démographie

La surpopulation absente de la primaire écolo

Thomas Roussot : Alors que les primaires écologistes battent leur plein, aucun des cinq candidats n’a évoqué la surpopulation, pourtant problème central de toute prise de conscience écologique. Les intégrismes s’en nourrissent, les financiers en tirent leur miel via l’ultra libéralisme, les terrorismes réactifs et autres pandémies s’y lovent complaisamment. Mais aucun n’ose aborder le terreau qui rend possible ces multiples dérives. La surpopulation reste LE sujet tabou de l’écologie politique. La population mondiale a atteint 7 milliards au 31 octobre 2011. Elle atteindra 8 milliards en 2023, 9 milliards en 2037 et 10 milliards de personnes en 2055. Elle a doublé en 40 ans de 1959 (3 milliards) à 1999 (6 milliards). Son taux de croissance a atteint son apogée à la fin des années 1960, alors qu’il était de 2,09 % .Elle est actuellement (2020) en croissance à un taux d’environ 1,05 % par an, ajoutant 81 millions de personnes par an au total. Un taux de 1 %, c’est encore un doublement de la population en 70 ans. Alors qu’il avait fallu toute l’histoire de l’humanité jusqu’à l’an 1800 pour que la population mondiale atteigne 1 milliard, le deuxième milliard a été atteint en seulement 130 ans (1930), le troisième en 30 ans ( 1960), le quatrième milliard en 15 ans (1974), le cinquième milliard en 13 ans (1987), le sixième milliard en 12 ans (1999) et le septième milliard en 12 ans (2011). Au cours du seul 20e siècle, la population mondiale est passée de 1,65 milliard à 6 milliards.

D’où ce résultat : En 2021, 3 669 784 d’hectares de forets détruits, 4 940 522 hectares de terres perdues à cause de l’érosion des sols, 25 623 981 235 tonnes d’émissions de CO2 , 6 910 054 tonnes de produits chimiques toxiques rejetés dans l’environnement.

La surpopulation est en interdépendance avec le progrès techno-scientifique. Pour nourrir bientôt 8 milliards d’humains, les États n’ont d’autre recours que le productivisme, la nourriture industrielle, les énergies fossiles et nucléaires. Le cycle de l’eau, la qualité de l’air, tout l’environnement est pourtant impacté par le gaz, le pétrole et le charbon au point de mettre en suspension l’avenir des homo dits sapiens. Les nécessités vitales des hommes induisent le chaos quand elles ne sont pas satisfaites. À moins d’une réduction drastique des naissances via une éducation prenant à rebours les traditions religieuses et culturelles ! À défaut, seul le dogme nihiliste de la croissance économique continuera d’apporter ses réponses aveugles et aveuglantes à cette hypertrophie humaine.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, Tout savoir sur la surpopulation humaine

10 septembre 2021, Solutions radicales pour surpopulation avérée

3 septembre 2021, Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

26 août 2021, Surpopulation et extinction des espèces

22 août 2021, L’Égypte et Al-Sissi face à la surpopulation

17 août 2021, Wikipedia et le concept de surpopulation

7 août 2021, 10 milliards en 2050 = surpopulation ?

2 décembre 2017, EELV célèbre le Sida, mais se fiche de la surpopulation

22 décembre 2015, La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

11 novembre 2014, Référendum en Suisse : halte à la surpopulation

29 juillet 2014, Les pathogènes s’attaquent à la surpopulation humaine

25 février 2014, Surpopulation, c’est en partie la faute des démographes

30 octobre 2013, Surpopulation, la faute aux machos et autres sexistes

24 juillet 2013, pour casser le cercle vicieux agriculture-surpopulation

18 janvier 2012, Tribunal pour les générations futures : la surpopulation

28 août 2009, surpopulation en 2050

La Démographie Responsable en actes

Newsletter de l’association Démographie Responsable

1. Création d’une Alliance Européenne pour une Population Soutenable regroupant différents mouvements abordant le thème de la surpopulation à Filzbach en Suisse, les 21 et 22 août 2021.En anglais European alliance for Sustainable Population (ESP). Cette association relève du droit suisse, le bureau de Démographie Responsable en validera prochainement les statuts.

Voici la liste de ces associations : Ecopop ( Suisse et à l’initiative du projet) – Démographie Responsable (France, représentée par Martin Rott lors de la création) – Bocs Fondation(Hongrie) – Minder Mensen (« moins de gens », Belgique, néerlandophone) – Club van tien Miljoen (Pays Bas, Club des 10 millions)

D’autres mouvements participent aux discussions : One Baby (Belgique) – Prosperity for Sustainable Population (Allemagne) – Rientrodolce (Italie) – Population Matters Suède ( sans lien direct avec Population Matters Royaume-Uni)

2. Futurs salons : ( avec les incertitudes liées encore à la crise sanitaire)

–      Foire Echobio de Montbéliard les 18 et 19 septembre2021. Nous y tiendrons un stand.

–      Festival Climat de Strasbourg les 1er, 2 et 3 octobre 2021. Nous y aurons un stand et Didier Barthès animera une table ronde (voir plus bas)

–      Salon Marjolaine de Paris, avec une conférence de Denis Garnier (voir plus bas)

3. Articles :

–      Article de Denis Garnier sur France 24

–      Article du Canard Enchaîné suite à un entretien de Didier Barthès avec l’auteur ( texte en PJ)

4. Conférences :

Michel Sourrouille a tenu une conférence aux Journées d’Eté du Mouvement Ecologiste Indépendant (voir texte en PJ). Didier Barthès y a aussi fait une intervention pour faire le point sur la démographie mondiale et pour envisager les conséquences démographiques de la crise du Covid.

Rappelons que Michel Sourrouille a publié sur son blog « Biosphère Ouvaton » tout l’été et chaque jour, un article sur la démographie .

et toujours, avec les réserves dues à la crise sanitaire, sont prévues :

–      Une intervention de Didier Barthès à Strasbourg lors de la table ronde de la foire Echobio. Intervention qui portera sur le tabou du sujet de la surpopulation. 

–      Une conférence de Denis Garnier au salon Marjolaine le 11 novembre 2021, intitulée : « Pandémies  et démographie »

–      Deux conférences-débats de Denis Garnier et Didier Barthès à Paris en mars 2022 dans le cadre d’une exposition artistique à l’IMMIX Galerie. Cette expo-photos proposera des images de la surpopulation et les conférences devraient porter sur les liens entre démographie et émissions de CO2, et/ou sur les conséquences de la surpopulation sur la biodiversité…

5. Démographie Mondiale :

Le compteur de l’INED (que nous reprenons sur notre site) passera la barre symbolique des 7,9 milliards d’humains fin octobre 2021, le seuil des 8 milliards (début 2023) se rapproche  et notre association doit réfléchir aux actions que nous mènerons à cette occasion…

2022, la décroissance démographique oubliée

La présidentiable Delphine Batho nous explique la ligne générale de son programme « La décroissance : pourquoi et comment » :

https://generationecologie.fr/2021/08/30/la-decroissance-pourquoi-et-comment/

Tous les militants pour la décroissance ne peuvent qu’être en parfait accord avec cette analyse. Par contre il y a un oubli total, la décroissance démographique. Dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques et démographiques, ce que le texte de Delphine Batho ne dit pas. Rappelons que René Dumont, avait une approche réaliste sur la démographie dans son programme de présidentiable écolo en 1974 :

« Depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel. Nous sommes près de 4 milliards, nous serons 7 milliards en l’an 2000 ; même avec une réduction importante des taux de fécondité, on ne serait pas loin de 6 milliards. C’est la FIN du monde ou la FAIM du monde. Nous sommes les premiers à avoir dit que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, parce que c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers-Monde, par le gaspillage des matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesse… Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à New York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. La « France de 100 millions de Français » chère à Michel Debré est une absurdité. Les propositions du mouvement écologique : la limitation des naissances ; la liberté de la contraception et de l’avortement. Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

A l’image de René Dumont, les écologistes digne de ce nom doivent clairement assumer une perspective de décroissance démographique, ce que les écologistes institutionnels ne font pas aujourd’hui. Je pense aussi que ce positionnement politique, qu’on pourrait appeler « malthusien » (au sens d’un dictionnaire de français), est porteur politiquement car l’idée de surpopulation est répandue dans la tête des électeurs/électrices alors que c’est devenu un tabou politique et médiatique.

