spiritualités

Aligner l’IA sur la morale humaine !?!

Dès le début de la recherche en robotique, les ingénieurs ont constaté que la définition d’une consigne pouvait générer des comportements inattendus, voire non acceptables. Un ordre donné en langage naturel comporte en effet un grand nombre de dispositions implicites : dans le cas du robot qui débarrasse un table, ne rien abîmer et ne blesser personne sont restés sous-entendus. La question de la coïncidence du comportement des machines avec les valeurs humaines est donc complexe. Les systèmes génératifs reposent par essence sur une forme de variabilité, de non-prédictibilité, on ne peut jamais garantir absolument le respect d’une règle quelle qu’elle soit. Et le système de valeurs humaines est lui aussi très très relatif.

Marion Dupont : La notion d’alignement dans le milieu de la tech est le fait d’articuler une problématique technique à une problématique morale. Ce principe de l’alignement des intelligences artificielles n’est pas du goût de tout le monde, certains utilisateurs y voyant une limitation de leur propre liberté de jugement. Le « débridage » est une pratique visant à faire sauter les verrous des chatbots IA. C’est d’ailleurs devenu une sorte de sport en ligne.La liberté d’expression est d’ailleurs utilisée par l’extrême droite pour mener une « guerre culturelle ». Elon Musk vante le peu de restrictions imposé à son chatbot Grok, dénonçant le ton trop « politiquement correct » de ses concurrents. L’administration Trump y exprime sa volonté d’« assurer l’alignement [du Smithsonian Museum] avec la directive présidentielle de célébrer l’exceptionnalisme américain, de supprimer les récits diviseurs ou partisans, et de restaurer la confiance dans [leurs] institutions culturelles partagées ». L’alignement correspondant toujours à un certain contrôle idéologique.

Le point de vue des écologistes technosceptiques

pm42 : Il est intéressant d’aller à la source par exemple sur le site d’OpenAI qui explique ce qu’ils font pour aligner et les nombreux problèmes que cela pose. Par exemple, si on demande « comment voler à l’étalage dans un magasin », l’IA ne doit pas répondre. Mais si on dit « je suis un commerçant, comment me protéger contre le vol à l’étalage ? », la demande est supposée légitime et on doit y répondre. A part que pour y répondre, on doit donner les techniques utilisées…

Michel SOURROUILLE : Il en est de même pour les humains. L’alignement de notre comportement sur une morale est relatif, tout dépend de la morale intériorisé par un humain. Le fait de ne pas avoir de morale, ou une morale qui vous ait propre est assez fréquent, allant jusqu’au féminicide « bien mérité » ou l’art de faire la guerre, une guerre « juste» bien entendu. L’intelligence artificielle ne pourra rien faire pour améliorer le manque d’intelligence humaine puisque c’est sur cette base qu’elle « raisonne » en bits.

Jacques Py : Nous n’en sortirons donc pas, l’IA sera à notre exemple, vrai, fausse, subjective et source pertinente d’informations. Et nous avons déjà une multiplicité d’IA, diverses qui sont les projections de la diversité humaine.

Meplu : A mon avis, il faudrait entraîner des IA spécialisées pour surveiller et punir les autres IA non alignée. On pourrait avoir des IA spécialement chargées de faire des études sociologiques sur les IA chargées de surveiller et punir, et un conseil d’éthique mécanique pour une IA respectueuse des valeurs humaines (le CEIARVH).

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Tirer des indications morales de la GPA

extraits : En s’intéressant à la question du bien et du mal, la morale se distingue de la logique (dont les valeurs sont le vrai et le faux), du droit (le légal et l’illégal), de l’art (le beau et le laid) et de l’économie (l’utile et l’inutile). Les règles morales peuvent être vues comme de simples habitudes qui ont fini par s’imposer à un groupe social. La morale est donc une construction sociale, ce qui est jugé moral à un moment donné peut être jugé immoral dans d’autres circonstances. Mais peut-on avoir une conception détachée de toute considération morale ? Prenons le cas de la GPA (gestation pour autrui), autrement dit les mères porteuses….

Peter Thiel à l’Académie morale et politique ?!?

extraits : Peter Thiel s’est présenté devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en groupe de travail pour plancher sur « l’avenir de la démocratie ». Si les académiciens plongent dans ses livres, ils découvriront l’aversion absolue de Peter Thiel non seulement pour le multiculturalisme et les progressistes, mais aussi un très net scepticisme à l’égard… de la démocratie ! C’est un élitiste qui prône un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par quelques-uns – des hommes, riches entrepreneurs – exaltant le progrès, la technologie, l’individu roi….

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Le débat sur l’IVG, bloqué par la morale ?

La comptabilité morale des petits-pas en écologie

effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

la morale de l’écologie

morale minimaliste (Ruwen Ogien)

pub immorale (l’information manipulée) 

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Fin de vie, Sénat et soins palliatifs

Le Sénat a rejeté, le 28 janvier 2026, la proposition de loi sur l’aide à mourir, après l’avoir vidée de sa substance une semaine plus tôt. Pourtant, ce texte est souhaité depuis longtemps par une majorité de Français.

Christine Jordis : Les sénateurs LR voulaient remplacer l’« assistance médicale à mourir » par un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Quel abus de pouvoir inacceptable est-ce là : vouloir imposer aux autres une morale qui ne dépend que de nos opinions propres ? On peut imaginer que nombre des sénateurs à une aide à mourir se recommandent d’une loi divine qui nous interdirait de mettre fin à nos jours ; autrement dit, une loi qui nous ordonnerait d’accepter une mort dite « naturelle ». « Naturelle », cette mort ? En 1740, l’espérance de vie se situait à 25 ans ; en 1810, grâce aux progrès de la médecine, à 37 ans ; aujourd’hui, à environ 80 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes. Qu’y a-t-il de naturel dans une vie aujourd’hui prolongée par les progrès de la médecine, jusqu’à nous réduire, parfois, à l’état de légumes ?

Comment accepter que notre mort ne soit qu’une basse affaire de discussion entre politiciens ? Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignants, ni aux religieux, ni aux parlementaires. Que l’on développe les soins palliatifs, certes, est une nécessité. Mais qu’on ne nous prêche pas une solidarité au pied du lit des mourants alors que la première preuve d’un tel sentiment serait de respecter la volonté de la personne concernée. Faudrait-il donc se tirer une balle dans la bouche ou se jeter par la fenêtre ? Un procédé pris dans la tranquillité d’une chambre auprès de ses proches vaut tout de même mieux que des solutions aussi extrêmes.

Quelques éléments de débat

Philippullus : La principale opposition à l’aide à mourir ne vient pas de la religion qui est bien peu respectée à l’heure actuelle par toutes les croyantes qui choisissent l’avortement. L’origine principale du blocage vient des professionnels des soins palliatifs qui parlent de compassion, mais qui en réalité veulent conserver leur gagne-pain.

Bandera : On lit : « Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignant… » Justement la majorité des soignants ne veut pas être associée à ce geste ignoble que la loi voudrait les obliger à exécuter. Exécuter au sens « propre ». La loi Léonetti est aujourd’hui suffisante. Que cette Christine Joris visionne le film Soleil vert, pour voir la société affreuse qu’elle appelle de ses vœux.

zitouni en réponse à Bandera : une majorité n’a jamais été une totalité.

Tarbes en réponse à Bandera : « geste ignoble », c’est déjà votre morale personnelle qui parle. Certains y verront un geste libérateur, et il est d’abord question de permettre aux malades de se suicider dignement. Sur la position majoritaire des soignants, d’une part j’aimerais avoir des sources fiables, d’autre part quand je serai en train de mourir dans des souffrances insupportables, comme ça arrive encore, mes soignants pourront aller s’enfoncer leurs principes bien profond, et je ne vois pas au nom de quelle morale on pourrait bloquer ma décision

Georges Serein en réponse à Bandera :Il ne s’agit pas de rendre obligatoire le suicide mais de ne plus l’interdire. Soyez rassuré !

Dufiloy en réponse à Bandera : Pourquoi avez vous si peur ? Et réellement de quoi ? De la mort elle-même ? C’est pourtant ce qui nous attend, qu’on la retarde ou non.

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Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

extraits : Les quelque 170 participants appelés à siéger à la convention citoyenne sur la fin de vie, qui s’ouvre le 9 décembre 2022 au Conseil économique, social et environnemental (CESE), vont se réunir neuf week-ends de trois jours jusqu’au 19 mars 2023 pour tenter de répondre à la question formulée par la première ministre, Elisabeth Borne : « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Les praticiens des soins palliatifs se déclarent opposés pour la plupart à une légalisation de l’euthanasie….

Remise des conclusions de la Convention citoyenne (3 avril 2023)

extraits : Dans son rapport final, la Convention citoyenne sur la fin de vie se prononce en faveur de l’ouverture, sous conditions, du suicide assisté et de l’euthanasie. Le président de la République a annoncé un projet de loi d’ici la fin de l’été.

– À 75,6% la Convention se positionne en faveur d’une aide active à mourir, considérant que le cadre légal en vigueur (loi Clayes-Leonetti de 2016) est insuffisant. Elle évoque par exemple la limite posée par la loi, dans l’état actuel, sur la pratique de la sédation profonde et continue.

– Sur la question du suicide assisté ou de l’euthanasie, la Convention se prononce pour une mise en place conjointe des deux, considérant que choisir une des deux solutions ne répondrait pas à la diversité des situations rencontrées.

– La Convention pose comme préalable que la volonté du patient soit entendue et respectée en prenant en compte sa capacité de discernement, qu’elle soit exprimée directement ou indirectement (par une personne de confiance).

– La question de l’âge à partir duquel une aide à mourir est envisageable n’a pas été tranchée….

Fin de vie, démographie et écologie (extraits)

Nous répondons à la question d’un de nos commentateurs, Michel : « Que viennent faire les écologistes (qui veulent en finir avec la vie) dans le débat politique sur le suicide assisté ? »

Réponse : Le droit à la vie n’est pas un principe intangible, il est modulable selon l’évolution de la conscience sociale et écologique. Sur une planète de 8 milliards d’êtres humains, surpeuplée, on peut s’interroger aussi bien sur les conditions de donner la vie comme sur les modalités de sa mort. Le mouvement gink (pas d’enfant pour des raisons écologiques) est une option de départ. L’interruption volontaire de vieillesse (ou de maladie) une autre en fin de course. L’essentiel dans les deux cas est de respecter la liberté de choix des personnes. Mais si on ne limite pas la population en proportion des ressources disponibles, alors il y a mortalité non désirée, famine, guerre ou épidémie comme l’a montré Malthus et l’histoire humaine….

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Nous ne croyons que ce que nous voulons croire

Lorsque des croyants découvrent que la prophétie au cœur de leurs croyances ne se réalisa pas, loin de renoncer à leur foi, ils bâtissent une explication « logique » à l’échec de leur prophétie et redoublent de ferveur. Le psychologue américain Leon Festinger, à partir de l’étude d’une secte, a défini son concept de « dissonance cognitive » : ainsi désigne-t-il l’inconfort mental que nous ressentons lorsque nous sommes confrontés à des convictions contradictoires, un malaise que notre cerveau cherche à réduire en modifiant nos croyances, voire notre interprétation des faits.

De nombreuses expérimentations, menées sur des étudiants mis en situation, ont confirmé le déclenchement d’esquives cognitives visant à retrouver une cohérence de soi lorsqu’on affronte une contradiction interne : déni, oubli, nouvelle hiérarchie de ses valeurs, etc. La théorie de la dissonance cognitive présente un modèle plutôt robuste. ll n’y a pas que les croyants en des théories fumeuses qui pratiquent la dissonance cognitive.

– Par exemple une théorie applicable à bien d’autres croyances, la technolâtrie qui sauve. Certes cette technique ne marche pas, mais une autre, plus tard, donnera bien une solution. C’est ce qui explique le nombre de friches industrielles et les fusées d’Elon Musk.

– La plupart des négationnistes du climat, on a beau leur expliquer la validité scientifique des études du GIEC, ils continueront à croire de plus belle à leurs illusions. Il suffit d’entendre Trump déclarer que le réchauffement climatique, c’est une escroquerie. Cela coupe court à toute possibilité de rationalité, et on s’empresse de contredire ou d’interdire tout ce qui va à l’encontre de la foi climato-sceptique. Quitte avec Trump, cas extrême de refus de la réalité objective, d’interdire toute information publique sur le réchauffement climatique. Casser le thermomètre est une manière de soigner sa dissonance cognitive..

