biosphere

Nos écrits en 2005 sur les cinglés chinois

Nous sommes en 2026

et la Chine veut Taïwan

09.04.2005 Chinoiseries

En quarante années, les Chinois ont multiplié leur production céréalière par quatre. Ainsi ils ne dépendent plus du Programme Alimentaire Mondial même s’ils ont encore importé 8 millions de tonnes de blé en 2004. Cependant ils perdent de la superficie agricole utile à cause de l’expansion trop rapide des surfaces urbanisées et leurs nappes phréatiques baissent dangereusement. L’avenir reste donc sombre pour les 20 % de la population mondiale qui se nourrissent sur seulement 7 % des terres arables de la planète.

La Biosphère peut alors proposer de choisir entre trois solutions :

1) que les Chinois restent ou deviennent végétariens, la nourriture carnivore nécessitant environ 7 fois plus de calories végétales.

2) que les Chinois exportent encore plus de vêtements vers les pays occidentaux.

3) que les Chinois approfondissent le modèle d’un seul enfant par famille.

Quelle est la solution qui te parait la meilleure ?

06.05.2005 La Grande muraille

Selon des sources bien informées, on verrait presque la Grande Muraille depuis l’espace. Il est vrai que bien d’autres constructions humaines seraient également visibles, telles que les aéroports et le troisième périphérique routier autour de Pékin.

Dans l’avenir du futur les archéologues, s’il y en a encore, dégageront sous des mètres de sédiments quelques centimètres carrés de routes en disant : voici les vestiges d’une civilisation inconsciente qui a cru que la longueur des routes pour automobiles était le summum du progrès alors que cela annonçait le commencement de la fin de l’emprise humaine sur la Biosphère.

07.06.2005 Horreur mondialisée

La Chine ne fait que découvrir les problèmes insolubles qu’entraîne l’exode rural provoqué par la croissance économique. Le réalisateur chinois Jia Shang-ke met en scène les Min-gong, les travailleurs migrants venants des campagne, et ses films ont été interdits par la censure chinoise par qu’ils peignaient trop bien l’envers du miracle économique. Il y a 170 millions de personnes déracinées en Chine, la plus grande migration de tous les temps qui reproduit en accéléré l’urbanisation de la Grande Bretagne qui s’est étalée sur 200 ans au moins. Son dernier film « The World », pour une fois autorisé, met en scène de jeunes ruraux embauchés dans un parc d’attraction à Pékin : ils se contentent d’un imaginaire formaté par la télévision et d’un échange limité aux mini-messages sur portables, comme les occidentaux du monde capitaliste ! Il est vrai que la mondialisation libérale entraîne l’uniformisation culturelle et la même difficulté de vivre.

Autrefois Mao Zedong avait limité la croissance des villes, un jour les urbains retourneront à la terre.

16.06.2005 L’année du dragon

Les nuées de bicyclettes qui symbolisaient hier les villes chinoises ont maintenant disparues des villes, remplacées par des files de voitures dans les embouteillages. La Chine ressemble à l’Amérique des années 1920, construisant des dizaines de villes nouvelles et des milliers de gratte-ciel. Mais si les USA ont pu dépasser la grande crise de 1929, ce fut grâce à l’automobile et donc au pétrole à bas prix contenu dans le sous-sol américain. Aujourd’hui La Chine manque déjà cruellement d’énergie, elle importe 8 % du pétrole mondial, enlevant même au Japon son rang de 2ème importateur mondial de brut après les Etats-Unis. La Chine est aussi devenue le premier client pour quasiment toutes les autres matières premières : les prix grimpent et les pénuries se font de plus en plus nombreuses, l’acier un jour, les céréales un autre. Les centrales électriques chinoises sont toujours surchargées et on envisage la construction de nouvelles tranches nucléaires. La Chine va donc à l’abîme à une vitesse toujours plus grande, elle entraînera le monde entier dans sa chute car le pétrole (et toutes les matières premières non renouvelables), ce sera bientôt le passé : le pic pétrolier américain est dépassé depuis l’année 1970, la production mondiale de brut commencera à baisser dans cinq ou dix ans.

    Parce que la marche correspond déjà à 4,5 grammes équivalent pétrole par km/piéton et la voiture à 58 grammes (quand elle est occupée par 1,3 passagers), bientôt le monde entier roulera en bicyclette (soit 1,5 grammes), comme la Chine des années 1920 !

02.07.2005 Les Chinois, meilleurs que les Occidentaux ?

La croissance chinoise est fantastique, tellement fantastique que la production d’électricité augmente de 15 % en moyenne annuelle depuis 2003. Mais la stratégie de « se développer d’abord, puis contrôler la pollution ensuite » est en train d’aboutir au désastre. Les dix provinces de l’ouest subissent une perte équivalente à 13 % du PIB de la région en raison des détériorations environnementales, les deux tiers des villes chinoises font face chaque année à des pénuries d’eau, la pollution des rivières est généralisée, les émission de dioxyde de soufre en provenance des centrales thermique au charbon provoquent des pluies acides…

Le SEPA, administration d’Etat pour la protection de l’environnement, tire la sonnette d’alarme, mais la Biosphère sait déjà que ces gens-là vont être écouté par des sourds, comme dans les pays occidentaux !

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ASHOKA, un véritable chef d’État

 Quand gouvernent sages et philosophes 

Une furie meurtrière au IIIe siècle avant notre ère a soumis le Kalinga (en Inde) pour l’inclure dans l’Empire maurya. Un jeune roi ambitieux et cruel, Ashoka, règne alors sur ce territoire démesuré unifié par son grand-père : de l’Afghanistan à Ceylan, l’empire englobe l’Inde et le Pakistan.

Pourtant, après cette guerre effroyable, il vire du tout au tout. Dans sa victoire la plus sanglante, il discerne la pire défaite morale. Et décide de ne plus jamais combattre, de ne plus tuer ni hommes ni bêtes – pas même pour fournir en gibier les tables de ses palais. Sa nouvelle voie : user de son pouvoir pour diminuer les souffrances et inciter les humains à coexister dans un respect mutuel.

Dans tout l’empire émergent dispensaires et hôpitaux. Pour les humains mais aussi, singularité remarquable, pour les animaux. Ce souverain avait compris que tous les vivants étaient des sujets que son autorité devait contribuer à fortifier plutôt qu’à détruire:

« Tous les hommes sont mes enfants, et tout comme je souhaite à mes enfants d’être heureux et prospères, tant en ce monde que dans le suivant, c’est ce que je leur souhaite. »

La grande invention de ce gouvernant atypique fut l’éducation de tous à la tolérance. Pour l’enclencher, il a parsemé l’empire, du nord au sud et d’est en ouest, de piliers exposant en termes simples les principes du vivre-ensemble.

Que disent-ils ? « Il est facile de faire le mal », « faire le bien est difficile », « ne pas tuer d’êtres vivants est une bonne chose, la modération dans les dépenses et la modération dans l’épargne est bonne », « Quiconque défend sa propre religion et à cause d’un zèle excessif condamne les autres en pensant “j’ai le droit de glorifier ma propre religion” ne fait que nuire à sa propre religion, on doit écouter et respecter les doctrines professées par les autres. »

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Si Trump était un véritable chef d’État

JAMAIS IL N’A RÊVÉ DU POUVOIR. Il l’a reçu, fort jeune, sans l’avoir désiré. Encore adolescent, il s’était converti à la vie philosophique, une manière de vivre. Jeune homme, il dort à la dure, s’habille simplement, étudie avec les meilleurs maîtres. Quand il accède au pouvoir suprême, une série de détails le distinguent.

Afin de mener à bien sa tâche, il s’entoure d’administrateurs et de généraux compétents. Pour nourrir son intense activité législative et judiciaire, il s’appuie sur des techniciens expérimentés. Les affaires judiciaires ont une place importante pendant son règne ; il travaille avec minutie sur chaque cas, s’aide de l’avis du conseil impérial et traite toutes les affaires avec la même attention. Le jour, il consulte, arbitre, commande. La nuit, il écrit, et s’interroge : a-t-il bien été fidèle, heure par heure, à ses principes de vie ? Ne s’est-il pas laissé influencer, impressionner ? A-t-il évité les pièges de la vanité, les erreurs de jugement, l’injustice ? Il fait un usage éminemment pragmatique de la philosophia, tendu vers un unique but  : s’efforcer de « tenir son cap » et de « rester droit », malgré toutes les difficultés qu’il doit affronter. En charge de la destinée du monde entier, il doit en effet se tenir constamment sur ses gardes face aux flatteurs et aux comploteurs.

Ses méditations privées sont connues sous le titre de Pensées pour moi-même ; elles demeurent un des textes majeurs de la philosophie occidentale. Peu importe le contenu du discours du moment qu’il permet de s’appartenir de nouveau et d’« être à soi », c’est-à-dire totalement dévoué aux autres. Le bien moral est le seul concept qui compte ; la mort, la pauvreté, la maladie et l’échec, tout comme leurs contraires, ne doivent provoquer que de l’indifférence. La gloire est éphémère, elle ne permet pas d’échapper à la mort.

Il évite les morts inutiles : une de ses premières mesures est d’imposer un filet sous les spectacles d’acrobates. Il s’abstient d’encourager la cruauté : obligé par ses fonctions d’assister aux jeux du cirque, il dicte son courrier, donne des audiences dans sa loge. Ses tâches administratives consistent prioritairement à clarifier et améliorer le système déjà en place, la plupart de ses actes étant motivés par le mauvais état financier de l’empire. Il fait vendre, durant des mois, des kyrielles de meubles, tissus précieux et statues provenant de ses palais. Son but n’est pas simplement de se défaire d’un luxe qu’il juge inutile. Grâce aux recettes, il peut financer les dépenses militaires devenues indispensables et urgentes, sans pour autant augmenter l’impôt qui pèse déjà lourdement sur le peuple. Car la grande affaire du règne de cet homme pacifique sera la guerre. Les frontières de l’Empire sont harcelées, les défaites nombreuses, le risque d’effondrement réel. Des années durant les combat, il vivait sous la tente au cœur des armées.

Comment passe-t-on du sage au dirigeant militaire ? Assez simplement, dans l’optique de la doctrine stoïcienne dont se réclame le philosophe-empereur. A chacun de tenir son rôle le mieux possible, comme un musicien joue sa partition dans un orchestre. Savetier, il s’agit de faire de bonnes sandales. Soldat, de bonnes campagnes. Le rôle de l’empereur est de préserver l’empire. Il doit maintenir l’ordre du monde, et exercer sa fonction le mieux possible pour empêcher la dislocation de l’existant.

Bien entendu il ne faut pas se trumper. Il ne s’agit pas du bateleur de foire qui croit être un chef d’État et Nobel de la paix, Donald Trump. Nous venons de résumer la vie de l’empereur Marc Aurèle (121-180). Son oncle, l’empereur Antonin – père adoptif, protecteur et maître –, l’avait choisi pour successeur. Il règne de 161 à 180. Dernier des « cinq bons empereurs » selon Machiavel, il est aussi le dernier empereur de la période de la « paix romaine ».

Marc Aurèle, sentant que ses jours sont finis et son devoir accompli, accepte comme stoïque une mort honorable, s’abstenant de manger et de boire, et aggravant ainsi la maladie pour lui permettre de mourir le plus rapidement possible.

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Nos écrits en 2005 sur les cinglés américains

Nous sommes en 2026

et nous avons élus Trump !

19.03.2005 Dieu m’a dit, dit Bush

« Je me suis vu confié une mission par Dieu. Dieu m’a dit : ”Georges, va combattre ces terroristes en Afghanistan”. Et je l’ai fait. Et puis Dieu m’a dit : ”George, va mettre fin à la tyrannie en Irak”. Et je l’ai fait ». Et comme George Bush était en présence du premier ministre palestinien (en juin 2003), Bush rajoute : « Et de nouveau maintenant je sens le verbe de Dieu venir en moi : ”Va donner aux palestiniens leur Etat et aux Israéliens leur sécurité, et fait la paix au Moyen-Orient”. Et Dieu m’est témoin que je vais le faire ! ». La Maison Blanche s’est refusée à commenter ce qu’elle a présenté comme une conversation privée. Mais on ne peut que constater dans ces discours la malignité des humains qui disent que ce sont paroles de Dieu alors qu’il ne s’agit que de mettre en musique petits et grands arrangements (ou dérangements) entre humains. L’expression « Dieu m’a dit » veut dire en fait qu’on peut faire n’importe quoi !

Seul le respect des équilibre de la Biosphère mérite l’expression ”Biosphère m’a dit ”, car il s’agit là d’une réalité objectivée et digne d’une approche scientifique. Qu’est-ce qui va mal dans les écosystèmes et que peut-on faire en tant qu’humain pour y remédier ?

