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11 juillet, Journée mondiale de la population

De : Population Matters Updates : you’ll know that we’re literally counting down the days to World Population Day this Saturday, 11 July ! Cette Journée mondiale de la population a pour objet d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. Le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a en effet recommandé, en 1989, de faire du 11 juillet cette Journée mondiale en référence à la Journée des cinq milliards, nombre d’humains atteint le 11 juillet 1987.

Les prévisions nous annoncent 10 milliards d’être humains en 2050 soit un doublement en 23 ans seulement et nous sommes déjà 7,8 milliards aujourd’hui. Une telle progression, vertigineuse, ne peut se faire qu’au détriment de toutes les autres espèces vivantes, au prix de la détérioration des sols, avec la fin programmée de toutes les ressources non renouvelables, la progression du stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, et le réchauffement climatique en prime. Le fait que l’humanité ne prête aucune attention à son nombre et laisse libre cours à l’évolution exponentielle de sa population nous amène donc nécessairement à des famines récurrentes, des guerres incessantes et même des épidémies facilitées par notre densité urbaine. Face à cette situation, il est urgent de devenir malthusien comme nous y incite l’association Population Matters au Royaume Uni et Démographie responsable en France. Pour connaître leurs objectifs :

About Population Matters : « All our environmental problems become easier to solve with fewer people, and harder – and ultimately impossible – to solve with ever more people. » (Sir David Attenborough, Population Matters patron) Our vision is of a future with decent living standards for all, on a healthy, biodiverse planet. Through our campaigning, advocacy and education work we influence policymakers, communities and individuals to make positive changes for a sustainable human population.

Le projet de Démographie Responsable : En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par l’information sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. En parallèle à cette information, nous nous donnons entre autre pour mission de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’instruction, condition nécessaire à la compréhension par tout être humain des dangers écologiques liés à la surpopulation.

Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. »* En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus. Vouloir améliorer les taux de succès est une problématique médicale. Le prélèvement d’une cellule embryonnaire, ou diagnostic préimplantatoire permet l’analyse des chromosomes, mais, à la différence de la plupart des pays européens, cela demeure interdit en France. Il faudrait donc que la loi l’ autorise. Le diagnostic de sexe de l’embryon ou d’autres caractéristiques non médicales ne doit pas être autorisé car seule nous intéresse de reconnaître les embryons qui n’ont aucun potentiel de développement. Pour les femmes, l’épuisement physique des femmes et les faux espoirs dévastateurs seront ainsi amoindris. »

La PMA est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire, la PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. Une autre manière de se reproduire est à la portée de tout un chacun, faire l’amour tout simplement, en usant de la différenciation des sexes. Une technique simple qui n’a pas besoin de l’assistance de « médecins » pour porter ses fruits.

En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Par exemple le sommeil et la méditation sont les activités les plus sobres qu’on puisse pratiquer, et donc les plus écologiques. On peut alors classer les techniques selon leur intensité croissante en ressources mesurées en termes d’énergie. C’est une première méthode. Rester au plus simple dans notre demande d’énergie exosomatique, c’est alléger notre trace sur la planète. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La possibilité de voir à l’intérieur de l’œuf et d’intervenir au stade le plus précoce, avec la possibilité de modifier les enfants à naître, c’est la voie vers un nouvel eugénisme. Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes comme Frydman.

Pour en savoir plus sur Frydman, nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

14 avril 2018, Jacques Testard, une victime de la techno-science (Testard contre Frydman)

21 mars 2016, Marre de la PMA, marre des marchands d’enfants

5 février 2013, Un technologue face à la procréation médicale assistée

20 décembre 2012, Mariés ou pas, non à la procréation médicale assistée (Testard contre Frydman)

7 octobre 2010, non à la fécondation in vitro

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/06/rene-frydman-il-faut-depasser-les-diktats-ideologiques-et-religieux-d-un-groupe-qui-veut-imposer-ses-croyances-a-tous_6045302_3232.html

Brouhaha médiatique et démocratie réelle

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. D’où la difficulté d’avoir un consensus même sur des faits aussi avérés que le réchauffement climatique d’origine anthropique. D’où l’inertie politique qui se contente depuis plus de 25 ans de conférences internationales (COP1, 23…, 25, 26) sur le climat pour en déduire qu’il est urgent de ne rien faire. En France la convention des 150 citoyens tirés au sort arrive pourtant à des résultats tangibles, il suffisait de leur donner de bonne informations et de les faire travailler sérieusement. C’est ce que démontre Stéphane Foucart : « Les 150 citoyens ont bénéficié de présentations d’experts, ils ont été mis en contact avec des opinions différentes, ils ont cherché à vérifier par eux-mêmes. C’est ce qui devrait se produire dans la société, mais le brouhaha médiatique finit toujours par transformer les faits les plus raisonnables en constructions idéologiques. Il faut bien sûr ne jamais renoncer à débattre, mais contester à tort la réalité d’un problème permet d’éviter de jamais débattre de ses solutions ! »  

Les commentateurs sur lemonde.fr confirment ce diagnostic :

Michel Lepesant : Excellente analyse qui a de surcroît le mérite de relier la question écologique à la question démocratique. A contrario, il est évident que pour les partisans de l’économie punitive (celle de l’idéologie inégalitaire, propriétariste et méritocratique), un peu de démocratie c’est déjà trop.

Sennepy : Le problème de fond dans notre société c’est que la connaissance est tout autant dévalorisée que le politique, en cela l’école a failli, n’a pas été capable de former des jeunes pouvant chercher la bonne information dans le fatras de ce qui circule sur internet. Et cela est malheureusement parachevé par les réseaux sociaux qui n’ont qu’un objectif, faire du fric, du coup les mauvaises informations habillées d’un grand nombre d’avis positifs deviennent réalité et empêchent la réflexion du citoyen, ajoutez quelques populistes qui déversent leur bile et leur hargne et vous arrivez au blocage complet.

dmg : Ainsi donc, prenez un panel de Français au hasard ; confrontez-les pendant 6 mois à des spécialistes incontestables et incontestés sur des sujets compliqués et polémiques ; au final, vous aurez un consensus intelligent. Ne pourrait-on pas faire la même chose avec les journalistes ? A part quelques rares, dont l’auteur de cette chronique, ils tournent en rond sur les sujets compliqués et les montent en polémiques avec des postures dogmatiques, traités sur des modes catastrophiques, à l’opposé d’une éthique journalistique digne de ce nom, parce que ça fait vendre, construisant ainsi une opinion déboussolée, à la merci des discours extrémistes.

Frog : Bien vu. Il n’y a aucun doute sur le fait que le manque d’intérêt vis-à-vis de l’environnement vient d’un manque de connaissances claires.

Bv34 : Est-ce que ce constat, au demeurant fort juste, n’est pas un terrible acte d’accusation contre nos média ? Qui d’autres qu’eux, en effet, peut faire en sorte que les faits l’emportent auprès du public, sur l’idéologie ou les intérêts ? Il ne faut pas compter sur nos politiques, qui ont décidé une fois pour toutes, semble t-il, que les français étaient trop immatures pour leur dire la vérité…

Pessicart : On peut aussi conclure qu’un citoyen moyen n’est pas au niveau pour juger un problème d’envergure nationale. Cela pose un problème d’envergure puisque chaque citoyen pèse autant que les autres dans les élections et que la masse des électeurs n’est pas capable de comprendre les sujets en profondeur. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des populistes au pouvoir, leurs idées simples attirent les électeurs simples. S’en remettre à des experts comme dans cette convention c’est donner un porte voix à ces experts ; pour paraphraser une phrase célèbre, ces citoyens nous ont donné l’heure avec la montre des experts.

Sherlock06 : La réussite de ce débat ne vient pas selon moi de la mise en évidence de base factuelle. Cette base factuelle existe pour tout le monde. Et n’est pas nouvelle. Elle vient selon moi de deux choses : 1) cette convention citoyenne a travaillé à l’abri des lobbys (ce qui n’est pas le cas de nos parlementaires ou responsables politiques qui sont en permanence sous influences intéressées) 2) ces citoyens ont pensé au bien commun et n’ont pas cherché à privilégier « leur élection ou leur réélection » à court terme. A partir de là, des débats plus sains ont pu avoir lieu et le bien commun à long terme a pu être analysé.

Sarah Py : C’est le jeu de l’opinion qui doit interroger et sa faiblesse intrinsèque. Nous vivons le règne de l’opinion, expression de l’émotion, du préjugé, de l’esprit de contradiction et du baratin. Imaginons le contributeur ‘’ le sceptique ‘’ choisi pour cette convention. Avec une responsabilité et des obligations, serait-il toujours pourfendeur des khmers verts ?

le sceptique @ Sarah Py : je refuse le principe qu’un comité de 150 prenne en quelques jours à peine de travail utile des mesures impactant la vie de leurs concitoyens, surtout celles qui iront directement en normes par voie réglementaire (un scandale anti-démocratique). Je supporte déjà mal le jacobinisme et le centralisme des élus, alors celui des tirés aux sorts, non merci.

Michel SOURROUILLE : Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent ainsi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons nous satisfaire d’une vision restreint,e avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre perception n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité. La Convention citoyenne, panel à l’image d’une opinion collective bien informée, démontre que nous pouvons par cet intermédiaire essayer de percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir s’améliorer mieux que ne le fait la démocratie dite « représentative » et ses élus souvent désinformés, soumis au jeux du pouvoir et simple relais de ce que disent les dirigeants de leur parti…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 novembre 2019, Sans écologisme, la démocratie part en vrille

7 octobre 2019, L’écologie sera-t-elle fasciste ?

