sciences et techniques

Géo-ingénierie, le cauchemar en route

Le fait que les techniques de géo-ingénierie soient mises à l’agenda des réflexions de la nouvelle Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique devrait susciter une profonde inquiétude… mais ce n’est pas le cas !

Stéphane Foucart : Il est officiellement question de réfléchir aux conditions de déploiement de techniques de géo-ingénierie – c’est-à-dire des méthodes de modification climatique à grande échelle –. Cela signifie d’abord que l’espoir s’estompe de voir le climat terrestre préservé d’une dérive catastrophique. Ensuite, certaines de ces technologies relèvent d’un cauchemar dystopique inimaginable il y a seulement quelques années. Par exemple, envois réguliers de dizaines de milliers de ballons dans la stratosphère pour y brûler du soufre et y disperser ainsi des particules sulfatées, ou encore déploiement d’une gigantesque flotte d’avions gros-porteurs destinés à larguer chaque année des millions de tonnes de particules à plus de 10 kilomètres d’altitude. Ce « bouclier » n’aurait de toute façon aucun effet sur l’acidification des océans….

Beaucoup trop de commentaires sur lemonde.fr sont de ce type

Ginkgo_Biloba : Si on comprend bien M. Foucard l’unique solution serait la désindustrialisation à marche forcée, la surveillance du comportement conforme de chaque citoyen par les moujahidins de l’écologie. Un cauchemar en vaut bien un autre

Difficile donc pour les aficionados de la religion du progrès technise de savoir réfléchir et d’entendre un discours contraire

Firesnake : La géo-ingénierie porteur de catastrophes est du même acabit que laisser se déployer des milliers de satellites autour de la terre pour le téléphone et internet partout en tout point du globe, pour toujours plus de débit, plus de « progrès techniques »… Or c’est cela depuis 200 ans, cette idéologie du progrès et de « on trouvera bien une solution technique » sans limite sur une terre limitée qui nous rend la terre de plus en plus invivable.

My2Cents : J’attends le moment où on va étudier la solution passant par la guerre nucléaire qui assombrit l’atmosphère. Ça pourrait nous aider à lutter contre le réchauffement climatique et la surpopulation en prime.

Lire, Le climat, c’est trop compliqué pour la géo-ingénierie

extraits : L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le le réchauffement climatique sera enrayé ».Il n’y a pas d’autres solutions rationnelles contre l’effet de serre que limiter la consommation de carbone des individus et des entreprises, mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole. (écrit sur ce blog biosphere en 2005, la géo-ingénierie ne date pas d’hier)

Lire, Anthropocène, de l’anthropisation à la géo-ingénierie

extraits : Les apprentis sorciers ont encore frappé, ils cherchent avant tout à préserver l’illusion d’une humanité maîtresse des éléments…

Les tueries de masse aux USA, que faire ?

Où est la limite ? Où situer la limite de l’utilisation privée des armes quand le port d’un couteau (arme de 6ème catégorie) est interdit en France ? Notons qu’une technique engendre toujours une technique nouvelle, censée être plus efficace que la précédente, c’est-à-dire plus dangereuse ! Prenez le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique qui garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes. Il fait partie des dix amendements passés le 15 décembre 1791. Or à l’époque, le pistolet était une arme qu’il fallait assez longtemps pour recharger par le canon. Ce n’est qu’en 1807 que John Forsyth développa le système à percussion qui remplace le système à silex et rend possible le chargement par la culasse. Le revolver moderne est apparu dans son principe seulement en 1837 avec le Colt Paterson. La balle de fusil n’est lancée sur le marché qu’en 1898 par Wilhelm Brenneke. Puis vint les armes à répétition. Aujourd’hui les Américains peuvent s’acheter des fusils d’assaut avec tir possible en rafale : massacre assuré ! Pourtant aux Etats-Unis, pistolets, revolvers, fusils de chasse, fusils d’assaut et mitraillettes sont en vente libre.

Lire, La course aux armements, malédiction de notre temps

Le 24 mai 2022 à Uvalde, au Texas, dix-neuf enfants et deux enseignantes ont été tués par un jeune homme, tout juste 18 ans, avec un fusil semi-automatique AR-15 . Au lendemain de son 18e anniversaire le 17 mai, il avait acheté un fusil semi-automatique, puis des munitions, puis un autre fusil automatique. En vente libre aux USA à partir de 18 ans, l’AR-15 est l’arme d’épaule la plus utilisée lors des fusillades de masse aux États-Unis ; elle ne tire qu’une seule cartouche par appui sur la détente, mais se recharge aussitôt toute seule tant qu’il y a des munitions dans le chargeur. Il s’agit d’une arme qui cause des blessures dévastatrices, la vitesse des balles est trois fois supérieure à celle d’une arme de poing.

Où est la limite ? Certes le droit de porter des armes est garanti aux USA depuis 1791. Or à l’époque, le pistolet était une arme à un coup qu’il fallait assez longtemps pour recharger par le canon. Il semble donc logique de n’autoriser aujourd’hui, pour être conforme à l’esprit de la Constitution, que les armes à feu en usage à la parution du texte de loi en 1791. Pour les chasseurs français aussi, un fusil à un seul coup calmerait un peu les ardeurs dévastatrices de nos Rambo en campagne.

Lire, Fusillade de Portland, n’autoriser que le fusil à un coup

La voiture électrique, une imposture avérée

En tournant la page des énergies fossiles, certains ont cru que l’économie finirait par devenir un chemin tapi de pétales de roses, enfin débarrassé du carbone, de la dépendance aux matières premières et des troubles sociopolitiques. Les protestations serbes contre un projet d’extraction de lithium ont le mérite de nous faire prendre conscience que l’avenir s’annonce beaucoup plus compliqué.

Lire, Tout savoir sur la voiture électrique

Stéphane Lauer (éditorialiste au « Monde ») : Ce qui frappe depuis le lancement des premières voitures électriques, c’est la myopie avec laquelle a été abordé ce bouleversement. Si l’eau et la nourriture sont souillées par l’extraction du lithium, indispensable à la fabrication des batteries, cela amène à réévaluer le coût réel du basculement vers la mobilité durable. Il est enfin temps de se demander s’il y aura de quoi fabriquer les dizaines de millions de batteries nécessaires à cette gigantesque transition. La demande des métaux nécessaires à la fabrication des batteries devrait augmenter de plus de 1 000 % d’ici à 2050. L’UE campe sur sa croyance que le marché libre et transparent allait lui permettre de s’approvisionner comme bon lui semble. Or l’UE est dépendante sur la quasi-totalité de son approvisionnement. Le lithium vient pour l’essentiel du Chili, le graphite naturel de Chine , le cobalt de la République démocratique du Congo. Les Chinois sont désormais en capacité de faire la pluie et le beau temps sur la filière des métaux et des terres rares,.

Lire, Voiture électrique, le piège du cobalt

Quelques contributions pertinentes :

L.Leuwen : Merci pour cet article lucide. Et encore, le problème de la production d’électricité n’y est pas abordé. Nous allons vers une ère de pénuries multiples et les électeurs commencent à s’en rendre compte.

Bmy : Article très instructif. Les « élus » européens sont visiblement incompétents et dépassés. Ils ont rêvé d’un tout électrique totalement irréalisable, punitif pour la population car il n’y aura pas d’énergie pour tout le monde, destructeur d’emplois, et de surcroît, source de pollution. La martingale.

Jessv : Éditorial d’une rare lucidité. Si on pousse un peu plus loin, on peut aussi poser les pieds dans un autre plat : comment faire dans ce monde fini pour absorber l’augmentation de la population, en garantissant une augmentation du niveau de vie. La planète ne pourra absorber ça. Certains pensent qu’il suffira de taxer les plus riches…ça ne suffira pas. D’ailleurs comment le piquer ce fric… tant que la concurrence y compris fiscale entre états est à un tel niveau. On vivait dans le mirage de la croissance , ça ne va pas se passer comme ça. Il faudra décroître…

Minorités : Un politique a-t-il penser à limiter la consommation et à valoriser la sobriété en attendant que des solutions émergent ? Notre président Macron préfère jeter l’huile sur le feu avec ses formules de café du commerce (« je ne crois pas au modèle Hamish », et petit sourire narquois aux patrons de la finance et de la techno), valoriser la jouissance de l’homme libre (le jet ski sur la mer Méditerranée, c’est la vraie vie, les pauvres en pirogue, ce sont des loosers fainéants) et croire au Père-Noël et au Dieu progrès technologique. Fuite en avant, déni, passage en force. On assiste aux dégâts.

Lire, Voiture électrique pour tous, faut pas rêver

Covid 19, démêler le vrai du faux

Un correspondant, Thierry SP,  nous a envoyé cette analyse que nous offrons à vos commentaires….

1/ Dangerosité de l’épidémie covid

Début février 2020, la ministre Buzin déclaré que l’épidémie n’est pas grave Voire que cela ne passerait pas la frontière. Au même moment l’Italie est en pleine épidémie avec des cas graves qui débordent les capacités hospitalières avec des morts en nombres importants.

2/ Le masque 

Il a été jeté en masse en 2019 par les administrations puis la ministre Buzin et le conseil scientifique ont déclaré que le masque est dangereux à porter par la population alors que les masques auraient pu être fabriqués par les gens. Foulards, etc. n 1918, le masque était obligatoire aux usa. Les asiatiques portent des masques dans la vie courante depuis longtemps.

3/ La transmission aérienne 

La Covid atteint les poumons donc il est évident que la transmission est aérienne. Étude de Mit de 2014 montre les projections de gouttelettes de 0 à 100 ym à 2 m pour la respiration et 7 m pour la toux. Le Gouvernement ne reconnaît pas la transmission aérienne comme le premier vecteur et préconise une Distance de seulement 1 m. Il a fallu attendre septembre 2020 pour que pasteur  admette la transmission aérienne sur son site. Première pub du gouvernement sur la transmission aérienne date de décembre 2021.

4/ Les frontières 

Le gouvernement déclare en 2020 que le blocage du virus aux frontières est impossible . « Le virus ne connaît pas les frontières ». Les frontières n’ont jamais été fermées ou vraiment contrôlées en 2020. En Corée du Sud. Les frontières ont immédiatement été fermées en février. Le pic de l’épidémie a été très faible bien que l’épidémie ait duré 3 mois comme partout ailleurs. En 2021, le gouvernement français ferme les vols en provenances  du Brésil pour le bêta puis de l’Afrique du Sud pour le delta démentant les allégations du début de la pandémie.

