biodiversité

Nicolas Hulot et la condition animale

Les extraits suivants ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

Janvier 2018, lors de mes vœux à la presse. J’ai décidé de réfléchir cette année à un sujet qu’on reporte régulièrement au prétexte qu’il est un peu « touchy », celui de la condition animale, qui est un sujet de civilisation. J’ai convié à cette réflexion la présidente de la FNSEA, ainsi que les chasseurs. J’estime que l’animal a une conscience et je souhaite conduire bientôt une grande réflexion sur la condition animale avec le ministre de l’agriculture. Je suis convaincu que les mentalités ont énormément évolué sur ce sujet, et c’est un indice de civilisation. Ces questions convoquent souvent de vieilles traditions. On peut les aborder sans stigmatiser personne, mais on ne peut plus les occulter. Il faut reconnaître que l’homme sait aussi vous donner la nausée tant parfois il excelle dans l’indifférence, l’ignorance, la cupidité, la vanité, la lâcheté, la cruauté. Les élevages intensifs d’animaux sous l’effet d’une mode, où les bêtes croupissent lorsque celle-ci est passée, sont inadmissibles. Combien de huskies ont grandi dans des vitrines minuscules. Les murs épais des laboratoires cosmétiques qui dissimulent le martyre d’animaux innocents me donne la nausée. Que pour satisfaire quelques coquetteries futiles on se fasse tortionnaire illustre le peu de cas que notre société fait de la condition animale. Concernant la chasse ou les abattoirs, j’appelle à limiter au maximum la souffrance de l’animal. Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Pour le bien-être animal, nous prendrons notamment l’engagement d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. » Il n’y avait pas grand-chose d’autre !

Si vous me demandez mon sentiment sur l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques, évidemment ça ne me plaît pas. Le mouvement contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques prend de l’ampleur. Les 2 000 animaux sauvages détenus en France dans les cirques présentent des troubles du comportement et des souffrances chroniques. Le plus choquant, c’est que cette activité a pour fin le divertissement. On fait des animaux des produits de consommation.  J’ai de l’estime pour les gens du cirque, mais je sais combien les prouesses des animaux sont le fruit de privations et parfois de sévices. Rien de plus désolant, l’été, que ces bêtes en cage étroite, agglutinés et exposés au regard de promeneurs distraits. J’ai en horreur ceux qui privent l’animal de liberté à des seules fins mercantiles. Mais ma nomination en tant que ministre fut au début un grand espoir déçu pour Brigitte Bardot. En juin 2017, le maire du Luc se battait pour empêcher l’installation d’un cirque avec animaux sauvages sur son sol. Elle m’appelle par téléphone, je lui réponds : « Je suis ministre, mais je ne sais pas ce que je peux faire. » Début août 2017 sur France Inter, j’ai déclaré en tant que ministre de la transition écologique et solidaire ne pas être favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée que l’on fasse du spectacle avec cette activité-là. « Artistes à quatre pattes » pour les uns, « êtres emprisonnés et brisés » pour les autres. Mais je préfère mener une réflexion globale plutôt que de l’interdire d’un coup. Le gouvernement a créé par décret une commission consultative interministérielle afin d’organiser une concertation permanente entre les cirques, les ministères concernés (culture, intérieur, transition écologique, agriculture) et les élus. Dans le monde, 27 pays ont totalement interdit les cirques avec animaux (parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Grèce, l’Inde, le Pérou, la Slovaquie et la Suède) et 16 partiellement (dont l’Allemagne, l’Australie et le Canada)

L’animal n’a plus le temps de s’adapter aux modifications de son environnement. Son univers a trop vite évolué en moins d’un siècle pour que ses gènes conditionnent de nouveaux réflexes. De toute façon, l’homme, dans son développement, ne les prend pas en compte. S’échapper, pour les animaux, c’est s’exposer à des projectiles monstrueux lancés sur toutes les routes. Partout dans le monde, en modifiant le paysage, l’humanité dans son expansion fait fi de la condition animale.

Lire aussi, Condition animale, maigre avancée de la loi

Nicolas Hulot et la CHASSE à COURRE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Les traditions culturelles ne sont pas bonnes en soi. Tout m’écœure dans la pire expression de la vanité humaine envers le monde animal, la corrida. L’hystérie des aficionados, l’arène qui met en scène la mort, ces paillettes qui brillent sur un lit d’hémoglobines, l’agonie du taureau. La télévision amplifie ces comportements, relayée par quelques esprits cyniques qui, d’une plume indécente, justifient ce vice honteux d’un alibi culturel et traditionnel. Je dis qu’une société se grandit quand, au fil de son histoire, elle se débarrasse de ses comportements avilissants ; que son degré de civilisation se mesure à l’état de sa conscience.

Ma plus grande aversion va à la chasse à courre, une chasse cruelle, ridicule mascarade d’une époque révolue où le gibier traqué par un cortège grotesque n’a d’autre choix que de s’empaler sur les clôtures qui partout entrave sa fuite, ou, ayant échappé à bien des périls, ne peut qu’attendre, tremblant, écumant de bave sous la terreur, le coup fatal du piqueux porté dans une mise en scène odieuse. Cette pratique prolonge l’agonie et le stress de l’animal. Cela me heurte profondément. Ce n’est pas l’idée que je me fais de la civilisation. Une lettre ouverte m’avait été adressée après l’abattage, le 21 octobre 2017, d’un cerf qui s’était réfugié dans un pavillon. Le 22 novembre 2017, quatorze sénateurs, dont Laurence Rossignol (PS), ont pris une initiative auprès du Sénat. « La chasse à courre, à cor et à cri est une pratique nobiliaire, oligarchique et barbare, digne d’un autre âge », affirment les députés. « Bien loin d’être une tradition populaire de notre pays », elle ne « contribue pas à la nécessaire régulation des espèces » et suscite des « troubles à l’ordre public ». Ils notent que cette chasse a été abolie en 1995 en Belgique, puis en Écosse, en Angleterre et au pays de Galles.

Mais fin décembre 2017, j’annonce que je n’agirai pas pour faire abolir la chasse à courre. Mon sentiment personnel ne peut pas préempter ce qui doit être un débat de société. La France, qui a été historiquement associée à la chasse à courre, n’est pas encore prête à l’abandonner. Les choses sont toujours plus complexes que ce qu’on peut en dire. Le 15 décembre 2017, Emmanuel Macron avait fait une escapade à Chambord dans la perspective de ses 40 ans. Le soir, il assistait à l’exposition du « tableau de chasse » après la journée de battue : une quinzaine de sangliers. Le président voulait ménager le Sénat, un repaire de porteurs de fusil. L’Élysée aura en effet bien besoin de la Chambre haute, tenue par la droite, pour faire adopter sa réforme constitutionnelle en 2018. Et Gérard Larcher, le patron des sénateurs, est un grand soutien de la vénerie. N’a-t-il pas consacré sa thèse de vénerie à un chien de chasse à courre ! Ainsi va la politique.

Nicolas Hulot et la BIODIVERSITE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature et que la diversité est riche. Plus nous la réduisons, plus nous devenons vulnérables. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. La protection et la réhabilitation des océans, des forêts, des zones humides, des terres arables, de tous les écosystèmes ne sont pas facultatives, mais sont une obligation pour lutter contre le réchauffement climatique, préserver la vie sous toutes ses formes et enrayer la pauvreté. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Les enjeux écologiques sont désormais des enjeux géostratégiques et diplomatiques majeurs. Nous défendrons la biodiversité au plan mondial. Nous mobiliserons les chefs d’Etat et les entreprises, afin de créer une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique, grâce à une conférence mondiale. Afin d’être cohérent avec cette ambition mondiale, nous serons rigoureux tant en métropole qu’en outre-mer pour la préservation des espèces protégées, et mettrons en œuvre les mesures nécessaires pour cohabiter avec nos populations de grands carnivores (loups, lynx, ours).  » L’intention est bonne, la réalisation aléatoire. Mais je suis devenu partie prenante. D’où la préparation d’une loi Biodiversité du temps que j’étais ministre de l’écologie.

Démographie africaine et faune sauvage

Le Prince William accuse la démographie africaine d’être à l’origine de la disparition de la faune sauvage. Ces propos ont suscité une vague d’indignation.

