biosphere

Lymphomes et leucémies chez les agriculteurs

Je n’aimerais pas être agriculteur productiviste, je voudrais être paysans bio. Les dernières études le démontrent. « Le suivi de 180 000 éleveurs et cultivateurs dénombre une proportion accrue de lymphomes, leucémies ou cancers de la prostate, notamment chez ceux exposés aux pesticides », nous indique Stéphane Foucart. Ces résultats renforcent les éléments de preuve de l’impact sanitaire des pesticides sur leurs utilisateurs, les liens entre pesticides et hémopathies malignes étant déjà solidement établis. Pourtant il y a aussi sous-représentation de plusieurs cancers chez les agriculteurs : poumon, larynx, œsophage, foie, vessie, etc., dont une grande part sont liés au tabac ou à la sédentarité. Je n’aimerais pas être citadins. Les commentateurs sur lemonde.fr expriment leurs opinions, tumultueuses comme il se doit :

Sextus Empiricus : Les premières victimes de l’agriculture productiviste seraient les agriculteurs eux-mêmes ? J’espère qu’un jour on sera capable de mettre à plat le rapport coûts et de bénéfices du productivisme et de prendre enfin les décisions qui s’imposent. Je crains que cela prenne encore du temps étant donné l’attachement fétichiste de nos Etats et gouvernements à des indicateurs économiques totalement désuets et court-termistes.
lecteur assidu : Les Parisiennes / parisiens et les agricultrices / agriculteurs ont la plus grande espérance de vie en France. C’est le seul indicateur qui ait une valeur.
Archisauvage @ assidu : Continuons à empoisonner nos agriculteurs et les citadins: aucun souci, tant que l’indicateur les concernant reste en dessous de la moyenne. Ça c’est du raisonnement !
Tiède : notez que les agriculteurs ont une alimentation différente, ils sont moins sédentaires et fument moins que le reste de la population. De même, ils ne sont pas exposés au même type de pollution atmosphérique que celle des grandes concentrations urbaines.
Anti-Pollueurs : Mais attendez, ce sont ces mêmes produits : pesticides, phytos et poisons en tout genre… que la FNSEA veut asperger au plus près des habitations ! Mais comment est-ce possible ?
Bobo parisien @ antipollueurs : C’est quoi cet agribashing ??? Mais bon sang de bonsoir, que fait Demeter ???
Agnès : L’article est écrit comme si c’était les agriculteurs qui subissent les pesticides que quelqu’un d’autre leur impose alors que c’est le plus souvent leur choix de les utiliser
gaston : Ben oui, c’est l’arroseur qui est arrosé avec les pesticides ; si sa détruit les oiseaux … cela ne peut pas être bon pour les destructeurs qui les utilisent..
Danoask : Agnès achèterait-elle des pommes de terre avec quelques trous de doryphores ??? Des laitues un peu bouffées par les limaces ? etc.???
La Biscotte : Et pendant ce que ces fainéants de citadins sûrement trop gras commentent du fond de leurs canapés, les agriculteurs travaillent pour les engraisser.
Dance Fly : Les résultats sont pourtant clairs et y’a pas de quoi polémique r: quand on est agriculteur on a un risque accru pour 6 cancers, et pour 4 d’entre eux ce risque est lié à l’utilisation d’intrants.

Décroissance maîtrisée ou récession sévère

« Il est erroné de penser comme Christian Jacob que décroissance est synonyme de récession », écrit Stanislas Rigal, biologiste de la conservation :

«  La seule écologie réaliste, notamment dans les sociétés occidentales, est celle qui fait décroître l’impact humain sur la biosphère et les quantités d’énergie et de matière extraites de l’environnement. Alors que la récession touche la quasi-totalité des secteurs sans discernement en créant un chômage massif, la décroissance est une entreprise prévue, se concentrant sur les secteurs ayant l’impact environnemental le plus négatif, améliorant le quotidien des plus nombreux, réduisant les inégalités par une redistribution des ressources et une démarchandisation du monde. La décroissance permet le passage d’un système obèse reposant sur les énergies fossiles vers un système sobre et convivial. L’humain n’est pas un ennemi de la nature. S’il y a un ennemi, c’est le capitalisme extractiviste et productiviste et il y a des gens derrière chaque activité mortifère ou législation laxiste. Eux sont les vrais ennemis de la nature. Les attaques contre « l’idéologie écologiste » peuvent se retourner facilement, en partant de chiffres précis concernant la réalité physique. Les flux de matière et d’énergie ont atteint des niveaux non soutenables, même à l’échelle de la France. L’empreinte carbone y est de 11,2 tonnes équivalent par habitant au lieu de 2 tCO2eq. L’empreinte matérielle est à 13,2 tonnes par habitant et devrait être divisée au moins par deux pour redevenir soutenable, etc.
Les incantations sont le fait de ceux qui refusent la réalité physique, à savoir que la croissance des flux de matière et d’énergie extraits d’un environnement fini admet des limites physiques. Les minerais radioactifs sont des ressources limitées (et non souveraines) tout comme les ressources carbones fossiles. C’est donc de paradigme qu’il faut changer, à savoir baisser la consommation et la production d’énergie… Une modification des mobilités est indispensable, vers des véhicules partagés, mais cela ne remplacera pas une nécessaire réduction des distances parcourues. C’est d’autant plus vrai pour l’aviation pour laquelle il n’existe pas de moyen crédible de réduire les émissions ; l’honnêteté consiste à proposer aux travailleurs du secteur aérien des plans de formations qui assurent leur avenir. La question n’est pas d’avoir un gâteau toujours plus gros, surtout quand le four n’a plus la taille suffisante pour le cuire. La question est de découper plus équitablement ce gâteau et de lui rendre une taille qui permette de le passer dans le four. Finalement, le point principal n’est pas tant de savoir si la décroissance est, ou non, une utopie de néo-hippies nécessitant de rester confinés trente ans, mais de savoir si nous allons la prévoir ou la subir.
 »

Formidable tribune de Stanislas Rigal qui fait le tour de l’opposition fondamentale entre religion de la croissance et ses dévots d’une part et politiques concertées de sobriété partagée d’autre part. Les prétendants écolos à la présidentielle vont-ils avoir le courage de parler aux médias de décroissance maîtrisée ? Nous suivrons avec intérêt les déclarations publiques de Yannick Jaodt, Eric Piolle et Sandrine Rousseau…
Pour en savoir plus sur la décroissance maîtrisée :

La droite envisage l’idée de décroissance

EELV face au concept de « décroissance »

EELV 2022, y aller pour gagner

Les écologistes veulent être en ordre de bataille pour la présidentielle 2022, unis autour d’un Pole écologiste. Voici leur discours :
Exposé des motifs : La politique des gouvernements successifs détruit un peu plus chaque jour. Les écologistes de la première heure, méprisés ! Les jeunes qui s’engagent pour le climat, moqués ! Les propositions de la convention citoyenne, balayées ! Des personnalités isolées comme Nicolas Hulot dans des gouvernements productivistes, ne peut faire une politique écologiste. Nous pouvons, et nous devons gagner les élections présidentielle et législatives de 2022 : envoyer à l’Elysée un.e président.e écologiste, à l’assemblée une majorité écologiste. En tant que parti fondateur de l’écologie politique, c’est notre responsabilité. Les écologistes et leurs partenaires de gauche sont aujourd’hui dispersé.e.s dans de multiples organisations qu’elles soient des partis, des associations, des syndicats, des collectifs citoyens, des ONG, des combattant.e.s isolé.e.s de la justice sociale et environnementale… dont aucune ne peut prétendre individuellement à l’hégémonie sur l’espace politique de l’écologie. Il convient de rechercher une coordination. Le pôle écologiste n’est qu’une première étape du rassemblement qu’il nous faudra construire. Nous mettrons en place une plate-forme participative. Une fois le projet constitué, nous engagerons la désignation de celui ou celle qui saura le porter pendant la campagne présidentielle. Ne soyons plus celles et ceux qui réclament, devenons celles et ceux qui font. Cette fois-ci, nous devons y aller pour nous qualifier au premier tour, et faire élire un.e président.e écologiste au second. Cette fois nous y allons pour gagner.