02.04.2005 Un psy pour les Américains ?

Les Etats-Unis acceptent de traduire les auteurs présumés des exactions au Soudan devant la Cour pénale internationale, mais à la condition expresse qu’aucun Américain ne puisse être poursuivi, même s’il était parmi les bourreaux. Les Etats-Unis vont sans doute décider de sacrifier leur réserve naturelle en Alaska puisqu’on y trouve le pétrole tellement nécessaire à leur appétit d’obèses (en voitures). Ces quelques signes cliniques auxquels s’ajoutent bien d’autres symptômes vont tous dans le même sens, ceux qui dirigent les Etats-Unis sont très très malades.

Il faudrait d’urgence essayer de les guérir, de gré ou de force !

23.04.2005 La mort orange

L’armée américaine a fait usage de dioxine entre 1962 et 1970 pour déboiser les zones ennemies au sud vietnam. Il s’agit d’un contaminant liposoluble d’origine industrielle, qui détruit la végétation, pénètre le sol jusqu’à plus de 2 mètres de profondeur et peut rester actif plus de vingt ans. La dissolution de 80 grammes de dioxine dans un réseau d’eau potable pourrait éliminer 8 millions de personnes, les Américains en ont déversé 336 kilos mélangés à 40 millions de litres d’agent orange.

Comme la Biosphère croit savoir que les incinérateurs fabriquent aussi de la dioxine, elle se demande : est-ce le plus cher des désirs des humains que de s’entre-tuer, et d’entraîner le reste de la planète avec ?

04.07.2005 Suprême indécision

Dans une Amérique qui se judiciarise, la Cour suprême joue le rôle d’arbitre sur les questions de l’organisation socio-politique tout en restant le reflet d’une société profondément divisée sur la prière à l’école, le droit de perquisitionner des propriétés privées, la peine de mort… Les décisions de la Cour ne tiennent donc qu’à un fil et souvent Sandra Day O’Connor, la première femme à siéger à un tel poste, faisait pencher la balance (5 contre 4) grâce à son tempérament centre-gauche. Mais le Président conservateur Bush va la remplacer car elle démissionne à 75 ans. Les progressistes se lamentent déjà.

Mais la Biosphère se sent encore plus mal en voyant des procédures démocratiques si fluctuantes alors qu’on juge seulement des affaires inter-humaines. En effet, quand il s’agira de juger du rapport entre les humains et l’environnement, elle prévoit déjà un verdict catastrophique : les humains ont un cerveau trop développé pour percevoir autre chose que leurs petites préoccupations personnelles…

13.09.2005 Les USA contre l’ONU

Du 14 au 16 septembre, près de 175 chefs d’Etat ou de gouvernement se retrouvent à New York pour amender les statuts de l’ONU. Mais le représentant de G.Bush exige par avance qu’on supprime l’expression « respect de la nature » ainsi que la promesse de « n’épargner aucun effort pour promouvoir et renforcer l’efficacité de l’ONU », qu’on élimine toute contrainte imposée sur la politique américaine, en particulier en effaçant toute allusion à l’obligation qui est faire aux puissances nucléaires de renoncer à terme à l’arme ultime, en faisant disparaître les références au protocole de Kyoto ou même la formule reconnaissant que « le changement climatique est un enjeu sérieux ».

Vous voulez le nom de ce criminel de guerre (contre la Biosphère) ? Il s’agit de John Bolton, fidèle valet nommé par G.Bush nouvel ambassadeur américain à l’ONU, personnage sinistre qui a émis pas moins de 700 amendements douteux contre un texte reconnu valable par la communauté internationale. Appeler à l’assassiner paraîtrait un supplice trop doux… (rappelons que Pat Robertson, évangéliste très connu et ami de G.Bush a appelé à assassiner un dirigeant politique démocratiquement élu en Amérique du Sud !)

19.12.2005 Le bord du gouffre

Non seulement les Américains fragilisent le fragile équilibre de l’économie mondiale, mais ils détériorent aussi l’état des ressources naturelles et le régime climatique. Qu’ils entraînent tous les humains dans leur chute ne sera pas juste châtiment, ce sont les plus gaspilleurs qui doivent faire le plus d’efforts vers une simplicité volontaire, forcé si nécessaire. Mais qui peut obliger les Américains à fait ce qu’ils doivent faire ? Les Américains veulent tellement consommer tout et tout de suite qu’ils n’épargnent maintenant que 0,9 % de leur revenu. Leurs importations creusent tellement le déficit commercial qu’il passera de 616 milliards de dollars en 2004 à plus de 650 milliards en 2005, soit 6,5 % du PIB. A titre de comparaison, la balance commerciale de l’UE était excédentaire en 2004 de 6 milliards de dollar et celle du Japon de 141 milliards. De plus le gouvernement fédéral vit aussi à crédit, les 412 milliards de dollars de déficit en 2004 vont être allègrement dépassé. Il faut donc que quelqu’un paye pour maintenir le niveau de vie du pays le plus riche de la planète, c’est pourquoi 70 % de l’épargne mondiale s’investit en dollars américains.

Mais il faudra bien un jour ou l’autre que les Américains payent la facture et l’atterrissage sera d’autant plus brutal que l’excès de liquidités de l’économie mondiale (11 000 dollars) est propice à un renversement de tendance boursière. C’est pour bientôt, dès que le pessimisme adviendra sur des marchés financiers qui veulent aujourd’hui régenter le monde : la Biosphère obligera l’Amérique par l’intermédiaire d’un krach boursier. Tous les moyens sont bons pour ramener les humains à la raison.

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Incendies. Joëlle Zask, enfin une parole sensée

Il faut le dire et le redire : les circonstances dans lesquelles le risque de mégafeu augmente sont celles du dérèglement climatique provoqué par nos activités polluantes.

– en matière de prévention, l’éventail des possibilités est large : il faudrait éduquer, informer, démaquiser, élaguer, apprendre les premiers gestes qui sont ceux des forestiers, renoncer aux plantes exotiques inflammables, favoriser une forêt diversifiée…

– Il faudrait surtout, fondamentalement, prendre à tout niveau, local, national, international, les mesures qui s’imposent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement de notre climat.

– Or aujourd’hui, si les cris de détresse sont assourdissants, les appels à l’écologisation radicale de nos modes de vie sont cruellement inexistants.

– A moins d’un an de l’élection présidentielle en France, les partis écologistes sont quasiment muets

– Qui plus est, les efforts régressent dès lors qu’il s’agit d’agriculture, de voiture ou de compétitivité.

– La communauté des citoyens devrait être analogue à la forêt « normale », à la fois cultivée et sauvage, bigarrée et composite, faite d’une myriade de petits écosystèmes élégamment emboîtés les uns dans les autres.

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Joëlle Zask : Les mégafeux n’ont rien d’un châtiment divin. Ils s’expliquent par divers facteurs, etc. Tous ces facteurs se résument à un seul, la ville. Je la distingue de la cité, dont le mode d’existence est celui du « bien vivre », de l’inclusion dans un environnement plus vaste, géographique, historique, biologique… La ville a été pensée comme son inverse, ne rien devoir à la Terre. A Los Angeles, on a détourné l’eau, chassé les autochtones, bétonné. Partout, on voudrait nullifier les éléments naturels ; on enterre les cours d’eau, on « conditionne » l’air, on construit sur dalle. L’idéal de la ville, c’est le hors sol, transgresser les limites de leur nature.  Pourtant cette ville ne produit rien de ce qu’elle consomme, colonise les territoires riches en ressources dont elle a besoin, enrôle de gré ou de force les populations nécessaires à son approvisionnement et rejette au loin tous ses déchets. Les villes recouvrent de 1 % à 3 % de la surface de la Terre, mais elles comptent pour 78 % de la consommation énergétique mondiale et produisent de 60 % à 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Finalement, en 2050, elles concentreront 70 % de la population mondiale.

Autrement dit, le tournant écologique passera par la ville ou ne sera pas.

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Nos écrits en 2005 sur les ressources halieutiques

Nous sommes en 2026

et les poissons sont plein de polluants

11.03.2005 le meilleur des mondes

La surexploitation des ressources halieutiques a conduit la proportion des espèces de poissons en danger ou épuisées à passer d’environ 10 % dans les années 1970 à 24 % en 2003. Mais l’humanité à des idées, on s’achemine vers la mise en place d’aires marines protégées couvrant 20 à 30 % de la surface des mers. On pourrait ainsi créer un million d’emplois de gendarmes des mers pour contrôler trois à quatre millions de pêcheurs menaçants un capital naturel enfin sauvegardé ou presque.

Heureux pêcheurs qui pourront devenir gendarmes, tant pis pour tous les exclus du système : ils n’avaient qu’à faire attention à la Biosphère un peu plus tôt.

13.05.2005 sauvages ou engraissés ?

Sauvages ? Le stock de thons rouges a subi dans les années 1980 au large des USA une baisse estimée à 80 %. Aujourd’hui en Méditerranée et Est-Atlantique le taux de productivité du stock disponible pour une pêche durable est estimé à 25000 tonnes par an alors qu’on en prélève à peu près le double. Une chose est donc sûre, les humains mangent directement le capital et non plus seulement les intérêts que fournissait gratuitement la Nature. Alors certains vont dire : « Faisons de l’élevage ! »

Engraissés ? Les fermes de thons en Méditerranée représente un tonnage de 38 000 tonnes pour lesquels il faut fournir 22500000 tonnes de petits poissons (sardines, anchois). Pour un kilo de thon, il faudrait donc 60 kilos de poissons ! Non seulement on peut souligner la déperdition de ressources, mais on peut aussi évoquer un autre danger : un de ces tout petits poissons peut être porteur d’un gros virus exotique qui pourrait affecter tout l’écosystème méditerranéen. Ce n’est pas une pure supposition, c’est déjà arrivé en Australie, et la biomasse a régressé de 70 % !

Alors, sauvage ou engraissé sur votre table ? Ni l’un, ni l’autre.

10.09.2005 Des océans qui se vident

Une étude statistique réalisée par l’Institut de recherche pour le développement montre qu’un quart des pêcheries mondiales a connu un effondrement. Jusqu’à présent l’optimisme régnait car on estimait que lorsque les quantités de poisson capturés restaient stables d’une année sur l’autre, le renouvellement des espèces était conservé. En réalité un effondrement est intervenu ces cinq dernières années chez tous les types de poissons, et davantage encore pour les espèces en eau profonde comme la morue, le haddock et le saumon. En effet les capacités de pêche ont augmenté d’une manière si importante que le rythme des captures a pu rester stable pendant longtemps alors que les océans se vidaient de leurs ressources halieutiques. Ainsi, malgré l’interdiction de la pêche à la morue au Canada depuis 1992, la population ne se renouvelle toujours pas.

Dans la Biosphère sous-marine, des poissons en nombre de plus en plus petit cherchent désespérément à se reproduire, le nombre de célibataires s’accroît, c’est la décroissance démographique marine qui précède celle des humains.

21.11.2005 Moratoire sur la pêche profonde !

Les monts sous-marins agissent comme des centres de spéciation (évolution de nouvelles espèces), comme des refuges pour des populations résiduelles et comme des lieux de rebonds pour la dispersion des espèces à travers les océans. Mais la pêche profonde qui exploite des fonds dépassant 400 mètres menace ces milieux en prélevant à l’excès des espèces de poissons qui ont un taux de renouvellement très lent à cause du froid des profondeurs. L’hoplostète orange sert d’avertissement : son exploitation a commencé au large de la nouvelle Zélande dans les années 1970, elle a atteint 60 000 tonnes en 1989 avant de décliner rapidement : aujourd’hui l’espèce n’est plus qu’à un sixième de son niveau originel. Au-delà des zones économiques exclusives de 360 km à partir des côtes (tel que défini par la Convention sur le droit de la mer en 1982), la souveraineté des Etats disparaît et plus personne ne peut empêcher quiconque de se servir à volonté et immodérément dans ces zones de non-droit. L’Assemblée générale des Nations unies a discuté en octobre de l’interdiction de la pêcherie profonde, mais les moyens de contrôle manquent terriblement et certains agitent déjà le spectre de la survie économique des pêcheurs.

La Biosphère vous dit : vous ne devez pas pêcher dans les régions océaniques où aucune souveraineté humaine s’exerce car vous portez alors atteinte à la souveraineté des écosystèmes, et donc à vous-même : la survie des pêcheurs passe par la stabilité de la ressource, l’instauration d’immenses réserves naturelles pour les poissons est devenue nécessité vitale.

