démographie

Association nataliste versus malthusienne

En matière démographique, il y a ceux qui véhiculent le message traditionnel, « il n’y a richesse ni force que d’hommes »*, et ceux, beaucoup moins nombreux, qui prônent la sagesse en matière de fécondité. Prenons l’opposition frontale entre l’association « Population & Avenir ! » d’une part et « Démographie Responsable » d’autre part.

Population & Avenir ! 

Le repopulateur Jacques Bertillon fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française en 1896. L’association Population & Avenir f se reconnaît explicitement de cette filiation. Reconnue comme établissement d’utilité publique depuis 1913, elle était née de la prise de conscience des conséquences néfastes que faisait alors courir à la France la combinaison entre une dénatalité persistante et une mortalité infantile encore fort élevée, indépendamment de toute considération religieuse ou politique.

Dans la première moitié du vingtième siècle, notamment par suite des deux guerres mondiales, les démarches de l’association ont généralement été bien accueillies par les autorités. Les réflexions de l’association ont exercé une grande influence sur la législation sociale de l’entre-deux-guerres et de l’immédiat après-guerre : généralisation des Caisses de compensation familiale (1932) ; création du haut Comité de la Population et élaboration du “Code de la Famille” (1939) ; création de l’allocation de salaire unique (1941) et du quotient familial (1945) ; extension des prestations sociales (1946). C’est également elle qui commanda les premiers travaux de projection démographique réalisés pour la France en 1929 et réitérés en 1932 puis 1937 par Alfred Sauvy.

Démographie Responsable 

En 1896, la même année que Bertillon, le néo-malthusien Paul Robin fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». L’association Démographie Responsable, fondée en 2008, reprend le flambeau et incite à l’auto-limitation de la natalité. Voici en guise de présentation leur derrière lettre d’information.

– Suite à la parution de son livre « Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte », notre adhérent Michel SOURROUILLE a donné une interview au journal Sud Ouest. Nous rappelons que vous pouvez commander son ouvrage (20 €) à votre libraire.

– Nous vous recommandons aussi la lecture de « Démographie et émergence économique de l’Afrique subsaharienne » de John F. MAY et Jean-Pierre GUENGANT. (L’académie en poche. 141 pages, 7 euros)

Le livre « Démographie , l’impasse évolutive » de notre adhérent Jean-Michel FAVROT propose que l’on s’engage dans une nouvelle philosophie moins anthropocentrée, qui redonne toute sa place au vivant… (Editeur : Books On Demand .Collection : essais. 20 euros)

Synthèse : à nos lecteurs de nous expliquer en commentaire à laquelle de ces deux associations ils aimeraient adhérer et pourquoi… Merci.

* Jean Bodin (1530-1596) : « Il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions : d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens. » (République II.5)

 

Des médias natalistes, même LE MONDE

Dans la rubrique « Planète » sur lemonde.fr, les articles sur la pandémie étouffent complètement les rares analyses vraiment écologistes. Et quand ce « quotidien de référence » s’égare en traitant de démographie (dans la rubrique international !), il se révèle comme d’habitude profondément anti-malthusien. Ainsi l’article du 19 janvier 2020, L’Italie face aux périls d’un déclin démographique persistant, qui renvoie comme complément d’analyse à un article du 16 juin 2019, Italie : un vieillissement accéléré et ses conséquences (négatives).

Ces journaleux du MONDE n’ont de la complexité de la question démographique qu’une pensée unique : « La natalité ne repart pas cette année, cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays… Plus grave encore, le phénomène s’est installé dans le temps depuis plusieurs décennies, l’objectif du renouvellement des générations ne semble plus qu’une chimère… Parvenir à ce constat est douloureux… La seule mesure directement dirigée vers l’aide aux familles figurant dans le plan de relance est le soutien pour l’accueil des plus petits... Le système de retraite ne pourra pas tenir … Le déclin de la population active limite le dynamisme du marché du travail et plombe le potentiel de la croissance de long terme… »

Aucun contre-poids de ces affirmations idéologiquement orientées, ce qui est très rare dans les articles du MONDE qui ménagent habituellement la chèvre et le chou. Les commentaires sur lemonde.fr de ces deux articles sont très très peu nombreux, mais tous disent l’inverse de ces journaleux. On les comprend, dans un monde qui multiplient les périls pour les générations futures, une des principales solutions est la réduction de la fécondité humaine. Les futurs parents devraient connaître leur malthusianisme sur le bout des doigts, la surpopulation nous mène à notre perte.

Jean-Pierre M : Pourquoi « un péri du déclin démographique », tous les problèmes viennent de la surpopulation sur cette planète.

Gwen44 : Souhaitons que les journalistes progressent en cohérence intellectuelle : le déclin démographique n’est en aucun cas un « péril » mais une nécessité écologique. « Cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays ». Quel équilibre ??? Il n’y a rien de plus déséquilibré que les sociétés capitalistes industrialisées ! Ma parole cet article a été écrit par un stagiaire débutant ? Et ce qui déséquilibre nos pays, ce sont les inégalités radicales, la croissance infinie, la compétition, l’oligarchie…

Poncho du 67 : Une baisse de la (sur) population des pays européens semble amplement préférable à un mouvement immigrationniste de grand remplacement comme ce que l’on nous impose en France.

Eymeric L : Sous l’angle du modèle économique nataliste érigé après 1945,  la baisse de la natalité est effectivement une catastrophe. Sous l’angle des enjeux écologiques et des limites de la planète, c’est une chance et une lueur d’espoir. Il serait bien de le mentionner.

Dedale4 (16/06/2019) : Je m’interroge sur le manque de culture mathématique et visionnaire des journalistes. Notre planète est limitée, donc il faut contenir la progression démographique, donc équilibrer naissances et décès. Les décès diminuant grâce à la médecine, la natalité doit diminuer dans le respect des règles morales (cela est un vrai sujet éthique et politique). C’est très simple à dire et très difficile à mettre en place, mais les discours niais et bien pensants sont irresponsables et criminels.

Notre nombre accroît le risque épidémique

Voici les propos de Michel Sourrouille dans Sud Ouest du 14 janvier 2021 retranscris par la journaliste Delphine Lamy.

Des risques croissants d’épidémie

Michel Sourrouille, militant politique et associatif notamment comme membre de l’association Démographie Responsable, a produit plusieurs ouvrages sur l’écologie. Son cinquième essai « Arrêtons de faire des gosses ! » est sorti aux éditions Kiwi. Entretien.

« Sud-Ouest » Comment vous êtes-vous intéressé aux questions démographiques ?

Michel SOURROUILLE Progressivement, par accumulation de connaissances. Il y a tout juste cinquante ans, je lisais dans « Partisans » un dossier, Libération des femmes, année zéro. J’avais pris quelques notes : « Du point de vue du danger, mieux vaudrait vendre les pilules dans des distributeurs automatiques et ne délivrer les cigarettes que sur ordonnance… » Je ressentais déjà que la question démographique est très complexe et relève souvent d’injonctions contradictoires.

En quoi concrètement la surpopulation va mener à la perte de la planète et par conséquence à la perte de l’humanité ?

« Mener à notre perte » dans le sous-titre de mon livre ne veut pas dire que l’humanité va disparaître. Mais c’est un fait étudié par maintes études scientifiques que nous fragilisons par notre nombre et par notre emprise techno-économique les différentes composantes de la planète : climat, ressources renouvelables et non renouvelables, biodiversité…

Quelle place tient l’économiste britannique Malthus dans votre pensée ?

Ce sont mes études en faculté de sciences économiques à la fin des années 1960 qui m’ont fait découvrir Thomas Robert Malthus. Cet économiste et pasteur anglican a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croit selon une progression géométrique très rapide et l’alimentation seulement comme une progression arithmétique bien plus lente. Il y a un déséquilibre qui se résout par des obstacles comme la famine, les épidémies et les guerres. Une seule solution, rationnelle, limiter les naissances.

Que pensez-vous du taux de natalité en France qui a baissé ces dernières années ?

La baisse du taux de natalité en France et dans d’autres parties du monde, cela ne veut pas dire que le taux d’accroissement démographique diminue. La population française continu d’augmenter et au niveau mondial le rythme d’accroissement conduit au doublement de notre nombre en moins de 70 ans. La question de fond subsiste : le poids du nombre d’humains en France ou dans d’autres territoires est-il compatible avec l’équilibre du milieu et la production durable de ressources ? La réponse est « non ». Au niveau mondial l’empreinte écologique de l’humanité est démesurée. Nous avons besoin de plusieurs planètes, ce qui est impossible, donc nous puisons dans le capital naturel et ce n’est pas durable.

Peut-on dire que la pression démographique a pesé sur l’émergence du Covid 19

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. La concentration humaine accentue les risques de contamination. Le bacille de la peste au XIVe siècle trouva un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche ? Les pandémies se multiplient aujourd’hui. A l’heure où je bouclais ce livre, nous apprenions que la ville de Wuhan, 11 millions d’habitants, était mise en quarantaine.

Pour en savoir plus: « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Moins de bébés pour sauver le climat ?

« L’humanité est au bord du précipice climatique. Cette crise aura des conséquences pour l’humanité et pour les écosystèmes bien plus graves que celles du Covid-19. On se demande ce qu’il faut pour que la situation soit enfin traitée avec l’urgence qu’elle mérite. », s’exclame le climatologue Jean-Pascal van Ypersele. Que faire ? « Sortir complètement des énergies fossiles, décarboner les économies, arrêter la déforestation, réduire fortement les émissions de méthane…. »

Mais penser à la baisse de fécondité n’effleure pas l’esprit de Ypersele, contrairement aux commentateurs sur lemonde.fr :

Pascalou : Et pas un mot sur le fait que la population mondiale ait triplé en moins d’une durée de vie humaine? La capote, l’abstinence et le stérilet sont des moyens très simples de lutter contre la réchauffement climatique…

JPH-35 : Oui, mais il n’est pas convenable de le dire.

Bergeist : Le plus probable, c’est que l’humanité n’arrivera pas à gérer le réchauffement climatique, ce qui entraînera des conséquences incommensurables… et des guerres etc qui réguleront la population. Je n’ai qu’un regret, celui d’avoir eu des enfants.

