spiritualités

Que croire dans une période d’incroyances ?

Croire en Dieu ne va plus de soi. Fini les arguments d’autorité. Après les différent schismes religieux, après la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, vive la liberté de conscience ! Un transfert de transcendance s’opère alors entre la religion et l’idéal politique ou économique. Mais croire à la révolution prolétarienne ou aux miracles du progrès technique, ça fait maintenant ringard. Les promesses du bonheur terrestre par lesquelles on avait cru pouvoir remplacer les promesses du bonheur céleste ont été complètement décrédibilisées . Alors place au vide ? Les humains sont incapables de faire le vide dans leur cerveau, il faut combler le manque. Car ne plus croire en rien, c’est ne plus savoir où aller, et il faut bien partir quelque part. D’ailleurs, il y a toujours quelqu’un pour nous suggérer, et le plus souvent pour nous imposer, une destination finale. Alors qui croire ?

La vérité scientifique ne peut que répondre à la question du « comment », elle reste muette quant à celle du « pourquoi ». Nos sociétés ultra-modernes se trouvent donc face à une crise du « croire » inédite ; douter est à la mode, on doute de tout, surtout depuis qu’il y a des marchands de doute. Et dans le même temps on croit à n’importe quoi, c’est la magie des réseaux sociaux. Avec Internet, les connaissances ne sont plus soumises aux autorités traditionnelles de transmission. Diffusé de manière anarchique, ce maelström s’apparente davantage à une accumulation foutraque d’informations qu’à un savoir maîtrisé capable de se substituer aux croyances déchues. En conséquence, vérité et opinion sont devenus des synonymes. Il est vrai que douter de tout ou tout gober, ce sont des solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir.  Les croyances, libérées de leur mise sous tutelle, se dérèglent ; follement crédule nous rend éperdument nigaud. Alors que les idéaux du passé, religieux ou séculiers, avaient vocation à inviter l’individu à faire corps avec la société, à se relier, à s’ouvrir à l’extérieur de lui, l’acte de croire apparaît souvent, de nos jours, comme un moyen d’exprimer sa singularité. Chacun peut bricoler son propre credo. Le fondamentalisme religieux n’est d’ailleurs que l’expression grossière du besoin de croire dans un monde qui a perdu ses repères ; le djihadisme a incité des milliers de jeunes Européens à vouloir mourir loin de chez eux. Bizarre ! La crispation identitaire réduit l’individu à une identité choisie, mais elle le coupe de tous ceux qui ne partagent pas son credo.

Il n’y a que l’écologisme pour donner une nouvelle image de la religion dans ce qu’elle a de meilleur, quand elle est fidèle à sa vocation d’être pourvoyeuse de lien et non de division ; n’oublions pas qu’une étymologie du mot religion est le latin religare, relier. « Moins de biens, plus de liens » est à la fois une revendication et un mode de vie. Cela redonne un sens à notre existence beaucoup plus puissant que celui des religions du passé . En effet l’écologisme s’appuie sur une réalité bien étudiée par les scientifiques, notre planète est exsangue et nous en sommes responsables. Nous devons devenir les guérisseurs de la Terre et les militants de la décroissance. Finalement la période actuelle nous offre la possibilité de nous réinventer. Écoutez ce que nous disait Pierre Fournier (1937-1973) :

« Nous sommes des prophètes de malheur. Nous sommes des emmerdeurs et des minoritaires indésirables. Admettre le bien-fondé de notre position d’écolo, c’est admettre qu’il faut tout remettre en cause, jusqu’aux habitudes physiques et mentales les plus confortables et les mieux ancrées. La révolution écologique consiste à tout remettre à l’endroit. »

Mais les avis sur le monde.fr sont très mitigés en matière de croyances. Pour Pierre Marie, la nouvelle croyance dans l’écologisme est effrayante… Pour Walpurgis , une seule solution: Greta Thunberg, la saint Thérèse du XXIème siècle ! Pour l’éternel sceptique, la croyance est surtout un problème dans ses outrances, quand elle devient dogmatisme, absolutisme, fanatisme. Il doit y avoir des tests simples pour s’y retrouver : admettez-vous que vous avez des croyances (si réponse négative, problème)… acceptez-vous que les autres aient des croyances différentes des vôtres (si réponse négative, problème) !

Michel Sourrouille, écrit en 2021.

Pour en savoir plus grâce au blog biosphere :

10 mai 2021, Liberté d’expression ou bien art de convaincre

27 septembre 2020, Croire au progrès, un vrai obscurantisme

1er mars 2020, Biosphere-Info, écologisme et religions (synthèse)

18 février 2020, L’écologisme concurrence les religions

14 mars 2019, Le Web, la toile qui nous fait prisonnier de nous-même

La liberté sexuelle de Catherine Millet

Qu’on se le dise, en octobre 2017 la question de la sexualité a été bouleversée par le déclenchement de l’affaire Harvey Weinstein, celle qui a fait exploser la révolution #metoo. Libération de la femme et répression sexuelle à la fois. Le féminisme s’habille en effet de multiples contours, Catherine Millet est-elle réactionnaire ?

Catherine Millet : « Allez, encore un : tous les jours, on coupe une nouvelle tête ! »

Après la ­publication du Consentement de Vanessa Springora, qui décrit l’emprise qu’a exercée l’écrivain lorsqu’il avait 50 ans et elle 14, Catherine Millet s’interroge. Pourquoi Springora ne s’est-elle pas désolidarisée du « lynchage médiatique » si elle a « aimé Matzneff » et si, « comme elle le dit, elle n’a pas agi par pure vengeance » ? Sur la question du consentement, elle cultive l’ambiguïté : « On peut céder et ne pas le regretter, comme on peut aussi céder, et le regretter. Ce sont les risques de la vie. » Aujourd’hui, elle ne perçoit que les dérives de la libération de la parole : guerre des sexes, puritanisme, dictature du ressenti et victimisation. Elle fustige « les filles qui balancent des noms de types parce qu’ils ont pincé des fesses ». Ce retour de bâton contre le mouvement #metoo, Catherine Millet en aura été l’un des porte-drapeaux. En 2018, elle corédige, une tribune : « Nous défendons une liberté d’importuner indispensable à la liberté sexuelle ». Le texte commence par « le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste ». Sur France Culture, elle ose : « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort. » Cette même rhétorique l’avait conduite à déclarer en 2017, « l’inceste n’est pas toujours traumatisant ». Avec Marcela Iacub, elle a aussi défendu la liberté de se prostituer. « Le désir, plaide Catherine Millet, c’est le moteur de la vie, qu’il faut savoir contrôler ou réorienter. » Elle se reconnaît surtout dans les « femmes coqs qui prennent leur indépendance sans rien demander à personne ».

Au pays des Shadoks : Bon j’ai compris qu’il y a deux sortes en gros de féminisme. Celui incarné par celles libérées sexuellement et les autres qui n’ont toujours pas compris qu’elles avaient un problème avec ça. Et les premières sont accusées de faire le jeu des machistes. Bien sûr.

En tant qu’écologistes, nous voulons laisser plus de place à l’expression de notre nature biologique, formatée pour le plaisir sexuel réciproque. Nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité. Nous pensons que la liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d’importuner. Et nous considérons qu’il faut savoir répondre à cette liberté d’importuner autrement qu’en s’enfermant dans le rôle de la proie. Dans l’état actuel de nos connaissances du cerveau humain, toute violence exercée par un homme (ou une femme) résulte d’un conditionnement  social ; enfant violé, enfant perturbé ou résilient. Tout dépend du contexte. Il semble dommageable qu’un féminisme exacerbé perturbe les relations entre les hommes et les femmes, relations qui pourraient mieux s’épanouir avec une liberté sexuelle plus grande….

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 janvier 2021, Inceste, Xavier Gorce quitte LEMONDE

16 mars 2021, Faire l’amour en public, est-ce écologique ?

10 février 2019, Nature de la sexualité et droit à la sexualité

13 janvier 2018, Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

NB : La Vie sexuelle de Catherine M. (Seuil, 2001) : description crue, quasi chirurgicale de ses coucheries depuis l’âge de 18 ans dans les clubs échangistes, les parkings, etc.. De sa jeunesse, elle ne retient que l’ivresse des corps qui bousculent les interdits, l’égalitarisme sexuel des partouzes qui casse les barrières sociales.

Une histoire nationale à dé(re)construire

L’histoire nationale, on s’en fout sauf à filtrer avec l’extrême droite. Ce n’est pas l’avis d’un candidat à la présidentielle de 2022 !

Xavier Bertrand : « L’heure n’est pas à la déconstruction de l’histoire mais à la reconstruction d’une cohésion nationale. L’histoire est à une nation ce que la mémoire est à un individu. Elle fonde son identité : elle est donnée, tout entière, en héritage à ceux qui naissent sur le sol de France, et en partage à ceux qui veulent devenir français. Elle éclaire notre action. Elle nous permet de nous projeter vers l’avenir. Avec ses dimensions de grandeur et sa part d’ombre, notre histoire nous définit et forme le socle de nos valeurs. Le chef de l’État voudrait « déconstruire » notre histoire, c’est une atteinte portée à notre dignité nationale, et ce sur un média étranger. Cette position instille un poison mortel dans notre unité nationale. »

Xavier Bertrand veut nous faire croire que la France ne s’est pas bâtie sur la colonisation et l’esclavage, que l’islamisme radical et l’ultragauche sont culs et chemise, qu’il y a une guerre idéologique engagée contre la France, qu’il faut restaurer la souveraineté migratoire et qu’entre Macron et Le Pen, il y a LUI, l’autre choix pour 2022. Mais l’histoire n’a pas à être politisée dans un sens ou un autre, le travail des historiens est seulement de s’approcher le plus possible de la vérité des faits et de leurs enchaînements. La récupération politicienne du résultat des recherches historiques, c’est juste… de la politique. L’histoire « nationale » est une construction du XIXe siècle, on a inventé le choc des nations pour mettre un semblant d’ordre dans la multiplicité des peuples du monde. Cette idéologie réductrice est complètement dépassée par l’histoire à construire qui se compose de deux éléments ; d’une part celle du passé de l’humanité toute entière et du support qui nous fait vivre, la Terre, d’autre part celle de la construction de notre avenir. Toutes nos pensées, tous nos comportements, reposent sur des histoires inventées. Le récit confère à notre vie une dimension de sens qu’ignorent les autres animaux. L’imagination précède l’action et les récits qui en découlent façonnent nos perceptions.

