spiritualités

Militantisme écolo, ce n’est qu’un début…

Les catastrophes climatiques de l’été relancent-elles l’envie de s’engager pour l’environnement ?

Il y a les faits et ce qu’en font les gens. Toute lecture passe par différents filtres, ceux qui sont dans la tête du journaliste qui fait l’article en triant les informations tout en écrivant en fonction de la ligne éditoriale de son employeur… et puis le filtre final du lecteur qui oriente sa perception selon ses préjugés et émet en conséquence un commentaire orienté. Voici pour illustration un exemple tiré d’un article du MONDE et les commentaires d’abonnés au MONDE.

Rémi Barroux : Dans le cadre des mobilisations internationales de Fridays for Future, le mouvement lancé par la Suédoise Greta Thunberg en 2018, des dizaines de manifestations ont été annoncées dans le monde entier. Vendredi 23 septembre, c’est devant l’Académie du climat, que des Jeunes avaient donné rendez-vous. Les manifestants n’étaient que quelques centaines, loin des dizaines de milliers de jeunes descendus dans la rue à plusieurs reprises en 2019. Les jeunes ont une conscience aiguë de la catastrophe en cours, l’action devient un antidote à l’anxiété et le collectif un levier : faire partie d’un tout est très mobilisateur. « On est passé d’une campagne électorale où les questions environnementales et climatiques n’étaient pas abordées aux catastrophes de l’été », analyse Camille. « Quand le rapport du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] parlait à notre tête, l’été a parlé à nos corps », explique Charline.

Des commentateurs écoloscetiques en grand nombre parmi les lecteurs du MONDE

MD : De l’aveu du Monde qui rendait compte de cette manifestation, il n’y avait quasiment personne. Monsieur Barroux aurait donc été mieux inspiré de titrer son articles « malgré le terrible été qui a ravagé la France , de nombreux jeunes ont quitté le mouvement écologique ».

Pourquoipasmoi : Le moindre match de foot ou de rugby de 3ème catégorie entre deux villages le dimanche rassemble plus de monde que ce rassemblement de bobos urbains, malgré le battage médiatique dont ce dernier a pourtant bénéficié, mais on essaie de nous faire croire à un mouvement de masse. Et c’était pareil ailleurs dans le monde. Le mouvement du produit marketing Greta Thunberg, icône désormais passé de mode, n’était que du vent, un peu comme mes éoliennes que ce courant soutient…

untel : Il faudra lire un autre article pour comprendre la démobilisation massive des jeunes. Cet article est le suivant : « Climat : les marches de la jeunesse ont beaucoup moins mobilisé qu’en 2019 ». A l’image de Greta, la lutte pour le climat a duré ce que durent les roses. La marche du siècle a duré 2 ou 3 ans… comme prévu.

Peps72 : Rassurez-vous les jeunes, en ce moment la Chine et l’Inde (1/4 de l’humanité) produisent plus de 50% de leur électricité grâce à 1 200 000 MW de centrales à charbon (600 fois plus que la France) qui chaque jour crachent des milliers de tonnes de CO2, et ils continuent d’en construire parce qu’ils ont besoin d’électricité pour leur développement . Donc ça sert à rien de faire des « sacrifices » en jouant les rabat-joie.

le sceptique : L’anxiété des écologistes vient notamment de leur idéologie d’impuissance. Normalement, quand vous avez peur d’une crue, vous construisez une digue. Déjà, cela vous occupe, ensuite cela vous rassure. Mais l’écolo dit : « non, non, ce n’est pas bien de faire cela, notre problème est que nous agissons trop ». Du coup, vous n’avez pas grand chose d’autre à faire que ronger votre frein en partageant votre anxiété avec ceux qui sont comme vous. Au final, les plus intellectuels ont de bonnes chances d’être emportés par une crue.

PMF : Hier a France Inter, la rédaction n’a rien trouvé de mieux que de laisser le micro à Pablo Servigne, « collapsologue »(?), devant des collégiens de Laval. Faut pas s’étonner ensuite de la méconnaissance des problématiques du moment par la jeunesse si on offre des espaces d’expression à de tels charlatans élevés au rang d’expert.

Untel : Cette année a vu des événements importants dans l’affaire du climat. 1) Il a fait chaud cet été en France… Nous avons survécu. 2) Les énergies fossiles ont été relancées par la guerre en Ukraine : réouvertures de mines de charbon, rencontre Biden-MBS visant à augmenter la production de pétrole, décision de la cour suprême des USA d’autoriser les Etats qui le veulent à maintenir l’exploitation de leurs mines de charbon. 3) Onze millions de Chinois sont nés cette année annulant tous les efforts de sobriété que les écolos font dans le monde occidental.

Le point de vue des écologistes

Les commentaires écolosceptiques ci-dessus ne font pas la différence entre des manifestations qui rassemblent peu de monde en septembre 2022 et ce qui va se passer par la suite. Certes il y aura bientôt des manifestations de masse qui vont avoir lieu contre la dégradation du niveau de vie et le prix de l’essence, ce qui ira à l’encontre de la nécessaire sobriété généralisée. Mais il ne faut pas confondre court terme, moyen terme et long terme. Les jeunes qui manifestent aujourd’hui ne sont que les prémices de ce qui va se passer : la prise de conscience brutale que sans les ressources fiables de la planète, notre civilisation thermo-industrielle disparaîtra avec tous les dégâts socio-économiques que cela implique. L’Écologisme n’en est qu’à ses débuts et devrait entraîner un mouvement d’envergure. Cela ne prendra pas deux mois ou cinq ans, le contexte actuel croissanciste est trop inscrit dans les institutions et la culture commune pour qu’il y ait modification rapide. L’abandon de la société de consommation et du spectacle sera une tâche de très longue haleine.

Mais l’histoire humaine nous a montré que les religions du livre étaient au départ le fait de quelques marginaux seulement qui ont rencontré le sens de l’histoire, qui de secte sont devenues des appareils d’encadrement pour formater l’état d’esprit de multitudes… L’Écologisme de base scientifique sera une meilleure approches des réalités biophysiques que des religions abstraites qui ont vraiment raconté n’importe quoi sur l’origine de notre espèce, sur notre rendez-vous avec la mort et sur le sexe des anges.

Lire, Militantisme, se construire autrement

Dilemme, mettre fin à la vie d’un proche

En 2011, ma mère avait 67 ans lorsqu’elle a appris qu’elle souffrait d’un cancer du pancréas. Trois à six mois, lui prédisent les médecins. La vie bascule. Elle se bat, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune chimiothérapie possible. En 2013, lorsque je pénètre dans sa chambre d’hôpital, je me fige. Ma mère a tout ôté. Plus de perruque, plus de téléphone. Sa décision était prise : « Tu me fais la piqûre ? » J’ai répondu du tac au tac : « Je n’ai pas le droit. »

S’ensuit une semaine douloureuse, le coma, puis la fin. Je m’en veux. « Et si j’avais eu le droit ?… Cette dernière semaine a été plus profitable pour moi que pour elle, cela m’a permis de continuer le cheminement… Son choix était rationnel, exprimé de façon très claire, très consciente. On savait qu’on était arrivés au bout… J’aurais aimé pouvoir lui dire oui. Et si j’avais pu lui dire oui, je lui aurais dit oui. »

Lire, Fin de vie, comparaison internationale

Cette histoire vécue relate le cheminement intime dAgnès Firmin Le Bodo, la ministre chargée des professions de santé qui participera à la réforme sur la fin de vie. Issue de la droite catholique, elle se définit « baptisée et communiée ». Si elle manquait la messe le dimanche, c’était pour les championnats de patinage artistique. Elle a toujours été « contre » les évolutions sociétales, dont la procréation médicalement assistée (PMA). C’était comme ça. « En fait, je ne m’étais jamais posé la question », confie-t-elle. « Un jour, je me suis demandé : “Pourquoi je suis contre ?” Et je n’ai pas trouvé la réponse. » La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain ! De son côté l’eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR) voit encore dans l’aide active à mourir un dangereux « droit d’être tué ». Qui a raison, attendre la mort venir ou faire une piqûre ?

Le point de vue des écologistes

Les interrogations que se posent Mme la ministre sont les mêmes que pendant la période qui précédait l’autorisation de l’avortement en 1974. Faut-il changer la loi ? La réaction de Mr Bellamy est la même qu’au moment du vote de la loi Veil, condamnation du « droit de tuer ». La démocratie c’est cela, rencontrer socialement un problème et chercher collectivement une solution au delà des antagonismes. Il n’y a plus d’arguments d’autorité comme aux temps de la religion ou des fascismes, il y a la recherche du consensus « socialement acceptable ». Et les décideurs en dernier ressort doivent savoir distinguer ce qui est à un certain moment légal et ce qui devient légitime. Agnès Firmin Le Bodo a été aveuglée par ses présupposés idéologiques de droite catholique, elle aurait du faire preuve de compassion envers sa mère, elle aurait du respecter sa volonté clairement exprimée, elle aurait du faire la piqûre même si on n’avait pas encore ce droit en 2013.

Lire, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

Pourquoi tant d’inquiétude pour aider à mourir dans la dignité alors que l’espèce humaine est championne dans l’art de trucider son prochain et experte dans l’art de décimer les autres espèces ? Écoutons plutôt les citoyens pour qui l’aide aux suicide constitue un droit légitime.

En décembre 2013, une conférence citoyenne de 18 personnes tirées au sort pour représenter la diversité de la société ont fait émerger une réflexion collective sur la fin de vie après avoir auditionné des experts. Leurs recommandations finales marquaient une rupture. Le panel a jugé la notion de sédation complexe car « elle constitue un aspect relevant essentiellement de la technique médicale et par là semble échapper à la maîtrise et à la responsabilité du patient »… La possibilité de se suicider par assistance médicale, reposant avant tout sur son consentement éclairé, constituerait un droit légitime du patient en fin de vie (ou souffrant d’une pathologie irréversible). » Quand le consentement direct n’est pas possible, la conférence citoyenne préconisait une « exception d’euthanasie ». Bravo ! D’un point de vue écologiste, il faut savoir reconnaître la mort qui vient car elle est par nature notre lot commun.

Lire, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

La religion woke contre l’écologisme

Non seulement nous sommes submergés par la vacuité des réseaux sociaux, mais les médias popularisent des mots comme woke ou LGBTQIA. Ces inventions récentes deviennent alors à la mode et nous incitent à perdre de vue l’essentiel.

Jean-François Braunstein : « Woke » veut dire « éveillé », c’est-à-dire conscient des injustices à combattre, actif dans les luttes contre les dominations. Au premier abord, cette vague politique paraît désireuse d’égalité. Refuser les discriminations selon les genres… qui serait contre ? Pourtant ce mouvement est devenu une religion. Pourquoi nommer religion cette effervescence multiforme ? D’abord à cause de son déni du corps, de son refus de la réalité physique et de ses limites. En effet, l’idéal d’une « fluidité » des genres opposée aux identités ­stables, la croyance qu’il suffit de déclarer ce qu’on désire être pour le devenir supposent une puissance de l’esprit supérieure aux contraintes de la nature. Nos corps biologiques ne seraient pas déterminants, seules le seraient nos décisions intimes. Ce nouveau fanatisme repose sur le déni de la réalité, le refus de tout débat contradictoire, le remplacement de la réflexion par une foi aveugle en des dogmes absurdes, la persécution de ceux qui ­contestent. A terme, il pourrait devenir difficile de soutenir que les corps humains existent et qu’ils sont sexués, que l’universel n’est pas un vain mot, que la raison forge des vérités !

