sciences et techniques

5G, technolâtres contre techno-réalistes

Les décodeurs du MONDE sont des dévots de la 5G : « Des voix de quelques scientifiques et de certains militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Sauf que ces accusations reposent sur des argumentaires bien fragiles, voire fallacieux, et illustrent le phénomène du cherry picking. » Pour compléter notre propre analyse sur L’obsolescence programmée par la 5G, voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui montrent la virulence du débat entre les écologistes qui estiment que la société doit définir des limites à la techno-science (les techno-réalistes) et les dévots du progrès technique (les imbéciles) qui disent « amen » à toute nouveauté.

Untel : Merci au MONDE pour un vrai décodage. On n’avait pas l’habitude d’en rencontrer, sauf de nom. Les adversaires de la 5G vivront ce qu’avant eux ont vécu les adversaires de la 4G et avant eux encore les adversaires des chemins de fer.

Le Renard Masqué : Mais avant tout: avons nous besoin de la 5G? Au moins posons nous la question comme nos amis helvètes… Pour que Facebook aille plus vite sur nos telephone ? Youtube ? Des milliards de truc connectés pour faire de la pub ?

Zoee : Mauvaise question. La 5G est inévitable puisqu’ elle est internationale, la France est piégée.

The Ad : Il y a à peine 25 ans, on vivait très bien sans 1G. Et on n’avait pas perpétuellement le stress du maximum d’infos et de data au plus vite.

Chemin : Il fallait, s’en douter, après la 4G et les compteurs Linky et bien d’autres choses les casse-pieds sont encore à l’action. Quand, la presse va-t-elle arrêter de relayer ces âneries qui ne font peur qu’à ceux qui n’ont pas la chance de faire la part des choses?

XX : Je n’ai pas de compétence particulière concernant la 5 G mais ma confiance dans ces agences officielles qui sont plus au service des industriels que du public est assez limitée. Elles ont toujours 3 temps de retard sur les lanceurs d’alerte. La question par ailleurs n’est pas seulement sanitaire ou industrielle. Je ne veux pas de frigo, de lave-linge, de porte de garage connectés, autant de portes d’entrées à des intrusions dans ma vie privée, des piratages et à un asservissement croissant à des oligopoles sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Quant aux arguments du type tiers-monde, le jour où ces technologies seront dysfonctionnelles, c’est carrément à la préhistoire que nous retournerons si nous mettons tous nos œufs dans le même panier. Où est le débat démocratique sur ces questions ?

RLap : Les militants anti-rayonnement et quelques scientifiques militant s’opposent à tout ce qui est nouveau en mettant en avant le principe de précaution, merci Chirac. Quelques personnes, souvent âgées,sont contre toute connexion mais elles vont bientôt se retrouver bien démunis car le travail mais aussi les loisirs, les services , la consommation, etc. passeront par internet et tous les autres modes de e-connexion. Il n’y a aucun complot derrière cela, simplement un progrès extraordinaire avec quelques inconvénients qui seront éliminés lorsqu’ils apparaîtront et d’immenses avantages qui d’ailleurs ridiculisent ceux qui croient encore que la terre ne peut donner que ce qu’elle a ! Alors que l’homme et la femme! peuvent créer, produire, sans terre et s’adapter en fonction des réalités qu’ils rencontreront.

Réponse à RLap : Avec la 5G bienvenue au piratage en temps réel. La ville intelligente sans électricité et où brutalement plus rien ne fonctionne, on a eu un petit aperçu en Ukraine mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Et toujours les messages caricaturaux: entre « être contre toute connexion » et être un béat de la connexion tous azimuts sous la houlette des GAFA. Il y a une autre voie. J’aime beaucoup le « nul ne pourra s’y soustraire ». Pas besoin de critiquer la Chine. La surveillance et la notation généralisées se font là-bas de façon autoritaire sous le houlette du PC, et ici sous la houlette d’industriels avec une com plus élaborée et sous couvert de modernité obligatoire.

Giloup : Le Monde nous sert une information très orientée dans le sens « circulez y’a rien à voir »…  Comme si les experts à conflit d’intérêt qui peuplent les agences d’évaluation n’étaient pas militants de leurs financeurs. On pourra affirmer quelque chose de tangible quand des études sérieuses et indépendantes auront été réalisées ce qui n’est pas le cas. La meilleure façon de ne rien trouver est de ne pas chercher jusqu’à ce qu’une catastrophe sanitaire nous explose à la figure et dans ce cas les industriels se défilent et c’est la collectivité qui prend en charge les dégâts. 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants du secteur. Vu les enjeux cela paraît raisonnable. Dans l’immédiat il y a des hypothèques à lever. Ex Simon Green, « Hundreds of bees drop dead around ‘5G towers’ in California »Dailystar.co.uk, 2 août 2019

Pour en savoir plus sur la question technologique grâce à notre blog biosphere :

1er novembre 2019, Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

Références bibliographiques

1954, Jacques Ellul, démesure de la société technicienne

1956, Mumford, l’embrigadement technologique

1973, Ivan Illich et l’outil convivial

1988, Ellul et le bluff technologique

2008, Kaczynski contre la technologie cloisonnée

2014, Bihouix, Low tech contre High tech

2015, Mumford contre les techniques autoritaires

L’obsolescence programmée par la 5G

Il en est du rasoir électrique comme de la 5G. Comme l’exprime Nicholas Georgescu-Roegen : « Il faut nous guérir du circumdrome du rasoir électrique, qui consiste à se raser plus vite afin d’avoir plus de temps pour travailler à un appareil qui rase plus vite encore, et ainsi de suite à l’infini… Il est important que les consommateurs se rééduquent eux-mêmes dans le mépris de la mode. »  Autour de nous, toute chose s’oxyde, se casse se disperse, etc. N’en rajoutons pas inutilement avec des lames jetables ou rechargeables, ne rajoutons pas à la 3G, la 4G, puis la 5G, l’obsolescence programmée. On peut distinguer l’obsolescence technique, c’est-à-dire la perte de valeur des équipements du fait de l’apparition de nouveaux modèles imposés par l’innovation. Il y a aussi l’obsolescence symbolique, ou déclassement prématuré des objets par la publicité et la mode. Il y a enfin l’obsolescence programmée, c’est-à-dire l’introduction à dessein d’une défaillance dans les appareils. L’exemple de la 5G montre que nous créons par un nouvel appareillage technologisé plus de problèmes que nous en résolvons.

Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France, mais l’utilité réelle de la 5G pour le quotidien des citoyen.ne.s n’a pas été clairement établie. D’un point de vue environnemental tout d’abord, la consommation énergétique liée aux usages numérique ne cesse de progresser, les études montrent que les gains attendus par la “dématérialisation” n’existent pas. C’est dans ce contexte qu’arrive la technologie 5G, conçue pour permettre des débits 10 fois supérieurs à la 4G qui va multiplier les occasions de collecte des données personnelles des usagers, via les nombreux gadgets “connectés” qui seront proposés à la vente. Dans cette perspective, l’obésité des données transportées par la 5G impactent d’autant l’ensemble des usages. Ce n’est pas moins de 2% d’augmentation de la consommation électrique à l’échelle nationale qui est évoquée, une fois la 5G déployée en France. Les conséquences écologiques de la 5G sont loin d’être négligeables: poursuite de l’épuisement des ressources non renouvelables, accumulation de déchets électroniques polluants et peu recyclés. Le véritable critère de mesure d’impact environnemental est l’AVC, ou “Analyse de Cycle de Vie” donnent le plus souvent un rapport d’impact de 3⁄4 de la totalité d’impact pour la fabrication de l’infrastructure et du matériel et de 1⁄4 pour son seul usage. Enfin, le fait que les opérateurs aient systématiquement bridé les anciennes technologies à chaque arrivée d’une nouvelle est aujourd’hui bien documenté, créant de fait une obsolescence programmée massive. La 5G va exiger un renouvellement complet des smartphones mais aussi d’éléments importants de l’infrastructure réseau des entreprises et des industries. La portée des fréquences de la 5G étant moins importantes, le manque de rentabilité du déploiement des antennes favorisera le développement de la couverture urbaine et exclura de fait les zones rurales, creusant ainsi encore plus la fracture numérique territoriale. Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’ANSES affirme d’ailleurs avoir “mis en évidence un manque important, voire une absence de données, relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels” de la nouvelle technologie. Il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 3 millions de personnes électrosensibles en France, bien que les estimations soient délicates au vu de la diversité des symptômes signalés.

Ni technophobe ni “techno-béat”, tel est le point de vue des écologistes. A l’heure de l’urgence écologique et sociale, on doit refuser une technologie de substitution qui augmente la consommation d’énergie et épuise un peu plus les ressources. La loi votée en juillet 2015 punit l’obsolescence programmée qui devient un délit. Une telle loi devrait permettre d’empêcher la mise en place de la 5G par le gouvernement. Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

26 novembre 2017, Pour résister au Black Friday, il fallait être bien armé

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

2 septembre 2014, L’obsolescence programmée bientôt punie par la loi ?

25 mars 2014, agir contre l’obsolescence programmée, enfin une loi ?

