démographie

quelques politiques nationales malthusiennes

A quel moment, au juste, une politique démographique mérite-t-elle d’être qualifiée de contraignante. L’idée de contrainte nous rend trouillards. Souvenons-nous pourtant que pendant des siècles, les gouvernements et les églises ont bel et bien contraint les gens à avoir davantage d’enfants.

– La population mexicaine augmentait si vite que le gouvernement mexicain s’opposa en 1975 à l’Eglise catholique pour lancer un programme de planification familiale. Bientôt on vit des ânes grimper les routes de montagne et traverser les canyons, leurs sacoches remplies de préservatifs et de pilules contraceptives. Sans oublier les vaccins contre la polio, la diphtérie, le tétanos… Les femmes acceptaient de prendre la pilule pour éviter de tomber enceinte à condition que leurs enfants soient vaccinés contre les maladies mortelles.

– En décembre 1979, Song et Jiang présentèrent leurs recherches au symposium national chinois de la théorie des populations. S’appuyant sur le rapport du club de Rome, Jiang avait cherché des parallèles et découvert que la Chine possédait significativement moins d’eau, de forêts et de métaux par habitant que la plus grande partie des autres pays du monde. Song avait calculé de son côté, en se focalisant sur la capacité de production alimentaire et l’équilibre écologique du pays, que la population optimale de la Chine se situait entre 650 et 700 millions de personnes. Mais elle avait déjà dépassé les 900 millions et continuait à s’accroître rapidement.

En paraissant dans le Quotidien du Peuple, le journal officiel du Comité central du PC, le sujet du contrôle des naissances sortit de sa confidentialité pour devenir un gros titre national. La politique de l’enfant unique fut officialisée en 1980 par Deng Xiaoping qui avait pris les rênes du pays.

– Quant la république des Philippines accéda à l’indépendance en 1946, elle comptait 18 millions de citoyens. Aujourd’hui les Philippins sont près de 100 millions. A Manille, les chances de renverser le cours de la fécondité ne paraissaient pas bonnes. En 2012, l’Eglise catholique attaquait encore de front les membres du Congrès qui osaient soutenir la planification familiale. Les archevêques s’exprimaient ainsi : «  la contraception, c’est la corruption… La sexualité ne doit jamais être coupée de Dieu… Ne provoquez pas l’Eglise car elle vous enterrera… » Dans les sermons, on serine aux ouailles que la contraception est une forme d’avortement – pratique illégale dans la Constitution des Philippines.

Mais fin 2012 le président Aquino contraignit le Congrès à mettre immédiatement la loi au vote, en déclarant qu’il s’agissait d’une priorité présidentielle. Il refusait de laisser la population doubler une fois de plus et risquer de mourir de faim. Contrairement aux Philippins qui voyaient leur effectif croître de 2 millions de personnes chaque année, les habitants du Vatican ne risquent pas de souffrir de la surpopulation car ils sont tous, ou presque, de sexe masculin et majoritairement célibataire. Ce qu’ils font entre les murs de leur minuscule Etat ne regarde qu’eux.

in Compte à rebours (Jusqu’où pourrons nous être trop nombreux sur terre ?) d’Alan Weisman

première édition 2013 sous le titre Countdown. Our Last, Best Hope for a future on Earth ?

Editions Flammarion 2014, 430 pages, 23,90 €

quelques politiques nationales malthusiennes Lire la suite »

No(s) limit(e)s démographiques

recension du livre collectif « No(s) Limit(es) Étudier et enseigner face aux limites planétaires« 

Ce livre, s’il reste soumis à un certain prisme anti-malthusien, pose les problèmes fondamentaux

in « deuxième partie / Identifier nos limites »

chapitre 7 / Population, consommation, développement, environnement, la quadrature du cercle

extraits :

– Les limites à la croissance ou rapport Meadows en 1972 constate que toute croissance est contrainte par la finitude des ressources terrestres. Le rapport envisage une déconnexion brutale entre économie et démographie.

– La question démographique est jugée trop sensible, elle relève d’un droit fondamental, celui de procréer.

ndlr : tout droit a des limites, même celui-là.

– La question démographique ne se résume pas à : « Combien d’habitants pouvons-nous nourrir ? », à laquelle on tente de la réduire. Il faut en ajouter une autre : « A quel prix pour l’environnement ? »

– L’humanité s’est accommodée de la croissance démographique grâce à l’intensification des pratiques agricoles et aux intrants chimiques et organiques. Or cette option est un facteur majeur de dégradation environnementale, tant du point de vue climatique écologique.

– Les agrocarburants, l’élevage du bétail et les cultures fourragères (soja, maïs) aggravent la situation.

– Les terres consacrées au bétail et à son alimentation représentaient déjà 40 % des terres émergées en 2005, ayant aussi pour conséquence une pression accrue sur les ressources en eau.

– En termes de désertification, la croissance démographique a un impact majeur et insoutenable.Si l’on peut penser que la production de nourriture est indispensable, qu’en est-il de la production de biens de consommation non indispensables ou à cycle de vie limité ?

ndlr : on ne peut donc pas éluder la question des limites planétaires et éviter le prisme malthusien, à savoir le ratio ressources/population.

– Il est couramment admis aujourd’hui que la transition démographique est à l’œuvre à l’échelle planétaire et que finalement une forme d’équilibre s’établira.

ndlr : l’opinion commune ne peut servir d’argument, la question demeure : à bientôt 10 milliards d’humains, est-ce supportable pour la planète ?

– Le ratio actif/retraité finira pas s’équilibrer de lui-même, lorsqu’une population active moins nombreuses parviendra elle-même à l’age de la retraite

ndlr : encore faut-il que les actifs soient occupés, c’est-à-dire non chômeurs… or les perspectives de l’emploi sont pessimistes.

– Invoquer la nécessité de « produire » de jeunes actifs pour maintenir l’équilibre des systèmes de retraite est une logique de « pyramide de Ponzi » – un système de spéculations remboursées par l’afflux de nouveaux entrants jusqu’à écroulement du système.

– Le remède à un taux de fécondité trop élevé tient davantage à l’émancipation des femmes, l’accès au planning familial, les grossesses choisies et non subies, toutes solutions déjà proposées lors de la conférence du Caire sur la population en 1994.

– Claude Lévi-Strauss aborde la question sous un angle original, celui de la morale. Loin de voir l’humanité comme la maîtresse absolue de la planète, il rappelle que nos droits en tant qu’espèce vivante se heurte à ceux des autre formes de vie Notre droit s’arrête là où il menace l’existence d’une autre espèce. Cette position ouvre une réflexion sur les limites démographiques justes pour un monde partagé entre toutes les autres espèces.

Introduction du livre 

« Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de la biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulées, il y a cinquante ans, nous n’avons dans la plupart des domaines ignoré la mise en garde. Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec. Nous devons prendre conscience aussi bien dans notre vie quotidienne que dans nos institutions gouvernementales que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. »

Ces mots sont issus d’un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays et publié le 13 novembre 2017 dans LE MONDE sous le titre « Bientôt il sera trop tard. »

ndlr : Ce manifeste liste les « mesures efficaces et diversifiées que l’humanité pourrait prendre pour opérer sa transition vers la durabilité », dont en particulier au niveau démographique :

« Déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital ».

No(s) limit(e)s démographiques Lire la suite »

« No Kids », une formule très ambivalente

 

article du MONDE

« Le “no kids”, en opposant le confort des adultes à la présence des enfants, diffuse une vision polarisée et réductrice de la société »

Notre commentaire

« No kids » est un objectif militant de ne pas vouloir faire d’enfants dans une société qui fait tout pour saboter l’avenir des générations futures.

Il est évident que cette tribune est le fait de natalistes qui détournent le sens de ce mouvement écolo pour sacraliser encore plus les enfants qu’ils ne le sont déjà  !

Quelques extraits de la tribune 

Formulation SNCF :« Pour garantir un maximum de confort à bord, les enfants ne sont pas acceptés. » (…) A l’heure d’une dénatalité record, ce constat mérite attention. Le désir d’enfant persiste, mais il se heurte à des conditions d’accueil qui pèsent sur les familles. On ne peut appeler à relancer la natalité sans s’interroger sur la manière dont nos sociétés rendent concrètement possible la présence des familles dans l’espace commun.

Quelques commentaires sur lemonde.fr

– Cette tribune suppose que le désir d’enfant est très présent mais que la dénatalité serait une question d’infrastructures. Or il y a d’autres critères, la crise écologique par exemple.

– Il faut préciser que le wagon sncf no kids est une offre business premium uniquement sur le paris Lyon… donc on parle vraiment d’un nombre très faible de wagons.

– La Suisse a pris le problème à l’envers en proposant des wagons jeux spécial enfants. Les enfants peuvent donc se défouler et les adultes peuvent rester au calme. Gagnant gagnant.

– Créer un sous espace sans enfants ne me choquent pas du moment où ils ont suffisamment de places dans l’espace restant. C’est plus une forme d’organisation optimisée que d’exclusion.

– L’offre de loisirs destinée aux enfants est probablement plus vaste aujourd’hui qu’à n’importe quelle autre époque (parcs de jeu, escape game, ateliers musée, club hôtel, livres, films, spectacles, jeux vidéos, etc). Les espaces réservés aux adultes sont ultra minoritaires.

– Il faudrait aussi que certains parents comprennent qu’élever des enfants ce n’est pas seulement les nourrir mais également leur enseigner la frustration.

– Ce sont les parents démissionnaires le sujet, pas les enfants.

– Au contraire de ce qui est écrit dans l’article, l’enfant est plus que jamais sacralisé dans nos sociétés. On peut avoir la mémoire courte, mais il fut un temps ou les châtiments corporels étaient autorisés à domicile ou à l’école, … Sans parler du travail des enfants bien sûr, mais il faut remonter à un peu plus loin.

– Vu le monde qui leur est laissé, les enfants ont totalement raison de vouloir pourrir l’existence d’adultes trop gâtés (et gâteux) pour qui ils devront payer toute leur vie.

« No Kids », une formule très ambivalente Lire la suite »

Moi, médecin, décide qui doit mourir ou survivre

Professeur de médecine, à la tête du Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008, Didier Sicard décrypte à sa façon les implications de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, adoptée définitivement le 15 juillet 2026 à l’Assemblée nationale.

L’interview du MONDE est intéressant par son sous-titre : « Mon expérience de médecin ». Tout est dit, je suis le sachant, vous en fin de vie êtes l’ignorant. Sicard se positionne contre la liberté individuelle. Mais ma vie m’appartient et je me fiche royalement de l’opinion de Mr Didier Sicard. qu’il la garde pour lui et qu’il ne nous impose pas ses croyances.

Didier Sicard : Mon principal reproche est que cette loi présume qu’une personne malade en fin de vie aurait la capacité d’exprimer une « volonté libre et éclairée », selon le texte, de choisir de hâter sa mort. C’est une pure fiction. Mon expérience de médecin m’a enseigné qu’il n’y a pas de moment qui anéantisse plus la liberté que celui où l’on se projette dans sa mort prochaine. On ne peut pas fonder une loi sur la liberté de la personne au moment même où elle en est le plus dépossédée. Un malade en grande détresse existentielle a d’abord besoin de ne pas être seul, d’être entendu, accompagné, aidé, et pas seulement à travers le fait qu’on lui tende ou verse un breuvage qui va l’emporter, fût-ce au nom de sa liberté.

Biosphere : Bref, il défend son steak. Mais dorénavant, la caste des médecins n’est plus la seule à décider du droit de vie ou de mort : la loi s’en mêle et, pire que tout, on peut demander l’avis du malade. Dieu n’est plus en blouse blanche et il a égaré son stéthoscope… Tant mieux.

Didier Sicard : Au-delà de l’âge, chaque personne a un destin particulier avec une espérance – ou je dirais une désespérance – de vie qui lui est propre. Celle-ci dépend de son mode de vie, de ses liens avec son entourage, de facteurs qui nécessitent d’être examinés longuement dans un dialogue soignant-soigné.

