biosphere

principe innovation / principe de précaution

Dans le livre « Les Gardiens de la raison », on explore les nouvelles stratégies des firmes pour instrumentaliser le savoir. L’usage de l’autorité scientifique est vital au maintien de pans entiers de l’industrie : c’est donc la possibilité même de la diffusion de la vérité scientifique auprès du plus grand nombre qui se trouve attaquée. Les années 2000 ont été vouées au lobbying des “marchands de doute” et de leurs études sponsorisées dissimulant les dangers de leurs activités. Aujourd’hui les arguments de l’industrie se dissimulent sous les atours de la science comme recherche du bien commun. Critiquer les pesticides, les biotechnologies ou le nucléaire, c’est être “contre la science”, c’est verser dans l“obscurantisme”. L’idéal de vérité est perverti. Des associations “à but non lucratif”, en fait financées par l’industrie, mettent en selle des citoyens “ordinaires” qui demandent à leurs députés de prendre leurs décisions politiques sur la base de preuves scientifiques. Référencé comme journaliste, « biosphere » a reçu une illustration parfaite des propos de ce livre sur le thème « Pour le bien commun, vive la 5G » :

La 5G est en marche, la « Révolution du Soigner » avec la Télémédecine c’est maintenant ! Si la 5G succède à la 4G, nous aurons une couverture optimale sur l’ensemble du territoire, un débit plus important, une rapidité d’exécution, et la possibilité d’échanger un plus grand nombre de données sans engorgement du réseau…Ce serait une erreur historique de ne pas considérer et inclure la Télémédecine dans cette avancée majeure… La Télémédecine se doit de prendre part au projet de la 5G avec autant d’audace que de prudence (Communiqué de Presse de l’« Institut de France – Académie de Télémédecine et eSanté <communique@pressonly.info>)

Les politiciens au pouvoir en France soutiennent cette tendance technophile, il faut dit Macron ne pas en rester à la lampe à huile. Le gouvenement veut mettre en place un centre officiel fournisseur de matière scientifique prête‑à‑l’emploi pour les journalistes. Si nous n’avons pas encore atteint le stade orwellien d’un ministère unifié de la Vérité, voilà déjà les brigades du Vrai qui entrent en action. Le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030, présenté lundi 21 septembre 2020 à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une « Maison de la science et des médias ». A l’instar de Science Media Centres (SMC) au Royaume-Uni, cet organisme aurait pour vocation de « permettre la mise en contact rapide entre journalistes et chercheurs, favoriser l’accès des citoyens à une information scientifique fiable, et accroître l’apport d’éclairages scientifiques dans les débats publics sur les grands sujets actuels… A l’heure où la société française est traversée par des courants d’irrationalité et de doutes sur les progrès et les connaissances, le gouvernement fait le choix d’inverser résolument la tendance », expose le projet de loi. Et ce, afin de « replacer la science et la rationalité scientifique au cœur du pacte social et du développement économique du pays ».

Aucun des trois groupes de travail ayant nourri le projet de loi ne suggère la création d’un SMC « à la française ». Ce n’est que le fruit d’une volonté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Sollicité, le cabinet de la ministre n’a pas répondu aux questions du MONDE. En fait il s’agit d’un action concertée par les lobbyistes du complexe thermo-industriel pour soutenir le « principe d’innovation » contre le principe de précaution. Voici quelques articles complémentaires sur notre blog biosphere :

22 janvier 2020, SDHi et le principe de précaution bafoué

1er mai 2017, BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

7 octobre 2014, Principe de précaution, de prévention et de responsabilité

4 octobre 2013, le principe de précaution et ses adversaires

24 juin 2010, principe de précaution ou principe d’irresponsabilité ? (à propos du chlordécone)

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

Le tourisme au long cours s’éloigne définitivement de nos projets d’avenir, du moins faut-il l’espérer. La pandémie a entraîné un changement de perception des ménages, le prochain blocage énergétique fera le reste. Nous allons rapidement vers un tourisme lent, de proximité, qui rejettera l’avion et les fantasmes de vacances paradisiaques. Tout le système publicitaire nous  dit encore le contraire et cultive la psychologie du « plus vite, plus loin, plus souvent et toujours moins cher ». La reprise économique après le confinement passera par le tourisme, disent les gouvernements du monde entier. Une tribune dans LE MONDE réagit : « La transition écologique est incompatible avec la massification des voyages ». Les auteurs, quatre universitaires, estiment avec raison que l’industrie touristique figure parmi les mauvais élèves en matière de rejets de gaz à effet de serre et de polluants. Le tourisme de masse met sous tension les ressources, déséquilibre les écosystèmes locaux et met en péril les sites naturels et patrimoniaux. La révélation du « vrai prix des choses » aurait l’avantage d’amener les consommateurs à prendre conscience de leur empreinte écologique d’une part, et d’autre part à effectuer des arbitrages de consommation salutaires. Adopter une telle démarche demanderait de rompre avec la vision stratégique gouvernementale qui a érigé en objectif prioritaire l’accueil de 100 millions de visiteurs étrangers par an. Cela implique une remise en cause du programme de soutien de 1,3 milliard d’euros annoncé par le premier ministre Edouard Philippe, qui ne fait que répercuter les logiques d’aménagements portés par France Tourisme Ingénierie…

Rappelons un texte de 1937 qui pourrait être écrit aujourd’hui : « Le touriste n’a plus rien d’humain. Il est né d’un sentiment authentique qui est devenu social. Or le « social » est entre les mains de la publicité. Les affiches publicitaires insistent sur le caractère d’évasion du voyage. Une publicité intense a dirigé les foules vers certains points aménagés de la montagne .L’agence Havas provoque les mouvements des masses bourgeoises qui, selon les saisons, montent à la montagne pour faire du ski ou descendent vers la mer pour se baigner. Il y a des foules plus effroyables que celles qui s’entassent à heures fixes dans les métros, ce sont les foules de nos grandes plages. Ce sont des masses qui voyagent et prennent des bains. Le hasard des intérêts financiers et des lignes de transports accumule les touristes à certains endroits. Comme la classe bourgeoise est hiérarchisée, il existera toute une échelle de stations balnéaires, la station chic, la station sportive, le trou à instituteurs. Décrire la civilisation actuelle sans tenir compte du tourisme, c’est commettre une grave erreur parce que, dans bien des pays ou régions, il joue un rôle plus important que l’industrie lourde. Il s’agit maintenant d’énormes organisations et de milliards de capitaux. La forme la plus caractéristique du tourisme c’est aujourd’hui la croisière. Le développement subit des croisières maritimes depuis 1930 s’explique par la publicité souvent subtile des compagnies de navigation qui répondent parfaitement à la conception bourgeoise de la vie : évasion et vie en société ; tout bourgeois est un solitaire affilié au yacht Club. La croisière répond parfaitement à ses désirs ; il n’a pas à s’inquiéter d’un choix, le programme est établi à l’avance selon quelques standard : visitez le Maroc – un palmier, la Norvège – un fjord pâle. Le bourgeois étendu sur un canapé agonise d’un ravissant coucher de soleil – « Ah, voir Naples et mourir ! » Certains, qui se disent révolutionnaires, songent pourtant à ce spectacle avec plaisir, ils s’indignent seulement que ces « loisirs » soient réservés aux bourgeois. Prisonniers de la civilisation, marxistes ou fascistes ne les imagent que sous une forme bourgeoise. Il faut que le peuple à son tour puisse voyager en croisière. Les partis sont bien d’accord là-dessus ; les loisirs doivent être organisés, il n’y aura qu’à transformer les grandes agences privées de tourisme en trusts d’Etat. » (Extraits d’un article paru en juin 1937) »

Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

9 octobre 2018, Surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles

13 mai 2018, L’imbécillité écologique du tourisme mondial

14 janvier 2018,Le summum du tourisme débile… en 21 jours

3 août 2017, Barcelone ou ailleurs, trop de tourisme tue le tourisme

13 juillet 2017, Il faut en finir avec la bougeotte touristique

6 novembre 2014, Le tourisme spatial en deuil, juste retour des choses

27 août 2014, Tourisme, Le pire du pire aux journées d’été de l’écologie politique

