écologie appliquée

Détruisons les biens nuisibles à notre survie

Dans Alternatives non-violentes n°219 de juin 2026 (page 38 à 40), on présente Christian Delorme qui expliquait en 2007 lors de la parution du n°142 qu’il est « absolument opposé à des actes de destruction » lors d’actions de désobéissance civile, comme le démontage du MacCDO de Millau par José Bové et les paysans du Larzac, l’arrachage de maïs OGM par les Faucheurs volontaire, les barbouillages de panneaux publicitaires par les Déboulonneurs. Pour lui ces destructions – bien que toujours limitées et le plus souvent qualifiées de détériorations légères par la Justice – « ouvrent la porte à la légitimation de n’importe quelle destruction au nom de mille révoltes légitimes. » Ce positionnement sur une non-violence qui condamnerait toute destruction mérite débat.

La violence contre un bien est-elle comparable à la violence contre une personne ?

Le point de vue de Michel Sourrouille

Le concept de violence est un mot valise qui mélange légalité et légitimité, il faut parfois se faire violence et parfois même se défendre contre la violence. Mais pour les dégâts environnementaux actuels, personne n’est responsable puisque tout le monde est coupable de la dégradation de la planète. Pas de cible désignée. Alors des destructions de bien nuisibles à notre environnement, pourquoi pas ?

Christian Delorme s’inquiète de la porte ouverte, une violence justifierait toute autre violence qui serait considérée comme légitime. Mais il ne s’agit pas de violence plus ou moins révolutionnaire, il s’agit de violence contre des biens dont l’existence met concrètement en péril la survie humaine. Crever les pneus d’un SUV, barbouiller un jet privé, saboter un pipeline, détériorer une cimenterie, dérégler les machines qui créent une nouvelle autoroute… peut se comprendre. Détruire à visage découvert est même un plus  en démocratie ; tout procès intenté ne peut que faire la promotion d’actions en faveur de l’environnement et des générations futures.

Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est aujourd’hui rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques…

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Malm et la destruction de biens nuisibles (juin 2023)

extraits : « Au milieu d’une vague de répression instiguée par l’Etat français à l’encontre des militants écologistes (qui s’inscrit dans une escalade autoritaire beaucoup plus vaste menée par le président Macron et ses alliés), mon livre Comment saboter un pipeline (La Fabrique, 2020) a été cité dans un décret de dissolution : il serait à l’origine de tous les « désordres » attribués aux luttes environnementales dans la période récente. Mon livre a contribué à un débat plus large au sein du mouvement écologiste, amené à se poser des questions difficiles sur ce qu’il est urgent de faire dans une situation où les effets du changement climatique s’intensifient et s’accélèrent, mais où les Etats hégémoniques sont déterminés à agir de façon minimale ou à ne pas agir du tout. Je suis loin d’être le seul auteur à soutenir que nous devons désactiver rapidement et de manière décisive l’infrastructure des combustibles fossiles. Et soyons clairs ici, je parle de propriété, d’objets matériels, pas de personnes – je n’ai jamais prôné la violence contre des individus ou des groupes. Il est proprement stupéfiant que ces propositions relativement modestes soient maintenant qualifiées de « terrorisme intellectuel » ou d’« actions extrêmes allant jusqu’à la confrontation avec les forces de l’ordre » par le ministre français de l’intérieur, Gérald Darmanin….

Urgence écologique et destructions de biens (octobre 2020)

extraits : Aujourd’hui la première caractéristique de la désobéissance civile, c’est d’être mis au profit d’une cause nouvelle, la défense de l’environnement : actions de Greenpeace, faucheurs volontaires d’OGM, blocages de ponts de Londres par Extinction Rebellion, grèves scolaires pour le climat, etc.. Le problème, c’est que l’urgence écologique des dérèglements planétaires oblige à des actions de masse dans une société anesthésiée par les délices de la civilisation thermo-industrielle basée sur les ressources fossiles. Andreas Malm donne sa réponse : « Agir spectaculairement, sans atteinte aux personnes, mais avec destruction possible des biens nuisibles à l’équilibre planétaire. ».

Contre-violence par destruction de biens (septembre 2020)

extraits : Je suis personnellement depuis le début des années 1970 fidèle adepte de la non-violence. Pourtant je m’interroge aujourd’hui face aux déréglementations écologiques qui frappent presque tous les domaines de la vie sur Terre. Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencée. Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe.

Il faut se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »

De même un livre d’ Andreas Malm en 2020 se pose la question de la nécessité de dégonfler les pneus des SUV et détruire pipelines et autres éléments de l’infrastructure basée sur l’énergie fossile. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens les plus néfastes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? »

Pour en savoir encore plus

9 octobre 2020, Crever les pneus des SUV, trop difficile ?

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat

15 septembre 2020, Saboter les pipelines, un impératif ?

14 septembre 2020, Sea Shepherd et la tentation de la violence

4 septembre 2020, CLIMAT : « Comment saboter un pipeline »

3 septembre 2020, CLIMAT, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?

21 mars 2019, Nécessité de la violence pour les antispécistes ?

12 juillet 2018, Faut-il casser des vitrines pour manger moins de viande ?

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

24 janvier 2018, Climat : Faut-il faire brûler les centrales à charbon ?

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

31 janvier 2015, L’appel au sabotage relève de la liberté d’expression

20 août 2014, Les écoguerriers en vert sont-ils des terroristes ?

14 avril 2014, A-t-on vraiment le droit de saboter un chantier de TGV ?

3 janvier 2014, Des bombes contre la société industrielle, Kaczynski

15 novembre 2013, Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

7 décembre 2011, Greenpeace attaque des centrales nucléaires

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

15 décembre 2008, Kaczynski sans portable

17 septembre 2007, écoguerrier = terroriste ?

29 avril 2007, Collectif des déboulonneurs

24 avril 2007, le code de l’écoguerrier

23 avril 2007, action directe aux USA

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L’azote, aussi indispensable que l’eau et l’air

Les coûts de l’azote de synthèse ont explosé à cause de la guerre en Iran. Or la France importe 70 % de ses besoins en azote, sur lesquels repose son modèle agricole céréalier intensif. La sécurité alimentaire repose sur l’agriculture biologique, pas sur l’agro-industrie.

Manon Rescan : L’azote est essentiel pour la croissance des végétaux. Il est présent dans le lisier et le fumier épandus sur les cultures et dans l’air, mais l’agriculture mondiale s’est développée sur un modèle intensif qui repose sur le recours à de l’azote de synthèse. La tonne d’urée, le principal engrais azoté de synthèse utilisé en agriculture, se vend à plus de 800 euros, contre 400 euros avant le début du conflit.

« Nous devons devenir moins dépendants aux engrais importés », a écrit Annie Genevard, ministre de l’agriculture. D’autant que le pays est aussi tributaire des importations d’engrais phosphatés et potassiques. Devant les membres de l’Association générale des producteurs de blé (une association d’agriculteurs du syndicat FNSEA), la ministre avait annoncé travailler à mettre en place un guichet engrais : « L’engrais est au sol ce que le carburant est à la voiture. L’engrais permet d’avoir des cultures abondantes et de qualité, il nous faut des engrais »…

Le point de vue des agro-écologistes

– Et nous bêtement, nous allons payer pour importer des engrais, réaliser des mega-bassines, continuer la pollution des eaux, détruire la biodiversité pour une souveraineté alimentaire fantasmatique… basée sur l’exportation.

– La France a un secteur privé dont la compétence essentielle (inexportable), c’est la recherche de subventions publiques tout azimut.

– D’un côté, la région Champagne-Ardennes se vante d’être le premier exportateur mondial de luzerne déshydratée et de l’autre, on importe des engrais azotés. Pour les non-initiés, la luzerne, le trèfle et quelques autres plantes fixent l’azote et rendent inutile l’apport d’engrais azotés.

– J’étais il y a quelques jours dans une ferme en polyculture élevage (ces gens que méprise Duplomb), eux ils s’en moquent bien du détroit d’Ormuz ! Que les fans de chimie se débrouillent sans l’aide de l’État, ça les changera.

– La Confédération paysanne plaide pour mettre en place des solutions « de nature économique et agronomique », en particulier le développement d’une filière avec des débouchés pour les légumineuses, notamment fourragères, moins gourmandes en azote, et pour réintroduire de l’élevage dans les zones céréalières afin de permettre un plus grand recours aux engrais organiques.

– L’urine humaine est très riche en azote. On paie pour des stations d’épuration pour s’en débarrasser et de l’autre côté on importe des engrais azotés…

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La merde, un de nos biens les plus précieux

extraits : Avec le développement de l’hygiénisme, l’arrivée progressive de l’eau courante dans les habitations s’accompagne de la généralisation des toilettes à chasse d’eau puis des systèmes d’égouts. Les excréments y disparaissent comme par magie, même si, en réalité, ils vont polluer les rivières. Mais c’est surtout au XXe siècle, avec l’apparition des engrais de synthèse, que s’opère le basculement. En 1913, le chimiste allemand Fritz Haber et l’industriel Carl Bosch développent un procédé industriel pour convertir l’azote de l’air en azote assimilable par les plantes. Après la seconde guerre mondiale, ce procédé se généralise en France, en même temps que l’agriculture industrielle….

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Batho, présidentiable écolo en 2027 !?

La 15e convention nationale de Génération Écologie a décidé le 6 juin 2026 d’investir officiellement Delphine Batho comme candidate de l’écologie à l’élection présidentielle de 2027. 

https://www.generationecologie.fr/app/uploads/2026/06/Resolution-investiture-Delphine-Batho.pdf

Résolution adoptée par la 15e convention nationale

Cette étape formalise l’engagement de notre mouvement, deuxième parti écologiste de France, dans la détermination à porter lors de ce scrutin, devant les citoyennes et citoyens, la voix de l’écologie. Députée expérimentée, ancienne ministre qui a tenu bon sur ses convictions dans l’exercice des responsabilités, élue d’un territoire rural depuis près de vingt ans, Delphine Batho incarne la nouvelle écologie dont notre pays a besoin : une écologie capable de gouverner, libre et concrète, ancrée dans les réalités des territoires et les valeurs républicaines.

Avec elle, nous porterons dans cette élection un projet pour la France différent de tous les autres, fondé sur l’espérance et la nécessité de vivre mieux autrement. Face à l’offensive du trumpisme à la française, il faut donner à l’écologie une nouvelle force et une nouvelle orientation. À l’heure où les bases mêmes de nos conditions d’existence sont menacées, nous appelons toutes les citoyennes et citoyens qui n’acceptent pas la disparition de la cause du vivant, du climat, de la santé et de la paix dans le débat démocratique à se rassembler pour construire le programme de gouvernement qui sera porté par le bulletin de vote écologiste.

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Delphine Batho augmente les dépenses militaires (décembre 2025)

Présidentielle 2027, Delphine Batho candidate (novembre 2025)

Delphine Batho, un programme de décroissance (janvier 2022)

Delphine Batho : décroissance démographique ? (janvier 2022)

La décroissance selon Delphine Batho (septembre 2021)

Batho l’écologiste / Rousseau la féministe (septembre 2021)

L’écologie intégrale du pape… et de Delphine Batho (janvier 2021)

L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie (mai 2018)

Delphine Batho, menée en pédalo par François Hollande (octobre 2014)

la conférence sur l’énergie, version nucléaire avec Batho (novembre 2012)

Pour en savoir encore plus sur Delphine Batho, lire son livre « Insoumise«  (Grasset, 2014)

 

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Jésus Christ contre « l’identité » chrétienne

Benoist de Sinety, prêtre, vient de publier La Cause du Christ. L’Evangile contre « l’identité chrétienne » dans lequel il dénonce notamment le dévoiement du catholicisme par l’extrême droite française.

Benoist de Sinety J’ai vécu une surmédiatisation pour avoir enterré Johnny Hallyday [en 2017], mais c’était fortuit. Et je ne m’en plains pas, car cette cérémonie m’a apporté une visibilité utile alors que je sortais un livre sur les migrants [Il faut que des voix s’élèvent, 2018]. J’ai tout de même été menacé de mort après mon livre.

Mon dernier livre dénonce une approche où le Christ n’a pas d’importance, où seul compte que le décor chrétien soit planté, qu’on soit dans un village chrétien. Or un christianisme déconnecté du Christ, c’est l’abomination, la porte ouverte à toutes les folies. C’est le Christ qui garde l’Eglise de devenir folle. Dès qu’on s’en détache, on devient des gourous, on construit des tyrannies.

Eric Zemmour ou Philippe de Villiers mettent en cause la cohérence de la foi chrétienne. En tant que chrétien, en tant que prêtre, je me dois de leur répondre. On ne peut pas, comme elles le font, invoquer le Christ et tenir une approche contraire à l’Évangile ; un discours de rejet de l’autre, d’appel à une peur et à un repli sur soi. Ils instrumentalisent la pensée chrétienne. Sous couvert de vouloir rendre à la France sa splendeur chrétienne, ils prônent une violence contraire au sens de l’Évangile. En tant que citoyen, en tant qu’homme et non plus, cette fois, comme prêtre, je suis autorisé à leur répondre, puisqu’ils détournent sans vergogne et publiquement le sens de l’Évangile.

En savoir plus
Rappelons les apports immenses de la chrétienté à la population mondiale : *soutiens systématiques et réciproques du clergé à la noblesse *croisades pour “délivrer” jérusalem *terreurs de l’inquisition *guerres catholiques – protestants *extermination des cathares *massacres de 4-6 millions d’indiens en Amérique du Nord par les protestants (véritable génocide, rarement cité comme tel) *absence de réaction de Pie XII à l’extermination de 6 millions de juifs dont il était parfaitement informé *il a fallu attendre 1998 pour que le Vatican reconnaisse officiellement la Shoah *les ecclésiastiques violent des milliers d’enfants…

Si Zemmour ou Bolloré rencontraient le Christ aujourd’hui, ils lui jetteraient des pierres.

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Jésus, loué soit son pacifisme

extraits : Nous pensons sur ce blog que la religion est l’opium des peuples. En fait pour être plus précis, les servants se drapent d’un message religieux pour propager leur propre interprétation de la religion et nous faire ainsi accepter le pouvoir en place. Jésus avait dit selon les Évangiles : « Remets ton épée à sa place… car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » [Mt 26,52]. C’est lumineux, une guerre est toujours un échec qui fait s’entre-tuer des gens qui ne se connaissaient pas. Au début de l’histoire du christianisme, alors que l’Église était minoritaire et persécutée, aucun théologien ne s’aventurait à justifier la violence. Mais quand l’Église est devenue officielle et installée, la théologie de la « guerre juste » s’est développée à partir du Ve siècle….

Pour ne pas croire en l’existence de Jésus

extraits : « Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant Créateur du ciel et de la terre · Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique notre Seigneur … » En réalité « Je crois » veut dire « je ne sais pas », je ne fais que supposer. Mais en tant qu’être de raisonnement, il faudrait savoir remettre en question les croyances religieuses. Certes Jésus est probablement le personnage le plus célèbre de la planète. Or la probabilité que ce soit une simple invention de l’imagination humaine est la meilleure des réponses. Dieu incarné, rabbin, mystique : qui était vraiment Jésus selon les historiens? Depuis le début des études critiques sur les Evangiles, des centaines de chercheurs ont tenté de lire entre les légendes pour cerner les contours historiques de sa notoriété….

Imaginez Noël sans la naissance de Jésus

extraits : La thèse dite « mythiste » va jusqu’à douter de la réalité historique de Jésus. Qu’est-ce qui semble le plus plausible : qu’un homme ait multiplié les pains pour la foule, ou que quelqu’un ait réécrit une ancienne et très célèbre histoire où le prophète Elisée fait de même. Avez-vous besoin d’une incarnation divine pour conduire du mieux possible la vie qui vous a été donnée ? Si les chrétiens n’avaient jamais été informés de l’existence d’un Jésus historique, il ne leur manquerait pas….

