spiritualités

Laïcité, la loi du 9 décembre 1905

Une république sans laïcité n’est pas une république, une chose commune à tous et toutes. 120 années sont passées. Pierre angulaire de la laïcité, bien que ce mot n’y figure pas, la loi « concernant la séparation des Eglises et de l’Etat », promulguée en France le 9 décembre 1905, a consacré la liberté de conscience, le libre exercice des pratiques religieuses et le non-financement des cultes par l’État. Le mot « laïc » est apparu au XIIIe siècle et d’usage rare jusqu’au XVIe siècle ; il désigne les personnes (et les choses) qui ne sont pas de condition religieuse (prêtres, religieux). Contrairement aux idées reçues, le concept de laïcité a été développé par des penseurs d’obédiences variées. Ainsi, Averroès, philosophe et théologien musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, est considéré comme l’un des pères fondateurs de la pensée laïque.

éditorial du MONDE : La loi de 1905 affirme la prééminence des lois de la République sur les préceptes religieux répliquent à ceux qui voudraient inverser cette hiérarchie. Le pape Pie X avait alors qualifié le texte de « profondément injurieux vis-à-vis de Dieu ». Pourtant, l’application libérale du texte allait solder le contentieux historique des guerres de religion, permettant aux croyants de toutes obédiences et aux non-croyants de vivre en paix. C’est la conquête d’une liberté fondamentale – celle de croire ou de ne pas croire. Ce texte est l’ultime garant de la possibilité pour ce pays, où cohabitent chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques et non-croyants, de vivre en bonne intelligence.

Le point de vue des écologistes laïcs

– L’Insee montre qu’en 2019‑2020, 51% des 18‑59 ans en France métropolitaine se déclarent « sans religion » . La loi protège la foi mais la foi n impose pas sa loi. Cela résume assez bien l’esprit du droit français de la laïcité.

– Qui s’offusquait, il y a 60 ans, des soutanes des curés et des cornettes des bonnes sœurs ? A Marseille, deux jeunes femmes discutaient dans un café à côté de moi. L’une était habillé « à la musulmane », l’autre comme les influenceuses à la mode. Chacune faisait à sa manière. Le mot TOLÉRANCE est consubstantiel à la loi de 1905. Utiliser le voile pour faire du racolage électoral me révulse.

– La loi de 1905 prévoyait la constitution d’associations cultuelles pour reprendre l’entretien des lieux de cultes. L’église catholique s’y est refusée. Une loi de 1907 à donc transféré la propriété des lieux de culte à la puissance publique, l’état pour les cathédrales et les communes pour la majorité des églises. Le contribuable participe donc de fait à leur entretien , sans pouvoir imposer leur désacralisation.

– Certains catholiques ont un problème avec la laïcité, ils espèrent bien revenir à l’époque où la France est un royaume franc en préparation d’une croisade contre les sarrasins.

– De trop nombreux musulmans font passer la loi d’Allah avant celle de la République. Cela aurait fait hurler la gauche de l’époque mais celle d’aujourd’hui préfère s’en accommoder , voire même de s’accoquiner avec les islamistes !

– L’islam est la première religion à avoir accepté la loi et le statut prévu par la loi de 1905. La religion catholique l’a toujours refusé.

– Un sondage, nous indique que 40 % des musulmans mettent la charia au-dessus des lois de la république,

– Pour s’opposer publiquement au retour d’un prosélytisme religieux virulent, parfois un peu paranoïaque, il faut pourtant risquer la mort ou devoir vivre sous protection policière !

– La leçon de 1905 ; c’est que toute religion est mauvaise. Mais il faut les tolérer tant qu’elles ne sont pas toxiques.

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Laïcité, un écologiste ne peut être que pour

extraits : Le mot « laïque » veut dire « qui appartient au peuple », c’est-à-dire « qui n’appartient pas au clergé ». La laïcité est un principe juridique selon lequel l’État n’exerce aucun pouvoir religieux, et les Eglises aucun pouvoir politique. Cette idée de laïcité est née progressivement à la suite des guerres de religion entre catholiques et protestants au XVIe siècle. Pour y mettre un terme, Henri IV reconnaît avec l’édit de Nantes en 1598, la liberté de conscience dans tout le royaume de France, la liberté de culte en certains lieux, l’égalité civile. Cette situation, unique en Europe, dure jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ; on retourne à la conception commune : un roi, une foi, une loi. Mais ce retour à la tradition est contesté par les philosophes des Lumières et l’état civil est rendu aux protestants en 1787…

Laïcité, le pape François n’est pas pour !

extraits : En choisissant la Corse en 2024 pour son troisième voyage en France, le pape François a réitéré un message de méfiance à l’égard du modèle laïque français. Plaidant en faveur d’une « saine laïcité », qui ne soit « ni statique ni figée, mais évolutive et dynamique », en bref souple « à la corse », le pape François a ainsi réitéré, sous une forme atténuée, la critique qu’il a déjà exprimée d’une laïcité française à la « coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte » conduisant, selon lui, à présenter les religions « comme une sous-culture ». Le pape François, en posant d’emblée le principe laïque comme un dogme figé, tend à conforter les tenants de la conception qu’il entend dénoncer, celle qui fait de la laïcité une arme antireligieuse et non un vecteur de liberté pour chacun, essentiel au vivre-ensemble....

Nudité ou burkini en piscine, notre liberté

extraits : Nudité en piscine ou burkini, peu importe du moment qu’on pense que la tolérance des autres pratiques vestimentaires est une marque du savoir-vivre ensemble dans un système qui se veut démocratique, et donc laïc… C’est cet idéal que nous défendons sur ce blog biosphere, un idéal qui nous veut proche de la nature ; se baigner dans le plus simple appareil, sous la douche ou dans une piscine, nous semble normal et indiscutable. Mais comme nous nous compliquons l’existence, on se laisse aller à des controverse qui nous éloignent de l’essentiel…

Comparaisons internationales,

la France reste le seul pays vraiment laïc

Allemagne : Selon la Constitution de Weimar, reprise à l’identique par la Loi Fondamentale de 1949, l’instruction religieuse est une matière ordinaire enseignée dans les écoles publiques, dans la plupart des länder. Les parents ou les élèves de plus de 14 ans peuvent décider de ne pas suivre ces cours de religion, mais la plupart des länder imposent alors, en remplacement, que les élèves suivent des cours d’éthique ou de philosophie.

Brésil : Dès l’accession du pays à l’indépendance, en 1822, la liberté de conscience et de culte est affirmée. Mais la religion catholique reste encore religion d’État.C’est la Constitution républicaine de 1891 qui organise la séparation des Églises et de l’État.

Canada : une laïcité implicite, reposant sur une abstention financière de l’État à l’égard des Églises, la liberté de conscience et de religion étant, par ailleurs, garantie. L’existence d’un attachement au respect des libertés individuelles, et notamment de la liberté religieuse.

Royaume-Uni : L’Église anglicane reste l’Église “établie” d’Angleterre, un statut hérité de la Réforme initiée par Henri VIII au XVIe siècle. Concrètement, cela signifie que l’Église et l’État ne sont pas juridiquement séparés. Le couronnement à l’abbaye de Westminster du roi Charles III, le 6 mai 2023 : une cérémonie sacrée, au cours de laquelle le souverain a été officiellement investi chef de l’Église d’Angleterre par l’archevêque de Canterbury.

Turquie : La Constitution de 1924 proclame que « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et révolutionnaire ». Elle institue la liberté de conscience et de culte. La dernière constitution, œuvre des militaires en 1982, continue d’évoquer le caractère « démocratique, laïc et social » de la Turquie. Or, la laïcité turque ne se fonde ni sur un principe de séparation, ni sur une réelle neutralité de l’État. Elle repose sur l’existence d’un islam national sunnite, placé sous le contrôle d’organismes directement rattachés au premier ministre. Les imams sont salariés par l’État.

USA : Selon le premier amendement, « Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice ». La prière demeure interdite dans les écoles publiques. Mais la plupart des constitutions des cinquante États fédérés font une référence explicite à Dieu.

cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Peut-on considérer que la nature, c’est Dieu ?

Nous avons posé cette question à Perplexity, l’IA qui se réfère aux articles du MONDE. Voici sa réponse :

« On peut considérer que la nature, c’est Dieu, selon certaines philosophies comme celle de Spinoza, pour qui « Dieu, c’est la Nature. Pas de différence, l’un et l’autre s’équivalent » (Deus sive Natura, dieu c’est-à-dire la nature). » Cette vision, appelée panthéisme, identifie Dieu à la totalité de la nature. Chez Spinoza, chaque événement découle nécessairement des propriétés intrinsèques de la substance infinie, sans volonté libre, ni pour Dieu, ni pour l’homme. Dieu n’est plus un esprit séparé du monde, mais l’univers lui-même, dont tout ce qui existe fait partie. Cette vision rompt avec les conceptions traditionnelles de Dieu comme transcendance séparée, et rapproche la divinité de la réalité physique universelle.

Cependant, dans les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), Dieu est considéré comme extérieur à la nature, qui lui est subordonnée : « Dans les monothéismes abrahamiques, Dieu est en dehors de la nature et celle-ci lui est subordonnée ». La nature y est vue comme une création de Dieu, mais distincte de lui.

En résumé, assimiler la nature à Dieu dépend du cadre philosophique ou religieux adopté : c’est une thèse centrale du panthéisme, mais elle est rejetée par la plupart des religions monothéistes.

À lire pour réfléchir :

1182 ASSISE (Saint François d’)

extraits : François d’Assise a réalisé que toute la création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Il invite alors tous les humains non seulement à l’amour mutuel, mais aussi au respect de notre mère la Terre, notre sœur la Lune et notre frère le Soleil. Ainsi François devient-il le plus grand révolutionnaire de l’histoire parce qu’il détrône l’humain de son rôle de monarque dans la Nature et proclame le respect de toutes les créatures terrestres. Le texte officiel de canonisation en 1979 souligne que la nature est un don de Dieu fait aux humains, ce qui montre que l’Eglise n’a toujours pas compris le message d’humilité vis-vis de la Nature que propageait François….

1729 Mémoire des pensées et des sentiments de Jean MESLIER

extraits : Fin juin 1729 meurt dans son presbytère Jean Meslier, curé d’Etrépigny (Ardennes) de 1689 à 1729 ; sur la table, une lettre qui exhorte ses confrères les curés à déserter : « Je m’assure que si vous suivez bien les lumières naturelles de votre esprit, vous verrez au moins aussi bien que moy que toutes les religions du monde ne sont que des inventions humaines, et que tout ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige de croire, comme surnaturel et divin, n’est dans le fond qu’erreur, que mensonge, qu’illusions et imposture. » Jean Meslier rejette la religion pour mettre à la place une conception matérialiste très contemporaine : « Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l’existence d’un Dieu? Sur la beauté, l’ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un Dieu invisible et inconnu comme créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d’attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c’est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu’on attribue à un Dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle ?….

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Tout savoir sur l'(in)existence de Dieu (extraits)

BD : « La matière n’a absolument pas les attributs de Dieu, Dieu est esprit et la matière est … matérielle. »

Biosphere : La bible (ou le Coran) nous dit que Dieu existe, mais ce sont des feuilles de papier bien matérielles qui l’affirment sans aucune preuve à l’appui. Or l’esprit est bien matière, la conceptualisation est l’œuvre de notre cerveau humain, un organe qui phosphore aux phospholipides. Ce cerveau peut imaginer beaucoup de choses, le Saint-Esprit qui scelle l’union entre le Père et le Fils… On peut mettre les traits d’esprits à toutes les sauces. Quant à la matière, elle a bien les attributs de dieu, l’infinité et l’éternité…

L’existence de dieu ? On s’en contrefout !

extraits : Un jour encore enfant, je me suis enhardi pour demander à un prêtre s’il croyait personnellement à l’enfer. A sa réponse évasive et son air constipé je savais dorénavant ce qu’il fallait savoir : on me racontait des histoires. J’étais devenu plus méfiant. Depuis j’ai multiplié les questions et confronté les réponses ; on ne se pose jamais assez de questions, on ne nous fournit jamais suffisamment d’éléments pour trouver nous-mêmes les réponses. La critique de la religion a été la première marche de l’autonomie de ma réflexion et le fondement de tout mon écologisme à venir. Mais certains ne se posent pas de question. On les appelle « les croyants »….

Dieu à l’épreuve de l’écologie scientifique

extraits : Dieu ne dit rien par lui-même, ce sont toujours des humains qui disent que dieu leur a dit. Comme les religions monothéistes ont été inventées à une époque où on croyait la terre sans limites, il n’y avait donc aucune mention dans les interprétations des textes sacrés d’une quelconque préoccupation écologique. Dans « La Science, l’épreuve de Dieu ? », le théologien François Euvé interroge les rapports entre la science et la foi. Si les deux doivent entrer en dialogue, il invite à ne pas confondre leur domaine respectif….