Lire, Surpopulation humaine, éléphants sur la fin

Afrikamag : S’exprimant aux Tusk Convention Awards du 22 novembre 2021 à Londres, le prince William a déclaré : « La pression croissante sur la faune et les espaces sauvages d’Afrique en raison de la population humaine présente un énorme défi pour les écologistes, comme c’est le cas dans le monde entier. …il est impératif que le monde naturel soit protégé non seulement pour sa contribution à nos économies, nos emplois et nos moyens de subsistance, mais aussi pour la santé, le bien-être et l’avenir de l’humanité »»Les remarques du prince font écho aux commentaires qu’il a faits en 2017, lorsqu’il a déclaré que la « croissance rapide de la population humaine » de l’Afrique mettait sa faune et ses habitats sous une « pression énorme. »

Lire, Surpopulation africaine par une virilité mal employée

Si certains ont salué les commentaires du prince, qui mettaient en lumière le péril auquel est confronté le monde naturel face à la croissance démographique mondiale, d’autres ont critiqué ses propos. Certains ont affirmé que William n’avait « aucune autorité morale pour dire quoi que ce soit sur l’Afrique ou sur les Africains et leurs vies ». Mais il faut avant tout que l’homme se persuade qu’il n’a pas le droit moral de mener une espèce animale ou végétale à son extinction, sous prétexte qu’elle ne sert à rien. « Nous n’avons pas le droit d’exterminer ce que nous n’avons pas créé. Un humble végétal, un insecte minuscule, contiennent plus de splendeurs et de mystères que la plus merveilleuse de nos constructions. Le Parthénon ne sert à rien, Notre-Dame de Paris est complément inutile, en tout cas mal placé. L’homme pourrait refaire dix fois le Parthénon, mais il ne pourra jamais reconstituer les innombrables animaux des savanes africaines, issues d’une évolution qui a déroulé ses méandres sinueux au cours de millions d’années, avant que l’homme ne commence à poindre dans un obscur phylum de Primates minuscules. » (in Avant que nature meure de Jean Dorst, 1965)

Lire, Population africaine, nous sommes au bord de l’apoplexie

L’Afrique, qui compte aujourd’hui 1,3 milliard d’habitants en totalisera près de 4,5 milliards à l’horizon 2100 ; un jeune Terrien sur trois âgé de 15 à 29 ans vivra en Afrique en 2050. Le Nigeria, par exemple, sera passé de quelque 191 millions d’habitants à plus de 410 millions en 2030. Emmanuel Macron a même déclaré. « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ».

L’explosion démographique, cause de l’expansion de l’agriculture au détriment des habitats de la faune sauvage et du développements des infrastructures et des villes, constitue une grande menace pour de nombreuses espèces menacées.

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Un chasseur mort OU des oursons sans mère ?

« L’attaque d’une ourse sur un chasseur ravive le débat sur la cohabitation », titre LE MONDE. Attendez, mon journal de référence, vous vous êtes trompés sur le titre : il fallait lire « L’attaque d’un chasseur sur une ourse ravive le débat sur la cohabitation ». Il n’y a que 400 ours pour 67 millions de Français, où est le déséquilibre ?

Lire, pas assez de loups, trop de moutons, difficile cohabitation

Résumé de l’article de Philippe Gagnebet : « Le 20 novembres, un chasseur a été attaqué par une femelle ourse. Il a pu abattre l’animal de deux balles. Le drame s’est déroulé à 1 900 mètres d’altitude. Selon les premiers témoignages d’autres chasseurs, « il est d’abord tombé sur deux oursons, puis la mère l’a violemment attaqué par-derrière… l’ours n’a pas sa place dans nos montagnes ». »

Les commentateurs sur lemonde.fr prennent la défense de l’ourse :

A.Conte : On remarque que le journaliste appelle un « drame » un chasseur blessé en chassant au milieu d’une zone d’habitat des ours mais qu’un automobiliste tué par un chasseur sur une 4-voies est appelé un « accident ». La différence de traitement saute aux yeux. Puisqu’on interdit implicitement aux non-chasseurs de fréquenter tous les espaces naturels plus de 6 mois par an pour ne pas fournir des cibles aux chasseurs, on pourrait aussi interdire certaines zones toute l’année aux chasseurs pour laisser les ours vivre tranquilles. En ce qui me concerne, j’aurais préféré que ce soit le chasseur qui y reste car chaque chasseur en moins c’est potentiellement un non-chasseur sauvé de ses tirs. Qu’on meure d’un coup de fusil en faisant du vélo, en passant en voiture ou en taillant ses rosiers est un drame, qu’on meure en chassant n’est qu’un accident de chasse.

GuillaumeS : Que faisait un chasseur si près des oursons ? Tout le monde sait que c’est très dangereux, sauf apparemment un soi-disant habitué de la faune sauvage.

Gaston31000 : C’est dommage que l’ourse n’ait pas fini le boulot. En tous cas, j’ai plus peur des chasseurs que des ours quand je vais randonner dans les Pyrénées. Je croise beaucoup de spécimens de la première espèce, qui ressemblent souvent à une milice de red-necks en train de s’entraîner en vue de la prochaine guerre civile. Ils ont généralement de gros 4×4 et de gros pick-up et font de l’intimidation aux randonneurs des GR, même sur les chemins de st-jacques. Pour débusquer un ours, il faut le vouloir. Un copain passe tous ses WE depuis 20 ans à crapahuter dans la montagne pour ramasser des crottes d’ours pour les scientifiques, et il n’en a jamais vu un seul.

CL : Ce qui est un drame c’est que les deux oursons ont perdu leur mère et sont maintenant orphelins. Ce qui est un drame, c’est qu’il se trouve des gens pour penser que l’ours n’a pas sa place dans les Pyrénées parce qu’il y a des humains… Mais qui peut bien avoir envie de vivre dans un monde où il n’y aurait que des humains? Et de quel droit peut-on décider qu’il n’y a que notre stupide espèce qui ait le droit de vivre?

Lire aussi, Les ours pyrénéens demandent la parole

Alxsailor : Les chasseurs tuent et blessent plus de chasseurs que les ours ne tuent et blessent de chasseurs chaque année. Conclusion : pour protéger efficacement les chasseurs il faut commencer par supprimer les chasseurs.

Eric L. : Selon France3 Occitanie, l’ourse tuée pourrait être Caramelles. L’histoire se réputerait comme le souligne Pays de l’ours dans son communiqué : « sa mère Mellba a également été tuée lors d’une battue en septembre 1997, alors que Caramelles et son frère Boutxy n’avaient que 8 mois »… On comprend alors tout-à-fait la réaction de défense de ses oursons par la mère.

1europ : Si on repasse le film , c’est une mère défendant ses petits … Son comportement est donc plus que compréhensible et naturel. Je ne connais pas l’expérience du chasseur, mais il me semble évident que lorsqu’on tombe sur des petits d’animaux , il faut très vite évacuer la zone par peur d’attaque de la mère. C’est le bon sens… Essayez d’attraper un poussin et vous verrez la mère poule vous agresser… et ce n’est qu’une poule ! Après si on met en balance que nous sommes 8 000 000 000 humains sur terre et que les ours dans les Pyrénées peuvent se compter sur les doigts d’une main , et qu’ils sont quasi éteints, on voit que ce sont les hommes qui doivent réduire leur empreinte. Et non l’inverse.

Noleb : Donc il y a une UNE attaque non mortelle d’une ourse sur un chasseur (en plusieurs dizaines d’années) et les chasseurs et consorts appellent à éradiquer (pardon à « prélever ») tous les ours. Je propose donc d’éradiquer tous les chasseurs vu qu’il y a eu (rien que pour la saison 2019-2020) 141 victimes d’accidents de chasse, dont 11 morts. C’est logique non?

Etichonide : Si on comprend bien, les chasseurs veulent une forêt aseptisée, sans dangers, ou ils pourraient mitrailler à loisir des lapins, des faisans d’élevage et des chevreuils décornés mais surtout ne rencontrer rien de plus effrayant. Faudrait aussi goudronner les chemins, on peut vite s’y fouler une cheville, et enlever toutes ces ronces, qui peuvent rayer le vernis du pantalon en kevlar.

Lire, Mort à l’ours, nature morte, l’enfer sur terre

César Bistruk : En Californie, les urbains cohabitent avec l’ours qui vient profiter de leurs piscines, sans qu’actions soient menées par les autorités pour les éliminer. On y fait de la prévention : conduite à tenir devant l’animal, etc…

Nature, environnement, biodiversité… VIVANT !

La notion de « vivant », est plus inclusive que « nature » et « environnement », moins usée que « sauvage », moins savante que « biodiversité » ou « non-humains », plus partielle que « acteurs absents ». Les mots font ou défont les réalités. Quant un nouveau concept se répand dans l’espace public, il devient un mème et participe à un basculement du monde. Ainsi la notion de « vivant » marque le fait que « la crise écologique actuelle est une crise de nos relations au vivant »(Baptiste Morizot). « Vivant » selon Nicolas Truong permet de sortir du dualisme entre la nature et la culture. De nouvelles ontologies ne séparent plus les humains et les « non-humains », plantes, animaux, fleuves… ne sont plus des choses, mais des êtres qui doivent être pris en compte par le politique comme par le droit. On peut être en empathie avec le vivant, pas avec la nature. Et cette notion permet de mettre un peu d’animisme dans notre société anthropocentrée. On a passé la phase de l’écologie comme « truc dans un coin pour occuper les écolos », maintenant cela concerne des normes opposables à tous et sur de vastes périmètres. Il faut donc une démocratisation du débat et un éclaircissement des alternatives, sortir du vase clos des sachants et militants. L’important, c’est de discuter des rapports que l’humain peut, veut, doit entretenir avec ce que Vivant, Nature, Biodiversité désignent. Quelles nouvelles normes peuvent jaillir de notre rapport au vivant ? Il va bien falloir répondre.