24 mai 2019, Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? (synthèse)

13 avril 2019, Quelle démocratie en situation d’urgence écologique ?

6 janvier 2019, Climat 2019, la démocratie à l’épreuve de l’écologie

11 juillet 2010, démocratie et écologie

9 janvier 2010, démocratie Internet et écologie

Barbara Pompili fera-t-elle mieux que Hulot ?

Le 6 juillet 2020, Barbara Pompili est nommée ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Jean Castex. Elle avait adhéré aux Verts en 2000, elle était chargée des relations avec la presse pendant la campagne présidentielle de 2002 de Noël Mamère, candidat de écologie politique. Barbara a une vertu première, elle a été longtemps proche du plus radical de nos institutionnels écolos, Yves Cochet. Durant cinq années, elle travaille avec lui en tant qu’assistante parlementaire, fonction qu’elle définit comme son métier. Elle le soutient lors de la primaire présidentielle écologiste française de 2006 et le présente comme son « père politique ». Voici ce que nous avons déjà dit de Barbara Pompili sur notre blog biosphere :

– La députée Barbara Pompili avait posé en 2012 une question écrite au ministre de l’Éducation nationale sur la pratique de l’espéranto : « L’usage de cette langue est reconnu pour son intérêt dans les échanges entre les peuples et son action en faveur de l’amitié transnationale. L’apprentissage de l’espéranto est également considéré comme relativement aisé, notamment pour les jeunes. C’est pourquoi je demande s’il est envisagé que l’espéranto puisse devenir une option facultative au baccalauréat. » Le ridicule de la réponse officielle qui laisse penser à une infériorité de l’espéranto sur le bambara laisse pantois. Notre mère la Terre a pourtant besoin de l’élaboration d’un langage commun aux humains.

– Le jeudi 23 janvier 2014 les débats de l’assemblée nationale sont consacrés à la « niche » des écolodéputés, seul jour dans l’année où le groupe peut présenter ses propres propositions de loi en séance. Barbara Pompili, avec Eva Sas et François de Rugy soutienent la modification de la loi organique relative à la programmation et à la gouvernance des finances publiques visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse

– Yannick Jadot ne digère pas que Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse quittent EELV le 11 février 2016 pour devenir ministres, les accusant d’« instrumentaliser l’écologie politique à des fins d’ambition personnelle ». François Hollande suit le préceptes de son mentor François Mitterrand en son temps, diviser les écologistes pour mieux régner. Sont nommés les transfuges suivant, ceux qui passent à l’ennemi, ceux qui rejoignent un gouvernement socialiste qui a amplement démontré depuis quatre années son penchant anti-écolo : Ministre du Logement et de l’Habitat durable : Emmanuelle Cosse, ex-patronne d’EELV ! Secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification : Jean-Vincent Placé, ex-président du groupe EELV au Sénat. Secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité : Barbara Pompili, ex-porte parole d’EELV à l’Assemblée nationale

Début 2016 la toute nouvelle secrétaire d’Etat à la biodiversité, l’ex EELV Barbara Pompili, s’est crue obligée de défendre un amendement gouvernemental mettant en pièces le principe du pollueur-payeur. A lire l’exposé des motifs de l’amendement, le but de l’exécutif était clair : éviter, est-il écrit, « un risque juridique excessif » pour les milieux économiques. Un quasi copié-collé de la position du Medef, qui lors de l’examen au Sénat disait craindre « des risques juridiques pour les entreprises ». Tout est dit, le gouvernement socialiste de François Hollande est à la botte de l’appareil productif.

– 16 mai 2017, lendemains de la présidentielle. Pendant les cinq années à venir, l’enjeu est de pouvoir coopérer avec le nouveau président de la République . Macron a été déjà rejoint par beaucoup d’écologistes, de gauche, de droite ou du centre, Jean-Paul Besset, Barbara Pompili, Corinne Lepage, Serge Lepeltier, etc. Leur raisonnement est de faire avancer la cause écologiste à l’intérieur du parti dominant. Ce point de vue est respectable, surtout à l’heure où l’écologie diffuse dans tous les partis. L’ensemble des citoyens de ce monde est censé être ou devenir écologiste puisqu’il s’agit d’envisager les moyens de vivre en équilibre durable avec les possibilités de la biosphère.

₋ législatives de juin 2017, EELV paie ses divisions et est balayé un seul de leur candidat est en passe d’être élu … il n’avait pas à affronter un candidat d’En marche ! Le symbole de cette hécatombe est la défaite de Cécile Duflot dans la sixième circonscription de Paris, arrivée en troisième position. Seuls surnagent les écologistes qui ont apporté leur soutien à Emmanuel Macron. François de Rugy a obtenu 45,34 % des voix et Barbara Pompili arrive aussi en tête avec 40,70 % des voix.

– juillet 2019. Sous le poids des affaires, François de Rugy vient de démissionner de son poste de ministre de la social-écologie. Barbara Pompili, l’une des parlementaires LREM les plus proches de François de Rugy, avec qui elle avait été élue sous les couleurs d’Europe Ecologie-Les Verts en 2012 : « Je ne peux pas comprendre cette légèreté dans la gestion des moyens publics destinés à l’exercice du mandat parlementaire ».

SVP, ne pas confondre culturel et élitisme

Le mot « culture » est polysémique, voici d’abord son sens sociologique : la culture constitue un ensemble complexe englobant les connaissances, les croyances, la morale, les lois et coutumes, tout ce qui est issu d’une socialisation qui permet à un individu de s’insérer dans une société en adoptant son langage. Si nos phrases ont en sens pour autrui, c’est qu’elles s’inscrivent dans un jeu de langage dont les règles sont connues de nos interlocuteurs. Bref, c’est l’appartenance à une même culture qui nous fait parler et vivre notre communauté. Mais dans le sens ordinaire du mot culture, il s’agit de formation de l’esprit où on étudie les œuvres d’art et écoute de la « grande » musique, tout ce qui fait l’esprit cultivé des sociétés bourgeoises. Les activités culturelles de ce type sont en France une priorité, c’est la politique de l’élitisme pour tous. De Malraux aux politiques de la ville, on démocratise l’accès à la culture, on veut atténuer la fracture sociale. Mais la politique de l’offre culturelle n’a pas crée de nouveaux publics, les classe populaires et modestes ne se reconnaissent pas dans cette culture qui reste le reflet des seules activités de la bourgeoisie. Pourtant c’est cette dernière conception que défend Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde ») :

« Jusqu’aux municipales 2020 on se souciait peu du programme culturel des écologistes. Mais ils ont pris Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers, Tours… Comme les villes sont le premier financeur de la création, les milieux de l’art s’échauffent. Ils ont plus à perdre qu’à gagner. Les théâtres, musées et opéras, bâtiments imposants souvent plantés au centre-ville, se taillent la part du lion dans un budget culturel municipal. Autour de 80 % si on les met ensemble. Les écologistes estiment que ces institutions attirent surtout les élites et veulent mettre l’accent sur une culture populaire, participative. Autant dire que l’argent pourrait être distribué autrement. Le monde culturel de l’écologiste Eric Piolle, en place à Grenoble depuis 2014, c’est plutôt un modèle à fuir ; l’édile grenoblois a supprimé du jour au lendemain les 438 000 euros de subvention à la formation classique des Musiciens du Louvre, il a fermé la salle de concert Le Ciel, baissé de 100 000 euros la subvention à la prestigieuse Maison de la culture MC2 (à ne pas confondre avec une MJC). Le laboratoire grenoblois explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes. Un pays a besoin de théâtres, musées ou Opéras prestigieux… »*

Le choc des deux cultures se retrouve dans les commentaires sur lemonde.fr :

XX : Le Grenoble bashing en action ! Dans les milieux parisiens pas de pitié pour « les tueurs » des musiciens du Louvre ! Mais personne n’est allé voir de près pourquoi ! Un orchestre coûte cher, alors s’il ne remplit pas ses missions envers la mixité d’accès à l’excellence, aucune raison de maintenir un coût aussi élevé dans une ville qui paye encore les dérives financières de Carignon ! La culture subventionnée de ce pays profite aux plus aisés. De gros efforts sont faits certes mais il faut tenter d’autres approches. Alors cessons de considérer comme des crimes de lèse majesté toute alternative!

Souabe : Ancien vert dès la fin des années 70 je considère ce parti avec une incompréhension croissante. La culture n’a jamais été « démocratique, c’est obligatoirement le résultat du travail d’un individu qu’il s’agit d’un peintre, musicien ou autres. Inviter un maximum de gens à y participer et à partager oui, détruire l’opéra et autres lieux de culture c’est du barbarisme.

Nicolas84 : Les citoyens choisissent la culture qui leur convient. Faut-il rappeler que pendant le confinement le manque d’accès à la culture était cité en dernier, bien après les bars et les restaurants ?

Jfb : Vive le rap, le hip-hop, le street-art, etc… Adieu Mozart, Molière, Verdi, etc.

6russe de 5chameaux : Pas sur que le style de vie des rappeurs trouve grâce aux écolos……. Beaucoup trop de CO2 dans la virée en avion/ lambo avec les filles peu farouches et peu vetues. Ce sera danse tantrinque à la MJC avec WE randonnée et nuit dans une chevrerie bio du Vercors.

Marabbeh : Je suis ébahi que 80% des budgets soient consacrés à des lieux culturels qui n’intéressent pratiquement que 20% des habitants d’une ville. Je fais partie des autres, ceux qui n’aiment ni théâtres, ni musées encore moins opéras, et je me réjouis de la démocratisation de la culture.