Écologie, le droit d’emmerder Dieu 

extraits : Pour Karl Marx, toute critique commençait par la critique de la religion : « Religion, opium du peuple » ! Il ne faut voir dans la bible et le coran qu’imagination humaine, poison de notre pensée. Les religions du livre font référence à un dieu abstrait, invisible, indéchiffrable. Alors ce sont des humains qui interprètent la parole de « dieu » pour imposer aux autres leur propre conception de l’existence. Impossible de s’entendre, on sacralise des arguments d’autorité, on jette l’anathème sur les infidèles ou on les massacre puisqu’on n’a pas d’argument rationnel pour les convaincre. Cependant aucune société ne peut vivre sans une certaine forme de religion. Mais ma spiritualité, ce qui est sacré à mes yeux, c’est le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes. Ni la bible, ni le coran, il nous faut lire dans le livre de la Nature l’amour de toutes les formes de vie….

Libéralisme économique, le marché est Dieu

extraits : Derrière le jargon de l’économie libérale, on retrouve une mythologie des origines, des récits de déchéance et même une doctrine du péché et de la rédemption. Avec, au pinacle de cette « nouvelle théologie », la figure du marché, son mystère et la révérence qu’il inspire. Le lieu de la rencontre entre l’offre et la demande, ce mécanisme théorique qui détermine les prix et la distribution des richesses devient une entité transcendante. Le dieu Marché prétend nous offrir le salut. Le cours de la bourse est consulté chaque jour et les journaux s’emplissent de débats ésotériques sur les déterminants de la croissance. Mais c’est un Dieu marchand qui a déclenché le réchauffement climatique, l’extinction de la biodiversité et l’usage des armes….

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Léon XIV ne change pas son credo

Le nouveau pontife, au cours de son premier voyage à l’étranger, célèbre  le concile de Nicée qui avait abouti à la formulation du Credo chrétien en 325, il y a 1700 ans.

un collectif de croyants : En 313, avec l’édit de Milan, Constantin accorde aux chrétiens les mêmes droits qu’aux croyants des autres religions. Mais les Églises se divisent autour de deux visions de Jésus. Les unes utilisent les quelques références du Nouveau Testament désignant Jésus comme un être divin, les autres, se réclamant de la pensée du prêtre Arius, réfutent au contraire cette divinisation. Or pour l’empereur, soucieux d’ordre social, le phénomène chrétien ne peut pas se présenter sous des visages différents : il lui faut une profession de foi unique. Il ordonne aux évêques de s’accorder sur une seule définition de leur foi.

A l’initiative de l’empereur Constantin en 325, les débats sont houleux au concile de Nicée. Finalement, l’empereur force tous les évêques à signer la profession de foi élaborée par les opposants à l’arianisme, définissant le Christ comme Fils unique de Dieu, de même substance que son Père, donc omniscient et tout-puissant. Les partisans d’Arius acceptent par peur des représailles, sauf deux. Cette manière politique d’imposer une façon de croire relativise la foi officielle des chrétiens. Par la suite, en 392, Théodose proclame le christianisme religion officielle de l’Empire romain et interdit les autres cultes. En 431, le concile d’Ephèse, convoqué par Théodose II, voit la condamnation du patriarche de Constantinople qui enseignait que Marie n’a donné naissance qu’à un humain indissolublement lié au logos divin : si les deux natures coexistent en Jésus, elles sont séparées. En 451 enfin, au concile de Chalcédoine, convoqué par l’empereur Marcien, Jésus est reconnu à la fois Dieu et humain : soit deux natures en l’unité d’une seule personne.

Notre commentaire

Si cette lecture d’un « collectif de croyants » se concrétise un peu, ça va entraîner un chamboulement monumental dans les églises chrétiennes. Aujourd’hui Le pape et les évêques affirment que la foi chrétienne se définit toujours de même alors que nous en sommes au 1 700ᵉ anniversaire. Dans une lecture actualisée des lettres de Paul de Tarse et des quatre Evangiles, le Jésus historique que l’on peut esquisser n’a jamais proclamé qu’il était Dieu. L’affirmation de sa conception par une femme vierge, fécondée par Dieu, relève d’une simple symbolique. Depuis Copernic, Kepler, Newton et Galilée, Dieu a été chassé des cieux. 

Entre l’édit de Thessalonique en 380, qui imposait le christianisme nicéen comme seule religion autorisée, et la Révolution française, il a fallu 1409 ans pour que l’on puisse critiquer la religion de l’hostie sans craindre le bûcher. En 2025, il nous faut reconnaître que le Credo de Nicée oppose pleinement foi et raison. Chaque civilisation invente ses formes d’organisation politique, économique et religieuse. Continuer aujourd’hui de réciter le credo de Nicée, c’est continuer de vivre dans la civilisation de l’Empire romain. Sommes-nous encore analphabètes ? Prenons-nous le périph’ avec un char romain tiré par des chevaux ?

La foi en un Être surnaturel pose plus de questions qu’elle ne résout de problème. Pa contre l’intérêt de Jésus comme simple mortel permet d’en faire un exemple historique d’engagement humaniste jusqu’à en mourir.

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Pour ne pas croire en l’existence de Jésus

« Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant Créateur du ciel et de la terre · Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique notre Seigneur … » En réalité « Je crois » veut dire « je ne sais pas », je ne fais que supposer. Mais en tant qu’être de raisonnement, il faudrait savoir remettre en question les croyances religieuses. Certes Jésus est probablement le personnage le plus célèbre de la planète. Or la probabilité que ce soit une simple invention de l’imagination humaine est la meilleure des réponses. Le premier concile du christianisme primitif était une réunion des évêques de l’Empire romain qui se tint à Nicée du 20 mai au 30 juillet 325 sous l’égide de l’empereur Constantin Ier. Il y a bien collusion entre pouvoir temporel et spirituel. Le grand nombre de dissensions au sein du christianisme s’imposait rapidement au maître de l’empire comme un problème à résoudre, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique. Jésus devenait une icône, ce n’était pas vraiment le fils de Dieu mais une image imposée par un concile. Une « Vérité d’évangile » très relative….

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Aide à mourir, une course de lenteur

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée.

– Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée.

– Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme.

– Pour décider de sa propre mort, on peut choisir les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de sa vie.

L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

Le médecin et porte-parole de l’association « Le Choix-Citoyens pour une mort choisie », Denis Labayle, retrace l’histoire des récents débats parlementaires concernant la fin de vie et s’interroge sur le retard de la législation française en la matière, comparativement à nos voisins européens.

– Le droit pour le malade de refuser les traitements est déjà affirmé en 2002 dans la loi Kouchner. La loi Leonetti de 2005 avait rappelé l’illégalité de l’acharnement thérapeutique, déjà affirmée dans le code de déontologie médicale. Elle avait insisté sur l’importance du développement des soins palliatifs, mais s’était refusée à aborder le droit à l’aide active à mourir.

– La loi Claeys-Leonetti de 2016 rappelle les principes déjà adoptés dans la loi de 2005, mais refuse d’aborder réellement le droit à l’aide active à mourir. La « sédation profonde et continue jusqu’au décès » ne fait qu’aboutir à des agonies prolongées et inutiles.

– Il fallut attendre le 8 avril 2021 pour que le député de Charente-Maritime Olivier Falorni profite d’une « niche parlementaire » pour ouvrir le débat sur l’aide active à mourir. A plus de 80 %, les députés votèrent le premier article de son projet portant sur le droit à une aide médicale à mourir. Hélas, 4 000 amendements déposés par une poignée d’opposants empêchèrent le projet d’être mené à bien.

– Le président de la République s’est alors contenté d’une convention citoyenne qui mit près de deux ans à se mettre en place. Cette convention a confirmé à 75 % le choix des Français, proposant soit le suicide assisté comme en Suisse, soit l’aide médicale assistée comme en Belgique, soit les deux. La loi était sur le point d’être adoptée, mais la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 fut décidée quelques jours à peine avant le vote.

Denis Labayle : « Pourquoi, alors que nous avons l’arrogance d’être des pionniers de la liberté, accusons-nous un tel retard, quand nos voisins ont évolué avant nous depuis de nombreuses années ? Pourquoi la France, qui se dit le pays des droits de l’homme, la nation des libertés, refuse-t-elle d’accorder aux malades cette ultime liberté ? »

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22 mars 2025 : Yannick Neuder ne veut pas de l’aide à mourir

extraits : L’acharnement thérapeutique offert à tous et toutes pour mourir dans le meilleur des mondes technologisés ! C’est l’intime conviction de ce ministre de la santé Yannick Neuder. Pour arriver à ses fins, il dissocie la fin de vie entre les soins obligés d’un côté et la liberté laissée à chacun de l’autre. On peut très bien inverser le raisonnement de Neuder : si  les demandes de mort médicalement assistée étaient accessibles pour tous et partout, la demande de soins palliatifs deviendrait anecdotique. De toute façon les soins palliatifs existent déjà, ils n’ont pas besoin de loi ; il suffit que l’État donne vraiment les moyens nécessaires aux USP, ce qui n’est pas le cas….

7 juin 2024, L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

extraits : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. »….

L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

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C’est dur d’être aimé par des cons

On ne peut pas se faire aimer du peuple si l’on déteste tout ce qu’il aime. Les écologistes sont les mal-aimés du moment présent.

Je déteste la société de CONSommateurs,

ils aiment acheter du toc au meilleur marché.

Je pourfends la société du spectacle,

ils aiment se vautrer devant leurs écrans.

J’adore la nourriture qu’on cuisine soi-même,

ils aiment les aliments ultra-transformés.

Je déteste la foule,

ils aiment s’agglutiner.

J’ai horreur de m’éloigner de mon domicile,

ils aiment aller aux antipodes zyeuter la vahiné.

Marcher dans la forêt me repose,

ils aiment leur bitume.

La retraite n’existe pas pour moi,

ils n’attendent que ce vide existentiel.

Ils cultivent les simplismes,

je privilégie la complexité.

Le point de vue des écologistes

Reprenons cette phrase : « On ne peut pas se faire aimer du peuple si l’on déteste tout ce qu’il aime. » Bien entendu il s’agit d’un truisme politique, on ne peut pas être élu si on ne fait pas plaisir à l’électeur. Le preuve, les populistes comme Mélenchon, Le Pen ou Trump caressent la foule dans le sens du poil. Pourtant le peuple n’est pas homogène, autant d’individus, autant d’avis différents, et ce qui fait la vulgate ordinaire aura changé demain. L’aliénation des masses varie avec les effets de la propagande.

Aujourd’hui la population est formatée par les multinationales, les lobbies, la publicité. La société de consommation n’est pas une aliénation extérieure, elle a été intégrée, digérée par les sujets. Elle est devenue la raison d’être d’une grande partie de gens… Le sport de masse est une superstructure idéologique, pour parler comme Marx, qui a pour fonction de reproduire les rapports de production, de conformer les gens à la compétition de tous contre tous, à la servilité, l’acclamation des héros. C’est très exactement ce qu’on appelle l’aliénation, ce qu’Engels a appelé la fausse conscience : la conscience d’un monde qui fait croire mensongèrement que le football, c’est du jeu, la liberté, la culture… Mais l’aliénation du peuple n’est pas un fait qui va de soi.

Demain si tout va bien, la population sera formatée par une prise de conscience écologique généralisée. Les temps présents sont un mauvais moment à passer, l’aliénation des masses n’est pas simple à faire passer.

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Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

extraits : Nos société secrètent des habitudes par la répétition publicitaire, par la répétition des mots d’ordre de l’extrême droite ou des réseaux sociaux, par la répétition des mythes contemporains (croissance, progrès, technologie). Difficile d’aller contre ce bourrage de crâne, sauf à savoir prendre de la distance par rapport à ce qu’on veut nous imposer. Tout dépend alors de la socialisation primaire par le réseau familial qui formate un esprit actif ou passif. Tout dépend de l’engagement d’un individu qui cherche (ou non) à aller au-delà de ses habitudes de penser. Sinon il ne m’est pas possible d’être autrement que ce que les autres ont déterminé pour et en moi. L’aliénation est un aspect structurel de notre comportement….

Le portable comme système d’aliénation consentie

extraits : Les usages du téléphone portable peuvent être considérés comme des révélateurs de la nature de l’hyper modernité qui définit nos sociétés. Dès le premier chapitre de son livre, Francis Jauréguiberry se livre à une identification minutieuse des usages du portable, régis par la spontanéité, l’impulsivité, le cocooning téléphonique – besoin d’être rassuré par une présence – jusqu’à la téléphonite, maladie aiguë qui caractériserait le branché consultant compulsivement son petit écran. Le désir d’ubiquité médiatique – être ici sans être là – se donne à voir dans l’« envol du branché »….

2010 Divertir pour dominer (la culture des masse contre les peuples)

extraits : Selon Peter Reichel, les nazis auraient été les premiers à comprendre l’importance de la culture de masse. Avec tous les moyens à leur disposition, ils ont créé un monde d’illusions qui a entraîné un peuple entier au désastre avec sa complicité active.En coupant les travailleurs de leur base rurale et domestique, qui constituait leur principal moyen de subsistance et leurs réseaux de sociabilité, le capitalisme industriel a obtenu leur soumission. L’impuissance et la malléabilité des masses s’accroissent en même temps que les quantités de biens qui leur sont assignées. Il y a aliénation au sens étymologique du mot, le fait de se « rendre étranger à soi-même », d’être dépossédé de soi….