Une déconstruction /reconstruction ne peut reposer que sur le message écologique, ce qui nous réconciliera avec une planète que nous avons pillée et dévastée. Jusqu’à présent, la société libérale et thermo-industrielle a été soutenue par une myriade d’articles, de livres, de films, de publicités qui lui ont permis de l’emporter sur le récit marxiste. Aujourd’hui nous sommes en présence d’un écrasant imaginaire fait de prouesses technologiques, de vacances sur des plages paradisiaques, de smartphones, de filles à moitié nues sur les affiches, de voitures dans des décors de rêve, de livraisons en vingt quatre heures sur Amazon… Que faire en tant que militants écolo face à un tel imaginaire ? Que pèse une campagne d’ONG face à des millions de messages contraires délivrés chaque jour par les marques, les chaînes, les influenceurs de toutes sortes qui inondent les réseaux sociaux ? Que pèse un post de Greenpeace International sur Instagram (628 000 followers) appelant à agir pour le climat, contre un post de Kim Kardashian (105 millions de followers) appelant à acheter son nouveau gloss à paillettes ? La religion de la croissance est la plus puissante fiction de notre époque. Nous pillons les ressources naturelles, éradiquons les espèces au nom d’histoires et de fictions.

Mais dans son livre Blessed Unrest, Paul Hawken décrit ce qu’il appelle le plus grand mouvement social de l’histoire : « Il y a déjà un à deux millions d’organisations qui œuvrent pour la durabilité écologique et la justice sociale. » Ce blog biosphere n’est qu’un élément de cette reconstruction de l’histoire,, ce sont les petits ruisseaux qui se transforment en grands fleuves.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

17 juin 2018, Écologie : changer d’histoire pour changer l’histoire

27 mai 2015, Le programme idéal d’histoire n’existe pas encore

18 octobre 2012, Histoire de la crise écologique

13 septembre 2010, les profs d’histoire nous manipulent

Liberté d’expression ou bien art de convaincre

La seule liberté que nous puissions avoir, c’est d’être conscient des contraintes apportées par notre socialisation primaire, notre vécu socio-économique et le milieu environnant. On ne peut penser à l’origine que dans un cadre familial et scolaire, puis nous respectons les règles de notre parcours professionnel et nous nous comportons en toutes circonstances comme nous le dicte la pression sociale. C’est pourquoi évoquer la « liberté d’expression » est un abus de langage, notre discours est toujours codifié par d’autres. Pourtant il s’agit d’une innovation qui fonde le fonctionnement démocratique d’une société. Il n’y a plus de discours d’autorité imposé par une religion, un empereur ou une idéologie. Le changement social se fait grâce aux interactions du débat, sinon la société se fige. Mais quelle est la direction à prendre ? Sur une planète exsangue, le seul discours qui pourrait arriver à un consensus commun grâce au dialogue, c’est l’urgence écologique.

  1. la liberté de convaincre pour l’écologie

Le positionnement des écologistes a été clairement défini par le philosophe Arne Naess : « L’un des principaux aspects de nos actions est d’attirer l’attention du public. La condition du succès est alors dépendante de notre capacité à confirmer l’hypothèse suivante : si seulement l’opinion publique savait ce que les écologistes défendent, alors la majorité des gens serait de leur côté. Maximiser le contact avec votre opposant est une norme centrale de l’approche gandhienne. Plus votre opposant comprend votre conduite, moins vous aurez de risques qu’il fasse usage de la violence. Vous gagnez au bout du compte quand vous ralliez votre opposant  à votre cas et que vous en faites un allié… Il n’est pas bon d’exprimer des positions hostiles à l’industrie en général. Notre point de vue doit être que nous soutenons l’industrie, puis ensuite souligner que la grande industrie est une déviance historique. Pareillement, nous ne devons pas émettre de slogan général contre la technologie. Les technologies doivent être essentiellement légères ou « proches ».

Arne Naess prend un exemple de dialogue : « Quelqu’un projette de construire une nouvelle centrale hydroélectrique… il dit : « Nous nous attendons à une augmentation des besoins en électricité et, en tant que décideurs, nous risquons d’être fortement critiqués s’il y a une pénurie d’électricité. Il faut donc construire un nouveau barrage. » Tu dis alors : « Mais êtes-vous sûr qu’il y ait plus de besoin en électricité ? » Il dira : « Oh ! oui, regardez les chiffres. Il y a tant de pour cent d’augmentation. » Mais tu rétorques : « Il y a une augmentation de la demande sur le marché, et vous appelez ça un besoin ? » Ensuite, après quelques échanges, il répond : « Non, non, bien sûr. Nombre de demandes ne reflètent par des besoins réels. » « Mais alors, en tant qu’individu, vous accédez à une demande sans vous poser de questions ? Si toutes les nations consommaient autant d’électricité par personne que la Norvège, ce serait certainement une catastrophe. Notre consommation par tête est même plus élevée que celle des Etats-Unis. Quelle est la justification éthique ? Ne serait-il pas nécessaire de diminuer la consommation d’énergie en Norvège ? » D’après mon expérience, ce serviteur zélé du peuple, qui avait dit oui à une centrale électrique, admettra à peu près tout ce que tu lui diras en tant que philosophe. Mais il ajoutera « C’est trop tôt, ce n’est pas encore possible politiquement. Vous voulez que je quitte la politique ? » Ce à quoi tu répondras : « Je comprends ce que vous voulez dire. Oui, je comprends. Mais notre objectif à long terme est construit sur la base de prémisses beaucoup plus profondes que celles sur lesquelles repose votre argumentation. Tout ce que nous pouvons vous demander, c’est que vous reconnaissiez au moins une fois par an que vous êtes d’accord avec nous. Adoptez la perspective du long terme ! » Si cet homme politique soutient désormais de temps à autre quelques-uns des objectifs fondamentaux de l’écologie profonde, son schéma d’argumentation ne sera plus aussi superficiel. Il sera sauvé, si l’on peut dire. »

Parfait, le message écolo a éveillé une conscience, mais ce n’est pas encore l’insurrection des consciences.

2) liberté d’expression pour la philosophie

Voici ce qu’en dit Monique Canto-Sperber : « La liberté d’expression, c’est permettre la diversité des opinions ; on ne peut pas priver les autres de la possibilité de penser différemment. Il faut vouloir se confronter à une adversité pour apprendre à défendre ses propres valeurs. Car ce n’est pas en faisant taire ses détracteurs que l’on montre la force de ses convictions. Dans la tradition libérale, toutes les opinions sont permises sauf celles qui font « un tort objectif à autrui ». Des propos transgressifs, qui peuvent même blesser, doivent être tolérés comme éléments du débat car leur but n’est pas de réduire l’autre au silence. Le philosophe John Stuart Mill (1806-1873) a défini les règles de la liberté d’expression : lorsqu’il est libre, le débat contradictoire peut conduire à une forme d’autorégulation spontanée de la parole. Les contre-vérités, les propos aberrants ou loufoques finissent toujours par être critiqués et neutralisés. Mais à cette époque, peu de personnes avaient accès à la parole publique et toutes partageaient les mêmes codes de langage. Entre radicaux et réactionnaires, le débat était possible. Ce n’est plus le cas aujourd’hui dans nos sociétés pluralistes et fragmentées, car ce ne sont pas seulement des arguments qui s’affrontent mais aussi des identités. Les propos qui rappellent les faits ou font appel à la raison deviennent vite inaudibles. »

« Les propos qui rappellent les faits ou font appel à la raison deviennent vite inaudibles. » Nous en savons quelque chose sur ce blog biosphere, y’a pas d’images, c’est trop rationnel, on peut pas rigoler, que du catastrophisme, misère, misère… Nous sommes encore loin de l’insurrection des consciences écolos !

Une culture commune à l’école, l’écologisme

« A quoi sert l’école ? ». Roger-François Gauthier se pose la question et effleure la réponse : « Sur la question des finalités de l’école, les opinions ne manquent pas, transmettre le passé, préparer l’avenir, fabriquer des citoyens, les mettre au service de l’économie, transmettre un humanismeCette absence de pensée commune favorise la fragmentation des systèmes scolaires. C’est bien cette impasse qui, en 2013, à l’occasion de la loi dite de « refondation de l’école », poussa le législateur à définir un « socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». Cette notion de culture est dénaturée par toute une palette d’adjectifs, la veut-on « générale », « professionnelle », « littéraire », « scientifique et technique », « industrielle » ,  populaire » ou« bourgeoise » ? Il s’agissait d’une « culture commune », permettant la possibilité de se comprendre dans des sociétés mondialisées et fracturées. On peut proposer trois prises de conscience par chaque petit d’homme, s’ouvrir à la diversité historique des cultures, prendre place dans l’aventure humaine et devenir responsable envers la planète. » C’est beaucoup trop flou pour être mis en musique.

