démographie

11 juillet, Journée mondiale de la population

De : Population Matters Updates : you’ll know that we’re literally counting down the days to World Population Day this Saturday, 11 July ! Cette Journée mondiale de la population a pour objet d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. Le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a en effet recommandé, en 1989, de faire du 11 juillet cette Journée mondiale en référence à la Journée des cinq milliards, nombre d’humains atteint le 11 juillet 1987.

Les prévisions nous annoncent 10 milliards d’être humains en 2050 soit un doublement en 23 ans seulement et nous sommes déjà 7,8 milliards aujourd’hui. Une telle progression, vertigineuse, ne peut se faire qu’au détriment de toutes les autres espèces vivantes, au prix de la détérioration des sols, avec la fin programmée de toutes les ressources non renouvelables, la progression du stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, et le réchauffement climatique en prime. Le fait que l’humanité ne prête aucune attention à son nombre et laisse libre cours à l’évolution exponentielle de sa population nous amène donc nécessairement à des famines récurrentes, des guerres incessantes et même des épidémies facilitées par notre densité urbaine. Face à cette situation, il est urgent de devenir malthusien comme nous y incite l’association Population Matters au Royaume Uni et Démographie responsable en France. Pour connaître leurs objectifs :

About Population Matters : « All our environmental problems become easier to solve with fewer people, and harder – and ultimately impossible – to solve with ever more people. » (Sir David Attenborough, Population Matters patron) Our vision is of a future with decent living standards for all, on a healthy, biodiverse planet. Through our campaigning, advocacy and education work we influence policymakers, communities and individuals to make positive changes for a sustainable human population.

Le projet de Démographie Responsable : En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par l’information sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. En parallèle à cette information, nous nous donnons entre autre pour mission de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’instruction, condition nécessaire à la compréhension par tout être humain des dangers écologiques liés à la surpopulation.

limitation des naissances à une par femme

« Le président des États-Unis, le Secrétaire général du parti communiste chinois, le Président russe… ont annoncé ce jour la création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité. Ses principaux objectifs seront la maîtrise démographique et la réduction des inégalités, la construction d’une économie mondiale saine, l’entretien de systèmes soutenables en termes de ressources naturelles, de terres, d’énergie, de biodiversité, et enfin la régulation du climat. Face à l’urgence , des mesures s’imposent à tous dès le 1er septembre de cette année, notamment la limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, une taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, tant pour les entreprises que pour les particuliers, une interdiction de la production et de la consommation de viande rouge, une interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, un couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables .» (Dans Un monde pour Stella de Gilles Boyer… qui a été directeur de campagne du présidentiable Alain Juppé et conseiller politique d’Édouard Philippe, premier ministre de Macron)

Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

Sur ce blog biosphere, nous pensons dorénavant de même ; une réponse aux crises écologiques ne peut advenir qu’au plus haut niveau et de façon imposée. Si les dysfonctionnements de la nature impactent la pensée collective, si les idées précèdent toujours les incarnations, aucune instance actuelle ne peut à elle seule assumer une rupture avec la société thermo-industrielle. La simplicité volontaire ne peut agréger qu’une infime partie d’une population aliénée par la société de consommation. Il existe certes des leaders temporaires, José Bové par exemple, ou les défenseurs des causes indigènes, ou les associations qui luttent pour défendre tel ou tel morceau de la planète… mais il n’y a pas de cohérence globale dans ces luttes. De plus nous avons toujours été déçu par ceux qui on voulu incarner médiatiquement l’urgence écologique. Avec nos faibles moyens, nous avons soutenu régulièrement diverses personnalités politiques. Ainsi nous avons relayé périodiquement les faits et gestes de Nicolas Hulot, actif aussi bien dans les médias que dans le milieu politique ; mais il a été obligé de démissionner de son poste de ministre de l’écologie. Nous avons salué l’avancée médiatique de Yannick Jadot qui a remplacé avantageusement Cécile Duflot en termes de notoriété ; mais il a abandonné son statut de présidentiable pour se jeter dans les bras de Benoît Hamon. Nous avouons avoir eu à une époque déjà lointaine un faible pour Arnaud Montebourg, qui nous paraissait pouvoir devenir le Jaurès de l’écologie ; mais il s’agit d’un velléitaire. Yves Cochet reste à notre avis le seul politique qui compte quant à l’incarnation de la cause écologique au niveau politique et livresque : mais il est complètement marginalisé dans son propre parti et maintenant reclus dans sa maison de campagne. Nous nous souvenons encore avec émotion de René Dumont, l’initiateur de l’écologie politique au moment de la présidentielle 1974 ; mais qui se souvient encore aujourd’hui de son nom ? Faute de candidat écolo consensuel, on en est encore réduit à encenser des figures symboliques comme Greta Thunberg.

Alors il faut attendre que la planète flambe un peu plus, que des catastrophes fassent des millions de victimes, que la famine gronde ici et là, que la guerre de tous contre tous se généralise et que des peuples se révoltent en ordre dispersé. Alors on fera à ce moment-là ce que Gilles Boyer envisageait dans son livre.

Pour une France de 30 millions d’habitants

La France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors que ce pays compte déjà actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui aimeraient bien vivre en France. ll faudrait en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Voici ce que dit l’article de Jean-Marc Tagliaferri qui justifie ce chiffre de 30 millions :

Quelle est la population maximum que peut théoriquement accepter la France, avec ses propres ressources et au niveau de vie que l’on estime comme minimum décent (manger, se loger, se chauffer, s’éduquer, se soigner)… tout en préservant les écosystèmes qui nous fournissent tout cela ? Cette question fondamentale n’est jamais posée. Voici quelques éléments de réponse. Aux deux dernières périodes « sans pétrole »  c’est à dire  avant 1900 et entre 1941 et 1944, le sol français abritait entre 39 et 40 millions de personnes, qui se nourrissaient dans le premier cas et qui survivaient à peine dans le second (on estime que l’Allemagne pompait en France de quoi nourrir 10 à 15 millions de personnes) SAUF :

1°) qu’à la première période la France possédait plusieurs millions de chevaux de trait (on les a encore utilisés en 1914 voire en 1940), des boeufs de labour,  des ânes et des mulets. Tout cela a disparu. Donc sans énergie fossile, la productivité des champs sera moindre, à la fois parce qu’ils ne seront pas désherbés et qu’ils ne seront pas fumés ! Quand à la permaculture, certes ça peut très bien marcher, mais ça ne s’improvise pas du jour au lendemain (et mon copain permaculteur passe 10 heures par jour dans ses 1000m2, rien à voir avec le jardin d’Eden où on tend la main de son hamac quand on a faim!

 2°) qu’à l’époque les sols français étaient vivants, épais, riches en humus, les entreprises chimiques n’ayant pas encore eu à écouler leurs surplus d’explosifs comme engrais et la majorité des exploitations fumant les sols avec les déjections animales et humaines !

 3°) qu’en outre la plupart des français ne mangeait pas de la viande ou du poisson à tous les repas comme une bonne partie le fait maintenant, ce qui diminuait la demande globale.

 4°) qu’un certain nombre d’infrastructures ne sont plus disponibles, par exemple les petits canaux d’irrigation qu’on a laissé se dégrader et qui pour la plupart ne sont plus alimentés par des rivières qui s’assèchent grâce aux « aménagements » dont elles ont bénéficié. Certes il y a de grands ouvrages qui survivront au post-pétrole (barrages, grands canaux) mais pour la plupart ils nécessitent des systèmes de pompage , des tuyaux et des arroseurs et l’énergie pour les faire fonctionner. Ajoutons que le 1/3 des terres agricoles de l’époque sont parties en forêt ou en urbanisation, autoroutes, TGV, etc. Donc mon pronostic est que le territoire français actuel pourrait nourrir durablement peut-être 30 millions de personnes « sobres » s’il venait à être privé d’engrais et de pétrole pour les machines agricoles, si on trouvait une dizaine de millions de bras pour aller remplacer les machines et si on adoptait des pratiques culturales aptes à sauver les sols.

 En réalité ceux qui veulent des immigrants supplémentaires se trompent quand ils croient que nous allons économiquement bénéficier de la présence des dentistes et écrivains du Moyen-Orient.  Pour être très cynique, les seuls immigrants « utiles » désormais sont ceux qui savent survivre en grattouillant une terre hostile, mais j’ai l’impression que c’est en train de devenir une denrée rare, car il n’y a pas qu’en France que l’éducation des jeunes est catastrophique du point de vue pratique : combien de jeunes africains qui survivent dans les bidonvilles de cités millionnaires  sauraient-ils cultiver un jardin ? Je ne pose même pas la question pour les jeunes français, j’ai déjà eu la réponse avec mon neveu et mes nièces:-

(Article de Jean-Marc Tagliaferri, envoyé pour notre blog biosphere le 24 septembre 2017 et qui méritait rediffusion)

Migrant·e·s, pour un accueil inconditionnel

La position de la commission « immigration » d’EELV peut être caractérisée par cette phrase ,« Pro-migrant·e·s : la rationalité de l’accueil inconditionnel ». Selon cette commission, la solidarité voudrait l’accueil inconditionnel, celui qui fait qu’une dynamique de concertation entre les présents et arrivants peut advenir… et des cultures nouvelles naître pour le bénéfice collectif. Voici quelques éléments sur la position officielle du parti EELV pour « le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugié·e·s politiques, économiques et environnementaux » telle que posée par la charte des valeurs et principes fondamentaux du mouvement, d’une part, en faveur d’une « politique d’accueil efficiente » pour répondre à la « crise de l’accueil » telle que votée par le conseil fédéral. On va s’efforcer de « quitter le terrain de la morale et de l’émotivité » pour « déplacer le débat sur le terrain des faits » : elles ne sont pas toujours là où la rhétorique de l’appel d’air, du grand remplacement et autres fantasmes malheureusement plus répandus qu’on croit dans le spectre politique.