23.11.2005 Dynamique de la crise

Que ce soit au Canada, en Europe ou ailleurs, chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que leur catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective. Alors les Etats côtiers veulent étendre encore plus loin vers le large leur juridiction, mais cela ne suffit pas et ils doivent instaurer des quotas de pêche, puis subventionner une partie de leurs pêcheurs pour les empêcher de pêcher, enfin interdire un jour ou l’autre la pêche à la morue et aux anchois…

Il y a bien longtemps que les humains auraient du comprendre que l’ami des pêcheurs et l’ami des poissons fréquentent le même océan et que l’essentiel n’est jamais la dynamique de la croissance, mais la gestion collective de la stabilité.

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Populisme fossile au Canada

Le mouvement écologiste est brisé par deux tendances contraires, la préservation de l’emploi à n’importe quel prix d’une part, et la préservation du niveau de vie d’autre part. Ainsi la politique d’allégement de la facture énergétique pour calmer la grogne des consommateurs. Ainsi va le système démocratique actuel, un populisme obligé puisqu’il faut bien être réélu. Les socio-démocrates font ainsi, les extrêmes droites ne font qu’en rajouter pour flatter le peuple. Arrivé au pouvoir en 2015, quelques jours avant la conclusion de l’accord de Paris sur le climat à l’issue de la Cop21, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait été l’un des plus ardents défenseurs d’une taxation écologique visant à freiner les émissions de gaz à effet de serre (GES) en modifiant le comportement des citoyens. Il a maintenant rejoint le camp des populistes !

Hélène Jouan : Le 26 octobre 2023, Justin Trudeau annonçait la suspension pour trois années de la taxe carbone sur le mazout. Le gouvernement conservateur de la Saskatchewan a annoncé le 1er janvier 2024  que les consommateurs de gaz naturel et d’électricité étaient désormais exemptés du paiement de la redevance fédérale sur le carbone. Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, mène campagne pour l’abolition pure et simple de la taxe carbone sous le slogan « Axe the tax » (« hachez la taxe »)… Ottawa continue de donner son accord à de nouveaux projets d’exploitation de combustibles fossiles.

Le point de vue des écologistes désabusés

skid : Toujours le dilemme entre court terme et long terme : choisir entre polluer maintenant pour payer moins cher (en détruisant la stabilité climatique) et payer plus cher pour préserver l’avenir… Choisir l’usage de fossiles bon marché est forcément perdant puisque les coûts d’un climat instable sont quasi infinis sur le long terme. Cette société riche accro à la consommation, à l’hyper-mobilité et aux fossiles (pour leurs prix dérisoires) vit sur le dos des générations futures. Nous avons créé un monde (et un système économique) où l’intérêt individuel de court terme passe bien avant l’intérêt collectif de long terme.

Tiouriret : Soyez optimiste, faites comme E. Musk et ses semblables. Achetez une navette spatiale pour votre famille afin de vous mettre à l’abri sur une autre planète en cas de problème sur terre. Il suffit de traverser la galaxie pour trouver du profit ailleurs.

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L’écologisme contre le populisme, qui va gagner ?

extraits : Le populisme et l’écologisme sont deux axes de la pensée humaine incompatibles, si ce n’est complètement opposés. Le mouvement des « Gilets jaunes » en est un exemple frappant : mieux vaut épuiser le pétrole qu’accepter l’augmentation du prix de l’essence ou une taxe carbone…

Sables bitumineux entre richesse et catastrophe (2023)

extraits : Ma liberté, mon fric, mon pétrole à moi ! Au Canada, la guerre est déclarée entre la riche province de l’Alberta et Ottawa. La première ministre albertaine Danielle Smith a fait adopter une loi sur la souveraineté de la province canadienne. Cet acte législatif accorde à l’Alberta le pouvoir d’ignorer « les lois fédérales et les initiatives jugées contraires aux intérêts de la province ». En jeu : la libre exploitation du pétrole local, alors que les autorités fédérales voudraient la restreindre pour des raisons environnementales.

Le traité commercial avec le Canada menace le climat (2016)

extraits : le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) – visant à faciliter les échanges économiques entre son pays et l’Europe. En l’état, cet accord va à contresens de nos engagements internationaux de limiter le réchauffement climatique. Il fait une grande place aux énergies fossiles et limite la capacité des Etats à prendre les mesures nécessaires à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. En s’appuyant sur les tribunaux d’arbitrage, le CETA permettra aux entreprises de porter plainte contre un Etat adoptant une politique publique contraire à ses intérêts privés.

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Nos écrits en 2005 sur le pétrole

Nous sommes en 2026

et le choc pétrolier ultime se profile

12.04.2005 Les corons à l’abandon

Le travail dans les houillères a duré 270 ans dans le Nord, 150 ans dans le Pas-de-Calais ; la dernière mine a fermé en 1990. Maintenant les terrils portent des sentiers de randonnée et les corons sont habités par des locataires sans emploi, souvent d’ailleurs les enfants et les petits-enfants de mineurs inadaptés aux emplois nouveaux par insuffisance de qualification.

Quand ce seront les puits de pétrole qui fermeront bientôt, soit 5 % du PIB mondial pour rémunérer les pays pétroliers, mais aussi 50 % du PIB avec toutes les activités qui découlent du pétrole, j’aimerais qu’un économiste néo-classique me calcule le pourcentage de chômeurs « inadaptés » qu’il y aura en France à ce moment-là !

25.05.2005 Bientôt le « peak oil »

Le point culminant de la production mondiale de pétrole est envisagée pour 2037 par le National Intelligence Council des USA, quelque part entre 2013 et 2037 par l’Agence internationale de l’énergie, mais avant la fin de la décennie par l’Aspo (Association for the study of peak oil and gas) qui organisait son colloque Lisbonne. Ainsi les réserves mondiales, estimées aujourd’hui à 2275 milliards de barils, seraient seulement de 1750 milliards. L’Aspo est composée de spécialistes de l’industrie pétrolière comme son fondateur l’Irlandais Colin Campbell qui a dirigé le département Géologie d’Amoco avant de terminer sa carrière comme vice-président de Fina. Il est vrai que Shell a récemment admis qu’un tiers de ses réserves « prouvées » étaient imaginaires et que l’Opep indexe depuis 1985 ses quotas sur une prétendue augmentation constante de leurs réserves. Dans le même temps la déforestation de la planète prend des proportions alarmantes.

Dans ce contexte inquiétant pour la santé économique du libéralisme, le débat franco-français sur le projet de Constitution européenne apparaîtra aux yeux des générations futures comme pur enfantillage …

27.07.2005 Après la pétroapocalypse

Depuis le mercredi 6 juillet 2015, les caisses de l’Etat sont officiellement vides, il n’y a plus d’argent, le pays est en faillite. Le Trésor public a apposé une affichette un peu partout : « En raison des conséquences du choc pétrolier, toutes les dépenses publiques sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. » C’est le résultat final d’une longue agonie du secteur public ; les fonctionnaires ont reçu en mai leur salaire de février et les retraités attendent encore de toucher des pensions impayées depuis un an. Le chef de l’Etat, un général arrivé au pouvoir à la suite d’un putsch, n’a plus d’ailleurs comme soutien que celui de l’armée. Il faut dire que les militaires sont les seuls à être encore toujours payés rubis sur l’ongle et on peut déjà dire que la dernière goutte de pétrole servira à faire fonctionner un tank ou une automitrailleuse. Ainsi va le quotidien politique de la plupart des pays depuis l’augmentation sans fin du prix du baril au cours de ces dix dernières années.

La Biosphère vous dit : « On pourrait croire ce scénario improbable, mais c’est (en juillet 2005) déjà la réalité du Centrafrique, un Etat incapable de sortir du piège de la pauvreté, un pays qui vous montre le gouffre dans lequel le monde entier va être précipité avec une pétroapocalypse qui ne laisserait aucun pays indemne».

02.09.2005 La rente pétrolière

Le triplement du prix du baril, passé de 20 à 60 dollars depuis l’an 2000, entraîne l’enrichissement des pays exportateurs, de Riyad à Lagos, de Caracas à Moscou. Mais le pétrole n’est que malédiction. Cet argent facile soutient artificiellement le budget d’un Etat parasitaire, la corruption augmente plus que proportionnellement aux « investissements » somptuaires en palais, yachts et bijoux, des proportions importantes des pétrodollars prennent le chemin des paradis bancaires internationaux., les populations locales restent le plus souvent pauvres ou asservies. Même si de nouvelle infrastructures routières, portuaires ou touristiques sont mises en chantier, la croissance démographique va de pair avec un chômage structurel que nulle croissance économique dans un monde fini ne pourra résorber.

La Biosphère attend avec impatience la fin de cette malédiction pétrolière qui pèse sur la planète, que ce soit dans l’impasse de tous ces pays qui perdent une partie de leur sous-sol au profit de richesses apparentes, ou dans l’aveuglement d’un monde mue par un système thermo-industriel sans lendemain, si ce n’est le réchauffement climatique qui en résulte.

14.09.2005 L’ère de l’après-pétrole

La demande de pétrole des Chinois est vertigineuse, depuis 2000 elle absorbe un bon tiers du surcroît de la production mondiale. Mais ce sont les Américains qui gaspillent le plus, 20 millions de barils chaque jour alors que les Chinois n’en consomment encore que 7 millions (deux fois plus qu’il y a dix ans cependant). Du côté des réserves, les volumes découverts depuis vingt ans sont inférieurs à ceux consommés : on trouve de 12 à 15 milliards de barils chaque année alors que la planète en consomme 30 milliards. Le déséquilibre entre l’offre et la demande est irréversible, les humains ont sans doute depuis le jaillissement de l’or noir à Titusville en 1859 déjà consommés près de la moitié des réserves mondiales. Mais quel homme politique serait assez fou pour taxer l’american way of life que toute le monde voudrait imiter, même les communistes chinois !

La Biosphère a mis des millions d’années pour accumuler ces réserves fossiles, les humains n’avaient pas le droit de les brûler en quelques années. Contre la folie humaine, les politiques et les citoyens doivent être assez fous pour mettre en place une société qui, de toute façon, fonctionnera bientôt sans pétrole.

24.11.2005 Économisez le pétrole !!!

L’Agence Internationale de l’Energie, cette officine chargée depuis 1974 de défendre les intérêts des pays consommateurs, change enfin de discours. Après avoir bercé le monde des politiciens occidentaux d’illusions, l’AIE reconnaît dans son rapport annuel 2005 que la production des Etats qui ne sont pas membre de l’OPEP (Russie, Etats-Unis, Norvège…) devrait décliner peu après 2010 alors qu’ils fournissent aujourd’hui 60 % du brut mondial. Après des années d’insouciance, le mot d’ordre devient : « Economisez l’énergie, économisez le pétrole ! Et diversifiez-vous, s’il vous plaît. Sortez du pétrole ! » Le directeur des études économiques de l’AIE a même le culot de déclarer : « Le pétrole, c’est comme une petite amie, vous savez depuis le début de votre relation qu’elle vous quittera un jour. Pour qu’elle ne vous brise pas le cœur, mieux vaut la quitter avant qu’elle ne vous quitte. » Il faudrait ajouter que le niveau de réserves de l’OPEP (le seul espace géographique qui n’a pas encore dépassé le pic pétrolier) n’est pas connu de source sûre, mais il est très vraisemblable qu’il soit généreusement sur-évalué.

Non seulement la ressource s’épuise officiellement, mais les déchets (effet de serre et changement climatique) feront sentir leurs effets pendant très longtemps : à force de mépriser la Biosphère, les humains ont tressé la corde pour se pendre.

25.11.2005 Du nucléaire au pétrole

Dans les années 1970 se constitue l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole), mais ce cartel de pays reste globalement sous le contrôle des puissances occidentales. Par la suite les deux chocs pétroliers (forte augmentation du prix du baril) successifs ne sont pas dus à une volonté structurelle de l’OPEP de faire payer la rareté croissante du pétrole, mais à des raisons politiques complètement conjoncturelles (de court terme). Après la guerre du Kippour en 1973, le quadruplement du prix du baril n’est que le soutien des pays arabes à une Egypte en train de perdre la guerre contre Israël. Par la suite, c’est l’arrivée de l’imam Khomeyni en 1979 qui renverse le Shah en Iran et déstabilise le marché. Aujourd’hui le monde occidental risque encore d’être confronté à un choc pétrolier accéléré pour des raisons politiques : l’Iran voudrait avoir une politique nucléaire indépendante et face aux menaces américaines et européennes de sanction, elle envisageait en septembre 2005 d’user de l’arme pétrolière. Il est vrai que l’Iran détient les deuxièmes réserves de pétrole de la planète derrière l’Arabie Saoudite, et les deuxièmes réserves de gaz naturel après la Russie. De plus, alors que la coupure d’une source d’approvisionnement pouvait être compensé jusqu’alors par d’autres pays, il n’existe plus désormais que de faibles capacités d’extraction supplémentaires.

