sciences et techniques

La mise en boîte de notre existence ordinaire

Lewis Mumford : « Le destin final de l’homme posthistorique est de se transformer en un homoncule artificiel dans une capsule autopropulsée, voyageant à la vitesse maximale et ayant éliminé toute forme spontanée de vie de l’esprit. Considérons un pilote d’avion supersonique. Voici le nouvel homme mécanique, avec tout son harnachement, hermétiquement isolé de l’extérieur, sa combinaison chauffée électriquement, son casque à oxygène, monstrueux animal squameux ressemblant plus à une fourmi géante qu’à un primate.

Peut-on appeler cela une vie ? Non. C’est un coma mécaniquement assisté. »

Pierre Rabhi : « Nous grandissons dans des crèches, étudions dans des bahuts, logeons et travaillons dans des cubes de verre et de béton, circulons dans des « caisses », allons en « boîte » pour nous divertir, confinons nos aînés dans des maisons de retraite, en attendant notre cercueil. Nous ne savons plus respirer, nous vivons en disharmonie avec les rythmes de la nature et les pulsions de notre cœur.

Quand sortirons-nous de notre aveuglement et de notre surdité ? »

Pascal Chabot : « Nous vivons dans des boîtes. Appartements, maisons, bureaux… où nous sommes protégés et enclos à la fois. D’une boîte à une autre, nous nous déplaçons au moyen de coques mobiles – voiture, train, métro… A l’intérieur de toutes ces capsules, nous scrutons les écrans bien plus que le monde extérieur. « Le dehors a disparu »

Mais nous aurions tort de nous plaindre de « nos vies encapsulées », l’existence y est plutôt confortable. Nous ne croyons plus à l’ancien progrès, mais les lendemains qui déchantent garantissent des refuges de plus en plus douillets. »

La mise en boîte de notre existence ordinaire Lire la suite »

Nous devenons de plus en plus stupides

II y a un siècle, si l’on demandait à quelqu’un ce qu’un chien et un lapin avaient en commun, il répondait volontiers “Les chiens chassent les lapins”. Aujourd’hui ce serait plutôt “Ce sont deux mammifères”. Avec la scolarisation poussée, les individus sont devenus plus aptes à classer et raisonner de manière abstraite. À partir des années 1930, aux États-Unis comme dans une grande partie du monde développé, les scores de QI ont donc commencé à grimper. Et ils n’ont plus cessé de le faire, gagnant en moyenne près de 3 points par décennie.

En 2023, Elizabeth Dworak choisit ce constat pour son mémoire. Elle décida d’analyser les résultats de 394 378 tests de QI réalisés aux États-Unis entre 2006 et 2018 afin de vérifier si la progression était toujours à l’œuvre. Le résultat a montré un recul dans trois catégories importantes des tests de QI : le raisonnement matriciel, qui évalue la résolution de problèmes visuels abstraits ; les suites de lettres et de chiffres, qui mesurent la reconnaissance de schémas ; et le raisonnement verbal, qui porte sur la résolution de problèmes faisant appel au langage.

Mais si de nombreux outils permettent de mesurer l’intelligence, quantifier la stupidité se heurte à un problème de quantification. La “pure bêtise” serait étroitement liée au QI, avec des personnes qui ne parviennent pas à suivre un raisonnement logique et échouent à tirer des conclusions adaptées à la situation. Vient ensuite “la bêtise par ignorance”, qui découle d’un manque d’éducation ; quand on n’a pas de bases parce qu’on n’a pas appris l’essentiel dans la vie, on peut être très malin, on ne trouvera jamais la bonne solution. Mais aussi la “stupidité émotionnelle”, quand les émotions prennent le pas sur la réflexion et amènent à des décisions irréfléchies. Le déclin est le plus marqué dans les deux premières catégories.

Après cette publication, la plupart des réactions étaient toutes convergentes : « Les scores de QI baissent ? Vous ne m’apprenez rien ». La bêtise reste une notion difficile à définir, mais remarquablement facile à reconnaître lorsqu’on la rencontre. Dans presque tous les domaines de la vie, nous privilégions désormais des comportements, des divertissements et même des systèmes de pensée qui sollicitent toujours moins notre cerveau. Pour la plupart d’entre nous, le smartphone est devenu une sorte de parc de loisir de poche qui nous évite d’avoir à supporter le moindre moment d’ennui. Intuitivement, on a le sentiment qu’un tel usage ne peut qu’endommager certains de nos circuits cognitifs. Depuis Marshall McLuhan et Neil Postman, on sait que chaque nouveau média transforme notre manière de penser. Le médium reste le message. Sauf qu’aujourd’hui le médium, c’est la foule.

La transformation la plus profonde tient surtout au volume inouï de bruit humain auquel nous sommes désormais connectés en permanence. En théorie, il s’agit d’une démocratisation de l’expression. En pratique, cela ressemble parfois à une lobotomie participative. Aujourd’hui, des cerveaux hérités du paléolithique sont bombardés chaque heure par les pensées de centaines d’inconnus. Être intelligent, ce n’est plus aussi sexy qu’avant, aujourd’hui, ce qui compte surtout, c’est le nombre d’abonnés que vous avez sur Twitch. À l’échelle mondiale, 17 % de la population considère désormais TikTok comme une source d’information digne de confiance. Il est extrêmement difficile de discerner la bonne (in)formation, à supposer que quelqu’un ait encore envie de la chercher alors que les fils d’actualité débordent de divertissements, de contenus absurdes et d’une infinité de sous-genres pornographiques toujours plus alléchants. Et comme si cela ne suffisait pas, Donald Trump continue d’appliquer la stratégie popularisée par Steve Bannon, celle qui consiste à “inonder l’espace public avec de la merde”, saturant tous les canaux d’un bruit de fond permanent et poussant sans cesse le volume.

Désormais, ce sont les voix les plus bruyantes et les moins informées qui imposent les termes du débat, obligeant tous les autres à parler leur langage. Un quart de l’électorat américain est aujourd’hui constitué de ce que les politologues appellent des “low-information voters”, des électeurs peu informés, incapables de citer le nom de leurs représentants et qui s’informent principalement à travers leurs réseaux sociaux habituels. Ces électeurs deviennent décisifs dans les scrutins les plus serrés, à condition que les campagnes parviennent à les atteindre par des messages suffisamment simples et émotionnels pour entrer en résonance avec le peu d’informations dont ils disposent.

Plus le monde devient complexe, plus les métaphores censées l’expliciter deviennent simplistes.

[Ce résumé est fait à partir du numéro 1869 de Courrier international,“Sommes-nous devenus stupides”, en vente du 27 août au 2 septembre 2026. On explique fort bien pourquoi ce blog biosphere a aussi peu d’influence, il est beaucoup trop intelligent pour ce que sont devenus les gens]

Nous devenons de plus en plus stupides Lire la suite »

Dévoiturage, expression qui va devenir célèbre

Ce n’est plus l’infrastructure économique qui conditionne notre prospérité, c’est l’infrastructure biophysique. Ce n’est plus l’accumulation du capital, la croissance économique, qui compte à l’heure où nous avons outrepassé dès le 30 juillet 2026 les limites de la planète à supporter notre mode de vie. Il nous faut donc envisager la seule attitude rationnelle, programmer une décroissance choisie pour ne pas se voir imposer les réalités d’un climat insupportable et les conséquences de la perte de biodiversité.

Il nous faut penser déconsommation, démondialisation, désurbanisation, démilitarisation…, dévoiturage.

En savoir plus sur le dévoiturage  grâce à notre blog biosphere

Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier (février 2016)

La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté (2017)

extraits : Pour un écologiste, c’est à la déconstruction du monopole de la bagnole qu’il faut travailler, le dévoiturage doit être massif.

Nous nen poumons plus, vite le dévoiturage ! (juin 2021)

dévoiturage, dépublicité, détwitter (février 2021)

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé (juillet 2021)

Dévoiturage, on commence juste à en parler (mai 2024)

ZFE, une étape vers le dévoiturage (juin 2025)

Notre synthèse

Décroissance, mot nécessaire et indicible

extraits : Si on ne veut pas utiliser publiquement le terme «  décroissance », pourtant celle-ci s’imposera bientôt à nous. La démesure de la société thermo-industrielle avait entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage, SURpêche, SURproduction, SURtourisme…

Dans un contexte de pénurie globale des ressources naturelles, l’avenir n’est plus dans l’expansion, mais nécessairement dans son inverse. A la croissance économique doit donc succéder la DEcroissance conviviale, à l’effet rebond l’effet DEbond, à la mondialisation la DEmondialisation, à la pollution des sols et des esprits la DEpollution, au populationnisme la DEpopulation, à l’urbanisation la DEsurbanisation, à la voiture pour tous le Devoiturage, au réarmement actuel la DEmilitarisation et au tourisme de masse la Demobilité.

Mais le passage à la décroissance socialement consentie ne peut se faire immédiatement, nous sommes tellement bercés actuellement par la musique ambiguë d’un croissancisme destructeur.

recherche sur Internet

Archives du MONDE : Le terme « dévoiturage » n’est jamais utilisé.

Aperçu IA sur google : Le dévoiturage désigne l’action ou le processus par lequel un ménage ou une personne se sépare de sa voiture personnelle pour adopter d’autres modes de déplacement au quotidien (transports en commun, marche, vélo, train ou services partagés)

INSP (institut national du service public) : Le dévoiturage ou la ville sans (sa) voiture : mobilités plurielles, services numériques et vie de quartier. La propriété d’un véhicule est source de contraintes en termes d’entretien, de stationnement et de coût, qui nuisent à l’évaluation globale du mode de déplacement voiture. Au point que certaines personnes choisissent de se « dévoiturer » et préfèrent modifier leurs façons de se déplacer.

Covoiturage : L’expression dévoiturage est polluée par omniprésence du mot « covoiturage », mais ce n’est qu’une phase intermédiaire. On partage la voiture pour diminuer les coûts, et après le prochain choc pétrolier et/ou des températures constante à plus de 40°C, on supprimera la possession de voiture individuelle.

Dévoiturage, expression qui va devenir célèbre Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur les techniques douces

Nous sommes en 2026

et les techniques sont dures !

28.05.2005 Sacs-poubelle

La ville de Bombay interdisait les sacs en plastique en 2000, l’Etat du Bengale fin 2001, le Bangladesh en mars 2002, la France hésite encore en l’an 2005. Pourtant le polyéthylène est non seulement une pollution visuelle, mais provoque des maladies chez les animaux qui les avalent, bloquent les égouts et polluent les sols. Il faut dire aussi que les substituts comme le polyéthylène additivé se délite en micro-particules durables, elles aussi nuisibles à l’environnement. Quant au papier, sa production nécessite plus d’énergie que celle du plastique. L’idéal technique serait le recours à des produits biodégradables à base d’amidon de maïs car ils s’adaptent aussi bien à l’incinération qu’à la filière compost. Mais on peut surtout penser aux cabas réutilisables qui sont cousus et réclament alors plus de main d’œuvre : grave inconvénient, les Occidentaux sont incapables de les produire à un coût compétitif !

La Biosphère vous dit alors : cousez et recousez votre propre cabas.

03.06.2005 Lampes inusables ?

Les lames fluo-compactes durent cinq à six fois plus longtemps, mais elles contiennent jusqu’à 25 milligrammes de mercure (soyons honnêtes, les plus récentes 3 milligrammes, c’est à dire beaucoup trop). C’est là le drame : le mercure est très volatil et très polluant d’une part, une société censée retraiter ces lampes a fait faillite d’autre part et de toute façon les particuliers, faute d’information, les jettent directement à la poubelle. Pourtant ces lampes sont classées « déchets dangereux » depuis les décrets de 1997 et 2002, mais sans obligation de porter cette mention sur les étiquettes. C’est pourquoi ces lampes qui polluent grave les détritus ménagers sont actuellement présentées comme une manière d’économiser l’énergie. En fait on s’aperçoit encore une fois que les soi-disant progrès techniques vous enferment toujours davantage dans des problèmes sans fin : si ce n’est pas du côté des ressources naturelles, ce sera du côté des déchets qui résultent de votre consommation.

La meilleure électricité, c’est celle que vous n’utilisez pas.

28.08.2005 Maison écolo

Une maison doit s’inspirer des lois qui permettent à un arbre de pousser : n’utiliser que l’énergie du soleil, éliminer la réalité des déchets et favoriser la biodiversité. Les eaux usées sont filtrées par des bacs de plantes et des microorganismes vont se nourrir tout en purifiant l’eau ; le toit est couvert de verdure, il isole le bâtiment, filtre les émissions de gaz et récupère les eaux de pluie tout en accueillant les oiseaux de la région ; de larges baies vitrées, une orientation optimisée vers le soleil et un toit orné d’un chauffe-eau solaire et de panneaux photovoltaïques pourrait même permettre d’avoir un bilan énergétique annuel positif.

Vous voyez ce qu’il vous reste à faire pour défendre la Biosphère !

07.11.2005 Autonomie de la technique

C’est au moyen des outils qui permettent la transformation de l’environnement que les humains se produisent eux-mêmes. Les haches de pierre sont vieilles de un à deux millions d’années, bien avant l’évolution vers l’homo sapiens ; elles ont été découvertes en Afrique et en Eurasie, elle se rassemblent toutes, un même modèle reproduit sur 50 000 générations à travers le monde pour des sociétés de chasseurs-cueilleurs qui se donnent déjà les moyens de forcer la Nature et les autres humains. Cependant l’organisation sociale reste encore relativement en phase avec la Biosphère, l’outil est rudimentaire et les populations humaines peu nombreuses. Par la suite on a inventé des outils encore passifs, qui ne pouvaient agir qu’une fois manipulés par une personne comme la hache de pierre, puis la recherche appliquée s’est accélérée de nos jours : les machines-outils et les automates sont devenus actifs, on se contente de les surveiller et de les réparer. Maintenant les processus informatiques peuvent fonctionner 24 heures sur 24 même de façon autonome du moment qu’on met de l’énergie à leur disposition. La puissance et l’interconnexion des outils actuels transforment complètement la planète et dépassent non seulement le pouvoir de maîtrise humaine, mais aussi le seuil de tolérance des équilibres vitaux.

Conviviale est la société où les humains contrôlent leurs outils. Yvan Illich appelait société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes, l’outil est convivial quand personne n’a besoin d’un diplôme pour avoir le droit de s’en servir. La Biosphère pense en outre que l’outil est convivial quand son emprise sur la Nature reste la plus légère possible.

