effet de serre

énergie/climat, l’AIE et les Gilets jaunes

L’Agence internationale de l’énergie a été créée dans les années 1970 pour défendre les intérêts des pays importateurs de pétrole… elle appelle désormais à cesser les investissements dans les nouvelles installations fossiles.. un virage à 180 degrés ! Le 26 mai 2021, l’AIE a publié un rapport pour parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050 et ainsi limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.

Le scénario décrit un système énergétique dominé par le photovoltaïque et dans lequel 90 % de l’électricité est issue de sources renouvelables. L’AIE dit même qu’il faut moins prendre l’avion, c’est historique !!  L’éternel directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, observe avec satisfaction l’onde de choc provoquée par cette publication. Les stratégies des compagnies pétrolières sont en train de changer, les décisions des banques centrales sont en train de changer, les décisions prises par les gouvernements sont en train de changer.

Mais cela faisait plusieurs années que les experts du climat et de l’énergie lui demandaient de reconnaître que les nouveaux investissements fossiles ne sont pas compatibles avec l’accord de Paris …

Mais c’est un rapport après mille autres rapports, il y a loin de l’objectif à la réalité. Les principaux pays exportateurs de pétrole ont balayé d’un revers de main le scénario de l’AIE. Jamais la part des fossiles dans la consommation d’énergie mondiale n’a été aussi élevée (plus de 80 %). Début juin, un rapport de Global Energy Monitor recensait 432 projets de développement de mines de charbon. De toute façon les propositions de l’AIE ne font que conforter les infrastructures existantes, on veut remplacer une énergie carbonée par une autre sans rien changer à notre mode de vie gaspilleur d’énergie. Il aura fallu des décennies pour comprendre que les énergies fossiles étaient une impasse. Combien de temps faudra-t-il encore pour comprendre que ni le nucléaire, ni les ENR ne remplaceront 80% de l’énergie mondiale avec une économie basée sur toujours plus de croissance ?

Soyons très réalistes. Sauf à faire en sorte que l’opinion publique pense désormais qu’il faut faire l’inverse de ce qu’on a fait jusqu’à présent, une suppression des services rendus par le fossile fabriquera du déclassé, du chômeur et de l’émeutier. Voici ce que Xavier Gorce pense des Gilets Jaunes : « Le mouvement des Gilets Jaunes m’est apparu dès le début très antipathique car porteur, dans ses revendications comme dans son expression, de dérives potentiellement fascisantes : stratégie du coup de force, antiparlementarisme, anti-élitisme. On m’ alors accusé de pratiquer le mépris de classe, voir d’être un chien de garde des puissants : un mouvement des laissés-pour-compte, victime du système, ne pouvait être que soutenu… Le dessin libre que je pratique questionne tous les travers de la société. Tous les travers. Même ceux du peule, qui n’est pas moins faillible que ses élites (Tracts Gallimard n°28, mai 2021) ». En France le vote Le Pen émerge mêmes dans des élections locales, et une extrême droite anti-écolo a déjà pris le pouvoir dans plusieurs pays. Que faire ?

Pour en savoir plus, notre synthèse :

23 juin 2020, l’infernal triangle emploi/climat/croissance

Pour en savoir plus sur Fatih Birol :

14 novembre 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

14 novembre 2012, Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

COP26, en route pour le désastre climatique

Après l’échec de la COP25 à Madrid, 25 années à tourner en rond sans mesures efficaces pour lutter contre nos émission de gaz à effet de serre, les délégués de 197 États ont achevé le 17 juin 2021 trois semaines de discussions pour préparer la COP26 qui devrait se tenir en novembre à Glasgow (Ecosse). Les générations futures vont avoir les pieds dans l’eau et le corps trop chaud, voici pourquoi :

– Les négociations n’ont débouché que sur des notes informelles.

– Le cadre de transparence, qui permettrait de vérifier que les pays respectent leurs promesses de l’accord de Paris, est au point mort.

– Les marchés carbone, sujet laissé en suspens aux COP24 et COP25 faute d’accord, le sera aussi à la COP26.

– Le financement climat (100 milliards de dollars par an) pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique n’est pas et ne sera pas respecté.

Les pertes et préjudices, c’est-à-dire les dégâts irréversibles – pertes humaines ou économiques – causés par les dérèglements du climat ne mobilisent pas les foules.

– Plusieurs réunions ont été interdites aux observateurs de la société civile (ONG, scientifiques, journalistes, etc.) sous la pression de la Chine et de l’Arabie saoudite.