LargoF : Oui, entièrement d’accord. L’évolution permanente de la population mondiale pour une planète à la capacité de charge limitée est une idiotie. Seulement voilà, le genre humain semble incapable d’intelligence collective.

Georges-Henri : La réalité est la suivante : 20% de la population mondiale (nous) produit par sa production/consommation 80% des gaz à effet de serre.

Michel SOURROUILLE : Pour présenter simplement la relation entre émissions de gaz à effet de serre et évolution démographique, il est utile de se référer à l’équation de Kaya :

CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.

Frogeater : Finalement on est tous d’accord sur le bilan. La planète trouvera son équilibre quand elle sera devenue partiellement inhabitable et ce qui la bousille disparaîtra… C’est à dire la population humaine va significativement diminuer et la production de CO2 / consommation de matières premières épuisables avec. Ce qui est illusoire et dérisoire, c’est de penser qu’en utilisant des pailles en bambou, des voitures électriques et des pompes à chaleur ou en portant plainte contre l’Etat français, on va résoudre le problème créé par 8, bientôt 10, voire 15 milliards d’humains qui ne rêvent que de confort et de développement…

Eljulio : Avant la déroute, nous subirons (à compter de la présente décennie) une crise économique majeure, une faillite du système bancaire, le déclin de l’industrie et notamment de l’industrie extractive (cf baisse drastique des investissements de l’industrie pétrolière dores et déjà observée, qui reste le rouage essentiel de l’économie mondialisée sur laquelle tous nos « acquis » ont été bâtis), le déclin de la production agricole, l’effondrement de tout ou partie des États et surtout des démocraties, et son lot de conséquence sociales, sanitaires, géopolitiques etc … Par conséquent il ne restera probablement, et avec un peu de « chance », que 2 ou 3 milliards d’habitants sur Terre d’ici la fin de ce siècle ce qui devrait résoudre le problème climatique.

L’aide active à mourir gagne du terrain

En France. La députée Marine Brenier a déposé une proposition de loi le 17 décembre sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité ? J’ai donc été amenée à rencontrer des personnes qui travaillaient sur ces sujets, des praticiens, des patients et des associations. C’est une problématique à laquelle il faut répondre. Ma proposition de loi parle « d’aide active à mourir ». On renforce le dispositif actuel dans le cas où les personnes ne préparent pas de directives anticipées ou de personne de confiance. Cela permettra d’avoir des témoins pour dire que, quand il était conscient, le patient a dit qu’il voulait pouvoir passer par ce dispositif. Je souhaite que l’ #AideActiveAMourir puisse aussi se faire à domicile mais encadrée par des équipes soignantes. Beaucoup de personnes sont âgées, en #FindeVie, atteintes de maladies dégénératives et veulent pouvoir partir depuis chez elles. Mais c‘est un acte très particulier et on comprend que pour des raisons personnelles, de conscience ou de religion, un médecin puisse y être opposé. C’est la raison pour laquelle dans ma proposition de loi, j’ai mis un chapitre qui est dédié à la clause de conscience. » Pour le moment, la députée n’a aucune certitude concernant l’étude de sa proposition de loi par l’Assemblée Nationale. Cette décision dépend de la commission des affaires sociales.

À l’étranger. Toujours plus de pays reconnaissent la liberté fondamentale de décider de sa propre fin de vie. Après que la Cour constitutionnelle autrichienne a ordonné au Parlement de légiférer en faveur du droit à l’autodétermination en fin de vie – rejoignant ainsi, en Europe, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse – le Congrès des députés espagnol a voté très majoritairement, le 17 décembre 2020, en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté. Un texte qui devra être validé par le Sénat dans le courant du mois de février 2021. Cette loi, qui entrera en vigueur en Espagne au second trimestre 2021, répondait à la promesse électorale faite lors des dernières élections législatives par le chef du Gouvernement, Pedro Sanchez. Évidemment, ce nouveau droit ne s’imposera à personne et respectera toutes les consciences.

La France, aux prises avec la triste loi Leonetti qui n’autorise que le « laisser mourir » par la dénutrition et la déshydratation, provoquant une insuffisance rénale sévère, devra encore attendre… le président de l’ADMD, Jean-Luc Romero-Michel a déclaré : « Je suis très triste de constater que, sur ce sujet encore, la France, pays laïque, est sous le joug du pouvoir spirituel des Églises, omniprésentes sur les sujets de bioéthique et sociétaux, et sous le joug du pouvoir temporel de certains médecins qui refusent d’abdiquer leur omnipotence et de reconnaître la démocratie sanitaire. »

Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

La contraception et l’avortement sont deux moyens de maîtriser l’exubérance de la fécondité humaine. Faisons le point.

1/3) Avortement et interruption volontaire de grossesse (IVG) en France

Les gouvernements, ivres de chair à canon ou de main d’œuvre servile, ont mené toutes étiquettes politiques confondues une lutte anti-malthusienne qui s’est traduit par la loi de 1920 qui assimile la contraception à l’avortement. Toute propagande anticonceptionnelle était interdit, le crime d’avortement était passible de la cour d’Assises. La contrainte n’est donc pas du côté des malthusiens, mais des natalistes. Pour un néo-malthusien, la liberté de contraception (loi de 1967) et d’avortement (loi Veil de 1975) sont des avancées sociales qui permettent le libre choix entre faire l’amour par plaisir ou faire l’amour pour procréer. Voici l’état actuel de la législation française :

– L’IVG est un droit. OUI, mais seulement depuis le 22 juillet 1992 et le nouveau code pénal. Dans la loi du 17 janvier 1975, il s’agissait d’une « simple » dérogation à un délit, votée pour une période de 5 années seulement puis confirmée le 31 décembre 1979.

– L’IVG est un acte qui doit être pratiqué avant la fin de la 12e semaine de grossesse (14e semaine d’aménorrhée).OUI, mais seulement depuis le 4 juillet 2001. Dans la loi du 17 janvier 1975, l’acte devait être pratiqué avant la fin de la 10e semaine de grossesse (12e semaine d’aménorrhée).

– L’IVG s’adresse aux femmes enceintes, sans condition.OUI, mais seulement depuis le 4 août 2014. Dans la loi du 17 janvier 1975, la femme enceinte devait se trouver placée dans une situation de détresse.

– L’IVG est remboursée à 100% par la Sécurité sociale.OUI, mais seulement depuis le 31 décembre 1982. Dans la loi du 17 janvier 1975, l’acte n’était pas pris en charge par la Sécurité sociale.

2/3) l’avortement dans le monde

L’avortement reste, dans de nombreux pays, traité comme un crime. L’Afrique est l’une des zones les plus restrictives en matière d’avortement. Cuba est devenu en 1965 le premier pays d’Amérique latine à légaliser l’avortement. Il n’est rejoint qu’en 2012 par l’Uruguay. Le défi du contrôle de la démographie est un sujet qui crispe toujours certains responsables politique et religieux. Prenons l’exemple récent de l’Argentine. Le 30 décembre 2020, un texte légalisant l’avortement permet à l’’Argentine de rejoindre Cuba, l’Uruguay, le Guyana, la ville de Mexico et l’Etat mexicain d’Oaxaca, seuls territoires à autoriser l’IVG sans conditions en Amérique latine. Jusqu’ici, l’avortement n’était permis qu’en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, en vertu d’une loi de 1921. Il y a donc des avortements clandestins, entre 370 000 et 520 000 pour 44 millions d’Argentins, En 2018, le sénat avait rejeté par 7 voix la possibilité d’avorter dans un pays encore très catholique. L’Eglise catholique et les protestants évangéliques avaient lancé un appel à « s’unir pour implorer le respect et le soin de la vie à naître ». Le pape François, argentin, a publié le 29 décembre 2020 un message dans lequel il déclare que « le Fils de Dieu est né rejeté pour nous dire que toute personne rejetée est un enfant de Dieu. Il est venu au monde comme un enfant vient au monde, faible et fragile, afin que nous puissions accepter nos faiblesses avec tendresse. » Bien que ne faisant pas référence explicitement à l’avortement, le message a été interprété par la presse argentine comme un rejet de la loi. L’Église et ses affidés se mêlent de ce qui ne les regardent pas, la voix démocratique de la prise de décision politique.

3/3) L’avortement est-il une contrainte ?

A quel moment une politique démographique mérite-t-elle d’être qualifiée de contraignante ? L’idée de contrainte nous rend aujourd’hui fébriles. Pourtant souvenons-nous : pendant des siècles, les gouvernements et les églises ont bel et bien contraint les gens à avoir davantage d’enfants : il n’est de richesse que d’hommes, disait-on. Mais rappelons qu’une loi libéralisant l’IVG n’oblige pas à avorter. Par contre les « pro-life » (pro-vie) veulent interdire tout avortement, une attitude anti-démocratique. La démocratie est un lieu vide où on peut déclarer légitime une chose ou son contraire. Mais la démocratie est aussi l’art de se plier aux contraintes extérieures et le constat mondial de surpopulation devrait permettre d’autoriser l »IVG dans tous les pays sans exception. Les temps changent, les comportements s’inversent. Début 2020, la loi au Rajasthan interdit aux fonctionnaires d’avoir plus de deux enfants. Au-delà, ils encourent des sanctions. Il y avait eu une initiative antérieure. La population de l´Etat du Gujarat, en Inde, était en constante augmentation. Selon les données du recensement qui venait d´être réalisé en 2001, l´État comptait 50,5 millions d´habitants. Dix millions de plus qu´en 1991. Les nationalistes hindous, au pouvoir dans cette région, avaient proposé d´interdire aux couples d’avoir plus de deux enfants. La libéralisation de l’avortement selon la vulgate libérale repose sur la conception suivante: Chaque femme a droit de disposer de son corps et personne n’a à prendre une décision qui ne concerne que la mère ou le couple ! Pourtant le modèle chinois d’un seul enfant par mère va à l’encontre de cette approche. A nos lecteurs de réfléchir au dilemme d’un avortement socialement obligé dans un système de libertés individuelles.