Motion : Afin de mettre sur pied une organisation qui a pour but de construire les bases d’un rassemblement pour remporter l’élection présidentielle de 2022, EELV propose aux partenaires du pôle écologiste, et à celles et ceux qui souhaiteront nous rejoindre une organisation de rédaction du projet, de pilotage de la campagne et un mode de désignation de la personne qui incarnera cette candidature… Le comité de pilotage recherchera en priorité un consensus pour proposer parmi les candidat.e.s celle/celui qui portera les couleurs de l’écologie politique en 2022. A défaut, les candidat.e.s seront départagé-es par un vote. Conformément à l’article 36 des statuts d’EELV, les seul-es adhérent-es seront appelé-es à s’exprimer le lendemain du 2e tour par voie électronique pour valider ou non la candidature issue de la primaire de l’écologie.
(résumé de la motion adoptée les 21 et 22 novembre 2020 lors du Conseil fédéral d’Europe-Écologie-Les-Verts)

Élection présidentielle : y aller pour gagner

Interruption (in)volontaire de vieillesse

La société peut-elle faire le tri entre les mourants, les mourants peuvent-il décider de leur sort ? Deux points de vue s’entrechoquent !
Christophe Barret, Francis Navarro, Gaël Piton : « A ce stade de la pandémie de Covid-19, l’hypothèse d’un « tri nécessaire » des prises en charge hospitalières devient une éventualité. On devrait alors arbitrer entre les patients atteints de Covid-19 et les autres pathologies… Le principe de justice sociale n’exclut pas un traitement différencié si les situations individuelles sont différentes. La légitimité et le réalisme de moyens médicaux lourds (donc limités) ne sont pas les mêmes selon que le cas est désespéré ou laisse espérer une guérison. Pour l’accès à la réanimation, c’est l’approche globale du bénéfice d’une prise en charge thérapeutique possiblement lourde, avec l’espoir d’une survie avec une qualité de vie acceptable par le patient, qu’il soit atteint du Covid-19 ou d’une autre affection. L’âge et l’espérance de vie comptent, mais aussi la fragilité des patients ou les organes défaillants. Le respect de la volonté individuelle est aussi un principe fondateur… »

Rose-Marie Lagrave : « L’une des solutions-clés, pour désengorger les hôpitaux, calmer la culpabilité des soignants face à la contrainte de devoir trier, et associer les malades aux décisions qui les concernent au premier chef, consiste entre autres à associer les vieux et vieilles à la décision de continuer à vivre ou de choisir le moment de leur mort… La loi Léonetti-Claeys du 2 février 2016 ne reconnaît que « le droit au refus de l’obstination déraisonnable ». La raison suppose d’aller plus loin, l’épidémie rend légitime le droit à demander une aide médicale pour mourir dans la dignité. Le mouvement féministe a su lutter avec ténacité pour obtenir le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et concrétiser le slogan « faire naître si je veux, quand je veux ». On doit s’interroger sur les vertus de l’IVV : « Demander la mort si je veux et quand vivre devient indigne ». Et, bien sûr, nul n’est jamais obligé d’exercer son droit… »

– sur notre blog biosphere, la nécessité d’un triage médical (11 mars 2020)

Covid-19, nécessité d’un triage médical

– sur notre blog biosphere, le droit de mourir dans la dignité (7 avri 2020)

Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

CLIMAT, pourquoi pas une grève de la faim ?

Le 28 octobre 2020, l’eurodéputé Pierre Larrouturou avait annoncé qu’il entamait une grève de la faim à Bruxelles dans les locaux du Parlement européen. Sa revendication : obtenir un renforcement du budget de l’Union en faveur du climat, de la santé et de l’emploi. Au terme de trois semaines de jeûne, il avait annoncé samedi 14 novembre en fin de journée mettre un terme à cette initiative. Mais d’autres citoyens reconduisent sa démarche. Près de 70 personnes, en France et en Europe, sont engagées dans une grève de la faim collective avec, pour échéance, le prochain Sommet Européen des 10 et 11 décembre. Certains approchent de leur quatrième semaine de grève de la faim.

« Nous réclamons des dirigeants européens un vrai plan de relance « climat-santé-emploi » pour affronter les crises qui viennent . Des centaines de milliards d’euros sont disponibles, il suffit juste d’avoir le courage politique d’aller les chercher : nous exigeons une taxation immédiate et conséquente de l’ensemble de la spéculation financière. Une taxe de 0,1% permettrait de récupérer plus de 50 milliards d’euros chaque année: qu’est-ce qu’on attend ? La spéculation n’a aucune utilité économique, elle ne produit rien et ne fait que déstabiliser les marchés. Nul ne devrait la défendre. Nous, anonymes, refusons d’accepter que nos dirigeants protègent le parasitisme financier organisé au lieu de préparer nos sociétés à surmonter les chocs à venir. »

 Nous comptons sur les médias pour informer le public de notre engagement ; nous voulons que tous ceux qui pourraient nous rejoindre pour faire pression sur les dirigeants européens le puissent.
A votre service pour plus d’infos à grevedelafaimclimat@free.fr

La droite envisage l’idée de décroissance

L’idée de décroissance fait son chemin même au sein de la droite… Avec Christian Jacob, le patron des Républicains, on a dépassé le stade de l’ignorance crasse pour passer au stade suivant, l’attaque bête et méchante : «  Les Verts et l’extrême gauche se sont approprié l’écologie pour promouvoir la décroissance… Pour respecter les accords de Paris via la décroissance, il faudrait rester confinés pendant trente ans ; la décroissance est donc une voie sans issue… C’est pour cela que je défends un développement durable… La recherche, l’innovation, les entreprises ont un immense rôle à jouer pour réduire les émissions, inventer des carburants moins polluants… Depuis un an, Les Républicains sont au travail, plus de cent réunions sur les sujets comme le réchauffement climatique, la qualité de l’air, de l’eau… A rebours d’une idéologie écologiste ne produisant que des slogans et de la peur, fixons-nous des objectifs précis à partir des réalités. Les commentaires sur lemonde.fr vont bon train :

EG : J’ai du mal à voir ce que les propos de Jacob ont de différents par rapport aux idées de la droite il y a 20 ans, et je ne savais pas qu’il suffisait d’en appeler au bon sens et à la science pour que la science apporte la solution d’un coup de baguette magique. Tout semble tellement évident quand on fait de la politique…
Dance Fly : Demander à un LR d’écrire une tribune sur la transition écologique c’est un peu comme demander au patron des chasseurs (W. Schraen) d’établir un programme de protection de la biodiversité. D’ailleurs dès le second paragraphe on voit surgir le slogan préféré de l’agrobusiness: « En 2050, la terre comptera 2,4 milliards d’habitants en plus. Il faudra bien augmenter considérablement la production agricole mondiale pour les nourrir ». Sous- entendu: faites confiance à ceux qui ont la mainmise sur l’agriculture : fabricants de pesticides, grands semenciers, OGM.
Alexandre Faulx-Briole : M. Jacob est bien sûr desservi par le fait qu’il est agriculteur dans la Beauce, céréalier, et donc pollueur en chef, aux yeux de ses détracteurs. Agriculteur, il devrait savoir que les carburants alternatifs sont sans doute « agro-carburants », mais qu’ils ne seront jamais « bio ».
Dance Fly : C. jacob démarre sa tribune sur un préjugé politique: les écologistes seraient d’horribles gauchistes décroissants. Il m’avait plutôt semblé que la prise de conscience des enjeux environnementaux traversent dorénavant toutes les strates de la société; c’est bien pour cela que la transition en cours n’est pas pilotée que par des décroissants, loin de là.
Transition_necessaire : Décroissance (de quoi?) = « sous cloche pendant 30 ans »… c’est ça le slogan qui fait peur ? « Il faudra bien augmenter considérablement la prod agricole mondiale ». C’est une pensée magique? Une alternative est de limiter la part de viande pour maximiser l’utilisation des calories produites. Jacob « Il nous faudra donc diminuer notre conso énergétique » même lui le dit. BRAVO!!! Donc la décroissance (de la conso matérielle) n’est PAS juste « une voie sans issue ». Il mise sur recherche innovation. « hydrogène vert » c’est quoi?? un rêve !
Réaliste : Ce n’est pas de la décroissance que de remplacer la vente des 4×4 et SUV par des berlines et citadines de même génération qui polluent 10 et 20 % de moins. Ce n’est pas de la décroissance que de remplacer la majorité des voyages aux antipodes avec passage par un hub par de la vidéoconférence. 90 % des terriens n’ont jamais pris l’avion contre quelques centaines de millions principaux responsables de cette pollution. Au-delà des mots, Jacob est-il prêt à ces évolutions ?
Gwen : La sobriété est la seule voie, c’est scientifiquement démontré. Dans une collectivité bien organisée, on n’a pas besoin de voiture (ou très rarement en location), de chauffage (habitat bio-climatique), de pétrole (no plastique), de congélo énergivore (produits frais locaux…), etc. Voilà où se situe l’enjeu : reprendre toute notre organisation à zéro pour construire sur des bases saine, au lieu de continuer le grand n’importe quoi comme le propose Jacob.
Gaïa : La décroissance est fondée sur l’abondance des interactions (pensée systémique), et non sur la promotion de la pénurie. Manifestement, nous n’avons pas la même définition de la décroissance que CJ.
ChP : Merci au Monde d’ouvrir une tribune à Ch. Jacob, cela permet de constater que son discours est d’une vacuité immense. Un discours vide de sens et sans objectif. Il préconise un développement durable! Un développement de quoi? Là est la question restée sans réponse.
Minga : Allons , ne soyons pas mauvaise langue, la droite vient de prendre conscience qu’il y avait un léger problème au niveau du climat, c’est déjà beaucoup !