La décroissance démographique peut être exposée publiquement de façon simple et compréhensible par tous et toutes. Notre impact écologique dépend à la fois de notre mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais le facteur « mode de vie » est assez rigide, nos comportements consuméristes sont formatés par la publicité et l’abondance à crédit. Par contre la maîtrise démographique apparaît d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes difficiles à remuer, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Plus les filles vont à l’école, plus le taux de fécondité baisse rapidement et fortement. Féminisme et environnement, même combat, accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire.

Les natalistes veulent interdire l’avortement

Dans l’État américain du Texas, une loi particulièrement restrictive est entrée en vigueur le 1er septembre 2021. La législation interdit toute interruption de grossesse dès lors que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit à partir de la sixième semaine de grossesse environ. A ce stade, beaucoup de femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes. La Cour suprême des Etats-Unis, avec six magistrats conservateurs sur neuf, n’est pas tenue de se prononcer avant l’entrée en vigueur de cette loi qui rend illégaux l’immense majorité des avortements – même en cas d’inceste ou de viol. Pourtant au Texas, selon les organisations de planning familial, plus de 85 % des femmes avortent après six semaines de grossesse. Avant le Texas, douze États avaient voté des lois pour interdire les avortements dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles. Ces législations ont toutes été invalidées en justice, en raison du fait qu’elles violent la jurisprudence de la Cour suprême, laquelle a reconnu dans l’arrêt Roe v. Wade » de 1973 un droit à l’avortement tant que le fœtus n’est pas viable, soit jusqu’entre vingt-deux et vingt-quatre semaines de grossesse. Mais le Texas a formulé sa loi différemment. Ainsi, il ne revient pas aux autorités de faire respecter la mesure, mais « exclusivement » aux citoyens, encouragés à porter plainte au civil contre les organisations ou les personnes qui aideraient les femmes à avorter et pouvoir ainsi gagner de l’argent ! Le ministère américain de la justice a promis le 6 septembre, de protéger les cliniques pratiquant des avortements au Texas.

Les associations « pro-life » (pro-vie) qui veulent interdire tout avortement relèvent d’une attitude anti-démocratique. L’avortement est un acte volontaire et non obligatoire, or les réactionnaires veulent interdire ce choix pour des considérations qui se révèlent d’origine religieuse, c’est-à-dire des arguments d’autorité, avec pratiques imposées. Par contre la démocratie est un lieu vide à l’origine où on peut déclarer légitime une chose ou son contraire, on délibère collectivement, on recherche la meilleure voie, ce qui fluctue historiquement. L’avortement a été violemment réprimé en France par la loi de 1920, mais autorisé par la loi Veil de 1975. Aujourd’hui la démocratie, face au constat mondial de surpopulation, devrait permettre d’autoriser l’IVG (interruption volontaire de grossesse) dans tous les pays sans exception. Redisons à nouveau qu’autoriser ne veut pas dire rendre obligatoire.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 janvier 2021, Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

23 octobre 2020, Le droit à l’avortement remis en question

Pour savourer quelques contributions sur lemonde.fr :

Nicolas23 : cette référence des premiers battements de cœur me fait me demander à partir de quand est-ce raisonnable de considérer qu’un embryon devient un être humain.

Clicisclic : Le cœur est un organe qui a une forte charge symbolique, mais il n’est pas le siège de la pensée. C’est émouvant à l’échographie de voir qu’un cœur fonctionne, mais c’est surtout beaucoup de projection de notre part. Il n’y a pas le début de l’ombre d’une conscience, qui se fait dans le cerveau.

I Comas : Le même jour, une loi est passée autorisant le port d’une arme à feu dès 21 ans sans permis. Donc t’es un texan, tu peux violer ta nièce sous la menace d’un flingue, et c’est ta voisine qui l’aura aidée à avorter qui va se retrouver en prison pendant que tu toucheras 10 000 dollars pour l’avoir dénoncée. C’est beau, le rêve américain.

Horus77 : La lutte contre l’obscurantisme religieux ne finira qu’avec la fin des religions. On a donc en perspective des siècles de luttes contre des gens qui pensent parler au nom d’un Dieu qu’ils n’ont jamais vu et dont on a aucune preuve tangible. C’est hallucinant de régression.

Zebucourt : Imposer de poursuivre une grossesse revient à prendre possession du corps des femmes. Obliger une femme à faire une chose qu’elle ne veut pas c’est en faire une esclave.

Solutions radicales pour surpopulation avérée

On avait tout essayé, généralisation du planning familial dans tous les pays, émancipation des femmes et scolarisation des filles, distribution de préservatifs dans les lycées, gratuité de la pilule, cours pour enfants et adultes sur la capacité de charge d’un territoire, connaissance généralisé de l’empreinte écologique, etc. Pourtant l’espèce humaine rajoutait encore et toujours 80 à 90 millions de personnes chaque année aux milliards déjà préexistants. Le monde était donc à feu et à sang depuis des décennies. On survivait difficilement avec des températures insupportables suite aux émissions de gaz à effet de serre du XXIe siècle, le choc pétrolier ultime avait multiplié par 780 le prix du baril dans la décennie 2050 au point de rendre le pétrole inaccessible pour des bourses déjà vides, des pénuries alimentaires extrêmes résultaient de l’effondrement de l’agriculture industrielle, la hausse du prix des biens de première nécessité était continue et désespérante, les villes tentaculaire sont devenues ingérables, des bandes armées incontrôlées se multiplient dans les banlieues et dévastent même des pays entiers, les soins sanitaires sont en déshérence un peu partout étant donné la faillite des systèmes de santé, des populistes font et défont les pouvoirs en place, des hordes de manifestants éructent leurs colères face à des gouvernements impuissants, la démocratie vacille… Pourtant la fécondité humaine restait vivace pour compenser les vides laissés par une mortalité extrême. Comme l’effondrement de la société thermo-industrielle avait entraîné une décroissance économique extrême, on n’avait plus d’argent pour faire autre chose que du contrôle démographique. Alors ce qu’il restait de l’ordre international organisa une rencontre de la dernière chance pour juguler la surpopulation. Il fallait taper vite et fort pour se faire entendre, d’où les décisions suivantes prises à l’unanimité :

– Le permis de procréer devient obligatoire pour les couples, un seul enfant par femme devient la norme mondiale.

– Pour éviter toute récidive, la stérilisation de la femme est réalisée juste après son accouchement.

– Les hommes n’ont droit eux aussi qu’à un seul enfant, à eux de s’adapter pour trouver une femme nullipare.

– La vasectomie est pratiqué après la naissance, l’égalité des sexes devant la contrainte de fécondité est respectée.

– Le couple parental devient indissociable pendant les 15 premières années de l’enfant.

– Obtenir un permis de parentalité est une nécessité, on vérifie a priori la capacité des futurs parents à s’occuper durablement d’un enfant.

– Si un bébé souffre de déficience mentale ou physique, il est recyclé dans la chaîne alimentaire.

– Le suicide assisté est facilité pour toutes les personnes qui le désirent, quel que soit leur âge.

– L’euthanasie active pour les personnes en fin de vie résulte d’un échange entre toutes les parties concernées.

– Les personnes qui désirent vivre à tout prix doivent prendre en charge tous les frais propres à leur état.

– Un comité délibère dans le cas des personnes qui ont perdu toute conscience de leur état physique ou mental.

Les casques verts sont chargés de faire respecter le présent diktat mondial. Leur tâche est d’ailleurs facilitée par le fait que ces solutions radicales ont été acceptées par la grande majorité de la population ; les souffrances de la vie quotidienne endurées depuis longtemps par les familles faisaient en sorte que les gens avaient pris conscience qu’il n’y avait pas d’autre alternative. Par exemple les personnes en fin de vie acceptent facilement d’abréger leur existence puisqu’elles ont conscience qu’elles sont devenues une charge pour la société et pour leur famille.

NB : Bien entendu le présent texte n’est qu’affabulation, n’est pas Cassandre qui veut. Notez aussi que l’auteur/trice de ce texte écrit le 8 septembre 2063 veut conserver son anonymat, il risque encore aujourd’hui sa vie tant les natalistes et autres tenants du droit à la vie à tout prix règnent encore sur le monde actuel et pourchassent avec violence les rares malthusiens ou ce qu’il en reste.

Sortir de l’impasse démographique, vite

Antoine Bueno : Notre empreinte environnementale dépend de note mode de vie multiplié par notre nombre, de la même manière que la surface d’un triangle dépend de sa longueur fois sa largeur. Séparer les deux est artificiel. Mais comme le facteur « mode de vie » est rigide, on ne peut se priver d’agir sur la population. A côté des transitions économiques, la maîtrise démographique apparaît d’ailleurs d’une simplicité évangélique. Tandis que les transitions énergétiques, agricoles et industrielles sont des mastodontes, il est possible de hâter la transition démographique avec des préservatifs et des stylos !

