sciences et techniques

L’IA, la France en veut… ou pas

La publication le 25 mai 2026 par le pape Léon XIV de l’encyclique Magnifica humanitas (« Magnifique humanité ») « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle » (IA), constitue un manifeste politique d’une portée inédite. Aucun gouvernement, aucune autorité de régulation, aucun think tank n’avait encore proposé une réflexion aussi aboutie et articulée sur cette révolution technologique.

Un article du MONDE montrent que l’IA est considérée politiquement comme une opportunité, un autre souligne les risques en utilisant le message du pape Léon XIV.

Le dernier sommet Choose France d’Emmanuel Macron confirme la course au gigantisme des centres de données pour l’IA

https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/01/le-dernier-sommet-choose-france-d-emmanuel-macron-confirme-la-course-au-gigantisme-des-centres-de-donnees-pour-l-intelligence-artificielle_6695879_3234.html

extraits : L’Hexagone est une terre d’accueil pour les gigantesques centres de données destinés à l’intelligence artificielle (IA). Quarante-cinq milliards seront dépensés d’ici à 2031 pour la construction de trois centres de données. Chacun aura une puissance de 1 gigawatt (GW), soit presque autant que la capacité actuelle déjà installée en France (1,3 GW) et près des deux tiers de celle du réacteur nucléaire EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (1,6 GW). Cela sera officialisé par Emmanuel Macron lors du neuvième sommet Choose France le 1er juin 2026. La loi de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel le 27 mai, prévoit un article pour faciliter l’installation sur le sol français de ces infrastructures….

« Il est urgent d’écouter l’alerte lancée par l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA »

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/01/il-est-urgent-d-ecouter-l-alerte-lancee-par-l-encyclique-du-pape-sur-l-intelligence-artificielle_6695916_3232.html

extraits : Qu’il faille attendre qu’une autorité spirituelle pose le débat sur la protection de l’humain en dit long sur l’affaiblissement du pouvoir politique, qui peine à se hisser à la hauteur des enjeux civilisationnels de l’IA Il s’agit d’alerter sur le risque d’une dilution de la dignité de l’individu, face à la promesse d’une efficacité désincarnée à l’ère de l’algorithme. Le pape estime qu’il ne faut pas attendre que les processus technologiques arrivent à maturité pour chercher à les canaliser. Si l’impact de Magnifica humanitas doit prendre plusieurs générations pour infuser, il y a un sérieux risque pour que les dégâts causés par l’IA soient irrémédiables. La technologie se propage à une vitesse vertigineuse, dans toutes les couches de la société et à l’échelle de la planète, bien plus rapidement que ne peuvent se former des contre-pouvoirs que le Vatican appelle de ses vœux. Une technologie comme l’IA qui façonne l’attention, organise l’information et anticipe les comportements, aura toutes les facilités pour se déployer en neutralisant sa propre contestation. L’histoire regorge de ces aveuglements où l’absence de garde-fous a fini par provoquer un retour de bâton bien plus destructeur que la régulation initialement refusée….

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Le pape Léon XIV, un pacifiste convaincu (l’IA et la guerre, 27 mai 2026)

extraits : Le choix par Léon XIV de la date anniversaire de Rerum novarum, le 25 mai, pour signer Magnifica humanitas (« Magnifique humanité »), est lourd de sens. Consacrée à l’intelligence artificielle (IA), c’est sa première encyclique : les « algorithmes opaques » contrôlés par des firmes privées menacent de faire apparaître de « nouvelles formes de déshumanisation ». Mais l’encyclique « Magnifica humanitas » est aussi une critique de la guerre automatisée et de la doctrine de la « guerre juste ». En résumé….

L’IA menace 5 millions de salariés en France (25 mars 2026)

extraits : D’ici deux à cinq ans, 16,3 % de l’emploi français serait menacé par le déploiement de l’IA générative, soit près de 5 millions de personnes. L’IA agentique [qui permet l’analyse, la planification et l’exécution autonome d’opérations] peut combiner plusieurs actions, et pourrait automatiser des flux de travail entiers de certains métiers. Il s’agit d’activités en général très qualifiées, bien rémunérées : ainsi les 10 % des plus hauts revenus de la population française sont menacés à hauteur de 22,1 %. Certains promettent un « jobs apocalypse ». Peu de secteurs sont épargnés. Dans l’industrie, les métiers manufacturiers sont protégés. Mais il y a aussi des ingénieurs qui sont, eux, menacés . Il y aurait un effet de ciseau sur les finances publiques, avec moins de cotisations, et plus des demandeurs d’emploi à indemniser….

Objection de conscience face à l’IA générative (9 mars 2026)

extraits : Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser »….

L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois (18 février 2026)

extraits : Jusqu’à présent on a a fonctionné sur le processus de destruction créatrice, la destruction d’emplois dans un secteur étant compensé par la création dans d’autres secteurs innovants. Mais c’est un mythe, le chômage est devenu structurel depuis les années 1970. Dans les pays développés, on a caché cette réalité par l’endettement public pour conserver à crédit des emplois qui n’avaient pas de réelle utilité. L’IA ne fait qu’amplifier l’évolution, mais au prix d’une débauche d’énergie exosomatique, la machine remplace les esclaves. Notre présent est donc sombre, mais l’avenir encore plus car quand on n’aura plus suffisamment d’énergie fossile et autres substituts, le système d’informatisation numérique tombera en panne et tous les emplois surnuméraires se transformeront en violence généralisée…

Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) (6 février 2026)

extraits : Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, OpenAI (ChatGPT) de Sam Altman, Anthropic de Dario Amodei, et SpaceX d’Elon Musk. OpenAI a promis de réaliser quelque 1 400 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années, soit cent fois son chiffre d’affaires de 2025. Il ne dispose naturellement pas des capitaux suffisants. Anthropic tente actuellement de lever 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards de dollars. SpaceX, valorisée récemment 800 milliards de dollars, rêve d’une introduction en bourse à plus de 1 000 milliards….

L’intelligence artificielle atteint ses limites (15 juin 2025)

extraits : L’IA générative apprend en ingurgitant : un modèle de texte est nourri de livres, d’articles, de sites web ; un modèle d’image doit avaler des millions d’images légendées. Une fois cette base de données constituée, on crée un cerveau artificiel sans souvenirs, qui ne sait rien au départ. Il va alors apprendre par essais, en faisant des erreurs… Mais l’entraînement des machines semble désormais moins problématique que son utilisation massive. De 100 millions d’utilisateurs hebdomadaires fin 2023, ChatGPT aurait atteint les 400 millions en février 2025 pour doubler de taille avec 800 millions d’utilisateurs actifs en avril…

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L’intelligence artificielle vue par Léon XIV

Même si on est athée, la condamnation par le pape Léon XIV de l’omniprésence des risques de « l’intelligence artificielle » mérite d’être connu de tous et toutes, d’autant plus que cela s’adresse aussi à plus de 1,3 milliard de baptisés catholiques.

Dommage que les catholiques ne soient pas des militants qui mettent en œuvre ce que dit le pape… On l’a déjà vu pour l’encyclique du pape François sur le climat, les catholiques prennent encore leur voiture thermique et même l’avion !

Résumé de l’encyclique Magnifica Humanitas quant à l’intelligence artificielle

43. Avec Laudato si’, François propose la première grande analyse systématique de la crise environnementale dans une Encyclique sociale, en montrant qu’il ne s’agit pas d’une question sectorielle, mais de l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine. Dans cette optique, reviennent au premier plan la destination universelle des biens, la critique d’un paradigme technocratique prétendant tout réduire à un objet de domination.

67. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, il se crée un déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus.

76. Tout comme l’environnement naturel, l’“écosystème numérique” peut être préservé ou exploité, partagé ou monopolisé. La solidarité exige que les choix en matière de données, d’algorithmes, de plateformes et d’intelligence artificielle tiennent compte non seulement de l’avantage immédiat de certains, mais aussi de l’impact sur l’ensemble des peuples comme sur les générations à venir.

85. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ?

LE PARADIGME TECHNOCRATIQUE ET LE POUVOIR NUMÉRIQUE

92. Dans l’Encyclique Laudato si’, le Pape François dénonçait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique dans le monde globalisé : la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et économiques. La technique n’est pas un simple instrument, elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant.

93. Les innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique. Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualité : « L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir ».

95. Dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités.

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

97. Je me limiterai à rappeler quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui préserve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité l’usage et les limites.

98. Il convient de formuler deux remarques préliminaires : la première est que toute affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsolète, compte tenu de la vitesse impressionnante à laquelle ces systèmes évoluent. La seconde est que nous tous, y compris ceux qui les conçoivent, en savons peu sur leur fonctionnement réel. Les intelligences artificielles modernes sont en effet davantage “cultivées ” que “construites” : les développeurs n’en conçoivent pas directement chaque détail, mais créent une architecture sur laquelle l’IA “se développe”. En conséquence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que les représentations internes et les processus computationnels de ces systèmes – restent pour l’instant inconnus.

99. Il n’est pas possible de donner une définition univoque et complète de l’IA. Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut éviter l’erreur consistant à assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine. Ces systèmes imitent certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste exclusivement liée au traitement des données : les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. Même lorsque ces outils sont présentés comme capables d’“apprendre”, leur manière de le faire diffère de celle de l’être humain. Il ne s’agit pas de l’expérience de celui qui se laisse façonner par la vie et grandit au fil du temps à travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la fidélité ; il s’agit plutôt d’une adaptation statistique à partir de données.

100. La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus médiatiques et des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour peut s’avérer gratifiante et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Le risque n’est alors pas tant qu’une personne croie parler à une autre personne, mais qu’elle perde le désir même de rechercher véritablement l’autre.

101. Une adoption rapide et sans discernement nous expose à divers risques, notamment celui de sous-estimer son impact environnemental. Les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière intensive. Avec l’augmentation de la complexité, notamment dans les grands modèles linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacité de stockage augmentent également, s’appuyant sur un ensemble de machines, de câbles, de centres de données et d’infrastructures énergivores. C’est pourquoi il est essentiel de développer des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison commune.

102. L’utilisation de l’IA n’est jamais un fait purement technique. Il peut y avoir des utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information ou la violation de la vie privée, mais il peut aussi y avoir un danger moins évident, lorsque les systèmes d’IA, se présentant comme neutres et objectifs, reflètent et renforcent les stéréotypes ou les positions idéologiques de ceux qui les ont conçus et formés.

103. Confier, dans les faits, à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne mérite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette décision, revient à lui confier la tâche de redéfinir les limites des possibilités humaines.

104. Il en découle une conséquence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations.

106. Appeler à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement dans l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais faire preuve d’une attention responsable envers la famille humaine.

107. Nous ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le courage de poser une condition supplémentaire : la possibilité de débattre du code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale partagés.

108. En effet, comme c’est le cas pour toute grande avancée technologique, l’IA tend surtout à renforcer le pouvoir de ceux qui disposent déjà de ressources économiques, de compétences et de l’accès aux données. La propriété des données ne peut être confiée uniquement à des acteurs privés, mais doit être réglementée. Elles sont le fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent être vendues ou confiées à quelques-uns. Une créativité capable de les gérer comme un bien commun ou collectif est nécessaire,

110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur : “désarmer”. Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive. C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie.

La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

118. Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite.

127. L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour.

129. L’humanisme chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus élevée. En fin de compte, la question décisive reste celle posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle « la vie humaine sur la terre “plus humaine” à tout point de vue ? La rend [-elle] plus “digne de l’homme” ? ». Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une opportunité sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.

132. Les plateformes numériques et les systèmes d’IA pourraient favoriser le débat et la participation, ils sont souvent utilisés pour construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste.