Violer la Terre-mère, un simple délit

La convention citoyenne pour le climat avait voté pour la création d’un crime d’écocide, le gouvernement a décidé de n’en faire qu’un délit : « Nous allons créer un délit général de pollution. Les pénalités seront modulées en fonction de l’intentionnalité de l’auteur. Les peines encourues vont de trois ans d’emprisonnement à dix ans d’emprisonnement selon qu’on est en présence d’une infraction d’imprudence, d’une violation manifestement délibérée d’une obligation et la plus lourde, d’une infraction intentionnelle. » Les amendes, qui se veulent dissuasives, iront de 375 000 à 4,5 millions d’euros. « Autrefois vous polluiez, vous gagniez, demain vous polluerez, vous paierez jusqu’à dix fois le bénéfice que vous auriez fait  », assure le garde des sceaux. Un deuxième délit de « mise en danger de l’environnement » devrait aussi voir le jour. Voici quelques réactions :

Marie Toussaint : Les ministres se saisissent enfin de l’enjeu crucial de la répression pénale des atteintes à l’environnement. Parmi les propositions formulées nous ne trouvons toutefois trace ni d’une approche écocentrée, ni de la condamnation des atteintes autonomes à l’environnement, c’est-à-dire sans qu’elles ne soient rattachées à la violation d’une règle en vigueur.
Marine Yzquierdo (Notre Affaire à Tous) : Ce délit général de pollution est sans rapport avec le crime d’écocide, censé punir les atteintes les plus graves à l’environnement en intégrant une approche écosystémique en référence aux limites planétaires. Ce délit devrait s’ajouter au crime d’écocide et non le remplacer. Reste une avancée intéressante avec la création d’un délit de mise en danger de l’environnement, mais le critère de “violation délibérée” est à discuter car s’il faut en plus que cela soit “manifeste”, cela posera une condition supplémentaire et donc limitera le champ de la répression. »
Victor M : Et en même temps, le gouvernement a supprimé progressivement les effectifs des inspecteurs de l’environnement qui constatent les pollutions et mène des enquêtes, en outre, il a créé une cellule spéciale (demeter) pour intimider et poursuivre les lanceurs d’alerte qui dénoncent les pollutions !
Gérard Pinard : Un petite loi qui fait semblant de et qui ne changera rien. Pendant ce temps, le pôle nord est 12 degrés au dessus des moyennes historiques. Quand on se décidera d’agir pour Les différences entre un délit et un crime sont au niveau des tribunaux compétents pour les traiter et des peines encourues. Considérer l’atteinte à l’environnement comme un crime impliquerait une peine minimale de 15 ans de prison,
Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

crime écologique, crimes verts, écocide

D’une définition de l’écocide à une application pénale

Crime d’écocide, bientôt la reconnaissance officielle

Féminisme radical et écologie politique

SCUM Manifesto, pamphlet autoédité en 1967 par Valerie Solanas, n’y va pas de main morte : « Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin. » SCUM, acronyme de Society for Cutting Up Men (l’association pour châtrer les hommes) appelle à constituer des banques de sperme pour assurer la reproduction et tient l’homme pour « un accident biologique ; le gène Y (mâle) n’est qu’un gène X (femelle) incomplet, une série incomplète de chromosomes (…) une femme manquée, une fausse couche ambulante, un avorton congénital ». Si Solanas elle-même ne se considérait pas comme féministe et traitait les associations féministes avec mépris, son manifeste est considérés par certaines comme un acte fondateur du féminisme radical. Aux Etats-Unis, SCUM a divisé profondément les féministes au cours des années 1970 et provoqué une fracture au sein de la National Organization for Women (NOW), la principale organisation féministe. L’emblématique fondatrice, Betty Friedan, estimait que les idées de Solanas faisaient du tort à la cause, tandis que d’autres militantes la défendaient. Cinquante ans après, deux essais reprennent l’idée de se passer des hommes : Moi les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange et Le Génie lesbien de l’élue Ecologie-Les Verts (EELV) au Conseil de Paris Alice Coffin.

Les pamphlets sont des pamphlets à l’égal des caricatures de Mahomet, des témoignages que la liberté d’expression existe aux États-Unis et en France. SCUM n’est qu’une caricature, un simple prurit. Le sexicide devrait faire rire et ne pas être pris au pied de la lettre. Libres à certaines de ne vivre qu’entre femmes comme des hommes préfèrent l’entre-soi. Mais toutes ces manifestations ne font pas projet de gouvernement. Que Coffin ne lise plus Matzneff, soit, qu’elle fasse virer Girard, c’est un changement de registre. Ce qui inquiète chez ces féministes radicales, c’est de ne plus faire la distinction entre la pensée symbolique et l’action réelle. Ce qui inquiète chez EELV, c’est qu’on donne la parole et des places d’élues à un féminisme extrémiste alors que l’écologie politique prône le sens des limites. Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme est l’exact contraire du séparatisme des sexes. Le terme misoandre n’existait pas avant les années 1970, c’était injuste puisque le terme misogyne existait. Mais l’existence d’un mot désignant certaines attitudes ne devrait pas occulter le fait que nous sommes tous fondamentalement androgynes. Voici quelques compléments d’analyse sur lemonde.fr :

Extrêmecentre : L’argumentation de cet « SCUM » comporte la même structure que les « écrits » antisémites et racistes. En particulier l’animalisation, donc la déshumanisation, d’une partie de l’espèce humaine afin de justifier son élimination. A bien des égards on est en présence d’un Mein Kampf féministe. Je ne comprends même pas qu’on réserve une seule ligne à ce type de machin dont on apprend avec consternation qu’il a inspiré nombre de féministes actuelles (cela étant on s’en doutait).
Hervé Corvellec : Je mettrais le SCUM au rayon littérature et non pas sciences humaines, ce qui n’empêche pas les études de genre d’y faire référence. Il s’agit selon moi d’un écrit de révolte à mettre dans la tradition du Marquis de Sade (sans les détails) ou d’Alfred Jarry (sans l’humour) . Solana y vomit la sociétés des hommes comme d’autres vomissent leur haine de tel ou tel groupe de personnes – ce qui bien sûr pose problème.
Jibé : SCUM montre bien comment le féminisme n’est qu’une des expressions de l’extrême-droite exclusive, qui a réussi par je ne sais que tour de magie à recevoir un label « de gauche » tout en prônant des exclusions et interdictions de mélange dans tous les sens.
Alta : Ce que ces » féministes » ne comprennent pas, c’est que tous leurs excès provoquent ce qu’elles haïssent le plus. Chaque fois qu’une femme dit vouloir exterminer les hommes, elle raidit un peu plus ceux qui auraient pu tendre une main vers elle.
Vermont1 : Solanas était une grande admiratrice de William Burroughs. Selon maints témoignages elle le suivait partout dans New York. Bien sûr, Burroughs (qui avait tué sa femme d’une balle dans la tête) avait écrit, bien avant Solanas, un petit texte intitulé ‘A New Frog’ où, découvrant cette nouveauté scientifique qu’était le clonage, imaginait un monde où les mâles pourraient se reproduire sans les femelles, ce qui rendait la présence du genre féminin sur terre tout à fait dispensable. Burroughs représentait non seulement l’icône gay des années 50, 60, mais aussi le seul grand écrivain de son époque qui assumait une misogynie radicale.