Un commentateur français @ Marabbeh, Vous que n’aimez ni théâtres, ni musées, ni opéras, mais vous gavez de chips devant des séries Netflix, vous aurez la culture que vous demandez et que vous méritez : des soirées Harry Potter sur la place de l’Hôtel-de-Ville, des lectures de Guillaume Musso sur les quais, des rétrospectives Fort boyard ou Intervilles sur écran géant, des tournois de foot de rue à gogo… Tant pis pour une certaine idée de l’art, qui s’épanouit depuis la Renaissance et a donné tant de chefs-d’œuvre. Je pleure sur la médiocrité de mes contemporains.

Peps72 0 : Tremble culture officielle d’Etat nombriliste et élitiste, ça commence à se voir qu’il existe également une noblesse culturelle privilégiée qui ne représente plus personne. Perso j’aime beaucoup le réflexe idéologique du journaliste qui dans un article de taille moyenne traitant d’un sujet aussi vaste que la culture dans les villes en général descend à un niveau de détail tel qu’il nous signale que le metteur en scène grenoblois intervient dans les prisons… non mais quelle grosse ficelle idéologique (intervenir dans les prisons = faire du social = être quelqu’un de bien = mériter les subventions de la ville = victime de fascisme si on ose diminuer ou ré-allouer les budgets). D’ailleurs le terme « populisme » utilisé par ce metteur en scène en dit plus long sur son arrogance que sur l’édile censé être visé par cette insulte…

Cartesien : Vive la culture locale! On remplace les acteurs, les chanteurs traversant Europe ou la planète en avions par des artistes locaux. Ça favorisera la diversité et évitera l’homogénéisation planétaire de la culture. Meilleur bilan carbone et dépense moindre

Fontaine : Molière, Mozart, Verdi font partie de la culture populaire. Rappelez-vous par exemple qu’en Italie l’opéra a été longtemps un art populaire et que Molière a commencé par le théâtre de tréteau. Une élite se sont appropriés ces auteurs, il faut les rendre à tous maintenant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 septembre 2018, Le show-biz se lance dans la bataille climatique

23 mai 2017, L’écologie ne semble pas inspirer les artistes

* L’expérience de Grenoble explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes

2022, Macron n’ira pas au second tour

En cette période de changement de gouvernement, faisons le point. La présidentielle 2017 était centrée sur le dégagisme porté par le Front national de Marine et les Insoumis de Mélenchon, « à mort les élites, le peuple vaincra ». C’est le nouveau venu Emmanuel Macron qui a remporté la mise avec le slogan « dépassons la droite et la gauche, votez pour moi, EM, En Marche ». Une fois élu, Macron jubile : « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national », mot d’ordre adressé aux députés de La République en marche (LRM) le 16 septembre 2019. Neuf mois plus tard, la poussée d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au second tour des élections municipales change la donne : 28 juin, la vague verte submerge la Macronie. Désormais, le chef de l’état est attaqué sur deux fronts, à son extrême droite le Rassemblement National, et de tous les côtés les Verts. L’émergence brutale des thèses environnementales dans la perspective de l’élection présidentielle menace directement l’accession de M. Macron au second tour. Deux lignes principales de défense ont émergé. D’un côté, certains élus préconisent de verdir le programme pour capter une part de l’électorat aujourd’hui attiré par EELV. Dès le lendemain du scrutin municipal, Macron a présenté un plan pour l’environnement lors de la réception des membres de la convention citoyenne sur le climat. A l’inverse, certains députés de son aile droite préconisent de s’opposer frontalement aux représentants d’EELV, qu’il convient de caricaturer en « pastèques » – verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur –, afin de les décrédibiliser. Hors de question pour eux de travailler avec des élus « d’extrême gauche ». La jeune députée Aurore Bergé croit bon d’alerter Macron sur un supposé péril vert, en assimilant EELV à « des gens qui sont contre les vaccins », « contre l’extension de la 5G » et « qui vont dans des manifestations indigénistes ». Face à ce dilemme stratégique entre deux voix contradictoires, le patron de LRM, Stanislas Guerini, plaide pour une voie médiane : « Contrairement à EELV, nous ne voulons pas nous contenter d’une écologie de l’incantation, mais mettre en œuvre une écologie concrète, non punitive, qui s’appuie sur la science et l’innovation, qui mobilise les entreprises, et ne renie pas les libertés individuelles. »

Quelques réactions sur lemonde.fr  à l’article « Comment Emmanuel Macron veut contrer la poussée écologiste » :

PL : Ce qui est assez effrayant dans ce genre d’article, c’est qu’il considère comme acquis que le seul souci de Macron est sa réélection et la façon dont son parti doit communiquer, et aucunement le souci de l’intérêt général. C’est un travers, grave, et qui devrait être présenté comme tel, et pas comme une façon naturelle de faire de la politique… Je trouve inquiétant de voir les journalistes banaliser de plus en plus le carriérisme et l’irresponsabilité des politiciens (Macron ou d’autres d’ailleurs).

Françoise B. : En somme, il s’agit d’avoir l’air « vert » pour contrer ceux qui le sont vraiment, afin d’être réélu. Calcul peu digne. Cela semble confirmer qu’un Président se fiche des soucis des électeurs, mais cherche à les manipuler pour rester au pouvoir.

Isto : Accablant que la seule chose qui semble les préoccuper avec l’écologie, ce sont les voix qu’elles risquent de capter. De l’écologie pro-business !

In varietate concordia : Face à l’urgence climatique – et écologique de façon générale, la réponse du gouvernement : lutter contre les écolos. Bravo. C’est parfait. De bons petits soldats au service des grands patrons pollueurs.

Francis C : « le message (de Macron) n’est pas bien passé… » Mais si, au contraire il est très bien passé : rien à faire de l’environnement, à part quelques symboles qui ne coûtent pas grand chose. La fermeture de Fessenheim comme bilan sur l’environnement…

nihaho : Ils pleurnichent que ça imprime pas. Mais si mais si, ça imprime très bien : le glyphosate tjs là, le merveilleux libre échange grâce auquel je pourrai acheter du steak canadien, les emballages plastiques interdit en …. 2040, le plan vélo doté d’une somme dérisoire, un ministre de l’agriculture contre l’introduction d’un repas végétarien dans les écoles…

Marcus : Manu n’est pas content, c’est ce qu’il redoutait: le renouvellement d’une force crédible à gauche. Lui qui s’est maladroitement évertué à faire croire que le choix politique était restreint au « progressisme » (sic) dont il serait le valeureux représentant (re sic) versus le « populisme » d’extrême-droite. IL s’est vraiment démené pour maintenir cette fiction. Hélas, ceci n’est fort heureusement plus crédible. Ses plans s’écroulent: il ne pourra plus invoquer (comme il nous l’a déjà fait en 2017) comme seul argument piteux et anti-démocratique: « moi ou le chaos ». C’est terminé et ceci est une extrêmement bonne nouvelle pour nous. Quant au si soudain engouement de Macron pour l’écologie….ouarf, no comment.

Gilles Roger : La palme d’or pour le palmipède qui cette semaine titre : « Le virage écolo de Macron : un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert ? »

5G, technolâtres contre techno-réalistes

Les décodeurs du MONDE sont des dévots de la 5G : « Des voix de quelques scientifiques et de certains militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Sauf que ces accusations reposent sur des argumentaires bien fragiles, voire fallacieux, et illustrent le phénomène du cherry picking. » Pour compléter notre propre analyse sur L’obsolescence programmée par la 5G, voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui montrent la virulence du débat entre les écologistes qui estiment que la société doit définir des limites à la techno-science (les techno-réalistes) et les dévots du progrès technique (les imbéciles) qui disent « amen » à toute nouveauté.

Untel : Merci au MONDE pour un vrai décodage. On n’avait pas l’habitude d’en rencontrer, sauf de nom. Les adversaires de la 5G vivront ce qu’avant eux ont vécu les adversaires de la 4G et avant eux encore les adversaires des chemins de fer.

Le Renard Masqué : Mais avant tout: avons nous besoin de la 5G? Au moins posons nous la question comme nos amis helvètes… Pour que Facebook aille plus vite sur nos telephone ? Youtube ? Des milliards de truc connectés pour faire de la pub ?

Zoee : Mauvaise question. La 5G est inévitable puisqu’ elle est internationale, la France est piégée.

The Ad : Il y a à peine 25 ans, on vivait très bien sans 1G. Et on n’avait pas perpétuellement le stress du maximum d’infos et de data au plus vite.

Chemin : Il fallait, s’en douter, après la 4G et les compteurs Linky et bien d’autres choses les casse-pieds sont encore à l’action. Quand, la presse va-t-elle arrêter de relayer ces âneries qui ne font peur qu’à ceux qui n’ont pas la chance de faire la part des choses?

XX : Je n’ai pas de compétence particulière concernant la 5 G mais ma confiance dans ces agences officielles qui sont plus au service des industriels que du public est assez limitée. Elles ont toujours 3 temps de retard sur les lanceurs d’alerte. La question par ailleurs n’est pas seulement sanitaire ou industrielle. Je ne veux pas de frigo, de lave-linge, de porte de garage connectés, autant de portes d’entrées à des intrusions dans ma vie privée, des piratages et à un asservissement croissant à des oligopoles sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Quant aux arguments du type tiers-monde, le jour où ces technologies seront dysfonctionnelles, c’est carrément à la préhistoire que nous retournerons si nous mettons tous nos œufs dans le même panier. Où est le débat démocratique sur ces questions ?