22 février 2014, Autonomie de la technique, obligation du téléphone portable

à lire, Bon pour la casse (les déraisons de l’obsolescence programmée) de Serge Latouche … (2012)

à lire, 2009 Casseurs de pub, 10 ans (collectif) (2009)

Décroissance de la logistique commerciale

Toi qui me lis, tu es sans doute esclave d’une logistique. « Nos modes de consommation repose sur l’approvisionnement en continu de points de vente ou de livraison à partir de grandes plates-formes logistiques, en clair de vulgaires entrepôts. Que ce soit pas le biais des supermarchés, des magasins de prêt à porter, ou avec le e-commerce, la très grande majorité de ce que nous consommons transitent par ces plate-formes. Le confinement sanitaire a démontré que nous avons absolument besoin des entrepôts puisque nos modes de vie sont dépendants de ces circuits logistiques. La circulation, et non plus tellement la production, est devenue un élément central des économies libérales. Un quart des ouvriers travaille dans la logistique contre seulement 15 % autrefois. Les salariés ne disent pas les robots nous remplacent, mais nous ne sommes que des robots.On a besoin des cargos et des conteneurs, des ports et des aéroports, des camions et des avions, des routes et autoroutes Plusieurs éléments expliquent cette nouvelle structuration. D’abord la phase de délocalisation des activités manufacturières ; on produit dans les pays à bas coût, on les consomme chez nous. De plus, depuis le début des années 1980, les multinationales ont découpé leurs activités par externalisation.Un smartphone transite par des dizaines de sites industriels avant d’arriver sur un point de vente ou directement à domicile. Le hors-sol à bas prix devient possible, le local est décrédibilisé. Sortir de ce système est un chantier monumental. En effet la dépendance des consommateurs s’est accru pendant la période de pandémie, le e-commerce, les livraisons à domicile, ou l’usage des drives ont gagné en légitimité en se portant garant d’une continuité d’approvisionnement. Pourtant cette structure logistique consomme des quantités phénoménales d’énergies fossiles et rejettent massivement du CO2 par le bais des transports multimodaux. » (propos de David Gaborieau, sociologue des « usines à colis », interrogé par le mensuel La Décroissance, juin 2020)

Pourtant l’avenir est clair, sans énergie fossile il n’y a plus de logistique possible. Citons James Howard Kunstler : « D’abord l’essence devint rare et chère, et maintenant il n’y en a plus. L’âge de l’automobile est terminé. L’électricité aussi. Aucun ordinateur ne fonctionne. Les grandes entreprises n’existent plus. L’argent papier ne vaut plus rien. Des villes ont été détruites. Il n’y a plus de gouvernement… » Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

11 mai 2020, post-Covid, l’espoir ténu de l’autosuffisance

19 avril 2020, post-covid, pour une écologie de rupture

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

La face cachée du coronavirus chinois

Un peu de publicité pour une association très informée sur les technologies et leurs critiques, pièces et main d’œuvre. Voici leur dernière livraison :

« Depuis le début officiel de l’épidémie, au lendemain des élections municipales, nous voyons une ruée sur les enquêtes que nous avions publiées au début des années 2000 à propos des laboratoires de la guerre au vivant. Soudain on se souvient. Dix mille personnes meurent chaque année en France de la grippe saisonnière – et 150 000 du cancer. Trente mille meurent entre décembre 1969 – année érotique – et janvier 1970 de la « grippe de Hong Kong ». Seuls les médecins l’ont su. Ce n’est qu’ensuite que les autorités sanitaires ont enjoint aux vieux de se faire vacciner.
C’est également 30 000 personnes qui vont mourir du virus cette année. Jusqu’à ce qu’on vende un nouveau vaccin et qu’on oublie. Ce qu’il y a de nouveau cette fois, c’est que les autorités ont décidé d’en faire un événement. L’événement s’oubliera, laissant des traces telles que la numérisation de nos vies (cyber-école, télémédecine, télétravail, etc) et la traque électronique : retour à l’anormal. Pour mémoire et pour nos lecteurs du futur – lors de la prochaine pandémie-, voici trois points d’acquis :
– L’Etat français a vendu à l’Etat chinois des laboratoires et des technologies de cauchemar, dont le laboratoire P4 de Wuhan.
– Ces laboratoires et ces technologies permettent – entre autres – de manipuler des virus naturels et d’accroître leur dangerosité.
– De tels laboratoires sont de plus en plus nombreux dans le monde. Des virus s’en échappent constamment. Nous vivons un état de contamination virale perpétuel (saviez-vous que le H1N1 était devenu notre grippe saisonnière ?), ponctué de pics dont n’importe lequel pourrait emporter une partie de l’humanité.
Pour en savoir plus :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/le_virus_a_venir.pdf

post-covid, vivre sans taux d’intérêt !

Bga80 : Le barrage ultime contre l’écologie, c’est simple c’est la création monétaire par la voie de crédit. Je vous explique, lorsqu’on emprunte l’argent auprès d’un banquier il va vous demander des intérêts, donc partons du principe que l’on veut emprunter 1000 euros avec un taux de 10 %, je prends des chiffres théoriques tout rond pour faciliter les calculs. Alors à partir de ce principe vous devrez rendre 1100 euros au banquier. Ensuite, vous allez devoir travailler pour produire des richesses avec un surplus de travail de création de richesse pour donner une part du gâteau à la banque. Ensuite, pour créer ces richesses vous allez devoir produire des biens ou services correspond à ce montant, et ça va rentrer dans le Pib. En l’occurrence vous êtes contraint de rentabiliser votre entreprise ou affaire de création de richesses pour pouvoir rembourser ce crédit. MAIS, et ça là que ça devient intéressant. Ce système de crédit qui implique mécaniquement et automatiquement le profit pour le rembourser, ne peut pas s’appliquer à tous les secteurs d’activité pourtant nécessaire…. Imaginons une « marée noire », et la compagnie pétrolière ne voudra rien faire pour réparer les dégâts écologique…. Le problème, c’est que vous êtes alors dans l’incapacité de rentabiliser une entreprise de nettoyage afin de rembourser les intérêts pour le banquier, puisque c’est impossible d’obtenir un profit pour payer les intérêts…. Ce n’est pas rentable de réparer les dégâts dans une logique de profit et de croissance. Ce sont des frais à perte pour tenter de remettre du mieux possible l’environnement à l’état initial…. Et c’est pour cette raison que l’environnement se fait dégrader en toute impunité. Bref, il faut trouver des bénévoles pour ramasser la merde, mais ces bénévoles ne vont pas souscrire un crédit pour acheter un matériel adapté pour nettoyer plus efficacement la plage et l’océan…

Michel C. @ Bga : Je n’ai pas tout lu, mais je crois que ce que tu pointes là c’est l’usure. L’usure, qu’on entend comme taux d’intérêt abusif, ou qu’on peut entendre aussi comme intérêt tout court. Cette réflexion est très ancienne, elle remonte au moins à Aristote. Elle est bien sûr au cœur de la pensée économique (donc écologique), elle est bien sûr liée à la monnaie, à l’argent. Certains en effet voient dans l’usure la racine du mal, le cœur du Problème. Je vois bien qu’il y en a un problème dans le fait que l’argent puisse «faire des petits». Remarquons là encore, que de leur côté la plupart des gens n’y voient aucun problème, ils pensent que c’est tout simplement comme ça. Et d’ailleurs certains s’en frottent les mains. Bref, c’est donc de ça dont nous discutions, longuement, pour essayer de dire si l’usure était, ou pas, le Problème N°1.

Didier Barthès : Mais comment imaginer des crédits sans intérêt ? Si on a aucun intérêt à prêter son argent personne ne prendra le risque de le faire ? D’autre part des crédits il en faut bien sinon peu de choses pourraient être entreprises.

Michel C. @ Barthès : C’est en effet une question d’imagination. Comme je le disais à BGA c’est même un très un vieux débat. Nous ne sommes donc pas les premiers à nous poser ce genre de questions. Par exemples… quel intérêt aurais-je à vous prêter ma bagnole, ou ma brouette, voire ma femme ? Quel risque prendrais-je à vous les prêter ? Quel intérêt ou quel risque aurais-je à vous les donner, même si je n’en ai plus besoin ? Quel intérêt ou quel risque aurais-je à vous donner l’heure, ou mon opinion, ou un conseil ? Ne trouvez-vous pas qu’il y a quand même là matière à réfléchir, à imaginer ?

Didier Barthès @ Michel C : Vous prenez là des exemples de nature fort diverses (l’heure est gratuite et je ne me permettrais pas de vous demander de me prêter votre épouse). Mais pour l’argent si j’ai une certaine somme je ne vais pas prendre le risque de la perdre en la prêtant si cela ne me rapporte rien, il est bien plus logique que je la garde pour moi. Il ne me semble pas logique que ce que les économistes appellent « la préférence pour le présent » (avoir son argent maintenant plutôt que plus tard au moment du remboursement) ne soit pas rémunéré, car après tout, le prêteur pourrait aussi investir par lui même et gagner de l’argent. D’autre part le risque aussi doit être rémunéré, ce n’est pas rien de perdre ses économies, Donc je trouve l’intérêt tout à fait normal,. L’usure, c’est à dire un taux d’intérêt excessif ruinant l’emprunteur, c’est autre chose, mais cela doit être encadré par la loi.

