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Macron, des Européennes aux Législatives

Le soir des Européennes, 9 juin 2024, Emmanuel Macron

« On ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé lors de ces élections, ma décision de dissolution s’imposait. L’heure est à la clarification. C’était la bonne décision, dans l’intérêt du pays. Et je dis aux Français : n’ayez pas peur, allez voter.  Les forces républicaines d’un côté, les forces extrémistes de l’autre se positionnent. Je tends la main à tous ceux qui sont prêts à venir gouverner et à travailler à une synthèse dans le sens d’une radicalité ambitieuse. La décision que j’ai prise ouvre une nouvelle ère. J’y vais pour gagner ! 

Conférence de presse de Macron le 12 juin 2024. La liste à la Prévert qu’il annone représente des intérêts bien trop hétérogènes pour en faire un « NOUS » . Et l‘écologie est complètement absente, comme d’ailleurs les enjeux internationaux :

« Je ne veux pas donner les clés du pouvoir au Rassemblement national en 2027… Certains députés de La France insoumise créent un désordre à l’Assemblée nationale… L’équation parlementaire était devenue intenable. J’ai donc pris acte d’un blocage qui conduisait inéluctablement à empêcher le gouvernement d’agir, ce qui devenait dangereux pour la France . Je propose des élections législatives anticipées pour permettre de gouverner à des forces politiques qui ont été choisies par les Françaises et les Français… La droite républicaine, tout au moins celui qui en a la charge, vient de faire pour la première fois alliance avec l’extrême droite… Je  promet l’autorité républicaine à tous les étages.. Je vais réduire l’immigration illégale grâce à l’Union européenne… Je promet la reprise en main par l’Etat des mineurs non accompagnés… Je ne permet pas  l’usage des téléphones avant 11 ans et l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans… Je  généralise le service national universel d’ici à la rentrée 2026 afin de recréer des rites républicains… Je construis huit nouveaux réacteurs nucléaires… » 

Le point de vue des gens normaux

– Le chef de l’État a sobrement répondu aux questions des journalistes : « Je ne me prends pas pour Jupiter, je suis Jupiter ».

– Le classique : moi ou le RN… Seulement là manifestement cela va virer au cauchemar… car qui veut encore de lui ?

– Notre Président en culottes courtes n’a jamais compris que « En marche » puis « Renaissance » n’ont aucune substance et qu’il a fait le jeux des extrêmes.

Le mec dégage tous ses députés et fait tout de suite campagne pour qu’on réélise les mêmes députés, c’est une blague?

– Ça sent les propositions de dernière minute. Il doit avoir de sacrés conseillers le père Macron.

– Toujours la même soupe, plus il parle, plus il s’écoute parler, moins on écoute

– « C’est clair ! », « j’ai toujours été clair ! », « les choses sont claires ! », « je suis pour la clarification ! »..… En bref c’est pas très clair !

– En fait, c’est un catalogue de mesurettes : un discours de chef de gouvernement, pas de président de la république.

Je suis choqué de voir le président se comporter comme le leader d’une majorité improbable alors que je croyais qu’il était le garant de l unité du pays

– Merci Monsieur Macron, vous venez de me faire comprendre que je si je vote à droite, je suis fasciste, et que si je vote à gauche, je suis stalinien.

– J’ai l’impression qu’en plus de jouer avec le feu, il commence à manquer sérieusement de lucidité. Mais faites-le taire !

– Il n’a pas encore compris que l’heure de la fin de son unique septennat avait sonné…

– Les élections du 7 juillet prochain vont montrer que Macron va se retrouver dans l’incapacité totale d’appliquer un quelconque programme…

– Macron affirme sans sourciller ne pas vouloir donner les clés du pouvoir au RN en 2027… alors qu’il va les lui donner aux législatives.

La presse internationale se demande si Macron est devenu fou? La réponse est claire, oui !

Où allons-nous ? Quelle est la hiérarchie des objectifs potentiels ? Quelles marges de manœuvre dans un contexte international de plus en plus tendu, et un contexte budgétaire de plus en plus contraint ? Quels moyens pour lutter contre le réchauffement climatique ? Que faire si le prix du baril explose ? Quelle compétitivité pour la France alors qu’elle n’a pas plus de mines sur son sol et un coût salarial élevé ? Quelle place faire à la résorption du déficit public ? Comment payer les retraites si on supprime la loi qui a été voté ? Quelle attitude adopter sur les conflits internationaux en cours, Ukraine, Gaza, Taïwan, etc. ? Il ne faut plus compter sur Macron pour donner des réponses.

Le point de vue de Raphaël Glucksmann sur une union à gauche et écolo

« Voici les conditions : un soutien indéfectible à la construction européenne, un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’assurance-chômage et de la loi “immigration”, une accélération de la transition écologique et un rejet de la brutalisation de la vie politique. Si ces conditions ne sont pas remplies, on ne fait pas alliance…. Je vais prendre mon bâton de pèlerin et soutenir tous les candidats face au RN qui auront adhéré à ces cinq points qui sont les cinq points basiques de respect de la démocratie et je ne fais pas ça pour être premier ministre. J’ai une idée, ça ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon. Je pense à Laurent Berger [ancien secrétaire général de la CFDT] qui a incarné la lutte contre la réforme des retraites, qui a été d’une responsabilité aussi grande que l’irresponsabilité de notre président actuel. »

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L’indigne criminalisation des mouvements écolos

Il n’était pas rare dès la naissance de ce blog que des commentateurs nous renvoient à la face les mots « totalitarisme », « Khmers verts » ou autres « Ayatollah de l’écologie ». L’écologie serait donc un repère de gens peu recommandables. Aujourd’hui le gouvernement avait repris cette thématique en allant encore plus loin que des mots, en criminalisant les mouvements écolos, par exemple cette tentative de Darmain d’interdire « Soulèvements de la Terre ». Pour en savoir plus :

Stéphane Foucart  (journaliste du MONDE) : « La thématique environnementale a presque disparu lors des élections européennes du 9 juin 2024. Une des causes résulte à l’évidence de la criminalisation du mouvement environnementaliste : extravagante sévérité de la réponse judiciaire au Royaume-Uni, gestion policière des actions écologistes par le ministre de l’intérieur en France. Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou interdictions de manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social. L’écologie serait une affaire de dangereux délinquants ! Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement.

En miroir de la criminalisation des mouvements écologistes se construit ainsi la banalisation des postures et des mots de l’extrême droite la plus radicale.« 

Le point de vue des aveugles

Mr Foucard est un parfait porte-parole de nos khmers verts.

– Décidément l’idéologie rend sourd et aveugle M.Foucart.

– Une telle tribune partielle et partisane a-t-elle sa place dans le Monde ?

– Certaines manifestations  » écologiques  » ne permettent en aucun cas de justifier cette tribune.

– Les juges anglais ont récemment envoyé en prison des rigolos qui avaient bloqué le pont de la tour de Londres, exemple à suivre.

– Dans un système démocratique, ce n’est pas le plus violent qui décide, point final à la ligne.

Le point de vue des écologistes éclairés

Les contributions ci-dessus montrent combien la menace du dérèglement climatique est peu prise au sérieux par les Français….jusqu’à ce que leur maison soit inondée, l’électricité coupée, et là on va chouiner auprès des pouvoirs publics…

– Bien d’accord avec vous monsieur Foucard. Dans 50 ans les manifestants écolos d’aujourd’hui seront vus comme des résistants précurseurs. Comme les suffragettes en leur temps qui bravaient à l’époque les lois du machisme.

– Quand un état n’est plus capable ni désireux de répondre à la menace la plus forte qui pèse sur le pays et l’humanité, il se délégitime et ouvre la voie au chaos ou à la dictature. Un concept éclaire la situation, le « carbo-fascisme », une nouvelle tendance du populisme : il installe au pouvoir les néolibéraux pour continuer leurs sombres desseins de pillage de la planète.

– Il est parfaitement possible de faire de juteuses affaires avec les régimes d’extrême droite. L’histoire regorge d’exemples de grandes fortunes soutenant sans état d’âme ce type de régimes.

– La rengaine simpliste sur l’obéissance due à l’Etat en démocratie ne tient plus devant les faits scientifiques. Cela fait 40 ans que les gouvernements successifs ignorent 7 rapports consécutifs de la plus démocratique instance scientifique internationale, le GIEC, qui nous dit que les politiques actuelles nous mènent à la catastrophe : un réchauffement de 3 degrés.

– L’histoire donnera raison à ceux qui ont résisté contre le saccage de la planète, pas à ceux qui font des leçons de démocratie, dans le confort de leurs appartements bien chauffés et climatisés.

– Les industries polluantes et pilleuses des ressources naturelles, les vraies criminelles, se démènent à coup de millions avec des lobbies surpuissants pour contrer toutes les tentatives de critique. Faire passer les acteurs écologistes pour des criminels en se faisant aider par le pouvoir est une de leurs dernières trouvailles.
– Macron, Darmanin et consorts n’ont aucune compréhension des enjeux environnementaux. Ce ne sont même pas des « politiques » mais de simples marionnettes dont la mission est de préserver les intérêts du monde économique. Rien d’étonnant donc à ce qu’il mettent prioritairement l’accent sur la lutte contre ceux qui aspire à un changement de modèle.

– « Personne n’aime les porteurs de mauvaise nouvelle » entend-on dans Antigone, la pièce de Sophocle.

– Macron n’attaque pas les Amishs par hasard. C’est pourtant un mode de vie de ce type qui peut sauver tout le monde. Mais les gens n’en veulent pas. Donc ce sera le mur.

– Le « court-termisme » idéologique et la préoccupation électorale de se maintenir au pouvoir contribuent encore à accélérer cette tendance gouvernementale à la répression. La seule chose dont on est certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. Les changements auront lieu, voulus ou subis, mais ils auront lieu.

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Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie (2013)

extraits : En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits.

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A69. Manifestation interdite, donc violente ?

Les États présentent un caractère double assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage et des projets utopiques. Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126.  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Pour se désenclaver, un travailleur castrais devra donc débourser chaque mois un peu plus d’un quart du smic.

Matthieu Goar et Audrey Sommazi : A partir du 7 juin 2024, les mouvements mobilisés contre le projet d’autoroute avaient prévu trois jours de réunions et d’actions sur le tracé de l’A69. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a demandé au préfet du Tarn d’interdire « cette nouvelle manifestation qui s’annonce extrêmement violente » où pourraient se rendre « 5 000 personnes dont 600 black blocs ». Le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale a, pour sa part, évoqué le film Minority Report (2002) en décrivant un gouvernement prêt à « nous plonger en plein film d’anticipation où la violence s’invente avant même son existence éventuelle ».

Après s’être concertés, les principaux collectifs – Les Soulèvements de la Terre, La Voie est libre (LVEL), Extinction Rebellion Toulouse, la ZAD A69 – ont signé un communiqué où ils appellent quand même à « se rassembler massivement ». Autour du chantier de l’A69, des dégradations de matériels ont été constatées depuis plusieurs semaines, certaines revendiquées par le GIEC, le Groupe d’intervention pour l’extinction des chantiers….

Le point de vue des écologistes activistes

ExtinctionRebellion : Darmanin était plus humble et compréhensif face aux agriculteurs en tracteurs de 10 tonnes… Facile de faire le gros bras contre des familles en vélo cargo et quelques freluquets végétariens à capuche.

hapax : Le gouvernement cherche la confrontation. Ce sera donc violent : les luttes de défense de la Terre ne se font pas avec des caresses. Face à l’absurdité de ce projet dénoncé par tous les scientifiques et face à l’urgence climatique, il s’agit de légitime défense. Il s’agit de contre-violence. Il s’agit de défendre l’avenir.

Stchef : Soutien total a ces opposants dont je salue le courage. L’humanité doit RALENTIR et non pas accélérer comme ce qui est propose par ce type de projet complètement décalé par rapport aux enjeux climatiques actuels…

bruno81 : J’habite dans le coin et lors de la dernière manifestation, qui s’est très bien passé d’ailleurs, la police contrôlait les véhicules des personnes qui rentraient chez eux le soir. Ainsi, mon canif de pique-nique m’a été volé par les forces de l’ordre, et est devenu, dans les rapports, la preuve des ambitions violentes de tous les manifestants. Je suis assez fier du destin révolutionnaire glorieux de mon petit canif à fromage, même s’il me manque…

Tanith : Au lieu de construire une autoroute qui ne servira qu’aux quelques privilégiés qui pourront se payer le péage, on ferait mieux d’utiliser tout cet argent, coût de la construction mais aussi coût exorbitant du soi-disant maintien de l’ordre (qui aggrave plus le bordel qu’autre chose) à rendre résiliant nos campagnes et nos villes contre le changement climatique.

Paspourlongtemps : Mais qu’ils la construisent cette autoroute. Dans 10 à 20 ans ce sera une magnifique piste cyclable ! Enfin peut-être que les futurs décideurs la transformeront en ligne de tramways à pneus, ce sera facile et pas cher.

Slibo : A l’heure où tout indique une accélération du réchauffement climatique, Renaissance et le PS, gardent le cap: oui aux autoroutes, non aux arbres

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A69, État pillard et non État stratège ! (avril 2024)

extraits : En dépit des avis négatifs des instances d’expertise et des fortes oppositions locales, la volonté de l’État et des collectivités de construire cette autoroute censée désenclaver Castres semble inébranlable. A quel moment l’État pillard prend-il le pas sur l’État stratège ? Notons que le pillage n’existe que par le soutien des électeurs au pouvoir en place. Toute tentative d’avancée militante se heurte à des personnes qui vivent dans un monde où l’urgence écologique n’existe pas….

A69, entraves à la liberté de la presse (mars 2024)

extraits : Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a demandé le 29 février 2024 à ce que le travail de la presse soit facilité sur le site occupé par les opposants au projet de l’autoroute A69….

A69, quand le futur combat le passé (novembre 2023)

extraits : Le 24 septembre 2023, deux cents scientifiques toulousains d’entre eux avaient réclamé l’abandon de l’A69 (une nouvelle autoroute) dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente (socialiste) de la région Occitanie, qui soutient le projet. Le 4 octobre 2023, ils sont 1 500 scientifiques à signer une lettre ouverte, publiée par L’Obs, pour dénoncer ce même projet….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

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D-Day versus élections européennes

Coup de tonnerre, Macron vient de dissoudre hier soir (peu après 21 heures) l’Assemblée nationale, nouvelle élection législative le 30 juin (1er tour). Il y en a un qui aime joue avec le feu !