Biosphere : Sicard ne regarder pas la situation en face : dans 20 ans, des centaines de milliers de grabataires erreront dans des structures plus ou moins médicalisées avec des soignants débordés. La société ne pourra pas financer des structures d’accueil pour des grands vieillards qui coûteront toujours plus cher.

Didier Sicard : Je crains que la liberté – fictive – du malade, uniquement bordée par des critères de recevabilité de sa demande, ne finisse par prendre le pas sur une médecine responsable. Ceux dont la vocation était de soigner un patient jusqu’au bout vont être incités à considérer qu’il leur suffira de respecter le protocole de demande d’aide à mourir pour s’acquitter au mieux de leur mission de soignant aux yeux du malade.

Biosphere : Ce monsieur veut donner toute la décision au médecin pour refuser la décision du malade lui-même sur son propre corps, sur son propre vécu . Oui, en phase avancée ou terminale, un malade peut considérer que la vie n’a plus aucun intérêt que la souffrance, n’en déplaise à cet éminent docteur.

Didier Sicard : Les demandes vont émaner de personnes gravement malades, soucieuses de hâter leur mort plutôt que de souffrir ou de perdre ce qu’elles estiment être leur dignité. La mort est vue comme un échec et non comme un prolongement de la vie qui nécessite des soins.

Biosphere : A 67 ans et en bonne santé, je ne veux pas être un poids pour mes proches lorsque les difficultés arriveront. Le suicide assisté ou l’aide à mourir m’aide à vivre car je sais que j’aurais le choix. Je ne sais pas si je serai volontaire pour mourir ou si je m’accrocherai à la vie mais j’aurais le choix. Sans demander l’avis de Sicard !

Didier Sicard : La « bonne loi » sur l’aide à mourir ? Une loi qui ne soit pas celle adoptée mercredi, qui fait droit à la liberté libertaire de la personne et fi de la société dans laquelle elle vit. Une loi qui donne en toute transparence à une personne qui dit « je ne veux plus vivre » la possibilité d’être aidée à mourir, mais sans que cet accès soit accordé à l’aune de critères destinés à expertiser un droit. Il serait fondé avant tout sur l’engagement du médecin, qui devrait établir que toute solution empêchant de donner la mort à cette personne constituerait un acharnement thérapeutique.

Biosphere : Il veut donc que seul le médecin puisse dire « stop » ! Mais c’est bien la personne qui souffre, pas le médecin !!Une fois encore, c’est une défense et illustration du pouvoir médical contre le malade ( le médecin sait mieux que le malade ). Il va falloir que les médecins acceptent enfin que le malade est le décisionnaire de sa vie , que ce soit pour accepter des traitements souvent terribles, ou pour les refuser, et pour en finir vite si plus rien n’est possible.

Moi, médecin, décide qui doit mourir ou survivre Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la mortalité

Nous sommes en 2026,

mourir reste dans notre nature

31.03.2005 La peur a changé de camp

La Grèce a commandé 500 000 antiviraux contre la grippe aviaire qui sévit déjà en Asie, la fièvre mortelle de Marburg prend des proportions inquiétantes en Angola et fait trembler le reste de l’Afrique.

La Biosphère est satisfaite, les microbes et les virus commencent à se révolter contre l’élevage en batterie des animaux et des pauvres : il y a des révoltes qui devraient faire réfléchir un peu au delà de la compassion réservée à quelques évènements épisodiques et insignifiants comme l’histoire de ces deux malheureux surfeurs qui ont bien failli mourir lors d’une secousse tectonique !

25.04.2005 Marburg ou H2N2 ?

L’épidémie de fièvre hémorragique aiguë due au virus de Marburg a tué récemment 239 personnes sur les 266 Angolais contaminés, soit 9 sur 10 ; il est donc redoutable. Un échantillon du virus de la grippe de 1957, le H2N2 qui a fait cinq millions de morts à l’époque, a été récemment envoyé à 3 747 labos de 18 pays différents ; erreur humaine vite réparée par une destruction dès réception.

Mais de tels évènements redonnent espoir à la Biosphère : un jour ou l’autre, un virus très contagieux s’échappera bien de l’Angola ou des éprouvettes des bio-analystes pour éliminer un peu (beaucoup, abondamment…) du surplus de la démographie humaine…

30.04.2005 Un kit euthanasie

Il y a parfois une bonne nouvelle : un kit contenant les produits nécessaires pour abréger la vie a été mis en vente par les pharmacies de Belgique, cette mort douce étant légalisée depuis une loi de 2002. La mauvais nouvelle, c’est que ce kit ne peut être donnée qu’aux médecins qui doivent se rendre en personne à la pharmacie.

Il y a toujours des limites à la liberté individuelle, un candidat quelconque à l’euthanasie ne peut demandera directement ce kit. Pourquoi ne légalise-t-on pas le suicide, un acte libre et volontaire ?

06.08.2005 Décroissance démographique

Si l’Afrique va presque doubler de population entre 2005 et 2050 malgré les ravages du Sida, l’Afrique du sud, très touchée par l’épidémie, risque de voir sa population décroître de 44 à 31 millions de personnes. De son côté la Russie est classée 122e dans le monde pour l’espérance de vie ; il faut dire que l’homme y est adepte du zapoï, technique spécifiquement russe qui consiste, au lieu de boire de façon étalée, à s’assommer violemment jusqu’à en tomber par terre, d’où des maladies cardio-vasculaires fréquentes. La Russie est donc passé de 148 millions d’habitants en 1989 à 143,5 millions aujourd’hui et ce malgré l’afflux d’immigrés venus des autres républiques ex-soviétiques.

La Biosphère pense qu’il vaudrait mieux éviter les abus et réguler la population par la contraception, mais si les humains restent vraiment aussi stupides, il paraît alors acceptable que les drogues et les virus deviennent les facteurs fondamentaux de la décroissance démographique humaine.

06.09.2005 Le virus H5N1

Les virus de la grippe aviaire existent sans doute depuis longtemps. Mais H5N1 a gardé des caractéristiques moléculaires stables et il est désormais omniprésent au Vietnam, en Thaïlande, en Indonésie ; il a même gagné la Russie par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs sauvages. Selon les estimations de l’OMS, on en est aujourd’hui à 150 millions d’oiseaux domestiques abattus dans le monde pour combattre cette épizootie. Depuis 1997 et l’épidémie de Hongkong, on a mpour la première fois observé que l’une des variantes avait acquis la propriété de pouvoir passer chez les humains. En 2003 les Pays-Bas ont connu en 2003 une épizootie de la variante h7N7 entraînant 89 cas de contamination humaine dont un mortel.

Ces événements font penser à ce bon docteur qui, au début des années 1950, a transmis volontairement aux lapins une épizootie, la myxomatose, pour les détruire. Des centaines de millions de lapins de garenne moururent dans toute l’Europe, mais finalement le docteur gagna le procès intenté contre lui : c’est le lapin qui fut déclaré « animal nuisible » puisqu’il fut jugé par le tribunal l’un des plus grands ennemis des récoltes. Mais n’est-ce pas l’espèce humaine qui est nuisible pour la Biosphère ?

16.09.2005 L’euthanasie en direct

La télé-réalité n’a plus de limites, elle recherche femme enceinte acceptant d’accoucher en direct mais elle se refuse encore à présenter la mort en direct, en particulier après un choix d’euthanasie. Pour Hummie Van der Tonnerkreek, le réalisateur de « Big brother », il faut en effet différencier ces deux cas : « Avoir des enfants, c’est une fête ; l’euthanasie, c’est sans doute la dernière chose que vous voudriez partager avec d’autres ». Mais ce prescripteur d’amollissement cérébral ne connaît pas grand chose à la relativité en matière sociologique. La mort pour un catholique profond est le moment d’une véritable espérance en la vie éternelle alors que faire un marmot dans un ménage allemand est souvent considéré comme une véritable calamité.

Claire Quillot expliquait son suicide programmé comme une manière de « ramener une sorte d’optimisme ». Du point de vue de la Biosphère, elle a tout à fait raison : la décroissance humaine consentie est préférable à l’explosion démographique du troisième âge. Vive l’euthanasie en direct, à mort les naissances excédentaires !

01.12.2005 Pour la liberté de mourir

– Vous savez que c’est vers votre mort que vous allez aujourd’hui ?

Oui.

– Réfléchissez bien. Encore quelques minutes et je vous donnerai la potion.

La potion magique…

– Buvez maintenant. Je vous dis bon voyage, Micheline. Adieu, Micheline. »

Ce dialogue clôt le documentaire Exit, le droit de mourir qui est diffusé sur les écrans suisses. Tantôt brûlant d’humanité, tantôt glaçant, ce film de 75 minutes plonge dans le quotidien des accompagnateurs de la section romande de l’association Exit : des bénévoles aident des malades incurables à se donner la mort. La Suisse est en effet devenue le seul pays au monde où des non-médecins peuvent pratiquer l’assistance au suicide. L’article 115 du code pénal stipule en effet qu’aider quelqu’un à mourir n’est punissable que si cette démarche obéit à des motifs égoïstes. L’association Exit compte désormais 11 000 membres de 21 à 103 ans qui auront droit en cas de besoin à une mort digne pourvu qu’ils en fassent la demande répétée et fasse preuve de discernement.

La Biosphère regrette que cette fin de vie soit réservée aux résidents suisses, tout acharnement thérapeutique dans les centres de soins palliatifs accapare des ressources pourtant de plus en plus rares.

02.12.2005 Mourir en masse de la grippe, une solution

Toute évocation de la grippe aviaire suscite un mouvement de panique : avant-hier c’était au Pays-Bas (en 2003) où 25 millions de volailles avaient succombé ou avaient du être abattu par mesure préventive, hier c’était la Thaïlande ou La Turquie, demain peut-être ce sera les États-Unis. Le pays le plus riche du monde ne disposait pourtant en octobre de doses de traitement que pour 2 % de la population seulement. Produire un vaccin n’est en effet pas assez rentable pour les laboratoires pharmaceutiques, ça n’intéresse pas les actionnaires. De plus les juges américains accordent trop d’indemnités aux victimes en cas de problème, cela n’encourage pas les décisions. De fait le système capitaliste gère les affaires de n’importe quel ordre grâce à des procédures monétaires, ce qui est carrément insuffisant : de toute façon l’efficacité de ce vaccin n’est pas assurée si la grippe aviaire arrivait à se transmettre entre humains. Une épidémie en Amérique pourrait causer de 100 mille à 2 millions de morts, les hôpitaux seraient débordés et des émeutes éclateraient un peu partout. Pas de panique, on utilisera la force en isolant les porteurs de virus et c’est l’armée qui rétablira l’ordre, comme d’habitude.

En fin de compte prenons de la distance avec les choses humaines : l’écocentrisme (pour lequel les frontières de la communauté sont élargies de manière à y inclure le sol, l’eau, les plantes et les animaux) nous rappelle que quelques milliers ou millions d’homo sapiens de moins à cause de la grippe, cela ne pourrait que soulager la Biosphère, surtout s’il s’agit d’Américains

Nos écrits en 2005 sur la mortalité Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la fécondité

Nous sommes en 2026,

vive la baisse de fécondité !

17.01.2005 L’Allemagne malthusienne

En Allemagne, le nombre de naissances a été divisé par deux en quarante ans, passant de 1,3 million naissances en 1964 à environ 700 000 en 2003. Cette baisse s’explique par la pauvreté des équipement collectifs de prise en charge (crèches, écoles maternelles), mais aussi par la difficulté de trouver le bon partenaire pour fonder une famille et/ou par la profonde crise qui secoue le monde du travail et accentue l’ampleur du chômage. On peut donc noter l’émergence d’un climat général hostile à l’enfant, et aussi aux parents qui veulent en avoir ; une vie sans enfant semble procurer plus de satisfaction qu’avec des enfants.

La Biosphère ne peut qu’être en accord avec un tel type de pensée et de comportement, la voie malthusienne est la première des solutions au désordre planétaire actuel.