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Ultime liberté, celle de mourir

En 2009, avec son compagnon et un ami psychiatre, Claude Hury fonde l’association Ultime Liberté, qui milite pour la légalisation du « suicide assisté ». Depuis le 15 septembre 2025, douze cadres de cette association, tous âgés de plus de 70 ans, assument d’aider ses adhérents à se donner une mort choisie. Ils comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils risquent jusqu’à cinq ou dix ans de prison. Il leur est reproché d’avoir monté au profit des adhérents de l’association une filière d’approvisionnement clandestine en pentobarbital, un barbiturique interdit à la vente en France. Aucun enrichissement personnel n’ayant été relevé, ils ne sont pas soupçonnés de trafic. Ils ne sont pas jugés non plus pour exercice illégal de la pharmacie ou propagande au suicide : les adhérents s’étant procurés du pentobarbital sont censés s’administrer le produit eux-mêmes

Claude Hury, 76 ans : « Après les premières grandes causes ayant traversé mon existence, liberté de sexualité, liberté de grossesse et liberté de métier, la dernière échéance, c’est la liberté de la mort. Un slogan féministe n’a cessé de me guider : « Mon corps m’appartient. ». Au sein de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, j’ai été secrétaire générale en 2006. Mais cette organisation, centrée sur l’objectif d’un changement de la loi, est trop timorée à mon goût. On m’accuse : Complicité d’importation, contrebande ! Non, c’est de l’aide. Mon grand principe reste le respect absolu de la liberté de l’individu. L’association ne cherche pas à dissuader, ne cherche pas l’approbation d’un entourage, ne demande pas de dossier médical. On n’est pas médecins, je ne suis pas gendarme, chacun prend ses responsabilités. »

Le point de vue des écologistes libres de leurs choix

Bobo parisien : Bravo à cette femme courageuse et engagée, et à cette association, à soutenir sans réserves.

C. SAUVAGE : Pour les croyants ils rejoignent plus vite leur Dieu et pour les non croyants dont je fais partie, je préférerais en finir avant de devenir ce légume ou ce puits de souffrance physique ou psychologique… Que ceux qui ne veulent pas ce choix ne nous l’enlève pas !!!

O. Pinion : Pourquoi empêche-t-on aux personnes d’en finir dignement plutôt que de se jeter sous un train ou sous camion, de se tirer un coup de fusil dans la tête ou de se pendre ?

Benkium : L’efficace suicide par le train crée des retards dont les coûts économiques directs et indirects sont une perte significative de PIB. Les sauts d’un immeuble créent des risques de dommages collatéraux significatifs. En cas de survie du suicidant, un surcoût déraisonnable pour l’hôpital public et contraire à la volonté du patient.

Mrs Octopus : Une amie proche a eu recours à cette association, et s’est procuré ce produit létal il y a plusieurs années, pour des raisons qui lui appartiennent. Elle ne l’a jamais utilisé à ce jour. Elle a à présent 90 ans. Rien, de la part de l’association Ultime Liberté, n’a constitué un encouragement au suicide.

Arthur K. : Quand une personne demande un accompagnement, les bénévoles de l’association le rencontre, l’écoutent, le re-rencontre, parlent avec lui, et c’est un cheminement qui prend du temps. On a le droit de vouloir mourir quand on est en dépression. Notre vie nous appartient.

Achille Patacha : D’un côté le droit à l’avortement inscrit dans la loi, de l’autre la poursuite judiciaire de vieillards voulant aider d’autres personnes à terminer volontairement et dans la dignité leur vie. Ce procès c’est l’équivalent exact du procès de Bobigny il y a un peu plus de 50 ans. Même aveuglement et retard des lois.

JPG53 : Cette association devrait être reconnue d’utilité publique, ses fondateurs innocentés et même félicités pour leur courage et leur humanité

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Pour le suicide assisté en libre service

extraits : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger »…. (François Galichet)

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

extraits : un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques : « Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution. Nous demandons l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG)…. »….

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Léon XIV appelle à la « conversion écologique »

Le 1er octobre 2025, le souverain pontife a renouvelé le vœu du Vatican d’être en première ligne du combat contre la crise climatique. Léon XIV s’exprimait lors d’une conférence de trois jours sur le climat à l’occasion du dixième anniversaire de l’encyclique Laudato si’ du pape François.

Léon XIV : « Il n’y a pas de place pour l’indifférence ou la résignation. La sauvegarde de la maison commune n’est pas une simple mode passagère ou, pire, un sujet de division. Lors de la COP30 à Belem au Brésil, il faut écouter le cri de la Terre et le cri des pauvres… Il faut lire Laudate Deum du pape François… Dieu nous demandera des comptes de ce qu’on a fait pour la création. »

Le point de vue des écologistes sur la conversion écologique des papes

– Dommage que nous n’ayons pas en France un authentique mouvement écologiste qui pourrait abonder dans ce sens.

– Comment Bolloré, catholique fervent, peut-il continuer à vivre tel qu’il le fait, en pleine dissonance cognitive ?

– Réchauffement climatique, l’escroquerie du siècle pour Donald Trump, infaillibilité pontificale de l’autre… et si on s’en remettait à la science ?

– A quand un message clair sur l’incompatibilité entre surconsommation et chrétienté ?

– Une déclaration sur la limitation des naissances serait importante car plus de 2 enfants /femme, c’est vraiment contraire à la préservation des ressources.

– Vous croyez vraiment que le chef des catholiques va prôner publiquement l’usage de la contraception et de l’avortement ?

NB : Le 23 septembre 2025, lors d’une allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président étatsunien Donald Trump a déclaré que le changement climatique était « la plus grande arnaque jamais menée contre le monde ». Il n’a pas manqué de traiter aussi la communauté scientifique travaillant dans le domaine de « personnes stupides » qui auraient fait des prévisions qui se seraient avérées fausses.

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Laudate Deum contre les climatosceptiques

extraits : Le 4 octobre 2023, un texte du pape François éreinte les climatosceptiques. Intitulé Laudate Deum (à toutes les personnes de bonne volonté, sur la crise climatique) :  Je suis obligé d’apporter des précisions à cause de certaines opinions méprisantes et déraisonnables que je rencontre même au sein de l’Église catholique. On ne peut plus douter de l’origine humaine – “anthropique” – du changement climatique. Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents. Ces dernières années, de nombreuses personnes ont tenté de se moquer de ce constat. Mais nul ne peut ignorer que nous avons assisté ces dernières années à des phénomènes extrêmes, à de fréquentes périodes de chaleur inhabituelle, à des sécheresses et à d’autres gémissements de la Terre qui ne sont que quelques-unes des expressions tangibles d’une maladie silencieuse qui nous affecte tous….

lire, Laudato Si, lettre encyclique du pape François (2015)

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Le racisme n’a pas de fondement biologique

Suggérer la supériorité de certains profils génétiques, ou tenter de faire passer pour des « catégories biologiques » de simples constructions sociales fondées sur la couleur de la peau, la texture des cheveux, ou la forme du nez : ce n’est jamais anodin. Or, non seulement cette rhétorique fait un retour décomplexé dans la parole politique aux Etats-Unis, mais elle revient aussi en France avec l’extrême droite. Le racialisme biologique revient n’a pourtant aucun fondement.

Stéphane Foucart : L’intelligence, une histoire de gènes ? La tranquillité avec laquelle ces idées reviennent est liée au monopole de fait dont jouissent les droites extrêmes dans la construction de l’indignation publique. En octobre 2024, Donald Trump assurait à propos de crimes prétendument commis par des exilés : « Ces meurtres, je pense que c’est dans leurs gènes. » CEn réaction, l’American Society of Human Genetics (ASHG) avait publié une mise au point, rappelant que « la génétique montre que les humains ne peuvent être divisés en sous-catégories ou races biologiquement distinctes, et que toute affirmation d’une supériorité en fonction d’une ascendance génétique ne repose sur aucune preuve scientifique ». En 2018, une vingtaine de chercheurs chevronnés en génétique humaine, en neurobiologie, ainsi qu’en histoire et sociologie de ces disciplines, rappelaient que, « hormis les effets délétères de certaines anomalies génétiques, la recherche n’a pas pu à ce jour identifier chez l’humain de variantes génétiques ayant indubitablement pour effet de créer, via une chaîne de causalité strictement biologique, des différences cérébrales se traduisant par des différences cognitives ou comportementales ».

Le racisme de certains abonnés au MONDE

Verste : Aucune confiance dans les propos de Foucart, un militant politique utilisé par une rédaction paniquée par la montée de certaines idées qu’elle reprouve. La parole est à la science. Et la science a déjà parlé, le débat n’a donc pas lieu d’être. Pour faire court, nous ne pouvons pas à la fois être tous différents et tous égaux. C’est de la fumisterie. Tout le monde, même élevé dans une famille de musiciens, ne peut pas devenir Mozart.

Lordfaïde : Dans ma famille nous sommes des littéraires depuis cinq générations, du pur hasard sans doute !

Daddybinro : Il semble difficile de nier une composante génétique de l’intelligence à moins d’en nier la base biologique et cérébrale.

C.C 2 : N’en déplaise à Mr Foucart, il est établi que les facteurs génétiques ont aussi une influence sur les capacités cognitives, et donc sur l’organe qu’est notre cerveau.

Moderateur : C’est la contrepartie naturelle du Wokisme qui a été imposé par les médias gauchistes aux États-Unis en Europe et en France. il faut admettre les différences biologiques entre les peuples. C’est naturel et distinctif.

Le point de vue du concepteur de ce blog

Michel SourrouilleNul ne disconvient qu’il peut y avoir des raisons biologiques à des difficultés cognitives. Elles sont liées à des difficultés pendant la grossesse, à l’alcoolisme de la mère ou à des expositions au glyphosate en particulier, à une malnutrition pendant les premières années de la vie.. mais ce n’est en aucun cas génétique, c’est à dire héréditaire et lié aux gènes.

Je suis étonné de la conviction énoncée par plusieurs personnes de mon entourage que l’intelligence serait innée, donnée dès la naissance. Leur point commun, c’est de ne pas avoir fait de sociologie et donc pouvoir comprendre que notre comportement découle de notre socialisation, et ce dès les premiers sons que l’enfant entend dans le ventre de sa mère. Un enfant né dans un milieu culturellement pauvre aura des difficultés à l’école, un enfant adopté par une famille favorisée aura les compétences de ce milieu. Sauf anomalie génétique, notre potentiel cérébral est le même quel que soit la couleur de notre peau et notre origine ethnique.

Mes deux petites filles sont parfaitement trilingues, mon fils est français, leur mère est péruvienne et elles ont passé une partie de leur enfance dans une école en Angleterre. L’étude de notre cerveau montre que les connexions entre neurones vont se faire au fur et à mesure des expériences de vie.

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Identité nationale et racisme, le faux débat

extraits : L’abandon des théories raciales est liée à la disqualification des apparences anatomiques au profit de la biologie, plus explicative, et de la génétique, très démonstrative. Les anthropologues d’aujourd’hui n’étudient plus les caractéristiques visibles de l’humain, mais des marqueurs biologiques. Les premières études sur les groupes sanguins (A ; B ; 0) menées en 1914-18 montrèrent que leur répartition en Europe n’obéissait à aucune logique raciale. Génétiquement parlant, on qualifie en effet de race une population qui se définit par des marqueurs absolus, autrement dits par des caractères biologiques présents chez tous les individus de cette population et pas chez les autres. Or, qu’elles concernent les groupes sanguins, les groupes d’histocompatibilité ou les facteurs enzymatiques, les analyses effectuées un peu partout dans le monde depuis un demi-siècle ont démontré que les caractères génétiques de l’espèce humaine sont présents dans la totalité des populations….

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« Il nous incombe à tous de suivre la loi de Dieu »

« Il nous incombe à tous de suivre la loi de Dieu ». C’est ce que pense le gouverneur du Texas et on ne peut que s’en trouver plus mal. Les religions sont multiples, souvent opposés jusqu’à nous faire s’entre-tuer. Il n’y a qu’un point qui pourrait nous réunir, célébrer ensemble la beauté de la nature et s’efforcer ensemble de la protéger. Réciter un catéchisme pour un dieu abstrait empêche cette positive attitude.