Pour en savoir plus sur l’écoféminisme :

Écoféminisme et question démographique

CLIMAT, les politiques jugées par des juges

Le Haut Conseil pour le climat (HCC) avait estimé en juillet 2020 que la France n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. En novembre c’est le Conseil d’État qui donne trois mois à l’exécutif pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ». A l’issue des trois mois, le CE demandera au gouvernement de se justifier à la barre sur l’efficacité de ses politiques publiques. Si la haute juridiction administrative n’est pas satisfaite des réponses, « elle pourra enjoindre à l’Etat de prendre des mesures relevant du champ réglementaire pour rectifier la trajectoire. » Le CE considère que l’article 2 de l’accord de Paris, qui limite notamment le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C et si possible 1,5 °C, n’a pas d’effet direct sur le droit français, mais qu’il doit être pris en considération dans l’interprétation de ce dernier. Cette décision est qualifiée d’« historique » par les associations de défense de l’environnement : on passe à une obligation de résultats en matière de lutte contre le changement climatique. Des commentateurs sur lemonde.fr montrent que si on veut vraiment lutter contre les émissions de gaz à effet de serre tout le monde est concerné :

Paco : Et après avoir enjoint le gouvernement ,s’il ne s’est rien passé, celui-ci aura un mauvais point. Au bout de 10 mauvais points, le CE fera un rappel à l’ordre et au bout de 10 rappels à l’ordre….zut, on sera en 2062.
G. Delaurens : Que pourrait faire l’Etat francais, de plus que de nous condamner à vivre dans un air pollué ?
Cartesien @delaurens. Vous mettre une contravention si votre véhicule pollue trop, si vous êtes seul et avez un gros véhicule inutilement, si vous prenez plus d’une fois tous les 5 ans l’avion pour les vacances, si vous achetez des produits fabriqués à l’autre bout du monde, si vous êtes connecté à internet plus d’une heure par jour pour les loisirs, si vous prenez une douche par jour, si vous chauffez à plus de 19 degré, etc. Il y a beaucoup de mesures concrètes à prendre pour la planète. Le seul problème est l’acceptation sociale et on l’a vu avec l’augmentation de 10ct (10cts !) des carburants pour faire évoluer les comportements. Ça a rendu les ronds points populaires 😉
Max Moritz : Beaucoup se réjouissent de ce que le gouvernement ait maintenant « une obligation de résultats »! Fort bien, mais ce n’est pas le gouvernement qui produit du CO2, c’est nous tous. Donc nous tous avons maintenant une obligation de résultats. On commence demain matin? Tous à pied? Puis extinction des tv, smartphones, pc etc… Puis…..
Un passant bien paisible : Il y a quelques mesures de bon sens qui permettraient sinon d’y arriver, du moins de se rapprocher des objectifs : 1/ interdire sauf impérieuse nécessité toute circulation automobile entre 21h et 6h du matin (en plus ce serait bénéfique pour la lutte anti-covid) 2/ arrêter immédiatement toutes les centrales utilisant de l’énergie fossile. Procéder à des délestages si nécessaire. 3/ fermer tous les parkings des grandes surfaces et des zones commerciales, et obliger les gens à aller faire leurs courses à pied. 4/ taxer lourdement toute personne utilisant une énergie fossile pour son chauffage 5/ interdire avec effet immédiat tout chauffage au bois. 6/ limiter le chauffage dans les logements à 17° et permettre à la maréchaussée d’intervenir dans les logements pour verbaliser lourdement tout contrevenant. Valable également pour les 2 points précédents.
NG : Les gilets jaunes sont le produit de telles mesures… Alors que ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions, c’est là qu’il faut attaquer.
Un passant bien paisible @NG, votre idée selon laquelle ce sont les riches qui contribuent en majeure partie aux émissions est très intéressante. Pouvez vous nous préciser quelles sont ces émissions majoritairement effectuées par les riches, et quelles solutions vous préconisez pour y remédier !
Alex Viroth : Le modèle de la grande surface occasionne moins de déplacements au total (fournisseur + clients) que le petit commerce. Taxer les personnages utilisant une énergie fossile pour se chauffer revient à augmenter le coût du chauffage. Quant à limiter le chauffage dans les logements, c’est comique…
Un passant bien paisible @Alex, indépendamment de la difficulté à mettre en place, le problème du chauffage devra être traité de toute manière. Et il faudra bien trouver d’une façon ou d’une autre un moyen de « pénaliser » jusqu’à le réduire à néant le sur-chauffage actuel.
Adrien H : Le bon sens en 2020 : obliger, taxer, interdire, verbaliser, et ceci jusque dans vos logements bien entendu. Assurément, un parti politique avec ce programme susciterait une telle adhésion qu’il remporterait sans difficulté toutes les élections pour les 50 prochaines années.
Un passant bien paisible @ AdrienH : j’avais encore d’autres mesures phares en stock comme notamment l’instauration d’une écotaxe pour les poids-lourd avec mise en place de portiques sur les réseaux routiers et autoroutiers…

Accouchement à domicile, un interdit ?

Accouchement à domicile, les poursuites en radiation et les difficultés de s’assurer ont éclairci les rangs de la profession. Il n’est pas recommandé de donner la vie de manière naturelle, sans péridurale ni ocytocine, cette hormone de synthèse qu’on injecte pour accélérer et renforcer les contractions. Les femmes sont minoritaires à aller à rebours des accouchements médicalisés, entre 1 000 et 3 000 actes par an pour 800 000 naissances annuelles en France. L’accouchement accompagné à domicile (AAD) ne s’est jamais vraiment remis de l’avènement de l’hôpital public, dans les années 1950 et 1960. Une nouvelle proposition périnatale s’offrait alors aux femmes : donner la vie dans des conditions sanitaires optimales, avec l’aide de personnels diplômés et sans débourser un centime. Des jours de repos étaient même payés par la Sécurité sociale : les parturientes auraient été stupides de ne pas plébisciter ce modèle. C’est ainsi que s’impose le « progrés technologique », en faisant miroiter des avancées et en pourchassant ceux qui veulent en rester aux méthodes traditionnelles. Place au  système fordiste, où les femmes sont standardisées, surveillées à distance depuis une salle de contrôle,soumises à des gestes médicaux, eux aussi standardisés.

Pourtant aucun texte n’interdit l’AAD en France, l’acte est remboursé au même tarif qu’un accouchement classique : 313,60 euros). Nous sommes des mammifères. Partout dans la nature, les femelles savent se comporter quand leur bébé arrive. La pratique est le plus souvent le « hands-off », une technique consistant à utiliser le moins possible les mains, afin de laisser la femme accoucher sans intervention extérieure – et renouer ainsi avec cette « fierté noble d’enfanter seule ». On attend au moins vingt minutes avant de clamper le cordon ombilical, afin de maintenir la circulation du sang entre le placenta et le nouveau-né, et non immédiatement comme le font généralement les maternités. Il y a toujours une part de risque dans tout accouchement, on ne peut pas en faire abstraction. Le transfert vers l’établissement de santé le plus proche froisse les gynécologues obstétriciens : « Un accouchement n’est pas un événement anodin. Si une femme commence à faire une hémorragie post-partum [HPP, l’une des principales causes de mortalité maternelle dans les pays industrialisés], je ne vois pas comment la sage-femme qui l’assiste va pouvoir contenir le saignement, le temps qu’arrive le SAMU ». Or l’ocytocine augmente le risque d’hémorragie grave, la technologisation alliée à la chimie comportent aussi leurs risques. Publiée en 2019 par la revue scientifique The Lancet, une enquête internationale conclut, sans ambiguïté : « Le risque de mortalité périnatale ou néonatale n’était pas différent quand l’accouchement était prévu à la maison ou à l’hôpital. »