16.02.2005 Famille nombreuse

La Biosphère te rappelle qu’une famille de huit enfant à espérance de vie importante comme en France signifierait à peu près un quadruplement de la population mondiale de génération en génération (soit 24 milliards d’habitants dans trente ans). Lorsque Hervé Gaymard, nommé ministre, est accusé d’habiter avec ses huit enfants un duplex à 14 000 euros par mois, ce n’est pas tellement le montant du loyer qui importe car, si ce n’est pas le ministre de l’économie qui l’occupe, ce sera quelqu’un d’autre (avec certainement moins d’enfants !). Non, ce qui saute aux yeux, c’est qu’un ministre affiche par le nombre de ses enfants ses convictions natalistes. Il faut d’ailleurs noter que sa femme n’est autre que la fille de Jérôme Lejeune, connu pour ses postions anti-IVG.

La Biosphère ne peut que condamner un tel mépris de l’équilibre futur de la planète. Si ces gens-là persistent dans leur libre choix démographique, qu’ils assument et que cette famille de dix personnes vivent avec un train de vie quatre fois moins important que la moyenne de la population. Cela les ferait réfléchir car ils s’apercevraient alors que leur liberté nataliste est illusoire, car intenable.

17.05.2005 Bonne nouvelle ?

Une chronique du journal « Le Monde » salue en ces termes la vague de nouveaux bébés français : « Voulus, adorés, conquérants, énorme rebond démographique, un rêve d’un demi-siècle de prospérité et de santé, une soif d’avenir, une envie de grandir ». Un journaliste néo-populationniste parle ainsi d’une France qui irait vers l’apothéose grâce à la fée démographie, le plus fort taux de fécondité de l’UE, 75 millions d’habitants en 2050, une France enfin plus peuplée que l’Allemagne ! Mais comment des bébés demain pourront-ils être gais quand on sait que le chômage est structurel et que, si on y ajoute les faux emplois, la population compte et comptera de 6 à 7 chômeurs véritables sans compter le poids croissant des retraités, comment pourront-ils avoir une enfance heureuse quand on sait que d’ici 2050 la plupart des ressources fossiles qui fondent notre richesse actuelle seront épuisées, comment pourront-ils vivre une adolescence confortable quand il faudrait déjà plusieurs planètes pour généraliser le niveau de vie actuel des Français.

On a beaucoup critiqué historiquement les malthusiens, il serait grand temps de condamner vertement les natalistes qui nous conduisent tout droit vers des infanticides différés (des conflits meurtriers).

21.06.2005 Plus fort que Malthus

A Madagascar, l’un des pays les plus pauvres de la planète, la paupérisation est si galopante que Médecins sans frontières, présent depuis 1987, a annoncé son retrait du pays : les pauvres sont devenus si nombreux qu’ils ne se distinguent plus du reste des citadins. La consommation d’un tord-boyaux qui sort à 70° des alambics bricolés fait des ravages, l’inflation frise les 30 % et la flambée des prix du pétrole ont laminé le pouvoir d’achat des populations au-delà du supportable. Pour les Malgaches, l’avenir se conjugue au présent, c’est les bagarres, l’alcoolisme, la résignation, la montée des sectes et des fanatismes. Les légendaires forêts ne sont plus qu’un lointain souvenir qu’on achève à la machette et les familles comptent souvent 8 ou 10 enfants. Les Malgaches sont les premiers responsables de leur misère, la population est passée en quarante ans de 5 à 17 millions de personnes, soit un rythme annuel de 3,1 %, un doublement en moins de 23 ans, soit mieux que la prédiction de Malthus d’un doublement tous les 25 ans.

Mais que les pays riches ne se réjouissent pas trop de leur fécondité normale (en dessous du seuil de reproduction), incessamment sous peu  la pétroapocalypse ne les épargnera pas : la planète finira sans doute comme Madagascar.

20.08.2005 Bébé parfait

En 2005, grâce au tri pré-implantatoire des embryons, on peut déjà éradiquer les maladies génétiques comme la mucoviscidose et éliminer les indésirables. On peut aussi envisager dans l’avenir une sélection positive en sélectionnant ou améliorant un patrimoine génétique spécifique, certains scientifiques pensent pour cela bricoler le génome. on a identifié des gènes humains inactifs comme celui qui permet chez les batraciens de faire repousser un membre coupé. Il semble avoir été inhibé au profit du gène permettant la cicatrisation rapide du moignon. Il suffirait donc de bloquer le gène de cicatrisation et de stimuler le gène de repousse pour que l’enfant acquiert un nouveau pouvoir. A cause de l’unité fondamentale du vivant, tous les mélanges sont en effet possibles, y compris avec des créatures les plus éloignées sur la chaîne de l’évolution : imaginons un bébé avec une vue aussi perçante qu’un aigle, l’odorat d’un chien de chasse et la force d’un orang-outan. Les humains peuvent corriger les « erreurs » de la nature,  mais doivent-ils le faire ? Homo sapiens est-il une étape de l’évolution qui ne demande qu’à être rectifiée ? Il y a pourtant deux problèmes principaux, celui du choix de ce qui est un « bon » gène pour les procréateurs d’une part, l’irréversibilité du processus car le descendant du bébé parfait héritera des gènes transformés d’autre part.

Pour la Biosphère la réponse est simple : laissez faire la sélection naturelle et cessez d’enfermer les humains dans leurs techniques manipulatrices.

26.08.2005 L’optimum de population

Dans le détroit de Béring, 29 rennes furent introduits en 1944 sur l’île déserte de Saint-mathieu. Des conditions de vie idéales firent grimper la population à 1300 animaux dès 1957. Les scientifiques avaient calculé que ce chiffre correspondait à l’effectif optimal pour la capacité de charge de l’île. Mais dès 1963, la population atteignit 6000 animaux pour retomber brutalement à 42 rennes en 1966 : les possibilités de l’île avaient été dépassées, les fourrages épuisés et la plupart des rennes étaient mort de faim.

Les humains ne sont pas beaucoup plus intelligents que les rennes, ils se multiplient sans souci d’un approvisionnement durable. Ils sont même beaucoup plus bêtes car ils détruisent aussi les capacités naturelles de renouvellement du capital naturel… La Biosphère devrait avoir beaucoup plus d’amis parmi les humains !

Nos écrits en 2005 sur la fécondité Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la démographie

Nous sommes en 2026

et nous sommes plus de 8 milliards !!!

22.02.2005 La Biosphère à un célèbre ethnologue : que diriez-vous de l’avenir ?

« Ne me demandez rien de ce genre. Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai aimé avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains. Ce n’est plus le mien. Et celui de demain, peuplé de 9 milliards d’hommes et de femmes, même s’il s’agit d’un pic de population, comme on nous l’assure pour nous consoler, m’interdit toute prédiction ». (Claude Lévi-strauss, 96 ans)

28.11.2005 Limitation des naissances, un passage obligé

Avec 6 milliards d’humains et bientôt 9 ou 10 en 2050 contre seulement 1,6 milliard il y a cent ans, la question de la population mondiale tient une place centrale. L’impact de l’emprise humaine accélère l’érosion des sols, épuise les nappes phréatiques, engendre des épandages de poisons, engloutit les dernières ressources non renouvelables. Aucune innovation, cultures hors sols, nouveaux modes d’irrigation ou même solution soft du type régime végétarien (qui économise les protéines animales) ne pourront véritablement inverser la tendance. Reste donc à agir sur la démographie. Certains s’excitent déjà et crient à la barbarie devant la norme de l’enfant unique en Chine. Mais il n’y a pas d’alternatives acceptables, le nombre d’enfant ne peut plus rester un choix régalien de couples plus ou moins conscients de leurs responsabilités familiales et collectives : quand tout le monde sait qu’on doit respecter la règle commune, tout devient normal, surtout la régulation des naissances.

En 1971 Paul Ehrlich écrivait la bombe P dont l’idée directrice était la suivante : pour désamorcer l’expansion de la population humaine, il faudrait une limitation stricte des naissances. C’était une actualisation des thèses malthusiennes de la fin du XVIIIe siècle, pour la Biosphère cela reste toujours d’actualité au début du XXIe !

29.11.2005 Riches et pauvres, faites moins d’enfants !

L’environnement n’est pas un sujet de prédilection pour les dirigeants de grandes entreprises, c’est ce que démontre une étude française. S’ils admettent facilement leur ignorance de ces questions, le sujet provoque visiblement chez eux un certain malaise. Pourtant les qualificatifs qu’ils utilisent pour parler de la crise écologique sont éloquents : majeur, extrêmement important, sérieux, question fondamentale, ou même catastrophe. Mais le naturel revient rapidement : « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La forêt, il y a un bon reboisement. On utilise le plus correctement ce que la planète a à nous offrir. L’eau est beaucoup moins polluée qu’il y a dix ans. L’air aussi, il y a des mesures qui sont prises ». Ils estiment aussi que le problème écologique, c’est avant tout un problème de surpopulation, mais aucun n’identifie le contrôle des naissances comme solution au problème de l’environnement. Les dirigeants, qu’ils soient d’ailleurs chefs d’entreprises ou responsables de partis, continuent à appréhender la tension économie/environnement du point de vue du profit et de l’emploi plutôt que du point de vue de l’environnement et de la démographie.

Pourtant, même si la population occidentale se stabilise, son empreinte écologique est tellement importante qu’il faudrait diviser ces populations par trois ou quatre pour maintenir un niveau de pression acceptable sur les écosystèmes « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire en maintenant le reste du monde dans la pauvreté. La Biosphère hurle alors : riches et pauvres, faites moins d’enfants !

30.11.2005 Contre la liberté de procréer

La Chine compte aujourd’hui plus de 1,3 milliard d’individus alors qu’elle avait pris les devants en prônant le modèle de l’enfant unique. En vingt ans, cette politique a permis d’éviter 300 millions de naissances, mais malheureusement elle a aussi dressé beaucoup de gens contre l’Etat. Aussi en 2002 l’Assemblée nationale populaire a voté une loi assouplissant la régulation des naissance parce que les espaces de liberté gagnent du terrain dans un pays où la croissance économique s’accompagne désormais d’une libération de l’initiative individuelle. Les couples sont donc autorisés à avoir plusieurs enfants à condition de payer une « taxe sociale de compensation », soit 600 euros. Cette somme élimine du « libre » choix les paysans et autres catégories défavorisées qui sont incapables de débourser cette taxe puisqu’elle représente trois ou quatre fois leur revenu mensuel.

La Biosphère pense que les 7000 chinoises dans l’est de la Chine qui ont été stérilisées de force par des agents du planning familial entre mars et juillet 2005 parce que les quotas démographiques avaient été dépassés représentent un meilleur exemple des politiques à suivre qu’une sélection démographique par l’argent qui laisse aux riches la possibilité de faire autant d’enfants qu’ils le désirent, et aux pauvres seulement la recherche désespérée d’une ascension sociale. En effet la capacité de charge de la planète est dépassée, les riches comme les pauvres doivent se rendre compte de gré ou de force que le droit de procréer n’est pas une liberté inaliénable… que ce soit en Chine ou ailleurs !

03.12.2005 Population minimum viable

Quel est le minimum incompressible de population pour une espèce déterminées ? Le rhinocéros noir d’Afrique comptait un million d’individus au début du XXe siècle, 10 000 en 1950 et 2600 seulement en 2001. A ce rythme, la population humaine passerait en un siècle de 6 milliards de personnes à moins de 16 millions. Une telle évolution serait-t-elle catastrophique ? La baleine franche du Pacifique compte moins de 300 individus de par la faute des chasseurs humains, l’antilope Sao la du Vietnam subsiste encore avec 200 à 2000 individus grâce à son isolement. Une espèce doit-elle avoir un minimum de représentants pour survivre ? Les chercheurs ont défini le concept de « population minimum viable » et estimé à 50 femelles l’assurance de ne pas voir l’espèce s’éteindre à moyen terme, à 500 femelles la garantie que l’espèce soit protégée à long terme : la baleine franche serait donc condamnée alors que les humains ont une marge de manœuvre immense. Le problème essentiel n’est donc pas de savoir si la Terre peut nourrir 6 ou 60 milliards d’humains, le problème est que cette espèce se répand au détriment de presque toutes les autres espèces.