Cela pourrait être mis en place en finançant le planning familial mondial et ses besoins en contraception et en demandes d’IVG partout où il y a lieu, ainsi que la scolarisation des filles dans le monde entier. A lui seul, le financement du planning familial suffirait à réduire de 40 % l’accroissement de la population mondiale. En effet on dénombre plus de 30 millions de naissances non désirées sur la planète pour 80 millions de personnes en plus chaque année. Quant à la scolarisation des filles, son impact démographique est majeur. Il y a en effet une forte corrélation négative entre le niveau d’instruction des filles et le taux de fécondité moyen. Plus les filles vont à l’école, plus le aux de fécondité baisse rapidement et fortement. De plus accélérer la transition démographique revient à mettre en adéquation droits des femmes et droits de la nature. Féminisme et environnement, même combat. Enfin une telle politique aurait un coût dérisoire comparé à ce que les transitions économiques réclameront : 43 milliards de dollars par an selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) dont 4 pour couvrir les besoins des femmes en planification familiale et 39 pour scolariser les filles jusqu’au secondaire. Soit 0, 0005 % du PIB mondial quand la transition économique en réclamerait 2000 fois plus. Faire l’impasse sur la démographie pourrait bien nous mener à une impasse écologique. (revue Front populaire n° 5, page 32-33)

Brigitte Bardot : La démographie galopante sera notre prochaine tragédie. J’attends une prise de conscience. Or, comme c’est un sujet qui fâche, on évite de l’aborder. Mais comment peut-on penser que l’on pourra résoudre les problèmes posés par la pollution, les déforestations et les gaz à effet de serre avec une progression démentielle de la démographie humaine ? La planète a déjà du mal avec les 7,6 milliards d’êtres humains qu’elle doit supporter aujourd’hui. Que se passera-t-il en 2050 s’il y en a 9,8 milliards comme le prévoit l’ONU ? Le combat sera perdu d’avance. L’humanité sera responsable de la fin d’un monde qui, déjà, commence à s’effriter… Notre drame, si j’ose dire, est que l’homme n’a pas de prédateurs, contraire aux autres espèces animales. C’est pourquoi je me demande si le coronavirus n’est pas un signe qui nous est envoyé. (revue Front populaire n° 5, page 13 et 15)

Michel Onfray : Le productivisme qui fut l’horizon indépassable de la gauche et de la droite pendant des dizaines d’années, mais également le natalisme, une idéologie partagée par les mêmes, ont l’un et l’autre contribué à épuiser la planète et à faire naître un sentiment écologique… Hans Jonas affirme qu’engendrer est une obligation éthique sans imaginer une seule seconde que ce puisse être un choix et qu’on puisse s’y soustraire en ne souhaitant pas procréer. Après tout, cesser de faire des enfants serait une bonne méthode pour économiser la planète ! Bonne et très efficace, la meilleure peut-être ! (revue Front populaire n° 5, page 3 et 4)

UICN, les humains écrasent la biodiversité

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Réchauffement climatique, extinction des espèces, déplétion pétrolière, stress hydrique, raréfaction des ressources naturelles, surpopulation humaine,… tout cela est abondamment documenté et discuté. Les conférences internationales et les grandes intentions politiques se multiplient, en vain. Le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui se tient à Marseille du 3 au 11 septembre, ne fait pas exception. L’éditorial du MONDE ne peut que constater : « Jamais dans l’histoire de l’humanité le vivant n’a été aussi menacé… L’état des lieux est calamiteux et les perspectives sont affolantes. Le taux d’extinction des espèces animales et végétales s’accélère à une vitesse vertigineuse. Souillée et détruite par l’activité humaine, la nature recule partout, qu’il s’agisse des océans, des rivières ou des forêts, avec des conséquences irrémédiables sur la faune, la flore et l’homme… ». Face à ce constat partagé, que faire ? Yaka, dit l’éditorial : «  Il est indispensable de lutter à la fois contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. » Plus vague, tu meurs.

Le moteur de la sixième extinction de masse n’est pas cité par cet éditorial, la surpopulation humaine.Parmi les actions prioritaires, il faudrait donc appeler médiatiquement à réduire la croissance de la population humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

L’UICN considère déjà que l’opération de sauvetage de certaines espèces est sans espoir. La Biosphère sait que les humains doivent arrêter de procréer de façon inconsidérée s’ils ne veulent pas se dévorer entre eux faute d’autres gibiers. Et pour ce qu’on en dit….

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juillet 2017, Prolifération humaine et anéantissement biologique

28 juin 2015, L’animal humain qui veut la mort des autres espèces

3 mars 2012, gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

8 février 2012, un seul ver de terre vaut autant que le tigre

14 novembre 2011, Anthropocène, anthropocentrisme, anthropisation… extinction des espèces

26 mai 2010, la sixième extinction

2 février 2005, la biodiversité en péril

Afghanistan, la question migratoire en jeu

Avec des menaces aussi visuellement impressionnantes que le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001, on avait perdu tout sens des proportions et on avait réagi avec démesure. Le nombre total de morts par ce genre de terrorisme dans les pays riches est en effet marginal par rapport aux victimes directes et collatérales des interventions militaires occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali… Maintenant on se retrouve incapable de gérer les flux migratoires afghans et l’éditorial du MONDE devient circonspect. En résumé :

« Aucun responsable politique ne saurait esquiver les questions de souveraineté et de gestion des frontières. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République », dispose notre Loi fondamentale (constitution du 27 octobre 1946). Mettre en œuvre concrètement un droit d’asile qui protège « toute personne craignant avec raison d’être persécutée », notamment « du fait de ses opinions politiques », en vertu de la convention de Genève de 1951, suppose d’accepter la difficile distinction entre réfugiés et migrants économiques. Ce qui exclut l’ouverture pure et simple des frontières que défendent certains à gauche… »

Pour en savoir plus avec les contributions sur lemonde.fr  

Jef 974 : Je ne compte plus les pays où on se bat sur son propre sol contre les envahisseurs ou contre des mauvais gouvernants : pourquoi accréditer qu’aujourd’hui, face à des situations difficiles internes, l’exil serait la seule réponse ?

Dominique Deux : Défendre une cause juste avec des arguments controuvés est contre-productif. La citation, récurrente sur ce sujet, de la Constitution de la IV° République n’est pas pertinente, puisqu’elle a été remplacée par la Constitution actuelle (4 octobre 1958). Or celle-ci, en son art. 53-1, dispose que « les autorités de la République ont toujours le DROIT de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté(…) ».

Kemyquedes : Le demandeur n’a aucun DROIT, c’est la république qui PEUT donner asile, rien ne la force ! Et il est bien précisé : « en raison de son action en faveur de la liberté », là j’aimerais bien savoir ce qu’on fait tous ces afghans pour défendre la liberté ??? ils se sont enfuis !! c’est ça défendre la liberté?? OU « qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » alors là, c’est open bar, tout est laissé à l’appréciation de quelques personnes qui selon leur couleur politique seront soit très gentil/méchant/juste !

Michel SOURROUILLE : Comment parler sereinement des migrations du point de vue écologique ? Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » On ne peut que souligner le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Le philosophe Balibar estimait d’ailleurs qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même ». Combien de personnes sont des migrants potentiels, combien la France peut-elle en accueillir ? Cela se discute, démocratie oblige. En politique, le pragmatisme l’emporte nécessairement sur un humanisme désincarné.

Ricardo Uztarroz : Tiens donc Le Monde n’amorcerait-il pas un virage une virage à 180° puisqu’il estime désormais que la question migratoire est légitime et qu’il ne faut pas l’esquiver ? Donc le débat n’est plus un scandale. Le droit d’asile politique est très restrictif, il ne peut pas être distribué à tous vents si on veut qu’il soit une réelle protection pour le bénéficiaire.

Peps72 : Cet Edito mentionne 3 fois le mot « concrètement » sans jamais parler des conditions concrètes d’accueil de ces migrants. Notamment le nombre de logements disponibles, le coût, et le conditions d’accueil dans les écoles et les différents centre sociaux.