13.11.2005 Eco-gîte ?

A quelque kilomètres du centre nucléaire de Cadarache, une association écologiste fête son 25ème anniversaire. Au début il s’agissait d’éduquer les gens au respect de la forêt, et puis l’idée de construire une maison autonome en énergie a fait son chemin. De chantiers de jeunes en stages de formation pour adultes, la bâtisse bioclimatique va prendre vie L’eau de pluie est récupérée et stockée, mais le centre n’a pas de jardin potager à arroser. L’eau potable est puisée par forage, déjà la technique commence à montrer son nez. Et puis on utilise chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïque et groupe électrogène au GPL qui assurent une indépendance toute relative. En fait il n’y a pas d’autonomie quand les matériaux utilisés (cellules photovoltaïques, GPL…) sont importés de l’extérieur et que cette communauté ne vit en fait que des touristes (10 000 nuitées chaque année) en mal de mode de vie expérimental.

Pour la Biosphère, une société deviendrait conviviale si l’outil lui-même était convivial, utilisant seulement une technique douce, douce à l’usage, douce à la reproduction du savoir-faire, douce à la Nature. Pour que les activités humaines redeviennent comme autrefois le simple prolongement de la force physique, il faudrait limiter l’utilisation des techniques modernes. L’objet qui pèse le moins lourd sur la planète sera toujours celui qu’on ne fabrique pas.

08.12.2005 L’écologiste n° 16 (édition française de The Ecologist)

« Il existe en Inde un arbre à savon donnant des noix dont les coquilles sont utilisées traditionnellement par les habitants pour se laver le corps ou nettoyer le linge. La coquille contient en effet à hauteur de 10 % de la saponine, que l’on dilue dans l’eau chaude pour émulsionner et dissoudre les graisses. Ces noix peuvent même rejoindre le compost après usage, d’où sa commercialisation depuis un an en Allemagne et quelques semaines en France. En tout état de cause, importer durablement un produit de base distant de plusieurs milliers de kilomètres ne peut guère être qualifiée d’écologique. L’idéal serait de cultiver cette plante sous nos climats tempérés ».

La Biosphère a une autre idée immédiatement réalisable, que les humains agissent comme en pays Bigouden autrefois : on se mariait avec le linge de toute sa vie, 52 chemises de lin, une pour chaque semaine, entassées dans des coffres et lavées une fois l’an à la cendre… Ajoutez quelques paires de draps inusables.

10.12.2005 Vive les bambous !

Le bambou peut être utilisé pour épurer les eaux usées sans produire le moindre déchet. Dans l’enchevêtrement de ses racines, une microfaune (vers, petits coquillages) minéralise la pollution des eaux usées qui est ensuite prélevée par la tige de la plante. Toute l’eau usée, répandue dans la bambouseraie, est absorbée. Bien sûr ce procédé ne concerne pas toutes les pollutions, il faut par exemple se passer de rejeter des hydrocarbures dans l’environnement, ce qui devrait aller de soi. Plus écolo que les stations d’épuration classiques, cette technique nécessite aussi d’assez grands surfaces. Mais un hectare pour 2000 habitants, c’est nettement moins que pour l’épandage ou le lagunage.

Les technique douces pour l’environnement, « Y’a que ça de vrai » dit la Biosphère.

11.12.2005 Dans tous ses poils

D’abord les femmes ôtèrent les poils du mollet, c’était dans les années 1920 avec les robes courtes et les premiers bains de mer. Et puis les maillots couvrant de moins en moins de chair, ce fut l’épilation de la jambe entière et même des poils du pubis qui pouvaient dépasser. Il n’y a pourtant dans cette évolution que conformisme et effet de mode orchestré dans le seul but de vendre des tissus dont l’élasticité croissante (fini les maillots en laine, vive les matières synthétiques !) et la texture permettait de réduire la taille du bikini. Pour les garçons la transformation du duvet en barbe révélait au contraire la fin de l’adolescence et l’identité masculine, un véritable ancrage dans une spécificité corporelle. Mais on a inventé les rasoirs mécaniques ou électriques, les jetables et les super-performants à trois lames. Alors il y a maintenant la convergence des sexes qui fait que les hommes ne se rasent plus seulement la barbe, mais pratiquent aussi de plus en plus l’épilation plus ou moins intégrale. Manière d’affirmer la supériorité de la culture sur la nature, manière de souligner l’éloignement de l’homme  de son origine animale? Que nenni ! Les corps des deux sexes sont dorénavant instrumentalisés, le poil est devenu le cœur d’une nouvelle cible à des fins mercantiles.

Contre la société thermo-industrielle et pour un rapprochement de notre mère Nature, inversez la tendance et redécouvrez le plaisir d’être velu, que vous soyez hommes ou femmes.

Nos écrits en 2005 sur les techniques douces Lire la suite »

Vie et mort de l’Intelligence artificielle

Comment contrôler une technologie dont la diffusion et les capacités progressent plus vite que notre aptitude à en maîtriser les risques ? La question se pose depuis l’invention de la machine à vapeur, mais acquiert une acuité étourdissante avec l’intelligence artificielle (IA). La diffusion de modèles toujours plus puissants, débarrassés de leurs garde-fous, pourraient être détournés à des fins malveillantes. Mais quand la sécurité pousse vers la fermeture d’accès, l’économie penche vers l’ouverture.

Comment contenir une technologie dont les capacités débordent les cadres que nous lui imposons, l’IA a montré à plusieurs reprises qu’elle peut n’obéir qu’à ses propres règles. Comment s’adapter à son imprévisibilité ?

Le point de vue des écologistes techno-sceptiques

Depuis les manufactures et ses machines à vapeur qui ont supplanté le travail des artisans dans la production de vêtements, les travailleurs indépendants ont été mis au chômage et pour finir on vend aujourd’hui de la merde vestimentaire. La machine à rouler les cigarettes a entraîné la surproduction de clopes et invité tout le monde à devenir fumeur. La voiture, en à peine un siècle, est devenue si indispensable qu’on pleure un litre d’essence à deux euros, pourtant moins cher que le prix d’une bière…

Maintenant l’IA va supprimer un nombre incalculable d’emplois, empêche les élèves de réfléchir par eux-mêmes et fait croire qu’on peut faire de la musique sans savoir jouer d’un instrument.

Le mythe de l’apprenti sorcier n’est pas un mythe, c’est la réalité de l’aventure humaine depuis l’invention du feu. Et maintenant nos forêts de résineux brillent de tous leurs feux, des méga-incendies liées à nos émissions de gaz à effet de serre, liées à notre besoin insatiable d’énergies extracorporelles.

Heureusement n’importe quelle machine utilise une énergie exosomatique qui va devenir de plus en plus rare et chère. L’IA est si boulimique en électricité qu’elle en mourra quand on ne pourra plus la nourrir.

Vie et mort de l’Intelligence artificielle Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur les techniques imbéciles

Nous sommes en 2026

et les techniques sont inappropriées

26.03.2005 universelle connerie

L’Expo Aichi 2005 se veut un grand spectacle consacré aux rapports entre les humains et leur milieu. Première exposition universelle du XXIème siècle, elle a en effet pour thème « Sagesse de la nature ». En réalité, on voit des robots dinosaures ou humanoïdes qui vous guident dans un parc à thème sans jamais aborder le problème de fond : la relation entre pauvreté et destruction de l’environnement ; on se garde même d’envisager évaluer les effets écologiques de cette expo. La logique de ces spectacles « universels » reste donc inscrite dans la foi inébranlable en un scientisme né avec l’industrialisation

Le contrat entre la Nature et les humains n’est rien d’autre qu’un contrat entre des humains dont les capacités d’aveuglement ne sont plus à démontrer !

17.06.2005 Contre les nécrotechnologies

A Grenoble des activistes (le groupe « pièces et main d’œuvre ») résistent par l’humour au techno-totalitarisme (nucléaire, OGM, traçabilité électronique des populations), à l’artificialisation du monde (la vampirisation des écosystèmes par la techno-science) et à une croissance qui est destructrice des sols, des eaux, des forêts… Ils souhaitent la rupture de la liaison recherche-industrie et le démantèlement de la société industrielle. Ce n’est pas un hasard si cette opposition aux techniques émergentes (surtout bio- et nanotechnologies) se fait jour à Grenoble dont le développement est fondé sur la « synergie » entre recherche et industrie. Ils ont par exemple adressé un faux courrier électronique d’annulation adressé à tous les intervenants d’un forum « sciences et démocratie » organisé par le maire qui ferait ainsi repentance : « Ce grand rendez-vous cherchait avant tout à étouffer les critiques par un démocratisme de façade ». Le président de l’Académie des sciences trouve donc ce groupe très toxique sans imaginer un seul instant que c’est lui et ses confrères qui parrainent une forme d’organisation des plus toxiques.

Chaque fois que la Biosphère trouve des humains qui pensent comme Elle, sa satisfaction éclate, même si Elle sait pertinemment que le système thermo-industriel résistera jusqu’au bout, jusqu’à dégrader le plus possible le peu qui restera pour les générations futures.

10.07.2005 Pas d’OGM en Europe

Contre l’avis de la Commission, les Etats membres ont autorisé par 22 voix contre 3 l’application de la clause de sauvegarde permettant à un pays d’interdire la culture d’OGM sur son sol. Ils ont raison, mille fois raison (au fond). Les OGM, adaptés à une agriculture extensive, correspondent seulement aux besoins des grandes multinationales de l’agroalimentaire. A l’opposé, le problème agricole mondial n’est pas d’accroître les quantités produites, mais de maintenir des communautés paysannes vivables et viables.

En effet la solution au désordre mondial n’est pas à rechercher dans une agriculture industrialiste et peu utilisatrice de main d’œuvre, mais au contraire dans le développement d’une petite agriculture qui protège des sols fragiles et limite l’exode vers des métropoles de plus en plus ingérables.

30.07.2005 Techniques militaires

En juillet 1705, Philippe de Pontchartain était secrétaire d’Etat à la Marine. Il recevait à ce titre toutes sortes de propositions dont l’une portait sur « Le moyen d’augmenter la portée des armes et de les faire tirer avec beaucoup plus de diligence ». Malgré des essais concluants, le ministre faisait répondre : « Je n’en fais pas plus de cas pour cela, car si l’on s’en servait, nos ennemis l’auraient bientôt et il y a déjà assez de moyens de tuer les hommes sans en chercher de nouveaux ».

Malheureusement l’homme à été assez stupide pour perfectionner toujours davantage ses armes qui sont devenues « de destruction massive », ce qui ne serait pas trop grave si elles ne servaient qu’à l’égard des autres sociétés humaines. Mais la technique militaire a tôt fait d’être récupérée pour les usages civils, ce qui en fait d’autres armes de destruction massive de l’environnement naturel, ainsi de l’énergie nucléaire. Cela devient alors inacceptable.

18.08.2005 Pris comme dans un filet

Selon des spécialistes de l’Internet, tout le monde aura bientôt en sa possession un PDA ou personal digital assistant, un petit ordinateur plat et souple qui ne vous quittera jamais. Pour plus de commodités, on pourra même se faire implanter sous la peau un émetteur-récepteur qui pourra aussi bien réaliser votre check up que débiter votre compte-courant au restaurant par détection à distance de vos coordonnées bancaires. Pour passer un bon moment dans le monde réel et s’endormir en pleine nature, il suffira aussi de régler son PDA pour qu’il diffuse sur les murs de votre chambre un décor champêtre. Et pour échanger avec les amis, rien de mieux que la connexion directe par le Net.

La Biosphère espère que de plus en plus de citoyens auront à cœur de se débrancher de ce type de système totalitaire pour vivre localement sa vie avec ses proches et la Nature environnante. Il faudrait pour ce faire refuser dès aujourd’hui le précurseur du PDA qu’on appelle « portable » et ne surfer sur Internet que pour s’en débarrasser !

05.09.2005 L’aviation, seulement un siècle !

Longtemps on a rêvé avec le mythe d’Icare et les croquis de Léonard de Vinci, puis on a pensé au plus léger que l’air avec les montgolfières, mais depuis le 5 octobre 1905 les humains ont compris les avantages du moteur à explosion et du plus lourd que l’air. Ce jour-là Wilbur Wright réussissait un vol de 38 kilomètres en 39 minutes et demie. L’avion, jusque là jouet sportif limité aux sauts de puce, devenait un outil révolutionnaire : le 25 juillet 1909, L.Blériot franchissait la Manche en 38 minutes et le 29 mai 1927 C.Lindbergh traversait l’Atlantique. L’avion allait changer la face du monde, accélérer la circulation des hommes et des biens, devenir un instrument de la guerre autant qu’un vecteur du tourisme.

Laissons de côté ces tapis de bombes déversés par les forteresses volantes, les humains ne s’en prennent qu’à eux-mêmes. Mais les flots de touristes qui sortent des avions tels une nuée de sauterelles dévastent les sociétés traditionnelles tout en accentuant l’effet de serre grâce à un kérosène détaxé. Ce n’est pas durable…

07.11.2005 Moratoire des techniques

La pêche en eau profonde a été favorisée par plusieurs facteurs techniques : le GPS qui permet de localiser le lieu des pêches généreuses, l’acoustique embarquée qui indique la profondeur précise, des équipements de pont plus puissants qui peuvent remonter des câbles longs de plusieurs kilomètres. Ainsi on peut circonscrire et exploiter des monts sous-marins qui révèlent des habitats importants en traînant un chalut lourdement lesté, ce qui conduit à labourer la mer et tout pulvériser sur son passage. Pour combattre ces techniques imbéciles, on peut utiliser d’autres techniques comme les satellites. L’Union européenne a ainsi décidé que tout bateau de pêche de plus de 15 mètres devait être équipée depuis début 2005 d’un mouchard VMS (système de surveillance des vaisseaux) qui émet toutes les heures la position et l’identité du navire. A compter du 1er janvier 2006, le cap et la vitesse devront aussi être transmis. Mais ces moyens techniques de lutte anti-fraude sont loin d’être parfaits car les communications au-delà de 75° de latitude deviennent difficiles et les méthodes de resquillage sont déjà connues : des kits de trucage des VMS sont déjà en vente dans les ports coréens.