La Biosphère nous incite alors à penser ainsi :

Si j’étais sage parmi les sages, je trouverais insupportable

Que nous soyons déjà plus de six milliards

Entassés dans des HLM ou parqués dans des bidonvilles,

Cloîtrés dans des résidences pour mieux se protéger

D’un monde qu’on a soi-même rendu invivable.

Si j’étais sage parmi les sages, je ne voudrais aucun enfant.

04.12.2005 Tous malthusiens !

Quand on considère qu’il faut limiter la population, on est traité avec condescendance de « malthusien ». C’est en effet l’Anglais Thomas Malthus qui a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croît selon une progression géométrique (exponentielle) très rapide alors que l’alimentation connaît une progression arithmétique (linéaire) bien plus lente. En l’absence d’obstacles, les couple peuvent en effet faire en moyenne quatre enfants par génération, ce qui fait doubler la population tous les 25 ans. Par contre l’agriculture rencontre l’obstacle des rendements décroissants : au fur et à mesure qu’on force la terre à donner davantage, elle s’épuise et les rendements supplémentaires à l’hectare sont de moins en moins grands malgré l’apport de travail ou de capital technique supplémentaire. La révolution industrielle et le progrès technique ont temporairement disqualifié cette thèse. Mais aujourd’hui Malthus a de nouveau raison, la croissance démographique mondiale a presque atteint 2 % (un doublement tous les 35 ans) et dépasse 3 % dans certains pays pauvres (doublement en 23 ans). Or aucune évolution exponentielle dans un monde fini n’est durable, on atteint très vite les limites du supportable. Même la croissance démographique zéro, avec une fécondité égale à 2,1 enfants par femme (dans un pays développé) qui assure le simple renouvellement de la population, est un mythe destructeur puisque l’humanité a déjà dépassé les capacités de charge de la planète. Alors que faites-vous ? Lors de la conférence des Nations Unies sur la population et le développement de septembre 1994, la communauté mondiale a adopté un programme d’action dont l’objectif était de stabiliser la population de notre planète entre 8 et 10 milliards d’habitants : aucun pays (à l’exception de la Chine) n’a pris cet engagement au sérieux, on a laissé faire la nature humaine.

Mais on se rend compte aujourd’hui qu’on peut de moins en moins agir sur la production alimentaire : les terres cultivables le sont maintenant dans leur presque totalité et les modes de production deviennent même dangereux : il y a une désertification des sols, l’eau commence à manquer pour l’irrigation, les pesticides s’accumulent dans la chaîne alimentaire, les ressources halieutiques voient leurs stocks diminuer… Il faudrait donc comme le voulait Malthus agir sur la fécondité humaine : la contraception pour tous et un seul enfant par couple, la Biosphère vous remercie.

Nos écrits en 2005 sur la démographie Lire la suite »

On peut presque choisir sa mort le 15 juillet

La loi instaure le 15 juillet 2026 un droit au suicide assisté ou à l’euthanasie, mais dans des conditions très encadrées, très très limitatives.

Tout a été fait pour nier la liberté individuelle de décider de sa propre mort. Les partisans de l’aide à mourir vantaient un texte « équilibré » et « sécurisé » qui apporte les garanties pour que le recours à l’aide à mourir reste une « exception ». Les détracteurs estimaient à l’inverse que les « garde-fous » prévus ne sont pas suffisants pour éviter des « dérives », ils préféraient les soins palliatifs. Le texte de loi prévoit que « le médecin s’assure » que toute personne qui demande une aide à mourir « puisse avoir accès à des soins palliatifs », « si elle le demande ».

Le texte énonce plusieurs conditions d’accès à l’aide à mourir, qui se veulent très strictes. Être majeur, de nationalité française, souffrir d’une « affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital en phase avancée ou en phase terminale », présenter une « souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection », « réfractaire aux traitements ou insupportable ». Les conditions d’éligibilité sont indissociables et doivent être toutes remplies.

Les députés ont cependant écarté le critère de l’espérance de vie du malade qui figurait dans le projet de loi initial d’Emmanuel Macron. Fixer un critère sous forme temporelle risquait surtout de rendre inéligibles à l’aide à mourir des personnes atteintes notamment de la maladie de Charcot ou d’autres pathologies neurodégénératives, qui n’induisent pas une fin de vie proche.

Pour accéder à une aide à mourir, le texte dispose que la personne qui la demande doit être « apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Son « discernement » ne doit pas être « gravement altéré ».

Le jour de l’administration du produit létal, « le médecin vérifie » que la personne maintient bien sa décision.

« En cas de pression constatée » sur le malade par le médecin pour « procéder à l’aide à mourir », il « suspend la procédure et signale sans délai les faits au procureur de la République ». Le texte dispose que le malade s’administre le produit létal, sauf s’il « n’est physiquement pas en mesure de le faire ».

Les médecins et les infirmiers qui ne souhaitent pas participer à la procédure d’aide à mourir pourront invoquer une clause de conscience.

Le point de vue des écologistes de la liberté

– S’il y a bien un thème où le référendum populaire a un sens, c’est celui de l’euthanasie. Je ne vois pas pourquoi des députés ou des sénateurs auraient le pouvoir de décider sur un sujet aussi intime et personnel que le droit de mourir.

– Rappelons que le texte ne s’appliquera qu’à ceux qui en font le choix ! Les opposants refusent un droit à autrui, ce qui est discutable sur le plan démocratique, alors que toutes les garanties sont prévues pour protéger les postulants d’éventuels abus.

– Nous sommes dans la même situation que pour l’interruption volontaire de grossesse. L’avortement est un choix personnel et personne n’y est contraint. On peut donc être contre pour soi, et ne pas s’y opposer pour autrui !

– En France il y a des discussions absurdes alors que cette pratique se fait en Suisse sans qu’il y ait de problème. Allez voir ce qui se passe dans les autres pays pour prendre exemple semble une démarche que nos députés n’arrivent pas à comprendre.

– Malheureusement, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de démence sénile ne pourront pas bénéficier de cette loi. En effet, on ne pourra toujours pas laisser d’instructions pour dire « le jour où je resterai à baver sur ma chaise, où je ne reconnaîtrai plus mes enfants, faites moi partir ». Pourtant, ce genre de souhait est exprimé de façon constante pendant des années par un grand nombre de personnes qui approchent de leur fin… On y viendra, mais grâce à nos sénateurs de droite et des présidents timorés, cela prendra encore au moins 20 ans, triste.

– Perso, je trouve cette loi encore bien trop restrictive. Mais laissez-nous donc vivre – et mourir, bon dieu de dieu et bordel de merde !!!

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Un aperçu de la future loi sur l’aide à mourir (1er juillet 2026)

Fin de vie, en finir, enfin…, peut-être ! (1er juillet 2026)

Le lobbying contre l’aide à mourir (27 juin 2026)

L’éternel retour de la fin de vie « légale » (17 février 2026)

Fin de vie, Sénat et soins palliatifs (2 février 2026)

On peut presque choisir sa mort le 15 juillet Lire la suite »

Sencébé et le tabou populationnel

D’où vient ce tabou populationnel présent dans les rapports des instances internationales qui année après année, dévoilent, chiffres à l’appui, l’épuisement des ressources, le changement climatique, les risques de famine, avec pour défi à relever une population toujours plus nombreuse à nourrir ? Prenons différents exemples particulièrement significatifs du point aveugle démographique.

Le rapport FAO 2021 intitulé État des ressources en terre et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde. Des systèmes au bord de la rupture, est ainsi composé en deux temps. Le premier constitue le diagnostic de l’état du monde sous l’angle alimentaire mais aussi environnemental. Le lien est fait entre l’augmentation de la population et la diminution de la surface agricole utile disponible par habitants (p. 7). L’accent est mis à plusieurs reprises sur la pression exercée sur le milieu (eau, sol, biodiversité) par la densité de population (p. 11) ou sur le lien direct entre croissance démographique et « diminution des ressources naturelles disponibles par habitant » (p. 50), pour reprendre le vocable onusien servant à décrire la nature.

Mais la seconde partie de l’analyse, celle des « solutions », évacue la variable démographique des solutions pour en faire une donnée exogène sur laquelle on ne peut agir. L’orientation des solutions est résumée en p. 77 : « La FAO a opté pour l’intensification durable et l’agriculture climato-intelligente pour aider ses membres à s’adapter aux futures hausses de la demande de calories et aux ressources limitées en terre et en eau ». Il s’agit là d’une étape dans l’acceptation des limites terrestres, mais quant à concevoir des limites à la population humaine mondiale, il semble que les temps ne soient pas encore venus. Et quant à l’orientation des solutions proposées, on voit que plus les limites de rupture des systèmes se rapprochent, plus les solutions adaptatives, appuyées sur la technologie le plus souvent, apparaissent comme prioritaires sur les solutions d’atténuation et de transformation de nos systèmes de vie et de pensée.

À l’occasion de son cinquième rapport en 2014, le groupe de travail III du GIEC avait publié un « résumé à l’attention des décideurs » où il était clairement établi que : « Globalement, les croissances économique et démographique continuent d’être les moteurs les plus importants de l’augmentation des émissions de CO2 dues à l’utilisation des combustibles fossiles. […] Entre 2000 et 2010, l’effet de ces deux facteurs a dépassé les réductions d’émissions obtenues grâce aux gains d’intensité énergétique du produit intérieur brut (PIB) » (p. 48). Mais, on l’a vu, dans les derniers rapports du GIEC, la démographie est éclipsée par la seule variable « consommation ».

D’un autre côté l’horizon du « progrès » suppose un « rattrapage » (urbanisation, hausse du niveau de vie, etc.) pour les pays « en voie de développement » vis-à-vis du mode de vie des pays les plus riches, ce qui est implicitement présent dans les théories de la transition démographique. On ne voit pas très bien comment une population mondiale plus nombreuse, bénéficiant du confort de mode de vie occidental, pourrait survivre sans entraîner l’effondrement du système Terre et le sien. Même si parallèlement, les 10 % les plus riches des pays anciennement industrialisés se munissent de véhicules électriques, isolent leur maison et mangent du tofu plutôt que des steaks !

La transition démographique des pays du Sud et notamment de ceux qui opèrent parallèlement leur « transition vers le développement selon les étapes de la croissance » se fait par augmentation de leur taille démographique ET par augmentation du PIB/habitant. L’émergence d’une classe moyenne en Chine, en Inde et demain en Afrique, n’est pas à regretter en soi, mais la généralisation du mode de vie urbain, industriel et fortement consommateur de produits transformés, n’augure rien de bon pour la planète et ceux, y compris humains, qui y vivent.

Léguer à sa progéniture moins nombreuse un monde moins sur-peuplé ne peut aller contre l’intérêt de ses enfants. Et il en va en matière de la procréation comme des autres libertés : elles s’arrêtent à celles des autres. Car ce choix individuel engage le devenir collectif des humains et la possibilité d’autres formes de vie. Les politiques incitatives paraissent une voie efficace et compatible avec les libertés individuelles, contrairement aux politiques coercitives (impliquant des sanctions juridiques ou financières). Des politiques incitatives « positives » en Indonésie ou à Singapour ont aidé, quels que soient leurs revenus, des ménages et plus précisément les femmes à accéder à la contraception voire la stérilisation (distribution ou opération gratuite).

Yannick Sencébé (maîtresse de conférences en sociologie à AgroSup Dijon)

pour lire l’intégralité de son texte

https://vocabulairedestransitions.fr/article-27

Sencébé et le tabou populationnel Lire la suite »

Sencébé et la transition démographique

La transition démographique désigne le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également. Entre ces deux états d’équilibre, l’inertie démographique engendre durant un certain temps une forte croissance liée à la baisse de la mortalité et au maintien d’un fort taux de natalité. Le passage entre les deux états, constaté jusqu’alors à partir des exemples européens, se fait selon le rythme du progrès en matière de médecine, de niveau de vie, d’urbanisation et d’éducation (notamment des femmes). Les effets se font d’abord ressentir sur l’espérance de vie, alors que les comportements procréatifs (avoir beaucoup d’enfants pour compenser la mortalité) évoluent plus lentement.

