sciences et techniques

Détechniciser le surdéveloppement technique

Il nous faut construire, du latin dis-, indiquant la séparation ou même la négation. Il nous faut tous devenir adepte de la Déconstruction du système thermo-industriel , il nous faut pratiquer toute la palette des «  », consommation, mobilité, mondialisation, nucléariser, surbaniser, voiturer… pour lutter contre le règne des SUR (surabondance, surcommunication, surconsommation, surdéveloppement, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpâturage, surpêche, surproduction…). En d’autres termes, il nous faut réduire nos besoins et reconsidérer nos pratiques. Rajoutons aujourd’hui à notre liste le terme techniciser. faire perdre son caractère sur-technique à notre environnement matériel.

Le terme « Détechnicisation » n’est pas encore connu du journal LE MONDE. Cette expression a été proposé par D. Wolton : «  détechnicisation de la communication au profit de la relation », c’est-à-dire moins d’outils et plus de temps consacré au face à face. L’information est du domaine de la transmission des données, du sens unique A vers B ou B vers A. La communication doit donner confiance, transmettre un message construit, pensé, pesé ; on se situe dans l’ouverture à l’autre, la possibilité du dialogue et de l’explicitation. L’information est caractérisée par l’instantanéité, la communication par la longue durée. Les mails ne peuvent plus arriver à gérer des situations complexes. D’autant moins que l’avalanche des mails nous oblige à instaurer des filtres qui trop souvent reposent sur notre propre système de valeurs, sur notre propre vision du réel. Faire cohabiter l’ensemble de nos perceptions est devenu impossible avec l’usage des techniques numériques. La moindre pensée écologiste déposée sur la toile se retrouve dans un fouillis innommable de remises en cause diverses depuis les climato-sceptiques jusqu’aux ayatollahs du progrès technique adeptes du croissancisme. Détechnicisons nos pensées et nos actions.

Le terme détechniciser n’était pas employé au début des années 1970, on parlait plutôt de techniques douces contre les techniques dures. Dans une société vernaculaire, la technique est « enchâssée » dans les relations sociales, elle est socialement contrôlée et écologiquement appropriée. Quand les Portugais ont introduit le mousquet dans le Japon du XVIe siècle, son emploi fut désavoué et il fallut attendre longtemps avant qu’il soit autorisé à remplacer les armes traditionnelles. Son efficacité en tant qu’instrument de guerre n’était pas mise en doute. Mais il ne  correspondait pas à la tradition culturelle japonaise, pour laquelle l’utilisation d’un engin permettant à un gamin de tuer un samouraï chevronné était tout à fait inadmissible. Le mixer électrique extrait les jus de fruits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle merveille ! Mais il suffit de jeter un coup d’œil sur le fil électrique pour s’apercevoir qu’on est en face du terminal domestique d’un système mondialisé. L’électricité arrive par un réseau de lignes alimenté par des centrales nucléaires dont l’approvisionnement en uranium dépend principalement du Niger. L’ensemble de la chaîne ne garantit un approvisionnement adéquat et rapide que si chacun des maillons de cette chaîne de production est encadré par des bataillons d’ingénieurs reliés aux administrations quand ce n’est pas à l’armée. En mettant le mixer en marche, on n’utilise pas simplement un outil, on se branche sur tout un réseau de systèmes interdépendants. Le passage de techniques simples à l’équipement moderne avait impliqué la déstructuration des sociétés traditionnelles, la technicisation impliquera une construction des infrastructures actuelles et une Relocalisation des activités humaines. Le mieux que nos techniciens puissent faire aujourd’hui, c’est mettre au point des techniques moins destructrices, dont l’impact sur l’environnement soit minimes et le recours aux énergies fossiles marginal.

A ceux qui pourraient craindre que technicisation compromette notre capacité de résoudre les problèmes socio-économiques, rappelons que la technologie, malgré la multitude de ses usages, est incapable de résoudre les problèmes sociaux et écologiques auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Aucune technologie ne peut recréer une forêt tropicale, aucun artifice ne peut reconstituer une communauté disloquée. A chacun de nos lecteurs de pratiquer les à son rythme… mieux vaut se préparer à l’effondrement civilisationnel en prenant de l’avance.

Les mirages de l’innovation technologique

Croire dégoûte. La croyance religieuse, c’est l’opium du peuple comme l’écrivait Karl Marx. La foi au communisme institué, c’est l’espoir que tout dément mais que rien ne peut détruire sauf à admettre qu’une vie entière de militant n’était que leurre. Autre temps, autre croyance, ne faisons plus confiance aveugle aux mirages de l’innovation technologique.

Ruptures partout – médicales, musicales, gastronomiques… une fièvre d’innovation transforme nos existences, nos écrans, nos conceptions, triomphent dans les entreprises, bouleversent les organisations, les institutions et nos pratiques sociales. Mais pour quel bien ? Avec quelle démesure ? Le philosophe Thierry Ménissier dans son livre* démêle l’amalgame abusif existant dans nos représentations communes entre « innovations » et « progrès ».

Le progrès technique n’est qu’une économie de la promesse. Dans un numéro de la revue « Socio », intitulé « La technique y pourvoira ! »**, historiens, sociologues et politistes analysent les travers des progrès technologique sensés apporter des solutions à tous nos problèmes, sans que ni le pouvoir politique, ni la société ne puissent en questionner le rôle et le contrôle. L‘« économie de la promesse » n’est que l’avatar contemporain des paradis religieux et des utopies sociales des siècles antérieurs. Cette promesse doit contenir un tiers de prouesse scientifique, un tiers de rêve de progrès humain for good (pour le bien), et un grand tiers de profitabilité exponentielle. Et tout problème posé par la technique est réglé par la promesse… d’une nouvelle technique. Les auteurs soulignent aussi les caractéristiques réelles des technologies innovantes : leur extrême vulnérabilité face aux catastrophes naturelles et aux malveillances humaines ; leur ambivalence fondamentale dans la production simultanée d’effets positifs ou néfastes.

Le progrès technique est présenté comme un dogme indiscutable par l’ensemble des dirigeants et des médias. Il a infusé dans l’état d’esprit de la population, « on trouvera bien quelque innovation pour s’en sortir ». Quand on l’élève au rang d’un culte, toute remise en cause, tout débat rationnel deviennent impossibles et ceux qui osent élever la voix sont aussitôt considérés comme des apostats. Nous sommes dans la configuration que décrivait Jacques Ellul, dès 1960, dans La technique ou l’enjeu du siècle, où la démocratie n’a plus sa place puisqu’il faut croire sans poser de questions. Dans un monde où le discours enchanté de la technique s’écarte de plus en plus d’une réalité faite de limites, d’effets indésirables, de pannes et d’accidents,  la question de la délibération politique autour des choix techniques ne peut plus être éludée. Vive les techniques douces contre les techniques inappropriées.

Pour en savoir plus, cette synthèse :

en finir avec le progrès technique

https://biosphere.ouvaton.org/blog/en-finir-avec-le-progres-technique/

* « Innovations. Une enquête philosophique », de Thierry Ménissier, 276 p., 19 €.

** « Socio », « La technique y pourvoira ! », numéro 12, 2019, 240 pages, 20 euros.

La sobriété en médecine au temps du Covid

Il faut faire décroître le système de santé. C’est ce qu’on envisage dans le mensuel « La décroissance » de février 2021. Voici quelques extraits.

Sylvie Cognard : Quand je démontre que la plupart des maladies sont dues aux inégalités sociales, aux conditions de travail, aux problèmes environnementaux et à l’utilisation de certains traitements (Médiator, Dépakine, Distilbène), on me demande de me taire. Il est plus facile de « tout faire » pour tenter de guérir dans une débauche de moyens. Les autres combats sont bien trop vastes et dus à mener…il faudrait changer de système, alors il est préférable d’entretenir les causes. Quant à la mort, il n’est plus question de mourir de « mort naturelle ». Les vieux Inuits qui choisissent de s’éloigner de leur groupe pour aller finir leur vie sur la banquise, impensable de nos jours ! La Némésis médicale d’Ivan Illich est magnifiquement illustre par la pandémie actuelles ; bien que la mort due à la famine dans le monde soit infiniment plus tueuse, il faut combattre le virus comme si l’on été en guerre ! Le mythe de l’immortalité entretenu par la médecine occidentale fait tourner à plein la roue du hamster. La sobriété n’aurait-elle pas consisté à laisser ce virus circuler, accompagner dignement et avec empathie les malades, renforcer les capacités immunitaires des individus ? L’effondrement de la société thermo-industrielle qui s’annonce va forcer la monde à la sobriété de façon brutale, dans le domaine des soins comme dans les autres.