La Biosphère, qui souhaite depuis longtemps un baril à plus de 100 dollars (et même très vite à 1000 dollars !), constate avec regret que les humains n’économisent pas par raison une ressource non renouvelable : il leur faut un conflit inter-humain ou l’arrivée de l’inéluctable, l’épuisement quasi-total de la ressource. Dire que leur cerveau est surdéveloppé, disons plutôt surdimensionné !

26.11.2005 Un baril à 360 dollars ?

A la fin du mois de mars 2005, la banque d’affaires Goldman Sachs avait fait sensation en affirmant que le prix du baril de pétrole pourrait prochainement atteindre 105 dollars. Quelques semaines plus tard, l’institution financière Ixis CIB évoquait la possibilité d’un cours du baril à 360 dollars en 2015. Le même organisme notait d’ailleurs que si le prix du pétrole avait augmenté depuis 1974 au rythme optimal d’une ressource épuisable, il vaudrait déjà 122 dollars en 2005 (alors qu’il ne côte que 66,6 dollar au 22 septembre). En effet, il y a une grande incertitude au niveau de la pérennité de l’offre : les estimations des réserves varient de 780 milliards à 1100 milliards de barils et début 2004 Shell avait reconnu avoir surestimé de 20 % ses réserves prouvées ; que dire de l’état des réserves en Arabie Saoudite ! Du côté de la demande au contraire, une forte certitude, les besoins en énergie de la Chine et d’autre pays émergents sont immenses. C’est pourquoi l’OCDE a déjà décidé de ne plus établir de prévisions sur le cours du pétrole !!! Mais les automobilistes de la classe globale continuent de faire comme si de rien n’était, sauf à réclamer des baisse de prix de l’essence ou du fioul quand le baril s’embrase.

Dans une Biosphère qui sera de moins en moins généreuse, avec des ressources fossiles qui disparaîtront prochainement et un réchauffement climatique qui ira en s’amplifiant, les humains restent de petits êtres irresponsables qui dilapident l’or noir de la planète sans penser aux lendemains qui déchantent : après moi le déluge, disent-ils, ils vont l’avoir, la sécheresse en prime !

27.11.2005 Moins de pétrole, plus de pauvres

Les pays pauvres importateurs de l’or noir n’ont pas fini de souffrir. L’Etat prenait souvent à sa charge l’écart entre les cours mondiaux et les tarifs intérieurs, c’était le seul moyen de rendre l’essence et le combustible domestique accessible à des populations très démunies. Comme ils connaissent maintenant un nouveau choc pétrolier avec un baril autour de 60 $, l’alourdissement de la facture pétrolière devient insupportable pour les budgets publics et les balances des paiements. Le poids de la facture énergétique peut en effet dépasser dans certains pays 5 % du PIB (1,75 % pour la France en 2004) et leur industrialisation peu efficace reste très énergivorace. Le coût du pétrole risque même d’annuler les effets bénéfiques de l’effacement récent de la dette multilatérale envers les 18 pays les plus pauvres. Même si le président Hugo Chavez d’un Venezuela pétrolier donne des facilités de paiement en Amérique central (pour réduire ainsi l’influence des Etats-Unis dans cette zone), même si les pays de l’OPAEP pourraient faire de même dans leur zone géographique, les pays pauvres importateurs de l’or noir qui ne veulent pas rogner dans les budgets consacrés à l’éducation ou la santé seront obligés de pratiquer la vérité des prix en affrontant le mécontentement populaire qui en résultera. Mais ce sont les voitures de la classe globale qui devraient être mises à la casse, tant que les pays riches ne donneront pas l’exemple de la sobriété énergétique, les inégalités mondiales s’accentueront.

De toute façon la meilleure solution dans l’intérêt bien compris de la Biosphère comme des humains est de laisser le plus rapidement possible des ressources fossiles dans les profondeurs de la Terre dont elles n’auraient jamais du sortir.

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Les automobiles se transforment en drones

lemonde.fr : Dans le secteur automobile, produire du matériel militaire n’est plus tabou. Alors que Renault a conclu depuis le début de l’année deux accords de production de drones, c’est au tour de Valeo et de Forvia, les deux principaux équipementiers automobiles français. En pleine crise de leur secteur, les deux groupes français cherchent à diversifier leurs activités. Les petits moteurs électriques utilisés pour faire voler des drones ressemblent à ceux qui équipent les voitures pour actionner les essuie-glaces…

Le point de vue des écologistes désemparés

– Des entreprises privées veulent bénéficier des deniers publics issus de nos impôts déjà surdimensionnés … étonnant non !

– En situation de crise, la tendance d’un gouvernement est de créer des boucs émissaires pour ne pas avoir à traiter le fond du problème.

– Lorsque les Français ne pourront plus se déplacer faute de pouvoir acheter une voiture, on pourra s’occuper à s’envoyer des drones à la figure.

– L’extrême droite choisit les immigrés comme boucs émissaires, Macron (et même « Les Écologistes ») choisissent la fuite en avant militaire. Les entreprises en profitent !

– Pendant que nos sociologues parlent de colonisation et de masculinisme, nos ingénieurs et nos entreprises préparent l’apocalypse.

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Nos écrits en 2005 sur l’épuisement hydrique

Nous sommes en 2026

et le monde entier a soif

30.03.2005 De l’eau, de l’eau

« Chaque être humain a droit à 50 litres d’eau potable par jour ». C’est le minimum indispensable tel que défini par l’OMS (organisation mondiale de la santé). A Johannesburg, chaque foyer reçoit gratuitement 6000 litres par mois, soit la dose journalière normalisée pour quatre personnes. Mais dans les townships, il y a en moyenne huit personnes par maison auxquels il faut ajouter les « backyards » ou cabanes au fond du jardin qui peuvent entasser 5 ou 6 personnes supplémentaires.

La Biosphère ne pense pas que l’eau puisse rester un bien gratuit quand les humains abusent de cette libre disponibilité pour se multiplier indéfiniment…

17.08.2005 De l’eau à sa portée

Belle-Île en mer au large du Morbihan est principalement alimentée en eau de pluie avec trois retenues d’eau d’une capacité totale de 850 000 m3. Mais le risque existe de se retrouver bientôt en rupture d’eau potable en raison de la sécheresse alors que la population de l’île est passée avec le tourisme de 5000 à 50 000 habitants. On envisage le plus sérieusement du monde un ravitaillement par cargo-citerne, reste à construire une plate-forme d’accostage.

Pourtant la solution parait limpide à la Biosphère, il suffit que les touristes n’aillent plus sur Belle-Île ! Il faut savoir vivre avec les ressources locales quand la pénurie s’accroît, cela passe par une limitation des déplacements et des besoins.

19.09.2005 Une institutionnalisation de l’eau

La loi française du 3 janvier 1992 a promu l’eau comme « patrimoine commun de la nation » et posé le principe d’une gestion équilibrée des eaux entre les usagers et le respect de la nature. Encore faut-il, pour légiférer en matière environnementale, que la France soit poussée par une Directive-cadre européenne en l’an 2000. Mais il faut encore attendre la loi du 21 avril 2004 pour prétendre atteindre un « bon état écologique » de toutes les ressources en eau, et ce pour 2015 !!! C’est dans ce cadre dévoyé que les citoyens sont amenés à exprimer leur avis sur la gestion de l’eau entre le 2 mai et le 2 novembre 2005. Débat bâclé puisque les Français commencent juste à savoir courant septembre  qu’il existe une consultation nationale!

La Biosphère ne sera pas sauvée par des démarches participatives car plus rien dans la société actuelle n’a le pouvoir de durer quand les politiques s’opposent aux politiques, les scientifiques aux scientifiques, sans parler de l’impossible dialogue entre politiques et scientifiques, opinion publique et réalité. Seule la catastrophe réalisée rassemble, et en matière d’eau elle est déjà là au niveau national et international.

20.09.2005 Histoires d’eau

Avantage et inconvénient à la fois, les humains sont les seuls animaux capable de reculer pour mieux sauter. Ils passent en effet quelques heures à construire un seau au lieu de boire directement à la source, et ils accroissent ainsi leurs ressources. Ils peuvent aussi allonger ce détour de production en construisant une canalisation et ils obtiennent alors de l’eau à volonté. Un investissement en temps se transforme en capital technique, ce qui permet de capter de plus en plus d’eau. Cette facilité d’accès à l’eau qui coule à domicile ne peut qu’accroître la demande : chaque Français consomme en moyenne 150 litres d’eau par jour dont moins de 2 litres pour la boisson. Il faut en effet constater qu’une douche nécessite 30 à 60 litres, un bain 150 à 200, une lessive en machine 90 à 120 et une chasse d’eau 10 litres à chaque fois. Des quantités énormes d’eau sont acheminées par 800 000 km de canalisations, soit deux fois la distance de la Terre à la Lune. Il faut aussi ajouter les usagers industriels et agricoles. Ainsi dans le bassin Adour-Garonne 2000 industriels utilisent autant d’eau que les 7 millions d’habitants qui y vivent et les surfaces agricoles irriguées couvrent 600 000 hectares.

Les humains n’ont jamais pensé qu’en détournant l’eau de son cours naturel, ils mettaient en péril toute une faune et une flore qui vivait en aval, désormais ils vont eux aussi connaître la pénurie.

21.09.2005 Consultation nationale sur l’eau

Quelle eau voulons-nous en 2015 ? Le comité de bassin Adour-Garonne adresse un questionnaire aux usagers dont certaines réponses à cocher se passent de commentaire :

– Pour satisfaire les besoins en eau présents, faire confiance au progrès technique pour préserver l’avenir.

  • Il est normal que chacun utilise à volonté l’eau qu’il trouve près de chez lui.

  • Les collectivités publiques doivent assumer les coûts des efforts anti-pollution.

  • Constituer et stocker des réserves.

La Biosphère aime au contraire ce genre de réponses :

  • Intensifier dès aujourd’hui les économies d’eau.

  • Aider les agriculteurs à entretenir les zones humides.

  • Chaque usager doit participer au financement des travaux anti-pollution (principe pollueur-payeur).

  • Réduire les surfaces irriguées…

22.09.2005 La guerre de l’eau

Après trois ans de bataille politique, Suez quitte l’Argentine. Le groupe français avait rappelé aux autorités qu’elles avaient refusé de respecter une clause du contrat de concession prévoyant que, en cas de dévaluation du peso, les prix devraient être ajustés automatiquement. Mais l’avenir politique du président Nestor Kirchner était en jeu lors des élections prochaines en octobre : alors d’accord pour les augmentations, mais après le scrutin. Dans un pays émergent comme l’Argentine, secoué par des crises socio-économiques d’une rare violence, la gestion de l’eau est devenue une variable politique importante. Le niveau des tarifs (eau, mais aussi électricité, gaz, téléphone) est un sujet d’affrontements permanents entre les autorités et les multinationales.

La Biosphère sait que tous ces besoins faussement essentiels comme l’électricité et le téléphone tomberont un jour prochain dans les oubliettes de l’histoire car il faudra beaucoup travailler simplement pour un peu d’eau potable et l’alimentation de base.

25.09.2005 Moins d’eau dans les canalisation !

L’indice d’exploitation des ressources en eau de la France, c’est-à-dire le rapport entre les prélèvements (33 milliards de m3) et les apports de pluie (175 milliards) s’élève déjà à 19 %. Un quart de l’eau consommée va au maïs irrigué qui nécessite 1000 à 3000 m3 d’eau par an et par hectare, ce qui ne restitue presque rien au milieu naturel. La répétition des sécheresse comme celle de 2005 et le réchauffement climatique imposent donc des changements dans la gestion de l’eau. Mais si la ministre française de l’écologie plaide pour le recul de la culture du maïs, le ministre de l’agriculture affirme tout au contraire que la France « a besoin » de maïs. Il déclare publiquement que « l’irrigation est une nécessité «  et qu’il souhaite bâtir un programme décennal de stockage de retenues ». A son avis, il faudrait en effet des ressources nouvelles. Face à lui la ministre de l’écologie se révèle dominée, impuissante, elle ajoute : « Je n’imposerai rien, je ne suis pas ministre de l’agriculture ». Mais l’eau ne se crée pas, elle a un volume déterminé qui ne fait que se recycler par évaporations, pluies et infiltrations. Ainsi une retenue artificielle empêche l’eau de pluie de réalimenter les nappes. De plus tout ce qui est pris en plus par une espèce l’est au détriment des autre espèces animales et végétales.