Nous maintenons cependant notre article ci-dessous qui était programmé pour ce jour… Macron avait  mélangé élections européennes et combat contre l’extrême droite comme il a aussi mélangé élections  européennes et commémorations du D-Day. Le mélange des genres ne fait jamais bon ménage…

D-Day versus élections européennes

Les gouvernants nous prennent de tous temps pour des imbéciles, toujours prêt à devenir de la chair à canon. Et si on n’obtempère pas on se fait fusiller… pour l’exemple. Devenons objecteurs de conscience, opposés à l’usage collectif des armes, bénéficiant d’un statut voté en 1963. Une démocratie réelle n’est possible que si le citoyen peut s’opposer à un enrôlement dans une guerre qu’il jugera inutile. Or aucune guerre dans l’histoire humaine n’a montré sa nécessité. C’est pourquoi les commémorations du D-Day ne sont que  des hommages à la bêtise humaine. Cette cérémonie médiatisée et mise en scène pour les 80 ans de « la libération » devrait nous laisser indifférents : pourquoi mettre en avant quelques centenaires alors que ce qui est le plus parlant, c’est le nombre de morts sur la plage le 6 juin 1944 pour pas grand chose.

Ce qui soulève le cœur, c’est la récupération politique qui est faite du D-Day par les présidents des grandes puissances ; Emmanuel Macron en particulier ne fait qu’utiliser l’évènement pour parler de la guerre en Ukraine, du conflit à Gaza et des enjeux du scrutin européen. Jamais pour proclamer la fin de toutes les guerres. Le chancelier allemand Olaf Scholz est associé à cette commémoration alors que son pays était à cette époque maintenant lointaine l’ennemi déclaré. Pourquoi ne pas avoir fait autrefois l’union des peuples au lieu de toujours penser militarisation ? L’Union européenne essaye par exemple de chercher aujourd’hui la paix pas d’autres moyens que la guerre. Qu’il y ait eu des élections européennes le 9 juin 2024 montre parfaitement la pacification des relations entre la France et l’Allemagne. C’est une réelle avancée qu’on n’aurait jamais du éclipser par un retour 80 ans en arrière,  Ce n’est pas l’entrée des troupes alliées en France qui ouvre la voie à la démocratie et à la liberté. Cela n’a pas marqué définitivement « la fin du système barbare du national-socialisme et de son hystérie raciste » comme le voudrait Olaf Scholz. La montée actuelle de l’extrême droite en France comme en Allemagne montre clairement qu’aucun débarquement ne met un terme à la connerie humaine.

Précisons. Refuser l’usage des armes n’est pas un refus de se défendre. Le problème de fond, c’est le manque de conscience des citoyens. Hitler n’est arrivé au pouvoir qu’avec l’assentiment des Allemands. La France a fait des guerres colonialistes en Indochine et en Algérie sans demander l’avis du peuple. L’invasion de l’Ukraine par Poutine n’a pu se faire qu’avec l’accord global des Russes. Si tout le monde était objecteur de conscience, on résisterait avec succès à l’autoritarisme des gouvernants. Si tout le monde était objecteur de conscience, il n’y aurait plus de guerre. Le changement se fait donc d’abord par l’action individuelle. Encore faut-il qu’un jeune puisse se déclarer objecteur de conscience lors de la JDC (journée défense citoyenneté) obligatoire. C’est paradoxalement interdit, prétextant de la fin (temporaire) de la conscription.

Encore faut-il aussi que la recherche de la paix se concrétise au niveau collectif. Si nos dirigeants étaient conscients de l’impasse historique à laquelle nous a mené le fait d’aimer semble-t-il nous entre-tuer, ils remplaceraient le principe obsolète « Si tu veux la paix, prépare la guerre » par son alternative : « Si tu veux la paix, prépare la paix ». Candidat à la présidence de la république, un candidat crédible devrait annoncer dans son programme que la France ne veut plus être un pays supérieur aux autres disposant d’un droit de veto unilatéral. L’appartenance au bloc militaire que constitue l’OTAN ne peut que nous entraîner dans une spirale de la violence, il fiat en sortir. Si l’ensemble de l’appareil militaire français était confié aux mains de l’ONU, nos soldats auraient des casques bleus. On ne s’engagerait pas pour faire la guerre au nom d’une « patrie », mais comme membre d’une force internationale d’interposition dans les conflits armés. Et bien sûr la France engagerait de façon unilatérale un désarmement nucléaire intégral. Autant d’argent qui pourra être utilisé à de meilleures fins que le massacre potentiel d’énormément de civils.

Comme l’exprimait en 1934 Albert Einstein, pacifiste convaincu, « nous aurons le destin que nous aurons mérité ».

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Ukraine, éviter l’invasion était possible

extraits : Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir, un gouvernement pro-Poutine aurait été mis en place, mais il n’y aurait eu aucun morts. Certes une dictature peut perdurer, mais tant que les citoyens feront preuve de soumission volontaire. Aucune dictature n’est éternelle, d’autant plus qu’elle repose le plus souvent sur une seule personne. Hitler, Staline ou Poutine n’ont que leur temps, ils ne maîtrisent pas l’avenir. Le problème n’est donc pas l’absence temporaire de démocratie, mais l’inertie des peuples. Les militaires ont le pouvoir parce qu’ils sont institutionnalisés, on paye des impôts pour les équiper et les nourrir. Une population d’objecteurs de conscience ne se laisserait pas faire, elle aurait la capacité de résister à toute situation imposée à mauvais escient….

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Européennes, les résultats du vote du 9 juin…

Européenne 2024, une élection à la proportionnelle tous les 5 ans dans les 27 États membre de l’UE. Chaque pays fait ses règles, en France par exemple chaque parti doit imprimer son propre bulletin de vote. De toute façon sera-t-il utilisé : on prévoit plus de 50% d’abstentionnistes. Faut-il donc en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son fauteuil ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre Les Écologistes dans les choux ? A chacun de décider, c’est le seul avantage du vote dans l’isoloir : on peut changer d’avis à la dernière minute ! Certes, mais autant connaître tous les déterminants du choix pour avoir une démocratie éclairée. Et d’abord le sondage d’opinion pour se faire une idée de ce que pensent les autres et à comparer avec les résultats effectifs ce soir.

Sondage IPSOS pour Le MONDE

Au niveau des tendances électorales, Jordan Bardella confirme sa première place, loin devant avec 32 % d’intentions de vote pour le Rassemblement national. Valérie Hayer (majorité présidentielle) poursuit son érosion en perdant un point de pourcentage, elle s’établit à 15 %. Raphaël Glucksmann, le candidat du Parti socialiste, est stable à 14,5 %( marge d’erreur = 1). La France insoumise (LFI) conduite par Manon Aubry poursuit sa progression et enregistre désormais 9,5 %. La liste Les Républicains (LR), menée par François-Xavier Bellamy, reste stable à 7 %. Deux listes sont en danger de passer sous la barre des 5 % des votes requis pour envoyer des députés à Bruxelles. Reconquête conduite par Marion Maréchal s’établit ainsi à 5,5 % d’intentions de vote, celle des Ecologistes (Ex-EELV), conduite par Marie Toussaint, à 5 %. Léon Deffontaines, qui conduit la liste du Parti communiste français (PCF), est estimé, quant à lui, à 2,5 % d’intentions de vote, soit au même niveau que la candidate du Parti animaliste, Hélène Thouy,

Le point de vue des écologistes bien informés

Si on voulait que l’écologie ait encore quelques députés à Strasbourg, il fallait d’urgence convertir le plus de personnes possibles. Tant pis pour vous, c’est maintenant trop tard, le vote est ouvert. Si on voulait ridiculiser Macron, on votait Glucksmann. Les autres votes n’avaient aucune importance : si on ne veut pas des idées des extrémistes de droite comme de gauche et si on aime son minou, autant voter animaliste pour se faire plaisir et oublier que c’est une élection qui concerne l’Europe (et pas les toutous).

Pour le reste, notre blog biosphere vous avait déjà informé

Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

extraits : Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles)….

Trois raisons de ne pas voter Rass. Nat.

extraits : Il y a trois raisons pour ne pas voter Rassemblement national . D’abord son désintérêt de la question écologique qui va pourtant structurer nos comportements pendant les décennies qui viennent. Ensuite son culte du leader, l’ordre assumé par une seule personne, de préférence avec une passation de pouvoir au sein d’une même famille. Enfin un argumentaire politique qui se résume à une seule thématique, Nous Français, Eux étrangers, qu’ils restent chez eux….

Européennes, le paradis de Jordan Bardella

extraits : Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration….

Européennes. Des écologistes inaudibles

extraits : Premier débat avec les sept principales têtes de liste… Échanges lamentables ! Des promoteurs d’une société militarisée et non de paix. Pas un mot pour le droit international, la négociation et l’exigence de paix, de sécurité humaine, de rupture avec le capitalisme, d’exigence de solidarité face aux menaces existentielles !

Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen (2023)

extraits : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

Européennes, les résultats du vote du 9 juin… Lire la suite »

CLIMAT. On ne peut que prévoir le pire

Lutte contre le changement climatique, ne risque-t-on pas de sacrifier injustement notre niveau de vie ? Une nouvelle étude estime qu’une hausse de 2 °C de la température mondiale à l’horizon 2100 entraînerait une baisse du PIB mondial de l’ordre de 50 % ! Encore une hypothèse bien en dessous des réalités futures !

Adrien Bilal et Diego Känzig : La plupart des projections des macro-économistes – à commencer par le prix Nobel d’économie William Nordhaus – tablent en moyenne sur un impact du réchauffement climatique somme toute assez faible, de l’ordre d’un à deux points de PIB par degré supplémentaire à la surface du globe. Ils basent leurs évaluations à partir des changements de températures locales, dans un pays donné. Pourtant les événements climatiques (canicules, sécheresses, incendies, hausse de la température des océans, précipitations intenses, tempêtes) ont à la fois des répercussions au niveau local, mais aussi des effets de long terme à l’échelle globale. Une hausse de 2 °C à l’horizon 2100 entraînerait une baisse du PIB mondial de l’ordre de 50 %. Cela se traduirait par une diminution moyenne du pouvoir d’achat de 31 %, soit un niveau équivalent à celui qui a été constaté au pic de la Grande Dépression américaine de 1929.

Stéphane Lauer : L’étude estime le coût économique de l’émission de 1 tonne de carbone aux environs de 1 000 euros, à comparer avec les 160 euros en moyenne habituellement avancés par les économistes. Le rapport coût-bénéfice de la lutte contre le changement climatique se retrouve donc complètement inversé. La décarbonation n’est plus regardée comme un coût net, mais comme un gain à long terme, même si le sujet de son financement reste entier.

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Michel SOURROUILLE : William Nordhaus « prix Nobel d’économie » en 2018, estimait qu’un réchauffement climatique de 3 °C mènerait en 2100 à une perte de PIB de seulement 2,1 % et à une perte de 8,5 % pour une augmentation de 6 °C. La réalité est qu’à 6 °C d’élévation de la température de la Terre, la civilisation thermo-industrielle ne serait plus qu’un vague souvenir et il n’existerait plus aucune institution susceptible de calculer un quelconque PIB – notion qui n’aurait, du reste, plus le moindre intérêt.

Obéron : On ne peut que se réjouir que des études se mettent enfin à évaluer sérieusement les coûts de l’inaction climatique, et ceci à la seule échelle réaliste, celle de la planète. Les climato-sceptiques se contentent d’alarmer les gens en pointant les coûts, exorbitants selon eux, de la lutte contre le réchauffement climatique à présent qu’il leur devient difficile de nier celui-ci. L’étude porte ici sur un réchauffement « limité » à + 2 C, et cela n’est même pas garanti. Lutter contre le dérèglement climatique représente sans doute un effort encore supportable, tandis que l’inaction, elle, rendra la situation hors de contrôle et insupportable, aggravée de plus par de nouveaux conflits. Un réchauffement de seulement 2 degrés en 2100 devient donc une hypothèse optimiste…

Jacques Py : C’est l’unité de la machinerie du Vivant qui est concernée, tant le climat lui est fondateur et déterminant. Les climatologues ont intégré le principe d’une accélération de ces changements climatiques. Le prochain stade est l’emballement, stade où plus rien de connu ni prévisible devient possible. Le Covid fut ce Cygne noir, d’autres surgiront; complexité et fragilité, c’est la définition même de ces équilibres climatiques que nous avons rompu, pour entrer dans l’inconnu.

Le paraméen : 2 exemples récents: les conséquences sur la viticulture de la sécheresse de longue durée qu’ont connue les départements du Sud de la France et celles de l’excès de pluviométrie pour les agriculteurs, éleveurs et viticulteurs récemment. Quel coût économique ? Autre aspect : la répercussion sur le prix des assurances pour couvrir le coût des dégâts occasionnés par les canicules, les incendies, les inondations, les tempêtes dont les fréquences vont s’accroître ? Penser qu’une augmentation des températures sera quasiment sans effets sur la qualité et le niveau de vie des populations est aberrant.

Zahnstocher : Encore un article inutilement anxiogène. Si le PIB diminue de 50%, mais que dans le même temps les canicules et famines engendrées par les baisses de rendements agricoles nous débarrassent de la moitié de la population, tout reste tel quel pour les survivants. Pas de quoi fouetter un chat.

D accord : Certains sont tellement dans leur monde que même s’ils grillaient au soleil, ils accuseraient encore des martiens, un complot judéo-maçonnique, la gauche bobo ou l’ccident.

CM : Moi, ce qui m’épate, c’est cette phrase : « Bilal et Känzig estiment qu’entre 1960 et 2019, le réchauffement a déjà réduit le PIB par tête de 37 %. » Et dire qu’on ne s’en était même pas rendu compte. On pensait même plutôt l’inverse avec nos joujoux technologiques, nos voyages en avion à l’autre bout du monde, nos SUV, nos centrales nucléaires…

Lucy : Oui et c’est sans compter sur l’actuelle chute de la biodiversité. Lorsqu’il ne restera plus que les espèces domestiques et nous sur la planète, il y aura toujours ceux qu’on ne voit pas : les bactéries, champignons et virus…

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CLIMAT. S’adapter, c’est déjà trop tard !

extraits : Dès novembre 1976, la Mitre Corporation, un groupe de réflexion d’origine militaire proche de la Maison Blanche, organisait un congrès intitulé « Living with Climate Change ». Dans son préambule, le rapport passait rapidement sur le réchauffement, considéré comme inexorable. Restait à en évaluer les conséquences sur l’économie américaine. Au Royaume-Uni, un séminaire gouvernemental d’avril 1989 exprimait un point de vue similaire. La première ministre Margaret Thatcher avait demandé à son gouvernement d’identifier les moyens de réduire les émissions. Les réponses vont toutes dans le même sens : inutile de se lancer dans une bataille perdue d’avance. Le ministre français de la transition écologique, Christophe Béchu, a annoncé en 2023 « commencer à construire une trajectoire [de réchauffement] à 4°C » en vue de la fin du siècle….

