Uncategorized

Souvenirs de la guerre d’une nonagénaire

Maguy est née le 26 octobre 1930. Nous l’avons interrogée pour connaître ses souvenirs de la période de privations pendant la seconde guerre mondiale, elle était adolescente. La mémoire de nos anciens est un témoignage important. Notre société de consommation a en effet perdu tous les repères permettant de retrouver une société plus sobre. Voici son témoignage :

« Papa était forgeron dans un petit village, maman état institutrice dans un autre village, à 4 kilomètres. La guerre n’a pas duré longtemps pour l’armée française ; mon père est revenu à pied à la maison depuis l’Alsace lointaine. Mais dans chaque village, les Allemands en tant que force d’occupation se sont imposés d’autorité dans nos domiciles. Un gradé avait pris la chambre de mon frère, né le 19 février 1932. Nous avons alors Doudou et moi partagé ma chambre. La forge de mon père a été scindée en deux, les outils partagés, les Allemands s’occupaient de leur chevaux. Maman a continué à faire classe comme si de rien n’était. Sauf qu’elle a été obligé de fournir un certificat comme quoi elle n’était pas juive. De plus elle nous a inscrit mon frère et moi au catéchisme pour ne pas qu’on soit soupçonné d’être des enfants juifs. L’occupation chez nous, à l’école du village où ma mère avait son logement de fonction, n’a pas duré très longtemps ; beaucoup d’Allemands ont été mobilisés pour le front russe ouvert en juin 1941. Mais je dois reconnaître que mes relations d’enfant avec les Allemands se sont bien passées, il se sont comportés en bons pères de famille qu’ils étaient.

A la maison, maman se débrouillait avec les moyens du bord. Nous avions le lait de la ferme voisine, mais rien d’autre. Comme le disait la fermière à maman : « Je n’oserais pas vous demander le prix que je demande aux Bordelais. » Ces gens de Bordeaux, à 98 kilomètres, ont été des clients assidus jusqu’à la fin de la guerre. Après quoi, on ne les a jamais revus. Nous élevions des lapins. Mon frère et moi, nous écumions les bords des fossés afin de chasser pissenlits et chiches pour nourrir les bestioles. Mais nous n’étions pas capables de tuer le lapin, on le portait chez la voisine. Papa avait des ruches. Le miel lui permettait de modestes trocs. Une fois, il s’était procuré un peu de porc qui a été cuisiné dans ma chambre, car bien entendu, il fallait se cacher des voisins pour savourer un peu de luxe. Je ne pense pas avoir vu oranges ou bananes. De toute façon, on n’avait aucune possibilité d’acheter fruits ou légumes ; chacun était obligé de cultiver son jardin potager. Dans le village où j’habitais, il n’y avait qu’une épicerie qui se contentait de distribuer selon le rationnement imposé. Pour faire fonctionner sa carte de rationnement, il fallait en effet s’inscrire dans l’épicerie du village. Les hommes (pas les femmes !) avaient des cartes pour le tabac. Mais mon père en avait planté dans le jardin et le faisait sécher au grenier ; çà empestait. Puis il le coupait avec une petite machine qu’il s’était fabriqué. Il était très bricoleur, quand on est forgeron, on sait tout faire.

Par une logique que j’ai toujours eu du mal à comprendre, les J3 (carte de rationnement pour les jeunes dont j’étais) avaient droit à davantage de tickets de beurre que les autres, mais seulement si leurs parents étaient agriculteurs. Mais nous recevions en compensation du « chocolat ». C’était en fait une crème sous forme de boule enrobée d’une très mince couche de quelque chose de marron qu’on pouvait éventuellement assimiler à du chocolat. Les adultes avaient droit à des tickets de café. En fait cela consistait en petits morceaux de gland ou dieu sait quoi d’autre dans lequel on pouvait trouver quelques grains de café que maman triait soigneusement et réservait pour les grandes occasions. Nous, les enfants de l’école de ma mère, nous étions emmenés dans les bois pour ramasser les glands. Autre « distraction », nous étions réquisitionnés pour « récolter » les doryphores dans les champs de pommes de terre. Nous mettions ces grosses larves orangées et les feuilles recouvertes d’œufs dans des boîtes de conserve. En bout de rang, nous vidions le contenu sur des pierres plates et on trucidait allègrement nos récoltes avec une autre pierre.

Cela ne se mange pas vraiment, mais les chaussures ont été un vrai problème. Des souliers à semelle de bois, même dotés, perfection des perfections, d’une semelle articulée, ce n’est pas le sommet du confort. Ma tante s’était fait de belles sandales avec une semelle découpée dans un pneu, denrée très recherchée. Je ne sais pas comment cela tenait, mais j’ai beaucoup admiré. Les lanières étaient faites avec de morceaux de ceinture dépareillés. On se procurait des vêtements avec des tickets spécifiques. Leur qualité était médiocre, mais de toute façon sur le marché libre, c’était pure cochonnerie, fabriqué en fibranne, résistant au lavage.

Quant à la toilette, le seul endroit pourvu d’eau et de chauffage était la cuisine. Je nous revois, mon frère et moi, debout ensemble dans la grande lessiveuse, près de la cuisinière au bois. On se lavait en grand uniquement le dimanche. Pour les autres jours on ne se lavait pas. L’eau était tirée du puits à l’aide d’un seau et chauffée sur la cuisinière. Plus tard papa a mise une pompe dans le puits, plus besoin d’aller chercher l’eau. Après guerre, il avait aménagé un petit réduit avec lavabo et chauffe-eau, le grand luxe ! Nous avons toujours eu l’électricité. Mais le linge était lavé à la main dans la cuisine et rincé à la rivière. La vaisselle était faite à l’eau chaude, parfois un peu de lessives sauf dans les familles qui avaient la chance d’avoir un cochon à qui on portait l’eau de vaisselle. Le savon était fabriqué par papa, avec de la graisse, de la cendre et, je crois, de la soude. Cela ne sentait pas bon ! Aucune pièce de la maison n’était chauffée, seul fonctionnait la cuisinière au bois. On se déplaçait uniquement à pied ou à bicyclette, exceptionnellement avec une voiture à cheval, celle d’une voisine. Il y avait un seul téléphone pour toute la commune.

A la rentrée 1942, j’ai intégré le collège de la petite ville voisine. Les Allemand avaient réquisitionné tout le réfectoire. Je partais à l’école à bicyclette, celle de ma mère, quel que soit le temps. Les élèves internes dont j’étais allaient chercher chaque soir le lait dans une ferme voisine. Seuls les garçons pouvaient partir sans escorte, ils étaient supposés plus raisonnables que les filles ! Nous avions donc du lait chaque matin avec un peu de pain pour lequel nous n’avions pas de beurre. Je n’ai jamais eu un sentiment de faim, mais faire manger quelques dizaines d’adolescents avec pas grand-chose, ça ne devait pas être facile. J’ai le souvenir du chou rouge bouilli servi avec l’eau de cuisson ! Ou des haricots en grains où nous pêchions les charançons pour les disposer harmonieusement autour de l’assiette. C’était très mauvais. Un jour, pour améliorer les monjettes (les haricots), la cuisinière avait versé un peu d’huile de noix. En fait elle s’était trompée de bouteille, elle avait mis du pétrole qui faisait de jolies moirures bleues dans l’assiette… nous n’avons pas été obligés de manger les haricots !

Juste après guerre, la misère était généralisée, tout était à reconstruire. Mais dans ma vie de famille, je n’ai pas souvenir d’un manque. Sauf que le pain était très gris. Par contre les agriculteurs produisaient leur propre farine et ne manquaient jamais de pain blanc. Papa avait fait un four à pain dans une cheminée. La farine n’était pas extra, mais les pains sentaient bons, il ne s’en perdait pas. Lors du mariage de ma tante en 1946, mon grand-père forgeron et agriculteur avait donné de la farine au boulanger et je garde un souvenir émerveillé de ce pain blanc, véritable friandise qui n’a duré qu’une journée. On était à mon époque forgeron de père en fils, et je suis devenu institutrice comme ma mère. En 1947, j’étais en première année à l’Ecole Normale au Bourget pour devenir institutrice. Il fallait se contenter d’un tiers de baguette par jour, ce qui était vraiment trop peu pour moi. Pour d’autres, c’était l’abondance, et les quignons qui restaient étaient récupérés par d’autres filles pour combler la pénurie dans leur famille quand elles revenaient chez elles le WE.

J’ai aujourd’hui 95 ans ; j’ai eu la chance malgré la guerre d’être dans une famille aimante où les filles, j’ai deux autres sœurs plus jeunes, n’étaient pas dévalorisées : on pouvait grimper aux arbres à l’égal des garçons et ce n’est qu’un exemple. »

rédigé le 6 avril 2026

Souvenirs de la guerre d’une nonagénaire Lire la suite »

« Neutralité » du journalisme sur notre blog

Voici un récapitulatif de nos articles sur l’objectivité du journalisme dans une société vouée à la croissance et aux faits divers.

COP26, avec quelle pratique journalistique ?

extraits : Dans son livre « la fabrique du mensonge », Stéphane Foucart pose le doigt où cela fait mal : « Le système médiatique peut-il cesser d’être le simple relais de l’ignorance construite à dessein par les industriels ? Le plus important des rouages journalistiques à fabriquer de l’ignorance n’est pas le mal-journalisme mais bien plutôt la volonté de neutralité. Il faut confronter les opinions. Voici quelques interrogations sur la « neutralité» des journalistes….

Les journalistes et l’écologie vendue au capitalisme

extraits : L’idée selon laquelle l’accumulation illimitée du capital sur une planète aux ressources naturelles limitées est un principe non seulement amoral mais irrationnel. Pourtant l’immense majorité des journalistes amenés à traiter d’environnement adhère à la doxa du « capitalisme vert ». Il s’agit d’une logique de censures invisibles. L’écriture journalistique suppose de raconter des histoires afin d’intéresser un public le plus large et diversifié possible. En matière d’environnement, ce cadrage se traduit par des articles qui parlent des conséquences des prédations environnementales. Nos analyses sur le traitement médiatique des enjeux climatiques en France ont ainsi montré que plus les journalistes parlent du problème climatique, plus ils parlent de ses conséquences au détriment de ses causes et solutions…

 L’impuissance actuelle du journalisme environnemental

extraits : L’association JNE avait organisé un petit déjeuner de presse à Paris le 18 mars. Le thème était essentiel : « Les journalistes d’environnement face à l’expertise scientifique : qui croire ? » Les deux intervenants étaient de poids. D’un côté Stéphane Foucart, journaliste scientifique au MONDE, qui publie ce mois-ci « La fabrique du mensonge ». De l’autre côté Guillaume Malaurie, journaliste au Nouvel Observateur, qui a couvert dans ce cadre l’affaire Séralini. Vers la fin du débat, la question suivante a été posée à Stéphane et Guillaume : « Quand on compare les surfaces médiatiques des médias, il apparaît que les intérêts commerciaux, soutenus par l’expertise « scientifique », domine le journalisme d’investigation et les préoccupations environnementales. Quelle est la place qu’on vous donne dans vos journaux respectifs, est-ce satisfaisant ? » Stéphane Foucart a été sincère dans ses différentes approches de la question. La couverture médiatique est  faussée. Il prend le cas du déclin mondial des pollinisateurs sauvages. Son article sur la question ne faisait qu’une fraction de page, il aurait du être l’élément essentiel de l’actualité ce jour-là….