Les milieux naturels souffrent encore plus que les humains, près de 3 500 kilomètres de cours d’eau en France ont été mis à sec, entraînant la mort de la faune et d’une partie de la flore. Pour la Biosphère, ce n’est pas seulement la culture du maïs qui devrait être remise en cause, mais l’ensemble des utilisations forcenées de l’eau par des humains avides et gaspilleurs : un ministère de l’écologie devrait prédominer face au ministère de l’agriculture…

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équité intergénérationnelle, la grande oubliée

Léquité intergénérationnelle a été popularisée par le Sommet de la terre de Rio en 1992 ; c’était la première fois que tous les pays se réunissaient pour proposer des actions en faveur des générations à venir. Diverses ONG en avaient fait une priorité comme garantie de la « durabilité » du développement économique et social. D’où la définition du développement durable comme « développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Or la « tyrannie » du présent sur le futur conduit à sous-évaluer les besoins des générations situées dans un futur lointain et à gommer les effets à long terme des décisions prises aujourd’hui. Trop longtemps les économistes ont prêché en faveur de la maximisation de nos propres profits. Il est grand temps que l’on sache que la conduite la plus rationnelle consiste à minimiser les regrets.

Quoi qu’elle puisse faire, une génération ne peut empiéter sur la part de rayonnement solaire d’une quelconque génération à venir. Elles pourront utiliser chaque année une quantité de bois correspondant à la croissance végétale annuelle. Par contre, en raison de l’irrévocabilité de la dégradation entropique*, c’est l’opposé qui est vrai pour les parts du stock terrestre en minerais et énergies fossiles. Ces parts dépendent en effet du volume de la dot terrestre qui a été consommée par les générations passées. Un morceau de charbon brûlé par nos arrière-grands-pères est perdu pour toujours, même l’argent et le fer tiré des entrailles terrestres se dégrade. En d’autres termes, toute pièce d’armement comme toute grosse voiture signifie moins de nourriture pour ceux qui aujourd’hui ont faim, et moins de charrues pour les générations futures, moins d’êtres humains aussi.

Par conséquent, l’un des principaux problèmes écologiques posé à l’humanité est celui des rapports entre la qualité de vie d’une génération à l’autre et plus particulièrement de la répartition de la dot terrestre entre toutes les générations. La science économique ne peut même pas songer à traiter ce problèmes ; son objet est l’administration des ressources rares, mais au seul profit de la génération présente. Bien entendu, la demande de la génération actuelle reflète aussi son intérêt à protéger ses enfants et peut-être ses petits-enfants. Mais ni la demande ni l’offre actuelles ne peuvent tenir compte, si peu que ce soit, de la situation des générations plus éloignées, par exemple de celles de l’an 2100, pour ne pas parler de celles qui pourraient exister d’ici à 10 000 ans. Il y a une dictature du présent sur l’avenir. Si d’emblée toutes les générations successives surenchérissaient pour l’usage du baril de pétole, le prix de ce denier s’élèverait à l’infini. Les générations à venir sont exclues du marché pour la simple raison qu’elles ne peuvent y être présentes. Or aucun prix pertinent ne peut être fixé pour l’élimination de la gêne si les générations à venir n’ont rien à dire.

Le seul moyen de protéger les générations futures de la consommation excessive des ressources pendant l’abondance actuelle, c’est de nous rééduquer de façon à ressentir quelques sympathies pour les êtres humains « futurs ». Cette nouvelle orientation éthique n’est pas chose facile ; il faut pouvoir répondre à cette question : « Pourquoi dois-je faire quelque chose pour la postérité ? »

Une économie fondée sur le flux d’énergie solaire romprait avec le monopole de la génération actuelle par rapport aux générations à venir, mais non point complètement car même une telle économie devra encore puiser dans la dot terrestre, notamment pour ses matériaux et l’énergie nécessaire. Aussi faut-il réduire autant que faire se peut l’épuisement de ces ressources cruciales. L’humanité devrait suivre un programme économique minimal sans renoncer totalement au confort industriel exosomatique, il nous faudrait une sobriété partagée par tous et toutes avec à l’esprit la nécessité de protéger les intérêts des acteurs absents, les générations future et les non-humains.

NB : Raisonnement issu des analyses de Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance (Entropie, écologie, économie) aux éditons Sang de la Terre, 2020

* dégradation entropique : selon l’entropie, deuxième principe de la thermodynamique, les ressources naturelles qui rentrent dans le circuit économique avec une valeur d’utilité pour les humains en ressort sous forme de déchets sans valeur. Lorsqu’on brûle un morceau de charbon, son énergie chimique ne subit ni diminution ni augmentation (premier principe de la thermodynamique : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme), mais l’énergie initiale s’est dissipée sous forme de chaleur, de fumée et de cendres qui ne peuvent être récupérée (deuxième principe ou loi de l’entropie : tout se transforme et échappe alors à l’emprise humaine).

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Nos écrits en 2005 sur les énergies renouvelables

Nous sommes en 2026

et la boulimie fossile perdure

24.03.2005 Plus d’éoliennes, moins de routes

« Elles sont disproportionnées par rapport à la taille des paysages, elles accaparent le regard, elles font le paysage ». On pourrait croire que c’est une condamnation sans appel des autoroutes, mais il s’agit en fait d’une diatribe contre les éoliennes. Les humains sont de drôles d’oiseau qui peuvent voir le bien là où il y a le mal et réciproquement.

Toutes ces associations du type « Vent de colère » anti-éolien sont-elles composées d’ascètes contre l’utilisation de l’électricité ou d’admirateurs de l’insertion harmonieuse des centrales nucléaires dans les paysages ?

04.04.2005 Fantastique recherche

La cuisine au feu de bois fait mourir prématurément des suites de troubles respiratoires. Les chercheurs américains recommandent donc de remplacer le bois par des combustibles dérivés du pétrole ou du gaz. Mais la population concernée n’est pas solvable, et le pétrole commence à manquer. Il faudrait alors passer au charbon de bois alors que celui-ci consomme trois fois plus de bois sur pied pour répondre au même besoin et que la déforestation sévit déjà dans les pays qui cuisinent au feu de bois.

Quand la Biosphère est épuisée, l’Humanité a le choix entre Charybde ou Scylla !

15.04.2005 Droit de propriété !

Le Japon vient d’accorder des droits de forage en mer de Chine, zone dont la souveraineté est contestée par Pékin. Il est en effet impératif pour les deux pays de s’approprier une ressource énergétique dont leur croissance a impérativement besoin, et la Chine encore plus que le Japon. Ce faits divers pose le problème plus fondamental du droit de propriété : à qui appartient le pétrole ou le gaz ? On peut répondre comme le Japon et la Chine par le droit de la souveraineté nationale. On pourrait aussi argumenter sur les besoins des pays occidentaux et des pays émergents. Si on est encore plus altruiste, on envisagerait les besoins des pays pauvres qui se chauffent encore au feu de bois ou même à la bouse de vache. Mais si on à l’attitude « développement durable », il faudrait surtout penser aux générations futures.

Alors, si on donnait un droit de vote à tous ceux qui vont naître demain et après-demain, les humains se rendraient compte qu’il faudrait laisser en l’état toutes les ressources non renouvelables : elles n’appartiennent qu’à elles-mêmes. D’accord ?

20.05.2005 Biocarburants

Le gouvernement a décidé d’accorder des agréments assortis de déduction fiscales pour la construction de six usines de biocarburants, la moitié pour le diester et l’autre pour l’éthanol. L’objectif est d’aboutir à 5,75 % de biocarburants à l’horizon 2010. Des experts ont calculé que pour remplacer intégralement le pétrole et le gaz naturel par du biocarburant issu de la betterave, il faudrait y affecter 23 % du territoire français. Si l’on ajoute les intermédiaires consommés pour l’engrais, la culture et la récolte, le processus de broyage purification et distillation, ce pourcentage dépasserait 120 %.

Après les ressources fossiles, il n’y a pas grand chose et il sera bientôt trop tard pour s’en apercevoir !

03.10.2005 La voiture à hydrogène

Le véhicule démarre dans un silence étrange ; c’est un des huit bus à hydrogène qui baladaient les touristes sur le site de l’Exposition universelle au Japon. L’engin peut atteindre 80 km/h pour une autonomie de 350 km avec un peu d’eau tiède qui tombe du pot d’échappement. Son moteur est une pile à combustible qui produit de l’énergie électrique grâce à une réaction chimique entre l’hydrogène emmagasiné et l’oxygène prélevé dans l’air ambiant. Mais produire de l’hydrogène nécessite beaucoup de CO2. Quand on évalue le cycle de vie d’un véhicule depuis sa production jusqu’à sa destruction en passant par son utilisation, on s’aperçoit que le véhicule à hydrogène n’a pas encore un effet décisif sur la production de gaz carbonique : là où un véhicule à essence génère un indice 1 de CO2, un véhicule à hydrogène représente encore un indice 0,8.

La Biosphère savait déjà que les humains n’auraient jamais du se déplacer autrement qu’à pied, ils sont déjà suffisamment doués naturellement pour être des coureurs rapides et endurants ou des marcheurs infatigables…

27.11.2005 Les inconvénients des avantages

Après le bois qui ne suffit plus, le charbon puis le pétrole… et avec l’épuisement des ressources fossiles, on pense retourner au bois ! Déjà les quelque 14 millions d’hectares de forêt en France fournissent, indépendamment du bois d’œuvre et de la pâte à papier, de l’ordre de 9,3 millions de tonnes équivalent pétrole d’énergie, à comparer à la consommation totale du pays qui est de 267 Mtep. Mais la combustion du bois est aussi source de pollution. Dans la fumée, il y a des particules fines qui peuvent entraîner des problèmes respiratoires quand elles sont inhalées, du monoxyde de carbone qui réduit la capacité du sang à fournir l’oxygène aux tissus, des oxydes d’azote qui réduisent la résistance des poumons aux infections, dioxine et furane dont certains sont cancérigènes. Une combustion imparfaite du bois peut même dégager des composés organiques volatils dont le benzène qui est aussi carcinogène. Une pyrolyse dans de grosses unités de production peut réduire une partie de ses rejets, il en restera toujours quelque chose dans nos poumons ou nos assiettes. De toute façon la combustion du bois et les feux de forêts ne sont pas la destination naturelle des processus vitaux, c’est par la décomposition qu’il y a recyclage performant et échec à l’entropie (c’est-à-dire dégradation de l’énergie).

En effet la Biosphère a besoin de la décomposition du bois pour reconstituer sa biomasse et permettre la diversité du vivant, il n’y a pas que l’énergie à l’usage des humains qui importe !

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LES ÉCOLOGISTES ET LA MENACE NUCLÉAIRE

Le texte suivant sera porté par  la commission Paix&Désarmement du parti dit « Les Écologistes » lors de leurs journée d’été des 21-22-23 août à Grenoble.

POUR UN DÉBAT NATIONAL FRANC ET LOYAL

On ne peut à la fois se dire résolu à éliminer toutes les armes nucléaires et soutenir l’expansion de son propre arsenal nucléaire. C’est pourtant ce que fait la France depuis toujours et encore plus le Président Macron. C’est aussi ce que font les Ecologistes dans leur nouveau programme, en contradiction formelle avec leurs engagements fondamentaux, sous l’effet conjugué d’agents infiltrés du lobby militaro-nucléaire, de quelques députés écologistes intoxiqués – à l’inverse de leurs collègues sénateurs – par les discours tenus au sein de la Commission Défense, et pour finir de la secrétaire nationale elle-même, sans doute soucieuse de s’assurer la stature présidentiable imposée par les stratèges virilistes qui nous gouvernent.

Mais il n’y a pas de sens, alors qu’on s’apprête à donner la vie à un enfant, à se dire capable de massacrer des milliers ou des millions de personnes, femmes et enfants compris, soi-disant pour défendre nos « intérêts vitaux », comme le postule la stratégie française. Baptisée « dissuasion nucléaire avancée » depuis le discours présidentiel du 2 mars 2026, elle relance la course aux armes nucléaires en augmentant le nombre et les capacités des « têtes nucléaires » françaises et de leurs lanceurs, en les rendant secrets, et en élargissant aux confins de l’Europe les motifs de les employer. Il s’agit d’une prolifération à la fois verticale et horizontale, d’une stratégie à la fois criminelle et suicidaire, qui prépare à grands frais notre malheur. C’est à cette stratégie aberrante que les nouveaux Écologistes sont censés adhérer.

Pourtant, une proposition alternative claire, intitulée UN RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES (Cf. Encadré) avait été formulée dans le cadre du Projet écologiste. Conforme aux fondamentaux des Verts, elle reprenait toutes les décisions du Conseil fédéral EÉLV depuis 2011. Bien qu’invisibilisée par des moyens frauduleux que le Conseil statutaire a dénoncés dans sa décision du 10 mai 2026, elle a recueilli le plus grand nombre de soutiens de toutes les propositions soumises aux adhérent.e.s dans la rubrique consacrée à « l’armée française dans l’Europe de la Défense » et elle s’est qualifiée parmi les 50 propositions les plus soutenues que le parti avait promis d’examiner individuellement. Malgré cela, elle a été exclue sans explication et ses porteurs tenus à l’écart des discussions du Conseil fédéral du 11 juillet 2026 entérinant le Nouveau Programme. C’est un déni de démocratie.