5/ Le confinement 

Le gouvernement a déclaré que c’était la seule protection possible. Cela n’avait jamais été fait dans aucune épidémie. La chine l’a inaugurée car c’est une dictature militaire. Le confinement est une pratique militaire visant à contrôler une population en l’isolant dans ses logements. L’Italie a cru bon de suivre la chine puis la France a suivi. Le résultat , augmentation des infections dans les familles confinées.  Le confinement en France a été utilisé à 3 reprises jusqu’en 2021.

6/ Les tests

Test Pcr allemand et français sont validés dès mars 2020. Utilisé en France qui utilise les 2 en même temps en mars 2020. Le Gouvernement français ne développe pas les tests les jugeants inutiles et déclare qu’il est impossible de produire les tests. L’Allemagne développe les tests et teste la population en masse. L’Épidémie sarscov2 sera plus faible en Allemagne. 

7/ La provenance de sarscov2 

Le gouvernement a dit que le virus venait du pangolin de Chine suite à la déclaration de l’OMS. On n’en sait rien, tout est possible.

8/ Date de contamination 

La date de début de contamination déclarée par les chinois est validée par l’OMS et la France est de janvier 2020. 1 et cas le 24 janvier 2020 en France. Les chinois finissent par admettre fin 2020 le premier malade en décembre 2019. Il s’avère que les premières traces de sarscov2 datent du 23 mars 2019 dans les eaux usées de Barcelone. ( étude mai 2020). La propagation est faite par des chinois en voyage. Les premiers cas détectés en Italie sont 2 chinois. Les américains ont détecté une affluence dans les hôpitaux de Wuhan dès septembre 2019.

9/ transmission par les enfants 

Le gouvernement français a rejeté la contamination covid par les enfants depuis le début. Jusqu’en décembre 2021 où la transmission de l’omicron est tellement massive et détecté  en masse chez les enfants qu’ils ne peuvent plus le masquer. Il apparaît même que les enfants sont les principaux vecteurs de omicron. Aucune mesure de protection des professeurs n’a été mise en place de façon spécifique. Pas de priorité aux tests, aux vaccins, aux masques. Pas de prise en charge spécifique. Le port de masque ffp2 est même déconseillé par B lanquer en décembre 2021. Il faut attendre mi janvier après les grèves pour que 5 millions de ffp2 soient distribués aux professeurs des écoles seulement. Pas au collège ou lycée. La propagande anti transmission par les enfants est outrancière dès le début. Il est déclaré que dans le premier foyer des contamines en février 2020 dans les alpes, le seul enfant contaminé n’a pas transmis le virus à son entourage. Le ministre explique que les enfants respirent moins fort et ne transmettent pas, etc. Les écoles sont restées ouvertes pendant les 2 derniers confinement sans protection pour les enseignants. Pendant le même temps les ministres disent que seules des études en double aveugles sont recevables. Ce concept est contredit dès avril 2020 par une étude de l’université libre de Berlin sur plusieurs milliers de malades et montrant que les enfants ont une charge virale très importante comme les adultes.

10/ Les lits de réanimation 

En France 5000 en janvier 2020.  15000 en Allemagne. Le Gouvernement déclare que la politique de confinement est basé sur la disponibilité des réanimations. En 2022, 4500 lits de réanimation en France. Aucune création de lits. Ils montrent que la politique hospitaliers va à l’encontre de la protection des malades.

11/ Équipement des réanimations

Peu de respirateurs en réanimation début 2020, Un programme de fabrication est fait par Renault de respirateurs portatifs de mauvaises qualité en mai 2020. Résultats en France, la mortalité des covid en réanimation dans les hôpitaux est de 90% en février puis 30 % pendant 6 mois. Il faut attendre fin octobre 2020 pour arriver à 5 % de mortalité alors que l’Allemagne est à 25 % en février puis 5 % de mortalité en 2020 et 3 % en 2021. Le gouvernement et les médecins déclarent en 2020 que la mortalité normale des pneumonies est de 30 %.

12/ Les vaccins

Validation : Les vaccins sont déclarés sûrs fin 2020 alors que les vaccins sont mis sur le marché « en urgence ». Aucune étude de phase 4 n’est faite alors que c’est la règle pour les vaccins.  Le délai de validation est de 1 an pour un vaccin standard et 5 à 10 ans pour les nouveaux vaccins. Thrombose : Les vaccins AstraZeneca sont utilisés en France et promus par le gouvernement en mars 2021 alors que ils sont bloqués au Danemark et en Italie et Autriche à causes de morts d’infirmières anormales et en nombre. Efficacité 90 %. Les labos revendiquent 90 % de protection et le gouvernement relaie ce taux. La vaccination de pfizer en Israël montre un taux de 75 % réel ce qui correspond au taux de protection des vaccins en général.

13/ Efficacité 3ème dose pfizer delta et omicron

Le gouvernement déclare que la 3 ème dose arn est obligatoire et protège des formes graves du delta puis omicron en faisant remonter le taux d’anticorps . Pasteur fait une étude en octobre 2021 montrant que pfizer n’a aucune efficacité sur une première injection et 30 % de protection pour la 2ème injection. Pfizer fait un nouveau vaccin depuis septembre 2021 donc pour le delta. Il déclare qu’il est testé en phase 3 pour omicron depuis janvier 2022. Cela confirme que le vaccin pfizer n’est pas efficace pour delta et omicron. Le rappel des vaccins n’a pas pour rôle de faire monter le taux d’anticorps ( c’est fait par le sérum) mais d’augmenter la production de lymphocytes B mémoire et de lymphocytes T. Les anticorps n’ont une durée de protection d’environ 1 mois.

14/ L’épidémie est finie en 2022

Véran déclare que l’épidémie est finie au 2 février 2022. Fin du masque en extérieur le 2 février 2022 . Fin de jauge à 5000 et 2000.  Le nombre de contamination est de 400 000 par jour alors que le nombre maximum a été de 80 000 contaminés en octobre 2020 au plus fort de la contamination.

15/ L’immunité collective omicron

Veran déclare l’immunité collective atteinte début février. Aucune statistique donnée.Pas de connaissance du taux de contamination de groupe pour une protection au covid. Le vaccin doit atteindre 90 % selon Veran or la protection est de 75 %. Le nombre total de contaminés  omicron est entre 6 et 10 millions maximum, loin des 60 millions pour l’immunité de groupe. 16/L’épidémie de covid sera récurrente. Veran dit qu’il faudra se vacciner comme pour la grippe. Dynamique du virus : Veran dit qu’il faut se vacciner sinon l’épidémie va durer. Il n’en sait rien. Il ne sait même pas ce qu’est un virus. C’est un être vivant qui produit des épidémies durant environ 3 mois quelque soit l’intensité de l’épidémie.

Cela montre que le virus s’atténue au fur et à mesure de sa réplication jusqu’à être non invasif provoquant la fin des contaminations. Quand par hasard des mutations entraînent plus de contagiosité, cela entraîne une nouvelle épidémie.

Le numérique réchauffe grave la planète

Après la honte de partir en avion (flight shame), faudra-t-il instiller la honte du numérique (digital shame) ? Sans aucun doute ! L ’empreinte énergétique de tous nos bits représente déjà 6 à 10 % de la consommation mondiale d’électricité et 2 à 4 % des émissions de CO2. Ce gadget qui nous ensorcelle, très énergivorace, contribue au réchauffement de la planète de manière de plus en plus importante. Il nous faudra désinformatiser en même temps que démondialiser, dévoiturer, désurbaniser, etc.

Lire, La fabrique du crétin numérique

Charles de Laubier : L’écosystème numérique mondial contribue aux émissions de gaz à effet de serre deux fois plus que le transport aérien. « Pour un courriel lesté d’une pièce jointe lourde, ce sont 20 grammes de CO2 qui sont émis, soit autant que 150 mètres parcourus en voiture », indique Guillaume Pitron, auteur de L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like. Avec 10 milliards de messages électroniques envoyés par heure dans le monde, cela équivaut à 50 gigawatts, soit la production électrique horaire de quinze centrales nucléaires ! Mais la pollution numérique provient pour les trois quarts de la fabrication de terminaux tels que – dans l’ordre de leur empreinte carbone – les téléviseurs, les ordinateurs portables, les smartphones, les box Internet, les écrans et les consoles de jeux. Contenant une cinquantaine de métaux, un smartphone ne pèse pas 150 grammes, mais 150 kilos – ce que M. Pitron appelle « le sac à dos écologique ».

Selon le think tank français The Shift Project, « Les émissions de gaz à effet de serre des services de vidéo à la demande, de type Netflix ou Amazon Prime, équivalent à celles d’un pays comme le Chili (plus de 100 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit près de 0,3 % des émissions mondiales). » Les gains obtenus en émissions carbone pourraient être vite balayés par la croissance du secteur. La réalité virtuelle, les métavers accessibles par des milliards d’êtres humains demanderai tune puissance informatique mille fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Sans parler de la lutte contre la fracture numérique dans un monde où 2,9 milliards d’êtres humains ne sont pas encore connectés à Internet.

Pour en savoir plus, quelques contributions :

BeaufistanUberAlles : Passionnante et implacable démonstration du caractère auto-destructeur de l’idéologie folle de la croissance éternelle. La sobriété est donc l’unique voie, il n’y a plus à écouter les cancres qui prétendent le contraire. La question est : comment réaliser la sobriété ? Évidemment sortir du nucléaire au plus vite. Puis limiter ou supprimer les consommations inutiles et futiles : bagnole individuelle, jeux vidéos, malbouffe, TV, presse people et sportive, congélateurs, tondeuses à gazon motorisées… Les petits ruisseaux font les grands fleuves. Il conviendra aussi de limiter le nombre d’applications et rézosociaux, c’est n’importe quoi. Supprimer twitter, tiktok, insta, whatsapp, limiter le nombre de publications sur youtube, effacer les publications au bout de 6 mois, tout ça est à débattre… On n’y arrivera jamais avec la droite, de Macron à Zemmour, ils ignorent ces sujets qui sont les plus importants.

Lire, Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

Ht : Ce qui est notable et ce sur quoi Charles de Laubier n’insiste pas assez, c’est à quel point les technos les plus consommatrices sont justement celles qui n’apportent rien ou pas grand chose au consommateur : cloud gaming, bitcoin, 5G. Qu’on commence par là plutôt que de culpabiliser ceux qui envoient des mails.

Kim Kitaek : On pourrait commencer par supprimer TiK Tok, Facebook, Twitter etc etc qui visiblement ne sont ni bons pour l’humanité ni pour la planète.