Pour en savoir plus :

– livre : « Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte »,

– blog biosphere : Le droit à l’avortement remis en question (aux USA)

Cri du cœur à propos de la surpopulation

Dire que l’on peut nourrir une population de plus de 10 milliards d’habitants n’est qu’un argument d’autorité. Certes si aujourd’hui on arrêtait net le gaspillage alimentaire, on nourrirait tout le monde. Mais on est presque 8 milliards, on est en surpêche, les déserts avancent, le niveau de l’eau monte, les forêts sont coupées au profit des cultures et au détriment du climat et du cycle de l’eau, les incendies géants courent sur la planète, les phosphates vont devenir une denrée rare, et le progrès sur les rendements sont liées à l’exploitation des ressources non renouvelables a commencer par le pétrole. Les écosystèmes qui sont le support de notre vie sur terre sont de plus en plus mal en point et la biodiversité s’érode.Que nous disent les démographes de la fonte des glaciers qui va priver d’eau en été des régions entières en zone aride, à commencer par une bonne partie de l’Amérique latine ? Rien ! Ils observent les tendances démographique, ils ne font aucun analyse holistique. Je les invite à regarder la bio-capacité par pays : elle est dépassée partout, même dans les pays pauvres, sauf dans quelques pays du Nord peu peuplés et très boisés.

La sécurité alimentaire vient d’abord de la capacité à produire localement. Aujourd’hui ce n’est pas le cas et c’est pour cela que des migrants trop nombreux s’entassent dans les bidonvilles ou tentent des traversées insensées pour rejoindre les pays riches. Il n’y a pas que les grosses exploitations capitalistiques qui s’en prennent à la forêt, il y a aussi ceux qui veulent survivre, c’est pour ça aussi que la forêt régresse et brûle. Et quand le phénomène devient massif et s’ajoute aux cultures industrielles, ça accroît le problème. Le transfert de nourriture des pays tempérés aux pays où règne la faim sont en partie perdus sur les ports par manque d’infrastructures pour assurer le cheminement jusqu’aux besoins. Sans compter leur récupération par quelque-uns qui en font un business, laissant les plus pauvres sans l’aide qui leur est destinée.

Enfin se pose la question du niveau de vie : la vie d’un humain se réduit-elle a être nourri ou a-t-on encore des ambitions sur l’IDH (indice de développement humain) ? Quand on voit que le niveau de vie moyen en France est aà 2000 euros (et oui, partageons, je suis pour, tout le monde à 2000 euros !), cela donne accès à une consommation destructrice. De combien le projet écologiste propose-t-il de réduire ce montant ? Je rappelle qu’on en est à 3 planètes d’empreinte écologique et que notre niveau d’infrastructure en consomme déjà quasiment une.

Donc oui c’est un débat sérieux. Ne le balayons pas avec des arguments d’autorité qui ont été émis par des gens qui n’ont pas une approche holistique. Et qui se basent sur des approches théoriques et idéalistes contraires à la réalité des humains : partage planétaire, équivalence dans l’accès aux ressources au niveau planétaire, renoncement à l’abondance et au confort, arrêt des consommations carnées, arrêt du changement climatique et de ses conséquences… La liste est longue. J’ajoute qu’avec la crise sanitaire que nous traversons, je suis dépitée de constater que certains pensent encore ici que l’on soit hors sols sur notre condition d’êtres vivants soumis à des facteurs  limitants. Penser que l’on va continuer à croître jusqu’à 12 milliards d’habitants sans catastrophe humanitaire de grande ampleur est tout simplement ahurissant !

Lydia M.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

UNE LOI PARFAITE, an 1 de la nouvelle ère

La loi impose dorénavant qu’aucune naissance ne soit autorisée tant qu’un décès ne soit dûment constaté. Prenons cette hypothèse pour tenter d’en voir toutes les conséquences possibles… Un petit conte de fiction, qui conduit à de curieuses réflexions sociologiques.
Vu la surpopulation mondiale, il devenait évident qu’il fallait mettre un terme à l’envolée de la courbe démographique et stopper dans le monde entier cette croissance exponentielle que plus aucune terre arable n’arrivait à nourrir, ni aucun fleuve à désaltérer. Les continents se desséchaient à vue d’œil. Faute de forêts, 70% de l’eau vient de l’évaporation terrestre, les pluies devenaient rares. De plus en plus de fleuves n’arrivaient plus à la mer, augmentant ainsi la nécessité de pompages des nappes phréatiques toujours moins généreuses. Même les nappes accumulées géologiquement depuis des millénaires s’épuisaient à arroser de quoi nourrir une masse humaine envahissante. Les océans étaient vidés de leurs poissons, les cieux étaient silencieux car les oiseaux avaient quasiment disparus à coup d’insecticides. La masse biologique de l’espèce humaine entrait en concurrence avec toutes les autres formes de vie, finissait par absorber toutes les ressources de la planète au détriment de la diversité des espèces. Seuls survivent des charognards grâce à nos ordures. Une solution d’urgence pour une ère nouvelle ! Cette loi «  un décès = une naissance » apparut enfin nécessaire aux instances internationales.

Les résistances furent grandes. Les religions natalistes firent un pacte sacré entre elles, mais que peuvent les forces de la foi face au forces de la logique terrestre ? Des naissances organisées en cachette, favorisées par des réseaux mafieux, ont aussi compliqué l’application de la loi. Mais les enfants illégaux une fois identifiés se voyaient obligés de se retourner juridiquement contre leurs parents pour avoir le droit de vivre normalement. Hors de l’existence légale, difficile en effet de vivre décemment dans une société super-contrôlée et totalitaire. Et la principale punition juridique appliquée pour beaucoup de délits est la stérilisation. La mesure qui provoqua le plus de colère fut l’avortement imposé aux gestations non autorisées. Les débats firent rage, mais finalement le dépistage des femmes enceintes devint permanent et systématique.

Le principe de la loi est simple mais la mise en œuvre a été complexe, la tentation aurait été grande de tuer l’ancêtre pour toucher à la fois l’héritage et s’offrir en prime le droit à un bébé. C’est pourquoi le droit à procréer est accordé par tirage au sort. A chaque décès enregistré, une naissance est accordée par choix aléatoire entre tous ceux qui en ont fait la demande. Une nouvelle tradition est même apparue chez les gagnants qui fêtent « l’anniversaire de l’an zéro » quand ils reçoivent leur droit au nouveau né. La volonté de procréer librement est maintenant perçue comme une attitude de l’ancien temps, la norme d’une stabilisation volontaire de la population mondiale est bien intégrée par la population. L’acharnement thérapeutique et les soins palliatifs disparaissent car le droit de mourir dans la dignité est devenu la norme. Laisser se transmettre une imperfection génétique est quasi-impossible, les tests avant la naissance sont obligatoires. L’idée de sélection naturelle est acceptée, les pratiques de vaccination deviennent obsolètes, le suicide est vu socialement comme un acte de générosité permettant à autrui d’enfanter.

La civilisation avait enfin fait un grand pas en avant, devenant adulte, responsable et malthusienne. L’expansion numérique d’une espèce se heurte forcément à la finitude du milieu qui la fait vivre, les envies personnelles d’enfanter ne sont que des attitudes d’individus immatures. C’est par humanisme, pour la survie de l’humanité, que cette loi est advenue.

Alain Persat

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

La population mondiale au 1er janvier 2021

Selon nos sources, la Terre héberge désormais 7,8 milliards d’habitants, le seuil des 8 milliards sera donc probablement franchi au cours des premiers mois de 2023. La population mondiale au 1er janvier : 2010 (6,838 milliards), 2015 (7,260 milliards), 2020 (7,703 milliards). La progression est de presque 100 millions de personnes de plus chaque année.

Selon l’IHME (Institute for Health Metrics Evaluation), la population mondiale  culminerait à 9,7 milliards en 2064 puis, entamerait sa décroissance pour tomber à 8,8 milliards en 2100. A l’inverse, les projections de l’ONU, tablent sur un maintien de la progression jusqu’à la fin du siècle où nos effectifs plafonneraient à 10,9 milliards. L’écart – 2,1 milliards en 2100 – est donc important. Il s’appuie notamment sur des anticipations très différentes concernant l’évolution de la fécondité et en particulier de la fécondité africaine. En effet c’est en Afrique que se situe aujourd’hui le plus grand potentiel de croissance démographique avec un indice de fécondité de 4,4 enfants par femme (contre 2,4 pour l’ensemble de la planète). Bien que l’IHME soit seul à retenir une projection basse, elles ont été largement relayées par tous les courants de pensée qui nient la nécessité de s’inquiéter de l’évolution de nos effectifs.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Peut-on nourrir 12 Mds d’êtres humains ?

Dialogue récemment tenu dans la « commission post-croissance » d’EELV.

Myriam : nous allons vers un plateau de la croissance démographique autour de 12 Mds d’êtres humains dans le monde,

Michel : ce que tu dis est l’argument souvent donné par ceux qui estiment qu’il n’y a rien à faire au niveau démographique puisque la situation se régule d’elle-même. Mais nous avons déjà d’énormes problèmes de coexistence et de survie alors que nous sommes bientôt 8 milliards. Comment faire vivre dans des conditions paisibles et durables 4 milliards de personnes supplémentaires ? La situation et d’autant plus préoccupante que la démographie a une inertie très grande, le niveau de jeunesse de certains pays font la population dans 25 ans. A cela s’ajoute la grande inertie culturelle de ceux qui veulent beaucoup d’enfants. Pour ces raisons, ne pas faire du planning familial dès maintenant, c’est du suicide. De plus en tant qu’écologiste nous savons que le pillage actuel des ressources, la descente énergétique et le réchauffement climatique vont réduire fortement les ressources des générations futures. Le niveau de population doit être mis en relation avec l’état des ressources énergétiques, minières, halieutiques, etc. .

Myriam : la transition démographique est directement corrélée à l’élévation des niveaux d’éducation et d’accès à la santé.

