. La position écologique est difficile à présenter car il s’agit de dire à nos concitoyens qu’ils vivent au dessus du niveau des ressources de la planète même s’ils ne sont payés qu’au Smic. Par exemple la possession d’une voiture individuelle n’est pas compatible avec les contraintes que sont le réchauffement climatique et la déplétion des ressources énergétiques. Pour obtenir l’acception sociale, il faut donc en même temps parler de sobriété partagée et d’élimination la plus grande possible des écarts de richesse. Il n’est pas normal par exemple que n’existe pas encore un revenu maximum autorisé par exemple et qu’on envisage politiquement la carte carbone comme forme de rationnement. Si un parti écolo ne présente pas un projet de long terme, qui le fera ?

Fabien : Donc, quel espace politique reste-t-il pour faire de l’écologie ? La gauche (de LFI) et l’extrême-gauche (du NPA). Se placer ailleurs, c’est se décrédibiliser. Je serais le premier à ne plus soutenir le parti s’il adoptait une position de « Ni de droite ni de gauche ».

Michel : L’espace politique pour faire de l’écologie, c’est un parti vraiment écolo, donc sans étiquette droite/gauche. Macron a réussi son hold-up sur la présidentielle 2017 en se présentant « ni droite ni gauche ». Il a gagné à l’époque car les électeurs en avaient plus que marre des éternelles chamailleries droite-gauche alors que rien ne changeait fondamentalement. C’est pourquoi le fait que l’écologie, un nouveau venu récent en politique avec un projet complètement décalé par rapport au système marchand, doit se présenter comme au delà de la gauche et de la droite, écolo d’abord car pensant à l’avenir. C’est ce qu’une partie grandissante des électeurs attendent… pas un mantra « à gauche toute ».

L’écologie ne doit pas se fourvoyer à gauche Lire la suite »