L’école actuelle, attachant les élèves à leurs chaises pendant des années et des années, n’est qu’une création du système thermo-industriel qui a chassé les paysans de leurs terres et rendu l’école obligatoire pour trouver du travail en ville, « en sachant lire, écrire et compter ». Les profs ne sont utiles que pour la pérennité d’une orientation professionnelle qui trie les uns vers les métiers manuels et pousse les autres vers des études longues qui mènent à des emplois parasitaires. L’école apprend-t-elle à travailler avec les autres, l’école apprend-elle à se situer dans l’environnement, à mieux interagir avec le reste de la nature ? On y apprend qu’apprendre se fait par l’entremise de contenus abstraits dispensés par des adultes qui ne se définissent pas avant tout comme des éducateurs mais comme des spécialistes d’une discipline. L’école freine la compréhension transversale et multidimensionnelle des enjeux du long terme. Les jeunes doivent se préparer à un monde beaucoup moins abondant en énergie. Ils doivent donc devenir performant en cuisine, en jardinage ou en bricolage, devenir autonomes au niveau compétences et réflexion. Nos enfants doivent maîtriser des notions comme la capacité de charge d’un territoire, le niveau de CO2 dans l’atmosphère, le taux de renouvellement des ressources, le maximum de captation des ressources fossiles, etc. Ils doivent comprendre les cycles du vivant et la dépendance de l’être humain à la Nature. Il s’agit pour eux de privilégier les conséquences à long terme de ses actes sur la simple satisfaction du moment présent. Il s’agit pour les enfants d’acquérir le sens des limites ainsi qu’une manière de vivre favorable aux générations futures et à la biodiversité.I l s’agit d’aller à l’encontre de l’idéologie imposée par le système actuel, croissancisme, lutte de tous contre tous, compétitivité exacerbée, monétisation des relations sociales, « vérité » des prix du marché, pillage autorisé de la planète. Apprendre à lire et compter aux élèves n’est rien si on ne ressent pas notre appartenance à la nature, si on ne s’éloigne pas de l’anthropocentrisme dominant. Nos enfants seront même amenés à se poser cette question existentielle : faut-il faire des enfants, combien, pour quel épanouissement durable ? C’est tout cela une culture commune qui repose sur l’écologisme.

On doit éviter la confusion entre les deux sens du mot culture. Il y a la culture au sens traditionnel de « cultivé », c’est-à-dire sachant beaucoup de choses qui n’ont aucune importance. Avant on se gorgeait de littérature et on allait au musée, maintenant on connaît le dernier chanteur à la mode et savoure la version télé de la réalité. C’est toujours une culture de divertissement, que ce soit pour les bourgeois ou les prolétaires. Ce n’est pas la culture au sens sociologique, l’ensemble des comportements acquis qui permettent d’apaiser les relations sociales et de préparer un avenir durable.

Demain l’écologisme sera la religion commune

Pour qu’un groupe conserve une cohésion interne il ne doit pas dépasser 150 individus. Comment faire au-delà alors qu’un pays comme la Chine compte par exemple plus de 1,4 milliards d’habitants ? Il s’agit d’instaurer une histoire commune, une fiction qui va servir de mythe fédérateur. Nous avons donc inventé des récits comme la Bible, imaginé des sauveurs suprêmes comme Jésus Christ ou Xi Jinping et mondialement imposé les lois du marché, la variation des prix entraînant comme par enchantement l’équilibre économique général. Nous nous dirigeons de plus en plus fermement aujourd’hui vers un nouveau mythe, l’écologisme, qu’on peut déjà rencontrer sous des expressions diverses comme la Terre-mère, Mère-nature, les esprits de la forêt, les droits de la nature et des animaux, le bio-centrisme ou l’écocentrisme, l’écologie profonde, le culte de Gaïa, etc. La difficulté n’est pas de raconter des histoires, mais de convaincre les autres d’y croire.

En fait un mythe prend racine quand il correspond à une réalité en train de se forger socialement. Il répond à un besoin. Le succès du message christique tient au fait qu’il a ouvert le dieu des Juifs à toutes les autres personnes sur terre, maîtres ou esclaves. Les constructions nationales au XIXe siècle ont été inventées pour essayer de stabiliser les frontières terrestres entre peuples qui se croyaient différents. Les Nations unies ont été créés sur les cendres de la société des nations pour dépasser l’échec sanglant de la deuxième guerre mondiale. Le libéralisme économique est un système qui fait croire qu’on peut encore maîtriser l’afflux incessant de toutes sortes de biens et de services en monétisant les relations interhumaines. Toutes ces fictions issues de notre imaginaire collectif correspondaient à une nécessité historique. Aujourd’hui les chocs écologiques deviennent une réalité objective de mieux en mieux présentée par les médias et donc de plus en plus intégrée culturellement par de plus en plus de gens. Si tout se passe sans trop de mal, le culte de la Terre-mère va se développer tout au cours du XXIe siècle pour tenir compte de la perte de biodiversité, de la raréfaction des ressources essentielles, de la surpopulation étouffante et de la pollution généralisée.

Toute politique, au sens d’organisation de la cité, renvoie à un ensemble de prémisses fondamentales sur ce que sont le monde, le réel, la vie, donc à une ontologie (une métaphysique) qui formate nos croyances. La politique nous ramène donc à des conceptions religieuses au sens de « ce qui nous relie » et fait société. Et toute religion est une construction sociale élaborée pour résoudre un problème. Il semble dorénavant que le drapeau « écologisme » se suffit à lui-même, il signifie que nous voulons nous relier à notre maisons commune, qui est à la fois notre maisonnée, la société et de façon plus globale la Terre entière. Mais l’écologisme connaîtra de dures controverses au cours du XXIe siècle, mélangeant connaissances scientifiques, contraintes socio-économiques et interprétations philosophiques. L’écologie politique connaîtra ses conciles, synodes et bien d’autres encycliques dans les siècles des siècles à venir ! Il ne faut jamais oublier que le risque de toute spiritualité, ce sont les extrémismes qui ne veulent pas s’exprimer dans le cadre d’une délibération démocratique qui tient compte des acteurs absents, à savoir les générations futures et les non-humains.

Notre blog biosphere présente depuis longtemps cette rupture écologique qui pourra mettre un terme à l’anthropocentrisme dominant :

3 juin 2020, L’écologisme sera la religion du XXIe siècle

1er mars 2020, Biosphere-Info, écologisme et religions (synthèse)

18 février 2020, L’écologisme concurrence les religions

22 août 2019, Spiritualité, religion et écologie (Arturo Escobar)

25 juillet 2019, L’écologie a besoin d’une spiritualité (Satish Kumar)

15 avril 2019, Rejoignez notre Alliance des gardiens de Mère Nature

3 août 2018, Religion et écologie commencent à faire bon ménage

4 juillet 2018, La religion écologique n’est pas une religion

28 février 2015, Une religion pour la terre-mère est-elle dangereuse ?

21 septembre 2014, Religion catholique et écologie : comparaison papale

29 décembre 2009, notre Terre-mère Pachamama

16 septembre 2009, bien-être et religion

22 décembre 2008, quelle religion pour le XXIe siècle ?

Extraits : Nous avons absolument besoin d’un nouveau sermon sur la Montagne qui édicte de nouvelles règles pour tenter de vivre en bonne harmonie avec la Terre. La bible et le coran nous paraîtront désuets, inadaptés, mensongers ; nous préférerons lire dans le livre de la Nature. Les futurs croyants assimileront la Biosphère à la Création divine, et sa profanation sera condamnée. Certains parlent déjà sérieusement de crimes contre l’environnement. Car nos dieux, c’est  le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes…

Les démons identitaires à l’heure des bilans

L’écologie de gauche semble préférer le surf sur la vague des identités de genre, de classe, de race pour enrôler les petits dominés grâce à une « conscientisation » à deux balles : « Tu vois, t’es malheureux.se parce que t’es opprimé.e, et t’es opprimé.e par le blanc chrétien, patriarcal, mâle, hétéro, capitaliste, riche, pollueur qui a créé l’enfer systémique sur terre. Mais vote pour nous et le paradis adviendra. » Cette écologie idéologisée fait complètement l’impasse sur les lois de la nature, y compris le fait que nous naissons homme ou femme par suite des mystères de l’évolutionnisme darwinien.

Il y a quelques années encore, l’exercice de la sexualité humaine était hétéro, c’était la norme consacrée, ou bien homo, déviance marginale dont on avait conclu récemment que ce n’était pas grave : le 17 mai 1990, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Mais aujourd’hui le goût du sensationnel et de la libération tous azimuts a démultiplié les sentiments identitaires. Le parti EELV comporte une commission thématique LGBT. Ils retardent, il faut dire dorénavant LGBTQI+, c’est-à-dire les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles avec le « + » pour les catégories encore non établies. L’indifférenciation des identités devient alors source d’un malaise profondément ressenti par les plus jeunes. Le pédopsychiatre Alexander Korte s’inquiète du fait que les cas de personnes ayant la conviction d’être nées avec le mauvais sexe soient en hausse de 1500 à 3000 % par rapport à il y a dix ans, surtout chez les filles de 13 à 15 ans. L’utopie anti-nature de notre société, associée aux progrès de la médecine et à l’intense couverture médiatique de ces sujets juteux, offre aux adolescent(e)s un modèle d’identification de plus en plus vague. La condamnation par Eric Marty* des activistes de la guerre des genres déplaira certainement. Il évoque le cas des identitaires du sexe qui, sous le couvert de la lutte contre les discriminations et l’homophobie, censurent et punissent ceux qui ne pensent pas comme eux.

Cette pensée binaire oublie le caractère hybride des identités. Smaïn Laacher déplore que « la vérité est déchue au rang d’insignifiant ». Sa première cause de consternation est ce qu’il désigne comme « une dialectique mortifère » entre le « nous » et le « eux ». Il fait référence aux identitaires nationalistes, mais cela pourrait aussi bien s’appliquer aux identitaires de genre. Loin d’être réductible « à une seule dimension de notre être », chacun d’entre nous, souligne Smaïn Laacher, se situe dans « l’embranchement entre plusieurs appartenances ». Tel était d’ailleurs le sens premier du concept d’intersectionnalité. « L’enjeu », écrit-il, n’est pas de « choisir » entre une identité ou une autre mais de « desserrer le poids » des traditions de sa communauté d’origine et « d’élargir l’espace des affiliations possibles ». Il s’inquiète par ailleurs des tentations, au nom de la coexistence des cultures, de faire revenir par la fenêtre l’accusation de blasphème en la rebaptisant « atteinte aux sensibilités religieuses blessées ».  La seule « posture tenable » en ce domaine consiste à « réaffirmer avec détermination la nature symbolique du langage en disant qu’un dessin du prophète n’est pas le prophète et qu’aucune communauté n’est directement affectée par lui ». Concluant son livre** sur une note angoissée, Smaïn Laacher exhorte la gauche, dont il se réclame, à « examiner les conditions qui ont rendu possible cette fragmentation mortifère de la société française ».