Synthèse de Biosphere : Le taux d’intérêt ne représente réellement que le coût qu’implique le fonctionnement centralisé du système monétaire. Il se résume concrètement aux coûts bancaires de paiement de la main d’œuvre nécessaire et du matériel utilisé, c’est-à-dire le coût de transaction. Pas besoin de l’argent des rentiers, la banque peut créer de l’argent ex nihilo, c’est d’ailleurs son rôle principal. Pas besoins de prime de risques, on ne fait pas crédit aux personnes non solvables. Quant au fait de rémunérer celui qui renonce temporairement par le prêt à l’usage de son propre argent, laissez-nous rigoler. Toute accumulation de fric résulte de l’exploitation d’autres personnes dont on a retiré des subsides illégitimes. L’appropriation privée du capital financier est une absurdité, il n’y a aucune explication raisonnable au fait de retirer un bénéfice de la monnaie. Mais l’invention de la monnaie et la monétisation de l’existence marchande lui a permis d’exister sans se soucier des contraintes biophysiques. Dans le manuel d’économie de Raymond Barre dans les années 1970, on trouvait : « L’économiste n’a pas pour sa part à résoudre le problème de la moralité de l’intérêt : il constate l’existence de l’intérêt et sa tâche est d’en fournir l’explication ». Les écologistes montrent que le taux d’intérêt est idéologiquement orienté vers une société croissanciste. Quand l’économie fonctionne à crédit, il faut rembourser capital et intérêt. Or le taux d’intérêt nécessite la croissance future pour trouver les moyens d’avoir un surplus de monnaie permettant de rembourser sa dette ; il y a un effet boule de neige. Ce mécanisme est voué à s’enrayer (cf. les cycles économiques et les crises) car il n’est pas possible de continuer l’expansion dans un monde fini. Ceux qui pensent autrement sont soit des fous, soit des économistes. C’est à cause de cet endettement à crédit qu’il existe une financiarisation de l’économie depuis plusieurs années et des mouvements spéculatifs hors sol, la crise des subprimes de 2008 n’étant que le dernier des nombreux krachs boursiers. Rappelons que la bourse n’a presque plus rien à voir avec la valeur réelle des entreprises, c’est un jeu d’argent comme cela se pratique dans un casino, ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres. En résumé, Bga avait raison.

Pour en savoir plus, dématérialisation, histoire de la catastrophe monétaire

Covid, regardons sans ciller la mort en face

« Lors d’une maladie virale, il arrive parfois que les hôtes réagissent de façon excessive. Avec le coronavirus actuel, il y a parfois un emballement du système immunitaire de l’hôte, il se produit ce que l’on nomme un « orage cytokinique », un envoi massif de médiateurs inflammatoires, appelés « cytokines ».! D’où la nécessité à ce moment de mettre en place une respiration artificielle alors que l’organisme est responsable de sa propre maladie. Pourquoi chercher à empêcher la prolifération du virus dès lors que la maladie n’est plus infectieuse à proprement parler, mais est devenue une maladie inflammatoire évoluant pour son propre compte ? C’est un suicide de l’organisme. Profitons de ce moment de réclusion pour réfléchir à cette dépendance inouïe de l’homme envers la médecine, que dénonçait déjà Ivan Illich. Cette emprise a grandi à un tel point qu’elle est aujourd’hui capable d’arrêter le cours du monde. Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir. »* Doit-on emprunter aux stoïciens leurs exercices de fermeté d’âme, et se convaincre de quitter le banquet sans regret, sobrement ? Quelques réactions sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE : En clair ces médecins disent qu’on en fait trop actuellement pour soigner des gens dont le corps se suicide par orage cytokinique  : « Tâchons de devenir plus indépendants vis-à-vis de ce biopouvoir » lls se réfèrent à Ivan Illich qui dénonçait la dépendance inouïe de l’homme envers la médecine. Rappelons ses propos : « le traitement précoce de maladies incurables a pour seul effet d’aggraver la condition des patients qui, en l’absence de tout diagnostic et de tout traitement, demeureraient bien portants les deux tiers du temps qu’il leur reste à vivre. » Comme l’écrivait André Gorz, « il est devenu choquant d’affirmer qu’il est naturel de mourir, que les maladies mortelles ne sont pas un dérèglement accidentel et évitable mais la forme contingente que prend la nécessité de la mort ».

Saamir : Je crois que c’est justement la réflexion à laquelle ils invitent, la mainmise de la santé sur tous les aspects de la vie. Au même titre que ce n’est pas le virus qui tue mais le système de défense du corps qui se retourne contre lui-même, ce n’est pas le Covid 19 qui paralyse la société, mais la manière dont la société réagit. J’espère ne pas mal interpréter. Si je les suis, en mettant en perspective le nombre de morts du COVID 19 avec celui des morts par malnutrition, paludisme, cancers… je ne peux m’empêcher de penser que cette crise est effectivement avant tout politique.

alain sager : Solenn de Royer rappelait qu’en 1968-1970 la grippe de Hong-Kong avait fait plus de 30 000 morts en France ! J’avais 18-20 ans à cette époque, et je ne m’en souviens absolument pas… Quant à l’idée de confinement, de masques, de barrière distancée, ou autres, n’en parlons même pas. On en vient à se demander si les efforts surhumains déployés en ce moment ne vont pas aboutir à un résultat qu’on aurait tout aussi bien obtenu en ne faisant strictement rien. Il faut dire aussi qu’à l’époque on n’égrenait pas, cas par cas, et au jour le jour, le nombre de décès… On ne parlait pas d' »épidémie foudroyante » pour une dizaine d’infections simultanées. Un abîme sépare le fatalisme de jadis du cataclysme actuel. Personne n’aurait songé il y a seulement cinquante ans à reprocher à l’Etat un manque de prévoyance ou de réaction appropriée ! En réalité, on est devenus hypersensibles et hyper-réactifs à la moindre alerte. Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je vous laisse juges.

Bullbh : « A force d’avoir encouragé la quête infinie de santé et de sécurité, nous avons, paradoxalement, rendu la vie (sociale ?), extrêmement fragile » écrivent ces médecins. Une civilisation ancrée dans la croyance que « tout serait possible » pourrait-elle dire « non, finalement, tout n’est pas possible ». Hé, oui, on peut mourir. Ça fait d’autant plus mal qu’on nous l’avait caché. Qui ça ? La médecine et ses promesses de vie éternelle,.

Roribak : Il faut quand même noter que ce que nous vivons est assez extraordinaire: on a enfermé plus de la moitié de l’humanité, mis l’économie mondiale à l’arrêt et forcé le monde à vivre sur ses réserves (limitée) pour sauver une très petite proportion de personnes et « protéger le système de santé » . C’est plutôt positif, mais ce n’est pas très cohérent: on accepte sans ciller des « taux de pertes » beaucoup plus importants dans d’autres domaines écologiques, sociaux, économiques et bien entendu militaires…

Ivan Illich, message posthume : En 1974, quand j’écrivais Némésis médicale, je pouvais parler de « médicalisation » de la mort. Les traditions occidentales régissant le fait de mourir sa propre mort avaient cédé à l’attente de soins terminaux garantis. Je forgeai alors le mot « amortalité » pour désigner le résultat de la liturgie médicale entourant le « stade terminal ». Par le terme contre-productif, je désignais en 1975 la logique paradoxale par laquelle toutes les grandes institutions de services éloignent la majorité de leurs clients des objectifs pour lesquels elles avaient été conçues. Par exemple, les écoles empêchent d’apprendre ; les transports s’évertuent à rendre les pieds superfétatoires ; les communications faussent la conversation. Dans la tradition galénique, les médecins étaient formés à reconnaître l’expression du visage indiquant que le patient était entré dans l’atrium de la mort. A ce seuil, le retrait était la meilleure aide qu’un médecin pût apporter à la bonne mort de son patient. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’apparaît le docteur en blouse blanche aux prises avec la mort, qui arrache le patient à l’étreinte de l’homme-squelette. Jusque là, la discrimination entre état curable et incurable faisait partie intégrante des études de médecine en Amérique. Le rapport Flexner* de 1910 a donné le feu vert à la montée en flèche des coûts des soins terminaux, au misérable prolongement de « patients » plongés dans un coma irréversible. La médecine m’apparaît comme le paradigme d’une mégatechnique visant à vider la condition humaine du sens de la tragédie.

pour en savoir plus sur Ivan Illich

1973 La convivialité

1973 Énergie et équité

1992 postface à Némésis médicale

2004 La perte des sens (recueil posthume de textes d’Ivan ILLICH)

* Eric Caumes et Mathurin Maillet, médecins à la Pitié-Salpêtrière

Covid-19, évitons la guerre bactériologique

Comme si la contamination virale naturelle ne suffisait pas, James Howard Kunstler envisageait en 2005 que des régimes submergés par les pressions démographiques utilisent des virus « fabriqués »  contre les populations (après avoir bien sûr vacciné une élite présélectionnée !)… C’est plus qu’une hypothèse, l’audition en 1998, devant le Sénat américain, de Ken Alibek, Russe exfiltré qui fut pendant plusieurs années le directeur adjoint de Biopreparat (le programme de l’Union soviétique destiné à la guerre biologique), « a glacé de peur tous ceux qui l’ont entendue ». En 1972, Moscou ratifie le traité d’interdiction des armes biologiques, en 1973, l’URSS crée le laboratoire Biopreparat. Sa mission principale était de concevoir et de produire des armes à partir des virus, des toxines et des bactéries les plus dangereux que nous connaissions. Au plus fort de leur programme stratégique d’armement bactériologique, les chercheurs américains s’interdirent de développer des armes qui ne pouvaient être contrées par des antibiotiques ou des vaccins, le gouvernement soviétique décida au contraire que les meilleurs agents pathogènes étaient ceux auxquels on ne connaissait aucun remède. Ken Alibek raconte :

