écologie appliquée

Mort de la recherche-développement, enfin !

La conception d’une science neutre, motivée par la saine curiosité intellectuelle et la passion de la découverte, a aujourd’hui cédé le pas au vrai visage de la science moderne, rattachée par des liens organiques à la société industrielle qu’elle alimente en progrès illusoires et néfastes tout à la fois. … Les applications industrielles de la recherche scientifique ont permis un développement considérable des forces productives, entraînant désastres écologiques et décomposition sociale. C’est pour cette raison que je condamne la recherche-développement pour toutes ces découvertes qui font dorénavant partie de notre vie quotidienne : centrales nucléaires et téléphones portables, industries agroalimentaires et pesticides, voitures et TGV, tourisme spatial, etc. De toute façon, comme l’exprime à juste titre Jean Colcombet, la décrue énergétique supprimera des pans entiers de la recherche académique. Déjà des gens ultra-diplômés en viennent à travailler la terre…

Jean Colcombet (INRAe, biologie végétale) : « En moins d’un siècle, la mécanisation a entraîné une diminution drastique du nombre d’agriculteurs, a décuplé la productivité au point de rendre les ouvriers quasi accessoires et a permis un accroissement explosif du secteur tertiaire, devenu nécessaire pour gérer des flux de plus en plus complexes… L’ironie veut que la recherche scientifique, fille de la modernité et des énergies fossiles, nous aide à analyser les grands enjeux de l’anthropocène : nous comprenons désormais que notre développement glouton nous fait dépasser les frontières planétaires et fragilise les écosystèmes… Si nous n’y prenons garde, la décrue énergétique inévitable et les perturbations environnementales déstabiliseront notre agriculture et la société dans son ensemble. Il est alors possible que notre histoire s’écrive à rebours de celle des siècles passés : moins d’énergie et de mécanisation induira un retour aux activités manuelles et à la terre, dans un contexte environnemental dégradé. Cette simplification sociétale, mal comprise et mal préparée, sera vécue à juste titre comme une perte, engendrant de fortes tensions sociales… Dans un monde en contraction, ne devons-nous pas considérer que, face à l’urgence écologique, certains domaines de recherche sont plus importants que d’autres ? »

Bref, chaque chercheur ne doit-il pas se demander quel sens donner à un possible chant du cygne de son activité ?

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

Jean-Michel Normand : « L’Union européenne a décidé qu’à partir de 2035, il ne sera plus possible de commercialiser une voiture neuve émettant du CO2. La durée de vie moyenne d’une automobile étant de quinze ans, l’échéance s’inscrit dans la perspective de parvenir à une « neutralité carbone » en Europe en 2050. Les énormes investissements réalisés dans les voitures électriques désignent clairement la nouvelle priorité des constructeurs. Mais la question de l’origine de l’électricité reste ouverte. La constitution d’un réseau de recharge dense et fiable pose problème. La voiture électrique soulève aussi la question de l’emploi, car sa fabrication réclame une main-d’œuvre environ trois fois moins nombreuse. L’automobile risque de redevenir un produit de luxe. »

Lire notre article synthèse sur ce blog : Le rêve de l’automobile pour tous prend fin.

Quelques commentaires intéressants :

Alsatian : on ferme les centrales thermiques, on n’en construit pas d’autres, et on prétend passer au tout électrique avec une borne en panne tous les 500km. Et ne parlons pas de l’origine des matériaux pour fabriquer accus et moteurs.… Çà c’est de la planification!

O.Coutrot : Beaucoup se soucient de disposer d’un réseau de recharge des voitures électriques ? Noble souci ! Mais tirer des câbles électriques n’est pas très difficile encore que, pour alimenter 1 million de vacanciers le 1er juillet ! Mais surtout, au bout, à l’origine du câble que va-t-on mettre ? Un âne pour faire tourner la gégène ? Mon Dieu que de ânnissements, si vous permettez ce néologisme odieux ! La vraie question que personne ne pose est avec quelle matière première produire la monstrueuse quantité l’électricité nécessaire pour alimenter tout le parc de voiture, camions, autobus ? Éoliennes, photo-voltaïque, bio-masse seront incapables de fournir les quantités requises. Quand à l’hydrogène propre, ça n’existe pas. Alors combien de centrales nucléaires pour répondre à la demande ? Sautons dans le vide allègrement !

lours.des.wab : C’est quoi la durée de vie d’une batterie ? Combien je perds de Km d’autonomie par an avant qu’elle ne me lâche ? C’est quoi la valeur résiduelle de ma voiture avec une batterie presque hors d’usage ? Combien de Lithium il faut pour soutenir une telle demande en France ? Et dans le monde ? Ça représente combien en plus par rapport à la production actuelle ? En pression supplémentaire sur les écosystèmes ? Moi ça me semble être surtout un feu de paille pour essayer de sauver un mode vie condamné (énergie abondante et bon marché).

Lmbmichel : Comme d’habitude, on ne parle que des voitures, jamais des poids lourds. C’est une totale hypocrisie.

Pessicart : Comme le disait Blaise Pascal « tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir rester au repos dans une chambre ».

Michel SOURROUILLE : L’automobile en tant qu’objet de consommation de masse (1,2 milliards de voitures dans le monde) est devenue le cancer de notre civilisation thermo-industrielle. Elle casse les villes, dégrade l’espace, pollue la nature. Elle ronge toute nos infrastructures par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse à produire. Elle brise les cadres d’une vie communautaire, chacun de nous restant enfermé dans sa petite carapace qui exalte notre agressivité… ou cultive notre découragement dans les embouteillages. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir donner par l’électrification une nouvelle vie à nos carrosses  ? La voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle. Vive le dévoiturage, le rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, la fin du tourisme au long cours…

Requiem : Je crois que je vais placer mes économie dans l’industrie de la chaussure et suggérer à mes petits-enfants de s’orienter vers le métier de cordonnier ou de réparateur de vélo. Car ce ne sont pas les énergies renouvelables qui fourniront l’électricité pour la vie courante, l’industrie et en plus pour les transports.

Palétuvier rose : Je maintiens qu’il ne faut pas sous-estimer la filière de la voiture à pédale, la seule qui assure d’avoir de beaux mollets.

L’effet de loupe, le fait qui fait diversion

Les médias nous défrisent, les réseaux sociaux encore plus, ils cultivent ce qu’on appelle en sociologie l’effet de loupe : montrer une réalité qui existe, certes, mais qui est tellement minoritaire qu’elle ne nécessite même pas une brève. Normalement le journalisme, c’est l’art de trier entre l’anecdotique et l’essentiel, sinon les pages d’un média se remplissent de vide. Mais à force d’être diffusés en boucle sur les réseaux de communication, un micro-évènement sature l’espace public et devient la dernière question à la mode dont il faut causer. Le problème, c’est que cela nous détourne de l’essentiel, nous rentrons dans le domaine du commérage et en oublions de réfléchir. Cet effet de loupe continue un biais cognitif qu’on retrouve dans beaucoup de domaines. Célébrer tel ou tel match de football, évènement ponctuel s’il en est, ou ressasser tel ou tel acte criminel relève du même procédé. L’instrumentalisation du sport et autres faits-divers n’a plus de limites.

On pourrait dire aussi bien le « fait-diversion », autre approche de l’effet de loupe. Luc Cédelle nous rappelait dans LE MONDE ce néologisme forgé par Pierre Bourdieu à la fin des années 1990 : « Par l’émotion qu’il suscite et l’exploitation qui en est faite, tel ou tel fait divers sert à faire diversion. » Aujourd’hui le fait-diversion atteint son apogée, il est devenu le principal carburant de l’extrême-droite et de certaines chaînes de télévision toujours plus racoleuses et obsédées par le buzz qui dope l’audience. Prenons l’exemple des éoliennes. Le mouvement anti-éolien impose sa thématique à partir de petite phrases sans avoir besoin d’en dire plus. Xavier Bertrand redit tout le mal qu’il pensait des éoliennes, ce « scandale national ». Marine Le Pen renchérit le 15 mai 2021 : « Le combat contre les éoliennes est un combat majeur, parce que les éoliennes sont une véritable catastrophe, visuelle, écologique, économique ». Moins de 400 personnes manifestent à Caen contre « les éoliennes qui détruisent la mer », LE MONDE en fait un article de plus de 5000 caractères (19/06/2021). Les pêcheurs dénoncent une destruction des fonds marins par l’industrie éolienne offshore . Bien entendu l’article fait parler les pour et les contre, mais il s’agit là encore d’empiler les petites phrases des uns et des autres.

C’est donc dans les commentaires sur lemonde.fr qu’il faut rechercher le débat de fond.

PM84 : Dans un monde ancien, il fallait 1 million de personnes pour avoir un article dans la presse. Maintenant 200 personnes suffisent !

Sp. : Les pêcheurs crient à la destruction des fonds marins ! on croit rêver : et les chaluts ça fait quoi !!!?

The One : Ah ah ah ah ah ! Quoi qu’il arrive dans ce pays, il y a toujours des gens contre qui bloquent tout.