La Biosphère vous dit : supprimez les techniques embarquées en surveillant tous les ports et en détruisant le matériel sophistiqué : la pêche doit retrouver des techniques minimales permettant de respecter la ressource halieutique et la biodiversité

09.11.2005 Fertilité masculine en péril !

Une étude américano-danoise indique que plus l’exposition de la mère pendant la grossesse à des phtalates (présents notamment dans les plastiques et les pesticides) a été importante, plus la distance séparant l’anus de la base du pénis de l’enfant est faible. Cette distance anogénitale est un indice de « masculinisation » et c’est donc la première démonstration de l’influence des perturbateurs endocriniens sur la différenciation sexuelle au cours de la vie fœtale. De toute façon on a déjà constaté ces cinquante dernières années que la production spermatique humaine a chuté de 40 % environ et l’incidence des cancers testiculaires à peu près doublé. Ces tendances sont les plus marquées au Danemark, la fertilité masculine a le moins régressé en Finlande, la France restant dans la moyenne.

La Biosphère constate que de faibles doses de polluants dans l’environnement humain provoquent des conséquences qui n’avaient pas été mesurées. L’industrie n’a jamais voulu appliquer le principe de précaution, certaines personnes en ont déjà payé le prix : les effets du distilbène, de l’amiante, de la maladie de Creutzfeld-Jacob… Beaucoup d’autres en payeront le prix dans l’avenir.

10.11.2005 Robin des toits (association)

Les émission de téléphonie mobile ne sont pas émises de façon continue mais pulsées en microsaccades. Or depuis trois milliards et demi d’années, les êtres vivants fonctionnent en résonance avec des émissions électromagnétiques naturelles dont la structure est continue et régulière. Tout vivant est composition d’ordres de différents niveaux, ce qu’apportent les pulsations est désordre ! Il suffit à désorganiser non seulement les fonctionnements physiologiques mais même le structures moléculaires. Les principales perturbations constatées sont :

  • perte d’étanchéité de la barrière entre sang et cerveau.

  • Diminution de production de la mélatonine, une hormone qui régule le blocage des processus cancéreux.

  • Perturbation des régulations membranaires des cellules.

  • Dommages génétiques.

La technique n’est plus une force qui dompte la Nature, elle devient un cheval de Troie qui détruira de l’intérieur les humains.

11.11.2005 Portable, facteur de progrès ?

Rien ne peut étancher la soif de communiquer de tout le continent africain, si ce n’est… le portable. Heureusement que sur 100 Africains, entre 8 et 30 selon les pays sont déjà équipés. Même si le taux est de 75 % en France, l’équipement en Afrique progresse tellement vite (65 % par an en moyenne entre 1998 et 2003) que la fossé technologique va être un jour ou l’autre rattrapé. Même si un agriculteur ne possède pas de tracteur et vit sans électricité, il lui semble en effet indispensable de faire deux heures de moto par de vilaines pistes pour recharger son téléphone. Et puis le cellulaire est devenu un outil indispensable de la prostitution, il trahit les époux adultères et facilite les attaques à main armée. Comme le dit le directeur des opérations internationales des télécoms : « Là où des offres adaptées (cartes prépayées) sont proposées, on observe une croissance à deux chiffres qui devrait se poursuivre pendant plusieurs années encore ». La technique envahit tout, même au fond de la brousse.

En Afrique comme ailleurs, le besoin de communiquer vient immédiatement après celui de se nourrir et de se vêtir, mais ce besoin n’a nul besoin d’un intermédiaire imposé par l’industrie : la tradition orale africaine est déviée de son cours. De toute façon le portable n’a rien changé au fait que la sociabilité s’opère d’abord entre personnes de même catégorie sociale. La Biosphère était bien plus tranquille quand les Africains se contentaient de l’arbre à palabres…

12.11.2005 Conquête de l’inutile

Bertrand Piccard se propose de boucler le tour du monde à bord d’un avion solaire. Sa machine de 80 mètres d’envergure (autant que l’Airbus A 380), le Solar impulse, sera bourré de cellules photovoltaïques et pèsera pas moins de deux tonnes. Il évoluera entre 4000 et 10 000 mètres d’altitude à l’allure vertigineuse de 60 kilomètres à l’heure en moyenne. Mais parce qu’il faut faire le plus léger possible, il n’y aura qu’un seul humain à bord pour quatre ou cinq escales (il faudra changer de pilote pour parcourir les 45 000 kilomètres autour de la Terre).

La Biosphère peut déjà dire que Bertrand a gaspillé dix années de préparation pour décoller sans doute en 2008. A quoi sert un avion qui aura coûté les yeux de la tête pour un usage solitaire et égocentrique ? Le solaire ne doit pas être un alibi pour faire n’importe quoi.

17.11.2005 Pollutions atmosphériques !

L’un des risques majeurs pour la santé est celui lié aux particules fines en suspension dans l’air. Elles pénètrent profondément dans les poumons et sont à l’origine de graves troubles cardiaques et respiratoires. L’impact dans toute l’Union européenne est de 386 000 décès prématurés en l’an 2000, une perte de neuf mois d’espérance de vie et une perte annuelle de quatre millions de vie. Si on ajoute l’ozone troposphérique, il faut ajouter 21 400 décès et 30 millions de journées sous médication respiratoire. Il faut donc limiter les émissions de particules par les moteurs à combustion, les solvants, les peintures, le dioxyde de soufre des navires, les systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles, les usines obsolètes…

La Biosphère a du mal à compatir à la souffrance humaine puisque leur activisme est le seul responsables de leurs maux. Mais la Biosphère est très mécontente des pluies acides qui menacent toujours 245 000 km2 de forêts, la Biosphère est en plein désarroi devant les sols et les eaux polluées par des teneurs élevées en azotes qui entraînent la prolifération excessive de certains végétaux au détriment de la biodiversité (45 % des écosystèmes terrestres de l’UE sont menacés).

Nos écrits en 2005 sur les techniques imbéciles Lire la suite »

transition de genre, réassignation sexuelle ???

Les opérations de réassignation sexuelle dans le cadre de parcours de transition se multiplient. Pourtant, à 15 ans, on est en plein bouleversement hormonal et neuronal (1/3 des neurones en surnombre sont détruits au profit de connexions plus stable ; cette destruction /réorganisation dure jusqu’à 25 ans ). Cela entraîne une instabilité émotionnelle conduisant à des décisions pulsionnelles irrationnelles : c’est l’adolescence.

Rappel à la réalité : c’est la Nature qui nous a fait homme et femme et non la société ; traiter les anomalies de la Nature est de la responsabilité de la Médecine ; changer la Nature normale est du même ordre que créer des OGM : une monstruosité de l’Homme, qui après avoir tué Dieu s’est transformé en démiurge.  C’est une grave erreur que de transformer la liberté de l’individu en pouvoir de faire n’importe quoi.

La fragilité psychologique de la réassignation sexuelle

Zak raconte d’abord son enfance, son goût pour les études, l’équitation. Une période heureuse, à vrai dire. « Je ressemblais à n’importe quelle fille. » Puis, abruptement, sans autre préliminaire : « A 15 ans, mon corps ne me représentait plus. J’ai commencé ma transition pour devenir un homme. Je veux une vie simple, où les gens me voient comme un homme. C’est tout. »

Depuis 2024, Zak est suivi par un psychiatre et prend chaque mois de la testostérone en intramusculaire. Sa barbe a poussé. Sa voix a mué. Ses pieds ont gagné deux pointures. Maintenant, il veut une torsoplastie, le couronnement, selon lui, vers un corps masculin. Légalement en France, seul le consentement éclairé du patient est nécessaire pour un majeur. Quant à lobligation de suivi par un thérapeute, elle a été supprimée en 2016 pour la transition de genre.

Un autre cas : Testostérone à 16 ans. Ablation des seins à 17 ans. Puis celle de l’utérus et des ovaires à 20 ans, une chirurgie peu pratiquée et irrévocable. Le parcours de transition avait semblé facile à cette maître-chien. Mais à l’arrivée, la jeune femme s’aime toujours aussi peu. Et détransition impossible physiquement ! Il/Elle ne trouve plus du tout le groupe LGBT « génial et chaleureux ».

L’intervention pour Zac a duré quatre heures. Au réveil de Zak, il/elle lâche trois mots : « Je suis moi. » Dans un improbable chassé-croisé, ce sont exactement les mêmes trois mots que le/la jeune maître-chien avait prononcé après son opération.

« Serons-nous considérés comme l’avant-garde d’un mouvement de société ? Ou les complices d’une épidémie délirante ? », s’interroge la chirurgienne.

Le point de vue des écologistes naturalistes

– Il y a une forme de lâcheté à ne pas accepter son sexe, à ne pas vouloir vivre ce que l’on est, à avoir la prétention de dire qu’il y a erreur au lieu d’assumer ce que l’on est. Parce que rien ne modifiera ce que l’on est à la naissance, et le confort de changer d’aspect n’est que superficialité.

– Transition : au frais de la princesse. Dé-transition : au frais de la princesse. 10 ans (de psychiatre évidemment) : au frais de la princesse. Traitement hormonal à vie : au frais de la princesse.

– Tout ça parce que la « mauvaise assignation » de genre est devenue l’explication miracle au mal-être d’adolescents, propagée par des groupes LGBT sur les réseaux sociaux !

– Dans le cadre d’une transition ils/elles sont à 85 %, FtoM (female to male), les plus nombreuses et pourtant les moins visibles dans l’espace public. – – La vie sociale au masculin apparaît comme un privilège pour une femme. Les hommes cisgenres (dont le genre correspond au genre attribué à la naissance) ne remarquent pas leurs avantages.

– Le désir de certaines est moins d’être homme que de ne pas être femme : une envie d’accéder à l’invisibilité. Partout sur la terre les hommes sont la classe dominante, on peut comprendre qu’on veuille en faire partie. 

– Les talibans imposent aux femmes d’être voilées intégralement pour se soustraire au regard des hommes, en France ce sont les femmes qui se mutilent d’elle-même pour le même motif.

Se faire opérer la poitrine ou le corps plutôt que lutter pour changer le regard des hommes, désespérant…

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Transition de genre, à la mode !

extraits : Nous aimons bien le préfixe « trans », transition écologique, transition énergétique, transnationalisme, transparence de l’information, transculturel, le fait d’aller au-delà de l’apparence des temps présents pour percevoir un monde meilleur. Malheureusement le bon côté du fait de pouvoir aller « au delà » des choses s’est transformé en possibilité technoculturelle de faire n’importe quoi : transhumanisme et transsexualisme. Cela serait de peu d’importance si ce phénomène « trans » à la mode ne bénéficiait pas d’une couverte favorable dans LE MONDE…. 

Parler « trans » et sans débat aux journées d’été

extraits : Les Journées d’été des Écologistes (ex-EELV) ont eu lieu du 22 au 24 août 2024 à Tours. J’ai suivi avec intérêt la profusion des idées « en tout genre », et c’est le cas de le dire. Le thème de l’atelier auquel j’ai assisté le jeudi : « Transphobie et propagande d’extrême droite : la conquête des droits comme contre-offensive ». Question de genre donc….

Transidentités, un débat faussé et inutile

extraits : Il y a des choses que je comprends, par exemple le fait que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature ; elles sont historiquement construites et socialement reproduites. Il n’est par exemple nullement génétique d’aimer les voitures ou le maquillage ! Il y a des choses que je ne comprends pas, par exemple enseigner au primaire la notion « d’égalité de genre ». Quelle différence avec l’égalité des sexes ? Sauf cas rares, cette distinction homme/femme est inscrite dans les chromosomes de chaque être humain, elle est irréductible. Cela constitue un fait, et non une opinion.  Le nier nuit gravement à la cohérence sociale quand le critère de distinction devient l’indistinction basée sur la toute puissance de l’affirmation de soi….

Après les homosexuels et les trans, les fluides

extraits : L’écologie scientifique constate que les escargots et les lombrics sont hermaphrodites, mais dans la plupart des espèces sexuées on naît mâle ou on naît femelle. Par contre pour l’espèce humaine, qui prend ses constructions cérébrales pour des réalités, on ne naît pas homme ou femme, on le devient par la socialisation. Certains profitent de cette faille potentiellement anti-nature pour entretenir la confusion entre les deux problématiques suivantes : l’ordre biologique, fondé sur la différence de sexe et la complémentarité en vue de la reproduction, et l’ordre culturel qui institue des inégalités de pouvoir selon le sexe d’origine. Or qui dit différence ne dit pas inégalité….

Mouvement trans, négation de l’altérité

extraits : Devenir unisexe sans amour est présenté comme le summum de la liberté. J’ai été il y a peu en Amérique du Nord où beaucoup d’enfants, souvent de couples LGBT mais pas seulement, reçoivent des inhibiteurs de puberté qui empêchent le développement des parties sexuées du corps. Pourquoi ? Pour que ces enfant décident plus tard, « en toute liberté », du sexe qu’ils se seront choisi. Bref il n’y a pas de limites à ce à quoi j’ai droit puisque « c’est mon choix ». Sauf que c’est d’abord le choix du marché qui se fait fort de permettre aux individus de choisir….

transition de genre, réassignation sexuelle ??? Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la recherche fondamentale

Nous sommes en 2026

et la science devient inutile

28.01.2005 Une recherche sans avenir

Le Parlement examinera avant l’été la loi d’orientation et de programmation sur la recherche. Déjà le mouvement « Sauvons la recherche » dénonce un projet de loi inacceptable, déjà un député PS passe en première ligne pour soutenir les OGM. Pourtant la question essentielle est ailleurs : faut-il toujours plus de recherche en tous genres sans s’interroger sur les risques pour la santé humaine de vos applications techno-scientifiques alors que vous accumulez déjà des tas de produits chimiques dans votre corps et que les cas de cancers et d’allergie se multiplient. Finalement votre polarisation sur d’éventuels sauts technologiques dans la recherche à la mode (une mode déterminée par les industriels) vous empêche de consacrer toutes vos forces et votre attention à l’endiguement des dégâts que vous infligez aujourd’hui à notre planète, donc à vous-mêmes.

Le débat politique ne peut plus porter sur une enveloppe financière globale qui va sauver quelques emplois de chercheurs, mais sur votre manière de penser et de vivre qui pèse beaucoup trop sur la Biosphère et pénalise le sort des générations futures.

04.02.2005 Marre des chercheurs

« Sauvons la recherche » est un thème récurrent en France, mais la question essentielle est ailleurs : la recherche n’est pas un tout dont l’objectif serait d’accaparer au moins 3 % du PIB, mais une ribambelle d’études spécifiques dont on n’a jamais évalué si les application étaient réellement utiles et sans danger pour la société humaine et pour le reste de la planète. Par exemple, faut-il financer principalement la biologie moléculaire et donc les OGM ou faut-il favoriser au contraire la recherche des naturalistes sur les avantages de la biodiversité dont on nous a rappelé lors de la dernière conférence internationale à Paris qu’elle était en péril extrême ? Faut-il consacrer plus de 80 % du financement de la France en matière d’énergie à la recherche nucléaire et laisser seulement quelques miettes pour les énergies renouvelables ?