« A la mi-avril 1988, je reçus un coup de fil. Ustinov qui était à la tête d’une équipe de recherche sur le virus hémorragique de Marburg, s’est injecté le virus Marburg dans le pouce… Le quinzième jour, les petites ecchymoses qui étaient apparues assez rapidement sur tout son corps avaient viré au bleu foncé, et la peau d’Ustinov était aussi fine que du papier parcheminé. Le sang qui s’accumulait sous la peau commençait à suinter. Il lui coulait par le nez, la bouche, les organes génitaux ; le virus empêche le sang de coaguler, en tuant les plaquettes responsables de ce processus. Tandis qu’il se répand dans le corps de sa victime, les organes internes se mettent littéralement à fondre. Les filovirus étaient en train de se multiplier par milliards, suçant les substances nutritives dont ils avaient besoin pour se reproduire. Chaque particule virale, ou virion, forme une sorte de brique qui force les parois de la cellule pour la faire éclater. Puis la cellule se dote d’antennes tremblotantes semblables à des poils, qui se dirigent vers la prochaine cible, où le processus de forage et de destruction se répète aveuglément… Ustinov est mort. Comme un virus qui est né en laboratoire a toutes les chances de devenir plus virulent quand il transite par l’incubateur naturel que constitue le corps d’un animal ou d’un être humain, personne ne fut surpris quand des échantillons de Marburg, prélevés dans les organes d’Ustinov,montrèrent que la nouvelle variété était beaucoup plus puissante et beaucoup plus stable. Immédiatement, on reçut l’ordre de remplacer l’ancienne souche par la nouvelle. On lui donna un nom qu’Ustinov, avec son sens de l’humour, aurait apprécié : la « variante U »… »*

La menace d’une attaque bactériologique s’est accrue quand la technologie développée dans nos laboratoires est passée entre les mains de régimes dévoyés et de groupes terroristes. Les armes bactériologiques ne coûtent pas cher, elles sont faciles à fabriquer et à utiliser. Dans les années qui viennent, elles joueront un rôle de plus en plus important dans notre existence. Voici deux aricle aténrierus de notre blog biospehre sur cette problématique hallucinante :

24 octobre 2014, Le moment où la technoscience devient insupportable !

Des expérimentations actuelles consistent à modifier le génome de certains virus pour leur faire acquérir des « fonctions » nouvelles, mais délétères – par exemple les rendre transmissibles, virulents, résistants à certains médicaments ou encore capables d’échapper au système immunitaire humain. Autrement dit fabriquer des « Frankenvirus ». Nous avons déjà traité sur ce blog le fait de rendre contagieux entre mammifères un virus grippal exceptionnellement meurtrier pour l’homme, le H5N1. Depuis lors, une demi-douzaine de nouvelles expériences de GOF (Gain of Function) ont été publiées dans les principales revues scientifiques mondiales, impliquant d’autres virus tout aussi meurtriers. Pour les défenseurs de l’« acquisition de fonction », il est essentiel d’étudier comment des virus dangereux mutent et deviennent pandémiques. Pourquoi ne se sont-ils pas contentés d’étudier l’expansion du virus Ebola ?

13 mars 2014, Le virus qui éradiquera le surplus de population humaine

Le sens des limites n’existent pas parmi les scientifiques impliqués dans l’atome ou dans la biotechnologie. C’est pourtant deux domaines où il ne faudrait pas faire ce que nous savons faire. L’exemple des virus mutants pourrait faire cas d’école. Voici en résumé ce qu’en dit LE MONDE : Une série d’expériences visent à rendre contagieux des virus grippaux mortels. Les deux pathogènes soumis à expérience, le H5N1 et le H7N9, sont des virus extraordinairement meurtriers. Les malades, après une brutale poussée de fièvre, développent généralement une pneumonie, puis une grave détresse respiratoire à l’issue souvent fatale…

* https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/10/28/les-terribles-secrets-du-docteur-alibekov_4215872_1819218.html

Pour sortir des pièges de la technologie

Les technologies ont envahi notre quotidien, et grignotent à grande vitesse nos modes de vie et libertés. Elles font de nous leurs complices à travers ces objets-pièges, ces objets-espions, ces objets-doudous que nous utilisons chaque jour : téléphones mobiles, ordinateurs, gadgets électroniques… Mais le climat change, les espèces disparaissent, les emplois sûrs et de longue durée sont remplacés par de petits boulots stressants et mal payés : sur Internet, dans les centres d’appel, les Uber, Deliveroo… Le piège se referme, mais nous pouvons lui échapper. Voici une dizaine d’actions légales et sans risque faciles à mettre en œuvre pour affirmer notre singularité face aux GAFA-Microsoft-BATX, qui commandent aujourd’hui aux États, et même au marché :

  • continuer à lire des livres et des journaux papier
  • continuer à envoyer lettres et cartes par la poste
  • continuer à payer par chèque ou en espèces, fuir le sans-contact
  • boycotter les caisses électroniques pour régler nos achats en magasin (et expliquer que passer par elles, c’est justifier le licenciement de personnel)
  • limiter notre utilisation du smartphone, de l’ordinateur, et le temps passé sur Internet (réseaux-sociaux…)
  • réduire nos achats (surtout lointains par Internet) et conserver nos matériels dans la durée (voiture, électro-ménager, high-tech)
  • ne pas donner son avis après un achat ou évaluer une prestation de service
  • refuser la 5 G
  • privilégier les transports en commun (bus, car, train), le vélo ou la marche pour se déplacer
  • restreindre notre consommation de viande et compenser par celle des légumineuses (riz, lentilles, pois chiches, haricots…)
  • en règle générale, fuir puces électroniques, RFID, implants, interconnexion des données ; éviter robots et assistants

Il n’est pas interdit, enfin, d’aller un peu plus loin en se regroupant, pétitionnant ou écrivant aux élus, pour réclamer un véritable « droit à la non-connexion » des personnes qui ne souhaitent pas utiliser Internet pour effectuer les démarches administratives ou payer les impôts.

Olivier Gabriel (association TECHNOlogos)… pour en savoir plus sur ce blog biosphere :

14 septembre 2017, Technologos contre la numérisation de l’éducation

1er octobre 2017, BIOSPHERE-INFO présente l’association TECHNOlogos

1er octobre 2016, BIOSPHERE-INFO, sur la « science sans conscience »

27 juin 2015, Technologos : résistons à la démesure technicienne

10 octobre 2014, Résilience, un passage nécessaire par les low tech

3 septembre 2014, Colloque TECHNOlogos, discours critique sur la technique

25 novembre 2012, Esclaves de la technique, nous glorifions notre maître

Écologue ET écologiste en même temps !

« Suis-je écologue ou écologiste, scientifique dans sa bulle ou politiquement engagé ? » Comme d’autres scientifiques, Franck Courchamp est en pleine crise existentielle : « Pendant des années, j’observais la destruction de la biodiversité de manière neutre, comme un chercheur en médecine verrait une maladie : pour étudier les dysfonctionnements du corps humain Aujourd’hui, je vis très mal cet effondrement du vivant et j’ai décidé de m’engager… Je ne sais pas si c’est notre rôle de résoudre les problèmes environnementaux, mais c’est peut-être notre devoir…  Cela me mettrait mal à l’aise en tant que citoyen de ne pas agir, mais cela me met mal à l’aise en tant que scientifique d’agir, car je risque de perdre de la crédibilité indispensables à mon travail. » Cette ambivalence, que Franck Courchamp désigne comme « la bipolarité de l’écologue », s’applique à d’autres disciplines académiques. Pour un nombre croissant de climatologues, de biologistes, d’agronomes ou d’astronomes, la production de connaissances pour leur seul intérêt scientifique ne suffit plus, alors que les glaciers fondent, la mer monte, les espèces s’éteignent et les événements extrêmes se multiplient. Et que la société, toujours plus inquiète, leur demande des réponses à la crise. La tentation est alors forte de sortir des laboratoires pour investir l’agora.* Quelques controverses sur lemonde.fr :

MrFred : Quand la moitié des Sciences de la Terre sont financés par Total et consort, on s’étonne de décrire les scientifiques comme neutres. Ils sont au contraire une partie prenante du changement climatique.

C H Dontenwille : Pour qu’une science reste rationnelle, vérifiable, elle doit rester descriptive et non prescriptive, et ne peut pas faire de prospective sérieuse, par exemple. Selon Bourdieu, le scientifique doit effacer ses opinions dans ses travaux, puis laisser son autorité scientifique derrière lui lorsqu’il s’engage … sous peine d’être entraîné dans la perte de crédibilité qui entache les polémistes.

Frog : La neutralité de la science est bien aussi illusoire que la neutralité de la presse. Toute parole, toute recherche nécessite un angle avec un regard humain. Ce qui ne change rien aux faits objectifs. Mais quand on constate que la terre est au bord de la destruction, il est normal en tant qu’être humain qu’on s’en inquiète. Et si je puis me permettre, ceux qui détruisent l’environnement, eux, ne se posent pas tant de questions morales ! Se disent-il « ah mais ce n’est pas mon rôle de pomper le pétrole jusqu’au dernier litre » ? « Ai-je bien le droit de vendre des produits dont personne n’a besoin et qui rendent malades les êtres vivants » ? Evidemment non. Alors la pureté face à ça, ça nous fait une belle jambe. Le propre de l’humain est d’avoir des convictions.