Le philosophe Baptiste Morizot précise la signification du concept de Vivant « qui déplace la focale vers nos interdépendances avec les autres vivants. Il n’y a pas à « sauver » le climat, il ne craint rien : ce sont les vivants qui doivent être protégés des dérèglements du climat, humains compris ». Les humains ne sont qu’une maille dans la trame du vivant. Ce tissage rend la Terre habitable pour nous et pour les autres, et on comprend par là que ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin. Contre l’anthropocentrisme, il nous faut défendre une conception écocentrée, vision plus large que le biocentrisme qui s’intéresse seulement à chaque espèce séparée des autres. Penser avec cette idée de « vivant » n’oppose plus nature et culture, puisque la culture est une manifestation du vivant dans l’humain, une faculté façonnée par l’évolution du vivant. Les mots « biodiversité » ou « environnement » ne nous incluent pas : ce sont des concepts qui expriment l’extériorité hypothétique de l’humain. Le vivant, c’est un concept philosophique qui nomme notre relation à l’aventure de la vie sur Terre. Du point de vue concret, on pratique un meilleur humanisme parce qu’on comprend qu’il faut prendre soin des interdépendances entre tous les êtres vivants. Sans sacraliser bien sûr le Vivant, mère Nature, puisque le vivant vit chaque jour de s’entre-manger, c’est la base des écosystèmes.

Sirelius : J’ai aimé le début de « Manières d’être Vivant » de Morizot. Et puis, très vite, l’auteur goûte à tous les types de saucisses proposées dans un refuge du Vercors. On a donc un philosophe qui chante les louanges du vivant et des beautés inouïs de l’altérité, qui discute avec les loups et voit dans un champ grouillant d’insectes l’équivalent bouillonnant de vie de Times Square. Mais qui, nonobstant sa passion pour les animaux sauvages, les possibilités d’interactions et d’échanges avec eux, se remplit l’estomac du corps supplicié de ceux qui n’ont pas eu la chance de naître à l’état sauvage, mais dans un élevage où en guise de bienvenue à la vie ils se voient arracher les testicules, couper la queue, meuler les dents à vif. Exemple parfait de dissonance cognitive !

le sceptique : Nos débats humains sur le vivant sont toujours des débats sur nos désirs, nos valeurs, nos intérêts. Même le naturaliste le plus désintéressé est en réalité animé par un plaisir d’être dans un certain type de nature, c’est la possibilité de son plaisir qu’il défend.
(Bon, c’est une expérience de l’esprit, jamais je boufferais une laitue et jamais je ne la cultiverais 🙂 Mais disons que ceux qui cultivent des laitues pour ceux qui en mangent se posent ces questions).

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

6 mars 2019, Liselot des papillons (le Respect du vivant)

26 août 2018, Valérie Cabanes, être en harmonie avec le vivant

19 novembre 2015, Le climat dépend des êtres vivants, cela nous intéresse

16 juin 2013, respect du vivant, hommage radical à la dénatalité

19 décembre 2011, biocides : la revanche du vivant

19 décembre 2010, biotechnologies et (non) respect du vivant

24 août 2007, L’unité du vivant

Aimer le bien-être animal ET les chasseurs

Emmanuel Macron le 4 octobre : « Il faut que chacun se comprenne. On a trop tendance à opposer les mondes dans notre pays. Les chasseurs, ce sont des acteurs de la ruralité. Un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, il aime la nature, sinon il ne ferait pas de chasse… Ce qui m’importe, c’est qu’on réponde à la question du bien-être animal et qu’on le fasse en respectant chacune et chacun. Et que cela ne produise pas des tensions dans la société, en plus de tout ce que nous avons… Je pense honnêtement qu’on a beaucoup mieux à faire qu’aller chercher les gens sur les chasses traditionnelles … Personne ne veut de pratiques cruelles. Mais, en même temps, nos compatriotes chasseurs sont attachés à la ruralité et aux traditions. On ne peut pas leur dire du jour au lendemain, ce que vous avez fait, ce que vos parents, vos grands-parents ont fait, c’est absolument intolérable, circulez… »

Les commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Nono Isa : Le chasseur aime la nature comme le pédophile aime les enfants

avec le temps : Macron qui dit « Un chasseur aime les animaux, sinon il ne ferait pas de chasse ». Cette contradiction est au delà du ridicule.

Dance Fly : Les chiens de chasse sont sans doute parmi les premières victimes de la maltraitance animale ; leur accueil dans les refuges sont légions. Et ne parlons pas de la vénerie: des dizaines de milliers de chiens enfermés la plupart du temps dans des chenils glauques, des milliers victimes de souffrances abominables lors des parties de chasse : éventrés par un sanglier, assommés par un coup de sabot de cheval, percutés par une voiture, agressés par leurs congénères, perdus et errants pendant des semaines… La plupart des responsables politiques ont cette même vision idéaliste de la chasse qui n’existe que dans leur imaginaire, car finalement non seulement les chasseurs n’aiment pas la faune sauvage mais beaucoup n’aime pas leurs propres chiens.

Locredo : Macron jette 18 M€ pour les chats et les chiens en refuges, puis rappelle que la chasse c’est de la tradition. Que dire de l’élevage intensif ? Le en-même-temps est à l’agonie…

Dionys : Macron aurait interdit la chasse à la glu car il trouvait cette pratique scandaleuse ? C’est une plaisanterie ! Le lien nous renvoie à un article du Monde qui précise qu’il a fallu 5 ans de bataille contre la mauvaise volonté manifeste de ce gouvernement..

Victor M : Entre la criminalisation des lanceurs d’alertes sur la cruauté dans les élevages industriels ainsi que la cellule de gendarmerie (demeter) spécialement créée pour les traquer et les pleins pouvoirs accordés aux chasseurs, dont la possibilité de chasser des espèces menacées et protégées, Macron aura bien du mal à se placer en défenseur du bien être animal !

Anti-Pollueurs : Sous votre quinquennat Mr Macron, la Nation France n’a pas vraiment “amélioré la condition de l’ensemble des animaux qui vivent en son sein”. Il n’y a pas que les chiens et chats à protéger, toute la Biodiversité souffre en France. Est-ce que la quantité de toxiques (pesticides) volontairement répandus dans nos campagnes a diminuée ? Non. Est-ce que la prochaine PAC défendue par la France et M Denormandie & FNSEA va améliorer la situation ? Non. Le Ministère ne parle que des chats abandonnés ou des chiens écrasés, que fait-il pour que son secteur soit moins toxique ? Rien.
Vieux : Le chasseur n’est pas quelqu’un qui aime la nature et la ruralité. Le chasseur est un homme qui cartonne des animaux avec un fusil pour se sentir exister.

Camille Pol : Ce qui est le plus intéressant c’est finalement ce taux de chasseurs de 30-40% d’urbains CSP+ (contre 8% d’agriculteurs) qui permet de contredire l’argumentaire selon lequel le débat sur la chasse serait un débat de citadins aisés contre des ruraux modestes.

Simon T. : Les chasseurs aiment la nature ? Qu’ils troquent le fusil contre l’appareil photo. Macron se fait littéralement avaler par les lobbys de chasse. Les conflits se sont envenimés durant son mandat car les chasseurs ont étendu leur réseau et leurs pratiques mafieuses dans l’impunité la plus totale alors que les Français aspirent au respect du VIVANT (pas du trophée) et à vivre sans risquer de prendre une balle perdue.

Pop : Un chasseur aime les bêtes, un motard aime le silence, un gilet jaune aime la matraque et moi j’aime Hidalgo et Pecresse, Bertrand et Macron, Marine et Jean-Luc. Je crois que je vais voter pour le sens du vent, il est de tous les programmes.

JNP94 : En plus d’être comme les centristes ni de gauche  ni de gauche, Macron est en même  temps  et de droite et de droite

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 octobre 2021, Condition animale, maigre avancée de la loi

28 avril 2021, Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

Condition animale, maigre avancée de la loi

Au groupe d’études parlementaire « condition animale » siègent quarante-cinq députés, au groupe chasse, pêche et territoires 79, vec trône un seul membre, le sénateur Gérard Larcher. Une loi sur la condition animale est en cours de discussion au parlement.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. : « Cette proposition de loi nous donne des angoisses vous pouvez me croire.Loïc Dombreval est un extrémiste qui porte en étendard le drapeau de la dérive animaliste. Un jour, nos chiens et nos chats seront mieux traités que nos enfants, c’est de la folie. »

Loïc Dombreval (député LRM) : « Certains me considèrent comme un végane en tongs qui veut faire bouffer de l’herbe à tout le monde… Je n’ai pas aimé mes études de vétérinaire à Maisons-Alfort. On m’y a lavé le cerveau. L’animal de production était considéré comme une usine à lait, à viande ou à peau. Tout était chiffré, on parlait par acronymes. Les sciences humaines n’avaient pas droit de cité… Le député des animaux ? Cela me va si l’on concède que je suis aussi celui des femmes et des hommes. Quant à être la “BB” de l’Assemblée nationale, c’est impossible. Magnifique pionnière de la lutte pour le bien-être animal, Brigitte Bardot est unique… Je n’ai jamais considéré que la vie d’un animal était supérieure à celle d’un homme. Mais pourquoi vouloir opposer les deux causes ? Vous pensez qu’un agriculteur qui pratique l’élevage intensif s’épanouit tous les jours ?…  Aujourd’hui, les animaux sont cédés comme de vulgaires objets sur les réseaux sociaux. Et que dire de ces chiots et de ces chatons exposés dans les vitrines des animaleries et vendus par des chefs de rayon intéressés aux chiffres de vente. Est-ce bien sérieux ?… Je préfère faire évoluer la législation à petits pas plutôt que de me faire Don Quichotte et que rien ne bouge »,

Il a fallu attendre la loi du 16 janvier 2015 pour que le Code civil français reconnaisse que les animaux sont des êtres sensible enfin. Le 30 septembre, 2021, le Sénat a donné son aval en première lecture à une proposition de loi pour renforcer la lutte contre la maltraitance animale largement édulcorée. Le texte doit notamment contribuer à éviter les achats impulsifs d’animaux de compagnie et entend durcir les sanctions en cas de maltraitance. Chaque année, 100 000 bêtes sont abandonnées en France. Le coût de stérilisation des chats errants est évalué entre 1,5 milliard et 2,5 milliards d’euros. Pour les cirques itinérants, les espèces d’animaux interdits seraient déterminées par arrêté.

