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Comment avorter, chirurgie ou chimie ?

Ce mercredi 28 septembre a eu lieu la journée internationale du droit à l’avortement. Bien qu’elle revendique le titre de « journée mondiale », précisons d’emblée qu’il s’agit d‘une journée purement nationale, voulue expressément par le gouvernement français. Les députés se pencheront, fin novembre, sur la proposition de loi de la majorité visant à inscrire ce droit dans la Constitution. Aux États-Unis, où la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe vs Wade – qui garantissait le droit à l’avortement au niveau fédéral – , le droit à l’IVG est menacé. Ce n’est qu’un début, continuons le combat… pour le libre choix.

Margo Magny : Un autre enjeu fait aussi débat : la préservation du choix de la méthode d’avortement. Les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) préconisent la pratique de l’IVG médicamenteuse jusqu’à neuf semaines d’aménorrhée. Après ce délai, la HAS recommande fortement aux praticiens d’avoir recours à une IVG instrumentale, jusqu’à seize semaines d’aménorrhée.

Une IVG médicamenteuse débute avec la prise d’un premier médicament qui permet d’arrêter la grossesse : le mifépristone. Une seconde prise de médicament, le misoprostol, s’effectue trente-six heures à quarante-huit heures après la prise du premier. Il favorise les contractions et provoque l’expulsion de l’œuf. L’IVG instrumentale, technique chirurgicale qui nécessite une anesthésie et une brève hospitalisation, est, elle, pratiquée jusqu’à présent uniquement par les médecins – une expérimentation doit démarrer pour ouvrir cette pratique aux sages-femmes. Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 76 % du total des IVG pratiquées en 2021 étaient médicamenteuses. Ce chiffre s’élevait à 31 % seulement en 2001. Lors d’une IVG médicamenteuse, il faut impérativement que les femmes soient prévenues de ce qu’elles vont vivre, du produit de l’expulsion. Certaines femmes ont été traumatisées. elles ne s’attendaient pas à des saignements aussi abondants.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Tout est relatif, la loi dans un pays démocratique évolue avec l’opinion et le droit juridiquement appliqué n’est qu’un compromis entre des principes qui peuvent être en opposition totale. Mais selon le principe de respect de la liberté individuelle quand elle ne remet pas en question le bien commun, il paraît aberrant d’empêcher une personne d’arbitrer entre son impossibilité d’élever un enfant dans de bonnes conditions et son désir d’être mère. Les pro-choix n’empêchent pas les pro-life de faire des enfants, les intégristes n’autorisent pas la réciproque. Cette attitude réactionnaire est anti-démocratique, on doit respecter les différences. Il est vrai que le droit à l’avortement repose sur des bases complexes. Ce n’est pas seulement le droit des femmes à disposer de leurs corps, c’est surtout le droit de l’enfant à s’insérer de façon harmonieuse dans une vie familiale et sociale, donc dans le long terme.

Or on va franchir ce 15 nombre 2022 le nombre de 8 milliards d’êtres humains sur une planète que notre société thermo-industrielle a complètement dévasté. Dans ce contexte mortifère, tout ce qui permet de réduire volontairement notre poids démographique ne peut qu’être positif. Soutenez l’association « Démographie Responsable », la seule en France à penser tout à la fois, en voulant qu’on réduise notre fécondité, à l’avenir de nos générations futures et à la sauvegarde de la biodiversité.

Lire, Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

Les écolos entre sexisme et misandrie

Après sa démission, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou prend Marie Dosé pour avocate. Celle-ci s’en prend vertement à Sandrine Rousseau, autoproclamée écoféministe.

Marie Dosé : « A la suite d’une séparation entre Julien Bayou et sa compagne intervenue en novembre 2021, il y eut plusieurs épisodes de tension, de pression et de chantage… Mais il y avait absence de plainte et de procédures juridiques …Julien Bayou est présumé coupable d’accusations rendues publiques par Sandrine Rousseau dont il ne sait rien…  Puisque la cellule [d’écoute d’EELV] est incapable de travailler en respectant le moindre principe fondamental de la justice, elle rendra une décision forcément politique… La volonté de nuire de son ex-compagne est susceptible de tout emporter sur son passage…  C’est, depuis deux semaines, une atteinte à la vie privée,  une instrumentalisation par Sandrine Rousseau de la libération de la parole des femmes à des fins politiques,… Personne n’ignore que se tient le congrès du parti en décembre, mais l’ambition politicienne ne saurait justifier toutes les croisades… » 

Lire, Batho l’écologiste / Rousseau la féministe

Les médias utilisent Sandrine Rousseau et ses velléités « intersectionnelle » pour faire le buzz comme précédemment les médias ont utilisé dans un autre registre Eric Zemmour dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’était qu’une baudruche. Marine Tondelier, qui fait figure de favorite au remplacement de Julien Bayou, refuse de jeter de l’huile sur le feu. Elle déplore « le spectacle que donne la gauche alors qu’en Italie, l’extrême droite arrive au pouvoir. Les militants en ont ras-le-bol. »

Le point de vue des écologistes face à cette histoire navrante

Novembre : On aimerait que les débats au sein d’EELV portent plutôt sur les questions d’environnement, d’énergie, de changement global… écoféminisme de Sandrine Rousseau a pris toute la place…Qui va enfin parler d’écologie ?

Butchu : Chaque pays a ses faiblesses. Les ultraconservateurs américains ont réussi à bloquer sur des motifs religieux la politique interne en éliminant ainsi les modérés. Certains importent la même stratégie en France, en utilisant un sujet grave, les violences faites aux femmes, pour réduire au silence ceux qui pourraient faire de l’ombre. Un homme ne peut pas se défendre publiquement sur un tel sujet. C’est une stratégie nauséabonde, mais redoutablement efficace. L’écologie et la réflexion sur l’approvisionnement énergétique, qui devraient être au centre des discussions, ont été complètement abandonnées.

Ulysse : Les séparations non conflictuelles sont sûrement rares. Dans le détail on ne sait toujours pas de quelle violence psychologique il s’agit. On a affaire à un vrai fascisme féministe. Condamnation sans jugement, sans aucune référence légale. Il est quand même à noter que ce sont les femmes qui ont réclamé et obtenu la création du divorce. Veulent elles revenir en arrière ? La séparation ne pourrait-elle se faire qu’a l’initiative des femmes ? Il est aussi à noter que la victime présumée n’a pas donné sa version officiellement. Et tout le monde sait de source sûre que les femmes sont incapables de se venger.

Scarlette : La misandrie est devenue une mode. Entre le vrai et le faux, les femmes, certaines du moins, risquent de se discréditer lourdement.

Lili : Ces féministes radicales font plus de mal aux femmes que les hommes violents. Il y a pourtant un vrai travail de fond à faire, avec les hommes et pas contre les hommes,. Les violences sexistes et l’égalité hommes femmes devraient être au programme de tous les partis politiques. Ces féministes, par leur comportement violent, créent un rejet de la cause des femmes et de l’écologie, dont elles se sont accaparé le parti. C’est regrettable et même écœurant.

Autrèche : On attend toujours une définition précise et illustrée de ce qu’on appelle « violence psychologique ». Exemple : Sandrine Rousseau, en dévoilant publiquement des éléments recueillis dans la sphère privée de son principal concurrent politique n’use-t-elle pas à son égard de « violence psychologique » ? Sont-ce « des éléments de nature à détruire le moral » d’un homme ?

Gio53 : Marre de ce déballage permanent, auquel on semble ne pas pouvoir échapper. J’en ai assez d’être convoquée tous les jours dans les chambres à coucher et les cuisines de couples qui se déchirent et dont je ne souhaite pas connaître la vie et les relations. Ou bien il s’agit d’actes pénalement répréhensibles et dans ce cas la justice doit faire son travail de A (dépôt de plainte) à Z (procès, sanctions), ou bien, comme dans le cas de Bayou, c’est une affaire strictement privée et visiblement compliquée et ce ne sont pas mes affaires.

Lire,, Le sexe, arme de guerre contre l’écologisme

Militantisme écolo, ce n’est qu’un début…

Les catastrophes climatiques de l’été relancent-elles l’envie de s’engager pour l’environnement ?

Il y a les faits et ce qu’en font les gens. Toute lecture passe par différents filtres, ceux qui sont dans la tête du journaliste qui fait l’article en triant les informations tout en écrivant en fonction de la ligne éditoriale de son employeur… et puis le filtre final du lecteur qui oriente sa perception selon ses préjugés et émet en conséquence un commentaire orienté. Voici pour illustration un exemple tiré d’un article du MONDE et les commentaires d’abonnés au MONDE.

Rémi Barroux : Dans le cadre des mobilisations internationales de Fridays for Future, le mouvement lancé par la Suédoise Greta Thunberg en 2018, des dizaines de manifestations ont été annoncées dans le monde entier. Vendredi 23 septembre, c’est devant l’Académie du climat, que des Jeunes avaient donné rendez-vous. Les manifestants n’étaient que quelques centaines, loin des dizaines de milliers de jeunes descendus dans la rue à plusieurs reprises en 2019. Les jeunes ont une conscience aiguë de la catastrophe en cours, l’action devient un antidote à l’anxiété et le collectif un levier : faire partie d’un tout est très mobilisateur. « On est passé d’une campagne électorale où les questions environnementales et climatiques n’étaient pas abordées aux catastrophes de l’été », analyse Camille. « Quand le rapport du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] parlait à notre tête, l’été a parlé à nos corps », explique Charline.

Des commentateurs écoloscetiques en grand nombre parmi les lecteurs du MONDE

MD : De l’aveu du Monde qui rendait compte de cette manifestation, il n’y avait quasiment personne. Monsieur Barroux aurait donc été mieux inspiré de titrer son articles « malgré le terrible été qui a ravagé la France , de nombreux jeunes ont quitté le mouvement écologique ».

Pourquoipasmoi : Le moindre match de foot ou de rugby de 3ème catégorie entre deux villages le dimanche rassemble plus de monde que ce rassemblement de bobos urbains, malgré le battage médiatique dont ce dernier a pourtant bénéficié, mais on essaie de nous faire croire à un mouvement de masse. Et c’était pareil ailleurs dans le monde. Le mouvement du produit marketing Greta Thunberg, icône désormais passé de mode, n’était que du vent, un peu comme mes éoliennes que ce courant soutient…

untel : Il faudra lire un autre article pour comprendre la démobilisation massive des jeunes. Cet article est le suivant : « Climat : les marches de la jeunesse ont beaucoup moins mobilisé qu’en 2019 ». A l’image de Greta, la lutte pour le climat a duré ce que durent les roses. La marche du siècle a duré 2 ou 3 ans… comme prévu.

Peps72 : Rassurez-vous les jeunes, en ce moment la Chine et l’Inde (1/4 de l’humanité) produisent plus de 50% de leur électricité grâce à 1 200 000 MW de centrales à charbon (600 fois plus que la France) qui chaque jour crachent des milliers de tonnes de CO2, et ils continuent d’en construire parce qu’ils ont besoin d’électricité pour leur développement . Donc ça sert à rien de faire des « sacrifices » en jouant les rabat-joie.

le sceptique : L’anxiété des écologistes vient notamment de leur idéologie d’impuissance. Normalement, quand vous avez peur d’une crue, vous construisez une digue. Déjà, cela vous occupe, ensuite cela vous rassure. Mais l’écolo dit : « non, non, ce n’est pas bien de faire cela, notre problème est que nous agissons trop ». Du coup, vous n’avez pas grand chose d’autre à faire que ronger votre frein en partageant votre anxiété avec ceux qui sont comme vous. Au final, les plus intellectuels ont de bonnes chances d’être emportés par une crue.