134. La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est elle-même un instrument de participation au bien commun.

136. Ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les moyens de communication ont une capacité remarquable pour influencer l’imaginaire collectif et présenter comme désirable une certaine vision de la réalité. C’est un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la liberté intérieure et la pensée critique.

37. La vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication : établir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont sélectionnés et amplifiés, journalisme sérieux et des lieux de débat où comptent davantage l’argumentation et la vérification que la réaction immédiate ; du côté de l’école, la croissance du besoin d’une nouvelle conscience éducative et la formation à l’utilisation correcte et critique des outils numériques, de l’IA pour former à la fois à la capacité de relier et de fusionner les connaissances, à appréhender la complexité, ainsi qu’aux techniques de vérification des faits.

139. À une époque où la vérité est souvent soumise aux intérêts et aux stratégies de communication, le monde de l’éducation revêt une importance cruciale. Mais l’omniprésence des médias numériques engendre une culture de l’immédiateté et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue et l’apathie face à l’effort nécessaire pour rechercher la vérité.

140. Au contraire, les processus éducatifs ont besoin de temps de croissance, d’une confrontation avec la réalité au-delà des apparences et d’un cheminement patient. La question est fondamentale, car toute technologie éduque ceux qui l’utilisent. Éduquer à l’utilisation de l’IA implique donc d’éduquer à décider quand et pourquoi ne pas l’utiliser.

Texte intégral : https://static.bayard.io/la-croix.com/cue/download/Lettre-encyclique-MAGNIFICA-HUMANITAS-du-Saint-Pere-Leon-XIV.pdf

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Quelques extraits de la Lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS du Saint-Père LÉON XIV pour promouvoir la paix

La lettre encyclique MAGNIFICA HUMANITAS

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Bienvenue dans le monde « offline »

Nous sommes passés du règne du divertissement au règne de la distraction. Une distraction perpétuelle, délétère, notamment pour les enfants et les adolescents. Ce tsunami d’images et de vidéos dans lequel nous vivons peut provoquer une forme d’écœurement, de vacuité émotionnelle. Anxiété, troubles du sommeil, isolement, attention en miettes, dépression… Les symptômes de notre addiction collective aux réseaux sociaux sont largement documentés. Et si on débranchait tout ? Clubs de marche, de lecture et expériences d’ascèse low-tech se multiplient pour socialiser dans la « vraie vie ». .

Séverine Pierron : Les smartphones sont des machines de distraction massive. Si tout le monde semble être vampirisé online, ce sont la « gen Z » et les millennials qui font preuve de la plus grande lucidité face au phénomène. Les expériences pour kiffer la vie offline et socialiser « IRL » (pour in real life, « dans la vraie vie ») se multiplient dans les grandes villes. Pour éviter tout scrolling intempestif, il est même possible de glisser son smartphone dans une boîte fermée à clé, à l’entrée de l’événement. Lors d’une reading party, on était venue lire son bouquin en silence ; l’invité spécial de cette après-midi studieuse était Carl Honoré, l’auteur d’Eloge de la lenteur, un best-seller en 2004 qui prône la « slow life ».

A rebours des sites de streaming qui proposent des millions de morceaux, les bons vieux baladeurs MP3 ne contiennent qu’une sélection réduite de titres – et surtout, avec eux, zéro notification ou boucle de messages pour nous déranger. Les ventes d’iPod ont grimpé de 30 % ces deux dernières années – pas mal pour un objet sorti en… 2001. L’« analog bag » est un sac fourre-tout rempli de trucs révolutionnaires pour ne pas s’ennuyer sans son écran, comme des carnets à dessins, une boîte de puzzle, des sudokus, un nécessaire de tricot… Pour réduire son screen time (« temps d’écran »), il existe des applis (Opal ou Jomo, par exemple) qui brident le temps passé sur les réseaux. Mais le Graal de nos apprentis néoluddites reste le dumbphone, soit l’inverse du smartphone (dumb signifie « idiot », en anglais) – un téléphone réduit à ses plus simples fonctionnalités, sans accès au Web.

Dans notre monde tyrannisé par les algorithmes, savoir se déconnecter est désormais valorisé et désirable.

Le point de vue des écologistes débranchés

– C’est bien, mais c’est comme l’écologie individuelle, ça ne remet hélas pas en cause le système global qui lui continuera à vendre ses smartphones comme il continue à polluer. Il faut que les luttes soient aussi et surtout politiques.

Les luttes ne deviennent politiques que s’il y a des individus pour porter le truc : l’État n’est jamais en avance, il ne fait que s’adapter avec retard aux changements individuels.

– « offline » ça signifierait simplement pas de compte Instagram, Facebook, Tik-Tok, pas d’achats en ligne, pas de réservation de billets ou de spectacle via Internet, voire même pas d’Internet du tout.

En tout cas la photo argentique m’incitait autrefois à être plus réfléchi. Maintenant j’empile des milliers de photos que je n’aurai même pas le temps de regarder.

– Et le livre ? Cet objet qu’on peut amener partout… et même chez soi !!!

Débranché, club de marche, club de lecture. On les a ces foutus mots ! Tjrs obligé de le dire en anglais alors qu’on est pas fichu d’aligner 2 phrases correctes.

– Allez, une solution simple….déconnectez vous des réseaux non pas 28 jours (off friday), mais 365. Et restez calmes, ça va bien se passer.

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Le smartphone nous pourrit la vie

Autonomie de la technique, obligation du téléphone portable

Écrans, décérébration à grande échelle

Techniques… appropriées ou néfastes

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

sans portable ni carte bancaire, ce sera notre avenir

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Gestation pour autrui, non sens démographique

Comme on ne peut pas avoir une croissance économique infinie dans un monde fini, de même on ne peut pas avoir une croissance démographique infinie dans un monde fini. Faire un enfant de moins est beaucoup plus efficace pour économiser du CO2 que de renoncer à posséder une voiture, surtout quand on appartient aux classes moyennes mondiales, la classe globale. Ce n’est pas ce que pensent les adeptes de la mère porteuse ou gestation pour autrui (GPA).

Geneviève Delaisi de Parseval et Israël Nisand : Ce qui définit la mère n’est pas l’utérus où on a grandi, ni même les gamètes dont on est issu mais le processus d’adoption psychique dont on a été l’objet. On le sait depuis longtemps pour la paternité, qui est toujours une adoption. C’est aussi le cas de la maternité, même si cela est plus difficile à admettre. L’enfant subit-il un abandon par sa mère porteuse ? En réalité, il est déjà adopté en prénatal par une autre femme et par un père qui sont ses parents d’intention. Un enfant à qui les choses sont expliquées sainement est parfaitement à même de comprendre la manière dont il a été conçu.

Il est donc essentiel que la future loi de bioéthique fasse cesser l’ostracisation injustifiée de la gestation pour autrui (GPA). La législation actuelle donne un certain confort : elle interdit tout, sauf la greffe d’utérus qui n’a fait l’objet d’aucun débat. La France s’honorerait de ne pas laisser plus longtemps en jachère ce sujet difficile en se contentant, sans débat national sur le sujet, d’envoyer vers l’étranger nos couples en souffrance.

Les commentaires sur lemonde .fr

Toctoctoc : On résume, d’un côté la science nous explique qu’il est essentiel de comprendre que le fœtus est un être vivant et conscient qui écoute tout, réagit et participe tout en se nourrissant littéralement de sa mère, de l’autre si j’en crois cette tribune ce lien charnel et environnemental n’a aucune importance pour le bébé puisque seule compte pour cet enfant « l’intention de parentalité » des adoptants. Sacré dilemme, qui vais-je croire?

Indecence : Est-ce qu’on peut arrêter de faire semblant que la psychanalyse a une légitimité? Non parce que sinon on peut aussi donner la parole à un prêtre au même titre hein, je suis sûre qu’il aurait plein de choses à dire aussi sur la GPA…

Gilplus : La psychanalyse n’a pas plus de valeur scientifique que l’astrologie ou le coaching vibratoire. Tout cela pour dire que si l’on peut être d’accord avec l’idée annoncée d’«une meilleure prise en considération dans la loi des mécanismes psychologiques qui fondent le sentiment de parentalité et les liens familiaux», la psychanalyse n’a aucune légitimité pour servir de fondement à ce débat sur la GPA.

Michel Sourrouille : Pourquoi des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfants font appel à une mère porteuse alors qu’elles pourraient adopter un enfant qui souvent n’attend que ça ? D’autant plus que la sociologie nous apprend que c’est la socialisation primaire qui fait l’identité d’un enfant et non la relation biologique. Les adeptes de la GPA sont des natalistes sans s’en rendre compte… il faut avoir des enfants à n’importe quel prix, fécondation médicalement assistée, exploitation d’une mère porteuse, et demain pourquoi pas l’utérus artificiel !….

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Tirer des indications morales de la GPA

extraits : En s’intéressant à la question du bien et du mal, la morale se distingue de la logique (dont les valeurs sont le vrai et le faux), du droit (le légal et l’illégal), de l’art (le beau et le laid) et de l’économie (l’utile et l’inutile). Les règles morales peuvent être vues comme de simples habitudes qui ont fini par s’imposer à un groupe social. La morale est donc une construction sociale, ce qui est jugé moral à un moment donné peut être jugé immoral dans d’autres circonstances. Mais peut-on avoir une conception détachée de toute considération morale ? Prenons le cas de la GPA (gestation pour autrui), autrement dit les mères porteuses….

Les mamans aux mains des marchands, la GPA

extraits : La GPA est le dernier avatar de l’esclavagisme, dans lequel des femmes – et maintenant des hommes homosexuels – exigent leur « droit à l’enfant » et louent le ventre d’une autre femme généralement dans un pays pauvre pour lui faire fabriquer « leur » enfant. Notre époque formidablement friquée pour des trucs inutiles connaît une obstination déraisonnable aux deux extrémités de notre ligne de vie : notre venue au monde et notre trépas. D’un côté, il y a l’acharnement thérapeutique en fin de vie. De l’autre, le désir d’enfant qui passe par la GPA. Pourquoi ces obsessions anti-nature ? Parce que notre système libéral veut nous faire croire que tout est possible, il suffit de vouloir…

pas de PMA, pas de GPA, pas d’enfant !

extraits : « Chacun de nous enlève la capacité aux suivants de vivre correctement ici », affirme Laure Noualhat qui ne veut pas d’enfant. Sa décision est d’abord liée à ses convictions écologiques. « Je politise mon ventre vide », plaisante la quarantenaire. Aux États-Unis, on les appelle les GINKS, pour « Green Inclination No Kids » (engagement vert, pas d’enfant), nullipares en français…

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PMA, un seuil à ne pas pratiquer ?

La population française sait parfaitement qu’il ne faut pas dépasser la limitation de vitesse sur routes. Mais elle ignore dans sa grande globalité que nous avons dépassé les limites de la planète et qu’il faudrait instaurer des limites dans tous les domaines. Le mensuel La décroissance de novembre 2014 insiste à juste titre sur ce qui constitue un des fondements de la pensée écologique, retrouver le sens des limites. Nous allons développer ce que dit Marie sur la PMA, procréation médicalement assistée, la technologisation de notre sexualité :

« Quand on est un couple infertile, si l’on ne veut pas du genre PMA-GPA, pour les grands médias, c’est incompréhensible… Bientôt on vous dira que c’est de votre faute si vous souffrez d’être infertile en vous renvoyant à votre refus d’utiliser les biotechnologies… Mais  pourquoi refuserions-nous de penser les limites dans la procréation et dans le même temps insisterions-nous sur la nécessité de prendre en compte les limites de la planète pour tout le reste ?… »

Le point de vue des écologistes techno-conscients

Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes.

