pacifisme

Parti dit écolo, du pacifisme au militarisme

Tournant historique, le parti dit « Les Ecologistes » se lance dans un militarisme décomplexé alliant « écologie de guerre » et arme atomique. Pour le cofondateur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret, « cela traduit une coupure entre les élus du parti et sa base qui se retrouvait dans les valeurs “pacifisme, féminisme et écologie”. » L’expert pointe un manque de réflexion collective à l’intérieur des Écologistes sur les questions de défense. « Les parlementaires écologistes deviennent de plus en plus proches des positions officielles de la France sans qu’il n’y ait remise en cause ou interrogation sur ces questions-là. Ils perdent le côté novateur qu’avaient les écologistes sur ces questions », regrette Patrice Bouveret.

Vincent Rissier (12 mars 2025) : Dans un discours martial le 3 mars 2025, le groupe des Écologistes a prononcé ses adieux au pacifisme : « Le groupe Écologiste et social soutient un engagement militaire renforcé à destination de l’Ukraine, notamment par la fourniture d’équipements de défense avancés, par la formation des forces ukrainiennes et par le renforcement des troupes européennes dans les pays frontaliers de l’Ukraine ». Un discours guerrier, mais qui ne s’arrête pas là. Pour les Écologistes, il s’agit en effet de réarmer l’Europe au moyen d’une « base industrielle de défense européenne… afin d’être indépendants du point de vue opérationnel et de garantir l’interopérabilité entre les armées européennes ». Qu’importe le coût écologique exorbitant des guerres et de l’industrie militaire. « Quand on dit qu’on va produire plus d’armes en France ça va enrichir des gens donc je pense qu’on devrait les taxer sur les superprofits qu’ils vont engranger sur le dos de cette guerre », a justifié Marine Tondelier sur le plateau de France 2 le 12 mars 2025.

Sur le terrain de l’arme nucléaire, Tondelier a également acté une conversion totale des Verts à la doctrine de la soi-disant « dissuasion nucléaire », alors qu’ils entretenaient historiquement une ambiguïté sur ce point. Toujours sur LCI, elle a même revendiqué « qu’avec l’arme atomique dont on dispose mécaniquement ça nous met un peu en figure de proue » du militarisme européen. Marie Toussaint salue aujourd’hui comme « grave, mais à la hauteur de la situation » le discours de Macron appelant à l’escalade militaire, tandis que son groupe à l’Assemblée nationale défend que « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire ».

Le point de vue des écologistes

L’idée que la meilleure manière d’empêcher l’industrie de l’armement de se gaver est de refuser le tournant vers la guerre n’a pas effleuré les esprits profonds des équipes de communication des Verts. A l’heure de la crise écologique, soutenir l’agrandissement d’un complexe industriel uniquement destiné à la destruction des vies et de l’environnement, et qui pollue par sa seule existence plus que le secteur du fret maritime et du transport aérien cumulés, c’est s’engager à tombeau ouvert sur l’autoroute de la catastrophe. Il ne reste plus qu’à souhaiter aux Écologistes qu’il leur arrive la même chose qu’à leurs collègues allemands : l’effondrement de leur base dans la jeunesse et le départ d’une bonne partie de leurs militants, qui méritent bien mieux qu’une écologie de la défaite rampant devant le militarisme.

Si les Écologistes agissaient dans la lignée de leur engagement historique pour la non violence, ils demanderaient politiquement à ce que, lors de la Journée Défense Citoyenneté obligatoire pour tous les jeunes, il y ait un module sur la défense civile non violente ainsi qu’une possibilité pour les jeunes de se déclarer lors de cette journée objecteur de conscience… A plus long terme, confier la gestion de toutes nos forces armées à l’ONU et à son conseil de sécurité ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition, une gendarmerie internationale en somme !

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L’écologie entre pacifisme et remilitarisation (7 avril 2025)

extraits : Depuis l’invasion de l’Ukraine, deux visions de la militarisation avancent en parallèle au sein du parti renommé « Les Ecologistes » : créée très récemment en 2024, une commission défense (militariste) cohabite désormais avec la commission Paix et désarmement, créée en 1984 lors de l’AG fondatrice des Verts. Lors des journées d’été des Verts, la commission défense a présent publiquement son point de vue sans qu’il y ait approche contradictoire. Cyrielle Chatelain en était la présentatrice. Elle préside le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. À l’Assemblée nationale, elle siège au sein de la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Cyrielle a mis fin au pacifisme traditionnel des Verts : « L’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. »….

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De quels effectifs l’armée a-t-elle besoin ?

L’Allemagne va instaurer un service militaire volontaire

Le projet de loi, présenté mercredi 27 août 2025 en conseil des ministres, ne va pas assez loin pour la CDU/CSU qui veut rétablir la conscription obligatoire.

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/27/l-allemagne-va-instaurer-un-service-militaire-volontaire_6635969_3210.html

résumé : Le service militaire obligatoire a été suspendu en 2011 en Allemagne, sans avoir été formellement supprimé, faute, à l’époque, d’un consensus en ce sens. Dans un pays marqué depuis 1945 par une forte tradition pacifiste, le retour du service militaire divise profondément, y compris la coalition « noir-rouge », alliant la CDU et le CSU. Les conservateurs sont en effet favorables à un retour à la conscription obligatoire, tandis que les sociaux-démocrates y sont foncièrement hostiles. Faute d’accord pour revenir immédiatement à la conscription, le nouveau service militaire sera fondé sur le volontariat. Suivant le modèle suédois, dont la réforme s’inspire, tous les jeunes de plus de 18 ans recevront un questionnaire, obligatoire pour les hommes et facultatif pour les femmes, portant sur leur état de santé, leurs compétences, leurs projets et leur intérêt éventuel pour l’armée. Le texte prévoit qu’à défaut de parvenir à atteindre les objectifs de recrutement sur la base du volontariat, il soit possible de rendre le nouveau service militaire obligatoire avec l’approbation du Bundestag.

Notre commentaire : Il manque à cet article la mention qu’on peut refuser explicitement le recours à l’armée. D’où ces précisions :

« Nul ne peut être contraint d’accomplir contre sa conscience un service militaire armé », déclare l’article 4 de la Constitution allemande. Le droit à l’objection de conscience est reconnue depuis 1949 (France en 1963)

« Une Bundeswehr forte ne sert pas à faire la guerre, mais à la prévenir », dit-on. Une armée forte ne prévient aucune guerre, elle la rend possible.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Objection_de_conscience

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La version militarisée de la JDC en septembre !

Journée de défense et de citoyenneté (JDC) pour tous les jeunes de 16 à 25 ans, une nouvelle version « militarisée » sera très assumée dès la rentrée. Ainsi va la volonté du président Macron, militariste con-vaincu n’ayant jamais fait l’armée. Il n’effectue pas son service national en raison de la poursuite de ses études supérieures, qui reportent sa date d’incorporation. Né en décembre 1977, il appartenait pourtant aux dernières classes d’âge encore soumises à l’obligation de la conscription. Sorti de l’École nationale d’administration en 2004, il devient inspecteur des finances. Dès son élection lors de la présidentielle 2017, il transforme le ministère de la défense en ministère « des armées ». Tout un programme !

Élise Vincent : Finie donc, à partir de septembre, la JDC avec ses heures de diaporama et de quiz sur l’organisation de la défense en France, clôturée par une rapide présentation des métiers des armées. A partir de la rentrée, la JDC se veut « immersive », organisée autour de la journée type d’un soldat. Après la cérémonie de lever des couleurs et La Marseillaise, les jeunes auront droit à la lecture de la charte des droits et devoirs du citoyen français. Puis différentes équipes seront formées avec des activités à tour de rôle : tir sportif laser, jeux de stratégie, repas autour d’une ration de combat, expérience des métiers militaires en réalité virtuelle, etc.

La journée s’achèvera par un « au revoir républicain », moment solennel où sera remis le bleuet de France, ce symbole de la mémoire envers les anciens combattants et les victimes de guerre, dont le port est obligatoire, depuis 2023, pour toutes les autorités civiles et militaires lors de certaines cérémonies.

Le point de vue des écologistes pacifistes

D. Galeterne : « les jeunes auront droit à la lecture de la charte des droits et devoirs du citoyen français ». Si l’armée voulait vraiment être démocratique, elle donnerait lecture de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du Préambule de la Constitution de 1946 et de la Charte de l’environnement qui sont les textes les plus éminents de notre droit et non pas d’une charte n’ayant aucune valeur légale et qui rappelle la déclaration royaliste et réactionnaire qui a été rédigée en 1790.

G.r : les Russes font ça et c’est considéré comme un embrigadement et un lavage de cerveau …..

ContreLaMalhonneteteIntellectuelle : J’ai connu la JAPD obligatoire, pas de soucis, elle était faite de tests de lecture et d’un petit laïus sur l’armée pas très convaincant. Mais dans cette JDC revisitée, y aura-t-il la possibilité aux pacifistes et antimilitaristes de faire objection de conscience ?

Michel SOURROUILLE : Un vraie JDC d’un pays démocratique aurait un module sur la défense civiles non violente et permettrait aussi aux jeunes qui le veulent de se déclarer objecteur de conscience comme la loi le permet (le statut des objecteurs date de 1963). Nous ne sommes plus à l’époque de la guerre d’Algérie…

taspascentballes : Objectif réel : augmenter le volume de chair à canon en recrutant dans les classes populaires.

Leb : Dans les faits, il y a peu de chances pour que la jeunesse européenne, bien plus cultivée qu’il y a un siècle, accepte de se faire trouer le bide pour soigner l’ego de quelques chefs d’états et participer à l’enrichissement des industriels.

Pascale C. : La menace russe semble décidée à attendre que la vaillante armée française soit prête jusqu’au dernier bouton de guêtre. Pendant qu’elle se prépare, notre président fait gentiment mu-muse avec ses rêves bonapartistes de « conflit de haute intensité ». Ah le conflit de haute intensité ! à entendre M. Macron et ses porte-parole, on se croirait revenu à la veille de Sedan. Que de feu, que de feu !

PL : Etant donné l’évolution des métiers de l’armée, il est étonnant qu’on s’adresse encore essentiellement aux « jeunes ». Pour courir dans des tranchées, je veux bien qu’il faille une bonne condition physique, mais pour la guerre du 21ème siècle, je pense qu’on pourrait élargir à d’autres profils.

Manuf91 : Autant commencer à leur apprendre dès cette journée à fabriquer un drone, voilà ce qui serait utile !

Bambi : Apprendre aux jeunes, de la maternelle à l’université, à penser, comprendre, interroger notre histoire, construire racisme antisemitisme colonisation, ce serait trop demander ?

François_G : Le fantasme d’une jeunesse en uniforme et au garde à vous est tenace.

Bleck le roc : Nos enfants ne sont pas de la chair à pâtée pour les vieux qui nous gouvernent. Je conseille à nos jeunes de refuser de participer à cette dangereuse initiative de notre président minoritaire. La loi vous oblige à vous présenter à la journée, pas à adhérer à des activités mortifère. La non violence est un vrai combat. Vous vous asseyez au milieu de l’espace d’accueil et vous attendez la fin de la journée, les militaires ne peuvent ni vous obliger à suivre le processus ni vous violenter sans risquer, eux, des poursuites pénales.

Monseigneur : L’affrontement entre thuriféraires du pithécanthrope galonné et antimilitaristes convaincus ne semble pas avoir pris une ride depuis 50 ans… Pourquoi est-ce si difficile à entendre que pour les gens de bien, « La musique qui marche au pas Cela ne [nous] regarde pas » ? (Georges Brassens)

Aqueste cop : « S’il faut donner son sang Allez donner le votre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président » (Boris Vian)

annexe 1 : « Le déserteur » de Boris Vian (1954, à la fin de la guerre d’Indochine)

Monsieur le Président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps
Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir

Monsieur le Président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens
C’est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m’en vais déserter

Depuis que je suis né J’ai vu mourir mon père J’ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert Qu’elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers

Quand j’étais prisonnier On m’a volé ma femme On m’a volé mon âme Et tout mon cher passé
Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J’irai sur les chemins

Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens
Refusez d’obéir Refusez de la faire N’allez pas à la guerre Refusez de partir

S’il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n’aurai pas d’armes Et qu’ils pourront tirer

annexe 2 : charte des droits et devoirs du citoyen français

L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne national est La Marseillaise.

La devise de la République est  » Liberté, Égalité, Fraternité « .

La fête nationale est le 14 juillet.

« Marianne » est la représentation symbolique de la République.

La langue de la République est le français.

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

Le respect dû à la personne interdit toute atteinte à sa dignité. Le corps humain est inviolable.

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L’Europe se militarise, on veut la guerre

Les militaristes institutionnalisent l’embrigadement des jeunes en France ou ailleurs. En Pologne, des milliers de jeunes passent leurs « vacances avec l’armée ». Lancé en 2024, le programme a attiré, cet été, environ 10 000 Polonais âgés de 18 à 35 ans qui, après vingt-sept jours de formation, deviennent réservistes de l’armée polonaise.

Hélène Bienvenu : Les participants reçoivent un uniforme dès le premier jour, puis une arme, le lendemain. Outre le tir, ils apprennent à s’orienter, à se protéger avec un masque à gaz, à poser une mine, à jeter des grenades, à communiquer grâce aux ondes radio et à prodiguer les premiers secours. Des cours de tactique et de conduite à tenir en cas d’attaque aérienne sont également au programme. Sans oublier la maîtrise du b.a.-ba militaire : l’art du défilé et le respect de la hiérarchie. La Pologne a mis un terme à son service militaire obligatoire en 2010, mais elle s’est lancée dans d’ambitieuses réformes de ses forces armées. Une initiative bienvenue à l’heure où la Pologne, pays de l’OTAN détenteur du record des dépenses de défense rapportées à sa population (4,7 % du produit intérieur brut d’ici à la fin 2025), dispose déjà de la plus grande armée du continent avec 212 000 soldats. La menace russe est prise très au sérieux dans ce pays de 37 millions d’habitants, voisin de l’Ukraine et qui partage une frontière avec la Russie et avec la Biélorussie, régime vassal de Vladimir Poutine.