De ce point de vue, les spécialistes se veulent rassurant : l’indice de fécondité [2] devrait se stabiliser autour de 2,1 enfants par femme en 2050 (ONU, 2022). La prédiction, fondée sur l’histoire des sociétés européennes, n’en reste pas moins une prédiction. On rejoint là, somme toute, le postulat de linéarité du progrès qui a constitué depuis Rostow (1960) la vulgate évolutionniste de la pensée du développement : passage de sociétés traditionnelles vers des sociétés industrialisées, caractérisées par une consommation de masse. Le futur probable sinon souhaitable puisqu’il est associé à la sortie du « sous-développement » de l’ensemble des pays de la planète pose cependant question : comment une population mondiale principalement urbaine et donc concentrée dans des villes ou métropoles saura pourvoir à ses besoins en eau et en nourriture ?

Si l’on prend le cas ne serait-ce que d’un petit pays comme la France, voici quelques chiffres que l’on présente rarement : depuis 1940 la population a augmenté de 67 % tandis que le nombre d’agriculteurs diminuait de 90 %. Est-il possible d’envisager une transition agroécologique lorsque moins de 1 % de la population (659 500 équivalents temps plein soit 758 300 personnes) ont la charge de nourrir 67 millions de personnes ? Cela est possible, certes, puisque nous ne souffrons pas de famine. Mais au prix d’une intensification en intrants chimiques, en pétrole, en machines et en technologie, qui montre aujourd’hui ses limites au niveau environnemental (pollution, cancers, dégradation de la biodiversité) et agronomique (baisse des rendements, antibio-résistance, érosion des sols, etc.). Et que dire d’un modèle agricole qui subventionne largement les exportations (avec les aides européennes) alors que nous devons importer une partie de notre nourriture ?

Je questionne le terme de « transition démographique » pour le faire sortir de son statut de concept anhistorique. Il ne s’agit pas d’une loi scientifique mais d’une contingence historique. Certes, la démographie est un paquebot à forte inertie, surtout lorsqu’elle concerne des sociétés déjà considérables par leur nombre. Mais pas davantage que les modes de vie ou les infrastructures qui sont aujourd’hui à questionner à l’aune de la crise écologique.

Et il est vrai que, dans le débat sur les transitions (économique, écologique, énergétique, agro-écologique, etc.), la dimension démographique, si elle apparaît en toile de fond, fait rarement parti de l’équation des solutions. L’évolution de la population mondiale est laissée à l’appréciation d’un constat apparemment implacable, celui d’une croissance démographique avec laquelle il va falloir faire et s’adapter, au besoin en devenant entomophage ou végétalien.

Yannick Sencébé est maîtresse de conférences en sociologie à AgroSup Dijon

pour lire l’intégralité de son texte

https://vocabulairedestransitions.fr/article-27

Sencébé et la transition démographique Lire la suite »

Moins d’enfants, planète préservée ?

Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète? C’est le titre d’un livre d’Emmanuel Pont, formé à CentralSupélec et master de Sciences-Po, un livre ambigu qui flirte avec la déformation de la pensée des Malthusiens. Mais il pose au moins les problèmes.

« Le commandant Cousteau avait établi en 1992 que la population idéale de la Terre était de 600 millions de personnes si toute la population restante vivait et consommait comme un Américain moyen. D’autres études estiment qu’une population à 12 milliards d’habitants n’est pas un problème, mais tout dépend de «ce que les gens estiment être un mode de vie et un rapport à l’environnement souhaitables». L’idée de l’équation IPAT, montre que la population, le niveau de vie et le degré de technologie sont les trois leviers permettant de faire baisser notre impact environnemental. Même à supposer qu’une réduction drastique de la population mondiale soit reconnue comme une solution imparable pour préserver notre planète, les responsables politiques auraient bien du mal à mettre en œuvre des mesures permettant d’obtenir une baisse (progressive) de la quantité d’humains. « Si la France menait une politique de l’enfant unique, suggère Emmanuel Pont à titre d’exemple, il lui faudrait attendre 2100 avant que sa population soit divisée par deux. c’est beaucoup trop tard. » Même si la pollution humaine était divisée par deux, ce serait quand même très insuffisant: par exemple, pour limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius, car il faudrait diviser les émissions de dioxyde de carbone par cinq, voire par dix, d’ici à 2050. »

Le point de vue des écologistes : Cet ouvrage d’Emmanuel Pont est paradoxal. Il ne nie pas qu’il y a surpopulation, mais critique tous les moyens de le prouver, que ce soit l’équation IPAT, la capacité de charge, l’empreinte écologique, les références à Ehrlich (la bombe P) ou à Malthus (qu’il n’a pas lu). Dans sa conclusion (p.245), il récite la vulgate devenue élément de langage d’une certaine gauche anti-malthusienne  : « Il n’y a pas de bombe population dans la mesure où la population mondiale est en voie de stabilisation  » et autres poncifs : « Le débat démographique éloigne de tous les mécanismes politiques qui empêchent l’action aujourd’hui. Il pousse au contraire vers des chemins particulièrement dangereux : ceux de la déshumanisation, de l’eugénisme et de l’autoritarisme. » Comme si le planning familial ainsi que la liberté de contraception et d’avortement étaient des piliers de la dictature. L’auteur a pourtant « autant peur de la crise écologique que du glissement autoritaire et inégalitaire que l’on sent poindre partout dans le monde (p.247, dernière page du livre, dernier §) ». Or inciter à ignorer la question démographique, c’est promouvoir la catastrophe en limitant l’action individuelle et collective de maîtrise de la fécondité humaine. C’est même la fin de l’humanisme, on laisse souvent place à l’inhumanité, la face sombre des humains. Il suffit de constater que tous les systèmes totalitaires sont natalistes et brisent toute velléité de libre choix de procréation. Le souci des générations futures n’est la préoccupation ni de Bolsonaro, ni d’Erdogan, ni de Poutine, ni de Trump, ni de Xi Jinping, etc.

Affirmer que la population est un problème, ce que le terme surpopulation exprime parfaitement, n’est pas une « pente toxique extrême glissante » comme l’exprime l’auteur. Il s’agit de déterminer où est le compromis éthique (p.162 du livre). Emmanuel Pont s’appuie sur la manière de comparer l’intérêt d’exister ou de ne pas exister. Si cette valeur importe, alors il faudrait maximiser le nombre d’humains, même s’ils vivent dans la misère. C’est ce que Derek Parfit dans On What Matters (« De ce qui Importe ») appelle « conclusion répugnante ». A l’inverse de cette conception immorale, il faudrait, pour tenter de vivre le plus convivialement possible, un monde avec le moins possible d’humains, La non-existence est un problème dont personne ne souffre… mais la plupart des gens qui existent semblent clairement préférer l’inverse. Comment sortir de cette contradiction ? Par l’élaboration démocratique de compromis en matière de procréation.

Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Mais devoir choisir en matière de fécondité est aussi une énorme responsabilité car faire naître un enfant supplémentaire est un choix définitif qui va impacter une ou plusieurs générations. Ce choix n’est donc pas uniquement personnel, d’autant plus pour des raisons d’ordre écologique : le poids d’un enfant empiète directement sur les intérêts du reste de la société. Emmanuel Pont l’avoue lui-même (p.218) : « Si avoir un enfant est un poids élevé pour l’environnement, ou si une fois né il risque une vie horrible, alors ce sont bien des questions valables de questionner le droit individuel. » Une délibération collective semble nécessaire. Une conférence de citoyens sur la question serait possible. Notons que les partisans du pro-life ne s’embarrassent pas des subtilités de la vie démocratique, ils veulent imposer à toutes leur propre point de vue, l’interdiction de l’avortement.

Malgré le parti pris d’Emmanuel Pont de minimiser la portée du malthusianisme, il a cependant des instants de lucidité : « Si les connaissances scientifiques actuelles ne peuvent permettre de considérer l’effondrement comme probable, elles sont parfaitement compatibles avec sa possibilité. Ainsi le discours catastrophiste n’est pas sans mérite (236). » Il souligne le paradoxe du développement (p.144): « Une accélération du développement (des pays émergents) contribue à réduire la natalité. En revanche cette accélération augmente aussi le poids écologique ! Ce paradoxe du développement concerne toutes les mesures qui font consensus pour aider les pays pauvres à accélérer leur transition démographique : éducation, économie, santé... »

Moins d’enfants, planète préservée ? Lire la suite »

Désarmement démographique de la France

de la part d’un de nos correspondants, Martin Rott

Dans sa conférence de presse du 16 janvier 2024, le président de la république M. Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude face à la baisse de la natalité et a évoqué la nécessité de lancer un plan de réarmement démographique pour la France. Or c’est d’un désarmement démographique dont la France a besoin.

Le choix du terme  » réarmement  » est malheureux, rappelant un temps où les hommes étaient considérés comme des instruments de la puissance militaire, de la chaire à canons. Surtout en France, où dans les milieux politiques français dominait longtemps l’ idée que les défaites de 1870 et de 1940 étaient liées à l’infériorité numérique des Français vis-à-vis des Allemands, et qu’il conviendrait donc de rattraper le « retard » français au moyen d’une vigoureuse politique nataliste, qui fut finalement mise en place en 1945. La retenue verbale aurait été aussi souhaitable face à la persistance d’une perception belliqueuse de la natalité chez Poutine et autres autocrates.

Le poids du nombre

Certes l’indicateur conjoncturel de fécondité en France n’a jamais été aussi bas depuis la Seconde Guerre mondiale hormis en 1993 et 1994. Il s’établit à 1,68 enfant par femme en 2023, après 1,79 en 2022. Mais cette information a relégué au second rang le fait essentiel que la France comptait 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024. Ce nombre indique que la France n’a jamais été aussi peuplée, elle est en croissance démographique permanente depuis plus de 80 ans. Malgré un taux de fécondité en dessous du seuil du renouvellement des générations de 2,1 enfants par femme, l’augmentation est dû principalement à l’apport migratoire. Il est actuellement de 400 000 personnes par an et cela va se poursuivre du fait de la démographie mondiale.

La population mondiale, actuellement en 2024 de 8,1 milliards, croit de 80 millions par an, pour la moitié en Afrique subsaharienne. Cette augmentation démographique mondiale, conjuguée à la crise climatique et les conflits armés toujours plus nombreux augmentera inévitablement le nombre des immigrants, légaux et illégaux, en Europe et en France. La croissance de la population, qu’elle soit d’origine migratoire ou résultat de mesures pour augmenter le nombre de naissances, augmentera l’empreinte écologique en France qui dépasse déjà largement sa biocapacité, symbolisée par le jour du dépassement, en 2023 le 5 mai. A cette date le pays avait donc consommé tout ce qu’il pouvait produire annuellement de façon renouvelable et avait puisé après cette date dans les ressources de notre planète déjà largement entamées. A cet effet mécanique s’ajoute une incohérence politique : l’appel du président à augmenter la population sur le sol français ira à l’encontre de tous les objectifs par ailleurs exprimés par le gouvernement : la limitation de l’artificialisation des sols, la maîtrise des émissions de CO2, l’indépendance énergétique et alimentaire.

Pourtant, la plupart des commentateurs du jour du dépassement estiment que le déséquilibre écologique n’est pas dû au nombre d’humains, mais à une consommation individuelle excessive. Pour rétablir l’équilibre écologique, on peut effectivement agir sur la consommation/pollution moyenne par habitant : c’est la stratégie de la frugalité. Mais elle est extraordinairement difficile à mettre en place dans les pays démocratiques, comme on vient de le voir en France. En effet, qui voterait pour quelqu’un qui s’engage à réduire fortement le pouvoir d’achat, le niveau de vie ? Une autre façon de ne pas affronter la réalité démographique, est la transition énergétique. C’est un slogan, un leurre et les résolutions non contraignantes de la dernière COP à Dubaï confirment sa nature utopique. La promesse de la transition à venir, de la décarbonation de l’énergie ne résiste pas à l’examen des faits, comme vient de le démontrer encore tout récemment Jean -Baptiste Fressoz 1 .

