pacifisme

Manuel de défense civile non-violente

Texte élaboré par le groupe de travail DCNV (défense civile non-violente) du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente)

La militarisation croissante de l’Europe, principalement par suite de l’agression russe de l’Ukraine en février 2022, est selon nous une réponse inadéquate aux impératifs bien réels de sécurité de nos nations. La France, qui a considérablement augmenté ses dépenses militaires, contribue à sa mesure à la course mondiale aux armements, facteur d’instabilité, de tensions et de menaces pour l’avenir de la planète. Elle illustre un engrenage et une logique de rapport de force militaire au détriment de l’État de droit avec des risques de plus en plus importants pour les populations civiles, également pour leurs droits et leurs libertés.

Par ailleurs, les forces de défense conventionnelle des pays de l’Europe sont très supérieures à celles de la Russie1, et largement en mesure de dissuader Poutine de toute velléité d’agression des Pays baltes ou de la Pologne. Leur coût pourrait baisser considérablement et leur efficacité augmenter si elles étaient harmonisées. Même si nous ne cautionnons pas ces systèmes de défense, ils existent et sont en l’état un moindre mal par rapport à la dissuasion nucléaire2.

Cette dernière, particulièrement dangereuse et risquée, est également illégale, antidémocratique, démobilisatrice, immorale, ruineuse, et surtout inefficace. La dissuasion nucléaire fait prendre aux États qui en jouent le risque d’une destruction mutuelle assurée (mutual assured destruction ou MAD, c’est-à-dire « fou »). Nous rappelons que le Mouvement pour une Alternative Non-violente soutient toutes les luttes pour le désarmement, notamment le désarmement nucléaire et est favorable à l’adhésion de la France au Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

Toutefois, la paix ne peut reposer uniquement sur les initiatives de désarmement. Il n’y a pas de paix sans justice. La paix doit se construire sur des bases solides et durables. Il faut donc assurer une régulation des tensions et conflits entre les intérêts des pays, et assurer par des moyens appropriés la sécurité des peuples contre les diverses menaces qui les guettent. Outre les initiatives nécessaires de désescalade militaire, il convient donc de repenser fondamentalement les questions de défense et de sécurité. À commencer par notre pays.

Démilitariser la défense

La défense nationale française repose essentiellement sur les militaires de carrière (armée de Terre, de l’Air et Marine) et sur la technologie militaire. Nous récusons cette conception techniciste et militariste de la défense. Depuis des décennies, la priorité donnée à la dissuasion nucléaire et aux systèmes d’armes toujours plus sophistiqués a contribué à déresponsabiliser les citoyens au sujet de leur défense. Les civils n’ont d’ailleurs qu’une place tout à fait marginale dans la défense globale de la nation. Il s’agit de la protection civile, c’est-à-dire du soutien aux populations victimes de catastrophes ; quelques milliers de civils sont présents pour cela au sein des effectifs de la défense militaire.

Les civils – l’immense majorité de la population – ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans la défense de la démocratie. Celle-ci ne se résume pas à la défense du territoire. Tout organisme vivant, végétal, animal ou humain développe naturellement ses propres moyens de défense ; c’est pourquoi les moyens que le corps social utilise en temps de paix doivent être développés et mis en œuvre à plus forte raison en temps de crise. La défense de la démocratie doit reposer sur les acteurs et les institutions de la démocratie. Au lieu de militariser les civils, il convient donc de civiliser la défense.

Que défendre ?

Ce que nous devons défendre ne se limite pas au territoire national. En outre, en cas d’échec de la dissuasion, que celle-ci soit nucléaire, militaire conventionnelle ou civile, l’invasion éventuelle du pays par les troupes d’un État agresseur ne signifie pas la défaite, mais doit marquer la continuité des résistances non-violentes de la société civile contre l’agresseur afin de l’empêcher d’atteindre ses objectifs idéologiques, politiques et économiques. Il s’agit donc de rendre la société « insaisissable » par un agresseur ou un dictateur : inexploitable économiquement, ingouvernable politiquement, « insoumettable » psychologiquement. Et la priorité est d’anticiper les tentatives d’agressions par une politique de prévention des conflits efficiente et collective.

Engagé dans les luttes politiques, sociales et écologiques, notre mouvement s’investit pour transformer durablement la société par l’esprit et par les méthodes d’action de la non-violence politique. Le projet de société qui inspire cette approche conjugue démocratie participative, justice sociale, écologie, citoyenneté, solidarité et résolution non-violente des conflits.

Ainsi, ce que nous avons aussi à défendre, ce sont des valeurs éthiques et civiques, c’est un projet de société démocratique, solidaire et écologique. La liberté, l’égalité et la fraternité, ainsi que les institutions civiles et politiques qui les incarnent, sont aujourd’hui déjà menacées, remises en cause, dévoyées, parfois trahies. Cette société reste toujours à construire et à défendre en permanence, par les luttes et les résistances non-violentes. Les questions de défense et de sécurité méritent d’être prises en compte par l’ensemble de la population, tout en étant pensées dans le temps long – d’où le rôle important de l’éducation et de la culture.

Quelles menaces ?

La réflexion sur l’identification des menaces et les réponses à leur apporter est essentielle pour définir un modèle de défense globale non-violente. Les menaces qui pèsent sur notre pays et notre société sont multiples, diversifiées, internes et externes :

– menaces idéologiques et culturelles : idéologies xénophobes, racistes, nationalistes, anti-démocratiques, religieuses intégristes qui alimentent des discours de haine, d’exclusion et de rejet de certaines catégories de la population ; instrumentalisation des médias et des réseaux sociaux qui défient la démocratie par le complotisme et l’obscurantisme.

– menaces économiques, sociales et politiques : inégalités criantes en France et surtout dans le monde, susceptibles de provoquer des révoltes et des soulèvements ; montée électorale de l’extrême droite qui pourrait aboutir un jour à l’instauration d’un régime ultra-autoritaire, voire fasciste ; tensions sociales non régulées – violences urbaines dans les « quartiers sensibles » ou hors de ces quartiers, grande criminalité, trafic et consommation de stupéfiants, etc. – accentuant le désir d’un régime « d’ordre » ; menaces de crise économique ou monétaire internationale, comme en 1929 ou en 2008.

– menaces environnementales, déjà présentes par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, la pollution des sols, de l’air, de l’eau douce et de la mer, mais potentiellement les risques d’accidents nucléaires civils et militaires, d’explosions et de pollutions chimiques, avec des impacts environnementaux, économiques et sociaux importants.

– menaces contre la sécurité nationale : agressions militaires et terrorisme, mais aussi cyberattaques, désinformation, narcotrafic international, menaces sanitaires, risques de ruptures d’appro-visionnement alimentaire ou énergétique, etc. Ces menaces existantes ou potentielles présentent un danger pour le fonctionnement pacifié de la société, la cohésion sociale, le vivre ensemble, les valeurs républicaines et les institutions démocratiques. Les menaces contre la sécurité nationale doivent, bien sûr, être prises en compte, mais à leur juste mesure, et non plus de façon exclusive ou prioritaire par rapport aux autres, comme c’est le cas actuellement par la classe politique et l’institution militaire.

Quelles réponses aux menaces ?

Chacune des menaces énoncées ci-dessus appelle des réponses spécifiques.

– Menaces idéologiques : lutte contre les idéologies de haine et d’exclusion à l’école, dans les médias, les fédérations sportives ; éducation à la citoyenneté, à la laïcité, à l’interculturalité, à l’interconvictionnalité, formation à l’esprit critique et à la résolution non violente des conflits, etc.

– Inégalités : en France, lutte contre les inégalités à l’école, par l’éducation populaire, le syndicalisme, la fiscalité, l’insertion par l’activité économique, etc. ; travail sur les racines de la grande pauvreté, par exemple la maltraitance institutionnelle, les difficultés d’accès aux droits, etc. Dans le monde, régulation du libéralisme, lutte contre les paradis fiscaux et la corruption, l’accaparement des sols, de l’eau, le brevetage du vivant, mise en œuvre déterminée des Objectifs du Développement Durable.

– Justice dans le commerce international ; aide au développement durable, à l’altercroissance ; soutien aux organisations démocratiques dans les dictatures et dans les « démocratures » ; soutien aux régimes et aux avancées démocratiques partout dans le monde ; intervention civile de paix entre belligérants dans ou entre les pays en guerre à la demande d’organisations internationales ou intergouvernementales ; etc.

– Menaces environnementales : développement de l’agriculture biologique, des transports en commun, des pistes cyclables et du covoiturage, de l’isolation thermique des bâtiments, taxes sur le kérosène, perma-économie, priorité aux matériaux biosourcés, recyclage des déchets ; développe-ment de la prévention et des alternatives écologiques dans l’industrie, les transports, la distribution, etc.

– Accidents nucléaires et chimiques : énergies alternatives pour sortir peu à peu de l’énergie nucléaire, renonciation aux armes nucléaires, développement des alternatives à la pétrochimie, etc. 

– Ruptures d’approvisionnement alimentaire ou énergétique : décentralisation et souveraineté alimentaires ; sortie de l’énergie nucléaire, dont la production est très centralisée et dont les sites sont particulièrement vulnérables en cas de conflit3 ; développement des énergies renouvelables, propres et décentralisées : solaire, éolienne, marémotrice, géothermique, etc.

– Cyberattaques, désinformation, infox : renforcement de la politique nationale et européenne de protection contre les cyberattaques ; éducation à la citoyenneté dans le monde numérique ; législation française et européenne encadrant mieux les médias ; développement des réseaux citoyens d’information et de formation indépendants.

– Tensions sociales non régulées, violences urbaines : prévention dans les quartiers sensibles ; « thérapie sociale » impliquant les communes, la police de proximité, la Justice, les services sociaux, les associations de quartier, les commerçants, aide à la parentalité, etc.

– Terrorisme : mobilisation de la société civile en complément à l’action des pouvoirs publics, renforcement de la coopération européenne et internationale ; etc.

On le voit, la lutte contre toutes ces menaces diversifiées est à la fois l’affaire de la société civile et des autorités publiques ; mais quand les pouvoirs publics sont défaillants, les citoyens peuvent et doivent mener les luttes non-violentes contre l’inaction des gouvernants ou contre des projets contraires aux valeurs de la démocratie et de l’État de droit, en vue de les contraindre à viser le bien commun.

La défense civile non-violente

Face à ces menaces diversifiées, il apparaît que la défense militaire classique n’est plus appropriée, si tant est qu’elle l’ait été dans le passé. C’est pourquoi nous plaidons pour  un modèle de défense qui articule les luttes non-violentes pour résister à toutes les idéologies anti-démocratiques, les structures de domination existantes, les violations des droits et de la dignité de la personne humaine, les atteintes à l’environnement et au vivant, et la résistance civile face à un pouvoir ultra-autoritaire, un coup d’État ou une agression militaire extérieure. Au lieu qu’elle soit assurée par un seul individu, le chef de l’État presse-bouton-nucléaire, ou par les militaires, corps de spécialistes d’une tranche d’âge limitée et en bonne santé physique, la défense devient alors l’affaire de toute la population, femmes et hommes, quels que soient leur âge et leur aptitude physique. L’articulation des deux notions, luttes non-violentes sociétales et résistance civile, assumée par la société civile pour les premières, et si possible préparée et coordonnée par les institutions publiques légitimes pour la seconde, constitue la matrice d’un système global de défense apte à assurer la sécurité des habitants.

La défense civile non-violente a ainsi pour objectif de faire face à toutes les menaces existantes ou à venir, idéologiques, politiques, environnementales ou liées à la sécurité nationale, tant sur le plan intérieur qu’extérieur. C’est pourquoi elle comprend deux volets : un volet luttes non-violentes et un volet résistance civile, les deux étant complémentaires et s’inscrivant dans une continuité. La défense civile non-violente supprime ainsi la frontière entre temps de « paix » et temps de « guerre » puisqu’elle est active dès aujourd’hui pour faire face aux menaces existantes et sera encore active demain si d’autres dangers survenaient, notamment militaires ou politiques.

Sur le plan des moyens, la défense civile non-violente est une stratégie de résistance collective qui repose sur la mobilisation populaire par les moyens de la non-coopération (manifestation, grève, boycott…), la désobéissance civile (refus d’obéissance aux ordres injustes ou illégitimes, blocage, sabotage non meurtrier…), la solidarité civique et sociale et le pouvoir des citoyens organisés.

Préparer et organiser une défense civile non-violente

Les luttes non-violentes pour construire une société plus juste, plus solidaire et plus écologique sont aussi dans les faits une préparation à la résistance civile qui devra se mettre en place si survenait une menace existentielle sur cette société. Autrement dit, l’esprit et les méthodes de la défense civile non-violente s’inscrivent déjà dans le cadre et dans la suite des luttes sociétales et écologiques d’aujourd’hui. Toutes ces résistances actuelles sont déjà la mise en œuvre, de façon localisée, sectorielle et limitée, d’une défense civile non-violente plus générale de la société.

Le concept de défense civile non-violente offre la possibilité de rendre plus concrète la problématique de la défense qui ne se limite plus à une mise en œuvre de moyens armés ou/et non-violents face à une agression militaire extérieure ou un coup d’État. Elle permet de visualiser dès aujourd’hui que les méthodes de l’action non-violente susceptibles d’être mises en œuvre en cas de régime fasciste, de coup d’État, ou de menace sur la démocratie, l’information, la souveraineté alimentaire et énergétique, etc., sont déjà en place, fonctionnent et sont efficaces.

Chaque citoyenne, chaque citoyen est un acteur réel ou potentiel de la défense non-violente quels que soient son âge, son champ d’activité, son aptitude physique. Sa responsabilité est d’agir, ici et maintenant, pour transformer la société et la défendre face à toutes les menaces existantes ou à venir. De fait, et dans la perspective que les pouvoirs  publics préparent et organisent un jour la défense globale de la société démocratique par les moyens de la non-violence, ce qui n’est sans doute ni pour demain ni pour après-demain, la population peut dès maintenant s’organiser en réseaux de résistance civique et sociale. C’est la population qui prend en main sa défense et la défense de la société, déjà en proie à des menaces bien réelles. C’est ainsi que la défense civile non-violente est réellement une « défense démocratique de la démocratie ».

Un tel dispositif de défense doit être suffisamment robuste pour avoir un effet dissuasif envers tout agresseur ou dictateur potentiel, c’est-à-dire lui faire comprendre que les coûts de son agression seraient supérieurs aux gains qu’il peut en espérer : nous pourrons alors parler de « dissuasion civile »4.