KAR1M : A tout ceux qui rappellent les bienfaits (réels en apparence) du numérique. Renseignez vous sur leur « effet rebond ». En effet, par exemple, si l’on compare l’impact de l’envoi d’un email avec l’envoi d’un courrier physique, il est probable que l’impact soit inférieur. En revanche, la facilité d’envoi d’e-mail fait que finalement nous envoyons beaucoup plus d’e-mail que nous envoyons de courriers physiques. La numérisation s’accompagne ainsi très souvent d’une augmentation des usages de sorte que le bienfait peut s’annuler jusqu’à provoquer l’effet inverse.

Zarastro : On peut aussi s’interroger sur l’abandon prochain des les lignes téléphoniques analogiques classiques qui obligent concrètement à laisser en permanence sa box allumée pour les applications de domotique traditionnelles comme le déclenchement du chauffage à distance… mais aussi à se rééquiper avec du matériel compatible wifi. Bref, l’obsolescence programmée avec la bénédiction de l’État. En fait chaque nouvelle génération de technologie induit plus de consommation énergétique que la précédente.

Christian Giusti : Tout cela me fait penser aux travaux de Lewis Mumford, historien reconnu des techniques qui, au siècle dernier, dénonçait dans « Le Mythe de la machine » : (citation extraite de la page Wikipédia en français) : « la tendance moderne de la technologie, qui met l’accent sur une expansion constante et illimitée de la production et du remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l’encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l’efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne, qu’il appelle « mégatechnique » élude la production durable, la qualité, en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce à des dispositifs tels que crédit à la consommation, designs non fonctionnels et défectueux, obsolescence programmée, changements de mode fréquent et superficiels ».

Lire, Enfer numérique, dictature des chiffres

l’impossible réveil écologique des ingénieurs

Les ingénieurs du futur devront créer des techniques qui prennent en compte les changements climatiques, la raréfaction des ressources, l’effondrement de la biodiversité. Autant dire que ça ne va pas se faire. Denis Guibard, président de la commission développement durable, rêve : « Nous sommes sur des sujets systémiques tellement complexes qu’ils nécessitent une montée en compétences de nos enseignants-chercheurs dont les résultats concrets ne peuvent être immédiats ». Or nous n’avons même plus le temps puisqu’il faut déconstruire l’ensemble de nos structures.

Lire, Pour une écologie du démantèlement

Elodie Chermann : Quel « bilan du puits à la roue », de la biomasses à l’éthanol, du tournesol au biodiesel ? Les écoles d’ingénieurs font leur transition écologique. Manuel lève le doigt : « C’est écrit dans le document que la culture du tournesol consomme 82,6 litres de diesel par hectare. C’est bizarre non ? Ça veut dire qu’on utilise du diesel pour fabriquer du biodiesel ? » L’enseignante hoche la tête : « On l’oublie souvent, mais pour produire une énergie renouvelable, on a besoin de machines, qui fonctionnent… au diesel. Charge à vous, justement, de vérifier, avec vos calculs, si cette consommation d’énergie non renouvelable vaut le coup ou pas. » Qu’il ait fait les Mines, Polytechnique ou l’INSA, l’ingénieur de demain devra faire face aux mêmes problématiques.

Pour en savoir plus avec les commentaires sur lemonde.fr :

Olivier75 : Les ingénieurs sont ,comme souvent, les seuls à vraiment prendre en main le problème. J’aimerais bien la même approche en école de commerce, de journalisme, de sciences politiques, de médecine, d’histoire, de psychologie.

CJ : Nous n’en sommes qu’au début du commencement de s’occuper de la question… Faut donc juste attendre que ces jeunes qui sont (seront…) formés prennent les commandes et nous concoctent LA solution. C’est là que l’on commence à mesurer tout le retard pris depuis 30 ans (1990, premier rapport du GIEC) que le problème est avéré. Par ailleurs, c’est bien de former les ingénieurs mais les choix à faire sont principalement politiques : demain, on ne doit pas juste changer de technique mais de société. Le problème est on ne peut plus systémique, il n’est pas soluble dans deux inventions, fussent elles disruptives ! L’information est là, depuis longtemps, il suffit juste que les politiques, les entreprises, les journalistes et les citoyens s’informent un peu sérieusement. Alors on pourra commencer à poser les questions aux ingénieurs, les questions qui importent vraiment. Et la réponse, c’est pas Tesla !

Michel SOURROUILLE : Ce n’est plus d’ingénieur dont nous aurons besoin, mais d’artisans bien au fait des technique d’autant plus durables qu’elles seront rudimentaires. La distinction entre techniques douces et techniques dures (low tech contre high tech dit-on aujourd’hui,) était connue depuis les années 1970. On a préféré complexifier toujours d’avantage les processus de production et les machines jusqu’à instaurer un système techno-industriel tellement imbriqué et fragile qu’il va s’effondrer avec l’épuisement des ressources fossiles. Les outils de calcul issus des sciences dures servent à mesurer la montée des périls, mais n’apportent (sauf rares exceptions) aucune technique nouvelle simple et adaptée. A quoi servent les autoroutes quand il n’y aura plus de voitures ? Il ne s’agit pas d’inventer de nouvelles pratiques pédagogiques quand il faudrait remplacer l’énergie exosomatique par le travail de nos petits bras musclés.

Novi : Ça fait vraiment peur de lire ça.

Lire, techniques douces contre techniques dures

Cerise : Toulouse INP est à la pointe du progrès, nous dit la journaliste, à partir de quel élément factuel ? A partir du fait qu’ils ont nommé un vice-président « écologisation » et qu’ils font des ateliers. Ah chouette, la planète est quasiment sauvée alors ! Bravo les marketeux de l’INP : on savait déjà que vous étiez très forts pour faire des jolies brochures et maintenant, en plus, vous avez un vice-président Greenwashing. Félicitations.

Lire, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Cycle du silicium, carrières et dépotoirs

« Du silex au silicium », on connaît ces triomphales trajectoires que les communicants des technosciences et autres apologistes du progrès industriel, ont coutume de projeter vers un infini futur et merveilleux sur l’écran de leurs PowerPoints, grâce à la Transition, qui, pour être « écologique », ne peut être que « numérique ». Ces insanités ne peuvent se proférer qu’à la condition d’ignorer ce qu’est réellement et concrètement le cycle du silicium dont nous traçons ici l’esquisse sommaire.

Qu’est-ce que le silicium ? D’où et comment est-il extrait ? Et pour quel usage ? Pour produire quels « objets connectés » (« intelligents », « smarts ») ? Et pourquoi ? Et après ? Que deviennent ces milliers de tonnes de déchets électriques et électroniques ?

Éventrer la terre : Le mot silicium vient de silex, une roche siliceuse. Elle constitue un quart de la croûte terrestre, le plus souvent sous la forme de silice, ou dioxyde de silicium, un minéral composé d’un atome de silicium et de deux atomes d’oxygène. La trajectoire qui nous a menés de l’âge de pierre à la civilisation du silicium était-elle inéluctable? Une chose est sûre: entre l’outillage des hommes préhistoriques et le macro-système cybernétique des Smartiens, le changement d’échelle a produit un changement de nature qui obère aujourd’hui la poursuite de la trajectoire. En 2017, 35 à 40 milliards de tonnes de matériaux silicaté sont été extraits du sol, soit trois fois plus que tous les combustibles fossiles.

Brûler du bois et de l’électricité : Deuxième phase du processus:la transformation de la silice en silicium métal. Le matériau s’obtient par carbo-réduction, en ajoutant du carbone (bois, charbon, houille) au silicium. Par exemple les trois fours de Livet-et-Gavet consomment chaque année l’équivalent électrique d’une ville de 150000 habitants(comme Grenoble intra muros). Alors que le groupe menace en 2021 de fermer l’usine, les technocrates de toutes couleurs s’indignent au nom de l’écologie. André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme : « Ces sites industriels jouent un rôle majeur dans le cadre de la transition écologique et énergétique. Leurs fermetures auraient un coût environnemental et social conséquent et porteraient inéluctablement un coup à la souveraineté économique nationale ». Yannick Jadot, candidat Vert à l’élection présidentielle : «En tant qu’écologistes, nous voulons des usines comme les vôtres». Guillaume Gontard, sénateur Vert de l’Isère : «La France a et aura besoin de silicium». Jean-Luc Mélenchon, planificateur écologique : «J’aimerais que Macron s’intéresse enfin à Ferropem […]. Je souhaite que le thème du dépeçage de la France industrielle émerge dans la campagne». Tout tout pour le matériau-roi de la «transition écologique» !

Lire, Vivre déconnecté pour se connecter au monde réel

Étape suivante : Poubelles électroniques. Sans silicium, pas de puces électroniques, pas de pilotage automatique de l’homme-machine dans le monde-machine. Et vous ne voudriez tout de même pas revenir au silex. Bref.Voici notre matériau en bout de course, une fois l’objet qu’il rendait «intelligent» devenu obsolète, c’est-à-dire rapidement.Vous jetez votre smartphone tous les deux ou trois ans, selon une étude récente de l’Arcep. Les déchets électroniques débordent des poubelles, et le recyclage promis n’est pas au rendez-vous : 53,6 millions de tonnes ont été produites en 2019, et les experts en prévoient 74,7millions en 2030. Ni le recyclage, ni les infrastructures de destruction «sécurisées» ne peuvent absorber une telle explosion, rapporte une étude de l’ONU. Bilan: sur les 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques de 2019, «on ignore ce que sont devenus 82,6 % ou 44,7 millions de tonnes», reconnaît l’OMS.

(mercredi 27 octobre 2021 par Pièces et main d’œuvre )

COP26, technologie ou sobriété partagée ?

De nombreux dirigeants, à commencer par Emmanuel Macron, comptent avant tout sur des progrès technologiques à venir pour faire face au défi climatique. Ils laissent complètement de côté la question de l’évolution de nos modes de vie.