VeritasOrigine : On trouvera toujours des gens contre une décision quelle qu’elle soit, dans quelque domaine que ce soit. Ces Antis n’en disent pas pour autant ce pour quoi ils sont. En général pour leur confort personnel au détriment de celui de la collectivité, ou alors ils veulent le beurre,l’argent du beurre et le sourire de la crémière faisant là fi de tout réalisme.

le sceptique : Le fossile c’est affreux, le nucléaire c’est horrible, l’hydraulique ça tue les rivières, le bois ça flingue les forêts, l’éolien ça bétonne le bocage et le rivage, etc. D’un côté on dit qu’il faut construire une civilisation durable exploitant des flux naturels renouvelables, d’un autre côté on refuse la conséquence, qui est notamment de collecter l’énergie du soleil, du vent, de l’eau et de la biomasse là où elle se trouve. Et oui, comme la densité massique ou surfacique d’énergie est faible à chaque fois, comme il y a des limites de rendement non dépassables, comme c’est dur et souverainement risqué de transporter l’électricité de trop loin et de pays trop instables, cela prend pas mal de place pour collecter un peu partout. Mais cela fait quand même 20 ans au moins que des physiciens l’ont expliqué. Il est vrai que nos médias font 1000 articles sur le blabla politiques, juristes & ONG pour 1 article sur la physique.

L.OURS : Aller voir à Dunkerque si le paysage est si merveilleux ! Les éoliennes qui ne seront même pas visibles de la côte seront pourtant bien plus jolies que le reste du site !!! Personne ne veut rien dans son patelin mais tout le monde veut sa bagnole, son air conditionné toute l’année et son éclairage public ! Si on écoute tous ces tordus faut revenir à la bougie, mais faut des puits de pétrole, et au feu de bois, mais faut alors bien plus de forêts… Vous verrez si nos paysages seront plus jolis !

Isaphan : Je suis d’accord avec ces personnes. Oui à la non installation des éoliennes, mais il faut aussi détruire leurs maisons qui enlaidissent aussi le paysage. Et pour tous, il faut commencer par leur couper l’électricité par souci de cohérence. Et interdire l’utilisation du diesel pour la pêche, qui envoie du CO2 dans l’atmosphère.

Papou69 : Est-ce que les « verts » du moyen-âge ont manifesté lors de la construction des moulins à vent? Ils font aujourd’hui partie du paysage!

Obéron : Mais les « verts » qui manifestent contre l’éolien sont plutôt « vert-brun », non ? Ils disent être pour davantage de nucléaire, soit, à condition bien sûr que l’emplacement des sites (centrales et stockage des déchets) soit soumis à approbation via un référendum régional, puisque leurs partis veulent que les citoyens consommateurs d’énergie décident de tout. Personnellement, je peux accepter des éoliennes dans ma commune (dans des endroits bien choisis), mais je ne veux pas de centrale nucléaire dans ma région. Et encore moins, bien entendu, de centrales thermiques fonctionnant aux énergies fossiles.

Méphisto : Il est symptomatique qu’ucun de ces opposants ne parle des retours d’expérience des multiples parcs éoliens offshore existant à l’international qui font l’objet d’amples évaluations scientifiques, certainement parce que cela démontrerait que leurs arguments ne tiennent pas la route.

Doudoudodudor : L’argumentaire des pécheurs est hallucinant. La destruction des fonds marins est quand même de leur fait avec leurs dragues et leurs chaluts. La polémique sur la fuite de 100 litres d’huile alors que les pécheurs en rejettent plus chaque jour avec leurs gros moteurs diesel refroidit à l’eau de mer était aussi hallucinante.

L.OURS : Dégradation du paysage côtier à Dunkerque par les éoliennes ? C’est une plaisanterie pour un bord de mer déjà complètement occupé par d’énormes installations portuaires ! Mais quand même 600 anti tout pour deux manifestations, cela vaut-il un article sur le sujet ? Remarquez, dans 50 ans, lorsque le Gulf Stream aura quasiment disparu de nos côtes, leurs enfants défileront pour qu’on implante des éoliennes, des centrales nucléaires ou des panneaux solaires autour de chez eux….

YV : Pour connaître un ingénieur de recherche qui bosse sur les éoliennes maritimes, celles-ci sont une chance d’un point de vue écologique et ressource halieutique: les zones d’exclusions qui les entourent permettent aux poissons de se reproduire, au bénéfice à long terme des pêcheurs.

marin du levant : Mouhahahahahaha Ils sont trop fort ces pechous ! Dans le genre protection du milieu naturel, s’il y a bien une catégorie qui ferait mieux de la boucler, c’est eux. Ratissage des fonds, exploitations jusqu’a extinction si les autorités n’y mettaient pas leur nez etc etc. Un peu de sérieux, les bases gravitaires ou les jackets sont des récifs artificielles qui vont augmenter la ressource du milieu, de plus les zones des éoliennes étant fermées a la pêche cela va permettre a la vie sous marine de reprendre et les abords des champs éoliens vont être des zones ou les pechous vont se battre pour mettre leurs filets ou lignes tellement ça va mordre.

PMF : A se demander comment font les Allemands, les Britanniques, les Neerlandais, les Danois, etc. Et leurs flottes de pêche. Tous ces arguments ne tiennent pas debout.

Morgenstern : Les arguments des anti-éoliennes sont totalement hallucinants ! On dirait qu’ils ignorent l’existence des plates-formes pétrolières, des centrales à gaz, des usines hydroélectriques ou même des… centrales nucléaires !

Silgar : Je ne suis pas vraiment pro-éoliennes, mais l’effet de récif des éoliennes offshore à base gravitaire est démontré : c’est positif pour la biodiversité marine.

Lazizou : Non aux énormes bateaux conteneurs, Non au énormes bateaux de croisière qui polluent sans états d’âme Non au chaluts qui raclent les fonds marins et détruisent faune et flore Non à la pêche intensive. Non aux serveurs sous marins qui réchauffent les mers Non aux plastiques qui non seulement polluent mais aussi tuent la faune Non aux dechets nucléaires qui pourrissent au fond des mers J’en passe sûrement, alors les éoliennes……c’est un peu la goutte d’eau pour noyer les vraies questions.

Don Lope : On ne s’en sortira pas. Les énergies fossiles nous tuent lentement, le nucléaire c’est dangereux, le solaire trop cher et l’éolien c’est pas beau dans le paysage. Donc aucune solution en vue pour contrer le réchauffement climatique à part le retour à l’âge de pierre de gré ou de force une fois que les écosystèmes se seront effondrés sur nous. Youpi !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 février 2021, Les faits divers, des faits qui font diversion

extraits : L’endoctrinement idéologique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. L’urgence écologique devient invisible de par la multiplicité des informations de tous ordres, mais le penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective.

2 février 2008, Avec ce blog, vous arrêterez de croire n’importe quoi

extraits : Avec la navigation sur le Web, nous sommes dans la bibliothèque de ­Babel, où l’on trouve toutes les vérités mais aussi tous les mensonges du monde. C’est la cacophonie de millions de personnes, le smartphone par exemple est non seulement un récepteur, mais aussi un émetteur de tweets. Chaque humain, qu’il soit n’importe qui ou président des États-Unis peut dire n’importe quoi sans être vraiment détrompé.

15 janvier 2014, L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

extraits : La secrétaire nationale d’EELV est interrogée au Grand Rendez-vous*. Aucune question sur l’écologie, pourtant la spécificité d’Emmanuelle Cosse. Mais six questions (sur 8) à propos des alcôves de l’Elysée du type : Aujourd’hui, la vie personnelle du président de la République est étalée en détail. Faut-il s’y faire ou s’en plaindre ?

Formation à la Désobéissance non-violente

Ce stage s’adresse aux militants expérimentés comme aux débutants. Il s’agira notamment d’apprendre à organiser des actions visant à défendre des droits sociaux de plus en plus menacés, les Droits humains et des animaux, l’avenir de la planète… Cette formation peut s’avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.Organiser une action non-violente, pour débutant.e.s ou expérimenté.e.s
Du 24 juillet 2021 à 9h30 au 25 juillet à 15h à Saint Antoine l’Abbaye (38)

suivie d’une conférence gesticulée avec Xavier Renou :

Sans haine, sans arme, sans violence : De l’Ixérisme à la Désobéissance civile.

Pédagogie : 40€
Pension complète à l’Arche de Saint-Antoine à partir de 66,50€ (réductions possibles)
Inscriptions / hébergement : en remplissant le formulaire ici

L’étoile jaune pour les non vaccinés ?

Lundi 12 juillet 2021, Emmanuel Macron a mis la pression sur les non-vaccinés pour éviter une nouvelle vague de Covid-19 alors que le virus repart à la hausse dans tous les territoires avec le variant Delta. Le président de la République a même décidé d’imposer le passe sanitaire à l’entrée de la plupart des lieux publics et a rendu la vaccination obligatoire pour les soignants et ceux au contact des personnes fragiles, avec des sanctions à la clé. Les annonces du chef de l’État visant à inciter à la vaccination ont provoqué une ruée des Français pour prendre rendez-vous et se faire vacciner. En soirée le ministre de la santé, Olivier Véran, a annoncé que les personnels soignants qui ne seront pas vaccinés au 15 septembre ne pourront plus travailler et ne seront plus payés. Les employeurs – agences régionales de santé, directions d’établissement, Assurance-maladie – « seront habilités à effectuer des contrôles comme ça existe déjà dans le droit commun pour d’autres maladies, notamment l’hépatite B », a détaillé le ministre. Alors vaccination obligatoire pour tous et toutes ?