Apprendre aux enfants à ne pas croire en Jésus

extraits : En bonne logique, c’est à ceux qui affirment l’existence historique de quelqu’un de le prouver. Pas à ceux qui en doutent. Sinon pourquoi douter de l’existence historique de Krishna ou de Rama qui sont aussi des incarnations humaines du Dieu Vishnou avec des lieux de naissance et de vie précisément situés ? Celui qui défend l’existence de Jésus s’appuie seulement sur l’argument d’autorité, pas sur des preuves. Sur ce blog biosphere, nous préférons nous référer à des réalités biophysiques. La matière a tous les attributs de dieu, à savoir une existence dont l’astrophysique nous montre qu’elle est bien la source de toute chose depuis une éternité de temps et s‘étend dans un espace incommensurable. On peut alors considérer la planète terre comme la mère de toutes les espèces dont la nôtre. …

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ZFE, la démocratie en débat

Les zones à faibles émissions, ou ZFE, sont issues des lois d’orientation des mobilités (2019) et Climat et résilience (2021) ; ce dispositif vise à interdire progressivement les véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l’air dans les villes. Le Conseil constitutionnel a annulé, le 21 mai 2026, leur suppression pourtant votée par l’Assemblée nationale. Déni de démocratie ? Le débat est ouvert dans une société complexe où une loi peut contredire une autre loi.

Stéphane Mandard : Elisabeth Borne avait en 2018, en tant que ministre des transports, invité les métropoles françaises à lancer des ZFE sous la menace d’une double condamnation (de la Cour de justice de l’Union européenne et du Conseil d’Etat) pour des dépassements de normes antipollution et en particulier des émissions de dioxyde d’azote liées au trafic routier et, en particulier, aux véhicules diesel. L’instauration de ces zones a été rendue obligatoire par la loi Climat et résilience de 2021 dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants, à partir de 2025.

La suppression des ZFE le 21 mai 2026 constituait selon le Conseil constitutionnel un cavalier législatif faute de lien, même indirect, avec l’intention initiale du texte de la loi de simplification de la vie économique (raboter quelques normes pour faciliter la vie des entreprises). Un autre marqueur environnemental du premier quinquennat d’Emmanuel Macron a été sauvé par le Conseil constitutionnel : le zéro artificialisation nette (ZAN), ce dispositif de lutte contre la bétonnisation des sols.

Le point de vue des anti-écolos

Lors de la campagne présidentielle de 2022, la candidate du RN, Marine Le Pen, réclamait la fin de « zones de non-droit » quand le candidat du Parti communiste, Fabien Roussel, dénonçait une « bombe sociale ».

« Le Conseil constitutionnel censure le peuple en réintroduisant les ZFE », a réagi le député d’extrême droite Pierre Meurin.

40 millions d’automobilistes dénonce un « déni de démocratie » .

Robry : « Marre du gouvernement des juges ! Il y aura toujours une argutie juridique pour violer la volonté du peuple. »

H.M : « La dictature écologiste est en place ».

Le point de vue des écologistes sur la démocratie

– Si une loi est votée concernant par exemple la sécurité routière, on ne peut pas y glisser un article sur la récidive en matière de vol.

– Le cavalier législatif est une atteinte au débat démocratique en faisant du hors sujet.

– Vous pouvez aller vivre en Chine, en Russie ou en Corée du Nord. Là bas les juges ne contredisent pas le gouvernement.

– Faut se méfier toujours de ceux qui parlent, pensent ou votent à notre place en croyant que c’est eux, « le peuple ».

– Le peuple, le peuple… quand on voit comment il vote, le peuple, on est content d’avoir un Conseil Constitutionnel !

– La volonté du peuple n’est pas de s’empoisonner avec la pollution de l’air.

– Si on supprime les écolos, cela n’enlèvera les PFAS, les pesticides, tous les polluants, mais l’essence sera moins chère et la planète de plus en plus chaude.

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ZFE, la zone des frénétiques écolos (26 janvier 2026)

extraits : Les ZFE sont devenues un repoussoir par la faute d’un personnel politique immature lorsqu’il s’agit de penser les enjeux de long terme de la transition écologique. L’opposition aux ZFE a amalgamé différents types de colères – contre les métropoles, contre les élites, contre le pouvoir politique… sans pour autant être capable de proposer ni aménagement, ni solution de recours. Poussée par la droite, l’extrême droite et La France insoumise (LFI), la suppression des ZFE avait été ajoutée au projet de loi de simplification de la vie économique….

ZFE, une étape vers le dévoiturage (4 juin 2025)

extraits : Suppression des ZFE : les députés votent la fin de ces zones à faibles émissions qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants. La mesure a été approuvée, contre l’avis du gouvernement, par les députés de droite, d’extrême droite, les insoumis (!) et quelques macronistes. Ils jugent injuste ce dispositif visant à lutter contre la pollution aux particules fines. Sa fin reste suspendue au vote sur le projet de loi tout entier… Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Avec la suppression des ZFE, Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible….

Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out ! (31 mai 2025)

extraits : Le 8 octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des transports, réunit les quinze villes et métropoles les plus polluées de France pour annoncer le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE). La future ex-première ministre évoque « une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national ». Mais la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée le 28 mai 2025. Ce vote dissident du 28 mai 2025 devra être confirmé par celui sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique….

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consigne des bouteilles, l’impasse écologique

Pour son cinquième conseil de planification écologique le 19 mai 2026, Emmanuel Macron a relancé l’idée d’une consigne des bouteilles plastiques, ce serpent de mer de son second mandat. Devant la levée de boucliers des collectivités locales – qui dénoncent depuis des années une « fausse consigne » –, le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, avait renoncé à ce projet en 2023, sa successeure, Agnès Pannier-Runacher, ne l’avait pas intégré dans son « plan plastique » présenté au printemps 2025, et l’actuelle titulaire du poste, Monique Barbut, s’était bien gardée de rouvrir ce dossier brûlant. Mais la France s’est fixé un objectif de réduction de 50 % de la vente de bouteilles plastique d’ici à 2030 par rapport à 2018 et de sortir du plastique à usage unique à l’horizon 2040.

Stéphane Mandard : Paris est sous pression de la Commission européenne : si elle n’atteint pas, d’ici à 2029, un taux de collecte de bouteilles plastiques de 90 %, la France devra la mettre en place. Avec un taux qui stagne autour de 55 %, elle en est aujourd’hui très éloignée. Avec Macron, les bouteilles usagées pourraient être collectées dans les supermarchés moyennant quelques centimes pour les consommateurs. Les collectivités craignent que la consigne ne les prive de la manne financière qu’elles tirent de la revente de plastique collecté dans les centres de tri. Elle crée aussi de la « confusion » dans la population en brouillant le message de simplification du geste de tri : tous les emballages en plastique doivent être jetés dans le bac jaune. Les collectivités continueraient à gérer les ordures ménagères les plus difficiles à valoriser ! Sur le plan environnemental, enfin, la consigne tend à « banaliser » l’utilisation des bouteilles plastiques.

Le point de vue des écologistes au pain et à l’eau

– Le chef de l’État s’occupe des bouteilles plastiques sans se préoccuper des inconvénients du recyclage !

– Quand j’ai lu « dossier brûlant » associé au président de la république pour une problématique de consigne de bouteilles. J’ai cru à une blague.

– C’est la filière de la consigne des bouteilles en verre qu’il faut relancer !

– J’ai habité au Pays Bas plusieurs années 77 à 85, tout est en bouteille en verre, lait, yaourt, fromage blanc etc.

– Si les français avait un peu plus confiance dans l’eau qui sort du robinet, ça éviterait déjà un paquet de bouteille plastique.

– Pas d’eau en bouteille en plastique ! Voir pas d’eau en bouteille du tout !! Surtout depuis qu’il est démontré que les eaux dites de source ou minérales sont en fait polluées comme toutes les autres…

– Une seule solution politique, l’interdiction totale du plastique pour tous les emballages. Vive le vrac…

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La problématique plastique

La tête de nos dirigeants dans un sac de plastique (août 2025)

extraits : Toutes les conférences internationales ont échoué, sur le climat, sur la biodiversité, sur la désertification et celle sur le plastique ne fait pas exception. Le niveau de production de plastiques, aujourd’hui hors de contrôle, pourrait atteindre le milliard de tonnes par an d’ici à 2050, et les déchets plastiques s’accumulent et polluent l’ensemble des écosystèmes, sachant qu’à ce jour moins de 10 % sont recyclés à l’échelle planétaire. Or, on dispose maintenant de données scientifiques claires pour dire que le niveau de pollution plastique est directement lié à son niveau de production. Les pays producteurs de pétrole « contestent complètement » l’évidence scientifique….

Nous aimons nous baigner dans un océan de plastique (avril 2018)

extraits : Entre 1950 et 2015, 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites. Conséquence, les mers et les océans, grandes poubelles du monde, ont commencé à se plastifier. Si rien ne change, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons dès 2050 : le ratio était de 1 tonne de plastique pour 5 tonnes de poisson en 2014, il sera de 1 pour 3 en 2025. Alors, la ­ « plastisphère » l’aura emporté sur la biosphère marine. Nous connaissons pourtant les solutions, le recyclage, l’interdiction des bouteilles d’eau en plastique, le remplacement de tous nos ustensiles et jouets par du bois ou du métal, la sobriété dans notre consommation générale. Pour arriver à ce résultat, il faudrait taxer lourdement chaque objet en plastique, mettre en place des consignes, vendre bien plus cher les produits emballés que les produits en vrac….

La problématique planification écologique

Planification écolo, vive le HSSPEPTDR ! (septembre 2024)

extraits : Nous avons donc – un Haut Commissariat au Plan – un Secrétariat Général à la Planification Écologique (SGPE) – un ministère de la transition écologique – une agence de la transition écologique (ADEME) – France Stratégie – un Commissariat Général au Développement Durable – un Haut-Conseil pour le Climat – un Conseil Économique, Social et Environnemental – j’en oublie probablement… On pourrait fusionner dans un Haut Secrétariat Stratégique à la Prospective et l’Évaluation des Plans de Transition Durable et Responsable : HSSPEPTDR

SGPE, Antoine Pellion, planification oubliée (mars 2024)

extraits : En juillet 2022, le tandem Elisabeth Borne, chargée de la planification écologique, avec Antoine Pellion, secrétaire général du SGPE était confirmé par l’Elysée. Bientôt deux ans et nous n’en savions rien ! Alors que la planification était censée être un rouage crucial de la machine étatique, en ce début d’année 2024 on sait que cet engagement n’était que du vent : Emmanuel Macron ne sait toujours pas ce que transition écologique veut dire….

consigne des bouteilles, l’impasse écologique Lire la suite »

05. Mes premiers contacts avec l’écologie

avec Michel Sourrouille, faisons connaissance

Le mot écologie a été inventé en 1866 pour désigner une science naissante qui étudie le biotope (territoire offrant des possibilités de vie durable pour une espèce) et la biocénose (ensembles des êtres vivants dans un même milieu). Étude longtemps limitée à des milieux spécifiques, l’écologie est devenue une approche globale des problèmes de la planète qui a débordé le niveau spécifiquement scientifique.

Le réchauffement climatique, la destruction de la couche d’ozone, la perte de la biodiversité, tout concourt à faire en sorte que l’écologie soit prise en compte par les politiques : les équilibres naturels sont trop fragiles face à la puissance techno-industrielle des humains pour que l’économie demeure une approche ignorante de l’écologie. L’écologie devient politique. Je n’ai perçu cette évolution que très progressivement.

Nous allions dans la propriété de mes grands-parents maternels sur les hauts de Lormont. Une grande maison, « La verdurette », arbres centenaires et verger, allées bordées de haies, des baies à ramasser, des escargots à dénicher, le paradis. Ma mère a pleuré quand on a vendu cette partie d’elle-même. Est-ce la raison de mon goût pour la nature ? Nous rendions souvent visite à mes grands-parents paternels. Une vieille maison en plein milieu des Landes, au milieu des bois devant le cimetière. Le jardin potager, le puits avec un balancier, les mulets de l’agriculteur voisin. Les promenades en vélo sur les chemins de sable, au milieu des pins. Le paradis. Mon grand-père était un chasseur. Il faisait lui-même ses cartouches. Il m’amenait à l’affût. Nous restions des heures à savourer la nature. Et à tuer ! Le fusil était à l’honneur dans la famille. Pas pour mon père. Les influences sont contradictoires et c’est ce qui permet à l’enfant de choisir. Puis les lapins ont eu la myxomatose. Et le faisan ne s’envolait plus devant moi, il sortait d’un élevage il croyait que j’allais le nourrir. J’ai arrêté de chasser. C’est dans ce contexte global que commençait mon écologisme émergent.

Avant la naissance de l’écologie politique

On ne naît pas militant. On ne naît pas plus écolo, on le devient. La société française à la fin des années 1960 ne sait même pas que l’écologie existe. Si j’adore les fleurs, leur odeur de merde dénaturée, c’est pour faire quelques effets dans une de mes innombrables missives. En 1969, je roule déjà en vélo en ville, mais uniquement pour lutter contre les embouteillages de Bordeaux. Il n’y avait à ma connaissance aucun discours établi en écologie, tout commençait à zéro. Début 1970, c’est la BD de Gébé, l’an 01 ! Mais pour convaincus uniquement. A cette époque, je recopie quelques arguments de Bertrand de Jouvenel trouvés dans l’Expansion :

« La science économique s’intéresse à la transformation et consommation de matière et non aux emprunts et rejets. Elle sera démodée. Elle était  valable quand l’homme grattait la terre de façon si légère que cela n’avait pas d’importance (…) Les pollutions ne s’échappent pas. Nous sommes dans une hutte où il n’y a pas de  cheminée. »

Mais j’étais bien le seul en fac de sciences éco pour qui cette pensée obtenait un écho. Il me semblait préférable de savoir où va la merde que je libère en chiant dans un réseau connecté au tout-à-l’égout plutôt que de savoir que Keynes a pondu une théorie sur la monnaie. Un temps, j’ai même voulu devenir éboueur ! Je vais multiplier depuis lors les notules à consonance écolo : « En 1896, on croyait que les gens des villes allaient mourir puisqu’on avait remplacé le crottin par le gaz carbonique… L’érosion du sol coûte chaque année 200 000 hectares à la Colombie… »

Mais je n’ai toujours pas intégré l’importance de l’enjeu écologique. Je crois encore que le travail est une lutte de l’homme contre la nature, de la société tout entière à la conquête de l’univers. Je vois des fusées qui partent très loin pour bâtir un monde nouveau, plus beau, à la libre sexualité et à la morale pure. C’est même le thème le plus fréquent de mes rêves éveillés. Cependant, le 19 mai 1970, j’ai la révélation, j’écris :

« Mon dieu à moi, c’est la nature. Par elle je retrouve les hommes et en respectant la nature, je respecte les hommes. Nos ancêtres divinisaient la nature, le judéo-christianisme a fait de dieu une abstraction, un dieu invisible alors que toute la nature nous chante dieu, mon orteil qui remue et le frisson d’une feuille. Pourquoi s’inventer un monde magique, expliquer l’évidence du monde par l’inexplicable ? L’homme, élu de dieu ? Pouah ! Je suis, et ça me suffit. Je ne vis pas par intermédiaire divin. »

En fait ma critique de la religion avait été la première affirmation de ma pensée. Elle se transcende en assimilant sacré et nature. Je rejoins Spinoza sans le savoir encore. Pourtant c’est maintenant clair pour moi. L’idée de dieu n’est d’aucun secours, on arrive même à se foutre sur la gueule au nom du même dieu nommé différemment. La nature au contraire est la même pour tout le monde, un milieu où normalement il ferait bon vivre.

