biodiversité

IPBES, sans biodiversité tu meurs

Un agriculteur dont les récoltes dépendent des pollinisateurs, une papeterie qui s’approvisionne en bois, une pêcherie sensible à l’état des stocks de poissons, mais aussi un supermarché, une agence de voyages, une compagnie d’assurances, un magasin de vêtements… De près ou de loin, toutes les entreprises sont à la fois dépendantes de la nature et ont un impact sur celle-ci. Or, aujourd’hui, la perte de biodiversité, liée notamment à l’activité de ces sociétés, fait peser un « risque systémique et généralisé ».

Tel est le message principal du nouveau rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) – le « GIEC de la biodiversité » –, publié le 9 février 2026. Mais il est plus rentable pour les entreprises de dégrader la biodiversité que de la protéger. 

Perrine Mouterde : « Cette évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité a mobilisé pendant trois ans près de 80 experts, issus du monde scientifique et du secteur privé, et originaires de 35 pays. Le rapport a été adopté par les représentants de quelque 150 gouvernements lors d’une session plénière de l’IPBES à Manchester. Les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de l’énergie et de l’électricité, des mines et des carrières, de la construction, du transport et de l’entreposage sont identifiés comme ayant des impacts directs « quantifiés » et « relativement élevés ». Mais beaucoup de secteurs ne réalisent pas à quel point ils sont dépendants de la biodiversité, notamment dans leur chaîne de valeur ou d’approvisionnement. Ni les rapports trimestriels des entreprises ni le marché ne prennent en compte la valeur réelle des services fournis par la nature ou le coût des dégâts causés par certaines activités. Pour chaque dollar dépensé pour protéger la nature au niveau mondial, 30 dollars (25,3 euros) en financent la destruction. Le gouvernement, les institutions financières ou encore la société civile doivent agir, à leur échelle, pour créer un « environnement propice » à la préservation de la biodiversité. »

Le point de vue des écologistes naturalistes

– L’article montre que les adorateurs du veau d’or continuent cupidement et stupidement leur œuvre de destruction de la Création, qu’ils nous plombent grave et eux avec.

– On part d’un constat réel sur la biodiversité et on termine par une mise en accusation des entreprises. Par contre, les consommateurs des dits produits de ces entreprises seraient-elles des victimes ? Si on veut réaliser la rupture écologique, il faudrait arrêter de pointer du doigt « les autres », mesurer l’ampleur du changement systémique nécessaire et ce qu’il représente de sacrifice pour nous tous.

– Problèmes d’eau, de climat, de biodiversité, d’énergie, de pollutions…, les rapports internationaux s’enchaînent et rien ne se passe. Il n’y a pas de flèches du temps vers un avenir meilleur, mais une course éperdue vers la famine, les guerres et les épidémies comme l’avait prévu Malthus. Comment faire s’épanouir la nature quand 8 milliards de prédateurs à deux pattes l’accaparent ?

Il est urgent et vital que nos « décideurs » prennent conscience que leur organisme est lui aussi constitués de milliers de milliards de cellules humaines qui collaborent entre elles. Ce bel équilibre est fragile et peut subitement s’effondrer du fait des déséquilibres et des intoxications que provoquent Homo sapiens financiaris.

– La cause essentielle, c’est le fait que plus de 8 milliards d’êtres humains situés en haut de la chaîne alimentaire ne peuvent qu’empiéter sur l’espace vital dévolu à toutes les espèces, donc nuit fortement à la biodiversité. Par exemple la faune sauvage a presque complètement disparue pour laisser la place à nos animaux d’élevage. La solution incontournable mais pas simple, c’est de programmer la sobriété démographique (par exemple un seul enfant par femme). De toute façon cela ne semble pas effleurer les membres de l’IPBES…

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IPBES, un rapport qui occulte la démographie (décembre 2024)

extraits : Le texte publié mercredi 18 décembre par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du GIEC pour la biodiversité, a identifié les trois principales causes sous-jacentes qui sapent les efforts actuels en faveur de la biodiversité :

D’abord, la déconnexion envers la nature et le fait que les humains la considèrent comme un objet à dominer et à exploiter.

Ensuite, la concentration du pouvoir et de la richesse, qui fait que les activités et les intérêts d’un petit nombre ont des impacts disproportionnés sur l’environnement.

Enfin, la priorité donnée aux gains individuels et matériels à court terme qui met l’accent sur les intérêts et les désirs immédiats…..

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité (septembre 2021)

extraits : En 2019, le premier rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales ». Beaucoup d’agitation pour rien. A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?….

Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain (janvier 2020)

extraits : Qui a écrit , « Face à l’effondrement de la biodiversité, annonciateur de celui des sociétés humaines, il n’est plus temps de tergiverser, de lésiner ou de se payer de fortes paroles. On ne marchande pas avec la vie » ? Cette phrase était la conclusion d’un éditorial du MONDE (7 juillet 2018) il y a plus de deux ans. Depuis rien n’a bougé, le soi-disant contre-pouvoir des médias n’existe pas. Reste l’incantation des diplomates. La Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB) est un traité international adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. En 2020, les États-Unis n’avaient toujours pas ratifié cette Convention. En 2010, lors de la COP10 (conférence des parties) au Japon, la CBD avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020. Dix ans plus tard le constat était amer : la plupart des objectifs n’avaient pas été atteints. La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) n’a vu le jour qu’en 2012, vingt ans après Rio. La 15e Conférence des Parties (COP15) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) est programmée en octobre 2020 à Kunming, en Chine. COP15 pour la biodiversité et nous n’étions même pas au courant qu’il y en avait 14 avant !

L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit… (mars 2018)

extraits : Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars 2018 à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière. Les quatre rapports sont le résultat d’un travail colossal, réalisé par plus de 550 experts de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources diverses, ou encore de savoirs autochtones. Cette analyse est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est similaire au fonctionnement du GIEC qui s’occupe du climat….

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Nobel de l’écologie, la mycologue Toby Kiers

Toby Kiers, une mycologue et biologiste de l’évolution américaine, agit sur tous les fronts pour attirer l’attention sur l’importance des interactions entre plantes et champignons et la nécessité de protéger cette biodiversité. Elle reçoit le Tyler Prize for Environmental Achievement, l’équivalent d’un prix Nobel de l’écologie.

Perrine Mouterde : Le 14 janvier, les champignons mycorhiziens, invisibles mais essentiels à la vie sur Terre, sont à l’honneur à l’occasion de l’annonce de l’attribution du Tyler Prize for Environmental Achievement, doté de 250 000 dollars, à Toby Kiers. Les relations symbiotiques entre les végétaux et les champignons, vieilles de centaines de millions d’années, sont fondamentales. Les plantes absorbent le carbone de l’atmosphère, puis le transforment en sucres et en lipides. Elles envoient ensuite ces nutriments aux champignons, qui en ont besoin pour survivre et étendre leurs réseaux. En échange, les champignons transmettent aux plantes du phosphore et de l’azote, indispensables à leur croissance. Toby Kiers avec le biophysicien Tom Shimizu parvient à donner à voir ce qui était jusqu’ici invisible. Les ressources échangées par les plantes et les champignons sont marquées à l’aide de nanoparticules, et un robot permet de cartographier en continu les réseaux d’échanges.

Souvent présenté comme le « Nobel de l’environnement », ce prix, créé en 1973 et administré par l’université de Californie du Sud, a récompensé des dizaines de personnalités telles que la primatologue britannique Jane Goodall ou le climatologue américain Michael Mann.

Le point de vue des écologistes mycorhiziens

sansay : Oui c’est bien, mais que fait le reste du monde pendant ce temps ? Ça brûle toujours plus de pétrole et même ça s’en va-t-en guerre pour en avoir plus. Il faudrait inventer un prix inverse du Nobel, un prix négatif, pour montrer du doigt tout les salauds qui continuent à détruire notre planète.

Mam : Si le gouvernement écoutait les scientifiques experts plutôt que les bourrins en tracteur, il ferait en sorte que le sol martyrisé par l’agriculture intensive redevienne vivant.

MirGar : Les réseaux mycorhiziens de la terre présentent des analogies dans leurs fonctions avec les réseaux sanguins des êtres vivants.

ti Gilou : Cela fait des années que je ne retourne plus mon potager avec des résultats certains. Je pensais que c’était du uniquement aux vers de terre. Je découvre l’action de ces champignons mycorhiziens

Jean-Claude Herrenschmidt: Un travail académique de plus qui permet de montrer l’action létale de l’industrie humaine sur le vivant. Celui-ci, s’est développé pendant des centaines de millions d’années dans un système d’inter-relations auto régulateur très élaboré et hypercomplexe. Chaque nouvel événement, « extérieur » à lui, a ainsi pu être intégré dans son fonctionnement. L’industrie humaine a déversé sur ce système une telle quantité et diversité d’évènements nouveaux en si peu de temps qu’il ne peut pas réagir avec efficacité. Débordé de toutes parts, il ne peut que périr. Une catastrophe prévisible ?

OnaEcO : Qu’en pensent les dirigeants de la Fnsea ou la coordination rurale pour qui la terre, le sol, n’est qu’une source de production agro-industrielle ?

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Écoblanchiment, verdissage, le prix Pinocchio

extraits : Un prix pour récompenser « le meilleur du pire ». Le prix Pinocchio 2020 vient d’être remis par Les Amis de la Terre et la Confédération paysanne à la multinationale Yara, fabricant norvégien d’engrais de synthèse. Cette récompense mal acquise distingue chaque année une entreprise pour son greenwashing, soit le décalage entre l’image vertueuse pour l’environnement qu’elle se donne et la réalité de ses actions.Yara vante ses services pour « une agriculture intelligente pour le climat ». Yara a dépensé plus de 11 millions d’euros depuis 2010 pour des activités de lobbying à l’échelle européenne. Les organisateurs des prix Pinocchio dénoncent « une agriculture basée sur l’utilisation intensive d’intrants chimiques, au détriment de la santé, des écosystèmes et du climat ». La multinationale a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 20 % entre 2009 et 2017, la fabrication d’engrais chimiques nécessitant de l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles. Cette production est également responsables d’émissions de protoxyde d’azote, d’ammoniac et de pollutions de l’eau par les nitrates….

Les différents substituts au prix Nobel d’économie

extraits : Depuis 1989, le Prix Goldman rend chaque année hommage aux défenseurs de l’écologie issus des six régions du monde. Cette récompense individuelle est considérée comme « le prix Nobel de l’Écologie ». Voici quelques autres prix Nobel qui méritent d’avoir leur place au Panthéon de l’écologie….

N’oubliez pas les noms des héros de l’environnement (prix Goldman 2018)

extraits : Voici les Portraits de six héros de l’environnement primés le lundi 23 avril 2018. Pour l’Europe, Claire Nouvian (protectrice des fonds marins) ; Pour l’Afrique, Makoma Lekalakala et Liz McDaid (unies contre le nucléaire) ; Pour l’Amérique du Nord, LeeAnne Walters (un combat pour l’eau potable) ; Pour l’Amérique du Sud, Francia Marquez (la culture pour résister contre l’orpaillage illégal) ; Pour l’Asie, Khanh Nguy Thi (remplacer le charbon par une énergie verte) ; Manny Calonzo, Philippin (fini le plomb, place à la peinture responsable et durable)….

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Francis Hallé, voyage à la cime des arbres

Francis Hallé, professeur de botanique, est un spécialiste de l’arbre, et particulièrement de son architecture. Désireux d’étudier la forêt tropicale, il a lancé à la fin des années 1980 les expéditions appelées « radeau des cimes », consistant à déposer à la cime des arbres des boudins gonflés avec des filets, afin d’inventorier la biodiversité de la canopée. Infatigable défenseur des arbres, il est mort à l’âge de 87 ans le 31 décembre 2025.

disparitions : Francis Hallé avait été l’un des premiers scientifiques de terrain à mettre en avant la fonction irremplaçable des vastes forêts tropicales dans la régulation climatique, et leur rôle tout aussi essentiel dans la préservation de la biodiversité. Pessimiste sur les chances de parvenir à protéger les dernières grandes forêts primaires de la planète, alors que l’Amazonie elle-même était déforestée à une échelle industrielle et que de « mégafeux » dévastaient les forêts australiennes, Francis Hallé resta toujours un infatigable pédagogue. La quête du profit immédiat, omniprésente dans les sociétés occidentales, le révulsait, et il ne manquait jamais de rappeler son incompatibilité avec la patience qui doit accompagner, au-delà d’une vie, la croissance des grands arbres. Ce sont les arrière-petits-enfants de ceux qui les ont plantés qui jouiront de l’ombre bienfaisante des arbres forestiers, disait-il.

