politique

Extrême droite et refus de la climatologie

Peu de gens auraient imaginé que le dérèglement du climat visible à l’œil nu coïnciderait avec l’importante progression d’une force politique qui nie catégoriquement ce phénomène. Aucun des scénarios du GIEC n’avait compté sur la possibilité que les dispositifs gouvernementaux en Europe et dans les Amériques seraient aux mains de partis et de présidents n’ayant qu’une hâte : expédier aux oubliettes l’urgence de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Nous soutenons dans ce livre* que la politique climatique de l’extrême droite s’est développée conjointement à certains intérêts matériels des classes dominantes.

Les changements progressistes ont tendance à provoquer de violentes réactions à leur encontre, et le climat ne fait pas exception. Le catéchisme du capitalisme fossile peut se résumer simplement : les combustibles fossiles sont bons pour les gens. Au fondement de cette doctrine se trouve un mode spécifique d’accumulation du capital qui domine depuis le début du XIXe siècle : la création de profits à travers l’extraction et la combustion des énergies fossiles. A mesure que l’extrême droite progresse, la thématique du changement climatique recule. La fragmentation de la politique climatique internationale sur des lignes nationales (cf accord de Paris de 2015) et les pressions nationalistes pour le retrait de l’accord ont formé deux maillons d’une même chaîne, le second poussant l’argument à son extrême : notre nation n’a pas à lever le petit doigt. Le fait que le capital fossile et l’extrême droite aient fusionné aux USA dans la personne de Donald Trump est significative. Dès sa première semaine à la Maison Blanche, à la fin du mois de janvier 2017, une cascade de décret approuvait le Dakota Access pipelines, le pipeline Keystone XL et décidait la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. C’est devenu une règle, chaque fois qu’un parti européen d’extrême droite dément ou minimise l’importance du changement climatique, il fait par la même occasion une déclaration sur l’immigration. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2007, Jean-Marie Le Pen proposait concernant l’immigration de couper « les pompes aspirantes, c’est-à-dire les services que nous assurons à tous les gens qui se trouvent sur notre territoire même si nous n’avons pas souhaité leur venir. » Il qualifia ensuite le changement climatique de « dogme » destiné à « terroriser les populations », affirmant qu’un éventuel réchauffement était dû au soleil. L’extrême droite agit dans le but d’anéantir toute barrière à l’accumulation du capital fossile, pour « libérer » les énergies bloquées sous terre.

Mais pour exister en tant que force historique réelle, la première des conditions est une crise. L’Italie et l’Allemagne sont entrées dans une crise d’après-guerre si profonde que les fonctions étatique de base – maintenir la cohésion sociale et garantir l’accumulation du capital – ne pouvaient plus être assurées ordinairement. Cependant aucune crise n’a engendré directement le fascisme. Mussolini comme Hitler ont été installés aux commandes par les détenteurs traditionnels du pouvoir qui misaient sur les forces fascistes pour sortir de l’impasse socio-économique due à la crise. Il faut reconnaître aussi à l’extrême droite un véritable mouvement de masse, avec une ferveur nationaliste et des partisans parmi les ouvriers. Le fascisme n’est pas pour les temps ordinaires ; aucune foule ne se rue vers lui si le sol ne menace pas de se dérober sous ses pieds. Mais quand une apocalypse se profile à l’horizon, les démagogues du sang et du sol tiennent le haut du pavé.

* Fascisme fossile (l’extrême droite, l’énergie, le climat) aux éditions La fabrique 2020

Des décroissants en faveur des SUV !

Le conducteur d’un SUV est un provocateur très méchant, il agresse violemment le climat et insulte par son véhicule tous les militants luttant contre le réchauffement climatique. Pourtant le mensuel de Vincent Cheynet* s’insurge contre la meilleure méthode de s’organiser contre la destruction systématique des conditions de vie sur Terre, par exemple « en dégonflant les pneus des SUV ». Ce journal de la décroissance condamne en effet les réflexions de « La Ronce **» : « Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiment. » Vincent Cheyet réagit ainsi : « La bonne blague ; cette entourloupe a déjà été démontée mille fois et l’accident potentiellement créé par des pneus endommagés atteindra bien les personnes. » C’est prendre les motivations de l’action directe par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de « décroissant » est pour une définition très réductrice de l’action non-violente au nom d’une présentation tendancieuse et bornée de La Ronce : « Est-ce responsable que de lancer des jeunes au risque de la confrontation physique face à un propriétaire d’un SUV ? ». Comme si la violence physique d’un possesseur de SUV contre une personne se comprenait mieux que la défense du climat !

Approfondissons l’analyse. La Ronce** se définit comme « un nouveau collectif qui vise à démultiplier des actions directes, anonymes et décentralisées pour le vivant, pour empêcher de fonctionner ceux qui détruisent le vivant, ou a minima leur faire perdre des plumes via des gestes simples et peu risqués, des actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles. » Ils constatent : « J’ai trop peu de pouvoir et ceux qui en ont ne font pas face. Ils fuient. Ils festoient sur les ruines, jusqu’à la dernière goutte de pétrole, le dernier arbre debout, la mort de la dernière abeille… Voilà. Je tiens une idée : inventer des gestes simples et peu risqués qui empêcheraient leurs 4×4 de rouler, leurs pubs de s’afficher, des gestes qui dégraderaient suffisamment l’emballage de leurs produits pour qu’ils ne puissent plus les vendre… Nous allons mettre un joyeux bordel, car nous savons que c’est dans l’ordre et la discipline qu’ils organisent la destruction systématique des conditions de la vie sur Terre… Dispersé⸱e⸱s, nous serons des milliers d’épines dans leur pied. Ensemble, nous sommes la Ronce… » Cela rejoint parfaitement la conception de notre blog biosphere. Nous avons lu avec intérêt le livre d’Andreas Malm et montré que la violence contre les biens appartient au registre de la non-violence, à la contre-violence. Ne pas vouloir comprendre ce message, c’est se mettre du côté des multinationales qui ne veulent qu’une chose, la croissance aveugle dans un monde fin, le suicide collectif.

Le rédacteur en chef Vincent Cheynet consacre nombre des colonnes de son journal à dénoncer les écotartufes, mais il ne s’attaque jamais au greenwashing, à l’écoblanchiment, aux entreprises. Pire, on devrait s’interdire même des gestes simples contre les SUV ?
Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Urgence écologique et destructions de biens

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat
16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens
5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !
14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embras(s)er
* La décroissance, novembre 2020 page 8
** La Ronce, article de Reporterre

Jean-Luc Mélenchon, président en 2022 ?

Jean-Luc Mélenchon président ! Après 2012 et 2017, il se présente à la présidentielle 2022 : « Oui je suis prêt. Je propose ma candidature.  J’ai un programme, une équipe prête à gouverner. 2022, c’est le moment de changer. La société est en impasse. Nous avons les moyens d’innover, de faire différemment, d’abolir la monarchie présidentielle… Je suis un pôle de stabilité ». Jean-Luc nous sort tellement par les trous de nez que nous préférons laisser la parole aux commentaires sur le monde.fr de l’article « Victime de son tempérament et de ses impasses stratégiques, Jean-Luc Mélenchon est devenu son pire ennemi » :

Gérard B-19 : L’annonce de la candidature est un signe de faiblesse de la part du candidat LFI. Lancée en pleine pandémie cette déclaration ne fait que confirmer le déclin d’un homme politique qui comme Trump s’est toujours regardé dans la glace avant de regarder en direction des citoyens, de tous les citoyens. Inquiétant au début il est devenu grinçant sur tous les sujets. Bon tribun oui, mais pourquoi faire si ce n’est pour attiser le doute et la colère. La possibilité de la Maire de Paris Anne Hidalgo de porter les espérances de toute une gauche, écologistes, progressistes et démocrates confondus, a certainement été aussi un marqueur de cet empressement.

Bullocrate : Mélenchon, Jean Luc. Politicien poussiéreux fruit des amours impossibles de Tonton François, Cousin Léon, Oncle Fidel et tante Rosa.Tout çà dans un emballage de sénateur et de notable tendance troisième république. Fâché mais pas facho, petit boutiquier marseillais, a son avis sur tout mais jamais le même. Sa dernière lecture est à la Créolisation de Glissant mais s’est récemment mis au tchetchène donc on attend qu’il nous parle de Zelimkhan Iandarbiev.

a.ferrier : Simple rappel des faits : Mélenchon a été élu conseiller général PS à trente-quatre ans. Il a aussi été adjoint au maire, ministre et il est député. Il a choisi de se faire élire sénateur PS à trente-cinq ans. Il l’est resté jusqu’en avril 2000 (plus de treize ans) et a rempilé plus de cinq ans encore entre 2004 et 2010. Plus de dix-huit ans sénateur PS. Quelqu’un aurait-il la gentillesse de nous rappeler le bilan de ces plus de dix-huit ans au Sénat ? Par ailleurs, un beau jour, en 2010 précisément, il publie ce pamphlet désopilant « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Lui seul peut rester pour diriger la France et la sortir des ténèbres ? Est-il permis de sourire ?

Nihaho : Anticapitaliste, antilibéral : pourquoi pas. Sortir des traités européens: bof, il semble que l’Europe devienne moins naïve, protège ses intérêts et arrête avec ce dogme absurde de l’ultra libéralisme. Complaisance vis à vis de l’islamisme radical: Certainement pas.

Quiquengrogne : Antilibéral et anticapitaliste, mais pro quoi ? C’est bien facile d’être contre, et on peut être séduit par sa férocité et sur le fond de beaucoup de choses qu’il dénonce, mais un homme politique doit proposer une vision du monde et une stratégie pour le pays qui soit réaliste.

Constat : Je pense que le programme de 2017 de LFI était un bon programme, sérieux équilibré et progressiste. Porté par un bon leader. On peut le relire et en discuter. Perso je l’ai voté, et on a perdu. Il reste un bon projet. Mais depuis mai 2017, le leader a perdu beaucoup de sa crédibilité. Ego démesuré ? Nerfs fragiles? Prise de positions maladroites, déconnectées de la réalité? Bref, une notoriété en miettes pour beaucoup de ses e- électeurs. JLM n’a pas voulu faire un parti politique. Juste des adhérents internet. Lui décide de tout, et sa bande d’élus redevable suit, en se fermant les yeux, et en s’agitant sur le net, croyant faire de la politique et exister, sans militants en faisant l’impasse sur les campagnes électorales locales et régionales. (peur d’une autre défaite après les Européennes). JLM devrait méditer sur sa 4ème place, et sur les 7212000 voix obtenues par Fillon arrivé troisième, mis en examen, sans programme, et sans campagne. Rien ne changera en 2022. Et la gauche désunie perdra.

Dominique Deux : Que JLM soit son pire ennemi, c’est son problème. Mais c’est surtout, depuis des années, le pire ennemi de la gauche, qu’il écarte systématiquement de tout progrès dans les urnes. Aujourd’hui, mettre le feu à la savane pour cramer le dernier carré des éléphants résume toute son ambition.