L’effet de loupe, le fait qui fait diversion

extraits : Les médias nous défrisent, les réseaux sociaux encore plus, ils cultivent ce qu’on appelle en sociologie l’effet de loupe : montrer une réalité qui existe, certes, mais qui est tellement minoritaire qu’elle ne nécessite même pas une brève. Normalement le journalisme, c’est l’art de trier entre l’anecdotique et l’essentiel, sinon les pages d’un média se remplissent de vide. Mais à force d’être diffusés en boucle sur les réseaux de communication, un micro-évènement sature l’espace public et devient la dernière question à la mode dont il faut causer. Le problème, c’est que cela nous détourne de l’essentiel, nous rentrons dans le domaine du commérage et en oublions de réfléchir….

La dictature des faits divers, un désastre

extraits : L’aliénation médiatique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. Un journaliste se doit de trier les évènements et ne garder que ceux qui ont de l’importance. Le fait de vouloir correspondre au penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective….

« Neutralité » du journalisme sur notre blog Lire la suite »

Tous nos articles biosphèriques en mars 2026

Voici tous nos articles en mars 2026

cliquez à votre convenance

Analyse stucturelle

Manuel de défense civile non-violente

SURpêche, un des aspects du règne des « SUR »

action écologique

l’origine de l’écologie politique, 1970

René DUMONT, l’utopie ou la mort

Greenpeace va licencier, c’est une première !

Localisme, extrême droite ou écologisme ?

Quelques éléments de militantisme adapté

Action politique

Plus important que les municipales, notre avenir

Municipales, primaire « unitaire » avec qui ?

Raphaël Glucksmann est-il un écologiste ?

Les raisons de ne pas voter Mélenchon

carbonation

Une hausse normale des prix à la pompe

Macron décide, notre épargne finance le nucléaire

Détechnologisation

Objection de conscience face à l’IA générative

L’esprit démocratique évacué par le numérique

Réseaux soc., mimétisme et boucs émissaires

L’IA menace 5 millions de salariés en France

démilitarisation

Pacifisme, citations à connaître et à déclamer

Aujourd’hui l’antimilitarisme devient vital

Défense civile ou défense militaire ?

La guerre tue les hommes… et la nature aussi

La militarisation des écologistes institutionnels

Les Verts et la guerre, un reniement

Les écolos, pour ou contre la guerre ?

Libérons la France de l’arme nucléaire

Bientôt une guerre nucléaire, Macron le veut

Macron, vers un nouvel âge nucléaire

Macron veut laisser une trace (nucléaire) dans l’histoire

Objections à la dissuasion macroniste

Dissuasion nucléaire, le clap de la fin

Un référendum contre la dissuasion nucléaire

dépopulation

La bombe Ehrlich vient d’exploser (son décès)

50 ans après Ehrlich et « La Bombe P »

Paul Ehrlich, le digne successeur de Malthus

En hommage à Paul. R. Ehrlich, l’IPAT

changeons d’imaginaire social

Éduquer l’enfant à suivre sa propre voie

Bifurcation. Hegel, Marx ou Malthus ?

Thomas Piketty, un idéaliste hors sol

Jürgen Habermas est mort le 14 mars 2026

Vaclav Smil, sobriété énergétique exigée

Des-informations

Deux États fascisants attaquent leur alter ego

Trump bombarde l’Iran, c’est stupide

Trump cultive le culte de la personnalité

Délires de Donald Trump (février 2026)

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

Tous nos articles biosphèriques en mars 2026 Lire la suite »

Éduquer l’enfant à suivre sa propre voie

L’éducation des enfants a pour finalité d’en faire, non pas des citoyens obéissants, mais des citoyens responsables, capables d’apprécier et de juger les normes et valeurs à laquelle la société leur demandera d’obéir. En clair, les enfants doivent savoir désobéir à un ordre injuste, quel que soit celui qui le leur demande, un parent, un enseignant, l’Etat.

(Re)lisons le petit livre rouge des écoliers et lycéens de 1969. Extraits, le livre fait 190 pages.

Etienne Bolo dans la préface : Les adultes ne sont pas tout-puissants pour la bonne raison que très souvent ils n’ont même pas le pouvoir de modifier leur propre situation ou d’agir comme ils le voudraient. Et ce sont les enfants et les jeunes qui paient l’addition. Nous parlons dans ce petit livre de tous les sujets qui ont de importance quand on va en classe.

L’enseignement

Beaucoup de professeurs (pas tous) pensent que ce serait une perte de temps bien inutile que de permettre aux élèves d’apprendre des choses par eux-mêmes. Beaucoup estiment aussi qu’il est bon qu’une partie du travail qu’ils donnent aux élèves soit ennuyeuses. Comme ça, pensent-ils, les élèves appendront très tôt que la vie est pleine d’obligations bien ennuyeuses. Ces professeurs se trompent. Mais pour apprendre quelque chose, il faut premièrement que tu fasses un effort. Deuxièmement que tu disposes autour de toi les moyens pour faire cet effort. Tout ce que tu sais, c’est toi et toi tout seul qui l’a appris. La seule façon d’apprendre comment distinguer le vrai du faux, c’est de pouvoir le découvrir soi-même par l’expérience. La plupart des professeurs veulent que vous vous sentiez bien en classe, parce qu’alors, eux aussi se sentent bien. Si vous trouvez qu’un de vos professeurs n’est pas très doué pour l’enseignement, il faut que vous l’aidiez à améliorer ses façons de faire.

Si on te donne un devoir, ce n’est pas pour que tes parents t’aident à le faire. Tu peux réunir quelques camarades et faire les devoirs ensemble. S’il y a quelques chose que tu ne sais pas faire, ne le fais pas. Et le lendemain, n’hésite pas à dire à ton professeur pourquoi tu n’as pas pu faire le devoir. Si vous voulez établir un vrai programme de travail, consultez d’autres livres et laissez-vous aussi inspirer par le monde qui vous entoure. Beaucoup de professeurs n’ont fait autre choses pendant toute leur vie que de fréquenter des écoles, d’abord comme élèves, puis comme étudiants, ensuite comme professeurs ; ils ignorent l’essentiel du monde qui les entoure. Ce sont des spécialistes dans une branche déterminée du savoir. Ils ne savent pas grand chose sur l’art d’enseigner.

Les relations entre jeunes et adultes ne sont vraiment positives que lorsque les uns et les autres peuvent s’influencer et s’enseigner réciproquement. Servez-vous du journal de l’école. Les actes influencent plus que les paroles.

Les camarades

Tu rencontres toutes sortes de camarade. Il y en a à qui on peut faire confiance, et d’autres qui trahissent leurs promesses. Il y en a qui ont toujours de bonnes idées et d’autres presque jamais. Sais-tu que tu es influencé par tes camarades. Tu as le droit de développer ta personnalité en suivant ta propre voie. Tu es quelqu’un, tu peux apprendre des autres et les autres peuvent apprendre de toi.

Il faut que tu saches que quelqu’un ne peut rester un leader qu’aussi longtemps que tu le reconnais comme tel. Deviens ton propre leader.

L’intelligence

On croyait que tous les gens naissent avec une certaine dose d’intelligence qu’ils gardaient jusqu’à la fin de leur vie. C’est absurde. Des vrais jumeaux sont parfaitement égaux génétiquement. Mais s’ils sont élevés par des personnes différentes, ils n’auront pas la même intelligence. Personne n’est mauvais en tout. Mais les méthodes employées à l’école favorisent les enfants appartenant à des milieux déjà favorisés. On peut avoir une intelligence scolaire, c’est-à-dire réussir en classe, mais être bête dans les activités extra-scolaires qui sont pourtant le tissu de la vie quotidienne.

Pour changer l’école, il faut changer la société. Pour changer la société, il faut changer l’école. La moindre chose que nous changeons dans l’école peut avoir des répercussions dans la société. La moindre chose que nous changeons dans la société peut avoir des répercussions dans l’école. Pour changer quelque chose, transformer le monde, n’oublie pas qu’il faut commencer par agir là où tu te trouves.

Pour aller encore plus loin

Tous les enfants de France devraient connaître la Déclaration des 121 sur le droit à l’insoumission en 1960 dans la guerre d’Algérie ou le Manifeste des 343 en 1971 pour légaliser l’avortement. La désobéissance civile est la respiration de la démocratie. Le problème de nos sociétés pseudo-démocratiques, en fait soumises aux diktats de l’économie, c’est qu’il faudrait pratiquement désobéir à tout. Non seulement désobéir aux OGM ou à la publicité…, mais désobéir aussi aux petits chefs dans les bureaux, à la consommation de masse, à la société du spectacle, au productivisme, au populationnisme, à la mondialisation, etc. Autant dire que les enfants ont beaucoup à apprendre de ce qu’il faudrait faire…

La désobéissance civile sur notre blog biosphere

7 janvier 2023, L’urgence écologique entraîne la désobéissance civile

19 décembre 2022, Le pourquoi de la désobéissance civile

1er octobre 2022, La désobéissance civile des scientifiques

26 septembre 2021, Formations à la désobéissance civile NV

19 mai 2021, 29 mai, formation à la désobéissance civile

9 février 2021, Tout savoir sur la désobéissance civile

15 octobre 2019, Pour ou contre la désobéissance civique

19 septembre 2019, José Bové, désobéissance civile ou civique ?

1er octobre 2019, Biosphere-Info, la désobéissance civique (SYNTHÈSE)

2 juin 2018, Violer une centrale nucléaire, une très bonne action ?

2 juin 2016, À lire, La désobéissance civile (H.D.Thoreau, 1849)

22 mai 2014, La désobéissance s’apprend, savoir déterminer l’injuste

26 juin 2012, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

24 janvier 2012, Devenir activiste avec Greenpeace

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

14 septembre 2011, appel à la désobéissance généralisée

17 septembre 2010, ne pas confondre désobéisseur et désobéissant !

29 avril 2007, Collectif des déboulonneurs

Éduquer l’enfant à suivre sa propre voie Lire la suite »

Quelques éléments de militantisme adapté

Tout citoyen doit s’engager d’une manière ou d’une autre pour élever l’intelligence collective et faire progresser l’harmonie sociale. Une expérience dans l’activité associative et/ou politique devrait être obligatoire pour tout jeune avant l’entrée dans la vie active. Mais comme il vaut mieux montrer l’exemple que dire aux autres ce qu’ils devraient faire, voici le compte-rendu de mon propre engagement bénévole.

Pendant les années 1970

– Objecteur de conscience (opposé à l’usage collectif des armes)

– membre d’un groupe d’action non-violente

– membre du comité de soutien aux objecteurs de conscience

– instructeur CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active)

– Responsable du journal des lycéens au lycée Marguerite de Valois

A partir de 1976, les échecs pendant 20 ans

– Animateur d’échecs au collège et au lycée Marguerite de Valois

– Président du club d’échecs d’Angoulême, du département de Charente, de la région Poitou-Charentes….