Du point de vue des écologistes, plutôt anti-vaccins, le choix collectif devrait être formulé de façon abrupte. Soit nous misons sur la sélection naturelle, le vaccin n’est pas obligatoire, les mesures de confinement sont facultatives, nous laissons nos défenses immunitaires se renforcer naturellement et tant pis pour les plus faibles, le tri médical est un passage obligé vu l’explosion d’hospitalisations. Soit, à l’image de ce qui se passe pour les enfants, la vaccination est obligatoire pour tout le monde, mais une population de plus en plus nombreuse est de plus en plus fragilisée face aux atteintes virales et microbiennes. L’obésité et les comorbidités se généralisent, et un jour ou l’autre une mutation d’un des vecteurs de la sélection naturelle envoie de toute façon à trépas une grande partie de l’espèce humaine. Le problème, c’est que notre société se refuse à aborder les choix fondamentaux et préfère laisser les gens dépérir dans l’assistanat et la contrainte sociale.

Nos articles antérieurs sur l’obligation vaccinale :

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

extraits : Le Conseil constitutionnel vient de juger que le caractère obligatoire de la vaccination, présent dans le code de la santé publique, n’était pas contraire à la Constitution de 1958. Mais pour certains écologistes le débat « pour ou contre la vaccination » dépasse largement la problématique de l’article du MONDE : liberté individuelle contre « stalinisme vaccinal », caractère potentiellement toxique de certains adjuvants contenus dans les vaccins, injection de telles substances dès la première année de vie alors que le système immunitaire du nourrisson est fragile, fait que la France est en Europe le seul pays avec l’Italie à imposer cette injection aux enfants…

7 juillet 2021, Vaccination obligatoire et acceptation sociale

extraits : La vaccination obligatoire pour tous, c’est bien déjà le cas pour les enfant. Alors, peut-on contraindre les adultes à se vacciner contre le SARS-Cov2 ? Sélection naturelle ou immunité collective vaccinale ? La question de l’acceptabilité sociale est cruciale dans un système démocratique. Convaincre plutôt que contraindre… 

articles de référence sur lemonde.fr :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/13/plus-de-900-000-candidats-a-la-vaccination-apres-les-annonces-d-emmanuel-macron_6088123_3244.html?contributions

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/12/allocution-d-emmanuel-macron-passe-sanitaire-etendu-tests-pcr-payants-obligation-vaccinale-pour-les-soignants-le-resume_6088062_823448.html?contributions

https://www.lemonde.fr/sante/article/2021/07/13/covid-19-l-obligation-vaccinale-imposee-aux-professionnels-de-sante-ne-manque-pas-de-faire-reagir_6088083_1651302.html

Richard Branson, reste en orbite s’il te plaît

Il fut un temps où les multi-milliardaires se contentaient d’avoir un yacht plus gros que les autres. L’Al Saïd (155 m, famille royale du sultanat d’Oman) dispose d’une salle de concert susceptible d’accueillir un orchestre de cinquante musiciens. Le Prince Abdulaziz (147 m, famille royale saoudienne) jouit d’un bloc opératoire et d’une mosquée. Maintenant les hyper-riches font désormais la course pour être le premier à partir dans l’espace.

Dans la catégorie « ma fusée est plus grosse que la tienne », Richard Branson s’envoie en l’air le 11 juillet 2021. Vers les limites de l’attraction terrestre, il veut ouvrir la voie au tourisme dans l’espace. Le 25 juin, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a fourni une licence l’autorisant à transporter des clients. Des billets ont été mis en vente et six cents réservations ont déjà été prises. Prix du voyage : autour de 250 000 dollars (environ 211 000 euros), avec les premiers départs en 2022, espère Virgin Galactic. Que Branson reste en orbite ! On devrait interdire ce genre de connerie par respect pour toutes les personnes qui sont obligées de marcher à pieds. Le gaspillage de l’énergie nécessaire pour satisfaire ce caprice sera payé par l’ensemble du vivant sur des siècles.

Jeff Bezos assume désormais son statut d’homme le plus riche du monde. Il a commandé un yacht à voile plus long qu’un terrain de football… Mais il vit aussi sa passion pour l’espace avec sa société Blue Origin, qui doit faire de lui l’un des premiers touristes spatiaux, le 20 juillet 2021. Il a même vendu une place aux enchères pour 28 millions de dollars. Après avoir contribué à la destruction de milliers d’emplois, ce monsieur va apporter sa pierre au réchauffement climatique. Que Bezos reste en orbite !   Et boycottons Amazon, retournons au commerce de proximité…

Après la voiture électrique et autonome, l’ambition ultime d’Elon Musk est l’installation d’une colonie sur Mars. En attendant l’effondrement de ce rêve, il fait des trucs ridicules comme envoyer dans l’espace une Tesla rouge cerise pour un vol d’essaim, il multiplie les petits satellites autour de la terre, il prépare un vol privé autour de la Lune. Qu’il y reste ! Les nouveaux riches ne se contentent plus de piller la terre et d’exploiter les gens, ils veulent polluer l’espace !!!

D’un point de vue écologique, le tourisme spatial est une aberration de l’esprit humain. Pourquoi tant de recherche, tant de prise de risques, tant de ressources naturelles dilapidées pour envoyer en l’air quelques hurluberlus? Ce sont les riches qui propagent un style de vie destructeur pour la planète : palais, yachts, avions privés, saut spatial, etc. Ah, si les trop riches mettaient leur argent au sujet d’une vraie cause… Comparez l’initiative de Trevor Neilson aux extravagances de Branson, Bezos et Musk. Cet investisseur américain a lancé en juillet 2019 le Climate Emergency Fund (CEF), un fonds consacré au financement de la désobéissance civile pour le climat. Son fonds a pour l’heure rassemblé moins d’un million de dollars.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 août 2019, Méga-yachts, à couler d’urgence

9 février 2018, Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale

Le référendum CLIMAT n’aura pas lieu

L’intégration de la protection de l’environnement dans la Constitution était programmée. Le président Emmanuel Macron était monté au créneau. « Ce dont je suis le garant et ça, je peux vous le dire très clairement : il n’y aura pas d’abandon », avant d’ajouter : « Ce texte va vivre sa vie parlementaire qui seule permet d’aller au référendum si les sénateurs et les députés s’accordent. Le désastre était lui aussi programmé. Un référendum pour modification de la constitution ne peut être organisé qu’en cas de vote en termes identiques par les deux chambres.

Les députés le 16 mars 2021 : la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ».

Les sénateurs le 10 mai 2021 changent deux mots : la France « préserve l’environnement ainsi que la diversité biologique et agit contre le dérèglement climatique, dans les conditions prévues par la charte de l’environnement de 2004 »

Il revient donc à l’Assemblée nationale d’examiner à nouveau le projet de loi : « Si les choses restent en l’état, il ne pourra pas y avoir de référendum », a reconnu sur Radio J le président (LRM) de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Les députés ont adopté, mardi 22 juin, en deuxième lecture, le projet de loi qui doit permettre d’inscrire dans la loi fondamentale la préservation de l’environnement. Une nouvelle formulation a cette fois-ci été retenue. Lors de l’examen du texte en commission le 15 juin, les députés de la majorité La République en marche (LRM), MoDem et Agir ont fait adopter un amendement selon lequel la Constitution « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et agit contre le dérèglement climatique ». On abandonne « lutte » et on adopte le mot « agir » pour faire plaisir aux sénateurs. Au Sénat, la droite majoritaire ne risque pas de se laisser convaincre par la nouvelle proposition de la majorité présidentielle. « L’Assemblée remet le terme “garantir” et va supprimer la référence à la charte de l’environnement de 2004, à ce stade ce n’est pas acceptable pour nous », confirme le président de la commission des lois au Sénat. Prochaine étape du débat, le Sénat doit se prononcer en hémicycle sur la version remaniée des députés. La partie de ping-pong engagée entre les deux chambres se termine par le fiasco, on ne vote pas pour faire avance la lutte écologique, nos « grands » élus se prononcent pour des raisons politiciennes, pour ou contre le gouvernement.

On joue sur les mots le 5 juillet 2021. La version approuvée par l’Assemblée proposait d’inscrire que la République « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et agit contre le dérèglement climatique ». Mais le Sénat a de son côté proposé d’écrire que la République « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre le dérèglement climatique, dans les conditions prévues par la Charte de l’environnement de 2004 ».

Le 6 juillet 2021 le gouvernement annonce vouloir mettre “un terme au processus de révision constitutionnelle” suite au désaccord sur le libellé du texte. Nos procédures dites démocratiques sont trop complexes pour faire face à l’urgence écologique. A l’heure où le monde se dirige vers un réchauffement global de +3°C, soit bien au-delà de l’objectif de 1,5°C prévu par l’Accord de Paris, qu’une ville au Canada (Lytton) a fini en cendres et a été rayée de la carte après avoir connu une chaleur record de 49,5°C, et que des chaleurs semblables sont annoncées en Europe, un tel manque de volonté politique est incompréhensible. L’exécutif et les sénateurs ne semblent toujours pas saisir l’ampleur de la crise écologique et climatique qui se déroule sous nos yeux.

Nous allons au désastre environnemental et nous l’aurons bien cherché. « Make aur planet great again », foutaises.