Michel : L’accès à la santé est un facteur d’aggravation de la croissance démographique (deuxième stade du schéma de la transition démographique, forte natalité, baisse de la mortalité). Les pays africains sont souvent dans cette phase. L’éducation est un facteur d’atténuation qui, lié au développement économique, entraîne la baisse de la natalité. Encore faut-il qu’il y ait développement possible. Or nous savons déjà que la concurrence pour l’accès aux ressources et leur raréfaction font que jamais les pays du tiers monde n’accéderont à notre niveau de vie. Et comme la consommation à l’occidentale dépasse déjà les capacité de la planète (cf. empreinte écologique), il n’y a pas d’issue s’il n’y a pas planning familial ET décroissance du niveau de vie des privilégiés.

Myriam : Notre planète est capable de nourrir 12 mds d’êtres humains.

Michel : L’agriculture est soumise à la loi des rendements décroissants, la fertilité d’une terre a ses limites. L’agriculture productiviste est inefficace, les rendements à l’hectare sont négatifs quand on met en relation les calories alimentaires et les calories fossiles (pétrole…) utilisées pour atteindre ce résultat. Quant à agriculture traditionnelle, elle ne suffit pas généralement à couvrir les besoins d’une seule famille nombreuse, à plus forte raison quand on veut demander à l’agriculture biologique de nourrir les travailleurs du secteur secondaire et tertiaire, ces secteurs étant parasitaires vis-à-vis des paysans. Les urbains forment déjà plus de 50 % de la population mondiale, on a oublié que la société industrielle et de services repose sur le surplus agricole. Et comme l’exprime sur cette liste Gilles Lacan, « en France métropolitaine, combien peut-on nourrir de gens sans tracteurs, sans engrais, sans pesticides, avec le souci quand même de leur assurer un logement, un service de santé confortable ainsi qu’un certain niveau d’éducation et de culture. Je ne suis pas sûr que l’on puisse dépasser 40 millions d’habitants » (au lieu de 67 millions).

Myriam : Les prb qui sont posés dans les économies industrialisées sont plutôt le vieillissement des populations.

Michel : Argument récurrent, mais la prise en charge des personnes âgées par un surplus de population mène à l’impasse. Augmenter le nombre de naissances pour « payer les retraites » par plus d’actifs ne fait que reporter le problème de financement dans le temps puisque un jour ou l’autre ces personnes supplémentaires deviendront des retraités… encore plus nombreux. Encore faudrait-il aussi que les actifs ne deviennent pas chômeurs, donc personnes supplémentaires à charge. Or la croissance, à base de ressources fossiles, est extrêmement fragile, avec des conséquences déjà très négatives au niveau social et environnemental. Le chômage, déjà structurel en France depuis les années 1970 menace. Tout surplus de population multiplie les risques.

Myriam : C’est notre mode de vie et modèle de développement qui sont en cause, l’empreinte écologique de 100 américains n’est pas celle de 100 indiens.

Michel : Bien entendu ce constat est exact. Mais un écologiste devrait se rappeler le programme de René Dumont en 1974 : « Si nous nous multiplions inconsidérément, le phosphore nécessaire à l’agriculture manquerait bientôt. Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à ne York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. » Dumont à cette époque liait explicitement malthusianisme et lutte contre la pauvreté. Un écologiste devrait se rappeler la formule IPAT, tout est interdépendant, l’impact écoligque, résulte à la fois de la population,du niveau de vie et de l’impact technologique, la population est toujours un multiplicateur des menaces.

Myriam : Les toutes dernières prévisions de l’ONU tablent sur 10,9 milliards en 2100, et d’autres études américaines démontrent une décroissance.

Michel : la décroissance est probable, nous avons largement dépassé la capacité de charge de la planète. Les perspectives sont sombres, épuisement des ressources énergétique et minières, réchauffement climatique, stress hydrique, effondrement de la biodiversité, etc. Dans ce contexte certains prévisionnistes envisagent une décroissance démographique forcée du fait des guerres, des épidémies et des famines. Les instituts militaires aux USA ou en Allemagne se préparent déjà à des conflits aigus pour l’accès aux dernières ressources.

Myriam : « Si des gens meurent de faim au niveau mondial, c’est bien un des signes qu’il y a surpopulation » : non c’est une corrélation abusive, c’est encore une fois le partage des ressources qui est en cause et le modèle de développement : l’Europe par exemple gaspille 30 % de la nourriture produite …

Michel : ma phares dit exactement « c’est un des signes ». Je n’ai jamais dit que la surpopulation était la cause unique de tous les maux. Prenons le gaspillage de nourriture actuel. cela tranche avec la mentalité de mon enfance où ne pas finir son pain était anormal. Il nous faudra revenir à des normes anti-gaspi. Mais de façon plus globale, la sécurité alimentaire doit être locale, ce qui implique ce que demandent les écologistes « post-croissance », relocalisation et circuits courts.

Myriam : D’autres affirmations m’étonnent (euphémisme) : « Il y a d’abord un problème d’éducation/émancipation des femmes » – « L’éducation permet aux filles d’explorer d’autres aspects de la vie que celui de la maternité ». La nécessaire émancipation des femmes ne doit pas être prétexte à faire porter aux seules femmes la responsabilité des évolutions démographiques, on pourrait parler messieurs de responsabilité co-partagée à minima.

Michel : toute personne consciente est féministe, la personne citée (Robert Engelman) ajoutait : « Éradiquer le sexisme dans tous les aspects de l’existence : Les femmes qui sont en mesure de gérer leurs biens, de divorcer et de participer à la vie sociale à égalité avec les hommes sont davantage susceptibles de retarder leur maternité. Cette égalité est d’autant plus nécessaire que les hommes, dans la plupart des pays, tendent à souhaiter plus d’enfants que leur partenaire. » On ne peut prêter à une personne des sentiments sexistes qu’elle n’éprouve pas, c’est un procès d’intention.

Myriam : je ne pense pas que l’avenir de la planète passe par la reconvocation de Malthus dont la pensée peut être prétexte à de nombreuses et dangereuses manipulations.

Michel : Avant de critiquer Malthus, encore faut-il l’avoir étudié. Pour avoir une approche étayée, voici un lien qui permet d’en savoir plus 

https://biosphere.ouvaton.org/blog/fecondite-tout-savoir-sur-le-malthusianisme/

Myriam : Bref, ces sujets sont sérieux, il faut les étayer

Michel : Bien d’accord avec toi Myriam, il faut toujours apporter des arguments, s’écouter et chercher la symbiose, ne pas se contenter de hurler avec la meute. Comme l’exprime Gilles, « la revendication démographique est trop souvent présentée comme cherchant à limiter les naissances dans les pays du « Sud » en maintenant celles des pays riches. C’est une erreur. Il convient de déterminer quelle population peut vivre sur un territoire déterminé dans des conditions de production économique écologiquement soutenables, en particulier sans recours aux énergies fossiles, au nucléaire, à l’extraction des métaux rares. » Sans même évoquer les problèmes de liberté que poseraient les contraintes inhérentes à une planète surpeuplée, il suffit de regarder les règles du confinement actuel.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Agissons sur l’économique ET la population

Que pourrait-on penser collectivement de la formulation suivante : l’impact démographique et l’impact économique sur les écosystèmes sont deux facettes complémentaires du dépassement des limites ; un parti doit donc présenter la politique à mettre en œuvre sur chacune de ces deux problématiques. Pour mieux comprendre les enjeux, voici un échange qui a eu lieu effectivement :

1) Je suis d’accord avec toi que « la population de l’Afrique subsaharienne connaît les plus forts taux de fertilité ». Je te fais confiance pour estimer que « l’Afrique ne représente que 2,73% des émissions annuelles de CO2 ». Mais ces deux constats montre que niveau de vie et composante démographique sont les deux facette d’une même problématique. Cela veut dire en simplifiant que les pays du Sud doivent surtout apprendre à maîtriser leur fécondité et que les pays du Nord doivent surtout pratiquer la sobriété partagée.

2) Je suis aussi d’accord pour constater que « les pressions sur les ressources sont extrêmement différentes selon les sociétés ». Si on rentre dans des considérations spécifiquement françaises, cela veut dire que la France doit éliminer ses politiques de soutien indifférencié au pouvoir d’achat ET ses politiques natalistes à usage interne pour être un exemple de ce qu’il faudrait faire avant de vouloir donner des leçons aux autres.

3) Comme tu l’exprimes si bien, « Nous sommes tous d’accord sur le constat de la surconsommation des ressources offertes par notre planète, des écocides causés par les activités humaines destructrices de la nature et de l’impossibilité d’une croissance illimitée dans un monde fini. » Mais tu affirme sans preuves que nous n’avons pas dépassé les limite de la planète : « je ne suis,absolument pas convaincu par le fait que nous soyons sur une planète « saturée »». Pourtant toutes les études scientifiques confirment ce fait. Cela va du GIEC et de son constat du réchauffement climatique à la mesure de l’empreinte écologique qui montre qui nous puisons dans le capital naturel. Sans parler de l’extinction des espèces qui est aussi bien documentée, de la déplétion pétrolière qui est inéluctable, du stress hydrique qui ne fait que croître et de la famine dans le monde dont s’inquiète le PAM (programme alimentaire mondial des nations unies). Je pourrais ajouter bien d’autres signes de saturation de la planète vu le poids des humains en nombre ET en impacts économiques.

4) Tu affirmes que « c’est à mon sens une erreur manifeste de lier surexploitation de la planète à un problème démographique ». Jamais je n’ai fait l’erreur de lier la surexploitation de la planète au seul problème démographique. J’ai toujours rappelé (entre autres) les équations IPAT et Kaya qui montrent que la démographie n’est qu’un multiplicateur des menaces. Par contre d’autres personnes, nombreuses dans ce qu’on appelle l’écosocialisme, font l’erreur manifeste de lier la surexploitation de la planète au seul problème économique.

5) Je suis bien sûr d’avis qu’une commission d’un parti doit débattre dans le cadre d’un certain nombre de valeurs. Que veut-on dire par là ? EELV reconnaît comme texte fondateur la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : « L’ensemble des coopérateurs/ trices et des adhérent/es d’EELV déclare constitutive de leur engagement l’adhésion aux valeurs et aux principes suivants : 1• La responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures et les principes de précaution et d’intervention préventive face aux catastrophes prévisibles. • La défense de la biodiversité et du vivant, instaurant un rapport respectueux et non violent entre l’être humain et la nature. • Le droit de chacun à vivre dans un environnement sain et préservé. • La solidarité et le partage équitable des richesses et des ressources entre les peuples, entre les générations, entre les territoires et plus généralement au sein de la société. • Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à se gouverner démocratiquement. (…) » Je pense que nous ne pouvons qu’être en accord avec ces principes afin de penser une société post-croissance bien étayée.

