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Japon, le gouvernement devient nataliste

En juillet 2014, nous écrivions sur ce blog biosphere : Le Japon devient nataliste, il est pourtant surpeuplé. Entre vieillissement accéléré de la population nippone et constat avéré de surpopulation, quelle doit être la priorité ? Retenons que le Japon ne peut nourrir de façon autonome et avec une agriculture traditionnelle que 26 millions de personnes au lieu de 125 actuellement. Malgré ce constat objectif de surpopulation, ce n’est pas la crainte du nombre qui est mis en avant aujourd’hui, mais le vieillissement !!!

Philippe Mesmer : De l’argent pour des bébés. Ainsi dixit le premier ministre japonais qui a promis dans son discours de politique générale, le 23 janvier 2023, « des mesures sans précédent pour enrayer la chute de la natalité… Nous sommes sur le point de ne plus pouvoir maintenir le fonctionnement de la société ». Pour relancer la natalité, le gouvernement prévoit de créer, en avril, une agence des affaires familiales, le doublement des allocations familiales, la hausse de l’allocation forfaitaire accordée à la naissance d’un enfant. Or, rien n’indique que cette série de nouvelles décisions suffiront à inverser la tendance malthusienne. Noriko Hama, professeure d’économie, juge qu’il est vain de « donner de l’argent aux jeunes couples et d’attendre qu’ils aient plus d’enfants. Le problème est que les Japonais ne sont pas satisfaits de l’environnement dans lequel ils devront élever un enfant. Tant que cet environnement ne s’améliorera pas, le taux de natalité ne se redressera pas ».

Quelques contributions pertinentes

Ophrys : « Le problème est que les Japonais ne sont pas satisfaits de l’environnement dans lequel ils devront élever un enfant. Tant que cet environnement ne s’améliorera pas, le taux de natalité ne se redressera pas ». Tout est dit , c‘est très similaire à ce qui a été dit dans l’article sur la Chine il y a quelques jours

Lire, LE MONDE voudrait une Chine plus peuplée

Arthur Martin : Le Japon est une ile surpeuplée – Une diminution de la population – comme en Europe – peut avoir du sens.

Undefined : La population du Japon a quadruplé depuis l’ère Meiji (1868). Le pays avec peu de terres cultivables produit moins de la moitié de la nourriture qu’il consomme. Le prix des terrains à construire est inabordable à tous ceux qui n’ont pas d’héritage. Dans l’ensemble, la baisse de la population est plutôt une bonne nouvelle. Et l’économie peut encaisser le choc si elle apprend à fonctionner sans la consommation à outrance et aller vers la sobriété heureuse, ce qui commence doucement à se produire – mais ça reste encore hors de portée de l’imagination des politiciens.

Michel SOURROUILLE : Entre vieillissement accéléré de la population nippone et constat avéré de surpopulation, quelle doit être la priorité La surpopulation au Japon est un fait, faire plus d’enfants accroît l’ensemble des problèmes. En 1721 l’archipel japonais, qui ne pouvait compter que sur ses seules forces internes avant l’ère Meiji, était considéré comme surpeuplé avec 26 millions d’habitants. En 1868, le Japon comptait toujours 26 millions de personnes, la maîtrise de la fécondité sous des formes souvent éprouvantes était pensée comme un impératif absolu. En 2020 le Japon atteint 126 millions d’habitants, la densité est en moyenne de 346 hab./km². Ramené aux superficies cultivables, c’est un chiffre insoutenable, désespérant. Ramené aux contraintes environnementales, c’est pire.

Philb 2 : Au Japon les ventes de couches pour seniors ont dépassé celles pour bébés il y a déjà plus de 5 ans. Il y a plus de 20 ans, une majorité d’enfants en classe primaire au Japon répondait à la question  » que ferez vous plus tard ? qu’ils souhaitaient ne pas se marier avec une écrasante majorité pour les petites filles.

Jean-Pierre M : Logement cher, étude cher, semaine de travail de malade et salaire pas foufou. En gros faut être cadre pour assumer financièrement des enfants dans de bonne conditions. Les pauvres dans ce pays ne sont pas bêtes. Ils ne font pas de petit malheureux.

Clairedelune : Je parlais hier avec une amie japonaise qui habite en France, quand elle me parlait du coût des études au Japon on comprend pourquoi ils n’ont pas beaucoup d’enfants!

Tyrion : Au Japon, élever un enfant coûte très cher, que ce soient les crèches, les soins médicaux ou les études. La solution la moins coûteuse est que la femme s’arrête de travailler pour l’élever. Résultat, celles qui veulent avoir un travail intéressant ne se marient pas et ne font pas d’enfants. Comme il y a de moins en moins de jeunes sur le marché du travail, les salaires sont très élevés mais l’immobilier et les dépenses médicales aussi. Par contre les pays qui n’ont pas encore fait leur transition démographique vont souffrir avec une surpopulation qui continue de croître et des risques de guerres et de famine.

lecteur assidu : La décroissance de la natalité est un but en soi pour garder des coins de planète habitable. C’est la première sobriété avec un effet énorme démultiplicateur. Un seul enfant plutôt que deux, c’est une maison sur deux loin des centres villes, une voiture au lieu de deux, c’est moitié moins de viande rouge … toute cette pollution non produite, c’est assurément génial.

Pelayo Decovadonga : L’humanité à t-elle un avenir lorsque ce sont les sociétés les moins développées qui progressent le plus, numériquement ? Darwin se serait planté ?

Djemes Ouest : Il faut être fou pour faire un enfant sur cette planète ! Il n’y a pas de planète B.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

Le Japon, surpopulation et/ou vieillissement ? (2022)

Le Japon devient nataliste, il est pourtant surpeuplé (2014)

Agence fr. de développement / surpopulation

Pour savoir ce que pense l’AFD de la surpopulation, on trouve sur leur site deux occurrences seulement : l’une sur la surpopulation carcérale, l’autre sur la surpopulation dans les écoles. Rien sur la surpopulation humaine. Mais les choses commencent à bouger…

https://www.afd.fr/fr/rechercher?query=surpopulation

1) La plus récente en juillet 2020 concerne le projet de la Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) Garantir l’accès des détenus en attente de jugement à la justice dans six prisons de République du Congo et de Madagascar. Il entend répondre à l’une des principales causes de la surpopulation carcérale dans le monde : la mise en prison de personnes en attente de leur jugement, au-delà des durées décentes légalement admises, autrement dit « la détention préventive abusive ».

Commentaire : On ne porte aucune attention à la surpopulation de Congo et de Madagascar, on ne s’intéresse qu’aux prisons. Or dans pays surpeuplés, prisons surpopuplées… La « surpopulation carcérale » est d’ailleurs quasiment la seule approche du concept de surpopulation par le journal LE MONDE.

Lire, Madagascar, un état de surpopulation

2) en janvier 2019 avec le « Résumé d’évaluation – Appui budgétaire à la Guinée affecté au secteur de l’éducation. » : La réhabilitation des établissements scolaires n’a pas résolu tous les problèmes existants, comme l’absence de points d’eau et de latrines, ainsi que la surpopulation dans les classes.

Commentaire : la surpopulation dans les classes n’est qu’une conséquence de la surpopulation d’un pays qui n’arrive plus à se donner les moyens de scolariser les jeunes qui arrivent en trop grand nombre. Donner de l’argent pour l’éducation sans enrayer une fécondité irresponsable n’est qu’argent versé dans un tonneau des Danaïdes. E n Guinée l’inde de fécondité est de 4,5 enfant spar femme (2020), le taux d’accroissement de la population de 2,%, ce qui équivalut à un doublement de la population tous les 25 ans.. C’est exactement le chiffrage indiqué par Malthus après 1798 quand il y a libre cours de la fécondité humaine. Le Ghana était peuplé de 3,7 millions de personnes en 1961, et 13,8 millions en 2022. Une telle explosion démographique est ingérable.

Mais le 30 janvier 2023, l’Agence française de développement donne des perspectives de long terme : «  L’Afrique est le continent où la prévalence de l’insécurité alimentaire est la plus forte. La pauvreté en est la principale cause même si les ralentissements des économies, les conflits et le changement climatique y contribuent individuellement. Alors que l’accès à l’alimentation était devenu la préoccupation première des décideurs, les perspectives démographiques de l’Afrique avec une population qui pourrait presque doubler d’ici 2050 et avec le basculement vers une population urbaine majoritaire pourraient remettre la question de l’offre et de l’autonomie alimentaire des Africains au premier plan. La relance de l’offre agricole qui bénéficierait aux agriculteurs qui sont aussi les plus pauvres est une priorité de bon sens mais cela suffit-il à répondre à une demande qui change en qualité et aux exigences de systèmes alimentaires toujours plus complexes ? »

Commentaire : Enfin l’AFD commence à s’inquiéter de la réalité de la surpopulation ! Un citoyen éclairé se devrait de connaître le traitement de la réalité de la surpopulation par nos différentes instances. Voici un récapitulatif sur ce blog biosphere,

Lire, Tout savoir sur l’aide au développement

L’Agence française de développement (AFD) se devrait de consacrer au planning familial une grand part de l’aide publique aux pays pauvres. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD (aide publique au développement) y soit consacré.

synthèse : le mot tabou de « surpopulation »

Du permis de parentalité au permis de procréer

Un événement ponctuel traité comme une fin en soi sans y apporter un regard élargi et des lunettes théoriques, c’est indigne d’un journal de référence. C’est pourtant ce que fait quotidiennement LE MONDE, ainsi du procès de Béthune. Relevons dans l’article ce qui va nous amener à aller plus loin que l’écume de l’actualité.

Florence Traulle : Ils étaient jugés le24 janvier 2023 pour violences par ascendant sur mineurs de moins de 15 ans et soustraction à leurs obligations légales de parents, compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de leurs enfants. Bryan, l’un des aînés de cette fratrie de dix enfants, alerte les services sociaux « après la dispute de trop ». Il accuse ses parents de graves violences sur ses frères et sœurs plus jeunes. Une maison qui part à vau-l’eau, deux petites filles, 4 ans et demi et 2 ans, attachées dans des chaises hautes où, visiblement, elles ont passé toute la nuit. Comme toutes les nuits depuis plusieurs semaines. Le père, qui sait « un peu » lire mais pas écrire, dit avoir été « dépassé » par la charge familiale. La mère enchaîne : « Je n’en pouvais plus. J’étais épuisée physiquement et mentalement. » . Mélanie, 13 ans, se retourne vers sa mère et lâche froidement : « Quand tu fais un enfant, c’est pour l’élever. Il faut assumer derrière. » Le président du tribunal s’adresse à elle : « Ta maman dit qu’elle aime ses enfants. » « Ben, j’y crois pas », répond l’adolescente. Et puis, Bryan, qui vient dire : « On m’a appris à être violent. » La procureure adjointe, qui a requis contre les parents deux ans de prison avec sursis probatoire, ajoute que les parents n’étaient pas « des sadiques » : « On est dans l’entre-deux, dans la violence quotidienne, banalisée. » Une violence que Christine B., la mère, a connue elle aussi dans son enfance. Il s’agit pour elle d’une mère « qui n’a pas appris le métier de parent ».

Le point de vue des écologistes malthusiens

Soyons clair, les enfant n’ont pas choisi de naître, donc les parents sont entièrement responsables. Pour qu’il y ait moins d’enfants martyrisés, mieux vaut instituer un permis de parentalité : il y a passage par une école des parents, puis tests successifs avec des exigences socialement définies comme on le fait d’ailleurs déjà dans le cas d’une adoption. Dernière étape finale, un permis de procréer, ils pourront passer l’acte. Comme pour le bac, des années d’études et le passage terminal. Il faut un permis de conduire une voiture, il est vraiment étrange que pour l’énorme responsabilité parentale, on puisse faire dix enfant et ne pas pouvoir s’en occuper dignement.

Et c’est là le deuxième point analytique, Pourquoi faire des enfants, beaucoup d’enfants, sur une planète surpeuplée dont on a largement dépassé les limites de capacité pour faire virve dignement une population humaine qui atteint 8 milliards depuis novembre 2022. Le constat de dépassement des limites devrait faire prendre conscience à tout citoyen qu’il est nécessaire d’agir pour une décroissance de la population, donc de ne jamais dépasser le nombre de deux enfants par femme.

Quelques commentaires trouvés sur lemonde.fr

AntoineM : L’article du MONDE relate les méfaits d’une politique nataliste ; pour certains « avoir des enfants » est une source importante de revenus. Naturellement reproduction de ce que les parents ont connu enfants et qui est devenu pour eux la normalité.

Leno : Et l’on s’étonnera de la répétition par ces mêmes enfants de la violence subie. Quand la justice prendra t’elle conscience que ces jeunes enfants violentés quotidiennement sont de futurs parents maltraitants, les coups, les traces sont ils les seuls « marqueurs » de la destruction psychique, ne fabriquons nous pas de futurs enfants maltraités de par cette perpétuation de l’idéologie familialiste….