Mortalité des abeilles, une fatalité assumée

Mon indicateur personnel de l’hécatombe des insectes : nous en voyons de moins en moins, la preuve nous lavons beaucoup moins nos pare-brises qu’il y a 30 ans. Qui peut le contester objectivement ? Mais si les experts de l’industrie chimique faisaient une étude sur le sujet, ils trouveraient que c’est du à l’amélioration des routes et à la négligence des conducteurs de voitures ! Et les politicards les suivraient !? C’est ce que constate Stéphane Foucart dans une chronique désabusée :

«  En 1994, une nouvelle génération d’insecticides systémiques, utilisés en enrobage de semences, fait son apparition. Immédiatement, les apiculteurs riverains observent des mortalités anormales, des dépérissements, des effondrements de certaines colonies. De toutes parts, des rideaux de fumées se dressent. Le déclin des abeilles ? Des virus, des parasites, des prédateurs naturels, le changement climatique, les mauvaises pratiques apicoles !!!

Lorsqu’il n’est pas possible de mener une politique fondée sur la science, il est toujours envisageable de produire de la science fondée sur de la politique. Le 28 juin, l’UE a défini le taux de mortalité jugé acceptable, au sein d’une ruche, en conséquence d’une exposition à un pesticide : l0 %… Cet objectif de 10 % de mortalité acceptable par colonie est annonciateur d’une poursuite de la catastrophe. Les abeilles et les pollinisateurs apparaissent, au vu des forces économiques en présence, indéfendables… La Suisse a été le premier pays occidental à interroger directement sa population sur une fin progressive de la chimie de synthèse dans les pratiques agricoles. Des scientifiques se sont investis dans le débat et ont courageusement participé à l’information du public. Le résultat est qu’à une très forte majorité (environ 60 %), les Suisses ont préféré le statu quo. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 avril 2019, Et si tu étais une abeille ? Un livre de Cauwelaert

28 février 2019, L’exaspération des apiculteurs et des apicultrices

10 juin 2018, Pour sauver les abeilles, adoptez une ruche chez vous

7 juillet 2017, Les dégâts prouvés des néonicotinoïdes sur les abeilles

25 avril 2014, Les abeilles, qui ne peuvent pas se défendre en justice

11 janvier 2014, Les abeilles manquent à l’homme et à la nature

3 mai 2013, Les tueurs d’abeilles vus au prisme de la démocratie

12 février 2013, Gaucho, Regent, Cruiser, l’infernal trio anti-abeille

24 février 2009, les abeilles ne dansent plus

Délit d’écocide, où est le coupable ?

Un groupe international d’experts spécialisés en droit pénal international s’est accordé sur une définition juridique internationale du crime d’écocide. Il consiste en des « actes illégaux ou arbitraires commis en sachant la réelle probabilité que ces actes causent à l’environnement des dommages graves qui soient étendus ou durables ». Cette définition doit permettre de proposer un amendement visant à modifier le statut de Rome et de criminaliser l’écocide au même titre que le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes d’agression. A l’attention des Etats parties prenantes au(document qui définit les crimes internationaux sur lesquels la CPI (Cour pénale internationale a un pouvoir juridictionnel)),Il faut maintenant qu’un des 123 Etats parties au statut de Rome propose cet amendement. Cette première étape ne devrait guère poser problème puisque, depuis fin 2019, huit d’entre eux – le Vanuatu, les Maldives, la France, la Belgique, la Finlande, l’Espagne, le Canada et le Luxembourg – ont publiquement exprimé leur intérêt.

Mais punir la mise en danger délibérée de l’environnement voudrait dire incriminer… l’organisation économique actuelle elle-même qui repose sur la destruction de l’environnement. Celle-ci est inscrite dans la logique motrice du mode de production capitaliste et des couples qu’il génère : productivisme et consumérisme, extractivisme et gaspillage. Que faire quand c’est tout un modèle de développement qui peut à bon droit être qualifié de criminel. Croit-on vraiment que nul « banditisme environnemental » n’entre dans le jus d’orange que nous buvons, l’essence que nous consommons, le téléphone que nous utilisons ?

Qui est responsable, l’entreprise qui offre ses services nocifs ou le consommateur qui les achète avec grand plaisir ? Qu’est-ce que le « crime » quand le qualificatif de « criminel » peut être appliqué à des dimensions structurantes de notre existence ? Quand, responsables et non coupables, nous sommes quotidiennement à notre insu de notre plein gré exposés à des pesticides toxiques issus de nos propres achats alimentaires et un air pathogène tout droit sorti du pot d’échappement de notre véhicule personnel ?

Tel est bien le nœud du problème : celui de l’arbitrage entre ce qui est répréhensible ou non quand c’est tout un modèle de développement qui peut à bon droit être qualifié de criminel, un modèle dont nous sommes tous (plus ou moins) partie prenante.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 octobre 2011, crime écologique, crimes verts, écocide

27 janvier 2015, D’une définition de l’écocide à une application pénale

12 juin 2017, Crime d’écocide, bientôt la reconnaissance officielle

27 juin 2020, Constitutionnaliser l’écocide par référendum (en France)

juin 2021, le point de vue des écologistes

Notre tâche quotidienne depuis 2005 est de présenter le point de vue des écologistes sur le blog biosphere. Il ne s’agit pas d’imposer une idéologie, mais de fournir des éléments de réflexion. Un (dés)accord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire sur un article. Pour nous envoyer une contribution générale, pas plus de 4000 caractères svp. Voici en libre service les thématiques étudiées pendant le mois de juin 2021 :

1er juin 2021, Démographie Responsable, à connaître

2 juin 2021, Covid et Bhoutan, avantage à la petite taille

3 juin 2021, Le procès « Bure », politiquement manipulé

4 juin 2021, Un enfant par femme… ou deux ou trois !

4 juin 2021, Démographie, le triangle d’incompatibilités

5 juin 2021, Un milliard d’hectares de terres dégradées

5 juin 2021, avec Greta Thunberg, le bien affronte le mal

6 juin 2021, Georgescu-Roegen, la question démographique

6 juin 2021, Interdit de lutter contre le greenwashing

7 juin 2021, Interdiction d’avoir plus de deux logements

8 juin 2021, Le casse-tête de la population optimale

8 juin 2021, Population soutenable, Population optimale

9 juin 2021, Dormez braves gens, Oliveau veille sur vous

10 juin 2021, Le temps long et incertain de l’innovation

10 juin 2021, Lanceurs d’alerte, allons à leur défense

11 juin 2021, Les inégalités du point de vue écologiste

11 juin 2021, Barkhane du point de vue des écologistes

12 juin 2021, GIEC et IPBES sont dans un bateau…

12 juin 2021, Apprendre à désobéir, une nécessité absolue

13 juin 2021, Libéralisme, marxisme et écologisme

14 juin 2021, Que signifie « penser vrai » ? Relativiser !

14 juin 2021, Que croire dans une période d’incroyances ?

15 juin 2021, Taishan, une centrale nucléaire en difficulté

16 juin 2021, L’irresponsabilité écologique des Suisses

17 juin 2021, Nombre d’enfants par femme, combien ?

18 juin 2021, René DUMONT, l’écologie entre en politique

18 juin 2021, COP26, en route pour le désastre climatique

19 juin 2021, Le glyphosate, c’est bon pour la santé

20 juin 2021, Voiture électrique, le piège du cobalt

20 juin 2021, Tous ensemble contre la pression publicitaire

21 juin 2021, Les avantages du déclin démographique

22 juin 2021, espérance de vie croissante, la grande illusion

23 juin 2021, explosion des inégalités, délires mégalomanes

24 juin 2021, L’écologie gangrène la haute fonction publique

25 juin 2021, Déconstruction de la propriété privée, ça urge

26 juin 2021, Le cataclysme est pour bientôt selon le GIEC

26 juin 2021, Des avions qui volent au colza, foutaises

27 juin 2021, Concilier infrastructures humaines /naturelle

28 juin 2021, La transition écologique nécessite une déstructuration

29 juin 2021, Pour en finir avec l’exaltation de SOI

30 juin 2021, Loi climat, édulcorée par les sénateurs

Pour recevoir gratuitement par mail notre récapitulatif mensuel, vous pouvez vous inscrire en écrivant à biosphere@ouvaton.org, merci.

Le blog biosphere est rattaché de façon explicite à un site de documentation des écologistes : http://biosphere.ouvaton.org/. Par exemple le lien « Bibliothèque » renvoie à des résumés de livres sur l’écologie. Nous laissons aux lecteurs le soin de parcourir nos autres rubriques, « Lexique », «  Repères », « Spiritualités », etc. Notre association biosphere est au service du peuple écolo en formation, à la recherche de la symbiose pour affronter de façon analytique l’urgence écologique.

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la transmission des idées d’avenir.