RLap : Les militants anti-rayonnement et quelques scientifiques militant s’opposent à tout ce qui est nouveau en mettant en avant le principe de précaution, merci Chirac. Quelques personnes, souvent âgées,sont contre toute connexion mais elles vont bientôt se retrouver bien démunis car le travail mais aussi les loisirs, les services , la consommation, etc. passeront par internet et tous les autres modes de e-connexion. Il n’y a aucun complot derrière cela, simplement un progrès extraordinaire avec quelques inconvénients qui seront éliminés lorsqu’ils apparaîtront et d’immenses avantages qui d’ailleurs ridiculisent ceux qui croient encore que la terre ne peut donner que ce qu’elle a ! Alors que l’homme et la femme! peuvent créer, produire, sans terre et s’adapter en fonction des réalités qu’ils rencontreront.

Réponse à RLap : Avec la 5G bienvenue au piratage en temps réel. La ville intelligente sans électricité et où brutalement plus rien ne fonctionne, on a eu un petit aperçu en Ukraine mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Et toujours les messages caricaturaux: entre « être contre toute connexion » et être un béat de la connexion tous azimuts sous la houlette des GAFA. Il y a une autre voie. J’aime beaucoup le « nul ne pourra s’y soustraire ». Pas besoin de critiquer la Chine. La surveillance et la notation généralisées se font là-bas de façon autoritaire sous le houlette du PC, et ici sous la houlette d’industriels avec une com plus élaborée et sous couvert de modernité obligatoire.

Giloup : Le Monde nous sert une information très orientée dans le sens « circulez y’a rien à voir »…  Comme si les experts à conflit d’intérêt qui peuplent les agences d’évaluation n’étaient pas militants de leurs financeurs. On pourra affirmer quelque chose de tangible quand des études sérieuses et indépendantes auront été réalisées ce qui n’est pas le cas. La meilleure façon de ne rien trouver est de ne pas chercher jusqu’à ce qu’une catastrophe sanitaire nous explose à la figure et dans ce cas les industriels se défilent et c’est la collectivité qui prend en charge les dégâts. 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants du secteur. Vu les enjeux cela paraît raisonnable. Dans l’immédiat il y a des hypothèques à lever. Ex Simon Green, « Hundreds of bees drop dead around ‘5G towers’ in California »Dailystar.co.uk, 2 août 2019

Pour en savoir plus sur la question technologique grâce à notre blog biosphere :

1er novembre 2019, Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

Références bibliographiques

1954, Jacques Ellul, démesure de la société technicienne

1956, Mumford, l’embrigadement technologique

1973, Ivan Illich et l’outil convivial

1988, Ellul et le bluff technologique

2008, Kaczynski contre la technologie cloisonnée

2014, Bihouix, Low tech contre High tech

2015, Mumford contre les techniques autoritaires

L’obsolescence programmée par la 5G

Il en est du rasoir électrique comme de la 5G. Comme l’exprime Nicholas Georgescu-Roegen : « Il faut nous guérir du circumdrome du rasoir électrique, qui consiste à se raser plus vite afin d’avoir plus de temps pour travailler à un appareil qui rase plus vite encore, et ainsi de suite à l’infini… Il est important que les consommateurs se rééduquent eux-mêmes dans le mépris de la mode. »  Autour de nous, toute chose s’oxyde, se casse se disperse, etc. N’en rajoutons pas inutilement avec des lames jetables ou rechargeables, ne rajoutons pas à la 3G, la 4G, puis la 5G, l’obsolescence programmée. On peut distinguer l’obsolescence technique, c’est-à-dire la perte de valeur des équipements du fait de l’apparition de nouveaux modèles imposés par l’innovation. Il y a aussi l’obsolescence symbolique, ou déclassement prématuré des objets par la publicité et la mode. Il y a enfin l’obsolescence programmée, c’est-à-dire l’introduction à dessein d’une défaillance dans les appareils. L’exemple de la 5G montre que nous créons par un nouvel appareillage technologisé plus de problèmes que nous en résolvons.

Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France, mais l’utilité réelle de la 5G pour le quotidien des citoyen.ne.s n’a pas été clairement établie. D’un point de vue environnemental tout d’abord, la consommation énergétique liée aux usages numérique ne cesse de progresser, les études montrent que les gains attendus par la “dématérialisation” n’existent pas. C’est dans ce contexte qu’arrive la technologie 5G, conçue pour permettre des débits 10 fois supérieurs à la 4G qui va multiplier les occasions de collecte des données personnelles des usagers, via les nombreux gadgets “connectés” qui seront proposés à la vente. Dans cette perspective, l’obésité des données transportées par la 5G impactent d’autant l’ensemble des usages. Ce n’est pas moins de 2% d’augmentation de la consommation électrique à l’échelle nationale qui est évoquée, une fois la 5G déployée en France. Les conséquences écologiques de la 5G sont loin d’être négligeables: poursuite de l’épuisement des ressources non renouvelables, accumulation de déchets électroniques polluants et peu recyclés. Le véritable critère de mesure d’impact environnemental est l’AVC, ou “Analyse de Cycle de Vie” donnent le plus souvent un rapport d’impact de 3⁄4 de la totalité d’impact pour la fabrication de l’infrastructure et du matériel et de 1⁄4 pour son seul usage. Enfin, le fait que les opérateurs aient systématiquement bridé les anciennes technologies à chaque arrivée d’une nouvelle est aujourd’hui bien documenté, créant de fait une obsolescence programmée massive. La 5G va exiger un renouvellement complet des smartphones mais aussi d’éléments importants de l’infrastructure réseau des entreprises et des industries. La portée des fréquences de la 5G étant moins importantes, le manque de rentabilité du déploiement des antennes favorisera le développement de la couverture urbaine et exclura de fait les zones rurales, creusant ainsi encore plus la fracture numérique territoriale. Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’ANSES affirme d’ailleurs avoir “mis en évidence un manque important, voire une absence de données, relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels” de la nouvelle technologie. Il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 3 millions de personnes électrosensibles en France, bien que les estimations soient délicates au vu de la diversité des symptômes signalés.

Ni technophobe ni “techno-béat”, tel est le point de vue des écologistes. A l’heure de l’urgence écologique et sociale, on doit refuser une technologie de substitution qui augmente la consommation d’énergie et épuise un peu plus les ressources. La loi votée en juillet 2015 punit l’obsolescence programmée qui devient un délit. Une telle loi devrait permettre d’empêcher la mise en place de la 5G par le gouvernement. Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

26 novembre 2017, Pour résister au Black Friday, il fallait être bien armé

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

2 septembre 2014, L’obsolescence programmée bientôt punie par la loi ?

25 mars 2014, agir contre l’obsolescence programmée, enfin une loi ?

22 février 2014, Autonomie de la technique, obligation du téléphone portable

à lire, Bon pour la casse (les déraisons de l’obsolescence programmée) de Serge Latouche … (2012)

à lire, 2009 Casseurs de pub, 10 ans (collectif) (2009)

ITER, symbole de la croyance technologique

Un article dithyrambique, « Au cœur du chantier ITER, qui va tenter de maîtriser la fusion nucléaire à l’œuvre dans les étoiles ». LE MONDE du 2 juillet verse dans la technolâtrie : « L’aimant supraconducteur circulaire dit « de champ poloïdal », en provenance de Chine, de 10 m de diamètre et d’une masse de 400 tonne, arrive à Cadarache… Le coût total de ce projet international est estimé à 18 milliards d’euros… L’enjeu d’ITER (acronyme anglais de Réacteur thermonucléaire expérimental international et qui signifie « le chemin » en latin) : « Démontrer, dans la machine expérimentale que nous fabriquons, notre capacité scientifique et technologique à maîtriser la fusion des noyaux d’hydrogène, la même qui est à l’œuvre dans le Soleil et les étoiles. »… Température du plasma : 150 millions de °C, soit dix fois plus qu’au centre du Soleil… Les aimants supraconducteurs devront être refroidis à la température proche du vide interstellaire, soit – 269 °C… Un gramme d’hydrogène libère autant d’énergie que huit tonnes de pétrole… Pas de risque d’accident majeur, pas de déchets de haute activité à vie longue.. Ce serait une source d’énergie non carbonée et respectueuse de l’environnement… Dans le contexte de réchauffement climatique, de demande énergétique croissante et de recours de moins en moins viable aux ressources fossiles, la maîtrise de l’énergie des étoiles serait une très bonne nouvelle pour le devenir de la planète et de ses habitants. »

Les commentaires sur lemonde.fr ne font pas dans la dentelle :

VincentB : Très beau publi-reportage. Mais j’ai lu des articles bien moins élogieux sur ITER. Désengagements financiers qui conduisent à un allongement des délais de construction, choix d’autres pistes technologiques aux Etats-Unis… Cela fait des décennies que les promesses de la fusion sont reportées à la prochaine génération. La question est de savoir si la terre aura pris feu avant la production du premier kwh « fusionné ».

Archisauvage : Il est dommage que cet article du MONDE ne donne la parole aux nombreux scientifiques qui considèrent que cette voie est une impasse. Contrairement à ce qui est avancé, cette technologie n’est pas dans danger quand on sait que 2 kg de tritium vont être utilisés. Les dizaines de milliards injectés dans ce laboratoire (ITER ne produira jamais d’électricité) pourraient être mis à profit pour d’autres types de recherche, notamment en vue du stockage de l’électricité renouvelable.