Croissance durable, un oxymore obtient le prix Nobel !

extraits : Un bon économiste est d’abord un bon écologiste. Mais la Banque de Suède, qui a attribué le « prix Nobel » d’économie aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, ne le sait pas encore. Les colauréats ont paraît-il « mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète ». Comme chacun devrait savoir, une personne qui croit encore qu’une croissance à long terme est possible dans un système planétaire clos (dont on a déjà transgressé toutes les limites) est soit un fou, soit un économiste. Paul Romer vit encore dans l’illusion technologique, « demain on rasera gratis ». Il n’a aucune conscience des contraintes biophysiques. Pour lui, l’innovation permettra la croissance….

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L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée. Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée. Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme. Pour décider de sa propre mort, on peut demander pour soi les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de vieillesse. L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

lemonde.fr : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. » L’article ainsi adopté dispose que « la personne s’administre une substance létale ou, lorsqu’elle n’est pas en mesure physiquement d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou un infirmier ». Les élus Les Républicains (LR) et ceux du Rassemblement national (RN) l’ont âprement combattu : « Cet article 5 est une rupture anthropologique avec le principe d’inviolabilité de la vie humaine , selon un député LR. A l’inverse, les principaux zélateurs ont été les députés insoumis, socialistes et écologistes, soutenus par l’aile gauche de la macronie : l’« aide à mourir » est le moyen d’éviter aux personnes malades de « souffrir le martyre et l’enfer », selon René Pilato, député « insoumis » de Charente. Introduire l’aide à mourir dans le code de la santé publique revient à considérer que l’acte létal pourrait être un soin.

Le point de vue des écologistes qui veulent mourir dans la dignité

Daniel : L’aide à mourir ! Pourquoi ne pas utiliser les termes employés par l’association ADMD, « droit de mourir dans la dignité » car c’est bien de cela qu’il devrait être question…

Alfred K. : LR et RN massivement contre ! Il faut prendre conscience de ce qu’expriment ces droites : une rupture radicale avec l’immense majorité des Français. Et un positionnement accablant face aux nécessités de notre époque confrontée à l’acharnement thérapeutique.

Pile ou face : Ce qu’une loi peut faire, une autre loi peut le défaire…sauf pour ceux qui seront partis entre-temps bien sûr. Le principal est de déterminer la direction générale de l’évolution des lois, vers plus de conscientisation des personnes ou vers l’encadrement des gens.

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L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

Mourir dans la dignité, quelle définition ?

extraits : Sur une planète saturée d’humains, l’écologie s’intéresse forcément à la démographie, qui porte autant sur le nombre des naissances que sur notre façon de mourir, autant sur l’entrée des immigrés que sur le départ des émigrants. L’essentiel est que cela se passe dans la dignité la plus parfaite possible. La dignité humaine est la promesse d’une fin de vie heureuse. Intervenir pour entraver une tentative de suicide reviendrait à briser la volonté d’autrui. La mort fait partie de la vie, et si j’ai la possibilité de me l’approprier, pourquoi devoir y renoncer ? Pour quelle raison me l’interdirait-on ? ….

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Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles).

1. Europe Écologie Marie Toussaint. « Pour l’Europe, pour nos vies, l’écologie ».

Dans les 10 solutions, 1) adopter un traité environnemental, 3) reprendre en main les entreprises du pétrole et du gaz pour réorienter vers les renouvelables, 4) baisse la TVA sur les produits « verts », 8) Sortir de la civilisation des toxiques.

2. Réveiller l’Europe (Glucksmann). Les élections européennes du 9 juin 2024 sont les plus importantes de l’Histoire.

L’écologie se retrouve dans certains des 11 engagements, par exemple l’Europe du train, la sauvegardes des océans, l’agroécologie…

3. La France insoumise avec Manon Aubry (et Mélenchon). « La force de tout changer ».

10 combats contre les multinationales qui maltraitent les travailleurs et la nature. Deux points sur l’écologie, 5) refuser les pesticides et 6) 100 % d’énergies renouvelables en 2050

4. Europe, Territoires, écologie (parti radical de gauche). « Pour une Europe plus forte qui nous respecte et nous protège ».

L’écologie se retrouve dans 2 des 15 engagements, lutte contre le réchauffement climatique par les énergies renouvelables, interdiction des polluants éternels.

5. La gauche unie pour le monde du travail (PCF). Protégeons les travailleurs, baissons les factures, produisons en France.

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 7 : un mix décarboné avec le nucléaire et une baisse de la TVA sur l’essence.

6. Écologie au centre (Governatori). « Pour notre planète, nos aimés, nos entreprises, une écologie pragmatique », finissons-en avec l’écologie sectaire.

L’objectif écologique arrive en 7e position sur 12 : innovation verte et maison des semences (par région).

7. Parti animaliste. « Les animaux comptent, votre voix aussi ». Nous défendrons les animaux au Parlement européen, chaque minute, chaque seconde.

Une de nos mesures : réduire la TVA sur les soins vétérinaires et les aliments pour animaux de compagnie.

8. L’Alliance rurale (Jean Lassalle). « L’urgence du bon sens »

L’objectif écologique arrive en 5e position sur 9 : suppression de toutes les taxes d’origine européenne voulues par des écologistes déconnectés.

9. Majorité présidentielle (Macron). Besoin d’Europe pour une France plus forte.

L’objectif écologique, économique et social arrive en 3e position sur 5 : investissements massifs dans l’énergie, les transports, l’agriculture, le numérique, le spatial…

10. Le 9 juin avec FX Bellamy. La droite pour faire entendre la voix des Français en Europe

Quelques considérations anti-écolos… Abroger les éléments du Pacte vert… Une Europe qui transmette notre nature par une écologie des résultats et non de la décroissance…

11. La France revient ! Avec Jordan Bardella. « Pour l’Europe des Nations contre l’Europe de Macron ! »

Aucun objectif écolo explicite sur les 9 propositions mais dans point 5 (notre agriculture) on trouve  : arrêt de l’écologie punitive et point 9 : coopération européenne sur les technologies vertes.

12. Votez Marion, la France fière. « Le vrai vote utile, c’est Marion ! »

Sur les 10 « combats », 7) Défense de notre excellence nucléaire et 9) politique de soutien à la natalité

13. Lutte ouvrière, le camp des travailleurs (Nathalie Arthaud). Contre l’Europe du capital, contre les guerres impérialistes…

Aucun positionnement écolo explicite…, si ce n’est : « Aucun des problèmes posés à l’humanité sur le terrain climatique ne peut trouver de solution nationale, brandissons le drapeau rouge. »

14. Pour un monde sans frontières ni patrons (NPA révolutionnaires). « Renverser le capitalisme pour sauver la planète »

Aucun positionnement écolo explicite… si ce n’est : « Si les capitalistes ne sont pas capables d’assurer la survie de l’humanité, qu’ils passent la main. »

15. L’Europe, ça suffit ! (Florian Philippot). « Le Frexit est la seule solution pour retrouver la maîtrise de notre destin ».

Aucun positionnement écolo explicite… sauf en annexes : Stop à l’écologie punitive, investissons dans le nucléaire, refusons les éoliennes.

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Européennes, le paradis de Jordan Bardella

Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration :

Jordan Bardella : « Je veux que la France redevienne un paradis énergétique. Ma manière de réussir la transition énergétique consiste à développer fortement l’énergie nucléaire et à arrêter immédiatement le développement de l’éolien et du solaire. Je propose aussi de sortir des mécanismes de fixation des prix du marché européen de l’électricité et d’établir un prix français basé uniquement sur la production électrique dans l’Hexagone. Pour convaincre les autres pays de l’Union européenne, on verra bien. Ma promesse de baisser les factures d’électricité de 30 % à 40 % est certes au mieux irréaliste, au pire mensongère, mais c’est la mienne. Enfin je propose d’abroger l’interdiction de la vente des voitures à moteur thermique en 2035. Il faudra bien sûr importer plus de pétrole bien que, je le sais, le défi du XXIe siècle sera la fin inévitable de l’ère des énergies fossiles. Mais on a le temps de faire autrement. » 

Le point de vue des écologistes Négawatts

Philémon Frog : Ce programme du RN est certes aberrant mais ce n’est pas si éloigné que cela de ce que pensait la Macronie il y a à peine 2 ans, notamment le nucléaire. Ils ont fini par comprendre que l’urgence ne permettait pas d’attendre 2038 au plus tôt pour qu’une nouvelle centrale soit construite, ils ont fini par confirmer plusieurs projets d’éolien offshore. Concernant Bardella, si au moins il n’y avait que ça d’aberrant dans son programme…

Rectification2 : d’ici 10 à 20 ans, la quasi totalité des centrales (40 GW) auront plus de 60 ans et devront partir en démantèlement (c’est l’ASN qui le dit), or nous pouvons industriellement au mieux en construire une trentaine de GW… C’est donc un fait mathématique que nous ne pouvons que difficilement garder notre assiette de production nucléaire dans un contexte où il faudra augmenter massivement notre production pour remplacer les chaudières à gaz par des radiateurs électriques etc. Avoir un autre récit c’est simplement faux scientifiquement et une erreur politique lourde. Défendre le FN/RN sur leur programme énergétique c’est prouver son incompétence et sa malhonnêteté en la matière, pas étonnant d’ailleurs que ce sont souvent des climato-sceptiques, ils sont habitués au mensonge.

Raoul Radis : comme pour Trump, l’engouement pour Bardella est irrationnel. Alors ça ne sert à rien d’expliquer qu’il présente un programme irréaliste et aux contours fluctuants. Ça ne sert à rien de prouver sa vacuité. Ça ne sert à rien de démontrer qu’en tant que député européen, il n’a rien fichu à part toucher une solide paye plus indemnités. Ça ne sert à rien parce que ses électeurs ne veulent pas entendre ces arguments. Ils voient un jeune homme propre sur lui, qui promet plein de dépenses sociales et qui affiche un racisme soft.

Jm Dionisi : Très peu d’électeurs votent pour un programme, mais pour une lubie, un rêve, une contestation, une illusion, comme on croit en Dieu. Alors tous ces beaux arguments, aussi vrais soient-ils, malheureusement tombent dans l’œil d’aveugles. C’est ainsi qu’on peut voter pour Erdogan, Trump, Modi ou Javier Milei. Et même pire. Le fanatisme et l’obscurantisme sont universels, et à l’heure actuelle sans doute une valeur montante !

CharlesdM : Tous les experts interrogés s’entendent pour montrer que le programme du FN est irréaliste et même dangereux pour l’ensemble des citoyens français. Mais c’est plus compliqué de lire l’avis de spécialistes plutôt que de regarder un clip de 20 sec sur TikTok ;

Krikri : Si le scénario présenté par Bardella se matérialise, ce sera bien fait pour les électeurs RN et il sera trop tard pour les jérémiades. Personnellement, je trouverai cela très amusant.

le sceptique : Le défaut des partis spécialisés sur l’immigration, la sécurité, l’islam et quelques autres thèmes, c’est qu’ils n’ont en général aucune approche claire et cohérente du fonctionnement de l’Etat et de l’économie. L’argument « mon pays seul » reste une profonde aberration au plan institutionnel (sauf les « exiters » qui sont au moins cohérents sur le processus de détachement unilatéral de toute obligation européenne) et pratique (des usines à gaz en vue pour « nationaliser » des économies qui souffrent plutôt de désavantages compétitifs). Sans parler des slogans (par exemple quand on dit « nucléaire » on croit avoir tout dit sur l’énergie).

Damien16 : Depuis quand on se pose des questions sur la crédibilité économique du FN/RN ou de sa faisabilité ? Ce qui est important, c’est d’avoir l’air sûr de soi et de dire que ceux qui sont au pouvoir sont incompétents. Une fois qu’on a dit ça, tout le reste n’a aucune espèce d’importance. Ce qui était rassurant, c’est que jusqu’à maintenant, l’extrême droite n’avait aucune intention de gouverner et de mettre en œuvre un programme dont ils savent le manque de fond. Oui mais voilà, les français vont les mettre au pouvoir. La suite ? Bien malin ceux qui peuvent la prédire, mais a priori, ils ne feront pas grand chose de ce qu’ils ont promis. On va se retrouver un peu plus dans la mouise qu’aujourd’hui, voire beaucoup beaucoup plus.

PDubois : tant qu’on a assez d’électricité pour faire des selfies, tout va bien.

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Match en bio Jordan Bardella / Gabriel Attal

Extraits : Entre les deux jeunes et beaux gosses, Gabriel Attal et Jordan Bardella, à qui dire « Je t’aime » ? Pour vous aider à faire votre choix, petite présentation de ces deux personnages qui concourent au « Moins écolo que moi, tu meurs »….

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Démographie galopante en Afrique

Enfin un article du MONDE qui met l’accent sur la problématique démographique

La croissance africaine encore bridée par sa démographie galopante

quelques extraits : En Tanzanie, l’ex-président John Magufuli priait les femmes de « libérer leurs ovaires », car, « lorsque la population est nombreuse, l’économie se développe ». Le président du Nigeria, Bola Tinubu devant un parterre d’entreprises réunies pour sonder les opportunités de ce pays de quelque 220 millions d’habitants :  « Nous avons la jeunesse la plus importante et la plus dynamique d’Afrique ». Sa population a déjà été multipliée par cinq depuis son indépendance en 1960. Au Niger, la population pourrait être multipliée par huit entre aujourd’hui et 2100. Dès 2050, un humain sur quatre sera africain et même un sur trois parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, d’après les Nations unies.