Pour Simone de Beauvoir, la femme n’est pas vouée à la fécondation et certaines féministes aujourd’hui choisissent la nulliparité même quand elles sont fécondes. Avoir un enfant même si on ne peut pas est-il vraiment un droit quand toute naissance supplémentaire aujourd’hui, particulièrement dans un pays riche, consume la planète en surconsommant ? Nous devrions au contraire assumer politiquement un choix raisonné en limitant le nombre des naissances. Ne pas avoir d’enfant n’est pas plus douloureux et insupportable que bien d’autres manques dans la vie.

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Procréation médiatique assistée, un conditionnement (décembre 2012)

extraits : La procréation médicalement assistée ne serait pas entrée dans les mœurs si les médias n’avaient pas cultivé le sensationnel pour booster l’audimat. Prenons le débat sur la fécondation in vitro dans la presse canadienne : « Comment ne pas voir se profiler des mutations anthropologiques sans précédent : « L’élevage de fœtus pourrait devenir réalité dans un proche avenir »… « Enceinte de douze enfants »… « Naissance des premiers quintuplés in vitro »… « Un jumeau de rechange au congélateur ! »… « L’homme pourrait bientôt mettre des enfants au monde »… « Une Romaine accouche du fils de sa mère »… « Naissance « vierge » en G.B. »… « Enceinte de ses petits-enfants »…etc. Incroyable amalgame de « nouveautés » techniques, de dérives, de délires, de transgressions enrobées de l’aura de prouesses biomédicales… » Les médias semblent convertis au tout économique, sous l’influence de l’industrie du vivant sous toutes ses formes. L’absence de sens critique à l’égard du bio-pouvoir aboutit en fait à servir certaines stratégies publicitaires…

pensée des limites et procréation médicalement assistée (janvier 2013)

extraits : Nous avons abandonné la fabrication des yaourts propre à l’économie domestique. Alors pourquoi ne pas appliquer ‘la règle du yaourt’ à notre procréation ?  Pourquoi ne pas s’en remettre à la techno-science pour concevoir les enfants ? La société de croissance nous a tellement habitués à dépendre de techno-organisations complexes et à y voir les conditions du progrès. En nous plongeant dans un univers urbain artificialisé, elle a renforcé notre sentiment d’être au centre de tout et accru l’importance que nous portons à l’écoute de nos propres désirs, quitte à passer par-dessus les contraintes biologiques. A quand la gestation en labo pour les couples homo mâles ? ….

Un technologue face à la procréation médicale assistée (février 2013)

extraits : Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La PMA est une technique sophistiquée, connaissant beaucoup d’échecs et possible financièrement seulement dans un pays riche (ou pour les riches des pays pauvres). On peut aborder aussi une troisième dimension, l’équilibre nécessaire entre une population et son écosystème. Médicaliser la procréation, c’est vouloir pallier à une insuffisance naturelle, la stérilité. Or la démesure de notre empreinte écologique humaine, qui dépasse déjà la capacité de charge de la biosphère, devrait nous inciter à accepter une stérilité, qu’elle soit masculine ou féminine, naturelle ou forcée (couple homosexuel)….

Quelles limites à la procréation médicalement assistée ? (avril 2014)

extraits : Notre système démocratique montre que tout et son contraire est possible quand se dégage un consensus. Mais où sont les limites, la référence ultime ? Le père du premier bébé éprouvette, Jacques Testard, se confie  :

« Les dérives actuelles de l’AMP (aide médicale à la procréation) pour raisons sociétales ont davantage à voir avec des  comportements individuels qu’avec des inventions scientifiques ; depuis toujours un complice pouvait se substituer au mari pour féconder… je suis consterné par les positions d’EELV sur l’AMP, comme si les écologistes d’appareil reniaient les fondements mêmes de l’écologie, avec les principes de frugalité, d’autonomie et de convivialité. Qu’en est-il de l’autonomie des personnes quand l’enfant est fabriqué par des spécialistes alors qu’une démarche responsable permettrait d’en assumer la technicité rudimentaire ?Il nous faut plutôt construire une civilisation inscrite dans la nature, car nous sommes de la nature, et ses atteintes deviennent vite les nôtres. Contre l’autonomie de la technique, il faut opposer l’autolimitation de la puissance. Et cela passe logiquement par l’objection de croissance…

Annexe documentaire

LE MONDE se fait complice du dépassement des limites en donnant une place démesurée à la procréation médicalement assistée (PMA)

28 avril 2026, Face au défi démographique, ouvrons un débat sur l’évolution du modèle français de la PMA

Un collectif de plus de 100 gynécologues, biologistes et patients appelle à mettre en œuvre les moyens qui permettraient d’augmenter l’accès à la procréation médicalement assistée et au don de gamètes : « Les délais d’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) restent élevés et ne se réduisent que marginalement. Dans un contexte de baisse durable de la natalité, le constat est clair : l’effort ne suffit toujours pas à couvrir les besoins… Face au défi démographique auquel la France est confrontée, cette situation dépasse le seul cadre de la PMA et renvoie à un enjeu plus large : celui de la cohérence entre les ambitions affichées en matière de politique familiale et les moyens effectivement mobilisés pour accompagner le désir d’enfant. »

26-27 avril 2026, la « double vie des femmes cumulant travail et PMA

26-27 avril 2026, Questions sur le diagnostic préimplantatoire des embryons

21 janvier 2026, Thibaud Flament forfait pour l’ouverture du Tournoi des six nations en raison d’un processus PMA avec sa femme, atteinte d’endométriose

1er janvier 2026, Quand la PMA échoue, « la société n’a pas de mots, c’est le silence pour ces couples »

16 octobre 2025, PMA : face au manque de donneuses d’ovocytes, l’idée d’une indemnisation fait son chemin

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L’écran fatigue notre capacité d’attention

L’être humain n’est pas fait pour une stimulation continue. Le sommeil rappelle chaque jour cette limite. En effet nous avons besoin de rythmes discontinus, de seuils d’intolérance  déclarée, de baisse d’intensité. Or, une partie croissante de notre environnement numérique est pensée à l’inverse : sans fin claire, sans véritable point d’arrêt, avec pour horizon implicite la poursuite de l’usage.

Collectif : Depuis des années, une partie de l’économie numérique repose sur une logique simple : capter l’attention, prolonger le temps passé, multiplier les interactions, puis transformer cette intensité d’usage en revenus. Le défilement infini, la lecture automatique, les notifications de réengagement ou certains systèmes de recommandation ne sont pas de simples détails ergonomiques. Ce sont des choix de conception délibérés. Les algorithmes doivent être nommés pour ce qu’ils sont : des mécanismes de captation.

Or l’attention humaine n’est pas une ressource comme une autre. Pour les neurosciences, elle est une fonction limitée, précieuse, continuellement sollicitée, qui conditionne notre capacité à apprendre, à mémoriser, à discerner, à travailler et à entrer en relation. Un service numérique n’est jamais neutre : il organise des parcours, hiérarchise des choix, encourage certains comportements et en décourage d’autres. Quand l’environnement technique fragmente sans cesse nos focalisations, ne prévoit pas de fin d’usage naturelle et relance l’usage au moment même où il devrait s’interrompre, il ne se contente pas d’accompagner nos habitudes : il les façonne en profondeur. Dès lors, on ne peut pas faire reposer sur la seule discipline individuelle la charge de résister à des mécanismes pensés pour prolonger l’usage.

Il revient donc aux concepteurs et aux pouvoirs publics de fixer des règles du jeu plus respectueuses des personnes les plus vulnérables. Le 6 février 2026, la Commission européenne a estimé que TikTok enfreignait le règlement sur les services numériques en raison de caractéristiques de « design addictif », citant notamment le scroll infini (affichage automatique de nouveaux contenus), l’autoplay (lance automatiquement le contenu suivant d’un flux de vidéos), les notifications push (messages que les abonnés reçoivent en fonction des actions précédentes effectuées)…

Le point de vue des écologistes anti-drogue

Rien de nouveau sous le soleil. Une enquête d’Himmelweit, Oppenheim et Vince en GB (Television in the lives of our children – 1961) montre déjà que regarder la télévision est une activité mentale passive. Elle « sollicite les facultés sensorielles de l’affectivité plutôt que l’intelligence… La télé provoque chez l’enfant une perte d’initiative, rend blasé et émousse l’imagination… L’idéologie des moyens de communication de masse tendrait à décourager les activités militantes, surtout celles qui tendent à modifier l’état actuel de la société… La puissance de la communication de masse procède de sa mollesse même… Il y a massage plus que message. »

Un numéro d’Historia enfonce le clou dans les années 1970. Selon une enquête faite en Tarn et Garonne dans un groupe scolaire, les enfants de 9 à 16 ans passent près de 1000 heures par an devant l’écran alors qu’ils n’ont que 800 heures de cours. L’attention des élèves est de plus en plus difficile à fixer. Ils ont de moins en moins le goût de l’effort. Ils attendent du professeur un spectacle !  L’objet technique n’est pas neutre sur la conscience des gens. Si nous restons simple consommateur, impossible de s’apercevoir de notre aliénation par l’objet.

Dire qu’en 2026, les écrans ont envahi toutes les existences ou presque !

Il n’y a pas débat

– Tous les médias cherchent à fidéliser leur audience. Plus l’audience est grande et assidue, plus les revenus publicitaires seront importants. Même LE MONDE recherche le Graal d’avoir beaucoup de clients au détriment de ses concurrents?

Les addictions génèrent énormément de profits, que cela soit de la drogue chimique ou numérique. A ce titre, pourquoi pas considérer les producteurs des applis addictives comme de narcotrafiquants ?

– Je parie que certains vont dire que c’est aux parents et uniquement aux parents d’agir. Ils vont également dire qu’il s’agit ici de responsabilité individuelle et que la collectivité ne doit pas mettre en place des empêchements éthiques à la technique.

– Concrètement comment on fait ? À moins de retirer leur portable à nos adolescents, ils trouveront toutes sortes de moyens pour contourner les garde-fous.

– Il n’y a pas de « contrat ado » proposé par les opérateurs de télécommunications, et il est impossible de raisonner un ado, surtout quand on est ses parents.

– Une seule solution, interdire les écrans aux enfants… tout comme aux adultes.

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Le refroidissement technologique, à éviter

Vincent Peyret nomme « Le refroidissement technologique » l’atomisation produite par l’emprise du numérique : « Si les glaciers fondent, la chaleur humaine aussi sous les assauts conjuguées des interactions par interfaces interposées. Dans cet océan de parcours clients, d’algorithmes tout-puissants et du chacun derrière son écran, l’humanité se fait de plus en plus rare. »

Le récit de ce petit livre, 60 pages pour 5 euros aux éditions Le Monde à l’envers, est crucial. On part d’observations concrètes faites dans la vie de tous les jours. Des caméras omniprésentes, imposées jusque dans la cabine des chauffeur routiers, des GPS pour nous guider, des intelligences artificielles pour converser et œuvrer à notre place, des contenus hystériques qui se déversent sur les réseaux antisociaux, des personnes absentes au monde et indifférentes aux autres dans les transports en commun, happées par leur doudou électronique…

Tout l’appareillage sophistiqué qui nous assiste nous rend dépendant et colonise notre temps de vie. Il est en train de saper l’attention, l’élan vital, l’effort créateur, la relation humaine. La société du sans-contact est insoutenable et insupportable. Coupons l’écran !

Recension de livre par Pierre Thiesset, page 12 du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026.

NB : Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes.

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À l’école des écrans, foutaise antihumaniste

Benjamin Lay, Lille (Nord)

« L’Éducation nationale se veut humaniste et écologistes. Dans ses programmes et instructions officielles, on y trouve donc des ambitions très hautes quant aux valeurs à transmettre aux élèves en matière de respect de droits de l’homme et de l’environnement. Mais l’Éducation nationale a surtout l’amour de la nouveauté et de la modernité.