Le point de vue de Michel Sourrouille

Rien dans cet article ne fait une critique de ce système d’enrégimentement alors que LE MONDE se dit neutre en donnant la plupart du temps plusieurs avis sur un évènement. En France Macron a les mêmes méthodes qu’en Pologne, il a militarisé les JDC (journée défense citoyenneté) obligatoire pour tous les jeunes, garçons et filles.

Or pour se défendre on a plutôt besoin de citoyens aptes à une réssitatnce civile non violente et non à obéissance aveugle envers n’importe quel régime qui peut comme en Russie envoyer les gens à la guerre sans aucune raison valable. On peut aussi se déclarer objecteur de conscience, c’est un droit en France : même un pays ayant temporairement abandonné la conscription peut y revenir. 

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Militarisation de la défense nationale

extraits : Parler de défense nationale est ambigu. Il peut en effet s’agir d’une défense par les armes, mais aussi d’une défense civile non violente. Dans l’éditorial ci-dessous, on n’en parle qu’indirectement en parlant de « résilience de la population ». Pourtant nous avons de bons exemples de la validité des méthodes de résistance avec Gandhi, Martin Luther King ou Louis Lecoin. Cet aspect devrait constituer un moment fort pour nos 670 000 jeunes lors de la Journée obligatoire dite « Défense et Citoyenneté ». Ce n’est pas le cas actuellement, on ne peut même pas se déclarer objecteur de conscience lors de cette JDC qui s’apparente actuellement à une pré-conscription militaire. En d’autres termes, il faut opposer au principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » le principe « si tu veux la paix, préparer la paix »….

Journée Défense Citoyenneté, à améliorer

extraits : Nous proposons un aménagement de la JDC (Journée Défense Citoyenneté) qui est obligatoire pour tous les jeunes. Sous l’influence du président de la république, elle se militarise à outrance. Nous présentons deux projets complémentaires pour cette Journée Défense Citoyenneté, l’un demandant la création d’un module de présentation de la défense civile non violente, l’autre donnant la possibilité de se déclarer objecteur de conscience….

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Pour une alternative non-violente à Macron

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente réagit avec consternation et colère aux dernières annonces du président de la République sur l’augmentation du budget des armées.

Le président de la République vient d’annoncer une nouvelle augmentation des dépenses militaires de la France arguant du fait que les menaces militaires sur la France et sur l’Europe s’aggraveraient. Le MAN dénonce un discours de propagande qui veut préparer les esprits à accepter les logiques de confrontation et de guerre, notamment avec la Russie.

Au lieu de proposer des initiatives fortes de désescalade, de désarmement et de dialogue, en coopération avec les autres pays européens, la France apporte sa contribution à la militarisation des relations internationales. A l’heure où les tensions se multiplient du fait de choix irresponsables de certains États, tout particulièrement la non résolution de la guerre en Ukraine et l’impunité accordée à Israël pour le génocide envers le peuple palestinien, investir davantage dans les armes revient à préparer les prochaines guerres. C’est la vieille illusion de la dissuasion par la force armée qui a toujours alimenté les conflits, et non à les prévenir et les empêcher. L’histoire l’a montré : on ne construit pas la paix avec des bombes, mais avec de la justice, du dialogue et de la coopération. On ne défendra pas la liberté en préparant la guerre !

Alors que l’hôpital est exsangue, que l’école publique manque de moyens, que des millions de personnes peinent à se loger ou se nourrir dignement, comment justifier des dizaines de milliards pour les armements ? Ce n’est pas un choix technique ou stratégique, c’est un choix idéologique, politique et économique qui ne bénéficie qu’à l’industrie de l’armement. Chaque euro dépensé pour la guerre est un euro en moins pour l’amélioration de la vie, en particulier des plus pauvres. La sécurité des populations ne se construit pas avec des missiles, mais avec des logements, des soins, une éducation digne, et des droits garantis.

Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macron, les menaces sur notre pays ne sont pas seulement d’ordre militaire ou terroriste. Elles sont autant internes qu’externes. La montée de l’extrême droite et le danger d’un régime ultra-autoritaire, le dérèglement climatique qui produit déjà ses effets néfastes, les idéologies de haine, racistes et xénophobes, sont des menaces immédiates et concrètes, auxquelles l’armée n’apporte pas de réponses appropriées. Au contraire, le gouvernement les alimente par des projets de loi et des décisions qui accentuent les fractures au sein de notre société.

Ne prendre en compte que les menaces sécuritaires externes, c’est entrer dans un processus de militarisation et de guerre sans fin. La véritable sécurité, c’est celle des peuples, pas celle des frontières. Les pandémies, le dérèglement climatique, la faim, le racisme, et les injustices sociales ne connaissent pas de frontières. Pour cette sécurité-là, il faut produire moins d’armes et accorder davantage de moyens à l’éducation, à l’écologie, à la santé et à la justice sociale.

Refuser l’augmentation des dépenses militaires, ce n’est pas nier les menaces du monde actuel. C’est affirmer que la violence des armes n’a jamais été une réponse durable. Dénoncer l’augmentation des dépenses militaires, c’est refuser les logiques étatiques basées sur la peur, la force armée et la domination. C’est revendiquer une vision du monde fondée sur la dignité humaine, la justice climatique et sociale et la solidarité internationale. Refuser l’escalade guerrière est le droit des peuples qui ne veulent pas subir les décisions irresponsables de leurs gouvernants et qui aspirent à vivre en paix.

Le MAN a lancé depuis l’automne 2024 une campagne pour la réduction des dépenses militaires afin que l’argent de la nation soit consacré prioritairement aux besoins sociaux et écologiques. Dans le même temps, nous plaidons pour d’autres modes de défense et de résistance, basés non sur la force illusoire des armes, mais sur la force de la mobilisation des citoyens, la défense civile non-violente. Ce système global de défense articule les luttes non-violentes pour résister dès aujourd’hui aux violences et aux injustices systémiques et la résistance civile face à une menace existentielle (coup d’État, invasion militaire, par exemple).

Si la paix est le seul combat qui vaille, comme le disait Camus, alors il faut préparer la paix avec les moyens de la paix et non de la guerre.

Alain Refalo, porte-parole du MAN

Contact : Maeva Rougé, coordinatrice fédérale du MAN : man@nonviolence.fr – 06 18 91 78 47

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NON aux dépenses inutiles, NON à l’armée

On dépense facilement l’argent qui ne nous appartient pas. Ainsi Emmanuel Macron annonce 3,5 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour la défense en 2026 et 3 milliards en 2027. Le budget de la défense aura quasiment doublé en dix ans sous les deux mandats du président, passant de 32,2 milliards d’euros en 2017 à près de 64 milliards en 2027. Belle armée française dont on a vu les résultats pendant 10 ans au Sahel face à des djihadistes en motocyclette !!!

Facile de contester le discours du président tenu le 13 juillet 2025 devant les forces armées.

Macron : « Jamais depuis 1945, la liberté n’avait été si menacée. »

Biosphere : Le quoiqu’il en coûte pour rester au pouvoir et imaginer un ennemi fantasmé… Les canicules, les inondations, les sécheresses sont réellement menaçantes, le renoncement parlementaire à la transition écologique est pourtant avéré et nous votons la loi Duplomb. Le propos présidentiel met aussi sous la moquette les menaces structurelles comme le prix de l’énergie et la chute de la biodiversité. Quant à la liberté, on ne trouve pas d’exemple où les militaires l’ont défendue, mais de nombreux cas où ils ont instauré une dictature. Donc augmenter leur budget, un contre-sens ! La liberté dans une société, c’est le fait d’individus capables de résister à l’injustice, aux inégalités et aux autoritarismes ; pas  de défiler au pas d’un même mouvement d’ensemble.

Macron : « Il y a permanence d’une menace russe, aux frontières de l’Europe, une menace organisée et durable à laquelle nous devrons être capables de faire face. »

Biosphere : Brandir la « menace russe » pour remonter en popularité, c’est en dessous de tout. Imaginer les chars russes traversant le Rhin par souvenir de la doctrine soviétique des années 80, c’est du délire. Quoi d’autre comme menace ? Il y a la cybersécurité et il y a le terrorisme, mais cela n’implique pas directement l’armée en tant que telle. Pourquoi dépenser encore plus d’argent dans l’armement puisque nous avons déjà la ligne Maginot (euh, la dissuasion nucléaire)… Certes le Luxembourg vient d’annoncer la construction d’un porte-avion et en Andorre on creuse des abris !

Macron : « Face à un monde plus brutal, la Nation doit être plus forte. »

Biosphere : Et nous voila avec un Président nationaliste franco-français !!! Qui peut SÉRIEUSEMENT croire une seule seconde que l’armée Rouge, à la peine depuis plus de 3 ans en Ukraine, veuille conquérir demain l’Europe de l’ouest face à l’OTAN ? Les membres de l’OTAN à l’instar de la France dispose d’une organisation dédiée à une défense collectivement assumée contre toute agression. Et les dépenses de défense de l’Europe sont de 326 Milliards d’euros en 2024, celui de la Russie de 149.

Macron : « Pour être libres dans ce monde, il faut être craint ; pour être craint, il faut être puissant. »

Biosphere : Affirmer cela, ce n’est pas être libre, c’est être prisonnier d’un mensonge, la croyance dans la vertu des armes. Remarquez l’intérêt extraordinaire que les médias portent aux affaires militaires, aux guerres et aux batailles ; constatez en revanche le peu d’attention portée aux mouvements pacifistes et à ceux qui luttèrent contre les guerres imbéciles. Un tel enseignement biaisé de l’histoire fabrique des citoyens passifs et obéissants. Soyons  clair, il n’existe pas de guerre juste, l’exemple de la Seconde Guerre mondiale est le test suprême. Les ingrédients du fascisme (le militarisme, le racisme, l’impérialisme, la dictature et le nationalisme exacerbé) survécurent sans problème à la guerre.

Macron : « Nous avons une avance technologique, mais demain, au même rythme, nous serions dépassés. »

Biosphere : La notion de « solutionnisme technologique » s’est imposée en 2014 sur le mode « Pour tout résoudre, cliquez ici » ! C’est la baguette magique de la guerre victorieuse ; avoir une bombe plus grosse que les autres. Mais comme toutes les autres grandes puissances raisonnent de même, il n’y a plus de supériorité technologique qui tienne, il n’y a que le perfectionnement des moyens de trucider à distance des humains avec des robot de dernière génération.

Macron : « Le salut de la patrie suppose que nous dépensions plus pour notre défense et que chacun prenne sa part du fardeau. »

Biosphere : Patrie, patriotisme, on croirait que la mondialisation commerciale et culturelle n’existe pas pour notre jeune président. Emmanuel croit que trois bombinettes de plus assurent notre salut alors que nous avons déjà 3350 milliards de dettes ? Quelqu’un devrait expliquer à notre président qu’il n’a pas, constitutionnellement, le pouvoir de décider des dépenses. C’est le parlement qui vote les crédits, et c’est le gouvernement qui les engage. Le président n’a aucun pouvoir dans cette matière. D’où sortent les milliards pour l’armée alors que Bayrou en cherche désespérément 40 qu’il est loin d’avoir trouvés pour nous désendetter.  Et il manque aussi de l’argent dans l’éducation nationale comme dans la santé, la justice, la sécurité intérieure…

Macron : « Il n’est pas question que ce réarmement militaire passe par l’endettement. Il sera donc financé par plus d’activité et plus de production. »

Biosphere : Comme d’habitude, Macron s’occupe des dépenses, jamais des recettes qu’il délègue à une impossible croissance dans un monde fini. Les riches vont-ils donc être mis à contribution ? L’évasion fiscale c’est entre 80 et 100 milliards par an … si une guerre éclate on sait déjà où trouver l’argent. A l’époque de la Grande guerre, les bourgeois donnaient leurs lingots d’or pour nourrir le charnier.

Macron : « Les dépenses militaires sont aussi sources de richesses pour notre PIB, les équipements étant essentiellement acquis auprès d’industriels français. »

Biosphere : L’armée source de richesse ? Tout est bon pour sauver les grands patrons du complexe militaro-industriel. La dépense militaire est non seulement improductive, mais elle est source de destructions potentielles et empiète sur toutes les autres dépenses publiques à faire. L’armée est source appauvrissement, rien d’autres économiquement.

Macron : « D’autres pays européens n’ont pas attendu l’objectif fixé par les pays membres de l’OTAN en juin de consacrer 5 % de leur PIB à leur sécurité (3,5 % pour les seules dépenses militaires) d’ici 2035 pour rehausser leurs ambitions. »

Biosphere : La France devrait être libre de ne pas imiter les mauvais choix à l’étranger ! Le tropisme du XXeme siècle est au cœur de la rhétorique militariste de ces pays. Notre passé montre pourtant l’impuissance des interventions extérieures de notre armée : Rwanda (1994) = génocide des tutsis. Libye (2011/12) = chute de Kadhafi, la Libye plonge dans le chaos. Mali/Sahel (2013/22) = expulsion de la France en 2022. Des objectifs qui ont donc été complètement contre-productifs. Or, depuis 1945 et la Charte des Nations unies auréolée par le « Plus jamais ça », la proscription de la guerre promettait un changement de siècle. Mais pour que la promesse fut tenue, il eut fallu une détermination politique et démocratique supranationaliste qui a fait défaut, tout particulièrement en France.

Macron : « On doit donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir au sein de nos armées. Un service militaire volontaire « rénové » pourrait être créé pour proposer aux jeunes Français de recevoir une formation militaire susceptible de déboucher sur leur engagement dans les armées. »

Biosphere : Notre Service National Universel imposé par Macron en 2019 a coûté un pognon de dingue pour des résultats insignifiants. Plutôt que la militarisation de la jeunesse, on peut combattre les différentes causes de l’état perpétuel de guerre par des solutions très simple, la formation de citoyens éclairés. Par exemple, lors de la Journée Défense Citoyenneté (JDC, obligatoire pour tous les jeunes), on devrait recevoir une éducation à la non-violence active grâce à un module sur la Défense civile non violente (DCNV). Il faut instaurer un état d’esprit cosmopolite, se ressentir citoyen du monde même si l’enracinement dans un terroir est indispensable. Lors de la JDC, il faut aussi permettre aux jeunes de se déclarer objecteur de conscience, opposé à l’usage collectif des armes. Si tout le monde devenait objecteur, il n’y aurait plus d’armée possible, il n’y aurait plus de guerres.

