écologie appliquée

la « liberté » de recourir à l’IVG

Le Sénat à majorité de droite s’est prononcé mercredi 1er février, par 166 voix contre 152, pour inscrire dans la Constitution la « liberté de la femme » de recourir à l’IVG, une formulation qui abandonne la notion de « droit » chère à la gauche. Le texte vise à compléter l’article 34 de la Constitution avec cette formule : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ».

C’est donc à la loi de déterminer les modalités de l’IVG, mais on ne voit pas la différence avec la situation actuelle sauf à croire faussement que l’inscription dans la constitution » protège le droit à l’avortement. Mais si l’Assemblée nationale décide plus tard de restreindre l’accès l’IVG en y mettant des « conditions », on sera toujours dans le nouveau cadre constitutionnel.

Le point de vue des écologistes malthusiens
Ne surtout pas confondre liberté (encadrée par une loi) et droit.
Aux USA un paquet d’états assurent qu’il yva liberté, mais restreignent à 6 semaines de grossesse la possibilité d’IVG, etc .. etc .. Aujourd’hui, l’avortement est criminalisé dans presque tous les pays du monde, il est réglementé par le droit pénal, ce qui aggrave la stigmatisation autour de ce droit. Plusieurs pays dans le passé, comme le Chili et l’Irlande, ont inclus l’interdiction de l’avortement dans leurs Constitutions, à la fois pour empêcher les avortements et dans le but de rendre toute réforme difficile.

En ce qui concerne la France, l’article L. 2222-2 du code de la santé publique continue de prescrire des sanctions pénales pour les « délits d’avortement » qui incluent des peines d’emprisonnement ou d’amende lorsque l’avortement est pratiqué en dehors de certaines circonstances permises par la loi. Cela contredit l’appel à la dépénalisation totale de l’avortement, qui est par exemple recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. C’est seulement au Canada qu’il est réglementé comme un soin de santé, et n’est encadré par aucune sanction pénale spécifique.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

IVG, interruption volontaire de grossesse

Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

Le débat sur l’IVG, bloqué par la morale ?

Une femme sur trois choisit l’IVG (avortement)

IVG, allongement du délai à quatorze semaines

L’IVG est plus qu’un droit, c’est un devoir

La vie après la mort… sous forme de compost

Le compostage des défunts, body composting ou technique de réduction naturelle du corps, se développe aux États-Unis. La pratique permet de limiter l’empreinte carbone élevée des funérailles traditionnelles. La crémation consomme l’équivalent d’un trajet en voiture de 740 kilomètres, et elle libère des substances comme le mercure ou les particules fines dans l’atmosphère. Les inhumations, elles, ne dégagent pas d’émissions toxiques, mais le bilan carbone de la construction des cercueils et des caveaux, le recours aux soins de thanatopraxie, l’entretien perpétuel des concessions, la place occupée dans les villes, en font un procédé qui représente pratiquement autant d’émissions de CO2 que les crémations. Les gens qui avaient arraché leur pelouse pour économiser l’eau ne veulent pas se retrouver dans un cimetière arrosé deux fois par jour. 

Corinne Lesnes : Les caissons – en acier inoxydable – sont recouverts d’un linceul blanc. Un thermomètre digital mesure la température à l’intérieur des cylindres. Les corps réapparaîtront dans trois ou quatre mois sous la forme d’un terreau noir et fertile, qui sera remis à la famille. Le processus a été légalisé par l’Etat de Washington le 21 mai 2019, une première mondiale. Le body composting ne nécessite ni gaz, ni embaumement, ni caveau. Le corps est transformé en humus grâce à des accélérateurs naturels de décomposition : copeaux de bois, foin et luzerne. Avant fermeture du cylindre, une « tisane microbienne », composée de 25 souches de bactéries et de 15 spores de champignons, est ajoutée au mélange. Le caisson est traversé d’un léger courant d’oxygène et retourné plusieurs fois pour éviter que les bactéries ne suffoquent. Dès le premier jour, la température commence à augmenter du fait de l’activité microbienne.. Il ne reste que les os, les pacemakers, les prothèses en titane… Les premiers sont concassés et replacés dans le terreau, sous forme de poudre blanche. Le titane est renvoyé aux fabricants de matériel médical.  Dans les enterrements, les parties métalliques sont inhumées avec les corps. Pendant les crémations, elles sont brûlées.

Le body composting c’est le recyclage intégral. Seule l’Église catholique s’est jusqu’à présent opposée à un procédé qu’elle estime mieux adapté à l’élimination « des épluchures de légumes et coquilles d’œufs » qu’au recueillement qui sied au départ des humains vers l’au-delà.

Le point de vue des écologistes

Philippe Adam : Comment ça, ce ne serait pas conforme aux valeurs chrétiennes ? Genèse 3:19 « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré. Car tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. » C’est exactement ce que ce composteur fait. Tout le monde n’a pas vocation à devenir des reliques dans une boite.

04171 : les pace-makers et défibrillateurs ne sont jamais inhumés ou incinérés avec la dépouille en France: ils sont retirés post-mortem par le médecin qui fait le constat de décès, car ces dispositifs peuvent entraîner un risque d’explosion de l’incinérateur. En revanche, les prothèses, les clips, les vis, les clous métalliques restent en place, d’où la potentielle pollution de l’air ou de la terre.

Ophrys : Espérons que ce soit bientôt autorisé en France, bourrer le corps de formaldéhyde revient à mettre du poison dans le sol. Sans parler de la crémation… Sinon les tibétains découpent le corps et le donnent au vautours, c’est encore plus rapide. Ce sont les charognards qui font le travail.

Eric humain : Pour ma part je trouve que le body composting offre un peu de lumière à cette dernière étape que l’on veut si sombre…

Nat G. : Ben oui, c’est exactement de ça qu’il s’agit. Moi, ça me va, de retirer toute dimension spirituelle, religieuse et symbolique à ma mort.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

Inhumation, incinération ou humusation ? (2020)

Transformer notre corps en humus, le pied (2019)

écolo pour l’éternité… au cimetière (2019)

Tout écologique, même au moment de notre enterrement (2014)

fête des morts ; où les enterrer ? (2011)

sépulture propre et verte (2008)

A mort les activistes du climat !!!

Alors que le pays subit les effets du dérèglement climatique, plusieurs États australiens ont adopté un arsenal juridique répressif menaçant le droit de manifester des militants écologiste. En 2021, l’île-continent restait le premier exportateur mondial de charbon et de gaz naturel liquéfié alors qu’elle subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique, avec notamment des incendies monstres fin 2019 et de graves inondations en 2021 et 2022..

Isabelle Dellerba : Violet Coco, quinze mois de prison, dont au moins huit mois ferme ! Reconnue ­coupable de sept chefs d’accusation, dont l’utilisation détournée d’un « objet explosif autorisé ». Son crime : avoir bloqué partiellement et pendant vingt-cinq minutes en 2022 la circulation sur le principal pont de Sidney, en grimpant sur le toit de son véhicule pour y allumer une fusée de détresse. En un an, Violet Coco est la cinquième personne condamnée à de la prison pour son « activisme pacifique pour le climat ». En Nouvelle-Galles du Sud, le gouvernement libéral a adopté, le 1er avril 2022, de nouvelles lois qui permettent de condamner à une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 22 000 dollars australiens d’amende (14 000 euros) toute ­personne qui bloquerait une importante voie de circulation, qu’il s’agisse d’une route, d’un pont ou d’une infrastructure portuaire. Des textes similaires ont été votés, ces derniers mois, dans les Etats de Tasmanie et de Victoria.

Mais Violet Coco assume : « En tout cas, mon propre sort a peu d’importance en comparaison avec ce qui nous attend si nous ne réduisons pas drastiquement et immédiatement nos émissions de gaz à effet de serre. »

Lire, Comment agir dans une société bloquée ?

Le point de vue des écologistes

Acaila : On ne va quand même pas laisser des gens alerter sur les catastrophes à venir sans réagir quand même ! Bientôt on ne pourra même plus détruire la planète sans qu’on nous le reproche !

Jean-pierre Hrases : Ah tiens ? C’est un régime de dictateur en Australie ? Ou une démocratie avec des lois civilisées, des règles protectrices des droits de la défense et des libertés ? L’écologisme serait donc une dérive extrémiste voire terroriste ? (D’où leur inscription sur les fichiers S en France)

Hervé Corvellec : La violence de la réponse institutionnelle est à la hauteur du danger pour ses intérêts que représente la critique écologique de l‘enrichissement extractiviste qui caractérise l’Australie.

Raphou : « En 2021, l’île-continent restait le premier exportateur mondial de charbon et de gaz naturel liquéfié » => Tout est dit : ne touchez pas à nos bénéfices.

Antoine C : C‘est paradoxal, quand les GJ bloquaient des ronds-points (et accessoirement se faisaient déborder par des militants plus violents qu’eux dans les manifs), les commentateurs d’aujourd’hui, qui jubilent de voir un militant écolo en prison quelques semaines pour un pont bloqué étaient beaucoup plus indulgents …

Philémon Frog : On mesure là toute la stupidité des citoyens incapables de remettre en cause leur manière de concevoir le monde, même face à un danger démontré et désormais tangible. Nos dirigeants, parfaitement informés, qui répriment ceux qui les rappellent à leurs obligations, devront voir leur responsabilité engagée le moment venu. La France se comporte de la même manière : Libé fait état des considérables moyens d’enquêtes, de filatures, de communication de données de téléphonie et même d’imposition, etc, déployés par la gendarmerie pour arrêter deux personnes ayant dégradé une méga-bassine… qui a été déclarée illégale !

Ours : C’est la panique chez les réactionnaires qui ne veulent surtout rien changer et garder leurs bénéfices et leur petit mode de vie. Et en cas de panique, c’est la force et les violences des condamnations, jamais l’argumentation autre que la préservations des bénéfices est difficile à porter. Ce serait « amusant » si le chaos n’était pas au bout du chemin… pour tous.

GPS : C’est les politiques qui ne font rien pour le climat qui méritent d’êtres envoyé en prison… Non ?

Michel SOURROUILLE : Une référence aux luddites du XIXe siècle importe. Les artisans n’étaient pas opposés à toutes les machines, mais à « toutes les machines préjudiciables à la communauté ». Ils ont brisé des machines automatiques qui mettaient au chômage beaucoup d’artisans à domicile pour le plus grand profit de l’industrie textile en formation. Deux siècles plus tard, on constate que cette industrialisation à marche forcée a entraîné la croissance économique sans limites et la détérioration brutale des conditions de vie sur Terre. Les luddites avaient donc raison. Mais en 1812, une loi instaurant la peine capitale pour le bris de machine est entérinée ; les luddites sont passés sous les fourches caudines de la raison d’État… au service des intérêts économiques. Dans le système techno-industriel, la protection des biens nuisibles à l’environnement a encore plus de valeur que la liberté des manifestants écolos, et ce parfois au détriment de leur vie !