Un emballement susceptible d’amplifier la triple crise – économique, climatique et sécuritaire. Ce facteur démographique apparaît derrière presque toutes les grandes questions du moment, de la congestion des villes aux difficultés dans la provision d’électricité en passant par la migration, constate un démographe camerounais. Durant les années où la forte croissance (5 % en moyenne en Afrique subsaharienne entre 2004 et 2014) nourrissait les discours afro-optimistes, la jeunesse était perçue comme l’un des plus beaux actifs du continent. Depuis une décennie, l’activité progresse moins vite que la démographie. Ce qui signifie qu’en termes réels les ménages africains se sont appauvris. Pour les investisseurs, il est difficile de capitaliser sur un marché dont les consommateurs sont dotés de très faibles revenus. De fait, les perspectives manquent dans des économies où dominent l’informel et le secteur agricole. Ne reste souvent qu’une seule option : partir, migrer ailleurs…

Le point de vue des écologistes malthusiens

Edgard Wibeau : Cela fait des années que lorsque l’on souligne ce point essentiel, « la surpopulation », en commentaire des articles sur l’Afrique, on s’attire des remarques grossières et idéologiquement très marquées. Et voilà que cela fait l’objet d’un article complet, avec forces détails. Le titre montre la gêne (ce « encore », totalement surréaliste …), mais on progresse un petit peu. Avec des décennies de retard, et alors que la situation est pratiquement désespérée.

Michel SOURROUILLE : Ayant accès comme tout abonné aux archives du MONDE, j’avais constaté que le concept de surpopulation était absent des différents articles écrits sur les pays africains. Cet article ne fait pas exception, mais au moins il pose le problème du déséquilibre démographique par rapport aux ressources. J’ai écrit plusieurs livres, avec d’autres co-auteurs, sur la surpopulation, mais LE MONDE ne donne la parole qu’au Français Gilles Pison qui s’évertue à minimiser les problèmes. De plus cet article n’est pas très lisible car il mélange les données de plusieurs pays. Il en ressort néanmoins que l’Afrique noire est mal partie, mais c’est ce qu’écrivait déjà René Dumont en 1962. Comme l’action sur la fécondité est une tâche de longue période, la plupart des pays africains deviennent aujourd’hui des pays en voie de sous-développement. On n’a pas écouté le malthusien René Dumont, le temps perdu ne se rattrape pas…

Demokratos : La baisse de la natalité vient déjà de la volonté éducative, on le sait depuis des décennies. Si c’est pour s’accrocher à des traditions ancestrales, il est clair que ça ne va pas avancer très vite. Il existe des forces néo-conservatrices très puissantes en Afrique qui freinent une réduction rapide de la natalité. Mais on ne va pas imposer de manière coercitive une démarche malthusienne aux pays africains. C’est aux Africains eux-mêmes de se sentir responsables de leurs populations. Il y a malheureusement en Afrique un déficit de la réflexion intellectuelle sur ces sujets, souvent encouragé d’ailleurs par nos altermondialistes occidentaux qui considèrent que tous les problèmes de l’Afrique sont exogènes. La responsabilité est entre les mains des dirigeants africains, nulle part ailleurs.

KLP : Pour le bien de la Planète il serait absolument nécessaire de restreindre le développement des pays africains. Leur accès à un mode de vie du type occidental constituerait en effet une catastrophe en terme d’émissions de GES, réduisant ainsi à néant tous les efforts qui sont en train d’être déployés. Il faut également lancer une importante campagne de diffusion de la contraception et de l’avortement dans ces pays. Les moyens sont connus : arrêt immédiat de l’aide au développement industriel et de technologies d’origine occidentales, fin des livraisons de céréales importées qui concurrencent les cultures agricoles vivrières locales, lesquelles permettent le maintien des populations dans les campagnes, livraisons massives de moyens de contraception !

Mandar : A noter que les ONG américaines ont arrêter de soutenir des programme de planning familial suite aux remontrances des mouvements évangéliques.

Le11 : Dans les pays du Sahel, vouloir ralentir la natalité se heurte aux réalités socio-religieuses: en gros si la femme est enceinte, c’est la volonté de Dieu, et on ne doit pas chercher à aller contre. A ma connaissance les nouveaux dirigeants putschistes n’ont pris aucune mesure destinée à ralentir la démographie.

pierre guillemot : cet article démontre au moins une chose : l’émigration n’est pas une solution. Question de volume. L’effet des départs vers l’Europe et l’Amérique (quelques millions par an) est presque invisible dans les pays africains. Dans les chiffres, car dans les têtes c’est destructeur. Tous ceux qui ont quelques capacités et quelques ressources pensent à partir dans les pays riches au lieu de réussir chez eux.

Bulgroz : Les naïfs présentent l’Afrique et sa « jeunesse » comme l’avenir de l’humanité. Elle sera surtout son boulet…

le sceptique : Le développement, une redistribution pour la paix sociale et la circulation des élites, un passage du stade agraire au stade industriel, une forte classe moyenne ayant intérêt à la stabilité et à la reconnaissance du mérite individuel, un évitement du syndrome hollandais (vivre sur quelques rentes minières ou autres), etc. Or beaucoup de ces conditions manquent encore dans beaucoup de pays africains.

Hansi : Le véritable coupable est la médecine occidentale du XXe siècle. Le taux de mortalité des enfants en bas âge a très fortement chuté grâce aux progrès de la médecine mais comme le taux de natalité n’a pas baissé, on a une grosse augmentation de la population.

Camtaoij : Arrêtons de dire que la population du Niger va être multipliée par 8 d’ici 2100. Cette prévision n’a aucune chance de se réaliser parce qu’il n’y a pas au Niger un potentiel agricole suffisant pour nourrir tous ces gens (et de loin). Seulement 8% du territoire reçoit des précipitations suffisantes pour cultiver dans des conditions correctes. Le pays, comme le Mali et le Burkina (déjà sujets aux conflits d’accès aux terres), courent droit à la catastrophe. D’autre part Mali, Niger, Soudan, Soudan du Sud, Somalie, Congo, Centrafrique sont gangrenés par les conflits ethniques et religieux, comment voulez-vous que ces pays se développent ?

Odomos : Si on pense au bien de la planète et si on prend garde à ce que dit l’article : densité de 49 hab/km2 au sud du Sahara, 112 au sein de l’UE => il serait donc bien plus simple et efficace de diviser par deux la population européenne.

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L’effet tunnel fabrique des mégalopoles

Lancé il y a une vingtaine d’années, le projet de l’A69, qui doit relier Toulouse à Castres, a démarré en mars 2023, soulevant une forte opposition des écologistes. La réalisation de cette autoroute de 53 kilomètres nécessite l’abattage de 260 arbres, 366 hectares de sol à bétonner, dont 232 hectares de terre agricole, la destruction de 23 hectares de zones humides et 13 hectares de forêt avec la biodiversité qui les accompagne. Tout pour les métropoles, rien pour les petites communes, rien pour l’équilibre écologique, c’est l’effet tunnel.

L’effet tunnel explique la révolte des Gilets jaunes

Dès les débuts du chemin de fer, on a parlé d’effet tunnel : un train désertifie les zones rurales en reliant une ville à une autre ville. En France, les conseillers municipaux d’Albion dénonçaient en 1833 l’effet tunnel : « Le chemin de fer est incapable d’être lucratif sauf aux grandes villes… tous les pays intermédiaires en souffriront par le défaut de communication ». Puis on a désertifié les villes intermédiaires avec les TGV. Face à ce vide spatial, les constructeurs d’automobiles ont pu imposer le choix de la voiture individuelle, « indispensable » puisqu’il n’y a plus de dessertes de proximité. Or la voiture dépend du pétrole, et bientôt il n’y en aura plus….

Métropolisation du territoire

Albert Levy, architecte : Dans le contexte de crise climatique et écologique actuel, dont l’A69 est emblématique, c’est la métropolisation du territoire qui est en cause, mise en question, avec la « mondialisation heureuse » à laquelle elle est associée. Ce modèle a été adopté en France avec la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam, loi « Métropoles ») de 2014 par la création, au départ, de onze métropoles, vingt-deux aujourd’hui, postulées indispensables à la croissance économique : l’existence de métropoles attractives, rayonnantes sur le plan international, est une question de survie dans le contexte de la mondialisation.

Mais, pour lutter contre le réchauffement climatique, métropolisation et transition énergétique restent des politiques totalement inconciliables : par l’importance de la mobilité, interne et externe, qu’elle génère et qui la fonde, la métropolisation énergivore, grosse consommatrice d’énergie fossile, freine la transition en impactant le climat. Elle est source, aussi, d’un déséquilibre territorial entre les métropoles qui gagnent (mise en réseau par le TGV), vitrines de prospérité, et la France qui perd, les territoires marginaux à l’écart et en déclin. Avec l’opposition à l’A69, c’est la métropole toulousaine qui est concernée, caractérisée par un tissu urbain fortement étalé (deux fois la surface de Lyon pour une même population) générant des déplacements internes importants (4 millions de déplacements quotidiens où l’auto domine). Une altermétropolisation est-elle possible ?

Le point de vue des écologistes de proximité

Lorsque l’on compare des villes petites ou moyennes de même population on constate que plus elles sont proches (en distance et en temps de trajet) d’une métropole et moins elles ont de services et équipements tels que commerces, cinémas, théâtre, hôpitaux, entreprises, etc. Et évidemment cela se traduit par une augmentation continue du besoin de transports de et vers la métropole, donc on rajoute une autoroute et c’est le cercle vicieux. C’est cela la métropolisation, c’est dévastateur en termes de qualité de vie et d’impact environnemental.

Si l’on n’est pas capable de renoncer ne serait-ce qu’à un tronçon d’autoroute et qu’on invente toutes les fausses excuses imaginables dès que la moindre alternative est proposée, la « transition » est perdue d’avance. Comment arrêter une tragédie en criant à la mort de la démocratie dès qu’on demande ne serait-ce que rouler moins vite ? Les activistes ant-A69 sont des citoyens éclairés et soucieux de la biodiversité, de notre avenir à tous et de celui de nos enfants. Sans ce type d’action, nous aurions encore moins d’écosystèmes préservés.

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Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

extraits : Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols. Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural….

Désurbanisation (2009)

extraits : Qu’on le veuille ou non, il faudra bien un jour sortir du culte de la croissance, toujours plus de pouvoir d’achat, toujours plus de bagnoles, toujours plus d’avions, travailler toujours plus. L’urbanisation croissante est un élément de cette anthropisation forcenée de notre planète qui a accompagné la révolution industrielle dès le XIXe siècle. Mais au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue selon les termes mêmes du Monde (22 septembre 2009) « violente », particulièrement en Afrique : les villes y passeront de 350 millions d’habitants en 2005 à 1,2 milliards en 2050….

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Les Jeux Olympiques de Paris, une connerie

Le sénateur socialiste du Nord Patrick Kanner ancien ministre des sports (2014-2017) déplore dans une tribune le relatif désintérêt de l’État pour les Jeux olympiques. Nous pensons avec d’autres que les JO devraient être supprimés !

Le point de vue des écologistes, sportifs dans leur jardin potager

Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables. Les JO, c’est en effet un pognon de dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Le coût des Jeux de Tokyo de 2021 avaient atteint 15,4 milliards, montant bien sûr sous-évalué.

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectacularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs.

La controverse

Patrick Kanner : Dans six mois, la France accueillera le plus grand événement sportif mondial : les Jeux olympiques et paralympiques. A l’été 2017, la désignation de Paris comme ville hôte a suscité un formidable élan d’espoir dans notre pays.

MS : Espoir de quoi ? D’un endettement qui va s’ajouter aux autres endettements, des installations sportives qui ne trouveront pas de public durable, de l’argent supplémentaire dévolu à des sponsors privés, un surencombrement de Paris qui n’en demande pas tant…

Patrick Kanner : Celui de faire enfin de la France une grande nation sportive, en préparant nos athlètes à l’épreuve suprême et en insufflant une envie de pratiquer une activité physique et sportive chez l’ensemble de nos concitoyens, des plus jeunes aux plus âgés.

Lacannerie : Pendant que la Macronie et les politiques se gobergent avec les « valeurs » du sport, le gouvernement vide les hôtels de la région parisienne qui accueillent les femmes et les enfants sans domicile en les envoyant à l’autre bout de la France et dégage les étudiants de leurs appartements. Il s’agit de faire place nette pour les JO, ces jeux de la vacuité et de l’argent roi. Lamentable.

Patrick Kanner : Emmanuel Macron lui-même déclarait, le 13 septembre 2017 : « Ces Jeux doivent nous permettre de mobiliser le sport partout en France. Le sport amateur en particulier et les pratiques sportives partout dans le pays. »

Mic So : Entretenir la confusion entre sport de haut niveau et sport individuel à son échelle est un abus de langage, ces deux domaines sont complètemtn séparés. On n’a pas besoin ndes JO pour fiare du vléo ou une radonée pédestre.

Patrick Kanner : Je ne parle pas là du travail du Comité d’organisation des Jeux olympique. Je parle de la responsabilité de l’État, qui n’a donné aucun cap, aucune stratégie lisible en matière de haute performance.

Paclair : Les JOs sont surtout un business, plutôt que du sport. Le CIO est en fait un regroupement de personnes auto-choisies qui mettent les JO aux enchères en pensant à la visibilité médiatique à la mode et à ses retombées financières conséquentes.

Patrick Kanner : Une politique à rebours de l’objectif de quatre-vingts médailles fièrement affiché par le gouvernement.

Padequartier : Ce que décrit Patrick Kanner dans sa tribune est exactement ce qui fait que le sport me dégoûte. Le côté social-nationaliste, le côté embrigadement dans un projet collectif à l’échelle de la nation. Le côté patriotisme. Comme le chantait Henri Tachan : « Ce s’rait chouette les Jeux Olympiques – Si nom de Dieu il n’y avait – Leurs p’tits drapeaux leurs p’tits fanions – Couleur kaki caca d’oie des frontières – Leurs p’tits drapeaux pour chaque nation – Qui claquent au vent d’une musique militaire… »

Patrick Kanner : Au-delà du haut niveau, l’activité physique et sportive chez le plus grand nombre aurait dû être développée, érigée en grande cause nationale.

Charlieck : non le sport n’est pas une priorité ! le logement, la santé, l’école sont des priorités

Patrick Kanner : Le sport reste le parent pauvre de notre système éducatif. Nous savons aussi combien les études peuvent représenter un obstacle pour les athlètes. Des solutions existent : de l’aménagement des temps aux équipements, en passant par les bourses et les aménagements scolaires.