Ecce homo : JLM va perdre. Il va faire perdre la Gauche et l’Écologie. Il va faire gagner Macron … Son « mouvement » ne tournant qu’autour de sa personne, il n’a pas su faire émerger de nouvelles options de personnalités ? Pas de tentative d’union large contre Macron ? Le mur approche.

John Gadret : Dois-je rappeler qu’en 2017, tous les médias appelaient Mélenchon à se rallier à Hamon, qui était censé être le seul leader de la gauche. On connaît le résultat, et curieusement, personne n’a appelé Hamon à retirer sa candidature. Si Hamon s’était retiré Mélenchon était au 2ème tour donc qui a réellement fait perdre la gauche ?

Bénévole : N’oublions par de préciser l’ambiguïté de Méluche lors du second tour 2017. Pour certaines personnes de gauche dont je fais partie, ne pas prendre position par rapport au RN ne signifiait pas adouber Emmanuel Macron. C’était incompréhensible.

T-FOUQUE : Melenchon, c’est le Jean-Marie Le Pen de la gauche. Le mec qui empêche tout rassemblement de la gauche et donc toute victoire aux élections. Mais il récupère le financement au passage. Le + triste ce sont les jeunes qui l’aide en pensant faire avancer la cause.

Hedgehog : Le mépris que m’inspire JLM est à la mesure de trois séquences de sa vie. Vers 1980, dans un débat avec un cacique ultralibéral du RPR, un jeune homme plein de déférence et d’amabilité pour un adversaire qui sanctifiait Reagan et Thatcher. Dans les années 2000, un comportement extrêmement agressif aux Matins de France Culture contre entre autres Agnès Benassi-Quéré et Brice Couturier (de mémoire). JLM faisait du Trump avant Trump. Méprisable, pas d’autre mot. La séquence filmée lors de la perquisition : grotesque, antirépublicain. Encore une fois, pas tellement loin en nature du fou de la Maison-Blanche.

jea.vie : A tout cela il faut ajouter une garde rapprochée en dessous de tout, a l’exception notable d’Adrien Quatennens. Les interventions, le positionnement, l’agressivité permanente et le dogmatisme méprisant de Corbière, Obono , Chikirou ou Coquerel desservent fortement la cause qu’ils défendent.

Pour conclure, la position de JLM sur l’écologie telle que nous l’avons perçue :

BIOSPHERE-INFO, Jean-Luc Mélenchon et l’écologie

Post-Trump, mondialisation des Gilets jaunes

Après l’élection de Joe Biden aux USA, le déni prévaut encore chez les supporteurs de Donald Trump, aveuglé par le comportement de l’(ex)président américain. Celui-ci a toujours assuré qu’il ne pourrait être battu que dans le cadre d’une « élection truquée ». La frange la plus raciste et haineuse est bien présente à ses côtés, les appels à la violence se multiplient sur les réseaux sociaux : « C’est l’heure du soulèvement. Battez-vous contre ce vol. Le président Trump a montré l’existence du marais, maintenant il est temps d’ouvrir la bonde. Aidons-le à supprimer les rats qui bouchent les tuyaux ! » L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Steve Bannon, a appelé il y a deux jours à mettre les têtes du directeur du FBI et du responsable de la lutte contre la pandémie de Covid-19 sur des piques devant la Maison Blanche. Ces appels à l’insurrection ne peuvent être accueillis que par la dérision : « Mec, 70 % des Américains sont en surpoids et 40 % sont obèses. Les gars pro-Trump qui se masturbent en rêvant d’une guerre civile sont trop occupés à essayer de respirer sur leur fauteuil roulant électrique pour réussir à former une armée ». Tu bouffes n’importe quoi, tu picoles comme un trou, tu consommes des médicaments à la folie, tu ne veux pas financer un semblant de sécu digne de ce nom mais tu t’armes comme un porte-avion, tu roules sur des routes très souvent défoncées par des chars d’assaut ( les SUV), tu méprises les équilibres et la préservation de la nature… Qui peut-être surpris de la popularité de Trump ? Il a réuni aujourd’hui plus de suffrages qu’en 2016.

On en peut pas prendre cela à la légère, le problème de fond subsiste. L’impuissance et le déclassement sont les carburants de l’audience de Donald Trump. Son arrivée à la Maison Blanche concrétisait une tendance lourde, à l’œuvre dans la société américaine. La croissance américaine des dernières décennies a été confisquée par les 10% les plus riches, et singulièrement par le 1%. Et ce au détriment des 50% les plus pauvres qui ont vu leurs revenus décliner dans le PIB. La condition sociale de tout individu est une des résultantes de sa condition économique. Ce sont les classes moyennes blanches des anciennes régions industrielles qui ont le plus souffert. L’incompréhensible, c’est qu’au lieu de se tourner vers des socialistes, elles préfèrent se laisser séduire massivement par les sirènes populistes et néo-fascistes. C’est dans les franges de l’Amérique blanche déclassée que se recrute une bonne part de l’électorat de M. Trump. Une société qui produit de plus en plus de désespoir, rien de bon ne peut en sortir.

Les électeurs trumpistes ressemblent aux gilets jaunes français sous une forme à peine différente.. Même sentiment d’être délaissé, travail incertain dans des secteurs industriels sans avenir, absence de porte-parole par rapport à l’intelligentsia urbaine, aucune écoute des politiques,Trump excepté ! La mondialisation sauvage, des flux d’immigrations médiatiquement survalorisés et une vague écolo rejetée car elle remet en cause le mode de vie, tout cela explique le rejet des élites et l’attrait des politiciens d’extrême droite, catégorie dans laquelle on peut mettre Trump sans hésiter. Donald Trump a le même carburant que Marine Le Pen. Et c’est pour cette raison qu’elle l’aime tant. La diversité de l’électorat trumpiste est incontestable, mais il trouve son unité dernière le culte de la force, le rejet de l’autre, l »individualisme forcené et le rejet de l’intérêt général, la méconnaissance des données sociologiques et scientifiques, et dans plusieurs pays dont les États-Unis, la certitude que la loi de Dieu est supérieure à celle des hommes.

Trump et l’extrême droite sont des révélateurs de la part la plus sombre de l’être humain. Que ces personnalités dictatoriales aient une audience électorale au niveau mondial, que Trump, Bolsonaro ou Erdogan accèdent aux pouvoir, tout cela est inquiétant et durable. Ce sont des clowns à la tête de nations, mais des clowns dangereux. Trump n’est plus là, mais les germes du chaos social sont toujours là.

Trump favorise la montée du fascisme

Mieux vaut en rire qu’en pleurer, Trump est à l’image du pouvoir politique tel qu’il devient, une dictature qui se fout complètement du système démocratique. On le comprend dans des pays à tradition totalitaire comme la Chine ou la Russie, c’est absolument inquiétant quand cela se passe aux Etats-Unis, l’une des plus vieilles démocraties du monde. Pour la présidentielle du 3 novembre 2020, Donald Trump s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel américain avant même la fin du décompte des voix ! C’est inquiétant. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est qu’après 4 ans de chaos national et international organisé sciemment par Trump, autant d’Américains puissent encore voter pour ce guignol. Les circonstances actuelles font qu’une grande partie des personnes, aux USA et ailleurs, ne considèrent pas la démocratie comme essentielle. L’autoritarisme aveugle séduit un électorat bousculé par des crises à répétition. Voici ce qu’écrivait Michel Sourrouille dans son livre* de 2016 :

« En agrégeant toutes les crises à un niveau inouï, en combinant inégalités des richesses et pénurie des ressources, le drame écologique a une capacité de nuisance sans précédent : celle de nous ramener au pire de l’homme et de la barbarie. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaire, énergétique, climatique et démographique va en effet entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Il y aurait toutes les raisons d’être pessimiste. Face au désordre socio-économique croissant, la tentation du fascisme va donc devenir omniprésente, préparée par la montée généralisée de l’extrême droite en France et ailleurs. Les différentes sortes de terrorisme amplifient d’ailleurs la militarisation de nos sociétés. On peut espérer qu’il en soit autrement car toute dictature, même exercée au nom du peuple ou de l’écologie, mène irrémédiablement au désastre : la manipulation des foules n’est jamais porteuse de bonnes nouvelles. Il reste donc à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait. »

Sur ce blog biosphere, nous analysons depuis longtemps cette tendance au totalitarisme :

30 septembre 2019, Léviathan climatique, dictature supranationale

28 septembre 2019, Nations « unies » ou retour des dictatures ?

7 décembre 2018, Gilets jaunes, vecteurs d’un totalitarisme en marche

24 mai 2016, écologie contre extrême droite, nouvelle bipolarisation

1er avril 2016, BIOSPHERE-INFO, L’écologie sans dictature

17 mai 2013, l’écologie ou l’extrême droite, à toi de choisir !

5 décembre 2011, USA, l’extrême droite en marche… c’est terrifiant… de bêtise

26 juin 2011, en 2012, écologisme contre extrême droite

20 février 2011, démocratie et risque d’écofascisme

10 octobre 2010, l’écologie est un anti-totalitarisme

18 mai 2010, l’extrême droite progresse. Inéluctablement ?

16 août 2009, écolofascisme ?

28 mai 2009, écolofascisme

24 août 2008, dictature verte ?

28 avril 2008, écolo-liberté ou écolo-fascisme ?

* L’ÉCOLOGIE À L’ÉPREUVE DU POUVOIR (Un avenir peint en vert pour la France ?) de Michel Sourrouille (aux éditions Sang de la Terre, 370 pages pour 19 euros)

Faire boum avec une arme nucléaire, le pied

Du point de vue des écologistes, l’appareil militaire n’est qu’un parasite qui vit au détriment des contribuables (et des ressources naturelles) et n’a jamais résolu quelque problème que ce soit par les confits armés qu’il a provoqué. Dans ce contexte, l’arme nucléaire bat le sommet de la bêtise humaine et du gaspillage. De temps en temps on reçoit une bonne nouvelle, et il faut la savourer mieux que ne le fait Macron.