Lectures complémentaires sur ce blog biosphere

Eco-guerriers plutôt qu’éco-terroristes (2022)

Les activistes écolos se radicalisent (2022)

Le pourquoi de la désobéissance civile (2022)

CLIMAT, décrocher Macron de son cadre (2019)

Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ? (2018)

Du sentiment de justice et du devoir de désobéir (2016)

A Sivens et ailleurs, où sont vraiment les criminels ? (2014)

Greenpeace attaque des centrales nucléaires (2011)

Le journal Le Monde et l’action directe (2010)

action directe aux USA(2007)

Les économistes du profit sont disqualifiés

Les fiers apôtres de la mondialisation et du changement technologique ont enrichi une étroite élite financière et managériale, redistribué les revenus et les richesses du travail vers le capital, détruit des millions d’emplois… Le principal problème de la théorie économique dominante tient à la restriction de son champ d’études, qui était à l’origine le bien-être des populations.

Angus Deaton : Comme l’explique Amartya Sen, l’économie a pris un mauvais tournant lorsqu’elle a été définie comme « l’étude de la répartition de ressources limitées entre des bénéficiaires en concurrence ». Cette définition trop célèbre est due à l’économiste britannique Lionel Robbins (1898-1984), mais elle restreint considérablement le champ de l’économie, comparée à la définition qu’en a donnée le philosophe américain Hilary Putnam (1926-2016) : l’évaluation humaine et raisonnée du bien-être social, évaluation considérée comme essentielle en économie par Adam Smith (1723-1790). M. Sen compare la définition de Robbins et celle qui fut donnée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par l’économiste Arthur Pigou (1877-1959) : « Le début de la science économique, c’est le sentiment de révolte face au sordide des rues misérables et à la tristesse de vies flétries. » La Théorie générale de Keynes offre un bon résumé : « Le problème politique de l’humanité consiste à combiner trois choses : efficacité économique, justice sociale et liberté individuelle. »

Or, nous avons laissé de côté les deux derniers facteurs. Les économistes doivent dépasser leur fixation sur l’argent comme seul critère du bien-être. Et surtout, ils devraient passer davantage de temps avec les philosophes…

Le point de vue des écologistes

Milton Friedman, le père du monétarisme, écrivait en  1970 dans un article d’une cécité incroyable  : « La responsabilité sociale de l’entreprise, c’est d’augmenter ses profits. » Mais 0ua milieu des années 1970, il y a eu les chocs pétroliers, puis la conscience que notre activité économique réchauffait la planète, puis que les inégalités explosaient, puis que nous ajoutions en démographie les milliards aux milliards, tout ça au détriment de la biodiversité. Situation invivable et ingérable. Pourtant ce sont encore les adeptes du croissancisme qui ont encore en 2023 les faveurs des économistes, des politiques et de tous ceux qui courent après leur pouvoir d’achat. L’éconologie (contraction d’économie et d’écologie) n’a pas encore la lisibilité médiatique qu’elle devrait avoir.

Lire, Un précurseur de l’économie écologique, B de Jouvenel

En 1991 Robert Costanza, dans le sillage de la première conférence mondiale des économistes écologiques (Washington – 1990), avait défini le champ de l’éconologie comme « la science et la gestion de la soutenabilité ». L’économie écologique considère l’économie comme un sous-système de l’écosystème physique mondial et fini. Cela remet en cause le caractère durable de l’économie à cause de ses impacts écologiques et de ses besoins en énergie et matière, et aussi à cause de la croissance démographique. Un prix zéro pour extraire des ressources ou se débarrasser de déchets reflète non pas l’absence de rareté, mais une relation de pouvoir.

Pour conclure, voici le Programme pour une économie soutenable et désirable tel que défini en 2012

1) Notre économie matérielle est intégrée dans une société elle-même assimilée à notre système écologique de soutien de la vie. Alors, pour comprendre et gérer correctement notre économie, nous devons avoir au préalable une parfaite compréhension de l’ensemble du système écologique et de ses interconnexions.

2) La croissance et le développement ne vont pas toujours de pair. Un véritable développement doit être défini en termes d’amélioration du bien-être soutenable, et non uniquement en termes d’augmentation de la consommation matérielle.

3) L’économie écologique est la seule voie qui permette à l’humanité de rester dans les limites de l’espace de fonctionnalité sécurisé de la planète. Nous devrons stabiliser le niveau de population, partager plus équitablement les ressources, le revenu et le travail. Nous devrons créer de meilleurs indicateurs du progrès, réformer les systèmes fiscaux de façon à taxer ce qui est « mal » et non les biens, et favoriser les innovations technologiques dédiées au bien-être et non plus à la croissance. Enfin nous devons nous détourner de la culture de la consommation.

En résumé, nous devons entreprendre une refonte totale de notre système. Nos propositions ne sont en rien un fantasme utopique, c’est le statu quo qui relève aujourd’hui de l’utopie.

Lire, L’écologisme des pauvres, l’économie écologique

Écologie, opérations coups de poing

La société humaine n’a aucun mandat naturel ou divin pour goudronner et exploiter chaque centimètre carré de cette planète, seulement le droit que s’arroge le fort au détriment des faibles. En 1980, Dave Foreman fonde aux USA l’association Earth First! : « Pas de compromis dans la défense de la Terre Mère… Un bulldozer qui détruit la Terre n’est qu’une partie de la terre, fait de minerai de fer et consommant son énergie, c’est la Terre métamorphosée en monstre qui s’autodétruit : ce bulldozer doit être arrêté. » Par la suite, les campagnes de résistance ont eu une certaine efficacité contre l’abattage des arbres, la construction des routes, l’exploitation minière, l’édification de barrages ou de lignes haute tension, l’utilisation de véhicules tout-terrains, les OGM en agriculture, le développement de zones de ski, l’expansion des zones résidentielles, l’artificialisation des terres, les centrales à charbon, etc.

De telles actions réclament un degré supérieur d’engagement personnel et souvent un grand courage. Il y a toujours un risque personnel quand on s’interpose entre la machine et la terre sauvage. Mais dans les pays où la nature sauvage à presque complètement disparue, le combat est encore plus rude car les cibles existent à tous les coins de rue ! Le mouvement écolo ne sait plus où donner de la tête et des bras.

Le Monde avec AFP : L’organisation écologiste Extinction Rebellion a annoncé dimanche 1er janvier suspendre au Royaume-Uni les opérations spectaculaires de blocages qui l’ont fait connaître. Le réseau d’activistes, formé en 2018 et depuis célèbres pour ces opérations de désobéissance civile, préfère mobiliser pour une grande manifestation, en avril 2023.devant le Parlement britannique. Les actions d’Extinction Rebellion ont souvent été controversées, le groupe exaspérant une partie de l’opinion, le pouvoir conservateur et une grande partie de la presse. De nombreux militants ont été arrêtés lors de ces événements et le gouvernement prévoit de durcir encore le droit à manifester. Parallèlement, Extinction Rebellion a été dépassé par l’émergence de groupes encore plus radicaux comme Just Stop Oil ou Insulate Britain…

Les réactions montrent que beaucoup de personnes ne comprennent pas la validité de l’action symbolique d’un blocage partiel de la société militaro-industrielle alors que l’urgence écologique est de plus en plus perceptible par tous et que manifester devant le parlement brittonique ne chantera absolument rien.

Pelayo Decovadonga : Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est l’extinction de ces rebelles de pacotille.

Rumi : Un groupuscule vert vient de prendre acte de son inutilité. Tant mieux. En ce premier jour de 2023 je fais un vœu : que la planète continue tranquillement de se réchauffer et que l’homme accepte sa destinée qui est peut être de disparaître, de s’adapter en mutant ou d’aller sur Mars. Peu importe. Mais que les harceleurs du climat nous foutent la paix .

le sceptique : Ces actions sont pourtant utiles : des tas de gens passent de non-écologistes à anti-écologistes, grâce à une conscientisation du caractère nuisible de l’écologisme. Mais gageons que les radicalisés vont faire des groupuscules encore plus allumés.

Gaston31000 :Comme cela est bien expliqué dans l’article, le problème de faire des actions radicales, c’est que cela incite d’autres militants à des actions encore plus radicales. Des gens se croyant malins aspergent de soupe un tableau protégé d’une vitre et les suivants se sentent obligés d’aller plus loin. C’est un processus de radicalisation qui mène tout droit à la guerre civile.

Four Carlton Gardens : La médiatisation risque de faiblir. Pourquoi ne pas assassiner un homme politique et l’abandonner dans le coffre d’une voiture ?

untel : En termes d’efficacité, islamiques et écolos se rejoignent. Ils n’agissent pas plus sur le climat que les autres font appliquer la volonté de Dieu sur terre.

Zaza : Heureusement il y aura (il y a déjà sans doute) une frange de militants « purs et durs » qui n’acceptera pas ce « ramollissement » d’extinction rébellion et créera donc une dissidence + radicale encore. A bientôt donc pour la suite de leurs aventures, qui ne manquera pas de passionner la rubrique Planète.

LuKa : L’écologie sera le plus grand combat de notre siècle

lire, Action directe, en stage… et en application scolaire

Sobriété alcoolique, faites le Dry January

Pour un écolo intégriste, ni tabac, ni alcool. Or la France se place dans le peloton de tête des pays de l’OCDE qui boivent le plus, avec 10,5 litres d’alcool par an pour les 15 ans et plus. C’est le premier facteur de risque de mortalité prématurée et d’incapacité chez les 15-49 ans. Les études récentes mettent en évidence un effet néfaste de l’alcool dès le premier verre. Une vaste étude publiée en 2018 dans la revue médicale The Lancet avait mentionné que « le niveau de consommation d’alcool le plus sûr est : zéro ». Ce qu’avait rappelé l’expertise collective de l’Inserm en mai 2021.

D’où l’idée de participation obligatoire des impétrants écolos au « Dry January »

lire, 25 janvier 2020, Dry January, janvier sans alcool, dur dur

Mickael Naassila : La campagne du « défi de janvier » vise l’abstinence, certes, mais cela peut être aussi de réduire sa consommation d’alcool. L’enjeu est de déclencher une prise de conscience sur le niveau de consommation. Ce n’est pas moralisateur. La consommation d’alcool est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies, dont la cirrhose hépatique, certains cancers (foie, colorectal, sein et voies aérodigestives supérieures), des maladies cardio-vasculaires, des maladies digestives, des maladies mentales. L’alcool peut exacerber des problèmes de santé, comme l’hypertension artérielle, les troubles du rythme. L’alcool augmente aussi les risques de suicide, d’accidents de la circulation, de violences physiques ou sexuelles. Il représente l’une des toutes premières causes d’hospitalisation en France. Le fardeau sanitaire est lourd. Le nombre de décès attribuables à l’alcool en 2015 est estimé à 41 000, dont les trois quarts chez les hommes, selon les dernières données disponibles.