PMF : Hier a France Inter, la rédaction n’a rien trouvé de mieux que de laisser le micro à Pablo Servigne, « collapsologue »(?), devant des collégiens de Laval. Faut pas s’étonner ensuite de la méconnaissance des problématiques du moment par la jeunesse si on offre des espaces d’expression à de tels charlatans élevés au rang d’expert.

Untel : Cette année a vu des événements importants dans l’affaire du climat. 1) Il a fait chaud cet été en France… Nous avons survécu. 2) Les énergies fossiles ont été relancées par la guerre en Ukraine : réouvertures de mines de charbon, rencontre Biden-MBS visant à augmenter la production de pétrole, décision de la cour suprême des USA d’autoriser les Etats qui le veulent à maintenir l’exploitation de leurs mines de charbon. 3) Onze millions de Chinois sont nés cette année annulant tous les efforts de sobriété que les écolos font dans le monde occidental.

Le point de vue des écologistes

Les commentaires écolosceptiques ci-dessus ne font pas la différence entre des manifestations qui rassemblent peu de monde en septembre 2022 et ce qui va se passer par la suite. Certes il y aura bientôt des manifestations de masse qui vont avoir lieu contre la dégradation du niveau de vie et le prix de l’essence, ce qui ira à l’encontre de la nécessaire sobriété généralisée. Mais il ne faut pas confondre court terme, moyen terme et long terme. Les jeunes qui manifestent aujourd’hui ne sont que les prémices de ce qui va se passer : la prise de conscience brutale que sans les ressources fiables de la planète, notre civilisation thermo-industrielle disparaîtra avec tous les dégâts socio-économiques que cela implique. L’Écologisme n’en est qu’à ses débuts et devrait entraîner un mouvement d’envergure. Cela ne prendra pas deux mois ou cinq ans, le contexte actuel croissanciste est trop inscrit dans les institutions et la culture commune pour qu’il y ait modification rapide. L’abandon de la société de consommation et du spectacle sera une tâche de très longue haleine.

Mais l’histoire humaine nous a montré que les religions du livre étaient au départ le fait de quelques marginaux seulement qui ont rencontré le sens de l’histoire, qui de secte sont devenues des appareils d’encadrement pour formater l’état d’esprit de multitudes… L’Écologisme de base scientifique sera une meilleure approches des réalités biophysiques que des religions abstraites qui ont vraiment raconté n’importe quoi sur l’origine de notre espèce, sur notre rendez-vous avec la mort et sur le sexe des anges.

Lire, Militantisme, se construire autrement

8 milliards, des décroissants non malthusiens

Voici la question posée par biosphere au « Parti de la décroissance » : «  Nous voudrions connaître la position de votre mouvement sur le passage prochain aux 8 milliards d’êtres humains. Comment se situer par rapport à l’expression « décroissance démographique » ? »

Nous avons reçu deux réponses qui ne sont que personnelles et non programmatiques, représentatives de ce parti. Notons aussi que le nombre « 8 milliards » est soigneusement occulté dans les réponses, on n’en parle pas. De toute façon l’expérience montre que le fait de ne pas vouloir parler de démographie est une attitude de principe chez la majeure partie de la gauche décroissanciste. Des revues comme le périodique L’Écologiste ou le mensuel La Décroissance ne parlent jamais du poids du nombre : sujet tabou, depuis toujours et jusqu’à la fin des temps.

Stéphane : il me parait évident, que dans l’état, la question démographique doit rester un débat interne au mouvement de la décroissance au même titre que la stratégie politique, l’organisation du mouvement, etc …

Biosphere : Stéphane, soit atteindre 8 milliards de Terriens n’est pas inquiétant, mais alors il faut démontrer publiquement que ce n’est pas un vrai problème, soit il faut agir politiquement face à la surpopulation et cela est de la compétence explicite d’un parti politique.

Vincent : Si la question était centrale d’un point de vue politique dans les années 60-70-80, elle ne l’est plus. En effet, du fait de l’inertie, le problème est dorénavant le vieillissement et la réduction naturelle des populations, sans pétrole mais avec toujours plus de travaux manuels.

Biosphere : En 1972 quand le livre sur les limites de la croissance est parue, il y avait déjà 4 milliards d’humains. Aujourd’hui 8 milliards, environ 1 milliard de plus tous les 12 ans en moyenne. Nous allons à l’effondrement si nous n’inversons pas la courbe de nos exponentielles, entre autres démographique, disait ce rapport de 1972. Le pronostic reste toujours valide en 2022 d’autant plus que les signes de catastrophes se multiplient. Quant au vieillissement, faire toujours plus d’enfants est une pyramide de Ponzi démographique, les jeunes aujourd’hui seront les vieux de demain, le problème reste entier. D’autant plus que « la vie sans pétrole » et le passage généralisé aux « travaux manuels », perspective d’avenir selon les décroissants, va complètement assécher les possibilités de financement des retraites.

Vincent : L’année dernière j’écrivais : « Une augmentation infinie de la population sur Terre est aussi absurde qu’une hausse de la consommation énergétique infinie. Le projet de décroissance répond à la question centrale de la démographie en mettant en avant l’objectif d’une justice sociale planétaire. C’est une affaire de partage, en particulier de nourriture et d’accès à l’eau, ce qui implique la remise en question de nos modes de production et de consommation.

Biosphere : C’est beau les idéaux, partageons la nourriture en donnant du pain à ceux qui n’en ont pas. Mais l’aide alimentaire sans donner les moyens de maîtriser la fécondité ne peut qu’accroître le nombre des affamés. Chaque territoire, chaque biorégion se doit d’assurer sa souveraineté et sa sécurité alimentaire dans un monde où la nourriture et l’eau se raréfient. En effet, le partage de biens qui n’existent qu’en quantité limitée devient impossible. Il faudra dans un avenir proche de plus en plus compter sur ses propres forces et pas sur l’extérieur. Cette nécessité d’en finir avec la dépendance est aussi valable pour des pays en voie d’appauvrissement que pour des villes tentaculaires. Ajoutons que la question alimentaire se double d’un problème de surconsommation. La décroissance doit relier la question démographique ET la question économique, les deux phénomènes sont interdépendants. Par exemple on ne peut dissocier le nombre d’automobiles du nombre d’automobilistes.

Stéphane : ll me parait évidement que la question du « partage » finisse par apparenter à une lutte des classes/peuples/ethnies/nations beaucoup plus violente que celle qui n’était pas encore contrainte par les limites biologiques. Au point que la démographie finira pas se réguler naturellement. En fait, la question de la « décroissance démographique » est incluse dans la question du partage !

Biosphere : Si nous avons bien compris votre phrase, l’impossibilité du partage va entraîner des conflits violents. Vous rejoignez ainsi l’analyse de Malthus qui écrivait dès 1803 que si on ne fait pas l’effort de maîtriser notre fécondité, il y aurait famines, épidémies et guerres. La réalité géopolitique actuelle nous offre des exemples concrets de ces trois catégories… Soulignons enfin que « attendre une régulation naturelle » n’est pas une option très politique !

Vincent : L’histoire enseigne que les populations atteignant des conditions de vie décentes et un accès large à l’éducation réduisent par choix leur nombre d’enfants. Près d’une centaine de pays, sur pratiquement tous les continents, ont déjà une fécondité inférieure au remplacement des générations.

Biosphere : il s’agit là du schéma de la transition démographique qui passe, soulignons-le, par une phase d’explosion démographique avant que les couples ne se rendent compte avec le développement socio-économique qu’il vaut mieux faire moins d’enfants. Encore faut-il que le développement soit possible, or beaucoup de pays sont en voie de sous-développement et les pays riches vont être confrontés à la raréfaction des ressources. Le pétrole contribue à notre alimentation comme il permet l’efficacité de notre système de santé, de redistribution, de production, etc. Sans ressources fossiles, ce sera la grande crise finale sur l’ensemble de la planète. Au niveau global, la population mondiale continue de croître au taux de 1 % (doublement tous les 70 ans), nous avons augmenté de 1 milliard ces onze dernières années et nous avons en 2021 ajouté 88 millions de personnes sur une terre dévastée par l’activité humaine. Ce n’est pas rien.

Vincent : Le défi du vieillissement des populations nécessite par ailleurs que l’on consacre davantage de ressources et de temps à la santé, au soin, ainsi qu’aux services et à la production d’une alimentation de qualité, moins carnée, relocalisée et régénératrice de biodiversité.

Biosphere : Vincent, vous n’osez pas aborder le fait que tous les politiciens, face au vieillissement, agissent pour une augmentation de leur population, ainsi la Chine de nos jours qui fait l’inverse de ce qu’elle avait fait historiquement. Votre « Parti de la décroissance » est-il donc favorable à ces politiques natalistes ? Ne tournez pas autour du pot.

Vincent : Si l’inertie des phénomènes démographiques pourrait nous conduire à être plus de dix milliards de Terriens dans quelques décennies, le problème de la maîtrise de la population ne reste aigu que dans une partie de l’Afrique subsaharienne.

Biosphere : Comme l’écrivait René Dumont dans son programme de présidentiable en 1974, « Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à new York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. » Soyez clair, Vincent, êtes-vous en accord avec ce point de vue à la fois écologique et malthusien ou non ? La France nataliste doit-elle agir autrement ? Rappelons pour l’anecdote que jusqu’en 1991 la propagande antinataliste était interdire par la loi en France !

Stéphane : Si tous les décroissants arrivaient à se tenir la main pour « convaincre » la population qu’il est nécessaire de produire moins, de consommer mieux et de partager plus, pour que le futur puisse être soutenable et désirable. Rien que ça, c’est un chantier immense. Ce changements implique tellement de bouleversements difficiles à accepter et à mettre en place en si peu de temps, que ça mérite que nous nous concentrions uniquement là-dessus.

Biosphere : il est vrai que lutter à la fois contre la sur-croissance de la société thermo-industrielle et contre la surpopulation est une tâche ingrate et difficile. Mais comme ces deux objectifs sont intrinsèquement liés, combattre d’un côté veut dire combattre de l’autre côté par la même occasion. Vouloir maîtriser la décroissance économique et la décroissance démographique participent du même combat. Ne pas faire l’un, c’est faire le jeu des croissancistes ou des natalistes, c’est laisser libre jeu à nos adversaires. Un parti, contrairement à une association à objectif limité, se doit d’avoir un programme d’ensemble.

Stéphane : Les adeptes de la Décroissance démographique peinent à proposer des solutions désirables, éthiques et concrètes.

Biosphere : Stéphane, comme si le combat pour la contraception, l’avortement, la libération des femmes, la formation des jeunes aux périls économiques et démographiques était une tâche « non désirable »  et immorale. Comme si l’aide au planning familial au niveau mondial n’était pas une solution concrète. Comme si la fin de l’aide française aux familles nombreuses n’était pas une nécessité d’intérêt public !

Vincent : Ma position personnelle est claire : faites des enfants experts en agroécologie, low-tech et care… On en aura besoin

Biosphere : Si c’est une boutade, elle est d’un mauvais goût. Actuellement les enfants choisissent leur voie sans se soucier nullement de l’avis de leurs parents, des besoins de la société et encore moins de celui des théoriciens de la décroissance. Et faire des enfants sans y réfléchir peut donner naissance à plus de futurs détraqués qu’à des personnes conscientes ; la surpopulation empêche la pensée claire et les perspectives durables. Comment améliorer l’état des choses quand une seule personne aujourd’hui ne pèse qu’un sur 8 milliards de voix le plus souvent discordantes ? Un parti qui se veut politique se devrait d’avoir des membres un peu plus conscients des réalités du monde à venir.