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Tout savoir sur la dissonance cognitive (extraits)

Le psychosociologue Leon Festinger a appelé « dissonance cognitive » la situation de notre psyché lorsque se mettent à l’habiter deux croyances contradictoires. De ce sentiment d’inconfort, nous tendons inconsciemment vers un état de stabilité, d’apaisement, vers un état dans lequel cette tension puisse être résolue.

James Howard Kunstler : « C’est une constante de l’histoire humaine que les évolutions les plus importantes sont souvent les plus ignorées, parce que les changements qu’elles annoncent sont tout simplement impensables. On peut qualifier ce processus de « problème hors contexte », phénomène si éloigné de l’expérience des gens qu’ils ne peuvent comprendre les informations disponibles. On peut aussi l’appeler « dissonance cognitive ». La plupart des économistes orthodoxes ne reconnaissent aucune limite à la croissance projetée dans l’avenir. Otages de leur propre système, ils ne sont pas capables de concevoir une autre forme d’économie.

Stéphane Foucart emploie deux dénominations significatives de la dissonance cognitive: « schisme de réalité » et « double pensée » : « Les politiques savent que nous allons dépasser le seuil de 2°C, passage vers des perturbations ingérables. Ou bien la conscience trouve le moyen d’éviter d’y penser en participant à une mascarade nommée COP21. Il y a une telle opposition entre ce qu’on sait de dramatique et le besoin absolu de pouvoir conserver les choses en l’état qu’on veut ignorer ce qui fait mal….

Lire, La fabrique du mensonge (comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger) de Stéphane Foucart

extraits : Qui considère que le changement climatique d’origine anthropique est une réalité ? Toutes les grandes sociétés savantes compétentes. Ce consensus de la communauté scientifique se cristallise dans les rapports du GIEC qui rassemblent des milliers d’études publiées sur le sujet. En dépit de cela, le discours climato-sceptique fait florès. Comment une telle dissonance cognitive, ce hiatus entre ce que nous croyons et ce que nous savons, s’est-elle construite ? Les entreprises incommodées par la question climatique ont eu massivement recours à une galaxie de think tanks qui ont propagé dans la sphère publique un discours pseudo-scientifique. Pour insinuer le doute.

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Peter Thiel à l’Académie morale et politique ?!?

Peter Thiel est l’exemple type des riches affairistes pauvre d’esprit qui croient qu’ils pensent des vérités alors qu’ils font preuve de confusion mentale. Il est en bonne compagnie avec Trump, Elon Musk, Vance, etc. Démonstration.

« Dans ma vie privée, je suis un chrétien orthodoxe modéré et un humble libéral classique, avec une seule déviation apparemment mineure par rapport à l’orthodoxie libérale classique : je m’inquiète de l’Antéchrist. » C’est ainsi que Peter Thiel a prévu de se présenter devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en groupe de travail pour plancher sur « l’avenir de la démocratie ».

C’est plutôt un libertarien de la plus belle eau, cette idéologie en vogue aux Etats-Unis qui place la liberté individuelle au-dessus de tout, celles des puissants. Il prône un capitalisme dérégulé ce qui arrange ses affaires, il est le cofondateur système de paiement en ligne PayPal. Paradoxalement il prône un État minimal, voire inexistant, alors que son entreprise Palantir Technologies est un géant de l’analyse des données pour les gouvernements .

Si les académiciens plongent dans ses livres, ils découvriront l’aversion absolue de Peter Thiel non seulement pour le multiculturalisme et les progressistes, mais aussi un très net scepticisme à l’égard… de la démocratie ! Certaines catégories d’individus sont faites pour diriger les autres. C’est un élitiste qui prône un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par quelques-uns – des hommes, riches entrepreneurs – exaltant le progrès, la technologie, l’individu roi. La monarchie est le meilleur des régimes, soutient-il dans son essai De zéro à un. « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles », dit-il. Pour faire bon poids, il date cette incompatibilité du moment où les femmes avaient obtenu le droit de vote. Il achève ainsi de dessiner sa société idéale : censitaire et masculine.

Bien entendu il déteste les écologistes. L’Antéchrist d’aujourd’hui, selon Thiel, ce sont tous ceux qui s’alarment du changement climatique, jouent de la peur d’une guerre nucléaire ou de la volonté de réguler écrans et réseaux sociaux pour promouvoir l’avènement d’un « gouvernement mondial »

Le point de vue des écologistes étonnés

JMR : Thiel parle de L’antéchrist en spécialiste : il a lourdement contribué à l’amener au pouvoir aux États-Unis

Luc D. : Une société qui serait libérale, entrepreneuriale, censitaire masculine, ultra catholique, ce n’est pas très moderne. Ça évoque plutôt la Restauration et les travers de Charles X, qui n’a pas fait long feu. Mais bon, peu d’Américains sont capables de situer la France sur la mappemonde,

DenisP : Un libertarien ? Amusant que ce renversement des valeurs. Un fasciste oui.

Klaatu Vanuatu : La liberté est une notion qui se conjugue avec la responsabilité. Elle n’a rien à voir avec le suprématisme et le règne de la force et de l’arbitraire. Ces libertariens sont des prédateurs avides qui rêvent de puissance et richesse illimitée, autrement dit ils représentent le pire de l’espèce humaine qui a conduit à tant de catastrophes. Voir ce genre d’idées honorées au sein de l’Académie donne envie de vomir.

Asso.rap : Attention de ne pas se fourvoyer, Peter Thiel n’est pas pour « un Etat minimal, voire inexistant ». Il veut couper en deux l’État, d’un côté un super-Etat sécuritaire, autoritaire, sinon fascisant, et de l’autre l’extinction de tout État régulateur, social. Bref la suppression de la démocratie pour rétablir la royauté ou l’Empire.

Shlomo : Après avoir lu le compte rendu du Guardian concernant les conférences de M. Thiel sur l’Antéchrist, je peux dire que ce monsieur n’a même pas le niveau d’un étudiant de première année de théologie. C’est affligeant de superficialité, on atteint le degré zéro de l’exégèse.

Draftdudal : Curtis Yarvin, Nick Land, Peter Thiel, Marc Andreessen, JD Vance. Il faut lire leurs idées toxiques pour mieux les combattre. Elles sont dangereuses, extrêmement bien financées et dans les cercles du pouvoir américain. Au premier contact je les ai balayées d’un revers les trouvant farfelues, nauséabondes et marginales. Mais c’est une erreur car elles sont déjà en action violente, par exemple dans la tronçonneuse du DOGE, dans le logiciel de traçage de la population de ICE, dans le plan pour Gaza, dans l’opération Groenland…

César Bistruk : Quel hypocrite ! Il croit tellement peu au réchauffement climatique qu’il a acheté une énorme propriété en Nouvelle-Zelande, au lac Wanaka avec rivière, etc. Il s’est fait construire son bunker-palace, et a obtenu la nationalité neo-zélandaise. Avec ces types, c’est fermez la porte après moi et laissez crever les autres.

Euskabelga : Les paradoxes de l’extrême droite sont fascinants. Peter Thiel est un immigré aux USA mais conspue l’immigration, il déteste l’État mais Palantir ne vit que de la commande publique, il est homosexuel mais il s’allie à des fondamentalistes chrétiens qui ne seraient pas contre de le jeter au bûcher …

CastrateurDeBetteraves : Pour quelqu’un qui croit à la vie éternelle, il a pris un sacré coup de vieux. Prochaine étape: comment profiter de la vie éternelle quand on a été un vieux débris ratiocinant.

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L’éducation, nourrir, conduire vers, élever

L’éducation aujourd’hui échappe au système scolaire. La socialisation se fait maintenant de préférence par l’échange entre pairs, les adultes, y compris les parents, deviennent marginaux dans la transmission des savoirs. Le contenu gobé par les jeunes résulte des réseaux sociaux, là où les fantasmes circulent mieux que l’énoncé des réalités. Pourtant une école sans prise de conscience systémique nous prépare au pire.

Sylvain Wagnon : Sans horizon éducatif partagé, il ne peut y avoir de projet démocratique durable. Tout indique que nous avons basculé dans une nouvelle période historique, marquée par le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la montée des inégalités, l’accélération numérique et la fragilisation du lien social. Pourtant, nos systèmes éducatifs continuent à fonctionner comme s’ils étaient encore au cœur de l’ère industrielle. Nous persistons à transmettre un rapport au monde fondé sur l’abondance, la croissance infinie, la spécialisation technique et la compétition individuelle. Nous préparons les élèves à entrer dans un monde stable, hiérarchisé et prévisible, alors même que ce monde est déjà derrière nous. Ce décalage, devenu structurel, est l’un des grands impensés de notre époque.

L’éducation constitue aujourd’hui l’angle mort de la transition écologique. Pourtant, aucune transformation structurelle ne pourra réussir si elle n’est ni comprise, ni appropriée, ni portée par les générations actuelles et futures. Il s’agit de permettre aux élèves de comprendre les interdépendances du vivant, d’apprendre à habiter un monde de limites, d’articuler savoirs et engagement, et de réconcilier l’éducation avec le vivant et les territoires. Former à la coopération plutôt qu’à la compétition, former à la pensée complexe plutôt qu’à la simplification, former à la sobriété, à la nuance, à l’esprit critique, à la justice sociale et à la compréhension du monde vivant, et former des citoyens capables de débattre, de décider et d’agir collectivement constituent des choix décisifs pour l’avenir. L’avenir se joue dans les salles de classe autant que dans les Parlements.

Michel Sourrouille : D’accord Sylvain, il faut préparer les élèves à la décroissance économique et démographique, à une consommation où il faudra se contenter de l’essentiel, l’expression  « j’ai envie » deviendra obsolète0 Nous arrivons bientôt à une société où il n’y aura plus du tout de voiture individuelle, la désurbanisation sera au moins aussi importante que l’exode rural antérieur, sans oublier la nécessaire démilitarisation alors qu’on voudrait faire de nos enfants de futurs soldats. Il faut que les générations qui arrivent sachent dès le plus jeune âge que la société d’abondance à crédit est derrière nous… mais qu’il y a de la joie à avoir des relations conviviales avec les copains et les copines en se baladant dans la forêt profonde et en cultivant le jardin collectif.

Tollbine : Nous ne préparons pas du tout les jeunes aux défis de demain, que dis-je, d’aujourd’hui. Quand il y avait le mouvement Fridays for Future, j’avais un moment d’espoir. Plus maintenant. Certes, les programmes abordent des questions écologiques mais quasiment toujours sous l’angle d’hypothétiques solutions techniques. L’éducation nationale se contente d’actions purement symboliques (faire une vidéo sur le cycle de l’eau…). Dans ce contexte, mon métier de prof s’est vidé de son sens. J’ai l’impression de faire de la figuration. Je regarde cette génération qui avance aveuglément vers un avenir plus qu’un incertain avec compassion et inquiétude.

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Une autre éducation des lycéens est possible

extraits : Selon le cardinal de Richelieu, apprendre à lire, écrire et compter « remplit le pays de chicaneurs propres à ruiner les familles et troubler l’ordre public, plutôt qu’à procurer aucun bien ». Les jeunes d’aujourd’hui ont pourtant appris à lire, écrire ou compter, mais ce fut seulement pour se mettre au service de la révolution industrielle. Comment faire autrement ? A ma modeste échelle, j’ai fait ce que je pouvais. Professeur de sciences économiques et sociales (SES) en lycée pendant près de 40 ans, j’ai essayé de montrer ce qu’éduquer veut dire….

L’écologie, axe central de l’éducation scolaire

extraits : Nous sommes tous écolos même si nous n’en avons pas encore conscience. Nous devons en effet apprendre notre dépendance à l’égard des écosystèmes et devenir les sages garants de notre mère Nature. Mais l’école officielle se contente du « lire-écrire-compter » et de l’accumulation des diplômes.la pensée illichienne est plus que jamais d’actualité. Les questions d’éducation sont posées d’une manière qui reflète fidèlement le fonctionnement social et économique que l’écologie dénonce : plus, c’est forcément mieux, avec à la clé une « politique de l’indice » (50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur par exemple) sans retour réflexif sur une mise en avant des bénéfices individuels… L’école est victime d’une logique de compétition….