Alex Mahoudeau : Wokisme », terme apparu dans le débat public français en 2021, vient s’ajouter à l’“indigénisme”, la “cancel culture” et l’“islamo-gauchisme”, mais aussi au “communautarisme”, au “politiquement correct” et au “néoféminisme intersectionnel”.

Nicolas Truong : Plutôt que d’être effrayé par la gigantesque crise planétaire qui nous emporte, on nous demande de nous terrifier du mouvement “woke”, ce courant minoritaire dans la culture française. La tentation est alors grande de se raccrocher aux branches, de se tourner vers le connu., vers le monde traditionnel et ses valeurs.

Le point de vue des écologistes

Des idéologies médiatisées à outrance refusent les bouleversements du monde et nous font tourner la tête avec des mots qui relèvent du prurit individualiste plutôt que de la recherche du bien commun. L’universalisme est confondu avec l’occidentalisme, l’antiracisme assimilé au totalitarisme, les féminismes réduits à des « postures victimaires », les jeunes mobilisés pour le climat comparés à des ayatollahs, l’écologie confondue avec une religion sectaire. Le bien est transformé en mal, le bon en méchant et l’altruiste en idiot. Une droite extrême a imposé ses thématiques réactionnaires dans la sphère médiatique et une gauche atomisée en reste au corpus socio-marxiste. La nécessaire rupture écologique sera d’autant plus difficile à mettre en œuvre que nous en resterons aux débats futiles entre Macron et les anti-vax, Le Pen et l’intersectionnalité, #metoo et Zemmour, Hidalgo face au wokisme, Jadot coincé entre décolonialisme et cancel culture…

Face au wokisme des minorités qui font de leur position victimaire la seule chose qui compte, l’éveil à la conscience écologique paraît aujourd’hui la seule porteuse de valeurs d’avenir. L’écologisme remet aujourd’hui en cause toutes nos certitudes, la foi dans le progrès technique, le croissancisme économique institutionnalisé, le culte du PIB, l’idée d’une démographie bienfaisante, le bonheur à crédit. L’écologie devrait nous ramener à notre réalité biologique et à notre dépendance complète envers les phénomènes biophysique ; en d’autre termes les humains ne sont pas maîtres et possesseurs de la nature, y compris dans la composante corporelle de chacun, mais au service de l’équilibre durable entre la culture et la nature.

Rappelons une donnée qui devrait renforcer le poids de la catastrophe climatique, nous allons franchir (selon l’ONU) le seuil des 8 milliards d’êtres humains le 15 novembre 2022. La réalité de la surpopulation devrait nous éveiller au message malthusien, il faut d’urgence commencer à mettre notre fécondité en harmonie avec les possibilités que nous offre les ressources terrestres. Sinon guerres, famines et épidémies qui se propagent aujourd’hui seront notre ordinaire demain.

Pour agir contre les natalistes,

rejoindre l’association Démographie Responsable :

https://www.demographie-responsable.org/

Décroissance, pour une société sans école !

En apparence, l’école obligatoire pour tous au XIXe siècle a été une libération, c’était offrir aux citoyens des chances égale de promotion. L’école donne le moyen aux enfants d’agriculteur d’élever leur niveau de connaissances et de quitter la terre. En réalité, le paysan se retrouve esclave de la révolution industrielle. La France en 1833 impose à toutes les communes de posséder une école primaire, la nation française se forgera à travers l’extension de la langue française. On condamnait ainsi à mort les langues locales, de l’Occitanie à la Bretagne. En même temps s’opérait une coupure dans le milieu familial, les parents, qui souvent ne comprenaient pas un mot de français, reprochaient amèrement à l’enfant puni en classe pour utilisation de sa langue maternelle qu’il « ne serait bon qu’à garder les vaches ».

Les parents soutenaient ainsi par leur attitude le déracinement de leurs enfants et leur emploi à la ville. L’exode rural a été un processus de déculturation/acculturation qui a ébranlé en profondeur l’organisation interne des campagnes.

L’avis du mahatma Gandhi est clair, il parle d’éducation artificielle :

« Lorsqu’il faut choisir entre liberté et érudition, qui ne dira que l’on doit mille fois préférer la première à la seconde. Les jeunes gens que j’ai invités à sortir, en 1920, de ces citadelles de l’esclavage qu’étaient leurs écoles et leurs universités seront probablement à même de remonter aux sources du conseil que je leur ai donné : mieux valait demeurer illettré et casser des cailloux pour l’amour de la liberté que de chercher à acquérir une culture littéraire sans cesser d’être enchaîné comme un esclave. Ce n’était pas par les livres que l’on pouvait pourvoir à la formation de l’esprit. La formation n’est possible qu’en forçant l’esprit à s’exercer. Et l’exercice de l’esprit dépendait entièrement du mode de vie et du caractère moral du maître. A quoi me servirait-il, si j’étais menteur, d’enseigner à des enfants l’art de dire la vérité ? »

De même Ivan Illich qui préfère une société sans école et l’écrit :

« L’invention de l’éducation, nouvelle voie vers le salut, est proposée par Comenius à la fin du XVIe siècle. On postule qu’il faut enseigner à chacun tout ce qui est important pour lui au cours d’une vie. L’homme a été redéfini par ses nouveaux gardiens comme un être qui, après être né de sa mère, doit renaître par l’action de l’alma mater, l’école. L’apprentissage allait être vu comme le fruit d’un enseignement par des maîtres professionnels et comme un curriculum, littéralement une course. L’institution éducative suppose que chacun naisse en tant qu’individu dans une société contractuelle qui doit être analysée avant que d’y vivre. Selon cette construction, nul ne saurait faire partie de cette société à moins qu’un catéchisme ne lui ait dispensé certaines vérités. Puis au cours du XXe siècle a été découverte une nouvelle raison de l’éducation universelle et obligatoire. L’école a été définie comme nécessaire pour le travail. La culture livresque et la formation de la main-d’œuvre vinrent s’ajouter pour justifier l’existence de ce qui était devenu une Eglise transnationale.

Une petite anecdote éclairera mon propos. Il y a vingt ans, quand j’écrivais les essais réunis dans Une société sans école (titre original: Deschooling Society), j’ai appris avec stupéfaction que la direction sanitaire de la ville de New York excluait les boueux qui n’avaient pas leur baccalauréat ! Fort de cette information, j’ai soutenu que l’appareil du parti démocrate se servait des diplômes pour exclure les Portoricains des emplois bien payés. La scolarisation fait office de portier à l’entrée des boulots.

Le marché du travail disparaît. L’apprentissage sur le tas eût été meilleur et eût exigé un moindre transfert de richesse publique au profit de celui qui gravit les échelons. Les enseignants devront comprendre que les écoles socialisent la majorité dans l’acceptation de son infériorité tout en fournissant peu de compétences que leurs élèves leur seraient gré d’avoir acquises.

Les sociétés attachées à la scolarisation universelle et obligatoire insistent sur une entreprise frustrante et toujours plus insidieuse qui multiple les ratés et les infirmes. L’institution tenue pour sacrée légitime un monde où la grande majorité des individus sont stigmatisés comme recalés tandis qu’une minorité seulement sortent de ces institutions avec en poche un diplôme qui certifie leur appartenance à une super-race qui a le droit de gouverner. L’utilisation des techniques modernes pour séparer les gens en maîtres et esclaves était impossible autrefois, sauf sous la bannière de Staline ou de Hitler. L’obsession de notre société qui oblige les enfants des bas quartiers à fréquenter les écoles des bas quartiers est une cruauté absurde. »

Lire aussi, Post-covid, pour une société sans école

Une autre éducation des lycéens est possible

Selon le cardinal de Richelieu, apprendre à lire, écrire et compter « remplit le pays de chicaneurs propres à ruiner les familles et troubler l’ordre public, plutôt qu’à procurer aucun bien ». Les jeunes d’aujourd’hui ont pourtant appris à lire, écrire ou compter, mais ce fut seulement pour se mettre au service de la révolution industrielle. Comment faire autrement ? A ma modeste échelle, j’ai fait ce que je pouvais. Professeur de sciences économiques et sociales (SES) en lycée pendant près de 40 ans, j’ai essayé de montrer ce qu’éduquer veut dire.

En sociologie, je montrais à mes élèves que le relativisme culturel est une donnée de base. Mes cours de Seconde en témoignent.

Si j’avais à résumer par une seule expression la conclusion de la sociologie, ce serait : « Tout est culturel. » Le naturel relève de l’inné alors que le culturel dépend de normes sociales. Or il est très difficile de mettre à distance sa propre culture quand on ne possède aucune autre référence que celle de son milieu. C’est pourquoi les élèves confondent « naturel et « normal ». Nos pensées et nos sentiments doivent bien surgir de quelque part. C’est notre cerveau qui nous permet de voir, sentir, ressentir. Je montrais que nous avons une manière de déterminer si le contenu cérébral est conditionné par la société ou par nos gènes. L’inné est universel, il n’y a pas moyen d’y échapper, c’est un automatisme qui est suivi par tous les membres d’une espèce animale particulière. Par contre l’acquis est relatif, il dépend de la socialisation effectuée dans un groupe ethnique particulier. Les élèves découvrent grâce aux documents de leurs manuels l’ethnologie, la diversité des coutumes dans le temps et dans l’espace. Je peux ainsi (dé)montrer la variabilité des comportements même quand il s’agit du rapprochement des sexes. La démonstration qui est faite du conditionnement de nos sentiments est un véritable choc pour les élèves ; l’approche sociologique est même assez difficile à admettre pour certains. L’espèce humaine appartient bien sûr au règne animal, mais la sophistication de notre cerveau a éliminé toute influence génétique sur notre comportement, si ce n’est quelques réflexes à la naissance comme la succion. Il est très important pour la formation du caractère de maîtriser cette notion de relativité culturelle. Cela permet de prendre de la distance avec ses propres a priori, ses préjugés. Cela ne veut pas dire relativisme, il y a des valeurs qu’on peut juger fondamentales comme l’égalité entre l’homme et la femme ou le respect de la biodiversité. Mais cela permet de mieux comprendre l’autre, de savoir se mettre à sa place, d’habiter un esprit de femme alors que nous sommes mâles, et de savoir que l’espèce humaine n’est qu’une simple composante de la trame du vivant.

– En économie, ma ligne directrice est de montrer que nos us et coutumes économiques sont autant que nos sentiments conditionnés par le contexte social. D’ailleurs autrefois on ne disait pas « sciences » économiques, mais économie politique.