Loi climat, édulcorée par les sénateurs

Voter une loi sur l’urgence écologique est un chemin de croix bordé de résistances, celles des macronistes, écologistes plus que tièdes, celles de la droite, opposante à toute rupture écologique, celles des procédures législatives, inutilement complexes. Le projet de loi Climat, examiné en procédure accélérée le 29 juin, doit désormais passer en commission mixte paritaire (CMP) le 12 juillet, une réunion de sept députés et sept sénateurs qui sera chargée de trouver un compromis. En cas d’échec, le texte reviendra en discussion à l’Assemblée nationale, en commission à partir du 19 juillet puis en séance plénière à partir du 13 septembre. Les députés auront le dernier mot, pour une adoption définitive que le gouvernement espère voir intervenir avant la fin du mois de septembre…

Jean-François Longeot, sénateur : « Nous avons trouvé un bon équilibre entre les nécessités écologiques, sociales et économiques. La meilleure façon de ne pas prendre en compte le problème climatique, c’est d’imposer, d’interdire, et de ne pas lier cette problématique à celle du développement économique »

Barbara Pompili, ministre de la transition écologique :« Les sénateurs ont voulu donner le change en repeignant la carrosserie mais ils ont surtout cassé le moteur de la loi. Ils ont systématiquement amoindri les mesures à fort impact écologique ». Exemples :

interdiction des centres-villes d’ici à 2025 pour les voitures les plus anciennes dans agglomérations de plus de 150 000 habitants. La majorité sénatoriale a retardé le calendrier de cinq ans, arguant un délai nécessaire pour améliorer l’« acceptabilité » de la mesure dans un contexte social tendu et éloigner le spectre d’un retour des « gilets jaunes ».

– généralisation des menus végétariens hebdomadaires dans la restauration collective. Le Sénat a préféré prolonger de deux ans le test actuel, en plaidant la liberté des collectivités locales.

Au final, le gouvernement et le Parlement ont piétiné le travail. de la Convention climat.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

11 janvier 2021, Projet de loi pour le climat, le recul (par rapport aux mesures des 150 conventionnels)

11 février 2021, La loi Convention Climat, cafouillage prévu (en conseil des ministres)

19 avril 2021, Loi climat, caricaturée par le gouvernement

4 mai 2021, La loi climat, adoptée en première lecture

L’écologie gangrène la haute fonction publique

« Nous, élèves de la haute fonction publique, demandons à devenir écolos. » De plus en plus de membres des grandes écoles ont pris conscience que notre société thermo-industrielle est au bord de la rupture, voici ce que nous en avions écrit antérieurement :

9 novembre 2017, Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

Un ingénieur est un fantassin de l’industrie. Un soldat obéissant, capable de trouver des solutions aux équations les plus complexes au service d’entreprises aux dimensions planétaires. Mais depuis peu, un vent de mutinerie souffle sur les campus des grandes écoles françaises. Lire la suite…

21 avril 2019, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Le développement de la technique dans les rouges de la société a été à l’origine de la création, à l’aube de la révolution industrielle, de nos célèbres écoles d’ingénieurs aux noms évocateurs, Ecole polytechnique, Arts et Manufactures, etc. Ces ingénieurs sont à un tournant de leur histoire, du moins faut-il l’espérer. Lire la suite

22 avril 2019, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Discours de Clément Choisne lors de la remise de son diplôme (Centrale Nantes) le 30 novembre 2018 : « Comme bon nombre de mes camarades, alors que le GIEC pleure et que les êtres se meurent : je suis perdu, incapable de me reconnaître dans la promesse d’une vie de cadre supérieur, en rouage essentiel d’un système capitaliste de surconsommation. » Lire la suite

18 novembre 2020, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Être ingénieur et écologiste est une nécessité, une nouvelle génération de jeunes s’engage dans les grandes écoles. Mais que peut-elle faire ? Lire la suite

Voici maintenant un résumé d’une tribune récente d’élèves des écoles de service public concernés par la création de l’Institut national du service public : « La transition écologique et solidaire doit être placée au centre de notre formation commune. Un environnement sain est l’infrastructure sans laquelle la possibilité même d’une société démocratique et juste est ébranlée : les conséquences des changements climatiques et des pertes de biodiversité compromettent dès à présent, de manière irréversible, notre capacité à assumer demain les missions du service public. Nous demandons trois changements  : D’abord le tronc commun de formation de l’INSP doit consacrer davantage de temps aux sujets environnementaux que la vingtaine d’heures prévue à ce jour. Nos formations doivent ancrer, chez les futurs hauts fonctionnaires, un « réflexe écologique » au quotidien. Deuxièmement, les politiques environnementales requièrent une conscience aiguë du temps long, qui dépasse celui des échéances électorales. La haute fonction publique se doit de réaffirmer son rôle de conseiller et non de courtisan. Enfin, il nous semble urgent de garantir que nos missions futures soient compatibles avec les ambitieux engagements internationaux de la France en matière de transition écologique. »

La liste des premiers signataires montrent que toutes les grandes écoles sont concernées. Adrien Aristide (Ecole nationale d’administration) ; Stéphanie Bailo (Institut national des études territoriales, ingénieur) ; Jacques Bourgeaux (corps des Mines)  ; Alexandrine Goncalves (Ecole des hautes études en santé publique) ; Joseph Halgand (Ecole nationale de la magistrature) ; Raphaël Lafrogne-Joussier (corps des administrateurs de l’Insee) ; Johanna Ouazzani (Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques) ; Charline Tenaud (Ecole nationale des services vétérinaires) ; Jean-Baptiste Turmel (corps des ingénieurs des Ponts, des Eaux et des Forêts)…

Conclusion : toutes ces personnes risquent fort dans un premier temps de ne pas être recrutés par les entreprises dont la vocation est de brûler directement ou indirectement du carbone. Dans un deuxième temps beaucoup plus lointain, ils et elles formeront la superstructure politique qui fera en sorte qu’une nouvelle technostructure nous dise comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre (drastiquement), comment il faut se déplacer (avec grande modération ), comment manger (moins de viande), comment faire l’amour (sans faire d’enfants si possible), etc.

Tous ensemble contre la pression publicitaire

Communiqué du R.A.P., sistance à l’Agression Publicitaire

Avec la remise en marche de l’espace public, l’industrie publicitaire va faire redémarrer la machine à sur-consommer avec la bénédiction des politiques. Ce moment doit donc être celui des luttes contre le système publicitaire.

1 – “Macron #SansFiltre avec la pub” placardé sur des publicités par des activistes

Nos associations demandent au président de la République de renoncer à une mesure concernant l’affichage publicitaire inscrite dans le projet de loi. Cette mesure créera une France moche à 2 vitesses.

Lire la suite

1 – Halte au bateau publicitaire sur la Côte d’Azur

Depuis quelques semaines, un bateau publicitaire équipé d’un écran LED de 32 m² sillonne le littoral méditerranéen. RAP s’est associé à Greenpeace et d’autres organisations pour mettre en place une pétition et faire interdire cette « nouveauté » dores et déjà anachronique.

Lire la suite et signer la pétition

3 –  « Touche pas à ma vitrine » : l’association de commerçants qui n’en était pas une

« Touche pas à ma vitrine », présentée par les médias comme une « association de commerçants », vent debout contre l’article de la loi « climat », qui se proposait de pouvoir réglementer les publicités et enseignes, notamment numériques, derrière les vitrines. Finalement, des internautes ont démasquées cette opération de désinformation populaire orchestrée.

Lire notre enquête

4- Projet de loi climat : vraiment pas à la hauteur…

RAP s’est mobilisée depuis plusieurs mois pour interpeller les parlementaires qui travaillent sur la « loi climat et résilience ». Mais il faut croire que les majorités de droite (LREM à l’Assemblée, LR au Sénat) ne veulent pas réguler plus fortement la publicité voir pire… Mais cette bataille n’est pas encore finie car la loi devrait repasser devant en seconde lecture dans les deux chambres. Vous pourrez lire quelques épisodes de cette bataille depuis mars ci-dessous.

Retours sur les débats en commissions

Article 6 en route vers la France moche

5 – La publicité peut-elle être responsable ?

Nous avons reproduit un texte initialement paru sur le site Le Drenche qui nous demandait si la publicité pouvait être responsable, cette question et ce terme revenant souvent dans les débats actuellement.

Lire l’article

6 –  Les associations environnementales exigent un règlement de publicité exemplaire et inspirant sur la métropole de Lyon

Mercredi 9 juin 2021 la Métropole de Lyon a organisé une réunion de concertation avec des associations et des afficheurs concernant le RLPi. En cette occasion, 7 associations y ont pris la parole pour rappeler les enjeux environnementaux et démocratiques que soulève ce RLPi et l’importance du rayonnement national qu’auront ses prises de position. Pour nous, pas question de laisser les lobbies publicitaires faire pression contre la volonté des citoyens qui veulent aller vers une diminution de la pression publicitaire dans l’espace public.

Lire le communiqué

Motivé·es pour rejoindre nos groupes locaux ?

Je rejoins un groupe  de RAP

Pour tout renseignement merci de prendre contact avec : Résistance à l’Agression Publicitaire
« La Teinturerie » 24, rue de la Chine ; 75020 Paris
01 43 66 02 04 – contact@antipub.org
Une permanence téléphonique est assurée les mardis, mercredis et jeudis de 11h à 18 h (on pourra également nous joindre en dehors de ces horaires, sans certitude de présence toutefois).

Que signifie « penser vrai » ? Relativiser !