Si je pense taguer des affiches publicitaires, c’est d’abord par réaction. Je n’ai pas encore conscience du caractère totalitaire de la propagande des marchands.  Mais j’ai quelques idées. Sur une affiche suggestive, inscrire « l’érotisme ne passera pas ». Sur une pub contre les publiphobes rajouter « J’en suis un, et vous ? ». Mon problème est encore le passage à l’acte. Il n’y a pas de casseurs de pub à l’époque, pas de mouvement constitué. Le 8 juin 1970 j’écrivais ce qui me semble toujours d’actualité :

« Qu’est-ce que la violence quand les affiches publicitaires agressent l’homme qui pense. La publicité, c’est un conditionnement absurde à acheter l’inutile, l’appel au sexe subi, à l’orgueil, à la puissance et à l’envie. C’est nuisible. »

En mars 1971, j’étudie La persuasion clandestine de Vance Packard :

« Il est impossible d’établir comme postulat que les gens savent ce qu’ils veulent. Il est même dangereux de croire les gens capables d’une conduite rationnelle… Par homme, femme ou enfant d’Amérique, 53 dollars furent dépensés en 1955 pour le ou la persuader d’acheter… Certaines sociétés de produits de beauté se mirent à dépenser en publicité un quart de ce que rapportaient leurs ventes… La publicité vient de créer le vieillissement psychologique des choses, grâce entre autre au phénomène de mode. Plus est grande la similitude des produits, moins le rôle joué par la raison dans le choix de la marque est important… »

Ernest Dichter constate qu’il ne faut plus vendre des souliers aux femmes, mais de jolis pieds. La politique spectacle commence à apparaître. Richard Nixon envisage son métier de la même manière qu’un agent de publicité. Le candidat devient un produit qui se vend au public. Alors la préoccupation écologique ? Encore dans les limbes de la société de consommation.

Jusqu’au XVIIIe siècle, l’homme a vécu en harmonie avec la nature. Depuis 150 ans, nous vivons dans un univers physico-chimique ! Début décembre 1970, je découvre avec Bombard que « dans dix ans, le thon de la Méditerranée aura totalement disparu. Pour cette espèce, on a atteint le point de non-retour. Pour l’homme, le point de non-retour sera atteint lorsque l’eau qui sert à nourrir nos cellules sera polluée à son tour. »

J’étudie en janvier 1971 la physique contemporaine au travers de Werner Heisenberg. Pour lui, pour moi, la science n’est qu’un maillon de la chaîne infinie des dialogues entre l’homme et la nature. Mais comme on ne peut plus parler du comportement de la particule élémentaire sans tenir compte du processus d’observation, la division conventionnelle entre sujet et objet, entre monde intérieur et extérieur ne peut plus s’appliquer. Pour la première fois au cours de l’histoire, l’homme se retrouve seul avec lui-même sur cette terre, sans partenaire ni adversaire, ayant dompté les forces naturelles. 

« Par l’accroissement apparemment  illimité de son pouvoir matériel, l’humanité se retrouve dans la situation d’un bateau construit avec une si grande quantité d’acier que la boussole n’indique plus le nord, mais s’oriente vers la masse du bateau. Un tel bateau n’arrivera nulle part, il tournera en rond. » Mes études d’économétrie en quatrième année de fac me semblent désormais voguer dans une autre galaxie. Pourtant je considère encore l’espèce humaine comme un corps solidaire qui devrait se battre coude à coude CONTRE la nature, une humanité vouée à conquérir l’univers (février 1971).

Teilhard de Chardin n’aide pas à me faire prendre conscience de mon anthropocentrisme, lui qui voit l’organisation de l’esprit succéder à celle de la matière. L’homme sur terre ne serait qu’un élément destiné à s’achever cosmiquement dans une conscience supérieure en formation : « N’est finalement bon que ce qui concourt à l’accroissement de l’esprit sur terre. » Photons, protons, électrons et autres éléments de la matière n’auraient pas plus ni moins de réalité en dehors de notre pensée que les couleurs en dehors de nos yeux. Teilhard de Chardin préfigure sans doute le transhumanisme, il envisage une mécanisation du monde qui puisse déborder le plan de la matière. Il s’agit d’une mystique de la science dont je vais assez rapidement me libérer. J’éprouve confusément le sentiment que la préoccupation émergente pour l’environnement montre avec quelle force combien l’action de l’homme n’est plus centrée sur l’homme seulement, mais relève aussi d’une conscience globale de notre milieu physique.

Premiers rudiments en écologie scientifique

En mars 1971, je réalise que l’agriculture est vraiment le secteur primaire, au sens de fondamental, absolument nécessaire à notre subsistance, ce sans quoi il n’est rien d’autre possible. Or d’une part il y a destruction de la terre nourricière, d’autre part il y a coupure de plus en plus radicale de l’homme envers la terre. Le circuit de distribution est de plus en plus complexe, donc de plus en plus fragile ; une désorganisation pourrait entraîner panique et peut-être même famine. Je commence à maîtriser les rudiments de l’agriculture biologique. Les produits chimiques s’adressent directement aux végétaux auxquels ils amènent des produits synthétiques qui donne des produits fragiles. On augmente les doses d’engrais pour aboutir finalement à des rendements décroissants. Toute possibilité d’autodéfense de la terre contre les destructeurs disparaît. Par contre la culture biologique favorise le développement des micro-organismes qui peuvent alors apporter aux végétaux un aliment complet. Il y a rendement optimum et continu puisque le tissu nutritif du sol peut se reconstituer naturellement. Je pense que la culture maraîchère  sur de petites surfaces est plus avantageuse que la culture intensive. Il est d’ailleurs bien clair pour moi que les ressources entières de la terre ne suffiraient pas aujourd’hui à procurer à tous les habitants de notre planète le niveau de vie de Messieurs les Américains… Ce n’est pas mes cours de fac qui peuvent amener à de telles idées ! Les physiocrates peut-être, qui considèrent que seule l’agriculture est productive ?

Le 8 avril 1971, je note grâce à Historia que le CO2 est en principe inoffensif. Il ne constitue que 0,5 pour mille de l’atmosphère. Mais l’humanité en déverse 100 millions de tonnes supplémentaires chaque année. Or le CO2 est opaque à l’infrarouge, rayonnement par lequel la terre renvoie une grande partie de l’énergie solaire qu’elle reçoit. Une trop grande croissance du CO2 dans l’atmosphère pourrait faire en sorte que la température du globe s’élève ; les glaces polaires pourraient fondre. Je savais donc déjà cela en 1971, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne sera fondé qu’en novembre 1988 et les climato-sceptiques se sont déchaînés au début des années 2000 !

Le comité pour l’environnement du sénat américain  a calculé que la chaleur qui serait diffusée dans l’atmosphère en l’an 2000 si chaque citoyen du monde en venait à dépenser la même quantité d’énergie que l’Américain moyen en 1970, alors les glaces du pôle fondraient. Je prends vraiment conscience que c’est un suicide collectif que de vouloir rattraper le niveau de vie américain. Je note aussi en 1971 qu’une fusée comme Saturne abandonne 200 tonnes d’hydrogène dans la haute atmosphère. Or cet atome détruit l’ozone qui enveloppe le globe et nous protège des radiations ultraviolettes du soleil. On ne parlera que bien plus tard du trou dans la couche d’ozone !

Une autre de mes notules : « Pourquoi la croissance, pourquoi consommer, pourquoi toujours plus, pourquoi faire des enfants ? Pourquoi se déplacer, pourquoi ne pas trouver le bonheur avec sa voisine de palier ? A quoi sert-il de consacrer des millions de francs pour découvrir un nouveau produit pharmaceutique quand on sait par ailleurs que le cancer est causé en grande partie par la multiplication des substances carcinogènes ! La solution, remplacer le « plus avoir » par le « plus être ». Jusqu’ici les médias diffusent les mythes de la société moderne, la richesse, le développement, l’exhibitionnisme et le gaspillage Des savants proposent la progression techno-industrielle soit systématique. Toute invention doit trouver son application. De mon côté je considère au contraire que la décroissance est possible et nécessaire. » Une inquiétude profonde est en train de naître au cœur des hommes ; notre actuelle course à l’argent doit sans tarder faire place à autre chose. Je perçois que les pays industriels sont plus vulnérables que les pays du tiers-monde à une désorganisation structurelle. Ils sont trop complexes, trop difficile à gérer en cas de crise.

Premiers contacts avec des écologistes

Le 13 avril 1971, j’écris à Pierre Fournier, l’écolo de service à Hara-Kiri : « Avec l’urbanisation de la campagne, la vie s’accorde de moins en moins directement aux rythmes biologiques et naturels. L’obligation faite de se mouvoir dans un espace plus restreint et artificiellement construit amèneront progressivement l’individu à perdre son autonomie individuelle. Quant à ton régime végétarien, c’est une profession de foi. Tu n’as pas expliqué en quoi ce serait une rationalisation de la conduite individuelle. Pour moi, un brin d’herbe est aussi respectable qu’un agneau, et il faut bien marcher et bouffer… Mais j’aime bien ce que tu écris… » J’estime avec Fournier que l’équilibre écologique de notre planète est définitivement rompu. Je pense dorénavant que la paysannerie est le fondement biologique de l’humanité, l’urbanisation trop poussé un génocide différé. Mais je n’avais pas encore compris le message du végétarisme.

Dans LE MONDE du 18-19 avril 1971, le tout nouveau car premier des ministres en charge de l’environnement Robert Poujade :

« On a dit que les pollueurs seront les payeurs. C’est une bonne formule qui n’est pas à écarter, mais il faut comprendre que les pollueurs paient aussi les ouvriers. Si on les étrangle économiquement, ils risquent de ne plus pouvoir payer ni le coût de la lutte contre la pollution, ni leurs investissements, ni leurs ouvriers. »

Déjà l’économie joue politiquement gagnant face à l’écologie, déjà un ministre oppose l’emploi et le respect des écosystèmes. Qui donc nous protégera contre les ministres de l’environnement ? Je me pose des questions du genre « Pourquoi développer constamment la production d’énergie ? » Je trouve que la demande d’électricité ne correspond plus à des besoins véritables. Je constate que la consommation ne peut plus fonder le nébuleux concept de « niveau de vie » ; elle correspond plutôt à la production de déchets et à la dégradation de la qualité de l’environnement. Il est difficile de suivre les effets d’un polluant dans le temps et il y a aussi une synergie des différents polluants. J’en déduis qu’il faut maintenant maîtriser les phénomènes de la vie (les écosystèmes)  et non plus seulement ceux de la matière.

En cette fin de quatrième année de sciences économiques (l’équivalent d’une maîtrise), je découvre que l’écologie va se dresser contre l’économie ; ce sera la recherche de l’optimum contre le culte du maximum. L’économie demande des réponses à brèves échéances, l’écologie envisage le long terme. Peut-être que quand on réalisera cette contradiction, il sera trop tard pour agir. En économétrie, on préfère encore étudier le modèle fifi (physico-financier). Mathématiser l’économie pour ne pas prendre en compte ses soubassements socio-politiques ! L’information sur la pollution donnée par les mass-media est en général présentée de façon déformée, inspirée par de puissants intérêts économiques ou par l’ignorance des journalistes à propos des fondamentaux biophysiques de la réalité.

Bientôt le PNB va s’accroître surtout parce que l’air et l’eau seront des bien rares et donc monétarisés. Déjà le PNB commence à signifier « Pollution  nationale brute ». Je questionne les emballages plastiques qu’on retrouve partout, l’évacuation des produits dangereux dans la nature, les nappes de mazout, les containers éclatés contenant des déchets radioactifs, la diffusion du DDT… Je questionne l’atomisation de l’habitat où la vie n’est saisie que dans sa matérialité, l’embouteillage qu’on subit patiemment seul à son volant… Il faudrait intégrer les déséconomies externes dans le tableau de Leontief ! Mais l’analyse coût-avantage n’en est qu’à ses premiers balbutiements. On peut d’ailleurs douter qu’elle dépassera jamais ce stade.

Car il me paraît impossible d’évaluer objectivement les déséconomies externes ou de formaliser des seuils de sécurité. Je rêve cependant d’une planification pour la sauvegarde de l’environnement. Je consulte le bulletin interministériel sur la RCB (rationalisation des choix budgétaires) qui s’interroge doctement sur la valeur de l’environnement. Par exemple comment cerner la valeur des forêts suburbaines ? Mais on fait seulement référence à leur valeur récréative en envisageant des études de fréquentation et des enquêtes de motivation !!!

En mai 1971, je m’étais abonné à « Survivre », par le biais duquel j’ai des contacts personnels à Bordeaux avec le fils Mendes-France, Michel. Il a une belle petite Volkswagen, peinturluré façon hippie. Mais pas grand sens de l’organisation. Le 15 juin 1971, j’ai écrit à Grothendieck, de « Survivre journal ». Alexandre Grothendieck, un mathématicien célèbre qui a tout compris de l’inanité des études scientifiques sans conscience et des menaces qui pèsent sur notre survie. Ma lettre n’était pas à sa hauteur ! J’avais encore beaucoup à apprendre.

Le 14 juin 1971, je découpe des coupures de presse, sur les actions de la SEPANSO : « La nature, elle, n’attend pas… Alerte à l’accroissement du bruit dans les villes… L’incinération d’une bouteille en matière plastique pollue 30 m3 d’air… » Fin juin 1971, je me déclare solidaire des objectifs du CSFR (Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin), à savoir :

– opposition par tous les moyens légaux au projet de construction, à la construction ou au fonctionnement de la centrale nucléaire de Fessenheim ;

– création d’un courant populaire en faveur de la sauvegarde de la santé publique pour la non implantation de centrales nucléaire dans la plaine du Rhin.

J’ai maintenant ma licence de sciences économiques, je commence ma vie active… en tant qu’éducateur ! Mais je continue ma réflexion écologique sans être encore écologiste. Tout autour de moi on ne jure que par la croissance, je commence vraiment à savoir qu’on a été beaucoup trop loin dans la détérioration de la planète. Je lis en mars 1972 le livre de Jean Dorst Avant que nature meure (paru en 1965). Tout était déjà dit :

« Si l’on envisage l’histoire du globe, l’apparition de l’homme prend aux yeux des biologistes la même signification que les grands cataclysmes à l’échelle du temps géologique… A l’époque contemporaine la situation atteint un niveau de gravité inégalé… Tous les phénomènes auxquels l’homme est mêlé se déroulent à une vitesse accélérée et à un rythme qui les rend presque incontrôlables… L’homme dilapide d’un cœur léger les ressources non renouvelables, ce qui risque de provoquer la ruine de la civilisation actuelle. »

Je découvre cette vérité profonde : il est facile en théorie d’abattre la société moderne, il suffit de ne pas consommer. Vivre à la campagne, devenir végétarien et artisan, se vêtir, se nourrir, se loger par l’auto-production artisanale. Tout le reste devient inutile, la ville, l’usine, le cinéma, l’auto, la télé… Or cela apparaît impossible, parce que nous sommes coupés de la campagne, parce que les gens se nourrissent en échange de métiers inutiles, parce que les gens sont habitués au « confort »… Grothendieck s’est retiré du monde à cette époque, c’est une attitude que je comprends tout à fait. Il me faudra personnellement attendre 2011 pour que j’agisse en faveur des communautés de transition (dite aussi de résilience) pour une autonomie locale, alimentaire et énergétique.

Avril 1972, j’assiste à une conférence sur la pollution atomique. 20 000 instituteurs girondins étaient invités, il n’y en a qu’une vingtaine à peine qui s’est déplacée. Sans commentaire ! Hier je discutais avec un presque médecin. Pour guérir une angine, pas besoin de médicaments. Un peu de jeûne et 15 jours de lit suffisent. Le médecin sait cela, mais l’ouvrier qu’il soigne doit vite reprendre son travail. Alors on le dope et il est remis sur pied en deux jours !