1. Flux migratoires et empreinte écologique : D’abord, de combien de personnes parle-t-on ? Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime à 740 millions le nombre de migrant·e·s internes dans le monde, contre 200 millions de déplacés pour les migrations internationales. On parle de 3 % de la population mondiale, un pourcentage resté stable ces cinquante dernières années. 37 % des migrations ont lieu d’un pays en développement vers un pays développé, seulement, 60 % se déplaçant entre pays développés ou entre pays en développement. 7 % des migrant·e·s (15 millions de personnes) sont des réfugié·e·s dont la plupart vit à proximité du pays qu’ils ont fui : j’ai coutume de citer le chiffre de 1 réfugié·e pour 6 libanais·e·s contre 1/300 français·e·s. Enfin, on estimait à 50 millions le nombre de réfugié·e·s environnementaux·ales en 2010 et 200 millions d’ici 2050. Dans ces conditions, j’avoue m’interroger sur l’analyse qui consiste à acter qu’un·e Français·e a une empreinte écologique respectivement 9 fois supérieure à celle d’un·e Érythréen·ne et presque trois fois supérieure à celle d’un·e Malien·ne pour arriver à la conclusion que « ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique ». En revanche, il y a une corrélation claire entre empreinte écologique française et déplacements forcés de populations pour raisons environnementales. Quant à ceux qui imputeraient malthusiennement à « une plus grande fertilité des femmes immigrées » l’empreinte écologique supplémentaire, les chiffres les plus récents montrent que, si la fécondité des immigrées est plus élevée que celle du reste des femmes : le surcroît de fécondité des immigrées ne pèse guère dans la moyenne nationale (il la fait passer seulement de 1,65 à 1,72, soit 0,07 enfant) ce qui est peu. En outre, il·elle·s « évacuent le problème général » de l’accès aux soins et – plus spécifiquement féministe – de l’accès aux soins, à la santé sexuelle et à la contraception dans une situation de cumul de vulnérabilités (femme, racisée, en situation de précarité administrative, etc.).

2. Accueil inconditionnel et domination néocolonialiste : Là encore, je m’interroge sur une approche qui consiste à imputer exclusivement au états du continent africain et, par extension, aux ressortissant·e·s de ces états, la responsabilité d’inégalités mondiales héritées justement d’une situation de domination coloniale, puis néocolonialiste qui perdure. L’exploitation par la France de l’uranium nigérien en est un triste exemple : même en simplifiant les causes des conflits à la seule question des ressources, leur exploitation étant globalisée, on ne peut éluder les responsabilités occidentales dans les conflits (pas seulement africains, d’ailleurs). L’accueil inconditionnel ne résout pas les causes de départ des pays d’origine, certes, mais il n’en est pas responsable et, surtout, il n’est pas incompatible avec le changement de comportements économiques prédateurs qui les favorisent. Si l’émigration sert de soupape à quelque chose, c’est bien plutôt à ces causes dont la « pression démographique » est la résultante. Je ne reviens pas sur l’accès à la santé qui illustre les inégalités sanitaires à un niveau mondial, cette fois : « investir dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourrait provoquer une « révolution contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien au-delà de la limitation des naissances, » disait Henri Léridon de l’INED. Toute la question est de savoir si cela est possible dans un contexte de dette pour grande partie coloniale et de réduction austéritaire de l’aide publique au développement. À titre de comparaison, elle représentait 135,2 Md$ en 2014, contre 554 Md$ en 2019 pour les transferts de fonds privés : difficile d’affirmer dans ces conditions que « ces pays ont besoin de ces émigré·e·s sur place et non de l’argent qu’il·elle·s envoient au pays, » d’autant plus au vu de l’impact très négatif de la crise sanitaire sur ces transferts de fonds vitaux pour les pays d’origine.

3. Éthique, humanisme et rationalité… parlons-en : Il est du devoir de l’État de faire droit à l’hébergement inconditionnel, c’est-à-dire quelle que soit la situation administrative des personnes en situation de rue. Cette situation de crise de l’accueil est la résultante d’une défaillance organisée de l’accueil par la puissance publique au prétexte de maîtrise de la dépense publique (mettons de côté la rhétorique de l’appel d’air qui consiste à considérer comme tellement attractif d’ouvrir un point d’eau potable au milieu d’un campement de rue, sic.). Or, le coût d’une politique de non accueil, voire de répression systématique de l’immigration, interroge lui aussi sur le bon emploi des fonds publics : dès 2009, la cour des comptes (institution pas tout à fait no border, guidée par la morale et l’émotivité) estimait en 2008 à environ 190,5 millions d’euros le coût de la rétention administrative en France, soit 5 550 euros par retenu·e (je ne sais pas combien vous payez de loyer mais ça paraît tout de même un brin exorbitant pour enfermer quelqu’un·e). Ceci sans compter qu’à 58,3 % des retenu·e·s ne seront finalement pas expulsé·e·s, la question de l’efficacité d’une telle politique au regard de ses objectifs mérite d’être posée. Je vous laisse imaginer le coût budgétaire et écologique d’une politique d’expulsion par avion, au profit de compagnies privées. Enfin, le coût de l’externalisation de la gestion des frontières de l’UE à la Turquie et à la Libye (avec au passage des marchés d’esclaves à ciel ouvert) se compte en milliards d’euros d’argent public. Je ne sais pas vous mais encore une fois à titre personnel, j’apprécierais que l’argent de mes impôts serve à accueillir et inclure, plutôt qu’à une maltraitance absurde de personnes à raison de leur origine, disons-le xénophobe d’État.

Pour ce qui est de considérer que la majorité des Français·e·s « subissent l’immigration plutôt qu’il·elle·s ne l’approuvent, » c’est aller un peu vite. Déjà, d’après une enquête Elabe d’octobre 2019, seul·e·s 10 % des Français·e·s estiment correctement la proportion de la population immigrée dans la société (en partant sur les estimations du ministère de l’Intérieur, pas particulièrement connu pour être gauchiste, on parle de 0,57 % maximum de la population française en réalité). Par ailleurs 2/3 Français·e·s se disent favorables à l’accueil des réfugié·e·s, selon la même étude. Il y a quelque chose de l’ordre du serpent qui se mord la queue entre une grosse partie de la classe politique persuadée que la population attend d’elle un rejet xénophobe et une opinion publique qui reçoit à longueur de journée des discours de cette partie de la classe politique à base d' »appel d’air », de « vagues ou crises migratoires » : le « grand remplacement » brandi comme un chiffon rouge par certain prendrait quelque siècles, sans doute l’argent dépensé à réprimer le serait mieux à accueillir.

Toutefois et si vous n’êtes toujours pas convaincu·e·s à ce stade, la seule Méditerranée a fait d’après le Missing Migrants Project depuis le 1e janvier 2020, environ un·e mort·e toutes les 11 heures et 37 minutes. J’ai coutume de parler d’une « horloge macabre, » on peut aussi s’interroger sur le coût de ces pertes humaines. Je l’écrivais déjà aux côtés d’Éva Sas et de Claire Grover, « refusons le populisme migratoire » : il tord la réalité, est aussi coûteux qu’inefficace et, enfin, tue. Je laisse le soin de compléter en tant que de besoin. Avec humanisme et réalisme, j’espère vous avoir convaincu·e·s que les deux n’étaient pas incompatibles…

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ?

Problématique : J’ai plusieurs amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à l’association  « Démographie Responsable » si elle est en désaccord ?

Analyse : La question n’est pas si l’on est « anti-migrants »car qui pourrait être insensible à la misère des migrants venus du tiers monde ? La question est plutôt de savoir si l’on est  » anti-immigration « . La réponse à cette question est difficile et doit être nuancée. Malheureusement, les interlocuteurs  » pro-migrants » ne veulent pas quitter le terrain de la morale et de l’émotivité et évacuent le problème général des flux migratoires avec des slogans de type « l’accueil d’abord « . Comme ils reprochent , souvent implicitement, à leur contradicteurs d’être des égoïstes qui ne veulent pas partager leur confort, il faut déplacer le débat sur le terrain des faits :

1. L’empreinte écologique. Celle d’un habitant d’Érythrée est de 0,5 gha, celle d’un Malien de 1,6 gha, et celle d’un Français métropolitain de 4,5 gha ( en 2016). En s’installant en France un immigré venu du tiers monde multiplie son empreinte écologique personnelle et augmente l’empreinte générale de la France et de la terre . Cet effet est encore renforcé, à terme, par la plus grande fertilité des femmes immigrées. Ce type d’immigration est donc néfaste sur un plan écologique. Les accueillants qui sont souvent des écologistes devraient être sensibles à cet aspect. Mais cela ne semble pas être le cas.

2. pression démographique et colonialisme. Même l’accueil le plus vaste ne change rien au problème démographique qui est à la base des flux migratoires, même si la cause immédiate sont souvent des conflits armés pour les ressources que doivent se partager une population toujours plus grande : même si l’Europe accueillait 100 millions Africains, cela ne baisserait que marginalement la pression démographique en Afrique dont la population de 1 350 000 000 habitants en 2019 est prévue de passer à 2 450 000 000 en 2050 ! Je rappelle que , contrairement à une idée reçue, l’Afrique est déjà en déficit écologique lequel augmente d’année en année. Pire, l’accueil sans discernement aggrave les problèmes des pays d’origine. D’une part, l’émigration sert de soupape de sûreté à la pression démographique et retarde par cela la prise de conscience que la solution ne peut venir que des pays concernés eux-mêmes. C’est un principe bien connu en psychiatrie : pour guérir, le malade doit être conscient qu’il est malade et cette prise de conscience passe souvent par la souffrance. Le malade ne peut pas guérir par des anti-douleurs. Pourtant, la soit-disant aide au développement des occidentaux consiste à donner des anti-douleurs. De l’autre, ce sont souvent les forces vives qui émigrent, les plus pauvres n’en ont pas les moyens. Or, ces pays ont besoin de ces émigrés sur place et non de l’argent qu’ils envoient au pays, rendant ainsi ces pays encore plus dépendant de l’extérieur. On estime à 1000 le nombre des médecins syriens qui soignent les seniors allemands au lieu de la population restée sur place. C’est une forme de colonialisme !