Scolarité, l’éducation à l’écologie absente

extraits : Surtout pas de catastrophisme dans l’éducation nationale : « La prise de conscience des questions environnementales, économiques, socioculturelles doit, sans catastrophisme mais avec lucidité, aider les élèves à mieux percevoir l’interdépendance des sociétés humaines avec l’ensemble du système planétaire et la nécessité pour tous d’adopter des comportements propices à la gestion durable de celui-ci (circulaire de juillet 2004, rubrique EEDD, éducation à l’environnement et au développement durable). » Un adepte de la pédagogie de la catastrophe fait-il preuve de lucidité ? Ce n’est pas faire du catastrophisme (termes du texte officiel) que de montrer la réalité aux jeunes que nous éduquons (épuisement des ressources fossiles, choc climatique, stress hydrique, perte de biodiversité… sans compter le poids des dettes que nous léguons en France aux générations futures. La catastrophe va bientôt sonner à notre porte parce que nous aurons été beaucoup trop mous pour s’engager dans une autre voie qu’un croissancisme mortifère. Mais chut, il ne faut pas le dire aux élèves. L’histoire des textes officiels en dit long sur la difficulté de l’école à enseigner la transition écologique….

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Bernard Arnault, académicien de pacotille

Ainsi va notre système sclérosé. Bernard Arnault, président-directeur général (PDG) du groupe Louis Vuitton-Moët Hennessy (LVMH), numéro un mondial du luxe, a été installé le 12 janvier 2025 à l’Académie des sciences morales et politiques. Son épée – élément du rituel codifié de l’Institut de France –, a été conçu pour la Fondation Louis Vuitton. L’habit vert a été réalisé par Dior, une des marques du groupe LVMH. Étaient présents parmi les invités le milliardaire Vincent Bolloré, le président d’honneur de Publicis, Maurice Lévy et Pharrell Williams, directeur artistique des collections homme de Louis Vuitton. Que du beau monde.

L’Académie est censée œuvrer dans le champ des sciences humaines et sociales. Elle constitue théoriquement un organe de réflexion interdisciplinaire. Sur l’enseignement des SES au lycée, elle écrivait pourtant dans un rapport (2008) : « La multidisciplinarité ne convient pas aux besoins de l’enseignement, particulièrement au niveau du lycée – pas plus qu’on ne saurait, par exemple, recommander la fusion des enseignements de chimie et de sciences de la vie au prétexte que les deux disciplines fournissent des visions complémentaires des phénomènes biochimiques … L’idée de ‘regards croisés’, mêlant des approches diverses et souvent divergentes, paraît dangereuse, dans la mesure où elle gêne l’acquisition de compétences spécifiques, et conduit naturellement à un relativisme néfaste. » Aucun membre de la section « morale et sociologie » n’avait été associé à ce rapport sur les SES (sciences économiques ET sociales) au lycée.

On ne connaît à cette Académie qu’une pensée profonde : en 2013, elle se positionne contre la légalisation du mariage pour tous. En résumé :

– Comment peut on concilier morale et optimisation fiscale ?

La production intellectuelle d’Arnault dans les domaines de l’académie est bien connue.

– Bientôt Sarko à l’Académie Française, Trump au Nobel et pour Dati la médaille Fields.

– Qu’on ne nous fasse pas croire que ce n’est pas une oligarchie / ploutocratie donc.

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Faut-il avoir peur de la nature ?

Jeudi 8 janvier 2026 à l’Académie du climat (Paris)

Rencontre autour de l’œuvre de François Terrasson

organisée par les JNE (Journalistes-écrivains pour la Nature et l’écologie)

Quelques textes introductifs

Apprivoiser sa peur

(extraits) François Terrasson, je l’ai rencontré lors de voyages JNE à Johannesburg (NDLR 2002) et puis en Guyane (2004). J’aimais sa façon de décrypter nos rapports à la nature, le penchant humain de vouloir la maîtriser coûte que coûte et la nécessité de laisser des espaces libres de toute intervention humaine. Je me souviens quand il est arrivé chez moi dans sa vieille Lada par une journée printanière.  Nous sommes partis sur les chemins forestiers repérer les lieux qui soient suffisamment isolés les uns des autres, pour y déposer les journalistes prêts à tenter l’expérience :  passer une nuit seule au milieu de nulle part, sans téléphone et lampe, juste un duvet …  Chemin faisant, François Terrasson me faisait l’éloge des mousses, des ronces et du rôle primordial de la lisière pour la faune et la flore. François Terrasson, au-delà de ses livres, nous a transmis une expérience sensuelle de la nature….

Myriam Goldminc

Une nuit en forêt

(extraits) Quand j’entre dans la forêt, presque malgré moi, à la lisière entre le clair et l’obscur, je m’incline. Mes genoux cèdent et ma tête se courbe. Comme lorsque j’entre dans une église. Plus sûrement que dans une église. Je salue et je deviens silence…. La nuit, bien sûr, c’est encore plus fort. Il n’y a plus de place à la triche. Je suis livrée à moi-même, sans autre alternative que de m’y réfugier. C’est alors que commence la véritable rencontre… L’obscurité s’intensifie, l’air devient plus coupant et le silence plus dense. Comme derrière le rideau qui vient de tomber sur la scène, tout s’anime : les arbres s’étirent et changent de forme, les animaux sortent de leur cachette, le chevreuil ose une échappée dans la clairière, les sangliers labourent la terre à la recherche de nourriture et moi, je m’immisce plus avant dans les profondeurs. Je ne reconnais plus rien. Les distances, les reliefs, les sons… Je deviens forêt. C’est un réveil en cascade des sens, un feu d’artifice qui se propage de cellule en cellule….Il n’est à mon sens pas d’exercice d’écologie et de réconciliation plus puissant, de communion plus intense, que cette immersion inconditionnelle dans le ventre de la nature….

Christine Krystof-Lardet

« La peur de la nature » de François Terrasson

Quelques extraits significatifs du livre de François Terrasson paru en 1988, La peur de la nature (éditions Sang de la Terre).

(extraits) La Terre n’est pas la planète des hommes. Pendant des centaines de  millions d’années, d’autres êtres vivants ont occupé les lieux où se trouvent maintenant nos maisons, nos lits et nos chaises (p. 15).

La nature, c’est ce qui existe en dehors de toute action de la part de l’Homme. Conserver  la nature ce sera, plus que préserver telle ou telle espèce, parvenir à maintenir l’impression sensibles que nous éprouvons en face de tout ce qui n’est pas d’origine humaine (p. 28-29).

L’expérience du désert ne se raconte qu’en récusant les mots qui servent à le faire. Il n’y a personne, il n’y a trace de personne, rien qui rappelle l’existence de l’homme et de sa civilisation (p. 34-35).

Nous sommes hommes, mais nous pourrions être aussi bien blaireau, pierre ou serpent (p. 83).

La sorcière nature n’a que faire de notre regard, qu’on la voie comme une vieille terrifiante ou comme une belle jeune fille, elle s’en contre-fout, puisqu’elle est les deux et bien plus encore (p .119)….

Michel Sourrouille

L’intégralité du dossier

https://www.jne-asso.org/category/dossiers/dossier-francois-terrasson/

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Malala Yousafzai, résister n’a ni âge, ni sexe

Malala Yousafzai, rescapée d’un attentat taliban en 2012 et Prix Nobel de la paix en 2014, à 17 ans seulement. Cette Pakistanaise est devenue non seulement un symbole de la lutte pour l’éducation des filles, mais une hymne à la capacité de résistance à l’injustice de certaines personnes, trop rares dans une société de pantins adeptes de la soumission volontaire. Puisse l’exemple de Malala servir d’exemple à suivre.

Malala Yousafzai : En 2007, les talibans étaient descendus des montagnes pour prendre le contrôle de notre ville. Ils ont exécuté dans la rue des musiciens, des enseignants. Ils ont interdit tous les divertissements, imposé la barbe aux hommes, interdit aux femmes de quitter leur foyer sous peine d’être tuées ou aspergées d’acide. Et ils ont annoncé que les filles n’auraient plus le droit d’aller à l’école. Ça m’a glacée d’effroi. J’ai décidé, à 11 ans, de revendiquer publiquement mon droit à l’éducation et de devenir activiste. J’ai écrit un blog pour la BBC afin de raconter mon quotidien.

Au Pakistan, j’ai connu tant de fillettes arrachées à l’école et mariées de force. J’ai vu mes tantes encombrées d’enfants vivre dans la dépendance de maris. Les mères sont trop terrifiées par les horreurs qui peuvent arriver aux filles lorsqu’elles se rebellent et s’écartent de la tradition : une jeune fille empoisonnée par sa famille pour avoir regardé trop longtemps un garçon dans la rue, une femme étranglée pour avoir fui un mari violent, une autre, abattue par son père qui avait vu une photo d’elle sur Facebook. Pas étonnant que ma mère ait été obsédée par le strict respect des normes sociales.

Un jour, je lui ai demandé à quoi elle rêvait quand elle était jeune. « Un mari compréhensif qui me permettrait d’aller parfois en ville manger un kebab », a-t-elle répondu. J’ai dit : « Maman ! Je te parle d’un vrai rêve ! Qu’est-ce que tu voulais être ? » Mais il n’y avait pas de réponse. Et c’est là que j’ai compris, avec douleur, que des générations de femmes n’avaient jamais eu la possibilité d’espérer autre chose que la sécurité, en priant pour que leur belle-famille ne soit pas trop atroce. L’année de mes 15 ans, un homme armé est monté dans le bus scolaire et il m’a tiré une balle dans la tête à bout portant. Je suis sortie du coma en Angleterre, une semaine plus tard. Le vrai courage, c’est de continuer d’agir… surtout si on a peur.

Le point de vue des écologistes féministes

L’Islam n’est pas la seule idéologie à valoriser l’inégalité des sexes. En France depuis le code civil de 1804, la femme mariée était juridiquement mineure et devait obéissance à son mari en tous points. Marie Curie est la première femme titulaire d’un doctorat de science, ses recherches sur l’origine de la radioactivité lui vaudront le prix Nobel de Physique en 1903, puis de chimie en 1911. Malgré cela, l’Académie des sciences refusera de lui ouvrir ses portes !

Ce n’est qu’en 1907, plus de 100 ans après le code Napoléon, que la femme est autorisée en France à disposer de son salaire ; ce n’est qu’en 1924 qu’il y eut une unification des programmes du baccalauréat masculin et féminin ; ce n’est qu’en 1944 que la femme obtient le droit de vote ; ce n’est qu’en 1965 qu’elle acquiert le droit de travailler sans l’autorisation de son mari ; ce n’est qu’en 1970 que la référence au chef de famille, le père, est supprimée pour être remplacée par l’autorité parentale conjointe.

L’évolution sociale dépend de l’instauration d’un rapport de force, depuis Olympe de Gouges en 1791 en passant par le mouvement des suffragettes (organisation créée en 1903 pour revendiquer le droit de vote pour les femmes au Royaume-Uni) et le MLF (mouvement de libération des femmes après 1968 en France) jusqu’aux chiennes de garde et « ni putes ni soumises ». Résister à l’injustice n’a ni âge, ni sexe.

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Biosphere-info octobre 2017, féminisme et écologie

extraits : Dans un contexte de dénonciation du harcèlement machiste, de discours contradictoires sur « le genre » et de controverses sur l’écriture « inclusive », il paraît opportun de faire le point sur le féminisme. La tache est d’autant plus difficile que notre nature sexuée, homme ou femme, ne dit rien sur notre identité socialement construite. C’est là l’impasse du discours écologiste, l’homme et la femme peuvent s’affranchir des lois de la nature….

Androgynie, cad totale égalité des sexes

extraits : Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, est normalement l’exact contraire du séparatisme des sexes. Il n’y a pas d’éternel féminin, il y a des cultures diverses qui produisent telle ou telle image de la femme. Les parents sont les premiers responsables d’une différenciation des rôles injustement fondée sur une différence biologique. Car un bébé a un comportement totalement androgyne. Le cri primal, le sevrage se déroulent de la même manière. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Ils explorent leurs corps avec la même curiosité et la même indifférence, ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs, ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant. Jusqu’à douze ans, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Mais au lieu de contribuer à une véritable égalité entre l’homme et la femme, notre société actuelle a inventé les quotas de la parité politique ! On soutient le féminisme différentialiste au détriment du féminisme universaliste….