Mai 1972, je suis visionnaire : « Le mode de satisfaction des besoins dans les pays dits développés ne peut pas être appliqué à la population du monde entier car les ressources naturelles sont trop limitées ; l’équilibre écologique devient trop difficile à maintenir puisque l’industrialisation technicienne a acquis une supériorité inaccessible à la critique. » Je recopie l’écrit d’Ivan Illich :

« Davantage de marchandises peut signifier moins d’avantages… Plus grande est la vitesse à laquelle un homme se déplace aujourd’hui, plus important est le temps qu’il met pour se rendre d’un endroit à un autre… Une politique de limites supérieures donnerait à l’individu un pouvoir maximal pour déterminer quels outils sont adaptés à son existence, pour les produire et les utiliser à sa manière et pour ses propres buts, au service de sa vie et de celle des autres. »

Je crois dorénavant que l’épuisement des ressources et la pollution nous donne un délai de trente ans seulement pour abandonner notre consensus de croissance économique au profit d’un consensus « angélique », où notre entourage n’est plus fait d’objets, mais d’amour et de sentiments, d’un attachement palpable à la terre et à notre planète. A l’heure où je relis mon manuscrit, en 2026, nous ne sommes toujours qu’une poignée à tenir ce discours. La planète a encore l’air de tenir le coup… notre chute n’en sera que plus brutale.

La naissance médiatique de l’écologie institutionnelle

15 Juin 1972, je découpe un entrefilet sur la conférence des nations unies sur l’environnement qui se tient à Stockholm. La France a eu le mauvais goût de faire un essai nucléaire dans l’atmosphère à la veille de cette conférence… Certains pays voudraient condamner ce genre d’exploit, la France montre qu’elle se fout complètement de ce qui se passe à Stockholm. Même jour, un article sur le nouveau cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun :

« La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. »

Cette déclaration se base sur l’enquête effectuée par le Massachusetts Institut of Technologie (le rapport du club de Rome sur les limites de la croissance), publié en juillet 1971, évoqué en février 1972 par cette lettre de Mansholt. La planète est déjà peuplée de 3,7 milliards de personnes. Que faut-il faire ? Mansholt répond :

« Il faut réduire notre croissance purement matérielle, pour y substituer la notion d’une autre croissance, celle de la culture, du bonheur, du bien-être. C’est pourquoi j’ai proposé de substituer au PNB « l’Utilité nationale brute » ou, comme on le dit plus poétiquement en français, le Bonheur national brut. »

Même jour, un autre article où s’exprime Philippe Saint Marc : « Nous sommes dans un train qui roule à 150 km/h vers un pont coupé. Le monde court à la catastrophe écologique s’il ne procède pas rapidement à une réorientation fondamentale de la croissance économique. » Je lis aussi Le choc du futur d’Alvin Toffler son livre de 1970. Angoissant.

« L’expérience individuelle dans le futur sera modelée et programmée par des psycho-trusts, comme déjà n’importe quel bien de consommation courante est surchargé d’un pouvoir affectif par la publicité… Un jour naîtra où les consommateurs ne réussiront plus à faire une nette distinction entre le réel et le simulé… Le jour où des pans entiers de la vie seront programmés commercialement, nous nous serons fourrés dans un guêpier de problèmes psychologiques d’une complexité effarante. Jusqu’à maintenance, la santé mentale était caractérisée entre autres par l’aptitude à discerner le réel de l’irréel. Nous faudra-t-il inventer une nouvelle définition ? »

Mais Alvin Toffler, lui, n’est pas du tout angoissé par cette vison du futur. Il considère que les drop out contestataires, anarchistes et drogués, n’ont pas pu s’adapter au rythme du changement :

« Les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne savent ni lire ni écrire, mais ceux qui ne savent pas apprendre, désapprendre et réapprendre . »

Jacques Ellul a un avis très différent. Il considère que l’homme de demain sera sans doute réduit à l’état d’appareil enregistreur. Il vivra dans un État totalitaire dirigé par une Gestapo aux gants de velours.

Un peu de science fiction pour conclure ce chapitre. Le 16 septembre 1972, j’imagine le monde à venir dans mon petit carnet :

– Trouvé à l’angle de la 78e avenue et de la 496e rue un mégot de cigarette. L’inconscient qui a laissé cette ordure est prié de se présenter au commissariat pour verser la taxe forfaitaire afférente à cet acte anti-social…

– Les vapeurs toxiques commencent à diminuer d’intensité. Les foyers peuvent dès à présent ouvrir l’électricité, mais pas plus de 3mn et 45 secondes…

– Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années…

Mais en 1972, je n’ai encore aucune idée de l’importance que prendra l’écologie politique. Les partis de l’époque non plus ! Faudra attendre 1974 avec René Dumont… Il est vrai qu’à l’époque mon engagement d’objecteur de conscience occupe toutes mes pensées et mes actions.

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Depuis notre origine sur la toile, notre point de vue nous semble fiable.

Pour exemple, voici notre numéro d’octobre 2005 tiré de nos archives :

Les sociétés humaines sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant. La société thermo-industrielle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Pour un membre de Biosphere (association loi-1901 dont l’objectif est de défendre les intérêts de la Biosphère), il faut donc dénoncer avec force cette société de prédateurs. Voici quelques analyses de ce qui paraissait important à dire en octobre sur les évènements du monde des humains et des non-humains :

1/8) analyse : développement durable ou limites de la croissance ?

Dans son livre paru en 1972, The limits to growth, le Club de Rome a fait extrapoler par un organisme de recherche reconnu les données existantes pour formuler des scénarios du futur avec cinq paramètres : la croissance démographique mondiale, l’alimentation per capita, la production industrielle, la pollution et les stocks de ressources non renouvelables. Les auteurs ont reconsidéré en 1992 la validité de leurs projections et, l’inertie étant extrêmement importante dans l’évolution de ces paramètres, vingt ans n’ont rien changé : ainsi l’alimentation a atteint son sommet dans le monde en 1984, à peu près au moment indiqué par le rapport et la croissance démographique a commencé à se ralentir au début des années 1990, encore une fois suivant la projection du scénario. Tout continue de présager une situation chaotique aux alentours de 2025.

Les personnes qui veulent encore en 2005 toujours plus de croissance économique et démographique sont des personnes nuisibles non seulement pour la santé de la Biosphère, mais en conséquence pour l’espèce humaine elle-même.

2/8) Décroissance sélective

Il faut attendre la motion ponctuelle n°17 des Verts en 2004 pour voir enfin défini politiquement le concept de décroissance.  En résumé, ils écrivent que la critique anti-productiviste dont les Verts sont porteurs implique nécessairement la préconisation d’une décroissance ciblée sur des objectifs concrets. Décroissance…

– des hauts revenus

– de l’exploitation des ressources non renouvelables

– de la production et de la vente de pesticides

– des transports aériens et routiers.

Cette décroissance sélective pourrait fournir le mot clé qui identifie l’écologie politique et le parti Vert comme tout autre chose qu’une composante « bobo » de la nébuleuse « gauche ». En effet ce mot irrécupérable (à l’inverse du développement durable) par les faiseurs de consensus mou résonne comme un avertissement grave avant le redoutable choc pétrolier structurel en préparation pour les très prochaines années. Malheureusement du point de vue de la Biosphère, on constate que ce n’était qu’une toute petite motion dont personne chez les Verts, à part Yves Cochet et son dernier livre « Pétrole-apocalypse » (Fayard), n’a prolongé les prémices.

3/8) Impuissance médiatique

En 1992, une étude australienne a montré que la télévision présentait le sort des victimes de catastrophes sans restituer leur contexte historique et social ; encore plus grave, les évènements étaient présentés comme étant hors de tout contrôle individuel ou collectif. Une autre étude en 1993 sur le traitement du thème environnemental dans la presse écrite française relevait aussi des comportements de dénonciation sans que soit évoqué la possibilité d’une mobilisation populaire. Aujourd’hui encore en 2005 presse et télévision se caractérisent toujours par une préférence pour des horizons proches et une description d’un univers sur lequel l’emprise de la fatalité est grande, où l’individu est isolé et impuissant, où l’action des pouvoirs publics est insuffisante.

Pourtant des actions individuelles telles que le tri de déchets ou le renoncement à la voiture n’acquièrent un sens que dans le cadre d’une vision collective de la cohésion sociale : le consensus sur la sobriété volontaire n’adviendra qu’à partir du moment où s’instaurera la croyance de chacun en la soumission de tous les autres à ce mode de comportement… c’est-à-dire sous l’emprise de la nécessité de sauver la Biosphère… et les humains par la même occasion.

4/8) action politique : l’écologie peut-elle être sous-traitée ?

A ses débuts le mouvement écologiste se voulait un mouvement biodégradable : on allait aux élections, puis on dissolvait le mouvement en se disant « Ça y est, maintenant les politiques vont réagir et prendre la question en charge, ce n’est plus notre boulot ». Et puis rien n’a bougé et c’est comme ça que les Verts se sont constitués en 1984, et depuis presque rien n’a bougé, encore une fois. Il faut constater que les politiques ne réagissent que par les rapports de force et non par rapport à la raison raisonnante : en effet ils ne peuvent intégrer les thèmes écologiques que dans la mesure où la société elle-même les a intégrés, ils ont toujours du retard par rapport à la réalité !  Que le PS sous-traite encore avec les Verts les problèmes écologiques, ou que l’UMP se contente des paroles de Chirac dites en 2002 au sommet de la Terre (« la maison brûle »), démontre bien cet état d’esprit arriéré.

Pour sauver la Biosphère, les militants des partis écologistes devraient en conséquence s’engager dans tous dans les partis traditionnels : les vieilles branches marxistes ou social-libérales feraient alors certainement de nouvelles pousses environnementalistes… (ndlr en 2026 : rétrospectivement cette proposition était bien aventureuse ; la conscience écologique a même régressé au sein du parti socialiste. Oublié depuis longtemps le pôle écologique du PS et deux ministres socialistes de l’écologie limogés par le gouvernement socialiste sous Hollande)

5/8) action politique : le processus délibératif

Sur les questions d’environnement, il n’y a pas de décideur, il n’y a que des mécanismes de décision qui font interagir des individus ou des groupes qui ont à la fois des représentations différentes du problème débattu et des poids différents dans la discussion. Donc nécessairement le processus délibératif devient sans fin. Une conférence des citoyens sur un sujet (par exemple les OGM) n’aura que des impacts politiques et décisionnels faibles, que la préparation soit bâclée comme en France ou dure deux années comme en Suisse. Les politiques se contentent d’un affichage de volonté réformatrice en ne s’engageant que pour des actions minimales ou illusoires. En conséquence, un forum de citoyens doit être assuré de durer longtemps car seule la continuité permet les itérations successives nécessaires pour aboutir à un consensus efficace.

La Biosphère ne sera pas sauvée par des démarches participatives car plus rien dans la société actuelle n’a le pouvoir de durer quand les scientifiques s’opposent aux scientifiques, les politiques aux politiques, sans parler de l’impossible dialogue entre scientifiques et politiques, politiques et opinion publique, opinion publique et réalité. Seule la catastrophe réalisée (une pétro-apocalypse ?) rassemble. Alors en attendant, que les plus courageux d’entre vous passent à l’action… directe !

6/8) Votre profil écologique

La dernière enquête pour l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) montre que la pollution arrive en tête des préoccupations des Français, devant même le chômage et les inégalités sociales. Pourtant 56 % des personnes interrogées considèrent que les gestes individuels pour lutter contre l’effet de serre ne sont pas efficaces alors même que 50 % des émissions de gaz carbonique sont liées aux usages privés de l’énergie. Science&Vie d’octobre 2005 propose une série de tests conçus à partir des données de l’Ademe, batterie de questions-réponses qu’il est urgent de diffuser, ainsi :

 1) un thermostat d’ambiance programmable permet de réduire sa consommation d’énergie de… 10 à 20 %

 2) Rouler à 90 km/h au lieu de 115 réduit la consommation d’essence de… 20 %

 3) Au début des années 70, il y avait 2,5 millions d’éléphants, combien en reste-t-il… 400 000

 4) Jusqu’à combien de pucerons une coccinelle dévore-t-elle chaque jour… 100 à 200

 5) Les emballages représentent… 50 % des déchets ménagers

 6) Pour digérer un chewing-gum, la nature met… 5 à 6 ans

 7) Se brosser les dents pendant 3 minutes en laissant le robinet ouvert, c’est gâcher jusqu’à… 18 litres

 (seule la bonne réponse a été conservée)

 Puisse tous les enseignants de l’univers enseigner la protection de la Biosphère !

7/8) Une société sans école ?

« La relégation de nos enfants dans les écoles pour des périodes de formation de plus en plus longues a sur eux un impact considérable. Ils sont coupés du reste de la société, confinés dans leur groupe d’âge ; avec leurs camarades, ils en viennent à former une petite société dont la plupart des échanges importants sont internes et dont les liens avec la société adulte deviennent rares. En conséquence notre société occidentale renferme un ensemble de microsociétés d’adolescents dans lesquels l’intérêt et le comportement des jeunes s’orientent vers des objets échappant complètement à la responsabilité des adultes. »  Ainsi parlait JS Coleman, dans son ouvrage « « The adolescent Society ». Alors l’adolescent ne trouvera sa place que dans un monde essentiellement industrialisé et urbanisé, éloigné de son groupe familial, et encore plus loin du nécessaire contact avec la Biosphère… L’éducation est l’une des nombreuses fonctions sociales que l’État a usurpées et qui doit être de nouveau assumée au niveau de la famille et de la communauté, en pleine adéquation avec un écosystème d’appartenance.

En attendant l’utopie, la Biosphère remercie tous ces instituteurs dont les élèves plantent des arbres fruitiers, s’occupent d’un jardin potager ou marchent dans la forêt.

8/8) Biocentrisme ou anthropocentré ?

La Nature n’a pas la parole, ce sont des mots exprimés dans les différentes langues humaines qui interprètent d’une façon ou d’une autre ce que la Nature veut nous dire. Les humains peuvent donc s’exprimer au nom d’un cours d’eau qu’on voudrait dévier, au nom des arbres qu’on voudrait abattre, au nom des loups qu’on voudrait exterminer. Rien d’exorbitant à cela, il y a bien un avocat qui s’exprime au nom du pire assassin et une opinion publique qui pense une chose ou son contraire à propos de tout et de n’importe quoi. Il n’y a donc pas d’opposition fondamentale entre l’écologie profonde et l’écologie superficielle, seulement la place que les humains veulent donner à la Nature sauvage, soit une place la plus grande possible, soit une nature au maximum dénaturée : il suffit de mettre des mots différents sur notre conception humaine de la même Nature.

Pour mieux comprendre la Biosphère, les enfants devraient s’exercer dès le plus jeune âge à prendre le point de vue de la fleur ou le point de vue d’un animal, beaucoup de choses changeraient alors : par exemple une fleur ne serait belle que rattachée à sa plante, certainement pas coupée dans un pot de fleurs.

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RAP@Toile avril 2026

RAP, résistance à l’agression publicitaire

Un procès pour s’être exprimé·es sur des publicités : 4 activistes devant les tribunaux le 4 mai à Lyon

20 organisations soutiennent 4 militant·es de Résistance à l’Agression Publicitaire Lyon et engagé·es pour la lutte de libération palestinienne, qui sont poursuivi·es suite à une action de détournement publicitaire. Après plus de 40 heures de garde à vue, iels sont convoqué·es au Tribunal Correctionnel de Lyon (8ème chambre), le 4 mai 2026 à 14h. Soyons nombreux·ses à les soutenir

Lire l’appel

Des actions-surprises subversives en pleine ville, preuves de l’adhésion au référendum Berlin Werbefrei !

Fin mars, des activistes ont réalisé différentes actions de sensibilisation à l’omniprésence de la publicité dans les rues de Berlin en recouvrant plus d’une vingtaine de panneaux et écrans, ainsi qu’avec une performance chantée et masquée,… Ces actions sont l’œuvre de membres de collectifs activistes, militant pour une meilleure régulation de la publicité.

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Vous avez jusqu’au 10 juillet pour nous envoyer les pub repérées

L’observatoire de la pub pour des aliments d’origine animale !
Vous aviez déjà été nombreux·ses à nous envoyer vos contributions. Merci ! Mais nous manquons encore de trop de publicités télévisuelles ! Si vous en repérez, n’hésitez-pas à les photographier et nous les envoyer.

