COP15 sur la biodiversité, le blabla habituel

Les travaux de la 15e conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) ont débuté le mercredi 7 décembre 2022 au Canada. On connaît déjà le résultat final !

Le point de vue des écologistes

Les végétaux constituent la base des chaînes alimentaires, ils ne dépendent que de l’énergie solaire pour produire leurs aliments. Ces producteurs primaires servent de nourriture à des animaux herbivores, les consommateurs primaires. Ces derniers seront la proie de prédateurs, animaux carnivores dits consommateurs secondaires. L’humanité est un superprédateur, une espèce envahissante dont la pullulation entraîne un déséquilibre écologique dans les chaînes alimentaires. Son régime omnivore détériore le potentiel végétal par la déforestation et le remplacement des zones sauvages par des zones cultivées. La surpêche enraye le processus reproductif des ressources halieutiques, les humains mangeant à la fois les herbivores et les carnassiers, les plus petits et les plus gros. Sur terre on extermine tous les vivants qui entrent en concurrence avec l’alimentation humaine, les loups en France par exemple, mais aussi les « mauvaises » herbes, les méchants insectes et même les parasites : herbicides, insecticides, fongicides, pesticides. Alors protéger la biodiversité dans un tel contexte, c’est tâche impossible…

Insecticide, herbicide, fongicide, pesticide… interdit ?

Dans l’état de nature, les prédateurs sont démographiquement régulés par le nombre de proies présentes dans leur milieu naturel. Or la démographie humaine échappe jusqu’à présent à l’équilibre fluctuant proies/prédateurs car cette espèce mobilise tous les leviers, extension des surfaces, usage de technologies, recherche de toutes les proies possibles sur terre, sur mer et dans les airs. On change le régime alimentaire, on veut mettre les insectes, les algues et le krill dans nos assiettes. Il faudrait manger mois de viande, non seulement pour lutter contre le réchauffement climatique, mais pour enrayer aussi la déperdition de calories quand on passe du végétarisme aux viandards. Alors protéger la biodiversité dans un tel contexte, c’est tâche impossible…

Nous mangerons bientôt du krill, des insectes, nos déchets

Nous ne sommes pas « au sommet » de la chaîne alimentaire. L‘espèce humaine remodèle le système biologique à son propre service depuis l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, début du néolithique il y a environ 10 000 ans. Ce mode d’organisation, fondé aujourd’hui les monocultures, l’élevage intensif, et la mondialisation des ressources alimentaires, est profondément instable. Plus nous sommes nombreux, plus nous voulons manger, plus nous fragilisons le milieu naturel car c’est la richesse de la biodiversité qui permettait une résilience durable. Alors la COP15 dans un tel contexte, c’est tâche impossible à l’image de la COP27 sur le climat , 27 années de négociations pour rien.

Le point de vue officiel

Antonio Guterres : « Avec notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l’humanité est devenue une arme d’extinction massive. Nous traitons la nature comme des toilettes et, finalement, nous nous suicidons par procuration. Il n’est que temps de conclure un traité de paix avec la nature, d’assumer la responsabilité des dommages que nous avons causés, car contrairement aux rêveries de certains milliardaires, il n’y a pas de planète B. Cette conférence est notre chance de mettre fin à cette orgie de destruction. Je vous en conjure : faites ce qu’il faut. Agissez pour la nature. Agissez pour la biodiversité. Agissez pour l’humanité. »

Perrine Moutarde : Protéger, d’ici à 2030, 30 % des terres et des mers de la planète. C’est à l’aune de cet objectif que sera évalué, au moins en partie, le succès de la COP15. En l’état, le projet de texte ne contient que peu de mesures précises visant à réformer le système agroalimentaire, le secteur de la pêche ou à réduire les pollutions, et les discussions sur ces enjeux s’annoncent compliquées. Présente au début des négociations, la notion de « protection forte »des aires protégées, qui faisait figure de repoussoir pour beaucoup, a rapidement disparu.

Lire, La COP15 et l’inexorable désertification

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6 réflexions sur “COP15 sur la biodiversité, le blabla habituel”

  1. En tout cas il va bien falloir interdire complétement la vente d’animaux exotiques ! Beaucoup de personnes finissent par les abandonner dans la nature, comme par exemple les tortues du Floride, mais pas uniquement. Lire article intitulé « Abandonner sa tortue dans la nature, un fléau pour la biodiversité » sur le site de « Especes-menacees.fr »
    La mondialisation, l’ouverture des frontières, l’intensification des transports, et le commerce des animaux exotiques bouleversent tous les équilibres naturels. C’est un vrai carnage !

