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Récapitulatif de nos articles, décembre 2025

La libre circulation des idées est essentielle à la démocratie…

Tous les liens vers nos articles de décembre 2025,

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analyse structurelle

Un langage commun grâce à ce blog biosphere

action écologique

Mort de Brigitte Bardot, quel est son message ? (antispéciste)

Faisons des cadeaux à Casseurs de pub

Faisons des cadeaux à FNE

Faisons des cadeaux à Reporterre

Faisons des cadeaux à Zero Waste

Faisons des cadeaux à la FEP

Malala Yousafzai, résister n’a ni âge, ni sexe

dénaturation

Regards croisés sur la mort des loups

Glyphosate : l’agrochimie nous ment

L’Union européenne, une dérive fascisante

Trump : les volcans réchauffent la Terre

Écologie, le ministère de l’impossible

détérioration planétaire

Global Environment Outlook 2025

Bientôt plus de neige pour skier

La Snanc, serpent de mer de la politique (stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat)

détechnologisation

Faisons des cadeaux à Sciences Citoyennes

Grok, une redoutable machine à désinformer

IA. Aucune différence entre le bien et le mal

Comment vivre sans les réseaux sociaux ?

Fin de la conversation, dictature en route !

Bolloré attaqué par Emmanuel Macron

démilitarisation

Jésus, loué soit son pacifisme

Léon Tolstoï, la non-violence en 1893

Adlous Huxley, un pacifiste en 1937

La France veut financer la prochaine guerre

Delphine Batho augmente les dépenses militaires

Le MAN contre le Service national « volontaire »

Pour la suppression du service militaire

Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

Macron veut un porte-avion pour son Noël

Pour Poutine, peu importe le nombre de morts

Militarisation des enfants en Ukraine (occupée)

dépopulation

La France, un solde naturel négatif !

Faisons des cadeaux à Démographie Responsable

Faisons des cadeaux à l’ADMD

Une frontière doit être ouverte ou fermée

IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

La gauche face aux problèmes de l’immigration (en Suède)

La question migratoire niée par la gauche (en France)

Olivier Rey, un anti-malthusien paradoxal

changeons d’imaginaire social

Laïcité, la loi du 9 décembre 1905

Peut-on considérer que la nature, c’est Dieu ?

Pas de cadeaux à Noël, c’est une évidence

Léon XIV ne change pas son credo

Faits conjoncturels

Donald Trump a un gros gros gosplan

JO2030. La loi olympique en dehors de la loi

Prostitution, l’avis du Rassemblement national

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Faisons des cadeaux à Reporterre

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, nous sommes inquiets. Les gouvernements se succèdent, la confiance s’effrite, le débat public se durcit. Et pendant ce temps, l’écologie subit un recul inquiétant. Le vent peut tourner très vite.  Et partout où l’extrême droite arrive au pouvoir, les médias indépendants en sortent rarement indemnes.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.

Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.

Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

Nous documentons ce qui menace, mais aussi ce qui avance : les luttes environnementales, les alternatives, les territoires qui inventent déjà d’autres façons de vivre.

Et si nous pouvons le faire, c’est grâce à un modèle rare en France.

Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire milliardaire. Nous sommes financés à 98% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

  • Personne ne modifie ce que nous publions.
  • Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui la méritent.
  • Tous nos articles sont en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.

Dans un monde où l’écologie est marginalisée, où la liberté de la presse se réduit et la démocratie vacille, l’information indépendante est une condition essentielle du débat public. 

Et c’est grâce à vous qu’elle peut exister.

👉 Un don d’1€, c’est déjà un geste fort.
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Et ça vous prendra moins de 2 minutes.

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Escher, un « mathémagicien »

LE MONDE nous présente ce 9 décembre quelques tableaux de Maurits Cornelis Escher (1898-1972) qui fit exploser la vision classique de l’espace.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/09/escher-un-mathemagicien-remis-en-perspective-a-la-monnaie-de-paris_6656664_3246.html

Nous aimons bien le tableau ci-dessous que nous pourrions intituler sans dessus dessous et qui présente, d’une autre manière que la nôtre sur ce blog, la difficulté d’aller dans le bon sens…

 

 

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BIOSPHERE-INFO novembre 2025

Voici notre récapitulatif de novembre 2025,

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analyse structurelle 

René Passet est mort, vive la bioéconomie

action écologique

Agir contre la publicité, c’est possible

Fin de partie pour les partis écologistes

Cécile Duflot, une présidentiable ?

Présidentielle 2017, Delphine Batho candidate

La Coordination rurale bouffe de l’écolo

Lumir Lapray, militante écologiste ???

détérioration planétaire

Émissions de CO2 et habitabilité terrestre

COP30, on n’est déjà pas d’accord du tout

COP30, trente années pour rien de rien

COP30 inutile, c’était prévu d’avance

L’énergie sous la pression de Trump

La France accro grave aux fossiles

Criminalisation par l’État des écologistes

L’Anses en proie à un profond malaise

Nocivité des aliments ultratransformés (AUT)

détechnologisation

Sciences critiques en action à Paris

démilitarisation

Une planète pacifiée à l’initiative de la France

Les pionniers d’un monde sans guerre

Démocratie, guerre et/ou paix, le débat

Une planète démilitarisée, c’est possible

IPP – Colloque Le pacifisme au XXIe siècle

Soudan, une guerre parmi d’autres

La Russie va envahir la France… maman, j’ai peur

Le discours final d’un Dictateur

Mort pour la France, est-ce raisonnable ?

Dépopulation

Statistiques démographiques, l’essentiel

LE MONDE deviendrait-il malthusien ?

Pologne, l’effondrement positif de la natalité

New Delhi, 30 millions d’habitants !!!!!

Refuser l’injonction à la maternité ?

Jean-Michel Favrot et la question démographique

Aide à mourir, une course de lenteur

La Chine, plus ou moins que 1,4 milliards ?

changeons d’imaginaire social

René DUMONT, écologiste sans parti

La droite s’intéresse à la « post-croissance »

Futurisme et réalité, le bug obligé

Des-informations

Désobéir à Trump, une nécessité vitale

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BIOSPHERE-INFO octobre 2025

Voici notre récapitulatif d’octobre 2025

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activisme écologique

Jane Goodall nous a quitté à 91 ans

Léon XIV appelle à la « conversion écologique »

RAP@Toile anti-pub

Désertons les emplois nuisibles… si possible

Marine présidente, mais laquelle ?

L’écologie, transpartisane, n’est pas à marier

L’écologie ne doit pas se fourvoyer à gauche

décroissance obligée

Nobel d’économie au croissanciste Ph. Aghion

Added : «  La décroissance, c’est la liberté »

pour une décroissance démographique (Marc Gillet)

C’est dur d’être aimé par des cons

détérioration planétaire

Un modèle porcin qui coûte cher

Des crédits carbone douteux, si ce n’est fictifs

Monique Barbut, ministre de l’écologie !

Macron, un incapable doublé d’un borné

détechnologisation

Techno-discernement contre techno-lâtres

Le Danemark vent debout contre les écrans

L’IA, dévoreuse d’énergie, entraîne la pénurie

« jobs apocalypse », IA et chômage massif

L’IA altère notre pensée, la lecture aussi 

démilitarisation

en mémoire du pacifiste René Dumont

Un monde pacifié est possible

Le drapeau, signe de discorde

Démocratie et guerre, idéalisme et pragmatisme

Ligue nationale contre la force de frappe

Militarisation du parti dit « écologiste »

Le prix Nobel de la paix… à Trump ?

dépopulation

l’Éducation à la sexualité au programme

Surpopulation = disparition de la mégafaune

Madagascar : 3,87 enfant pas femme

Nigeria, le fléau de la malnutrition

Des étudiantes face à la surpopulation

La douloureuse question migratoire

Fin de vie, à chacun sa responsabilité

Ultime liberté, celle de mourir

changeons d’imaginaire social

Big History, pour une histoire globale

Histoire de France, une reconstruction raciste

Voter RN, c’est voter contre l’écologie

Des-information

Des bijoux volés au Louvre, on s’en contre-fout

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BIOSPHERE-INFO septembre 2025

Voici notre récapitulatif de septembre 2025,

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analyse structurelle

Les dystopies comme regard sur notre avenir

action écologique

Bientôt 50 % des routes sans aucune voiture

Écologie de rupture et démocratie représentative

rupture écolo et acceptation sociale

Écologie de rupture contre écologie émancipatrice

écologie de rupture, vernis vert, dystopie grise

Qui fabrique vraiment les lois environnementales ?

dénaturation

Tuer des loups sans sommation, beurk

Nous traumatisons l’ensemble des animaux

Que signifie « la nature », rien pour les urbains !

détérioration planétaire

l’empreinte carbone des voitures électriques

Aliments ultratransformés (AUT), danger mortel

détechnologisation

CLIMAT. L’imposture du technosolutionnisme

La technocratie verte gagne les métropoles

La fusion nucléaire, rêverie de start-up

La peur des écrans est bonne conseillère

démilitarisation

21 septembre : journée internationale de la paix

Charte des Verts mondiaux et pacifisme

Parti dit écolo, du pacifisme au militarisme

drapeau français ou européen, je m’en tape !

Le racisme n’a pas de fondement biologique

De quels effectifs l’armée a-t-elle besoin ?

dépopulation

Malthus prévoyait la multiplication des épidémies

Une histoire de la démographie sur 300 000 ans

La Démographie Responsable en action

La loi des rendements décroissants en agriculture

L’aide contre la pauvreté provoque la pauvreté

changeons d’imaginaire social

Quelques avancées en matière de pédagogie

La lucidité par temps d’effondrement écologique

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dictionnaire des apparences

Des-informations

Trump souffle le chaud et le froid

Donald Trump, un négationniste pétrolier

Les transgenres dans le sport de haut niveau

Transition de genre, prise en charge par la SS

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Quelques avancées en matière de pédagogie

Dans les années 1920, la psychologie de la forme selon laquelle le cerveau contient des structures innées sur lesquelles viennent se greffer les connaissances est contestée par le behaviorisme (science des comportements) qui voit l’esprit comme une cire molle qui attend un apprentissage. L’individu construit alors ses connaissance selon les possibilités que lui offre son milieu de vie. C’est la socialisation fait en sorte que l’individu se comporte d’une manière ou d’une autre. L’intelligence n’est pas conditionnée par la génétique, mais formatée par un imaginaire social, une culture. Restait à montrer que les méthodes d’éducation active sont bien plus adaptées à l’éveil d’une personne que les méthodes magistrales de transmission d’un savoir. C’est le sens de l’évolution récente de la pédagogie.