Pour une sécurité européenne commune

La réflexion sur la défense nationale ne doit pas occulter le fait que les mêmes analyses et les mêmes préoccupations prévalent pour les autres pays d’Europe (et du monde) confrontés aux mêmes menaces idéologiques et climatiques, à des régimes autoritaires et des menaces militaires, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Nous invitons les militants de la non-violence et de la résolution non-violente des conflits en Europe à réfléchir ensemble aux meilleures stratégies possibles pour lutter pour la dénucléarisation du continent européen, et pour promouvoir des formes de défense non agressives. Certes, à l’échelle de l’Europe, la menace politique et militaire russe doit être prise en compte, mais elle n’est pas exclusive des autres menaces déjà présentes qui hypothèquent l’avenir d’une Europe démocratique, sociale et pacifique. Dans cette perspective, l’ouverture du chantier de construction d’une défense non-violente telle que nous la définissons s’avère une priorité de premier rang : elle constitue une contribution aussi urgente que nécessaire à la mise en place d’une sécurité européenne commune.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, nos ancêtres ont construit des institutions pour bâtir la paix : l’ONU et ses agences, le Conseil de l’Europe, et plus tard  l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Ces institutions qui ont souvent échoué à prévenir et réguler pacifiquement les conflits ont besoin d’être réformées et consolidées.

L’Europe a été construite pour la paix. C’est pourquoi elle ne doit pas devenir un bloc militaire comme les autres. Elle a vocation à mettre en place d’autres modes de résolution des conflits et à être motrice de la construction d’un monde plus juste et plus pacifique.

notes

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_armées_des_Etats_de l’UE

2 Onze exemples d’échec de la dissuasion nucléaire sur le diaporama « Les sept vices de la dissuasion nucléaire » :

https://www.irnc.org/IRNC/Diaporamas/358

3 l’exemple de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, bombardée et sous contrôle russe depuis 2022

4 La dissuasion civile était le titre de l’ouvrage rédigé en 1985 par C. Mellon, J.-M. Muller et J. Sémelin sur une commande de Charles Hernu, ministre de la Défense (éd. FEDN, épuisé, https://www.irnc.org/IRNC/Textes/3103 )

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Trump bombarde l’Iran, c’est stupide

Depuis deux semaines, les bombes tombent sur l’Iran. Grâce à l’arme du pétrole et à une tactique de harcèlement, l’Iran et ses proxys ont réussi, en deux semaines d’affrontement, à compenser une partie de leur immense infériorité militaire vis-à-vis d’Israël et des Etats-Unis. On joue à fond la carte de la guerre asymétrique, celle où il suffit au plus faible de survivre le plus longtemps possible pour ne pas perdre.

L’Iran n’a pas besoin de gagner de manière conventionnelle s’il peut rendre le coût régional et mondial de la guerre insupportable. 

Les tirs de missiles et de drones sur les pétromonarchies se poursuivent, en dépit des milliers de frappes ayant visé les installations militaires iraniennes.

La République islamique a adopté une « stratégie de défense en mosaïque » : un système de commandement et de contrôle décentralisé, pensé pour que les unités militaires puissent continuer d’opérer, à l’échelon local et régional, même si le fonctionnement au sommet est très perturbé.

– Trump semble ignorer les défaites que les Américains ont connu au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan. On ne peut contrôler durablement de l’extérieur un pays homogène culturellement.

Dans l’adversité, le socle fidèle au régime iranien – il est estimé, par de nombreux analystes, à plusieurs millions, voire à des dizaines de millions, sur une population d’environ 92 millions – semble encore plus soudé. L’Iran se trouve dans une confrontation historique avec des puissances qui classent les pays en deux groupes : leurs esclaves ou leurs ennemis. On peuple prêt à mourir pour ses convictions ne peut être vaincu. Les cris de « Allaho akbar » (« Dieu est le plus grand ») jaillissent. Trump et Netanyahou ignorent ce qui devrait être le sens de l’histoire, une fraternisation des peuples sur notre petite planète complètement isolée dans le vide spatial.

– Il faut être complètement abruti de propagande américano-israélienne pour imaginer que les Iraniens, qu’ils soient opposants au régime islamique ou pas, puissent se réjouir de se faire réduire en cendres !!!

– Une dimension centrale est négligée par Trump : la religion et l’esprit du martyr sont extrêmement puissants en Iran. Mais il ne savait même pas où était l’Iran avant de l’avoir attaqué.

– Étonnant que Netanyahou ne comprenne pas la symétrie. Les massacres commis par le Hamas ont eu pour résultat de faire taire toute opposition en Israël ; les massacres commis par Israël en Iran et au Liban ont pour résultat de mobiliser les peuples contre Israël.

– Netanyahou et Trump, obnubilés par leur ego, envoient des avions à l’assaut sans penser au blocage du détroit d’Ormuz et au choc pétrolier qui s’ensuit. Ce n’est pas de la légèreté, c’est de l’incompétence.

– Les USA définissent le terrorisme comme « l’utilisation illégale délibérée de la violence en vue de causer la peur; dans un but de coercition ou d’intimidation de gouvernements ou de sociétés à des fins généralement politiques, religieuses ou idéologiques. (JP 3-07.2) (US DoD) ». L’attaque israélo-palestinienne est donc une action terroriste selon la définition US…

Face à un régime autoritaire imposant sa loi un grand pays, la solution était de promouvoir les valeurs universelles, pas de bombarder ce pays et y semer le chaos. Or, au lieu de promouvoir les valeurs universelles, l’Occident a promu la tyrannie en soutenant le régime israélien (colonisation, apartheid, ultra-violence. Et le blocus occidental envers l’Iran a durci le régime iranien.

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Objections à la dissuasion macroniste

Le président de la République a annoncé le 2 mars 2026 la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée », offrant notamment la possibilité pour les alliés européens « de participer aux exercices de la dissuasion » nucléaire française. Au lieu de lutter contre la prolifération, Macron veut mettre des bombes partout. Notre spécialiste répond à cet adepte de la guerre en fauteuil. Quand on est président, il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher un cataclysme. Envisager à l’avance que c’est possible, c’est vouloir un crime de masse. Emmanuel Macron est un assassin potentiel, il devrait être jugé pour cela.

Emmanuel Macron : Tous ceux qui auraient l’audace de vouloir s’en prendre à la France savent le prix insoutenable qu’il y aurait pour eux, à payer.

Michel Sourrouille : La dissuasion marche si elle marche, mais si l’ennemi passe outre, le système de croyance sur lequel elle repose s’effondre. On ne peut pas gagner une guerre nucléaire. On ne peut que compter le nombre de morts civils. De plus la dissuasion « avancée » accroît les risques de guerre nucléaire, elle ne peut être perçue qu’agressive vis à vis de la Russie; cela ressemble à l’épisode des missiles Pershing dans les années 1980.

50% du budget de la défense devrait être consacré à la résistance non-violente, à la géopolitique citoyenne, à l’élimination des causes de la guerre. On n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. 

Emmanuel Macron : Nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerais une dissuasion avancée.

Michel Sourrouille : La prévention et la résolution non violente des conflits représente une valeur fondamentale de l’écologie politique. Elle s’avère indispensable pour répondre à la montée des crises internationales : raréfaction des matières premières et des énergies non renouvelables, crises alimentaires, diminution des ressources en eau potable, dérèglement climatique générant des mouvements massifs de populations et des inégalités.

Une communauté socialiste d’hommes et de femmes éduqués aux méthode de la non-violence aussi intensément qu’ils le sont aujourd’hui aux méthodes de la violence pourrait permettre à une armée étrangère d’envahir son territoire et parvenir malgré tout à établir une défense du socialisme qui aurait de bonnes chances de triompher. Telle serait une dissuasion réellement avancée.

Emmanuel Macron : Il ne s’agit pas d’entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n’a jamais été notre doctrine.

Michel Sourrouille : Mensonge. Macron a fait augmenter les dépenses militaires alors que la France est surendettée. Macron fait construire un nouveau sous-marin lanceur d’engins de mort. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », écrivait déjà Anatole France en 1922. Tous les hommes d’État affirment que l’armement de leur propre nation est préparé uniquement pour des raisons de défense. Tous les hommes d’État affirment que l’existence d’armement dans un pays étranger constitue une raisons pour la création immédiate de nouveaux armements dans leur pays. Chaque nation se sent tenue d’imiter les autres. Les canons sont pointés vers les canons, les avions contre les avions, les bombes chimiques contre les bombes chimiques. Un acte de désarmement unilatéral abaisserait les tensions internationales.

L’existence d’une armée est en soi une raison de faire la guerre. Une nation désarmée ne peut en aucun cas être accusée d’être un agresseur. Il y a toutes les raisons de croire qu’un mouvement de la France vers un désarmement universel aurait un impact considérable.

Emmanuel Macron : Ma responsabilité est d’assurer que notre dissuasion conserve et qu’elle conservera à l’avenir son pouvoir de destruction assuré dans l’environnement dangereux, mouvant et proliférant. C’est pourquoi j’ai ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal.

Michel Sourrouille : Il faut absolument remettre en cause le dogme de la dissuasion nucléaire. L’hiver nucléaire est toujours possible, il suffit d’appuyer sur un bouton. Hiroshima et Nagasaki victimes d’une bombe nucléaire montre que rien n’arrête certains dirigeants. La possession de la bombe par les USA n’a pas empêché l’URSS de se la procurer. La non-possession de la bombe par l’Iran n’a pas empêché Israël de se la procurer. La défense contre une attaque nucléaire surprise est impossible. Cela arrive si vite.

La France n’a adhéré au TNP (traité sur la non prolifération des armes nucléaires) que 22 ans après son entrée en vigueur. Elle n’a jamais « négocié de bonne foi » en faveur du désarmement nucléaire comme l’exigent l’art. VI du TNP et l’avis consultatif de la CIJ de 1996. Il faut d’urgence arrêter le programme de modernisation des armes nucléaires et adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté le 7 juillet 2017 par la Conférence des Nations Unies.

Emmanuel Macron : Pour être libre, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne.

Michel Sourrouille : Se faire craindre, c’est refuser de se faire aimer. Contraindre, c’est le contraire de la liberté. Ce n’est pas le complexe militaro-industriel qui doit faire la loi sur une planète mondialisée ; on doit soutenir les instances internationales dédiées à la paix. La France, troisième exportateur d’armes dans le monde, devra agir pour une réduction et une reconversion substantielle de l’industrie de l’armement. Pour motiver les autres, on doit montrer l’exemple.

Alors que le TNP exige depuis 1992 de la France des « mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée », et depuis 2010 de « réduire encore le rôle et l’importance des armes nucléaires dans tous les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité », la France modernise et accroît son arsenal nucléaire en lançant notamment un sous-marin lanceur d’engins de mort.

Emmanuel Macron : Notre sécurité ne s’est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire, au plan conventionnel comme au plan nucléaire.

Michel Sourrouille  : La sécurité obtenue par la préparation de la guerre ne peut jamais arriver à instaurer la paix. La politique étrangère de la France en matière de sécurité collective doit contribuer à la mise en place d’un nouvel ordre mondial organisé dans le cadre des Nations Unies. L’armée française confiée à l’ONU deviendrait une force de paix considérable. Les réformes défendues par les écologistes ne peuvent se faire sur une planète en perpétuel conflit.

Rappelons la Charte de l’ONU  : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force armée.

Emmanuel Macron : La dissuasion nucléaire française a vocation à dissuader tout Etat de s’en prendre à nos intérêts vitaux. Quels sont-ils ? Nous ne les avons jamais énoncés précisément, à dessein.

Michel Sourrouille : L’emploi de bons moyens est d’une plus grande importance que la poursuite de bonnes fins. Il en est ainsi parce que de bonnes fins ne peuvent pas été atteintes par de mauvais moyens. Accepter la possibilité de l’hiver nucléaire, c’est aller à l’encontre de tous les intérêts vitaux d’une nation, pas besoin donc de les définir.

La guerre nucléaire n’est pas la continuation de la politique par d’autres moyens, elle constitue une rupture avec les moyens classiques de la politique, à savoir le dialogue, la négociation, la gestion pacifique des conflits.

Emmanuel Macron : A coup sûr nos intérêts, s’ils couvrent le territoire hexagonal et ultramarin, ne peuvent se confondre avec le seul tracé de nos frontières nationales.

Michel Sourrouille : Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles. Il existe un Tout plus vaste dont la patrie n’est qu’un morceau.

Accorder à une partie de l’espace géographique la vénération qui ne peut revenir qu’à notre mère la Terre, c’est de l’idolâtrie.

Emmanuel Macron : Nous avons d’abord resserré en juillet dernier les liens avec le Royaume-Uni, partenaire majeur et puissance nucléaire indépendante avec laquelle nous reconnaissons depuis 1995 qu’il n’y a pas de situation engageant les intérêts vitaux de l’une sans que ceux de l’autre ne soient affectés.

Michel Sourrouille : La seule définition qui convient au mot « nation » est une communauté organisée pour faire la guerre. Resserrer les liens entre deux nations, c’est mathématiquement multiplier les causes de la guerre. On trouvera toujours des prétextes à défendre des « intérêts vitaux ».

Emmanuel Macron : Nous entrons sur le chemin de ce que j’appellerai la dissuasion avancée. Je préfère le dire tout de suite, il n’y aura aucun partage de la décision ultime, ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre. En vertu de notre Constitution, elle appartient au seul président de la République comptable devant le peuple français.

Michel Sourrouille : Donner à un seul homme la possibilité de déclencher immédiatement le feu nucléaire, c’est l’inverse d’un système démocratique. Le Parlement devrait être systématiquement consulté, ce qui est incompatible avec le dogme de la dissuasion.

Les opérations militaires de la France devraient à chaque fois être sous mandat international catégorique. Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même d’identifier un chemin viable vers la paix. Nous fermerons toutes les bases militaires à l’étranger, nous n’accepterons plus de bases américaines en Europe.

Emmanuel Macron : Nos forces aériennes stratégiques pourront ainsi se disséminer dans la profondeur du continent européen. Cette dispersion sur le territoire européen, à la manière d’un archipel de forces, compliquera le calcul de nos adversaires et donnera à cette dissuasion avancée beaucoup de valeur pour nous.

Michel Sourrouille : Prévenir le risque de guerre ne passe pas par la militarisation de la tension partout où cela est possible, mais au contraire par la démilitarisation des possibles partout où on peut. Certes le projet d’Europe fédérale passe par une véritable politique européenne de sécurité et de défense. Mais il s’agira uniquement (de Forces d’interposition dûment formées à la prévention et la résolution non violente des conflit. Créer un service civil européen portera un message de paix. Donner la possibilité aux jeunes de se déclarer objecteurs de conscience, opposés à l’usage collectif des armes, est une nécessité reconnue internationalement au niveau juridique.

Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même. Il en coûterait cent fois moins pour protéger la planète que pour préparer sa destruction…Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même identifier un chemin viable vers la paix. Les pacifistes sont des personnes qui tirent les leçons de l’Histoire. Macron est une personne déterminée à ne pas tirer les leçons de l’expérience passée.

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Aujourd’hui l’antimilitarisme devient vital

Guerre en Iran, budgets militaires en hausse : « L’antimilitarisme devient vital »

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Pierre Douillard-Lefèvre (extraits) : Au niveau planétaire, les dépenses militaires n’ont jamais été aussi élevées.Or, comme le rappellent les exemples de la Première Guerre mondiale et des courses à l’armement lors de la Guerre Froide, qui a été émaillée de conflits par puissances interposées à travers le globe, lorsque les États vident leurs caisses pour s’équiper militairement, ils finissent tôt ou tard par se servir des armes dont ils se sont dotés. Dans ce contexte, l’antimilitarisme devient vital. Mais il ne faut pas confondre antimilitarisme et pacifisme : le pacifisme est une posture morale, selon laquelle il faudrait refuser la violence quelles que soient les circonstances. Or la critique et le rejet des armes n’interdisent pas leur usage : dans des situations d’injustice, où un fort écrase un faible, un colon écrase un colonisé, le pacifisme revient à maintenir un statu quo.

L’antimilitarisme n’est pas un refus abstrait de la violence, mais un refus de la militarisation de la population, de l’union sacrée et de l’obéissance aveugle à l’armée. L’antimilitarisme, c’est le refus de toutes les guerres entre États. Depuis la révolution industrielle, une guerre entre États, ce sont deux appareils technologiques et industriels qui se font face, avec de la chair humaine entre les deux.

Il ne s’agit pas pour autant de reprendre des positions d’une partie de la gauche, comme Marine Tondelier [Les Écologistes] qui dit ne pas être contre des moyens de « financer l’effort de guerre », ou d’autres qui appellent à socialiser l’appareil de production de technologies militaires. En d’autres termes, un militarisme repeint en vert ou en rose. Mais c’est oublier que ce sont des technologies de pointe si spécifiques que, à l’instar du nucléaire, elles ne peuvent pas être démocratiques et socialisées, et qu’elles tombent dans le domaine de la raison d’État.

Par où commencer ?

Le premier point, c’est de renouer avec une culture antimilitariste, en s’informant dessus et en en parlant autour de soi. C’était la colonne vertébrale de la gauche et des écologistes il n’y a pas si longtemps : souvenons-nous de Boris Vian qui chantait Le déserteur, du journal écolo La gueule ouverte qui était fondamentalement antimilitariste, et des manifestations contre l’invasion de l’Irak en 2003 qui ont réuni plusieurs millions de personnes dans le monde.

Ensuite, il faut se souvenir que sans les travailleurs, la guerre est impossible : les technologies militaires modernes reposent sur des chaînes d’approvisionnement extrêmement complexes. Des associations comme Stop Arming Israël interviennent directement auprès des quelque 200 000 salariés de l’industrie de l’armement qui travaillent en France et dont certains équipements servent à bombarder la bande de Gaza.

Enfin, des coalitions peuvent être créées avec des mobilisations écologistes : il faut s’attendre à ce que, dans les années à venir, bon nombre de grands projets inutiles et imposés soient des extensions d’usine d’armement ou de nouvelles carrières ouvertes pour extraire des composants d’armements, ou pour produire des engins aux bilans écologiques catastrophiques : ce sont autant de nouveaux terrains de lutte écolos et antimilitaristes.

Pierre Douillard-Lefèvre, sociologue et auteur de Maudite soit la guerre (éd. Divergences, 2025)

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Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)

1922. Au cœur du village de Gentioux dans la Creuse, un monument aux morts construit en 1922 proclame « Maudite soit la guerre ! » Un enfant en blouse d’écolier lève son poing rageur vers le ciel, un orphelin devant la plaque gravée des 63 noms de villageois morts durant la guerre….

2025. Lorsque vous sortez de la gare, la vue de militaires de la patrouille Sentinelle, équipés de fusils d’assaut, vous rappelle que l’espace public est militarisé depuis près de trois décennies au nom de la « menace terroriste »…. (extraits)

Aujourd’hui l’antimilitarisme devient vital Lire la suite »

Pacifisme, citations à connaître et à déclamer

Voici un recueil de citations, si vous pouviez nous aider à compléter… merci.

Quand la guerre commence, on oblige à serrer les rangs, la contradiction devient une mutinerie, l’opposant un déserteur, le président le grand chef et le pays une caserne… autant dire que tous les ingrédients d’une dictature sont présents. Autant savoir résister à la militarisation.

Pacifisme, citations à connaître et àclamer en public

La guerre est souvent décrite comme une loi de la nature. C’est faux. L’homme est la seule créature à organiser le meurtre en masse de sa propre espèce.

Le principe de la non-violence

– Au principe « Si tu veux la paix, prépare la guerre », il faut opposer le principe « Si tu veux la paix, prépare la paix »

– La seule victoire, c’est la paix. 

– « Remets ton épée à sa place… car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » [Mt 26,52].

– La militarisation d’une révolution est le tombeau d’une révolution.

– Aucun des dictateurs n’a été confronté au pacifisme à grande échelle.

La défense civile non violente

– La guerre n’est pas la continuation de la politique par d’autres moyens, elle constitue une rupture avec les moyens classiques de la politique, à savoir le dialogue, la négociation, la gestion pacifique des conflits.

– Une communauté socialiste d’hommes et de femmes éduqués aux méthode de la non-violence aussi intensément qu’ils le sont aujourd’hui aux méthodes de la violence pourrait permettre à une armée étrangère d’envahir son territoire et parvenir malgré tout à établir une défense du socialisme qui aurait de bonnes chances de triompher.

– La fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence

– L’emploi de bons moyens est d’une plus grande importance que la poursuite de bonnes fins. Il en est ainsi parce que de bonnes fins ne peuvent pas été atteintes par de mauvais moyens.

– La guerre doit devenir inacceptable, illégitime aux yeux des peuples.

– Les pacifistes sont des personnes qui tirent les leçons de l’Histoire. Les militaristes sont des personnes qui sont déterminées à ne pas tirer les leçons de l’expérience.

– S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirai quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. 

Les causes de la guerre

– La seule définition qui convient au mot « nation » est une communauté organisée pour faire la guerre.

– Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles.

– Il existe un Tout plus vaste dont la patrie n’est qu’un morceau. Accorder à une partie de l’univers la vénération qui ne peut revenir qu’au Tout, c’est de l’idolâtrie.

– L’existence d’une armée est en soi une raison de faire la guerre.

– Un dictateur est forcément sanguinaire. Il devient omnipotent suite à une longue série de cadavres, il se maintient au pouvoir de la même façon.

La course aux armements

– On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels (Anatole France, 1922)

– Tous les hommes d’État affirment que l’armement de leur propre nation est préparé uniquement pour des raisons de défense. Tous les hommes d’État affirment que l’existence d’armement dans un pays étranger constitue une raisons pour la création immédiate de nouveaux armements dans leur pays.

– Chaque nation se sent tenue d’imiter les autres. Les canons sont pointés vers les canons, les avions contre les avions, les bombes chimiques contre les bombes chimiques. Un acte de désarmement unilatéral abaisserait les tensions internationales.

– Réduction des dépenses d’armement jusqu’à leur intégralité. 

– Une nation désarmée ne peut en aucun cas être accusée d’être un agresseur. Il y a toutes les raisons de croire qu’un mouvement vers la raison serait suivi.

La non dissuasion nucléaire

– Hiroshima et Nagasaki victimes d’une bombe nucléaire montre que rien n’arrête certains dirigeants

– La possession de la bombe par les USA n’a pas empêché l’URSS de se la procurer.

– Être une puissance nucléaire n’empêche pas de faire la guerre par d’autres moyens.

– La dissuasion marche si elle marche, mais si l’ennemi passe outre, le système de croyance sur lequel elle repose s’effondre.

– La défense contre une attaque nucléaire surprise est impossible. Cela arrive si vite.

– L’hiver nucléaire est toujours possible, il suffit d’appuyer sur un bouton.

– On ne peut pas gagner une guerre nucléaire. On ne peut que compter le nombre de morts civils.

Les conséquences de la guerre

– Il existe une différence fondamentale entre la guerre et les confits entre individus. Les Individus se battent pour leurs propres différends. Les soldats sont entraînés à se battre dans des confits qui ne sont pas les leurs.

– La guerre est un crime organisé, les militaires en sont les ordonnateurs et les bras.

– Les militaires sont la plus grande source de gaspillage, ils gaspillent du travail, de l’espace, de l’énergie, des minéraux rares et ils polluent les airs et les eaux. 

– Aucun des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal plus grand que la guerre elle-même.

Les solutions du pacifisme

– Il n’est pas de solution militaire à un problème politique. Ni à un problème écologique.

– Prévenir le risque de guerre ne passe pas par la militarisation de la tension partout où cela est possible, mais au contraire par la démilitarisation des possibles partout où on peut.

– Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme.

– Si des milliers d’humains s’abstenaient de payer leurs impôts pour l’armée, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi à l’État de commettre des violences.

– Il en coûterait dix fois moins pour protéger la planète que pour préparer sa destruction…

Droit international, garantie de la paix

– Le respect du droit international est la seule boussole politique fiable à même identifier un chemin viable vers la paix.

Charte de l’ONU  : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force.

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Libérons la France de l’arme nucléaire

La Croix Internet (publié le 2 mars 2026)

« Libérer la France de l’arme nucléaire est urgent, nécessaire et possible »

(extraits) Les États-Unis et Israël mènent depuis trois jours des attaques contre les dirigeants et les installations militaires du régime de Téhéran, certes tyrannique et criminel, mais dans le mépris total du droit international et au risque de mettre le feu à tout le Moyen-Orient. C’est dans ce contexte inflammable que le président Macron doit tenir à l’île Longue ce lundi 2 mars 2026 un discours sur la dissuasion nucléaire française, dont il se propose de faire bénéficier nos voisins européens. (Mais) imagine-t-on Vladimir Poutine attaquer les pays Baltes, la Finlande ou la Pologne, membres de l’Otan, alors que depuis bientôt quatre ans son armée est en échec face à la résistance ukrainienne ?

Les dictateurs, les promoteurs des idéologies impérialistes et nationalistes savent très bien que leurs vrais ennemis sont la démocratie, la liberté d’expression, de réunion, de la presse, la séparation des pouvoirs. Face à la guerre hybride menée par le pouvoir russe contre les démocraties, il faut bien sûr développer un programme européen de lutte contre les cyberattaques, mettre en place une protection efficace contre les incursions de drones, un système de renseignement satellitaire autonome par rapport à celui des États-Unis. Il faut (surtout) préparer les démocraties européennes à la résistance non-violente aux agressions extérieures, aux coups d’État, aux régimes autoritaires, comme le fait le Manuel citoyen pour une défense civile non-violente du Mouvement pour une alternative non-violente. Il faut développer dans le monde entier les missions d’intervention civile de paix entre des belligérants, menées par des organisations comme Nonviolent Peaceforce ou Peace Brigades International.

Se reposer sur le nucléaire est inefficace et démobilisateur…. Il faut cesser de financer une dissuasion nucléaire dangereuse, illégale, antidémocratique, immorale et ruineuse, mais surtout inefficace et démobilisatrice. Aujourd’hui, les dirigeants français croient tellement peu à l’efficacité de leur dissuasion qu’ils envisagent un « avertissement nucléaire, unique et non renouvelable, pour signifier clairement à un agresseur étatique que le conflit vient de changer de nature et rétablir la dissuasion ». Mais peut-on imaginer qu’une une frappe de 7 à 20 fois Hiroshima resterait sans réponse ? Elle déclencherait très certainement une « destruction mutuelle assurée », en anglais « Mutual Assured Destuction », MAD, étant rappelé que «mad» signifie fou…L’énorme effort de développement des armements conventionnels qu’ont décidé nos dirigeants n’est-il pas la preuve qu’ils ne croient pas à la dissuasion nucléaire, censée être « la clé de voûte de notre défense » ? Quelle est la crédibilité de notre dissuasion nucléaire, alors que le règlement militaire français interdit aux militaires, et donc aux officiers de tir des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), d’obéir à des ordres contraires à la loi internationale et à la morale ?

Comme naguère la ligne Maginot face au nazisme, l’effet principal de la dissuasion nucléaire, en la faisant reposer sur le seul chef de l’État, est de démobiliser la population au sujet de sa défense et de la laisser complètement démunie en cas de crise ou d’agression, d’où qu’elle vienne. L’arme nucléaire française, censée protéger la démocratie contre le totalitarisme, est, dans son principe, dans sa conception, dans son utilisation éventuelle et dans ses conséquences, une expression du totalitarisme.

Le traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui établit une discrimination inacceptable entre les pays qui ont « le droit » de posséder l’arme nucléaire et ceux qui ne l’ont pas, n’est même pas respecté par ses signataires qui violent son article 6. Comme le crient depuis des années l’ONU, le Vatican, les papes François et Léon, le Conseil mondial des Églises, il importe de promouvoir le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu depuis janvier 2021 la norme du droit international.

Libérer la France de l’arme nucléaire, viser l’efficacité de la défense en réduisant ses coûts, c’est urgent, c’est nécessaire, et c’est tout à fait possible !

Étienne Godinot, vice-président de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)

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Bientôt une guerre nucléaire, Macron le veut

Le tabou nucléaire s’érode, et la France porte une grande part de responsabilité 

Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, et Jean-Marie Collin, directeur d’ICAN France :

« La dissuasion repose sur une construction théorique – non vérifiable – fondée sur l’hypothèse d’une rationalité permanente des acteurs, sur un pari de maîtrise et sur l’absence d’erreur humaine. Elle ne garantit en rien la sécurité, comme le montrent de nombreux exemples historiques. Pendant des décennies, la prudence du langage contribuait à maintenir la retenue sur l’arme nucléaire, capable d’anéantir des populations entières. La mobilisation citoyenne contre les conséquences humanitaires, celle des scientifiques, notamment autour du concept d’hiver nucléaire, ont contribué à installer un « tabou nucléaire ». Les dirigeants des cinq puissances permanentes du Conseil de sécurité [des Nations unies] à déclarer, en 2022, qu’« une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ».