Alain Masquelet : Il est vain et illusoire de réclamer des moyens supplémentaires qui ne peuvent être sérieusement envisagés sans une croissance continue. Ce qui n’est pas souhaitable car la croissance ne peut être poursuivie indéfiniment. Il semble donc que nous ayons atteint un pic, du moins dans les pays occidentaux, en matière d’équipements médicaux et d’exercice médical. Par ailleurs il a été beaucoup question dans le discours politique se rapportant à la pandémie de sauver des vies. Or la vie est une notion abscons à laquelle il faudrait substituer l’idée de préserver le vivant. Des moyens pour parvenir à une médecine sobre peuvent être identifiés. Désescalade technologique, contre la robotisation des actes chirurgicaux et les bio-prothèses complexes, entretenant le mythe du dépassement des limites. Recentrage de l’activité clinique sur la parole du patient, expert de sa maladie qui permet de contextualiser le trouble. Réforme du système sanitaire, à décliner en unités géographiques fonctionnant sur une demande locale et non plus sur une offre centralisée.

Alexandra Laignel-Lavastine : Ériger la vie en souverain bien n’est pas anodin. La vie est certes un bien précieux, mais si elle était le premier d’entre eux, nous n’aurions eu ni l’appel du 18 juin, ni résistants à prendre les armes, ni dissidents sous le communisme, ni Dr Li à Wuahan pour nous alerter sur la gravité de la pandémie. La vie est l’alpha, pas l’oméga. Il existe des principes supérieurs au principe de survie, comme la liberté, le courage et l’honneur. Une vie qui n’est pas disposée à se sacrifier pour donner du sens à sa vie ne mérite pas d’être vécue.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

dévoiturage, dépublicité, détwitter

Le changement est en cours, en arrière toute, précipice en vue… Nous allons vers la fin de la voiture individuelle, vers un monde sans publicité, vers l’abandon des réseaux sociaux. Cela ne va pas assez vite à notre goût, mais les prémices sont là.

1) Dans l’industrie automobile, la longue marche vers la fin du moteur à combustion a commencé

La firme General Motors ; celle qui fabrique les énormes pick-up ou encore les « muscle cars », GM donc, cinquième constructeur mondial, a annoncé fin janvier 2021 son intention de ne plus fabriquer de voitures essence et diesel à partir de 2035… Paris a ordonné une interdiction des véhicules thermiques en 2030, Bruxelles en 2035. Des villes comme Madrid, Rome, Athènes ont décrété la fin du diesel dans leurs rues de façon imminente… Mais le directeur R&D de la filière automobile française rêve encore : « Après 2035, on considère qu’en Europe on n’utilisera plus de carburants issus d’énergies fossiles. Toute l’énergie qu’on mettra dans un objet de mobilité sera décarbonée de façon nette. Cela signifie que les véhicules qui auront encore un moteur thermique rouleront avec du biogaz, des biocarburants ou de l’essence synthétique. »

Pour en savoir plus, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

2) La publicité se vend en acteur crédible de la transition écologique

La convention citoyenne pour le climat voulait interdire la réclame pour les produits les plus émetteurs de gaz à effets de serre et obliger à la publication d’incitations à moins consommer. Le Conseil économique, social et environnemental recommande de « réexaminer la question de la publicité sur les véhicules les plus polluants », osant le parallèle avec la pub pour le tabac et l’alcool, qui a pu être interdite « malgré l’importance des recettes qu’elle générait ». Mais la proposition de loi « Cimat et résilience » se contente de mesurettes, par exemple un « code de bonne conduite » pour les publicitaires. Qui peut croire encore que les agences de publicité joueront un rôle positif dans la transition écologique alors que le cœur de leur métier est de travestir la réalité pour vendre toujours plus ?

Pour en savoir plus, Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

3) « J’ai vu naître le monstre » ou la chronique d’une addiction à Twitter

Samuel Laurent raconte sa décennie d’immersion au sein du réseau social : « Twitter me permet d’exister, de compter professionnellement. Je tweete, donc je suis, donc j’existe, donc je pèse. Il me pousse à continuer, à tweeter et à retweeter sans trêve, sur tout et n’importe quoi… Sans m’en rendre compte, j’ai basculé dans des joutes rhétoriques où l’idée n’est plus tant de convaincre l’autre que de lui montrer qu’il a tort. Tout y passe : caricaturer son argumentation, user de cynisme, d’exagération, souligner les faiblesses de son raisonnement… Sur un réseau social, la meute n’a jamais conscience qu’elle en est une. Chacun pratique sa propre indignation individuelle, sans prendre en compte le caractère collectif qu’elle finit par revêtir… Le 6 juillet, j’annonce ma décision : je quitte Les Décodeurs, le fact-checking, ma chronique sur France 5 et Twitter. Je sais que j’y jouais ma santé physique et mentale. » Ah, si tout les accros aux réseaux sociaux pouvaient faire de même !

Pour en savoir plus, Twitter encore et toujours, il n’en restera rien !

Tout savoir sur la conquête spatiale

« Coloniser Mars ? Le fantasme d’un exode vers d’autres mondes nourrit nos imaginaires », dixit Stéphane Foucart. Des informations décontextualisées laissent croire qu’il y aurait dans le cosmos une multitude d’ailleurs vivables et accessibles…

1) Le mirage de la technologie qui va nous faire échapper d’une planète qu’on a rendu invivable, ça marche! L’idée que nous pourrions ruiner la Terre avant de partir tranquillement vers d’autres soleils séduit des esprits parmi les plus éclairés. Le sociologue médiatique Gérald Bronner : « En quittant la Terre, il deviendrait évident que nous sommes humains avant d’être terriens. C’est là un rappel essentiel car l’idéologie précautionniste, en nous proposant un rapport empreint de sentimentalité à la planète, nous contraint à penser que le problème fondamental est de ne surtout pas risquer de détruire l’espace qui nous permet de vivre ». Autres exemples chez les lecteurs du monde.fr :

JCM : Le rêve d’un ailleurs est vieux comme le monde, il faut être bien amer pour le croire toxique.

Rust Cohle : Oui, il existe des contraintes énormes et pour l’instant indépassables pour aller sur Mars. C’est d’ailleurs pour ça que les Sky Crane de Curiosity et Perseverance sont une impasse. Mais l’Humain a cette capacité de dépasser les limites techniques, même si ça prendra 10 ans, 30 ans ou 100 ans.

Obéron : Coloniser significativement d’autres planètes, à commencer par les plus proches, c’est affaire de siècles (au moins un ou deux). Les terraformer, sans doute affaire de millénaires. C’est enthousiasmant pour l’esprit, cela fait rêver.

Nawak : Qui peut savoir quelles technologies nous maîtriserons dans deux siècles ? Regardons deux siècles en arrière pour avoir une idée de notre ignorance…en 1821, celui qui disait que l’homme irait sur la Lune ou volerait d’un continent à un autre en quelques heures aurait été traité de la même manière que cet article parle de ceux qui pensent que l’homme peut coloniser Mars.

2) « Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs ». Dans ce livre, Sylvia Ekström et Javier G. Nombela mettent les points sur les i. En conclusion, ils écrivent : « Là-bas au bord du champ, vous réaliserez que nous ne pouvons pas vivre sans la beauté multicolore de la nature terrestre. » Voici quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr :

AliceM : Merci Stéphane Foucart pour cet article. Les hommes sont bien fous de se penser indépendants de la Terre. Cela révèle une déconnexion pathologique d’avec leur essence même. Remarquez qu’aucune femme n’entretient ce complexe mégalomane et suicidaire.

Francis.C : Elon Musk, l’homme qui fait fortune en vendant quelques voitures électriques pour « sauver la planète », et qui veut utiliser cet argent pour du tourisme spatial, soit à peu près l’activité la plus polluante qu’on puisse imaginer. Difficile de le prendre au sérieux.

Man from Blacksea : Vivre sur une autre planète: le confinement éternel. Non merci.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

29 août 2019, Notre frontière est terrestre, pas martienne

22 juillet 2019, Conquête spatiale, rêveries extraterrestres

9 février 2018, Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale

PMA, ce n’est pas l’affaire du siècle !