Comenius (1592-1670) imagine un chemin vers la vérité qui donnerait naissance à un monde réconcilié. L’éducation serait la voie royale en vue de faire naître une humanité meilleure. : « Funeste est le savoir qui ne tire pas vers les bonnes mœurs ».

John Locke (1632-1704) voit l’esprit humain comme une « table rase » sur laquelle viennent s’imprimer les expériences et les sensations. Autrement dit, les idées innées n’existent pas, tout s’acquiert par la socialisation. Il suffit d’instruire l’enfant pour le rendre apte à vire au mieux en société : « Les enfants sont capables d’entendre raison dès qu’ils entendent leur langue maternelle, et ils aiment être traités en gens raisonnable plus tôt qu’on ne l’imagine. » Convaincu de l’absurdité des châtiments corporels, il écarte toute pratique coercitive. Le maître n’est pas une source d’autorité, mais un guide éclairé qui privilégie l’explication à l’imposition d’un savoir. La perception du bien et du ma n’est pas innée, elle s’acquiert au contact d’un entourage qu’on a tendance à imiter. Cependant le penchant mimétique de l’enfant peut l’exposer à certaines influences néfastes.

Condorcet (1743-1794) exclut de l’instruction publique tout enseignement religieux qu’il repose sur l’autorité ou la séduction. Les principes de la laïcité doivent beaucoup à Condorcet alors que le terme n’existait pas.

Ferdinand Buisson (1841-1932) : « Une morale parfaitement digne de ce nom peut se fonder, se pratiquer, se développer sans appel au dogmatisme religieux. » En mai 1905, en pleine guerre entre l’école privée catholique et ce qu’ils appellent « l’école du diable », il écrit : « L’école aura remplie sa mission si elle fait de tout jeune Français un patriote au sens de la Révolution, c’est-à-dire un homme de raison et de conscience. »

John Dewey (1859-1952) estime que la connaissance émerge de notre relation au monde extérieur. C’est par l’action que l’élève apprend et non en absorbant passivement des vérités toutes faites. Pas de cours magistral, mais des individus en mouvement. Car comment penser dans une société démocratique si le maître, tel un dictateur, dominerait sans partage de jeunes esprits ?

Rabindranath Tagore (1861-1741) donde en 1901 un pensionnat rural où maître set élèves se livrent en commun aux travaux de jardinage et acceptent les règle de l’austérité. L’artisanat y est premier, mais on enseigne aussi le chant ou les disciplines académiques. Il se fait l’idée d’une université mondiale qui dépasserait le nationalisme pour construire des relations d’amitiés entre toutes les nations. Mais son combat dans l’Inde coloniale insiste sur l’utilisation des langues locales comme vecteurs de l’enseignement.

Maria Montessori (1870-1952) : « Depuis l’Antiquité, les forces intérieures de l’enfant n’ont jamais été prises en compte. Assis sur de lourds bancs en bois, menacé de punition, il apprend sous la contrainte au prix du développement de sa personnalité. Si on veut que humanité progresse, l’enfant devra être respecté et aidé. » Les classes Montessori regroupent des âges différents, les enfantins n’ont pas forcément envie d’apprendre la même chose au même moment. Sous Mussolini, toutes les écoles Montessori furent fermées en Italie.

Gaston Bachelard (1884-1962) : « Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. » Autrement dit les élèves sont imprégnés d’idées fausses, ils sont porteurs de préjugés qui deviennent autant d’obstacles pour la compréhension des idées nouvelles. Personne ne rompt facilement avec ses habitudes de pensée. Bref, la formation de l’esprit scientifique encourage l’élève à rompre avec son passé pour réfléchir autrement.

Lev Vygotski (1896-1934) : Pour lui, les apprentissages se construisent au sein des interactions sociales. Ce n’est pas en lui-même que l’enfant va trouver les ressources nécessaires pour résoudre un problème, mais dans son groupe d’appartenance. C’est parce que son parent ou l’enseignant le poussent à modifier son raisonnement que l’enfant va pouvoir approfondir une pensée. Une situation de conflit socio-cognitif permet d’accéder à un niveau type de raisonnement. L’enfant acquiert aussi un ensemble de compétences dans des situations informelles, comme les activités de loisirs ou le jeu. Le cerveau n’est pas la source, mais une ressource. La pensée résulte d’une multitude de points de vue dont individu fait sa propre synthèse. Et c’est en argumentant avec autrui par le langage qu’on approfondit sa pensée.

Burrhus Frédérci Skinner (1904-1990) : les performances sont des routines comportementales mises en place à la suite de milliers de répétitions donc chacune renforce la précédente. Skinner a aussi montré inefficacité des punitions pour les élèves en difficulté, c’est la motivation qui compte.

Pierre Bourdieu (1930-2002) : Les enfants de familles cultivées feront généralement de brillantes études, ce sont des héritiers ». Dans les grandes écoles ne se retroussent très majoritairement que les enfants de la bourgeoisie. Ils bénéficient d’un capital culturel (langage, bibliothèque, voyages…) fourni par l’environnement familial dans lequel la culture est acquise comme par osmose. Or l’école légitime ce type de culture. Pour les enfants de milieux populaires, l’acquisition de la culture scolaire nécessite une véritable acculturation. Les apprentissages sont vécus comme des artifices éloignés de toute réalité concrète. L’école fonctionne comme une machine de sélection sociale.

source : Sciences humaines, « Les grands penseurs de l’éducation » hors-série n° 17

Complément d’analyse

Michel Sourrouille (1947 – ) : Pour les humains, les gènes se contentent de multiplier les neurones sans leur donner de cohérence. C’est la confrontation avec l’environnement qui va donner sa densité à nos capacités cérébrales. Le programme génétique ne fixe pas notre destin, notre plasticité cérébrale se structure avec les impressions données par le milieu socioculturel ; le cerveau humain est unique en ce sens qu’il est le seul contenant dont on puisse dire que plus on le remplit, plus grand devient sa contenance. A l’âge adulte, on estime qu’un cerveau humain contient 10 à 100 milliards de neurones, chacun établissant avec les autres environ 10 000 contacts synaptiques. Un centimètre cube de cortex prélevé au hasard contient 500 millions de synapses et on prête ainsi à la mémoire du cortex une capacité de dix millions de milliards de bits, un très puissant ordinateur. Les connections entre neurones se mettent en place au fur et à mesure des expériences que fait l’enfant, nos connaissance et notre personnalité s’élaborent dans une série de matrices culturelles. Si le nouveau né porte tout à la bouche, c’est que c’est la première zone qui se développe dans le cortex, les terminaisons nerveuses y sont deux fois plus nombreuses qu’au bout des doigts. Empêcher le tout petit de tester avec la bouche le monde extérieur, c’est déjà produire un certain handicap dans la maîtrise de l’environnement. Chaque membre – bras, jambe, main, pied, mais aussi doigt, orteil, lèvre ou oreille – possède une représentation précise au sein du cortex qui s’amplifie s’il est très sollicité ou se rétracte en sens inverse. Il ne s’agit donc pas d’attacher de l’importance à la taille du cerveau, celui d’Yvan Tourgueniev pesait 2012 grammes alors que celui d’Anatole France pesait moitié moins (1 017 grammes) ; ce n’est pas parce que le poids moyen du cerveau féminin est moindre que celui de l’homme que l’on peut en déduire une infériorité féminine. Les gènes humains qui multiplient nos neurones desserrent l’étau des comportements innés auxquels sont si étroitement assujettis les autres animaux.

Il est aussi admis que le cerveau fonctionne selon un mode sélectif. A mesure qu’il se forme et se développe, il abandonne certains circuits inutilisés au profit des connexions répétées par un apprentissage réussi et récompensé. Le bébé pour parler suit la même évolution que le jeune moineau dont le chant, composé de sons d’une quinzaine de syllabes, se cristallise une fois adulte en une trille aux accents monocordes. Il se produit une stabilisation synaptique dans le réseau de neurones pour tout ce qui acquiert du sens pour l’enfant, notre mémoire ne se contente pas de stocker des souvenirs et de les restituer tel quel, elle les construit, puis les transforme dans trois directions : la simplification (l’oubli des détails), l’accentuation (la majoration de ce qu’on veut retenir) et la cohérence. Chacun de nous donne un sens à ses souvenirs, mais c’est surtout le poids des générations mortes qui pèse sur le cerveau des vivants ; on se contente le plus souvent de perpétuer les habitudes sociales que nous avons intériorisées. C’est en codant à l’intérieur de notre cerveau les représentations des autres en action, en reprenant la réalité comme dans un miroir installé dans nos neurones, que nous nous comprenons mutuellement ou que nous nous faisons la guerre. L’intellect est un moyen de s’adapter à notre environnement, mais il nous permet aussi de remplacer cette réalité : nous sommes des animaux qui avons trouvé la bonne/mauvaise idée d’avoir mis un mot à la place des choses réelles.

Quand on se penche sur la cervelle, cette matière grise si complexe sous ses apparences trompeuses, on voit qu’elle n’a ni couleur ni race. Notre cerveau est un facteur commun à tous, il suit les mêmes lois, il oblige à dépasser le racisme. Mais le cerveau est un monde qui protège du monde en le ramenant à l’essentiel pour soi, ce qui signifie trop souvent en rester à un minimum de pensée.