Rémont : Pour comprendre la difficulté du problème, imaginons la situation inverse. Des milliers de gilets jaunes, voulant échapper à la dictature qui sévit actuellement en France, s’envolent sans papiers pour…mettons le Tadjikistan. Arrivés à Douchanbé, que font-ils? Où logent-ils? S’ils ne parlent pas le tadjik, ce qui est assez vraisemblable, comment se débrouillent-ils? Quel travail va leur procurer un revenu? Comment seront-ils reçus par l’administration et la police?

Solon01 : Et si tous les persécutés du monde demandent l’asile que fait-on ? Il faut parler en millions, en centaines de millions, voire plus. Le Monde a la bonne réponse yaka fokon comme d’habitude ?

Wyz : Pour l’instant, sur les quelque 30 millions de personnes réfugiées hors de leur pays de naissance, seuls 14% se trouvent dans des pays riches, alors on a de la marge

SOSS : L’accueil inconditionnel des persécutés est une obligation morale qui ne peut faire l’objet d’aucune discussion.

Erdos4ever : Vous pourrez expliquer « l’inconditionnalité de l’accueil » aux 8.5 millions de Suisses face aux 900 millions de candidats à l’émigration vers la communauté helvétique. Après tout, ils y ont tous droit, et au diable la logique et le réel !!!

Parisien : Problème (vous avez dix minutes) : « le droit d’asile est inscrit dans notre Constitution. » 2/3 de l’humanité est en droit de demander l’asile en France. Résoudre le problème en deux coups de cuillère à pot.

Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

L’idée de surpopulation en 2021 : Alors que la population mondiale augmentera de 1,5 milliard d’habitants d’ici à 2030, la décroissance aggraverait davantage la situation des habitants réduits à la famine. Au contraire, l’agriculture devra produire davantage pour nourrir la planète. L’organisation de la recherche au niveau européen doit permettre d’avancer plus vite : les « new breeding techniques » ne peuvent être écartées d’un revers de main sous la pression des activistes déclinistes. Ce procédé n’introduit aucun ADN extérieur dans la plante, mais il permet d’obtenir des variétés plus résistantes. Nous devons parier sur l’intelligence humaine, source de progrès et d’amélioration de nos conditions de vie depuis des siècles. Nous devons sortir de la logique régressive pour suivre celle du progrès. (Christian Jacob, président du parti Les Républicains)

L’idée de surpopulation en 1973 : La population du monde ne cesse de s’accroître. Bientôt les villes auront envahi la terre entière. La nourriture (du plancton) sera rationnée. Dans ce monde de béton sans arbres, ni fleurs, les hommes seront enserrés, prisonniers. C’est alors que sera proclamé « LE GRAND DECRET », qui instaure un arrêt total de la natalité pendant trente ans, sous peine de mort — après qu’un projet asiatique visant à supprimer les vieillards (qui atteignent désormais les cent cinquante ans) ait été repoussé par les Occidentaux. L’interruption d’une fonction naturelle aussi importante que la maternité crée des problèmes de frustrations résolus par la mise en service de succédanés : des bébés électroniques en tout point semblables aux vrais, et que chaque couple peut se procurer au Marché d’Enfants. Cela donne lieu dans le roman à de nombreuses scènes caractéristiques :

« Edna fronça les sourcils. Ennuyée, elle prit soudainement le cou du bébé et le fit pivoter sans ménagement. L’enfant poussa un petit cri. Edna enleva ensuite la tête du bébé et regarda dans le creux béant de son cou. Elle y enfonça son doigt pour toucher un quelconque mécanisme puis se tourna vers son partenaire.

Le bébé est encore malade, dit-elle. Il ne veut pas dire ma-man. — Il vaudrait mieux l’emmener chez le pédiatre, lui répondit George. Et, cette fois, dis à ce charlatan de le programmer comme il faut » (p. 34).

L’idée de maternité étant fortement enracinée chez les femmes (qui ont pourtant suivi des cures de préparation psychologique), le Grand Décret suscite quelques révoltes individuelles, quelques essais de maternité réelle qui, découverts, sont punis par l’exécution publique du couple et de l’enfant. Le GouvMond d’Ehrlich n’est pas « méchant » : il est réaliste, il se bat au pied du mur contre une situation qui existe en germe aujourd’hui. Nous faire admettre que, la Terre ayant trop d’habitants, il faut stopper la natalité, par la force si besoin est, et nous faire là-dessus partager l’envie de maternité de Carole et l’amour qu’elle portera à son « vrai » bébé. A la fin du roman, Carole, son mari et leur bébé se réfugient sur une île radioactive où tous les missiles nucléaires ont été abandonnés après le désarmement général, et n’y peuvent espérer que cinq ou six ans d’une vie « courte mais heureuse ». Mais la séquence la plus originale est celle du Vistarama, où la foule oisive et affamée assiste à la projection de vieux films du XXe siècle : « Le début pouvait tout aussi bien être celui d’une Cambrousse que celui d’une Becquetance. On pouvait voir d’immenses champs de blé s’étendre jusqu’à perte de vue sous un ciel d’un bleu pur. (…) Puis, tout à coup, le film montra l’intérieur d’un magasin d’alimentation de l’époque. Le commentateur expliqua qu’il s’agissait d’un supermarché et le public poussa un long soupir collectif. Il y avait des boîtes pleines de légumes frais, des viandes de toutes sortes et des fruits entassés en pyramides colossales. Le commentateur cita chacun de leurs noms étranges : pommes, poires, prunes, oranges, pamplemousses. (…) C’était un spectacle presque insupportable. Les gens avaient la bouche ouverte et la salive aux lèvres ; ils regardaient l’écran d’un air lascif et semblaient participer à une gigantesque expérience sexuelle » (pp. 190 et 191).

Malgré sa narration terne et ses contradictions mineures, Le Grand Décret conserve un intérêt à cause de son sujet même, la surpopulation. Ce n’est pas un livre de science-fiction, c‘est le roman du futur possible, d’un futur que nous pressentons chaque jour de plus en plus fort. (« Le grand décret » de Max Ehrlich, un livre de science fiction)

Les vautours prolifèrent à la FNSEA

Surpopulation des vautours fauve en France ? S’il y avait surpopulation, le premier paramètre qui s’infléchirait serait leur reproduction. Les vautours vivent longtemps (une trentaine d’années) et comme toutes les espèces à longue durée de vie, ils sont capables de réguler leur reproduction. Pourtant sur les Causses, ces oiseaux, agents naturels d’équarrissage des carcasses, sont accusés par des éleveurs de s’attaquer à des animaux d’élevage. FAUX. Leur morphologie ne permet pas de devenir des prédateurs : contrairement aux aigles qui ont des serres aiguisées pour tuer leurs proies, les vautours ont des pattes qui ressemblent à celles des poulets. La FNSA demande que les éleveurs soient indemnisés comme c’est le cas pour le loup. Olivier Duriez, l’un des trois spécialistes des vautours en France, cite l’exemple de l’Espagne : « Si un éleveur estime que sa bête a été tuée par un vautour, l’État accepte qu’il y ait une expertise. Si celle-ci confirme les faits, l’État indemnise l’éleveur. Mais si elle conclut à une autre cause (mort naturelle, attaque d’un autre animal), l’éleveur paie l’expertise. Cela a permis de faire redescendre la fièvre autour du sujet. »

Pour en savoir plus, voici quelques commentaires sur la toile :

Dmg : « …comme toutes les espèces à longue durée de vie, les vautours sont capables de réguler leur reproduction »… avec une exception, hélas, l’espèce humaine…

Michel SOURROUILLE : Surpopulation des vautours en France ? Le problème ne porte pas sur les vautours, mais sur la reproduction des humains. Il y a aujourd’hui dans les Causses environ 800 couples de vautours fauves, 40 couples de vautours moines, 2 couples de vautours percnoptères et 7 gypaètes. Presque rien. En face, il y a 67 millions de Français auxquels il faut ajouter le cheptel ovin, 7 millions de tête, ainsi que 7,7 millions de vaches et 13 million de porcs. sans compter les millions de chats et de chiens. Il n’est donc pas étonnant que suite à la prolifération humaine et à la multiplication de ses commensaux, le rétrécissement de l’espace vital pour les espèces sauvages se soit réduit jusqu’à disparaître… il n’y avait plus de vautours en France depuis 1945. Il nous faudrait devenir malthusiens, maîtriser notre fécondité comme savent le faire les vautours. Mais les humains ne sont pas assez intelligent pour cela surtout quand ils sont membres de la FNSEA.

Pharaonsuperstar : A la FNSEA, ils sont capables de dire que les rossignols sont dangereux pour les troupeaux de moutons pour toucher des dédommagements…

JPMart : Il y a trop de FNSEA. Ces prédateurs détruisent l’environnement. Il faudrait une régularisation.