La hiérarchie des problèmes

Évidemment, le vieillissement de la population pose des problèmes économiques et sociétaux. Même ils restent secondaires par rapport au péril écologique que doivent affronter nos sociétés. La pire des solutions serait de vouloir les résoudre par une croissance économique et démographique perpétuelle qui, dans un monde limité, n’est rien d’autre qu’une fuite en avant, un système de Ponzi qui éclatera tôt ou tard. On le sait, cette croissance ravit les acteurs économiques qui sont intéressés par toujours plus de consommateurs et de main-d’œuvre bon marché. Mais à quoi servirait la sauvegarde d’un système de retraites ou de santé au moyen d’une politique familiale nataliste si les conséquences même de cette politique conduisaient à un monde devenu invivable?

Ce n’est pas un hasard si les pays les plus pauvres du monde sont des pays à forte fécondité et à croissance démographique rapide, contrairement aux pays les plus développés dans lesquels le manque de main-d’œuvre y stimule l’innovation technologique, comme au Japon, pays riche, dont la population vieillit et diminue depuis plus 20 ans.

Le devoir d’exemplarité de la France

Comme la France pèse aujourd’hui moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effets de serre, il faut constater que l’effort français d’atténuation du changement climatique n’a qu’une incidence marginale sur le réchauffement climatique mondial. D’où la tentation pernicieuse de laisser courir les choses en France et, par voie de conséquence, d’adopter des mesures natalistes qui plaisent au public, aux médias et aux partis politiques, surtout de droite.

La meilleure façon pour la France d’ œuvrer pour la nécessaire diminution de l’empreinte écologique mondiale consiste à donner l’exemple de la sobriété climatique et démographique sur son propre sol ; il ne faut pas se comporter comme un passager clandestin de l’effort des autres. Les exhortations du président Macron, dans son discours à Ouagadougou en novembre 2017, à maîtriser la démographie africaine sonneraient fausses si la France se mettait dans la posture détestable du « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais « . Au contraire la France agirait, avec la renonciation à une politique nataliste, en conformité avec la vielle devise écologiste  » Penser globalement, agir localement »

1« Sans transition – une nouvelle histoire de l’énergie  » (Seuil 2023)

Désarmement démographique de la France Lire la suite »

La dénatalité, mouvement irréversible

La génération des femmes nées dans les années 1960 se marie mais elle a moins d’enfants que les générations précédentes ; lui succède une génération dont le taux de mariage est beaucoup plus faible et la fécondité décroissante ; et la génération née dans les années 1980 est caractérisée par un plus grand nombre de femmes sans enfants, et ce même quand elles sont mariées. C’est la sociologie de la Corée du Sud, championne du monde de la dénatalité. Les aides gouvernementales pour élever les enfants ou les dispositifs de congés parentaux ont eu  des effets très limités sur la fécondité coréenne. Bref, le « réarmement démographique » ne se décrète pas, pour peu que cette expression ait un sens.

Sébastien Lechevalier : En 2021 dans la Corée du Sud, le taux de fécondité totale (le nombre total d’enfants par femme en âge de procréer) y était de 0,81, contre 1,16 en Chine, 1,19 en Espagne, 1,25 en Italie, 1,3 au Japon, 1,58 en Allemagne. Cette situation est durable : le taux de fécondité y est inférieur à 1,3 depuis deux décennies. La situation extrême en Corée s’explique en partie par les coûts d’éducation et de logement, extrêmement élevés, mais aussi par la dégradation des conditions de stabilité d’emploi et de salaires pour une partie de la jeunesse, qui n’a plus les moyens de fonder une famille. Ce sont les femmes les moins éduquées et les femmes les plus éduquées qui ont le taux de fécondité le plus faible…

Le point de vue des écologistes malthusiens

raymoundo : Posez vous des questions ? Quelles sont les perspectives pour les futures générations ? Guerres, réchauffement climatique, qui veut mettre quelqu’un au monde pour lui offrir ça ?

Igor Antonovitch : Pourtant le modèle socio-économique est encensé, nous devrions ressembler aux Coréens. Super-croissance, super-éducation, plein de fric ! Mais la réalité est moins rose : trop de stress dès la naissance (les résultats aux  tests PISA passe avant le bonheur des enfants), pas de perspective pour acheter un logement et vivre correctement pour les non riches. La compétition effrénée d’avoir plus pour être moins n’attire plus les foules. Pas étonnant qu’ils ne veulent plus d’enfants. Notre Président Macron veut relancer la natalité en devenant comme la Corée. L’absurdité du « en même temps » n’a pas de limites.

Doudup : Ces pays d’Asie sont en avance sur nous autres, européens. Et ce n’est pas forcément une mauvaise chose que de voir le nombre de naissance diminuer (Moins de dépenses scolaires, moins de postes à créer, le chômage qui baisse, moins de logements à construire, l’étalement urbain qui ralentit…). Reste à inventer un nouveau modèle social. Mais certaines retraites peuvent se voir diminuer très facilement, on se passera des croisières et voyages en avion !

La peur de manquer de bras… en France

La crise démographique s’aggrave

Michel Janva le  le 2 août 2024 : « Le jeudi 1er août, l’Insee a publié les chiffres relatifs au nombre d’enfants en France. Il y a eu seulement 326 131 naissances entre janvier et juin 2024. Le débat sur la réforme des retraites, à 60, 62, 64, 66 ans… n’a pas de sens, tant qu’on ne se préoccupe pas de la démographie française et donc du soutien à la famille… »

La surpopulation, c’est fini !

Yves Montenay le 2 août 2024 : « J’entends partout : « n’ayez surtout pas enfants ». En effet, « il y a trop d’hommes sur Terre, c’est mauvais pour la planète », ou, de la part des féministes, « les femmes prennent le gros de la charge des enfants, cela nuit à leur physique, à leur carrière, et creuse les injustices par rapport aux hommes ». Ou encore « avec les robots et maintenant l’intelligence artificielle, on va vers un chômage de masse. Pourquoi avoir des enfants qui n’auront pas de travail ? »

Il faut pourtant une politique nataliste si on ne veut pas disparaître demain ! Arrivent les problèmes de retraite alors que le nombre de cotisants diminue. Arrivent aussi les problèmes d’immigration… demandons à ceux qui sont effrayés par la surpopulation ce qu’ils feraient s’ils avaient un pouvoir absolu : interdire les enfants ? Exécuter une personne sur dix prise au hasard ? Euthanasier les vieux ?

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

éloge de la dénatalité (2008)

extraits : « Faire des enfants tue, tue la Planète. Posséder une famille nombreuse est un délit environnemental, une grave atteinte à la Planète et à notre avenir commun ». Les Tarrier citent même le fondateur de l’écologie profonde, Arne Naess : «  L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »…

(Michel Tarrier, « Faire des enfants tue (éloge de la dénatalité) »)

Dénatalité en Corée du Sud, un Bien et non un Mal (décembre 2012)

extraits : L’expansion coréenne est aussi impressionnante que déséquilibrée… Taux de faillites élevé des PME…  La grogne des petits entrepreneurs se conjugue à des inégalités en hausse et à une précarité croissante… Près d’un quart des jeunes diplômés peinent à trouver un emploi et le travail temporaire est le lot de 40 % des salariés… L’expansion a fait voler en éclats les solidarités traditionnelles sans mettre en place de filet social : quatre Coréens sur dix âgés de plus de 65 ans n’ont pas de retraite… La corruption endémique des milieux politiques, liée à l’affairisme ambiant et à une compétition exacerbée, dès l’école primaire, dans une société qui ne ménage guère de seconde chance pour ceux qui ont échoué une fois, contribue à démoraliser grand nombre de Coréens (LE MONDE du 16-17 décembre 2011)…

respect du vivant, hommage radical à la dénatalité (2013)

extraits : Gérard CHAROLLOIS, 16 juin 2013 : Plus les hommes seront nombreux, plus il faudra urbaniser, artificialiser, plus croîtront les besoins en énergie et moins les autres formes de vies conserveront une place sur la terre. Quant aux hommes, la qualité de la vie s’altérera, lorsque l’Europe ne sera plus qu’une vaste mégapole sillonnée d’axes de transports, transformant ce que la mode appelle « l’environnement » en un permanent enfer urbain. La biodiversité aura disparu et ce d’autant que trop d’humains se révèlent intolérants à toute autre forme de vie…

Jean-Christophe Vignal, penser la dénatalité (2014)

extraits : Il nous faut s’affranchir des visions trop optimistes qui veulent continuer à nous faire croire que nos enfants vivront mieux que leurs parents, avec toujours plus de mobilité et de services à leurs dispositions au sein d’une société mondialisée plus efficiente ; déconstruire le discours trop angélique des thuriféraires de la bio-économie et de la croissance verte basée sur des paris technologiques incapables d’apporter des solutions à l’échelle des problèmes ; regarder et évaluer sérieusement les impasses vers lesquelles nous nous dirigeons. Refuser de croire à la toute-puissance de nos capacités à rebondir, notamment en recherche&développement

La dénatalité, mouvement irréversible Lire la suite »

Les malthusiens ne sont pas racistes !

Certains utilisent comme argument fallacieux une condamnation des malthusiens pour  racisme et/ou appartenance à l’extrême droite.  Voici quelques éléments de réponse.

– L’extrémiste de droite n’a rien à voir avec les malthusiens. Le courant de pensée type « Front national » est tout au contraire nataliste, il faut faire des enfants quand on est un bon Français. Par contre Eric Zemmour par exemple serait sans doute favorable à une politique à la chinoise en Afrique. Nous avons eu le même cas de figure en France. Michel Debré prônait une France de 100 millions d’habitants mais supervisait une réduction de la natalité à La Réunion dont il était député entre 1963 et 1988.

– De son côté un néomalthusien est favorable au planning familial dans tous les pays sans exception, pour le libre choix des femmes de procréer en tout connaissance de cause et contre une politique autoritaire. Assimiler ce positionnement a du racisme, c’est vouloir clore le débat avant même de le commencer.

– Un malthusien ne dit pas que « Le problème du climat, c’est (seulement) la démographie et l’explosion de la natalité ». N’importe quel citoyen éclairé sait que les émissions de gaz à effet de serre résultent à la fois de la population, du niveau de vie des ménages, des techniques utilisées ainsi que de la source d’énergie. On ne voit pas où se cacherait le racisme dans cette phrase. On rappelle la formule de Kaya :

CO2 <= (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2

(CO2 : TEP) : contenu carbone en tonnes d’équivalent pétrole d’une unité d’énergie
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire
(PIB : POP) : niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

– Un malthusien ne dit pas qu’il faudrait « moins réduire nos émissions de gaz à effet de serre que le nombre d’habitants sur notre planète ». Un citoyen éclairé sait que la démographie est un multiplicateur des menaces, comme le niveau de vie est aussi un multiplicateur des menaces. Il y a interrelation, le nombre d’automobiles dépend du nombre d’automobilistes et une personne défavorisée rêve souvent de posséder un véhicule à moteur.

– Pour être plus précis dans la responsabilité partagée, entre 1900 à 2000 la population mondiale, a augmenté d’un facteur 4. Mais les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont, elles, augmenté d’un facteur 15. Nous voyons donc très clairement que l’augmentation de la population n’est pas le seul critère qui explique l’augmentation de nos émissions de dioxyde de carbone. Nos émissions par habitant ont donc augmenté d’un facteur 3,75 (soit 15 divisé par 4). Dans le rectangle dont on calcule la surface, le mode de vie est la largeur et le nombre d’habitants la longueur. Bref, pas le seul critère mais le critère principal. Bien sûr « en moyenne » ne dit rien des inégalités qui reste le facteur le plus important. Que faire ? C’est irréaliste de vouloir une égalisation totale des émission de gaz à effet de serre au niveau mondial.