Tous ces éléments de réflexion et bien d’autres sont proposées par l’article du MONDE, « Nous déplaisons à l’ordre établi » : ces sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile. Commentaires sur lemonde.fr
Batman98 : Nous avons accouché à la maison, un bonheur simple, tout a été parfait, pour tout le monde. ça n’a rien coûté à la société, empreinte carbone nulle, une arrivée dans la vie en douceur. Que les obstétriciens se désolent de perdre des parts de marché au détriment des familles est lamentable. Ce sont des spécialistes qui devraient jouer un rôle seulement en cas d’urgence. Si on veut traiter les femmes comme du bétail anonyme, c’est sûr que c’est plus facile et ça rapporte plus à l’hôpital et aux médecins. Du business.
Gédéon76 : Ceux qui parlent de « violence obstétricale » et de patriarcat devraient s’interroger sur le fait que la mortalité périnatale est 40 fois plus élevée en République Centrafricaine ou au Pakistan qu’en Finlande par exemple. Allez expliquer à une africaine ou une pakistanaise qui a perdu son enfant dans des conditions dramatiques que certaines femmes en occident ne jurent que par un accouchement comme au XVIII ème siècle ou comme les autres mammifères. A quand un papier glorifiant les parents qui refusent de vacciner leurs enfants ?
LaPalice : Gédéon a une opinion sur comment les femmes devraient vouloir accoucher car lui sait ce que c’est que la maltraitance obstétricale, l’intrusivité, l’accouchement à la chaîne et l’infantilisation des femmes. Aux pays bas, quasiment un tiers des femmes accouchent chez elles. Ça va, c’est assez blanc et riche comme pays pour que vous respectiez ces pratiques ?
Compléments d’analyse sur notre blog biosphere :

Violences obstétricales, médicalisation de l’accouchement

L’accouchement à domicile, c’est un choix de l’écologie

accouchement, désert médical ou société surmédicalisée ?

donner la vie n’est pas une maladie

bien naître, bien-être

Danger pour les uns, risque pour d’autres

Notre protection contre l’industrie chimique repose sur des termes inaccessibles au commun des mortels : phtalate, bisphénol A, parabens, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés, composés perfluorés (PFC), Chrome VI, HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique) aux effets cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens. Les polluants sont présents dans tous les objets du quotidien. Même les institutions censées prendre en charge notre protection se révèlent dépassées par la complexité des problèmes. A Bruxelles, la nouvelle stratégie du Green Deal vise un « environnement sans substances toxiques » à l’horizon 2030. A l’échelle de l’Union européenne (UE), environ 300 millions de tonnes de substances chimiques sont produites chaque année et la grande majorité (74 %) est considérée comme « dangereuse pour la santé ou l’environnement » par l’Agence européenne pour l’environnement. La direction générale chargée du marché intérieur et de l’industrie a pesé de tout son poids pour freiner cet élan réformateur. La chimie, quatrième secteur industriel en Europe (28 000 sociétés, dont les géants Bayer et BASF, un million d’emplois), est aussi un enjeu dans la bataille économique mondiale. Plus surprenant, la direction générale de la santé et de la sécurité sanitaire (DG Santé) s’oppose également au projet porté par la DG Environnement.

La DG Santé se dit « préoccupée » de « l’extension de l’approche fondée sur le danger dans la gestion des produits chimiques », proposée par la DG Environnement. Derrière ce jargon technique se cache une question fondamentale : l’approche fondée sur le danger (hazard based) consiste à réglementer un produit selon ses propriétés intrinsèques (par exemple cancérogène, reprotoxique, perturbateur endocrinien, etc.). La DG Santé, elle, dit préférer une approche fondée sur le risque (risk based) : dans ce cas, une molécule peut être utilisée, indépendamment de ses propriétés, si les évaluateurs du risque estiment que l’exposition de la population y sera très faible. Les commentateurs sur lemonde.fr nous éclairent :

Jean Jouet : Lla présentation du débat ‘approche DANGER , versus RISQUE’ interpelle. En sécurité, on identifie les dangers et on analyse les risques : si on se fie seulement au danger, alors on arrête tout travaux en industrie, mais on arrête aussi le ski de piste, l’alpinisme, la moto , etc… Pour la chimie : quid des médicaments ? à ce que je sache, la plupart si pas tous ont des dangers , parfois très graves. C’est pourquoi on analyse les risques et définit une posologie. Et pour les plus dangereux, on ne peut les acheter sans avis médical. Distinguer DANGER et RISQUE, c’est aussi faire une balance coût / bénéfice , et on doit être capable de prononcer ces deux mots sans y voir de suite la main du libéralisme débridé, mais simplement la traduction de ce que nous faisons tous les jours en tant qu’humain avant de décider.

Izy : Traduisons la novlangue orwellienne. La DG Santé est en fait la DG Maladie, la maladie étant son filon d’exploitation. Cela est conforme au fait que n’importe quel citoyen peut constater : l’industrie de la maladie a remplacé la politique de la santé.

Le sceptique : Aujourd’hui, on parle d’un environnement sans substances toxiques à l’horizon 2030. Hier, on parlait de mettre fin à l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2030. Avant hier, quelques avait sûrement dû lancer qu’on pouvait stopper le réchauffement climatique à l’horizon 2030. Pourquoi l’environnement est-il un thème où l’on trouve normal d’énoncer des objectifs absurdes? En santé, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de maladies en 2030. En économie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de chômage ou de crise en 2030. En diplomatie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de guerre en 2030. Je trouve que cela indique une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Soit c’est resté le truc superficiel où le technocrate se dit : « tiens, je dois combler un vide, pourquoi pas une grande promesse en l’air? ». Soit c’est un thème qui bloque une partie de la raison et conduit à des pensées sans recul.

Camille Pol @ le sceptique : Il demeure néanmoins plus réaliste de mettre en place une réglementation européenne interdisant les produits toxiques (et y parvenant) que de mettre en place une politique publique visant à supprimer le chômage ou la guerre (et y parvenant). Votre commentaire est effectivement révélateur d’une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Vous nous avez au moins épargné un argument de tendance néolibérale du type “Ces activités créent des emplois” (en se focalisant sur ceux qui permettent à des capitalistes de s’enrichir) sans prendre en compte les coûts supportés par la collectivité en terme de santé, bien évidemment !

Izy : À la décharge du sceptique, il faut noter que, pour paraître prévoyant et rationnel sans avoir la moindre volonté de l’être, le baratin technocratique ambiant fixe d’autant plus d’objectifs qu’il reste incapable de mettre en œuvre quelque moyen que ce soit pour les atteindre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Chimiquement contaminé… et il n’y a pas de solution

4 mars 2018, Néocotinoïdes, le gourdin d’une agriculture chimique

15 décembre 2016, La pollution chimique imprègne nos corps et nos esprits

10 mars 2016, Collusion éhontée des pouvoirs avec l’industrie chimique

14 juin 2013, le point de non-retour grâce aux produits chimiques !

8 novembre 2011, Nanotechnologies, l’industrie passe avant la santé

CLIMAT, l’Etat condamné à agir vraiment !

Le Conseil d’Etat avait été saisi en janvier 2019 par la commune de Grande-Synthe, dont le maire écolo Damien Carême estimait que sa ville, située sur le littoral du Nord, était menacée de submersion par « l’inaction climatique » du gouvernement.

Le 19 novembre 2020, la justice française a donné trois mois à l’État pour justifier de ses actions en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, une décision « historique » pour les défenseurs de l’environnement. Il s’agit du premier contentieux climatique à arriver devant la plus haute juridiction administrative française. Les juges n’ont pas tranché sur le fond, mais estimé que l’Etat – qui avait argumenté par écrit pour un rejet pur et simple de la demande – devait justifier que ses actions étaient bien compatibles avec les objectifs qu’il a lui-même fixés à la France en matière de limitation des émissions responsables du réchauffement climatique. Ils ont notamment relevé que l’Etat s’était fixé une baisse de 40% des émissions en 2030 par rapport à leur niveau de 1990, dans ses « stratégies nationales bas carbone » (SNBC, dont la dernière remonte à avril 2020).