Lire, L’illusion technologique confrontée au climat

Stéphane Foucart : Ouverture, le 31 octobre, de la 26e conférence sur les changements climatiques. La question des moyens à mettre en œuvre pour atteindre les buts poursuivis est éludée. La question du « comment » entremêle deux enjeux, lavenir du système technique ET l’évolution culturelle des sociétés. Le premier est omniprésent, le second à peu près absent. On le voit, jusqu’à la caricature, dans les récentes déclarations des dirigeants des plus gros exportateurs d’hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite : « J’annonce aujourd’hui l’objectif zéro émission de l’Arabie saoudite d’ici à 2060 grâce à une stratégie d’économie circulaire du carbone », a ainsi déclaré Mohammed Ben Salmane. L’engagement princier repose entièrement sur des technologies futures et très probablement imaginaires… Emmanuel Macron mise lui aussi sur d’hypothétiques révolutions technologiques : avion bas carbone, petits réacteurs nucléaires, hydrogène « vert »… Le mot « sobriété » n’apparaît pas quand les mots « innovation », « innovant » sont prononcés à plus de soixante-dix reprises… La transition écologique apparaît avant tout comme une transition technologique… Quand on a un marteau dans la tête, tout a la forme d’un clou… Mais qui sait ce que l’accumulation des dégâts causés par le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité produira sur les imaginaires et les aspirations collectives ? L’aventure spatiale, l’avion bas carbone ou la conquête des grands fonds marins feront-ils encore rêver en 2030 ? Où seront-ils plutôt perçus comme de dangereuses futilités ?

Très bonne analyse d’un journaliste scientifique du MONDE, à compléter par les commentaires sur lemonde.fr :

ERoy : Nous sommes une démocratie et allez vous faire élire en expliquant à vos futurs administrés que : les vacances au soleil en 2 heures d’avion pour 300 euros la semaine c’est fini, le ski, c’est fini, le chauffage à plus de 18 degré c’est fini, le téléphone pour les ados c’est fini, deux télévisions par foyer sera interdit, voitures surtaxées (max une par foyer), gaz surtaxé et essence sur-surtaxée… Bon courage pour les prochaines élections!

Slab : Le dernier rapport de RTE l’a pourtant montré. Tous les scenarii permettant de réaliser la neutralité carbone n’ont qu’un point commun : la sobriété et l’économie de 40 % de l’énergie. La sobriété se réalisera par des changements de comportements. Mais les mentalités évoluent vite, et des habitudes qui relevaient de la lubie boboécolo il y a quelques années sont maintenant largement admises, comme les repas sans viande dans les cantines, le compostage, moins d’éclairage public la nuit, le recyclage des vêtements…

davidirle : On constate ici, en réponse à cet article fort juste, pas mal de commentaires pro-technologies qui ne se fondent sur absolument rien de concret, à part une mythologie du progrès. Pourtant, les gens dont la transition écologique est le métier, c’est mon cas, rêveraient d’avoir à disposition des technologies magiques. Il y a une forme étonnante de déni de la part de ceux qui croient en la science mais semblent parfaitement incapables de regarder ce que la science explique : les limites matérielles de la digitalisation, les limites quantitatives de la transition énergétique, la difficulté à se passer des hydrocarbures, etc. La science, la vraie, nous explique que nous ne pouvons pas compter uniquement sur elle, mais sur des évolutions de nos modes de vie, mais c’est pas grave, ceux qui « promeuvent » la science préfère s’asseoir sur l’état des connaissances scientifiques et écouter des prophètes scientistes/économistes…

Michel Lepesant : Le problème avec l’économie aujourd’hui c’est qu’elle est punitive : certes elle prétend être libérale mais elle ne profite qu’à une minorité. Le problème avec la technologie aujourd’hui c’est qu’elle est sectaire : ce qu’elle impose ce sont des modes de vie de plus en plus conformes, qui s’imposent à tous .. La domination techno-économique nous fait croire que la liberté c’est de dépasser toutes les limites : s’enfoncer au fond des océans et conquérir Mars ! Pire le problème aujourd’hui c’est que la technologie et l’économie sont unies pour contrôler du « temps de cerveau disponible ». Et qu’ils utilisent ce contrôle pour renverser systématiquement les analyses de bon sens : c’est l’écologie qui serait selon eux punitive et sectaire. C’est le monde à l’envers !

Romagination : L’humanité n’a pas maîtrisé la taille de la population mondiale en proportion des ressources disponibles pour assurer à chacun une vie confortable compte tenu de ce que les technologies actuelles permettent. On peut toujours essayer de changer le mode de vie des plus privilégiés actuellement mais ça sera vraiment marginal : le point moyen à atteindre est trop bas à 8 milliards, sauf si l’on rêve en France du niveau de vie du Bangladesh, et qu’au Bangladesh on accepte de rester à ce niveau…

Lire, Notre responsabilité démographique

Marcassin87 : Personne n’a envie de changer son mode de vie, les bonnets rouges, les gilets jaunes entre autres, nous l’ont rappelé avec virulence. Et il est tout-à-fait légitime que les Africains, les chinois, etc. aspirent à un niveau de vie comparable au nôtre. Or personne ne veut évoquer la réduction drastique de la population. Tout le reste c’est illusoire.

Dump : Cette contradiction sera résolue de la manière la plus classique, par la guerre qui ne fait plus peur, même en agitant l’atome. Au moins cela résoudra le problème, peut être même définitivement pourvu qu’on force la dose…

La mouche du coche : Macron est une marionnette, avec la moitié des fils tenus par le MEDEF et l’autre par la FNSEA. Pas étonnant qu’il se cache derrière des illusions pour éviter de voir la réalité : avec bientôt 8 milliards d’Homo sapiens avides d’un « modèle » occidental basé sur la gabegie énergétique. La planète est foutue.

NonMais @ La mouche : La planète s’en fout royalement.

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Conférences-débats « Déconfinons les sciences ! », le samedi 6 novembre prochain, à Paris, de 15h à 22h.
> Le programme :
Première table-ronde (de 15h à 17h)
– Pour une endocritique de la science, avec
Jean-Marc Lévy-Leblond
– Être scientifique au temps du libéralisme, avec
Jean-Marie Vigoureux
– La place et le rôle des scientifiques dans les luttes sociales, avec
Annie Thébaud-Mony
– La recherche, entre guerres sanitaires et décroiscience, avec
Jacques Testart
*** Collation offerte ***
Seconde table-ronde (de 17h45 à 19h45)
– Une histoire de la critique de la science, avec
Renaud Debailly
– Sortir d’une vision mécaniste du vivant, avec
Pierre Bourlier
– L’engagement scientifique en actes. L’exemple du collectif Atécopol, avec
Jean-Michel Hupé
– La désobéissance civile dans la recherche. L’exemple du collectif Scientifiques en rébellion, avec
Tanguy Fardet
*** Buffet offert ***
Et, à 21h, pour finir cette journée de conférences-débats conviviale et festive, nous vous proposons d’assister au nouveau seul-en-scène de
Guillaume Loublier, intitulé « A.I.R : Artifices, Intelligence & Rires ». Le synopsis : Un vieux philosophe et son robot luttent pour que les Hommes gardent leur humanité dans un monde de plus en plus connecté. Une rêverie, mêlant humour, poésie et enjeux scientifiques actuels, qui questionne le destin de notre civilisation au sein de nos sociétés technologisées. La science sans conscience est-elle humaine ?
Voir la bande-annonce du spectacle
 > Lieu :
100 Établissement Culturel Solidaire (100-ECS)
100 rue de Charenton – 75012 PARIS
Accès : Gare-de-Lyon (métro 1 et RER A), Reuilly-Diderot (métros 1 et 8) et Ledru-Rollin (métro 8)
Entrée gratuite (dans la limite des places disponibles). Accueil (soumis aux règles sanitaires en vigueur) : à partir de 14h30. Début des interventions : à 15h.
Nous vous y attendons nombreuses et nombreux !
Pour tout renseignement complémentaire : redaction@sciences-critiques.fr

Les 10 conseils de lecture de Sciences Critiques 
Pourquoi et comment être « critique de science » ?, par Jacques Testart
Pour une critique de science, par Jean-Marc Lévy-Leblond
Aux racines de la critique des sciences, par Renaud Debailly
Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique, par le Groupe Oblomoff
Allons-nous continuer la recherche scientifique ?, par Alexandre Grothendieck
« Il n’y a pas de maîtrise démocratique de la science », un Grand Entretien avec Jean-Marc Lévy-Leblond
« Il faut prendre le mal à la racine », un Grand Entretien avec Jacques Testart
« La démocratie dans la recherche n’est pas pour demain », Trois questions à… Roland Gori
La technologie est une politique, par Philippe Godard
Religiosité de la technoscience, par Simon Charbonneau

La 5G, une technologie sans avenir

Sur la 5G comme sur toutes les innovations technologiques ou presque, c’est toujours la désespérante impossibilité d’arriver à un consensus ! D’un côté la convention citoyenne pour le climat souhaitait un moratoire pour pouvoir déterminer les risques de cette nouvelle technologie. De l’autre Emmanuel Macron a maintenu le calendrier prévu pour une première version fin 2020-début 2021.

Lire sur notre blog, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

Adrien Sénécat : Plus de données, plus d’objets connectés, plus vite, partout… Pour certains, la 5G est fondamentalement opposée à la « sobriété numérique » qui s’impose pour juguler l’explosion de la consommation d’équipements informatiques. Les industriels défendent, au contraire, une technologie « verte ». Qui croire ? S’il est vrai qu’une antenne 5G consomme de l’ordre de dix fois moins d’énergie pour transporter le même volume de données qu’un modèle 4G, l’utilisation de données devrait augmenter avec les nouveaux usages qu’elle entraîne. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond. Au final le futur réseau consommera plus d’électricité que l’ancien,. De plus le changement de réseau implique de passer à des modèles de smartphones compatibles, il y a création d’obsolescence..

Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique, balaye les critiques d’un revers de clavier : « Aujourd’hui, le fonctionnement global de notre économie est largement inefficient : on gaspille de l’essence, de l’électricité, des intrants agricoles… Pour réussir la transition écologique, nous allons avoir besoin d’innovation technique pour optimiser drastiquement notre utilisation des ressources… La 5G, c’est plus de connexions. Plus de connexions, c’est plus d’informations échangées. Et plus d’informations échangées, c’est plus d’efficacité, donc moins de gaspillage. C’est une loi immuable de la technique. »

Lire sur notre blog, techniques douces contre techniques dures

On retrouve le débat des années 1970, techniques douces/ techniques dures, low tech/ high tech, techniques disproportionnées contre techniques adaptées au contexte. Le groupe de réflexion sur la transition énergétique « The Shift Project », est réaliste : « C’est d’abord un problème de démarche intellectuelle. Dans l’agriculture, par exemple, on voit que le passage à la permaculture permettrait des gains environnementaux beaucoup plus importants que le fait de s’aider de capteurs connectés. La vraie révolution serait donc d’abord de sortir de l’agriculture intensive, puis, ensuite seulement, de choisir les technologies appropriées. »

Commentaires sur lemonde.fr :

In Girum Imus Nocte : Un peu comme si James Watt avait expliqué que son amélioration de la machine à vapeur de Thoms Newcomen (1712) allait faire diminuer la consommation de charbon. Rien de nouveau en effet depuis le constat de Jevons. Qui peut croire que l’internet des objets, ses capteurs ubiquistes et ses téra-octets de données quotidiennes — pour des usages globalement tous plus futiles les uns que les autres — sera synonyme de sobriété en ressources, qu’elles soient minières ou énergétiques… Ce monde-là ne va nulle part.