En conséquence, nous demandons

A la direction nationale de saisir l’opportunité des JDE de Grenoble pour ouvrir un débat national sur la position du parti à l’égard de la « dissuasion nucléaire avancée », des armes nucléaires et radioactives en général, et des moyens de s’en débarrasser.

– A la commission « Paix et désarmement » d’animer ce débat, sans oublier d’y inclure UN RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES. 

– Au Conseil fédéral de rendre tous ses membres accessibles à chaque adhérent.e, en leur attribuant une adresse électronique de fonction @lesecologistes.fr. En effet, actuellement, pour qu’un sujet puisse être abordé en CF, il doit avoir recueilli la signature d’au moins 15 conseillers fédéraux, titulaires ou suppléants. Mais pour les recueillir, il faut pouvoir les joindre, donc que leur adresse soit publique, ce qui n’est pas le cas. Le Conseil fédéral est un Parlement qui empêche ses électeurs d’entrer en contact avec ses membres, tout en exigeant d’eux qu’ils le fassent pour exercer leurs droits.

– Au Conseil statutaire de statuer sur les demandes susdites et de veiller à ce qu’elles soient correctement mises en œuvre.

Jean-Marie MATAGNE, GL Saintongeais (17), Président d’ACDN, contact@acdn.net

François MICHIELS, GL « Val d’Yzeron » (69)

UN RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES  

« 1. Les Écologistes invitent tous les députés et sénateurs à apporter leur soutien en la signant à la Proposition Parlementaire de Loi visant à organiser un référendum d’initiative partagée sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, conformément à l’article VI du Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) :

« Article 1. La France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace. »

« Article 2. L’article 1 ci-dessus est soumis à l’approbation des Français par référendum, en application de l’Article 11, alinéa 3, de la Constitution. »

2. Les Écologistes appellent leurs adhérents et leurs sympathisants à soutenir cette PPL trans-partisane en invitant tous les parlementaires qu’ils veulent à signer cette Proposition de Loi, sachant que 20 % d’entre eux (185 sur 925) suffiraient à enclencher le processus du RIP.

3. Les Écologistes feront de la participation de la France à un processus négocié d’élimination complète, progressive, planifiée et strictement contrôlée des armes nucléaires et radioactives, l’un des points fondamentaux du programme écologiste lors des prochaines campagnes législatives et présidentielle. En cas de « primaire à gauche », ce sera l’un des engagements essentiels demandés au candidat ou à la candidate qui sera susceptible de représenter la gauche et les écologistes au 2e tour de l’élection présidentielle. »

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Marine Tondelier prépare la guerre pour 2027 !

On croit à un canular, et pourtant c’est bien le programme de Marine Tondelier pour la présidentielle 2027 en matière de défense ! Il s’agit d’un copié-collé sur les desiderata de l’appareil militaro-industriel. En marche vers la Dissuasion Nucléaire Avancée de Macron-Tondelier ! On se déclare même prête à liquider en notre nom des millions d’êtres humains avec quelques ogives dont a du mal à diminuer le nombre.

Parce que pour gouverner la France, il faut être « réaliste » et abandonner les fondements écologistes de recherche de la paix.

Pour « mieux protéger nos intérêts vitaux » , voici des extraits du programme Tondelier,

« Faire évoluer l’armée française dans l’Europe de la défense ».

1. Développer une stratégie de défense et de sécurité globale pour mieux protéger les intérêts vitaux de la France et de l’Europe.

– Préciser les mécanismes de solidarité européenne en cas d’attaque d’un des Etats-membres.

– Actualiser le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

– Élaborer une nouvelle Loi de programmation militaire (LPM) prenant en compte nos moyens budgétaires, capacitaires, industriels et humains.

– Améliorer les savoir-faire en matière de guerre asymétrique dans un monde à +2° ou +3° C.

2. Préparer l’armée française à une guerre de haute intensité dans une logique de complémentarité avec d’autres pays européens.

– Soutenir l’effort de défense des frontières du flanc Est de l’Union face à la Russie .

– Développer les moyens de l’artillerie, de la cavalerie blindée, du génie et l’équipement en drones.

– Garantir les moyens opérationnels d’une division professionnelle relevable au niveau terrestre et d’une division constituée de réservistes.

– Améliorer les moyens de la Marine pour qu’elle puisse exercer sa protection en Europe et en Indopacifique.

– Renforcer nos capacités aériennes, spatiales et cyber. Supprimer ou faire évoluer les opérations au regard de l’évolution des menaces (ex : Opération Sentinelle).

– Développer une culture de l’innovation partagée en s’inspirant notamment de l’armée ukrainienne.

– Préserver la doctrine de la responsabilité humaine des systèmes militaires afin de refuser l’autonomie technologique dans la guerre en particulier pour les systèmes pilotés par Intelligence Artificielle. N’autoriser les décisions opérationnelles assistées par IA que pour des personnels formés et dans le respect du droit applicable.

4. Contribuer aux négociations sur le désarmement des arsenaux nucléaires et des armes de destruction massive en relançant avec le Royaume-Uni une initiative de désarmement nucléaire multilatéral.

– Lancer cette initiative à destination de l’ensemble des Etats dotés sur la base de l’article VI du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), seul traité couvrant à la fois la non-prolifération et le désarmement.

– Prévoir l’interdiction de l’enrichissement de matières fissiles, la fixation de plafonds d’ogives par pays, une réduction annuelle proportionnelle des arsenaux, un contrôle régulier de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) sur les démantèlements, et un recours à la Cour internationale de justice en cas de manquement.

– Rejoindre en parallèle le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) en tant que membre observateur, sans s’engager à un désarmement unilatéral. Dans l’attente de ce désarmement multinational et dans le contexte d’un retrait éventuel des armes nucléaires états-uniennes stationnées en Europe (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas), envisager l’extension de la garantie de sécurité nucléaire française à d’autres pays européens dans une optique de non-prolifération.

– Poursuivre les discussions engagées avec les Etats volontaires afin de renforcer les capacités de dissuasion conventionnelle européennes.

– Conserver la décision d’emploi, sans délégation possible aux Etats partenaires et se limiter à un nombre d’ogives strictement nécessaires en toute transparence.

– Associer le Parlement à la définition et à la validation de la doctrine de dissuasion conventionnelle et nucléaire – y compris sur l’épaulement stratégique par des capacités conventionnelles renforcées à l’échelle européenne.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Marine Tondelier, une écologiste va-t-en-guerre (17 janvier 2026)

(extraits) Marine Tondelier : Nous devons créer et armer un commandement militaire intégré européen placé sous la tutelle du Conseil européen.

Michel Sourrouille : L’Union européenne est faite pour unir des peuples par un élargissement progressif à des pays de plus en plus nombreux. C’est une tentative locale de coordination des pays au niveau socio-économique, écologique et politique. Son objectif n’est pas de devenir une nouvelle puissance militaire qui voudrait pouvoir combattre à égalité contre la Chine… ou les USA. Les écologistes doivent rappeler que l’ordre mondial se fait sous l’égide de l’ONU. Voici quelques extraits de la Charte des Nations unies qui forge les relations entre Etats depuis 1945….

La Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001)

« Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme. Conditions :

  • Une conception globale de sécurité mondiale qui donne la priorité aux aspects sociaux, économiques, écologiques, psychologiques et culturels d’un conflit, au lieu d’une conception fondée prioritairement sur les rapports de forces militaires ;
  • Un système mondial de la sécurité susceptible de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits ;
  • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures, à l’éradication du racisme, à l’encouragement de la liberté et de la démocratie et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  • Un désarmement général et complet, notamment par des accords internationaux, afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques, des mines anti-personnel et des armes à l’uranium appauvri ;
  • Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;
  • L’établissement d’un code de conduite rigoureux concernant les exportations d’armes à des pays où les droits de l’Homme sont bafoués. »….

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Nos écrits en 2005 sur le nucléaire militaire

Nous sommes en 2026

et la situation devient explosive

17.10.2005 L’origine de la bombe

Le physicien américain Robert Oppenheimer (1904-1967) peut être considéré comme le père de la bombe atomique puisqu’il a dirigé le projet Manhattan qui a conduit à la première explosion le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique et, grandeur nature, sur Hiroshima le 6 août suivant. Mais on ne peut accuser Robert de nationalisme, il a flirté dans les années 1930 avec les idéaux communistes ; mais la situation de guerre emporte la plupart des idéaux sur son passage. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale que Robert a pu approfondir sa réflexion au sein d’une nouvelle structure, l’Atomic Energy Commission, et à s’interroger sur la course aux armements nucléaires et son contrôle. Très vite il s’oppose alors au développement de la bombe H, ce qui lui vaut l’hostilité de certains scientifiques et des politiques qui l’accusent dorénavant d’être un danger pour la sécurité nationale. En 1953, Robert est suspendu de ses fonctions par le président Eisenhower et sommé de s’expliquer.

Les humains marchent sur la tête, ce sont les militaires et les politiques qui les soutiennent qui auraient du être sommé d’abandonner des recherches non seulement dangereuses pour l’équilibre de la Biosphère mais aussi illusoires quant à la protection des équilibres socio-politiques : les Américains auraient du mettre plus d’ardeur à défendre les interventions pacifiantes de l’ONU plutôt que d’envisager de nourrir tous les conflits qui jalonnent jusqu’à aujourd’hui le monde de morts et les écosystèmes de cicatrices.

22.10.2005 La fin du nucléaire militaire ?

Le président iranien M. Ahmadinejad s’exprimait en septembre dernier devant l’Assemblé générale des Etats-Unis. Le fait qu’il soit le premier président laïc depuis un quart de siècle ne l’a pas empêché de dire des énormités du genre « L’énergie nucléaire est un don de Dieu » ou « Notre religion nous interdit d’avoir des armes nucléaires ». Il n’empêche que c’est la première fois qu’on disait aux grandes puissances de ce monde qu’elles exagéraient : « L’ironie de la situation et que ceux qui ont utilisé des armes nucléaires, qui continuent à en produire et à en accumuler, qui ont utilisé des bombes à uranium appauvri contre des centaines de milliers d’Irakiens, que ceux qui n’ont pas signé le traité d’interdiction complète des essais nucléaires et qui ont armé le régime sioniste en armes de destructions massive s’efforcent d’empêcher les autre pays d’acquérir la technologie pour pouvoir produire de l’énergie nucléaire ». Pourtant, même si l’Iran se propose de revendre le combustible nucléaire 30 % moins cher que le prix imposé par les grandes puissances, Dieu n’exprime rien dire car il n’est que le paravent de la bêtise humaine.

La Biosphère constate que les plus riches veulent imposer leur loi aux autres pays, mais seul un miracle peut combattre cet état de fait quand les pays pauvres désirent la même chose que les pays riches. Pour donner au monde l’envie d’un désarmement nucléaire complet, à la fois militaire et civil, n’y a-t-il que l’attente du miracle, un attentat terroriste de type nucléaire ?

23.10.2005 Nobel nucléaire

L’agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) met autant d’ardeur dans sa croisade contre la prolifération des bombes atomiques que de vivacité à vanter les mérites de l’atome « propre ». Pourtant cet organisme a reçu le prix Nobel de la paix 2005 pour récompenser ses « efforts visant à empêcher que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires ». Pourtant tout réacteur civil est une source de dissémination de matériels fissiles, délice des terroristes amateurs. Pourtant la volonté affichée par l’AIEA de ne pas tolérer l’émergence de nouveaux pays nucléaires n’empêche pas les cinq puissances nucléaires officielles de choyer ses armes de destruction massive et les officieux (Israël, Inde et Pakistan) de conserver quelques bombes. L’Iran, sur lequel l’AIEA enquête depuis trois ans, estime de son côté que l’attribution du Nobel est une décision politique dirigée contre son programme nucléaire national (et civil ?) ».

La Biosphère constate que les humains aiment faire joujou avec des jouets de plus en plus dangereux pour tout le monde, humains et non humains, et préfèrent donner des médailles à ceux qui fabriquent, utilisent ou « contrôlent » ces jouets. Pourtant le Nobel aurait été beaucoup plus symbolique s’il avait été décerné aux rescapés des explosions atomiques des 6 et 9 août 1945, il y a maintenant 60 ans.