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sois logique, si tu veux la paix, prépare la paix

extraits : On peut combattre les différentes causes de la guerre par des solutions très simple, il suffit de les mettre en œuvre.

1. Tous les citoyens et citoyennes reçoivent une éducation à la non-violence active. Il deviennent capable de résister à l’injustice, aux inégalités et aux autoritarismes.

2. Les langues se résument à deux, la langue maternelle pour chacun et l’espéranto pour tous. Plus besoin de traducteurs, la langue-pont permet d’échanger d’un bout à l’autre de la planète sans intermédiaire.

3. Les nations ne sont plus des instances décisionnelles. On a remplacé l’ONU (Organisation des Nations Unies) par l’OMdP (Organisation Mondiale des peuples), organisme à la fois transnational et supranational. Les armées nationales sont mise au service de cette nouvelle instance. Les casques bleus deviennent la seule et unique force de maintien de la paix. Les arsenaux militaires sont démantelés, les bombes nucléaires désarmées, le commerce des armes éliminé. En fait les militaires se transforment en policiers.

4. On pratique la relocalisation des activités pour atteindre l’autonomie alimentaire et énergétique la plus grande possible dans des bio-régions. Il n’y a plus d’activité extractive, tout notre mode de vie repose uniquement sur des ressources renouvelables. Le « doux commerce » de la mondialisation économique qui avait favorisé les échanges et s’était transformé en concurrence sauvage avait dévasté les ressources naturelles. Il n’y a dorénavant plus d’expansion spatiale possible ni de guerres pour les ressources.

5. Les niveaux de population sont fixés pour permettre d’accéder à un équilibre durable avec les ressources locales. L’OMdP préconise le modèle d’un seul enfant par famille au niveau mondial. La diminution de la natalité laissera une place plus grande pour la biodiversité tout en pesant moins sur les ressources planétaires.

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Fête du 14 juillet, non aux défilés militaires

Le jour du 14 juillet /

Je reste dans mon lit douillet /

La musique qui marche au pas /

Cela ne me regarde pas.

(Georges Brassens)

Le 14 juillet est instituée comme « jour de fête nationale annuelle » par la loi Raspail du 6 juillet 1880. En 1879, la IIIe République naissante cherchait une date pour servir de support à une fête nationale et républicaine. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789 est jugé par certains parlementaires comme une journée trop sanglante, la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, consécration de l’unité de la France révolutionnaire, permet d’atteindre un consensus. Cette date « à double acception » permet d’unir tous les républicains. La loi est promulguée sans indiquer quel est l’évènement ainsi commémoré. Feux d’artifice est bals populaires consacrent l’évènement, instaurer défilé militaire n’est qu’une récupération par l’armée d’un symbole républicain. Il s’agit donc d’une dénaturation de la fête, on célèbre la chair à canon plutôt que l’esprit de concorde. Les sans-culottes de 1789 étaient-ils militaires ? Non, le peuple avait pris la Bastille quand une armée professionnelle tirait dans la foule ! La première fête de la fédération en 1790 fut-elle un défilé militaire ? Non ! La raison de la présence de militaires au défilé du 14 juillet 1880 n’avait rien à voir avec les combats pour la liberté : cela se voulait le symbole du renouveau de l’armée française vaincue en 1870 par la Prusse.

Au total le 14 juillet 2025, 7 000 femmes et hommes ont défilé, dont 5 600 à pied, 65 avions, dont 5 appareils étrangers, 34 hélicoptères, 247 véhicules et 200 chevaux de la garde républicaine. C’ets de la propagande militariste coûteuse pour préparer les esprits à mourir pour la patrie, ce qui devrait être un mot d’ordre vide de sens.

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Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet (14 juillet 2014)

extraits : Eva Joly avait proposé en 2011 un défilé citoyen et non militaire, pour ranimer l’esprit d’une fête de la fédération et de renouer avec la vision d’une société qui célèbre « le bonheur d’être ensemble », toute catégorie de population confondue. Du premier ministre François Fillon aux membres du PS, la candidate écolo aux présidentielles avait suscité la réprobation toutes étiquettes confondues de la classe politique.  Pourtant on peut aller encore plus loin qu’Eva : au-delà de leurs défilés, c’est l’armée et les armements qui devraient être combattus. Cette institution et ses instruments de mort sont des facteurs significatifs de la lutte entre groupes sociaux, donc de détérioration du milieu qui nous fait vivre. Un écologiste se doit d’être non seulement contre le défilé militaire du 14 juillet, il propose surtout l l’apprentissage de la défense civile non violente, pour la résistance aux institutions qui nous broient….

Eva JOLY contre la falsification du 14 juillet (18 juillet 2011)

extraits : Eva Joly, en proposant un défilé citoyen et non militaire, ranimait l’esprit de la fête de la fédération en 1790. Elle a suscité la réprobation globale de la classe politique. Le Premier ministre François Fillon estime que l’ex-juge d’instruction d’origine norvégienne n’avait pas « une culture très ancienne » de la tradition, de l’histoire et des valeurs françaises. Le Parti socialiste (PS) s’est aussi démarqué de la proposition d’Eva Joly. « Je ne partage pas le point de vue d’Eva Joly sur le défilé du 14 juillet » a réagi François Hollande

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GAZA, l’ignominie faite juive

Isabelle Mandraud : voici un témoignages de soldats, recueillis par le journal israélien « Haaretz » sur les fusillades autour des centres de distribution alimentaire dans l’enclave. Souvent désorientée par les consignes de sécurité contradictoire qu’on lui donne aux abords de ces centres, la foule s’y précipite bien avant leur ouverture – parfois même la nuit –, sans toujours discerner les corridors attribués. En moins d’un mois, 19 incidents impliquant des tirs de l’armée israélienne ont été recensés, provoquant la mort de 549 Palestiniens et en blessant 4 000 autres.

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/01/guerre-a-gaza-l-armee-israelienne-interpellee-sur-sa-faillite-morale_6617174_3210.html

« Là où j’étais posté, entre une et cinq personnes étaient tuées chaque jour. Elles sont traitées comme des forces hostiles : pas de mesures de contrôle des foules, pas de gaz lacrymogènes ; juste des tirs à balles réelles avec tout ce qu’il est possible d’imaginer, mitrailleuses lourdes, lance-grenades, mortiers. Puis, une fois le centre ouvert, les tirs cessent et [les Gazaouis] savent qu’ils peuvent approcher. Notre moyen de communication, c’est la fusillade. »

« Travailler avec une population civile alors que le seul moyen d’interaction est d’ouvrir le feu est pour le moins problématique, déplore un officier. Il n’est ni éthique ni moralement acceptable que des personnes soient obligées d’atteindre une [zone humanitaire] sous le feu des chars, des snipers et des obus de mortier. »

« Vous combattez dans le territoire le plus peuplé de la région et vous faites comme si c’était le désert du Sinaï ou le plateau du Golan ! Après avoir envoyé des ordres d’évacuation par SMS ou par tracts, les forces israéliennes traitent Gaza comme un champ de tir ouvert. »

«  Chaque commandant, dont l’objectif prioritaire est de protéger ses soldats, élabore ses propres règles. Dans certains secteurs, dits “stériles” – de vraies “kill zones” –, ces derniers autorisent l’ouverture du feu sans sommation sur chaque civil qui s’approche, ce qui est contraire au droit international et au code éthique de l’armée. »

Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la défense, Israel Katz, ont nié « catégoriquement » les récits publiés, qualifiés de « mensonges malveillants visant à diffamer l’armée la plus morale du monde ».

Ce n’est évidemment pas la première fois que l’armée utilise les armes à feu contre la population palestinienne. Les forces israéliennes ont deux doctrines à Gaza : la première, “Dahiya” [du nom d’un quartier de Beyrouth ravagé par l’aviation israélienne en 2006], prône un usage disproportionné de la force lors de représailles contre des zones civiles servant de base à des attaques ; la seconde est “zéro victime parmi nos soldats”. Depuis le 7 octobre 2023 [date de l’attaque terroriste du Hamas sur le sol israélien], les forces israéliennes sont hors des clous. Avant, quand l’armée voulait tuer une cible, elle visait la bonne personne, même si, dans certains cas, les dommages pouvaient aller bien au-delà. Mais, aujourd’hui, nous constatons, à travers les témoignages que nous recueillons, que pour atteindre un chauffeur de camion censé être lié au Hamas on peut tuer jusqu’à plusieurs dizaines de personnes. Et il n’y a jamais de sanction.

L’écho rencontré par l’enquête d’Haaretz, y compris sur le plan international, ne semble cependant pas avoir produit d’effet. Lundi, la défense civile palestinienne a annoncé la mort de 22 personnes après des tirs de l’armée israélienne, « près de points de distribution d’aide dans le centre et le sud du territoire » de Gaza.

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Criminalisation des militants pacifistes

Le 23 juin, le gouvernement travailliste de Keir Starmer a confirmé que l’association Palestine Action serait prochainement interdite au titre des lois antiterroristes britanniques. Cette décision fait suite à l’intrusion le 20 juin, de deux membres de l’association sur une base de la Royal Air Force. Ils ont dégradé à la peinture rouge deux avions militaires. La réaction politique est donc immédiate… et démesurée.

Cécile Ducourtieux : Cet incident est « honteux », a jugé le premier ministre. « La défense britannique est vitale pour la sécurité nationale du pays et ce gouvernement ne tolérera pas ceux qui la mettent en danger », a réagi la ministre de l’intérieur. Le cabinet d’avocats représentant Palestine Action, estime de son côté que placer l’association au même rang que l’organisation Etat islamique ou d’Al-Qaida constitue un « terrible précédent ». La romancière irlandaise Sally Rooney souligne que « Palestine Action n’a jamais été responsable d’un quelconque décès et ne présente aucun risque pour la population ».

Depuis l’entrée en vigueur de deux lois – le Police, Crime, Sentencing and Courts Act, en 2022, et le Public Order Act, en 2023 –, la police britannique est dotée de pouvoirs étendus pour intervenir contre les manifestations « perturbatrices ». Ces textes prévoient des sanctions plus lourdes pour les personnes impliquées dans des protestations. Ainsi, plus d’une dizaine de militants de Just Stop Oil, qui multipliaient les actions pacifiques de blocage de routes ou de raffineries ces dernières années, se sont vu infliger plusieurs années d’emprisonnement ferme.

Le point de vue des écologistes pacifistes

O. Gersenq : L’attentat à la peinture rouge…. Rarement entendu parler d’un acte terroriste aussi abject !!!

coldom : Ces militants ont été poussés à l’action par la lâcheté des gouvernements occidentaux. Il ont ressenti le besoin de faire quelque chose de concret, je les comprends !

Pm42 : Au final, j’ai vraiment du mal à voir comment on peut les qualifier de terroristes.

Palladio : Ne disposant d’aucun argument, les gouvernements européens pro-israéliens ne peuvent qu’attaquer la liberté d’expression et chercher à salir, en les traitant d’antisémites ou de terroristes, ceux qui critiquent la tyrannie israélienne anti-palestinienne

Michel SOURROUILLE : La criminalisation des militants écologistes et/ou pacifistes en Angleterre mais aussi dans d’autres pays, est inquiétante. Le pouvoir d’État soutient un système militaro-industriel tel qu’il fonctionne mais sans nous fournir de perspectives pour un avenir meilleur. Cela me fait penser au mouvement des luddites entre 1811 et 1813 , les artisans privés de travail par les manufactures ont brisé des machine à tisser. Le gouvernement anglais avait préféré la croissance industrielle à la vie humaine en allant jusqu’à punir de la peine de mort quiconque brisait une machine. La machine vaut plus que la vie humaine. L’édifice de la civilisation industrielle semble voué à s’écrouler à la suite de l’accumulation de ses propres excès. 5% du PIB voulu par Trump pour les dépenses militaires, pourquoi pas 99 % ???

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Criminalisation des mouvements écolos, erreur (2024)

extraits : Un rapport des Nations unies publié le 28 février 2024 s’inquiète d’une « nette augmentation de la répression et de la criminalisation » des actions pacifiques de désobéissance civile en Europe. Le rapport synthétise un peu plus d’un an de collecte d’informations dans les pays européens signataires de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement. Les manifestations pacifiques en faveur de l’environnement sont pourtant protégées par cette convention….

L’indigne criminalisation des mouvements écolos (2024)

extraits : La thématique environnementale a presque disparu lors des élections européennes du 9 juin 2024. Une des causes résulte à l’évidence de la criminalisation du mouvement environnementaliste : extravagante sévérité de la réponse judiciaire au Royaume-Uni, gestion policière des actions écologistes par le ministre de l’intérieur en France. Interpellations de masse, gardes à vue abusives ou interdictions de manifester ne sont pas seulement des instruments d’intimidation, ils sont autant de signaux adressés au corps social. L’écologie serait une affaire de dangereux délinquants ! Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement…

Criminalisation de l’activisme écolo (2022)

extraits : Au niveau gouvernemental, l’escalade verbale (« écoterrorisme ») et répressive (lire ci-dessous) est un rideau de fumée qui voudrait occulter les carences de l’Etat lui-même. Car non seulement son action, sur une variété de dossiers environnementaux, est en contravention avec l’état de la connaissance scientifique, mais elle l’est aussi avec le droit. Nitrates, pollution de l’air, climat. Sur tous ces dossiers, l’Etat a été condamné par différentes juridictions et il est bien pratique que ceux qui le lui rappellent un peu trop bruyamment soient assimilés à des criminels….

Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie (2013)

extraits : En 1985 eut lieu le procès d’un groupe qui s’étaient introduits dans le silo d’un missile nucléaire et avaient commis quelques dommages. Le juge Hunter avait déclaré que la violence inclut l’atteinte à la propriété. L’accusé Holladay répondit : « La question est de savoir si une arme nucléaire peut être considérée comme un bien au même titre qu’un bureau. Aussi longtemps que ce pays considérera les armes nucléaires comme des biens à défendre et à protéger, plus sacrés que les vies humaines qu’elles sont destinées à détruire, on sera en droit de se demander ce qu’est exactement une propriété. Les fours crématoires allemands étaient-ils des propriétés privées ? » Holladay fut condamné à huit années d’emprisonnement pour « voie de fait » à l’encontre des engins de mort les plus abominables jamais construits….