Pour en savoir plus sur le point de vue du « parti pour la décroissance »

Décroissance et démographie ?

Pour en savoir plus sur le point de vue de l’association Démographie Responsable

La crise écologique globale à laquelle nous faisons face n’est pas simplement anthropologique. En effet, cette crise dépasse l’humain et frappe toutes les espèces vivantes : il serait salutaire de sortir de notre anthropomorphisme. Ceci étant, pour Démographie Responsable, l’explosion démographique n’est pas « un symptôme » de la crise, mais bel et bien sa cause. En effet, si nous étions (beaucoup) moins nombreux, la crise n’aurait pas du tout cette intensité et elle serait bien plus facile à résoudre. C’est parce que l’alerte du Club de Rome (via le rapport Meadows) n’a pas été entendue il y a 50 ans, et ce alors que nous n’étions « que » 4 milliards, que nous en sommes là : faisons en sorte que cette erreur ne se reproduise pas à nouveau. C’est pour éviter des dérives autoritaires, qui ne manqueront pas d’être imposées tôt ou tard ici ou là, qu’il faut dès aujourd’hui mettre en place toutes les mesures incitatives appropriées.

Une politique démographique responsable consiste à ne pas dépasser les 2 enfants, ce qui, compte tenu du fait que certains couples ne veulent en avoir que zéro ou un, permet en 2 ou 3 générations de faire baisser en douceur la population. La planification familiale consiste à permettre aux femmes d’avoir des grossesses désirées et ce en mettant à leur disposition le personnel médical et les moyens contraceptifs adaptés aux situations de chacune. Il n’y a donc rien de morbide là dedans, sauf à penser que ce que font la quasi totalité des femmes françaises aujourd’hui l’est…

La différence fondamentale entre le PPLD (parti pour la décroissance) et DR est que le premier œuvre pour un changement radical de société qui a une chance infime de se réaliser. La position de DR, plus pragmatique, organiser une lente décroissance. Par rapport au positionnement (que l’on peut qualifier d’extrême-gauche) du PPLD, l’avantage pour DR de se positionner en dehors du clivage gauche-droite (mais néanmoins résolument dans le camp écologiste), est que cette association peut rassembler un maximum de nos concitoyens et que ses objectifs ont une chance d’aboutir. Cela n’empêche pas chacun(e) de continuer à agir politiquement par ailleurs…

Dilemme, mettre fin à la vie d’un proche

En 2011, ma mère avait 67 ans lorsqu’elle a appris qu’elle souffrait d’un cancer du pancréas. Trois à six mois, lui prédisent les médecins. La vie bascule. Elle se bat, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune chimiothérapie possible. En 2013, lorsque je pénètre dans sa chambre d’hôpital, je me fige. Ma mère a tout ôté. Plus de perruque, plus de téléphone. Sa décision était prise : « Tu me fais la piqûre ? » J’ai répondu du tac au tac : « Je n’ai pas le droit. »

S’ensuit une semaine douloureuse, le coma, puis la fin. Je m’en veux. « Et si j’avais eu le droit ?… Cette dernière semaine a été plus profitable pour moi que pour elle, cela m’a permis de continuer le cheminement… Son choix était rationnel, exprimé de façon très claire, très consciente. On savait qu’on était arrivés au bout… J’aurais aimé pouvoir lui dire oui. Et si j’avais pu lui dire oui, je lui aurais dit oui. »

Lire, Fin de vie, comparaison internationale

Cette histoire vécue relate le cheminement intime dAgnès Firmin Le Bodo, la ministre chargée des professions de santé qui participera à la réforme sur la fin de vie. Issue de la droite catholique, elle se définit « baptisée et communiée ». Si elle manquait la messe le dimanche, c’était pour les championnats de patinage artistique. Elle a toujours été « contre » les évolutions sociétales, dont la procréation médicalement assistée (PMA). C’était comme ça. « En fait, je ne m’étais jamais posé la question », confie-t-elle. « Un jour, je me suis demandé : “Pourquoi je suis contre ?” Et je n’ai pas trouvé la réponse. » La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain ! De son côté l’eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR) voit encore dans l’aide active à mourir un dangereux « droit d’être tué ». Qui a raison, attendre la mort venir ou faire une piqûre ?

Le point de vue des écologistes

Les interrogations que se posent Mme la ministre sont les mêmes que pendant la période qui précédait l’autorisation de l’avortement en 1974. Faut-il changer la loi ? La réaction de Mr Bellamy est la même qu’au moment du vote de la loi Veil, condamnation du « droit de tuer ». La démocratie c’est cela, rencontrer socialement un problème et chercher collectivement une solution au delà des antagonismes. Il n’y a plus d’arguments d’autorité comme aux temps de la religion ou des fascismes, il y a la recherche du consensus « socialement acceptable ». Et les décideurs en dernier ressort doivent savoir distinguer ce qui est à un certain moment légal et ce qui devient légitime. Agnès Firmin Le Bodo a été aveuglée par ses présupposés idéologiques de droite catholique, elle aurait du faire preuve de compassion envers sa mère, elle aurait du respecter sa volonté clairement exprimée, elle aurait du faire la piqûre même si on n’avait pas encore ce droit en 2013.

Lire, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

Pourquoi tant d’inquiétude pour aider à mourir dans la dignité alors que l’espèce humaine est championne dans l’art de trucider son prochain et experte dans l’art de décimer les autres espèces ? Écoutons plutôt les citoyens pour qui l’aide aux suicide constitue un droit légitime.

En décembre 2013, une conférence citoyenne de 18 personnes tirées au sort pour représenter la diversité de la société ont fait émerger une réflexion collective sur la fin de vie après avoir auditionné des experts. Leurs recommandations finales marquaient une rupture. Le panel a jugé la notion de sédation complexe car « elle constitue un aspect relevant essentiellement de la technique médicale et par là semble échapper à la maîtrise et à la responsabilité du patient »… La possibilité de se suicider par assistance médicale, reposant avant tout sur son consentement éclairé, constituerait un droit légitime du patient en fin de vie (ou souffrant d’une pathologie irréversible). » Quand le consentement direct n’est pas possible, la conférence citoyenne préconisait une « exception d’euthanasie ». Bravo ! D’un point de vue écologiste, il faut savoir reconnaître la mort qui vient car elle est par nature notre lot commun.

Lire, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

La religion woke contre l’écologisme

Non seulement nous sommes submergés par la vacuité des réseaux sociaux, mais les médias popularisent des mots comme woke ou LGBTQIA. Ces inventions récentes deviennent alors à la mode et nous incitent à perdre de vue l’essentiel.

Jean-François Braunstein : « Woke » veut dire « éveillé », c’est-à-dire conscient des injustices à combattre, actif dans les luttes contre les dominations. Au premier abord, cette vague politique paraît désireuse d’égalité. Refuser les discriminations selon les genres… qui serait contre ? Pourtant ce mouvement est devenu une religion. Pourquoi nommer religion cette effervescence multiforme ? D’abord à cause de son déni du corps, de son refus de la réalité physique et de ses limites. En effet, l’idéal d’une « fluidité » des genres opposée aux identités ­stables, la croyance qu’il suffit de déclarer ce qu’on désire être pour le devenir supposent une puissance de l’esprit supérieure aux contraintes de la nature. Nos corps biologiques ne seraient pas déterminants, seules le seraient nos décisions intimes. Ce nouveau fanatisme repose sur le déni de la réalité, le refus de tout débat contradictoire, le remplacement de la réflexion par une foi aveugle en des dogmes absurdes, la persécution de ceux qui ­contestent. A terme, il pourrait devenir difficile de soutenir que les corps humains existent et qu’ils sont sexués, que l’universel n’est pas un vain mot, que la raison forge des vérités !

Alex Mahoudeau : Wokisme », terme apparu dans le débat public français en 2021, vient s’ajouter à l’“indigénisme”, la “cancel culture” et l’“islamo-gauchisme”, mais aussi au “communautarisme”, au “politiquement correct” et au “néoféminisme intersectionnel”.

Nicolas Truong : Plutôt que d’être effrayé par la gigantesque crise planétaire qui nous emporte, on nous demande de nous terrifier du mouvement “woke”, ce courant minoritaire dans la culture française. La tentation est alors grande de se raccrocher aux branches, de se tourner vers le connu., vers le monde traditionnel et ses valeurs.

Le point de vue des écologistes

Des idéologies médiatisées à outrance refusent les bouleversements du monde et nous font tourner la tête avec des mots qui relèvent du prurit individualiste plutôt que de la recherche du bien commun. L’universalisme est confondu avec l’occidentalisme, l’antiracisme assimilé au totalitarisme, les féminismes réduits à des « postures victimaires », les jeunes mobilisés pour le climat comparés à des ayatollahs, l’écologie confondue avec une religion sectaire. Le bien est transformé en mal, le bon en méchant et l’altruiste en idiot. Une droite extrême a imposé ses thématiques réactionnaires dans la sphère médiatique et une gauche atomisée en reste au corpus socio-marxiste. La nécessaire rupture écologique sera d’autant plus difficile à mettre en œuvre que nous en resterons aux débats futiles entre Macron et les anti-vax, Le Pen et l’intersectionnalité, #metoo et Zemmour, Hidalgo face au wokisme, Jadot coincé entre décolonialisme et cancel culture…

Face au wokisme des minorités qui font de leur position victimaire la seule chose qui compte, l’éveil à la conscience écologique paraît aujourd’hui la seule porteuse de valeurs d’avenir. L’écologisme remet aujourd’hui en cause toutes nos certitudes, la foi dans le progrès technique, le croissancisme économique institutionnalisé, le culte du PIB, l’idée d’une démographie bienfaisante, le bonheur à crédit. L’écologie devrait nous ramener à notre réalité biologique et à notre dépendance complète envers les phénomènes biophysique ; en d’autre termes les humains ne sont pas maîtres et possesseurs de la nature, y compris dans la composante corporelle de chacun, mais au service de l’équilibre durable entre la culture et la nature.

Rappelons une donnée qui devrait renforcer le poids de la catastrophe climatique, nous allons franchir (selon l’ONU) le seuil des 8 milliards d’êtres humains le 15 novembre 2022. La réalité de la surpopulation devrait nous éveiller au message malthusien, il faut d’urgence commencer à mettre notre fécondité en harmonie avec les possibilités que nous offre les ressources terrestres. Sinon guerres, famines et épidémies qui se propagent aujourd’hui seront notre ordinaire demain.

Pour agir contre les natalistes,

rejoindre l’association Démographie Responsable :

https://www.demographie-responsable.org/

Amis de la Terre, négationnisme démographique

Au niveau des partis politiques, le MEI semble le seul à présenter la question démographique. Et toutes nos recherches incitent à constater que l’association Démographie Responsable est vraiment la seule en France à prôner la sobriété démographique. Si vous en connaissez une autre, vite, dites-le nous… Même Les Amis de la Terre, des malthusiens historiques, sont devenus des adeptes du négationnisme démographiqueDémonstration :

Les Amis de la Terre en 1971

« Les Amis de la Terre est une association fondée en 1970… espèces en danger, pollution sous toutes ses formes, encombrement urbain, la première cause en est l’explosion et le dérèglement démographique. Ceux-ci sont donc la préoccupation numéro un des Amis de la Terre qui travaillent en relation avec Zero Population Growth. Rejoignez les rangs de ceux qui partagent nos inquiétudes. Adhérez, militez… »

source : la bombe « P » de Paul Ehrlich p. 236, livre traduit de l’américain par une équipe des Amis de la Terre

Les Amis de la Terre en 2022

Si on tape « Malthus » sur le moteur de recherche de leur site, aucune réponse… idem si on tape « démographie ». La question démographique n’existe pas.