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Les dystopies comme regard sur notre avenir

Je lisais des bouquins de science-fiction quand j’étais adolescent. Cela m’a apporté un regard plus ouvert sur l’avenir, une pensée non obnubilée par mon environnement immédiat. Je rêvais, c’était au début des années 1960, d’aller sur une autre planète pour refaire une société meilleure et plus conviviale. La mienne me paraissait définitivement rétrograde, engoncée dans son économisme, ses fausses certitudes et ses petites querelles. Je me suis aperçu en 1972 avec le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance qu’en fait la société humaine ne pouvait qu’aller au désastre si elle continuait sur son aire : surpopulation, épuisement des ressources fossiles, pollution généralisée, désastre agricole, etc. Mais aller sur une autre planète n’était qu’un rêve, il me fallait affronter les difficultés dans la réalité. Ce blog biosphere n’est qu’une manifestation de mes nombreuses actions associatives et politiques.

J’en suis cependant toujours convaincu, les dystopies peuvent aider à mieux envisager notre avenir. Voici quelques exemples plus ou moins déprimants.

Michel Sourrouille

un Etat aux mains d’une gestapo aux gants de velours

extraits : Je lisais dans les années 1970 Le choc du futur de Toffler. Angoissant. « L’expérience individuelle dans le futur sera modelée et programmée par des psychotrusts, comme déjà n’importe quel bien de consommation courante est surchargé d’un pouvoir affectif par la publicité. Le jour naîtra où les consommateurs ne réussiront plus à faire une nette distinction entre le réel et le simulé… Le jour où des pans entiers de la vie seront programmés commercialement, nous nous serons fourrés dans un guêpier de problèmes psychologiques d’une complexité effarante. Jusqu’à maintenance, la santé mentale était caractérisée entre autres par l’aptitude à discerner le réel de l’irréel. Nous faudra-t-il inventer une nouvelle définition ? » Mais Toffler, lui, n’est pas angoissé. Il considère que les drop out contestataires n’ont pas pu s’adapter au rythme du changement et que ce n’est nullement une dénonciation du système. Jacques Ellul est plus critique. Il considère que l’homme de demain sera sans doute réduit à l’état d’appareil enregistreur. Il vivra dans un État totalitaire dirigé par une gestapo aux gants de velours. Alors j’imagine le monde à venir dans mon petit carnet le 16 septembre 1972 :

Trouvé à l’angle de la 78e avenue et de la 496e rue un mégot de cigarette. L’inconscient qui a laissé cette ordure est prié de se présenter au commissariat pour verser la taxe forfaitaire afférente à cet acte anti-social…

Les vapeurs toxiques commencent à diminuer d’intensité. Les foyers peuvent dès à présent ouvrir l’électricité, mais pas plus de 3mn et 45 secondes…

Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années…

Deux fusées intergalactiques viennent de se percuter près de l’astre 91. Heureusement nous n’avons à déplorer que 37 485 victimes. Par contre les dégâts en capital sont si importants que les familles des disparus sont priées d’apportées leur contribution à sa reconstitution.

Soleil vert 1973, la fiction devient réalité

extraits : New York 2022. Les ressources naturelles sont épuisées. Règne en permanence une température d’au moins 33 °C. L’eau courante est une denrée rare. La végétation a presque disparu. La plupart des habitants ont accès à une unique nourriture, livrée un seul jour de la semaine : le soleil vert, un aliment en forme de tablette fabriquée croit-on à partir de plancton. La situation est d’autant plus dramatique que la surpopulation est impossible à endiguer dans une mégalopole de 44 millions d’habitants. Partout règne la canicule, la misère et la famine… Malgré la ressemblance frappante avec ce qui se passe un peu partout dans le monde d’aujourd’hui, il s’agit du synopsis du film de science fiction « Soleil Vert », du réalisateur Richard Fleischer. Ce film de 1973 sera visible sur Arte ce soir lundi 10 octobre 2022 à 20h50. Voyez ou revoyez cette dystopie si proche des temps qui courent….

Fragments de vie, fragment de Terre

extraits : Nous avons besoin d’une utopie mobilisatrice pour répondre à la question qui se posera bientôt dans notre futur proche : comment vivre mieux avec moins ? J’ai rassemblé tout ce qui me motive dans la synthèse suivante et j’ai considéré comme hypothèse probable que les années 2030 seront marquées par la réalité physique d’un krach écologique multiple, et donc par une prise de conscience généralisée. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaires, énergétiques, climatiques et démographiques va entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Face à la catastrophe annoncée, les humains vont réagir à leur manière, selon deux modalités contradictoires. Pour une part, les violences seront exacerbées, qu’elles s’exercent entre les humains ou pour piller les dernières ressources accessibles. Nous ferons aussi appel à la raison, à la coopération, au sentiment d’interdépendance. Nous ne pouvons pas déterminer à l’avance ce qui l’emportera entre la face sombre de l’individu ou l’intelligence des situations. Des analyses comme le rapport secret du Pentagone (octobre 2003) sur le changement climatique envisagent le pire, c’est-à-dire la priorité à la raison d’État et la survie des sociétés les plus combatives. Il y a aussi les pessimistes qui pensent que plus rien n’est possible, donc pourquoi agir.

Voici un résumé de mon utopie, l’intégralité est lisible sur mon site biosphere de documentation des écologistes….

https://biosphere.ouvaton.org/utopie

Blade Runner, l’indifférenciation homme/machine

extraits : Blade Runner 2049 est un film cauchemardesque, immersion toxique dans un univers qui distille les résultats cataclysmiques des choix malheureux de l’humanité. La frontière entre l’humain et l’inhumain s’est faite poreuse ; nous surveillons nos téléphones avec inquiétude, at­tendant le moment qui le verra prendre définitivement le contrôle de nos vies. Ce film est empreint d’une tristesse fataliste. Les désastres écologiques et militaires ont plongé la Californie dans un crépuscule automnal permanent. Pour un Terrien de la fin du XXe siècle, cette planète-là serait inhabitable, et pourtant l’espèce se maintient : si les enfants sont au travail, l’Etat ne ­garantit plus la paix qu’à une ­minorité. Ces quelques privilégiés utilisent la souffrance des autres pour mieux asseoir leur position. Les îlots de population, généralement misérables, sont entourés de déserts jonchés de ruines, qui s’étendent vers l’est jusqu’à Las ­Vegas, figuration de l’enfer sur Terre. Cette nouvelle mouture de Blade Runner est comme un requiem pour une humanité aveuglée par son orgueil….

Le grand décret de Max Ehrlich

extraits : Dans les années 2040, il y a des milliards d’humains que la Terre ne parvient plus à nourrir : leur ration quotidienne de calories ( « calculée par l’ordinateur central d’après les statistiques démographiques mises ensuite en parallèle avec le stock de nourriture disponible ») est de six cent cinquante. Reste à stopper la natalité : c’est ce fameux « Grand Décret » qui instaure un arrêt total de la natalité pendant trente ans, sous peine de mort — après qu’un projet asiatique visant à supprimer les vieillards (qui atteignent désormais les cent cinquante ans) a été repoussé par les Occidentaux

Le Grand Décret quelques essais de maternité réelle qui, découverts, sont punis par l’exécution publique du couple et de l’enfant. Le GouvMond d’Ehrlich n’est pas « méchant » : il est réaliste, il se bat au pied du mur contre une situation qui existe en germe aujourd’hui…. A la fin du roman, Carole, son mari et leur bébé se réfugient sur une île radioactive où tous les missiles nucléaires ont été abandonnés après le désarmement général, ils n’y peuvent espérer que cinq ou six ans d’une vie « courte mais heureuse ». Mais la séquence la plus originale est celle du Vistarama, où la foule oisive et affamée assiste à la projection de vieux films du XXe siècle : « Le début pouvait tout aussi bien être celui d’une Cambrousse que celui d’une Becquetance. On pouvait voir d’immenses champs de blé s’étendre jusqu’à perte de vue sous un ciel d’un bleu pur. (…) Puis, tout à coup, le film montra l’intérieur d’un magasin d’alimentation de l’époque. Le commentateur expliqua qu’il s’agissait d’un supermarché et le public poussa un long soupir collectif. Il y avait des boîtes pleines de légumes frais, des viandes de toutes sortes et des fruits entassés en pyramides colossales. Le commentateur cita chacun de leurs noms étranges : pommes, poires, prunes, oranges, pamplemousses. (…) C’était un spectacle presque insupportable. Les gens avaient la bouche ouverte et la salive aux lèvres ; ils regardaient l’écran d’un air lascif et semblaient participer à une gigantesque expérience sexuelle » (pp. 190 et 191).

Le choc pétrolier ultime

Les pays arabes, aidés par Poutine, ont décidé finalement de garder le plus possible de réserves fossiles pour leurs générations futures. Le GIEC approuve, c’est la bonne méthode pour combattre le réchauffement climatique, laisser le pétrole sous terre. L’or noir quintuple, passant de 60 dollars le baril à 300 dollars en trois mois.

La facture pétrolière française a explosé, la France est importatrice de brut, le gouvernement réagit à bon escient. Nécessité faisant loi, l’État met en place une intense campagne de sensibilisation de la population aux enjeux géophysiques. Dans les médias et les écoles, on insiste sur la fragilité extrême de notre société thermo-industrielle, devenue trop complexe et malade de son croissancisme. Pour faciliter l’acceptation sociale des immenses efforts à accomplir, on lutte contre les inégalités sociales. Par un vote presque unanime du Parlement, il y a instauration d’un revenu maximum autorisé, bonus et revenus du capital compris ; il est fixé à dix fois le salaire minimum. Au delà, l’État prend tout.

L’essentiel du plan gouvernemental est centrée sur les mesures d’économies d’énergie dans tous les domaines. Gaspiller devient source de culpabilité. Les municipalités suppriment complètement l’éclairage public, les dépenses d’infrastructures sont complètement repensées. Les citoyens commencent à bouder volontairement les escalators pour faire de l’exercice physique dans les escaliers. Prendre son vélo ou marcher est devenu tendance, rouler en voiture est désormais ressenti comme exceptionnel, si ce n’est condamnable. Il y a réduction de la vitesse à 80 km/h sur toutes les routes sans exception, 20 km/h en ville. Comme le prix de l’essence est passé assez rapidement de moins de 2 euros le litre à 10 euros, les déplacements se font au minimum de frais. Les transports en commun deviennent indispensables.