La Biosphère n’a pas du tout besoin de ces chercheurs qui se foutent complètement de sauver la planète et qui trop souvent émargent, même quand ils sont dans le secteur public, auprès des industriels comme l’ont montré les récents scandales au NIH (National Institutes or Health) américain.

12.06.2005 Du plomb dans l’aile du futur

Le département prospective de la recherche aérospatiale française, pense déjà au successeur de l’A380 quand celui-ci arrivera en fin de vie, d’ici trente ans. Ce sera une aile volante qui pourra accueillir 1000 passagers au lieu de 850, avec des moteurs placés au dessus de l’avion pour être moins bruyants. Etrangement, les concepteurs n’envisagent pas un seul instant que dans trente ans les réserves de pétrole seront au plus bas et que les avions de grande capacité, c’est déjà fini : l’Airbus 380 a été acheté par Air France, mais contraint et forcé pour la gloriole, cela ne correspondait déjà plus au marché.

La Biosphère s’étonnera toujours de l’aveuglement humain qui croit faire preuve d’ingéniosité technique alors que c’est pour rentrer plus vite et plus nombreux dans le mur !

29.06.2005 ITER sur terre française

Pour passer de la fission à la fusion, le réacteur ITER (international thermonuclear experimental reactor), va être construit à Cadarache en France. Le coût de la construction sur dix ans est estimé à 4,7 milliards d’euros (8000 emplois seulement), le coût d’exploitation pendant 20 ans supplémentaires de 4,8 milliards d’euros, la subvention de la région PACA est déjà voté pour 152 millions (aide à l’implantation). Mais il s’agit seulement d’un laboratoire car la maîtrise de la fusion deutérium/tritium implique trois conditions (critères de Lawson) :

  1. une température du plasma supérieure à un million de degrés.

  2. un gaz suffisamment dense

  3. le maintien des deux conditions précédentes pendant plusieurs centaines de secondes.

Aujourd’hui, aucune des machines n’arrivent à réunir ces trois conditions en même temps. De toute façon le prototype ITER ne pourrait pas atteindre le point d’ignition permettant de produire suffisamment d’énergie pour s’auto-entretenir et produire de l’électricité pour les consommateurs.

Malgré un processus qui demande énormément d’énergie au détriment d’autres objectifs, la techno-science s’acharne à vouloir imaginer qu’elle pourrait avoir réponse aux besoins de toujours plus d’énergie sans permettre aux humains de s’interroger sur la pertinence de ce besoin. La Biosphère te rappelle, l’énergie la plus douce pour la planète, c’est celle que tu ne consommes pas.

02.08.2005 ITER prométhéen

Selon le physicien E.Brézin, président de l’Académie des sciences, « Il faut une singulière dose d’optimisme pour imaginer que l’utilisation industrielle de la fusion mettra moins de cinquante ans pour être disponible. Les obstacles ne doivent par arrêter la recherche, mais l’épuisement des ressources fossiles et surtout le réchauffement climatique sont des problèmes urgents. Les mesures à prendre sont immédiates et ITER ne doit surtout pas servir d’alibi ». Il souhaite en conclusion « que les décisions en matière d’énergie ne soient plus simplement le fait de groupes de pression attachés à la seule réussite de leur filière ». Plus radical, l’ancien ministre de la recherche Cl.Allègre réprouve un « projet de prestige » qui « offre peu de chances de réussite ». P.Gilles de Gènnes (prix nobel de physique 1991) partage le même sentiment et son collègue japonais M.Koshiba (prix nobel de physique 2003) a lui aussi exprimé publiquement ses réserves.

Croire que les humains peuvent à leur gré maîtriser les mécanismes du soleil à leur toute petite échelle ne peut que faire penser au mythe de Prométhée qui déroba aux Dieux le feu sacré et fut condamné par Zeus à une mort toujours renouvelée.

09.08.2005 Clathrates et nanotechnologies

Les clathrates sont des structures cristallines formées de glace renfermant du méthane piégé à l’intérieur de cages moléculaires, des quantités incroyables de méthane puisque l’ensembles des gisements de clathrates sur la Terre renfermerait autant de carbone que la totalité des autres sources (combustibles fossiles, marias, biomasse…). Or le réchauffement climatique pourrait libérer ce méthane, en particulier dans le permafrost, ce qui induirait un risque supplémentaire pour la planète. Mais un article de science-fiction (Le Monde du 7/08/2005) qui projette d’ici vingt ans les programmes scientifiques lancées en 2005 croit posséder la solution : à l’échelle du milliardième de mètre, une bactérie génétiquement modifiée serait exploitée par des nano-machines qui pourraient extraire (par reformage du méthane) l’hydrogène contenu dans les clathrates et le conditionner pour utilisation macroéconomique !

Dans cette course folle entre effet de serre, OGM et nanotechnologies, la Biosphère sait déjà qui va gagner : le réchauffement climatique accentué par la crédulité ambiante en un avenir radieux grâce à toujours plus d’illusoires promesses techno-scientifiques.

17.10.2005 Con-fusion

Avant que la fusion ne puisse devenir une source industrielle d’énergie, trois problèmes doivent être résolus : stabilité du plasma de deutérium et de tritium ; tenue des matériaux de couverture aux neutrons extrêmement énergétiques produits dans un réacteur de fusion ; production de tritium in situ pour un fonctionnement en continu. En fait ITER n’étudiera que le premier problème, la stabilité du plasma. Or la question des matériaux est cruciale alors que personne ne sait comment le résoudre. Quant au tritium, il n’existe pas dans la nature, il faut le produire en quantités industrielles, ce qui ne pourra être démontré que par le successeur d’Iter (Demo, déjà nommé !), pas avant vingt ou trente ans au minimum.

La fission nucléaire a été découverte en 1938 et en décembre 1942, le premier réacteur divergeait déjà, mais en 2005 les Français ne savent toujours pas quoi faire de leurs déchets radioactifs. Maintenant les humains se précipitent vers des univers encore plus fantasmagoriques. L’idée de fusion nucléaire est là depuis cinquante et la maîtrise des problèmes de la fusion ne pourra pas être résolue avant au moins cinquante autres années, s’il l’est un jour ! Mais dans cette perspective imaginaire savamment entretenue, nul besoin pour les citoyens de faire des économies d’énergie, la seule issue qui vaille…

Nos écrits en 2005 sur la recherche fondamentale Lire la suite »

Choisir la Terre plutôt que Mars, logique !

Mars est un astre sans eau liquide, sans chaleur, sans vie et donc sans les Martiens. Les Terriens veulent y aller parce que c’est vide, c’est « Terra nullius », un territoire qui n’appartient à personne. Enfin, s’il y a avait quelqu’un, cela n’aurait pas empêché les humains de franchir la frontière. Les Etats-Unis se croient une nation élue dont la “destinée manifeste” est la frontière à repousser sans cesse à n’importe quel prix. Les indiens en savent quelque chose. Créée en 1998, la Mars Society a un but clairement affiché : coloniser Mars. Elon Musk, qui ne doute de rien, dans un tweet de 2002 :

« La fréquence des vols augmentera de manière exponentielle, l’objectif étant de construire une ville autosuffisante. Le fait de devenir multiplanétaire augmentera considérablement la durée de vie probable de la conscience, car nous ne mettrons plus tous nos œufs, au sens propre comme au sens figuré, dans le même panier. »

Mais il y a un hic ! Ce n’est pas la porte à côté et il faut une combinaison pressurisée.

L’impossible voyage vers Mars

Un livre de 1952, Das Marsprojekt (« Le projet Mars »), est de sinistre mémoire. Son auteur Wernher von Braun (1912-1977). Son pedigree : ancien nazi ; ancien officier SS ; père du missile V-2 et indifférent aux déportés mourant dans le tunnel de Dora ; récupéré par les États-Unis à la fin de la seconde guerre mondiale pour construire d’autres missiles ; et futur concepteur de la fusée géante Saturn-5 ? La conquête spatiale a pour origine la guerre, comme bien d’autres découvertes dont il aurait fallu s’en passer.

Faire atterrir des engins automatisés sur Mars a déjà constitué une prouesse technologique. Y poser et faire revenir sains et saufs des humains est une autre paire de manches. Le vol aller vers Mars prend de huit à dix mois. Pas question de partir dans une petite capsule comme pour les missions lunaires, étant donné toutes les provisions à emporter. Au bout de quatre semaines, il faudra déjà songer à repartir, alignement des planètes oblige – la prochaine fenêtre de retour vers la Terre ne s’ouvrira que cinq cents jours plus tard. L’ennui, c’est que rien n’est jamais reparti de Mars !

Sans oublier qu’il aura fallu produire in situ tout ou partie de son carburant, en exploitant l’eau prisonnière du sol sous forme de glace ou de minéraux hydratés. Prévoir, donc, des robots-mineurs et une petite usine automatique alimentée en énergie par une mini-centrale nucléaire – rien de tout cela, on l’aura deviné, n’existe.

Huit mois plus tard, une capsule pénètre dans l’atmosphère terrestre, mais les colonisateurs sont-ils encore vivants ? Dans l’espace existe un danger invisible, des particules chargées d’énergie venant soit du Soleil, soit du fin fond du cosmos, capables de casser l’ADN, d’introduire des mutations génétiques et de provoquer des cancers, mais aussi de tuer les astronautes.

Les êtres humains sont adaptés à la gravité terrestre et, lorsque celle-ci disparaît, comme dans un vol spatial, ou bien lorsqu’elle est réduite de plus de 60 %, comme ce sera le cas sur Mars, des phénomènes désagréables se produisent. Perte de masse musculaire et ostéoporose accélérée sont les plus connus, mais un des premiers désagréments survenant dès que l’on flotte en microgravité est le fluid shift (« transfert liquidien »). Il y a un surplus de liquide dans la tête, ce qui augmente la pression et joue sur la rétine. Certains des astronautes partis pour aller voir Mars risquent d’y arriver aveugles… Les astronautes professionnels sont-ils prêts à tenter l’aventure ? Lisons la réponse de Thomas Pesquet :

« Les gens qui se déclarent candidats, et Dieu sait que l’on en trouve pléthore sur Internet, n’imaginent pas une seule seconde à quel point la mission sera effroyable de vide et de rien. Le voyage vers Mars sera l’ennui ultime de la solitude couplé au risque ultime… En tant qu’être raisonnable, je réserve ma décision pour l’instant… »

Le dernier plan publié par la NASA envisage une mission d’un mois sur le sol martien pour deux personnes qui vivront dans un véhicule motorisé faisant office de maison et de laboratoire. C’est un schéma minimaliste, histoire de cocher la case “On a marché sur Mars” !

L’impossible vie sur Mars

Comme l’ont déterminé les différentes missions robotisées sur et autour de Mars, celle-ci est d’une hostilité sans nom. Température moyenne de − 63 degrés et atmosphère irrespirable, composée à 95 % de CO2 Pas question de sortir sans combinaison pressurisée, sinon le sang se mettrait à bouillir. Pas de couche d’ozone pour protéger du rayonnement ultraviolet, pas non plus de magnétosphère autour de la planète pour servir de bouclier contre les rayons cosmiques et les éruptions solaires potentiellement létales. Il faudra probablement vivre enterré ou dans des habitats blindés. Le sol de Mars, très oxydant, est chargé de perchlorates, le tout formant un cocktail stérilisant fort efficace, qui grille toute semence. Que manger ? On est à des années-lumière de ce qu’il faudrait pour le début du commencement d’une terraformation, qui nécessiterait le transport de masses colossales de matériel. Les concepts de colonisation et de terraformation de Mars évoquent immanquablement l’hubris d’apprentis sorciers alors que nous ne parvenons pas à préserver notre propre biosphère.

Elon Musk imagine une ville idéale là-bas très loin. Mais les humains sur Mars ne seront pas différents de ce qu’ils sont sur Terre. Comment cela pourrait-il se passer mieux sur Mars quand on connaît l’histoire de l’humanité ?

Il n’y a pas de planète B. L’avenir d’homo sapiens, c’est la Terre. Encore faudrait-il s’en occuper sagement.

Le point de vue de Michel Sourrouille

La conquête spatiale a pour origine la guerre, comme bien d’autres découvertes dont il aurait fallu s’en passer. Mon papa, déporté en tant que résistant, a construit en Allemagne des V2 et il a vu passer devant lui Von Braun, visiblement indifférent à la misère et à la mort des travailleurs forcés dans le tunnel de Dora. Un sabotage, et on pendait des hommes au hasard !

La guerre, les fusées, les missiles, les drones, la conquête du territoire des autres, triste banalité de notre monde ou des racailles sans conscience font croire que tout est possible, même pique-niquer sur Mars ou en Cisjordanie !

Choisir la Terre plutôt que Mars, logique ! Lire la suite »

Nos écrits en 2005 sur la recherche appliquée

Nous sommes en 2026

et la technoscience fait la loi

12.02.2005 Fleur de vanille

C’est un vaporisateur que vous avez trouvé dans des toilettes pour animal à deux pattes, en acier recyclable et certifié préservant la couche d’ozone (convention du 7/2/1989). Mais ne vous précipitez pas sur ce genre d’objet pour étouffer les mauvaises odeurs, la Biosphère vous dit de lire d’abord les précautions d’emploi : « Conserver hors de portée des enfants, ne pas percer ou brûler le récipient même après usage, conservez-le dans un endroit bien ventilé, ne pas inhaler, ne pas fumer, procéder par de brèves pressions sans pulvérisation prolongée, éviter de pulvériser sur la peau… ».

De toute façon pourquoi utiliser un bactéricide alors que tant de ces petites bestioles ne vous veulent que du bien, pourquoi cacher les odeurs de WC alors qu’on sait qu’elle vont se tailler toutes seules si l’endroit est bien ventilé, pourquoi faire travailler l’industrie chimique alors que vous accumulez déjà tant de toxines dans votre corps !!!

11.03.2005, brève

Le physicien théoricien de la bombe atomique Hans Bethe assiste en juillet 1945 au premier essai de son enfant : « Nous ne savions même pas si le prototype que nous avions conçu et fabriqué allait exploser »…. Un mois après 250 000 personnes mouraient à Hiroshima et Nagasaki : c’est ça l’accélération du progrès technique !