Après avoir submergé les classes d’ordinateurs et de tableaux informatisés, après avoir rendu obligatoire la connexion des parents et élèves à des systèmes internet en remplacement des cahiers de texte ou des carnets de correspondance, voilà qu’elle fait la promotion de l’intelligence artificielle générative au mépris de son coût humain et environnemental tout en informant, de façon très contradictoire, que trop d’écrans nuit à l’intelligence et la santé mentale.

Elle impose des formations obligatoires sur ce sujet à ses enseignants, même à ceux dont je suis qui disent s’opposer à l’IAg pour les raisons humanistes et écologistes qu’ils sont censés transmettre à leurs élèves. L’Éducation nationale est devenu un rouage parfait de la « start-up nation » macroniste et du système techniciste, un monstre incohérent, aux discours et aux ambitions contradictoires, nuisible pour l’intelligence humaine et environnementale. Tout cela malheureusement avec la complicité servile ou fascinée par la modernité de la plupart des enseignants, des syndicats d’enseignants et forcément de toute la hiérarchie bien formatée de l’Éducation nationale… Heureusement que je suis bientôt en retraite… »

NB : Ce point de vue de Benjamin est issu du courrier des lecteurs du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026. Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes.

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Le sexe virtuel, c’est bandant

Désinhibés par l’anonymat du numérique, certains « gameurs » jonglent d’un sexe à l’autre en fonction de leur avatar et s’aventurent vers de nouveaux rivages érotiques. Parmi le catalogue d’interactions permises par l’interface de dialogue (« flirter », « blaguer », « danser avec »…) d’un jeu vidéo apparaît l’option « faire crac-crac ». Et les deux amantes de se diriger vers un lit, des visuels suggèrent l’acte sexuel… sans rien dévoiler. Dans le cadre bisounours des Sims, chaque personnage est joyeusement bisexuel.

Antonin Gratien

– Lorsque les concepteurs de jeu vidéo mettent en scène la diversité sexuelle, le souci d’inclusivité relève du « pink washing », une stratégie de marketing qui consiste à se draper des atours du progressisme pour toucher un plus large public – et donc écouler davantage de produits.

– Si l’immersion vidéoludique a un tel pouvoir, c’est parce que l’avatar est le lieu privilégié de l’identification et de la projection. Le joueur dépose des aspects du “soi” idéalisés ou réprimés, parce que vécus comme honteux, et dénigrés au quotidien.

– Les jouissances connectées n’ont rien à envier à celles offertes par la sexualité physique. Plus encore : d’ici peu, les premières pourraient bientôt surpasser les secondes en intensité. Pour cela, il suffit d’attendre la création d’implants électroniques qui stimuleraient directement les organes érogènes du cerveau.

Dans la réalité virtuelle, personne ne se soucie de ce que vous êtes derrière l’ordinateur. En ligne, les joueurs sont des “résidents” du métavers [monde virtuel] via leur avatar, avant d’être biologiquement des hommes ou des femmes.

– En 2024, la police britannique a lancé la première enquête pour « méta-viol » dans le métavers d’Horizon World après qu’une adolescente de 16 ans a été victime d’une agression collective – par un groupe d’avatars – alors qu’elle portait un casque de réalité virtuelle !

– Puisque l’avatar fonctionne comme une projection de soi à laquelle on s’identifie, l’expérience du joueur est celle d’une fusion avec son personnage. De sorte que l’intrusion de l’intimité virtuelle peut être ressentie corporellement, et plonger dans un état de sidération qui empêche la déconnexion au moment de l’agression. Et ainsi provoquer un traumatisme. Comme dans un viol en vrai !!!

Le point de vue des écologistes techno-sceptiques

Un peu d’histoire. Le Tamagotchi a été un jouet électronique portable créé au Japon en 1996. En appuyant sur des boutons situés autour d’un petit écran vidéo, on nourrit, lave et soigne un animal virtuel pour qu’il « vive » le plus longtemps possible. Pour la première fois, une compagnie virtuelle est proposée au public. L’arrivée du Tamagotchi a engendré dans le monde entier des sentiments d’attachements avec des compagnons virtuels. Ce genre d’addiction à une machine est de plus en plus présent aujourd’hui en raison des avancées technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle.

Le sexe virtuel n’est qu’un prolongement des Tamagotchis ; la machine devient le partenaire exclusif d’Homo dit sapiens. On préfère l’artifice à la nature. On habitue les enfants à des artefacts relationnels par écrans interposés. Aujourd’hui on préfère se confier à son assistance électronique « intelligente » plutôt que d’avoir une relation en présentiel.

Mais soyons honnête, tout personne qui s’immerge dans un roman a de fortes chances de préférer son plaisir personnel à un engagement social.

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Roman, qui ne mérite pas lecture (2017)

extraits : Le roman, support du rêve, instrument d’une fausse liberté ! Le « partage d’humanité » permet au lecteur de se replier dans une petite bulle confortable où il ne prête nulle attention aux malheurs de la Biosphère. Ce n’est pas ainsi qu’on fait une conscience ! Si un auteur a recours au langage du roman, ce n’est pas le plus souvent dans l’intention de transformer le monde ; le roman naît le plus souvent des (in)satisfactions très personnelles de l’écrivain. Du côté du lecteur, la multiplicité de ses lectures romancées va l’empêcher d’ouvrir véritablement les yeux au monde réel. Si vous aviez le temps de lire tous les romans parus dans l’année, vous êtes presque sûr de finir aussi ignorants des réalités que lorsque vous avez commencé. Le prix Nobel de littérature récompensait normalement une « inspiration idéaliste » ; maintenant les romans ne sont plus fait pour apprendre et se souvenir, mais pour passer le temps et oublier d’agir….

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Un grain de sable dans la machine

sortie le 17 avril prochain de « Un grain de sable dans la machine », fiction documentaire en bande dessinée, réalisée par Nicolas Celnik et Juliette Brigand, en partenariat avec les éditions du Passager clandestin.

À travers le parcours d’éveil techno-critique de Marie, une héroïne ordinaire face au monde hyperconnecté, Un grain de sable dans la machine explore l’emprise concrète des technologies sur nos vies, ainsi que leurs conséquences sociales, écologiques et politiques.

> L’histoire : Marie, graphiste indépendante installée en Bretagne avec son compagnon Adel, ouvrier agricole, vit et travaille connectée. Trop connectée, peut-être. Jusqu’au jour où une rencontre avec un collectif opposé à un projet d’antenne-relais fait vaciller ses habitudes.

Stage de « déconnexion » en montagne, interrogation sur la surveillance généralisée, réflexion sur l’empreinte écologique du numérique, remise en question du sens du travail… Peu à peu, son regard bascule.

Portée par un dessin au crayon tout en nuances, cette fiction documentaire invite à repenser nos liens au numérique.

« Dans mes enquêtes, j’ai à cœur de raconter la manière dont les dispositifs numériques transforment la vie des personnes, à leur échelle. Nous avons choisi de faire une bande dessinée qui en soit vraiment une, c’est-à-dire qui soit avant tout concentrée sur le récit, l’authenticité des personnages, et un travail graphique à chaque planche. Mais cela ne veut pas dire que nous avons sacrifié la rigueur journalistique de l’enquête : c’est aussi un récit d’investigation, qui comporte des révélations, mobilise des documents exclusifs, et s’appuie sur les évolutions de la recherche pour dresser un portrait de notre société numérisée. » (Nicolas Celnik, co-auteur, avec Juliette Brigand)

Date de parution : 17 avril 2026
128 pages pour 22 euros
Commande : en librair
ies ou sur le site du Passager clandestin ou en nous écrivant directement

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Tout savoir sur les techniques inappropriées

Quelles techniques pour un changement radical ?

La décroissance sera notre destin, elle sera celle de notre pouvoir d’achat, de notre population… et de nos techniques. L’histoire est en effet cyclique, une croissance exponentielle se termine toujours par une forte récession économique, une crise démographique, l’abandon de certaines techniques. D’une certaine manière, c’est même notre passé qui préfigure notre avenir. Dans ma famille par exemple, nous étions tailleur de père en fils depuis des générations, au moins depuis la révolution française. Nous vivions dans un petit village, Beylongue. Des ciseaux, du fil et une aiguille permettaient de fabriquer des vêtements. Et puis l’urbanisation et l’exode rural ont poussé mon grand-père dans une grande ville où il est resté tailleur sur mesure. Mon père était aussi tailleur, comme d’ailleurs mon oncle. Mais l’industrialisation et le prêt à prêter ont donné un coup d’arrêt à cette stabilité professionnelle continue. J’ai été obligé de devenir un « intellectuel », l’explosion du secteur tertiaire créant l’emploi. Mon frère a mis sur pied le travail à la chaîne dans une fabrique textile, une grosse pile de tissu est coupée instantanément au laser, la fabrication de vêtements s’est délocalisée avec son aide en Tunisie puis au Vietnam. Son usine à Besançon n’avait plus d’ouvriers.

Les emplois disparaissent en France et nos générations présentes sont contemporaines du chômage de masse ; les générations futures redeviendront artisan ou paysan. Retour aux ciseaux, à l’aiguille et au village. En langage moderne, low tech et non plus high tech. L’avenir sera fait de techniques douces, douces à la nature et à l’homme, pratiqué dans un contexte de petite communauté. Nous y reviendrons quand nous parlerons de résilience. Mais d’abord examinons un classement possible des techniques.

1/5) Le dualisme des techniques, douces (low tech) ou dures (high)

Il ne s’agit pas d’opposer de façon simpliste technophobes contre technophiles, il n’y a jamais retour à l’âge de pierre ou à la bougie. Des auteurs ont présenté un dualisme, techniques acceptables d’un côté, pernicieuses de l’autre :  techniques démocratiques ou autoritaires pour Mumford (1962), outil convivial ou hétéronomes pour Ivan Illich (1973), techniques « enchâssées » et techniques « branchées » pour Teddy Goldsmith et Wolfgang Sax (2001), technologie cloisonnée contre technologie systémique avec Ted Kaczynski (2008). Le  tableau le plus synthétique que je connaisse a été présenté dans un numéro spécial du Nouvel Observateur en juin-juillet 1972, « spécial écologie – La dernière chance de la Terre » 

Société à technologies dures Communautés à techniques douces
Grands apports d’énergie non renouvelable

Matériaux non recyclés

production industrielle

priorité à la ville

séparé de la nature

limites techniques imposées par l’argent…

Petits apports d’énergie renouvelable

matériaux recyclés

production artisanale

priorité au village

intégrée à la nature

limites techniques imposées par la nature…

Mais cette approche ne dit rien des raisons de l’évolution technologique et de ses limites.

2/5) Techniques et ressources naturelles : l’exemple du  déplacement

Chaque technique correspond à un besoin et nous savons que le mode de satisfaction d’un besoin est une création sociale. Ainsi par exemple du besoin de déplacement. Il peut être minime. Au Moyen Age, 90 % des biens que consommait un paysan étaient produits dans un cercle de cinq kilomètres autour de son habitation ; le paysan restait près de chez lui. Aujourd’hui certains rêvent de populariser le tourisme spatial ; notre société cultive un sentiment de besoins illimités grâce à la profusion actuelle d’énergies fossiles qui met à notre disposition des esclaves mécaniques.

Mais baser le besoin de déplacement sur le slogan « plus loin, plus souvent et plus vite » se heurte aux limites de la biosphère. Toute mobilité nécessite de l’énergie et nous allons connaître la descente énergétique avec la fin des énergies fossiles. De plus tout moyen de déplacement autre que la marche ou le cheval nécessite aussi des métaux. Or il existe un mouvement cumulatif entre énergie et métaux, ce qu’a bien montré Philippe Bihouix : « Les métaux, toujours moins concentrés, requièrent plus d’énergie, tandis que la production d’énergie, toujours moins accessible, requiert plus de pétrole. Le peak oil sera donc vraisemblablement accompagné d’un peak everything (pic de tout). »

Nous pouvons donc classer les méthodes de déplacement de celle qui rend la personne le plus autonome possible (la marche) à celles qui dépendent d’une organisation industrielle poussée à l’extrême et nécessitant énergie et métaux. 

marche cheval vélo train TGV Voiture Avion Fusée
Physique (musculaire) physique Phys + matériel matériel Nucléaire ? Agrocarburants ? Kérosène !