Quelques références complémentaires sur notre blog biosphere :

14 août 2018, Condition animale : Hulot a fort à faire !

11 juillet 2018, Écologie, ne pas confondre antispécisme et écocentrisme

28 mars 2017, Association L214, les croisés de la cause animale

17 août 2009, esclavagisme et spécisme

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Alp25 : Quand on sait que le Président du Sénat est un fervent chasseur, que peut-on attendre de l’assemblée qu’il préside concernant le bien-être animal !

MFT : Rien contre des pratiques archaïques et barbares. Rien concernant les conditions d’élevage et d’abattage. Rien contre la vente anarchique d’animaux de compagnie, et pour la responsabilisation des propriétaires. Presque rien, en fait.

Drab60 : Et bien sûr, aucune proposition pour faire évoluer la pratique de la chasse permettant aux « autres » de profiter un peu de la nature.

Michel SOURROUILLE : Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Pour le bien-être animal, nous prendrons notamment l’engagement d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. » Il n’y avait pas grand-chose d’autre !

Raphou : Tant que les menus ne sont pas exclusivement végétariens à la cantine du sénat et de l’assemblée nationale, le problème de la souffrance animale ne sera pas compris. Comment voulez-vous que les politiques puissent voter un texte contre la souffrance animale le matin, s’ils sont déguster une entrecôte bien saignante à midi ? La dissonance cognitive dans toute sa splendeur.

A.Conte : Je connais un type qui ne passe pas une semaine sans viande rouge tout en étant dingue de son chien au point de partager sa côte de bœuf labellisée avec lui… et d’aller se promener avec lui sous la pluie battante en hiver au motif qu’il (le chien) adore ça. Dissonance cognitive peut-être, mais aussi réalité de la complexité de l’être humain.

Mort à l’ours, nature morte, l’enfer sur terre

Le préfet de région Occitanie repousse à plus tard le dossier Life ours Pyrpour la sauvegarde de l’espèce ursine dans le massif pyrénéen. Le programme prévoyait le renforcement des « moyens supplémentaires pour la protection des troupeaux de brebis et la formation des bergers », et il n’était pas question de nouvelles réintroductions. Pourtant les opposants crient victoire : « Nous sommes opposés à tout projet qui institutionnalise la cohabitation de l’homme et de l’ours. La cohabitation n’est pas possible. » Les défenseurs du plantigrade n’ont pas droit à la parole. Le directeur de l’association pro-ours : « On a appris cette nouvelle dans la presse alors que nous sommes partenaires du projet. C’est incompréhensible et clairement une reculade. »

Lire aussi, Les ours pyrénéens demandent la parole

L’ours brun est protégé par un arrêté interministériel de 1981 ainsi que par la directive européenne dite « Habitats » de 1992. Il a été réintroduit dans les Pyrénées depuis 1996. Les contributeurs sur lemonde.fr prennent (ou non) la défense des ours.

Christophe des PO : Excellente nouvelle! L’ours est totalement incompatible avec l’élevage de type extensif, tous ceux qui connaissent réellement le monde agricole vous le diront… Être pour la réintroduction de l’ours ou du loup c’est faire la promotion de l’élevage intensif en bâtiment.

Agné : « L’ours est totalement incompatible avec l’élevage de type extensif » C’est bizarre, il l’a été pendant plus ou moins deux mille ans. Ne serait-ce pas plutôt avec le système de production qui a entraîné la désertification de la montagne et l’abandon de l’agriculture montagnarde ? N’est-ce pas curieux que l’ours soit considéré comme incompatible avec l’homme au moment où celui-ci n’a jamais été aussi peu nombreux en montagne alors qu’il était abondant quand les montagnes étaient encore très peuplées il y a plus d’un siècle ? Lorsque l’homme aura achevé d’éliminer tout ce qui entrave sa folie obsessionnelle de prédation, devinez ce qui sera supprimé sur terre…

Agné : Au XIXeme siècle, il y avait encore une population ursine très importante dans les Pyrénées alors que la population humaine n’y avait jamais été aussi nombreuse. Non seulement la cohabitation était possible mais le système agro-pastoral traditionnel permettait aux ours de se nourrir sans difficulté. Tout ethnographe ou collectionneur de cartes postales anciennes peut produire des images de montreur d’ours Ariégeois. Penser que l’homme aura un avenir une fois qu’il aura éliminé toutes les espèces qui le gênent prétendument est une folie. C’est avec le système de production actuel que l’ours ne peut pas cohabiter. Le plan visait à permettre la cohabitation. Le repousser est électoraliste, peu courageux, une absurdité.

Narbones : Triste décision du préfet aux ordres de Darmanin qui nous éclaire sur les sentiments écologistes du pouvoir en place. Chasseurs 1, Ours 0

Dance Fly : Les Pyrénées: un vaste parc à moutons de 600 000 brebis qui donnent naissance à des milliers de petits agneaux tout gentils qu’on découpe en petits morceaux dans les abattoirs et…60 ours pépères qui mangent principalement des feuilles, des fruits, des champignons…et croquent de temps en temps un mouton. Dans le même temps 20 ou 30 000 de ces moutons sont « perdus » en estives par les éleveurs chaque année (maladies diverses, foudre, chutes…) et laissés aux vautours. Il faut ajouter à peu près autant de brebis qui meurent en exploitation. Donc un total de 50 000 à 60 000 contre 200 moutons tués chaque année par des ours. Or c’est la seule cause de mortalité systématiquement indemnisée.

Silgar : J’ai toujours du mal à comprendre ces gens qui se réclament de la proximité avec la nature mais qui n’ont pour seul dessein que d’éliminer une espèce qui était là avant eux, ceci pour des motifs essentiellement économiques. En termes d’altérité et de rapport à la vie, on est proche du niveau zéro.

Atoum : Tout à fait d’accord.. encore pourrait on ergoter sur les motifs « économiques » de la disparition de l’ours. Entre les nombreuses aides et subventions du plan ours et les Préfets pas trop regardants sur les indemnisations, pas sûr que les éleveurs soient perdants pour quelques dizaines de moutons réellement dévorés par l’ours !

Michel SOURROUILLE : Nous appartenons presque tous maintenant de la civilisation urbaine. Le berger irréductible qui ne veut pas de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées se vautre le soir devant sa télé. Entre deux petits tours sur l’estive en 4×4, il parcourt les allées des supermarchés avec son portable à la main. La Nature ne constitue plus qu’une valeur marchande, avec ou sans ours, un produit touristique parmi d’autres. Même les espaces protégés deviennent des parcs d’attraction où quelques animaux sauvegardés sont priées de se présenter aux heures d’ouverture prévues par les syndicats d’initiative.  La Nature n’existe pratiquement plus puisqu’elle est sans arrêt en représentation, sauf pour quelques naturalistes de plus en plus isolés, et de plus en plus âgés. Cette fracture explique pour partie que nous participons presque tous, consciemment ou non, à la destruction de la Nature.

Raphou : Et moi qui pensait que les VTT à assistance électrique permettaient maintenant aux sportifs du dimanche d’échapper facilement aux gros ours affamés ?

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

20 avril 2015, Parole de requin bouledogue… confrontée aux humains

22 février 2018, 350 loups, 67 millions de Français, le déséquilibre

Notre conseil, donnons des fusils aux lapins

Comment faire pour réguler la surpopulation de chasseurs ? Plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 18 septembre 2021 pour défendre les chasses traditionnelles d’oiseaux. Ils jugent le « monde rural menacé » et les « traditions en danger ». L e méchant Conseil d’État avait jugé que plusieurs techniques de chasse étaient contraires à la directive européenne « oiseaux » de 2009,

lire aussi, Chasseurs, sauvez des vies, restez chez vous

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, appelle à la création d’un grand ministère de la ruralité pour s’y sentir enfin chez nous : « On a en face de nous des démagogues. On ne demandera jamais à un végan de manger de la viande, qu’on nous foute la paix ! Qu’on nous laisse vivre ». Les commentateurs sur lemonde.fr répondent a cette provocation :

Pascal H : C’est choquant de confondre la défense de la chasse et de la ruralité (ce concept restant à définir d’ailleurs ) …….… Je suis rural , depuis toujours et depuis des générations.… S’il s’agit juste de s’immerger dans la nature et de la protéger ……pourquoi un fusil et pourquoi tuer ? sauf à considérer que les huîtrier pies , les tourterelles , les marmottes ,etc etc sont des dangers ou nécessaires à la nourritures humaines……!!!!!!!! Et les chasseurs se présentent comme des défenseurs de la nature………nous ferons rire ou pleurer hélas les générations futures…..