12.03.2005 Place aux machines !

Pour bientôt la gestation ectogenèse, l’utérus artificiel, le bébé éprouvette du début à la fin. Pour la technique, presque un jeu d’enfants, la matrice artificielle, c’est juste un peu plus complexe que le rein artificiel. Pour l’application, on sauvera d’abord de grands prématurés, plus du tout de couveuses, le monde des riches sera enthousiasmé. Puis on vendra la chose aux couples qui ne veulent pas des contraintes de la grossesse et de l’accouchement : en toute liberté les femmes choisiront, aucun danger de dictature comme dans le meilleur des mondes (Adlous Huxley, 1932). Mais l’utérus artificiel, c’est bien plus que la dissociation entre sexualité et reproduction humaine, c’est l’absence de corps à cœur entre une mère et son enfant, c’est un embryon programmé pour vivre avec des machines, c’est le règne des machines.

La Biosphère vous dit : bon courage…

22.03.2005 Le droit à la mort

Attaque cérébrale subite, quinze ans de coma sans avenir, la vie emprisonnée par des machines pour alimenter ou hydrater Terri Shiavo. Les parents de cette femme de 41 ans veulent « sauver » leur enfant en lui accordant le purgatoire sur cette terre, le mari veut faire cesser l’acharnement médical. Les frères Bush se déclarent alors partisan du droit de vivre grâce aux machines, les juges au contraire pour le droit de mourir sans machines.

Les frères Bush sont vraiment dégueulasses de soutenir les machines au nom d’un prétendu droit naturel à la vie, vous êtes tous dégueulasses quand vous faites fonctionner des machines trop complexes pour pouvoir encore ressentir ce que veut dire « la Nature ».

27.04.2005 L’A380 décolle

Le premier envol du gros porteur A380 d’Airbus est un grand espoir pour le développement durable, des réservoirs de 325 000 litres de carburant pour une consommation horaire de 17 000 litres seulement, soit 3 litres/100 km par passager. Bien sûr tout dépendra du nombre de passagers, on peut le remplir de 550 humains ou en empiler 800. Par comparaison, une voiture à 8 litres aux cents ne consomme que 2 litres s’il y a quatre passagers, quatre fois plus avec l’irresponsable qui se veut tout seul dans un véhicule dit individuel. De toute façon peu importe la façon de calculer, c’est toujours des ressources fossiles qui partent en CO2 et qui détraquent le climat. De toute façon peu importe, essence, diesel ou kérosène, dans 40 ans y’a plus de pétrole.

Alors, comment se déplacer ? Mais d’ailleurs, pourquoi se déplacer !

03.07.2005 Savoir, trop tard !

Le lundi 5 mai 1986, la Commission européenne envisageait des mesures sanitaires 9 jours après l’explosion nucléaire de Tchernobyl : la France exigeait alors un vote à l’unanimité et empêche toute décision contraignante. Le lendemain le ministère de l’agriculture (français) communiquait : « Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides ». Le vendredi 25 mars 2005, une juge d’instruction communiquait aux partie civiles le rapport sur les mesures de radioactivité effectuées par les autorité françaises en 1986 : il n’y a pas eu « erreur » du SCPRI (service central de protection contre les radiations ionisantes en 1986), mais bien dissimulation des risques tant du point de vue sanitaire qu’environnemental. La vérité, presque vingt ans trop tard.

Peut-être que le gouvernement français comprendra quelque chose, juste après qu’ ITER se soit fendu en deux dans vingt ou trente ans et que notre Terre soit devenue un petit soleil : trop tard pour avoir confiance dans les scientifiques et les politiques ! Cet accident est théoriquement impossible, mais l’imprévisible n’est jamais sûr.

04.09.2005 Faucheurs volontaires

Des faucheurs d’OGM (organismes génétiquement modifiés, ou plutôt chimères) ont été incarcérés en France. L’ordre public, a expliqué le procureur, « c’est la protection de la propriété de chacun, mais par-dessus tout, c’est la loi avec un grand L qui est le fondement de la démocratie, de vos libertés. Si la loi n’est plus respectée, c’est la loi de la jungle qui s’installe, la loi du plus fort : les faucheurs volontaires balayant les décisions du Parlement et les avis de nombreux experts ». Mais l’avocat des disciples de la désobéissance civile rétorque que 80 % des gens en France sont opposés aux OGM, la démocratie est donc présente dans la destruction des parcelles et, de toute façon, l’intérêt général est bien plus fort que l’ordre public.

La Biosphère ne comprend d’ailleurs pas pourquoi les gens mangeraient des produits à base d’OGM : ils n’ont pas meilleur goût, ils ne sont pas moins chers pour le consommateur et c’est un coût supplémentaire pour l’agriculteur : les seuls avantages sont pour les multinationales productrice de semences. Alors vive l’action directe contre la recherche appliquée même si des agriculteurs vendus aux multinationales endommagent lâchement les voitures des faucheurs volontaires.

07.10.2005 Paradigme fordiste

Le paradigme fordiste, c’est-à-dire cet équilibre entre la production de masse grâce au travail à la chaîne et la consommation de masse autorisée par l’augmentation des salaires, repose sur une triple conception du progrès : la science est prédominante ; le progrès social se traduit en termes de consommation ; l’Etat joue un rôle régulateur. Dans ce cadre, le progrès technique et la croissance économique ont pour objectif d’assurer la croissance du pouvoir d’achat et le plein emploi. On assiste alors à une confusion des bien-êtres définis en termes social et économique : patrons et ouvriers poursuivent le même objectif, matérialiste. La lutte de classe n’a pour objet que de rééquilibre la distribution de la valeur ajoutée, pas de renverser véritablement le système.

Le fordisme est synonyme de croissance, c’est l’erreur fondamentale de ce modèle mis en place dans les années 1914 et généralisé pendant les Trente Glorieuses. Non seulement la voiture individuelle entraîne les dégâts environnementaux que tout le monde connaît, mais la société thermo-industrielle basé sur un pétrole bon marché n’a aucun avenir. Que ce soit l’entrepreneur Ford ou l’utopiste Marx, ils avaient tout faux en termes de développement durable.

08.11.2005 Restez dans la lune !

L’espèce homo sapiens a essaimé dans l’espace géographique tout en améliorant ses capacités de déplacement. Autrefois les migrations à pied, puis à cheval ou en pirogue, hier les avions et aujourd’hui les fusées. Pourtant aucune obligation ne poussait les humains à quitter leur berceau d’origine, l’Afrique. Toutes ces migrations ont surtout résulté du poids de la population sur un territoire et des conflits intra- ou inter-ethniques qui en découlent. Les humains « préfèrent » en effet la conquête à la stabilité, le déséquilibre plutôt que la vie en harmonie avec un territoire déterminé. La fusée a d’ailleurs été inventée pour la guerre, ainsi des V2 mis en œuvre par les Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’ensuit alors une compétition entre nations : comme l’URSS socialiste a lancé le premier spoutnik dans l’espace en 1957, l’Amérique capitaliste a voulu poser le premier homme sur le sol lunaire en 1969. Maintenant on fait semblant de rassembler les pays dits développés autour d’une station spatiale internationale dont l’acte de naissance a été signé en 1998. A peine cette station, piégée par l’orbite basse de la Terre, se révèle-t-elle un échec scientifique et financier que la NASA propose déjà un nouveau billet pour la Lune en 2018. Il s’agit de faire rêver le monde, l’opium de la religion est remplacé par l’illusion de l’exploit technique alors qu’il ne s’agit dorénavant que de sauver quelques emplois dans un secteur industriel !

La Biosphère vous dit : « Que les humains gèrent au mieux leur propre territoire, qu’ils se contentent pour le reste de contempler la lune et les étoiles ».

15.11.2005 Du sang contaminé

La campagne DetoX est menée par WWF depuis octobre 2003 : 39 députés européens s’étaient portés volontaires pour subir des tests sanguins. En juin 2004, ce fut au tour de 14 ministres de la santé ou de l’environnement de se prêter à cette expérience. Maintenant on a testé trois membres d’une même famille (grand-mère, mère et fils) dans 12 pays européens afin de rechercher la présence dans leur organisme de 107 substances chimiques particulièrement dangereuses : pesticides, retardateurs de flamme, muscs synthétiques, antibactériens…. Les analyses ont détecté en moyenne 73 produits chimiques toxiques à des niveaux de concentration parfois élevés. L’objet de cette campagne DetoX est de soutenir le projet de loi REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques en Europe) dont le but est de fixer un cadre européen de régulation.

La Biosphère s’étonnera toujours que les humains aient diffusé des produits chimiques sur le marché avant même d’en avoir sérieusement testé les effets. Il est vrai que le plomb dans l’essence et l’amiante un peu partout sont les signes antérieurs de leur folie.

19.11.2005 REACH

La commission parlementaire de l’UE chargée de l’environnement a examiné le projet de loi REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques en Europe) qui imposera des contraintes à l’industrie chimique : on se propose par exemple de tester les substances persistantes, bio-accumulables et toxiques qu’on retrouve dans le sang même lorsqu’elles sont produites en faible quantité. Les défenseurs de l’environnement se félicitent aussi qu’on veuille rendre obligatoire la substitution des substances très dangereuses lorsqu’une alternative existe… Rien de plus normal apparemment. Pourtant les partisans de la compétitivité et autres conservateurs libéraux accusent ce projet de mettre en danger l’emploi de 1,3 millions de personnes. Les humains accepteraient-ils donc de s’empoisonner pour sauver quelques emplois ?

La Biosphère s’étonnera toujours que les humains aient diffusé des produits chimiques sur le marché avant même d’en avoir sérieusement testé les effets. Il est vrai que le plomb dans l’essence et l’amiante un peu partout sont les signes antérieurs de leur folie.

Nos écrits en 2005 sur la recherche appliquée Lire la suite »

NON aux benzodiazépines, un poison

Le témoignage de Christian Albaret

« Distribués en toute impunité comme des bonbons, les benzodiazépines ne sont ni plus moins que des drogues, par contre légales et surtout sans égal. Moins terrifiants que la cocaïne ou l’héroïne, mais bien plus difficiles par contre à sevrer sur des mois et des mois, voire des années, avec tout un cortège infernal de symptômes.

J’ai pris une benzodiazépine parce que mon médecin m’a dit que cela m’aiderait. Maintenant, j’ai des symptômes effrayants dus aux dommages causés à mon cerveau. Ces symptômes sont connus sous le nom de « sevrage du Benzo » et ils peuvent survenir lors de la prise du médicament, de la période de sevrage et même plusieurs mois ou années après l’arrêt du médicament.

Je finis par lâcher la posologie de 75 pastilles d’imidazopyridine ingérées depuis 18 mois. Les premières sensations de chute vous interpellent, je faisais en fait des crises de manque : apparition de tremblements intérieurs et de courbatures, sciatiques à répétition, puis vint une véritable chape de plomb qui s’abat sur tout mon corps. Un véritable choc pour moi. L’alcool après l’arrêt de ma médication prend le relais et ne contre même plus les effets secondaires des benzodiazépines. On remplace une dépendance par une autre qui, paradoxe, ralentit le sevrage.

Merci à tous, médecins, psychologues, neurologues, préférant les VRP des laboratoires pharmaceutiques à l’écoute de vos patients… ou plutôt « clients » !

Merci aux laboratoires pharmaceutiques. Le Zolpidem par exemple, devenu l’un des sédatifs les plus prescrits au monde, a rapporté des milliards de dollars de ventes globales à Sanofi.

Pourtant stress et insomnies sont aussi naturels dans l’existence que la peur, pas besoin de médicaments. »

Les lectures de Christian Albaret

Peter Breggin : Il n’y a pas d’anomalies connues dans le cerveau des personnes qui cherchent régulièrement de l’aide auprès de psychiatres. Tous les traitements bio-psychiatriques ont un mode d’action commun : la perturbation du fonctionnement normal du cerveau. Toutes les grandes catégories de médicaments psychiatriques (antidépresseurs, anxiolytiques, stabilisateurs de l’humeur..) sont neurotoxiques, ils empoisonnent les neurones. Ironiquement, ces médicaments n’améliorent pas les troubles du système nerveux central, ils les provoquent… »

Le professeur Édouard Zarifian déplore le fait que ces médicaments soient « distribués aux usagers qui ne sont pas forcément tous atteints de maladie psychiatrique, n’importe quand, n’importe comment et pour n’importe quoi. » Selon lui, les responsables de cette situation en France sont les médecins.

Heather Ashton est auteur d’un manuel consultable en ligne à l’attention des utilisateurs de benzodiazépines souhaitant arrêter leur traitement.

Lader Malcolm explique les effets iatrogéniques de cette substance.

Les articles du MONDE tiennent le même discours qu’Albaret,

« danger benzodiazépine » 

Benzodiazépines : tempête dans les cerveaux (2013)

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/10/tempete-dans-les-cerveaux_1815120_1650684.html

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), dans son rapport « Etat des lieux de la consommation de benzodiazépines en France » publié en janvier 2012, mentionne « un syndrome associant, à des degrés divers, des troubles du comportement et de la mémoire et une altération de l’état de conscience. (…) Ce syndrome peut s’accompagner de troubles potentiellement dangereux pour autrui et pour [le patient], tels qu’un comportement violent, notamment si l’entourage tente d’entraver l’intention du patient. »

« Pourquoi m’a-t-on laissé me gaver de médocs, pourquoi ne m’a-t-on rien dit ? » : quand opioïdes et benzodiazépines rendent dépendants (2024)

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/12/03/combattre-la-dependance-aux-opioides-et-benzodiazepines-pourquoi-m-a-t-on-laisse-me-gaver-de-medocs-pourquoi-ne-m-a-t-on-rien-dit_6426834_1650684.html

Douze millions de personnes en France prennent des opioïdes pour lutter contre la douleur, et quelque 10 millions des benzodiazépines, contre l’anxiété et les troubles du sommeil, avec des risques de mésusage et de dépendance. Un enjeu majeur de santé publique. La France, classée deuxième plus grosse consommatrice par habitant de benzodiazépines, fait figure de mauvaise élève en Europe.