Le Sénat a rejeté [dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2021] la possibilité des couples de femmes homosexuelles et des femmes seules d’accéder à la procréation médicalement assistée (PMA). Le gynécologue obstétricien François Olivennes défend son gagne-pain : « Certains de nos élus restent ratatinés dans leurs certitudes vieillottes. La composition du Sénat, avec seulement 30 % de femmes et un âge moyen de 61 ans, explique peut-être cette décision incompréhensible… Depuis quatre-vingts ans, les groupes conservateurs, l’Eglise catholique en tête, s’opposent à toutes les avancées scientifiques dans le domaine de la procréation… L’Eglise catholique refuse toujours le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) qu’elle qualifie d’« eugéniste », alors que cette technique permet d’éviter que des couples aient des enfants atteints de mucoviscidose… On ne peut que souhaiter que la liberté l’emporte sur l’intolérance, et que ces femmes puissent enfin arrêter d’aller à l’étranger pour bénéficier à prix d’or de la PMA interdite en France. Ces opposants dénient à des individus le droit d’avoir un enfant, désir humain universellement partagé, au nom de postulats moralisateurs dénués de toute preuve scientifique.« 

François Olivennes, spécialiste des traitements de l’infertilité, milite depuis longtemps dans les médias pour la fécondation in vitro (FIV), le don d’ovocytes, la possibilité généralisée pour les femmes de congeler leurs ovocytes et l’AMP (assistance médicale à la procréation) pour les femmes seules. Il se croit donc respectueux du désir d’enfant à tout prix. Être contre son avis, c’est vouloir que « Notre pays reste un petit village gaulois campé sur ses positions rétrogrades mais surtout hypocrites, car des milliers de femmes se rendent à l’étranger, parfois à une heure de Paris, pour bénéficier de ces techniques ». (LE MONDE du 19 février 2014)

Mais est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ? Au nom de quoi la morale devrait reposer sur des preuves scientifiques ? Depuis quand le désir d’avoir un enfant est-il universellement partagé ? Et l’enfant, quel est son droit ? Ce n’est pas réservé aux bigots des Églises de se poser ces questions. Il y a motif à pugilat, ainsi sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE (10/02/2021 – 22h38) : La procréation médicalement assistée est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire. La PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Et si on éprouve absolument le besoin d’avoir un enfant, l’adoption d’un enfant déjà fait est à disposition des femmes en détresse.

françois olivennes (11/02/2021 – 10h52) : Monsieur, contrairement a ce que vous dites la PMA ne concernent pas que les pays riches. Il y a des centres en Inde, en Chine, en Afrique et partout dans le monde car le désir d’enfant est le même partout et pour tous les couples riches ou pauvres Contrairement a ce que vous dites adopter un enfant n’est pas simple et n’est pas équivalent a faire en un enfant Si l’on « respectait la nature » notre espérance de vie serait de 50 ans… car la médecine passe sa vie à aller contre nature Le type d’écologie (sic?) que vous semblez souhaiter, n’est pas la société que souhaite beaucoup de gens et en tout cas pas moi !

Pour ne pas en dire plus, lire cette synthèse sur un copain à Olivennes :

9 juillet 2020, Frydman, promoteur infatigable de la PMA

Quelles sciences pour le monde à venir ?

Il y a la science pure, la recherche pour déterminer comment le monde est fait, ce qui nourrit la connaissance pour le seul plaisir de connaître. Avec la civilisation thermo-industrielle, la techno-science a pris le pouvoir, les scientifiques sont devenus des esclaves de l’innovation qui rapporte aux entreprises. Cette science croissanciste et aveugle aux limites biophysiques de la planète a induit tellement de désastres que certains scientifiques deviennent des lanceurs d’alerte. Ce sont les climatologues qui nous informent du réchauffement climatique, ce sont les naturalistes qui nous avertissent de la disparition de la biodiversité, etc. Mais la situation est jugée tellement grave de la part de scientifiques de tous horizons que l‘alerte devient dénonciation.

Cette évolution est d’autant plus pertinente que les pseudo-scientifiques à la solde du business s’ingénient à dénigrer les scientifiques lanceurs d’alerte. Ils deviennent au niveau médiatique des marchands de doute ou des remparts d’un progrès technique sans conscience de ses effets pervers. Tout ce qui est inventé doit pouvoir être réalisé, bombe atomique, poisons chimiques, numérisation sans limites, etc. Sinon, selon eux, ce serait le retour à la bougie, si ce n’est à l’âge des cavernes.

Ces scientifiques vendus au système se transforment en religieux qui nous annoncent le paradis… dans un futur indéterminé. Pour eux la science est la solution alors qu’elle a créé le problème. Mais c’est eux qui recueillent les fonds des entreprises et des gouvernements dans un monde formaté par la croyance au progrès. Ils sont aidés dans leur propagande par les pseudo « sciences » économiques, une économie politique qui s’est mise au service du pouvoir des marchands du temple. Sans compter les médias de masse qui sont aussi une grande part du problème car, dépendant des ressources publicitaires et rachetés par des industriels, sont devenus eux aussi les complices des marchands. On n’est pas encore prêt à sortir de ce monde aveugle aux conséquences à long terme de l’activisme désordonné des humains

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

8 octobre 2007, techniques douces

Pour en savoir encore plus, lire : « Quelles sciences pour le monde à venir ? Face au dérèglement climatique et à la destruction de la biodiversité », dirigé par Alain Grandjean et Thierry Libaert (Odile Jacob, 268 p., 22,90 €).

Faut-il incendier les émetteurs radio/télé ?

L’information fait-elle l’action ? Un incendie, revendiqué par un comité « pour l’abolition de la 5G et de son monde », a endommagé un émetteur radio, privant 1,5 million de personnes de radio et de télévision. D’après le comité, « Le sabotage de l’antenne a eu lieu dans le cadre de l’opération voix du vent et chants d’oiseaux. Nous ne sommes qu’une poignée, pourchassées, terrifiées, mais nous vaincrons malgré notre faiblesse ».

Cette information du quotidien LE MONDE ne fait pas l’action, mais elle y contribue. Est-ce du terrorisme écologique ? Fallait-il ne pas en parler ? Les réactions sur lemonde.fr portent pour partie sur l’intérêt ou non de l’innovation technique.

Benoit Croquinard : Quelques heures de télé en moins, action salutaire

MD : Les écolos radicalisés ont frappé, ce n’est qu’un début. Rien de surprenant de la part de gens qui refusent tout progrès technique.

Mais le débat de fond porte aussi sur la validité de la destruction de biens jugés néfastes pour l’humanité.

Mort de rire : J’imagine 2 ou 3 anciennes baba-cool qui ne supportent plus la bêtise dont nous sommes abreuvés quotidiennement. Et qu’on veuille nous en imposer encore plus pour pour pouvoir dire encore plus de bêtises, encore plus vite. Alors elles ont eu le courage de s’engager pour le bien de l’humanité. Je les comprends.

Fredh : Vous savez, vos anciens baba cool ont tout à fait le droit de ne pas avoir et regarder la télé, de ne pas avoir de smartphones 4G ou 5G, de ne pas avoir de voiture, de ne pas prendre l’avion, de ne pas se faire vacciner… mais il faut aussi respecter les désirs des autres personnes… Ils ne sont pas si cool que ça, mais plutôt fachos, vos babas.

Ces échanges résument parfaitement les contradictions du monde contemporain et la difficulté de l’action. Dans une société d’homo economicus, l’aliénation n’est plus extérieure, elle a été intégrée, digérée par les sujets. La société de consommation est devenue la raison d’être d’une grande partie des gens aujourd’hui. Lutter contre l’aliénation est donc difficile, il faut risquer la prison, si ce n’est sa vie. Ainsi l’exemple des luddites, débattu aussi sur lemonde.fr :

gbouvier : Révoltes insignifiantes mais pénibles de luddites qui brandissent leurs fourches garnies de fumier. Ce qui rassure, c’est que les fourches n’ont rien pu faire contre les fusils.

Michel SOURROUILLE : Monsieur Bouvier, votre remarque sur les luddites du XIXe siècle est intéressante. Les artisans ont brisé des machines automatiques qui mettaient au chômage beaucoup d’artisans à domicile pour le plus grand profit de l’industrie textile en formation. Deux siècles plus tard, on constate que cette industrialisation à marche forcée a entraîné la croissance économique sans limites et la détérioration brutale des conditions de vie sur Terre. Les luddites avaient donc raison. Mais on a fait à l’époque des lois condamnant à mort pour bris de machines, et des luddites sont passé sous les fourches caudines. Ce qui veut dire que dans notre système techno-industriel, la protection des machines a plus de valeur que la vie humaine. Pensez-vous encore, Monsieur, que l’écrasement des luddites a été une bonne chose ?

Synthèse : Tous les écolos ne sont pas adeptes du sabotage, sinon il y a bien longtemps qu’on ne trouverait plus une seule centrale nucléaire, plus un seul SUV, plus un seul bateau de milliardaire, etc. La question de la destruction de biens pour le bien de la planète a été posée par l’action contre une centrale nucléaire de Françoise d’Eaubonne et contre les SUV par le livre d’Andreas Malm, lire sur notre blog biosphere :

16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens

Faut-il se faire vacciner… ou pas ?

Fiabilité des vaccins contre le SARS-CoV-2 ? Les Phases des essais cliniques sont faits sur des groupes de personnes volontaires de faibles nombres ( quelques dizaines ) en phase 2. La phase 3 évalue l’efficacité et les effets secondaires sur des groupes de l’ordre de 1000 personnes ( peut-être plus pour les vaccins). La phase 3 détermine la mise sur le marché du vaccin mais ne donne pas la libération de mise sur le marché définitive. Cette libération est conditionnée par l’étude de phase 4 sur des groupes de 10 000 à 100 000 personnes ou plus. C’est pourquoi les vaccins actuels ne seront fait qu’après consentement du patient comme pour toute étude clinique.