Comme nous allons connaître le pic de tout, la disponibilité en ressources naturelles étant fortement reliée à la mise en œuvre de l’énergie fossile, il y aura forcément limitation des déplacements. Le soi-disant progrès technique nous a fait passer de la gauche du tableau à la droite, le mouvement ira de la droite vers la gauche dans un avenir relativement proche. Le paradigme actuel du déplacement motorisé va s’inverser, les plus lourds que l’air resteront cloués au sol, la voiture individuelle disparaîtra, le mot d’ordre de nos besoins deviendra « moins loin, moins souvent, moins vite ». Les mouvements anti-aéroport, anti-autoroutes ou anti-LGV (ligne à grande vitesse) préfigurent  cette évolution. Bien entendu cela ne dit rien du niveau des inégalités acceptables. La marche était ignorée autrefois par l’aristocratie avec la chaise à porteur et le privilège d’aller à cheval. On peut aussi se faire transporter par cyclopousse ou s’installer en classe de première dans un train. Etre écologiste, c’est être aussi partisan de la sobriété partagée.

3/5) Techniques et complexité

Outre le problème de l’approvisionnement en énergie et métaux, la durabilité des techniques connaît une autre limite. Par exemple, plus une technique de déplacement est sophistiquée, plus elle s’accompagne d’une complexité croissante. Il y a allongement du détour de production, c’est-à-dire utilisation d’un capital technique de plus en plus imposant, et division extrême du travail social avec intervention de spécialistes, ingénieurs, réseau commercial… Or plus une structure est complexe, plus elle est fragile.

Joseph Tainter a bien analysé le mécanisme dans son livre de  1988 l’effondrement des sociétés complexes  (traduction française en 2013) :  « Les populations humaines font d’abord usage des sources de nutrition, d’énergie et de matières premières qui sont les plus faciles à obtenir, extraire, transformer et distribuer. Lorsque de telles ressources ne sont plus suffisantes, l’exploitation se tourne vers celles qui sont plus coûteuses alors qu’elles ne génèrent pas de meilleur rendement. Les organisations socio-politiques nécessitent un investissement accru, simplement pour préserver le statu quo. Cet investissement se présente sous des formes telles que l’inflation bureaucratique, l’accroissement de la spécialisation, l’augmentation des coûts du contrôle intérieur et de la défense extérieure. Toutes ces augmentations doivent être supportées en prélevant des sommes plus élevées sur la population sans lui conférer d’avantages supplémentaires. Le rendement marginal dans la complexité se dégrade proportionnellement, d’abord progressivement, puis avec une force accélérée. Divers segments de la population accroissent une résistance active ou passive, ou tente ouvertement de faire sécession. A ce stade, une société complexe atteint la phase où elle devient de plus en plus vulnérable à l’effondrement. »

Bien d’autres auteurs depuis le rapport au Club de Rome en 1972 prédisent l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle. Ils s’appuient sur les réalités biophysiques et des considérations socio-économiques systémiques, ce qui paraît un meilleur raisonnement que miser sur l’amoncellement de papier-monnaie et l’innovation future… qu’on ne connaît pas encore mais qui arriverait à point nommé.

4/5) Généralisation du raisonnement

Avec ces critères d’intensité énergétique et de complexité, on peut aborder tous les domaines où l’emprise technologique se fait sentir, y compris s’aventurer dans le domaine de la bioéthique : une procréation hétérosexuelle directe, c’est mieux que le verre (pour le sperme) et la paille (pour la fécondation), c’est largement préférable à une procréation médicalement assistée, c’est infiniment plus acceptable qu’une DPI (diagnostic préimplantatoire, pratiqué sur les embryons fécondés in vitro), le plus détestable étant la futuriste ectogénèse avec utérus artificiel, même si c’est désiré au nom de « l’émancipation de la femme » (Henri Atlan). La médicalisation totale de notre existence, depuis la fécondation jusqu’à l’acharnement thérapeutique en fin de vie en passant par la technicisation des mécanismes  naturels de l’accouchement nous a habitué à une existence d’assistés. Le passage à une autre forme de société, à techniques simples et douces, ne sera pas une mince affaire.

Voici d’autres domaines de réflexion, avec classement de l’approprié à l’inacceptable :

Energie humaine > solaire passif > éolien > hydroélectrique > bois > biomasse > photovoltaïque > agrocarburants > Gaz > pétrole > charbon > nucléaire

Maison non chauffée > bois > Géothermique > gaz > électricité > fuel > charbon

Bouche à oreille > téléphone fixe collectif > téléphone fixe au foyer  > téléphone mobile > mobile 3G > nouvelle génération…

Radio  > cinéma (collectif) > télévision noir et blanc (individualisée) > télévision couleur analogique > passage au numérique

5/5) Résilience des techniques, résilience communautaire

Il nous faut maintenant aborder le volet final de cet exposé, la résilience, la capacité de résister aux chocs énergétiques et climatiques, ce que Rob Hopkins appelle les jumeaux de l’hydrocarbure. Son raisonnement est simple : « Une technologie va nous sauver, une forme radicalement nouvelle de stockage du gaz carbonique, bon marché et efficace. Elle a pour nom : laisser les carburants fossiles sous la terre. » Pour approcher de ce résultat, il faut mettre en œuvre l’autonomie alimentaire et énergétique la plus grande possible. Cela ne peut advenir qu’au niveau de petites communautés. Cette relocalisation des activités s’accompagnera nécessairement d’une relocalisation des techniques. Il faudra user d’instruments techniques simples, produits et réparés sur place. Avec un forgeron et un atelier de tissage, vous obtiendrez des ciseaux, du fil et des vêtements locaux.

Ce paradigme ou modèle de référence porte des noms différents : Communautés intentionnelles ou Ecovillages ou Agenda 21 local ou Towns transition ou Plan climat ou Cités jardins ou communautés de résilience … La profusion des termes montre la richesse de cette alternative à l’ère des combustibles fossiles et de la technologie triomphante. Il ne s’agit pas d’une nouvelle théorisation, mais d’une pratique applicable au Nord comme au Sud, par les gens de droite comme par les gens de gauche, par les urbains et les paysans, par les chefs d’entreprise et par les travailleurs.

Nous n’aborderons pas le problème des seuils : quelle est la taille optimale d’une communauté humaine et la complexité appropriée de sa technique ? La réponse appartiendra à chaque communauté, on ne peut vivre de la même façon dans un climat tempéré, dans des étendues glacées ou dans un désert. Mais le mécanisme sera le même, une régression de l’emploi des techniques modernes. Comme disait le Sheikh Rashid ben Saïd al-Maktoum, émir de Dubaï : « Mon grand-père se déplaçait en chameau. Mon père conduisait une voiture. Je vole en jet privé. Mes fils conduiront des voitures. Mes petits-fils se déplaceront en chameau. » 

Conclusion : Une conférence sur notre avenir probable ne peut s’achever sans avoir défini quelques moyens d’action. Au niveau individuel, on peut toujours résister à l’emprise de la technique : refuser le portable, la télévision, la carte bancaire, la voiture, etc. A chacun de faire preuve de simplicité volontaire, de montrer l’exemple, de faire des émules. Bien entendu  si nous en avons le courage et le temps, nous pouvons aussi faire œuvre collective, entrer dans une association comme TECHNOlogos, créer un mouvement néo-luddite, agir dans un mouvement écologiste…

L’essentiel est de faire mentir la loi de Gabor : « Tout ce qui est techniquement possible sera nécessairement réalisé ». L’autre manière d’exprimer l’inéluctabilité supposée du soi-disant progrès technique est encore plus détestable : « Tout ce qui est techniquement faisable se fera, que sa réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable ». Il nous faut au contraire redonner de la morale à notre comportement d’utilisateur de techniques, et vivre la convivialité directe les uns avec les autres plutôt que d’utiliser des substituts techniques à notre capacité relationnelle. »

(exposé tenu par Michel Sourrouille lors des 2ème assises de Technologos  à Paris le 13 septembre 2014)

lien, Résilience, un passage nécessaire par les low tech

http://technologos.fr/

Tout savoir sur les techniques inappropriées Lire la suite »

Décision médicale et arrêt des traitements

La question « Sobriété en médecine : jusqu’où traiter ? » sert de fil rouge aux Etats généraux de la bioéthique, une étape de débats préalable à la révision de la loi de bioéthique. On doit interroger le bien-fondé des traitements, en étant vigilant à ne pas tomber dans l’obstination déraisonnable. La formule a remplacé celle d’« acharnement thérapeutique » dans le code de la santé publique.

Qui n’aurait pas droit à être soigné ?

A l’heure où le déficit de la Sécurité sociale s’envole, quel est le « juste soin ». Évaluer la « balance bénéfices-risques » est au cœur de la décision médicale. Plus on avance dans les traitements, plus les chances de son efficacité s’amenuisent.Toute la question est de savoir à quel moment la balance bascule, ce moment où il faut décider d’arrêter. Prévaut un « critère de fragilité » prenant en compte l’âge du patient, mais aussi son autonomie ; d’où le positionnement sur une échelle allant du patient bien portant jusqu’au patient grabataire. C’est dans les services de « réa », pendant la crise du Covid-19, qu’a été mise en lumière la question du « tri » des patients, déjà appliquée de longue date dans la médecine de guerre ou d’urgence. Alors que les lits ont manqué en 2020, au plus fort de l’épidémie, les malades les plus âgés se sont vu fermer les portes de la réanimation.

Quid de la dimension financière ? Cette dimension ne pèse jamais officiellement dans la décision du médecin. Y compris dans les secteurs les plus coûteux. La prise en charge de l’insuffisance rénale en est un bon exemple : une année de dialyse représente en moyenne 80 000 euros par patient, et plus de 50 000 patients sont « dialysés » aujourd’hui : soit 4 milliards uniquement pour cette pathologie.

le point de vue des écologistes éthiques

Où sont donc les limites, limite de l’intervention de l’État sur nos vies, limite d’efficacité de l’utilisation des techniques, limite des capacités financières ? On ne pourra pas définir de limites dans le cadre de délibérations sociales glorifiant la toute-puissance de l’espèce humaine. Il faut donc faire appel à des contraintes externes, imposées par la nature. Donner la vie malgré sa stérilité n’est que l’aboutissement d’une civilisation techno-industrielle qui donne aux humains la possibilité d’échapper à l’équilibre naturel dynamique qui empêche une espèce de proliférer continuellement au détriment de son milieu. Il nous faut accepter autant que possible les mécanismes de la sélection naturelle. L’avenir n’est pas à vivre bicentenaires, mais à savoir reconnaître et accepter quand vient l’heure de notre mort.

Nous devrions avoir la lucidité de pouvoir choisir les techniques qui nous mettent en conformité avec les lois de la nature. Si nous ne le faisons pas, la pénurie énergétique nous obligera de toute façon à aller vers une éthique plus proche de nos aptitudes physiques directes sans passer par des structures médicales, institutionnelles ou technologiques actuellement disproportionnées dans les pays développés.

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l’acharnement thérapeutique, conséquence de l’énergie fossile (2011)

extraits : Une journée d’hospitalisation en service de réanimation coûte de 500 à 5000 kWh d’énergie, l’essentiel étant contenu dans les biens et services utilisés par l’hôpital. Elle n’est en outre possible que grâce à l’utilisation en France de métaux et produits chimiques extraits dans de lointaines contrées, de gaz russe ou de pétrole norvégien pour chauffer les bâtiments, laver les draps ou faire le plastique des cathéters, etc. (…) Même si cela peut paraître sordide, dès lors que la quantité d’euros (d’énergie) est limitée, il faudra soigner avec moins de flux matériels à disposition. Cela soulèvera des débats difficiles sur notre rapport à la mort, et sur le fait qu’aujourd’hui nous jugeons que toute consommation de ressources non renouvelables est justifiée pour maintenir en vie des personnes en bout de course avec des dispositifs lourds. » (Jean-Marc Jancovici dans son livre Changer le monde, tout un programme).