Leur présentation de lhistorique de l’association occulte soigneusement toute référence à la surpopulation : « L’aventure commence en 1969 aux États-Unis sous l’impulsion de David Brower, un écologiste reconnu. A l’époque, les associations de protection de la nature ou de l’environnement existent, mais il manque une organisation qui chercherait à combattre la nature profonde des atteintes environnementales, et à lier enjeux environnementaux et justice sociale. C’est le navigateur, écrivain et journaliste Alain Hervé qui propage la greffe en France, soutenu par des figures aussi connues que les ethnologues Claude Levi-Strauss et Théodore Monod. Très vite, l’organisation s’attaque à de grands sujets de société et contribue à donner corps à l’écologie en France : campagne contre le commerce des fourrures animales, lutte contre le nucléaire, défense des espaces verts urbains ou campagne internationale pour un moratoire sur la chasse à la baleine… »

Dans cette présentation,qui occulte la surpopulation, il s’agit là vraiment d’un abus d’autant plus volontaire que toutes les personnes citées sont des malthusiens convaincus :

David Brower (dans sa préface à la bombe P) : « L’homme possède en lui-même la force de se détruire. La Bombe P démontre que cette nouvelle brutalité a ses racines dans la débâcle démographique. Nous voulons croire que toutes les organisations de protection de la nature, encore obnubilés par des actions limitées de protection, des animaux ici, de hommes là – vont se rendre compte que tout procède d’une seule et même cause, la prolifération humaine. Si nous ne nous attaquons pas à la cause, c‘est-à-dire la prolifération de l’homme, aucun force au monde n’empêchera la disparition d’une espèce animale après l’autre, d’un espace sauvage après l’autre, et finalement des hommes eux-mêmes.. On espère un monde de plus en plus désirable, au lieu d’un monde de plus en plus peuplé. »

Alain Hervé : « Nous sommes trop nombreux. Écologiquement parlant, les superprédateurs au sommet de la chaîne alimentaire ont toujours un très faible taux de reproduction dans les écosystèmes en équilibre Il est probable que les superprédateurs prolifiques du passé ont détruit leurs écosystèmes et leur espèce par la même occasion. La décroissance de la présence humaine semble devoir être préalable ou concomitante à toute autre décroissance. Oui ou non ? »

Claude Levi-Strauss dans une interview au MONDE : « A la question « Que diriez-vous de l’avenir ?, Claude Lévi-Strauss répondit à 96 ans : « Ne me demandez rien de ce genre. Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai aimé avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains. Ce n’est plus le mien. Et celui de demain, peuplé de 9 milliards d’hommes et de femmes, même s’il s’agit d’un pic de population, comme on nous l’assure pour nous consoler, m’interdit toute prédiction ».

Pour agir, rejoindre l’association Démographie Responsable :

https://www.demographie-responsable.org/

La négation généralisée de la surpopulation

Nous serons 8 milliards le 15 novembre 2022 selon l’ONU. C’est ingérable, c’est invivable. Sur cette planète devenue trop petite pour nous, les catastrophes en cours nous le montrent tous les jours. Pourtant médias, intellectuels, partis politiques et associations occultent complètement la question démographique, ou même empêchent la parole des malthusiens.

Lire, Pourquoi la France déteste-t-elle Malthus ?

– Instances internationales : Depuis des décennies, aucune mention de la démographie dans les conférences internationales (climat, biodiversité, développement, etc.).

Lire, Conférence internationale sur la population

– Fonds mondial de l’ONU pour la population à propos du passage aux 8 milliards : « Le franchissement de ce seuil s’accompagnera sans doute de discours invoquant avec alarmisme le terme de « surpopulation ». Se laisser aller à de telles paroles serait une erreur. ».

Lire, 8 milliards d’humains, surpopulation avérée

Xi Jinping :1,4 milliards de Chinois, c’est pas assez.

Lire, Délire, la Chine en manque de bébés !!! (16 août 2022)

– le pape contre la décroissance démographique en Italie

Lire, Le pape veut faire des bébés à la chaîne (14 mai 2021)

– LE MONDE : ne connaît que la notion de « surpopulation carcérale »

Le mot « Surpopulation », un tabou médiatique

– les écosocialistes poursuivent aujourd’hui les attaques de Marx contre Malthus.

Lire, Une planète trop peuplée ? (le mythe populationniste) de Ian Angus et Simon Butler

– les écolos institutionnels (EELV) vont à l’encontre de René Dumont, présidentable écolo et malthusien en 1974

Lire, la campagne de René Dumont, les objectifs de l’écologie politique

– Le parti « Génération écologie » de Delphine Batho pour la décroissance économique, mais pas pour la décroissance démographique.

Lire, Delphine Batho : décroissance démographique ?

– les décroissants : Trop d’automobiles, peu importe le nombre de conducteurs.

Lire, Malthusianisme dans le journal La Décroissance

– les décroissants chrétiens

Lire, Limite, revue d’écologie intégrale… antimalthusienne

– la collection « Les précurseurs de la décroissance » veut ignorer Malthus

Lire, les précurseurs de la décroissance… sans Malthus

Conclusion : Une seule association milite en France pour une maîtrise de la fécondité humaine contre l’ensemble des institutions, « Démographie Responsable ». Adhérez, militez…

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Tout savoir sur les anti-malthusiens

21 janvier 2021, Des médias natalistes, même LE MONDE

27 décembre 2020, Les anti-malthusiens contre l’évidence

27 août 2020, MALTHUS, décroissant nié par les décroissants

26 août 2020, Libérons MALTHUS de la critique marxiste

3 juin 2019, Les anti-malthusiens face à la saturation de l’espace

8 octobre 2017, L’écologie est-elle fondamentalement anti-malthusienne ?

12 mai 2017, politique de santé reproductive, crime contre l’humanité

7 décembre 2014, Ali Khamenei et Cécile Duflot, tous deux natalistes !

13 novembre 2013, petit commentaire de commentaires anti-malthusiens

5 juin 2013, consensus nataliste chez les dirigeants occidentaux

2 février 2013, Pierre Rabhi, un anti-malthusien en parole et en acte

16 août 2012, croisés de la dénatalité ou salauds de malthusiens ?

10 août 2007, Croissez et multipliez !

« Ralentir ou périr » : la décroissance à HEC

L’école de commerce de Jouy-en-Josas a invité Thimothée Parrique, chercheur en économie écologique et spécialiste de la décroissance.

Timothée Parrique : « La première fois que j’ai entendu parler de décroissance, j’étais étudiant en deuxième année d’économie à l’université. J’ai ricané. Je me suis dit : c’est qui ce guignol qui n’a jamais pris un seul cours d’économie ? Depuis, j’ai fait pas mal de chemin… La décroissance est une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique, planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et de bien-être ».

Le point de vue d’un écolo

La première fois que j’ai compris que nous allions vers la décroissance, c’était en 1972, quand j’ai lu le rapport au club de Rome sur les limites de la croissance (12 millions d’exemplaires et traduit dans 37 langues). Sans décélération, on disait à l’époque croissance zéro, nous allions au crash. Puis en 1974 j’ai voté René Dumont, la première fois qu’un présidentiable se revendiquait écolo. J’ai trouvé que son programme de réduction de nos consommations et de limitation de nos besoins était le seul programme qui tienne la route. Au début des années 2000, à l’intérieur du PS, le mot « décroissance » était pourtant interdit de séjour et les écologistes institutionnels ne faisaient pas mieux. Quand Hollande est arrivé au pouvoir, il répétait en boucle « croissance, croissance, croissance », il voulait « inverser la courbe du chômage ». Sarkozy a fait de même, et Macron comprend juste aujourd’hui que le mot « sobriété » existe. Et en 2022, il faudrait comme Timothée enseigner en Suède pour avoir le droit de parler de décroissance !

« Business as usual », est encore aux manettes et « Ralentir ou périr » explique dans un livre Thimothée Parrique. Trop tard pour savoir maîtriser la décroissance, on a perdu cinquante ans avec l’idéologie croissanciste encore si prégnante aujourd’hui. A l’heure actuelle, dans toutes les écoles de commerce, les futurs managers apprennent encore la microéconomie, le supply chain (« chaîne logistique »), le marketing, etc. On reste prisonnier d’un enseignement pour “comment bien gérer son entreprise pour qu’elle soit profitable”, sans jamais interroger le pourquoi produire, pour qui, avec quelles finalités. On va donc avoir de plus en plus chaud, les pieds dans l’eau et le baril à 1000 dollars. C’est pourquoi la planète et tous ses habitants vont connaître une descente plus ou moins rapide vers une récession qui deviendra dépression, accompagnée de guerres, de famines et d’épidémies. Malthus avait tout prévu !

Le terme « décroissance », un tabou politique

Depuis quelques semaines, dans les médias dominants, on ne parle que de sobriété. Pourtant il ne se passe pas une journée sans que l’on ne rejette la décroissance… Par exemple, fin août, la Première Ministre lors de son discours face au Medef :

« Contrairement à l’affirmation de certains, la décroissance n’est pas la solution. La décroissance attaquerait notre niveau de vie. Elle mettrait en péril le financement de notre modèle social.Elle braquerait nos concitoyens et nous empêcherait d’avancer. »

Voici en réponse notre « Projet de Décroissance », et d’abord quelques approches de la sobriété :

Sobriété, donc consommer moins d’énergie, veut dire moins de PIB : en effet si une entreprise réduit sa facture énergétique, une autre va en vendre moins, donc ses revenus vont baisser, donc ses achats et investissements vont baisser, donc d’autres entreprises vont en pâtir et ainsi de suite. Moins c’est moins, assez basique à comprendre. On ne peut pas faire plus d’omelettes en cassant moins d’œufs !

Sobriété en restant dans une société de croissance, donc sans croissance, ça s’appelle la récession et en général ça se passe mal. Tout notre système économique, de la création monétaire à l’emprunt, de l’investissement aux logiques de profits et d’intérêts et de dividendes est basé sur la logique de croissance : il faut faire tourner toujours plus tourner la machine à produire, échanger et consommer. Sans cela, une entreprise, petite ou transnationale, une municipalité ou un état, un fond de pension ou d’investissement se casse la figure.

Ainsi, si la nécessité de sobriété pour des raisons physiques (déplétion), écologiques (changement climatique, entre autres) et éthiques (arrêter de financer des régimes belliqueux et/ou autoritaire) est exacte, la question est comment ?

– soit sobriété dans une société de croissance, et là oui on a tout ce que la Première Ministre nous reproche…
– soit un projet de décroissance conviviale avec une refonte en profondeur de nos modèles économiques afin de sortir de la dépendance à la croissance, partage et solidarité. L’ enjeu n’est pas de faire la même chose avec moins, mais autrement en mieux.

Qu’est-ce que la décroissance ? En moins d’un an nous avons publié 3 excellents ouvrages sur le sujet :
Décroissance, collection Fake or Not, chez Tana Edition, par Vincent Liegey. Ce livre très pédagogique ouvert à tout public est excellente introduction à la décroissance avec plein d’infographies, de définitions et une approche globale enthousiasmante de ce que pourrait être un projet de décroissance conviviale.
Ce livre est un succès dans les librairies puisqu’il en est à sa troisième réimpression !

– La décroissance et ses déclinaisons, Editions Utopia, par nos ami.e.s de la Maison Commune. Ce livre très complet  se propose de cartographier les d’idées reçues, de clichés et de malentendus et d’y répondre. Dans un deuxième temps il propose seize déclinaisons permettant de mieux appréhender ce qu’est, et ce que n’est pas, la décroissance.