En novembre 2019, l’opération Dry January était sur les rails, sous la houlette du ministère de la santé, de Santé publique France, des associations, etc. Emmanuel Macron l’a stoppée en annonçant, lors d’un déjeuner avec les représentants du monde viticole, que l’opération n’aurait pas lieu.

Lire, Alcool, ébriété ou sobriété ?

Le pourquoi de la désobéissance civile

L’éducation des enfants a pour finalité d’en faire, non pas des citoyens obéissants, mais des citoyens responsables, capables d’apprécier et de juger les normes et valeurs à laquelle la société leur demandera d’obéir. En clair, les enfants doivent savoir désobéir à un ordre injuste, quel que soit celui qui le leur demande, un parent, un enseignant, l’Etat. Tous les enfants de France devraient connaître la Déclaration des 121 sur le droit à l’insoumission en 1960 dans la guerre d’Algérie ou le Manifeste des 343 en 1971 pour légaliser l’avortement. La désobéissance civile est la respiration de la démocratie. Le problème de nos sociétés pseudo-démocratiques, en fait soumises aux diktats de l’économie, c’est qu’il faudrait pratiquement désobéir à tout. Non seulement désobéir aux OGM ou à la publicité…, mais désobéir aussi aux petits chefs dans les bureaux, à la consommation de masse, à la société du spectacle, au productivisme, au populationnisme, à la mondialisation, etc.

Anne Chemin : La notion de désobéissance civile apparaît pour la première fois en 1866, dans le titre d’un opuscule de Henry David Thoreau (1817-1862) publié quelques années après sa mort. Pour Thoreau comme pour son ami le philosophe Ralph Waldo Emerson (1803-1882), l’unique guide du citoyen doit être sa conscience. En servant aveuglément un Etat injuste, il se transformerait en « automate ». Pendant des décennies, le plaidoyer de Thoreau en faveur de la désobéissance civile reste confidentiel, mais, dans les années 1900, il inspire un militant indien que son combat contre le colonialisme britannique rendra bientôt célèbre. Le Mahatma Gandhi souscrit, comme Thoreau, à l’idée que le citoyen a le devoir de se rebeller contre les lois injustes. Mais avec Thoreau, la désobéissance civile était un acte individuel garantissant l’intégrité morale du citoyen  alors qu’avec Gandhi, elle se transforme en une mobilisation collective destinée à changer le monde. Ce registre éminemment politique séduit, à la fin des années 1950, Martin Luther King. Pour le pasteur afro-américain, la philosophie de Gandhi est « la seule méthode moralement et concrètement valable pour les peuples opprimés ».

Dans une démocratie, pourquoi défendre ses convictions en commettant une infraction, alors que la démocratie propose nombre de moyens légaux, tels que la grève, la pétition, la manifestation ou le vote ? Les philosophes estiment que pour appartenir au registre de la désobéissance civile un acte illégal doit remplir trois conditions : respecter le principe de non-violence, être public et collectif, et surtout invoquer une cause d’intérêt général.

Le point de vue des écologistes

Matt21 : La désobéissance civile est certes plus difficile à justifier dans une démocratie, mais que faire lorsque cette démocratie est biaisée, voire carrément confisquée, tout en maintenant les apparences ? Où sont passées les recommandations de la convention citoyenne sur le climat ? Pourquoi le parlement a-t-il voté pour le traité constitutionnel européen alors que les citoyens l’avaient rejeté ? Pourquoi ce sont des milliardaires qui accaparent les médias ? Pourquoi il y a-t-il plus de lobbyistes que de fonctionnaires a Bruxelles ? L’opinion publique est « manoeuvrée » en permanence et les rares fois que celle-ci s’écarte du droit chemin, on passe outre et on joue du bâton.

Michel SOURROUILLE : Historiquement la désobéissance civile a toujours été menée au nom d’une libération. Lutte contre l’impérialisme anglais avec le mahatma Gandhi, lutte contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King , lutte contre les multinationales de la semence pour libérer les paysans… En bref la désobéissance civile se pratique pour libérer un peuple enchaîné par une contrainte extérieure qui empêche sa libre détermination ; on redonne à la démocratie ses vertus d’égalisation entre les membres d’une communauté. L’idée de libération prend une nouvelle forme aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’emprise thermo-industrielle sur nos existences.Quand la légalité consiste à enchaîner les citoyens à une croissance qui mène à l’effondrement, il semble légitime de réagir. Si les méthodes non violentes échouent, on peut craindre le pire.

Ours : La réaction du gouvernement Macron est sans surprise : répression maximum pour des délits – très – mineurs et garde à vue systématique pour intimidation, adoption du mot écoterrorisme... Toujours l’escalade. L’amalgame avec les black bloc, pour décrédibiliser toute action non violente, est totalement inexcusable. Et bien évidemment, poursuite de l’inaction climatique car il est hors de question de changer. Cette démarche gouvernementale conduira évidemment à la radicalisation de certains de ces jeunes gens.

Frog : Il est clair aussi que les entreprises les plus puissantes, pour qui l’écologie représente plus un tracas qu’autre chose à COURT TERME, ont des places privilégiée auprès de l’état pour mettre en avant leurs besoins. C’est en réalité exactement le principe de a désobéissance civile : l’idée que la démocratie et l’Etat, parfois, n’agissent plus pour le bien commun. Dès lors, il faut désobéir : Thoreau a désobéi à un état démocratique, Ghandi ou Martin Luther King aussi. Trois désobéissances gouvernées par une éthique. Le refus de l’esclavage, l’indépendance des peuples, les droits civiques. Et aujourd’hui la cause écologique….

Peps72 : La notion de désobéissance civile est définie de manière partisane par un petit groupe de personnes ultra-idéologisées qui affaiblissent clairement notre Etat de droit, en s’autorisant unilatéralement à enfreindre la loi.

Dekroissan : Cher Peps, vous qui défendez l’État de droit et la légalité, sachez que la traite des Noirs, le massacre des Indiens d’Amérique, le génocide des Juifs, l’apartheid en Afrique du Sud… tout cela était parfaitement légal. Et aujourd’hui, il est légal de brûler chaque année 15 milliards de tonnes de combustibles fossiles, qui ont mis environ 1 million d’années à être constitués par la nature. La légalité est-elle un argument valable pour décider de ce qui est bien ou mal ?

dekroissan : La question de fond est de décider si on veut la manière douce ou la manière dure. La manière douce, c’est une auto-limitation de notre consommation et une décroissance maîtrisée. La manière dure, c’est la poursuite de ce qu’on fait aujourd’hui, ce qui va se terminer par des effondrements, des famines et des pénuries en tous genres.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

À lire, La désobéissance civile (H.D.Thoreau, 1849)

Tout savoir sur la désobéissance civile

José Bové, désobéissance civile ou civique ?

La désobéissance s’apprend, savoir déterminer l’injuste

La désobéissance civile des scientifiques

Cassons la machinerie thermo-industrielle

Souveraineté et Territoire de Vie

Pour parution sur votre blog biosphere, je vous envoie mon article « La Souveraineté du Peuple Indigène sur son Territoire de Vie pour la sauvegarde de sa Réserve de Vivant : un impératif écologique »

Nathalie Royant

La crise écologique confronte l’Humanité au constat d’une « horreur économique » concernant le Vivant au niveau de la Planète. Elle pose la question de son aptitude à sortir de son activité entropique et « anthropophagique » dérégulatrice de l’écosystème terrien et génératrice de son Déficit Vital… L’impératif de repli en soi permettant de regénérer des forces adaptatives suppose pour les pays de sortir de la nasse de la mondialisation malheureuse et son impérialisme économique et numérique, à l’origine du déséquilibre de l’écosystème terrien et de ses effondrements. C’est une condition préalable pour que les Peuples Indigènes soient en mesure de reconstruire leur trajectoire de développement singulière dictée par la spécificité de leur écosystème… C’est le sens à donner au regain des nationalismes, populismes et autres patriotismes, comme une lutte bien fondée des peuples pour sortir de l’aliénation aux modèles de développement « mondialisateurs » du capitalisme sauvage, modèles corrupteurs, basés sur le mythe de la croissance éternelle, une propagande universalisante « bienpensante »… L’éclatement mondial des chaînes de valeur ajoutée et la spécialisation agricole au détriment des cultures vivrières ont montré leurs terribles méfaits quant à la codépendance outrancière des pays de la planète et la surexploitation des ressources. Le « repli national » est donc structurellement une posture écologique pour la réparation du Territoire de Vie des Hominidés. Le challenge, assurer un continuum Nature/Culture viable. ..

La relecture de la condition de l’Animal Social Pensant amène à revoir les « fonctions de base » de l’Hominidé à restaurer :

      • la prédation optimisée pour le stock nourricier et le maintien de l’équilibre de la chaîne alimentaire Végétal/Animal (son exigence symbiotique).
      • La défense du territoire de vie légitime et la gestion de la bonne porosité de ses frontières : le tri sélectif entre les flux bénéfiques et les flux néfastes.
      • la solidarité organique du Corps Social Indigène pour la préservation de sa Réserve de Vivant sur son Territoire de Vie .
      • La gestion de l’équilibre population/ressources sur le Territoire de Vie pour limiter au mieux « l’anthropophagie » sociale.

Le péril écologique, ses « éco suicides » (surpopulation, surproduction, surconsommation, capitalisme sauvage et migration sauvage, low cost, délocalisation) et ses punitions (finitudes des ressources, réchauffement climatique, pollution) renvoie à une contrainte biosystémique d’adaptation incontournable : la sobriété heureuse ou « moins mais mieux » en toutes choses.. Toute activité humaine est condamnée à réduire ses intrants matériels, simplifier et ralentir la transformation (respect des processus de maturation) et diminuer les échanges pour mécaniquement diminuer la prédation « matière » et limiter les déchets. Ce New Deal ou Programme Commun Vert nécessite la cohésion du corps social au sein de chaque nation… La logique n’est plus celle de l’économie mondialisée et de ses élites (qui ont la possibilité d’une île) et sa vision des peuples comme marché et réservoir mondial de main d’œuvre délocalisable et déplaçable à merci pour une croissance matérielle infinie mais celles des contraintes de l’équilibre de la population en charge de la sauvegarde du Territoire et de sa Réserve de Vivant. La décroissance matérielle compensée économiquement par une croissance immatérielle.

« Le vingt et unième siècle sera spirituel ou ne sera pas » …

le spirituel ne produisant pas de CO2 …

La décroissance démographique dans les pays « développés » est une opportunité pour un regain d’espace vital dans des pays à « infrastructure saturée » obéré par l’immigration de masse de ces dernières décennies et son taux de natalité. La défense de l’espace vital implique la suppression du « droit du sol » et l’arrêt des ventes des terres aux étrangers. .. L’identitarisme écologique du Territoire de Vie est la voie pour reconstruire la solidarité organique nécessaire aux choix et renoncements contraints par la sobriété heureuse. C’est « l’économisme local ».

