Nous sommes en 2026,
mourir reste dans notre nature
31.03.2005 La peur a changé de camp
La Grèce a commandé 500 000 antiviraux contre la grippe aviaire qui sévit déjà en Asie, la fièvre mortelle de Marburg prend des proportions inquiétantes en Angola et fait trembler le reste de l’Afrique.
La Biosphère est satisfaite, les microbes et les virus commencent à se révolter contre l’élevage en batterie des animaux et des pauvres : il y a des révoltes qui devraient faire réfléchir un peu au delà de la compassion réservée à quelques évènements épisodiques et insignifiants comme l’histoire de ces deux malheureux surfeurs qui ont bien failli mourir lors d’une secousse tectonique !
25.04.2005 Marburg ou H2N2 ?
L’épidémie de fièvre hémorragique aiguë due au virus de Marburg a tué récemment 239 personnes sur les 266 Angolais contaminés, soit 9 sur 10 ; il est donc redoutable. Un échantillon du virus de la grippe de 1957, le H2N2 qui a fait cinq millions de morts à l’époque, a été récemment envoyé à 3 747 labos de 18 pays différents ; erreur humaine vite réparée par une destruction dès réception.
Mais de tels évènements redonnent espoir à la Biosphère : un jour ou l’autre, un virus très contagieux s’échappera bien de l’Angola ou des éprouvettes des bio-analystes pour éliminer un peu (beaucoup, abondamment…) du surplus de la démographie humaine…
30.04.2005 Un kit euthanasie
Il y a parfois une bonne nouvelle : un kit contenant les produits nécessaires pour abréger la vie a été mis en vente par les pharmacies de Belgique, cette mort douce étant légalisée depuis une loi de 2002. La mauvais nouvelle, c’est que ce kit ne peut être donnée qu’aux médecins qui doivent se rendre en personne à la pharmacie.
Il y a toujours des limites à la liberté individuelle, un candidat quelconque à l’euthanasie ne peut demandera directement ce kit. Pourquoi ne légalise-t-on pas le suicide, un acte libre et volontaire ?
06.08.2005 Décroissance démographique
Si l’Afrique va presque doubler de population entre 2005 et 2050 malgré les ravages du Sida, l’Afrique du sud, très touchée par l’épidémie, risque de voir sa population décroître de 44 à 31 millions de personnes. De son côté la Russie est classée 122e dans le monde pour l’espérance de vie ; il faut dire que l’homme y est adepte du zapoï, technique spécifiquement russe qui consiste, au lieu de boire de façon étalée, à s’assommer violemment jusqu’à en tomber par terre, d’où des maladies cardio-vasculaires fréquentes. La Russie est donc passé de 148 millions d’habitants en 1989 à 143,5 millions aujourd’hui et ce malgré l’afflux d’immigrés venus des autres républiques ex-soviétiques.
La Biosphère pense qu’il vaudrait mieux éviter les abus et réguler la population par la contraception, mais si les humains restent vraiment aussi stupides, il paraît alors acceptable que les drogues et les virus deviennent les facteurs fondamentaux de la décroissance démographique humaine.
06.09.2005 Le virus H5N1
Les virus de la grippe aviaire existent sans doute depuis longtemps. Mais H5N1 a gardé des caractéristiques moléculaires stables et il est désormais omniprésent au Vietnam, en Thaïlande, en Indonésie ; il a même gagné la Russie par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs sauvages. Selon les estimations de l’OMS, on en est aujourd’hui à 150 millions d’oiseaux domestiques abattus dans le monde pour combattre cette épizootie. Depuis 1997 et l’épidémie de Hongkong, on a mpour la première fois observé que l’une des variantes avait acquis la propriété de pouvoir passer chez les humains. En 2003 les Pays-Bas ont connu en 2003 une épizootie de la variante h7N7 entraînant 89 cas de contamination humaine dont un mortel.
Ces événements font penser à ce bon docteur qui, au début des années 1950, a transmis volontairement aux lapins une épizootie, la myxomatose, pour les détruire. Des centaines de millions de lapins de garenne moururent dans toute l’Europe, mais finalement le docteur gagna le procès intenté contre lui : c’est le lapin qui fut déclaré « animal nuisible » puisqu’il fut jugé par le tribunal l’un des plus grands ennemis des récoltes. Mais n’est-ce pas l’espèce humaine qui est nuisible pour la Biosphère ?