– Formateur d’animateurs d’échecs, responsable de la formation au niveau national

– Arbitre national, formateur d’arbitres d’échecs

– Membre du conseil d’administration de la FFE (Fédération Française des Échecs) et même vice-président de la FFE

A partir de 1997, l’écologie comme préoccupation principale

A mon avis, toute personne engagée dans le tissu associatif ne peut se contenter d’être un simple consommateur, ou alors il lui manque quelque chose. Mais même si j’ai été plus organisateur que joueur, je participais avec les échecs à la société de consommation, pas à améliorer l’intelligence collective. Les échecs sont à classer parmi les associations de loisirs, les associations particularistes, consacrées uniquement à « l’épanouissement personnel ». J’arrête donc toutes mes activités échiquéennes pour me consacrer à « sauver la planète » dans des associations à objectif universaliste.

Je me suis engagé dans le militantisme écolo, c’est là où la société a le plus besoin de nous. Cela passe autant par les associations environnementales que par les partis politiques.

Les associations

– Charente-nature, dont j’ai été membre du conseil d’administration

– MAB (maison d’agriculture biologique), dont j’ai été membre du conseil d’administration

– JNE (Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie), dont j’ai été membre du conseil d’administration et reste correspondant régulier, beaucoup de mes articles sont sur leur site.

– Démographie Responsable (dont je suis toujours responsable régional)

– Technologos (dont j’ai été membre fondateur)

– Casseurs de pub (résistance à l’agression publicitaire) ; Momentum ; Greenpeace ; Reporterre ; Terrestres ; Utopia… (aide financière, sans participation active)

Les partis politiques (chronologie)

– Les Verts à partir de 1997, qui deviendra EELV puis « Les Écologistes »

– Le Parti socialiste de 2002 à 2011 (responsable fédéral de l’environnement, membre de la commission nationale environnement, membre co-fondateur du Pôle écolo du PS)

– EELV ensuite (membre au niveau national du conseil fédéral)

– septembre 2024. Membre de la commission Paix&Désarmement (parti « Les Écologistes »)

à partir de 2004-2005. Mon blog et mon site « biosphere »

Le 9 septembre 2004, je crée l’association loi 1901 « biosphere », déclarée en préfecture, dont l’objet est de défendre les intérêts de la biosphère.

– Le site biosphere depuis 2005 a pour contenu une ressource documentaire pour les écologistes (résumé de livres, lexique, etc.)

– Le blog biosphere : le 13 janvier 2005, je poste mon premier article d’analyse de l’actualité 365 jours sur 365… Nous sommes en 2026, et ça continue malgré mes 78 ans. Tant que Nature me prête vie…

Michel Sourrouille

NB : pour avoir mon autobiographie complète, elle est sur Internet :

Mémoires d’un écolo

Quelques éléments de militantisme adapté Lire la suite »

Délires de Donald Trump en ce mois de février 2026

On croyait avoir tout vu, mais on n’a pas encore été jusqu’au bout de la folie d’un homme qui se croit omniprésent, omniscient et omnipotent, Donald TRUMP. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement fédéral a banni du vocabulaire officiel de l’administration les termes « crise du climat », « justice climatique » ou encore « science du climat », « pollution » et « qualité environnementale ». Comment étudier les sciences du climat dans un pays où le président parle du réchauffement climatique comme de « la plus grande escroquerie perpétrée dans le monde » et assume vouloir mettre fin à « l’hystérie climatique » ?

Mais cet aspect scientifique et écologique n’est qu’un cas particulier d’un délire généralisé à tous les niveaux, économiques, géopolitique, juridique, etc. Bien plus fin février, son attaque contre l’Iran pourrait déclencher un choc pétrolier.

Voici la chronique de ses délires en février 2026

7 janvier 2026. L’administration Trump a ordonné le retrait de son pays de 66 organisations, parmi lesquelles figurent des instances majeures pour l’action environnementale : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ou encore son équivalent pour la biodiversité, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

11 février 2026. Selon un décret, le Pentagone est tenu de se fournir en électricité produite à partir de centrales à charbon. Le président américain est un défenseur acharné du « charbon propre et beau », comme il qualifie le plus polluant des combustibles fossiles.

Aux Etats-Unis, 70 % des capacités existantes ont plus de quarante ans. Ce sont des installations anciennes et peu rentables. La consommation de charbon a diminué en moyenne de 6 % par an au cours des quinze dernières années. Leurs exploitants se préparent à les fermer. La logique économique ne s’aligne pas forcément avec la stratégie politique 

12 février 2026. Donald Trump révoque un texte fondateur pour la lutte contre le changement climatique aux Etats-Unis. Adopté en 2009 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) sous la présidence de Barack Obama, le texte avait ouvert la voie juridiquement à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les émissions des camions et des voitures. Ce texte, appelé « constat de mise en danger » (Endangerment finding) n’avait « aucun fondement juridique », a affirmé le locataire actuel de la Maison Blanche. Cette révocation met immédiatement fin aux normes d’émissions pour les véhicules. Cette décision « va faire économiser des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains » en faisant baisser le coût des voitures a assuré le président américain. Donald Trump affirme également que les gaz à effet de serre ne doivent pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux.

Ce revirement survient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les Etats-Unis et le reste du monde.

16 février 2026. La juge américaine Cynthia Rufe a ordonné à l’administration Trump de « réinstaller tous les panneaux, affichages et vidéos auparavant en place » d’une exposition sur l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis, qui avait été démantelée à la fin de janvier dans un quartier historique de Philadelphie. Appelée à « déterminer si le gouvernement fédéral possède le pouvoir de travestir et de démanteler des vérités historiques », « comme si le ministère de la vérité dans [le roman dystopique] 1984 de George Orwell existait désormais, avec sa devise “L’ignorance, c’est la force” », elle a répondu : « Il ne l’a pas ». 

Le démantèlement de l’exposition faisait suite à un décret signé par le président américain, Donald Trump, en mars pour « rétablir la vérité dans l’histoire américaine » et éliminer les « récits conflictuels ». Ce décret dénonçait comme exemple cette exposition.

19 février 2026. Le Conseil de la paix de Donald Trump tient sa première réunion à Washington dans un « Institut pour la paix » qui porte, depuis peu, le nom de Donald Trump sur sa façade. L’ONU « a un grand potentiel », mais ne l’a « jamais accompli », a déploré Donald Trump. Le Conseil de la paix va « presque surveiller » l’ONU et « s’assurer qu’elle fonctionne correctement » !!!

20 février 2026. La Cour suprême invalide l’action unilatérale de Donald Trump de faire varier les taxes douanières à sa seule convenance : impôt et taxes, c’est de la seule compétence du congrès.

21 février 2026. La réaction de Donald Trump tient en un décret, qui entrera en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, période renouvelable uniquement par un vote du Congrès. Trumpissimo impose un droit de douane « mondial » de 10 %, qu’il a annoncé dans la foulée, sur son réseau Truth Social, faire passer à 15 %.

Selon Donald Trump, cette augmentation des droits de douane s’appuie sur un « examen approfondi » de la décision de vendredi de la plus haute cour américaine ; il la qualifie une nouvelle fois de « ridicule » et « extraordinairement antiaméricaine ».

21 février. Envoi par Trump d’un navire-hôpital au Groenland, territoire autonome danois qu’il convoite : « Nous allons envoyer un grand navire-hôpital au Groenland pour prendre soin des nombreuses personnes qui sont malades et qui ne sont pas soignées là-bas Il est en route !!! ».

Le ministre de la défense danois a répondu :  « La population groenlandaise reçoit les soins de santé dont elle a besoin. Elle les reçoit au Groenland, et, s’il y a besoin d’un traitement particulier, elle le reçoit au Danemark. Ce n’est donc pas comme s’il y avait besoin d’une initiative sanitaire spéciale au Groenland »

24 février 2026. La concentration actuelle de forces militaires américaines à la périphérie du Golfe doit être prise au sérieux. Donald Trump évoque une guerre contre l’Iran dont les objectifs restent pour l’instant indéfinis .Ses atermoiements lors du soulèvement des dernières semaines, dont la promesse d’une aide qui n’est jamais venue, ont montré qu’il pouvait être imprévisible.

Par contre pour le passage à la cinquième année de guerre en Ukraine, Trump n’en a rien à cirer.

24 février 2026. Discours sur l’état de l’Union le plus long de l’histoire télévisée, soit une heure quarante-sept minutes : mélange d’autocélébration et d’attaques féroces contre les démocrates. « Notre pays gagne à nouveau. En fait, on gagne tellement qu’on ne sait plus vraiment quoi faire de cela »…  Si les démocrates étaient à nouveau élus un jour, ils ouvriraient ces frontières à certains des pires criminels dans le monde, des fous voulant « détruire le pays . »

Trump traite les démocrates de « fous». C’est à cela qu’on reconnaît les fous, ils croient que les autres sont fous. Il a fait comme si les 4 années de guerre en Ukraine n’avaient pas existé.

27 février. Trump envisage une « prise de contrôle pacifique » de Cuba, sans préciser les modalités d’une telle opération : « Le gouvernement cubain nous parle ; et ils ont de très gros problèmes, comme vous le savez. Ils n’ont pas d’argent, ils n’ont rien en ce moment, mais ils nous parlent et peut-être que l’on verra une prise de contrôle pacifique de Cuba »

27 février. Trump : « Je ne suis pas content quant au fait qu’ils [les Iraniens] ne veulent pas nous donner ce que nous devons avoir, je ne suis pas très content. Nous verrons ce qu’il va se passer. »

28 février. Le message de Donald Trump au peuple iranien :« Enfin, au grand et fier peuple d’Iran, je dis ce soir que l’heure de votre liberté est arrivée. Restez à l’abri. Ne quittez pas votre domicile. Il est très dangereux de sortir. Des bombes tomberont partout. Lorsque nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement… »

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou : « Mes frères et sœurs, citoyens d’Israël, il y a peu de temps, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération visant à éliminer la menace existentielle posée par le régime terroriste en Iran.Je remercie notre grand ami, le président Donald Trump, pour son leadership historique.

En février 2026, Donald Trump fait comme si la Cour suprême américaine n’existait pas, comme s’il n’avait jamais besoin du congrès américain, comme si les règles internationales n’existait pas, comme s’il était Dieu tout puissant… Il mène la planète au désastre.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Donald Trump, très occupé en février 2025

extraits : Mais où Donald va-t-il chercher tout ça ! Une analyse jour après jour des décisions de Trump. 3 février. La fin annoncée de l’Usaid, l’Agence pour le développement international, liquidée par Elon Musk et l’administration Trump….

21 janvier 2026, tous nos articles sur Trump

extraits : Donald Trump est un illettré en histoire, analphabète en géopolitique, allergique aux mécanismes économiques, ignorant en terme de stratégie militaire et complètement ignare en termes de respect des personnes. Mais il est pourtant devenu par deux fois le président des Etats-Unis, la première puissance mondiale. Voici nos écrits sur la saga Trump…..