Beatrice Fihn, Directrice exécutive de l’ICAN (ONG prix Nobel de la paix en 2017) : « Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) avaitété adopté à l’ONU le 7 juillet 2017, et ouvert à signature pour ratification. Le 24 octobre 2020, le Honduras a permis d’atteindre le seuil minimal des cinquante ratifications permettant son entrée en vigueur. Ainsi, le 22 janvier 2021, nous entamerons une nouvelle décennie où les armes nucléaires seront illégales au regard du droit international. Le TIAN n’est pas symbolique, il est contraignant. Il comporte des interdictions qui affectent tous les États membres, possesseurs ou non d’armes nucléaires, car elles incluent, entre autres : l’interdiction de mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, transférer, posséder, stocker, employer ou menacer d’employer des armes nucléaires ou d’autoriser leur implantation sur son territoire. Les États possédant des armes nucléaires ou soutenant une politique de dissuasion refusent ce traité. Ainsi, la France, ainsi que la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et les États-Unis par des déclarations communes, pourraient se croire à l’abri de cette nouvelle norme. Il est pourtant simpliste de se reposer sur l’imperfection du monde comme prétexte repris par le président Emmanuel Macron (dans son discours sur la dissuasion, le 7 février 2020). La France a su être leader, au fil des siècles, sur des sujets compliqués (esclavage, droit de l’homme, climat…), il est urgent qu’elle rejoigne le cercle des nations contre les armes nucléaires pour renforcer la sécurité internationale. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

25 novembre 2019, (le pape) François, un écologiste contre l’arme nucléaire

25 septembre 2019, Pour un désarmement nucléaire

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

23 janvier 2018, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel

10 octobre 2017, La folie du feu nucléaire entretenue par un journaliste

30 mars 2017, Les présidentiables face au feu nucléaire

29 septembre 2016, Politique de défense en accord avec l’écologie politique

21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

16 juillet 2014, L’art de ne pas répondre… sur le nucléaire militaire

21 mars 2014, Un gouvernement français de tout temps pro-nucléaire

27 juin 2012, supprimer la dissuasion nucléaire, alléger le budget !

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires

1er juillet 2011, Eva Joly contre le désarmement nucléaire

31 octobre 2011, la bombe atomique n’est pas écolo

19 juillet 2011, la dissuasion nucléaire, un débat pour 2012

18 mars 2011, Fukushima et la bombe atomique

25 mars 2008, la bombe, assurance vie d’une nation ?

À lire, Abolir le nucléaire civil et militaire de Jean-Marie Pruvost-Beaurain

Howie Hawkins, Présidentiable américain

Howie Hawkins est le représentant du Green Party dont il a été l’un des cofondateurs. Âgé de 67 ans, c’est un militant pacifiste et antinucléaire qui a été successivement maçon puis camionneur. A la présidentielle américaine ce jour, outre l’écologie, il défend la démocratie participative, insiste sur les échelons locaux, la justice sociale et la non-violence. Le Parti vert est une coalition de plusieurs partis politiques écologistes. Il veut persuader les Américains qu’il existe une alternative aux partis dominants que sont les partis républicains et les démocrates. Lors de l’élection présidentielle de 2000, le parti obtient 2,7 % des suffrages avec la candidature de Ralph Nader, un résultat record qui est pourtant fortement critiqué. Nader est en effet accusé par les démocrates d’avoir volé l’élection à Al Gore et donc favorisé l’élection de George W. Bush. Pour cette raison, de nombreux partisans ne votent pas pour le Parti vert en 2004 qui n’obtient que 0,1%. A la présidentielle de  2016, la verte Jill Stein avait réussi à figurer sur les bulletins de vote de 45 Etats, Howie n’a pu s’inscrire que dans 31 Etats. Jill avait remporté au total près de 1, 5 millions de voix – soit 1,07 % du vote populaire. Certains estiment que ces votes pour Jill Stein (Parti vert) ont coûté la victoire à Hillary Clinton.

Alors, faut-il ne pas participer à la présidentielle quand on est écolo ? En France le candidat écolo Yannick Jadot s’était retiré en 2017 pour rallier la candidature du socialiste Benoït Hamon. Pourtant il veut se représenter en 2022 ! La même problématique se joue aux USA. Howie Hawkins refuse de collaborer avec le Parti démocrate. Il risque de faire les frais d’un vote utile à gauche contre Donald Trump. Joe Biden continue de distancer Donald Trump selon le baromètre du Washington Post et de la chaîne ABC. Il obtient 54 % des intentions de vote des électeurs qui se disent prêts à participer à l’élection, contre 44 % pour son adversaire. Cette avance se réduit cependant à 6 points (49 % contre 43 %) lorsque les noms des candidats libertarien et écologiste, Jo Jorgensen et Howie Hawkins, sont également proposés aux personnes interrogées.

Alors, faire une candidature de témoignage ou se dissoudre dans un parti dominant ? Faut-il en rester au slogan « élection, piège à con » et attendre tranquillement l’effondrement (inéluctable) de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son fauteuil ? Nous préférons l’activisme électoraliste de l’étiquette verte plutôt que la passivité ; si l’écologie n’obtient que 1 % alors qu’on a raison, on est vraiment indispensable. Aux USA, un pays de demeurés qui croient qu’ils sont seuls au monde, ils en sont encore à la candidature de témoignage comme René Dumont à la présidentielle de 1974, 1,34 % des voix. En France l’écologie politique a rapidement progressé lors des dernières élections, alors EELV se trouve devant le choix d’une candidature en 2022 qui restera marginale ou tout miser sur les législatives. Les municipales ont bien permis aux Verts de conquérir même de grandes villes, l’écologie pourrait avoir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, soit allié à un président à tendance écolo, soit devenant un parti d’opposition…

Emmanuel Macron en panne d’écologie

« Fin progressive des spectacles d’animaux sauvages ou de l’élevage de visons », le 1er ministre Castex s’en tient aux petites intentions symboliques en matière d’écologie. Car Macron ne sait plus à quels démons se vouer : néonicotinoïde reprogrammé, déclaration pro-5G et anti-amish, convention citoyenne embourbées, rien ne va plus. Jupiter est « écartelé » entre sa (soi-disant) ambition écologique et la volonté de faire redémarrer l’économie française frappée par le Covid. Alors l’écologisme superficiel invente de nouveaux éléments de langage, « progressisme vert  et écoloproductivisme » pour garder dans ses filets la frange la plus « raisonnable » des électeurs. Des commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Thibaut : L’article ne parle que de stratégie électorale, à aucun moment de stratégie environnementale. C’est pourtant l’essentiel : comment notre Président compte-t-il engager la transition ? Il reste moins de 30 ans pour parvenir à la neutralité carbone. La tambouille pour se faire réélire en 2022 n’est pas le sujet prioritaire…

Ours Bleu : Notre président, Génie du Ruissellement et de la Communication, perd toute crédibilité. Un grand show de com sur les animaux de cirque, ne fera pas passer la pilule, même si on apprécie. Quand aux ruissellement des financiers? Il faut vraiment nous prendre pour des poires.
Perspicace : À qui profite le crime des neonicotinidés ? Aux financiers bien sûrs, actionnaires de l’industrie sucrière dont les bénéfices proviennent de l’Exportation de sucre et non pas aux 46000 employés de cette industrie. Une conversion aidée vers le bio aurait recasé sans difficulté les 46000 emplois et aurait bénéficié à ces travailleurs et à notre société.

DMA : La chose ennuyeuse pour Macron, c’est que le climat et la biodiversité, sont assez peu sensibles aux effets d’annonce et aux mesures cosmétiques contrairement aux marchés financiers. Le président est l’héritier de plusieurs décennies de procrastination sur le sujet (voire pire) qui ont hypothéqués les chances d’une transition en douceur. Resterait donc à nous organiser pour tenter d’encaisser les chocs à venir (voir à ce propos le travail en cours du Shift Project). Mais même cela demanderait des changements importants voire radicaux, une action cohérente, une volonté d’anticipation et surtout une compréhension des enjeux par une majorité de la population, le tout en un temps record. Bref, c’est pas gagné.

Pour en savoir plus, lire notre dernier bilan sur le macronisme :

Biosphere-Info, Emmanuel Macron l’anti-écolo

Une convention climat qui n’a servi à rien

Convention citoyenne pour le climat : « J’irai au bout du contrat moral qui nous lie », affirmait Emmanuel Macron. Mais sur les 149 mesures évoquées, des « jokers » sont avancés les uns après les autres. D’abord le 21 juin 2020, trois refus directs du président, suivi d’abandon successifs  :

1. Taxer de 4 % les dividendes dans les entreprises qui en distribuent plus de 10 millions annuels pour financer la transition écologique. Joker, « Ce serait réduire notre chance d’attirer des investissements supplémentaires ».

2. Modification du préambule de la constitution souhaitée par la convention. Joker, « Elle menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques. Ce serait contraire à notre texte constitutionnel, à l’esprit de nos valeurs ».

3. Passage de la vitesse sur autoroute de 130 à 110 km/h : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens, ll ne faut pas les diviser. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

4. Le moratoire sur la 5G ? Joker, « je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine » assène Macron.

5. Une trajectoire progressive sur la fiscalité du kérosène ? Balayée d’un revers de la main, lors d’une émission matinale diffusée sur LCI, par le ministre des transports.

6. Composante poids sur le bonus-malus auto, pour favoriser la vente des véhicules les plus légers ? Joker de Bercy, qui refuse de l’inscrire dans le projet de loi de finances.

7. Régulation de la publicité ? Joker ! Le ministre de l’économie n’y croit pas, la ministre de l’écologie attend « la fin des consultations en cours ».

En matière de démocratie participative, on fait mieux ! il n’y a rien de pire que de consulter les 150 citoyens de la Convention sans tenir compte de leur avis. Notez aussi que l’exécutif ne propose jamais des mesures alternatives pour atteindre l’objectif fixé : « définir un projet global permettant de diminuer de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 ». Quelques réactions sur le monde.fr :

François C.H. : Certes, on a envie de taper du pied et s’énerver, mais finalement, il n’y a la rien de surprenant. La transition ne se fera pas, car elle demande de faire entrer en décroissance non pas l’économie dans son ensemble, mais tout du moins un certain nombre de secteur d’activités, et c’est incompatible avec le système libéral actuel, incompatible aussi plus largement avec le tissu économique et industriel qui est le nôtre, incompatible avec le maintien des emplois la ou ils sont. On est dans l’impasse, prisonnier de notre niveau de vie et de nos richesses, qui seront la tombe de nos sociétés. La transition vers le zéro carbone va demander d’énormes sacrifices, mais des sacrifices bien moins importants que ce que devront supporter les générations futures. Seule une bonne série de baffes climatiques dans la tronche pourront nous faire accepter ces sacrifices. Espérons que ça vienne vite. Tant que ça roule, on roulera.

Heru : Le candidat Macron donnait le plaisant sentiment d’une voie médiane entre khmers verts et irresponsables suicidaires. Maintenant que le Président a trahi le candidat, je crains qu’il nous faille choisie entre les khmers et le sacrifice de nos enfants et petits-enfants.
le sceptique : Cela fait aussi 25 COP que les choses avancent très doucement, mais ce n’est pas la faute à Macron. Gagnez une élection et imposez vos mesures : on verra l’état de la paix civile quand un grand nombre de travailleurs, consommateurs, contribuables découvriront la somme de contraintes, restrictions, interdits, inflations et taxes que forme un programme de transition écologique à la sauce Orphelin-Piolle.

Boltzmann : Essayez une seconde de trouver un scénario crédible qui aboutisse à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2030, importations comprises. Quelques heures passées à s’informer et réfléchir, et on se rend compte que c’est extrêmement dur, et que oui ça passe par moins rouler dans des boites en métal de 2 tonnes propulsée au pétrole.

