démographie

En hommage à Paul. R. Ehrlich, l’IPAT

de la part de notre correspondant Jean Michel Favrot

L’apport essentiel de Ehrlich (de son épouse et de son fidèle collègue J.P.Holdren), c’est l’équation IPAT. L’impact négatif de notre espèce sur les mécanismes régulateurs de la biosphère peut être résumée par l’équation I = P.A.T.

La taille de la population (P) est multipliée par la consommation moyenne de ressources par individu (A pour “affluence”), elle-même multipliée par une unité de mesure de la technologie utilisée (T). Le produit de P, A et T est l’impact écologique (I). Bien sûr entendu l’impact n’est pas seulement au détriment de l’espèce humaine, mais également à toutes les espèces vivantes.

Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Ehrlich est de passer quelques minutes à bien comprendre son raisonnement pour continuer à le faire vivre.

Le terme population P ne porte pas à ambiguïté. Le terme « Affluence » se traduit littéralement par « Abondance, richesse ». La consommation résulte d’un flux de matière première extraite, d’énergie dépensée, de terre défrichée, d’artificialisations en tout genre… voilà bien l’origine de nos maux, ce qui se mesure globalement par le PIB par habitant. Cette façon d’exprimer les choses a le grand mérite d’être quantifiable… Par exemple, 69 300 €/hab pour la Région Ile-de-France et seulement 32 700/hab pour la Région Bourgogne Franche Comté. Pour la France c’est 62 600 $ ppa par hab et pour le Mali 3 300 $ ppa / hab (données annuelles 2024 Banque Mondiale).

Que nous en disent Ehrlich et Holdren :

« Peut-on imaginer comment seront affectés par ces disparités croissantes, nos compagnons de bord des pays sous-développés ? Vont-ils mourir de faim avec beaucoup de tact ? Au contraire vont-ils se mutiner pour obtenir ce qu’ils considèrent comme leur part équitable ?… Au rythme actuel, les américains représenteront dans vingt ans beaucoup moins d’un quinzième de la population mondiale et n’en utiliserons pas moins de la moitié des ressources consommées. » (les références pour cette citation et les deux suivantes sont conformes à la pagination du texte intégral de « La bombe P » publié par les Amis de la Terre aux Editions « J’ai lu »).

Ehrlich n’est nullement un marxiste ou un militant d’extrême gauche, juste un scientifique qui constate le résultat d’une simple multiplication. On est contraint par simple honnêteté intellectuelle d’attribuer les responsabilités relatives de chacun sur l’état de la planète. Ehrlich attribue les responsabilités principales aux plus aisées des pays les plus aisés. La responsabilité de réduire le taux de natalité incombe au premier chef au groupe des gens aisés

Pour bien préciser le point de vue de Ehrlich, Holdren écrit en 1993, « A Brief Hiistory Of “IPAT” (IMPACT = POPULATION x AFFLUENCE x TECHNOLOGY) :

« Quant à l’affirmation selon laquelle « toutes les positions sont correctes », je tiens à souligner que lorsqu’une position soutient que seule la technologie importe et qu’une autre affirme que la technologie, la richesse [PIB par habitant] et la population sont toutes importantes,… la première est erronée, et la seconde est juste. » Que l’on focalise l’attention sur la seule technologie ou sur le seul terme « population », on trahit la pensée de Ehrlich.

D’ailleurs Ehrlich et Holdren ne peuvent pas être plus explicites que dans le texte suivant :  

« Les problèmes liés à la taille et à la croissance de la population, à l’utilisation et à l’épuisement des ressources, ainsi qu’à la dégradation de l’environnement doivent être considérés conjointement et à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, le contrôle démographique n’est manifestement pas une panacée : il est nécessaire, mais ne suffit pas à lui seul à nous aider à surmonter la crise. » (3e paragraphe de l’article « Impact of Population Growth ») numéro du 26 mars 1971 de « SCIENCE » .

Ultime citation mais pas la moindre pour l’héritage de notre penseur écologiste :  

« Le titre «La Bombe P » était parfait dans une perspective marketing, mais il a conduit à ce que Paul [Ehrlich] soit catégorisé comme quelqu’un qui ne s’intéresse qu’au nombre d’humains, alors que notre propos était bien plus large : il s’agissait de montrer comment la croissance démographique interagit avec la consommation, l’environnement, et les inégalités sociales pour créer une crise systémique. » Paul R. Ehrlich et Anne H. Ehrlich, « The Population Bomb Revisited », Electronic Journal of Sustainable Development, volume 1, pages 63–71, 2009.

Il faut donc aussi accepter nos responsabilités concernant la consommation (PIB/hab), les inégalités sociales concernant ce paramètre, les choix technologiques ainsi que la planification familiale.

 

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50 ans après Ehrlich et « La Bombe P »

Faut-il (re)lire Malthus et les malthusiens ?

Les programmes de l’enseignement secondaire invitent régulièrement à aborder la question de la population mondiale et de l’éventuelle surpopulation planétaire. Au XXe siècle, les inquiétudes démographiques concernaient surtout la capacité à nourrir et à assurer les conditions d’existence d’une humanité en très forte croissante (1,6 milliards en 1900, 6 milliards en 2000). Aux inquiétudes concernant le développement se sont ajoutées les inquiétudes environnementales : subvenir aux besoins d’une humanité croissante impliquerait, dans beaucoup d’espaces, de poursuivre la pression sur les milieux déjà soumis à des atteintes anthropiques. Cela, d’autant plus que l’accroissement démographique s’accompagne d’une augmentation de la part des urbains.

Les adjectifs de « malthusiens » et « néo-malthusiens » ont été utilisés pour critiquer les prises de position les plus pessimistes, notamment l’une des plus emblématiques d’entre elles, celle des biologistes Paul et Anne Ehrlich (La Bombe P, sept milliards d’hommes en l’an 2000, 1968).

Jusqu’à récemment, l’une des réponses scientifiques à ces raisonnements passait par des solutions technicistes selon lesquelles l’ingénierie humaine pourrait réparer les « conséquences fâcheuses » des dégradations environnementales. On ne lit pas les projections démographiques aujourd’hui de la même manière que dans les années 1970. Alors que d’un côté se pose toujours la question du développement et de l’accès au bien-être de toute l’humanité, de l’autre se pose aussi celle de la finitude des ressources et des atteintes environnementales.

Dans ce contexte, plusieurs publications récentes invitent à relire Thomas Malthus, ou en tout cas à reconsidérer les thèses de cet économiste britannique. Pour Yves Charbit, Malthus fonctionne comme un « épouvantail » représentant tous ceux qui estiment que la population mondiale augmente trop vite. Il estime que cela a fait oublier les capacités de Malthus à proposer des modèles économiques pertinents pour comprendre son époque. Il rappelle que ses idées, tombées dans l’oubli lorsque l’amélioration des conditions de vie a entraîné la baisse de la natalité au XIXe siècle, ont été réactivées avec les inquiétudes démographiques du second XXe siècle. En fait, la pensée de Malthus est plus complexe que ce qu’on en dit habituellement, notamment parce qu’il avait proposé plusieurs scénarios, dont un qui prévoyait la croissance du secteur agricole, en contradiction avec l’idée d’un plafond des subsistances habituellement attachée à son nom.

Dans un article de 2009, Paul et Anne Ehrlich reviennent sur leur ouvrage qui s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires, La Bombe P. Ils tiennent à justifier la position qu’ils avaient adopté dans leur ouvrage écrit il y a cinquante ans. Pour eux, non seulement ils avaient vu juste, mais encore étaient-ils trop optimistes. Parmi les conséquences de l’augmentation démographique, ils avaient sous-estimé certaines des dégradations environnementales à venir, notamment climatiques et écosystémiques, que l’état des connaissances scientifiques de 1968 ne permettait pas encore de prévoir. Ce type de positions est assez proche de celles du « 2e appel des 15 000 scientifiques » de 2017, dont l’une des préconisations était d’« estimer une taille de population humaine scientifiquement défendable et soutenable à long terme. »

Pour compléter

15 000 scientifiques alertent sur l’état de l’environnement mondial

Le texte commence ainsi : « Il y a vingt-cinq ans, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, comprenant la majorité des lauréats vivants des prix Nobel de sciences, signaient « l’avertissement à l’humanité des scientifiques du monde » de 1992. […] Ces professionnels préoccupés appelaient l’humanité à mettre un frein à la destruction environnementale et avertissaient qu’un « grand changement dans notre gestion de la terre et de la vie était nécessaire, afin d’éviter de plonger l’humanité dans une vaste misère ». »

L’appel donne également des exemples des choix que l’humanité peut faire pour une transition vers la durabilité (en précisant qu’elles ne sont pas classées par ordre d’importance ou d’urgence) :

 Estimer une taille de population humaine scientifiquement défendable et soutenable à long terme,  en rassemblant les nations et leurs dirigeants autour de cet objectif vital ;

– Poursuivre la réduction des taux de fécondité en assurant aux femmes et aux hommes l’accès à l’éducation et aux services de planning familial volontaire, notamment là où ils font encore défaut ;

– Accentuer l’éducation des enfants à la nature et à l’environnement extérieur, ainsi que l’engagement global de la société dans l’attention portée à la nature ;

– Accentuer l’éducation des enfants à la nature et à l’environnement extérieur, ainsi que l’engagement global de la société dans l’attention portée à la nature ;

    • – Réduire le gaspillage alimentaire grâce à une meilleure éducation et une meilleure infrastructure ;– Promouvoir une transition alimentaire vers des alimentations principalement végétales ;

      – Réorienter les investissements monétaires et réduire la consommation pour entraîner un changement environnemental positif ;

      – S’assurer que les prix, la fiscalité et les systèmes d’incitation prennent en compte les coûts réels que nos modèles de consommation imposent à notre environnement ;

– Adopter massivement les sources d’énergie renouvelable tout en interrompant les subventions à la production d’énergie issue de sources fossiles ;

    • – Maintenir les services écosystémiques en arrêtant la destruction de forêts, prairies et autres habitats naturels ;

– Repeupler les écosystèmes avec des espèces indigènes de faune sauvage, en particulier les prédateurs de fin de chaîne alimentaire, pour restaurer les processus et les dynamiques écologiques ;

– Créer des réserves bien financées et bien gérées d’une proportion significative des habitats terrestres, marins, d’eau douce, et aériens ;

– Élaborer et adopter des instruments politiques adéquats pour remédier à la défaunation, à la crise du braconnage et à l’exploitation et au trafic des espèces menacées.