11 février 2010, tourisme et goût du risque

28 juillet 2008, lunette théoriques sur le tourisme

à lire 1935-1937 Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (le tourisme selon Bernard Charbonneau et Jacques Ellul)

à ne pas lire, Que serait le tourisme sans pétrole d’Isabelle Babou et Philippe Callot (2012

La force de l’écologie aux législatives 2022

Yannick Jadot veut prouver sa crédibilité de présidentiable, il s’attarde sur les idées concernant les sujets régaliens : contre l’insécurité, «une conférence du respect et de la confiance entre la police et la société» ; La laïcité, « le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine!» ; Les questions internationales, «Il faut parler avec Vladimir Poutine. Mais pas à Brégançon et jamais avec complaisance. C’est l’Europe qui doit parler face à Poutine. Même chose face à Trump ou au Liban. »

Yannick Jadot aime contredire d’autres Verts. Jacques Boutault, l’ancien maire EELV du 2e arrondissement de Paris : « Ils (les Français) restent dans leur canapé à rêver à des exploits de types hyper-dopés qui ne gagnent que parce qu’ils se font changer leur sang voire une autre forme de dopage… »… Yannick Jadot, eurodéputé EELV : « Je suis fatigué de ces prises de paroles. Je ne supporte pas ce mépris, cette façon d’insulter les Français et les classes populaires. Quand j’étais gamin j’y allais au Tour de France, j’y ai amené mes enfants et je le regarde régulièrement sur mon canapé, un peu avachi. Je souhaite une écologie qui inspire plutôt qu’une écologie qui repousse. »

LE MONDE soutient Yannick Jadot : Le député européen est celui qui, chez les Verts, prône l’alliance la plus large possible, de la gauche jusqu’au centre. Il est l’élu qui clame qu’il n’a pas peur du « compromis » et dit se méfier de « la radicalité ». Il est celui qui ose assister à l’université d’été du Medef et reconnaître que « le modèle social européen est le plus protecteur du monde ». Il est le Picard qui déclare « adorer le Tour » de France quand le maire de Lyon, Grégory Doucet, juge l’événement « machiste et polluant ». (Françoise Fressoz, Éditorialiste)

Conclusion de Biosphere : Yannick Jadot ne peut pas être un présidentiable crédible, trop de démagogie de sa part pour plaire aux électeurs, trop de contradictions internes au sein des Verts. Le WE dernier le Conseil fédéral EELV a (par 75 %) invalidé l’idée de Yannick Jadot d’une désignation d’un présidentiable écolo avant fin 2020 afin que les Verts (c’est-à-dire Yannick Jadot) occupent sans tarder l’espace présidentiel. C’était une mauvaise stratégie que de vouloir désigner en 2022 un présidentiable au sein d’une primaire d’origine EELV. En effet l’insoumis Mélenchon se voit encore sur le podium, la socialo-centriste Hidalgo pointe le bout du nez, les deux s’affichent en vert. Les possibles présidentiables qui se voudront écolos en 2022 sont innombrables : Emmanuel Macron, Édouard Philippe, François Ruffin, Eric Piolle et Jean Passe. Trop de concurrence, tout le monde (même Marine) devient écolo. L’élection en 2022 se présente donc sous des jours complètement nouveaux, l’écologie est devenu un paradigme politique très (trop) partagé. Un candidat estampillé EELV n’est plus qu’un grain de poussière dans un tourbillon. Autrement dit mieux vaut qu’EELV se prépare directement pour les législatives 2022 sans vouloir de présidentiable spécifique. Voici quelques conseils donnés à EELV pour justifier un positionnement « législatives d’abord » :

1) Nous (EELV) évitons un combat fratricide en notre sein pour désigner un présidentiable.

2) Sans présidentiable spécifique, l’écologie politique portée par EELV se retrouve au niveau médiatique en position d’arbitre, décernant bons et mauvais points sur les prétendants.

3) Nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres dans chaque circonscription sont extrêmement complexes.

4) Si nous sommes bien organisés pour les législatives, un président nouvellement élu (à vocation écolo) aura besoin de nous comme force d’appoint, il nous le fera savoir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

5) Si le nouveau président élu n’a pas de sensibilité écolo, dans chaque circonscription nous nous positionnerons comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

Pour en savoir plus, Connaître Yannick Jadot, présidentiable 2022

Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

Pour faire évoluer les comportements du consommateur dans un sens écoresponsable, nous (conférence citoyenne) voulons Interdire de manière efficace la publicité des produits les plus émetteurs de GES sur tous les supports publicitaires, réguler la publicité pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation, mettre en place des mentions pour inciter à moins consommer du type « En avez-vous vraiment besoin ? » ou «  La surconsommation nuit à la planète. »

Cette remise en cause de l’emprise publicitaire ne provient pas d’une mouvance anti-publicitaire, mais d’une représentation de la population française, la conférence citoyenne pour le climat. La lutte contre le dérèglement climatique est en effet incompatible avec le martellement marchand dont la fonction est l’incitation permanente à la consommation. Cette entreprise qui fait le vide dans nos cerveaux ne vend pas des produits mais un imaginaire, elle ne vend pas du savon mais de l’élégance, elle ne vend pas des voitures mais des solutions de mobilité… Le thème du bonheur est omniprésent dans les messages publicitaires. Pour les agences publicitaires, le bonheur, la beauté, le plaisir ne résultent que des pratiques consuméristes. Il y a un déséquilibre effroyable entre les trois à quatre messages qui nous incitent à la sobriété comparés aux 400 à 3 000 messages publicitaires faisant quotidiennement l’apologie de produits que nous subissons à notre insu de notre plein gré. Les commentateurs sur lemonde.fr en rajoutent :

LEFG : la responsabilité de la publicité mais aussi des films, des séries télévisuelles sur le comportement humain ont une influence certaine sur nos comportements et la hiérarchie des valeurs qui motivent nos actes. Cette incidence est vraisemblablement différente au regard du niveau de culture de la population concernée et de son pouvoir critique de l’information délivrée. Toutefois la rapidité et la masse de l’information délivrée, l’homogénéité des comportements représentés, la durée de notre exposition croissante passée devant les écrans laisse hélas présager un émoussement de notre pouvoir critique…

boomer :Tout le monde veut du gratuit, de wikipedia à la météo et aux sites people. Si vous obtenez quelque chose gratuitement, c’est que quelqu’un l’a payé pour vous et c’est pour cela que internet, la télé et les événements sportifs sont envahis de pub.

D accord : Si on supprime la publicité, il n’y a plus de secteur automobile, plus d’avions, plus de nouvel achat (car recyclage ou achat d’occasion ), plus de téléphonie mobile ou de télévision, plus d’ordinateurs autre que ceux qu’on a déjà… J’oubliais, pour la confection, pas d’importation, on réutilise les vêtements existant et au maximum une tenue / habitant.

LJ : On peut aussi se passer de résidence secondaire, de voiture, de smartphone car même si l’on peut se payer les fruits du progrès, la vraie question est : ce progrès-là a-t-il un sens ? Indubitablement, un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul. Une voiture alors que je vis en ville, non. Une résidence secondaire, une crème antirides à cent balles non plus. Depuis quelques années je me passe complètement de vacances à l’autre bout du monde, voire de vacances tout court et je ne m’en porte que mieux… L’accumulation forcenée ne rend pas plus heureux…

Quart-Vittel : «un smartphone fait du sens car je remplace cinq objets par un seul.» Et même six quand on ajoute le cerveau de l’utilisateur !

Sarah Py : La publicité n’est pas de l’information mais de la séduction, voire de la manipulation, le fameux cerveau disponible. Cette constatation me semble l’évidence. Réguler dès lors la publicité devient logique. La réguler sans rupture, compter sur la maturité des individus qui contraint l’imagination des publicitaires, cercle vertueux qui ne résout pas la question de la place qu’occupe l’acte de consommer, de posséder, d’accumuler dans nos structures mentales.