MHG : L’enfant reste considéré comme possession de ses parents auxquels on le retire quandt, après moult alertes, signalements, mesures d’AEMO et accompagnements éducatifs divers, ceux-ci se montrent trop peu coopératifs. Pendant ce temps-là, le mal court, l’enfant sera, sauf exception, moyennement équipé pour construire une existence féconde, il est occupé à inventer des modalités d’évitement, de contournement, bref de survie. Il est exposé aux difficultés d’apprentissage, aux pathologies et pas seulement psychiatriques, aux conduites à risques et transgressives… Bref, cela représente un coût extravagant, social, médico-social, médical, judiciaire …

Raymond Charronneau : Je l’ai toujours dit : il faut instaurer un permis à obtenir pour avoir des enfants. Et maintenant j’ajoute : limiter le nombre d’enfants. De tels parents indignes font un cinquième, un sixième, etc. et personne ne réagi t?

Athanagore Porphyrogenete : Question du jour, faut-il stériliser les pauvres pour augmenter la réussite en master ?

Thufyr : Dix enfants pour un couple qui aurait eu du mal à en assumer plus de deux, moralement et surtout financièrement ! Cherchez l’erreur. Et relisez un article de LM de 2021 sur le choix de certaines femmes indiennes en matière de stérilisation comme libération volontairement assumée. La pudibonderie de notre société, les politiques natalistes successives (héritées des guerres et d’époques « chair à canon ») sont trop souvent source d’une grande souffrance chez les enfants. Et d’une forme de culpabilité de parents dépassés. Pas excusables pour autant.

Articles antérieurs sur notre blog biosphere

Contre l’infanticide, le permis de procréer ? (2021)

Sanctions pour non respect du permis de procréer ? (2014)

Permis de procréer, à égalité avec permis de conduire ? (2014)

à la place du quotient familial, un permis de procréer (2012)

permis de parent (2007)

JO de Paris 2024, aberration insupportable 

Alors que les jeux olympiques ont été privés jusqu’en 1972 de ressources financières parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme, le Comité international olympique est devenu aujourd’hui richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les Jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand. Déjà à Athènes en 2004, la lutte contre le « marketing sauvage » s’était traduite par l’interdiction faite au public de pénétrer dans les enceintes olympiques en arborant d’autres marques que celles des sponsors officiels ou avec une boisson gazeuse autre que Coco-Cola ! Le CIO n’est plus qu’un regroupement de personnes qui mettent les JO aux enchères en pensant à la visibilité médiatique à la mode et aux retombées financières parallèles quand elles existent ! Voici lors d’un bureau exécutif du conseil d’administration du comité d’organisation (Cojop) en novembre 2022 ce qui pouvait être dit :

Anne Hidalgo, maire de Paris : « En tant que maire de Paris, je ne comprends pas qu’on nous demande de participer davantage au financement des Jeux alors que l’Etat ne cesse de retirer des ressources aux collectivités locales.

Amélie Oudéa-Castéra, ministre des sports : « Ces propos sont indignes. Les Jeux dépassent ces problématiques. Il faut que l’on travaille ensemble. »

Alors les JO pour faire bouger la population ? N’y comptez pas trop !

Sandrine Cabut : Les Jeux olympiques de Paris 2024 vont-ils doper les pratiques sportives des Français et permettre, à plus long terme, d’améliorer leur santé ? De récentes données scientifiques viennent doucher la croyance, répandue chez les décideurs, qu’accueillir un grand événement sportif va rendre plus active toute une nation. Les méga-événements sportifs type JO et l’effet modèle de sportifs médiatisés, aucun de ces deux mécanismes n’a d’effet facilitateur des pratiques d’activité physique dans la population, mesurées par le nombre de licences sportives. Il est temps que les décideurs prennent conscience que la théorie du ruissellement dans le domaine du sport est un mythe. .. La promotion de l’activité physique et du sport santé doit passer par des actions locales, au plus proche des populations.

Le point de vue des écologistes

En 2000, organiser des Jeux Olympiques responsables et respectueux de l’environnement devient une obligation pour toutes les villes participantes.Mais Comme tout grand évènement sportif, les J.O. ont une empreinte écologique énorme du fait de la consommation massive des visiteurs et de toutes les infrastructures spécialement construites pour les héberger. Ajoutons la consommation de nombreux produits dérivés loin d’être éco-conçus et qui plus est, labellisés J.O. » NON, les JO ne sont pas comme dit WWF « une formidable opportunité pour démontrer que des alternatives sont possibles pour vivre dans les limites des ressources naturelles de la planète en changeant nos modes de vie et de production ». Cette compétition, sponsorisée pour leur plus grand profit par des marques (Coca Cola, etc.) dont on n'a pas besoin, est une fausse parenthèse ludique. Les Etats envoient leurs sportifs pour faire étalage de leur « puissance » et avouent dans le même temps leur incapacité à régler aucun des problèmes fondamentaux comme le réchauffement climatique ou les exportations d'armes. Pour l'écologie, rien ne vaut le sport qu'on pratique en jardinant ou en organisant entre proches une partie de foot. Les JO devraient être supprimés.

Ajoutons que l’entraînement des sportifs de haut niveau revient à soumettre des enfants et des adolescents à un tissu de contraintes insupportables, proches de l’exploitation humaine. Sur les athlètes d’élite, la pression psychologique est énorme. Pression des États qui investissent de l’argent sur eux, le nombre de médailles n’étant qu’un instrument parmi d’autres de la compétition géopolitique. Pression du public, aussi prompt à idolâtrer les champions qu’à les vouer aux gémonies lorsqu’ils déçoivent . Pression des médias qui cherchent l’audimat en survalorisant la performance. ET en plus pas d’effet sur la pratique sportive de tout un chacun ! On se demande bien pourquoi les JO existent encore !! Pour la gloriole de quelques politiciens en mal de notoriété…

Lire, La politisation macroniste des jeux olympiques

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Septembre 2020, NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

Ci-dessous un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques pour parution.

Réflexions sur une loi nouvelle

encadrant le suicide assisté et l’euthanasie volontaire

En France, la loi Claeys-Leonetti actuelle est très insatisfaisante pour au moins 5 raisons :

  • son application est restreinte à la fin de vie en contexte médicalisé dans des conditions de souffrance intolérable ; elle ne répond pas aux cas de refus de handicaps jugés insupportables (pensons à Vincent Humbert, en 2003), de perspectives inéluctables de dégradation physique ou mentale, ni, pas plus que les soins palliatifs, à celui des souffrances réfractaires
  • sa seule issue libératrice est la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », pratique que nous jugeons hypocrite et révoltante, d’autant que les conditions additionnelles posées par la HAS la limitent à l’extrême fin de la vie, atteinte peut-être dans d’extrêmes souffrances
  • la décision est entièrement dans les mains d’un collège de médecins et soignants pour lesquels la demande du sujet (déclaration ou directives anticipées) n’est qu’un élément de décision parmi d’autres.
  • très peu de directives anticipées sont rédigées, même les soignants ne sont pas exemplaires ; le modèle de directives disponible sur le site gouvernemental fait l’effet d’un repoussoir : sur ce sujet sensible et complexe où la réflexion est intime et difficile, le formulaire proposé est beaucoup trop technique avec des questions médicales auxquelles nous ne savons//voulons pas répondre
  • le développement des soins palliatifs prévu par la loi est très insuffisant et inégalitaire sur le territoire.

Nous pensons que pour progresser en liberté sur ce sujet, il faut changer de cadre de réflexion et de point de vue.

Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution.

Nous demandons alors l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG).

Il y a plus de 8000 morts par suicide par an en France, pour des motifs divers, et par des moyens en général violents, pour soi-même et pour l’entourage, avec le risque, en cas d’échec, d’en porter des séquelles graves. Si le suicide n’est pas pénalisé, l’orientation vers le suicide peut être traitée comme une pathologie mentale sujette à traitements psychiatriques ; mais trop peu est vraiment fait pour aider à régler les problèmes matériels et psychologiques des personnes suicidaires, à part tenter de les dissuader ou leur rendre le suicide difficile.

A la racine de cette répulsion institutionnelle pour le suicide, nous voyons surtout un vieil interdit religieux et l’opposition des religions au suicide, assisté ou non, est une limitation de la liberté. Notre république laïque et contemporaine se doit d’écarter tout interdit religieux de sa délibération: les pratiquants doivent pouvoir se conformer à leur propre doctrine, sans se voir imposer ce qu’ils réprouvent, mais sans empêcher non plus ceux qui le réclament d’y recourir: les opposants ne subissent aucun dommage lorsque les partisans se suicident.

Une fois levé le tabou injustifié à notre sens qui pèse sur le suicide (et l’euthanasie volontaire qui peut s’y substituer), puis délimitées et décriminalisées les conditions légales de l’assistance, les seules questions à étudier sont de procédure (expression valide de la volonté, délai de prise en compte, réalisation pratique, sécurité, financement éventuel, …), modalités sur lesquelles devrait porter la réflexion concrète. Les représentants des religions opposées au suicide et les médecins persuadés à tort que leur rôle est de sauver la vie de leurs patients, alors que c’est d’aider à bien vivre et bien mourir, n’ont pas à y participer en corps constitué, sauf pour vérifier que le suicide assisté ne leur sera pas imposé. La levée du tabou institutionnel devrait revenir, en république, au peuple souverain convenablement informé.

Face à ce que nous considérons comme un blocage en France, nous pouvons avoir trois attitudes :

  • le contourner dans l’illégalité en se procurant un produit létal interdit ou en bénéficiant par relations de diverses aides confidentielle ou en comptant sur la compassion d’un soignant courageux ;
  • le contourner dans l’inégalité en allant chercher à l’étranger le cadre légal plus ou moins adapté à la situation (comme l’a fait Paulette Guinchard, longtemps militante contre l’euthanasie)
  • ou enfin le débloquer en militant pour l’instauration en France d’un cadre légal positif explicite (et non une simple tolérance comme en Suisse)

Son but ultime est, pour tous les citoyens qui expriment cette volonté de manière valide, l’accès légal et organisé au suicide assisté ou à défaut à l’euthanasie volontaire, à tout moment de leur vie dont la fin de vie en contexte médicalisé n’est qu’un cas particulier. Cette évolution peut être progressive (mais au minimum, il faut annoncer cet objectif ultime) en traitant d’abord le sujet en contexte médicalisé mais en retirant au corps médical la délibération, la décision et la réalisation.

En effet, le contexte médicalisé paraît le plus propice à une démarche d’aide légale à mourir organisée et prévue à titre personnel et collectif (ce que ne sont pas les autres motivations du suicide, qui paraissent plus résulter d’une pulsion irrépressible face à une situation professionnelle, sentimentale ou autre, à effet cumulatif, jugée à un moment insupportable). La motivation peut être ici clairement mais largement délimitée : la confrontation à une dégradation pathologique ou accidentelle physique ou psychique actuelle ou à la perspective d’une telle dégradation (voir la décision d’Anne Bert atteinte de la maladie évolutive de Charcot), que le sujet choisit librement et en pleine conscience de refuser. Le rôle du corps médical est aussi clairement délimité : porter un diagnostic sur la situation présente et future du patient, lui proposer des traitements adaptés, qu’il est libre de refuser, l’informer sans biais à tout moment sur les conséquences prévisibles des divers choix, et quoi qu’il en soit, le soigner et apaiser ses souffrances, mais certainement pas décider à sa place, même collégialement, de sa mort, en la lui refusant ou en l’accélérant hors de son contrôle. Certes le corps médical doit autant que possible être mis de notre côté, mais déchargé d’une responsabilité qui ne lui incombe pas et qui incombe au patient seul, au titre du « droit fondamental de disposer de soi en toute circonstance » que seul le programme NUPES aux dernières élections législatives de 2022 proposait d’ailleurs de constitutionnaliser. En conséquence, ce n’est pas à des médecins ou des soignants d’effectuer l’aide légale à mourir, mais à des assistants assermentés, protégés, formés, dépendant d’ organismes ad-hoc non lucratifs sous tutelle de l’État.