Lorgnette : La ruralité, elle est comme tout le monde : elle n’aime pas les chasseurs. Voire plus, car après tout à y réfléchir 2,47 secondes la ruralité c’est surtout elle qui subit vos caprices d’enfants armés.La ruralité, c’est elle qui subit les violations de propriété privées pour achever un animal ; qui voit des sangliers agrainés manger les cultures… Les ruraux, se sont aussi des promeneurs, des cueilleurs de champignon, des vttistes, des coureurs à pied , et surtout des paysans.

Castanea : Quelques dizaines de milliers de manifestants qui défendent quoi exactement ? L’obscurantisme de nier que certaines populations animales sont en situation difficile depuis quelques décennies pour conserver leur jouissance ludique à jouer au ball-trap ? Si c’est bien ça, c’est lamentable. Et surtout, c’est une micro-manif, alors que des millions de français, en face, détestent la chasse ! Et pour cause, elle est le plus souvent tellement excessive à bien des égards… (durée annuelle, nombre d’espèces chassables, empoisonnement du sol au plomb, risques collatéraux, trafic du vivant et certainement pas « régulation », il y a qu’à voir le cas des sangliers…, mise en danger d’espèces menacées, etc…etc…).

Léon Tr. : Les pauvres petits chéris… les méchants bobos citadins les empêchent de massacrer à tort et à travers.

Atoum : La faune sauvage appartient AUSSI aux « Bobos citadins ignorants démagogues ». Et pas seulement aux seuls chasseurs. On fait un référendum?

Epi-Logos : Doit-on dire des « viandards » ? Ou est ce des primitifs ? Ce qu’ils ne comprennent pas est que ses traditions, sa culture, sa façon de vivre sont en contradiction avec l’état actuel de la Nature, et du respect des animaux, et de la sauvegarde des espèces.

Pascool17 : Drame de la chasse : il visait un randonneur, il tue par erreur un chasseur.

Artemis purple : Les adeptes de la mort-loisir sont en voie d’extinction. Encore quelques bravades et pfffff….

pierre marie 22 : La haine et le mépris des commentateurs du Monde pour le monde rural est… stupéfiante. Avez-vous tellement besoin d’un bouc émissaire ? Restez dans vos villes, vos stations de ski, votre ile de Ré. Vos aéroports. Laissez nous vivre.

BAEBB : Ceux qui n’aiment pas la chasse ne sont pas dans les villes, aéroport et autres de villégiatures où il n’y a rien à chasser mais dans les maisons du village à coté de chez vous…. Inutile d’aller ailleurs.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

27 avril 2018, Le bon chasseur respecte l’éthique de la Terre

2 janvier 2010, LE VILAIN CHASSEUR

31 juillet 2008, chassons les chasseurs

UICN, l’humanité sur la corde raide

« L’humanité a atteint un point de bascule », alerte le congrès mondial de la nature. Dans le manifeste de Marseille, adopté le 10 septembre 2021 à l’issue de son congrès, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) appelle à une « réforme systémique urgente » pour résoudre conjointement l’ensemble de ces défis. La “réussite” économique ne devrait plus se faire aux dépens de la nature. Tâche herculéenne, il s’agit de supprimer les polluants, éliminer la surpêche, diminuer la déforestation, réduire de moitié l’empreinte écologique des modèles de consommation et de production, transformer le système agricole et notre régime alimentaire… L’objectif spatial est de protéger et de conserver de manière efficace et équitable au moins 30 % des terres et des mers d’ici à 2030.

Les recommandations et résolutions votées à Marseille ne sont pas contraignantes, elles ne servent donc à rien. De plus cette « systémique » oublie carrément la variable démographique, ce qui est un comble pour une association tournée vers les systèmes biologiques et les mécanismes proies/prédateurs. Les commentateurs sur lemonde.fr sont plus perspicaces :

Bang : Consternant que personne encore parmi ces scientifiques n’ose faire publiquement le lien entre de nombreuses variables comme l’accès à eau potable, la diminution des ressources halieutiques et le nombre d’être humain. Plus de 3 milliards de plus en 40 ans … Mais non, les seuls problèmes, sont le moteur thermique, l’agriculture animale, etc…

Lorange : Que ne comprenez-vous pas dans : « les 10 % des plus riches consomment 50% des ressources de la planète » ? L’urgence c’est nous, c’est vous, pas les Africains.

Nawak @Lorange : Vous êtes totalement à côté de la plaque… Déjà parce qu’une partie des Africains migre vers les pays qui consomment le plus, et renforce donc cette consommation. Ensuite parce que l’Afrique est le continent où il y a tout à faire, tout à construire…A moins que votre vision des choses soit de laisser ce continent dans le même état : pauvreté endémique, manque de tout avec l’émigration comme seul horizon pour améliorer son cadre de vie.

Verslinfini : Il faut réécrire dans les religions la partie « croissez et multiplier » (c’est bon on a rempli la planète)

MoiMême : Précambrien, la nature élimine 95% des espèces. La vie repart de plus belle. Très longtemps après, la nature « produit » l’homme, lequel devient le facteur d’une extinction massive.
La vie repartira de plus belle, peut être sans nous. Nous sommes juste un des éléments naturels temporairement impliqué, sur un laps de temps ridiculement court. Un détail : quoi qu’il arrive, nous allons mourir, vous et moi, sans l’ombre d’un doute. Bonne journée !

Michel SOURROUILLE : L’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Une initiation à l’écologie profonde, une expression du philosophe Arne Naess, serait indispensable dans les écoles. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. La solution la plus radicale consiste à faire moins d’enfants. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 septembre 2021, UICN, les humains écrasent la biodiversité

UICN, les humains écrasent la biodiversité

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Réchauffement climatique, extinction des espèces, déplétion pétrolière, stress hydrique, raréfaction des ressources naturelles, surpopulation humaine,… tout cela est abondamment documenté et discuté. Les conférences internationales et les grandes intentions politiques se multiplient, en vain. Le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui se tient à Marseille du 3 au 11 septembre, ne fait pas exception. L’éditorial du MONDE ne peut que constater : « Jamais dans l’histoire de l’humanité le vivant n’a été aussi menacé… L’état des lieux est calamiteux et les perspectives sont affolantes. Le taux d’extinction des espèces animales et végétales s’accélère à une vitesse vertigineuse. Souillée et détruite par l’activité humaine, la nature recule partout, qu’il s’agisse des océans, des rivières ou des forêts, avec des conséquences irrémédiables sur la faune, la flore et l’homme… ». Face à ce constat partagé, que faire ? Yaka, dit l’éditorial : «  Il est indispensable de lutter à la fois contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. » Plus vague, tu meurs.

Le moteur de la sixième extinction de masse n’est pas cité par cet éditorial, la surpopulation humaine.Parmi les actions prioritaires, il faudrait donc appeler médiatiquement à réduire la croissance de la population humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

L’UICN considère déjà que l’opération de sauvetage de certaines espèces est sans espoir. La Biosphère sait que les humains doivent arrêter de procréer de façon inconsidérée s’ils ne veulent pas se dévorer entre eux faute d’autres gibiers. Et pour ce qu’on en dit….

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juillet 2017, Prolifération humaine et anéantissement biologique

28 juin 2015, L’animal humain qui veut la mort des autres espèces

3 mars 2012, gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

8 février 2012, un seul ver de terre vaut autant que le tigre

14 novembre 2011, Anthropocène, anthropocentrisme, anthropisation… extinction des espèces

26 mai 2010, la sixième extinction

2 février 2005, la biodiversité en péril

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité

En 2019, le premier rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales ». Du 3 au 11 septembre 2021, Marseille reçoit le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La COP (conférence internationale) sur la biodiversité s’ouvrira en Chine en octobre 2021. Les négociations du traité sur la haute mer se tiendront aux Nations unies au premier semestre 2022. Beaucoup d’agitation pour rien. Laissons la parole à la toile :

G.Delaurens : Pour réagir au changement climatique et à la raréfaction des espèces, le mieux va consister à acheter un climatiseur ainsi qu’à contacter un taxidermiste pour avoir un renard empaillé dans la salle de séjour. Ensuite on n’aura plus qu’à participer au spectacle des éléments déchaînés devant sa télévision et visiter la salle des espèces disparues au Jardin des plantes. Ça, c’est un objectif de civilisation, concret et réalisable …

Nicolas Hulot : A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Choux rave : Il n’y a rien à attendre de la prochaine COP. Ni des prochaines élections. Que reste-t-il alors ? La désobéissance civile ? Et après, la violence ? Les boomers voudraient finir leurs jours tranquillement sans que rien ne change… Les plus riches voudraient continuer à accumuler sans que rien ne change… Pas sûr que cela se passe exactement comme ils le prévoient !

MK : L’espèce humaine consomme trop, elle est invasive et attaque la biodiversité.… Je n’ai entendu aucun homme politique, depuis plus de 50 ans, parler de régulation des naissances.… Peut-être faudrait-il limiter la population mondiale, et celle de la France à 50 millions, afin de maintenir les équilibres de la biodiversité actuelle et la surchauffe de production et de consommation ? Avec intelligence évidemment….