Gaston : horreur, ne plus consommer à tire-larigot, mais que vont faire les femmes qui passent leur vies dans les magasins de fringues et de chaussures et les hommes devant les écrans a baver devant les voitures en ventes .…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juin 2020, La publicité commerciale est indéfendable

13 juin 2020, La publicité dévore la planète et nous avec

4 mars 2020, L’urgence climatique interdite de publicité

12 décembre 2019, « Casseurs de pub » vingt ans après

7 janvier 2019, Damnation, les médias aux ordres des publicitaires !

23 mai 2018, publicité pour Nutella = disparition des orang-outan

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

18 janvier 2016, Un premier pas vers la fin de la publicité… pour enfant

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Interdire la publicité, c’est incontournable

Interdire de publicité tous les produits les plus nocifs pour l’environnement et la santé publique, cela devrait aller de soi. Pas pour l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) qui montre son vrai visage. Elle considère les appels à la régulation (non professionnelle) comme de « nouvelles censures », dénonce de supposées « haines sociales » dont la publicité serait la cible, condamne l’organisation par une minorité d’une tyrannie morale de la « bien-pensance » qui mettrait en danger la démocratie et la liberté d’expression… Pourtant la liberté d’expression définie par les grands textes internationaux ne protège de l’intervention de l’État que le discours politique, religieux et journalistique . Selon une jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’homme, la communication commerciale ne bénéficie pas de ce niveau de protection. OUI, la liberté du récepteur compte. OUI, certains produits autorisés au commerce peuvent être interdits de promotion publicitaire, ainsi déjà le tabac et l’alcool,.

Une simple tribune dans LE MONDE constate qu’Il est devenu urgent de réguler la publicité pour restreindre la toute puissance des annonceurs. Mais dans la Sélection de la rédaction du MONDE, on nous conseille de lire « la polémique sur le film « Mignonnes » », et l’article le plus lu du MONDE c’est « Covid 19 et mesures non contraignantes de Macron « . C’est bien la preuve que la publicité a fait le vide dans nos cerveaux pour nous inciter à boire du Coca Cola et à ne s’intéresser qu’ à l’écume des jours… Publicitaires, consommateurs et médias, une alliance qui nous mène à notre perte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juin 2020, La publicité commerciale est indéfendable

13 juin 2020, La publicité dévore la planète et nous avec

4 mars 2020, L’urgence climatique interdite de publicité

23 mai 2018, publicité pour Nutella = disparition des orang-outan

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

18 janvier 2016, Un premier pas vers la fin de la publicité… pour enfant

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

Sportifs en chambre, Sarko, Jadot, Macron

L’édile vert de Lyon, Grégory Doucet, a vivement critiqué le Tour de France, qui s’arrêtait dans sa ville les 12 et 13 septembre 2020. Pour lui, cet événement est « machiste et polluant » et doit, comme les autres compétitions, être repensé. Cette opposition au sport-business devrait aller de soi pour des politiques éclairés. C’est tout le contraire qui se passe, ils doivent flatter les électeurs de base. Exemples :

Nicolas Sarkozy : « J’aime le cyclisme, j’aime le Tour de France. C’est un sport admirable. Jamais je n’aurais imaginé qu’on attaquerait ces gens-là, qu’on les mépriserait en les traitant de pollueurs et de machistes. C’est ça, la régression… « Moi, quand j’étais enfant, j’attendais toute l’année le jour où j’allais avec ma maman choisir le sapin de Noël. Je n’avais pas le sentiment d’être un criminel qui faisait du mal à l’humanité. »

Yannick Jadot : « C’est vrai qu’il y a une défiance chez nous les Verts envers le sport business. Les militants écolos ne sont pas toujours fans de sport et notre parti est capable de coller des réunions un soir de match…Je ne m’y retrouve pas complètement. En effet j’adore les Jeux olympiques, j’ai kiffé la Coupe du monde en France. Mais on peut toujours aimer cela et combattre la corruption, le dopage, faire des infrastructures respectueuses de l’environnement, qui s’intègrent dans le tissu urbain… » (LE MONDE du 16 septembre)

Daniel Cohn-Bendit :« Des Jeux olympiques écolos, on peut faire. Mais avouez qu’une finale du 100 mètres, c’est magnifique, c’est de l’art ! Apprécier cela n’implique pas d’oublier la corruption, le dopage, l’argent. Le rapport des écolos au sport symbolise leur idéologie. On voit leur rapport au plaisir. Pour eux, le monde va mal, il est détruit. Ils ont peur de jouir, de prendre leur plaisir total. »(LE MONDE du 18 septembre)

Dany, Yannick, et le petit Nicolas viennent d’enfourcher la polémique ridicule de certains « journalistes » sur des propos déformés. Le directeur du Tour de France a lui-même indiqué combien le tour s’efforce de diminuer son empreinte carbone liées aux véhicules suiveurs et de faire la promotion de compétitions féminines. Pour les sapins, il y a longtemps que des entreprises font la promotion de sapins vivants. L’humour de l’ex-président est une nouvelle sortie de route d’un adepte du promoteur de l’impasse libyenne et du naufrage du Grenelle de l’environnement. Quant aux pseudo-écolos, ils soutiennent Macron ou sont proches de le faire…

Emmanuel Macron : Le Président Emmanuel Macron, s’est rendu en Savoie pour assister à la 17ème étape du 107ème Tour de France. En s’appuyant sur un protocole sanitaire strict, il illustre la capacité des Français à vivre avec le virus, et ont ainsi pu maintenir cet événement majeur de notre patrimoine sportif et culturel.(communiqué de l’Élysée)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

4 janvier 2020, Le sport-spectacle, on tourne en rond

30 juin 2017, Le Tour de France sera « le sauveur » de la biodiversité

23 juillet 2014, Romain Bardet, un des forcenés du tour de France à vélo

27 juillet 2013, mieux que le Tour de France, AlterTour contre la drogue

13 juillet 2013, Il ne faut croire ni au surhomme, ni au Tour de France

12 juin 2013, La démesure du sport qu’un écologiste devrait dénoncer

6 juillet 2012, le sport, antinature, antipathique, pro-capitalisme

6 juillet 2010, AlterTour de France

18 juin 2009, la Grande Boucle, out

NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs. Les JO, c’est aussi un pognon dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Londres, en 2012, avait dû débourser 6 milliards d’euros supplémentaires (total de 11 milliards), Rio en 2016 23 milliards (total de 33 milliards) et Pékin, en 2008, 29 milliards (total de 32 milliards). Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables.

Étonnant, des personnalités aussi anti-écolos que Luc Ferry et Pascal Bruckner signent une tribune anti-Jeux Olympiques à Paris dans LE MONDE : « Il est irresponsable de dilapider l’argent public dans une opération de prestige pharaonique… Les centaines de milliers de touristes qui viendront par avion provoqueront d’énormes pics de pollution… Les prétendus « Jeux verts » établiront un bilan carbone record… Des ressources budgétaires limitées ne peuvent aller à des fastes médiatiques où s’exhibent des athlètes en service commandé au profit du CIO, de ses sponsors et annonceurs… Aussi nous appelons les forces politiques et syndicales, lles organes de presse et leurs journalistes, les autorités morales à dénoncer le projet de Jeux olympiques en France en 2024. Il est temps de proposer pour le « monde d’après » d’autres projets que le dogme olympique de la compétition de tous contre tous, par exemple la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. »

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

Anne Hidalgo, présidente en 2022 ?

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, Anne Hidalgo ne paraît désormais plus écarter la possibilité de se présenter à l’Elysée… Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

Les partisans d’une telle candidature peuvent s’appuyer sur trois arguments majeurs. L’expérience acquise à la tête d’une très grande ville, d’abord, c’est un bon tremplin. La crédibilité, ensuite. A 61 ans, la maire de Paris fait partie des personnalités de gauche qui ont gardé la meilleure cote dans l’opinion. Elle arrive même en tête des figures jugées les plus à même de faire gagner la gauche en 2022. Sa force enfin : elle bénéficie d’un soutien aussi net chez les sympathisants écologistes que chez ceux de La France insoumise ou du Parti socialiste. Elle pourrait ainsi rassembler plus facilement que d’autres. (LE MONDE du 18/09/2020)

Commentaire de tokolosh sur lemonde.fr : L’hypothèse peut paraître farfelue… mais qui aurait parié sur un Macron président de la République en septembre 2015 ? L’article met bien en avant les forces et faiblesses d’AH – la principale de ces dernières étant son statut de « Parisienne ». Cela dit, n’oublions pas que le ticket d’entrée au second tour sera assez bas, dans les 19 à 22 % sans doute. Les 24 % de Macron en 2017, seront amputés d’une bonne moitié, celle venue de la gauche à l’époque et dont les yeux se sont décillés depuis, et qui ne sera pas compensée par un électorat de droite accro à la sécurité, au terroir et à l’anti-européanisme pour certains. AH est la seule à gauche à pouvoir partiellement assécher Mélenchon, principal obstacle à l’accès d’un.e candidat.e de gauche au second tour. « Et en même temps » elle gère une métropole mondiale, a affronté le terrorisme en première ligne, a un réseau national et international, un parti, une équipe solide et expérimentée (comme elle). Entre Jadot et Hidalgo, y’a pas photo.