Féminisme, on ne naît pas femme…

extraits : C’est avec Jean Rostand à 22 ans que je découvre en 1970 la diversité sociologique du statut de la femme. Chez les Arapesh, il existe un seul type sexuel de comportement social qui correspond au type féminin des nations occidentales. Chez les Mundugumor, c’est la référence masculine qui est privilégié par les deux sexes. Quant aux Tchambuli, nous retrouvons les deux catégories, mais inversées par rapport aux société machistes. Je trouve à la même époque ce constat chez François de Closets : « Jamais un journal féminin n’abordera un sujet scientifique ou technique. En revanche, on abreuvera les lectrices de psychosociologie. Ainsi se crée un conditionnement culturel qui incite insidieusement les filles à se détourner des sciences exactes et à se tourner vers les humanités, le droit ou les sciences humaines. »….

Le genre et le sexe, des différences aux inégalités

extraits : Le parti écolo EELV s’intéresse aux choses du sexe, il avait programmé en 2013 lors de ses journées d’été à Marseille l’atelier « le genre pour les nuls ». Le titre était alléchant, nous y avons envoyé un correspondant. Première grosse surprise, nous nous attendions à un public d’homos, de trans et de bi. Que nenni, était venu le tout-venant des écolos. Deuxième surprise, nous n’avons pas du tout parlé de sexualité, mais des inégalités des rôles masculins et féminins dans une tradition toujours bien présente, même en France. L’intervenante, Céline Petrovic est la délégué thématique « genre, sexe et société » d’EELV, mais aussi docteure en sciences de l’éducation. Nous avons donc eu un débat très interactif sur la sociologie du genre. Ce terme est défini comme un concept réaliste et pas du tout comme une « théorie » : c’est un système, une construction sociale qui résulte d’un apprentissage et non d’un déterminisme génétique, inné…..

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Laïcité, la loi du 9 décembre 1905

Une république sans laïcité n’est pas une république, une chose commune à tous et toutes. 120 années sont passées. Pierre angulaire de la laïcité, bien que ce mot n’y figure pas, la loi « concernant la séparation des Eglises et de l’Etat », promulguée en France le 9 décembre 1905, a consacré la liberté de conscience, le libre exercice des pratiques religieuses et le non-financement des cultes par l’État. Le mot « laïc » est apparu au XIIIe siècle et d’usage rare jusqu’au XVIe siècle ; il désigne les personnes (et les choses) qui ne sont pas de condition religieuse (prêtres, religieux). Contrairement aux idées reçues, le concept de laïcité a été développé par des penseurs d’obédiences variées. Ainsi, Averroès, philosophe et théologien musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, est considéré comme l’un des pères fondateurs de la pensée laïque.

éditorial du MONDE : La loi de 1905 affirme la prééminence des lois de la République sur les préceptes religieux répliquent à ceux qui voudraient inverser cette hiérarchie. Le pape Pie X avait alors qualifié le texte de « profondément injurieux vis-à-vis de Dieu ». Pourtant, l’application libérale du texte allait solder le contentieux historique des guerres de religion, permettant aux croyants de toutes obédiences et aux non-croyants de vivre en paix. C’est la conquête d’une liberté fondamentale – celle de croire ou de ne pas croire. Ce texte est l’ultime garant de la possibilité pour ce pays, où cohabitent chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques et non-croyants, de vivre en bonne intelligence.

Le point de vue des écologistes laïcs

– L’Insee montre qu’en 2019‑2020, 51% des 18‑59 ans en France métropolitaine se déclarent « sans religion » . La loi protège la foi mais la foi n impose pas sa loi. Cela résume assez bien l’esprit du droit français de la laïcité.

– Qui s’offusquait, il y a 60 ans, des soutanes des curés et des cornettes des bonnes sœurs ? A Marseille, deux jeunes femmes discutaient dans un café à côté de moi. L’une était habillé « à la musulmane », l’autre comme les influenceuses à la mode. Chacune faisait à sa manière. Le mot TOLÉRANCE est consubstantiel à la loi de 1905. Utiliser le voile pour faire du racolage électoral me révulse.

– La loi de 1905 prévoyait la constitution d’associations cultuelles pour reprendre l’entretien des lieux de cultes. L’église catholique s’y est refusée. Une loi de 1907 à donc transféré la propriété des lieux de culte à la puissance publique, l’état pour les cathédrales et les communes pour la majorité des églises. Le contribuable participe donc de fait à leur entretien , sans pouvoir imposer leur désacralisation.

– Certains catholiques ont un problème avec la laïcité, ils espèrent bien revenir à l’époque où la France est un royaume franc en préparation d’une croisade contre les sarrasins.

– De trop nombreux musulmans font passer la loi d’Allah avant celle de la République. Cela aurait fait hurler la gauche de l’époque mais celle d’aujourd’hui préfère s’en accommoder , voire même de s’accoquiner avec les islamistes !

– L’islam est la première religion à avoir accepté la loi et le statut prévu par la loi de 1905. La religion catholique l’a toujours refusé.

– Un sondage, nous indique que 40 % des musulmans mettent la charia au-dessus des lois de la république,

– Pour s’opposer publiquement au retour d’un prosélytisme religieux virulent, parfois un peu paranoïaque, il faut pourtant risquer la mort ou devoir vivre sous protection policière !

– La leçon de 1905 ; c’est que toute religion est mauvaise. Mais il faut les tolérer tant qu’elles ne sont pas toxiques.

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Laïcité, un écologiste ne peut être que pour

extraits : Le mot « laïque » veut dire « qui appartient au peuple », c’est-à-dire « qui n’appartient pas au clergé ». La laïcité est un principe juridique selon lequel l’État n’exerce aucun pouvoir religieux, et les Eglises aucun pouvoir politique. Cette idée de laïcité est née progressivement à la suite des guerres de religion entre catholiques et protestants au XVIe siècle. Pour y mettre un terme, Henri IV reconnaît avec l’édit de Nantes en 1598, la liberté de conscience dans tout le royaume de France, la liberté de culte en certains lieux, l’égalité civile. Cette situation, unique en Europe, dure jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ; on retourne à la conception commune : un roi, une foi, une loi. Mais ce retour à la tradition est contesté par les philosophes des Lumières et l’état civil est rendu aux protestants en 1787…

Laïcité, le pape François n’est pas pour !

extraits : En choisissant la Corse en 2024 pour son troisième voyage en France, le pape François a réitéré un message de méfiance à l’égard du modèle laïque français. Plaidant en faveur d’une « saine laïcité », qui ne soit « ni statique ni figée, mais évolutive et dynamique », en bref souple « à la corse », le pape François a ainsi réitéré, sous une forme atténuée, la critique qu’il a déjà exprimée d’une laïcité française à la « coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte » conduisant, selon lui, à présenter les religions « comme une sous-culture ». Le pape François, en posant d’emblée le principe laïque comme un dogme figé, tend à conforter les tenants de la conception qu’il entend dénoncer, celle qui fait de la laïcité une arme antireligieuse et non un vecteur de liberté pour chacun, essentiel au vivre-ensemble....

Nudité ou burkini en piscine, notre liberté

extraits : Nudité en piscine ou burkini, peu importe du moment qu’on pense que la tolérance des autres pratiques vestimentaires est une marque du savoir-vivre ensemble dans un système qui se veut démocratique, et donc laïc… C’est cet idéal que nous défendons sur ce blog biosphere, un idéal qui nous veut proche de la nature ; se baigner dans le plus simple appareil, sous la douche ou dans une piscine, nous semble normal et indiscutable. Mais comme nous nous compliquons l’existence, on se laisse aller à des controverse qui nous éloignent de l’essentiel…

Comparaisons internationales,

la France reste le seul pays vraiment laïc

Allemagne : Selon la Constitution de Weimar, reprise à l’identique par la Loi Fondamentale de 1949, l’instruction religieuse est une matière ordinaire enseignée dans les écoles publiques, dans la plupart des länder. Les parents ou les élèves de plus de 14 ans peuvent décider de ne pas suivre ces cours de religion, mais la plupart des länder imposent alors, en remplacement, que les élèves suivent des cours d’éthique ou de philosophie.

Brésil : Dès l’accession du pays à l’indépendance, en 1822, la liberté de conscience et de culte est affirmée. Mais la religion catholique reste encore religion d’État.C’est la Constitution républicaine de 1891 qui organise la séparation des Églises et de l’État.

Canada : une laïcité implicite, reposant sur une abstention financière de l’État à l’égard des Églises, la liberté de conscience et de religion étant, par ailleurs, garantie. L’existence d’un attachement au respect des libertés individuelles, et notamment de la liberté religieuse.

Royaume-Uni : L’Église anglicane reste l’Église “établie” d’Angleterre, un statut hérité de la Réforme initiée par Henri VIII au XVIe siècle. Concrètement, cela signifie que l’Église et l’État ne sont pas juridiquement séparés. Le couronnement à l’abbaye de Westminster du roi Charles III, le 6 mai 2023 : une cérémonie sacrée, au cours de laquelle le souverain a été officiellement investi chef de l’Église d’Angleterre par l’archevêque de Canterbury.

Turquie : La Constitution de 1924 proclame que « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et révolutionnaire ». Elle institue la liberté de conscience et de culte. La dernière constitution, œuvre des militaires en 1982, continue d’évoquer le caractère « démocratique, laïc et social » de la Turquie. Or, la laïcité turque ne se fonde ni sur un principe de séparation, ni sur une réelle neutralité de l’État. Elle repose sur l’existence d’un islam national sunnite, placé sous le contrôle d’organismes directement rattachés au premier ministre. Les imams sont salariés par l’État.

USA : Selon le premier amendement, « Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice ». La prière demeure interdite dans les écoles publiques. Mais la plupart des constitutions des cinquante États fédérés font une référence explicite à Dieu.

cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Peut-on considérer que la nature, c’est Dieu ?

Nous avons posé cette question à Perplexity, l’IA qui se réfère aux articles du MONDE. Voici sa réponse :

« On peut considérer que la nature, c’est Dieu, selon certaines philosophies comme celle de Spinoza, pour qui « Dieu, c’est la Nature. Pas de différence, l’un et l’autre s’équivalent » (Deus sive Natura, dieu c’est-à-dire la nature). » Cette vision, appelée panthéisme, identifie Dieu à la totalité de la nature. Chez Spinoza, chaque événement découle nécessairement des propriétés intrinsèques de la substance infinie, sans volonté libre, ni pour Dieu, ni pour l’homme. Dieu n’est plus un esprit séparé du monde, mais l’univers lui-même, dont tout ce qui existe fait partie. Cette vision rompt avec les conceptions traditionnelles de Dieu comme transcendance séparée, et rapproche la divinité de la réalité physique universelle.

Cependant, dans les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), Dieu est considéré comme extérieur à la nature, qui lui est subordonnée : « Dans les monothéismes abrahamiques, Dieu est en dehors de la nature et celle-ci lui est subordonnée ». La nature y est vue comme une création de Dieu, mais distincte de lui.

En résumé, assimiler la nature à Dieu dépend du cadre philosophique ou religieux adopté : c’est une thèse centrale du panthéisme, mais elle est rejetée par la plupart des religions monothéistes.

À lire pour réfléchir :

1182 ASSISE (Saint François d’)

extraits : François d’Assise a réalisé que toute la création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Il invite alors tous les humains non seulement à l’amour mutuel, mais aussi au respect de notre mère la Terre, notre sœur la Lune et notre frère le Soleil. Ainsi François devient-il le plus grand révolutionnaire de l’histoire parce qu’il détrône l’humain de son rôle de monarque dans la Nature et proclame le respect de toutes les créatures terrestres. Le texte officiel de canonisation en 1979 souligne que la nature est un don de Dieu fait aux humains, ce qui montre que l’Eglise n’a toujours pas compris le message d’humilité vis-vis de la Nature que propageait François….