Actuellement au 23 décembre 2020, aucun vaccin covid n’a complété la phase 4. Au contraire, elle ne fait que commencer. De plus le vaccin à ARN est nouveau et n’a jamais été utilisé. Problèmes potentiels ? Multiples car non connu. Tous ceux d’un vaccin normal plus ceux spécifiques à l’ARN : non reconnaissance de l’ARN comme molécule étrangère (antigène), confusion avec des ARN propre à la cellule, réaction exagérée provoquant la destruction de la cellule contaminée et des autres cellules non contaminées, etc. Précisons que la mortalité de la covid-19 n’est que de moins de 0,1%, mais 20% pour les personnes de plus de 80 ans. Si vous souhaitez faire avancer la connaissance médicale, participez aux vaccinations, mais en toute connaissance de cause.

13 novembre 2020, Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

Extraits : L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires…

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

extraits : La vaccination est d’abord un frein à la sélection naturelle. Homo sapiens est une espèce biologique née de cette sélection naturelle. C’est pour cela que nous ne sommons pas restés des singes. Selon la thèse de Darwin, une partie seulement des naissances atteignent l’âge de la reproduction car seuls les mieux adaptés résistent. Mais grâce à ses capacités cérébrales, l’être humain sait outrepasser les barrages qui pourraient limiter son expansion démographique….

Priorisation, tri médical, des gros mots ?

L’obligation de sélection est un mot-clé pour comprendre les sociétés complexes. Tout le monde ne peut pas gagner à l’Eurovision, tout le monde ne peut pas entrer librement à l’École Normale Supérieure, tout le monde ne peut pas diriger une multinationale, tout le monde ne peut pas devenir milliardaire. Mais « sélection » est un gros mot, utilisé ad nauseam par le système concurrentiel qui est le nôtre. Nous préférons l’idée écologique de « sens des limites », et de cela tout le monde devrait en être conscient. Nous devrions mettre en place collectivement une sobriété partagée et ce dans tous les domaines, y compris pour notre dernière heure. La deuxième vague de la pandémie repose l’épineuse question du « tri » des patients admissible en réanimation.

La priorisation, dans un système contraint, est inhérente à l’exercice de la médecine. Lorsque les premiers appareils de dialyse, les premières trithérapies sont arrivés, il a fallu choisir. En temps normal, déjà seuls les plus robustes (dont un sur cinq ne se relèvera pas) sont admis en « réa ». A plus forte raison avec le Covid-19. Des grilles aident à évaluer le degré d’autonomie d’un patient – « peut s’habiller sans aide », « se nourrit sans aide sauf pour couper la viande » – ou mesurer son « score de fragilité clinique ». Il est un autre tri qui ne dit pas son nom, c’est le refus d’accès à l’hôpital aux patients non atteints du Covid-19. « Doit-on maximiser le nombre de vies sauvées, maximiser le nombre d’années de vie sauvées, ou maximiser le nombre d’années de vie qualitative sauvées ?, interroge Frédérique Leichter-Flack.

Certaines personnes que nous saluons pour leur courage et leur exemplarité ont même pratiqué un auto-tri en refusant la réanimation. Voici l’essentiel des commentaires sur lemonde.fr :

Fredus : «  Une vie égale une vie, la question de l’utilité sociale ne se pose pas » s’exclame Daniel Mathieu. Ce professeur de réanimation ferait bien de lire « Qui vivra, qui mourra – Quand on ne peut pas sauver tout le monde » de Frédérique Leichter-Flack. Le plus mauvais critère de tri, c’est la compassion.

Michèle de Dordogne : Pour les médecins, c’est dur d’avoir à choisir à qui donner sa chance quand il est impossible de réanimer tout le monde. Il faut rappeler cette cruelle vérité à tous ceux qui chouinent de ne pas pouvoir skier à Noël ou faire la nouba à la Saint Sylvestre.

PJV : Régis Aubry enseigne qu’il faut ajouter de la vie aux jours et non des jours à la vie,.

tom : même si c’est difficile à accepter, chacun peut comprendre la priorité en ce qui concerne les chances de survie. Et c’est pas de l’inhumanité c’est du bon sens face à une situation extrême. S’acharner sur quelqu’un qui a 80 ans et deux ans d’espérance de vie n’a pas de sens. D’ailleurs sans la médecine on en serait même pas là en espérance de vie… Ce que je dis est humainement inacceptable, j’en ai bien conscience, mais c’est très pragmatique… et logique.

Elie Arié : Toute médecine (pour en rester à ce domaine ) est nécessairement un système de rationnement : la liste des médicaments remboursés implique une liste de médicaments non remboursés; le nombre d’hôpitaux, de médecins, etc., est nécessairement toujours et partout limité; les patients devant bénéficier de certaines prestations hors de prix font nécessairement l’objet d’un tri; le nombre d’organes à transplanter a beaucoup diminué depuis la baisse du nombre d »accidents de la route, etc. Il est étonnant qu’il ait fallu cette pandémie pour faire prendre conscience de ce problème qu’on préférait ignorer.

Pour en savoir plus, ce que notre blog biosphere écrivait lors de la première vague :

19 mars 2020, Covid-19, le droit de vivre ou de mourir

11 mars 2020, Covid-19, nécessité d’un triage médical

Le soldat « augmenté » sans limites !

Le comité d’éthique du ministère de la défense plaide pour l’ouverture de travaux sur les méthodes « invasives » d’amélioration des performances physiques des militaires. Vive le « soldat augmenté ». En clair, l’injection ou l’absorption de substances et des opérations chirurgicales: substances conçues pour améliorer « la résistance face au phénomène d’isolement », » intégration de puces sous la peau pour être géolocalisé en cas de capture », opération des oreilles pour entendre des fréquences très élevées ou très basses, opération pour améliorer l’acuité visuelle ou encore implants « permettant de prendre le contrôle d’un système d’armes ». Les seules méthodes « invasives » employées aujourd’hui au sein des armées françaises sont le recours à un certain nombre de produits facilitant la récupération après l’effort ou diminuant le stress.

De longue date, l’être humain comme un imbécile cherche à accroître ses capacités à guerroyer. On croyait que la bombe nucléaire et les drones avaient atteint le summum de son inventivité, on découvre qu’il faut rendre le soldat encore plus terrifiant. La question des limites et celle des seuils à ne pas dépasser est essentielle, mais le comité « d’éthique » évacue le problème sans état d’âme car il faudrait « éviter tout risque de décrochage capacitaire (par rapport aux autres pays) de nos armées. » Ses considérations restrictives du type «  ne pas provoquer une perte d’humanité » ou « contraire au principe de respect de la dignité humaine » est un leurre. Une fois engagé dans l’engrenage de la robotisation du soldat, les frontières de l’humanisme ne peuvent que reculer. Parler du « consentement éclairé » des militaires est à mourir de rire, un troufion est fait pour tuer ou être tué, alors quelques implants de plus ou de moins, rien à foutre. Dans un discours d’octobre 2017, le président Valdimir Poutine a ostensiblement annoncé l’avènement prochain d’un soldat « génétiquement modifié ». En Chine,  l’éthique du groupe et de l’efficacité prime toujours sur celle de l’homme. Voici quelques réactions salutaires sur lemonde.fr :

JoelP : La question est : puisque les autres le feront, il faut bien qu’on s’y mette aussi. Robocop est en marche. C’est fou comme l’être humain est capable des pires horreurs pour écraser son voisin. Et il serait fait à l’image de Dieu ? Me tarde d’aller lui dire deux mots à celui-là.

René : Le comité d’éthique du ministère de la défense utilise le concept de « libre arbitre » comme s’il s’agissait de quelque chose de scientifique. Or ce n’est pas le cas. Nous devons ce concept à un théologien – Saint Augustin – qui l’a fabriqué pour exonérer Dieu d’une responsabilité face au mal. La conscience c’est l’art de se faire un film, c’est du domaine de la subjectivité

Izy : Le transhumanisme est en marche.

Georges-Henri : Le soldat augmenté de 14 c’était juste la gnôle (pas terrible, mais il est vrai que le soldat était comme une allumette, il ne servait qu’une fois). Des milliers de soldats augmentés du Vietnam clochardisent encore dans Los Angeles et San Francisco … Maintenant on parle d’éthique, tartufferie non ?

Vivelacolo : Deux trois réflexions comme ça, en passant. L’association avec le service de santé ! Ce service a mis des années à reconnaître nous avoir fait prendre de la pyridostigmine dans le Golfe? Un cacheton toutes les 8 heures: 8h00, 16h00 et chouette… 00h00! Réveil pour prendre le médoc…

Interweb : Chez nous ça fait un moment que les forces spéciales et armée de l’air se chargent au Modafinil (testé en masse en 1991) et les russes au Mesokarb, ça permet de fonctionner 3 jours le temps d’un déplacement trans-continental par exemple ou sur une LRRP. Toute technologie qui permet d’augmenter le tempo opérationnel (Optempo) est déjà utilisée.