 

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Paul Ehrlich, le digne successeur de Malthus

Paul R. Ehrlich, né en 1932, est mort le 13 mars 2026. Il était pluridisciplinaire, écologue et écologiste, lépidoptériste, biologiste de l’évolution, démographe… et malthusien. Son dernier article, paru en 2023, était intitulé : « La mutilation de l’arbre de la vie par l’extinction massive de genres animaux. »

Enfant, il était passionné par les papillons et on désir d’étudier ces animaux était né de la crainte qu’ils ne disparaissent – ce qu’ils commençaient à faire dans son quartier, sous l’effet du défrichage, des pesticides et de l’urbanisation. Cela a produit chez lui une profonde tristesse et une volonté d’inverser la destruction en cours du monde vivant, avant qu’il ne soit trop tard.

C’est surtout grâce à un livre publié en 1968, The Population Bomb, qu’il accède à la notoriété. Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, il sera l’un des premiers textes à alerter sur les périls environnementaux engendrés par la recherche insatiable de la croissance démographique – quatre ans avant la publication du célèbre rapport du Club de Rome sur les limites à la croissance. Il sera traduit en français sous le titre La Bombe P (Fayard, 1972).

Voici le diagnostic de Paul Ehrlich

« Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer. Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais  sauver le malade… »

Ses contradicteurs soulignaient que certaines de ses prévisions, parmi les plus inquiétantes, ne se sont jamais produites. Ehrlich répond :

 « Ce qui est souvent décrit comme des prévisions “fausses” n’était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, expliquait Paul Ehrlich au Monde en 2013. Mais la principale erreur du livre a été de sous-estimer la vitesse à laquelle la révolution verte [modernisation des techniques agricoles] s’est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines. »

En 2013, pour son élection à la Royal Society de Londres, il avait publié dans la revue de la société savante, avec son épouse et coautrice de toujours, Anne Ehrlich, un long texte intitulé « Un effondrement de la civilisation mondiale peut-il être évité ? » Réponse dont il ne s’est jamais départi : oui, mais avec une probabilité de seulement 10 %.

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Tout savoir sur Paul Ehrlich, « la bombe P »

extraits : Les méchants anti-malthusiens ont l’habitude de dénigrer des personnes et des livres sans les avoir lu car il est bien plus facile d’attaquer le messager plutôt que d’essayer de comprendre le message. Ainsi Paul Ehrlich dont le livre de 1971, « la bombe P » (P pour population), relance médiatiquement le message malthusien et qui aujourd’hui est attaqué, y compris par Greenpeace….

L’animal dominant, évolution démographique et environnement de Paul et Anne Ehrlich (2008)

extraits : Quarante ans après la publication de son livre The population Bomb, le scientifique Paul Ehrlich persiste et signe : la surpopulation – associée aujourd’hui à la surconsommation – est au centre de la crise environnementale à laquelle la planète est confrontée. A en croire les médias ainsi que les déclarations de nos hommes politiques, les problèmes environnementaux, tels qu’ils sont reconnus aujourd’hui, peuvent être résolus par des changements mineurs en matière de technologie et de recyclage (T). Des véhicules ultralégers et économes en carburant présenteront de toute évidence des avantages à court terme, mais au fur et à mesure que la population et la consommation augmenteront, ils rejetteront toujours plus de dioxyde de carbone (et de caoutchouc vaporisé) dans l’atmosphère. Aucune avancée technologique ne permettra que la population ou l’abondance matérielle continuent à augmenter. Et face à cet état de fait, il est pour le moins étonnant de traiter par le mépris les deux problèmes, pourtant si liés, de la population et de la consommation….

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débat Commoner/Ehrlich, le débat démographique

Ehrlich, Borlaug, démographie et semences

Paul Ehrlich, les mensonges de Greenpeace

à lire aussi, Stéphane Foucart

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2026/03/18/paul-r-ehrlich-biologiste-et-auteur-d-un-celebre-livre-sur-la-demographie-la-bombe-p-est-mort_6672048_3382.html

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La bombe Ehrlich vient d’exploser

Ecologue et écologiste, lépidoptériste, biologiste de l’évolution, démographe à ses heures et surtout intarissable pessimiste, Paul R. Ehrlich est mort à Palo Alto (Californie), le 13 mars 2026.

C’est grâce à un livre publié en 1968, The Population Bomb, qu’il accède à la notoriété. Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, il sera l’un des premiers textes à alerter sur les périls environnementaux engendrés par la recherche insatiable de la croissance démographique– quatre ans avant la publication du célèbre rapport du Club de Rome sur les limites à la croissance. Il sera traduit en français sous le titre La Bombe P (Fayard, 1972).

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Disputatio à propos de l’immigration

Texte paru dans L’œil de Réforme le 11 février 2026   

DISPUTATIO À PROPOS DE L’IMMIGRATION
Dans L’œil de Réforme du 11 février 2026, cette « Disputatio », une confrontation entre deux textes afin de vous faire votre propre idée sur la question.

OUI AU TRAVAIL DES IMMIGRÉS !

Joëlle Nicolas Randegger, pédiatre et humanitaire : Les rafles d’immigrés aux États-Unis et la hausse des violences et atteintes à la dignité envers les personnes étrangères en France, dénoncées par la Cimade, me remplissent de honte et d’effroi. Inspirons à nos élus et nos concitoyens un autre regard et une autre stratégie que cette politique inhumaine ! Imaginons par exemple les avantages que procurerait une mesure très simple : ouvrir le marché du travail aux migrants dès qu’ils posent le pied en France, offrir une régularisation automatique des personnes recrutées.

C’est moins de charges d’assistanat et plus de recettes d’impôts et de cotisations sociales pour l’État. Moins de personnes à loger dans des centres d’hébergement. Moins de proies faciles pour les réseaux de la drogue et de la prostitution. Intégration rapide par une immersion précoce dans la langue et la culture française. Résorption de la tension sur des emplois recherchés dans plus de trente métiers. « Réarmement démographique » par l’arrivée de travailleurs et de familles capables de rééquilibrer les régimes de retraite. Ponts renforcés avec les familles d’origine bénéficiant des transferts d’argent, profitant au développement de leur pays et à nos marchés.
Et pour nous, Français, fierté de reconstruire une société généreuse et solidaire, en accord avec les hautes valeurs de la République, inspirées du christianisme et des Lumières : liberté de circuler, de travailler et d’entreprendre, égalité des droits au travail, au logement, à l’éducation, et mains tendues à nos frères dans l’adversité. Offrir cette chance aux immigrés, n’est-ce pas un bénéfice et une bénédiction pour tous ?

DES IMMIGRÉS SANS TRAVAIL
Martin Rott, juriste : Selon le rapport de la Banque mondiale publié le 13 janvier 2026, 1,2 milliard de personnes entre 15 et 24 ans vont entrer sur le marché du travail d’ici à 2035 dans les pays en développement. La conséquence inéluctable en est une vague migratoire vers les pays développés, y compris la France. Or en France le taux de chômage est actuellement de 7,9% et monte à 21,5% chez les 15-24 ans, avec une tendance à la hausse. La conjugaison de ces deux facteurs rend illusoires les avantages économiques que ce billet attribue à l’ouverture du marché du travail aux migrants. Peu d’entre eux trouveront un emploi stable et encore moins ceux qui vont arriver. Mais ils resteront en France comme demandeurs d’emploi à la charge des comptes sociaux.
Les déséquilibres économiques, sociaux et écologiques provoqués par les migrations auraient pu être évités si l’on avait écouté la mise en garde du Rapport Meadows de 1972 contre la croissance illimitée de la consommation individuelle et de la population mondiale. En 2026, l’aveuglement mondial sur
les limites continue. Vanter les avantages économiques pour la France d’un « réarmement démographique » revient à soutenir la  croissance, alors que chaque semaine les inondations nous rappellent les méfaits d’une artificialisation des sols due à la surpopulation.
L’humanitaire dont se réclame l’auteure ne saurait s’affranchir ni de lucidité ni d’honnêteté intellectuelle. Sinon, il risque de n’être qu’une charité aux frais d’autrui. Bonhoeffer mettait en garde contre une telle bonté à bon marché dans
Résistance et soumission : « L’être intelligent discerne […] les limites infranchissables constituées par les lois immuables qui ordonnent la vie commune des hommes ; par ce discernement, l’homme intelligent agit bien, et l’homme bon intelligemment. »

 

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Aide à l’avortement dans l’Union européenne

D’un point de vue éducatif et démographique, faire en sorte de mettre au monde un enfant non désiré est une atteinte aux droits de l’enfant à vivre dans une famille aimante et attentionnée alors que la planète subit une surpopulation humaine impressionnante : plus de 8 milliards d’être humains à l’heure actuelle. Un humain est devenu un simple pion, qu’est-ce alors qu’un embryon ? Pourtant les natalistes font encore la loi dans trop de pays, voulant restreindre ou même supprimer le droit à l’avortement…

C’est pourquoi toute aide à la liberté d’interruption volontaire de grossesse est une avancée. Le mouvement « Ma Voix, mon choix » avait lancé une pétition afin d’obtenir le droit à l’avortement pour toutes les femmes dans l’Union européenne, y compris lorsqu’elles sont contraintes à se déplacer hors de leur pays. Cette initiative a été couronnée de succès.