Aujourd’hui pourtant, l’idée s’installe qu’elles seraient un instrument normal de la politique de sécurité. La France porte une part de responsabilité. Le tournant remonte au discours du président Macron à la Sorbonne, en 2017, appelant l’Europe à développer une « culture stratégique commune ». Que ce soit en Belgique, en Pologne, en Scandinavie, en Allemagne ou en Italie, responsables politiques, experts et médias évoquent ouvertement le stationnement, ou même l’acquisition d’armes nucléaires. La promotion de ces armes produit un effet bien réel : elle fragilise les normes du droit international, qui ont créé de la sécurité, et elle banalise l’idée même de leur utilisation. Comment les diplomaties française et européenne pourront-elles défendre de manière crédible la non-prolifération lors de la prochaine conférence d’examen du TNP, du 27 avril au 22 mai, tout en soulignant l’importance accrue des armes nucléaires pour leur propre sécurité ? Comment critiquer la Russie lorsqu’elle adopte une posture proliférante en installant des armes nucléaires en Biélorussie ?

Dans un Etat qui se veut démocratique et responsable, un tel basculement ne peut se faire en silence. Il doit être débattu publiquement et non discuté entre un président et quelques conseillers.

Le point de vue de Michel Sourrouille

J’ai lu avec attention cette tribune de Patrice Bouveret et Jean-Marie Collin qui me paraissent d’un bon sens absolu. Le problème, c’est que tous les commentaires sur lemonde.fr sont pour la condamnation de cette tribune, par exemple :

– Si l’on comprend bien les auteurs de cette tribune, la seule réponse moralement concevable à l’installation de missiles à têtes nucléaires en Biélorussie serait notre désarmement unilatéral. Plutôt rouges que morts, disaient déjà les pacifistes allemands des années 60/70, complices des néostaliniens de Moscou.

– Cette tribune est surréaliste. Ainsi, c’est Emmanuel Macron qui aurait ouvert la boîte de Pandore nucléaire ?!? Les deux auteurs au titre ronflant parlent pour leur chapelle et ne représentent que leur groupuscule

– Les pacifistes sont des simples d’esprit. Le jour où il comprendront qu’on a pas eu de guerre majeure entre grandes puissances depuis 80 ans c’est justement grâce aux armes nucléaires………………

Je propose de faire connaître par tout moyen cet extrait du discours d’Emmanuel Macron sur la base opérationnelle de l’Île Longue (2 mars 2026) :

«  Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l’audace de vouloir s’en prendre à la France savent le prix insoutenable qu’il y aurait pour eux, à payer… Pour être libre, il faut être craint… Un seul de nos sous-marins, tel que celui derrière moi, emporte avec lui une puissance de frappe qui équivaut à la somme de toutes les bombes tombées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est près de mille fois la puissance des premières bombes nucléaires. C’est donc un discours de puissance assumé au service de la paix que je viens vous tenir aujourd’hui ».

Avec le commentaire suivant : N’importe quelle personne sensée dirait que c’est le discours d’un fou qui envisage de sang froid et de son propre chef de faire des millions et des millions de victimes civiles. C’est Orwell, l’inversion de la réalité, la guerre c’est la paix…

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Ukraine, leçon à en tirer pour le futur

L« opération militaire spéciale » a désormais duré plus longtemps que la« Grande Guerre patriotique » qui opposa l’URSS à l’Allemagne nazie de 1941 à 1945 et qui sert de référence à la propagande du Kremlin pour justifier son offensive contre le prétendu « régime fasciste » ukrainien. A la date de ce triste quatrième anniversaire de cette boucherie sans issue autre que la prolongation du désastre, quelle stratégie adopter face à cette nouvelle donne : l’enlisement. Quelle contribution conforme à nos valeurs écologistes, pouvons-nous apporter sur la position géostratégique de la France ? Quelques données préalables :

– Selon les calculs du Center for Strategic and International Studies (CSIS), au rythme actuel les pertes combinées russes et ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions de tués, blessés et disparus d’ici le printemps 2026. Mais Vladimir Poutine sait qu’il joue son pouvoir dans ce conflit : dans ces conditions un dictateur n’a plus de limites, autrui mort ou vivant n’a que l’importance qu’il lui donne. Des millions de morts ne font pas peur à un dictateur, et même beaucoup plus puisque seul Poutine à l’usage de l’arme atomique.

– Des négociations ne servent à rien face à un dictateur, il y en a déjà eu plusieurs sans résultat. Vladimir Poutine conserve des exigences territoriales maximalistes et refuse la présence de troupes occidentales en Ukraine pour garantir la paix. On n’a donné aucun rôle à l’OSCE. En 2026, le président en exercice de l’OSCE, le ministre suisse Ignazio Cassis, prévoit seulement des visites à Kiev et Moscou pour favoriser des négociations directes entre Kiev.

L’OTAN ne peut jouer de rôle puisque l’Ukraine n’en ait pas membre et que Trump se refuse à utiliser ce levier. De toute façon la position des écologistes devrait être la suppression de l’OTAN qui n’a plus d’utilité depuis la fin du pacte de Varsovie.

Les écologistes doivent présenter une idée de rupture totale avec les dysfonctionnements actuels, sinon ils ne servent à rien. L’orientation actuelle du parti « Les Écologistes » en est le signe, on s’est aligné sur le réarmement militaire voulu par Macron ! Nous rappelons le point essentiel du projet français pour la paix de Michel Sourrouille.

Mettons l’armée française sous couleurs de l’ONU

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale dans le but de préserver la paix et la sécurité internationales. Cet objectif est intégré dans la Charte des Nations Unies : « Nous, Peuples des Nations Unies, Résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. Si tel n’est pas le cas, le Conseil de sécurité  peut intervenir. Mais l’ONU, en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix, est une structure fragile. En 2024, plus de 2700 milliards de dollars ont été dépensés pour les armes à l’échelle mondiale, à comparer aux 5,4 milliards de dollars de l’ONU pour ses opérations de maintien de la paix, soit 500 fois moins. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant ses forces armées à l’ONU pour le maintien de la paix, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?

=> Mettons l’intégralité de nos forces armées sous l’autorité de l’ONU

=> L’armée française devient un élément important d’une gendarmerie internationale

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L’Ukraine, un rempart de la démocratie

En ce quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous avouons que jamais on n’aurait cru qu’une guerre sur le territoire européen pourrait durer si longtemps, et pourtant ce n’est pas fini. Le 24 février 2022, Poutine envoyait une colonne blindée vers Kiev pour renverser le président Zelenski. Elle a piteusement rebroussé chemin. Mais une dictature sait envoyer des soldats à la mort, elle a recruté dans les prisons, envoyé au front des Coréens du nord et autres nationalités, relancé son industrie d’armement, etc. Elle a interdit à son peuple de parler de guerre puisqu’il ne s’agissait que d’une « opération spéciale », elle a pourchassé les opposants au conflit, enrégimenté la jeunesse, y compris les jeunes Ukrainiens qu’elle avait sous sa coupe. Aujourd’hui le conflit s’est enlisé et les morts se comptent par centaine de milliers.

Pour Moscou, la guerre en Ukraine s’apparente à un poison lent capable de miner les démocraties occidentales acculées à des dépenses de défense colossales. Côté européen, on parie sur une déstabilisation du pouvoir russe sous le poids des sanctions économiques et des difficultés de recrutement de combattants. Le 19 février, le chancelier Friedrich Merz est l’un des rares responsables politiques européens à avoir dit tout haut ce que beaucoup de chefs militaires pensent tout bas : « Cette guerre ne prendra fin que lorsqu’un des deux camps sera épuisé, militairement ou économiquement. »

Sur ce blog, nous sommes pacifistes plus que de raison. Les chars russes arrivés sans encombre à Kiev le 24 février 2022, c’était un changement de régime en Ukraine avec un pantin poutinien, mais il n’y aurait eu aucun mort. Les dictatures ont toujours une fin, l’essentiel devrait porter sur la capacité de défense civile non violente d’une population. Jamais des citoyens formés à la désobéissance à l’injustice n’auraient voté pour Poutine ou Trump. Mais quand le mal est fait, c’était à l’ONU de réagir : une invasion est absolument interdite par nos traités internationaux. Combien faudra-t-il encore de guerre pour faire de l’ONU un organisme supranational qui exerce seul au niveau planétaire la violence légitime exercée par une armée au service de la paix mondiale ?

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24 février 2022, Invasion russe en Ukraine, Poutine s’éclate

7 mars 2022, Poutine / Ukraine, parfum d’hydrocarbures !

25 février 2023, Guerre en Ukraine, crise alimentaire mondiale

6 janvier 2024 Ukraine, éviter l’invasion était possible

16 mars 2024, Bientôt des soldats français en Ukraine ?

8 avril 2024, Ukraine et Palestine, des guerres injustifiées

15 avril 2024, Soutien aux réfractaires russes en Ukraine

1er août 2024, Ukraine/Russie, parlons objection de conscience

1er février 2025, La guerre en Ukraine, bientôt 3 ans pour rien

7 août 2025, Ukraine, une guerre d’un autre âge

11 décembre 2025, Militarisation des enfants en Ukraine

22 février 2026 Combattre une dictature, est-ce possible ?

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Combattre une dictature, est-ce possible ?

La volonté humaine n’est pas une réalité première, mais une réalité dérivée de l’interaction spéculaire. L’individu soumis à la dictature ne se demande pas s’il veut renverser le régime, mais seulement s’il le ferait au cas où un certain nombre d’autres personnes le ferait.

La question : Est-ce que nous sommes prêts à laisser le monde aux mains des dictateurs, des prédateurs et des assassins ? De tout temps et en tous lieux l’histoire nous a appris que ceux-ci ne reculent que lorsqu’on est en capacité de leur opposer une force équivalente.

Une première réponse, généraliste : Beaucoup croient que l’invasion de l’Ukraine doit empêcher toute réflexion sur la non-violence en acte. Pourtant la défense civile non-violente est une bonne réponse aux dictatures, la seule qui soit vraiment durable, la seule qui n’est pas employée à l’heure actuelle… 

Soyons plus précis.

Quand une dictature est installée, il est presque impossible d’y résister. Il n’y a plus séparation des pouvoirs (exécutifs, législatifs et judiciaires), donc contre-pouvoirs instituionels. Le quatrième pouvoir, la presse, est muselée, la désinformation prédomine. Les opposants sont emprisonnés, si ce n’est exécutés. L’opinion publique est intoxiqué par le pouvoir en place, le dictateur devient un chef bien aimée. Courir sus à l’ennemi, les immigrés, le pays adjacent, les « élites »…, est considéré par le peuple comme tout à fait normal. La militarisation des esprits devient une nécessité pour maintenir le pouvoir en place.

Il n’y a donc plus de place pour « opposer une force équivalente ». Il faut le plus souvent attendre la mort du dictateur pour que devienne possible une transition vers la démocratie qui peut durer des années. La seule solution, radicale, c’est qu’un citoyen éclairé se faufile dans les arcanes du pouvoir, s’approche au plus près du dictateur, et mette un terme définitif à sa toute puissance. Ce qui d’ailleurs ne veut pas dire que le système dictatorial ne sera pas prolongé par les proches du dictateur.

C’est pourquoi il est nécessaire d’empêcher l’émergence de la dictature dès ses commencements. On connaît depuis Étienne de La Boétie et son livre de 1576 sur la servitude volontaire, le pourquoi des régimes autoritaires :

« Comment il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire. Plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur donne, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts. Mais celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, sinon qu’il a plus que vous tous : c’est l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux dont il vous épie si vous ne lui donniez ? Combien a-t-il tant de mains pour vous frapper s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il s’ils ne sont les vôtres ? (…)

Si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, ils demeurent nus et défaits, et ne sont rien, sinon que, comme la racine n’ayant plus d’aliment, la branche devient sèche et morte.»

Une société composée de citoyens libres et éclairés, rompus aux méthodes de luttes non violentes, capables de résister aux injustices, toutes les injustices, est un terreau hostile à toute dictature. C’est là l’objectif à atteindre pour un mouvement écologiste et pacifiste, éradiquer les causes des conflits et empêcher la confiscation du pouvoir central. En termes simples, si tout le monde était objecteur de conscience, il n’y aurait plus d’armée, il n’y aurait plus de guerre. Un pouvoir central sans armée est un pouvoir soumis à la délibération démocratique, il ne peut exercer de dictature.

Ce n’est pas le cas historiquement, la non-violence en acte a toujours été marginalisée. On peut remonter aux premiers chrétiens qui étaient pacifistes suivant la parole de Jésus : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée ». Mais les religions se sont mis au service des rois, des empereurs et des tyrans. Il ne faut donc pas suivre aveuglément les préceptes des servants d’une religion inféodée au pouvoir. La lutte contre une dictature est une lutte culturelle, pas une lutte armée.

Certains pensent aujourd’hui qu’il faut armer l’Ukraine pour combattre la dictature. Quatre années de guerre montrent que la chute du dictateur Poutine n’est pas encore à l’ordre du jour. Quelle leçon en tirer ? Une lecture indispensable pour les écologistes pacifistes, Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie (2010) :

«  Il n’existe pas de guerre juste, l’exemple de la Seconde Guerre mondiale est le test suprême. Les nazis étaient des assassins pathologiques. Nous devions les arrêter et seule la force pouvait y arriver. Début 1943, à l’âge de 21 ans, je me suis engagé dans l’US Air Force… Certes, Hitler était un dictateur hystérique et un conquérant frénétique, mais que dire alors de la Grande-Bretagne et de son empire, des guerres qu’elle avait livrées aux populations indigènes dans le seul but de les soumettre pour son plus grand intérêt. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne s’opposaient au fascisme que parce qu’il menaçait leur propre domination sur certaines ressources naturelles et sur certaines populations… Tant que nous nous en remettrons à la guerre pour régler les différends entre nations, nous devrons endurer les horreurs, la barbarie et les excès que la guerre porte en elle. Quant aux ingrédients du fascisme (le militarisme, le racisme, l’impérialisme, la dictature et le nationalisme exacerbé), ils survécurent sans problème à la guerre. »

Howard Zinn rejoint La Boétie : « Lorsqu’on se penche sur la longue et sinistre histoire de l’homme, on réalise qu’il s’est commis plus de crimes abominables au nom de l’obéissance qu’au nom de la révolte. Le corps des officiers allemands obéissaient au plus rigoureux des codes d’obéissance et c’est au nom de ce devoir d’obéissance qu’ils commirent et cautionnèrent les actes les plus monstrueux de l’histoire humaine. C’est à Yale, dans les années 1960, qu’eut lieu la fameuse expérience Milgram. La découverte  fondamentale de cette expérience c’est que les individus adultes font de leur mieux pour obéir aux ordres émanant de l’autorité… »

Apprendre à désobéir est donc la condition première de la fin des dictatures.

Mais ce n’est pas ce comportement civique qui est appris dans les écoles, encore moins dans les armées.