JOnon : L’hygiène sportive du corps n’est pas de l’ordre d’un système éducatif d’État. C’est dans son lieu appartenance qu’on doit faire du sport, à commencer par l’activité physique autour de son jardin ou la participation aux activités sportive de son village. Les associations sont en première ligne pour le collectif, pas l’État.

Patrick Kanner : Des moyens considérables auraient dû être consacrés au sport dans la perspective de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques.

citoyen lambda : Permettez-moi, Monsieur le Sénateur, de vous dire que votre tribune est à coté de la plaque.. Vous vous plaignez d’un manque de moyens apportés par l’Etat pour le sport. Vous rendez-vous compte qu’à 3000 milliards de dette publique, l’Etat n’a simplement plus les moyens de financer des actions qui, disons le franchement, ne sont pas dans le top 10 ou 20 ou 30 des priorités du pays ?

Patrick Kanner : Malgré ce contexte, je souhaite le plus grand succès aux athlètes qui nous représenteront à partir du 26 juillet. Je serai derrière eux, comme l’ensemble de nos concitoyens.

Pat Cartier : « Le serai derrière eux comme l’ensemble de nos concitoyens ». Euh, non, Patrick, non. Ce sera sans moi, pas en mon nom. Et je sais que je ne suis pas le seul mauvais citoyen à fuir l’événement ou à y être simplement indifférent.

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere

8 août 2021, Fin des Jeux Olympiques, enfin !

25 juillet 2021, La mort des Jeux Olympiques, bonne idée !

20 septembre 2020, NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

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La canne à sucre, plus complexe que l’humanité

La canne à sucre, graminée tropicale qui assure aujourd’hui 80 % de la production mondiale de sucre, est la culture la plus récoltée au monde, en biomasse. Elle restait la seule grande plante cultivée dont le génome nous demeurait impénétrable. Le grand livre de son ADN, il est vrai, était d’une redoutable complexité.

Florence Rosier : Écrit en 114 chapitres, pour ses 114 chromosomes, il est en réalité constitué de dix chromosomes, copiés chacun en onze à treize exemplaires… loin d’être tous exactement semblables. Au terme de cinq années de travail, mobilisant trente-cinq scientifiques de quatre pays, les chercheurs ont déchiffré la totalité du génome d’une variété de canne à sucre, la R 570. Les 8,7 milliards de lettres de l’ADN de la canne à sucre – soit vingt fois plus que le génome du riz et trois fois plus que celui de l’homme – ont ainsi été lues dans l’un des plus grands centres de séquençage au monde, le Joint Genome Institute. L’humanité n’est pas la seule espèce à ADN, elle n’est qu’une variante produite par la biosphère depuis 3,5 milliards d’années environ.

Le point de vue de la Biosphère

Je suis la sphère où se déploie la vie, j’inclus toutes les espèces vivantes et les milieux où elles se développent. Pour moi, les humains ne sont qu’un élément de la biocœnose parmi d’autres. Vos dieux ne sont pour rien dans votre existence. Je suis le début et la fin de toute vie. Je suis le sol qui vous porte et l’atmosphère qui vous entoure, les végétaux qui procurent votre oxygène et vos légumes, les animaux que vous contemplez du regard ou dans votre assiette. En vérité en vérité je vous le dis, vous devriez célébrer mon existence puisque vous n’êtes qu’une infime partie de moi-même, toutes les composantes de votre corps existaient déjà dans les premiers instants du grand tout, votre statut actuel ne peut se dissocier du support matériel qui vous associe aux autre espèces et à la place de notre planète dans l’univers, votre survie dépend de la mienne.

Il vous faut admettre que toutes les autres formes de vie existant aujourd’hui descendent comme vous d’un même organisme : les gènes qui mettent en place le plan de fabrication d’un être humain sont les mêmes que ceux fonctionnant chez un ver de terre ou une céréale. Je n’ai inventé qu’un seul système pour organiser l’évolution : mêmes briques de départ, même schéma général d’organisation. Ainsi plumes, écailles, glandes et dents proviennent toutes du même tissu épithélial, dépendent du même répertoire génétique. Cependant certaines de mes composantes disparaissent alors que d’autres demeurent ou se transforment. Vous, les humains,  vous n’êtes que péripétie de ma façon de jongler avec l’ADN.

Pourtant les humains ne considèrent que l’environnement qui entoure leur propre conscience des choses, ils estiment que la biosphère leur est extérieure et qu’ils peuvent en faire ce qu’ils veulent, comme s’ils en étaient propriétaires. Mais si vous aviez un contact plus étroit avec moi, vous auriez mieux conscience de votre juste place : le vivant est un tout dont les humains devraient se sentir solidaires. Vous ne pouvez pas porter de culte à quelque croyance que ce soit tant que ce n’est que parole humaine, faite par des humains pour des humains, sans aucun souci de la Nature. Vous n’êtes qu’un maillon de la chaîne alimentaire et la poursuite de vos activités ainsi que votre existence même dépend de l’équilibre de mes cycles vitaux, les flux d’énergie solaire, la circulation de l’eau, la composition de l’air. Mais à l’heure actuelle vous perturbez trop profondément les conditions de l’équilibre sur la planète et cela m’exaspère, même si j’aurai toujours assez de ressources pour permettre à d’autres formes de vie de vous succéder.

Au cours de votre XIXe siècle, une révolution industrielle succède aux révolutions agricoles et des techniques destructrices de l’environnement prennent tout le pouvoir. Vous devenez alors le cancer de la Terre qui met en péril mon équilibre et donc le vôtre. Votre goût de la puissance n’accepte plus aujourd’hui de limites. Alors que vos activités humaines rentrent en interférence avec mes cycles vitaux comme celui de l’eau, vous engagez la survie de vos générations futures et du reste de la Biosphère en faisant comme si seul votre présent avait de la valeur. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, vous avez réussi à la découvrir et à libérer les forces internes de l’atome. Alors que vous savez que cette radioactivité peut faire des dégâts sur l’organisation du vivant pendant une éternité de temps, vous accumulez les déchets nucléaires. Conformément aux désirs délirants d’une de vos religions, vous devenez féconds et prolifiques, vous remplissez la Terre et vous la dominez, vous soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. Vous êtes plus de 8 milliard d’envahisseurs aujourd’hui de tous territoires que vous pouvez parcourir, cela n’est pas durable, c’est insupportable, c’est inacceptable.

Soyons clair, je ne peux personnellement m’exprimer qu’indirectement par le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité, par les inondations et les sécheresses, par la prolifération des microbes et des virus. En effet je ne possède pas la parole, c’est vous qui en avez le monopole. Je ne peux donc dire qu’au travers de vos propres mots et n’exister à vos yeux que par votre relation personnelle à la Nature. Si vous voulez m’aider à trouver un ordre durable, vous devez suivre la voie de la décroissance humaine, et vouloir une planète où votre trace sera à nouveau infime et insignifiante en mon sein.

C’est à vous, individuellement et collectivement, de rechercher l’harmonie avec l’ensemble de votre environnement naturel et socio-économique. Pour cela, vous ne pouvez pas faire confiance aux actes du passé, encore moins aux dérapages de la civilisation thermo-industrielle présente, vous devez patiemment chercher votre voie au milieu des ruines d’une Nature déjà complètement artificialisée. C’est à vous de faire personnellement preuve de simplicité volontaire et de vous regrouper en association de défense de la nature, c’est à vous d’agir politiquement pour que l’équilibre durable de la Biosphère devienne le fondement de toute décision humaine : il n’y a pas de dieu extérieur à vous-même. Votre tâche sera longue parce que vous devez remettre en question presque toutes vos certitudes, presque toutes vos activités, presque toutes vos pensées. Votre tâche sera difficile parce que vous devrez renier tout ce qui fait de vous des humains arrogants et conquérants, parce que vous devrez apprendre l’humilité et l’écoute de votre milieu de vie.

Mon dernier souhait

Grâce à vos connaissances techno-scientifiques, vous savez que nous ne sommes qu’un minuscule point dans l’immensité de l’infini. Le soleil qui éclaire nos activités n’est que l’une des 50 ou 100 milliards d’étoiles de notre galaxie, la Voie Lactée, le nombre de galaxies connues se compte aussi en milliards et l’objet le plus lointain observé depuis un observatoire terrestre se trouve à plus de 12 milliards d’années lumières (12 x 9500 milliards de kilomètres). Nous, l’ensemble des membres de la biosphère, nous ne sommes que très peu de chose dans l’univers, et certainement un des très rares espaces habité par une vie foisonnante. Ne gaspillons pas cette chance, celle de vivre ensemble et de se perpétuer.

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Tous nos articles… publiés en mai 2024

Voici tous nos articles publiés en mai 2024 sur ce blog

A chacun d’ouvrir la ou les problématiques de son choix…

Trouver une solution par l’action

Contre-violence et rupture radicale

La Terre se soulève, son manifeste

Testament écologique d’un militant politique

Chercher l’équilibre par la décroissance

Horrible, l’expression « décroissance »

Dévoiturage, on commence juste à en parler

Le groupe III du GIEC ignore la décroissance

Décroissance, Démilitarisation, Désarmement

Chercher la paix, pas la guerre

sois logique, si tu veux la paix, prépare la paix

TRIBUNE d’objecteurs de conscience

Droit international à l’objection de conscience

Le droit d’être Objecteur de Conscience

Etre objecteur de conscience en Belgique

Être objecteur de conscience au Canada

Être objecteur de conscience en France

Être objecteur de conscience au Royaume-Uni

Être objecteur de conscience en Suisse

Être objecteur de conscience aux USA

Ministre des armées, retour à un passé révolu

L’objection de conscience sur notre blog

Chercher des limites à la fécondité humaine

Malthus, un précurseur de la décroissance

Pour l’autolimitation de la fécondité

Baisse natalité, solution à la surpopulation

1 enfant ça va, 3 ou plus bonjour les dégâts

Questions politiques

Liberté de la presse et démocratie en lambeau

Européennes 2024, l’union sacrée pour la voiture

Européennes. Des écologistes inaudibles

La biodiversité aux abonnés absents

CLIMAT. Adaptation, Atténuation ou Rupture ? 

Extractivisme, l’inquiétante frénésie

Questions scientifiques

La neutralité des scientifiques en question

Contre une recherche scientifique destructrice

Les Dix Commandements de la biosphère

électricité, les inconvénients d’un avantage

Questions sociétales

Festival de Cannes, l’inutile en avant-première

Les voyages forment-ils la jeunesse ?

Prostitué, un travailleur comme un autre

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention,

et faites connaître notre blog biospheremerci

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L’objection de conscience sur notre blog

Sur une planète dévastée par des guerres de tous ordres, il serait temps que l’objection de conscience et les pratiques de la non-violence se généralisent dans les mentalités. Mais pour l’instant ce ne sont que quelques individualités dont Michel Sourrouille qui portent haut mais à bas bruit à la fois le pacifisme et l’écologisme. Voici quelques éléments de réflexion sur notre blog biosphere

objection de conscience et religion (24 juillet 2010)

extraits : Il en est de la conscience des choses comme pour tout le reste : les humains peuvent penser une chose ou son contraire, en toute bonne conscience. Ainsi l’objecteur de conscience est défini très officiellement comme « celui qui refuse d’accomplir son service militaire ». Cette démarche est bonne, si tout le monde était objecteur de conscience, il n’y aurait plus d’armées, il n’y aurait plus de guerre. Mais LeMonde du 22 juillet 2010 utilise cette expression d’objecteur de conscience pour qualifier tous ceux qui en Espagne n’appliquent pas la loi sur l’interruption volontaire de grossesse….

écologie de guerre, guerre à l’écologie (3 octobre 2022)

extraits : La guerre, une imbécillité inutile que pratiquent sans discontinuité les homo sapiens depuis sans doute l’origine de l’espèce. S’il n’y avait que des morts parmi cette lignée humaine, ce serait un moindre mal, mais les bandes armées sont également dévastatrices pour la nature et l’environnement. Les « polémo-paysages », paysages dévastés par la guerre, accompagnent les morts, les blessés et les destructions de tous ordres. La revue Green (Géopolitique, Environnement, Energie, Réseaux, Nature) veut penser la guerre et l’écologie sous tous ses aspects, notamment la notion d’« écologie de guerre ». Cette revue se veut à la fois optimiste et désabusée….

Objecteur de conscience je suis, je serai (9 août 2022)

extraits : Personnellement je suis et reste un objecteur de conscience. Pourtant je suis devenu insoumis au service civil pour contester une affectation autoritaire à l’ONF (office national des forêts). Pourtant l’éducation nationale m’a demandé de faire mon service militaire (à 32 ans) puisque en tant que fonctionnaire je n’étais pas « au clair » par rapport à mes obligation statutaires de participation à la défense nationale. La vie est un éternel compromis entre nos propres valeurs et les contraintes institutionnelles. Ce n’est qu’à la mi-février 1970 que Michel Debré m’avait appris sans le vouloir l’existence des objecteurs de conscience lors d’un débat sur la patrie avec le communiste Duclos : « La patrie apporte la liberté par le suffrage universel : la liberté de la minorité de se plier aux exigences de la majorité (…) Les objecteurs de conscience ont de la chance qu’il y ait des patriotes. » J’avais déduis de l’échange que Duclos était pour une patrie rattaché à l’URSS et Debré pour la patrie du grand capital….

Pacifisme, mot inapplicable aux humains (29 mai 2023)

extraits : J’ai été objecteur de conscience dans les années 1970. Je croyais naïvement que j’étais à l’avant garde d’un mouvement pacifiste qui allait nous transformer en cosmopolites de tous les pays : fini les guerres tribales entre nations artificiellement institutionnalisées. La fin de la guerre froide aurait permis un désarmement assumé internationalement. Mais les puissances nucléaires ont continué à faire comme si de rien n’était. Des bande armées saccagent plusieurs pays dans des États de non droit. Et maintenant la guerre absurde de Poutine en Ukraine. Et maintenant la fin du pacifisme en Allemagne et même au Japon. Je ne peux que désespérer de l’espèce humaine…

Je deviens objecteur de conscience (15 juillet 2023)

extraits : Je ne récuse pas encore un service militaire mixte et de très courte durée qui permettrait de forger mes capacités physiques et de savoir comment me défendre. Seulement la liberté d’information et d’expression doit être aussi préservée dans ce cadre. Je m’informe sur la discipline militaire : un soldat est libre de son opinion, mais il ne peut se livrer à une activité politique à l’intérieur du domaine militaire ! Je me pose la question du pourquoi d’une coupe de cheveux qui « doit être nette et sans excentricité, les tempes et la nuque dégagée » ! J’en ai déduis qu’on rentre dans l’armée comme on rentre en religion. Très peu pour moi ! Toutes ces contraintes ne me plaisent pas, l’ordre militaire commence à m’incommoder, je revis la même expérience réflexive que lors de ma contestation de l’ordre religieux ou scolaire….