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nucléaire : l’impuissance de la démocratie

Les objectifs chiffrés des différentes lois écologiques ne sont qu’illusions. La loi de transition énergétique de 2015 prévoyait de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % (contre environ 75 % aujourd’hui) « à l’horizon 2025 ». Nicolas Hulot en tant que ministre de la transition écologique avait acté en novembre 2017 l’impossibilité d’y arriver. Routine démocratique, il suffit de réécrire la loi ! Un projet de loi relatif à l’énergie et au climat a donc été présenté en conseil des ministres le 30 avril 2019. Le gouvernement a ajouté l’objectif de neutralité carbone en 2050, encore des vœux pieux.

Toujours plus de chiffres : la part des énergies fossiles dans la production d’énergie primaire devrait diminuer de 40 % en 2030, davantage que les 30 % prévus par la loi de 2015. Mais le texte de loi n’impose pas explicitement la fermeture en 2022 des quatre dernières centrales à charbon françaises ! La loi de transition de 2015 prévoyait qu’une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre, par rapport à leur niveau de 2010. Comme les objectifs chiffrés n’engagent même pas ceux qui les formulent, on postule maintenant une division de ces émissions « par un facteur supérieur à six ».

On peut parier que les échéances ne seront pas tenues. Les engagements « gravés dans la loi » ne sont que chiffres mort-nés. D’autant plus que la population n’est pas du tout préparée à modifier ses comportements, tout au contraire. Les gilets jaunes refusaient de voir augmenter le prix du carburant en est un exemple. La demande réitérée d’« un droit pour tous à un logement à la facture d’énergie abordable » en est un autre. Comment prendre des décisions qui augmenteront les contraintes pour beaucoup sans de faire scalper politiquement ? La démocratie représentative n’est pas suffisamment armée pour gérer les problèmes entraînés par l’usage de ressources fossiles malheureusement offertes gratuitement par la planète. Nos gouvernements auraient du suivre les enseignement du présidentiable écolo René Dumont en 1974 :

« Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… »

L’instauration d’une taxe carbone drastique, principal moyen d’atteindre les objectifs de sobriété énergétique, a toujours été repoussée à plus tard par les gouvernements successifs. Or le prix de l’essence devrait déjà dépasser largement 10 euros le litre pour changer les comportements. Vu l’inertie politique, personne ne se rend compte qu’un jour ou l’autre la majorité de la population vivra la précarité énergétique dans des passoires thermiques. Il faut donc prier pour que le prochain choc pétrolier ne se fasse pas trop attendre. Sinon pour les générations futures, chaud le climat, très chaud, les incendies en prime.

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Nos écrits en 2005 sur le nucléaire civil

Nous sommes en 2026,

bientôt plus d’uranium !

5.07.2005 Du nucléaire, partout !

Sans avoir commandé de nouveaux réacteurs depuis l’accident de Three Mile Island en 1979, les USA se contentaient de leurs 103 réacteurs (21 % de l’électricité produite), mais ils comptent bientôt se rattraper pour faire de leur pays une « nation plus sûre et moins polluante ». De leur côté les Chinois envisagent 25 à 30 nouvelle centrales d’ici à 2020, l’Inde devrait décupler ses capacités et le Japon (54 centrales) en construit déjà trois supplémentaires. La France (58 réacteurs) poursuit son projet d’EPR, soumis à une enquête d’utilité publique.

La Biosphère crie au scandale, les réserves d’uranium ne couvrent que 30 à 60 années de production selon les besoins actuels, le problème des déchets radioactifs ne sont pas réglés en France (ils seront « parlementarisé » en 2006) et à plus forte raison dans les autres pays, et surtout tous les pays privilégient encore un mode de développement grand consommateur d’énergie sans s’interroger sur la finalité de la vie humaine !

11.09.2005 Un nucléaire hors de prix

La France a été contrainte d’adopter en 2002 les conventions internationales de comptabilité en matière d’énergie, ce qui a ramené la part du nucléaire à sa valeur réelle, soit 17 % (au lieu des 50 % annoncés précédemment !). De plus le coût du démantèlement est fixé de manière approximative en France alors que la Nuclear Decommissionning Authority en Grande-Bretagne a estimé plus rationnellement à 96 milliards d’euros le coût pour les 20 sites nucléaires britanniques. Si on applique cette évaluation au nucléaire français, il faudrait au moins 150 milliards d’euros. Pourtant les provisions fin 2003 (c’est à dire la somme attendue en 2040) pour le démantèlement et les déchets s’établissent à 71,4 milliards d’euros qui se répartissent entre Areva (12,3 milliards), le CEA (11,1 milliards) et EDF (48 milliards). En février 2005, même la Cour des comptes doutait qu’EDF puisse financer le démantèlement par ses propres moyens. On sait alors qui va payer, les contribuables de demain…

Bien sûr la Biosphère reconnaît qu’il y a déjà une radioactivité naturelle, mais les générations futures n’en souffriront pas. Par contre le nucléaire ne sert que les intérêts de la génération présente alors que ce sont les générations futures (et peut-être même les non-humains) qui paieront plus tard cette inconscience radioactive.

18.10.2005 Renaissance du nucléaire ?

Depuis la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, on n’avait plus construit de réacteur nucléaire. Aujourd’hui on a oublié l’expérience du passé (l’expérience, une lanterne que les humains ont dans le dos et qui n’éclaire que leur passé), et on croit (la foi, autre caractéristique du cerveau humain), qu’il est absolument indispensable de lutter contre l’effet de serre en construisant de nouvelles centrales. Le premier pays à se lancer dans l’aventure est la Finlande qui a officiellement mis en chantier un EPR (European pressurized reactor) le 12 septembre dernier (mise en service en 2009). Dans trois ans ce sera au tour de la France de commencer à construire un EPR à Flamanville. Pourtant le parlement finlandais avait repoussé en 1993 toute idée d’un cinquième réacteur nucléaire, il ne l’a accepté en 2002 que par 107 voix « pour » et 92 « contre », soit une majorité de 54 % seulement. Pourtant en France, selon le comité des sages issu du débat national sur l’énergie, l’urgence d’une nouvelle construction de réacteur n’était pas clairement démontrée.

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

19.10.2005 Sortir du nucléaire fusionnel (n° 28)

Ainsi parlait le physicien et ancien ministre français de l’éducation Cl.Allègre : « Les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu’Iter (International thermonuclear ractor) va leur apporter richesse, prospérité et prestige ! Malheureusement rien de tout cela ne se produira : Iter saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira un peu plus le budget de la recherche française. Iter est encore un de ces projets de prestige qui ont, dans le passé, épuisé les finances de notre recherche : ce fut d’abord la télévision haute définition, ensuite la construction du grand accélérateur d’ions lourds, puis les vols habités dans l’espace et enfin, la Station spatiale internationale. Résultats pour la science ? Rien ou presque. Si on sait réaliser la fusion de manière explosive, on ne sait pas la contrôler et, depuis quarante ans, on tourne en rond. Des projets comme Iter, on en a installé à Princeton, puis en Grande-Bretagne, mais on n’a jamais vraiment progressé : Iter n’est qu’un engin destiné à la recherche fondamentale ».

La Biosphère en a marre de toutes ces inventions humaine réalisées ou en projet qui veulent donner aux humains toujours plus de puissance alors qu’ils savent si mal maîtriser celles qu’ils ont déjà libéré !

20.10.2005 Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)

En France, la dernière mine d’uranium a fermé ses portes en 2001. L’extraction de ce minerai consiste à remonter en surface des millions de tonnes de roche, par exemple 57 millions de tonnes rien que pour le Limousin. Ces roches sont systématiquement triées au compteur Geiger pour les mettre de côté quand la teneur en uranium est faible. Malheureusement la radioactivité de ces « stériles » peut être dix à cent fois plus élevé que celle des sols naturels : en Limousin, 100 fois l’activité moyenne de l’écorce terrestre et 20 fois celle d’un granite. Ces stériles amoncelées en verses posent problème dans la mesure où les eaux de ruissellement se chargent en uranium, à plus forte raison quand elle sont utilisées comme remblais ou même base de loisirs. L’Unscear estimait en 1993 qu’à l’échelle mondiale, l’extraction de l’uranium représentait 47 % de la dose collective de radiations liée à l’ensemble de la filière de production d’énergie électronucléaire.

Ce n’est pas parce qu’on extrait maintenant l’uranium dans des pays éloignés comme le Niger que l’activisme français doit ignorer les risques de l’énergie nucléaire : d’ailleurs dans la Biosphère, il n’y a pas normalement besoin d’électricité, si ce n’est quelque coups de foudre de temps en temps !

21.10.2005 Relance du nucléaire ?

La groupe français Areva a créé une société commune avec la compagnie d’électricité américaine Constellation dans le but explicite de construire aux USA quatre réacteurs nucléaire EPR. Depuis 1978, aucune tranche n’avait été commandé aux USA. En effet l’opinion publique avait été marquée par l’accident dans la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en mars 1979 et par la catastrophe de Tchernobyl en avril 1986. De toute façon le pays possède déjà un parc de 104 réacteur assurant 21 % de sa production électrique, mais G.Bush veut maintenant aller au-delà et plaide : « Plus d’énergie nucléaire rendra notre nation plus sûre et moins polluante. Il est temps pour ce pays de commencer à nouveau à construire des centrales nucléaires (discours du 22 juin 2005) ».

La Biosphère sait qu’il faut des centaines d’années de réajustements itératifs pour trouver un équilibre précaire dans un écosystème, pourtant les humains croient qu’ils peuvent tout faire dans l’immédiat alors qu’ils ont très peu de réserves d’uranium et que le problème des déchets nucléaires n’est pas encore résolu !

24.10.2005 Des déchets nucléaires pour les générations futures

Pour F.Loos, ministre délégué à l’industrie, un projet de loi sur les déchets nucléaires sera examiné par le Parlement dès le 2ème trimestre 2006. Selon lui, la faisabilité du stockage réversible en couche géologique profonde est établie et il attend une unanimité parlementaire sur cette question comme lors de la loi Bataille du 30 décembre 1991 : celle-ci prévoyait de ne pas discuter des déchets puisqu’on en reparlerait 15 ans après, en 2006 donc ! Contre cet optimisme béat, il faut noter que l’entreposage de longue durée en surface ne pourra être poursuivi très longtemps d’une part, que séparation et transmutation nécessitent encore quelques décennies de recherche pour un résultat incertain d’autre part. Reste l’enfouissement dans de l’argile à Bure, site dont l’évaluation officielle n’est pas encore terminée… Alors le gouvernement cache son impuissance derrière un prétendu « débat public » qui a débuté en septembre 2005 pour s’achever le 13 janvier 2006. Dans ce contexte défavorable à la poursuite du nucléaire civil, EDF et le gouvernement ont pourtant décidé de la prochaine construction d’un réacteur EPR : le lobbying pro-nucléaire continue d’imposer ses choix « réalistes » qui vont aggraver un niveau de radiation perturbateur de la vie terrestre pendant des siècles et des siècles.

Alors que la question des déchets nucléaires n’est pas encore résolue, la Biosphère juge cette attitude irresponsable.

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L’incendie, c’est toujours chez les autres

– Au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle, le nombre de catastrophes survenant chaque année dans le monde a été multiplié par 20.

– Depuis 2000, elles tuent, blessent ou rendent sans domicile en moyenne 200 millions de personnes chaque année, soit 2,5 % de la population mondiale.

– La pédagogie de la catastrophe type Yves Cochet ou ce blog biosphere n’ayant servi à rien, c’est la catastrophe qui servirait de pédagogie. Mais rien n’indique que les désastres participent à un quelconque progrès. Je me suis trompé.

– Les récits médiatiques et scientifiques organisant la compréhension des événements catastrophiques sont l’objet de luttes narratives dont l’issue n’est pas encore fixée. L’imaginaire social évolue lentement, trop lentement !

– Alors que les incendies ont fait rage autour de Madrid, le « pacte d’Etat » de Pedro Sanchez face à l’urgence climatique est rejeté par une droite climatosceptique.

Cassandre a toujours tort…

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Le bois qui brûle, plus polluant que le charbon

Pour une même quantité d’énergie produite, le bois émet 10 % de CO2 en plus que le charbon, et 20 % en plus que le fioul (selon une étude réalisée en 2020 par le ministère de la transition écologique). L’émission en particules fines d’un feu de cheminée [à foyer ouvert] durant quelques heures équivaut à celle d’une voiture classique roulant pendant plusieurs milliers de kilomètres. En Haute-Savoie l’hiver, le chauffage au bois est à lui seul responsable d’environ 85 % des particules fines carbonées présentes dans l’atmosphère. Le bois n’a jamais été et ne sera jamais une source viable d’énergie depuis le néolithique. La révolution industrielle a démarrée en substituant le charbon de terre au charbon de bois, les ressources forestières étant insuffisantes pour alimenter l’industrie naissante.