Du point de vue des écologistes, les conflits identitaires ne sont que construction sociale illusoire et malsaine. En vérité nous sommes hommes ou femmes et devons combattre ensemble les inégalités entre hommes et femmes. En vérité nous sommes tous et toutes des homo sapiens interféconds quelle que soit la couleur de notre peau et notre appartenance ethnique. Peu importe notre sexe et notre nationalité.

Pour en savoir plus, Mouvement trans, négation de l’altérité

* Le Sexe des Modernes. Pensée du Neutre et théorie du genre », d’Eric Marty, Seuil, « Fiction & Cie ».

** La France et ses démons identitaires », de Smaïn Laacher (éditions Hermann).

Le point de vue des écologistes sur ce blog

Notre tâche quotidienne est de donner sur ce blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire ; soyez svp respectueux des avis des autres intervenants sur ce blog. Vous pouvez aussi poster une contribution personnelle afin d’approfondir notre intelligence collective, pas plus de 4000 caractères à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Notre audience reste pour le moment marginale, mais nous ne sommes qu’une esquisse dans la prolifération des initiatives qui nous amènent progressivement à penser collectivement que l’écologie est l’avenir de l’humanité si elle veut rester en bons termes avec notre Terre-mère. Nous connaissons tous les obstacles qui nous empêchent d’arriver à un consensus d’écologistes : la société du spectacle qui nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation qui nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste qui ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit qui fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition qui annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande qui défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses. A tous ces obstacles à la formation d’une société écologisée, il faut ajouter la « société du commentaire » telle que définie par le texte suivant :

L’analyse de Nicolas Truong : « Des réseaux sociaux aux chaînes d’information en continu, la société du commentaire étend son influence dans l’espace public à coups de polémiques. Ce n’est pas nouveau, l’être humain est bavard. Platon dénonçait déjà l’isegoria, le droit de parole égal pour tous les citoyens d’Athènes : « Elle noie la parole du sage ». Les nouveaux moyens de communication marquent-il une avancée de la démocratie ou une régression ? Le pouvoir de « n’importe qui » de dire « n’importe quoi » peut-il déboucher sur un consensus ? Le président Macron constate : « Le problème-clé pour moi, c’est l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu’un qui n’est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d’un scientifique… On finit par ne plus croire en rien. » Le médiatique a colonisé et vidé de sa substance l’espace public, le commentaire est devenu un spectacle et l’information un divertissement. On refuse le point de vue mesuré, on valorise le clivant et le polémique, l’espace de la disputatio, qui oblige à argumenter face à un adversaire, est trop souvent aboli. Dans la société du commentaire, la délibération raisonnée laisse place à la transgression. Les opinions sont souvent réduites à l’exposition de simples pulsions. L’intellectuel spécifique qui intervient dans l’espace public à partir d’un savoir déterminé devient inaudible. L’horizontalité apparente des réseaux sociaux masque d’importantes hiérarchies, celle des réputations et des followers. La société du commentaire devient une menace pour la démocratie.   » (résumé amélioré)

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la contamination de tous par les idées d’avenir.

Les écologistes disent non au cannabis (2/2)

Beaucoup plus fort en THC (tétrahydrocannabinol), le nouveau cannabis accroît le risque de dépendance et les drogues de synthèse se développent. Plusieurs agences régionales de santé s’inquiètent. Ces produits entraînent un risque de dépendance accru et leurs effets peuvent entraîner une hospitalisation. Des dizaines de lycéens ont développé des effets indésirables après avoir vapoté un e-liquide appelé « Pète ton crâne »… Du point de vue des écologistes réalistes, les drogues ne devraient pas être autorisés. Pourquoi des paradis artificiels alors que préserver la beauté de la nature et profiter de ses bienfaits devrait suffire à notre bonheur. Voici quelques réactions sur lemonde.fr quant à l’usage du cannabis qui montrent la difficulté d’arriver à un consensus sur l’usage des drogues :

Olivier BCD : Et dire qu’on entendait encore des personnes comme le sociologue Jean Viard ce week-end demander la légalisation du haschich (sic)… Ce n’est pas parce que la fumette se développe qu’il faut s’aplatir devant la doxa ambiante. Les effets indésirables sont connus, ils sont désormais renforcés. Le passage vers d’autres drogues dures et/ou de substitution est avéré… Le trafic ne disparaîtra pas avec la légalisation, il se renforcera au contraire avec des produits toujours plus actifs et dangereux. Alors merci aux « abolitionnistes » de ranger leurs arguments dans leur poche., et aux États mais aussi à tous les citoyens de continuer à prévenir, empêcher, lutter contre les drogues. Ce n’est pas parce que l’alcool et le tabac existent et sont légalisés, qu’il faut ajouter d’autres tueurs à la panoplie.

Michel SOURROUILLE : Nous, militants écologistes, nous mangeons de préférence bio et de proximité. Nous sommes allergiques au tabac et au cannabis, abstinent quant aux vins et autres alcools. Nous pratiquons au minimum le lundi végétarien et évitons les nourritures industriellement transformées. Nous refusons les mécanismes publicitaires et ceux de la mode, nous proscrivons l’achat inutile et le besoin artificiel. Nous faisons preuve de sobriété énergétique, ce qui implique de limiter au maximum nos déplacements dans des engins motorisés. Pour les plus avancés d’entre nous, nous n’avons ni télévision, ni carte bancaire, ni voiture, encore moins de smartphone. On peut vivre sans, il suffit de s’organiser autrement. Quand nous allons au bout de notre prise de conscience, nous cultivons aussi un lopin de terre et/ou plantons des arbres fruitiers.
Cessons d’attendre que le système change, il ne changera pas sans nous.

Untel @ Sourrouille : Pas besoin de dix lignes. Vous pouviez simplement écrire : « Nous les Amish ».

Mohamed – dylanologue freudo-lacanien : Même pas besoin qu’il soit Amish. Michel SOURROUILLE me fait penser à ce que j’ai vu sur Arte l’autre soir, un documentaire sur les néo-hippies de l’île de La Gomera. Pour la curiosité, allez-y voir, ça vaut vraiment le coup d’œil. Ils vivent à poils, se nourrissent d’une carotte et de qqs amandes. Ils n’ont ni smartphone ni carte bleue ni rien, ils vivent à la bougie en regardant le couché du soleil qu’ils trouvent beaux. En visionnant ce documentaire vous aurez une idée complète de ce que vous recommande de faire Michel, avoir une vie entre celle des Amish et des néo-hippies de l’Île de la Gomera.

Edoardo : La plupart des contributeurs n’ont aucune idée des dégâts que TOUTES les drogues causent dans les classes populaires. Une forme de défonce ne se substitue pas à l’autre, bien souvent elle s’ajoute. Comment un gosse dépourvu de milieu favorable peut-il espérer réussir quoique ce soit à l’école en étant stone dès le matin. Pour quelle raison croyez-vous que les filles de banlieue soient les seules à terminer un parcours scolaire correct. Parce qu’elles sont clean. Pourquoi les mosquées et les temples évangéliques sont si nombreux dans les quartiers, parce que les familles n’ont guère d’autres endroits safe pour éloigner leur fils de la rue et ses tentations. Les plus forts ont le devoir de protéger les faibles. Vous êtes forts, alors montrez l’exemple.

Paul Sernine : Amusant de voir que certains proposent encore la légalisation comme solution universelle. Petit rappel des faits : au Canada, avec la légalisation – La consommation de cannabis chez les jeunes de 15 a 24 ans est passée de 17,5 % à 27,6 % (source: « Qu’est-ce qui a changé depuis la légalisation du cannabis?  » – statistique Canada). De 60% a 82% des transactions (selon statistique Canada et la SQDC, respectivement) se font encore au marché noir (causes: prix, *taux de THC*). Mêmes constatations aux États-Unis (Névada, le Colorado, le Maine, l’Oregon et l’état de Washington) et en Uruguay (augmentation de la consommation de 9.3% a 15.5% chez les adultes). Par ailleurs 30% des usagers de marijuana ont des problèmes d’abus ou de dépendance (DS Hasin et al., Prevalence of Marijuana Use Disorders in the US Between 2001-2002 and 2012-2013. JAMA Psychiatry).

Gaël COSTE-MEUNIER : Les conséquences de la prohibition : Aucun contrôle des produits, des mélanges très dangereux avec toutes sortes de choses, un accaparement des forces de l’ordre sur des contrôles de simples consommateurs, une impossibilité de faire de la prévention (paquets neutres comme les cigarettes, numéro d’aide pour la lutte contre la dépendance, indication médicales, information sur le contenu réel du produit,…), une absence de contrôle sanitaire (pas de labo qui contrôlent les produits vendus), une exposition des consommateurs à des drogues plus dures (un vendeur légal ne vendrait que du cannabis, le dealer du coin de la rue peut vendre des extasies, du crack, de l’héroïne, …), un financement pour le banditisme et les mafias (milieu qui peut avoir des liens avec d’autres réseaux illégaux comme les réseaux terroristes), un coût médical non diminué par les taxes sur les produits et, pour finir, un pays qui compte le plus grand nombre de consommateurs malgré la prohibition. Temps de changer ?

L Éveillée : Et ça veut dire quoi, que les gens ne sont pas assez matures pour se protéger eux même ? Et pourquoi aller contre leur volonté après tout.