Plus d’info !

Assemblée Générale de RAP – 6 et 7 juin 2026 à Lyon

Comme chaque année, les membres de Résistance à l’Agression Publicitaire vont se retrouver au début de l’été, à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’association. Cette fois-ci, le rendez-vous est donné le week-end des 6 et 7 juin à Lyon !

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Votre soutien est notre force !

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Résistance à l’Agression Publicitaire, « La Teinturerie », 24, rue de la Chine, 75020 Paris
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RAP@Toile avril 2026 Lire la suite »

Le militantisme écolo pourchassé

Poursuivie en justice en Suède pour avoir participé à une action contre les jets privés, la Française Isabelle Letellier s’est aussi vu refuser sa naturalisation. Une double peine qui atteste le durcissement de Stockholm à l’égard des défenseurs de l’environnement. Mais le problème essentiel, c’est le grand nombre des commentateurs antiécolos sur lemonde.fr contre qui la répartie est facile.

Anne-Françoise Hivert : A un mois des élections législatives du 9 septembre 2018, Greta Thunberg, 15 ans, commence sa grève scolaire pour le climat. « Voir cette petite fille, assise devant le Parlement, toute seule face au monde, m’a fait quelque chose », se souvient la Française Isabelle Letellier, universitaire, docteure en psychologie. Elle est traumatisée par l’ampleur de la menace qu’elle découvre, elle s’engage au sein de Scientifiques en rébellion.

– Au printemps 2019, Isabelle Letellier rejoint un petit groupe d’activistes qui organisent un die-in (manifestation où les participants s’allongent au sol) devant le Parlement. Ravie de l’expérience, elle récidive.

– En septembre 2022, la droite libérale conservatrice et l’extrême droite remporte les élections. Alors que les émissions de CO₂ du pays augmentent, la rhétorique contre les défenseurs de l’environnement se durcit.

– Le 17 septembre 2023, ils étaient 17 activistes rassemblés sur le parking, devant le terminal des avions privés. Isabelle Letellier tenait une banderole réclamant leur interdiction, quand deux de ses compagnons ont jeté de la peinture rouge sur un hangar et un jet.

– En août 2024, Isabelle Letellier s’est vu refuser la naturalisation. « Pour obtenir la nationalité suédoise, il faut que le demandeur ait mené et continue de mener une vie sereine et honorable en Suède ».

– En mars 2025, le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement, Michel Forst, s’est rendu à Stockholm pour demander « la cessation immédiate des poursuites » contre l’universitaire. En vain.

– Mi-avril 2026, les 17 ont été jugés pour « dégradation et complicité de dégradation » lors d’un procès de trois jours au cours duquel ils ont justifié leur action par « l’état d’urgence climatique ».

– Une nouvelle loi, très controversée, permettra à partir de l’été 2026 de suspendre les titres de séjour des personnes accusées de ne pas avoir un « style de vie honnête et consciencieux ».

Les commentaires sur lemonde.fr

DCLT : Ces activistes sont comme des enfants qui ne comprennent pas leurs actes. À un moment ça dérape, ici la peinture sur un hangar et un avion, d’autres fois sur des tableaux dans des musées, ou bien pire que tout cela. La violence engendre la violence

Hnaillon : Combien de morts dans le monde dues aux seules canicules conséquences du dérèglement climatique? 546 000 entre 2012 et 2021… Mais LE scandale, c’est de tenir un banderole contre ces activités criminelles? J’ai du mal, DCLT, à suivre vos priorités…

Ricky Fitts : Ce ne sont pas les moutons qui font avancer le monde. Il faut des Rosa Parks, des Nelson Mandela, des gens qui se tiennent debout.

Méphisto : C’est quoi être « un adulte responsable » ? Laisser brûler le monde dans lequel ses enfants vivront. Je trouve cette dame très responsable au contraire, et courageuse, en plus.

Michel Sourrouille : Il est incompréhensible qu’une personne honnête et honorable ne salue pas l’action militante des défenseurs du climat : approuverl’action à la Greta est déjà un encouragement à changer la vie pour le bien des générations futures. Pourtant on peut être un abonné du MONDE et se révéler une personne malhonnête et déshonorée…

jeff2003 : Désolé mais je ne trouve rien de scandaleux dans ce qui arrive à cette Française. Quand on vit dans un pays étranger dont on aspire à prendre la nationalité on en respecte les lois. Peut-être n’a-t-elle pas elle-même jeté de la peinture mais elle savait qu’elle participait à une action qui pouvait aboutir à de la violence. C’est une des caractéristiques d’Extinction Rébellion. Ce qui me gêne plus c’est que l’article sous-entend que commettre un délit dans un pays dont on veut acquérir la nationalité ne devrait pas avoir de conséquences sur le processus de naturalisation. Qu’en aurait-il été en France?

Lecrapaud : En France pour ne pas obtenir la nationalité ou la perdre il faut avoir commis un crime. Et un pot de peinture doit être le plus bas niveau de dégradation juste avant le confetti. De plus, en tant que parent d’enfants, on peut obtenir la nationalité. Enfin être citoyen, être engagé politiquement est la preuve de son envie de participer à la vie politique d’un pays donc de s’intégrer.

Hapax : La violence est parfois nécessaire dans une lutte. Entre 1912 et 1914, les suffragettes anglaises commettent des attentats à la bombe. En 1914, l’une d’elles lacère un tableau de Vélasquez à la National Gallery de Londres. « L’objet de leur mobilisation », le droit de vote des femmes, était légitime, non ? Souvent, il faut secouer les bourgeois pour que les choses bougent.

Kourosh : C’est quand même extraordinaire, avec tout ce qu’on sait, avec les avertissements 100 fois répétés par les scientifiques, de trouver encore des gens comme vous (et vous êtes majoritaires) qui font les autruches et critiquent les actions pacifiques de personnes alertant une population lobotomisée et des politicards de droite cyniques voulant ignorer les conséquences de leurs actes.

Orlando Furioso : Extinction rébellion est un groupuscule extrémiste à tendance sectaire. Les membres du groupuscule veulent imposer par la force leur vision catastrophiste et millénariste et leur conception politique. Ce groupuscule n’a sa place ni en France ni en Suède.

Boo Radley : Donc le réchauffement du climat de la planète entière, les pollutions irréversibles de l’air du monde entier, de l’eau potable du monde entier, de la terre du monde entier, des cultures du monde entier… c’est quoi, exactement? On nage vraiment en pleine novlangue, le bien, c’est le mal, la guerre, c’est la paix, et la conscience environnementale, c’est un crime. J’espère au moins que les gens qui critiquent cette dame auront de la suite dans les idées et que, puisqu’ils adorent le réchauffement, ils n’iront pas acheter une climatisation…

Zahnstocher : Je n’arrive décidément pas à m’habituer au nombre d’abonnés du Monde qui parlent de « violence » pour de la peinture balancée sur un hangar ou des vitres de protection devant des peintures, tout en n’ayant visiblement aucun problème avec la destruction des conditions de vie planétaire…

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à la télé, Morts en silence dans les champs

Déprogrammé à l’époque par France.tv vu le décès de Lionel Jospin, ce documentaire passera le dimanche 3 mai, à 21 h 05 sur France 5 et sur france.tv.

Nicolas Legendre signe avec « Violence dans les champs » un documentaire terrifiant sur le modèle mortifère de l’agro-industrie mis en place en France au début des années 1950.

Après son livre enquête « Silence dans les champs » où il déshabille le complexe agro-industriel à l’œuvre en Bretagne, ce fils de paysan persiste et signe, avec ce documentaire, en élargissant la focale à la France entière. Le productivisme agricole épuise les terres et les hommes, jusqu’à en mourir. Chaque année, des milliers d’agriculteurs jettent l’éponge pour sauver leur peau. « La violence est partout. Dans le travail, les pressions, le regard des autres. On la ressentait, mais on ne s’avouait pas cette violence au quotidien. C’est maintenant qu’on a arrêté qu’on s’en rend compte, parce qu’on est libérés. Et on se dit c’était de l’esclavage », expliquent Vanessa Péan et son mari.

Pour atteindre disait-on l’autosuffisance alimentaire, l’Etat et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) noueront un pacte faustien où les profits de certains se paieront en engrais chimiques, en pesticides et en soja importé pour nourrir le bétail. La financiarisation et l’industrialisation ont poussé à un endettement, multiplié par quatre en quarante ans. Les agriculteurs eux-mêmes s’entre-dévorent pour s’approprier les terres des voisins, grossir et survivre…. contre ceux qui trouvent l’énergie de se convertir au bio… et contre l’environnement. Le film, qui renonce à désigner des méchants, décortique un système pervers où l’on ne sait plus qui est bourreau, qui est victime. Une enquête menée en 2024 par le cercle de réflexion The Shift Project révélait que 93 % des exploitants interrogés sont prêts à engager ou à accélérer la transition environnementale de leur ferme. Mais le système est totalement verrouillé par les banques, les organisations professionnelles, les politiciens.

La diffusion du documentaire sera suivie d’un débat présenté par Aurélie Casse avec le réalisateur Nicolas Legendre, Marine Colli (consultante indépendante spécialiste des politiques agricoles), Meryl Cruz Mermy (agricultrice bio dans l’Ain) et Eve Fouilleux (directrice de recherches en science politique au CNRS et chercheure associée au Cirad).

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La merde, un de nos biens les plus précieux

Pour pousser, les plantes ont besoin de nutriments indispensables (azote, phosphore, potassium…), qui, après avoir été consommés, sont excrétés par le corps. Traditionnellement, les paysans avaient le souci d’utiliser les excrétions humaines et animales pour fertiliser les sols cultivés.

Fabien Esculier : Jusqu’au XIXᵉ siècle, l’évacuation des matières organiques hors des villes s’effectue souvent selon un principe symétrique à celui de leur approvisionnement alimentaire. Il y a vidange des excreta, utilisés comme engrais sur les terres avoisinantes. La densification des villes conduit à imaginer un système de stockage dans des fosses. Avec le développement de l’hygiénisme, l’arrivée progressive de l’eau courante dans les habitations s’accompagne de la généralisation des toilettes à chasse d’eau puis des systèmes d’égouts. Les excréments y disparaissent comme par magie, même si, en réalité, ils vont polluer les rivières. Mais c’est surtout au XXe siècle, avec l’apparition des engrais de synthèse, que s’opère le basculement. En 1913, le chimiste allemand Fritz Haber et l’industriel Carl Bosch développent un procédé industriel pour convertir l’azote de l’air en azote assimilable par les plantes. Après la seconde guerre mondiale, ce procédé se généralise en France, en même temps que l’agriculture industrielle.

Nous dépensons des sommes colossales à détruire l’azote de nos excrétions dans les stations d’épuration. Et nous consacrons autant d’énergie et d’argent à fabriquer la même quantité d’azote sous forme d’engrais pour nous nourrir. Or, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont mis en lumière les effets catastrophiques des dépendances aux énergies fossiles sur notre autonomie alimentaire. Tant que nous serons dépendants des engrais d’origine fossile pour notre subsistance, notre souveraineté alimentaire sera un leurre. En outre, les conséquences environnementales de cette production sont catastrophiques. Elle contribue pour 2 % aux émissions de gaz à effet de serre et donc au réchauffement climatique, et aggrave les concentrations de nitrates dans notre eau potable.

NB : Fabien Esculier a fondé en 2014 le programme de recherche-action Ocapi (Organisation des cycles carbone, azote et phosphore dans les territoires) qui réinvente des pratiques millénaires, oubliées depuis cinquante ans. Dans Une autre histoire des excréments (Actes Sud, 304 p., 21 euros), il retrace le destin de ce trésor vital, devenu un déchet coûteux.

Le point de vue des écologistes avec toilettes sèches

– Dans son roman « La Terre », Zola parle d’une paysanne qui produisait et proposait plus beaux légumes du village, mais qui suscitaient une certaine défiance car elle était appelée « la Mère Caca »…

– Je vois déjà certains sortir les références fausses au Sri Lanka, les accusations de militantisme pour discréditer le chercheur (quand on aime pas le message, on attaque le messager)

– L’agronome et écologiste avant l’heure René Dumont expliquait qu’en Chine le vidangeur les récoltait les excréments et était l’homme le plus riche du village alors qu’en Inde c’était considéré comme indigne par les brahmanes, aux « intouchables » de s’en occuper !

– La solution peut être le re-développement de ceintures urbaines de production vivrières utilisant les excrétionss dans le cadre de circuits courts, ce qui existait encore au 19eme siècle comme à Paris.

– Intégrer dans les représentations que ce qui est considéré comme abject est en fait un or brun ne se fera pas sans résistances.

– Le prix des engrais augmente => le prix de la tonne de céréale augmente => le prix de la viande augmente. C’est comme cela que la consommation de produits carnés va se réguler.

– Reste plus qu’à séparer les produits sanitaire, le cadmium et les médicaments des eaux usées. Bon courage.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

toilettes sèches (2008)

extraits : Alors que dans les pays riches une frange d’expérimentateurs éclairés se lance dans la construction de toilettes sèches, il est vraiment bizarre que les pays pauvres n’utilisent pas les excréments humains qui peuvent faire un bon engrais. Il est bizarre qu’un article sur nos latrines insiste plutôt sur les maladies diarrhéiques, la contamination des eaux de surface, les bactéries, virus et autres parasites, sans aborder l’intérêt du nécessaire recyclage de toute matière par les décomposeurs. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…

pisser dans la nature ou dans des toilettes ? (2012)

extraits : Il y a des commémorations pour tout, y compris pour les WC : journée mondiale des toilettes le 19 novembre ! Car ça urge : choléra, typhoïde, légionellose et autres maladies hydriques sont directement liés aux lacunes de l’assainissement. Or 1,1 milliard de personnes n’a d’autre choix que de déféquer dans un champ, au bord d’une rivière, en forêt ou sur un terrain vague… Pisser dans des toilettes « hygiéniques » avec le « tout-à-l’égout » n’est pas le meilleur service à rendre à l’humanité. Si le phosphore manque, la production agricole chutera !….

Merci la Terre, nous sommes tous écologistes (2013)

extraits : La chasse d’eau fut inventée par un Anglais, en 1775. Ce système, qui est synonyme d’hygiène et de civilisation moderne, n’est cependant pas généralisable, pour deux raisons. D’une part, il coûte trop cher, aucun pays du tiers-monde ne peut l’envisager, sauf pour le centre de sa capitale. D’autre part, il n’y a pas assez d’eau. Toute l’eau de l’Himalaya ne suffirait pas à emplir les chasses d’eau d’un milliard de Chinois…

815 millions d’affamés et cela ne peut qu’augmenter (2017)

extraits : On a combattu depuis le XIXe siècle la loi des rendements décroissants en agriculture par plus d’engrais et d’énergie, les sols ont été dopés artificiellement, ils sont en bout de course aujourd’hui, et les ressources fossiles sont bientôt inaccessibles. Autant il est facile dans de petites communautés de recycler les déjections humaines, autant cela devient impossible quand une population s’accumule sur un territoire restreint. La chasse d’eau est une invention du diable qui n’est pas généralisable. Il n’y a pas de problème dont la solution ne soit facilitée par la maîtrise de la fécondité humaine….

19 novembre, la journée mondiale des WC (2020)

extraits : Chaque jour il nous faut uriner et déféquer, bref c’est un besoin vital. Souvent le lieu importe peu, c’est n’importe où, mais quand on est des milliards à se soulager, ça craint… C’est pourquoi l’Organisation des Nations unies (ONU) a choisi le 19 novembre pour marquer la Journée mondiale des toilettes. Faire pipi-caca, c’est en effet le moyen d’aborder de nombreuses problématiques : comment économiser l’eau en tirant la chasse ? Comment récupérer l’urine qui peut faire un bon engrais ?….

