Trump favorise la montée du fascisme

Mieux vaut en rire qu’en pleurer, Trump est à l’image du pouvoir politique tel qu’il devient, une dictature qui se fout complètement du système démocratique. On le comprend dans des pays à tradition totalitaire comme la Chine ou la Russie, c’est absolument inquiétant quand cela se passe aux Etats-Unis, l’une des plus vieilles démocraties du monde. Pour la présidentielle du 3 novembre 2020, Donald Trump s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel américain avant même la fin du décompte des voix ! C’est inquiétant. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est qu’après 4 ans de chaos national et international organisé sciemment par Trump, autant d’Américains puissent encore voter pour ce guignol. Les circonstances actuelles font qu’une grande partie des personnes, aux USA et ailleurs, ne considèrent pas la démocratie comme essentielle. L’autoritarisme aveugle séduit un électorat bousculé par des crises à répétition. Voici ce qu’écrivait Michel Sourrouille dans son livre* de 2016 :

« En agrégeant toutes les crises à un niveau inouï, en combinant inégalités des richesses et pénurie des ressources, le drame écologique a une capacité de nuisance sans précédent : celle de nous ramener au pire de l’homme et de la barbarie. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaire, énergétique, climatique et démographique va en effet entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Il y aurait toutes les raisons d’être pessimiste. Face au désordre socio-économique croissant, la tentation du fascisme va donc devenir omniprésente, préparée par la montée généralisée de l’extrême droite en France et ailleurs. Les différentes sortes de terrorisme amplifient d’ailleurs la militarisation de nos sociétés. On peut espérer qu’il en soit autrement car toute dictature, même exercée au nom du peuple ou de l’écologie, mène irrémédiablement au désastre : la manipulation des foules n’est jamais porteuse de bonnes nouvelles. Il reste donc à mettre en œuvre ce que Hans Jonas envisageait incidemment : « Naturellement il serait préférable qu’on puisse confier la cause de l’humanité à une conscience authentique qui se propagerait. »

Sur ce blog biosphere, nous analysons depuis longtemps cette tendance au totalitarisme :

30 septembre 2019, Léviathan climatique, dictature supranationale

28 septembre 2019, Nations « unies » ou retour des dictatures ?

7 décembre 2018, Gilets jaunes, vecteurs d’un totalitarisme en marche

24 mai 2016, écologie contre extrême droite, nouvelle bipolarisation

1er avril 2016, BIOSPHERE-INFO, L’écologie sans dictature

17 mai 2013, l’écologie ou l’extrême droite, à toi de choisir !

5 décembre 2011, USA, l’extrême droite en marche… c’est terrifiant… de bêtise

26 juin 2011, en 2012, écologisme contre extrême droite

20 février 2011, démocratie et risque d’écofascisme

10 octobre 2010, l’écologie est un anti-totalitarisme

18 mai 2010, l’extrême droite progresse. Inéluctablement ?

16 août 2009, écolofascisme ?

28 mai 2009, écolofascisme

24 août 2008, dictature verte ?

28 avril 2008, écolo-liberté ou écolo-fascisme ?

* L’ÉCOLOGIE À L’ÉPREUVE DU POUVOIR (Un avenir peint en vert pour la France ?) de Michel Sourrouille (aux éditions Sang de la Terre, 370 pages pour 19 euros)

Partagez ...

12 réflexions sur “Trump favorise la montée du fascisme”

  1. Donald Trump ne se bat pas tant contre Joe Biden que contre l’élection elle-même. C’est un autocrate qui se fout du peuple en semant le doute sur la validité du processus électoral, en refusant de s’engager à reconnaître le résultat du scrutin s’il ne lui est pas favorable, en insinuant qu’il peut appeler ses troupes à la révolte.
    Ce type dangereux pour la démocratie l’est aussi pour la planète. Trump a nié les réalités biophysiques du réchauffement climatique et misé son pouvoir sur les ressources fossiles et l’emploi qui va avec ; il allait à l’inverse de ce que ferait un politique responsable. e qui accroît le problème, c’est que ce genre de dictateurs se multiplie un peu partout, Brésil, Turquie, Pologne, etc. Cela ne laisse présager rien de bon pour la nécessaire transition écologique. Les générations présentes souffrent déjà, pour les générations futures ce sera le désastre…