3. Ethique et humanisme. En dernier lieu je voudrais mentionner un aspect qui n’est pas en rapport direct avec la démographie mais qui me paraît important pour la clarté du débat. En général, les « pro-migrants » hébergent les immigrés le temps de régulariser leur situation administrative, souvent à force de pression médiatique. Ensuite ils les remettent aux bons soins de l’État français,c’est-à-dire l’ensemble des Français qui, au demeurant, dans leur majorité subissent cette immigration plutôt qu’ils ne l’approuvent. Sur un plan éthique, les accueillants exercent donc une sorte charité au frais d’autrui. Ce type de miséricorde, à bon prix, n’est prévue ni par la bible ni par la pensée humaniste. La conviction, et parfois la fierté, des accueillants d’être « bon », et les autres « mauvais », n’est pas justifiée. Ils agissent, pour reprendre la fameuse distinction de Max Weber, selon une éthique de conviction et non selon une éthique de responsabilité laquelle prend en compte tous les effets d’une action et pas seulement les effets immédiats qui dans le cas présent, donnent la bonne conscience à certains mais s’avèrent, à plus long terme, négatifs pour tous.

Martin Rott

Démographie Responsable et immigrations

L’association Démographie Responsable mérite d’être connue, c’est une des rares instances officielles qui aborde de front la question démographique. Cela n’empêche pas les débats internes, voici un échange significatif sur la question migratoire :

IY : J’ai plusieurs couples d’amis qui accueillent chez eux des migrants et j’ai beaucoup de sympathie pour leur engagement. Démographie Responsable défend-elle une position anti-migrants ? Dois-je renoncer à convaincre mes amis d’adhérer à notre association ?

GD, responsable de l’association DR : Démographie Responsable est une association et non un parti politique. Elle n’a donc pas vocation à s’exprimer sur tous les sujets de société qui peuvent régulièrement apparaître (PMA, GPA, Gilets Jaunes, retraites, racisme et j’en passe). Il n’empêche, lorsqu’un de ces sujets a une influence évidente sur la démographie, nous nous sommes inévitablement amenés à nous exprimer.Concernant l’immigration et en dehors de tout aspect moral ou humain du sujet, il me semble que la position de DR est assez bien contenue dans la pétition intitulée « La population française ne doit pas dépasser 70 millions d’habitants » où il est écrit ceci : « Chaque habitant supplémentaire ajoute en effet à la pression sur la nature et sur les écosystèmes aggravant ainsi notre empreinte écologique. Il ne faut plus inciter les couples à avoir plus de deux enfants, via les allocations et le quotient familial, et faire en sorte que le solde migratoire tende vers zéro.» Pour être plus précis, cela signifie que puisqu’un nombre assez significatif de français partent s’installer à l’étranger nous ne sommes pas opposés à ce qu’un nombre équivalent d’étrangers puissent venir s’installer en France. Au-delà, heureusement, chacun est libre individuellement d’avoir un avis sur la question des migrations et de l’exprimer. Un exemple assez marqué vient d’un de nos plus éminents membres d’honneur, à savoir Yves Cochet, qui se prononce ouvertement dans les médias sur ce sujet en déclarant ceci « la limitation des naissances nous permettrait de mieux accueillir les migrants qui frappent à nos portes ». La question démographique est suffisamment difficile à porter pour éviter de se cliver sur chaque sujet de société. Il faut donc se rassembler autour de ce qui nous unit.

MS : À ma connaissance, Démographie Responsable n’a pas de position de groupe par rapport aux migrations, il suffit de taper le mot « migrant » sur le moteur de recherche de notre site DR pour s’en rendre compte. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas réfléchir collectivement sur ces questions migratoires, l’évolution démographique inclut nécessairement les faits de natalité, mais aussi la mortalité et les mouvements migratoires. Si la France ne peut nourrir que 30 millions de personnes « sobres » alors qu’elle compte pourtant actuellement 67 millions d’habitants et qu’on arrive à 7,8 milliards d’humains sur la planète qui voudraient bien vivre en France, il faut en arriver à quelques conclusions déplaisantes… si on est logique ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas secourir les migrants à titre personnel, ma femme s’occupe de l’apprentissage du Français par des migrants et j’ai beaucoup d’amis issus de l’immigration, mais il faut comme en toutes choses savoir instaurer politiquement une régulation globale.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

2 mars 2018, Organisation mondiale pour une démographie responsable

13 décembre 2016, Le point de vue de « Démographie Responsable »

3 octobre 2016, Pour que la démographie soit évoquée à la COP 22

31 mai 2014, Démographie et Ecologie, un sujet extrêmement tabou

17 septembre 2012, Agir avec l’association « Démographie responsable »

3 septembre 2010, démographie responsable

Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. Aux dernières nouvelles, le virus SARS-CoV-2 entraîne bien une immunité protectrice. L’infection suscite la production d’anticorps et ceux-ci possèdent une action neutralisante contre ce coronavirus encore présente six semaines après l’apparition des symptômes. Maintenant on s’interroge sur l’efficacité du confinement généralisé en France et ailleurs. Le choix de l’immunité commence à être analysé ; la Suède est-elle un modèle à suivre ?

L’immunité avait été choisie dans un premier temps par la Grande Bretagne. Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, l’avait exprimé clairement : « Il n’est pas possible d’éviter que tout le monde attrape le virus. Et ce n’est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquière une certaine immunité. » Toujours selon M. Vallance, il faudrait qu’environ 60 % de la population britannique contracte le virus pour qu’elle développe cette immunité collective permettant d’éviter de futures épidémies. M. Johnson a donc alerté les Britanniques sur le fait qu’ils devaient « se préparer à perdre bien davantage d’êtres aimés« . De même en Suède, seuls les rassemblements de plus de 500 personnes avaient été interdits, ainsi que les visites dans les maisons de retraite. Le reste n’était que recommandation : se laver les mains, ne pas sortir de chez soi en cas de symptômes grippaux, renoncer aux interactions sociales pour les plus de 70 ans et les personnes à risque. Un confinement sélectif pour personnes à risque. Cafés et restaurants restent ouverts. L’argument ? Les conséquences du remède (le confinement) ne doivent pas être pires que celles de l’épidémie. Dimanche 22 mars 2020, le discours du premier ministre, Stefan Löfven n’avait duré que cinq minutes : « Beaucoup allaient devoir dire adieu à un être cher » ; il n’avait annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant d’appeler au civisme et à la responsabilité individuelle. Un discours accueilli positivement, tant par les commentateurs que par ses adversaires politiques, jouant la carte de l’unité nationale.

L’autre méthode, le confinement, est la voie choisie par la France et la plupart du pays,. On met en œuvre la distanciation sociale, entre autres le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui ; cela fait partie des gestes “barrière” recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des mesures policières empêchent le déplacement des personnes et les rassemblements. Lidée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de contaminés en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période. Il s’agit donc en arrêtant une grande partie de l’activité économique, de s’assurer que les systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. En termes philosophiques, il s’agit de choisir entre se soumettre presque totalement aux mécanismes de la sélection naturelle, ou bien d’essayer d’enrayer par contraintes multiples la propagation du virus.

Un des fondateurs de l’écologie politique, Alain Hervé, avait un discours très loin de la voie choisie par Macron : « Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal. On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle… » Nous acceptons toujours actuellement que la famine, les guerres et les automobiles entraînent la mort d’une partie de la population mondiale, pourquoi les épidémies devraient-elle être nécessairement éradiquées ? Il y avait cependant une méthode intermédiaire qui pouvait faire la synthèse, minimiser le nombre de morts tout en acceptant nos faiblesses. Avec une mise en quarantaine ciblée, on aurait imposé un confinement strict de toutes les populations à risques (grand âge et personnes ayant une pathologie) ; ce serait l’équivalent de la protection des « enfants bulle ». Le reste de la population serait soumise au processus d’immunité collective. C’est la voie choisie par le déconfinement !

Surpopulation, la télé en parle… très mal

Trop de monde sur Terre ? (Magazine « Terra Terre » sur Public Senat le 26 mai 2020 à 23h). Nous avons regardé l’émission malgré son heure très tardive, c’était super-nul. Dans une ambiance bistro où les gens n’écoutaient pas ce qui se disait de la démographie, on passait à toute vitesse d’un thème à l’autre sans s’arrêter sur aucun, capacité de charge, migration, transition démographique, statut des réfugiés climatiques, Nicolas Sarkozy a dit, on n’est plus dans une croissance exponentielle, ah mais il y a aussi le vieillissement de la population, et que pense donc les décroissants qui de toutes façon ne s’intéressent pas à la question démographique, etc. Malthus est envoyé en un mot aux oubliettes, qui ne sait pas que « malthusien » est dans le dictionnaire n’en saura pas plus, mais il y aura eu un reportage sur la spiruline : demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues « si riches en protéines »… Mieux vaut adhérer à l’association Démographique Responsable que perdre son temps devant la télé. Mieux vaut lire ce blog pour en savoir plus, ainsi des discours de Sarko :

– Nicolas Sarkozy en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». À son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat».*

– Nicolas Sarkozy en septembre 2019 devant le MEDE :« Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Les dérèglements climatiques, le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencé, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gêne quand on discute d’évolution de la démographiemondiale. » **

* http://www.lejdd.fr/Politique/Sarkozy-preconise-une-conference-mondiale-sur-la-demographie-783501

** https://www.youtube.com/watch?v=VuwncVRV4Iw&feature=youtu.be

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Le confinement généralisé, une grave erreur

Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) restent confinées chez elles si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. Parmi les individus infectés, 3,6 % seulement ont été hospitalisés et 0,7 % sont morts. Le taux de létalité varie de 0,001 % chez les moins de 20 ans, à 10,1 % chez les plus de 80 ans.