Longtemps notre imaginaire se limitait à la répétition des mythes ancestraux. Nous nous sommes affrontés pendant des générations et des générations au nom d’une pseudo-vérité clanique ou religieuse ; la nature contemplait impassible le nombre de nos morts. Pourquoi l’affrontement? Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est alors que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. Notre appréciation des faits est encore plus troublée aujourd’hui par une situation technicisée où la réalité est simulée, où le virtuel veut se faire l’égal du réel, où la fiction est préférée au documentaire, où toute image est reconstruite. Comme nous portons le monde entier dans notre cortex, comme nous ne pouvons pas complètement faire confiance au regard des autres, toute vérité est relative : nous ne pouvons même pas croire le témoignage de nos propres yeux.

L’humanité toute entière a estimé de visu et ad libitum pendant des millénaires que le soleil se déplaçait tout autour de la terre sans autre conséquence négative qu’une parfaite ignorance des lois de la gravitation. Avec l’avancée de nos connaissances, la vérité stellaire ne réside plus dans un centre dont nous serions le principal protagoniste (anthropocentrisme), mais dans un système qui possède ses propres lois et qui ignore complètement le sens de notre petite existence. Cela change tout, le monde n’est pas fait spécifiquement pour les humains, nous devons complètement changer notre mode de réflexion. La première fois qu’on a chaussé des lunettes théoriques pour aller au delà d’une vision superficielle de notre système stellaire date de 1543. Copernic provoque alors une révolution en exposant les fondements d’un système héliocentrique (de « hélios », le soleil) où le soleil – et non plus la terre – est au centre de notre univers. L’astronome ébranle ainsi l’interprétation des Écritures sacralisées et son œuvre, bien que de pure supposition à l’époque, fut quand même mise à l’index. Mais la contestation des apparences poursuivit son chemin pour aller au-delà de cet interdit ecclésiastique. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour admirer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le traditionnel anthropocentrisme. Un tribunal de l’Inquisition l’obligea pourtant à se rétracter en 1633. L’individu est ainsi obligé de se conformer à la croyance sociale du moment et l’Église catholique n’a réhabilité Galilée qu’en 1992. Pour les gardiens de la foi et des fausses croyances, il faut attendre plus de 350 années pour reconnaître la réalité derrière l’apparence… Aujourd’hui nos satellites confirment tous les jours la révolution copernicienne, cette découverte de la libre pensée.

Beaucoup de monde pense dorénavant sans y réfléchir davantage que la Terre tourne depuis la nuit des temps autour du soleil, ils le croient cependant en contradiction d’une simple observation de leur part : il est toujours plus facile de croire ce que tout le monde croit déjà savoir. Si la certitude religieuse d’un dieu extérieur aux humains qui fabriquerait un univers à notre seule convenance s’effondre, la plupart des gens pense encore que les croyances de leur ethnie particulière reste le seul centre de leur propre monde. L’analyse de l’évolution de la pensée montre que nous passons d’une certitude à une autre certitude grâce à une remise en question fondamentale des apparences. Ce passage de l’apparence à d’autres réalités est extrêmement difficile, il devient cependant de plus en plus urgent à accomplir : les réalités du futur se cachent en effet derrière les apparences du présent, et cet avenir est sombre si nous n’y prenons garde.

Nous avons inventé l’agriculture et changé la nature il y a 10 000 ans. Dès le néolithique, l’humanité ne se contente plus de ses rivalités sociales, elle prend à témoin la planète et commence à détériorer son environnement. L’évolution s’accélère et des techniques destructrices prennent aujourd’hui tout le pouvoir. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, nous avons réussi à libérer les forces de l’atome. Alors que nous savons que la radioactivité peut faire beaucoup de dégât pendant une éternité de notre temps, cela ne nous empêche pas d’accumuler les déchets nucléaires car nous raisonnons encore au travers de nos propres yeux et de l’environnement immédiat. Alors que nos connaissances sont maintenant immenses, nous aggravons à la fois nos conflits sociaux et les déséquilibres de la nature à cause de notre cécité théorique et de la myopie du marché imposé par l’idéologie libérale. Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent aussi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons la plupart du temps nous satisfaire d’un absolu dans un espace restreint, avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment.

Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre vision humaine n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité. Dans chacun de nos cortex réside de multiples certitudes qui ne sont que les apparences de notre réalité immédiate et nos désaccords résultent trop souvent d’une perception trop simple de la réalité. Mais nous pouvons tous ensemble essayer de déchiffrer ces apparences pour changer la réalité ; grâce à des lunettes conceptuelles plus performantes, peut-être pourrions-nous percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir (s’améliorer)… Dans la société thermo-industrielle d’aujourd’hui, que signifie « penser vrai » ? Sans doute aller au-delà des apparences et tout reprendre dans l’autre sens dans une société thermo-industrielle engagée à tout allure dans une impasse évolutive.

Michel Sourrouille, écrit de 2005

Les inégalités du point de vue écologiste

Notre société est toujours une royauté, avec ses privilégiés qui n’ont pas un carrosse mais un avion personnel, par de palais mais des demeures luxueuses disséminées dans le monde entier, et un amour immodéré pour les paradis fiscaux. L’inégalité permet à certains d’avoir une empreinte écologique démesurée alors que d’autres personnes vivent en dessous du minimum vital. La différence de richesses entre personnes est non seulement injustifié d’un point de vue socio-économique, mais insupportable d’un point de vue écologique. Notre critère est simple. Dans une société du gaspillage généralisé sur une planète dévastée, nous devons mettre en place un système de sobriété partagée. Les inégalités doivent disparaître et la consommation se réduire de façon drastique. Il faut repenser revenu du travail et revenu du capital, impôt sur le revenu et impôt sur le patrimoine. Voici quelques propositions avant d’aborder le traitement actuel des riches aux USA et en France.

Propriété : La propriété, c’est le vol. L’homme ne travaille pas socialement pour lui-même mais pour le bien commun. Il n’a aucun droit absolu sur « son » entreprise », « son » capital, « sa » maison, « son » salaire, etc. C’est un locataire perpétuel temporairement embarqué dans des structures collectives qu’on appelle entreprise, capital financier ou technique, maison pavillonnaire ou HLM, participation à la valeur ajoutée de l’entreprise (pour le paiement des salaires ou le bénéfice).

Répartition de la valeur ajoutée : Aucun dirigeant d’entreprise n’a à lui seul le pouvoir de faire de l’argent. En fait il bénéficie du groupe de travail que constitue l’ensemble des travailleurs de l’entreprise ; ce sont eux qui font la valeur ajoutée. Sans personne à sa disposition, un patron n’est qu’une personne indépendante qui ne peut compter pour gagner de l’argent que sur ses propres forces ; artisans et commerçants travaillent beaucoup et ne gagnent pas grand chose. L’autre aspect est le chiffre d’affaires de l’entreprise, c’est-à-dire l’apport d’argent par les consommateurs. Plutôt que de rémunérer le seul patron sur les bénéfices, ou distribuer aux actionnaires, on peut aussi bien réparitir l’argent à l’ensemble du personnel ou, mieux, redonner l’argent en trop aux consommateurs en diminuant les prix de vente. D’ailleurs les montants versés aux dirigeants dépendent moins de leur « performance » individuelle que de la taille de l’entreprise. Plus l’entreprise est grande, plus sa valeur ajoutée permet les fortes rémunérations d’une seule personne… avec la bienveillance d’un conseil d’administration inféodé à ce patron.

Salaire : Il est possible de fixer un salaire minimum, il est donc possible de plafonner le salaire des dirigeants. Un patron ne possède que deux bras et une seule tête, des besoins similaires à tous, il ne vaut pas beaucoup plus que n’importe lequel d’entre nous et sans doute beaucoup moins dans des tas de domaines (la sagesse, le respect des autres, l’amour de la nature, etc.). Donc à travail égal, salaire égal. Il n’y a pas d’inégalité de valeur entre le travail d’un éboueur et celui d’un PDG. Ils sont aussi utiles à la société l’un que l’autre, ils dépendent autant l’un de l’autre, ils ont les mêmes besoins matériels. Alors pourquoi à travail égal un revenu différencié ? L’unité monétaire devrait être définie par l’heure de travail, seul le nombre d’heures travaillées ferait la différence de revenu entre dirigeant et dirigés. Admettons qu’un patron travaille 15 heures par jour sept jours sur sept en pensant certaines nuits à son entreprise. Même dans ce cas il ne devrait être payé que trois fois la somme donné au travailleur de base de son entreprise, il ne turbine pas du chapeau plus de 100 heures par semaine ! Pratiquons la simplicité volontaire, exigeons des cadres et des patrons de faire de même.

Héritage : quand le patrimoine est transmis d’une génération à l’autre par famille interposée, les inégalités se reproduisent dans le temps. Toute égalisation consisterait à donner à chaque personne le même capital de départ, ce qui est difficile quand on considère qu’il y a à la fois un capital économique et financier (entreprise, patrimoine de rapport), mais aussi un capital culturel ( pouvoir de se faire entendre, qualité acquise par une socialisation spécifique), ou même un capital relationnel (le carnet d’adresses des parents et/ou de la grande école dont on sort). La disparition de l’héritage des biens mobiliers et immobiliers serait un premier pas vers une société abandonnant la reproduction des privilèges. En définitive la polarisation des raisonnements sur la reproduction sociale oublie un paramètre essentiel, le niveau de capital naturel qui est transmise non pas à l’intérieur d’une famille, mais d’une génération humaine à l’autre. C’est pourtant là l’essentiel, préserver l’avenir des générations futures en transmettant un capital naturel intact.