Jacote : J’ai personnellement rencontré un certain nombre de jeunes (18 à 30 ans) au cours de leur hospitalisation « sans consentement » qui souffraient de schizophrenie, pour certains alors qu’ils suivaient de belles études (sc po Paris, Essec, médecine etc). 100% de ceux à qui j’ai posé la question consommaient régulièrement du cannabis depuis plusieurs années. Il ne m’en semble pas utile de faire cesser l’interdit qui s’attache à la consommation de cannabis en le légalisant, je crains que cela ne fasse augmenter le nombre de ces jeunes. Cela dit, il appartient aux parents de les éduquer pour tenter d’éviter cela …

Hasdrubal : Pour avoir connu des cas dans ma famille je peux attester que l usage du cannabis très jeune pendant plusieurs années a conduit à des bouffées délirantes dont on n a pu savoir si c est le début de la schizophrénie ou pas.pas le temps de le savoir car suicide rapide.etait ce le cannabis qui a potentialise une fragilité préalable existante ou l inverse ?il s agissait de cannabis acheté en Hollande à fort taux de Thc.des vies foutues,une famille effondrée. Qu on ne me parle pas d éducation qui aurait pu éviter ça.il aurait fallu isoler déscolariser pour éviter les copains pour aller où ? Il y a un vrai lobby qui monte au créneau pour défendre cette substance. On le voit dans les commentaires

Athanagore Porphyrogenete : Je n’ai toujours pas compris cette évolution récente – un siècle – qui demande à l’état de protéger le citoyen contre lui même. Ce rôle était en générale dévoué à la religion, et par extension à la morale. Quand l’état protège des citoyens d’un autre citoyen, ou d’un groupe, il joue le rôle d’un mur. c’est nécessaire. Mais quand il nous protège de nous même, il est intériorisé. C’est inacceptable. Le contrôle des stupéfiants est l’exemple typique d’un rôle abusif de l’état.

@ Athanagoire : A moins d’être Robinson Crusoé, vos toxicomanies ont un impact sur l’entourage familial et un coût social (déscolarisation, dépenses de santé). Vous faites comme si le citoyen « qu’on protège contre lui-même » n’était pas sous l’influence de processus physiologiques d’addiction qui abolissent son libre arbitre, et soumis à des pressions sociales qui le poussent à consommer. Difficile de refuser un verre, un joint ou autre dans certains contextes, tous ceux qui tentent de contrôler des consommations abusives vous le diront.

A connaître, «âge de pierre, âge d’abondance»

Le point de vue des écologistes ne pourra s’affirme que si une connaissance de base se diffuse dans la population. Il y a des expressions essentielles, à retenir et à diffuser, entre autres l’analyse de Marshal Sahlins qui déconstruit l’idée de société d’abondance.

Michel Sourrouille : « j’ai lu « âge de pierre, âge d’abondance », LE livre de Marshall Sahlins. La virgule peut prêter à interprétations. En fait cette étude démontrait que l’âge de pierre (les sociétés premières), c’était vraiment l’âge d’abondance : sans désir de superflu, il n’y avait pas sentiment de manque. Autrefois, aux temps de la chasse et de la cueillette, on vivait un sentiment de plénitude car on limitait les besoins… et donc le travail… pour avoir plus de temps libre… et être heureux. Aujourd’hui l’intérêt du moment change, de plus en plus vite. Il y a toujours un nouveau match à la télé. II y a toujours un machin de la dernière génération qu’il faut posséder et bientôt jeter à la poubelle avec l’apparition d’une nouvelle « fonctionnalité ». La période contemporaine fait courir la plupart d’entre nous derrière l’illusion de l’abondance… à crédit. »

Thierry Sallantin : « En octobre 1968, je découvre l’ethnologie en tombant dans « Les Temps Modernes » sur une communication de Marshall Sahlins en 1966 : « La première société d’abondance ». Cet ethnologue y parle de la vie agréable, en travaillant presque pas, au sein des peuples actuels vivant de pêche, chasse et cueillette. J’adhère en 1969 à l’association « Atipaya » de soutien aux indiens Wayana créée par Christian Delorme, future figure de la non-violence et de l’écologie. L’article de Sahlins ne sera republié qu’en 1976 dans « Age de pierre, âge d’abondance » (Gallimard). Je pense que l’ethnologie, en revalorisant les modes de vie « primitifs » de peuples estimés « en retard » par rapport aux « races supérieures » ou estimés « sous-développés », apporte la solution à l’impasse de la modernité. A 15 ans, je sais déjà que le mode de vie occidental est insoutenable et qu’il se répand hélas partout par ce moyen criminel de « persuasion clandestine » (Vance Packard et Stuart Ewen). »

Hervé Kempf : Guillaume Sarkozy, ex vice-président du Medef, m’avait dit un jour publiquement d’un ton vif : « Je ne crois pas une seconde qu’on puisse mobiliser les gens en disant « vous allez vivre moins bien qu’aujourd’hui ». Et demain, vous allez retourner à la bougie sans votre téléphone portable ? ». Je répliquai : « Si ceux qui ont le plus de capacité et de richesse ne reprennent pas notre destin par rapport à la crise écologique, nous irons précisément à un état de chaos social qui ne sera peut-être pas celui de l’âge de pierre, mais qui serra extrêmement négatif. Donc, s’il vous plaît, monsieur Sarkozy, employons des arguments sérieux, et ne nous envoyons pas des bougies et des blocs de pierre à la figure. » Cette anecdote illustre la propension de l’oligarchie à répondre aux questions qui dérangent par des images éculées. Jacques Attali recourut au même procédé. On l’interrogeait sur les conséquences écologiques qu’aurait la croissance forte qu’il préconisait : « La meilleure façon de ne pas polluer, répondit-il, est de revenir à l’âge de pierre ». Je ne sais si cette réponse est stupide ou méprisante.

PS : Marshall Sahlins est mort le 5 avril 2021, à l’âge de 90 ans. Il était sans conteste le plus grand anthropologue contemporain de l’Océanie. Savant inclassable, homme de terrain et infatigable pourvoyeur d’idées, il a lancé certains des plus grands débats de la discipline. En 1974, il devient professeur à l’université de Chicago, où il fera le reste de sa carrière. C’est aussi l’année où il publie Stone Age Economics (Age de pierre, âge d’abondance, Gallimard, 1976), dans lequel il déconstruit l’image fantasmée du « sauvage ». A partir de l’analyse de sociétés paléolithiques et de chasseurs-cueilleurs, il démontre que plus une société est marquée par des progrès technologiques, moins ses membres disposent de temps à accorder aux loisirs ou à la culture. Avec cet ouvrage majeur, il relègue définitivement au rayon des théories surannées l’évolutionnisme linéaire qui assimilait avancée technique et progrès social.

Le point de vue des écologistes sur ce blog

Notre tâche quotidienne est de donner sur ce blog biosphere le point de vue des écologistes. Il ne s’agit pas d’imposer un point de vue, mais de fournir des éléments de réflexion. Un désaccord ponctuel peut s’exprimer par un commentaire ; soyez svp respectueux des avis des autres intervenants sur ce blog. Vous pouvez aussi poster une contribution personnelle afin d’approfondir notre intelligence collective, pas plus de 4000 caractères à envoyer à biosphere@ouvaton.org

Notre audience reste pour le moment marginale, mais nous ne sommes qu’une esquisse dans la prolifération des initiatives qui nous amènent progressivement à penser collectivement que l’écologie est l’avenir de l’humanité si elle veut rester en bons termes avec notre Terre-mère. Nous connaissons tous les obstacles qui nous empêchent d’arriver à un consensus d’écologistes : la société du spectacle qui nous détourne des réalité biophysiques et de la pensée du long terme, la société de consommation qui nous rend complices du pillage de la planète, la société croissanciste qui ne jure que par le PIB et certainement pas par le bonheur des peuples, la société du profit qui fait passer la liberté des entreprises bien avant l’intérêt général, la société de compétition qui annihile nos tendances à la coopération et à la synergie, la société marchande qui défigure par un prix à payer le vrai sens des êtres et des choses. A tous ces obstacles à la formation d’une société écologisée, il faut ajouter la « société du commentaire » telle que définie par le texte suivant :

L’analyse de Nicolas Truong : « Des réseaux sociaux aux chaînes d’information en continu, la société du commentaire étend son influence dans l’espace public à coups de polémiques. Ce n’est pas nouveau, l’être humain est bavard. Platon dénonçait déjà l’isegoria, le droit de parole égal pour tous les citoyens d’Athènes : « Elle noie la parole du sage ». Les nouveaux moyens de communication marquent-il une avancée de la démocratie ou une régression ? Le pouvoir de « n’importe qui » de dire « n’importe quoi » peut-il déboucher sur un consensus ? Le président Macron constate : « Le problème-clé pour moi, c’est l’écrasement des hiérarchies induit par la société du commentaire permanent : le sentiment que tout se vaut, que toutes les paroles sont égales, celle de quelqu’un qui n’est pas spécialiste mais a un avis sur le virus vaut la voix d’un scientifique… On finit par ne plus croire en rien. » Le médiatique a colonisé et vidé de sa substance l’espace public, le commentaire est devenu un spectacle et l’information un divertissement. On refuse le point de vue mesuré, on valorise le clivant et le polémique, l’espace de la disputatio, qui oblige à argumenter face à un adversaire, est trop souvent aboli. Dans la société du commentaire, la délibération raisonnée laisse place à la transgression. Les opinions sont souvent réduites à l’exposition de simples pulsions. L’intellectuel spécifique qui intervient dans l’espace public à partir d’un savoir déterminé devient inaudible. L’horizontalité apparente des réseaux sociaux masque d’importantes hiérarchies, celle des réputations et des followers. La société du commentaire devient une menace pour la démocratie.   » (résumé amélioré)

Faites-nous connaître dans vos réseaux, l’intelligence collective résulte de la contamination de tous par les idées d’avenir.

Pour le suicide assisté en libre service

François Galichet : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger ». Mais l’aide à une personne qui se met volontairement en danger n’est pas punissable, sinon, il faudrait poursuivre les moniteurs d’alpinisme et d’autres sports extrêmes ! Si l’on peut prouver la pleine lucidité et capacité de jugement de la personne, alors il ne saurait y avoir de délit. C’est ce qu’a jugé, en novembre 2016, la cour d’appel de Lyon (jugement confirmé en cassation). Il a acquitté Jean Mercier, qui avait aidé sa femme à prendre les médicaments lui permettant de mourir quand elle l’a souhaité. Cela n’a pas empêché les juges du parquet de Paris de poursuivre les dix membres de l’association Ultime liberté, dont je suis, pour « complicité d’acquisition et d’importation de substances illicites » et « propagande en faveur d’un produit susceptible d’entraîner la mort ». On ne peut donc pas procurer le seul produit permettant une mort douce, non violente, non traumatisante pour les autres, préservant sa lucidité jusqu’au bout (contrairement à la sédation terminale de la loi Claeys-Leonetti), entourée de ses proches.