Délires de Donald Trump en ce mois de février 2026 Lire la suite »

Tous nos articles de février 2026

Voici notre récapitulatif de février

cliquez à votre convenance

analyse structurelle 

Combattre une dictature, est-ce possible ?

action écologique

NON à la pub, NON à la Saint Valentin

Les enragés contre une politique mortifère

Municipales, Les Écologistes sont avec qui ?

détérioration planétaire

IPBES, sans biodiversité tu meurs

Sans ressources minières, tu n’es plus rien

JO d’hiver… à la neige très artificielle

Les sports d’hiver, une connerie de plus

L’aventure spatiale, une connerie de plus

détechnologisation

Télévision, machine à nous emprisonner

Les enfants boivent l’écran, les parents trinquent

Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) 

Aligner l’IA sur la morale humaine !?!

L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois

démilitarisation

Un projet français pour la paix mondiale

Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)

Les déclarations récentes sur le TIAN

L’hiver nucléaire pour finir en beauté

Ukraine, leçon à en tirer pour le futur

L’Ukraine, un rempart de la démocratie

La France contribue à la guerre Inde / Pakistan

La question malthusienne

Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude (un livre de Michel Sourrouille)

Malthus, parmi d’autres philosophes

Mieux comprendre MALTHUS, le débat

MALTHUS, responsabilité et démographie

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

Serge Latouche en accord avec Malthus

dépopulation

Faire un enfant en étant responsable

Pérou, l’offensive contre l’éducation sexuelle

La Suisse veut limiter le nombre de Suisses

Aide à l’avortement dans l’Union européenne

L’éternel retour de la fin de vie « légale »

Fin de vie, Sénat et soins palliatifs

Disputatio à propos de l’immigration

changeons d’imaginaire social

Quentin, un fait divers chasse l’autre, dommage

Régime végétarien imposé à ses enfants ?

Généalogie animale : Éponge ou cténophore ?

Des-information

Trumper sur le cancer, « backlash » 

Une gifle monumentale donnée à Trump (par la Cour suprême)

Donald Trump, l’anti-écologiste primaire

Les USA facilitent la prochaine pandémie

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

Tous nos articles de février 2026 Lire la suite »

Tous nos articles de janvier 2026

Voici notre récapitulatif de janvier

cliquez à votre convenance

analyse structurelle

Décroissance, mot nécessaire et indicible

action écologique

La rupture écologique est possible, comment ?

Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir

Nobel de l’écologie, la mycologue Toby Kiers

Francis Hallé, voyage à la cime des arbres

Faut-il avoir peur de la nature ? (François Terrasson)

Mercosur, les écologistes disent NON ! (peut-être)

détérioration planétaire

PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie

« faillite hydrique », le monde entier a soif

Zizanie politique sur le pétrole ultra-marin

ZFE, la zone des frénétiques écolos

détechnologisation

À limiter : l’IA qui dévore la planète

décarbonation

Taxe carbone, un vrai serpent de mer

Accès à l’énergie et guerres du pétrole

Guerre du pétrole, réalité et faux semblants

L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro

TRUMP, extractiviste notoire de la finitude

À qui appartient le pétrole ? Pas à Trump !

démilitarisation

ONG humanitaires et recherche de la paix

Patriotisme et Nationalisme va-t-en-guerre

Marine Tondelier, une écologiste va-t-en-guerre

dépopulation

La population mondiale au 1er janvier 2026

Besoin d’être ou d’êtres (moins) nombreux ?

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

Dictature et natalisme en Hongrie

Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?

Le pentobarbital bientôt en vente libre

changeons d’imaginaire social

L’éducation, nourrir, conduire vers, élever

Savoir et pouvoir sont dans un bateau…

Nous ne croyons que ce que nous voulons croire

De nouveaux mots expriment notre désarroi

Contre les pratiques culturelles actuelles

Des-informations

Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ?

Les réseaux sociaux, niet, à supprimer

Trophée Jules-Verne, un exploit pour rien

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

Tous nos articles de janvier 2026 Lire la suite »

Récapitulatif de nos articles, décembre 2025

La libre circulation des idées est essentielle à la démocratie…

Tous les liens vers nos articles de décembre 2025,

cliquez à votre convenance

analyse structurelle

Un langage commun grâce à ce blog biosphere

action écologique

Mort de Brigitte Bardot, quel est son message ? (antispéciste)

Faisons des cadeaux à Casseurs de pub

Faisons des cadeaux à FNE

Faisons des cadeaux à Reporterre

Faisons des cadeaux à Zero Waste

Faisons des cadeaux à la FEP

Malala Yousafzai, résister n’a ni âge, ni sexe

dénaturation

Regards croisés sur la mort des loups

Glyphosate : l’agrochimie nous ment

L’Union européenne, une dérive fascisante

Trump : les volcans réchauffent la Terre

Écologie, le ministère de l’impossible

détérioration planétaire

Global Environment Outlook 2025

Bientôt plus de neige pour skier

La Snanc, serpent de mer de la politique (stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat)

détechnologisation

Faisons des cadeaux à Sciences Citoyennes

Grok, une redoutable machine à désinformer

IA. Aucune différence entre le bien et le mal

Comment vivre sans les réseaux sociaux ?

Fin de la conversation, dictature en route !

Bolloré attaqué par Emmanuel Macron

démilitarisation

Jésus, loué soit son pacifisme

Léon Tolstoï, la non-violence en 1893

Adlous Huxley, un pacifiste en 1937

La France veut financer la prochaine guerre

Delphine Batho augmente les dépenses militaires

Le MAN contre le Service national « volontaire »

Pour la suppression du service militaire

Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

Macron veut un porte-avion pour son Noël

Pour Poutine, peu importe le nombre de morts

Militarisation des enfants en Ukraine (occupée)

dépopulation

La France, un solde naturel négatif !

Faisons des cadeaux à Démographie Responsable

Faisons des cadeaux à l’ADMD

Une frontière doit être ouverte ou fermée

IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

La gauche face aux problèmes de l’immigration (en Suède)

La question migratoire niée par la gauche (en France)

Olivier Rey, un anti-malthusien paradoxal

changeons d’imaginaire social

Laïcité, la loi du 9 décembre 1905

Peut-on considérer que la nature, c’est Dieu ?

Pas de cadeaux à Noël, c’est une évidence

Léon XIV ne change pas son credo

Faits conjoncturels

Donald Trump a un gros gros gosplan

JO2030. La loi olympique en dehors de la loi

Prostitution, l’avis du Rassemblement national

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

Récapitulatif de nos articles, décembre 2025 Lire la suite »

Faisons des cadeaux à Reporterre

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, nous sommes inquiets. Les gouvernements se succèdent, la confiance s’effrite, le débat public se durcit. Et pendant ce temps, l’écologie subit un recul inquiétant. Le vent peut tourner très vite.  Et partout où l’extrême droite arrive au pouvoir, les médias indépendants en sortent rarement indemnes.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.

Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.

Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

Nous documentons ce qui menace, mais aussi ce qui avance : les luttes environnementales, les alternatives, les territoires qui inventent déjà d’autres façons de vivre.

Et si nous pouvons le faire, c’est grâce à un modèle rare en France.

Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire milliardaire. Nous sommes financés à 98% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

  • Personne ne modifie ce que nous publions.
  • Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui la méritent.
  • Tous nos articles sont en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.

Dans un monde où l’écologie est marginalisée, où la liberté de la presse se réduit et la démocratie vacille, l’information indépendante est une condition essentielle du débat public. 

Et c’est grâce à vous qu’elle peut exister.

👉 Un don d’1€, c’est déjà un geste fort.
👉 Un soutien mensuel nous permet d’investir, de financer des enquêtes, de penser dans la durée.

En échange de votre don, pas de t-shirt, pas d’articles réservés.
Mais un journalisme libre, rigoureux et accessible à tous, toujours.

Et ça vous prendra moins de 2 minutes.

Je soutiens Reporterre

Faisons des cadeaux à Reporterre Lire la suite »

Escher, un « mathémagicien »

LE MONDE nous présente ce 9 décembre quelques tableaux de Maurits Cornelis Escher (1898-1972) qui fit exploser la vision classique de l’espace.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/09/escher-un-mathemagicien-remis-en-perspective-a-la-monnaie-de-paris_6656664_3246.html

Nous aimons bien le tableau ci-dessous que nous pourrions intituler sans dessus dessous et qui présente, d’une autre manière que la nôtre sur ce blog, la difficulté d’aller dans le bon sens…

 

 

Escher, un « mathémagicien » Lire la suite »

BIOSPHERE-INFO novembre 2025

Voici notre récapitulatif de novembre 2025,

cliquez à votre convenance

analyse structurelle 

René Passet est mort, vive la bioéconomie

action écologique

Agir contre la publicité, c’est possible

Fin de partie pour les partis écologistes

Cécile Duflot, une présidentiable ?

Présidentielle 2017, Delphine Batho candidate

La Coordination rurale bouffe de l’écolo

Lumir Lapray, militante écologiste ???

détérioration planétaire

Émissions de CO2 et habitabilité terrestre

COP30, on n’est déjà pas d’accord du tout

COP30, trente années pour rien de rien

COP30 inutile, c’était prévu d’avance

L’énergie sous la pression de Trump

La France accro grave aux fossiles

Criminalisation par l’État des écologistes

L’Anses en proie à un profond malaise

Nocivité des aliments ultratransformés (AUT)

détechnologisation

Sciences critiques en action à Paris

démilitarisation

Une planète pacifiée à l’initiative de la France

Les pionniers d’un monde sans guerre

Démocratie, guerre et/ou paix, le débat

Une planète démilitarisée, c’est possible

IPP – Colloque Le pacifisme au XXIe siècle

Soudan, une guerre parmi d’autres

La Russie va envahir la France… maman, j’ai peur

Le discours final d’un Dictateur

Mort pour la France, est-ce raisonnable ?

Dépopulation

Statistiques démographiques, l’essentiel

LE MONDE deviendrait-il malthusien ?

Pologne, l’effondrement positif de la natalité

New Delhi, 30 millions d’habitants !!!!!

Refuser l’injonction à la maternité ?

Jean-Michel Favrot et la question démographique

Aide à mourir, une course de lenteur

La Chine, plus ou moins que 1,4 milliards ?

changeons d’imaginaire social

René DUMONT, écologiste sans parti

La droite s’intéresse à la « post-croissance »

Futurisme et réalité, le bug obligé

Des-informations

Désobéir à Trump, une nécessité vitale

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

BIOSPHERE-INFO novembre 2025 Lire la suite »

BIOSPHERE-INFO octobre 2025

Voici notre récapitulatif d’octobre 2025

cliquez à votre convenance

activisme écologique

Jane Goodall nous a quitté à 91 ans

Léon XIV appelle à la « conversion écologique »

RAP@Toile anti-pub

Désertons les emplois nuisibles… si possible

Marine présidente, mais laquelle ?

L’écologie, transpartisane, n’est pas à marier

L’écologie ne doit pas se fourvoyer à gauche

décroissance obligée

Nobel d’économie au croissanciste Ph. Aghion

Added : «  La décroissance, c’est la liberté »

pour une décroissance démographique (Marc Gillet)

C’est dur d’être aimé par des cons

détérioration planétaire

Un modèle porcin qui coûte cher

Des crédits carbone douteux, si ce n’est fictifs

Monique Barbut, ministre de l’écologie !