L’État prône les quatre D, Démondialisation, Désurbanisation, Dévoiturage et Décentralisation. Pour la Dépopulation, les élus commencent seulement à y réfléchir. Le citoyen a compris que la résilience à un choc pétrolier structurel ne pourra s’effectuer que par l’autonomie alimentaire et énergétique acquise au niveau local. L’État décide d’abandonner la plupart de ses prérogatives au bénéfice des entités territoriales.  Se rendre personnellement autonome devient un leitmotiv. Les couples restent plus longtemps en couple, partageant difficultés… et appartement. Ils décident de faire moins d’enfants, et les enfants partagent la même chambre dans des maisons plus petites, plus faciles à chauffer. On garde les personnes âgées dans le foyer familial le plus longtemps possible. Les familles élargies, source de solidarité intergénérationnelle se généralisent. Le suicide assisté se banalise.

Les habitants des villes se demandent ce qu’ils vont manger, ils commencent à s’organiser. Les jardins partagés se multiplient au milieu des HLM, les tomates poussent sur les balcons. Les pelouses deviennent des potagers, les jardins d’ornement font place à des arbres fruitiers. L’œuf sera pondu dans le poulailler familial, le lait produit dans une économie communautaire et le miel récolté dans des ruchers collectifs. Il y a de moins en moins d’employés et de cadres, moins d’emplois surnuméraires. Avoir fait des études longues est devenu un handicap, l’intelligence manuelle est revalorisée. Les artisans, petits commerçants, et paysans se multiplient dans tous les domaines. La reconversion des tâches effectuées par nos esclaves mécaniques est ressentie comme nécessaire. Des techniques douces sont mises en place, la force physique et l’ingéniosité humaine permet de suppléer l’obsolescence de la thermodynamique industrielle. On recycle un peu partout les grosses machines qui ont produites le chômage de masse, car avec moins d’énergie, il y moins de métaux disponibles.

Chacun comprend qu’aller moins vite, moins loin et moins souvent pouvait procurer le vrai bonheur. Les voitures rouillent, les rotules se dérouillent : marcher dans la forêt devient le nec plus ultra, plus besoin de paradis artificiels. La France est devenue le pays que le monde entier va imiter… le Bonheur national brut a remplacé le PIB. Puisse le rêve devenir réalité !

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Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dans la société d’aujourd’hui, que signifie « penser vrai » ?

Sans doute « Il faut tout reprendre dans l’autre sens ».

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est alors que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. Notre appréciation des faits est encore plus troublée aujourd’hui par une situation technicisée où la réalité est simulée, où le virtuel veut se faire l’égal du réel, où la fiction est préférée au documentaire, où toute image est reconstruite. Comme nous portons le monde entier dans notre cortex, comme nous ne pouvons pas complètement faire confiance au regard des autres, toute vérité est relative : nous ne pouvons même pas croire le témoignage de nos propres yeux.

Ce matin-là, je m’étais levé spécialement de bonne heure pour admirer le lever du soleil à l’horizon, plein est. Je sais pour l’avoir observé maintes et maintes fois qu’il se trouvera au zénith à midi, juste au dessus de moi. Le soir je vais le retrouver, sans risque de me tromper, à l’ouest, finissant sa course pour se cacher tout au delà des monts. Tous les jours je peux ainsi contempler la course du soleil tout autour de ma tête, pas de risques métaphysiques, le soleil se déplace toujours de la même façon, rythmant les saisons. Pourtant ce n’est là qu’une apparence de mes sens abusés, ce n’est pas le soleil qui bouge, c’est moi qui tourne tout autour de lui malgré mon sentiment d’immobile enracinement sur la terre. Je pourrais réfléchir des jours et des semaines, et tourner le problème dans tous les sens que je ne pourrais déterminer par moi-même cette réalité non apparente. D’ailleurs, l’humanité toute entière a estimé de visu et ad libitum pendant des millénaires que le soleil se déplaçait tout autour de la terre sans autre conséquence négative qu’une parfaite ignorance des lois de la gravitation. Avec l’avancée de nos connaissances, la vérité stellaire ne réside plus dans un centre dont nous serions le principal protagoniste (anthropocentrisme), mais dans un système qui possède ses propres lois et qui ignore complètement le sens de notre petite existence. Cela change tout, le monde n’est pas fait spécifiquement pour les humains, nous devons complètement changer notre mode de réflexion.

La première fois qu’on a chaussé des lunettes théoriques pour aller au delà d’une vision superficielle date de 1543. Copernic provoque alors une révolution en exposant les fondements d’un système héliocentrique (de « hélios », le soleil) où le soleil – et non plus la terre – est au centre de notre univers. L’astronome ébranle ainsi l’interprétation des Ecritures et son œuvre, bien que de pure supposition, fut quand même mise à l’index. Mais la contestation des apparences poursuit son chemin et ne se satisfait pas de cet interdit ecclésiastique. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour admirer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le traditionnel anthropocentrisme. Un tribunal de l’Inquisition l’obligea pourtant à se rétracter en 1633 : « Moi, Galileo Galilei, âgé de soixante-dix ans et agenouillé devant vous, éminitentissimes et révérendissimes cardinaux de la république universelle chrétienne, inquisiteurs généraux contre la malice hérétique, ayant devant les yeux les saints et sacré évangiles ; je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant, et que, Dieu aidant, je croirai à l’avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique et apostolique romaine… J’abjure les écrits et propos, erronés et hérétiques, par lesquels j’ai tenu et cru que le soleil était le centre du monde et immobile, et que la Terre n’était pas le centre et qu’elle se mouvait ». L’individu est ainsi obligé de se conformer à la croyance sociale du moment et l’Eglise catholique n’a réhabilité Galilée qu’en 1992. Pour les gardiens de la foi et des fausses croyances, il faut attendre plus de 350 années pour reconnaître la réalité derrière l’apparence…

Aujourd’hui nos satellites confirment tous les jours la révolution copernicienne, cette découverte de la libre pensée. Si presque tous les lycéens occidentaux pensent dorénavant que la Terre tourne depuis la nuit des temps autour du soleil sans y réfléchir davantage, ils le croient cependant en contradiction d’une simple observation de leur part : il est toujours plus facile de croire ce que tout le monde croit déjà savoir. Si la certitude religieuse d’un dieu extérieur aux humains qui fabriquerait un univers à notre seule convenance s’effondre pour un certain nombre d’entre les humains, la plupart pense encore que les croyances de leur ethnie particulière reste le seul centre de leur univers. L’analyse de l’évolution de la pensée montre que nous passons d’une certitude à une autre certitude grâce à une remise en question fondamentale des apparences. Ce passage de l’apparence à d’autres réalités est extrêmement difficile, il devient cependant de plus en plus urgent à accomplir : les réalités du futur se cachent en effet derrière les apparences du présent, et cet avenir est sombre si nous n’y prenons garde. Longtemps, alors que nos yeux se contentaient de la lumière pour voir l’univers, notre imaginaire se limitait à la répétition des mythes ancestraux. Nous nous sommes alors affrontés pendant des générations et des générations au nom d’une pseudo-vérité clanique ou religieuse ; la nature contemplait impassible le nombre de nos morts.

Puis nous avons inventé l’agriculture et changé la nature. Dès le néolithique, l’humanité ne se contente plus de ses rivalités sociales, elle prend à témoin la planète et commence à détériorer son environnement. L’évolution s’accélère et des techniques destructrices prennent aujourd’hui tout le pouvoir. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, nous avons réussi à libérer les forces de l’atome. Alors que nous savons que la radioactivité peut faire beaucoup de dégât pendant une éternité de notre temps, cela ne nous empêche pas d’accumuler les déchets nucléaires car nous raisonnons encore au travers de nos propres yeux et de l’environnement immédiat. Alors que nos connaissances sont maintenant immenses, nous aggravons à la fois nos conflits sociaux et les déséquilibres de la nature à cause de notre cécité théorique et de la myopie du marché imposé par l’idéologie libérale. Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent aussi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons la plupart du temps nous satisfaire d’un absolu dans un espace restreint, avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre vision humaine n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité.

Dans chacun de nos cortex réside de multiples certitudes qui ne sont que les apparences de notre réalité immédiate et nos désaccords résultent trop souvent d’une perception trop simple de la réalité. Mais nous pouvons tous ensemble essayer de déchiffrer ces apparences pour changer la réalité ; grâce à des lunettes conceptuelles plus performantes, peut-être pourrions-nous percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir (s’améliorer)…

Conclusion du Dictionnaire des apparences de Michel Sourrouille

https://biosphere.ouvaton.org/blog/michel-sourrouille-son-dictionnaire-des-apparences/

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Dictionnaire des apparences

Devenir un citoyen éclairé résulte d’un apprentissage préalable. Ce blog biosphere a été précédé par une accumulation de connaissances de son créateur, Michel Sourrouille. En voici une compilation que nous conservions en archives. Elle a été faite au tout début des années 2000. C’est un lexique d’un peu plus d’un million de caractères, soit un livre de 600 pages environ s’il était publié.