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Non à l’OTAN, oui à l’ONU comme force de paix

Dans un contexte où les pays de l’OTAN devraient atteindre 5 % du PIB consacré à la défense militaire, ce qui n’est qu’une volonté unilatérale de Trump, les écologistes se doivent de réagir. Voici quelques recommandations incontournables.

– Les écologistes ne voient les évènements de court terme que dans la perspective du long terme.

– L’OTAN est obsolète depuis la fin de la guerre froide, on doit trouver des alternatives.

– L’ONU doit être renforcé en tant que force de paix.

– La France devrait décider de mettre directement tous ses moyens militaires au service de l’ONU.

– La France doit porter une nouvelle approche de la défense qui n’est pas simplement militaire.

– Défendre la paix dans le monde ne dépend pas d’un surarmement, mais de la résolution des facteurs de guerre.

– Se défendre doit intégrer les pratiques de la défense civile non violente.

– Devenir objecteur de conscience devrait être proposé comme forme d’engagement lors de la Journée Défense Citoyenneté.

Tout savoir sur l’OTAN

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (North Atlantic Treaty Organization) est l’organisation politico-militaire mise en place le 4 avril 1949. L’Alliance voit le jour dans le contexte général des débuts de la guerre froide et plus spécifiquement pendant le blocus de Berlin exercé par les Soviétiques. C’est le seul moyen après la Seconde Guerre mondiale de se prémunir contre toute tentative expansionniste de l’Union soviétique. Ce n’est qu’une alliance militaire défensive contre toute attaque armée contre l’un de ses membres en Europe, en Amérique du Nord ou dans la région de l’Atlantique Nord. Le choc provoqué par le déclenchement de la guerre de Corée conduit à décider fin 1950 la création d’une organisation militaire intégrée permanente. La France toutefois a fait exception en décidant en 1966, tout en restant membre de l’Alliance atlantique, de quitter l’organisation militaire intégrée, dont elle est redevenue membre à part entière en 2009.

Depuis la dissolution de l’URSS et la fin de la guerre froide en 1991, l’Alliance atlantique a perduré malgré la disparition de sa principale raison d’être initiale. Elle a pris en compte de nouvelles crises et menaces comme l’essor du terrorisme international ou la lutte contre la prolifération des « armes de destruction massive », En réaction à l’invasion de l’Ukraine, la Finlande et la Suède adhérent à l’organisme de défense militaire commune, mettant ainsi fin à leur neutralité historique.

Tout savoir sur l’article 5 de l’OTAN

L’article 5 stipule que si un pays de l’OTAN est victime d’une attaque armée, chaque membre de l’Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué. Le processus de l’article 5 n’est pas inéluctable. Chaque allié vote pour l’invoquer ou non, en y opposant son veto s’il le souhaite , puis chacun décide de sa réponse. Les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2021ont invoqué l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. C’est la seule fois depuis la création de l’OTAN qu’une attaque provenant d’une partie ou d’un État extérieur a été considérée comme une attaque contre tous les membres de l’OTAN .

Interrogé à bord d’Air Force One le 24 juin 2025 sur l’article 5, Trump a répondu comme il en est coutumier de façon provocante : « Cela dépend de la définition que vous en donnez. Il existe de nombreuses définitions de l’article 5. Vous le savez, n’est-ce pas ? » En une phrase, il a une nouvelle fois semé le doute chez les Européens, en particulier dans les pays d’Europe orientale qui vivent sous la menace constante de l’agressivité de la Russie.

Alors que les alliés s’apprêtent à entériner, à La Haye, la hausse de leurs dépenses de défense à hauteur de 5 % de leur PIB, contre 2 % aujourd’hui, ils ont donc été pris de court. S’ils acceptent de se plier à cette exigence de Donald Trump, ils attendent en retour que les États-Unis s’engagent clairement sur l’application de cet article 5. A Bruxelles, ce donnant-donnant était d’ailleurs appelé « 5 pour 5 ».

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Les Écologistes entre la guerre et la paix

7 mars 2025. Aide militaire à l’Ukraine : la fin du pacifisme pour Les Écologistes ?

https://reporterre.net/Aide-militaire-a-l-Ukraine-la-fin-du-pacifisme-pour-Les-Ecologistes

https://biosphere.ouvaton.org/blog/la-fin-du-pacifisme-pour-les-ecologistes/

extraits : Après l’altercation le 28 février entre Donald Trump et le président ukrainien, Les Écologistes ont appelé à un engagement militaire renforcé auprès de l’Ukraine. Compte tenu d’un contexte inédit, Cyrielle Chatelain a mis fin au pacifisme traditionnel des Écologistes dans un discours solennel….

23 juin 2025. Des milliers de manifestants défilent contre la guerre et pour le vivant

https://reporterre.net/Desarmer-la-machine-de-guerre-les-militants-ecologistes-renouent-avec-l-antimilitarisme?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

extraits : Plus de 4 000 personnes ont défilé lors d’une manifestation pour « faire la guerre à la guerre », contre le Salon du Bourget. Antifascistes, décoloniaux, féministes, syndicalistes, écologistes… Une trentaine de collectifs et associations, réunis au sein de la coalition Guerre à la guerre, ont joint leurs forces pour un week-end de mobilisation. Alors que les conflits militaires s’intensifient, leurs actions ont symboliquement permis de renouer avec l’engagement antimilitariste à la base de l’écologie politique. Les militants écologistes d’origine s’opposaient aux centrales nucléaires du Bugey et de Plogoff, naviguaient à bord du Rainbow Warrior de Greenpeace pour perturber les essais nucléaires, occupaient une base anglaise de l’Otan à Greenham et se mobilisaient par milliers contre une installation militaire sur le plateau du Larzac.

Ravivé par les dévastations sociales et environnementales en Ukraine, à Gaza, mais aussi au Soudan, en RDC…, le caractère écocidaire du complexe militaro-industriel s’invite de nouveau dans la pensée écologiste. L’objectif revendiqué des Soulèvements de la Terre au sein de la coalition Guerre à la guerre est « l’articulation entre nos résistances écologiques locales et la lutte internationale contre les guerres impérialistes ». Les militants opposés à la privatisation de l’eau par les mégabassines en France échangent avec les défenseurs de l’autonomie des Palestiniens dans l’usage de leur eau, détournée et gérée par l’État israélien. Une écologie militante qui s’inscrit en rupture avec une écologie « de parti » qui défend en majorité le réarmement de l’Europe et l’arme atomique.

Une coalition pour désarmer le militarisme

https://guerrealaguerre.net/

extraits : Aujourd’hui, pour les grandes puissances, c’est la guerre elle-même qui fait son retour. Les dépenses militaires augmentent partout dans le monde – et les profits des industriels de l’armement aussi. La France occupe une place majeure dans cette militarisation générale. Il en va de ses intérêts économiques : la France s’est hissée à la seconde place sur le podium des ventes d’armes en 2023, devant la Russie et loin derrière les USA. Son soutien à l’entreprise génocidaire de l’État colonial israélien en Palestine est inconditionnel. Son interventionnisme militaire au Sahel, en Kanaky, en Martinique, à Mayotte continue de démontrer la brutalité de son impérialisme. Il faut maintenir les frontières, en tuant s’il le faut, comme en Méditerranée. Il faut remettre le pétainisme au goût du jour en prônant un «réarmement démographique».Il faut se préparer à la guerre, en soumettant les ados au SNU… C’est à nous, alors, de déserter, de perturber, de démanteler la logistique de leurs guerres.

Notre coalition regroupe de nombreux collectifs et individus de tous horizons, Assemblée féministe Paris Banlieue, Comités étudiants pour la Palestine, Soulèvements de la Terre, Technopolice Marseille…

 

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Une menace nucléaire iranienne, tant mieux

Les commentaires sur lemonde.fr

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/24/la-menace-nucleaire-iranienne-demeure-malgre-les-frappes-americaines_6615611_3210.html?contributions

Michel SOURROUILLE : Les États-Unis, les Européens et Israël s’accordent aujourd’hui pour refuser que l’Iran obtienne l’arme nucléaire. C’est de l’hypocrisie.

La dissuasion nucléaire se fonde sur la peur, dans les deux camps, du recours par l’autre à l’arme nucléaire. Cela équivaut à permettre à l’Iran d’avoir l’arme nucléaire pour pouvoir négocier entre égal avec Israël.

Du côté iranien, le programme nucléaire est présenté comme un droit souverain et un moyen de « décider de son propre destin ».

Du côté israélien, on possède 80 à 300 ogives nucléaires.

L’État israélien refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par l’agence internationale de l’énergie atomique .

Comme l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, Israël n’a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Raphou : Et donc, le fait qu’Israël possède effectivement l’arme nucléaire autorise-t-il à faire des frappes sur un autre pays pour s’en protéger ?

T. Personne : Trump et Netanyahou s’imaginent-ils que ces frappes seront dissuasives…? S’ils étaient à la tête de l’Iran et qu’ils venaient de se faire bombarder, cela les aurait au contraire convaincus à accélérer le programme nucléaire. Cette incapacité à se mettre à la place des autres est confondante. En somme, et comme pour tous les fous qui dirigent le monde, en première ligne desquels Trump et Netanyahou, il ne nous reste, à nous simples civils, qu’à prier pour que le gouvernement iranien ne soit pas *assez* fou pour utiliser une telle arme.

Neslon : Arrêtons de fantasmer. Si l’Iran accède à l’arme nucléaire il ne va pas l’utiliser pour ensuite se faire vitrifier.

Mam : Il faut essayer de se mettre trois minutes dans la tête des Iraniens pour prévoir ce que va provoquer la folie guerrière de Bibi et TACO. À la place des Iraniens, après les évènements de ces derniers jours, auriez-vous confiance en la parole du branquignole à casquette rouge et du paranoïaque de Tel Aviv ? Corollaire : que feriez-vous de l’uranium enrichi à 60 % ?

Eco : 400 kg d’Uranium enrichi c’est 20 litres, ça se cache n’importe où, en tout cas beaucoup plus facilement que le processus d’enrichissement qui l’a fabriqué.

Ptite pomme : L’ Iran finira d’une manière ou d’une autre à disposer d’une arme nucléaire opérationnelle et Israël le sait. Il ne reste à Israël qu’ à abandonner sa politique suprémaciste de domination et de terreur de toute la région et à penser enfin à offrir une possibilité de paix à sa population, ce qui n’a jamais été le cas depuis bientôt 80 ans que ce pays a été créé !

Dan78 : Et n’oublions pas que, nul besoin d’uranium de grade militaire ni de constitution d’une bombe atomique pour créer des dégâts considérables. Il suffit de répandre de la matière fissile et radioactive (bombe sale, ou simple dispersion de matières hautement radioactives) pour créer panique et contaminer des territoires entiers. Trump et Netanyahou, les branquignoles de choc.

Georges2 : attention au décalage temporel et culturel. Trump et les américains pensent court voire très court terme, l’Iran long terme. La réplique pourra avoir lieu dans quelques années et ca peut faire mal.

Didi : Ce qu’a prouvé le Corée du Nord, c’est qu’avec une seule bombe, votre sécurité est assurée contre toute agression. Et ça de nombreux pays l’ont compris. D’un seul coup, un agresseur potentiel comme le Donald vous parlerait sur un autre ton !

Buber : En somme les rodomontades du genre «  mission accomplished »  se répètent et ne servent qu’à flatter les ego des gogos militaristes.

Alain29 : Si Trump-guignol n’avait pas rompu le traité de 2015, nous n’en serions pas là …

annexe : Boris Vian,

« La java des bombes atomiques » (1955)

Mon oncle, un fameux bricoleur
Faisait en amateur des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris
C’était un vrai génie question travaux pratiques

Et pis un soir pendant le repas
V’là tonton qui soupire et qui s’écrie comme ça

À mesure que je deviens vieux
Je m’en aperçois mieux, j’ai le cerveau qui flanche

Voilà des mois et des années
Que j’essaye d’augmenter la portée de ma bombe
Et je n’me suis pas rendu compte que la seule chose qui compte
C’est l’endroit où se qu’elle tombe

Sachant proche le résultat
Tous les grands chefs d’État lui ont rendu visite

Il les a enfermés, en disant soyez sages
Et, quand la bombe a explosé
De tous ces personnages, il n’est plus rien resté

Au Tribunal on l’a traîné et devant les jurés
Le voilà qui bafouille

Messieurs c’est un hasard affreux
Mais je jure devant Dieu en mon âme et conscience
En détruisant tous ces tordus
Je suis bien convaincu d’avoir servi la France

On était dans l’embarras
Alors on l’condamna et puis on l’amnistia
Et le pays reconnaissant
L’élu immédiatement chef du gouvernement

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Posséder la bombe, une prérogative de l’Iran

Les derniers rebondissements trumpistes par GBU-57 interposés nous incitent à faire le point sur la dissuasion nucléaire. Voici quelques éléments de langage utilisables par tout un chacun dans des conversations entre amis. On ne  peut pas critiquer la volonté des Iraniens de posséder la bombe atomique sans critiquer le fait qu’Israël, son ennemi juré, est déjà une puissance nucléaire.

– La dissuasion nucléaire se fonde sur la peur, dans les deux camps, du recours par l’autre à l’arme nucléaire. Cela équivaut à permettre à l’Iran d’avoir l’arme nucléaire pour pouvoir échanger entre égal avec Israël.

– Du côté iranien, le programme nucléaire est présenté comme un droit souverain et un moyen de « décider de son propre destin ».

– L’énergie nucléaire est considérée comme un renforcement de la position stratégique de l’Iran.

– Du côté israélien, on possède 80 à 300 ogives nucléaires.

– L’État israélien refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par l’agence internationale de l’énergie atomique .