Macron, un incapable doublé d’un borné

détechnologisation

Techno-discernement contre techno-lâtres

Le Danemark vent debout contre les écrans

L’IA, dévoreuse d’énergie, entraîne la pénurie

« jobs apocalypse », IA et chômage massif

L’IA altère notre pensée, la lecture aussi 

démilitarisation

en mémoire du pacifiste René Dumont

Un monde pacifié est possible

Le drapeau, signe de discorde

Démocratie et guerre, idéalisme et pragmatisme

Ligue nationale contre la force de frappe

Militarisation du parti dit « écologiste »

Le prix Nobel de la paix… à Trump ?

dépopulation

l’Éducation à la sexualité au programme

Surpopulation = disparition de la mégafaune

Madagascar : 3,87 enfant pas femme

Nigeria, le fléau de la malnutrition

Des étudiantes face à la surpopulation

La douloureuse question migratoire

Fin de vie, à chacun sa responsabilité

Ultime liberté, celle de mourir

changeons d’imaginaire social

Big History, pour une histoire globale

Histoire de France, une reconstruction raciste

Voter RN, c’est voter contre l’écologie

Des-information

Des bijoux volés au Louvre, on s’en contre-fout

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

BIOSPHERE-INFO octobre 2025 Lire la suite »

BIOSPHERE-INFO septembre 2025

Voici notre récapitulatif de septembre 2025,

cliquez à votre convenance

analyse structurelle

Les dystopies comme regard sur notre avenir

action écologique

Bientôt 50 % des routes sans aucune voiture

Écologie de rupture et démocratie représentative

rupture écolo et acceptation sociale

Écologie de rupture contre écologie émancipatrice

écologie de rupture, vernis vert, dystopie grise

Qui fabrique vraiment les lois environnementales ?

dénaturation

Tuer des loups sans sommation, beurk

Nous traumatisons l’ensemble des animaux

Que signifie « la nature », rien pour les urbains !

détérioration planétaire

l’empreinte carbone des voitures électriques

Aliments ultratransformés (AUT), danger mortel

détechnologisation

CLIMAT. L’imposture du technosolutionnisme

La technocratie verte gagne les métropoles

La fusion nucléaire, rêverie de start-up

La peur des écrans est bonne conseillère

démilitarisation

21 septembre : journée internationale de la paix

Charte des Verts mondiaux et pacifisme

Parti dit écolo, du pacifisme au militarisme

drapeau français ou européen, je m’en tape !

Le racisme n’a pas de fondement biologique

De quels effectifs l’armée a-t-elle besoin ?

dépopulation

Malthus prévoyait la multiplication des épidémies

Une histoire de la démographie sur 300 000 ans

La Démographie Responsable en action

La loi des rendements décroissants en agriculture

L’aide contre la pauvreté provoque la pauvreté

changeons d’imaginaire social

Quelques avancées en matière de pédagogie

La lucidité par temps d’effondrement écologique

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dictionnaire des apparences

Des-informations

Trump souffle le chaud et le froid

Donald Trump, un négationniste pétrolier

Les transgenres dans le sport de haut niveau

Transition de genre, prise en charge par la SS

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

BIOSPHERE-INFO septembre 2025 Lire la suite »

Quelques avancées en matière de pédagogie

Dans les années 1920, la psychologie de la forme selon laquelle le cerveau contient des structures innées sur lesquelles viennent se greffer les connaissances est contestée par le behaviorisme (science des comportements) qui voit l’esprit comme une cire molle qui attend un apprentissage. L’individu construit alors ses connaissance selon les possibilités que lui offre son milieu de vie. C’est la socialisation fait en sorte que l’individu se comporte d’une manière ou d’une autre. L’intelligence n’est pas conditionnée par la génétique, mais formatée par un imaginaire social, une culture. Restait à montrer que les méthodes d’éducation active sont bien plus adaptées à l’éveil d’une personne que les méthodes magistrales de transmission d’un savoir. C’est le sens de l’évolution récente de la pédagogie.

Comenius (1592-1670) imagine un chemin vers la vérité qui donnerait naissance à un monde réconcilié. L’éducation serait la voie royale en vue de faire naître une humanité meilleure. : « Funeste est le savoir qui ne tire pas vers les bonnes mœurs ».

John Locke (1632-1704) voit l’esprit humain comme une « table rase » sur laquelle viennent s’imprimer les expériences et les sensations. Autrement dit, les idées innées n’existent pas, tout s’acquiert par la socialisation. Il suffit d’instruire l’enfant pour le rendre apte à vire au mieux en société : « Les enfants sont capables d’entendre raison dès qu’ils entendent leur langue maternelle, et ils aiment être traités en gens raisonnable plus tôt qu’on ne l’imagine. » Convaincu de l’absurdité des châtiments corporels, il écarte toute pratique coercitive. Le maître n’est pas une source d’autorité, mais un guide éclairé qui privilégie l’explication à l’imposition d’un savoir. La perception du bien et du ma n’est pas innée, elle s’acquiert au contact d’un entourage qu’on a tendance à imiter. Cependant le penchant mimétique de l’enfant peut l’exposer à certaines influences néfastes.

Condorcet (1743-1794) exclut de l’instruction publique tout enseignement religieux qu’il repose sur l’autorité ou la séduction. Les principes de la laïcité doivent beaucoup à Condorcet alors que le terme n’existait pas.

Ferdinand Buisson (1841-1932) : « Une morale parfaitement digne de ce nom peut se fonder, se pratiquer, se développer sans appel au dogmatisme religieux. » En mai 1905, en pleine guerre entre l’école privée catholique et ce qu’ils appellent « l’école du diable », il écrit : « L’école aura remplie sa mission si elle fait de tout jeune Français un patriote au sens de la Révolution, c’est-à-dire un homme de raison et de conscience. »

John Dewey (1859-1952) estime que la connaissance émerge de notre relation au monde extérieur. C’est par l’action que l’élève apprend et non en absorbant passivement des vérités toutes faites. Pas de cours magistral, mais des individus en mouvement. Car comment penser dans une société démocratique si le maître, tel un dictateur, dominerait sans partage de jeunes esprits ?

Rabindranath Tagore (1861-1741) donde en 1901 un pensionnat rural où maître set élèves se livrent en commun aux travaux de jardinage et acceptent les règle de l’austérité. L’artisanat y est premier, mais on enseigne aussi le chant ou les disciplines académiques. Il se fait l’idée d’une université mondiale qui dépasserait le nationalisme pour construire des relations d’amitiés entre toutes les nations. Mais son combat dans l’Inde coloniale insiste sur l’utilisation des langues locales comme vecteurs de l’enseignement.

Maria Montessori (1870-1952) : « Depuis l’Antiquité, les forces intérieures de l’enfant n’ont jamais été prises en compte. Assis sur de lourds bancs en bois, menacé de punition, il apprend sous la contrainte au prix du développement de sa personnalité. Si on veut que humanité progresse, l’enfant devra être respecté et aidé. » Les classes Montessori regroupent des âges différents, les enfantins n’ont pas forcément envie d’apprendre la même chose au même moment. Sous Mussolini, toutes les écoles Montessori furent fermées en Italie.

Gaston Bachelard (1884-1962) : « Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. » Autrement dit les élèves sont imprégnés d’idées fausses, ils sont porteurs de préjugés qui deviennent autant d’obstacles pour la compréhension des idées nouvelles. Personne ne rompt facilement avec ses habitudes de pensée. Bref, la formation de l’esprit scientifique encourage l’élève à rompre avec son passé pour réfléchir autrement.

Lev Vygotski (1896-1934) : Pour lui, les apprentissages se construisent au sein des interactions sociales. Ce n’est pas en lui-même que l’enfant va trouver les ressources nécessaires pour résoudre un problème, mais dans son groupe d’appartenance. C’est parce que son parent ou l’enseignant le poussent à modifier son raisonnement que l’enfant va pouvoir approfondir une pensée. Une situation de conflit socio-cognitif permet d’accéder à un niveau type de raisonnement. L’enfant acquiert aussi un ensemble de compétences dans des situations informelles, comme les activités de loisirs ou le jeu. Le cerveau n’est pas la source, mais une ressource. La pensée résulte d’une multitude de points de vue dont individu fait sa propre synthèse. Et c’est en argumentant avec autrui par le langage qu’on approfondit sa pensée.

Burrhus Frédérci Skinner (1904-1990) : les performances sont des routines comportementales mises en place à la suite de milliers de répétitions donc chacune renforce la précédente. Skinner a aussi montré inefficacité des punitions pour les élèves en difficulté, c’est la motivation qui compte.

Pierre Bourdieu (1930-2002) : Les enfants de familles cultivées feront généralement de brillantes études, ce sont des héritiers ». Dans les grandes écoles ne se retroussent très majoritairement que les enfants de la bourgeoisie. Ils bénéficient d’un capital culturel (langage, bibliothèque, voyages…) fourni par l’environnement familial dans lequel la culture est acquise comme par osmose. Or l’école légitime ce type de culture. Pour les enfants de milieux populaires, l’acquisition de la culture scolaire nécessite une véritable acculturation. Les apprentissages sont vécus comme des artifices éloignés de toute réalité concrète. L’école fonctionne comme une machine de sélection sociale.

source : Sciences humaines, « Les grands penseurs de l’éducation » hors-série n° 17

Complément d’analyse

Michel Sourrouille (1947 – ) : Pour les humains, les gènes se contentent de multiplier les neurones sans leur donner de cohérence. C’est la confrontation avec l’environnement qui va donner sa densité à nos capacités cérébrales. Le programme génétique ne fixe pas notre destin, notre plasticité cérébrale se structure avec les impressions données par le milieu socioculturel ; le cerveau humain est unique en ce sens qu’il est le seul contenant dont on puisse dire que plus on le remplit, plus grand devient sa contenance. A l’âge adulte, on estime qu’un cerveau humain contient 10 à 100 milliards de neurones, chacun établissant avec les autres environ 10 000 contacts synaptiques. Un centimètre cube de cortex prélevé au hasard contient 500 millions de synapses et on prête ainsi à la mémoire du cortex une capacité de dix millions de milliards de bits, un très puissant ordinateur. Les connections entre neurones se mettent en place au fur et à mesure des expériences que fait l’enfant, nos connaissance et notre personnalité s’élaborent dans une série de matrices culturelles. Si le nouveau né porte tout à la bouche, c’est que c’est la première zone qui se développe dans le cortex, les terminaisons nerveuses y sont deux fois plus nombreuses qu’au bout des doigts. Empêcher le tout petit de tester avec la bouche le monde extérieur, c’est déjà produire un certain handicap dans la maîtrise de l’environnement. Chaque membre – bras, jambe, main, pied, mais aussi doigt, orteil, lèvre ou oreille – possède une représentation précise au sein du cortex qui s’amplifie s’il est très sollicité ou se rétracte en sens inverse. Il ne s’agit donc pas d’attacher de l’importance à la taille du cerveau, celui d’Yvan Tourgueniev pesait 2012 grammes alors que celui d’Anatole France pesait moitié moins (1 017 grammes) ; ce n’est pas parce que le poids moyen du cerveau féminin est moindre que celui de l’homme que l’on peut en déduire une infériorité féminine. Les gènes humains qui multiplient nos neurones desserrent l’étau des comportements innés auxquels sont si étroitement assujettis les autres animaux.