Man from Blacksea : Une fois que la machine est lancée personne ne pourra s’en passer. Les anti-tout ont perdu d’avance.

Michel SOURROUILLE @ Man in black : Il est vrai qu’à l‘heure actuelle, l’innovation technologique impose son rythme aux entreprises et aux consommateurs, ; bientôt la 6G par exemple alors que la 5G n’est pas encore installée ! Mais la High tech, impose une forte consommation d’énergie et pour éviter cela, on commence déjà à envisager la sobriété numérique. Le croissancisme techno repose sur l’hypothèse complètement fausse d’une abondance durable des ressources énergétiques. Utiliser sans réflexion approfondie une technique à la mode sans considération de ce qui lui permet de fonctionner durablement nous mène encore plus rapidement vers le mur des réalités biophysiques.

Michel Lepesant : La sobriété numérique c’est le refus d’aller toujours plus vite, toujours plus connecté : sa justification est d’abord sociale. Car plus de connexion, c’est moins de relations humaines en vrai, en chair et en os. C’est plus de relations « immédiates » mais moins de relations « directes ». C’est moins d’humanité. Il ne faudra pas s’étonner ensuite que dans une société où les relations humaines seraient de plus en plus robotisé, on en viendra à nous expliquer que les robots peuvent ressembler à des humains : c’est parce que, auparavant, les humains auront déjà ressemblé à des robots.

Untel : Il est vrai pourtant que les pays à forte technologie feront mieux face au réchauffement que les pays sous-développés.

Michel SOURROUILLE @ untel : Avec la sortie des énergies fossiles qui est vivement recommandée aujourd’hui, les techniques disproportionnées comme la 5G deviendront inutilisables et tous ceux que en dépendront feront faillite en chaîne ; l’appauvrissement sera général. Les pays sous-développés, avec leurs techniques rudimentaires, les garderont et ne souffrirons pas plus qu’avant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

21 août 2020, 5G, les humains aiment trop la bagarre

4 juillet 2020, 5G, technolâtres contre techno-réalistes

3 juillet 2020, L’obsolescence programmée par la 5G

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

4 février 2013, être technologue, savoir s’interdire certaines techniques

Simplicité, Sobriété… Techniques douces

Les années 1970, c’était encore l’époque où nous n’avions pas besoin d’anglicismes comme low tech / high tech pour envisager ce qu’il faudrait pour assurer un avenir durable à nos générations futures. Dans le hors série « spécial écologie » du Nouvel Observateur (juin-juillet 1972), « La dernière chance de la Terre », on trouve explicitement une différenciation entre techniques dures et techniques douces dont voici un résumé : Petit apport d’énergie / Grand apport d’énergie exosomatique ; production artisanale / industrielle ; priorité au village / à la ville ; limites techniques imposées par la naturel / Limites techniques imposées par l’argent… Pour refroidir la Terre, nous n’avons pas besoin d’injection de soufre, nous avons besoin de négawatts, c’est à dire d’appuyer sur la pédale du vélo (techniques douces) et non sur l’accélérateur de la voiture thermique ou électrique(technique dure).

Aujourd’hui un article du MONDE, la conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs,  annonce un « basculement » que l’étudiante Florence Drouet décrit ainsi : « Je ne pouvais plus continuer mon travail, si contradictoire avec la réalité alarmante de la pénurie d’énergie et de ressources. On m’avait appris à rester dans un moule cadré. Quand j’ai pris conscience que, contrairement à ce qui est asséné, on ne pourra pas s’en sortir par la fuite en avant technologique, cela a été vertigineux. » Les bigots technophiles ne cachent pas leur joie devant ce qu’ils pensent être des délires technophobes :

Fbr : Bienvenue au moyen âge !

Gordon : Les ingénieurs high tech coréens rigolent…

le sceptique : En prenant un gros bloc de pierre, genre par exemple du silex, ben peut-être qu’on pourrait en dégager des sortes de lames et d’éclats, qu’on pourrait ensuite retravailler et dédier à des choses simples et universelles comme percer, trancher, racler…

D accord : Nul doute qu’en tirant au lance pierre on saura bien se défendre contre des pays qui rigoleront bien de nos délires. Curieux de voir ce que va donner un planeur lowtech dans un combat aérien contre un chasseur russe ou chinois de 6ème génération.

pierre marie : « ferme écologique du Bec Hellouin »ou mas Beaulieu de Rabhi, main d’œuvre gratuite appréciée. Le plus productif dans la permaculture : proposer des stages payants, toucher le fric et faire bosser gratuitement. Sympa, les topinambours et le quinoa sont proposés à tous les repas, à un prix solidaire.

Albireo : Courage, encore quelques recherches et on aura réinventé la technologie du Néolithique.

Philip69 : Alors que l’urgence climatique appelle une myriades de solutions techniques pour adapter notre monde tout en restant dans les limites du socialement et politiquement acceptable, on a besoin d’ingénieurs de high-tech, pas de bricolo du dimanche, pas plus que de permaculteurs de lopins.

Paolo Kanté : Il faut creuser de plus en plus profond pour déterrer un commentaire positif de nos jours.

Michel SOURROUILLE : Analysons les conséquences socio-économiques d’un appareil apparemment aussi anodin que le mixer électrique. Il extrait les jus de fruits en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelle merveille ! A première vue. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la prise et le fil pour s’apercevoir qu’on est en face du terminal domestique d’un système national et, en fait, mondialisé. L’électricité arrive par un réseau de lignes alimenté par les centrales… nucléaires. L’ensemble de la chaîne ne garantit un approvisionnement que si chacun des maillons est encadré par des bataillons d’ingénieurs, de gestionnaires, eux-mêmes reliés aux administrations(quand ce n’est pas à l’armée).  En mettant le mixer en marche, on se branche sur tout un réseau de systèmes interdépendants, complexes et fragiles. Le passage de techniques simples à l’équipement moderne a impliqué la réorganisation de la société tout entière. Sa nécessaire déstructuration ne sera pas facile.

L’imaginaire technologique de nos présidents

Nos présidents se font un point d’honneur de glorifier la technique dite « de pointe ». De Gaulle inaugure le sous-marin Le Redoutable (1967), Pompidou vole en Concorde de Paris à Toulouse (1971), Giscard visite la centrale nucléaire de Gravelines (1980), Mitterrand inaugure le TGV (1981), Emmanuel Macron adoore « le TGV, Ariane, le Concorde et le nucléaire. »

Jean-Baptiste Fressoz : « Difficile de trouver dans ce panthéon une technologie qui ait rendu les Français plus prospères. Mais il s’agit de valoriser par la technologie le patriotisme des électeurs. Le Concorde fut un formidable fiasco, quatorze exemplaires en tout et pour tout. Le TGV a renforcé le tropisme parisien : huit trajets à grande vitesse sur dix commencent ou finissent dans la capitale. »

Moriarti : Moi dit Fressoz, du haut de ma « Recherche » je vous garantis que Macron retarde, il a tout faux. Le Monde ne devrait pas jouer le jeu de ces donneurs de fausses leçons soi disant rehaussés par leurs titres universitaires. En quoi ces titres les qualifient ils pour parler de ces sujets ? En rien. Ce monsieur le prouve.

Mle @ Moriarty : J’adore votre argumentaire ! Vous avez dénigré le messager sans jamais donner des arguments contre le message. Votre commentaire peut se résumer à : il est nul parce qu’il est nul.

Biosphere : L’innovation technologique et sa démesure mérite mieux que ces coups de griffes. L’économie de la promesse technologique n’est que l’avatar contemporain des paradis religieux et des utopies sociales des siècles antérieurs. Cette promesse doit contenir un tiers de prouesse scientifique, un tiers de rêve de progrès humain for good (pour le bien), et un grand tiers de profitabilité exponentielle. Et tout problème posé par la technique est réglé par la promesse… d’une nouvelle technique. Le progrès technique est présenté comme un dogme indiscutable par l’ensemble des dirigeants et des médias. Il a infusé dans l’état d’esprit de la population, « on trouvera bien quelque innovation pour s’en sortir ». Quand on l’élève au rang d’un culte, toute remise en cause, tout débat rationnel deviennent impossibles et ceux qui osent élever la voix sont aussitôt considérés comme des apostats. Nous sommes dans la configuration que décrivait Jacques Ellul, dès 1960, dans La technique ou l’enjeu du siècle, où la démocratie n’a plus sa place puisqu’il faut croire sans poser de questions.

Dans un monde où le discours enchanté de la technique s’écarte de plus en plus d’une réalité faite de limites, d’effets indésirables, de pannes et d’accidents,  la question de la délibération politique autour des choix techniques ne peut plus être éludée. Vive les techniques douces contre les techniques inappropriées.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 juin 2021, Le temps long et incertain de l’innovation

26 février 2021, Les mirages de l’innovation technologique

25 décembre 2018, Jean-Baptiste Fressoz annonce l’apocalypse joyeuse

La filière (bio)Gaz naturel véhicule, beurk

tribune du MONDE: « Nous, élus de toutes sensibilités politiques, appelons de nos vœux des motorisations à faibles émissions utilisant un « mix » énergétique : énergie électrique, (bio)gaz et hydrogène ; la fin des véhicules essence et diesel ne saurait se traduire par le remplacement d’un monopole énergétique par un autre. La réglementation européenne, en mesurant uniquement les émissions de CO2 en sortie de pot d’échappement, pénalise le (bio)Gaz naturel véhicule (GNV). Il s’agit pourtant d’une énergie renouvelable, produite localement à partir des boues d’épuration, de la méthanisation des déchets alimentaires et des effluents d’élevage. En se basant sur une analyse du cycle de vie, les performances environnementales de véhicules bio GNV sont supérieures à toute autre solution… »

Cosigné par un présidentiable écolo Eric Piolle, ce pensum pue le lobbying pour la filière gaz naturel. Les commentateurs sur le monde.fr se déchaînent :

Wiss : « un collectif de membres d’associations et d’organisations environnementales » Sic.. Je n’en ai pas trouvé dans les signataires. Justes de élus EELV et des promoteurs du « bio » gaz. Methanisateurs, constructeurs, etc…

Eirikr : Que même les écologistes se concentrent sur le changement de technologie sans même évoquer dans cette tribune la nécessité de changer de mode de déplacement … Misère ! …

YW : Ce n’est visiblement pas cette écologie là, en ne posant même pas le problème de l’impact carbone du modèle de la voiture individuelle, qui proposera une transition suffisamment rapide, courageuse et intelligente pour être efficace.