Passage aux 80 km/h sur autoroutes ?

Un commentateur sur ce blog biosphere : « Après l’effondrement, les forces nées du chaos s’ empareront de ces émasculés lâches et les enverront ad patres : sans être un chaud partisan de la violence, une telle situation me fera m’ esbaudir. »

Le style est certes brutal, mais le fond du débat est bien présent. Si on ne prend pas dès aujourd’hui des mesures radicales pour lutter contre le pillage de la planète, ce sera la brutalité habituelle des humains dans les périodes de stress qui prendra le dessus. Un éditorial du MONDE ce jour prône le passage aux 110 km/h sur autoroutes, mesure déjà proposée par la convention citoyenne sur le climat mais refusée par le gouvernement (et toujours inacceptable pour un Gilet jaune). Les demi-mesures ne sont même pas audibles. Selon notre approche sur ce blog, le chaos est donc probable, plus que probable. Cela ne nous empêche pas de scruter la réalité sur ce blog… et d’envisager ce qu’on aurait dû faire.

Éditorial du MONDE : « Les conséquences concrètes du réchauffement climatique sont ressenties par tous, l’urgence à agir n’a jamais été aussi absolue. Le plus difficile reste à faire : amener le maximum de nos concitoyens à adopter les comportements à la fois les plus efficaces et les moins contraignants .L’usage de la voiture particulière, qui produit 53 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, soit environ 16 % du total des émissions du pays, apparaît comme un domaine d’action à la fois sensible et décisif. Lors du premier choc pétrolier, en 1973, le gouvernement Messmer n’avait d’ailleurs pas hésité à réduire la vitesse à 90 km/h sur route et à 120 km/h sur autoroute, afin d’« économiser l’énergie » et de réduire la dépendance envers les pays exportateurs d’hydrocarbures. L’une des 149 propositions formulées en 2020 par la convention citoyenne sur le climat consistait à limiter la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes. Son rejet par le gouvernement était à l’époque irrecevable. Il l’est encore davantage à présent.une telle mesure fait économiser 20 % de carburant et évite autant de rejets de carbone. L’exécutif, persuadé que sa décision de 2018 de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes a nourri la révolte des « gilets jaunes », refuse de changer la règle par crainte de « braquer les Français », affirmant qu’« on peut y arriver sans exiger des sacrifices ».

Ce langage, qui n’est pas tenu dans d’autres domaines comme les retraites, est trompeur et à courte vue. Il ne tient pas compte du contexte actuel – guerre en Ukraine, été caniculaire, inflation –, qui rend nettement plus audible le message de la sobriété.plus on perd de temps pour passer à l’action, plus le réchauffement climatique va se traduire en contraintes sur nos modes de vie, voire nos libertés. »

Le point de vue des écologistes… face aux non-écolos

bricolbob : Trop de gens oublie que la route ne nous appartient pas et qu’on l’emprunte, il en va de même pour la planète.

Naej F : Soit une base de 8l/100km à 130 et 6l/100 à 110 (les 25% d’économie de l’article). Je propose qu’à 4 dans la voiture on puisse aller à 130km/h (2l/100km/personne), à 3 on soit limité à 110km/h (2l/100km/personne) et en dessous on soit interdit d’autoroute.

Alfred-poirot : Tout à fait. Il n’y a pas de liberté de polluer.

Nicolas84 : Pour que cette mesure soit acceptée il aurait fallu dans un premier temps empêcher les constructeurs automobiles de nous vendre des voitures conçues pour rouler au double de cette vitesse. A 110 km/h sur l’autoroute, une voiture moyenne utilise une puissance de 20 « chevaux vapeur » quand la plus petite voiture vendue aujourd’hui en fait 100. Une voiture conçue pour rouler à 200 ne consomme pas beaucoup moins à 110 qu’à 130 car son moteur n’est pas optimisé pour cela. Si elle était conçue pour rouler à 110 elle consommerait facilement moins de 2 litres aux 100km.

Pjm : Pourquoi toujours vouloir imposer des mesures contraignantes alors qu’on peut obtenir les mêmes résultats en incitant aux changements de comportement de façon bienveillante avec une campagne d’information bien conçue. S’il s’agit d’un comportement de bon sens et facile à justifier, il finira par être adopté par la majorité de la population. Ensuite il sera facile de le rendre obligatoire.

Antoine  @ Pjm : Je roule depuis longtemps à 110 km/h sur autoroute, l’économie de carburant est appréciable, et je suis toujours ébahi de voir que si peu d’automobilistes adoptent *d’eux-mêmes* cette mesure très simple. Bon, ils vont tous/toutes disparaître lors de l’effondrement qui approche, c’est une consolation 🙂

JM Dupont : Personne n’interdit de rouler à 110 km/h. Allez y, mais svp restez sur la file de droite. Merci !

Undefined @ Dupont : Vous partagez une atmosphère avec 8 milliards d’êtres humains, le CO2 que vous émettez inutilement pour gagner quelques minutes sur le trajet les concerne, il est légitime qu’ils aient leur mot à dire.

Rumi : Non à la viande, à 20 degrés dans les appartements, à la mode, aux piscines privées et jets, non à la cigarette, au plastique, à la neige artificielle, au ski, et maintenant aux 110 sur autoroute. Mais ça va s’arrêter quand ces interdictions. Qu’on nous laisse en paix !

Artemis purple @ Rumi : La liberté de devenir responsable et intelligent, ça vous parle ?

Pioch : Dommage que d’autres mesures aussi « évidentes » ne soient soutenues que par les écolos « barbus et chevelus ». Si LE MONDE soutient par son édito le 110 km/h sur autoroute, pourquoi ne pas prendre d exposition claire contre les autoroutes justement, contre les bassines, contre les jets privés et la taxation à 50% de TVA sur les grosses cylindres de plus de 80 000€ ? La nuance est de taille : il s’agit de la dimensions sociale et inégalitaire des mesures soutenues. Les riches sont épargnés par cet éditorial.

Simon : Je pense qu’une grande partie des gens ne souscrit pas à cette mesure car elle semble être seulement symbolique. Les gens attendent une réelle transformation de notre mode de transport. LA réalité, c’est que si on continue à tous conduire notre voiture personnelle, ce n‘est pas en réduisant de 20 km/h sur l’autoroute qu’on va sensiblement réduire notre empreinte écologique (surtout quand on sait que 80% des trajets effectués font – de 50 km). C’est encore une mesure de posture visant à dire qu’on fait quelque chose tout en refusant de mettre les mains dans le cambouis.

Michel Sourrouille : En 1974, dans son programme de présidentiable écolo, René Dumont écrivait : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde… Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire du 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… On peut penser dès à présent à réorienter l’industrie automobile vers la production des composantes de logements ou des systèmes d’énergie solaire ou éolienne… » En 2022, on n’a toujours rien appliqué de ce programme, on court donc au désastre.

Cassons la machinerie thermo-industrielle

Les coups d’éclat médiatiques, mais aussi les blocages, les occupations ou les manifestations ont fait partie de la boîte à outils de l’écologie politique depuis ses origines. On pense aux mobilisations contre le camp militaire au Larzac, aux occupations temporaires de sites nucléaires ou aux fauchages d’OGM. La désobéissance civile, le non-respect de règles légales comme moyen d’action, est vieille comme les mouvements d’émancipation qui ont inspiré les écologistes. Dernière action en date : un tableau de Vincent Van Gogh a été aspergé de soupe à Rome. Les quatre activistes, membres du groupe Ultima Generazione, ont visé l’œuvre pour protester contre le réchauffement climatique et les énergies fossiles. Le tableau, protégé par une vitre, n’a pas été endommagé.

Simon Persico : Les écologistes se divisent quant aux répertoires d’actions les plus appropriées pour faire entendre leur cause. Dernier exemple de ces divisions sur la méthode, les réserves exprimées par des personnalités écologistes visibles dans l’espace médiatique comme Hugo Clément ou François Gemenne envers les happenings muséaux de Just Stop Oil (contre un tableau de Van Gogh à Londres) ou Letzte Generation (contre un tableau de Monet à Potsdam). Dans ce cas, c’est au contraire la radicalité symbolique qui est mise en accusation : le goût du buzz de jeunes activistes décrédibiliserait le message aux yeux du grand public. L’histoire de l’écologie politique est marquée par la tension entre responsabilité et radicalité. Quand des activistes canadiens décidèrent de fonder Greenpeace en 1971, c’est bien parce qu’ils considéraient que les méthodes utilisées par les grandes ONG de l’époque étaient trop consensuelles pour être efficaces dans la lutte contre les essais nucléaires. La vigueur des mobilisations actuelles trouve son origine dans les doutes qui touchent un nombre croissant de militants, d’étudiants, de scientifiques et plus largement de citoyens quant à l’efficacité des formes d’action et de vie accommodantes avec le productivisme.

Le point de vue des écologistes

Liberté Egalite Fraternite et Republique : L’écologie politique paraît condamnée à la radicalité car les problématiques auxquelles elle répond résulte d’une réflexion d’ensemble portant sur un projet politique global de société nécessitant une révolution copernicienne que l’on pressent désormais inéluctable car conditionnant notre survie sur terre. Elle est, par ce seul fait condamnée à la radicalité par le libéralisme transnational actuellement au pouvoir qui est absolument opposé à cette démarche écologique qui met la préservation de la Vie, de toutes les vies sur le long terme comme unique objectif au Politique.

Le libéralisme transnational lui a pour unique objectif la surexploitation des ressources naturelle conditionnant les super profits immédiat d’une caste humaine ultra minoritaire au détriment de tout autre intérêt,fusse celui de la Vie. Le Libéralisme transnational, autiste, impose à l’écologie de s’exprimer par le seul élan Vital de la radicalité. Le Héros est un homme coincé contre un mur disait Sartre.

Ma tzu : Pas besoin d’être activiste pour avoir une conscience écologique naturelle. L’homme fait partie intégrante de la nature, il est dans la nature, et non pas en dehors, comme on a prétendu le faire avec ce dualisme corps et âme durant des siècles, un dualisme qui domine encore l’activité humaine. la destruction de la Nature, c’est la destruction de l’Homme. Déjà dans les années 70, on ressentait les effets toxiques d’une croissance effrénée, sans règles éthiques, et la mentalité collective était bien inconsciente des dégâts. Le chimiste Lovelock, le microbiologiste Margulis, et le philosophe Naess en discutaient longuement dans leurs ouvrages « Gaia Theory » et « Deep Ecology ».

Marine Tondelier (candidate à la direction d’EELV) : Quand Gérald Darmanin assimile les manifestants non violents à des terroristes, il ne fait pas mieux que celles et ceux qui assimilent toutes les forces de l’ordre aux bavures policières. Notre place était dans cette manifestation. Par ailleurs, pourquoi l’interdire ? Quand Darmanin parle d’écoterrorisme, cela signifie qu’il est terrorisé par des familles, des militants pacifistes, des paysans ? Il y avait selon lui 40 fichés S sur place, son travail aurait justement dû être qu’ils n’arrivent jamais jusqu’à la manifestation. Je note d’ailleurs que Léonore Moncond’huy, maire écologiste de Poitiers, a été verbalisée très loin du rassemblement tandis que des black blocs y sont arrivés sans difficulté. Tout cela m’interroge. Manipulation ?