Il est aussi admis que le cerveau fonctionne selon un mode sélectif. A mesure qu’il se forme et se développe, il abandonne certains circuits inutilisés au profit des connexions répétées par un apprentissage réussi et récompensé. Le bébé pour parler suit la même évolution que le jeune moineau dont le chant, composé de sons d’une quinzaine de syllabes, se cristallise une fois adulte en une trille aux accents monocordes. Il se produit une stabilisation synaptique dans le réseau de neurones pour tout ce qui acquiert du sens pour l’enfant, notre mémoire ne se contente pas de stocker des souvenirs et de les restituer tel quel, elle les construit, puis les transforme dans trois directions : la simplification (l’oubli des détails), l’accentuation (la majoration de ce qu’on veut retenir) et la cohérence. Chacun de nous donne un sens à ses souvenirs, mais c’est surtout le poids des générations mortes qui pèse sur le cerveau des vivants ; on se contente le plus souvent de perpétuer les habitudes sociales que nous avons intériorisées. C’est en codant à l’intérieur de notre cerveau les représentations des autres en action, en reprenant la réalité comme dans un miroir installé dans nos neurones, que nous nous comprenons mutuellement ou que nous nous faisons la guerre. L’intellect est un moyen de s’adapter à notre environnement, mais il nous permet aussi de remplacer cette réalité : nous sommes des animaux qui avons trouvé la bonne/mauvaise idée d’avoir mis un mot à la place des choses réelles.

Quand on se penche sur la cervelle, cette matière grise si complexe sous ses apparences trompeuses, on voit qu’elle n’a ni couleur ni race. Notre cerveau est un facteur commun à tous, il suit les mêmes lois, il oblige à dépasser le racisme. Mais le cerveau est un monde qui protège du monde en le ramenant à l’essentiel pour soi, ce qui signifie trop souvent en rester à un minimum de pensée.

Quelques avancées en matière de pédagogie Lire la suite »

Les dystopies comme regard sur notre avenir

Je lisais des bouquins de science-fiction quand j’étais adolescent. Cela m’a apporté un regard plus ouvert sur l’avenir, une pensée non obnubilée par mon environnement immédiat. Je rêvais, c’était au début des années 1960, d’aller sur une autre planète pour refaire une société meilleure et plus conviviale. La mienne me paraissait définitivement rétrograde, engoncée dans son économisme, ses fausses certitudes et ses petites querelles. Je me suis aperçu en 1972 avec le rapport au Club de Rome sur les limites de la croissance qu’en fait la société humaine ne pouvait qu’aller au désastre si elle continuait sur son aire : surpopulation, épuisement des ressources fossiles, pollution généralisée, désastre agricole, etc. Mais aller sur une autre planète n’était qu’un rêve, il me fallait affronter les difficultés dans la réalité. Ce blog biosphere n’est qu’une manifestation de mes nombreuses actions associatives et politiques.

J’en suis cependant toujours convaincu, les dystopies peuvent aider à mieux envisager notre avenir. Voici quelques exemples plus ou moins déprimants.

Michel Sourrouille

un Etat aux mains d’une gestapo aux gants de velours

extraits : Je lisais dans les années 1970 Le choc du futur de Toffler. Angoissant. « L’expérience individuelle dans le futur sera modelée et programmée par des psychotrusts, comme déjà n’importe quel bien de consommation courante est surchargé d’un pouvoir affectif par la publicité. Le jour naîtra où les consommateurs ne réussiront plus à faire une nette distinction entre le réel et le simulé… Le jour où des pans entiers de la vie seront programmés commercialement, nous nous serons fourrés dans un guêpier de problèmes psychologiques d’une complexité effarante. Jusqu’à maintenance, la santé mentale était caractérisée entre autres par l’aptitude à discerner le réel de l’irréel. Nous faudra-t-il inventer une nouvelle définition ? » Mais Toffler, lui, n’est pas angoissé. Il considère que les drop out contestataires n’ont pas pu s’adapter au rythme du changement et que ce n’est nullement une dénonciation du système. Jacques Ellul est plus critique. Il considère que l’homme de demain sera sans doute réduit à l’état d’appareil enregistreur. Il vivra dans un État totalitaire dirigé par une gestapo aux gants de velours. Alors j’imagine le monde à venir dans mon petit carnet le 16 septembre 1972 :

Trouvé à l’angle de la 78e avenue et de la 496e rue un mégot de cigarette. L’inconscient qui a laissé cette ordure est prié de se présenter au commissariat pour verser la taxe forfaitaire afférente à cet acte anti-social…

Les vapeurs toxiques commencent à diminuer d’intensité. Les foyers peuvent dès à présent ouvrir l’électricité, mais pas plus de 3mn et 45 secondes…

Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années…

Deux fusées intergalactiques viennent de se percuter près de l’astre 91. Heureusement nous n’avons à déplorer que 37 485 victimes. Par contre les dégâts en capital sont si importants que les familles des disparus sont priées d’apportées leur contribution à sa reconstitution.

Soleil vert 1973, la fiction devient réalité

extraits : New York 2022. Les ressources naturelles sont épuisées. Règne en permanence une température d’au moins 33 °C. L’eau courante est une denrée rare. La végétation a presque disparu. La plupart des habitants ont accès à une unique nourriture, livrée un seul jour de la semaine : le soleil vert, un aliment en forme de tablette fabriquée croit-on à partir de plancton. La situation est d’autant plus dramatique que la surpopulation est impossible à endiguer dans une mégalopole de 44 millions d’habitants. Partout règne la canicule, la misère et la famine… Malgré la ressemblance frappante avec ce qui se passe un peu partout dans le monde d’aujourd’hui, il s’agit du synopsis du film de science fiction « Soleil Vert », du réalisateur Richard Fleischer. Ce film de 1973 sera visible sur Arte ce soir lundi 10 octobre 2022 à 20h50. Voyez ou revoyez cette dystopie si proche des temps qui courent….

Fragments de vie, fragment de Terre

extraits : Nous avons besoin d’une utopie mobilisatrice pour répondre à la question qui se posera bientôt dans notre futur proche : comment vivre mieux avec moins ? J’ai rassemblé tout ce qui me motive dans la synthèse suivante et j’ai considéré comme hypothèse probable que les années 2030 seront marquées par la réalité physique d’un krach écologique multiple, et donc par une prise de conscience généralisée. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaires, énergétiques, climatiques et démographiques va entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Face à la catastrophe annoncée, les humains vont réagir à leur manière, selon deux modalités contradictoires. Pour une part, les violences seront exacerbées, qu’elles s’exercent entre les humains ou pour piller les dernières ressources accessibles. Nous ferons aussi appel à la raison, à la coopération, au sentiment d’interdépendance. Nous ne pouvons pas déterminer à l’avance ce qui l’emportera entre la face sombre de l’individu ou l’intelligence des situations. Des analyses comme le rapport secret du Pentagone (octobre 2003) sur le changement climatique envisagent le pire, c’est-à-dire la priorité à la raison d’État et la survie des sociétés les plus combatives. Il y a aussi les pessimistes qui pensent que plus rien n’est possible, donc pourquoi agir.

Voici un résumé de mon utopie, l’intégralité est lisible sur mon site biosphere de documentation des écologistes….

https://biosphere.ouvaton.org/utopie

Blade Runner, l’indifférenciation homme/machine

extraits : Blade Runner 2049 est un film cauchemardesque, immersion toxique dans un univers qui distille les résultats cataclysmiques des choix malheureux de l’humanité. La frontière entre l’humain et l’inhumain s’est faite poreuse ; nous surveillons nos téléphones avec inquiétude, at­tendant le moment qui le verra prendre définitivement le contrôle de nos vies. Ce film est empreint d’une tristesse fataliste. Les désastres écologiques et militaires ont plongé la Californie dans un crépuscule automnal permanent. Pour un Terrien de la fin du XXe siècle, cette planète-là serait inhabitable, et pourtant l’espèce se maintient : si les enfants sont au travail, l’Etat ne ­garantit plus la paix qu’à une ­minorité. Ces quelques privilégiés utilisent la souffrance des autres pour mieux asseoir leur position. Les îlots de population, généralement misérables, sont entourés de déserts jonchés de ruines, qui s’étendent vers l’est jusqu’à Las ­Vegas, figuration de l’enfer sur Terre. Cette nouvelle mouture de Blade Runner est comme un requiem pour une humanité aveuglée par son orgueil….

Le grand décret de Max Ehrlich

extraits : Dans les années 2040, il y a des milliards d’humains que la Terre ne parvient plus à nourrir : leur ration quotidienne de calories ( « calculée par l’ordinateur central d’après les statistiques démographiques mises ensuite en parallèle avec le stock de nourriture disponible ») est de six cent cinquante. Reste à stopper la natalité : c’est ce fameux « Grand Décret » qui instaure un arrêt total de la natalité pendant trente ans, sous peine de mort — après qu’un projet asiatique visant à supprimer les vieillards (qui atteignent désormais les cent cinquante ans) a été repoussé par les Occidentaux

Le Grand Décret quelques essais de maternité réelle qui, découverts, sont punis par l’exécution publique du couple et de l’enfant. Le GouvMond d’Ehrlich n’est pas « méchant » : il est réaliste, il se bat au pied du mur contre une situation qui existe en germe aujourd’hui…. A la fin du roman, Carole, son mari et leur bébé se réfugient sur une île radioactive où tous les missiles nucléaires ont été abandonnés après le désarmement général, ils n’y peuvent espérer que cinq ou six ans d’une vie « courte mais heureuse ». Mais la séquence la plus originale est celle du Vistarama, où la foule oisive et affamée assiste à la projection de vieux films du XXe siècle : « Le début pouvait tout aussi bien être celui d’une Cambrousse que celui d’une Becquetance. On pouvait voir d’immenses champs de blé s’étendre jusqu’à perte de vue sous un ciel d’un bleu pur. (…) Puis, tout à coup, le film montra l’intérieur d’un magasin d’alimentation de l’époque. Le commentateur expliqua qu’il s’agissait d’un supermarché et le public poussa un long soupir collectif. Il y avait des boîtes pleines de légumes frais, des viandes de toutes sortes et des fruits entassés en pyramides colossales. Le commentateur cita chacun de leurs noms étranges : pommes, poires, prunes, oranges, pamplemousses. (…) C’était un spectacle presque insupportable. Les gens avaient la bouche ouverte et la salive aux lèvres ; ils regardaient l’écran d’un air lascif et semblaient participer à une gigantesque expérience sexuelle » (pp. 190 et 191).

Le choc pétrolier ultime

Les pays arabes, aidés par Poutine, ont décidé finalement de garder le plus possible de réserves fossiles pour leurs générations futures. Le GIEC approuve, c’est la bonne méthode pour combattre le réchauffement climatique, laisser le pétrole sous terre. L’or noir quintuple, passant de 60 dollars le baril à 300 dollars en trois mois.