Les limites de la loi « bioéthique » (2019)

extraits : C’est la bioéthique qui est censée nous donner des réponses sur la fin de vie, la procréation médicalement assistée, le clonage, etc. Un Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a été créé en 1983 pour mieux baliser le terrain. Les premières dispositions législatives ont été prises en 1994 avec l’adoption de trois lois sur la bioéthique. L’une d’entre elles prévoyait que la procréation médicalement assistée ne peut avoir pour objet que de traiter une stérilité ou d’éviter la transmission à l’enfant d’une maladie génétique grave. En outre, elle était réservée aux couples hétérosexuels vivants, en âge de procréer et vivant ensemble depuis au moins deux ans, l’un des gamètes au moins devant provenir d’un des deux partenaires. L’éthique change avec l’évolution des mœurs, très rapidement aujourd’hui, trop rapidement. En juin 2017, le CCNE s’est déclaré cette fois favorable à l’insémination avec donneur de femmes seules ou homosexuelles. Plus de référence aux couple hétérosexuels, la loi sur le mariage pour tous est passé par là….

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L’IA menace 5 millions de salariés en France

Point de salut sans l’IA ? Les géants de Silicon Valley investissent des milliards de dollars dans les serveurs de l’IA ; toute firme soupçonnée de ne pas l’adopter assez rapidement est attaquée en Bourse. L’intelligence artificielle va remplacer littéralement la moitié des “cols blancs” aux Etats-Unis, et pas seulement.

Mais un avenir sans électricité mettra l’Intelligence Artificielle dans le cimetière des techniques sans lendemain.

une étude de l’Observatoire des emplois menacés et émergents : D’ici deux à cinq ans, 16,3 % de l’emploi français serait menacé par le déploiement de l’IA générative, soit près de 5 millions de personnes. L’IA agentique [qui permet l’analyse, la planification et l’exécution autonome d’opérations] peut combiner plusieurs actions, et pourrait automatiser des flux de travail entiers de certains métiers. Il s’agit d’activités en général très qualifiées, bien rémunérées : ainsi les 10 % des plus hauts revenus de la population française sont menacés à hauteur de 22,1 %. Certains promettent un « jobs apocalypse ».

Peu de secteurs sont épargnés. Dans l’industrie, les métiers manufacturiers sont protégés. Mais il y a aussi des ingénieurs qui sont, eux, menacés . Il y aurait un effet de ciseau sur les finances publiques, avec moins de cotisations, et plus des demandeurs d’emploi à indemniser,

Le point de vue des écologistes

N’oublions jamais que seul le travail des paysans et de quelques artisans est nécessaire à la bonne marche d’une société, tout le reste n’est qu’emploi parasitaire : la quasi totalité des employés, au service ou non de l’État, la plupart des ouvriers, sans compter tous les intermédiaires et autres cadres supérieurs vivent au crochet de ceux qui travaillent dans le secteur primaire. Jusqu’au premier choc pétrolier, les emplois perdus dans un secteur étaient compensés par les emplois créés ailleurs. Avec la mondialisation des procédure de production, il n’y aura plus de destruction créatrice au sens de Schumpeter. Déjà le chômage de masse est une réalité dans la plupart des pays, même en Chine.

L’idéologie croissanciste et le pillage de la planète ne font au final que retarder la guerre de tous contre tous. Elle ne sera plus commerciale, il s’agira pour un pays de capter au détriment des autres les dernières ressources naturelle accessibles. Non seulement la planète se réchauffe, mais les mentalités vont virer au rouge.

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« jobs apocalypse », IA et chômage massif (octobre 2025)

extraits : Une seule pensée positive. En fait les progrès technologiques dont l’IA n’est qu’une facette nous font oublier que toute application mécanique remplaçant la force physique par l’énergie exosomatique a un coût énergétique. Il faut de électricité pour faire fonctionner l’IA, beaucoup d’électricité, beaucoup plus que ce qu’on peut produire durablement. Or la descente énergétique est programmée par la diminution des ressources fossiles, l’absence d’alternatives crédibles (fusion…) et le réchauffement climatique qui oblige à la sobriété.

C’est pourquoi l’IA disparaîtra lors des grandes pannes d’électricité, ce qui ne saurait tarder… en Espagne ils ont déjà connu cela, dans les pays pauvres on s’habitue aux coupures de courant. Retour à la terre et au travail manuel…

L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois

extraits : Les « tech bros » prédisent la fin du travail grâce à l’intelligence artificielle (IA) et les robots. Caissier, comptable, cariste, clerc de notaire, journaliste, tout ou presque est menacé. Mais ils peinent à imaginer ce que serait ce monde d’après.

– Elon Musk est l’un des plus extrêmes dans sa vision de l’avenir. « L’intelligence artificielle et les robots remplaceront tous les emplois. Travailler deviendra facultatif, comme cultiver ses propres légumes au lieu de les acheter au supermarché »

– Bill Gates le dit plus sobrement : « Les capacités de l’IA nous permettront de produire beaucoup plus de biens et de services avec moins de main-d’œuvre »,

Bernie Sanders. « S’il n’y a pas d’emplois et que les humains ne sont plus nécessaires pour la plupart des tâches, comment les gens gagneront-ils de quoi nourrir leur famille, se soigner ou payer leur loyer ? Il n’y a pas eu un seul mot de discussion sur cette réalité

– Dario Amodei, patron d’Anthropic, va le plus loin dans l’analyse politique. « La démocratie repose en définitive sur l’idée que l’ensemble de la population est indispensable au bon fonctionnement de l’économie. Si ce levier économique disparaît, le contrat social implicite de la démocratie risque de ne plus fonctionner »

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Objection de conscience face à l’IA générative

Certains ont fait valoir l’objection par opposition à l’usage collectif des armes. D’autres revendiquent aujourd’hui l’objection de conscience pour s’opposer à la mise en place des technologies d’intelligence artificielle (IA) générative dans les universités et les grandes écoles. En novembre 2025, un collectif a publié un manifeste, signé par environ 2 800 enseignants et enseignants-chercheurs de toutes disciplines partout en France, pour marquer un net refus: « Le déploiement de l’IA générative [qui regroupe notamment les applications comme ChatGPT ou ses concurrents] dans les institutions de l’enseignement supérieur et de la recherche est incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme que nous sommes censés représenter et diffuser ».

Soazig Le Nevé : Trois arguments sont avancés, en premier lieu « le gouffre énergétique et matériel » qu’engendre l’installation massive de l’intelligence artificielle, liée à son impact sur l’accès à l’eau, aux métaux rares et à l’électricité. Viennent ensuite « les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés » comme le « travail du clic » des travailleurs précaires. Enfin, les signataires s’opposent à ce que des mégafirmes tels OpenAI et les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) accumulent « un pouvoir démiurgique », et ce, sans faire mystère de « leurs projets mégalomaniaques, eugénistes, et de leur détestation de la démocratie ».

Pour Guillaume Carbou,« il faut couper court à l’idée qu’on pourrait choisir entre les bons et les mauvais usages de l’IA ».

Le point de vue des écologistes qui utilisent leur propre cerveau

– Faut être sacrément idiot pour croire que chatgpt, c’est mieux que chercher par soi-même.

– Les ravages de l’IA sont déjà dans l’enseignement secondaire.

– Si vous envoyez un robot à votre place à la salle de sport, estimez-vous que ça va servir à quelque chose ?

– Les étudiants perdront la capacité de déduction à la lecture d’un texte. Leur esprit sera formé à utiliser l’IA et ils seront devenus des robots

– Gagner du temps et perdre des compétences… c’est tout à fait ça. Et pour quelle raison gagner du temps ? Pour aller scroller sur des vidéos de chats ?

– Il faut rejeter les calculatrices car cela réduit nos compétences en calcul mental.

– Ces universitaires ont raison. Mais ça ne sert à rien d’avoir raison quand on lutte contre une déferlante phénoménale.

– Leurs étudiants utilisent déjà ChatGPT depuis belle lurette !

– Ces objecteurs veulent seulement rappeler que la maison brûle et qu’il y a mieux à faire que se plier servilement à l’agenda délirant de quelques milliardaires de la tech.

Mais comment pouvions nous faire avant l’IA ?

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L’IA altère notre pensée, la lecture aussi 

extraits : Mieux vaudrait privilégier l’accès de tous à un nombre restreint de textes importants. L’usage de l’écriture, de l’imprimerie, des moteurs de recherche et de l’IA implique une délégation de nos capacités intellectuelles. A travers l’écriture, puis le livre, on délègue la mémoire : plus besoin de se remémorer par nous-mêmes les savoirs. Avec les technologies d’enregistrement analogique comme la photographie et la télévision, on délègue la mémoire des sons et des images. Avec le numérique, nous déléguons aux algorithmes de recommandation notre capacité de jugement et de décision. Et aux IA génératives, notre capacité d’expression. Ce n’est plus moi qui m’exprime, les machines le font à ma place….

ChatGPT nous empêche de devenir intelligent

extraits : On demande à quelqu’un de penser à notre place, évidement on n’aura pas la même trace dans notre cerveau que si l’on avait réfléchi sur le sujet. L’IA est déjà utilisée par des millions d élèves pour avoir de bonnes notes sans travailler ; en ressort conformisme et bouillie intellectuelle. Depuis que le smartphone et son annuaire garde les contacts, on n’est plus capable de mémoriser un n° de tel. Si tu mets l’assistance GPS, tu reste incapable de t’orienter même si tu as déjà fait le trajet. L’usage intensif de la voiture induit une diminution des capacités à marcher.L’homme s’autodétruit par les machines et pas seulement écologiquement….

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Les enfants boivent l’écran, les parents trinquent

Il n’y a pas que l’addiction à l’alcool. Il y a la cigarette, des drogues diverses et avariées, et maintenant les réseaux sociaux ! Selon la loi adoptée le 26 janvier 2026 à l’Assemblée nationale, la France se dirige vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’exécutif souhaite que les adolescents et les internautes du pays se soumettent, à partir de la rentrée de septembre 2026, à des procédures de vérification d’âge pour utiliser certaines plateformes grand public (TikTok, Instagram, Snap, Facebook, mais aussi certaines fonctionnalités de WhatsApp ou encore Roblox). La loi n’impose pas d’outil spécifique de vérification d’âge : la sécurité des données des utilisateurs dépendra des choix techniques de chacune des plateformes.

A l’été 2025, une enquête Odoxa menée auprès de 1 001 collégiens et lycéens établissait d’ailleurs que plus des deux tiers d’entre eux (67 %) étaient « favorables à l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans » et à une limitation de l’usage des plateformes « qui les rendent anxieux ».

Le point de vue des adolescent(e)s

« Pour moi, ça va être chaud. TikTok, Snap… j’y passe, je ne sais pas… deux heures par jour ? On ne pourra plus rien faire, on va retourner à la préhistoire »

« Si on veut faire un five [un match de football], on ne pourra pas s’organiser. On fera comment ? On devra envoyer des lettres ? »

« Les parents comparent beaucoup les réseaux sociaux aux drogues. Il y a une part de vérité, je pense. Ça me fatigue, mais je n’arrive pas à arrêter. »

« Tout ça, ce n’est pas notre faute ! Ce sont les parents qui ne mettent pas assez de limites. »

« Le seul problème, c’est qu’on ne peut pas faire de group chat »

« Tu mets un VPN [un réseau virtuel, qui permet de simuler une connexion à partir d’un autre pays et d’échapper aux restrictions locales], c’est fini. Même les petits maintenant, ils savent comment installer un VPN »

Le point de vue des écologistes débranchés

– Hannah Arendt disait avec clairvoyance  » du l’adulte renonce à son autorité,c’est la tyrannie des enfants qui s’imposera »

– S’ils sont trop jeunes pour voter, ils sont trop jeunes pour qu’on considère leur opinion sur ce sujet.