La fin de vie en milieu hospitalier ou Ehpad, en cas de maladie fatale (ou non), n’est plus le cœur de la loi comme actuellement, mais seulement un cas particulier de cette libre démarche de suicide assisté à tout moment de la vie, bien que le sujet-patient soit alors privé de sa liberté de mouvement :

  • si le patient est conscient et lucide, il peut exprimer sa volonté et les moyens peuvent lui être donnés rapidement par l’organisme ad hoc même en milieu hospitalier; ou bien il peut choisir d’aller en service de soins palliatifs et il y sera bien accueilli (ce qui nécessite aussi de profondes réformes, sur les orientations et les moyens !), en gardant toujours la possibilité de demander l’aide légale à mourir.
  • s’il n’est pas conscient, mais que ses directives anticipées en vue d’une non réanimation et d’une mort rapide sont claires, elles s’imposent à tous, famille et médecins, et une action d’euthanasie rapide doit être réalisée par un assistant de l’organisme ad hoc, en substitution de la sédation terminale, toujours ouverte à ceux qui en ont fait la demande, par un choix volontaire dans ce cas ; mais destinée (?) à déculpabiliser les soignants et moins choquer les religieux, cette option devrait logiquement disparaître.
  • s’il n’est pas conscient, et si ses directives anticipées refusent l’aide légale ou n’existent pas, il pourrait subir des tentatives de réanimation et/ou il devrait attendre sa mort sans subir d’obstination déraisonnable en bénéficiant de l’apaisement de ses douleurs, au choix de l’équipe soignante; l’hôpital peut demander une décision judiciaire, sur base médicale, pour valider un arrêt des soins et une aide légale à mourir ou une sédation terminale, contre laquelle nul ne peut faire appel ; le témoignage des proches sur les éventuelles intentions du patient, et non leur avis sur ce qu’il faut faire (voir le cas de Vincent Lambert) est demandé, en priorité à la personne qui partage son existence. L’incertitude pesant sur ce cas devrait pousser les patients à rédiger des directives anticipées et les soignants à les exiger.

La nouvelle loi devra donc cadrer, en termes juridiques appropriés, ces différentes étapes et modalités :

  • acter ou rappeler que chacun est libre de disposer de soi-même, que l’aide au suicide est dépénalisée si elle n’est pas motivée par un intérêt égoïste, que l’aide légale à mourir par suicide assisté ou euthanasie demandée n’est pas un soin relevant des règles et pratiques nationales et internationales du domaine de la santé (depuis les réglementations des Ordres nationaux aux règles de l’OMS, en passant par les lois nationale et européenne) mais un acte d’entraide à l’exercice délibéré d’une liberté individuelle
  • bien fixer avec tact la terminologie employée, définir la constitution, l’encadrement juridique, financier, la tutelle ministérielle et le contrôle des organismes ad hoc, les modalités de recrutement, de formation, de supervision des assistants assermentés, établir les conditions de leur protection pénale, délimiter les responsabilités et champs d’actions respectifs des médecins et des assistants
  • définir les modalités de l’expression valide de sa volonté par le sujet auprès de l’organisme ad hoc (forme, type de motivation, délai de réflexion, réitération) soit en pleine conscience, soit par le biais de personnes de confiance et/ou de directives anticipées (préciser le cas délicat d’absence de directives); en particulier le sujet conscient est réputé doué de sa pleine capacité (sauf s’il est mineur, sous tutelle ou curatelle), il doit être accueilli et écouté dans un véritable dialogue humain et attentif, sans porter de jugement sur le ressenti individuel des souffrances; sa liberté et sa volonté éclairée priment et les cas litigieux sont soumis, par l’organisme ad hoc, à un juge des libertés pouvant faire appel à expertise psychiatrique; d’emblée, le type large de motivation recevable est « la confrontation à une dégradation pathologique ou accidentelle physique ou psychique actuelle ou bien à sa perspective »
  • favoriser et faciliter la rédaction des directives anticipées (en insistant plus sur l’intention générale que sur la multiplication de cas techniques et de questions médicales, le terme ancien de testament de vie nous paraît plus adapté), en assurer réellement la collecte et la conservation centralisées par l’organisme de tutelle (sans censure), les rendre progressivement obligatoires pour tous, avec prise de position très à l’avance pour ou contre l’aide légale à mourir; elles sont destinées au corps médical pour les traitements courants et à l’organisme ad hoc en cas d’ouverture vers l’aide légale à mourir
  • prévoir et favoriser que la personne de confiance appelée à exprimer la volonté du sujet et veiller à sa bonne application, s’il est incapable de l’exprimer ou la réitérer, puisse être aussi un agent juridique : tuteur, curateur, mandataire de protection future, notaire, avocat, et définir ses modalités d’intervention
  • prévoir un élargissement progressif des motivations recevables en parallèle avec la mise en place d’aides effectives, psychologiques et matérielles (qui peuvent d’ailleurs mobiliser beaucoup de moyens humains de proximité et financiers) à se détourner de l’option du suicide
  • définir les modalités de fabrication, homologation, étiquetage, conservation, mise à disposition des organismes ad hoc (ou éventuellement du sujet dans des conditions strictes de sécurité à préciser) du produit létal, non par prescription médicale (a-t-elle lieu d’être techniquement puisqu’il n’y a ni dosage particulier ni contre-indication à prévoir ?) mais par délivrance administrative, directement d’une pharmacie nationale aux organismes ad hoc puis aux assistants, sans passer par des officines
  • définir la procédure d’administration soit à domicile soit en milieu hospitalier ou Ehpad, soit dans un lieu dédié, du produit létal buvable ou par injection contrôlée ou non par le sujet, en fonction de ses handicaps éventuels, ainsi que les modalités de délivrance du certificat de décès et de l’autorisation d’inhumation ou de crémation ; dans le nouveau cadre légal il sera désormais possible de consigner que le décès résulte d’un suicide assisté ou d’une euthanasie volontaire, et non d’une ’cause naturelle’
  • définir les tarifs, les modalités de paiement par le sujet et de prise en charge par les organismes de sécurité sociale, assurant la solidarité et une égalité de traitement entre les sujets
  • prévoir un retour d’expérience annuel sur la mise en œuvre de la loi (et aussi sur le suicide violent hors loi) par des indicateurs quantitatifs et par des enquêtes qualitatives dans la population générale et dans celle des assistants, avec restitution de ce bilan annuel au parlement par l’organisme de tutelle.

En conséquence, les études médicales et les doctrines des Ordres professionnels seront adaptées à ce nouveau cadre légal, orientées vers l’écoute, l’information active et sans biais du patient, la prise en compte scrupuleuse de sa volonté exprimée, la réflexion sur le sens et les limites du métier, la coopération avec l’organisme ad hoc, le développement de l’accès universel effectif à des soins palliatifs de qualité, neutres de toute idéologie religieuse et garants à tout moment de la liberté de choix des patients.

En résumé, pour l’instauration de cette nouvelle liberté, l’expression aide médicale à mourir est inadaptée car ce que nous recherchons à terme est bien une aide légale à mourir de portée générale dont l’application en milieu médicalisé est un cas particulier bien que numériquement important, aide réalisée non par des médecins en tant que tels mais par des assistants assermentés et légalement protégés (c’est plutôt le modèle suisse amélioré, en remplaçant la simple tolérance par un droit positif, et la prescription médicale du produit létal par une délivrance administrative); les soignants qui le voudront pourront acquérir le statut d’assistants.

Une période transitoire peut être aménagée par rapport à la situation actuelle où tout ce qui est admis en France et en Belgique notamment est entre les mains des médecins, mais il faut montrer d’emblée l’objectif, au risque sinon de se retrouver bloqués sans fin dans un modèle purement médical (environnement, critères, prescription, collège décisionnel de soignants, lourdeurs et réticences intrinsèques à leur statut, …) sans perspective d’universalité. Que le secteur médical se concentre sur l’amélioration de l’accueil, de l’écoute et du ‘traitement’ des patients à la ville et en milieu hospitalier dans les différentes disciplines médicales, y compris les soins palliatifs, en étroite collaboration. L’aide légale à mourir n’est pas un soin mais est une extension de la liberté et de la responsabilité de tous les citoyens décidée et appliquée dans un cadre conceptuel plus large que le cadre médical. Elle n’a pas à être conditionnée ou retardée par le développement indispensable des soins palliatifs.

La France pourrait pour une fois ne pas être à la traîne de ses voisins et faire acte d’innovation avec cette aide légale à mourir, qui paraît être aussi la conséquence naturelle de la constitutionnalité du droit à disposer de soi-même qui vient d’émerger en Allemagne et devrait émerger dans toutes les démocraties. L’argument contraire du mauvais signal que cela donnerait aux personnes fragiles ou en détresse, qui se sentiraient un poids inutile pour la société, peut être réfuté par le fait que beaucoup de personnes s’expriment déjà, refusent spontanément d’être un poids pour autrui, ou d’endurer des souffrances qu’elles rejettent, et n’obtiennent souvent qu’une fin de non recevoir ainsi qu’une sorte de mépris faussement fraternel pour leur parole qui n’est pas respectée. Écoutons les. A l’inverse, la certitude qu’ils pourront bénéficier, dans leur propre pays, d’une aide légale à mourir s’ils la demandent est de nature à combattre les angoisses et inconforts psychologiques qu’ils peuvent ressentir et à leur permettre d’aborder en responsabilité et plus sereinement la perspective inéluctable de la mort.

Science et militantisme forment une fratrie

Laurent Schwartz, le premier médaille Fields français, disait :  » les mathématiques, ça sert à faire de la physique. La physique, ça sert à faire des frigidaires. Les frigidaires, ça sert à y mettre des langoustes, et les langoustes, ça sert aux mathématiciens, qui les mangent et sont alors dans de bonnes dispositions pour faire des mathématiques, qui servent à la physique, qui sert à faire des frigidaires, qui… ». C’est l’exemple type d’une préférence pour les frigidaires et les langoustes, c’est-à-dire pour les biens marchands et les espèces en voie de disparition. Le scientifique conscient et engagé nous invite directement à discuter des buts de la société. Dorénavant il nous faut mettre ensuite la science derrière l’engagement en faveur du bien commun. Le Comets, comité d’éthique du CNRS, affirme que face à la gravité de la menace environnementale, la recherche doit tenter d’évaluer ua préalable ses impacts et se demander si utiliser ou développer tel grand équipement ou travailler sur telle thématique est susceptible d’engendrer des impacts néfastes pour la biosphère.

Face à la crise écologique, des scientifiques sont tentés par la radicalité : « Sortez de vos labos, allez dans la rue »

Tribune d’un collectif international de chercheurs spécialistes des questions climatiques  : les climatologues sont aussi des citoyens et des êtres humains. En tant que citoyens, nous avons notre propre vision du monde et nous intervenons dans le débat public de la manière qui nous convient. En tant qu’humains, nous avons le droit inaliénable d’exprimer nos opinions de manière pacifique. Plus que jamais, nous savons que nous devons nous engager activement, en tant que citoyens et scientifiques, à œuvrer pour l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et la transition rapide vers un avenir à faible émission de carbone. Nous sommes donc consternés par les récentes représailles contre des collègues n’ayant fait qu’exercer leurs droits civils et humains. Avant une conférence plénière sur les arts, les sciences et le changement climatique lors de la conférence d’automne de l’Union américaine de géophysique (AGU), Rose Abramoff et son collègue Peter Kalmus ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire « Out of the lab and into the streets » (« sortez de vos labos et allez dans les rues »). Leur action a duré moins de trente secondes. La réponse qui a suivi cette action non violente a été disproportionnée : l’AGU a immédiatement retiré leurs contributions scientifiques du programme de la conférence, effaçant ainsi leurs travaux de la communauté scientifique, puis a lancé une enquête interne. En conséquence, Rose Abramoff, une brillante scientifique en début de carrière, a été licenciée de son poste dans un grand institut gouvernemental. Les employeurs ne devraient pas punir les scientifiques pour leur participation à une action climatique non violente. Le monde universitaire et les sociétés savantes comme l’AGU doivent rester des espaces sûrs pour la liberté d’expression.

Audrey Garric : L’ancien climatologue en chef de la NASA, James Hansen, et la coprésidente du groupe 1 du GIEC, Valérie Masson-Delmotte, mettent en garde : ces « réponses brutales » ne menacent pas seulement les carrières des deux scientifiques, mais « elles découragent également les chercheurs (…) de s’exprimer sur le besoin urgent d’action climatique »…. La biogéochimiste américaine Rose Abramoff a mesuré « calmement », à Utqiagvik en Alaska, la quantité de gaz à effet de serre libérée par le dégel du pergélisol, ces terrains normalement gelés en permanence. Inlassablement, elle a fait tourner des modèles informatiques. « Pour parvenir à continuer mon travail, je devais dissocier les données scientifiques du futur terrifiant qu’elles représentaient. Je me sentais impuissante. Seuls mes pairs lisaient mes articles, qui ne semblaient pas avoir d’effets tangibles. » En avril 2022, elle décide donc de rejoindre Scientist Rebellion, un groupe de scientifiques engagés dans des actions de désobéissance civile, qui émane du mouvement Extinction Rebellion. Elle en mène plusieurs : s’accrocher au portail de la Maison Blanche, s’enchaîner dans un aéroport de jets privés. Scientifiques en rébellion a dû se structurer. Le collectif réfléchit à son positionnement, ses revendications et ses lignes rouges. « Si la violence aux personnes en est une pour tous les membres, le cas des dégradations matérielles n’a pas encore été discuté collectivement », i

Le point de vue des écologistes

Frog : Je comprends très bien la désobéissance civile : on voit bien depuis des années que le « passez par la voie légale », « utilisez le processus démocratique » est maintenant l’argument des grands groupes qui se savent protégées par des intérêts politiques et des flopées d’avocats et de communicants. La voir légale est à poursuivre, bien sûr. Mais comme le dit très bien un des intervenants, quand on voit que personne ne bouge, on croit que rien n’est grave. Or la planète est littéralement en train de s’éteindre, et l’être humain y passera le premier, dans des perspectives assez flippantes, d’une toute autre nature que les problèmes de retraite ou d’inflation.