Rakaye : A partir du moment où la production d’énergie est plus longue que la vitesse de consommation de celle–ci on a perdu : 15 jours pour brûler un arbre et 15 ans pour qu’il pousse ce qui nous un peu moins de 15 ans d’accumulation de CO2 sans compter les taux de micro particules record.

Katouchka : En fait il faut se rendre compte qu’on va changer de mode de vie de gré ou de force. Fini les virées décidées au dernier moment, les voyages trop court et trop loin, Il va falloir ré apprendre à voyager lentement, il va falloir prendre le train, le vélo, la marche… Courage à vous tous !

Michel SOURROUILLE : Nous devrions savoir qu’il n’y a pas des « bio »-carburants, mais plutôt des agrocarburants issus d’activités industrielles, donc plutôt des nécro-carburants en concurrence avec la production alimentaire. En penser nous faire encore rouler dans des voitures individuelle (1,2 milliards de véhicules en circulation sur la planète) avec seulement des résidus de l’activité alimentaire, c’est à manger son chapeau ou à mourir de rire. Nous ne pouvons faire face à la crise de l’énergie que si notre consommation dans tous les domaines, la mobilité n’étant qu’une de nos activités préférées (hors embouteillage), arrive tendanciellement à correspondre aux énergies renouvelables. Il faut donc nous préparer à nous passer de pétrole, d’uranium, de charbon et bien sûr de «(bio)gaz… Manger ou conduire, il faudra savoir choisir…

Isidorv : Je préconise le gazogène pour faire Paris-Marseille. Évidemment, il faut se préparer longtemps à l’avance : collecter les déjections canines, réduire la potion du chat, prévoir des étapes sur le parcours, surtout si le vent faibli et par temps couverts. Le char à bœuf me semble une bonne alternative. Surtout penser à collecter le crottin.

Doudoudodudor : C’est sûr. On a oublié que le gazogène a pu permettre la mobilité des Français pendant l’occupation. Ce n’est pas seulement un combustible d’un passé, rappelant une période trouble. Il a aussi un avenir.

Ana : Vive la voiture à pédales

Notre synthèse sur ce blog biosphere :

Enfin la vérité sur les « biocarburants » !

Vaccination obligatoire et acceptation sociale

Une nouvelle vague d’infections virales suscite des sueurs froides au sommet de l’Etat. Pour atteindre une forme d’immunité collective, les autorités répètent la nécessité de vacciner davantage. Reste à convaincre les personnes anti-vax de franchir le pas. Quitte à contraindre certaines catégories, par exemple les soignants ; en Italie la vaccination est obligatoire pour cette catégorie de personnes. Ou même rendre la vaccination obligatoire pour tous, c’est bien déjà le cas pour les enfants*. Alors, peut-on contraindre les adultes à se vacciner contre le SARS-Cov2 ? Sélection naturelle ou immunité collective vaccinale ? La question de l’acceptabilité sociale est cruciale dans un système démocratique. Convaincre plutôt que contraindre ?

Donnons la parole aux commentaires sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : La question de l’acceptabilité sociale est essentielle. Mais l’opinion publique se formate, on aurait pu lui faire accepter un taux de létalité de 1 % si on n’était pas rentré dans une société qui veut le risque zéro à tous les niveaux, y compris les guerres zéro-morts (pour nos propres soldats). Pour la pandémie, on aurait pu choisir politiquement l’immunité collective par acceptation d’une mortalité élevée avec périodes de quarantaines ponctuelles comme cela se faisait autrefois aux temps des épidémies. On respectait (sans en connaître le terme) le critère darwinien de sélection naturelle. On a choisi l’immunité collective par confinement généralisé et vaccination qu’on veut rendre obligatoire. Mais au lieu de renforcer la résilience des populations, on provoque l’apparition de virus mutants qui veulent contourner (grâce d’ailleurs au mécanisme de sélection naturelle propre aux virus) l’obstacle vaccinal et qui se révèlent parfois plus dangereux et/ou contaminant.

Ankou : Schéma vaccinal complet pour aller en boîte et à l’université, fermeture des bars de nuit, réinstauration du couvre feu à 23 h tant que 70 % de la pop n’est pas vacciné. Il fallait lier les ouvertures a la vaccination, pas à la situation épidémique. Autre solution : Macron parle à 20h demain et décrète l’obligation vaccinal. Pas besoin de contrôle. Le pouvoir prescriptif du président à lui seul suffira à pousser des millions de français (ces enfants-adultes) à se faire vacciner.

Pessicart : Comment veut-on tenir un pays si on se couche devant l’ignorance ? On fait un excès de vitesse de 3 km/heure et on peut être poursuivi sur ses biens personnels, mais on peut sciemment propager un virus et être l’objet de toutes les attentions. Ce cirque est à peine croyable, 50 % des soignants qui ne sont pas vaccinés, on vit dans quel pays ?

LNCL : Et après, quoi ? Rendre le smartphone obligatoire pour que la prévention dite « tracer/isoler » soit efficace ? Rendre la QR-code de sa vaccination, de ses rappels, de ses tests, dans le smartphone obligatoire pour monter dans le bus ? Rendre le QR-code obligatoire pour accéder à ses comptes bancaires ? Pour prendre l’autoroute ? Pour travailler ? Pour aller voter ?

Simon M : Il est en effet absolument impensable de contraindre ceux qui se sont fait vacciner à observer un confinement pour le bénéfice des imbéciles qui refusent de le faire.

JMG : Une suggestion, pas très originale d’ailleurs, restreindre les activités sociales, à ceux qui sont vaccinés. vous voulez faire vos courses au supermarché, aller voir un spectacle quelconque, prendre les transports en commun, assister à une réunion de travail, aller au restaurant……prouvez que vous étés totalement vacciné.

Patrick Rosa : Non-remboursement des soins hospitaliers liés a la COVID pour les non-vaccinés. Le taux de vaccination bondira miraculeusement… La société prime sur l’individu. Surtout si ce dernier profite des largesses de celle-ci.

Pèlerin curieux : La société versus l’individu ! Est ce un choix ou un acte de faiblesse ?

Benjamin Franklin : Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.

Gabriel Attal : attention à une possible fracture vaccinale en France, susceptible de provoquer du ressentiment chez les vaccinés. Lesquels ne digéreraient pas de se voir imposer de nouvelles restrictions de liberté, à cause d’un rebond du virus chez les personnes non vaccinées. A une nouvelle crise sanitaire viendrait alors s’ajouter un enjeu de cohésion sociale.

Mireille Delmas-Marty : « Le rêve du risque zéro, qu’il s’agisse de terrorisme ou de pandémie, entraîne inévitablement une surenchère, voire une sorte d’hystérie législative. Rappelons-nous le tournant sécuritaire post-11 septembre 2001. Après les discours musclés annonçant l’éradication du terrorisme, voici les discours savants sur le « Zéro Covid ». Et toujours la même obsession sécuritaire, le même rêve d’un monde sans risque, sans crime et sans maladie. Mais le rêve d’un monde parfait peut rapidement tourner au cauchemar des sociétés de la peur. D’autant plus que de nouvelles technologies ne cessent d’arriver sur le marché, offrant aux décideurs des moyens de surveillance hier inimaginables : reconnaissance faciale, géolocalisation, drones, algorithmes de reconnaissance des émotions et bientôt puçage généralisé. Je suggère d’expliciter politiquement les critères d’acceptabilité sociale des différents risques. »

* La loi rend obligatoires, depuis le 1er janvier 2018, onze vaccins pour les enfants de moins de 2 ans : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque et l’Haemophilus influenzae b. Cela signifie que pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, ces vaccinations obligatoires conditionneront l’entrée ou le maintien dans toute école, garderie, colonie de vacances ou autre collectivité d’enfants. La preuve de leur réalisation est exigée pour l’admission ou le maintien en collectivité à compter du 1er Juin 2018.

Contre toute obligation vaccinale, Jean Rostand écrivait en 1940 : « Nos sociétés donnent la possibilité de survivre et de se reproduire à des milliers d’êtres qui eussent été autrefois implacablement éliminés dès le jeune âge. La diminution de la mortalité infantile, les vaccinations généralisées entraînent un affaiblissement de la résistance moyenne de l’espèce. Il s’ensuit un avilissement progressif de l’espèce. » tile, les vaccinations généralisées entraînent un affaiblissement de la résistance moyenne de l’espèce. Il s’ensuit un avilissement progressif de l’espèce.

Pour en savoir plus sur le fondement du débat :

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

Les métaux lourds veulent notre peau

Arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel… Une liste impressionnante de métaux lourds aux multiples effets néfastes sur la santé est présente dans l’organisme de l’ensemble de la population française. Avec des dépassements des valeurs guides sanitaires pour l’arsenic, le cadmium, et le mercure. Ce tableau inquiétant est issu de la grande enquête épidémiologique Esteban (Etude de santé sur l’environnement, la bio-surveillance, l’activité physique et la nutrition). Le cadmium est cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. C’est un toxique cumulatif , la dose s’accumule dans l’organisme dans le temps. Le cadmium est contenu dans les roches phosphatées utilisées pour fabriquer des engrais. Et la France est l’un des principaux consommateurs d’engrais phosphatés. Au point que leur utilisation est devenue la principale cause de contamination des sols au cadmium, et donc de l’alimentation, qui représente 90 % de l’exposition à cette substance pour les non-fumeurs.