16.09.2005 L’euthanasie en direct
La télé-réalité n’a plus de limites, elle recherche femme enceinte acceptant d’accoucher en direct mais elle se refuse encore à présenter la mort en direct, en particulier après un choix d’euthanasie. Pour Hummie Van der Tonnerkreek, le réalisateur de « Big brother », il faut en effet différencier ces deux cas : « Avoir des enfants, c’est une fête ; l’euthanasie, c’est sans doute la dernière chose que vous voudriez partager avec d’autres ». Mais ce prescripteur d’amollissement cérébral ne connaît pas grand chose à la relativité en matière sociologique. La mort pour un catholique profond est le moment d’une véritable espérance en la vie éternelle alors que faire un marmot dans un ménage allemand est souvent considéré comme une véritable calamité.
Claire Quillot expliquait son suicide programmé comme une manière de « ramener une sorte d’optimisme ». Du point de vue de la Biosphère, elle a tout à fait raison : la décroissance humaine consentie est préférable à l’explosion démographique du troisième âge. Vive l’euthanasie en direct, à mort les naissances excédentaires !
01.12.2005 Pour la liberté de mourir
– Vous savez que c’est vers votre mort que vous allez aujourd’hui ?
Oui.
– Réfléchissez bien. Encore quelques minutes et je vous donnerai la potion.
La potion magique…
– Buvez maintenant. Je vous dis bon voyage, Micheline. Adieu, Micheline. »
Ce dialogue clôt le documentaire Exit, le droit de mourir qui est diffusé sur les écrans suisses. Tantôt brûlant d’humanité, tantôt glaçant, ce film de 75 minutes plonge dans le quotidien des accompagnateurs de la section romande de l’association Exit : des bénévoles aident des malades incurables à se donner la mort. La Suisse est en effet devenue le seul pays au monde où des non-médecins peuvent pratiquer l’assistance au suicide. L’article 115 du code pénal stipule en effet qu’aider quelqu’un à mourir n’est punissable que si cette démarche obéit à des motifs égoïstes. L’association Exit compte désormais 11 000 membres de 21 à 103 ans qui auront droit en cas de besoin à une mort digne pourvu qu’ils en fassent la demande répétée et fasse preuve de discernement.
La Biosphère regrette que cette fin de vie soit réservée aux résidents suisses, tout acharnement thérapeutique dans les centres de soins palliatifs accapare des ressources pourtant de plus en plus rares.
02.12.2005 Mourir en masse de la grippe, une solution
Toute évocation de la grippe aviaire suscite un mouvement de panique : avant-hier c’était au Pays-Bas (en 2003) où 25 millions de volailles avaient succombé ou avaient du être abattu par mesure préventive, hier c’était la Thaïlande ou La Turquie, demain peut-être ce sera les États-Unis. Le pays le plus riche du monde ne disposait pourtant en octobre de doses de traitement que pour 2 % de la population seulement. Produire un vaccin n’est en effet pas assez rentable pour les laboratoires pharmaceutiques, ça n’intéresse pas les actionnaires. De plus les juges américains accordent trop d’indemnités aux victimes en cas de problème, cela n’encourage pas les décisions. De fait le système capitaliste gère les affaires de n’importe quel ordre grâce à des procédures monétaires, ce qui est carrément insuffisant : de toute façon l’efficacité de ce vaccin n’est pas assurée si la grippe aviaire arrivait à se transmettre entre humains. Une épidémie en Amérique pourrait causer de 100 mille à 2 millions de morts, les hôpitaux seraient débordés et des émeutes éclateraient un peu partout. Pas de panique, on utilisera la force en isolant les porteurs de virus et c’est l’armée qui rétablira l’ordre, comme d’habitude.
En fin de compte prenons de la distance avec les choses humaines : l’écocentrisme (pour lequel les frontières de la communauté sont élargies de manière à y inclure le sol, l’eau, les plantes et les animaux) nous rappelle que quelques milliers ou millions d’homo sapiens de moins à cause de la grippe, cela ne pourrait que soulager la Biosphère, surtout s’il s’agit d’Américains