Bolzano : L’avenir sera frugal non par choix mais par nécessité, les gazogènes ou les cyclecars n’étaient pas des modes mais imposés par les conditions économiques. Ceux qui n’auront plus les moyens de leur SUV iront en vélo ou en ZOE d’occasion, refuseront d’acheter du sucre de betterave et feront ce que le bon sens et les 150 disaient, sans attendre le gouvernement.

Gauthier F : J’ai le regret de penser que la révolution écologique absolument nécessaire pour sauver ce qu’il reste à sauver sera dictatoriale ou ne sera pas. J en suis profondément triste.

Thibaut : Je vous rejoins. En tout cas, elle ne passera pas par cette démocratie représentative qui a été dévoyée, bien trop faible confrontée aux intérêts économiques de court terme.

Biosphere-Info, Emmanuel Macron l’anti-écolo

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois sur notre blog biosphere. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Emmanuel Macron, plutôt droite, parfois gauche, toujours anti-écolo… Voici la chronique d’un homme qui a osé « Make Our Planet Great Again » le 1er juin 2017 et qui a fait tout le contraire depuis son accession à la présidence ! Lors de son allocution « déconfinement » le 14 juin 2020, aucune allusion aux nombreuses analyses selon laquelle la période post-covid devrait être fondamentalement différente du « business as usual ». Plutôt que la lampe à huile il a récemment choisi la 5G, l’idée de sobriété partagée n’est pas dans son logiciel. Quelques extraits de notre blog biosphere pour mieux cerner le macronisme :

17 septembre 2020, Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

La demande d’un moratoire sur la 5G faisait partie des 149 mesures proposées par les citoyens de la convention climat que le chef de l’État s’était engagé à reprendre. Pourtant Macron montre son incompétence écologique. « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G », a lancé Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient « le modèle amish » et le « retour à la lampe à huile »…..

11 août 2020,Macron, le magicien de l’écologie politique

Entrez, entrez, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! L’écologie politique a trouvé son Grand Illusionniste, il s’appelle Emmanuel Macron. Ce qui sort de son chapeau s’appelle relance verte, 7 tours de magie font croire que l’on fait quelque chose. – Tour n°1 : réinventer la démocratie participative…..

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser…..

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche : « Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social »…..

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre…..

16 janvier 2019, Macron : le débat écolo a avorté avant de commencer

La transition écologique, un des quatre thèmes du grand débat national, un débat déjà sans avenir. Les anti-écolos s’agitent : le syndicat agricole FNSEA a demandé que l’on revienne sur l’interdiction du glyphosate, tout comme la CGT voudrait un « moratoire » sur la fermeture des centrales à charbon. Dans sa lettre, Emmanuel Macron ne se montre guère précis, il ne parle même pas de la taxe carbone. Sur les problématiques de transport, de chauffage ou d’alimentation, le chef de l’État évoque des solutions locales sans autre précision. Sur la biodiversité, il livre une phrase cryptées car le débat est cadré dans son aspect le plus technocratique…..

13 janvier 2019, Macron, un bilan écologique globalement négatif

Pour savoir si Emmanuel Macron est un « Champion de la Terre », les Décodeurs du MONDE ont établi un bilan écologique globalement négatif : « Objectifs climatiques : une trajectoire inquiétante… Energie, confiance renouvelée au nucléaire… Doute sur le chiffre de 500 000 rénovations énergétique des bâtiments annuelles promises par le gouvernement… Refus d’entreprendre une action ambitieuse contre l’huile de palme… Glyphosate, qui a gagné un sursis jusqu’au moins 2020… Aval à une réglementation européenne plutôt laxiste sur les perturbateurs endocriniens… Quasi-suppression des aides au maintien en bio… Peu de progrès sur la biodiversité et la condition animale… Soutien affiché à plusieurs grands projets d’infrastructures… Des gâteries pour le lobby des chasseurs… Des mesures sur les déchets remis à plus tard… Allégement de la fiscalité écologique sur les carburants… Etc….

8 décembre 2018, Peuple et dirigeants ont un problème avec l’écologie

Écoutons la réponse d’un vieux sage qui, à la question du MONDE (Le président français Emmanuel Macron s’est engagé à agir en faveur de l’environnement. Peut-il réussir ?), répondait ainsi : « Non. Il n’est pas différent des autres. Les problèmes engendrés par le changement climatique et la pollution exigent de déployer des mesures extrêmement coûteuses à court terme mais dont les effets ne se mesureront pas avant des décennies. Aucun homme politique ou parti ne remportera une élection avec un tel programme. C’est la limite de la démocratie, qui a échoué à traiter le problème environnemental – même si elle reste le meilleur régime que nous connaissions… Mais les politiques peuvent bien faire ce qu’ils veulent : les contraintes naturelles détermineront notre futur, pas eux. » (LE MONDE du 3 décembre 2018, Dennis Meadows : « La démocratie a échoué à traiter le problème environnemental ») ….

10 septembre 2018, Les ennemis de l’écologie qui se disent écologistes

Nicolas Hulot a démissionné fin août de son poste de ministre de l’écologie. Il avait essayé de faire bouger les lignes en rentrant au gouvernement. Il savait pourtant que sa force était à l’extérieur, parce qu’il pouvait mobiliser l’opinion, parce qu’il pouvait dialoguer avec les politiques et les mettre face à leurs contradictions. Mais il a eu l’espoir que sa présence en tant que ministre pouvait faire bouger la situation utilement et non pas simplement symboliquement. Il a constaté au bout de 14 mois « au pouvoir » que sa volonté de mettre en place une écologie de rupture avec le système dominant se heurtait à des résistances trop fortes. Nicolas pose clairement le problème de fond : « Quel compromis peut-on trouver entre notre idéal et le monde tel qu’il est, avec son inertie, sa résistance et sa dynamique fulgurante. Si notre combat était partagé par le plus grand nombre, nous l’aurions déjà mis en chantier… Il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » ….

31 août 2018, Alain Hervé : « Le roi (Macron) est nu »

La présence d’un lobbyiste pro-chasse lors la réunion sur la chasse à l’Élysée le lundi 27 août 2018 a fait comprendre à Nicolas Hulot les limites de ce qu’il pouvait entreprendre à son poste de ministre. Il a cru pendant quatorze mois pouvoir être utile à l’écologie. Mais l’incompréhension fondamentale de Macron sur l’évolution d’une société engagée dans une démarche suicidaire collective devient flagrante. Démarche suicidaire résultant de l’explosion démographique et de la course en sac économique à laquelle elle se livre. Une petite démagogie électorale, en vue des Européennes, auprès de 1 200 000 chasseurs lui est apparue plus urgente…..

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

Il n’a jamais été question d’écologie mercredi soir pendant les 2h30 qu’a duré le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est bien sûr d’abord la faute des deux accompagnateurs de ce pugilat, journalistes qui se sont cantonnée des traditionnelles questions générales types « emploi » ou « terrorisme ». C’est aussi la faute d’une candidate de l’extrême droite dont on connaît la répulsion vis-à-vis des questions écologiques. C’est plus surprenant de la part du candidat ni droite ni gauche qui avait su attirer des personnalités issues de l’écologie politique de droite, de gauche et du centre…..

24 avril 2017, Macron président, quelles perspectives écologistes ?

Sur ce blog biosphere, exprimons d’abord notre déception à la lecture du programme de Macron qui nous était envoyé par la poste. Sur les six chantiers, éducation, travail, économie, sécurité, démocratie et international, rien d’explicitement environnementaliste alors que l’urgence écologique est un fait scientifiquement avéré. Croire qu’un « nouveau modèle de croissance » peut réconcilier « transition écolo, industrie du futur et agriculture de demain » est le fourre-tout habituel des promesses plus vagues tu meurs…..

10 octobre 2016, Emmanuel Macron, un programme écologique pervers

Nous nous sommes penchés sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il est pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Il fait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Il adopte le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. Les start-up ont une bannière, la French Tech. Et un objectif : inventer l’économie française de demain qui sera nécessairement positive. » Il est pour l’impossible perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » …..

2 février 2015, Loi Macron, l’écologie tenue pour quantité négligeable

Jusqu’à présent les soi-disant impératifs de l’économie l’emportent largement sur les nécessités écologiques. Le projet de loi Macron ne fait pas exception. L’article 28 proposait de confier au gouvernement le pouvoir de décider lui-même par ordonnance « des projets publics et privés ayant des incidences sur l’environnement »…..

La force de l’écologie aux législatives 2022

Yannick Jadot veut prouver sa crédibilité de présidentiable, il s’attarde sur les idées concernant les sujets régaliens : contre l’insécurité, «une conférence du respect et de la confiance entre la police et la société» ; La laïcité, « le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine!» ; Les questions internationales, «Il faut parler avec Vladimir Poutine. Mais pas à Brégançon et jamais avec complaisance. C’est l’Europe qui doit parler face à Poutine. Même chose face à Trump ou au Liban. »

Yannick Jadot aime contredire d’autres Verts. Jacques Boutault, l’ancien maire EELV du 2e arrondissement de Paris : « Ils (les Français) restent dans leur canapé à rêver à des exploits de types hyper-dopés qui ne gagnent que parce qu’ils se font changer leur sang voire une autre forme de dopage… »… Yannick Jadot, eurodéputé EELV : « Je suis fatigué de ces prises de paroles. Je ne supporte pas ce mépris, cette façon d’insulter les Français et les classes populaires. Quand j’étais gamin j’y allais au Tour de France, j’y ai amené mes enfants et je le regarde régulièrement sur mon canapé, un peu avachi. Je souhaite une écologie qui inspire plutôt qu’une écologie qui repousse. »

LE MONDE soutient Yannick Jadot : Le député européen est celui qui, chez les Verts, prône l’alliance la plus large possible, de la gauche jusqu’au centre. Il est l’élu qui clame qu’il n’a pas peur du « compromis » et dit se méfier de « la radicalité ». Il est celui qui ose assister à l’université d’été du Medef et reconnaître que « le modèle social européen est le plus protecteur du monde ». Il est le Picard qui déclare « adorer le Tour » de France quand le maire de Lyon, Grégory Doucet, juge l’événement « machiste et polluant ». (Françoise Fressoz, Éditorialiste)

Conclusion de Biosphere : Yannick Jadot ne peut pas être un présidentiable crédible, trop de démagogie de sa part pour plaire aux électeurs, trop de contradictions internes au sein des Verts. Le WE dernier le Conseil fédéral EELV a (par 75 %) invalidé l’idée de Yannick Jadot d’une désignation d’un présidentiable écolo avant fin 2020 afin que les Verts (c’est-à-dire Yannick Jadot) occupent sans tarder l’espace présidentiel. C’était une mauvaise stratégie que de vouloir désigner en 2022 un présidentiable au sein d’une primaire d’origine EELV. En effet l’insoumis Mélenchon se voit encore sur le podium, la socialo-centriste Hidalgo pointe le bout du nez, les deux s’affichent en vert. Les possibles présidentiables qui se voudront écolos en 2022 sont innombrables : Emmanuel Macron, Édouard Philippe, François Ruffin, Eric Piolle et Jean Passe. Trop de concurrence, tout le monde (même Marine) devient écolo. L’élection en 2022 se présente donc sous des jours complètement nouveaux, l’écologie est devenu un paradigme politique très (trop) partagé. Un candidat estampillé EELV n’est plus qu’un grain de poussière dans un tourbillon. Autrement dit mieux vaut qu’EELV se prépare directement pour les législatives 2022 sans vouloir de présidentiable spécifique. Voici quelques conseils donnés à EELV pour justifier un positionnement « législatives d’abord » :

1) Nous (EELV) évitons un combat fratricide en notre sein pour désigner un présidentiable.

