démographie

Japon, le gouvernement devient nataliste

En juillet 2014, nous écrivions sur ce blog biosphere : Le Japon devient nataliste, il est pourtant surpeuplé. Entre vieillissement accéléré de la population nippone et constat avéré de surpopulation, quelle doit être la priorité ? Retenons que le Japon ne peut nourrir de façon autonome et avec une agriculture traditionnelle que 26 millions de personnes au lieu de 125 actuellement. Malgré ce constat objectif de surpopulation, ce n’est pas la crainte du nombre qui est mis en avant aujourd’hui, mais le vieillissement !!!

Philippe Mesmer : De l’argent pour des bébés. Ainsi dixit le premier ministre japonais qui a promis dans son discours de politique générale, le 23 janvier 2023, « des mesures sans précédent pour enrayer la chute de la natalité… Nous sommes sur le point de ne plus pouvoir maintenir le fonctionnement de la société ». Pour relancer la natalité, le gouvernement prévoit de créer, en avril, une agence des affaires familiales, le doublement des allocations familiales, la hausse de l’allocation forfaitaire accordée à la naissance d’un enfant. Or, rien n’indique que cette série de nouvelles décisions suffiront à inverser la tendance malthusienne. Noriko Hama, professeure d’économie, juge qu’il est vain de « donner de l’argent aux jeunes couples et d’attendre qu’ils aient plus d’enfants. Le problème est que les Japonais ne sont pas satisfaits de l’environnement dans lequel ils devront élever un enfant. Tant que cet environnement ne s’améliorera pas, le taux de natalité ne se redressera pas ».

Quelques contributions pertinentes

Ophrys : « Le problème est que les Japonais ne sont pas satisfaits de l’environnement dans lequel ils devront élever un enfant. Tant que cet environnement ne s’améliorera pas, le taux de natalité ne se redressera pas ». Tout est dit , c‘est très similaire à ce qui a été dit dans l’article sur la Chine il y a quelques jours

Lire, LE MONDE voudrait une Chine plus peuplée

Arthur Martin : Le Japon est une ile surpeuplée – Une diminution de la population – comme en Europe – peut avoir du sens.

Undefined : La population du Japon a quadruplé depuis l’ère Meiji (1868). Le pays avec peu de terres cultivables produit moins de la moitié de la nourriture qu’il consomme. Le prix des terrains à construire est inabordable à tous ceux qui n’ont pas d’héritage. Dans l’ensemble, la baisse de la population est plutôt une bonne nouvelle. Et l’économie peut encaisser le choc si elle apprend à fonctionner sans la consommation à outrance et aller vers la sobriété heureuse, ce qui commence doucement à se produire – mais ça reste encore hors de portée de l’imagination des politiciens.

Michel SOURROUILLE : Entre vieillissement accéléré de la population nippone et constat avéré de surpopulation, quelle doit être la priorité La surpopulation au Japon est un fait, faire plus d’enfants accroît l’ensemble des problèmes. En 1721 l’archipel japonais, qui ne pouvait compter que sur ses seules forces internes avant l’ère Meiji, était considéré comme surpeuplé avec 26 millions d’habitants. En 1868, le Japon comptait toujours 26 millions de personnes, la maîtrise de la fécondité sous des formes souvent éprouvantes était pensée comme un impératif absolu. En 2020 le Japon atteint 126 millions d’habitants, la densité est en moyenne de 346 hab./km². Ramené aux superficies cultivables, c’est un chiffre insoutenable, désespérant. Ramené aux contraintes environnementales, c’est pire.

Philb 2 : Au Japon les ventes de couches pour seniors ont dépassé celles pour bébés il y a déjà plus de 5 ans. Il y a plus de 20 ans, une majorité d’enfants en classe primaire au Japon répondait à la question  » que ferez vous plus tard ? qu’ils souhaitaient ne pas se marier avec une écrasante majorité pour les petites filles.

Jean-Pierre M : Logement cher, étude cher, semaine de travail de malade et salaire pas foufou. En gros faut être cadre pour assumer financièrement des enfants dans de bonne conditions. Les pauvres dans ce pays ne sont pas bêtes. Ils ne font pas de petit malheureux.

Clairedelune : Je parlais hier avec une amie japonaise qui habite en France, quand elle me parlait du coût des études au Japon on comprend pourquoi ils n’ont pas beaucoup d’enfants!

Tyrion : Au Japon, élever un enfant coûte très cher, que ce soient les crèches, les soins médicaux ou les études. La solution la moins coûteuse est que la femme s’arrête de travailler pour l’élever. Résultat, celles qui veulent avoir un travail intéressant ne se marient pas et ne font pas d’enfants. Comme il y a de moins en moins de jeunes sur le marché du travail, les salaires sont très élevés mais l’immobilier et les dépenses médicales aussi. Par contre les pays qui n’ont pas encore fait leur transition démographique vont souffrir avec une surpopulation qui continue de croître et des risques de guerres et de famine.

lecteur assidu : La décroissance de la natalité est un but en soi pour garder des coins de planète habitable. C’est la première sobriété avec un effet énorme démultiplicateur. Un seul enfant plutôt que deux, c’est une maison sur deux loin des centres villes, une voiture au lieu de deux, c’est moitié moins de viande rouge … toute cette pollution non produite, c’est assurément génial.

Pelayo Decovadonga : L’humanité à t-elle un avenir lorsque ce sont les sociétés les moins développées qui progressent le plus, numériquement ? Darwin se serait planté ?

Djemes Ouest : Il faut être fou pour faire un enfant sur cette planète ! Il n’y a pas de planète B.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

Le Japon, surpopulation et/ou vieillissement ? (2022)

Le Japon devient nataliste, il est pourtant surpeuplé (2014)

Agence fr. de développement / surpopulation

Pour savoir ce que pense l’AFD de la surpopulation, on trouve sur leur site deux occurrences seulement : l’une sur la surpopulation carcérale, l’autre sur la surpopulation dans les écoles. Rien sur la surpopulation humaine. Mais les choses commencent à bouger…

https://www.afd.fr/fr/rechercher?query=surpopulation

1) La plus récente en juillet 2020 concerne le projet de la Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) Garantir l’accès des détenus en attente de jugement à la justice dans six prisons de République du Congo et de Madagascar. Il entend répondre à l’une des principales causes de la surpopulation carcérale dans le monde : la mise en prison de personnes en attente de leur jugement, au-delà des durées décentes légalement admises, autrement dit « la détention préventive abusive ».

Commentaire : On ne porte aucune attention à la surpopulation de Congo et de Madagascar, on ne s’intéresse qu’aux prisons. Or dans pays surpeuplés, prisons surpopuplées… La « surpopulation carcérale » est d’ailleurs quasiment la seule approche du concept de surpopulation par le journal LE MONDE.

Lire, Madagascar, un état de surpopulation

2) en janvier 2019 avec le « Résumé d’évaluation – Appui budgétaire à la Guinée affecté au secteur de l’éducation. » : La réhabilitation des établissements scolaires n’a pas résolu tous les problèmes existants, comme l’absence de points d’eau et de latrines, ainsi que la surpopulation dans les classes.

Commentaire : la surpopulation dans les classes n’est qu’une conséquence de la surpopulation d’un pays qui n’arrive plus à se donner les moyens de scolariser les jeunes qui arrivent en trop grand nombre. Donner de l’argent pour l’éducation sans enrayer une fécondité irresponsable n’est qu’argent versé dans un tonneau des Danaïdes. E n Guinée l’inde de fécondité est de 4,5 enfant spar femme (2020), le taux d’accroissement de la population de 2,%, ce qui équivalut à un doublement de la population tous les 25 ans.. C’est exactement le chiffrage indiqué par Malthus après 1798 quand il y a libre cours de la fécondité humaine. Le Ghana était peuplé de 3,7 millions de personnes en 1961, et 13,8 millions en 2022. Une telle explosion démographique est ingérable.

Mais le 30 janvier 2023, l’Agence française de développement donne des perspectives de long terme : «  L’Afrique est le continent où la prévalence de l’insécurité alimentaire est la plus forte. La pauvreté en est la principale cause même si les ralentissements des économies, les conflits et le changement climatique y contribuent individuellement. Alors que l’accès à l’alimentation était devenu la préoccupation première des décideurs, les perspectives démographiques de l’Afrique avec une population qui pourrait presque doubler d’ici 2050 et avec le basculement vers une population urbaine majoritaire pourraient remettre la question de l’offre et de l’autonomie alimentaire des Africains au premier plan. La relance de l’offre agricole qui bénéficierait aux agriculteurs qui sont aussi les plus pauvres est une priorité de bon sens mais cela suffit-il à répondre à une demande qui change en qualité et aux exigences de systèmes alimentaires toujours plus complexes ? »

Commentaire : Enfin l’AFD commence à s’inquiéter de la réalité de la surpopulation ! Un citoyen éclairé se devrait de connaître le traitement de la réalité de la surpopulation par nos différentes instances. Voici un récapitulatif sur ce blog biosphere,

Lire, Tout savoir sur l’aide au développement

L’Agence française de développement (AFD) se devrait de consacrer au planning familial une grand part de l’aide publique aux pays pauvres. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD (aide publique au développement) y soit consacré.

synthèse : le mot tabou de « surpopulation »

Du permis de parentalité au permis de procréer

Un événement ponctuel traité comme une fin en soi sans y apporter un regard élargi et des lunettes théoriques, c’est indigne d’un journal de référence. C’est pourtant ce que fait quotidiennement LE MONDE, ainsi du procès de Béthune. Relevons dans l’article ce qui va nous amener à aller plus loin que l’écume de l’actualité.

Florence Traulle : Ils étaient jugés le24 janvier 2023 pour violences par ascendant sur mineurs de moins de 15 ans et soustraction à leurs obligations légales de parents, compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de leurs enfants. Bryan, l’un des aînés de cette fratrie de dix enfants, alerte les services sociaux « après la dispute de trop ». Il accuse ses parents de graves violences sur ses frères et sœurs plus jeunes. Une maison qui part à vau-l’eau, deux petites filles, 4 ans et demi et 2 ans, attachées dans des chaises hautes où, visiblement, elles ont passé toute la nuit. Comme toutes les nuits depuis plusieurs semaines. Le père, qui sait « un peu » lire mais pas écrire, dit avoir été « dépassé » par la charge familiale. La mère enchaîne : « Je n’en pouvais plus. J’étais épuisée physiquement et mentalement. » . Mélanie, 13 ans, se retourne vers sa mère et lâche froidement : « Quand tu fais un enfant, c’est pour l’élever. Il faut assumer derrière. » Le président du tribunal s’adresse à elle : « Ta maman dit qu’elle aime ses enfants. » « Ben, j’y crois pas », répond l’adolescente. Et puis, Bryan, qui vient dire : « On m’a appris à être violent. » La procureure adjointe, qui a requis contre les parents deux ans de prison avec sursis probatoire, ajoute que les parents n’étaient pas « des sadiques » : « On est dans l’entre-deux, dans la violence quotidienne, banalisée. » Une violence que Christine B., la mère, a connue elle aussi dans son enfance. Il s’agit pour elle d’une mère « qui n’a pas appris le métier de parent ».

Le point de vue des écologistes malthusiens

Soyons clair, les enfant n’ont pas choisi de naître, donc les parents sont entièrement responsables. Pour qu’il y ait moins d’enfants martyrisés, mieux vaut instituer un permis de parentalité : il y a passage par une école des parents, puis tests successifs avec des exigences socialement définies comme on le fait d’ailleurs déjà dans le cas d’une adoption. Dernière étape finale, un permis de procréer, ils pourront passer l’acte. Comme pour le bac, des années d’études et le passage terminal. Il faut un permis de conduire une voiture, il est vraiment étrange que pour l’énorme responsabilité parentale, on puisse faire dix enfant et ne pas pouvoir s’en occuper dignement.

Et c’est là le deuxième point analytique, Pourquoi faire des enfants, beaucoup d’enfants, sur une planète surpeuplée dont on a largement dépassé les limites de capacité pour faire virve dignement une population humaine qui atteint 8 milliards depuis novembre 2022. Le constat de dépassement des limites devrait faire prendre conscience à tout citoyen qu’il est nécessaire d’agir pour une décroissance de la population, donc de ne jamais dépasser le nombre de deux enfants par femme.

Quelques commentaires trouvés sur lemonde.fr

AntoineM : L’article du MONDE relate les méfaits d’une politique nataliste ; pour certains « avoir des enfants » est une source importante de revenus. Naturellement reproduction de ce que les parents ont connu enfants et qui est devenu pour eux la normalité.

Leno : Et l’on s’étonnera de la répétition par ces mêmes enfants de la violence subie. Quand la justice prendra t’elle conscience que ces jeunes enfants violentés quotidiennement sont de futurs parents maltraitants, les coups, les traces sont ils les seuls « marqueurs » de la destruction psychique, ne fabriquons nous pas de futurs enfants maltraités de par cette perpétuation de l’idéologie familialiste….

MHG : L’enfant reste considéré comme possession de ses parents auxquels on le retire quandt, après moult alertes, signalements, mesures d’AEMO et accompagnements éducatifs divers, ceux-ci se montrent trop peu coopératifs. Pendant ce temps-là, le mal court, l’enfant sera, sauf exception, moyennement équipé pour construire une existence féconde, il est occupé à inventer des modalités d’évitement, de contournement, bref de survie. Il est exposé aux difficultés d’apprentissage, aux pathologies et pas seulement psychiatriques, aux conduites à risques et transgressives… Bref, cela représente un coût extravagant, social, médico-social, médical, judiciaire …

Raymond Charronneau : Je l’ai toujours dit : il faut instaurer un permis à obtenir pour avoir des enfants. Et maintenant j’ajoute : limiter le nombre d’enfants. De tels parents indignes font un cinquième, un sixième, etc. et personne ne réagi t?

Athanagore Porphyrogenete : Question du jour, faut-il stériliser les pauvres pour augmenter la réussite en master ?

Thufyr : Dix enfants pour un couple qui aurait eu du mal à en assumer plus de deux, moralement et surtout financièrement ! Cherchez l’erreur. Et relisez un article de LM de 2021 sur le choix de certaines femmes indiennes en matière de stérilisation comme libération volontairement assumée. La pudibonderie de notre société, les politiques natalistes successives (héritées des guerres et d’époques « chair à canon ») sont trop souvent source d’une grande souffrance chez les enfants. Et d’une forme de culpabilité de parents dépassés. Pas excusables pour autant.