– Comme l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, Israël n’a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

– La France a fourni très discrètement à Israël la technologie pour construire dans les années 1960 un réacteur à Dimona qui est considéré comme un site de fabrication d’armes nucléaires.

– Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPoA) en 2018, Trump n’a aucune légitimité pour faire une intervention militaire contre l’Iran.

– Les États-Unis et les Européens s’accordent aujourd’hui pour refuser que l’Iran obtienne l’arme nucléaire. C’est de l’hypocrisie.

– Selon la Maison Blanche, « l’objectif ultime » des États-Unis est de « s’assurer que l’Iran ne puisse jamais obtenir une arme nucléaire ». Ce n’est pas crédible pour un pays qui se refuse à tout multilatéralisme.

position des Verts

  • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  • Un désarmement général et complet afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques.

En savoir plus sur la dissuasion nucléaire

la dissuasion nucléaire, une illusion mortifère

extraits : Nombreux sont les militaires qui, n’étant plus en activité, ont exprimé leur conviction selon laquelle la dissuasion nucléaire est désormais inutile et dangereuse. La capacité d’exterminer des millions de civils innocents sur décision d’un seul homme, assurerait la sécurité de notre pays ? C’est oublier qu’elle repose sur un pari, celui de la rationalité d’un agresseur éventuel. Une frappe nucléaire de la France entraînerait une escalade aboutissant à la destruction du pays. Invoquer la course aux armements pour justifier qu’un pays s’y joigne équivaut à souhaiter l’abolition du code pénal au motif qu’il existe des criminels. En proclamant que la dissuasion nucléaire constitue sa garantie ultime de sécurité, la France tient un discours proliférant qui ne peut qu’inciter d’autres pays à se doter de l’arme nucléaire….

les chiens de garde de la dissuasion nucléaire

extraits : Défendre le nucléaire militaire ne devrait pas entrer dans la logique d’un écologiste. Pourtant c’est ce que font tous les présidentiables, et l’élection de 2022 n’échappera pas à la règle. Le propre d’une institution, c’est de vouloir sauvegarder son existence sans s’interroger sur le bien fondé de sa pérennité. Ainsi la dissuasion nucléaire qui a ses chiens de garde, rassemblés au sein de la commission des forces armées de l’Assemblée nationale. Fabien Gouttefarde, député LRM : « Oui, la dissuasion nucléaire a encore un sens. La dissuasion, c’est une industrie et des emplois. C’est une capacité, nos 4 sous-marins nucléaires portent des charges dont chacune équivaut à vingt fois celle de la bombe d’Hiroshima. C’est œuvrer pour la survie du peuple français face à un ennemi qui voudrait l’annihiler….

Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ?

extraits : Discours de Macron en février 2020 sur la dissuasion nucléaire prononcé à l’École de guerre : « Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Le chef de l’Etat propose à ses partenaires européens d’être « associés aux exercices des forces françaises de dissuasion » Sur la force de frappe française, le président s’inscrit dans la continuité doctrinale de ses prédécesseurs….

Dissuasion nucléaire, une ligne Maginot !

extraits : Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ? La position de Macron est osée, qui va décider d’appuyer sur le bouton… quand l’Europe n’arrive pas à s’entendre sur des sujets moins belliqueux. La dissuasion nucléaire est une erreur militaire tragique, c’est accepter des bombes qui vont tuer en masse des civils. Sans être croyant, on ne peut qu’’être en accord avec la position du pape François : « On ne construit pas la paix sur la peur que l’on crée en montrant sa force. Or, avoir des armes nucléaires, c’est menacer de s’en servir. On ne peut donc se contenter de mettre en cause la dissuasion. Il faut aussi mettre en cause leur possession »…

Ce blog biosphere, depuis toujours

pour l’abolition des armes nucléaires

25 septembre 2019, Pour un désarmement nucléaire

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

23 janvier 2018, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel

10 octobre 2017, La folie du feu nucléaire entretenue par un journaliste

30 mars 2017, Les présidentiables face au feu nucléaire

21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

16 juillet 2014, L’art de ne pas répondre… sur le nucléaire militaire

21 mars 2014, Un gouvernement français de tout temps pro-nucléaire

27 juin 2012, supprimer la dissuasion nucléaire, alléger le budget !

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires

19 juillet 2011, la dissuasion nucléaire, un débat pour 2012

Posséder la bombe, une prérogative de l’Iran Lire la suite »

Une armée telle que je l’aime

Créée par les Alliés dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’armée allemande avait été pensée pour combattre le moins possible. Aujourd’hui Berlin veut la rendre « apte à la guerre », mais l’institution résiste, plus motivée à juste raison par la paix plutôt que par la guerre.

Quatre-vingts ans après la fin de la seconde guerre mondiale, les codes, les missions, les usages et la culture de l’armée restent ceux qui furent imaginés au sortir du conflit pour s’en démarquer. Comme le résume un expert allemand, « de même que le nucléaire est une arme de non-emploi, la Bundeswehr est une armée de non-emploi ». En 1955, lorsqu’elle est créée sous l’influence des Alliés désireux de la faire contribuer à la défense de l’Europe de l’Ouest, la feuille de route est claire : la rupture avec la Wehrmacht doit être totale. Les uniformes sont redessinés sur le modèle de ceux des armées américaine et britannique. Le pas de l’oie est supprimé, les défilés ont disparu. La Bundeswehr a été conçue « comme un pouvoir civil ». Pour intégrer l’armée, les ex-responsables de l’armée du IIIe Reich devaient notamment déclarer que la tentative d’attentat visant Hitler, le 20 juillet 1944, n’était pas une trahison, mais un acte héroïque. »

La nouvelle armée est sévèrement corsetée, subordonnée au pouvoir politique et contrôlée par le Parlement, qui doit donner son feu vert à toutes les opérations et – depuis 1981 – à toutes les dépenses de plus de 25 millions d’euros. Surtout, elle a vocation à n’intervenir que dans un cadre international – celui de l’OTAN – et jamais en position de leadership. Deux principes prévalent : ne jamais intervenir seuls, mais toujours en multilatéral, et éviter d’utiliser la force. Lorsqu’elle participe à des opérations, c’est toujours avec un mandat de l’OTAN, des Nations unies ou de l’Union européenne, pour des missions de maintien de la paix ou d’évacuation, menées dans un cadre très contraint

Le statut du soldat est aboli. Celui-ci devient un « citoyen en uniforme », libre de s’exprimer publiquement et même d’adhérer à un parti politique. L’objectif est de lui donner les moyens de désobéir s’il juge les ordres contraires à la Loi fondamentale. L’idée est que les soldats doivent savoir pourquoi ils se battent. Ils ont non seulement le droit, mais aussi le devoir de désobéir si nécessaire. Cela oblige les deux parties à réfléchir, celui qui donne les ordres et celui qui les reçoit. Quant à la notion de « patrie », elle est supprimée, toute référence à la nation étant désormais connotée. Le contraste avec l’époque nazie, où tout ce qui concernait l’armée faisait l’objet d’une glorification, ne pouvait pas être plus grand. Les soldats allemands sont dépourvus de « culture tribale », ce culte de la tradition dont leurs homologues français raffolent. Les chants militaires ont aussi peu à peu disparu de la Bundeswehr. La voix des militaires, bien que non soumise au devoir de réserve, demeure difficilement audible. Des municipalités s’élèvent régulièrement contre les campagnes d’information menées dans les établissements scolaires par des officiers, lesquels sont confrontés à des difficultés chroniques de recrutement.

Pour le ministre de la défense Boris Pistorius en octobre 2023, La Bundeswehr doit pourtant devenir « apte à la guerre » (kriegstüchtig). Le chancelier, Friedrich Merz, a promis d’en faire, à grand renfort d’argent public, l’« armée la plus puissante d’Europe sur le plan conventionnel ». Il est prêt à porter à 5 % du produit intérieur brut, contre 2 % aujourd’hui.

(source : En Allemagne, la Bundeswehr, l’armée qui ne voulait pas faire la guerre)

Le point de vue des écologistes désarmants

Le fait que les militaires allemands soient appelés à réfléchir, à penser par eux-mêmes avec possibilité de désobéissance, à se comporter normalement en mission, sans fétichisme masculiniste, sans commémoration guerrière, ni défilé glorifiant les armes, que toute l’armée soit dirigée vers la défense, non violente si possible, et qu’on considère que la guerre devrait être évité, c’est tout simplement du bon sens! S’interposer et porter assistance dans le cadre multilatéral, avec le moins de dégâts possibles, ce sont les deux seules missions qu’une armée devrait poursuivre, le reste ce sont des crimes commis à la demande de dirigeants avides.

Adoptée en 1949, le préambule de la Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne stipule que le « peuple allemand » est « animé de la volonté de servir la paix du monde ». Être pour la paix ne signifie pas être une proie facile pour les agresseurs. Si tu veux la paix, prépare la paix, prépare toute une nation aux technique de résistances, non violentes si possible. En France, un président d’envergure internationale mettrait les forces armées françaises à disposition de l’ONU : notre pays ne chercherait plus à préserver une défense armée nationale, elle serait directement partie prenante d’une instance internationale ayant pour objectif premier le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Notre pays pourrait ainsi assurer d’une façon indirecte sa propre sécurité : pourquoi attaquer un pays qui se veut le garant de la paix universelle ? En intervenant militairement dans une région quelconque du monde, une future armée mondialisée ne peut imposer une société civile, mais au moins, elle tient en respect les dictateurs, les revendications ethniques et les pays sans gouvernement.

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La fin du pacifisme pour Les Écologistes ?

extraits : Deux visions de la militarisation avancent en parallèle au sein du parti renommé « Les Ecologistes » : créée il y a un an, une commission défense militariste cohabite désormais avec la commission Paix et désarmement, créée en 1984 lors de l’AG fondatrice des Verts.Si les Écologistes agissaient dans la lignée de leur engagement historique pour la non violence, ils demanderaient politiquement à ce que, lors de la Journée Défense Citoyenneté obligatoire pour tous les jeunes, il y ait un module sur la défense civile non violente ainsi qu’une possibilité pour les jeunes de se déclarer lors de cette journée objecteur de conscience….

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Un service militaro-civil pour les jeunes ?

Une nouvelle idée pour enrégimenter les jeunes, un service « civilo-militaire » obligatoire pour les jeunes proposé par le Haut-Commissariat au plan.

Clément Beaune, nouveau patron de France Stratégie et du Haut-Commissariat au plan (HCP), a présenté une première note « flash » visant à esquisser et, surtout, à chiffrer différentes pistes pour accroître les formes d’engagements civils et militaires des jeunes Français.

– Le premier scénario propose de « vitaminer » le SNU actuel pour qu’il permette – toujours sur la base du volontariat – de recruter 200 000 jeunes de 15 à 17 ans, soit cinq fois plus que le flux actuel et près de 25 % d’une classe d’âge de 820 000 jeunes.

– Le deuxième scénario serait celui d’un « service civil universel », « obligatoire » pour « tous les jeunes » d’une classe d’âge à déterminer (15 à 17 ans ou 18-25 ans).

– Des scénarios « hybrides » permettent de « concilier les objectifs et les contraintes » de chacune de ces deux options, avec l’idée d’avancer vers un « service civilo-militaire » obligatoire qui « pourrait dessiner un nouveau modèle français ».

L’idée, renforcer la sécurité nationale en fournissant à l’armée un vivier de forces potentiellement mobilisables et donner une culture de la sécurité et des notions militaires à la jeunesse. « Le président ne voudra pas attendre 2027 pour lancer les choses », présume M. Beaune.

Le point de vue des écologistes pacifistes

– Le Haut-Commissariat au plan sert donc à ça ? Mr Beaune a besoin de montrer qu’il existe.

– Clément Baune succède à François Bayrou comme HCP. La note flash à l’époque, « il faut faire des enfants ».

– Ce n’est pas en quelques mois qu’on forme un « bon soldat » à notre époque où la guerre est très « technologique ». Sauf à vouloir constituer une réserve de chair à canon. On n’est plus en 14-18.

– Ce n’est pas non plus au terme d’un stage de 12 jours qu’on forme un patriote, surtout que le nationalisme devrait plutôt avoir mauvaise presse aujourd’hui.

– Il n’était pas question de faire des économies ? Plutôt que d’aller inventer un machin au mieux inutile, au pire nuisible…

– La meilleure formation pour les jeunes, c’est de leur apprendre à devenir objecteur de conscience, c’est-à-dire savoir résister à l’injustice bien avant de savoir se servir d’une arme… Car l’armée n’est pas au service du bien collectif. Quelle est la guerre qui a été profitable aux citoyens français ? A notre connaissance, aucune.

L’expression « civilo-militaire » ressort de derrière les fagots

Un rapport dénonce les dysfonctionnements des actions civilo-militaires (en 2001)

https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/06/29/un-rapport-denonce-les-dysfonctionnements-des-actions-civilo-militaires_203722_1819218.html

Un rapport parlementaire publié cette semaine dénonce les dysfonctionnements des actions civilo-militaires (ACM) menées par la France lors des crises internationales, liés à une « absence de stratégie globale de l’influence » française dans le monde.

La future réserve pourrait comporter un corps d’experts « civilo-militaires » (en 1997)

https://www.lemonde.fr/archives/article/1997/03/19/la-future-reserve-pourrait-comporter-un-corps-d-experts-civilo-militaires_3766062_1819218.html

LE PROJET DE LOI sur les réservistes, que prépare le ministère de la défense, devrait offrir à des cadres de réserve volontaires (officiers et sous-officiers) « un nouveau champ d’activités » comparable à ce qui s’est développé déjà aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, à savoir l’exercice des « affaires civilo-militaires » par des armées déployées en campagne : aider à l’installation d’une troupe (de sorte qu’elle ne soit pas perçue comme une armée d’occupation), accompagner des projets de restauration de l’économie locale, organiser les urgences humanitaires.

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Surpopulation, en marche vers la dictature

Cette photo de soldats nord-coréens participant à un défilé militaire à Pyongyang le 25 avril 2025 montre parfaitement le résultat d’une société trop nombreuse : l’accaparement de tout le pouvoir par une élite restreinte..