Max-Imum : Les vautours ont le droit de vivre dans les Causses, c’est leur région d’origine à eux aussi. À vouloir éradiquer toutes les espèces que l’homme jugent nuisibles, on perd peu à peu la belle diversité qu’abrite notre région et d’une manière générale notre planète. L’homme a cohabité pendant des siècles avec ces espèces, il faut que les générations actuelles l’acceptent et fassent avec. L’Homme qui tue des centaines de milliers de bêtes par an pour se nourrir c’est normal, les loups et vautours qui en grappillent quelques dizaines par an c’est inadmissible... Mais où va-t-on?

le sceptique : le conflit d’usage désigne des choses contradictoires qu’on a envie de faire dans une propriété privée ou publique. L‘écologie du sauvage rencontre déjà de l’hostilité alors qu’on parle de quantité d’animaux à 1 ou 10 % de ce qu’elles étaient dans la nature d’antan. A horizon connu, les écolos du sauvage devront se contenter de quelques Disneyland. Si les vautours ne sont pas des Mickey, ils doivent néanmoins leur survie locale à la volonté humaine, qui est devenue ainsi un paramètre majeur de leur réintroduction et de leur protension.

Cerise53 : La FNSEA fait de ses délires sur la faune sauvage un vrai enjeux de pouvoir sur le vivant, pour bien cacher le caractère absolument délétère de l’agrochimie quoi de mieux que de prétendre que c’est la nature qui est en fait le vrai danger !

Éric42600 : Ah! La FDSEA! Voilà une organisation écologique : elle hurle contre les loups, les ours, maintenant les vautours! Mais contre les produits dont elle prône l’utilisation et responsables de la disparition des oiseaux, des insectes,on ne l’entends pas. Combien de ses adhérents ou anciens adhérents meurent chaque année des suites de l’utilisation massive de produits agrochimiques ? Elle ferait mieux de s’en occuper et de laisser les vautours tranquilles!

Gaspard : Avant de se lancer dans des diatribes anti-paysans sans nuances, les écolos de salon feraient mieux de taper « vidéo vache vivante attaquée par des vautours » sur le moteur de recherche de leur choix. Une fois qu’on a vu ces vidéos, on se dit qu’on n’a pas intérêt en tant que randonneur solitaire à se blesser gravement dans une zone infestée de vautours, surtout quand ils tournoient sinistrement par dizaines au dessus de votre tête…

César Bistruk : La crémation ayant une empreinte carbone certaine, l’avenir des obsèques, ainsi que la solution du présent problème, réside peut-être dans l' »inhumation célèste » pratiquée en Mongolie, au Tibel et au Népal, où les corps des défunts sont dispersés rapidement par les vautours. Personnellement, j’y souscris, ne croyant pas à la résurrection des corps. Quitte à rejoindre le Grand Tout, autant le faire de la manière la plus écologique qui soit.

Tout savoir sur la question démographique

Nous avons consacré chaque jour du mois d’août à lister sur ce blog biosphere des points de vue malthusiens sur l’évolution de la population humaine. Les commentaires sont libres… Puissent nos lecteurs diffuser certains de ces textes dans leurs réseaux, merci.

1er août 2021, Le parti MEI pose la question démographique

2 août 2021, Le parti EELV ignore la question démographique

3 août 2021, L’associatif et la Démographie Responsable

4 août 2021, Yves Cochet, « Moins nombreux, plus heureux »

5 août 2021, Thomas Malthus, Essai sur le principe de population (1798)

6 août 2021, Jean Dorst, Avant que nature meure (1965)

7 août 2021, Paul Ehrlich, The Population Bomb (1971)

8 août 2021, La question démographique en 1972 (les limites de la croissance)

9 août 2021, Gueule ouverte, Trois milliards de Terriens contre une poignée d’obèses (1974)

10 août 2021, Présidentielle 1974, la question démographique

11 août 2021, Georgescu-Roegen, Entropie, écologie, économie (1979)

12 août 2021, Théophile de Giraud, Manifeste anti-nataliste (2006)

13 août 2021, Albert Jacquard, l’explosion démographique (2006)

14 août 2021, le couple Tarrier, éloge de la dénatalité (2008)

15 août 2021, Paul Ehrlich, évolution démographique et environnement (2008)

16 août 2021, Michel Tarrier, faire des enfants tue… la planète (2011)

17 août 2021, Georges Minois, le poids du nombre (2011)

18 août 2021, Hugues Stoeckel, la faim du monde (2012)

19 août 2021, Philippe Lebreton, le futur a-t-il un avenir (2012)

20 août 2021, Jacques Véron, écologie et démographie (2012)

21 août 2021, Alan Weisman, Trop nombreux sur Terre (2013)

22 août 2021, Stephen Emmott, 10 milliards c’est trop (2014)

23 août 2021, René Dumont, malthusien tout au cours de sa vie

24 août 2021, Discours collectif, Moins nombreux, plus heureux (2014)

25 août 2021, Michel Sourrouille, Arrêtons de faire des gosses (2020)

26 août 2021, Pierre Jouventin, l’homme, cet animal raté

27 août 2021, Serge Latouche, sur l’effondrement en cours

28 août 2021, Nicolas Sarkozy, la question démographique

29 août 2021, Le pape François, la question démographique

30 août 2021, Nicolas Hulot et la question démographique

31 août 2021, L’équation de KAYA et la question démographique

Les liens par ordre alphabétique : Association Démographie Responsable, Club de Rome, Yves Cochet, Jean Dorst, René Dumont, Paul Ehrlich, Stephen Emmott, le pape François, la Gueule ouverte, Nicholas Georgescu-Roegen, Théophile de Giraud, Nicolas Hulot, Albert Jacquard, Pierre Jouventin, (équation de) Kaya, Thomas Malthus, Serge Latouche, Philippe Lebreton, Georges Minois, le parti EELV, le parti MEI, la présidentielle 1974 (René Dumont), Nicolas Sarkozy, Michel Sourrouille, Hugues Stoeckel, Michel Tarrier, Jacques Véron, Alan Weisman.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

L’équation de KAYA et la question démographique

Il est politiquement absurde d’ignorer la variable démographique et de se polariser sur la décroissance économique. La solution au réchauffement climatique passe obligatoirement par ces deux axes, réduire la fécondité humaine ET agir pour une sobriété partagée. L’équation de KAYA présente les causes du réchauffement climatique ; elle met en relation l’influence et le poids de l’activité humaine en termes d’émission direct de gaz à effet de serre :


CO2 =
(CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.
–  si on divise par 3 les émissions de gaz à effet de serre, il faut aussi que l’ensemble des autres éléments soit divisés par trois. Peu importe mathématiquement ce qui est réduit. Cette division par 3 au niveau mondial est une approximation liée à un seuil (politiquement décidé) de 2°C de réchauffement. Les dernières indications scientifiques montrent qu’il ne faudrait pas dépasser le seuil de 1,5°C d’ici 2050, soit une division par 4 (c’est-à-dire – 75%). Ce facteur 4 était envisagé par la premier ministre Raffarin dès 2003 !

Jean-Marc Jancovici : « Quand Bush a annoncé qu’il allait diminuer l’intensité énergétique de l’économie américaine de 18% en 10 ans, il est facile de voir que cela ne porte que sur l’un des termes de cette égalité (TEP/PIB). Et le reste ? Si la production économique par personne (PIB/POP) augmente de 25% dans le même temps (ce qui représente une croissance de 2,5% par an, soit un objectif conservateur pour n’importe quel gouvernement), avec une population (POP) qui augmente de quelques % dans le même temps (simple prolongation des tendances aux USA), et un contenu en carbone qui reste constant (assertion raisonnable compte tenu des tendances actuelles aux USA), le résultat sera une hausse des émissions de CO2, pas une diminution ! »

la tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050, soit un peu plus de 9 milliards d’habitants. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs. On mesure les efforts à demander à la population, gigantesque, sachant qu’on ne peut agir dans le court terme sur l’évolution démographique étant donné son inertie.

Hypothèse d’une croissance annuelle moyenne du PIB de 2 % (2,3 % est atteint en 2012 et 2013) sur 40 ans, soir une multiplication de 2,2. La population serait multipliée par 1,33. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 9. Or le « contenu en gaz carbonique de l’énergie » a juste diminué de 10 % sur les 40 dernières années. D’autre part le découplage entre TEP et PIB se heurte à l’effet rebond.