Toto le Rigolo : C’est formidable, le génie humain n’a pas de limites ! Merci à tous ces scientifiques qui travaillent pour le bien de l’humanité

Piérick : Euh… On fait comment pour neutraliser les flux de… neutrons ?! Et, aussi, on fait comment avec la fameuse instabilité MHD de Velikov… ?! Pour info, aucun prototype en amont n’a été en mesure de résoudre ces deux « problèmes » cruciaux…

Invisio : Toujours plus gros, toujours plus cher, toujours plus compliqués, toujours plus longs à construirs. Générations après générations, les takomaks ont vu leur coût décupler, aujourd’hui il faut 35 pays très riches pour en financer un seul, et 25 ans pour le construire. Sachant qu’il ne seront opérationnels que dans minimum 2 générations, comment pourra t’on en construire un peu partout dans le monde pour répondre à la demande énergétique? C’est une très belle machine pour la recherche, mais l’équation de rentabilité semble impossible à résoudre.

Corentin : Sinon il y a un truc qui fait la même chose mais avec de quoi fournir en une heure de temps la puissance nécessaire à alimenter toute la planète pour une année, le tout sans aucun risque ni matériaux contaminés et pour un prix bien moins élevé : le soleil 🙂

Petit Pierre : La maîtrise de la fusion nucléaire de l’hydrogène pose des problèmes techniques considérables, résistance des matériaux, extraction de l’énergie etc.. L’ancien directeur d’ITER montrait l’évolution du projet jusqu’en 2100.. où peut-être on pourra avoir une production d’énergie supérieure à l’énergie que l’on met dans le tokamak pour qu’il fonctionne. Entre temps le réchauffement climatique aura fait son chemin, et ITER sera toujours un projet d’avenir, alors que l’énergie solaire qui vient de la fusion nucléaire du soleil est déjà là, disponible.

Tartifliste : Peut être est-ce séduisant pour la planète de générer de l’énergie en quantité, sans risque et sans pollution… Sauf que si la technologie tient ses promesses et est économiquement viable et concurrentielle, alors on produira plus d’énergie, donc on consommera plus d’énergie… pour faire des tas de choses qui n’iront probablement pas améliorer le triste sort de la planète !

Michel SOURROUILLE : On oublie trop souvent de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. C’est un message biblique, demain le paradis sera notre destin. La technoscience et ses technophiles veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, après-demain l’innovation trouvera la pierre philosophale : la preuve, elle cherche ! Entre 2025 et 2035 pourrait être construit un prototype électrogène. Et ce n’est pas avant 2050, avec la première génération de réacteurs industriels qui n’est encore qu’une promesse, que l’on saura si le rêve n’était pas un cauchemar !! La Biosphère n’a pas besoin qu’on tripatouille ses atomes. L’espèce homo sapiens (homo demens) ferait mieux de lancer une grande campagne de méditation sur la vanité de la société thermo-industrielle.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

2 mai 2007, la technique est le problème, pas la solution

4 mai 2016, ITER, Sarkozy ne sait même pas ce que c’est

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire

Biosphere-Info, un consensus sur le climat

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Bilan de la CONVENTION CITOYENNE

Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Nous avons suivi attentivement leurs travaux. Voici d’abord la synthèse de leur rapport de 600 pages présentées par les citoyens et citoyennes réunis dans cet exerce salutaire de démocratie participative. En résumé : « Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. » Suivent des extraits de nos articles antérieurs sur le blog biosphere. Merci de votre attention, bonne lecture.

Validité de la convention (en introduction) : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle (en conclusion) : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

Articles antérieurs

30 juin 2020, Macron répond à la Convention pour le Climat

Macron : « Vous (la convention citoyenne) proposez un projet humaniste et tout ce que nous (le gouvernement) sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République…« 

29 juin 2020, Le colibri inspire la convention citoyenne

La convention citoyenne pour le climat vient de rendre publiques ses propositions. Aucune ne prône le maintien du statu quo thermo-industriel, voici quelques propositions iconoclastes qu’ils ont votées : « réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h, limiter les déplacements des salariés et des fonctionnaires. renforcer l’écocontribution kilométrique du transport aérien, interdire les terrasses chauffées,et l’éclairage des magasins la nuit,interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants, obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030, renoncer à la climatisation en deçà de 30 °C, tous les produits manufacturés vendus en France devront pouvoir être réparés, plastiques à usage unique supprimés dès 2023, deux repas végétariens par semaine dans la restauration collective à partir de 2025, légiférer sur le crime d’écocide. »…

22 juin 2020, Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». La démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

15 juin 2020, Une démocratie véritable par tirage au sort

Il est possible d’impliquer des citoyens ordinaires sur des enjeux politiques complexes à un niveau national, c’est ce que démontre la convention citoyenne pour le climat. Le recours à des panels de citoyens désignés par le hasard fait un retour significatif dans les démocraties libérales. Cette démarche rompt avec une théorie politique fondée sur l’élection comme mode de désignation légitime des représentants. Elle s’inscrit dans une ancienne tradition. Au IVe siècle avant J.-C.  était selon la formule d’Aristote « considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives »…

2 juin 2020 Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

Les 150 tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat ont longuement débattu en visioconférence les 30 mai et 31 mai 2020 : près de 150 propositions visant à « changer en profondeur la société ». Il n’était pas facile de se mettre d’accord ! Alors on vote, on élague, et on oublie toute virulence. Les 19, 20 et 21 juin, cette convention présentera à l’exécutif un document final dont on connaît déjà le résultat final : tout ce qu’ils diront a déjà été dit et presque jamais mis en application…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises…

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) : 1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments… 2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail… 3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état… 4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture… 5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics…

1er février 2020, Biosphere-Info, les conférences de consensus

Députés et sénateurs, rentrez chez vous, on n’a plus besoin de vous. Les conférences de citoyen vont vous remplacer à meilleur résultat et moindre frais. C’est ce que pourrait démontrer les conférences de citoyens tirés au sort. Voici quelques éléments pour mieux comprendre cette procédure démocratique à la recherche d’un consensus…

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples : Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ; Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ; Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ; Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ; Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ; Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ; Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ; Produire soi-même sa nourriture…

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

Devant les 150 citoyens qui bossent pour lui, Emmanuel Macron a présenté trois scénarios suite à leurs propositions sur le climat. Dans le premier cas de figure, le chef de l’Etat n’est pas d’accord : « Je n’ai pas fait cet exercice pour en arriver là. » Deuxième possibilité, « le texte que vous avez se tient, et on y va sans filtre … Les propositions trouveront leur cheminement par voie réglementaire, par voie législative ou par référendum ».Troisième option, la proposition n’est pas assez précise et le chef de l’État s’engage à la « finaliser » avec les citoyens…

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

Emmanuel Macron annonçait le 25 avril 2019, sur les décombres de la taxe carbone, la création d’une convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens tentent de résoudre ce que les élus de la nation ne sont pas parvenus à faire. L’objectif est fondamental : définir une série de mesures permettant de réduire d’« au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans un esprit de justice sociale »…

8 octobre 2019, Écologie populaire et médiatisations

D’un côté 150 Français tirés au sort, rassemblés dans une convention citoyenne pour le climat, ont commencé à se pencher sur les mesures à prendre lutter contre le dérèglement climatique. Le premier ministre a assuré que cette convention a « vocation à inventer une écologie populaire dans tout ce que ce terme a de plus glorieux ». En fait il s’agit là d’une démagogie démocratique surréaliste, car la question qui est posée, nous savons déjà comment y répondre. Sous Macron la bavardage écolo tient lieu de politique, quand Emmanuel est devenu président il a su imposer une réforme du code du travail sans faire intervenir les citoyens. De l’autre côté les militants du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont lancé quinze jours de désobéissance civile à travers la planète visant à dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique…

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Les conférences de consensus (ou de citoyens) sont un mécanisme qui devrait être mis en avant par les écologistes car c’est une nouvelle forme d’exercice démocratique alliant citoyen de base, tirage au sort et réflexion collective sur nos problèmes contemporains. Voici quelques éléments de présentation de ce système mis en place… par Macron ! Voici aussi nos critiques…

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

Le nombre de personnes pour représenter le peuple en réflexion est trop grand ; plus il y a de personnes, plus le nombre d’interrelations se multiplie et bloque l’expression d’une intelligence collective. Une Conférence de consensus avec une vingtaine de participants suffit. Notons d’ailleurs que nos députés n’ont pas de compétence particulière, si ce n’est l’art et la manière de se faire élire, ce qui ne prédispose en rien à être représentatif d’autrui…

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre. Au-delà de l’aspect climatique, on ne peut que regretter l’impasse faite sur la transition énergétique, la biodiversité, la pollution, la transition agro-alimentaire… autant de sujets éminemment liés, qui restent sans réponse. L’augmentation de la taxe carbone qui avait mis le feu aux poudres en novembre 2018 n’a même pas été évoquée. De toute façon il y a absence totale d’annonces concrètes…

Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, je vous l’écris, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, qui parfois mettent tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, qui ont besoin pour retrouver leur famille de les utiliser, dont la vie s’organise par ces transports, ils vont dire : « OK, leur projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, c’est un projet d’urbains, il n’existe pas. » Ce n’est pas la réponse que vous voulez apporter. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la caricature. Je pense qu’il faut faire maturer ce débat dans la société, celui de la vitesse. Ne donnons jamais le sentiment à certains de nos concitoyens qu’on les culpabilise. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

Noun : Pour le 110 il a évidemment raison, ça nous promettait une deuxième saison du feuilleton gilets jaunes, et c’est pas le moment !

Hil92 : La plupart des mesures proposées ont un coût économique plus ou moins important. Mais il y en a UNE qui ne coûte quasiment rien, c’est le passage de 130 à 110km/h max sur les autoroutes. Et on sait que c’est très efficace. Et, qui sera étonné ?, c’est la première qui est abandonnée… Courage, fuyons !