La pharmacodépendance se caractérise par une tolérance et un syndrome de sevrage en cas d’arrêt brutal ou de diminution trop rapide de la dose. La tolérance est l’accoutumance du cerveau et du reste de l’organisme envers le médicament, aboutissant à une perte progressive d’effet ou la nécessité d’augmenter les doses pour conserver les mêmes effets 

Du bon usage des anxiolytiques : un appel à consommer le Xanax, le Lexomil et le Témesta avec modération (2025)

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/04/10/xanax-lexomil-temesta-un-appel-a-consommer-les-benzodiazepines-avec-moderation_6593590_1650684.html

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lance une campagne le 10 avril 2025. Son but : sensibiliser le grand public et les professionnels de santé au bon usage de ces médicaments. S’ils sont recommandés et efficaces pour un usage ponctuel, ils sont trop prescrits, trop longtemps, et ne sont pas sans risques, alerte l’agence sanitaire ; 40 % de patients traités, soit 3,6 millions, ont des durées de prescription trop longues. La durée de traitement ne doit pas dépasser douze semaines pour les anxiolytiques. Et, pour l’insomnie, elle doit être la plus courte possible, de quelques jours, sans dépasser trois à quatre semaines.

L’ANSM met en avant des alternatives non médicamenteuses pour lutter contre l’insomnie et l’anxiété, comme l’activité physique, et la limitation de consommation d’excitants (alcool, tabac, café…).

vocabulaire à connaître

Benzodiazépines : Les benzodiazépines, classe de médicaments psychotropes prescrits pour traiter l’anxiété sévère, les troubles du sommeil (insomnies) et l’épilepsie. Leur usage doit être de courte durée (quelques semaines) en raison d’un risque élevé de dépendance et de tolérance. Durée maximale recommandée : 2 à 4 semaines pour l’insomnie et jusqu’à 12 semaines pour l’anxiété. L’arrêt doit toujours se faire de manière progressive avec l’aide d’un médecin. Les benzodiazépines ne traitent pas les causes de l’anxiété.

GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Les benzodiazépines sont des modulateurs positifs des récepteurs GABA. Sa fixation sur ses récepteurs induit un influx d’ions chlorure qui hyperpolarise la membrane du neurone. Les benzodiazépines sont un anesthésiant de l’état anxieux ; elles n’activent pas ce canal d’inhibition directement, elles ne font que renforcer son activité naturelle.

iatrogénique (ou iatrogène) désigne tout effet indésirable, dommage ou maladie provoqué par un acte médical, un traitement ou la prise de médicaments. Ces complications peuvent survenir suite à une interaction médicamenteuse, un effet secondaire inattendu ou un geste de soins, même en l’absence de faute professionnelle.

Le syndrome de sevrage aux benzodiazépines peut être observé chez des individus arrêtant de façon soudaine la consommation de benzodiazépines. Les symptômes comprennent angoisse et anxiété, insomnie, nervosité, irritabilité, syndrome de panique, agoraphobie, douleurs musculaires, troubles du système digestif en particulier troubles intestinaux, divers symptômes sensoriels et moteurs, ainsi que des troubles de la mémoire et des troubles cognitifs. La durée du sevrage est variable selon les individus.

NON aux benzodiazépines, un poison Lire la suite »

Les automobiles se transforment en drones

lemonde.fr : Dans le secteur automobile, produire du matériel militaire n’est plus tabou. Alors que Renault a conclu depuis le début de l’année deux accords de production de drones, c’est au tour de Valeo et de Forvia, les deux principaux équipementiers automobiles français. En pleine crise de leur secteur, les deux groupes français cherchent à diversifier leurs activités. Les petits moteurs électriques utilisés pour faire voler des drones ressemblent à ceux qui équipent les voitures pour actionner les essuie-glaces…

Le point de vue des écologistes désemparés

– Des entreprises privées veulent bénéficier des deniers publics issus de nos impôts déjà surdimensionnés … étonnant non !

– En situation de crise, la tendance d’un gouvernement est de créer des boucs émissaires pour ne pas avoir à traiter le fond du problème.

– Lorsque les Français ne pourront plus se déplacer faute de pouvoir acheter une voiture, on pourra s’occuper à s’envoyer des drones à la figure.

– L’extrême droite choisit les immigrés comme boucs émissaires, Macron (et même « Les Écologistes ») choisissent la fuite en avant militaire. Les entreprises en profitent !

– Pendant que nos sociologues parlent de colonisation et de masculinisme, nos ingénieurs et nos entreprises préparent l’apocalypse.

Les automobiles se transforment en drones Lire la suite »

Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans

Députés et sénateurs sont finalement parvenus à trouver un accord. Le 21 juillet 2026, les deux assemblées ont approuvé la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans – par 243 voix contre 2, au Sénat ; puis par 279 voix contre 81, à l’Assemblée nationale. La loi prévoit une interdiction large des réseaux sociaux – sans « liste noire » donc – ainsi que l’interdiction du téléphone portable au lycée avec la possibilité pour chaque établissement d’établir des exceptions. Cette loi est censée entrer en application dès le 1er septembre. Reste la question de la mise en œuvre technique de la vérification d’âge, dont les modalités ne sont pas précisées dans le texte.

L’Europe envisage la mise en place à l’échelle européenne d’« un accès progressif et gradué pour différentes classes d’âge », a déclaré, le 13 juillet 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le même jour, un groupe d’experts mandaté par la Commission européenne avait remis ses conclusions, recommandant l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans, y compris les assistants d’intelligence artificielle.

Le point de vue des écologistes anti-écrans

– Ne soyons pas naïfs, il y aura bon nombre de filouteurs. Mais au moins en tant que parents nous pouvons nous appuyer sur la législation, légitimant nos choix en tant que parents.

– C’est déjà le cas pour la clope et l’alcool interdits aux mineurs : les addictions dangereuses pour la santé, notamment celle des jeunes, doivent être combattues.

– Une mesure législative, ça dispense de discuter avec les représentants des réseaux sociaux de la suppression des algorithmes qui rendent addictifs et de l’interdiction des posts enfreignant les lois.

– Même le Monde a rajouté l’option « Like » dans l’espoir que les lecteurs s’engagent davantage et cherchent le « Like », c’est vous dire où on en est…

– C’est facile de faire subir cela aux plus jeunes..et que les adultes et les seniors qui pianotent en permanence sur leur smartphone.. On devrait élargir à mon sens des interdictions de ce type dans les salles d attente, le métro, des espaces publics ..

– Le parlement autorise les néonicotinoïdes qui flinguent la biodiversité et les générations futures, et on interdit les réseaux sociaux aux jeunes au nom de leur préservation. L’action écologique est systémique, mais ça c’est difficile à comprendre pour un politique…

Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans Lire la suite »

La procréation médicalement assistée en débat

Quand la PMA échoue

– Chacun ne pense qu’à ses droits (dont le droit à l’enfant) et jamais à ses devoirs.

– Le fait pour un couple de ne pas pouvoir avoir d’enfant n’est pas une maladie.

– Pourquoi la Société devrait-elle prendre en charge tous les problèmes personnels ? Répondre à toutes les attentes ?

– La société est devenu le festival des pleurnicheries, l’échec des PMA qui rabat le caquet n’est qu’un exemple.

– Le deuil de leur PMA serait plus facile si chacune de leurs tentatives n’était pas intégralement financée par la sécurité sociale.

– 100% des gagnants ont tenté leur chance gratuitement.

– Nous vivons dans une société où nous n’acceptons pas la vie telle qu’elle est, souvent tragique.

– Ça fait depuis la nuit des temps qu’il y a des gens qui ont des enfants et d’autres qui ne peuvent pas – et c’est comme ça c’est la nature…

– Quand la nature ne permet pas la fertilité, c’est malheureux pour des couples mais cela n’en fait pas des victimes.

– Il est plus sage de compter sur les possibilités que la nature nous a données plutôt que de s’en remettre aux progrès de la médecine.

– L’infertilité est un problème croissant du fait du mode de vie et d’un environnement de plus en plus nocif.

– On veut soigner par la technique les maux qu’entraîne la technique.

précisions techniques

A l’heure où un couple sur quatre est confronté à l’infertilité, ce sont les progrès médicaux, la « PMA pour toutes », qui sont mis en avant. Les échecs, eux, sont plus difficiles à appréhender, y compris du point de vue statistique. Depuis le premier « bébé-éprouvette » par FIV (fécondation in vitro) en 1982, on dispose de données éparses sur les tentatives infructueuses, les protocoles interrompus et les sorties de parcours, plus de la moitié sans doute. L’Assurance-maladie rembourse six inséminations artificielles et quatre protocoles de FIV au maximum jusqu’à 43 ans.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

PMA, des lesbiennes se disputent l’enfant

extraits : « C’était ma première histoire homo, avant j’étais hétéro. Marie est très grande, elle est indépendante et libre, notre première nuit est parfaite. La maternité, c’était son projet. Je l’ai accepté, je l’ai accompagnée pour la PMA en Espagne… Notre fille court entre les fleurs mais depuis quelque temps, je trouve Marie un peu bizarre : « Ça ne va pas ? – Non, ça va pas, c’est fini entre nous », me répond-elle, sans aucune négociation. Je proteste : « Et moi ? On est un couple, on a quitté Paris  » Je suis anéantie, elle me confirme sa décision en me racontant à quel point elle est mieux sans moi avec notre fille. Marie ne veut plus que je voie notre enfant. Elle lui lave le cerveau, lui raconte que je ne suis personne, car elle n’est pas née dans mon ventre, que je ne suis qu’une baby-sitteuse….

PMA, ce n’est pas l’affaire du siècle !

extraits : Le Sénat a rejeté [dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2021] la possibilité des couples de femmes homosexuelles et des femmes seules d’accéder à la procréation médicalement assistée (PMA). Le gynécologue obstétricien François Olivennes défend son gagne-pain : « Certains de nos élus restent ratatinés dans leurs certitudes vieillottes. La composition du Sénat, avec seulement 30 % de femmes et un âge moyen de 61 ans, explique peut-être cette décision incompréhensible… Depuis quatre-vingts ans, les groupes conservateurs, l’Eglise catholique en tête, s’opposent à toutes les avancées scientifiques dans le domaine de la procréation…

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

extraits : René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. » En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus….

La procréation médicalement assistée en débat Lire la suite »

Transition de genre, à la mode !

Nous aimons bien le préfixe « trans », transition écologique, transition énergétique, transnationalisme, transparence de l’information, transculturel, le fait d’aller au-delà de l’apparence des temps présents pour percevoir un monde meilleur. Malheureusement le bon côté du fait de pouvoir aller « au delà » des choses s’est transformé en possibilité technoculturelle de faire n’importe quoi : transhumanisme et transsexualisme. Cela serait de peu d’importance si ce phénomène « trans » à la mode ne bénéficiait pas d’une couverte favorable dans LE MONDE :

Transidentités : une étude française contredit une théorie antitrans

Théorisée par la docteure Lisa Littman, la ROGD (Rapid-Onset Gender Dysphoria ou dysphorie de genre à apparition rapide ) émet l’hypothèse d’une vague de transition de genre soudaine chez les adolescents, qui subiraient une « contagion sociale » à travers l’influence des réseaux sociaux. Pour les personnes AFAB (pour Assigned Female at Birth, « assignée femme à la naissance »), l’image dégradée de la femme véhiculée sur les réseaux sociaux les plongerait dans un profond désarroi, dont elles sortiraient en transitionnant vers le genre masculin. Cette théorie a prospéré, d’autant que, depuis les années 2000 et l’émergence des réseaux sociaux, on assiste à une inversion du sex-ratio jusqu’ici inexpliquée.

En mai 2024, les sénateurs français ont voté une proposition de loi visant à interdire tout accès à des soins d’affirmation de genre avant 18 ans. Dans un article paru dans The New England Journal of Medicine (NEJM), deux médecins et un avocat dénoncent ces lois répressives et transphobes, expliquant qu’elles « soulignent un effort plus large visant à faire reculer les droits des personnes trans et non binaires ». En 2022, le pédopsychiatre américain Jack Turban rappelait que la théorie de la ROGD a été utilisée par les législateurs aux Etats-Unis pour interdire les soins d’affirmation de genre aux adolescents trans. Chez les personnes ayant eu un coming in (âge à laquelle une personne LGBT+ prend conscience de son identité de genre avant 18 ans, les hommes trans ont fait leur coming out à 18,8 ans, contre 23,4 ans pour les femmes trans, quand les hommes gay cisgenres partagent leur orientation sexuelle et/ou romantique à 19,1 ans, et 17,5 ans pour les femmes lesbiennes cisgenres. Ce que l’on démontre, ce n’est pas tant la prépondérance de jeunes personnes transmasculines dans les cliniques pédiatriques qu’une absence de jeunes personnes transféminines qui demeurent dans le placard.

Le point de vue des écologistes perplexes

XY : Donc on a de la science pro-trans et de la science anti-trans. Pathétique.

Pm42 : Il suffit de voir le vocabulaire employé pour se rendre compte que ce n’est pas un article d’un journal généraliste mais celui d’une revue spécialisée LGBTQIA+. L’obsession de mettre le sujet trans sur le devant de la scène est très forte et Trump dit merci

furusato : Quelle bouillie ! Tous ces efforts pour dire  » plus la transition aura lieu jeune mieux ce sera  » : donc laissez faire et le marché et les réseaux sociaux où l’on fait la roue sur sa transition (heureuse ou malheureuse).

Pelayo Decovadonga : Que signifie l’article ? Incompréhensible. Et cela n’aide pas la cause des trans. On sait ce que valent ces études sociologiques, dans un sens où dans l’autre. Le « chercheur » écrit d’abord la conclusion de son mémoire puis organise ses travaux pour la justifier et sélectionne les données en conséquence.

Jean le Français : L’étude ne contredit pas la thèse de Littman, car elle reconnaît que les personnes transgenres utilisent davantage les réseaux sociaux. Selon une étude publiée par la Statista Research Department, en 2021, 1% de la population en France et en Italie se percevait comme non cisgenre. Aujourd’hui, ce chiffre est respectivement de 3% et 4%. Comment expliquer une telle évolution ? Si l’identité transgenre était un phénomène constant, les chiffres resteraient stables au fil des sondages, comme c’est le cas pour l’homosexualité. Or, ils varient de manière significative d’une année à l’autre. Cela suggère qu’il pourrait s’agir d’un phénomène de mode.

Stephane M. : Le titre« Transidentités : une étude française contredit une théorie antitrans » laisse supposer que les études, notamment celles qui alertent de manière neutre sur la dangerosité de changements de sexe seraient «  antitrans ». Le Monde a le droit d’avoir une ligne éditoriale assumée. Mais se faire colporteur d’idéologies politiques pose problème de la part d’un journal généraliste.