Des soldats nord-coréens participent à un défilé militaire pour les commémorations du 93ᵉ anniversaire de l’« armée révolutionnaire du peuple coréen », à Pyongyang, le 25 avril 2025. - KIM WON JIN / AFP

C’est d’autant plus inquiétant qu’il s’agissait de la commémoration du 93ᵉ anniversaire de l’« armée révolutionnaire du peuple coréen » alors que ce n’était que l’arrivée d’une dictature héréditaire en Corée du nord. Aujourd’hui cette « armée révolutionnaire » combat contre la démocratie en Ukraine aux côtés d’un autre dictateur, Poutine.

Demander à ce que la population mondiale maîtrise sa fécondité, c’est œuvrer pour la paix…

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Journée Défense Citoyenneté, à améliorer

Nous proposons un aménagement de la JDC (Journée Défense Citoyenneté) qui est obligatoire pour tous les jeunes. Sous l’influence du président de la république, elle se militarise à outrance. Dès son premier mandat en 2017, Emmanuel Macron avait débaptisé le ministère de la défense pour lui redonner le nom de ministère des armées. Notez que l’expression « défense nationale » était plus ouverte, il pouvait s’agir d’une défense par les armes et/ou d’une défense civile non violente.

Le président de la République, lors d’une conférence de presse le 14 mars 2024, était droit dans ses bottes : « Nous devons être prêts sans rien exclure, pas même le déploiement de militaires français sur le territoire ukrainien. »

Les jeunes risquent d’être en première ligne, le service militaire n’est que suspendu, pas aboli. Au delà des circonstance présentes de l’invasion de l’Ukraine, il nous faut en tant qu’écologistes envisager le long terme et le sort des générations futures. Il s’agit de montrer qu’une voie autre que la défense militaire est possible.

Nous présentons deux projets complémentaires lors de cette Journée Défense Citoyenneté, l’un demandant la création d’un module de présentation de la défense civile non violente, l’autre donnant la possibilité de se déclarer objecteur de conscience.

La défense civile non-violente lors de la JDC

La notion de défense civile non violente est complètement absente lors de cette journée obligatoire. Il est donc nécessaire de l’introduire dans le logiciel de pensée de la jeunesse :

– Nous déclarons notre engagement envers la non-violence et nous nous efforçons d’établir une culture de paix et de coopération entre les États, dans nos sociétés et entre les individus, comme base de la sécurité mondiale.

– Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire, mais sur la coopération… et le respect des droits de l’homme.

– La JDC doit contribuer à renforcer les programmes de paix existants et à forger de nouveaux programmes qui abordent tous les aspects de la construction d’une culture de la paix. Les programmes comprendront l’analyse des racines de la violence et soutenir la formation sur la résolution des conflits non violents à tous les niveaux.

Actuellement la Journée défense et citoyenneté s’étend sur une durée de 7 h30 avec la structure suivante :

module 1 : nous vivons dans un monde instable : une défense nécessaire

module 2 : une réponse adaptée : notre appareil de défense

module 3 : vous avez un rôle à jouer : un engagement citoyen (module dédié aux carrières et opportunités professionnelles au sein des armées et des services)

Le gouvernement devrait ajouter un module d’apprentissage de la défense civile non violente. Des références historiques peuvent nourrir ce nouveau module, entre autres H.D. Thoreau, Gandhi, Martin Luther King.

Plusieurs organismes peuvent contribuer animer ce module : l’IRNC (Institut pour la résolution non-violente des conflits), le MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) et l’IPP (Institut pour la paix).

Exposé des motifs

– Il s’agit lors de la JDC d’aborder une autre conception de la défense nationale en cas de conflit.

– L’invasion de l’Ukraine par la Russie montre qu’une guerre ne peut se gagner sans le soutien durable de la population.

– Au principe « Si tu veux la paix, prépare la guerre » s’oppose la conviction de la non-violence : « Si tu veux la paix, prépare la paix ».

– La défense civile non-violente est une stratégie de défense de la démocratie contre les menaces internes et les agressions extérieures.

– Il s’agit d’une politique de défense contre toute tentative de déstabilisation, de contrôle ou d’occupation de notre territoire.

– Le citoyen est préparée pour des actions collectives de non-coopération et de confrontation avec l’adversaire pour l’empêcher d’atteindre les objectifs de son agression.

– Il s’agit de rendre la société  insaisissable pour un agresseur, inexploitable économiquement, incontrôlable politiquement et idéologiquement.

– C’est la dissuasion civile. Face à la résistance de la population, les coûts pour l’agresseur risquent d’être bien supérieurs aux gains espérés.

L’objection de conscience lors de la JDC

Le président a annoncé le 20 janvier 2025, un projet pour « mobiliser » davantage de jeunes volontaires « en renfort des armées » en cas de besoin, face à une « accélération des périls » depuis la guerre en Ukraine. Il a rappelé que mobiliser les jeunes était « l’ambition du SNU (service national universel) ». Pour la JDC (Journée Défense Citoyenneté), Emmanuel Macron se fait plus précis : « Aujourd’hui, nous nous contentons d’un recensement, d’une journée défense et citoyenneté », « c’est trop peu », a-t-il expliqué. Sans « rétablir le service national obligatoire », il a demandé au gouvernement et à l’état-major des armées des propositions d’ici au mois de mai pour « permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs » ; « Nous devrons mieux détecter les volontaires », « les former et être capable de les mobiliser le jour venu », « en renfort des armées en métropole ou ailleurs » ; « Pour constituer cette réserve, la journée de défense et de citoyenneté sera rénovée et redeviendra demain un moment de temps retrouvé avec les armées », a-t-il ajouté. Parmi les 800 000 jeunes qui l’effectuent chaque année, « certains se signaleront et diront qu’ils répondront présents si la nation les appelle ». Emmanuel Macron a dit vouloir « proposer à notre jeunesse un engagement fort » pour lui « donner le choix de servir ».

Or l’objection de conscience est un refus d’accomplir certains actes requis par une autorité lorsqu’ils sont jugés en contradiction avec des convictions intimes de nature religieuse, philosophique, politique ou idéologique. Le refus des armes en cas de conflit est d’ailleurs un droit reconnu nationalement et internationalement.

– L’objection de conscience est un aspect de la liberté de conscience.

– Il s’inscrit dans un effort historique de l’humanité pour circonscrire le pouvoir des autorités civiles, religieuses ou économiques.

– Le statut des objecteurs de conscience est adopté en France par une loi de décembre 1963. Avec la loi Joxe en 1983, l’obtention du statut devient automatique.

– La fin de la conscription en 1997 constitue une nouvelle donne. Une journée de défense et de citoyenneté (JDC, anciennement JAPD) devient obligatoire.

– Tous les jeunes ayant la nationalité française sont appelés à effectuer une journée défense citoyenneté avant 18 ans.

– Aucune possibilité de se déclarer « objecteur de conscience » n’est prévue par la loi du 28 octobre 1997. Selon le point de vue officiel publié au JO le 20/03/2007,  « le ministère de la défense ne peut préjuger des dispositions que prendrait le pouvoir législatif sur les conditions de recevabilité des demandes d’admission au bénéfice du dispositif de l’objection de conscience. La forme de service que souhaiterait accomplir chaque administré effectuant la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD) n’est pas l’une des données dont le recueil est autorisé. »

Rappelons que le droit à l’objection de conscience au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. L’obligation d’employer la force au prix de vies humaines peut être gravement en conflit avec la liberté de conscience et le droit de manifester sa religion ou ses convictions.

– En toute transparence démocratique, les jeunes doivent être informés que l’incorporation n’est que suspendue ; l’appel sous les drapeaux peut être « rétabli à tout moment par la loi dès lors que les conditions de la défense de la Nation l’exigent ou que les objectifs assignés aux armées le nécessitent » (Loi portant réforme du service national du 28 octobre 1997, L. 112.2). Dans de telles circonstances, il pourrait être difficile pour les services compétents de traiter dans l’urgence et massivement des demandes d’objection de conscience. Une déclaration lors de la JDC évite cet écueil.

– C’est pourquoi lors de la Journée Défense et Citoyenneté, il semble conforme à la logique démocratique qu’un jeune homme ou une jeune femme puisse déclarer :

« Je désire manifester dès maintenant mon refus d’un service militaire armé pour motif de conscience et je demande à bénéficier d’un tel droit reconnu internationalement. Mes convictions, basées sur la recherche de la bonne entente collective, me conduisent à d’autres formes d’engagement pour la nation et les peuples que l’usage des armes »

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Devenir objecteur de conscience… en 1971

Cette semaine, du 7 au 13 avril 2025, nous consacrons chaque jour un article au pacifisme. Le principe « si tu veux la paix, prépare la paix » est en effet inséparable d’un engagement écolo. Une planète traversée par nos démonstrations guerrières ne peut pas être un monde agréable à vivre qui pourrait conserver des ressources naturelles préservées. Voici le témoignage de Michel Sourrouille.

Le temps du service militaire approchait, j’avais 21 ans en 1968. Le sursis pour études longues allait disparaître un jour ou l’autre ! Je ne connaissais pas encore le statut d’objecteur de conscience. Entre 1964 et 1971, il y a eu seulement 1000 jeunes gens au total qui ont été admis au bénéfice d’un statut voté en 1963. Mais les 26 mois de camps de concentration vécus par mon père m’ont amené beaucoup plus tôt que la plupart à réfléchir sur le problème des conflits armés et l’anéantissement des personnes. Début 1970, c’est la mini-guerre du Tchad. Je suis quelques meetings. Mi-février de la même année, Michel Debré m’apprend sans le vouloir l’existence des objecteurs de conscience lors d’un débat sur la patrie avec le communiste Duclos : « La patrie apporte la liberté par le suffrage universel : la liberté de la minorité de se plier aux exigences de la majorité (…) Les objecteurs de conscience ont de la chance qu’il y ait des patriotes. » Duclos penche pour l’internationalisme des marseillaises, non pour le cosmopolitisme. J’en déduis que Duclos est pour une patrie rattaché à l’URSS et Debré pour la patrie du grand capital. Dans mes notules, ces questions : « Doit-on se battre pour trouver la paix ? … Ne devient-on pas brutal par faiblesse ? … Je m’en fous d’être occupé par un autre peuple parce que mon pays est déjà occupé par des étrangers : les gouvernants, les capitalistes… 

Et puis je commence à participer à un groupe de soutien des objecteurs de conscience. Je distribue des brochures sur le statut des objecteurs de conscience. Mais ce statut exige de se déclarer « opposé en toutes circonstances à l’usage personnel des armes ». Je conteste. Si en tant qu’individu on estime la violence nécessaire, comme cela a une répercussion très limitée, alors oui cette violence peut être fondée, par exemple par la légitime défense. Par contre la violence de groupe devient par son amplitude trop aveugle et empêche l’individu de conserver son libre arbitre. Pour moi la violence ne doit pas être institutionnalisée, par exemple dans une armée. Elle doit rester le choix de chacun et non un jouet aux mains de quelques-uns. Notre comportement découle d’une prise de conscience individuelle, pas d’un ordre social. Nous n’avons pas à suivre les moutons conduits à l’abattoir, nous ne devons pas devenir des morts pour rien comme l’ont été toutes les victimes des guerres.

Je ne récuse pas encore un service militaire mixte et de très courte durée qui permettrait de forger ses capacités physiques et de savoir comment se défendre. Seulement la liberté d’information et d’expression doit être aussi préservée dans ce cadre. Je m’informe sur la discipline militaire : un soldat est libre de son opinion, mais il ne peut se livrer à une activité politique à l’intérieur du domaine militaire ! Je me pose la question du pourquoi d’une coupe de cheveux qui « doit être nette et sans excentricité, les tempes et la nuque dégagée » ! J’en ai déduis qu’on rentre dans l’armée comme on rentre en religion. Très peu pour moi ! Toutes ces contraintes ne me plaisent pas, l’ordre militaire commence à m’incommoder, je revis la même expérience réflexive que lors de ma contestation de l’ordre religieux ou scolaire.

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », me dit-on : conscription obligatoire, dissuasion nucléaire, Dassault… Où va-t-on ? L’étripement mutuel, une fois de plus ! J’estime que les conditions géopolitiques ont vraiment changé. La guerre totale, nucléaire ou biologique ? Inutile d’en parler, nous sommes tous morts ou presque. Mais l’autre, la guerre conventionnelle ? Nul besoin d’une mobilisation générale, la guérilla, la guerre de rue, la résistance, passive ou non, me semblent suffire. Pas d’affrontement de corps à corps, mais la révélation de l’esprit de tout un peuple. Si l’individu par lui-même n’est pas capable de revendiquer sa liberté, c’est bien à cause de l’incohérence de notre système d’éducation collective, pas à cause d’une invasion.

Michel Debré devient ma bête noire, lui qui peut se permettre d’écrire (Sud-Ouest, 10 avril 1970) : « Si la France a une grande industrie aéronautique, atomique, électronique, c’est uniquement – je dis bien uniquement – du à l’importance des dépenses dans le domaine de l’armement… Le coût des équipements militaires est tel qu’il n’y a rentabilité que dans la mesure où on vend des armes à l’extérieur. » Je trouve cela absurde, une défense « nationale » qui vend des armes à des pays qui, un jour ou l’autre, peuvent se retourner contre la France en utilisant des armes françaises ! Mais le PSU et l’UNEF restent inconditionnellement pour la lutte à l’intérieur de l’armée, ils dédaignent la volonté de notre comité de soutien aux objecteurs de conscience d’une arrestation volontaire d’objecteurs, dont Daniel Brochier. Eux, ils luttent pour préparer une armée « révolutionnaire » qui prendra le pouvoir et instaurera un régime qui exercera sans doute la même oppression qu’ils ont combattue !