Articles antérieurs sur notre blog biosphere

Contre l’infanticide, le permis de procréer ? (2021)

Sanctions pour non respect du permis de procréer ? (2014)

Permis de procréer, à égalité avec permis de conduire ? (2014)

à la place du quotient familial, un permis de procréer (2012)

permis de parent (2007)

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

Ci-dessous un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques pour parution.

Réflexions sur une loi nouvelle

encadrant le suicide assisté et l’euthanasie volontaire

En France, la loi Claeys-Leonetti actuelle est très insatisfaisante pour au moins 5 raisons :

  • son application est restreinte à la fin de vie en contexte médicalisé dans des conditions de souffrance intolérable ; elle ne répond pas aux cas de refus de handicaps jugés insupportables (pensons à Vincent Humbert, en 2003), de perspectives inéluctables de dégradation physique ou mentale, ni, pas plus que les soins palliatifs, à celui des souffrances réfractaires
  • sa seule issue libératrice est la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », pratique que nous jugeons hypocrite et révoltante, d’autant que les conditions additionnelles posées par la HAS la limitent à l’extrême fin de la vie, atteinte peut-être dans d’extrêmes souffrances
  • la décision est entièrement dans les mains d’un collège de médecins et soignants pour lesquels la demande du sujet (déclaration ou directives anticipées) n’est qu’un élément de décision parmi d’autres.
  • très peu de directives anticipées sont rédigées, même les soignants ne sont pas exemplaires ; le modèle de directives disponible sur le site gouvernemental fait l’effet d’un repoussoir : sur ce sujet sensible et complexe où la réflexion est intime et difficile, le formulaire proposé est beaucoup trop technique avec des questions médicales auxquelles nous ne savons//voulons pas répondre
  • le développement des soins palliatifs prévu par la loi est très insuffisant et inégalitaire sur le territoire.

Nous pensons que pour progresser en liberté sur ce sujet, il faut changer de cadre de réflexion et de point de vue.

Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution.

Nous demandons alors l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG).

Il y a plus de 8000 morts par suicide par an en France, pour des motifs divers, et par des moyens en général violents, pour soi-même et pour l’entourage, avec le risque, en cas d’échec, d’en porter des séquelles graves. Si le suicide n’est pas pénalisé, l’orientation vers le suicide peut être traitée comme une pathologie mentale sujette à traitements psychiatriques ; mais trop peu est vraiment fait pour aider à régler les problèmes matériels et psychologiques des personnes suicidaires, à part tenter de les dissuader ou leur rendre le suicide difficile.

A la racine de cette répulsion institutionnelle pour le suicide, nous voyons surtout un vieil interdit religieux et l’opposition des religions au suicide, assisté ou non, est une limitation de la liberté. Notre république laïque et contemporaine se doit d’écarter tout interdit religieux de sa délibération: les pratiquants doivent pouvoir se conformer à leur propre doctrine, sans se voir imposer ce qu’ils réprouvent, mais sans empêcher non plus ceux qui le réclament d’y recourir: les opposants ne subissent aucun dommage lorsque les partisans se suicident.

Une fois levé le tabou injustifié à notre sens qui pèse sur le suicide (et l’euthanasie volontaire qui peut s’y substituer), puis délimitées et décriminalisées les conditions légales de l’assistance, les seules questions à étudier sont de procédure (expression valide de la volonté, délai de prise en compte, réalisation pratique, sécurité, financement éventuel, …), modalités sur lesquelles devrait porter la réflexion concrète. Les représentants des religions opposées au suicide et les médecins persuadés à tort que leur rôle est de sauver la vie de leurs patients, alors que c’est d’aider à bien vivre et bien mourir, n’ont pas à y participer en corps constitué, sauf pour vérifier que le suicide assisté ne leur sera pas imposé. La levée du tabou institutionnel devrait revenir, en république, au peuple souverain convenablement informé.

Face à ce que nous considérons comme un blocage en France, nous pouvons avoir trois attitudes :

  • le contourner dans l’illégalité en se procurant un produit létal interdit ou en bénéficiant par relations de diverses aides confidentielle ou en comptant sur la compassion d’un soignant courageux ;
  • le contourner dans l’inégalité en allant chercher à l’étranger le cadre légal plus ou moins adapté à la situation (comme l’a fait Paulette Guinchard, longtemps militante contre l’euthanasie)
  • ou enfin le débloquer en militant pour l’instauration en France d’un cadre légal positif explicite (et non une simple tolérance comme en Suisse)

Son but ultime est, pour tous les citoyens qui expriment cette volonté de manière valide, l’accès légal et organisé au suicide assisté ou à défaut à l’euthanasie volontaire, à tout moment de leur vie dont la fin de vie en contexte médicalisé n’est qu’un cas particulier. Cette évolution peut être progressive (mais au minimum, il faut annoncer cet objectif ultime) en traitant d’abord le sujet en contexte médicalisé mais en retirant au corps médical la délibération, la décision et la réalisation.

En effet, le contexte médicalisé paraît le plus propice à une démarche d’aide légale à mourir organisée et prévue à titre personnel et collectif (ce que ne sont pas les autres motivations du suicide, qui paraissent plus résulter d’une pulsion irrépressible face à une situation professionnelle, sentimentale ou autre, à effet cumulatif, jugée à un moment insupportable). La motivation peut être ici clairement mais largement délimitée : la confrontation à une dégradation pathologique ou accidentelle physique ou psychique actuelle ou à la perspective d’une telle dégradation (voir la décision d’Anne Bert atteinte de la maladie évolutive de Charcot), que le sujet choisit librement et en pleine conscience de refuser. Le rôle du corps médical est aussi clairement délimité : porter un diagnostic sur la situation présente et future du patient, lui proposer des traitements adaptés, qu’il est libre de refuser, l’informer sans biais à tout moment sur les conséquences prévisibles des divers choix, et quoi qu’il en soit, le soigner et apaiser ses souffrances, mais certainement pas décider à sa place, même collégialement, de sa mort, en la lui refusant ou en l’accélérant hors de son contrôle. Certes le corps médical doit autant que possible être mis de notre côté, mais déchargé d’une responsabilité qui ne lui incombe pas et qui incombe au patient seul, au titre du « droit fondamental de disposer de soi en toute circonstance » que seul le programme NUPES aux dernières élections législatives de 2022 proposait d’ailleurs de constitutionnaliser. En conséquence, ce n’est pas à des médecins ou des soignants d’effectuer l’aide légale à mourir, mais à des assistants assermentés, protégés, formés, dépendant d’ organismes ad-hoc non lucratifs sous tutelle de l’État.

La fin de vie en milieu hospitalier ou Ehpad, en cas de maladie fatale (ou non), n’est plus le cœur de la loi comme actuellement, mais seulement un cas particulier de cette libre démarche de suicide assisté à tout moment de la vie, bien que le sujet-patient soit alors privé de sa liberté de mouvement :

  • si le patient est conscient et lucide, il peut exprimer sa volonté et les moyens peuvent lui être donnés rapidement par l’organisme ad hoc même en milieu hospitalier; ou bien il peut choisir d’aller en service de soins palliatifs et il y sera bien accueilli (ce qui nécessite aussi de profondes réformes, sur les orientations et les moyens !), en gardant toujours la possibilité de demander l’aide légale à mourir.
  • s’il n’est pas conscient, mais que ses directives anticipées en vue d’une non réanimation et d’une mort rapide sont claires, elles s’imposent à tous, famille et médecins, et une action d’euthanasie rapide doit être réalisée par un assistant de l’organisme ad hoc, en substitution de la sédation terminale, toujours ouverte à ceux qui en ont fait la demande, par un choix volontaire dans ce cas ; mais destinée (?) à déculpabiliser les soignants et moins choquer les religieux, cette option devrait logiquement disparaître.
  • s’il n’est pas conscient, et si ses directives anticipées refusent l’aide légale ou n’existent pas, il pourrait subir des tentatives de réanimation et/ou il devrait attendre sa mort sans subir d’obstination déraisonnable en bénéficiant de l’apaisement de ses douleurs, au choix de l’équipe soignante; l’hôpital peut demander une décision judiciaire, sur base médicale, pour valider un arrêt des soins et une aide légale à mourir ou une sédation terminale, contre laquelle nul ne peut faire appel ; le témoignage des proches sur les éventuelles intentions du patient, et non leur avis sur ce qu’il faut faire (voir le cas de Vincent Lambert) est demandé, en priorité à la personne qui partage son existence. L’incertitude pesant sur ce cas devrait pousser les patients à rédiger des directives anticipées et les soignants à les exiger.

La nouvelle loi devra donc cadrer, en termes juridiques appropriés, ces différentes étapes et modalités :

  • acter ou rappeler que chacun est libre de disposer de soi-même, que l’aide au suicide est dépénalisée si elle n’est pas motivée par un intérêt égoïste, que l’aide légale à mourir par suicide assisté ou euthanasie demandée n’est pas un soin relevant des règles et pratiques nationales et internationales du domaine de la santé (depuis les réglementations des Ordres nationaux aux règles de l’OMS, en passant par les lois nationale et européenne) mais un acte d’entraide à l’exercice délibéré d’une liberté individuelle
  • bien fixer avec tact la terminologie employée, définir la constitution, l’encadrement juridique, financier, la tutelle ministérielle et le contrôle des organismes ad hoc, les modalités de recrutement, de formation, de supervision des assistants assermentés, établir les conditions de leur protection pénale, délimiter les responsabilités et champs d’actions respectifs des médecins et des assistants
  • définir les modalités de l’expression valide de sa volonté par le sujet auprès de l’organisme ad hoc (forme, type de motivation, délai de réflexion, réitération) soit en pleine conscience, soit par le biais de personnes de confiance et/ou de directives anticipées (préciser le cas délicat d’absence de directives); en particulier le sujet conscient est réputé doué de sa pleine capacité (sauf s’il est mineur, sous tutelle ou curatelle), il doit être accueilli et écouté dans un véritable dialogue humain et attentif, sans porter de jugement sur le ressenti individuel des souffrances; sa liberté et sa volonté éclairée priment et les cas litigieux sont soumis, par l’organisme ad hoc, à un juge des libertés pouvant faire appel à expertise psychiatrique; d’emblée, le type large de motivation recevable est « la confrontation à une dégradation pathologique ou accidentelle physique ou psychique actuelle ou bien à sa perspective »
  • favoriser et faciliter la rédaction des directives anticipées (en insistant plus sur l’intention générale que sur la multiplication de cas techniques et de questions médicales, le terme ancien de testament de vie nous paraît plus adapté), en assurer réellement la collecte et la conservation centralisées par l’organisme de tutelle (sans censure), les rendre progressivement obligatoires pour tous, avec prise de position très à l’avance pour ou contre l’aide légale à mourir; elles sont destinées au corps médical pour les traitements courants et à l’organisme ad hoc en cas d’ouverture vers l’aide légale à mourir
  • prévoir et favoriser que la personne de confiance appelée à exprimer la volonté du sujet et veiller à sa bonne application, s’il est incapable de l’exprimer ou la réitérer, puisse être aussi un agent juridique : tuteur, curateur, mandataire de protection future, notaire, avocat, et définir ses modalités d’intervention
  • prévoir un élargissement progressif des motivations recevables en parallèle avec la mise en place d’aides effectives, psychologiques et matérielles (qui peuvent d’ailleurs mobiliser beaucoup de moyens humains de proximité et financiers) à se détourner de l’option du suicide
  • définir les modalités de fabrication, homologation, étiquetage, conservation, mise à disposition des organismes ad hoc (ou éventuellement du sujet dans des conditions strictes de sécurité à préciser) du produit létal, non par prescription médicale (a-t-elle lieu d’être techniquement puisqu’il n’y a ni dosage particulier ni contre-indication à prévoir ?) mais par délivrance administrative, directement d’une pharmacie nationale aux organismes ad hoc puis aux assistants, sans passer par des officines
  • définir la procédure d’administration soit à domicile soit en milieu hospitalier ou Ehpad, soit dans un lieu dédié, du produit létal buvable ou par injection contrôlée ou non par le sujet, en fonction de ses handicaps éventuels, ainsi que les modalités de délivrance du certificat de décès et de l’autorisation d’inhumation ou de crémation ; dans le nouveau cadre légal il sera désormais possible de consigner que le décès résulte d’un suicide assisté ou d’une euthanasie volontaire, et non d’une ’cause naturelle’
  • définir les tarifs, les modalités de paiement par le sujet et de prise en charge par les organismes de sécurité sociale, assurant la solidarité et une égalité de traitement entre les sujets
  • prévoir un retour d’expérience annuel sur la mise en œuvre de la loi (et aussi sur le suicide violent hors loi) par des indicateurs quantitatifs et par des enquêtes qualitatives dans la population générale et dans celle des assistants, avec restitution de ce bilan annuel au parlement par l’organisme de tutelle.

En conséquence, les études médicales et les doctrines des Ordres professionnels seront adaptées à ce nouveau cadre légal, orientées vers l’écoute, l’information active et sans biais du patient, la prise en compte scrupuleuse de sa volonté exprimée, la réflexion sur le sens et les limites du métier, la coopération avec l’organisme ad hoc, le développement de l’accès universel effectif à des soins palliatifs de qualité, neutres de toute idéologie religieuse et garants à tout moment de la liberté de choix des patients.

En résumé, pour l’instauration de cette nouvelle liberté, l’expression aide médicale à mourir est inadaptée car ce que nous recherchons à terme est bien une aide légale à mourir de portée générale dont l’application en milieu médicalisé est un cas particulier bien que numériquement important, aide réalisée non par des médecins en tant que tels mais par des assistants assermentés et légalement protégés (c’est plutôt le modèle suisse amélioré, en remplaçant la simple tolérance par un droit positif, et la prescription médicale du produit létal par une délivrance administrative); les soignants qui le voudront pourront acquérir le statut d’assistants.