Toilettes, dis-moi comment tu défèques (2022)

extraits : Le développement des toilettes était l’un des objectifs du millénaire, défini ainsi en l’an 2000 par les Nations unies : diminuer par deux le nombre de personnes n’ayant pas accès à des sanitaires d’ici à 2015. Mais dans le monde de demain, le principal souci ne sera pas la douce chaleur du lieu où on défèque car nous serons plutôt préoccupés par le nécessaire recyclage de notre urine et de nos merdes. J’ai rencontré pour la première fois en 2014 des WC séparant l’urine et les selles dans un village de yourte près de Totnes, ville modèle des communautés en transition. Mais si la population augmente trop vite, on ne pourra que polluer toujours plus…

Absence de WC en Afrique, à qui la faute ? (2023)

extraits : En 2011 la Fondation Bill et Melinda Gates a lancé le concours international Reinvent the Toilet pour inventer les toilettes du futur sans eau ni électricité tout en valorisant les déchets humains. Cela existe, les toilettes sèches. Mais même cela paraît inaccessible à un continent africain de 1,26 milliard d’habitants, à la croissance démographique exponentielle. Un demi-milliard de personnes dans le monde pratiquent ce que les Nations unies nomment « défécation à l’air libre », véritable arme de destruction massive d’eaux vives : rivières, lacs et littoraux sont pollués….

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas (2026)

Étudiant dans les années 1970 en faculté de sciences économiques, j’aurais aimé qu’on nous parle un peu plus de la gestion de nos déchets plutôt que des grandes théories du marché et du libre échange. J’ai connu l’installation à la dure de WC chez mes grands-parents, dans une cabane au fond du jardin, les fesses assises sur un trou au milieu des planches, on se soulageait directement sur une fosse où grouillaient les vers blancs. Pour la vider, on portait nos seaux directement sur le compost. (Michel Sourrouille)

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22 avril, « Journée de la Terre » !?!

La Journée de la Terre, programmée tous les ans le 22 avril, devrait être célébrée par tous et toutes. Ce n’est pas le cas. Dans les archives du MONDE, la journée de la Terre est placée sous le signe de la désinvolture, dans nos archives l’approche reste insuffisante, et sur google quelques point saillants.

Dans les archives du MONDE

La Journée de la terre en 1999

La Confédération nationale des travailleurs dans l’agriculture (Contag) a déclaré mercredi 7 avril avoir envahi mardi, Journée nationale d’occupation de la terre, au moins 59 fazendas (grandes propriétés terriennes) pour faire accélérer la réforme agraire. Le président Fernando Henrique Cardoso a dit que si les occupations sont « confirmées » par le ministère de la politique agricole, « elles représentent un acte contre la loi » qui « entraînera des punitions », selon le porte-parole de la présidence, M. Sergio Amaral.

La Journée de la terre en 2010

A l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, célébrée par plus de 500 millions de personnes dans 184 pays, un grand rassemblement à 10 heures sur la prairie du Triangle du parc de la Villette, à Paris. Pour chaque personne présente, qui donne un euro, un arbre sera planté dans le cadre des programmes de reforestation menés par Planète Urgence. L’objectif ? Planter 500 000 palétuviers en Indonésie.

La Journée de la terre en 2012

La Journée de la terre, célébrée chaque année le 30 mars par la minorité arabe palestinienne d’Israël, commémore les morts lors de manifestations contre la confiscation de terrains en 1976. (LE MONDE du 30 mars 2012),

Comme quoi la Journée de la terre n’est pas la même pour tout le monde !

La Journée de la terre en 2023

Sur Arte, une programmation spéciale « Journée de la Terre » placée sous le signe des bonnes nouvelles. La région des Abruzzes, en Italie, se dépeuple ? C’est une bonne nouvelle ! Dans les Abruzzes, les crises économiques ont chassé l’homme, laissant derrière lui sites industriels et villages abandonnés… Mais, contre toute attente, la végétation y a repris ses droits, et les loups ainsi que les ours marsicains ont reparu. Il faut « Rendre toute sa place à la nature ».

Des pans de montagne sont dynamités près de Cologne, en Allemagne ? Encore une bonne nouvelle ! Les anciennes carrières de l’Eifel sont aujourd’hui peuplées de grands ducs, une décharge au sud de Francfort s’est réensauvagée, comme une mine de lignite désaffectée, à Cleveland, aux Etats-Unis.

Parmi les dix films programmés dès 5 heures, un autre inédit sort du lot, consacré Au royaume des vers de terre. Si le thème peut prêter à sourire, c’est à dessein : la réalisatrice exploite l’évocation comique du lombric pour convaincre le téléspectateur d’approfondir le sujet. Plusieurs séquences montrent ainsi le ver de terre en très gros plan et avec des sons amplifiés, dans son tunnel, ou en train de creuser (à la vitesse de 5 mètres par heure), ou encore deux spécimens en train de s’accoupler tête-bêche – le ver est hermaphrodite.

Dans nos archives biosphèriques

22 avril 2022, Journée de la Terre

extraits : La Journée de la Terre (Earth Day) est une fête célébrée aux États-Unis depuis 1970, toujours le 22 avril, en commémoration de la création du mouvement environnementaliste. Même le gouvernement français connaît cette date, la preuve : « La Journée mondiale de la Terre est l’occasion chaque année de sensibiliser les habitants de la planète aux problèmes qui l’affecte. En parallèle de l’action de l’État, des organismes et des entreprises, chacun, à son échelle, peut agir pour la planète… »

Notez que la page de référence de cette déclaration gouvernementale n’existe plus sur Internet !

Voter le 22 avril, quel dilemme !

extraits : Ne rêvons pas, il n’y aura pas de priorité écologique de la part des présidentiables lors des élections françaises du 22 avril 2007… Comme, de l’extrême gauche à l’extrême droite, il n’y a aucun candidat aux présidentielles qui prône la joie de vivre par la décroissance de la consommation d’énergie et de biens matériels, à toi électeur de choisir entre Charybde et Scylla : au pays des aveugles, les borgnes sont roi ou reine.

« Journée de la terre » sur google

– Le Jour de la Terre fut célébré pour la première fois aux États-Unis, le 22 avril 1970. Il n’existait aucun mécanisme légal ou réglementaire pour protéger notre environnement. Au printemps 1970, le sénateur Gaylord Nelson a créé la Journée de la Terre afin d’inscrire cette question à l’agenda national . Vingt millions d’Américains ont manifesté dans différentes villes des États-Unis, et cela a fonctionné !

– Au fil des ans, le Jour de la Terre est devenu une organisation, ainsi qu’une journée environnementale participative d’envergure, célébrée à partir de 1990 dans plusieurs pays à travers le monde.

– Cette Journée internationale de la Terre nourricière nous rappelle la nécessité de passer à une économie plus durable, qui bénéficie à la fois à l’humanité et à la planète. Assurer une harmonie avec la nature et la Terre n’est plus uniquement souhaitable, mais impératif.

– Comment célébrer la journée de la Terre ? Faire la fête. Organisez une sortie à vélo ou roller. Organisez une fête de quartier sur le thème de l’environnement, avec tri sélectif, sensibilisation à la consommation d’eau, consommation d’aliments locaux et bio-équitables, projets de verdissement ou de nettoyage

– La planète sera-t-elle habitable d’ici 2050 ? D’ici là, 3,3 milliards de personnes – soit un tiers de la population mondiale – seront confrontées à un stress hydrique. Selon le rapport GEO-7, le monde approche de plusieurs seuils climatiques critiques, potentiellement irréversibles . La fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental pourrait entraîner une montée du niveau de la mer de 10 mètres.

22 avril, « Journée de la Terre » !?! Lire la suite »

Katy Perry agresse sexuellement Ruby Rose

La chanteuse Ruby Rose a expliqué que l’actrice australienne Katy Perry aurait baissé sa culotte, puis frotté son sexe sur son visage alors qu’elle était endormie sur les genoux d’une amie, la réveillant en sursaut. L’agression sexuelle remonte à 2010 à Melbourne. Elle ajoute : « Je n’avais qu’une vingtaine d’années. J’en ai maintenant 40. Il m’a fallu près de deux décennies pour en parler. Ça montre bien tout le trauma qu’engendre une agression sexuelle. Vous avez besoin de sortir ça de vous avant que ça ne vous dévore comme un cancer. »

Katy Perry, aujourd’hui âgée de 41 ans : « Mme Rose a un long passé de diffamation publique sur les réseaux sociaux… »

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/15/katy-perry-accusee-d-agression-sexuelle-par-l-actrice-ruby-rose-une-enquete-ouverte-en-australie_6680278_3210.html

Le point de vue des écologistes sur les mal-baisées

Cette histoire microscopique n’a rien à faire dans les colonnes du MONDE, et pourtant c’est aussi là qu’on la trouve. Comment voulez vous que les citoyens s’intéressent aux affaires sérieuses quand on donne dans un journal dit « de référence » la parole à des racontars d’il y a plus de 15 ans  ?

Soyons sérieux, parcourons la rubrique planète du MONDE

– L’objectif « zéro artificialisation nette », destiné à lutter contre la bétonnisation des sols, de nouveau assoupli par l’Assemblée nationale

– La circulation océanique qui maintient un climat doux en Europe pourrait s’affaiblir davantage que prévu

– Le rebond de la pollution de l’air en Île-de-France en 2025 « rappelle l’importance du maintien des ZFE », selon Airparif

– Le Parlement entérine l’adoption de la loi de « simplification » et la suppression des ZFE (zones à faibles émissions)

– ZFE : près de 3 millions de véhicules parmi les plus polluants seront remis en circulation avec l’abandon du dispositif

– « Les PFAS ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la pollution chimique en Europe »

– Terres rares : des entreprises européennes prises au piège des restrictions chinoises

– The Shift Project liste les 20 chantiers à lancer d’urgence pour réussir la transition énergétique

– « La liberté diplomatique de l’Espagne n’est pas seulement politique, elle est énergétique »

– Derrière la guerre en Iran, l’obsession trumpienne des ressources énergétiques mondiales

– Data centers : « Limiter les impacts spatiaux, énergétiques et environnementaux des grandes fermes de données est fondamental »

– Pourquoi est-il bon d’apprendre le chant des oiseaux aux enfants ?

– Mesurer le déclin des insectes en photographiant sa plaque d’immatriculation : une idée « simple et géniale »

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Greenpeace va licencier, c’est une première !

Coup de massue chez Greenpeace France. L’ONG environnementale prévoit de réduire ses effectifs de 138 à 106 salariés, soit un quart de ses effectifs. L’association explique être « confrontée à un ralentissement de la croissance de ses ressources dû à un contexte économique dégradé ».

La spécificité de l’association, dont le budget était de 31 millions d’euros fin 2025, est d’être exclusivement financée par des dons privés. Cette indépendance est aussi une vulnérabilité, car les dons ont ralenti ces dernières années. Dans son rapport d’activité 2024, l’association déplorait que le nombre de ses donateurs ne cesse de diminuer depuis quatre ans : 224 000 en 2024 contre 248 000 en 2020.

Le point de vue des écologistes

– Sans les associations environnementales, la situation des relations entre les humains et la planète seraient encore plus catastrophiques qu’elles ne le sont actuellement. Taper sur Greenpeace, c’est donc consentir à un sort très peu enviable pour nos générations futures, c’est se tirer une balle dans le pied, c’est absurde, c’est même trumpiste !

– L’organisation a été « fortement fragilisée » par une décision de la Cour de cassation qui lui a interdit, en septembre 2025, d’avoir recours à des CDD d’usage pour embaucher ses « recruteurs », chargés d’attirer de nouveaux donateurs. Ce type de contrat permet à un employeur d’embaucher un salarié pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire et se singularise par sa flexibilité extrême. Mais n’oublions pas qu’une association devrait reposer principalement sur le bénévolat de ses membres…

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Greenpeace, une multinationale comme les autres (octobre 2023)

extraits : Depuis vingt ans, les effectifs de Greenpeace France n’ont cessé de croître, et sa structure de se rapprocher d’une entreprise classique : naissance d’un service RH, création de postes de management intermédiaire et délimitation stricte des périmètres de chacun en 2015… Ce qui a généré des conflits fréquents entre pôles ou salariés, parfois arbitrés de manière autoritaire par la direction….

Devenir activiste avec Greenpeace

extraits : Greenpeace reste profondément discrète sur son fonctionnement. Les  « activistes  » font parler d’eux mais ne parlent jamais d’eux. Pourtant six d’entre eux ont accepté de raconter leur engagement, à visage découvert. Ils se félicitent d’avoir démontré la vulnérabilité de la centrale de Nogent-sur-Seine. Ils racontent : « Quand on t’appelle pour te demander si tu peux te libérer quatre ou cinq jours, tu ne sais pas où se passera l’action et même quelle en sera la durée exacte ». A l’origine de l’engagement, il y a un sens très développé de la désobéissance civile et beaucoup de courage. Les activistes sont formés pour participer à des opérations de confrontation non violente. La priorité pour Greenpeace est de pouvoir poser une image sur ce qu’elle veut dénoncer.

Greenpeace, que je t’aime… que je t’aime…

extraits : L’ONG Greenpeace a fêté son 50e anniversaire le 15 septembre 2021. A l’origine mobilisée contre des essais nucléaires américains en 1971, cette institution entièrement autonome financièrement a mené des actions médiatiques dans de multiples domaines liés à la protection de la planète. Sans compter l’important travail d’enquête, d’investigation pour cibler au mieux leurs campagnes. Le premier salarié de Greenpeace France était chargé de la production photo, Pierre Gleizes ; ce qui éclaire bien le choix de communiquer avec des images percutantes. Greenpeace a toujours revendiqué de marcher sur deux jambes. L’activisme, avec cette forte capacité d’actions non violentes, et le lobbying qui l’amène à discuter avec les gouvernements et à s’asseoir aux tables des grandes conférences..

Greenpeace, une association malthusienne

extraits : Rex Weyler, co-fondateur de Greenpeace international en 1979 : « The challenge we face, as environmentalists, or as concerned citizens, is that “scale” is almost a taboo subject in public discourse. Since population and overconsumption remain two of the primary drivers of ecological destruction, perhaps we should take on the challenge of stabilising our population, along with managing over-consumption. We cannot presume to engineer our way out of these ecological realities without attention to scale. We must embrace the nagging question of human scale, and recognise the need to slow down and control human enterprise. »

Greenpeace va licencier, c’est une première ! Lire la suite »

René DUMONT, l’utopie ou la mort

On ne peut se proclamer écologiste sans avoir une connaissance de nos fondamentaux, Ellul et Charbonneau, Grothendieck et Gorgescu-Roegen, Arne Naess….

A partir des années 1970, c’est un des premiers écolo déclaré, René Dumont, qui entre en scène. Il fait économiser la lumière dans ses conférences. Il vitupère les emballages, le gâchis de la publicité, l’overdose d’engrais, les climatiseurs et les escaliers roulants. Il condamne « l’univers de la bagnole, la plus grosse erreur de civilisation du siècle ». Premier des présidentiables écolo en 1974, il avait déjà exposé ses idées en 1973 dans un livre « L’utopie ou la mort »*.

De son expérience des limites de la planète en tant qu’agronome, il en avait déduit un projet de « disciplines matérielles », incluant une disciple de consommation qui permettra l’aisance chez les plus démunis, mais aussi une discipline démographique (s’appliquant d’abord dans les pays riches). Dumont ne manque pas de propositions concrètes pour donner corps à son projet de civilisation : interdiction des automobiles privées en centre ville, rationnement des voyages en avion, égalisation des revenus et fiscalité plus lourde sur les riches en vue de réduire leur consommation, taxation des familles nombreuses par l’impôt, réduction du temps de travail, armement zéro, compostage pour l’agriculture des excréments, taxation des produits pétroliers, rationnement mondial des ressources rares, etc.