Étant donné ce qui précède, nous sommes forcément voués à une décroissance à la fois économique (récession, dépression…) ET démographique (épidémies, guerres et famine). Il nous faudrait devenir malthusien, mais nous ne nous en rendrons collectivement compte que quand il sera trop tard.

La sociologie/démographie est-elle une science

Dans le domaine démographique, on se penche souvent sur les berceaux, rarement sur les tombeaux. Une controverse sur le rapport entre pandémie et morts du Sars-Cov2 fait les délices du MONDE. La vaccination de masse contre le Covid-19 conduit à « une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne », affirme le sociologue Laurent Mucchielli. D’autres sociologues estiment qu’il ne faut pas confondre les décès durant une période consécutive à une vaccination avec ceux causés par la vaccination, et le CNRS admoneste Mucchielli., lequel rétorque :

« La science repose sur le débat contradictoire, la libre discussion des données et des raisonnements. Le CNRS ne s’en serait jamais inquiété s’il n’avait pas été harcelé par mes détracteurs. »

Pour s’y retrouver grâce aux commentaires sur lemonde.fr :

ExVivo : La plupart des quiproquos sont liés à une méconnaissance des statistiques que peu de gens maîtrisent réellement. On ne compte plus les innombrables confusions entre corrélation et causalité, les problèmes d’échantillonnage, l’absence de corrections des variations saisonnières (dont Pr Raoult est coutumier), des interprétations erronées de résultats et bien d’autres.

mdut : « La science repose sur le débat contradictoire » Il faut vraiment le voir pour le croire. Ce monsieur Mucchielli confond les « sciences » humaines et les sciences dures (mathématiques, physique, chimie, biologie) qui ne reposent pas sur des débats mais sur la découverte de l’adéquation entre des faits et des modèles. Il faut ajouter que dans les sciences dures, toute constatation doit être reproductible sinon on parle dans le vide. C’est d’ailleurs pourquoi les « sciences » humaines ne sont pas des sciences à proprement parler puisque rien de ce dont elles parlent n’est reproductible (l’échantillon étudié change).

Cléo : En tant que chercheuse en Sciences Sociales, je ne peux que saluer la décision du CNRS de contre-dire Mucchielli. S’il est important, à mes yeux, que les chercheurs prennent part au débat public, il doit impérativement faire partie de la compétence de ceux-ci de faire la différence entre 1) une intervention à titre professionnelle ou à titre personnelle-citoyenne, et 2) le regard du virologue sur le vaccin vs. celui du sociologue/ »social scientist ». Connaître les limites de ses compétences professionnelles est la référence de base. On voudrait tous être virologues et aider à combattre cette foutue épidémie, mais en tant que chercheuse en science sociale, mon rôle est limité au comportement humain et social : les opinions anti-/pro-vaccins, la qualité de raisonnement des uns et des autres, le comportement des chercheurs, etc. Et si je mets ma casquette de philosophie des sciences : leur ontologie, épistémologie et axiologie. C’est tout.

GuillaumeM : Notons au passage que la sociologie c’est, chez certain.e.s sociologues, l’expertise de leurs convictions travestie en pseudo-science.

jea.vie : A noter que Le Monde , lui même, qui certes n’est pas soumis aux règles du CNRS, a pris cette habitude. Le nombre d’articles signés de « sociologues » ou d' »ethnologues » ou d' »économistes », qui sont en fait des tribunes de militants politiques sous couvert d’expertise, est de plus en plus fréquents. Sur des sujets tels que l’immigration, l’écologie, l’urbanisme les exemples sont légions.

Zahnstocher : Je ne crois pas que ce soit un problème de sciences « molles » ou dures. Nous avons eu droit dans les colonnes du MONDE à plusieurs tribunes d’un chimiste du collège de France venant défendre nucléaire et gaz de schiste pour la France et pourfendre le renouvelable. Le tout en tenant des propos si grossièrement erronés qu’un article postérieur a été obligé de rétablir la vérité.

Nicolas Hulot et la question démographique

« Le dangereux bipède se croit tous les droits, et se reproduit tellement plus vite que les cygnes et les éléphants. Chaque individu est une force de désintégration et nous sommes sept milliards. Tant qu’on ne maîtrisera pas la «pollution démographique», il faudra réparer les dégâts de chacun et essayer de les limiter puis de les réduire…

Dans le syndrome du Titanic, j’écrivais en 2004 que la crise environnementale va changer d’échelle et donnera des occasions supplémentaires pour s’affronter. Tous les signaux sont au rouge. Il y a quatre courbes qui s’alimentent les unes les autres. La première c’est la courbe démographique, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d’individus à la fin du siècle. Parallèlement la courbe de la consommation et de la pollution augmente, on pèse de plus en plus sur la planète. La troisième est l’émission de gaz à effet de serre ; quand nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va accentuer le changement climatique. Or les océans ont une capacité de stockage du CO2 qui diminue lorsque la température de l’eau augmente et le permafrost, qui passe régulièrement à des températures positives, reprend sa fermentation et libère du méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus efficace que le CO2. Enfin l’érosion de la diversité est un fait avéré. On voit bien que les trajectoires de l’humanité et de la nature sont en train de converger et qu’il va y avoir une collision. Il faudrait quatre Terre pour faire face aux besoins des pays émergents.

A titre personnel, je pense que la croissance démographique est un sujet central qui passe par l’éducation et la sensibilisation des populations. La sortie de la misère d’un pays réside dans la baisse de sa démographie. Le droit intouchable de la reproduction peut s’accompagner d’une sensibilisation des consciences, en Occident comme ailleurs. Mais si par malheur nous devions nous résoudre à des interventions étatiques pour limiter la liberté fondamentale de l’humanité de se reproduire, nous pourrons dire que nous aurons échoué. »

NB : Les phrases ci-dessus ont été effectivement dites ou écrites par Nicolas HULOT et retranscrites dans le livre de Michel Sourrouille, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » (édition Kiwi, 2019).

Au lit, citoyens et citoyennes !!!

François Bayrou a 6 enfants et il est grand-père de vingt-et-un petits-enfants. Il voudrait que tout le monde fasse comme lui, il appelle à multiplier le bébés. Il a un adversaire : « C’est tout un courant de pensée qui défend l’idée que la population est finalement l’ennemie de la planète. » Le Canard enchaîné en fait un article* :

Qui sont ces véritables tue-l’amour ? Les partisans de la décroissance, bien sûr, pour qui l’expansion ne peut se poursuivre indéfiniment. Mais on a beau chercher, on ne trouve guère aujourd’hui de penseurs écolos obsédés par la démographie. La « Bombe P » de Paul Ehrlich et le rapport au club de Rome « Les limites de la croissance » (1972), c’était il y a un demi-siècle. Pour les décroissants, en effet, l’ennemi numéro un n’est pas la surpopulation, mais la machine à produire et à consommer inconsidérément. Le seul qui soit connu pour s’intéresser à la question est l’ancien député Vert et ex-ministre de l’environnement Yves Cochet, membre d’honneur de l’association Démographie Responsable. « Notre influence est complètement marginale, admet-il. Même chez les écolos, très peu de personnes en parlent. C’est une question complètement taboue, on ne veut pas y penser. »

Pour défendre la nécessité d’une décroissance démographique pour réduire notre impact sur la planète, en particulier dans les pays riches, qui ont la plus lourde empreinte écologique, Cochet propose de rendre les allocations familiales dégressives en fonction du nombre d’enfants. On comprend que les écolo n’enfourchent pas ce dada-là : électoralement, ce n’est pas très porteur… Bayrou a donc un boulevard devant lui. Bientôt tous au lit pour toucher les allocs ?

* Le Canard enchaîné, 25 août 2021 page 5

Le pape François, la question démographique

Nombreux sont ceux, même parmi les non croyants, qui se réjouissent de la prise de position du pape en faveur de protection la nature à l’occasion de la publication de l’encyclique Laudato si. Il était temps en effet qu’une autorité morale du plus haut niveau rappelle aux hommes la gravité des menaces qui pèsent sur notre monde et la responsabilité qui est la leur. Quelques mois avant la tenue des négociations sur le climat (COP 21) cela ne pouvait mieux tomber.