Ralentir ou Périr, L’économie de la décroissance, Edition du Seuil, par Timothée Parrique. Ce livre propose une critique économique de la décroissance pour sortir de l’économicisme ambiant.

Et aussi, pour aller plus loin, nous vous invitons à regarder la superbe enquête du low-tech Lab sur Cargonomia, coopérative de recherche et d’expérimentation sur la Décroissance à Budapest : https://lowtechlab.org/fr/actualites-blog/enquete-8-cargonomia

Et aussi la décroissance en podcast, dans Think Degrowth avec Vincent Liegey : https://podcast.ausha.co/think-degrowth/episode-7-la-croissance-infinie-est-une-fake-news-vincent-liegey

Enfin, on parle beaucoup d’énergie, de sobriété et d’économies afin de passer l’hiver, nous vous proposons un décryptage à travers un débat en vidéo organisé par Alter Kapitae autour de ces enjeux centraux avec Maxence Cordiez et Vincent Liegey : https://youtu.be/VVDCcW9olg0?t=276

www.Projet-Decroissance.net

Dilemme chez les étudiants des Grandes écoles

Face à l’urgence écologique, que doit-on faire quand on est dans une grande école ? Déserter ou agir de l’intérieur ? Des étudiants de plus en plus nombreux se posent cette question à l’ENA, Polytechnique, Ecole des mines, IPEF (ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts), Ecole nationale de la magistrature, etc.

Lire, l’impossible réveil écologique des ingénieurs

Marine Miller : « De l’intérieur, une nouvelle génération de hauts fonctionnaires « écolos » veut peser de tout son poids sur les politiques publiques de ces prochaines années, avec l’espoir d’imposer une forme de radicalité dans les rouages de l’Etat. Une fois à l’intérieur, armé et motivé, le chemin peut néanmoins se révéler sinueux.  Il y a ce qu’il est possible de faire à un niveau qui reste marginal, et la force psychologique qu’il faut posséder pour tenir à contre-courant. A extérieur, c’est pire. Les directeurs d’administration centrales sont des quinquagénaires qui perçoivent l’urgence écologique comme une variable parmi d’autres. Les jeunes le conçoivent comme un problème systémique. Lors de la dernière négociation de la politique agricole commune, les arbitrages pour la période 2023-2027 ont été très défavorables. Il y a une pyramide extrêmement verticale, chaque note est validée par dix personnes, et la position la plus ambitieuse finit par être réduite au plus petit dénominateur commun. Dans ce système décisionnel, il ne faut pas dire des choses dérangeantes. La dissonance cognitive règne en maître dans ce milieu. »

Le point de vue des écologistes

Les ingénieurs du futur devront créer des techniques qui prennent en compte les changements climatiques, la raréfaction des ressources, l’effondrement de la biodiversité. Autant dire que ça ne va pas se faire. Ce n’est plus de managers de haut niveau dont nous aurons besoin, mais d’artisans bien au fait des technique d’autant plus durables qu’elles seront rudimentaires. La distinction entre techniques douces et techniques dures (low tech contre high tech dit-on aujourd’hui) était connue depuis les années 1970.

Lire, Rêveries d’un ingénieur solitaire, Philippe Bihouix

On a préféré complexifier toujours d’avantage les processus de production et les machines jusqu’à instaurer un système techno-industriel tellement imbriqué et fragile qu’il va s’effondrer avec l’épuisement des ressources fossiles. Dans cette période de transition entre la rupture et la prise de conscience, il y a une forte propension du système croissanciste à casser toute initiative ou proposition de changement, forçant ainsi toute personne en dehors du discours dominant à l’accommodation et/ou à la distanciation. Étudiant (e)s des Grandes écoles, vous ne pourrez rien faire de l’intérieur du système techno-industriel… mais agissez quand même ! L’important n’est pas de réussir, mais d’aller dans la bonne direction.

Lire, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Lire, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Lecteur, lectrice, soutiens Pour un réveil écologique,

le lobby auprès des grandes écoles et des entreprises.

https://pour-un-reveil-ecologique.org/fr/

Le sexe, arme de guerre contre l’écologisme

La vie interne dans un parti n’est pas un long fleuve tranquille. C’est d’autant plus vrai quand des membres d’un parti qui se dit écolo mélangent son objectif de conquête du pouvoir par les urnes et revendications sociétales d’un féminisme très particulier. La « victimaire » Sandrine Rousseau est adepte de l’écriture inclusive, féministe liant l’exploitation de la nature et la domination subie par les femmes, mais aussi décoloniale et intersectionnelle. Elle dénonce une société de prédation qui prend et jette les corps des femmes, des racisés, des plus précaires. Son grand truc désormais, c’est la souffrance, elle se veut la voix des vies brisées. Elle avait accusé son camarade de parti Denis Baupin de l’avoir embrassé de force en 2011 et en avait fait un livre, « Parler ». Mais invitée dans l’émission de Laurent Ruquier, elle s’effondre quand Christine Angot lui fait comprendre que réclamer un statut de victime n’est pas une revendication politique.

Disons-le tout net, nous n’aimons pas les femmes qui font de l’entrisme au sein d’EELV principalement pour porter les couleurs d’un féminisme différentialiste. Par contre nous aimons les féministes qui font de la lutte écologique leur première des priorités.

Lire, Batho l’écologiste / Rousseau la féministe

rappel des faits : En juillet 2022, Le Figaro a révélé que la cellule sur les violences faites aux femmes d’Europe Ecologie-Les Verts a été saisie au sujet du secrétaire national d’EELV , Juilie Bayou. Celui-ci a déclaré : « La commission a été saisie suite à une rupture douloureuse et difficile. Cela ne constitue en rien des violences sexistes ou sexuelles ni des comportements inappropriés envers quiconque. Mon ex-petite amie avait une rancœur qu’elle ne cache pas puisqu’elle m’a clairement écrit, trois jours après avoir saisi la commission interne d’EELV : ‘Inquiète-toi. Je vais revenir et en force. La chute va être douloureuse’ .»

Sandrine Rousseau dans « C à vous » le 19 octobre 2022 : « L’ex-compagne de Julien Bayou, que j’ai reçue moi-même, a fait une tentative de suicide, je ne sais pas si cette femme a envie que toute la France sache qu’elle a fait une tentative de suicide »…« Je pense qu’il y a des comportements qui sont de nature à briser la santé morale des femmes », a précisé la députée, sans toutefois évoquer de violences particulières.

Lire, Portrait de la radicale écolo Sandrine Rousseau

LE MONDE : Julien Bayou a été « mis en retrait de ses fonctions » de coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. Mais il n’a pas été encore entendu par la cellule EELV sur les violences faites aux femmes. L’attitude de Sandrine Rousseau a été diversement appréciée en interne. « Une partie du bureau est assez d’accord pour dire que [cette déclaration] est inadaptée », euphémise le porte-parole Alain Coulombel.

Lire, Écologisme et sexualité, mélange détonnant (juillet 2021)

Le point de vue des écologistes

Il paraît donc qu’EELV s’est doté d’une « cellule d’enquête et de sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes ». Pourtant des instances judiciaires officielles existent déjà pour enquêter (et sanctionner) les violences sexuelles avec bien plus de garanties que n’offre une instance partisane interne. Un parti politique ne devrait sanctionner un(e) de ses membres que si la justice officielle le déclarait coupable. Il est important politiquement de respecter la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Au delà des cas particuliers, nous devrions nous interroger sur la place d’une telle instance disciplinaire dans un parti normalement à vocation écologiste. Là est la vocation d’EELV et là est son image électorale. Entrer dans des considérations sans fin sur les relations interhumaines et faire du « sociétal » brouillent forcément le message des écologistes institutionnalisés. Si les électeurs savaient qu’une des préoccupations principales de ce parti « écolo » est aujourd’hui de se polariser sur les pratiques internes des couples, il n’est pas certain que leur vote se porterait sur lui

Féminisme et sexualités sont instrumentalisés à des fins politiques, prendre la place de secrétaire nationale d’EELV pour Sandrine Rousseau, ou descendre en flamme un écologiste médiatisé. Rappelons que six femmes accusaient de violences sexuelles Nicolas Hulot dans une enquête d’« Envoyé spécial » diffusée en novembre 2021. Trois femmes témoignaient de baisers par surprise et d’une tentative de fellation. On laisse nos lecteurs libres d’apprécier la gravité des faits.

Après ces accusations formulées publiquement, Nicolas s’est mis en retrait de l’écologisme. Les anti-écolos triomphent !

Lire, HULOT-BASHING, une dure épreuve

Septembre 2022, la fin de l’insouciance

Nous ouvrons enfin les yeux sur l’obsolescence programmée de la planète du fait de la prédation systémique des ressources par le capitalisme techno-industriel. La fin de l’insouciance marque l’entrée dans la guerre des ressources. Elle a déjà commencé. Qui contrôle les parties-clés des chaînes d’approvisionnement mondiales de minerais et de terres rares ? La Chine. Qui contrôle le gaz et le pétrole destinés à l’Europe ? En grande partie la Russie. Cela rend l’Europe et les États-Unis particulièrement vulnérables, notamment avec l’aggravation des tensions géopolitiques. Les sociétés trop riches et infiniment complexes sont les plus fragiles.

Pierre-Cyrille Hautcœur : Les sociétés sur-développées anciennes dépendent d’infrastructures (systèmes d’irrigation notamment) pour leurs hauts rendements agricoles et donc pour le développement des sociétés urbaines qui en dépendent. Le cas le plus significatif est sans doute celui d’Angkor, le plus vaste système urbain du monde à l’époque (plus de 1 000 kilomètres carrés), qui survécut à grand-peine à une première période de sécheresse (1345-1368), mais s’écroula définitivement à la seconde (1401-1405). Que le sentiment de supériorité de notre société occidentale ne s’y trompe pas : à chaque fois, des sociétés sophistiquées ont dû se transformer radicalement vers une simplification drastique, et cela n’a pas eu lieu sans de considérables souffrances. Certaines de ces sociétés ont été capables de construire sur ces décombres de nouvelles prospérités, par l’ouverture (les grandes expéditions chinoises, puis européennes), l’investissement dans de nouvelles infrastructures, l’élargissement de l’accès au savoir (par l’imprimerie) ou l’invention de nouvelles solidarités. Puisse notre époque savoir faire de même.

Le point de vue des écologistes

Monsieur Hautcœur pêche par trop d’optimisme, la société thermo-industrielle a vidé la planète de toutes ses ressources non renouvelables et même en grande partie de ses renouvelables. L’eau manque déjà, les sols sont considérablement dégradés, l’air et les mers pollués, la biodiversité en berne, etc. Le rebond devient impossible, la résilience très limitée, les capacités d’adaptation non financées. La fragilité des sociétés complexes est bien démontrée depuis depuis de nombreuses années, en particulier par Joseph Tainter. Pendant près de 200 000 ans, nous avons vécu dans des petits groupes simples, quelques douzaines d’individus ou moins. Ce n’est que depuis 10 000 ans avec l’invention de l’agriculture (le néolithique) que certaines sociétés humaines ont commencé à grossir et à se complexifier. La révolution industrielle a accéléré le processus. La manière dont nous vivons actuellement est une anomalie historique.