Grégor Brandy : Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a promulgué le 21 juin un « Senate Bill 10 », une loi déjà adoptée par de larges majorités à la Chambre des représentants et au Sénat locaux. On exige que les établissements scolaires texans affichent les dix commandements bibliques « dans un endroit bien en vue dans chaque salle de classe », à partir du 1er septembre. Ces affiches devront faire au moins 41 centimètres par 51 centimètres et reprendre à la virgule près une version très spécifique des dix commandements. Moins d’une semaine après sa promulgation, la loi est déjà attaquée en justice par un groupe de parents texans, dont certains sont des responsables religieux chrétiens et musulmans. Ce genre de loi est interdit par un précédent avis établi par la Cour suprême l’affaire Stone v. Graham. En 1980, elle avait établi qu’une loi du Kentucky qui imposait la présence d’une copie des dix commandements dans chaque salle de classe de l’État était inconstitutionnelle, parce qu’elle violait le premier amendement de la Constitution.

rappel constitutionnel : « Le Congrès n’adoptera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ou à l’interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la liberté d’expression, ou celle de la presse ; ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparations des torts subis. »

Le point de vue des écologistes agnostiques

Imposer LE manifeste d’une religion particulière dans les salles de classe, c’est piétiner le droit des citoyens à pratiquer la religion de leur choix. C’est donc une sérieuse entorse, et non un renforcement du droit à la liberté religieuse qui, dans la mythologie US, a justement poussé les pères fondateurs à émigrer. Ce qu’il y a de plus absurde dans cette loi texane portée par l’extrême droite chrétienne, c’est que la tradition attribue les dix commandements à Moïse, qui aurait vécu treize siècles avant la naissance de Jésus. Il s’agit donc d’un texte de nature purement judaïque, qui n’a à peu près rien à voir avec l’enseignement du Christ. Toute sa vie, Jésus Christ s’est opposé à l’enseignement des pontes du judaïsme. Et c’est la principale raison pour laquelle il a été crucifié.

– Il faudrait déjà que ce Monsieur Greg Abbot applique les Dix commandements à lui-même. Il n’a pas dû les lire.

– J’ai beaucoup de mal à imaginer un texan capable de lire plus de 5 mots d’affilé alors 10 commandements …

– Le commandement « Tu ne tueras point » devrait poser problème dans cet Etat qui pratique la peine de mort.

– Afficher « tu ne tueras point » au mur des écoles et élever ses enfants dans le culte des armes est paradoxal.

– On va avoir beaucoup de petits Trump, idolâtres, menteurs …. «Maman, j’ai eu que 4/20 en 10 commandements ! »

– Le 11ème commandement : « Tu lécheras Poutine et détruiras l’UE. »

Tous ces faibles d’esprit qui ont besoin d’un ami imaginaire dans le ciel pour faire face à leur finitude !

– L’athéisme est une croyance comme les autres, mais au moins elle à l’avantage de ne pas avoir de dogmes.

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les Dix commandements de la biosphère

Tu pratiqueras la simplicité volontaire ;

Tu as autant de devoirs que de droits ;

Tu aimeras ta planète comme toi-même ;

Tu réagiras toujours de façon proportionnée ;

Tu protégeras l’avenir des générations futures ;

Tu respecteras chaque élément de la Biosphère ;

Tu ne laisseras pas les machines te dicter leur loi ;

Tu adapteras ta fécondité aux capacités de ton écosystème ;

Tu ne causeras pas de blessures inutiles à ton environnement ;

Tu vivras des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel.

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Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

Une étude parue dans la revue « Nature » montre comment la dopamine, loin d’intervenir seulement dans l’apprentissage fondé sur la récompense, opère aussi dans la mise en place des habitudes. Les auteurs se sont focalisés sur les neurones qui se projettent vers la queue du striatum. Ils ont d’abord appris à des souris une tâche de discrimination auditive (…) Mais des expériences sur les souris ne disent rien des manipulations mentales qui affectent les humains.

Florence Rosier : Sur le plan comportemental nos habitudes, ces actions un rien rigides, sont décorrélées de la valeur de la récompense attendue : elles se basent exclusivement sur la fréquence de nos actions passées. Les modalités d’apprentissage sont fondées sur un messager chimique du cerveau : la dopamine. Sécrétée par des neurones dits « dopaminergiques », la dopamine joue un rôle essentiel dans le mouvement, la motivation, le plaisir et la récompense. On opte soit pour l’alternative la plus valable, soit pour celle qu’ils ont la plus fréquemment choisie. Les neurones impliqués dans le codage de la récompense (le système EPR) formate un conditionnement. Mais si vous remplacez une action de manière suffisamment constante, comme mâcher un chewing-gum à la nicotine au lieu de fumer, le système de l’EPA (exécuter l’action en fonction de sa fréquence passée) peut prendre le relais et former une nouvelle habitude.

Le point de vue des écologistes psycho-pédagogues

Nos société secrètent des habitudes par la répétition publicitaire, par la répétition des mots d’ordre de l’extrême droite ou des réseaux sociaux, par la répétition des mythes contemporains (croissance, progrès, technologie). Difficile d’aller contre ce bourrage de crâne, sauf à savoir prendre de la distance par rapport à ce qu’on veut nous imposer. Tout dépend alors de la socialisation primaire par le réseau familial qui formate un esprit actif ou passif. Tout dépend de l’engagement d’un individu qui cherche (ou non) à aller au-delà de ses habitudes de penser. Sinon il ne m’est pas possible d’être autrement que ce que les autres ont déterminé pour et en moi. L’aliénation est un aspect structurel de notre comportement.

Voici quelques éléments de réflexion tirés de notre dictionnaire personnel

Plus nous sommes ignorant, plus nous nous croyons libre parce que nous ne percevons pas les causes de notre aliénation. La liberté de l’individu n’acquiert un sens que dans le respect des contraintes du jeu social. Notre seule liberté, c’est de faire évoluer les règles si elles sont perfectibles, et de les refuser si elles sont inacceptables.

Juridiquement, aliéner un bien, c’est le donner ou le vendre. En psychiatrie, ce terme est employé quand les troubles mentaux entraînent la dépersonnalisation de l’individu, l’être humain devient étranger à lui-même. Quand on applique ce terme à la réalité humaine ordinaire, il s’agit d’être dépossédé de soi-même, de correspondre à l’image que l’autre voudrait que nous projetions. L’aliénation indique donc la soumission, volontaire ou non, à autrui. En fait, c’est ce que réalise n’importe quelle socialisation (qui est d’abord un conditionnement), l’humain est donc aliéné par essence. Vivant dans la nature il est soumis à celle-ci, à ses déterminismes ; cherchant dans l’au-delà des compensation à sa misère dans ce monde, il s’aliène dans la religion ; dans les conditions de travail du capitalisme, il est esclave de ses employeurs ; sur le plan de ses idées, il est inconsciemment soumis à l’idéologie de la classe dominante.

Mais puisque nous vivons dans un monde sans dieux, alors tout ce que le monde contient relève de notre responsabilité : l’éthique, la spiritualité, la société, la culture, tout ce qui fait notre pensée et notre existence. Notre liberté, c’est uniquement de nous rendre compte de nos déterminismes pour pouvoir les dépasser, c’est instituer une sorte d’aliénation positive qui nous fait retrouver une vérité intérieure. Puisque nous sommes notre propre invention de soi, nous avons le choix. Mais cette liberté de tout un chacun doit être nécessairement limitée pour pouvoir s’exercer, à défaut de quoi l’arbitraire individuel permettrait à quiconque de mettre à profit sa supériorité physique, économique ou statutaire pour limiter la liberté d’autrui. Dès lors ce n’est que la contrainte sociale, réglementation, loi, norme, coutume… qui peut garantir l’existence et l’exercice de la liberté de chacun. Il y a nécessairement aliénation, et liberté seulement par la prise de conscience de cette aliénation que nous pouvons juger normale. Il faut que nous prenions conscience de nos déterminismes pour nous en libérer, pour devenir vraiment libre, pour modifier dans le bon sens l’ordre du monde.

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Dopamine/sérotonine, le plaisir est ennemi du bonheur

extraits : L’écologie s’intéresse aux rapports complexes entre nature et culture, donc aux liens entre dopamine et plaisir, sérotonine et bonheur, finalement au choix entre bonheur et plaisir. Le plaisir est de courte durée, le bonheur de longue durée ; le plaisir est viscéral, le bonheur est spirituel ; le plaisir s’obtient en prenant, le bonheur a plutôt à voir avec donner ; le plaisir peut s’obtenir seul, le bonheur est généralement ­atteint au sein d’un groupe social. Le plaisir extrême peut conduire à l’addiction, mais il n’y a rien qui ressemble à une addiction au bonheur. Enfin, la septième et dernière différence est que plaisir et bonheur dépendent de deux neurotransmetteurs distincts : dopamine pour le plaisir, sérotonine pour le bonheur….

Thierry Ripoll et Sébastien Bohler

extraits : Le phénomène de dévalorisation temporelle constitue une autre caractéristique. Plus un avantage est éloigné dans le temps, moins il a de valeur pour notre cerveau. On donne le choix à un enfant soit de manger un marshmallow tout de suite, soit d’en recevoir un second s’il résiste quelques minutes. La plupart des enfants se jettent sur la première option car ils ne peuvent résister à l’attrait de l’instantanéité. Le striatum guide cette décision parce qu’il donne immédiatement de la dopamine. Quant aux autres enfants, leur choix est surtout lié au fait que leurs parents les ont éduqués à résister à leur impulsion face aux envies. Plus vous êtes dans un monde où on vous propose tout, tout de suite, moins vous êtes capable de patienter et de refuser le plaisir immédiat en raison des enjeux futurs….

Notre cerveau nous pousse à détruire la planète

extraits : A qui la faute si la planète est en cours de destruction ? A notre cerveau, et plus particulièrement au striatum répond Sébastien Bohler. Le striatum est fait pour que nous recherchions activement et sans limite sexe, nourriture, pouvoir, rang social, information. Quand nous les trouvons, le circuit de la récompense asperge alors les neurones avec de la dopamine et procure un plaisir addictif plus puissant que les parties raisonnables de notre cerveau. En neuroanatomie, le striatum est une structure nerveuse subcorticale. Cette structure profonde de notre cerveau fonctionne à grand renfort de dopamine et ne possède pas de fonction stop ; il y a recherche incessante du plaisir. Ainsi, avec la consommation de masse du sexe, le problème n’est plus la quantité, le problème est de s’arrêter. L’addict au sexe virtuel ne découvre l’impasse que lorsqu’il commence à souffrir de troubles sexuels et de dysphorie ; les troubles de l’érection ont doublé au cours de la dernière décennie, de façon parallèle à l’essor de la pornographie sur Internet. 

Notre striatum ne dit rien de nos besoins

extraits : Le cerveau des vertébrés et des mammifères possède des structures cérébrales profondes, dont le système de récompense est, en son centre, le striatum. Cette structure nerveuse incite les êtres vivants à accomplir des comportements sans limites fixées a priori, en leur donnant du plaisir sous forme d’une molécule, la dopamine. Aujourd’hui, nous continuons à produire de plus en plus de nourriture, de plus en plus riche, pour cette partie fondamentale de notre cerveau, qui n’est pas programmée pour s’autolimiter. La suralimentation, l’obésité, le surpoids et l’émission d’un quart des gaz à effet de serre sont dus à l’absence de limite dans la satisfaction de nos besoins alimentaires….

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Fin de vie, le débat en Charente

D’un côté Alliance Vita, association du mouvement « pro-vie » en France, qui milite contre l’avortement et l’euthanasie. De l’autre l’ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité, un groupe de 400 adhérents en Charente. Voici leur controverse.

Alliance Vita : Les personnes s’inquiètent, derrière l’aide à mourir se cache l’euthanasie.

ADMD : Tous les sondages indiquent que 90 % des Français sont pour une évolution de la loi. C’est transpartisan. C’est avant tout une nouvelle liberté. Pour moi (Jean-Michel Nivet), c’est un nouveau droit, pas une obligation. Cela n’enlève rien à celui qui n’est pas d’accord. Je (Josette Avril, 80 ans) revendique depuis toujours, au nom de la liberté individuelle, le droit de faire ce que je veux de mon corps : « Comme les pro-IVG, je revendique la même chose pour mourir. On m’oppose la religion, l’éthique, je respecte. Moi je revendique le droit au suicide assisté. »

Alliance Vita : Le problème, c’est le manque de soins. Une personne sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs. La priorité, c’est le soin. Je (Cédric Humann) souhaite que les personnes puissent partir de leur mort naturelle sans souffrir.

ADMD : Sur les soins palliatifs, sur la nécessité de développer les moyens, il n’y a pas de débat à avoir. Un plan de développement aurait été suffisant. Moi (Josette Avril) je n’en veux pas des soins palliatifs. J’avais une copine dont la mère venait de mourir. Un AVC l’avait laissé légume. Elle n’avait pas remplie de directes anticipées. Elle a vécu quatre ans de calvaire. Mon copain est mort de la maladie de Charcot. Horrible !

Alliance Vita : On meurt mal en France.

ADMD : On ne meurt pas de gaieté de cœur, mais cela n’empêche pas le droit au suicide assisté.

Alliance Vita : La méthode légale de la sédation profonde n’est pas assez connue. Attention à l’émotion.

ADMD : La sédation profonde et continue, celle qui consiste à cesser d’alimenter le malade, c’est hypocrite. Je (Jean-Michel Nivet) considère ça presque comme de la torture. On sait qu’il ne se réveillera plus, mais on ne sait pas quand. »

Alliance Vita : On ne souhaite pas que le droit à mourir devienne le devoir de mourir. Les barrières finiront toujours par sauter les unes après les autres. Quid de l’euthanasie des sans-abris ou d’ouvrir comme en Belgique le suicide assisté aux jeunes de 17 ans.