Eco-guerriers plutôt qu’éco-terroristes

Hier comme aujourd’hui, l’histoire montre que les premiers coups de canon d’une guerre ou d’une révolution sont toujours sémantiques. Selon M. Darmanin, la France serait menacée par des armées d’écoterroristes prêts à mettre le pays à feu et à sang au nom de leur dangereuse idéologie et de leur sectarisme. Rien de moins ! Que le ministre de l’intérieur d’un pays qui a été ensanglanté par une série d’attentats terroristes islamistes se permette d’établir un parallélisme de langage avec les actions des écologistes relève de l’indécence, du cynisme et d’une irresponsabilité confondante.

Lire, Les écoguerriers en vert sont-ils des terroristes ?

Noël Mamère : Dans le cas des bassines, c’est une faute que de jeter en pâture des militants et militantes qui n’ont d’autre souci que de préserver l’avenir de l’humanité. Cette qualification infamante adressée à des militantes et militants qui, dans leur immense majorité, ne font que s’inscrire dans une longue tradition de désobéissance à de grands projets inutiles, a été mûrement réfléchie au sommet de l’État. Avec un double objectif : nous imposer son vocabulaire, relayé par de nombreux médias et réseaux sociaux, pour dicter ses valeurs ; nous pousser à parler avec ses mots plutôt que de débattre des limites de notre modèle agricole dominant. Nous savons que parler et penser avec les mots de l’adversaire, c’est déjà rendre les armes. Il faut donc restituer aux mots leur véritable signification pour rendre à nos actes leur sens politique.

« l’écoterrorisme » est une invention des milieux conservateurs. Cette expression, aussi stigmatisante que révoltante pour les amalgames auxquels elle procède, vient de lobbys victimes d’activistes écologistes qui se qualifient d’« ecowarriors » ou d’« écoguerriers », principalement des Anglo-Saxons ayant recours à des actions qui n’excluent pas le sabotage écologique par l’atteinte à des biens matériels.Ce fut le cas du groupe radical Earth First !, créé aux Etats-Unis par le néoluddite Dave Foreman au début des années 1980 ; les tactiques militantes alliaient le refus de tout compromis et le recours à des actions illégales pour s’attaquer à des projets jugés nocifs pour le vivant. Son modèle était le Monkey Wrench Gang (Gang de la clef à molette), gang du roman publié par l’activiste américain Edward Abbey en 1975, qui contait les aventures d’un groupe d’activistes écolos n’hésitant pas à saboter les engins qui détruisaient le désert de l’Utah.

Lire, Le retour du gang de la clef à molette d’Edward Abbey

Le point de vue des écologistes

Réaliste : Le point de départ de ce conflit est que l’eau n’appartient pas à la FNSEA. De quel droit les nappes phréatiques seraient confisqués par quelques centaines d’agriculteurs au détriment des autres paysans et des autres usages de cette eau ?

Frog : Il n’y a évidemment aucun ecoterroriste, puisque le mot relève de la tactique de classer comme hors-la-loi de simples opposants politiques. Par contre je pense qu’on peut clairement parler d' »eco-bashing », pour reprendre une formulation chère aux lobbyistes… et au gouvernement, trop souvent à leurs bottes.

Liberté Egalite Fraternite : Qualifier d’écoterrorisme le mouvement d’opposition radicalisé qui tend à s’opposer aux projets gravement attentatoires à l’environnement souligne l’autisme d’un gouvernement insensible à une génération montante qui ne veut plus subir les dommages vitaux d’une politique libérale transnationale autiste qui les a sacrifié. Comment le pouvoir peut-il imposer à cette jeunesse l’irrationnelle justification de ses méga-bassines par des des études hydrologiques du secteur effectués de 2001 à 2011, hors l’actuelle sécheresse irréversible croissante découlant du réchauffement climatique ?

Sorel : ce que je trouve effrayant, c’est que nous vivons un incroyable défi, quelque chose qui devrait mettre toute la société en mouvement, nous mobiliser tous, afin de construire une société résilience et sobre, et nous voilà fracturés. Sur tous les sujets, la société se tend, ce ne sont qu’anathèmes, caricatures, violence. C’est sidérant. Que gagnent ceux qui, afin d’éviter tout débat, parlent de terroristes, de khmers, de pastèques etc ? De quoi ont-ils vraiment peur ? Il faut plutôt craindre que, face à l’enchaînement des conséquences du réchauffement, la crispation devienne de plus en plus violente.

Lire, Où sont les écoguerriers ? Partout et près de vous !

L’activisme écolo radical, une nécessité

Les gouvernements de nombreux pays occidentaux font face à des actions ciblées visant à alerter les populations sur le dérèglement climatique. « La désobéissance civile a été nécessaire dans de nombreuses périodes de l’histoire, affirme Aurélie Trouvé, députée La France insoumise (LFI) . Alors que ces cris d’alertes sont très anciens (démontage du McDonald’s de Millau, dans l’Aveyron, en 1999, fauchage des champs d’OGM, actions de Greenpeace et Sea Shepherd, etc.) et parfois couronnés de succès, sont-ils encore nécessaires alors que la cause climatique s’est propagée dans la population ? Ou peuvent-ils être contre-productifs en refroidissant une partie de la majorité silencieuse ?

Matthieu Goar : Plusieurs études américaines en sociologie politique et en psychologie sociale se sont penchées sur la question de l’efficacité de la radicalité. Dans un article publié en janvier 2020 dans le Journal of Personality and Social Psychology et réalisé sur la base de six expériences confrontant des observateurs à des gestes radicaux – contre les tests sur les animaux, contre la politique de Donald Trump, dans le cadre d’une marche Black Lives Matter (« les vies noires comptent »), etc. –, des chercheurs estimaient que les « protestations extrêmes réduisaient le soutien populaire aux mouvements sociaux ». « Des militants qui bloquent une autoroute peuvent non seulement amener les observateurs à moins supporter leur mouvement, mais aussi à leur faire moins prendre soin de l’environnement », écrivaient les auteurs, en résumant leur théorie sous le titre The Activist’s dilemma (« le dilemme du militant »).

Matthew Feinberg et Robb Willer, ont publié une autre étude en août 2022 dans la revue PNAS, réalisée à partir de deux expériences (confronter les panélistes à différents types de militantisme contre les conditions d’élevage et pour la défense de la cause climatique) où ils soulignaient que des actions radicales peuvent avoir un effet paradoxal : « Augmenter le soutien aux actions plus modérées qui défendent la même cause. » Un débat qui n’a pas fini d’animer le monde politique et climatique.

Lire, Tout savoir sur la désobéissance civile

Peut-on se déclarer CONTRE le point de vue des écologistes ?

Wotan : Pour l’instant le gouvernement a fait preuve de faiblesse et de mansuétude face aux écolos terroristes qui ne reculent devant rien. Peines de prison ferme , TIG et amendes dissuasives devraient les calmer.

Castanea : Que reste-t-il d’autre à la jeunesse face aux murs politiques qui préparent sa mort ? Ce n’est pas rien de priver les jeunes d’avenir !

Genius : Les terroristes verts sont maintenant soutenus par les khmers rouges. On en a assez des névrosés pathétiques du climat. La réalité, même si elle leur est insupportable c’est 95% des français ne veulent pas de leur monde de punitions et de leur idéologie mortifère. Il va falloir faire avec le réchauffement ! Si ça les traumatise, la psychiatrie est là pour eux. Rien ne leur donne le droit de faire leur loi et d’attaquer les forces de l’ordre !

Isa : Si l’état de droit est important pour vous et qu’il faut le respecter, merci de nous expliquer comment vous vous y prenez pour que l’état, déjà jugé coupable plusieurs fois pour inaction climatique et pour non respect des normes de pollution de se mette en conformité avec la Loi. Ensuite, sur le caractère inéluctable du réchauffement climatique… oui probablement… par contre rien n’est écrit sur qui va payer les frais d’adaptation.

Perkunas : Un gouvernement que préfère protéger le business agro-alimentaire et pas l’avenir de nos enfants est un gouvernement que mérite la révolution absolue et totale. Tous les moyens sont utiles pour arrêter l’écocide.

Michel SOURROUILLE : Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées, Greta Thunberg se contente de dire aux politiques qu’ils feraient bien d’agir, les Conférences internationales sur le climat depuis plus de 26 ans n’ont absolument rien changé aux émissions de gaz à effet de serre ! Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe. Il est beaucoup trop rare de rencontrer des personnes qui prônent une action radicale contre la violence anti-écologique des biens consommés et des infrastructures actuelles, une contre-violence qui irait au-delà d’une non-violence jugée trop paisible. Ce genre d’analyse est restée ultra-minoritaires chez les activistes écologistes.Il faut donc se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ».

Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »

Lire, Hymne au sabotage dans Le Guardian

Gérald Darmanin face à l’« écoterrorisme »

L’« écoterrorisme » n’existe pas à l’heure qu’il est. En effet le Parquet national antiterroriste (PNAT) n’a jamais requis, à ce jour, l’ouverture d’une information judiciaire dans les cas d’attaques de relais téléphoniques 5G ou de locaux d’EDF. Toutes ces infractions ont été traitées par la justice ordinaire. Le PNAT fait remarquer que « pour que des faits soient juridiquement qualifiés de terroristes et qu’[il] puisse se saisir, il faut apporter la preuve de l’existence d’une entreprise dont le but est de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Lire, Ecoterrorisme, les écologistes sont-ils coupables ?

Antoine Albertini et Christophe Ayad : La tendance du gouvernement à criminaliser la protestation écologiste est claire : Alternatiba Poitiers, une association qui forme à la désobéissance civile et milite contre les mégabassines, s’est vu opposer la loi contre le séparatisme afin de l’empêcher de toucher des subventions publiques. Mais le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, n’a pas prononcé une nouvelle fois le mot polémique du week-end, « écoterrorisme », utilisé pour qualifier les heurts de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) entre forces de l’ordre et manifestants opposés aux mégabassines : cette « notion n’existe pas en droit français » De fait, ce qui s’est passé à Sainte-Soline relève de la manifestation violente, tout simplement ; bilan de 61 gendarmes blessés, dont 22 sérieusement. Du côté des manifestants, 30 personnes ont été blessées et 10 prises en charge par les services de secours… Ce sont désormais 1 000 gendarmes qui œuvrent à lutter contre « l’installation d’une ZAD [zone à défendre] sur le terrain destiné à la bassine.

Le point de vue des écologistes

marredescPourquoi les moyens publics (1000 gendarmes ce n’est pas rien !) sont-elles engagées pour défendre des projets privés qui spoilent les communs ( les nappes phréatiques) ?