De toute façon il suffit d’attendre, le virus perdra de sa virulence. La grippe espagnole de 1918 ou la grippe de Hongkong de 1968 se sont éloignées au bout de deux années sans qu’on fasse quoi que ce soit de spécial. C’est dû à la recombinaison génétique qui préside à l’évolution des espèces. Les changements du génome du virus (ARN) sont issues des erreurs d’association des bases dans la chaîne de la molécule au sein de la cellule hôte. Ces erreurs sont faites au hasard, il n’y a pas de déterminisme préétabli. La virulence des virus change pendant sa réplication dans chaque personne et continue en sautant d’une personne à l’autre. Au bout d’un certain temps de contagion, il existe des souches différentes avec des virulences différentes. Les souches virulentes vont continuer à provoquer des malades jusqu’à ce que la virulence cesse. Le temps pour la perte de la virulence n’est pas un facteur en lui même mais il est relié à la réplication et à la transmission. Il suffit donc d’attendre passivement le temps nécessaire à la modification du génome et à la perte de sa virulence du virus. Pour le Sars-cov-2, personne ne connaît encore la période nécessaire puisqu’il est nouveau mais il semble qu’il s’affaiblisse au bout de 3 mois. La seule motivation du confinement généralisé reposait sur le fait de ne pas encombrer les services hospitaliers. Mais là il suffit de faire du triage médical, sélection de qui doit vivre et qui doit mourir, méthode absolument nécessaire en période de crise sanitaires aiguës et qui a été effectivement utilisée par les soignants avec le SARS-CoV-2. Beaucoup de commentateurs sur lemonde.fr préfèrent l’immunité collective plutôt que le confinement :

Joan Alcover : Tout cela suggère que la « contagiosité » de la maladie est faible ; et elle l’est aussi dans les pays qui n’ont pas confiné ou ont confiné de façon moins exigeante que la France. Par ailleurs, il est maintenant acquis que la « létalité » de l’infection est très faible, sauf pour les personnes âgées. Alors, pourquoi a-t-on confiné tout le monde y compris les « actifs » (non « âgés ») qui ne courraient aucun risque et pas seulement ceux qui courraient un risque réel : les personnes âgées, qui ne font plus partie de la population active ? On aurait pu éviter ou fortement mitiger le désastre économique qui nous attend.

GERONIMO : Faudrait savoir : C’est le confinement ou l’immunité collective que l’on recherchait ? Parce que l’un EMPÊCHE l’autre. Donc si vous voulez prouver qu’en plus de toutes les omissions et de tous les mensonges, on nous a AUSSI mené en barque au sujet du confinement, vous marquez sûrement des points.

Le Renard Masqué : Avez-vous regardé la forme de la courbe au moment où le confinement a été mis en place? Sans confinement, la dynamique de l’épidémie aurait été exponentielle. Le nombre de morts (y compris chez les plus jeunes) aurait lui aussi atteint des hauteurs stratosphériques. Et les personnes âgées confinées auraient été plus contaminées car le reste de la population ne l’aurait pas été, à suivre vos préconisations qui font frémir…

Joan Alcover @ Le Renard Masqué : j’ai bien regardé « la forme de la courbe » en France et aussi dans les pays qui n’ont pas pratiqué le confinement « à la française » ; je vous invite à en faire autant. Vous observerez qu’il n’y a pas de différences significatives dans les formes de ces différentes courbes. La notion d’exponentielle qui monte jusqu’au ciel est un concept mathématique rarement observé dans les phénomènes naturels (la fission nucléaire n’étant pas, pour moi, un phénomène « naturel »).

Athanagore porphryrogenete : Le chiffre qui manque c’est la fraction de la population infectable. On n’en sait rien mais ce qui est sûr c’est que c’est pas 100%. Par exemple on sait que les femmes ont moins de récepteurs du virus que les hommes et ont donc moins de chance de le contracter, pareil pour les jeunes. Si 60% de la population a, pour une raison ou une autre, une protection significative, alors l’immunité collective est la.

PL : J’ai du mal à comprendre qu’on parle d’un « objectif » d’immunité collective à 65 % comme s’il était atteignable et marquerait la fin de l’épidémie. Si on compte une létalité de 0,7 %, et qu’on veut que 65 % d’un pays de 60 millions d’habitants soient contaminés, cela amène à 273 000 morts. C’est beaucoup. Il est donc vraisemblable, ou en tout cas souhaitable, qu’on n’atteigne jamais ce chiffre, c’est d’ailleurs le but de la stratégie du confinement.

Syfre @ PL : la létalité n’est pas la même sur toutes les tranches d’age, si vous laissez le virus se propager par exemple sur la tranche < 45 ans, vous aurez une létalité bien plus faible et vous couvrirez un % important de la population (autour de 50% je crois). Maintenant si dans cette tranche vous excluez les personnes avec des risques aggravants, en les surprotégeant par exemple, la létalité sera encore bien plus faible. Le problème c’est de raisonner sur des moyennes, idem pour le taux de couverture.

Fouilla : Syfre, on peut effectivement rechercher une immunité collective « partielle » en confinant les personnes à risque (mettons 30% de la population) en attendant que les autres soient immunisées à 70%. Le problème c’est que si à ce moment vous « lâchez » les personnes à risque, vous sortez de l’immunité collective, puisqu’au total seules environ 50% des personnes seront immunisées. Ce serait donc perpète pour les personnes à risque? Inacceptable.

Michel SOURROUILLE @ Fouilla il faut bien mourir un jour, mais autant que ce soit en bonne santé. Alors, que ce soit quelques semaines ou quelques mois de plus ou de moins en sursis pour une personne en fin de vie, cela ne semble pas très grave…S’accrocher à quelques lambeaux de vie au détriment de beaucoup de choses vitales, c’est cela qui est inacceptable !

Fep : « Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre, a averti l’Organisation mondiale de la santé » (OMS) dans un article de ce jour. Caramba, encore raté!

Çaosetout : Fondamentalement le sujet est surtout idéologique : surtout ne pas penser à l’immunité collective, horresco referens. Ceserait un concept barbare digne d’un suédois, ennemi de la Vie à Tout Prix. On a confiné, on reconfinera au besoin (enfin, peut-être pas, cela pourrait mal se passer…), en tout cas vous allez rester socialement distancés, masqués, hydroalcooliqués, fliqués, surveillés, limités, bien gentils, bien sages, jusqu’au Vaccin et au Traitement. On Sauve Des Vies. Sauf que le virus il finira par circuler partout, il ressurgit en Corée, en Chine, etc. Les médecins ont voulu jouer aux plus fins, mais ils vont vite comprendre qui est le plus fort. Et franchement ce sera une bonne leçon. Et oui il y aura des caisses en bois. Et alors, c’est la vie… 95 % de plus de 60 ans… et en mauvaise santé

tiède : 0,001 % de létalité pour les moins de 20 ans ? À comparer au 0,0016% à 0,002 % de mortalité en termes d’accidents domestiques (en temps normal càd hors confinement qui fait plus que double le temps passé à la maison !) pour les moins de 18 ans. Conclusion : les enfants sont plus en sécurité à l’école à jouer entre eux qu’à la maison. Et pourtant on empêche une partie de ces enfants de retourner à l’école à cause de normes sanitaires à la limite de l’absurde. On peut aussi comparer ces chiffres avec la mortalité infantile : 0,38% des enfants meurent avant leur premier anniversaire.

le sceptique : On se retrouve donc après 2 mois de confinement, 27 000 morts, 6 points de PIB envolés et 12 millions de chômeurs partiels à dire : on n’est pas pour autant immunisé et on aura une vague 2. A quand un débat de fond sur le principe de précaution ?

Albane Delipovać : Moins de 0,001% de létalité chez les moins de 20 ans… Ouvrez les universités, les plages, les jardins, les bars, puis libérez ces jeunes ! Puis les moins jeunes, puis les trentenaires, etc. Jusqu’à ce que les 65% soient atteints (60% de la population à moins de 50 ans).

Jean Claude Grange : Oui, mais pour cela il faut du courage politique…

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Malthus avait tout prévu dès 1798, l’épidémie, la famine, les guerres. Dans son « Essai sur le principe de population », il ramenait les causes multiples de ces dysfonctionnements à une cause principale, la non maîtrise de sa fécondité par l’espèce humaine. Dans une note, Malthus précisera son idée de fond : « A ce qu’il me semble personnellement, celui qui indique le moyen d’atteindre un mieux relatif est un bien plus grand bienfaiteur de l’humanité que celui qui se contente de discourir sur les tares de la société actuelle et la beauté d’une société différente, sans indiquer une méthode concrète pour accélérer notre progression de l’une vers l’autre. » A son avis, il était donc nécessaire de réguler l’évolution de la population à un niveau compatible avec les ressources alimentaires. Qu’en penser aujourd’hui alors que la révolution agricole depuis 200 ans a multiplié les ressources et accompagné l’explosion démographique ? Avant la crise sanitaire actuelle, les indicateurs de la malnutrition étaient déjà au rouge, 820 millions de personnes souffrent déjà de la faim, un Terrien sur neuf. Selon la FAO*, la pandémie de Covid-19 pourrait ajouter avec la récession économique 15 à 80 millions de personnes. L’objectif « faim zéro  d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale semble de moins en moins atteignable. Il est vrai que les médias, les experts et les politiques insistent toujours sur l’alimentation, les gaspillages des riches, les inégalités de distribution de nourriture… mais n’abordent quasiment jamais la nécessaire régulation des naissances. Erreur funeste.