Agir en tant qu’objecteur de conscience (16 juillet 2023)

extraits : Début février 1971, je note dans mon carnet : « Je peux dire sans beaucoup me tromper que si tous les budgets militaires depuis la nuit des temps avaient été consacrés à aider les humains au lieu de vouloir les détruire, il y aurait déjà un gouvernement mondial, une même langue, une même monnaie et une société où patrons et ouvriers marcheraient la main dans la main. »…. Je boucle enfin ma lettre de motivation pour obtenir le statut : pas de politique, uniquement du religieux et du philosophique ! Ils en veulent, ils en auront, mais je savais ce que je mettais entre les lignes : « « Etre catholique ou athée, pacifiste et non violent ! Les mots ont trop de pièges pour ne pas en être effrayé tant soit peu. Je suis seulement un individu qui essaie bon gré mal gré de discerner le bien du mal, le vrai du faux, avec les faibles moyens dont je dispose et les connaissances disparates que j’ai acquises….

Objecteur de conscience… puis insoumis (20 juillet 2023)

extraits : L’objection de conscience naît en France pratiquement au moment de ma naissance. C’est le synode réformé de 1949 qui demanda un extraits : statut légal des objecteurs, ce n’est pas la papauté catholique. C’est Charles de Gaulle qui signe le 15 septembre 1958 une ordonnance limitant à cinq ans l’incarcération des objecteurs et libère ainsi 14 d’entre eux dont Edmond Schanegé, dans sa dixième année de prison ! Le statut des objecteurs est voté le 23 juin 1963 par 204 voix contre 32 sur 433 votants. Il y a 197 abstentions volontaires…..

Insoumis… puis militaire !( 21 juillet 2023)

extraits : Avant mon incorporation « librement choisie » le 4 décembre 1979 (voir texte précédent), j’ai discuté avec le lieutenant-colonel commandant le 22ème RIMA (régiment d’infanterie de marine) où j’étais affecté. Nous nous sommes compris. Il a justifié son engagement dans l’armée par l’existence des camps de concentration et le fait qu’il fallait savoir faire la guerre pour être en paix. J’ai expliqué que mon père avait fait 26 mois de camps de concentration, en particulier dans le tunnel de Dora, un des plus épouvantables bagnes nazis…

Manifeste du pacifisme (Michel Sourrouille, 2010) (6 janvier 2024)

extraits : Désobéir pour la paix est à la fois un acte individuel et un acte collectif. La démarche de l’objecteur de conscience, refusant l’armée pour des motifs personnels, ne peut en réalité se concevoir que dans une vision de la société désirable et dans la volonté de faire partager un idéal. Car la recherche de la paix a le mérite de poser publiquement des questions fondamentales : Quel type de société mérite d’être défendu ? Contre qui ? Par quels moyens qui soient à la fois efficace et justes ?….

Ukraine, éviter l’invasion était possible (6 janvier 2024)

extraits : «  Si tu veux la paix, prépare la paix. » Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir, un gouvernement pro-Poutine aurait été mis en place, mais il n’y aurait eu aucun morts. Certes une dictature peut perdurer, mais tant que les citoyens feront preuve de soumission volontaire. Aucune dictature n’est éternelle, d’autant plus qu’elle repose le plus souvent sur une seule personne. Hitler, Staline ou Poutine n’ont que leur temps, ils ne maîtrisent pas l’avenir. Le problème n’est donc pas l’absence temporaire de démocratie, mais l’inertie des peuples. Avec des citoyens profondément objecteurs de conscience, nous n’aurions pas en France suivi les fantasmes de gloire de Napoléon, nous ne serions jamais intervenus militairement en Indochine ou en Algérie….

Objection de conscience en temps de guerre (6 février 2024)

extraits : Les médias ne prêtent pas suffisamment attention à l’objection au service militaire. C’est pourquoi il y a aussi peu d’objecteurs de conscience. Il est vrai aussi que nous sommes enfermés dans des ridicules espaces territoriaux artificiels qu’on appelle « nation » ; le patriotisme est resté une vertu pour les dirigeants, qu’on s’appelle Volodymyr Zelensky, Vladimir Poutine ou même Emmanuel Macron. Portraits croisés d’objecteurs de conscience de toutes nationalités….

Déclarons-nous tous objecteurs de conscience (10 avril 2024)

extraits : Notre synthèse pour mieux percevoir les enjeux de l’objection de conscience, à savoir en finir avec toutes les guerres… « S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirai quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. »….

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Baisse natalité, solution à la surpopulation

D’ici à 2100, la plupart des pays auront un taux de natalité trop faible pour assurer le renouvellement de leur population. Le risque ? « Qu’il n’y ait plus suffisamment de personnes en âge de travailler pour soutenir les citoyens plus âgés » ose l’hebdomadaire “New Scientist” (18/04/24), article repris par Courrier International.

On veut nous faire penser que « la chute de la natalité est un problème plus préoccupant que la surpopulation ». C’est une ineptie, la baisse tendancielle (et non « la chute ») de la fécondité est au contraire une solution partielle (car trop tardive) à l’état de surpopulation que nous subissons. Nous sommes plus de 8 milliards, une augmentation d’un milliard ces onze dernières années. C’est invivable, c’est ingérable. Reprenons l’argumentation de cet article nataliste point par point .

– Comme la natalité baisse à mesure que les pays s’enrichissent, le véritable problème démographique pourrait finalement être la décroissance démographique.

=> La transition démographique est certes allé de pair avec le développement économique. L’amélioration culturelle dans un pays qui s’enrichit peut certes permettre une autolimitation de la fécondité. Mais l’épuisement des ressources, le réchauffement climatique et bien d’autres facteurs préoccupants indiquent que nous allons entrer dans une période de récession économique qui sera particulièrement impactant pour les plus pauvres. Côté avancée culturelle, le plus extravagant est l’interdiction actuelle en Afghanistan de la scolarisation des filles. Beaucoup de pays y compris la France, ont une politique nataliste à l’inverse souvent des choix citoyens. Même la Chine auroudhui avec son soutien au troisième enfant !

– Les démographes prédisent que sous vingt-cinq ans trois quarts des États afficheront des taux de natalité trop bas pour renouveler leur population.

=> Les estimations sont variables, une prévision pour 2050 n’est qu’une hypothèse ; « Les démographes » n’existe pas en tant qu’entité unie. C’est l’ONU qui estime que le nombre de personnes habitant sur la planète devrait croître de 2 milliards d’ici à 2050, passant de 7,7 à 9,7 milliards, puis la fécondité étant en baisse, avoisiner les 11 milliards à la fin du siècle. Mais il ne s’agit là que du scénario moyen et ses pronostics évoluent avec le temps. Quant aux « taux de natalité trop bas pour renouveler leur population », en quoi se maintenir au même niveau serait-il un critère d’optimalité ?

– Le vieillissement de la population est inévitable. Avoir moins de personnes en âge de travailler pour soutenir les citoyens plus âgés et subvenir aux besoins d’autres groupes qui n’ont pas d’activité économique présente un défi économique colossal.

=> Accroître les naissances pour verser des retraites est ce qu’on appelle une pyramide de Ponzi démographique : les futurs actifs feront encore plus de retraités plus tard, il faudrait donc faire encore plus d’enfants… jusqu’à ce que la pyramide s’écroule. Ensuite le chômage de masse qui s’amplifie va accroître la population à charge. Notez enfin que la retraite, qu’elle soit par capitalisation ou par répartition, n’est le privilège que d’une fraction de l’humanité. Dans beaucoup de pays c’est l’emploi informel qui prédomine et le statut de retraité n’existe que pour une minorité.

– Le monde va simultanément connaître un pic des naissances dans certains pays et une chute des naissances dans d’autres. Assurer la stabilité économique et sociétale dans ce contexte de vastes disparités constituera l’un des principaux défis du siècle. Que doivent donc faire les pays pour se préparer à cette bombe démographique à retardement ?

=> Que faire ? Pour simplifier, les pays riches doivent accepter une baisse importante de leur niveau de vie et les pays pauvres doivent soutenir un planning familial performant. Sinon les tensions socio-politiques ne peuvent que s’accroître.

– Nous sommes en voie d’atteindre le “pic démographique” entre 2060 et 2080, soit 9,5 à 10 milliards de Terriens – un chiffre qui diminuera ensuite.

=> 1 milliard d’humains en 1800, c’est déjà beaucoup ; 4 milliards en 1974 c’est beaucoup trop ; 8 milliards en 2022, c’est terrifiant. Les démographes professionnels, sauf rarissimes exceptions, ne portent pas de jugement de valeur sur une statistique, ils se contentent de constater. Or toutes les études scientifiques montrent que nous avons déjà dépassé largement les capacités de la planète à satisfaire les besoins actuels de l’humanité. Quand on sait aussi que la diminution « après un pic à 10 milliard » n’est même pas une certitude, il faut se poser la question : est-ce que toutes les personnes qui s’inquiètent de la baisse de fécondité dans certains pays ne sont pas en fait des natalistes convaincus ou des idéologues anti-malthusiens ?

– Les pays ont généralement besoin d’une natalité de 2,1 enfants par femme pour maintenir la stabilité de la population.

=> Pourquoi avoir « besoin » d’une stabilité de la population, à un niveau donné ? Le chiffre 2,1 (reproduction à l’identique d’une population) est devenu un mythe sans fondement réel. Il faut au contraire souligner qu’un taux inférieur à 2,1 enfant par femme est plutôt un signe de clairvoyance des femmes et des couples plutôt qu’un désastre ! Même la France est déjà surpeuplée, à plus forte raison l’Italie et bien d’autres pays où la fécondité est jugée « trop » faible… pour les gouvernements et certains médias.

– Pour ralentir la chute de la natalité, les pays riches doivent faciliter et rendre plus tentant le fait d’avoir plus d’enfants, par exemple en améliorant l’accès au logement et aux traitements contre l’infertilité.

=> En janvier 2024, Emmanuel Macron a voulu faire de la lutte contre l’infertilité son combat… pour relancer la démographie française. Il ose parler de réarmement démographique. Il ne s’est pas du tout interrogé pour savoir si une France métropolitaine de plus de 66 millions au 1er janvier 2024 n’est pas déjà signe de trop plein. Il ose même parler de lutte contre l’infertilité comme dans l’article“ New Scientist” que nous commentons alors que l’infertilité est un signe donné par la nature de s’abstenir de procréer. On ne fait pas un enfant parce qu’on a personnellement besoin d’avoir un enfant à tout prix, on fait un enfant à la fois pour son autonomie et pour la planète.

– La gestion d’une population vieillissante et d’un recul démographique passera aussi par la construction d’hôpitaux, la modernisation des transports et un nombre plus faible d’écoles

=> Il est infantile de se contenter de « yaka ». Dans un pays surpeuplé, les finances ne suivent pas les besoins en services. On le voit déjà en France où la dette dépasse déjà 3000 milliards d’euros et où il faudra bien se restreindre dans les domaines même essentiels, de gré ou de force.

– Les entreprises doivent aussi faciliter et prolonger le maintien au travail des seniors, par exemple avec des temps partiels.

=> Les droits acquis ne le sont jamais définitivement. C’est seulement en 1945 avec la création de la Sécurité sociale qu’est véritablement né le système français de retraite. Et je connais une personne de bientôt 94 ans qui est dans son jardin tous les jours à retourner la terre et à planter des légumes. Bien sûr on peut préférer des zombies dans des Ephad…

– L’émigration depuis les pays pauvres qui ont une natalité élevée a aussi toutes les chances de perdurer… cette approche ne fonctionnera que si un changement s’opère dans l’attitude politique et populaire qui prévaut actuellement vis-à-vis de l’immigration.

=> La langue de bois n’est pas que l’apanage de la caste politique…

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1 enfant ça va, 3 ou plus bonjour les dégâts

Lors des présidentielles récentes, la question de la maîtrise de la fécondité n’est toujours au programme d’aucun des candidats, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par EELV. Un présidentiable qui préparerait un avenir plus durable dirait pourtant deux ou trois choses. D’abord la France doit montrer l’exemple et rejeter toute sa législation actuelle soutenant une politique nataliste. On ne peut donner de leçons aux pays pauvres que si on s’applique à soi-même ce qu’on recommande pour les autres. Ensuite l’éducation de tous devrait permettre à chacun de maîtriser des notions comme malthusianisme, densité mondiale, population optimum, capacité de charge d’un territoire, choix éclairé du nombre d’enfant à désirer, etc.

Anna Villechenon : Les familles nombreuses représentent une famille sur cinq, avec en grande majorité trois enfants (15,7 %), et plus rarement quatre ou plus (5,7 %). Aux yeux de l’Etat, les familles creusent l’écart à partir du troisième enfant : congé postnatal presque deux fois plus long, part fiscale supplémentaire, doublement du montant des allocations familiales… Les avantages sociaux et fiscaux font un bond. Mais avec « trois, quatre ou cinq enfants », on se rend compte que « ce n’est pas possible ». « Quel monde vais-je leur laisser ? », s’interroge-t-on. Entre l’« absence de prise en compte de l’écologie par nos politiques » et la « montée de l’extrême droite et de l’intolérance en France et dans le monde », les couples commencet à être« inquiets » pour l’avenir de leurs enfants. Tant pis pour la famille nombreuse, la raison l’emporte sur le cœur ».

Le point de vue des écologistes malthusiens

Gedeon42 : Une chose m’étonne toujours lorsque je lis de tels articles, c’est que si peu de personnes interrogées évoquent la responsabilité que représente le fait de mettre un enfant au monde, et par là même de le condamner à vivre. Lorsqu’on voit le nombre de jeunes qui se suicident, qui souffrent du divorce de leurs parents ou de l’absence d’un des parents, qui portent toute leur vie le poids d’une maladie chronique, qui souffrent d’état anxieux voire dépressif, ou qui seront chômeurs ou travailleurs pauvres, comment se fait- il que nous ne nous posons pas plus de questions avant d’en faire? Sans parler de tous les parents qui vous répondent un peu gênés et coupables: « c’est peut-être un futur Einstein ». Responsables mais pas coupables ?