Joseph Tainter : « Dans tout système vivant, la complexité a un coût métabolique. Plus un système est complexe, plus il nécessite de l’énergie. Chez les humains, nous comptabilisons les coûts de la complexité par le travail, l’argent, le temps ou les nuisances. Dans tous les cas, il s’agit de transformation de l’énergie. Nous ne percevons pas les coûts de la complexité aujourd’hui, car ils sont subventionnés par les combustibles fossiles. Sans ces derniers, les sociétés modernes ne pourraient pas être aussi complexes qu’elles le sont. Notre complexité s’accroît car elle est très utile pour résoudre les problèmes créés par la complexité. Confrontés à des difficultés, les solutions que nous mettons en place tendent à impliquer plus de technologie élaborées, la prolifération des rôles sociaux et des spécialisations, le traitement d’une plus grande quantité d’informations, ou l’engagement dans de nouvelles sortes d’activités. Mais la complexité dans les résolutions de nos problèmes atteint actuellement le point des rendements décroissants : passé un seuil, vous payez de plus en plus pour obtenir de moins en moins de bénéfices. Après avoir épuisé l’énergie bon marché et la dette abordable, nous perdons alors notre capacité à résoudre nos problèmes. C’est ce processus qui a entraîné l’effondrement d’anciennes civilisations comme l’Empire romain. »

Lire, Climat : les mécanisme complexes de l’effondrement

Pourtant nos dirigeants s’escriment à rendre notre société thermo-industrielle toujours plus complexe. Nos dépendances aux transports, aux supermarchés, aux moyens de communications, aux ressources naturelles... ne sont jamais remises en question. On a déjà vu cet été la stupéfaction de certains avec le rationnement de l’eau pour passer la sécheresse alors que d’autres avaient les pieds dans l’eau par des inondations. Rien qu’une journée sans essence ou sans portable nous feront assister à des moments de panique totale ! Les solutions proposées comme le maintien du pouvoir d’achat ou les subventions aux énergies fossiles ne font que cacher temporairement au yeux du peuple consumériste la profondeur de la crise en cours.

Le litre d’essence ne devrait pas être à 1,50 euros (avec la ristourne de 30 centimes), mais à dix euros au moins et ce sans aucune aide publique. Alors les comportements sociaux commenceraient vraiment à changer et les manifestations dans la rue, qu’elles soient habillées en gilets jaunes ou déguisées en insoumis ne seraient que coups d’épée dans l’eau. Les contraintes biophysiques sont bien au-delà des velléités humaines.

La fin de l’infinitude en techno-économie

Les propos du penseur américain Kenneth Boulding (1910-1993) deviennent une référence « Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste » 

Christophe Degryse : L’infinitude est l’horizon de la croissance des marchés. Cette infinitude se décline depuis des décennies dans la croissance perpétuelle de la production, dans le développement continu du commerce, dans une consommation sans limites par le pouvoir d’achat, le crédit ou l’endettement, dans une mobilité sans bornes par voie terrestre, aérienne ou maritime. Avec la numérisation, cette infinitude s’est encore accrue : Internet illimité, vidéos à la demande, musique en flux continu, jeux vidéo qui ne se terminent jamais, réseaux sociaux et applications de rencontre sans fin… Le rôle de la technologie est d’abolir ces limites, de repousser la finitude géographique, naturelle, environnementale, sociale. On compte sur les technologies de demain pour résoudre les problèmes des technologies d’aujourd’hui. Mais cette possibilité semble désormais brisée par une pandémie doublée d’une guerre et de catastrophes climatiques de plus en plus rapprochées. Demain, aura-t-on assez de gaz, de blé, d’énergie, de médicaments ? La réponse n’est plus si évidente. La fin de l’économie de l’infini n’est acceptable que si elle est vécue comme collectivement et équitablement assumée. Sinon, elle sera vécue comme intolérable.

Le point de vue des écologistes

Derrière l’ambitieux programme invitant l’homme à la maîtrise et à la possession de la nature se dissimule une réalité bien plus triviale : un infini pouvoir de destruction sur tout ce qui l’entoure. Nicolas Hulot ne rejette pas le capitalisme dans son intégralité, il rejette un capitalisme qui ne se fixe pas de limites. Quand il ne restera plus de pétrole ni de gaz, comment fera-t-on ? On sait depuis 1972, quand le rapport au Club de Rome est sorti (« Halte à la croissance » de Dennis et Donella Meadows) que les choses ont une fin. Comme l’ont bien montré les économistes Kenneth Boulding et Nicholas Georgescu-Roegen, la Terre est un système fermé, qui ne peut consommer plus qu’elle reçoit du Soleil.

 Le problème n’est donc pas de savoir si nous sommes capitalistes ou pas, cela n’a plus de sens dans ce contexte ! Gardons au contraire à l’esprit qu’aucune démocratie, qu’aucun système économique ou social, ne pourra résister à la combinaison de la pauvreté, de l’effondrement des ressources naturelles et des conséquences du changement climatique.

Selon Deryse, « la pandémie se double d’une guerre et de catastrophes… ». Il manque la famine et nous retrouvons la prévision de Malthus en 1798. Si nous ne maîtrisons pas notre fécondité, si nous ne pratiquons pas des obstacles préventifs à notre tendance à procréer au-delà de nos ressources, alors nous allons vers des famines, des guerres et des épidémies, obstacles destructifs. En conséquence, toute personne qui ne se déclare pas comme malthusienne nous entraîne au désastre et que tout anti-malhusien est un nataliste qui s’ignore.

Pour rejoindre l’association Démographie Responsable :

https://www.demographie-responsable.org/

Septembre 2022, de l’abondance à la pénurie

En invoquant en conseil des ministres le 24 août la «  fin de l’abondance », Emmanuel Macron renoue avec une tradition politique très ancienne. L’État a, de tout temps, assis sa puissance sur sa capacité à prévoir les pénuries ou à organiser les conditions de l’abondance.

Julien Vincent : « De Colbert à Emmanuel Macron, en passant par Jimmy Carter en 1977, les annonces soigneusement mises en scène de pénuries imminentes ont une longue histoire. L’abondance est une notion toute relative. Elle dépend de « besoins » qui sont eux-mêmes le produit de structures sociales et culturelles changeantes. En 1972, Marshall Sahlins montre que l’abondance n’a peut-être jamais été aussi parfaite que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs. Dans ces populations nomades où la surmortalité des enfants et des vieillards est acceptée, et où les inégalités de richesse sont constamment mises en échec par le groupe, les besoins sont minimes. On peut alors jouir de beaucoup de temps libre, ne chassant et ne glanant que quelques heures par jour. C’est en bâtissant des systèmes d’approvisionnement à grande échelle que se sont érigés les pouvoirs romain, ottoman ou chinois. Sous l’Ancien Régime, la capacité à connaître les ressources les plus nécessaires, mais aussi à encadrer la production et l’approvisionnement, est un enjeu majeur de l’étatisation des sociétés européennes. »

Le point des vue des écologistes malthusiens

A travers les mécanismes de la division du travail de la révolution industrielle, on entre dans une période productiviste qui a débouché sur notre société de consommation. Plus dure sera la chute ! Un cornucopien est un illusionniste qui estime que les innovations technologiques permettront à l’humanité de subvenir éternellement à tous ses besoins matériels. Le terme lui-même vient du latin cornu copiae signifiant corne d’abondance. En 1798, le révérend Thomas Malthus reprend la prophétie d’une fin prochaine de l’abondance dans le but de réfuter les pensées « cornucopiennes ». Il entend répondre, non plus aux républicains anglais, mais aux défenseurs de la Révolution française. A Condorcet, qui avait promis un avenir d’amélioration continue et la fin de la pauvreté, il oppose les limites matérielles au progrès humain. L’argument n’est pas nouveau, mais Malthus lui donne une dimension scientifique et philosophique inédite. Alors que l’augmentation de la production agricole ne peut être qu’arithmétique, suppose-t-il, l’augmentation de la population obéit à une suite géométrique. Au début du XIXe siècle, l’Angleterre a déjà dépassé les limites naturelles de ce que son territoire peut produire. Pour cet ecclésiastique anglican, la seule réponse aux limites physiques est morale : il faut restreindre les naissances.

Lire, Gerondeau-Obama, des cornucopiens* du gaz de schiste (31 mai 202)

David Ricardo distingue deux réponses possibles aux prédictions malthusiennes. La première est le recours à l’innovation technique : Ricardo s’est converti aux promesses de la machine à vapeur. La deuxième consiste à changer l’échelle d’analyse : si ce qui manque localement se trouve en abondance ailleurs, alors la circulation des biens mettra fin à la pénurie. Ricardo défend ainsi une politique de libre-échange, non plus seulement à l’échelle d’un pays, mais à l’échelle internationale.

Mais l’abondance des uns fait la pénurie des autres. Il y a manifestement plus d’habitants en Grande-Bretagne que ce que la terre peut nourrir. Ils vivent sur la superficie fantôme. Les exploitations agricoles d’un pays, ses pâturages et ses forêts constituent la superficie visible. La superficie fantôme représente les sources de nourriture au-delà de ses frontières. Loin de l’image idéalisée du « doux commerce » (Montesquieu), ces hectares fantômes sont en grande partie le résultat de la prédation coloniale qui appauvrit le sol et les ressources des nations étrangères. En Grande Bretagne, plus de la moitié de la nourriture du pays provient de l’extérieur. Si les Japonais ne s’appuyaient pas sur la pêche aux quatre coins de la planète et des produits agricoles venant de pays exportateurs, les deux tiers des habitants mourraient de faim. Une fois la capacité limite du pays atteinte, les individus supplémentaires ne peuvent être alimentés qu’à l’aide d’importations en provenance des superficies fantômes. Comme il n’y a pas de famine au Japon ou en Grande-Bretagne et que les magasins sont remplis d’aliments de base, les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont collectivement dépassé la capacité de leur localité, de leur région biogéographique et de leur pays.

Bientôt la fin de l’abondance, annoncée depuis longtemps par notre blog biosphere

Lire, Macron annonce le rationnement énergétique (6 septembre 2022)

Lire, société d’Abondance, société de pénuries (6 juillet 2022)

Lire, A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance» (11 avril 2021)

Lire, Journée mondiale de l’eau, un constat de pénurie (22 mars 2019)

Lire, Climat et pénuries, la démocratie en danger (5 janvier 2019)

Lire, Abondance, s’éloigne quand on lui court après (14 février 2018)

Lire, La pénurie au Venezuela, et si c’était la France ? (4 juillet 2016)

Lire, Droite et gauche, société du risque ou société de pénurie (19 janvier 2014)

Lire, fin de la société minière, fin de l’abondance à crédit (28 novembre 2013)

Lire, Peak all, pénurie de tout, énergie et minerais (13 mai 2012)

Lire, pénurie définitive de carburants (2 novembre 2010)

Deux ouvrages publiés en 1948 aux Etats-Unis, annonçaient la catastrophe à venir : The Road to Survival de l’écologue William Vogt, et Our Plundered Planet (La Planète au pillage) du naturaliste Henry Fairfield Osborn. Comme chez Malthus, le problème est celui de la croissance de la population au regard des ressources. Mais, désormais, l’échelle est planétaire. Le rationnement sera bientôt la seule solution. Lors du choc pétrolier de 1973, le gouvernement néerlandais introduit le dimanche sans voiture afin de réduire la consommation d’essence : une mesure qui s’applique à tous, tout en permettant à chacun d’éprouver la gravité de la situation dans son quotidien. Au Royaume-Uni, au même moment, l’état d’urgence est déclaré. Le gouvernement conservateur réduit la semaine de travail à cinq, puis à trois jours : une situation de chômage partiel pour tout le monde, qui permet de montrer que la pénurie n’est pas imposée seulement à quelques-uns.