ADMD : Jean-Michel Nivet a vécu depuis son adhésion à l’ADMD en 1996 la caricature : « Vous voulez euthanasier tout le monde. » La loi en France ne concernera que les majeurs français, atteintes d’une maladie incurable avec une souffrance réfractaire, en phase avancée ou terminale.

Alliance Vita : On regrette le manque de collégialité, un seul médecin suffirait pour décider.

ADMD : Selon un sondage IFOP, 74 % des médecins sont d’accord avec l’aide à mourir si l’encadrement est bien clair, si l’on ferme la porte aux dérives. Mais il y a encore un antagonisme marqué chez les proches des milieux catholique. Josette Avril réagit : « On accepte que les autres puissent avoir des idées autres, mais c’est pas Dieu qui décide. C’est moi. »

Alliance Vita : L’interdiction de tuer devrait rester un verrou. Nous préférons parler de fraternité.

ADMD : On espère que le débat législatif actuel va déboucher sur une loi de liberté, de fraternité, de laïcité. « Est-ce que ma mort m’appartient ou pas, telle est la question », estime le député LFI René Pilato. On estime à 2000 par an les euthanasies clandestines. Le droit à choisir sa mort, c’est l’ultime liberté. Aujourd’hui seulement pour ceux qui ont les moyens de se rendre en Suisse !

Alliance Vita : Ne précipitons pas cette question de fin de vie.

ADMD : Le délégué départemental en Charente de l’association ADMD attend cette loi depuis des années. Le sénateur Henri Caillavet était l’auteur le 6 avril 1978 d’une proposition de loi relative au droit de vivre sa mort. On ne peut donc pas dire que le débat actuel au Parlement ait été « précipité ».

source : Charente Libre (23 mai 2025, page 3)

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L’androgynie, la fin de la guerre des sexes

Simone de Beauvoir écrivait que dans son déroulement naturel, un bébé a un comportement androgyne. Le cri primal, le sevrage se déroulent de la même manière. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Ils explorent leurs corps avec la même curiosité et la même indifférence, ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs, ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant. Jusqu’à douze ans, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Ce n’est pas la nature qui, pendant des siècles, a empêché les femmes d’aller à l’université, mais des élites masculines qui ne veulent pas partager leurs propres pouvoirs, aidées par des femmes qui ont intériorisé une impuissance factice. Ce n’est pas la binarité qui devrait être valorisée, mais l’androgynie.

Marie Bergström : Dans l’enquête menée auprès de 10 000 adultes âgés de 18 à 29 ans, une forte proportion de jeunes se disent féministes : cela concerne 75 % des femmes et 56 % des hommes. C’est important de le préciser, à un moment où l’on souligne l’essor des mouvements virilistes. L’enquête est la toute première en France à mesurer la part de personnes non binaires, qui ne se reconnaissent ni homme ni femme. Cela représente une toute petite minorité : 1,7 % des 18-29 ans. La jeunesse contemporaine remet en cause un certain nombre de binarismes. D’abord, la binarité de genre : l’opposition très figée entre les hommes et les femmes est questionnée par ces jeunes générations. Les personnes non binaires en sont la manifestation la plus radicale, mais on observe plus largement une moindre croyance dans la naturalité des différences de sexe.Une partie des jeunes hommes issus des classes supérieures vont prendre de la distance avec une masculinité affirmative. Des femmes se définissent comme bi ou pansexuelles. On constate aussi de moins en moins de différences entre les modes de vie gay et lesbiens, et hétérosexuels.

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pour des vêtements androgynes, non au luxe et à la mode

extraits : La loi du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) stipule que les femmes ne peuvent quitter les habits de leur sexe que pour cause de santé. La loi du 26 brumaire an IX (17 novembre 1800) interdisait le port du pantalon… sauf dérogation accordée par un officier de santé. Dans les années 1960 en France, il était encore interdit d’aller à son lieu de travail en pantalon. Les vêtements sont l’expression d’un rapport de pouvoir, la différenciation sexuelle est pensée comme inégalité dans tous les domaines… Nous voulons des vêtements unisexe, nous désirons l’androgynie des comportements. Dans le désert, nous crions : non à la mode, non au luxe, nous aux inégalités de revenus, oui à la stabilité, oui à la simplicité, oui à l’égalité.….

Androgynie, cad totale égalité des sexes

extraits : Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, est normalement l’exact contraire du séparatisme des sexes. Nous sommes tous fondamentalement, naturellement, androgynes. Tout est culturel, issu d’une socialisation, y compris bien sûr les conceptions des inégalités entre les sexes. Mais au lieu de contribuer à une véritable égalité entre l’homme et la femme, notre société actuelle a inventé les quotas de la parité politique ! On soutient le féminisme différentialiste au détriment du féminisme universaliste….

La biosphère nous parle du sexisme ordinaire

extraits : La Biosphère n’est pour rien dans le sexisme qui parcourt le vécu ancestral des sociétés humaines. Dans la détermination du sexe, le rôle du chromosome Y est simple, mais capital : il détermine la masculinité du fœtus. Pendant les premières semaines de vie de l’embryon humain, les organes génitaux internes et externes sont indifférenciés entre les individus XX (femme) et XY (homme). Les gonades peuvent se transformer en testicules ou en ovaires, les organes génitaux externes à l’origine similaires se transforment soit en pénis et scrotum, soit en clitoris et vulve. La différenciation est minime, on sait aujourd’hui qu’ovaires et testicules produisent les deux types d’hormone, androgènes et œstrogènes, d’ailleurs très voisines sur le plan chimique : seul leur taux relatif dans l’organisme fait basculer les caractères sexuels vers le féminin ou vers le masculin. C’est donc l’intervention d’autrui dès les premiers moments du nourrisson qui va fixer votre sentiment d’appartenance à un sexe déterminé et orienter votre rapport à l’autre sexe….

genre, parité, quotas… un anti-féminisme

extraits : Actuellement on met en avant des mots comme « genre » pour en faire des instruments de combat entre les sexes alors qu’on devrait savoir que notre biologie nous a différencié homme ou femme sans y mettre d’inégalités. « On ne naît pas femme, on le devient », écrivait déjà Simone de Beauvoir en 1949. Elle précisait : « Aucun destin biologique, psychique, économique, ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre ». Il n’y a pas d’ordre « naturel » dans les inégalités selon le sexe, forcer la nature par parité et quotas n’est pas une bonne chose. C’est ce que certains n’ont pas encore compris….

JK Rowling nie l’identité de genre

extraits : Joanne K. Rowling : « If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)

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Robert Francis Prevost devient Léon XIV

Habemus papam. Robert Francis Prevost est né le 14septembre 1955 à Chicago, il arrive donc au pouvoir à 69 ans ce 8 mai 2025. Il n’y a pas d’âge de la retraite pour un pape. Son père est d’ascendance Français/Italien et sa mère espagnole, c’est donc un enfant de l’immigration. Il a passé beaucoup de temps au Pérou, il est de nationalité américano-péruvienne. C’est un homme de Dieu discret, presque timide, que les cardinaux viennent d’élire pape. C’est un religieux de l’Ordre de Saint Augustin, le théologien qui insiste le plus sur la transcendance divine ; sans la grâce divine, l’homme ne peut pas se sauver.  Il a montré des qualités certaines de médiateur, un avantage pour affronter diplomatiquement au président Trump, en particulier au sujet du sort des migrants. Par le choix du prénom « Léon » en référence à Léon XIII, soucieux de la condition ouvrière, le nouveau pape semble aussi éloigné de la politique de Trump. Le cardinal a, par le passé, condamné « l’américanisme », c’est-à-dire le goût de la puissance qui piétine l’être humain.

Dans un entretien aux médias du Vatican en 2023, il avait pour autant expliqué ne pas souhaiter que le choix des évêques soit le résultat d’un processus démocratique ou politique, défendant en cela la tradition de l’Église. Début 2024, il faisait partie des évêques de la Curie qui ont bloqué le projet de «Conseil synodal» du Synode allemand, cette structure voulue pour permettre à des représentants laïcs désignés démocratiquement de participer pleinement à la gouvernance de l’Église catholique dans le pays. Sur la question du rôle des femmes, le nouveau pape suivra la ligne de François, écartant la possibilité de femmes diacres, une décision qui selon lui risquerait de «cléricaliser» la femme.

En 2012, le cardinal Prevost avait exprimé sa déception de voir certains médias occidentaux « sympathiser avec des croyances et des pratiques qui sont en contradiction avec l’Evangile », en particulier le « mode de vie homosexuel » et les « familles alternatives composées de partenaires de même sexe et de leurs enfants adoptés ».

Le point de vue des écologistes

Nous n’attendons pas grand-chose de la papauté en général quant au souci de la Création. On s’intéresse aux pauvres, mais on a bien ignoré François d’Assise. L’encyclique Laudate Si’ sur le réchauffement climatique n’a pas fait grande impression aux fidèles. Et l’absence totale des femmes pour élire le nouveau pape est significatif de la sclérose de cette institution de presque 2000 ans. Quant au refus de la maître de la fécondité, c’est là le péché mortel de l’Église.

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Papauté, le conflit entre pouvoir spirituel et temporel

« Saint Pierre, de Bethsaïde en Galilée, prince des apôtres, reçut de Jésus-Christ le pouvoir pontifical suprême à transmettre à ses successeurs », indique sommairement l’Annuaire pontifical, édité chaque année par le Vatican, pour retracer les origines de l’institution. Si l’on en croit la tradition catholique Pierre, crucifié sous le règne de Néron, dans les années 60, serait le premier des 266 papes qui se sont succédé à Rome jusqu’à nos jours. Bien entendu la réalité est beaucoup plus compliquée.

Virginie Larousse : Celui que Jésus a choisi pour ancrer les fondations de son Église – en lui déclarant : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… » (Evangile selon saint Matthieu, 16-18) – n’a jamais reçu, de son vivant, le titre de « pape ». Ce terme – hérité du grec pappas, « père » – est un diminutif à connotation affectueuse dont l’usage n’apparaît qu’à partir du IIIe siècle. Le concept de monarchie pontificale est le fruit d’une très lente évolution, qui n’arrivera à maturité qu’au Moyen Age. Les croyants en Jésus font l’objet de persécutions fréquentes jusqu’à la reconnaissance de leur religion par l’empereur Constantin en 313. Mais ils ont bien conscience que, pour subsister, il est indispensable de structurer leur mouvement. Une organisation centrée autour de l’évêque (du grec episcopos, surveillant, protecteur), qui exerce ses prérogatives sur un territoire défini, émerge au fil des siècles. Les Églises communiquent entre elles sur le principe de l’égalité : en théorie, aucune ne peut se prétendre juridiquement supérieure, et tout évêque est libre de conduire sa communauté comme il l’entend. L’évêque de Rome fait souvent office d’arbitre d’une chrétienté en herbe, usant d’un droit d’ingérence dans les affaires des autres communautés. Avec le développement de courants chrétiens jugés hérétiques, le recours à l’Église de Rome devient le garant de l’orthodoxie et de l’unité chrétienne. L’empereur Aurélien (vers 212-275) déclare que le pouvoir épiscopal reviendrait « à ceux qui sont en communion avec l’évêque de Rome ».

De telles prétentions exaspèrent néanmoins les évêques d’Orient – et parfois ceux d’Occident – qui estiment que Rome ne dispose pas d’une connaissance suffisante des débats les concernant : « Quelle est l’aide que nous apportent les froncements de sourcils de l’Occident ? », se demande ainsi Basile de Césarée (330-379). On est encore loin de l’image du pape dispensant sa bénédiction urbi et orbi (« à la ville et au monde »), un rituel qui remonte au XIIIe siècle seulement, tandis que le principe de la primauté pontificale romaine sera défini en 1439 lors du concile de Florence. Mais si les représentants de l’Église orthodoxe approuvèrent les décisions de ce concile œcuménique, ils se rétractèrent dès leur retour chez eux…

wikipedia : Jusqu’au IXe siècle, les souverains séculiers considèrent le pouvoir de nommer des évêques et des abbés sur leurs territoires comme leur prérogative et, par conséquent, de les investir également spirituellement, en leur confiant des biens matériels. Cette coutume qui confère au pouvoir temporel la suprématie sur le pouvoir spirituel est en contradiction flagrante avec la réaffirmation de la primauté papale de la réforme grégorienne. Les empereurs cherchent pourtant à s’immiscer dans le processus de l’élection papale et dans la politique romaine. À Rome, la situation est même devenue grotesque, avec trois papes revendiquant le trône papal en 1046, chacun soutenu par une faction différente de la noblesse romaine. La corruption dans laquelle la papauté avait sombré au siècle précédent, combinée au besoin atavique du soutien d’une puissance extérieure garantissant sa survie, pousse les papes suivants à mettre en œuvre une série de réformes radicales visant à rétablir l’autorité papale, tant dans la sphère morale et spirituelle et dans la sphère temporelle et politique.

Avec la réforme grégorienne (1049-1124), l’Église change considérablement, assumant un modèle monarchique et hiérarchiquement structuré de haut en bas. La réforme aboutit également à une nouvelle organisation du clergé, toujours en vigueur, basée sur le célibat et sur la séparation nette entre les rôles des laïcs et des ecclésiastiques. Nicolas II promulgue la bulle In nomine Domini en 1059, qui limite le suffrage aux élections papales au collège des cardinaux et établit les règles du processus électif, jetant ainsi les bases du conclave moderne.