Une période transitoire peut être aménagée par rapport à la situation actuelle où tout ce qui est admis en France et en Belgique notamment est entre les mains des médecins, mais il faut montrer d’emblée l’objectif, au risque sinon de se retrouver bloqués sans fin dans un modèle purement médical (environnement, critères, prescription, collège décisionnel de soignants, lourdeurs et réticences intrinsèques à leur statut, …) sans perspective d’universalité. Que le secteur médical se concentre sur l’amélioration de l’accueil, de l’écoute et du ‘traitement’ des patients à la ville et en milieu hospitalier dans les différentes disciplines médicales, y compris les soins palliatifs, en étroite collaboration. L’aide légale à mourir n’est pas un soin mais est une extension de la liberté et de la responsabilité de tous les citoyens décidée et appliquée dans un cadre conceptuel plus large que le cadre médical. Elle n’a pas à être conditionnée ou retardée par le développement indispensable des soins palliatifs.

La France pourrait pour une fois ne pas être à la traîne de ses voisins et faire acte d’innovation avec cette aide légale à mourir, qui paraît être aussi la conséquence naturelle de la constitutionnalité du droit à disposer de soi-même qui vient d’émerger en Allemagne et devrait émerger dans toutes les démocraties. L’argument contraire du mauvais signal que cela donnerait aux personnes fragiles ou en détresse, qui se sentiraient un poids inutile pour la société, peut être réfuté par le fait que beaucoup de personnes s’expriment déjà, refusent spontanément d’être un poids pour autrui, ou d’endurer des souffrances qu’elles rejettent, et n’obtiennent souvent qu’une fin de non recevoir ainsi qu’une sorte de mépris faussement fraternel pour leur parole qui n’est pas respectée. Écoutons les. A l’inverse, la certitude qu’ils pourront bénéficier, dans leur propre pays, d’une aide légale à mourir s’ils la demandent est de nature à combattre les angoisses et inconforts psychologiques qu’ils peuvent ressentir et à leur permettre d’aborder en responsabilité et plus sereinement la perspective inéluctable de la mort.

Densité écologique et densité subventionnée

Les critères de surpopulation sont multiples. Voici une approche par la densité.

Surpopulation : quels critères ? – Graduate Institute Publications

Densité globale

L’idée de surpopulation s’adresse d’abord à la quantité d’habitants. Le critère généralement utilisé est celui de la densité, les pays surpeuplés sont alors, pour ne citer que les 6 pas qui arrivent en tête :

en 1987  : Bangladesh 685 hab/km² ; Pays-Bas 355 hab/km² ; Japon 324 hab/km² ; Sri Lanka 241 hab/km² ; Royaume Uni 232 hab/km² ; Inde 228 hab/km2

en 2020 densité actualisée selon les chiffres de la banque mondiale. La hiérarchie est bouleversée car les croissances démographiques ont été très différenciées d’un pays à un autre : Bangladesh 1285 hab/km² ; Cisjordanie et Gaza 798 ; Liban 554 ; Rwanda 533 ; République de Corée 531 ; Pays-Bas 518 hab/km² ; Burundi 476 ; Israël 426 ; Haïti 410 Philippines 376 ; Japon 345 hab/km² ; Sri Lanka 354 hab/km² ; Pakistan 295 Royaume Uni 277 hab/km² ; Inde 470 hab/km2

La moyenne mondiale est de 60 hab./km² en 2020. Un classement des pays selon par exemple la densité des terres cultivables arriverait à un classement différent.

Densité écologique

Un écosystème donné est surpeuplé lorsqu’il n’arrive pas à satisfaire les besoins de sa population. Le critère de surpopulation prend alors en considération les caractéristiques du milieu. Il y a surpopulation au-delà d’un seuil défini par la « capacité-limite » du milieu, c’est-à-dire par la charge de population dont les besoins peuvent être satisfaits par la productivité primaire (Pp). La capacité limite de zones désertiques et semi-désertiques (Pp : 1 tonne de matière sèche/ha/an) sera moindre que celle d’une zone tempérée (Pp : 10-20 tonnes), et celle de prairies de montagne (Pp : 1,1 tonne) moindre que celle de prairies de plaine (Pp : 4,5 tonnes).

Généralement, des facteurs de régulation de la densité des populations interviennent pour empêcher les populations de dépasser la capacité-limite du milieu, c’est ce que l’on appelle la « résistance de l’environnement ». Ces facteurs peuvent être dépendants de la densité (maladies, prédation, fécondité, concurrence, etc.), ou indépendants (hiver rude, sécheresse, etc.). Certaines sociétés humaines autarciques réglaient leur densité écologique en intervenant sur la fécondité. Si les mécanismes de régulation sont abandonnés, la capacité-limite de l’environnement est rapidement dépassée ; on peut atteindre un état de surpopulation sans qu’il y ait nécessairement croissance démographique.

Densité subventionnée

Une région, une nation est surpeuplée lorsqu’elle n’arrive pas à subvenir aux besoins énergétiques de sa population, c’est-à-dire à son alimentation et à ses besoins en combustible pour la cuisson, le chauffage, le transport et les activités industrielles. Dans les systèmes subventionnés, ce sont les ressources énergétiques qui sont déplacées. Les villes ont été de tous temps subventionnées par les campagnes, ce qui leur permet d’atteindre une densité de population beaucoup plus élevée. Avec l’ère industrielle, ce subventionnement ville-campagne s’est étendu à un subventionnement des pays industrialisés par les pays en voie de développement. Au niveau énergétique, c’est le Nord qui parasite le Sud. Si le subventionnement Sud-Nord cessait, ne seraient pas surpeuplés les pays qu’on pense.

Puisque la terre est surpeuplée, la régulation volontaire de la population est une nécessité afin d’éviter une régulation naturelle qui serait catastrophique du point de vue humain.

Auteur : Grégoire Raboud (1987), texte actualisé en 2023 par Michel Sourrouille

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Lire aussi, Forte densité, synonyme de surpopulation ?

Malawi, surpopulation et choléra

Le choléra est contracté par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par une bactérie. Il provoque généralement diarrhées et vomissements et peut être très dangereux pour les jeunes enfants. La maladie touche chaque année entre 1,3 million et 4 millions de personnes sur la planète, faisant jusqu’à 143 000 morts.

LE MONDE avec AFP : L’épidémie de choléra en cours depuis mars 2022 au Malawi y a tué plus de 1 000 personnes… En novembre, le Malawi avait reçu près de 3 millions de doses de vaccin oral de l’ONU. Mais « nous avons utilisé tous les vaccins dont nous disposions », a déclaré le porte-parole du ministère de la santé. Une partie de la population malawite refuse par ailleurs les traitements au nom de croyances religieuses. En septembre, l’OMS avait signalé une « recrudescence inquiétante » du choléra dans le monde. le changement climatique s’ajoutant aux facteurs habituels tels que la pauvreté et les conflits.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Si on ne maîtrise pas la fécondité, disait Malthus dès 1798, il y aura guerres, famines et épidémies.

Or le Malawi est l’exemple type de l’irresponsabilité en matière démographique. Une population de 2,88 millions en 1950, puis 5,3 millions en 1975 et 11,23 millions en 2000… en 2023, on compte plus de 22 millions d’habitants. C’est invivable et ingérable.  La densité est passée de 32 habitants au km² en 1961 à 206 en 2020. Même si l’indice de fécondité à diminué, 7 enfant par femme en 1970, il est encore de 4 en 2020. En 2023, population du Malawi augmentera de plus de 600 000 personnes 1 700 personnes par jour. Le ratio de dépendance total est calculé comme le rapport entre la partie dépendante de la population et la partie valide ou productive de la population: Pour 100 actifs potentiels de 15 à 64 ans il y a au Malawi 91.4 personnes à charge (population de moins de 15 ans + population de plus de 64 ans). Et comme la notion d’actif occupé est très relative dans un pays en voie de sous-développement, l’avenir ne peut qu’être sombre

On incrimine dans l’article du MONDE « changement climatique, pauvreté et conflits » sans jamais s’interroger sur la surpopulation (du Malawi) ! Les journalistes ont un gros problème avec la question démographique… On n’a pas choisi de naître. La première responsabilité des couples, c’est donc sa responsabilité vis à vis de sa progéniture. Mais que le géniteur soit dans la plus grande misère, peu importe pourvu que les religions aient leurs croyants et les politiques leurs détournements d’argent. Procréer alors qu’on vit dans la pauvreté et la surpopulation est la pire des cruautés infligée à l’enfant qui naît dans des conditions qu’il aurait évidemment souhaitées tout autres.

Nos articles antérieurs sur les pays surpeuplés

Surpopulation au Cameroun, 56 hab./km

Corne de l’Afrique minée par la surpopulation

Côte d’Ivoire, surpopulation et manque d’eau

L’Égypte et Al-Sissi face à la surpopulation

L’Éthiopie, victime de sa surpopulation

Surpopulation française, une réalité vraie

Surpopulation sur l’île de la Réunion

Inde : « government jobs » et surpopulation

L’Inde, une surpopulation par condensation urbaine

Le Japon, surpopulation et/ou vieillissement ?

Madagascar, un état de surpopulation

Le Nigeria, miné par la surpopulation

La surpopulation généralisée aux Pays-Bas

Surpopulation en Seine-Saint-Denis 

Référendum en Suisse : halte à la surpopulation

Tanzanie, une surpopulation démente

Surpopulation au Yemen, 377 000 morts

Surpopulation africaine par une virilité mal employée

Surpopulation, une analyse pays par pays

Totale Responsabilité en procréant

Sous le pseudonyme d’Annaba, Philippe  est l’auteur de « Imprécations contre les procréateurs » (2001) et « Traité de savoir survivre à l’intention des jeunes générations » (2011). Il a contribué en 2014 au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Voici le texte que nous avons reçu pour transmission :

Surpopulation et responsabilité

« On est responsable, non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait,

mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre,

ou des choses que l’on a sous sa garde », article 1384, alinéa 1 du Code civil.

La première responsabilité de l’homme, c’est sa responsabilité vis à vis de sa progéniture. L’enfant n’ayant pas demandé à naître, toute naissance engage d’abord les parents. Pour Hans Jonas (1903-1993), dans Le principe responsabilité, la responsabilité parentale, est la seule qui soit instituée par la nature. Alors que les autres types de responsabilité résultent de l’acceptation d’un contrat ou de rapports de confiance, elle ne dépend d’aucun consentement préalable, « elle est irrévocable, et non résiliable ; elle est globale. »

La prise en charge du devenir du nouveau-né « était contenue dans l’acte de procréation… [Les parents] sont donc totalement responsables et cela est plus que le devoir communément humain de venir au secours de la misère du prochain, dont le fondement est autre chose que la responsabilité ». Un enfant qui n’est pas cajolé, caressé, serré contre le cœur de sa mère et de son père, sera tôt ou tard un délinquant, un tyran ou un révolutionnaire. Il aurait mieux valu que ses géniteurs s’abstiennent. Ce qui est exigé de tout couple candidat à l’adoption d’un enfant devrait être le minimum demandé à tout procréateur.

Les mères, de plus en plus seules et sans travail, ont à peine mis bas, qu’elles revendiquent le droit de tout avoir gratuitement. Par cohortes, elles se bousculent aux « bébés du cœur ». Et tout le monde de féliciter ces faiseuses de misère. À Paris, une SDF a mis au monde, et devant cette bouche d’aération du métro, nouvelle crèche du début du 3ème millénaire, les caméras des chaînes de télévision sont venues, tels les rois mages, témoigner de cet acte de suprême optimisme devant le public des téléspectateurs esbaudis. Un symbole de confiance en l’avenir ! Un avenir pourtant que personne n’est capable de prévoir. Quelle incongruité ! Il s’agit plutôt d’un acte de suprême incohérence, de suprême bêtise, un crime de lèse-dignité humaine. Plus l’homme suit ses instincts primitifs dénaturés, plus les médias le glorifient et le montrent en exemple.

Pour la société, la procréation est plus qu’un droit, c’est un devoir, quelque soient les conditions dans lesquelles le nouveau-né est mis au monde. Que le géniteur soit dans la plus grande misère ou dans la plus grande débilité mentale, qu’importe, pourvu que les religions aient leurs croyants, les industriels leurs travailleurs et les commerçants leurs clients.

Procréer alors qu’on vit dans la misère est la pire des cruautés infligée à l’innocent qui naît dans des conditions qu’il aurait évidemment souhaitées autres. Les meilleures conditions de vie ont d’ailleurs leurs revers, elles sont de toutes façons impermanentes, aucune n’est enviable. L’homme croit toujours que ce qui le frappe est dû aux autres ou à quelques démons alors que la cruauté et la bêtise sont en lui-même.

Il est grand temps de réhabiliter Thomas-Robert Malthus (1766-1834) : « La difficulté n’est pas de faire des enfants mais de les nourrir. » Tous les tartuffes droits de l’hommistes s’élèvent bien peu contre l’esclavage d’enfants, en Inde, en Haïti et ailleurs. En Afrique, au Brésil, en Asie, des millions d’enfants sont abandonnés et ne survivent que d’expédients et d’exactions de toutes sortes, en bandes, dans la rue. Comment est-ce encore possible à l’aube du 3ème millénaire ? A cause de la pauvreté ?

Non, ce sont les religions qui cautionnent cet état de fait en permettant aux hommes de fuir leurs responsabilités de père et de mère : s’ils procréent, c’est le plus souvent pour plaire à Yahvé, Dieu le Père ou Allah. Quelle sordide dérision !

Ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est sa capacité de réflexion qui lui permet de refuser de se laisser conduire par l’instinct de survie de son espèce et par le conditionnement social : du martèlement de la publicité au politiquement correct en passant par le religieusement obligé. Des peuples vivent en grand nombre sur des terres régulièrement inondables ou sujettes à des tremblements de terre. Une terre souvent ingrate, incapable de subvenir à leurs besoins, mais ils ne cessent de croître et de se multiplier, jusqu’à ce que le cataclysme naturel vienne les décimer. La nature n’est responsable de rien, elle suit son cours. Elle obéit à des lois immuables. L’homme, lui, ne semble être régi que par l’Incohérence. Faire appel à la morale, à la religion ou à une idéologie, est une stupidité quand il s’agit de sauver la planète des désordres occasionnés par la présence des hommes.

Le seul combat fondamental, c’est l’éducation des peuples et la mise à disposition à chacun de tous de moyens de contraception, parce que tout « homo sapiens » est fondamentalement et totalement responsable de sa progéniture.