Dance Fly : Daccord avec MK pour en finir avec des politiques natalistes devenues « has been » dans un contexte de crise environnementale. Une solution simple pour la France: une allocation dès le premier enfant, doublée au second enfant mais pas augmentée au delà, et versée sous condition de ressource; réduction de l’allocation de rentrée scolaire, uniquement versée sous forme de bons d’achats (pour fourniture scolaire) ; aides financières pour la garde d’enfants uniquement pour les familles les plus défavorisés…

Michel SOURROUILLE : Le moteur de la sixième extinction de masse, la surpopulation humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Jeannot3 : J’aime le vivant, je parcours des forêts de temps en temps, mais 70% de la population vit dans un immeuble, pas de jardin et des terrains vagues. On me dit,« L’école doit jouer un rôle fondamental, il faut apprendre les pieds dans l’herbe mouillée ». C’est beau ça donne envie mais objectivement, à l’échelle française, il y a déjà 12 000 000 d’élèves. Comment on fait ?

boomeuse ok : Dans les années 90, je me souviens, j’organisais des sorties « sauvages » du jour pour le lendemain. On allait dans les chemins creux, on observait les mares, on apprenait à reconnaître les arbres, les fleurs des champs, les oiseaux in situ. Je prévenais la direction, je laissais un mot sur le bureau du maire. Et basta. La dernière fois que j’ai organisé « une sortie », il m’a fallu 3 semaines, un projet pédagogique, l’autorisation de l’intendance, une lettre d’information aux parents, (tout ça pour aller à 150 mètres du lycée au bord de la Creuse). Un jour, tu te lasses de forcer le système, de justifier de l’intérêt de ce type de démarche, de perdre des heures pour finaliser et obtenir le « sésame, ouvre les portes du lycée !  » Et tu pousses un long hurlement intérieur.

Nicolas Hulot : Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature. Plus nous réduisons la diversité, plus nous devenons vulnérables. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

Pierre-Emmanuel Barré : La question n’est plus « quelle planète va-t-on laisser à nos enfants ! » mais « doit-on laisser des enfants à notre planète ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 juin 2021, GIEC et IPBES sont dans un bateau…

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

Les vautours prolifèrent à la FNSEA

Surpopulation des vautours fauve en France ? S’il y avait surpopulation, le premier paramètre qui s’infléchirait serait leur reproduction. Les vautours vivent longtemps (une trentaine d’années) et comme toutes les espèces à longue durée de vie, ils sont capables de réguler leur reproduction. Pourtant sur les Causses, ces oiseaux, agents naturels d’équarrissage des carcasses, sont accusés par des éleveurs de s’attaquer à des animaux d’élevage. FAUX. Leur morphologie ne permet pas de devenir des prédateurs : contrairement aux aigles qui ont des serres aiguisées pour tuer leurs proies, les vautours ont des pattes qui ressemblent à celles des poulets. La FNSA demande que les éleveurs soient indemnisés comme c’est le cas pour le loup. Olivier Duriez, l’un des trois spécialistes des vautours en France, cite l’exemple de l’Espagne : « Si un éleveur estime que sa bête a été tuée par un vautour, l’État accepte qu’il y ait une expertise. Si celle-ci confirme les faits, l’État indemnise l’éleveur. Mais si elle conclut à une autre cause (mort naturelle, attaque d’un autre animal), l’éleveur paie l’expertise. Cela a permis de faire redescendre la fièvre autour du sujet. »

Pour en savoir plus, voici quelques commentaires sur la toile :

Dmg : « …comme toutes les espèces à longue durée de vie, les vautours sont capables de réguler leur reproduction »… avec une exception, hélas, l’espèce humaine…

Michel SOURROUILLE : Surpopulation des vautours en France ? Le problème ne porte pas sur les vautours, mais sur la reproduction des humains. Il y a aujourd’hui dans les Causses environ 800 couples de vautours fauves, 40 couples de vautours moines, 2 couples de vautours percnoptères et 7 gypaètes. Presque rien. En face, il y a 67 millions de Français auxquels il faut ajouter le cheptel ovin, 7 millions de tête, ainsi que 7,7 millions de vaches et 13 million de porcs. sans compter les millions de chats et de chiens. Il n’est donc pas étonnant que suite à la prolifération humaine et à la multiplication de ses commensaux, le rétrécissement de l’espace vital pour les espèces sauvages se soit réduit jusqu’à disparaître… il n’y avait plus de vautours en France depuis 1945. Il nous faudrait devenir malthusiens, maîtriser notre fécondité comme savent le faire les vautours. Mais les humains ne sont pas assez intelligent pour cela surtout quand ils sont membres de la FNSEA.

Pharaonsuperstar : A la FNSEA, ils sont capables de dire que les rossignols sont dangereux pour les troupeaux de moutons pour toucher des dédommagements…

JPMart : Il y a trop de FNSEA. Ces prédateurs détruisent l’environnement. Il faudrait une régularisation.

Max-Imum : Les vautours ont le droit de vivre dans les Causses, c’est leur région d’origine à eux aussi. À vouloir éradiquer toutes les espèces que l’homme jugent nuisibles, on perd peu à peu la belle diversité qu’abrite notre région et d’une manière générale notre planète. L’homme a cohabité pendant des siècles avec ces espèces, il faut que les générations actuelles l’acceptent et fassent avec. L’Homme qui tue des centaines de milliers de bêtes par an pour se nourrir c’est normal, les loups et vautours qui en grappillent quelques dizaines par an c’est inadmissible... Mais où va-t-on?

le sceptique : le conflit d’usage désigne des choses contradictoires qu’on a envie de faire dans une propriété privée ou publique. L‘écologie du sauvage rencontre déjà de l’hostilité alors qu’on parle de quantité d’animaux à 1 ou 10 % de ce qu’elles étaient dans la nature d’antan. A horizon connu, les écolos du sauvage devront se contenter de quelques Disneyland. Si les vautours ne sont pas des Mickey, ils doivent néanmoins leur survie locale à la volonté humaine, qui est devenue ainsi un paramètre majeur de leur réintroduction et de leur protension.

Cerise53 : La FNSEA fait de ses délires sur la faune sauvage un vrai enjeux de pouvoir sur le vivant, pour bien cacher le caractère absolument délétère de l’agrochimie quoi de mieux que de prétendre que c’est la nature qui est en fait le vrai danger !

Éric42600 : Ah! La FDSEA! Voilà une organisation écologique : elle hurle contre les loups, les ours, maintenant les vautours! Mais contre les produits dont elle prône l’utilisation et responsables de la disparition des oiseaux, des insectes,on ne l’entends pas. Combien de ses adhérents ou anciens adhérents meurent chaque année des suites de l’utilisation massive de produits agrochimiques ? Elle ferait mieux de s’en occuper et de laisser les vautours tranquilles!

Gaspard : Avant de se lancer dans des diatribes anti-paysans sans nuances, les écolos de salon feraient mieux de taper « vidéo vache vivante attaquée par des vautours » sur le moteur de recherche de leur choix. Une fois qu’on a vu ces vidéos, on se dit qu’on n’a pas intérêt en tant que randonneur solitaire à se blesser gravement dans une zone infestée de vautours, surtout quand ils tournoient sinistrement par dizaines au dessus de votre tête…

César Bistruk : La crémation ayant une empreinte carbone certaine, l’avenir des obsèques, ainsi que la solution du présent problème, réside peut-être dans l' »inhumation célèste » pratiquée en Mongolie, au Tibel et au Népal, où les corps des défunts sont dispersés rapidement par les vautours. Personnellement, j’y souscris, ne croyant pas à la résurrection des corps. Quitte à rejoindre le Grand Tout, autant le faire de la manière la plus écologique qui soit.

Surpopulation et extinction des espèces

La nouvelle animation du MNHN, intitulée « Revivre » est consacrée aux espèces disparues. Ici, une rhytine de Steller, sorte d’immense lamantin de 8 mètres de long massacré au XVIIIe siècle. Là, un dodo qui paraît surpris de se promener en paix parmi ces Homo sapiens qui l’ont éradiqué. Aucune mesure susceptible de protéger notre environnement ne sera efficace s’il n’y a pas au départ une interrogation sur les limites de l’expansion de l’homme sur notre planète. Homo sapiens est une espèce biologique, née de la sélection naturelle, qui ne peut être dissociée du contexte naturel qui l’entoure. Or la surpopulation a confisqué les zones les plus riches au détriment du reste du vivant.