Untel : Triste mélange, mais favorisé par le laxisme des pairs qui admettent ou ferment les yeux sur une telle dérive. Normalement il faudrait virer les militants de la science, d’un coup de botte bien placé.

JDL : Je suis scientifique en écologie et ce ne sont ni des coups ni des bruits de bottes qui feront faiblir mon engagement citoyen, sauf a considérer qu’être payé par vos et nos impôts ne donne aucune éthique ni aucun devoir…

-Alazon- : Escroquerie à la science : voilà le bon terme pour désigner cette tendance récente qui consiste à se parer de ses titres académiques pour défendre une position militante. L’exemple le plus caricatural est Aurélien Barrau, astrophysicien qui utilise son titre pour promouvoir ses idées sur un sujet (la régulation du CO2) sans lien sérieux avec sa discipline. C’est un travestissement des opinions en savoir. Les scientifiques sont là pour expliquer les résultats scientifiques (par exemple il y a un réchauffement climatique), ils ne prescrivent pas ce qu’il faut faire face au réchauffement climatique. Cela, c’est du strict ressort du politique.

Aurélien Barrau, astrophysicien: « La vie périclite sur Terre et l’on se demande s’il est bien raisonnable que les scientifiques interviennent dans le débat public. C’est scandaleux de se poser cette question »

CFranck : En tant que scientifique et militant, je suis complètement d’accord sur le biais que le militantisme peut finir par créer sur la démarche et la recherche scientifique. Il faut que les scientifiques ne parlent en expert que dans les domaines où ils le sont. Sinon il finiront par décrédibiliser d’avantage l’ensemble des scientifiques. Un scientifique ne peut pas être un militant social au nom de la science sauf pour la défendre…

Vincent Devictor, directeur de recherche (CNRS) : Neutralité scientifique et devoir de réserve, il y voit des principes qui favorisent l’« autocensure » et un « manque de courage » de la communauté des écologues.

Christophe Cassou, climatologue : « Il s’agit de présenter les faits et leur niveau de certitude, d’expliquer qu’ils sont obtenus dans la rigueur de la démarche scientifique, puis de dresser l’ensemble du panel des solutions à la crise climatique. Dès qu’on communique, on devient impliqué. » Cet engagement se traduit d’abord dans la vulgarisation, l’une des missions dévolues aux scientifiques. Dans leurs prises de parole, certains scientifiques choisissent de s’en tenir à leur domaine d’expertise, tandis que d’autres considèrent qu’il faut s’aventurer au-delà, l’ampleur de la crise environnementale nécessitant une vision d’ensemble et une réponse globale. »

Christophe Bonneuil, historien des sciences : « Les scientifiques ont toujours été engagés dans la société, qu’il s’agisse, depuis la seconde guerre mondiale, de défendre la paix, l’avortement ou de dénoncer le nucléaire. Ce qui est nouveau, depuis un an, c’est que les chercheurs, dans leurs pétitions, n’appellent plus seulement les autorités à agir face à la crise, mais soutiennent également les grèves climatiques et l’action directe. » A ses yeux, tous sont engagés même s’ils ne le reconnaissent pas : « Les scientifiques, via les financements publics, sont encouragés à travailler avec l’industrie, les militaires, mais jamais avec le monde associatif. Or la première position n’est pas neutre. » Il émet l’hypothèse que « la perte de légitimité d’un Etat, qui ne remplit plus ses fonctions régaliennes de sécurisation des personnes, par défaut d’action à la hauteur de l’urgence climatique, conduit des chercheurs fonctionnaires à se désolidariser, à faire un pas de côté ».

Atécopol va plus loin que celui du GIEC, qui s’interdit d’être prescriptif : « On assume de dire que la poursuite d’une croissance économique à tout prix est incompatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C et la préservation de la biodiversité. Les recherches menées pour développer les techniques, accroître la croissance ou le progrès ne sont pas neutres, c’est juste qu’elles bousculent moins la société. Et qu’elles questionnent moins les scientifiques. » A l’illusion de la neutralité, il faut opposer d’autres vertus comme l’impartialité et l’objectivité.

* LE MONDE du 11 mars 2020, Savants ou militants ? Le dilemme des chercheurs face à la crise écologique

Covid-19, nécessité d’un triage médical

Urgence, pas toujours la même tous. Lors d’un accident « standard », il y a une équipe de deux ou trois personnes pour s’occuper de la victime. Dans une situation à multiples victimes, il y a a plus de victimes que d’intervenants. Un triage médical* devient alors nécessaire, notamment en cas de guerre ou de catastrophe de grande ampleur. Les degrés de priorité déterminent l’ordre dans lequel les patients vont être traités et évacués. La pandémie au coronavirus en Italie pose le problème de qui doit vivre et qui doit mourir.

Avec plus de 1 800 cas supplémentaires diagnostiqués en vingt-quatre heures et 97 morts, ce qui porte le nombre de décès à 463, c’est tout le système sanitaire italien qui menace de s’effondrer. Le nombre de nouveaux cas croît de 25 % à 30 % par jour, à un rythme très supérieur aux nouveaux moyens mobilisables. « L’un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui de la Lombardie, est à deux pas de l’effondrement », explique le docteur Antonio Pesenti dans une interview au quotidien milanais Il Corriere della Sera. « Nous faisons de notre mieux, mais sommes dans une situation de pénurie », reconnaît le docteur Matteo Bassetti, qui dirige le service des maladies infectieuses à Gênes. « Nous les réserverons aux patients qui ont le plus de chance d’en bénéficier », poursuit le médecin. Pour accompagner les médecins réanimateurs dans leurs décisions, des recommandations éthiques ont été publiées ce week-end. L’objectif est « d’assurer un traitement intensif aux patients ayant les plus grandes chances de succès thérapeutique : il s’agit donc de donner la priorité à l’espérance de vie », estime la Société italienne des réanimateurs. Il n’est plus possible, dans un tel contexte, d’appliquer la règle du « premier arrivé, premier servi ». La situation est d’autant plus tendue que le nombre de respirateurs artificiels est limité. « C’est un cauchemar, lâche le docteur Matteo Bassetti. Nous avons beaucoup de patients âgés avec des comorbidités, mais nous avons aussi beaucoup de patients plus jeunes, qui souffrent de pneumonies avec une insuffisance respiratoire », ce qui requiert « une ventilation pendant une semaine ou deux ». A Bergame, tout près de l’épicentre de l’infection, les médecins se retrouvent « à devoir décider du sort d’êtres humains, à grande échelle », témoigne le docteur Christian Salaroli, réanimateur. « Pour l’instant, je dors la nuit. Parce que je sais que le choix est basé sur l’hypothèse que quelqu’un, presque toujours plus jeune, est plus susceptible de survivre que l’autre. C’est au moins une consolation. » Ce médecin décrit « une médecine de guerre », dont l’objectif est de « sauver la peau » du plus grand nombre.**

Une recherche « urgence tri hôpital » sur google donne 4 570 000 personnes ; c’est dire son importance. Les malades qui se précipitent aux urgence d’un hôpital trouvent le temps d’attente bien long, mais ils ont rarement conscience qu’ils font l’objet d’un tri, le premier arrivé n’est pas automatiquement le premier servi. Pour la première fois aujourd’hui, grâce au Covid-19, notre société d’abondance se retrouve dans un état de tri généralisé, mais au lieu de réfugiés sur les routes, il y a obligation de confinement. La situation actuelle est à l’image du monde de demain, une société de pénurie sur une planète souillée et exsangue. Yves Cochet a même exprimé l’idée que la tâche principale des politiciens serait de réduire au maximum le nombre de morts. Puisse la sobriété être partagée équitablement et qu’il n’y ait plus de tri entre puissants et misérables….

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Triage_m%C3%A9dical

** AFP 10 mars 2020, Face au coronavirus, l’Italie étend les mesures d’isolement à tout son territoire

Écoblanchiment, verdissage, le prix Pinocchio

Un prix pour récompenser « le meilleur du pire »*. Le prix Pinocchio 2020 vient d’être remis par Les Amis de la Terre et la Confédération paysanne à la multinationale Yara, fabricant norvégien d’engrais de synthèse. Cette récompense mal acquise distingue chaque année une entreprise pour son greenwashing, soit le décalage entre l’image vertueuse pour l’environnement qu’elle se donne et la réalité de ses actions.Yara vante ses services pour « une agriculture intelligente pour le climat ». Yara a dépensé plus de 11 millions d’euros depuis 2010 pour des activités de lobbying à l’échelle européenne. Les organisateurs des prix Pinocchio dénoncent « une agriculture basée sur l’utilisation intensive d’intrants chimiques, au détriment de la santé, des écosystèmes et du climat ». La multinationale a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de 20 % entre 2009 et 2017, la fabrication d’engrais chimiques nécessitant de l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles. Cette production est également responsables d’émissions de protoxyde d’azote, d’ammoniac et de pollutions de l’eau par les nitrates. Yara, qui a recueilli 40 % des 12 800 votes sur le site prix-pinocchio.org, était en lice face à deux autres mastodontes de l’agroalimentaire : Lactalis, marqué par le scandale en 2017 du lait infantile contaminé à la salmonellose, et Bigard, propriétaire de nombreux abattoirs en France. Voici notre article antérieur sur ce blog biosphere :

22 novembre 2013, pratiques néfastes des multinationales et prix Pinocchio

Et maintenant laissons la parole aux anti-écolos de service sur lemonde.fr, leurs propos se suffisent à eux-mêmes :

-Alazon- : Notez que pour le prix Pinocchio de l’écologisme on a l’embarras du choix : Thunberg et ses croisières sur un voilier en carbone à 4 millions, Hulot et ses six voitures à essence, de Rugy et ses homards, Duflot et ses vacances au bout du monde… On peut même décerner des tartuffes d’honneur.