– Amusant de faire le parallèle entre la rhétorique « On ne pourra plus rien faire, on va retourner à la préhistoire » et celle d’E. Macron lorsqu’il défend l’apport de la 5G par opposition au « modèle Amish » et au retour à la « lampe à huile ».

– La préhistoire se définit principalement par « ce qui s’est passé avant l’écriture ». Ce qu’on est censé savoir à 13 ans.

– « on retournera à la préhistoire ». Tu iras jouer au foot avec tes copains, tu vas voir c’est génial !

– Quelle chance, ils vont pouvoir apprendre à grimper aux arbres, faire des cabanes et aller à la chasse au Yéti.

– Pour ce qui est d’organiser leurs rencontres, ils peuvent toujours s’appeler, non ? Ils peuvent même organiser leurs activités en se voyant directement.

– Sinon il y a un truc que faisais à leur âge, dans les années 70, c’est… Ah bon sang… Comment s’appelle cet objet sans images… Ah oui c’est ça, lire un livre. Il paraît que ça éveille l’imagination et le sens critique

– Mais ce geste héroïque de lire nécessite de fréquenter une bibliothèque ou d’acheter du papier.

Quant au nombre d’heures sur les réseaux, c’est minimum quatre heures par jour, y compris la nuit. J’ai vu bien des records à 80 heures par semaine (vérifié).

– Combien d’ados sans le vouloir, en raison des algorithmes toxiques pour eux pour leur proposer d’autres vidéos ou liens après leurs connexions initiales sont tombés, à prendre au sens propre aussi, sur des liens faisant l’apologie de l’anorexie, du suicide, de la prostitution, de la violence pure (décapitation, etc.), des automutilations, etc. Je le constate tous les jours dans les services recevant des ados.

– Pourquoi on interdit pas aux adultes également les réseaux sociaux où circulent théories du complot et désinformations ?

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L’aventure spatiale, une connerie de plus

Quelle est, au fond, l’utilité d’envoyer des humains dans l’espace ? L’astronaute Sophie Adenot sur l’ISS est bien sympa et elle a pu réaliser son rêve, mais à quoi cela sert-il ? A rien, nothing, nada, que dalle… er en plus ça coûte un pognon de dingue.

Jean-Baptiste Fressoz : Dans les premières capsules Mercury, l’installation d’un hublot fait débat : les ingénieurs n’en voient guère l’utilité, puisque les pilotes d’essais n’avaient en réalité rien à piloter. Le vol habité sert de paravent au programme bien plus stratégique de missiles intercontinentaux. Le président Dwight Eisenhower ne s’y trompe pas : quand on lui parle du projet Apollo, il ironise sur l’absence d’ennemis américains sur la Lune. Par rapport à une sonde automatique, un équipage impose des systèmes très coûteux ; il souhaite revenir entier sur terre, ce qui alourdit les fusées et la facture. Le programme Apollo qui a envoyé 17 hommes sur la Lune n’a produit que des images inutilisables par la science, alors que la sonde Clementine lancée en 1994 et ne pesant que 250 kilos a fourni une cartographie digitale complète permettant d’établir des cartes de la composition chimique du sol. La Station spatiale internationale (ISS) ne sert à rien. Elle a coûté 150 milliards de dollars et une journée à bord se chiffre à 7 millions de dollars. Peut-on imaginer une façon plus bête de dépenser son argent ?

Au fond, le seul sens de la présence humaine dans l’espace est de nous apprendre comment envoyer des humains dans l’espace.

Le point de vue des écologistes les pieds sur Terre

– Qu’est-ce qu’on ferait de 150 milliards ici bas ? Faire du planning familial, lutter contre les guerres, améliorer l’intelligence collective, etc. etc.

– Le prochain article de Fressoz nous expliquera à quoi servent les 2500 milliards par an de budget militaire que dépense l’humanité.

Un site de la NASA vante les «retombées» pour l’homme : diagnostic par ultrasons en microgravité. Ce qui signifie qu’elle ne sera JAMAIS utilisable par le terrien.

– La célébration médiatique de l' »exploration spatiale » entretient le mythe qu’on pourra aller toujours plus loin, transcender nos limites..

– Soit on réalise ses rêves les plus fous, soit on s’occupe des autres, ceux qui en ont vraiment besoin.

– C’est simple, un être humain n’est pas fait pour aller dans l’espace : il a besoin d’oxygène, d’eau, de nourriture, et de savoir où chier !

Le mieux serait encore d’envoyer Musk sur Mars, et de l’y laisser essayer ses Tesla.

Notre plus ancien article sur la question spatiale

8.11.2005 Restez dans la lune !

L’espèce homo sapiens a essaimé dans l’espace géographique tout en améliorant ses capacités de déplacement. Autrefois les migrations à pied, puis à cheval ou en pirogue, hier les avions et aujourd’hui les fusées. Pourtant aucune obligation ne poussait les humains à quitter leur berceau d’origine, l’Afrique. Toutes ces migrations ont surtout résulté du poids de la population sur un territoire et des conflits intra- ou inter-ethniques qui en découlent. Les humains « préfèrent » en effet la conquête à la stabilité, le déséquilibre plutôt que la vie en harmonie avec un territoire déterminé. La fusée a d’ailleurs été inventée pour la guerre, ainsi des V2 mis en œuvre par les Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’ensuit alors une compétition entre nations : comme l’URSS socialiste a lancé le premier spoutnik dans l’espace en 1957, l’Amérique capitaliste a voulu poser le premier homme sur le sol lunaire en 1969. Maintenant on fait semblant de rassembler les pays dits développés autour d’une station spatiale internationale dont l’acte de naissance a été signé en 1998. A peine cette station, piégée par l’orbite basse de la Terre, se révèle-t-elle un échec scientifique et financier que la NASA propose déjà un nouveau billet pour la Lune en 2018. Il s’agit de faire rêver le monde, l’opium de la religion est remplacé par l’illusion de l’exploit technique alors qu’il ne s’agit dorénavant que de sauver quelques emplois dans un secteur industriel !

La Biosphère nous dit : « Que les humains gèrent au mieux leur propre territoire, qu’ils se contentent pour le reste de contempler la lune et les étoiles ».

En savoir plus sur notre blog biosphere

https://biosphere.ouvaton.org/blog/?s=spatial

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L’Intelligence Artificielle et les sans-emplois

Jusqu’à présent on a a fonctionné sur le processus de destruction créatrice, la destruction d’emplois dans un secteur étant compensé par la création dans d’autres secteurs innovants. Mais c’est un mythe, le chômage est devenu structurel depuis les années 1970. Dans les pays développés, on a caché cette réalité par l’endettement public pour conserver à crédit des emplois qui n’avaient pas de réelle utilité. L’IA ne fait qu’amplifier l’évolution, mais au prix d’une débauche d’énergie exosomatique, la machine remplace les esclaves.

Notre présent est donc sombre, mais l’avenir encore plus car quand on n’aura plus suffisamment d’énergie fossile et autres substituts, le système d’informatisation numérique tombera en panne et tous les emplois surnuméraires se transformeront en violence généralisée.

Anaud Leparmentier : Les « tech bros »i prédisent la fin du travail grâce à l’intelligence artificielle (IA) et les robots. Caissier, comptable, cariste, clerc de notaire, journaliste, tout ou presque est menacé. Mais ils peinent à imaginer ce que serait ce monde d’après.

– Elon Musk est l’un des plus extrêmes dans sa vision de l’avenir. « L’intelligence artificielle et les robots remplaceront tous les emplois. Travailler deviendra facultatif, comme cultiver ses propres légumes au lieu de les acheter au supermarché »

– Bill Gates le dit plus sobrement : « Les capacités de l’IA nous permettront de produire beaucoup plus de biens et de services avec moins de main-d’œuvre »,

Bernie Sanders. « S’il n’y a pas d’emplois et que les humains ne sont plus nécessaires pour la plupart des tâches, comment les gens gagneront-ils de quoi nourrir leur famille, se soigner ou payer leur loyer ? Il n’y a pas eu un seul mot de discussion sur cette réalité

– Dario Amodei, patron d’Anthropic, va le plus loin dans l’analyse politique. « La démocratie repose en définitive sur l’idée que l’ensemble de la population est indispensable au bon fonctionnement de l’économie. Si ce levier économique disparaît, le contrat social implicite de la démocratie risque de ne plus fonctionner »

Le point de vue des écologistes naturellement intelligents

Denis Monod-Broca : Les fous se sont emparés des clefs de l’asile. « Les capacités de l’IA nous permettront de produire beaucoup plus de biens et de services avec moins de main-d’œuvre », écrivait le cofondateur de Microsoft sur son blog en janvier. » Tout un programme : produire toujours plus alors que nous produisons déjà bien trop, supprimer la main d’œuvre alors qu’il y a tant de chômeurs… D’où viendra l’argent qui fera tourner ce monde cauchemardesque ? Suis-je bête : de la planche à billet ! Quand l’argent est magique, qu’il est toute-puissante divinité, tout est possible !

Franklin : Revenu Minimum Universel !! Accessible à toutes et tous dès la naissance. Je ne vois que ça comme réponse. C’est étrange que l’on ait beaucoup parlé de cette idée il y a quinze/vingt ans, au moment de « La Fin du Travail » de Rifkin, mais qu’on ne l’évoque plus alors que cette disparition commence concrètement devant nos yeux

RB75 en réponse à Franklin : Mais quel niveau de vie permettrait un revenu universel? Un appartement dans une tour, ou un château avec un parc? Plein de voyages ou pas? Du ski ou pas? Etc.

J.P.M. : Mais c’est génial le revenu sans rien faire ! Pensez donc : une humanité payée pour rester devant sa télé à regarder Praud ou Hanouna. On climatisera le monde et on pourra extrême droitiser en rond.

MathSinth : Une donnée complètement occultée par tous ces technologues, c’est la matière première… Les composants électroniques et autres robots ne sortent pas de terre par magie, or les tensions actuellement à l’œuvre sur l’extraction d’une partie des métaux, couplé à l’impossibilité actuelle de recycler les alliages efficacement vont rendre ce rêve d’automatisation systématique compliqué. L’avantage de l’humain, c’est que son énergie est renouvelable, contrairement aux réserves de pétrole ou de nickel…

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L’éternel retour de la fin de vie « légale »

Les critères ouvrant l’accès au suicide assisté, réexaminés à l’Assemblée le 16 février 2026, laissent un certain nombre de questions ouvertes. La proposition de loi dessine un « cadre large » intégrant une variété de maladies et des patients ayant même plusieurs années d’espérance de vie.

lemonde.fr : Les critères d’accès tiennent en un article – le quatrième – et sont cumulatifs. « Pour accéder à l’aide à mourir, une personne doit répondre à toutes les conditions suivantes : être âgée d’au moins 18 ans, et de nationalité française ou résidant de façon stable ou régulière en France. » Voilà pour l’aspect administratif. C’est sur les trois autres critères que le corps médical sera appelé à valider ou à rejeter la demande émanant d’un patient : ce dernier devra être atteint d’une « affection grave et incurable », qui « engage le pronostic vital », « en phase avancée » ou « en phase terminale » ; présenter une « souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection », « réfractaire aux traitements » ou « insupportable » ; et être « apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Est-ce qu’il s’agit de créer un « dernier recours » pour quelques centaines de personnes, dans des « conditions strictes », comme n’a cessé de le répéter le gouvernement … ou un droit plus large, ce dont s’inquiètent les opposants à cette évolution législative.Parmi eux, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a jeté un pavé dans la mare en estimant que 1 million de malades en stade avancé pourraient y être éligibles : 450 000 patients atteints d’un cancer métastatique, 7 500 malades de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot), 500 000 souffrant d’insuffisance cardiaque… Les critères actuels de la future loi semblent inclure, aussi, les patients atteints de la maladie de Parkinson ou de la sclérose en plaques, très évolués sur le plan moteur, dès lors qu’ils ne présentent pas de troubles cognitifs. Ils excluent, en revanche, les malades d’Alzheimer ou ceux dans un état végétatif. Moins claire est la situation des personnes qui, après un accident vasculaire cérébral, présentent des séquelles très lourdes.