En libre service ci-dessous.

lien, Dictionnaire des apparences

INDEX

A. absolu ; accouchement ; acculturation ; actions (capitalisme) ; adoption ; adulte ; agriculture ; agriculture biologique ; aide internationale ; alcool ; aliénation ; alimentation ; allaitement ; anthropique ; anticipation, armée ; art ; association ; athéisme ; athlète ; auteur ; autisme ; automobile ; autonomiste ; avenir ; avortement ;

B. bénévolat ; besoins, électricité ; biens libres ; biodiversité ; bourse ; budget de l’État ;

C. calendrier ; cerveau ; chômage ; christianisme ; circuit économique ; citoyen ; classe sociale ; collège ; commerce ; commerce équitable ; communautarisme ; concertation ; concurrence ; consensus, consommateur ; Constitution ; contraception ; contrôle des parents ; crise ; croissance ; culture ; cyborg ;

D. décentralisation ; déchets ; délinquance ; demande ; démocratie ; démocratie directe ; démographie ; déplacement ; détour de production ; développement durable ; développement humain ; déversement ; déviance ; division du travail ; division sociale du travail ; divorce ; dopage ; droit ; droit du travail ; droit international ; droit à ; droit de ;

E. eau ; échange ; échange international ; école ; écologie ; économie ; écosynthèse ; écriture ; effet de serre ; égalité ; élection ; électricité ; embryon ; emploi ; énergie ; énergie renouvelable ; entrepreneur ; entreprise ; esclavage ; espace ; espérance de vie ; espéranto ; État-nation ; État-providence ; étayage ; ethnocide ; eugénisme ; euro ; Europe ; euthanasie ; évolutionnisme ; exploitation ; externalités ;

F. famille ; famine ; fécondé ; féminisme ; femme ; filiation ;

G. génériques ; genèse ; génétique ; guerre ;

H. héritage ; hiérarchie ; histoire ; homoparentalité ; homosexualité ; hygiène ;

I. identité ; impôt ; individu ; individualisme ; inégalité ; inégalité de salaire ; inégalités de statut ; ingérence ; insécurité ; instinct maternel ; intellectuel ; internet ; invention énergétique ; irresponsabilité ; islamisme ;

J. jardin ; jeux olympiques ; journal ; jumeaux ; justice ;

L. laïcité ; langage ; langue ; libéralisme ; liberté d’expression ; littéraire ; loi ; loisirs ; lutte de classes ; lycée ;

M. machine ; majorité civile ; majorité civique ; majorité sexuelle ; marché ; massification ; médecin ; médicaments ; mémoire ; mère ; migration ; militantisme ; minimum social ; minimum vital ; mixité ; mobilité géographique ; mondialisation ; monnaie ; mort ; musée ;

N. naissance ; nation ; nature ; nom ; nucléaire ;

O. OMC (organisation mondiale du commerce) ; ONU (organisation des Nations unies) ; opinion publique ;

P. parents;  parité parentale ; parité politique ; parti ; pêche ; peine de mort ; père ; pétrole ; PIB (produit intérieur brut) ; pilule ; planification ; plurilinguisme ; police ; pornographie ; prématuré ; presse ; prison ; privatisation ; procréation médicalement assistée ; procréation socialement assistée ; productivité ; progrès ; propriété ; prostitution ; protectionnisme ; publicité ;

R. racisme ; rationalité ; recyclage ; religion ; rendements ; renoncement ; repas ; retraite ; rêve ; révolution ; roman ;

S. salaire ; santé ; savoir ; schizophrénie ; secte ; sélection ; semences ; sentiment amoureux ; sépulture ; services ; sexualité ; socialisation ; sociologie ; soins palliatifs ; solidarité ; sous-développement ; spatial ; sport ; statistique ; statut ; suffrage universel ; suicide ; syndicat ;

T. tabac ; taux d’intérêt ; technologie ; techno-science ; technostructure ; téléphone ; télévision ; temps de travail ; temps ; tourisme ; transgenèse ; transparence ;

U. universalisme ; urbanisation ; utilité ; utopie ;

V. valeur ; valeur ajoutée ; valeur travail ; valeurs ; vêtement ; vieillissement ; village ; viol ; vitesse.

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BIOSPHERE-INFO juillet-août 2025

Voici notre récapitulatif de juillet-août 2025,

cliquez à votre convenance

Questions structurelles

La Décroissance n’est pas un concept flou

Rupture avec l’idée d’« abondance » ?

La question des limites

« Limites », le mot le plus employé sur notre blog

Savoir définir les limites à ne pas dépasser

Retrouver le sens des limites, ça urge

Une écologie de rupture est-elle nécessaire ?

Rupture avec l’idée d’« abondance » ?

Rupture, STOP à la production pétrolière

Rupture, STOP aux résidences secondaires

Le militantisme écolo

Présidentielle 2027, positionnement écolo

Les scientifiques pour la désobéissance civile

40 voix pour les Soulèvements de la Terre

Le ventilateur de poche, à boycotter

Dissoudre « Les Soulèvements de la Terre » ?

autoroute A69, une impasse pour le gouvernement

Assassiner un arbre, ce n’est pas bien

Greta Thunberg, harcelée par des connards

Présidentielle 2027, positionnement écolo

Dégradations écologiques

A partir du 24 juillet 2025, la Terre vivait à crédit

Notre indice de capacité destructrice

Peut-on faire confiance au rapport Meadows ?

La catastrophe décrite en 2005 par notre blog

Les climatologues s’inquiètent, les autres non

Dysfonctionnements politiques

Loi Duplomb et charte de l’environnement, 0 à 1

Loi Duplomb : le principe de précaution en débat

Loi Duplomb, une rupture avec la démocratie

Trump falsifie même les données scientifiques

La tête de nos dirigeants dans un sac de plastique

image… l’écologie punitive

Recherche de l’intelligence collective

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dictionnaires des apparences

Des économistes aveugles face à l’urgence écologique

Quelle stratégie pour l’écologie politique ?

Critique de la technique

Techno-numérique = absence de démocratie

Grok salue « l’efficacité » d’Adolf Hitler

ChatGPT nous empêche de devenir intelligent

Questions démographiques

l’Histoire du concept de surpopulation

11 juillet : Journée Mondiale de la Population

Italie, crise démographique ou bonne nouvelle ?

SURPOPULATION, aucun pays n’est à l’abri

Surpopulation, réalité ignorée par LE MONDE

LE MONDE donne la parole à une nataliste

Quel est le nombre idéal d’enfants ?

L’UNFPA en 2025, priorité au libre arbitre

Des contraceptifs détruits par Trump !!!

Pacifisme

La version militarisée de la JDC en septembre !

NON aux dépenses inutiles, NON à l’armée

Fête du 14 juillet, non aux défilés militaires

L’Europe se militarise, on veut la guerre

Pour une alternative non-violente à Macron

La famine à Gaza découle d’un génocide

Questions sociétales

Queer, LGBTQI et écologie politique

Après l’euthanasie, en route vers l’eugénisme

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

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La famine à Gaza découle d’un génocide

La surpopulation de Gaza est un fait avéré, mais dans un contexte où l’aide alimentaire internationale est aussi une réalité, la famine ne devrait pas exister dans ce pays soutenu par la communauté internationale. La méchanceté humaine peut fortement amplifier les dégâts du nombre. Israël pratique un génocide dans ce territoire qui s’accompagne de morts civiles en grand nombre, de destruction des infrastructures, de déplacements forcés de la population et de la famine.

La démographie à Gaza 

Quelque 2,3 millions de Palestiniens vivaient dans l’étroite bande de Gaza complètement encerclées par la mer, l’Égypte et Israël. Sur une longueur de 41 km de longueur et 6 à 12 km de largeur, soit une superficie de 360 km² seulement, s’entassent 2,3 millions de Gazaouis dans ce qui est devenu une énorme poche de pauvreté et de béton. Il y a donc une densité de 6400 habitants au km². Pour être plus imagé, cela fait 64 personnes qui ne disposent que d’un seul hectare, soit un carré de 100 mètres de côté pour satisfaire absolument tous leurs besoins. Rappelons que les Palestiniens de Gaza sont séparés artificiellement de leur territoire de Cisjordanie, soit 6 000 km² au total. Rappelons qu’ils ont été chassés d’un pays qui occupait une superficie de 27 000 km² au total. Ce petit territoire est sous blocus israélien depuis 1967, et comme l’enfermement ne suffisait pas, l’armée de Benyamin Netanyahou a occupé et saccagé le territoire, y compris en détruisant l’agriculture vivrière.

La famine à Gaza

source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/08/22/qu-est-ce-que-l-etat-de-famine-et-pourquoi-a-t-il-ete-declare-dans-le-gouvernorat-de-la-ville-de-gaza_6633528_3244.html

L’ONU a officiellement déclaré le 22 août 2025 la famine dans le gouvernorat de la ville de Gaza, où 500 000 personnes « sont confrontées à des conditions catastrophiques caractérisées par la famine, le dénuement et la mort ». L’IPC a été créé en 2004, lors de la famine en Somalie. C’est un outil technique de référence indépendant. L’organisme ne déclare pas lui-même la famine mais fournit plutôt l’analyse qui permet aux gouvernements et aux organisations internationales comme l’ONU de publier des déclarations officielles. Voici les critères du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour déclarer un état de famine :

au moins 20 % des foyers sont confrontés à un manque extrême de nourriture ;

au moins 30 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë ;

au moins deux personnes sur 10 000 meurent de faim chaque jour.

L’IPC affirme qu’une fois la famine déclarée, il est presque déjà trop tard, mais « cette famine étant entièrement causée par l’homme, elle peut être stoppée et inversée ». « La famine est une course contre la montre, écrit l’organisme. Un cessez-le-feu immédiat et la fin du conflit sont essentiels pour permettre une intervention humanitaire à grande échelle et sans entrave afin de sauver des vies. »

Mais le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a nié l’existence de la faim dans l’enclave !

L’analyse des Nations Unies sur la question palestinienne

source : https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2025/08/10/la-fronde-inedite-de-donald-trump-contre-francesca-albanese-rapporteuse-speciale-de-l-onu-pour-les-territoires-palestiniens_6627653_6116995.html

Les déclarations des rapporteurs spéciaux successifs des Nations unies pour les territoires palestiniens

– Le juriste sud-africain John Dugard compare la discrimination dont sont victimes les Palestiniens de la part des autorités d’occupation à l’apartheid institué dans son propre pays jusqu’en 1994.

– Le juriste canadien Michael Lynk : la colonisation israélienne en Cisjordanie est un « crime de guerre » et un tel « système à deux niveaux », avec citoyenneté pour les colons israéliens et régime militaire pour les habitants palestiniens, relève de « l’apartheid ».