La facture pétrolière française a explosé, la France est importatrice de brut, le gouvernement réagit à bon escient. Nécessité faisant loi, l’État met en place une intense campagne de sensibilisation de la population aux enjeux géophysiques. Dans les médias et les écoles, on insiste sur la fragilité extrême de notre société thermo-industrielle, devenue trop complexe et malade de son croissancisme. Pour faciliter l’acceptation sociale des immenses efforts à accomplir, on lutte contre les inégalités sociales. Par un vote presque unanime du Parlement, il y a instauration d’un revenu maximum autorisé, bonus et revenus du capital compris ; il est fixé à dix fois le salaire minimum. Au delà, l’État prend tout.

L’essentiel du plan gouvernemental est centrée sur les mesures d’économies d’énergie dans tous les domaines. Gaspiller devient source de culpabilité. Les municipalités suppriment complètement l’éclairage public, les dépenses d’infrastructures sont complètement repensées. Les citoyens commencent à bouder volontairement les escalators pour faire de l’exercice physique dans les escaliers. Prendre son vélo ou marcher est devenu tendance, rouler en voiture est désormais ressenti comme exceptionnel, si ce n’est condamnable. Il y a réduction de la vitesse à 80 km/h sur toutes les routes sans exception, 20 km/h en ville. Comme le prix de l’essence est passé assez rapidement de moins de 2 euros le litre à 10 euros, les déplacements se font au minimum de frais. Les transports en commun deviennent indispensables.

L’État prône les quatre D, Démondialisation, Désurbanisation, Dévoiturage et Décentralisation. Pour la Dépopulation, les élus commencent seulement à y réfléchir. Le citoyen a compris que la résilience à un choc pétrolier structurel ne pourra s’effectuer que par l’autonomie alimentaire et énergétique acquise au niveau local. L’État décide d’abandonner la plupart de ses prérogatives au bénéfice des entités territoriales.  Se rendre personnellement autonome devient un leitmotiv. Les couples restent plus longtemps en couple, partageant difficultés… et appartement. Ils décident de faire moins d’enfants, et les enfants partagent la même chambre dans des maisons plus petites, plus faciles à chauffer. On garde les personnes âgées dans le foyer familial le plus longtemps possible. Les familles élargies, source de solidarité intergénérationnelle se généralisent. Le suicide assisté se banalise.

Les habitants des villes se demandent ce qu’ils vont manger, ils commencent à s’organiser. Les jardins partagés se multiplient au milieu des HLM, les tomates poussent sur les balcons. Les pelouses deviennent des potagers, les jardins d’ornement font place à des arbres fruitiers. L’œuf sera pondu dans le poulailler familial, le lait produit dans une économie communautaire et le miel récolté dans des ruchers collectifs. Il y a de moins en moins d’employés et de cadres, moins d’emplois surnuméraires. Avoir fait des études longues est devenu un handicap, l’intelligence manuelle est revalorisée. Les artisans, petits commerçants, et paysans se multiplient dans tous les domaines. La reconversion des tâches effectuées par nos esclaves mécaniques est ressentie comme nécessaire. Des techniques douces sont mises en place, la force physique et l’ingéniosité humaine permet de suppléer l’obsolescence de la thermodynamique industrielle. On recycle un peu partout les grosses machines qui ont produites le chômage de masse, car avec moins d’énergie, il y moins de métaux disponibles.

Chacun comprend qu’aller moins vite, moins loin et moins souvent pouvait procurer le vrai bonheur. Les voitures rouillent, les rotules se dérouillent : marcher dans la forêt devient le nec plus ultra, plus besoin de paradis artificiels. La France est devenue le pays que le monde entier va imiter… le Bonheur national brut a remplacé le PIB. Puisse le rêve devenir réalité !

Les dystopies comme regard sur notre avenir Lire la suite »

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dans la société d’aujourd’hui, que signifie « penser vrai » ?

Sans doute « Il faut tout reprendre dans l’autre sens ».

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est alors que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. Notre appréciation des faits est encore plus troublée aujourd’hui par une situation technicisée où la réalité est simulée, où le virtuel veut se faire l’égal du réel, où la fiction est préférée au documentaire, où toute image est reconstruite. Comme nous portons le monde entier dans notre cortex, comme nous ne pouvons pas complètement faire confiance au regard des autres, toute vérité est relative : nous ne pouvons même pas croire le témoignage de nos propres yeux.

Ce matin-là, je m’étais levé spécialement de bonne heure pour admirer le lever du soleil à l’horizon, plein est. Je sais pour l’avoir observé maintes et maintes fois qu’il se trouvera au zénith à midi, juste au dessus de moi. Le soir je vais le retrouver, sans risque de me tromper, à l’ouest, finissant sa course pour se cacher tout au delà des monts. Tous les jours je peux ainsi contempler la course du soleil tout autour de ma tête, pas de risques métaphysiques, le soleil se déplace toujours de la même façon, rythmant les saisons. Pourtant ce n’est là qu’une apparence de mes sens abusés, ce n’est pas le soleil qui bouge, c’est moi qui tourne tout autour de lui malgré mon sentiment d’immobile enracinement sur la terre. Je pourrais réfléchir des jours et des semaines, et tourner le problème dans tous les sens que je ne pourrais déterminer par moi-même cette réalité non apparente. D’ailleurs, l’humanité toute entière a estimé de visu et ad libitum pendant des millénaires que le soleil se déplaçait tout autour de la terre sans autre conséquence négative qu’une parfaite ignorance des lois de la gravitation. Avec l’avancée de nos connaissances, la vérité stellaire ne réside plus dans un centre dont nous serions le principal protagoniste (anthropocentrisme), mais dans un système qui possède ses propres lois et qui ignore complètement le sens de notre petite existence. Cela change tout, le monde n’est pas fait spécifiquement pour les humains, nous devons complètement changer notre mode de réflexion.

La première fois qu’on a chaussé des lunettes théoriques pour aller au delà d’une vision superficielle date de 1543. Copernic provoque alors une révolution en exposant les fondements d’un système héliocentrique (de « hélios », le soleil) où le soleil – et non plus la terre – est au centre de notre univers. L’astronome ébranle ainsi l’interprétation des Ecritures et son œuvre, bien que de pure supposition, fut quand même mise à l’index. Mais la contestation des apparences poursuit son chemin et ne se satisfait pas de cet interdit ecclésiastique. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour admirer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le traditionnel anthropocentrisme. Un tribunal de l’Inquisition l’obligea pourtant à se rétracter en 1633 : « Moi, Galileo Galilei, âgé de soixante-dix ans et agenouillé devant vous, éminitentissimes et révérendissimes cardinaux de la république universelle chrétienne, inquisiteurs généraux contre la malice hérétique, ayant devant les yeux les saints et sacré évangiles ; je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant, et que, Dieu aidant, je croirai à l’avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique et apostolique romaine… J’abjure les écrits et propos, erronés et hérétiques, par lesquels j’ai tenu et cru que le soleil était le centre du monde et immobile, et que la Terre n’était pas le centre et qu’elle se mouvait ». L’individu est ainsi obligé de se conformer à la croyance sociale du moment et l’Eglise catholique n’a réhabilité Galilée qu’en 1992. Pour les gardiens de la foi et des fausses croyances, il faut attendre plus de 350 années pour reconnaître la réalité derrière l’apparence…

Aujourd’hui nos satellites confirment tous les jours la révolution copernicienne, cette découverte de la libre pensée. Si presque tous les lycéens occidentaux pensent dorénavant que la Terre tourne depuis la nuit des temps autour du soleil sans y réfléchir davantage, ils le croient cependant en contradiction d’une simple observation de leur part : il est toujours plus facile de croire ce que tout le monde croit déjà savoir. Si la certitude religieuse d’un dieu extérieur aux humains qui fabriquerait un univers à notre seule convenance s’effondre pour un certain nombre d’entre les humains, la plupart pense encore que les croyances de leur ethnie particulière reste le seul centre de leur univers. L’analyse de l’évolution de la pensée montre que nous passons d’une certitude à une autre certitude grâce à une remise en question fondamentale des apparences. Ce passage de l’apparence à d’autres réalités est extrêmement difficile, il devient cependant de plus en plus urgent à accomplir : les réalités du futur se cachent en effet derrière les apparences du présent, et cet avenir est sombre si nous n’y prenons garde. Longtemps, alors que nos yeux se contentaient de la lumière pour voir l’univers, notre imaginaire se limitait à la répétition des mythes ancestraux. Nous nous sommes alors affrontés pendant des générations et des générations au nom d’une pseudo-vérité clanique ou religieuse ; la nature contemplait impassible le nombre de nos morts.

Puis nous avons inventé l’agriculture et changé la nature. Dès le néolithique, l’humanité ne se contente plus de ses rivalités sociales, elle prend à témoin la planète et commence à détériorer son environnement. L’évolution s’accélère et des techniques destructrices prennent aujourd’hui tout le pouvoir. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, nous avons réussi à libérer les forces de l’atome. Alors que nous savons que la radioactivité peut faire beaucoup de dégât pendant une éternité de notre temps, cela ne nous empêche pas d’accumuler les déchets nucléaires car nous raisonnons encore au travers de nos propres yeux et de l’environnement immédiat. Alors que nos connaissances sont maintenant immenses, nous aggravons à la fois nos conflits sociaux et les déséquilibres de la nature à cause de notre cécité théorique et de la myopie du marché imposé par l’idéologie libérale. Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent aussi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons la plupart du temps nous satisfaire d’un absolu dans un espace restreint, avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre vision humaine n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité.

Dans chacun de nos cortex réside de multiples certitudes qui ne sont que les apparences de notre réalité immédiate et nos désaccords résultent trop souvent d’une perception trop simple de la réalité. Mais nous pouvons tous ensemble essayer de déchiffrer ces apparences pour changer la réalité ; grâce à des lunettes conceptuelles plus performantes, peut-être pourrions-nous percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir (s’améliorer)…

Conclusion du Dictionnaire des apparences de Michel Sourrouille

https://biosphere.ouvaton.org/blog/michel-sourrouille-son-dictionnaire-des-apparences/

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences Lire la suite »

Dictionnaire des apparences

Devenir un citoyen éclairé résulte d’un apprentissage préalable. Ce blog biosphere a été précédé par une accumulation de connaissances de son créateur, Michel Sourrouille. En voici une compilation que nous conservions en archives. Elle a été faite au tout début des années 2000. C’est un lexique d’un peu plus d’un million de caractères, soit un livre de 600 pages environ s’il était publié.