Des objectifs pour mettre en œuvre l’accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère pré-industriellle, conclu sous l’égide de la France. Or les « budgets carbone » d’émissions des SNBC successives ont toujours été dépassés, comme l’ont notamment montré les rapports du Haut Conseil pour le Climat, dont les juges rappellent qu’il a « souligné les insuffisances des politiques menées pour atteindre les objectifs fixés ». L’Etat a d’ailleurs en conséquence revu ses objectifs à la baisse, rappellent les juges. Fort de ces constats, le Conseil d’Etat demande au gouvernement de justifier la « compatibilité avec la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre » de son objectif pour 2030. Les juges ont ainsi suivi les recommandations du rapporteur public, qui estimait lors de l’audience du 9 novembre qu’au vu de « l’urgence climatique », les législations ne pouvaient avoir « un objectif uniquement programmatique, mais bien contraignant ».
« Renvoyer les requérants à 2030 ou 2050 pour voir si les objectifs sont atteints vous conduirait à participer à cette tragédie » climatique, car « le risque existe que tout retard soit irréversible », avait-il argumenté. L’Etat va devoir rendre des comptes, les lois de programmation ne sont pas seulement pour la galerie.

Le gouvernement « prend acte », a réagi le ministère de la Transition écologique, « qui répondra évidemment à cette demande, qui n’est pas un jugement sur le fond mais une demande de preuves d’action ». Et de défendre sa « politique offensive » contre le réchauffement, citant notamment les « 30 milliards » du plan de relance affectés à la « relance verte », ou la future loi traduisant la Convention citoyenne pour le climat, qui « doivent permettre à la France d’atteindre les objectifs climatiques fixés ».

19 novembre, la journée mondiale des WC

Chaque jour il nous faut uriner et déféquer, bref c’est un besoin vital. Souvent le lieu importe peu, c’est n’importe où, mais quand on est des milliards à se soulager, ça craint.

C’est pourquoi l’Organisation des Nations unies (ONU) a choisi le 19 novembre pour marquer la Journée mondiale des toilettes. Faire pipi-caca, c’est en effet le moyen d’aborder de nombreuses problématiques : comment économiser l’eau en tirant la chasse ? Comment récupérer l’urine qui peut faire un bon engrais ? Comment construire des toilettes pas cher et performantes ? Passant du PC au PQ, Bill Gates finance depuis longtemps un concours pour réinventer les toilettes, capables de fonctionner sans électricité ni système de tout-à-l’égout. Certains vont déjà dans le tout-techno, sièges chauffants, biocapteurs installés dans la cuvette permettant de mesurer le taux de sucre dans le sang, cuvette rotative qui retient les odeurs. D’autres pratiquent la simplicité éclairée, cela s’appelle les toilette sèches.

Les toilettes sèches, aussi appelées toilettes à compost ou TLB (toilettes à litière biomaîtrisée), permettent le contrôle de la réaction chimique de dégradation des urines et des fèces grâce à l’ajout de matière ligneuse (sciure de bois). Elle n’utilisent pas d’eau et peuvent être installées très facilement, pour un coût minimal. L’urine contient la majeure partie du phosphore excrété. Elle est récupérable par l’usage de toilettes séparées pour la miction et la défécation. Une fois compostés, les excréments fournissent un engrais gratuit et riche en phosphore et azote. Pas besoin de milliards, pas besoin d’assainissement. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… Même dans nos comportements les plus triviaux, nous devons nous considérer comme un élément des écosystèmes auto-organisés qui nous entourent. Si le phosphore manque, la production agricole chutera. Pisser dans des toilettes « hygiéniques » avec le « tout-à-l’égout » n’est pas le meilleur service à rendre à l’humanité… A lire sur notre blog biosphere, pisser dans la nature ou dans des toilettes (22 novembre 2012)

pisser dans la nature ou dans des toilettes ?

NB : Pour le plaisir des yeux et sans les odeurs, « Toilettes sans tabou » de Thierry Berrod (Fr., 2019, 52 min). A la demande sur Arte.tv jusqu’au 12 janvier 2021.

Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Être ingénieur et écologiste est une nécessité, une nouvelle génération de jeunes s’engage dans les grandes écoles. Mais que peut-elle faire ?

Benoît, 22 ans, aux Mines de Paris et à Polytechnique : « A raison de dix à vingt heures par semaine, avec l’équipe du Manifeste pour une transition écologique, je m’engage à faire pression sur les dirigeants d’entreprise avec l’objectif de révolutionner leur modèle économique.  Loin d’être antinomique, je suis convaincu qu’être ingénieur et écologiste est devenu une nécessité.»
Hugo, 22 ans, étudiant à l’école d’ingénieurs de Mines ParisTech: « Ce qui a déclenché mon sursaut écologique, c’est un cours sur l’énergie de Jean-Marc Jancovici ; il nous a enseigné que l’économie est très dépendante des énergies fossiles et qu’on ne peut pas les substituer en ayant la même énergétique. Il faut donc faire preuve de sobriété. J’ai donc rejoint le collectif Pour un réveil écologique, qui a pour but d’encourager les écoles et les universités à intégrer les enjeux environnementaux dans les programmes scolaires, mais aussi de mettre au défi les entreprises en analysant leurs politiques environnementales. »
Alexandrine, 20 ans, étudiante à CentraleSupélec : « J’ai adhéré à une association étudiante Forum Ingénieurs responsables. Le Forum aura lieu le 18 février 2021, réunira des entreprises engagées dans la transition écologique qui proposeront des stages ou des emplois aux étudiants. Pour moi, être ingénieure et engagée dans la cause écologique, c’est l’avenir. Ce que j’aimerais faire plus tard : utiliser ma technique pour contribuer à résoudre des problèmes mondiaux. »
Caroline, 23 ans, ingénierie du développement durable à l’INP de Toulouse : « Mes recherches étaient axées sur le côté environnemental pur, l’étude des phytosanitaires, les problèmes de nappes phréatiques… mais il n’y a personne qui me donne la possibilité d’agir efficacement face aux enjeux environnementaux. Dans notre cursus, on nous répète que 90 % des emplois qu’on occupera n’existent pas encore, que c’est à nous d’agir. En réalité, ce n’est pas nous, avec nos petits bras, qui allons tout changer. »

Commentaire de biosphere : Ce ne sont pas 4 clairvoyants qui peuvent s’opposer à leurs condisciples qui préfèrent le commerce et la finance. Mais les temps changent. Autrefois leurs aînés ayant fait les mêmes cursus montraient une même foi à réformer la société et à guider le peuple vers le bonheur, sauf que cette foi était techno-productiviste alors que la leur est écologiste. On ne connaissait pas à l’époque le mot sobriété et l’écologisme était considéré comme obscène. Le problème, c’est que la presque totalité des emplois offerts aux ingénieurs sont issus de cet ancien temps croissanciste, ils sont plutôt nocifs pour la planète et/ou la vie humaine. L’idéal, c’est que le tout nouveau diplômé ingénieur retourne à la terre ou à l’artisanat local. Certains super-diplômés font déjà cette démarche.. .Pour compléter cette analyse, lire sur notre blog biosphere :
22 avril 2019, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

21 avril 2019, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

9 novembre 2017, Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

18 octobre 2018, Appel à démissionner de tous les métiers inutiles

Caricatures et tolérance partagée

La provocation n’est ressentie comme provocation que par ceux et celles qui s’estiment provoqués. Avant de parler de liberté d’expression et de caricatures blessantes, prenons l’exemple de la nudité sur les plages. Que faut-il préférer comme système social ? Le modèle traditionnel est de ne pas dénuder le corps. Dans un esprit de tolérance réciproque, les textiles devraient accepter le nudisme des uns comme les naturistes accepteraient la différence vestimentaire sur une plage partagée par tous et toutes. Le respect de pratiques différentes doit être un critère permettant la coexistence pacifique. Transposons cet exemple dans le cas de la liberté d’expression en matière de religions… Le concept de laïcité est inconnu dans un pays islamique. C’est un fait qui empêche un pays d’être véritablement démocratique. Face à l’expansion des intransigeances intégristes, il ne faut rien céder quand on est démocrate. La démocratie repose sur le libre-échange d’opinions contradictoires pour arriver à une synthèse, et le changement d’avis est un corollaire de cette pratique. Chacun a le droit de dire ce qu’il pense même si cela choque, puisque les religions ont le droit de dire ce qu’elles pensent. Avec une tolérance réciproque, il n’y a plus de provocation possible, mais seulement une invitation au dialogue. Sinon, on forme une société bloquée et réactionnaire, aux mains de personnes qui n’ont pour seule justification que des arguments d’autorité allergiques à l’esprit de la libre pensée. Une caricature mettant en scène une religion ne provoque pas, elle ne fait qu’inciter à réfléchir par rapport à ses propres présupposés.
Pour lire la totalité de cette analyse,
article initialement paru sur le monde.fr

Extrême droite et refus de la climatologie

Peu de gens auraient imaginé que le dérèglement du climat visible à l’œil nu coïnciderait avec l’importante progression d’une force politique qui nie catégoriquement ce phénomène. Aucun des scénarios du GIEC n’avait compté sur la possibilité que les dispositifs gouvernementaux en Europe et dans les Amériques seraient aux mains de partis et de présidents n’ayant qu’une hâte : expédier aux oubliettes l’urgence de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Nous soutenons dans ce livre* que la politique climatique de l’extrême droite s’est développée conjointement à certains intérêts matériels des classes dominantes.