Lire aussi, ANNABA, pour une décroissance malthusienne

L’aide humanitaire, facteur de surpopulation

Annaba : « Alors que nous ne sommes pas responsables de notre propre naissance, la société nous rend responsable de toutes les naissances… L’humanitaire est le substitut mercantile, infantile et hypocrite de l’humanisme… 170 ONG s’occupent des réfugiés du Moyen-orient et de l’Afrique de l’Ouest, la plupart reçoivent des subventions sans aucun contrôle. Certains l’appellent « l’industrie de l’aide »…La seule conséquence de toute aide est de favoriser la reproduction… La seule charité concevable, c’est celle qui permet d’aider une femme à avorter si elle le désire…Le sage n’a rien à faire de la charité ; s’il a fait le choix de ne pas devenir l’esclave des désirs et des passions, ce n’est pas pour aider les autres à y succomber…

Lire, L’humanitairerie, un concept réinvesti par ANNABA

Tribune d’ Harlem Désir et David Miliband (Humanitaires) : Les catastrophes humanitaires sont le résultat de choix et non de la fatalité. Lorsque l’on examine les vingt pays qui y figurent, il est clair que les conflits armés, la crise climatique et les chocs économiques sont les moteurs combinés qui font basculer une partie croissante de la population mondiale dans une crise de plus en plus profonde. L’aide est tardive, au lieu d’être préventive, en particulier face à l’insécurité alimentaire. On attend que les gens meurent pour déclarer l’état de famine au lieu d’actionner préventivement les moyens qui permettraient de l’éviter. Parfois pourtant, ces remparts sont érigés efficacement, comme on l’a vu avec l’Initiative céréalière de la mer Noire, permettant l’exportation de plus de 12 millions de tonnes de nourriture. Nous proposons un « New Deal pour les réfugiés et les déplacés » en augmentant le financement des Etats qui accueillent des réfugiés et s’engagent à mettre en œuvre des politiques telles que l’accès au travail, à l’éducation et aux services de santé…

Le point de vue des écologistes

Astartes : En gros, pas un mot sur la responsabilité des pays concernés, sur leurs politiques désastreuses, leurs conflits ethniques sans conciliation possible, leur démographie galopante; montrons plutôt du doigt les pays occidentaux qui doivent sortir la carte bleue dès que les pays africains vont mal.Ce n’est pas aux européens de payer pour des conflits entre des pays à l’autre bout du monde. Si la famine arrive en Afrique dès que les récoltes sont mauvaises en Europe, c’est également un problème à corriger du côté de l’Afrique – pas de l’Europe. Il est temps que ces pays se prennent en main, l’Occident ne sera pas toujours là pour leur voler à l’aide, surtout dans le cadre du goulot d’étranglement sur les ressources en hydrocarbures qui s’annonce dans les décennies à venir, et la récession qui arrivera en conséquence.

Friday : Il est pour le moins étonnant que le facteur démographique ne soit même pas évoqué dans cette tribune d’humanitaires. A 6,42 enfants par femme en Somalie (chiffre 2020), il y aurait peut-être un levier pour que la population soit mieux nourrie, non ?

Résident temporaire : Encore une tribune qui écarte d’emblée le tabou de la démographie, et qui dès lors souffre d’une absence totale de crédibilité. Prenons juste l’Éthiopie. Entre 1960 et 2021, le nombre d’habitants en Éthiopie est passé de 22,15 millions à 120,28 millions (estimation), soit une augmentation de 443,0% en 61 ans. Apparemment, un détail sans incidence pour les auteurs.

Sisimple : Cette tribune est un contre-sens politique. Tout est dit dans les commentaires, j’y ajouterai le banal «  plutôt que leur donner de la nourriture apprenons leur à cultiver et pêcher » PLUS une nécessité de planning familial. Sinon ils continuerons à s’écrouler.. . et nous un peu plus tard.

Scrongneugneu : C’est un jour sans fin cette tribune… On prend les mêmes et on recommence avec l’espoir naïf ou plutôt idiot que cela va bien finir par s’arranger plutôt que de comprendre ce qui n’a pas marché jusqu’ici pour s’attaquer aux vraies causes. Empêcher/retarder la mortalité dans un écosystème par des apports exogènes (aide alimentaire, vaccination, etc.) débouche sur une démographie galopante à un rythme que les économies occidentales n’ont jamais connu, y compris pendant leurs périodes de croissance les plus fortes. Malthus l’a expliqué la production agricole suit une évolution arithmétique alors que à l’état naturel la croissance de la population suit une progression géométrique.

Melx : Oui il y a visiblement le tabou de la démographie. Et les dirigeants qui s enrichissent, corruption, détournements de fonds… Et puis qques islamistes, aussi

MIchel SOURROUILLE : – Croire aider les pauvres du Sud par avion et en 4×4, c’est croire au père Noël, c’est croire qu’on est le père Noël. – Des centaines de millions de vie misérables, qui mettent en valeur l’admirable dévouement d’une mère Teresa, valent-elles mieux qu’un contrôle rationnel de la fécondité permettant de faire accéder au véritable statut d’homme et de femmes des êtres moins nombreux mais plus heureux  – Le néo-colonialisme, avec l’assistance technique et le don humanitaire, a fait sans doute beaucoup plus pour la déculturation que la colonisation brutale. – La main qui reçoit l’aide est toujours en dessous de celle qui la donne. – La décroissance des besoins au Nord est la meilleure des aides possibles pour le Sud…

Pourquoipasmoi : Commençons d’abord par une politique de planning familial sévère pour conditionner les aides.

Solon : Aide-toi et le ciel t’aidera

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

L’humanitaire comme instrument dévoyé de l’humanisme

L’humanitaire est-il écolo ?

Contre la faim, du fric ou un préservatif ?

LE MONDE voudrait une Chine plus peuplée

Ceux qui suivent attentivement les articles du MONDE savent que ce quotidien est foncièrement natalialsie, ignorant la réalité de la surpopulation et toujours prompt à s‘inquiéter quand il y a une diminution de la fécondité ou de la population. Ainsi cet éditorial sur la Chine.

éditorial du MONDE : Les autorités chinoises viennent de reconnaître que le pays a commencé en 2022 à voir sa population décroître, mais Il n’y aurait pas lieu à s’inquiéter. Or tout indique l’inverse, la Chine pourrait perdre environ la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle. Le sujet ne fait en Chine l’objet d’aucun débat public. Il est même largement nié par les autorités. Plus les années vont passer, plus il va être difficile à la Chine d’innover parce que les jeunes vont être de moins en moins nombreux … Une diminution de la population oblige les gouvernants à des sujets impopulaires comme l’augmentation de l’immigration… Depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012, la croissance économique décline tendanciellement…

Le point de vue des écologistes

Éditorial bon à jeter ! En quoi le fait que la Chine pourrait perdre environ la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle est-il inquiétant, sauf quand il s’agit d’un point de vue nataliste. Pourquoi la Chine ferait-elle un débat sur le réalisme des jeunes chinoises qui, coincé par le système, ne veulent un enfant que quand les conditions s’y prêtent ? Pourquoi d’ailleurs LE MONDE de son côté ignore complètement la réalité de la surpopulation mondiale et nie celle de la France ? L’éditorial laisse aussi penser que la capacité d’innovation vient du nombre de gens alors qu’on sait qu’elle vient de la qualité des personnes. Même revenu à 600 millions, la Chine aurait-elle besoin d’immigrés ? Enfin le fait que la croissance économique de la Chine ralentit, n’est-ce pas une bonne nouvelle pour l’équilibre d’une planète qui constitue un milieu clos déjà peuplé de 8 milliards d’humains ?

Lire, Délire, la Chine en manque de bébés !!!

Fantastique, 600 millions de Chinois en 2100

C’est au détour d’une conférence de presse sur la croissance économique le 17 janvier 2023 que les responsables du Bureau national des statistiques chinoises ont révélé qu’en 2022 le pays avait vu sa population diminuer de 850 000 personnes. A partir d’avril, le Chine occupera désormais la deuxième place au rang des pays les plus peuplés de la planète au profit du rival indien, un crève-cœur pour les nationalistes chinois.

Frédéric Lemaître : Le gouvernement a mis fin, en 2015, à la politique de l’enfant unique instaurée en 1979. Depuis 2021, il encourage même les familles à avoir trois enfants. Or, à la surprise de la plupart des experts, le taux de fécondité – le nombre moyen d’enfants par femme –, qui était en moyenne de 1,66 durant ces années d’enfant unique, n’a cessé de baisser depuis. Il n’était que de 1,15 en 2021 et, selon Wei Chen, un chercheur de l’université Renmin de Pékin, il ne serait que de 1,08 en 2022. Misant sur un taux de 1,1, l’Académie des sciences de Shanghaï envisage même 587 millions d’habitants en 2100. Depuis 2021, il encourage même les familles à avoir trois enfants. Or, à la surprise de la plupart des experts, le taux de fécondité – le nombre moyen d’enfants par femme –, qui était en moyenne de 1,66 durant ces années d’enfant unique, n’a cessé de baisser depuis. Il n’était que de 1,15 en 2021 et, selon Wei Chen, un chercheur de l’université Renmin de Pékin, il ne serait que de 1,08 en 2022.

Le nombre des plus de 65 ans devrait augmenter dans les quarante prochaines années. Résultat : « Il y a actuellement 100 personnes en âge de travailler pour venir en aide à 20 personnes âgées. En 2100, 100 personnes en âge de travailler devront aider pas moins de 120 personnes âgées »,

Le point de vue des écologistes

roudoudou : Encore un article alarmiste des « natalistes ». On ne peut quand même pas écrire d’un côté des articles sur la pollution de la planète et la perte dramatique de biodiversité et ne pas s’interroger sur une croissance infinie de la population humaine avec toutes les nuisances effrayantes qui l’accompagnent.

Martin-s : En 2100, 120 personnes âgées pour 100 personnes actives… Mais enfin, personne n’entend parler des immenses tensions sur les ressources en énergie et en matériaux qui arrive à grand pas, ainsi que du réchauffement climatique, et donc des modifications radicales des conditions d’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins qui arrivent à grand pas ? Il est évident que, bien avant 2050 les restrictions, les modifications de notre environnement climatique et écologique seront telles que la population va drastiquement baisser…

Antonis Tilou : En matière de démographie, le conformisme idéologique de cet article de Lemaître fait mal. L’auteur ne fait même pas mine de se demander si les Chinois n’ont pas tout simplement raison de ne pas s’inquiéter de ce recul des naissances, ; l’hyper natalisme des années Mao avec la tragique course aux ressources qui en a découlé était bien plus problématique que l’actuel ralentissement. Et on oublie toujours de dire, avant de la condamner sans procès, que la politique de l’enfant unique a permis un bond éducatif sans précédent, au bénéfice du pays tout entier. Un vieillissement bien géré de la population n’est pas une catastrophe, sauf aux yeux ceux qui n’arrivent plus à desserrer le carcan de leur prêt à penser.

Jean-Pierre M : « Avec une croissance écomomique et un pouvoir d’achat en hausse, l’énorme potentiel de la Chine restera inestimable ». Très bien, on va atteindre les +4⁰c à la fin de ce siècle… Faites des gosses…

Tomjedusor : C’est quand même fou de parler démographie chinoise sans parler d’environnement ou de réchauffement climatique. Sous cet angle envisager une diminution de la population mondiale me semble très positif. Si l’Inde et la Chine pouvaient voir leurs populations divisée par deux, le monde ne s’en porterait que mieux. Et surtout leurs populations ne s’en porteraient que mieux.

Sauf qui Peut : L’espérance de vie va très vite diminuer sur terre. Les progrès de la médecine seront vite annihilés par la multiplication des pénuries, des conflits, pandémies et autres joyeusetés climatiques.

Eric.Jean : Un enfant par femme en moyenne à l’échelle de la planète ce serait aussi un effondrement démographique encore plus spectaculaire que l’explosion démographique du 20ème siècle. Et plus difficile à vivre aussi, une période où il y a beaucoup plus d’enterrements que de naissances doit être angoissant. Il faudra pourtant sans doute passer par là pour revenir à une population mondiale soutenable, telle qu’elle était avant la révolution industrielle, entre un milliard tout au plus comme en 1800.

antispécisme : La vision du XXe siècle de la croissance et de la grandeur, très présente chez nos anciens, est complètement obsolète. Je pense qu’il est temps de voir les choses autrement et d’arrêter de se réjouir quand un couple de trentenaires en est à son 3e enfant (ils logeront où ? mangeront quoi ? se déplaceront comment ? travailleront pour quoi ? auront quels « loisirs » ?).

Emma Paris : Il va peut être falloir que les médias et les décideurs acceptent de changer de logiciel. Car la baisse de la population, c’est une bonne nouvelle, partout dans le monde. Et cela passe aussi par le fait d’accepter de vivre moins vieux, donc d’arrêter de souscrire à la doxa médicale du « vivre toujours plus vieux », qui s’est substitué à l’idéal religieux de la vie après la mort.

Sylvotte : Ne vaut il pas mieux une réduction de la population liée à un manque de naissances plutôt qu’une réduction par les guerres et les catastrophes qui arriveront très vite si on est 10 milliards ?

Michel SOURROUILLE : Isabelle Attané en 2013 regrettait que chaque Chinoise ait désormais moins de 1,5 enfant en moyenne, c’est-à-dire bien moins que le nombre théoriquement nécessaire (2,1) pour assurer le renouvellement de la population  : « A l’aube de ce XXIe siècle, de nouvelles contraintes démographiques se dessinent, et tout le monde s’entend sur le fait que la nécessité de contrôler les naissances n’en fait plus partieIl faudrait ralentir un vieillissement démographique qui s’annonce exceptionnellement rapide. »  (LE MONDE éco&entreprises du 26 novembre 2013, Pékin devra adopter une vraie politique nataliste).

Ce point de vue convenu, ouvertement anti-malthusien, venait d’un membre de l’INED, un institut français ouvertement populationniste. Comme si une population de plus de 1,3 milliard de personnes devait nécessairement se stabiliser à ce niveau ! « 2,1 » est un chiffre mythique constamment rabâché par les natalistes.

pierre guillemot : Dans ses vœux pour l’année 1963, le président de la République française (pour les jeunes : il s’appelait Charles) souhaitait la bienvenue aux bébés à naître dans l’année et leur prédisait qu’ils verraient une France de cent millions d’habitants. Ils auront soixante ans cette année, dans une France de 68 millions, dont une bonne partie ne sont ni leurs proches ni leurs descendants. La même année, Mao Zedong répétait encore sa consigne : croissez et multipliez, le nombre des Chinois fait la force de la Chine ; il a été écouté, la Chine a plus de deux fois plus d’habitants qu’en ce temps là. C’est fini pour tout le monde. Une bonne nouvelle ?