Bernard l. : Les scientifiques ne sont pas seulement des scientifiques, ils sont aussi des citoyens. Et des citoyens particulièrement bien informés sur les sujets qu’ils étudient, au contraire de nombre de personnes « en vue » qui finalement n’y connaissent pas grand-chose et enchaînent les erreurs, voire lesmensonges. Et en tant que citoyen les scientifiques ont parfaitement le droit de s’exprimer, comme tout un chacun. La science n’est pas « La Grande Muette », fort heureusement.

Michel SOURROUILLE : On ne dit rien quand la science est appliqué à des innovations technologiques souvent nuisible à notre santé et à la société. Le chercheur cherche, l’ingénieur applique sans état d’âme. Mais on sanctionne quand la science dit qu’il faut agir contre l’usage de nos techniques qui détériorent le climat. C’est anormal. La phrase « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »  garde toute sa valeur, intemporelle. Une autre tribune du MONDE montre que la recherche ne peut plus produire aujourd’hui de la connaissance à n’importe quel prix. On ne peut plus s’en prendre aux lanceurs d’alerte sans gravement détériorer les mécanismes de la démocratie fondée sur la libre expression des personnes qui agissent pour le bien commun. Science et militantisme forment une fratrie.

Densité écologique et densité subventionnée

Les critères de surpopulation sont multiples. Voici une approche par la densité.

Surpopulation : quels critères ? – Graduate Institute Publications

Densité globale

L’idée de surpopulation s’adresse d’abord à la quantité d’habitants. Le critère généralement utilisé est celui de la densité, les pays surpeuplés sont alors, pour ne citer que les 6 pas qui arrivent en tête :

en 1987  : Bangladesh 685 hab/km² ; Pays-Bas 355 hab/km² ; Japon 324 hab/km² ; Sri Lanka 241 hab/km² ; Royaume Uni 232 hab/km² ; Inde 228 hab/km2

en 2020 densité actualisée selon les chiffres de la banque mondiale. La hiérarchie est bouleversée car les croissances démographiques ont été très différenciées d’un pays à un autre : Bangladesh 1285 hab/km² ; Cisjordanie et Gaza 798 ; Liban 554 ; Rwanda 533 ; République de Corée 531 ; Pays-Bas 518 hab/km² ; Burundi 476 ; Israël 426 ; Haïti 410 Philippines 376 ; Japon 345 hab/km² ; Sri Lanka 354 hab/km² ; Pakistan 295 Royaume Uni 277 hab/km² ; Inde 470 hab/km2

La moyenne mondiale est de 60 hab./km² en 2020. Un classement des pays selon par exemple la densité des terres cultivables arriverait à un classement différent.

Densité écologique

Un écosystème donné est surpeuplé lorsqu’il n’arrive pas à satisfaire les besoins de sa population. Le critère de surpopulation prend alors en considération les caractéristiques du milieu. Il y a surpopulation au-delà d’un seuil défini par la « capacité-limite » du milieu, c’est-à-dire par la charge de population dont les besoins peuvent être satisfaits par la productivité primaire (Pp). La capacité limite de zones désertiques et semi-désertiques (Pp : 1 tonne de matière sèche/ha/an) sera moindre que celle d’une zone tempérée (Pp : 10-20 tonnes), et celle de prairies de montagne (Pp : 1,1 tonne) moindre que celle de prairies de plaine (Pp : 4,5 tonnes).

Généralement, des facteurs de régulation de la densité des populations interviennent pour empêcher les populations de dépasser la capacité-limite du milieu, c’est ce que l’on appelle la « résistance de l’environnement ». Ces facteurs peuvent être dépendants de la densité (maladies, prédation, fécondité, concurrence, etc.), ou indépendants (hiver rude, sécheresse, etc.). Certaines sociétés humaines autarciques réglaient leur densité écologique en intervenant sur la fécondité. Si les mécanismes de régulation sont abandonnés, la capacité-limite de l’environnement est rapidement dépassée ; on peut atteindre un état de surpopulation sans qu’il y ait nécessairement croissance démographique.

Densité subventionnée

Une région, une nation est surpeuplée lorsqu’elle n’arrive pas à subvenir aux besoins énergétiques de sa population, c’est-à-dire à son alimentation et à ses besoins en combustible pour la cuisson, le chauffage, le transport et les activités industrielles. Dans les systèmes subventionnés, ce sont les ressources énergétiques qui sont déplacées. Les villes ont été de tous temps subventionnées par les campagnes, ce qui leur permet d’atteindre une densité de population beaucoup plus élevée. Avec l’ère industrielle, ce subventionnement ville-campagne s’est étendu à un subventionnement des pays industrialisés par les pays en voie de développement. Au niveau énergétique, c’est le Nord qui parasite le Sud. Si le subventionnement Sud-Nord cessait, ne seraient pas surpeuplés les pays qu’on pense.

Puisque la terre est surpeuplée, la régulation volontaire de la population est une nécessité afin d’éviter une régulation naturelle qui serait catastrophique du point de vue humain.

Auteur : Grégoire Raboud (1987), texte actualisé en 2023 par Michel Sourrouille

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Lire aussi, Forte densité, synonyme de surpopulation ?

Malawi, surpopulation et choléra

Le choléra est contracté par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par une bactérie. Il provoque généralement diarrhées et vomissements et peut être très dangereux pour les jeunes enfants. La maladie touche chaque année entre 1,3 million et 4 millions de personnes sur la planète, faisant jusqu’à 143 000 morts.

LE MONDE avec AFP : L’épidémie de choléra en cours depuis mars 2022 au Malawi y a tué plus de 1 000 personnes… En novembre, le Malawi avait reçu près de 3 millions de doses de vaccin oral de l’ONU. Mais « nous avons utilisé tous les vaccins dont nous disposions », a déclaré le porte-parole du ministère de la santé. Une partie de la population malawite refuse par ailleurs les traitements au nom de croyances religieuses. En septembre, l’OMS avait signalé une « recrudescence inquiétante » du choléra dans le monde. le changement climatique s’ajoutant aux facteurs habituels tels que la pauvreté et les conflits.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Si on ne maîtrise pas la fécondité, disait Malthus dès 1798, il y aura guerres, famines et épidémies.

Or le Malawi est l’exemple type de l’irresponsabilité en matière démographique. Une population de 2,88 millions en 1950, puis 5,3 millions en 1975 et 11,23 millions en 2000… en 2023, on compte plus de 22 millions d’habitants. C’est invivable et ingérable.  La densité est passée de 32 habitants au km² en 1961 à 206 en 2020. Même si l’indice de fécondité à diminué, 7 enfant par femme en 1970, il est encore de 4 en 2020. En 2023, population du Malawi augmentera de plus de 600 000 personnes 1 700 personnes par jour. Le ratio de dépendance total est calculé comme le rapport entre la partie dépendante de la population et la partie valide ou productive de la population: Pour 100 actifs potentiels de 15 à 64 ans il y a au Malawi 91.4 personnes à charge (population de moins de 15 ans + population de plus de 64 ans). Et comme la notion d’actif occupé est très relative dans un pays en voie de sous-développement, l’avenir ne peut qu’être sombre

On incrimine dans l’article du MONDE « changement climatique, pauvreté et conflits » sans jamais s’interroger sur la surpopulation (du Malawi) ! Les journalistes ont un gros problème avec la question démographique… On n’a pas choisi de naître. La première responsabilité des couples, c’est donc sa responsabilité vis à vis de sa progéniture. Mais que le géniteur soit dans la plus grande misère, peu importe pourvu que les religions aient leurs croyants et les politiques leurs détournements d’argent. Procréer alors qu’on vit dans la pauvreté et la surpopulation est la pire des cruautés infligée à l’enfant qui naît dans des conditions qu’il aurait évidemment souhaitées tout autres.

Nos articles antérieurs sur les pays surpeuplés

Surpopulation au Cameroun, 56 hab./km

Corne de l’Afrique minée par la surpopulation

Côte d’Ivoire, surpopulation et manque d’eau

L’Égypte et Al-Sissi face à la surpopulation

L’Éthiopie, victime de sa surpopulation

Surpopulation française, une réalité vraie

Surpopulation sur l’île de la Réunion

Inde : « government jobs » et surpopulation

L’Inde, une surpopulation par condensation urbaine

Le Japon, surpopulation et/ou vieillissement ?

Madagascar, un état de surpopulation

Le Nigeria, miné par la surpopulation

La surpopulation généralisée aux Pays-Bas

Surpopulation en Seine-Saint-Denis 

Référendum en Suisse : halte à la surpopulation

Tanzanie, une surpopulation démente

Surpopulation au Yemen, 377 000 morts

Surpopulation africaine par une virilité mal employée

Surpopulation, une analyse pays par pays

Totale Responsabilité en procréant

Sous le pseudonyme d’Annaba, Philippe  est l’auteur de « Imprécations contre les procréateurs » (2001) et « Traité de savoir survivre à l’intention des jeunes générations » (2011). Il a contribué en 2014 au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Voici le texte que nous avons reçu pour transmission :

Surpopulation et responsabilité

« On est responsable, non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait,

mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre,

ou des choses que l’on a sous sa garde », article 1384, alinéa 1 du Code civil.

La première responsabilité de l’homme, c’est sa responsabilité vis à vis de sa progéniture. L’enfant n’ayant pas demandé à naître, toute naissance engage d’abord les parents. Pour Hans Jonas (1903-1993), dans Le principe responsabilité, la responsabilité parentale, est la seule qui soit instituée par la nature. Alors que les autres types de responsabilité résultent de l’acceptation d’un contrat ou de rapports de confiance, elle ne dépend d’aucun consentement préalable, « elle est irrévocable, et non résiliable ; elle est globale. »

La prise en charge du devenir du nouveau-né « était contenue dans l’acte de procréation… [Les parents] sont donc totalement responsables et cela est plus que le devoir communément humain de venir au secours de la misère du prochain, dont le fondement est autre chose que la responsabilité ». Un enfant qui n’est pas cajolé, caressé, serré contre le cœur de sa mère et de son père, sera tôt ou tard un délinquant, un tyran ou un révolutionnaire. Il aurait mieux valu que ses géniteurs s’abstiennent. Ce qui est exigé de tout couple candidat à l’adoption d’un enfant devrait être le minimum demandé à tout procréateur.

Les mères, de plus en plus seules et sans travail, ont à peine mis bas, qu’elles revendiquent le droit de tout avoir gratuitement. Par cohortes, elles se bousculent aux « bébés du cœur ». Et tout le monde de féliciter ces faiseuses de misère. À Paris, une SDF a mis au monde, et devant cette bouche d’aération du métro, nouvelle crèche du début du 3ème millénaire, les caméras des chaînes de télévision sont venues, tels les rois mages, témoigner de cet acte de suprême optimisme devant le public des téléspectateurs esbaudis. Un symbole de confiance en l’avenir ! Un avenir pourtant que personne n’est capable de prévoir. Quelle incongruité ! Il s’agit plutôt d’un acte de suprême incohérence, de suprême bêtise, un crime de lèse-dignité humaine. Plus l’homme suit ses instincts primitifs dénaturés, plus les médias le glorifient et le montrent en exemple.

Pour la société, la procréation est plus qu’un droit, c’est un devoir, quelque soient les conditions dans lesquelles le nouveau-né est mis au monde. Que le géniteur soit dans la plus grande misère ou dans la plus grande débilité mentale, qu’importe, pourvu que les religions aient leurs croyants, les industriels leurs travailleurs et les commerçants leurs clients.

Procréer alors qu’on vit dans la misère est la pire des cruautés infligée à l’innocent qui naît dans des conditions qu’il aurait évidemment souhaitées autres. Les meilleures conditions de vie ont d’ailleurs leurs revers, elles sont de toutes façons impermanentes, aucune n’est enviable. L’homme croit toujours que ce qui le frappe est dû aux autres ou à quelques démons alors que la cruauté et la bêtise sont en lui-même.

Il est grand temps de réhabiliter Thomas-Robert Malthus (1766-1834) : « La difficulté n’est pas de faire des enfants mais de les nourrir. » Tous les tartuffes droits de l’hommistes s’élèvent bien peu contre l’esclavage d’enfants, en Inde, en Haïti et ailleurs. En Afrique, au Brésil, en Asie, des millions d’enfants sont abandonnés et ne survivent que d’expédients et d’exactions de toutes sortes, en bandes, dans la rue. Comment est-ce encore possible à l’aube du 3ème millénaire ? A cause de la pauvreté ?

Non, ce sont les religions qui cautionnent cet état de fait en permettant aux hommes de fuir leurs responsabilités de père et de mère : s’ils procréent, c’est le plus souvent pour plaire à Yahvé, Dieu le Père ou Allah. Quelle sordide dérision !

Ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est sa capacité de réflexion qui lui permet de refuser de se laisser conduire par l’instinct de survie de son espèce et par le conditionnement social : du martèlement de la publicité au politiquement correct en passant par le religieusement obligé. Des peuples vivent en grand nombre sur des terres régulièrement inondables ou sujettes à des tremblements de terre. Une terre souvent ingrate, incapable de subvenir à leurs besoins, mais ils ne cessent de croître et de se multiplier, jusqu’à ce que le cataclysme naturel vienne les décimer. La nature n’est responsable de rien, elle suit son cours. Elle obéit à des lois immuables. L’homme, lui, ne semble être régi que par l’Incohérence. Faire appel à la morale, à la religion ou à une idéologie, est une stupidité quand il s’agit de sauver la planète des désordres occasionnés par la présence des hommes.

Le seul combat fondamental, c’est l’éducation des peuples et la mise à disposition à chacun de tous de moyens de contraception, parce que tout « homo sapiens » est fondamentalement et totalement responsable de sa progéniture.

Lire aussi, ANNABA, pour une décroissance malthusienne

L’aide humanitaire, facteur de surpopulation

Annaba : « Alors que nous ne sommes pas responsables de notre propre naissance, la société nous rend responsable de toutes les naissances… L’humanitaire est le substitut mercantile, infantile et hypocrite de l’humanisme… 170 ONG s’occupent des réfugiés du Moyen-orient et de l’Afrique de l’Ouest, la plupart reçoivent des subventions sans aucun contrôle. Certains l’appellent « l’industrie de l’aide »…La seule conséquence de toute aide est de favoriser la reproduction… La seule charité concevable, c’est celle qui permet d’aider une femme à avorter si elle le désire…Le sage n’a rien à faire de la charité ; s’il a fait le choix de ne pas devenir l’esclave des désirs et des passions, ce n’est pas pour aider les autres à y succomber…

Lire, L’humanitairerie, un concept réinvesti par ANNABA

Tribune d’ Harlem Désir et David Miliband (Humanitaires) : Les catastrophes humanitaires sont le résultat de choix et non de la fatalité. Lorsque l’on examine les vingt pays qui y figurent, il est clair que les conflits armés, la crise climatique et les chocs économiques sont les moteurs combinés qui font basculer une partie croissante de la population mondiale dans une crise de plus en plus profonde. L’aide est tardive, au lieu d’être préventive, en particulier face à l’insécurité alimentaire. On attend que les gens meurent pour déclarer l’état de famine au lieu d’actionner préventivement les moyens qui permettraient de l’éviter. Parfois pourtant, ces remparts sont érigés efficacement, comme on l’a vu avec l’Initiative céréalière de la mer Noire, permettant l’exportation de plus de 12 millions de tonnes de nourriture. Nous proposons un « New Deal pour les réfugiés et les déplacés » en augmentant le financement des Etats qui accueillent des réfugiés et s’engagent à mettre en œuvre des politiques telles que l’accès au travail, à l’éducation et aux services de santé…

Le point de vue des écologistes

Astartes : En gros, pas un mot sur la responsabilité des pays concernés, sur leurs politiques désastreuses, leurs conflits ethniques sans conciliation possible, leur démographie galopante; montrons plutôt du doigt les pays occidentaux qui doivent sortir la carte bleue dès que les pays africains vont mal.Ce n’est pas aux européens de payer pour des conflits entre des pays à l’autre bout du monde. Si la famine arrive en Afrique dès que les récoltes sont mauvaises en Europe, c’est également un problème à corriger du côté de l’Afrique – pas de l’Europe. Il est temps que ces pays se prennent en main, l’Occident ne sera pas toujours là pour leur voler à l’aide, surtout dans le cadre du goulot d’étranglement sur les ressources en hydrocarbures qui s’annonce dans les décennies à venir, et la récession qui arrivera en conséquence.

Friday : Il est pour le moins étonnant que le facteur démographique ne soit même pas évoqué dans cette tribune d’humanitaires. A 6,42 enfants par femme en Somalie (chiffre 2020), il y aurait peut-être un levier pour que la population soit mieux nourrie, non ?

Résident temporaire : Encore une tribune qui écarte d’emblée le tabou de la démographie, et qui dès lors souffre d’une absence totale de crédibilité. Prenons juste l’Éthiopie. Entre 1960 et 2021, le nombre d’habitants en Éthiopie est passé de 22,15 millions à 120,28 millions (estimation), soit une augmentation de 443,0% en 61 ans. Apparemment, un détail sans incidence pour les auteurs.

Sisimple : Cette tribune est un contre-sens politique. Tout est dit dans les commentaires, j’y ajouterai le banal «  plutôt que leur donner de la nourriture apprenons leur à cultiver et pêcher » PLUS une nécessité de planning familial. Sinon ils continuerons à s’écrouler.. . et nous un peu plus tard.

Scrongneugneu : C’est un jour sans fin cette tribune… On prend les mêmes et on recommence avec l’espoir naïf ou plutôt idiot que cela va bien finir par s’arranger plutôt que de comprendre ce qui n’a pas marché jusqu’ici pour s’attaquer aux vraies causes. Empêcher/retarder la mortalité dans un écosystème par des apports exogènes (aide alimentaire, vaccination, etc.) débouche sur une démographie galopante à un rythme que les économies occidentales n’ont jamais connu, y compris pendant leurs périodes de croissance les plus fortes. Malthus l’a expliqué la production agricole suit une évolution arithmétique alors que à l’état naturel la croissance de la population suit une progression géométrique.

Melx : Oui il y a visiblement le tabou de la démographie. Et les dirigeants qui s enrichissent, corruption, détournements de fonds… Et puis qques islamistes, aussi

MIchel SOURROUILLE : – Croire aider les pauvres du Sud par avion et en 4×4, c’est croire au père Noël, c’est croire qu’on est le père Noël. – Des centaines de millions de vie misérables, qui mettent en valeur l’admirable dévouement d’une mère Teresa, valent-elles mieux qu’un contrôle rationnel de la fécondité permettant de faire accéder au véritable statut d’homme et de femmes des êtres moins nombreux mais plus heureux  – Le néo-colonialisme, avec l’assistance technique et le don humanitaire, a fait sans doute beaucoup plus pour la déculturation que la colonisation brutale. – La main qui reçoit l’aide est toujours en dessous de celle qui la donne. – La décroissance des besoins au Nord est la meilleure des aides possibles pour le Sud…

Pourquoipasmoi : Commençons d’abord par une politique de planning familial sévère pour conditionner les aides.

Solon : Aide-toi et le ciel t’aidera

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

L’humanitaire comme instrument dévoyé de l’humanisme

L’humanitaire est-il écolo ?

Contre la faim, du fric ou un préservatif ?

LE MONDE voudrait une Chine plus peuplée

Ceux qui suivent attentivement les articles du MONDE savent que ce quotidien est foncièrement natalialsie, ignorant la réalité de la surpopulation et toujours prompt à s‘inquiéter quand il y a une diminution de la fécondité ou de la population. Ainsi cet éditorial sur la Chine.

éditorial du MONDE : Les autorités chinoises viennent de reconnaître que le pays a commencé en 2022 à voir sa population décroître, mais Il n’y aurait pas lieu à s’inquiéter. Or tout indique l’inverse, la Chine pourrait perdre environ la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle. Le sujet ne fait en Chine l’objet d’aucun débat public. Il est même largement nié par les autorités. Plus les années vont passer, plus il va être difficile à la Chine d’innover parce que les jeunes vont être de moins en moins nombreux … Une diminution de la population oblige les gouvernants à des sujets impopulaires comme l’augmentation de l’immigration… Depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, la croissance économique décline tendanciellement…

Le point de vue des écologistes

Éditorial bon à jeter ! En quoi le fait que la Chine pourrait perdre environ la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle est-il inquiétant, sauf quand il s’agit d’un point de vue nataliste. Pourquoi la Chine ferait-elle un débat sur le réalisme des jeunes chinoises qui, coincé par le système, ne veulent un enfant que quand les conditions s’y prêtent ? Pourquoi d’ailleurs LE MONDE de son côté ignore complètement la réalité de la surpopulation mondiale et nie celle de la France ? L’éditorial laisse aussi penser que la capacité d’innovation vient du nombre de gens alors qu’on sait qu’elle vient de la qualité des personnes. Même revenu à 600 millions, la Chine aurait-elle besoin d’immigrés ? Enfin le fait que la croissance économique de la Chine ralentit, n’est-ce pas une bonne nouvelle pour l’équilibre d’une planète qui constitue un milieu clos déjà peuplé de 8 milliards d’humains ?

Lire, Délire, la Chine en manque de bébés !!!

Fantastique, 600 millions de Chinois en 2100

C’est au détour d’une conférence de presse sur la croissance économique le 17 janvier 2023 que les responsables du Bureau national des statistiques chinoises ont révélé qu’en 2022 le pays avait vu sa population diminuer de 850 000 personnes. A partir d’avril, le Chine occupera désormais la deuxième place au rang des pays les plus peuplés de la planète au profit du rival indien, un crève-cœur pour les nationalistes chinois.

Frédéric Lemaître : Le gouvernement a mis fin, en 2015, à la politique de l’enfant unique instaurée en 1979. Depuis 2021, il encourage même les familles à avoir trois enfants. Or, à la surprise de la plupart des experts, le taux de fécondité – le nombre moyen d’enfants par femme –, qui était en moyenne de 1,66 durant ces années d’enfant unique, n’a cessé de baisser depuis. Il n’était que de 1,15 en 2021 et, selon Wei Chen, un chercheur de l’université Renmin de Pékin, il ne serait que de 1,08 en 2022. Misant sur un taux de 1,1, l’Académie des sciences de Shanghaï envisage même 587 millions d’habitants en 2100. Depuis 2021, il encourage même les familles à avoir trois enfants. Or, à la surprise de la plupart des experts, le taux de fécondité – le nombre moyen d’enfants par femme –, qui était en moyenne de 1,66 durant ces années d’enfant unique, n’a cessé de baisser depuis. Il n’était que de 1,15 en 2021 et, selon Wei Chen, un chercheur de l’université Renmin de Pékin, il ne serait que de 1,08 en 2022.

Le nombre des plus de 65 ans devrait augmenter dans les quarante prochaines années. Résultat : « Il y a actuellement 100 personnes en âge de travailler pour venir en aide à 20 personnes âgées. En 2100, 100 personnes en âge de travailler devront aider pas moins de 120 personnes âgées »,

Le point de vue des écologistes

roudoudou : Encore un article alarmiste des « natalistes ». On ne peut quand même pas écrire d’un côté des articles sur la pollution de la planète et la perte dramatique de biodiversité et ne pas s’interroger sur une croissance infinie de la population humaine avec toutes les nuisances effrayantes qui l’accompagnent.

Martin-s : En 2100, 120 personnes âgées pour 100 personnes actives… Mais enfin, personne n’entend parler des immenses tensions sur les ressources en énergie et en matériaux qui arrive à grand pas, ainsi que du réchauffement climatique, et donc des modifications radicales des conditions d’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins qui arrivent à grand pas ? Il est évident que, bien avant 2050 les restrictions, les modifications de notre environnement climatique et écologique seront telles que la population va drastiquement baisser…

Antonis Tilou : En matière de démographie, le conformisme idéologique de cet article de Lemaître fait mal. L’auteur ne fait même pas mine de se demander si les Chinois n’ont pas tout simplement raison de ne pas s’inquiéter de ce recul des naissances, ; l’hyper natalisme des années Mao avec la tragique course aux ressources qui en a découlé était bien plus problématique que l’actuel ralentissement. Et on oublie toujours de dire, avant de la condamner sans procès, que la politique de l’enfant unique a permis un bond éducatif sans précédent, au bénéfice du pays tout entier. Un vieillissement bien géré de la population n’est pas une catastrophe, sauf aux yeux ceux qui n’arrivent plus à desserrer le carcan de leur prêt à penser.

Jean-Pierre M : « Avec une croissance écomomique et un pouvoir d’achat en hausse, l’énorme potentiel de la Chine restera inestimable ». Très bien, on va atteindre les +4⁰c à la fin de ce siècle… Faites des gosses…

Tomjedusor : C’est quand même fou de parler démographie chinoise sans parler d’environnement ou de réchauffement climatique. Sous cet angle envisager une diminution de la population mondiale me semble très positif. Si l’Inde et la Chine pouvaient voir leurs populations divisée par deux, le monde ne s’en porterait que mieux. Et surtout leurs populations ne s’en porteraient que mieux.

Sauf qui Peut : L’espérance de vie va très vite diminuer sur terre. Les progrès de la médecine seront vite annihilés par la multiplication des pénuries, des conflits, pandémies et autres joyeusetés climatiques.