– La juriste italienne Francesca Albanese : « les victimes du 7 octobre n’ont pas été tuées du fait de leur judaïsme, mais en réponse à l’oppression d’Israël ». Deux mois plus tard, elle publie un rapport sur « l’anatomie d’un génocide à Gaza », banalisant depuis lors le terme de « génocide »

Francesca Albanese est accusée par Washington de mener rien de moins qu’une « campagne de guerre politique et économique contre les Etats-Unis et Israël ». Le chef d’Etat américain a ordonné à son ministre des affaires étrangères de prendre des sanctions inédites à l’encontre. Le secrétariat général des Nations unies rappelle un principe de base du droit international : « Le recours à des sanctions unilatérales contre des rapporteurs spéciaux, ou tout autre expert ou fonctionnaire de l’ONU, est inacceptable ».

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Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dans la société d’aujourd’hui, que signifie « penser vrai » ?

Sans doute « Il faut tout reprendre dans l’autre sens ».

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est alors que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. Notre appréciation des faits est encore plus troublée aujourd’hui par une situation technicisée où la réalité est simulée, où le virtuel veut se faire l’égal du réel, où la fiction est préférée au documentaire, où toute image est reconstruite. Comme nous portons le monde entier dans notre cortex, comme nous ne pouvons pas complètement faire confiance au regard des autres, toute vérité est relative : nous ne pouvons même pas croire le témoignage de nos propres yeux.

Ce matin-là, je m’étais levé spécialement de bonne heure pour admirer le lever du soleil à l’horizon, plein est. Je sais pour l’avoir observé maintes et maintes fois qu’il se trouvera au zénith à midi, juste au dessus de moi. Le soir je vais le retrouver, sans risque de me tromper, à l’ouest, finissant sa course pour se cacher tout au delà des monts. Tous les jours je peux ainsi contempler la course du soleil tout autour de ma tête, pas de risques métaphysiques, le soleil se déplace toujours de la même façon, rythmant les saisons. Pourtant ce n’est là qu’une apparence de mes sens abusés, ce n’est pas le soleil qui bouge, c’est moi qui tourne tout autour de lui malgré mon sentiment d’immobile enracinement sur la terre. Je pourrais réfléchir des jours et des semaines, et tourner le problème dans tous les sens que je ne pourrais déterminer par moi-même cette réalité non apparente. D’ailleurs, l’humanité toute entière a estimé de visu et ad libitum pendant des millénaires que le soleil se déplaçait tout autour de la terre sans autre conséquence négative qu’une parfaite ignorance des lois de la gravitation. Avec l’avancée de nos connaissances, la vérité stellaire ne réside plus dans un centre dont nous serions le principal protagoniste (anthropocentrisme), mais dans un système qui possède ses propres lois et qui ignore complètement le sens de notre petite existence. Cela change tout, le monde n’est pas fait spécifiquement pour les humains, nous devons complètement changer notre mode de réflexion.

La première fois qu’on a chaussé des lunettes théoriques pour aller au delà d’une vision superficielle date de 1543. Copernic provoque alors une révolution en exposant les fondements d’un système héliocentrique (de « hélios », le soleil) où le soleil – et non plus la terre – est au centre de notre univers. L’astronome ébranle ainsi l’interprétation des Ecritures et son œuvre, bien que de pure supposition, fut quand même mise à l’index. Mais la contestation des apparences poursuit son chemin et ne se satisfait pas de cet interdit ecclésiastique. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour admirer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le traditionnel anthropocentrisme. Un tribunal de l’Inquisition l’obligea pourtant à se rétracter en 1633 : « Moi, Galileo Galilei, âgé de soixante-dix ans et agenouillé devant vous, éminitentissimes et révérendissimes cardinaux de la république universelle chrétienne, inquisiteurs généraux contre la malice hérétique, ayant devant les yeux les saints et sacré évangiles ; je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant, et que, Dieu aidant, je croirai à l’avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique et apostolique romaine… J’abjure les écrits et propos, erronés et hérétiques, par lesquels j’ai tenu et cru que le soleil était le centre du monde et immobile, et que la Terre n’était pas le centre et qu’elle se mouvait ». L’individu est ainsi obligé de se conformer à la croyance sociale du moment et l’Eglise catholique n’a réhabilité Galilée qu’en 1992. Pour les gardiens de la foi et des fausses croyances, il faut attendre plus de 350 années pour reconnaître la réalité derrière l’apparence…

Aujourd’hui nos satellites confirment tous les jours la révolution copernicienne, cette découverte de la libre pensée. Si presque tous les lycéens occidentaux pensent dorénavant que la Terre tourne depuis la nuit des temps autour du soleil sans y réfléchir davantage, ils le croient cependant en contradiction d’une simple observation de leur part : il est toujours plus facile de croire ce que tout le monde croit déjà savoir. Si la certitude religieuse d’un dieu extérieur aux humains qui fabriquerait un univers à notre seule convenance s’effondre pour un certain nombre d’entre les humains, la plupart pense encore que les croyances de leur ethnie particulière reste le seul centre de leur univers. L’analyse de l’évolution de la pensée montre que nous passons d’une certitude à une autre certitude grâce à une remise en question fondamentale des apparences. Ce passage de l’apparence à d’autres réalités est extrêmement difficile, il devient cependant de plus en plus urgent à accomplir : les réalités du futur se cachent en effet derrière les apparences du présent, et cet avenir est sombre si nous n’y prenons garde. Longtemps, alors que nos yeux se contentaient de la lumière pour voir l’univers, notre imaginaire se limitait à la répétition des mythes ancestraux. Nous nous sommes alors affrontés pendant des générations et des générations au nom d’une pseudo-vérité clanique ou religieuse ; la nature contemplait impassible le nombre de nos morts.

Puis nous avons inventé l’agriculture et changé la nature. Dès le néolithique, l’humanité ne se contente plus de ses rivalités sociales, elle prend à témoin la planète et commence à détériorer son environnement. L’évolution s’accélère et des techniques destructrices prennent aujourd’hui tout le pouvoir. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, nous avons réussi à libérer les forces de l’atome. Alors que nous savons que la radioactivité peut faire beaucoup de dégât pendant une éternité de notre temps, cela ne nous empêche pas d’accumuler les déchets nucléaires car nous raisonnons encore au travers de nos propres yeux et de l’environnement immédiat. Alors que nos connaissances sont maintenant immenses, nous aggravons à la fois nos conflits sociaux et les déséquilibres de la nature à cause de notre cécité théorique et de la myopie du marché imposé par l’idéologie libérale. Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent aussi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons la plupart du temps nous satisfaire d’un absolu dans un espace restreint, avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre vision humaine n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité.

Dans chacun de nos cortex réside de multiples certitudes qui ne sont que les apparences de notre réalité immédiate et nos désaccords résultent trop souvent d’une perception trop simple de la réalité. Mais nous pouvons tous ensemble essayer de déchiffrer ces apparences pour changer la réalité ; grâce à des lunettes conceptuelles plus performantes, peut-être pourrions-nous percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir (s’améliorer)…

Conclusion du Dictionnaire des apparences de Michel Sourrouille

https://biosphere.ouvaton.org/blog/michel-sourrouille-son-dictionnaire-des-apparences/

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Dictionnaires des apparences

Devenir un citoyen éclairé résulte d’un apprentissage préalable. Ce blog biosphere a été précédé par une accumulation de connaissances de son créateur, Michel Sourrouille. En voici une compilation que nous conservions en archives. Elle a été faite au tout début des années 2000. C’est un lexique d’un peu plus d’un million de caractères, soit un livre de 600 pages environ s’il était publié.

En libre service ci-dessous.

lien, Dictionnaire des apparences

INDEX

A. absolu ; accouchement ; acculturation ; actions (capitalisme) ; adoption ; adulte ; agriculture ; agriculture biologique ; aide internationale ; alcool ; aliénation ; alimentation ; allaitement ; anthropique ; anticipation, armée ; art ; association ; athéisme ; athlète ; auteur ; autisme ; automobile ; autonomiste ; avenir ; avortement ;

B. bénévolat ; besoins, électricité ; biens libres ; biodiversité ; bourse ; budget de l’État ;

C. calendrier ; cerveau ; chômage ; christianisme ; circuit économique ; citoyen ; classe sociale ; collège ; commerce ; commerce équitable ; communautarisme ; concertation ; concurrence ; consensus, consommateur ; Constitution ; contraception ; contrôle des parents ; crise ; croissance ; culture ; cyborg ;

D. décentralisation ; déchets ; délinquance ; demande ; démocratie ; démocratie directe ; démographie ; déplacement ; détour de production ; développement durable ; développement humain ; déversement ; déviance ; division du travail ; division sociale du travail ; divorce ; dopage ; droit ; droit du travail ; droit international ; droit à ; droit de ;

E. eau ; échange ; échange international ; école ; écologie ; économie ; écosynthèse ; écriture ; effet de serre ; égalité ; élection ; électricité ; embryon ; emploi ; énergie ; énergie renouvelable ; entrepreneur ; entreprise ; esclavage ; espace ; espérance de vie ; espéranto ; État-nation ; État-providence ; étayage ; ethnocide ; eugénisme ; euro ; Europe ; euthanasie ; évolutionnisme ; exploitation ; externalités ;

F. famille ; famine ; fécondé ; féminisme ; femme ; filiation ;

G. génériques ; genèse ; génétique ; guerre ;

H. héritage ; hiérarchie ; histoire ; homoparentalité ; homosexualité ; hygiène ;

I. identité ; impôt ; individu ; individualisme ; inégalité ; inégalité de salaire ; inégalités de statut ; ingérence ; insécurité ; instinct maternel ; intellectuel ; internet ; invention énergétique ; irresponsabilité ; islamisme ;

J. jardin ; jeux olympiques ; journal ; jumeaux ; justice ;

L. laïcité ; langage ; langue ; libéralisme ; liberté d’expression ; littéraire ; loi ; loisirs ; lutte de classes ; lycée ;

M. machine ; majorité civile ; majorité civique ; majorité sexuelle ; marché ; massification ; médecin ; médicaments ; mémoire ; mère ; migration ; militantisme ; minimum social ; minimum vital ; mixité ; mobilité géographique ; mondialisation ; monnaie ; mort ; musée ;