La commission papale sur la justice et la paix vient de publier un document dans lequel elle demande à tous les pays de reconnaître l’objection de conscience et de donner le choix entre le service militaire et un service civil. Les Pères de l’Eglise comme saint Ambroise ou saint Augustin attiraient déjà l’attention de la primauté de l’amour, allant même jusqu’à déclarer que les chrétiens, en tant qu’individus, n’avaient aucun droit au principe de défense légitime. Mais saint Augustin a pourtant théorisé la guerre « juste », notion développée par saint Thomas d’Aquin et Francis Suarez (juste autorité, juste cause, justes moyens). Qui croire ? Le 27 avril 1970, je me tourne complètement vers l’objection de conscience. C’est clair, c’est pour moi la seule méthode rationnelle possible qui puisse déboucher un jour sur une humanité non aliénée, c’est-à-dire consciente de son aliénation. Car si on n’accepte pas la solution aveugle de la guerre, on a tout intérêt à former les consciences à une prise de conscience. Pour devenir une force réelle, la non-violence commence dans nos pensées.  La non-violence ne se réalise pas mécaniquement, elle s’acquiert aussi par la pratique. En juin 1970, j’approfondis ma conception via mon réflexe habituel d’accumulation de notules. John F Kennedy disait : « La guerre existera jusqu’au jour lointain où l’objecteur de conscience jouira de la même réputation et du même prestige que ceux du guerrier aujourd’hui. » J’en ai déduit que si tout le monde devenait objecteur de conscience, il n’y aurait plus de guerre.

C’est à Günter, mon ancien correspondant allemand qui s’est engagé dans l’armée, que je me confie le 14 novembre 1970 : « Comme je me refuse à la guerre, j’ai décidé de devenir objecteur de conscience et de faire mon temps (deux ans au lieu d’un seul) au Service Civil International. Je peux dire que c’est le seul moyen de combattre pour la paix entre les nations. Le mahatma Gandhi avait pour seule arme le satyagraha, la force de la vérité et de la justice… Pour moi, on ne peut chercher la paix que par le dialogue, comme Socrate par exemple. C’est en formant les jeunes à un esprit social et non plus individualiste qu’on pourra grandir l’humanité internationale. C’est en modifiant les structures qui oppressent les adultes que nous pourrons éviter tous les conflits… » J’ai envoyé par la poste deux demandes de renseignement sur l’objection au ministère de la défense et cela sans réponse aucune… L’armée est bien la grande muette !

Le 27 novembre 1970, j’écris au ministère des armées : « Demander le statut d’objecteur n’est que le résultat d’une longue démarche de la pensée affrontant le réel. C’est difficile. Moi-même, je n’ai eu connaissance de ce statut qu’à 22 ans et par hasard. Ce qui m’a frappé, c’est l’inconscience qui préside au déroulement des conflits armés. Chaque fois qu’on a laissé aux hommes le temps de réfléchir, la guerre a pu être évitée. Mais une fois enclenchée, la situation de violence collective ne peut plus être maîtrisée. Gandhi disait : « Je m’oppose à la violence parce qu’elle semble produire le bien. Mais le bien qui en résulte n’est que transitoire tandis que le mal produit est permanent.  » Le remède aux camps de concentration n’est donc pas dans l’élaboration d’un meilleur armement mais dans l’aptitude de chaque homme à envisager le monde sous l’angle du respect de la liberté d’autrui. Une liberté individuelle qui s’accompagne d’une conscience sociale. Je trouve anormal pour une démocratie de ne pas suffisamment informer les citoyens de cette possibilité de chercher la paix par la non-violence. Je demande à bénéficier du statut d’objecteur de conscience (loi 63-1255) puisque je suis déjà objecteur de conscience. Je ne veux pas être un  tueur légal. »

Décembre 1970, le ministère de la défense m’envoie le statut des objecteurs. Je les interroge à nouveau : « A la lecture de cette loi, plusieurs questions se posent encore à moi et avant de m’engager à quoi que ce soit, je voudrais bien que ma conscience soit pleinement informée. Pourquoi les jeunes qui font leur service militaire n’ont pas à donner les raisons de la conviction qui les pousse dans cette voie ? Pourquoi l’armée accepte-t-elle n’importe quel conscrit sans sonder les nobles motifs qui devraient pousser à s’engager ? Pourquoi un délai de forclusion alors qu’une prise de conscience peut se faire à tout moment ? Pourquoi établir un service civil de punition en doublant le temps, l’objecteur obligé à deux ans, le troufion libéré après une seule année ? Pourquoi changer d’avis est-il possible pour un objecteur déclaré qui veut devenir militaire, et pas l’inverse ? Pourquoi la délibération d’une commission sur nos motifs doit-elle rester secrète alors qu’une démocratie ne peut exister sans transparence ? » Le silence de l’administration est bien connu quand elle n’a pas de réponses. Je m’informe auprès des objecteurs de l’impasse Popincourt. J’aborde la question d’une demande de statut formulée de façon standard, idée qui sera mis en pratique par la suite.

Je me creuse beaucoup la tête pour élaborer les raisons de mes convictions car elles seront jugées par une commission qui à l’habitude de refuser en moyenne 10 % des (rares) demandes de statut qui lui sont adressées ! Comment alors écrire ma lettre de motivation ? Mon engagement d’objecteur a pour origine profonde les camps de concentration vécus par mon père. Il vient plus rationnellement de mon refus de la stupidité et le service militaire est une des formes les plus stupides qui soit. Ceux qui donnent des ordres nous ordonnent de nous battre contre les Allemands, puis ceux qui donnent les ordres nous ordonnent de faire l’Europe avec les Allemands ! Nous sommes dans un monde qui s’ouvre et la nation devient un concept rétrograde, dépassé. Je deviens citoyen du monde, il n’y a plus besoin d’armée. Mais cette argumentation est « politique », aucune chance pour que la commission la ratifie.  Il faut avoir des raisons philosophiques ou religieuses d’objecter ! Début février 1971, je note dans mon carnet : « Je peux dire sans beaucoup me tromper que si tous les budgets militaires depuis la nuit des temps avaient été consacrés à aider les humains au lieu de vouloir les détruire, il y aurait déjà un gouvernement mondial, une même langue, une même monnaie et une société où patrons et ouvriers marcheraient la main dans la main. » Mais cette argumentation est aussi « politique », ce serait refusé par la commission.

Un projet de reconnaissance légale de l’objection avait été soumis aux Cortes en Espagne le 30 mai 1970. Il a été refusé. Je participe avec mon groupe au soutien de José Beunza dit pépé, né en 1947 comme moi et premier Espagnol à faire publiquement objection de conscience. Il était en prison. Pour nous, le refus de l’usage des armes est nécessairement un mouvement internationaliste ; le fait que le droit à l’objection ne soit pas reconnu dans un pays est une anomalie à combattre. Nous bloquerons un pont à la frontière entre la France et l’Espagne, nous serons dispersés à coup de matraque. Le régime de Francisco Franco n’était pas tendre avec les opposants. Mais seule est vraie la parole qui mène aux actes.

Je boucle enfin ma lettre de motivation pour obtenir le statut : pas de politique, uniquement du religieux et du philosophique ! Ils en veulent, ils en auront, mais je savais ce que je mettais entre les lignes :

« Etre catholique ou athée, pacifiste et non violent ! Les mots ont trop de pièges pour ne pas en être effrayé tant soit peu. Je suis seulement un individu qui essaie bon gré mal gré de discerner le bien du mal, le vrai du faux, avec les faibles moyens dont je dispose et les connaissances disparates que j’ai acquises. Je suis d’abord un admirateur et fidèle de Jésus Christ puisque j’ai été élevé en tant que catholique, baptême, messe et communion. Or le message essentiel de Christ consiste en l’amour des hommes, lui à qui on demandait : « Si tu es le Christ, dis-le-nous » et qui répondait seulement : « Si je vous le dis, vous ne croirez pas et si je vous interroge, vous ne répondrez pas.  » Oui, il m’arrive souvent de me prendre pour un disciple du Christ et dire « Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ?  » Oui, il m’arrive aussi d’avoir mes faiblesses ! Et puis j’ai passé le bac philo où l’enseignement qui m’a le plus marqué fut celui de Socrate. De sa mort, je retiens surtout qu’il n’a pas voulu échapper à sa prison et au jugement de sa Cité ; il est un homme engagé dans la société et qui accepte la société. Mais il est aussi l’homme du dialogue, celui qui recherche inlassablement la vérité avec les autres. Enfin, depuis que je suis sensibilisé à l’objection de conscience, j’ai appris à connaître Gandhi, la non-violence et l’acceptation d’autrui. J’essaie de bâtir mon engament d’homme sur l’exemple de ces hommes. Et ma vie, ma sincérité, ne vaut que par ce qu’en font les autres, par ce dont ils jugent mes actes. Si donc ma société veut savoir de quelle manière je conduis ma vie, qu’elle prenne deux témoins, comme à son habitude, ou 36 témoins. Ceux qui me connaissant savent combien j’essaie de respecter cet engagement à mi-cheminn de la philosophie et de la religion. Cet engagement ne me permet pas de vivre à l’intérieur d’une organisation appelée pudiquement « obligations légales d’activité « , armée qui ne permet ni l’amour de l’homme, ni la discussion, ni la non-violence. Or ma société me permet de vivre selon ma conscience ; que ma société fasse son devoir ! Cordialement » ( 26 avril 1971).

Le délibéré et prononcé le 18 novembre 1971 est fait en séance publique dans l’une des salles du Conseil d’Etat : « Il ressort de l’examen des pièces du dossier une présomption suffisamment précise de la sincérité des convictions ainsi exprimées par l’intéressé pour que sa demande soit accueillie. » En juin 1971 Louis Lecoin, celui grâce à qui le statut d’objecter de conscience était devenu possible, meurt à 83 ans. Je fais passer un article dans Sud-Ouest, mais on a censuré ce passage : « C’est avec lui qu’on peut dire qu’un désarmement unilatéral donnerait à la France la meilleure place et la plus enviable dans la mémoire des hommes, de tous les hommes devenus citoyens égaux dans un monde sans frontières et à unique patrie. » Le journal a égrené le passé de Louis, mais n’a pas voulu aborder ce qui permettrait un avenir meilleur… La liberté d’exprimer ses idées est toute relative en France !

Et puis la préparation de la semaine de la non-violence en mars 1972, sept conférenciers, Europe n° 1, des tas de problèmes organisationnels à résoudre. Un groupe anarchisant plein d’objecteurs qui prépare quelque chose de structuré… mission impossible ! Je remarque, et ce ne sera pas la dernière fois, que ce sont toujours les mêmes qui font les tâches techniques. Le soir à l’Eglise Notre dame des anges, la salle est pleine pour une conférence de Jean-Marie Müller. Jean-Marie a renvoyé son livret militaire, trois mois de prison avec sursis, 1000 francs d’amende et cinq ans de suppression des droits civiques. Pour lui, la non-violence lie la fin et les moyens, c’est une maîtrise de son agressivité, c’est une alternative à la violence. Faire violence, c’est faire taire. Il va créer en 1974 le MAN (mouvement pour une alternative non violente). En avril 1972, je découvre lors d’un rassemblement d’objecteurs qu’il est vain d’essayer d’organiser un mouvement collectif. La majorité des objecteurs ne voient dans l’objection que le moyen de préserver sa liberté individuelle, point final. Cela n’empêche pas quelques actions comme le comité des 20 pour une demande de statut dans les mêmes termes, non personnalisée.

Je continue mon militantisme quotidien. J’écris au président du tribunal de grande instance : « Lundi 8 mai 1972, vous jugerez Jean Coulardeau, Odette Gaignard… pour incitation de militaires à la désobéissance, au renvoi et à la destruction de papier militaire et pour propagande en faveur du statut des objecteurs de conscience. Je proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression car les inculpés ne font-ils pas autre chose qu’employer les mêmes « armes » que l’organisation militaire : incitation des civils à l’obéissance, incitation à l’adhésion aux buts militaires et propagande en faveur du statut de soldat. » Cela fait toujours plaisir de s’exprimer, même si on parle à des murs…

Nous distribuons des tracts dénonçant les positions antidémocratiques de Michel Debré inscrites dans un de ses libelles : « Le nombre de citoyens qui suivent les affaires publiques avec le désir d’y prendre part est limité ; il est heureux qu’il en soit ainsi. La cité, la nation où chaque jour un grand nombre de citoyens discuteraient de politique serait proche de la ruine. Le simple citoyen qui est un véritable démocrate se fait en silence un jugement sur le gouvernement de son pays et lorsqu’il est consulté à dates régulières, pour l’élection d’un député, exprime son accord ou son désaccord. Après quoi, comme il est normal et sain, il retourne à ses préoccupations personnelles. » Nous lui opposons une phrase de Gandhi : « La vraie démocratie ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir que tous auront de s’opposer aux abus de l’autorité. »

En décembre 1965, après l’échec du camp de Brignolles dans le Var grâce à la résistance des OC, le Premier ministre confirme le détachement des objecteurs dans des organismes privés assurant des travaux d’intérêt général. Nous étions donc libres à l’époque du choix de l’affectation dans un grand nombre d’associations habilitées. Mais je vais participer à la première incorporation qui subit une reprise en main des autorités pour nous mater. Je vais cumuler les statuts, à la fois objecteur de conscience, insoumis au service civil… puis militaire !

Fin avril 1972, un an après ma demande d’obtention du statut, j’apprends mon affectation autoritaire aux Eaux et Forêts. Je propose au niveau national que nous organisions des centres de recherche et d’action non violente en lieu et place d’une tâche d’ouvriers forestiers qui se situe en dehors de toute préoccupation de « défense nationale ». Mais à l’AG de Lyon des OC début mai, si nous décidons le refus de l’incorporation en agriculture, ceux qui ont emporté la décision sont aussi ceux qui refusent tout service social. Quelle ambiguïté ! Si on refuse le service civil, on conforte l’armée puisqu’on ne propose aucune alternative crédible.

Je suis incorporé officiellement le 1er juin 1972. La réalisation pratique va attendre trois mois. A cette époque, nous étions très peu nombreux en France à obtenir le statut d’objecteur de conscience (621 demandes pour toute la France en 1971). Un décret du 17 août 1972 nous affecte d’office la première année à des chantiers forestiers contrôlés par l’Office national des forêts. Je reçois ma convocation le 30 août 1972 : « L’objecteur est tenu de prendre le plus grand soin de la bicyclette qui lui sert à rejoindre le lieu de travail ainsi que de l’outillage qui pourra lui être confié ». Cette affectation imposée est suivie le 2 septembre 1972 par la publication du décret de Brégançon, un règlement disciplinaire particulièrement sévère pour des personnes censées travailler dans le civil.