Zventibald : Frédéric Lemaître m’étonne puisqu’il n’a même pas envisagé ce que plus de la moitié des contributeurs affirme à bon escient : dans le contexte actuel, si la population d’un pays diminue, tant mieux.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Délire, la Chine en manque de bébés !!!(2022)

La Chine contre le droit à l’avortement !?(2022)

La Chine, mastodonte en voie de vieillissement (2022)

Le vieillissement de la Chine n’est pas un drame (2016)

vieillir n’est pas une charge insurmontable en Chine (2013)

Pour ou contre une Chine de 3 milliards d’habitants ? (2012)

Le malthusien M. Sourrouille chez les Verts

Un article de « Causeur « du 28 octobre 2014

Daoud Boughezala : Quand vient la fin de l’été, le journaliste en quête d’une ultime échappatoire au bureau voit arriver comme une bénédiction les universités précisément dites « d’été » organisées par toutes les boutiques politiques dignes de ce nom. Je me décide pour  une virée chez les Verts qui organisent leur grand-messe à Bordeaux. Je pourrais y débusquer des décroissants qui m’aideraient à nourrir le dossier sur ce sujet que j’ai vendu au politburo de Causeur – et à préciser mes idées sur le sujet –je suis tenté par certaines propositions des théories de la décroissance. On peut penser qu’une réunion d’EELV n’est pas forcément le meilleur endroit pour rencontrer des gens qui réfléchissent à l’écologie, mais il doit bien s’en trouver quelques-uns.

Mon périple en terre écolo commence dans la petite salle de l’université de Pessac où se tient l’atelier « La démographie, un enjeu pour l’écologie politique ». Ici, on est chez les frondeurs. Ancien ministre de Jospin, Yves Cochet ouvre les hostilités : « Cet atelier a bien failli ne pas se tenir. Tout débat sur la démographie est systématiquement censuré par la direction du parti mais Michel, qui est beaucoup plus opiniâtre et emmerdeur que moi, a finalement obtenu gain de cause ». L’« emmerdeur », c’est Michel Sourrouille, la soixantaine, chauve et barbu en short et t-shirt, directeur d’un essai collectif au titre explicite : Moins nombreux, plus heureux ![1. Editions du sang de La Terre, 2014.] préfacé par Cochet. « Ecolo depuis 1974 et son premier vote pour René Dumont», avec ses faux airs de Philippulus le prophète[2. Personnage des aventures de Tintin (L’étoile mystérieuse) qui annonce la fin du monde, avec son tocsin et sa toge.], Sourrouille déroule un argumentaire mathématiquement imparable : 20% de la population mondiale consomme 86% des ressources de la planète. « Malthusien depuis 1969 et la lecture de La bombe P  de Paul R. Ehrlich », il se réfère constamment à son maître Thomas Malthus, célèbre pasteur anglican qui a prophétisé notre sombre avenir dans l’Essai sur le principe de population (1798), dont la thèse explosive tient en deux courbes. Ancien prof de lycée Sourrouille l’expose simplement: la population mondiale progressant beaucoup plus vite que la production alimentaire, on ne pourra bientôt plus nourrir tout le monde. La conclusion s’impose : « puisqu’on ne peut pas accroître la production agricole, il faut maîtriser la natalité » et organiser le rationnement à l’échelle mondiale, sans quoi « c’est la planète qui nous rationnera et ça se passera très mal ». De son siège dans le public, Yves Cochet fait chorus en rappelant sa proposition de réduire les allocations familiales dès le troisième enfant – cette version verte de la politique chinoise de l’enfant unique avait fait scandale chez les Verts. L’arbitre de la conférence, un sympathique militant en sandales, avait prévenu : « C’est un sujet sensible, certains diraient tabou (…) Attention à ne pas provoquer par vos propos ».

Trêve de plaisanterie. À la tribune, Cyrielle Chatelain, jeune militante spécialiste de la protection sociale, émet quelques réserves: « Notre politique d’allocations familiale est très nataliste, et fondée modèle très sexiste : pendant que l’homme travaille, la femme est censée rester au foyer (…) Mais il est préférable de responsabiliser plutôt que de contraindre. En Chine, la politique de l’enfant unique s’est révélée très efficace mais pose un problème de liberté et de responsabilité. Il y a des enfants cachés sous les lits… » Cochet consterné, soupire et regarde ses baskets blanches… avant d’entamer un vibrant plaidoyer pour le troisième âge qui tranche avec le jeunisme, voire l’infantilisme ambiant: « Une société de vieux serait beaucoup plus heureuse que la nôtre. Les vieux rendent beaucoup de services non monétarisés, garantissent par exemple deux tiers des gardes d’enfants (…) De plus, les sociétés de jeunes sont plus guerrières que les pays de vieux. » La vieillesse, c’est la paix ! – voilà un slogan pour l’époque…

Pour convaincre l’auditoire, Michel Sourrouille brandit les Saintes écritures – le rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972, qui annonçait l’épuisement des gisements fossiles à l’horizon 2030.  Puis il abat sa dernière carte, René Dumont, candidat écologiste à la présidentielle de 1974, qui préconisait « l’abrogation de toutes les mesures qui visent à maximiser le nombre de Français ». L’évocation du grand ancêtre semble faire mouche.

Questions du public. Un spectateur se proclame malthusien côté cour, et père de deux enfants nés de deux femmes différentes côté jardin. Arrive le tour de Joël, biogénéticien entre deux âges,qui synthétise brillamment l’éternel dilemme des Verts, tiraillés entre écologie et progressisme débridé : « Peu d’entre nous ont compris qu’il y avait des limites dans cette planète. Résultat, nous continuons à soutenir les revendications de libertés individuelles comme le droit à l’enfant. » Avouant ma qualité de journaliste, je descends dans l’arène et demande si le soutien officiel des Verts à la PMA pour tous, voire bientôt à la GPA, ne condamne pas à l’avance toute perspective malthusienne.

À deux doigts de dire son fait à ce malappris, je laisse Michel Sourrouille lui répondre : « Le désir d’enfant à tout prix pose des questions écologiques et démographiques mais cela n’a pas été pensé. EELV envisage la question de façon absolument superficielle, comme d’ailleurs l’immigration. Notre commission immigration se contente d’être une annexe des associations de sans-papiers, elle ne réfléchit pas à la question migratoire. Nous souffrons d’un vide conceptuel. Le social et l’économique ont complètement étouffé notre fibre écologiste. » Je comprends pourquoi ceux-là ne sont pas en odeur de sainteté avec une direction qui considère que « l’enfant pour tous » est la prochaine Bastille à conquérir, même si, comme le rappelle Cyrielle, en bonne apparatchik, EELV est officiellement favorable à l’extension tous azimuts de la PMA…

Démographie et immigration, 2 sujets tabous

La réalité de la surpopulation et l’amplification des migrations forcées complexifient les débats. Alors qui va payer les retraites ?

Philippe Bernard : Les opposants au principe même d’une réforme des retraites font mine de croire qu’une France vieillissante et à la natalité en berne peut faire comme si de rien n’était. Le rapport entre actifs et retraités est passé de 2 cotisants pour un retraité en 2004 à 1,7 en 2019 et doit chuter à 1,5 en 2040. La question des flux d’immigration est le second tabou. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin se confie  : « Nous ne donnons peut-être pas assez de titres de séjour aux gens qui travaillent et qu’un certain patronat utilise comme une armée de réserve, pour parler comme Marx. » Après des décennies d’occultation, la dimension économique de l’immigration est réhabilitée. Pourtant, l’idée selon laquelle l’immigration serait une réponse au vieillissement de la France et au financement des retraites est illusoire, ont tranché depuis longtemps les démographes : il faudrait au moins doubler les flux actuels, dont le niveau est déjà un chiffon rouge pour l’extrême droite. A droite, on appelle donc à la « vitalité démographique », sous-entendu à la naissance de nouvelles « têtes blondes », en s’indignant de l’importance de la part de l’immigration dans la hausse de la population française, 44 % en 2017.

Le point de vue des écologistes

Pour résumer cet article du nataliste Philippe Bernard, il faut faire des enfants pour payer nos retraites plus tard car les immigré seraient trop mal reçus par les Français de souche. Donc il veut mettre en place une pyramide de Ponzi démographique : on accroît la population française, ce qui fait qu’il y aura encore plus de retraités, ce qui implique de faire encore plus d’enfants, toujours plus jusqu’à ce que la pyramide s’effondre puisque croître dans un monde fini et à bout de ressources est impossible. Notez aussi que si des jeunes se retrouvent « actifs non occupés » (chômeurs), il ne faudra pas compter sur eux pour payer les pensions, ils seront également à charge ! Notez surtout que le chômage structurel en France depuis Giscard implique que la France et déjà surpeuplée, pas besoin d’immigrés.

On ne peut pas compter non plus sur une amélioration de la production par travailleur pour payer les retraites. Depuis la fin des années 80, la productivité stagne dans tous les pays avancés en dépit de l’informatisation. Il y a un malentendu fondamental lorsque l’on décrit le passage de l’industrie aux services de nos sociétés durant le XXe siècle. La part des services traditionnels – restauration, coiffeurs… – est en effet restée stable au fil des décennies, autour de 20 % de la main-d’œuvre. En revanche, celle liée aux emplois du secteur de l’information au sens large – informatique, finance, assurance, communication… – a explosé. C’est là qu’une bonne partie des bullshit jobs se concentrent. David Graeber a bien décrit comment 30 % des emplois sont totalement inutiles et sans intérêt, et pèsent donc sur cette productivité. Nous sommes en Bureaucratie, « a-t-on jamais dans l’histoire rempli autant de formulaires ? ». Les salariés de plusieurs secteurs sont déjà convaincus d’occuper des emplois absurdes, voire nuisibles pour la société. Des étudiants de grandes école remettent en cause ce pour quoi on veut les formater.

Dans un contexte de crise, il faudra donc s’habituer à la sobriété énergétique, à la sobriété alimentaire… et à la sobriété des pensions de retraite. Ce n’est pas lire dans une boule de cristal de dire que même Macron envisage déjà le pire pour l’avenir et nous balance lui-même en 2023 le mot « sobriété » qui va être cuisiné à toutes les sauces. On ne peut rien contre les réalités biophysiques d’une planète qu’on a pillé jusqu’à l’os ! Il faudra se serrer la ceinture, en espérant une sobriété partagée par tous.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Bientôt la retraite à 75 ans, normal ! (2023)

Bloquer le pays pour la retraite, c’est non ? (2023)

Grève des retraites ou grève du climat ? (2020)

Retraites : ce qu’en disent les écologistes (a)variés (2013)

moins de retraités et la biosphère respire ! (2010)

Les données officielles

Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié en septembre 2022 montre que les perspectives ne sont pas bonnes,le solde entre recettes et dépenses devrait redevenir négatif dès 2023 et sur un laps de temps plus ou moins long suivant les hypothèses. Si ce taux de croissance était de + 0,7 % (soit la valeur moyenne observée sur 2009-2019) ou même de + 1 %, les comptes seraient constamment dans le rouge.le statu quo n’est pas souhaitable : « Plus les choix difficiles seront reportés, plus l’ajustement nécessaire risque d’être important. »

Olivier Dussopt, ministre du travail : «  Le relèvement de l’âge légal (64 ans en 2030) et l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation (quarante-trois ans dès 2027)  permettent de ramener le système à l’équilibre en 2030… Revenir sur ce point serait renoncer au retour à l’équilibre et donc manquer de responsabilité pour les générations futures. » Prise en compte des carrières longues, amélioration du compte professionnel de prévention (pour la pénibilité), index sur l’emploi des seniors assorti d’une sanction financière en cas de non-publication pour les entreprises de plus de trois cents salariés, suppression des régimes spéciaux… Le ministre du travail et son collègue de la fonction publique, Stanislas Guerini, ont égrené les points fondamentaux du projet de loi.

Selon l’INSEE : En 2017, le solde migratoire s’établit à + 155 000 personnes, après + 65 000 en 2016. Les entrées d’immigrés sont toujours plus nombreuses que les sorties ; leur solde migratoire (+ 198 000) est cependant en léger repli par rapport à 2016. Les sorties de non-immigrés sont à l’inverse plus nombreuses que leurs entrées ; l’écart se réduit toutefois en 2017, sous l’effet d’une nette baisse des départs à l’étranger des non-immigrés. Depuis 2006, le solde migratoire des immigrés augmente (+ 21 %), porté notamment par celui des immigrés mineurs. Celui des non-immigrés provient essentiellement des jeunes de 18 à 29 ans, notamment durant leurs études. En 2019, 385 000 personnes sont entrées en France, dont 273 000 immigrés.

Greffe d’utérus, un bébé de plus. Pourquoi ?

Il devient de plus en plus difficile dans notre société hyper-riche et ultra-technicisée de garder un quelconque lien avec les données de la nature. Nous sommes dans un monde sans références et sans but, on fait parce qu’on est capable de le faire, peu importe les conséquences. Voici un exemple parmi bien d’autres quant à la lutte médicalisée contre la stérilité.

Est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ? (article de 2014)

Nathalie Brafman : Nous sommes en 2002. A l’époque, Déborah Berlioz est une athlète de haut niveau. Elle a 17 ans, fait vingt heures de sport par semaine. Et s’inquiète de ne pas avoir ses règles. Consultations, examens médicaux… Le diagnostic tombe : « Vous n’avez pas vos règles, parce que vous n’avez pas d’utérus ! », lui signifie un gynécologue. Déborah est atteinte du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une malformation congénitale qui la prive de cet organe indispensable pour porter un bébé. « Ça a été la douche froide. J’étais dévastée. C’est comme si j’avais un trou noir dans le ventre. Je pleurais non-stop », se souvient-elle. Sa mère lui a donné son utérus, elle a eu un bébé, elle en aura un second..