L’économie n’est pas une science, c’est un arrangement social sur la circulation des richesses, bourré de compromis et de conflits. L’économie n’est qu’une sous-partie de la sociologie. Ainsi de nos besoins, qui conditionnent notre demande de biens et services, qui joue donc sur nos productions, et en fin de compte sur le chiffre d’affaires de nos entreprises et donc sur l’emploi. En fait il faut savoir que c’est l’évolution de l’industrie qui nous dicte le mode de satisfaction de nos besoins, y compris pour les dépenses de base nécessaires à notre physiologie comme l’alimentation. Il s’agit du mécanisme de la filière inversée, ce n’est pas la demande qui crée l’offre, c’est le contraire. Dans le monde actuel, la perception des besoins réels se change en une offre de produits manufacturés pour laquelle « avoir soif », c’est par exemple boire du Coca-Cola. Les inégalités de revenus et le formatage par la publicité conditionnent l’expression de nos besoins. Supprimons la publicité pour connaître les vrais besoins ! De plus le marché ne peut coordonner une finalité collective puisqu’il ne s’intéresse qu’à la demande solvable. Je dis aux élèves que nous n’avons pas besoin d’une voiture, d’un téléphone portable et d’une résidence secondaire pour être heureux, nous avons plutôt besoin de pain et d’amitié. de considération et d’échange Je montre que notre conception des besoins devrait suivre un principe de généralisation : généralisation dans l’espace, je ne peux satisfaire un besoin que dans la mesure où n’importe qui n’importe où sur notre planète peut accéder à un niveau de vie équivalent ; généralisation dans le temps, le présent a des besoins auxquels on peut répondre seulement si cela n’empêche pas les générations futures de satisfaire les leurs… Certes je n’incite pas les élèves à faire la révolution, je mets simplement en évidence les errements d’un système économique libéral qui est devenu la norme et qui court à sa perte. Mais c’est difficile d’abandonner notre égocentrisme, notre ethnocentrisme, notre anthropocentrisme. Percevoir que l’espèce homo sapiens est une espèce animale parmi d’autres espèces animales dont la seule supériorité est de produire des armes de destruction massive… paraît impossible pour la plupart des élèves.

– Pour l’option de sociologie politique, nous apprenons avec les premières à définir l’opposition entre démocratie formelle et démocratie réelle, parité politique et discrimination positive, supranationalité, citoyenneté universelle ou communautarisme, le test de Milgram et la soumission volontaire décrite par la Boétie, etc

Les débuts de l’initiation sont difficiles, peu d’élèves savent distinguer la droite de la gauche, le nom des partis est ignoré, le sigle des syndicats encore plus. Tous les élèves sans exception devraient suivre des cours d’économisme et de sociopolitique pour mieux apprécier l’évolution géopolitique et savoir agir. Il faut une éducation holistique, systémique. Pourtant mes collègues de SES estiment que « je fais trop de politique » ! Or il n’y a jamais neutralité de l’enseignement, il y a toujours un message revendiqué qui consiste le plus souvent au soutien des structures socio-économiques actuelles. Le métier d’enseignant a par définition un objectif politique : il justifie l’existant ou il en dévoile les failles. Plus j’ai approché de l’heure de la retraite, plus j’ai mesuré la distance qui séparait mon esprit critique de ce qu’était devenue ma matière. Extrait du rapport d’inspection de Marie-Lise Fosse en 2005 à propos de mon cours : « On peut regretter le titre Une approche « idéologique » de l’activité ; il est certes légitime de montrer aux élèves que les définitions relèvent de convention, mais il importe aussi de leur montrer qu’il s’agit bien d’une démarche scientifique… » L’enseignement de SES a subi une terrible évolution. Quand j’ai terminé ma carrière, j’étais le seul parmi mes quatre collèges à conserver encore les tables en fer à cheval (en cercle). Retour aux tables alignées en rangées face à la toute puissance du prof. Fini le militantisme pédagogique, les SES étaient devenues une « discipline » parmi d’autres.

J’ai toujours eu la forte impression que les élèves perdent leur temps à subir des disciplines séparées. Cela formate un état d’esprit compartimenté, l’histoire dans un tiroir, l’économie dans un autre, le français sur une étagère, etc. L’enseignement est mal structuré, d’autant plus que passer des années et des années assis sur une chaise ne peut véritablement préparer les jeunes à la vie active. En fait j’ai toujours regretté la dénomination de ma matière SES. J’aurais préféré enseigner l’écologie, une discipline qui englobe l’économique, le social, le politique, l’historique, le géographique et qui utilise aussi les connaissances mathématiques, biologique et physique. Garder une pensée ouverte, c’est ce que valorise l’écologisme. Pour s’y retrouver, il faut connaître les leçons du passé, les circonvolutions géographiques, savoir mélanger philosophie et éthique, y mettre un peu de calcul statistique et l’utilisation des tableaux chiffrés, pouvoir comprendre ce qu’on lit et éviter les réseaux sociaux. L’écologie scientifique et écologie politique vont de pair, la réalité est internationale et pas franco-française, le contexte de notre vécu repose à la fois sur la planète et l’ensemble du vivant. Il est extrêmement regrettable, on peut même dire dommageable, que les jeunes adolescents aient une vision parcellaire de la société. Si un enseignant ne maîtrise pas lui-même la totalité de l’approche de la vie humaine, comment voulez-vous qu’un jeune puisse y arriver ?

L’enseignement des sciences économiques et sociales trouvait à l’origine ses fondements dans la mise en place de la réforme Fouchet à compter de la rentrée 1965. On introduisait progressivement la troisième culture, celle qui s’ajoute aux cultures scientifique et littéraire. Une nouvelle option « dont la vocation est de compléter les études classiques par une analyse des réalités économiques du monde contemporain à une époque où la croissance des Trente Glorieuses interpelle les partenaires sociaux ». Autant les SES ont été à l’origine une matière qui permettait aux élèves de s’affronter au monde moderne et d’en discuter les bases, autant c’est devenu une discipline comme les autres, avec ses recettes et ses habitudes, nourrissant un corps de spécialistes imbus de leur spécialité. Mes collègues enseignent maintenant l’économie et la sociologie de manière séparée. Il n’y a plus de vision transdisciplinaire, il y a maintenant ce que disent des programmes formatés par le libéralisme économique. Nous sommes très loin de mes débuts d’enseignements en 1974-1975 au moment du premier choc pétrolier et des doutes sur la durabilité de la croissance.

Aujourd’hui mes collègues ne peuvent plus avoir d’approche décroissanciste à propos des limites absolues rencontrées par la civilisation thermo-industrielle. On assimile encore croissance économique soutenue et développement durable ! Nous apprenons aux élèves que l’économie s’est désencastrée du social au cours de la révolution industrielle, nous n’apprenons pas qu’il faut ré-encastrer l’économique dans le social, mais aussi le social dans l’écologique. Pourtant ce que je connais de fondamental et d’objectif, c’est que nous sommes  à l’aube d’une confluence de crises structurelles, pic pétrolier, réchauffement climatique, perte de biodiversité, krachs financiers,  etc. La crise ultime a déjà commencé… La matière que j’ai tant aimé est devenue une larve qui épouse l’air du temps sans prendre conscience de la montée des périls.

Pour le texte intégral, lire Michel SOURROUILLE, Mémoire d’un écolo (2012)

On ne naît pas écolo, on le devient

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution s’est faite chaque jour pendant les mois de juillet et août 2022. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Voici la liste des liens, à chacun d’aller selon ses centres d’intérêt :

On ne naît pas écolo, on le devient (introduction)

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Testament, mérite mieux qu’un nom sur une pierre tombale

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas

Végétarien, une des manières de devenir écolo

Voiture, une passion contemporaine qui n’aura eu qu’un temps

Voiture, passion contemporaine dans l’impasse

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Voiture, une passion contemporaine qui n’aura eu qu’un temps

Je suis né en 1947 avec l’automobile. La télévision n’était pas rentrée dans les foyers, il n’existait ni ordinateur ni portable, mais les voitures commençaient à circuler. C’était une invention relativement nouvelle et improbable. En 1890, le dictionnaire allemand Bockhaus définissait ainsi l’automobile : « Nom qui a quelquefois été donné à de curieux véhicules mus par un moteur à explosion. Cette invention, aujourd’hui oubliée, n’a connu qu’échec et désapprobation des autorités scientifiques. »

En 1899, le jeune Henri Ford fonde une entreprise de construction automobile à un moment où, note-t-il, « il n’y avait pas de demande, voire une répugnance du public devant cette machine jugée laide, sale et bruyante et qui met en fuite les chevaux et les enfants. » Au début, mes parents n’avaient qu’une moto. Pendant les trois premières années d’après-guerre la fabrication de véhicules utilitaires l’avait largement emporté sur les véhicules de particuliers. Mais déjà une mythologie s’installait, il fallait s’inscrire sur une liste d’attente pour « avoir sa voiture personnelle ». Aujourd’hui un jeune ne peut plus concevoir un monde sans automobiles. 

La production de 4 roues a toutes les qualités, c’est un vecteur de croissance qui fait appel à la production de branches-clés. La construction en série d’automobile (dès la Ford T, 1914), ce qu’on appelle le fordisme, s’est accompagnée de l’augmentation des salaires et de l’apparition de la classe globale, celle qui possède un véhicule personnel. C’est une industrie de main d’œuvre et donc créatrice d’emploi, ce qui est toujours bien vu par les gouvernants et les travailleurs. C’est une facilité pour le déplacement individuel. Mais cela nécessite l’aliénation par le travail à la chaîne, repose sur la productivité qui crée le chômage, facilite l’urbanisation sauvage, la stérilisation des terres par un réseau routier sans limites, la multiplication des déplacements par la distance que l’automobile a mis entre domicile et lieux de travail, entre zone de production et centres commerciaux, entre espace de vie et destinations du tourisme. Cela implique aussi l’épuisement du pétrole, ressource non renouvelable, et l’augmentation de l’effet de serre, donc le réchauffement climatique.

Cette innovation qui a à peine un siècle a donc été la plus grande catastrophe du XXe siècle. Malheureusement les effets négatifs ne s’en feront sentir qu’au XXIe siècle : le mal s’est fait sans que quiconque ne s’en émeuve. Aucun politique ne pense à l’heure actuelle limiter l’usage de l’automobile pour des raisons climatiques ou d’épuisement des ressources pétrolières. On agit en limitant la vitesse uniquement pour éviter trop de morts sur les routes. La considération écologique est absente… Pourtant en 1974 Dumont à la présidentielle :

« Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde. Sait-on que si tous les habitants du globe consommaient autant de pétrole que les Américains, les réserves prouvées ne tiendraient guère plus d’un an ? Pour faire 10 000 km, on consacre 150 heures à sa voiture (gain de l’argent nécessaire à l’achat et à l’entretien, conduite, embouteillage, hôpital). Cela revient à faire 6 kilomètres à l’heure, la vitesse d’un piéton. Le type de société que je propose est une société à basse consommation d’énergie. Cela veut dire que nous luttons par exemple contre la voiture individuelle. Nous demandons l’arrêt de la construction des autoroutes, l’arrêt de la fabrication des automobiles dépassant 4 CV… On peut penser dès à présent à réorienter l’industrie automobile vers la production des composantes de logements ou des systèmes d’énergie solaire ou éolienne. » [L’écologie ou la mort, à vous de choisir – la campagne de René Dumont, les objectifs de l’écologie politique (Pauvert, 1974)]

Des dizaines d’années se sont écoulées, les politiques restent à mille lieux des réalités géophysiques. Lors d’un pic de pollution en Île-de-France, la ministre socialiste Ségolène Royal refuse des mesures de restriction du trafic routier contre l’avis des élus locaux : « Empêcher quelqu’un de prendre sa voiture, c’est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger » ; « La circulation alternée, ce n’est pas rien : cela se prépare et se maîtrise. Cela ne se fait pas par des déclarations sur la place publique exigeant telle ou telle décision. [LE MONDE du 10 avril 2015] »

Il faudra donc attendre le prochain choc pétrolier pour prendre collectivement conscience… de la nécessité du dévoiturage, l’abandon de la voiture individuelle. En attendant, j’avoue que ma femme possède une voiture… qu’il m’arrive d’utiliser ! On ne naît pas écolo, on le devient de façon imparfaite, la vie est faite de compromis qui se transforment souvent en compromission. Résister au système croissanciste motorisé est extrêmement difficile.