Nous connaissons aujourd’hui avec la contamination virale le vertige des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus d’un million de personnes infectées. Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. La multiplication humaine suit le même schéma d’une génération à l’autre. Même avec un taux réduit d’accroissement naturel actuellement à un peu plus de 1 %, les humains doublent leur nombre tous les 70 ans, et cela se compte dorénavant en milliards ! La deuxième leçon à tirer de l’épisode SARS-CoV-2, c’est qu’arrêter la diffusion exponentielle du virus est extrêmement difficile, même après un confinement généralisé de deux mois. Les comportement sociaux ne suivent pas forcément les directives médicales de distanciation sociale. Il en serait de même de la démographie humaine, il suffit de voir les bagarres homériques à propos de l’avortement ou même de la contraception. De toute façon presque aucun gouvernement, sauf le repoussoir que constitue la Chine pour certains, n’a programmé de politique malthusienne. Ajoutons le lien direct entre pandémie et densité humaine. Wuhan était peuplée de 11 millions d’habitants, les grandes villes concentrées sont les plus touchées par le virus, et métros et stades de foot sont vecteurs privilégié de la contamination. Combattre la surpopulation devrait aller de pair avec les objectifs de sobriété partagée.

Un article du MONDE estime que « le confinement imposé à une partie de la planète laisse présager une aggravation de la famine ». Il n’y est jamais question de démographie, seuls quelque commentateurs sur lemonde.fr mettent les pieds dans le préservatif :

Agnès: Attention aux fausses évidences. La famine a toujours existé quelle que soit la population. De nos jours, la production alimentaire est très supérieure aux besoins. C’est un problème de répartition et de gaspillage auquel s’ajoute maintenant le blocage par la pandémie des circuits économiques qui l’aggrave. L’explosion démographique est cependant réelle, avec toutes sortes de problèmes, mais pas celui de l’insuffisance alimentaire globale pour l’instant.

Démographie Responsable : Bon, d’un autre côté, nous ne sommes que 7,8 milliards d’humains aujourd’hui et les ONG et autres FAO affirment depuis des lustres que la planète peut nourrir plus de 12 millards d’individus. Il ne s’agit donc que d’une mauvaise organisation et ça n’est pas comme si nous étions en surpopulation..

gaston : PLUS ONT EST NOMBREUX PLUS LA PART DU GÂTEAU EST PETITE..

Gabuzo : Je n’ai jamais compris pourquoi les thèses de Malthus faisaient l’objet d’un tel dédain, à part du fait d’un aveuglement propre à l’homme, persuadé qu’il y a aura toujours des ressources à l’infini ou une innovation technologique miraculeuse pour le sauver. La politique de l’enfant unique en Chine était d’une grande violence, mais sans elle il y aurait 300 à 400 millions de Chinois en plus à éduquer, loger, nourrir. La population de l’Afrique devrait doubler en 2050 (scoop : ce n’est pas le cas des ressources agricoles). Est-ce que l’humanité va attendre d’être au pied du mur et regarder les gens crever de faim, de pollution et de tous les autres maux de la surpopulation ou est-ce qu’on est capable, pour une fois, d’anticiper ?

LEONCE : Allez donc vous même essayer d’expliquer aux Africains et autres de ne plus faire d’enfants. L’ONU a mis en place partout des bureaux de « planning familial » qui sont aussi inefficaces que coûteux.

Régis : Les thèses démographiques de Malthus sont plutôt bien considérées, certains de ses remèdes, comme cesser l’aide économique aux pauvres, beaucoup moins.

Pascalou : Avec une population mondiale hors de contrôle mais des ressources alimentaires forcément limitées car nous vivons dans un monde fini, il fallait bien que cela arrive un jour. Regardez par exemple la courbe de la l’évolution de cette population depuis 2000 ans. Elle est tout simplement effrayante quand on voit son emballement récent. Cela posera tôt où tard la question de l’autorisation de procréer, que cela plaise ou non.

* http://www.fao.org/3/ca8800en/ca8800en.pdf

espérance de vie et équivalent pétrole

Denis Cheynet : « Alors qu’elle était de moins de 30 ans en 1800, l’espérance de vie mondiale moyenne est aujourd’hui de plus de 72 ans. Mais ce « progrès » ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l’énergie que nous sommes prêts à mobiliser pour améliorer une espérance de vie que nulle autre civilisation sur Terre n’avait jamais ne serait-ce qu’approché. La corrélation entre la quantité d’énergie mobilisée par chaque être humain et l’espérance de vie est frappante. Malgré de très fortes inégalités, ce chiffre global n’a cessé d’augmenter. Aurait-ce était possible si notre consommation d’énergie primaire moyenne par habitant n’avait pas été multipliée par trois en 200 ans. On pourrait même mettre un chiffre sur l’année d’espérance de vie : environ 25 litres de pétrole et par an. Notre espérance de vie moyenne se puise sous terre sous forme de charbon et de pétrole. Parce que cette énergie abondante et bon marché est une anomalie de l’histoire humaine, on peut en déduire que notre espérance de vie l’est aussi. La France dépense un peu plus de 11 % de son PIB dans le domaine de la santé, c’est-à-dire plus de 200 milliards d’euros. Nous aimerions faire perdurer cette opulence coûte que coûte, mais en oubliant que la vie se nourrit de la mort, comme les plantes se nourrissent de l’humus. Certains comme Jean-Luc Mélenchon aimeraient pourtant vaincre la mort, ce qui signifierait purement et simplement refuser de laisser de la place pour les générations suivantes. Accepter le finitude de nos existences, savoir tirer notre révérence et laisser quelques ressources énergétiques aux suivants, cela fait aussi partie du mouvement de la décroissance. »*

Serge Latouche : « La montée en puissance du refus de la mort qui s’est manifestée dans le fantasme de guerres zéro morts et se révèle aussi dans les recherches chimériques des transhumanistes transparaît dans la complicité implicite entre le pouvoir médical, la puissance gouvernementale et l’opinion publique. Je crains que certains en soient encore à la position infantile d’une illimitation de leurs désirs et de leur egos qui me semble le principal fondement de la foi dans la Croissance. Faire envisager une absence de maladie dans le monde idyllique qu’on nous promettait est une forme de messianisme qui me fait peur. Les dépenses de santé sont rentrées dans une logique exponentielle immaîtrisable de médecine de pointe. Il est tout à fait remarquable qu’on ait régressé de « l’économie coûte que coûte » à « la santé coûte que coûte ». Le curseur s’est déplacé, il faut échapper à la mort quel que soit le prix à payer en terme de renoncement aux libertés, et même s’il faut quelque peu sacrifier l’économie et à plus forte raison l’écologie. Il y a quelque chose de pathétique dans la course mondiale de masques de protection dont la fabrication ne nécessite ni terres rares, ni haute technologie… »**

sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

15 avril 2020, Covid-19, le droit à la vie et à la mort

24 février 2020, Covid-19, bientôt 5 millions de morts ?

14 février 2020, Aux mains des « labo de la mort »

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

* La décroissance, mai 2020, L’espérance de vie ? C’est du pétrole ! (extraits)

** La décroissance, mai 2020, coronavirus et décroissance (extraits)

Covid, la trouille politique devant la mort

Malade d’un cancer, François Mitterrand contre toute transparence démocratique a caché la réalité de sa mort à venir pendant ses deux septennats. François Hollande, confronté à la mort part terrorisme, a déclenché en 2013 une funeste intervention militaire au Mali. Pendant la pandémie, Emmanuel Macron a regretté l’énumération quotidienne médiatique du nombre de décès : « Il faut sortir du décompte des morts qui n’est qu’un tic-tac mortifère. » Il a choisi le confinement généralisé. Face à la mort, un politique politique donne toujours sa propre version. En Suède, le premier ministre Stefan Löfven a déclaré pendant la crise due au coronavirus : « Beaucoup de gens encore vont mourir ». Il a choisi l’immunité collective. Si les lycées et universités ont fermé, les crèches, écoles primaires et collèges sont restés ouverts. Même chose pour les cafés et les restaurants. Seuls sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite. Il ne faut pas refuser de regarder la mort en face, c’est pourtant trop souvent ce qu’on évite de faire.