Nawak : Aucun médecin ou sage-femme n’assigne un nouveau-né à un genre/sexe. Il constate le genre/sexe en écartant les jambes du nouveau-né pour regarder son sexe: Pénis = garçon (ou mâle), vulve avec clitoris = fille (ou femelle). Qu’ensuite ces nouveau-nés devenus enfants, adolescents ou adultes se sentent mieux en devenant du sexe opposé ne change rien aux faits scientifiques. Un XY restera un homme/mâle et un XX une femme/femelle. Cela n’enlève rien au fait que des gens puissent transitionner s’ils le désirent. Mais que l’on cesse ne parler d’assignation à un sexe alors que c’est un constat.

Ced-Alexa : Les progressistes les plus extrémistes ont fait de la personne « trans » l’ alpha et l’oméga de la lutte pour les droits des LGBTQAI+. Or rien en fait ne lie les gays et les trans.

Goty : Une chose est certaine, ces soins sont des mutilations du corps, même si cela se limite à la prise d’hormones. Si vous n’êtes pas assez matures pour voter, vous n’êtes pas assez mature pour changer de sexe, si tant est que ce soit possible. Chacun sait que le sexe est inscrit dans les gènes.

PBI : Nous sommes quand-même dans une société étonnante où les mêmes vont dénoncer l’usage d’hormones dans l’élevage animal mais le revendiquer sur des humains. En fait ce débat n’a été rendu possible que par les progrès scientifiques. Faut-il s’en réjouir ?

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Parler « trans » et sans débat aux journées d’été

extraits : Les Journées d’été des Écologistes (ex-EELV) ont eu lieu du 22 au 24 août 2024 à Tours. J’ai suivi avec intérêt la profusion des idées « en tout genre », et c’est le cas de le dire. Le thème de l’atelier auquel j’ai assisté le jeudi : « Transphobie et propagande d’extrême droite : la conquête des droits comme contre-offensive ». Question de genre donc….

Transidentités, un débat faussé et inutile

extraits : Il y a des choses que je comprends, par exemple le fait que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature ; elles sont historiquement construites et socialement reproduites. Il n’est par exemple nullement génétique d’aimer les voitures ou le maquillage ! Il y a des choses que je ne comprends pas, par exemple enseigner au primaire la notion « d’égalité de genre ». Quelle différence avec l’égalité des sexes ? Sauf cas rares, cette distinction homme/femme est inscrite dans les chromosomes de chaque être humain, elle est irréductible. Cela constitue un fait, et non une opinion.  Le nier nuit gravement à la cohérence sociale quand le critère de distinction devient l’indistinction basée sur la toute puissance de l’affirmation de soi….

Après les homosexuels et les trans, les fluides

extraits : L’écologie scientifique constate que les escargots et les lombrics sont hermaphrodites, mais dans la plupart des espèces sexuées on naît mâle ou on naît femelle. Par contre pour l’espèce humaine, qui prend ses constructions cérébrales pour des réalités, on ne naît pas homme ou femme, on le devient par la socialisation. Certains profitent de cette faille potentiellement anti-nature pour entretenir la confusion entre les deux problématiques suivantes : l’ordre biologique, fondé sur la différence de sexe et la complémentarité en vue de la reproduction, et l’ordre culturel qui institue des inégalités de pouvoir selon le sexe d’origine. Or qui dit différence ne dit pas inégalité….

Mouvement trans, négation de l’altérité

extraits : Devenir unisexe sans amour est présenté comme le summum de la liberté. J’ai été il y a peu en Amérique du Nord où beaucoup d’enfants, souvent de couples LGBT mais pas seulement, reçoivent des inhibiteurs de puberté qui empêchent le développement des parties sexuées du corps. Pourquoi ? Pour que ces enfant décident plus tard, « en toute liberté », du sexe qu’ils se seront choisi. Bref il n’y a pas de limites à ce à quoi j’ai droit puisque « c’est mon choix ». Sauf que c’est d’abord le choix du marché qui se fait fort de permettre aux individus de choisir….

Transition de genre, à la mode ! Lire la suite »

Technosolutionnisme universitaire, foutaises !

« Le technosolutionnisme évince le débat démocratique », cette tribune d’un collectif universitaire semble poser les vrais problèmes… En fait leur texte n’est que vulgaire corporatisme : « Donnez moi des sous !

Le collectif : L’université ne saurait se réduire à un simple guichet dispensant des compétences utilitaristes. Notre projet s’ancre dans les aspirations citoyennes à une vie riche de sens. C’est le réservoir de solutions indispensables pour affronter des crises inédites.

Mais en France, des coupes budgétaires draconiennes touche l’Université… du fait du sous-financement, nous sommes passés de la 6e à la 13e place mondiale en matière de production scientifique. Au total, près de 30 milliards d’euros sont mobilisables pour refonder notre système académique. Au cynisme ambiant, opposons la joie frondeuse de l’intelligence collective !

Biosphere : On croyait avec un tel titre « Le technosolutionnisme évince le débat démocratique » que cette tribune d’un collectif universitaire posait les vrais problèmes, on attendait une critique féroce de la technoscience… On se retrouve en fait dans l’expression d’un vulgaire corporatisme : « Donnez moi des sous !

Le problème essentiel, c’est à quoi sert l’université pour « affronter des crises inédites ». Cet amalgame de professeurs en informatique, mathématique, philosophie, archéologie, etc., il fait quoi de son emploi du temps ? Où est son action collective ? Quand on passe par l’université, on sait de source sûre qu’on y écoute seulement quelques cours d’hyperspécialistes sans prise concrète sur l’évolution écologique et sociale. Pire, ces professeurs de chaire, renfermés dans leur bulle, ignorent même que la société est en crise.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

CLIMAT. L’imposture du technosolutionnisme (09/2025)

extraits : Le groupe III du GIEC est chargé d’évaluer les solutions face au réchauffement climatique. Les groupes n°1 et n°2 reposent sur des sciences dures pour établir le constat du changement climatique et de ses conséquences, alors que le groupe n°3 est en quête de décisions politiques. Dès son premier rapport, en 1992, le groupe III avait fait de la technologie la « pierre angulaire » de la réponse. On donnait priorité à l’innovation, il y avait un biais technophile. Des salariés d’entreprises des énergies fossiles – la principale cause du réchauffement climatique –, notamment issus de Total, Exxon, ENI ou Saudi Aramco, deviennent maintenant participants du groupe III du GIEC. Autant dire qu’il est orienté…

« solutionnisme technologique », l’impasse (03/2023)

extraits : La notion de « solutionnisme technologique » s’est imposée en 2014 sous la plume d’Evgeny Morozov. Dans son ouvrage Pour tout résoudre, cliquez ici, l’auteur met en lumière les impensés des projets prométhéens des entrepreneurs californiens du numérique qui ambitionnent de « réparer tous les problèmes de monde », selon les mots de l’ex-dirigeant de Google Eric Schmidt, en 2012. En plaçant l’individu au centre des enjeux, leur optimisme technologique piloté par les lois du marché conduit à occulter les causes socio-politiques et même techniques des problèmes….

Technosolutionnisme universitaire, foutaises ! Lire la suite »

Les diplômés ont vraiment très très peur de l’IA

Notre époque de la surenchère, surconsommation, surendettement, surmilitarisation… arrive au bout de sa course folle. Nous ne sommes pas assez intelligent collectivement pour enrayer le soi-disant progrès technique et revenir à des technique qu’on appelait « douces » à une époque…

La transition vers un retour à la simplicité va se faire par la révolte des jeunes élites désabusées et les blocage énergétiques,

Arnaud Leparmentier 

– Ellen Yang vient d’achever en 2025 sa quatrième année d’anglais et de linguistique à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. Elle a travaillé en parallèle de ses études pour des entreprises de la tech, notamment en marketing. 

– Ellen Yang commence sa recherche d’emploi en 2025, rien ne se passe comme prévu.

– Ellen Yang envoie des centaines de candidatures mais ne reçoit en retour que de simples refus générés par l’intelligence artificielle (IA). Et puis vient le moment de se rendre à l’évidence : elle ne trouve pas de job.

– Tout a commencé en novembre 2025, Anthropic publie Claude Opus 4.5. L’évé­nement est une révolution pour les ingénieurs : « Avec ce nouveau modèle, c’est comme si on passait du niveau d’un stagiaire pas très génial à celui d’un ingénieur avec deux ou trois années d’expérience ».

– Les étudiants sont paniqués. Ils ont dépensé entre 250 000 et 300 000 dollars [entre 218 000 et 262 000 euros] pour une formation qui pourrait se révéler complètement inutile.

– La Silicon Valley est au bord de l’épuisement professionnel. Lessivée par un marathon technologique dans un pays où la défiance envers l’intelligence artificielle est en train de devenir un problème majeur.

– Wall Street anticipe une jobs apocalypse, qui, depuis janvier, fait dévisser en Bourse les géants du logiciel et du conseil, comme Salesforce, Accenture, et même Microsoft. En somme, la révolution IA est en train de dévorer ses enfants,

– Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a été hué lors d’une cérémonie de remise des diplômes à 9 000 étudiants de l’université d’Arizona, alors qu’il prononçait un discours centré sur l’intelligence artificielle.

Nos plus vieux articles sur l’IA sur ce blog biosphere

l’homme doit disparaître (2010)

extraits : De jeunes chercheurs s’étaient donc réunis lors d’un stage en 2009 pour préparer La Singularité, cet  événement sans précédent et irréversible au cours duquel les machines ont pris le pouvoir dans l’intérêt des hommes. Cela s’est fait assez vite, en 2045, la puissance de l’intelligence artificielle s’étant multipliée de façon exponentielle. L’interconnexion par Internet avait fait le reste. Mais les brillants étudiants de la Singularity University, sortis lauréats des écoles les plus prestigieuses, n’avaient pas prévu le raisonnement implacable des machines. Ils croyaient avoir inculqué à leurs créatures robotisées des « valeurs humanistes » avec comme objectif la préservation et l’amélioration de la race humaine. Les machines, pas si bêtes, avaient conclu de leur côté que les humains étaient devenus des créatures nuisibles à la planète, donc à éliminer….

Après les fous de Dieu, les cinglés du transhumanisme… (2015)

extraits : S’il fallait résumer la philosophie transhumaniste d’une image, la plus saisissante serait celle-ci : un jour, l’homme ne sera plus un mammifère. Il se libérera de son corps, ne fera plus qu’un avec l’ordinateur et, grâce à l’intelligence artificielle, accédera à l’immortalité. Dans la Silicon Valley, l’idée de l’« homme augmenté » n’effraie personne. Mais l’inquiétude commence à poindre. Tous les investissements sont consacrés à essayer d’augmenter les capacités des machines, et pratiquement rien n’est investi du côté de la sagesse. Un Masai muni d’un téléphone portable dispose de plus d’informations aujourd’hui que le président des Etats-Unis il y a quinze ans ». Mais l’interconnexion mondiale par moteur de recherche interposée n’a débouchée que sur la confusion de nos idées et l’appel au Djihad !….

Vivement un ordinateur à la présidence des Etats-Unis (2016)

extraits : 10 mars 2016, les jeux sont faits. Lee Sedol perd les deux premières manches d’affilées au Jeu de go. L’intelligence artificielle avec son logiciel Alphago écrase le numéro 3 au classement mondial. Le champion du monde Garry Kasparvo avait connu la même mésaventure au jeu d’échecs contre le superordinateur Deep Blue en 1997. C’est « le baroud d’honneur du cerveau » face à des ordinateurs qui excellent dans les calculs parfaits. Rien ne semble entraver la marche triomphale de la machine. Alors, l’intelligence artificielle au pouvoir ? Les cerveaux   humains n’excellent pas dans les choix politique à court terme, à plus forte raison dans les planifications à long terme. Il suffit de voir la progression du démagogue Donald Trump et l’incapacité des élites qui gouvernent le monde à enrayer le réchauffement climatique….

Disruptions technologiques, le cauchemar en marche (2017)

extraits : Le capitalisme contemporain a muté grâce au digital et à la stratégie de « silicolonisation » des start-ups devenues géants du web californiennes (les GAFA), devenant un capitalisme des plateformes, qui, grâce aux technologies, « disrupte » (bouleverse) les positions installées des firmes traditionnelles, les modèles de protection sociale et du travail qui furent créées autour d’elles mais également les rapports sociaux et la culture. l’automatisation et la robotisation à des niveaux qu’on ne pensait pas possibles en dehors de la science-fiction a des conséquences sur l’emploi, voitures autonomes, correction automatique des dissertations, dialogues via des chatbots, etc. Cette plateformisation n’est qu’une première étape, qui permet aux GAFA et autres start-ups d’accumuler des données sur nous et tout comme aucun Etat totalitaire n’a pu le faire, et en même temps beaucoup d’argent grâce à la publicité, pour la réinvestir dans l’Intelligence Artificielle, le machine learning et l’automatisation….

Les diplômés ont vraiment très très peur de l’IA Lire la suite »

L’IA, l’artifice dit intelligent, la controverse

Depuis l’écrasement du mouvement luddite en Angleterre par un pouvoir politique au service des intérêts industriels, la machine et devenue plus sacrée que la personne humaine. Entre 1811 et 1813, les artisans mis au chômage par les manufactures textiles ont voulu se révolter en brisant des machines. Mais le gouvernement anglais a préféré la croissance industrielle à la vie humaine en allant jusqu’à punir de la peine de mort quiconque briserait une machine. Aujourd’hui le même type de problème politisé se répète avec la mal-nommée « intelligence artificielle » …

L’édifice de la civilisation thermo-industrielle semble voué à s’écrouler à la suite de l’accumulation de ses propres excès mécanisés.

Des présidentiables pro-IA

Après avoir appelé la France à « massifier » son « appareil de défense », la veille, depuis le salon de l’armement Eurosatory, le présidentiable Édouard Philippe a passé la journée du 17 juin à VivaTech, grand-messe de la tech européenne. Il prône un « investissement massif » à l’échelle française comme européenne, mettant en garde, sinon, contre le risque de « vassalisation » de la France et de l’Union européenne face à la Chine, les Etats-Unis et les géants de la tech. Le président d’Horizons défend un recours important à la commande publique « comme instrument de développement des géants de la tech »…

Son concurrent du bloc central, Gabriel Attal, affiche un rapport décomplexé à l’IA, il en a fait l’une de ses quatre priorités. Il propose, lui aussi, un vaste investissement par un « plan France 2040 pour l’IA et l’innovation » de 200 milliards d’euros…

Un collectif anti-IA

L’intelligence artificielle générative bâtie sur des grands modèles de langage, type GPT, se répand à une vitesse fulgurante sans que les citoyens soient consultés sur les choix stratégiques qui façonnent le futur. Notre seule option politique, protéger notre souveraineté, minimise les coûts à moyen et à long terme de cette technologie.