Il suffirait que le pentobarbital soit susceptible d’être prescrit par un médecin, comme c’est le cas en Suisse et en Belgique, pour que tout obstacle disparaisse et que la France se retrouve, sans voter aucune loi, dans la situation de la Suisse. Ce médecin, choisi par le demandeur, pourrait être assisté par une personne de confiance et des bénévoles membres d’une association agréée, chargés d’accompagner la personne dans sa réflexion et la vérification de sa volonté. Et comme en Suisse, un contrôle a posteriori, éventuellement assuré par un juge, pourrait s’assurer que les conditions de volonté et de lucidité de la personne ont été respectées. »

Du point de vue des écologistes, la liberté de choisir d’avoir ou non un bébé, de faire ou non une IVG, de décider de vivre ou de mourir, nous paraît incontournable. Une société doit valoriser le fait de choisir sa destinée en toute connaissance de cause, envisageant aussi bien l’intérêt commun que son propre cas personnel. Il nous faut une éducation à la responsabilité, une autonomie de choix qui ne se réfère pas à des normes autoritaires imposées au nom de la religion ou d’une morale désuète.

Pour en savoir plus sur le suicide :

5 juillet 2013, Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes

extraits : La potion miracle, c’est le pentobarbital de sodium. Il suffit d’en ingérer quelques grammes, mélangés à un verre de jus de pomme, pour s’endormir dans les deux minutes et mourir dans la demi-heure...

28 janvier 2011, assistance au suicide et liberté humaine

extraits : Mourir est d’une banalité extrême. Non seulement il nous faut bien mourir un jour, mais l’espèce humaine s’ingénie à hâter notre trépas : victimes directes et collatérales des conflits armés, assassinats en tous genres, accidents du travail, de la route, domestiques, cancers causés par l’environnement que nous avons fabriqués, etc. Dans ce contexte de morts en série, l’art de la mort volontaire devrait tendre au consensus social, interruption volontaire de grossesse ou assistance médicale au suicide. Mais si en France l’avortement est légalisé, le droit à l’euthanasie pose encore problème…

19 mars 2008, Oui au suicide assisté

extraits : La demande de Chantal Sébire au droit à mourir a été refusée par la justice. Atteinte d’une maladie incurable et très invalidante, le tribunal lui a refusé, en l’état actuel de la législation, la prescription d’un produit létal. La convention européenne des droits de l’Homme fait jaillir la contradiction des principes, le droit à la vie (article 2) d’un côté, le droit à la liberté (article 5) de l’autre…

13 octobre 2007, suicide de Gérard Horst

extraits : André Gorz (de son nom de plume) s’est suicidé  le 24 septembre 2007 en même temps que sa femme, Dorine, atteinte depuis longtemps d’une affection évolutive qui s’est doublée d’un  cancer. L’écrasante beauté d’une communion dans le suicide de deux amoureux octogénaires ne peut que nous faire penser à Paul Lafargue qui écrivait, avant de se suicider en 1911 avec sa femme Laura Marx : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Ce double exemple montre qu’il n’est pas nécessaire d’aller en Suisse pour avaler un cocktail létal et pratiquer ainsi une forme d’auto-euthanasie…

Influenceuse Léna, Biosphere le rabat-joie

Léna Situations, meilleure amie des jeunes confinés : « Mon rôle, dans ce contexte, c’est de créer du divertissement, faire rigoler, faire oublier » 

Biosphere, porte-parole des écologistes : « Mon rôle est de préparer l’après-Covid, donc enseigner les dures réalités d’une société en crise »

L’influenceuse de 23 ans, star sur YouTube (1,8 million d’abonnés) et Instagram, 2,9 millions de vues.

Biosphere, collectif pour la défense des intérêts de la biosphere, avec son site de documentations des écologistes et son blog, il ne capte que quelques centaines d’affiliés avec ses écrits austères.

Léna Situations habite quelque part à Paris, Biosphere vit reclus dans dans un tout petit village.

Léna, Mahfouf à l’état civil, cultive les selfies avec ses aficionados dès qu’elle sort de chez elle ; Biosphere personnifie l’anonymat du messager pour mieux incarner la véracité du message.

Mahlouf et ses vidéos façon « journal de ma vie », Biosphere et son article quotidien sur l’analyse d’un monde en perdition.

Léna Situations, un petit empire médiatique bâti en trois ans par une diplômée d’une école de marketing de la mode ; Biosphere, plus de quinze ans d’existence qui refuse les effets de mode pour aller au-delà de l’apparence des choses.

Léna et sa bande de copains (chanteur Bilal Hassani, youtubeurs McFly et Carlito…) ; Biosphere, pas du tout soutenu par l’écologie institutionnelle qui s’occupe d’élections et pas d’environnement.

Malhouf possède l’art de créer une dévotion amicale chez les adulescents ; mais Biosphere sait que Greta Thunberg peut être aussi une influenceuse éclairée.

Léna gagne sa vie grâce à des partenariats avec des marques, de Balmain à Jennyfer, toute influenceuse vit aux dépens de celui qui la suit ; Biosphere lutte à armes très inégales contre le poids des lobbies de la société de consommation et du spectacle.

L’influenceuse est passionnée de fiestas, de voyages à New York, Biosphere ne pense que loisirs de proximité et abandon de l’avion.

Elle reçoit des cadeaux toute la journée, biosphere reçoit de temps en temps un spécimen de livre écolo dont il faut faire la recension.

Son Iphone clignote sans arrêt, Biosphere n’a pas de portable, encore moins de smartphone.

Léna a acquis un énorme pouvoir de prescription (de cosmétiques) auprès de la jeunesse ; le vade-mecum des écologistes a fait un bide.

Son livre, Toujours plus, est sorti en septembre 2020, 370 000 exemplaires vendus ;Le livre Arrêtons de faire des gosses est sorti en octobre 2020, il ne fera que quelques dizaines de ventes.

Léna Situations, une appétence pour les sujets liés à la santé mentale ; Biosphere, une connexion avec la santé de la Terre.

Un univers sucré et optimiste d’un côté ; de l’autre un avenir terrible pour les générations futures.

Voici le point de vue de commentateurs lucides sur lemonde.fr :

Heinrich Von Zimmel : L’étendard de la misère culturelle, tout une jeunesse manipulée par ses pancartes publicitaires ambulantes et, LeMonde, pour qui je paye un abonnement, qui valorise ces pratiques …

ErF : Dans le titre, « meilleure amie des jeunes confinés « , … « -finés » est en trop…

Jeanpasse : Évidemment Léna Mahfouf incarne le narcissisme, le vide et le matérialisme contemporain mais pas plus que les centaines de millions de personnes qui tentent de donner à leur vie une apparence successfull sur les divers réseaux sociaux. Mais tout ça résulte de 50 ans de société du spectacle, de 20 ans de télé-réalité, de 10 ans de réseaux sociaux etc .Et c est bien le neveu de Freud qui a théorisé la propagande comme moyen de restreindre les choix des individus vers la consommation et le refus de la complexité il y 90 ans. Cette jeune fille n’est en définitive qu’une petite propagandiste de l’happycratie .

Juste : on comprend par son exemple que le populisme est loin de n’être que politique. Il se loge aujourd’hui plus que jamais dans toutes les strates du « Soft power » (cf. Hanouna pour ne citer que le plus célèbre). Un vrai danger culturel, autant que politique, qui influence tristement la dialectique générale

Stéphane Pierre Franco : L’article de Beigbeder dans Le Figaro sur le livre de Léna était truffé de punchlines, LE MONDE ne lui rend pas hommage à ne pas les citer. Il s’ouvrait notamment sur « un livre si sucré qu’on le déconseille aux diabétiques » et concluait sur « Toujours plus, 200 pages de vide, pour 19,90 de perdus. » C’était drôle.

Michel SOURROUILLE : On vit vraiment dans un monde sous influence et c’est pour cette raison que nous ne faisons rien de sérieux contre la déplétion pétrolière, le réchauffement climatique, l’extinction des espèces, le stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, la disparition des forêts, la stérilisation des terres. On préfère rigoler et se maquiller. Léna ne devrait pas exister et pourtant Internet (et LE MONDE) lui donne vie.

Médiéviste : Qui se soucie de la trace à laisser dans notre monde ? Le court terme et le fugace triomphent pour le bien-être apparent de la société !

modèle Amish contre start-up Macroniste

Le présidentiable Macron avait déjà affirmé en 2017 : « Je suis pour une société écologique, mais je ne suis pas pour une société Amish. » Les Amis de la Terre se sont renommés pour l’occasion les « Amish de la Terre ». Qui a raison ? Notre journal de référence* nous éclaire.

François Jarrige : Le mouvement Amish tire son nom de Jacob Ammam (1644-1730), un anabaptiste suisse qui prônait l’autorité suprême de l’Écriture biblique et la nécessité de se préserver de toute emprise de l’État, en refusant notamment les impôts ou le port des armes. Victimes de persécutions, ils émigrent aux États-Unis, recherchant l’autonomie agricole et alimentaire, privilégiant une vie sobre avec austérité de leurs vêtements et refus de la plupart des innovations technique modernes. Aux temps du triomphe de l’automobile, les Amish perpétuent l’emploi du cheval dans les travaux des champs et les déplacements. Ils privilégient le local et les circuits courts. Loin de rejeter en bloc les innovations, ils acceptent les batteries et les panneaux solaires tout en refusant d’être raccordés aux grands réseaux électriques. Ils n’adoptent une nouvelle technologie que si elle aide à faire ce que la majorité juge réellement important au lieu de faire confiance les yeux fermés aux publicitaires du système thermo-industriel. Les Amish sont de très bons mécaniciens, réparateurs et agriculteurs.