Yannoche : L’arroseur arrosé, cette définition d’écoterrorisme s’applique bien mieux à tous les créateurs de ‘bassine’ et autres non-sens écologiques.

Victor M : Pour moi l’écoterrorisme relève plutôt de l’écocide, la destruction de la planète, de la biodiversité, de la pollution … Détruire nos nappes phréatiques est un véritable attentat contre la nature !

Christophe Brocard : Défendre la planète et les générations futures en manifestant, de l ecoterrorisme? Sérieux?

Violette : En écho au subtil Darmanin, il y a la ministre de la culture, Rima Abdul Malak, qui estimait hier que les actions des écologistes contre les tableaux, « c’est de l’écovandalisme ».

SpiritMick : Si Eco terroristes il y a, c’est bien de la part de notre gouvernement qui ne fait rien et se fait même condamner par Bruxelles pour son inaction climatique ! C’est grave !

Mainstreet : Certains milieux écolos et d’extrême gauche, désespérés et angoissés de la crise climatique, se radicalisent dans leurs approches et accumulent de la frustration, au nom d’une cause plus grande que chacun d’entre nous. On retrouve le ferment de ce qu’a été il y a 40 ou 50 ans le terrorisme d’extrême gauche en Europe, des brigades rouges à Action Directe. Quand ils comprendront qu’attaquer des bassines ou se scotcher par terre ne mène à rien, ils risquent de basculer vers plus de violence. Ce n’est évidemment pas une réalité aujourd’hui, mais on voit bien qu’on y va tout droit. Le nier est du déni.

Jim Tonic : Il peut être noté que l’article 461-28 du code pénal (relatif aux crimes de guerre) punit de 20 ans de prison « le fait de lancer une attaque délibérée en sachant qu’elle causera incidemment des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel, qui seraient manifestement disproportionnés par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu de l’ensemble de l’attaque » !!!

Jpw59 : Maintenant, le fond du problème est la politique agricole et la capacité des gouvernements à changer les modes de production agricole et c’est une autre paire de manches.

Défendre le climat, pourfendre l’art

Deux jeunes femmes ont aspergé de soupe les Tournesols, de Vincent Van Goghà la National Gallery de Londres. L’œuvre artistique, bien protégée par une vitre épaisse, n’est pas vraiment visée. Ce qui l’est, c’est l’inertie de la lutte anti-réchauffement. C’est le gouffre qu’il y a entre notre capacité à protéger les œuvres du passé, et à ne pas savoir protéger la nature. Notre passé est donc plus en sûreté que notre futur !

Lire, Musée, un passé dépassé

Le 10 mars 1914, Mary Richardson avait lardé de neuf coups de machette un tableau de Velazquez, endommageant gravement la toile. C’était autre chose que du ketch-up ou de la purée sur la vitre protégeant un tableau « de maître) ! Mais les suffragettes ont gagné le droit de vote, et le combat pour le climat se contente pour l’instant d’actions purement symboliques. Si des activistes faisaient brûler un dépôt de carburant, ce serait autre chose. Certes les automobilistes seraient horrifiés, atteinte à l’idole pétrole, mais l’obligation climatique de laisser une grande partie du pétrole sous terre aurait progressé. J’admire ces jeunes qui, dans le sillage de Greta Thunberg, font preuve d’activisme en faveur du climat. Et Gandhi ou Luther King ont montré la valeur de l’action non violente. Où est l’injustice et l’excès, du côté des jeunes activistes ou de l’autre côté ? Tous ceux qui dans cette histoire de musée valorisent l’art contre l’activisme le font au détriment de nos générations futures… Ces réactionnaires sont nombreux, florilège sur lemonde.fr :

Moriarty :  » qu’est ce qui vaut le plus ? l’art ou la vie ? », disent ces activistes. Belle maîtrise de la sémantique à deux balles.

k1 : Pour moi : Dégradations volontaires du bien d’autrui. Infraction délictuelle prévue et punie par la loi. Peine maximale + Réparations + remboursement des billets du public qui n’a pas pu admirer l’œuvre pendant sa réfection.

Libellule : Non seulement ces individus salissent et profanent une œuvre d’art mais, ils croient intelligent de donner des leçons aux autres ! Quelques mois en prison leur rafraîchiraient les idées .

Pm42 : Comment justifier l’injustifiable et le vandalisme qui permet à quelques ados attardés de faire parler d’eux en prétendant que c’est pour une cause alors qu’il est évident que cela la dessert.

Peps72 : En gros c’est 2 jeunes femmes un peu faibles d’esprit, qui se croyant investies d’une mission supérieure du genre « sauvons l’humanité », ont fait parler d’elles en prenant le risque d’abîmer le chef-d’œuvre d’un véritable génie de la peinture,

Camtaoij : Je crois qu’il faut arrêter d’essayer de justifier ce genre d’actes complètement inutiles et même contre-productifs en cherchant une réflexion philosophique cachée derrière. Ces « activistes » ont trouvé un moyen de faire parler d’eux par un acte facile à réaliser, hautement médiatique et pour lequel ils ne risquent pas grand-chose. C’est tout, et ça ne changera malheureusement rien au monde. Le plus triste, c’est l’importance qu’on donne à un acte qui est pourtant superficiel, médiocre, paresseux. Il y a tellement de meilleurs moyens d’améliorer les choses !

le sophisme de la pente glissante

Marc Goetz : On ne m’ôtera pas de l’esprit que quand on s’en prend à l’art, quel que soit le motif, l’intolérance, la tyrannie et la barbarie ne sont jamais très loin.

Medicis : Daesh brûlant les musées, un précurseur ?

Jean Kaweskars : Il n’y a aucune différence entre ces activistes et Pol Pot. La fin justifie les moyens

Kamelito : Seules quelques années de d’asile calmeront peut-être ces vandales de leur colère fanatique et totalitaire, qui veulent nous imposer par la violence leur folie obsessionnelle. Ces vandales n’ont rien créé et ne laisseront rien derrière eux sinon leur regard halluciné lors de leur arrestation. Alors que des générations entières continueront de défiler admiratives devant les œuvres, révélatrices du génie humain.

S’attaquer à l’art pour parler du climat

« S’il faut un tableau – sur lequel on a jeté de la purée ou de la soupe à la tomate – pour faire que la société considère la course folle aux énergies fossiles, alors nous allons vous donner de la purée sur les tableaux ! ».Les activistes pour le climat font scandale chez les ploucs.

Le Monde avec AFP : Deux activistes environnementaux du mouvement allemand Letzte Generation (« Dernière Génération », en allemand) ont lancé, dimanche 23 octobre, de la purée sur Les Meules, de Claude Monet, au Musée Barberini, à Potsdam, « Est-ce qu’il faut lancer de la purée sur un tableau pour que vous écoutiez ? Ce tableau ne vaudra plus rien si nous devons nous battre pour trouver de quoi manger », a lancé l’un des deux activistes.Le tableau était protégé par une vitre, a précisé le musée, ajoutant que, selon les experts, il n’avait subi aucun dommage. Vendredi, une dizaine de militants du mouvement Extinction Rébellion (XR) ont mené une action au Mondial de l’automobile à Paris, certains se collant brièvement à des voitures de sport, pour dénoncer le « modèle de la voiture individuelle » toujours promu par l’industrie.

Commentaires anti-écolos

Olivier BCD : Ceci n’est pas une information, juste une blague parmi des millions d’autres ce même jour. Ne nécessite ni commentaire ni nouvel article sur le sujet.

GiBe : Ils ont raison ! La pollution dégrade le fonctionnement des cerveaux : la preuve avec ce type d’action

Excalibur : Action contreproductive. Lamentable de s’attaquer à l’Art sous prétexte de défendre une cause juste. Cela n’apporte rien bien au contraire

Athanagore Porphyrogenete :S’attaquer à la culture est la marque des totalitaires. Nos amis verts dévoilent ainsi leur vrai visage. Bizarrement ils ne s’attaquent pas aux stations services qui sont quand même au pétrole ce que les boucheries sont à la viande. Mais le peuple s’intéresse quand même plus à sa station service qu’à Monet out Van Gogh…

PP2 : Il faudrait les laisser collés au mur : au bout de quelques heures, ils auraient des fourmis dans les jambes. S’en prendre à l’art, franchement !

doc sportello : une des actions les plus débiles de l’histoire de l’activisme militant… ils ne s’attaquent pas aux raffineries de Total ou au siège social ou aux jets privés de Pouyannet, ces lâches… vraiment n’importe quoi! c’est pas avec ce genre d’écolo de carnaval qu’on va y arriver.

Le point de vue des écologistes

Michel SOURROUILLE : Beaucoup trop de commentaires à charge contre cette action qui se veut explicitement symbolique, mais à usage médiatique. Il serait intéressant de connaître leurs réactions si des activistes avaient fait sauter un dépôt d’essence, ce qui serait pourtant une action directe et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Quand des militant ont dégonflé les pneus de SUV, on aurait déjà dit que le ciel nous tombait sur la tête. J’en conclus que nous avons et que nous aurons des perturbations extrêmes du climat, et ces commentateurs l’auront bien cherché. Nos génération futures ne les remercient pas…

Patrice Piot : Mais pourquoi ne pas s’en prendre aux gros suv dans la rue ? Il y en a partout, ils sont énormes, inutiles, moches et à l’intérieur leurs propriétaires ont des têtes de super fiers comme s’ils étaient propriétaires d’un Monet (ou d’une villa en Bretagne où ils se rendent tous les week-ends)

paxetbonum : Ces activistes retournent contre l’art contemporain ses propres méthodes, ce qui me paraît très intelligent. Cela fait quarante ans qu’on encense des « performances » artistiques qui n’existent que par leurs relais médiatiques. Les militants ont compris que les faux-semblants (asperger une vitre et non l’œuvre elle-même) peuvent avoir autant d’impact que s’attaquer vraiment à l’art. C’est une alternative intéressante à la performance de Pinoncelli, celui qui a uriné dans un des 8 urinoirs homologués « Marcel Duchamp » puis l’a brisé à coups de marteau. Pinoncelli se présentait comme un artiste comportemental, ceux-là défendent un art engagé, qui utilise des matériaux de tous les jours (soupe à la tomate, purée).

Chamcham : Ceux qui disent que ce genre d’action n’a aucun intérêt n’ont pas compris que l’unique intérêt est d’en faire parler. Et ça a réussi.

Lire, L’écologie ne semble pas inspirer les artistes

Page Planète, pas la place qu’elle mérite

Dans les années 1970, l’écologie faisait tout juste son entrée dans les médias. Il y avait seulement quelques journalistes qui se sentaient concernés, et ils étaient de facto militants, Aujourd’hui l’écologie existe médiatiquement, mais elle est devenue une rubrique parmi d’autres. L’information produite a tendance à se déconflictualiser, à se formater, à se disperser. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Ainsi la rubrique Planète sur lemonde.fr le 4 octobre 2022 :

– Comment s’habiller sans détruire le climat et la biodiversité ?