Mais tu peux toujours tenter l’impossible…

(NB : c’était le dernier article du livre

« On ne naît pas écolo, on le devient »)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Testament, mérite mieux qu’un nom sur une pierre tombale

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas

Végétarien, une des manières de devenir écolo

Végétarien, une des manières de devenir écolo

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Végétarien, une des manières de devenir écolo

Tu manges un cadavre disent les végétariens aux carnivores. N’entends-tu pas le cri de la carotte que du croques, disent les omnivores aux végétaliens. J’ai été élevé dans une famille où on ne rencontrait pas du tout ce genre de controverse à table ; on mangeait de tout, y compris du foie gras, et les repas de grande fête chez ma grand-mère maternelle accumulaient les mets. Dans mon enfance, je ne savais même pas que les végétariens pouvaient exister. Cela m’aurait paru bizarre si j’avais su. Bien plus tard, le 13 avril 1971, j’écrivais à Pierre Fournier, l’écolo de service à Hara-Kiri : « Avec l’urbanisation de la campagne, la vie s’accorde de moins en moins directement aux rythmes biologiques et naturels. L’obligation faite de se mouvoir dans un espace plus restreint et artificiellement construit amèneront progressivement l’individu à perdre son autonomie individuelle. Quant à ton régime végétarien, c’est une profession de foi. Tu n’as pas expliqué en quoi ce serait une rationalisation de la conduite individuelle. Pour moi, un brin d’herbe est aussi respectable qu’un agneau, et il faut bien marcher et bouffer… Mais j’aime bien ce que tu écris… »

Je n’étais toujours pas végétarien. Dans une notule du 3 janvier 1971, j’écrivais même que c’est une mystification : « L’être humain a mis des millénaires pour se doter de canines et devenir omnivore. D’autre part l’animal n’est pas la seule concrétisation de la vie, les plantes aussi sont vivantes. »  Depuis, j’ai modulé ma pensée, j’ai pris conscience de la nécessité vitale de modifier le régime alimentaire des populations occidentalisées pour des raisons écologiques. Les experts l’écrivent.

Hervé Le Bras (démographe, directeur d’études à l’INED) : « Le problème le plus important n’est plus le nombre total des hommes, mais la structure de leur consommation, celle d’hydrocarbures, et de plus en plus celle de nourriture animale. Si la planète entière adoptait le régime alimentaire des Français, elle ne pourrait nourrir que 3,4 milliards de personnes, soit la moitié de la population actuelle. En outre les ruminants émettent du méthane, puissant gaz à effet de serre ». (Entropia n° 8, printemps 2010)

Rajendra Pachauri, président du GIEC : « Un des premiers gros efforts que devra réaliser la société humaine pour lutter contre le changement climatique est de réduire sa consommation de viande. Le cycle de production de la viande est très intensif, il nécessite beaucoup d’énergie, d’eau et d’aliments pour le bétail et génère d’importante émission de gaz à effet de serre. Changer les habitudes de nourriture nécessite un vrai changement de valeurs et une vraie information des populations pour leur expliquer l’association qui existe entre la consommation de viande et l’effet de serre. Je pense que le changement climatique est un déclencheur qui va nous amener à repenser notre mode de vie et à mettre l’accent sur d’autres valeurs. Nous croyons en Inde que l’Univers est une seule famille. Je pense qu’il est improductif et dangereux pour nous de ne pas croire en cette philosophie. » (Sciences et avenir hors série janvier-février 2010)

A la suite de l’initiative de la ville belge de Gand, l’A.V.F. (Association Végétarienne de France) avait lancé par un communiqué de presse du 29 mai 2009 une campagne « pour un jour végétarien hebdomadaire en France ». Plusieurs associations se sont assemblées en partenariat autour du mot d’ordre « Lundi, Jour Végétarien ».

Notre groupe de réflexion de Charente-Nature communique devant l’AG du 24 avril 2010 : « Depuis plusieurs mois, la commission énergie étudie les tenants et aboutissants de l’élevage. Après analyse des mécanismes de l’intensification des conditions d’élevage, de l’impact de l’élevage sur le réchauffement climatique et du gaspillage énergétique lié aux calories animales, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait agir dans le domaine alimentaire pour sensibiliser le grand public. Il nous semblait donc nécessaire d’adhérer à la campagne associative « Nous sommes d’accord avec le lundi végétarien ».

Il n’y a jamais eu de décision explicite d’adhésion de Charente-Nature au lundi végétarien. Il est très difficile d’arriver à un vote clair, même dans une petite association. La participation à une association est un moyen de faire progresser la pensée et la pratique collective, mais le résultat est diffus, incertain.

Bien entendu j’avais fait du lundi végétarien un mot d’ordre pour ma propre vie de famille. Mais j’avoue que quand il y a quelques restes du WE, je me pose quelques questions. Ne pas gaspiller la nourriture ou suivre un idéal ? Manger bio ou manger local ? Suivre le mouvement familial ou croque sa carotte en solitaire ?

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

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Abeille, qui ne pique que si on l’embête

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

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Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

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IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

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Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

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Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

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Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Testament, mérite mieux qu’un nom sur une pierre tombale

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas

Toilettes, dis-moi comment tu défèques

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Toilettes, dis-moi comment tu défèques, je te dirais où tu vas

Étudiant dans les années 1970 en faculté de sciences économiques, j’aurais aimé qu’on nous parle un peu plus de la gestion de nos déchets plutôt que des grandes théories du marché et du libre échange. En 2010 chaque année au niveau mondial, c’est  200 millions de tonnes d’excréments humains qui finissent dans des rivières.

Le développement des toilettes était l’un des objectifs du millénaire, défini ainsi en l’an 2000 par les Nations unies : diminuer par deux le nombre de personnes n’ayant pas accès à des sanitaires d’ici à 2015. Le plan « L’Inde Propre » veut financer la construction de 130 millions de lieux d’aisance. Aujourd’hui les normes occidentales d’hygiène et de confort veulent s’imposer en Inde et ailleurs. La défécation doit être « modernisée ». Pour certains futurologues, la satisfaction des besoins naturels devrait dans l’avenir s’opérer dans un cabinet d’aisance à la pointe du progrès : WC lavant et séchant, jet d’eau tiède qui nettoie et sèche les fesses, modèle dit « japonais » qui se développe aux États-Unis alors que l’Europe « est à la traîne ».

Ceux qui n’ont aucune connaissances des limites de la planète déraillent en toute bonne foi : « Nos toilettes classiques nous feront le même effet d’incongruité et d’inconfort que les toilettes « à la turque » sur lesquelles on tombe encore parfois, au fond de certains bistrots. Hygiène et confort atteindront un degré maximal… » Mais dans le monde de demain, le principal souci ne sera pas la douce chaleur du lieu où on défèque car nous serons plutôt préoccupés par le nécessaire recyclage de notre urine et de nos merdes.

J’ai connu l’installation à la dure chez mes grands-parents, dans une cabane au fond du jardin, les fesses assises sur un trou au milieu des planches, où on se soulageait directement sur une fosse où grouillaient les vers blancs. Pour la vider, on portait nos seaux directement sur le compost. Un autre temps, pas si lointain. J’ai rencontré pour la première fois en 2014 des WC séparant l’urine et les selles dans un village de yourte près de Totnes, ville modèle des communautés en transition. La construction était entièrement artisanale, la cabane était en pleine nature, les conteneurs pour transformer en engrais juste à côté. Pas besoin d’une « Journée mondiale des toilettes » pour faire accéder l’ensemble de la planète à ces toilettes perfectionnées.

 Alors que dans les pays riches une frange d’expérimentateurs éclairés se lance dans la construction de toilettes sèches, il est vraiment bizarre que les pays pauvres n’utilisent pas les excréments humains qui peuvent faire un bon engrais. Les articles sur les latrines insistent généralement sur les maladies diarrhéiques, la contamination des eaux de surface, les bactéries, virus et autres parasites, sans aborder l’intérêt du nécessaire recyclage de toute matière par les décomposeurs. Nous n’avons pas à frémir ni fantasmer sur nos matières fécales : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… sauf que nos techniques modernes s’ingénient à empêcher le déroulement des cycles naturels.

La chasse d’eau est une grande ennemie de l’écologie.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

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Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

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Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

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Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

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Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

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Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

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IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

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Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Testament, mérite mieux qu’un nom sur une pierre tombale

Testament, ton nom sur une pierre tombale

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Testament, mérite mieux qu’un nom sur une pierre tombale

La mort n’est rien. La mort n’est que la continuation de la vie par un autre chemin. Août 1972, j’avais 24 ans, j’écrivais que j’attendais le retour à la terre, l’instant suprême où mes molécules se disperseraient dans l’infini univers, et recommenceraient leurs sarabandes sans but. Une métempsycose cosmogonique. 26 décembre 2011, je rédige sur mon blog du monde.fr mon testament écolo :

« Je soussigné désire un enterrement sans aucune cérémonie religieuse, sans fleurs ni couronnes ni aucune marque matérielle de condoléances. Je veux être enterré de façon à minimiser mon empreinte écologique au maximum. Pas de crémation qui utilise une énergie extracorporelle devenue trop rare. Pas de cercueil qui mobilise des ressources naturelles. Pas de vêtements car nu je suis né, nu je veux revenir à la terre. »

Mon idéal serait de participer sans rechigner au grand recyclage que la nature nous propose gratuitement. Pour faciliter la chose, la ville de Paris nous offre paraît-il un modèle que je recommande : la commune fournit aux personnes décédées (sans ressources ni famille) des caissons en béton étanche équipés d’un système d’introduction de l’air afin que les espèces qui aident au recyclage de l’organisme puissent accéder au festin. L’oxygène accélère le dessèchement du corps et l’évacuation des gaz de décomposition est assurée. Il n’y a aucune pollution et le caveau peut être récupéré à l’infini : tous les cinq ans, il est à nouveau disponible. Nous ne nous appuyons pas assez sur les compétences de la biosphère qui possède depuis des temps immémoriaux un sens pratique très développé en ce qui concerne l’équilibre dynamique et le recyclage performant.