    1. regardez en différé les deux minutes de Paula White, la conseillère spirituelle de Donaid Trump, tenir le 4 novembre dernier un prêche particulièrement énergique en faveur de son poulain :
      « Frappez sur le sol, frappez sur le sol, frappez sur le sol………..Jusqu’à ce que nous ayons la victoire……Victoire, Victoire, Victoire, Victoire……………..Pour que les anges soient libérés maintenant face à tous les ennemis alignés contre vous, Nous briserons les confédérations démoniaques (les Démocrates évidemment) contre l’élection, contre l’Amérique, J’entends un son de victoire, J’entends un son de victoire………….. le seigneur dit que c’est fait….. »

  2. Nul doute que Trump est un fasciste. Ceux qui pourraient encore en douter n’ont qu’à écouter ce qu’il dit et voir qui sont ceux qu’il admire et qu’il félicite pour leur victoire, ou leurs méthodes expéditives pour faire taire toute opposition (Poutine, Bolsonaro, Duterte…) Lire aussi l’article du 17 septembre dernier de Joseph Kishore, candidat du SEP à la présidence des États-Unis : « Trump incite à la violence fasciste à l’approche des élections ». Aujourd’hui nous sommes obligés de constater ce qui en est, la tension monte aux USA, Trump ne veut rien lâcher. Ce fascisme là n’a rien de vert, il se présente ouvertement climatosceptique et anti-environnement, c’est ce carbo-fascisme conceptualisé par Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences et de l’environnement.

  3. Fascisme vous avez dit fascisme ? OUI mais lequel ? Fascisme Démocrate ?
    Durant son mandat, Trump n’ a déclaré aucune guerre à aucun pays ! En outre, il a commencé à désengagé l’armée ici et là à travers le monde.
    Par contre avec Biden ce sera le retour de l’administration Clinton, Clinton qui durant son mandat avait déclaré des guerres !
    Trump avait commencé à dé-mondialiser le monde, mais avec Biden ce sera le retour des guerres, pour imposer la mondialisation, les fameux navire de guerre pour couvrir les navires marchands, comme par exemple en Mer de Chine.
    Si fascisme il y a, c’est bien chez les Démocrates…

    1. Celle là il faut l’encadrer : Trump est un guignol, un fou, une tortue obèse sur le dos, tout ce qu’on voudra, mais pas un va-t-en guerre, ça non ! Et en plus il a oeuvré à la démilitarisation, à la pacification et à la démondialisation partout dans le monde. C’est sûr, on va le regretter.

    2. @ BGA À 15:02 : Le problème avec le mot fascisme (et pas que lui) c’est qu’on peut en faire ce qu’on veut. Depuis un moment déjà on s’est habitué à entendre les extrémistes de droite dire que leurs adversaires sont de gauche (ex : tout ce qui n’est pas de mon camp est UMPS, donc bobo-coco-socialo etc. Misère misère). Pareil parfois dans l’autre sens, vu de l’extrême gauche tout le reste est à droite. Résultat, tout le monde ou presque est déboussolé, certains plus que d’autres.
      Le fascisme a une histoire, sa définition est sans équivoque. Mais il faut maintenant l’entendre dans sa définition populaire : un mode de pensée et d’action extrémiste, intolérant, fermé d’esprit, discriminant, violent et donc liberticide envers ceux qui ont une autre vision des choses. Résultat, aujourd’hui tout le monde voit des fascistes partout. En tous cas, même s’il n’y en a pas partout, il en existe tout de même. Comme existent des racistes, des nazis etc.

    3. Bonsoir @Bga80.

      Vous écrivez « Durant son mandat, Trump n’ a déclaré aucune guerre à aucun pays. Êtes-vous sérieux ou sérieuse?