Gbouvier : Avoir des enfants (cela commence dès le premier) est une agression de la Planète bien pire que de prendre l’avion, de manger du steak, d’imprimer ses relevés bancaires ou d’aller au ski (avec les enfants, en faisant une pause toute les deux heures au Mac Do). Il faut le dire.

Jan01 : Ne pas faire plus de 2 enfants est aussi un choix social (en plus d’être écologique et/ou économique). En effet, imposer à la collectivité les charges « famille nombreuse » des États qui, ne connaissant rien à l’économie, fondent la « croissance » sur une augmentation de la population… absurde. Aucune création de sens, simplement une nécessité de plus produire en pillant toujours plus…

Tourane : Une de mes connaissances vient d’avoir son troisième. Avec son mari ils vivent dans un 55 m². De plus la première a des problèmes comportementaux et nécessite beaucoup d’attention qu’elle ne peut plus avoir. Je trouve cette attitude immature et désolante .

Benmonkoko : Le problème ce n’est pas le nombre d’enfants, c’est qui les fait et quelle éducation ils donnent

boulbiba : Un enfant est heureux avec de l’AMOUR et du TEMPS. Deux conditions qui se perdent, alors évidemment qu’on ne fait plus d’enfants. Si c’est pour leur promettre une vie devant les écrans, à quoi bon ?

Michel SOURROUILLE : Il n’est pas compréhensible que l’État français reste antinataliste en incitant par ses largesses aux familles nombreuses alors que nous sommes plus de 8 milliards sur la planète et une densité de 124 hab./km² en France. Depuis le rapport sur les limites de la croissance de 1972, on prévoit que nous ferons face à un effondrement au cours de ce siècle. Notre taux d’urbanisés ne tiendra pas la route à la moindre crise d’importance. Puisque le choix des individus est le mantra de notre société dite moderne, alors allons jusqu’au bout de cette logique : laissons les couples et les mères solos face à leurs responblités ; aucune allocation, aucune aide dès le premier enfant. Un choix personnel doit s’assumer, mais pas aux frais de la collectivité…

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John Stuart Mill, familles nombreuses je vous hais

extraits : John Stuart Mill (1806-1873), arrêté à 17 ans pour avoir distribué des tracts en faveur de la contraception : « J’avoue que je ne suis pas enchanté par un idéal de vie que nous présentent ceux qui croient que cette mêlée où l’on se foule aux pieds, où l’on se coudoie, où l’on s’écrase, et qui est le type de la société actuelle, soit la destinée la plus enviable pour l’humanité », écrit-il dans ses Principes d’économie politique de 1848….

Parentalité, un métier qui s’apprend

extraits : Concevoir un enfant est un acte impliquant de lourdes responsabilités. Pourtant la société ne se soucie guère de savoir qui doit avoir le droit ou non d’en procréer. Le psychologue américain David Lykken estime que les parents devraient passer un permis leur permettant de faire un enfant puisque les intérêts de l’enfant sont au moins aussi importants que ceux des parents. Voici quelques éléments de réflexion….

Un planning familial irresponsable

extraits : Selon la définition des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la santé, la planification familiale est « la capacité des individus et des couples à prévoir et à atteindre le nombre d’enfants qu’ils désirent ainsi que l’espacement et le moment de leurs naissances. » Rien sur l’intérêt collectif et la capacité des écosystèmes à supporter un nombre de naissances individuellement choisis. L’OMS ajoute : « Le planning familial est réalisé grâce à des méthodes contraceptives et au traitement de l’infertilité involontaire. L’avortement n’est généralement pas recommandé comme méthode primaire de planification familiale. » Mieux vaut donc une PMA (procréation médicalement assistée) qu’une IVG (interruption volontaire de grossesse)….

Faire un enfant quand tout est foutu

extraits : Marianne Durano : « Au moment où j’écris ces lignes, je suis enceinte de mon troisième enfant.Et moi, je rédige un article sur la fin du monde. N’est-il pas criminel d’enfanter dans un monde promis à la destruction ? On connaît le succès des discours néomalthusiens, justifiés par les rapports scientifiques et les chiffres qui s’accumulent depuis des dizaines d’années. Ce monde, c’est celui de la croissance sans limite et dénuée de sens. Les inégalités ne cessent d’augmenter, les ressources de s’épuiser, la biodiversité de décliner, la température d’augmenter, les glaces de fondre, les migrants de migrer….

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Dévoiturage, on commence juste à en parler

Sur ce blog biosphere, il y a bien longtemps que nous parlons de dévoiturage. Il faudrait dire aux élèves de sciences économiques et sociales que de leur vivant ils seraient obligé un jour ou l’autre de se passer de voiture personnelle. Sylvie Landriève reflète parfaitement ce discours, on devrait tous le tenir si on était vraiment écologiste, merci à elle…

Sylvie Landriève : L’empreinte environnementale de la production et de la destruction de la voiture électrique est moins bonne que celle de la voiture thermique, a fortiori si elle est réalisée et acheminée avec de l’énergie carbonée. Plus la batterie est petite, plus sa recyclabilité est faible, et moins la voiture est réparable. Pire, le passage à la voiture électrique justifie implicitement le renouvellement complet du parc existant et, par conséquent, la pérennisation du “système voiture”, modèle occidental problématique et inaccessible au reste de la planète. Pour atteindre notre niveau d’équipement (plus de 80 % des ménages), il faudrait passer de 1,5 milliards à 4 milliards de véhicules en circulation dans le monde. A ce niveau, et sans même évoquer les impacts environnementaux de leur extraction, on pressent que des matériaux vont manquer (lithium et cuivre sûrement, nickel, manganèse et cobalt peut-être). N’est-il pas paradoxal de chercher à électrifier le parc automobile tout en demandant aux Français… de moins utiliser leur voiture ?

On sait qu’elle contribue de façon protéiforme à la mauvaise qualité de la vie. La voiture a colonisé l’espace public et l’a reconverti en zone de circulation rapide et dangereuse. Sans même revenir sur le nombre d’accidents et de morts de la route, situation que l’on n’accepterait d’aucune autre politique publique. Et si le problème était… la voiture ? N’est-ce pas l’occasion d’être plus radical ? Passons-nous dès demain de ce formidable objet du siècle passé. Allons vers un autre système de mobilité intégrant marche et vélo pour les trajets courts, cars fréquents pour les distances moyennes, train pour les longues distances.

Nos réponses aux inconditionnels de la bagnole

Arnaud De MaNicos : Article très drôle, j’ai bien ri. Surtout les bus 24/24. Cette personne habite sans doute dans le centre de Paris. Je l’invite à passer un an au milieu de la campagne dans un désert médical et on reparle de l’universalité de son modèle.

Biosphere : Sylvie Landriève nous indique explicitement que l’universalisation de la voiture individuelle n’est pas matériellement possible, la pénurie des matériaux (et de l’énergie) vont rendre ce moyen de déplacement obsolète. Il y a moins d’un siècle, il n’y avait pas de voitures à la campagne, mais chaque village avait son petit commerce… et la relocalisation permettra bien d’autres services sur place.

Arnaud De Marseille : Encore un article hors-sol….la filière automobile a un poids majeur dans l’économie française. Avant la crise sanitaire, elle représentait, dans son ensemble, environ 400 000 salariés, plus de 10 % des exportations de biens et plus de 20 milliards d’euros de valeur ajoutée.

Biosphere : C’est un classique, l’économie contre l’écologie ! Mais une activité économique, surtout matérielle comme le système voiture, a besoin d’énormément de ressources de la planète ; or les ressources sont en voie d’épuisement comme indiquée par Sylvie Landriève. Ne pas voir cela, c’est se contenter d’un commentaire hors-sol.

Euskaraz : Chère Madame « l’experte de la mobilité », permettez moi de vous inviter à boire un verre dans ma bergerie au Pays Basque. Bon, il va falloir marcher un peu si l’on suit vos idées, mais c’est très beau.

Biosphere : Sans voiture, on sera obligé de marcher et cela, c’est très bon pour la force physique et la santé. Bien sûr il n’y aura plus de tourisme au loin dans des contrées de rêve, à chacun d’élever ses brebis chez soi.

Babylon300 : Revenir en arrière semble relever de l’utopie / dystopie sociale. La bagnole, ce n’est pas un phénomène français, c’est une réalité mondiale. Comment croire qu’il soit possible d’imposer des restrictions globales sans bouleversements politiques pas forcément contrôlables ? Pleurnicher ne sert à rien.

Biosphere : L’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. Et madame Landriève nous montre qu’il nous faudra bien changer d’imaginaire quand les circonstances nous y obligeront. Une essence à 10 euros le litre comme cela arrivera, un kWh hors de prix, c’est là notre avenir. La société thermo-industrielle n’aura eu qu’un temps, et dilapidé les ressources de la planète. Alors on reprendra quelques recettes de l’ancien temps, que ce soit en France ou au niveau mondial, nous n’avons qu’une planète, la même pour tous. Et pleurnicheurs seront ceux qui ont fait de la voiture un objet d’adulation.

Tourouk.Makteux : Il conviendra quand même d’évoquer l’Histoire. Le déplacement était réservé aux heureux détenteurs de chevaux et de carrosses, jusqu’à l’arrivée de l’automobile, symbole de la liberté individuelle d’aller n’importe où. Convaincre l’humain d’y renoncer, électrique ou pas, va être tout simplement impossible, sauf établissement d’une dictature des comportements engendrant des réactions pas loin de violentes.

Biosphere : L’abondance actuelle pour ceux qui vivent à l’occidentale n’a été possible que grâce à l’utilisation des ressources fossiles ; or celles-ci ne sont pas renouvelables. Les esclaves énergétiques ont certes remplacé les manants, mais sans pétrole ni prise électrique, nous serons bien obligés de revenir à nos forces endosomatiques et sans doute malheureusement à des inégalités qui s’imposeront à tous malgré les violences de la plèbe dans la rue. La liberté du « plus vite, plus loin et plus souvent » sera remplacée par son contraire.

Dèmos : Pendant ce temps, le nationaliste Bardella est à 32% d’intentions de vote aux prochaines élections européennes….on se demande pourquoi. Il faudrait rappeler à l’autrice que nous sommes en démocratie et que c’est au peuple de décider, en matière de mobilité comme dans tous les autres domaines, et non aux experts.

Biosphere : Le peuple n’a pas décidé du passage à la voiture individuelle, ce sont les entreprises, leur marketing et le lobbying qui ont imposé la voiture individuelle au détriment du transport collectif. Le réseau ferré qui desservait autrefois énormément de localités a été déconstruit au profit des autoroutes. Oui, le peuple est en train de décider… de se foutre en l’air (et ses enfants avec). Super ! Vive la démocratie ! Vive le pouvoir à l’extrême droite puisque le peuple en a décidé ainsi !!!

GuiBeau : Un article dictée par l’idéologie plutôt que par la réalité. Renoncer à la capacité individuelle de déplacement c’est une privation de liberté et un appauvrissement par diminution de la capacité à de déplacer.

Biosphere : traiter le discours d’autrui d’idéologique est bien souvent dicté par une idéologie particulière. A chacun sa réalité, et la réalité d’aujourd’hui ne sera pas la réalité de demain. La « liberté » de se déplacer en voiture individuelle n’a qu’un siècle, depuis les premiers exemplaires de la Ford T. Les véhicules présents seront voués à la casse, il y en a déjà beaucoup, de ces cimetières de voiture. Et cette liberté historiquement temporaire de s’asseoir derrière un volant aura un lourd passé derrière elle, le réchauffement climatique, les marées noires, les morts sur la route, les particules fines dans nos poumons, etc.

munstead : La spécialiste ne s’interroge pas une seconde sur le besoin universel de mobilité, depuis que l’homme est apparu. Les chars romains, les voies romaines, le cheval (mobilité individuelle ou collective), tout cela à la trappe!

Biosphere : Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. Au XIXe siècle, seuls quelques riches anglais faisaient le tour de l’Europe, les ancêtres du tourisme !

G-L : Ouais, chouette, revenons aux trajets interminables comme la malle-poste Paris-Brest de 1840 en 44 heures. Vive le temps long ! Je précise que je n’ai pas lu l’article en entier, donc inutile de m’incendier sur des points de détail.

Biosphere : Moins vite, moins loin et moins longtemps, il faudra s’y faire. Sans énergie exosomatique (grâce aux ressources fossiles), nous ferons à nouveau l’éloge de la lenteur. Quant au fait de ne pas lire un raisonnement jusqu’au bout pour en rester à ses préjugés, c’est choisir la voie de la facilité et de l’impuissance intellectuelle.

pm22 : Je propose de remplacer la voiture par la charrette à âne. Heu, non, ce serait de l’exploitation animale…

Biosphere : Vous avez des idées. La première est encore très usitée dans les pays pauvres aujourd’hui. Quand au second, on peut voter pour le parti animaliste lors des prochaine européennes…

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Testament écologique d’un militant politique

La chaise vide n’est jamais une bonne attitude. J’ai milité pendant 25 ans pour la cause écologique, c’est-à-dire pour rendre possible l’impossible. Voici un aperçu de mes engagements politiques qui vous permettront, je l’espère, de mieux apprécier la situation présente et d’envisager l’avenir.

Petit rappel historique.

Le premier candidat à la présidentielle s’appelle René Dumont, en 1974. Mais le parti des Verts n’a été créé qu’en 1984. Il s’est transformé en mouvement EELV (Europe Écologie Les Verts) en 2011. Il a regroupé le parti des Verts stricto sensu et une coopérative ouverte aux sympathisants, même appartenant à un autre parti. Je fais un constat d’échec de cette nouvelle formule, la coopérative est un mort-vivant. Fin 2011, la coopérative comptait 17 500 adhérents, et le parti 14 500 adhérents, soit 32 000 adhérents à EELV. Fin 2020, la coopérative ne compte plus que 250 adhérents avec une cotisation  à 10€ ou 20€, et le parti environ 10 000 adhérents avec une cotisation libre à partir de 1€. La perte de militants écologistes est énorme pour le Mouvement et surtout pour la coopérative qui n’est pas devenue le socle espéré de plusieurs dizaines de milliers d’adhérents qui aurait fait  d’EELV comme le voulait Daniel Cohn-Bendit un mouvement écologiste de masse. Dans la lignée de Cécile Duflot et Jean Vincent, la « firme » au pouvoir n’a jamais aimé ni soutenu la coopérative, au contraire. Ils ont fait le choix du pire.