Concernant les résidents d’Ehpad, dont l’âge moyen avoisine 90 ans, les patients ont en moyenne huit pathologies, dont au moins trois à un stade avancé – insuffisance cardiaque ou rénale terminale, cancer évolué… Autre catégorie de patients qui a cristallisé l’attention : les personnes atteintes de maladies psychiatriques (bipolarité, schizophrénie, dépression sévère…) et qui peuvent avoir des idées suicidaires. Éligibles aussi une frange de patients en insuffisance cardiaque…

Le texte de loi prévoit qu’un médecin décide, après consultation obligatoire d’un spécialiste de la maladie et d’un autre soignant.

Le point de vue des écologistes du choix ultime

– Mon épouse se bat contre un cancer totalement INCURABLE. On lui applique la seule solution actuellement en France, la SPCJD (sédation profonde et continue jusqu’au décès) … cela fait une semaine … sans eau ni nourriture … certes elle ne souffre plus … mais a quoi cela rime-t-il ?

– Ce qui est sidérant c’est la mise à l’écart du demandeur de l’aide à mourir.

– Je ne trouve pas normal que le droit de vie ou de mort repose sur les seules épaules des soignants.

– L’État français et une partie du corps médical semblent avoir une peur bleue du libre-arbitre des principaux concernés. Affligeant.

– Ce n’est pas à l’État de décider de la fin de notre vie, c’est à nous-mêmes. Et si on veut de l’acharnement thérapeutique sur soi, c’est à la personne et aux familles concernées d’en assumer les frais.

– J’ai vu des proches souffrir d’Alzheimer au point de devenir violent et de ne plus reconnaître leur proche (enfants, conjoints…) sans parler de l’état végétatif. Sincèrement, ils auraient souhaité en finir s’ils avaient vu leur état et qu’ils auraient eu la capacité de décider.

– En Belgique, nous avons résolu la problématique depuis plus de 20 ans. Le type de pathologie n’entre pas en ligne de compte. Ce sont les côtés inéluctables, incurables et la souffrance insurmontable (y compris la souffrance psychologique) qui sont pris en compte par un médecin. La population n’a jamais manifesté négativement, même dans les milieux les plus conservateurs et les plus catholiques.

– En Suisse aucun texte n’organise l’aide à mourir. Vouloir faire une liste des pathologies relevant de l’aide à mourir est ridicule. Il n’y a pas deux cancers identiques concernant des personnes identiques. Ce qu’il faut surtout, c’est écouter le demandeur et avoir un dialogue avec lui.

– S’inspirer de l’AMM (aide médicale à mourir) présente au Québec… merci !

– Il y a un temps de résilience variable d’une personne à l’autre, pour faire le deuil de sa vie et de son corps d’avant, mais, pour la quasi-totalité d’entre elles, la demande disparaît, passé quelques semaines ou quelques mois. On s’habitue à tout, même à l’insupportable !

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Les USA facilitent la prochaine pandémie

Le ministre de la santé américain, Robert F. Kennedy Jr, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, ont confirmé, le 22 janvier 2026, que les Etats-Unis avaient officiellement quitté l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comme le président Donald Trump l’avait annoncé dès le premier jour de son mandat, le 20 janvier 2025. Une erreur fondamentale qui se retournera contre les Américains eux-mêmes.

La résurgence des épidémies aux États-Unis est-elle possible ?

La réponse de l’IA perplexity :

Oui, la résurgence des épidémies aux États-Unis est non seulement possible, mais déjà en cours.

– En février 2025, un enfant non vacciné est mort au Texas, premier décès en près de dix ans, avec plus de 130 cas dans le Texas et le Nouveau-Mexique. Les taux de vaccination chutent depuis la pandémie de Covid-19, favorisant le retour de maladies comme la rougeole (285 cas en 2024 contre 59 en 2023) et la coqueluche. Des cas antérieurs confirment cette tendance : résurgence de la poliomyélite en 2022 à New York, avec un risque de propagation chez les non-vaccinés.

– En mai 2025, plus de 1 000 cas de rougeole ont été enregistrés depuis le début de l’année dans 30 États, avec trois morts, dont deux enfants, sur fond de défiance vaccinale et de positions du ministre de la Santé Robert Kennedy Jr.

– En janvier 2026, la réduction des vaccins obligatoires pour les enfants (de 17 à 11) expose davantage à des risques sanitaires. Les experts alertent sur une sous-estimation des cas et une situation « hors de contrôle ».

Les Etats-Unis quittent l’OMS sans payer leurs dettes

Le secrétaire à la santé, Robert Kennedy Jr. et le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, accusent l’OMS (Organisation mondiale de la santé) de nombreuses « défaillances pendant la pandémie de Covid-19 » et d’avoir agi « à maintes reprises contre les intérêts des Etats-Unis ». Robert Kennedy Jr a également suggéré, dans une vidéo publiée sur X, le 23 janvier 2026, que l’OMS devait être rendue responsable « des Américains morts seuls dans des maisons de retraite [et] des petites entreprises détruites par des obligations irresponsables » de porter des masques et de se faire vacciner. « Nous retrouvons notre indépendance, protégeons la sécurité américaine et rendons la politique de santé publique des Etats-Unis au peuple américain », a commenté, sur X, le secrétaire à la santé.

Les Etats-Unis vont perdre l’accès à plusieurs systèmes de surveillance internationaux, donc aux données concernant les souches grippales en circulation ou permettant de suivre les épidémies de maladies émergentes. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a estimé le 24 janvier 2026 que les raisons invoquées par Washington pour annoncer son retrait de l’agence onusienne étaient « fausses », répétant que ce départ rendrait les Etats-Unis et le monde « moins sûrs ».

Les statuts de l’OMS ne prévoit pas que ses Etats membres puissent se retirer. Mais les Etats-Unis ont toujours joui d’un statut particulier, puisque, au moment de leur adhésion, en 1948, le Congrès américain a voté une résolution conjointe, acceptée par les autres Etats membres de l’OMS, « se réservant, seuls parmi les pays, le droit de se retirer. Et ce, à deux conditions : respecter un préavis d’un an entre l’annonce et le retrait effectif, et être à jour de ses dettes. Plus précisément, la résolution prévoit que « les obligations financières (…) soient intégralement honorées pour l’exercice financier en cours ».

Si la première condition vient d’être remplie, ce n’est pas le cas de la seconde. Les Etats-Unis n’ont pas respecté leurs obligations financières vis-à-vis de l’institution onusienne et lui doivent toujours 260,6 millions de dollars (219,12 millions d’euros), soit l’entièreté de leurs contributions obligatoires pour l’exercice 2024-2025. l’administration Trump n’a pas l’intention de payer. Quelque 660 millions de dollars manquent, notamment pour financer le secteur de la préparation aux situations d’urgence. 1 241 employés ont déjà dû quitter l’OMS en 2025 – sur les près de 9 500 que compte l’institution –, essentiellement au siège genevois.

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H5N1. Crystal Heath, une lanceuse d’alerte

extraits : La Californie est l’Etat américain le plus frappé par la grippe aviaire. Deux tiers des poules pondeuses y ont déjà été exterminées. La grippe aviaire s’est propagée aux troupeaux laitiers, Crystal Health parcourt la Vallée centrale californienne, première région d’élevage des Etats-Unis. Le nombre de vaches infectées n’est pas connu et les fermes ne sont pas identifiées. « Les autorités veulent que le consommateur garde confiance », explique-t-elle. Crystal Heath a prévenu le service californien de l’agriculture du danger présenté par les carcasses laissées à l’air libre, accessibles aux animaux de passage. L’agence a répondu que les services sanitaires de ramassage étaient débordés. Le département fédéral de l’agriculture et de l’alimentation (USDA) est l’agence chargée de la surveillance du virus, une sorte de conflit d’intérêts : l’USDA est réputée proche du monde agricole et son mandat inclut la « protection des exportations » américaines.

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Fuite en avant de l’intelligence artificielle (IA) 

Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, OpenAI (ChatGPT) de Sam Altman, Anthropic de Dario Amodei, et SpaceX d’Elon Musk.

OpenAI a promis de réaliser quelque 1 400 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années, soit cent fois son chiffre d’affaires de 2025. Il ne dispose naturellement pas des capitaux suffisants. Anthropic tente actuellement de lever 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards de dollars. SpaceX, valorisée récemment 800 milliards de dollars, rêve d’une introduction en bourse à plus de 1 000 milliards. Mais les sociétés d’Elon Muk sont interpénétrées avec des prises de participation de Tesla et de SpaceX dans xAI qui prêtent à confusion. Ces grandes manœuvres ont lieu alors que le doute persiste sur la capacité de monétiser l’intelligence artificielle. Microsoft, qui détient 27 % d’OpenAI, a connu sa pire journée en Bourse le 29 janvier 2025, avec un recul de 10 % qui a fait disparaître 360 milliards de dollars de capitalisation.

Le point de vue des écologistes les pieds sur terre

– Confier notre intelligence à des machines nous emmène à faire des choses stupides.

– Pourquoi vouloir développer l’IA qui remplace des humains alors que nous n’avons jamais été aussi nombreux sur terre, et qu’il n’y a jamais eu autant de cerveaux, de main-d’œuvre de disponibles? C’est quelque chose d’inutile.

– Un modèle de langage informatique, c’est un modèle qui fait de jolies phrases mais qui ne comprends pas ce qu’il dit. Mais la pub dans les LLM peut être tellement subtile et son aide aux suicidaires tellement persuasive.

– Pourquoi vouloir développer l’IA alors qu’elle est très consommatrice en énergie, que les ressources énergétiques se font rares et que les pollutions émises engendrent de graves risques climatiques, qu’on n’arrivait pas à solutionner déjà avant?

– Il est toujours utile de rappeler que cette explosion récente de l’IA ne concerne qu’un champ très particulier, les LLM ( Large Language Models) , qui arrivera tôt ou tard à une impasse, l’explosion d’une bulle financière.

– Musk est à la tête d’une pyramide de Ponzi bien visible avec X, XAI et maintenant Tesla puis SpaceX. une bulle qui n’attend que son dénouement, cessation de paiement.

– Le problème avant la déferlante, est qu’il n’y a plus de crédit pour autre chose, c’est-à-dire, des choses utiles et non pas virtuelles.

– Je me demande combien d’énergie consommerait ChatGPT si on lui demandait « tu as envie de faire quoi dimanche prochain ? »

– L’IA est surnommée depuis 30 ans l’Imbécilité Artificielle. Dans le sens « Les nuls croient que ça va résoudre leurs problèmes ».

– 99, 9% d’ultra-pauvres nourris à l’IA et à la pâtée farcie au cadmium et autres pesticides vs 0,1% de seigneurs dans leurs forteresses.

– L’IA est à notre cerveau ce que le fauteuil roulant est à nos jambes. Son entraînement nous entraîne à renoncer à nous entraîner; son apprentissage est fait pour nous désapprendre à apprendre.

– Chers enseignants, bon courage pour développer l’esprit critique de la maternelle à l’université.

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L’intelligence artificielle atteint ses limites (juin 2025)

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