Je suis émerveillé par toutes les générations précédentes d’hominidés qui depuis des millions d’années n’ont laissé pratiquement aucune trace sur terre. Ils ont permis aux décomposeurs le soin de disperser leurs molécules pour profiter aux autres formes de vie. Je suis révolté par tous ces puissants et autres saccageurs de la nature qui font construire des pyramides et des mausolées dédiés à leur ego, des statues ou des monuments grandioses à la hauteur de leur suffisance. Ils n’ont aucun sens de l’écologie, ils n’ont pas le sens des limites, ils sont néfastes. Notre trace sur terre importe dans le souvenir que nous laissons aux vivants, pas dans l’empreinte écologique qui défigure notre planète. Je suis abasourdi de voir que les gens qui veulent vivre à l’occidentale se croient à l’égal des puissants, construisant buildings immenses, centres commerciaux démesurés et autoroutes un peu partout. Je suis ulcéré par cette pub de Renault qui prétendait « laisser moins de traces sur la planète ». Moins de traces ?

« Nous devrions avoir peur de la trace laissée après notre mort : entre un et deux millions de fois notre propre poids, c’est plus qu’une trace… (Entre autres) l’européen moyen émettra au cours de sa vie 752 tonnes d’équivalent CO2 de gaz à effet de serre… » (Jean-Guillaume Péladan, Sur quelle planète vont grandir mes enfants ? – Ovadia, 2009).

Je ne suis que fragment de la Terre, nous ne valons certainement pas plus que le lombric qui lui, au moins, fertilise le sol. Mais j’aspire aussi à un monde meilleur pour mes descendants, une société humaine en harmonie avec notre merveilleuse oasis de vie perdue dans l’immensité d’un univers apparemment sans vie. Ce n’est donc pas une planète vide d’humains que je souhaite, mais une planète où l’espèce humaine parcourt son existence d’un pas léger qui ne laisse presque aucune empreinte. Loin des rêves de conquête spatiale, c’est quand mes atomes tourbillonneront pour l’éternité dans l’espace galactique que j’atteindrai objectivement la véritable plénitude. Je ne regretterai pas cette espèce trop souvent homo demens plutôt qu’homo sapiens. Je ne peux me sentir totalement concerné par cette agitation désordonnée de l’humanité dont les préoccupations restent le plus souvent égoïstes et de courte vue. Ethnocentrisme, anthropocentrisme, nationalisme, indépendantisme, chacun se croit le centre de la Biosphère et ne vit que pour sa personne ou son groupe d’appartenance. J’ai essayé de penser et vivre autrement, mais ma vie a été par nécessité incomplète et trop souvent impotente. Tout ce que je sais, c’est que les problèmes deviennent innombrables et les réponses toujours lacunaires. Tout ce que je sais, c’est que les générations futures vont être obligées de faire avec… Une petite citation de Jean Rostand pour conclure provisoirement :

« Du point de vue sidéral, la chute d’un empire ou même la ruine d’un idéal ne compte pas plus que l’effondrement d’une fourmilière sous le pied d’un passant distrait. Quand le dernier esprit du dernier de notre espèce s’éteindra, l’univers ne sentira même pas sur lui le passage d’une ombre furtive. »

Un constat de réalité bien envoyé ! Il n’y a ni optimisme ni pessimisme dans cette sentence, juste une vérité qui devrait nous amener à l’humilité.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

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Abeille, qui ne pique que si on l’embête

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

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Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

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Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

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Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

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Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Techniques… appropriées ou néfastes

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Techniques appropriées et d’autres, à exclure

Je lisais en 1969 la 25ème heure de Virgil Gheorgiu, un livre sur les camps de concentration : « L’homme est obligé de s’adapter à la machine… Il devient une minorité brimée par la technique. Les esclaves techniques tiennent en main les points cardinaux de l’organisation sociale. Ils agissent selon des lois spécifiques, automatisme, uniformité, anonymat… Il y aura des arrestations automatiques, des condamnations, des distractions automatiques. »

En février 1971, je ne pouvais encore comprendre en quoi la différence entre techniques dures et techniques douces était importante. Je me contentais par exemple de recopier: « L’éclairage électrique a liquidé le régime de la nuit et du jour, de l’intérieur et de l’extérieur (Marshall Mac Luhan). »

En mars, j’étais un peu plus prolixe : « Dans le secteur industriel, on peut dorénavant déceler des limites au travers des déboires du progrès technique. Certaines techniques pourtant maîtrisables nous sont interdites comme les longs courriers supersoniques qui brûlent trop d’énergie. L’application civile de l’atome se révélera un jour impossible à cause des faibles réserves d’uranium, du danger des radiations et du problème des déchets. L’équilibre oxygène/gaz carbonique dans l’air est rompu, les ressources en eau posent problème. » Au milieu de mes notes disparates rien ne pouvait égaler le message d’Ellul… que je ne connaissais pas encore et qui écrivait pourtant dès 1960 :

« La machine a créé un milieu inhumain, concentration des grandes villes, manque d’espace, usines déshumanisées, travail des femmes, éloignement de la nature. La vie n’a plus de sens. Il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n’est pas lui qui crée ce monde, c’est la machine… Lorsque la technique entre dans tous les domaines et dans l’homme lui-même qui devient pour elle un objet, la technique cesse d’être elle-même l’objet pour l’homme, elle n’est plus posée en face de l’homme, mais s’intègre en lui et progressivement l’absorbe. » (La technique ou l’enjeu du siècle de Jacques ELLUL – réédition Economica, 1990)

Il nous faut définir les limites technologiques à ne pas dépasser. Ivan Illich estimait dans son livre La convivialité (Seuil, 1973) que nous y arriverons tôt ou tard : « Quand la crise de la société surproductive s’aggravera, ce sera la première crise mondiale mettant en question le système industriel en lui-même et non plus localisée au sein de ce système. Cette crise obligera l’homme à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par la méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation de bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible : établir, par accord politique, une autolimitation. »

Theodore J. Kaczynski dans L’effondrement du système technologique (Xénia, 2008) a fait une analyse complémentaire :

« Nous distinguons deux sortes de technologies, que nous appellerons technologie à petite échelle et technologie dépendant d’une organisation. La technologie à petite échelle est la technologie qui peut être utilisée par des communautés de petite dimension sans aide extérieure. La technologie dépendant d’une organisation est la technologie qui dépend de l’organisation sociale globale. Nous ne connaissons aucun cas significatif de régression dans la technologie à petite échelle. Mais la technologie dépendant d’une organisation régresse quand l’organisation sociale dont elle dépend s’écroule. Jusqu’à un siècle ou deux avant la Révolution Industrielle, la plus grande part de la technologie était une technologie à petite échelle. Mais depuis la Révolution Industrielle, la plus grande part de la technologie développée est la technologie dépendant d’une organisation. Vous avez besoin d’outils pour faire des outils pour faire des outils pour faire des outils… »

Mais à partir de quel seuil la limite à ne pas franchir est-elle dépassé ? Vaste débat.. Voici une tentative de classement, des techniques les plus douces aux techniques inacceptables (en rouge) :

– Bouche à oreille > téléphone fixe > téléphone mobile > mobile 3G > nouvelle génération…

– Energie corporelle > Energies renouvelables > énergies non renouvelables

– Solaire passif > éolien > hydroélectrique > bois > biomasse > photovoltaïque > agrocarburants > gaz > pétrole > charbon > nucléaire

– Economie non monétaire > banque de temps > monnaie locale > pièces et billets > monnaie scripturale (chèque) > carte bancaire

– Maison non chauffée > chauffage géothermique > chauffage au bois > au gaz > à l’électricité > au fuel > au charbon

– Marche > vélo > roller > cyclopousse > diligence > cheval > tramway > train > autobus > taxi > TGV > voiture individuelle > avion

– Naissance à domicile > maison de naissance (sage-femme) > clinique (médicalisation)

– Radio > cinéma (collectif) > télévision noir et blanc (individualisée) > télévision couleur > passage au numérique

Pour le moment nous mettons en œuvre tout ce dont le « progrès technique » est capable alors que nous sommes entrés dans une période de descente énergétique qui rendra obsolète beaucoup de nos techniques. L’épuisement des ressources fossiles et sa contrepartie, le réchauffement climatique, ne nous feront pas de cadeau.

La nature ne négocie pas, j’espère que nous en aurons suffisamment pris conscience avant l’irréversibilité des catastrophes. J’ai comme un doute…

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

L’écoanxiété gagne les esprits, agissons

L’angoisse face aux perturbations environnementales porte un nom : l’écoanxiété. Comment faire pour ne pas être dévoré par l’inquiétude face aux crises écologiques et géopolitiques? Comment ne pas sombrer dans la dépression alors que l’inertie est l’attitude la plus commune ? Voici, par les titres d’un quotidien bien connu, les nouvelles de la planète sur ces deux derniers jours. Les alertes sont multiples. Rien ne va plus, faites vos jeux !

– répondre à un été de catastrophes climatiques (éditorial du MONDE)

– climat, des changements plus rapides que prévu

– les modelés climatiques du GIEC donnent une vision un peu trop optimiste

– Méditerranée, le réchauffement s’accélère

– Corse, les arbres tombaient comme des allumettes

– en Italie, des scènes de chaos après de violentes tempêtes

– le Portugal en proie aux feux de forêt

– une sécheresse sans précédent menace la croissance de la Chine

– en Namibie, un modèle conservatoire fragilisé

– Medvedev, le va-t-en guerre du Kremlin

– Chine, des opposants envoyés en hôpitaux psychiatriques

– au Tadjikistan, répression massive contre la minorité pamirie

– un long voyage dans l’enfer du goulag

– la situation alarmante de la pédopsychiatrie

– inquiétante résurgence de la poliomyélite

– victime de fatwas, elle dénonce l’obscurantisme

– dérèglement climatique, il faut impliquer les citoyens

– la France et le vélo, une succession de rendez-vous manqué

Le point de vue des écologistes

L’anxiété est une réponse normale, et même inévitable, aux menaces écologiques auxquelles nous sommes confrontés dans un contexte politique troublé. Qui ne connaît pas l’écoanxiété est vraiment aveugle au monde qui nous entoure. Qui veut sortir de l’écoanxiété s’oblige à agir à son échelle…

Lire, L’écoanxiété a-t-elle besoin d’être soignée ?

Sourrouille Michel, l’auteur de ce livre

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Sourrouille Michel, présentation de l’auteur

Qui suis-je ? Il y a bien des nombres pour me caractériser, mon numéro d’inscription à la sécurité sociale, des chiffres pour téléphoner, un numéro sur ma porte d’entrée, un indicatif postal, une plaque minéralogique, un code bancaire, des chiffres, encore des chiffres. Et moi je ne suis qu’une simple unité parmi des milliards d’habitants qui réduisent d’autant mon espace vital, celui des autres espèces et la beauté de la nature qui m’entourait. Désespérant d’être un minuscule rouage d’une énorme machinerie numérisée qui écrase tout sur son passage. Désespérant ? C’est aussi une motivation pour réagir ! Dans mon carnet de notules que je tenais depuis 1969, j’attribuais à Tchekhov cette phrase que j’ai fait mienne : « Tout homme a en lui-même un esclave qu’il tente de libérer. »

Je me suis libéré. Pour mieux réfléchir… Pour aider à améliorer le monde… J’ai soutenu et propagé comme j’ai pu tout ce qui allait dans ce sens, la non-violence, l’objection de conscience, le féminisme, le naturisme, le biocentrisme, le sens de l’écologie, le sentiment des limites de la planète, l’objection de croissance, le malthusianisme, la simplicité volontaire… Pas étonnant que je sois considéré comme écologiste radical. Militant. En rupture avec le système dominant.