AFP : Les pays de l’UE pourront utiliser des fonds européens pour permettre à des femmes d’interrompre volontairement leur grossesse partout en Europe, a déclaré, le 26 février 2026, la Commission à Bruxelles. Cette mesure a été votée en réponse à une pétition signée par plus d’1 million de personnes. Une femme confrontée à un manque de moyens « pourra aller n’importe où dans l’Union européenne pour avoir un avortement digne de ce nom ». Chaque État membre dispose d’une enveloppe dans le cadre de ce fonds, qui représente par exemple quelque 6,7 milliards d’euros pour la France. Mais en Pologne, 38 millions d’habitants sont soumis à une des législations les plus strictes en la matière : seuls 896 avortements ont été pratiqués en 2024. Cette année là, 251 270 IVG avaient été pratiquées en France. Les pays de l’UE pourront financer avec des fonds européens des avortements dans des pays où la législation est contraignante.

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L’avortement était un crime… en France

extraits : Lors de la Révolution française, la liberté pour les femmes de contrôler leur fécondité fit un bond en avant : le Code pénal de 1791 supprima toute peine envers celles qui avaient avorté, ainsi que la peine de mort pour les avorteurs. Cette liberté ne dura qu’un temps. En 1810, sous le Premier empire, l’article 317 du Code pénal napoléonien requalifiait l’avortement en crime, par conséquent jugé par une cour d’assises, et passible d’une peine d’emprisonnement ; le médecin ayant aidé une femme risquait, lui, les travaux forcés….

Pologne, de la difficulté d’avorter…

extraits : ll est étonnant que des pays qui se disent démocratiques interdisent l’avortement, ainsi la Pologne. L’avortement est interdit depuis une loi de 1993 alors qu’il se pratiquait gratuitement dans les hôpitaux publics au temps du régime communiste. On interdit d’avorter même en cas de grave malformation fœtale. On n’autorise l’avortement qu’en cas de danger pour la vie de la femme enceinte, de viol ou d’inceste. Et l’accès effectif à ce droit est souvent entravé…

En savoir encore plus, cliquez :

https://biosphere.ouvaton.org/blog/?s=IVG

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L’éternel retour de la fin de vie « légale »

Les critères ouvrant l’accès au suicide assisté, réexaminés à l’Assemblée le 16 février 2026, laissent un certain nombre de questions ouvertes. La proposition de loi dessine un « cadre large » intégrant une variété de maladies et des patients ayant même plusieurs années d’espérance de vie.

lemonde.fr : Les critères d’accès tiennent en un article – le quatrième – et sont cumulatifs. « Pour accéder à l’aide à mourir, une personne doit répondre à toutes les conditions suivantes : être âgée d’au moins 18 ans, et de nationalité française ou résidant de façon stable ou régulière en France. » Voilà pour l’aspect administratif. C’est sur les trois autres critères que le corps médical sera appelé à valider ou à rejeter la demande émanant d’un patient : ce dernier devra être atteint d’une « affection grave et incurable », qui « engage le pronostic vital », « en phase avancée » ou « en phase terminale » ; présenter une « souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection », « réfractaire aux traitements » ou « insupportable » ; et être « apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Est-ce qu’il s’agit de créer un « dernier recours » pour quelques centaines de personnes, dans des « conditions strictes », comme n’a cessé de le répéter le gouvernement … ou un droit plus large, ce dont s’inquiètent les opposants à cette évolution législative.Parmi eux, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a jeté un pavé dans la mare en estimant que 1 million de malades en stade avancé pourraient y être éligibles : 450 000 patients atteints d’un cancer métastatique, 7 500 malades de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot), 500 000 souffrant d’insuffisance cardiaque… Les critères actuels de la future loi semblent inclure, aussi, les patients atteints de la maladie de Parkinson ou de la sclérose en plaques, très évolués sur le plan moteur, dès lors qu’ils ne présentent pas de troubles cognitifs. Ils excluent, en revanche, les malades d’Alzheimer ou ceux dans un état végétatif. Moins claire est la situation des personnes qui, après un accident vasculaire cérébral, présentent des séquelles très lourdes.

Concernant les résidents d’Ehpad, dont l’âge moyen avoisine 90 ans, les patients ont en moyenne huit pathologies, dont au moins trois à un stade avancé – insuffisance cardiaque ou rénale terminale, cancer évolué… Autre catégorie de patients qui a cristallisé l’attention : les personnes atteintes de maladies psychiatriques (bipolarité, schizophrénie, dépression sévère…) et qui peuvent avoir des idées suicidaires. Éligibles aussi une frange de patients en insuffisance cardiaque…

Le texte de loi prévoit qu’un médecin décide, après consultation obligatoire d’un spécialiste de la maladie et d’un autre soignant.

Le point de vue des écologistes du choix ultime

– Mon épouse se bat contre un cancer totalement INCURABLE. On lui applique la seule solution actuellement en France, la SPCJD (sédation profonde et continue jusqu’au décès) … cela fait une semaine … sans eau ni nourriture … certes elle ne souffre plus … mais a quoi cela rime-t-il ?

– Ce qui est sidérant c’est la mise à l’écart du demandeur de l’aide à mourir.

– Je ne trouve pas normal que le droit de vie ou de mort repose sur les seules épaules des soignants.

– L’État français et une partie du corps médical semblent avoir une peur bleue du libre-arbitre des principaux concernés. Affligeant.

– Ce n’est pas à l’État de décider de la fin de notre vie, c’est à nous-mêmes. Et si on veut de l’acharnement thérapeutique sur soi, c’est à la personne et aux familles concernées d’en assumer les frais.

– J’ai vu des proches souffrir d’Alzheimer au point de devenir violent et de ne plus reconnaître leur proche (enfants, conjoints…) sans parler de l’état végétatif. Sincèrement, ils auraient souhaité en finir s’ils avaient vu leur état et qu’ils auraient eu la capacité de décider.

– En Belgique, nous avons résolu la problématique depuis plus de 20 ans. Le type de pathologie n’entre pas en ligne de compte. Ce sont les côtés inéluctables, incurables et la souffrance insurmontable (y compris la souffrance psychologique) qui sont pris en compte par un médecin. La population n’a jamais manifesté négativement, même dans les milieux les plus conservateurs et les plus catholiques.

– En Suisse aucun texte n’organise l’aide à mourir. Vouloir faire une liste des pathologies relevant de l’aide à mourir est ridicule. Il n’y a pas deux cancers identiques concernant des personnes identiques. Ce qu’il faut surtout, c’est écouter le demandeur et avoir un dialogue avec lui.

– S’inspirer de l’AMM (aide médicale à mourir) présente au Québec… merci !

– Il y a un temps de résilience variable d’une personne à l’autre, pour faire le deuil de sa vie et de son corps d’avant, mais, pour la quasi-totalité d’entre elles, la demande disparaît, passé quelques semaines ou quelques mois. On s’habitue à tout, même à l’insupportable !

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La Suisse veut limiter le nombre de Suisses

La population suisse devra décider par référendum s’il est nécessaire de plafonner légalement la population du pays.

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-02-14/suisse/un-referendum-pour-plafonner-la-population-a-10-millions-d-habitants.php

L’initiative vient de l’Union démocratique du centre (UDC), un parti de droite connue pour ses positions critiques en matière d’immigration. L’UDC affirme notamment que la Suisse a accueilli 200 000 personnes l’année dernière, dont près de 26 000 demandeurs d’asile, un chiffre jugé « insupportable » en regard de la population résidente permanente de neuf millions d’habitants : « L’élite économique profite d’une immigration excessive pour obtenir des travailleurs bon marché sans se préoccuper de l’impact sur la population. » Le coût des logements et les services publics est notamment évoqué.

Le gouvernement devrait agir pour limiter l’arrivée de migrants dès que le seuil de 9,5 millions d’habitants sera atteint. Ces mesures viseraient notamment à freiner le nombre de demandeurs d’asile et le regroupement familial. Elles pourraient aussi entraîner, si le seuil est dépassé, la remise en cause de l’accord de libre circulation liant la Confédération suisse à l’Union européenne (UE).

Le point de vue des écologistes malthusiens

Il y a similarité de cette proposition suisse avec la position de l’association Démographie Responsable de limiter à 70 millions la population de la France. Or la croissance de la population en France n’est pas liée au solde naturel devenu négatif en 2025, mais plutôt au solde migratoire.  Dans les pays développés, l’immigration a un rôle déterminant par l’apport de nouveaux arrivants nets et par le fait que les populations immigrées ont en moyenne plus d’enfants que les populations d’origine. Notons que personne n’émigre ni n’immigre en dehors la planète, sauf Elon Musk bien sûr. La question migratoire doit donc être abordée de front.