Auteur de nombreux ouvrages, Francis Hallé laisse, avec son Eloge de la plante (Le Seuil, 1999) ou son Plaidoyer pour l’arbre (Actes Sud, 2005), les manifestes d’un infatigable défenseur du vivant. Le dernier projet auquel son nom restera attaché est donc la recréation d’une forêt primaire en Europe de l’Ouest sur une superficie de 70 000 hectares, d’une forêt primaire. Six ou sept siècles seront nécessaires à l’établissement de cette nouvelle forêt primaire à partir de la forêt existante (il aurait fallu mille ans sur un sol nu).

A côté de son œuvre scientifique, l’accomplissement de ce projet littéralement extra-ordinaire pourrait valoir à son promoteur une éternelle reconnaissance : celle des arbres eux-mêmes.

Le point de vue des écologistes

Recréation d’une forêt primaire sur 600 ans, c‘est quand même moins ambitieux que le projet d’enfouissement des déchets très radioactifs à Bure, qui se compte en dizaines de milliers d’années.

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La vie sauvage dans notre jardin, c’est possible

extraits : On peut, à notre échelle, restaurer le vivant en créant des refuges sur nos parcelles. Mon terrain, ma petite réserve écologique. Une volonté de sanctuariser émerge, chez nombre de Français, pressés de protéger, au moins à l’échelle de leur propriété, cette biodiversité dont l’effondrement affole. A l’entrée de certaines propriétés, les panneaux s’accumulent : « Chasse interdite », « Refuge LPO », « Havre de vie sauvage-Aspas ». On passe le message à ses enfants : « Chaque être vivant a son utilité. » Notons cependant que la nature ne parvient à s’auto-réguler que si un véritable écosystème complet s’installe sur une vaste échelle : le rêve de Francis Hallé par exemple et sa forêt primaire européenne

lire, Les secrets des arbres décryptés par Francis Hallé

compte-rendu de sa conférence à l’abbaye de l’Epau (Sarthe), le 11 mars 2014.

– L’animateur lui demande de définir un arbre. Hallé répond qu’il avait naguère une définition, mais qu’un voyage en Afrique du Sud l’a jeté dans la perplexité : il existe là-bas un arbre souterrain dont les racines et le tronc restent sous terre, et dont le feuillage rampe au sol, en grandes surfaces.

– Comme dit Francis Ponge, « les animaux, c’est l’oral ; les plantes, c’est l’écrit ». L’arbre est autonome et divisible. « Avec un sécateur, je vous en fais des centaines ». L’homme, en revanche, est indivisible. C’est l’individu.

– L’animal se fait manipuler par les plantes, qui l’attirent par leurs fleurs et leurs fruits. Sans champignons dans le sol, pas d’arbres.

– En matière d’architecture de l’arbre, on connaît 22 modèles pour 70.000 espèces.

– Si l’on met à plat toutes les surfaces d’un arbre, on aboutit à des superficies immenses. Un arbre urbain moyen fait 200 hectares !

– En 2012, nous avons lancé l’Etoile des cimes au Laos, beaucoup plus légère que le radeau, qui pouvait porter six personnes. Pour la biodiversité, la forêt tropicale est imbattable : la bande équatoriale recèle 75 % de la biodiversité, alors que les mers n’en recèlent que 14 % ! »

– Quand on a commencé à étudier les insectes de la canopée, on est passé de 3 millions d’espèces à 30 millions ! Il y a là-haut des crabes qui mangent les têtards de rainettes dans le creux mouillé des branches.

– En Tasmanie, il existe un arbre de 43.000 ans qui se multiplie par les racines et produit sans cesse des clones.

– Je suis pour qu’on plante des arbres dans les cours des prisons. L’univers minéral, 24h sur 24, c’est l’enfer.

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Mort de Brigitte Bardot, quel est son message ?

Cinq fois condamnée pour « incitation à la haine raciale », Brigitte Bardot est morte le dimanche 28 décembre 2025 à 91 ans.

L’actrice, incarnation de la liberté de la femme, a tourné dans 56 films. En Yougoslavie, les photos de Bardot sont censurées au motif qu’elles troublent la jeunesse yougoslave. En 1958, la sortie d’Et Dieu… créa la femme aux Etats-Unis. A Dallas, la police locale interdit le film aux Afro-américains au prétexte qu’il serait « trop excitant pour les Noirs » !

Bardot n’eut de vie privée que publique. « Je suis une femme comme n’importe quelle autre, déclare-t-elle alors. J’ai deux oreilles, deux yeux, un nez et une bouche. J’ai des sentiments et des pensées et je suis une épouse et une mère avant tout. Mais ma vie est en train de devenir impossible. Mon âme ne m’appartient pas. »

Elle commence à porter sur la société un regard de plus en plus désabusé, elle parle de « quitter le monde ». Le 26 février 1981, Bardot se confiera au MONDE que « L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise » en 1973, a été son dernier film

Les animaux deviennent pour elle un remède à la déception causée par les hommes : « J’adore les animaux, dit-elle. Je les préfère souvent aux humains. Lorsqu’un animal vous aime, il vous aime pour ce que vous êtes pour lui, et non pour ce que vous êtes. » En1976, elle lance une campagne internationale contre la chasse aux bébés phoques. En 1986 elle crée la Fondation Brigitte-Bardot de défense des animaux.

Brigitte Bardot raciste, Brigitte Bardot icône du cinéma, Brigitte Bardot soutien des animaux … que faut-il retenir ? Voici ce qu’en disent nos archives.

Brigitte Bardot, un extrémisme antispéciste revendiqué (avril 2018)

extraits : Je ne fais pas partie de l’espèce humaine. Je ne veux pas en faire partie. Je méprise l’humain quand il refuse d’accepter d’où il vient et la nature dont il est constitué. Ce sont les humains tournés vers eux-mêmes que je n’estime pas, les Narcisse et les arrogants. Nous autres êtres humains sommes des « petits-rien-du-tout » dans l’immensité de l’univers. Si avant toute chose nous nous remettions cette évidence à l’esprit, bien des désagréments nous seraient évités. Nous faisons partie d’un tout : la nature, la Terre, l’espace forment un ensemble homogène et cohérent. Ne faisons aucune différence entre les espèces. Aussi longtemps que l’animal sera considéré comme une espèce inférieure, qu’on lui infligera toutes sortes de maux et de souffrances, qu’on le tuera pour nos loisirs et nos plaisirs, je ne ferai pas partie de cette race insolente et sanguinaire.

Brigitte Bardot et la maltraitance dans les abattoirs (mai 2018)

extraits : Brigitte Bardot et Rémi Gaillard demandent à la veille de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation que la vidéosurveillance soit imposée aux abattoirs comme l’avait promis le candidat Emmanuel Macron. Dans le collimateur des deux activistes, le ministère de l’agriculture, qui a retiré du projet de loi le contrôle vidéo obligatoire. « Pour le moment, Macron ne fait rien, et le peu qu’il fait est le contraire de ce qu’on demande : il fait ami ami avec les chasseurs, rétablit les chasses présidentielles… », critique Brigitte Bardot….

BIOSPHERE-INFO, l’antispéciste Brigitte Bardot (juillet 2018)

extraits : Ne faisons aucune différence entre les espèces. Aussi longtemps que l’animal sera considéré comme une espèce inférieure, qu’on lui infligera toutes sortes de maux et de souffrances, qu’on le tuera pour nos loisirs et nos plaisirs, je ne ferai pas partie de cette race insolente et sanguinaire. Je suis « anti-spéciste », de corps et d’âme, mais depuis 44 ans je le clame d’une façon différente, sans termes savants. L’idée de « libération animale » a été créée par Peter Singer. J’avais entendu parler de la sortie de son livre en 1975, mais je ne l’ai pas lu à l’époque, malheureusement. Autrefois on niait l’humanité des hommes qui étaient enchaînés. On nie aujourd’hui la sensibilité des bêtes. S’il n’y a pas prise de conscience, des espèces disparaîtront de façon imminente. L’homme n’est pas supérieur aux animaux….

Brigitte Bardot alerte sur la surpopulation (août 2022)

extraits : Le 28 juillet 2022 sur son compte Twitter, Brigitte Bardot s’est épanchée sur la surpopulation à l’origine de la plupart des problèmes environnementaux. Se référant à la préface qu’elle a écrite pour le livre « Le réchauffement climatique ou Cinq Milliards d’Hommes en trop » de Jean-Claude Hermans, publié en 2019, Brigitte Bardot rebondit sur les dires de ce dernier et clame que la surpopulation est « l’un des grands problèmes actuels. » ; Elle (la surpopulation, ndlr) est à l’origine de la plupart des problèmes de climat, de pollution d’air, des mers, des rivières et des sols, et des épidémies aussi. » Ses 67000 abonnés ont pu également lire en guise de conclusion : »Il faudrait s’interroger sur les conséquences de cette démographie inquiétante et étudier la façon de la stopper« . C’est une question urgente et primordiale, car pour Brigitte Bardot, « il en va de la survie de l’humanité ! »….

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Regards croisés sur la mort des loups

Publiée fin novembre 2025, la dernière estimation des effectifs de loups en France fait état de la présence de 1 082 individus. Le gouvernement autorise l’abattage de 19 % de la population, 192 loups ont été assassinés en 2025.

– Pour plus d’égalité entre inhumains et non-humains, admettons pour la population française métropolitaine de 66 millions le même taux de régulation des effectifs, soit une perte pour l’année de 12 540 000 personnes. Il resterait encore beaucoup beaucoup de monde, beaucoup de villes, beaucoup  d’élevage extensif, beaucoup d’agro-industrie, beaucoup de routes, beaucoup de tout de trop.

– L’Homme abat 4 millions de bovins chaque année en France, mais si un loup en tue 2 ou 3 ovins, c’est la catastrophe et on abat le loup. Triste dans tous les sens.

– On exploite la nature sans limite, et on s’offusque quand celle ci reprend un peu ses droits par le loup, l’ours ou le requin. Les éleveurs devraient délibérément offrir un de leur animaux aux loups. C’est ce que faisaient les indiens d’Amérique car ils avaient compris que la nature ne leur appartenait pas, mais qu’ils lui appartenait. Ils se devaient de lui rendre une partie de ce que celle-ci leur offrait si généreusement.

– Cet abattage me laisse complètement perplexe. Que l’éleveur soit indemnisé pour ses pertes, évidemment. Mais alors pourquoi abattre des loups ? Cela me rend malade, c’est tellement beau le sauvage. Comment défendre le peu de nature qu’il reste pour mes enfants et leurs futurs enfants ?

– Alfred de Vigny, La mort du loup : « Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes, Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes ! Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C’est vous qui le savez, sublimes animaux ! A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse. – Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur ! »

– Officiellement en France, 33 personnes, des enfants majoritairement, ont été tuées par des chiens de 2003 à 2023. Combien de personnes ont-elles été tuées par des loups ? Aucune depuis trois siècles. Laissons les loups prospérer et débarrassons nous des chiens.

– Encore la redécouverte du relativisme. Il y a des personnes qui arrivent à manger tranquillement avec la télé allumée alignant crimes sordides, génocides et noyades de migrants. Mais si un moustique commence à s’intéresser à leur sang et vrombit près de leur tête alors l’insecticide est lâché.

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Tuer des loups sans sommation, beurk (septembre 2025)

extraits : La France a été en première ligne pour réclamer l’abaissement du niveau de protection du loup, passée d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Quelques mois après l’entrée en vigueur de ce déclassement au niveau européen, l’Etat devait préciser, ce 23 septembre 2025, la manière dont il entend traduire ce changement de statut. Il devait annoncer, notamment, de nouvelles mesures visant à accorder le droit de tuer des loups à l’ensemble des éleveurs afin de défendre leur troupeau, sans condition….

Les loups entre la vie et la mort (décembre 2024)

extraits : Réunis à Strasbourg le 3 décembre 2024, les 50 Etats membres de la convention de Berne ont voté pour un abaissement du niveau de protection des loups. Il v passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui n’a jusqu’ici jamais été fait pour aucune espèce. Ce déclassement était réclamé par les représentants des éleveurs et des agriculteurs, qui dénoncent une pression trop forte exercée par le prédateur. Ursula von der Leyen s’était emparée du dossier en septembre 2023….

Nos amis les loups en ligne de mire (septembre 2023)

extraits : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a ouvert la voie le 4 septembre 2023 à une possible révision du statut de protection de cet animal : son propre poney, Dolly, a été tué par un loup en septembre 2022 ! Exemple frappant de l’animal domestique choyé au détriment de l’espèce sauvage….