Début mai 2020, le bilan suédois du Covid donne 256 morts pour 1 million d’habitants, c’est loin d’être catastrophique, et nettement inférieur au bilan français 370 morts pour 1 million d’habitants ! Il est vrai que les températures polaires confinent déjà les gens en Suède, que la densité est peu propice à la contamination, 24 hbt/km2 (Espagne 93, France 119, Italie 201) et qu’elle bénéficie d’une barrière naturelle interne, qui s’ajoute à son isolement dans le nord de l’Europe. Mais l’essentiel est ailleurs. Pourquoi avoir peur de la mort quand on est dirigeant ? Le virus n’a aucun désir de tuer, il veut juste se multiplier. La mort de l’hôte est même un échec pour lui. Le nouveau coronavirus est opportuniste, il tue les plus proches de la mort. En France, le 29 avril par exemple, le bilan cumulé de l’épidémie s’élève à 12 155 résidents d’Ehpad sont morts de cette épidémie, plus de la moitié de la totalité des décès. Les EHPAD forment un cluster, lieu idéal de contamination, communauté très resserrée, allé et venue de nombreux intervenants. Au premier janvier 2020, il y avait plus de 2 200 000 personnes âgées de plus de 84 ans en France selon l’Insee. La mortalité dans cette tranche d’âge, du 1er mars au 29 avril, comparée à la moyenne des décès de 2018 et 2019, est certes en augmentation ; mais le surcroît de mortalité 2020 correspond à moins de 0,5% de la population des plus de 84 ans. Notons aussi que la durée de séjour jusqu’au décès d’un résident d’EHPAD est de l’ordre de trois ans, ce qui correspond à un taux de mortalité d’environ 30% par an. Le virus ne fait qu’accélérer un peu la tendance générale. Convenons que la caractéristique du Covid 19, c’est surtout le signe d’une société si effrayée par la mort qu’elle en hypothèque toute autre considération. On aurait pu éviter le confinement, les personnes dans les EHPAD ou atteintes de comorbidité sont plus sujettes à décéder, c’est dans l’ordre des choses. Pourquoi refuser à tout prix la sélection naturelle ? Cette situation est d’autant plus ridicule que l’on devrait plutôt aider les gens à mourir dignement en les accompagnant plutôt que de s’escrimer en réanimation sur des cas désespérés où on ne récupère que quelques survivants en mauvais état. Nous sommes comme un troupeau de mouton qui se jette de la falaise parce qu’on a cru voir un loup.

L’espèce humaine est versatile, on fait tout pour éviter quelques morts de la grippe et on ne fait rien pour empêcher la mort en 14-18 de millions d’hommes jeunes et en bonne santé. Au mercredi 29 avril, la Covid-19 a fait approximativement 224 402 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Mais chaque année rien qu’en Europe, il faut compter plus de 400 000 morts prématurées par pollution de l’air selon l’Agence européenne de l’environnement. A ce chiffre, il faut ajouter les morts par les maladies dites de civilisation (cancer, obésité diabète, etc.). Il faudrait aussi compter les morts par guerres ou famine. Relevons uniquement les guerres qui ont fait à chaque fois plus de 500 000 morts après 1945 : guerre civile chinoise, Indochine, partition des Indes, Algérie, Viêt Nam, Indonésie, guerres civiles soudanaises, guerre d’indépendance camerounaise, massacre de 1965 en Indonésie, guerre civile cambodgienne, Biafra, troisième guerre indo-pakistanaise, guerres civiles en Éthiopie, guerre civile angolaise et celle du Mozambique, Afghanistan, Iran-Irak, génocides des Tutsis au Rwanda (830 000 morts), guerres du Congo, guerres qui sont oubliées aussi vite que commencées. En 2018 un peu plus de 820 millions de personnes, soit près de 11 % de la population, étaient sous-alimentées. La dysenterie et le choléra dus au manque d’eau et d’assainissement causent 780 000 décès par an. Il y a cinquante ans, la grippe de Hongkong – qui a fait le tour du monde entre 1968 et 1970 – avait fait plus de 31 000 morts en France dans une indifférence quasi générale. La sécheresse en France a fait 15 000 morts en 2003. La mort, si présente autrefois tant elle était familière, devient honteuse. L’irruption brutale de la mort dans nos sociétés de l’image, et donc de l’émotion, n’est plus tolérée. Quelques morts par terrorisme fait la Une des médias pendant des jours et des jours. Est-ce un signe de société civilisée ? Quel est le combat le plus urgent, lutter contre le terrorisme en interenant militairement dans des pays tiers, lutter par un confinement contre un virus qui met en péril toute la vie économique mondiale ou lutter contre la surpopulation et la société thermo-industrielle qui nous mènent de toute façon au désastre  ?

Covid-19, le droit à la vie et à la mort

Le droit à la vie est relatif, c’est ce que nous avions écrit dans un post précédent. En fait nous vivons une médecine de guerre en temps de paix qui nous oblige à un triage médical entre ceux qui doivent être sauvés et ceux qui ont le droit de mourir ; on établit un « score de fragilité » pour en décider et les spécialistes ne diront pas le contraire. Exemple :

Mathias Wargon, chef des urgences à l’hôpital Delafontaine : « Aux urgences en temps habituel, on décide très fréquemment de ne pas envoyer tel ou tel patient en réanimation selon un critère principal : l’autonomie de la personne. Ce n’est pas une décision que l’on prend seul, c’est une décision collégiale. Si la personne est grabataire ou avec une démence très évoluée, on ne va pas la placer en réanimation car on sait qu’elle n’en sortira pas mieux. C’est pour ça que les personnes en Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], sans autonomie, on ne les réanime pas. Avec le coronavirus s’est ajoutée la médecine de catastrophe où on ne peut pas dilapider des ressources de plus en plus rares. On n’essaie pas de réanimer un patient qui nécessite trop de moyens. Et tous ces gens qui ne vont pas en réanimation, notre objectif n’est pas de les tuer plus vite, mais qu’ils ne meurent pas en souffrant. C’est bien la moindre des choses. On ne va pas les étouffer avec un coussin ! Comme il commence à y avoir une pénurie de morphine et de midazolam (un sédatif), on utilise le Rivotril pour soulager la souffrance et l’anxiété de patients en train d’étouffer. »*

Frédérique Leichter-Flack, spécialiste de l’éthique : « Faudra-t-il choisir qui tenter de soigner et qui laisser mourir ? Cette question du tri et du rationnement va nous accompagner durablement. L’accès à la ventilation mécanique n’est que la pointe émergée d’un continuum du rationnement des chances face à l’épidémie : en amont, des hôpitaux chroniquement sous-dotés ; une pénurie des moyens de protection face au risque (masques) ; un premier tri téléphonique opéré par la régulation du 15, qui envoie ou n’envoie pas à l’hôpital ; et, en aval, pour la suite, une réflexion à mener sur l’ordre de priorité de la distribution des médicaments et vaccins au fur et à mesure de leur production, quand ils seront trouvés… Le tri a  été inventé, en médecine d’urgence comme en médecine de guerre, pour remettre de la justice, de l’efficacité et du sens là où ne régnait que l’aléa du fléau – pour reprendre le contrôle du destin de la collectivité menacée de destruction. Le médecin trieur n’est pas là pour jouer à Dieu et dire qui aura ou non droit à la vie, mais pour sauver le plus de vies possibles. Le tri, en pénurie, opère le basculement d’une médecine individuelle à une médecine collective, qui oblige le sauveteur à prendre en compte, à côté de la victime en face de lui, les besoins de tous les autres au regard du stock de ressources disponibles. Plus le décalage entre ressources et besoins est grand, plus on aura tendance à basculer dans des pratiques de tri dégradées. Un afflux non maîtrisé de patients jeunes soulèverait d’autres dilemmes plus graves encore si les critères médicaux de pronostic et d’espérance de vie se révélaient insuffisamment pertinents pour opérer le tri. »**

Sennepy sur lemonde.fr : Dans les Ephad, on occupe des lits avec des gens en état végétatif qui lorsqu’ils étaient en bonne santé souhaitaient mourir dans la dignité, mais que l’accident ou la maladie ne leur ont pas laissé le temps de spécifier qu’ils voudraient être « débranchés ». Où est l’éthique ?

Thibaut  : J’hallucine qu’on en soit rendu à débattre de ça ! Trions qui survivra puisque l’impéritie de nos premiers de cordée nous y contraint désormais. Mais trions aussi les dirigeants en débranchant ceux qui soignent les prochains résultats trimestriels du CAC40. Et trions aussi les organisations sociales qui envisagent une sobriété conviviale, soutenable à long terme, en débranchant celles qui exaltent la concurrence de chacun contre les autres.

charles condamines : Même en temps « normal », les besoins dépassant les capacités disponibles, il y a du tri… sur le marché du travail, des logements sociaux, des places en crèche… Dans tous les cas, la question décisive est celle des critères réellement en œuvre dans le processus de sélection; chacun peut en effet se rendre compte que les critères affichés et les critères appliqués ne coïncident pas et que le processus de tri est faussé. Aux USA, c’est souvent l’argent qui fait le tri entre ceux qui ont le droit d’être soignés et ceux qui n’ ont pas ce droit.

* https://www.lemonde.fr/journal-blouses-blanches/article/2020/04/04/journal-de-crise-des-blouses-blanches-la-reanimation-c-est-un-choc-violent-a-l-issue-incertaine_6035589_6033712.html

** https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/16/coronavirus-la-question-du-tri-des-malades-est-un-enjeu-ethique-et-democratique-majeur_6033323_3232.html

L’Inde sera submergée par la Covid-19

Que faire dans un pays surpeuplé ? Claude Lévi-Strauss pouvait déjà écrire en 1955 : « Les grandes villes de l’Inde sont une lèpre, l’agglomération d’individus dont la raison d’être est de s’agglomérer par millions, quelles que puissent être les conditions de vie : ordure, désordre, ruines, boue, immondices, urine. Ils forment le milieu naturel dont la ville a besoin pour prospérer. » Le 18 mars, nous écrivons sur notre blog : Quand le Covid-19 s’attaquera à l’Inde. Sur une population de 1,35 milliard d’habitants, le nombre de cas de COVID-19 en Inde était estimé à seulement 137 le mardi 17 mars ; mais la faiblesse des chiffres officiels s’expliquait par le nombre encore très réduit de dépistages : 6 000 à ce stade en Inde. Les médias locaux persiflaient, « absence de preuve n’est pas preuve d’absence ». Le gouvernement dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi montre du doigt les étrangers ; à compter du 18 mars, l’ensemble des ressortissants européens sont persona non grata. Le premier ministre indien a lancé un concours d’idées sur Twitter faisant miroiter une récompense de 100 000 roupies (1 210 euros) à celui qui trouvera une « solution technologique » pour éviter le Covid-19… C’est un aveu d’impuissance.