L’homme est un être hétérotrophe. Son métabolisme est incapable de synthétiser les sucres comme le font les plantes par photosynthèse. Il n’a pas non plus la possibilité, comme les ruminants, de synthétiser certains acides aminés à partir des sucres fournis par les végétaux. Il a donc besoin de tuer pour se nourrir. Il a exterminé les mammifères de grande taille, il a épuisé les rivières, les fleuves et les mers, il a exterminé tous les carnassiers situés au sommet de la chaîne alimentaire… il écarte tout ce qui le gêne. Il n’y a jamais eu de pause dans la croissance de la population humaine. Il est partout. Dans son roman Temps futurs paru en 1948, Aldous Huxley se demande à quoi se sont occupés les humains. « A polluer les rivières, à tuer tous les animaux sauvages, au point de les faire disparaître, à détruire les forêts, à délaver la couche superficielle du sol et à la déverser dans la mer, à consumer un océan de pétrole, à gaspiller les minéraux qu’il avait fallu la totalité des époques géologiques pour déposer. Une orgie d’imbécillité criminelle. Et ils ont appelé cela le Progrès. »

En 2017, le prix du « Wildlife Photographer of the Year » est décerné pour la photo d’un animal mort, tué par un humain. Un rhinocéros est abandonné près d’un trou d’eau, avec sur le nez un trou sanglant à l’endroit où autrefois se dressait sa corne. Le photographe Brent Stirton a encore en mémoire la violence de la scène : « Le rhinocéros a été tué avec une arme de gros calibre, munie d’un silencieux. Les braconniers lui ont enlevé la corne alors qu’il était encore vivant, ce qui engendre des souffrances terribles. C’était horrible, il y avait du sang partout. » Le rhinocéros est mort sans raison si ce n’est les pouvoirs imaginaires de guérison que les hommes attribuent à sa corne en kératine. Mais elle vaut 50 000 dollars le kilo, soit plus que l’or. Une véritable fortune au Mozambique, un des pays les plus pauvres de la planète. LAfrique est peuplée, surpeuplée d’humains pauvres, toujours plus pauvres, cercle vicieux de la surper-fécondité des pauvres qui empêchent tout développement économique, et rend nécessaire d’abattre un rhinocéros de temps en temps. Lorsqu’une ressource alimentaire s’épuise, l’être humain s’efforce de lui trouver une substitution, une nouvelle niche écologique à conquérir pour la détruire, une nouvelle source d’enrichissement.

L’expansion démographique mal contrôlée rend aléatoire toute mesure conservatoire du milieu naturel.

Éléphants en surnombre, des humains de trop

La Namibie, pays semi-aride, compte près de 28 000 pachydermes ; le gouvernement a vendu 57 éléphants afin de contrôler leur surpopulation. Mais il n’y a surpopulation éléphantesque qu’à cause de la surpopulation humaine, faut le dire. Alors que les éléphants ont besoin de vastes espaces pour se nourrir et se déplacer, le développement de l’agriculture et des infrastructures réduisent et fragmentent toujours plus leurs territoires. Il est même très étonnant que cet animal, et bien d’autres (lions, tigres, rhinocéros, …) puissent encore vivre en liberté dans la nature. On estime qu’avant la colonisation européenne, 20 millions d’éléphants vivaient en Afrique. Il ne subsiste plus aujourd’hui que 2 % des populations d’autrefois. Dans les savanes la population des éléphants d’Afrique a reculé d’au moins 60 % en cinquante ans. Si la population humaine diminuait dans les mêmes proportions que ces éléphants, nous serions quand même un peu plus de 3 milliards au lieu de 7,8 milliards en ce moment. Quelques milliards de trop !

Évolution exponentielle de la population humaine, extermination de la faune, extinction accélérée de la biodiversité… les natalistes n’aiment pas les éléphants !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

28 mars 2021, Surpopulation humaine, éléphants sur la fin

29 mars 2015, Trop d’humains, pas assez d’éléphants et de vie sauvage

Julien Denormandie, ministre anti-écolo

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture, signe une lettre, avec dix autres ministres croissancistes, appelant la Commission à reporter la publication d’un texte qui doit permettre de mieux protéger la biodiversité : « Cette stratégie se réduit à des considérations environnementales en ne tenant pas compte des aspects socio-économiques…  Nous nous opposons fermement à toute proposition législative sur la planification et la surveillance des forêts… Un tel instrument créerait un fardeau administratif sans précédent… »

Commentaires sur lemonde.fr :

JMBZH : Lamentable, ce ministre, toujours accroché à l’ancien monde et défenseur de l’agriculture et sylviculture selon les vieilles méthodes qui ne connaissent que la production à tout crin, peu importe la biodiversité. À virer!

Barnaour : Le ministre de l’agriculture est d’une grande cohérences avec sa vision mercantile de la nature et de son absence totale d’intérêt pour les conséquences. sur l’environnement liées à une sur-exploitation des milieux naturels. Comme son patron, c’est l’homme des lobbys pour lesquels il a travaillé dur dès son entrée en fonction. Nul doute que cet homme politique laissera une trace d’infamie sur son ministère lorsqu’il le quittera pour rejoindre un poste à responsabilités grassement payé pour services rendus dans une des firmes dont il n’a cessé de défendre les intérêts.

Antonis Tilou : C’est l’illustration parfaite du ”En même temps” macronien. La ministre de l’environnement prétend protéger la forêt que le ministre de l’agriculture préfère dévaster. À ce jeu là, ce sont toujours les plus brutaux qui gagnent.

Friscou : On pourrait penser que le terme « agriculture » impliquerait un respect de la nature, il n’en est rien il devrait s’appeler ministre de « l’industrie agricole », ce serait plus clair et en rapport avec les prises de positions des différents ministres ayant occupés le poste. Souvent sous la pression de la FNSEA et des industriels de la chimie.

a.ferrier : J’en arrive à me demande si tous les tenants fanatiques du productivisme effréné ne seraient pas, au fond, plus bêtes que cupides. Quand ils auront tout désintégré (les sols, l’air, les végétaux naturels) pour gagner un dernier petit sou, que vont-ils faire ? Voient-ils/elles seulement plus loin que le bout de leur compte en banque ? Alors, le reste de l’humanité peut bien s’entasser entre des parkings en béton, des usines polluantes et des forêts uniquement constituées de l’espèce la plus rentable de peupliers pour les meubles suédois…

Mar56 : Ajoutons la PAC qui continue de distribuer les subventions aux gros exploitants, sous couvert de greenwashing… Les lobbys sont trop puissants, tout est perverti. Moi qui gardait un espoir d’évolution positive, d’espoir en l’homme tout simplement, je déchante…

Michel SOURROUILLE : Les ministres changent et ils restent les mêmes. Voici ce que disait en 2017 Nicolas Hulot, ministre de l’écologie, lors de la préparation des États généraux de l’alimentation (EGA) : « J’ai très mal vécu ce moment, la façon dont Stéphane Travert ministre de l’agriculture a pris les commandes de ce chantier m’a profondément énervé. J’ai une telle dissension avec Travert que je n’arrive plus à communiquer avec lui. Les propos de ce ministre, renvoyant dos à dos tous les modèles (intensifs, bio…) ne peuvent en fait servir d’orientation… Les producteur(rice)s bio de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) dénoncent fin juillet 2017 un renoncement politique historique. Par décision du ministre de l’Agriculture, aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ne sera engagé dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera donc possible.

Rappelons l’éditorial du MONDE du 2 juin 2018 : «  L’interdiction de diffuser des publicités pour l’alimentation transformée, facteur d’obésité chez les enfants ? Rejetée. L’interdiction des élevages hors sol de poules pondeuses en cage, autre promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Rejetée. L’interdiction des pratiques brutales dans la production animale, la castration à vif, le broyage de poussins vivants ? Rejetée. La vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, qui permettrait de protéger autant les personnels, soumis à des cadences intenables, que les animaux ? Renvoyée à des expérimentations. Même l’interdiction des épandages de pesticides à proximité des lieux de vie a été écartée. » Le titre de cet éditorial est sans ambiguïtés : «  Loi alimentation : une défaite environnementale. » Notons que c’est Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture, qui gagnait les arbitrages alors que Nicolas Hulot était ministre de l’écologie.

Pour en savoir plus, lire « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir »

GIEC et IPBES sont dans un bateau…

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) montent dans le même bateau pour la première fois : « Plus le monde se réchauffe, moins il y a de nourriture ou d’eau potable dans de nombreuses régions. Les changements de biodiversité, à leur tour, affectent le climat, en particulier par le biais d’impacts sur les cycles du carbone et de l’eau. »

50 spécialistes mondiaux appellent donc à une lutte commune alors que les deux aspects sont traités séparément. La COP15 sur la biodiversité est prévue en Chine cette année ou au plus tard en 2022 et la COP26 sur le climat sera organisée en Écosse. Mais GIEC et IPBES sont montés dans un bateau qui prend déjà l’eau de toutes parts. Le réchauffement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre et l’extinction de la biodiversité entraînée par la surpopulation humaine continuent de plus belle. Les 50 scientifiques ne peuvent que lister de bonnes intentions, évidentes : stopper la destruction des écosystèmes, restaurer les écosystèmes dégradés, limiter l’érosion des sols, augmenter la superficie des aires protégées, limiter les bioénergies, réduire notre consommation de protéines animales, etc.

Sur ce blog biosphere, nous montrons régulièrement que nous ne faisons politiquement et économiquement rien d’efficace pour limiter les dégâts multiples et profonds que nous infligeons à la planète, le bateau va couler. Mais vous, pour sauver le climat, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Pour sauver la biodiversité, que faites-vous ? Face à la catastrophe annoncée, nous pouvons toujours apprendre à nager… individuellement en pratiquant la simplicité volontaire et en devenant Colibri, associativement en adhérant à Greenpeace, France Nature Environnement, Démographie Responsable, Casseurs de pub… la liste est longue, heureusement car c’est le seul espoir, faire ensemble ou chacun dans son coin une insurrection active.