Danger pour les uns, risque pour d’autres

Notre protection contre l’industrie chimique repose sur des termes inaccessibles au commun des mortels : phtalate, bisphénol A, parabens, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés, composés perfluorés (PFC), Chrome VI, HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique) aux effets cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens. Les polluants sont présents dans tous les objets du quotidien. Même les institutions censées prendre en charge notre protection se révèlent dépassées par la complexité des problèmes. A Bruxelles, la nouvelle stratégie du Green Deal vise un « environnement sans substances toxiques » à l’horizon 2030. A l’échelle de l’Union européenne (UE), environ 300 millions de tonnes de substances chimiques sont produites chaque année et la grande majorité (74 %) est considérée comme « dangereuse pour la santé ou l’environnement » par l’Agence européenne pour l’environnement. La direction générale chargée du marché intérieur et de l’industrie a pesé de tout son poids pour freiner cet élan réformateur. La chimie, quatrième secteur industriel en Europe (28 000 sociétés, dont les géants Bayer et BASF, un million d’emplois), est aussi un enjeu dans la bataille économique mondiale. Plus surprenant, la direction générale de la santé et de la sécurité sanitaire (DG Santé) s’oppose également au projet porté par la DG Environnement.

La DG Santé se dit « préoccupée » de « l’extension de l’approche fondée sur le danger dans la gestion des produits chimiques », proposée par la DG Environnement. Derrière ce jargon technique se cache une question fondamentale : l’approche fondée sur le danger (hazard based) consiste à réglementer un produit selon ses propriétés intrinsèques (par exemple cancérogène, reprotoxique, perturbateur endocrinien, etc.). La DG Santé, elle, dit préférer une approche fondée sur le risque (risk based) : dans ce cas, une molécule peut être utilisée, indépendamment de ses propriétés, si les évaluateurs du risque estiment que l’exposition de la population y sera très faible. Les commentateurs sur lemonde.fr nous éclairent :

Jean Jouet : Lla présentation du débat ‘approche DANGER , versus RISQUE’ interpelle. En sécurité, on identifie les dangers et on analyse les risques : si on se fie seulement au danger, alors on arrête tout travaux en industrie, mais on arrête aussi le ski de piste, l’alpinisme, la moto , etc… Pour la chimie : quid des médicaments ? à ce que je sache, la plupart si pas tous ont des dangers , parfois très graves. C’est pourquoi on analyse les risques et définit une posologie. Et pour les plus dangereux, on ne peut les acheter sans avis médical. Distinguer DANGER et RISQUE, c’est aussi faire une balance coût / bénéfice , et on doit être capable de prononcer ces deux mots sans y voir de suite la main du libéralisme débridé, mais simplement la traduction de ce que nous faisons tous les jours en tant qu’humain avant de décider.

Izy : Traduisons la novlangue orwellienne. La DG Santé est en fait la DG Maladie, la maladie étant son filon d’exploitation. Cela est conforme au fait que n’importe quel citoyen peut constater : l’industrie de la maladie a remplacé la politique de la santé.

Le sceptique : Aujourd’hui, on parle d’un environnement sans substances toxiques à l’horizon 2030. Hier, on parlait de mettre fin à l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2030. Avant hier, quelques avait sûrement dû lancer qu’on pouvait stopper le réchauffement climatique à l’horizon 2030. Pourquoi l’environnement est-il un thème où l’on trouve normal d’énoncer des objectifs absurdes? En santé, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de maladies en 2030. En économie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de chômage ou de crise en 2030. En diplomatie, on ne dit pas qu’il n’y aura plus de guerre en 2030. Je trouve que cela indique une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Soit c’est resté le truc superficiel où le technocrate se dit : « tiens, je dois combler un vide, pourquoi pas une grande promesse en l’air? ». Soit c’est un thème qui bloque une partie de la raison et conduit à des pensées sans recul.

Camille Pol @ le sceptique : Il demeure néanmoins plus réaliste de mettre en place une réglementation européenne interdisant les produits toxiques (et y parvenant) que de mettre en place une politique publique visant à supprimer le chômage ou la guerre (et y parvenant). Votre commentaire est effectivement révélateur d’une certaine immaturité démocratique du thème de l’environnement. Vous nous avez au moins épargné un argument de tendance néolibérale du type “Ces activités créent des emplois” (en se focalisant sur ceux qui permettent à des capitalistes de s’enrichir) sans prendre en compte les coûts supportés par la collectivité en terme de santé, bien évidemment !

Izy : À la décharge du sceptique, il faut noter que, pour paraître prévoyant et rationnel sans avoir la moindre volonté de l’être, le baratin technocratique ambiant fixe d’autant plus d’objectifs qu’il reste incapable de mettre en œuvre quelque moyen que ce soit pour les atteindre.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Chimiquement contaminé… et il n’y a pas de solution

4 mars 2018, Néocotinoïdes, le gourdin d’une agriculture chimique

15 décembre 2016, La pollution chimique imprègne nos corps et nos esprits

10 mars 2016, Collusion éhontée des pouvoirs avec l’industrie chimique

14 juin 2013, le point de non-retour grâce aux produits chimiques !

8 novembre 2011, Nanotechnologies, l’industrie passe avant la santé

Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Être ingénieur et écologiste est une nécessité, une nouvelle génération de jeunes s’engage dans les grandes écoles. Mais que peut-elle faire ?

Benoît, 22 ans, aux Mines de Paris et à Polytechnique : « A raison de dix à vingt heures par semaine, avec l’équipe du Manifeste pour une transition écologique, je m’engage à faire pression sur les dirigeants d’entreprise avec l’objectif de révolutionner leur modèle économique.  Loin d’être antinomique, je suis convaincu qu’être ingénieur et écologiste est devenu une nécessité.»
Hugo, 22 ans, étudiant à l’école d’ingénieurs de Mines ParisTech: « Ce qui a déclenché mon sursaut écologique, c’est un cours sur l’énergie de Jean-Marc Jancovici ; il nous a enseigné que l’économie est très dépendante des énergies fossiles et qu’on ne peut pas les substituer en ayant la même énergétique. Il faut donc faire preuve de sobriété. J’ai donc rejoint le collectif Pour un réveil écologique, qui a pour but d’encourager les écoles et les universités à intégrer les enjeux environnementaux dans les programmes scolaires, mais aussi de mettre au défi les entreprises en analysant leurs politiques environnementales. »
Alexandrine, 20 ans, étudiante à CentraleSupélec : « J’ai adhéré à une association étudiante Forum Ingénieurs responsables. Le Forum aura lieu le 18 février 2021, réunira des entreprises engagées dans la transition écologique qui proposeront des stages ou des emplois aux étudiants. Pour moi, être ingénieure et engagée dans la cause écologique, c’est l’avenir. Ce que j’aimerais faire plus tard : utiliser ma technique pour contribuer à résoudre des problèmes mondiaux. »
Caroline, 23 ans, ingénierie du développement durable à l’INP de Toulouse : « Mes recherches étaient axées sur le côté environnemental pur, l’étude des phytosanitaires, les problèmes de nappes phréatiques… mais il n’y a personne qui me donne la possibilité d’agir efficacement face aux enjeux environnementaux. Dans notre cursus, on nous répète que 90 % des emplois qu’on occupera n’existent pas encore, que c’est à nous d’agir. En réalité, ce n’est pas nous, avec nos petits bras, qui allons tout changer. »

Commentaire de biosphere : Ce ne sont pas 4 clairvoyants qui peuvent s’opposer à leurs condisciples qui préfèrent le commerce et la finance. Mais les temps changent. Autrefois leurs aînés ayant fait les mêmes cursus montraient une même foi à réformer la société et à guider le peuple vers le bonheur, sauf que cette foi était techno-productiviste alors que la leur est écologiste. On ne connaissait pas à l’époque le mot sobriété et l’écologisme était considéré comme obscène. Le problème, c’est que la presque totalité des emplois offerts aux ingénieurs sont issus de cet ancien temps croissanciste, ils sont plutôt nocifs pour la planète et/ou la vie humaine. L’idéal, c’est que le tout nouveau diplômé ingénieur retourne à la terre ou à l’artisanat local. Certains super-diplômés font déjà cette démarche.. .Pour compléter cette analyse, lire sur notre blog biosphere :
22 avril 2019, Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

Les ingénieurs doivent démissionner (suite)