Voici quelques extraits de son livre

Le problème des exponentielles

– J’ai été saisi à la gorge par les perspectives qui s’offrent à nous si se prolongent les actuelles croissances exponentielles de la population et de la production industrielle. Il nous faut donc sortir du système capitaliste. Car jamais une société humaine n’a perdu à ce point le contrôle de sa démographie, de sa technologie, de son modèle de consommation. Non seulement nous nous acheminons vers une rupture brutale de notre type de civilisation au détriment de nos petits-enfants, mais nous privons définitivement les pays d’économie dominée de toute possibilité de réel développement par des gaspillages qui deviennent de plus en plus insoutenables. La croissance démographique zéro, dont nous avons montré l’urgence bien plus grande dans les pays riches, devrait donc s’accompagner d’une série de freins à l’urbanisation dévergondée, sans limite, qui dégrade l’environnement, pollue effroyablement, entraîne l’aliénation d’une part croissante de travailleurs, et surtout gaspille des ressources qui ne vont pas tarder à manquer.

– Irresponsables seraient ceux qui persisteraient à ignorer celle des conclusions du Club de Rome qui me paraît irréfutable : une croissance exponentielle de la population et de l’industrie ne peut se prolonger bien longtemps dans un monde fini… Doubler une production industrielle en 10 ans pendant un siècle multiplie la production par 1024… Sur quelles bases matérielles ? Si nous ne parvenons pas à réduire les émissions de gaz carbonique, la dégradation des climats risque d’atteindre le point de non-retour à partir duquel on ne serait plus sûr de pouvoir rétablir un ordre climatique viable.

L’impasse automobile

– Revenons à l’automobile particulière, privilège devenu exorbitant surtout à la lumière de ce que nous apprend le club de Rome. L’acier, les matériaux, les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui les construisent, toutes les ressources rares et toute cette activité compétente, s’ils étaient autrement dirigés, auraient pu développer partout une industrie suffisante pour couvrir l’ensemble des besoins essentiels des pays du tiers-monde. Chaque auto que vous achetez, en général bien avant d’avoir usé la précédente, représente autant d’acier de moins pour les charrues des paysans tropicaux.

La question démographique 

– De savant calculs nous montrent que l’explosion démographique, telle qu’elle est déjà engagée – contre du reste toutes les prévisions antérieures à 1945, qui la sous-estimaient terriblement – constitue un phénomène irréversible pour de longues décennies. Même si une campagne de planification familiale se généralisait rapidement, il suffirait que chaque futur couple ait une moyenne de deux enfants pour que la progression continue encore longtemps. Mais faut-il qu’ils aient chacun deux enfants ?

– Ce qui me paraît le plus grave, c’est la persistance des mesures natalistes, par exemple dans un pays comme la France, envers laquelle nous avons une responsabilité particulière ; et à qui des imprudents sinon des impudents comme Michel Debré, n’hésitent pas à proposer l’objectif de 100 millions d’habitants. Dans une décennie, il serait déjà bien tard pour la mise en œuvre hardie de toute la série de disciplines qui s’imposent impérativement ; et celle de la population commande toutes les autres si nous refusons un degré peu supportable d’austérité.

– Il n’est plus possible de s’en remettre à la seule planification familiale, car elle se contente d’empêcher la venue au monde des enfants non désirés. La survie de l’humanité ne peut plus être confiée au bon vouloir d’un nombre aussi élevé de procréateurs plus ou moins irresponsables. Ceux qui les encouragent peuvent désormais, maintenant que les limites de la planète sont enfin reconnues, être au mieux considérés comme inconscients, au pire comme criminels, cherchant à satisfaire quelque volonté de puissance. Des mesures limitatives autoritaires de la natalité vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres.

– Dès 1931, je soulignais l’urgence de freiner la population au Nord-Vietnam… mais de 1931 à 1971, 40 années ont été perdues, pendant lesquelles l’explosion démographique a pris des proportions compromettant l’avenir même de l’humanité. Quarante années pendant lesquelles communistes et catholiques ont rejeté l’idée même du néomalthusianisme.

– En France, en Europe, quand on sera enfin capable de comprendre la gravité de la situation (état de surpopulation), on commencera par supprimer tous les avantages (fiscalité, logements et allocations familiales) au-delà du deuxième enfant, après que l’on aura réduit les inégalités de revenus. Les ouvriers de Montargis me disent qu’ils en ont assez de payer pour leurs voisins paresseux, qui vivent de leurs enfants.

– Aux États-Unis, il faudrait aller plus loin, taxer les familles nombreuses de plus en plus lourdement : surtout les plus riches, qui sont les plus gaspilleuses, de véritables vandales ; avant d’être obligé d’en arriver à des quotas autoritaires. Une fois cet arrêt de croissance des populations riches nettement amorcé, nous serons mieux en mesure de le conseiller efficacement dans les pays où il s’impose le plus, du Maghreb à l’Asie méridionale, en insistant sur l’Égypte, le Pakistan…

* L’utopie ou la mort de René Dumont ( 1ère édition 1973, réédition août 2020 au Seuil, 8,50 euros)

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l’origine de l’écologie politique, 1970

Voici la naissance de l’écologie politique grâce aux éléments tirés du livre de Pascale Audinenau sur « L’aventure du journal Écologie Infos » (1972-1992) titré « On ne dira pas que nous n’avons rien fait ».

L’écologie politique naît dans la période 1968-1974. Plusieurs combats commencent, comme le Comité contre la pollution de La Hague avec Didier Anger. Jean-Luc Burgunder dont il sera question tout au cours de ce livre, édite le 9 novembre 1970 « Pollution Non », puis Écologie Hebdo et Écologie Infos qui disparaîtra en 1992 après 600 publications sous ses différentes formes. Il a donc été le témoin de l’histoire des Verts, il écrivait en 1981 :

« Une décennie pour ce jeune mouvement qui pose la question de la croissance industrielle, celle des relations de l’homme avec son milieu, de l’homme envers l’homme, de la quantité et de la qualité, et interpelle un monde ayant atteint ses limites, et par conséquent sa viabilité… »

Considéré comme l’un des grands précurseurs de la contestation écologique, Pierre Fournier collaborateur de Hara Kiri, répondait ainsi aux lecteurs de son mensuel (n° 73 du 22 juin 1970) :

« Ceux qui me reprochent de me polariser sur les problèmes d’ environnement sont mal informés : si nous ne les solutionnons pas et très très vite, nous crèverons, Je ne peux pas piffer ce mot d’environnement, il pue l’anthropocentrisme alors que, justement la prise de conscience qui l’a mis à la mode annonce la fin d’un anthropocentrisme dépassé. C’est parce qu’elle provoque un bouleversement fondamental des attitudes philosophiques qui fondent le monde moderne que cette prise de conscience été ajournée jusqu’à l’ultime échéance. Le réel, que nous avions cru ployer, se redresse et nous gifle la gueule. Va falloir compter avec « la nature » autour de nous, en nous. »

Pierre invente l’expression « révolution écologique » en 1971. Il crée en novembre 1972 « La Gueule ouverte », mais il est foudroyé par un accident cardiaque le 15 février 1973, à 35 ans.

La candidature de René Dumont à la présidentielle 1974

Avant même que la maladie du président Pompidou ne soit connue, l’idée de présenter un candidat écolo à la présidentielle se profile lors du congrès de Nature et Progrès de novembre 1972. Le 9 avril 1973, le choix s’est porté sur l’agronome René Dumont, alors âgé de 70 ans. Grâce à une mobilisation sur tout le territoire, René est en mesure de déposer 180 signatures au Conseil constitutionnel. Le 19 avril 1974, René Dumont donne sa vision de l’écologie :

« L’écologie, c’est en somme tout ce qui regarde la vie du système végétal, du système animal, la vie dans tous ses aspects, y compris la vie microbienne, et actuellement c’est cette totalité de vie qui est menacée par l’ensemble des destructions, L’homme est arrivé sur la Terre un peu comme un accident et il s’est dit : C’est moi le patron ! Le patron évidemment, mais de là à tout détruire… Il est en train de scier la branche sur laquelle il est assis… »

Le journaliste Jean-François Kahn déclare qu’une candidature écologique est politiquement idiote ! Pour René Dumont, les problèmes soulevés par l’écologie sont bien politiques : « J’avancerai que, si les écologistes ne sont pas au pouvoir cette fois-ci, ils peuvent l’être un jour – les écologistes sont une force politique montante… ». A la question « Pourquoi cette candidature ? », je réponds :

« Les citoyens n’ont jamais droit à la parole, cette campagne électorale vous la donne : le jeu politique traditionnel, les structures bureaucratiques cachent les vrais questions qui se posent à nous tous. Le 11 mai 1971, 2200 scientifiques de 23 pays se sont adressés dans le message de Menton à tous les hommes pour les mettre en garde contre le danger sans précédent que fait courir à l’humanité la civilisation industrielle. Aucun de nos dirigeants n’a entendu cet appel. La politique n’appartient pas aux spécialistes de la politique, la politique vous appartient. »

Mais le mouvement écologique n’a pas encore trouvé son unité comme le reconnaissait René Dumont le 19 avril 1974 :

« Il est très divisé, comprenant des gens dont les options politiques dont différentes. Il va de la personne qui défend l’arbre ou le parc devant chez elle, sans plus de revendications, à celle qui pose le problème du changement total de notre style de vie, de notre société de consommation, de notre optique de civilisation technicienne abusive… Pour ma part, je souhaiterai qu’à l’issue de cette compagne présidentielle j’ai été une sorte de catalyseur de l’ensemble des forces écologiques désirant créer un mouvement écologique… »

La difficile émergence d’un parti écolo

Le comité de campagne de René Dumont lance un appel le 14 mai 1974 pour des assises à Montargis le 15 et 16 juin. C’est bien de la création d’un parti politique qu’il s’agit. Une hypothèse loin d’être accepté par tous les militants dont beaucoup revendiquent leur liberté. Pour d’autres, la question du positionnement politique est centrale, l’écologie, de droite ou de gauche ? Jean-Luc Burgunder se souvient : « Cabu, il était d’abord de gauche, puis écolo ; alors que moi, je suis d’abord écolo, puis de gauche… »

L’unité ne se fera pas à Montargis, trop de divergences sur la forme, sur la manière de faire, sur le but.

En ce printemps 1981, une nouvelle ère semble s’ouvrir avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. C’est le contraire qui s’est produit.

La 36e proposition du programme du candidat socialiste, celle d’un referendum sur le nucléaire et le développement des énergies renouvelables, ne sera jamais appliqué. Le 7 octobre 1981, le premier ministre Pierre Mauroy réaffirme l’importance du nucléaire dans la politique d’indépendance énergétique de la France et annonce la construction de 6 nouvelles centrales. On censure à la radio-télévision, en particulier à propos du « pacifisme ». Droite ou gauche, peu importe. C’est le même nucléaire, c’est-à-dire une énergie centralisée, un même type de société, les mêmes TGV, les mêmes autoroutes, la même agriculture, la même croissance, la même exploitation du capital naturel, enfin le même mépris pour l’écologie, Celle-ci ne serait-elle pas, d’après Mitterrand, « un prurit qui démange les jeunes gens et passe avec l’âge ».

René Dumont adresse une lettre ouverte contre la tentative de récupération qui appelait au rassemblement des forces de gauche en 1986 autour du président Mitterrand : « Qui cherche d’abord le pouvoir n’est pas apte à bien comprendre les grands problèmes de notre temps, c’est bien dommageable ».

Mais le mouvement écologiste est éclaté, il y a le Mouvement écologique créé en 1980, la Confédération écologique de 1981… La perspective des élections européennes du 17 juin 1984 impose de partir groupés. Rendez-vous est donné pour les 28 et 29 janvier 1984 à Clichy-la-Garenne,,

Seulement 143 personnes se sont déplacées, 63 pour les Verts-Parti écologiste et 80 pour les Verts-Confédération ; on dénombre au total 542 mandats. La liste « Les Verts-Europe écologie » conduite par Didier Anger n’obtient que 3,36 % des voix aux Européennes. Brice Lalonde avec les radicaux de gauche et l’Union centriste radicale obtient 3,32 % des voix. Aucune des deux listes ne passe la barre des 5 %, une contre-performance qui financièrement aura un coût.

Jean-Luc Burgunder aime à répéter avec ironie que « l’ennemi de l’écolo, c’est l’écolo lui-même ».

Après avoir dénoncé les errements et les conséquences d’un politique politicienne malade, l’écologie s’enferme à son tour dans un conformisme ennuyeux, à la remorque de l’évènement et sans ambition. En rupture avec ses racines, tournées vers elle-même, privilégiant l’électoralisme, sur quelle cohérence l’écologie politique s’appuie-t-elle ?

Sylvain Garel en 2023 : « Aujourd’hui, nous ne serons sans doute pas encore capables d’inverser le changement climatique, mais je reste persuadé que les écolos prendront le pouvoir dans les pays développés. Ce qu’on disait il y a cinquante ans se confirme, et nous sommes le seul idéal né de 1968 qui tienne encore la route. Tout le reste s’est cassé la figure. »

épilogue

Comment et de quoi ont vécu Jean-Luc et Sylvie Burgunder au cours de toutes ces années entièrement consacrées à la bataille pour la préservation de l’environnement et la diffusion des idées écolos ? « Mal », lance sans détour Jean-Luc : « On n’a jamais bien vécu du journal. » En cet automne 2022, les comptes sont vite faits, Sylvie touche une retraite d’environ 230 euros mensuels… Mais en 2024, le militantisme est toujours là. Jean-Luc se déclare viscéralement opposé à tout dogmatisme, la révolte n’est pas prêt de le lâcher.

On ne dira donc pas qu’ils n’auront rien fait, Jean-Luc et Sylvie ont soutenu l’information écolo depuis 1970, dès les prémices de l’écologie politique. Merci à ce couple.

l’origine de l’écologie politique, 1970 Lire la suite »

Vaclav Smil, sobriété énergétique exigée

Entre 1820 et 2000, la consommation mondiale d’énergie aurait été multipliée au moins par 25 (World Energy Consumption. A Database, Paolo Malanima, 2022). Et encore est-ce une moyenne qui cache d’énormes disparités : en 2015, un Nord-Américain consommait 282 gigajoules par an contre 4,5 pour un habitant du Malawi. Sur la base de l’indice de développement humain, le chercheur canadien Vaclav Smil estime qu’une consommation énergétique annuelle supérieure à 110 gigajoules n’apporte aucun bienfait réel.

Vaclav Smil : « Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne dépend des combustibles fossiles »

Vaclav Smil vient de publier en 2026 « Comment nourrir le monde ». Depuis vingt-cinq ans que nous parlons de décarbonation, mais nous brûlons chaque année davantage de combustibles fossiles [charbon, pétrole et gaz]. On extrait aujourd’hui 10 milliards de tonnes de carbone par an ! Nous ne pourrons pas passer à zéro aussi rapidement. Tout ce que nous faisons d’important dans le monde moderne – le transport aérien, le transport maritime à grande échelle, la production de biens essentiels – dépend des combustibles fossiles. Il y a des processus qu’on ne peut pas électrifier facilement, qui sont les fondements de notre civilisation : ce monde repose sur le béton, l’acier, le plastique et surtout l’ammoniac, qui permet de produire des engrais azotés et de nourrir 8 milliards de personnes. Le système alimentaire dans son ensemble est si immense qu’il représente près de 30 % de la consommation mondiale d’énergie. Plus le système est complexe, plus il faut du temps pour le changer. Or les systèmes énergétiques et alimentaires, mondialisés et interdépendants, comptent parmi les plus complexes qui soient.