Interaction spéculaire : dans l’état actuel de la planète, affaiblie et épuisée, aucune personne ne devrait revendiquer un niveau de vie supérieur à celui de la moyenne mondiale. Tant que les gros continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine, sommes-nous incités à changer notre mode de vie et à limiter nos gaspillages? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de la classe globale soit sévèrement réduite. En soi, pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Thorstein Veblen pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas.

Actualisation. Jeff Bezos n’a pas payé d’impôt sur le revenu en 2007 et en 2011, Elon Musk n’a pas versé un cent en 2018, George Soros n’a rien payé trois ans de suite. Selon les calculs du site ProPublica,, sur la période 2014-2018 les vingt-cinq premiers milliardaires américains ont payé 13,6 milliards de dollars d’impôt fédéral sur le revenu alors que leur fortune progressait de 401 milliards de dollars : il n’existe pas d’impôt sur la fortune aux Etats-Unis. Quant aux plus-values, elles ne sont pas taxées tant qu’elles restent latentes, depuis une jurisprudence de la Cour suprême en 1920. Si Joe Biden prévoit d’augmenter le taux marginal de l’impôt sur le revenu de 37 % à 39,6 %, de taxer les plus-values comme les revenus pour les millionnaires, et de taxer plus fortement les héritages, il ne prévoit pas d’impôt sur la fortune. En France l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) a remplacé l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) sur décision de Macron ; les actionnaires ne payent plus rien, mais le patrimoine immobilier est taxable même si vous n’avez pas l’intention de vendre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 avril 2011, supprimons les inégalités de salaires

7 avril 2011, supprimons les inégalités de salaires (suite)

7 mars 2014, L’héritage, instrument oublié de la décroissance

12 mai 2015, Salaire élevé d’un patron, n’acceptons pas l’injustifiable

28 janvier 2020, La fin des inégalités, c’est pour demain !

Lanceurs d’alerte, allons à leur défense

Panama papers, Mediator, Dépakine, contaminations et fraudes alimentaires, pollutions environnementales… Derrière ces scandales, il y a des lanceurs d’alerte qui décident de prendre la parole pour dénoncer les dysfonctionnements. Ils sont motivés par leur souci de l’intérêt général. Malheureusement, suite à cet engagement, leur quotidien devient trop souvent intolérable, harcelés, mis au placard, licenciés. Lorsqu’il s’agit de militants associatifs, ils font face à des agressions verbales, physiques, ou des poursuites judiciaires abusives. En 2016, la loi Sapin II a tenté de régler, en partie, ce problème. Elle a, par exemple, interdit de licencier ou de rétrograder les lanceurs d’alerte. Mais obtenir ce statut relève encore du parcours du combattant et cette loi comporte de nombreuses lacunes. Elle n’offre, par exemple, aucune garantie que les alertes soient traitées, ce qui est bien souvent la première demande des lanceurs d’alerte.

Nous demandons à présent au gouvernement et aux parlementaires d’aller plus loin et de saisir l’occasion inédite que représente l’impératif de transposition de la directive européenne pour la protection des lanceurs d’alerte.

En effet en 2019, l’Union européenne a adopté une directive qui doit être transposée en droit français avant la fin de l’année 2021. Elle met, par exemple, fin à l’obligation, pour un salarié, d’alerter d’abord au sein de son entreprise – obligation qui l’expose bien souvent aux représailles ou qui fait courir le risque de destruction de preuves. Mais sur d’autres points, elle laisse aux États le soin de définir eux-mêmes les modalités d’amélioration de leur législation . Douze propositions concrètes ont été formulées par la Maison des Lanceurs d’Alerte pour compléter les dispositions de la directive. Des institutions reconnues telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH – la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme – ont publié des avis rappelant au gouvernement l’urgence et l’importance du problème. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons aucune certitude que des mesures ambitieuses seront adoptées.

Nous invitons donc toutes les personnes à signer notre appel.

https://loi.mlalerte.org/je-signe

Pour nous contacter : https://sciencescitoyennes.org/a-propos/contacts/

Pour en savoir plus sur les lanceurs d’alerte :

3 février 2015, Loi Macron, secret des affaires et lanceurs d’alerte

13 mars 2019, Contre le secret des affaires, quelle législation ?

6 juin 2021, Interdit de lutter contre le greenwashing

Covid et Bhoutan, avantage à la petite taille

Curieusement, plus il y a d’hommes sur la terre, moins la réflexion semble tenir compte de l’influence exercée par le nombre sur les comportements. A partir du XIXe siècle, on a même l’impression qu’il n’y a guère que les malthusiens pour comprendre qu’une organisation est solidaire d’une échelle. Cette négligence envers le caractère essentiel du nombre est stupéfiante, c’est pourquoi tout éloge de la petitesse est bienvenu. Perché entre la Chine et l’Inde sur les contreforts de l’Himalaya, le Bhoutan et ses 750 000 habitants n’a enregistré que 1 190 cas déclarés de Covid, dont un seul mortel. « Notre force tient au fait que nous sommes petits », a expliqué la ministre de la santé. Sa Majesté Jigme Khesar Namgyel Wangchuck l’avait déjà dit en 2015 devant les étudiants de l’université du Bhoutan : « En tant que petit pays, nous pouvons être bien plus efficaces, plus réactifs, et plus résolus que ne peut l’être une grande nation. » Il avait même ajouté que cela permettait de s’épargner bien des problèmes, comme le développement des mégapoles ou l’émergence d’une technostructure éloignée des citoyens. Pendant la pandémie actuelle, le premier ministre bhoutanais qui est aussi chirurgien a continué d’opérer le samedi. Les paysans venaient apporter des vivres aux fonctionnaires du ministre de la santé qui veillaient tard dans leurs bureaux. Au Bhoutan, ce n’est donc pas officiellement la grandeur de la nation qui importe, mais la recherche de l’harmonie.

Ce petit pays semble donc une illustration parfaite des recommandations de Leopold Kohr qui avait fait dès 1957 l’éloge de la petitesse : « Si nous voulons éliminer le crime à Chicago, nous ne devons pas éduquer Chicago et le repeupler de membres de l’Armée du Salut ; nous devons éliminer les communautés de la taille de Chicago… La taille modeste est une solution aux problèmes créés par la taille excessive… Les problèmes de la violence ne disparaissent pas, ils sont juste réduits à des proportions supportablesOlivier Rey, dans son livre « Une question de taille », reprend les idées de Kohr, mais aussi d’Ivan Illich, pour en tirer quelques enseignements. Il y a ceux qui refusent l’idée même de limite posée a priori : pour eux, l’être humain est infiniment transgressif ou n’est pas. Il y a ceux qui admettent que certains seuils ne doivent pas être franchis mais, quand il s’agit de savoir où situer ces seuils, impossible de s’entendre. On croit beaucoup, de nos jours, aux vertus du débat d’où pourrait émerger un consensus. Bien à tort. Les débats exacerbent les antagonismes et font progresser l’incompréhension mutuelle. Telle est la force de l’idéologie libérale que, une fois implantée, elle anéantit radicalement la faculté psychique et sociale à admettre une limite et à la respecter, qu’elle ne peut que continuer à régner jusqu’à ce qu’intervienne la main invisible de la catastrophe.

Être petit est certes une qualité, encore faut-il se préserver des interférences venues de l’extérieur. Le Bhoutan pouvait encore échapper aux diktats d’une société consumériste dilapidant les ressources naturelles. La télévision n’avait été introduite qu’en 1999, la capitale Thimphu (50 000 habitants) n’avait ni feu rouge, ni ascenseurs, le tourisme était endigué. Le Bhoutan avait même adopté le principe du BNB (Bonheur National Brut) lors d’une tribune prononcée par son roi devant les Nations unies en 1972 : gouvernance responsable, conservation d’une culture traditionnelle, sauvegarde de l’environnement et utilisation durable des ressources. Malheureusement le quatrième principe, « croissance et développement économiques » ne pouvait que démolir rapidement les principes précédents : il faut augmenter le PNB (Produit National Brut) en imitant un modèle occidental qui est en train de faire faillite. Le ver est dans le fruit, le Bhoutan a cédé aux vertiges de l’éducation scolaire et aux ravissements de la télévision ; on a déjà assisté à la première émission de « Bhutan idol », version locale de « Star Academy ». Tout est possible dorénavant, on a construit un stade et la route nationale est élargie ; on importe des travailleurs immigrés et on laisse l’Inde financer jusqu’à 70 % du budget national. En conséquence le contact avec la Nature va disparaître au triple galop : la Biosphère ne peut plus être tranquille même sur les bords de l’Himalaya.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

20 juillet 2016, À lire, The Breakdown of Nations (Leopold Kohr, 1957)

Mai 2021, le point de vue des écologistes

Notre tâche quotidienne depuis 2005 est de présenter le point de vue des écologistes sur ce blog biosphere. Il ne s’agit pas d’imposer une idéologie, mais de fournir des éléments de réflexion. Un (dés)accord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire sur un article. Pour nous envoyer une contribution plus générale, pas plus de 4000 caractères svp. Voici en lien les thématiques étudiées pendant le mois de mai 2021 :

1er mai 2021, Avril 2021, le point de vue des écologistes

2 mai, Cri de colère contre les sciences économiques

3 mai, Une culture commune à l’école, l’écologisme

4 mai, Quelle démocratie dans une société écologisée

5 mai, Le monde d’après Covid, avec ou sans avions ?