Mais je ne sais pas ce que veut dire faire la révolution, prendre le pouvoir. Trop brutal, inefficace à long terme. Je ne suis qu’un passeur. Ma vocation constante, c’est d’être éducateur. Je me serais contenté d’être instituteur, mais j’ai parcouru d’autres voies. Moniteur de colonies de vacances et instructeur CEMEA (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active), éducateur spécialisé, puis professeur de SES (sciences économiques et sociales), animateur pour jeu d’échecs et formateur d’animateurs, arbitre national FFE (Fédération Française des Echecs) et formateur d’arbitres, animateur du pôle écologique du PS et formateur EELV (Europe Ecologie Les Vert), très actif sur Internet pour diffuser mes analyses, journaliste-écrivain pour la Nature et l’écologie, toujours prêt à aller plus loin en discutant avec mes proches et mon voisin. Toute mon existence a été vouée à (in)former après m’être (in)formé, et peu importe de ne pas obtenir immédiatement un résultat probant. Je ne fais que transmettre les connaissances que j’ai acquises. Chacun de nous apprend aux autres, consciemment ou inconsciemment, de façon maladroite ou pertinente. Car chacun de nos actes ou presque est jugé par d’autres, servant de modèle ou de repoussoir. C’est notre comportement commun qui fait le sens de l’évolution sociale, mais nous ne sommes pas à la place d’autrui, chacun fait ce qu’il peut. Quant à moi, il me suffit d’avoir fait ce que j’estimais devoir faire, la part du colibri.

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. » [Pierre Rabhi, La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir (éditions de l’Aube, 2011)

Né en 1947, je ne suis arrivé qu’après mai 1968 aux années de mon éclosion, de ma renaissance. Élevé dans une société autoritaire, imbibée de religiosité et d’économisme, j’ai quand même réussi à penser autrement. J’arrive à la fin de ma vie, la retraite ne m’empêche pas d’agir. Je passe plus d’heures au service de l’espèce humaine et de la biosphère que si je travaillais à plein temps. Avec ce livre, je n’ai pas voulu me contenter de dénonçer l’inertie socio-politique et le déni économique face à l’urgence écologique. Ma bibliothèque est déjà plus que pleine de ces livres sur l’effondrement en cours de notre civilisation thermo-industrielle sans qu’on sache quoi que ce soit de l’engagement personnel de l’auteur. J’ai essayé de mettre de la chair autour des idées. Cela me semblait plus porteur qu’un énième livre sur la crise écologique. C’est pourquoi dans chaque partie de ce livre je raconte ma propre expérience pour essayer d’en tirer des enseignements profitables à tous. Je voudrais te convaincre que tu es toi aussi un écologiste qui sommeille, qui s’éveille, qui peut agir. On ne naît pas écolo, on le devient. J’ai essayé de montrer que nous sommes à la fois déterminés par notre milieu social et libre de choisir notre destinée. Il n’y a de liberté véritable que dans la mesure où nous savons mesurer les contraintes qui pèsent sur nous.

Je m’appelle Michel Sourrouille et j’ai écrit ce livre pour partager

mes pensées et mon vécu avec toi

car nous partageons la même maison, la Terre, si belle, si fragile.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Simplicité… volontaire ou obligée ?

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Simplicité… volontaire aujourd’hui, obligatoire demain

Je suis né en 1947, un enfant d’après-guerre, élevé dans un contexte de pénurie. En ce temps-là les casseroles s’achetaient encore avec des tickets de rationnement et on prenait la vie comme elle venait. J’étais donc personnellement préparé à vivre de peu, avec un père artisan-tailleur qui avait des mortes saisons, sans beaucoup de client. Il fallait faire attention à tout, nos exigences d’enfant étaient restreintes. Je voulais jouer au piano dès le plus jeune âge, j’ai attendu mes 17 ans pour en avoir un, d’emprunt. Il n’y avait pas de télévision, pas de téléphone accessible aux enfants du foyer, bien sûr ni ordinateur ni téléphone portable, c’était un autre temps. Je n’ai jamais souffert du manque, c’était le bon temps, je ne me suis jamais ennuyé. Je pense toujours que nous devons nous entraîner à vivre de peu, à vivre comme un Amish, la religion en moins.

Mais le contexte socio-économique est parti à l’opposé. Selon la doctrine keynésienne appliqué pendant les « Trente Glorieuses » (1945-1974), il fallait consommer toujours plus pour échapper à une grande crise comme celle de 1929 : avec le déficit budgétaire et le laxisme monétaire on lutterait contre l’équilibre de sous-emploi (le chômage structurel). Au niveau des entreprises, Ford avait mis en pratique la consommation de masse avec le travail à la chaîne et la hausse des salaires. Aujourd’hui la croissance de la consommation est devenue une fin en soi, sans souci de l’avenir ni du respect de la biodiversité. Or c’est notre propre comportement qui détermine le système social. Je suis interpellé par le raisonnement de Gandhi: « La civilisation au vrai sens du mot, ne consiste pas à multiplier les besoins mais à les réduire volontairement, délibérément. Même à l’ashram, nous possédons beaucoup de choses dont on ne saurait prouver la nécessité et ainsi nous soumettons notre prochain à la tentation de voler. Il faut nous rappeler que la non-possession est un principe applicable aussi bien aux pensées qu’aux choses. Celui qui emplit son cerveau de connaissances inutiles viole ce principe inestimable. » Après avoir été objecteur de conscience, je deviens objecteur de croissance. J’essaye de faire passer le message. J’ai par exemple réussi à faire adopter par consensus une motion sur la simplicité volontaire lors d’une réunion à Paris le 29 mai 2010 :

« Le Pôle écologique du Parti Socialiste invite ses membres et l’ensemble des citoyens à faire preuve le plus possible dans leur vie de sobriété énergétique et d’autolimitation pour construire ensemble une société plus conviviale et plus égalitaire. »

Autant dire que cela n’a pas eu beaucoup d’effet… Pour l’instant, personne ne se sent concerné par le fait de vivre sans portable, sans carte bancaire et sans voyage au long cours… Mais tant que nous n’aurons pas personnellement (et collectivement) changé de mode de vie, l’avenir sera des plus sombres.

Une communauté en transition écologique ne peut fonctionner durablement que si la philosophie de ses membres possède une homogénéité suffisante, centrée sur la simplicité volontaire… devenue obligatoire. En janvier 2012, nous avions décidé dans le cadre d’Angoulême-résilience de mettre en commun nos pratiques personnelles d’économie d’énergie. Quatre d’entre nous ont donné le dossier d’isolation de leur maison. J’ai voulu montrer qu’il fallait aller plus loin :

« Il nous faut limiter au maximum notre poids sur la planète. La vie dans une communauté autonome s’accompagne nécessairement de la simplicité personnelle la plus gran

de possible. Le bonheur résiderait dans la simplicité totale et l’autarcie, se suffire à soi-même. Il n’y a de limites à notre sobriété heureuse que la force de nos convictions. Une communauté de résilience ne peut se concevoir que si ses membres sont vertueux. »

Gros émoi dans le groupe. Les copains croient à de la théorie alors qu’il s’agit de mettre en pratique. La simplicité volontaire est d’abord un déconditionnement. L’art de vivre à l’inverse de notre société consumériste exige l’effort, transpirer sur sa bicyclette ou une bêche à la main. Cet engagement peut aller jusqu’à l’absence de confort. Des personnes refusent Internet, bien sûr, mais aussi le téléphone, la radio, et même le journal.

La décroissance n’est crédible que vécue, incarnée. Seule la cohérence permet de toucher les autres. A chacun de se mettre en chemin sur la voie de la simplicité.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

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IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

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Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

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Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

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Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

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Sciences économiques et sociales, dénaturée

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Sciences économiques et sociales, une tentative holistique ratée

J’ai été pendant toute ma carrière professionnelle enseignant en sciences économiques et sociales dans un lycée. Cette discipline récente est née en 1965 pour les secondes, donnant le jour en juin 1968 au premier bac B, ancêtre du bac ES (économique et social). Les épreuves du premier Capes de Sciences Economiques et Sociales sont instituées en décembre 1969, je l’ai obtenu en 1975. On peut résumer en une phrase la finalité de cet enseignement : « Conduire à l’intelligence des économies et sociétés d’aujourd’hui et intégrer cette acquisition à la formation générale des élèves ».

Il est donc normal que cette matière évolue en même temps que la société. Voyons la prise en compte au cours des années de la dualité croissance/crise dans les programmes officiels de terminale. Le contenu était centré à l’origine sur un monde séparé en trois blocs, les pays capitalistes développés, les pays socialistes et les pays du Tiers Monde. Le choc pétrolier de 1973 a introduit un chapitre sur « la crise ». Ce qui fait que le programme est devenu au début des années 1980 « étude de la croissance et des crises tant dans les pays industrialisés que dans les économies socialistes et le Tiers Monde ». Avec le contre-choc pétrolier de 1986, le ton devient plus neutre en 1987 : « Les transformations économiques et sociales ». Le Tiers Monde devient comme par magie « pays en voie de développement ». Mais le terme croissance n’apparaît pas, sauf dans la dénomination « croissance des entreprises ». On s’en tient encore aux crises, leurs différents aspects, les politiques de lutte contre la crise.

Mais en 1999 la notion de crise disparaît avec un nouveau programme restructuré autour de ce questionnement économique : travail et emploi… investissement, capital et progrès technique… Ouverture internationale et mondialisation. On s’interroge sur les relations entre croissance, développement et changement social, exit l’existence possible d’une crise. On a complètement oublié qu’en 1972 un rapport au Club de Rome bien documenté avait statistiquement démontré les limites de la croissance. Dans l’index des manuels, le mot crise n’apparaît plus, sauf sous des forme particulières comme « crise de l’Etat-providence ». La notion de cycle économique a aussi disparu corps et bien alors que c’était autrefois un élément fondamental de l’enseignement. Les sujets de bac sont tous centrés sur la notion de croissance à prolonger. C’est pourquoi le programme en application pour 2012-2013 semblait constituer un véritable bouleversement. Des mots horribles pour la vulgate dominante apparaissent, fluctuations économiques, crise, soutenabilité faible, etc. Les notions de dépression et déflation sont explicitement au programme. Dans Economie et développement durable, les deux sous-titres abordent enfin la question écologique : La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ? Quels instruments économiques pour la politique climatique ?

Il n’empêche que le sujet de dissertation en juin 2014 pose d’emblée l’idée que la croissance économique est inéluctable, seul importe ses modalités : « Les facteurs travail et capital sont-ils les seules sources de la croissance économique ? » De son côté l’épreuve composée veut conforter à la fois la flexibilité libérale et le libre-échange : « 1. Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ? 2. À quels risques économiques peuvent s’exposer les pays qui mènent une politique protectionniste ? ». Belle illustration de la compromission absolue du système enseignant avec le libéralisme croissanciste.