Annexe, citations à connaître

Dans un livre intitulé Le Changement, Bernard Charbonneau (1910-1996) avait fait ce constat saisissant de l’ambiguïté de la démocratie de masse qui est en fait orientée par un leader. Cette perspective sans illusion peut amener à penser que le virage écologique sera le fait de la bourgeoisie dirigeante, mais seulement le jour où elle ne pourra plus faire autrement : « Ce seront les divers responsables de la ruine de la Terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir. Pour contrôler les dangers de moyens de plus en plus puissants et fragiles parce que complexes, gérer un espace et des ressources qui s’épuisent, prévoir et maîtriser les réactions humaines qui empêcheraient de le faire, on est obligé de renforcer l’organisation. L’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints. Déjà commence à se tisser ce filet de règlements assortis d’amendes et de prison qui protégera la nature contre son exploitation incontrôlée. Que faire d’autre ? »

Le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) a fait éditer son livre Le principe responsabilité pour la première fois en 1979, au moment du deuxième choc pétrolier. Il écrivait avant la chute du mur de Berlin en 1989 qu’il croyait encore aux vertus du centralisme démocratique à l’époque de la planification impérative : « On ne pourra contester à l’homme politique le droit de mettre en jeu l’existence de la nation au profit de l’avenir si vraiment l’extrême est en jeu. Le péril qui menace la communauté devient une puissante impulsion de l’homme de courage à proposer sa candidature et à s’emparer de la responsabilité. Pour appliquer cette nouvelle éthique, un système libertaire serait préférable pour des raisons morales, mais les systèmes moralement bons sont des systèmes précaires ; l’État peut seulement être aussi bon que le sont les citoyens. De plus l’homme politique peut supposer idéalement dans sa décision l’accord de ceux pour qui il décide en tant que leur chargé d’affaires, mais des générations futures on ne peut obtenir de facto un accord. Par conséquent, la tyrannie communiste paraît mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que le complexe capitaliste-démocratique-libéral. »

Selon la formule de Montesquieu, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». C’est le magistrat qui rend la justice au nom du peuple, l’élu jugé n’a pas à se revendiquer du peuple quand il n’a pas respecté la loi. La propension à se cacher derrière le « peuple » pour critiquer un « gouvernement des juges » est une astuce sémantique qui ne devrait tromper personne, à commencer par les électeurs.

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JO, les avantages de la dictature chinoise !?

extraits : Le système démocratique est le plus efficace au niveau de la gestion du long terme. En effet, iI prend en considération l’évolution de l’opinion publique et la politique publique évolue par touches progressives. De son côté un système autocratique est efficace pour gérer le court terme, mais un dictateur non éclairé par la volonté du peuple mène obligatoirement au désastre par les errements du sentiment de toute puissance sans oppositions possibles. L’urgence écologique devient alors un paramètre indésirable, le court terme l’emporte largement sur les exigences du long terme. Lors des JO de Pékin, l’Etat-parti entend montrer l’efficacité de l’autocratie… La Chine du président Xi Jinping impose ses normes en matière de libertés publiques, que ce soit aux ressortissants chinois ou étrangers. A l’intérieur des « bulles » de protection abritant les jeux, il faut télécharger sur son portable une application chinoise destinée à surveiller la santé d’une personne mais aussi ses déplacements….

Nations « unies » ou retour des dictatures ?

extraits : Par essence, un dictateur protège sa personne et c’est tout. Attendre une solution d’un pouvoir autoritaire est une totale illusion. Pourtant, des États-Unis à la Hongrie, de l’Inde à l’Italie, d’Israël au Brésil, des peuples à la dérive élisent les pires d’entre-eux. Tragique. Le Capitaine Jair Bolsonaro devenu Président par la grâce des Fake news, des Évangélistes et de Twitter représente la lie du peuple Brésilien. La situation devient ubuesque quand Bolsonaro s’exprime le 24 septembre devant les représentants des 193 membres des Nations unies, dont 136 chefs d’Etats et de gouvernement. Les premiers mots du président brésilien ont été « pour remercier Dieu d’être en vie », évoquant implicitement l’attentat au couteau dont il avait été victime. La 74e Assemblée générale de l’ONU en 2019 montre la réalité d’un monde où les « démocraties illibérales », les « démocratures » et les leaders populistes de tout poil ont le vent en poupe. Juste après le président brésilien venait le tour de Donald Trump. Le président de l’« America First » a une nouvelle fois encensé un principe, celui de la souveraineté des nations. « L’avenir n’appartient pas aux “globalistes”, l’avenir appartient aux patriotes ».

Démocratie ou dictature en temps de crises ?

extraits : Il semble que le système autoritaire est en expansion dans beaucoup de pays, en Argentine par exemple.En Argentine, présenter le 19 novembre 2023 à la présidentielle le ministre de l’économie Sergio Massa était une provocation dans un pays où l’inflation était de 140 % et l’économie à l’arrêt. Les Argentins ont répondu : puisque vous nous présentez un bouffon incapable, nous allons élire un vrai clown ! Ils ont voté Javier Milei à 55,7 % des voix pour une distraction démagogique qui ne fera qu’amplifier les difficultés. Les éructations de ce type sont effarantes, la démocratie accouche d’un monstre. Javier Milei est le chantre d’un libéralisme radical et caricatural, qui compare la monnaie nationale à un « excrément » et veut diminuer drastiquement la dépense publique grâce à un « plan tronçonneuse ». « Vive la liberté, bordel » est son slogan préféré….

Léviathan climatique, dictature supranationale

extraits : Le livre de Geoff Mann et Joel Wainwright, Climate Leviathan s’intéresse aux différents types de scénarios politiques susceptibles d’émerger en réponse aux crises écologiques. C’est Thomas Hobbes, comme le titre le suggère lui-même, qui se trouve au cœur du livre – le Léviathan. Hobbes observait une nation déchirée par la guerre civile anglaise et estima qu’il valait mieux renoncer à sa liberté sous l’autorité d’un souverain tout puissant plutôt que de vivre dans une tel contexte de brutalités. Durant les années Bush, un « état d’exception » était en train de devenir la norme, sous couvert d’une « guerre contre le terrorisme » (war on terror). Néanmoins, cette vision de l’État n’a que très rarement été élargie à la réflexion sur le type de « politique de l’urgence » qui va surgir avec le réchauffement climatique. Les perturbations écologiques vont créer les conditions permettant à une nouvelle autorité souveraine de « prendre le commandement, déclarer l’état d’urgence, et mettre la Terre en ordre, tout cela au nom de la sauvegarde de la vie » – et cette fois-ci à l’échelle planétaire, et non plus nationale….

Démocratie ou dictature, les tendances actuelles

extraits : Les médias dans la montée des extrémismes ont un rôle central. Beaucoup d’entre eux ont attisé le feu des intolérances, par goût du spectaculaire ou pour des raisons idéologiques. Il ne suffit pas qu’un gouvernement arrive au pouvoir par les urnes pour qu’il soit démocratique. L’histoire des plus grandes tragédies humaines nous alerte sur la mécanique de l’engrenage : perte de repères, brutalisation, contestation des institutions et des élites, crispations identitaires, manipulation du langage, etc. L’extrémisme identitaire (religieux, nationaliste ou ethnique) durcit une opposition entre « eux » et « nous » potentiellement explosive et contagieuse. Personne ne maîtrise plus vraiment de tels engrenages enclenchés ou nourris par des apprentis sorciers croyant pouvoir instrumentaliser des passions qui finissent souvent par les dévorer eux-mêmes. Si un parti extrémiste arrive au pouvoir, il peut être amené à se durcir plus encore qu’il ne l’aurait voulu lui-même….

Surpopulation, en marche vers la dictature

extraits : Cette photo de soldats nord-coréens participant à un défilé militaire à Pyongyang le 25 avril 2025 montre parfaitement le résultat d’une société trop nombreuse : l’accaparement de tout le pouvoir par une élite restreinte [PHOTO]. C’est d’autant plus inquiétant qu’il s’agissait de la commémoration du 93ᵉ anniversaire de l’« armée révolutionnaire du peuple coréen » alors que ce n’était que l’arrivée d’une dictature héréditaire en Corée du nord. Aujourd’hui cette « armée révolutionnaire » combat contre la démocratie en Ukraine aux côtés d’un autre dictateur, Poutine. Demander à ce que la population mondiale maîtrise sa fécondité, c’est œuvrer pour la paix…

Illibéralisme, un autre mot pour dictature

extraits : L’Illibéralisme, un mot récent qui émerge dans les années 2010, un autre mot pourparler de dictature : « qui est opposé au libéralisme politique, à ses principaux fondements, tels que la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, l’État de droit et les libertés individuelles ». Donc Russie, Turquie, Chine… mais aussi USA, Hongrie, et la France vu par l’extrême droite… C’est l’« Internationale réactionnaire », celle qui, de Moscou à Washington en passant par Budapest, condamne la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds. On se veut au dessus des lois. Pourtant la séparation des pouvoirs et l’autorité de la chose jugée est un élément incontournable de la démocratie…

Dictature et natalisme en Hongrie

extraits : Dictature et natalisme vont de pair. La dictature repose sur un homme fort, l’homme fort est celui qui a beaucoup d’enfants. Il en est des pays comme des rapports de force dans les couples traditionalistes. En quelques années en Hongrie, avec Viktor Orban, le système d’équilibre des pouvoirs a disparu. Après la défaite électorale de 2002, Orban a commencé à utiliser des récits populistes nationalistes. En 2010, sa super-majorité parlementaire a permis à Orban de placer ses amis fidèles dans chaque institution de l’Etat. Ils ont été parachutés pour des mandats de neuf à douze ans à la Cour constitutionnelle, à l’autorité nationale des médias, à l’autorité de la concurrence, à la Cour des comptes et au bureau du procureur. M. Orban a renforcé le contrôle des médias, nommant des rédacteurs en chef fidèles au parti.…

L’amour du foot, c’est l’amour des dictatures

extraits : Tout comportement social résulte d’un conditionnement. Il n’y a pas que la religion qui constitue l’opium du peuple, il y a le nationalisme, le racisme, l’identification à un groupe d’appartenance, le rejet de tout ce qui n’est pas NOUS… et le footisme. Magouille, argent à tout va, violence, le foot est le reflet décadent de notre société ! Foot, foot, les médias parlent beaucoup foot alors que ce n’est qu’un faits divers parmi d’autres.Pourquoi le football rassemble-t-il autant de fans et suscite-t-il un tel engagement de la part de ceux-ci ?Le lien qui unit les supporteurs de football à leur équipe est surtout « tribal ». En cas de victoire de leur équipe, les supporteurs activent de manière significative leur amygdale cérébrale (impliquée dans la perception et le ressenti des émotions) ainsi que le circuit de la récompense. Le comportement des foules est influencé par la perte du sentiment de responsabilité de l’individu, on agit comme la masse agit. Les dictateurs profitent largement de cet état d’esprit que l’amour du foot facilite….

BIOSPHERE-INFO, L’écologie sans dictature (synthèse en 2016, strucutre)

1/2) La crainte d’un écofascisme pas si écolo que ça

En agrégeant toutes les crises à un niveau inouï, en combinant inégalités des richesses et pénurie des ressources, le drame écologique a une capacité de nuisance sans précédent : celle de nous ramener au pire de l’homme et de la barbarie. D’ici à 2050, la synergie des crises alimentaires, énergétiques, climatiques et démographiques va en effet entraîner une dégradation rapide et brutale du niveau de vie à l’occidentale. Il y aurait toutes les raisons d’être pessimiste. (…)

2/2) Une espérance : la formation d’un peuple écolo

Il y a le probable et le possible. Le probable c’est l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle, le possible c’est de faire en sorte que ça se passe le plus en douceur possible. La raison d’espérer, c’est que les citoyens ont pris les devants. Il se forme un peuple citoyen au niveau national et international….

Combattre une dictature, est-ce possible ? Lire la suite »

L’hiver nucléaire pour finir en beauté

Les enjeux actuels sont autrement plus importants que les logorrhées sur le triste sort de Quentin. Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire de l’ère nucléaire, sept des neuf Etats dotés d’armes nucléaires ont des dirigeants autoritaires : la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Inde, le Pakistan, Israël et les Etats-Unis. Le Royaume-Uni et la France sont les seules véritables démocraties libérales disposant d’arsenaux nucléaires.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/18/joseph-cirincione-96-des-tetes-nucleaires-dans-le-monde-sont-desormais-entre-les-mains-de-leaders-autoritaires_6667189_3232.html

(extraits) Que devient notre vision du monde dans un monde où 96 % des têtes nucléaires sont entre les mains de leaders autoritaires ? La justification fondamentale de la possession de telles armes était que les démocraties en avaient besoin pour dissuader des régimes autoritaires irresponsables et expansionnistes. Mais que se passe-t-il lorsque des nations autrefois démocratiques sont contrôlées par des hommes forts qui rejettent la morale et les contraintes juridiques ?

John F. Kennedy mettait en garde contre les dangers de voir quinze, vingt ou vingt-cinq nations se doter de la bombe – une épée de Damoclès nucléaire suspendue par « le fil le plus mince, susceptible d’être coupé à tout moment par accident, erreur de calcul ou folie ».

Quelques réactions sur lemonde.fr

– Je rappelle que les deux seules bombes atomiques larguées l’ont été par une démocratie.

– La question n’est pas aujourd’hui celle du régime, mais de la liberté des citoyens au sein d’un régime donné

– Et les dieux ont une fâcheuse tendance à promettre le paradis en récompense aux pires atrocités du moment qu’elles sont faites en leur nom !

– Ajoutons, à cette mixture militaire, l’IA ainsi que le collapsus écologique ; notre probabilité de survie de façon conviviale est assez proche de zéro.

– Gandhi, viens à notre secours, ils sont devenus fous….

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Quentin, un fait divers chasse l’autre, dommage

Un fait divers chasse l’autre, hier c’était Machin, aujourd’hui c’est Quentin. Difficile d’avoir des repères quand l’accessoire étouffe l’essentiel. Que peut-on retenir du lynchage de cet étudiant ? Nous constatons d’abord l’immense connaissance des médias grâce à Internet et les copains qui savent tout de vous et s’empressent de le dire, ainsi dans LE MONDE.

Quentin Deranque, un étudiant pieux, en pleine recherche identitaire, adepte d’un catholicisme intégral et attiré par l’« autodéfense ». Assidu de l’église traditionaliste Saint-Georges, où la messe se dit en latin, il aimait son pays, qui aimait son peuple, sa civilisation, sa religion. Donc Quentin est un nationaliste exacerbé. Il a suivi à Lyon les conférences d’Academia Christiana, point de convergence des extrêmes droites radicales, partisan de la remigration et de l’entraînement au combat physique. Quentin pouvait manifester le visage dissimulé par un cache-cou et des lunettes de soleil. Il militait dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire (NR), ethniciste, qui se distingue par sa fibre sociale et son antisémitisme.