N. naissance ; nation ; nature ; nom ; nucléaire ;

O. OMC (organisation mondiale du commerce) ; ONU (organisation des Nations unies) ; opinion publique ;

P. parents;  parité parentale ; parité politique ; parti ; pêche ; peine de mort ; père ; pétrole ; PIB (produit intérieur brut) ; pilule ; planification ; plurilinguisme ; police ; pornographie ; prématuré ; presse ; prison ; privatisation ; procréation médicalement assistée ; procréation socialement assistée ; productivité ; progrès ; propriété ; prostitution ; protectionnisme ; publicité ;

R. racisme ; rationalité ; recyclage ; religion ; rendements ; renoncement ; repas ; retraite ; rêve ; révolution ; roman ;

S. salaire ; santé ; savoir ; schizophrénie ; secte ; sélection ; semences ; sentiment amoureux ; sépulture ; services ; sexualité ; socialisation ; sociologie ; soins palliatifs ; solidarité ; sous-développement ; spatial ; sport ; statistique ; statut ; suffrage universel ; suicide ; syndicat ;

T. tabac ; taux d’intérêt ; technologie ; techno-science ; technostructure ; téléphone ; télévision ; temps de travail ; temps ; tourisme ; transgenèse ; transparence ;

U. universalisme ; urbanisation ; utilité ; utopie ;

V. valeur ; valeur ajoutée ; valeur travail ; valeurs ; vêtement ; vieillissement ; village ; viol ; vitesse.

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BIOSPHERE-INFO juin 2025

Bonjour à tous et toutes

Nous essayons depuis 2005 grâce à nos écrits quotidiens

de donner les moyens d’accroître l’intelligence collective.

présentation et objectifs du blog biosphere

Le point de vue des écologistes

Voici notre récapitulatif de juin 2025,

cliquez à votre convenance

Questions structurelles

L’alimentation très dépendante des énergies fossiles

Grandir au contact de la nature, impératif

Questions d’actualité

Conférence des Nations unies sur l’océan, bof !

Le militantisme écolo

L’écologie est, par nature, « punitive »

Criminalisation des militants pacifistes

CLIMAT. Une convention citoyenne trahie !

Hadrien Goux travaille chez Bloom, bravo

« Shifters », pour un monde climato-compatible

Pour mieux connaître Jean-Marc JANCOVICI

Dégradations écologiques

Le pétrole de Patrick Pouyanné en procès

Parkinson, la faute aux chimistes

L214, contre la maltraitance animale

L’origine de notre plat de viande

en Chine, les cochons vivent en HLM

Dysfonctionnements politiques

La législation anti-obésité à la diète

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs

CLIMAT, on souffle le chaud et plutôt le froid

L’amour du foot, c’est l’amour des dictatures

Recherche de l’intelligence collective

La meilleure façon d’élever ses enfants

Le vélo, petite reine des temps à venir

ZFE, une étape vers le dévoiturage

Leçons de géopolitique avec Lula da Silva

Critique de la technique

Notre avenir dépend-il de la technique ?

L’intelligence artificielle atteint ses limites

Questions démographiques

La génération Z au Kenya… un avenir bouché

Relance des naissances, étendard de la droite dure

Le tabou démographique dans les archives du MONDE

Perplexity (du MONDE) nous laisse perplexe (sur le concept de surpopulation)

Pacifisme

Les Écologistes entre la guerre et la paix

Non à l’OTAN, oui à l’ONU comme force de paix

Une armée telle que je l’aime (en Allemagne)

Posséder la bombe, une prérogative de l’Iran

Une menace nucléaire iranienne, tant mieux

Questions sociétales

Fast-fashion ou mode éphémère, à interdire

Plaidoyer pour le short au bureau

« Il nous incombe à tous de suivre la loi de Dieu »

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

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La meilleure façon d’élever ses enfants

Léa Marie, née Naitchalal, est la directrice générale du Slip français. Elle a démarré ses études par un BEP de couture puis un bac en génie mécanique avant de faire une école d’ingénieur spécialisée dans les métiers du vêtement. Interrogé sur sa manière d’éduquer ses propres enfants, elle est admirable, mais les aigris sont toujours de sortie dans les commentaires sur lemonde.fr.

Léa Marie : Ma mère m’avait dit : « Il faudra toujours travailler pour être indépendante et si tu sais coudre et faire à manger, tu auras toujours du travail. » Je crois qu’elle a raison. Mon père était très strict, à l’ancienne, mais il nous a aussi transmis le goût de la liberté. Il s’appelait Youssef Naitchalal. Je m’appelle Marie seulement depuis que je suis mariée. On n’entend pas la même chose quand on s’appelle Marie ou Naitchalal. Je me souviens d’une fois où mon père m’accompagnait chez un dermato qui avait dit que les Arabes étaient des voleurs. Mon père a dit bien fort : « Comme les Arabes sont des voleurs, on va partir sans payer. »

Pour ne pas être envoyée en seconde et pouvoir faire un BEP couture, je ne me suis pas présentée au brevet. Et je continue à défendre ça ! Sortis de 3e, tous les enfants devraient faire une année pro. Tous ! Là, on leur demande de décider ce qu’ils veulent faire plus tard alors qu’ils ne savent rien faire de leurs mains. Le pro, ça permet aux enfants d’avoir confiance en eux, de se dire : « J’ai fait un truc, je sais produire avec mes mains. » A 17 ans, je m’assumais en travaillant le week-end et les vacances. A 4 ou 5 ans, mes deux enfants savaient déjà coudre, tricoter, faire la cuisine, bricoler. Ma fille prépare son bac. C’est une travailleuse courageuse. Elle bosse dans une fromagerie tous les samedis après-midi et entraîne bénévolement des enfants à l’athlétisme, une fois par semaine. Là, elle est en plein Parcoursup – sur liste d’attente. Elle a l’impression d’être nulle. Je lui dis : « Accepte ce sentiment de doute, il va te construire, ça va venir. » Ce sont les difficultés qui nous construisent, et pourtant on protège ses enfants des difficultés.

Ils n’ont pas eu de téléphone avant la 2de parce qu’il m’a semblé qu’ils n’étaient pas assez mûrs pour utiliser les réseaux sociaux. Mais je n’ai jamais rien imposé à mes enfants, sauf la politesse. Imposer, c’est un aveu de faiblesse. J’ai souvent rappelé à mes enfants qu’ils avaient de la chance d’avoir une chambre pour eux tout seuls. Je rapporte trop à l’argent, j’ai souvent dit : « Tu sais combien ça coûte ? » Un jour où j’avais proposé d’aller faire une balade en forêt, mon fils a dit : « Pour acheter quoi ? » J’ai compris que quelque chose n’allait pas si, à chaque fois qu’on sortait de la maison, c’était pour consommer. J’ai donc décidé qu’on irait marcher sur le chemin de Compostelle l’année suivante. Depuis 2016, on est partis presque tous les ans en parcourir des tronçons. Le premier jour, les enfants vous disent : « Y aura du Wi-Fi ce soir ? » Le lendemain c’est : « On joue à quel jeu de cartes ? » Ce sont des moments de vie uniques ! Et marcher autant, l’effort pour grimper, tout cela développe la confiance en soi.

Toute leur vie, j’ai travaillé à ce que mes enfants soient le plus autonomes possible. Je ne crois pas qu’on soit un bon parent quand on fait des enfants pour les garder pour soi. Notre rôle de parent, c’est de les pousser à partir un jour, heureux et autonomes.

Ping-pong entre les gens qui agissent et ceux qui critiquent

orizoru : Étrange comme entretien. Pas sûr de savoir quoi en retenir après lecture.

Mille : Je suis enseignant et c’est bien la première fois qu’en trois décennies je lis des propos aussi intelligents sur la formation !

Alec Touvabienovitch  : Elle a laissé les données de ses clients se faire pirater et elle donne des leçons…

BioBio : Je n’ai pas noté qu’elle donnait des leçons sur l’intégrité des donnés numériques personnelles !

Zarathustra : Elle ferait mieux de se taire plutôt que dire des évidences.

Trazibule : Paroles pleines de sagesse d’une remarquable entrepreneuse.

Vogelfanger : Une peu flippante cette dame dans le genre Madame Warrior ! Il y a des rêveurs, des bricoleurs, des intellos, des sportifs … pourquoi tous le monde au pro à fabriquer des trucs. Personnellement, je garde un excellent souvenir des cours académiques, du sport et des arts plastiques. Mais le cours d’EMT où on m’obligeait à fabriquer des trucs qui m’intéressaient pas du tou sur une machine à coudre : je trouvais ça insupportable

Gladys : Par contre, vous trouvez peut être normal que tous les élèves soient obligés de faire des maths, de la gym ou d’étudier de la littérature. Bizarre…

JackBarto : du très formaté et aseptisé, tendance éducation positive…..

69basr : Témoignage intéressant, n’en déplaise aux habituels grincheux … Qui ne font concrètement pas grand chose sinon exprimer leur fiel par écrans interposés.. quand on ne peut pas… on laisse faire ceux – celles- qui font…

check one : Quand on fait des enfants c’est forcément pour soi, par définition, ça n’empêche pas d’essayer d’être le meilleur parent possible mais il faut une dose importante d’egocentrisme, sans pejoratisme. Il faut que ce qu’ils nous apportent soit plus important que la souffrance qu’ils ressentiront dans ce monde

Michel SOURROUILLE : Je suis toujours étonné de voir des abonnés au MONDE critiquer même ce qui est au-delà de toute critique. Faire des enfants pour soi est une démarche néfaste pour leur avenir, nous ne sommes pas propriétaires de nos enfants. De plus la nécessité de revaloriser les métiers manuels est une nécessité absolue à une époque où la seule ambition est de s’asseoir derrière un bureau toute sa vie pour finir sur un canapé après avoir réclamé la retraite à 55 ans. Quant au rapport de Léa à l’argent, respect. Mieux vaut marcher que courir après, c’est ce que j’ai retenu de son témoignage.