Or un enseignement transversal comme celui des sciences économiques et sociales ne peut faire l’impasse sur la composante écologique. Pour l’épreuve composée du bac 2017, une des deux questions de restitution de connaissances demande de « présenter deux limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique. » Cette ouverture d’esprit reste marginale. Rappelons aussi ce texte trop isolé d’un manuel de terminale choisi pour la rentrée 2007 et qui posait le problème de fond :

«  Pour éviter  une catastrophe sans précédent pour l’humanité, il n’y a pas d’autres  choix que la décroissance dans les pays qui dépassent les seuils tolérables de ponction sur l’environnement. Le terme de décroissance a un sens principalement symbolique, politique : c’est une rupture avec la religion de la croissance. » (J.Gadrey, l’impact de la croissance sur l’environnement, Alternatives économiques n° 242 décembre 2005).

Les élèves de SES (et leurs enseignants) vont-ils un jour comprendre que l’économique n’est qu’une partie du social et le social une simple composante de l’écologie ?

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Roman, qui ne mérite pas lecture

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Roman, qui ne mérite pas l’arbre qu’on a coupé pour lui

Je suis un grand lecteur, et j’ai donc (indirectement) coupé beaucoup d’arbres transformés en pâte à papier. Au début, je ne savais pas comment diriger ma lecture. Je lisais tout ce qui passait à ma portée, n’importe quoi pourvu qu’il y ait des pages. Ce sont mes premières années de militantisme qui m’ont ouvert les yeux sur ce qu’il fallait vraiment lire. Je sélectionnais des livres, rien que des écrits sérieux, parlant de militantisme et d’économie politique, de sociologie et de philosophie, rien que du pousse-à-penser. Le CSOC (comité de soutien aux objecteurs de conscience) auquel j’appartenais au début des années 1970 a occupé un vieux local que nous avons retapé. J’ai donné toute ma bibliothèque à notre groupe. Il s’agissait de démarrer une mise en commun de nos livres. Il suffisait à chacun de donner un livre à la bibliothèque pour entrer dans le monde de l’écrit qui fait prendre conscience… Mais patatras ! Un jour Alice, la jeune militante compagne de José Bové, a demandé l’introduction de romans dans notre répertoire existentiel. Gros débat entre nous ! Ainsi va la vie, nous ne pouvons pas rester sérieux bien longtemps, à moins d’être jugé pisse-froid et exclu des assemblées humaines. Aujourd’hui je suis toujours effaré par le nombre de titres qui encombrent nos librairies. Que choisir parmi tant de livres ? Nous ne savons plus choisir… et les romans sont préférés. Pourtant ils étouffent la pensée réflexive.

Les concepteurs du  Monde des livres sont de la partie, alignant semaine après semaine les recensions d’inutiles lectures. Ils font même de l’auto-congratulation :

« Quelles que soient les directions successives, les équipes, les inclinations d’époque, le roman a joui d’une sorte de préséance dans notre supplément hebdomadaire. On y évide une évidence, à savoir que le roman joue un rôle capital dans la conscience que nous avons du monde (25 mai 2007). »

Mais quelle conscience ? Le roman, support du rêve, instrument d’une fausse liberté ! Le « partage d’humanité » permet au lecteur de se replier dans une petite bulle confortable où il ne prête nulle attention aux malheurs de la Biosphère. Ce n’est pas ainsi qu’on fait une conscience ! Le prix Nobel de littérature récompensait normalement une « inspiration idéaliste » ; maintenant les romans ne sont plus fait pour apprendre et se souvenir, mais pour passer le temps et oublier d’agir.

Si un auteur a recours au langage du roman, ce n’est nullement dans l’intention de transformer le monde ; le roman naît le plus souvent des (in)satisfactions très personnelles de l’écrivain. Du côté du lecteur, la multiplicité de ses lectures romancées va l’empêcher d’ouvrir véritablement les yeux au monde réel. Si vous aviez le temps de lire tous les romans parus dans l’année, vous êtes presque sûr de finir aussi ignorants des réalités que lorsque vous avez commencé. Sauf trop rares exceptions, c’est un point de vue centré sur le nombril des humains qui s’exprime dans les romans. Apprendre à ressentir la vérité des choses n’est pas spécifiquement rattaché à l’écrit ; les civilisations orales étaient bien plus durables car elle se contentaient de la stabilité de leurs mythes et non de la fugacité d’un roman.Toutes les inventions d’un scribouillard ne remplacera jamais la contemplation d’un coucher de soleil en famille. Choisissons nos lectures pour conserver les forêts, agissons dans la réalité plutôt que dans l’imaginaire. Les peuples qui vivent de la terre ne lisent pas de romans ni même de journaux. J’en arrive presque à me dire que ce livre que tu as dans la main, mon livre, est déjà de trop…

Je ne pense pas qu’il se trouverait au monde un homme pour noircir une seule feuille de papier si nous avions le courage de vivre vraiment ce en quoi nous avons foi. Si c’est un monde de beauté et de vérité, à quoi bon dresser des milliers et des milliers de mots entre la réalité de ce monde et nous-même ?

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

Repas, manger comme acte profondément politique

Repas, manger est un acte politique

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile

Repas, manger comme acte profondément politique

Cela ne me dérange pas du tout de faire tout un repas dans l’assiette à soupe. Chez mon grand-père paternel, nous retournions même l’assiette en fin de repas pour manger sur le fond un morceau de clafoutis. Il faut rester simple, faire attention au contenant, et bien sûr aussi au contenu. Aujourd’hui, je ne prends plus de lait au petit-déjeuner depuis que j’ai pris conscience que je prenais la place du veau sous la mère. Je ne bois plus du tout de café, même « éthique », depuis que je me suis rendu compte que ces cultures d’exportation se font au détriment des cultures vivrières et de la sécurité alimentaire de lointains pays. J’ajoute simplement de la chicorée à de l’eau chaude. Je croque de temps en temps un morceau de chocolat, je me dis que nul n’est parfait. Et quand j’utilise un micro-onde, ce n’est pas le mieux pour économiser le nucléaire. Ma façon de me nourrir, considérée à première vue comme de l’ordre du privé, a pourtant une importance globale.

Si j’utilise une feuille de thé, un peu de sucre et de l’eau bouillante, puis que j’en bois le produit, je soutiens le prix du thé et du sucre et, plus indirectement, j’interfère dans les conditions de travail au sein des plantations de sucre et de thé dans les pays en voie de développement. Pour chauffer l’eau, j’ai probablement utilisé du bois ou de l’électricité ou un autre type d’énergie, et ce faisant, je prends part à la grande controverse concernant l’utilisation de l’énergie. J’utilise de l’eau et prends aussi part à une myriade de problèmes politiquement brûlants qui concernent les réserves d’eau. J’ai donc une influence politique quotidienne. Je peux par exemple penser que les pays en voie de développement ne doivent pas exporter le thé, mais plutôt produire plus de nourriture…[Arne Naess, Ecologie, communauté et style de vie (1ère édition 1976, éditions MF 2008)] 

L’écologie se retrouve dans mon bol ou mon assiette. Les conférences internationales sur le climat ne servent à rien si l’ensemble des citoyens du monde ne prennent pas conscience que c’est par mes gestes quotidiens que je favorise ou non les émissions de gaz à effet de serre. Or le poste le plus important des dépenses d’un foyer économe en énergie est normalement l’alimentation ; il faut bien alimenter notre chaudière personnelle, jour après jour. Mais avec modération.

Dans mon couple, nous limitons notre consommation de viande et privilégions la consommation de volaille dont l’impact climatique est moindre. Nous adoptons chaque lundi le régime végétarien en adéquation avec un mouvement (inter)national : l’élevage est pour beaucoup dans les émissions de gaz à effet de serre. Nous ne mangeons quasiment plus de plats préparés et de conserves industrielles, cuisinant de préférence des aliments bruts. Et je réfléchis beaucoup pour ne plus faire de déchets alimentaires, j’achète juste ce qu’il faut et je sais maintenant accommoder les restes. Boire l’eau de cuisson du riz est d’ailleurs bénéfique. Nous limitons notre alimentation le soir. Je pratique une certaine restriction alimentaire, mais je devrais jeûner plus souvent. Nous avons tous nos limites comportementales, même quand nous avons une claire conscience des limites de la planète. Si nous achetons sur le marché local, malheureusement nous ne participons pas d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). J’ai planté plus de quarante arbres fruitiers, mais mon verger est à 35 km d’Angoulême ; difficile de faire revivre l’autoproduction alimentaire en ville. Mais il faudra bien y arriver un jour, certains s’y mettent déjà, les poules vont envahir les arrière-cours ! La sobriété alimentaire est essentielle. Elle a des liens étroits non seulement avec le réchauffement climatique, mais avec la possibilité de se nourrir demain.

Les questions devraient nous assaillir chaque fois que nous portons un aliment à notre bouche. L’agriculture biologique pourra-t-elle nourrir plus de 10 milliards de personnes en 2100 ? Quelle symbolique alimentaire promouvoir, un jeûne pour le climat le premier jour de chaque mois ? Faudrait-il décréter collectivement la semaine sans viande dans les établissements scolaires ? Faut-il que je sois omnivore, végétarien, végétalien ou flexivore ? A chacun d’en juger, je ne suis pas dans ton assiette.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

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Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Recherche sans développement, refondation de la science

Religions, un frein à notre réflexion

 

Religions, un frein à notre réflexion

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Religion, un frein à notre réflexion

On ne naît pas athée, j’ai même été baptisé avant même de savoir comprendre ce qui se disait autour de moi, avant même de pouvoir dire un mot. Dès la naissance ou presque. Comme cela se faisait ! Je suis pourtant devenu bouffeur de curé. J’écrivais au début des années 1970 : la seule chose qui excuse Dieu, c’est qu’il n’existe pas. Je n’ai pas changé d’avis depuis. Rien n’est déterminé à l’avance à condition de pouvoir sortir du piège de la prédestination sociale ! Dans mon jeune temps, la religion était omniprésente. Mes parents se sont mariés civilement. Ils ont attendu deux ou trois jours le mariage religieux pour estimer être autorisés à faire l’amour pour la première fois. D’où vient alors ma rébellion ? D’un amoncellement de petits éléments qui progressivement m’ont fait douter. Un jour je me suis enhardi pour demander à un prêtre s’il croyait personnellement à l’enfer. A sa réponse évasive et son air constipé je savais dorénavant ce qu’il fallait savoir : on me racontait des histoires. J’étais devenu plus méfiant. Depuis j’ai multiplié les questions et confronté les réponses ; on ne se pose jamais assez de questions, on ne nous fournit jamais suffisamment d’éléments pour trouver nous-mêmes les réponses. La critique de la religion a été la première marche de l’autonomie de ma réflexion et le fondement de tout mon écologisme à venir.