    1. Oui il faut… interdire ce commerce. Seulement Business as usual, Pognon-Pognon etc.
      Et donc nous repartons pour un tour. Un tour pour rien, bien sûr.
      Quant aux «équilibres naturels»… il faut (yaka) peut-être se dire que d’une façon ou d’une autre ils finiront bien par se rétablir. Les frelons et les coccinelles asiatiques, les tortues de Floride etc. etc. seront bien obligés de composer avec leur nouvel environnement, et un nouvel équilibre (avec ou sans «») se fera.
      – « Les scientifiques ont depuis longtemps abandonné l’idée de l’existence d’un «équilibre de la nature» en faveur d’une vision plus dynamique de l’écologie. Cependant, au fil des millénaires cette idée est parvenue à s’ancrer dans la culture populaire et elle s’avère aujourd’hui très difficile à déloger chez le grand public. »
      ( L’équilibre de la nature, une fable millénaire et naïve – National Geograhic )

  2. – « L’humanité est un superprédateur, une espèce envahissante dont la pullulation entraîne un déséquilibre écologique [et blablabla] »

    C’est sur ce postulat que débute généralement l’habituel blabla de ces zécologistes fâchés avec leur propre espèce. La vision simpliste permet d’expliquer la complexité des choses, et reste le meilleur remède contre la grande confusion et la paresse intellectuelle.
    L’extinction de l’Holocène ? Jamais entendu causé. C’était pas avant les dinosaures, ça ? Par contre la Sixième ah ça oui je connais, et je peux vous en causer. Les abeilles et Monsanto, les éléphants, les lions, les rinos féroces et leurs cornes, les orangs dégoûtants et Nutella et blablabla. Blagues à part, je ne cherche évidemment pas là à nier la réalité, j’essaie seulement de dire qu’elle est toujours plus compliquée qu’il n’y paraît. (à suivre)

    1. Un exemple, les moineaux, notamment ceux de Paris, dont les 3/4 ont bel et bien disparus. Combien de nos chers titis zécolos savent-ils qu’il y a 2 siècles il n’y avait pas un seul moineau à Paris ? ( Y-a-t-il beaucoup de moineaux ? myanimals.com )
      Si les moineaux se font rare, et en même temps les perruches envahissent la France.
      ( Comment les perruches à collier ont colonisé l’Ile-de-France – Le Monde 25/08/2021 )
      Serait-ce ça le Grand Remplacement ? C’est joli les perruches non ?
      Et les pique-boueufs et autres hérons garde-boeufs, ils sont jolis eux aussi. Je n’en voyais pas quand j’étais gosse. Et tous ces frelons et ces coccinelles, qui nous viennent d’Asie… et toutes ces plantes, dites invasives ou envahissantes qui nous viennent là encore de je ne sais où… et qui prolifèrent et qui prolifèrent, toujours plus !
      Et je ne vous ai pas encore parlé des sangliers. 🙂

      1. Oui beaucoup d’oiseaux ont migré suite à l’exode rural. Comme je dis toujours les bêtes ne sont pas si bêtes que ça ! Pour sécuriser leurs nids ou tout simplement leurs propres abris contre d’autres prédateurs, les oiseaux ont trouvé pratique les constructions humaines pour s’y réfugier aussi ! D’autant que les températures extérieures en villes sont plus clémentes qu’à la campagne. Après je ne sais pas si les odeurs de nourriture influent sur leur attraction des villes ? En tout cas leur extinction en ville est tout de même problématique.
        Mais ce n’est pas parce que la vitalité de quelques espèces se porte bien, comme celle des sangliers, qu’il faille nier l’extinction des autres espèces ! En Afrique l’expansion humaine menace beaucoup d’espèces (éléphants, girafes, fauves, etc)

      2. Toutefois je le redis, il n’est pas question de nier la réalité, des espèces disparaissent, bon nombre sont classées sur listes rouges, en danger d’extinction etc. Et évidemment il faut (yaka) tout faire pour les sauver.
        En gardant à l’esprit que rien n’est forcément perdu… que certaines espèces ont été sauvées in extremis (comme ce cerf du père David réintroduit récemment en Chine)… que de temps en temps des espèces qu’on croyait éteintes refont surface (Pourquoi certaines espèces que l’on pensait éteintes réapparaissent-elles ? National Geograhic mars 2022)… que chaque année les biologistes découvrent de nouvelles espèces…
        Bref, en arrêtant un peu de noircir plus qu’il n’en faut le tableau.

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