Le point de vue des écologistes agnostiques

Cette histoire des démêlés entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, entre pouvoir local et pouvoir central, est à l’image des courants idéologiques qui structurent notre pensée et nos réalisations humaines. L’écologisme a désormais vocation a remplacer l’idée d’un dieu abstrait soutenu par un pouvoir politique et un clergé. Le principe de laïcité a permis l’autonomie du temporel par rapport au religieux, les sociétés gèrent leurs affaires sans se préoccuper de ce qu’en disent les livres sacrés et leurs servants. La destruction de la planète par le croissancisme économique nous pousse à une nouvelle structuration, basée cette fois sur l’écologie scientifique qui considère la réalité terrestre et son devenir. Mais les écologistes aujourd’hui sont à l’image de l’Église autrefois, écartelée entre différentes chapelles.

Demain le pouvoir politique va s’emparer de l’urgence écologique et fera nommer sans doute un nouveau pape (et/ou président) écolo. A moins que la société actuelle, interdépendante à l’extrême, s’effondre par pénurie de ressources fossiles. Elle serait remplacé alors par une démondialisation et la montée en puissance de communautés locales qui s’essayent à la résilience par l’autonomie alimentaire et énergétique. Jusqu’à l’instauration à la fin des temps d’une monarchie (spirituelle et/ou temporelle) pour faire taire les conflits sanglants entre territoires. L’histoire humaine est cyclique.

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Laïcité, un écologiste ne peut être que pour

extraits : La laïcité est un principe juridique selon lequel l’État n’exerce aucun pouvoir religieux, et les Eglises aucun pouvoir politique.La religion ne peut dicter sa loi à une société démocratique, c’est l’avantage du principe de laïcité. Ce principe devrait être le lot commun de l’ensemble des États. Ce n’est pas le cas, malheureusement. En effet la religion qui s’arroge le droit de faire de la politique n’est pas bonne conseillère en matière d’écologie, Afghanistan, Iran, Israël, etc.

La religion écologique n’est pas une religion

extraits : L’écologie politique n’est pas une religion, elle s’appuie sur la science écologique, elle devrait donc promouvoir des décisions démontrables. Difficiles à mettre en place ! Le problème principal de l’écologie en politique n’est pas la controverse religion/écologisme, mais le conflit entre économie et écologie. Comme redonner toute son importance à l’écologie ? L’écologie politique doit s’appuyer sur la science écologique mais aussi sur la philosophie de l’écologie. Il s’agirait de transformer l’écologisme en une religion de type matérialiste à l’opposé des conceptions abstraites sur lesquelles reposent les religions du Livre avec leur Dieux dans les Cieux. L’adoption d’un système de valeur du type « biocentrisme » ou « écocentrisme », portée par l’écologie profonde, permet de lutter efficacement contre l’anthropocentrisme dominant qui donne une telle place aux humains qu’il en finit par étouffer toute forme de vie durable. Les discours antispécistes poussent par exemple à la destitution de l’homme-roi…

La Religion à l’épreuve de l’écologie

extraits : Jésus Christ (s’il a existé) se foutait complètement de l’état de la planète, ce n’était pas sa préoccupation. Il voulait seulement moderniser la lecture juive de la bible, point final. La Bible et les Évangiles restent complètement muets sur la question écologique. Et leur application concrète reste même profondément anti-écolo. Lynn White imputait en 1967 les racines historiques de notre crise écologique à la vision du monde judéo-chrétienne. Selon la Genèse les êtres humains, seuls de toutes les créatures, furent créés à l’image de Dieu. Il leur fut donc donné d’exercer leur supériorité sur la nature et de l’assujettir. Deux mille ans de mise en œuvre toujours plus efficace de cette vision de la relation homme/nature ont abouti à la fois à des merveilles technologiques pernicieuses et à la crise environnementale….

Demain l’écologisme sera la religion commune

extraits : Pour qu’un groupe conserve une cohésion interne il ne doit pas dépasser 150 individus. Comment faire au-delà alors qu’un pays comme la Chine compte par exemple plus de 1,4 milliards d’habitants ? Il s’agit d’instaurer une histoire commune, une fiction qui va servir de mythe fédérateur. Nous avons donc inventé des récits comme la Bible, imaginé des sauveurs suprêmes comme Jésus Christ ou Xi Jinping et mondialement imposé les lois du marché, la variation des prix entraînant comme par enchantement l’équilibre économique général. Nous nous dirigeons de plus en plus fermement aujourd’hui vers un nouveau mythe, l’écologisme, qu’on peut déjà rencontrer sous des expressions diverses comme la Terre-mère, Mère-nature, les esprits de la forêt, les droits de la nature et des animaux, le bio-centrisme ou l’écocentrisme, l’écologie profonde, le culte de Gaïa, etc. La difficulté n’est pas de raconter des histoires, mais de convaincre les autres d’y croire…..

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Ordo Amoris, le pape François contre JD Vance

L’un des derniers combats du pape fut la lutte contre la politique d’expulsion des migrants lancée par la Maison Blanche. Et sa dernière rencontre officielle fut avec le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, converti au catholicisme en 2019. Vance possède le même référentiel d’extrême droite que Jean-Marie Le Pen. En 1984, celui-ci exprimait son attachement aux droits hiérarchiques : « J’aime mieux mes filles que mes nièces, mes nièces que mes cousines, mes cousines que mes voisines. Il en est de même en politique, j’aime mieux les Français. Et on ne me fera jamais dire autre chose. (« L’Heure de vérité », France 2). Il s’agit d’une manifestation d’égoïsme clanique à l’opposé de l’ouverture vers l’autre manifestée par le pape François et les altruistes.

Le conservateur J. D. Vance avait aussi théorisé l’amour de la communauté avant celle des migrants : « En tant que dirigeant américain, mais aussi en tant que citoyen américain, votre compassion va d’abord à vos concitoyens. Cela ne signifie pas que vous devez haïr les gens de l’extérieur de vos frontières, mais il existe ce concept traditionnel – et je pense que c’est un concept très chrétien, soit dit en passant – selon lequel il faut aimer sa famille, puis son prochain, puis sa communauté, puis ses concitoyens dans son propre pays, et ensuite, on peut se concentrer et donner la priorité au reste du monde », avait-il déclaré, le 30 janvier 2025.

Le pape avait dénoncé cette interprétation théologique : « L’amour chrétien n’est pas une expansion concentrique d’intérêts qui s’étendent peu à peu à d’autres personnes et groupes. Le véritable ordo amoris à promouvoir est celui que nous découvrons en méditant constamment sur la parabole du Bon Samaritain, c’est-à-dire en méditant sur l’amour qui construit une fraternité ouverte à tous, sans exception. » En ce sens, Vance, Trump et tous les nationalistes ne peuvent se revendiquer chrétiens.

Mais Ordo Amoris, traduit par «ordre de l’amour» ou «ordre de la charité», reste soumis à interprétation. C’est un concept abordé par saint Augustin, un théologien de l’Antiquité, qui affirmait que chacun et chaque chose devaient être aimés comme il se doit. Il décrit la hiérarchie ou priorisation appropriée de l’amour. Mais l’« ordo amoris » de Thomas d’Aquin stipule que nous devons d’abord prendre soin de notre famille, puis de la communauté, puis de la nation et, seulement ensuite, des personnes comme les réfugiés ou les migrants, c’est-à-dire les étrangers. L’affaire est d’autant plus délicate que nous sommes tous des étrangers sur notre territoire actuel d’appartenance. Homo sapiens a éliminé les néandertaliens en France. Que ce soit Trump, Vance et toute la population américaine qui n’est pas autochtone, ce sont tous des descendants d’immigrés qui ont effectué un grand remplacement des Indiens sur ce qu’on appelle aujourd’hui les USA.

Le point de vue des écologistes altruistes

En fait il s’agit d’un choix fondamental d’existence, qu’on peut poser sur le mode binaire. D’un côté l’égoïsme, l’exubérance irrationnelle mais si merveilleuse du pillage total de la planète au profit de quelques-uns aujourd’hui mais au détriment de tous les autres. De l’autre l’altruisme, une austérité assumée pour laisser des ressources viables aux générations futures et de l’espace pour les autres espèces vivantes. On peut donc de façon contradictoire s’intéresser à l’avenir lointain ou adhérer aux codes d’une bande de prédateurs.

Le premier maillon d’une chaîne de raisonnements est indémontrable, il ne peut être prouvé. C’est ce qu’on appelle un axiome, un postulat ou un point de vue métaphysique, ontologique. Dit plus simplement, il s’agit d’un simple souhait du type « Je pense que Dieu existe » ou « C’est mon souhait que les êtres dotés d’un cerveau comme le nôtre, fruit d’un développement de plusieurs centaines de millions d’années en interaction avec toutes les formes de vie, défendent un mode de vie qui ne soit pas favorable uniquement à leur propre espèce mais à la totalité de l’écosphère dans toute sa diversité et sa complexité (Arne Naess) ». Tel devrait être le postulat d’un écologiste, combattre l’égoïsme et favoriser l’altruisme. Mais c’est seulement un principe de vie posé a priori, les destructeurs de la planète gardent leur propres objectifs à l’opposé. C’est un combat d’idées sur l’Ordo Amoris.

D’un point de vue éthique, nous devrions être comme Gandhi. Quand on lui demandait : « Comment faites-vous toutes ces choses altruistes tout au long de l’année ? », il répondait : « Je ne fais rien d’altruiste. J’essaie de progresser dans la réalisation de Soi. »

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Choisir l’égoïsme du présent ou l’altruisme envers avenir

extraits : Rien ne fonde une obligation de faire des enfants tout en pensant à leur avenir lointain. Nicholas GEORGESCU-ROEGEN l’avait exprimé d’une formule magnifique : « Peut-être le destin de l’homme est-il d’avoir une vie brève, mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une existence longue, végétative et monotone. Dans ce cas, que d’autres espèces dépourvues d’ambition spirituelle – les amibes par exemple – héritent d’une Terre qui baignera longtemps encore dans une plénitude de lumière solaire ! » Alors comment sortir de l’impasse conceptuelle ?….

Charité bien ordonnée commence par soi même…

extraits : Tout ce qui nous fait sortir de la fabrication d’une intelligence collective mérite d’être signalé. Et Donald Trump est le grand champion en la matière. Le président américain a ordonné dès le 20 janvier 2025 la suspension de tous les programmes d’aide étrangère des Etats-Unis pour une durée de 90 jours. Trump assure que ces programmes « servent à déstabiliser la paix mondiale en promouvant dans les pays étrangers des idées qui vont directement à l’encontre de relations harmonieuses et stables à l’intérieur des pays et entre les pays ». Gesticuler est une chose, manier une tronçonneuse une autre, faire les deux simultanément est déconseillé….

Pour reverdir l’être, le SOI ouvert au monde

extraits : Le SOI est la construction métaphorique de l’identité et du potentiel d’action de l’être, le terreau hypothétique dans lequel nous plantons nos stratégies de survie, pour la convergence de l’instinct de préservation, du besoin d’être en accord avec soi-même, et des limites de l’intérêt personnel. Une transformation s’opère : la notion classique du soi de la culture dominante qui nous a conditionnés est remise en question. Ce qu’Alan Watts a appelé « l’ego dans sa capsule de peau », et ce que Gregory Bateson a dénoncé comme « l’erreur épistémologique de la civilisation occidentale », perd sa dépouille. Apparaissent alors les fondations plus solides de l’identité et de l’intérêt personnel, ce que le philosophe Arne Naess appelle le Soi du monde (the ecological self, littéralement, le ‘soi écologique’), profondément relié avec les autres êtres et la vie de notre planète. C’est ce que je préfère appeler « reverdir l’être. »….

Pour en finir avec l’exaltation de SOI

extraits : Arne Naess propose une humanisation écologique par la pleine réalisation de soi, qui devient « Soi » en s’ouvrant à l’ensemble de l’écosphère, à tous les êtres humains et aux espèces animales. Dans cette capacité du soi à s’étendre en se liant aux autres, Arne Naess dit se situer sur une crête entre « sur la gauche l’océan des perceptions mystiques et organiques, sur la droite, l’abysse de l’individualisme atomiste. » C’est un véritable changement anthropologique dont il propose la mise en pratique, conduisant à apprécier la qualité de la vie plutôt qu’un haut niveau de vie. Cela jusqu’à dire que seul l’homme est capable de s’identifier par l’imagination à l’autre et même à l’animal….

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L’héritage environnemental du pape François

Rome, 21 avril 2025
L’héritage environnemental du pape François continue de vivre

Le décès du pape François arrive au moment du 10e anniversaire de la publication de son encyclique révolutionnaire, Laudato Si’, qui a actualisé les enseignements environnementaux issus de la longue Tradition catholique à la lumière de la crise planétaire actuelle. L’exemple du pape François a engendré des initiatives qui ont transformé l’Église catholique en créant une puissante action face à la crise planétaire et qui ont eu une influence bien au-delà de l’Église elle-même.