      Trump a mené en Syrie, en Afghanistan, en Irak et ailleurs au Moyen-Orient plusieurs interventions militaire! Et il pointe comme ennemi la Chine!

      Bien sûr, l’administration Clinton est va-t-en-guerre! Mais l’administration Trump aussi!

      1. Bonjour INVITE2018 : Vous avez raison, c’est le moins qu’on puisse dire, elle n’est pas trop sérieuse. Nous pourrions également lui suggérer de revoir l’épisode « Plus fou que moi tu meurs ! » Celui où Donald affronte Kim Jong-un. Là encore on l’a échappé belle. Ainsi ça lui donnerait l’occasion de venir nous démontrer (par a+b, comme à son habitude) que c’est justement le gentil Donald qui nous aura évité l’Apocalypse. La bonne blague !
        Ce n’est pourtant pas compliqué, de comprendre la pensée binaire de cet extrémisme, de droite. La Corée du Nord c’est l’enfer. Et pourquoi donc ? Parce que c’est rouge, tout connement ! Donc tout ce qui est rouge, qui contient du rouge, le rose par exemple, tout ça c’est le MAL. Et tout ça il faut le détruire. Misère misère !

  4. La grande farce électorale américaine est probablement le numéro le plus représentatif du grand Show ou du grand Barnum. La grande tournée dans tout le pays, les grands chapeaux, les flonflons, les pom-pom girls, la musique de cirque, tout y est. On dira que c’est la tradition, que ça se passe comme ça au pays de Mickey et de Donald, alors admettons.
    Toutefois, qu’un clown ou un guignol puisse être «démocratiquement» élu président c’est déjà pas mal. Mais que l’homme le plus puissant de la planète puisse être aussi ridicule, puisse se ridiculiser à ce point, puisse battre tous les records de démesure, etc. ça il faut le voir pour le croire. Et pourtant c’est la réalité.

    1. Du coup les me(r)dias se lâchent, feu à volonté sur l’ambulance ! Voilà par exemple ce qu’on entend sur CNN : « C’est le président des États-Unis. C’est la personne la plus puissante du monde. Nous le voyons comme une tortue obèse sur le dos s’agiter sous le soleil brûlant, réalisant que son temps est révolu. »
      Une tortue obèse sur le dos c’est vrai que c’est rigolo, quoique. N’allons pas croire que les clowns et le Barnum ne tournent qu’aux Etats-Unis, en France nous sommes également bien servis, et pas seulement avec Canteloup, Pierre-Emmanuel Barré et Jean Passe.
      Tout ça fait partie du Spectacle, comme chacun sait, en attendant the Show must go on ! Si ça peut en consoler certains, la Peste brune nous offrira elle aussi son Spectacle. Au programme, commémorations, visites officielles, grandes messes, compétitions sportives, défilés militaires etc. Et peut-être même des exécutions publiques. «Youpi ! » crieront certains. Misère misère!

  5. Cette fois je suis d’accord avec Biosphère, mieux vaut en rire qu’en pleurer. C’est d’ailleurs ce que j’essayais encore d’expliquer ce matin à un pauvre bougre insomniaque. Alors en attendant rigolons rigolons, tous ensemble tous ensemble ouai ouai ! Parce que quand la Bise fut venue, c’est sûr ça sera beaucoup moins rigolo. Tous les ingrédients sont là, il faut être aveugle pour ne pas le voir. Avant la fin des haricots la Peste brune risque de nous faire regretter le Covid.

    1. La Peste brune sera évidemment maquillée en vert, dans le but de séduire la populace fatiguée et ratisser le plus large possible. Aujourd’hui le vert n’est pas seulement incontournable, il devient de plus en plus une véritable NÉCESSITÉ.

      – « L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité […] Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint d’adopter une façon de faire plus radicale […] Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. » (Bernard Charbonneau 1980)

Les commentaires sont fermés.