Mais notez que de multiples lois de réduction des flux par la France n’a pas résolu le problème de fond : l’incitation à partir dans des pays en voie d’appauvrissement. La question du nombre maximal d’habitants dans un pays reste posée, et donc la valorisation ou non du planning familial et la mode actuelle des incitations à procréer.

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L’irresponsabilité écologique des citoyens suisses (mars 2025)

extraits : Le 9 février 2025 a eu lieu en Suisse une votation qui portait sur la « responsabilité environnementale » de l’économie. : « Pour une économie responsable respectant les limites planétaires. » Le parti des Jeunes Verts suisse était parvenir à récolter les 100 000 signatures nécessaires en 18 mois. L’initiative demandait que soit inscrite dans la Constitution le fait que « la nature et sa capacité de renouvellement constituent les limites posées à l’économie nationale. Les activités économiques ne peuvent utiliser des ressources et émettre des polluants que dans la mesure où les bases naturelles de la vie sont conservées. » Les dispositions transitoires donnaient dix ans à la Confédération pour que l’impact environnemental découlant de la consommation en Suisse ne dépasse plus les limites planétaires concernant notamment le changement climatique, la perte de diversité biologique, la consommation d’eau, l’utilisation des sols et les cycles de l’azote et du phosphore.

Le débat n’a même pas eu lieu et tous les cantons ont rejeté le texte.

Référendum en Suisse : halte à la surpopulation (novembre 2014)

extraits : L’association Ecologie et population (Ecopop) avait fait campagne pour son initiative « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles ». Le texte sera soumis à référendum le 30 novembre 2014. Cette initiative veut limiter la croissance annuelle de la population due à l’immigration à 0,2 % sur une moyenne de trois ans. Il pourrait donc immigrer  env. 16 000 personnes/an de plus que celle qui émigrent. Actuellement, chaque année env. 95 000 personnes quittent la Suisse. Par conséquent, il pourrait encore immigrer  env. 110 000 personnes.

Ecopop demande aussi avec cette initiative que 10% des fonds de l’aide au développement de la Confédération soient consacrés à la planification familiale VOLONTAIRE dans les pays bénéficiaires. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Chaque année, il y a dans les pays en développement env. 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale….

Suisse, halte à la surpopulation (août 2025)

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri

extraits : On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20% alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes….

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La Suisse veut limiter le nombre de Suisses Lire la suite »

Faire un enfant en étant responsable

Il y a deux ans, Emmanuel Macron avait choqué en parlant de « réarmement démographique », un terme qu’aucun député macroniste ne reprend désormais. Tous souhaitent éviter le parfum rétrograde des politiques natalistes d’antan et préfèrent « permettre » aux Français de « réaliser leur désir d’enfant », une formule qui a l’avantage d’éviter toute injonction aux femmes et qu’a retenue dans ses travaux la mission d’information parlementaire. Mais n’est-ce pas à chacun et chacune de déterminer par ses propres moyens comment réduire l’écart entre son désir d’enfant et la réalité d’un monde en décomposition ?

Solène Cordier : Face au vertige de la chute des naissances, c’est à une « révolution de la politique familiale » qu’appelle le député (Horizons) Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur d’une mission parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité lancée en juillet 2025. Il suggère plusieurs mesures, notamment la création d’un versement familial unique de 250 euros par mois, accordé « dès le premier enfant et sans conditions de ressources ». Le désir d’enfant des Français est supérieur aux chiffres des naissances, il faudrait donc « réduire le delta entre ce désir et sa réalisation ». Il y a une volonté de faire de la natalité et des politiques familiales des sujets de premier plan, en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Le point de vue des écologistes malthusiens

– Sans conditions de ressources !!! Ou l’art de gaspiller l’argent public !

– On peut envisager un service civique dans lequel les filles seraient accueillies dans des fécondoirs au terme de leurs études secondaires ( cela donnerait des points sur parcoursup avec un bonus pour celles qui accouchent de jumeaux) avant d’être rendues à la vie civils une fois leur devoir accompli.

– Il n’existe aucun moyen démocratiquement acceptable de faire remonter la natalité. La seule politique publique efficace est de faire baisser le taux d’alphabétisation des filles, comme l’ont compris Boko Haram et les Talibans. Si vous mettez les filles à l’école, elles font moins d’enfant ensuite.

– Coût d’un logement à Paris pas très grand et dans un arrondissement excentré : 2150 euros, crèche 900 € pour le 1er, 700€ pour le second. Nous voulions 3 enfants, nous n’en aurons que 2, malgré des revenus de 6500€/mois.

– Et puis, nous sommes déjà bien trop nombreux sur la planète !

– Ce type de mesure risque fort de favoriser une surnatalité des couches les plus en difficulté de notre population et d’augmenter fortement les problèmes éducatifs.

– Pour respecter le libre choix de couples en matière de fécondité, l’État devrait faire preuve de neutralité absolue en matière d’aide à la procréation : aucun allocation familiale quel que soit le nombre d’enfants. Ce n’est pas à l’État de s’occuper de ce qui se passe dans la chambre à coucher des gens. C’est à chacun et chacune de prendre ses responsabilités. Par contre le mot « malthusien » devrait appartenir au langage courant des citoyens éclairés par l’école. On ne peut pas avoir plus d’enfant que les ressources disponibles nécessaires.

– Le débat public reste focalisé sur une hypothétique relance de la natalité et évite les sujets, plus brûlants, de l’immigration ou de l’âge de la retraite. Les responsables politiques peinent à s’emparer des différents aspects du virage démographique en cours.

– Si le gouvernement annonce l’interdiction totale des pesticides, la dépollution des sols et de l’eau potable, si les gens arrêtent de prendre l’avion pour passer une semaine de vacances a l’autre bout du monde, leur voiture pour acheter une baguette de pain, si le bien-être animal devient une vraie préoccupation, si on stoppe l’IA et les data centers, si on pouvait être sûrs que le monde ne sera pas invivable dans 50 ans avec des +5 ou +7 degrés, la disparition des glaciers etc. , alors je ferai peut-être un enfant. Mais pas pour 250 euros par mois.

– « Après le malheur de naître, je n’en connais pas de plus grand que de donner naissance à un enfant ». Dixit Chateaubriand dans Les Mémoires d’Outre-Tombe.

Un livre sur la question démographique vient d’être publié

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

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Pérou, l’offensive contre l’éducation sexuelle

En dépit du nombre élevé de grossesses adolescentes et de viols, le Congrès péruvien a adopté fin novembre 2025 une loi supprimant l’éducation à la sexualité. Une offensive menée par une alliance de députés issus des franges les plus radicales du catholicisme et des milieux évangéliques. Derrière ces attaques, un parti d’extrême droite, Renovación Popular (« renouveau populaire »). L’opposition offre peu de résistance. Le courant conservateur transcende l’échiquier politique et traverse tous les partis. Les premiers perdants sont les femmes, les enfants et la régulation des naissances. 

Amanda Chaparro : Depuis plusieurs années, les ultraconservateurs multiplient les initiatives : proposition d’un accord entre les églises évangéliques et le ministère de l’éducation pour cogérer les collèges, loi éliminant l’écriture inclusive (adoptée en 2024), révision des protocoles concernant l’accès à l’avortement thérapeutique (2025), propositions limitant les droits des personnes LGBTQ +, et même proposition de loi visant à criminaliser les femmes portant plainte pour violences conjugales si la justice ne détermine pas la culpabilité du conjoint. Qu’un Etat laïc assume les préjugés des religieux les plus conservateurs au sein de l’école publique doit nous alerter.  

La nécessité d’une éducation sexuelle de qualité est manifeste : des jeunes filles de 15 ans enceintes de 8 mois, des enfants de 14 ans atteints de maladies sexuellement transmissibles, des fillettes d’une dizaine d’années, violées… L’avortement est interdit – sauf en cas de danger pour la mère (ce qui est rarement appliqué).

Le point de vue de Michel Sourrouille

Normalement le planning familial devrait être une obligation pour tout gouvernement qui respecte les choix des personnes et l’état de surpopulation d’un pays. La densité de population de 2026 au Pérou est de 27 habitants par km² pour 34 millions d’habitants, ce qui paraît modéré. Mais les terres arables ne représentent que 2% de la superficie du territoire national ! Comme l’écrivait Malthus, sans équilibrer population et ressources, un pays va au désastre…

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Pour une éducation au malthusianisme (janvier 2023)

extraits : Voici ce que devrait connaître un jeune adulte au sortir du système scolaire : La démographie est une sous partie importante de l’approche écologique, on ne peut avoir un niveau de population que dépasse les capacités du milieu biophysique. Les analyses montrent que la surpopulation est un fait objectif : cf. la loi de Malthus (1803), Les limites de la croissance (1972), l’empreinte écologique (1992, William Rees, thèse de Mathis Wackernagel en 1995). Le jour du dépassement a eu lieu le 28 juillet 2022….

Éducation sexuelle et malthusianisme (mars 2024)

extraits : Le premier projet de programme d’éducation à la sexualité en France a été publié le 5 mars 2024 sur le site du Conseil supérieur des programmes (CSP). Paul Ehrlich en 1968 : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène. Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. Admettons que les Etats-Unis inaugurent enfin une politique démographique sensée dans le pays : nous aurons alors la possibilité de proposer une solution à l’échelle mondiale….