Fécondité des loups, fécondité des hommes (septembre 2023)

extraits : En France, 1 104 loups en 2023 pour 67 millions d’humains : cherchez l’erreur ! Le problème essentiel est que l’espèce homo sapiens s’est propagée au détriment de presque toutes les autres. Que diraient les Français si leur taux de mortalité provoquée était fixé « à 19 % de la population totale » et qu’on pouvait tirer à vue le surnombre avec des lunettes à visée nocturne. Quel est le seuil de viabilité de cette espèce d’hominidé qu’on devrait respecter : environ 500 individus, ou 2500 individus sexuellement matures ? Notez que l’humain et le loup se ressemblent, ils chassent en meute. Ce sont des prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui doivent en conséquence réguler leur population en proportion des ressources à leur disposition. Le loup limite sa reproduction au seul couple dominant de la meute pour ajuster ses effectifs aux ressources disponibles. Quand les proies se font rares, la meute reste parfois deux ou trois ans sans mises bas….

En savoir encore plus

350 loups, 67 millions de Français, le déséquilibre (2018)

Si tu tues les loups, tu dois aussi tuer les cerfs (2014)

Du loup ou des humains, quel est le super-prédateur ? (2014)

de l’homme au loup, une trop troublante similitude (2013)

pas assez de loups, trop de moutons, difficile cohabitation (2012)

Face aux éleveurs, des loups exaspérés (2012)

gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre (2012)

un loup de moins, humanisme en berne (2010)

moins d’éleveurs, plus de loups (2008)

extraits : L’espèce Canis lupus, réintroduite depuis l’Italie vers 1992, serait dans un état de conservation favorable en France avec 150 individus et quatorze meutes. Je rêve d’un territoire français où l’espèce homo sapiens serait ramenée à 150 individus rassemblés dans quatorze villages, ce qui permettrait aux loups, aux forêts et à l’exubérance de la vie sous toutes ses formes de prendre tout l’espace dont l’homme s’est accaparé pour son seul intérêt à court terme…

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Faisons des cadeaux à Démographie Responsable

« Démographie Responsable », une association malthusienne à soutenir.

L’association Démographie Responsable milite en faveur de la stabilisation de la population mondiale et de sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains, notre démarche passe par la sensibilisation de chacun aux conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement.

https://www.demographie-responsable.fr/nous-rejoindre

A tous ceux qui pensent qu’il est idiot de se préoccuper du problème démographique et que la détérioration de la biosphère ne relève que du mode de vie consumériste, nous pouvons rappeler que parmi les personnages s’étant inquiétés de la surpopulation, on trouve Einstein, Lévi-Strauss, Baudrillard, Freud, Yourcenar… tous bien connus pour leur déficience intellectuelle notoire.

« Démographie Responsable » est une association d’intérêt général 

DR bénéficie désormais du statut d’organisme d’intérêt général avec les avantages fiscaux qui lui sont associés. Donc, les sommes (dons et adhésions) versées à Démographie Responsable pourront être déclarées au titre des « dons  à certains organismes d’intérêt général »  dans votre déclaration. Les services fiscaux se chargeront alors de déduire 66% de ces versements du montant de vos impôts.

Pour mieux connaître notre point de vue

le site Démographie Responsable

wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_responsable

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Faisons des cadeaux à FNE

L’équipe de France Nature Environnement vous remercie de votre soutien

Le hérisson, emblème de nos jardins, fait face à de nombreuses menaces. Pesticides, disparition de ses milieux naturels, dérèglement climatique… Ce mammifère est à l’image de la biodiversité : essentiel, vulnérable et surtout il ne peut se défendre seul là où tout se décide.

  • Qui le représente, lui, les pollinisateurs ou les oiseaux des champs, à l’Assemblée pour demander l’interdiction des pesticides de synthèse ?
  • Qui défend la prise en compte du hérisson et de la faune sauvage lorsque des projets impactent la nature ?
  • Qui veille sur l’agenda politique européen et alerte quand la protection de la nature et des espèces est attaquée ?

À l’Assemblée, dans les ministères et sur le terrain, FNE agit pour donner une voix à cet animal sans défense. Grâce à votre don, nous ferons entendre sa voix là où tout se décide

👉 Je fais entendre la voix de la nature

Protéger le hérisson, ce n’est pas anecdotique. C’est protéger ses habitats, toutes les autres espèces qu’ils abritent et l’équilibre de nos écosystèmes locaux, depuis nos jardins jusqu’aux milieux les plus sauvages.

C’est votre engagement qui nous permet d’agir concrètement pour lui et pour toute la biodiversité :

  • En attaquant en justice la vente illégale de pesticides.
  • En mobilisant des milliers de citoyennes et citoyens via notre plateforme « Sentinelles de la Nature » pour signaler les destructions de haies. 
  • En appuyant les collectivités pour éviter et réduire l’artificialisation de la nature.

Je fais un don pour protéger le hérisson 🦔

Si vous êtes imposable, en nous faisant un don avant le 31 décembre 2025, vous pouvez déduire 66 % de son montant de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Un don de 100 € vous revient à 34 € et finance nos actions pour le vivant.

👉 Je deviens Justicier·e de la Terre

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Surpopulation = disparition de la mégafaune

La disparition des mammifères d’une masse supérieure à 44 kilogrammes, qualifiée de mégafaune, doit-elle être attribué à un changement climatique, aux incendies ou à l’intensification de la prédation humaine ? Cette mégafaune suit généralement une stratégie d’évolution K, présentent une grande longévité et un faible taux de renouvellement démographique, et surtout peu ou pas de prédateurs capables d’attaquer des adultes en bonne santé. Ces caractéristiques rendent cette mégafaune fortement vulnérable face à la pression humaine. La mégafaune australienne a disparu entre 50 000 et 20 000 ans. L’île de Madagascar a connu une mégafaune parmi laquelle l’oiseau-éléphant, la tortue géante, ou le lémurien géant ; toutes ces espèces ont disparu il y a un millier d’années. Alors que l’hémisphère nord sortait de la dernière ère glaciaire il y a 10 000 à 15 000 ans, les mammouths, chevaux, paresseux géants et autres notiomastodon ont aussi collectivement disparu en Amérique du Sud. Les explications diffèrent, mais l’activité humaine est toujours présente.

Une étude de 2009 basée sur les champignons coprophiles constatait que le déclin des grands herbivores en Amérique du Sud, opéré sur la longue durée, précède les bouleversements climatiques et pensait que l’action de l’homme ne semblait pas avoir été déterminante.

Une étude de 2023 émet l’hypothèse que l’activité humaine a favorisé l’apparition de nombreux feux de forêts. La chasse d’herbivores conduit à une accumulation de nombreux combustibles végétaux inflammables puisque moins d’animaux se nourrissent de ces plantes. L’écosystème doté de broussaille devient aride.

Une étude de 2025 montre que que la mégafaune prédominait dans l’alimentation des groupes humains qui ont peuplé le sous-continent. Il procure un meilleur rendement alimentaire que de petits proies. Celles-ci ont été intégrées au menu il y a 12 500 ans, quand la mégafaune a commencé à décliner, puis l’a complètement remplacé.

Qui dit alimentation carnée facilitée dit multiplication des humains, intensification de la chasse et extinction des espèces. Le bison en Amérique du nord a été exterminé en très peu de temps. L’élevage des animaux a remplacé la prédation sur la faune sauvage, ce qui a permis d’accroître encore plus la densité humaine. Nous arrivons au bout de cette logique infernale, certains en arrivent à penser qu’on va être obligé de se nourrir d’insectes et de krill !

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manger des insectes dans un environnement dégradé

extraits : Nous mangerons des insectes. Ils se reproduisent rapidement et « présentent des taux de croissance et de conversion alimentaire élevé tout en ayant un faible impact sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie », note l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En outre, les insectes « sont nutritifs, avec une teneur élevée en protéines, matières grasses et minéraux ». Ils peuvent « être consommés entiers ou réduits en poudre ou pâte et incorporés à d’autres aliments ». De grosses blattes OGM bien grasses nourries au lisier de porc… J’en salive d’avance, rien que du bonheur….

Ensète ou insectes, pas de nourriture miracle

extraits : Demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues et de la spiruline « si riches en protéines »… On pense même nous faire ingurgiter du krill, la nourriture des baleines, 500 millions de tonnes de matière vivante. Et maintenant la pulpe abondante et la racine de l’ensète ! On nous fait croire au miracle d’une source illimités de nourriture, ce qui n’empêche pas 800 millions de personnes de souffrir grave de la faim. On ne pense pas du tout au fait de limiter la fécondité humaine alors que nous sommes dorénavant 8 milliards de bouches à nourrir….

Nous mangerons bientôt du krill, des insectes, nos déchets

extraits : Le krill, antarctique, nourriture des baleines, représente 500 millions de tonnes de matière vivante, c’est-à-dire environ 5 fois le volume total des poissons péchés et élevés chaque année dans le monde. Malheureusement les progrès technologiques permettent à l’industrie de la pêche d’armer des bateaux capables de capturer des proies aussi petites. Et bien sûr nous visons au gigantisme. Un chalutier norvégien de 135 mètres de long peut déjà prélever et transformer jusqu’à 250 tonnes de krill par jour. Manger des insectes ou du krill, c’est toujours refuser de maîtrise notre fécondité alors que nous avons dépassé 7,9 milliards d’humains.

Les méduses (et les insectes) seront l’avenir de l’homme

extraits :  Sur terre, les insectes étaient là bien avant l’homme, qui a trop souvent tendance à croire que la planète est pour lui et pour lui seul. Sur 1 200 000 espèces animales connues à ce jour, 830 000 sont des insectes. Petits, voire minuscules, les insectes ont su s’adapter à une infinité de milieux particuliers. L’homme pense dominer la planète. Pourtant, à y regarder de plus près, les vrais maîtres du monde à venir sont les insectes… et les  méduses…..

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Tuer des loups sans sommation, beurk

La France a été en première ligne pour réclamer l’abaissement du niveau de protection du loup, passée d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Quelques mois après l’entrée en vigueur de ce déclassement au niveau européen, l’Etat devait préciser, ce 23 septembre 2025, la manière dont il entend traduire ce changement de statut. Il devait annoncer, notamment, de nouvelles mesures visant à accorder le droit de tuer des loups à l’ensemble des éleveurs afin de défendre leur troupeau, sans condition.

Perrine Mouterde : A l’avenir, tous les éleveurs ovins, caprins, bovins et équins disposeraient de ce droit de tuer et seraient simplement tenus de déclarer leurs tirs une fois un animal abattu. Abattre un loup de nuit s’avérant difficile, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) demande que les éleveurs puissent être équipés de lunettes de tir à visée thermique. Début juillet, le président Emmanuel Macron a plaidé pour empêcher l’implantation du loup là « où il y a du pastoralisme », quitte à en « prélever davantage ».

Le point de vue des écologistes

BIOMAN : Encore une décision clientéliste, mais surtout une décision aberrante car en parallèle certaines populations animales prolifèrent (cervidés et sangliers en particulier). Pourtant, une étude réalisée en Suisse a révélé que le loup était bon … pour la forêt car limitant la prolifération des chevreuils qui consomment énormément d’arbres naissants !

jean-claude meyer : Je trouve cette décision scandaleuse. Pourquoi les éleveurs et les loups ont vécu paisiblement ensembles lors des siècles passés? Les éleveurs faisaient garder leur troupeau mais cela coûte maintenant sans doute trop cher, il n’y a pas d petits profits!

Bermund : En cours de randonnées en montagne, j’ai eu l’occasion de discuter avec des éleveurs et des bergers italiens à propos du loup et des réactions de leurs collègues français. Eux, il s’accommodent du loup, ils précisent qu’il faut un peu plus de travail et ne pas se contenter le laisser au loin ou là-haut les agneaux sans surveillance humaine et pas seulement canine…

pgayet : Ouais, les chasseurs et leur hobby. Honteux. Comme s’il y avait trop de loup! Quand est-ce que vous avez déjà vu un loup en liberté dans votre vie ? La réponse vous montre à quel point cette hallucination de prolifération du loup tueur se poursuit! Et même ! Nous prenons tout a la Nature et nous offusquons quand celle-ci prend un peu a son tour? Quelle hypocrisie. Tout ça parce que ces chasseurs votent, et les politiciens n’ont aucun courage. Point.

Alain Henri : Toute sa vie la brebis a craint le loup mais c’est le berger qui l’a mangée. Proverbe géorgien.

Arthenice : Le loup apporte plus de bienfaits dans la régulation du gibier sauvage porteurs de maladies et la concentration de troupeaux immenses encore plus propice à la transmission de maladies. Ajouter à cela les dégâts occasionnés sur la flore et la faune sauvage des montagnes dus à la surpopulation des troupeaux d’élevage(ressources en eau et en herbage qui vont aller en se raréfiant à cause du réchauffement climatique).