L’indienne Arundhati Roy ne mâche pas ses mots : « Que dire de l’Inde, mon pays, mon pays pauvre et riche, suspendu quelque part entre féodalisme et fondamentalisme religieux, castes et capitalisme, gouverné par des nationalistes hindous d’extrême droite ?Le premier cas de Covid-19 détecté en Inde a été annoncé le 30 janvier 2020, quelques jours après que l’invité d’honneur de la parade du Jour de la République, Jair Bolsonaro, dévorateur de la forêt amazonienne, négateur du Covid-19, a quitté Delhi. Le 11 mars, l’OMS a haussé le développement du Covid-19 du niveau d’épidémie à celui de pandémie. Le 13, le ministère indien de la santé déclarait que le coronavirus ne représentait pas une « urgence sanitaire ». Enfin, le 19 mars, le premier ministre, Narendra Modi, s’est adressé à la nation. Il n’avait pas beaucoup planché sur ses dossiers, calquant ses stratégies sur celles de la France et de l’Italie. Il a parlé de la nécessaire « distanciation sociale ». Au lieu d’informer les gens des mesures qu’allait prendre son gouvernement pour faire face à la crise, il leur a demandé de sortir sur leurs balcons, de sonner des clochettes et de taper sur des ustensiles de Lcuisine pour rendre hommage aux soignants. La requête de Narendra Modi a soulevé l’enthousiasme. On a assisté à des marches de percussions domestiques, à des danses traditionnelles, à des processions. Peu de distanciation sociale ! Le 24 mars à 20 heures, Modi est passé à la télévision pour annoncer qu’à partir de minuit, l’Inde tout entière entrait en confinement. Les marchés seraient fermés. Tous les moyens de transport publics et privés étaient interdits. Le confinement destiné à assurer la distanciation sociale a eu le résultat inverse : la contiguïté physique à une échelle inconcevable. Le même phénomène se produit dans les villes grandes et petites de l’Inde. Les voies principales peuvent bien être vides, les pauvres sont enfermés dans des espaces exigus à l’intérieur de bidonvilles et de baraquements. Les hôpitaux et les dispensaires sont déjà incapables de faire face au million, ou presque, d’enfants qui meurent chaque année de diarrhée et de dénutrition, aux centaines de milliers de tuberculeux (un quart des cas mondiaux), à la vaste population de mal-nourris et d’anémiques, vulnérables à toutes sortes d’affections mineures qui, dans leurs cas, se révèlent mortelles. Il leur sera impossible d’affronter le coronavirus. » Monsieur Modi porte bien son nom.

Moralité : Des cercle vicieux sont en place. L’Inde subit une surpopulation manifeste, ce qui entraîne la misère qui à son tour provoque la sur-fécondité, l’exode rural, une urbanisation non maîtrisée et des conditions de densité qui ne peuvent que favoriser la diffusion d’un virus. Au niveau politique, le gouvernement gère la multitude humaine de façon autocratique ; pour chercher une impossible issue, il attise les tensions ethniques et désigne comme ennemi les musulmans, ce qui ne peut qu’accroître les tensions et empêche tout développement partagé. De toute façon le virus pourrait faire 17 millions de victimes que la population de l’Inde n’en serait pas affectée. En effet que pèsent quelques millions de morts de plus en Inde quand dans une année ordinaire il y a déjà 10 millions de morts (pour 27 millions de naissances).

Nous avions écrit sur ce blog en 2016, des Rafale en Inde, tout le monde se réjouit. Pas moi !

Démographie et pandémie, relation étroite

La question démographique reste la grande absente des réflexions sur la crise du coronavirus. Pourtant, trois éléments au moins peuvent lier nos effectifs à l’épidémie présente.

– L’émergence de l’épidémie est susceptible d’être liée aux contacts obligés avec la faune sauvage que provoque notre expansion permanente sur les territoires du vivant.

– L’épidémie est de façon certaine favorisée par la promiscuité, et la promiscuité est largement fonction de la densité de peuplement, elle-même liée à l’importance de nos effectifs.  Dans un habitat dispersé, elle resterait un problème mineur, mais elle se répand comme une traînée de poudre  dans les grandes agglomérations ou dans les régions peuplées comme la métropole de Wuhan ou la Lombardie. D’ailleurs, la première des mesures que prennent tous les gouvernements est d’éviter les rassemblements, or, dans une grande agglomération, on est rassemblés par nature. Toute la politique actuelle valide cette corrélation entre densité et épidémie (sinon, aucune des mesures prises n’aurait de sens).

– La lutte contre l’épidémie dans une société urbaine et densément peuplée passe par des mesures très autoritaires, restreignant fortement les libertés. Ces mesures sont parfois efficaces (on le voit par exemple en Chine où l’épidémie semble sur la voie descendante, mais aussi à Hong Kong ou à Taiwan qui, malgré leur forte densité, ont peu ou prou réussi jusqu’à présent à contenir le phénomène au prix… de la fin des libertés: contrôle par caméra, confinement, suivi des personnes, peines très sévères…un monde digne de la science-fiction. En ce sens, la démocratie risque d’être la principale victime de l’explosion démographique. Nous rejoignons là une conclusion proche de celle que tire Jean-Marc Jancovici des crises à venir de l’énergie. Plus généralement, face à toute contrainte, les États sont tentés de réagir ainsi, et, plus l’habitude se prend de restreindre les libertés face à un problème, plus cette possibilité s’ancrera et plus la démocratie sera mise à mal dans l’acceptation plus ou moins passive des populations. 

A ce facteur démographique on peut ajouter la question de la mondialisation qui favorise les échanges de personnes et de biens. Remarquons cependant que la démographie peut, là aussi, être considérée comme à l’origine du problème, car avec des effectifs de 8 milliards – presque 10 au milieu de ce siècle –  il n’existe guère de moyen de nourrir et approvisionner en biens divers l’ensemble de la population sans recourir à la spécialisation internationale et donc à la mondialisation de l’économie avec tous les échanges de biens et de personnes que cela suppose. Chacun pourra sourire à l’extraordinaire retournement de nombre de personnages politiques, adeptes forcenés de la mondialisation et de la croissance, économique comme démographique, qui, sous l’urgence tournent casaque, et  prennent des mesures à terrasser l’économie et à interrompre les échanges. Urgence oblige dira-t-on ! Certes, mais l’urgence n’excuse pas les erreurs passées et si Paris vaut bien une messe, il ne faudra pas oublier.(Didier Barthès sur son blog)

NOTA BENE : Démographie responsable lance une pétition,

Pandémies et surpopulation : appel pour la décroissance démographique

En résumé : Afin de minimiser autant que faire se peut l’apparition et la diffusion de futures pandémies, nous demandons aux autorités françaises de favoriser la stabilisation de la population de notre pays en prenant des mesures incitatives comme le plafonnement des allocations familiales…

objectif du confinement, l’immunité collective

Le déconfinement, une équation complexe. Une population sera IMMUNISEE lorsqu’elle aura été SUFFISAMMENT CONTAMINEE. Comme d’autres pandémies l’ont montré dans l’histoire, notamment celle de la grippe espagnole de 1918-1919, une immunité collective insuffisante expose à une ou plusieurs vagues successives qui font des ravages. En freinant la vague épidémique par le confinement, les autorités ont donc retardé le moment où suffisamment de Français seront immunisés pour stopper définitivement la propagation du coronavirus. Faute de disposer d’un vaccin, cette « immunité de groupe » ne peut être acquise que par un contact avec le SARS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19. Pour l’atteindre, les épidémiologistes estiment qu’environ 60 % de la population devrait avoir été infectée. Quelques analyses pertinentes sur lemonde.fr :

J.olive : La stratégie du stop and go (confinement/déconfinement) consiste à laisser mourir toutes les personnes vulnérables sur la durée plutôt que d’un seul coup. Le gain est minime sur le nombre de victimes au final. L’inquiétude vient de la durée de l’immunisation obtenue après ce contact ; durable et on ne fait la rougeole qu’une fois dans sa vie ou transitoire comme avec d’autres virus ( grippe saisonnière) . Le vaccin aura-t-il une efficacité maintenue dans le temps malgré les mutations virales ?
IP 88.185.49.110 : L’immunité collective (60% de la population contaminée) ne marche…que si l’immunité face au virus est permanente, ou, au moins très longue. Or l’immunité face aux coronavirus des rhumes est tout sauf permanente et longue. Pis, en Corée ils ont publié le cas de 50 malades qui avaient des résurgences virales bien après guérison… La route pour un vaccin…..efficace semple bien longue. Imaginons le pire: le virus, non saisonnier, provoque une immunité efficace pour 3 à 6 mois….Tous les 3 à 6 mois vous jouez donc au dés pour savoir qui va mourir du coronavirus, celui ci circulant sans restriction au sein de la population !
Starqman : Pour atteindre l’immunité collective en minimisant le nombre de mort, Il serait intéressant de modéliser le déconfinement en 2 catégories en incluant les obèses avec les vieux. Le résultat devrait être encore meilleur.

Jackpot : Bref, se dépêcher d’attraper le virus quand on est jeune et en bonne santé, c’est l’acte le plus citoyen qui soit. Et pas de rester vautré sur son canapé comme certains adorent le raconter pour se donner bonne conscience. Ce confinement généralisé et strict est une hérésie depuis le départ, qui ne résout rien sur le moyen terme, il décale simplement le pic.

SuperChomeur @ J&ckpot : Le confinement décale le pic, l’atténue et sauve donc des vies qui ne pourraient pas l’être sans confinement. Si vous souhaitez rejoindre Boris Johnson, allez y seul.