Éducation sexuelle, une nécessité écologique (septembre 2022)

extraits : Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Aujourd’hui en France, l’éducation à la sexualité patine encore dans des questions de « genre » alors que l’ABCD de l’égalité et du malthusianisme devrait être enseigné à tous les élèves. Nos jeunes devraient savoir que nous franchissons la barre des 8 milliards d’êtres humains en 2022 suite à l’exubérance de notre sexualité et qu’il va donc falloir définir des limites : jouir sans procréer, et non jouir sans entraves…

l’Éducation à la sexualité au programme (octobre 2025)

extraits : C’est l’une des principales nouveautés de la rentrée scolaire de septembre 2025 : l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est dotée pour la première fois d’un programme officiel, lequel doit être délivré à raison de trois séances par an à tous les élèves de la maternelle à la terminale… L’éducation à la sexualité répond aux missions spécifiques que la Nation confie à l’École en matière d’instruction, de sensibilisation et de développement des capacités de réflexion des élèves. Mais réfléchir à quoi ? L’éducation scolaire à la sexualité ne devrait pas faire l’impasse sur la question démographique et ses aspects globaux. On ne trouve pas dans tout le programme  officiel mention de la notion de planning familial….

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Serge Latouche en accord avec Malthus

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en a fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.eyrolles.com/Litterature/Livre/malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136/

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Serge Latouche, connu pour ses livres sur la décroissance économique, en a fait la préface suivante :

« Dans la collection des Précurseurs de la décroissance que je dirigeais aux éditions « Le passager clandestin » l’éditeur, pour des raisons de divergence idéologique et/ou politique s’était refusé de publier un ouvrage de Michel Sourrouille sur Malthus et ce en dépit de mon insistance. Cet épisode est assez révélateur des passions que suscite encore aujourd’hui le « sinistre pasteur ». Mais il faut reconnaître que, pour le meilleur ou pour le pire, Malthus est un précurseur. Il est difficile d’être spécialiste d’un auteur sans éprouver à son égard un minimum d’empathie. Michel Sourrouille, spécialiste reconnu du malthusianisme sur lequel il a publié plusieurs écrits, se reconnaît non seulement de la sympathie pour le pasteur, mais s’avoue même malthusien militant.

On peut parler d’une affaire Malthus comme on parle d’une affaire Darwin, les deux n’étant d’ailleurs pas sans lien puisque Darwin a eu l’intuition de sa loi de sélection naturelle à la lecture de l’essai sur le principe de population. Héritiers de l’optimisme des Lumières et ardents croyants dans la théologie du progrès, les penseurs socialistes ont tiré à boulets rouges sur Malthus, partisan raisonné de l’aristocratie foncière, au point que Proudhon pourtant généralement pondéré, déclare qu’il n’y a qu’un homme de trop sur la terre, c’est Malthus. Le coup de grâce a été porté par Marx qui critique l’idée d’une loi universelle et trans-historique de population et met en évidence, dans le cas du capitalisme, une loi de surpopulation relative, due au chômage et à la création d’un prolétariat surnuméraire, pour faire pression sur les prix. Du coup le problème du divorce inévitable entre croissance à long terme de la production et croissance de la population, n’est pas abordée, d’autant qu’aucune limite n’est posée à la croissance des forces productives.

Si tout chez Malthus est discutable dans le détail, l’ensemble n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Ma position personnelle, qui correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance, est que si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population.

On aura beau faire et beau dire, si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple, voir simpliste, est incontournable, en dépit de toutes les faiblesses sur lesquelles il repose et de toutes les critiques qui lui ont été adressés, vérifiant par là la boutade de Paul Valéry : « Tout ce qui est simple est faux, mais ce qui n’est pas simple est inutilisable… ». Le dossier « Malthus » ne sera pas clos par cet essai de Michel Sourrouille, et ne le sera sans doute jamais, mais ce dernier contribue à éclairer le lecteur de bonne foi sur le problème, en particulier dans l’optique de la nécessaire décroissance. »

PS : Pour toute remarque, on peut lui écrire par l’intermédiaire du blog… ou poster un commentaire

biosphere@ouvaton.org

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Malthus, parmi d’autres philosophes

Les penseurs de la finitude sont des philosophes connus, Malthus a l’avantage d’être plus compréhensible.

Althusser est un penseur de la limite. Si la philosophie althussérienne offre un espace privilégié pour penser l’altérité, cela tient avant tout à ceci qu’elle est fondamentalement une pensée de la finitude. Théoricien de la « coupure épistémologique », penseur de la ligne de division intra-philosophique entre tendance matérialiste et tendance idéaliste, penseur « aux extrêmes », penseur, enfin, du marxisme « dans ses limites » et du « marxisme comme théorie “finie”.

Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l’Être est ancrée dans l’analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l’existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin.

De son côté Spinoza était déjà un penseur de la finitude ; l’infini chez lui est surtout un moyen de penser celle-ci le plus positivement possible. C’est un penseur de la totalité qui, allant de l’être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l’Absolu le principe d’affirmation d’une finitude essentielle et montre que l’homme, tout en n’étant pas « comme un empire dans un empire », peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu.

Malthus est beaucoup plus concret, enraciné dans notre réalité immédiate. Il montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Son message principal était d’avant-garde, écologique : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources.

Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète. Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte. Le malthusianisme mérite d’être étudié par chaque citoyen car l’essentiel commence par notre chambre à coucher. Nous pouvons pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Pour toute remarque sur le malthusianisme, on peut écrire à l’auteur :

michel.sourrouille@laposte.net

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Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude

Thomas Robert Malthus à l’époque de la révolution française a montré qu’on ne pouvait croître démographiquement au-delà des ressources du milieu. En termes contemporains, croire qu’on peut croître indéfiniment dans un monde fini est une pensée hors sol. Il peut donc être considéré comme un précurseur de l’écologie, mettant en relation les humains et leur environnement. Si on ne cherche pas un niveau de population adapté au milieu, on récolte guerres, famine et épidémies.

Le mot « malthusien » est dans notre dictionnaire, mais dans une définition tronquée. On ne considère que la baisse de fécondité, et pas le rapport fait par Malthus entre démographie et ressources naturelles. Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc commander le livre. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître, dans vos propres réseaux, ce livre essentiel à la compréhension de notre monde et de son avenir. Merci

Voici le 4ème de couverture

l’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri. Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

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Mieux comprendre MALTHUS, le débat (extraits)

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?….

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

extraits : La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien….

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

extraits : Il est si rare que MALTHUS soit considéré à sa juste valeur que nous ne nous refusons pas le plaisir de vous transmettre ce texte récent (4 septembre 2025) in « THE CONVERSATION »

https://theconversation.com/malthus-penseur-dune-humanite-soumise-a-des-limites-naturelles-263772

Depuis 1798, date à laquelle l’économiste et ecclésiastique Thomas Malthus a publié pour la première fois Essai sur le principe de population, la position « malthusienne » – l’idée que les humains sont soumis à des limites naturelles – a été vilipendée et méprisée. Aujourd’hui, ce terme est utilisé pour désigner toute personne qui ose remettre en question l’optimisme d’un progrès infini. Mais presque tout ce que la plupart des gens pensent savoir sur Malthus est faux….

Malthus prévoyait la multiplication des épidémies

extraits : Surpopulation humaine, surpopulation de nos élevages, monocultures, les épidémies ont de beaux jours devant elles. Nous mourrons en masse par où nous avons péché : notre fécondité sans frein. La dermatose nodulaire contagieuse détectée pour la première fois dans l’Ain, les bovins du foyer contaminé seront abattus. Cette épizootie est un coup dur pour l’élevage en France, après une année 2024 marquée par la recrudescence de la maladie hémorragique épizootique et de la fièvre catarrhale ovine….

François Bayrou n’aime pas les malthusiens

extraits : Un jour, Corinne Lepage lui parlait des « limites planétaires », une notion cruciale. « Je n’aime pas les malthusiens », rétorque Bayrou. Il est vrai qu’il a 6 enfants et qu’il est grand-père de vingt-et-un petits-enfants. La maîtrise de la fécondité connaît pas. C’est mépriser le raisonnement de Malthus, un peuple ne peut avoir plus d’enfants que ce que les ressources naturelles lui assignent. C’était là de l’écologie avant la lettre, en 1798. Bayrou occulte le fait que la France est aujourd’hui surpeuplée avec 66 millions d’habitants. En 2024, nous ne parlons médiatiquement que des inquiétudes liées à la baise de fécondité dans certains pays alors que nous allons bientôt atteindre 10 milliards d’humains, un chiffre inconcevable pour un prédateur comme nous, en haut de la chaîne alimentaire et qui fait preuve d’une boulimie consumériste insensée….

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Mieux comprendre MALTHUS, le débat

Malthus a été un penseur de la finitude : on ne peut croître indéfiniment dans un monde aux ressources limitées. Le dépassement actuel des limites de la planète par l’activisme et le nombre des humains font en sorte que Malthus redevient d’actualité.

Comme on devrait tous et toutes le savoir à l’entrée dans sa vie d’adulte, Malthus est un grand précurseur de l’écologie.

Voici quelques  précisions données au cours d’un débat

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?

Marc : «  sa préconisation de supprimer toute les aides aux populations pauvres (semble dangereuse) »

Michel : Malthus a une position qui est toujours mesurée. Il indique explicitement qu’une aide conjoncturelle est toujours possible quand cela est nécessaire. Mais quand l’aide devient structurelle, cela incite à ne pas être responsable du nombre d’enfants que l’on fait ; le surnombre fait baisser les salaires, l’emploi devient rare et la pauvreté s’accroît. En termes contemporains, cela pose la question des allocations familiales : doivent-elles aller aux familles nombreuses ou permettre de responsabiliser les couples ?