La biomasse est une source d’énergie qui paraît indéfiniment renouvelable, à la manière d’une batterie qui se décharge et que le soleil recharge. Encore faudrait-il intégrer ses spécificités, par exemple la lenteur de la croissance végétale, et arbitrer avec les autres utilisations possibles des sols (aliments, fibres, bois d’œuvre, biodiversité…). Or non seulement les humains utilisent la biomasse pour leurs besoins alimentaires, mais aussi pour tous leurs autres besoins, chauffage, déplacement, etc. ; la surexploitation de la biomasse entraîne donc un déséquilibre structurel. La combustion de la biomasse devrait être l’exception, pas la règle. Maintenant que nous arrivons au bout des énergies fossiles, que le bois ne peut servir de substitut et que nos besoins énergétiques sont immenses, la seule solution durable, outre la baisse de la fécondité et la désurbanisation, sera un jour de ne pas se chauffer.

Il nous faut questionner nos besoins, la température de nos appartements. Si la moyenne recommandée pour la classe globale (celle qui possède un véhicule) est de 19° dans la maison, ce n’est pas un idéal : les esquimaux dans leur igloo étaient capable de faire bien mieux, c’est-à-dire beaucoup plus bas, zéro degré celsius au ras du sol. C’est certes moins agréable, mais tellement plus simple d’isoler les corps plutôt que de se chauffer au bois, au gaz ou au nucléaire… Et avec bientôt 10 milliards d’habitants sur cette planète, que restera-t-il de bouses de vache pour faire la cuisson à l’usage des générations futures ; il faudra manger cru et dîner froid !

 Lorsque les Iroquois se réunissaient en conseil pour examiner des décisions majeures, leur pratique était de se demander : « Comment cela affectera-t-il la septième génération ? » Chaque génération devrait s’engager à préserver les fondations de la vie et du bien-être pour les générations futures. Or notre société actuelle ne pense qu’à généraliser et accroire le pillage de la planète au détriment de l’avenir. Il n’y a pas de solution envisageable acceptable, il y aura donc une décroissance brutale du niveau de (sur)vie pour les plus pauvres d’abord, et ensuite pour toutes les classes moyennes. Les plus riches, cela dépendra du sort qu’on leur réservera…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mars 2016, Jamais le bois ne pourra remplacer les énergies fossiles

16 mars 2010, la biomasse ne peut remplacer le pétrole

Le bois qui brûle, plus polluant que le charbon Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la question carbone

Nous sommes en 2026,

bientôt la carte carbone ?

22.06.2005 cherche carbone, votre prix est le mien

Alors qu’on avait démarré les cours à 7 euros en janvier 2005, l’envolée brutale (à plus de 21 euros la tonne) des droits d’émission de dioxyde de carbone a surpris tous les industriels. Il faut dire que les échanges sont limités, les différentes places boursières non connectées et l’offre rare. Pourtant les cours du CO2 deviennent un déterminant important de la société thermo-industrielle, tant pour le calcul du prix du mégawatt de l’électricité que pour la localisation de l’activité : l’ industries lourde menace déjà les politiques, papeteries et cimenteries vont être obligé d’aller produire ailleurs qu’en Europe. Comme on s’y attendait, le droit de polluer est devenu un droit à polluer ailleurs, de toute façon l’augmentation de l’effet de serre pourra se poursuivre dans le sauve-qui-peut général.

Avec ou sans marché boursier, il ne faut pas en effet trop attendre des industriels qu’ils investissent dans des techniques moins polluantes qui n’existent pas vraiment. De toute façon l’essentiel de la progression de l’effet de serre résulte des transports et de l’habitat, donc des décisions des consommateurs individuels. Mais chut, ça il ne faut pas le dire puisqu’on ne fait rien en la matière !

01.07.2005 le climat, c’est compliqué

L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le réchauffement climatique sera enrayé ». Biosphere signale d’abord que les aérosols d’origine humains représentent seulement 10 % de ceux générés par la Nature, ensuite ils sont de trop petites tailles. Comme ils servent alors de noyaux de condensation, ils diminuent la quantité des précipitations et réduiront ainsi les productions agricoles. Alors d’autres scientifiques : « On pourrait essayer de stimuler un gros volcan avec une petite bombe atomique ! ». Mais dans ce cas, comment doser la quantité de matière émises ?

        Il n’y a pas d’autres solutions contre l’effet de serre que limiter la consommation , mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole.

05.07.2005 Après Kyoto, sans illusions

Les Américains ont refusé de ratifié le protocole de Kyoto parce qu’ils ont d’abord nié la réalité du changement climatique, puis ils ont mis en cause le lien entre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, tout cela à l’encontre de l’évidence scientifique. Ils ont aussi prétexté de l’absence de contraintes sur les grands pays du Sud, exclu en effet des efforts recommandés par le protocole d’ici 2012, mais il fallait bien que le pays le plus pollueur de la planète montre l’exemple : les USA génèrent 21 à 25 % des GES pour seulement 5 % de la population mondiale. Enfin les Américains ne veulent pas voir leur croissance amputée, les emplois détruits et la modification d’un mode de vie si agréable que les prisons américaines sont les plus pleines de la planète.

La Biosphère se dit alors : vivement la pétroapocalypse pour que les Américains se souviennent de 1929.

09.07.2005 Kyoto à petits pas

Malgré ou à cause des attentats terroristes à Londres, le G8 réuni en Ecosse publie un texte commun sur le changement climatique : « Ceux d’entre nous qui ont signé le protocole de Kyoto (c’est-à-dire tout le monde sauf les Etats-Unis) se félicitent de son entrée en vigueur et oeuvreront pour en assurer le succès (….) La convention-cadre des nations –Unies constitue l’enceinte appropriée pour négocier l’avenir du régime multilatéral sur le changement climatique ».

G.Bush accepte donc que cet « accord pourri » (comme il l’avait qualifié avant l’ouverture du sommet) soit reconnu à sa juste valeur, c’est-à-dire le strict minimum des obligations de la communauté internationale envers la Biosphère.

07.09.2005 SUV, sports utility vehicles

Les ventes de 4×4 ont quintuplé depuis 10 ans pour atteindre 5,1 % du marché en France. Ces voitures n’ont pourtant rien à faire en ville et pas plus sur les petites sentiers de campagne puisque l’Ademe pense que cet achat n’est pas un acte rationnel : le 4×4 pollue proportionnellement davantage à cause de son poids, du manque d’aérodynamisme de ses lignes, sans compter la transmission intégrale permanente aux quatre roues qui absorbe un surplus d’énergie ; rouler en 4×4 (229 g/km de CO2) contribue au réchauffement climatique beaucoup plus qu’une berline (142 g/km de CO2). Son usage incarne une américanisation rampante du mode de vie occidental alors que le slogan « toujours plus » est désormais dépassé, c’est une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation.

Des SUV sont déjà incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. La Biosphère saute de joie devant ces actes, car que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère !

08.09.2005 Loi sur l’énergie

Quatre années d’intenses négociations pour une loi américaine sur l’énergie de 1724 pages, adoptée définitivement le 8 août dernier. L’acquisition de SUV (= 4X4) est toujours fiscalement favorisée et les normes pour l’efficacité énergétique des véhicules comme de l’habitat ne sont toujours pas renforcées. On distribue aussi beaucoup de subventions pour les principaux soutiens financiers des républicains ou pour soutenir la production et favoriser la création de nouvelles raffineries. Mais la loi fait complètement l’impasse sur la gestion de la demande alors que dans les transports il n’existe pas de produits économiquement substituables au pétrole. Les mesures en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sont d’ailleurs inexistantes.

Avec 40 % d’électricité produite à partir du charbon et plus de 5 tonnes de CO2 émises annuellement par habitant (contre 1,8 en France), le gouvernement Bush veut ignorer totalement le poids du mode de vie américain sur la Biosphère. Puisse les catastrophes naturelles s’exacerber aux USA…

16.08.2005 Une seule solution, la décroissance

Les deux principaux pays pollueurs au monde, les Etats-Unis et la Chine, ainsi que l’Australie, l’Inde, le Japon et la Corée du sud ont signé un partenariat sur le développement propre et le climat. L’objectif est de mettre des moyens en commun pour développer des énergies plus propres (gazéification du charbon, géothermie)) et promouvoir le transfert de technologies nouvelles centrales nucléaires, éoliennes plus performantes. Alors que ces six pays représentent la moitié des émissions mondiales de CO2 , il ne s’agit nullement de réduire les émissions comme le faisait le protocole de Kyoto, mais de promouvoir une croissance économique moins intense en gaz à effet de serre.

Encore une fois, la Biosphère constate que les humains veulent toujours remettre à plus tard la nécessaire décroissance productive en utilisant des alibis dérisoires.

27.09.2005 Emprisonner le CO2 ?

La capture du CO2 n’est praticable que là où sa production est la plus concentrée, les centrales thermiques (40 % des émissions mondiales de CO2), mais aussi les cimenteries, les raffineries ou les unités sidérurgiques. Les procédés envisagés ont un coût estimé de 50 à 70 euros la tonne, soit deux ou trois fois plus élevé que le prix auquel s’échange le carbone sue la bourse des « droits à polluer ». En effet la capture dans les fumées de combustion est fortement énergivorace. De plus il faut des pipelines pour envoyer au loin ce CO2 dans des réservoirs géologiques, des aquifères salins profonds ou des gisements de gaz ou de pétrole en fin d’exploitation. Or l’étanchéité » des sites pour une durée de 50 à 100 ans est loin d’être assurée et nécessite des travaux de vérification considérables. (Le Monde, 16.09.2005)

Il est fort dommageable pour la Biosphère qu’on envisage plutôt tous les moyens de continuer à exploiter les énergies fossiles au lieu de décider de les exploiter le plus rapidement possible en modifiant complètement les modes de vie !

28.09.2005 Limiter le trafic aérien

Si les émissions totales de gaz à effet de serre ont diminué en Europe de 3 % entre 1990 et 2002, celles générées par le trafic aérien ont augmenté de près de 70 %. Au niveau international, le trafic aérien a engendré en 2002 des émission qui représentent 12 % du total des émissions produites par les transports. Mais l’impact est nettement plus grand si tous les facteurs sont pris en considération. Les oxydes d’azote qui sont rejetées par les avions à leur attitude de croisière forment de l’ozone. Ils engendrent la formation de traînées de condensation qui contribuent également au réchauffement climatique. Pour donner une idée de l’ampleur du problème, sachez que chaque vol aller-retour entre Londres et New York produit, pour deux passagers, presque autant de CO2 qu’une voiture particulière européenne moyenne en un an. La commission européenne pense que si les prix reflètent ces coûts externes, les consommateurs seront plus conscients du coût global de leur vol et les compagnies seront plus enclines à investir dans des technologies respectueuses de l’environnement.

Mais la Biosphère pense de son côté que les riches n’ont pas à monopoliser les voyages en avion ; de plus faire confiance au progrès technique est une illusion car rien ne peut faire voler des plus lourds que l’air sans conséquences sur l’entropie. A chacun d’en tirer les conclusions !

02.10.2005 L’effet de serre dope l’effet de serre !

Dans la rubrique « l’avenir de la planète », le journal Le Monde nous apprend ceci : « Face aux fortes chaleurs et surtout au stress hydrique, les plantes adoptent un mécanisme de défense qui leur permet de limiter leur évapotranspiration : elle ferment les stomates de leurs feuilles, ce qui ralentit la photosynthèse et absorbe moins de CO2. A l’échelle de l’Europe, la production végétale a donc chuté de 30 % en 2003 dans les peuplements forestiers comme sur les surfaces cultivées ; une baisse sans précédent au cours du siècle écoulé. Dans le même temps, avec la respiration des végétaux, les écosystèmes ont relâché dans l’air quelque 500 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de quatre années de séquestration du même gaz par la végétation. Alors que les experts estiment qu’au niveau de la planète entière le manteau végétal permet de capturer entre 10 % et 20 % des émissions humaines de CO2, le bouclier vert risque donc de se transformer en menace. »

En vis-à-vis de cette information, le journal Le Monde présente sur toute une page la nouvelle Clio (117 à 179 g de CO2 pour des moteurs de 75 à 105 ch.) ainsi que l’Alfa Roméo 159 de 260 ch. Pour 1,9 tonnes ; mais le niveau d’émission de gaz à effet de serre de ce modèle n’est pas indiqué ! Ce n’est pas sur un journal d’information aussi schizophrène que la Biosphère peut compter. Alors, où est l’espoir ? Seulement dans ces militants de l’action directe qui commencent prudemment à dégonfler les pneus de 4×4 en attendant de devenir plus virulents…

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