StephaneB : Humm…il n’est pas interdit de chercher à comprendre la fin de non-recevoir soulevée par Emmanuel Macron avec un peu de bonne foi…parce qu’on peut raisonnablement admettre que notre President n’ignore rien des effets positifs d’une réduction de vitesse sur toute… Il se trouve juste qu’à l’hiver 2019, une grosse majorité de Français a eu la glorieuse et lumineuse idée de soutenir la jacquerie des Gilets Jaunes, qui, sous couvert d’un prétentieux projet de réforme sociale, n’avait en réalité pour autre dessein que d’être à nouveau autorisé à rouler à 160 km sur départementale, et d’obtenir un coup d’pouce financier pour rembourser l’emprunt sur l »ecran plat acheté à la rentrée… Bien…en tant que politique, il a donc bien le droit de se prémunir contre la bêtise des français !

-Alazon- : Cela coûte du temps, qui est un bien précieux. On passe deux ans par an dans une voiture en moyenne, 10% de réduction des vitesses c’est deux mois de plus. La mesure touche principalement les gens en zone rurale, déjà pénalisés par le 80 km/h. Ces mesures sans effet sérieux sur le climat sont défendues par des urbains nantis qui veulent les imposer aux autres.

Démocrate @ Alazon : au collège, on a dû vous apprendre que l’énergie cinétique est égale à 1/2 x masse x vitesse AU CARRE. Donc rouler à 110 km/h c’est 8% plus lent, mais environ 16% plus économe en énergie (donc aussi moins cher et moins dangereux en cas d’accident). Sans compter le temps gagné en réduisant les effets d’accordéons, générateurs de bouchons. En revanche là où vous avez raison, c’est qu’en allant très très très vite, le temps s’écoulera plus lentement pour vous que pour les autres, mais je ne suis pas certain que votre véhicule puisse s’approcher assez de la vitesse de la lumière pour que ce soit notable. Si c’est le cas cependant, vous ne risquez pas l’amende : les flashs des radars ne pourrons pas vous rattraper, inutile donc de les vandaliser. Et toc pour les urbains nantis!

Teknofan : Notre hyperprésident refuse le 110 km/h ! Dommage car rouler à 110 plutôt qu’à 130 permet de diminuer la consommation de 25 % (c’est pas moi qui le dit, mais un site de fana de l’automobile qui a fait l’essai). Que tout ceux qui croient encore notre président soucieux de l’écologie se rassurent ; il s’en fout. Il veut se faire réélire, point !

ChP 2 : Pour faire simple, dans ce domaine de vitesse, la principale force de résistance à l’avancement d’un véhicule est la traînée aérodynamique, Fx,q ui est proportionnelle au carré de la vitesse. L’énergie dépensée, la consommation donc, est proportionnelle à Fx et à la distance parcourue (C’est pour cela qu’elle s’exprime en l/100 km). Si l’on passe de 130 km/h à 110 km/h, on va donc économiser dans le rapport (110/130) au carré soit 72 %. C’est bien sûr un résultat du 1er ordre. La vérité n’est pas très loin.

Don Lope : Malheureusement ce quinquennat comme celui qui l’ont précédé, montre que si on veut de décisions écologiste, il faut… un pouvoir écologiste. Pour tous jusqu’à aujourd’hui, gauche, droite, ou LREM, l’écologie a toujours été un faire-valoir et aucune décision difficile en faveur de la préservation de l’environnement n’a été prise au détriment des intérêts économiques. Si les industries et in fine le consommateur devait payer le vrai coût environnemental évidemment ça changerait beaucoup de choses. <l’environnement appartient à tous et pourtant personne ne s’en soucie.

Michel SOURROUILLE : Passer aux 110 km/h va donc dans le bon sens, comme cela s’est fait pour le 80 km/h sur routes. Les automobilistes conscients des limites de la biosphère devraient se rendre compte que ce n’est là qu’une étape vers le dévoiturage, c’est-à-dire l’abandon à moyen terme de la voiture individuelle comme moyen de déplacement. Nous devons nous préparer à cet événement géo-physique inéluctable, quand il n’y aura presque plus de pétrole, essence ou gas-oil seront à des tarifs dissuasifs. Des évolutions favorables qui limitent notre usage de la voiture sont déjà en cours, le covoiturage, les ralentisseurs qui se multiplient, le recours aux transports collectif. Le bridage des moteurs à 110 km/h serait le nec plus ultra.

Macron répond à la Convention pour le Climat

Sans commentaire de notre part et en attendant les vôtres, voici les principaux extraits du discours du président Macron : « Vous proposez de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus de nos valeurs, de nos autres valeurs fondamentales. Tel que proposé, la rédaction pour le préambule menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques. Et c’est pourquoi je ne souhaite pas reprendre cette proposition parce que je considère qu’elle serait contraire à l’esprit de nos valeurs. Vous proposez un projet humaniste et tout ce que nous sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République… La planète pourrait être sur une trajectoire de plus 7 degrés d’ici 2100, la biodiversité continue de se dégrader. Ce que vous (les 150citoyens) proposez c’est un projet cohérent pour mieux vivre, un projet humaniste auquel j’adhère. Notre société a besoin d’une transformation profonde qui nous permette de faire notre part, nous Français, pour lutter contre le réchauffement climatique et pour lutter pour la biodiversité. Il y a quatre principes que je partage avec vous.

Le premier, c’est de placer l’écologie au cœur du modèle économique en faisant le pari de l’investissement dans les transports, les énergies, les technologies de demain. Il y a un autre choix possible qui est de continuer à dire le cœur de notre modèle économique, c’est de produire sans se soucier de l’écologie. . Ce n’est plus possible ! Nous sommes aux limites du système. Le deuxième choix auquel vous tournez le dos aussi, c’est celui qu’on appelle le modèle de la décroissance. Si nous disions que, pour réussir ce défi écologique, il faut moins travailler, moins produire, je vous dirais : si nous produisons moins nous travaillons, moins nous ne pourrons plus financer le modèle social qui est le nôtre. Vous voulez comme moi qu’on produise pour servir un modèle humaniste. Un modèle de décroissance, c’est un modèle de décroissance aussi de notre modèle social. Une économie quasiment à l’arrêt n’a réduit que de 8 % les émissions de gaz à effet de serre, on voit bien que le choix de décroissance n’est pas une réponse au défi climatique. Je crois à la croissance de notre économie, je crois à un modèle qui innove. Nos entreprises ont besoin d’innover. Elles ont donc besoin d’attirer des capitaux, français et étrangers, sur notre sol.

Le second principe de cette transformation, c’est un principe de justice sociale. Faire en sorte que cette transition écologique ne laisse personne au bord du chemin. Et sur ce sujet, vous avez beaucoup de propositions fortes que je souhaite toutes voir reprises : proposer des chèques alimentaires pour permettre aux plus modestes d’acheter des produits de qualité de cette agriculture que vous voulez transformer, de cette agroécologie dont vous voulez accélérer la promotion, et vous avez raison ; proposer des aides renforcées pour que les plus modestes puissent acquérir des véhicules propres.

Le troisième principe d’une écologisation de notre société est de réussir l’aménagement de notre territoire. Il faut pouvoir articuler un aménagement harmonieux et réduire les trajectoires par avion qui ne sont plus utiles quand on peut se déplacer en TGV à moins de deux heures et demies. Jamais, me semble-t-il, la transition écologique ne doit se faire au détriment des communes, des régions qui sont les plus enclavées. Et c’est pour cela que je crois qu’il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés mettent parfois tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, ils ont besoin de retrouver rapidement leur famille. Par contre la division par 2 des surfaces urbanisables, la sanctuarisation des espaces agricoles naturels, forestiers, toutes les mesures que vous préconisez entrent en échos pour moi. Vous préconisez d’instaurer un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, allons-y ! Allons-y, agissons !

Et puis, le quatrième et dernier principe, c’est celui de la responsabilité de chacun. Ce changement de modèle, ce n’est pas l’affaire du Gouvernement, du Parlement, ce n’est pas l’affaire de textes, c’est l’engagement de toute une nation dans toutes ses composantes. L’État, les collectivités locales, bien sûr, doivent agir avec le courage de bousculer le système. Mais seul, ils ne peuvent rien, car la réussite passe par la conversion des regards, le changement des comportements de chacun. »

28 juin, la vague verte submerge la Macronie

Municipales 2020, c’est une bascule historique. Les écologistes deviennent la force principale, non par le poids de leur appareil, mais en imposant leurs thèmes. Petite structure de quatre salariés, sans députés à l’Assemblée nationale, EELV a ravi plusieurs grandes villes, devenant ainsi une force majeure de l’opposition au président de la République Emmanuel Macron. Les écologistes gagnent – seuls ou à la tête de coalitions – des communes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy ou encore Colombes (Hauts-de-Seine). Ils gardent Grenoble et participent à la victoire à Paris, Montpellier… La Macronie en déroute (et ronchonneuse), le RN à la peine (et ringardisé), le courant écolo-gaucho-citoyen en forme (et relayé par des collectifs issus des luttes, implantés localement et très actifs), que des bonnes nouvelles ! Voici quelques réactions significatives sur lemonde.fr :

Charlus-sixty-six : De la même manière que les hussards noirs d’hier avaient conditionné une génération à voter rad-soc et à mourir dans les tranchées, les hussards verts façonnent les cerveaux d’aujourd’hui à voter écolo et à faire des potagers bio…

Ulysse : Faudra t-il un président écologiste pour que cela avance vraiment ? Oui, sauvegarder une terre vivable, cela restreint certaines libertés.