MarxDarwin : Il faudrait rajouter des prix d’honneur pour l’ensemble de leur œuvre à la Conf pour pulvériser des tonnes de pesticides bio comme le cuivre qui pousse sur les arbres sans doute, pour les Vegans qui mange des céréales importés mélangés avec plein d’adjuvants au lieu de manger de la bonne viande locale, pour les éoliennes et parc photovoltaïques qui polluent les campagnes (mais pour le bien des villes…)…

Untel : Tous les ans je décerne aussi le ***Prix Untel***. Cette année il a été attribué à l’association « Que Choisir » pour avoir réclamé une augmentation des prix des aliments vendus dans la grande distribution. Il s’agit selon elle de mieux rétribuer les agriculteurs, juste revendication mais pas trop de la compétence d’une association de consommateurs dont le rôle est de défendre les prix bas.

le sceptique : J’ai été sur le site de Yara, ils ont un beau logo. L’entreprise a l’air sympathique. Merci aux Amis de la Terre et à la CP de m’avoir fait connaître cet acteur.

* LE MONDE du 25 février 2020, Le prix Pinocchio du « greenwashing » décerné au fabricant d’engrais chimiques Yara

Aux mains des « labo de la mort »

Animaux humains et non humains aux mains des laboratoires de la mort ! Deux informations s’entrechoquent et nous choquent. L’agrochimiste américain Corteva* a annoncé, le 6 février 2020 qu’il cesserait la production du chlorpyrifos d’ici la fin de l’année en cours. Des données sur ses effets délétères s’accumulent depuis plus de vingt ans : érosion des capacités intellectuelles des enfants exposés pendant la grossesse, risque accru de troubles autistiques, faible poids à la naissance, etc. Mais on a attendu un demi-siècle pour ne plus le fabriquer, et encore par manque de débouchés ! Laboratoire agréé par les autorités, LPT (Laboratory of Pharmacology and Toxicology)** avait jugé le glyphosate non cancérogène et « peu susceptible d’être génotoxique » en novembre 2015. le Centre de recherche sur le cancer (CIRC), une agence des Nations unies, avait classifié le glyphosate « cancérogène probable ». Non seulement on y torture des animaux, mais on y falsifie les résultats d’expérience pour permettre aux entreprises agrochimiques de vendre leurs poisons. « Si les résultats ne répondaient pas aux attentes, on me demandait de les améliorer », relate une employée. Quelques réactions sur lemonde.fr :

– La démarche filoutée est toujours la même, qu’il s’agisse d’industrie des pesticides, des produits à risque ou d’industrie pharmaceutique : rapports biaisés, études bidon, mensonges… et qui trouvent face à eux des organismes d’Etat qui semblent au mieux naïfs, au pire complices.

– Quand la filouterie ne rapporte plus assez ou se voit un peu trop, on arrête le produit, ou on continue à nier même au procès, pensez aux laboratoires Servier.

– Je note que ce produit ne sera plus fabriqué surtout parce qu’il ne rapporte plus rien et qu’il devient invendable. Que voulez vous, « les affaires sont les affaires », cela ne semble scandaliser personne en haut lieu.

– Tant que le LOBBYING ne sera pas inscrit comme un lourd délit passible de la juridiction appropriée à la gravité de cet acte assimilable à une incitation à nuire à l’intégrité de la personne humaine par soucis d’enrichissement criminel, notre extinction à petit feu nous sera imposée … Et une pléthore d’irresponsables se lèveront comme à Nuremberg !

– Le QI n’est qu’une des multiples façons de mesurer l’impact du CPF (chlorpyrifos) sur le développement, les résultats les plus impressionnants étant obtenus par IRM cérébrale (rétrécissement frontal et pariétal, réduction de l’épaisseur corticale) chez les enfants avec les taux de CPF les plus élevés (parents non fumeurs).
– Concernant les polluants atmosphérique, le CPF est l’un des 2 ou 3 pesticides qui est les plus fréquemment retrouvé dans les études de qualité de l’air … jusque dans les centres des métropoles, à des km des champs traités, CQFD.

– 54 études indépendantes établissent la génotoxicité du glyphosate, classé cancérogène probable par une agence de l’ONU. Les résultats du laboratoire privé  »garantie label top excellence » sont eux, falsifiés, pour répondre à la commande de l’industriel. Ils ne sont pas fiables, voire délibérément mensongers.
– J’attendrais des autorités européennes une transparence totale des décisions d’autorisation de mise sur le marché. Je trouve scandaleux que les études soient confidentielles.

– Surprenant tous ces commentateurs qui affirment que le glyphosate n’est pas dangereux. 1) les oncologues parlent bien de « cancer des agriculteurs » 2) Compte tenu de la puissance du lobby agro-industriel en général et de Bayer en particulier, l’information qui nous parvient est forcément biaisée. Les lymphomes en zone rurale progresse, la prévalence du cancer de la prostate aussi. A part cela, tout va bien Mme la baronne.

– Je pense que le principe de précaution devrait être la norme. Mais il s’applique… sauf quand celui nuit à des grands groupes capitalistiques. Les scandales du médiator, des opiacés, du tabac, des pressions du lobby de l’alcool n’ont en rien fait changer les pratiques.

– Il est évident que ce genre de laboratoire, rémunéré par les entreprises qui font tester leur produit, peut être tenté de rendre des résultats allant dans le sens de ce qui est attendu par l’entreprise. Il ne s’agit pas d’un laboratoire indépendant dès lors qu’il est mandaté et rémunéré par ceux qui en profitent.

– Durant le XXème siècle les allemands ont testé force produits chimiques toxiques à grande échelle sur des êtres humains. On peut reconnaître le progrès consistant à réserver ces coutumes pittoresques, quoiqu’un peu répugnantes, à des animaux dans l’enceinte confinée d’un laboratoire. Encore un petit effort à fournir pour faire reculer la barbarie.

– L’indignité des hommes jusqu’à la nausée.

* LE MONDE du 9 février 2020, Le chimiste américain Corteva va cesser de produire du chlorpyrifos d’ici à fin 2020

** LE MONDE du 12 février 2020, Le « labo de la mort » en Allemagne testait aussi le glyphosate

Se soigner aux antibiotiques, mourir plus vite

« Demain, des infections banales et des blessures légères, soignées depuis des décennies, pourraient redevenir mortelles. La résistance aux antibiotiques est devenue une réalité cruciale que révèle le premier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la question. A force de se soigner aux antibiotiques, on reste malade ou mourant. L’évolution du vivant est en effet un mécanisme plus performant que les progrès de l’industrie chimique. »* C’est ce que nous écrivions en 2014. Dans un rapport d’avril 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que les résistances microbiennes causaient 700 000 morts par an dans le monde, et prévoyait 10 millions de morts par an en 2050. En Inde, c’est déjà le désastre.

Il était entré à l’hôpital pour un problème respiratoire. Il est mort quarante jours plus tard d’une infection à bactéries hautement résistantes. Les bactéries sont capables d’échanger leurs gènes de résistance entre elles par simple contact, même entre espèces différentes. Elles peuvent se propager à d’autres patients, notamment par les mains ou les instruments médicaux, véritables « aimants » à bactéries. D’où cette fulgurante propagation des résistances. Sachant qu’il y a plus de 75 000 hôpitaux en Inde, le fardeau de l’antibiorésistance apparaît subitement incommensurable. Il se chiffre en centaines de milliers de morts. Les infections résistantes sont devenues la première cause de décès chez les personnes atteintes de cancers du sang en Inde. Autrement dit, ces infections se révèlent désormais plus mortelles pour ces patients que le cancer lui-même ! Dans une étude menée dans un grand hôpital public de Delhi, 73 % de ces patients étaient porteurs de bactéries résistantes à toute une famille d’antibiotiques de dernière génération, les carbapénèmes, utilisés en derniers recours en France contre les « bactéries hautement résistantes émergentes ». En Inde, difficile de connaître l’impact de la résistance aux antibiotiques. Et pour cause : aucun système de surveillance national n’existe, et les trois quarts des hôpitaux ne tiennent aucune comptabilité de ces infections.  Mais ce n’est pas tout. Ces superbactéries ne se contentent pas d’attaquer à l’intérieur des hôpitaux : on les trouve désormais dans les sols, les rivières, les animaux, le lait, la nourriture… Partout où l’on trouve des antibiotiques, des résistances émergent. Or, les antibiotiques sont omniprésents dans l’environnement indien : ils proviennent des élevages, des rejets hospitaliers, des eaux usées urbaines ou encore des effluents des industries pharmaceutiques qui les produisent, sachant que l’Inde est le plus gros producteur mondial d’antibiotiques avec la Chine. Il n’y a plus besoin d’avoir pris des antibiotiques ou d’être allé à l’hôpital pour être porteur de ces bactéries multirésistantes. On touche là un autre problème, le surcoût astronomique de ces infections. Si les patients qui contractent ces infections à l’hôpital refusaient de payer les surcoûts inhérents, l’ensemble du système de soins indien s’effondrerait.**