6) Le premier principe sur « la responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures » porte à réflexion sur la capacité de charge de chaque territoire ainsi que de la planète entière dans la perspective d’une gestion du long terme. Comme tout n’est pas possible (il y a toujours des limites), le social est surdéterminé par nos possibilités socio-économiques locales ou nationales (ressources énergétiques et minières, potentiel agricole, niveau du chômage, vieillissement de la population, etc.), en clair par les conditions matérielles d’existence. En d’autres termes, nous en revenons à l’obligation pour ceux qui se disent écolos de définir quelles sont les limites (c’est l’écologique) tout en faisant attention à l’acceptabilité des mesures prises (c’est le social). Je suis dans un parti qui se dit explicitement écologiste et qui doit vouloir prendre des décisions au niveau économique, socio-politique, démographique… en toute connaissance de cause.

7) Tu dis être « personnellement assez perturbé par les échanges suscités par la question démographique ». C’est normal, quand on entend un point de vue qui remet en question ses propres habitudes mentales, on hésite entre l’indifférence au problème, le déni, la critique et l’acceptation. Cela cause un trouble, une contradiction interne, mais c’est à chacun de résoudre ce qu’on appelle une dissonance cognitive.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Les anti-malthusiens contre l’évidence

Gilles Q. : j’attends une argumentation argumentée, c’est-à-dire qui s’appuie sur un raisonnement logique et scientifique, que la démographie est un problème en soi, chose que je n’exclue pas a priori.

Jean-Marc T. : Il suffit d’examiner l’équation de Kaya pour voir que, sauf crise économique structurelle ou pandémie durable, il sera très difficile de faire en sorte que les Français diminuent leur empreinte écologique personnelle. On peut tortille du cul, c’est impossible de présenter un programme vendable à des électeurs très majoritairement convaincus que la croissance verte nous sauvera en évitant de nous serrer la ceinture. Comme la baisse de l’empreinte individuelle ne permettra pas d’atteindre la baisse de l’empreinte globale, il faut donc agir sur l’autre principal terme de l’équation de Kaya qui est la population. Devons-nous anticiper les vraies difficultés et faire face à la nécessité de manière raisonnée, ou préférons-nous attendre et laisser la pagaille régler le problème dans la douleur ? Personnellement j’ai fait dès 18 ans le choix de n’avoir pas de descendant direct. Et quand je parle avec des gens qui ont 3 ou 4 gosses et qui se plaignent de la dureté de l’existence je les mets face à leur inconséquence.

Michel C. : Le blog biosphere laisse entendre que les interrelations, les liens, ne seraient pas évidents pour tous. Je veux bien le croire. Personnellement quand je dis que tout est lié, le «tout» auquel je pense ne se résume pas seulement à «économie ET démographie». Ni à cette équation simpliste, celle de Kaya. Pour moi il y a bien plus de paramètres qui entrent en jeu dans ce casse-tête.

Biosphere : Que le choix d’avoir plus ou moins d’enfants repose sur des psychologies diverses, que la décision de pratiquer la simplicité volontaire ou la boulimie consumériste repose sur des paramètres complexes, on ne peut qu’être d’accord. Mais cela n’invalide pas le fait qu’il faut agir à la fois contre la croissance du niveau de vie ET contre la surpopulation. Michel C veut noyer le poisson, un procédé de pure rhétorique, certainement pas une contre-argumentation. Que dit le pote à Michel C ?

Bonpote.com : La population mondiale est-elle en croissance exponentielle ? Effectivement quand on regarde de loin on peut avoir l’impression qu’elle explose. C’est pourtant une illusion d’optique, le taux de croissance de la population mondiale décroit régulièrement depuis 1970 et l’ONU estime une stabilisation autour de 2100 pour 11 milliards d’habitants.

Biosphere : cette argumentation donne envie de ne pas aller plus loin puisqu’elle veut nous induire en erreur. Le taux de croissance est encore actuellement de 1 % en moyenne mondiale. Cela veut dire une doublement de la population tous les 70 ans, il s’agit là d’une croissance exponentielle. Quant aux perspectives pour l’an 2100, on peut aussi bien dire qu’elle sera de 0 % ou de – 50 %, tout dépend des impacts du réchauffement climatique, de la déplétion énergétique, du niveau des inégalités, etc.

Bonpote :Tous les pays passent par ce qu’on appelle la transition démographique. La mortalité commence à baisser grâce à l’augmentation du niveau de vie et des progrès de l’hygiène et de la médecine. La natalité baisse plus tard et plus lentement. Mais elle diminue pour atterrir autour d’un taux où les naissances compensent les morts, donc qui assure la stabilité de la population.

Biosphere : Seconde tarte à la crème des antimalthusiens, la transition démographique n’est pas un passage obligé. L’accès à la santé est surtout un facteur d’aggravation de la croissance démographique et plusieurs pays en Afrique restent bloqués dans cette phase. L’éducation peut être un facteur de moindre fécondité. Mais elle est lié au développement économique, encore faut-il qu’il y ait développement possible. Or nous savons déjà que la concurrence pour l’accès aux ressources et leur raréfaction font que jamais les pays du tiers monde n’accéderont à notre niveau de vie. Et comme la consommation à l’occidentale dépasse déjà les capacité de la planète (cf. empreinte écologique), il n’y a pas d’issue s’il n’y a pas planning familial ET décroissance du niveau de vie des privilégiés.

Jean-Marc T. : Je continue à voir des discours iréniques selon lesquels l’éducation réglerait les problèmes. Mais le problème en France n’est pas que les femmes françaises n’aient que 2 enfants pendant leur période fertile, il faut qu’elles aient largement moins de deux enfants et que cela devienne la norme pour au moins 3 ou 4 générations pour que nous ayons une chance de revenir à une empreinte écologique globale des français inférieure à ce que le territoire français peut produire, afin de ne pas augmenter la difficulté pour les autres pays : actuellement nous les ponctionnons pour soutenir notre surconsommation. Il faut très clairement annoncer la couleur aux gens: notre confort dépendra directement du nombre de consommateurs français. Continuer à favoriser l’immigration ne fait que diminuer nos chances d’y arriver.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Politique écologique et migrations

Comment parler sereinement des migrations du point de vue écologique ? Plutôt que d’accuser autrui de xénophobie ou d’extrême-droitisation à propos des partisans d’une maîtrise des flux migratoires, encore faut-il savoir échanger respectueusement des idées. Le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugiés politiques, économiques et environnementaux vient en 26e position de la Charte de Canberra adopté par le parti EELV. Cela ne veut nullement dire qu’il y a libre circulation totale des individus sur la planète et accueil sans limites dans les pays hôtes. Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » On ne peut que souligner le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Le philosophe Balibar estimait d’ailleurs qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même »

Combien de personnes sont des migrants potentiels, combien la France peut-elle en accueillir ? Cela se discute, démocratie oblige. En politique le pragmatisme l’emporte nécessairement sur un humanisme désincarné. C’est en 1981, sous le socialiste François Mitterrand, qu’avait été légalisée et organisée la rétention administrative. C’est Paul Quilès, en tant que ministre de l’intérieur socialiste, qui avait fait passer dans la loi en 1992 le système des zones d’attente. Le rapport sur l’immigration préparé en 2004 par le socialiste Malek Boutih, alors secrétaire national aux questions de société, n’a jamais été rendu public. Trop dangereux ! Il proposait une politique de l’immigration rigoureuse, avec quotas, suppression de la bi-nationalité, nouvelle législation sur le titre de séjour : « Il faut sortir d’un simple rapport humanitaire et charitable avec l’immigration. » Reniement de la part d’un ancien président de Sos-Racisme ? En fait Malek Boutih mettait en évidence le fait que, sans organisation de l’immigration, les phénomènes de discrimination s’enracinent dans la population. A la question « Faut-il régulariser massivement les sans-papiers ? », tous les candidats à la primaire socialiste du 9 octobre 2011 étaient « contre » et défendaient le « cas par cas » avec seulement quelques nuances : normes de « vie de famille », de travail et d’années de présence ou preuves d’« intégration », comme la maîtrise du français. La préférence nationale appliquée aux transferts de cerveau est même envisagée.

Les contraintes écologiques s’ajoutent aux contraintes socio-économiques. En Suisse, l’association Ecopop (Ecologie et Population) s’occupe depuis 1970 de l’impact de la démographie sur la nature et les ressources naturelles. Avec une densité moyenne de 193 habitants par kilomètre carré de la surface productive, la Suisse est un pays très densément peuplé. Ecopop a donc déposé devant les autorités une initiative en vue d’une « votation » pour limiter l’immigration. Le texte « Halte à la surpopulation » propose donc de « limiter l’immigration nette en Suisse », à un taux de 0,2 % par an. La Confédération helvétique comptait fin août quelque 1,8 million d’étrangers, pour 8 millions d’habitants au total dans le pays, soit 3 % de plus qu’en août 2011. Le texte d’Ecopop a été signé par 140 000 personnes, passant le seuil des 100 000 nécessaire pour organiser un vote populaire. Ecopop se dit humaniste, écologique et à caractère social, contre la xénophobie et le racisme. De leur côté les écologistes institutionnels en France défendent généralement une politique de migration sans frontières. Pour eux être « responsable », c’est se baser sur le « droit à la mobilité » et systématiser la protection des migrants. Or, si la protection des migrants témoigne d’une qualité morale, le droit à la mobilité sans limites ne paraît pas un bon critère quant on accorde de l’importance aux contraintes écologiques sur une Terre dont on a déjà outrepassé les limites.