1729 Mémoire des pensées et des sentiments de Jean MESLIER

extraits : Fin juin 1729 meurt dans son presbytère Jean Meslier, curé d’Etrépigny (Ardennes) de 1689 à 1729 ; sur la table, une lettre qui exhorte ses confrères les curés à déserter : « Je m’assure que si vous suivez bien les lumières naturelles de votre esprit, vous verrez au moins aussi bien que moy que toutes les religions du monde ne sont que des inventions humaines, et que tout ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige de croire, comme surnaturel et divin, n’est dans le fond qu’erreur, que mensonge, qu’illusions et imposture. » Jean Meslier rejette la religion pour mettre à la place une conception matérialiste très contemporaine : « Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l’existence d’un Dieu? Sur la beauté, l’ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un Dieu invisible et inconnu comme créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d’attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c’est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu’on attribue à un Dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle ?….

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Tout savoir sur l'(in)existence de Dieu (extraits)

BD : « La matière n’a absolument pas les attributs de Dieu, Dieu est esprit et la matière est … matérielle. »

Biosphere : La bible (ou le Coran) nous dit que Dieu existe, mais ce sont des feuilles de papier bien matérielles qui l’affirment sans aucune preuve à l’appui. Or l’esprit est bien matière, la conceptualisation est l’œuvre de notre cerveau humain, un organe qui phosphore aux phospholipides. Ce cerveau peut imaginer beaucoup de choses, le Saint-Esprit qui scelle l’union entre le Père et le Fils… On peut mettre les traits d’esprits à toutes les sauces. Quant à la matière, elle a bien les attributs de dieu, l’infinité et l’éternité…

L’existence de dieu ? On s’en contrefout !

extraits : Un jour encore enfant, je me suis enhardi pour demander à un prêtre s’il croyait personnellement à l’enfer. A sa réponse évasive et son air constipé je savais dorénavant ce qu’il fallait savoir : on me racontait des histoires. J’étais devenu plus méfiant. Depuis j’ai multiplié les questions et confronté les réponses ; on ne se pose jamais assez de questions, on ne nous fournit jamais suffisamment d’éléments pour trouver nous-mêmes les réponses. La critique de la religion a été la première marche de l’autonomie de ma réflexion et le fondement de tout mon écologisme à venir. Mais certains ne se posent pas de question. On les appelle « les croyants »….

Dieu à l’épreuve de l’écologie scientifique

extraits : Dieu ne dit rien par lui-même, ce sont toujours des humains qui disent que dieu leur a dit. Comme les religions monothéistes ont été inventées à une époque où on croyait la terre sans limites, il n’y avait donc aucune mention dans les interprétations des textes sacrés d’une quelconque préoccupation écologique. Dans « La Science, l’épreuve de Dieu ? », le théologien François Euvé interroge les rapports entre la science et la foi. Si les deux doivent entrer en dialogue, il invite à ne pas confondre leur domaine respectif….

Écologie, le droit d’emmerder Dieu 

extraits : Pour Karl Marx, toute critique commençait par la critique de la religion : « Religion, opium du peuple » ! Il ne faut voir dans la bible et le coran qu’imagination humaine, poison de notre pensée. Les religions du livre font référence à un dieu abstrait, invisible, indéchiffrable. Alors ce sont des humains qui interprètent la parole de « dieu » pour imposer aux autres leur propre conception de l’existence. Impossible de s’entendre, on sacralise des arguments d’autorité, on jette l’anathème sur les infidèles ou on les massacre puisqu’on n’a pas d’argument rationnel pour les convaincre. Cependant aucune société ne peut vivre sans une certaine forme de religion. Mais ma spiritualité, ce qui est sacré à mes yeux, c’est le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes. Ni la bible, ni le coran, il nous faut lire dans le livre de la Nature l’amour de toutes les formes de vie….

Libéralisme économique, le marché est Dieu

extraits : Derrière le jargon de l’économie libérale, on retrouve une mythologie des origines, des récits de déchéance et même une doctrine du péché et de la rédemption. Avec, au pinacle de cette « nouvelle théologie », la figure du marché, son mystère et la révérence qu’il inspire. Le lieu de la rencontre entre l’offre et la demande, ce mécanisme théorique qui détermine les prix et la distribution des richesses devient une entité transcendante. Le dieu Marché prétend nous offrir le salut. Le cours de la bourse est consulté chaque jour et les journaux s’emplissent de débats ésotériques sur les déterminants de la croissance. Mais c’est un Dieu marchand qui a déclenché le réchauffement climatique, l’extinction de la biodiversité et l’usage des armes….

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Léon XIV ne change pas son credo

Le nouveau pontife, au cours de son premier voyage à l’étranger, célèbre  le concile de Nicée qui avait abouti à la formulation du Credo chrétien en 325, il y a 1700 ans.

un collectif de croyants : En 313, avec l’édit de Milan, Constantin accorde aux chrétiens les mêmes droits qu’aux croyants des autres religions. Mais les Églises se divisent autour de deux visions de Jésus. Les unes utilisent les quelques références du Nouveau Testament désignant Jésus comme un être divin, les autres, se réclamant de la pensée du prêtre Arius, réfutent au contraire cette divinisation. Or pour l’empereur, soucieux d’ordre social, le phénomène chrétien ne peut pas se présenter sous des visages différents : il lui faut une profession de foi unique. Il ordonne aux évêques de s’accorder sur une seule définition de leur foi.

A l’initiative de l’empereur Constantin en 325, les débats sont houleux au concile de Nicée. Finalement, l’empereur force tous les évêques à signer la profession de foi élaborée par les opposants à l’arianisme, définissant le Christ comme Fils unique de Dieu, de même substance que son Père, donc omniscient et tout-puissant. Les partisans d’Arius acceptent par peur des représailles, sauf deux. Cette manière politique d’imposer une façon de croire relativise la foi officielle des chrétiens. Par la suite, en 392, Théodose proclame le christianisme religion officielle de l’Empire romain et interdit les autres cultes. En 431, le concile d’Ephèse, convoqué par Théodose II, voit la condamnation du patriarche de Constantinople qui enseignait que Marie n’a donné naissance qu’à un humain indissolublement lié au logos divin : si les deux natures coexistent en Jésus, elles sont séparées. En 451 enfin, au concile de Chalcédoine, convoqué par l’empereur Marcien, Jésus est reconnu à la fois Dieu et humain : soit deux natures en l’unité d’une seule personne.

Notre commentaire

Si cette lecture d’un « collectif de croyants » se concrétise un peu, ça va entraîner un chamboulement monumental dans les églises chrétiennes. Aujourd’hui Le pape et les évêques affirment que la foi chrétienne se définit toujours de même alors que nous en sommes au 1 700ᵉ anniversaire. Dans une lecture actualisée des lettres de Paul de Tarse et des quatre Evangiles, le Jésus historique que l’on peut esquisser n’a jamais proclamé qu’il était Dieu. L’affirmation de sa conception par une femme vierge, fécondée par Dieu, relève d’une simple symbolique. Depuis Copernic, Kepler, Newton et Galilée, Dieu a été chassé des cieux. 

Entre l’édit de Thessalonique en 380, qui imposait le christianisme nicéen comme seule religion autorisée, et la Révolution française, il a fallu 1409 ans pour que l’on puisse critiquer la religion de l’hostie sans craindre le bûcher. En 2025, il nous faut reconnaître que le Credo de Nicée oppose pleinement foi et raison. Chaque civilisation invente ses formes d’organisation politique, économique et religieuse. Continuer aujourd’hui de réciter le credo de Nicée, c’est continuer de vivre dans la civilisation de l’Empire romain. Sommes-nous encore analphabètes ? Prenons-nous le périph’ avec un char romain tiré par des chevaux ?

La foi en un Être surnaturel pose plus de questions qu’elle ne résout de problème. Pa contre l’intérêt de Jésus comme simple mortel permet d’en faire un exemple historique d’engagement humaniste jusqu’à en mourir.

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Pour ne pas croire en l’existence de Jésus

« Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant Créateur du ciel et de la terre · Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique notre Seigneur … » En réalité « Je crois » veut dire « je ne sais pas », je ne fais que supposer. Mais en tant qu’être de raisonnement, il faudrait savoir remettre en question les croyances religieuses. Certes Jésus est probablement le personnage le plus célèbre de la planète. Or la probabilité que ce soit une simple invention de l’imagination humaine est la meilleure des réponses. Le premier concile du christianisme primitif était une réunion des évêques de l’Empire romain qui se tint à Nicée du 20 mai au 30 juillet 325 sous l’égide de l’empereur Constantin Ier. Il y a bien collusion entre pouvoir temporel et spirituel. Le grand nombre de dissensions au sein du christianisme s’imposait rapidement au maître de l’empire comme un problème à résoudre, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique. Jésus devenait une icône, ce n’était pas vraiment le fils de Dieu mais une image imposée par un concile. Une « Vérité d’évangile » très relative….

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Aide à mourir, une course de lenteur

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée.

– Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée.

– Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme.

– Pour décider de sa propre mort, on peut choisir les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de sa vie.

L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

Le médecin et porte-parole de l’association « Le Choix-Citoyens pour une mort choisie », Denis Labayle, retrace l’histoire des récents débats parlementaires concernant la fin de vie et s’interroge sur le retard de la législation française en la matière, comparativement à nos voisins européens.

– Le droit pour le malade de refuser les traitements est déjà affirmé en 2002 dans la loi Kouchner. La loi Leonetti de 2005 avait rappelé l’illégalité de l’acharnement thérapeutique, déjà affirmée dans le code de déontologie médicale. Elle avait insisté sur l’importance du développement des soins palliatifs, mais s’était refusée à aborder le droit à l’aide active à mourir.

– La loi Claeys-Leonetti de 2016 rappelle les principes déjà adoptés dans la loi de 2005, mais refuse d’aborder réellement le droit à l’aide active à mourir. La « sédation profonde et continue jusqu’au décès » ne fait qu’aboutir à des agonies prolongées et inutiles.

– Il fallut attendre le 8 avril 2021 pour que le député de Charente-Maritime Olivier Falorni profite d’une « niche parlementaire » pour ouvrir le débat sur l’aide active à mourir. A plus de 80 %, les députés votèrent le premier article de son projet portant sur le droit à une aide médicale à mourir. Hélas, 4 000 amendements déposés par une poignée d’opposants empêchèrent le projet d’être mené à bien.

– Le président de la République s’est alors contenté d’une convention citoyenne qui mit près de deux ans à se mettre en place. Cette convention a confirmé à 75 % le choix des Français, proposant soit le suicide assisté comme en Suisse, soit l’aide médicale assistée comme en Belgique, soit les deux. La loi était sur le point d’être adoptée, mais la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 fut décidée quelques jours à peine avant le vote.

Denis Labayle : « Pourquoi, alors que nous avons l’arrogance d’être des pionniers de la liberté, accusons-nous un tel retard, quand nos voisins ont évolué avant nous depuis de nombreuses années ? Pourquoi la France, qui se dit le pays des droits de l’homme, la nation des libertés, refuse-t-elle d’accorder aux malades cette ultime liberté ? »

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22 mars 2025 : Yannick Neuder ne veut pas de l’aide à mourir

extraits : L’acharnement thérapeutique offert à tous et toutes pour mourir dans le meilleur des mondes technologisés ! C’est l’intime conviction de ce ministre de la santé Yannick Neuder. Pour arriver à ses fins, il dissocie la fin de vie entre les soins obligés d’un côté et la liberté laissée à chacun de l’autre. On peut très bien inverser le raisonnement de Neuder : si  les demandes de mort médicalement assistée étaient accessibles pour tous et partout, la demande de soins palliatifs deviendrait anecdotique. De toute façon les soins palliatifs existent déjà, ils n’ont pas besoin de loi ; il suffit que l’État donne vraiment les moyens nécessaires aux USP, ce qui n’est pas le cas….

7 juin 2024, L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

extraits : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. »….

L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

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C’est dur d’être aimé par des cons

On ne peut pas se faire aimer du peuple si l’on déteste tout ce qu’il aime. Les écologistes sont les mal-aimés du moment présent.

Je déteste la société de CONSommateurs,

ils aiment acheter du toc au meilleur marché.

Je pourfends la société du spectacle,

ils aiment se vautrer devant leurs écrans.

J’adore la nourriture qu’on cuisine soi-même,

ils aiment les aliments ultra-transformés.

Je déteste la foule,

ils aiment s’agglutiner.

J’ai horreur de m’éloigner de mon domicile,

ils aiment aller aux antipodes zyeuter la vahiné.