Les changements progressistes ont tendance à provoquer de violentes réactions à leur encontre, et le climat ne fait pas exception. Le catéchisme du capitalisme fossile peut se résumer simplement : les combustibles fossiles sont bons pour les gens. Au fondement de cette doctrine se trouve un mode spécifique d’accumulation du capital qui domine depuis le début du XIXe siècle : la création de profits à travers l’extraction et la combustion des énergies fossiles. A mesure que l’extrême droite progresse, la thématique du changement climatique recule. La fragmentation de la politique climatique internationale sur des lignes nationales (cf accord de Paris de 2015) et les pressions nationalistes pour le retrait de l’accord ont formé deux maillons d’une même chaîne, le second poussant l’argument à son extrême : notre nation n’a pas à lever le petit doigt. Le fait que le capital fossile et l’extrême droite aient fusionné aux USA dans la personne de Donald Trump est significative. Dès sa première semaine à la Maison Blanche, à la fin du mois de janvier 2017, une cascade de décret approuvait le Dakota Access pipelines, le pipeline Keystone XL et décidait la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. C’est devenu une règle, chaque fois qu’un parti européen d’extrême droite dément ou minimise l’importance du changement climatique, il fait par la même occasion une déclaration sur l’immigration. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2007, Jean-Marie Le Pen proposait concernant l’immigration de couper « les pompes aspirantes, c’est-à-dire les services que nous assurons à tous les gens qui se trouvent sur notre territoire même si nous n’avons pas souhaité leur venir. » Il qualifia ensuite le changement climatique de « dogme » destiné à « terroriser les populations », affirmant qu’un éventuel réchauffement était dû au soleil. L’extrême droite agit dans le but d’anéantir toute barrière à l’accumulation du capital fossile, pour « libérer » les énergies bloquées sous terre.

Mais pour exister en tant que force historique réelle, la première des conditions est une crise. L’Italie et l’Allemagne sont entrées dans une crise d’après-guerre si profonde que les fonctions étatique de base – maintenir la cohésion sociale et garantir l’accumulation du capital – ne pouvaient plus être assurées ordinairement. Cependant aucune crise n’a engendré directement le fascisme. Mussolini comme Hitler ont été installés aux commandes par les détenteurs traditionnels du pouvoir qui misaient sur les forces fascistes pour sortir de l’impasse socio-économique due à la crise. Il faut reconnaître aussi à l’extrême droite un véritable mouvement de masse, avec une ferveur nationaliste et des partisans parmi les ouvriers. Le fascisme n’est pas pour les temps ordinaires ; aucune foule ne se rue vers lui si le sol ne menace pas de se dérober sous ses pieds. Mais quand une apocalypse se profile à l’horizon, les démagogues du sang et du sol tiennent le haut du pavé.

* Fascisme fossile (l’extrême droite, l’énergie, le climat) aux éditions La fabrique 2020

Voici venu le temps de l’immobilité…

En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Face à ce bougisme pendulaire (on part d’un endroit pour revenir au même endroit), la période de confinement est propice à la réflexion sur place. Ainsi Jean Viard divague sur les chemins de traverse, de cette pandémie doit naître un code mondial du voyage. A son avis voyager, c’est l’internationalisme qui triomphe, une humanité en cours de construction, au-delà de ses différentes cultures et nationalités. Il n’attend qu’une chose du post-Covid, la remise en route des activités touristiques : «  On devrait retrouver la passion de découvrir cette terre dont les hommes ont fait un monument… » Mais avec un minuscule bémol,  « des voyages qui respectent un code mondial du voyage, avec des séjours moins intrusif et moins polluant. Viard ajoute le fond de sa pensée : « Ne laissons pas les ennemis des mobilités régir le monde. L’humain est une espèce migrante. » Encore un anti-écolo qui croit que les migrations de masse sont encore de saison sur une planète close et saturée d’humains. Rétablissons les faits.

Le réchauffement climatique et la déplétion pétrolière impliquent inéluctablement de refuser les voyages en avions et le tourisme d’éloignement. Les périodes de confinement ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend, attestations de sortie, contrôles aux frontières, limitations des déplacements. « Voyager local », cette expression de Viard ne veut rien dire. La relocalisation des activités va faire disparaître au niveau socio-culturel toute idée de « voyage ». Comme l’exprime Michel Sourrouille dans un livre collectif « >Moins nombreux, plus heureux, l’urgence écologique de repenser la démographie : « Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Partout dans le monde ancien, les peuples donnaient un caractère sacré aux portes de leur territoire, village ou ville : aller au-delà impliquait toutes sortes de précaution. Même le roi de Sparte s’arrêtait à la frontière de la Cité pour y effectuer des sacrifices ; à l’extérieur était le domaine de l’étranger et du combat. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. La masse de la population était peu mobile et le vagabondage proscrit ; on naissait, vivait et mourait dans le même village. Les frontières nationales érigées au XIXe siècle n’ont fait qu’actualiser cette constante humaine, la délimitation d’une appartenance territoriale. »*

Notre blog biosphere a pris position de multiples fois contre le tourisme, par exemple :

Pourra-t-on voyager après l’apocalypse ?

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

genou à terre lors d’un match de foot

La footballeuse Megan Rapinoe, championne du monde en 2015 et 2019, n’en fait qu’à sa tête : « Après avoir posé le genou à terre pour la première fois avant le match de la ligue à Chicago, je me suis à nouveau agenouillée dans le Maryland. Le tollé a été énorme et instantané. Les Blancs étaient furax. Pfiou, ce qu’ils étaient furax ! Quand j’ai dit aux journalistes que je m’agenouillais pour dénoncer la suprématie blanche et les violences policières, beaucoup de Blancs l’ont pris de façon incroyablement personnelle. J’ai trouvé ça bizarre. Ce n’était pas leur faute en tant qu’individus s’il y avait eu l’esclavage ; mais c’était notre responsabilité à tous d’affronter le problème en rejoignant la campagne de protestation de Colin. Je croyais que le fait d’être blanche m’offrait une certaine immunité. J’étais également une femme – grande gueule, certes, mais aux yeux de beaucoup d’hommes blancs en colère, assez peu menaçante. Je ne m’attendais pas du tout à une indignation de cette ampleur. Les critiques ne cessaient d’affluer. Les courriers haineux déferlaient au bureau de mon agent. Les gens demandaient que je sois virée de l’équipe. Les fils d’actualité de mes réseaux sociaux débordaient d’insultes. La Fédération a sorti un communiqué : « Représenter son pays est un privilège et un honneur. Devant un public souvent mondial, c’est un privilège de représenter son pays. Aussi attendons-nous des joueurs qu’ils se lèvent en hommage à notre drapeau, au moment où est joué l’hymne national. » Ma sœur Jenny a appelé. Elle aussi jugeait que j’avais été trop provocatrice. »*

Megan Rapinoe confirme notre pensée allergique à la superficialité, celui ou celle qui est jugé(e) comme provocateur-trice ne veut pas provoquer, seulement inciter à réfléchir. Par contre ceux qui se sentent provoqués ont des réactions démesurées, comme s’ils n’avaient pas d’argument pour essayer de chercher ensemble le consensus entre opinions contradictoires. La tolérance réciproque est à la base d’un système démocratique ; en venir aux insultes et menaces est une grave atteinte à l’intelligence collective.