Le modèle amish nous apprend en définitive qu’il est possible de soumettre les choix de vie à d’autres fins que celles du marché. Or, c’est précisément ce dont nous avons besoin aujourd’hui, trouver les moyens de soumettre les projets technologiques au maintien d’une vie durable et vivable. Si pour les Amish c’est une certaine conception de Dieu et du sacré qui priment, pour un athée comme moi ça pourrait être tout autant les enseignements de la science écologique ou la quête d’une société égalitaire et conviviale. Contre le « modèle amish » rejeté avant même d’avoir été défini, Emmanuel Macron ne promeut rien d’autre que le très naïf modèle de la start-up. Le modèle amish montre pourtant l’absurdité de la formule selon laquelle « il n’y aura pas d’alternative ». Lors du premier choc pétrolier des année 1970, des articles de presse vantaient ces Amish qui parvenaient à se passer du carburant fossile dont le monde était devenu dépendant. (page 10 et 12)

Pour en savoir plus, extraits tirés de notre réseau biosphere,

2020, Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. »… La Cour suprême américaine vient en juin 1972 de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants…

2011, les Amish de mes Amish ne sont pas mes Amish

…Les Amish, non soluble dans la modernité, ont même fini par obtenir de ne plus être imposables car ils ne coûtent quasiment rien à l’État : pas d’eau courante, pas de raccordement électrique, pas de sécurité sociale, pas de recours à la justice… Le rapprochement avec les militants de la décroissance est évidemment facile. Mais cela s’accompagne d’une doctrine invasive de progénitures. La famille nombreuse est de rigueur, avec une moyenne de huit enfants par couple… J’ajoute que les Amish vivent en phallocratie niaise et triomphante…

2008, Faux Amish ? selon Stéphane Lavignotte (Entropia n° 5, automne 2008)

.. Dans l’Ordnung des Amish du Nouvel Ordre, l’interdiction de la télévision, des caméras et des radios est motivée par l’enseignement de la Bible de « renoncer aux possessions matérielles qui semblent adoptées pour servir la chair plus que Dieu ». Le cinéma comme les stupéfiants, les plaisanteries grossières et les longues parties de chasse et de pêche loin de la famille sont prohibés en réponse à l’invitation : « Abstenez-vous de toute espèce de mal ». Dans l’Ordnung des Beachy Amish, dans la catégorie prohibée des « habitudes dont vous devenez esclaves », on trouve tricher et fumer, mais rien sur la télévision. Les amplificateurs sont interdits : « Louons Dieu avec les fruits de nos lèvres ». Un lecteur qui s’intéresse aux Amish dans une perspective de critique de la technique ou d’une approche écologiste ne pourra qu’être dépité de cette diversité des motivations où il retrouve moins ses préoccupations que la prédominance d’une approche moraliste ou d’une approche littérale de la Bible…

* La décroissance, le journal de la joie de vivre (mars 2021)

Vieille de 94 ans, voudrait vivre encore plus

Monique Pelletier : « Quels projets faisons-nous réellement pour ceux qui s’approchent du terme de leur vie ? Il apparaît nécessaire d’améliorer leur vie en leur assurant un personnel suffisant qui aurait le temps de leur parler et de leur prodiguer les soins qui leur font du bien en y consacrant tout le temps nécessaire… Les « EHPAD à domicile » se développent et conviennent mieux aux « vieux »… La France a enfin acté, le 23 juillet 2020, la création d’une 5e branche de la Sécurité sociale consacrée à la perte d’autonomie. Aujourd’hui, 30 milliards sont dépensés chaque année. Il faudra au moins 10 milliards de plus, chaque année, compte tenu de l’allongement de la vie… C’est aux financiers qu’il appartient de faire des propositions… (Dans ces conditions), vieillir n’est pas un drame… »

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

AlexandreB : Monique Pelletier, née le 25 juillet 1926, a 94 ans. Aujourd’hui le grand âge a une place dans notre société. Il prend l’avenir des jeunes.

Nardo : Alors que nous sommes à la veille d’un conflit générationnel c’est le moment que choisit Mme Pelletier pour en rajouter une couche. En même temps il faut comprendre cette génération : A la retraite à 60 ans, plein emploi, consommation à outrance, Il veulent mourir dans la  »dignité ». Comprenez tous frais payés pendant 25 ou 30 ans . ils ne doutent de rien.

lecteur assidu : Les lobby pro-âge sont à l’œuvre de toutes parts. N’oublions jamais que la « part patronale » de la sécu disparaît après la retraite alors que les même retraités consomment pas loin de 80 % de la ressource.

PHILEMON FROG : Le 3ème âge coûte déjà 14 pts de PIB en retraites, presque 9 des 11,5 pts de PIB des dépenses de santé. Alors commençons par baisser drastiquement les retraites supérieures à un certain seuil et affectons ces sommes à notre jeunesse aujourd’hui dédaignée.

Nicolas C. : Pour ne pas être dépendant, il suffit de claquer plus jeune, c’est con mais c’est comme ça.

NRVé 1 : Il est nécessaire de cesser de culpabiliser le suicide. Aider au suicide des volontaires est maintenant une priorité.

Querdenker : Je vous invite à lire un article, publié dans le « Courrier de l’Unesco » en 1963, intitulé « La vie finit-elle à 60 ans? », dans lequel l’auteu déplorait le statut réservé aux vieux dans les sociétés occidentales, peu enviables estimait-il par rapport à celui que les sociétés non-occidentales réservent à leurs anciens. L’auteur, anthropologue de métier, constatant tout à coup qu’il venait lui-même de dépasser la limite de 60 ans, résolut en conséquence de mettre fin à ses jours sans plus tergiverser. Son nom? Alfred Métraux*.

Jacques Brejoux : Au lieu de laisser un monde pourri à nos enfants, on pourrait peut-être penser à ne pas laisser d’enfants à ce monde pourri.

Michel Sourrouille : Alors que les vieux laissent un monde pourri à nos enfants, on pourrait peut-être penser à ne pas laisser trop de vieux à ce monde pourri… Il existe une association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Alfred Métraux : anthropologue d’origine suisse, il est né l 5 novembre 1902. Il se suicide le 11 avril 1963 par absorption de barbituriques. Sa mort fait écho a un article qui a été publié par le Courrier de l’UNESCO quelques jours avant son suicide. Intitulé La vie finit-elle a 60 ans ?, il y déplore le sort réservé aux personnes âgées en Occident, bien plus barbare selon lui que tout ce qu’il a pu voir dans d’autres sociétés considérées comme « primitives ».

Bruno Latour et Gaïa, la Terre-mère

Mère Térésa déclarait en 1988 : « Pourquoi nous soucier de la Terre ? Nous devons nous occuper des pauvres et des malades. Dieu prendra soin de la Terre. » Les religions du livre ne nous ont pas donnés de règles et de conseils pour vivre en harmonie avec Gaïa. Les concepts humanistes de développement durable, de gestion et d’intendance sont entachés d’orgueil. Nous ne sommes pas plus doués pour gérer la Terre que des chèvres pour jardiner.

Bruno Latour : « On parle de « reprise » post-covid, mais cela sonne comme une incantation, pas comme un projet mobilisateur. Le projet mobilisateur s’est décalé, comment maintenir les conditions d’habitabilité de la planète ? Il n’y a rien dans l’idéologie de l’Homo œconomicus, qui permette de répondre à cette questions. S’il est vrai que les humains ont construit artificiellement leur propre environnement, à l’intérieur duquel nous sommes confinés, il faut nous intéresser à ce dont nous dépendons, la température globale, la biodiversité. Cela change complètement le rapport au sol, c’est cela « atterrir ». Gaïa, la « Terre-mère », cette notion résume justement le changement de « lieu » que nous ressentons avec la pandémie. Pour exercer quelque forme politique que ce soit, il faut une Terre, un lieu, un espace. La meilleure preuve que la politique « sous Gaïa » est nouvelle c’est cette étonnante contrainte qui pèse sur toutes les décisions individuelles et collectives, de rester « sous les deux degrés » des accords climatiques. C’est cela que j’appelle « le nouveau régime climatique ». C’est bel et bien un nouveau régime juridique, politique, affectif puisque l’on vit dans une zone critique, « sous Gaïa », confinés dans les zones d’habitabilité. Le conflit entre les « extracteurs » et les « ravaudeurs » complique celui existant entre les bourgeois et les prolétaires. Il faut reconnaître que Laudato si’ [l’encyclique du pape François] a complètement rebattu les cartes avec cette injonction, vraiment prophétique, d’entendre le « cri de la Terre et le cri des pauvres » ! C’est quand même plus costaud que l’idée de classes géosociales… Ça touche beaucoup plus loin, que faites-vous sur Terre , quelle Terre habitez-vous ? Cela résonne beaucoup plus que les injonctions à « sauver la nature », qui reste toujours extérieure. Je ne sais pas penser sans un terrain empirique. Depuis quatre ans, on instaure des ateliers collectifs d’autodescription : « De quoi dépendez-vous pour exister, comment  maintenir les conditions d’habitabilité ? » C’est un moyen de reconstruire l’écologie politique sans jamais parler d’écologie ! Mais avec le couvre-feu, c’est un cauchemar à organiser…

Sarah Py : J’ai un problème avec Bruno Latour. Et cela me rappelle Michel Serres. Je ne vois là rien de structurel, aucun concept opératoire sur lequel se fonder : la Planète, la Terre mère, ça sonne la religiosité à deux sous. Et pour le reste, du vague, du général, rien qui accroche et vous incite à persévérer, à chercher cette voie d’entrée à une pensée.

Jean Rouergue :  » la Planète, la Terre mère, sonne [pour vous, comme une] religiosité à deux sous »…. Remplacez cela par biocénose et vous aurez fait un grand pas..

JDL : Pour les amateurs de lecture rapide, une phrase fulgurante de Michel Serres : « la terre, jadis notre mère, est devenue notre fille. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

5 août 2015, La revanche de Gaia, un réchauffement irréversible

28 février 2015, Une religion pour la terre-mère est-elle dangereuse ?