Toutefois, si le courage et le modernisme du pape sont incontestables, sa position sur la démographie reste absolument conventionnelle et fait bon marché des contraintes écologiques au profit de la défense séculaire d’un natalisme militant. Alors qu’au cours du dernier siècle le monde a multiplié ses effectifs par quatre, alors qu’au cours des 45 dernières années ce sont 50 % des vertébrés qui ont disparu (2) du fait de notre envahissement de tous les territoires, alors que les océans se vident à grande vitesse, alors qu’un continent, l’Afrique, voit nombre de ses efforts de développement obérés par une croissance démographique encore non maîtrisée (au cours du 20ème siècle l’Afrique devrait passer de 1 à 4 milliards d’habitants), voici ce que dit le pape François de la question (chapitre 50 de son encyclique Laudato si)

« Au lieu de résoudre les problèmes des pauvres et de penser à un monde différent, certains se contentent seulement de proposer une réduction de la natalité. Les pressions internationales sur les pays en développement ne manquent pas, conditionnant des aides économiques à certaines politiques de “ santé reproductive ”. Mais « s’il est vrai que la répartition inégale de la population et des ressources disponibles crée des obstacles au développement et à l’utilisation durable de l’environnement, il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire ». Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes ».

Le pape offre là une douche froide à tous ceux chez qui était né l’espoir que l’Église Catholique s’oriente vers une position plus raisonnable en matière de contrôle de la fécondité. Espoir né en janvier dernier suite à ses déclarations lors d’un voyage aux Philippines. A cette occasion François avait en effet affirmé qu’il n’était pas nécessaire de se reproduire comme des lapins pour être de bons catholiques. Il avait également  réprimandé une femme enceinte déjà mère de nombreux enfants. Las, de toute évidence cette remarque visait à éviter les situations personnelles difficiles mais elle n’indiquait en aucun cas une prise de conscience des limites écologiques à l’explosion démographiques.

François signe là aussi une assez grande méconnaissance du problème. La croissance démographique est clairement incompatible avec la protection de la nature qui est pourtant l’objet de cette encyclique.Une méconnaissance du problème écologique proprement dit (mais où le pape mettra-t-il toutes les autres créatures de Dieu si l’Homme augmente encore ses effectifs ? Jésus n’a pas multiplié les mètres carrés, même dans les écritures). Mais aussi méconnaissance des propos des antinatalistes. Dans leur grande majorité, ceux-ci sont profondément écologistes. Ils ne se contentent pas « seulement de proposer une réduction de la natalité », ils affirment que c’est une condition nécessaire bien que non suffisante. Ils regrettent qu’elle soit si souvent passée sous silence mais ils savent aussi qu’elle s’insère dans un ensemble de problèmes encore plus vaste qui est celui de notre rapport à la nature. Caricaturer leur propos ne fait pas avancer la prise de conscience.

Pour connaître le texte intégral, aller à la source.

Dylann Roof mérite-t-il la peine de mort ?

Dylann Roof avait froidement abattu neuf paroissiens noirs d’une église de Caroline du Sud en 2015. Une cour d’appel fédérale a confirmé le 25 août 2021 la condamnation à mort de l’Américain. « Aucun résumé clinique ni analyse juridique fouillée ne peut totalement rendre compte de l’atrocité de l’acte de Roof. Ses crimes le placent sous le coup de la sentence la plus sévère qu’une société juste puisse rendre », ont conclu les juges dans leur arrêt rendu à l’unanimité. Le jeune raciste avait déjà été condamné au début de 2017 à la peine de mort, il n’avait exprimé ni regrets ni excuses.

Le point de vue d’un écologiste sur la peine de mort va bien au-delà du droit des victimes contre celui des assassins. Il ne fait que constater un fait trivial : l’abolition de la peine de mort est voulue dans une société d’abondance qui croit que tout le monde doit être dorloté, y compris les criminels. Mais à cause  du manque d’énergie fossile et de la crise qui va s’ensuivre, cette abolition risque de tomber aux oubliettes. Comme l’écrivait Jean-Marc Jancovici  : « Entretenir une population en prison, c’est utiliser de la nourriture, des ressources et de l’énergie pour le bénéfice d’improductifs mis au ban de la société. Jusqu’à une époque somme toutes assez récente, on ne s’encombrait pas de ces bouches à nourrir : le sort commun de l’assassin était la mort dans des délais assez rapides. Il est évident que, en univers énergétiquement contraint, ces mauvais souvenirs risquent de redevenir d’actualité. »

En attendant les âges sombres, les commentaires sur lemonde.fr fleurissent, il faut bien passer le temps présent:

untel : Chez nous en France, il serait en hôpital psychiatrique. La fiche wiki US nous indique le résultat des six expertises psychiatriques : « psychose, paranoïa, délires, schizophrénie, autisme, distorsions cognitives, TOC, dépression, tendances suicidaires, phobie sociale, toxicomanie » (termes extraits des rapports).

Herlock_Sholmes : Je propose qu’il fasse à vie la récolte des champs de coton en hommage à ses victimes, ça ferait un bel exemple pour tous les suprémacistes blancs.

Pepef-le-Brun : Je suis contre la peine de mort mais finalement cette situation de moratoire voulue par Biden, où il reste entre la vie et la mort, est une condamnation peut-être encore pire que la certitude elle-même de la peine de mort, non ?

a.n.MB : Le problème des Américains, c’est qu’ils les exécutent au bout de x temps, donc ça aura coûté très cher au contribuable in fine. Les condamnés à mort coûtent un pognon de dingue, il y a eu des études là-dessus, ça se chiffre en millions de dollars.

Stephane M. : Non à la peine de mort, quelle que soit la gravité des actes commis. L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “la peine de mort est une mesure inadmissible qui blesse la dignité personnelle” et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. » (Catéchisme de l’Église Catholique, article 2267)

Mètre des phynances : Si on est opposé à la peine de mort, cela signifie bien évidemment qu’on y est opposé même pour les criminels les plus odieux: je dirais même surtout pour les plus odieux, pour les moins pires on trouvera toujours quelques circonstances atténuantes qui leur permettront de sauver leur tête. Dans les dix dernières années de son application en France, elle a été requise quelques dizaines de fois sur plusieurs milliers de crimes jugés aux assises, prononcée une vingtaine de fois par les cours d’assises et au final appliquée seulement six fois. alors…

JJCL : Les commentaires de certains bien-pensants sont assez écœurants. Mes pensées vont d’abord aux victimes de ce tueur en série.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

20 mai 2018, peine de mort, partisans et abolitionnistes aux USA

12 novembre 32016, Peine de mort validée dans plusieurs États américains

1er juillet 2015, Débat sur la peine de mort : midazolam ou thiopental !?

17 mai 2014, La peine de mort, les termes du débat dans LE MONDE

Nicolas Sarkozy, la question démographique

Nicolas Sarkozy s’exprimait ainsi en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». A son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat »

Le 19 septembre 2019 devant le MEDF, Nicolas Sarkozy précisait sa pensée :  « Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Le dérèglement climatique le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencée, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Lagos au Nigeria, c’est 22 millions d’habitants ; si vous pensez qu’avec le tri sélectif on va régler le problème de Lagos, c’est que vous n’y avez pas encore été à Lagos. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. Je ne dis pas pour autant « il faut un contrôle des naissances », mais il faut prendre conscience du problème et essayer de le traiter. Si on n’agit pas rapidement , on va vers une catastrophe extravagante. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gène quand on discute d’évolution de la démographie mondiale. »

Quel avenir pour l’espèce humaine ?

Démographie, quel avenir pour l’espèce humaine ? C’était la question posée par le MEI (Mouvement des écologistes indépendants) pour une conférence-débat le 22 août 2021 lors de leur Journées d’été. En voici un compte-rendu.

Il faut souligner la prise en compte de la question démographique par le MEI. C’est le seul parti qui adopte un positionnement malthusien. De son côté EELV ignore volontairement cette problématique, la gauche reste nataliste et l’extrême droite veut multiplier les berceaux. Pourtant il y a une inquiétude dans la population qui constate les différents méfaits de la surpopulation. Le MEI a donc une carte à jouer. Les militants peuvent utiliser un certain nombre d’éléments de langage pour mieux se faire comprendre et intéresser l’électeur. En voici quelques-uns :

Jour du dépassement : La date est calculée en croisant l’empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestre et maritime nécessaires pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets de la population) et la biocapacité de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l’homme, notamment la séquestration du CO2). Il faudrait 1,7 Terre en cette année 2021 pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable, ce qui est impossible. On dilapide le capital naturel, on ne se contente pas de ses fruits.

Malthusien, terme peu connu et pourtant inclus dans le dictionnaire de français. C’est une référence aux différents « Essai sur le principe de population » de Robert Thomas Malthus publiés à partir 1798. Il s’agit de désigner par cette expression la volonté de maîtriser la fécondité humaine.