Pour en savoir plus :

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag (en France)

8 mai 2020, Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

1er janvier 2020, Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

5 décembre 2019, L’historique du fiasco climatique

29 septembre 2019, Sur terre et sous l’eau, le désastre

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

11 octobre 2018, GIEC et politique, l’incompatibilité demeure

Biodiversité, les marchands de doute de retour

Chute de la biodiversité ? Certains s’ingénient à la relativiser pour mieux la nier.

pierre marie 22 : Agriculteur dans une région de bocage, je ne constate pas la « disparition » des insectes. Papillons, guêpes, abeilles, syrphes, sauterelles (etc.) sont en abondance. ainsi que les carabes… Et même de petites mantes religieuses. Lézards (dont de nombreux orvets), couleuvres, grenouilles, salamandres, crapauds… Les sitelles grimpent sur les troncs des chênes, un couple d’aigle bottés se montre souvent. Chevreuils et sangliers en abondance… Les cigognes sont de plus en plus fréquentes…

Stéphane Foucart : « Fi des découvertes scientifiques, ce n’est qu’en faisant le siège des plateaux de télévision qu’une dizaine de bateleurs sont parvenus à implanter le climatoscepticisme en France. Un nouveau « scepticisme » s’attaque à l’autre grande crise environnementale, celle de la biodiversité. Mais ce n’est pas dans les talk-showsq u’il se construit, c’est dans des revues scientifiques les plus cotées. Doit-on vraiment relativiser la disparition de la bécassine des marais ou du traquet rieur au motif que les cigognes prolifèrent en prospérant sur nos déchets ? De nombreuses études, sur des écosystèmes et/ou des espèces donnés, suggèrent des déclins d’une rapidité et d’une magnitude inouïes. En 2017, des chercheurs internationaux estimaient la perte de biomasse d’insectes volants dans une soixantaine de zones protégées d’Allemagne à plus de 75 % entre 1989 et 2016. Pourtant les prestigieuses revues Science et Nature Ecology & Evolution ont publié à quelques mois d’écart de vastes méta-analyses relativisant fortement la situation. Mieux : l’agriculture intensive, considérée par l’écrasante majorité des spécialistes comme la cause majeure de l’effondrement en cours de ces bestioles, leur serait, en réalité, bénéfique ! Des contre-analyses y mettent en évidence une accumulation spectaculaire de biais et d’erreurs de toutes sortes.  Quiconque prend le temps de se plonger dans la controverse ne peut être que stupéfait de l’onction accordée au biodiversité-scepticisme. »

pierre marie 22 : Je vois ce que je vois et je dis ce que je vois. Je vous laisse à vos hypothèse. Les oiseaux chantent à tue tête chez moi depuis 6h du matin. Ma région est sans doute un peu particulière, quoique les surfaces enherbées de manière permanente représentent 30 % des terres agricoles. Que la forêt française couvre 31% du territoire… Qu’il y a les Alpes, les Pyrénées… la campagne ne se résume pas à la proche banlieue parisienne.

Bernard l. : Hélas ! Comme pour le changement climatique, les « sceptiques » (ou plutôt négationnistes) vont nier le phénomène (mais non voyons il a fait froid cet hiver, lisez pierre-marie 22 : voyez chez moi il y a plus d’insectes que jamais), puis quand ce n’est vraiment plus possible de nier le phénomène, on nie la cause (l’homme n’y est pour rien, le CO2 n’y est pour rien, les pesticides n’y sont pour rien), puis enfin on dit que pourquoi pas après tout, il fera plus chaud, et alors ? Il n’y aura plus d’insectes du tout, et alors ? Le changement climatique remet en question les conditions d’habitabilité de notre planète (avec le cortège de catastrophes et de violences qui va avec), et là, on s’attaque directement à la vie (c’est le rôle d’un pesticide). Mais nombreux sont hélas ceux qui continuent de dire « dormez tranquille brave gens, tout va bien ». Oui, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien,…

Notre synthèse sur la biodiversité : Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

Politique agricole à la solde de la FNSEA

Les arbitrages de la France pour la future PAC (politique agricole commune), une descente aux enfers ! Principal outil de verdissement de la future PAC, les « écorégimes » cristallisent tous les mécontentements. Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la mise en place de cette « boîte verte », qui servira à rémunérer des pratiques environnementales vertueuses, représentera une perte sèche de revenus pour une partie de la profession. C’est-à- dire tout pour moi, rien pour eux. La certification d’une exploitation en « haute valeur environnementale » (HVE) est surtout une concurrence déloyale à l’égard du bio ; ce label a de trop larges critères d’attribution.

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : « L’écorégime, ce n’est pas de l’argent en plus donné aux agriculteurs. Ça consiste à prendre une partie de leur revenu et à ne le rendre que s’ils mettent en place des principes agroenvironnementaux. J’ai proposé aux députés de faire la même chose avec leurs salaires ! Il n’y a que le milieu agricole à qui on fait ça. »

Quelques contributions sur lemonde.fr :

Mamelouk : Macron aime les grandes réformes, la disruption et se vante de lutter contre les rentes acquises blablabla, mais bon, faut pas pousser, pas question de rester debout face à la FNSEA et les grandes coopératives, Denormandie coucouche panier comme tous ses prédécesseurs. Le monde d’avant garde de beaux restes !

Georges-Henri : L’agriculture biologique a du souci à se faire, on s’en doutait, déjà on avait essayé de leur opposer l’agriculture raisonnée (cette invention des fabricants de phytosanitaires), maintenant on leur oppose « haute valeur environnementale ». Cette concurrence est faussée car leurs cahier des charges sont beaucoup moins contraignants. Cependant leur régime PAC sera le même que pour le bio. Placer à égalité Bio et HVE est injuste et scélérat.

Réaliste : Denormandie a bien travaillé, la FNSEA et le CNJA, qui lui est affilié, sont satisfaits. On sabre les aides aux anciens exploitants en bio qui sont rarement de cette tendance. L’ancien président de la FNSEA dirigeait le groupe AVRIL et plusieurs milliers de salariés. Depuis plusieurs décennies, ce syndicat contrôle plus de 95 % des chambres d’agriculture, des caisses locales de la banque ou de la mutuelle des agriculteurs, l’essentiel des grandes coopératives indispensables à beaucoup d’exploitants. Seul le PC dans l’ex URSS avait de tels taux de réussite aux élections. Make our planet great again n’est pas compatible avec les néonicotinoïdes, le glyphosate, les arrachages de haies, la monoculture quasi industrielle comme autour d’Amiens…

Keuta : Le Plan stratégique national répartit une enveloppe annuelle de 9 milliards d’euros entre les 450 000 exploitations agricoles françaises. Si on fait une simple règle de trois, on voit que chaque exploitation touche en moyenne 20k€ de PAC/an, et ce pour quoi ? Pour suivre la politique Européenne agricole décidée par des petits comptables. Et en attendant la biodiversité s’érode, la malbouffe gagne du terrain, les sols s’épuisent, les matières organiques filent à la mer, on produit des céréales pour nourrir des methaniseur (même si c’est interdit), des véhicules thermiques et pour faire du plastique… bref tout va bien !

Philip69 : La sensibilité écologiste devient de + en + doctrinaire. Avec elle il n’est pas possible de passer des compromis et d’entrer dans une logique de gouvernement. Les écologistes font furieusement penser aux dévots de la cause du peuple du XXe siècle : la cause sacrée de la classe ouvrière s’adossait à la fois à une prétendue science de l’histoire (le matérialisme dialectique) et à une vision absolutiste du Bien. D’où l’acceptation par nécessitarisme de tous les pots cassés (dictature du prolétariat, massacres de masse des récalcitrants). Dans l’écologie actuelle, il y a une même sotériologie alliant scientificité naturaliste et de morale eschatologique, qui conduit à d’inéluctables dérives.

Don Lope @ Philip69 : Les écologistes ne sont que les messagers. Avec le climat et la nature il n’est en effet pas possible de passer des compromis. Malheureusement vous le verrez bientôt si vous ne le voyez pas encore mais cela sera peut-être trop tard.
Michel SOURROUILLE : Pas de pays sans paysans, pas de nourriture sans paysans. Mais agriculteur ne veut pas dire paysan, le producteur n’est pas attaché à la terre, il est esclave de ses machines. La période de l’agriculture industrielle, basée sur les ressources fossiles, va se terminer faute de carburant. Alors il y a aura une inversion, l’exode rural deviendra le retour à la terre. Les exploitations agricoles deviendront beaucoup plus petites, familiales, alimentés en main d’œuvre par la désurbanisation. Les produits agricoles seront plus cher, le travail à la ferme beaucoup plus physique que les emplois tertiaires. Cela sera très dur, accompagné de beaucoup de drames individuels et collectifs. Mais on ne peut éviter les réalités d’une déplétion énergétique si ce n’est s’adapter, se convertir aux emplois durables, manger beaucoup moins de viande et plus du tout d’alimentation issue de l’agro-industrie. Les générations futures reviendront au travail de la terre et à l’artisanat.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

16 janvier 2013, PAC, politique agricole… commune ???

6 janvier 2020, Une politique agricole commune écologique ?