Mourir par épidémie médicamenteuse, saine régulation démographique dans un pays surpeuplé comme l’Inde ? Puisque les hommes sont incapables d’auto-limiter leur population, la nature va s’en charger. Donc rien de grave, les super-bactéries font le ménage entre les personnes qui résistent par leur propre force et les autres. C’est ce que pensent certains, miser sur la sélection naturelle. Vaste débat. Comme l’écrivait Rachel Carson en 1962 à propos des insecticides, « L’histoire de la vie sur Terre est l’histoire d’une interaction entre les êtres vivants et ce qui les entoure. C’est seulement dans la séquence temporelle du XXe siècle qu’une espèce – l’homme – a acquis la puissance considérable d’altérer la nature du monde. Depuis que le DDT a été homologué les insectes, dans une splendide confirmation de la théorie darwinienne de la « survie du plus adapté », ont évolué vers des super-races immunisées. Nous avons à résoudre un problème de coexistence avec les autres créatures peuplant notre planète. Nous avons affaire à la vie, à des populations de créatures animées, qui possèdent leur individualité, leurs réactions, leur expansion et leur déclin. Le tir de barrage chimique s’abat sur la trame de la vie, sur ce tissu d’une élasticité et d’une résistance si admirables, capables même de renvoyer la balle de la manière la plus inattendue. Vouloir « contrôler la nature » est une arrogante prétention, née des insuffisances d’une biologie et d’une philosophie qui en sont encore à l’âge de Neandertal… »

* 6 mai 2014, Se soigner aux antibiotiques, mourir de ce mésusage

** LE MONDE du 28 janvier 2020, En Inde, la résistance aux antibiotiques devient un problème sanitaire très sérieux

*** https://www.lemonde.fr/medecine/article/2016/06/06/la-guerre-contre-les-superbacteries-est-declaree_4939189_1650718.html

SDHi et le principe de précaution bafoué

Nous avons reçu le 21 janvier le message suivant de la part de l’UIPP (appelée improprement Union des Industries de la Protection des Plantes) : « Suite à l’annonce d’une action en justice ciblant les produits à base de SDHI, l’UIPP déplore une action fondée sur une lecture résolument excessive du principe de précaution… Les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) ne sont délivrées que lorsque les instances politiques et les experts en charge de l’évaluation ont vérifié et fait l’analyse critique des informations transmises par les industriels… » L’UIPP avoue, il n’y a pas véritablement d’expertise neutre et objective puisqu’on reste tributaire des « informations » faites par les industriels eux-mêmes. C’est du lobbying intéressé, ni plus ni moins. L’UIPP ne veut que protéger les débouchés de ses 19 entreprises membres. Le vrai scandale, c’est que l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) soutienne par sa passivité une industrie chimique mortifère envers la biodiversité. Rappelons la dangerosité potentielle des SDHi, ce que l’UIPP se garde bien d’expliciter.

Les fongicides ou SDHi (pour « inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ») bloquent le fonctionnement d’une enzyme (la SDH) nécessaire à la respiration cellulaire des champignons. Ce mécanisme est présent non seulement chez les champignons, mais aussi chez la majorité des organismes – des vers de terre aux insectes en passant par les humains. Avec, comme risque, de voir se développer des maladies chroniques induites par le défaut de fonctionnement de la SDH : « encéphalopathies sévères », « tumeurs du système nerveux  », « prédispose en outre à certains cancers du rein ou du système digestif », est associé à la maladie de Huntington, de Parkinson… détaillaient des chercheurs en avril 2018. En réponse à cette mise en garde, l’Anses avait conclu, dans un rapport rendu en janvier 2019, à l’absence d’alerte sanitaire… tout en recommandant la poursuite de la recherche. Le 19 novembre 2019 la Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé ­publique et d’environnement (cnDAspe) a publié un avis estimant que l’alerte était fondée, étayée par « des données scientifiques de qualité ». Les données montrent bien, sur des cultures cellulaires, que les substances appartenant à la famille des SDHI ne ciblent pas seulement les champignons et les moisissures, mais une diversité d’organismes comme l’abeille domestique, le lombric ou l’être humain. Ils précisent que le recul n’est pas suffisant sur les usages actuels de plusieurs de ces produits pour pouvoir se fonder sur des données épidémiologiques relatives aux personnes exposées.

Le 21 janvier 2020, les associations Nous voulons des coquelicots, Générations futures et FNE ont écrit à l’Anses pour lui demander d’abroger l’AMM de trois produits commerciaux à base de SDHI : le Keynote et l’Aviator Xpro commercialisés par Bayer, et le Librax, de BASF. Si dans deux mois l’Anses n’a pas répondu favorablement à la demande des ONG, ces dernières saisiront le tribunal administratif de Lyon, ville où sont installés les sièges français des deux firmes. Ces associations peuvent s’appuyer sur l’avis des scientifiques* : « Les tests réglementaires sont systématiquement effectués dans des conditions qui masquent la toxicité cellulaire des SDHI. Leur toxicité est aggravée en cas de dysfonctionnements mitochondriaux tels que ceux constatés dans de nombreuses maladies humaines. Ces données ont été mises à la disposition de l’Anses, qui est restée sourde à cette argumentation scientifique. L’Anses ne semble pas même être préoccupée du rôle démontré in vivo des SDHI sur nombre d’espèces animales. Ce déni des données scientifiques déjà existantes intervient alors que celles-ci placent objectivement les SDHI très haut dans l’échelle de la toxicité des pesticides, requérant d’appliquer le principe de précaution figurant dans la constitution, principe auquel l’Anses devrait se sentir tenue. »

* LE MONDE du 22 janvier 2020, Pesticides SDHI : 450 scientifiques appellent à appliquer le principe de précaution au plus vite

(Antoni Barrientos: University of Miami Miller School of Medicine | UM · Departments of Neurology and Biochemistry // Paolo Bernardi: University of Padova | UNIPD · Department of Biomedical Sciences – DSB // Howard Jacobs 1182 Biochemistry, cell and molecular biology // Holger Prokisch: Skills and Expertise: Genetics-Mitochondria-Cell Biology-Neuroscience-Molecular Biology-Mutation Sequencing-Cell Viability-Reactive Oxygen Species-Oxidative Stress // etc.)

sur notre blog biosphere et les SDHi, Vers de terre et humains, même combat

lire aussi BIOSPHERE-INFO, le principe de précaution

La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

Est-il normal que la mise en place de la 5G ne s’accompagne en France d’aucune évaluation mettant en balance le supplément de service rendu avec les inconvénients environnementaux additionnels. Devons nous en rajouter alors que les effets négatifs de la « prolifération numérique » commencent à être bien documentés. Un équipement 5G consomme trois fois plus qu’un équipement 4G… L’impact global représenterait environ 10 TWh supplémentaires, soit une augmentation de 2 % de la consommation d’électricité du pays. De plus l’énergie nécessaire à la fabrication des terminaux, serveurs, et éléments de réseau représente trois fois l’énergie de fonctionnement des réseaux, hors data centers. Alors qu’une augmentation de la durée d’utilisation des smartphones serait centrale pour réduire leur empreinte carbone, l’apparition de la 5G accélérerait leur remplacement, entièrement importé. Les services offerts lors de l’introduction des forfaits 5G seront… les mêmes qu’aujourd’hui ! Sans compter l’augmentation de la fracture numérique… Nous devrions consacrer notre temps et nos moyens à d’autres priorités. (Shift Project) *

Il faut de l’innovation technologique pour que chacun ait l’impression que son niveau de vie s’améliore. L’urgence climatique et la raréfaction de nos ressources voudraient qu’on se mette plutôt à la diète… A voir les températures en Australie et la détérioration de pans entiers des services que nous offrait jusqu’à présent gratuitement la biosphère, on peut en effet s’interroger sur nos priorités. Notre mode traditionnel d’existence, notre capacité à faire beaucoup avec peu, le fait de flâner plutôt que de regarder son smartphone… importent-ils moins que le cycle sans fin d’innovations sans réflexion ? Le superflu, le double emploi, l’inutile gadget aggrave notre présent et devient mortel pour nos générations futures. On peut classer, on devrait politiquement classer toutes nos activités de la plus approprié à l’absolument inacceptable :

– Bouche à oreille > téléphone fixe collectif > téléphone fixe au foyer  > téléphone mobile > mobile 3G > nouvelle génération 4G, 5G…

– Energie humaine > solaire passif > éolien > hydroélectrique > bois > biomasse > photovoltaïque > agrocarburants > Gaz > pétrole > nucléaire > charbon

– Maison non chauffée > bois > Géothermique > gaz > électricité > fuel > charbon

– Radio  > cinéma (collectif) > télévision noir et blanc (individualisée) > télévision couleur analogique > passage au numérique >société des écrans

pour en savoir plus, L’art de classer ce qui est bien ou mal
* LE MONDE du 10 janvier 2020, « La 5G est-elle vraiment utile ? »

Vers de terre et humains, même combat

1er acte. Les fongicides ou SDHi (pour « inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ») bloquent le fonctionnement d’une enzyme (la SDH) nécessaire à la respiration cellulaire des champignons. Ce mécanisme est présent non seulement chez les champignons, mais aussi chez la majorité des organismes – des vers de terre aux insectes en passant par les humains. Avec, comme risque, de voir se développer des maladies chroniques induites par le défaut de fonctionnement de la SDH : « encéphalopathies sévères », « tumeurs du système nerveux  », « prédispose en outre à certains cancers du rein ou du système digestif », est associé à la maladie de Huntington, de Parkinson… détaillaient des chercheurs en avril 2018. En réponse à cette mise en garde, l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu, dans un rapport rendu en janvier 2019, à l’absence d’alerte sanitaire, tout en recommandant la poursuite de la recherche.