Alors, Anne Hidlago, symbole de l’émergence en 2022 d’un parti social-écologique digne de gouverner la France ?

Endettement perpétuel, impasse totale

L’endettement de l’État est de la même nature que l’endettement d’un ménage, on ne peut dépenser plus que ce qu’on peut rembourser dans la durée. Une dette publique arrivant à son terme qui ne peut être remboursée qu’en contractant un nouvelle dette ne peut que mal se terminer, par la faillite de l’État. Or l’endettement perpétuel est une constante depuis le premier choc pétrolier de 1974. Cet endettement est théoriquement soutenu par les thèses keynésiennes qui recommandent de s’endetter pour relancer l’économie et faire face à une crise conjoncturelle. Mais ce remède ne peut être que temporaire, il ne peut rien contre un chômage structurel comme nous le vivons depuis des décennies. La politique de déficit budgétaire en France s’est accompagnée par des périodes de « stop and go », politique de relance à un moment suivie par une politique d’austérité pour freiner l’inflation. Cette politique budgétaire s’est terminée par une période de stagflation, concomitance de la stagnation de l’activité économique et de l’inflation.

Croire aussi qu’avec l’endettement perpétuel l’État ne paye que les intérêts de la dette publique est un deuxième non sens. Non seulement la masse des créanciers peut revendiquer son droit au remboursement du capital prêté (ce qui entraînera un effondrement financier pour éviter la faillite de l’État), mais le taux d’intérêt est fondamentalement pernicieux car, par logique comptable incontournable, on ne peut rembourser plus que ce qui a été prêté… sauf à croire au mythe de la croissance économique perpétuelle dans un monde fini. Un tel acte de foi nous mène inéluctablement à l’effondrement des ressources de la planète et au non remboursement de la dette écologique ce qui est déjà une réalité aujourd’hui. L’échec des politiques de relance par déficit budgétaire et laxisme monétaire a créé un nouveau mythe, faire du libéralisme économique pour faire face aux crises récurrentes du capitalisme thermo-industriel par moins d’État. Nouvelle impasse. L’histoire humaine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou une guerre globale. Les commentateurs sur lemonde.fr d’une analyse débile de trois étudiants de Sciences Po Lille, « L’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse » ne peuvent que confirmer notre analyse !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 avril 2020, post-covid, dette économique/dette écologique

18 mars 2012, Définitions de la dette écologique

17 juin 2009, endettés jusqu’au cou

5 décembre 2008, dette écologique

Pour en savoir encore plus, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

«  La sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G et les Amish ». La demande d’un moratoire faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile ». Les enchères pour l’attribution des fréquences débutent fin septembre 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne rendra ses travaux sur les effets sanitaires qu’en mars 2021.

« Emmanuel Macron a fermé le débat avec arrogance et mépris » : le déploiement de la 5G électrise l’Assemblée nationale qui s’inquiète de l’absence de débat politique

Pour en savoir plus sur les Amish à mille lieux de la 5G :

Totalement autonomes, les Amish vivent en micro-autarcie. Pas un moteur dans ces fermes. Pas un tracteur, pas une automobile. Ni radio, ni télévision, ni téléphone, ni réfrigérateur, ni aspirateur, ni d’ailleurs d’électricité, de gaz ou d’eau courante. Seule source d’énergie en vue, un occasionnel moulin à vent. Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. » La Cour suprême américaine vient de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants. Pour la Cour suprême, l’Etat du Wisconsin n’a pas prouvé que l’éducation d’une high school était indispensable pour faire un bon citoyen. Les attendus : « Une façon de vivre qui nous paraît étrange mais qui n’interfère pas avec les droits ou intérêts d’autrui ne saurait être condamnée parce qu’elle est différente, et rien ne nous permet de présumer que la majorité actuelle a raisons de vivre comme elle vit et que les Amish ont tort de mener leur vie comme ils la mènent… (article daté du 15 juin 1972)». L’Amish était en 1972 un objecteur de croissance, il le reste aujourd’hui en 2020.

Pour en savoir plus sur la 5G grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

Contre-violence par destruction de biens

Je suis personnellement depuis le début des années 1970 fidèle adepte de la non-violence, engagé à l’époque dans un groupe de soutien aux objecteurs de conscience et objecteur moi-même. Gandhi est évidemment une de mes figures de référence. Pourtant je m’interroge aujourd’hui face aux déréglementations écologiques qui frappent presque tous les domaines de la vie sur Terre. Ce n’est plus seulement nos guerres imbéciles qui m’interpellent, mais l’extinction des espèces, les chocs pétroliers, les émissions de gaz à effet de serre, la raréfaction halieutique, etc. Comment lutter sur une planète qui brûle ? Comment lutter contre un système techno-industriel qui soutient le capital fossile ? Comment faire réfléchir une population cernée par des moteurs thermiques ? Les manifestations pour le climat se sont essoufflées aussi vite que commencées, Greta Thunberg se contente de dire aux politiques qu’ils feraient bien d’agir, les Conférences internationales sur le climat depuis plus de 25 ans n’ont absolument rien changé aux émissions de gaz à effet de serre ! Pire, des irresponsables au pouvoir dans plusieurs pays font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Je me demande maintenant si une action contre les biens qui causent notre perte ne serait pas une obligation pour qui le sort des générations futures importe. L’arrêt brutal de nombre d’activités à cause de la Covid-19 a parfaitement montré qu’il fallait beaucoup déconstruire pour rendre l’air respirable et que c’était possible. Mais on ne parle maintenant que de relance économique et de soutien aux activités même les plus polluantes comme l’automobile ou l’aviation. Il est beaucoup trop rare de rencontrer des personnes qui prônent une action radicale contre la violence anti-écologique des biens consommés et des infrastructures actuelles, une contre-violence qui irait au-delà d’une non-violence jugée trop paisible. Ce genre d’analyse est restée ultra-minoritaires chez les activistes écologistes ; Greenpeace Sea Shepherd ou Extinction Rebellion par exemple ne détruisent aucun biens.

Il faut donc se rappeler les propos de Françoise d’Eaubonne au début des années 1970, le jour où elle fut scandalisée d’entendre un ami lui dire : « Le problème de la révolution passe au second plan devant l’urgence écologique. Le prochain acte réellement révolutionnaire sera l’attentat contre une centrale nucléaire en construction. Le Capital en est au stade du suicide, mais il tuera tout le monde avec lui ». Il lui aura fallu plus d’un an pour assimiler la profondeur de cette vérité. Au nom de la « contre-violence », Françoise d’Eaubonne participera à la lutte contre l’énergie nucléaire en commettant avec d’autres un attentat à l’explosif le 3 mai 1975 contre la centrale de Fessenheim, retardant de quelques mois son lancement. Elle a assumé cette position radicale jusqu’au bout puisque dans ses derniers tomes de mémoires elle écrit  : « La contre-violence semble très indiquée comme retournement de l’arme de l’ennemi contre lui-même ; il va de soi que les attentats ne visent que des points de rupture précis du front ennemi, économisant au maximum les vies humaines, utilisant les moyens destructifs pour instruire le plus grand nombre possible d’abusés du sens de cette guérilla urbaine. »*