Puisqu’il faut considérer aujourd’hui que les citoyens doivent devenir responsables de leurs propres  décision, ici en matière de fécondité, l’État devrait rester neutre par rapport aux choix de chacun. La suppression totale des allocations familiales est donc logique.

Marc : « L’analyse des rapports sociaux et de production était encore très sommaire chez Malthus. »

Michel : Malthus a été beaucoup plus perspicace que Marx quant aux rapports sociaux de production. Pour Marx, on se situe uniquement dans la sphère économique, les rapports entre capitalistes et prolétaires. Il raisonne hors sol, considérant que les ressources de la planète sont illimitées. Il suffit que la révolution soit victorieuse (la dictature du prolétariat) et le principe « à chacun selon ses besoins » est alors appliqué ; peu importe le nombre d’humains. Malthus par contre est réaliste, pour lui il faut toujours mettre en relation le nombre d’humains et la capacité de vivre bien par rapport au ressources, à son époque les ressources alimentaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la capacité de charge. En termes actuels, quand des populations surnuméraires se retrouvent entassées et sans emploi dans des banlieues, les relations socio-économiques se dégradent automatiquement.

Jean-Loup : « Malthus fait une petite erreur mathématique. En effet, il avait constaté que l’augmentation de la population était exponentielle : vrai. Et que les ressources agricoles augmentaient linéairement. En théorie, il n’y a qu’une seule chose qui empêche les surfaces agricoles de croire exponentiellement comme la population :  c’est la finitude de la planète ! Au fond, cette finitude se faisait déjà sentir à son époque : les terres cultivables (à proximité des populations) étaient déjà en grande partie cultivées. » 

Michel : Malthus s’appuie pour les ressources alimentaires sur la loi des rendements décroissants en agriculture. A surface donnée, les rendements décroissent même si on augmente les intrants (nombre de travailleurs, engrais, etc.)

Malthus : « L’homme est assujetti à une place limitée. Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants…. »

Pour l’agro-industrie, c’est pire. Il faut faire le calcul intégral des rendements, c’est-à-dire comparer le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories, comparé au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production. Les rendements chutent !

Marc : « Nous pouvons nous référer à Malthus quand cela est justifié, mais sans nous déclarer pour autant malthusiens ou même néomalthusiens. »

Michel : Ce qui précède montre qu’on ne peut être que malthusien quand on a étudié et compris Malthus. Le mouvement communiste a pris de l’ampleur car il s’est appuyé sur la manifeste du parti communiste de Marx qui faisait miroiter la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’autolimitation de la fécondité se généralisera quand tout le monde aura compris le message malthusien. Mais c’est un message de responsabilisation des personnes, donc on ne peut pas suivre la voie de la facilité.

Les néomalthusiens sont aussi normalement une référence pour l’association « Démographie Responsable ». Avec Paul Robin (1837-1912) par exemple, on va plus loin que la « contrainte morale » de Malthus ; on fait la promotion du planning familial, on s’appuie sur la liberté de contraception et d’avortement, la libération de la femme, etc.

NB : Un livre sur la question démographique vient d’être publié fin janvier.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

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MALTHUS, responsabilité et démographie

Un colloque international, « Malthus hier et aujourd’hui », avait eu lieu en 1984, il y a plus de 40 années. Or nous avons dépassé largement la barre des 8,2 milliards d’humains contre 4,8 milliards en 1984. Comment faire vivre décemment, sans famine ni guerres, des milliards d’humains supplémentaires de façon durable et viable ?

https://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/

Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Il s’agit d’un tirage à la demande. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître ce livre dans vos propres réseaux.

En voici le 4ème de couverture 

L’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri.

Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

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Une tribune malthusienne dans LE MONDE

La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien.

Guillaume Duval : Le bilan démographique de la France pour l’année 2025, que l’Insee a publié le 13 janvier 2026, fait apparaître pour la première fois un solde naturel négatif. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la planète :

– Les discours qui mettent en avant la perte de compétitivité économique ou la perte de poids politique qu’une baisse de la population impliquerait n’ont pas de sens.

Cette évolution devrait détendre assez rapidement la situation du marché du logement.

– Avec la baisse du nombre d’enfants, on va pouvoir s’attaquer au caractère inégalitaire de notre système éducatif.

Le vieillissement de la population va contribuer à régler notre problème chronique de chômage

– Un financement des retraites qui ne repose que sur une croissance démographique infinie, cela porte un nom : la pyramide de Ponzi.

– Cette évolution est par ailleurs très positive sur le plan écologique. L’explosion des émissions de gaz à effet de serre, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau douce, la pollution plastique et chimique… menacent de rendre la planète inhabitable.

Si cette croissance démographique doit s’arrêter, mieux vaut que cela passe par une diminution du nombre des naissances plutôt que par les guerres et les épidémies qui ne manqueraient pas de se multiplier

Le point de vue des écologistes malthusiens

Karsenti : Enfin un article intelligent sur la démographie. Le problème écologique, c’est exactement juste ça : plus de 8 milliards, on est trop nombreux. La véritable écologie scientifique c est l équilibre entre les espèces et l’environnement physique a un moment donné. Nous sommes trop nombreux parce que nous utilisons beaucoup d énergie pour vivre longtemps et confortablement. Mais nécessairement nous le faisons aux dépends de l ensemble de l écosystème. Comme personne ne veut revenir revenir a un niveau de vie plus simple, la seule solution est de réduire la population humaine.

JP13 en réponse à Karsenti : Malheureusement le problème écologique ce n’est pas « juste ça ». La démographie galopante accentue le problème. Mais au fond du fond le problème c’est notre modèle de société qui tourne à coups d’hyper-consommation, et qui n’est guidée que par le court-terme (rendements financiers ; systèmes politiques etc). À deux milliards sur terre, vivant comme les américains ou les européens, on épuiserait tout aussi bien les ressources de la planète et on la dégraderait, seulement un peu moins rapidement.

Michel SOURROUILLE : Il est trop rare dans les médias de considérer que la baisse de fécondité est un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ajoutons aux arguments de Duval le fait que la population de la France est beaucoup trop nombreuse par rapport aux capacités de son territoire, il y a surpopulation. La baisse des naissance n’est donc pas seulement un avantage, c’est aussi une nécessité…

Jacques Py : Un, Deux ou quatre milliards d’humains… a t-on jamais pensé l’idéal d’une population mondiale acceptable pour la Planète ? Cela signifie une régulation planifiée de la démographie… sujet hautement politique et improbable… pour le moment seulement.

Eglantine13 : Certes, certes, mais quand Macron en appelle au réarmement démographique, ce n’est ni au désir d’enfants ni à un substitut à la fin de vie qu’il pense. En qualité de chef des armées adepte du réarmement militaire, il désire des soldats en grand nombre… On aura encore des guerres comme l’avait prédit Malthus et Duval.

En savoir plus

Le livre de Michel Sourrouille  « MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) » vient juste d’être publié :

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

A commander si vous le voulez bien à partir de ce lien ou après de votre libraire.

Il s’agit d’une impression à la demande, il ne se trouve pas en stock dans les librairies.

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Fin de vie, Sénat et soins palliatifs

Le Sénat a rejeté, le 28 janvier 2026, la proposition de loi sur l’aide à mourir, après l’avoir vidée de sa substance une semaine plus tôt. Pourtant, ce texte est souhaité depuis longtemps par une majorité de Français.

Christine Jordis : Les sénateurs LR voulaient remplacer l’« assistance médicale à mourir » par un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Quel abus de pouvoir inacceptable est-ce là : vouloir imposer aux autres une morale qui ne dépend que de nos opinions propres ? On peut imaginer que nombre des sénateurs à une aide à mourir se recommandent d’une loi divine qui nous interdirait de mettre fin à nos jours ; autrement dit, une loi qui nous ordonnerait d’accepter une mort dite « naturelle ». « Naturelle », cette mort ? En 1740, l’espérance de vie se situait à 25 ans ; en 1810, grâce aux progrès de la médecine, à 37 ans ; aujourd’hui, à environ 80 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes. Qu’y a-t-il de naturel dans une vie aujourd’hui prolongée par les progrès de la médecine, jusqu’à nous réduire, parfois, à l’état de légumes ?

Comment accepter que notre mort ne soit qu’une basse affaire de discussion entre politiciens ? Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignants, ni aux religieux, ni aux parlementaires. Que l’on développe les soins palliatifs, certes, est une nécessité. Mais qu’on ne nous prêche pas une solidarité au pied du lit des mourants alors que la première preuve d’un tel sentiment serait de respecter la volonté de la personne concernée. Faudrait-il donc se tirer une balle dans la bouche ou se jeter par la fenêtre ? Un procédé pris dans la tranquillité d’une chambre auprès de ses proches vaut tout de même mieux que des solutions aussi extrêmes.

Quelques éléments de débat

Philippullus : La principale opposition à l’aide à mourir ne vient pas de la religion qui est bien peu respectée à l’heure actuelle par toutes les croyantes qui choisissent l’avortement. L’origine principale du blocage vient des professionnels des soins palliatifs qui parlent de compassion, mais qui en réalité veulent conserver leur gagne-pain.

Bandera : On lit : « Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignant… » Justement la majorité des soignants ne veut pas être associée à ce geste ignoble que la loi voudrait les obliger à exécuter. Exécuter au sens « propre ». La loi Léonetti est aujourd’hui suffisante. Que cette Christine Joris visionne le film Soleil vert, pour voir la société affreuse qu’elle appelle de ses vœux.

zitouni en réponse à Bandera : une majorité n’a jamais été une totalité.