Loi de Malthus : lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique (exponentielle). On n’obtiendra pas avec la même facilité la nourriture nécessaire. En effet, l’agriculture étant soumise à la loi des rendements décroissants, les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique (linéaire). D’où un décalage croissant entre population et alimentation.

formule IPAT, ou équation I = P x A x T. L’impact environnemental, noté I, est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T).

Acteurs absents : Acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. EXEMPLE : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR 2004).

Ginks ou Green inclination no kids : désigne les femmes qui veulent rester nullipares pour des raisons écologiques.

Pour reprendre maintenant la question posée, il faut savoir que l’espèce humaine est très récente, 300 000 ans environ… A l’échelle de la présence de la vie sur Terre, c’est une très très courte période. L’invention de l’agriculture il y a environ 10 000 ans constitue une rupture par rapport aux chasseurs-cueilleurs. Nous avons voulu forcer la terre à produire, nous nous sommes éloignés de la préservation du milieu qui nous faisait vivre… Depuis la machine à vapeur il y a deux siècles, notre civilisation thermo-industrielle a obtenu la capacité technologique de détériorer gravement les équilibres naturels ; on peut donc prévoir son effondrement. Dans ce contexte, il ne faut pas s’en tenir à une étude démographique, simple constat de l’état donné d’une population et prévision basée sur l’existant, il faut s’interroger sur l’idée de surpopulation et donc sur le dépassement des limites.

1) les prévisionnistes

– Malthus peut être considéré comme un précurseur de l’écologie, faisant correspondre évolution de la population et ressources alimentaire, remettant l’humain dans son milieu de vie. Aujourd’hui son message peut s’appliquer à l’insuffisance de toutes les ressources renouvelables et non renouvelables pour soutenir le poids de notre nombre. Malthus est aussi un précurseur de la décroissance démographique. Il vaut mieux utiliser volontairement des obstacles préventifs à la fécondité plutôt que trop attendre et être obligé de subir des obstacles destructifs du type épidémies, famines et guerres.

– Le rapport au club de Rome de 1972 (Les limites de la croissance) repose sur un des premiers modèles montrant la dynamique des systèmes. Comme Malthus, on montre qu’une évolution exponentielle n’est pas durable dans le temps ; or population, agriculture, industrie, pollution et raréfaction des ressources naturelles reposent sur cet emballement. Une version révisée, Beyond the Limits, est parue en 1992 avec nouvelle mise à jour en 2004. Elle confirme le diagnostic de 1972. Il faut agir très vite pour contenir une évolution exponentielle, attendre c’est trop tard. Si on ne fait rien pour contenir notre productivisme et notre natalité, l’effondrement de notre système est prévu au cours de ce XXIe siècle..

2) interrogations contemporaines sur la temporalité

– Le long terme devrait être privilégié, nous devons tenir compte des acteurs absents, considérer dans toutes nos actions le devenir de la biodiversité et le sort de nos générations futures. Or le système socio-politique garde une préférence pour le présent, protection des avantages acquis, hédonisme de la population… Savoir la planète en danger n’implique pas que nous allons agir pour la sauvegarder. Il y a certes une inquiétude par rapport au futur, mais on se contente de se griser de mots, développement durable, croissance verte, pacte vert de relance européenne. On en reste au modèle croissanciste du business as usual.

– Pourtant l’état des lieux comme support de l’avenir est bien documenté. Nous avons mis la planète au pillage, nous dépassons les limites biophysiques de la Terre. C’est ce que montre le GIEC pour le réchauffement climatique, l’IPBES pour l’extinction de la biodiversité, l’ASPO pour la descente énergétique, le calcul de l’empreinte écologique pour le jour du dépassement. Il a eu lieu le 29 juillet 2021, en 1970 c’était le 29 décembre, presque l’équilibre. On peut donc prévoir un effondrement de la civilisation thermo-industrielle, un collapsus. D’ailleurs dans certains pays ou régions, les catastrophes se multiplient, certains États sont en faillite, des bandes armées font la loi, des perturbations climatiques extrêmes ont lieu, les sols sont épuisées, les ressources halieutiques exsangues, etc. Dans un tel contexte, l’état de surpopulation est avérée.

– Les prévisions démographiques disent qu’en 2100, nous serions 10 ou 11 milliards d’humains. Pourquoi pas 1 milliard seulement ? La fin des énergies fossiles, la pénurie énergétique, les déficits alimentaires massifs, les maladies non soignées en raison du démantèlement des services médicaux,… pourraient réduire la population à un niveau proche de l’ère pré-industrielle, soit un milliards d’êtres humains seulement.  C’est le chiffre compatible avec une agriculture organique. Le calcul de la capacité de charge de la planète et donc la détermination d’un optimum de population est nécessaire. Nous fixons politiquement des objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre, nous pourrions faire la même démarche dans le domaine démographique.

Conclusion. Épidémies, famines et guerres se multiplient à l’heure actuelle, Malthus était un lanceur d’alerte qui n’a pas été écouté. Plusieurs types de solution sont possibles. Au niveau global et conformément au modèle IPAT, une politique étatique devrait à la fois mettre en place une décroissance démographique, une décroissance économique et utiliser des technologies appropriées à une réduction de notre consommation d’énergie : le vélo plutôt que la voiture ! On peut aussi agir au niveau individuel, maîtriser sa fécondité, pratiquer la grève des ventres comme les Ginks. On peut bien sûr adhérer à une association comme Démographie Responsable. On devrait enfin quand on est militant porter politiquement le message malthusien avec le MEI.

Je pense personnellement que la solution structurelle repose sur l’information/formation pour changer notre imaginaire collectif. J’ai donné aujourd’hui des éléments de langage qu’il serait utile de diffuser. En bref, pour éclairer l’avenir, devenons malthusiens. On peut aussi visiter le site de documentation des écologistes http://biosphere.ouvaton.org/ et suivre ce blog qui donne chaque jour « le point de vue des écologistes »….

Michel SOURROUILLE

Serge Latouche, la question démographique

« Il n’est de richesse que l’homme » disait Jean Bodin au XVIe siècle. Je suis d’accord avec Pierre Jouventin sur le tabou démographique et son aspect religieux. Mais je n’aborde jamais spontanément le problème lorsque je fais une conférence. Dans mon livre « Le pari de la décroissance », je consacre tout un chapitre à la démographie. Si une croissance infinie est incompatible avec un monde fini, il en résulte évidemment qu’une croissance démographique infinie l’est également. Cependant, en tant que militant de la décroissance, mon problème n’est pas que les Chinois soient trop nombreux – ils le sont incontestablement – mais que les Américains consomment trop. Si tout le monde vivait comme les Burkinabés, la planète pourrait supporter 23 milliards d’hommes. Mais je suis d’accord avec Claude Lévi-Strauss qui disait qu’au delà de 2 ou 3 milliards, nous serions déjà trop nombreux. Il faut bien évidement prendre la question démographique à bras-le-corps.

Les positions du mensuel La Décroissance, qui sont essentiellement celles de son rédacteur en chef Vincent Cheynet, sont difficilement défendable. Elles tiennent à mon avis de sa culture catholique et de cette idée d’infamie attachée à l’épithète « malthusien » parce que Marx avait fait la critique de Malthus, pas toujours intelligemment d’ailleurs. Pour eux, être malthusien est politiquement incorrect !

Un numéro de la collection « Les précurseurs de la décroissance » sera consacré à Malthus. Je ne sais pas s’il sortira en raison d’un blocage de la maison d’édition. Si les dominants veulent réduire la population, c’est pour ne pas changer de système. Il va y avoir de plus en plus de mouvements anti-natalistes que ne vont pas faire dans la dentelle, à l’instar des mouvements anti-migratoires. Pour les gens de l’extrême gauche, qui voient le cynisme de ceux qui dominent le monde, le problème écologique ne peut se résoudre simplement en réduisant la population. Notre déracinement se traduit par des revendications infinies : « J’ai le droit de… », de faire un enfant même si je ne peux enfanter, ou bien encore changer de sexe… Cette idéologie du « droit à tout » s’intègre dans la démesure.

Le point de friction avec Pierre Jouventin résidait clairement dans la démographie ; il m’avait reproché explicitement dans un livre de ne pas parler de la décroissance démographique. Je n’avais jamais vraiment dit le contraire, mais ce n’était pas le centre de mes critiques de la croissance.

* Pour une écologie du vivant, regards croisés sur l’effondrement en cours (éditions Libre & Solidaire, 2019)