Ces coûts, pourtant, sont exorbitants. Les centres de données captent l’électricité verte au détriment des autres secteurs. Le déploiement incontrôlé de l’IA générative introduit l’algorithme dans notre intimité. Elle prospère grâce à un vol massif de données, d’articles et d’œuvres. Utilisés de façon intensive par la jeunesse, les robots affaibliront ses capacités cognitives… Selon un sondage OpinionWay publié en mai, seuls 8 % des Français voudraient accélérer le déploiement de l’IA, tandis que 42 % voudraient le mettre en pause ou le ralentir fortement. Nous refusons le projet inhumain d’un dialogue ininterrompu avec les machines. Nous croyons que sont hors-sol et irrationnels ceux qui imaginent pouvoir s’affranchir impunément des limites géophysiques de la planète.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

4 juin 2026 L’intelligence artificielle vue par Léon XIV

18 février 2026 L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois

6 février 2026 Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) 

28 septembre 2025 Le web a tué l’encyclopédie, l’IA tue l’intelligence

15 juin 2025 L’intelligence artificielle atteint ses limites

11 février 2025 L’Intelligence Artificielle à l’école, une erreur majeure

4 février 2025 L’intelligence collective, qui la cherche la trouve

13 octobre 2024 L’IA, une intelligence sans conscience

3 janvier 2024 L’intelligence artificielle = perte de temps

28 avril 2023 GPT, intelligence artificielle et/ou collective

3 mars 2023 L’intelligence artificielle, LA solution ?

3 mars 2023 La science contre l’intelligence artificielle

L’IA, l’artifice dit intelligent, la controverse Lire la suite »

L’IA, la France en veut… ou pas

La publication le 25 mai 2026 par le pape Léon XIV de l’encyclique Magnifica humanitas (« Magnifique humanité ») « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle » (IA), constitue un manifeste politique d’une portée inédite. Aucun gouvernement, aucune autorité de régulation, aucun think tank n’avait encore proposé une réflexion aussi aboutie et articulée sur cette révolution technologique.

Un article du MONDE montrent que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité, un autre souligne les risques en utilisant le message du pape Léon XIV.

Le dernier sommet Choose France d’Emmanuel Macron confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA

https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/01/le-dernier-sommet-choose-france-d-emmanuel-macron-confirme-la-course-au-gigantisme-des-centres-de-donnees-pour-l-intelligence-artificielle_6695879_3234.html

extraits : L’Hexagone est une terre d’accueil pour les gigantesques centres de données destinés à l’intelligence artificielle (IA). Quarante-cinq milliards seront dépensés d’ici à 2031 pour la construction de trois centres de données. Chacun aura une puissance de 1 gigawatt (GW), soit presque autant que la capacité actuelle déjà installée en France (1,3 GW) et près des deux tiers de celle du réacteur nucléaire EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (1,6 GW). Cela sera officialisé par Emmanuel Macron lors du neuvième sommet Choose France le 1er juin 2026. La loi de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel le 27 mai, prévoit un article pour faciliter l’installation sur le sol français de ces infrastructures….

« Il est urgent d’écouter l’alerte lancée par l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/01/il-est-urgent-d-ecouter-l-alerte-lancee-par-l-encyclique-du-pape-sur-l-intelligence-artificielle_6695916_3232.html

extraits : Qu’il faille attendre qu’une autorité spirituelle pose le débat sur la protection de l’humain en dit long sur l’affaiblissement du pouvoir politique, qui peine à se hisser à la hauteur des enjeux civilisationnels de l’IA Il s’agit d’alerter sur le risque d’une dilution de la dignité de l’individu, face à la promesse d’une efficacité désincarnée à l’ère de l’algorithme. Le pape estime qu’il ne faut pas attendre que les processus technologiques arrivent à maturité pour chercher à les canaliser. Si l’impact de Magnifica humanitas doit prendre plusieurs générations pour infuser, il y a un sérieux risque pour que les dégâts causés par l’IA soient irrémédiables. La technologie se propage à une vitesse vertigineuse, dans toutes les couches de la société et à l’échelle de la planète, bien plus rapidement que ne peuvent se former des contre-pouvoirs que le Vatican appelle de ses vœux. Une technologie comme l’IA qui façonne l’attention, organise l’information et anticipe les comportements, aura toutes les facilités pour se déployer en neutralisant sa propre contestation. L’histoire regorge de ces aveuglements où l’absence de garde-fous a fini par provoquer un retour de bâton bien plus destructeur que la régulation initialement refusée….

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Le pape Léon XIV, un pacifiste convaincu (l’IA et la guerre, 27 mai 2026)

extraits : Le choix par Léon XIV de la date anniversaire de Rerum novarum, le 25 mai, pour signer Magnifica humanitas (« Magnifique humanité »), est lourd de sens. Consacrée à l’intelligence artificielle (IA), c’est sa première encyclique : les « algorithmes opaques » contrôlés par des firmes privées menacent de faire apparaître de « nouvelles formes de déshumanisation ». Mais l’encyclique « Magnifica humanitas » est aussi une critique de la guerre automatisée et de la doctrine de la « guerre juste ». En résumé….

L’IA menace 5 millions de salariés en France (25 mars 2026)

extraits : D’ici deux à cinq ans, 16,3 % de l’emploi français serait menacé par le déploiement de l’IA générative, soit près de 5 millions de personnes. L’IA agentique [qui permet l’analyse, la planification et l’exécution autonome d’opérations] peut combiner plusieurs actions, et pourrait automatiser des flux de travail entiers de certains métiers. Il s’agit d’activités en général très qualifiées, bien rémunérées : ainsi les 10 % des plus hauts revenus de la population française sont menacés à hauteur de 22,1 %. Certains promettent un « jobs apocalypse ». Peu de secteurs sont épargnés. Dans l’industrie, les métiers manufacturiers sont protégés. Mais il y a aussi des ingénieurs qui sont, eux, menacés . Il y aurait un effet de ciseau sur les finances publiques, avec moins de cotisations, et plus des demandeurs d’emploi à indemniser….

Objection de conscience face à l’IA générative (9 mars 2026)

extraits : Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser »….

L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois (18 février 2026)

extraits : Jusqu’à présent on a a fonctionné sur le processus de destruction créatrice, la destruction d’emplois dans un secteur étant compensé par la création dans d’autres secteurs innovants. Mais c’est un mythe, le chômage est devenu structurel depuis les années 1970. Dans les pays développés, on a caché cette réalité par l’endettement public pour conserver à crédit des emplois qui n’avaient pas de réelle utilité. L’IA ne fait qu’amplifier l’évolution, mais au prix d’une débauche d’énergie exosomatique, la machine remplace les esclaves. Notre présent est donc sombre, mais l’avenir encore plus car quand on n’aura plus suffisamment d’énergie fossile et autres substituts, le système d’informatisation numérique tombera en panne et tous les emplois surnuméraires se transformeront en violence généralisée…

Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) (6 février 2026)

extraits : Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, OpenAI (ChatGPT) de Sam Altman, Anthropic de Dario Amodei, et SpaceX d’Elon Musk. OpenAI a promis de réaliser quelque 1 400 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années, soit cent fois son chiffre d’affaires de 2025. Il ne dispose naturellement pas des capitaux suffisants. Anthropic tente actuellement de lever 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards de dollars. SpaceX, valorisée récemment 800 milliards de dollars, rêve d’une introduction en bourse à plus de 1 000 milliards….

L’intelligence artificielle atteint ses limites (15 juin 2025)

extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs… Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril…

L’IA, la France en veut… ou pas Lire la suite »

L’intelligence artificielle vue par Léon XIV

Même si on est athée, la condamnation par le pape Léon XIV de l’omniprésence des risques de « l’intelligence artificielle » mérite d’être connu de tous et toutes, d’autant plus que cela s’adresse aussi à plus de 1,3 milliard de baptisés catholiques.

Dommage que les catholiques ne soient pas des militants qui mettent en œuvre ce que dit le pape… On l’a déjà vu pour l’encyclique du pape François sur le climat, les catholiques prennent encore leur voiture thermique et même l’avion !

Résumé de l’encyclique Magnifica Humanitas quant à l’intelligence artificielle

43. Avec Laudato si’, François propose la première grande analyse systématique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique prétendant tout réduire à un objet de domination.

67. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, il se crée un déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus.

76. Tout comme l’environnement naturel, l’“écosystème numérique” peut être préservé ou exploité, partagé ou monopolisé. La solidarité exige que les choix en matière de données, d’algorithmes, de plateformes et d’intelligence artificielle tiennent compte non seulement de l’avantage immédiat de certains, mais aussi de l’impact sur l’ensemble des peuples comme sur les générations à venir.

85. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ?

LE PARADIGME TECHNOCRATIQUE ET LE POUVOIR NUMÉRIQUE

92. Dans l’Encyclique Laudato si’, le Pape François dénonçait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique dans le monde globalisé : la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et économiques. La technique n’est pas un simple instrument, elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant.

93. Les innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique. Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualité : « L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir ».

95. Dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités.

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

97. Je me limiterai à rappeler quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui préserve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité l’usage et les limites.

98. Il convient de formuler deux remarques préliminaires : la première est que toute affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsolète, compte tenu de la vitesse impressionnante à laquelle ces systèmes évoluent. La seconde est que nous tous, y compris ceux qui les conçoivent, en savons peu sur leur fonctionnement réel. Les intelligences artificielles modernes sont en effet davantage “cultivées ” que “construites” : les développeurs n’en conçoivent pas directement chaque détail, mais créent une architecture sur laquelle l’IA “se développe”. En conséquence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que les représentations internes et les processus computationnels de ces systèmes – restent pour l’instant inconnus.

99. Il n’est pas possible de donner une définition univoque et complète de l’IA. Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut éviter l’erreur consistant à assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine. Ces systèmes imitent certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste exclusivement liée au traitement des données : les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. Même lorsque ces outils sont présentés comme capables d’“apprendre”, leur manière de le faire diffère de celle de l’être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de celui qui se laisse façonner par la vie et grandit au fil du temps à travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la fidélité ; il s’agit plutôt d’une adaptation statistique à partir de données.

100. La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus médiatiques et des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour peut s’avérer gratifiante et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Le risque n’est alors pas tant qu’une personne croie parler à une autre personne, mais qu’elle perde le désir même de rechercher véritablement l’autre.

101. Une adoption rapide et sans discernement nous expose à divers risques, notamment celui de sous-estimer son impact environnemental. Les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière intensive. Avec l’augmentation de la complexité, notamment dans les grands modèles linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacité de stockage augmentent également, s’appuyant sur un ensemble de machines, de câbles, de centres de données et d’infrastructures énergivores. C’est pourquoi il est essentiel de développer des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison commune.

102. L’utilisation de l’IA n’est jamais un fait purement technique. Il peut y avoir des utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information ou la violation de la vie privée, mais il peut aussi y avoir un danger moins évident, lorsque les systèmes d’IA, se présentant comme neutres et objectifs, reflètent et renforcent les stéréotypes ou les positions idéologiques de ceux qui les ont conçus et formés.

103. Confier, dans les faits, à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne mérite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette décision, revient à lui confier la tâche de redéfinir les limites des possibilités humaines.

104. Il en découle une conséquence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations.

106. Appeler à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement dans l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais faire preuve d’une attention responsable envers la famille humaine.

107. Nous ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le courage de poser une condition supplémentaire : la possibilité de débattre du code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale partagés.

108. En effet, comme c’est le cas pour toute grande avancée technologique, l’IA tend surtout à renforcer le pouvoir de ceux qui disposent déjà de ressources économiques, de compétences et de l’accès aux données. La propriété des données ne peut être confiée uniquement à des acteurs privés, mais doit être réglementée. Elles sont le fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent être vendues ou confiées à quelques-uns. Une créativité capable de les gérer comme un bien commun ou collectif est nécessaire,

110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : “désarmer”. Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie.

La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

118. Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite.

127. L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour.

129. L’humanisme chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus élevée. En fin de compte, la question décisive reste celle posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle « la vie humaine sur la terre “plus humaine” à tout point de vue ? La rend [-elle] plus “digne de l’homme” ? ». Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une opportunité sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.

132. Les plateformes numériques et les systèmes d’IA pourraient favoriser le débat et la participation, ils sont souvent utilisés pour construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste.

134. La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est elle-même un instrument de participation au bien commun.

136. Ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les moyens de communication ont une capacité remarquable pour influencer l’imaginaire collectif et présenter comme désirable une certaine vision de la réalité. C’est un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la liberté intérieure et la pensée critique.

37. La vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication : établir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont sélectionnés et amplifiés, journalisme sérieux et des lieux de débat où comptent davantage l’argumentation et la vérification que la réaction immédiate ; du côté de l’école, la croissance du besoin d’une nouvelle conscience éducative et la formation à l’utilisation correcte et critique des outils numériques, de l’IA pour former à la fois à la capacité de relier et de fusionner les connaissances, à appréhender la complexité, ainsi qu’aux techniques de vérification des faits.

139. À une époque où la vérité est souvent soumise aux intérêts et aux stratégies de communication, le monde de l’éducation revêt une importance cruciale. Mais l’omniprésence des médias numériques engendre une culture de l’immédiateté et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue et l’apathie face à l’effort nécessaire pour rechercher la vérité.

140. Au contraire, les processus éducatifs ont besoin de temps de croissance, d’une confrontation avec la réalité au-delà des apparences et d’un cheminement patient. La question est fondamentale, car toute technologie éduque ceux qui l’utilisent. Éduquer à l’utilisation de l’IA implique donc d’éduquer à décider quand et pourquoi ne pas l’utiliser.

Texte intégral : https://static.bayard.io/la-croix.com/cue/download/Lettre-encyclique-MAGNIFICA-HUMANITAS-du-Saint-Pere-Leon-XIV.pdf

en savoir plus grâce à notre blog biosphere

Quelques extraits de la Lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS du Saint-Père LÉON XIV pour promouvoir la paix

La lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS

L’intelligence artificielle vue par Léon XIV Lire la suite »