Tarbes en réponse à Bandera : « geste ignoble », c’est déjà votre morale personnelle qui parle. Certains y verront un geste libérateur, et il est d’abord question de permettre aux malades de se suicider dignement. Sur la position majoritaire des soignants, d’une part j’aimerais avoir des sources fiables, d’autre part quand je serai en train de mourir dans des souffrances insupportables, comme ça arrive encore, mes soignants pourront aller s’enfoncer leurs principes bien profond, et je ne vois pas au nom de quelle morale on pourrait bloquer ma décision

Georges Serein en réponse à Bandera :Il ne s’agit pas de rendre obligatoire le suicide mais de ne plus l’interdire. Soyez rassuré !

Dufiloy en réponse à Bandera : Pourquoi avez vous si peur ? Et réellement de quoi ? De la mort elle-même ? C’est pourtant ce qui nous attend, qu’on la retarde ou non.

En savoir plus sur les soins palliatifs

Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

extraits : Les quelque 170 participants appelés à siéger à la convention citoyenne sur la fin de vie, qui s’ouvre le 9 décembre 2022 au Conseil économique, social et environnemental (CESE), vont se réunir neuf week-ends de trois jours jusqu’au 19 mars 2023 pour tenter de répondre à la question formulée par la première ministre, Elisabeth Borne : « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Les praticiens des soins palliatifs se déclarent opposés pour la plupart à une légalisation de l’euthanasie….

Remise des conclusions de la Convention citoyenne (3 avril 2023)

extraits : Dans son rapport final, la Convention citoyenne sur la fin de vie se prononce en faveur de l’ouverture, sous conditions, du suicide assisté et de l’euthanasie. Le président de la République a annoncé un projet de loi d’ici la fin de l’été.

– À 75,6% la Convention se positionne en faveur d’une aide active à mourir, considérant que le cadre légal en vigueur (loi Clayes-Leonetti de 2016) est insuffisant. Elle évoque par exemple la limite posée par la loi, dans l’état actuel, sur la pratique de la sédation profonde et continue.

– Sur la question du suicide assisté ou de l’euthanasie, la Convention se prononce pour une mise en place conjointe des deux, considérant que choisir une des deux solutions ne répondrait pas à la diversité des situations rencontrées.

– La Convention pose comme préalable que la volonté du patient soit entendue et respectée en prenant en compte sa capacité de discernement, qu’elle soit exprimée directement ou indirectement (par une personne de confiance).

– La question de l’âge à partir duquel une aide à mourir est envisageable n’a pas été tranchée….

Fin de vie, démographie et écologie (extraits)

Nous répondons à la question d’un de nos commentateurs, Michel : « Que viennent faire les écologistes (qui veulent en finir avec la vie) dans le débat politique sur le suicide assisté ? »

Réponse : Le droit à la vie n’est pas un principe intangible, il est modulable selon l’évolution de la conscience sociale et écologique. Sur une planète de 8 milliards d’êtres humains, surpeuplée, on peut s’interroger aussi bien sur les conditions de donner la vie comme sur les modalités de sa mort. Le mouvement gink (pas d’enfant pour des raisons écologiques) est une option de départ. L’interruption volontaire de vieillesse (ou de maladie) une autre en fin de course. L’essentiel dans les deux cas est de respecter la liberté de choix des personnes. Mais si on ne limite pas la population en proportion des ressources disponibles, alors il y a mortalité non désirée, famine, guerre ou épidémie comme l’a montré Malthus et l’histoire humaine….

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Dictature et natalisme en Hongrie

Dictature et natalisme vont de pair. La dictature repose sur un homme fort, l’homme fort est celui qui a beaucoup d’enfants. Il en est des pays comme des rapports de force dans les couples traditionalistes.

Montée de la dictature

En quelques années en Hongrie, avec Viktor Orban, le système d’équilibre des pouvoirs a disparu. Après la défaite électorale de 2002, Orban a commencé à utiliser des récits populistes nationalistes. En 2010, sa super-majorité parlementaire a permis à Orban de placer ses amis fidèles dans chaque institution de l’Etat. Ils ont été parachutés pour des mandats de neuf à douze ans à la Cour constitutionnelle, à l’autorité nationale des médias, à l’autorité de la concurrence, à la Cour des comptes et au bureau du procureur. M. Orban a renforcé le contrôle des médias, nommant des rédacteurs en chef fidèles au parti. Les prêts généreux accordés par les banques d’Etat ont aidé les amis du parti à acquérir d’importants médias privés, tels que des journaux régionaux, des radios d’information, les plus grands portails en ligne et des chaînes de télévision privées. Les rivaux politiques d’Orban ont été efficacement discrédités par des campagnes de diffamation et diverses théories du complot. Le système d’équilibre des pouvoirs qui devait protéger l’intégrité du système démocratique a disparu.

Montée du natalisme

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a instauré une série de mesures destinées à relancer la natalité. Les droits reproductifs – soit le droit légal à la contraception, à l’avortement, aux traitements de fertilité, à l’information sur son propre corps… – ont été réduits et la participation des femmes au marché du travail a été refaçonnée par une approche familialiste. La nouvelle Constitution, adoptée en 2011, met l’accent sur la « protection de la vie fœtale dès la conception ». Depuis 2022, un décret impose aux femmes souhaitant avorter d’écouter les battements cardiaques du fœtus avant la procédure. Les programmes et cadres juridiques de lutte contre les discriminations ont été démantelés, remplacés par des « politiques familiales ». Les allégements d’impôts et les prêts subventionnés, sont destinées aux femmes mariées avec enfants.

Ces mesures, néfastes pour l’autonomie des femmes se sont avérées coûteuses et néfastes : 3,5 % du produit intérieur brut en 2022, avec peu d’effet. La natalité reste basse, avec 1,55 enfant par femme, soit moins que le seuil de renouvellement des générations, de 2,1 enfants.

Andrea Peto, historienne spécialiste des études de genre et de l’illibéralisme  : Les politiques natalistes sont des outils idéologiques. Il y a bien plus en jeu que le droit à l’avortement. En ciblant les femmes, ces régimes visent à contrôler la reproduction, tant biologique que culturelle. Les femmes deviennent des symboles de continuité nationale et d’ordre moral. Aux valeurs libérales, ils proposent une alternative, centrée sur la famille, la nation et la religion chrétienne ; on promet une communauté protectrice comme remède à l’individualisme et à l’atomisation sociale. La Hongrie est le laboratoire d’une « internationale illibérale » s’attaquant aux droits reproductifs.

La nouvelle Constitution, adoptée en 2011, définit le mariage comme l’union « entre un homme et une femme. » Comme d’autres formations d’extrême droite en Europe, Viktor Orban et le Fidesz diabolisent ce qu’ils désignent comme « l’idéologie du genre ». Derrière cette opposition, ils soudent tous ceux qui ont intérêt à lutter contre les démocraties libérales. Les progrès vers l’égalité des genres ont stagné au cours des deux dernières décennies. En France et en Italie, les partis d’extrême droite utilisent également des récits sur le genre. Les membres de cette « internationale illibérale » ont bâti un cadre institutionnel de collaboration. L’un de ces réseaux est le Congrès mondial des familles [créé en 1997 aux Etats-Unis, ouvertement opposé à l’avortement, au mariage gay, au divorce et aux personnes LGBT+]

commentaires sur lemonde.fr

Mob Borane : Peto « Spécialiste de l’illibéralisme » ??? « Érosion de l’égalité des genres » ??? Qu’est ce à dire exactement que tout ce fatras ??? Alors désolé, mais moi je ne marche pas dans cette novlangue, et n’ai aucune intention de me prosterner devant ces titres de la nouvelle moralité.

Hein : La difficulté, c’est qu’il faut à la fois réclamer « l’égalité des genres », comme dit la dame, tout en reconnaissant la différence des sexes – à ma connaissance la grossesse et l’accouchement relèvent exclusivement du sexe féminin.

Michel Sourrouille : L’utilisation du mot genre occulte le fait que le féminisme se centre sur la recherche de l’égalité des sexes et pas une société où on se perd dans les méandres des LGBTQiA, etc. Madame Peto occulte aussi le fait que toute politique nataliste se situe hors sol ; elle n’envisage par le fait que nous connaissons une surpopulation à laquelle la Hongrie n’échappe pas. Comme l’exprime le constat malthusien, on ne peut pas vivre durablement au dessus des capacités de charge de la planète.

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Illibéralisme, un autre mot pour dictature

extraits : Une Internationale réactionnaire, propage au niveau politique l’Illibéralisme, un mot récent qui émerge dans les années 2010, un autre mot pourparler de dictature : « qui est opposé au libéralisme politique, à ses principaux fondements, tels que la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, l’État de droit et les libertés individuelles ». Donc Russie, Turquie, Chine… mais aussi USA, Hongrie, et la France vu par l’extrême droite… Au niveau écologique, l’illibéralisme mène aussi à la dictature. Comme les ressources vitales s’épuisent, il y aura de plus en plus d’humains qui disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Il est évident que cela entraînera des conflits violents entre ceux qui prétendent boire à la même source en train de se tarir. Alors une majorité du peuple va voter pour « un homme fort » dont on croit qu’il va trouver des solutions alors qu’il désignera des boucs émissaires….