De même un livre** récent d’ Andreas Malm se pose la question de la nécessité de dégonfler les pneus des SUV et détruire pipelines et autres éléments de l’infrastructure basée sur l’énergie fossile. A son avis le mouvement pour le climat devrait s’attaquer directement aux biens les plus néfastes en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Il veut forcer le mouvement écologiste à se poser des questions radicales : « Le problème, bien sûr, c’est que faire sauter un pipeline dans un monde à six degrés de plus, ce serait agir un peu tard. Doit-on attendre un assentiment quasi général ? Celui de la majorité ? D’une importante minorité ? » L’usage de la violence contre les biens est certes mal accepté socialement, imaginez la réaction du propriétaire d’un SUV qui retrouve au petit matin sa chère voiture avec les pneus crevés ! Pourtant maintenir le statu quo et le business as usual nous condamne à aller vers une planète invivable. Détruire du matériel qui condamne notre avenir sur une planète surchauffée et à bout de souffle n’est qu’un acte d’autodéfense, un acte de dénonciation d’une société ultra-violente qui en arrive même à dérégler les mécanismes de régulation automatique de la biosphère. Détruire des biens néfastes n’est pas du terrorisme, c’est aimer le présent, c’est sauver bien des vies humaines dans l’avenir, c’est le contraire de la violence. Le plus étonnant, c’est de constater que l’usage de la contre-violence est aujourd’hui rarissime alors que les périls se révèlent apocalyptiques…

Michel Sourrouille

* Françoise d’Eaubonne, « Écologie et féminisme (révolution ou mutation ?) », première édition en 1978, réédition 2018 aux éditions Libre & Solidaire

** Andreas Malm, « Comment saboter un pipeline », La Fabrique éditions, 2020

Saboter les pipelines, un impératif ?

La question des différentes formes de non-violence face à la violence de la société thermo-industrielle doit être discuté par tous les militants de l’écologie. Sur ce blog biosphere, nous pensons que la destruction de biens nuisibles à la santé des humains et de la Terre n’est pas une violence, c’est une contre-violence, elle appartient au domaine de la non-violence. La démonstration qu’en fait Andreas Malm* paraît convaincante. Ainsi par cet exemple :

Deux membres des Catholic Workers, Jessica Reznicek et Ruby Montoya, tout au long du printemps 2017, ont perforé à plusieurs reprises un pipeline en construction. Elles justifient : « Après avoir épuisé toutes les formes d’action possibles, dont la participation à des réunions publiques, la collecte de signatures pour réclamer des études d’impact environnemental, la désobéissance civile, les grèves de la faim, les manifestions, boycotts et campements, nous avons constaté l’incapacité évidente de notre gouvernement (américain) à entendre les revendications populaires. » 

Elles savent dorénavant qu’elles doivent obtenir plus de résultats. N’ayant aucune expérience du sabotage, elles optent d’abord pour l’incendie. Elles brûlent alors six pièces de machinerie lourde en enflammant des chiffons imbibés d’un mélange à base d’essence et d’huile de moteur, le tout placé dans des thermos de café. Elles décident ensuite de cibler les tuyaux. Elles étudient comment percer l’acier, et choisissent d’utiliser un chalumeau à oxygène-acétylène pour trouer l’oléoduc au niveau des vannes d’arrêt (qui en sont la portion émergente du tuyau). Après avoir rassemblé les ressources nécessaires, elles perforent les vannes tout le long de l’oléoduc de mars à mai 2017. Voici leur analyse : « Le pétrole qui est sorti de terre et les machines qui le font sortir et l’infrastructure qui permet cela, voilà la violence. Nous n’avons jamais menacé de vie humaine, nous agissons pour tenter de sauver la vie humaine. Tout ce que nous avons fait, nous l’avons fait avec des mains pacifiques, résolues et toujours aimantes. » Elles ont fini par sortir de la clandestinité en revendiquant publiquement leurs actions : « Nous prenons la parole pour encourager d’autres à entrer dans l’action, le cœur pur, pour démanteler l’infrastructure qui nie notre droit à l’eau, à la terre et à la liberté. »

Kelcy Warren, PDG d’Energy Tranger, s’en est pris directement à ces deux femmes selon son expression « abominables » : « Il s’agit de personnes qui devraient être sorti du patrimoine héréditaire de l’espèce ». Des lois prévoyant de lourdes peines pour toute action de protestation contre les pipelines ont été promulguées dans une douzaine d’Etats américains pendant l’ère Trump. En octobre 2019, Jessica et Ruby ont été mises en examen pour des chefs d’accusation passibles de 110 ans emprisonnement… Pourtant Kelcy Warren et Donald Trump passeront un jour au tribunal de l’histoire pour crime écologique. Jessica Reznicek et Ruby Montoya deviendront des héroïnes !

* Comment saboter un pipeline, de Andréas Malm. La Fabrique éditions 2020.

Sea Shepherd et la tentation de la violence

Lamya Essemlali : « Pour ma part, à la mélancolie qui découle immanquablement de la conscience d’un monde qui agonise et de l’apathie ambiante qui l’accompagne vers une fin tragique tel un cortège funéraire, je n’ai pas trouvé de meilleur remède que l’action. Couler des bateaux à quai, s’interposer physiquement pour empêcher la mise à mort d’une baleine, confisquer de filets de pêche illégaux, harceler des braconniers pour les forcer à lâcher leur proie… tel est le modus operandi de Sea Shepherd ; et forcément la question de la violence revient régulièrement. Jusqu’où peut-on aller pour sauver une baleine ? Couler à quai un bateau qui tue en toute impunité des milliers d’animaux serait-il un acte de violence ? La réponse est sans doute oui si l’on considère que la valeur matérielle de l’objet excède celle des vies qu’il détruit. En revanche la question deviendrait grotesque si on l’appliquait à une équivalence humaine. Des activistes qui détruisent le matériel de braconniers, tout en prenant soin de ne blesser personne, se voient reprocher par certains, y compris dans le camp des écologistes, d’être de violents extrémistes, voire des écoterroristes. Et pourtant, parfois l’attentisme peut en soi devenir une forme de complicité de la violence. Einstein n’a-t-il pas dit que le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui laissent faire !

La vraie question qui se pose, derrière celle de la violence, est celle de la hiérarchie des valeurs. A quel point la vision anthropocentrique et les intérêts cupides de certains humains peuvent-ils passer décemment devant les intérêts vitaux d’autres êtres vivants ? A cette question, Sea Shepherd a répondu dès sa création : dépasser la protestation et intervenir de façon « agressive mais non violente » pour empêcher les atteintes illégales à la vie marine, là où les autorités publiques qui devraient le faire se révèlent incompétentes par manque de moyens ou de volonté. Dans la vision de Sea Shepherd, en tant qu’ONG combative, c’est là que se situe la force : s’interdire la violence envers les êtres vivants, comme une cohérence morale qui consiste à ne pas détruire des vies quand on lutte pour sauver le vivant. La réflexion inverse existe aussi ; pourquoi se contenter de neutraliser le matériel et ne pas s’en prendre directement aux auteurs des crimes contre la nature ? C’est à mon avis une réflexion stratégique face à des gouvernements qui détiennent l’exclusivité de la violence dite légitime : ceux-ci feraient de toute action entraînant des morts ou des blessés une justification pour une riposte encore plus forte et la situation risque de dégénérer rapidement. Il nous faut sauver des vies tout en restant cohérent avec les valeur que l’on défend. Il nous faut redéfinir la notion de violence sur les bases d’une hiérarchie nouvelle qui place l’intégrité du monde naturel au-dessus des profits. Voilà sans doute des sujets qui deviendront incontournables pour les activistes de demain au regard du combat qui se profile à l’horizon. » (encadré page 302-303, Faut-il céder à la tentation de la violence ? in Collapsus, livre collectif (Ed. Albin Michel)

Sea Shepherd Conservation society, fondée par Paul Watson, existe depuis 1977 pour sauver des vies et pour soutenir les lois de conservation internationale que les nations n’ont pas la volonté politique de soutenir elles-mêmes. Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

15 avril 2015, Paul Watson : Earthforce (manuel de l’écoguerrier)

15 novembre 2013, Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

19 septembre 2012, Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

26 mai 2012, Paul Watson de Sea Shepherd contre le Costa Rica

9 avril 2010, l’écoterroriste Paul Watson

Urgence écolo, faut-il faire brûler les SUV ?