Le point de vue des écologistes, inaudible

Laurent1837 : Une piste pour les transgenres ?

Joëlle14 : Quelle belle histoire émouvante ❤️

untel : Consternant. Ces interventions périlleuses et d’utilité relative (avec le nombre d’enfants qui peuvent être adoptés) arrivent quand même à recevoir un accueil favorable dans la presse.

Gambetta : Quelle histoire extraordinaire! Quels courages de part et d’autres et formidable preuve d’Amour, entre une mère et sa fille. Ça fait plaisir à lire. Tout ne va pas donc si mal !

Michel SOURROUILLE : On a greffé l’utérus d’une mère, Brigitte Mikolajczyk, à sa fille, Déborah Berlioz : « Je ne me sentais pas entièrement femme. On m’avait enlevé le choix d’avoir ou pas un enfant. » Déborah devrait lire Simone de Beauvoir pour qui le statut d’une femme n’est pas forcément d’être mère. La stérilité n’est pas une maladie, certaines jeunes femmes sans enfant se font même stériliser pour des raison écologiques, car quel est l’avenir pour les générations futures. Pas drôle. Ensuite le « on » est tendancieux. Il s’agit d’une malformation congénitale donnée par la nature, les humains doivent-ils obligatoirement enfreindre les lois de la nature ? La réponse n’est pas évidente. La société croissanciste se permet de réaliser des prouesses pour donner des enfants à ceux et celles qui ne peuvent pas en avoir, mais elle fait aussi des prouesses dans les armements létaux ! Déborah aurait du travailler le concept de surpopulation avant de s’accaparer l’utérus de sa mère !

MH : Mais qui êtes vous donc pour venir donner des leçons de morale à cette jeune femme ? Et puisque vous parlez de suivre la nature se faire stériliser n’est ce pas aussi contredire cette fameuse nature ? Car après tout les seules véritables lois des êtres vivants sont 1/survivre 2/perpétuer l’espèce

untel @MH : Michel a raison de relever ce « on » incongru. La maladie est génétique. Il lui manque le bon gène pour avoir un utérus et un vagin complet. Alors soit elle accuse ses géniteurs, soit elle accuse la Nature. Mais pas « on ». Elle doit dire « ils » ou « elle ». De surcroît faire des enfants n’est plus une fin en soi pour de nombreuses femmes, ce qui se comprend quand on arrive à 8 milliards d’humains. Ce n’est plus l’époque pour celles qui n’ont pas d’utérus de faire les enfants que de très nombreuses femmes, dotées d’utérus, ne feront pas. Si le désir d’enfant est vraiment prégnant il reste la solution de l’adoption.

Billk @Michel, Vous serez bien content quand la société croissanciste vous permettra de survivre grâce à une greffe d’organe ou grâce à une chimiothérapie hors de prix mais prise en charge , tout cela ne respectant évidemment pas les lois de la nature comme vous dites .

Vb12 : Tant qu’on peut se le permettre on le fera. A mon avis ça ne va pas durer..

pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

vaincre la stérilité

accepter sa stérilité

 

Mort avant ses 5 ans, des souffrances en moins

En France, certains militent pour la diminution de la population humaine. « La surpopulation, c’est l’ennemi numéro un de l’écologie, insiste Jean-Loup Bertaux, planétologue et auteur d’une tribune dans LE MONDE. Et c’est justement parce qu’il y a une grande inertie démographique qu’il faut agir dès maintenant. » Cela devrait passer en France par une inversion de la politique nataliste, notamment en plafonnant les allocations familiales à deux enfants. 

Montrons l’exemple d’une baisse de natalité assumée en France et nous pourrons décemment demander la même chose aux pays surpeuplés tout en aidant au planning familial dans tous les pays. D’ailleurs cela coûtera beaucoup moins cher que d’aider à un improbable développement sur une planète déjà largement surexploitée. Il faudrait penser à tout cela en écrivant un article sur le mortalité infantile

Delphine Roucaute : En 2021, cinq millions d’enfants sont morts avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans, selon des estimations publiées, mardi 10 janvier, dans deux rapports des Nations unies (ONU). En cause ? Le manque d’accès à des soins de santé de qualité, aux vaccins, à une alimentation adéquate et à de l’eau potable. si les tendances actuelles se prolongent dans les années à venir, quarante-deux pays ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité néonatale (c’est-à-dire dans le premier mois) au taux de 12 morts pour 1 000 naissances vivantes. Au niveau mondial, le taux de mortalité des moins de 5 ans est de 38 décès pour 1 000 naissances vivantes. Sur la base de ces tendances, environ quarante millions d’enfants de moins de 5 ans mourront avant 2030. Près de dix millions de morts pourraient être évitées si les pays en retard accélèrent leurs progrès. « Nous avons besoin de volonté politique et de leadership pour un financement durable des soins de santé primaires, qui est l’un des meilleurs investissements que les pays et les partenaires de développement puissent faire », ajoute Juan Pablo Uribe, directeur mondial santé, nutrition et population à la Banque mondiale.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Fchloe : Faire un enfant, n’importe quel animal sait faire ça. C’est instinctif. Faire qu’il puisse grandir et manger à sa faim et recevoir ce qu’il faut, c’est une autre affaire. « Dans les années à venir, quarante-deux pays ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de réduction de la mortalité néonatale d’ici à 2030. C’est quoi cet objectif sérieusement. Quel est le but final. Croître et multiplier ? Très dans l’air du temps, trop.

Marie-C. : Ces pauvres enfants, qui ont dû souffrir pendant leurs premiers mois ou années, n’auraient jamais dû naître.. Il y a 30 ans, on croyait que l’éducation, l’accès aux services médicaux, permettraient aux mères de ne concevoir que si elles pouvaient les élever…L’Afrique ne manque pourtant pas de plantes abortives et même les peuples dits primitifs savaient limiter leur surpopulation. L’Occident envoie des vêtements, des médicaments et de la nourriture. Les dirigeants s’accaparent ces biens, n’en distribuent qu’une infime partie et comptent sur les ONG, toujours bonnes poires, pour continuer à alimenter leurs comptes en banques.. Ces enfants, ne les plaignons pas sinon pour ce qu’ils ont dû souffrir pendant leur courte vie…Les années qui les auraient attendus auraient pu été pires…

Ana : « beaucoup trop de parents sont confrontés au traumatisme de perdre leur enfant. » Ayant vécu dans plusieurs de ces pays, au sein de ces populations, il n’y a pas de traumatisme à ce sujet, c’est juste la vie normale, il suffit d’en faire un autre qui aura plus de chance. Oui, je sais, c’est cynique de dire cela pour un occidental mais c’est comme ça que ça se passe.

jan aimar : la pilule le stérilet le préservatif,voila les solutions pour l’Afrique…Culpabiliser, cela suffit, nous ne sommes pas responsable de leurs choix délirants en matière de dermographie...

Guy Sajer : Ces morts auraient pu être évités en premier lieu par leurs parents, en ne les concevant pas.

Humphrey9 : Sinon, c’est toujours un grand mystère la mort d’un enfant. Un futur scientifique de génie perdu pour l’humanité ou alors un djihadiste qui ne commettra pas de massacres ?

La Démographie Responsable en actes

L’action de l’association DR en ce début d’année 2023… avec nos vœux de sobriété démographique.

  • Didier Barthès, porte-parole de notre association, a participé à un débat « Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? » avec Emmanuel Pont, sur FR3 Ile de France le 14 décembre dernier. Ce débat a été diffusé le 4 janvier. Vous trouverez le lien vers cette émission ici.

Par ailleurs comme tous les ans, D. Barthès a publié sur son blog, un article faisant le point sur la démographie mondiale au 1er janvier 2023.

Le compte-rendu écrit

L’intervention de Michel Sourrouille

La vidéo de l’ensemble de la table ronde :

« Sobriété : et si on parlait démographie ? »

Nous vous signalons aussi :

  • le podcast de l’émission LSD, sur France Culture, diffusé en décembre « Non merci, pas d’enfant ! ». Alice Rallier, notre responsable Hauts-de-France, y est interviewée dans le premier épisode.
  • le passage d’Antoine Buéno, adhérent DR et auteur de « Permis de procréer », à MarianneTV. Il est interrogé par Natacha Polony au sujet de son dernier livre « L’effondrement (du monde) n’aura (probablement) pas lieu »
  • A l’occasion du passage aux 8 milliards, notre responsable Occitanie Martin Rott, a représenté Démographie Responsable lors d’une conférence de l’eurASP à Bruxelles le 12 novembre. En voici le compte-rendu.
  • Enfin, nous vous annonçons la projection-débat « 8 milliards d’humains, émoi, émoi, émoi ! » qui aura lieu le 10 mars 2023 à Chamalières (63) et qui sera animée par notre adhérent Jean-Michel Favrot. En PJ, la présentation de cette conférence.

La France a 68 millions d’habitants, l’horreur !

Le dernier bilan démographique de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a été présenté le 17 janvier 2023. L’article du MONDE est comme d’habitude inquiet de notre « faiblesse » démographique, les malthusiens sont tout au contraire ravis.

Solène Cordier : La population française s’élève à 68 millions d’habitants au 1er janvier 2023. Avec un solde naturel (c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) à + 56 000, l’année 2022 atteint le plus bas historique depuis la fin de la seconde guerre mondiale…. C’est finalement un des seuls points positifs de ce bilan annuel : l’augmentation des mariages et des pactes civils de solidarité (pacs) est sensible en 2022…

Le point de vue des écologistes malthusiens

Jean de Lanne : En quoi l’augmentation du nombre de mariages est-il « un point positif »??

17/01/2023 : Pourquoi devrions-nous être nombreux ? On peut être moins. Il me semble. Pourquoi quelques millions d’habitants de moins serait-il grave ? Je ne comprends pas. Il y a une sorte de présupposé du toujours plus, dans tous les domaines. Et dès qu’il y a moins, décroissance, diminution, on est pris dans une sorte d’angoisse. Mais moins, ça peut être mieux.

JeanMichel : Absolument. Moins de population c’est moins de pollution, moins d’urbanisation, des classes moins surchargées, moins de besoin en conso / alimentation, davantage d’espace pour la nature, etc etc. Que du positif, sauf pour les religieux et ceux qui aiment les masses prolétaires qui travaillent pour moins cher.

Roudoudou : La baisse de la natalité est une excellente nouvelle : cela signifie à court terme moins de couches, moins d’accessoires hautement périssables, … et à long terme une moindre dépense d’énergie en infrastructures, transports, agriculture, industries, .. toutes polluantes et destructrices de l’environnement. Faire un enfant aujourd’hui est sans doute le geste le plus destructeur pour la planète qu’on puisse imaginer. Il est grand temps de revenir sur terre et prendre conscience que notre planète n’est pas infinie.

Michel SOURROUILLE : Je suis né en novembre 1947, nous étions 2,3 milliards sur Terre. Le 15 novembre 2022, nous sommes passé à 8 milliards. Sur 75 ans, cela correspond à un accroissement annuel de 76 millions d’êtres humains. C’est ingérable, cela devient invivable. Dans le même temps, la France est passé de 41 millions à 68 millions. Contrairement à tous les discours qui minimisent notre expansion démographique, on peut dire que la Terre et la France sont surpeuplées. Je suis né à Bordeaux, on annonce bientôt un million d’urbains pour l’agglomération ; en 1700, la population bordelaise était de 45 000 habitants. Jamais on n’aurait du dépasser ce nombre, qui est déjà important. On ne se pose jamais la limite à l’explosion démographique humaine, on veut ignorer la capacité de charge des territoires. Tout au contraire en France et ailleurs, ce sont des politiques natalistes qui prédominent, même à l’heure actuelle. Je crois que le désastre est proche, il a d’ailleurs commencé, guerres, famines et épidémies.

Démographie Responsable : La France a connu en 2022 son plus faible nombre de naissances depuis 1946. Dans le même temps, la Chine aurait vu sa population baisser pour la première fois depuis 1960. De nombreux commentaires catastrophistes annoncent un déclin de l’humanité, un pessimisme pour l’avenir, une atteinte à la croissance économique. L’association Démographie Responsable appelle au contraire à considérer ces informations comme de bonnes nouvelles dans un monde toujours plus peuplé, aux ressources toujours plus rares et à la biodiversité toujours plus menacée. Pourra-t-on assurer éternellement l’équilibre de nos sociétés si celui-ci s’appuie toujours sur une augmentation de nos effectifs ? A l’évidence ce serait là entrer dans une spirale sans fin. La seule façon de concilier une amélioration du sort des plus pauvres, et un maintien de conditions acceptables pour la biosphère est donc d’agir en faveur de la maîtrise de la fécondité, dans les pays en voie de développement du fait de leur dynamique démographique, comme dans les pays les plus favorisés du fait de l’impact écologique de chacun de leurs habitants.

Pour agir avec l’association Démographie responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus

un livre de Michel Sourrouille

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable

à acheter auprès de son libraire de proximité,

ou à commander à la FNAC

https://livre.fnac.com/a17437174/Michel-Sourrouille-Alerte-surpopulation

Fécondité, bonnes et mauvaises nouvelles

Démographie chinoise, une bonne nouvelle

LE MONDE avec AFP : En 2021, le nombre de naissances a été de 9,56 millions en Chine continentale. En parallèle, 10,41 millions de décès ont été recensés. La combinaison des deux phénomènes a produit une baisse de la population de 850 000 personnes.C’est une première depuis 1960-1961, lorsqu’une famine, commencée en 1959, avait causé des dizaines de millions de morts à la suite des erreurs du Grand Bond en avant. Le taux de fécondité s’est écroulé à 1,15 enfant par femme en 2021, loin du seuil de renouvellement des générations (2,1). La Chine pourrait n’avoir que 587 millions d’habitants en 2100, soit moins de la moitié qu’aujourd’hui, selon les projections les plus pessimistes .

Le point de vue des écologistes malthusiens

JL P : Enfin une bonne nouvelle ! Si le reste du monde pouvait faire pareil. Ce qui est dingue, c’est que l’article traite la diminution de la pression démographique en Chine dans les décennies à venir de prévision pessimiste alors que c’est au contraire nécessaire voir indispensable à la survie de l’humanité avec des conditions de vie acceptable.