En fait Quentin appartient à la mouvance néofasciste qui aime échanger des coups avec la mouvance antifasciste. Ce fait divers montre qu’une minuscule frange de la jeunesse qui se croit révolutionnaire utilise une idéologie pernicieuse qui est à la base de toutes les guerres, la mentalité de type religieux figée dans un bloc identitaire. Malheureusement cette minorité est soutenue idéologiquement par des médias aux mains de milliardaires, que ce soit en France ou aux USA ; on privilégie le monde d’avant, la race pure et le combat nationaliste. En face on privilégie un idéal révolutionnaire pervertie par le goût de la castagne… ou parfois du lynchage. 

La militarisation d’une révolution est toujours le tombeau d’une révolution.

Les commentaires sur lemonde.fr

Mam19 : Les mouvements identitaires et fascistes sont à l’exact opposé du message du Christ. Là où l’Évangile appelle à l’accueil de l’autre, à l’amour du prochain, à l’humilité et à la dignité inconditionnelle de toute personne, ces idéologies prônent l’exclusion, la peur, la hiérarchisation des êtres humains et la violence symbolique ou réelle. Se réclamer du christianisme pour justifier le rejet, la stigmatisation ou la domination est une trahison pure et simple du message chrétien. Oui, ces postures font honte aux chrétiens : elles défigurent la foi, instrumentalisent le Christ à des fins politiques et transforment un message de salut universel en une idéologie de fermeture et de ressentiment.

Christo62 en réponse à Mam19 :Ah ! Enfin un commentaire sensé !

Rdsd en réponse à Mam19 : Il faut aussi expliquer ça à Trump et Vance..

GuillaumeS en réponse à Mam19 : D’ailleurs il y a des connexions entre cathos tradi et païens dans ces groupuscules d’extrême droite. La religion n’est qu’un prétexte, elle sert d’étendard, mais on est à des années lumières des enseignements de Jésus.

Jamaiscontent : « [un] jeune homme français, radical dans sa foi, avec un sens de la justice aiguisé « . J’adore. Quand on a une foi radicale, la justice n’a plus sa place, les islamistes le montrent assez. Ils ne se rendent pas compte que leur salade indigeste ne vaut pas mieux que les prétendues « luttes intersectionnelles » de l’autre extrême ? Au-delà du meurtre dont on attend qu’il soit puni, et sévèrement, on est nombreux à être fatigué de ces discours de haine où le radicalisme n’est que la feuille de vigne de l’extrémiste de gauche comme de droite, et sert d’excuse à tous les excès.

En savoir plus sur les faits-divers grâce à notre blog biosphere

La dictature des faits divers, un désastre

Les faits divers, des faits qui font diversion

L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

L’effet de loupe, le fait qui fait diversion

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Les déclarations récentes sur le TIAN

La dissuasion nucléaire, qui n’a d’autre argument que la loi du plus fort, reçoit encore aujourd’hui très peu de critiques alors que les déclarations récentes de Poutine montrent qu’un usage disproportionné de la bombe ultime est toujours possible. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) sera bien signé un jour par les grandes puissances, on espère que ce sera avant qu’il soit trop tard.

9 mars 2022, tribune d’Alain Lipietz  : « L’apocalypse nucléaire reste possible tant que le monde ne coopérera pas au désarmement nucléaire »

(extraits) A vrai dire, « l’équilibre de la terreur » n’a jamais empêché les guerres « classiques », de la Corée au Vietnam et à l’Afghanistan. Il y a donc une faille dans la « dissuasion ». En somme, le nucléaire dissuade du nucléaire, mais ne dissuade que du nucléaire. Voici l’Europe avec l’invasion de l’Ukraine (24 février 2022) replongée dans son vieux cauchemar : une guerre majeure sur son sol. Pourtant, le consensus français sur l’efficacité de la dissuasion nucléaire est encore rappelé, dans ces colonnes, par Fabien Gouttefarde pour La République en marche (31 décembre 2021), par Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud pour La France insoumise (11 janvier). C’est le consensus même LRM-LFI pour la dissuasion nucléaire que nous, écologistes, rejetons. Fondée sur le « tout ou rien », la défense par dissuasion n’est « rien » si le « tout » est si apocalyptique qu’il terrorise celui-là même qui devrait le déclencher. Cependant l’apocalypse nucléaire peut se déclencher par accident, mauvais calcul, ou par les manœuvres de quelque « Main noire » irresponsable, comme la première guerre mondiale.

Sans aucun angélisme, les écologistes reconnaissent au contraire que seuls les accords nationaux et internationaux, si fragiles soient-ils, ont empêché l’histoire humaine de se réduire à une lutte sans fin de tous contre tous. Les écologistes sont déterminés à engager la France et à pousser ses alliés dans le processus du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur en janvier 2021. Interdiction qui doit être universelle et contrôlée. Car nous plaçons au-dessus de tout la défense du vivant et de l’existence même de l’humanité.

17 juin 2022, un collectif de 56 parlementaires français et eurodéputés demande au chef de l’Etat, Emmanuel Macron, d’assister à la première réunion du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté par l’ONU, qui se tiendra à Vienne, du 21 au 23 j

(extraits) Le président Poutine a décidé d’utiliser sa « grammaire nucléaire » à travers l’annonce de la mise en régime spécial d’alerte de ses forces nucléaires, avec des discours menaçants, des exercices de tir ou encore la diffusion d’images de notre capitale, Paris, détruite par un missile (« Satan 2 ») d’une puissance de 50 mégatonnes. Sans le droit international humanitaire et les conventions régissant l’utilisation de systèmes d’armes, notre monde serait anarchique. Et même si nous ne partageons pas tous l’objectif final du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté par l’Organisation des nations unies (ONU), nous ne comprendrions pas que la France laisse son siège vide lors de la tenue, du 21 au 23 juin, de sa première réunion à Vienne.Les deux traités (TNP et TIAN) ont pour objectif de protéger les populations civiles ; les armes nucléaires étant destinées, comme ne cesse de le rappeler M. Poutine, à frapper des villes.

La première réunion des Etats parties au TIAN se tiendra à l’Office des Nations unies à Vienne. Plus d’une centaine d’Etats seront présents (Etat membre ou simple signataire), ainsi que des Etats observateurs. Ce statut offre le moyen de suivre les débats et d’exposer des positions, sans participer aux votes. L’opposition à ce traité est une chose, le refus de dialoguer avec la majorité des États nous apparaît fort dommageable à l’heure où les menaces nucléaires sont réelles. Monsieur le président Macron, à l’heure où Vladimir Poutine menace d’utiliser l’arme nucléaire dans la guerre d’agression qu’il mène contre l’Ukraine, vous avez l’occasion d’affirmer votre refus de cette menace.

14 janvier 2026. La France doit-elle signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ?

Réponse de l’IA Perplexity du MONDE : Non, la France ne doit pas signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté en 2017 et entré en vigueur en janvier 2021, car elle maintient sa doctrine de dissuasion nucléaire comme garante de ses intérêts vitaux.

Ce traité, signé par une centaine d’États mais par aucun pays détenteur de l’arme atomique, est rejeté par la France qui conserve deux composantes nucléaires (océanique avec les SNLE et aéroportée) pour infliger des « dommages inacceptables » à un agresseur.

La doctrine française, réaffirmée par Nicolas Sarkozy en 2008 et François Hollande en 2015, repose sur la « stricte suffisance » avec moins de 300 ogives, indépendante de l’OTAN, face à des menaces comme celles de la Russie.

Des voix critiques, comme celles de Paul Quilès en 2016, dénoncent le renforcement budgétaire de la dissuasion comme une prolifération verticale contraire au TNP, tandis que l’Assemblée de Polynésie a soutenu le TIAN en 2023.

Notre commentaire

LE MONDE, journal dit « de référence » est en fait bien inféodé au lobby militaro-industriel . Les parlementaires ne veulent que d’un statut d’observateur pour la France, certainement pas une ratification du TIAN. Lipietz se révèle comme le seul penseur des Verts qui soit logique : un écologiste ne peut qu’exiger une ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

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Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires

DE L’URGENCE D’AFFIRMER LE SOUTIEN DES ÉCOLOGISTES AU TIAN : TRAITE SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLEAIRES

Le contexte international nous rappelle régulièrement la réalité du risque nucléaire que ce soit par décision d’un chef d’État déséquilibré ou que ce soit par accident involontaire. En cas de guerre nucléaire, il n’y aura pas de gagnant, c’est ce que mettent en évidence les scientifiques quand ils décrivent les conséquences qu’aurait à l’échelle planétaire un « hiver nucléaire ». Pour les réalistes et les pacifistes, une seule solution : l’interdiction des armes nucléaires. Or à ce jour, deux outils juridiques constituent un espoir.

– le TNP, Traité de Non-Prolifération nucléaire que la France a rejoint en 1992. Début 2020, 191 États l’ont ratifié. Seuls quatre États ne l’avaient pas signé : l’Inde, Israël, le Pakistan et le Soudan du Sud.

– le TIAN, Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires. Ce traité a été adopté à l’ O.N.U en 2017, entré en vigueur en 2021 mais non ratifié par la France en 2026.

Aujourd’hui, la France va jusqu’à boycotter les sessions de l’ONU qui sont consacrées au TIAN. Le discours politique actuel consiste à dire que la France s’engagera dans un processus de désarmement nucléaire quand tous les autres pays feront de même. Or nous savons pertinemment qu’une telle attitude condamne au statu-quo. C’est pourquoi, la France doit prendre ses responsabilités. En ratifiant le TIAN, la France exprimerait très clairement sa volonté de s’engager concrètement dans un processus concerté de sortie de la menace nucléaire. Voici le contenu du traité :

Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

Le Traité a été adopté le 7 juillet 2017 par la Conférence des Nations Unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète.

Les États Parties au présent Traité,

– Résolus à contribuer à la réalisation des buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies,

– Profondément préoccupés par les conséquences catastrophiques sur le plan humanitaire qu’aurait tout recours aux armes nucléaires, et estimant par conséquent nécessaire d’éliminer complètement ce type d’arme, seul moyen de garantir que les armes nucléaires ne soient plus jamais utilisées, quelles que soient les circonstances,

– Conscients des risques que fait peser la persistance des armes nucléaires, notamment du risque d’explosion d’armes nucléaires résultant d’un accident, d’une erreur d’appréciation ou d’un acte intentionnel, et soulignant que ces risques concernent la sécurité de l’humanité tout entière et que tous les États ont la responsabilité commune de prévenir toute utilisation d’armes nucléaires,

– Gardant à l’esprit que les effets catastrophiques des armes nucléaires ne peuvent être contrés de manière satisfaisante, transcendent les frontières nationales, ont des répercussions profondes sur la survie de l’humanité, l’environnement, le développement socioéconomique, l’économie mondiale, la sécurité alimentaire et la santé des générations actuelles et futures et touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, notamment en raison des effets des rayonnements ionisants,

– Prenant note des impératifs éthiques pour le désarmement nucléaire et de la nécessité pressante d’instaurer un monde exempt à jamais d’armes nucléaires, qui serait un bien public mondial des plus précieux, servant les intérêts de la sécurité nationale et collective,

– Conscients des souffrances et des dommages inacceptables subis par les victimes de l’emploi d’armes nucléaires (hibakushas) et par les personnes touchées par les essais d’armes nucléaires,

Réaffirmant que tous les États doivent se conformer en tout temps au droit international applicable, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme,

– Se fondant sur les principes et les règles du droit international humanitaire, en particulier le principe selon lequel le droit des parties à un conflit armé de choisir des méthodes ou moyens de guerre n’est pas illimité, le principe de distinction, l’interdiction des attaques menées sans discrimination, les règles relatives à la proportionnalité et aux précautions dans l’attaque, l’interdiction de l’emploi d’armes de nature à causer des maux superflus ou des souffrances inutiles et les règles relatives à la protection du milieu naturel,

– Rappelant que, conformément à la Charte des Nations Unies, les États doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies, et qu’il faut favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde,

– Préoccupés par la lenteur du désarmement nucléaire, par l’importance que continuent de prendre les armes nucléaires dans les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité et par le gaspillage de ressources économiques et humaines dans des programmes de production, d’entretien et de modernisation d’armes nucléaires,

– Estimant qu’une interdiction des armes nucléaires juridiquement contraignante constitue une contribution importante en vue d’instaurer un monde exempt à jamais d’armes nucléaires, dans lequel ces armes auraient été éliminées de manière irréversible, vérifiable et transparente, et résolus à agir dans ce sens,

– Résolus à agir pour que de réels progrès soient accomplis sur la voie d’un désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace,

  •  Constatant l’importance de l’éducation en matière de paix et de désarmement sous tous leurs aspects et de la sensibilisation aux risques et aux effets des armes nucléaires pour les générations actuelles et futures, et déterminés à diffuser les normes et principes inscrits dans le présent Traité,

Sont convenus de ce qui suit :

Article premier Interdictions

Chaque État Partie s’engage à ne jamais, en aucune circonstance :

a) Mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, acquérir de quelque autre manière, posséder ou stocker des armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires;

b) Transférer à qui que ce soit, ni directement ni indirectement, des armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires, ou le contrôle de telles armes

ou de tels dispositifs explosifs;

c) Accepter, ni directement ni indirectement, le transfert d’armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires ou du contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs;

d) Employer ni menacer d’employer des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires;

e) Aider, encourager ou inciter quiconque, de quelque manière que ce soit, à se livrer à une activité interdite à un État Partie par le présent Traité;

f) Demander ou recevoir de l’aide de quiconque, de quelque manière que ce soit, pour se livrer à une activité interdite à un État Partie par le présent Traité;

g) Autoriser l’implantation, l’installation ou le déploiement d’armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires sur son territoire ou en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle.

Article 2 Déclarations

Chaque État Partie communique au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, au plus tard 30 jours après l’entrée en vigueur du présent Traité à son égard, une déclaration dans laquelle il indique :

a) S’il a été propriétaire ou détenteur d’armes nucléaires ou de dispositifs explosifs nucléaires ou s’il en a contrôlés, et s’il a abandonné son programme d’armement nucléaire, y compris en éliminant ou en reconvertissant irréversiblement toutes les installations liées aux armes nucléaires, avant l’entrée en vigueur du présent Traité à son égard;

b) S’il est propriétaire ou détenteur d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires ou s’il en contrôle, nonobstant l’article 1, alinéa a);

c) Si, sur son territoire ou en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle, se trouvent des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires dont un autre État est propriétaire ou détenteur ou qu’il contrôle, nonobstant l’article 1, alinéa g).