Pour vivre comme un écologiste devrait vivre, il faut avoir une conscience morale, celle d’une responsabilité vis-à-vis de ce qui nous dépasse : la planète, les autres espèces vivantes, les générations à venir, ce qu’on appelle les acteurs absents. Mais face aux crises écologiques subsistent plusieurs freins à un basculement de notre comportement.

– Les menaces restent très abstraites pour une grande partie de la population. La fonte des glaces, c’est ailleurs, l’extinction de la biodiversité aussi ;

­- Le syndrome de la goutte d’eau, mécanisme de déresponsabilisation, consiste à considérer que ses efforts sont dérisoires et inutiles par rapport aux véritables pollueurs. Ce serait à l’État d’intervenir, pas à nous ;

– ­l’hyper-individualisme, qui concerne 17 % environ de la population, « ce qui compte, c’est moi d’abord, les autres viennent toujours après . L’égoïsme du présent l’emporte largement dans les mentalités sur l’héroïsme de l’altruisme ;

Le coût – psychologique, organisationnel, économique –, de changer ses habitudes quand il s’agit de s’imposer des contraintes supplémentaires alors qu’on vit le confort et la facilité. Dans un système d’injonctions contradictoires, on suit la voie de la facilité même si on sait qu’il faudrait faire autrement. C’est le mécanisme de la dissonance cognitive.

Conclusion. Face à l’inertie politique et à la passivité globale de la population, on ne peut donc rien attendre des autres, il nous faut tracer notre propre chemin vers la simplicité volontaire, devenir un colibri. « Le pessimisme est une prophétie qui s’auto-alimente. Il s’engendre de lui-même et mine notre volonté d’agir… Les changements révolutionnaires ne s’abattent pas sur nous à la manière d’un cataclysme soudain, mais ils sont le produit d’une succession infinie qui, en un processus erratique, nous conduit vers une société plus digne. Il n’est pas nécessaire d’entreprendre des actions héroïques pour participer à ce processus de changement ; les actes les plus infimes, quand ils sont le fait de millions de personnes, peuvent transformer le monde. Et si nous agissons même très modestement, nous n’aurons pas à nous en remettre à un future utopique. Le futur est une succession infinie de moment présents, et vivre dès aujourd’hui comme nous pensons que les hommes devraient vivre, malgré tous les malheurs qui nous cernent, représente déjà une merveilleuse victoire… Même le plus infime des actes vient s’ajouter aux tas de brindilles auxquelles une circonstance imprévue pourrait bien mettre le feu jusqu’à entraîner de brutaux changements… » (Howard Zinn (1922-2010), qui a accompagné de façon militante et non-violente la reconnaissance des droits civiques pour les Noirs d’Amérique et a lutté contre toutes les guerres, particulièrement celle du Vietnam.

Mais l’urgence écologique relève d’une autre temporalité, nous n’avons pas le temps attendre que les gens arrêtent par eux-mêmes de rouler en voiture, nous sommes confrontés à des déséquilibres planétaires qui rentrent dans le domaine de l’irréversible. C’est pourquoi l’atteinte contre les biens qui causent notre perte nous paraît compréhensible. Ainsi pour les gros SUV, on a toute une palette d’actions possibles. Nous écrivions en 2005 « Son usage incarne une américanisation du mode de vie occidental, c’est devenu une forme d’arrogance, si ce n’est de provocation. Des SUV ont été incendiés en Pennsylvanie, des vitres brisées dans l’Etat de Washington et des slogans « no blood for oil » tagués sur leurs carrosseries dans le Massachusetts. La Biosphère saute de joie devant ces actes, car que faire d’autre contre la bêtise humaine : deux tiers des américains préfèrent embrasser leur voiture plutôt que leur mère ! »

Incendier des SUV ? Notre société est tellement formatée par le croissancisme que de telles actions seraient aujourd’hui assimilées à du terrorisme !

Pour en savoir plus sur notre blog biosphere :
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embraser

François Bayrou, grand planificateur en chef

La décision d’Emmanuel Macron de créer un nouveau Commissariat général au Plan et d’en confier la direction à François Bayrou est un spectaculaire non sens. Pas très glorieux cette nomination d’un dinosaure de la politique à un strapontin contemplant le futur. Rappelons que Bayrou est mis en examen, viré du gouvernement français pour cela, et pourtant rattaché directement à l’Elysée pour « réfélchir ». Cette nomination n’est qu’un prétexte pour se mettre Bayrou dans la poche, Macron a besoin des centristes pour finir cahin-caha son septennat. De toute façon le gouvernement a déjà fait ses annonces de relance plus ou moins verte, alloué des financements et définit les objectifs..Que va donc faire l’ineffable Bayrou, qui dans une interview récente n’a même pas évoqué la crise climatique : son horizon est resté à Pau. Quand on regarde le décret créant sa fonction, le titulaire n’a d’autorité sur aucune administration, même pas celle censée s’occuper plus ou moins de plan et de prospective (France-Stratégie). Bref, Bayrou n’est chef de rien et donc ne fera pas grand chose sur le fond. Qui en doutait ? Cette situation est fort dommageable puisqu’on a absolument besoin d’une planification écologiquement compatible

La résurrection du Commissariat au plan acte l’échec des tentatives d’instaurer une situation économique dominée par la finance. Le retour du plan, c’est en effet l’aveu que les marchés ne peuvent pas grand chose lorsqu’il faut affronter l’urgence. Avec le Covid-19, la libre confrontation des intérêts économiques n’est d’aucun secours. A l’inverse, des Bourses globalisées sont un surcroît de fragilité qui a contraint les autorités à ouvrir grand les vannes de la création monétaire pour empêcher qu’un remake de la panique financière de l’automne 2008 se joue sur fond de pandémie. La finance étant incapable de projeter notre devenir économique collectif, cette fonction incombe au politique. Planifier implique de favoriser certaines activités d’en réduire d’autres, croissance et décroissance simultanément, destruction créatrice. Il s’agit d’ouvrir un espace décisionnel sur la définition de nos besoins réels et de créer ainsi du sens commun. Un tel dispositif est rigoureusement l’inverse d’une concurrence « libre et non faussée » qui régit depuis trop longtemps l’insertion européenne et internationale de nos économies.

La pandémie, la descente énergétique et le réchauffement climatique fournissent des exemples de défis mondiaux qui requièrent une vision à long terme. Lorsque le Commissariat général du Plan est créé en 1946, il fallait faire face à des pénuries omniprésentes (nourriture, moyens de transport, matières premières…), il fallait mettre en œuvre un lieu de répartition des rares ressources. Comment ne pas repenser à planifier une sobriété partagée dans l’état actuel de détérioration brutale des conditions de vie sur Terre ? Les crises écologiques nous amènent à une économie de guerre synonyme de démondialisation, de désurbanisation, de dévoiturage et autres joyeusetés qui vont faire frémir de peur Gilets jaunes et managers. Notre blog biosphere soutient tout ce qui s’apparente à une régulation du présent pour préserver un avenir durable, exemples :

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

7 juin 2020, Une planification écologique est nécessaire

12 mai 2020, post-covid, pour une planification écologique

2 mai 2020, Climat, gare à la relance économique « grise »

27 mars 2012, la planification écologique selon Jean-Luc Mélenchon

ADMD, Facebook censure la liberté d’expression

Alain Cocq, 57 ans et atteint d’une maladie incurable, souhaitait faire de sa mort un événement avec la diffusion en direct sur Facebook de ses derniers instants. Emmanuel Macron, sollicité, rappelle qu’il ne peut « demander à quiconque d’outrepasser notre cadre légal actuel ». La loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, en effet, n’autorise la sédation profonde et continue que si le pronostic vital du patient est engagé à très court terme. Alité et affaibli, Alain Cocq ne relève cependant pas de ce cas de figure.Facebook France se dit « profondément touché par la situation difficile que traverse Alain Cocq » et assure respecter « sa décision de vouloir attirer l’attention sur cette question complexe », mais confirme avoir bloqué cette diffusion « car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide ». Réactions sur lemonde.fr :

pierre guillemot : Facebook se présente de plus en plus comme un organe de presse en ligne, qui choisit et promeut ce qui est dans sa ligne, supprime ce qui ne l’est pas. L’argument d’indécence etc. ne tient pas si Facebook se prétend hébergeur de contenus que personne n’est obligé de regarder.