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV : Cela ressemble aux municipales de 1977, gagnées par la gauche et qui préfiguraient la victoire de François Mitterrand en 1981. Malgré les coalitions anti-climat, malgré les insultes dans la campagne, les maires écologistes sont réélus et de nouvelles victoires permettent à l’écologie de s’ancrer durablement dans les territoires, dans de nombreuses villes et grandes métropoles. Mais aussi dans de nombreux villages et quartiers populaires, sur lesquels l’attention se porte moins : Schiltigheim, Bègles, Arcueil…

S. Mouchot : Le parallèle avec 1981 est juste. L’écologie sociale suscite de grands espoirs notamment chez les jeunes. Espérons que leur pratique du pouvoir ne déçoive pas. Pour notre planète et notre démocratie…

Bobby Videau : C’est un « tournant politique » qui conduira Les Verts à faire 10% des voix à la présidentielle 2022. Cela leur laissera la possibilité de déterminer s’ils appellent à voter Le Pen ou Macron au second tour.

David Cormand, ex-secrétaire national d’EELV : On devient une valeur refuge pour les électeurs En marche ! [ancien nom de LRM] qui ont rompu avec Macron, mais aussi pour un électorat de gauche qui voit que le récit social-démocrate classique est obsolète, intenable. Notre récit prend le pas sur la gauche productiviste.

Piérick : Partout dans le monde, les élus Verts incarnent le dernier espoir de sauver aussi bien notre planète que nos civilisations ! Face au système capitalisme, oligarchique, qui tente désespérément de sauver ses intérêts en sacrifiant ses représentants (Macron, Colomb, Trump, Johnson, Bolsonaro, etc), face aux idéologies socialistes qui persistent à oublier l’écologie dans leurs équations, il faut espérer que cette vague verte sera bientôt planétaire : il en va de notre avenir !

Philistin @ Piérick : L’avenir, l’avenir Vous n’avez que ce mot là à la bouche. Or l’avenir est une chose du passé. La vraie modernité c’est d’assumer le no future intégral. Il n’y a pas d’avenir. Vivons maintenant comme des lions au lieu de bouffer des graines marcrobiotique. Faisons des orgies d’huile de palme. Homo sapiens a 300 000 ans, c’est un beau score mais c’est fini. Pour quoi mendier un supplément d’existence ? Homère, Beethoven et Rembrandt sont derrière nous et ne reviendrons pas. Assumons d’être les derniers et éteignons la lumière en mourant. Et faisons-le joyeusement au lieu de nous angoisser. Un orgasme de pétrole et de surconsommation c’est mieux que des décennies de soins palliatifs.

Jérôme Fourquet de l’IFOP : La grille de lecture de l’épidémie s’est faite autour de l’écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes. Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d’EELV. 

Kosim : Preuve s’il en fallait qu’il est devenu indispensable de tenir compte des questions écologiques. Il serait temps que les gouvernements aussi bien de gauche que de droite s’en rendent compte, et pas seulement en France, car on va droit dans le mur en repartant sur des logiques de croissance effrénée et de consommation à outrance. Espérons que la consultation citoyenne sur le sujet portera ses fruits !!

Yannick Jadot : L’alternance se fait autour de l’écologie. Là où l’on gagne, c’est avec des rassemblements larges, avec des projets qui ont trois pieds, l’écologie, la solidarité et la démocratie.

NC : Pas sûr que le tabouret vert a 3 pieds soit bien stable… Un 4eme pied nomme économie me semble nécessaire pour plus de stabilité.

Le colibri, emblème de l’écologie en marche

« « Faire sa part » : c’est le mot d’ordre du mouvement Colibris, l’organisation créée en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, chantre de l’agroécologie et de la sobriété heureuse. Or le changement climatique tient pour beaucoup au fonctionnement des grandes structures qui forment le socle de l’économie mondiale ; les productions énergétique et alimentaire sont fortement émettrices de gaz à effet de serre, ce qu’une modification des comportements individuels n’est pas en mesure de changer rapidement. Ainsi, « faire sa part » est incontestablement une belle idée, mais c’est aussi une idée dangereuse. Si le colibri se contente de chercher à éteindre seul l’incendie, la fin de la fable ne fait guère de doute : la forêt a brûlé et les animaux sont morts, et le colibri avec eux. Les tenants du marché libre trouvent aussi leur intérêt dans la diffusion de cette vulgate ; les idées des Colibris peuvent aussi être cuisinées à la sauce néolibérale. Puisque les prises de consciences individuelles feront évoluer la demande des consommateurs, les modes de production finiront par devenir eux aussi plus vertueux. De contraintes réglementaires, il n’est nul besoin : la loi du marché se charge de tout…  » (Stéphane Foucart)

Cette analyse ne dit rien de l’effet de masse recherché par l’exemplarité individuelle. La fable du colibri présente un minuscule oiseau qui essaie à lui seul d’éteindre un incendie pendant que les autres animaux fuient. Cela pose le principe de la responsabilité individuelle, « faire sa part » induit normalement que la modification du comportement individuel produise un changement collectif. Ne rien faire à titre individuel, c’est trop facile ; c’est toujours la faute des autres, des multinationales, des politiques, de l’Europe… Dans son livre No impact man, Colin Beavan pose clairement le problème. Les pratiquants de la simplicité volontaire espèrent une « réaction en chaîne » : plus nous serions nombreux à les imiter et à diminuer son empreinte écologique, plus la nécessité de limiter ses besoins se répandrait dans la société, plus les politiques se mettraient au diapason du comportement de leurs électeurs. Les multinationales du système thermo-industriel commencent à penser à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre parce que nous sommes de plus en plus nombreux à le vouloir et à l’exprimer. Nous agissons par mimétisme ou interaction spéculaire, en miroir : tu fais parce que je fais parce que nous faisons tous de même. Un seul individu « fait sa part », là où 7 milliards aujourd’hui sont appelés à faire la leur. Qui aurait parié un kopek sur Gandhi ou Mandela au démarrage de leur action, ou sur un général parlant aux Français à la radio depuis l’Angleterre…

Le mouvement Colibri, tout marginal qu’il soit encore, est plus proche d’une avant-garde éclairée que les armées de réacs ricanants, surconsommateurs décomplexés et autres imbéciles jemefoutistes qui éructent sur les Khmers verts et fantasment sur le retour à la bougie…

Climat, l’Affaire du siècle, inertie politique

Article

Selon une requête déposée devant le tribunal administratif en mars 2019, dite« L’Affaire du siècle », l’Etat méconnaîtrait « ses obligations générales de lutte contre le changement climatique et ses obligations spécifiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique résultant de l’accord de Paris, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du droit de l’Union européenne et du droit national ». Cette action demande aux juges d’enjoindre au gouvernement de « prendre toutes les mesures » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le ministère de l’écologie a pris son temps, seize mois, pour rédiger sa réponse aux quatre ONG. Le ministère réplique que l’Etat a respecté l’accord de Paris dans la mesure où celui-ci ne crée « pas de droit dont les particuliers pourraient directement se prévaloir »… Il précise que le préjudice écologique n’a jamais été appliqué devant la juridiction administrative… Il botte en touche : « La France représente environ 1 % de la population mondiale et émet chaque année environ 1 % des gaz à effet de serre de la planète ». Le mémoire martèle que l’Etat n’est pas en capacité d’empêcher l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre sur son territoire car « une part substantielle de cette pollution procède d’activités industrielles et agricoles », mais aussi de « choix et décisions individuelles sur lesquels il n’est pas toujours possible d’influer ». La décision du tribunal administratif pourrait intervenir courant 2021 et devrait faire l’objet d’un appel devant le Conseil d’Etat.

« Le gouvernement ne semble pas enclin à saisir les opportunités qui se présentent à lui pour rectifier la trajectoire de son inaction », ont déploré les quatre associations dans un communiqué, le 25 juin. En mettant en avant les « choix individuels », le gouvernement omet de mentionner son rôle de régulateur et d’investisseur. Il conteste l’existence d’une obligation générale de lutte contre le changement climatique. Il liste des mesures politiques récentes, dont il ne démontre pas les effets sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans la période applicable au recours. Certaines ont d’ailleurs été adoptées après le dépôt du recours. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2019, Deux millions de signatures pour l’Affaire du Siècle

extraits : Nous attendons désormais du Premier ministre une réponse à la hauteur de l’urgence climatique. La même semaine que le lancement de l’Affaire du Siècle, Météo France annonçait que 2018 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques en 1900, avec une séquence de 9 mois consécutifs au-dessus des normales. Pourtant le ministre de l’écologie François de Rugy a esquivé le cœur du sujet…

29 décembre 2018, Signez la pétition pour le climat s’il vous plaît

Aujourd’hui 29 décembre à midi, nous sommes déjà 1 903 700 à soutenir l’action en justice contre l’État pour le climat. Voici le texte intégral de « L’AFFAIRE DU SIÈCLE » :

extraits : Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.

Constitutionnaliser l’écocide par référendum

« Ce serait la meilleure façon pour que n’importe quelle association ou citoyen ait la possibilité de saisir le juge pour faire arrêter une activité humaine, une entreprise, une association ou même son voisin » s’exclame le premier ministre Edouard Philippe. Marie Toussaint, Eurodéputée écologiste, donne un point de vue contraire dans  « Référendum sur l’écocide: “Il faut faire confiance aux Français”:

« L’écocide implique une atteinte grave à un ou plusieurs écosystèmes: les océans, les forêts, les rivières etc. Deux versions en ont été formulées, qui font débat : pour que soit répréhensible, on peut en effet exiger que l’atteinte grave soit intentionnelle ou,comme c’est le cas pour les crimes contre l’humanité, on peut se contenter que l’auteur de l’infraction ait eu connaissance du risque. Cette notione est née de la prise de conscience des crimes conjoints contre la nature et l’humain.  C’est dans les années 70, après l’utilisation massive par l’armée américaine de l’agent orange dans la guerre du Vietnam, qu’on a commencé à y faire recours d’une manière plus concrète. Onze pays répriment déjà depuis 1990 l’écocide. Le premier a été le Vietnam. En décembre 2019, les Maldives ont formellement demandé que l’écocide figure parmi les infractions jugées par la CPI, alors que quasiment en même temps, lors de la COP 25, l’Etat des Tuvalu dénonçait l’inaction des Etats-Unis en matière climatique comme crime contre l’humanité.