Florent Lucca : Exterminons loups, ours et espèces sauvages, créons des entrepôts de stabulation en béton et goudronnons les sentiers de montagne, ce sera mieux pour les 4X4. Il nous restera les rats et les cafards comme faune sauvage…

Claude Danglot : Est-ce qu’en retour les loups ont le droit de tuer les éleveurs pour défendre leur vie ?

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3600 tigres en Inde, 1000 loups en France

extraits : A la naissance de l’agriculture, au début de la transition néolithique il y a environ 10 000 ans, la biomasse (c’est à dire le poids total) des humains et de tous leurs animaux domestiques, ne dépassait pas 0,1 % de celle de tous les mammifères. Aujourd’hui, la proportion est de 96 %. Les tigres se retrouvent dans des zoos, les humains dans des bidonvilles. Et on veut éradiquer les loups en France…

Les loups entre la vie et la mort

extraits : Réunis à Strasbourg le 3 décembre 2024, les 50 Etats membres de la convention de Berne ont voté pour un abaissement du niveau de protection des loups. Il v passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui n’a jusqu’ici jamais été fait pour aucune espèce. Ce déclassement était réclamé par les représentants des éleveurs et des agriculteurs, qui dénoncent une pression trop forte exercée par le prédateur. Ursula von der Leyen s’était emparée du dossier en septembre 2023….

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L214, contre la maltraitance animale

L’association de défense des animaux L214 a publié le 10 juin 2025 un travail de prospective proposant vingt mesures pour réduire de moitié le nombre d’animaux abattus ou pêchés en 2030. Il s’agirait de descendre à 600 millions d’animaux terrestres et 3,5 milliards d’animaux aquatiques chaque année en France. Un tel cap est en effet aligné avec les enjeux climatiques – tous les scénarios de neutralité carbone prévoyant une baisse du nombre d’animaux élevés –, sanitaires et de protection de la biodiversité. Le rapport de L214 cite de nombreux travaux scientifiques à l’appui de sa démonstration tels que ceux de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), de l’association Solagro ou encore du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Mathilde Gérard : Dans toutes les études prospectives sur le climat ou la transition du système agricole, une baisse des cheptels et de la consommation de viande fait figure de condition indispensable, avec des variations dans les ordres de grandeur. Mais l’association se démarque de ces scénarios, dans lesquels la question du bien-être animal entre rarement en ligne de compte, en plaçant l’intérêt des animaux au cœur de sa démarche. Parmi les mesures présentées, L214 défend un moratoire sur les élevages intensifs, « c’est-à-dire des élevages où les animaux ne sortent pas à l’extérieur ». En parallèle, L214 propose une réorientation des subventions pour développer les légumes et les légumineuses. Enfin, l’association insiste sur les actions à mener sur les « récits », en régulant notamment la publicité. Le rapport est publié dans un contexte où la baisse des cheptels est considérée comme taboue par une partie des responsables politiques. Le gouvernement a mis en consultation en avril un projet de Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), dans lequel aucun objectif chiffré n’a été inclus pour la consommation de viande. Les études s’accordent sur l’idée qu’il est beaucoup moins coûteux d’agir aujourd’hui que de payer, dans dix, vingt ou trente ans, des réparations pour la dégradation de l’environnement et de la santé.

Le point de vue des écologistes anti fake news

pm22 sur lemonde.fr : Le plus gros donateurs de L214 est l’Open Philanthropy. Il existe clairement un intérêt indirect stratégique pour Open Philanthropy à financer des ONG qui affaiblissent l’image ou la légitimité de la viande conventionnelle. Cela sert un agenda idéologique, favorable à l’émergence d’un marché nouveau dominé par des acteurs techno-industriels.

biosphere : Il est vrai que fin 2017, l’Open Philanthropy a soutenu L214 par un don de 1,14 million d’euros pour 2 ans. Ce soutien a été renouvelé pour les deux années suivantes à hauteur de 1,4 million d’euros. Une transparence dont des géants de l’industrie de la viande comme Bigard ou Lactalis, par exemple, pourraient s’inspirer. Mais ce soutien n’indique pas en soi un soutien du techno-élevage. Itinéraire d’une fake news particulièrement tenace :

Le samedi 14 novembre 2020, l’émission Secrets d’info de France Inter diffusait une émission réalisée par la cellule investigation de Radio France, intitulée « Derrière L214, l’ombre de la viande in vitro ». Comment une théorie fumeuse née dans les milieux agricoles s’est-elle retrouvée présentée comme une vérité par des médias ? Cette hypothèse a été développée en 2019 par Jocelyne Porcher dans son livre Cause animale, cause du capital. Parmi les dons de l’Open Philanthropy à des organisations œuvrant pour la paix dans le monde ou à des mouvements sociaux progressistes (racisme, maltraitance animale, droits des minorités…), l’investissement réalisé en 2016 dans Impossible Foods – une entreprise qui développe des alternatives végétales à la viande (pas de la viande de culture) – est sans doute à l’origine de cette confusion. En conclusion, aucun élément n’accrédite l’existence d’une stratégie – secrète ou non – des entreprises développant de la viande de culture qui viserait à financer l’action des associations de défense des animaux dans le but de préparer l’opinion à cette technologie.

Le choix de se focaliser dans un domaine spécifique – défini comme une cause hautement prioritaire – est l’un des choix les plus importants d’un philanthrope. Open Philanthropy donne la priorité aux causes qui ont un score élevé sur une combinaison des trois critères suivants :

  • Importance: combien de personnes sont touchées et à quelle gravité?
  • Caractère négligé: quelle quantité de ressources est déjà allouée au problème?
  • Facilité de résolution: quelle est la marge de progression restante?

En savoir plus sur L214 grâce à notre blog biosphere

Association L214, les croisés de la cause animale

extraits : En 2008, Arsac et Gothière ont baptisé leur association en s’inspirant du film de Bertrand Tavernier L627, « un titre qui claquait bien ». Le cinéaste faisait référence à l’article du code de la santé publique qui prohibe les stupéfiants. Le nom L214 renvoie à celui du code rural en 1976 : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Ce qui n’est pas vraiment le cas dans les batteries industrielles ou les abattoirs. Avec deux millions d’euros de dons reçus en 2017 et plus de 24 000 adhérents, l’organisation compte désormais vingt-trois salariés, qui touchent tous le même salaire, patrons compris.…

Poules en batterie : maltraitance censurée par la justice

extraits : L’association  L214, spécialisée dans la défense des animaux d’élevage, a été condamnée à payer une somme conséquente à deux élevages de poules pondeuses en batterie, au motif… d’une « atteinte à la vie privée » : deux reportages vidéo ont été tournés de façon clandestine dans deux élevages en batterie qui détiennent « des milliers de poules enfermées dans des cages non conformes à la réglementation ». Mais les images ont été obtenues sans autorisation ! L214 déplore de se retrouver « criminalisée dans son rôle d’information » , s’étonnant que la justice qualifie d’atteinte à la vie privée « ce qui relève avant tout de l’intérêt général »….

en Chine, les cochons vivent en HLM

extraits : Pour empêcher une nouvelle épidémie de fièvre porcine, la Chine a transformé ses élevages traditionnels en fermes-usines géantes. A Hongqiao (« Pont arc-en-ciel »), un bâtiment d’élevage de 26 étages est opérationnel depuis octobre 2022. Chaque étage compte 10 000 gorets pour à peine une poignée de vétérinaires et d’agents d’entretien. En juillet, un deuxième bâtiment sera inauguré. La capacité de l’élevage sera doublée pour atteindre 540 000 cochons….

Les végans, soutien de l’agroalimentaire

extraits : Nous voyons débarquer dans les gondoles des « viandes végétales » et bientôt des « viandes cultivées » (in vitro). Des prouesses techniques mêlant génie génétique, biologie de synthèse, nanotechnologies, intelligence artificielle, gestion de données qui réjouissent les gourous du numérique. À la tête de ces entreprises, majoritairement des véganes militants, financés par des milliardaires du numérique (Gates, Thiel, …) rejoints par les grands industriels de la viande (Cargill,…), ceux-là même qui ont industrialisé l’élevage. Aux véganes la dénonciation, aux industriels la solution, à la poubelle les paysans et les métiers de bouche ; cela participe de l’altération du réel….

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La vie sauvage dans notre jardin, c’est possible

On peut, à notre échelle, restaurer le vivant en créant des refuges sur nos parcelles. Mon terrain, ma petite réserve écologique. Une volonté de sanctuariser émerge, chez nombre de Français, pressés de protéger, au moins à l’échelle de leur propriété, cette biodiversité dont l’effondrement affole. Après les mobilisations des années 1980-1990 pour sauver pandas et ours blancs, voilà les Français « conscients qu’il faut préserver la biodiversité de proximité ».

Pascale Krémer  : Ils font un refuge Aspas proscrivant la chasse (1 200 hectares sont protégés, sur tout le territoire, contre 425 hectares en 2016), ou un refuge LPO au bénéfice des oiseaux – depuis 2020, 22 000 refuges ont été créés, pour atteindre 51 000, sur 70 000 hectares. Une obligation réelle environnementale (ORE) de 2016 – un dispositif inventé par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages –, spécifie que la nature laissée en libre évolution n’y sera nullement exploitée, échappant aux engins à moteur, pesticides, aménagements en dur, déboisements. On peut aussi empêcher la chasse sur ses terres et forêts. Si ces derniers ne sont pas clos et se trouvent sur le territoire d’une association communale de chasse agréée, il faut écrire à celle-ci ainsi qu’à la fédération départementale de chasse à une date très précise, tous les cinq ans. Ensuite seulement, on peut afficher « Refuge Aspas-Chasse interdite » à chaque entrée du terrain.

A l’entrée de certaines propriétés, les panneaux s’accumulent : « Chasse interdite », « Refuge LPO », « Havre de vie sauvage-Aspas ». On passe le message à ses enfants : « Chaque être vivant a son utilité. »

Le point de vue des écologistes enherbés

La situation actuelle est désespéante, si ce n’est désespéré. L’homme a commencé son travail de destruction de la nature depuis longtemps, mais la destruction de la vie sauvage a été amplifié avec la force mécanique procurée par les ressources fossiles. Le remplacement des chevaux de trait par les tracteurs a nécessité les grandes surfaces, d’où le remodelage mortifère des paysages par le remembrement. L’évolution est désastreuse dans bien d’autres domaines. Les dernières fleurs sauvages disparaissent du fait du fauchage bisannuelle des bords de route aux moments des floraisons. A cause des chats du voisinage, on ramasse les plumes et les cadavres d’oiseaux. Autour de nous trop souvent les jardins impeccables, avec piscine, et entouré de fanatiques de la tondeuse. C’est la mode. Et il y a la réaction courante devant des herbes folles, « ça fait pas propre ! ». Les jardins sont parfois goudronnés, gazon est en plastique et les arbres seulement d’ornement. Les surpopulations de cervidés et de sangliers justifient les chasseurs. Et les agriculteurs sont souvent adeptes du glyphosate à outrance et ennemis de la moindre haie. Qu’en est-il d’ailleurs de la compatibilité des territoires laissés à eux-mêmes à l’égard des diverses réglementations qui imposent de couper les broussailles pour éviter la propagation des incendies ? « Il faut domestiquer la nature » est devenu un leitmotiv.

Notons aussi que la nature ne parvient à s’auto-réguler que si un véritable écosystème complet s’installe sur une vaste échelle : le rêve de Francis Hallé par exemple et sa forêt primaire européenne. Mais les mentalités évoluent, chacun peut créer son propre univers de vie sauvage, et c’est là l’essentiel…

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de la vie sauvage (novembre 2007)

extraits :  Chateaubriand écrivait : « les forêts précèdent les hommes ; les déserts les suivent. » Triste réalité ! Notre égoïsme fait que nous sommes devenus tout à fait inaptes à prévoir. « Après nous le déluge ! » entend-on souvent d’homme ayant procréé. Ils n’auraient donc fait des enfants que pour eux-mêmes ? (Pensées d’Alain Saury, le manuel de la vie sauvage – revivre par la nature)

Avons-nous encore besoin de rivières sauvages ? (juin 2013)

extraits : Il n’existe plus en France une seule rivière totalement naturelle. Après 15 kilomètres de parcours souterrain, la résurgence de la Vis près du cirque de Navacelles était occupée depuis près de mille ans par un moulin maintenant abandonné qui fournissait la farine aux villages environnants. Aujourd’hui une partie de l’effluent est captée par un canal qui court au flanc de la montagne pour alimenter une centrale hydroélectrique à Madières. Où est la sauvagitude, le wilderness diraient les anglo-saxons ?….

Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage (mars 2015)

extraits : La pression démographique humaine, qui limite les habitats naturels nécessaires à la vie sauvage, doit être mise sur le banc des accusés. Il faut donc limiter la fécondité humaine, vaste programme. Mais restreindre la propension des humains à s’étaler dans l’espace avec tout leur appareillage de routes et de LGV, de magasins et de parkings, de villes tentaculaires et d’habitats dispersés semble encore plus difficile que de prôner le planning familial…

Des éléphants ou des hommes, qui choisir ? (mai 2022)

extraits : Il est plus que probable que si les effectifs de la population humaine ne sont pas réduits dans des proportions importantes, la vie sauvage disparaîtra complètement de la surface de la Terre et les humains s’entre-tuerons dans leurs territoires faits de béton et de goudrons…

L’ ASPAS et les Réserves de Vie Sauvage (juillet 2024)

extraits : Grâce à l’action de l’ASPAS, la première « Réserve de Vie Sauvage » a été créée au Grand Barry le 17 septembre 2012, aujourd’hui 130 hectares au cœur d’un vaste massif boisé à la biodiversité exceptionnelle. Créé par l’association pour la protection des animaux sauvages, ce label correspond au plus fort niveau de protection de la nature en France. C’est un espace dont la gestion est la non gestion, la libre évolution, le laisser faire : la nature peut s’y exprimer pleinement et librement. Seule la promenade à pied, et seulement sur les sentiers, est autorisée.

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COP16 biodiversité, scientifiques en rébellion

Fin 2024, les pays membres de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies se sont quittés sur un profond désaccord lorsque la 16e Conférence des parties de la convention des Nations unies sur la biodiversité (COP16), organisée à Cali en Colombie, a été brutalement suspendue faute de quorum. Mardi 25 février 2025, les représentants de 154 pays se retrouvent à Rome pour une session de rattrapage de trois jours destinée à clore ce rendez-vous. Échec prévu. La solution, c’est la rébellion des scientifiques !

Perrine Mouterde : Cette COP16 est censée déterminer comment mettre en œuvre les 23 objectifs ambitieux du cadre mondial de « Kunming-Montréal » (protéger 30 % des terres et des mers d’ici à 2030, réduire de moitié le risque global lié aux pesticides, supprimer au moins 500 milliards de dollars par an – 478 milliards d’euros – de subventions néfastes à la nature…), adopté en 2022. C’est sur la question centrale des financements que pays du Nord et du Sud s’affrontaient à Cali au moment où la conférence a été ajournée. On risque de parvenir à un compromis technique tel que les diplomates savent en trouver, en laissant toutes les portes ouvertes et en renvoyant la solution du problème à plus tard.

Le point de vue des écologistes biologistes

Les scientifiques spécialistes de la biodiversité sont aux premières loges de la destruction de la nature. Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale. Pourtant le sujet reste largement ignoré, et fait même aujourd’hui l’objet de nets reculs. Retour en arrière concernant les pesticides, attaques contre la loi sur la restauration de la nature, report de l’entrée en vigueur du règlement sur la déforestation importée, affaiblissement de la protection du loup, détricotage du pacte vert, etc. Les partis politiques qui nient la crise écologique se renforcent avec elle, c’est désespérant. On peut redouter que la nature ne se rappelle à nous par une multiplication de crises de plus en plus incontrôlables.

Que peuvent faire les scientifiques ? Se battre en permanence contre la désinformation, sensibiliser les citoyens, participer à une manifestation de Scientifiques en rébellion…

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En finir avec la « neutralité » scientifique

extraits : A-t-on le droit, lorsqu’on est scientifique, de s’engager dans le débat public ? A cette question devenue cruciale pour un nombre croissant de chercheurs, Sortir des labos pour défendre le vivant (Seuil, 72 pages, 4,90 euros) rédigé par une dizaine de membres du collectif Scientifiques en rébellion apporte une réponse argumentée. L’organisation, qui regroupe quelque 500 chercheurs issus de toutes disciplines, alerte depuis 2020 sur l’urgence à lutter contre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité….

OFB, Office français de la biodiversité, attaqué !

extraits : Quasiment muet sur les sujets climatiques et environnementaux lors de sa déclaration de politique générale le 14 janvier 2025, le premier ministre François Bayrou a en revanche lancé un acte d’accusation sévère à l’encontre de l’instance chargée de veiller à la préservation de la biodiversité et au respect du droit de l’environnement….

COP16 biodiversité, le point de vue du jaguar

extraits : La COP16 biodiversité s’est terminée le 2 novembre 2024 à Cali (Colombie), échouant à obtenir un accord sur le financement de la feuille de route que l’humanité s’est fixée pour stopper la destruction de la nature d’ici 2030. De toute façon, même s’il y avait un beau document signé unanimement par toutes les parties, cela ne serait pas suivie dans les faits ! Non seulement l’argent ne fait pas la biodiversité, les jaguars n’en mangent pas et les intermédiaires savent le détourner pour leurs propres besoins….

COP16 sur la biodiversité, l’impuissance

extraits : A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ? Ainsi s’exprimait Nicolas Hulot….

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Le courlis à bec grêle et le solutionnisme techno

La notion de « solutionnisme technologique » s’est imposée en 2014 sous la plume d’Evgeny Morozov. Dans son ouvrage Pour tout résoudre, cliquez ici, l’auteur met en lumière les impensés des projets prométhéens des entrepreneurs californiens du numérique qui ambitionnent de « réparer tous les problèmes de monde », selon les mots de l’ex-dirigeant de Google Eric Schmidt, en 2012. En plaçant l’individu au centre des enjeux, leur optimisme technologique piloté par les lois du marché conduit à occulter les causes socio-politiques et même techniques des problèmes. Une seule solution, la décroissance maîtrisée.

Alain Coulombel : Première extinction d’une espèce continentale d’oiseau en Europe, le courlis à bec grêle, un petit échassier des zones humides dont l’aire de répartition très vaste s’étendait des zones humides côtières du Moyen-Orient aux steppes humides de Russie centrale. Mais qui se soucie encore de ce petit oiseau  ? Certes pas la cohorte des illuminés de la tech qui ont fait de l’intelligence artificielle leur nouvel eldorado ; moins encore les Bezos, Musk ou Zuckerberg, ces nouveaux prométhéens rêvant de terraformer Mars ou de remplacer l’homme par des robots intelligents.

Personne ne veut admettre que le maintien de la croissance entraîne inéluctablement la destruction des conditions d’habitabilité de la Terre. Sortir de la croissance, de son imaginaire, par une réduction drastique de la production et de la consommation, seule susceptible de réduire notre empreinte écologique, est un impératif. Le solutionnisme technologique, qui considère que nous pouvons optimiser une nature imparfaite, ne remplacera pas le courlis à bec grêle. Sa disparition devrait renverser l’ordre de nos priorités : la décroissance (postcroissance) plutôt que la croissance.

Le point de vue des écologistes atterrés

Kowloon75 : Le vénézuela a mis en oeuvre la décroissance, et 7 millions de personnes ont fui pour fuir la faim et pour survivre. Mais c’est peut être le bon endroit pour Alain Coulombel, un lieu où prêcher son truc

untel :  » On ne remplacera pas le courlis à bec grêle », Coulombel a du mal à s’en remettre. Pendant ce temps il y a plusieurs guerres, les Américains votent pour en finir avec l’écologisme, les Chinois prennent la tête pour contrôler du monde de demain. Hé oui, des tas de choses que ne verra pas le courlis à bec grêle !

Enkidou : Contrairement à ce que croient encore quelques écolos nostalgiques de la préhistoire, le « solutionnisme technologique » (j’aime bien l’expression) trouvera bientôt le moyen de le reconstituer le courlis à partir de son ADN. Sur le fond, c’est toujours la même question : qu’est-ce qui vient en premier dans l’ordre des priorités, la satisfaction des besoins humains ou la conservation d’espèces dont tout le monde se fiche ? L’agriculture, qui est la cause des zones humides et donc de la disparition du volatile en question, sert principalement, rappelons-le, à nourrir les humains.

Proxima Centauri : Aujourd’hui les abeilles sont surpassées par des mini-drônes fabriqués dans des labos japonais et américains. C’est peu connu des économistes, j’en conviens , mais pas des spécialistes dans le domaine.

Bertrand Mi : Combien de disparitions d’espèces avant de prendre conscience que la vie sur terre est aujourd’hui menacée ?

Mulobavar : Bah ! Après le courlis ce sera l’homme… Bon débarras pour la planète.

ICILA : Ben oui on a choisit de mourir riche plutôt que de simplement vivre. Je vais quand même pas arrêter d aller au ski ? Si on peut plus partir en vacances a l autre bout du monde, ça ne va plus!

Krakatoe : Les quelques hommes augmentés, triomphant de tous ces mièvres contemplateurs de la vie biologique, régneront sur leur Cour des drônes, pilotés à l’IA, qui les flagornera dans leur palais climatisé. Dehors rugissent les tempêtes de sables. Bienvenue dans le beau monde de Matrix.

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« solutionnisme technologique », l’impasse

extraits : Nous n’avons pas besoin d’anglicismes comme low tech / high tech pour envisager ce qu’il faudrait pour assurer un avenir durable aux générations futures. Dans le hors série « La dernière chance de la Terre » du Nouvel Observateur (juin-juillet 1972), on trouve explicitement une différenciation entre techniques dures et techniques douces, en résumé : Petit apport d’énergie / Grand apport d’énergie exosomatique ; production artisanale / industrielle ; priorité au village / à la ville ; limites techniques imposées par la nature / limites techniques imposées par l’argent… Pour refroidir la Terre, nous n’avons pas besoin d’injection de soufre, nous avons besoin de négawatts, c’est à dire d’appuyer sur la pédale du vélo (techniques douces) et non sur l’accélérateur de la voiture thermique ou électrique (technique dure). La chance que nous offrent les techniques douces, c’est qu’elles nécessitent beaucoup de main d’œuvre. La malchance, c’est que nous sommes 8 milliards à désirer une voiture…

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3600 tigres en Inde, 1000 loups en France

A la naissance de l’agriculture, au début de la transition néolithique il y a environ 10 000 ans, la biomasse (c’est à dire le poids total) des humains et de tous leurs animaux domestiques, ne dépassait pas 0,1 % de celle de tous les mammifères. Aujourd’hui, la proportion est de 96 %. Les tigres se retrouvent dans des zoos, les humains dans des bidonvilles.

Carole Dieterich : Les tigres, autrefois répandus dans toute l’Asie, ont été éliminés de plus de 90 % de leur aire de répartition historique. L’Inde en compte aujourd’hui à elle seule quelque 3 600, on estime la population mondiale totale aux alentours de 5 000 individus. Dès le début des années 1970, l’Inde a mis en place le « Tiger Project » (projet tigre), l’un des plus anciens programmes de conservation du félin au monde. Au cours des deux dernières décennies,  les tigres ont occupé de manière continuelle des zones protégées riches en proies et exemptes de toute présence humaine (35 255 km2), mais ils ont également colonisé des habitats connectés proches et partagés par 60 millions de personnes. La cohabitation entre les populations et les tigres a généralement lieu dans des zones prospères, qui peuvent tirer avantage du tourisme lié à la présence d’une grande faune. A l’inverse, les taux de colonisation des tigres sont plus faibles dans les zones où le taux de pauvreté rurale est élevé. Les communautés marginalisées dépendent fortement de l’exploitation des ressources forestières et de la viande de brousse pour leur subsistance.

Le point de vue des écologistes écocentrés

– Dommage que la ligne du MONDE soit très positive lorsqu’il s’agit du retour des grands prédateurs dans d’autres parties du monde mais beaucoup plus nuancée quand il s’agit de défendre nos loups et ours.

– Chaque année, entre 35 et 40 personnes meurent dans des attaques de tigres en Inde. En même temps, il y a 168 500 tués par an sur la route en Inde.

Ce prédateur trône au sommet de la chaîne alimentaire, mais il partage l’espace avec d’autres prédateurs, les humains.

5000 tigres aujourd’hui, plus de 8 milliards d’humains !

5000 tigres au niveau mondial, 308 640 252 vaches abattues par les humains en 2022.

Le tigre est essentiel à la santé des écosystèmes et aux cascades trophiques, pas homo sapiens.

 

Allez, on va bien trouver une bonne raison d’exterminer complètement ce magnifique félin. Il n’est qu’en sursis… malheureusement.