Berel : Je suis assez confondu par la tonalité négative, voire catastrophiste de l’article, dont Le Monde n’a pas l’apanage, pareil à vrai dire pour tous les médias. Pourquoi les démographes, de ce côté-ci de la planète comme à l’autre, sont-ils invariablement natalistes, c’est-à-dire « productivistes de population » ? Alors que la baisse annoncée est porteuse d’effets positifs. Par exemple, la baisse démographique est syomyme de « coûts du travail plus élevé ». Certes… et donc de revenus plus élevés, donc d’enrichissement ! On a vraiment envie de pleurer. idem pour l’argument repris partout selon lequel « l’Inde va dépasser la Chine ». Ah, c’est donc une course ? Mais quel en est le point d’arrivée ? Le premier arrivé à 14 milliards ? On croit rêver : argument digne d’une course en sac dans une cour de récré de CE2. Mais silence, l’expertise triomphe. A croire que l’intelligence est soluble dans le natalisme.

Démographie Responsable : « La Chine, pays le plus peuplé du monde, a vu sa population baisser »… et c’est une excellente nouvelle pour la planète et pour l’humanité. Rappelons que selon un sondage de l’IFOP commandé en octobre dernier par notre association, 72% de nos compatriotes estiment que la Terre est surpeuplée et d’ailleurs, chez les lecteurs et contributeurs de cet article, le pourcentage est nettement plus élevé.

Gmar : Bonne nouvelle car pour survivre il faudra se diriger vers un équilibre entre la nature, les animaux et les êtres humains (changer certaines des activités de ces derniers).

M.Constantine : Très bonne nouvelle, ils sont déjà assez nombreux comme cela ! La natalité est synonyme de pauvreté et de malheur partout dans le monde.

Françoise B. : Ce n’est pas à la planète d’avoir à supporter une croissance infinie de la population. À long terme, la religion de la croissance (économique, démographique etc…) est une menace mortelle pour la planète, et donc pour les humains.

Ol verte : Avec les fluctuations sur la disponibilité et les flux d’hydrocarbures, matières premières pour réaliser des engrais : moins de volume dispo, plus de concurrence et prix accrus pour extraire, fabrication et distribution d’engrais deviendront onéreuses. Les boums de population issus de la révolution verte s’inverseront aussi. Anticipons au mieux les sobriétés : sinon les guerres de ressource, genre agression meurtrière par la Russie, risquent de s’accroître.

Gilles Lacan : Une Chine à 587 millions d’habitants, on va dire que cela correspond aux projections les plus pessimistes du journal Le Monde en même temps qu’aux projections les plus « optimistes » des défenseurs de l’environnement et des amoureux de la paix dans le monde !

Mtestard : Cela pourrait être une bonne chose…Sauf qu’avec l’Inde pour reprendre le flambeau je ne sais pas si notre planète sera mieux lotie…

Démographie française, une mauvaise nouvelle

Solène Cordier : La France reste une bonne élève en Europe. Le bilan démographique annuel de l’Insee le 17 janvier confirme la place de bonne élève de la France, avec un ICF (Indice conjoncturel de fécondité) à 1,83 enfant par femme. Notre pays se caractérise par des dépenses importantes en matière de politique familiale, avec environ 4 % du produit intérieur brut (PIB) consacrés aux divers dispositifs (congé parental, allocations familiales, accueil du jeune enfant…). Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Investissement élevé rime-t-il nécessairement avec fécondité élevée ? Si effet il y a, il est probablement modeste. L’exemple des États-Unis, qui se caractérisent par une forte fécondité malgré des politiques familiales limitées, apporte de la nuance en rappelant l’importance des contextes locaux.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Jean-Claude TIREX : On se croirait au début du XXe siècle où les femmes avaient le devoir de donner des enfants à la France.

M.Constantine : Toujours aussi ridicule d’associer natalité élevée et bonne nouvelle. C’est faux.

OlivierE : Ça dépends pour qui : généralement la naissance est choisie et c’est donc une bonne nouvelle pour les parents. Par contre pour le changement climatique, chaque vie humaine est une mauvais nouvelle.

Michel SOURROUILLE : La France est dans une situation de surpopulation : chômage structurel, forte densité ( chaque habitant a moins d’un hectare pour satisfaire tous ses besoins), urbanisation délirante, stérilisation des terres par le goudron et le béton, totale dépendance envers l’étranger pour la fourniture de combustibles fossiles, dépendance y compris pour des médicaments ordinaires, sur-émissions de gaz à effet de serre, élimination de la biodiversité,etc. C’est une société de consommation sans avenir, tenue en laisse par les sociétés du spectacle, les promesse de pouvoir d’achat protégé et une retraite garantie par une improbable croissance future. Je n’aimerais pas appartenir aux générations futures en France, et les ginks (green inclination no kids) en ont conscience.

Pour agir avec l’association Démographie responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus

un livre de Michel Sourrouille

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable

à acheter auprès de son libraire de proximité,

ou à commander à la FNAC

https://livre.fnac.com/a17437174/Michel-Sourrouille-Alerte-surpopulation

Tout savoir sur la sobriété démographique

Compte-rendu d’une récente table ronde qui a réuni Michel Sourrouille, Laure Noualhat, Gilles Pison, Hélène Soubelet et Emmanuel Pont.

La totalité de cette conférence-débat (2 heures) est sur youtube grâce aux JNE

https://www.youtube.com/watch?v=24cyH_hEhdw

Voici le script de l’intervention de Michel Sourrouille.

Table ronde du 12 janvier 2023 à l’Académie du climat (Paris) organisée par l’association des Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) :

 Sobriété : et si on parlait de démographie ?

L’animatrice des JNE, Carine Mayo, avait structuré le débat autour de trois questions, chacun des 5 intervenants ayant la parole cinq minutes à chaque fois.

1) Y a-t-il trop d’humains sur terre ?

Je suis né en novembre 1947, nous étions 2,3 milliards. Le 15 novembre 2022, nous sommes passé à 8 milliards. Sur 75 ans, cela correspond à un accroissement annuel de 76 millions d’êtres humains. Je ne prêtais aucune attention à cette évolution démographique, vivant ma vie à mon échelle. Naître dans un monde surpeuplé, c’est s’y habituer.

Mais, faisant des études de sciences économiques et devenant militant, j’ai été amené à m’intéresser à la problématique démographique dans les années 1970. J’ai vécu les débuts de l’écologie politique et étudié 4 évènements consacrés à la question démographique. D’abord la Bombe « P » de Paul Ehrlich publié en 1971 en France. Il y avait explosion de la Population et on devait réagir. L’année suivant le rapport sur les limites de la croissance a fait grand bruit. L’évolution exponentielle de cinq variables en interactions (population, alimentation, industrie, pollution et ressources non renouvelables) faisait prévoir un effondrement socio-économique au cours du XXIe siècle si on n’allait pas vers la croissance zéro. Conscientisé par ces connaissances, j’ai voté pour la première fois de ma vie à la présidentielle de 1974. Le candidat et agronome de renom René Dumont présentait un programme écologiste d’avenir et un projet de réduction de la natalité. La préoccupation démographique avait acquis une telle importance à l’époque que s’est tenu la première Conférence internationale sur la population à Bucarest. Nous étions déjà 4 milliards.

J’avais définitivement intégré l’idée de la surpopulation humaine. Car avec 8 milliards aujourd’hui, le poids du nombre ne pouvait être allégé. Tous les indicateurs sont au rouge, les scientifiques le constatent : réchauffement climatique, 6e extinction des espèces, pic des combustibles fossiles et pic des métaux, etc. L’équation IPAT montre qu’il ne va pas être facile de revenir à une situation d’équilibre. L’impact environnemental, noté I, est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe réellement, on constate que le taux annuel de la croissance de la population mondiale est de 1 % et le taux de croissance du PIB en moyenne de 3 %. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, alors l’impact environnemental augmente de 4 %  environ. Or il faudrait pour résoudre uniquement le problème du réchauffement climatique diviser par 4 ou 5 nos émissions de gaz à effet de serre. Toute croissance, économique ou démographique est incompatible avec cet objectif.

Il est donc nécessaire d’opter pour la sobriété démographique, ce qui n’empêche pas de promouvoir aussi la sobriété dans le mode de vie.

2) Opter pour une sobriété en matière de démographie, est-ce un bon moyen de réduire notre empreinte écologique ?

Jusqu’à récemment, faute de mieux j’utilisais le mot « décroissance ». Or l’idée de « sobriété » s’impose aujourd’hui aux esprits. Décroissance est de l’ordre du quantitatif et du fatalisme, sobriété correspond mieux à une valeur, c’est l’expression d’un volontarisme. Par exemple l’association France-Nature-Environnement nous souhaite pour 2023 une année « sobre et heureuse ». Mais elle rajoute que c’est nécessaire pour éviter une sobriété « contrainte ». Je développerai cet aspect en 3ème partie. Il existe différentes sobriétés, énergétique, alimentaire, partagée…, on peut aussi parler de sobriété démographique. Cette attitude est déjà présente dans « Essai sur le principe de population » de Thomas Robert MALTHUS,  dont la première ébauche date de 1798.

Malthusien est devenu un terme de notre dictionnaire. Il est préférable de se dire malthusien (des naissances d’accord, mais en fonction des possibilités du milieu environnant), plutôt qu’antinataliste, opposé en toutes circonstances à la natalité. Le terme Malthusien est explicatif, le mot antinataliste en reste au quantitatif. La loi de Malthus est incontournable. La fécondité humaine a une tendance naturelle à suivre une évolution exponentielle, un doublement tous les 25 ans en moyenne (1, 2, 4, 8, 16…). La production agricole, soumise à la loi des rendements décroissants, ne peut au mieux que suivre une évolution linéaire (1, 2, 3, 4, 5…). En conséquence il y a un décalage croissant qui implique qu’on ne peut se contenter d’améliorer la productivité agricole si on ne maîtrise pas en même temps l’expansion démographique.

Malthus peut donc être considéré comme un précurseur de l’écologie en tant que recherche de l’équilibre entre l’humain et son milieu de vie. En termes contemporains, un système socio-économique doit rester compatible avec les possibilités de notre écosystème, la Terre. En 1970 la situation était en équilibre mais les spécialistes s’inquiétaient déjà à l’époque de la surpopulation. Or, selon le calcul de l’empreinte écologique, en 2023 il nous faudrait 1,75 Terre pour régénérer ce que l’humanité consomme en termes de surface. On est en train de dilapider le capital terrestre au lieu de vivre de ses fruits. Le « Jour du dépassement » a eu lieu au niveau mondial le 28 juillet 2022. Si l’ensemble de l’humanité vivait comme des Français, il faudrait même 2,9 planètes, ce qui est impossible ; notre niveau de vie n’est pas généralisable. Il y a une finitude de notre planète dont il faudrait bien prendre acte politiquement. Notez que cet indicateur est très anthropo-centré, on part du principe que les biocapacités sont entièrement dédiées à la seule survie des humains sans considération de la biodiversité.

En conséquence, il nous faut collectivement devenir à la fois écologiste ET malthusien pour essayer de préserver le sort des générations futures, il nous faut agir.

3) Une politique en faveur de la baisse de la démographie est-elle réalisable et souhaitable ?

Une politique malthusienne de maîtrise de la fécondité est plus que souhaitable, c’est absolument nécessaire, on ne peut y échapper. Malthus indiquait clairement ce qu’il fallait penser des solutions à la surpopulation : « Si on n’applique pas des obstacles préventifs à l’exubérance de la fécondité humaine, alors des obstacles destructifs (guerres, famines, épidémies…) provoqueront l’effondrement. » En d’autres termes, si on ne diminue pas volontairement la population humaine, elle sera de toute façon réduite de façon radicale et forcée puisqu’on aura laissé libre cours à la violence de la nature et des humains…

Le rapport de 1972 sur les limites de la croissance indiquait que face à une évolution exponentielle de la population, il n’y a que deux façons de rétablir l’équilibre : ou abaisser le taux de natalité, ou il faudra bien que le taux de mortalité augmente à nouveau. Toute société qui tient à éviter un accroissement brutal de ce taux de mortalité doit prendre des mesures délibérées pour contrôler le fonctionnement de la boucle positive : réduire le taux de natalité : «  En d’autres termes, nous demandons que le nombre de bébés à naître au cours d’une année donnée ne soit pas supérieur au nombre de morts prévisibles la même année. » On envisageait donc une croissance zéro de la population alors que la population comptait 4 milliards d’humains. Avec le double aujourd’hui, il nous faut en toute logique mettre en œuvre une diminution.

Une politique en faveur de la baisse de la démographie est réalisable, mais plus on attend, plus il sera difficile d’agir. Il y a inertie de la croissance économique comme de la croissance démographique, ralentir la course à l’abîme aurait du être initié dès les années 1970. Il faut donc considérer un engagement  très volontariste, à la fois individuel, politique et associatif. Personnellement j’ai fait un choix éclairé de fécondité en acceptant un avortement en 1973 (avant la loi sur l’IVG) et en n’ayant qu’un seul enfant biologique. D’autres vont plus loin en restant sans enfant après une contraception définitive pour des raisons particulières ou de plus en plus écologiques. Une politique démographique repose avant tout sur le libre choix (pro-choice) des femmes et des couples. Une naissance doit être désirée. 50 % des grossesses ne sont pas planifiées soit près de 121 millions de femmes. En définitive 60 % de ces grossesses non intentionnelles aboutissent à un avortement, soit au total 30 % de l’ensemble des grossesses.

Pour que la décision de procréation soit exercée en toute connaissance de cause, l’État doit assumer son rôle éducateur. Au sortir des écoles, un jeune citoyen ne doit plus ignorer aucun des aspects de la question démographique, vie sexuelle, égalité de sexes, méthodes de contraception, relation entre population et alimentation, capacité de charge d’un territoire, etc. La politique fiscale en matière d’allocations familiales doit être repensée. N’oublions pas que la France a été anti-malthusienne depuis les lois de 1920 réprimant contraception et avortement. On est allé jusqu’à prévoir la peine de mort pour quiconque contribue à un avortement, une femme et un homme ont été exécuté pendant la seconde guerre mondiale. L’INED (Institut national d’études démographiques) avait lors de sa création en 1945 un objectif nataliste. L’avortement a été interdit jusqu’en 1974, la propagande antinataliste a été interdite jusqu’en 1992. On met en épingle l’Inde et les avortements fortement « conseillés » par le gouvernement d’Indira Gandhi. Mais aujourd’hui 37,9 % des femmes mariées et en âge de procréer ont volontairement choisie la stérilisation. Soyons réalistes, pas dogmatiques ni autoritaires.