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Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, indique le bilan démographique de l’Insee publié le 3 janvier 2025, le nombre de décès excède celui des naissances. La France affiche le nombre moyen d’enfants par femme le plus faible depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

éditorial du MONDE : En France comme en Europe, la substitution progressive, depuis les années 1970, du « désir d’enfant » au « devoir d’enfant », qui, pendant des siècles, a conduit à désigner les femmes comme les seuls agents de la natalité, constitue un immense progrès, qui renforce les responsabilités parentales. On doit reconnaître la gravité des conséquences de la crise démographique. Du logement aux retraites, de l’éducation aux conditions de travail, de la protection sociale à la place de la France dans le monde, aucun domaine de l’action politique ne devrait être considéré indépendamment de l’enjeu démographique. (extraits)

Le point de vue des écologistes malthusiens

LaurentHBDE : Une fois les papys sous terre, les enfants auront la France pour eux, de l’immobilier disponible à bas prix, probablement moins de pollutions et des emplois enfin accessibles. Quelqu’un m’explique pourquoi je devrais paniquer ?

Luc de Noiolo : « Les plus de 65 ans seront bientôt plus nombreux que les moins de 20 ans » ; le taux de natalité « bien inférieur au seuil de renouvellement »; « gravité de la crise démographique »… Les éditoriaux du MONDE sur la situation démographique se suivent et se ressemblent : une liste de mauvaises nouvelles assénées d’un ton autant péremptoire que faussement neutre. Et bien sûr, toujours aucune mention d’un phénomène qui pourtant ne s’embarrasse aucunement du conditionnel : le Papy Crash, ou disparition naturelle des boomers: Stabilisation du nombre de retraités dès 2028-2029, diminution à partir de 2037-2038. Jusqu’à 2000 décès par jour, autant de pensions et de dépenses de santé en moins.

Forza : L’obstination d’avoir toujours plus de population pour faire vivre un modèle de croissance infinie, est une hérésie hors sol. Il faut le dire. C’est bien que la population baisse. Certes il faut trouver de quoi compenser, mais on va aussi moins dépenser !!! En tout cas, on ne peut pas continuer a se multiplier comme des lapins sur une planète qui crame…

Michel Sourrouille : Il est étonnant qu’on ne se soit jamais inquiété de la hausse de la population alors que la France a depuis longtemps dépassé la capacité de charge de son territoire… Maintenant on trouve épouvantable la baisse de fécondité alors que c’est une excellente nouvelle pour les voyageurs dans le métro et le nombre de loups en France !

Donc amis politiques, travaillez sur des scénarios de décroissance, c’est vital.

SBC1982 : Enfin ! Les humains n’étant pas indispensables sur cette petite planète, vivement qu’ils deviennent le moins nombreux possible. Arriver à zéro, c’est très bien.

La question complexe du désir d’enfant

Solène Cordier : Cette chute de la natalité, amorcée en 2011, traduit-elle une baisse du désir d’enfant  ? En vingt-cinq ans, le nombre d’enfants souhaités est en effet passé de 2,7 à 2,3 en moyenne. Dans la tranche d’âge des 25-39 ans, un âge-clé en matière de procréation, les intentions de fécondité sont en baisse dans toutes les catégories sociales, de genre et d’origine. Or, il existe un décalage entre le nombre d’enfants souhaités et le nombre d’enfants réels, moins élevé. Les incertitudes liées à l’avenir, d’ordre climatique, économique et politique, sont avancées. Émancipation des femmes et entrée massive de ces dernières dans le monde du travail, injonctions fortes pesant sur la parentalité, angoisse climatique, infertilité croissante, coût élevé du logement… Une foule de raisons peuvent peser sur la décision de procréer.

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval : « Depuis le Moyen Age, c’était le devoir d’enfant qui primait et écrasait le désir. Devoir vis-à-vis des parents des individus, vis-à-vis d’enfants aînés décédés, vis-à-vis de la société, vis-à-vis de l’espèce… ».

L’historienne Sylvie Chaperon : « Plus qu’un désir, on considérait que c’est la nature des femmes de mettre au monde des enfants ».

L’émergence du désir de maternité assumée en tout conscience renvoie à une période très récente. Avec deux dates importantes : 1956, la création de la Maternité heureuse, l’ancêtre du Planning familial, et la décennie 1970, qui se caractérise par la diffusion des méthodes de contraception et la légalisation de l’avortement.

Sur le plan des idées : La sortie en 1949 du Deuxième Sexe, livre de Simone de Beauvoir, est une date importante. Beauvoir affirme que les mauvaises mères existent et s’élève contre l’idée d’un instinct maternel. De nos jours, la parole des nullipares se libère. Dans des podcasts, des ouvrages, des comptes Instagram, le non-désir d’enfant est davantage assumé. Le phénomène prend racine dans une « volonté de sortir des diktats de la maternité ».

Zorglu : Ne faudrait-il pas inverser la question : plutôt que se demander pourquoi les gens veulent moins d’enfants, il serait intéressant de leur demander pourquoi ils en veulent ? On serait très étonné par les réponses. Les allocations familiales ? Donner un petit frère à la petite sœur ? Ma troisième femme en voulait un elle aussi !

Allons allons… : Un enfant ça coûte un pognon de dingue…

Fran56 : La perspective de se retrouver dans un régime d’extrême droite ne donne pas non plus très envie d’imposer ce naufrage à des enfants

testiflette : Même si elle a eu des enfants, elle termine « seule avec son chats ». En effet, les enfants, flexibilité de l’emploi oblige, ne vivent plus à proximité de leurs parents et les visitent seulement occasionnellement… quand ils ont le temps.

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Le pentobarbital bientôt en vente libre

Douze prévenus, âgés de 75 à 89 ans, membres de l’association qui milite pour la légalisation du suicide assisté, ont été déclarés coupables le 9 janvier 2026 d’avoir aidé illégalement des dizaines de personnes à se procurer du pentobarbital.

Pascale Robert-Diard : Une amende et des peines de trois à dix mois d’emprisonnement avec sursis ont été prononcées. Les juges relèvent que « ces militants ne sont pas médecins, n’ont aucun moyen défini de s’assurer que les accompagnés ont bien été informés de toutes les alternatives thérapeutiques possibles, voire assument à la barre qu’ils n’ont pas à connaître les pathologies des adhérents. » Les juges se montrent particulièrement sévères à l’égard de « l’extrémisme du positionnement » de trois membres historiques d’Ultime Liberté qui « ont assumé à la barre une philosophie de liberté de mettre fin à ses jours sans condition, notamment d’âge ou de maladie ». Mais la présidente du tribunal a tenu à rappeler qu’il n’est reproché ni « trafic » de pentobarbital, ni enrichissement personnel aux prévenus. « Ils n’ont agi que bénévolement, dans le cadre de leur engagement associatif ». Aucune personne ou famille d’une personne ayant profité de l’aide des prévenus ne s’est constituée partie civile.

Le point de vue des écologistes suicidaires

– On ne parle pas de l’amateurisme des décideurs français, incapables de pondre une loi décente sur le sujet, alors que des pays comme la Belgique ont statué il y a plus de… 20 ans !!!

– Les militants d’Ultime Liberté, avec leurs moyens et compétences limités mais animés d’une bienveillance indiscutable, m’ont été d’une aide précieuse ne serait-ce que sur le plan psychologique,

– Ils choisissent le suicide par pendaison, saut du haut d’un toit ou prise de pentobarbital. C’est leur choix. Alors qu’est ce que ça peut bien faire aux magistrats ?

– L’association « Ultime liberté » ne fait que pallier à l’incurie du gouvernement français, incapable d’admettre que les citoyens sont aptes à prendre la décision de quitter en toute conscience la vie.

– Le problème vient de tous ces « intermédiaires » (prêtres, médecins, législateurs…) qui refusent la liberté des autres pour défendre qui son pouvoir, qui son idéologie, qui son gagne pain. Les psychiatres sont les pires avec leur chantage « ils sont en souffrance donc leur décision n’est pas libre ».

– Le tribunal révèle involontairement que les principes religieux condamnant le suicide tiennent sa plume…

– Je suis scandalisé par l’attitude du corps médical en général sur ce sujet. Il n’est pas de leur autorité de savoir si quelqu’un veut mourir ou pas. Ils dépassent là leurs domaine professionnel.

Je soutiens la position que le tribunal qualifie pourtant d’ « extrémiste » : liberté totale de se suicider, quelles que soient les raisons, et droit à accéder à des produits permettant de le faire de façon sûre et indolore.

– « Aucune liberté ne devrait être retirée à celui qui ne nuit pas à autrui » (John Stuart Mill)

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Pour le suicide assisté en libre service

extraits : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger »…. (François Galichet)

Suicide mode d’emploi, de 1982 à 2023

extraits : Sous le titre  » Suicide, mode d’emploi « , le quotidien  » Libération  » du 21 février 1979 publiait un répertoire des six manières les plus courantes de se donner la mort. Il ne s‘agissait que d’un exercice de style qui n’apprenait pas grand-chose sur le plan de la technique des suicides, suffisamment connue et décrite au cinéma et dans la littérature. Notre article un peu plus explicite « Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes », a été publié le 5 juillet 2013. Il arrive encore aujourd’hui (en 2023) en troisième position de consultation (sur les 28 derniers jours). Question brûlante donc, recherche individuelle constante. Interdire ou non la pensée du suicide, le débat n’est pas neuf. Peut-on écrire sur le suicide sans risquer des sanctions. Peut-on légiférer sur le suicide sans risque d’attenter aux libertés individuelles….

Le pentobarbital bientôt en vente libre Lire la suite »