B@s : FB qui peut retransmettre en live des tueries de masse ou n’importe quelle ignonimie refuse le droit de parole d’un homme qui essaye de faire avancer les discussions sur le droit à être assisté pour mourir dignement… Ces réseaux et leur responsables sont à vomir…

Jérôme : Une association française, l’ADMD, Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité milite pour que la loi Leonetti aille jusqu’au suicide assisté pour les personnes souhaitant mourir avant de devenir des légumes. Notre mort nous appartient, l’État n’a pas à intervenir dans le choix individuel, sinon reste plus que l’aller simple en Belgique où le législateur autorise le suicide assisté.

Claustaire : En effet, il n’existe pas de mort indigne. Au lieu de l’ADMD, où je milite depuis des années, j’ai souvent proposé l’ADULT : Association pour le Droit à l’Ultime Liberté (d’en Terminer).

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

20 février 2020, L’euthanasie en Belgique, facile ?

6 juillet 2018, ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité

26 novembre 2008, ADMD versus Axel Kahn

Trop d’humains, extinction des vertébrés

Entre 1970 et 2016, les populations mondiales de vertébrés – oiseaux, poissons, mammifères, amphibiens et reptiles – ont décliné en moyenne de 68 %, révèle le Fonds mondial pour la nature (WWF). L’organisation a publié le 10 septembre 2020 la mise à jour de son « indice planète vivante » (IPV). Les vertébrés représentent moins de 5 % des espèces animales connues, mais sont les mieux étudiés. L’article du MONDE en liste les causes, destruction de près de 90 % des zones humides mondiales depuis 1700, surexploitation des rivières, pollution, changement climatique, système de production alimentaire. La pression démographique humaine sur les milieux n’est pas prise en compte, les commentaires sur lemonde.fr compensent cet oubli fâcheux :

René B. : Il y a une population de vertébrés qui a hélas augmenté : les êtres humains. Et parmi les grands singes ce sont les plus dangereux…

Kiamb : La proportion d’humains a dû croître dans des proportions similaires voire supérieures au déclin des vertébrés. Je suis toujours étonné que ce lien fort entre ces deux phénomènes soit si peu mis au premier plan des causes (et comment y «remédier », ce qui est encore une autre question).

Frog @Kiamb : Votre constat n’a aucune visée d’efficacité : il n’y a pas grand-chose à faire à part attendre que la courbe de population ne redescende. C’était il y a 50 ans, quand on se moquait de la politique de contrôle de natalité des chinois, qu’il fallait faire quelque chose.

Boltzmann : Sur la période 1976-2020, on a donc doublement de la pression humaine sur le monde sauvage. Et comme le niveau de vie a entre temps augmenté (plus de nourriture, part plus importante de viande, existence du gaspillage…), on ne s’en sort pas. Il est écrit dans LE MONDE « Notre système de production alimentaire est l’un des premiers facteurs de changement d’affectation des terres », mais il me semble que ce n’est pas notre système qui pose problème mais notre nombre. Ou plutôt, un système qui allait bien avec deux fois moins d’humains ne convient plus a notre population actuelle.

Rodgeur : Mais puisqu’on vous dit que c’est la Covid la priorité dans le monde. Le reste on s’en fiche. C’est tout. Et puis, est-ce que ça crée du PIB un vertébré autre que l’être humain ? Tout est dans le modèle proie- prédateur. Si le nombre de prédateurs augmente, le nombre de proies diminue. Et comme le nombre d’hommes augmente… Mais à un moment donné, il peut manquer de proies…

démographie dans un dictionnaire (im)pertinent

Rares sont les livres qui abordent la question démographique du côté malthusien. Ainsi ces quelques extraits du « Petit dictionnaire impertinent de la planète  » de Jacques-Rémy Girerd.

Arithmétique : Le nombre d’individus décédés depuis l’aube de l’humanité vient d’atteindre le chiffre record de 100 milliards. Le volume global de cette masse équivaut à 7 milliards de mètres cubes. Comment expliquer alors que la cascade ininterrompue des générations d’Homo sapiens, qui totalise un volume consolidé de 152 millions de mètres cubes, n’a pas été fichu de trouver le moyen de réguler son propre impact démographique sur cette si petite planète autrement que de façon belliqueuse. (p.21)

Décroissance : la décroissance prône la réduction de l’empreinte écologique de chacun. Pour ceux qui veulent pousser le bouchon plus loin, ils peuvent s’appliquer la règle des trois « J », j’évite de prendre ma voiture, j’évite de gaspiller l’eau, j’évite de faire des gosses. (p.37)

Démographie : Nous sommes près de 8 milliards d’êtres humains : trop de bouches à nourrir ! Trop de pots de cheminée ! Trop d’effluents pollués ! Comment aller vers une décroissance démographique soutenable ? Certains pensent que les mesures politiques à adopter sont de nature coercitive. Les détracteurs du malthusianisme crient au totalitarisme. Que faire ? A la manière des gouvernements qui, pour réduire leurs effectifs de la fonction publique, n’ont remplacé qu’un retraité sur deux, on pourrait ne remplacer qu’un décès sur deux. Une diminution par deux à chaque génération. En 900 ans, on arrive générations après générations à réduire significativement la population mondiale. Le dernier stade étant un resserrement à un couple d’individus, un nouvel Adam et une nouvelle Eve. L’humanité pourra alors reparti de zéro et essayer de mieux faire. Providentiel, non ? (p.40)

Planète : La planète Terre est saturée de bipèdes reproducteurs : 10 milliards en 2050, d’après un rapport de l’ONU. Et la croissance démographique n’est pas prête à s’inverser. Cette situation insoutenable va bousculer de façon monumentale l’écosystème planétaire. Alors que faire ? Une réponse salvatrice serait d’expédier une partie de nos congénères sur une autre planète. Dans un premier temps on pourrait y envoyer les plus riches, ceux qui pourront se payer le voyage ! Quant aux sale petits cons infortunés, une formule de charter intergalactique financée grâce à une plate-forme de crowdfunding trouverait sûrement une foule de généreux donateurs. Cosmi-comique, non ? (p.108)

La question démographique au sein d’EELV

Michel S .: La question démographique, abordée frontalement par René Dumont, le premier présidentiable écolo en 1974, semble aujourd’hui largement ignorée par le mouvement écologiste. Voici une synthèse sur Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) à la disposition de tous et toutes nos candidat(e)s aux élections… Le terme « malthusien » est entré dans le dictionnaire pour qualifier ceux qui veulent limiter la fécondité humaine pour l’adapter à l’état des ressources naturelles. Cette relation entre population et ressources est à la base du raisonnement des écologistes. Pour en savoir plus, ce lien :

Tout savoir sur le malthusianisme

Jean-Michel G. : Encore une fois, il n’y a de « question démographique » que dans la tête de ceux qui estiment qu’il y en a une. Encore une fois, nous sommes entrés partout, dans tous les pays, dans la transition démographique. Et même un peu trop dans certains d’entre eux, même en Chine ou pour la première fois la population diminue, et il y aurait plutôt un problème de financement des retraites.

Michael L : Pas de question démographique ? Sauf que plus de la moitié des pays recensés ont encore des taux de fécondité supérieurs au taux de renouvellement de la population. Par ailleurs de nombreuses régions sont loin de l’autosuffisance alimentaire et n’ont d’ailleurs aucune chance d’y parvenir. Sans parler d’autres facteurs de bien-être qui nécessitent base industrielle, ressources minières et émissions de CO2.  Il n’y a pas une « question démographique », mais d’ennuyeux paramètres démographiques que l’on doit forcément prendre en compte pour traiter la question plus large de la soutenabilité à l’échelle mondiale. Selon Karl Marx l’histoire de l’humanité se confondait avec celle de la lutte des classes. Mais en fait l’histoire de l’humanité c’est aussi, l’histoire des crises démographiques, de ces moments où la capacité de charge d’un système territorial ne correspond plus à l’essor démographique… Qui osera affirmer que si la population avait cessé de croître à partir des années soixante, nous ne serions pas mieux en mesure d’envisager un futur heureux pour l’humanité ?