2e acte. La Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé ­publique et d’environnement (cnDAspe),une instance officielle indépendante constituée de 22 experts bénévoles, a publié, mardi 19 novembre 2019, un avis estimant que l’alerte était fondée, étayée par « des données scientifiques de qualité ». Les données montrent bien, sur des cultures cellulaires, que les substances appartenant à la famille des SDHI ne ciblent pas seulement les champignons et les moisissures, mais une diversité d’organismes comme l’abeille domestique, le lombric ou l’être humain. Le recul n’est pas suffisant sur les usages actuels de plusieurs de ces produits pour pouvoir se fonder sur des données épidémiologiques relatives aux personnes exposées. Sur les onze substances en question, huit ont été autorisées pour la première fois il y a moins de dix ans.La controverse illustre un hiatus grandissant entre la science réglementaire d’une part (tests standardisés avant une autorisation de mise sur le marché) et la science académique de l’autre, c’est-à-dire l’ensemble des connaissances publiées dans la littérature savante. Elle pose la question des conditions d’application du principe de précaution.

3e acte. « Des travaux financés par l’Anses ont été publiés en 2012 et montrent que le bixafène (l’un des SDHi) est génotoxique [toxique pour l’ADN] in vitro, écrit la députée Mme Batho. Les experts toxicologues disent que ce type de résultat doit être confirmé in vivo : j’ai donc demandé à l’Anses si, depuis sept ans, de tels travaux avaient été entrepris. » L’Anses n’est pas en mesure de répondre !

Merci Stéphane Foucart, journaliste scientifique du MONDE, de nous tenir éveillé sur les risques techno-scientifiques. Le gros problème, c’est combien de nos concitoyens sont éduqués pour s’y retrouver au milieu des SDH, Anses, SDhi, cnDAspe ? La réponse inexpliqué pourquoi le complexe chimico-industriel garde le pouvoir, avec son fric, son pouvoir de lobbying au niveau politique et ses scientifiques qu’il rétribue pour justifier ses poisons.

NB : Vous pouvez signer une pétition en ligne contre glyphosate et SDhi,

https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/stop-glyphosate-sdhi/67626

ET vous pouvez envoyer une lettre à vos élus,

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/sdhi/

Reconnaissance faciale, techno à sale gueule

Rappelez-vous l’étoile jaune cousue sur les vêtements de façon inamovible, marque d’infamie que tous les juifs étaient obligés d’exhiber. Ce sera pire avec l’authentification biométrique qui aura pour conséquence d’instaurer un « contrôle permanent et généralisé » au nom du « solutionnisme technologique » ! Le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O a même estimé qu’« expérimenter » la reconnaissance faciale était « nécessaire pour que nos industriels progressent ». Il faudrait que les industriels français comme Thales ou Idemia ne perdent pas pied face à la concurrence chinoise, américaine ou israélienne. Il suffit de travailler l’« acceptabilité sociale » de ces technologies. État et industriels font front commun pour parler d’expérimentations « contrôlées », le temps d’œuvrer à la banalisation de ces technologies et de mettre la population devant le fait accompli. Ce sera la soumission volontaire dénoncée il y a déjà fort longtemps par La Boétie, sauf que nous ne serons pas le jouet d’un dictateur bien personnifié, mais victime d’un système de contrôle omniprésent aux mains de personne dont on ne connaîtra jamais les identités. Emmanuel Macron souligne que « l’administration seule et tous les services de l’Etat ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste. C’est la nation tout entière qui doit s’unir, se mobiliser, agir. Dans une société de vigilance, il faudra savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi les déviations. » L’alibi du terrorisme paraît implacable, un système de délation se met en place officiellement. Si nos grands-parents avaient vécu au début des années 1940 dans un monde saturé de tels dispositifs électroniques, ils n’auraient pas pu tisser des réseaux clandestins capables de résister au régime nazi.

Les technologies biométriques augurent un changement de paradigme dans l’histoire de la surveillance. A terme, elles reviennent à instaurer un contrôle d’identité permanent et généralisé, exigeant de chaque personne qu’elle se promène en arborant une carte d’identité infalsifiable, qui pourra être lue sans qu’elle ne le sache par n’importe quel agent de police. Mais les femmes seront-elles protégées d’un féminicide, une caméra de surveillance pourra-t-elle déjouer l’acte terroriste d’un loup solitaire ? Ces coûteuses machines seront incapables d’apporter la sécurité vantée par leurs promoteurs. Elles accompagnent l’extension de la répression au détriment de la prévention, si ce n’est la prédiction. Grâce aux algorithmes, Facebook s’engage déjà à détecter les comportements potentiellement suicidaires de ses utilisateurs pour mieux les protéger d’eux mêmes. La police chinois du Net a pour fonction de gérer les alertes et de prévoir les comportements déviants. Sous couvert d’efficacité, la technologie conduit à déshumaniser encore davantage les rapports sociaux, tout en éludant les questions politiques fondamentales qui sous-tendent des phénomènes d’une violence multiforme.

Nous sommes dans une société de masse où l’individu ne fait plus partie d’une communauté où tout le monde se connaît et n’a pas besoin d’une surveillance extérieure. Les habitants des bidonvilles constituent déjà en moyenne 40 % des citadins dans les pays dits « en développement », ce n’est pas une urbanisation gérable même en multipliant les caméras de surveillance… sauf si un système totalement totalitaire se met en place comme dans la Chine de Xi Jinping. Jamais il n’y aura assez de policiers (étymologiquement « créatures de la cité ») pour contrôler une société non policée. Jamais nous aurons suffisamment de ressources énergétiques pour perpétuer durablement une société informatisée si complexe qu’elle risque les effondrements en chaîne.

Cultiver la terre avec bêche et brouette, le rêve

(texte de 1820) Dans notre agriculture, si les chevaux, qui par la quantité de produits qu’ils consomment, sont l’espèce de capital fixe la plus désavantageuse, étaient abandonnés, il est probable qu’une partie des terres qui donnent aujourd’hui du blé resteraient sans culture. Les fonds de terre peu fertiles ne pourraient jamais rapporter assez pour payer le travail de la culture à la bêche, les frais nécessaires pour faire venir les engrais de loin à la brouette, et pour transporter les produits de la terre à des marchés éloignés avec cette même sorte de véhicule. Dans ce cas, il y aurait une grande diminution dans la quantité de blé produite, et par conséquent une grande diminution dans la valeur du produit ; de sorte que la valeur des fonds destinés à entretenir le travail venant à baisser, la demande de travail baisserait dans la même proportion.

On a prétendu dernièrement que la culture à la bêche rapporte à la fois un plus grand produit brut et un plus grand produit net. Je me sens très disposé à me soumettre à l’expérience bien constatée , mais si l’expérience est favorable à cette option, rien ne doit être plus étonnant que de voir encore employer des charrues et des chevaux dans l’agriculture. Et en supposant même que l’usage de la bêche puisse, dans quelques terrains, améliorer la terre au point de payer les frais additionnels du travail, cependant, comme il faut avoir des chevaux pour porter des engrais à des distances considérables, et pour voiturer les produits du sol au marché, le cultivateur ne peut pas trouver son compte à employer des hommes à bêcher la terre, tandis que ses chevaux resteraient oisifs dans l’écurie. D’après ce que l’expérience nous a appris jusqu’à présent, je dirais que c’est le commerce, le prix et l’intelligence, qui pourront rendre productifs les terrains des pays pauvres, et non la bêche. Et d’ailleurs on ne saurait rien conclure de ce qui se passe sur quelques coins de terre rapprochés des terres et des habitation, relativement à la culture d’un grand pays.

D’un autre côté, si, par l’introduction d’une plus grande quantité de capital fixe, on pouvait cultiver la terre et en faire porter les produits au marché à bien moins de frais, on pourrait augmenter considérablement les produits par la culture et l’amélioration de tous nos terrains en friche ; et si l’emploi de ce capital fixe n’avait lieu que de la seule manière qui nous paraisse possible, c’est-à-dire graduellement, il n’y a pas de doute que la valeur des produits bruts du sol ne se maintienne à peu près à son ancien niveau. L’augmentation considérable de la quantité de ces produits, jointe au plus grand nombre de personnes qui pourraient être employées aux manufactures et au commerce, causerait inévitablement une très grande augmentation dans la valeur échangeable de la totalité des produits, accroîtrait les fonds consacrés à l’entretien du travail, et ajouterait ainsi à la demande des bras et à la population.

Malthus, Principes d’économie politique (Calmann-Levy 1969 p.189-190)