Vaclav Smil : « 2050. Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible »

Pour limiter le réchauffement catastrophique de la planète, plus d’une centaine de pays se sont engagés à débarrasser leurs systèmes énergétiques du charbon, du pétrole et du gaz et à atteindre la « neutralité carbone » d’ici au milieu du XXIe siècle. Pourtant, il n’y a quasiment aucune chance qu’elle se réalise : c’est ce que démontre en 2025 Vaclav Smil, un expert mondialement reconnu de l’énergie. Si la décarbonation complète du système énergétique n’est pas possible d’ici à 2050, Vaclav Smil ouvre la voie à d’autres pistes pour lutter contre le réchauffement : limiter les gaz à effet de serre issus de l’agriculture, de l’élevage ou encore de la déforestation…

Le point de vue des écologistes de la sobriété énergétique

L’agriculture paysanne, basée sur l’énergie solaire par assimilation chlorophyllienne, donnait en énergie plus qu’elle ne coûtait. Il n’en est pas de même pour l’agro-industrie. Alors que les rendements à l’hectare ont constamment augmenté, on constate que l’agriculture affiche un bilan énergétique négatif : elle consomme désormais beaucoup plus d’énergie fossile non renouvelable qu’elle ne crée de calories. Si on intègre la transformation agro-alimentaire et le transport des produits agricoles, le bilan est encore plus négatif. En fait, si on supprimait les subventions au gazole non routier pour les tracteurs, la presque totalité des techno-agriculteurs feraient faillite.

L’industrie sans énergie fossilise, c’est un monde sans avions, sans voitures, sans béton, sans goudron, sans industrie chimique… le  pied !

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L’alimentation très dépendante des énergies fossiles

extraits : Selon Vaclav Smil, chercheur dans le domaine de l’énergie, 20 % de tous les êtres humains, soit plus de trois milliards de personnes, survivent grâce aux engrais azotés, le principal ingrédient de la Révolution verte qui a boosté le secteur agricole dans les années 1960.

L’agrocarburant peut émettre plus de CO₂ que le pétrole si on remplace la forêt pour y pourvoir .

Une exploitation céréalière des plaines d Argentine, pour être autonome en énergie, doit consacrer entre 20 à 30 % de sa surface à la production d agrocarburant type huile de colza.

Si on doit revenir à la traction animale pour les travaux des champs, il faut savoir qu’il y a un siècle la nourriture des animaux consommait 25% des céréales produites.

Quand on regarde les surfaces consacrées à la production pour la consommation de viande, on est déjà à ce chiffre de 25 %.

Produire avec la traction animale nourrie sur place ne produit que très peu de CO2 contrairement à l’importation d’urée, d’engrais, de pesticides.

Seule l’agriculture bio émet beaucoup moins de carbone car les engrais, l’urée etc.. peuvent être produits sur place en mêlant élevage et culture.

Cultiver des plantes pour les réservoirs plutôt que pour les assiettes aggrave la crise alimentaire mondiale.

ne pas mourir de faim dépend de l’équilibre (ou non) entre la production agricole et le nombre de bouches à nourrir.

COP28 et AIE, sobriété énergétique tabou ! (2023)

extraits : La demande d’énergies fossiles devrait rester « trop élevée » pour respecter les objectifs les plus ambitieux de limitation du réchauffement planétaire, insiste l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à un mois de la COP28 à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre. Mais rien dans son rapport sur la nécessaire, indispensable, obligatoire et incontournable économie d’énergie dans le sens « sobriété partagée ». Nous ne nous faisons pas d’illusions : à la COP28 de Dubaï, les ambitions et les objectifs seront poliment rappelés, mais les moyens concrets de mise en œuvre – en particulier la réduction massive de la consommation d’énergies fossiles – seront muselés et renvoyés aux calendes grecques…

Sobriété énergétique, l’affolement gagne (2022)

extraits : Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies appellent à une sobriété d’urgence face à la flambée des prix de l’énergie.Il est assez rare que des entreprises incitent leurs clients à moins acheter les produits qu’elles commercialisent. « Le prix de l’énergie menace notre cohésion », clament les dirigeants dans la tribune. Une phrase qui aurait sans doute encore beaucoup plus de retentissement si elle était prononcée et assumée au sommet de l’Etat. Lorsque les efforts sont massifs et coordonnés, les économies d’énergie sont substantielles. Mais la ruée sur les climatiseurs lors de la dernière vague de chaleur montre qu’il y a encore beaucoup à faire en matière de civisme énergétique. Le gouvernement doit expliquer clairement que la sobriété est une moindre contrainte que le rationnement. Or, si la première n’est pas acceptée, c’est le second qui finira par s’imposer….

Efficacité énergétique et économies d’énergie (2020)

extraits : Une confusion est trop souvent entretenue entre « efficacité énergétique » et « économies d’énergie ». L’efficacité renvoie à la performance de l’équipement, la sobriété renvoie à l’intelligence de l’usage. Si on isole parfaitement une maison pour économiser l’énergie mais qu’on en profite pour vivre avec quelques degrés de plus, il n’y aura pas de transition énergétique ; c’est l’effet rebond. La sobriété, c’est au contraire rompre avec la facilité, c’est le contraire de l’ébriété énergétique. En clair, cela veut dire limiter nos besoins à l’essentiel et ne pas trop compter sur la technique et l’innovation. Cette réflexion, nous l’avions publiquement faite lors d’une rencontre organisée par l’entreprise Schneider Electric en 2013 dans le cadre d’un débat national sur la transition énergétique…

Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050 (2017)

extraits : Selon le scénario Négawatt de 100 % d’énergie renouvelable en 2050, le défi le plus difficile à surmonter est la réduction de la consommation, qui suppose des évolutions sociétales drastiques et des réorganisations industrielles extraordinaires… Il faudrait que chacun d’entre nous établisse une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun devrait se livrer à l’exercice en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité…

efficacité énergétique contre limitation des besoins (2013)

extraits : Notre société n’a pas encore compris que les citoyens devront limiter leurs besoins. A quoi sert en effet une bonne isolation thermique de sa maison (efficacité énergétique) si on en retire l’idée qu’on peut augmenter la température de son foyer (refus de la sobriété). Il est d’ailleurs significatif qu’on confonde généralement dans les débats « économies d’énergie » et « efficacité énergétique », ce qui permet de passer la sobriété à la trappe…

sobriété énergétique ? (2009)

C’est assez rare pour être commenté. L’analyste du Monde Jean-Michel Bezat termine son article du 13 janvier 2009 en supputant la possibilité d’une « forme de sobriété énergétique ». Il est vrai qu’avec un pic de consommation électrique de 92 400 Mw le 7 janvier la France n’est pas à l’abri d’un lock-out. Mais après le premier choc pétrolier de 1973, on raisonnait sainement en termes d’économies d’énergie ; le Premier ministre de l’époque avait même interdit les courses de formule 1. Aujourd’hui le patron d’EDF se plaint du manque d’investissement de son prédécesseur (faut produire toujours plus !) et les consommateurs plus ou moins jeunes font tourner leur Internet à haut débit 24 heures sur 24 tout en s’émerveillant des prouesses de bolides qui vont à Dakar en passant par l’Amérique du Sud. Et le Premier ministre (je crois qu’y en a un en France !) est un fanatique des 24 heures du Mans… 

Le réchauffement climatique et le prochain pic pétrolier auront-ils raison de la connerie humaine ?

Notre article le plus ancien sur la sobriété énergétique

27.11.2005 Moins de pétrole, plus de pauvres

Les pays pauvres importateurs de l’or noir n’ont pas fini de souffrir. L’Etat prenait souvent à sa charge l’écart entre les cours mondiaux et les tarifs intérieurs, c’était le seul moyen de rendre l’essence et le combustible domestique accessible à des populations très démunies. Comme ils connaissent maintenant un nouveau choc pétrolier avec un baril autour de 60 $, l’alourdissement de la facture pétrolière devient insupportable pour les budgets publics et les balances des paiements. Le poids de la facture énergétique peut en effet dépasser dans certains pays 5 % du PIB (1,75 % pour la France en 2004) et leur industrialisation peu efficace reste très énergivorace. Le coût du pétrole risque même d’annuler les effets bénéfiques de l’effacement récent de la dette multilatérale envers les 18 pays les plus pauvres. Même si le président Hugo Chavez d’un Venezuela pétrolier donne des facilités de paiement en Amérique central (pour réduire ainsi l’influence des Etats-Unis dans cette zone), même si les pays de l’OPAEP pourraient faire de même dans leur zone géographique, les pays pauvres importateurs de l’or noir qui ne veulent pas rogner dans les budgets consacrés à l’éducation ou la santé seront obligés de pratiquer la vérité des prix en affrontant le mécontentement populaire qui en résultera. Mais ce sont les voitures de la classe globale qui devraient être mises à la casse, tant que les pays riches ne donneront pas l’exemple de la sobriété énergétique, les inégalités mondiales s’accentueront.

De toute façon la meilleure solution dans l’intérêt bien compris de la Biosphère comme des humains est de laisser le plus rapidement possible des ressources fossiles dans les profondeurs de la Terre dont elles n’auraient jamais du sortir.

Vaclav Smil, sobriété énergétique exigée Lire la suite »

Municipales, primaire « unitaire » avec qui ?

« Le secrétariat exécutif a décidé de vous suspendre du votre statut d’adhérent », missive envoyé à une trentaine de militants écolos. Ils ont signé une tribune dans laquelle ils dénoncent la stratégie d’alliance avec le Parti socialiste aux élections municipales plutôt qu’avec La France insoumise (LFI). Selon les dirigeants écologistes, ce sont les fédérations locales qui ont décidé des alliances avec le PS et non la direction, comme le prévoit d’ailleurs le principe de subsidiarité des statuts du parti.

Le point de vue des écologistes écolos

Aloes30 : Des militants venus de l’extrême gauche ont choisi l’écologie pour donner une nouvelle jeunesse à leurs échecs . C’est ceux là qui veulent tirer le mouvement vers LFI pour le tuer définitivement. Les écologistes n’ont aucune réserve électorale de ce côté, et n’ont plus d’identité propre, ils peuvent disparaître.

Paul Hurley : J’ai pendant un temps voté « écolo » avec enthousiasme, mais la fin de partie semble proche pour ce parti à l’agonie qui n’a d’écologiste que le nom ! René Dumont doit se retourner dans sa tombe, et José Bové doit avoir les oreilles qui qui sifflent sur le plateau du Larzac…

Michel SOURROUILLE : Le problème de l’écologie politique, c’est de vouloir avec des élus à tout prix même s’il s’agit pour cela de s’allier avec le diable. Je conseille à Marine Tondelier de proposer un programme vraiment écolo et, sur ce programme, présenter des candidats au niveau local, national ou européen. Il y aura peu d’élus dans un premier temps, mais on ne pourra pas accuser les militants écolo, seulement les électeurs bernés par des partis croissancistes et populistes sans aucune vision de nos lendemains qui vont déchanter. Quand l’urgence écologique se fera ressentir encore plus violemment qu’aujourd’hui, on saura alors pour qui voter.

dudu la trompette : Jadot ne veut pas entendre parler de cette primaire et il est déjà numéro 2 de Place publique. Ici on ne parle pas d’entrisme ! Le fait est que c’est Tondelier qui mise tout sur cette primaire « unitaire » dont personne ne veut à part elle-même, Ruffin, Autain et (peut-être) Faure.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Bilan trés écolo des municipales (en 2020)

extraits : Les Verts enregistrent de bons scores lors de ce scrutin ; à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Tours ou encore Besançon, où les candidats estampillés EELV sont en tête. L’écologie politique est passée d’une offre de témoignage à une force politique majeure. Une chose a en effet changé en vingt ans, l’état de l’opinion publique. Personne ne peut plus se dire en désaccord avec l’objectif de préserver la planète ou celui de lutter contre le réchauffement climatique. Il y a eu un basculement particulièrement ressenti il y a deux ans avec les marches internationales des jeunes pour le climat. A ce moment-là, les parents, les grands-parents et les enseignants ont commencé à se sentir concernés…..

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Localisme, extrême droite ou écologisme ?

Sur ce blog, nous défendons l’idée de communautés de résilience, recherche de l’autonomie alimentaire, énergétique et politique au niveau local. Cette approche se différencie fortement d’un localisme véhiculé par l’extrême droite.

Claire Legros : Le localisme  donne la priorité aux enjeux de proximité. Est-ce la diversité des cultures au nom du lien que chaque peuple entretient avec son terroir, son « sol natal » ? A l’extrême droite, Alain de Benoist et la nouvelle droite théorisent un localisme identitaire, centré sur l’« enracinement » de communautés autochtones fermées. En témoigne la création, en 2020, du Parti localiste, satellite du Rassemblement national (RN). Le RN a d’ailleurs intégré le localisme dans son programme présidentiel en 2022.

Autre conception, l’écologie sociale de Murray Bookchin promeut une fédération de communes autonomes, tandis que le biorégionalisme vise à repenser l’occupation d’un territoire à partir de ses ressources. A l’étiquette « localiste » qu’ils jugent porteuse d’une vision réactionnaire, ils préfèrent la formule « Penser global, agir local » articulant les enjeux planétaires et l’action concrète à l’échelle d’un territoire.

Entre cette gauche écologiste, qui considère l’« agir local » comme un levier face à la catastrophe environnementale, et l’extrême droite, davantage préoccupée de préserver cadres de vie et identités immuables, l’écart est profond.

Le point de vue des écologistes décentrés

– Nos politiciens toutes étiquette confondues préfèrent une idée de commerce mondialisé qui permet de maintenir loin des yeux la pollution et les esclaves.

– L’hyper-mobilité des marchandises (la mondialisation) est un sous-produit du pétrole… Une anomalie de l’Histoire créée par la surexploitation des fossiles. Nous vivons les dernières décennies de pétrole peu cher.

– Les bio-régions et l’approvisionnement local sont un futur incontournable du fait de la descente énergétique causée par l’épuisement des fossiles.

– Le mouvement des Villes en Transition (voir Rob Hopkins, un des fondateurs) recommande d’identifier nos dépendances (en ressources) et de comprendre à quel point nos dépendances peuvent être satisfaites, ou non, par le territoire où l’on vit.

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Localisme à la sauce Rassemblement National (mai 2021)

extraits : Hervé Juvin, candidat localiste, est  farouchement hostile aux éoliennes et ardent supporter du nucléaire. Hervé est de fait le penseur de l’écologie à la sauce Rassemblement National. Il prône une « écologie heureuse », appuyée sur des référendums locaux, contre « l’écologie punitive » des Verts. Il pense à un label de préférence locale ou régionale pour privilégier les circuits courts. Le 10 mai dernier, Marine Le Pen est venue le soutenir localement pour les élections régionales….

Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme (avril 2019)

extraits : « Localisme », l’ex-FN a définitivement trouvé son concept totem pour les Européennes. Sa tête de liste, Jordan Bardella, d’affirme qu’« on ne peut pas faire d’écologie sans frontières ». Marine Le Pen jure que le RN défend désormais « une vision totalement alternative » de l’écologie, à savoir « la protection des écosystèmes, à commencer par les écosystèmes humains que sont les nations ». Derrière la défense des circuits courts, il s’agit de promouvoir plus largement une forme d’autarcie grand-continentale dans la continuité des théories nationales-révolutionnaires….

Notre futur, la résilience alimentaire locale (juillet 2020)

extraits : La France peut-elle revenir à une agriculture du XIXe siècle basé sur la polyculture et une très nombreuse main d’œuvre agricole ? Comment les grandes villes peuvent-elles reconquérir leurs ceintures vivrières alors qu’on a tout bétonné ? Faudra-t-il se priver de thé, de café et de fruits exotiques ? Dans un partenariat entre Paris et la Creuse, quelle pourrait être la contribution comparé de chacun ? Après le choc énergétique, ne faut-il pas craindre de voir un jour des hordes d’urbains affamés et armés dévaler sur nos campagnes ?….

Pour en savoir encore plus

23 mars 2012, Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange

10 septembre 2012, transition énergétique, centralisation, autonomies locales ?

27 janvier 2014, Localité et simplicité : les clés de la résilience

24 juin 2017, Biorégions pour le futur, instituer la résilience locale

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

2 mai 2018, Autonome grâce à son potager, c’est possible

30 juin 2019, Créez votre communauté résiliente

7 septembre 2019, la résilience selon Piero San Giorgo

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