Eric.Jean : Un enfant par femme en moyenne à l’échelle de la planète ce serait aussi un effondrement démographique encore plus spectaculaire que l’explosion démographique du 20ème siècle. Et plus difficile à vivre aussi, une période où il y a beaucoup plus d’enterrements que de naissances doit être angoissant. Il faudra pourtant sans doute passer par là pour revenir à une population mondiale soutenable, telle qu’elle était avant la révolution industrielle, entre un milliard tout au plus comme en 1800.

antispécisme : La vision du XXe siècle de la croissance et de la grandeur, très présente chez nos anciens, est complètement obsolète. Je pense qu’il est temps de voir les choses autrement et d’arrêter de se réjouir quand un couple de trentenaires en est à son 3e enfant (ils logeront où ? mangeront quoi ? se déplaceront comment ? travailleront pour quoi ? auront quels « loisirs » ?).

Emma Paris : Il va peut être falloir que les médias et les décideurs acceptent de changer de logiciel. Car la baisse de la population, c’est une bonne nouvelle, partout dans le monde. Et cela passe aussi par le fait d’accepter de vivre moins vieux, donc d’arrêter de souscrire à la doxa médicale du « vivre toujours plus vieux », qui s’est substitué à l’idéal religieux de la vie après la mort.

Sylvotte : Ne vaut il pas mieux une réduction de la population liée à un manque de naissances plutôt qu’une réduction par les guerres et les catastrophes qui arriveront très vite si on est 10 milliards ?

Michel SOURROUILLE : Isabelle Attané en 2013 regrettait que chaque Chinoise ait désormais moins de 1,5 enfant en moyenne, c’est-à-dire bien moins que le nombre théoriquement nécessaire (2,1) pour assurer le renouvellement de la population  : « A l’aube de ce XXIe siècle, de nouvelles contraintes démographiques se dessinent, et tout le monde s’entend sur le fait que la nécessité de contrôler les naissances n’en fait plus partieIl faudrait ralentir un vieillissement démographique qui s’annonce exceptionnellement rapide. »  (LE MONDE éco&entreprises du 26 novembre 2013, Pékin devra adopter une vraie politique nataliste).

Ce point de vue convenu, ouvertement anti-malthusien, venait d’un membre de l’INED, un institut français ouvertement populationniste. Comme si une population de plus de 1,3 milliard de personnes devait nécessairement se stabiliser à ce niveau ! « 2,1 » est un chiffre mythique constamment rabâché par les natalistes.

pierre guillemot : Dans ses vœux pour l’année 1963, le président de la République française (pour les jeunes : il s’appelait Charles) souhaitait la bienvenue aux bébés à naître dans l’année et leur prédisait qu’ils verraient une France de cent millions d’habitants. Ils auront soixante ans cette année, dans une France de 68 millions, dont une bonne partie ne sont ni leurs proches ni leurs descendants. La même année, Mao Zedong répétait encore sa consigne : croissez et multipliez, le nombre des Chinois fait la force de la Chine ; il a été écouté, la Chine a plus de deux fois plus d’habitants qu’en ce temps là. C’est fini pour tout le monde. Une bonne nouvelle ?

Zventibald : Frédéric Lemaître m’étonne puisqu’il n’a même pas envisagé ce que plus de la moitié des contributeurs affirme à bon escient : dans le contexte actuel, si la population d’un pays diminue, tant mieux.

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Délire, la Chine en manque de bébés !!!(2022)

La Chine contre le droit à l’avortement !?(2022)

La Chine, mastodonte en voie de vieillissement (2022)

Le vieillissement de la Chine n’est pas un drame (2016)

vieillir n’est pas une charge insurmontable en Chine (2013)

Pour ou contre une Chine de 3 milliards d’habitants ? (2012)

Le malthusien M. Sourrouille chez les Verts

Un article de « Causeur « du 28 octobre 2014

Daoud Boughezala : Quand vient la fin de l’été, le journaliste en quête d’une ultime échappatoire au bureau voit arriver comme une bénédiction les universités précisément dites « d’été » organisées par toutes les boutiques politiques dignes de ce nom. Je me décide pour  une virée chez les Verts qui organisent leur grand-messe à Bordeaux. Je pourrais y débusquer des décroissants qui m’aideraient à nourrir le dossier sur ce sujet que j’ai vendu au politburo de Causeur – et à préciser mes idées sur le sujet –je suis tenté par certaines propositions des théories de la décroissance. On peut penser qu’une réunion d’EELV n’est pas forcément le meilleur endroit pour rencontrer des gens qui réfléchissent à l’écologie, mais il doit bien s’en trouver quelques-uns.

Mon périple en terre écolo commence dans la petite salle de l’université de Pessac où se tient l’atelier « La démographie, un enjeu pour l’écologie politique ». Ici, on est chez les frondeurs. Ancien ministre de Jospin, Yves Cochet ouvre les hostilités : « Cet atelier a bien failli ne pas se tenir. Tout débat sur la démographie est systématiquement censuré par la direction du parti mais Michel, qui est beaucoup plus opiniâtre et emmerdeur que moi, a finalement obtenu gain de cause ». L’« emmerdeur », c’est Michel Sourrouille, la soixantaine, chauve et barbu en short et t-shirt, directeur d’un essai collectif au titre explicite : Moins nombreux, plus heureux ![1. Editions du sang de La Terre, 2014.] préfacé par Cochet. « Ecolo depuis 1974 et son premier vote pour René Dumont», avec ses faux airs de Philippulus le prophète[2. Personnage des aventures de Tintin (L’étoile mystérieuse) qui annonce la fin du monde, avec son tocsin et sa toge.], Sourrouille déroule un argumentaire mathématiquement imparable : 20% de la population mondiale consomme 86% des ressources de la planète. « Malthusien depuis 1969 et la lecture de La bombe P  de Paul R. Ehrlich », il se réfère constamment à son maître Thomas Malthus, célèbre pasteur anglican qui a prophétisé notre sombre avenir dans l’Essai sur le principe de population (1798), dont la thèse explosive tient en deux courbes. Ancien prof de lycée Sourrouille l’expose simplement: la population mondiale progressant beaucoup plus vite que la production alimentaire, on ne pourra bientôt plus nourrir tout le monde. La conclusion s’impose : « puisqu’on ne peut pas accroître la production agricole, il faut maîtriser la natalité » et organiser le rationnement à l’échelle mondiale, sans quoi « c’est la planète qui nous rationnera et ça se passera très mal ». De son siège dans le public, Yves Cochet fait chorus en rappelant sa proposition de réduire les allocations familiales dès le troisième enfant – cette version verte de la politique chinoise de l’enfant unique avait fait scandale chez les Verts. L’arbitre de la conférence, un sympathique militant en sandales, avait prévenu : « C’est un sujet sensible, certains diraient tabou (…) Attention à ne pas provoquer par vos propos ».

Trêve de plaisanterie. À la tribune, Cyrielle Chatelain, jeune militante spécialiste de la protection sociale, émet quelques réserves: « Notre politique d’allocations familiale est très nataliste, et fondée modèle très sexiste : pendant que l’homme travaille, la femme est censée rester au foyer (…) Mais il est préférable de responsabiliser plutôt que de contraindre. En Chine, la politique de l’enfant unique s’est révélée très efficace mais pose un problème de liberté et de responsabilité. Il y a des enfants cachés sous les lits… » Cochet consterné, soupire et regarde ses baskets blanches… avant d’entamer un vibrant plaidoyer pour le troisième âge qui tranche avec le jeunisme, voire l’infantilisme ambiant: « Une société de vieux serait beaucoup plus heureuse que la nôtre. Les vieux rendent beaucoup de services non monétarisés, garantissent par exemple deux tiers des gardes d’enfants (…) De plus, les sociétés de jeunes sont plus guerrières que les pays de vieux. » La vieillesse, c’est la paix ! – voilà un slogan pour l’époque…

Pour convaincre l’auditoire, Michel Sourrouille brandit les Saintes écritures – le rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972, qui annonçait l’épuisement des gisements fossiles à l’horizon 2030.  Puis il abat sa dernière carte, René Dumont, candidat écologiste à la présidentielle de 1974, qui préconisait « l’abrogation de toutes les mesures qui visent à maximiser le nombre de Français ». L’évocation du grand ancêtre semble faire mouche.

Questions du public. Un spectateur se proclame malthusien côté cour, et père de deux enfants nés de deux femmes différentes côté jardin. Arrive le tour de Joël, biogénéticien entre deux âges,qui synthétise brillamment l’éternel dilemme des Verts, tiraillés entre écologie et progressisme débridé : « Peu d’entre nous ont compris qu’il y avait des limites dans cette planète. Résultat, nous continuons à soutenir les revendications de libertés individuelles comme le droit à l’enfant. » Avouant ma qualité de journaliste, je descends dans l’arène et demande si le soutien officiel des Verts à la PMA pour tous, voire bientôt à la GPA, ne condamne pas à l’avance toute perspective malthusienne.

À deux doigts de dire son fait à ce malappris, je laisse Michel Sourrouille lui répondre : « Le désir d’enfant à tout prix pose des questions écologiques et démographiques mais cela n’a pas été pensé. EELV envisage la question de façon absolument superficielle, comme d’ailleurs l’immigration. Notre commission immigration se contente d’être une annexe des associations de sans-papiers, elle ne réfléchit pas à la question migratoire. Nous souffrons d’un vide conceptuel. Le social et l’économique ont complètement étouffé notre fibre écologiste. » Je comprends pourquoi ceux-là ne sont pas en odeur de sainteté avec une direction qui considère que « l’enfant pour tous » est la prochaine Bastille à conquérir, même si, comme le rappelle Cyrielle, en bonne apparatchik, EELV est officiellement favorable à l’extension tous azimuts de la PMA…

Démographie et immigration, 2 sujets tabous

La réalité de la surpopulation et l’amplification des migrations forcées complexifient les débats. Alors qui va payer les retraites ?

Philippe Bernard : Les opposants au principe même d’une réforme des retraites font mine de croire qu’une France vieillissante et à la natalité en berne peut faire comme si de rien n’était. Le rapport entre actifs et retraités est passé de 2 cotisants pour un retraité en 2004 à 1,7 en 2019 et doit chuter à 1,5 en 2040. La question des flux d’immigration est le second tabou. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin se confie  : « Nous ne donnons peut-être pas assez de titres de séjour aux gens qui travaillent et qu’un certain patronat utilise comme une armée de réserve, pour parler comme Marx. » Après des décennies d’occultation, la dimension économique de l’immigration est réhabilitée. Pourtant, l’idée selon laquelle l’immigration serait une réponse au vieillissement de la France et au financement des retraites est illusoire, ont tranché depuis longtemps les démographes : il faudrait au moins doubler les flux actuels, dont le niveau est déjà un chiffon rouge pour l’extrême droite. A droite, on appelle donc à la « vitalité démographique », sous-entendu à la naissance de nouvelles « têtes blondes », en s’indignant de l’importance de la part de l’immigration dans la hausse de la population française, 44 % en 2017.

Le point de vue des écologistes

Pour résumer cet article du nataliste Philippe Bernard, il faut faire des enfants pour payer nos retraites plus tard car les immigré seraient trop mal reçus par les Français de souche. Donc il veut mettre en place une pyramide de Ponzi démographique : on accroît la population française, ce qui fait qu’il y aura encore plus de retraités, ce qui implique de faire encore plus d’enfants, toujours plus jusqu’à ce que la pyramide s’effondre puisque croître dans un monde fini et à bout de ressources est impossible. Notez aussi que si des jeunes se retrouvent « actifs non occupés » (chômeurs), il ne faudra pas compter sur eux pour payer les pensions, ils seront également à charge ! Notez surtout que le chômage structurel en France depuis Giscard implique que la France et déjà surpeuplée, pas besoin d’immigrés.

On ne peut pas compter non plus sur une amélioration de la production par travailleur pour payer les retraites. Depuis la fin des années 80, la productivité stagne dans tous les pays avancés en dépit de l’informatisation. Il y a un malentendu fondamental lorsque l’on décrit le passage de l’industrie aux services de nos sociétés durant le XXe siècle. La part des services traditionnels – restauration, coiffeurs… – est en effet restée stable au fil des décennies, autour de 20 % de la main-d’œuvre. En revanche, celle liée aux emplois du secteur de l’information au sens large – informatique, finance, assurance, communication… – a explosé. C’est là qu’une bonne partie des bullshit jobs se concentrent. David Graeber a bien décrit comment 30 % des emplois sont totalement inutiles et sans intérêt, et pèsent donc sur cette productivité. Nous sommes en Bureaucratie, « a-t-on jamais dans l’histoire rempli autant de formulaires ? ». Les salariés de plusieurs secteurs sont déjà convaincus d’occuper des emplois absurdes, voire nuisibles pour la société. Des étudiants de grandes école remettent en cause ce pour quoi on veut les formater.

Dans un contexte de crise, il faudra donc s’habituer à la sobriété énergétique, à la sobriété alimentaire… et à la sobriété des pensions de retraite. Ce n’est pas lire dans une boule de cristal de dire que même Macron envisage déjà le pire pour l’avenir et nous balance lui-même en 2023 le mot « sobriété » qui va être cuisiné à toutes les sauces. On ne peut rien contre les réalités biophysiques d’une planète qu’on a pillé jusqu’à l’os ! Il faudra se serrer la ceinture, en espérant une sobriété partagée par tous.