21 avril 2019, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

9 novembre 2017, Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

Les Écoles d’ingénieurs au service des entreprises

18 octobre 2018, Appel à démissionner de tous les métiers inutiles

Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires. Le député LFI Alexis Corbière plaide pour un vaccin « universel et gratuit », mais sans dimension obligatoire. Dans l’électorat du Rassemblement national, 56 % ne se feraient pas vacciner, contre 22 % dans l’électorat macroniste. Alors un vaccin obligatoire seulement pour un nombre limité de cas ? La question du consentement au vaccin est fondamentale et attire plus de 100 commentaires sur le monde.fr, extraits  :

Pelayo Decovadonga : « Le consentement au vaccin contre le Covid-19, un sujet inflammable » ? C’est le drame de la démocratie libérale, où les ânes ont voix au chapitre. En Chine, personne ne demande l’avis des antivaccins. Résultat, le pays à récupéré son rythme d’avant l’épidémie.
P.coryn : Même si certaines personnes le refusent, il me semble probable que l’acceptation du vaccin sera large et au-dessus des 60 %, permettant une immunité collective. Par contre il serait souhaitable que le vaccin soit exigé pour travailler usuellement avec un public, ainsi que pour le personnel soignant.
Super-dupont93 : débat ridicule. Les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite pour être inscrits dans une école française. Conditionnez le consentement au vaccin à la garde des enfants et aux allocations et vous verrez que le taux de vaccination va être proche de 100%.
Letaxa : Contrairement au refus de respecter les mesures sanitaires (dont distanciation, masque, pas de rassemblement), le refus du vaccin ne mettra en danger que la vie de ceux qui le pratiqueront. C’est leur problème, c’est seulement leurs propres vie et santé qu’ils mettront en danger.
Gilab63 : D’accord avec ceux qui sont contre les vaccins ! A une condition : signer un document de refus officiel, de sorte que s’ils sont infectés par le covid 19, que tous les frais de la sécurité sociale leurs soient facturés………..!
Eloha : n’importe quoi Gilab !! Ou alors on fait preuve de cohérence : les fumeurs signent un papier acceptant de ne pas être soignés en cas de cancer du poumon ! On pourrait parler aussi de ceux qui mangent très riche… on nous l’a pourtant dit : manger équilibré et du sport, du coup les obèses signeront un papier aussi en cas de maladie liée à l’hygiène de vie par exemple… idée de génie non !
AMARI : Naguère, on ne demandait pas l’opinion des gens pour les mobiliser en cas de conflits. Là, on est en conflit avec un virus, donc, quand on sait qu’on a une arme efficace sur le virus, on fait tous ce qui doit être fait. Marre qu’on donne une mégaphone aux gens non qualifiés qui n’ont rien à apporter au débat.
Georges-Henri : Si une loi venait décider pour moi ce que je dois faire de mon corps, ce serait l’équivalent d’une mobilisation générale et je serais alors objecteur de conscience. Je sais qu’actuellement le bétail a à son oreille une étiquette jaune obligatoire, mais justement, je ne suis pas du bétail. Avec tout le respect que j’ai pour le bétail en question.
Stéphane : Il faut aussi comprendre les craintes d’effets secondaires potentiels, pour un vaccin dont on a pas de recul, contre un virus sur lequel on ne sait pas tout, loin de là. Il me semble légitime de se questionner. Et je dis ça en tant que médecin profondément pro-vaccination, et qui se fera vacciner contre le COVID quand il le pourra. Réduire ce questionnement aux anti-vax pro-gaïa, c’est plus que caricatural…
In varietate concordia : un côté obligatoire va vachement donner envie. Il suffit de voir comment les Français réagissent à ce qui est obligatoire depuis le début de la pandémie (voire depuis les gilets jaunes, mais on ne va pas revenir sur les sujets qui fâchent, hein). Souvent, laisser le choix est plus productif, ça laisse l’illusion au citoyen qu’il a encore quelques libertés. On fait plus facilement avancer un âne avec une carotte qu’en tirant sur son licou.
Adrien : La balance risque bénéfice ne justifie absolument pas d’imposer ce vaxin. C’est d’ailleurs pour ca que le vaxin de la grippe n’est recommandé que pour les personnes fragiles.
Ne rien lâcher : Il faut laisser les antivax libres de mourir du Covid 19,faut toujours laisser sa chance à la sélection naturelle… C’est écologique.
pour conclure, une référence sur notre blog biosphere :

La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Désolé, notre serveur est tombé en panne

Notre site et notre blog « biosphere » sont hébergés par une coopérative. Le serveur « Ouvaton.coop » a été Hors-Service du mardi 27 novembre au samedi 31 novembre inclus en raison d’une panne : deux disques du Filer (serveur de fichiers) sont tombés en panne simultanément. Nous avons attendu patiemment de pouvoir à nouveau administrer notre blog.

Cet incident montre la fragilité de notre système actuel de communication basé sur l’électricité en continu et une machinerie informatique qui est devenu d’autant plus fragile qu’elle est devenu trop complexe et trop impoante pour être durablement maîtrisable. Nous tenons ce blog biosphere dans la perspective de plus en plus probable de l’effondrement de la société thermo-industrielle. Cela ne veut pas dire que nous sommes technophobes, il y a toute une palette de techniques plus ou moins appropriées entre la bougie et la centrale nucléaire. Et nous utilisons Internet pour dénoncer la démesure technologique actuelle, au moins la cyber-poubelle sert un tout petit peu à quelque chose !

Nous rappelons que notre blog biosphere présente chaque jour, 365 sur 365 (sauf panne indépendante de notre volonté), une analyse de l’actualité « du point de vue des écologistes ». Nous remercions visiteurs et commentateurs de leur fidélité…

« Tech for good », un écran de fumée

L’entreprise ne va pas sauver le monde : Véritable virus sémantique, le « good » se répand aujourd’hui à une vitesse accélérée. Le good, c’est rien moins que le Bien transformé en biens marchands. Le good, c’est un nouveau mot d’ordre positif qui communique plus d’énergie qu’un terme poussiéreux comme Responsabilité sociale des entreprises [RSE]. Ce nouveau phare lexical capte rapidement l’attention et détrône le terme « disruption » au firmament du psittacisme*. Au temps des bullshit jobs, il répond opportunément à un désir de sens de plus en plus manifeste. Après avoir affiné leur purpose (en gros, ce qu’ils proposent), les entrepreneurs français qui se reconnaissent dans ce mouvement peuvent se ranger sous la bannière de la Tech for Good, puissante organisation professionnelle ayant ses entrées dans les plus hautes sphères du pouvoir. Avant, soit on faisait de l’argent, soit on faisait le bien. Puis on s’est aperçu qu’on pouvait faire les deux, d’où le développement de ce que l’on nomme l’impact investing. Truffé d’anglicismes, le jargon de cet entreprenariat éthique fait parfois penser au champ lexical de Jean-Claude Van Damme.

Un des nombreux problèmes du good, c’est qu’il repose sur une idée du bien commun très fluctuante dans le temps et dont la concrétisation peut potentiellement générer des effets négatifs inattendus. Prenez par exemple ceux qui ont commercialisé les pesticides : au départ, ils étaient persuadés d’être dans le vrai, de lutter contre la faim en augmentant les rendements. On a vu la suite. Qui peut dire aujourd’hui ce qui est vraiment « good »? Les mots sont-ils devenus à ce point vides de sens ?

Le discours sur la “tech for good” est un écran de fumée : si les Français se montraient héroïques dans leurs comportements quotidiens, il en résulterait une baisse maximale de 25 % de leurs émissions de CO2. La tech for good, c’est l’équivalent de ces écogestes, juste un moyen de se donner bonne conscience. Même si certaines de ces initiatives peuvent avoir un impact positif, leur poids global dans la lutte contre les grands problèmes tels que le réchauffement restera marginal.Mais ce discours sur la tech for good, porté notamment par les pouvoirs publics, fonctionne comme un écran de fumée qui permet de masquer le manque d’action nécessaire à une échelle systémique, structurelle. On l’a vu avec le gouvernement Macron et ses nombreuses reculades en matière écologique. Au lieu de remettre en question le dogme de la croissance, qui est irréconciliable avec la sauvegarde de la planète,on reste dans le régime du progrès qui s’est installé au XIXe siècle, en déléguant aux entreprises la résolution des grands problèmes de société !

Le « goodwashing » lave plus blanc que blanc : Quand la multinationale Total lutte, avec son réseau de stations-service, contre le gaspillage alimentaire en partenariat avec la start-up Too Good To Go, on se dit que la ficelle éthique est pour le coup un peu trop grosse. Chaque repas « sauvé » est transformé en équivalent CO2 et laisse penser que l’on lutte vertueusement pour le bilan carbone de la planète. Anecdotique, voire cocasse, pour un groupe dont le modèle repose sur la dilapidation des énergies fossiles. Mais peut-être sommes-nous un peu trop dogmatiques ?

* psittacisme : Répétition mécanique (comme par un perroquet) de phrases que la personne qui les dit ne comprend pas.