Aucune terre n’est libre d’hommes depuis très longtemps. Cependant Thomas More, en 1516, croyait pouvoir encore écrire dans son livre: « Quand il y a dans une ville plus de monde qu’elle ne peut et qu’elle ne doit en contenir, l’excédent comble les vides des cités moins peuplées. Enfin, si l’Ile entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, ou les indigènes ont plus de terrain qu’ils n’en cultivent » Sur ce point, Malthus était à la fin du XVIIIe siècle bien plus perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. » (…) « Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. » Notons que les contemporains de Malthus, Adam Smith et Ricardo, constataient qu’à leur époque il y avait immobilité des facteurs de production : ce ne sont pas les travailleurs qui traversent les frontières. Ils militaient seulement pour le libre échange des marchandises.

Sur une terre pleinement occupée par les hommes depuis longtemps, la conquête des territoires extérieurs a été de tous temps une abomination. L’invasion par des nations dominantes a été une succession de massacres et d’atrocités, ainsi du colonialisme européen en Amérique du sud ou du nord, en Inde et ailleurs. La recherche constante de l’espace vital, le Lebensraum des nazis, a toujours été facteur de discriminations, de guerres et même de génocides. Comme l’exprime André Lebeau, « Le découpage de l’espace terrestre en territoires nationaux est achevé. A l’enfermement planétaire qui pèse sur l’humanité s’ajoute un confinement territorial qui fait de la notion d’expansion un synonyme de guerre de conquête (L’enfermement planétaire d’André Lebeau – Gallimard, 2008) »

NB : les analyses de cet article sont issues principalement du chapitre « La problématique des migrations sur une planète close et saturée » du livre « Moins nombreux, plus heureux, l‘urgence écologique de repense la démographie » (2014)

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Décroissance économique ET démographique

Un parti écolo devrait mettre en avant cette formulation : l’impact démographique et l’impact économique sur les écosystèmes sont en interrelations. Ce n’esr pas une évidence pour tous, d’où cet échange entre un écosocialiste (Benoît) et un malthusien (Biosphere) :

Benoît : la population de l’Afrique subsaharienne connaît les plus forts taux de fertilité, mais l’Afrique ne représente que 2,73% des émissions annuelles de CO2 »

Biosphere : ces deux constats montre que niveau de vie et composante démographique sont les deux facette d’une même problématique. Cela veut dire en simplifiant que les pays du Sud doivent surtout apprendre à maîtriser leur fécondité et que les pays du Nord doivent surtout apprendre la sobriété partagée.

Benoît : « Les pressions sur les ressources sont extrêmement différentes selon les sociétés ». 

Biosphere :  Si on rentre dans des considérations spécifiquement françaises, cela veut dire que la France doit éliminer ses politiques de soutien indifférencié au pouvoir d’achat et ses politiques natalistes à usage interne pour être un exemple de ce qu’il faudrait faire avant de vouloir donner des leçons aux autres.

Benoît : « Nous sommes tous d’accord sur le constat de la surconsommation des ressources offertes par notre planète, des écocides causés par les activités humaines destructrices de la nature et de l’impossibilité d’une croissance illimitée dans un monde fini. Mais je ne suis absolument pas convaincu par le fait que nous soyons sur une planète « saturée » d’humains ».

Biosphere :  Pourtant toutes les études scientifiques confirment le fait de dépassement. Cela va du GIEC et de son constat du réchauffement climatique à la mesure de l’empreinte écologique qui montre qui nous puisons dans le capital naturel et que nous vivons pas simplement des intérêts de ce capital. Sans parler de l’extinction des espèces qui est aussi bien documentée, de la déplétion pétrolière qui est inéluctable, du stress hydrique qui ne fait que croître et de la famine dans le monde dont s’inquiète le PAM (programme alimentaire mondial des nations unies). Nous pourrions ajouter bien d’autres signes de saturation de la planète vu le poids des humains en nombre ET en impacts économiques.

Benoît : « c’est à mon sens une erreur manifeste de lier surexploitation de la planète à un problème démographique ».

Biosphere : Jamais sur ce blog nous avons fait l’erreur de lier la surexploitation de la planète au seul problème démographique. Nous avons toujours rappelé (entre autres) les équations IPAT et Kaya qui montrent que la démographie n’est qu’un multiplicateur des menaces. Par contre d’autres personnes, nombreuses dans ce qu’on appelle l’écosocialisme, font l’erreur manifeste de lier la surexploitation de la planète au seul problème économique.

Benoît : « Un parti écolo doit débattre dans le cadre d’un certain nombre de valeurs. »

Biosphere : L’ensemble des coopérateurs/ trices et des adhérent/es d‘EELV déclare constitutive de leur engagement l’adhésion aux valeurs et aux principes suivants de la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : « 1) La responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures… » Ce principe porte donc à réflexion sur la capacité de charge de chaque pays ainsi que de la planète entière dans la perspective d’une gestion du long terme. Comme tout n’est pas possible (il y a toujours des limites), le social est surdéterminé par nos possibilités socio-économiques locales ou nationales (ressources énergétiques et minières, potentiel agricole, niveau du chômage, vieillissement de la population, etc.), en clair par les conditions matérielles d’existence. En d’autres termes, nous en revenons à l’obligation pour ceux qui se disent écolos de définir quelles sont les limites (c’est l’écologique) tout en faisant attention à l’acceptabilité des mesures prises (c’est le social).

Benoît : «  Je suis personnellement assez perturbé par les échanges suscités par la question démographique ».

Biosphere : C’est normal, quand on entend un point de vue qui remet en question ses habitudes mentales, on hésite entre l’indifférence au problème, le déni, la critique et l’acceptation. Cela cause un trouble, une contradiction interne, mais c’est à chacun de résoudre ce qu’on appelle une dissonance cognitive.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Définition de l’expression « néo-malthusien »

L’expression « néo-malthusien » est trop souvent détournée de son sens premier pour en faire une repoussoir. Il faut bien distinguer la position de Malthus début XIXe siècle de ceux qui se revendiquent de lui à la fin du siècle, les néo-malthusiens, partisan de la contraception et de la libération de la femme. Né en Angleterre au XIXe siècle, le combat néo-malthusien (Birth Control (BC) – contrôle des naissances) est mené surtout par des féministes. La Hollande possède sa Ligue néo-malthusienne dès 1882. En Angleterre le mouvement est conduit par Marie Stopes qui fonde en 1921 les Cliniques maternelles pour un BC constructif ; une multitude d’autres suivront, comme les Centres de bien-être féminin fondés par la Ligue malthusienne d’Annie Besant. En 1926 la Chambre des Lords autorise l’enseignement du BC. En U.R.S.S., le néo-malthusianisme reçoit un encouragement officiel en 1923. Aux Etats-Unis Margaret Sanger fonde en 1914 la revue La femme rebelle prônant l’émancipation de la femme et le contrôle des naissances. En 1916 elle ouvre la première clinique de BC des USA. La Ligue américaine de BC est fondée en 1921.  En France ce courant de pensée peut être résumé par l’action de Paul Robin, une personne que les féministes devraient considérer comme un des précurseurs de l’égalité entre l’homme et la femme.

Le repopulateur Jacques Bertillon fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française en 1896. La même année, le néo-malthusien Paul Robin fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». Elle se propose de « répandre les notions exactes de science physiologique et sociale permettant aux parents d’apprécier les cas où ils devront se montrer prudents quant au nombre de leurs enfants, et assurant, sous ce rapport, leur liberté et surtout celle de la femme ». Paul Robin est aussi connu comme l’un des fondateurs de la pédagogie moderne. La nouveauté réside dans la coéducation des sexes, avec mixité et enseignement identique aux filles et aux garçons. Il va montrer qu’il y a une réelle convergence entre l’éducation et l’émancipation sociale des plus défavorisés, en particulier les femmes. Cela passe obligatoirement par le contrôle de la natalité, car seul un enfant désiré et élevé dans des conditions matérielles et morales suffisantes peut devenir un homme libre et responsable. Paul Robin introduit aussi la notion de plaisir féminin, la sexualité ne devant plus demeurer une jouissance uniquement masculine. En 1902, sa rencontre avec Eugène et Jeanne Humbert, qui prennent en main l’organisation matérielle de la Ligue, apporte une impulsion nouvelle à son militantisme : une équipe d’orateurs brillants et populaires multiplie les conférences publiques. En définitive, plus portés par des individus que par des forces sociales, les néo-malthusiens ont été peu entendus. L’absence d’unité du mouvement le rend fragile face à une opposition des milieux conservateurs et cléricaux plus solides et moins divisés. Même les théoriciens anarchistes de l’époque ont condamné et combattu sa doctrine, seuls les pédagogues libertaires sympathisent.

L’arrivée de la première guerre mondiale met le mouvement en veilleuse, la propagande antinataliste est alors considérée comme une trahison. La loi répressive de 1920 mettra un terme aux mouvements néo-malthusiens. Toute propagande anticonceptionnelle est interdite. Le crime d’avortement est passible de la cour d’Assises. Il faudra attendre les années 1970 en France pour que contraception et avortement aient droit de cité. Le néo-malthusianisme a préparé l’émergence du féminisme. Le Planning familial, le Mouvement de libération des femmes  (MLF) et le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) doivent beaucoup à un homme, Paul Robin.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Vers une dépopulation mondiale en 2047 ?

Croyant que l’importance des nombres qu’il manipule donne à sa fonction un surcroît de noblesse, le démographe aime les milliards d’êtres humains et vénère le développement économique. A ses yeux, rien de plus majestueux qu’une courbe qui s’envole, pourquoi s’inquiéter, la hausse du niveau de vie entraînant automatiquement la baisse de fécondité. Contre la pensée unique, je suis devenu personnellement démographe, fidèle au message malthusien : l’infinie multiplication des hommes, face à des ressources de plus en plus réduites, mène obligatoirement au désastre : famine, guerres et épidémies. Pour moi c’est une évidence, le pullulement humain est terrifiant, rend esclave les humains, épuise la planète, réduit la biodiversité, pollue les sols et le climat… comment est-ce possible de penser autrement ? Pourtant dans cette profession, je fus longtemps le mouton noir, celui qui craint la meute et l’esprit corporatif, qui cultive la réflexion et maudit la spécialisation des spécialistes. J’étais un réaliste de la prévision écologique, ils répétaient la vulgate traditionnelle : il n’y a force ni puissance que par le nombre d’hommes.