Michel W : Autant selon moi les écologistes sont d’accord sur le risque que fait poser l’expansion démographique de l’humanité sur sa survie, autant nous ne savons pas trop quel remède y apporter. Certainement un fort investissement dans la formation des femmes et leur autonomisation devrait avoir des résultats dans ce sens. Mais qui va décider cela ? Et surtout payer pour que cela se mette en place le plus tôt possible ?

Thierry S. : Il existe des pratiques et cultures sexuelles non reproductives très efficaces pour empêcher la croissance démographique si cela vous intéresse. Comme disait le FHAR dans les années 1970, « avec nous, l’héritage c’est foutu ». Mais en réalité, la transition démographique de l’occident est déjà terminée depuis longtemps tandis que les régions du monde les plus pauvres qui continuent à faire plus d’enfants sont les moins polluantes et les moins productrices d’empreinte carbone. Autant je suis pour qu’on promeuve l’homosexualité, l’éducation des filles, la contraception, etc, partout où on peut, autant il faut être conscientEs que ce n’est pas ce qui réglera nos problèmes climatiques et environnementaux. Tuer les plus riches qui vivent dans nos pays me paraîtrait plus efficace car c’est cette minorité de profiteurs et d’exploiteurs qui est la plus grande responsable, et coupable, surtout si on compare avec les pauvres qui font des enfants et à qui on fait la morale.

Françoise A. :Comme dit par Jean Michel G, la transition démographique est, selon le modèle proposé par les géographes et démographes, en passe de se réaliser partout. Pour faire baisser la natalité, bien sûr, l’autonomie des femmes, donc leur éducation, mais aussi une sécurité sociale, une retraite. Mais pour la question climatique, ce sont les plus riches qui émettent le plus de co2, donc la question démographique concerne nos continents, dont les plus riches, et les plus fortunés des autres continents. Le malthusianisme s’il était nécessaire devrait donc les concerner en premier lieu… Compliqué, non ? On a largement de quoi nourrir les milliards d’humains ( même en bio), et permettre des conditions de vie correctes si les ressources n’étaient pas concentrées entre quelques un-es ; et peu de  territoires sont  surpeuplés.

Michel S. : Pour nous écologistes, on peut résumer la situation ainsi : beaucoup trop de paramètres actuels nous indiquent que le niveau de population mondiale a largement dépassé la capacité de la Terre à combler nos besoins actuels. D’ailleurs les migrations internes et internationales (à commencer par l’époque de la colonisation… et elles vont s’amplifier avec le réchauffement climatique) montrent que la planète terre, espace fermé, est saturée d’humains. Cela pose à l’écologie politique un dilemme, soit accompagner une décroissance démographique, soit vouloir maîtriser la décroissance économique, soit agir sur les deux paramètres à la fois. C’est un choix politique à assumer quand on se veut « écologie politique ». Et c’est un acte de foi de croire que l’agriculture biologique peut nourrir des milliards de personnes ; on ne peut échapper à la loi des rendements décroissants en agriculture. Puisqu’on ne peut agir qu’à la marge sur les ressources alimentaires, Malthus en 1798 préférait qu’on agisse de manière volontaire sur la fécondité et non par suite d’épidémies, de guerres ou de famines… Il n’a pas été écouté sauf par de rares politiques comme le présidentiable René Dumont ou l’ex-ministre de l’écologie Yves Cochet. Et notre population connaît structurellement non seulement les inégalités, mais aussi les épidémies, les guerres et les famines. Quant à la transition démographique, elle ne s’opère que si un pays peut se développer. Or la croissance économique est bloquée dans beaucoup trop de pays du tiers monde et la population mondiale connaît encore un doublement tous les 70 ans environ. Quant au financement des retraites, tout dépendra du nombre d’actifs dans l’avenir, et nous sommes partis vers un avenir où le chômage va exploser, même en France. N’oublions pas que ce sont les ressources fossiles qui sont à la base des taux de croissance du PIB et nous allons connaître une inéluctable descente énergétique. La question malthusienne est en lien avec tous les autres paramètres, c’est ce qu’indique par exemple l’équation de Kaya qu’en tant qu’écologistes nous devrions connaître. La situation démographique est toujours plus complexe que ce qu’on peut en dire par échange Internet. Mais il n’y a pas un seul problème qui puisse commencer à se résoudre si la population humaine diminuait.

Que vive La Décroissance en septembre 2020

– Qu’est-ce que la vie à travers un écran qui fait écran ? Pare-brise de bagnole, téléviseur, smartphone, masque chirurgical, même combat pour fuir l’Autre ! Il est des morts vivants et des vivants morts. (Vincent Cheynet, rédacteur en chef de La Décroissance, page 3)

– Dans son essai intitulé « On achève bien les enfants », Fabien Lebrun n’y va pas par quatre chemins : il constate la destruction totale de l’enfant par les écrans. Non seulement ils laminent le psychisme, mais ils ramollissent les corps, de plus en plus passifs. Les écrans éloignent du réel et enferment les esprits dans une bulle virtuelle. (rubrique « lectures » page 9)

– La 5G fait partie de ce phénomène d’accélération qui nous entraîne dans le cauchemar du totalitarisme numérique à la chinoise (rubrique « la saloperie que nous n’achèterons pas)

– Quand on voit le débat et le combat des élus Verts contre le développement de la 5G, on voit bien les dégâts d’une idéologie du déclin et du refus du progrès. Je suis un défenseur de la croissance verte – les deux mot sont importants. (Yves Jego, secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer, Le Point du 22 août 2020)

– Le système s’effondre sous les conséquences du fanatisme des croissancistes et ils insultent les décroissants. C’est vraiment la double peine. Ainsi le premier ministre Jean Castex : « L’écologie est-elle une priorité ? La réponse est clairement oui. La netteté de cette réponse a été retardée par les tenants d’une écologie décroissante et moralisatrice, voire sectaire qui continue de desservir la cause. (Ouest-France, 27 juillet 2020)« 

– L’ambition écologique du premier ministre est affichée, mais comme un levier de réindustrialisation, pas comme un marteau de la décroissance. (éditorial du Figaro, 16 juillet 2020)

– N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un mari ou un patron -, sa justification est toujours la même : cette domination est faite pour le bien du dominé. (citation de Chomski)

– La promotion régulière de la maternité de substitution s’inscrit dans cette tendance, hélas trop durable, qui veut faire croire que les femmes choisissent librement, par « plaisir », des activités qui ont représenté pendant des siècles la raison de leur domination. (Ana-Luana Stoicea-Deram)

– La vérité n’intéresse plus personne. A savoir que les États ne sont pas maîtres de la valeur de l’argent. Pour que celle-ci ne se détériore pas, toute dette doit financer une production de richesses marchandes pour une valeur équivalente… Tôt ou tard, la faillite universelle est le bel avenir de la dette perpétuelle. Ses experts se passeront sans problème de mes félicitations. (Denis Baba page 11)

– Je pense qu’une fois que vous couchez avec ces gens dont l’objectif est le profit, ce ne sont pas eux qui changent, mais vous. Nous n’avons pas d’autre choix que d’affronter l’effondrement en préparant un atterrissage en douceur. (Jeff Gibbs, réalisateur du documentaire Planet of the Humans)

– Quand j’étais adolescente, je me lavais avec une bassine, en utilisant l’eau que je faisais chauffer sur le poêle. Il n’y avait pas de salle de bain. On vivait du jardin et des produits de la ferme… Si on a une carte bleue assez alimentée et qu’on peut acheter ce qu’on veut immédiatement, on n’a plus en tête la valeurs des choses. (Danielle, rubrique « Simplicité volontaire »)

– « La science trouve, l’industrie applique, l’homme se conforme » : telle était la devise de l’Exposition universelle de Chicago en 1933. Ainsi les lois de la bioéthique sont régulièrement révisées pour adapter l’homme et la société aux évolutions techno-scientifiques ? (introduction de l’interview de Jacques Testart page 8)

(extraits du mensuel La Décroissance de septembre 2020)