Bientôt le rationnement, annoncé depuis longtemps par notre blog biosphere

Lire, Macron annonce le rationnement énergétique (6 septembre 2022)

Lire, CLIMAT : rationnement, alternative d’avenir (24 octobre 2021)

Lire, Histoire et avenir du rationnement de 1973 à demain (20 juin 2018)

Lire, Le rationnement, outil convivial (selon Mathilde Szuba) (29 août 2017)

Lire, du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable (19 avril 2013)

Lire, volontarisme ou rationnement carbone ? (6 juin 2010)

Lire, rationnement carbone (12 juillet 2009)

L’accès à l’Internet est-il une avancée ?

Les statistiques de l’ONU s’intéressent à la « marche du progrès ». Titre du MONDE : « En 2022, un tiers de la population mondiale n’a toujours pas accès à Internet .» Donc il y a déjà deux tiers de zombies et seulement un tiers de Terriens pas encore intoxiqués.Comme si le non-accès à Internet était plus grave que la malnutrition, l’absence de soins médicaux ou même le non-accès à des latrines ! On peut statistiquement faire un parallèle avec l’accès inexistant à l’eau potable, 3 millions de personnes meurent chaque année avec la pollution des eaux.

Selon l’Union internationale des télécommunications, une agence des Nations unies : « Quelque 5,3 milliards de personnes dans le monde utilisent désormais Internet. Bien que la croissance continue soit encourageante (???), la tendance suggère que, sans investissements supplémentaires dans les infrastructures (appel aux fonds publics) et une nouvelle impulsion (publicitaire) pour susciter de nouveaux savoir-faire numériques, les chances de connecter la population mondiale d’ici à 2030 (tous connectés, tous clonés) semblent de plus en plus maigres… Les pays les plus développés affichent des taux de plus de 80 % de leur population connectée. En Asie-Pacifique (les bons élèves), le taux de pénétration d’Internet progresse à 64 %. La (pauvre) Afrique n’a que 40 % de la population en ligne.»

Lire, La fin de l’infinitude en techno-économie

Le point de vue des écologistes

Le complexe techno-financier nous lance à toute vitesse vers le mur de la pénurie énergétique. A une époque assez proche, il fallait brancher le monde entier sur des réseaux électriques pour permettre aux plus pauvres des pays pauvres de réviser leurs leçons de choses à la lumière artificielle. Aujourd’hui cela ne suffit pas, il faut avoir son smartphone et l’accès aux réseaux sociaux. Mais pourquoi connecter tout le monde ? Pour en finir avec les palabres à l’ombre d’un arbre, pour les abrutir de fake news, pour mieux déterminer les opportunités de vendre des trucs inutiles, pour permettre aux djihadistes et autres sectaires de rassembler des troupes, pour les acheteurs de « temps de cerveau disponible », pour faire travailler l’industrie du porno, pour prendre rendez-vous avec le-la prostitué(e) du coin ??? Encore une fois le système techno-industriel nous vante le toujours plus de moyens quantitatifs, mais jamais n’aborde la question des objectifs qualitatifs.

Et dans 30 ans ou même moins, du fait de l’épuisement des sources de matériaux nécessaires aux équipements électroniques et de la pénurie énergétique, Internet deviendra obsolète. Les innombrables microsatellites qui orbitent au-dessus de nos têtes retomberont sur nos crânes.

Lire, Internet produit des imbéciles

Hubris technoscientifique en médecine

Le « progressisme » techno-médical a mis au rencart Ivan Illich (1926-2002) qui écrivait : « Le traitement précoce de maladies incurables a pour seul effet d’aggraver la condition des patients qui, en l’absence de tout diagnostic et de tout traitement, demeureraient bien portants les deux tiers du temps qu’il leur reste à vivre. » Dans cette période qui s’ouvre de sobriété dans tous les domaines, son message finira-t-il par être entendu ?

Lire, BIOSPHERE-INFO, Ivan ILLICH analyse la technique

Bruno Falissard : Toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus de technologie, pour quel résultat ? Dans l’espoir utopique de pouvoir vaincre la mort et la souffrance par la puissance sans limite de notre science, nous tous, médecins, patients, autorités de santé, politiques… nous enivrons du flot ininterrompu des découvertes annoncées à grands fracas. Concernant les nouveaux traitements, si leur réelle plus-value en termes d’efficacité peut souvent être discutée, le vrai problème concerne leur prix. Le coût des nouveaux anticancéreux dépasse souvent les 100 000 euros par patient, ce qui interroge sur l’acceptabilité collective. Car il y a un réel problème d’équité : les patients pouvant bénéficier de traitements sophistiqués bénéficieront de plus de ressources de la solidarité nationale que les soins « humains ». Il nous faut donc procéder à des arbitrages. Ne pas les faire, c’est réduire le temps des soignants et la relation thérapeutique. Si l’hôpital et la médecine de ville souffrent en ce moment, cela vient en partie de ces choix bien réels qui ne sont ni discutés démocratiquement ni même totalement conscients. Tendre vers plus de frugalité concerne aussi notre système de santé.

Lire aussi, trop de médicaments ?

Le point de vue des écologistes

Les merveilles technologiques de la médecine et de sa quasi-gratuité ont donné à penser que nous, patients ou futurs patients, pouvons entièrement nous délaisser de notre responsabilité individuelle sur notre propre santé. Combien de comportements individuels inadaptés ou dangereux sont à l’origine de très nombreuses maladies, tabagisme et alcoolisme, par exemple. Faut-il accepter des traitements coûteux pour ces conduites à risque ? Où est la limite de la prise en charge techno-médicale des patients. Difficile problème qui se pose dans tous les domaines. Si l’effort technologique pour la médecine peut être remise en question, à plus forte ce qui concerne la recherche pour les armements, la conquête spatiale ou, plus terre à terre, la sophistication de notre alimentation techno-industrialisée…

ll y avait dans les années 1970 une différenciation essentielle faite entre technique douces et techniques dures, ce qu’on appelle aujourd’hui, low tech et high tech. Il nous faut démocratiquement discerner à partir de quand il y a contre-productivité de la technicisation de notre existence, à partir de quand il y a acharnement thérapeutique, à partir de quand la prolongation des études fabrique des gens hors sol, à partir de quand l’emprise de l’État étouffe l’initiative individuelle, à partir de quand l’usage des véhicules individuels devient insupportable pour le climat, à partir de quand industrialisation de l’agriculture détruit les sols, etc.

Ivan Illich avait développé la notion de « contre-productivité » pour rendre compte des conséquences néfastes de certaines institutions lorsque leur fonctionnement dépasse certains seuils au-delà desquels ces institutions produisent l’effet inverse de leur but initial : alors la médecine rend malade, l’école abrutit, les communications rendent sourd et muet, l’industrie détruit, l’État étouffe la société civile, les transports immobilisent. Mais politiques et citoyens sont-ils capable d’aborder toutes ces problématiques de front ?

Lire, techniques douces contre techniques dures

Éducation sexuelle, une nécessité écologique

Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Aujourd’hui en France, l’éducation à la sexualité patine encore dans des questions de « genre » alors que l’ABCD de l’égalité et du malthusianisme devrait être enseigné à tous les élèves. Nos jeunes devraient savoir que nous franchissons la barre des 8 milliards d’êtres humains cette année suite à l’exubérance de notre sexualité et qu’il va donc falloir définir des limites : jouir sans procréer, et non jouir sans entraves.

Sylvie Lecherbonnier : Obligatoires à partir du collège depuis plus de vingt ans, trois séances d’éducation à la sexualité doivent être mises en place autour de trois dimensions : biologique, psychoaffective et sociale. Dans les faits, ces trois séances annuelles n’ont pas toujours lieu et l’angle biologique, avec le sujet prépondérant de la contraception, est souvent privilégié. Le 12 septembre 2022, le ministre de l’éducation nationale Pap Ndiaye, préfère parler d’« égalité » que de « genre ». Il répond ainsi aux attaques d’Eric Zemmour : « Parents, ne laissez pas des intervenants extérieurs apprendre à votre fille de 6 ans que si elle le souhaite, elle peut devenir un garçon. » Mais il ajoute : « Nous devons faire reculer les grossesses précoces ou lutter contre les maladies sexuellement transmissibles, et poursuivre des objectifs plus généraux liés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, à la lutte contre les LGBTphobies ».

Le point de vue des écologistes

Paul Ehrlich dans « La bombe P » écrivait déjà en 1971 tout ce qu’il faudrait faire : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. L’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe. Il s’agira en particulier de découvrir des valeurs nouvelles pour remplacer ce sentiment de plénitude que la femme retire du don de la vie, et cette satisfaction de l’ego engendrée chez le père par le spectacle d’une nombreuse progéniture. Admettons que les Etats-Unis inaugurent enfin une politique démographique sensée dans le pays : nous aurons alors la possibilité de proposer une solution à l’échelle mondiale. »

Rapporterre : L’objectif de programmes comme l’ABCD de l’égalité était de remettre en question les normes qui font que chaque sexe adopte, dès le plus jeune âge, un certain comportement. Il ne s’agit pas pour autant de nier la différence des sexes. Ce serait confondre la déconstruction des inégalités avec celle des différences. L’objectif est d’ouvrir le champ des possibles aux deux sexes afin de leur donner les mêmes chances ultérieurement. Pas de les encourager à changer de sexe ou à « choisir » une orientation sexuelle.  Mais aujourd’hui le planning familial se propose d’intervenir ainsi dans les écoles : « Il n’existe pas une sexualité « naturelle » mais des sexualités ! Une fille peut être attirée et/ou amoureuse d’une  fille, et de la même façon, un garçon peut être attiré et/ou amoureux d’un garçon… Avec un don de 100 €, vous nous permettez d’intervenir gratuitement dans une classe pour faire une séance d’éducation à la sexualité, parler LGBTphobies avec des collégien.nes. » La lutte contre la surpopulation n’est pas du tout au programme du planning familial !

Edgard Wibeau : De toute façon, quelle que soit la forme qu’elle puisse prendre, l’éducation sexuelle est rejetée par une part croissante de la population scolaire (et surtout des parents de ladite population) pour des raisons …. idéologiques, dirons-nous prudemment. Que prévoit notre sagace ministre à cet égard ? Fermer les yeux ? Laisser faire ? Sanctionner ? Reculer ?

Alain Sager : A quoi sert de toute façon cette éducation, si à côté de l’école et en permanence, la pornographie la plus basse infeste et infecte les écrans ? Les « productions » de cette répugnante industrie devraient être rendues inaccessibles aux plus jeunes, tant le scandale de cette prolifération quasi sans entrave me paraît inadmissible.

PU : Quand 41% des garçons de 18-24 ans estiment que « forcer sa partenaire à avoir un rapport sexuel quand elle n’en a pas envie », ce n’est pas un viol, on peut quand même se dire que la violence sexuelle est largement banalisée dans cette classe d’âge. Allez voir l’étude du HCE, appuyée sur des enquêtes de l’Ipsos, c’est assez hallucinant…

ABCD de l’égalité (initiative gouvernementale abandonnée en 2014) : Le genre est un concept utilisé dans les sciences sociales. Il désigne tout ce qui, dans la construction de l’identité dite sexuelle et dans la formation de la division entre les sexes, relève de mécanismes d’ordre social et culturel. Ainsi les transsexuels peuvent-ils affirmer que leur identité de genre ne correspond pas à leur sexe. La notion de genre sert à dénaturaliser la division des rôles dans la société, au travail et au sein de la sphère domestique. Elle permet de montrer qu’elle n’est pas un fait de nature mais de culture. Faire le ménage ou élever des enfants sont des tâches sociales, qu’aucune programmation biologique n’assigne en propre aux femmes. La notion de genre permet de se démarquer d’un certain féminisme « essentialiste » qui croit encore à un déterminisme génétique… Tout ce qui est socialement construit rend possible la déconstruction.