Mais au cours des années 2020, l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle est devenu perceptible par le citoyen de base. Le rapport sur les limites de la croissance de 1972 était enfin reconnu pour ce qu’il était, une vision prémonitoire. Celui qui croit qu’une croissance exponentielle est possible dans un monde fini ne peut qu’être un fou ou un démographe ! Les chiffres parlent. Avec une population mondiale qui s’accroît encore de 1 % chaque année, c’est un doublement tous les 70 ans qui porte maintenant sur des milliards de personnes : 8 milliards en 2020, 16 milliards en 2090, 32 milliards en 2160 . C’est intenable, ingérable, démentiel. Les jeunes ont commencé à faire des grèves scolaires pour le climat, des mouvements comme Extinction Rebellion multipliaient les actions radicales au niveau mondial, l’inquiétude des urbains coupés des ressources vitales se transforme en fatalisme ou en idée survivaliste.

Heureusement les politiques, bousculés par une opinion publique effrayée par les pénuries, les canicules et les virus, ont retourné leur veste en 2047 et suivi le courant dominant : haro sur le pseudo progrès, halte à la croissance économique, programmation de la dépopulation. Le mythe nataliste s’effondrait brutalement. Les démographes de la transition démographique mangèrent leur chapeau, je prenais ma revanche. D’autant plus que la prise de conscience n’était pas franco-française, elle était mondiale. Car la planète était à feu et à sang, chacun se battait pour quelques gouttes de pétrole, les Gilets jaunes comme les grandes puissances. Tempêtes et inondations parcouraient l’ensemble de la Terre alors que les dernières forêts partaient en fumée. L’ONU s’est réuni en urgence le 4 novembre, la défense aveugle des intérêts nationaux ne devait plus avoir cours.

J’étais un spécialiste reconnu de la pensée malthusienne, l’association « Démographie responsable » que je soutenais était entré en synergie avec tous les dénatalistes de la planète ; notre slogan « Moins nombreux, plus heureux » était devenu culte pour une fraction croissante de la population. Je pris donc la direction du Centre International de régulation démographique (CIRD) récemment créé avec pour mission de préciser les mesures à prendre… Bien cher lecteur, à toi maintenant d’écrire (en commentaire) la suite de cette histoire…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Faut-il se faire vacciner… ou pas ?

Fiabilité des vaccins contre le SARS-CoV-2 ? Les Phases des essais cliniques sont faits sur des groupes de personnes volontaires de faibles nombres ( quelques dizaines ) en phase 2. La phase 3 évalue l’efficacité et les effets secondaires sur des groupes de l’ordre de 1000 personnes ( peut-être plus pour les vaccins). La phase 3 détermine la mise sur le marché du vaccin mais ne donne pas la libération de mise sur le marché définitive. Cette libération est conditionnée par l’étude de phase 4 sur des groupes de 10 000 à 100 000 personnes ou plus. C’est pourquoi les vaccins actuels ne seront fait qu’après consentement du patient comme pour toute étude clinique.

Actuellement au 23 décembre 2020, aucun vaccin covid n’a complété la phase 4. Au contraire, elle ne fait que commencer. De plus le vaccin à ARN est nouveau et n’a jamais été utilisé. Problèmes potentiels ? Multiples car non connu. Tous ceux d’un vaccin normal plus ceux spécifiques à l’ARN : non reconnaissance de l’ARN comme molécule étrangère (antigène), confusion avec des ARN propre à la cellule, réaction exagérée provoquant la destruction de la cellule contaminée et des autres cellules non contaminées, etc. Précisons que la mortalité de la covid-19 n’est que de moins de 0,1%, mais 20% pour les personnes de plus de 80 ans. Si vous souhaitez faire avancer la connaissance médicale, participez aux vaccinations, mais en toute connaissance de cause.

13 novembre 2020, Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

Extraits : L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires…

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

extraits : La vaccination est d’abord un frein à la sélection naturelle. Homo sapiens est une espèce biologique née de cette sélection naturelle. C’est pour cela que nous ne sommons pas restés des singes. Selon la thèse de Darwin, une partie seulement des naissances atteignent l’âge de la reproduction car seuls les mieux adaptés résistent. Mais grâce à ses capacités cérébrales, l’être humain sait outrepasser les barrages qui pourraient limiter son expansion démographique….

Jane Goodall, virus et surpopulation

Jane Goodall : « Cette pandémie a contraint les industries à fermer dans de nombreuses régions du monde. En conséquence, de nombreuses personnes ont découvert pour la première fois le plaisir de respirer un air sain et de voir le ciel étoilé la nuit. Mon espoir est qu’une compréhension de ce que le monde devrait être, accompagné de la prise de conscience que la pandémie actuelle est liée à notre manque de respect pour le monde naturel, encouragera les entreprises et les gouvernements à allouer plus de ressources au développement d’une énergie propre et renouvelable, à l’atténuation de la pauvreté et à aider les personnes à trouver des alternatives pour gagner leur vie sans que cela n’implique d’exploiter la nature ou les animaux… Faites que nous prenions conscience que nous faisons partie du monde naturel et que nous dépendons de lui pour notre nourriture, notre eau et notre air. Faites que nous reconnaissions que la santé des personnes, les animaux et l’environnement sont connectés. Faites que nous soyons respectueux des autres, mais aussi de tous les animaux sensibles et de la nature. Dans l’intérêt du bien-être de nos enfants et des leurs, et pour la santé de cette magnifique planète Terre, notre seule demeure. »

Les commentateurs sur lemonde.fr se déchaînent, principalement pour accuser Jane de ne pas considérer la surpopulation humaine, ce qui est un contre-sens quand on connaît cette personne (Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine selon Jane Goodall).

Jurgen : Ne pas oublier la surpopulation……

JP Hell : Pas un mot sur la surpopulation… à quatre milliards d’être humains, nous pourrions facilement nous faire une vie très confortable et sécurisée dans un Eden pour tous… A sept milliards, la même vie hédoniste devient un enfer pour tous parce que les ressources nécessaires ne sont pas disponibles en quantité suffisante. A quand un effort de limitation des naissances pour baisser tranquillement le nombre d’humains en deux ou trois générations, en arrêtant de croître et de nous multiplier ? Quant à « (…) certains chimpanzés valent bien des humains », je crains d’être tout à fait d’accord avec elle.

MICHEL SOURROUILLE : Contrairement à ce qu’écrivent de nombreux commentateurs, Jane Goodall n’ignore pas la menace démographique, elle l’avait clairement exprimé lors d’une tribune précédente : « Il est impératif de réduire le taux de croissance démographique. Il est tout à fait absurde de penser qu’il peut y avoir une croissance économique illimitée dans un monde aux ressources naturelles limitées. Même le pape François nous dit que ce n’est pas parce que nous avons la capacité de nous reproduire comme des lapins que nous sommes obligés de le faire ! » (LE MONDE idées du 5 janvier 2019). On ne peut accuser personne de ne pas tout dire dans un seul discours… De toute façon la surpopulation est en lien étroit avec notre relation à la nature, il suffit de voir en cette période de confinement que notre surnombre nous oblige pour la plupart d’entre nous de vivre dans des villes où nous ne connaissons des arbres et des animaux que ce qu’on observe depuis notre trottoir goudronné !

Bang : La population mondiale a doublé en 40 ans et continue de croître. N’est-ce pas là la source de tous nos problèmes. Voulons nous que nos enfants mangent des insectes dans des mégalopoles où vivent des millions d’individus?

GERONIMO : STOP aux collapsologues ! En quoi manger du pangolin ou de la soupe de chauve-souris depuis des millénaires affecte la planète ? En quoi la Grande Peste du XIVème siècle était-elle liée à notre « rapport au vivant » (sic)? Et si cette dame veut VRAIMENT proposer quelque chose d’utile, qu’elle fasse en sorte que la démographie massive baisse en Afrique et en Asie du Sud-Est.

Gerard75 : Nous ne mangeons presque plus de gibier ce n’est donc plus vraiment le problème de santé publique. En revanche nous sommes de plus en plus entassés et nous prenons des transports en commun à haut risque. Que conclure ? Probablement que la densification humaine est le nœud du problème, pas la « gastronomie » chinoise. La solution est donc dans une décompression des humains. Quand la goutte d’eau fait déborder le verre, ce qui est important c’est le verre plein, pas la goutte.

Bullocrate : Un grand penseur a dit: « Comment faire pour enrichir le pays ? – Mettez la pilule en vente dans les monoprix… » Pour le monde c’est pareil. Une pilule et trois masques par jour pendant un an.

Citoyen étonné : Savez-vous au moins que les épidémies humaines sont apparues avec l’agriculture? Et oui, c’est le regroupement des humains qui a favorisé les épidémies ! C’est quoi le projet ?Bouffer du sable dans le désert à moins d’un humain par km 2 ? Parce que si le projet est de ramener la population, humaine à moins d’un milliard de personnes, cap franchi au début du XIXème, on peut aussi bien laisser une épidémie le faire non?