Il est donc indispensable de vivre moins longtemps afin de diminuer l’effet toxique dans le temps de ces expositions multiples aux métaux lourds. Tout récemment, pour illustration, on a décidé réglementairement que pour les pesticides, un niveau de mortalité pour les abeilles inférieur à 10 % était acceptable. Il suffit de faire de même pour les humains, un niveau acceptable de mortalité pour que l’économie puisse continuer de fonctionner normalement…

Loi bioéthique, des techniques sans limites

La loi bioéthique a été adoptée le 29 juin 2021. On se focalise médiatiquement sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires ou en couple lesbien. Pourtant nombreux sont les parlementaires à défendre l’idée que l’ouverture de la PMA pour toutes n’aurait pas dû figurer dans un texte de bioéthique. Des professeurs de philosophie élargissent le débat, la bioéthique devrait chercher à définir ses limites :

«  Qui, même au sein des médias, sait réellement ce qui se prépare à travers les évolutions nombreuses que ce texte autorise : Chimères homme-animal, embryons transgéniques, ciseaux génétiques Crispr-Cas9, « bébés-médicaments », autoconservation des ovocytes sans motif médical, gamètes artificiels… La France consent d’avance à toutes les mutations que la science permettra et renonce ainsi au principe même de la responsabilité politique, qui est de décider de la règle commune… Derrière la mise en scène du « progressisme » en marche, la logique du marché gagne des pans entiers de la vie humaine… Toute nouveauté n’est pas nécessairement bonne en soi… Étrange paradoxe que cette tendance à déréguler les expérimentations menées sur l’homme, au moment où nous réapprenons envers l’environnement le sens de la mesure, la nécessité d’une autolimitation, l’obligation d’anticiper les conséquences des mutations que nous imposons à des équilibres vulnérables et nécessaires à la vie… La prise de conscience écologique a consisté à découvrir que l’étendue inédite de notre capacité technique, loin de nous rendre maîtres de notre destin, nous oblige aujourd’hui à un immense effort pour reprendre le pouvoir sur notre propre pouvoir… Tenons-nous à ce point à faire du corps humain le prochain objet de notre démesure technique, et reproduire sur lui des erreurs déjà commises contre la nature ? N’avons-nous vraiment rien appris ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

13 février 2011, la bioéthique contre les lois de la nature

extraits : Où s’arrêtent les lois de la Nature et où commence celle des humains ? Pour les humains contemporains, cela paraît évident. La nature leur est soumise et ils peuvent tout faire sans contrainte externe ; tout se joue dans les délibérations sociales. Ainsi la fécondation in vitro est-elle passée dans les mœurs…..

27 septembre 2019, Les limites de la loi « bioéthique »

extraits : L’illusion en matière d’éthique est qu’une solution « juste » pourrait résulter du déballage non dosé des intérêts, des convictions, des impressions, et des espoirs. Le consensus est impossible car chacun aura ses raisons d’avoir raison contre tous les autres. Il faudrait donc prendre la question éthique autrement. : où sont les limites, limite de l’intervention de l’État sur nos vies, limite de l’utilisation des techniques, limite aux intérêts économiques et financiers ? …..

La transition écologique nécessite une déstructuration

Le pouvoir n’est ni dans les assemblées politiques, ni parmi les dirigeants des entreprises, encore moins dans la rue, le pouvoir est celui de l’état de nos infrastructures matérielles à un moment donné. C’est pourquoi « Réindustrialiser la France tout en réduisant les émissions de carbone » devient un casse-tête insoluble comme l’indiquait un article récent du MONDE. Réindustrialiser, c’est installer des activités polluantes à la place d’autres entreprises polluantes quand on garde le même cadre de référence. « Fin de mois », contre « fin du monde », cette opposition ne peut se résoudre que par la déstructuration de la société thermo-industrielle.

Prenons un exemple. La voiture comme consommation de masse n’est que centenaire, à partir de la Ford T en 1908. A l’époque, il n’y avait en France que 1672 voitures, aujourd’hui il y en a 38,2 millions en circulation au 1er janvier 2020. L’invention de l’automobile a incité à multiplier les voies carrossable, puis à favoriser la circulation des automobiles, autoroutes, voies de contournement et ronds-points, mondialisation du complexe pétrolier, création d’entreprises vouées à l’automobile dans les secteurs secondaire et tertiaire. C’est ce que Lewis Mumford appelle une technique autoritaire, qui rassemble à une échelle monumentale une nouvelle organisation de masse. Mettre à bas cette infrastructure socio-économique ne peut pas être pensé aujourd’hui, la voiture est devenue indispensable. Alors on garde l’infrastructure routière présente pour rêver à la voiture électrique pour tous et toutes. On évite ainsi les techniques démocratiques au sens de Mumford, une méthode de production à échelle réduite, reposant principalement sur la compétence humaine et l’énergie animale. On s’empresse de qualifier ce genre de propositions de retour à la bougie. On constate une aliénation d’un très grand nombre d’individus, une addiction aux infrastructures : « Nous avons absolument besoin de notre voiture » est à la fois un cri du cœur et une nécessité rendue obligatoire par l’organisation discontinue de l’espace entre domicile, travail et loisirs. Les Gilets Jaunes veulent garder leurs rond-points et l’essence à bas prix. Pourtant les désastres climatiques sont avant tout provoqués par cette organisation tentaculaire qui repose sur des infrastructures matérielles. Il ne faut pas simplement regarder les flux (trop d’émissions de CO2, trop de consommation d’énergie, trop de mobilité mécanisée, etc.), il faut remettre en question le processus de sur-structuration qui pousse à l’augmentation des flux et donc à la croissance économique.

Les grandes marches pour le climat ne disent rien de comment faire diminuer réellement nos émissions de gaz à effet de serre. Les seules prémices d’une remise en question des infrastructures est issu du mouvement de contestation des grands travaux inutiles et imposés. L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes, c’était un premier pas vers la fermeture de certains aéroports. Nous comptons en France 460 aérodrome et 120 aéroports, la plus grande densité en Europe. L’opposition à la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin et autres LGV est significative du mot d’ordre « moins vite, moins loin et moins souvent ». Il faut aussi remettre en question le Stade des Lumières, la tour Triangle, les incinérateurs géants, les centrales nucléaires de troisième et de quatrième génération, les projets de méga-centre commerciaux… Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Et beaucoup d’entreprises sont directement concernées par les combustibles fossiles : le secteur énergétique, le système de transports, le mode d’agriculture, l’activité minière, et même la société de consommation et de loisirs. Impulser une vaste politique de grands travaux ne répond en rien à la crise écologique qui conduit aux crises économiques et sociales.

Si le toujours plus d’infrastructures est une fatalité liée à l’interconnexion matérielle croissante des individus, les lois de la thermodynamique s’y appliquent implacablement : une énergie dissipée n’est pas réutilisable. La complexification organisationnelle utilise de l’énergie, beaucoup d’énergie, et les réseaux électriques sont encore plus longs que les réseaux routiers. Il y a 586 000 kilomètres de lignes HTA (20 000 volts) et 654 000 kilomètres de lignes BT (400 ou 230 volts). La longueur du réseau routier français est de 1 091 075 km. La déplétion des ressources fossiles va mettre à bas ces infrastructures, d’autant plus fragiles qu’elles sont démesurées. Notre société technicisée a oublié son fondement ultime, l’infrastructure naturelle et ses ressources, ce que nous rappelle Bertrand de Jouvenel : « Les flux retracés et mesurés par l’économiste doivent être reconnus comme dérivations entées sur les circuits de la Nature. Nous faisons preuve de myopie lorsque  nous négligeons de nous intéresser à l’entretien et à l’amélioration de notre infrastructure fondamentale : la Nature. Le terme d’infrastructure est à présent populaire, il est bon d’avoir conscience que nos opérations dépendent d’une infrastructure de moyens de communication, transport, et distribution d’énergie. Mais cette infrastructure construite de main d’homme est elle-même superstructure relativement à l’infrastructure par nous trouvée, celle des ressources et circuits de la Nature. » (Arcadie, essai sur le mieux vivre, 1968)

Le présent article a pour objet de montrer la difficulté d’opérer une transition écologique qui, pour aboutir, nécessite une véritable rupture avec les infrastructures actuelles. Il nous faut déconstruire ce qu’un passé dépassé continue à imposer. Il nous faut revenir à des organisations à l’échelle humaine, rechercher localement l’autonomie alimentaire et énergétique, retrouver les circuits courts et les liens de proximité. Le dévoiturage sera-t-il le prochain mot de ralliement de l’écologie politique ?

Michel Sourrouille

NB : article paru initialement sur le site des JNE

Le glyphosate, c’est bon pour la santé

L’association Générations futures s’est intéressée aux taux de glyphosate décelables dans l’urine de diverses personnes d’âges différents, végétariens ou non, vivant en ville ou à la campagne. Le test est sans appel : 100 % des échantillons contiennent du glyphosate, la molécule active de l’herbicide Roundup produite par Monsanto. La contamination moyenne est de 1,25 microgramme par litre (µg/l), soit 12,5 fois la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau.

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) assure que les preuves de génotoxicité (la toxicité pour l’ADN) du glyphosate sont « fortes ». Le CIRC se fonde uniquement sur des données publiées dans la littérature scientifique, ou publiquement accessibles. De nombreuses poursuites en justice ont éclaté aux États-Unis, où plus de 100 000 personnes touchées par un lymphome non hodgkinien (LNH) après des années d’utilisation de pesticides à base de glyphosate se sont retournées contre Monsanto. Bayer, qui a racheté Monsanto, a annoncé le 24 juin 2020 qu’il versera entre 10 et 11 milliards de dollars pour solder les procédures lancées contre l’entreprise. La divulgation, dans le cadre de ces procès, de nombreux documents internes de l’entreprise Monsanto – les « Monsanto Papers » – a nourri de nombreuses enquêtes journalistiques publiées dans la presse internationale. Celles-ci ont mis en évidence de nombreuses manœuvres de la société américaine pour influencer l’expertise publique sur le glyphosate, dénigrer le CIRC, intimider certains scientifiques, rédiger des études scientifiques sans apparaître dans ses signataires, etc. Les députés européens ont donc approuvé début juin, à une large majorité, une résolution réclamant à l’UE des objectifs contraignants à l’horizon 2030 pour préserver la biodiversité du continent. Parmi leurs exigences figure l’interdiction stricte de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate après décembre 2022.