21 septembre 2013, un intellectuel face à l’apocalypse, Bruno Latour

29 décembre 2009, notre Terre-mère Pachamama

3 juin 2007, culte de Gaïa

L’écologie contre l’interventionnisme armé

Que fait la France au Mali ? L‘éditorial du MONDE pose enfin la question sept ans après la décision de l’intervention militaire française. Les opérations françaises n’ont empêché ni la montée des violences entre ethnies, ni les percées islamistes, ni la contagion dans les pays voisins. Cinquante « morts pour la France » depuis 2013, 50 morts pour rien. Une seule perspective, le retrait des troupes, qui confirmera notre analyse constante, lire ci-dessous :

15 janvier 2013, intervention au Mali, une erreur de plus des socialistes

20 janvier 2013, guerre au Mali, encore des morts… pour rien

28 novembre 2019, Des morts pour rien au Mali

23 janvier 2020, Guerre au Mali, guerre colonialiste

Un écologiste est forcément un objecteur de conscience, opposé à l’usage collectif des armes, opposé à une force militaire qui ne serai pas sous l’égide de l’ONU. Il est plus que temps de s’apercevoir que nous n’avons qu’une seule planète, et qu’il faut apprendre à la sauvegarder au lieu de la mettre à feu et à sang.

Nous avons connu un Malien en 2012, Ibrahima Coulibaly, président à l’époque de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali. Notre aide doit aller vers des personnalités locales actives comme lui, pas à la répétition de nos interventions extérieures inutiles, l’Indochine, L’Algérie, l’Afghanistan, la Libye, le Mali… un fiasco perpétuel.

La généalogie de ce blog biosphere

On nous dit tout, mais on ne sait plus où on va… prenons alors une boussole, ce blog biosphere. J’avais beaucoup réfléchi pour en arriver à ce résultat surprenant : je ne suis rien, juste une infime partie de l’humanité qui s’est répandue quelque peu dans le temps et beaucoup trop dans l’espace terrestre, humanité elle-même infime fraction de la Biosphère, Biosphère à son tour infime élément de l’Univers. Je ne me considère plus au centre, le soleil ne tourne plus autour de la race humaine, le soleil est d’abord là pour les plantes et pour les herbivores, pour les carnivores et tout le reste de la vie sur cette Terre. Il ne s’agit plus de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il me parait au contraire essentiel de redonner à la planète toute entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique : les humains ne sont que des passagers parmi d’autres alors qu’ils se veulent des parasites qui prennent une place envahissante au détriment de la faune et de la flore. Réintroduire l’ours dans les Pyrénées n’est qu’invention humaine, lui laisser ainsi qu’à toutes les autres espèces son espace vital devient une nécessité morale. Cela présuppose que le poids de l’humanité se fasse de plus en plus léger, ce qui remet en question l’évolution quantitative de la démographie humaine, et pose aussi un problème plus qualitatif, l’empreinte de l’activité humaine sur l’écologie de la planète : l’évolution démographique exponentielle de l’espèce homo sapiens est une terrible remise en question de la sélection naturelle, la généralisation de l’autoroute et du mode de vie qu’elle représente est une atteinte grave aussi bien à la diversité culturelle des sociétés humaines qu’à la diversité biologique.

Alors parallèlement à mon engagement politique, j’ai créé une association qui me permettrait de ne plus m’exprimer seulement en mon nom propre. En France rien de plus facile depuis la loi de 1901 que de fonder une nouvelle association : il suffit de deux personnes, de rédiger des statuts en indiquant principalement l’objectif de l’association et de les déposer à la préfecture. L’association « Biosphere » a donc été déclarée le 9 septembre 2004 dans le but de « défendre les intérêts de la Biosphère » ; la mention officialisée en est faite au JO du 2 octobre 2004, entre l’association « Amicale des chasseurs et propriétaires de Vaux-Lavalette » et l’association des « Marcheurs de Nieuil ». La lutte environnementale passe parfois par la réflexion des chasseurs, elle passe bien sûr par la marche plutôt que par la voiture, elle reste malheureusement pour l’instant un activisme spécialisé de quelques-uns alors que ce devrait être une exigence globale pour tous. L’acte véritablement fondateur de ce blog biosphere résulte d’un événement relayé par les télévisions du monde entier, le tsunami dans le Pacifique. Sur mon blog nouvellement créé grâce (à l’époque) au journal LE MONDE, j’ai alors écrit le 15 janvier 2005 un article qui mettait en parallèle le traitement sur-médiatisé des conséquences du tsunami sur les humains et d’autre part une information isolée sur la disparition prochaine des primates. Cette première contribution « Solidarité avec les bonobos » a été suivie par une analyse de plus en plus régulière de l’actualité, jusqu’à pouvoir écrire chaque jour au moins un article et à mesurer l’ampleur des risques que l’activisme humain entraîne pour les écosystèmes qui les supportent. Grâce à un amoureux de la programmation, l’association Biosphere s’est aussi dotée d’un site Internet hébergé par le serveur ouvaton à partir du 28 avril 2005 pour mettre à disposition du public un centre de documentation des écologistes.

Il y a toujours eu des individus en avance sur leur époque, quelle que soit l’époque. Mais l’ouverture d’esprit n’a pu se généraliser qu’à partir de la révolution industrielle fin XVIIIe siècle : l’éclatement des communautés villageoises a progressivement fait disparaître les traditions particulières et les pratiques religieuses imposées, l’individu peut alors réfléchir par lui-même. L’invention de la sociologie à la fin du XIXe siècle résulte d’ailleurs de cette possibilité de mise à distance de sa propre culture, ce qui permettait de relativiser ses propres croyances et de mieux comprendre l’altérité : ainsi de l’ethnologie qui montre qu’il n’y a pas de sociétés culturellement hiérarchisées, tout est question de point de vue subjectif. Pourtant depuis la machine à vapeur on a installée en place une uniformisation mondiale des mentalités modelée par la société thermo-industrielle. Dans ce début de troisième millénaire, les perspectives deviennent favorables à une nouvelle rupture, cette fois nettement positive : ce n’est plus la tradition qui importe, ni la nation, ni même le monde des humains en soi, c’est la planète dans toutes ses composantes et son devenir. La France, après s’être offert en 1789 la déclaration des droits de l’homme, a même constitutionnalisé fin février 2005 une « Charte de l’environnement ». En tant qu’éco-citoyens, nous devons maintenant percevoir que les sociétés humaine sont plus ou moins bien adaptées au milieu environnant et constater que la société actuelle est la moins durable car elle détruit les écosystèmes. Il nous faut alors dénoncer avec force notre société de prédateurs et parler au nom de la Biosphère.

(Écrit par Michel Sourrouille en 2005)

Miss France 2021, Amandine Petit au pilori

Au centenaire des concours de beauté en France le 20 décembre au petit matin, Amandine Petit a été élue Miss France 2021. Le premier concours de beauté français a été créé en 1920 par le journaliste Maurice de Waleffe. Le titre de « plus belle femme de France » est devenu « Miss France » en 1928. Il y a un an, l’élection de Miss France 2020 avait réuni 7 millions de téléspectateurs avec un pic à 8,3 millions. Quelques réactions féministes sur lemonde.fr :

Xavier64  Que l’on donne une plate-forme médiatique pour faire écho au message que la femme est l’égale de l’homme, que la nouvelle génération de Miss France souhaite s’emparer de messages sur l’inclusion, why not, mais que le chemin d’accès soit un vulgaire passage en maillot de bain, quelle honte !

Archisauvage : Plus de 8 millions de téléspectateurs. Ça m’a fait penser au score de Trump. Qui peut voter pour un clown incompétent et dangereux ? Près de la moite des américains ! Qui peut regarder la foire aux (charmantes) génisses ? Plus de 8 millions de français. Ça ne va pas changer demain.

Super Sara : C’est bien, le féminisme objectifiant d’une industrie possédée par Endémol qui utilise une prolo pour vendre des visite d’une minette jolie à toutes les foires aux vieux cochons de France. Le tout en nous parlant de féminisme. AU SECOURS !

Olivier : Maos quel blague ! Où est l information ? Quel intérêt ? Outre l’archaïsme de ce concours, on pourra s’étonner que la version masculine est étrangement absente de l’antenne depuis…ben toujours. Vivement un changement profond de conscience. En attendant, effectivement le fondateur du monde doit un peu se retourner dans sa tombe.

EthanB : C’est vrai, mister France est peu médiatisé. Par contre en culturisme, les hommes le sont plus que les femmes. Intéressant du point de vue anthropologique.

Philippe Bregeon : Quand est-ce qu’on met fin à cette foire à l’anorexie et la bêtise ?

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 décembre 2019, Miss France 2020, que disent les féministes ?

14 décembre 2019, La nouvelle Miss France, Maëva Coucke

25 décembre 2017, La vraie nature, trompeuse, de l’élection de Miss France

8 décembre 2010, Miss France mise à nu

Caricatures et tolérance partagée

La provocation n’est ressentie comme provocation que par ceux et celles qui s’estiment provoqués. Avant de parler de liberté d’expression et de caricatures blessantes, prenons l’exemple de la nudité sur les plages. Que faut-il préférer comme système social ? Le modèle traditionnel est de ne pas dénuder le corps. Dans un esprit de tolérance réciproque, les textiles devraient accepter le nudisme des uns comme les naturistes accepteraient la différence vestimentaire sur une plage partagée par tous et toutes. Le respect de pratiques différentes doit être un critère permettant la coexistence pacifique. Transposons cet exemple dans le cas de la liberté d’expression en matière de religions… Le concept de laïcité est inconnu dans un pays islamique. C’est un fait qui empêche un pays d’être véritablement démocratique. Face à l’expansion des intransigeances intégristes, il ne faut rien céder quand on est démocrate. La démocratie repose sur le libre-échange d’opinions contradictoires pour arriver à une synthèse, et le changement d’avis est un corollaire de cette pratique. Chacun a le droit de dire ce qu’il pense même si cela choque, puisque les religions ont le droit de dire ce qu’elles pensent. Avec une tolérance réciproque, il n’y a plus de provocation possible, mais seulement une invitation au dialogue. Sinon, on forme une société bloquée et réactionnaire, aux mains de personnes qui n’ont pour seule justification que des arguments d’autorité allergiques à l’esprit de la libre pensée. Une caricature mettant en scène une religion ne provoque pas, elle ne fait qu’inciter à réfléchir par rapport à ses propres présupposés.
Pour lire la totalité de cette analyse,
article initialement paru sur le monde.fr