– En Afrique du Sud, les manchots du Cap menacés par la grippe aviaire

– Face à la sécheresse, le Kenya réautorise le maïs génétiquement modifié

– Après le passage de l’ouragan Ian, « plus jamais je ne reviendrai vivre en Floride »

– Dans la forêt de La Teste-de-Buch, meurtrie par l’incendie, des centaines d’hectares de pins vont être abattus

– L’appel de 2 200 agents publics : « Nous demandons une accélération urgente de la décarbonation de tous les services publics »

lire, Dissolution de la rubrique Planète dans l’économisme (7 juin 2013)

Le point de vue des écologistes

Aucune cohérence n’est apportée à toutes les informations du MONDE alors que le lien entre tous ces événements est évident : le massacre de la planète par la société thermo-industrielle. L’écologie ne prend que la place culturelle que les merdias lui donnent. La dépolitisation est assurée alors que, dans le même temps, Sandrine Rousseau peut épancher médiatiquement son mal de vivre. Il faut dire que LE MONDE est resté un journal centré sur la vie politique au niveau national et mondial, pas du tout ouvert à la pensée écologique. Voici un historique de la rubrique environnement dans ce quotidien :

1945-1973 : Les débuts du MONDE en la matière ont été désastreux. Dans son numéro 199 du 8 août 1945, le quotidien annonçait le largage de la première bombe atomique en manchette sur trois colonnes avec, en surtitre, cette formule ingénue et terrible : « Une révolution scientifique » (…) C’est seulement à partir de 1969 que LE MONDE ouvre un dossier « Environnement »… au service de documentation !

1974-1981 : Le premier journaliste dédié à l’écologie, Marc Ambroise-Rendu, est arrivé au MONDE en mars 1974. Son directeur, Jacques Fauvet, n’avait aucune idée de la manière dont il fallait traiter la nouvelle rubrique environnement, mais comme il y avait un ministère du même nom depuis le 7 janvier 1971, un ministre (Robert Poujade), des officines diverses, des salons de l’environnement et des réactions patronales, il fallait « couvrir »…

1981-1988 : L’élection de Mitterrand en 1981 a été un coup d’arrêt à la politique environnementale ; c’est pourquoi, quand Roger Cans reprend la rubrique environnement du MONDE, il se retrouve seul et isolé. L’affaire de Bhopal, cette fuite de gaz mortel qui tue ou blesse des milliers d’habitants d’une grande ville indienne en décembre 1984 ne donne lieu qu’à une brève le premier jour. Et le correspondant à New-Delhi n’ira à Bhopal que plusieurs mois après la catastrophe, lorsque l’affaire deviendra politique…

1998-2011 : Avec l’arrivée à la direction d’Eric Fottorino en juin 2007, LE MONDE mobilise davantage de rédacteurs à la chose environnementale : six ou sept rédacteurs au lieu d’un seul durant la période 1974-1998. A partir du numéro du 23 septembre 2008, une page est consacrée à la Planète, au même titre que les pages International ou France

2012-2013 : Les journalistes écolos du MONDE Marc Ambroise-Rendu, Roger Cans et Hervé Kempf ont témoigné que l’écologie avait pris de l’importance dans ce quotidien de référence. Mais comme il faut préserver les convenances et les recettes publicitaires, LE MONDE cultive encore la croissance, le tout automobile et les néfastes futilités…

Le départ d’Hervé Kempf le 2 septembre 2013 a révélé qu’il valait mieux pour les journalistes environnementalistes ne pas faire de « militantisme ». Le directeur du journal n’hésite pas à lui écrire : « Ce ne sont pas tes compétences qui sont en question, mais un problème d’image : nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète ». Il s’est fait traité de « chroniqueur engagé » par un directeur de la rédaction, etc. L’environnement gêne dans un journal vendu aux intérêts financiers. Plus que jamais avec la crise de la presse, LE MONDE dépend des recettes publicitaires. La prise de contrôle par MM. Bergé, Niel et Pigasse en 2010 n’avait fait que renforcer ce processus. La parole des écologistes est captive d’un système marchand qui n’a pas encore compris que l’écologie sera la pensée dominante du XXIème siècle.

2014-2022 : Rien n’a changé fondamentalement dans le journal « de référence ». Les crises multiples étouffent toute perception claire de la crise écologique qui va portant dans les années prochaines approfondir gravement les crises socio-économiques. Car, comme le disait un jour Stéphane Foucart devant un parterre de journalistes environnementaux : « LE MONDE est un quotidien : par définition le long terme ne vaut donc rien par rapport au court terme. »

Lire, Notre blog, c’était un regard critique sur le monde.fr

écologie de guerre, guerre à l’écologie

La guerre, une imbécillité inutile que pratiquent sans discontinuité les homo sapiens depuis sans doute l’origine de l’espèce. S’il n’y avait que des morts parmi cette lignée humaine, ce serait un moindre mal, mais les bandes armées sont également dévastatrices pour la nature et l’environnement. Les »polémo-paysages », paysages dévastés par la guerre, accompagnent les morts, les blessés et les destructions de tous ordres. La revue Green (Géopolitique, Environnement, Energie, Réseaux, Nature) veut penser la guerre et l’écologie sous tous ses aspects, notamment la notion d’« écologie de guerre ». Cette revue se veut à la fois optimiste et désabusée!

extraits : Dans le contexte d’une agression militaire conduite par un État pétrolier (la Russie) contre l’un de ses voisins (l’Ukraine) à des fins de consolidation impériale, l’écologie de guerre consiste peut-être à envisager le tournant vers la sobriété énergétique comme une arme pacifique de résilience et d’autonomie… Un tel contexte de guerre peut être l’occasion de transformer, planifier et réguler l’économie. Les gouvernements recourent ainsi de plus en plus aux forces armées pour faire face aux catastrophes naturelles liées à la crise climatique… Sans se faire trop d’illusions. On se doit d’être sceptique sur l’idée que la crise énergétique actuelle puisse se transformer en prise de conscience salutaire et en changement de modèle à long terme… L’écologie de guerre reste fondamentalement une guerre à l’écologie. Les Français sont appelés à être écologiquement vertueux pendant que M.Poutine fait sauter des gazoducs.

Lire, La nature est un champ de bataille de Razmig Keucheyan

Le point de vue des écologistes

 Doit-on se battre pour trouver la paix ? Ne devient-on pas brutal par faiblesse ? La réponse devrait être partagée par tous si tu veux la paix, prépare la paix. Devenez objecteur de conscience, opposé en toutes circonstances à l’usage collectif des armes, anti-armée, anti-guerre. On ne peut qu’être en accord avec la philosophie d’Albert Einstein :

« La pire des institutions grégaires se nomme l’armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelques plaisir à défiler en rang au son d’une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. Je hais violemment l’héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préférerais me laisse assassiner que de participer à cette ignominie. Je soutiens que le moyen violent du refus du service militaire reste le meilleur moyen. Il est préconisé par des organisations qui, dans divers pays, aident moralement et matériellement les courageux objecteurs de conscience… Dans tous les pays du monde, des groupes industriels puissants fabriquent des armes ; et dans tous les pays du monde, ils s’opposent au règlement pacifique du moindre litige international.  »*

L’usage des armes ne doit pas être institutionnalisée dans une armée de métier. Elle doit rester le choix de chacun quand il y a légitime défense et non un jouet aux mains de Poutine et de tous les va-t-guerre qui l’ont précédé. La violence de groupe devient par son amplitude trop aveugle et empêche l’individu de conserver son libre arbitre. Nous n’avons pas à suivre les moutons conduits à l’abattoir, nous ne devons pas devenir des morts pour rien comme l’ont été toutes les victimes des guerres.

Le principe suivi par le gouvernement français actuel , si tu veux la paix prépare la guerre, est à l’inverse de l’objection de conscience, « Depuis 2017, la nouvelle trajectoire budgétaire a permis de faire passer les crédits des armées de 32,3 milliards d’euros à 43,9 milliards d’euros, soit le poste le plus important après celui de l’enseignement scolaire », s’est félicité le ministre des Armées Sébastien Lecornu dans le document présentant le budget de son ministère fin septembre 2022. Un non-sens historique, on ne bâtit pas une société conviviale sur un champ de runes ! Le mouvement écologiste est explicitement partisan d’une non-violence efficiente. Ainsi dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001) : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale ».

Lors de son enterrement le 19  juin 2001, la dernière volonté de René Dumont, présidentiable écolo en 1974, consista à faire entendre Boris Vian chantant «Le Déserteur ».

Le pacifisme constituait son seul dogmatisme. Pendant ses 18 mois de service national, il se bat comme un fou contre l’institution militaire. Quand, lors du premier exercice, le lieutenant lui demande ce qu’il ferait s’il y avait une mitrailleuse ennemie sur la colline en face, Dumont n’hésite pas : « Je mets les chevaux à l’abri. » Après son retour d’Indochine en 1932, Dumont milite avec les Combattants de la paix pour un « pacifisme intégral et résolument non aligné ». Le fond de doctrine est résumé par deux citations : « Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même (Bertrand Russel) » et « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels (Anatole France, 1922). » Il affichera souvent par la suite un badge à la poitrine : « La seule victoire, c’est la paix. »

En septembre 1939, il signera avec Jean Giono et Louis Lecoin un tract qui appelle à « la paix immédiate ». Nazisme ou pas, la guerre lui apparaît comme l’ennemie numéro un. Il s’abstiendra complètement pendant la Deuxième Guerre mondiale. Lui, le militant antifasciste, se retire dès qu’il faut prendre une arme, même pour son camp. Même « populaires », les guerres lui font peur parce qu’il sait que ceux qui vont mourir un fusil à la main sont ceux qui ne pourront plus manier la faux ou pousser la charrue. Il signe à tour de bras les manifestes pacifistes et anticolonialistes, comme celui des 121 contre la guerre d’Algérie en 1960. Faire la moindre concession à la guerre revient pour lui à encourager son développement.  « La guerre est un crime organisé, les militaires en sont les ordonnateurs et les bras. » 

Ses diatribes – « les militaires sont la plus grande source de gaspillage, ils gaspillent du travail, de l’espace, de l’énergie, des minéraux rares, ils polluent les airs et les eaux » – montrent la force de ses convictions. « Il en coûterait cinq fois moins pour protéger la planète que pour continuer à préparer sa destruction… Réduction des dépenses d’armement jusqu’à leur intégralité. » Le 17 janvier 1991, la guerre du Golfe est déclarée. Pour Dumont, cette guerre donne le départ au grand affrontement Nord-Sud: « Bush ne fait pas la guerre à Saddam Hussein, il fait la guerre pour le pétrole, le pétrole à bas prix qui garantit à l’Occident la continuation de sa domination et de ses gaspillages. »

Pour conclure, cet extrait de l’Almanach Vermot de 1901 : « Les grandes révolutions naissent des rêves et des visions d’un berger des collines pour qui la terre n’est pas un champ d’exploitation mais une mère vivante. » Superbe !