Nous étions si peu nombreux que nous devions tous passer au même moment une visite médicale d’incorporation à l’hôpital Boucicaut de Paris. Réunis à Bièvre, notre premier « contingent » de 136 « recrues » décide pour plus de la moitié de désobéir à une affectation à l’ONF. A Boucicaut, nous refusons aussi majoritairement d’être pris en photo ainsi que la radio des poumons : pour s’occuper des arbres, pas besoin de vérifier si nous sommes tubards ! Nous envoyons au ministre de la défense une lettre standard le 25 septembre 1972 motivant notre refus des Eaux et Forêts :

«  Le travail que nous projetions de faire dans les associations auprès des plus déshérités de notre société s’inscrit dans un engagement global de notre part. Nous estimons que ce témoignage de notre part qui repose sur notre volonté de paix sera infiniment plus d’ »intérêt général  » que de travailler à l’ONF financièrement prospère et qui, elle, peut se permettre de payer des employés. Nous n’avons toujours pas reçu l’assurance que notre présence à l’ONF ne concurrencerait pas la main d’œuvre salariée. D’autre part, nous considérons que le décret du 17 août 1972 nous impose une discipline militaire, un embrigadement que nous avons refusé en demandant le statut d’objecteur de conscience. Les droits élémentaires de tout civil dans une démocratie sont de pouvoir exprimer ses idées, de pouvoir se réunir, se syndiquer s’il travaille, etc. Ce décret nous assimile bien davantage à des militaires qu’à des civils.

Pour ces raisons nous refusons d’accomplir le service national qui nous est demandé aujourd’hui, et nous le refuserons tant que les affectations d’office seront maintenues et que le décret du 17 août 1972 ne sera pas abrogé. N’ayant aucunement été consulté pour cette décision et étant en total désaccord avec elle, nous avons l’honneur de vous demander une audience afin d’examiner ensemble les solutions possibles à ce problème.

Veuillez croire Monsieur le Ministre à nos sentiments les plus sincères. »

Mon acte d’insoumission au service civil a donc été étayé par une réflexion collective. Ensemble nous avons approfondi tous les arguments pour refuser l’ONF, y compris celui de sa politique de remplacement des feuillus par des résineux, plus rapides de croissance mais préjudiciables aux sols. L’ONF était devenu une  « usine à bois ». Après notre insoumission-désertion, nous avons repris chacun notre liberté. Incorporé à Saint Pierre de Chartreuse près de Grenoble, j’ai regagné Bordeaux en falsifiant l’ordre de transport SNCF qui m’avait été remis.

L’armée et la justice ont laissé pourrir la situation, intentant quelques procès de temps en temps. J’ai même témoigné à l’un d’eux, exigeant d’être poursuivi au même titre que mon camarade objecteur, en vain : plus nous étions poursuivis devant la justice, plus cela faisait de la publicité pour l’objection de conscience, plus notre cause progressait. Il faut être fier de se retrouver en prison quand c’est le signe de notre liberté de pensée. L’Etat ne m’a pas poursuivi, préférant le silence sur ce qui le dérange….

Une armée composée d’individus qui déterminent par eux-mêmes pour quoi il faut se battre ne pourrait être utilisée par aucun pouvoir politique. Avec des citoyens profondément objecteurs de conscience, nous n’aurions pas suivi les fantasmes de gloire de Napoléon, nous ne serions jamais intervenus militairement en Indochine ou en Algérie, nous n’aurions pas envoyé des supplétifs en Afghanistan ou en Côte d’Ivoire, ni des avions sur la Libye. La France aurait été un pays déterminant au niveau international pour éliminer toutes les armées et construire une paix durable. Mais pour cela, il faut que notre société accepte d’éduquer les consciences individuelles, ce qui risque en fait de la remettre beaucoup trop en question.

Michel Sourrouille

En définitive, la principale vertu du bon citoyen n’est ni l’obéissance ni la désobéissance, elle est la responsabilité éthique qui doit le conduire à choisir politiquement ce qui a le plus de chances de réduire la violence parmi les hommes, le plus de chances de favoriser la justice, la liberté. »

In L’impératif de désobéissance de Jean-Marie Muller (éditions le passager clandestin, 2011)

Devenir objecteur de conscience… en 1971 Lire la suite »

Petite leçon sur la guerre, la paix avant tout

Cette semaine, du 7 au 13 avril 2025, nous consacrons chaque jour un article au pacifisme. Le principe « si tu veux la paix, prépare la paix » est en effet inséparable d’un engagement écolo. Une planète traversée par nos démonstrations guerrières ne peut pas être un monde agréable à vivre qui pourrait conserver des ressources naturelles préservées.

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », est-ce pertinent ? Il n’y a pas débat à avoir, on ne connaît pas une seule guerre qui ait servi à quoi que ce soit pour faire progresser l’intelligence collective de l’humanité. Une seule alternative « Si tu veux la paix, prépare la paix » ! Contre la militarisation des esprits, il y a fort à faire dans cette période de réarmement militaire faussement justifié par la guerre en Ukraine.

Benoît Hopquin : L’ancien élève de Saint-Cyr et lieutenant-colonel Guillaume Ancel intitule son livre : « Petites leçons sur la guerre ». L’auteur s’interroge sur ce point qu’il juge fondamental. Sommes-nous, Français et Européens, moralement prêts à faire la guerre ? Ce qu’il traduit ainsi dans le sous-titre de son essai : « Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre », mouture contemporaine de « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». A son avis, l’exemple ukrainien démontre que la détermination d’une nation est capitale. Massivement mobilisé, ce peuple tient tête depuis trois ans à une armée qui se présentait comme la deuxième du monde. Il faut se battre pour le Donbass.

Guillaume Ancel sait la fragilité de la posture d’interposition. Il a le souvenir des lâchetés face aux Khmers rouges, aux génocidaires Hutus ou aux bourreaux serbes à Srebrenica. Face à l’OTAN affaiblie par Donald Trump, Guillaume Ancel soutient la formation d’une garde européenne, composée de réservistes qui « présenteraient l’intérêt notable de créer et d’entretenir une culture militaire dans toute la société ». De quoi être traité de va-t-en-guerre. Mais refuser l’idée d’un conflit ne l’empêche pas d’advenir, réfute l’auteur : « Je suis convaincu plus que jamais de la nécessité de combattre pour défendre une paix durable lorsque des empires menaçants la remettent en cause et qu’ils nous pensent incapables de leur faire la guerre. »

Le point de vue des écologistes pacifistes

On peut combattre les différentes causes de l’état perpétuel de guerre par des solutions très simple, la formation de citoyens éclairés. Par exemple, les jeunes devraient recevoir une éducation à la non-violence active. Lors de la Journée Défense Citoyenneté (JDC), obligatoire pour tous les jeunes, il faut instituer un module sur la Défense civile non violente (DCNV) pour rendre capable de résister à l’injustice, aux inégalités et aux autoritarismes. Il faut instaurer un état d’esprit cosmopolite, se ressentir citoyen du monde même si l’enracinement dans un terroir est indispensable. Lors de la JDC, il faut aussi permettre aux jeunes de se déclarer objecteur de conscience, opposé à l’usage collectif des armes. Si tout le monde devenait objecteur, il n’y aurait plus d’armée possible, il n’y aurait plus de guerres.

Il n’y a pas EUX et NOUS, il y a une espèce humaine qui a besoin de rompre avec le fracas des armes pour se consacrer à bâtir une paix durable. Si tous les apprentis dictateurs qui considèrent les humains comme de la chair à canon risquaient à tout moment d’être assassinés par un pacifiste, il n’y aurait plus de déclaration de guerre. Être un nationaliste identitaire ou même un féroce partisan de « son » équipe  (de foot…) deviendrait une anomalie aux yeux de tous.

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sois logique, si tu veux la paix, prépare la paix

extraits : On peut combattre les différentes causes de la guerre par des solutions très simple, il suffit de les mettre en œuvre.

1. Tous les citoyens et citoyennes reçoivent une éducation à la non-violence active. Il deviennent capable de résister à l’injustice, aux inégalités et aux autoritarismes.

2. Les langues se résument à deux, la langue maternelle pour chacun et l’espéranto pour tous. Plus besoin de traducteurs, la langue-pont permet d’échanger d’un bout à l’autre de la planète sans intermédiaire.

3. Les nations ne sont plus des instances décisionnelles. On a remplacé l’ONU (Organisation des Nations Unies) par l’OMdP (Organisation Mondiale des peuples), organisme à la fois transnational et supranational. Les armées nationales sont mise au service de cette nouvelle instance. Les casques bleus deviennent la seule et unique force de maintien de la paix. Les arsenaux militaires sont démantelés, les bombes nucléaires désarmées, le commerce des armes éliminé. En fait les militaires se transforment en policiers.

4. On pratique la relocalisation des activités pour atteindre l’autonomie alimentaire et énergétique la plus grande possible dans des biorégions. Il n’y a plus d’activité extractive, tout notre mode de vie repose uniquement sur des ressources renouvelables. Le « doux commerce » de la mondialisation économique qui avait favorisé les échanges et s’était transformé en concurrence sauvage avait dévasté les ressources naturelles. Il n’y a dorénavant plus d’expansion spatiale possible ni de guerres pour les ressources.

5. Les niveaux de population sont fixés pour permettre d’accéder à un équilibre durable avec les ressources locales. L’OMdP préconise le modèle d’un seul enfant par famille au niveau mondial. La diminution de la natalité laissera une place plus grande pour la biodiversité tout en pesant moins sur les ressources planétaires.

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La guerre, une histoire ancienne au Royaume-Uni

Cette semaine, du 7 au 13 avril 2025, nous consacrons chaque jour un article au pacifisme. Le principe « si tu veux la paix, prépare la paix » est en effet inséparable d’un engagement écolo. Une planète traversée par nos démonstrations guerrières ne peut pas être un monde agréable à vivre qui pourrait conserver des ressources naturelles préservées.

Au Royaume-Uni, le service militaire obligatoire a officiellement pris fin le 31 décembre 1960. L’armée britannique ne compte plus dorénavant que des volontaires. Le paradoxe, c’est que ce premier Etat ayant reconnu officiellement le droit à l’objection de conscience en 1916 envisage en 2024 un retour à la conscription. Merci Poutine ! Richard Shirreff, ex-commandant en chef adjoint de l’OTAN, a estimé qu’il était temps de « penser l’inimaginable » et d’« étudier attentivement la conscription… ».

Cécile Ducourtieux : La guerre reste une affaire du passé au Royaume-Uni. On se rappelle l’étrangeté de la guerre des Malouines (1982) ou en 2003 l’opposition massive à l’engagement du premier ministre Tony Blair dans la guerre en Irak. Aujourd’hui le soutien à l’Ukraine reste consensuel et transpartisan, mais la menace russe est reléguée à des milliers de kilomètres. Pourtant l’aide financière à l’Ukraine (environ 3 milliards de livres sterling, soit 3,59 milliards d’euros annuels) ne fait pas polémique, ni la proposition du travailliste Keir Starmer d’envoyer des troupes sur le terrain pour sécuriser un éventuel traité de paix. Mais certains s’inquiètent du comportement des Britanniques en cas de conflit : montreront-ils la résilience des années 1940 ou l’esprit de sacrifice de la première guerre mondiale ? Selon un sondage YouGov, 38 % des moins de 40 ans refuseraient de servir dans les forces armées en cas de nouvelle guerre mondiale.

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La guerre ne cessera que quant tous les humains décideront d’être objecteurs de conscience, opposés à l’usage collectif des armes et protecteurs d’une société en harmonie avec la nature. Voici nos articles antérieurs :

Déclarons-nous tous objecteurs de conscience

extraits : Le droit à l’objection de conscience au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. Bien que le Pacte ne mentionne pas explicitement un droit à l’objection de conscience, le Comité des droits de l’homme a indiqué dans son observation générale (1993) qu’un tel droit pouvait être déduit de l’article 18, dans la mesure où l’obligation d’employer la force au prix de vies humaines peut être gravement en conflit avec la liberté de conscience et le droit de manifester sa religion ou ses convictions…

Objection de conscience en temps de guerre

extraits : Les médias ne prêtent pas suffisamment attention à l’objection au service militaire. C’est pourquoi il y a aussi peu d’objecteurs de conscience. Il est vrai aussi que nous sommes enfermés dans des ridicules espaces territoriaux artificiels qu’on appelle « nation » ; le patriotisme est resté une vertu pour les dirigeants, qu’on s’appelle Volodymyr Zelensky, Vladimir Poutine ou même Emmanuel Macron. Portraits croisés d’objecteurs de conscience de toutes nationalités….

Droit international à l’objection de conscience

extraits : Le droit à l’objection de conscience au service militaire se fonde sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (« le Pacte ») et sur l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’article 18 du Pacte garantit à toute personne le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, mais ne fait aucune référence spécifique à l’objection de conscience au service militaire. Le Comité des droits de l’homme a néanmoins conclu qu’un droit à l’objection de conscience au service militaire pouvait être déduit de l’article 18, et a précisé sa position dans son observation générale n o 22 (1993) sur le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion et dans sa jurisprudence relative aux requêtes individuelles présentées au Comité…..

Ukraine/Russie, parlons objection de conscience

extraits : Je constate qu’en Ukraine on n’accepte pas la dissidence et l’expression des quelques pacifistes ukrainiens, comme par exemple Youri Sheliansko, objecteur de conscience et juriste chercheur à la faculté de droit de Kiev. Il a été assigné à résidence, on a saisi son ordinateur et le téléphone portable pour l’empêcher de développer son action. Il avait reçu récemment le Sean MacBride Peace Prize du Bureau international de la paix pour son engagement… et quelques jours après il a été licencié de l’université. C’est un pacifiste intégral qui préconise la négociation pour aboutir à la paix, ce qui est en discordance avec le discours officiel en Ukraine et la propagande antirusse. En Ukraine, on a d’ailleurs suspendu le droit à l’objection de conscience qui existait depuis l’indépendance, en 1991. Ils sont environ 3 000 Ukrainiens à avoir déjà quitté le pays, principalement vers la Moldavie….

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