L’adoption de l’écocide en France serait un véritable basculement philosophique et juridique. Elle permettrait de punir les atteintes graves aux écosystèmes perpétrées non seulement sur le territoire national, mais aussi à l’étranger si les auteurs ou les victimes sont  français. La France pourrait même s’octroyer une juridiction universelle, c’est-à-dire la capacité de juger de cette infraction quels que soient le lieu où le crime est commis et la nationalité des auteurs ou des victimes. Intégrer l’écocide en droit français renforcerait en outre les démarches de la France pour qu’il soit reconnu au niveau international, par exemple devant la CPI. Le droit de l’environnement déjà en vigueur en France reste encore largement en deçà des besoins. Le préjudice écologique, que la jurisprudence a reconnu en droit civil dès 2012, et que la loi a adopté en 2016, vient tout juste de connaître ses premières applications. Les infractions pénales existantes se limitent à punir des violations de normes très précises, comme par exemple celles réglementant les déversements dans les cours d’eau. Ces infractions ne reconnaissent pas le droit de la nature à être protégée. Qui protège la terre protège l’humanité ; il ne faut pas oublier que l’écocide implique une atteinte à la capacité de l’humanité à vivre sur la planète.

Je suis ravie que la CCC (Convention citoyenne sur el climat) ait proposé de pénaliser en France l’écocide, et ce à 99,3% des voix, ce qui en fait l’une des propositions les mieux votées par ses 150 membres. Je trouve en outre qu’elle a mené un travail extraordinaire, en élaborant une fiche légistique très convaincante. J’apprécie notamment l’idée soutenir l’écocide par la création d’une Haute autorité des limites planétaires : elle permettra aux juges de se baser sur une évaluation transparente des atteintes à l’environnement susceptibles d’être réprimées ou d’être prévenues via des mesures conservatoires. Soumettre la création de l’écocide à un référendum est ue bonne chose puisque le Parlement français a déjà rejeté deux fois la notion d’écocide et que le gouvernement actuel s’est déjà exprimé contre l’adoption de la notion en droit français. »

Référendum climat, que va en faire Macron ?

Trouver une place dans la Constitution pour la lutte contre le réchauffement climatique, vaste débat. Dès septembre 2017, Nicolas Hulot avait échangé avec l’association WWF de cette possibilité. En mars 2018, Nicolas Hulot avouait en discuter depuis plusieurs mois avec Emmanuel Macron. Fin juin 2018, Nicolas Hulot obtient de l’exécutif que les mots « environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution ; c’est une avancée car cet article consacre le fait que « le peuple affirme le caractère fondamental de… ». Et puis plus rien, Macron a d’autres chats à fouetter. Aujourd’hui les 150 citoyens reprennent le flambeau hulotiste et souhaitent que le préambule de la Constitution précise que « la conciliation des droits, libertés et principes ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Ils veulent également ajouter à l’article premier que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique ».

L’hypothèse du référendum prend chaque jour plus de consistance à l’Elysée, mais depuis le « non » au traité constitutionnel européen de 2005 aucun président de la République ne s’y est risqué. En 1969 de Gaulle avait proposé d’accroître le pouvoir des régions et d’élargir la représentativité du Sénat par voie référendaire. La campagne référendaire devint un vote pour ou contre le Général, qui, désavoué par les électeurs, quitta aussitôt le pouvoir. Les Français ont pris l’habitude de ne pas répondre à une question qui leur est posée pour faire du simple « dégagisme ». Rappelons que l’article 89 de la Constitution permet au président de la République de soumettre au peuple français un projet de révision de la Constitution, mais il faudrait qu’un vote identique de l’Assemblée nationale et du Sénat valide le projet de référendum… et les deux assemblées ne sont pas de la même couleur politique ! Aussi Emmanuel Macron envisage-t-il sans rire un référendum simplement consultatif : « Ça ne s’est jamais fait, mais je suis prêt à aller dans cette direction, on peut innover démocratiquement. » 265 parlementaires de la majorité envisagent récemment« l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutient l’ambition climatique du président ».

Disons clairement qu’un QCM (questionnaire à choix multiples) ne représentera rien de ce qu’il faudrait mettre en œuvre, une écologie de rupture. La disparition totale de la taxe carbone à cause de quelques Gilets jaunes à des ronds-points est un exemple de l’incapacité du « peuple » à vouloir lutter contre le réchauffement climatique. La proposition des 150 citoyens d’une « limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute » aurait toutes les chances d’être rejetée par une majorité des hommautos : « On croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société. » Emmanuel Macron a prévu de recevoir le 29 juin les 150 pour leur apporter de « premières réponses ». Cette réception confirmera sans doute qu’il faut prendre Macron pour ce qu’il est, un « progressiste » qui nous mène en bateau. Il s’est assis avec le plus parfait mépris sur les milliers de cahiers de doléances du Grand Monologue, pardon du « Grand Débat ». Il fera de même avec les 150 propositions citoyennes.

Notons pour conclure que l’écologie est déjà présente dans la Constitution. Le 28 février 2005, la Charte de l’environnement était approuvée par les parlementaires français réunis en Congrès pour lui donner une valeur constitutionnelle : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme.» … ». Mais ce n’est pas parce que c’est dans un texte, même jugé « fondamental », que les humains l’appliquent. La preuve, il suffit de regarder l’état de la planète et sa constante dégradation.

Les thuriféraires de « l’écologiste » Macron

« Le monde d’après sera résolument écologique. » Cela fait penser à une motion de congrès en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique », 1,58 % des voix, aucune avancée. Cette fois c’est une tribune de 265 parlementaires sous la coupe de Macron qui reprend l’antienne. Un peu de communication et beaucoup de vent, c’est vide et ennuyeux, cela se nomme greenwashing. La première partie est un hymne au passé immédiat et au futur proche. Ils affirment vouloir défendre une écologie progressiste, pertinente sur le plan économique et créatrice d’emplois. La triangulaire infernale, croissance et emploi, sans oublier l’écologie. L’autosatisfaction est permanente, « Nous avons pris des mesures sans précédent… Nous avons fait des choix courageux et concrets… Nous avons changé en profondeur… nous, parlementaires de la majorité présidentielle, sommes fiers de tout ce qui a déjà été entrepris… Nous voulons aller encore plus loin et encore plus vite afin d’agir face à l’urgence écologique… Nous avons fait de l’écologie un élément clé de l’influence française en Europe… Nous réinventons les règles de la mondialisation sans tomber dans le repli sur soi nationaliste Nous construirons en France et en Europe les voitures électriques et leurs batteries… Nous voulons être les premiers à inventer et produire à l’échelle industrielle l’avion décarboné… »

Ces parlementaires obséquieux envers leur maître font preuve de l’optimisme techniciste en vogue actuellement. Voiture électrique et avion décarboné, laissez-moi rire ! Ils se réfèrent à la loi Hulot d’arrêt des permis d’hydrocarbures sur le territoire, ils oublient de dire que Hulot a démissionné avec fracas le 28 août 2018* d’un gouvernement qui faisait de l’écologie à reculons. Ils font croire que « Les ONG environnementales européennes classent la France dans le top 3 pour son action climatique ». Nous avons trouvé sur le net cela : « Les trois premières places de ce classement ont été laissées vides. Ce n’est pas une erreur. GermanWatch a volontairement laissé ces places vides afin de symboliser l’incapacité des Etats à mettre en place des politiques efficaces pour réduire leurs émissions de CO2. Aucun pays n’est pour l’instant dans la bonne dynamique pour respecter les efforts de réduction de CO2 nécessaires pour lutter contre le changement climatique. Voilà pourquoi aucun n’est sur le podium. »** La France arrivait en 15ème position ! Si Macron était écolo, ça se saurait sans le dire dans une tribune médiatisée.

Ces parlementaires se réfèrent à la convention citoyenne pour le climat qui vient de sortir ses propositions. Ils se gardent bien d’en commenter le contenu, il restent dans le vague le plus absolu : « Ces propositions devront être écoutées et largement mises en œuvre, à travers les lois votées au Parlement, à travers notre mobilisation en Europe lorsque la compétence se situe à cet échelon, et avec l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutienne cette ambition. » Sachant ce que Macron a fait du grand débat concédé aux Gilets jaunes, beaucoup de vent, on sait d’avance le résultat. Le climat sera enterré, comme l’a été le Grenelle de l’environnement sous Sarkozy. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

16 juin 2019, Pascal Canfin, l’amoureux de Macron l’écolo

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

27 mars 2019, Européennes : Pascal Canfin verdit la liste de Macron

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

* Michel Sourrouille en a tiré tout un livre, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », octobre 2018

** https://youmatter.world/fr/top-classement-pays-lutte-rechauffement-climatique-2017/

les leçons à tirer de la Convention Climat

« Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. ». Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Voici quelques extraits de leur rapport de 600 pages  :

Validité de la convention en introduction : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle en conclusion : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »