politique

Jean-Luc Mélenchon, un boulet égocentré

Soyons clair, Mélenchon est aussi écolo que Sarko : un jour il n’y connaît rien, le lendemain, c’est le premier des écolos. C’est à cela qu’on reconnaît un populiste, enfourcher le thème porteur même si par ailleurs on s’assoit dessus. Avant il n’y avait pas pire productiviste que Jean-Luc Mélenchon ! Pour le Congrès socialiste du Mans en 2005, la contribution générale de Mélenchon sur le problème de l’énergie était absolument vide. Pour le Congrès de Reims (novembre 2008), il avait commis une nouvelle contribution générale, « Réinventer la gauche ». Il s’intéressait uniquement au fait d’empêcher la mutation du PS en parti démocrate, à refuser l’Europe américaine et le Traité de Lisbonne. Rien sur l’écologie.

Mélenchon est aujourd’hui aussi écologiste que Marine Le Pen, par simple opportunisme. Lors de ses législatives de 2024, François Ruffin devait couper la cordon ombilical avec Jean-Luc Mélenchon pour pouvoir respirer. C’est ce qu’il a fait.

François Ruffin : Pendant trois semaines, nous avons porté notre croix, un sac à dos rempli de pierres, on s’est heurtés à un mur, à un nom : « Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon. » Avec Jean-Luc à la télé tous les deux jours, ça nous étranglait. Même tard, il fallait que je coupe la corde pour pouvoir respirer. Et dès cet instant ça a tout changé, ça nous a libérés, on a regagné des voix par centaines. Avec le profil de la gauche, de LFI, ces deux dernières années, je savais qu’on perdait du terrain. Contre Macron et Mélenchon, ils votaient Bardella ! En 2022, alors que l’Assemblée nationale accueillait 89 députés RN, Jean-Luc Mélenchon déclarait, texto : « De toute façon, ces terres-là n’ont jamais accepté la démocratie et la République. » Ça m’a stupéfié. Car quels sont ces endroits ? Le Pas-de-Calais, la Picardie, le Midi rouge, qui pendant un siècle ont envoyé des députés communistes et socialistes dans l’Hémicycle. Les cadres de LFI misent tout sur les quartiers et la jeunesse diplômée. Dans les quartiers, on a des députés LFI élus dès le premier tour. Bravo ! Ce sont les cadres du mouvement, qui ont hérité des meilleures circonscriptions, où la gauche fait 70 %, qui n’ont pas à mener de bagarre pour leurs sièges, et encore moins contre le RN. Et ce sont eux qui, depuis Paris, l’Ile-de-France, les grandes métropoles, édictent une stratégie perdante pour le reste du pays ! Merci !

Tout savoir sur Jean-Luc Mélenchon

extraits : Nous suivons la carrière de Jean-Luc depuis longtemps. Revenons quelques décennies en arrière, du temps où Mélenchon était socialiste, encarté depuis longtemps au PS et sénateur, le boulot où on n’a pas besoin de travailler. Et puis, devenu dissident car eurosceptique, il a fondé son propre parti. Lors de la convention du Parti de gauche (PG), qui se réunissait en décembre 2009, JL Mélenchon annonçait que le nom de son parti comporterait dorénavant le sous titre « Ecologie – Socialisme – République ». Plus question d’apparaître comme la « vieille gauche », le PG est moderne et donc écolo…..

Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

extraits : Est-ce que les idées de JLM évoluent  ? Il se confiait au mensuel La Décroissance (avril 2009) sous le titre « Une écologie républicaine » : « Dès ses premiers pas, le Parti de gauche a affirmé sa volonté de rompre avec le productivisme… Le Parti de gauche est partie prenante de l’écologie politique… On ne peut changer la société sans penser l’humanité dans son écosystème…Je suis favorable à une décontamination publicitaire de l’espace public… Les mouvements antipub, injustement criminalisés, contribuent à défendre l’intérêt général… Je crois que l’idée même de publicité doit être interrogée. Comment ne pas voir sa place centrale dans la production méthodique des frustrations qui sont la base de l’extension du  productivisme ?… Nous sommes pour un écart maximum de 1 à 20 entre les plus hauts et les plus bas salaires dans chaque entreprise…» Parfait, vraiment parfait ! Mais le point de départ du programme de Jean-Luc Mélenchon (JLM) reste, comme pour la présidentielle 2012, « L’humain d’abord »….

la planification écologique selon Jean-Luc Mélenchon

extraits : Jean-Luc se situe toujours du côté de l’offre d’énergie, faisant confiance à une main mise de l’Etat sur le secteur de l’énergie : un pôle 100 % public comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé. Or, public ou privé, les ressources de pétrole ou de gaz ne vont pas augmenter pour autant. Dans le domaine du nucléaire civil, il reste dans le flou en promettant un référendum.Mélenchon a été et reste un bon Mitterrandien ! Du côté de la demande d’énergie, Jean-Luc saupoudre son texte de « sobriété énergétique », mais sous réserves : « La nécessaire réduction des consommations ne peut conduire à réduire le niveau de vie des classes populaires ». L’écran plat et le dernier iPad sont-ils des consommations nécessaires ? On voudrait savoir ! Si le programme prévoit beaucoup pour réactiver le rail, rien n’est dit contre la voiture individuelle. Or c’est la voiture qui fait la faiblesse du rail….

2022, encore et toujours l’ego de Mélenchon

extraits : Jean-Luc Mélenchon : « M. Macron a adopté la grammaire de l’extrême droite… Le logiciel du PS, basé sur la croissance sans fin, est obsolète… Les écologistes méconnaissent la nécessité de la souveraineté du peuple en toutes circonstances… La masse veut la retraite à 60 ans, la répartition de la richesse, changer la production et la consommation… Je crois fermement à mes chances de l’emporter dans un contexte de désagrégation du champ politique….

en savoir encore plus

27 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

27 mars 2012, la planification écologique selon Jean-Luc Mélenchon

4 décembre 2016, Programme de Jean-Luc Mélenchon, travail collaboratif ?

14 décembre 2016, Jean-Luc Mélenchon, un technophile avéré

5 janvier 2017, La 6ème république, un fantasme de Jean-Luc Mélenchon

17 janvier 2017, La planification écologique selon Jean-Luc Mélenchon

16 février 2017, Jean-Luc Mélenchon à l’épreuve du pouvoir

3 décembre 2018, Mélenchon victime de la forme gazeuse de son mouvement

11 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon, président en 2022 ?

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On garde Macron, plus pour longtemps. Ouf !

Sur ce blog, nous avons consacré de longues pages à l’anti-écologisme primaire du Rassemblement national. Il ne faudrait pas oublier que le président Emmanuel Macron a fait le contraire de ce qu’il faudrait alors qu’il était en charge des intérêts de la France et de son avenir. Il prône « l’écologie à la française », l’extrême droite une « écologie nationaliste », pas beaucoup de différence !

Stéphane Foucart : Emmanuel Macron a été le chef de l’État qui a le plus investi verbalement la question écologique. Ses actes n’ont pas du tout suivi. On se souvient de son opposition flamboyante à Donald Trump sur le climat, du « Make our planet great again », de son titre de « Champion de la Terre » décerné en 2018 par les Nations unies, ou de sa sortie de 2022 : « Mon mandat sera écologique ou ne sera pas ! »

Mais les décrets d’application de la loi « zéro artificialisation nette » (ZAN) en ont réduit la portée. La convention citoyenne sur le climat a esquissé de nouveaux modes de délibération démocratique mais la promesse de reprendre « sans filtre » ses propositions n’a pas été tenue. Ses gouvernements successifs ont agi en simples supplétifs de l’agriculture la plus intensive. En 2023, pour la première fois depuis trente ans, les surfaces exploitées en agriculture biologique ont reculé dans l’Hexagone. Malgré la promesse présidentielle, le glyphosate a été ré-autorisé… et l’indicateur d’usage des pesticides en vigueur depuis 2008 a été supprimé. Sur le dossier des nouveaux OGM, l’expertise collective de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a été bloquée par le ministre de l’agriculture. L’industrie chimique peut aussi remercier le gouvernement, qui s’est opposé (en vain) à la restriction des dangereux « polluants éternels » (ou « PFAS »). Au niveau européen, la France a aussi œuvré pour éroder les mesures « vertes » de la politique agricole commune. La pêche industrielle n’est pas moins satisfaite : la France a opposé une fin de non-recevoir à la volonté de Bruxelles d’interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées…

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Macron, « l’écologie à la française » !!!!

extraits : Le 25 septembre 2023, Emmanuel Macron a présenté sa vision d’une « écologie à la française » censée répondre à un triple défi, « celui du dérèglement climatique et de ses conséquences, celui d’un effondrement de notre biodiversité et celui de la rareté de nos ressources » Mais toute idée de contraintes ou de changements sociétaux est repoussée. « Nous avons décidé d’encourager nos compatriotes à changer plus vite, sans interdiction, en les incitant », a-t-il ainsi assumé au sujet des chaudières à gaz. Des sujets comme la limitation de la vitesse à 110 km/h sur l’autoroute – proposée par la convention citoyenne pour le climat en 2019 –, la consommation de viande ou l’usage de l’avion n’ont même pas été abordés….

Macron aime la bagnole, pas l’écologie !

extraits : Dimanche 24 septembre 2023, décidé moins de vingt-quatre heures plus tôt, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les grands sujets – immigration, écologie, inflation, géopolitique –. Face aux prix de l’essence qui s’envolent, Emmanuel Macron ose : « En France on aime la bagnole. Et moi, je l’adore ». Ouah ! On ne change rien, victoire, tu régneras, oh joie tu nous sauveras, roulez petits bolides !….

E. Macron invente la « sobriété raisonnable » !!

extraits : Emmanuel Macron, ce vieux jeune qui vit encore aux temps de l’abondance à crédit, ânonne l’idée de sobriété sans vouloir nous avertir que le futur proche ne sera pas une allée bordée de roses, mais de larmes….En visite au Salon du Bourget, lundi 19 juin 2023, le chef de l’État affirme qu’il faut distinguer une sobriété « bien organisée, non punitive », d’une sobriété « punitive » : « La première serait comprise par tous et raisonnable, tout le monde fait des efforts qui permettent de faire des économies d’énergies. L’autre en viendrait à dire « il faut tout arrêter, et il faut renoncer à la croissance. Je ne la crois pas raisonnable….

Macron, un technolâtre de l’aviation

extraits : Le président de la République a annoncé une salve d’investissements pour créer une filière française de biocarburants baptisée « BioTJet ». Macron enfile les oxymores comme des perles : «  avion ultrasobre, appareil zéro émission, des carburants aériens durables, moteur à biocarburant, kérosène durable… » La voiture propre et la croissance verte passent dans la stratosphère, le greenwashing fait toujours ses ravages…

Macron subventionne les émissions de GES

extraits : La première ministre, Elisabeth Borne vient d’annoncer (décembre 2022) le versement en 2023 d’une « indemnité carburant » de 100 euros. Ce gouvernement soi-disant libéral (en faveur de la loi du marché) s’ingénie à masquer l’indicateur prix, la seule boussole pour nos comportements marchands dans nos sociétés trop complexes. Dans un contexte de réchauffement climatique, l’État doit non seulement laisser les automobiliste gérer par eux-mêmes leur budget « effet de serre », mais il aurait du, dès le premier rapport du GIEC sur le climat, augmenter chaque année la taxation du pétrole pour inciter la population à se passer de véhicule individuel pour privilégier par ses choix de vie les modes de déplacement doux pour la planète…

Emmanuel Macron cause, la planète trinque

extraits : La lutte contre le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources et la crise de la biodiversité suppose de revoir en un temps record tout notre modèle de développement, le président de la République ne le sait pas encore. Il  aura fallu attendre quelque quarante-cinq minutes pour que la journaliste de France 2, Caroline Roux, aborde en octobre 2022 la question de l’urgence climatique, interrogeant Emmanuel Macron sur les véhicules électriques…

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Brésil, Hongrie, France, l’ED au pouvoir

L’expérience de Bolsonaro au Brésil montre que la victoire de l’extrême droite n’est jamais anodine. Une fois aux responsabilités, l’extrême droite ne se modère pas. Au pouvoir de 2019 à 2023, le capitaine a entraîné le Brésil dans quatre années tragiques et ubuesques, entre désastre du Covid-19, saccage de l’Amazonie, explosion des armes à feu, vulgarité, machisme et homophobie exacerbée, ostracisme international… Il a nommé des fidèles au sommet de la justice, de l’armée, de la police, de la diplomatie. Année après année, il a jeté dans la rue des centaines de milliers de partisans déchaînés, convaincus par ces thèses victimaires et conspirationnistes. Tout cela aboutit au traumatisme du 8 janvier 2023 avec le saccage des institutions de Brasilia par des foules fanatisées.

En quelques années en Hongrie, avec Viktor Orban, le système d’équilibre des pouvoirs a disparu. Après la défaite électorale de 2002, Orban a commencé à utiliser des récits populistes nationalistes. En 2010, sa supermajorité parlementaire a permis à Orban de placer ses amis fidèles dans chaque institution de l’Etat. Ils ont été parachutés pour des mandats de neuf à douze ans à la Cour constitutionnelle, à l’autorité nationale des médias, à l’autorité de la concurrence, à la Cour des comptes et au bureau du procureur. M. Orban a renforcé le contrôle des médias, nommant des rédacteurs en chef fidèles au parti. Les prêts généreux accordés par les banques d’Etat ont aidé les amis du parti à acquérir d’importants médias privés, tels que des journaux régionaux, des radios d’information, les plus grands portails en ligne et des chaînes de télévision privées.Les rivaux politiques d’Orban ont été efficacement discrédités par des campagnes de diffamation et diverses théories du complot. Le système d’équilibre des pouvoirs qui devait protéger l’intégrité du système démocratique a disparu.

Jordan Bardella en France, un anti-écolo au pouvoir ce serait inquiétant. Le programme actuel du Rassemblement national (RN) a pour slogan : « Pour l’écologie de la joie de vivre des Français en France ». Mais en quoi l’écologie participe-t-elle au bonheur d’être français ? Le RN avance l’idée d’une « écologie positive », en l’opposant à une « écologie punitive », c’est-à-dire contraignante, et notamment au Green Deal, « imposé » par l’Union européenne. Mais cette « écologie positive » n’est jamais définie précisément. Cela se résume aux déclarations récentes de Marine Le Pen en faveur du « produire local, manger local » et à prôner une économie « durable » peu définie. Mais en quoi le localisme est-il écologique ? Pourquoi le RN chercherait-il à développer un discours écologique sachant qu’une majorité de ses électeurs considère les écolos avec mépris ? Depuis 2009, les eurodéputés RN (dont Jordan Bardella, élu en 2019) ont voté contre chacune des réformes climatiques proposées. De même, ils ont voté pour la réautorisation des insecticides néonicotinoïdes, suspectés de tuer les abeilles. Continuant dans cette logique, en 2021, Marine Le Pen proposait un moratoire sur l’éolien et le solaire photovoltaïque, et de démanteler les éoliennes déjà en place. A quoi ressemblerait un possible ministère de l’écologie sous un gouvernement RN ? Il s’agirait d’une politique de maintien des « beaux paysages », avec le démantèlement des parcs d’éoliennes, d’un soutien à une agriculture intensive et industrielle, avec des moratoires sur la toxicité des produits phytosanitaires et des engrais utilisés, d’une politique de développement du parc nucléaire.

On verra demain soir 7 juillet , après le vote du deuxième tour des législatives, la place que donne les Français à l’idéologie de l’extrême droite. Bravo la dissolution, les nouveaux députés seront là pour cinq ans… sauf nouvelle dissolution seulement possible après juillet 2025 !

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Des cancres à l’Élysée, désastre pour l’écologie

Marc Ambroise-Rendu (1929-2024) était le premier journaliste dédié à l’écologie dans le journal LE MONDE. Il a publié entre autres « Des cancres à l’Élysée : cinq présidents de la République face à la crise écologique » (Jacob-Duvernet, 2007). Voici un condensé de son livre… mais on constate en 2024 qu’il y a encore et toujours un cancre à l’Élysée. 

Georges Pompidou, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Georges Pompidou a été élu confortablement, le 15 juin 1969, au terme d’une campagne courte et sans passion. En septembre 1970, Pompidou apprend que le Royaume-Uni vient de créer un important ministère groupant le Logement, l’Urbanisme et l’Environnement. Pompidou va donc créer le 2 janvier 1971 le « ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la protection de la nature et de l’Environnement ». Robert Poujade sera le poil à gratter des autres administrations et ministères. En juin 1971, Pompidou résume en deux minutes son point de vue : « Sauver la nature, c’est sauver la nature habitée et cultivée. Une nature abandonnée par le paysan devient une nature artificielle et je dirais une nature funèbre. Il est plus rentable d’avoir des terres habitées et cultivées par des hommes que d’avoir de vastes réserves nationales protégées fatalement par une masse de fonctionnaires. » Pompidou exprime l’aversion du paysan envers tout ce qui échappe à ses outils : la friche, la zone humide, la forêt laissée à elle-même…..

Giscard d’Estaing, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Le 27 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing prend ses fonctions de président de la République par l’avenue Marigny… à pied. Mais Giscard n’a guère d’idée sur l’environnement et encore moins sur l’écologie. Une seule page sur la « nouvelle croissance » dans son livre-programme, Démocratie française, et pas un mot sur l’environnement dans les 1370 pages de ses Mémoires. Dès le mois de juin 1975, un conseil des ministres programme, pour les quatre années suivantes, le lancement de 29 réacteurs supplémentaires. Pourtant Giscard n’a jamais vu une centrale nucléaire, il ira à Gravelines seulement en octobre 1979. Ces monstres de puissance sont pilotés par une poignée de techniciens auxquels on fait confiance. En juin 1975, le ministre de l’Environnement Jarrot convoque des experts. Question : quelle sont les conséquences des rejets des centrales sur la température et la chimie des eaux de rivière ? Réponse : on ne sait pas, mais ça ne doit pas être bien dangereux. Les risques d’accident ? La main sur le cœur, les spécialistes garantissent que toutes les précautions sont prises….

Mitterrand, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Son affiche de campagne en 1974 présente Mitterrand sur un fond de cheminée d’usine et de ligne à haute tension.  Durant cette campagne présidentielle, le terme environnement n’est utilisé qu’une seule fois. Si le terme remplit plusieurs pages de ses livres, cela reste du domaine littéraire. Les neuf pages de sa campagne de 1981 consacrées à l’environnement résultent en fait des succès électoraux des écologistes en 1977. La crise écologique reste une notion assez floue pour Mitterrand, sous-tendue par l’intime conviction que la science lui portera remède. « J’adore les chemins de fer, les avions et tous les transports rapides, jusqu’aux fusées qui nous entraîneront ailleurs quand la terre sera devenue trop exiguë », écrit-il en 1978 dans L’Abeille et l’Architecte….

Jacques Chirac, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : Jacques Chirac entre à l’Élysée le 17 mai 1995. Jusque là, Chirac n’avait jamais montré un réel intérêt pour la protection de la nature, l’environnement, l’écologie. Bien qu’il ait été ministre ou Premier ministre pendant 28 ans, de 1967 à 1995, on peine à dénicher une vraie pensée ou une action décisive en matière d’environnement. Des quatre Premiers ministres qu’il a lui-même désignés, aucun ne montre le moindre intérêt pour l’écologie. Il n’est donc pas surprenant qu’en 1995 il stoppe la procédure de désignation des sites Natura 2000, édulcore les propositions d’une commission du développement durable et refuse de muscler le ministère de l’environnement. La première titulaire, Corinne Lepage, au 22e rang du gouvernement Juppé, dresse dans son livre On ne peut rien faire, Madame le ministre la longue liste des mesures que les lobbies et l’administration ont enterrées….

Nicolas Sarkozy, un cancre de l’écologie à l’Elysée

extraits : En 2001, Nicolas Sarkozy n’accorde pas une seule ligne à l’écologie dans « Libre », son autobiographie de 400 pages. S’il évoque le naufrage de l’Erika, c’est parce que la marée noire a touché la côte où il roule l’été à bicyclette ! Même ignorance du sujet en 2006, avec « Témoignage », livre confession destiné à asseoir sa candidature présidentielle. Dix lignes sur 281 pages pour souhaiter que le ministre de l’écologie ait de « vrais leviers d’action ». La campagne présidentielle de 2007 va modifier la donne, sur la forme, pas sur le fond. Sarkozy, sous la pression de Nicolas Hulot, a signé le pacte écologique en 2007, comme les autres présidentiables. Mais au second tour des élections présidentielles, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy proposaient à leurs électeurs le même objectif : intensifier la croissance des productions, des consommations et des déplacements sans s’interroger sur leur contenu…..

Malheureusement l’histoire des cancres à l’Élysée ne s’arrête pas là, voici notre analyse des deux suivants :

François Hollande (2012-2017)

Nicole Bricq, ministre (socialiste) de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 au 18 juin 2012). Elle a été licenciée par le premier ministre (socialiste) Jean-Marc Ayrault pour avoir voulu suspendre des forages pétroliers au large de la Guyane. Sa remplaçante entre juin 2012 et juillet 2013, la socialiste Delphine Batho, a été licenciée par Jean-Marc Ayrault… parce qu’elle contestait la faiblesse du budget qui avait été attribué à l’écologie ! Un ministre de l’écologie, ça ferme sa gueule ou il est mis à la porte. François Hollande complice, il a laissé faire son premier ministre !

Delphine Batho a écrit un livre sur son expérience ministérielle, « Insoumise » : Depuis presque trente ans, depuis mon adolescence, j’attendais l’élection d’un président de gauche. Je n’imaginais pas une telle déconvenue. Voici le récit, étape par étape, de la façon dont l’influence des milieux financiers et industriels s’est installée au cœur du pouvoir… C’est un petit article publié dans le magazine Challenges le 20 juin 2013 : « Philippe Crouzet s’est lâché devant l’état-major de Vallourec USA. Sans jamais nommer Delphine Batho, il a dit et répété qu’elle était « a real disaster » dans sa façon de mener le débat sur la transition énergétique et de se positionner en antinucléaire. Et précisé que son influence au gouvernement allait décroître. Un propos à ne pas prendre à la légère : Philippe Crouzet est l’époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. »…La démocratie participative fait peur aux entreprises. Dans leur esprit, il faut traduire « les entreprises ne sont pas assez associées » par « ce sont les entreprises qui doivent tenir la plume ». Pendant le Conseil des ministres, en mars 2013, François Hollande me passe un petit mot : « Evitons de parler du gasoil. » Quelques jours auparavant, la Cour des comptes avait pourtant enjoint au gouvernement de mettre fin à l’avantage fiscal du diesel. ..

« De longue date je suis convaincue qu’il ne peut pas y avoir de sortie de crise sans changement de modèle et que c’est autour des enjeux écologiques que cette mutation doit s’organiser. Là est le cœur de mon désaccord avec le président de la République : la crise n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle. Elle s’explique notamment par la crise énergétique et la raréfaction des ressources à l’échelle mondiale. »

Emmanuel Macron (2017-…)

Sur ce blog, nous nous étions penchés en octobre 2016 sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il était pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Macron faisait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Macron adoptait le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. » Macron était aussi pour l(’impossible) perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » ….

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Marine Tondelier contre Marine Le Pen, le choc

Marine Tondelier, née en 1986, a été la grande organisatrice des journées d’été des Verts pendant des années. Elle est élue secrétaire nationale du parti EELV lors du congrès du 10 décembre 2022 avec 90,8 % des suffrages. Elle est l’auteure, en 2017, de Nouvelles du Front, livre dénonçant la gestion de la ville d’Hénin-Beaumont par Steeve Briois et l’extrême droite.

Marine Tondelier contre Marine Le Pen, Front populaire contre Front national, enfin les perspectives de l’avenir de la France deviennent plus claires.

Notre article antérieur sur notre blog biosphere

Front National contre front écolo, les deux Marine (mai 2017)

Elle est jeune et jolie. Cela n’empêche pas d’être une écologiste convaincue. Elle se prénomme Marine. Elle se présente pour la deuxième fois aux législatives contre l’autre Marine, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, Hénin-Beaumont. Marine Tondelier contre Marine Le Pen, LE MONDE en fait un article : «  Conseillère municipale d’opposition, Marine Tondelier est balayée dès le premier tour aux législatives 2012 par le frontiste Steeve Briois… Elle est devenue l’une des bêtes noires de la nouvelle équipe municipale d’extrême droite et de ses militants… « Sur Facebook, elle subit un harcèlement quotidien de frontistes qui la traite de “gauchiasse” ou “socialopes”…Ils n’ont aucune limite. Le but, c’est de la faire craquer. »

Ainsi va le Front National, qui ne supporte aucune opposition puisque tout ce qui n’est pas eux est « pourri », argumentation facile. Marine Tondelier a raconté dans un livre la vie sous le FN et le difficile quotidien des employés municipaux : « Intimidations, prises à parties et lynchage public des récalcitrants… Un vrai règne de la peur a vu le jour ».

Les législatives 2017 s’annoncent à nouveau difficile. Marine Tondelier n’avait recueilli que 1,6 % des voix aux législatives 2012. Elle se retrouve en 2017 contre la Marine frontiste qui, à la présidentielle, avait recueilli au premier tour 41,17 % des voix, loin devant Jean-Luc Mélenchon (23,13 %) et Emmanuel Macron (14,55 %). Elle ne bénéficie pas d’une dynamique présidentielle puisque le candidat de l’écologie politique, Yannick Jadot, a voulu se dissoudre dans le PS de Benoît Hamon dont le score est au plus bas dans la 11e circonscription. Elle se retrouve noyée au milieu de 13 candidats avec six prétendants à gauche parmi lesquels le député sortant socialiste Philippe Kemel. Il faudra aussi compter sur Anne Roquet (LRM de Macron). Il y a même en concurrence un autre candidat au nom de l’écologie, Rachid Ferahtia. Les électeurs vont y perdre leur latin.

Pourtant Marine Tondelier est une personne politiquement engagée dans l’écologie. Membre du Bureau Exécutif en charge des commissions thématiques, elle en supervisait l’objectif : « Il existe au sein du parti des lieux de réflexions et de débats que l’on appelle les commissions thématiques. Elles participent à l’élaboration des orientations du parti… ». Elle est depuis longtemps la principale organisatrice des Journées d’été d’Europe Ecologie Les Verts (prochaines rencontre à Dunkerque du 24 au 26 août). Mais la beauté et la compétence ne suffisent pas pour faire progresser l’écologie politique. Les élections législatives sont un marigot où pataugent petits et gros crocodiles à l’affût d’une victime. Il n’en reste pas moins que les commentaires sur lemonde.fr sont positifs : « Bravo pour votre action ! Nous saluons votre courage… Marine ne choisit l’endroit le plus facile pour porter ses convictions, ce qui n’est pas le cas d’autres dont je ne citerai pas les noms…

Le parti pris des médias contre l’écologiste Marine Tondelier

Le premier ministre, Gabriel Attal, le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, et la cheffe de file des Ecologistes, Marine Tondelier, devaient s’affronter, mercredi 3 juillet, sur le plateau de BFM-TV. Au sein de l’alliance à gauche, on s’était mis d’accord pour que chaque force débatte à tour de rôle sur les plateaux de télévision. Pour cette troisième rencontre, c’était en théorie le tour de Marine Tondelier. « Marine Tondelier est parfaitement légitime pour nous représenter », confie Olivier Faure (PS). « Marine Tondelier demandait à nous représenter, ce qui était légitime », enchaîne Manuel Bompard (LFI). Ce débat ne se fera pas, Jordan Bardella n’avait pas envie de se confronter avec celle qui est aussi conseillère municipale d’Hénin-Beaumont et croise le fer depuis des années avec le maire (RN) de cette ville, Steeve Briois. Pour remplacer le débat, la chaîne a prévu trois interviews successives de chacun des « représentants majeurs des trois blocs », avec Gabriel Attal, Jordan Bardella et… Marine Tondelier, dans un ordre tiré au sort.

Quelques réactions normales face à cet ostracisme

– Je ne comprends pas pourquoi les débats politiques n’ont pas lieu sur les chaînes publiques.

– C’est quand même hallucinant. Bardella refuse de débattre s’il ne peut pas choisir son adversaire, et la chaîne privée cède ???

– Le RN impose sa loi, une énième préfiguration de ce qui attend le pays.

– Fogiel bientôt ministre RN de l’information et de la censure ?

– Ou l’on voit que la devise du RN et de son représentant c’est « courage, fuyons ! »

– Le RN a toujours gagné plus de voix en se taisant qu’en parlant.

– Le RN un catalyseur de frustrations et de haines, pas une force de proposition.

– La seule femme qui a grâce à ses yeux est sa tantine Marine Le Pen ?

– Pourquoi ne pas faire de débat sans ceux qui refusent de le faire ?

– Marine Tondelier est LA révélation de ces élections, la seule bonne nouvelle dans un océan de médiocrité.

Conclusion : Cette censure de la redoutable débatteuse Marine Tondelier par Marc-Olivier Fogiel, le plancton de BFM-TV (un puissant média privé aux mains de Rodolphe Saadé , le patron de CMA CGM) souligne le rôle très néfaste que jouent depuis longtemps ces chaînes d’information continue dans le débat public. Pour la plupart privées, ces chaînes ont un puissant impact et utilisent une poignée d’éditorialistes patentés trustant les plateaux télé pour diffuser vers le plus grand nombre, non pas de l’information pour aider les citoyens électeurs à se forger une opinion, mais asséner ad nauseam une propagande sournoise au profit d’une politique pérennisant la domination des propriétaires des moyens de production et détenteurs de capital et de patrimoine. Jusqu’à banaliser l’arrivée de l’extrême-droite pour faire barrage aux mouvements sociaux réclamant plus de justice sociale. Elles ont résumé le débat de ces scrutins électoraux aux prétendus antisémitisme et alliance avec le Hamas de LFI, agitant le keffieh de Rima Hassan et la caricature de Mélenchon comme épouvantails. Aujourd’hui Marine Tondelier va remplacer Mélenchon comme porte-parle de la gauche écologiste, la situation devient plus claire.

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élection, un vrai/faux « piège à con » !

Il y a une chose dont je suis maintenant sûr, c’est qu’un ou une président(e) à la fibre écologiste avancée sera un jour ou l’autre élu, c’est inéluctable, c’est inscrit dans les soubresauts de la biosphère. Nous avons vraiment besoin en France d’un Jaurès de l’écologie ou d’un De Gaulle au chevet de la planète. Nous en avons même besoin dans tous les pays de notre petite planète. Ce sera l’écologie au pouvoir ou le chaos. Une telle conception ne va pas de soi, il faut tout un cheminent mental des citoyens, mais aussi l’action politique de certains.

Je suis né en 1947. Assigné par ma naissance à la génération qui a vécu les événements de mai 1968, j’ai été un lecteur assidu d’Hara-Kiri, formaté par le réalisme du slogan « élections, piège à cons »… J’ai donc déchiré en deux et affiché sur un panneau de la fac de sciences économiques ma carte d’électeur. La politique, un jeu de marionnettes dans les mains du marché et des lobbies, ce n’était pas pour moi. Si j’adorais les fleurs, leur odeur de merde dénaturée, c’était pour faire quelques variations de style, pas pour penser compost. La société française des décennies 1950 et 1960 ne savait même pas que l’écologie existe. En 1969, je roulais en vélo en ville, mais uniquement pour lutter contre les premiers embouteillages à Bordeaux. Il n’y avait à ma connaissance aucun discours établi en écologie, aucune connaissance des risques que notre expansionnisme techno-économique pouvaient entraîner. Le terme « écologiste » ne fera son entrée dans le Petit Larousse qu’en 1976 ! Le basculement de la perception ne commence en effet qu’au début des années 1970.

Octobre 1970, je commence ma quatrième année de sciences économiques, option économétrie. Planification indicative à la française, planification impérative à la soviétique, autogestion yougoslave, tout paraît possible. Mais le 11 mai 1971, 2 200 scientifiques de 23 pays se sont adressés à tous les hommes pour les mettre en garde contre le « danger sans précédent » que fait courir à l’humanité la civilisation industrielle (message de Menton). Aucun de nos dirigeants n’a écouté cet appel, les universitaires non plus. Dans ma faculté, on s’est bien gardé de commenter ce texte, ni même de nous en parler. L’absurdité de la croissance économique dans un monde clos n’était encore perceptible par personne. Pourtant, Pierre Massé, du Commissariat au plan, expliquait déjà à l’époque que si la production continuait de progresser à son rythme actuel, elle conduirait en 2070 à doter chaque Français d’une centaine d’automobiles et à fabriquer avant l’an 3000 un volume de produits manufacturés dépassant celui de la Terre, de la Lune et de Vénus réunis.

Le 15 juin 1972, je découpe dans un journal local un entrefilet sur la première conférence des Nations unies sur l’environnement qui se tient à Stockholm. Mais la France a le mauvais goût de faire un essai nucléaire dans l’atmosphère à la veille de cette conférence… Le Gouvernement montrait ainsi qu’il se foutait complètement de ce qui se passe à Stockholm. Même jour, un article sur le cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun :

« La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. »

Cette déclaration se base sur le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance, plus connu sous le nom de rapport Meadows, et publié en juillet 1971. La planète est déjà peuplée de 3,7 milliards de personnes. Que faut-il faire ? Mansholt écrivait dans une lettre publique de février 1972 :

« Il faut réduire notre croissance purement matérielle, pour y substituer la notion d’une autre croissance, celle de la culture, du bonheur, du bien-être. C’est pourquoi j’ai proposé de substituer au PNB “l’Utilité nationale bruteˮ ou, comme on le dit plus poétiquement en français, le Bonheur national brut. »

Même jour, un autre article où s’exprime Philippe Saint Marc :

« Nous sommes dans un train qui roule à 150 km/h vers un pont coupé. Le monde court à la catastrophe écologique s’il ne procède pas rapidement à une réorientation fondamentale de la croissance économique. »

Cela me paraissait si extraordinaire que je n’ai pas tellement attaché d’importance à ces analyses. Je n’avais encore aucune idée de l’importance cruciale que prendrait l’écologie.

Je suis sorti diplômé de mes études de sciences économiques en octobre 1971. J’avais subi un enseignement aussi théorique que desséchant, mais mon ouverture d’esprit et mon militantisme naissant m’ont poussé en 1972 à lire dans le texte, avec grand intérêt, le rapport Meadows sur les limites de la croissance. Le raisonnement paraissait incontestable. Dès que l’on aborde les problèmes relatifs aux activités humaines, on se trouve en présence de phénomènes de nature exponentielle. On arrivera aux limites extrêmes de la croissance en un temps étonnamment court…

« Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire…La plupart des gens résolvent leurs problèmes dans un contexte spatio-temporel restreint avant de se sentir concernés par des problèmes moins immédiats dans un contexte plus large. Plus les problèmes sont à longue échéance et leur impact étendu, plus est retreint le nombre d’individus réellement soucieux de leur trouver une solution… [Mais] dès qu’une société reconnaît qu’elle ne peut pas tout donner à tout le monde, elle doit commencer à procéder à des choix. Doit-il y avoir davantage de naissances ou un revenu individuel plus élevé, davantage de sites préservés ou davantage d’automobiles, davantage de nourriture pour les pauvres ou encore plus de services pour les riches ? L’essence même de la politique consiste à ordonner les réponses à ces questions et à traduire ces réponses en un certain nombre d’orientations. »1

C’était prévu, c’était prouvé, l’amour de notre société marchande pour les exponentielles dans un monde fini faisait que nous allions droit dans le mur ; je suis devenu réaliste. Lorsque René Dumont, poussé par des associations environnementalistes, s’est présenté à la présidentielle française de 1974 au nom de l’écologie, j’ai compris qu’un vote significatif pouvait enfin avoir lieu pour préparer un avenir moins perverti : nous allions manquer d’eau, les voitures allaient s’arrêter faute de pétrole, le nucléaire militaire et civil était le mal absolu. René parlait vrai. Il me fallait réagir, je suis devenu écolo. J’ai voté pour la première fois de ma vie à cette présidentielle, j’avais 26 ans. L’élection du chef de l’État pouvait ne pas être un « piège à cons ». Depuis j’ai toujours voté écolo au premier tour pour chaque présidentielle.

« Pour qu’un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent », disait Coluche. Aux présidentielles, faisons voter les arbres, votons pour les générations futures, votons pour un programme écolo. Car pour changer le monde dans le bon sens, encore faut-il que la politique s’en mêle et nous permette de faire un choix raisonné. Faire de la politique est par définition une bonne chose, il s’agit d’organiser la vie de la cité (polis, en grec, signifie la ville). Reste, comme l’avait enseigné René Dumont, à écologiser les politiques et politiser les écologistes. Cela ne peut se concrétiser que si chaque citoyen se considère aussi comme un écologiste en devenir. Nous sommes tous concernés, voter ne suffit pas. Nous devons changer notre mode de vie, notre façon de nous déplacer, de travailler, de se loger. L’impératif écologique se concrétise en réalité par un changement de civilisation. Reste la question que beaucoup se posent : Quel(le) candidat(e) à une élection dans un pays démocratique serait suffisamment suicidaire pour imaginer se faire élire sur un programme de rigueur énergétique au risque d’accélérer le déclin économique de son pays ? L’analyse que nous commençons aujourd’hui est faite pour montrer que c’est là une fausse contradiction, la rupture écologique est concevable, elle est absolument nécessaire. Même si on ne le sait pas encore.

Michel Sourrouille, 15 avril 2016

1 . Donella H. Meadows, Dennis L. Meadows, Jørgen Randers & William W. Behrens III, du Massachusetts Institute of Technology, Halte à la croissance ? [The Limits to Growth], Paris, Éditions Fayard, 1972.

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Guerre civile en France… au Kenya… partout

Le projet de budget 2024-2025 prévoyait l’instauration de nouvelles taxes, dont une TVA de 16 % sur le pain et une taxe annuelle de 2,5 % sur les véhicules particuliers. Une manifestation contre ces projets de taxes a viré au chaos dans la capitale kényane, Nairobi, après que des manifestants ont forcé les barrages de police et pénétré dans l’enceinte du Parlement. La police a tiré à balles réelles il y a eu des morts. Des soldats ont été déployés pour soutenir la police « en réponse à l’urgence sécuritaire causée par les violentes manifestations en cours marquées par des destructions et intrusions dans des infrastructures cruciales », a déclaré le ministre de la défense. Le président kényan, William Ruto, a pris la parole dans un discours national quelques heures après qu’une partie du bâtiment du Parlement a été incendiée. Il a qualifié cet assaut de menace à la sécurité nationale et a promis que de tels troubles ne se reproduiraient plus « quel qu’en soit le prix ». 

La principale coalition d’opposition, Azimio, a accusé le gouvernement d’avoir « déchaîné sa force brute contre les enfants de notre pays » qui manifestaient : « Le Kenya ne peut pas se permettre de tuer ses enfants simplement parce qu’ils demandent de la nourriture, un emploi et une oreille attentive. »

Le point de vue des écologistes sur cet état de guerre

Les programmes de ses opposants aux législatives vont mener, selon Macron, « à la guerre civile » en France. En fait c’est l’augmentation de l’essence qui avait mené au chaos dans ce pays avec l’épisode des Gilets jaunes. Le Kenya offre aujourd’hui une image de notre avenir quand les gouvernements de tous les pays, vu la déplétion pétrolière et le réchauffement climatique, vont restreindre par des taxes importantes l’usage de la voiture et autres utilisations des ressources fossiles. On peut déjà envisager le blocage complet du pays par les chauffeurs routiers lorsque le prix du gazole explosera. Certains manifestants voudront même envahir l’Assemblée nationale. Le tir à balles réelles sera une réalité. Oui, ce sera la guerre civile, mais par absence de prévision du futur qui nous attend… Les populations ici et ailleurs ne sont pas du tout préparées à l’inéluctable sobriété énergétique. D’autant plus que le nombre de consommateurs en période de pénuries accroît les risques.

Au Kenya, le nombre d’habitants n’était que de 7,7 millions en 1960, mais la population a augmenté de 11 millions ces dix dernières années. Le taux de croissance de la population globale tourne encore autour de 2 % soit un doublement tous les 35 ans : 54 millions de Kenyans et Kenyanes en 2023, 108 millions en 2058 ? La situation actuelle est déjà ingérable, elle sera devenue invivable.

Au 1er janvier 2024, la France métropolitaine compte 66,1millions d’habitants. En 2023 la France était entrée en situation de dette écologique dès le 5 mai ; en d’autres termes, il faudrait 2,9 Terres pour subvenir à nos besoins si l’humanité vivait comme la population française… En 2070, il n’y aura plus de pétrole accessible à bas prix, le chômage explosera, nous connaîtrons le stress hydrique et les vagues de chaleur et tout cela pourtant on peut déjà le prévoir. Certains redoutent aujourd’hui le vieillissement de la population alors que ce pays est surpeuplé. La guerre civile s’installe aujourd’hui au Kenya, un jour ce sera aussi en France… et partout dans le monde.

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Nous préparons une planète à feu et à sang

extraits : Qu’importent les appels répétés du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à « laisser le charbon, le pétrole et le gaz dans le sol, là où ils doivent être », le ministre norvégien du pétrole et de l’énergie a annoncé l’octroi de 62 nouvelles licences d’exploration… Le gouvernement a aussi annoncé qu’il souhaitait ouvrir une partie du plateau continental norvégien à l’exploration minière…

Contre le « droit individuel à la mobilité »

extraits : Jusqu’à présent, les politiques publiques avaient pour but d’encourager, de faciliter les mobilités. Elles doivent maintenant amener progressivement les citoyens à les envisager comme un bien commun, qu’il faut économiser, préserver, plutôt que comme un droit sans limites. Les outils existent. Ils peuvent être réglementaires : ZFE (zones à faible émission qui régulent l’entrée des véhicules dans les métropoles), normes d’émission, limites de vitesse… Ou financiers : taxes sur les carburants, péages, stationnement payant… .

le culte de la mobilité, irrationnel (2011)

extraits : Pourtant, le pic pétrolier a eu lieu en 2006 et la quantité de pétrole disponible par Terrien est même en diminution depuis 1979. Le baril du baril va augmenter, inexorablement, sans qu’aucun politicard ou routard ne puisse décider du contraire. Il n’y a rien à faire contre les limites bio-physiques… il faudra rouler plus lentement.Nous tremblons par avance de tous ces automobilistes en colère, rejoints par les pêcheurs, les chauffeurs routiers et autres roulants, qui agresseront leurs députés et tout ce qui ne va pas dans leur sens, toujours plus de mobilité.

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Législatives, choc des mots et poids du groupe

La politique repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante s’efforcent de propager dans la presse et d’inculquer à l’opinion publique. Car un consensus entre 49 millions d’électeurs ne peut aboutir que s’il y a à la base un langage commun, « des idées qui sont communes à tous ». Mais pour ces législatives, c’est la stratégie de la petite phrase qui l’emporte – et particulièrement deux personnalités qui accaparent l’attention des journalistes actuellement, et donc l’espace médiatique offert aux citoyens, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Cécile Alduy (sémiologue, analyste du discours) :

Des « Gaulois réfractaires » au « pognon de dingue » ou aux Français qu’il « assume » « d’emmerder », Emmanuel Macron nous a habitués à des reparties intentionnellement choquantes. Plus récemment, cette propension s’est faite plus cynique avec une reprise calculée du vocabulaire lepéniste idéologiquement marqué : « droits-de-l’hommisme », dans un entretien à l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles, « décivilisation » pour parler des émeutes provoquées par la mort du jeune Nahel, en juillet 2023, et, le 18 juin, « immigrationniste » pour parler du programme de la gauche unie. Et de parler de « guerre civile » dans la foulée, reprenant le leitmotiv zemmouriste d’un clash des civilisations. Il s’est disqualifié, et situé hors de l’« arc républicain » qu’il prétend construire. Dont acte. Ce qui compte, ce sont les effets de ses prises de paroles sur le débat public. Or, l’effet macroniste est limpide : confusion des clivages politiques et destruction des digues morales dans le débat public.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, dont le nom est immédiatement évoqué par les journalistes à chaque interview d’un candidat ou soutien du Nouveau Front populaire, il n’est rien. Ni député, ni chef de parti, ni candidat. A quel titre l’invite-t-on en prime time et ramène-t-on sans cesse l’union de la gauche à son nom, si ce n’est pour ajouter à la confusion ambiante et oblitérer les vrais enjeux ? Dans un moment aussi grave, toutes nos énergies doivent se concentrer sur le décryptage des vrais enjeux. A force de prêter une attention médiatique démesurée à ceux qui parlent de travers ou le plus fort, la petite musique sibylline du RN passe sous les radars et s’enracine.

Le point de vue des écologistes

Sur ce blog biosphere, nous essayons de promouvoir le point de vue des écologistes comme éléments de langage commun aux protecteurs de la Terre-mère. Nous proposons par exemple de nous retrouver collectivement autour d’un certain nombre de thèmes : Acteurs absents (démocratie), Conférences de consensus (décisionnel), écologie profonde (éthique), écocentrisme (et biocentrisme), Non-violence (relationnel), Fécondité raisonnée (démographie), Décroissance maîtrisée (économie), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (production).

Vous avez constaté que pour ces législatives, aucun des éléments de langage ci-dessus n’a été employé : on préfère l’anecdote et le choc des mots sans conscience. Pourquoi ? Le Grand groupe (49 millions d’électeurs) élimine toute expression d’une intelligence collective !

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Nécessité pour la foule, partager un langage commun

extraits : On ne peut être d’accord que sur ce que l’on partage clairement, sur les idées qui sont communes à tous. Schématiquement, l’entente se fait sur l’intersection des idées des protagonistes. Plus le nombre de personnes ayant à se mettre d’accord sur une décision à prendre est important, plus les points communs à leur réflexion sont réduits. C’est pourquoi on retrouve la structure pyramidale habituelle de la société… avec un « chef » architecte qui décide en définitive tout seul. Souvenons-nous : L’homme est un animal de petit groupe, de clan, de tribu. Alors oui : lorsqu’il s’agit de réfléchir en petit groupe, au niveau de son clan, les hommes qui le composent sont capables d’aboutir à une réflexion commune, un consensus. Mais au niveau agrégé, les compétences dans la réflexion s’annulent. En d’autres termes : 8 milliard de personnes, cela fait une capacité d’action qui tend vers l’infini. 8 milliard de personnes, cela fait une capacité de réflexion qui tend vers zéro.…

les éléments de langage sur la transition énergétique

extraits : Une véritable transition repose sur la décroissance des besoins, l’usage de techniques douces moins productives mais plus adaptées à l’homme et à la planète, la coopération internationale et non la compétition, le refus du profit à court terme et de la rentabilité financière. L’inverse des éléments de langage véhiculés par la classe dirigeante et ses sbires. La situation est bloquée. Sobriété énergétique, nucléaire, gaz de schiste : sur tous ces aspects décisifs du débat, une alliance de fait existe entre le Medef et trois syndicats de travailleurs : la CGT, FO et la CFE-CGC… Ils ont tous un intérêt commun : la préservation du statu quo dans les filières de l’énergie. Un document présentant la synthèse des « priorités » du débat national sur la transition énergétique vient d’être retiré du site du ministère de l’écologie, car jugé « inacceptable » par le patronat….

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Macron, Musk, Poutine, le culte du chef

Lors de l’assemblée générale du constructeur automobile le 20 juin, les actionnaires de Tesla ont approuvé, pour la deuxième fois, un bonus de près de 45 milliards d’euros pour Elon Musk. Mais le goût de la démesure n’est pas le propre de la finance.

Elon Musk ne vend pas des voitures. Les voitures n’ont absolument aucune importance. Son vrai business, c’est la vente d’actions. Il vend des actions. En utilisant son image. Il a racheté une entreprise (Tesla) avant de construire un véritable culte de la personnalité autour de sa personne. Cela n’a qu’un temps !

Le conseil d’administration de Tesla, composé d’amis d’Elon Musk, de membres de sa famille et d’affidés, laisse libre cours à l’hubris du « big boss », alors que l’aveuglement du chef a souvent été la cause de l’effondrement des empires.

Emmanuel Macron ne fait pas directement de business. La politique n’est pour lui qu’un moyen. Son vrai objectif, c’est le soutien à la finance. En utilisant son image. Il a été banquier d’affaires chez Rothschild avant de construire politiquement un véritable culte de la personnalité autour de sa personne. Il vend de l’illusion. Cela n’a qu’un temps !

Le conseil politique occulte de Renaissance, composé d’amis d’Emmanuel Macron, de conseillers dans l’ombre et d’affidés, laisse libre cours à l’hubris du « big boss », alors que l’aveuglement du chef a souvent été la cause de l’effondrement des empires.

Vladimir Poutine dirige la Russie. Les Ukrainiens n’ont absolument aucune importance. Son vrai business, c’est le Service fédéral de sécurité (ex-KGB). Il vend du vent. En utilisant son image. Il est devenu président de la fédération de Russie avant de construire un véritable culte de la personnalité autour de sa personne. Cela n’a qu’un temps !

Le parlement russe, composé d’amis de Vladimir Poutine, de membres des services de sécurité et d’affidés, laisse libre cours à l’hubris du « big boss », alors que l’aveuglement du chef a souvent été la cause de l’effondrement des empires.

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Elon Musk, un tout fou très nataliste

extraits : Elon Musk invite régulièrement à faire le plus d’enfants possible pour sauver la civilisation. L’homme de 52 ans a même montré l’exemple avec onze (pour le moment).Qui pour dire à Musk que le monde et ses enfants ne lui appartiennent pas et que c’est impossible de vivre durablement sur Mars ? Qui pour dire à Musk que trop d’enfants, c’est nuire aux générations futures ?

Fin de vie, Emmanuel Macron en décide seul

extraits : Un comité d’éthique s’est déjà prononcé sur la fin de vie, une assemblée citoyenne a déjà eu lieu dont Macron ne tient aucun compte, des ministres ont été mobilisés plusieurs mois et Macron hésitait hésitait tout en invitant des religieux à sa table à plusieurs reprises. Notre « jeune » président de la République ne vit pas au XXIe siècle, mais aux temps de la messe tous les dimanche….

Planète de fous dont Poutine est l’archétype

extraits : Angela Merkel en 2014, après une longue conversation avec Vladimir Poutine : « Il a perdu contact avec la réalité. » « Il est taré », disait l’opposant Boris Nemtsov quelques mois avant d’être assassiné en février 2015. De la psychanalyse, il s’en écrit beaucoup. « L’armure de l’autocrate éclairé s’est fendue. Le monde a découvert un monstre, fou dans ses désirs et impitoyable dans ses décisions », écrit l’écrivain russe Vladimir Sorokine. L’univers mental du président russe est celui de la violence….

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Législatives 2024. Quel système éducatif ?

Sur ce blog, nous avons essayé précédemment de donner quelques éclaircissement sur les connaissance propres à étayer un vote, mais nous avons laissé à chacun le soin de se déterminer dans le secret de l’isoloir. Il est inamissible d’entendre un joueur de foot ou un acteur à la mode déclarer pour qui il va voter, c’est là un jeu d’influence qui n’a rien à voir avec les fondements d’une démocratie composée de citoyens éclairés par leurs propres réflexions.

Voici le traitement du système éducatif selon les trois groupes en lice aux législatives. Mais mieux vaut notre propre programme que nous présentons d’emblée. La difficulté intrinsèque de l’éducation vient principalement du fait que les trois domaines que sont l’économie, la nature et le développement social, déjà complexe en eux-mêmes, doivent être appréhendés dans une perpétuelle interaction.

Le point de vue des écologistes sur le système scolaire

La loi Haby du 11 juillet 1975 avait mis fin à l’organisation de la scolarité en filières longues et courtes. Le problème, c’est que la formation intellectuelle a supplanté dès lors la formation manuelle, comme si la poursuite des études abstraites était un idéal en soi. De plus les disciplines, telles qu’elles sont enseignées aujourd’hui, sont issues d’un découpage artificiel, conséquence de l’explosion des connaissances. Chaque professeur sa spécificité. L’affaiblissement de la perception du global conduit à l’affaiblissement de la responsabilité, chacun tendant à n’être responsable que de sa tâche spécialisée. Cette scolarité formatée par des spécialistes ne reconnaît que l’éducation sanctionnée par un diplôme, ce qui dévalorise celui qui a de l’expérience ou qui progresse en tant qu’autodidacte. Elle forme des cohortes de producteurs-consommateurs dociles, elle modèle totalement la vision que l’homme a de la réalité, elle écarte les jeunes de leur milieu naturel.

Or aujourd’hui la société thermo-industrielle est en train d’échouer, le chômage est structurel, l’approvisionnement alimentaire pour des villes tentaculaires est de plus en plus complexe et fragile. L’école actuelle ne prépare pas au monde de demain, qui subira chocs pétroliers et réchauffement climatique. Née dans un monde séquence, découpé, l’écologie a  été inventée pour nous rappeler que rien ni personne ne peut survivre en vase clos. L’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD), introduite dans le Code de l’éducation (article L.302-19) comme mission générale de l’école, devrait déboucher actuellement sur la transversalité de l’éducation et la polyvalence des enseignants.L’urgence écologique n’implique pas l’allongement de la scolarité et l’enseignement supérieur ouvert à tous. Une structure qui forme des écocitoyens se contente de dispenser des notions de santé, d’agriculture, d’utilisation rationnelle de l’eau, d’habileté manuelle. Il est préférable que l’école soit dotée de jardins potagers plutôt que d’une bibliothèque aux écrits inaccessibles.

« Les métiers de demain ne permettront pas d’avoir de plus en plus de mobilité, un écran télé de plus en plus grand et de plus en plus de bifteck dans son assiette. Quand le prix de l’énergie va monter, le travail va diminuer en ville et augmenter dans les villages, qui sont plus près des ressources stratégiques. Pense à cela pour ne pas te tromper d’études, car il faut se former pour exercer un métier de demain. Cela implique d’accepter de ne pas faire des études longues à la fac, mais de devenir agriculteur ou menuisier. » [Le changement climatique expliqué à ma fille de Jean-Marc Jancovici (Seuil, 2009)]

La transversalité de l’écologie n’est pas au programme quand on reste sur une organisation bureaucratique : « un cours, une matière, un professeur, une classe ». De plus l’école française a une particularité, elle s’inscrit dans une conception de l’enseignement du « vrai »… autant dire que cette conception des savoirs scolaires s’accorde mal avec la réflexion sur l’environnement qui présuppose différents points de vue souvent contradictoires. Patrons et syndiqués peuvent même se retrouver faire cause commune contre les revendications d’ordre écologique. Dans un système qui nous fiat penser à l’inverse de nos intérêts à long terme, ce n’est pas d’un retour à l’autoritarisme dont nous avons besoin. Tout au contraire il devrait s’agir d’un apprentissage par les élèves d’un esprit critique par rapport à notre société croissanciste et technologisée ainsi que d’une recherche constante de ce qui permet l’harmonie entre notre culture, notre vécu et l’équilibre entre notre manière de vivre et les possibilités de la planète.

Les trois programmes politiques ci-dessous sont très loin des exigences que devrait porter la nécessaire transition écologique.

Le point de vue des programmes politiques pour les législatives 2024

Camp présidentiel (Ensemble) : Laïcité et autorité sont au centre des mesures. Pour restaurer l’autorité à l’école, le camp présidentiel voudrait expérimenter l’ouverture des collèges de 8h à 18h classés en REP (réseau d’éducation prioritaire) et le recours aux internats pour des jeunes en rupture.

Rassemblement national (extrême droite) : Pour restaurer l’autorité, le RN prévoit d’envoyer les élèves perturbateurs dans des centres spécialisés. Après deux exclusions de leur établissement, un conseil de discipline pourrait les y affecter. Ces élèves perturbateurs feraient toute leur scolarité jusqu’à leurs 16 ans sans possibilité de revenir dans un établissement classique.

Camp présidentiel et Rassemblement national  : L’uniforme obligatoire pour le RN comme pour la majorité présidentielle

Camp présidentiel  : Des groupes de niveau doivent être mis en place en français et en mathématiques dès l’entrée en 6ème pour renforcer les savoirs fondamentaux et remonter le niveau. On uniformise les connaissances enseignées à tous les écoliers du primaire avec des manuels labellisés par l’Etat et des programmes articulés autour d’objectifs annuels.

Rassemblement national : Pour le parti de Jordan Bardella, il faut « abroger » la réforme du ‘choc des savoirs’. Mais les groupes de niveau devront être à la main des établissements, l’important pour le RN étant de remettre au cœur des programmes l’enseignement du français, des mathématiques et de l’histoire.

Nouveau Front Populaire : redonner à l’école publique son objectif d’émancipation, en abrogeant également le ‘choc des savoirs’. La création des groupes de niveau, c’est un « tri social » des élèves.

Rassemblement national : Fin du collège unique, examen d’entrée en 6ème dès le CM2. On oriente les élèves en difficulté vers des filières professionnelles.

Nouveau Front populaire : Suppression de Parcoursup. Réduire les effectifs par classe « pour faire mieux que la moyenne européenne à 19 élèves par classe ». « Faire les premiers pas » vers la gratuité intégrale à l’école qu’il s’agisse de la cantine scolaire, des fournitures, des transports et des activités périscolaires afin de rendre l’école véritablement gratuite.

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Une autre éducation des lycéens est possible

extraits : Selon le cardinal de Richelieu, apprendre à lire, écrire et compter « remplit le pays de chicaneurs propres à ruiner les familles et troubler l’ordre public, plutôt qu’à procurer aucun bien ». Les jeunes d’aujourd’hui ont pourtant appris à lire, écrire ou compter, mais ce fut seulement pour se mettre au service de la révolution industrielle. Comment faire autrement ?….

Technologos contre la numérisation de l’éducation

extraits : Lancé en mai 2015 par le Président de la République de l’époque, le « Plan numérique pour l’éducation » se déploie à marche forcée. Dans la foulée, le gouvernement d’Edouard Philippe annonce ainsi que des milliers d’écoles et des centaines de milliers de collégiens vont être dotés de tablettes numériques, cofinancées par l’État et les collectivités territoriales. Ce “bluff technologique” (Ellul) fait peu de cas des connaissances acquises en sciences cognitives sur les effets néfastes des écrans dans l’apprentissage et la mémorisation, l’épuisement des psychismes sous l’effet de l’accélération généralisée, l’appauvrissement des savoir-faire, l’affaissement de la relation pédagogique….

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Législatives, dette monétaire / dette écologique

Une dette monétaire n’est qu’un bout de papier sur lequel il est écrit qu’il faudrait (peut-être) rembourser une personne ou une institution un jour ou l’autre (après rééchelonnement). Par contre une dette écologique ne peut se rembourser quand on a déjà dilapidé une partie du capital biophysique de la Terre. Nous avons besoin de 1,7 planètes pour maintenir notre niveau de vie actuel, ce qui est impossible dans la durée puisque nous n’avons qu’une seule planète. La préoccupation actuelle par rapport à l’endettement financier exorbitant de la France est certes un élément à prendre en compte lors des législatives du 30 juin prochain, encore ne faudrait-il pas passer complètement sous silence l’urgence écologique.

éditorial du MONDE : La France affiche un déficit public de 5,5 % du PIB, devra emprunter en 2024 près de 300 milliards d’euros sur les marchés financiers, la dette totale s’élève à 3 200 milliards, avec une charge des intérêts dépassant 52 milliards chaque année. Le débat devrait porter sur l’ampleur des économies à trouver pour le budget 2025 qui s’annonce périlleux à boucler… or la perspective des élections législatives et d’un changement potentiel de majorité a totalement désinhibé les partis politiques sur le contexte budgétaire. Leurs programmes de dépenses, dont l’unité de mesure est la centaine de milliards d’euros, ne sont pas financés. La Commission européenne a joué les trouble-fêtes, mercredi 19 juin, en annonçant son intention d’ouvrir une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France. L’extrême droite se trouve prise au piège de ses postures confortables adoptées ces dernières années, lorsque le pouvoir semblait une hypothèse lointaine. La relance keynésienne du Nouveau Front populaire pose également question. Quant à la majorité présidentielle, qui, depuis des mois, assure que le « quoi qu’il en coûte » est terminé et que l’heure est aux économies, elle trouve encore, avec cette élection, le moyen de proposer de nouvelles dépenses. Ces dépenses sans limites révèlent une incapacité à penser l’action politique en dehors d’un « toujours plus » qui, d’évidence, a échoué à rendre le pays plus prospère et les Français plus heureux. Cette France hors-sol ne peut que nourrir la frustration et la rancœur.

Le point de vue des écologistes économes

Michel SOURROUILLE : L’histoire humaine aux temps de l’économie souveraine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou des affrontements militaires sans fins. Et surtout n’oublions pas que tous ces riches qui vivent à crédit, c’est aussi NOUS en France, toutes les personnes qui possèdent une voiture personnel (la classe globale).Tous les citoyens qui vivent à l’occidentale ont un pouvoir d’achat qui se paye au détriment du capital naturel, mais quand il n’y aura plus de pétrole tout en conservant le réchauffement climatique, on s’apercevra alors, mais un peu trop tard, que l’argent ne se mange pas.

H.M : Je vais rappeler quelques chiffres. On est à 57% du PIB en dépense publique et 46% du PIB en impôt (record du monde!). On a un budget retraite à 14% du PIB et santé à 13% du PIB (record du monde!).On a 60% de la population qui est bénéficiaire nette de la distribution élargie et cela augmente d’années en années. Donc une minorité de plus en plus faible finance tout le monde.
Raoul Radis : Hélas, ce genre d’évidences n’a aucun impact sur l’électeur RN qui ne voit que la baisse du prix de l’essence, ni sur l’électeur NFP qui ne voit que l’augmentation de son salaire et de ses allocations. Mais pas d’inquiétude, tout est financé, au choix, par le sort réservé aux Arabes/Noirs ou par le sort réservé aux riches…

le sceptique : L’attitude des 3 principaux blocs montre que nous allons vers une crise de régime, parce que quasiment toutes les élites politico-administratives sont désormais incapables de tenir un discours de vérité, elles sont concentrées sur la survie à court terme d’un système qui n’a déjà plus les moyens d’acheter les fidélités de ses clientèles.

Demokratos :  » Mon ennemi, c’est la finance ! « , disait François Hollande … En 2024, ils s’exclament tous en cœur « notre ennemi, c’est la bonne gestion ».

Jacques Py : Un des programmes politiciens a t-il proposé de diminuer la place de la publicité dans nos vies ? La surconsommation, les méfaits de la tentation consumériste, et au delà et surtout la vente de nos cerveaux à cette organisation destructrice de notre liberté et libre arbitre. La publicité est l’obscénité la plus prégnante de notre présent. Personne pour la nommer pour ce qu’elle est, notre degré d’aliénation est tel qu’il n’y a personne pour le dire, pas même les écologistes pour qui ce devrait être pourtant un sujet central.

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Dette monétaire et dette écologique, BOUM (2024)

extraits : Il n’y a pas que la France qui soit endettée. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards de dollars. En mai 2023, on la retrouve à 31 381 milliards de dollars ! Bientôt la crise finale ! Si le krach boursier du type 1929 n’a pas lieu dans le jours qui viennent, de toute façon il aura lieu bientôt, entraînant son lot de faillites en chaîne et de chômage de masse dans un contexte géopolitique et écologique qui multiplie déjà les risques de déflagrations. Il n’y a pas que la dette financière, il y a la dette écologique. L’économie libérale nous mène d’autant plus à la ruine que la planète a été tellement pillée par nos politiques croissancistes antérieures qu’il n’y a plus assez de ressources naturelles pour envisager un rebond économique quel qu’il soit. La finance va mal et notre milieu de vie encore plus mal, on ne s’en sortira pas par plus d’endettement, mais par des efforts surhumains… Nous sommes en état de guerre, de guerre contre la planète ; la question monétaire est secondaire par rapport à la question des ressources physiques. Bien plus, tout ce que nous avons imaginé antérieurement pour sortir de la crise financière (remettre en route la machine à créer de la monnaie dans les banques) ne servira qu’à mieux préparer la prochaine grande crise.

post-covid, dette économique/dette écologique (2020)

extraits : On oublie un paramètre incontournable, la dette écologique se rajoute à la dette monétaire. Le fait de puiser davantage que la part renouvelable des ressources naturelles au sein d’un écosystème à l’équilibre délicat crée une dette écologique. Le créancier, c’est celui qui prête le capital emprunté. Pour le  capital naturel, le créancier est donc la Terre, ou la biosphère ou la nature, peu importe le nom. D’où une dette écologique des humains envers la Terre. Le fait par exemple de pêcher une espèce de poisson plus que ce qui permet son renouvellement est bien un découvert vis-à-vis des richesses de la mer. Ce découvert, on est normalement obligé de l’acquitter, par exemple en fixant un moratoire sur la pêche, sinon nos contemporains et successeurs seront appauvris. C’est comme si on avait brûlé notre maison… plus d’héritage possible ! Ce n’est pas parce qu’on remplira des brouettes de papier-monnaie qu’on évitera le fait qu’on vit déjà à crédit par rapport aux ressources naturelles comme l’indique l’empreinte écologique. Une seule solution, en finir avec les distributions d’argent gratuit aux États, aux entreprises et aux particuliers ; place à une politique d’austérité, de sobriété partagée, de condamnation des inégalités criantes ou ordinaires…

Définitions de la dette écologique (2012)

extraits : La dette économique est une somme d’argent due à un créancier. En termes simples, le créancier, c’est celui qui prête le capital emprunté. Pour le  capital naturel, le créancier est donc la Terre, ou la biosphère ou la nature, peu importe le nom. D’où une dette écologique des humains envers la Terre. Le fait par exemple de pêcher une espèce de poisson plus que ce qui permet son renouvellement est bien un découvert vis-à-vis des richesses de la mer. Ce découvert, on est normalement obligé de l’acquitter, par exemple en fixant un moratoire sur la pêche, sinon nos contemporains et successeurs seront appauvris. C’est comme si on avait brûlé notre maison… plus d’héritage possible ! On peut toujours refuser de rendre l’argent à l’oligarchie financière qui vit « au détriment des peuples ». Il n’en est pas de même avec la dette écologique : les richesses non renouvelables prêtées par la biosphère ont été définitivement dilapidées par les peuples qui vivent à l’occidentale.

dette écologique (2007)

extraits : Au Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992, la plupart des pays pauvres de la planète ont signé la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Cette convention prenait l’année 1990 comme « année zéro », autrement dit cela signifiait que l’on ne ferait aucune reconstitution du patrimoine des réserves mondiales de combustibles fossiles pillées auparavant depuis des décennies. Donc, d’un trait de plume, on effaçait la dette écologique des pays riches. Rien que pour donner la mesure des inégalités actuelles, rappelons qu’entre le repas du soir pour le Nouvel An et le 2 janvier, une famille américaine aura déjà consommé, par personne, l’équivalent en combustible fossiles des besoins d’une famille tanzanienne pour toute l’année !

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Législatives 2024, comparatif des programmes

Un parti écologiste digne de ce nom dirait aux électeurs que le pouvoir d’achat moyen en France est trop élevé pour les possibilités de la planète, il faudrait donc planifier la sobriété en matière de consommation, mesure compensée par une réduction drastique des inégalités de revenus. Ce n’est pas ce que prévoient tous les programmes des législatives qui cultivent le toujours plus du croissancisme. Après « l’enrichissement pour tous », chacun pourra juger de notre comparatif des différents projets environnementaux.

A chacun de voter selon sa conscience, l’isoloir est un des remparts de la démocratie. Et la connaissance une des conditions nécessaires d’une démocratie éclairée.

Le pouvoir d’achat

Rassemblement national. La première des huit mesures du programme de Jordan Bardella pour les législatives anticipées concerne le pouvoir d’achat des Français. Le premier acte sera la baisse de la TVA à 5,5% sur les énergies (électricité, gaz, fioul) et le carburant. Il entend le faire dans le cadre d’un projet de loi de finances rectificatif (PLFR). Il veut aussi engager «immédiatement» des négociations avec la Commission européenne pour déroger aux règles européennes de tarification de l’électricité, ce qui permettrait de «baisser de 30% les factures». Par ailleurs, le Rassemblement national entend permettre aux entreprises d’engager une hausse des salaires de 10% (jusqu’à trois SMIC) en exonérant cette augmentation de cotisations patronales, mais aussi exonérer d’impôt sur le revenu tous les jeunes actifs jusqu’à 30 ans.

Ensemble (camp présidentiel). Gabriel Attal souhaite une « accélération » des mesures, notamment de celles sur le pouvoir d’achat. Il défend une indexation des retraites sur l’inflation « systématique », une « baisse de 15 % sur les factures d’électricité dès l’hiver prochain », permettant selon lui « 200 euros d’économies en moyenne », ou encore le triplement du plafond de la « prime Macron », en la passant de 3 000 à 10 000 euros.Sur les salaires, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait annoncé son intention d’augmenter les salaires nets des Français en transférant les cotisations sociales des salariés vers la TVA.

Nouveau Front populaire. Il propose plusieurs mesures pour redonner du pouvoir d’achat et enrayer la flambée des factures d’énergie. L’alliance de gauche envisage notamment d’annuler la nouvelle hausse de 10% des prix de l’électricité intervenue le 1er février, ainsi que la hausse de 11,7 % des prix du gaz prévue le 1er juillet prochain. Les prix des biens de première nécessité seront également bloqués, par décret, dans l’alimentation, l’énergie et les carburants. Côté salaires, la gauche unie promet un SMIC à 1.600 euros net ainsi que la revalorisation immédiate de 10% du point d’indice pour les fonctionnaires.

L’environnement et le réchauffement climatique

Le Rassemblement national. Interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035 et opposition à toute contrainte pour lutter contre le réchauffement climatique. Jordan Bardella dénonce ce qu’il appelle « l’écologie punitive« . Il pointe notamment du doigt les zones à faibles émissions ou toutes les normes environnementales. Le RN veut aussi construire de nouvelles centrales nucléaires, mais n’a pas évoqué la protection de la biodiversité.

Ensemble (camp présidentiel). La coalition vise une réduction de 20% des émissions françaises de gaz à effet de serre d’ici. La suppression progressive du plastique jetable est aussi au programme. L’objectif est aussi de construire de nouvelles centrales nucléaires, selon Emmanuel Macron « huit nouveaux réacteurs EPR2, en plus des six premiers réacteurs déjà annoncés. Enfin, concernant la biodiversité, l’exécutif soutient la loi européenne (déjà votée) sur la restauration de la nature.

Nouveau Front populaire. L’alliance à gauche promet une loi « énergie climat » dont l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone en 2050.  On instaure la prise en charge complète des travaux d’isolation pour les ménages modestes. On promet un moratoire sur les mégabassines et sur les nouveaux projets autoroutiers, dont le projet de l’A69. On veut accélérer le développement des énergies renouvelables en renforçant les filières françaises notamment. Sur le nucléaire, le Nouveau Front populaire assure qu’il ne remettra pas en cause la politique nucléaire française jusqu’à la prochaine présidentielle en 2027. Concernant la biodiversité, l’union de la gauche s’engage à défendre les zones naturelles et humides, à doubler la protection des aires maritimes protégées, mais aussi à interdire le glyphosate et les néonicotinoïdes. Sur la question des transports, le NFP veut garantir des tarifs accessibles et des mesures de gratuité ciblée pour les jeunes et les plus précaires dans les transports publics. L’alliance de gauche prévoit aussi de mettre en place un plan ferroutage et une réouverture des petites lignes dès que possible.

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Législatives 2024, rejet de l’écologie et RN

Après avoir tenté de construire sa propre doctrine sur les sujets écolos avec le « localisme », un concept issu de l’extrême droite identitaire, la formation populiste a décidé de mettre en place une tactique plus basique : repérer les sujets de crispation et surfer sur les ressentiments générés par la transition écologique. Cela leur permet de trouver un nouveau moyen de critiquer Bruxelles, les élites, de prendre la défense des “petits” qui seraient opprimés par les “puissants”… Le Rassemblement national développe aussi une forme de « climato-rassurisme », en opposant sur chaque sujet une « écologie du bon sens » contre une écologie décrite comme « punitive ».

– Le 1er mai 2024, Marine Le Pen tempête contre « Bruxelles » qui « vous oblige, presque du jour au lendemain, à changer votre chaudière pour 15 000 euros », contre les « diminutions autoritaires des surfaces agricoles »… « C’est toujours la même logique de la décroissance qui les conduit à interdire la vente des moteurs thermiques en 2035 et programme ainsi volontairement la mise à sac de notre industrie automobile et la dépendance à la Chine. »

– Lors de la campagne des élections européennes, Jordan Bardella a répété son opposition au Green Deal.0 Favorable au tout-nucléaire, il a aussi promis d’imposer un moratoire sur les énergies renouvelables et de revenir sur la fin de la vente des véhicules neufs à moteur thermique .

Matthieu Goar : L’objectif est de récolter le vent de défiance au sein de catégories de la population inquiètes des changements de modes de vie. Le RN exploite et instrumentalise l’angoisse créée par les évolutions rendues nécessaires par le défi climatique. ils rassurent en disant à tout le monde qu’on a le temps, tout en se précipitant au chevet des colères. Une récupération qui met en lumière l’importance d’un des défis majeurs de la transition : l’acceptabilité par les citoyens. Contactés, deux cadres du RN spécialisés sur ces enjeux écologiques n’ont pas souhaité répondre aux questions du MONDE.

Le débat, mais on sait que convaincre des convaincus est impossible

pm42 : Ce qu’on va traduire autrement : le discours soi-disant écolo n’a absolument pas convaincu la population parce qu’il est tenu au mieux par des intellos déconnectés, au pire par des militants extrémistes qui mélangent tout. Et que personne n’a fait l’effort d’aller parler à la population.

Michel SOURROUILLE @ pm42 : Mensonge. Depuis 1971 et la nomination du 1er ministre à l’environnement en France, on parle à la population des risques écologiques. Depuis des années, l’effondrement de la biodiversité, le réchauffement climatique, le stress hydrique, l’épuisement des ressources fossiles, tout cela est bien documenté par un nombre énorme d’études scientifiques disponibles à qui cherche l’information sur ce qui compte vraiment. Mais comme vous, Pm42, par votre discours, vous entretenez de façon constante le doute quant à la réalité de la catastrophe en cours, vous faites le jeu d’un extrémisme qui, arrivé au pouvoir, ira comme d’habitude taper sur des boucs émissaires au lieu de regarder les réalités en face et d’agir pour le bien commun. Je ne vous félicite pas.

Peps72 : Pourtant nos Khmers verts d’EELV font tout pour faire reculer l’extrême droite en France : ils financent la mosquée de Strasbourg tenue par les islamo-conservateurs d’Ankara, ils autorisent illégalement le burkini dans les piscines de Grenoble, ils qualifient le voile islamique « d’embellissement », ils sont alliés avec les islamogauchistes de LFI. Non franchement, c’est incompréhensible que ces militants d’extrême gauche qui ne parlent jamais d’écologie favorisent autant la progression de l’extrême droite dans notre pays…

Michel SOURROUILLE @ Peps72 : Vous ne traitez pas du sujet posé, l’impuissance flagrante de l’extrême droite d’aborder sérieusement les menaces écologiques qui pèsent sur nous. Vous vous contentez d’attaquer l’extrême gauche à la Mélenchon, vous changez de sujet pour ne pas écouter le message initial. De plus vous faites un gros mensonge, le nouveau Front populaire n’est pas l’extrême gauche, c’est une nouvelle configuration qui allie les socialistes, les écologistes et tous les opposants au système capitaliste libéral. Une telle configuration est porteuse d’espoir et ne peut se restreindre à quelques actions d’excités du bulbe comme il en existe beaucoup du côté du Front national…

pm22 : Opportuniste et n’hésitant pas à modifier son programme, le RN peut séduire plus d’un électeur qui n’avait jamais voté extrême droite. En revanche les programmes dogmatiques affichés par LFI et EELV ont trop souvent pour effet de décourager plus d’un. Ex : les agriculteurs, contrairement aux préjugés, étaient plus rétifs face au vote RN que la moyenne de la population. En promettant l’interdiction immédiate des pesticides de synthèse et des réserves d’eau, LFI les braque. Autres exemples : la condamnation du nucléaire, la détestation de la voiture, etc.

Michel SOURROUILLE @ Pm22 : Le dogmatisme est du côté de ceux qui, comme le RN caressent les électeurs dan le sens du poil au lieu de les informer qu’il faudra faire des efforts pour nous sortir de la nasse que constitue le réchauffement climatique et la déplétion des ressources fossiles. Le nucléaire n’est qu’un pis aller impossible à mettre en place dans les temps très courts que nous laisse les périls dont je viens de parler. Et je ne confonds pas comme vous le faites les agro-industriels intoxiqué par les pesticides et qui défendent leur bassines. Il y a des paysans qui veulent rester nature et bio pour la santé de la terre. Quant à la voiture, c’est un instrument admirable pour se déplacer sans avoir à faire d’efforts physiques. Mais l’énergie dont elle a besoin sera de plus en plus difficile à se procurer, cette machine deviendra obsolète…

Le point de vue des écologistes réalistes

ExtinctionRebellion : Les écologistes ont toujours lié la question de la transition et celle de la justice sociale. Il est évident que les efforts et renoncement à certains conforts ne seront acceptables que s’ils sont équitablement répartis. Mais que leur rétorque-t-on alors ? Qu’ils sont des « pastèques », que l’écologie « ne devrait pas être politique ». À un moment, un minimum de cohérence et de bonne foi s’impose, sans quoi il n’est plus possible de débattre.

On peut rêver : Tout est dans les éléments de langage. A force de répéter des phrases qui n’ont pas de sens, elles finissent par leur donner une signification. Ecologie punitive, largement utilisée par la droite de Macron au RN en passant par LR, ne veut strictement rien dire. L’ écologie est une science qui, comme toutes les sciences, n’a jamais puni personne. Elle se contente, par exemple d’étudier et d’avertir sur les dégats, sur la santé, ou sur le climat, de certaines pratiques agricoles Ceux qui refusent de voir la réalité et veulent faire croire que l’on peut continuer indéfiniment à polluer, à épuiser les énergies fossiles juste parce qu’ils veulent continuer à gagner plus( les industries chimiques, les producteurs de pétrole, par exemple), ou parce qu’ils veulent un argument électoral (on est contre les normes pour faire plaisir à des agriculteurs; heureusement qu’elles existent!) ont trouvé cette expression pour ne pas aborder l’essentiel.

Arston : L’écologie est un sujet transversal qui intéresse la totalité de la population. Malheureusement, elle est perçue par une partie de l’électorat français comme une couverture pour des forces de gauche ou d’extrême-gauche.

Neril : Le français est comme tout le monde : il a une résistance au changement importante. C’est naturel. Ensuite, il y a 2 types de personnes : ceux qui prennent du recul et prennent sur eux pour avancer, et ceux qui en reste au « c’était mieux avant » et ne veulent rien changer. Le RN depuis toujours ne joue que sur ce sentiment. Le RN est l’illustration même du parti conservateur. Selon la période et les projets sociétaux, le RN va faire son beurre sur le rejet du projet en cours. Aujourd’hui c’est l’écologie (sans hésiter à raconter n’importe quoi), avant c’était le PACS ou autre…

Flytox : Le pétrole est une drogue hautement addictive. Bienvenue dans le monde des junkies!

TA : Que fera le RN lorsqu’il y aura 450 millions de réfugiés climatiques venus de régions voisines du monde devenues inhabitables ?… Toujours dans le  » déni de la science  » ?

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L’anti-écologisme du Rassemblement National

extraits : Le RN n’a pas de compréhension globale des enjeux environnementaux, il n’a aucune crédibilité sur ces questions. Dans son programme des élections européennes, le parti de Marine Le Pen veut abroger des pans entiers du pacte vert pour l’Europe, notamment l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, et il y réaffirme sa volonté de mettre en place un moratoire sur l’éolien et le solaire. Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide….

L’écologie à la mode du Rassemblement national

extraits : En 2023, Marine Le Pen identifie maintenant l’environnement comme un axe de progression pour le RN. L’idée sous-jacente est d’opposer « le bon sens de la terre, du paysan », contre l’idéologie urbaine bobo et les “technos hors sol”. Cela parle sans doute aux artisans, aux agriculteurs, aux petits chefs d’entreprise qui subissent des normes administratives complexes. Mais cela ne résoudrait en rien les problèmes systémiques auxquels nous sommes confrontés….

Rassemblement national, écologisme superficiel

extraits : Le discours du Rassemblement national (RN, ex FN) sur l’écologie a toujours été marqué par le rejet ou l’indifférence. La récupération actuelle de cette thématique relève essentiellement de l’opportunisme, les fondements idéologiques de l’extrême droite restent les mêmes….

L’écologie, impensé du Rassemblement National

extraits : Ce parti d’extrême droite fait bloc avec la FNSEA et oppose la ruralité aux « talibans de la verdure », comme Marine Le Pen appelait les écologistes durant sa campagne présidentielle de 2022. En matière de sécheresse, son programme incluait eulement « un plan de rénovation du réseau de distribution de l’eau [et l’étude de] la construction de centrales de désalinisation dans les zones les plus exposées à la sécheresse ». Voici ce que pensent aujourd’hui les élus du RN….

 

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Législatives 2024. Définissons l’extrême gauche

Lors de sa conférence de presse du 12 juin, Emmanuel Macron avait évoqué ses principaux adversaires pour les prochaines élections législatives en se présentant comme la seule alternative « aux extrêmes ». Pour le premier ministre Gabriel Attal en campagne actuelle pour les législatives, une victoire des « extrêmes » aurait des conséquences sur l’image de la France à l’étranger. Dans la lignée de la stratégie du camp présidentiel de dramatisation, le président du MoDem François Bayrou, (20 juin) : « L’extrémisme des deux côtés constitue un grave danger ». Ils ont tous trois placé au même titre « l’extrême gauche », que serait le nouveau Front populaire (NFP), et l’extrême droite du Rassemblement national (RN).

Quel culot ! Ce sont eux qui se rengorgent depuis 7 ans d’avoir « recomposé » le paysage politique en sapant méthodiquement tout les partis traditionnels afin qu’il n’y ait plus d’autre choix qu’entre eux et « les extrêmes » !! Désolé, mais quand on ne pèse plus que 14% de l’électorat, on ne peut pas prétendre que les 85% restants sont « les extrêmes ».

Macron et compagnie tiennent maintenant le même discours que l’extrême droite. Jordan Bardella du RN estime être « le seul en capacité de faire barrage à Jean-Luc Mélenchon et à l’extrême gauche ». Ciotti, LR devenu RN, qualifie même le NFP d’« extrême gauche séditieuse » ! Et pour François-Xavier Bellamy des Républicains, « le danger le plus grand pour la France, c’est l’arrivée au pouvoir de l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon ». On fait semblant de confondre Mélenchon et un vaste conglomérat de positionnements de gauche. Le NFP est une alliance entre Les Écologistes, La France insoumise, le Parti communiste français, le Parti socialiste, Place publique, Génération·s, la Gauche républicaine et socialiste et la Gauche écosocialiste. S’il y a extrémisme, il est bien dilué ! Dans le contexte actuel, certains accusent des dirigeants de LFI de tenir des propos antisémites ; qualifier ce mouvement d’antisémite relève de la diffamation. Si des membres de LFI tenaient des propos antisémites, ils seraient, à raison, condamnés par la justice. Aucun d’entre eux ne l’a été. On ne peut pas en dire autant à l’opposé de l’échiquier politique. Pourtant Gabriel Attal a dénoncé récemment les « accointances » de La France insoumise avec l’antisémitisme !

Juridiquement, on ne peut pas traiter LFI d’extrême gauche, le Conseil d’Etat a tranché dans sa décision du 11 mars 2024 : La France insoumise, tout comme le Parti communiste français font partie du bloc « gauche », comme l’avait décidé le ministère de l’Intérieur qui attribue les nuances politiques au moment des élections. LFI serait plutôt « un mouvement réformiste qui ne vise pas une rupture nette avec le capitalisme mais désire plutôt l’adoption de mesures limitant les effets des formes débridées du libéralisme économique actuel ». A l’inverse de LFI, le Rassemblement national a, lui, bien été classé à l’extrême droite de l’échiquier politique selon la même décision du Conseil d’État : les partis d’« extrême droite » sont « les organisations qui contestent le système politique républicain et démocratique (anti-électoralisme, antiparlementarisme, aspirations autoritaires, etc.) et/ou le caractère universel des valeurs républicaines de liberté et d’égalité (antisémitisme, racisme, xénophobie, etc.)… L’origine [du Front national, devenu Rassemblement national], son noyau de militants et les références idéologiques diverses qui s’y côtoient inscrivent indubitablement l’histoire de ce parti dans la filiation de l’extrême droite française ». Par contre Lutte ouvrière et le Nouveau parti anticapitaliste sont classés par le ministère dans le bloc « extrême gauche ».

Le chef de l’État puise dans le vocabulaire de l’extrême droite pour attaquer le Nouveau Front populaire et essayer de qualifier son camp pour le second tour… au risque de compromettre les chances de faire barrage à la formation de Marine Le Pen. Avec cette stratégie, il sera en effet difficile pour le président Macron de convoquer le front républicain pour empêcher le Rassemblement national d’obtenir une majorité au Palais-Bourbon.

Ironie de l’histoire, Macron a tenu autrefois un tout autre discours. En 2022, lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle, le président candidat avait clamé à Nanterre le slogan du Nouveau Parti anticapitaliste : « Nos vies valent plus que tous leurs profits. » Cet homme a puisé à tous les râteliers pour finir comme supplétif de l’extrême droite !

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Écologisme, ni gauche, ni droite, ni extrême

extraits : les critiques d’analphabétisme écolo envers le RN peut être aussi adressée aux autres encartés élus, que ce soit à l’extrême gauche, la gauche, le centre, la droite et même les écologistes institutionnels. L‘écologie est un projet trans-politique. L’avenir de notre planète et des conditions de vie concerne tous les Français, tous les humains sans distinctions partisanes… le clivage gauche/droite et à plus forte raison « extrême » est donc obsolète….

Annexe : la triangulation dont Macron était l’expert

Dans la communication politique, il s’agit d’utiliser des références historiques, des concepts, des propositions des partis adverses pour gagner une audience idéologique dans leur électorat. Effacer les repères en reprenant au camp adverse une partie de son argumentaire est devenu une pratique appliquée aussi bien par Nicolas Sarkozy que par Emmanuel Macron. Le premier théoricien de la triangulation politique se nomme Dick Morris, conseiller en communication de Bill Clinton. Il s’agissait de montrer son ouverture d’esprit, sa capacité à dépasser la division gauche/droite et les affrontements partidaires.

La triangulation est surtout une manipulation de l’opinion pour gagner quelques voix à une élection. La conséquence, une perte de repères pour les citoyens alors que jusqu’en 2017 l’axe gauche/droite était resté une référence bien admise. L’écologie politique permet de dépasser le classement gauche/droite d’une autre manière. Son message est compatible avec les partis traditionnels croissancistes, soumis au lobbying des entreprises. Tous les citoyens sont écologistes par nature, nous avons tous l’intérêt commun à conserver une planète viable et vivable.

Faisons un vote positif pour l’écologie à chaque scrutin, pour essayer d’assurer politiquement un avenir durable pour la famille humaine et l’ensemble de l’écosystème. Cela va bien au-delà des triangulations illusoires et des qualificatifs dérisoires comme « extrémiste ». Et s’il faut pour cela en passer par une alliance avec les socio-démocrates, cela peut se comprendre.

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L’anti-écologisme du Rassemblement National

Macron au niveau écolo, ça craint déjà ! Et si l’extrême droite, en campagne depuis des mois contre une prétendue « écologie punitive » arrivait au pouvoir en France ? Aurait-on un réchauffement de 5 ou 6°C ? Les écologistes s’inquiètent, on passe du mal au pire.

Macron tout d’abord : les différentes sphères de la cause environnementale ont recensé toutes les mesures mises à l’arrêt par la dissolution de l’Assemblée nationale. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, décalé depuis des semaines, remisé aux calendes grecques. La stratégie nationale bas carbone, qui devait être dévoilée jeudi 13 juin, attendra. Et une énième concertation sur le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ne peut plus être lancée. Pendant plusieurs semaines encore, la France devra donc se passer de feuilles de route énergétique et climatique.

Le Rassemblement National ensuite :  Le RN n’a pas de compréhension globale des enjeux environnementaux, il n’a aucune crédibilité sur ces questions. Dans son programme des élections européennes, le parti de Marine Le Pen veut abroger des pans entiers du pacte vert pour l’Europe, notamment l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, et il y réaffirme sa volonté de mettre en place un moratoire sur l’éolien et le solaire. Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. Soit les membres du parti sont climato-sceptiques et nient le problème, soit ils l’ignorent. En défendant uniquement le nucléaire, le RN propose une réponse extrêmement simpliste et populiste, qui caresse les électeurs dans le sens du poil en leur faisant croire que l’on peut enlever toutes les contraintes. Extrêmement simpliste et populiste. Et on peut prévoir le pire. Le RN au pouvoir risque fort de couper les subventions publiques à différentes associations environnementales, le Réseau Action Climat (RAC), Les Amis de la Terre et même France Nature Environnement. Il y aurait sans aucun doute une diminution drastique des autorisations de manifestations et une répression plus forte contre la désobéissance civile. Silence, l’ordre nationaliste aveugle règne. Or la question de fond n’est pas pensée : est -il ou non important de conserver une planète vivable. Les points de vue exprimés par les soutiens du RN font peur :

Le point de vue des frontistes d’extrême droite

Krikri : Mais enfin, ce sont bien 40% des votants qui ont choisi l’extrême-droite.

Rumi : L’arroseur du bien se retrouve arrosé par le camp du mal. C’est ennuyeux car ce camp du mal fait 40% des votes. Pauvres bobos et zadistes de tout poil, le bon peuple leur a dit m…

Kowloon : Les « mouvements écolos » pourront ils continuer les saccages, les tentatives d’assassinat et les agressions, comme à Sainte Soline ?

Ana : Les très, très, très nombreuses associations écologiques craignent d’avoir moins de subventions : les activistes vont devoir travailler pour acheter des boules de pétanque , des mortiers de feux d’artifice, de l’essence pour les cocktails ?

Brad the pit : Les écologistes (politiques) sont les dignes héritiers des inquisiteurs, des marxistes-leninistes grand teint, de Pol Pot . ils sont prompt à faire des procès politiques même à leurs alliés ,ils gueulent dès qu’il faut créer une mine de lithium en France mais veulent des voitures électriques.

Notre chasse à la bêtise anti-écolo sur notre blog biosphere

L’écologie à la mode du Rassemblement national

extraits : Interrogée par terraeco en mars 2012, Marine Le Pen exprimait le fond de sa pensée. Selon vous, les changements climatiques n’existent pas ? « Je ne suis pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale de ce phénomène. » Parlons agriculture ? « Le bio est une dictature, avec des histoires de gros sous enrobées dans des bons sentiments. »….

Projet de l’écologiste Marine Le Pen

extraits : sur son site en 2023, le projet du RN (l’environnement pour une écologie française) : Nous pratiquerons, dans tous les domaines, une écologie positive, notre projet tourne la page de l’écologie punitive… L’urgence est de rompre avec une écologie dévoyée par un terrorisme climatique… Nous sortirons du « Green deal » et de l’enfer administratif qu’il impose aux petites entreprises sous le nom de « taxonomie » au profit d’un plan d’autonomie stratégique fondé sur le développement durable… La France n’a pas à sacrifier le bien-être de sa population pour corriger les erreurs ou les abus des autres pays !… … Les Français pourront continuer à sortir leur famille en voiture, à prendre des bains chauds, à apprécier le feu de bois dans la cheminée et à fêter Noël ! »….

L’écologie, impensé du Rassemblement National

extraits : Ce parti d’extrême droite fait bloc avec la FNSEA et oppose la ruralité aux « talibans de la verdure », comme Marine Le Pen appelait les écologistes durant sa campagne présidentielle de 2022. Christophe Barthès, député Rassemblement national (RN) de l’Aude : « Il faudrait être idiot pour voir qu’il n’y a pas de changement climatique. Mais est-ce l’effet de l’homme ? Peut-être que oui, peut-être que non….

L’anti-écologisme du Rassemblement National Lire la suite »

Front populaire contre Front national, ça va chauffer

Aux élections européennes, nous avons un scrutin à la proportionnelle à un tour, c.-à-d. que les candidats sont élus selon les règles de la représentation proportionnelle à scrutin de liste à la plus forte moyenne. Ce système les obligent à faire des alliances APRÈS le vote. Aux législatives, le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours implique que les partis politiques voulant accéder au gouvernement doivent faire des alliances AVANT le vote. Au moment de l’alliance Nupes en 2022, les Insoumis avaient présenté 328 candidats, contre 100 pour EELV, 70 pour le PS et 50 pour le PCF.

Les discussions actuelles pour la formation d’un (Nouveau) Front populaire se sont faites sur la base de 546 circonscriptions sur 577 en France. Les circonscriptions où les partis détiennent un ou une députée sortante sont reconduites. La France insoumise aura 229 candidatures (dont 90 sortants), le Parti socialiste 175 (dont 31 sortants), les Écologistes 92 (dont 21 sortants) et le Parti communiste français 50 (dont 12 sortants). Le programme maintenant et tout sera ficelé en une semaine. Tandis qu’à droite c’est la Bérézina alors que Macron reprend son refrain favori :  » Sans moi, c’est le chaos ». A l’heure où les duels et les triangulaires comptant l’extrême droite s’annoncent nombreux au deuxième tour le 7 juillet, la force des candidats du NFP (ex Nupes) face au RN (ex FN) aura son importance. Emmanuel Macron, qui assume de rejeter en bloc « des alliances contre nature aux deux extrêmes », n’aura que les restes, un os à ronger.

Le point de vue des écologistes politiciens

Faut-il en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire ? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son abstentionnisme ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre l’écologie dans les choux ? A chacun de décider dans le secret de l’isoloir. Cette dissolution surprise offre pourtant de joyeuses perspectives. Admettons que le RN obtienne la majorité absolue à l’Assemblée nationale le 7 juillet. Victoire ! L’extrême droite au pouvoir va faire la preuve vivante de son incapacité à gouverner en appliquant un programme devenu obsolète dans un monde en crises multiples. Autre hypothèse, le Front populaire et le RN se retrouvent au coude à coude, mettons à vue de nez 31% des sièges pour l’extrême droite, 29 % pour le NFP et le reste éparpillé ente les différentes mouvances de la droite (dont le macronisme). La situation est alors ingérable. Victoire, on va pouvoir programmer une nouvelle élection après la démission de Macron.

Reste l’essentiel, le pouvoir pourquoi faire ?

L’alliance d’appareils politiques n’est qu’un moyen, reste à définir les objectifs. Tous les écologistes au fait des tristes réalités géopolitiques et biophysiques de notre monde en péril savent que les mesures à prendre doivent être drastiques. Il s’agit de rompre avec notre mode de vie actuel, fait de gaspillages, de mille addictions, de convoitises… Une Assemblée nationale en charge de l’intérêt public montrera l’exemple de la rigueur intellectuelle et morale. Des citoyens qui auront retrouver ce que veut dire une démocratie éclairée pratiqueront la sobriété énergétique et démographique, le retour à la terre, une technoscience consciente de ses limites, la démilitarisation. On condamnera la surconsommation et les voyages en avion, on envisagera sérieusement le dévoiturage (l’abandon de la voiture individuelle), on préférera converser avec les voisins que faire du tourisme, on jettera son smartphone à la poubelle , etc.

Reste un piège pour la gauche de la gauche, sa sur-considération des problèmes sociétaux. OUI à un mouvement social-écologique qui défend au niveau politique les luttes pour le vivant et le climat. Non à ces obsessions sociétales (féminisme dénaturé, antiracisme primaire…) qui déconsidèrent l’écologie aux yeux des électeurs. Il faut vivre avec son temps : l’égalité entre les homme et les femmes est vraiment garantie dans notre beau pays. Le racisme est poursuivie devant les tribunaux français. Et les LGBT font déjà ce qu’ils veulent en France, même se marier et avoir des enfants. Alors en rajouter, c’est se tirer une balle dans le pied. Notre système demande des efforts de tous les Français pour faire face au périls écologiques, géopolitiques et technologiques de notre temps. Pas des positionnements extrémistes de court-terme.

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Macron, des Européennes aux Législatives

Le soir des Européennes, 9 juin 2024, Emmanuel Macron

« On ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé lors de ces élections, ma décision de dissolution s’imposait. L’heure est à la clarification. C’était la bonne décision, dans l’intérêt du pays. Et je dis aux Français : n’ayez pas peur, allez voter.  Les forces républicaines d’un côté, les forces extrémistes de l’autre se positionnent. Je tends la main à tous ceux qui sont prêts à venir gouverner et à travailler à une synthèse dans le sens d’une radicalité ambitieuse. La décision que j’ai prise ouvre une nouvelle ère. J’y vais pour gagner ! 

Conférence de presse de Macron le 12 juin 2024. La liste à la Prévert qu’il annone représente des intérêts bien trop hétérogènes pour en faire un « NOUS » . Et l‘écologie est complètement absente, comme d’ailleurs les enjeux internationaux :

« Je ne veux pas donner les clés du pouvoir au Rassemblement national en 2027… Certains députés de La France insoumise créent un désordre à l’Assemblée nationale… L’équation parlementaire était devenue intenable. J’ai donc pris acte d’un blocage qui conduisait inéluctablement à empêcher le gouvernement d’agir, ce qui devenait dangereux pour la France . Je propose des élections législatives anticipées pour permettre de gouverner à des forces politiques qui ont été choisies par les Françaises et les Français… La droite républicaine, tout au moins celui qui en a la charge, vient de faire pour la première fois alliance avec l’extrême droite… Je  promet l’autorité républicaine à tous les étages.. Je vais réduire l’immigration illégale grâce à l’Union européenne… Je promet la reprise en main par l’Etat des mineurs non accompagnés… Je ne permet pas  l’usage des téléphones avant 11 ans et l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans… Je  généralise le service national universel d’ici à la rentrée 2026 afin de recréer des rites républicains… Je construis huit nouveaux réacteurs nucléaires… » 

Le point de vue des gens normaux

– Le chef de l’État a sobrement répondu aux questions des journalistes : « Je ne me prends pas pour Jupiter, je suis Jupiter ».

– Le classique : moi ou le RN… Seulement là manifestement cela va virer au cauchemar… car qui veut encore de lui ?

– Notre Président en culottes courtes n’a jamais compris que « En marche » puis « Renaissance » n’ont aucune substance et qu’il a fait le jeux des extrêmes.

Le mec dégage tous ses députés et fait tout de suite campagne pour qu’on réélise les mêmes députés, c’est une blague?

– Ça sent les propositions de dernière minute. Il doit avoir de sacrés conseillers le père Macron.

– Toujours la même soupe, plus il parle, plus il s’écoute parler, moins on écoute

– « C’est clair ! », « j’ai toujours été clair ! », « les choses sont claires ! », « je suis pour la clarification ! »..… En bref c’est pas très clair !

– En fait, c’est un catalogue de mesurettes : un discours de chef de gouvernement, pas de président de la république.

Je suis choqué de voir le président se comporter comme le leader d’une majorité improbable alors que je croyais qu’il était le garant de l unité du pays

– Merci Monsieur Macron, vous venez de me faire comprendre que je si je vote à droite, je suis fasciste, et que si je vote à gauche, je suis stalinien.

– J’ai l’impression qu’en plus de jouer avec le feu, il commence à manquer sérieusement de lucidité. Mais faites-le taire !

– Il n’a pas encore compris que l’heure de la fin de son unique septennat avait sonné…

– Les élections du 7 juillet prochain vont montrer que Macron va se retrouver dans l’incapacité totale d’appliquer un quelconque programme…

– Macron affirme sans sourciller ne pas vouloir donner les clés du pouvoir au RN en 2027… alors qu’il va les lui donner aux législatives.

La presse internationale se demande si Macron est devenu fou? La réponse est claire, oui !

Où allons-nous ? Quelle est la hiérarchie des objectifs potentiels ? Quelles marges de manœuvre dans un contexte international de plus en plus tendu, et un contexte budgétaire de plus en plus contraint ? Quels moyens pour lutter contre le réchauffement climatique ? Que faire si le prix du baril explose ? Quelle compétitivité pour la France alors qu’elle n’a pas plus de mines sur son sol et un coût salarial élevé ? Quelle place faire à la résorption du déficit public ? Comment payer les retraites si on supprime la loi qui a été voté ? Quelle attitude adopter sur les conflits internationaux en cours, Ukraine, Gaza, Taïwan, etc. ? Il ne faut plus compter sur Macron pour donner des réponses.

Le point de vue de Raphaël Glucksmann sur une union à gauche et écolo

« Voici les conditions : un soutien indéfectible à la construction européenne, un soutien indéfectible à la résistance ukrainienne, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’assurance-chômage et de la loi “immigration”, une accélération de la transition écologique et un rejet de la brutalisation de la vie politique. Si ces conditions ne sont pas remplies, on ne fait pas alliance…. Je vais prendre mon bâton de pèlerin et soutenir tous les candidats face au RN qui auront adhéré à ces cinq points qui sont les cinq points basiques de respect de la démocratie et je ne fais pas ça pour être premier ministre. J’ai une idée, ça ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon. Je pense à Laurent Berger [ancien secrétaire général de la CFDT] qui a incarné la lutte contre la réforme des retraites, qui a été d’une responsabilité aussi grande que l’irresponsabilité de notre président actuel. »

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L’indigne criminalisation des mouvements écolos

Il n’était pas rare dès la naissance de ce blog que des commentateurs nous renvoient à la face les mots « totalitarisme », « Khmers verts » ou autres « Ayatollah de l’écologie ». L’écologie serait donc un repère de gens peu recommandables. Aujourd’hui le gouvernement avait repris cette thématique en allant encore plus loin que des mots, en criminalisant les mouvements écolos, par exemple cette tentative de Darmain d’interdire « Soulèvements de la Terre ». Pour en savoir plus :

Stéphane Foucart  (journaliste du MONDE) : « La thématique environnementale a presque disparu lors des élections européennes du 9 juin 2024. Une des causes résulte à l’évidence de la criminalisation du mouvement environnementaliste : extravagante sévérité de la réponse judiciaire au Royaume-Uni, gestion policière des actions écologistes par le ministre de l’intérieur en France. Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou interdictions de manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social. L’écologie serait une affaire de dangereux délinquants ! Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement.

En miroir de la criminalisation des mouvements écologistes se construit ainsi la banalisation des postures et des mots de l’extrême droite la plus radicale.« 

Le point de vue des aveugles

Mr Foucard est un parfait porte-parole de nos khmers verts.

– Décidément l’idéologie rend sourd et aveugle M.Foucart.

– Une telle tribune partielle et partisane a-t-elle sa place dans le Monde ?

– Certaines manifestations  » écologiques  » ne permettent en aucun cas de justifier cette tribune.

– Les juges anglais ont récemment envoyé en prison des rigolos qui avaient bloqué le pont de la tour de Londres, exemple à suivre.

– Dans un système démocratique, ce n’est pas le plus violent qui décide, point final à la ligne.

Le point de vue des écologistes éclairés

Les contributions ci-dessus montrent combien la menace du dérèglement climatique est peu prise au sérieux par les Français….jusqu’à ce que leur maison soit inondée, l’électricité coupée, et là on va chouiner auprès des pouvoirs publics…

– Bien d’accord avec vous monsieur Foucard. Dans 50 ans les manifestants écolos d’aujourd’hui seront vus comme des résistants précurseurs. Comme les suffragettes en leur temps qui bravaient à l’époque les lois du machisme.

– Quand un état n’est plus capable ni désireux de répondre à la menace la plus forte qui pèse sur le pays et l’humanité, il se délégitime et ouvre la voie au chaos ou à la dictature. Un concept éclaire la situation, le « carbo-fascisme », une nouvelle tendance du populisme : il installe au pouvoir les néolibéraux pour continuer leurs sombres desseins de pillage de la planète.

– Il est parfaitement possible de faire de juteuses affaires avec les régimes d’extrême droite. L’histoire regorge d’exemples de grandes fortunes soutenant sans état d’âme ce type de régimes.

– La rengaine simpliste sur l’obéissance due à l’Etat en démocratie ne tient plus devant les faits scientifiques. Cela fait 40 ans que les gouvernements successifs ignorent 7 rapports consécutifs de la plus démocratique instance scientifique internationale, le GIEC, qui nous dit que les politiques actuelles nous mènent à la catastrophe : un réchauffement de 3 degrés.

– L’histoire donnera raison à ceux qui ont résisté contre le saccage de la planète, pas à ceux qui font des leçons de démocratie, dans le confort de leurs appartements bien chauffés et climatisés.

– Les industries polluantes et pilleuses des ressources naturelles, les vraies criminelles, se démènent à coup de millions avec des lobbies surpuissants pour contrer toutes les tentatives de critique. Faire passer les acteurs écologistes pour des criminels en se faisant aider par le pouvoir est une de leurs dernières trouvailles.
– Macron, Darmanin et consorts n’ont aucune compréhension des enjeux environnementaux. Ce ne sont même pas des « politiques » mais de simples marionnettes dont la mission est de préserver les intérêts du monde économique. Rien d’étonnant donc à ce qu’il mettent prioritairement l’accent sur la lutte contre ceux qui aspire à un changement de modèle.

– « Personne n’aime les porteurs de mauvaise nouvelle » entend-on dans Antigone, la pièce de Sophocle.

– Macron n’attaque pas les Amishs par hasard. C’est pourtant un mode de vie de ce type qui peut sauver tout le monde. Mais les gens n’en veulent pas. Donc ce sera le mur.

– Le « court-termisme » idéologique et la préoccupation électorale de se maintenir au pouvoir contribuent encore à accélérer cette tendance gouvernementale à la répression. La seule chose dont on est certain est que le long terme finit toujours par l’emporter sur le court terme. Les changements auront lieu, voulus ou subis, mais ils auront lieu.

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Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie (2013)

extraits : En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits.

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Européennes, les résultats du vote du 9 juin…

Européenne 2024, une élection à la proportionnelle tous les 5 ans dans les 27 États membre de l’UE. Chaque pays fait ses règles, en France par exemple chaque parti doit imprimer son propre bulletin de vote. De toute façon sera-t-il utilisé : on prévoit plus de 50% d’abstentionnistes. Faut-il donc en rester au slogan « élection, piège à con » si bien confirmé par l’histoire? Faut-il attendre l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle bien calé dans son fauteuil ? Faudrait-il laisser la première place au Rassemblement national et mettre Les Écologistes dans les choux ? A chacun de décider, c’est le seul avantage du vote dans l’isoloir : on peut changer d’avis à la dernière minute ! Certes, mais autant connaître tous les déterminants du choix pour avoir une démocratie éclairée. Et d’abord le sondage d’opinion pour se faire une idée de ce que pensent les autres et à comparer avec les résultats effectifs ce soir.

Sondage IPSOS pour Le MONDE

Au niveau des tendances électorales, Jordan Bardella confirme sa première place, loin devant avec 32 % d’intentions de vote pour le Rassemblement national. Valérie Hayer (majorité présidentielle) poursuit son érosion en perdant un point de pourcentage, elle s’établit à 15 %. Raphaël Glucksmann, le candidat du Parti socialiste, est stable à 14,5 %( marge d’erreur = 1). La France insoumise (LFI) conduite par Manon Aubry poursuit sa progression et enregistre désormais 9,5 %. La liste Les Républicains (LR), menée par François-Xavier Bellamy, reste stable à 7 %. Deux listes sont en danger de passer sous la barre des 5 % des votes requis pour envoyer des députés à Bruxelles. Reconquête conduite par Marion Maréchal s’établit ainsi à 5,5 % d’intentions de vote, celle des Ecologistes (Ex-EELV), conduite par Marie Toussaint, à 5 %. Léon Deffontaines, qui conduit la liste du Parti communiste français (PCF), est estimé, quant à lui, à 2,5 % d’intentions de vote, soit au même niveau que la candidate du Parti animaliste, Hélène Thouy,

Le point de vue des écologistes bien informés

Si on voulait que l’écologie ait encore quelques députés à Strasbourg, il fallait d’urgence convertir le plus de personnes possibles. Tant pis pour vous, c’est maintenant trop tard, le vote est ouvert. Si on voulait ridiculiser Macron, on votait Glucksmann. Les autres votes n’avaient aucune importance : si on ne veut pas des idées des extrémistes de droite comme de gauche et si on aime son minou, autant voter animaliste pour se faire plaisir et oublier que c’est une élection qui concerne l’Europe (et pas les toutous).

Pour le reste, notre blog biosphere vous avait déjà informé

Européennes 2024, du plus écolo au moins écolo

extraits : Pour les Européennes 2024, et éclairer le vote du 9 juin, voici notre classement de la liste la plus écolo à la moins écolo . Nous nous appuyons sur les 15 professions de foi envoyées dans les boîtes aux lettres (sur une liste de 38 officielles)….

Trois raisons de ne pas voter Rass. Nat.

extraits : Il y a trois raisons pour ne pas voter Rassemblement national . D’abord son désintérêt de la question écologique qui va pourtant structurer nos comportements pendant les décennies qui viennent. Ensuite son culte du leader, l’ordre assumé par une seule personne, de préférence avec une passation de pouvoir au sein d’une même famille. Enfin un argumentaire politique qui se résume à une seule thématique, Nous Français, Eux étrangers, qu’ils restent chez eux….

Européennes, le paradis de Jordan Bardella

extraits : Les mesures proposées par le Rassemblement national laissent entrevoir un cauchemar énergétique plutôt qu’un paradis : des factures d’énergie plus élevées pour les Français, des émissions de gaz à effet de serre en hausse, et une dépendance plus grande aux importations. Démonstration….

Européennes. Des écologistes inaudibles

extraits : Premier débat avec les sept principales têtes de liste… Échanges lamentables ! Des promoteurs d’une société militarisée et non de paix. Pas un mot pour le droit international, la négociation et l’exigence de paix, de sécurité humaine, de rupture avec le capitalisme, d’exigence de solidarité face aux menaces existentielles !

Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen (2023)

extraits : Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

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L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée. Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée. Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme. Pour décider de sa propre mort, on peut demander pour soi les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de vieillesse. L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

lemonde.fr : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. » L’article ainsi adopté dispose que « la personne s’administre une substance létale ou, lorsqu’elle n’est pas en mesure physiquement d’y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou un infirmier ». Les élus Les Républicains (LR) et ceux du Rassemblement national (RN) l’ont âprement combattu : « Cet article 5 est une rupture anthropologique avec le principe d’inviolabilité de la vie humaine , selon un député LR. A l’inverse, les principaux zélateurs ont été les députés insoumis, socialistes et écologistes, soutenus par l’aile gauche de la macronie : l’« aide à mourir » est le moyen d’éviter aux personnes malades de « souffrir le martyre et l’enfer », selon René Pilato, député « insoumis » de Charente. Introduire l’aide à mourir dans le code de la santé publique revient à considérer que l’acte létal pourrait être un soin.

Le point de vue des écologistes qui veulent mourir dans la dignité

Daniel : L’aide à mourir ! Pourquoi ne pas utiliser les termes employés par l’association ADMD, « droit de mourir dans la dignité » car c’est bien de cela qu’il devrait être question…

Alfred K. : LR et RN massivement contre ! Il faut prendre conscience de ce qu’expriment ces droites : une rupture radicale avec l’immense majorité des Français. Et un positionnement accablant face aux nécessités de notre époque confrontée à l’acharnement thérapeutique.

Pile ou face : Ce qu’une loi peut faire, une autre loi peut le défaire…sauf pour ceux qui seront partis entre-temps bien sûr. Le principal est de déterminer la direction générale de l’évolution des lois, vers plus de conscientisation des personnes ou vers l’encadrement des gens.

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L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

Mourir dans la dignité, quelle définition ?

extraits : Sur une planète saturée d’humains, l’écologie s’intéresse forcément à la démographie, qui porte autant sur le nombre des naissances que sur notre façon de mourir, autant sur l’entrée des immigrés que sur le départ des émigrants. L’essentiel est que cela se passe dans la dignité la plus parfaite possible. La dignité humaine est la promesse d’une fin de vie heureuse. Intervenir pour entraver une tentative de suicide reviendrait à briser la volonté d’autrui. La mort fait partie de la vie, et si j’ai la possibilité de me l’approprier, pourquoi devoir y renoncer ? Pour quelle raison me l’interdirait-on ? ….

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