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Bientôt la retraite à 75 ans, normal ! (2023)

Bloquer le pays pour la retraite, c’est non ? (2023)

Grève des retraites ou grève du climat ? (2020)

Retraites : ce qu’en disent les écologistes (a)variés (2013)

moins de retraités et la biosphère respire ! (2010)

Les données officielles

Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié en septembre 2022 montre que les perspectives ne sont pas bonnes,le solde entre recettes et dépenses devrait redevenir négatif dès 2023 et sur un laps de temps plus ou moins long suivant les hypothèses. Si ce taux de croissance était de + 0,7 % (soit la valeur moyenne observée sur 2009-2019) ou même de + 1 %, les comptes seraient constamment dans le rouge.le statu quo n’est pas souhaitable : « Plus les choix difficiles seront reportés, plus l’ajustement nécessaire risque d’être important. »

Olivier Dussopt, ministre du travail : «  Le relèvement de l’âge légal (64 ans en 2030) et l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation (quarante-trois ans dès 2027)  permettent de ramener le système à l’équilibre en 2030… Revenir sur ce point serait renoncer au retour à l’équilibre et donc manquer de responsabilité pour les générations futures. » Prise en compte des carrières longues, amélioration du compte professionnel de prévention (pour la pénibilité), index sur l’emploi des seniors assorti d’une sanction financière en cas de non-publication pour les entreprises de plus de trois cents salariés, suppression des régimes spéciaux… Le ministre du travail et son collègue de la fonction publique, Stanislas Guerini, ont égrené les points fondamentaux du projet de loi.

Selon l’INSEE : En 2017, le solde migratoire s’établit à + 155 000 personnes, après + 65 000 en 2016. Les entrées d’immigrés sont toujours plus nombreuses que les sorties ; leur solde migratoire (+ 198 000) est cependant en léger repli par rapport à 2016. Les sorties de non-immigrés sont à l’inverse plus nombreuses que leurs entrées ; l’écart se réduit toutefois en 2017, sous l’effet d’une nette baisse des départs à l’étranger des non-immigrés. Depuis 2006, le solde migratoire des immigrés augmente (+ 21 %), porté notamment par celui des immigrés mineurs. Celui des non-immigrés provient essentiellement des jeunes de 18 à 29 ans, notamment durant leurs études. En 2019, 385 000 personnes sont entrées en France, dont 273 000 immigrés.

Greffe d’utérus, un bébé de plus. Pourquoi ?

Il devient de plus en plus difficile dans notre société hyper-riche et ultra-technicisée de garder un quelconque lien avec les données de la nature. Nous sommes dans un monde sans références et sans but, on fait parce qu’on est capable de le faire, peu importe les conséquences. Voici un exemple parmi bien d’autres quant à la lutte médicalisée contre la stérilité.

Est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ? (article de 2014)

Nathalie Brafman : Nous sommes en 2002. A l’époque, Déborah Berlioz est une athlète de haut niveau. Elle a 17 ans, fait vingt heures de sport par semaine. Et s’inquiète de ne pas avoir ses règles. Consultations, examens médicaux… Le diagnostic tombe : « Vous n’avez pas vos règles, parce que vous n’avez pas d’utérus ! », lui signifie un gynécologue. Déborah est atteinte du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une malformation congénitale qui la prive de cet organe indispensable pour porter un bébé. « Ça a été la douche froide. J’étais dévastée. C’est comme si j’avais un trou noir dans le ventre. Je pleurais non-stop », se souvient-elle. Sa mère lui a donné son utérus, elle a eu un bébé, elle en aura un second..

Le point de vue des écologistes, inaudible

Laurent1837 : Une piste pour les transgenres ?

Joëlle14 : Quelle belle histoire émouvante ❤️

untel : Consternant. Ces interventions périlleuses et d’utilité relative (avec le nombre d’enfants qui peuvent être adoptés) arrivent quand même à recevoir un accueil favorable dans la presse.

Gambetta : Quelle histoire extraordinaire! Quels courages de part et d’autres et formidable preuve d’Amour, entre une mère et sa fille. Ça fait plaisir à lire. Tout ne va pas donc si mal !

Michel SOURROUILLE : On a greffé l’utérus d’une mère, Brigitte Mikolajczyk, à sa fille, Déborah Berlioz : « Je ne me sentais pas entièrement femme. On m’avait enlevé le choix d’avoir ou pas un enfant. » Déborah devrait lire Simone de Beauvoir pour qui le statut d’une femme n’est pas forcément d’être mère. La stérilité n’est pas une maladie, certaines jeunes femmes sans enfant se font même stériliser pour des raison écologiques, car quel est l’avenir pour les générations futures. Pas drôle. Ensuite le « on » est tendancieux. Il s’agit d’une malformation congénitale donnée par la nature, les humains doivent-ils obligatoirement enfreindre les lois de la nature ? La réponse n’est pas évidente. La société croissanciste se permet de réaliser des prouesses pour donner des enfants à ceux et celles qui ne peuvent pas en avoir, mais elle fait aussi des prouesses dans les armements létaux ! Déborah aurait du travailler le concept de surpopulation avant de s’accaparer l’utérus de sa mère !

MH : Mais qui êtes vous donc pour venir donner des leçons de morale à cette jeune femme ? Et puisque vous parlez de suivre la nature se faire stériliser n’est ce pas aussi contredire cette fameuse nature ? Car après tout les seules véritables lois des êtres vivants sont 1/survivre 2/perpétuer l’espèce

untel @MH : Michel a raison de relever ce « on » incongru. La maladie est génétique. Il lui manque le bon gène pour avoir un utérus et un vagin complet. Alors soit elle accuse ses géniteurs, soit elle accuse la Nature. Mais pas « on ». Elle doit dire « ils » ou « elle ». De surcroît faire des enfants n’est plus une fin en soi pour de nombreuses femmes, ce qui se comprend quand on arrive à 8 milliards d’humains. Ce n’est plus l’époque pour celles qui n’ont pas d’utérus de faire les enfants que de très nombreuses femmes, dotées d’utérus, ne feront pas. Si le désir d’enfant est vraiment prégnant il reste la solution de l’adoption.

Billk @Michel, Vous serez bien content quand la société croissanciste vous permettra de survivre grâce à une greffe d’organe ou grâce à une chimiothérapie hors de prix mais prise en charge , tout cela ne respectant évidemment pas les lois de la nature comme vous dites .

Vb12 : Tant qu’on peut se le permettre on le fera. A mon avis ça ne va pas durer..

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vaincre la stérilité

accepter sa stérilité

 

Contre le « droit individuel à la mobilité »

En 2018, on pouvait parcourir 90 kilomètres avec un véhicule à essence en dépensant l’équivalent d’une heure de travail payée au Smic, soit une distance trois fois plus longue qu’en 1970. Mais, aujourd’hui, avec la hausse du prix des carburants, la distance est passée sous les 80 kilomètres. En 2020, une voiture particulière essence a parcouru en moyenne 9 882 kilomètres, tandis que pour une voiture particulière diesel cette distance était de 11 628 kilomètres. En 2004, c’était respectivement 10 143 km et 17 531 km.

Le moment est venu de nous poser franchement la question : que devient le droit à la mobilité avec un changement climatique qui nous impose la sobriété énergétique ?

Sophie Fay : Jusqu’à présent, les politiques publiques avaient pour but d’encourager, de faciliter les mobilités. Elles doivent maintenant amener progressivement les citoyens à les envisager comme un bien commun, qu’il faut économiser, préserver, plutôt que comme un droit sans limites. La nuance est de taille. Un droit est individuel ; un bien commun donne la priorité à l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Son usage est régulé et tarifé, comme on le fait pour l’eau. Les outils existent. Ils peuvent être réglementaires : ZFE (zones à faible émission qui régulent l’entrée des véhicules dans les métropoles), normes d’émission, limites de vitesse… Ou financiers : taxes sur les carburants, péages, stationnement payant… Une famille qui s’est installée loin de la ville où elle travaille doit être consciente que ses trajets quotidiens ont un impact climatique et vont coûter plus cher. Longtemps, l’Europe s’est construite sur la liberté de mouvement des biens et des personnes avec cette idée que la concurrence – le low cost dans l’aérien notamment – devait faciliter les déplacements. Même pour les Européens, attachés depuis toujours à l’effacement des frontières, la mobilité devient un bien commun, dont il ne faut pas abuser. Le Conseil d’orientation des infrastructures s’apprête à remettre un rapport à la première ministre.

Le point de vue des écologistes

Démobilité, je crie ton nom. La croissance contemporaine des mobilités nous était présenté comme l’incarnation de libertés nouvelles, c’est en fait une puissante menace environnementale. En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Face à ce bougisme pendulaire (on part d’un endroit pour revenir au même endroit), voici le temps venu de l’immobilité. Le problème de la nécessaire rupture écologique, c’est qu’elle demande une complète déconstruction de nos structures matérielles et mentales actuelles. Il nous faut aller moins vite, moins loin et moins souvent. Dur, dur, cela ne va pas être facile de changer d’imaginaire.

On entend déjà les mécontents, « encore une fois des interdictions et des obligations… cette perspective relève du cauchemar… donc les gens qui n’ont pas envie de vivre en ville vont devoir y revenir… Il y a beaucoup de montagne en Ardèche… un monde orwellien… je voterai uniquement désormais en fonction des positions des candidats face aux libertés individuelles…. voilà qui promet des milliers de voix supplémentaires à Mme Le Pen… »

Malheureusement ces personnes opposées à la démobilité ont tout faux pour ce qui concerne le long terme maintenant que nous amorçons la grande descente énergétique qui va sans doute nous pousser sur un toboggan. Nous tremblons par avance de tous ces automobilistes en colère, rejoints par les pêcheurs, les chauffeurs routiers et autres roulants, qui agresseront leurs députés et tout ce qui ne va pas dans leur sens, toujours plus de mobilité. Mais le prix du baril va augmenter, inexorablement, sans qu’aucun populistes ou Gilets jaunes ne puissent décider du contraire : il n’y a rien d’autres à faire que la sobriété partagée quand on a outrepassé les limites bio-physiques…

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6 juin 2022, La Démobilité face à la SUR-mobilité

25 janvier 2021, Transports : 2020, année de la « démobilité »

15 mars 2021, Entrons en résistance, « Dé »construisons

15 novembre 2020, Voici venu le temps de l’immobilité…

30 juillet 2018, Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

4 avril 2015, La mobilité géographique, un mythe contemporain

30 mai 2011, le culte de la mobilité, irrationnel

17 septembre 2009, écolomobilité, non électrique

La génétique, terrain de jeu des racistes

Payton Gendron avait des lectures parfois puisées dans des revues scientifiques…à Buffalo dans un supermarché, il a abattu dix personnes afro-américaines à l’arme automatique. Tout, écrit-il dans son testament, est affaire de gènes : les humains à peau sombre n’auraient pas les bons. Et personne n’y peut rien ! C’est « la science » qui en atteste. Dans Nature Genetics  une analyse génomique publiée en 2018 estime que des traits aussi complexes que l’intelligence et la réussite scolaire sont inscrits pour une part substantielle dans nos gènes. Bien que publié dans une revue majeure, ces travaux n’ont aucune valeur scientifique et ne servent que de matériel de manipulation.

Stéphane Foucart : Mille fois réfuté, l’héréditarisme revient hanter les sciences de la vie. Une idée dont « il ressort invariablement que l’infériorité des groupes opprimés et désavantagés – races, classes ou sexes – est innée, et qu’ils méritent leur statut ». Certains traits tels que la stature et le groupe sanguin sont bien sûr héritables ; de même que certains facteurs génétiques sont indubitablement des causes de maladies « monogéniques ».

Les travaux cherchant des causes génétiques à des traits sociaux complexes comme la réussite scolaire, l’intelligence ou les préférences sexuelles reposent sur des principes tout autres. Il s’agit de rechercher au sein d’une population des différences statistiques sur l’ensemble du génome des individus, en tentant d’identifier les marqueurs plus probablement présents chez certaines personnes. On calcule alors un « score polygénique » pour chaque individu, par comparaison avec la population étudiée (par exemple ceux qui ont fait des études longues). Premier problème, les “scores polygéniques” ne donnent pas d’explication causale, ils n’en sont que des marqueurs. . La démarche peut relier des marqueurs génétiques à toutes sortes de choses, comme le type de café préférés et bien d’autres traits subjectifs et mal définis. Cette « naturalisation » rampante de la hiérarchie sociale – les riches seraient riches parce que génétiquement mieux équipés que les pauvres – ulcère nombre de biologistes. « La génétique montre que toute affirmation d’une supériorité en fonction d’une ascendance génétique ne repose sur aucune preuve scientifique », explique l’American Society of Human Genetics. Mais, lorsque des scientifiques peu scrupuleux proposent des méthodes pour découvrir les causes du cancer ou de l’illettrisme, les financements affluent.  En septembre 2021, dans un billet en forme de contrition, le rédacteur en chef de Science reconnaissait qu’au début du siècle passé la célèbre revue avait « joué un rôle honteux et notable dans l’acceptation scientifique de l’eugénisme aux Etats-Unis et dans le monde ».