2) Sans présidentiable spécifique, l’écologie politique portée par EELV se retrouve au niveau médiatique en position d’arbitre, décernant bons et mauvais points sur les prétendants.

3) Nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres dans chaque circonscription sont extrêmement complexes.

4) Si nous sommes bien organisés pour les législatives, un président nouvellement élu (à vocation écolo) aura besoin de nous comme force d’appoint, il nous le fera savoir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

5) Si le nouveau président élu n’a pas de sensibilité écolo, dans chaque circonscription nous nous positionnerons comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir, et nous pourrions alors obtenir un groupe parlementaire.

Pour en savoir plus, Connaître Yannick Jadot, présidentiable 2022

Anne Hidalgo, présidente en 2022 ?

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, Anne Hidalgo ne paraît désormais plus écarter la possibilité de se présenter à l’Elysée… Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

Les partisans d’une telle candidature peuvent s’appuyer sur trois arguments majeurs. L’expérience acquise à la tête d’une très grande ville, d’abord, c’est un bon tremplin. La crédibilité, ensuite. A 61 ans, la maire de Paris fait partie des personnalités de gauche qui ont gardé la meilleure cote dans l’opinion. Elle arrive même en tête des figures jugées les plus à même de faire gagner la gauche en 2022. Sa force enfin : elle bénéficie d’un soutien aussi net chez les sympathisants écologistes que chez ceux de La France insoumise ou du Parti socialiste. Elle pourrait ainsi rassembler plus facilement que d’autres. (LE MONDE du 18/09/2020)

Commentaire de tokolosh sur lemonde.fr : L’hypothèse peut paraître farfelue… mais qui aurait parié sur un Macron président de la République en septembre 2015 ? L’article met bien en avant les forces et faiblesses d’AH – la principale de ces dernières étant son statut de « Parisienne ». Cela dit, n’oublions pas que le ticket d’entrée au second tour sera assez bas, dans les 19 à 22 % sans doute. Les 24 % de Macron en 2017, seront amputés d’une bonne moitié, celle venue de la gauche à l’époque et dont les yeux se sont décillés depuis, et qui ne sera pas compensée par un électorat de droite accro à la sécurité, au terroir et à l’anti-européanisme pour certains. AH est la seule à gauche à pouvoir partiellement assécher Mélenchon, principal obstacle à l’accès d’un.e candidat.e de gauche au second tour. « Et en même temps » elle gère une métropole mondiale, a affronté le terrorisme en première ligne, a un réseau national et international, un parti, une équipe solide et expérimentée (comme elle). Entre Jadot et Hidalgo, y’a pas photo.

Alors, Anne Hidlago, symbole de l’émergence en 2022 d’un parti social-écologique digne de gouverner la France ?

CLIMAT, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ?

Pablo Servigne, collapsologue : Je répondrais comme Théodore Monod lorsqu’on lui demandait pourquoi il manifestait et à quoi ça servait. « Oui, je sais, disait-il, cela ne sert à rien, mais je ne peux pas ne pas être là. » Manifester, cela montre que l’on n’est pas seul, que la question pour laquelle on marche est importante, c’est le début de quelque chose.

Arthur Keller, expert des stratégies de résilience : Faire des marches pour le climat ce n’est pas inutile, mais ça ne suffit pas. L’approche n’est pas suffisamment systémique. Admettons que 2,4 millions de personnes se mobilisent, que feraient-ils ? Elles réclameraient un changement. Lequel ! N’entretenons pas d’idées naïves sur les conditions de faisabilité d’une bascule sociétale. Il faut se mobiliser pour de bon, s’impliquer physiquement. Je pense à une Résistance en référence ouverte aux mouvements clandestins qui se sont opposés à l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale. Ce n’était pas des démarches violentes, mais au contraire des réactions face à un système d’une violence physique, idéologique et socio-économique inouïe.

Yves Cochet, politicien et effondriste : Je suis prêt à aller jusqu’à la désobéissance civile tant qu’elle n’augmente pas la souffrance des personnes et des êtres vivants. J’ai fait Mai 68, alors user du matériel inanimé sur lequel je peux, par exemple, avoir une action négative, pourquoi pas. Les barricades, je connais.

Nicolas Hulot, lanceur d’alerte : Je ne sais pas jusqu’où je suis prêt à aller, j’ai l’impression d’avoir déjà tout essayé. J’ai souvent cette tentation de me dire que j’ai fait ma part et que maintenant je peux m’occuper de ma famille. Avec ma fondation j’aide les gens sur des projets locaux. Mais je n’ai plus l’énergie nécessaire pour prendre la tête d’un grand projet. Et peut-être que je n’ai pas la force parce que je me dis que c’est trop tard.

Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC : Mon engagement personnel de scientifique reste un engagement de chercheur. La judiciarisation est une voie à suivre, une manière de maintenir la pression. Je ne suis pas pour l’action violente.

Isabelle Attard, anarchiste et écolo : Pour combattre les responsable du désastre, je suis prête à aller jusqu’au sabotage, bloquer une usine… mais en faisant en sorte de n’atteindre ni les hommes ni les animaux. Il faut nommer, dénoncer les responsables et combattre. Je veux édifier un collectif tel que le conçoit l’idéologie du municipalisme libertaire de Murray Bookchin.

Derrick Jensen, activiste écologiste : J’ai voué ma vie à sauver ce qui peut l’être encore. J’y pense constamment, j’y travaille, j’agis. Jusqu’où je suis prêt à aller ? Apparemment, je suis prêt à détruire ma carrière, qui aurait pu être bien différente. A chacun de mes nouveaux livres, je détruis ma réputation. Je m’en moque, ma loyauté est avec la vérité, la planète. J’ai aidé à créer une organisation, Deep Green Resistance, dont l’objectif est le démantèlement de la civilisation.

Source : « L’effondrement de l’empire humain », édition rue de l’échiquier, août 2020

L’écologie politique, parti de gouvernement ?

Ce qui peut permettre le succès de ceux qui posent l’écologie comme pierre angulaire de toute politique, ce sont les urgences environnementales. Une prise de conscience réelle qui n’a qu’un an à peine. On votait Vert depuis la présidentielle de 1974 comme aiguillon pour faire avancer la cause écologique, aujourd’hui cela devient un vote de conviction. Voter Écolo, un vote utile, c’est nouveau et mobilisateur. L’attachement des populations à leur pays et à leur territoire sera une force considérable pour protéger ce qui peut encore l’être des désastres qui s’annoncent. Mais l’ampleur des mesures à prendre, qui doivent témoigner d’une rupture radicale avec la société de croissance, seront difficiles à prendre. Il suffit de se rappeler que les manifestations des Gilets jaunes pendant des mois et des mois avaient pour point de départ un refus de la taxe carbone, mesure pourtant indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Toutes les mesures jugées punitives et technocratiques visant à une transition autoritaire seraient largement rejetées. Il était facile d’agréger les votes sur « je suis le parti du climat et de l’avenir, on doit agir pour nos enfants ». Il sera beaucoup plus difficile de rassembler sur « on doit sortir du système productiviste, de la croissance économique, de la société de consommation, de la défense du pouvoir d’achat, et lourdement taxer les produits polluants du panier de la ménagère et du budget du conducteur ». D’autre part l’électeur peut rattacher un certain nombre de domaines à l’écologie, santé, Agriculture, Politique de l’énergie et du logement etc… Mais comment l’écologie politique peut-elle aborder d’autres facettes du pouvoir, la politique éducative, la Défense nationale, les Affaires Étrangères, les flux migratoires ?

Qui peut imaginer que le défi écologique pourra se relever seulement à la marge ? Chaque ministère traditionnel devrait avoir une optique écologique explicite dans son périmètre d’action. Par exemple, le ministère de la Jeunesse, qui actuellement ne s’intéresse qu’aux jeunes d’aujourd’hui, sera également celui des Générations futures. Nous voulons un gouvernement qui considère que l’écologie est un problème transversal, qui doit être traité en synergie par tous les ministres sans exception :

  1. ministre de l’Économie biophysique et des Flux financiers
  2. ministre de l’Énergie durable en adéquation avec les besoins
  3. ministre de l’Équilibre entre population et alimentation
  4. ministre du Travail et du Temps partagé
  5. ministre de la Protection civile des populations
  6. ministre de la Relocalisation et de la mobilité
  7. ministre des techniques douces et appropriées
  8. ministre de l’Espérance de vie en bonne santé
  9. ministre de la Sobriété partagée et de la Lutte contre les inégalités
  10. ministre de la Jeunesse et des Générations futures
  11. ministre de la Nature et de la Biodiversité
  12. ministre de la Subsidiarité entre territoires

Dans son livre « L’écologie à l’épreuve du pouvoir » (2016), Michel Sourrouille détaille le programme de chacun de ces ministères en montrant que l’écologie est la matrice dans laquelle doit se former tous les autres paramètres : un politique performant est d’abord un bon écologiste.

http://biosphere.ouvaton.org/bibliotheque-2014-et/3147-2016-l-ecologie-a-l-epreuve-du-pouvoir-un-avenir-peint-en-vert-pour-la-france-de-michel-sourrouille

Petites manœuvres entre Hamon et Duflot

Les éliminés de la dernière présidentielle veulent revenir sous les feux de la rampe. Les relations entre Génération.s de Hamon et Europe Ecologie-Les Verts (Bayou/Duflot) sont aujourd’hui au beau fixe. Ils organiseront ensemble les journées d’été d’EELV. Les autres « coorganisateurs » (Génération écologie, CAP 21, Alliance écologiste indépendante, Mouvement des progressistes) ne sont là que pour sauver les apparences d’une ligne « l’écologie d’abord ». On croit créer une « dynamique unitaire » préparatoire à la présidentielle et aux législatives de 2022. On croit encore à une « maison commune » des écologistes « de gauche ». Eric Piolle, le maire de Grenoble, ne cache plus ses ambitions élyséennes. Dans son duel à distance avec Yannick Jadot, l’apport des militants de Génération.s pourrait être décisif, surtout en cas de désignation du candidat vert par une primaire. Les commentateurs sur lemonde.fr s’en donnent à cœur joie :

Chouette96 : Ouh là…. belle erreur stratégique… Hamon est un looser .. il ne pèse rien… il a juste quelques potes dans les médias qui lui donnent la parole on se demande pourquoi… ça y est les verts s’autodétruisent… C’est Manu qui va être content !!

Maryse Chevasseau : La taxation des robots, le revenu universel et la légalisation de la drogue sont en effet des apports formidables susceptibles de mobiliser les électeurs. Laissez-moi rire!

lila : C’est donc cela qui nous est promis: une lutte fratricide au sein d EELV entre Jadot et les ex-Macron compatibles et Piolle et les « vraie- gauche -gauche-on pourrait même s’allier avec LFI s’ils ne rêvaient pas de nous bouffer tout cru ». Ça promet son lot de psychodrames.

Super Sara : Claire Monod, femme d’Yves Contassot, qui a quitté les verts car il n’a pas pu être réinvesti aux municipales pour cause de cumul des mandats dans le temps, essaye de revenir à la soupe via une alliance d’un parti minuscule et d’un courant socialiste devenu parti. Cette analyse a la faiblesse de masquer le véritable enjeu : assurer au courant duflotiste, qui n’est pas complètement majoritaire, de fusionner avec toutes les cartes d’Hamon pour empêcher que la mère Duflot se prendne une veste face à Jadot en cas de primaire.

Ricardo Uztarroz : En clair, on se rassemble pour mieux se diviser après. Ce rassemblement a tout l’air d’un front anti-Jadot. Or, pour l’instant, c’est bien lui le candidat légitime puisqu’il a été l’artisan du succès des Verts, sur liste propre, aux Européennes. Les municipales sont un trompe-l’œil. Les maires écolos doivent leur élection non pas aux mérites de l’écologie mais une alliance de circonstance qui forcément ne résistera pas à l’attrait d’une candidature à la présidentielle. La preuve le combat de coqs Piolle-Jadot a commencé sans vraiment round d’observation.

JNE journalistes pour la nature et l’écologie

Pour mieux connaître cette association fondée en 1969, deux années avant la création du ministère de l’Environnement (intervenue le 2 janvier 1971), voici quelques témoignages écrits par des membres des JNE, journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie, ordonnée selon la date de leur adhésion à cette association :

1969, Jean-Claude Chantelat : Mon adhésion aux JNE, ou plus exactement à l’époque « Association des Journalistes et Écrivains pour la Protection de la Nature et de l’Environnement », s’est faite tout naturellement quand Pierre Pellerin a créé l’association en 1969. Je connaissais alors Pierre et collaborais régulièrement à Bêtes et Nature, la revue animalière dont il était rédacteur-en-chef… J’ai effectivement été un chasseur dans l’âme, passionné mais, je crois, mesuré. J’ai abandonné aujourd’hui toute activité cynégétique, après avoir déjà démissionné il y a bien longtemps de mes fonctions de responsable de revues de chasse, jugeant alors qu’il ne m’était plus possible de défendre les chasseurs dans leur grande majorité. A l’heure actuelle, je ne me reconnais plus dans la majorité de ces personnages vêtus de couleurs vives et ignorant tout pour la plupart de cette Nature qui les entoure.

1969, Claude-Marie Vadrot : j’ai rejoint l’association, alors en cours de formation, à la demande de la Fédération Nationale des Sociétés de Protection de nature (devenue plus tard France-Nature-Environnement), pour me sentir moins seul dans ma préoccupation personnelle et journalistique pour l’écologie. J’étais alors, et suis resté, grand reporter spécialisé dans la couverture des conflits et des événements internationaux. Tout en bataillant, au sein d’un quotidien, pour obtenir en plus un « petit coin » de mon journal pour la nature et l’environnement. Un rôle double que j’ai assumé dans toutes les rédactions desquelles j’ai été salarié. Devenu président des JNE en 1995, j’ai souhaité et obtenu que notre association rompe ses liens institutionnels avec France-Nature-Environnement. Nous ne pouvions être à la fois juge et partie, même si nous restions des journalistes non pas militants mais « concernés ». Nuance qui nous a toujours caractérisés.


1971, Marc Ambroise-Rendu : J’ai rédigé mon premier papier sur les périls de la pollution de l’air à Paris dès 1958. J’ai adhéré aux JNE en 1971, deux ans après leur création par Pierre Pellerin, Jean Carlier et une poignée de collègues. J’aurais pu faire carrière. Impossible  : la fièvre environnementaliste montait dans les villes et les campagnes. Une époque effervescente. 1970-1980 les dix glorieuses de l’écologie ! Les alarmes arrivaient de partout  : de Jean Dorst au Muséum, de Pompidou à Chicago, de Rachel Carson dans le middle-west, du Club de Rome, de Robert Poujade au ministère, de Bernard Laponche au Commissariat à l’énergie atomique. Mais aussi de nos confrères Pierre de la Garde qui crie «  Chefs d’oeuvres en péril  !  », de Louis Bériot dénonçant ceux qui «  défigurent la France  », d’Alain de Swarte qui traque les démembreurs de nos campagnes, de Jean Carlier dont le micro fustige les promoteurs sur la Vanoise. Moi qui suis né au cul des vaches dans le Sud-Ouest mais dans une famille d’artistes, je souffre personnellement de ces multiples agressions.

1971, Alain Hervé : En complet désaccord avec la politique agricole de la FAO à Rome, je démissionne en 1968 du Ceres. En 1971 je crée les Amis de la Terre et le Courrier de la Baleine. En 1973, création et direction du Sauvage (jusqu’en 1981). Mais les intellectuels dominants ont vu dans l’écologie une menace électorale pour la gauche et ses vieilles bastilles. Le public était ivre des délices de la modernité, une menace pour son tout neuf paradis de la consommation. Je me suis inscrit en 1971 à l’association de l’ami Pierre Pellerin l’AJEPN (devenue les JNE) de 1971 à 1995 pour rencontrer tous ceux qui chacun à sa manière commençaient à exprimer les mêmes convictions. Je me suis réinscrit aux JNE en 2008, pour rencontrer ces phénomènes qui ont mieux compris ce qui se passait, que toute notre classe politique bouchée à l’émeri à propos de l’écologie. (ndlr, Alain Hervé nous a quitté le 8 mai 2019)

1974, Jean-Philippe Beau-Douëzy : Je deviens membre des J.N.E. avant la présidentielle de 74. René Dumont y porte la parole écologique. Les J.N.E sont un lieu d’intenses débats entre conservationnistes et « écologistes politiques ». Nous menons de belles campagnes sur les préceptes du Cdt Cousteau : « on ne peut protéger que ce que l’on n’aime, on ne peut aimer que ce que l’on connait ». Les JNE évoluent. Ils sont toujours pour moi un espace unique dans lequel la communication, le journalisme, l’activisme, le militantisme, « écologique », sont liés dans un vortex humaniste insufflé par ses fondateurs dont Pierre Pellerin.

1983, Roger Cans : Après six ans au département Éducation du journal Le Monde, je peux enfin reprendre la rubrique Environnement en 1983, qu’abandonne alors Marc Ambroise-Rendu. Je ne connais pas encore les associations, ni de protection de la nature, ni de journalistes. Au printemps 1983, je reçois une invitation d’EDF pour un voyage de presse à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. Bien entendu, j’y participe car je ne connais encore rien en la matière. Lorsque je monte dans le car qui nous y emmène, quelqu’un me dit : « Tu n’as pas payé ta cotisation ». Stupeur de ma part, car j’ignore alors qu’il s’agit d’un voyage de presse conjoint EDF et JNE. Une fois renseigné sur cette association de journalistes, je fais mon chèque d’adhésion dans le car. Pour moi, ancien journaliste gâté d’un grand quotidien, je suis resté reconnaissant à cette association qui mélange tout le monde, aussi bien des journalistes en carte que des pigistes, des illustrateurs, des photographes ou des écrivains. (ndlr, Roger Cans nous a quitté le 27 novembre 2018)

Olivier Nouaillas : Après presque 40 ans de journalisme à l’hebdomadaire La Vie, dont la moitié à la rubrique «.environnement.» et dix ans comme vice-président des JNE, l’heure est – peut-être – venue d’un premier bilan. D’abord celui d’une prise de conscience du jeune étudiant que j’étais avec la campagne présidentielle de René Dumont en 1974 et bien sûr la lecture de «La Gueule Ouverte», dont le sous-titre était déjà «le journal qui annonce la fin du monde». A rappeler (avec humour) à certains collapsologues qui – pas tous  ! – nous abreuvent aujourd’hui de prédictions plus apocalyptiques les unes que les autres. Ce que j’ai appris justement en 40 ans de métier c’est que l’histoire n’est jamais écrite .C’est pour cette raison qu’il faut continuer à se battre pour chaque dixième de degré en moins, chaque ver de terre, coquelicot, hirondelle préservés… Les sociétés qui s’effondrent donnent souvent naissance – hélas, on l’a vu dans l’histoire – à la barbarie et au règne du chacun pour soi. Après 40 ans de journalisme, je préfère continuer à agir pacifiquement à travers ce que j’aime le plus  : l’information, c’est-à-dire les faits et les mots. De préférence ceux qui introduisent la complexité, la nuance, la modération, le questionnement. Bref tout ce qui manque de plus en plus dans un monde où les réseaux dits sociaux et les tweets de 140 signes (dont ceux de Donald Trump, le climato-sceptique en chef) tiennent lieu d’arguments et nous entraînent chaque jour un peu plus vers l’ignorance et le chaos. C’est aussi à cela qu’il faut résister.

Macron, le magicien de l’écologie politique

Entrez, entrez, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! L’écologie politique a trouvé son Grand Illusionniste, il s’appelle Emmanuel Macron. Ce qui sort de son chapeau s’appelle relance verte, 7 tours de magie font croire que l’on fait quelque chose.

– Tour n°1 : réinventer le démocratie participative. Fort d’avoir entendu les Gilets jaunes, Macron lance bien après le grand débat national, une CCC qui travaillera 9 mois pour présenter une série de propositions dont quasiment toutes avaient déjà été élaborées par des ONG, collectifs, scientifiques, députés ou partis à vocation écologique. La démocratie pour gagner du temps !

– Tour n°2 : entretenir le flou. Un bon exemple, le nucléaire, grand absent des analyses de la CCC. Au delà de la fermeture de Fessenheim décidée par son prédécesseur, impossible de distinguer les intentions profondes du Président sur l’avenir du nucléaire, le renouvellement des centrales existantes, l’évolution de la structure d’EDF et les enjeux des EPR. Il annonce un nouveau mix énergétique mais lequel exactement ?

– Tour n°3 : faire mine de découvrir ce qui existe déjà. Exemple n°1, l’objectif ZAN (Zéro artificialisation nette) que l’on promet d’atteindre alors qu’il existe déjà dans le plan biodiversité de 2018. Exemple n°2, le plan vélo qui figure dans la loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Exemple n°3, l’extension des ZFE (Zones à faibles émissions) interdisant les centres-villes aux véhicules les plus polluants. Sauf que celles annoncées auparavant n’ont pas toutes été réalisées, donnant lieu à pression du Conseil d’Etat et amende de la Commission européenne.

– Tour n°4 : jouer habilement de l’échelle de temps, en allongeant les délais de mise en oeuvre. La transition écologique, nous dit le Président, est un chantier de longue haleine. Ainsi le calendrier de mise en oeuvre des 146 propositions acceptées de la CCC est déjà repoussé, un texte devant être présenté à la concertation à l’automne pour être examiné en 2021. Quant à la nécessaire réforme de la fiscalité écologique, elle est remise à 2022, c’est à dire à la prochaine mandature.

– Tour n°5 : promouvoir la compensation carbone. Un joli subterfuge consistant à compenser les émissions de carbone issues des énergies fossiles par des plantations d’arbres. Un droit d’investir dans le marron, du moment que l’on investit dans le vert, neutralisant ainsi le bilan carbone. Compenser c’est un peu comme si on donnait un permis de chasse pour certaines espèces tout en faisant promettre au chasseur de bichonner les autres espèces. Compenser c’est plus facile qu’éviter ou réduire. Et la compensation est trop mise en avant par les entreprises (cf Air France) pour être tout à fait honnête.

– Tour n°6 : se déguiser en champion de l’Europe. Le Président nous rappelle à juste titre que de nombreuses propositions de la CCC sont de niveau européen : taxer l’empreinte carbone aux frontières, faire évoluer les accords commerciaux et renégocier le CETA, réviser la PAC en faveur de l’agroécologie et d’une production autonome de protéines végétales. On pourra compter sur lui pour porter haut ces revendications ! Le problème est que l’évaluation du CETA qu’il prétend exiger à Bruxelles a déjà été effectuée par la commission Schubert en 2017 et que son rapport concluait à l’absence de cohérence du CETA avec l’Accord de Paris. Le problème, plus généralement, est qu’il doit composer des alliances avec d’autres chefs d’Etats et de gouvernements et donc s’aligner sur un plus petit dénominateur commun négocié dans le temps long. Toutes choses que notre Magicien sait pertinemment.

– Tour n°7 : placer le ministère de l’écologie tout en haut de l’affiche, au n°3 du gouvernement. Un affichage de volontarisme écologique qui ne franchira pas le seuil de l’action. Car pour agir, il fallait ajouter les compétences « énergie » ainsi qu' »alimentation et agriculture » au portefeuille de la nouvelle ministre, ce que Total et la FNSEA bien entendu n’auraient pas accepté. Il fallait également s’assurer d’un rapport de force équilibré entre ministres de l’écologie et de l’économie, ce qui ne sera pas le cas, Bruno Lemaire étant puissant car bien installé dans sa fonction.

Pendant que le Grand Magicien officie, l’horloge carbone continue à tourner, inexorablement. Me viennent alors des pensées attendries pour Barbara, Dany, François, Pascal et la floppée de pseudo-écolos Macron-compatibles qui ont su préserver leur âme d’enfant et ne demandent qu’à croire et croire encore aux tours de magie.

Texte de Patrick Salez déjà paru dans le cadre de la coopérative écologique. Pour télécharger leur lettre en format pdf : https://coop.eelv.fr/files/2020/07/INFOLETTRE-DU-MOIS-DE-JUILLET-2020.pdf

EELV, sa face désirable et celle plus obscure

JDE, Journée d’été des écologistes. On vous attend nombreuses et nombreux à « La cité fertile » de Pantin les 20, 21 et 22 août prochain. Ce rendez-vous sera inédit  à plus d’un titre. Premièrement parce que nous comptons bien avoir un certain nombre de victoires aux municipales à célébre . Deuxièmement parce que cette 36ème édition sera la première à être co-organisée avec nos collègues des autres formations politiques écologistes. Corinne Lepage (Cap21), Delphine Batho (Génération Ecologie), Jean-Marc Governatori (Alliance écologique indépendante) seront en effet présents, ainsi que les militants de leurs formations respectives, venant ainsi compléter la liste des partenaires écologistes traditionnels de nos Journées d’été (Délégations des député écologistes à Bruxelles, FEVE, Jeunes Ecologistes, Fondation de l’Ecologie politique, Fondation Heinrich Boll, etc). Cette 36ème édition sera également la première à se dérouler en état d’urgence sanitaire. Nous avons entrepris de « déconfiner », nous les ouvrirons au public sous réserve que les règles sanitaires en vigueur le permette. Mais tout sera également diffusé en direct sur 3 chaînes de webTV éphémères ! Les gestes barrières seront de rigueur mais ils n’empêcheront pas « l’esprit JDE » de vous gagner (concerts, cours de danse/yoga…). Côté programme, les commissions et parlementaires EELV, ainsi que les partenaires de l’événement, vous réservent un condensé de formation et d’entretiens, sous forme d’émissions de télé, qui seront enregistrées en public dans des studios télé prévus pour pouvoir accueillir beaucoup de monde. On évoquera bien sûr les mandats municipaux qui s’ouvrent, pour outiller nos nouveaux élus. Il faudra également préparer les séquences électorales à venir: les départementales, les régionales et la séquence présidentielles-législatives de 2022, le tout dans un contexte « post-covid » qui apparaî comme un moteur inédit de changement… mais jusqu’à quel point ? (Marine Tondelier)

Les Verts ont « vitriolé » l’écologie. Ni positive, ni punitive, l’écologie est d’abord une discipline scientifique, pratiquée par des écologues, alors que les écologistes (qui ne sont pas forcement des scientifiques) tentent de mettre en pratique une politique en tenant compte des enseignements de l’écologie Science. Ce que semble omettre EELV. Par ses combinaisons d’accord politiciens parfois « contre-nature » avec des partis de gauche traditionnel, réputés pour leur conservatisme idéologique productiviste et une conception économique et sociale d’un autre temps, aujourd’hui EELV est un parti de gauche qui s’éloigne toujours plus de l’écologie. Dernier acte avec les municipales, intercommunalités et métropoles, dans 9 cas sur 10, EELV confirme son alliance avec la gauche. Si un accord avec les partis de gauche peut parfois s’avérer nécessaire, en faire une règle absolue au niveau national par une organisation se réclamant de l’écologie, avec des opérations de « tambouille politicienne » des plus détestables, est une faute grave qui envoie à tort une très mauvaise image de tous les écologistes… Bon courage pour une lecture approfondie sur Agoravox, certain(e)s n’apprécieront pas forcément… (Daniel Martin)

Démonstration par l’exemple : Alexis Braud, personnage éminent d’EELV, a pourtant été suspendu par son groupe local car il trouvait dommageable l’alliance pour les municipales avec l’ex ministre Stéphane Le Foll, maire sortant au Mans. Pour mieux connaître celui avec qui on veut partager le plat de lentilles : Stéphane Le Foll pendant le quinquennat de François Hollande avait été nommé « ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire », cela témoignait clairement de la dérive productiviste de ce gouvernement de gauche. Car qui dit « agroalimentaire » dit agro-business. Jamais encore le mot « agroalimentaire » n’avait été utilisé pour le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture, de la Pêche… Selon le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, les limites fixées voilà trente ans par la directive de 1991 (sur les nitrates) « doivent être renégociées à l’échelle européenne » (c’est-à-dire assouplies)… Stéphane Le Foll a aussi adressé une lettre de près de quatre pages pour inciter à ne pas voter l’interdiction totale des néonicotinoïdes ; pourtant Le Foll reconnaissait la neurotoxicité prouvée des sept molécules de cette catégorie de pesticides. Stéphane Le Foll se disait également favorable au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La conception globale de cette figure de la gauche  : « Je ne suis pas pour la sobriété mais pour une croissance sûre qui porte le progrès. Ce n’est pas l’écologie comportementale individuelle en ne prenant plus l’avion ou en ne mangeant plus de viande qui va régler la question du réchauffement, mais des investissements dans l’efficacité énergétique. »

Quelle stratégie pour l’écologie en 2022 ?

Depuis 1974 l’écologie politique aux présidentielles n’étaient que des candidatures de témoignage, ne dépassant jamais 5 % (sauf Noël Mamère en 2002). Or l’écologie c’est notre destinée, de plus en plus de monde le ressent. Il faut donc dépasser le blocage électoral pour qu’un mouvement social-écologique devienne un parti de gouvernement en 2022. Comment faire ? Dans ses multiples facettes l’écologie constitue en soi tout un programme, à la fois de comportement individuel, de gestion des territoires, de place de la France dans le monde et même d’avenir pour la planète. L’usage et le mésusage des ressources naturelle de la Terre ne connaît pas de frontières. Dans ce contexte, voici quelques caractéristiques d’un positionnement de l’écologie politique qui se voudrait gagnant lors de la présidentielle 2022.

1) Nouveau créneau électoral. L’abandon en rase campagne de Yannick Jadot en 2017 était apparemment une erreur, l’écologie perdait son porte-voix. Mais son ralliement au PS apparaît a posteriori comme un tournant, l’écologie devenait incontournable pour l’ensemble des partis. Aux dernières municipales, même la droite est devenue écolo. L’écologie est maintenant un paramètre omniprésent aux yeux des médias et de la population. Encore faut-il une personnalité qui rassemble au-delà des étiquettes partisanes habituelles, qu’elle soit de droite, de gauche… ou d’ailleurs. L’idée écologique est par définition trans-partisane, nous avons tous intérêt en tant que citoyen à préserver des conditions d’existence durables tant pour les générations présentes que futures. Un tel positionnement, l’écologie comme fondement premier du système socio-économique, ne peut que rassembler un jour ou l’autre une majorité d’électeurs autour de l’idée que nous portons. La présidentielle se gagne « au centre », avec les électeurs sans étiquette stable qui font basculer l’élection d’un côté ou de l’autre.

2) Leadership. Dans une démocratie de masse où il faut entraîner à sa suite des millions d’électeurs lors d’une présidentielle, il est nécessaire d’avoir un leadership par lequel se faire reconnaître. Il était significatif que trois des quatre mouvements politiques qui sont arrivés en tête à la présidentielle française de 2017 étaient animés par une personnalité charismatique autoproclamée, Macron, Le Pen et Mélenchon. Le CF devrait réfléchir dès à présent à l’incarnation que nous voulons pour l’écologie politique en 2022 en tenant compte du point précédent : la candidature écolo est par essence trans-partisane.

3) Principe de notoriété. L’électorat vote pour une personnalité plus que pour un parti, et la connaissance de cette personne découle de son accès aux médias. La victoire de Macron, un type inconnu qui a démarré sans parti et sans programme, n’a été qu’un accident de parcours, une construction médiatique résultant des multiples erreurs de François Fillon et de la déconsidération des partis actuels. Il faut une dimension de plus si on veut conquérir le pouvoir au moment de la présidentielle, il faut une notoriété pré-existante et surtout une notoriété « politique », pas simplement un effet d’image comme avec Nicolas Hulot.

4) Exigence de compétence. Dans des conditions normales, tous ceux qui deviennent président de la république ont avant l’élection un long passé de responsabilités gouvernementales et/ou un parcours de premier plan en politique. La notoriété politique se crée sur plusieurs années ; en 1981, basculement historique de la droite vers la gauche, Mitterrand se présentait pour la troisième fois. Si on veut dépasser la candidature dite « de témoignage », il ne semble pas que le parti EELV (ou plus généralement l’écologie politique) ait en son sein une personnalité suffisamment expérimentée pour une présidentielle.

6) Unité introuvable. Jamais nous n’arriverons à bâtir d’ici 2022 une quelconque « fédération de tous les partis écologistes » ou un « archipel de l’écologie et des solidarités ». C’est tâche impossible, les variantes de l’écologisme sont innombrables, les débats sans fin, la concrétisation dans une structure impossible. On tente d’y parvenir depuis plusieurs années, on ne pourra pas y arriver en deux ans. D’où la nécessité d’une personnalité représentative pré-existante qui va fédérer sur son nom. C’est d’ailleurs une caractéristique première d’une présidentielle, la cristallisation sur une seule personne qui va personnifier la France aux yeux des électeurs.

7) Programme commun illusoire. Les programmes pour la période post-covid ont envahi les tribunes des médias, mais on ne peut accéder au rassemblement sur des bases aussi hétérogènes. Historiquement il faut des conditions institutionnelles spécifiques pour y arriver, comme « l’Union de la gauche sur la base d’un programme commun de gouvernement » en 1972 qui permettra à François Mitterrand de se présenter comme « candidat de la gauche » lors de la présidentielle 1974. L’expérience d’une présidentielle habituelle montre au contraire que le projet politique de ce type d’élection nationale, c’est uniquement celui du candidat à la présidentielle. Ce n’est pas celui de son parti d’origine ou de n’importe quelle autre instance délibérative. D’ailleurs peu importe au fond le programme, l’image remplace le contenu dans une démocratie de masse où il s’agit de voter pour celui ou celle qui va « représenter la France ».

5) Primaire peu fiable. EELV a toujours été erratique quant à la désignation de son représentant : sac d’embrouilles Mamère/Lipietz en 2002, refus du médiatique Nicolas Hulot en 2012, valse-hésitation autour de Mélenchon en 2017. Même la droite regrette amèrement cette procédure d’une primaire ouverte instaurée pour elle en 2017, sans compter le fiasco Hamon issu des rangs de la primaire PS. De toute façon les prétendants jouent le jeu des médias en dehors des partis ; les mérdias connaissent déjà deux présidentiables autoproclamés, Eric Piolle et Yannick Jadot. Delphine Batho est aussi sur les rangs, exigeant une “primaire ouverte” après constitution d’une fédération de tous les partis écologistes. Si on persiste dans ces déchirements internes, si l’écologie ne trouve pas une candidature externe, c’est le massacre électoral assuré.

8) Parti ex post plutôt qu’ex ante. La présidentielle 2017 a montré qu’on peut créer un nouveau parti avec la dynamique porté par un(e) présidentiabl(e). Cela relativise complètement l’idée qu’il faut obligatoirement qu’un parti déjà institutionnalisé désigne un candidat de son choix. Bien plus 2017 a relativisé l’existence même des partis traditionnels.

9) Législatives, confirmation de la présidentielle. A cause de l’inversion de calendrier voulu par Jospin, les législatives ne font que confirmer le choix de la présidentielle. Dans l’état de déliquescence dans lequel se trouve les partis, il s’agira pour EELV d’accompagner dès le début la candidature d’une personne ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Ainsi peut-on obtenir un groupe parlementaire écolo de meilleure façon que par d’obscures tractations comme avec le PS en 2011. On peut même envisager un miracle : au nom d’un rassemblement très large autour d’une personnalité dépassant le cadre restrictif de l’axe vert-rose, on pourrait voir en 2022 la naissance d’un Mouvement Social-Écologique digne de gouverner face à une droite anti-écolo et contre les populismes.

10) Positionnellement d’EELV pour le premier tour. Dans le cadre donné par les points précédents, il n’y a plus lieu pour EELV de présenter un ou une candidat(e), mais d’être prêt à soutenir la personne ayant à la fois notoriété, compétence… et programme résolument écolo. Au niveau médiatique, cela peut donner à l’écologie politique un statut d’arbitre pour la présidentielle 2022. Attendre et voir venir, c’est souvent une bonne stratégie. D’autant plus qu’un tel positionnement nous économise les frais d’une campagne de présidentiable ; si un ou une candidate issu(e) de l’écologie politique se lançait par ses propres moyens, à lui ou à elle d’assumer.

11) valorisation des législatives : Libéré des conflits sans fin en notre sein pour une candidature autonome de présidentiable (ou autour d’une alliance improbable avec un autre parti), nous pourrons consacrer tout notre temps à préparer les législatives, élection dont les paramètres fluctuent pour chaque circonscription. Soit il existera un présidentiable suffisamment écolo et les candidats du mouvement écologique se présenteront aux législatives comme force d’appoint, soit le président élu après le second tour ne le sera pas et dans chaque circonscription des candidats écolos se présenteront comme parti d’opposition pour le quinquennat à venir.

NB : cette analyse de Michel Sourrouille était en ligne sur le site des JNE (association des journalistes-écrivant pour la nature et l’écologie),

Faut-il abattre les écologistes activistes ?

Pierre Rigaux : « Un homme est venu chez moi, il m’a montré une balle en me disant que si je continuais à parler de chasse, je la recevrai entre les deux yeux. Pendant le confinement, j’étais à pied au bord de la route quand deux chasseurs se sont arrêtés pour me menacer… »

Les actes d’intimidation minent le combat des défenseurs de l’environnement. Le documentariste Jean-Michel Bertrand s’est vu adresser plusieurs menaces de mort, après la sortie de son film Marche avec les loups. Des lettres de menaces, l’Association de protection des animaux sauvages (Aspas) en reçoit aussi régulièrement. « Tous les moyens seront utilisés pour mettre les amis des loups hors d’état de nuire : saccage des locaux, sabotage des voitures, matraquage si nécessaire… » En février par exemple, la FDSEA s’en est pris au siège de FNE Midi-Pyrénées en taguant la façade, pour protester contre l’instauration de zones de non-traitement aux pesticides à proximité des habitations .Pour les associations environnementales,, la création de la cellule Déméter en octobre 2019 a marqué un tournant. Cette cellule cible toutes les atteintes au monde agricole, y compris des actes militants comme les vidéos filmées dans des élevages.

Le débat entre écolos et anti-écolos n’est pas tendre sur le monde.fr :

Erwann Le Meur : Pour qui a connu la violence et l’impunité constantes depuis 50 ans des actions revendicatives de FNSEA et JA, leurs destructions des matériels et locaux publics, les ciblages, menaces et intimidations individuels de leurs opposants ou même de fonctionnaires faisant leur travail, la création de la cellule Demeter est une vraie forfaiture.

claupi : Article du MONDE courageux. Il met le doigt là où ça fait mal. Les militants de l’environnement sont menacés partout dans le monde. Menaces et assassinats sont orchestrés par ceux qui détruisent impunément notre planète. mais ils ne bénéficient d’aucune protection. La France qui devrait être un modèle en matière de liberté d’expression ne donne pas l’exemple. Car le fond du problème, ce n’est pas d’être pour ou contre l’ours, un barrage, ou la chasse. Peu importe. Le problème c’est que ceux qui dénoncent n’ont pas le droit de le dire, de l’exprimer dans les médias, d’organiser une manif, une réunion. Comment appelle t-on un Etat qui empêche la Liberté d’Expression avec Demeter ?

Vieux : C’est exactement ça. La FNSEA tout comme les syndicats de policiers suit une stratégie maximaliste : présenter la critique comme une négation de la profession et de son activité. Autrement dit, disqualifier par avance toute critique.

untel : Il est nécessaire d’avoir un arbitrage indépendant, via la gendarmerie, pour surveiller les tentatives intimidation des écolos sur certains citoyens, afin de leur faire adopter un comportement différent, et les tentatives d’intimidation des citoyens sur certains écolos, pour leur faire adopter d’autres méthodes d’action. On est ici dans un phénomène de parfait miroir. Personne ne sera surpris que la Page Planète ne voit que d’un seul côté.

ThreeRavens : Non. Aucun « effet miroir ». Les causes sont différentes et différemment exprimées. Et l’Etat affiche officiellement son soutien, sans discernement, au monde de la chasse et de l’élevage. Je n’ai pas entendu parler d’une cellule d’investigation sur les violences, verbales et physiques, de certains éleveurs et du milieu de la chasse, alors qu’elles sont légion. Le sentiment d’impunité justifie les agressions. Pour certains d’entre eux, le seul fait de révéler leur pratique au public (nommer, photographier, filmer) constitue une menace. Le fait de filmer une chasse à courre serait plus violent que la pratique elle-même. On croit rêver. La divulgation, le débat, font peur. Il me semble que, du côté des associations écologistes et environnementales, c’est plutôt le contraire.

Jean Bonblanc : Arrêtez de présenter les activistes écolos comme des victimes, alors que ce sont des excités qui veulent imposer leur vision de la société et non discuter pour trouver des réponses à des questions qui peuvent se poser.

JMBEGUE : parce que les fabricants et les marchands de pesticides, les créateurs d’usines à viande, les destructeurs de l’environnement ne sont pas des activistes voulant et ayant imposé leur vision de la société et sont des modèles de dialogue???

Dance Fly : Face à la prise de conscience des enjeux environnementaux constatés dans toutes les couches de la société, c’est tout un monde professionnel qui tente de s’accrocher à ses privilèges: depuis la centaine de milliers de tonnes de pesticides déversés dans la nature chaque année jusqu’aux traditions débiles de chasse à courre. Ce vieux monde, représentés par les lobbies de l’agrobusiness, de la chasse ou encore de la malbouffe a de plus en plus de mal à ouvrir les portes des hautes sphères du pouvoir. Reste la menace exercée sur les acteurs de terrain; au Brésil ou aux Philippines les menaces se seraient déjà traduites en assassinats de militants écolos.

JPMart : Des militants écologistes sont tués par centaines dans le monde. Des chasseurs par milliers… Mais eux par d’autres chasseurs…

jea.vie : Et quand des militants ecolo s introduisent dans les centrales nucléaires en affichant une volonté de sabotage, c est pas pareil ? C est moins grave qu un renard mort sur un capot de voiture ?

Néo2020 : Où voyez vous la tentative de sabotage ? Ils ne rentrent dans les Centrales que pour prouver leur manque de sécurité. Après l’intelligence ne sied pas aux chasseurs ou destructeurs de Nature