– Sur une planète close et saturée d’humains, la mobilité internationale est un chapitre de l’humanité qui se clôt ; les frontières se ferment. On arrive à une situation où chaque pays se trouve obligé de réguler sa démographie en fonction de la capacité de charge de son propre territoire. Il n’y a pas de racisme dans la maîtrise des mouvements  migratoires, seulement une réponse au poids du nombre. Aux Africains de déterminer s’ils veulent toujours plus d’enfants, toujours plus de pauvreté, toujours plus de problèmes socio-politiques, etc. Quant aux habitants sur-développés à forte densité, notons qu’ils n’obtiennent leur richesse que par le pillage des matières première grâce au commerce mondial. Sans pétrole, ni gaz ni charbon, le PIB de la France, il y aurait une dépression économique, une décroissance subie qui appauvrirait beaucoup de Français dans la pauvreté. Limiter la fécondité est un devoir de la quasi totalité des pays.

– La responsabilité dans le réchauffement climatique ET dans l’appauvrissement des populations est différenciée et complexe. Si l’humanité était logique, les riches devraient diminuer drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre Et continuer à faire moins d’enfants. Les pauvres devraient maîtriser drastiquement leur fécondité Et ne pas vouloir un développement économique à base de centrales à charbon.

Autant dire que les résistances actuelles à une telle rupture socio-culturelle avec l’état présent des mentalités est de l’ordre de impossibilité majeure. Mais exposer la réalité n’est pas chercher à culpabiliser ou à démissionner. Tout le monde devrait savoir que l’écologie punitive est le destin que nous nous sommes nous-même tracés.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Eric Zemmour, surpopulation et climat

extraits : Nous avons reçu l’analyse ci-dessous de la La Radio-télévision belge de la Communauté française (rtbf). Nous sommes en désaccord total avec cette accusation de racisme qui tend à dévaloriser tous ceux qui montrent qu’une autolimitation de la natalité est absolument nécessaire, y compris en Afrique. Ce blog biosphere, l’association Démographie Responsable et toutes les personnes qui pensent que la surpopulation pose problème n’ont aucun lien de parenté avec Eric Zemmour…

Les malthusiens ne sont pas racistes ! Lire la suite »

La « Douloureuse question migratoire »

Un texte de notre correspondant Jean-Michel Favrot

Oups, que de délires et fantasmes suscitent la question migratoire ! Le racisme et/ou le suprématisme ne sont jamais très loin.

Petit rappel historique

Sans notre propre émigration européenne, jamais notre « civilisation occidentale » n’aurait réussi son épanouissement car nous aurions subi famines sur famines, nous aurions été très tôt dans notre histoire dépourvus de richesses minérales non renouvelables. Nous avons survécu grâce à l’émigration et au pillage des pays où nos ancêtres ont émigré. La « Diaspora  européenne », hors de l’Europe donc, c’est environ un milliard de descendants de ces émigrés. L’Europe, si petite, si pauvre en richesse naturelle, n’aurait pas pu, ne pourrait pas vivre en autarcie avec 1,4 milliards d’habitants sur son sol (le milliard de descendants de la diaspora et les 400 (ou 500) millions d’européens descendants de ceux qui sont demeurés sur place. Nous sommes à des années lumières d’avoir accueilli un milliard d’immigrés d’autres continents en Europe : on a de la marge !

On m’objectera que tout cela est si loin dans notre passé. Pourquoi remuer…En fait, c’est beaucoup plus récent que « nos ancêtres les gaulois » et pour certains aspects (ressources minérales, agricoles ou forestières par exemple), c’est au contraire d’une cruelle actualité ! Vous voulez vivre en autarcie sans ressources minérales des autres continents, sans l’apport des cultures « exotiques », et en ayant rapatrié 90% de la population sud et nord-américaines en Europe, à savoir nos « ressortissants historiques » qui n’auraient jamais dû émigrer ??? Soyez cohérents avec vos convictions d’extrême droite qui confinent au ségrégationnisme mondial.

Vous, l’extrême droite, vous avez vraiment la mémoire courte et sélective. Mais de quoi avez-vous donc peur à travers le fantasmé « Grand Remplacement » :

  • de la perte de l’ « identité catholique », mais j’ai vu, dans les années 60, pas au Moyen-Age, ma grand-mère, catholique s’il en était, porter le voile pour entrer à l’église,
  • de la perte de votre couleur de peau, mais les premiers homo sapiens en France avaient tous la peau noire,
  • de la perte de l’ « Identité Européenne », des valeurs du « Siècles des Lumières », mais vous reniez Rousseau, Montesquieu, Hugo et Darwin… et tant d’autres héros de la pensée humaniste et universaliste.

Vous, l’extrême droite, vous versez des larmes sur les Merveilles de notre Culture si universelle, sur le rayonnement de la France, mais vous êtes en train de vous rapetisser, de vous scléroser dans un costume historique bien trop grand pour vous. Vous confondez Liberté et Libertarisme, justice sociale et repli sur soi.

Mon combat repose su la limitation de notre démographie pour des raisons écologiques. Alors peu importe l’origine de l’enfant, la religion ou le pays d’origine du père ou de la mère. Ce qui compte est de convaincre l’ensemble des humains qu’une procréation de trop, c’est une procréation de trop et que plus on vit dans un pays à fort niveau de vie, plus l’impact de la procréation de trop pèsera lourd sur les déséquilibres écologiques planétaires. Supprimons les allocations familiales et toute politique nataliste, notamment en France. Dès lors la question ne sera plus « qui remplit les poussettes », mais la réponse sera « beaucoup moins de poussettes » !

Ce qui est vrai partout dans le monde c’est :

  1. que la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation poussent à des taux de natalité élevés,
  2. que le fantasme du « Grand Marché » et de la « Grande armée » poussent les Etats à accroître leurs puissances respectives par une démographie galopante,
  3. que les minorités cherchent toujours à compenser leur déficit ressenti par un taux de fécondité élevé, et plus elles se sentent opprimées et rejetées plus c’est vrai,
  4. que les religions, quelles qu’elles soient poussent à des taux de natalité élevés pour asseoir leur domination, comme les Etats.

Attaquons-nous à ces quatre causes, dénonçons les faux-semblants et les communautarismes quels qu’ils soient…  Et puis remplaçons les allocations familiales par un pécule distribué à tous les jeunes ayant la nationalité française à 21 ans, un pécule égal pour tous dont ils feront ce qu’ils veulent (épargne, achat d’un premier logement…) pour assurer leurs vieux jours que ni la Répartition, ni la Capitalisation ne peuvent leur garantir. Moins nombreux, la crise du logement pour la jeunesse sera vite derrière nous ! Et en plus les logements deviendront immédiatement moins onéreux ! Ce sera juste l’effet de la « loi du marché » . Une façon indolore de redistribuer le Capital entre générations !

Sans doute faudra-t-il un jour limiter les flux migratoires, mais à condition préalable :

  • que ce soit dans les deux sens,
  • que nous ayons sérieusement contribué à limiter les inégalités internationales pour pallier le point 1),
  • que nous puissions justifier nos restrictions à l’entrée à travers un effort démontré de baisse collective de notre pression nationale sur la planète, à travers une démographie écologique exemplaire,
  • que nous ayons suffisamment baissé nos propres consommations pour mettre fin au pillage extérieur.

Chiche ?

La « Douloureuse question migratoire » Lire la suite »

Suisse. Halte à la surpopulation ?

Le dernier livre de Michel Sourrouille

SURPOPULATION

Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

On ne considère qu’un seul pays par lettre alphabétique. Le choix a été aléatoire. Mais l’auteur n’a voulu laisser aucun pays de côté, le défi du nombre n’est pas l’apanage des pays pauvres. La France ou les Pays-Bas sont aussi des pays surpeuplés. Et même la Suisse !

Suisse. Halte à la surpopulation ?

On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20 % alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes.

Le taux de natalité en Suisse a continuellement dépassé son taux de mortalité depuis que des statistiques sont disponibles, en 1861. Mais le taux de natalité est de 1,8 pour les étrangers contre 1,2 pour les enfants de nationalité suisse. En 2021, alors que 26% de la population résidente permanente de la Suisse est de nationalité étrangère, 31% d’entre elle est née à l’étranger et 39% est issue de la migration selon les données de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA). Aujourd’hui l’immigration participe à 45 % de l’accroissement de la population. Début 2024, les statistiques indiquent que près de 60 % des enfants ont des parents nés à l’étranger. Le sentiment de surpopulation commence à grandir en Suisse. Il devient de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes, et les infrastructures de toutes sortes sont particulièrement sollicitées. Ainsi, le nombre d’heures d’embouteillage sur les autoroutes a plus que triplé depuis 2002. Cette importante croissance démographique est également une des raisons de la pénurie d’énergie actuelle.

D’autant plus qu’il faut remettre la densité en perspectives. Elle était de 137,5 hab./km² en 1961, de 181,8 hab./km² en 2000 et de 220 hab./km² en 2021. Or ce petit territoire de 41 285 km2 compte 48 pics culminant à plus de 4000 m. Les montagnes occupent 70% du territoire, et seul un quart de la population y habite. La Suisse compte aussi quelque 1500 lacs et 4% de la surface du pays est recouverte de cours d’eau et d’étendues d’eau. Les surfaces d’habitat et d’infrastructure (bâtiments, aires industrielles et commerciales, infrastructures de transports, installations pour la distribution des services publics et la gestion des déchets, espaces verts et lieux de détente) occupent déjà environ 8% du territoire. Les Suisses se retrouvent donc à l’étroit. Le DAUPHINÉ libéré du 29 août 2023 titre : « La peur de la surpopulation revient dans une Suisse qui ne cesse de croître ».

Le site officiel de la confédération suisse relate les objectifs de l’initiative populaire fédérale de 2014, « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » 1.

1. La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement.

2. La part de l’accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans.

3. Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire.

Ces considérations ont été soumises à référendum le 30 novembre 2014. C’est l’association Ecologie et population (Ecopop) qui était à l’origine de ce référendum. Ecopoop est une organisation non partisane de défense de l’environnement. Son idéal : maintenir, pour les générations à venir, les bases et la qualité de la vie en Suisse et dans le monde entier et, à cet effet, tenir compte du facteur Population. L’ex-directeur de l’Office fédéral de l’environnement Philippe Roch, faisait partie d’Ecopop. Voici quelques desiderata de cette association.

Ecopop souhaite la fin de la surpopulation, en Suisse comme dans le monde entier. Ecopop se démarque catégoriquement des théories xénophobes et racistes. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Or chaque année, il y a dans les pays en développement environ 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. Cela montre que le droit humain à la planification familiale volontaire (c’est-à-dire de la planification familiale telle que nous la connaissons) n’est pas toujours considéré avec la même importance. Ecopop veut changer cela. Ecopop ne nécessite pas de budget supplémentaire pour l’aide au développement, ce sont les fonds déjà disponibles qui doivent être utilisés pour aller au contrôle des naissances dans les pays pauvres. 2

Environ 74% des Suisses ont dit « non » à ce référendum d’initiative populaire. Il n’empêche qu’en France LE MONDE relate cette phrase d’un membre du comité Ecopop : « Au rythme où actuellement on bétonne le paysage, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné  toutes les régions non montagneuses de la Suisse. »

En 2024, le parti de droite UDC veut à nouveau lancer une initiative populaire, à savoir plafonner la population à 10 millions d’habitants en 2050. Pour l’UDC, la liste des maux dont souffrirait la Confédération helvétique est longue : « Criminalité en hausse, explosion des coûts sociaux, pénurie de logements, augmentation des loyers et des primes d’assurance maladie, baisse de la qualité dans nos écoles, embouteillages et transports publics surchargés…»3.

Présentation du livre par la maison d’édition

https://www.edilivre.com/surpopulation-michel-sourrouille.html/

1 https://www.bk.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis406t.html

2 http://www.ecopop.ch/fr/home-fr/62-page-content/aktuell/aktuelles/483-initiative-ecopop-le-peuple-tranchera-en-novembre-2014

Suisse. Halte à la surpopulation ? Lire la suite »

PMA, des lesbiennes se disputent l’enfant

Le Comité consultatif national d’éthique a validé l’ouverture, le 15 juin 2017, de la procréation médicalement assistée (PMA). C’est la première fois que cette instance, qui, jusque-là, rendait ses préconisations à l’aune des grands principes de la bioéthique, tels que l’inviolabilité et l’indisponibilité du corps humain, prend en compte en premier lieu l’évolution des familles . Ou plus particulièrement le désir d’enfant des femmes qui ne peuvent pas en avoir, si elles sont seules ou en couple lesbien. Quel est le résultat ?