Entre l’individu et l’État, il y a l’action des associations. En août 2021 a été crée une « Alliance Européenne pour une Population Soutenable » regroupant différents mouvements abordant le thème de la surpopulation. On constate aujourd’hui que seule en France « Démographie Responsable » a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Les Amis de la Terre avaient traduit et publié « la bombe P » en 1971, ils ont oublié cette origine. Greenpeace fait une fiche sur la surpopulation, il traite les malthusiens de « racistes » !

A cette table ronde du 12 janvier 2023, sur 5 intervenants je suis le seul à constater le poids du nombre et la nécessité d’agir. Mais si on ignore les contraintes biophysiques, cela ne peut que nous conduire au désastre.

Pour agir avec l’association Démographie responsable

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus

un livre de Michel Sourrouille

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable

à acheter auprès de son libraire de proximité,

ou à commander à la FNAC

https://livre.fnac.com/a17437174/Michel-Sourrouille-Alerte-surpopulation

Le désir d’enfant de François Olivennes !

François Olivennes, spécialiste de la PMA ( procréation médicalement assistée) est aussi un spécialiste des tribunes dans LE MONDE, ainsi le 23.06.2021, le 09.03.2021, le 18.12.2020, le 31.03.2020, etc. Est-ce un hasard si le frère de François, Denis Olivennes, a pris la direction en France des médias de Kretinsky en 2019 ? Ou bien la direction du MONDE a-t-elle a une passion pour le désir d’enfant même quand on ne peut pas en avoir ? D’autres questions se posent. La stérilité n’est-elle pas une donnée de la nature et, si le désir d’enfant est là, pourquoi ne pas adopter ? Le débat est ouvert.

Le 9.02.2023, ce n’est pas une tribune, mais un entretien complaisant de Vanessa Schneider avec François Olivennes. « J’ai toujours raffolé des bébés » :

« Après six années de médecine, j’ai eu le coup de foudre pour la gynécologie. Ce qui me plaisait, c’est que les patients n’étaient pas malades. Les naissances, c’est joyeux. J’avais envie d’avoir des enfants dès l’âge de 18 ans. J’ai eu une petite amie qui est tombée enceinte et, comme elle était beaucoup plus intelligente que moi, elle m’a dit : « On ne le garde pas. » C’était elle qui avait raison bien sûr, mais sur le moment je n’ai tellement pas supporté cette idée que je l’ai quittée.J ’ai toujours raffolé des bébés. Ce qui me rend si empathique avec les couples infertiles, c’est que j’aurais été très très malheureux de ne pas avoir d’enfants. J’ai adoré m’occuper des miens. C’est toujours compliqué d’annoncer à quelqu’un qu’il n’y a aucune chance ou qu’il faut arrêter d’essayer. Il m’arrive encore d’avoir les larmes aux yeux quand je suis face à des gens effondrés car on finit par partager leur désir d’enfant. Mais nous sommes parfois confrontés à des projets délirants, comme cet homme de 84 ans qui est venu me voir avec un projet d’enfant. L’enfant n’est pas un droit absolu et nous avons une loi en France qui fixe des règles. Je pense cependant que certains sont tentés d’établir des critères qui me semblent dangereux, tels que les conditions de ressources.Il reste heureusement des satisfactions immenses : recevoir un test de grossesse positif, c’est un grand bonheur, il y a quelque chose de jouissif à réussir. Chaque faire-part ou photo envoyée me fait bondir de joie ».

Lire, Infertilité volontaire… ou subie

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere

Février 2021 : PMA, ce n’est pas l’affaire du siècle !

Le Sénat a rejeté [dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2021] la possibilité des couples de femmes homosexuelles et des femmes seules d’accéder à la procréation médicalement assistée (PMA). Le gynécologue obstétricien François Olivennes défend son gagne-pain : « Certains de nos élus restent ratatinés dans leurs certitudes vieillottes. La composition du Sénat, avec seulement 30 % de femmes et un âge moyen de 61 ans, explique peut-être cette décision incompréhensible… Depuis quatre-vingts ans, les groupes conservateurs, l’Eglise catholique en tête, s’opposent à toutes les avancées scientifiques dans le domaine de la procréation… L’Eglise catholique refuse toujours le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) qu’elle qualifie d’« eugéniste », alors que cette technique permet d’éviter que des couples aient des enfants atteints de mucoviscidose… On ne peut que souhaiter que la liberté l’emporte sur l’intolérance, et que ces femmes puissent enfin arrêter d’aller à l’étranger pour bénéficier à prix d’or de la PMA interdite en France. Ces opposants dénient à des individus le droit d’avoir un enfant, désir humain universellement partagé, au nom de postulats moralisateurs dénués de toute preuve scientifique. »

Michel SOURROUILLE (10/02/2021 – 22h38) : La procréation médicalement assistée est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire. La PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Et si on éprouve absolument le besoin d’avoir un enfant, l’adoption d’un enfant déjà fait est à disposition des femmes et des hommes en détresse.

françois olivennes (11/02/2021 – 10h52) : Monsieur, contrairement a ce que vous dites la PMA ne concernent pas que les pays riches. Il y a des centres en Inde, en Chine, en Afrique et partout dans le monde car le désir d’enfant est le même partout et pour tous les couples riches ou pauvres Contrairement a ce que vous dites adopter un enfant n’est pas simple et n’est pas équivalent a faire en un enfant. Si l’on « respectait la nature » notre espérance de vie serait de 50 ans… car la médecine passe sa vie à aller contre nature. Le type d’écologie (sic?) que vous semblez souhaiter, n’est pas la société que souhaite beaucoup de gens et en tout cas pas moi !

Février 2014. Est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ?

François Olivennes, spécialiste des traitements de l’infertilité, milite dans les médias* pour la fécondation in vitro (FIV), le don d’ovocytes, la possibilité généralisée pour les femmes de congeler leurs ovocytes et l’AMP (assistance médicale à la procréation) pour les femmes seules. Il se croit donc respectueux du désir d’enfant à tout prix. Être contre son avis, c’est vouloir que

« Notre pays reste un petit village gaulois campé sur ses positions rétrogrades mais surtout hypocrites, car des milliers de femmes se rendent à l’étranger, parfois à une heure de Paris, pour bénéficier de ces techniques ».

commentaires sur lemonde.fr

Hadrien : Taxer la France de rétrograde et hostile aux femmes stériles pour défendre sa boutique me semble misérable, et on se demande ce qu’un article de ce niveau fait dans les débats du Monde. Des personnes qu’on ne peut soupçonner d’intégrisme ou d’étroitesse d’esprit débattent depuis des années de la légitimité de la science à imposer ses progrès sans réflexion éthique et des enjeux pour notre société. On ne peut balayer tout cela de son mépris tout en se plaignant d’un « débat minimal » !

Jacques Louys : Croire que le « désir » va être satisfait par son objet, ici avoir un enfant, est un leurre éternel…

Chandernagor : Autant je suis fermement attaché aux droits des enfants, autant je suis réservé sur le droit « À l’enfant ». Cela mérite discussion et débats. La stérilité ne tue pas, que je sache.

Shakleton : Le désir d’enfant travesti en dû est une pure construction sociale. Il n’y a strictement aucun argument qui fait de la PMA une nécessité, sauf la pression sociale, le désir de normalité absolue. Pourquoi devrait-on financer un mythe social ? A choisir, je préfère que l’argent de la Sécu aille à ceux qui en ont vraiment besoin … Mettez une femme en mal d’enfant en face de quelqu’un de trop pauvre pour se payer une correction visuelle et qui y a laissé son travail : qui a priorité ? Avec une FIV, on finance combien de prothèses auditives et de lunettes ?

Gbouvier : François Olivennes semble ignorer la différence entre ce que l’Humanité sait faire et ce que l’Humanité s’honore de faire. Et là, c’est moi qui ait peur. Il faudrait qu’il sorte un peu de son petit monde, ce petit docteur. Tout ne tourne pas autour de son petit business ! Un mec stérile et qui aime ça : non, je veux pas être père-porteur, bien que ce soit mon droit.

La murène : Les femmes ne sont pas que des reproductrices, elles doivent pouvoir se réaliser autrement qu’en faisant des enfants.

Yoyo : Pourquoi avoir un enfant ?

Méthodes de travail sur la démographie

Le point de vue écologique que nous essayons de décrypter sur ce blog a ceci de révolutionnaire qu’il repose sur une analyse systémique : tout est interdépendant, la réalité est complexe et souvent contradictoire, mais l’urgence écologique rend nécessaire la formulation de solutions. La démarche doit être dialectique, envisager thèse et antithèse avant d’aborder la synthèse. Par exemple sur la démographie, les uns pensent que la surpopulation tue la biodiversité, d’autres au contraire que c’est la faute à la surconsommation des riches. Or sobriété démographique ET sobriété économique sont deux politiques complémentaires. Arriver à cette synthèse est un préalable à toute recherche de positionnement politique. C’est loin d’être le cas.

Contrairement aux origines de l’écologie politique en 1974 avec René Dumont, le néomalthusianisme (à l’origine du planning familial) est aujourd’hui ignoré ou dénigré. Même pour un parti écolo comme EELV, le débat est clos avant même d’avoir commencé. Ainsi cette réponse de Yannick Jadot à une question sur la croissance de la population humaine qui empiète sur les territoires des autres espèces : « La transition démographique repose surtout sur l’éducation des filles et le développement. Aller plus loin pose problème ; si on estime qu’il y a surpopulation, qui faut-il supprimer ? » C’est de la même veine que « OK, abordons la question de la démographie, et commençons par stériliser ceux qui polluent le plus la planète ».

C’est seulement une minorité d’écologistes comme Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Gras, Alain Hervé qui disent que combattre la surconsommation (et les inégalités) d’une part ET soutenir la maîtrise de la fécondité humaine d’autre part, vont de pair. Si cette synthèse est admise, alors seulement nos citoyens peuvent écouter et comprendre les politiques démographiques à mettre en œuvre.

Nous soulignons d’abord que promouvoir une baisse de niveau de vie pour combattre notre boulimie consumériste qui brûle la planète est aussi difficile que promouvoir une maîtrise de la fécondité. Nous ne développerons ici que ce second point. Il suffit de reprendre ce qui a déjà été dit par des experts pour en faire les bases d’une conception commune. Ainsi ces 9 stratégies proposées par Robert Engelman, président du Worldwatch Institute (WWI) de 2011 à 2014 :

1. Garantir l’accès de tous à une large gamme d’options contraceptives pour les deux sexes

On estime que 40 % de toutes les naissances au niveau mondial sont non désirées. Si toutes les femmes pouvaient décider du moment de leur grossesse, le taux de fécondité à l’échelle du globe passerait sous l’indice de renouvellement des générations. Alors que le monde dépense quelque 42 milliards de dollars par an en nourriture pour animaux domestiques, il suffirait de 24,6 milliards pour financer les services de planning familial.

2. Garantir l’éducation pour tous avec une attention particulière pour les filles

Les femmes n’ayant pas été scolarisées ont en moyenne 4,5 enfants, 3 après quelques années à l’école primaire, 1,9 avec une ou deux années de cycle secondaire. L’éducation permet aux filles d’explorer d’autres aspects de la vie que celui de la maternité.

3. Éradiquer le sexisme dans tous les aspects de l’existence

Les femmes qui sont en mesure de gérer leurs biens, de divorcer et de participer à la vie sociale à égalité avec les hommes sont davantage susceptibles de retarder leur maternité. Cette égalité est d’autant plus nécessaire que les hommes, dans la plupart des pays, tendent à souhaiter plus d’enfants que leur partenaire.

4. Proposer à tous les étudiants une éducation sexuelle

L’ignorance des jeunes est un obstacle à la prévention des grossesses. Ils ne savent pas comment fonctionne leur corps, comment refuser la relation sexuelle non souhaitée, comment éviter la grossesse.

5. Mettre un terme à toutes les politiques qui récompensent financièrement les parents en fonction du nombre d’enfants

Des politiques subventionnent la fécondité de sur-remplacement (des taux au-delà de deux enfants par femme), contribuant à engendrer des populations plus nombreuses qu’elles ne le seraient autrement. Les gouvernements peuvent maintenir les avantages financiers sans les lier au nombre d’enfants, en les associant à la parentalité elle-même.

6. Enseigner les relations entre population et environnement

Peu de systèmes scolaires dans le monde comportent un enseignement qui explique aux jeunes les interactions entre la taille de la population, l’environnement naturel et le développement humain. Une formation sur l’influence du nombre d’humains pourrait constituer une bonne incitation à une transformation culturelle hâtant la fin de la croissance démographique.

7. Chiffrer les impacts sur l’environnement

Une taxe carbone permettrait aux parents de mesurer l’impact de chaque être humain, de chaque naissance donc, sur l’environnement. Une tarification environnementale pousse à réduire les taux de fécondité puisque les couples comprennent que le coût d’un enfant supplémentaire s’avère important.

8. S’adapter au vieillissement de la population plutôt que de le retarder

Les impacts du vieillissement sont moins importants et durables que ceux de la poursuite de la croissance démographique. En effet, si tel n’était pas le cas, les décideurs de demain se verraient contraints de prendre en charge le vieillissement différé à un moment où la densité de population et les problèmes qui lui sont associés rendraient encore moins attrayante et réalisable une incitation à la poursuite de la croissance démographique.

9. Convaincre les dirigeants de mettre un terme à la croissance démographique

La population est devenue un sujet tabou en politique, dans les affaires internationales, et même dans les médias et l’opinion publique. Or, un ensemble de politiques visant à améliorer la vie des femmes, des hommes et des enfants aurait pour retombée le ralentissement démographique. Plus les gouvernements retardent les politiques préconisées, plus le monde devra gérer des populations denses et des augmentations du taux de mortalité.

Pour agir avec l’association Démographie responsable,

https://www.demographie-responsable.org/

Pour en savoir plus

un livre de Michel Sourrouille

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable

à acheter auprès de son libraire de proximité,

ou à commander à la FNAC

https://livre.fnac.com/a17437174/Michel-Sourrouille-Alerte-surpopulation