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L’origine de notre plat de viande

Le travail commence. Le bovin entre dans le couloir de la mort où un ouvrier le guide avec une tige électrique en cas d’indocilité. L’animal se retrouve coincé de toutes parts. Le tueur place un matador entre les deux yeux. Il s’agit d’un pistolet d’abattage qui propulse un piston qui perfore le crâne jusqu’au cerveau. La bête s’écroule et roule sur un sol incliné. Mort cérébralement, il bouge encore. Attrapé par une chaîne par la patte arrière gauche, il est hissé par un treuil sur un rail qui conduit jusqu’au seigneur. Celui-ci lui tranche la jugulaire avec un couteau. Le sang jaillit tel un geyser, le bovin se vide de 30 à 40 litres de sang. Parfois la bête donne des coups de patte, ses yeux révulsés ; l’odeur de la peur. Tu entends les meuglements désespérés des animaux qui attendent encore dans le couloir de la mort. Un ouvrier ouvre le sternum pendant qu’un autre lui tranche la tête ; tout ça part à la triperie par une autre chaîne. L’animal passe ensuite à la vidange où lui sont retirés ses intestins et sa panse. Tout son appareil digestif tombe sur une large tapis roulant qui va emporter ses viscères à la boyauderie. La carcasse, vidée de ses abats, est coupée en deux dans le sens de la hauteur à l’aide d’une scie géante. Un couteau pneumatique rotatif à lame circulaire sert à retirer les parties graisseuse, dont une part sert à la fabrication de produits de beauté…

Un jour Mauricio Garcia Pereira travaille seul à la boyauderie avec son grand couteau quand une énorme poche vide sur lui son liquide amniotique chaud et gluant. Mauricio en sort un veau entièrement formé… Il prévient le chef : « C’est pas un problème, tu fais le tri comme d’habitude et le fœtus, tu le jettes dans ce bac-là ». Joignant le geste à la parole, le chef pousse le veau encore vivant jusqu’au bac à déchets destinées à l’incinération.

Mauricio consulte la Toile et trouve un numéro de téléphone pour L214. Brigitte Gothière, la cofondatrice de l’association, est sidérée d’apprendre ce cas de vaches gestantes. Mais l’abattage de vaches gestantes n’est interdit ni en UE, ni en France. Une vache pleine de plusieurs mois est en effet plus grasse, sa carcasse pèse 20 à 30 kg de plus, sa viande est plus juteuse….

Mauricio a écrit un livre sur son expérience, « Ma vie toute crue, un employé d’abattoir dit tout ! »

Source : Alternatives non-violentes n° 215 de juin 2025 (extraits)

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présentation et objectifs du blog biosphere

Biosphere est une association loi 1901 (JO du 2 octobre 2004) ayant pour raison d’être de défendre les intérêts de la biosphère, un espace-temps dans lequel chacun de nous n’est qu’une maille dans la trame du vivant. Son président et fondateur, Michel SOURROUILLE.

Présentation du blog biosphere

Ce blog existe depuis le 13 janvier 2005, il propose une analyse quotidienne du « point de vue des écologistes ». L’écologie est multiple, chaque article est soumis à vos commentaires. Vous pouvez aussi proposer un texte, il suffit de l’envoyer à biosphere@ouvaton.org. L’intelligence collective se constitue par la complémentarité des approches.

Il faudrait que se diffuse dans la population un langage commun dont on pourrait poser les termes de façon suivante :

Acteurs absents (démocratie), agriculture biologique (production), communautés résilientes (relocalisation), conférences de consensus (décisionnel), décroissance maîtrisée (économie), Descente énergétique (énergie), écologie profonde (éthique), écocentrisme (valeur), fécondité raisonnée (démographie), Migration limitée (déplacements), Monnaie locale (échange), Non-violence (relationnel), Revenu maximum (revenu), Sobriété partagée (consommation), Techniques douces (organisation), etc.

Ce blog biosphere a été diffusé par LE MONDE numérique entre le 13 janvier 2005 et le 13 mai 2019 avec la référence « biosphere.blog.lemonde.fr ». Ce service (les blogs abonnés) a pris fin le 5 juin 2019. Nous avons œuvré pour que le contenu de notre blog soit sauvegardé et durablement accessible à tous. Nous avons migré vers la Coopérative d’hébergement numérique « ouvaton.org » que nous utilisions déjà pour notre site de documentation des écologistes www.biosphere.ouvaton.org.

Un lien permanent a été mis en place entre le blog, centré sur l’actualité, et le site de documentation, des références de fond.

Le réseau de documentation des écologistes (le site)

La page ACCUEIL donne en colonne de droite quelques indications sur ce qui apparaît comme le mouvement le plus prometteur pour l’écologie, les communautés de résilience. La colonne de droite récapitule tout ce qui est publié de façon quotidienne sur notre blog biosphere. En bandeau, un certain nombre de références.

La BIBLIOTHEQUE contient des résumés de plus de 340 livres consacrés à l’écologie.

Une rubrique complémentaire, SPIRITUALITES, se consacre aux livres ayant trait au changement de perception dans le rapport nature/culture, mais aussi à l’idéologie de la non-violence.

Un LEXIQUE assez complet permet de naviguer entre « acteurs-absents » et « vitesse généralisée ».

Cinq REPERES font une synthèse possible de la pensée écolo, allant de la plate-forme de l’écologie profonde (une philosophie) à la Charte française de l’environnement (un texte constitutionnel).

D’autres fonctions sont disponibles, à vous de les découvrir en allant sur le site.

On peut nous écrire 

biosphere@ouvaton.org

On peut s’abonner à notre mensuel (ici dans la colonne de gauche)

On peut poster des commentaires

On peut faire connaître autour de soi notre existence ….

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BIOSPHERE-INFO, mai 2025

Ce blog, c’est un article chaque jour… depuis 2005.

Voici notre récapitulatif de mai 2025,

cliquez à votre convenance

Questions structurelles

La tragédie des horizons, ce qui nous pend au nez

L’écologie, référence de plus en plus partagée

Questions d’actualité

Robert Francis Prevost devient Léon XIV

Un président de la république tel que je l’aime

Le militantisme écolo

Le découragement des militants écolos

Jeux d’hiver 2030 en mode contestation

La fin programmée de la publicité intrusive

Dégradations écologiques

Quand la France sera entièrement bétonnée…

Après nous les insectes, ils nous résistent

Héritiers, héritage et générations futures

Dysfonctionnements politiques

Pouvoir public contre Intérêt public

Macron, moins de 3 % pour l’écologie

Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out !

Loi Duplomb, l’agriculture écolo plombée

Sortie du nucléaire autrefois, retour aujourd’hui

Nucléaire civil, l’enfouissement des déchets ?

Trump/Mélenchon, un profil de dictateurs

Recherche de l’intelligence collective

Construisons ensemble un nouvel imaginaire

La guerre cognitive contre l’intelligence collective

Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

Liberté d’expression et désinformation

Le vote n’est rien sans délibération préalable

« Pas d’écrans avant 13 ans », c’est un minimum

Questions économiques

Un baril à moins de 60 dollars, enfer et damnation

Chute du brut, l’inverse de ce qu’il faudrait

Bergeaud, meilleur jeune économiste, foutaise

Questions démographiques

Surpopulation : le grand impensé écologique ?

Surpopulation, tout dépend du contexte

Pour être libre de décider de vivre ou de mourir

Pacifisme

Un service militaro-civil pour les jeunes ?

La non-puissance sauvera le monde…

Questions sociétales

L’interaction affective avec les machines

Fin de vie, le débat en Charente

Fin de vie, démographie et écologie

Fin de vie, les médecins n’ont rien à en dire

En Belgique, dire par écrit qu’on veut mourir

Fin de vie et libre choix à l’Assemblée nationale

Hors compétition : le Trumpisme

Les dernières trouvailles de Donald Trump

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En Belgique, dire par écrit qu’on veut mourir

La Belgique, à l’avant garde de la démocratie du libre choix

Olivier Bury : En France pour le projet de loi sur la fin de vie, il y a l’absence d’obligation de demande écrite de la part du patient dès lors qu’il se sait à court terme voué à mourir. C’est à distinguer d’une directive anticipée rédigée alors qu’on est encore en bonne santé. En Belgique, où j’accompagne depuis plus de vingt ans des patients en fin de vie, cet écrit est au cœur du processus. C’est une balise, une manière de dire : cette décision est mienne, réfléchie, et elle engage ma conscience. La parole seule ne suffit pas, l’écrit transforme la conscience. L’écrit protège également les soignants en cas de contestation. On dira : « Mais certains ne peuvent plus écrire. » La loi belge a prévu cela : la demande peut être dictée en présence de témoins.

Je n’écris pas ici pour défendre une position idéologique. J’accompagne des gens qui meurent, l’écrit quand il est là les apaise.

Le point de vue des écologistes du libre-arbitre

Olivier Bury parle de son expérience en Belgique, pays démocratique où la parole des citoyens est écoutée. En France sur le sujet la réalité est toute autre, le travail d’une convention citoyenne et la demande clairement exprimée d’une large majorité de nos concitoyens ne pèsent rien face au lobby religieux et au pouvoir réactionnaire d’une faction du corps médical bien décidés à tuer toute évolution positive sur le sujet dans l’œuf.

La Belgique en avant-garde progressiste

Etre objecteur de conscience en Belgique

extraits : Le statut d’objecteur de conscience est accessible aux soldats, ce qui n’est pas le cas en France…

La Belgique décriminalise la prostitution

extraits : Les prostitués (femmes dans une proportion de 95 %) ont les mêmes droits que les autres travailleurs indépendants, dont celui de bénéficier de la sécurité sociale, du chômage, de l’accès aux soins, d’un congé maternité, etc. …

L’euthanasie en Belgique, facile ?

extraits : L’ordre des médecins prône le maintien du droit des personnes à « l’autodétermination ». La loi sur la fin de vie adoptée par la Belgique en 2002 prévoit qu’une souffrance psychologique jugée incurable et irréversible peut être admise comme une raison valable pour une euthanasie. 2 357 demandes officielles d’euthanasie – dont 2,4 % pour troubles mentaux ou du comportement – ont été introduites en 2018. ….

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