Des familles homoparentales qui se déchirent comme des couples ordinaires !

«  C’était ma première histoire homo, avant j’étais hétéro. Marie est très grande, elle est indépendante et libre, notre première nuit est parfaite. A partir de là, on ne se quitte plus… Notre fille court entre les fleurs mais depuis quelque temps, je trouve Marie un peu bizarre : « Ça ne va pas ? – Non, ça va pas, c’est fini entre nous », me répond-elle, sans aucune négociation. Je proteste : « Et moi ? On est un couple, on a quitté Paris, on a fait une thérapie de couple  »

Je suis anéantie, elle me confirme sa décision en me racontant à quel point elle est mieux sans moi avec notre fille. Par texto, elle me dit qu’elle veut divorcer. Elle m’explique que, pour elle, il n’y a aucun problème de garde sur notre enfant, car c’est le sien. « Tu quittes la maison définitivement quand je rentre de vacances », m’ordonne-t-elle. Je vais voir une avocate, qui me conseille d’adopter notre fille, sinon je n’aurai aucun droit sur elle. Mais Marie ne veut plus que je voie notre enfant. Elle lui lave le cerveau, lui raconte que je ne suis personne, car elle n’est pas née dans mon ventre, que je ne suis qu’une baby-sitteuse.

Qu’est-ce que je n’ai pas vu ? Effectivement, la maternité, c’était son projet. Je l’ai accepté, je l’ai accompagnée pour la PMA en Espagne. Quand notre fille est née, elle a pris toute la place. On s’engueulait, car elle était trop fusionnelle avec le bébé. On était en plein dans le cliché, je me sentais comme un père qui venait fracturer leur lien. Selon elle, le couple est dédié à l’enfant. Moi, je ne pense pas ça, je pense qu’on n’est pas que des parents. Je me suis rebellée là-dessus, elle ne l’a pas supporté. »

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Viviane17 : C’est le problème des couples où l’un des deux, en général la mère, considère que l’enfant est à elle, et que l’autre, qu’il soit un homme ou une femme, n’est rien et n’a rien à faire dans sa vie. Cette histoire triste montre surtout que la rupture est tout aussi violente dans un couple lesbien que dans un couple « classique », et que l’enfant est dans les deux cas utilisé pour faire souffrir l’autre.

G. de Montmorency : Je cite : « Elle m’explique que, pour elle, il n’y a aucun problème de garde sur notre enfant, car c’est le sien. ». C’est le sien ??? Je lis également : « PMA en Espagne » -> Nous y sommes : la marchandisation des corps, l’enfant est devenu un objet. C’est le mien ! Non, c’est le mien !! Triste époque… Avec la PMA, et bientôt la GPA, sous un faux prétexte de modernité, d’égalité ou de je ne sais quoi, notre société s’enfonce dans de plus en plus d’individualisme et de marchandisation des corps. Quelle tristesse !

GuPi : C’est le problème fondamental de la PMA/Gpa, la propriété… a qui « appartient » l’enfant en suite. Celui qui parle de moral, de Dieu, de nature est soit un hypocrite ou un idiot. C’est un problème capitaliste de notre société de consommation. Mais un enfant ne doit pas devenir un produit de consommation…

Lecteur du ghetto : Quant à l’homosexualité, il y a une contradiction fondamentale à exiger l’enfantement… et vouloir « faire comme » les hétéros…Adopter un enfant, c’est une chose (morale et particulièrement admirable). En fabriquer en empruntant la semence d’autrui tout en niant sa parenté (et éventuellement en marchandisant tout ça), c’en est une autre (que je ne peux pas soutenir).

Mètre des phynances : tiens tiens, pour une fois ce n’est pas le mâle (d’où vient tout le mal) qui joue le rôle du méchant dans un article du « monde ». Étonnant…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

10 octobre 2019, Les anti-PMA sont-ils décroissants ?

24 septembre 2019, PMA, qui voudrait vivre sans père ? (synthèse)

PMA, des lesbiennes se disputent l’enfant Lire la suite »

La procréation médicalement assistée en débat

Quand la PMA échoue

– Chacun ne pense qu’à ses droits (dont le droit à l’enfant) et jamais à ses devoirs.

– Le fait pour un couple de ne pas pouvoir avoir d’enfant n’est pas une maladie.

– Pourquoi la Société devrait-elle prendre en charge tous les problèmes personnels ? Répondre à toutes les attentes ?

– La société est devenu le festival des pleurnicheries, l’échec des PMA qui rabat le caquet n’est qu’un exemple.

– Le deuil de leur PMA serait plus facile si chacune de leurs tentatives n’était pas intégralement financée par la sécurité sociale.

– 100% des gagnants ont tenté leur chance gratuitement.

– Nous vivons dans une société où nous n’acceptons pas la vie telle qu’elle est, souvent tragique.

– Ça fait depuis la nuit des temps qu’il y a des gens qui ont des enfants et d’autres qui ne peuvent pas – et c’est comme ça c’est la nature…

– Quand la nature ne permet pas la fertilité, c’est malheureux pour des couples mais cela n’en fait pas des victimes.

– Il est plus sage de compter sur les possibilités que la nature nous a données plutôt que de s’en remettre aux progrès de la médecine.

– L’infertilité est un problème croissant du fait du mode de vie et d’un environnement de plus en plus nocif.

– On veut soigner par la technique les maux qu’entraîne la technique.

précisions techniques

A l’heure où un couple sur quatre est confronté à l’infertilité, ce sont les progrès médicaux, la « PMA pour toutes », qui sont mis en avant. Les échecs, eux, sont plus difficiles à appréhender, y compris du point de vue statistique. Depuis le premier « bébé-éprouvette » par FIV (fécondation in vitro) en 1982, on dispose de données éparses sur les tentatives infructueuses, les protocoles interrompus et les sorties de parcours, plus de la moitié sans doute. L’Assurance-maladie rembourse six inséminations artificielles et quatre protocoles de FIV au maximum jusqu’à 43 ans.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

PMA, des lesbiennes se disputent l’enfant

extraits : « C’était ma première histoire homo, avant j’étais hétéro. Marie est très grande, elle est indépendante et libre, notre première nuit est parfaite. La maternité, c’était son projet. Je l’ai accepté, je l’ai accompagnée pour la PMA en Espagne… Notre fille court entre les fleurs mais depuis quelque temps, je trouve Marie un peu bizarre : « Ça ne va pas ? – Non, ça va pas, c’est fini entre nous », me répond-elle, sans aucune négociation. Je proteste : « Et moi ? On est un couple, on a quitté Paris  » Je suis anéantie, elle me confirme sa décision en me racontant à quel point elle est mieux sans moi avec notre fille. Marie ne veut plus que je voie notre enfant. Elle lui lave le cerveau, lui raconte que je ne suis personne, car elle n’est pas née dans mon ventre, que je ne suis qu’une baby-sitteuse….

PMA, ce n’est pas l’affaire du siècle !

extraits : Le Sénat a rejeté [dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2021] la possibilité des couples de femmes homosexuelles et des femmes seules d’accéder à la procréation médicalement assistée (PMA). Le gynécologue obstétricien François Olivennes défend son gagne-pain : « Certains de nos élus restent ratatinés dans leurs certitudes vieillottes. La composition du Sénat, avec seulement 30 % de femmes et un âge moyen de 61 ans, explique peut-être cette décision incompréhensible… Depuis quatre-vingts ans, les groupes conservateurs, l’Eglise catholique en tête, s’opposent à toutes les avancées scientifiques dans le domaine de la procréation…

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

extraits : René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. » En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus….

La procréation médicalement assistée en débat Lire la suite »

Emmanuel Macron contre la peine capitale !?

Emmanuel Macron s’est alarmé le 30 juin 2026 de l’augmentation du nombre d’exécutions dans les pays où la peine de mort est toujours en vigueur. En France, le débat ressurgit à chaque fait divers qui secoue la société, dernièrement encore avec le meurtre de la petite Lyhanna.

Emmanuel Macron : « Jamais les exécutions n’ont été aussi nombreuses dans les pays qui ont encore ce principe, avec 2 707 personnes exécutées par les autorités de 17 pays seulement. Je ne peux voir qu’avec inquiétude ce que, dans le Sahel ou en Israël, certains poussent avec des textes de loi proposés que, je l’espère, les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger. Le mouvement abolitionniste est une bataille pour la dignité humaine. La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré ».

Le point de vue des anti-abolitionnistes

– Au Japon, membre démocratique du G7, la peine de mort est pratiquée.

– Dans certains Etats américains aussi…

– Puisque Macron est contre la peine de mort, qu’il aille au bout de sa logique et mette au chômage nos soldats qu’on autorise à tuer des personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ne leur ont rien fait !

– Macron préfère programmer des engins de mort massive de civils, sous-marin lanceur de missiles et gros porte-avion nucléaire  !

– La France pratique aussi les exécutions extrajudiciaires.

– Quand une personne est assassiné de façon voulue, on peut se mettre à la place de la victime et autoriser contre le crime une juste compensation.

– Une justice équitable n’oublie pas les victimes.

– En terme juridique, cela s’appelle le principe de proportionnalité… au jury d’en décider au vu des circonstances concrètes.

– Karine Le Marchand : « Tu enlèves la vie, on t’enlève la vie. »

– Certains crimes, comme les meurtres sur enfant par exemple, devraient aboutir à cette sanction.

– 40 ans après son abolition, elle est toujours plébiscitée par les français.

– Il faut en débattre mais c’est au peuple de choisir.

– La peine de mort ne dissuade pas, certes, mais elle permet de ne pas payer des impôts pour laisser en vie de grands criminels.

– La peine de mort empêche toute récidive de la part de psychopathes très dangereux.

– Il existe même des moyens de retirer la vie en douceur, appliquées pour l’euthanasie de personnes que l’on aime.

Emmanuel Macron contre la peine capitale !? Lire la suite »

Un aperçu de la future loi sur l’aide à mourir

Le texte sur la fin de vie actuellement discuté au Parlement est une proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir, déjà complétée par un autre texte sur les soins palliatifs.

Voici les éléments essentiels du texte encore en discussion :

  • Il crée un droit à l’aide à mourir pour certains malades en fin de vie, avec une procédure encadrée d’aide à mourir.
  • Le principe retenu est le suicide assisté, avec la possibilité, à titre exceptionnel, d’euthanasie pour les personnes qui ne peuvent pas physiquement accomplir le geste létal elles-mêmes.
  • Le patient se voit administrer une substance létale qu’il s’auto-administre, ou qui peut être administrée par un médecin ou un infirmier si le patient est incapable de le faire.
  • Pour être éligible, cinq critères cumulatifs sont prévus : être majeur, français ou résident en France, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale, apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée, et présenter une souffrance physique ou psychologique soit réfractaire aux traitements, soit jugée insupportable.
  • La notion de « souffrance constante » a été retirée des critères lors des débats en deuxième lecture à l’Assemblée nationale.
  • Le texte prévoit une clause de conscience pour les médecins qui refusent de participer à l’aide à mourir, sur le modèle de celle existant pour l’IVG.
  • Un autre texte, adopté à l’unanimité, renforce et sanctuarise l’accès universel aux soins palliatifs.

Sur le calendrier et la situation politique :

  • L’Assemblée nationale a adopté le texte sur l’aide à mourir en première lecture le 27 mai 2025, puis en seconde lecture le 25 février2026, en même temps que le texte sur les soins palliatifs.
  • Le Sénat a rejeté à plusieurs reprises les dispositions sur l’aide à mourir, tout en adoptant le volet sur les soins palliatifs.
  • Faute de compromis en commission mixte paritaire, le gouvernement a annoncé qu’il donnerait le dernier mot à l’Assemblée nationale, avec une adoption définitive envisagée mi-juillet 2026.

Un aperçu de la future loi sur l’aide à mourir Lire la suite »