Marcher dans la forêt me repose,

ils aiment leur bitume.

La retraite n’existe pas pour moi,

ils n’attendent que ce vide existentiel.

Ils cultivent les simplismes,

je privilégie la complexité.

Le point de vue des écologistes

Reprenons cette phrase : « On ne peut pas se faire aimer du peuple si l’on déteste tout ce qu’il aime. » Bien entendu il s’agit d’un truisme politique, on ne peut pas être élu si on ne fait pas plaisir à l’électeur. Le preuve, les populistes comme Mélenchon, Le Pen ou Trump caressent la foule dans le sens du poil. Pourtant le peuple n’est pas homogène, autant d’individus, autant d’avis différents, et ce qui fait la vulgate ordinaire aura changé demain. L’aliénation des masses varie avec les effets de la propagande.

Aujourd’hui la population est formatée par les multinationales, les lobbies, la publicité. La société de consommation n’est pas une aliénation extérieure, elle a été intégrée, digérée par les sujets. Elle est devenue la raison d’être d’une grande partie de gens… Le sport de masse est une superstructure idéologique, pour parler comme Marx, qui a pour fonction de reproduire les rapports de production, de conformer les gens à la compétition de tous contre tous, à la servilité, l’acclamation des héros. C’est très exactement ce qu’on appelle l’aliénation, ce qu’Engels a appelé la fausse conscience : la conscience d’un monde qui fait croire mensongèrement que le football, c’est du jeu, la liberté, la culture… Mais l’aliénation du peuple n’est pas un fait qui va de soi.

Demain si tout va bien, la population sera formatée par une prise de conscience écologique généralisée. Les temps présents sont un mauvais moment à passer, l’aliénation des masses n’est pas simple à faire passer.

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Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

extraits : Nos société secrètent des habitudes par la répétition publicitaire, par la répétition des mots d’ordre de l’extrême droite ou des réseaux sociaux, par la répétition des mythes contemporains (croissance, progrès, technologie). Difficile d’aller contre ce bourrage de crâne, sauf à savoir prendre de la distance par rapport à ce qu’on veut nous imposer. Tout dépend alors de la socialisation primaire par le réseau familial qui formate un esprit actif ou passif. Tout dépend de l’engagement d’un individu qui cherche (ou non) à aller au-delà de ses habitudes de penser. Sinon il ne m’est pas possible d’être autrement que ce que les autres ont déterminé pour et en moi. L’aliénation est un aspect structurel de notre comportement….

Le portable comme système d’aliénation consentie

extraits : Les usages du téléphone portable peuvent être considérés comme des révélateurs de la nature de l’hyper modernité qui définit nos sociétés. Dès le premier chapitre de son livre, Francis Jauréguiberry se livre à une identification minutieuse des usages du portable, régis par la spontanéité, l’impulsivité, le cocooning téléphonique – besoin d’être rassuré par une présence – jusqu’à la téléphonite, maladie aiguë qui caractériserait le branché consultant compulsivement son petit écran. Le désir d’ubiquité médiatique – être ici sans être là – se donne à voir dans l’« envol du branché »….

2010 Divertir pour dominer (la culture des masse contre les peuples)

extraits : Selon Peter Reichel, les nazis auraient été les premiers à comprendre l’importance de la culture de masse. Avec tous les moyens à leur disposition, ils ont créé un monde d’illusions qui a entraîné un peuple entier au désastre avec sa complicité active.En coupant les travailleurs de leur base rurale et domestique, qui constituait leur principal moyen de subsistance et leurs réseaux de sociabilité, le capitalisme industriel a obtenu leur soumission. L’impuissance et la malléabilité des masses s’accroissent en même temps que les quantités de biens qui leur sont assignées. Il y a aliénation au sens étymologique du mot, le fait de se « rendre étranger à soi-même », d’être dépossédé de soi….

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Ultime liberté, celle de mourir

En 2009, avec son compagnon et un ami psychiatre, Claude Hury fonde l’association Ultime Liberté, qui milite pour la légalisation du « suicide assisté ». Depuis le 15 septembre 2025, douze cadres de cette association, tous âgés de plus de 70 ans, assument d’aider ses adhérents à se donner une mort choisie. Ils comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils risquent jusqu’à cinq ou dix ans de prison. Il leur est reproché d’avoir monté au profit des adhérents de l’association une filière d’approvisionnement clandestine en pentobarbital, un barbiturique interdit à la vente en France. Aucun enrichissement personnel n’ayant été relevé, ils ne sont pas soupçonnés de trafic. Ils ne sont pas jugés non plus pour exercice illégal de la pharmacie ou propagande au suicide : les adhérents s’étant procurés du pentobarbital sont censés s’administrer le produit eux-mêmes

Claude Hury, 76 ans : « Après les premières grandes causes ayant traversé mon existence, liberté de sexualité, liberté de grossesse et liberté de métier, la dernière échéance, c’est la liberté de la mort. Un slogan féministe n’a cessé de me guider : « Mon corps m’appartient. ». Au sein de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, j’ai été secrétaire générale en 2006. Mais cette organisation, centrée sur l’objectif d’un changement de la loi, est trop timorée à mon goût. On m’accuse : Complicité d’importation, contrebande ! Non, c’est de l’aide. Mon grand principe reste le respect absolu de la liberté de l’individu. L’association ne cherche pas à dissuader, ne cherche pas l’approbation d’un entourage, ne demande pas de dossier médical. On n’est pas médecins, je ne suis pas gendarme, chacun prend ses responsabilités. »

Le point de vue des écologistes libres de leurs choix

Bobo parisien : Bravo à cette femme courageuse et engagée, et à cette association, à soutenir sans réserves.

C. SAUVAGE : Pour les croyants ils rejoignent plus vite leur Dieu et pour les non croyants dont je fais partie, je préférerais en finir avant de devenir ce légume ou ce puits de souffrance physique ou psychologique… Que ceux qui ne veulent pas ce choix ne nous l’enlève pas !!!

O. Pinion : Pourquoi empêche-t-on aux personnes d’en finir dignement plutôt que de se jeter sous un train ou sous camion, de se tirer un coup de fusil dans la tête ou de se pendre ?

Benkium : L’efficace suicide par le train crée des retards dont les coûts économiques directs et indirects sont une perte significative de PIB. Les sauts d’un immeuble créent des risques de dommages collatéraux significatifs. En cas de survie du suicidant, un surcoût déraisonnable pour l’hôpital public et contraire à la volonté du patient.

Mrs Octopus : Une amie proche a eu recours à cette association, et s’est procuré ce produit létal il y a plusieurs années, pour des raisons qui lui appartiennent. Elle ne l’a jamais utilisé à ce jour. Elle a à présent 90 ans. Rien, de la part de l’association Ultime Liberté, n’a constitué un encouragement au suicide.

Arthur K. : Quand une personne demande un accompagnement, les bénévoles de l’association le rencontre, l’écoutent, le re-rencontre, parlent avec lui, et c’est un cheminement qui prend du temps. On a le droit de vouloir mourir quand on est en dépression. Notre vie nous appartient.

Achille Patacha : D’un côté le droit à l’avortement inscrit dans la loi, de l’autre la poursuite judiciaire de vieillards voulant aider d’autres personnes à terminer volontairement et dans la dignité leur vie. Ce procès c’est l’équivalent exact du procès de Bobigny il y a un peu plus de 50 ans. Même aveuglement et retard des lois.

JPG53 : Cette association devrait être reconnue d’utilité publique, ses fondateurs innocentés et même félicités pour leur courage et leur humanité

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Pour le suicide assisté en libre service

extraits : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger »…. (François Galichet)

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

extraits : un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques : « Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution. Nous demandons l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG)…. »….

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Léon XIV appelle à la « conversion écologique »

Le 1er octobre 2025, le souverain pontife a renouvelé le vœu du Vatican d’être en première ligne du combat contre la crise climatique. Léon XIV s’exprimait lors d’une conférence de trois jours sur le climat à l’occasion du dixième anniversaire de l’encyclique Laudato si’ du pape François.

Léon XIV : « Il n’y a pas de place pour l’indifférence ou la résignation. La sauvegarde de la maison commune n’est pas une simple mode passagère ou, pire, un sujet de division. Lors de la COP30 à Belem au Brésil, il faut écouter le cri de la Terre et le cri des pauvres… Il faut lire Laudate Deum du pape François… Dieu nous demandera des comptes de ce qu’on a fait pour la création. »

Le point de vue des écologistes sur la conversion écologique des papes

– Dommage que nous n’ayons pas en France un authentique mouvement écologiste qui pourrait abonder dans ce sens.

– Comment Bolloré, catholique fervent, peut-il continuer à vivre tel qu’il le fait, en pleine dissonance cognitive ?

– Réchauffement climatique, l’escroquerie du siècle pour Donald Trump, infaillibilité pontificale de l’autre… et si on s’en remettait à la science ?

– A quand un message clair sur l’incompatibilité entre surconsommation et chrétienté ?

– Une déclaration sur la limitation des naissances serait importante car plus de 2 enfants /femme, c’est vraiment contraire à la préservation des ressources.

– Vous croyez vraiment que le chef des catholiques va prôner publiquement l’usage de la contraception et de l’avortement ?

NB : Le 23 septembre 2025, lors d’une allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président étatsunien Donald Trump a déclaré que le changement climatique était « la plus grande arnaque jamais menée contre le monde ». Il n’a pas manqué de traiter aussi la communauté scientifique travaillant dans le domaine de « personnes stupides » qui auraient fait des prévisions qui se seraient avérées fausses.

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Laudate Deum contre les climatosceptiques

extraits : Le 4 octobre 2023, un texte du pape François éreinte les climatosceptiques. Intitulé Laudate Deum (à toutes les personnes de bonne volonté, sur la crise climatique) :  Je suis obligé d’apporter des précisions à cause de certaines opinions méprisantes et déraisonnables que je rencontre même au sein de l’Église catholique. On ne peut plus douter de l’origine humaine – “anthropique” – du changement climatique. Nous avons beau essayer de les nier, de les cacher, de les dissimuler ou de les relativiser, les signes du changement climatique sont là, toujours plus évidents. Ces dernières années, de nombreuses personnes ont tenté de se moquer de ce constat. Mais nul ne peut ignorer que nous avons assisté ces dernières années à des phénomènes extrêmes, à de fréquentes périodes de chaleur inhabituelle, à des sécheresses et à d’autres gémissements de la Terre qui ne sont que quelques-unes des expressions tangibles d’une maladie silencieuse qui nous affecte tous….

lire, Laudato Si, lettre encyclique du pape François (2015)

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Le racisme n’a pas de fondement biologique

Suggérer la supériorité de certains profils génétiques, ou tenter de faire passer pour des « catégories biologiques » de simples constructions sociales fondées sur la couleur de la peau, la texture des cheveux, ou la forme du nez : ce n’est jamais anodin. Or, non seulement cette rhétorique fait un retour décomplexé dans la parole politique aux Etats-Unis, mais elle revient aussi en France avec l’extrême droite. Le racialisme biologique revient n’a pourtant aucun fondement.

Stéphane Foucart : L’intelligence, une histoire de gènes ? La tranquillité avec laquelle ces idées reviennent est liée au monopole de fait dont jouissent les droites extrêmes dans la construction de l’indignation publique. En octobre 2024, Donald Trump assurait à propos de crimes prétendument commis par des exilés : « Ces meurtres, je pense que c’est dans leurs gènes. » CEn réaction, l’American Society of Human Genetics (ASHG) avait publié une mise au point, rappelant que « la génétique montre que les humains ne peuvent être divisés en sous-catégories ou races biologiquement distinctes, et que toute affirmation d’une supériorité en fonction d’une ascendance génétique ne repose sur aucune preuve scientifique ». En 2018, une vingtaine de chercheurs chevronnés en génétique humaine, en neurobiologie, ainsi qu’en histoire et sociologie de ces disciplines, rappelaient que, « hormis les effets délétères de certaines anomalies génétiques, la recherche n’a pas pu à ce jour identifier chez l’humain de variantes génétiques ayant indubitablement pour effet de créer, via une chaîne de causalité strictement biologique, des différences cérébrales se traduisant par des différences cognitives ou comportementales ».