Stépanov : Bref, au vu de notre démesure, nous sommes définitivement trop nombreux…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

« The Human Tide » (la marée humaine)

Dans « The Human Tide » (la marée humaine), le britannique Paul Morland se veut anti-malthusien : « Thomas Malthus, avec son Essai sur le principe de la population (1798), explique que toute croissance démographique débouche sur une pénurie de nourriture. Mais la révolution industrielle a changé tout ça, permettant d’échapper à ce « piège malthusien ». Avec les exportations et les importations, la société anglaise a été la première à réussir, de manière massive, à dissocier la taille de son territoire et sa capacité à nourrir sa population, échappant aux contraintes physiques que venait d’identifier Malthus. L’Angleterre est devenue l’atelier du monde. De 1700 au début de la Première Guerre mondiale, la population britannique est passée de la moitié de celle de la France à environ 15 % de plus. Et l’explosion de sa population lui a aussi permis de peupler son empire. Malthus s’est totalement trompé. D’un côté, nous avons réussi à doper les rendements de la planète, en introduisant des bateaux ou le train, et en développant la technologie agricole. Les « limites naturelles » théorisées par Malthus ont ainsi été abolies grâce à l’inventivité humaine qui a multiplié et globalisé les ressources. Et d’un autre côté, nous avons réduit les taux de fécondité, en dissociant la sexualité de la reproduction. Les taux baissent partout, même au Yémen ou en Afghanistan. Un État comme le Rwanda a fait des progrès matériels indéniables. Le Nigeria aussi. Avec plus de personnes éduquées, qui ont un accès Internet, on sera bien meilleur pour trouver des solutions. Que les gens en Italie ou en Suède arrêtent de faire des enfants n’est en tout cas pas le remède… Je suis optimiste : la technologie nous aidera à alimenter 11 milliards de personnes, ce qui sera le pic avant un déclin inéluctable. »

Quelques réactions justifiées :

Quelle bêtise : La technologie améliore un peu les rendements, mais ne fournit jamais aucune des ressources fossiles nécessaires qui, toutes, sont en raréfaction inéluctable. Croire que la technologie pourra outrepasser les lois de la thermodynamique relève du délire.

Arrêtons les dégâts : Sa foi technologique confine à une véritable religion. On pourra nourrir facilement 11 milliards d’individus ! Quelle merveille. Pas un mot sur la destruction déjà bien entamée de toutes les autres espèces animales et végétales qui disparaîtront totalement avec 11 milliards d’habitants. Dans quel enfer vivra toute cette population se marchant sur les pieds !

Folie Scientiste : Paul Morland est un chercheur en… démographie ! Il ne connaît pas grand-chose à l’écologie, encore moins en biologie et sans doute très peu en technologie. Sa foi dans la science tient plus de l’idée religieuse que d’une connaissance effective de la nature des choses. Avec 7 milliards d’humains, la biosphère entre déjà en dévastation ; avec 11 milliards il n’en restera plus rien.

C’est ça… : Quand on en sera à s’entre-tuer pour une flaque d’eau même pas potable, on m’expliquera ce que la « technologie » fera pour nous. Mais bon, si c’est un « chercheur » qui le dit…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Serge Latouche et la question démographique

Serge Latouche : Le mouvement de la décroissance est né comme protestation contre l’imposture du développement durable, cet oxymore qui mettait tout le monde d’accord en noyant la contradiction entre la croissance et les limites de la planète. Il convenait de dénoncer en premier lieu l’illimitation du paradigme économique dans le productivisme et le consumérisme. La crise écologique vient d’abord de cette illimitation. L’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance est seconde. On ne s’attaque pas assez à l’instrumentalisation faite de Malthus par ceux qui comme le Medef, ne veulent entendre parler que de décroissance démographique pour ne pas avoir à remettre en cause la société de croissance. Le problème, c’est d’abord qu’il y a trop d’autos, plutôt que trop d’hommes (même si chaque auto suppose un automobiliste…), que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…).

Biosphere : Cette logique argumentative est incompréhensible, il est affirmé sans preuve que la démographie est seconde pour en tirer la conclusion que la démographie est en effet seconde. Serge Latouche faisait la même figure rhétorique dans son « Que sais-je ? » sur la décroissance, l’affirmation valant démonstration d’une hiérarchie entre aspect économique (surconsommation) et aspect démographique (surpopulation). Or dans l’équation IPAT ou Kaya, il ne peut y avoir hiérarchie, tous les déterminants de l’équation sont des multiples les uns des autres. Une analyse complémentaire montre qu’il s’agit souvent de causalité circulaire entre deux phénomènes, du type « on est pauvre, donc on fait beaucoup d’enfants, donc on reste pauvre, donc, etc ». Du point de vue écologique, plutôt que l’idée de causalités multiples qui fragmentent le réel, mieux vaut la conception d’interrelations, le fait que d’un point de vue systémique les besoins ressentis par une personne sont étroitement reliés au nombre de personnes concernées, ce qui fait comme conséquence globale aujourd’hui à la fois la surconsommation ET la surpopulation. Comme l’exprime Serge Latouche en aparté, « chaque auto suppose un automobiliste »… mais il n’en tire pas la conséquence première !

D’autre part dans ses propos, on part d’une déconsidération du discours adverse, faisant ainsi un procès d’intention : « l’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux (le Medef entre autres) qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance ». Cela fait penser à cette autre fin de non recevoir courante, quand le message déplaît, on tue le messager pour ne pas l’écouter. En d’autres termes, puisque les malthusiens sont des méchants qui veulent ignorer la dimension économique, ils ne peuvent qu’être écartés. Or tous les malthusiens sérieux, Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Gras, Alain Hervé, Didier Barthès, etc, envisagent à la fois décroissance démographique ET décroissance économique ; ils ont d’ailleurs participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux ». Par contre des décroissants du type Vincent Cheynet (rédacteur en chef du mensuel La Décroissance) ne parlent que de décroissance économique et se refusent absolument à envisager la décroissance démographique. On pourrait donc retourner facilement cet argument : puisque ces gens-là ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause la fécondité humaine, alors leur point de vue ne peut qu’être second et nous pourrions alors affirmer que la décroissance démographique est première. Pourtant nous n’allons pas en tirer cette conclusion ; le discours de Cheynet, Clémentin ou Wittmann du genre « Tenir des propos malthusianistes permet simplement de refuser de changer notre mode de vie », ne vaut pas condamnation de tous les décroissants dont les points de vue sont multiples et souvent contradictoires.

Serge Latouche : Les spécialistes soulignent que jusqu’à maintenant le problème ne vient pas tant d’une insuffisance de la production, que du mode de répartition. Selon les statistiques, le gaspillage incroyable des riches pourrait nourrir à suffisance tous les affamés. Techniquement, si l’on en croit, l’agronome, Marc Dufumier, et l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, l’agriculture biologique et la permaculture permettraient de nourrir les 10 ou 12 Milliards d’individus attendus pour la fin du siècle, ce que ne pourrait faire l’agriculture productiviste basée sur le pétrole.

Biosphere : L’agronome Marc Dufumier est obsédé par sa spécialisation, l’agriculture, il ne peut comprendre que l’alimentation et la population sont les deux faces d’une même médaille. Il dit : «  Pas d’inquiétude, on peut largement nourrir 10 milliards de personnes avec une agriculture intelligente et durable. Si aujourd’hui 820 millions de personnes ont faim, et si un milliard souffrent de carences alimentaires, cela n’a rien à voir avec un manque de nourriture, mais avec les écarts de revenus. Pour nourrir convenablement une personne, il faut environ 200 kilos de céréales (ou équivalents) par an. La production mondiale est d’environ 330 kilos aujourd’hui. Cherchez l’erreur… Si des pauvres des favelas brésiliennes ont faim, c’est parce que le pays exporte son maïs et son soja vers les pays occidentaux pour nourrir nos cochons ou pour fabriquer des agrocarburants et donner à boire à nos voitures. En réduisant la viande, ce sont autant de terres agricoles destinées à l’élevage qui deviennent disponibles pour nourrir des êtres humains. » On arrête de manger de la viande et on peut nourrir 10 milliards d’humains ! On partage un peu plus et on peut nourrir 20 milliards !! On… et on peut nourrir… X milliards !!! Quel est l’intérêt de nous multiplier ? Marc Dufumier ne voit-il pas que c’est une course sans fin entre prolifération humaine et déperdition des possibilités nourricières de la terre. Il faut en effet considérer que l’agriculture intensive, course aux rendement, engrais, irrigation ont abouti à un affaiblissement considérable de la productivité : on ne peut lutter indéfiniment contre la loi des rendements décroissants des sols comme l’avait déjà signalé Malthus en 1798. De plus, si on ne s’attaque pas au problème démographique et à la regrettable nécessité d’étendre notre emprise spatiale agricole pour nourrir toujours plus d’humains, nous laisserons encore moins de place au reste des êtres vivants. Il est urgent de rappeler que cette planète n’est pas peuplée uniquement par des humains, nous devons apprendre à laisser de la place à la nature sauvage et à la biodiversité. A force de se centrer sur l’espoir d’une agricultrice « verte », ce qui ne change d’ailleurs rien à l’industrialisation forcée des paysans et à leur exode, on aura ce que Malthus craignait, la famine, les guerres, les épidémies… déjà présentes dans bien des parties du monde.

Serge Latouche : Toutefois, si tout est discutable dans le détail, l’ensemble du malthusianisme n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple est incontournable. Ma position correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance est que, si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population. La question démographique est seconde en théorie, mais cela ne signifie pas qu’en pratique elle soit secondaire. Loin de là. Même si les Burkinabés produisent peu et consomment peu, leur multiplication pose problème : la disponibilité en terre, la déforestation, la pression foncière dans les centres urbains, la dégradation des infrastructures, etc. et finalement la diminution de la qualité de vie pour eux et pour les autres, s’ils émigrent à l’étranger.

Biosphere : Latouche exprimait lui-même dans sa  parenthèse sa propre contraction : « Le problème, c’est que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…). » Où est la limite, où se trouve la capacité de charge de la planète et de chaque territoire ? Le calcul de l’empreinte écologique montre que nous avons déjà dépassé la limite, c’est le jour du dépassement… On ne peut qu’être en accord avec lui, la loi de Malthus ne pourra être que vérifié dans les faits.

Serge Latouche : La question démographique doit être prise très au sérieux, mais en évitant de dramatiser à outrance. En dépit des menaces de toutes natures, ni la solution écologique, ni la solution à la surpopulation ne peuvent se mettre en place du jour au lendemain et encore moins par oukase.

Biosphere : A force de dédramatiser, on accroît les menaces puisque cela incite à ne pas faire grand chose. De toute façon nous sommes d’accord : il est aussi difficile de lutter contre la consommation que de maîtriser la fécondité humaine. Sans compter que la technostructure nous impose de plus en plus des mécanismes énergétiquement coûteux et voués à l’obsolescence accélérée. Bientôt le choc pétrolier ultime, bien avant la forte montée des eaux ? En attendant, pratiquons la sobriété volontaire, faisons moins de gosses et évitons Internet…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)