Ceci posé, rentrons dans le détail. S’agenouiller lors de l’hymne national pourrait être interprété comme un hommage à la nation, et rester debout comme une agression ; toute signification peut se retourner quand il s’agit de symboles sociaux, tous plus artificiels les uns que les autres. Respecter un drapeau national, c’est d’ailleurs faire preuve de chauvinisme ; le passage est facilité entre se déclarer la guerre sur un terrain de foot et déclarer la guerre les armes à la main. L’état d’esprit est le même, la confrontation à l’Autre, l’idée d’écraser l’Adversaire au nom de son pays. Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. La question de fond mérite d’être posée en France : est-ce que le drapeau bleu-blanc-rouge ou la Marseillaise font partie des valeurs de la République ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie.

Approfondissons l’analyse. Est-ce qu’un match de foot entre joueurs professionnels complice de la société du spectacle et du fric mérite d’être organisé ? Du point de vue des écologistes, la réponse est NON et détaillée sur notre blog biosphere :

Covid-19, les footballeurs en complet désarroi

Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

Total football. Mondial, une arme de diversion massive

Le football est coupable de notre décervelage

* extraits de son livre « One life », Stock, 278 pages, 20,50 euros.
https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/11/07/megan-rapinoe-je-m-agenouillais-pour-denoncer-la-suprematie-blanche-et-les-violences-policieres_6058848_3242.html

Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires. Le député LFI Alexis Corbière plaide pour un vaccin « universel et gratuit », mais sans dimension obligatoire. Dans l’électorat du Rassemblement national, 56 % ne se feraient pas vacciner, contre 22 % dans l’électorat macroniste. Alors un vaccin obligatoire seulement pour un nombre limité de cas ? La question du consentement au vaccin est fondamentale et attire plus de 100 commentaires sur le monde.fr, extraits  :

Pelayo Decovadonga : « Le consentement au vaccin contre le Covid-19, un sujet inflammable » ? C’est le drame de la démocratie libérale, où les ânes ont voix au chapitre. En Chine, personne ne demande l’avis des antivaccins. Résultat, le pays à récupéré son rythme d’avant l’épidémie.
P.coryn : Même si certaines personnes le refusent, il me semble probable que l’acceptation du vaccin sera large et au-dessus des 60 %, permettant une immunité collective. Par contre il serait souhaitable que le vaccin soit exigé pour travailler usuellement avec un public, ainsi que pour le personnel soignant.
Super-dupont93 : débat ridicule. Les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite pour être inscrits dans une école française. Conditionnez le consentement au vaccin à la garde des enfants et aux allocations et vous verrez que le taux de vaccination va être proche de 100%.
Letaxa : Contrairement au refus de respecter les mesures sanitaires (dont distanciation, masque, pas de rassemblement), le refus du vaccin ne mettra en danger que la vie de ceux qui le pratiqueront. C’est leur problème, c’est seulement leurs propres vie et santé qu’ils mettront en danger.
Gilab63 : D’accord avec ceux qui sont contre les vaccins ! A une condition : signer un document de refus officiel, de sorte que s’ils sont infectés par le covid 19, que tous les frais de la sécurité sociale leurs soient facturés………..!
Eloha : n’importe quoi Gilab !! Ou alors on fait preuve de cohérence : les fumeurs signent un papier acceptant de ne pas être soignés en cas de cancer du poumon ! On pourrait parler aussi de ceux qui mangent très riche… on nous l’a pourtant dit : manger équilibré et du sport, du coup les obèses signeront un papier aussi en cas de maladie liée à l’hygiène de vie par exemple… idée de génie non !
AMARI : Naguère, on ne demandait pas l’opinion des gens pour les mobiliser en cas de conflits. Là, on est en conflit avec un virus, donc, quand on sait qu’on a une arme efficace sur le virus, on fait tous ce qui doit être fait. Marre qu’on donne une mégaphone aux gens non qualifiés qui n’ont rien à apporter au débat.
Georges-Henri : Si une loi venait décider pour moi ce que je dois faire de mon corps, ce serait l’équivalent d’une mobilisation générale et je serais alors objecteur de conscience. Je sais qu’actuellement le bétail a à son oreille une étiquette jaune obligatoire, mais justement, je ne suis pas du bétail. Avec tout le respect que j’ai pour le bétail en question.
Stéphane : Il faut aussi comprendre les craintes d’effets secondaires potentiels, pour un vaccin dont on a pas de recul, contre un virus sur lequel on ne sait pas tout, loin de là. Il me semble légitime de se questionner. Et je dis ça en tant que médecin profondément pro-vaccination, et qui se fera vacciner contre le COVID quand il le pourra. Réduire ce questionnement aux anti-vax pro-gaïa, c’est plus que caricatural…
In varietate concordia : un côté obligatoire va vachement donner envie. Il suffit de voir comment les Français réagissent à ce qui est obligatoire depuis le début de la pandémie (voire depuis les gilets jaunes, mais on ne va pas revenir sur les sujets qui fâchent, hein). Souvent, laisser le choix est plus productif, ça laisse l’illusion au citoyen qu’il a encore quelques libertés. On fait plus facilement avancer un âne avec une carotte qu’en tirant sur son licou.
Adrien : La balance risque bénéfice ne justifie absolument pas d’imposer ce vaxin. C’est d’ailleurs pour ca que le vaxin de la grippe n’est recommandé que pour les personnes fragiles.
Ne rien lâcher : Il faut laisser les antivax libres de mourir du Covid 19,faut toujours laisser sa chance à la sélection naturelle… C’est écologique.
pour conclure, une référence sur notre blog biosphere :

La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Des décroissants en faveur des SUV !

Le conducteur d’un SUV est un provocateur très méchant, il agresse violemment le climat et insulte par son véhicule tous les militants luttant contre le réchauffement climatique. Pourtant le mensuel de Vincent Cheynet* s’insurge contre la meilleure méthode de s’organiser contre la destruction systématique des conditions de vie sur Terre, par exemple « en dégonflant les pneus des SUV ». Ce journal de la décroissance condamne en effet les réflexions de « La Ronce **» : « Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiment. » Vincent Cheyet réagit ainsi : « La bonne blague ; cette entourloupe a déjà été démontée mille fois et l’accident potentiellement créé par des pneus endommagés atteindra bien les personnes. » C’est prendre les motivations de l’action directe par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de « décroissant » est pour une définition très réductrice de l’action non-violente au nom d’une présentation tendancieuse et bornée de La Ronce : « Est-ce responsable que de lancer des jeunes au risque de la confrontation physique face à un propriétaire d’un SUV ? ». Comme si la violence physique d’un possesseur de SUV contre une personne se comprenait mieux que la défense du climat !

Approfondissons l’analyse. La Ronce** se définit comme « un nouveau collectif qui vise à démultiplier des actions directes, anonymes et décentralisées pour le vivant, pour empêcher de fonctionner ceux qui détruisent le vivant, ou a minima leur faire perdre des plumes via des gestes simples et peu risqués, des actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles. » Ils constatent : « J’ai trop peu de pouvoir et ceux qui en ont ne font pas face. Ils fuient. Ils festoient sur les ruines, jusqu’à la dernière goutte de pétrole, le dernier arbre debout, la mort de la dernière abeille… Voilà. Je tiens une idée : inventer des gestes simples et peu risqués qui empêcheraient leurs 4×4 de rouler, leurs pubs de s’afficher, des gestes qui dégraderaient suffisamment l’emballage de leurs produits pour qu’ils ne puissent plus les vendre… Nous allons mettre un joyeux bordel, car nous savons que c’est dans l’ordre et la discipline qu’ils organisent la destruction systématique des conditions de la vie sur Terre… Dispersé⸱e⸱s, nous serons des milliers d’épines dans leur pied. Ensemble, nous sommes la Ronce… » Cela rejoint parfaitement la conception de notre blog biosphere. Nous avons lu avec intérêt le livre d’Andreas Malm et montré que la violence contre les biens appartient au registre de la non-violence, à la contre-violence. Ne pas vouloir comprendre ce message, c’est se mettre du côté des multinationales qui ne veulent qu’une chose, la croissance aveugle dans un monde fin, le suicide collectif.

Le rédacteur en chef Vincent Cheynet consacre nombre des colonnes de son journal à dénoncer les écotartufes, mais il ne s’attaque jamais au greenwashing, à l’écoblanchiment, aux entreprises. Pire, on devrait s’interdire même des gestes simples contre les SUV ?
Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Urgence écologique et destructions de biens

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat
16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens
5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !
14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embras(s)er
* La décroissance, novembre 2020 page 8
** La Ronce, article de Reporterre