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gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

extraits : Il y a un siècle, la population de tigres en Inde était de 100 000 individus. Ils ne sont plus que 1700 en 2012. Si la population mondiale d’humains suivait la même pente, nous sommes 7 milliards en 2012, nous ne serions plus que 119 millions en 2112. Une vraie bénédiction pour les autres espèces en général et pour les tigres en particulier…

un seul ver de terre vaut autant que le tigre

extraits : WWF (le spécialiste du panda) ou l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) privilégient des espèces emblématiques. On abandonne à leur sort ce qui n’est pas jugé gros et mignon : l’ours polaire attire plus l’attention que le ver de terre. Les grands prédateurs sont à l’image de l’homme, ils focalisent la sensibilité, donc les financements… Or l’équilibre de la biosphère tient non seulement à la richesse en espèces animales d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire, mais aussi au nombre de ver de terre et aux microbes….

Les loups entre la vie et la mort

extraits : Réunis à Strasbourg le 3 décembre 2024, les 50 Etats membres de la convention de Berne ont voté pour un abaissement du niveau de protection des loups. Il va passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui n’a jusqu’ici jamais été fait pour aucune espèce. Ce déclassement était réclamé par les représentants des éleveurs et des agriculteurs, qui dénoncent une pression trop forte exercée par le prédateur….

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OFB, Office français de la biodiversité, attaqué !

Quasiment muet sur les sujets climatiques et environnementaux lors de sa déclaration de politique générale le 14 janvier 2025, le premier ministre François Bayrou a en revanche lancé un acte d’accusation sévère à l’encontre de l’instance chargée de veiller à la préservation de la biodiversité et au respect du droit de l’environnement : « Quand les inspecteurs de la biodiversité viennent contrôler le fossé ou le point d’eau avec une arme à la ceinture, dans une ferme déjà mise à cran, c’est une humiliation, et c’est donc une faute ».

Or la police de l’environnement est celle qui contrôle le plus de personnes armées chaque année. Bayrou ne fait que conforter les attaques contre l’OFB :

– Fin 2023 et début 2024, des personnels et des agences de l’OFB avaient été pris pour cibles lors de manifestations.

– Fin 2024, lors d’un nouveau mouvement de protestation agricole, une cinquantaine d’agressions et d’attaques ont été recensées.

– Le patron des LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez a réclamé que l’OFB soit « purement et simplement supprimé ».

– Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) : « halte à l’écologie punitive, halte à la tyrannie des ONG, halte au gouvernement des juges, halte aux normes restrictives adoptées en France et en Europe pour restaurer la biodiversité… »

Perrine Mouterde : Les syndicats de l’OFB appellent le 17 janvier à une grève partielle et à un vaste mouvement de contestation : « En réponse à la remise en cause incessante de nos missions et afin d’éviter de commettre des “fautes”, l’intersyndicale demande à l’ensemble des personnels de rester au bureau ». Le représentant CGT à l’OFB explique : « Le premier ministre, qui a outrepassé ses fonctions en se faisant le porte-parole de syndicats agricoles, doit se reprendre et réparer sa faute ». Un membre du Syndicat national des personnels de l’environnement (SNAPE)-FO : C »’est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités ». La ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé que« si la loi doit évoluer, c’est aux parlementaires de la faire évoluer. Ce n’est pas aux agents de l’OFB de ne pas respecter la loi »

Le point de vue des écologistes biocentrés

Un premier ministre sous commandement d’un lobby agricole devenu violent, c’est du jamais vu. Ces agents contrôlent des chasseurs, des braconniers, et des agriculteurs chasseurs ; on comprend donc qu’ils soient armés. Mais Bayrou ne peut rien comprendre à la biodiversité, né dans une famille d’agriculteur, il a encore le logiciel du XXe siècle et il ne s’est intéressé qu’à sa carrière politique. La communauté scientifique qui travaille sur les enjeux environnementaux constate que, malgré l’accumulation de preuves issues de ses travaux, les récentes décisions de l’exécutif représentent des reculs majeurs dans la lutte contre la dégradation environnementale et pour la préservation de ses fonctions écologiques : pause des inventaires de zones humides, remise en cause de l’obligation d’allouer des surfaces aux haies ou les jachères, pause du plan Ecophyto, stigmatisation et désarmement envisagé de la police environnementale de l’Office français de la biodiversité, etc.

L’Agence française pour la biodiversité (AFB) n’ est entrée en fonction que depuis le 1er janvier 2017. L’Office français de la biodiversité lui succède, créé par la loi du 24 juillet 2019 ; il résulte de la fusion de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

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La police de la biodiversité mise en place sans moyens (janvier 2017)

extraits : L’Agence française pour la biodiversité (AFB) est entrée en fonction depuis le 1er janvier 2017. Cet établissement public devient le bras armé pour mobiliser la société civile dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer. L’AFB, issue de la fusion de quatre organismes existants – l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et les Parcs nationaux de France. Le budget est ridicule, 225 millions d’euros, soit la simple addition des crédits des organismes fusionnés. La pilule est d’autant plus amère que le gouvernement a ponctionné….

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Sentience animale, ressentir des émotions

Les frontières de la « sentience », cette capacité à ressentir des émotions et à percevoir de manière subjective son environnement et ses expériences, ne cessent en effet de reculer. Après les mammifères, les oiseaux et la plupart des animaux vertébrés, c’est au tour des céphalopodes – poulpes, seiches et autres pieuvres – et des crustacés décapodes – crabes, homards et crevettes – de se voir reconnaître la capacité de ressentir douleur et bien-être et d’adapter leur comportement en fonction de leurs expériences vécues.

Marion Dupont : La sentience discerne un palier entre la sensibilité – au chaud, au froid ou à la lumière, partagée par un grand nombre d’êtres vivants dont les éponges et des végétaux – et la conscience, c’est-à-dire la connaissance par un individu de son existence et de celle du monde extérieur, encore généralement considérée comme l’apanage des humains. Le biologiste britannique Donald Broom lui consacre un livre en 2044, Sentience and Animal Welfare. Le terme est peu à peu traduit dans d’autres langues – en italien (« senzienza »), en espagnol (« sentiencia ») et, bientôt, en français (« sentience »).

Ce terme, écrit, en 2018, l’Académie vétérinaire de France, risquerait de « servir d’arguments aux tenants de l’égalité entre l’homme et les animaux, quelle que soit leur espèce, voire par les juristes souhaitant accorder une personnalité aux animaux ». En 2020, elle intègre quand même le dictionnaire Larousse, reflétant l’évolution des mentalités quant aux relations que l’homme entretient avec le vivant et l’environnement.

Le point de vue des écologistes sentiencieux

En ce moment, on s’attaque sans honte aux droits des femmes, des étrangers et des minorités, alors pour les droits des animaux, c’est mal barré. D’autant plus que le terme sentience est maladroit, trop proche du français sentence. Mais il est vrai qu’un caméléon qui prend la couleur de son environnement s’identifie bien à son contexte. Des études récentes ont montré combien les poulpes montrent une grande intelligence et ressentent leur cadre de vie. Les orques se reconnaissant sur des photos et se donnant des noms. Comment voulez-vous exister de façon durable sans percevoir votre environnement, ne serait-ce que pour manger, échapper aux prédateurs et se reproduire ? Tout cela des prédispositions innées plus ou moins liées à un certain degré d’apprentissage. Un chimpanzé partage 98% de notre capital génétique, « l’humain » résiderait-il dans les 2 % restant ?

Cette distinction humain/animal a de plus un grand inconvénient, elle nous a transformé en prédateur sans conscience. Pourtant que ce soit clair, l’humain est un animal parmi d’autres. Cela devrait être connu dès l’école maternelle, une femme et une chatte sont toutes deux des mammifères, un escargot a les mêmes composants corporels (cerveau, cœur…) qu’un humain, etc. En fait la question n’est pas celle de la sentience, du ressenti, mais de la souffrance inutile. Nous pensons entre autres aux Ukrainiens sur le champ de bataille…

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l’humain, un Animal parmi d’autres

extraits : J’avais affirmé à ma petite fille de 6 ans, Zoé, que l’homme était un animal parmi d’autres. Réaction spontanée de l’enfant : « Mais Papi, les animaux ne sont pas comme nous, ils ne parlent pas ». Ainsi commence l’anthropocentrisme, l’idée d’une supériorité de la race humaine puisque nous nous jugeons différents, dans le sens « supérieurs », inégaux. Je lui ai appris ce qui ne va pas de soi pour un enfant, la richesse du langage chez les animaux. Par exemple, la maman dinde a une incroyable gamme vocale pour s’adresser à ses petits. Et les petits comprennent. Elle peut les appeler pour qu’ils viennent se blottir sous ses ailes, ou bien leur dire de se rendre à tel endroit.…

conte animalier pour favoriser l’empathie humaine

extraits : Le conte scientifique animalier est un récit qui permet au lecteur de s’imaginer partager la vie d’un animal sur la base des  connaissances scientifiques disponibles. Il s’agit de favoriser une approche de la biodiversité par l’empathie, cette faculté propre aux humains de pouvoir se mettre à la place d’un autre, de percevoir ce qu’il ressent. En 2005, le premier conte animalier censé favoriser l’empathie porte sur l’ornithorynque. Il a été choisi comme modèle pour son caractère aussi étrange qu’attachant et son extrême rareté. « Pour entrer dans l’histoire, imaginez-vous….

Le cerveau des non-humains

extraits : Les humains sont des animaux parmi d’autres. Même une mouche à un cerveau. Pourtant beaucoup de personnes ne nous voient pas comme un animal, ils ont une  conception de la nature anthropocentrée, centrée sur l’espèce humaine. Nous n’avons pas à les traiter d’imbéciles, il faut seulement mieux leur expliquer nos origines, comprendre le fonctionnement de notre maison commune et de tous ses habitants. Les écologistes n’ont pas d’adversaire, ils n’ont que des personnes à convaincre….

 

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Bon anniversaire biosphere, vingt ans déjà

Nous fêtons aujourd’hui les vingt ans de notre blog biosphere. Nous comptabilisons 7221 articles, un article chaque jour en moyenne. Nous avons reçu 32 539 commentaires, soit 4,5 par article. Nous ne sommes pas un « influenceur » aux millions de suiveurs. Mais nous sommes un maillon parmi les nombreux acteurs de la mouvance écologique, c’est là le seul point positif. Car on ne peut que constater que ce que nous écrivions en 2005 est toujours resté identique ; il n’y a pas eu transition écologique en 20 ans, encore moins la nécessaire rupture écologique avec le système thermo-industriel que la situation exige pourtant.

Lire l’intégrale de nos écrits en 2005 avec ce lien

Ce blog biosphere en 2005, il y a 20 ans

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1000 articles et rien ne change (19 janvier 2010)

extraits : Il y a cinq ans c’était un tsunami dans le Pacifique, aujourd’hui un tremblement de terre en Haïti. Et c’est le moment d’écrire notre millième article ! Un article sur ce blog biosphere presque chaque jour, et rien ne change : janvier 2010, un tremblement de terre en Haïti, les médias se déchaînent ; 2010 année mondiale de la biodiversité, tout le monde s’en fout… La même conclusion s’impose aujourd’hui comme hier, il y a quelque chose d’absurde sur cette planète.

2000 articles sur ce blog et rien n’a vraiment changé (29 décembre 2012)

extraits : depuis douze ans, rien n’a fondamentalement changé, nous sommes toujours préoccupés par l’accessoire au point d’en oublier l’essentiel. La 18e conférence de l’ONU sur le climat s’est tenu à Doha jusqu’au 7 décembre 2012. Vingt ans de négociations, un nouvel échec ! Les négociations internationales ne servent absolument à rien. Le 13 décembre 2012 a été la date retenue par l’OMT (Organisation mondiale du tourisme) pour marquer l’arrivée symbolique du milliardième touriste qui a voyagé de par le monde en 2012. Comme si le réchauffement climatique n’existait pas ! La même conclusion s’impose aujourd’hui comme il y a huit ans : il y a quelque chose d’absurde sur cette planète. Et cela s’appelle l’espèce humaine.

7000 articles sur ce blog biosphere (5 avril 2023)

extraits : Malgré tous nos efforts constants de contenu, nous reconnaissons que la fréquence de visite sur ce blog est encore modeste. Nous ne sommes pas l’influenceur que nous aurions voulu devenir ! Nous regrettons fortement que l’article le plus demandé en deuxième lieu soit « le Mahatma Gandhi était-il un pervers polymorphe ? » (22 juin 2013), publié il y a dix ans. Les lecteurs avides de sensationnalisme en ressortent frustrés, nous avions en effet ajouté comme avertissement préalable : cet article sur la « perversité » de Gandhi a été publié en 2013, ce blog ayant démarré en 2005. C’est le plus visité parmi les 6647 article parus à ce jour sur ce blog biosphere. Comme vous allez le lire, cette « perversité » n’est qu’un mythe. La « grande âme » doit au contraire être considéré comme une référence majeure pour l’humanité….