Aujourd’hui encore la nomenklatura des Verts ne se rend pas compte que le parti EELV est en bout de course, il a fait son temps, et la coopérative était la seule solution pour élargir son impact médiatique. Les succès verts aux élections locales ne sont pas redevables au parti, mais aux divers conglomérats qui se sont formés au nom de l’écologie. Il y a eu des alliances gagnantes comme le Printemps Marseillais, ou le groupement citoyen Poitiers Collectif. Il s’agit de catalyseurs comme en chimie, où un additif (l’écologie) permet de décupler la vigueur d’une réaction. Quelle peut être la place d’un individu dans ce collectif mouvant qui constitue l’écologie politique ? Personnellement j’ai essayé d’ouvrir dans et hors de ce parti beaucoup de chemins, je ne suis apparemment arrivé à aucun résultat.

J’ai tout essayé.

J‘étais chez les Verts dans les années 1990, mais il faisaient de l’auto-blocage avec leurs statuts rigides et un acoquinement avec le PS qui les empêchait de présenter électoralement une écologie de rupture. J’ai alors tenté pendant dix ans l’entrisme au PS car je croyais en 2002 que l’urgence écologique était devenue telle qu’un parti dit « de gouvernement » allait se saisir de cette thématique. J‘étais membre de leur commission nationale environnement, j’ai été en charge officiellement d’un suivi de la politique de la droite en matière d’écologie, périodique envoyé à tous les députés et sénateurs socialistes. J’ai aussi participé activement à la motion du congrès de Reims en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique » : 1,58 % des voix seulement, il n’y a pas eu débat d’idées, c’était la lutte à couteaux tirés pour savoir qui allait être premier secrétaire du parti, Ségolène ou Bertrand, Martine ou Benoît. Un parti politique ne réfléchit pas, il s’épuise dans les affrontements de pouvoir (le bal des ego), ce n’est pas une particularité du parti EELV ! J’ai organisé un colloque en janvier 2011 dans les locaux de l’Assemblée nationale « Pic pétrolier, quelles propositions politiques pour 2012 ? » ; plusieurs spécialistes à la tribune, la salle de réunion du PS pleine à craquer, des députés dans la salle. On n’en a retenu aucune leçon.

De toute façon le vieux PS de François Hollande n’était pas mûr pour parler « écologie ». Une fois arrivé au pouvoir, leur optique croissanciste a constitué leur mantra. J’ai donc rejoint EELV en 2011 avec le statut (nouvellement créé) de coopérateur qui me permettait la double appartenance partisane, socialiste ET écologiste. J’ai co-animé en 2011 aux JDE de Clermont-Ferrand un atelier qui a permis la création d’une commission accueil-formation, structure sans résultats malgré plusieurs WE de rencontres à Paris. Cette commission s’est enlisée dans les méandres de GIRAF (groupe interrégional accueil/formation)….

J’ai continué d’essayer. Je me suis encarté à EELV pour participer aux décisions de congrès. Je voulais une écologie de rupture, j’ai soutenu la motion Avenir Ecolo. Pour le congrès suivant, on est devenu « Pôle Ecolo » après union avec objectif Terre  ; j’ai été co-administrateur de la liste de diffusion. Mais nous avons été écarté du congrès par les partisans de la firme résultant des initiatives politiciennes de Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé.

J’ai continué d’essayer, y compris par des livres en libraire. J’ai coordonné un livre paru début 2014 avec comme auteurs Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Hervé… et intitulé « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». J’ai monté la même année, après plusieurs ateliers aux JDE sur cette thématique, un groupe de travail « démographie » qui a été officialisé par le BE mais qui n’a eu aucun écho chez nos dirigeants. Je suis aussi cofondateur du groupe de travail « imaginer une économie écologique », une instance adoubée par le CF en 2014. Pour préparer la présidentielle de 2017, j’ai rédigé un livre synthèse de 370 pages, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », présentant tous les programmes politiques possibles. Au JDE de 2016, on a refusé un atelier autour de mes thématiques et ma séance de dédicace n’a eu aucun succès. Entre les deux tours de la présidentielle de 2017, j’ai donc pris contact étroit avec le (futur) député « en marche » de ma circonscription, très ouvert apparemment à l’écologie. Mais dans la mouvance du groupe local, autant la plupart des adhérents de base avaient la fibre écolo, autant les orientations nationales allaient à l’inverse. Au bout de deux ou trois mois, j’ai compris (comme plus tard Nicolas Hulot) que Macron n’était pas compatible avec l’écologie. Mon livre anti-Macron « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » est sorti en libraire en octobre 2018. Je suis (re)devenu coopérateur EELV à plein temps. J’ai mis en place officiellement en 2019 lors des JDE de Toulouse un collectif « Formation de formateurs à l’écologie ». J’ai rassemblé tout un groupe, mais il n’y avait que moi qui était actif pour rédiger fiches de formation et rapports de conférences. Qui sait que le BE actuel compte un membre dédié à la formation ? Mais il ne faut pas se décourager, il faut toujours chercher le chemin le plus propice à promouvoir l’écologie politique.

J’ai presque tout essayé. La structure « économie écologique » était devenue en 2017 une commission thématique « post-croissance ». J’en suis récemment devenu membre… mais il n’y a aucune organisation interne à cette commission, on discutaille à perdre haleine sans vouloir que cela débouche sur une orientation du parti. J’ai même testé sans illusion beaucoup d’autres tentatives d’ouverture du mouvement ; à une époque j’étais au conseil d’orientation politique, et récemment avec le groupe de travail sur la « réinvention du Mouvement »

Aucune de ces structures, groupes de travail ou commission, n’est arrivé à donner un résultat durable, les militants préfèrent se contester entre eux plutôt que de rechercher la symbiose. On peut d’ailleurs généraliser à toutes les commissions thématiques, elles existent théoriquement pour réfléchir et éclairer le parti sur les orientations à prendre, elle ne servent à rien. La seule commission qui arrive à se faire connaître, c’est la commission féminisme, mais on n’y parle pas d’écologisme ! Grâce à Denis, j’ai obtenu une place de coopérateur auprès du Conseil Fédéral que j’abreuve de mes analyses ; elles ne sont jamais suivies d’effet, mais au moins je peux les proférer.

En conclusion, ce n’est pas parce que je passe personnellement d’un échec à un autre qu’il ne faut pas tenter l’impossible… René Dumont, notre figure de proue écologique, disait dès 1974 que l’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. A mon avis il faudra au moins un siècle pour que l’urgence écologique devienne l’éthique commune de l’humanité. D’ici là le mouvement écologiste aura connu beaucoup de schismes et opéré beaucoup de mutations avant de convaincre nos peuples que l’humanité doit s’obliger à une coopération durable avec la planète qui entretient la vie de tous les espèces (dont homo sapiens/demens). D’ici là je serai mort depuis longtemps, mais il faut par principe faire confiance aux générations futures. Pour arriver à une humanité moins anthropocentrée, elles seront aidées par mon partenaire préféré, la biosphère.

Ce sont les craquements de notre mère la Terre et ses dysfonctionnements provoqués par notre espèce qui nous obligent à penser autrement. Notre constat politique est commun, toutes les études scientifiques le prouvent, l’urgence écologique est omniprésente : épuisement halieutique, stress hydrique, surpopulation ET surconsommation, raréfaction des ressources renouvelables ET non renouvelables, pic pétrolier ET pic des métaux, réchauffement climatique, extinction de la biodiversité, stérilisation des terres agricoles et disparition des forêts primaires, bidonvillisation de l’habitat et morgue des super-riches du haut de leurs yachts et de leurs avions, gaspillage des ressources alimentaires et obsolescences programmées, aliénation du peuple par la société du spectacle, conformisme des consommateurs formatés par l’emprise publicitaire, foi aveugle dans le progrès techno-scientifique et ses solutions-miracle, montée de l’individualisme exacerbé d’un côté et explosion des intégrismes de l’autre, militarisation de l’existence, en bref dépassement des limites dans tous les domaines.

Reconnaître cela, lutter contre des tendances mortifères, c’est vouloir nécessairement la coopération, c’est chercher le meilleur chemin, c’est tenter l’impossible.

Michel Sourrouille

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La biodiversité aux abonnés absents

Si les services rendus par la nature sont surexploités, c’est que personne n’en assure le coût. La nature ne se fait pas payer quand elle nous donne son eau, son pétrole, ses forêts, ou quand elle gère et digère nos déchets. Elle n’envoie pas d’avocat pour les préjudices qu’elle subit quand on dérégule le climat ou qu’on détruit la biodiversité. Il n’y a pas d’autres choix que de recourir à des mécanismes impliquant la puissance publique. Autrement dit, la gestion de la biodiversité en tant que bien collectif doit devenir une mission régalienne.

Jérémie Wainstain :  La biodiversité n’est pas un sujet comme les autres : c’est la clé de voûte de nos systèmes alimentaires. Les vers de terre, les arbres, les champignons, les abeilles sont les ouvriers invisibles (et gratuits) qui permettent aux agriculteurs de produire ce qui nous nourrit. Sans biodiversité, pas de pollinisation, pas de sols fertiles, pas de recyclage des nutriments, pas de régulations des espèces invasives ou des maladies. Sans biodiversité, pas de purification de l’eau et de l’air, pas de régulation du climat par les zones humides. Plus de trois cents indicateurs de biodiversité sont aujourd’hui référencés dans des publications, répartis en indicateurs de « pression » (mesure de l’utilisation des terres et de l’eau, de la perte d’habitat et de l’utilisation d’engrais), indicateurs d’« état » (mesure de la santé des espèces et de l’intégrité des écosystèmes) ou indicateurs « prédictifs », qui permettent de faire le lien entre les actions et leurs effets. Grâce à la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV), qui définit précisément les règles comptables d’affectation des impacts, on sait aussi remonter ces impacts à l’échelle de chaque référence produit et dans chaque rayon des supermarchés.

Pourtant, tout se passe comme si l’industrie agroalimentaire n’avait pas encore bien pris conscience de son impact massif sur la biodiversité. Il est plus que temps à présent de prendre ses responsabilités envers la nature.

Le point de vue des écologistes biodiversifiés

– La grande révolte des agriculteurs cette année contre le cadrage écologique des activités agricoles et la suppression de toutes les normes qui les embêtaient est bien significative du fait que la réalité des sols n’est pas la préoccupation de la FNSEA.

– L’agro-alimentaire a réussi à produire des semences stériles. C’est pas pour favoriser la biodiversité, c’est pour optimiser le business. Donc on ne peut pas attendre grand chose d’eux. Il faut s’occuper plutôt des jardiniers de la biodiversité : les paysans et maraîchers .

– Les succès sur des courtes périodes masquent souvent des conséquences très lourdes sur des temps plus longs car comme les écosystèmes ne réagissent pas forcément immédiatement à leurs multiples altérations.

– L’Union internationale pour la conservation de la nature estime 2 903 espèces sont menacées d’extinction en France. Le document alerte également sur la disparition déjà actée de 189 espèces. Dans le détail, les oiseaux nicheurs sont particulièrement menacés, avec 32% des espèces concernées. 

– Les humains et les animaux d’élevages représentent dorénavant 96% de la masse des animaux vertébrés. Les animaux sauvages 4% seulement. Il semblerait que cela soit encore trop.

– Pour nourrir bientôt 10 milliards d’individus, soit il faut accepter de consacrer 1/3 de son revenu à l’alimentation, soit il faut accepter que la biodiversité diminue. L’agro-industrie n’est pas un jeu gagnant-gagnant.

– On est prévenu , mais quand la voiture aura un crash, on l’enverra au garage (qui s’appelle ici « Génération suivante ») . Mais je ne sais pas ce qu’ils feront en cas de « sinistre total ».

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

La biodiversité aux temps de Macron

extraits : La publication de la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité est reportée, la « partie opérationnelle » doit encore faire l’objet de travaux supplémentaires !!! La précédente stratégie (2011-2020) n’avait pas réussi à enrayer la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes. La COP15 sur la biodiversité pourrait se tenir à la fin de l’été en Chine, mais les dates, après plusieurs reports, n’ont pas encore été annoncées.

COP15 sur la biodiversité, le blabla habituel

extraits : Les travaux de la 15e conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) ont débuté le mercredi 7 décembre 2022 au Canada. On connaît déjà le résultat final ! L‘espèce humaine remodèle le système biologique à son propre service depuis l’apparition de l’agriculture et de l’élevage. Ce mode d’organisation, fondé aujourd’hui sur les monocultures, l’élevage intensif, et la mondialisation des ressources alimentaires, est profondément instable. Plus nous sommes nombreux, plus nous voulons manger, plus nous fragilisons le milieu naturel car c’est la richesse de la biodiversité qui permettait une résilience durable. Alors la COP15 dans un tel contexte, c’est tâche impossible à l’image de la COP27 sur le climat , 27 années de négociations pour rien….

En savoir encore plus

Sur ce blog, nous suivons avec inquiétude l’état de plus en plus désespérant de la biodiversité. Exemples :

La biodiversité dans le monde

9 mai 2019, Biodiversité en péril extrême, tout le monde s’en fout

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

20 octobre 2012, Conférence mondiale sur la biodiversité, bavardage !

20 février 2010, biodiversité, un objectif perdu d’avance

2 février 2005, la biodiversité en péril selon l’union mondiale de la nature

La biodiversité en France

8 juillet 2018, Plan biodiversité, laissez-moi rigoler…

22 mai 2018, Nicolas Hulot à l’épreuve de la chute de la biodiversité

6 janvier 2017, La police de la biodiversité mise en place sans moyens

17 mars 2016, Loi sur la biodiversité, un vrai parcours du combattant

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation

26 mars 2015, Loi sur la biodiversité ne veut pas dire biocentrisme

1er juin 2012, sans sentiment de nature, la biodiversité fout le camp

14 août 2008, bagnole versus Biodiversité

25 juin 2008, Donner un prix à la biodiversité (Pavan Sukhdev)

9 décembre 2007, le concept de biodiversité (définition)

La biodiversité aux abonnés absents Lire la suite »