Le point de vue des écologistes

Une donnée manque dans l’article, la spécificité de notre structure cérébrale par rapport au reste de notre corps. Les neurones se multiplient, mais ils n’ont pas un rôle prédéterminé, ils doivent attendre que les connexions entre neurones se fassent au fur et à mesure des influences du milieu social environnant, et ce même avant l’accouchement. Un milieu musical va forcément induire des dispositions à la musique, un milieu bilingue va faciliter le bilinguisme des enfants, etc.. Nous ne sommes pas dans notre comportement un être de nature, mais un humain conditionné par la société, soumis à des codes culturels. Les différences ente nous ne dépendent même pas du nombre de neurones, il est à peu près le même pour chacun d’entre nous, à peu près 86 milliards. Elle dépend de la quantité de connexions que les neurones établissent entre eux, environ 1000 à 10 000 pour chacun d’entre eux. Au total, le cerveau a une capacité de stockage d’environ un million de milliards de gigaoctets, un nombre gigantesque quand on sait qu’un ordinateur de maison dispose de 1000 gigaoctets. c’est le cerveau qui nous relie à tous nos sens. C’est la stimulation (ou non) de tous nos sens par le milieu socio-familial qui fera notre intelligence (ou notre bêtise). La socialisation primaire faite par la famille puis secondaire grâce aux contextes socioculturels traversés construit notre intelligence ; un bébé pygmée ou un futur suprémaciste blanc ont le même potentiel cérébral à la naissance. Expliquez-moi le milieu trumpiste dans lequel Payton Gendron a certainement été élevé, et je vous dirais pourquoi il s’est lancé dans une tuerie, mais il aurait pu aussi bien envahir le Capitole…

Lire, Le comportement résulte d’une socialisation, pas de l’ADN

L’écologie s’intéresse aux différentes relations que l’espèce humaine entretient avec son milieu de vie. Or nous sommes des animaux qui avons trouvé la bonne/mauvaise idée d’avoir un mot à la place des choses. C’est en codant à l’intérieur de notre cerveau les représentations des autres en action, en reprenant la réalité comme dans un miroir installé dans nos neurones, que nous nous comprenons mutuellement ou que nous nous faisons la guerre… Mais il est très difficile de faire comprendre cela a des esprits intoxiqués par leurs préjugé.

Laurent Alexandre consacre son existence à la glorification de l’ADN (il est président de DNAVision). il avait carte blanche au MONDE, se permettait d’y écrire : « Toutes les études relativisent le rôle de l’école. La réussite et les capacités intellectuelles sont fortement dépendantes du patrimoine génétique. Partager un environnement commun (famille et éducation) n’explique qu’environ un tiers des différences cognitives. Autrement dit, l’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique, qui compte pour près des deux tiers dans nos différences intellectuelles. »

Bien entendu il ne présentait aucune preuve de cette affirmation gratuite ! Le médiateur du MONDE Franck Nouchi donnait en 2016 un carton rouge à Laurent Alexandre : « Laurent Alexandre réitère, sans l’étayer, l’affirmation selon laquelle « notre quotient intellectuel, in fine, n’est déterminé par notre ADN qu’à hauteur d’un peu moins des deux tiers ; le tiers restant étant lié à l’école, la stimulation familiale, l’environnement et l’alimentation» ». (LE MONDE du 6 février 2016, carte blanche et carton jaune). Lorsqu’un expert prétend exprimer une quantification génétique de l’intelligence au nom de l’état des savoirs, il s’agit à nos yeux d’un manquement caractérisé à l’éthique scientifique. (tribune signée par 20 scientifiques dans LE MONDE science du 25 avril 2018)

Lire, Fake news en génétique avec Laurent Alexandre ?

413 milliards pour préparer la guerre

Nous les Humains, nous sommes en « état de guerre permanente ». Des archéologues ont découvert au Kenya les dépouilles des victimes d’un féroce combat, qui s’est déroulé il y a 10 000 ans. Ils étaient un peu moins d’une trentaine, des hommes, des femmes, dont l’une enceinte, et quelques enfants. Morts au combat, ou simplement massacrés. Dans deux anciens cimetières d’environ 9 000 ans en Roumanie, environ un tiers des défunts avaient été atteints par des flèches et autres projectiles. Dans une vallée allemande il y a environ 3200 ans, des ossements et des armes marquent le lieu d’un champ de bataille en Europe pendant la troisième période de l’âge du bronze. Au XXe siècle les massacres localisés ont fait place à deux guerres mondiales. Au XXIe siècle l’Europe connaît encore une guerre fratricide entre Russie et Ukraine. Emmanuel Macron prépare déjà la prochaine guerre.

Emmanuel Macron le 20 janvier 2023 : « Nous devons avoir une guerre d’avance, tirer les conséquences de ce que notre époque porte en germe …La modernisation des têtes nucléaires), des vecteurs (missiles) et des porteurs (Rafale et sous-marins nucléaires lanceurs d’engins est amorcée depuis le début des années 2000 pour être effective à l’horizon 2030-2040…Nous augmenterons nos capacités dans toutes les couches de la défense aérienne d’au moins 50 %,... »

Que du classique, dès 1960 plus de la moitié des crédits militaires étaient dédiés à la dissuasion nucléaire.

Nous les Terriens, nous devons penser autrement que Macron. Le meilleur compromis entre l’armée et le principe essentiel de sobriété ne se situe pas dans l’augmentation des dépenses militaires, mais dans le principe « si tu veux la paix, prépare la paix ». Nous pouvons constitutionnaliser un renoncement à la guerre comme l’a fait le Japon au sortir de la Seconde Guerre mondiale (article 9 de la Constitution adoptée en novembre 1946).

Nous pouvons aussi mettre les forces militaires de la France au service de l’ONU. Les Casques bleus de l’ONU, c’est un budget limité. Le chef des opérations de maintien de la paix avait invité les pays du Nord lors de l’assemblée générale de septembre 2015 à augmenter leur contribution en troupes, en vain. Pourtant les missions de l’ONU deviennent encore plus complexes. De maintien de la paix (peacekeeping), on s’oriente vers une forme d’engagement « multidimensionnel » pour la construction de la paix (peacebuilding) : désarmer les combattants, reconstruire les institutions, promouvoir les réformes, réconcilier les peuples.

Un président d’envergure internationale mettrait les forces armées françaises à disposition de l’ONU. La France ne chercherait plus à préserver une défense armée nationale, elle serait directement partie prenante d’une instance internationale ayant pour objectif premier le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.

Notre pays pourrait ainsi assurer d’une façon indirecte sa propre sécurité : pourquoi attaquer un pays qui se veut le garant de la paix universelle ?

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Guerre à la planète, et le seul ennemi c’est nous-même

état de guerre, la planète ne négocie pas

écologie de guerre, guerre à l’écologie

Le coût écologique exorbitant des guerres

La guerre comme infanticide différé

Pauvreté, guerre et surpopulation sont liées

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Mort avant ses 5 ans, des souffrances en moins

En France, certains militent pour la diminution de la population humaine. « La surpopulation, c’est l’ennemi numéro un de l’écologie, insiste Jean-Loup Bertaux, planétologue et auteur d’une tribune dans LE MONDE. Et c’est justement parce qu’il y a une grande inertie démographique qu’il faut agir dès maintenant. » Cela devrait passer en France par une inversion de la politique nataliste, notamment en plafonnant les allocations familiales à deux enfants. 

Montrons l’exemple d’une baisse de natalité assumée en France et nous pourrons décemment demander la même chose aux pays surpeuplés tout en aidant au planning familial dans tous les pays. D’ailleurs cela coûtera beaucoup moins cher que d’aider à un improbable développement sur une planète déjà largement surexploitée. Il faudrait penser à tout cela en écrivant un article sur le mortalité infantile

Delphine Roucaute : En 2021, cinq millions d’enfants sont morts avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans, selon des estimations publiées, mardi 10 janvier, dans deux rapports des Nations unies (ONU). En cause ? Le manque d’accès à des soins de santé de qualité, aux vaccins, à une alimentation adéquate et à de l’eau potable. si les tendances actuelles se prolongent dans les années à venir, quarante-deux pays ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité néonatale (c’est-à-dire dans le premier mois) au taux de 12 morts pour 1 000 naissances vivantes. Au niveau mondial, le taux de mortalité des moins de 5 ans est de 38 décès pour 1 000 naissances vivantes. Sur la base de ces tendances, environ quarante millions d’enfants de moins de 5 ans mourront avant 2030. Près de dix millions de morts pourraient être évitées si les pays en retard accélèrent leurs progrès. « Nous avons besoin de volonté politique et de leadership pour un financement durable des soins de santé primaires, qui est l’un des meilleurs investissements que les pays et les partenaires de développement puissent faire », ajoute Juan Pablo Uribe, directeur mondial santé, nutrition et population à la Banque mondiale.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Fchloe : Faire un enfant, n’importe quel animal sait faire ça. C’est instinctif. Faire qu’il puisse grandir et manger à sa faim et recevoir ce qu’il faut, c’est une autre affaire. « Dans les années à venir, quarante-deux pays ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité néonatale d’ici à 2030. C’est quoi cet objectif sérieusement. Quel est le but final. Croître et multiplier ? Très dans l’air du temps, trop.

Marie-C. : Ces pauvres enfants, qui ont dû souffrir pendant leurs premiers mois ou années, n’auraient jamais dû naître.. Il y a 30 ans, on croyait que l’éducation, l’accès aux services médicaux, permettraient aux mères de ne concevoir que si elles pouvaient les élever…L’Afrique ne manque pourtant pas de plantes abortives et même les peuples dits primitifs savaient limiter leur surpopulation. L’Occident envoie des vêtements, des médicaments et de la nourriture. Les dirigeants s’accaparent ces biens, n’en distribuent qu’une infime partie et comptent sur les ONG, toujours bonnes poires, pour continuer à alimenter leurs comptes en banques.. Ces enfants, ne les plaignons pas sinon pour ce qu’ils ont dû souffrir pendant leur courte vie…Les années qui les auraient attendus auraient pu été pires…

Ana : « beaucoup trop de parents sont confrontés au traumatisme de perdre leur enfant. » Ayant vécu dans plusieurs de ces pays, au sein de ces populations, il n’y a pas de traumatisme à ce sujet, c’est juste la vie normale, il suffit d’en faire un autre qui aura plus de chance. Oui, je sais, c’est cynique de dire cela pour un occidental mais c’est comme ça que ça se passe.

jan aimar : la pilule le stérilet le préservatif,voila les solutions pour l’Afrique…Culpabiliser, cela suffit, nous ne sommes pas responsable de leurs choix délirants en matière de dermographie...

Guy Sajer : Ces morts auraient pu être évités en premier lieu par leurs parents, en ne les concevant pas.

Humphrey9 : Sinon, c’est toujours un grand mystère la mort d’un enfant. Un futur scientifique de génie perdu pour l’humanité ou alors un djihadiste qui ne commettra pas de massacres ?

La Démographie Responsable en actes

L’action de l’association DR en ce début d’année 2023… avec nos vœux de sobriété démographique.

  • Didier Barthès, porte-parole de notre association, a participé à un débat « Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? » avec Emmanuel Pont, sur FR3 Ile de France le 14 décembre dernier. Ce débat a été diffusé le 4 janvier. Vous trouverez le lien vers cette émission ici.

Par ailleurs comme tous les ans, D. Barthès a publié sur son blog, un article faisant le point sur la démographie mondiale au 1er janvier 2023.

Le compte-rendu écrit

L’intervention de Michel Sourrouille

La vidéo de l’ensemble de la table ronde :

« Sobriété : et si on parlait démographie ? »

Nous vous signalons aussi :

  • le podcast de l’émission LSD, sur France Culture, diffusé en décembre « Non merci, pas d’enfant ! ». Alice Rallier, notre responsable Hauts-de-France, y est interviewée dans le premier épisode.
  • le passage d’Antoine Buéno, adhérent DR et auteur de « Permis de procréer », à MarianneTV. Il est interrogé par Natacha Polony au sujet de son dernier livre « L’effondrement (du monde) n’aura (probablement) pas lieu »
  • A l’occasion du passage aux 8 milliards, notre responsable Occitanie Martin Rott, a représenté Démographie Responsable lors d’une conférence de l’eurASP à Bruxelles le 12 novembre. En voici le compte-rendu.
  • Enfin, nous vous annonçons la projection-débat « 8 milliards d’humains, émoi, émoi, émoi ! » qui aura lieu le 10 mars 2023 à Chamalières (63) et qui sera animée par notre adhérent Jean-Michel Favrot. En PJ, la présentation de cette conférence.