 

La Biosphère se rit des humains

qui déplorent les conséquences

dont ils chérissent les causes.

 

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Questions d’éthique pratique de Peter SINGER

Le philosophe australien Peter Singer voudrait élargir nos horizons moraux. Selon Singer, « des pratiques qui jusque-là étaient considérées comme naturelles et inévitables en viennent à être vues  comme autant de préjugés injustifiables ». Récusant aussi bien l’idée selon laquelle nos règles morales seraient éternelles que le relativisme qui ne voit en elles que les préjugés communs à un groupe et à une époque, Singer part du principe que l’égalité de tous les êtres humains repose sur l’égale considération de leurs intérêts: considération qui n’est pas justifiée par le fait d’être doué de raison ou d’être plus ou moins intelligent, mais par la seule capacité de souffrir. Mais ce principe d’égalité, qui fonde l’égale considération que nous devons aux plus faibles et commande de soulager en priorité la plus grande souffrance, ne doit-il pas être étendu bien au-delà de l’espèce humaine ? Ne devons-nous pas renoncer à ce que Singer appelle le «spécisme» (par analogie avec racisme et sexisme), c’est-à-dire à la préférence absolue accordée aux membres de notre propre espèce, et reconnaître que les animaux eux-mêmes ont des droits que ne respectent ni nos jeux du cirque ni nos pratiques alimentaires ? Singer souligne que son intention n’est pas d’abaisser le statut des hommes mais d’élever celui des animaux.

Questions d’éthique pratique ne se limite pas à argumenter en faveur des droits animaux. Il aborde également des questions telles que l’avortement, l’euthanasie, le droit de tuer ou la question de nos obligations à l’égard des laissés-pour-compte. Voici quelques extraits recomposés du livre dans lesquels j’insiste sur l’éthique de la Terre, ce qui déforme sans doute les objectifs poursuivis par Peter Singer.

 1/4) La fin de la nature

Bill McKibben soutient, dans son livre The End of Nature, la position suivante : « Nous avons privé la nature de son indépendance, ce qui porte un coup fatal à sa signification propre, qui réside précisément dans son indépendance, sans laquelle elle n’est rien d’autre qui nous. » Il y eut une époque où les villages entourés de terres cultivées ressemblaient à des oasis de culture perdues dans d’immenses forêts ou de rudes montagnes. Désormais, l’image est inversée : les seules terres vraiment sauvages qui nous restent sont comme des îles se trouvant au milieu d’un océan d’activités humaines qui menacent de les engloutir. Ce renversement donne aux régions sauvages une valeur de rareté qui fournit un argument de poids en faveur de leur protection, même dans le cadre d’une éthique anthropocentrique. L’argument du long terme est un aspect primordial des valeurs écologiques niées par l’anthropisation du monde, l’anthropocène.

Les bénéfices obtenus par l’abattage de la forêt, emplois, profits pour les entreprises, gains à l’exportation, matériaux d’emballages moins chers, sont des bénéfices à court terme. Les hommes politiques sont connus pour ne pas porter leurs regards au-delà de la prochaine élection. Les économistes appliquent un taux d’actualisation qui signifie que la valeur du gain à venir dans cent ans est très faible comparativement à celle d’aujourd’hui. Mais une fois que la forêt est abattue ou inondée par un barrage, le lien avec le passé est perdu pour toujours. Plus la proportion de régions réellement sauvages sur la Terre s’amenuise, plus chaque parcelle devient significative, les occasions de jouir de la nature pour les humains et les non humains se faisant de plus en plus rares. Tel est le prix que paieront toutes les générations qui nous succéderont. Il y a certaines choses, une fois perdues, qu’aucune somme d’argent ne peut nous redonner. La justification pour déboiser une forêt vierge doit prendre pleinement en compte la valeur des forêts dans le futur le plus éloigné aussi bien que dans le futur immédiat.

En somme, si nous préservons les étendues sauvages qui existent aujourd’hui, les générations futures auront au moins le choix entre les jeux électroniques et la découverte d’un monde non créé par la main de l’homme.

2/4) les fondements de l’éthique de la Terre

J’examine les valeurs morales qui sous-tendent les débats relatifs aux décisions humaines. Contrairement à d’autres traditions anciennes, les traditions grecque aussi bien que judéo-chrétienne placent l’être humain au centre de l’univers moral. Dans l’histoire biblique, la domination de l’homme est même décrétée en termes menaçants : « Vous serez craints et redoutés de toutes les bêtes de la terre et de tous les oiseaux du ciel. Tout ce qui remue sur le sol et tous les poissons de la mer sont livrés entre vos mains. » Aristote considérait la nature comme une organisation hiérarchique dans laquelle les êtres les moins doués de raison existent pour l’intérêt des êtres raisonnables : « Si donc la nature ne fait rien sans but ni en vain, il faut admettre que c’est pour l’homme que la nature a fait tout cela ». Dans sa classification des péchés, Thomas d’Aquin ne donne place qu’aux péchés commis à l’encontre de Dieu, de nous-mêmes ou de notre prochain. Aucune possiblité n’est laissée de pécher contre les animaux non humains ou contre le monde naturel. La nature en soi n’a pas de valeur intrinsèque, et la destruction des plantes et des animaux ne peut être un  péché, à moins que, par cette destruction, il ne soit porté atteinte à des être humains.

Toute réflexion sérieuse sur l’environnement aura donc pour centre le problème de la valeur intrinsèque. Une chose à une valeur intrinsèque si elle est bonne ou désirable en soi, par contraste avec la valeur instrumentale qui caractérise toute chose considérée en tant que moyen pour une fin différente d’elle. Le bonheur a une valeur intrinsèque, l’argent n’a qu’une valeur instrumentale. Une éthique fondée sur les intérêts des créatures sensibles repose sur un terrain familier. Voyons ce qu’il en est pour une éthique qui s’étend au-delà des êtres sensibles : il n’y a rien qui corresponde à ce que c’est pour un arbre de mourir. Pourquoi, dans ce cas, ne pas considérer son épanouissement comme bon en lui-même, indépendamment de l’usage que peuvent en faire les créatures sensibles ? Serait-il vraiment pire d’abattre un arbre centenaire que de détruire une stalactite qui a mis plus de temps encore à se former ?

La défense la plus célèbre d’une éthique étendant ses limites à tous les êtres vivants a été formulée par Albert Schweitzer : « La vraie philosophie doit avoir comme point de départ la conviction la plus immédiate de la conscience, à savoir Je suis une vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. L’éthique consiste donc à me faire éprouver par moi-même la nécessité d’apporter le même respect de la vie à tout le vouloir-vivre qui m’entoure autant qu’au mien. C’est là le principe fondamental de la morale qui doit s’imposer nécessairement à la pensée. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. Un homme n’est réellement moral que lorsqu’il obéit au devoir impérieux d’apporter son assistance à toute vie ayant besoin de son aide, et qu’il craint de lui être dommageable. Il ne se demande pas dans quelle mesure telle ou telle vie mérite la sympathie par sa valeur propre ni jusqu’à quel point elle est capable d’éprouver de la sensibilité. C’est la vie en tant que telle qui est sacrée pour lui. Il n’arrache pas étourdiment des feuilles aux arbres ni des fleurs à leur tige, il fait attention à ne pas écraser inutilement des insectes et n’endommage pas les cristaux de glace qui miroitent au soleil. » Une conception similaire a été récemment défendue par le philosophe américain Paul Taylor, dans un livre intitulé Le respect de la nature, où il soutient que toute chose vivante « poursuit son propre bien à sa propre manière, unique ». Une fois que nous saisissons cela, nous pouvons considérer toutes les choses vivantes comme nous-mêmes et, de ce fait, « nous sommes prêts à attribuer la même valeur à leur existence qu’à la nôtre ».

Il y a plus de quarante ans, l’écologiste américain Aldo Leopold écrivait que nous avions besoin d’une éthique nouvelle, chargée de définir la relation de l’homme à la terre, aux animaux et aux plantes qui y vivent. Il proposait par cette éthique de la Terre d’élargir les frontières de la communauté de manière à y inclure le sol, l’eau, les plantes et les animaux, ou, collectivement, la Terre. Contre l’écologie superficielle, le philosophe norvégien Arne Naess a parlé ensuite d’écologie profonde, il voudrait préserver l’intégrité de la biosphère pour elle-même, indépendamment des bénéfices éventuels que l’humanité peut en tirer : « Le bien-être et la prospérité de la vie humaine et non humaine sur la terre ont une valeur en soi (intrinsèque). Cette valeur est indépendante de l’utilité du monde non humain pour le monde humain ; La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de ces valeurs et sont aussi des valeurs en elles-mêmes ; Les humains n’ont aucun droit de réduire cette richesse et cette diversité, sauf pour satisfaire des besoins vitaux. ».

L’intuition de l’égalité biocentrique est que toutes les choses de la biosphère ont un droit égal à vivre. Cette intuition de base repose sur l’égalité en valeur intrinsèque de tous les organismes et entités de l’écosphère, en tant que parties d’un tout interdépendant. On se trouve en présence d’un holisme, l’idée que l’espèce ou l’écosystème n’est pas seulement une collection d’individus, mais est réellement une entité ayant ses propres droits.

3/4) Pour une morale nouvelle

Aucune morale nouvelle ne s’est développé pour répondre à la menace pour notre survie de la prolifération des êtres humains, ajoutée aux sous-produits de la croissance économique. Une éthique de l’environnement placerait la vertu dans le fait de sauver et recycler des ressources, et le vice dans leur dilapidation extravagante et gratuite.

Pour prendre un seul exemple : du point de vue de l’éthique de l’environnement, le choix de nos loisirs n’est pas neutre. Bien que nous considérions le choix entre la course automobile et la bicyclette, entre le ski nautique et la planche à voile, comme une pure question de goût, la différence est essentielle : la course automobile et le ski nautique supposent la consommation de carburants fossiles et l’émission de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ; le vélo et la planche à voile, non. Quand nous aurons pris au sérieux la nécessité de protéger notre environnement, la course automobile et le ski nautique ne seront pas une forme de divertissement plus acceptable d’un point de vue éthique que ne le sont aujourd’hui les combats d’esclaves ou de chiens. La planche à voile est peut-être préférable au ski nautique, mais si nous achetons sans cesse de nouvelles planches à voile au gré des changements de mode du design (ou si nous allons à l’océan en voiture), la différence devient négligeable.

Nous devons réviser notre conception du luxe Une petite virée à la campagne est une dépense inutile de carburants qui contribuent à l’effet de serre. Durant la Seconde guerre mondiale, quand le pétrole était rare, on lisait sur des affiches : « Votre voyage est-il réellement nécessaire ? » Le danger sur notre environnement est certes moins visible, mais la nécessité de supprimer les voyages et autres formes de consommation est tout aussi grande. L’apologie d’un mode de vie plus simple ne signifie pas que l’éthique de l’environnement réprouve tous les plaisirs, mais ceux qu’elle valorise ne doivent pas d’une forme de consommation spectaculaire. Ils tiennent au contraire aux relations personnelles et sexuelles épanouies, à l’affection des enfants et des amis, à la conversation et aux divertissements pratiquée en harmonie avec l’environnement, et non à son détriment ; et à la jouissance des espaces sauvegardés du monde où nous vivons.

Considérer les choses d’un point de vue  éthique est une façon de transcender nos préoccupations égocentriques et de nous identifier au point de vue de l’univers, cet espace grandiose qui fait inévitablement naître un sentiment d’humilité chez tous ceux qui lui comparent leur propre nature limitée. Loin de moi ces considérations imposantes.

(éditions Bayard, 1997)

4/4) Conclusion du site biosphere

Peter Singer œuvre seulement pour l’éthique animale : « Si un être n’est pas susceptible de ressentir de la douleur ou de faire l’expérience du plaisir et du bonheur, il n’y a rien en lui qui doive être pris en considération. C’est pourquoi notre intérêt pour autrui ne peut avoir d’autre limite défendable que celle de la sensibilité (…) Ce serait un non sens que de dire qu’il n’est pas de l’intérêt d’une pierre d’être poussée le long d’une route par un écolier. Une pierre n’a pas d’intérêt, car elle ne peut souffrir et rien de ce qu’on peut lui faire ne peut changer quoi que ce soit à son bien-être. En revanche, une souris éprouve de l’intérêt à ne pas être tourmentée, car les souris souffrent si on les maltraite ».