En libre service ci-dessous.

lien, Dictionnaire des apparences

INDEX

A. absolu ; accouchement ; acculturation ; actions (capitalisme) ; adoption ; adulte ; agriculture ; agriculture biologique ; aide internationale ; alcool ; aliénation ; alimentation ; allaitement ; anthropique ; anticipation, armée ; art ; association ; athéisme ; athlète ; auteur ; autisme ; automobile ; autonomiste ; avenir ; avortement ;

B. bénévolat ; besoins, électricité ; biens libres ; biodiversité ; bourse ; budget de l’État ;

C. calendrier ; cerveau ; chômage ; christianisme ; circuit économique ; citoyen ; classe sociale ; collège ; commerce ; commerce équitable ; communautarisme ; concertation ; concurrence ; consensus, consommateur ; Constitution ; contraception ; contrôle des parents ; crise ; croissance ; culture ; cyborg ;

D. décentralisation ; déchets ; délinquance ; demande ; démocratie ; démocratie directe ; démographie ; déplacement ; détour de production ; développement durable ; développement humain ; déversement ; déviance ; division du travail ; division sociale du travail ; divorce ; dopage ; droit ; droit du travail ; droit international ; droit à ; droit de ;

E. eau ; échange ; échange international ; école ; écologie ; économie ; écosynthèse ; écriture ; effet de serre ; égalité ; élection ; électricité ; embryon ; emploi ; énergie ; énergie renouvelable ; entrepreneur ; entreprise ; esclavage ; espace ; espérance de vie ; espéranto ; État-nation ; État-providence ; étayage ; ethnocide ; eugénisme ; euro ; Europe ; euthanasie ; évolutionnisme ; exploitation ; externalités ;

F. famille ; famine ; fécondé ; féminisme ; femme ; filiation ;

G. génériques ; genèse ; génétique ; guerre ;

H. héritage ; hiérarchie ; histoire ; homoparentalité ; homosexualité ; hygiène ;

I. identité ; impôt ; individu ; individualisme ; inégalité ; inégalité de salaire ; inégalités de statut ; ingérence ; insécurité ; instinct maternel ; intellectuel ; internet ; invention énergétique ; irresponsabilité ; islamisme ;

J. jardin ; jeux olympiques ; journal ; jumeaux ; justice ;

L. laïcité ; langage ; langue ; libéralisme ; liberté d’expression ; littéraire ; loi ; loisirs ; lutte de classes ; lycée ;

M. machine ; majorité civile ; majorité civique ; majorité sexuelle ; marché ; massification ; médecin ; médicaments ; mémoire ; mère ; migration ; militantisme ; minimum social ; minimum vital ; mixité ; mobilité géographique ; mondialisation ; monnaie ; mort ; musée ;

N. naissance ; nation ; nature ; nom ; nucléaire ;

O. OMC (organisation mondiale du commerce) ; ONU (organisation des Nations unies) ; opinion publique ;

P. parents;  parité parentale ; parité politique ; parti ; pêche ; peine de mort ; père ; pétrole ; PIB (produit intérieur brut) ; pilule ; planification ; plurilinguisme ; police ; pornographie ; prématuré ; presse ; prison ; privatisation ; procréation médicalement assistée ; procréation socialement assistée ; productivité ; progrès ; propriété ; prostitution ; protectionnisme ; publicité ;

R. racisme ; rationalité ; recyclage ; religion ; rendements ; renoncement ; repas ; retraite ; rêve ; révolution ; roman ;

S. salaire ; santé ; savoir ; schizophrénie ; secte ; sélection ; semences ; sentiment amoureux ; sépulture ; services ; sexualité ; socialisation ; sociologie ; soins palliatifs ; solidarité ; sous-développement ; spatial ; sport ; statistique ; statut ; suffrage universel ; suicide ; syndicat ;

T. tabac ; taux d’intérêt ; technologie ; techno-science ; technostructure ; téléphone ; télévision ; temps de travail ; temps ; tourisme ; transgenèse ; transparence ;

U. universalisme ; urbanisation ; utilité ; utopie ;

V. valeur ; valeur ajoutée ; valeur travail ; valeurs ; vêtement ; vieillissement ; village ; viol ; vitesse.

https://biosphere.ouvaton.org/blog/michel-sourrouille-son-dictionnaire-des-apparences/

Dictionnaire des apparences Lire la suite »

BIOSPHERE-INFO juillet-août 2025

Voici notre récapitulatif de juillet-août 2025,

cliquez à votre convenance

Questions structurelles

La Décroissance n’est pas un concept flou

Rupture avec l’idée d’« abondance » ?

La question des limites

« Limites », le mot le plus employé sur notre blog

Savoir définir les limites à ne pas dépasser

Retrouver le sens des limites, ça urge

Une écologie de rupture est-elle nécessaire ?

Rupture avec l’idée d’« abondance » ?

Rupture, STOP à la production pétrolière

Rupture, STOP aux résidences secondaires

Le militantisme écolo

Présidentielle 2027, positionnement écolo

Les scientifiques pour la désobéissance civile

40 voix pour les Soulèvements de la Terre

Le ventilateur de poche, à boycotter

Dissoudre « Les Soulèvements de la Terre » ?

autoroute A69, une impasse pour le gouvernement

Assassiner un arbre, ce n’est pas bien

Greta Thunberg, harcelée par des connards

Présidentielle 2027, positionnement écolo

Dégradations écologiques

A partir du 24 juillet 2025, la Terre vivait à crédit

Notre indice de capacité destructrice

Peut-on faire confiance au rapport Meadows ?

La catastrophe décrite en 2005 par notre blog

Les climatologues s’inquiètent, les autres non

Dysfonctionnements politiques

Loi Duplomb et charte de l’environnement, 0 à 1

Loi Duplomb : le principe de précaution en débat

Loi Duplomb, une rupture avec la démocratie

Trump falsifie même les données scientifiques

La tête de nos dirigeants dans un sac de plastique

image… l’écologie punitive

Recherche de l’intelligence collective

Penser vrai, c’est aller au-delà des apparences

Dictionnaires des apparences

Des économistes aveugles face à l’urgence écologique

Quelle stratégie pour l’écologie politique ?

Critique de la technique

Techno-numérique = absence de démocratie

Grok salue « l’efficacité » d’Adolf Hitler

ChatGPT nous empêche de devenir intelligent

Questions démographiques

l’Histoire du concept de surpopulation

11 juillet : Journée Mondiale de la Population

Italie, crise démographique ou bonne nouvelle ?

SURPOPULATION, aucun pays n’est à l’abri

Surpopulation, réalité ignorée par LE MONDE

LE MONDE donne la parole à une nataliste

Quel est le nombre idéal d’enfants ?

L’UNFPA en 2025, priorité au libre arbitre

Des contraceptifs détruits par Trump !!!

Pacifisme

La version militarisée de la JDC en septembre !

NON aux dépenses inutiles, NON à l’armée

Fête du 14 juillet, non aux défilés militaires

L’Europe se militarise, on veut la guerre

Pour une alternative non-violente à Macron

La famine à Gaza découle d’un génocide

Questions sociétales

Queer, LGBTQI et écologie politique

Après l’euthanasie, en route vers l’eugénisme

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

BIOSPHERE-INFO juillet-août 2025 Lire la suite »

La famine à Gaza découle d’un génocide

La surpopulation de Gaza est un fait avéré, mais dans un contexte où l’aide alimentaire internationale est aussi une réalité, la famine ne devrait pas exister dans ce pays soutenu par la communauté internationale. La méchanceté humaine peut fortement amplifier les dégâts du nombre. Israël pratique un génocide dans ce territoire qui s’accompagne de morts civiles en grand nombre, de destruction des infrastructures, de déplacements forcés de la population et de la famine.

La démographie à Gaza 

Quelque 2,3 millions de Palestiniens vivaient dans l’étroite bande de Gaza complètement encerclées par la mer, l’Égypte et Israël. Sur une longueur de 41 km de longueur et 6 à 12 km de largeur, soit une superficie de 360 km² seulement, s’entassent 2,3 millions de Gazaouis dans ce qui est devenu une énorme poche de pauvreté et de béton. Il y a donc une densité de 6400 habitants au km². Pour être plus imagé, cela fait 64 personnes qui ne disposent que d’un seul hectare, soit un carré de 100 mètres de côté pour satisfaire absolument tous leurs besoins. Rappelons que les Palestiniens de Gaza sont séparés artificiellement de leur territoire de Cisjordanie, soit 6 000 km² au total. Rappelons qu’ils ont été chassés d’un pays qui occupait une superficie de 27 000 km² au total. Ce petit territoire est sous blocus israélien depuis 1967, et comme l’enfermement ne suffisait pas, l’armée de Benyamin Netanyahou a occupé et saccagé le territoire, y compris en détruisant l’agriculture vivrière.

La famine à Gaza

source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/08/22/qu-est-ce-que-l-etat-de-famine-et-pourquoi-a-t-il-ete-declare-dans-le-gouvernorat-de-la-ville-de-gaza_6633528_3244.html

L’ONU a officiellement déclaré le 22 août 2025 la famine dans le gouvernorat de la ville de Gaza, où 500 000 personnes « sont confrontées à des conditions catastrophiques caractérisées par la famine, le dénuement et la mort ». L’IPC a été créé en 2004, lors de la famine en Somalie. C’est un outil technique de référence indépendant. L’organisme ne déclare pas lui-même la famine mais fournit plutôt l’analyse qui permet aux gouvernements et aux organisations internationales comme l’ONU de publier des déclarations officielles. Voici les critères du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour déclarer un état de famine :

au moins 20 % des foyers sont confrontés à un manque extrême de nourriture ;

au moins 30 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë ;

au moins deux personnes sur 10 000 meurent de faim chaque jour.

L’IPC affirme qu’une fois la famine déclarée, il est presque déjà trop tard, mais « cette famine étant entièrement causée par l’homme, elle peut être stoppée et inversée ». « La famine est une course contre la montre, écrit l’organisme. Un cessez-le-feu immédiat et la fin du conflit sont essentiels pour permettre une intervention humanitaire à grande échelle et sans entrave afin de sauver des vies. »

Mais le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a nié l’existence de la faim dans l’enclave !

L’analyse des Nations Unies sur la question palestinienne

source : https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2025/08/10/la-fronde-inedite-de-donald-trump-contre-francesca-albanese-rapporteuse-speciale-de-l-onu-pour-les-territoires-palestiniens_6627653_6116995.html

Les déclarations des rapporteurs spéciaux successifs des Nations unies pour les territoires palestiniens

– Le juriste sud-africain John Dugard compare la discrimination dont sont victimes les Palestiniens de la part des autorités d’occupation à l’apartheid institué dans son propre pays jusqu’en 1994.

– Le juriste canadien Michael Lynk : la colonisation israélienne en Cisjordanie est un « crime de guerre » et un tel « système à deux niveaux », avec citoyenneté pour les colons israéliens et régime militaire pour les habitants palestiniens, relève de « l’apartheid ».

– La juriste italienne Francesca Albanese : « les victimes du 7 octobre n’ont pas été tuées du fait de leur judaïsme, mais en réponse à l’oppression d’Israël ». Deux mois plus tard, elle publie un rapport sur « l’anatomie d’un génocide à Gaza », banalisant depuis lors le terme de « génocide »

Francesca Albanese est accusée par Washington de mener rien de moins qu’une « campagne de guerre politique et économique contre les Etats-Unis et Israël ». Le chef d’Etat américain a ordonné à son ministre des affaires étrangères de prendre des sanctions inédites à l’encontre. Le secrétariat général des Nations unies rappelle un principe de base du droit international : « Le recours à des sanctions unilatérales contre des rapporteurs spéciaux, ou tout autre expert ou fonctionnaire de l’ONU, est inacceptable ».

La famine à Gaza découle d’un génocide Lire la suite »