Lire, Le sexe/genre relève-t-il de la nature ou de la culture ?

CCNE et interruption volontaire de vieillesse

Qui a le droit de vivre et qui a le devoir de mourir ? C’est la bioéthique qui est censée nous donner des réponses sur la fin de vie, la procréation médicalement assistée, le clonage, etc. Un Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a été créé en 1983 pour mieux baliser le terrain. Terrain mouvant bien entendu…

Lire, Les limites de la loi « bioéthique »

Du point de vue des écologistes malthusiens, la maîtrise de la variation de la population porte d’abord sur la natalité mais aussi, de façon marginale, sur la mortalité. On débat actuellement sur la fin de vie. Le Comité consultatif national d’éthique démontre parfaitement qu’en matière d’éthique tout est relatif car ses propositions, variables dans le temps, sont soumises à la fois aux pressions des sachants ET à l’acceptabilité de la société, sachant qu’en dernier recours c’est le parlement qui décide, donc en fin de compte le président de la république dans notre régime semi-présidentiel… Pourtant l’éthique devrait faire consensus, elle définit les valeurs et les normes qui nous font discerner le bien du mal. Autrefois c’étaient les porte-paroles d’une religion qui nous imposaient d’autorité une certaine morale, maintenant tout repose sur le pouvoir du peuple et la libre décision de la personne. Tout peut donc fluctuer.

Mais reste au fond la volonté individuelle qui tiendrait aussi compte du bien commun. Ainsi l’interruption volontaire de grossesse comme l’interruption volontaire de vieillesse devraient être facilités, c’est à la fois un soulagement pour la personne et une baisse de la pression démographique pour la collectivité.

En 2013, le CCNE avait estimé « dangereux pour la société que des médecins puissent participer à donner la mort ». La loi de 2016 avait tenu compte de cette position.

En 2016, la loi Claeys-Leonetti interdit l’euthanasie mais prévoit la possibilité de recourir à « la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les personnes malades dont le pronostic vital est engagé à court terme, avec arrêt de tous les traitements ». Le médecin ne donne pas la mort !

En 2021 le CCNE reconnaît que « la sédation » profonde et continue » n’est pas une solution adaptée pour les pathologies assorties de pronostics vitaux à moyen ou à long terme. La sédation profonde n’est pas non plus la bonne réponse pour les personnes atteintes de troubles neurodégénératifs sans qu’elles soient nécessairement condamnées à en mourir à court terme. Le comité souligne que « le respect du droit à la vie ne vaut pas devoir de vivre une vie jugée insupportable par celui ou celle qui la traverse. Il n’y a pas d’obligation à vivre ». Pour le CCNE, la question principale à régler est celle du libre arbitre de la personne qui souhaite mourir : comment lui permettre de prendre une décision de manière éclairée, sans être soumise à la pression médicale, à celle de son entourage ou de la société ? Le CCNE estime que le geste qui donne la mort doit être accompli par la personne elle-même (suicide assisté). Seuls les malades qui ne peuvent accomplir le geste eux-mêmes pourraient demander l’assistance d’un médecin. Avec possibilité dans ce cas pour les praticiens d’invoquer une « clause de conscience ».

Quelques avis complémentaires

Jean-Luc Godard en 2014 : « Je ne suis pas anxieux de poursuivre à toute force. Si je suis trop malade, je n’ai aucune envie d’être traîné dans une brouette. »

segeste : Il est plus que temps de lever le blocage en France sur la fin de vie. Il vient des minorités religieuses, avant tout catholique. Une partie des services de soins palliatifs est d’ailleurs investi par des croyants « en mission », sujet qui n’est jamais évoqué.

Pastefazul : « Toute personne a-t-elle le droit de décider seule de sa propre mort ? », demande Jean-François Delfraissy (président du CCNE). Et bien oui, c’est même la seule personne qui en a le droit, à l’inverse des juristes, des politiques ou des prétendues sommités en éthique, qui ne sont en rien concernés : chacun doit pouvoir choisir ce qu’il veut faire de son corps, et pouvoir demander à être accompagné. Y mettre des conditions de décès probable à court, moyen ou long terme est scandaleux.

doc sportello : Jean-Luc Godard est parti quand il l’a décidé, en septembre 2022 à 91 ans, par suicide assisté en Suisse… tout le monde devrait pouvoir faire de même en France !

Didier Sicard  en 2021 (qui a présidé le Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008) : «  Un ami de mon père, Jean Schneider, m’a légué sa robe de médecin. Il est mort jeune, en 1965, d’un cancer du larynx. Un interne a cru bon de le ranimer alors qu’il avait cessé de respirer. Il m’a dit, et cela m’a marqué pour la vie : « Le pire cauchemar pour un homme est de mourir deux fois. ». Nous sommes un pays d’incantation et non un pays pragmatique. On est toujours tenté par la radicalité des propos, que ce soient ceux de l’Eglise, ou ceux de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), chacun étant campé sur ses certitudes. Le rapport qui succédait à celui du CCNE, en 2000, où l’on conceptualisait « l’exception d’euthanasie », a été si mal compris que je n’ai pas voulu reprendre cette expression. Mais, quand une personne ne supporte plus sa maladie, qu’on ne peut plus rien pour elle, elle a le droit de demander un endormissement doux. C’est une douceur pour l’entourage et pour la personne, je demanderai cet endormissement pour ma propre mort,. La médecine y reste très réticente, parce que c’est une médecine technique, qui n’a pas changé son rapport à la mort, qu’elle voit toujours comme un échec. En réalité, elle considère que ce n’est pas son affaire. Je pense que la sédation terminale douce est une évidence de solidarité avec l’être humain… »

Emmanuel Macron  annonce le 12 septembre 2022 le lancement d’une « convention citoyenne » sur la fin de vie qui rendra ses conclusions dans le courant du mois de mars 2023. Il n’entend pas occulter la position « d’une partie des professionnels des soins palliatifs », tout comme il n’évacue pas le « dissensus » de certaines « formations religieuses ».

Michel SOURROUILLE : La législation française interdit le suicide assisté, qui est pourtant autorisé aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Espagne et en Autriche. Pour l’heure en France, c’est la loi Claeys-Léonetti, adoptée en 2016, après une première version en 2005, qui encadre la fin de vie des malades incurables. Elle permet une « sédation profonde et continue jusqu’au décès » pour des malades en phase terminale et en très grande souffrance, dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Le patient est endormi, les traitements (l’hydratation et la nutrition sont notamment considérées comme tel), arrêtés, et des antidouleurs sont administrés. Le texte de 2016 renforce la valeur des « directives anticipées » que les patients sont à même de formuler, en prévision d’une situation où ils ne seraient plus en mesure d’exprimer leur volonté. « La sédation profonde et continue jusqu’au décès s’adresse seulement aux malades qui sont à l’agonie et ignore toutes les personnes qui ont un pronostic vital engagé à moyen terme. On va arrêter les soins et on va attendre que la personne parte, ce qui peut survenir rapidement comme prendre plusieurs semaine. » Cette législation restrictive est insupportable, alors les biens informés vont mourir en Suisse comme d’autres se faisaient avorter dans les années 1970 dans ce même pays.

Lire, Fin de vie, comparaison internationale

Charte du journalisme « écologisé »

Nous relayons la « charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique », publiée ce 14 septembre 2022 et cosignée par plusieurs rédactions et organisations de journalistes, et par de nombreux journalistes.

Le consensus scientifique est clair : la crise climatique et le déclin rapide de la biodiversité sont en cours, et les activités humaines en sont à l’origine. Les impacts sur les écosystèmes et les sociétés humaines sont généralisés et, pour certains, irréversibles. Les limites planétaires sont dépassées l’une après l’autre, et près de la moitié de l’humanité vit déjà en situation de forte vulnérabilité.

Dans son sixième rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) insiste sur le rôle crucial des médias pour « cadrer et transmettre les informations sur le changement climatique ». Il appartient à l’ensemble des journalistes d’être à la hauteur du défi que représente l’emballement du climat pour les générations actuelles et à venir. Face à l’urgence absolue de la situation, nous, journalistes, devons modifier notre façon de travailler pour intégrer pleinement cet enjeu dans le traitement de l’information.

Tel est l’objet de la présente charte. Nous invitons donc la profession à :

1. Traiter le climat, le vivant et la justice sociale de manière transversale. Ces sujets sont indissociables. L’écologie ne doit plus être cantonnée à une simple rubrique ; elle doit devenir un prisme au travers duquel considérer l’ensemble des sujets.

2. Faire œuvre de pédagogie. Les données scientifiques relatives aux questions écologiques sont souvent complexes. Il est nécessaire d’expliquer les ordres de grandeur et les échelles de temps, d’identifier les liens de cause à effet, et de donner des éléments de comparaison.

3. S’interroger sur le lexique et les images utilisées. Il est crucial de bien choisir les mots afin de décrire les faits avec précision et rendre compte de l’urgence. Éviter les images éculées et les expressions faciles qui déforment et minimisent la gravité de la situation

4. Élargir le traitement des enjeux. Ne pas renvoyer uniquement les personnes à leur responsabilité individuelle, car l’essentiel des bouleversements est produit à un niveau systémique et appelle des réponses politiques.

5. Enquêter sur les origines des bouleversements en cours. Questionner le modèle de croissance et ses acteurs économiques, financiers et politiques, et leur rôle décisif dans la crise écologique. Rappeler que les considérations de court terme peuvent être contraires aux intérêts de l’humanité et de la nature.

6. Assurer la transparence. La défiance à l’égard des médias et la propagation de fausses informations qui relativisent les faits, nous obligent à identifier avec précaution les informations et les experts cités, à faire apparaître clairement les sources et à révéler les potentiels conflits d’intérêts.

7. Révéler les stratégies produites pour semer le doute dans l’esprit du public. Certains intérêts économiques et politiques œuvrent activement à la construction de propos qui trompent la compréhension des sujets et retardent l’action nécessaire pour affronter les bouleversements en cours.

8. Informer sur les réponses à la crise. Enquêter avec rigueur sur les manières d’agir face aux enjeux du climat et du vivant, quelle que soit leur échelle d’application. Questionner les solutions qui nous sont présentées.

9. Se former en continu. Pour avoir une vision globale des bouleversements en cours et de ce qu’ils impliquent pour nos sociétés, les journalistes doivent pouvoir se former tout au long de leur carrière. Ce droit est essentiel pour la qualité du traitement de l’information : chacun•e peut exiger de son employeur d’être formé•e aux enjeux écologiques.

10. S’opposer aux financements issus des activités les plus polluantes. Afin d’assurer la cohérence du traitement éditorial des enjeux du climat et du vivant, les journalistes ont le droit d’exprimer sans crainte leur désaccord vis-à-vis des financements, publicités et partenariats média liés à des activités qu’ils jugent nocives.

11. Consolider l’indépendance des rédactions. Pour garantir une information libre de toute pression, il est important d’assurer leur autonomie éditoriale par rapport aux propriétaires de leur média.

12. Pratiquer un journalisme bas carbone. Agir pour réduire l’empreinte écologique des activités journalistiques, en utilisant notamment des outils moins polluants, sans pour autant se couper du nécessaire travail de terrain. Inciter les rédactions à favoriser le recours aux journalistes locaux.

13. Cultiver la coopération. Participer à un écosystème médiatique solidaire et défendre ensemble une pratique journalistique soucieuse de préserver de bonnes conditions de vie sur Terre.

https://www.acrimed.org/Charte-pour-un-journalisme-a-la-hauteur-de-l