Le racisme de certains abonnés au MONDE

Verste : Aucune confiance dans les propos de Foucart, un militant politique utilisé par une rédaction paniquée par la montée de certaines idées qu’elle reprouve. La parole est à la science. Et la science a déjà parlé, le débat n’a donc pas lieu d’être. Pour faire court, nous ne pouvons pas à la fois être tous différents et tous égaux. C’est de la fumisterie. Tout le monde, même élevé dans une famille de musiciens, ne peut pas devenir Mozart.

Lordfaïde : Dans ma famille nous sommes des littéraires depuis cinq générations, du pur hasard sans doute !

Daddybinro : Il semble difficile de nier une composante génétique de l’intelligence à moins d’en nier la base biologique et cérébrale.

C.C 2 : N’en déplaise à Mr Foucart, il est établi que les facteurs génétiques ont aussi une influence sur les capacités cognitives, et donc sur l’organe qu’est notre cerveau.

Moderateur : C’est la contrepartie naturelle du Wokisme qui a été imposé par les médias gauchistes aux États-Unis en Europe et en France. il faut admettre les différences biologiques entre les peuples. C’est naturel et distinctif.

Le point de vue du concepteur de ce blog

Michel SourrouilleNul ne disconvient qu’il peut y avoir des raisons biologiques à des difficultés cognitives. Elles sont liées à des difficultés pendant la grossesse, à l’alcoolisme de la mère ou à des expositions au glyphosate en particulier, à une malnutrition pendant les premières années de la vie.. mais ce n’est en aucun cas génétique, c’est à dire héréditaire et lié aux gènes.

Je suis étonné de la conviction énoncée par plusieurs personnes de mon entourage que l’intelligence serait innée, donnée dès la naissance. Leur point commun, c’est de ne pas avoir fait de sociologie et donc pouvoir comprendre que notre comportement découle de notre socialisation, et ce dès les premiers sons que l’enfant entend dans le ventre de sa mère. Un enfant né dans un milieu culturellement pauvre aura des difficultés à l’école, un enfant adopté par une famille favorisée aura les compétences de ce milieu. Sauf anomalie génétique, notre potentiel cérébral est le même quel que soit la couleur de notre peau et notre origine ethnique.

Mes deux petites filles sont parfaitement trilingues, mon fils est français, leur mère est péruvienne et elles ont passé une partie de leur enfance dans une école en Angleterre. L’étude de notre cerveau montre que les connexions entre neurones vont se faire au fur et à mesure des expériences de vie.

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Identité nationale et racisme, le faux débat

extraits : L’abandon des théories raciales est liée à la disqualification des apparences anatomiques au profit de la biologie, plus explicative, et de la génétique, très démonstrative. Les anthropologues d’aujourd’hui n’étudient plus les caractéristiques visibles de l’humain, mais des marqueurs biologiques. Les premières études sur les groupes sanguins (A ; B ; 0) menées en 1914-18 montrèrent que leur répartition en Europe n’obéissait à aucune logique raciale. Génétiquement parlant, on qualifie en effet de race une population qui se définit par des marqueurs absolus, autrement dits par des caractères biologiques présents chez tous les individus de cette population et pas chez les autres. Or, qu’elles concernent les groupes sanguins, les groupes d’histocompatibilité ou les facteurs enzymatiques, les analyses effectuées un peu partout dans le monde depuis un demi-siècle ont démontré que les caractères génétiques de l’espèce humaine sont présents dans la totalité des populations….

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« Il nous incombe à tous de suivre la loi de Dieu »

« Il nous incombe à tous de suivre la loi de Dieu ». C’est ce que pense le gouverneur du Texas et on ne peut que s’en trouver plus mal. Les religions sont multiples, souvent opposés jusqu’à nous faire s’entre-tuer. Il n’y a qu’un point qui pourrait nous réunir, célébrer ensemble la beauté de la nature et s’efforcer ensemble de la protéger. Réciter un catéchisme pour un dieu abstrait empêche cette positive attitude.

Grégor Brandy : Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a promulgué le 21 juin un « Senate Bill 10 », une loi déjà adoptée par de larges majorités à la Chambre des représentants et au Sénat locaux. On exige que les établissements scolaires texans affichent les dix commandements bibliques « dans un endroit bien en vue dans chaque salle de classe », à partir du 1er septembre. Ces affiches devront faire au moins 41 centimètres par 51 centimètres et reprendre à la virgule près une version très spécifique des dix commandements. Moins d’une semaine après sa promulgation, la loi est déjà attaquée en justice par un groupe de parents texans, dont certains sont des responsables religieux chrétiens et musulmans. Ce genre de loi est interdit par un précédent avis établi par la Cour suprême l’affaire Stone v. Graham. En 1980, elle avait établi qu’une loi du Kentucky qui imposait la présence d’une copie des dix commandements dans chaque salle de classe de l’État était inconstitutionnelle, parce qu’elle violait le premier amendement de la Constitution.

rappel constitutionnel : « Le Congrès n’adoptera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ou à l’interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la liberté d’expression, ou celle de la presse ; ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparations des torts subis. »

Le point de vue des écologistes agnostiques

Imposer LE manifeste d’une religion particulière dans les salles de classe, c’est piétiner le droit des citoyens à pratiquer la religion de leur choix. C’est donc une sérieuse entorse, et non un renforcement du droit à la liberté religieuse qui, dans la mythologie US, a justement poussé les pères fondateurs à émigrer. Ce qu’il y a de plus absurde dans cette loi texane portée par l’extrême droite chrétienne, c’est que la tradition attribue les dix commandements à Moïse, qui aurait vécu treize siècles avant la naissance de Jésus. Il s’agit donc d’un texte de nature purement judaïque, qui n’a à peu près rien à voir avec l’enseignement du Christ. Toute sa vie, Jésus Christ s’est opposé à l’enseignement des pontes du judaïsme. Et c’est la principale raison pour laquelle il a été crucifié.

– Il faudrait déjà que ce Monsieur Greg Abbot applique les Dix commandements à lui-même. Il n’a pas dû les lire.

– J’ai beaucoup de mal à imaginer un texan capable de lire plus de 5 mots d’affilé alors 10 commandements …

– Le commandement « Tu ne tueras point » devrait poser problème dans cet Etat qui pratique la peine de mort.

– Afficher « tu ne tueras point » au mur des écoles et élever ses enfants dans le culte des armes est paradoxal.

– On va avoir beaucoup de petits Trump, idolâtres, menteurs …. «Maman, j’ai eu que 4/20 en 10 commandements ! »

– Le 11ème commandement : « Tu lécheras Poutine et détruiras l’UE. »

Tous ces faibles d’esprit qui ont besoin d’un ami imaginaire dans le ciel pour faire face à leur finitude !

– L’athéisme est une croyance comme les autres, mais au moins elle à l’avantage de ne pas avoir de dogmes.

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les Dix commandements de la biosphère

Tu pratiqueras la simplicité volontaire ;

Tu as autant de devoirs que de droits ;

Tu aimeras ta planète comme toi-même ;

Tu réagiras toujours de façon proportionnée ;

Tu protégeras l’avenir des générations futures ;

Tu respecteras chaque élément de la Biosphère ;

Tu ne laisseras pas les machines te dicter leur loi ;

Tu adapteras ta fécondité aux capacités de ton écosystème ;

Tu ne causeras pas de blessures inutiles à ton environnement ;

Tu vivras des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel.

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Aliénation et habitudes cérébrales, notre boulet

Une étude parue dans la revue « Nature » montre comment la dopamine, loin d’intervenir seulement dans l’apprentissage fondé sur la récompense, opère aussi dans la mise en place des habitudes. Les auteurs se sont focalisés sur les neurones qui se projettent vers la queue du striatum. Ils ont d’abord appris à des souris une tâche de discrimination auditive (…) Mais des expériences sur les souris ne disent rien des manipulations mentales qui affectent les humains.

Florence Rosier : Sur le plan comportemental nos habitudes, ces actions un rien rigides, sont décorrélées de la valeur de la récompense attendue : elles se basent exclusivement sur la fréquence de nos actions passées. Les modalités d’apprentissage sont fondées sur un messager chimique du cerveau : la dopamine. Sécrétée par des neurones dits « dopaminergiques », la dopamine joue un rôle essentiel dans le mouvement, la motivation, le plaisir et la récompense. On opte soit pour l’alternative la plus valable, soit pour celle qu’ils ont la plus fréquemment choisie. Les neurones impliqués dans le codage de la récompense (le système EPR) formate un conditionnement. Mais si vous remplacez une action de manière suffisamment constante, comme mâcher un chewing-gum à la nicotine au lieu de fumer, le système de l’EPA (exécuter l’action en fonction de sa fréquence passée) peut prendre le relais et former une nouvelle habitude.

Le point de vue des écologistes psycho-pédagogues

Nos société secrètent des habitudes par la répétition publicitaire, par la répétition des mots d’ordre de l’extrême droite ou des réseaux sociaux, par la répétition des mythes contemporains (croissance, progrès, technologie). Difficile d’aller contre ce bourrage de crâne, sauf à savoir prendre de la distance par rapport à ce qu’on veut nous imposer. Tout dépend alors de la socialisation primaire par le réseau familial qui formate un esprit actif ou passif. Tout dépend de l’engagement d’un individu qui cherche (ou non) à aller au-delà de ses habitudes de penser. Sinon il ne m’est pas possible d’être autrement que ce que les autres ont déterminé pour et en moi. L’aliénation est un aspect structurel de notre comportement.

Voici quelques éléments de réflexion tirés de notre dictionnaire personnel

Plus nous sommes ignorant, plus nous nous croyons libre parce que nous ne percevons pas les causes de notre aliénation. La liberté de l’individu n’acquiert un sens que dans le respect des contraintes du jeu social. Notre seule liberté, c’est de faire évoluer les règles si elles sont perfectibles, et de les refuser si elles sont inacceptables.

Juridiquement, aliéner un bien, c’est le donner ou le vendre. En psychiatrie, ce terme est employé quand les troubles mentaux entraînent la dépersonnalisation de l’individu, l’être humain devient étranger à lui-même. Quand on applique ce terme à la réalité humaine ordinaire, il s’agit d’être dépossédé de soi-même, de correspondre à l’image que l’autre voudrait que nous projetions. L’aliénation indique donc la soumission, volontaire ou non, à autrui. En fait, c’est ce que réalise n’importe quelle socialisation (qui est d’abord un conditionnement), l’humain est donc aliéné par essence. Vivant dans la nature il est soumis à celle-ci, à ses déterminismes ; cherchant dans l’au-delà des compensation à sa misère dans ce monde, il s’aliène dans la religion ; dans les conditions de travail du capitalisme, il est esclave de ses employeurs ; sur le plan de ses idées, il est inconsciemment soumis à l’idéologie de la classe dominante.

Mais puisque nous vivons dans un monde sans dieux, alors tout ce que le monde contient relève de notre responsabilité : l’éthique, la spiritualité, la société, la culture, tout ce qui fait notre pensée et notre existence. Notre liberté, c’est uniquement de nous rendre compte de nos déterminismes pour pouvoir les dépasser, c’est instituer une sorte d’aliénation positive qui nous fait retrouver une vérité intérieure. Puisque nous sommes notre propre invention de soi, nous avons le choix. Mais cette liberté de tout un chacun doit être nécessairement limitée pour pouvoir s’exercer, à défaut de quoi l’arbitraire individuel permettrait à quiconque de mettre à profit sa supériorité physique, économique ou statutaire pour limiter la liberté d’autrui. Dès lors ce n’est que la contrainte sociale, réglementation, loi, norme, coutume… qui peut garantir l’existence et l’exercice de la liberté de chacun. Il y a nécessairement aliénation, et liberté seulement par la prise de conscience de cette aliénation que nous pouvons juger normale. Il faut que nous prenions conscience de nos déterminismes pour nous en libérer, pour devenir vraiment libre, pour modifier dans le bon sens l’ordre du monde.