5 mai, Une gauche humaniste, sociale ET écologique ?

6 mai, L’écran pharmakon, à la fois remède et poison

6 mai, Comment obtenir une majorité écologisée ?

7 mai, Éliminons chiens et chats de compagnie

7 mai, Planification publique et carte carbone

8 mai, T errible avenir tel qu’on se le cache

9 mai, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

10 mai, Liberté d’expression ou bien art de convaincre

10 mai, Léonore Moncond’huy, seule contre les avions

11 mai, Les préjugés du journal « La décroissance »

11 mai, Localisme à la sauce Rassemblement National

12 mai, Réinventons notre relation à la montagne

13 mai, Une histoire nationale à dé(re)construire

14 mai, 2022, encore et toujours l’ego de Mélenchon

15 mai, OGM, limites de la recherche-développement

16 mai, Énergie libre, un cas d’illusion technologique

17 mai, François Bayrou et l’impact démographique

18 mai, L’écologie de Macron, théâtre de marionnettes

19 mai, Agence internationale de l’énergie, un leurre

20 mai, Les géants du pétrole, amoureux des arbres !

21 mai, ITER a besoin de se refroidir… fortement

22 mai, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

23 mai, Politique agricole à la solde de la FNSEA

23 mai, Écologisme, fondamentalisme ou pragmatisme

24 mai, Décroissance culturelle, l’art de l’essentiel

25 mai, Biodiversité, les marchands de doute de retour

26 mai 2021, Redonnons au mot malthusien son vrai sens

26 mai, L’illusion du chiffre 2,1 enfants par femme

27 mai, CLIMAT, procrastination du Conseil européen

27 mai, CLIMAT, le syndrome de l’autruche

28 mai, éoliennes, Droite et Extrême D. sont contre

28 mai, Exxon, la mise à mort du géant pétrolier

29 mai, Broyage des poussins pour rester compétitif !

30 mai, « Mein Kampf » à la sauce écolo ? Fantasme !

31 mai, Sommet de l’ONU, alimentation et fécondité

Pour recevoir gratuitement par mail notre récapitulatif mensuel, vous pouvez vous inscrire en écrivant à biosphere@ouvaton.org, merci.

Le blog biosphere est rattaché de façon explicite à un site de documentation des écologistes : http://biosphere.ouvaton.org/. Par exemple le lien « Bibliothèque » renvoie à des résumés de livres sur l’écologie. Nous laissons aux lecteurs le soin de parcourir nos autres rubriques, « Lexique », «  Repères », « Spiritualités », etc. Notre association biosphere est au service du peuple écolo en formation, à la recherche de la symbiose pour affronter de façon analytique l’urgence écologique.

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la transmission des idées d’avenir.

Minimares, en route vers un avenir radieux

Quand on lit le Canard enchaîné*, on est désespéré par l’état désastreux de la démocratie qui y est dénoncé, mais encore plus sûrement effondré par ce qu’on y apprend, la multiplication des activités anti-écologiques.

Azote, alors ! La taxation des engrais azotés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre faisait partie des 149 propositions listées par la Convention citoyenne pour le climat. Ni une ni deux, Emmanuel Macron retient la réduction mais biffe la taxation. La FNSEA et les producteurs d’engrais se sont démenés pour tuer dans l’œuf ladite redevance. Un lobbying relayé avec zèle par le ministre de l’agriculture. Il est vrai aussi que le dircab du ministre s’y connaît en fertilisants, pour avoir été quatre ans durant le directeur stratégique du groupe Roullier, l’un des plus gros fabricants d’engrais azoté. Et tant pis pour le climat si le protoxyde d’azote relargué par ces engrais est un gaz à effet de serre 310 fois plus puissant que le CO2. La loi climat est en marche !

La poubelle veut qu’on l’aime : Pas loin de Bure, là où on est en train de creuser ce qui sera la plus grande poubelle nucléaire du monde, les procès contre les antinucléaires relèvent de la routine. Il y en a déjà eu plus de 60. Du 1er au 3 juin se tiendra au palais de justice de Bar-le-Duc un nouveau procès, sept antinucléaires sont mis en examen pour carrément « associations de malfaiteurs ». Pendant les deux années qu’a duré l’enquête, dix personnes ont été placées sous contrôle judiciaire. Elles n’ont pas eu le droit ni de se rencontrer ni de se rendre dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Un observateur international note : « En trente ans de métier, je n’ai jamais vu un telle oppression, mis à part dans le cas d’affaires terroristes ou de grand banditisme. » Le chantier à Bure devrait durer cent cinquante ans… (Jean-Luc Porquet)

Vive les salades électriques ! Tapage médiatique, les « fermes verticales » vont nous sauver. Celle de Gilles Dreyfus fait 11 mètres de hauteur pour 55 00 m² de surface cultivée sur plusieurs étages. Confinés sur leurs rayonnages dans cet entrepôt robotisé, les aromates et les laitues vont pousser en toute saison. Mais ne nous racontons pas des salades. On estime à 274 kWh la quantité d’énergie nécessaire à la production de 1 kg de salade dans de telles conditions. Même une serre chauffée en consomme trois fois moins. Cela représente la consommation électrique d’un ménage français moyen pendant 19 jours !

Rubrique minimares. Yannick Jadot l’assène (Le Figaro, 24/05) : « Si nous voulons diriger le pays, nous n’avons pas d’autre choix que de nous confronter à la réalité. » Et à la complexité complexe et à vif des Verts.

* Le Canard enchaîné du 26 mai 2021

CLIMAT, le syndrome de l’autruche

Nous ne voyons que ce que nous voulons voir. Nous sommes extraordinairement compétents pour distinguer nos alliés de nos ennemis, mais le réchauffement climatique n’est pas causé par un ennemi externe. Comme cette menace peut être interprétée de différentes façons, nous tendrons à la concevoir de la manière qui nous arrange le plus. D’un côté notre propre mode de vie et nos émissions de gaz à effet de serre sont associés dans notre esprit à notre confort et à la protection de notre famille. De l’autre les perturbations à venir du climat constituent une menace d’une ampleur qui n’a d’égale que la guerre nucléaire. Il est menaçant à tous les niveaux : pour notre habitat, notre identité, notre niveau de vie, nos attentes pour l’avenir. Il faudrait donc accepter des pertes à court terme dans notre réalité immédiate pour réduire le risque de pertes indéfinies à long terme. Le changement climatique ne porte donc aucun traits distinctifs qui mèneraient normalement notre cerveau à passer outre à nos intérêts à court terme, et nous mobilisons nos biais cognitifs pour le maintenir à l’arrière-plan.

D’abord nous sélectionnons les codes sociaux qui renforcent le plus le positionnement que nous avions préalablement choisie. C’est ce qu’on appelle la « chambre d’écho ». Nous limitons nos sources d’information à quelques médias, site, blogs ou publications qui viennent renforcer nos idées. Ce biais de confirmation est la tendance à privilégier les preuves qui étayent nos connaissances, idées et croyances préalables. Lorsque nous sommes confrontés à une nouvelle information, nous la modifions pour l’insérer au schéma pré-existant, selon une assimilation biaisée. Il n’y a même pas de rapport étroit entre l’opinion concernant le réchauffement climatique et le niveau d’intelligence. Les personnes au QI élevé utilisent leur capacité de réflexion pour créer davantage d’arguments justifiant leur conviction préexistante. Par exemple, quand le consensus scientifique de l’origine anthropique du changement climatique rassemble 97 % des scientifiques, cela ne fait que renforcer le statut des 3 % de scientifiques dissidents.

Et puis il y a « l’effet du témoin », ce qu’on appelle en France « interaction spéculaire » : plus le problème est connu par d’autres, plus nous faisons abstraction de notre bon sens et observons les comportements autour de nous pour savoir comment réagir. Ne pas être en phase avec le groupe est synonyme d’exclusion, parfois violente. Même une communauté en train de se remettre d’une catastrophe climatique fait le choix collectif de raconter des récits positifs sur l’entraide et la reconstruction, et réprime la délicate question du réchauffement climatique, qui implique de remettre en question valeurs et mode de vie. De 2005 à 2012, la région des Grandes Plaines a été, année après année, la plus touchée par des catastrophes climatiques. Pourtant, aux élections sénatoriales, tous les candidats républicains élus avaient publiquement contesté la climatologie ou rejeté des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, de quoi sera fait l’avenir ? Le Future of Humanity Institute a réalisé un sondage auprès d’universitaires sur les risques mondiaux. Ils estiment à 19 % la probabilité que l’espèce humaine s’éteigne avant la fin de ce siècle. Selon les calculs figurant dans le rapport Stern, le risque d’extinction au cours des cent ans à venir s’élève à 9,5 %. Selon une enquête menée après de préadolescents américains, la moitié d’entre eux estiment que le monde est en chute libre et un tiers pensent qu’il n’existera plus lorsqu’ils seront adultes. L’extinction est un schéma émergent autour du changement climatique.

Synthèse de différentes pages du livre de George Marshall, Le syndrome de l’autruche (Actes sud/colibris 2017), traduit de Don’t Even Think About It, 2014