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TIAN, Traité interdisant les armes nucléaires

extraits : Le Traité international interdisant les armes nucléaires (TIAN) est entré en vigueur le 22 janvier 2021, mais il n’était pas signé par les pays déjà détenteurs de l’arme atomique. Avec les États-Unis et la Russie, le monde compte au total neuf puissances nucléaires, incluant aussi la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Le TIAN prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes. C’est le « premier instrument juridiquement contraignant à interdire explicitement ces armes, dont l’utilisation a un impact indiscriminé, touche un grand nombre de personnes en peu de temps et cause des dommages à très long terme à l’environnement », a fait valoir le pape François.

Le 24 octobre 2020, un 50e pays avait ratifié le Traité approuvé par une centaine d’États, permettant sa mise en œuvre 90 jours plus tard. Le Japon, seul pays à avoir subi le feu nucléaire, a exclu de le signer pour l’instant et mis en cause son efficacité, vu précisément que les puissances atomiques n’y adhérent pas. Ce traité est « inadapté au contexte sécuritaire international », a estimé le ministère français des Affaires étrangères. « Il n’est assorti d’aucun mécanisme de vérification clair ou rigoureux… Il fragilise le TNP (Traité de non prolifération)… Toute la politique française de sécurité repose sur la dissuasion nucléaire ». C’est à l’image de l’aveuglement stratégique de la France.

Lors de la présidentielle 2017, un seul candidat avait fait connaître son intention de « remplacer la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen dénucléarisé » , Yannick Jadot (75e proposition de « la France vive »). Il s’était ensuite aligné sur la position de Hamon (« défendre le rang de la France »), rien dans leur plate-forme commune n’avait trait aux armes nucléaires…

Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires Lire la suite »

La France contribue à la guerre Inde / Pakistan

Dans son programme bio-économique minimal, Nicholas Georgescu-Roegen développe : «Il faudrait interdire totalement non seulement la guerre elle-même, mais la production de tous les instruments de guerre. Les pays qui sont tellement développés qu’ils sont devenus les principaux producteur d’armement devraient être capables de parvenir sans difficulté aucune à un consensus sur une telle interdiction si, comme ils le prétendent, ils possèdent de surcroît assez de sagesse pour guider l’humanité. L’arrêt de la production de toutes les instruments de guerre libérera des forces de production fantastiques en faveur de l’aide internationale sans pour autant abaisser le niveau de vie des pays intéressés.»

La France fait tout le contraire.

LE MONDE avec AFP : Le ministère de la défense indien a approuvé le 12 février 2026, une mégacommande d’équipements ⁠militaires d’un montant de 3 600 milliards de roupies (33,4 milliards d’euros) incluant 114 avions de combat Rafale.  La majorité des avions à acquérir seront fabriqués en Inde », a précisé le ministère. Le gouvernement indien réclame un vaste transfert de technologies. Ce schéma de production s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Make in India ». Le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d’habitants, a fait de la modernisation de son armée une priorité absolue notamment en raison des tensions avec la Chine et le Pakistan. L’industrie de défense chinoise équipe le Pakistan.

L’Elysée a salué un « jalon très important » vers un contrat « historique »…..

Le point de vue des écologistes pacifistes

– ISLAMABAD pas content de cette contribution active de la France dans sa guerre avec l’Inde.

– Le Pakistan va acheter 1140 avions à la Chine pour maintenir l’équilibre des forces.

– Un futur marché juteux pour les industries d’armement française. Que du bonheur sur des monceaux de cadavres.

– Les Rafale sont construits en Inde, cela veut dire emplois pour l’Inde et dividendes pour les actionnaires Dassault , direction les paradis fiscaux. Cela ne rapporte strictement rien aux Français.

– On va encore créer un concurrent sur le marché avec du transfert de technologie ?

– Commercer avec des pouvoirs autoritaires semble devenir la norme en France.

– Nos clients sont épargnés de critiques sur le respect des droits fondamentaux en Inde.

– Bref, ils ne l’ont pas encore acheté, mais comme d’habitude ce sera encore les Français qui paieront une partie du contrat,

– Et le Danemark préfère les F35 de son ennemi objectif, les USA.

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des Rafale en Inde, tout le monde se réjouit. Pas moi ! (septembre 2016)

extraits : Cocorico, la France exporte des avions de chasse «Rafale». Enfer et damnation, la France exporte ces 36 avions de chasse en Inde. Il est absolument inconséquent qu’un ministre de la défense nationale signe un contrat pour doter d’un armement sophistiqué un pays étranger. Atterrant qu’un ministre de la défense se fasse le représentant d’intérêts particuliers, ceux de Dassault. Extraordinaire et de parti pris que la France arme l’Inde dans la perspective d’un conflit de ce pays avec le Pakistan : « Le missile air-air de toute dernière génération Meteor, dont le Rafale sera équipé, peut atteindre l’intérieur du Pakistan sans qu’il ait besoin de traverser la frontière ». Abominable, le gouvernement indien va dépenser, pour les avions de combat, l’équivalent d’un an et demi de son budget consacré à la santé alors que les hôpitaux publics sont délabrés et tout le reste à l’avenant. (notre commentaire par rapport à l’article du MONDE du 24 septembre 2016)….

vente en Rafale, célébrée par Stéphane Lauer (février 2012)

extraits : Le chroniqueur Stéphane Lauer est dithyrambique : « Faute de commandes à l’exportation, le Rafale plombait la loi de programmation militaire. Ne boudons pas la bonne nouvelle, la perspective de cette commande indienne (de 126 avions Rafale) permettrait de décaler l’achat par l’armée française de 18 chasseurs, l’équivalent de 1,8 milliards d’euros. » Sachant au total que la France serait équipée de 286 appareils pour une facture de 43,6 milliards d’euros, une vraie bénédiction ! Ainsi va notre monde qui se glorifie de la multiplication d’engins de destruction, même dans un pays comme l’Inde qui se disait à une autre époque adepte de la non-violence….

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Un projet français pour la paix mondiale

Mon père a passé 26 mois dans les camps de concentration nazis, en particulier dans le tunnel de Dora. J’en ai tiré les conséquences, j’ai été objecteur de conscience au début des années 1970. Mais je constate que le principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » reste toujours dominant en 2026 et sans espoir visible que ça change.

L’invasion de l’Ukraine nécessite certes un soutien militaire massif de l’UE. Mon idéal d’objecteur ne m’empêche pas d’envisager au niveau géopolitique la nécessité d’être pragmatique. Mais l’augmentation du budget militaire français voté le 10 décembre par le parlement n’avait rien à voir avec l’Ukraine. Et l’armée russe n’a pas l’intention de défiler sur les Champs Élysées.

Le problème essentiel, c’est le positionnement global du mouvement écologiste. Actuellement, il soutient aveuglément le réarmement militaire voulu par Macron. Il lui manque une vision globale, un « plan de paix ». J’ai élaboré un tel plan en dix points qui se veut pragmatique, politiquement possible à mettre en œuvre par un pays qui veut échapper à l’état de guerre perpétuelle.

Michel Sourrouille

Un projet français pour la paix mondiale

Deux guerres mondiales, des guerres coloniales, même l’institutionnalisation de l’Organisation des Nations unies n’a pas permis d’échapper aux violence armées. Nous sommes en 2026, nous assistons à des nationalisme exacerbés et des « opérations militaires » un peu partout. Emmanuel Macron militarise la France, augmentation des dépenses militaires, construction d’un nouveau porte-avions, service militaire volontaire… Nous pouvons penser autrement.

1) La tendance à la non conflictualité est aussi ancienne que l’art de la guerre. La non-violence est à la base de presque toutes les religions, du jaïnisme (Xᵉ siècle av. J.-C.) aux Évangiles. Les chrétiens, aux trois premiers siècles de l’Église, refusaient le service des armes. La fête du 14 juillet faisait référence au 14 juillet 1790, jour de l’union fraternelle de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Ce n’était pas un défilé militaire.

On peut à l’école apprendre l’esprit de coopération et la force de la non violence. Si tu veux la paix, prépare la paix. La Constitution de la France pourrait adopter le point de vue japonais : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. »

2) Le nationalisme devrait être obsolète. Aujourd’hui notre appartenance à un territoire élargi est symbolisé par le drapeau de l’Union européenne. Mais un autre drapeau mérite l’attention d’une humanité pacifiste et pacifiée, celui de l’ONU. Sa vocation est de promouvoir la fin des conflits dans le monde.

3) Le terme « défense » possède deux acceptions, préparer la guerre ou promouvoir la capacité de résistance. Lors de la JDC (Journée défense citoyenneté) obligatoire pour tous les jeunes, il serait normal d’avoir un module centré sur la DCNV (défense civile non-violente) pour apprendre à résister à l’injustice. Ministère de la défense, ministère des armées, plutôt ministère de la paix.

4) Il devrait même être possible lors de cette journée de se déclarer OC (objecteur de conscience), opposé à l’usage collectif des armes. Le statut d’OC est reconnu par la France depuis décembre 1963. La fin du service militaire obligatoire n’empêche pas qu’une mobilisation générale soit un jour possible. En démocratie, on devait avoir le choix entre combattre par les armes ou vouloir la paix.

5) Les armes attisent les conflits plus qu’elles ne les apaisent, et on n’éteint pas un incendie avec un lance flammes. Toute vente d’armes par la France à des pays tiers est une erreur stratégique et un non-sens si on recherche la paix.

6) Les faits sont têtus : l’arme nucléaire n’empêche pas la guerre ni un territoire national d’être attaqué. Le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) est signé à l’ONU en 2017 et ratifié par nombre de pays. La France devrait faire de même.

7) L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (North Atlantic Treaty Organization) est l’organisation politico-militaire mise en place le 4 avril 1949 face aux Soviétiques. Mais il y a eu dissolution du pacte de Varsovie en 1991. L’OTAN aurait du disparaître au même moment. En novembre 2019, le président Emmanuel Macron avait horrifié la communauté occidentale en déclarant l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) « en état de mort cérébrale ». Tout instrument de guerre doit être supprimé quand il peut l’être.

8) Mieux vaudrait mettre l’armée française sous les couleurs de l’ONU. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été instaurée en 1945 dans le but de préserver la paix et la sécurité internationales. Cet objectif est intégré dans la Charte des Nations Unies : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »

Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant ses forces armées à l’ONU pour le maintien de la paix, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?

9) Pour diminuer le quasi monopole d’une langue nationale dans les relations mondiales et pour favoriser les échanges entre les peuples, nous avons besoin d’une langue-pont apprises dans toutes les écoles. L’espéranto, c’est 7 500 mots d’usage courant, une grammaire très simplifiée de 16 règles ne connaissant pas d’exception, une langue si facile que le temps d’apprentissage en est réduit. Pouvoir se parler sans intermédiaire, c’est un bon moyen de pacifier l’existence.

10) Les fondateurs de l’Union européenne ont poursuivi deux objectifs en parallèle, un projet de paix et un projet de puissance. En d’autres termes, le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles tandis que le projet de puissance requiert le développement d’une force armée. Mais constituer un nouveau bloc dédié à la guerre ne peut que renforcer la militarisation du monde. Contre un réarmement militaire européen, la France propose que l’UE suive la voie qu’elle a tracée par les actions politiques proposées ci-dessus.

Pour conclure, on ne connaît pas une seule guerre qui ait servi à quoi que ce soit pour faire progresser l’intelligence collective de l’humanité. D’autre part nous faisons la guerre à la planète. Or la défense militarisée n’est d’aucun secours pour faire face aux menaces écologiques. Au contraire, elle les accroît.

Michel Sourrouille

NB : Ce projet a été publié dans L’Humanité le 29 janvier 2026

Un monde de paix et de non-violence

https://www.humanite.fr/en-debat/nations-unies/un-monde-de-paix-et-de-non-violence

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Agenda, la DCNV expliquée le 4 février

SE DÉFENDRE SANS FAIRE LA GUERRE ?

La Défense Civile Non-Violente trouve son origine dans de nombreux cas historiques de résistances non militaires, mais particulièrement efficaces. Et nombreux sont ceux qui aujourd’hui, considèrent que la DCNV pourrait constituer une véritable protection de notre démocratie, non seulement face à une menace venant de l’extérieur, mais également face à une menace venant de l’intérieur… Une approche par ailleurs en pleine adéquation avec les principes fondamentaux de l’Écologie politique.

C’est pourquoi la Commission Paix & Désarmement du parti « Les Écologistes »

a décidé d’organiser un webinaire ouvert à toutes et à tous

MERCREDI 4 FÉVRIER à 20H30 – durée : 1h30

Intervenant : Alain REFALO

Pour obtenir le lien de connexion adressez dès aujourd’hui à :

laurent.lintanf@orange.fr

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Patriotisme et Nationalisme va-t-en-guerre

C’était le 11-Novembre 2018, Emmanuel Macron pour le centenaire de la Grande Guerre : « Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme, le nationalisme en est une trahison ». C’était un discours devant plus de 70 chefs d’État, dont Vladimir Poutine et Donald Trump.

En 2026, le récit national d’ Emmanuel Macron s’est mis au service d’un réarmement militaire et d’évocation de la « puissance » dans un contexte géopolitique bouleversé par l’invasion de l’Ukraine par la Russie : « Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort ». Les évocations de la patrie se font désormais dans un contexte guerrier.

Comme quoi la différence entre nationalisme et patriotisme est devenue imperceptible en situation de crise. Dans les deux cas, ils s’agit de se préparer à la guerre. Ce n’est pas le sens habituel. La différence principale entre nationalisme et patriotisme réside dans leur orientation. Le patriotisme est normalement un attachement positif à la patrie, le plus souvent lié à des valeurs démocratiques. Le nationalisme a tendance à être xénophobe. Le patriotisme fait de l’inclusion, le nationalisme incite à l’exclusion.

Le nationalisme évolue historiquement en deux stades : d’abord progressiste, il libère un peuple dépendant et exprime une volonté d’autonomie nationale ; ensuite, une fois l’indépendance acquise, il devient régressif, marqué par la xénophobie, le racisme et l’impérialisme, refusant les limites de l’indépendance des autres. C’est du Poutine tout craché, un nationalisme dévoyé comme sous le IIIe Reich.

Le patriotisme est plutôt un attachement aux réalisations démocratiques des États-nations.