Totoro : Finalement je me demande si je ne serais pas content de l’avoir déjà eu (forme bénigne bien sûr ??) pour pouvoir sortir plus tôt…

sur notre blog biosphere, nos articles sur la fausse opposition immunité collective / distanciation sociale

3 avril 2020, Le confinement recule en vain l’échéance ?

23 mars 2020, Covid-19, le vertige des exponentielles

20 mars 2020, Covid-19, droit de vivre ou de mourir (suite)

14 mars 2020, Covid-19, la « distanciation sociale » en France

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

11 mars 2020, Covid-19, nécessité d’un triage médical

Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

Un décret du 28 mars 2020 autorise l’utilisation temporaire (aujourd’hui, jusqu’au 15 avril), dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de COVID-19, du Rivotril injectable (clonazepam) pour prendre en charge la dyspnée ou la détresse respiratoire chez les patients COVID-19 dont l’état clinique le justifie. Cette molécule est un sédatif (et non un produit létal) utilisé quand les malades souffrent d’une atteinte pulmonaire telle qu’il y a un risque de suffocation ; elle pourra être délivrée comme traitement de confort, pour l’apaisement. Habituellement, le midazolam (Hypnovel) est utilisé pour cela, mais des tensions sur les stocks de médicaments existent actuellement et font redouter un risque de pénurie. Dans ce cas, le décret permet d’utiliser le Rivotril pour assurer l’accompagnement des patients en soins palliatifs, confrontés à un état d’asphyxie, y compris en Ehpad. Pour les patients dont le pronostic vital est engagé à très court terme, cette molécule peut permettre une sédation profonde et continue.

« Administrer du Rivotril à un patient ne veut pas dire arrêter les soins. Il s’agit, au contraire, lorsque la situation se dégrade et dans certaines circonstances d’un accompagnement pour soulager sa souffrance en le plaçant dans une sédation lorsque la détresse respiratoire devient insupportable, mais il ne s’agit certainement pas, encore une fois d’un médicament destiné à pratiquer une euthanasie. L’asphyxie en fin de vie est inacceptable », indique le président de la Société française de gériatrie et gérontologie. Ce décret est une application de la loi du 2 février 2016, dite loi Claeys-Leonetti, qui, dans son article 3, permet « la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie ». Pour aller plus loin, voici la fiche-conseil publiée par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs à propos de la prise en charge des détresses respiratoires asphyxiques à domicile ou en Ehpad.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité rappelle son combat en faveur du droit de chacun à décider de sa propre fin de vie, y compris en bénéficiant d’une aide active à mourir avec administration d’un produit létal. Dans tous les cas, c’est le patient qui doit décider et il convient qu’il ait préalablement rédigé ses directives anticipées et désigné des personnes de confiance.

Communiqué de l’ADMD du 6 avril, COVID-19 : à propos de l’apaisement des souffrances par les équipes soignantes

https://www.admd.net/articles/decryptages/covid-19-propos-de-lapaisement-des-souffrances-par-les-equipes-soignantes.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=avril

Covid-19, comment gérer la fin de vie

communiqué de l’ADMD sur les directives anticipées : Ceux qui s’inquiètent de la nature et des conditions des soins prodigués en milieu hospitalier peuvent rédiger, sur papier libre, un document spécifique intitulé Directives anticipées COVID-19, et y exprimer de façon exhaustive leurs volontés pour le cas où elles seraient atteintes (par exemple refus de la réanimation et souhait, dans cette hypothèse, d’une aide à mourir afin d’éviter les souffrances liées aux détresses respiratoires…). Il n’y a aucun formalisme particulier à respecter pour la rédaction de ce document (commencez par « Dans le cas où…, voici quels sont mes souhaits médicaux :… »). S’agissant d’un document personnel, il ne nous appartient pas de proposer un modèle.Ce document sera annexé aux directives anticipées existantes. Il est conseillé de le porter sur soi en cas de symptômes de la maladie.

https://www.admd.net/articles/decryptages/covid-19-faire-respecter-ses-souhaits-pour-sa-fin-de-vie.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Coronavirus : le difficile accompagnement des malades en fin de vie : Afin d’« aider les équipes à “inventer” une réponse à l’urgence imposée par l’épidémie de Covid-19 », un document a été diffusé le 19 mars aux établissements de l’AP-HP. Plusieurs options sont détaillées pour organiser la prise en charge des patients incurables et leur permettre « de finir leur vie le plus sereinement possible, ou tout au moins le moins mal possible, dans ce contexte exceptionnel ». Il suggère notamment que des unités de soins palliatifs temporaires soient créées « lorsque les capacités de services de soins qui accueillent les patients atteints du Covid-19 sont mises en difficulté ». Afin d’aider les soignants des services de réanimation dans leur décision de récuser un patient, des « cellules éthiques de soutien » pourront être mises en place.

https://www.admd.net/articles/medias/coronavirus-le-difficile-accompagnement-des-malades-en-fin-de-vie-le-monde.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Fin de vie : coronavirus et réveil des consciences… Il est de plus en plus souvent nécessaire, à cause du manque de moyens matériels, de faire un tri entre les patients qui « mériteront » une réanimation et les autres. Je n’ai pourtant jamais vu apparaître la question qui en découle logiquement et qui, vu mon âge, me préoccupe personnellement : que fait-on de ces autres ? Les abandonne-t-on à leur triste sort en les laissant agoniser jusqu’à leur mort « naturelle » ? Quand on sait que cette agonie par asphyxie est parmi les plus atroces, ne pourrait-on demander à ces patients (sans jamais les y forcer, bien sûr) s’ils ne préfèrent pas qu’on leur procure une fin de vie douce et rapide ? Ne pourrait-on autoriser officiellement alors les médecins à pratiquer cette assistance au suicide (à ne pas confondre avec une euthanasie dont ils porteraient seuls la responsabilité) qui leur est aujourd’hui encore formellement interdite par les lois françaises ?

https://www.admd.net/articles/temoignages/fin-de-vie-coronavirus-et-reveil-des-consciences.html?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=[Copie%201]%20mars

Le confinement recule en vain l’échéance ?

Il n’est pas certain que la période de confinement réussisse. Notre refus de la sélection naturelle n’est-elle qu’une vaine tentative ? L’idée s’est installée à tort que les progrès scientifiques font reculer toutes les maladies. Or la réalité montre qu’au contraire de nouveaux virus et des bactéries plus résistantes continuent d’apparaître. La stratégie la plus efficace, pour réduire de 99 % le nombre d’infections semble être la panoplie complète utilisée en France : fermeture des écoles, quarantaine des malades et éloignement du travail. Mais les spécialistes se risquent à une prévision ; la fin d’un confinement sévère causera un rebond de la courbe épidémique car il n’y aura pas eu assez de « contaminés », donc « d’immunisés ». Comme le bon vieux modèle de 1927* le laisse entendre…

A l’époque trois études publiés par la Royal Society décrivait un épisode de peste en Inde en 1906. L’idée est de mettre les individus en trois compartiments : les « sains », S, susceptibles d’être contaminés, les « infectés », I, et les « retirés », R, ceux qui ne sont plus malades, car soit morts, soit immunisés après une infection. En conclusion de leur premier article, les deux mathématiciens notaient qu’« une épidémie, en général, prend fin avant que la population sensible n’ait été éradiquée ». Autrement dit, les lois mathématiques protègent une partie de la population : tout le monde n’a pas besoin d’être touché pour observer un reflux. La force de cette approche est qu’un seul paramètre donne une intuition simple de la dynamique épidémique. Il s’agit du taux de reproduction, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’un infecté peut contaminer. S’il vaut 2, cela signifie qu’un malade contaminera deux personnes, qui ensuite, au total, en contamineront 2×2 = 4, puis 2×2×2 = 8… Le moteur infernal est enclenché, et le nombre de cas suit une loi exponentielle, qui, selon la légende, a ruiné un empereur. Ce derniers, croyant attribuer une modique récompense à l’inventeur du jeu d’échecs, accepta l’accord consistant à doubler le nombre de grains de riz sur chaque case d’un échiquier. Il y a 64 cases. Même partant d’un seul grain, à la fin le total sur la 62e est d’environ des milliards de milliards de grains dépasserait de loin la production mondiale actuelle. En épidémiologie le taux de reproduction, baptisée R0, est parmi la première que les statisticiens essaient d’évaluer ; il varie dans le cas du Covid-19 entre 2,39 et 2,58. Ce paramètre permet de comprendre l’intérêt d’un confinement.

Réduire les contacts diminue le taux de reproduction, et donc la flambée épidémique. Au pic, le nombre de nouveaux cas chute car le taux de reproduction devient inférieur à 1 : une personne contamine moins d’une nouvelle personne. Au moment du pic, le pourcentage de la population touchée est d’environ « 1 – 1/R0 », ce qui correspond au pourcentage à atteindre pour immuniser le groupe. Si R0 vaut 2, c’est 50 %. Si R0 vaut 3, c’est 66 % environ. Il permet aussi d’estimer rapidement le pourcentage total de personnes infectées (un R0 de 2 donne environ 80 %). Mais après une période de confinement, un rebond de l’épidémie est attendu en raison du grand nombre de personnes susceptibles d’être encore infectés. La croissance exponentielle de l’épidémie pourrait donc repartir. Les épidémies sont différées, cela pourrait même tourner autour du globe comme pour les grippes saisonnières. Une deuxième vague de contamination en Europe pourrait aussi venir de l’Afrique, c’est très probable, et si les échanges aériens reprennent, c’est certain. Nous n’allons pas sortir rapidement de l’épidémie ! Il nous faudra des masques et des tests pendant un certain temps.

* https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/03/30/comment-l-epidemiologie-tente-de-cerner-l-epidemie-due-au-nouveau-coronavirus_6034947_1650684.html