Lire aussi : Le coût écologique exorbitant des guerres

et, Pauvreté, guerre et surpopulation sont liées

* Einstein, Comment je vois le monde, Flammarion – 2009

La désobéissance civile des scientifiques

Le 6 avril 2022, le climatologue américain Peter Kalmus s’est enchaîné à la porte d’une banque J.P. Morgan, premier investisseur dans les énergies fossiles. Devant le sentiment de voir les alertes scientifiques ignorées, il a décidé de s’engager dans une action de désobéissance civile. Dans les jours qui ont suivi, plus de mille deux cents scientifiques avaient participé à des actions de ce type dans vingt-six pays.

Lire cette synthèse, Biosphere-Info, la désobéissance civique

Kévin Jean, Jérôme Santolini, Julia Steinberger : La question de l’injustice du dérèglement climatique est aisée à trancher, tant on sait que les moins responsables en subiront les pires conséquences. La notion de dernier recours fait elle aussi peu débat, tant les formes de mobilisation classique semblent épuisées : rapports scientifiques s’accumulant, marches climat se succédant, faible poids face aux moyens colossaux des lobbys… La désobéissance civile de scientifiques serait-elle plus efficace ? Jouissant d’une position associée à un bon niveau de confiance au sein de la société, les scientifiques confèrent respectabilité et confiance à des demandes de changement de trajectoires. Des messages portés par des actions à finalité altruiste présentant un certain risque personnel reçoivent un écho favorable auprès du public.

Selon un argument fréquemment opposé, un certain principe de neutralité requerrait que les scientifiques s’abstiennent d’intervenir dans le débat public. Mais l’épistémologie récente considère que des sciences dépourvues de valeurs constituent un idéal illusoire et peu désirable lorsque les savoirs produits peuvent avoir des implications délétères. La neutralité est simplement mise en avant pour défendre le statu quo ! Enfin des personnes jouissant d’un statut professionnel favorisé auraient même un devoir de s’engager « en première ligne » pour le bien commun, quand d’autres, ne jouissant pas du même statut, s’exposeraient bien d’avantage par les mêmes actions.

Le point de vue des écologistes

Historiquement la désobéissance civile a toujours été menée au nom d’une libération. Lutte contre l’impérialisme anglais avec le mahatma Gandhi, lutte contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King, lutte contre les multinationales de la semence pour libérer les paysans, lutte contre l’armée pour se libérer de l’oppression militaire. En bref la désobéissance civile se pratique pour libérer un peuple enchaîné par une contrainte extérieure qui empêche sa libre détermination. L’idée de libération prend une nouvelle forme aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’emprise thermo-industrielle sur nos existences. Les exemples se multiplient aujourd’hui : il y a des grèves scolaires initiées par Greta Thunberg, il y a des gens qui abandonnent un boulot allant à l’encontre de l’équilibre écologique, il y a les militants d’Extinction Rebellion qui essayent de bloquer un système qui nous broie, il y même des éco-guerriers qui détériorent les biens qui nous mènent au désastre, les SUV entre autres. Que des scientifiques se joignent à ce combat, comme déjà l’ont fait maints intellectuels, est donc une avancée dans la lutte contre le système thermo-industriel qui manipule actuellement tous les rouages de l’économie et même la psychologie des masses.

Lire, La désobéissance s’apprend, savoir déterminer l’injuste

« Désobéir » signifie « faire son devoir », répondre à ce que dicte sa conscience même si c’est à l’encontre des règles conventionnelles à un moment donné, et quel qu’en soit parfois le prix. Un désobéissant écolo trouve sa légitimité dans une action faite pour le bien commun, non seulement celui des générations présentes, mais aussi celui des générations futures, sachant qu’il faut aussi considérer la protection des autres espèces et la durabilité du milieu naturel. En clair, la désobéissance civile, mode d’action autrefois de Gandhi ou Luther King, repose principalement aujourd’hui sur des justifications d’ordre écologique. De toute façon on ne peut reprocher à des désobéissants de désobéir à une loi quand on s’enchaîne à la porte d’une banque. Sauf à considérer que le droit de la propriété l’emporte sur le bien collectif !

Il n’existe pas de loi ayant prévu de rendre la planète incompatible avec les différentes formes de vie. Il existe même une loi qui oblige à la préserver. La Charte de l’environnement à valeur constitutionnelle a été approuvée en congrès en 2005 et stipule : « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement (article 2) ». On peut également interroger notre démocratie telle qu’elle fonctionne avec des citoyens soumis à l’aliénation marchande. Quelle est la légitimité d’un vote qui déciderait que confort et pouvoir d’achat sont intouchables alors qu’une telle décision engendrerait un cadre de vie extrêmement détérioré pour des milliards d’individus présents et à venir ainsi pour de très nombreuses formes de vie ?

Un seul reproche à faire à cette tribune de scientifiques. Pourquoi s’en tenir aux questions climatiques et ne pas aborder toutes les autres questions liées aux technosciences, que ce soit l’usage immodéré de la chimie, la sophistication extrême des armes de guerre ou l’industrialisation forcenée de l’agriculture.

Dilemme chez les étudiants des Grandes écoles

Face à l’urgence écologique, que doit-on faire quand on est dans une grande école ? Déserter ou agir de l’intérieur ? Des étudiants de plus en plus nombreux se posent cette question à l’ENA, Polytechnique, Ecole des mines, IPEF (ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts), Ecole nationale de la magistrature, etc.

Lire, l’impossible réveil écologique des ingénieurs

Marine Miller : « De l’intérieur, une nouvelle génération de hauts fonctionnaires « écolos » veut peser de tout son poids sur les politiques publiques de ces prochaines années, avec l’espoir d’imposer une forme de radicalité dans les rouages de l’Etat. Une fois à l’intérieur, armé et motivé, le chemin peut néanmoins se révéler sinueux.  Il y a ce qu’il est possible de faire à un niveau qui reste marginal, et la force psychologique qu’il faut posséder pour tenir à contre-courant. A extérieur, c’est pire. Les directeurs d’administration centrales sont des quinquagénaires qui perçoivent l’urgence écologique comme une variable parmi d’autres. Les jeunes le conçoivent comme un problème systémique. Lors de la dernière négociation de la politique agricole commune, les arbitrages pour la période 2023-2027 ont été très défavorables. Il y a une pyramide extrêmement verticale, chaque note est validée par dix personnes, et la position la plus ambitieuse finit par être réduite au plus petit dénominateur commun. Dans ce système décisionnel, il ne faut pas dire des choses dérangeantes. La dissonance cognitive règne en maître dans ce milieu. »

Le point de vue des écologistes

Les ingénieurs du futur devront créer des techniques qui prennent en compte les changements climatiques, la raréfaction des ressources, l’effondrement de la biodiversité. Autant dire que ça ne va pas se faire. Ce n’est plus de managers de haut niveau dont nous aurons besoin, mais d’artisans bien au fait des technique d’autant plus durables qu’elles seront rudimentaires. La distinction entre techniques douces et techniques dures (low tech contre high tech dit-on aujourd’hui) était connue depuis les années 1970.

Lire, Rêveries d’un ingénieur solitaire, Philippe Bihouix

On a préféré complexifier toujours d’avantage les processus de production et les machines jusqu’à instaurer un système techno-industriel tellement imbriqué et fragile qu’il va s’effondrer avec l’épuisement des ressources fossiles. Dans cette période de transition entre la rupture et la prise de conscience, il y a une forte propension du système croissanciste à casser toute initiative ou proposition de changement, forçant ainsi toute personne en dehors du discours dominant à l’accommodation et/ou à la distanciation. Étudiant (e)s des Grandes écoles, vous ne pourrez rien faire de l’intérieur du système techno-industriel… mais agissez quand même ! L’important n’est pas de réussir, mais d’aller dans la bonne direction.

Lire, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Lire, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Lecteur, lectrice, soutiens Pour un réveil écologique,

le lobby auprès des grandes écoles et des entreprises.

https://pour-un-reveil-ecologique.org/fr/

L’accès à l’Internet est-il une avancée ?

Les statistiques de l’ONU s’intéressent à la « marche du progrès ». Titre du MONDE : « En 2022, un tiers de la population mondiale n’a toujours pas accès à Internet .» Donc il y a déjà deux tiers de zombies et seulement un tiers de Terriens pas encore intoxiqués.Comme si le non-accès à Internet était plus grave que la malnutrition, l’absence de soins médicaux ou même le non-accès à des latrines ! On peut statistiquement faire un parallèle avec l’accès inexistant à l’eau potable, 3 millions de personnes meurent chaque année avec la pollution des eaux.

Selon l’Union internationale des télécommunications, une agence des Nations unies : « Quelque 5,3 milliards de personnes dans le monde utilisent désormais Internet. Bien que la croissance continue soit encourageante (???), la tendance suggère que, sans investissements supplémentaires dans les infrastructures (appel aux fonds publics) et une nouvelle impulsion (publicitaire) pour susciter de nouveaux savoir-faire numériques, les chances de connecter la population mondiale d’ici à 2030 (tous connectés, tous clonés) semblent de plus en plus maigres… Les pays les plus développés affichent des taux de plus de 80 % de leur population connectée. En Asie-Pacifique (les bons élèves), le taux de pénétration d’Internet progresse à 64 %. La (pauvre) Afrique n’a que 40 % de la population en ligne.»

Lire, La fin de l’infinitude en techno-économie

Le point de vue des écologistes

Le complexe techno-financier nous lance à toute vitesse vers le mur de la pénurie énergétique. A une époque assez proche, il fallait brancher le monde entier sur des réseaux électriques pour permettre aux plus pauvres des pays pauvres de réviser leurs leçons de choses à la lumière artificielle. Aujourd’hui cela ne suffit pas, il faut avoir son smartphone et l’accès aux réseaux sociaux. Mais pourquoi connecter tout le monde ? Pour en finir avec les palabres à l’ombre d’un arbre, pour les abrutir de fake news, pour mieux déterminer les opportunités de vendre des trucs inutiles, pour permettre aux djihadistes et autres sectaires de rassembler des troupes, pour les acheteurs de « temps de cerveau disponible », pour faire travailler l’industrie du porno, pour prendre rendez-vous avec le-la prostitué(e) du coin ??? Encore une fois le système techno-industriel nous vante le toujours plus de moyens quantitatifs, mais jamais n’aborde la question des objectifs qualitatifs.

Et dans 30 ans ou même moins, du fait de l’épuisement des sources de matériaux nécessaires aux équipements électroniques et de la pénurie énergétique, Internet deviendra obsolète. Les innombrables microsatellites qui orbitent au-dessus de nos têtes retomberont sur nos crânes.

Lire, Internet produit des imbéciles