Les nationalistes ont dérobé le mot patriotisme pour en faire un mouvement uniformisant et violent, rejetant la différence, se repliant sur un territoire donné. Il faudrait arracher le patriotisme du nationalisme pour en faire à nouveau un projet positif. Le patriotisme peut être un sentiment d’affection et de connexion à la patrie compatible avec une loyauté envers l’humanité. Mais il peut devenir un patriotisme idolâtre… donc nationaliste.

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Adlous Huxley, un pacifiste en 1937 (extraits)

Adlous Huxley a publié en anglais une « encyclopédie du pacifisme » en 1937.

– Nationalisme

La seule définition qui convient au mot « nation » est une communauté organisée pour faire la guerre. Il est clair qu’une nation n’est pas une entité raciale, puisque des millions de Noirs sont citoyens des Etats-Unis. Ce n’est pas une entité linguistique, puisque la nation suisse est composée de locuteurs allemands, français et italiens. Ce n’est pas davantage une entité géographique. La définition donnée ci-dessus est celle qui est reconnue par la Société des Nations qui admet parmi ses membres une communauté de membres, même petits, qui ont leur propre armée. La Californie ne peut être membre. Mais si une révolution devait la diviser en une douzaine de dictateurs assoiffés de sang, chacun d’eux pourrait être représenté à Genève.

– Patriotisme

Il existe un Tout plus vaste dont la patrie n’est qu’un morceau. Accorder à une partie de l’univers la vénération qui ne peut revenir qu’au Tout, c’est de l’idolâtrie. L’adoration d’une partie du Tout entraîne des conflits avec les adorateurs d’autres parties. Chaque système d’idolâtrie encourage ses adeptes à haïr les adeptes de tous les autres systèmes. Hellènes et barbares, peuple élu et païens, aryens et non-aryens, prolétaires et bourgeois, Anglais de Dieu et « races inférieures » sans loi. Les mots qui expriment l’éloge de soi et le mépris des autres a varié d’une époque à l’autre, mais les sentiment détestables du patriotisme idolâtre ont toujours été les mêmes. Eux et Nous.

– Religion nationaliste

La place de Dieu a été largement supplantée par des entités déifiées telles que la Nation, la Race, la Classe, le Parti. Dans les États totalitaires, ces entités abstraites sont incarnées dans la personne du chef semi-divin. L’idolâtrie locale est prêchée dans les écoles, dans la presse, sur les ondes, dans les discours politiques, souvent même dans les chaires chrétiennes. En 1914, les autorités ecclésiastiques de tous les pays belligérants se rallièrent avec enthousiasme à leurs gouvernements respectifs et prêchèrent un guerre sainte contre leurs frères chrétiens, simplement parce qu’il vivaient du mauvais côté de la frontière nationale.

Mort pour la France, est-ce raisonnable ?

Extraits : Historiquement, mourir pour la patrie a été présenté comme un idéal, notamment lors des grandes guerres du XXe siècle. Les soldats de 1914-1918, par exemple, étaient convaincus que l’avenir de leur pays et de leurs proches en dépendait, et acceptaient ce sacrifice dans un contexte d’adhésion collective à la nation.

Dans la société contemporaine, cette notion est de plus en plus perçue comme une « grande boucherie » ou une fatalité absurde, et la mémoire officielle tend à présenter les morts comme des victimes plutôt que comme des héros volontaires.

Morts pour la patrie, morts pour rien

extraits : Chacun sa patrie, terreau de la guerre. Les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles. Par exemple le 11 novembre 1918 est une victoire pour les Français, mais le début d’un engrenage mortel pour les Allemands. ll y a trois catégories de pays : ceux où l’enseignement de l’histoire veut conforter le chauvinisme national, et ces pays sont majoritaires. Ensuite, il y a les pays de l’Europe du Nord où il n’existe pas de programme national car cela pourrait être considéré comme une atteinte à la liberté de penser. Et il y a une poignée de pays où l’on vise à renforcer la réconciliation entre les peuples. La moitié des pays européens n’enseigne pas la construction européenne, mais relate guerre fratricide après guerre fratricide…

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Marine Tondelier, une écologiste va-t-en-guerre

La différence sur la question militaire est nette entre les écologistes représentés par Marine Tondelier (MT) et les écologistes représentés par Michel Sourrouille (MS). Qui a raison ? A nos commentateurs de trancher…

source : Marine Tondelier : « Si l’Europe ne se dote pas de leviers de puissance, elle ne sera pas respectée »

MT : Nous devons créer et armer un commandement militaire intégré européen placé sous la tutelle du Conseil européen.

MS : L’Union européenne est faite pour unir des peuples par un élargissement progressif à des pays de plus en plus nombreux. C’est une tentative locale de coordination des pays au niveau socio-économique, écologique et politique. Son objectif n’est pas de devenir une nouvelle puissance militaire qui voudrait pouvoir combattre à égalité contre la Chine… ou les USA. Les écologistes doivent rappeler que l’ordre mondial se fait sous l’égide de l’ONU. Voici quelques extraits de la Charte des Nations unies qui forge les relations entre Etats depuis 1945 :

NOUS, PEUPLES DES NATIONS UNIES, RÉSOLUS à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales… Les buts des Nations Unies sont les suivants : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix… Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes… Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

https://www.un.org/fr/about-us/un-charter/full-text

MT : L’Ukraine doit être soutenue militairement, économiquement et politiquement aussi longtemps que nécessaire.

MS : Sur ce point, on ne peut qu’être d’accord mais en faisant remarquer que ce n’est pas à la France, à l’Union européenne ou aux Etats-Unis de porter assistance, mais à l’ONU puisque la Russie, membre de l’ONU, viole la charte qui interdit de recourir à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale d’un autre pays. Mais puisqu’il y a blocage à cause du droit de veto accordé aux grandes puissances, il semble normal de se substituer à une organisation internationale défaillante et de procurer aux Ukrainiens les moyens de se défendre contre une dictature guerrière.

MT : L’autonomie stratégique européenne doit aller de pair avec une plus grande coopération militaire à l’échelle du continent.

MS : Marine Tondelier n’a que l’aspect militaire à la bouche. Mais si les écologistes ne mettent pas en avant les principes du pacifisme et la lutte contre les causes des guerres, qui le fera ?

MT : Les industries nationales d’armement doivent évoluer vers un modèle européen fondé sur la commande publique, une préférence et une intégration européennes et une logique d’exportation encadrée par des critères éthiques et démocratiques.

MS : Il est absurde d’exporter des armes qui ne peuvent que soutenir des guerres à l’extérieur de nos frontières quand elles ne sont pas utilisées contre nous, ce qui est toujours possible. L’Ukraine est un cas particulier dont on a parlé plus haut.

MT : La coopération doit se développer dans les domaines du renseignement, du spatial, des facilitateurs stratégiques, des nouvelles technologies militaires.

MS : La coopération se développe déjà dans ces différents domaines. Par contre au niveau de la lutte contre le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité, les pollutions…, il y a une absence de coordination au niveau européen ou mondial. Le progrès technologique a dépassé ses limites, inutile d’avoir des armes encore plus sophistiquée ou d’aller sur Mars pour parer à la surpopulation terrestre. On doit se recentrer sur ce qui est vraiment utile et nécessaire.

MT : La France doit envisager l’extension de sa garantie de sécurité nucléaire de dernier recours sans partager la décision finale.

MS : Au niveau nucléaire, la France devrait ratifier le TIAN (Traité international interdisant les armes nucléaires) déjà en vigueur depuis janvier 2022. Il est amplement montré que la dissuasion nucléaire est une expression trompeuse, les Américains ont déjà montré qu’ils pouvaient utiliser des bombes nucléaires contre des civils et la Russie de Poutine a même menacé d’envoyer une bombe sur Paris. De toute façon le nucléaire n’a jamais empêché les guerres, il suffit de constater ce qui se passe aujourd’hui en Palestine, au Soudan, en Ukraine, et bientôt au Groenland ou à Taïwan !

MT : La France doit aussi conduire avec ses alliés un mouvement de désarmement global pour prévenir la prolifération des armes de destruction massive.

MS : Cette phrase de Marine Tondelier est ambigu, quelles sont les armes de destruction massive concernées : le fusil-mitrailleur ? le missile ? l’arme nucléaire ? Les inventions technologiques sont devenues de plus en plus destructrices, et ce sont les civils qui de nos jours comptent le plus de victimes. On peut abattre des immeubles et des personnes caché derrière un écran. La prolifération des armes ne s’arrêtera que quand les armées nationales disparaîtront. Normalement la recherche de la paix dans notre société mondialisée ne doit pas être fait par des armées nations particulières mais par les casque bleus de l’ONU, les soldats de la paix. Quand la France confiera ses forces armées à l’ONU, on aura fait un grand pas vers la paix mondiale. Les armes utilisées seront alors équivalentes à celles de la gendarmerie française. Une force d’interposition n’envoie pas des missiles, elle est garante de la paix internationale.

MT : La sécurité ne se limite pas au militaire : notre stratégie doit être indissociablement climatique, sociale et démocratique. Aucune politique de défense ne sera durable si elle se fait contre les services publics et la protection sociale.

MS : Quand on dit que la sécurité ne se limite pas au militaire, il faudrait ajouter que ce n’est pas un livret de survie qu’on doit distribuer à la population, mais lui donner la capacité de combattre l’injustice, toutes les injustices. En terme de défense, il faudrait donner priorité à la DCNV (défense civile non violente). Un module sur la question devrait obligatoirement être donné lors de la JDC (Journée Défense Citoyenneté, obligatoire pour tous les jeunes). Le président Macron a au contraire totalement militarisé cette journée depuis septembre 2025.

Pour conclure, les fondements de l’écologie politique reposent sur la non violence, lire ci-dessous. C’est ce que devrait rappeler en premier lieu la secrétaire nationale du parti« Les Écologistes » ».

La Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001)

« Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme. Conditions :

  • Une conception globale de sécurité mondiale qui donne la priorité aux aspects sociaux, économiques, écologiques, psychologiques et culturels d’un conflit, au lieu d’une conception fondée prioritairement sur les rapports de forces militaires ;
  • Un système mondial de la sécurité susceptible de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits ;
  • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures, à l’éradication du racisme, à l’encouragement de la liberté et de la démocratie et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  • Un désarmement général et complet, notamment par des accords internationaux, afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques, des mines anti-personnel et des armes à l’uranium appauvri ;
  • Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;
  • L’établissement d’un code de conduite rigoureux concernant les exportations d’armes à des pays où les droits de l’Homme sont bafoués. »….

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ONG humanitaires et recherche de la paix

Le pouvoir israélien a confirmé le 1er janvier 202, l’interdiction de l’entrée de 37 organisations humanitaires à Gaza dont Médecins sans frontières, Save the Children, CARE, Oxfam, Médecins du Monde, Handicap International… Il faut ajouter la suppression décidée par Donald Trump en 2025 de plus de 90 % des financements de l’Usaid, la puissante agence américaine d’aide humanitaire dans le monde, et l’arrêt des financements américains à plusieurs agences onusiennes, dont l’UNRWA (agence créée par l’ONU en 1949 pour le secours des réfugiés palestiniens). Ainsi, à Gaza et ailleurs, le soin humanitaire est tombé de son piédestal, et c’est une chute brutale.

Michel Agier : Les années 1990 ont été marquées par le déploiement à l’échelle planétaire des grandes organisations non gouvernementales (ONG). Ce fut le cas d’Oxfam International, en 1995, de l’alliance internationale Save the Children, en 1997, du mouvement international MSF, en 1990, ou encore du réseau Action contre la faim international, en 1995. Ces mouvements ont incarné un élan compassionnel. En même temps, l’affaire est devenue trop juteuse pour la laisser aux mains de jeunes rêveurs déterminés par leurs seuls élans humanistes. Un caractère plus entrepreneurial que militant s’est progressivement développé dans la culture professionnelle des ONG, un capitalisme de catastrophe est à l’œuvre. Aujourd’hui elles sont explicitement désavouées par les gouvernants d’extrême droite des dites « démocraties occidentales » (extratis)

NB : Cet article n’est pas ouvert aux commentaires sur lemonde.fr, ce qui montre l’inflammabilité du débat.

Le point de vue des écologistes radicaux

Radical veut dire « qui vise à agir sur la cause profonde de ce que l’on veut modifier ». Autant dire que les ONG humanitaires soignent les symptômes, mais laissent intactes les causes de la violence contre les personnes. Un emplâtre sur une jambe de bois.

Filipe Ribeiro, chef de mission de Médecins sans frontières à Jérusalem : « Nous ne faisons que décrire ce que nous voyons, à savoir une destruction systématique, un génocide contre la population de Gaza, et l’impossibilité, ou en tout cas les difficultés énormes, de faire entrer le matériel nécessaire pour que les gens puissent survivre dans l’enclave. »

Filippo Grandi, Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés : « Le HCR a les mêmes fonds cette année qu’en 2015, alors que le nombre de réfugiés a presque doublé pour s’établir à 117 millions, du fait notamment des crises en Ukraine, au Soudan, au Venezuela. La contribution de la France est passée de 120 millions d’euros en 2024 à 50 millions en 2025.L’Europe contribue moins elle aussi. C’est un désengagement inédit. Nous vivons dans un monde incapable de faire la paix. Le Conseil de sécurité créé après la seconde guerre mondiale est un organisme devenu inutile. Il ne trouve presque jamais de consensus, même sur des questions humanitaires. »

Le problème, c’est qu’il y a une multitude d’associations humanitaires, mais presque aucune qui fasse pression sur les pouvoirs publics pour éliminer les causes des conflits. Le problème, c’est que si des associations humanitaires se mettent à critiquer les pouvoirs en place, on ne leur donne plus le droit d’agir.

La solution se trouve dans l’action politique, au niveau des gouvernements. L’institution chargé de faire la paix dans le monde existe, elle s’appelle l’Organisation des Nations unies. Cet objectif est intégré dans la Charte de l’ONU  : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. » Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. La force de l’ONU dépend  du militantisme non-violent de chacun.

Militez au sein des organisations pacifistes

Alternatives non violentes (revue) : https://www.alternatives-non-violentes.org/

Mouvement pour une alternative non violente (MAN) : https://nonviolence.fr/

Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires : https://icanfrance.org/

Union pacifiste : https://www.unionpacifiste.org/

Mouvement de la paix : https://www.mvtpaix.org/wordpress/lemouvementdelapaix/

Organisation mondiale pour la paix : https://www.wofp.org/fr/inicio.htm

Actions pour un monde pacifique (ONU) : https://www.un.org/fr/actnow/ten-actions-peaceful-world

ICNC, International Center on Nonviolent Conflict : https://www.nonviolent-conflict.org/

Ne donnez pas votre voix aux élections pour des personnes qui n’envisagent pas les moyens de faire de notre monde un monde de paix et de sérénité collective.

 

 

 

 

 

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