Croire au progrès, un vrai obscurantisme

Emmanuel Macron veut faire passer en force le passage à la 5G. Au lieu d’argumenter, il ironise sur ceux qui préféreraient « le modèle Amish » et le « retour à la lampe à huile » au modèle français incarné par « les Lumières » et « l’innovation ». Mais son « haro sur les écolos » révèle une crainte devant l’émergence d’une alternative à la société thermo-industrielle et à son croissancisme effréné. Loin d’être totalitaire,l’écologie politique est totalisante, elle repense la totalité de l’existence, mettant en évidence nos multiples interdépendances avec le vivant, avec les écosystèmes, avec la planète. Nous sommes Terriens bien avant d’être des humains. L’écologie devient la religion du XXIe siècle, une religion ancrée dans le réel biophysique et non une croyance en un dieu abstrait et invisible, une religion éclairée par l’écologie scientifique qui ne repose pas sur des arguments d’autorité, une religion qui relie et qui rassemble au sens profond du mot « religion ». L’écologie est une alternative au récit bien plus productiviste que progressiste qui a structuré aussi bien le libéralisme que le socialisme. Emmanuel Macron reproche à certains écologistes d’être obscurantistes, anti-Lumières et de prôner un retour en arrière. Mais la religion du progrès s’est transformée en croyance aveugle, tout ce qu’on peut faire techniquement doit être réalisé, peu importe les conséquences. Toute hésitation sur une avancée technologique relèverait d’une tentation nostalgique, toute interrogation sur une technique est vue comme une régression de Khmers verts et autres ayatollahs de l’écologie.

Or qu’est-ce que les Lumières, sinon la définition qu’en donnait Emmanuel Kant en 1784 : « Ose savoir ! » Questionner la pertinence d’une technique, c’est s’inscrire dans l’héritage des Lumières qui prônaient un usage de la raison critique. Les politiciens, toujours en retard d’une guerre à l’image de Macron, montrent leur vrai visage d’obscurantistes patentés : « On ne pourra pas avoir de transition écologique ni rester compétitif sans utiliser les technologies et notamment les objets connectés qui s’appuient sur la 5G » (Laure de La Raudiere, Agir ensemble) ; « On ne met pas assez dans la balance ce que la 5G va représenter en termes d’économies au-delà de l’amélioration des services » (Eric Bothorel, LRM). Les obscurantistes vont de l’avant, les premières enchères pour l’attribution des fréquences 5G débutent dès le 29 septembre avant toute analyse sérieuse avantage/coût de cette technologie.

Au sens des technophiles, si vous n’allez pas tout droit, vous ne pouvez que « revenir en arrière », ce qui veut dire à leur avis « régresser ». Que cet argument soit encore considéré comme imparable, au moment même où le monde brûle parce que le « train du progrès » nous a menés au désastre, a quelque chose de désespérant. Le président Macron et ses sbires feraient bien de se renseigner un peu sur « le modèle amish » qu’on a cru bon de ridiculiser, car lui au moins a l’avantage de faire discuter la communauté concernée sur l’ajout ou non de telle ou telle innovation. L’écologie, c’est la méfiance informée à propos de décisions politiques ou techno-économiques prétendument irréversibles. Faudrait-il cesser de vouloir apprendre ? Faudrait-il s’aveugler volontairement ? Tout se passe comme si les tenants du cliché progressiste ne voyaient derrière eux que le vide et devant eux qu’un mirage. Et c’est vrai qu’ils ont fait le vide en pillant la planète. Comme l’exprimait Jacques Chirac devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesburg, « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Comment ignorer les faits au moment même de l’année la plus chaude jamais enregistrée à cause d’un réchauffement climatique provoqué par les techniques humaines. A force de continuer comme si le train du progrès n’avait qu’une seule voie, comme l’exprime Bruno Latour, ces gens-là vont finir par nous faire vivre pour de vrai dans des caves éclairées à la bougie… c’est alors que nous regretterons « le modèle amish » autant que « la lampe à huile ».

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

8 octobre 2007, techniques douces

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

principe innovation / principe de précaution

Dans le livre « Les Gardiens de la raison », on explore les nouvelles stratégies des firmes pour instrumentaliser le savoir. L’usage de l’autorité scientifique est vital au maintien de pans entiers de l’industrie : c’est donc la possibilité même de la diffusion de la vérité scientifique auprès du plus grand nombre qui se trouve attaquée. Les années 2000 ont été vouées au lobbying des “marchands de doute” et de leurs études sponsorisées dissimulant les dangers de leurs activités. Aujourd’hui les arguments de l’industrie se dissimulent sous les atours de la science comme recherche du bien commun. Critiquer les pesticides, les biotechnologies ou le nucléaire, c’est être “contre la science”, c’est verser dans l“obscurantisme”. L’idéal de vérité est perverti. Des associations “à but non lucratif”, en fait financées par l’industrie, mettent en selle des citoyens “ordinaires” qui demandent à leurs députés de prendre leurs décisions politiques sur la base de preuves scientifiques. Référencé comme journaliste, « biosphere » a reçu une illustration parfaite des propos de ce livre sur le thème « Pour le bien commun, vive la 5G » :

La 5G est en marche, la « Révolution du Soigner » avec la Télémédecine c’est maintenant ! Si la 5G succède à la 4G, nous aurons une couverture optimale sur l’ensemble du territoire, un débit plus important, une rapidité d’exécution, et la possibilité d’échanger un plus grand nombre de données sans engorgement du réseau…Ce serait une erreur historique de ne pas considérer et inclure la Télémédecine dans cette avancée majeure… La Télémédecine se doit de prendre part au projet de la 5G avec autant d’audace que de prudence (Communiqué de Presse de l’« Institut de France – Académie de Télémédecine et eSanté <communique@pressonly.info>)

Les politiciens au pouvoir en France soutiennent cette tendance technophile, il faut dit Macron ne pas en rester à la lampe à huile. Le gouvenement veut mettre en place un centre officiel fournisseur de matière scientifique prête‑à‑l’emploi pour les journalistes. Si nous n’avons pas encore atteint le stade orwellien d’un ministère unifié de la Vérité, voilà déjà les brigades du Vrai qui entrent en action. Le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030, présenté lundi 21 septembre 2020 à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une « Maison de la science et des médias ». A l’instar de Science Media Centres (SMC) au Royaume-Uni, cet organisme aurait pour vocation de « permettre la mise en contact rapide entre journalistes et chercheurs, favoriser l’accès des citoyens à une information scientifique fiable, et accroître l’apport d’éclairages scientifiques dans les débats publics sur les grands sujets actuels… A l’heure où la société française est traversée par des courants d’irrationalité et de doutes sur les progrès et les connaissances, le gouvernement fait le choix d’inverser résolument la tendance », expose le projet de loi. Et ce, afin de « replacer la science et la rationalité scientifique au cœur du pacte social et du développement économique du pays ».

Aucun des trois groupes de travail ayant nourri le projet de loi ne suggère la création d’un SMC « à la française ». Ce n’est que le fruit d’une volonté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Sollicité, le cabinet de la ministre n’a pas répondu aux questions du MONDE. En fait il s’agit d’un action concertée par les lobbyistes du complexe thermo-industriel pour soutenir le « principe d’innovation » contre le principe de précaution. Voici quelques articles complémentaires sur notre blog biosphere :

22 janvier 2020, SDHi et le principe de précaution bafoué

1er mai 2017, BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

7 octobre 2014, Principe de précaution, de prévention et de responsabilité

4 octobre 2013, le principe de précaution et ses adversaires

24 juin 2010, principe de précaution ou principe d’irresponsabilité ? (à propos du chlordécone)

5G, les humains aiment trop la bagarre

D’un côté la fonte de la calotte glacière du Groenland semble irrémédiable, de l’autre Trump relance la prospection pétrolière en Alaska. La schizophrénie de notre société est mise en pages 6 et 7 du MONDE du 19 août 2020. Il s’agit d’un conflit dramatique entre les effets biophysiques de notre activité thermo-industrielle sur la nature et une volonté féroce de jouer à l’apprenti sorcier. En page 8, nous sommes à nouveau en présence de deux camps d’irréductibles, les croyants au progrès et les méfiants envers la 5G. D’un côté la convention citoyenne pour le climat souhaitait un moratoire pour pouvoir déterminer les risques de cette nouvelle technologie. Emmanuel Macron maintient le calendrier prévu initialement pour une première version fin 2020-début 2021.Voici au travers des commentaires sur lemonde.fr cette désespérante impossibilité d’arriver à un consensus :

Pierre HUBU : Il y avait déjà eu la révolte des Canuts, puis la grève des bûcherons canadiens contre la tronçonneuse, suivies des diatribes anti-chemins de fer (« on ne pourra pas respirer ») et de la fronde contre le plus-lourd-que-l’air (« les avions tomberont tous »)… Maintenant, il y a le rejet des ondes, du compteur Linky et de la 5G. Avec des visionnaires aussi myopes, on aurait même pas autorisé l’usage de la roue (« ça fait tomber ») et du feu (« ça brûle »), et nous serions tous à geler dans les cavernes en dégustant un morceau d’aurochs sanguinolent agrémenté de rutabaga terreux. Pourtant le progrès est comme la langue d’Ésope : tout dépend de ce que l’on en fait.