● Laudato Si’ a été publié avant les négociations de l’Accord de Paris en mai 2015, et le pape François s’est engagé dans la diplomatie pour garantir que l’accord soit passé avec une référence à la limite des températures mondiales sous le seuil des 1,5 °C. Cette température de référence a eu un impact significatif pour garantir les ambitions climatiques depuis. L’accord a été passé et le Saint-Siège y a pris part.

La Plateforme d’action Laudato Si’, une initiative internationale lancée par le pape François, a encouragé une large variété d’institutions catholiques afin de développer des projets pratiques d’action sur l’écologie en touchant 20 millions de personnes à ce jour.
● La sauvegarde de la Création est devenue une partie de plus en plus importante de la façon dont les catholiques vivent leur foi. Le Temps pour la Création œcuménique et la Semaine Laudato Si’ annuelle, qui sont coparrainés par le Vatican, et la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, pour laquelle le pape François a publié des messages annuels, conduisent des millions de personnes chaque année à prendre part à la prière et l’action pour notre maison commune. Ils illustrent la manière dont le message fait maintenant partie de la vie catholique. Dans une enquête conduite par le réseau ELSiA en Europe et publiée en 2024, 95% des institutions catholiques ayant répondu ont affirmé que Laudato Si’ a eu un impact tangible sur leur organisation.
● Le pape François a inspiré de nombreux autres responsables religieux et croyants à passer à l’action pour la Création en donnant un nouveau souffle au « mouvement environnemental croyant » mondial. Les actions d’inspiration religieuse pour l’environnement ont significativement augmenté depuis 2015. Avant la COP 26 en 2021, le pape François a accueilli 50 responsables religieux au Vatican, ce qui a mené à une déclaration interreligieuse révolutionnaire. Parmi développements significatifs, notons la publication d’Al Mizan, qui est connu comme le « Laudato Si’ musulman ».
● Laudato Si’ a été l’inspiration qui a lancé le Mouvement climatique catholique mondial, renommé Mouvement Laudato Si’ par le pape François lui-même en 2020. Ce mouvement mondial a diplômé presque 20 000 responsables environnementaux (les Animateurs Laudato Si’) dans 140 pays pour mener des initiatives basées sur la communauté. Le documentaire de l’organisation, présentant le pape François et des responsables engagés sur les fronts de la crise environnementale et sociale, a été vu par bien plus de 10 millions de personnes.

L’héritage du pape François a profondément transformé la compréhension par les catholiques de la relation entre l’humanité, la Création et le Créateur. En s’appuyant sur l’Écriture, des siècles de recherches et des décennies de déclarations papales sur l’environnement, il a donné vie d’une nouvelle façon à la doctrine sociale de l’Église pour la crise écologique actuelle en influençant non seulement l’Église, mais aussi la politique mondiale, le dialogue interreligieux et l’activisme citoyen.

Coordination Laudato Si’ France

Mouvement Laudato Si’

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Le pape François est mort, ses paradoxes

Élu au siège de Pierre en mars 2013, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, est bien mort ce lundi 21 avril, à l’âge de 88 ans. Le pape François a été un défenseur inlassable des pauvres, des migrants, de la planète saccagée, de l’entente interreligieuse. Le nom qu’il a choisi fait référence à François d’Assise, « l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la Création ». Le 22 décembre 2014, cardinaux et évêques de la curie romaine écoutent François transformer la traditionnelle cérémonie de vœux de Noël en une charge ravageuse contre les maux dont souffrirait l’administration vaticane : « Alzheimer spirituel », « schizophrénie existentielle », « pétrification mentale et spirituelle », « terrorisme du bavardage », « maladie du visage funèbre ». Il publie le premier texte magistériel d’un pape sur l’écologie, qui est aussi une dénonciation en règle des rapports économiques mondiaux.

Mais sur le fond, le pape argentin est parfaitement en accord avec la doctrine de l’Eglise, que ce soit sur le mariage, la contraception ou l’IVG. Il a comparé le recours à l’IVG à l’embauche d’un « tueur à gages ». Contre l’avortement et l’euthanasie, il défend « la vie, de la conception à sa fin naturelle ». Il s’emporte contre « la culture du déchet », qui aboutit à mettre au rebut les plus faibles, les personnes âgées comme les embryons. Il qualifie de « prophétique » la condamnation de la pilule par Paul VI en 1968.

Cependant, Bergoglio juge contre-productif de brandir sans cesse une liste d’interdits. Les enseignements de l’Eglise, dit-il, « ne sont pas tous équivalents » et le cœur du message chrétien doit être d’abord un appel à la charité et à la justice avant d’être une exigence de tempérance.

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Les aspects avancés du pape François

COP28, le pape François au secours du climat !

extraits : Le christianisme doit se faire pardonner un péché écologique originel inscrit dans La Genèse : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, enjoint le Créateur. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » Dans l’histoire de l’Église, seul François d’Assise (1182-1226) avait contesté cette domination et remis l’homme sur un pied d’égalité avec les autres espèces, une vision irénique balayée par la révolution industrielle. Le nouveau pape a choisi son nom de « François », explicitement en référence à ce saint. Selon son point de vue, les textes bibliques « nous invitent à “cultiver et garder” le jardin du monde », ce qui implique « une relation de réciprocité responsable entre l’être humain et la nature ». C’est totalement nouveau, c’est signe que des croyants peuvent encore réfléchir….

Un pape écologiste ? Son nom l’indique, mais… (mars 2013)

extraits : Alors que nous nous acharnons à détériorer les conditions de vie sur notre planète, le pape précédent Jean-Paul II avait fait semblant d’écouter les gémissements de la Création. Benoît XVI était resté quasiment inaudible sur le réchauffement climatique, la sixième extinction des espèces, la stérilisation des sols, etc. Le miracle peut-il exister avec l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu « pape François » le 13 mars 2013 ? Ce pape voudra-t-il, pourra-t-il réconcilier les croyants avec la Création ? Le choix du nom du pape garde une charge symbolique importante. Le nom de « François », choisi pour la première fois dans la longue histoire de l’Eglise, fait référence à saint François d’Assise, le premier religieux à s’intéresser vraiment à la nature. Jean Paul II en avait fait le patron de l’écologie. Le pape François sera-t-il capable de plonger l’esprit chrétien dans les verts pâturages de l’ancien et du Nouveau Monde ?….

Laudato Si, lettre encyclique du pape François

extraits : L’encyclique papale sur l’environnement, Laudato Si (loué sois-tu, sur la sauvegarde de la maison commune) est importante, même pour les non-croyants : « Aujourd’hui, croyants et non-croyants sont d’accord sur le fait que la Terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous. ». C’est d’ailleurs le premier texte de ce type exclusivement consacré par un pape à la crise écologique…

Le pape François contre l’arme nucléaire

extraits : Le chef de l’Eglise catholique a délivré à Nagasaki, le 24 novembre 2019, son « message sur les armes nucléaires ». Ce texte proclame l’illégitimité morale de la possession même de ces armes, de la dissuasion, et appelle les États qui en sont dotés à engager des négociations en vue d’un désarmement total. Le pape jésuite introduit une rupture dans le discours de l’Eglise catholique. Elle considérait la dissuasion nucléaire comme un moindre mal, transitoire.lors d’un symposium sur le désarmement le 10 novembre 2017, le pape François posait les fondements de sa doctrine personnelle : « Il faut condamner fermement la menace de leur usage ainsi que leur possession, précisément parce que leur existence est liée à une logique de la peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain. »….

Verbatim. Le pape François face à l’homosexualité

extraits : Le chef de l’Église catholique a répondu à un journaliste qui lui demandait ce que pouvait dire un père catholique à son fils lorsqu’il apprend que celui-ci est homosexuel : « Je lui dirais premièrement de prier, de ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille, donner une place pour qu’il s’exprime. C’est une chose quand cela se manifeste dans l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après 20 ans. Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. Tu es mon fils, tu es ma fille, comme tu es. Je suis ton père ou ta mère : parlons. »….

Le pape François devient réaliste sur les flux migratoires

extraits : Il avait appelé les catholiques à montrer l’exemple en demandant à chaque paroisse européenne d’accueillir une famille de migrants. Aujourd’hui le pape revient à plus de réalisme. Pour la première fois, il a affirmé le 1er novembre 2016 qu’il était du devoir des gouvernants d’observer une certaine « prudence » . Il a aussi établi une distinction entre deux situations : « Le migrant doit être traité avec certaines règles parce que migrer est un droit mais un droit très encadré. A l’inverse, être réfugié est dû à une situation de guerre, d’angoisse, de faim, une situation terrible, et le statut de réfugié nécessite plus d’attention, plus de travail. » Le pape François a aussi mis l’accent sur la nécessité pour les États de s’assurer de leur capacité d’intégration….

Les aspects contestables du pape François

Laïcité, le pape François n’est pas pour !

extraits : En choisissant la Corse pour son troisième voyage en France (décembre 2024), le pape François a réitéré un message de méfiance à l’égard du modèle laïque français. Plaidant en faveur d’une « saine laïcité », qui ne soit « ni statique ni figée, mais évolutive et dynamique », en bref souple « à la corse », le pape François a ainsi réitéré, sous une forme atténuée, la critique qu’il a déjà exprimée d’une laïcité française à la « coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte » conduisant, selon lui, à présenter les religions « comme une sous-culture ». Le pape François, en posant d’emblée le principe laïque comme un dogme figé, tend à conforter les tenants de la conception qu’il entend dénoncer, celle qui fait de la laïcité une arme antireligieuse et non un vecteur de liberté pour chacun, essentiel au vivre-ensemble….

Le pape François, la question démographique

extraits : Si le courage et le modernisme du pape sont incontestables, sa position sur la démographie reste absolument conventionnelle et fait bon marché des contraintes écologiques au profit de la défense séculaire d’un natalisme militant. Voici son analyse : « Certains se contentent de proposer une réduction de la natalité. Les pressions internationales sur les pays en développement ne manquent pas, conditionnant des aides économiques à certaines politiques de “ santé reproductive ”. Mais s’il est vrai que la répartition inégale de la population et des ressources disponibles crée des obstacles au développement et à l’utilisation durable de l’environnement, il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire. Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes ».…

Le pape François est-il pour la régulation des naissance ?

extraits : « Certains croient, excusez-moi du terme, que pour être de bons catholiques, ils doivent être comme des lapins. » Ainsi s’exprimait le pape François devant des journalistes lors de son retour des Philippines le 19 janvier 2015. Il ajoutait : « Il y a quelques mois en paroisse, j’ai reproché à une femme enceinte de son 8ème  après sept césariennes : ‘Vous voulez laisser orphelin sept enfants ? Cela est une irresponsabilité ». « (Cette femme) dit : ‘oui moi j’ai confiance en Dieu’. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. » Mais le pape François ménage aussi la chèvre et le chou. Il s’est en effet inquiété de la dénatalité : « Je crois que le nombre de trois par famille est ce que disent les experts pour maintenir la population. (..) En Italie, j’ai entendu qu’en 2024 il n’y aura plus personne pour payer les retraités. On arrive dans l’autre extrême. » Le pape François dénonce le « néo-malthusianisme en cours », redit son opposition au contrôle « artificiel » des naissances (il maintient son opposition au préservatif et à l’avortement), recommande les méthodes naturelles de contrôle des naissances et la « parentalité responsable ». …

Le pape veut faire des bébés à la chaîne

extraits : La population de la Péninsule passerait de 60,4 millions d’habitants actuellement à 58,3 millions en 2050. Lors des États généraux de la natalité le 14 mai 2021 en Italie, le Pape François a donc lancé un appel à «inverser» la tendance pour remettre l’Italie en marche à partir de la vie : « Comment est-il possible qu’une femme ressente de la honte pour le plus beau cadeau que la vie puisse offrir ? Ce n’est pas la femme, mais la société qui devrait avoir honte, car une société qui n’accueille pas la vie cesse de vivre… Les enfants sont l’espoir qui donne naissance à un peuple ! Nous sommes appelés à transmettre la vie… Nous ne serons pas en mesure de nourrir la production et de protéger l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux familles et aux enfants. La croissance durable vient d’ici… Le taux de natalité dramatique et les chiffres effrayants de la pandémie appellent au changement et à la responsabilité… Il faut des politiques familiales de grande envergure, fondées sur la croissance du bien commun à long terme… Il est urgent d’offrir aux jeunes des garanties d’emploi suffisamment stable, la sécurité de leur foyer… Et sans taux de natalité, il n’y a pas d’avenir.. C’est un défi non seulement pour l’Italie, mais aussi pour de nombreux pays, souvent riches en ressources, mais pauvres en espoir »….

Pour un texte admirable, lire

Laudato Si, lettre encyclique du pape François

extraits : Voici quelques extraits, la numérotation étant celle des paragraphes telle que données par cette encyclique dédiée à toute personne de bonne volonté.

67. Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée. Cela permet de répondre à une accusation lancée contre la pensée judéo-chrétienne : il a été dit que, à partir du récit de la Genèse qui invite à «dominer» la terre (cf. Gn 1, 28), on favoriserait l’exploitation sauvage de la nature en présentant une image de l’être humain comme dominateur et destructeur. Ce n’est pas une interprétation correcte de la Bible, comme la comprend l’Église. S’il est vrai que, parfois, nous les chrétiens avons mal interprété les Écritures, nous devons rejeter aujourd’hui avec force que, du fait d’avoir été créés à l’image de Dieu et de la mission de dominer la terre, découle pour nous une domination absolue sur les autres créatures….

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Les racines chrétiennes de la crise écologique

Le bouddhisme repose sur le principe d’interdépendance universelle, le taoïsme fonde l’harmonie sur un respect des équilibres spontanés dans le cosmos, le zen estime que le véritable corps humain est l’univers tout entier. Dans l’hindouisme, il n’y a pas l’idée que l’animal et la nature soient inférieurs. Les adeptes du jaïnisme se déplacent avec un masque sur la bouche de crainte d’avaler un moucheron et balayent devant eux pour éviter d’écraser le moindre vermisseau. Toutes les tribus indiennes ont en commun l’expression Père-Ciel et Mère-Terre, vision de l’univers en étroite liaison avec les écosystèmes.

Dans ces conceptions, l’idée d’une hiérarchie parmi les êtres n’existe pas puisque la notion de parenté ne se rapporte pas uniquement aux membres d’une famille ou d’un clan, elle inclut tous les êtres de l’environnement. Les monothéismes au contraire nous ont fait devenir anthropocentriques.

Lire, Définir anthropocentrisme, biocentrisme, écocentrisme

L’historien américain Lynn Townsend White (1907-1987), lui-même presbytérien, n’était pas un ennemi du christianisme. Mais, en mars 1967, ce médiéviste spécialisé dans l’histoire des techniques émet une thèse subversive : la crise écologique a été rendue possible par l’émergence, au cours du Moyen Age européen, d’une interprétation du christianisme qui en a fait « la religion la plus anthropocentrique que le monde ait connue ».

Lire, Les racines historiques de notre crise écologique (1967)

Certains versets de la Genèse dans l’Ancien Testament placent l’homme en surplomb de la nature. Il y est écrit que Dieu « créa l’homme à son image » et lui dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la Terre. » La sécularisation moderne ne constitue pas la mort du christianisme, mais opère un transfert de cette souveraineté religieuse en mission terrestre, avec l’entreprise coloniale et l’exploitation massive de la Terre. A cette généalogie religieuse de la morale économique s’en ajoute une autre, juridique : la conception libérale de la propriété privée, qui permet l’appropriation du monde. Dans son Second Traité du gouvernement civil (1690), l’idéologie propriétaire devient « un absolutisme propriétaire, qui consiste à pouvoir faire ce qu’on veut avec ce qui nous appartient. » Cette approche, qui fonde le droit moderne, est doublement problématique, puisqu’elle conduit à une privatisation des ressources tout en niant les dégâts causés par l’usage d’un bien, comme les pollutions.

Lire, L’homme, despote, intendant de la nature, petite partie ?

L’approche de John Locke trouve, elle aussi, sa justification dans une lecture de la Genèse. Le péché originel conduit l’homme à devoir travailler à la sueur de son front. Alors, « l’être humain ne vit plus dans une situation d’abondance qui lui permet de vivre sans travailler, mais doit au contraire travailler pour vivre ». Pour Locke, c’est donc le travail qui offre un droit naturel à s’approprier les choses. Avec ce « lien puissant entre travail et appropriation », le philosophe critique les Amérindiens, qui ne produisent pas et négligent donc une nature confiée par Dieu : cela justifie de les déloger d’un territoire qu’ils sont inaptes à faire fructifier. C’est cette vision « despotique » qui s’est imposée jusqu’à l’encyclique Laudato si, qui dote l’Eglise d’une doctrine nouvelle, l’écologie intégrale, et appelle les fidèles à une « conversion écologique ». Sa portée révolutionnaire se résume en une formule, répétée une dizaine de fois : « Tout est lié. » Le pape François condamne l’interprétation « despotique » au profit d’une autre, dite « de l’intendance », selon laquelle l’homme n’est pas là pour maîtriser la nature, mais pour prendre soin d’un jardin qui lui a été confié. Elle se justifie par le verset « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon » qui change la perspective : toute la Création est bonne en soi, et mérite donc un égard pour elle-même.

Lire aussi, Religion catholique et écologie : comparaison papale

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Laïcité, un écologiste ne peut être que pour

Le mot « laïque » veut dire « qui appartient au peuple », c’est-à-dire « qui n’appartient pas au clergé ». La laïcité est un principe juridique selon lequel l’État n’exerce aucun pouvoir religieux, et les Eglises aucun pouvoir politique. Cette idée de laïcité est née progressivement à la suite des guerres de religion entre catholiques et protestants au XVIe siècle. Pour y mettre un terme, Henri IV reconnaît avec l’édit de Nantes en 1598, la liberté de conscience dans tout le royaume de France, la liberté de culte en certains lieux, l’égalité civile. Cette situation, unique en Europe, dure jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ; on retourne à la conception commune : un roi, une foi, une loi.

Mais ce retour à la tradition est contesté par les philosophes des Lumières et l’état civil est rendu aux protestants en 1787. Le principe de laïcité était apparu comme le seul moyen de faire vivre catholiques et protestants dans la même société politique, il s’agissait donc d’un principe fondateur de paix sociale et d’une culture commune. Les vrais croyants sont ceux qui veulent abolir les haines entre ethnies, entre nations, entre religions, toutes les haines. C’est vouloir le paradis sur terre qui se passe des dieux.

Rita Hermon-Belot : La remarquable capacité d’intégration de la laïcité à la française tient dans une ligne de crête précieuse : l’expression religieuse doit être possible, mais la norme religieuse ne doit pas s’imposer. La France est simultanément en tête des classements mondiaux en matière de diversité religieuse tout en étant souvent accusée de pratiquer une laïcité qui serait oppressive. En 2015, on dénombrait 45 000 lieux de culte catholiques, 4 000 protestants – dont 2 600 évangéliques –, 2 450 musulmans, 420 juifs, 380 bouddhistes, 150 orthodoxes, 110 mormons et 1 040 pour les Témoins de Jéhovah. Le premier article de la loi de 1905 charge la République d’assurer la liberté de conscience et aussi la liberté d’exercice des cultes, mais ceci dans le respect de l’ordre public. La richesse de notre modèle de laïcité est justement de laisser un choix : les écoles privées sous contrat, disposant donc d’un financement public, n’ont pas le droit de refuser un élève sur la base de son appartenance religieuse. Dans mon quartier, par exemple, une école catholique accueille des élèves portant le voile. Le port d’un couvre-chef ne semble pas problématique dans le sport à partir du moment où cela résulte d’un choix libre – ce qui n’est pas le cas si le voile est une condition pour intégrer une équipe.

Lire, Laïcité française et pluralité. Au cœur des enjeux de Rita Hermon-Belot, CNRS Editions, 504 pages, 26 euros.

Le point de vue des écologistes laïques

La religion ne peut dicter sa loi à une société démocratique, c’est l’avantage du principe de laïcité. Ce principe devrait être le lot commun de l’ensemble des États. Ce n’est pas le cas, malheureusement. En effet la religion qui s’arroge le droit de faire de la politique n’est pas bonne conseillère en matière d’écologie, Afghanistan, Iran, Israël, etc.

Le Dieu des humains n’a jamais rien apporté à la Biosphère car il est à leur image, possessif, cruel et complètement ignorant du nécessaire équilibre des cycles vitaux. Les sbires de toutes les chapelles judéo-chrétiennes (ce qui inclut les musulmans) ne développent pas la communion entre toutes les créatures du ciel et de la terre, mais un communautarisme dirigé à la fois contre le pluralisme des cultures et la diversité des espèces (végétales et animales). Les adorateurs de Dieu s’intéressent surtout à leur prosélytisme, trop souvent ils ne condamnent pas la détérioration de la « Création » et ne disent rien de la perte de biodiversité ou du changement climatique. Les religions du livre sont fondées sur le dogme anthropocentrique de domination de la Nature, elles sont au cœur de sa destruction.

Ce n’est pas quelques contre-exemples comme St François d’Assises qui va faire dire le contraire. Notons quand même Laudato Si, lettre encyclique du pape François, sur la crise climatique.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Laïcité, le pape François n’est pas pour !

extraits : En choisissant la Corse en 2024 pour son troisième voyage en France, le pape François a réitéré un message de méfiance à l’égard du modèle laïque français. Plaidant en faveur d’une « saine laïcité », qui ne soit « ni statique ni figée, mais évolutive et dynamique », en bref souple « à la corse », le pape François a ainsi réitéré, sous une forme atténuée, la critique qu’il a déjà exprimée d’une laïcité française à la « coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte » conduisant, selon lui, à présenter les religions « comme une sous-culture ». Le pape François, en posant d’emblée le principe laïque comme un dogme figé, tend à conforter les tenants de la conception qu’il entend dénoncer, celle qui fait de la laïcité une arme antireligieuse et non un vecteur de liberté pour chacun, essentiel au vivre-ensemble....

« Tant que vous oublierez la vérité des cycles vitaux, vous serez comme de petits enfants traînant à la dérive, emportés par n’importe quelle doctrine et invention des hommes » (épître de la Biosphère aux Humains).

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L’habituation aux délires des dirigeants, désolant

Comment des maux tels que la pollution de l’air, les inégalités, la corruption… peuvent-ils être acceptés, voire devenir acceptables ? Le processus à l’œuvre est l’habituation, qui rend les êtres de moins en moins réactifs aux stimuli répétitifs. Quand le niveau d’attente des humains baisse, les malheurs qui les frappent (comme l’injustice, la maladie…) ne les affectent pas autant. Dans les pays où les gens n’ont que peu de liberté, celle-ci est moins importante pour leur bien-être… puisqu’ils ne s’attendent pas à en avoir.

N’avoir que de faibles attentes présente un risque majeur : arrêter de lutter contre des situations inacceptables. En effet les préférences adaptatives ont un effet à la fois anesthésiant et paralysant : elles soulagent la douleur, mais émoussent également le désir d’agir. Cela explique la persistance des préjugés et des traitements inégalitaires. Dans un monde où ils sont la norme, l’habituation fait que la majorité des gens ne perçoivent tout simplement pas les discriminations qui les entourent. Nous remarquons ce qui est surprenant et différent, mais notre œil glisse sur l’inchangé et le prévisible.

Certes la baisse d’intensité émotionnelle associée au statu quo déclenche la quête d’expériences et de découvertes nouvelles , mais c’est le plus souvent pour se soumettre à un nouveau matraquage.

source : « Regarder d’un œil neuf (Comment réapprendre à voir ce qui se trouve sous nos yeux) » de Tali Sharot et Cass Sunstein

Le point de vue des écologistes révoltés

L’habituation, c’est donc expliquer pourquoi les Russes s’habituent au régime dictatorial de Poutine et les Américains aux délires verbaux de Trump. Les citoyens pour être éclairés devraient lire la manifeste sur « la servitude volontaire » d’Etienne de la Boétie (1576) qui n’a pas pris une ride. Lutter contre l’habituation s’apprend… malheureusement il faut faire des efforts sur soi-même !

La servitude volontaire d’Etienne de La BOETIE (1576)

Les textes anciens et inoubliables sont rares. Le texte d’Etienne de La Boétie publié pour la première fois en 1576 est un joyau qui détaille les bases de notre esclavage. Extraits :

« Comment il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire (…) Plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur donne, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient  et deviennent toujours plus forts. Si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, ils demeurent nus et défaits, et ne sont rien, sinon que, comme la racine n’ayant plus d’aliment, la branche devient sèche et morte (…) Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, sinon qu’il a plus que vous tous : c’est l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux dont il vous épie si vous ne lui donniez ? Combien a-t-il tant de mains pour vous frapper s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il s’ils ne sont les vôtres ? (…) »

Même le régime démocratique a pour La Boétie ses insuffisances : « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns ont le royaume par élection du peuple ; les autres par la force des armes ; les autres par succession de leur famille. Pour dire la vérité, je vois bien qu’il y a entre eux quelques différences, mais de choix, je n’y en vois point, la façon de régner est toujours quasi-semblable. Celui à qui le peuple a donné l’Etat devrait être, ce me semble, plus supportable, et le serait n’était que, dès lors qu’il se voit élevé au-dessus des autres, il délibère de n’en bouger point (…)

La nature de l’homme est bien d’être libre et de le vouloir être, mais sa nature est telle que naturellement, il tient le pli que l’éducation lui donne. Disons qu’à l’homme toutes choses lui sont comme naturelles, à quoi il se nourrit et s’accoutume. Ainsi la première raison de la volontaire, c’est la coutume ; on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu. »

(éditions arléa, 2007)

Lisons et relisons ce texte qui propage un humanisme ouvert et nous offrent des armes pour se protéger de nos esclavages. Il ne faut plus écouter ces princes qui nous gouvernent, il faut construire un équilibre durable entre les hommes, c’est-à-dire un équilibre durable avec nos écosystèmes…

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