Mais d’un autre coté les agences réglementaires. estiment que de telles preuves de cancer n’existent pas. Elles s’appuient essentiellement sur les études industrielles menées par les firmes elles-mêmes, et dont les données demeurent confidentielles. Les quatre États de l’UE chargés de sa réévaluation ont rendu leur rapport d’expertise aux autorités européennes le 15 juin 2021. La version de travail n’identifie aucune propriété toxicologique justifiant l’exclusion du glyphosate du marché ; le glyphosate ne serait pas cancérogène, mutagène ou reprotoxique et ne remplirait pas les critères requis pour être considéré comme perturbateur endocrinien. Seuls les effets sur la santé humaine peuvent imposer une non-reconduction du produit. La différence d’interprétation peut s’expliquer par les différents buts des évaluations respectives du CIRC et des agences de santé. Le CIRC évalue un danger, alors que les agences évaluent un risque. Le risque est un danger croisé avec une exposition. Les deux agences réglementaires communautaires – l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) – doivent maintenant examiner à leur tour le dossier pour exprimer leurs opinions au printemps 2022. Quelques considérations :

– C’est comme si on jugeait un assassin sur la base, non pas de l’enquête policière et du dossier d’instruction, mais des seules déclarations de l’accusé, sans même prendre soin de les vérifier.

– D’ailleurs le tabac, c est bon pour la santé et ce sont les industriels de la clope qui l’ont assené pendant des dizaines d’années, on peut leur faire confiance. Idem pour la radioactivité.

– Derrière ces autorisations de pesticides il y a surtout la vente de variétés OGM résistantes à ces pesticides qui font partie du package. On arrose les champs de pesticides qui tuent tout, sauf la variété OGM commercialisée dont les agriculteurs sont les acheteurs captifs. Ça tue le vivant, mais aussi la concurrence, et donc les paysans. Il n’y a pas que la santé des humains qui compte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

20 novembre 2020, Danger pour les uns, risque pour d’autres

27 novembre 2017, L’Europe autorise le glyphosate pour 5 ans… et plus

25 octobre 2017, Glyphosate, deux conceptions opposées de l’agriculture

29 septembre 2017, L’agriculture à l’ancienne pour éviter le glyphosate

27 mrs 2015, Le glyphosate, cancérigène, sur le banc des accusés

Le temps long et incertain de l’innovation

Faut-il faire confiance aux innovations ? Non seulement nous n’avons pas le temps d’attendre, mais elles sont plus conceptuelles que realisables.

Jean-Baptiste Fressoz : « En 1974 se tient à Miami le premier colloque international sur l’économie hydrogène  comme vecteur énergétique du futur; on y retrouve les promesses actuelles, la fin des fossiles, la pile à combustible, etc. On discute beaucoup d’avions à hydrogène, dont les ingénieurs de Lockheed dessinent les élégants fuselages. Les perspectives sont grandioses : des centrales atomiques construites sur des atolls du Pacifique produiraient de l’hydrogène par craquage thermique de l’eau (plus efficace que l’électrolyse) ; l’hydrogène serait exporté par une flotte de cryotankers ; le Japon deviendrait l’Arabie saoudite du XXIe siècle. Quant aux déchets radioactifs, en attendant la fusion, on s’en débarrasserait par auto-enfouissement : par leur propre chaleur, ils s’enfonceraient dans le socle basaltique des atolls… Le temps de diffusion de l’innovation est le facteur-clé de la transition, un temps difficilement compressible lié à l’inertie des infrastructures et au déplacement des capitaux. : cent soixante ans pour que le charbon pèse la moitié de l’énergie mondiale, quatre-vingts ans pour le pétrole. La dynamique du capitalisme produit des transitions beaucoup trop lentes face au changement climatique, dont on estime qu’il deviendra potentiellement catastrophique vers 2020. »

Cette présentation de la temporalité insuffisante vu l’urgence écologique occulte le fait que les innovations qui pourraient nous sortir de la merde dans laquelle nous a mis les innovations, on ne voit pas du tout ce que ça pourrait être. L’hydrogène est une fausse bonne idée, les surgénérateurs (Astrid) une impasse avérée, la fusion (ITER) une impossibilité majeure, la numérisation du monde une mode énergivorace, etc. Il nous reste donc l’énergie solaire et les moulins à vent, l’agriculture bio et notre force endosomatique (l’huile de coude), le vélo plutôt que l’auto, le petit tour autour de chez soi plutôt que le tourisme au long cours, en clair la décroissance économique. Mais les tenants du confort exosomatique comme « Le sceptique » croit encore à l’innovation qui nous sauvera un jour, peut-être, dans le plus lointain des lointains, aux calendes grecques ou à la Saint-Glinglin… Ils sont comme les croyants et psalmodient « innovation, innovation, viens à mon secours, je t’aime ».

Un exemple typique sur lemonde.fr, « Le sceptique » qui écrit sans rire :

– Il n’existe pas de limite physique proche aux besoins énergétiques des humains, le soleil seul par rayonnement nous envoie 5000 fois ce que nous consommons, et outre le solaire PV ou TD, nucléaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse originelle ou modifiée sont mobilisables. Inventons au plus vite l’abondance non fossile pour tous.
– La régression n’est pas une option : les sociétés d’abondance sont plébiscitées et le resteront évidemment. L’urgence climatique est un non-sens si elle induit paupérisation économique et guerre sociale. On perd du temps en laissant le sujet aux pseudo-solutions genre décroissance, fétichisme de la nature, moralisme pénitentiel.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

26 février 2021, Les mirages de l’innovation technologique

26 septembre 2020, principe innovation / principe de précaution

OGM, limites de la recherche-développement

A un scientifique versé dans les biotechnologies végétales, on peut objecter cette remarque préalable : devenir un spécialiste dans un domaine empêche trop souvent d’élargir son point de vue. Se présenter du haut de sa chaire, « écoutez-moi je suis un grand scientifique et j’ai fait plein de choses pour les OGM », cela peut irriter dès le départ et entraîner un blocage inter-relationnel. Sans compter l’accusation de « conflits d’intérêt » ! Il suffit de se rappeler le refus total de Jacques Testart (et d’autres) de participer à un débat contradictoire avec l’AFBV (association française de bio-technologie végétale). Le blocage est bien installé car les pro-OGM sont considérés comme dogmatiques, enfermés dans leurs certitudes de chercheurs es techno-science. Cf les archives biosphèrique :

à qui profitent les OGM ? Débat entre Deshayes et Testart (2013)

Tout savoir sur la perversité des pro-OGM (2020)

Sur le fond de la question technologique, le blocage résulte de la difficulté de fixer des limites à l’application dans la vie courante de découvertes scientifiques. A l’extrême règne pour certains le principe d’innovation, une croyance aux bienfaits du progrès technique totalement opposée au principe de précaution : tout ce qui a été inventé doit avoir son application (même la bombe atomique). A l’autre bord extrême, d‘autres vont dire qu’il fallait s’arrêter à l’épée pour en rester au contact direct pour faire la guerre et au cheval de labour pour garder le lien avec la nature. Choisir un moyen terme entre le retour à la bougie et la conquête de Mars reste une interrogation qui reste sans réponse si ce n’est par le débat démocratique. L’introduction d’une nouveauté parmi les Amish, soumise entre eux à controverse « en présentiel », montre que si on dialogue vraiment, on en reste à des techniques très simples. Par contre les lobbyistes de l’appareil techno-industriel veulent nous faire gober la dernière nouveauté à la mode (qu’ils fabriquent eux-mêmes par la publicité et la médiatisation) ; dans ce cas il n’y a plus de frein au « progrès » technique, c’est le « sans limites » qui mène la société thermo-industrielle à sa perte. Technophiles contre technophobes, impossible de concilier les points de vue alors qu’il y a bien un entre-deux, le monde n’est pas en blanc et noir. Des tentatives de trouver le seuil à partir duquel une technique devient contre-productive ont été faites ;, les appellations diffèrent, mais il y a la même idée directrice, Mumford distingue technique démocratique et technique autoritaire (1962). Ivan Illich parle d’outil convivial ou non. Teddy Goldsmith utilise les termes, techniques « enchâssées » contre techniques « branchées ». Ted Kaczynski parle de technologie cloisonnée et de technologie systémique. En termes plus simples, on peut parler de techniques douces et de techniques dures.

Voici par exemple la position de Theodore J. Kaczynski : « Nous faisons une distinction entre deux types de technologies : la technologie cloisonnée et la technologie systémique. La première, qui se développe au niveau de petites cellules circonscrites, jouit d’une grande autonomie et ne nécessite pas d’aide extérieure. La seconde s’appuie sur une organisation sociale complexe, faite de réseaux interconnectés. En ce qui concerne la technologie cloisonnée, aucun exemple de régression n’a été observé. Mais la technologie systémique peut régresser si l’organisation sociale dont elle dépend s’effondre. »

En termes contemporains, on peut parler de low tech :

Bihouix, Low tech contre High tech (2019)

Résilience, un passage nécessaire par les low tech (2014)

Venons-en au débat spécifique sur les OGM. Ce blog biosphere a présenté plusieurs fois cette controverse, entre autres :

équivalence en substance des OGM, manipulation du réel (2017)

dialogue avec un partisan des OGM, membre de l’AFBV (2011)

Conclusion : La seule ambition d’une recherche éthique en matière technique, c’est de se contenter de développer la connaissance, et non d’asservir les autres humains ou la Nature. L’objectif de la recherche sans développement, c’est de rendre le monde plus intelligible, pas de le transformer. En janvier 2005, tout début de ce blog biosphere, Il n’y avait que trois articles dont celui-ci, « Quelle recherche ? ». Cet article ne semble pas avoir vieilli :

« Il faudrait considérer la recherche non comme un tout dont l’objectif serait d’accaparer au moins 3 % du PIB, mais comme des études spécifiques dont les domaines d’application seraient réellement utiles et sans danger pour la société humaine et pour le reste de la planète. Par exemple, faut-il financer principalement la biologie moléculaire et les OGM ou faut-il favoriser la recherche des naturalistes sur les avantages de la biodiversité dont on nous a rappelé lors de la dernière conférence internationale à Paris qu’elle était en péril extrême. Faut-il consacrer plus de 80 % du financement de la France en matière d’énergie à la recherche nucléaire et laisser seulement quelques miettes pour les énergies renouvelables. Faut-il toujours plus de recherche en tous genres sans s’interroger sur les risques pour la santé humaine de nos applications techno-scientifiques alors que nous accumulons déjà des tas de produits chimiques dans notre corps et que les cas de cancers et d’allergie se multiplient. Finalement notre polarisation sur d’éventuels sauts technologiques dans la recherche à la mode (une mode déterminée par les industriels) nous empêche de consacrer toutes nos forces et notre attention à l’endiguement des dégâts que nous infligeons aujourd’hui à notre planète, donc à nous-mêmes. Le débat politique ne peut plus porter sur une enveloppe financière globale qui va sauver quelques emplois de chercheurs, mais sur notre manière de penser et de vivre qui pèse beaucoup trop sur la Biosphère et pénalise le sort des générations futures. »