« Ne pas croire en Dieu n’est pas une attitude négative. C’est une position qui entraîne des choix pratiques et spéculatifs autonomes, qui a donc sa spécificité, et son histoire, différente de l’histoire des croyants. Par rapport au christianisme, l’athéisme jouit même d’une antériorité qui devrait lui valoir respectabilité. 2500 ans avant Jésus-Christ, des sages indiens avaient déjà proclamé que le ciel était vide. Pour s’en tenir à la civilisation occidentale, dès le VIe siècle avant notre ère, Parménide, Héraclite, Xénophane professaient l’éternité de la matière. « [Georges Minois, Histoire de l’athéisme (Fayard, 1998)]

En 2005, j’ai composé le texte suivant, centré sur le concret, la matière, et qui pour moi reste toujours d’actualité :

« C’est la Biosphère qui constitue notre origine et notre avenir, c’est la Biosphère qui accompagne notre présent et qui conditionne notre futur, la Biosphère est le père et la mère de toutes choses vivantes. En conséquence, le culte des dieux à l’image des seuls humains est vide de sens, seul compte la compréhension de la Biosphère, l’harmonie avec la Biosphère. Telle est donc ma prière :

Oh Dieu, écoute mon appel

Entends ma désespérance

Vois la maison Terre en train de sombrer

Et l’humanité se déchirer

Anéantir la biodiversité

Épuiser l’énergie du passé

Le charbon, le pétrole, le gaz.

Oh Dieu, tu n’écoutes rien

Parce que tu n’entends ni ne vois

Tu es aveugle, sourd et muet

Car seuls des humains te font parler.

L’humanité tourne autour de ses petits dieux

Les dieux uniques du monothéisme

Les dieux du marché et de l’argent,

Les dieux de la science et de la technique

Chacun son dieu du moment qu’il nous aveugle.

L’humanité n’a plus de racines

Quand elle s’invente des dieux

Qui sont à son image.

Alors célébrons la Nature,

Revenons à la Terre

Telle est ma prière :

Je crois en la matière,

le père et la mère du ciel et de la terre,

Je crois en la Biosphère,

Partie infime de l’univers visible et invisible,

Je crois en la Biosphère car je fais partie d’elle.

C’est pourquoi

Je m’engage à promouvoir l’équilibre entre tous les être humains aujourd’hui,

Je m’engage à préserver l’avenir de leurs générations futures,

Je m’engage à respecter tout le reste de la Biosphère.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

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Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

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Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

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Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

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Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

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Écologiste en devenir, notre avenir commun

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Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

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Futur, il sera à l’image de notre passé !

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Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

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Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

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Recherche sans développement, refondation de la science

Recherche… sans développement industriel

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Recherche sans développement, refondation de la science

Plusieurs de mes écrits sont passés dans le courrier des lecteurs du MONDE, ainsi celui-ci, paru le 22 mars 2005, « Chercher, mais quoi ? ». Il s’agissait de contester le mouvement « Sauvons la recherche » qui avait démarré en octobre 2004. Les scientifiques impliqués dans la recherche-développement s’organisaient alors en groupe de pression contre un projet gouvernemental de restriction budgétaire. Je m’insurgeais :

« N’est-il pas temps de considérer la recherche non comme un tout dont l’objectif serait d’accaparer au moins 3 % du PIB, mais comme un ensemble d’études spécifiques dont les domaines d’application seraient réellement utiles et sans danger pour la société humaine et pour le reste de la planète ? Par exemple, faut-il financer principalement la biologie moléculaire et les OGM ou faut-il favoriser la recherche des naturalistes sur les avantages de la biodiversité ? Faut-il consacrer plus de 80 % du financement de la France en matière d’énergie à la recherche nucléaire et laisser seulement quelques miettes pour les énergies renouvelables ? Faut-il toujours plus de recherche en tout genre sans s’interroger sur les risques pour la santé humaine de nos applications techno-scientifiques alors que nous accumulons déjà des tas de produits chimiques dans notre corps et que les cas de cancers et d’allergies se multiplient ? Finalement, notre polarisation sur d’éventuels sauts technologiques dans la recherche à la mode (une mode déterminée par les industriels) nous empêche de consacrer toutes nos forces et notre attention à l’endiguement des dégâts que nous infligeons aujourd’hui à notre planète, donc à nous-mêmes. Le débat politique ne peut plus porter sur une enveloppe financière globale qui va sauver quelques emplois de chercheurs, mais sur notre manière de penser et de vivre qui pèse beaucoup trop sur la biosphère et pénalise le sort des générations futures. »

Des années plus tard, j’ai réalisé qu’un livre du groupe Oblomoff rejoignait mon analyse.

« L’argumentation de la pétition « Sauvons la recherche » soutient que la baisse des crédits alloués à la recherche pénalise la compétitivité de la France… La conception d’une science neutre, motivée par la saine curiosité intellectuelle et la passion de la découverte, a dorénavant cédé le pas à une argumentation qui, malgré son cynisme, a le mérite de refléter le vrai visage de la science moderne, rattaché par des liens organiques à la société industrielle qu’elle alimente en progrès… Les applications industrielles de la recherche scientifique ont permis un développement considérable des forces productives, entraînant désastres écologiques et décomposition sociale. C’est pour cette raison que nous condamnons la recherche, pour toutes ces découvertes qui font dorénavant partie de notre vie quotidienne : centrales nucléaires et téléphones portables, industries agroalimentaires et pesticides, voitures et TGV, tapis roulants, etc… En pratique l’activité du chercheur est ultra-spécialisée ; elle consiste, dans une large part, à piller les résultats de ses confrères, à chercher des crédits, à produire du résultat et de la publication. Tout ceci relève davantage de l’absurdité bureaucratique que de la passion pour le bien-être de l’humanité… Au regard de ce que la science industrielle a réussi à faire de la planète en quelques décennies seulement, des processus incontrôlables qu’elle a déclenché dans la nature, nous pensons qu’il est pour le moins raisonnable de s’opposer à ces recherches. Et ce, avant qu’un comité de sages présidé par « les mêmes » ne vienne dûment encadrer le fait accompli et le certifier éthiquable. » [Un futur sans avenir (Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique) aux éditions l’Echappée (2009)]

Mais les bonnes idées ont du mal à progresser face à la toute puissance de la techno-science. Un édito du MONDE ne peut que constater : « Dans un secteur régi par une concurrence mondialisée sans équivalent, la pression peut conduire à quelques libertés avec la rigueur scientifique… Cette pression vient aussi de l’injonction fait à la recherche de contribuer à la croissance économique future… Les chercheurs doivent répondre aux priorités de leurs financiers… [13 mai 2015]»

Tout est dit, concurrence, mondialisation, croissance, finance. Tous les maux qui rongent l’activité économique détériorent aussi la probité des scientifiques !

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

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Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

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Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

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Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

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Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

Mobilité, aller moins loin est bien plus rapide

Musée, pas besoin du passé pour être un vrai artiste

Objecteur de conscience j’ai été, je suis, je serai

Pêche, une activité artisanale devenue un massacre de masse

Peine de mort, abolie un jour, tentation toujours

Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

Portable, suis-le le seul à ne pas en avoir ?

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

 

Publicité, une agression caractérisée

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet-août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Publicité, une agression qui touche à l’acharnement

Le 8 juin 1970 j’écrivais ce qui me semble toujours d’actualité : « Qu’est-ce que la violence quand les affiches publicitaires agressent l’homme qui pense. La publicité, c’est un conditionnement absurde à acheter l’inutile, l’appel au sexe subi, à l’orgueil, à la puissance et à l’envie. C’est nuisible. » En mars 1971, j’étudie La persuasion clandestine de Vance Packard : « Il est impossible d’établir comme postulat que les gens savent ce qu’ils veulent. Il est même dangereux de croire les gens capables d’une conduite rationnelle… Par homme, femme ou enfant d’Amérique, 53 dollars furent dépensés en 1955 pour le ou la persuader d’acheter… Certaines sociétés de produits de beauté se mirent à dépenser en publicité ¼ de ce que rapportaient leurs ventes… La publicité vient de créer le vieillissement psychologique des choses, grâce entre autre au phénomène de mode. Plus est grande la similitude des produits, moins le rôle joué par la raison dans le choix de la marque est important… »

En 2004 Patrick Le Lay (le PDG de TF1) déclarait : « Le métier de TF, c’est d’aider Coca-Cola à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».

Cette phrase exprime exactement le mécanisme de l’aliénation, vendre à autrui ce que l’on est soi. Et bien sûr, nous sommes d’autant plus sûrement aliénés que nous croyons n’avoir jamais été aussi libres.

Il y a une incertitude fondamentale concernant l’adéquation entre ce que le producteur fait et ce que le consommateur veut. Dans la théorie libérale du marché, le consommateur est le seul décideur, le roi, votant par ses achats ce qu’il faut produire et distribuer. Mais il existe alors une menace permanente d’insuffisance de la demande qui ne peut être réduite que si le consommateur est incité à suivre constamment la volonté du producteur. En fait il s’agit d’un consommateur manipulé, aliéné, étranger à ce qu’il devrait être. Galbraith parlait de filière inversée. Dans un système de publicité de masse, ce n’est plus le consommateur qui dicte ses choix aux entreprises, ce sont les entreprises qui incitent les gens à « aimer » leurs produits. La société de consommation a commencé le jour où on a décidé de fabriquer une chose non parce que l’utilisateur en avait l’utilité, mais parce que le résultat de la vente pouvait être utile au producteur. Les mass media confortent ce système, elles ont besoin de l’argent de la publicité pour se financer. Alors se crée de toutes pièces un univers illusoire peuplé de mythes aussi dispendieux que nuisibles : encore plus de voitures, plus de parfums, plus de fringues, plus de marques, plus de vitesse, toujours plus de superficiel.

Notre système de production actuel ne s’adresse normalement qu’au revenu solvable ; mais les instruments de notre soumission ont fait en sorte qu’une personne vivant avec le « minimum social » peut aussi s’acheter le téléphone portable et l’écran plat. Même l’enfant est devenu solvable, les parents payent à sa place. Dans l’éducation des enfants, il devient quasi impossible de rivaliser avec les marchands de gadgets. Joel Bakan, auteur d’un livre Nos enfants ne sont pas à vendre, avoue son impuissance dans son propre foyer : « Mes enfants sont ailleurs, je les sens si loin de moi ; ils n’habitent plus leur propre corps ; ils naviguent dans l’éther au gré de leurs pulsions obsessionnelles… Les médias numériques relèguent les parents aux marges de la vie de leurs enfants, engloutis dans des mondes qui sollicitent constamment leur présence. » Comment sortir de cette soumission volontaire généralisée ?

La première mesure que devrait promouvoir un politique responsable ? Pour l’envoi de toute publicité, recueillir le consentement préalable des individus. L’application d’une telle mesure remettrait la filière inversé à l’endroit ; ce n’est pas au consommateur de subir sans l’avoir demandé les annonceurs dans les rues, dans les journaux et sur les écrans. Sur les boîtes aux lettres, plus besoin de mettre STOP pub, aux addicts de mettre s’ils le souhaitent OUI pub. Les journaux devraient proposer un exemplaire au choix, avec pub ou sans pub, etc. Remettons l’information à sa place, personne ne devrait être obligé de payer une publicité pour les autres.

Un programme politique écologiquement cohérent devrait annoncer la suppression totale de la publicité pour en revenir à la réalité de nos besoins.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Homoparentalité, la stérilité n’est pas une damnation

Interaction spéculaire, je fais ainsi parce que tu fais de même

IVG, une mauvaise expérience par manque d’expérience

Logement, une maison à la mesure de nos besoins réels

Loisirs, plutôt les échecs que le match de foot à la télé

Mariage pour tous, l’oubli du sens des limites

Militantisme, une construction de soi qui ne va pas de soi

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Philosophie, les valeurs de l’écologie profonde

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