Jeanpasse : De très nombreux ingénieurs (y compris telecom) s’opposent à la gabegie énergétique, à l’obsolescence accrue des équipements et à l’augmentation tconsidérable de la pollution électromagnétique. Tout ceci pour des usages indoor déjà possible avec le wifi et ou le RFID et des usages outdoor soit inutiles soit dangereux. Mêmes les véhicules autonomes n’ont pas besoin de la 5 g. C »est juste un projet de la high tech pour forcer au renouvellement des terminaux et des opérateurs pour vendre un pseudo progrès aux clients. On veut faire la 6G, la 7G… mais on aura tous cramés avant.

Margy : Comme toujours on nous raconte une belle fable. Les OGM vont éradiquer la faim dans le monde.. .mais on ne le fait PAS. Pour la 5G, je vois le côté de hyper-gadget rendant encore plus passif et dépendant le citoyen et une hyper délocalisation virtuelle qui va accentuer le chômage et creuser les inégalités. Car pour le partage des richesses on est déjà revenu au Moyen Age ! Des nantis ultra-connectés et des gueux déconnectés : ca suffit.

Rico : Comme dit François Ruffin, « Grosso modo, la 5G, c’est pour permettre de regarder des films pornos en HD, même quand vous êtes dans votre ascenseur. » Moi je dis que comme argument pour la 5G, ça suffit amplement !

le sceptique : La 5 G ? Pfff, regarder du porno dans un ascenseur, c’est nul. La 4 G ? Pfff, regarder du porno dans un taxi, c’est nul. La 3G ? Pfff, regarder du porno chez soi, c’est nul.

Cyclable : Vu mon âge, pour en avoir un paquet autour de moi, je suis toujours surpris par le côté « esclave heureux » des geeks et autres « amoureux du progrès ». En même temps, pouvoir dire que l’on contrôle son frigo connecté et sa cafetière, tout en regardant youtube et en postant un like sur Facebook, le tout de son smartphone en terrasse de troquet, c’est sur que là, ça en jette !

Peace : Les opposants à la 5G et à la technologie en général manient de jolis mots, mais pourront-ils empêcher les États-Unis, l’Allemagne ou la Chine d’avancer? Quand la France sera (encore une fois) dépassée de partout on viendra pleurer mais pourquoi sommes nous en retard ?
Tubal : La réalité s’impose : les « écolos » sont de sinistres sectaires anti progrès.… Les victoires municipales de juin préparent la déroute de l’écologisme fou.

XY : Demander un débat public c’est un être un sinistre sectaire maintenant, ça vous situe. Essayer de comprendre les enjeux c’est interdit au quidam? Il ne s’agit pas d’interdire, mais de s’informer et réfléchir collectivement aux usages positifs ou néfastes de la 5G. Ça changera des choix technologiques imposés sans débat sous la houlette des industriels du secteur. Faites un effort pour argumenter plutôt que de cracher ces borborygmes haineux.

Joe : Le principal changement avec la 5G est la très faible latence, qui permettra l’exploitation de parcs de véhicules autonomes ou la réalisation d’opérations chirurgicales à distance.

Observateur : Plus je lis les contributions des « progressistes », plus je réalise qu’ils ne savent pas ce qu’est un réseau de téléphonie et notamment, l’infrastructure du cour de réseau.
Par ailleurs, les usages mis en avant sont : 1. la télémedecine, qui n’a besoin que d’un réseau fibre d’hôpital à l’hôpital (existe déjà) 2. la voiture autonome, qui si elle existe un jour, ne présente le moindre intérêt sociétal justifiant un tel investissement financier et matériel. Mais ces mots clés sont répétés a l’envi par les technophiles, aveuglés par leur foi.

Pelayo Decovadonga : Anti-vaccins, anti-Linky, anti-5G…. l’obscurantisme de la Peste Verte va vraiment ruiner ce pays.

Amusé @ Vadonga ! Puisque vous aimez visiblement les débats polarisés et binaires, entre la peste verte et le choléra capitaliste, il faudra bien un jour choisir.

Jean Bonblanc : Que ceux qui ne veulent pas de la 5G laissent les autres en disposer s’ils la veulent. Qu’est-ce-que c’est que cette mentalité qui consiste à interdire ? Heureusement, ce qui peut se faire en terme de développement technique se fera inévitablement.

Halpi : Il ne faut pas être contre le progrès, dit-on. Mais nos esprits et nos institutions ne sont pas toujours bien préparés à faire face aux dérives et délinquances issues de ces innovations techniques galopantes. Il est à craindre que la 5G ne donne des pouvoirs démesurés (comme déjà la 4G et Internet ) à des voyous de bas et de haut vols, dont les États ou les GAFA. Force est de constater que le numérique complique déjà la vie de bien des gens.

S.urban : Il y a des raisons objectives à s opposer à cette course technologique frénétique! Tous les progrès n ameliorent pas notre quotidien et participent au contraire à degrader la planète. Ce monde hyper connecté nous enferme plus qu’il nous rend heureux

Sérotonine : Quel intérêt d’être heureux quand tout le monde est enfermé ? Je préfère m’enfermer dans la technologie plutôt que de devoir supporter mes semblables.

Ironique : Le bon sens est la chose la mieux partagée… sauf au pays de Descartes. Il y a des mouvements anti-5g, anti-linky, anti-eoliennes, mais tout le monde trouve normal d’être déjà tracé via les téléphones mobiles, filmé par les caméras de surveillance des municipalités, d’exposer son intimité sur les réseaux sociaux.

Elie Arié : Vivement, le retour de la demoiselle des téléphones qui n’arrivait pas à vous passer le 22 à Asnières, l’homéopathie a la place des vaccins, les diligences qui remplaceront le train, tout le village au travail pour remplacer une moissonneuse-batteuse à conducteur unique, etc… jusqu’au jour où les nouveaux PDG Chinois prendront enfin la main.

Mobydick : Non ce n’est pas toujours le même refrain, non on ne peut pas dire que les écolos sont anti-technos ! Ils veulent une autre techno et surtout un vrai débat ! Quel renoncement de la part de tous ces commentateurs qui se vouent corps et âme à la …techno. Ils croient au souci de notre bonheur de la part des firmes techno ! Huawei ou Google qui veulent notre bonheur? Ahahahahah ! La 5G c’est avant tout une latence supérieure ( et non des débits !) ce qui permet les objets connectés. Avez-vous vu un seul débat sur les objets connectés ? On fait comme pour l’amiante, les pesticides, le nucléaire, circulez y’a rien à voir…

Tout savoir sur la perversité des pro-OGM

Les arguments favorables aux “OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique ». En 2001, deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord. Un déluge d’indignation s’abattit sur ce constat, les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc. Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, une chronique du Guardian, a raconté comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les OGM ». Plaider pour les biotechs, ce serait ainsi toujours se placer du côté de « la science », tandis que faire preuve de scepticisme à leur endroit serait toujours se placer du côté de l’irrationalité, de l’idéologie, de l’activisme vert, etc. Le résultat est que les arguments favorables aux OGM y sont soumis à très peu d’esprit critique, ce qui n’épargne personne, y compris l’auteur de ces lignes.

J’ai ainsi affirmé qu’en Inde, le coton transgénique Bt avait eu des résultats positifs en termes d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau. En mars 2020, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt en Inde. L’introduction du coton Bt s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des pesticides, mais celle-ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains insectes et la prolifération de ravageurs secondaires non ciblés, « les agriculteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’introduction du Bt ». Ce n’est pas fini. Certaines courbes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs semblent montrer un lien entre l’arrivée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspondent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent les auteurs de l’étude. (Chronique de Stéphane Foucart)

Pour tout savoir sur les OGM grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2017, équivalence en substance des OGM, manipulation du réel

6 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Débat entre Deshayes et Testart

5 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Un livre de Jacques Testart

7 novembre 2012, la souffrance des agriculteurs confrontés aux OGM

24 septembre 2012, OGM, non aux chimères génétiques chimériques

23 septembre 2012, OGM, le débat pour ou contre peut nous éclairer

20 septembre 2012, Les OGM et Monsanto sur le banc des accusés

2 décembre 2011, dialogue avec un partisan des OGM, membre de l’AFBV

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

18 avril 2009, impuissance OGM

21 mai 2008, pro ou anti-OGM ?

5 février 2007, Cent millions d’hectares OGM !