Il ne va pas aussi loin que l’écologie profonde qui donne une valeur intrinsèque à toutes les formes de vie

De pus déplacer une pierre n’a pas de conséquence immédiate, mais la volonté humaine de déplacer des montagnes est source de gros inconvénient aussi bien pour la biodiversité que pour l’équilibre entre les activités humaines et les ressources de la planète. Déplacer une pierre ne fait pas souffrir la pierre, mais déplacer des tombereaux de pierre détruit un écosystème et transforme la planète en plate-forme goudronnée. La pierre est autant que l’homme un élément de la Biosphère parmi d’autres. La pierre sert à son environnement autant que l’homme sert sa société, toute chose sert pour elle même mais elle est toujours en interdépendance avec tous les autres éléments de son écosystème, du plus lointain passé aux futurs indéterminés.

Dans son livre, Peter Singer marque l’importance du long terme et de la continuité : « Une forêt tropicale est le produit des millions d’années qui se sont écoulées depuis le début de la planète. Si on l’abat, une autre forêt peut pousser, mais la continuité est rompue. La rupture, dans le cycle vital de la flore et de la faune, signifie que la forêt ne sera jamais plus ce qu’elle aurait été si elle n’avait pas été abattue ; le lien avec le passé est perdu pour toujours. Contrairement à beaucoup de sociétés humaines traditionnelles, notre éthos moderne a les plus grandes difficultés à reconnaître les valeurs du long terme ». Or l’enfant qui déplace une pierre pour son seul plaisir est dans la disposition d’esprit d’agir à volonté sur la nature et d’entraîner des enchaînement dans le temps qui peuvent être néfastes.

Comme le constate l’écologie profonde, « l’interférence actuelle des hommes avec le monde non-humain est excessive et la situation s’aggrave rapidement ». Il faut donc penser autrement : un homme a besoin des pierres comme des espaces sauvages, un homme doit laisser le plus possible les choses en l’état pour préserver notre futur lointain et ne pas déplacer la pierre pour le simple plaisir. Un enfant a d’abord besoin de savoir contempler la nature et vivre en harmonie, il ne devrait pas moralement martyriser la pierre même si elle n’a aucun moyen d’exprimer sa souffrance. Un humain a autant d’importance qu’une pierre une fois qu’il repose sous une pierre.

Questions d’éthique pratique de Peter SINGER Lire la suite »

Peter Singer, utilitarisme et antispécisme 

Quelles certitudes garde-t-on à la fin de sa vie ? Comment voit-on la mort lorsqu’elle se rapproche ? Dans cette série, « Le Monde » interroge des personnalités sur ce qui passe et ce qui reste. Par exemple Peter Singer, 78 ans, un philosophe australien parmi les plus influents au monde. En résumé, ses idées :

L’utilitarisme repose sur l’idée qu’il est de notre devoir de maximiser le bien sur terre, et Singer est célèbre pour avoir étendu cette idée à la prise en compte des intérêts des animaux. Son livre La Libération animale (Evergreen, 1975) est reconnu comme le fondement philosophique du mouvement antispéciste.

Le spécisme, établit une hiérarchisation arbitraire établie entre les espèces. Peter Singer inscrit la libération animale dans un sillage historique, celui de l’émancipation des Noirs et des femmes. Il s’agit d’élargir le cercle de la considération morale, comme on l’a élargi auparavant par-delà les races et le sexe.

– L’éthique utilitariste est une éthique laïque, elle s’oppose nettement aux éthiques religieuses.

– J’accepte mieux l’idée que nous ne sommes pas des êtres purement rationnels, évidemment. En revanche, ce n’est certainement pas éthique de tourner le dos aux faits. On sait à quel point la vie des animaux non humains est horrible dans les fermes industrielles, pourtant des gens me disent encore : « Ne m’en parlez pas, vous aller gâcher mon dîner. Je ne veux pas le savoir. » Ce n’est pas une position acceptable.

Mon texte Famine, Affluence and Morality (« famine, richesse et moralité », essai non traduit, 1972) a inspiré un autre mouvement philanthropique appelé « altruisme efficace », qui suppose de pratiquer la charité de la façon la plus rationnelle possible, en essayant de se détacher de ses émotions. Il donne une large partie de ses revenus à des organisations choisies pour leur efficacité. Cela m’a rendu plus radical sur la question de ce que les personnes ayant un certain niveau de richesse devraient faire pour aider les personnes en situation d’extrême pauvreté.

– Jusqu’à quand votre vie vaudra-t-elle la peine d’être vécue ? Tant que j’aurai plus d’états de conscience positifs que d’états de conscience négatifs

– Heureusement, comme nous disposons aujourd’hui, en Australie, d’une aide volontaire à mourir, je ne m’inquiète plus beaucoup à ce sujet. Cela donne une certaine assurance que, si les choses tournent mal, vous n’aurez pas à souffrir plus longtemps que vous ne le souhaitez.

– La chose la plus effrayante est l’idée que l’on ne saura pas ce qui va se passer, par exemple si le monde réussira à faire face au changement climatique.

Lire, Questions d’éthique pratique de Peter SINGER (1993)

extraits : du point de vue de l’éthique de l’environnement, le choix de nos loisirs n’est pas neutre. Bien que nous considérions le choix entre la course automobile et la bicyclette, entre le ski nautique et la planche à voile, comme une pure question de goût, la différence est essentielle : la course automobile et le ski nautique supposent la consommation de carburants fossiles et l’émission de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ; le vélo et la planche à voile, non. Quand nous aurons pris au sérieux la nécessité de protéger notre environnement, la course automobile et le ski nautique ne seront pas une forme de divertissement plus acceptable d’un point de vue éthique que ne le sont aujourd’hui les combats d’esclaves ou de chiens. La planche à voile est peut-être préférable au ski nautique, mais si nous achetons sans cesse de nouvelles planches à voile au gré des changements de mode du design (ou si nous allons à l’océan en voiture), la différence devient négligeable.

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L’anthropocentrisme mis en échec en Espagne

L’IPBES, l’équivalent pour le biodiversité du GIEC (cf notre article précédent du 19 décembre) n’envisage pas la méthode juridique la plus efficace pour protéger un pan de la biodiversité, lui donner une personnalité juridique. Ainsi ce qui vient d’arriver en Espagne.

Le tribunal constitutionnel espagnol a confirmé le 20 novembre 2024 la constitutionnalité de la loi accordant une personnalité juridique à la lagune de Mar Menor, dévastée par la pollution. La Mar Menor, située dans la communauté autonome de Murcie, en Espagne, est la plus grande lagune d’eau salée d’Europe. Jadis trésor de biodiversité, elle est désormais étouffée par les dysfonctionnements cumulés du tourisme, de l’agriculture et des industries minières. Nous commençons à reconnaître une valeur intrinsèque à la nature, mais nous aurons encore beaucoup trop détruit avant de devenir raisonnable.

Marie-Angèle Hermitte et l’avocate Marine Yzquierdo : Le Parlement espagnol avait voté le 30 septembre 2022, une loi reconnaissant à Mar Menor une personnalité juridique pour défendre ses droits à exister et à évoluer selon une « loi écologique » qui lui permette de se maintenir face aux pressions anthropiques. La loi prévoit la création d’un « tutorat » composé de trois organes : un comité des représentants (administrations publiques et citoyens des municipalités côtières) ; un comité de suivi assuré par les gardiens de la lagune ayant déjà défendu l’écosystème ; et un comité scientifique. En outre, toute personne physique ou morale pourra intenter une action et parler au nom de la lagune pour défendre ses droits devant un tribunal compétent. Mais, aussitôt votée, la loi fut déférée devant le Tribunal constitutionnel par 52 députés du parti d’extrême droite Vox. Ils soutenaient qu’en accordant la personnalité juridique à une entité naturelle, la loi avait assimilé une lagune à l’être humain, lui conférant une dignité que la Constitution espagnole, d’inspiration anthropocentrique, réserve aux humains. Selon Vox, seul l’être humain pourrait avoir liberté, dignité, conscience et responsabilité. Le Tribunal constitutionnel a intégralement rejeté ce recours. Le jugement affirme que le bien-être des personnes humaines dépend du bien-être des écosystèmes qui « soutiennent la vie ». Il consacre donc une obligation de solidarité intergénérationnelle, qui implique de conserver et d’améliorer l’environnement naturel afin que les générations futures puissent jouir de leurs droits fondamentaux dans des conditions équivalentes à celles que nous connaissons aujourd’hui. Il identifie « deux grandes logiques » : celle issue de la Constitution de l’Equateur, qui attribue des droits à la nature, rejointe par la Bolivie ou la Nouvelle-Zélande, et celle des grandes décisions climatiques. Dans ce contexte, le Tribunal constitutionnel voit dans la loi de la communauté de Murcie le premier acte « euro-méditerranéen » du modèle qui attribue la personnalité juridique à des entités naturelles.

C’est la consécration du passage « du paradigme de protection de l’anthropocentrisme le plus traditionnel à un écocentrisme modéré ». Pour le Tribunal constitutionnel cette personnalité juridique, donnée à la nature renforce la dignité humaine, valeur juridique fondamentale. En effet, une vie digne n’est possible que dans des milieux naturels fonctionnels, l’humanité étant en symbiose avec un environnement qu’elle peut transformer, mais qu’elle ne doit pas détruire si elle veut survivre.

Le point de vue des écologistes

On pourra noter la constance de l’extrême droite à systématiquement soutenir toute activité porteuse de destruction et de mort. Continuons à scier la branche sur laquelle nous sommes assis, la chute sera très lourde. Trop d’humains nuisent à la sainte nature. Notons aussi que l‘Espagne gaspille les ressources hydriques pour une agro-industrie massivement polluante, totalise environ 100 000 ha de cultures sous serre et bétonne la totalité de son littoral. Il n’y a pas que la lagune de Mar Menor à protéger.

Mais l’évolution législative va dans le bon sens, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. On reconnaît une personnalité juridique à certains éléments de la nature. A la fin des années 1970, Arne Naess avait formulé avec George Sessions une offre de « plate-forme de l’écologie profonde » en huit points dont voici les trois premiers que tout Terrien devrait connaître par cœur :

1) le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains.

2) la richesse et la diversité des formes de vie contribuent à l’accomplissement de ces valeurs et sont également des valeurs en elles-mêmes.

3) sauf pour la satisfaction de leurs besoins vitaux, les hommes n’ont pas le droit de réduire cette richesse et cette diversité.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les droits de la nature, à ne pas oublier

extraits : Des fleuves, des montagnes, des forêts se voient progressivement reconnaître comme des personnes juridiques, quand ce n’est pas la nature dans son ensemble – la Pachamama (la Terre Mère) – qui est promue sujet de droit. Cette mutation se heurte toutefois à de fortes oppositions. Si la confrontation semble à ce point radicale, c’est sans doute qu’au-delà de la querelle juridique, les droits de la nature portent en germe une transformation profonde de la pensée, une révolution copernicienne qui bouscule la vision anthropocentrique du monde et ouvre de nouveaux champs de réflexion sur les mutuelles dépendances entre humains et non-humains. C’est aux Etats-Unis que le juriste Christopher Stone élabore, en 1972, la première théorie juridique des droits de la nature : Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? Les arbres dont il est question sont de vénérables séquoias géants multimillénaires de la Mineral King Valley en Californie….

Débat feutré entre l’anthropocentrisme et le biocentrisme

extraits : La très grande majorité des personnes ont une  conception de la nature anthropocentrée. Un écolo véritable pensent que c’est une mauvaise base de départ. Mais nous n’avons pas à jeter l’invective, il faut seulement privilégier le raisonnement. En effet les écologistes n’ont pas d’adversaire puisque toutes les personnes sont potentiellement des écologistes. Nous n’avons donc que des personnes à convaincre. Bien souvent d’ailleurs la « confrontation » porte simplement sur une différence de définition des concepts. Exemple de débat….

anthropocentrisme, bio- ou écocentrisme, que choisir ?

extraits : Un insecte possède un cerveau, plus petit que celui d’un humain sans doute, mais un cerveau quand même. L’escargot est également doté d’un ganglion cérébral, et d’un cœur avec une seule oreillette et un seul ventricule, mais un cœur tout de même. Le schéma d’organisation du vivant est assez similaire d’un bout à l’autre de la planète, homo sapiens ne constituant pas une exception ! Pourtant certains croient encore à la spécificité humaine, fabulant que l’Homme est à l’image de dieu et la Terre au centre de l’univers. Ils font preuve d’anthropocentrisme, l’homme (anthrôpos) au centre. Contre ce nombrilisme qui oppose l’homme à la nature, une autre éthique est possible, le biocentrisme : on accorde une valeur intrinsèque à chaque être vivant (bio-), qu’il soit d’ailleurs animal ou végétal. Pour une petite minorité de gens éclairés, il faut aller encore plus loin.….

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