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Dopamine/sérotonine, le plaisir est ennemi du bonheur

extraits : L’écologie s’intéresse aux rapports complexes entre nature et culture, donc aux liens entre dopamine et plaisir, sérotonine et bonheur, finalement au choix entre bonheur et plaisir. Le plaisir est de courte durée, le bonheur de longue durée ; le plaisir est viscéral, le bonheur est spirituel ; le plaisir s’obtient en prenant, le bonheur a plutôt à voir avec donner ; le plaisir peut s’obtenir seul, le bonheur est généralement ­atteint au sein d’un groupe social. Le plaisir extrême peut conduire à l’addiction, mais il n’y a rien qui ressemble à une addiction au bonheur. Enfin, la septième et dernière différence est que plaisir et bonheur dépendent de deux neurotransmetteurs distincts : dopamine pour le plaisir, sérotonine pour le bonheur….

Thierry Ripoll et Sébastien Bohler

extraits : Le phénomène de dévalorisation temporelle constitue une autre caractéristique. Plus un avantage est éloigné dans le temps, moins il a de valeur pour notre cerveau. On donne le choix à un enfant soit de manger un marshmallow tout de suite, soit d’en recevoir un second s’il résiste quelques minutes. La plupart des enfants se jettent sur la première option car ils ne peuvent résister à l’attrait de l’instantanéité. Le striatum guide cette décision parce qu’il donne immédiatement de la dopamine. Quant aux autres enfants, leur choix est surtout lié au fait que leurs parents les ont éduqués à résister à leur impulsion face aux envies. Plus vous êtes dans un monde où on vous propose tout, tout de suite, moins vous êtes capable de patienter et de refuser le plaisir immédiat en raison des enjeux futurs….

Notre cerveau nous pousse à détruire la planète

extraits : A qui la faute si la planète est en cours de destruction ? A notre cerveau, et plus particulièrement au striatum répond Sébastien Bohler. Le striatum est fait pour que nous recherchions activement et sans limite sexe, nourriture, pouvoir, rang social, information. Quand nous les trouvons, le circuit de la récompense asperge alors les neurones avec de la dopamine et procure un plaisir addictif plus puissant que les parties raisonnables de notre cerveau. En neuroanatomie, le striatum est une structure nerveuse subcorticale. Cette structure profonde de notre cerveau fonctionne à grand renfort de dopamine et ne possède pas de fonction stop ; il y a recherche incessante du plaisir. Ainsi, avec la consommation de masse du sexe, le problème n’est plus la quantité, le problème est de s’arrêter. L’addict au sexe virtuel ne découvre l’impasse que lorsqu’il commence à souffrir de troubles sexuels et de dysphorie ; les troubles de l’érection ont doublé au cours de la dernière décennie, de façon parallèle à l’essor de la pornographie sur Internet. 

Notre striatum ne dit rien de nos besoins

extraits : Le cerveau des vertébrés et des mammifères possède des structures cérébrales profondes, dont le système de récompense est, en son centre, le striatum. Cette structure nerveuse incite les êtres vivants à accomplir des comportements sans limites fixées a priori, en leur donnant du plaisir sous forme d’une molécule, la dopamine. Aujourd’hui, nous continuons à produire de plus en plus de nourriture, de plus en plus riche, pour cette partie fondamentale de notre cerveau, qui n’est pas programmée pour s’autolimiter. La suralimentation, l’obésité, le surpoids et l’émission d’un quart des gaz à effet de serre sont dus à l’absence de limite dans la satisfaction de nos besoins alimentaires….

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Fin de vie, le débat en Charente

D’un côté Alliance Vita, association du mouvement « pro-vie » en France, qui milite contre l’avortement et l’euthanasie. De l’autre l’ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité, un groupe de 400 adhérents en Charente. Voici leur controverse.

Alliance Vita : Les personnes s’inquiètent, derrière l’aide à mourir se cache l’euthanasie.

ADMD : Tous les sondages indiquent que 90 % des Français sont pour une évolution de la loi. C’est transpartisan. C’est avant tout une nouvelle liberté. Pour moi (Jean-Michel Nivet), c’est un nouveau droit, pas une obligation. Cela n’enlève rien à celui qui n’est pas d’accord. Je (Josette Avril, 80 ans) revendique depuis toujours, au nom de la liberté individuelle, le droit de faire ce que je veux de mon corps : « Comme les pro-IVG, je revendique la même chose pour mourir. On m’oppose la religion, l’éthique, je respecte. Moi je revendique le droit au suicide assisté. »

Alliance Vita : Le problème, c’est le manque de soins. Une personne sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs. La priorité, c’est le soin. Je (Cédric Humann) souhaite que les personnes puissent partir de leur mort naturelle sans souffrir.

ADMD : Sur les soins palliatifs, sur la nécessité de développer les moyens, il n’y a pas de débat à avoir. Un plan de développement aurait été suffisant. Moi (Josette Avril) je n’en veux pas des soins palliatifs. J’avais une copine dont la mère venait de mourir. Un AVC l’avait laissé légume. Elle n’avait pas remplie de directes anticipées. Elle a vécu quatre ans de calvaire. Mon copain est mort de la maladie de Charcot. Horrible !

Alliance Vita : On meurt mal en France.

ADMD : On ne meurt pas de gaieté de cœur, mais cela n’empêche pas le droit au suicide assisté.

Alliance Vita : La méthode légale de la sédation profonde n’est pas assez connue. Attention à l’émotion.

ADMD : La sédation profonde et continue, celle qui consiste à cesser d’alimenter le malade, c’est hypocrite. Je (Jean-Michel Nivet) considère ça presque comme de la torture. On sait qu’il ne se réveillera plus, mais on ne sait pas quand. »

Alliance Vita : On ne souhaite pas que le droit à mourir devienne le devoir de mourir. Les barrières finiront toujours par sauter les unes après les autres. Quid de l’euthanasie des sans-abris ou d’ouvrir comme en Belgique le suicide assisté aux jeunes de 17 ans.

ADMD : Jean-Michel Nivet a vécu depuis son adhésion à l’ADMD en 1996 la caricature : « Vous voulez euthanasier tout le monde. » La loi en France ne concernera que les majeurs français, atteintes d’une maladie incurable avec une souffrance réfractaire, en phase avancée ou terminale.

Alliance Vita : On regrette le manque de collégialité, un seul médecin suffirait pour décider.

ADMD : Selon un sondage IFOP, 74 % des médecins sont d’accord avec l’aide à mourir si l’encadrement est bien clair, si l’on ferme la porte aux dérives. Mais il y a encore un antagonisme marqué chez les proches des milieux catholique. Josette Avril réagit : « On accepte que les autres puissent avoir des idées autres, mais c’est pas Dieu qui décide. C’est moi. »

Alliance Vita : L’interdiction de tuer devrait rester un verrou. Nous préférons parler de fraternité.

ADMD : On espère que le débat législatif actuel va déboucher sur une loi de liberté, de fraternité, de laïcité. « Est-ce que ma mort m’appartient ou pas, telle est la question », estime le député LFI René Pilato. On estime à 2000 par an les euthanasies clandestines. Le droit à choisir sa mort, c’est l’ultime liberté. Aujourd’hui seulement pour ceux qui ont les moyens de se rendre en Suisse !

Alliance Vita : Ne précipitons pas cette question de fin de vie.

ADMD : Le délégué départemental en Charente de l’association ADMD attend cette loi depuis des années. Le sénateur Henri Caillavet était l’auteur le 6 avril 1978 d’une proposition de loi relative au droit de vivre sa mort. On ne peut donc pas dire que le débat actuel au Parlement ait été « précipité ».

source : Charente Libre (23 mai 2025, page 3)

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L’androgynie, la fin de la guerre des sexes

Simone de Beauvoir écrivait que dans son déroulement naturel, un bébé a un comportement androgyne. Le cri primal, le sevrage se déroulent de la même manière. C’est à travers la bouche, les mains et les yeux que les nourrissons des deux sexes appréhendent l’univers. Ils explorent leurs corps avec la même curiosité et la même indifférence, ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs, ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant. Jusqu’à douze ans, la fillette est aussi robuste qu’un garçon du même âge, et les capacités intellectuelles sont similaires tout au cours de la vie. Ce n’est pas la nature qui, pendant des siècles, a empêché les femmes d’aller à l’université, mais des élites masculines qui ne veulent pas partager leurs propres pouvoirs, aidées par des femmes qui ont intériorisé une impuissance factice. Ce n’est pas la binarité qui devrait être valorisée, mais l’androgynie.

Marie Bergström : Dans l’enquête menée auprès de 10 000 adultes âgés de 18 à 29 ans, une forte proportion de jeunes se disent féministes : cela concerne 75 % des femmes et 56 % des hommes. C’est important de le préciser, à un moment où l’on souligne l’essor des mouvements virilistes. L’enquête est la toute première en France à mesurer la part de personnes non binaires, qui ne se reconnaissent ni homme ni femme. Cela représente une toute petite minorité : 1,7 % des 18-29 ans. La jeunesse contemporaine remet en cause un certain nombre de binarismes. D’abord, la binarité de genre : l’opposition très figée entre les hommes et les femmes est questionnée par ces jeunes générations. Les personnes non binaires en sont la manifestation la plus radicale, mais on observe plus largement une moindre croyance dans la naturalité des différences de sexe.Une partie des jeunes hommes issus des classes supérieures vont prendre de la distance avec une masculinité affirmative. Des femmes se définissent comme bi ou pansexuelles. On constate aussi de moins en moins de différences entre les modes de vie gay et lesbiens, et hétérosexuels.

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pour des vêtements androgynes, non au luxe et à la mode

extraits : La loi du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) stipule que les femmes ne peuvent quitter les habits de leur sexe que pour cause de santé. La loi du 26 brumaire an IX (17 novembre 1800) interdisait le port du pantalon… sauf dérogation accordée par un officier de santé. Dans les années 1960 en France, il était encore interdit d’aller à son lieu de travail en pantalon. Les vêtements sont l’expression d’un rapport de pouvoir, la différenciation sexuelle est pensée comme inégalité dans tous les domaines… Nous voulons des vêtements unisexe, nous désirons l’androgynie des comportements. Dans le désert, nous crions : non à la mode, non au luxe, nous aux inégalités de revenus, oui à la stabilité, oui à la simplicité, oui à l’égalité.….

Androgynie, cad totale égalité des sexes

extraits : Le féminisme politique, c’est-à-dire la volonté de mettre en œuvre l’égalité réelle entre l’homme et la femme, est normalement l’exact contraire du séparatisme des sexes. Nous sommes tous fondamentalement, naturellement, androgynes. Tout est culturel, issu d’une socialisation, y compris bien sûr les conceptions des inégalités entre les sexes. Mais au lieu de contribuer à une véritable égalité entre l’homme et la femme, notre société actuelle a inventé les quotas de la parité politique ! On soutient le féminisme différentialiste au détriment du féminisme universaliste….

La biosphère nous parle du sexisme ordinaire

extraits : La Biosphère n’est pour rien dans le sexisme qui parcourt le vécu ancestral des sociétés humaines. Dans la détermination du sexe, le rôle du chromosome Y est simple, mais capital : il détermine la masculinité du fœtus. Pendant les premières semaines de vie de l’embryon humain, les organes génitaux internes et externes sont indifférenciés entre les individus XX (femme) et XY (homme). Les gonades peuvent se transformer en testicules ou en ovaires, les organes génitaux externes à l’origine similaires se transforment soit en pénis et scrotum, soit en clitoris et vulve. La différenciation est minime, on sait aujourd’hui qu’ovaires et testicules produisent les deux types d’hormone, androgènes et œstrogènes, d’ailleurs très voisines sur le plan chimique : seul leur taux relatif dans l’organisme fait basculer les caractères sexuels vers le féminin ou vers le masculin. C’est donc l’intervention d’autrui dès les premiers moments du nourrisson qui va fixer votre sentiment d’appartenance à un sexe déterminé et orienter votre rapport à l’autre sexe….

genre, parité, quotas… un anti-féminisme

extraits : Actuellement on met en avant des mots comme « genre » pour en faire des instruments de combat entre les sexes alors qu’on devrait savoir que notre biologie nous a différencié homme ou femme sans y mettre d’inégalités. « On ne naît pas femme, on le devient », écrivait déjà Simone de Beauvoir en 1949. Elle précisait : « Aucun destin biologique, psychique, économique, ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre ». Il n’y a pas d’ordre « naturel » dans les inégalités selon le sexe, forcer la nature par parité et quotas n’est pas une bonne chose. C’est ce que certains n’ont pas encore compris….

JK Rowling nie l’identité de genre

extraits : Joanne K. Rowling : « If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)

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