Les émissions de CO2 vont donc continuer d’augmenter, on brûlera jusqu’à la lie la dernière goutte de pétrole. Pour en savoir plus de cette descente aux enfers, voici notre récapitulatif antérieur :

13 décembre 2020, Après la COP21, la (dé)route vers la COP26

GIEC et IPBES sont dans un bateau…

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) montent dans le même bateau pour la première fois : « Plus le monde se réchauffe, moins il y a de nourriture ou d’eau potable dans de nombreuses régions. Les changements de biodiversité, à leur tour, affectent le climat, en particulier par le biais d’impacts sur les cycles du carbone et de l’eau. »

50 spécialistes mondiaux appellent donc à une lutte commune alors que les deux aspects sont traités séparément. La COP15 sur la biodiversité est prévue en Chine cette année ou au plus tard en 2022 et la COP26 sur le climat sera organisée en Écosse. Mais GIEC et IPBES sont montés dans un bateau qui prend déjà l’eau de toutes parts. Le réchauffement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre et l’extinction de la biodiversité entraînée par la surpopulation humaine continuent de plus belle. Les 50 scientifiques ne peuvent que lister de bonnes intentions, évidentes : stopper la destruction des écosystèmes, restaurer les écosystèmes dégradés, limiter l’érosion des sols, augmenter la superficie des aires protégées, limiter les bioénergies, réduire notre consommation de protéines animales, etc.

Sur ce blog biosphere, nous montrons régulièrement que nous ne faisons politiquement et économiquement rien d’efficace pour limiter les dégâts multiples et profonds que nous infligeons à la planète, le bateau va couler. Mais vous, pour sauver le climat, jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Pour sauver la biodiversité, que faites-vous ? Face à la catastrophe annoncée, nous pouvons toujours apprendre à nager… individuellement en pratiquant la simplicité volontaire et en devenant Colibri, associativement en adhérant à Greenpeace, France Nature Environnement, Démographie Responsable, Casseurs de pub… la liste est longue, heureusement car c’est le seul espoir, faire ensemble ou chacun dans son coin une insurrection active.

Pour en savoir plus :

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag (en France)

8 mai 2020, Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

1er janvier 2020, Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

5 décembre 2019, L’historique du fiasco climatique

29 septembre 2019, Sur terre et sous l’eau, le désastre

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

11 octobre 2018, GIEC et politique, l’incompatibilité demeure

avec Greta Thunberg, le bien affronte le mal

Greta Thunberg ne dit que des choses banales : « La situation climatique est plus terrible et plus urgente que ce que je croyais… Cette crise affecte plus durement les plus vulnérables, et ceux qui ont le moins pollué… On ne peut pas demander les mêmes efforts à tous, on doit cibler les principaux émetteurs… Les promesses de net zéro émissions de gaz à effet de serre en 2050 se transforment en excuses pour ne pas agir maintenant… Les pays pétroliers commencent à paniquer, ils commencent à comprendre que l’on va quitter l’ère des énergies fossiles… Le mouvement Fridays for Future, cest une pression énorme sur mes épaules d’adolescente, mais je suis bien plus heureuse dans ma vie lorsque je me sens utile. »

Greta n’est qu’une caisse de résonance médiatique de l’inquiétude des dirigeants de la planète qui ne veulent pas assumer directement le message des scientifiques du climat. Greta n’est que l’icône dont nous avons besoin. Le véritable problème, c’est qu’un certain nombre de commentateurs, même sur lemonde.fr , s’acharnent à dénigrer Mlle Thunberg pour ne pas avoir à écouter son message, Ce sont des criminels qui veulent la détérioration des conditions de vie sur Terre de nos générations futures. Il serait intéressant de voir ce que deviendrait le nombre de ces négationnistes du climat si l’anonymat des commentaires était interdit. Greta parle à visage découvert, elle mériterait la réciproque. Quelques exemples de ce faux débat entre le bien et le mal :

Las Vegas : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique »! Pas sûr, je pense surtout que les gens ne veulent plus entendre Greta Thunberg

Obéron : On peut comprendre, devant cette jeune femme qui cumule l’intelligence, la maturité et l’empathie, la frustration de ceux qui ont passé leur vie à chercher des boucs émissaires à leurs échecs, à fuir la réalité trop complexe, à se laisser manipuler par les premiers venus sur des slogans de rejet ou de haine.

Médiéviste : Il est possible d’œuvrer pour l’écologie sans haine et sans enfoncer les portes ouvertes. Ce n’est pas le discours de cette jeune fille apparemment manipulée par son entourage et les médias.
Être n’est pas paraître….

noli : Le jour où vous subirez à titre personnel, comme de nombreux compatriotes déjà, inondations, sécheresse, assèchement et modification des sols, fissures de maison, etc, vous vous rendrez peut-être compte du problème et changerez d’avis.

Ginkgo_Biloba : N’importe qui aujourd’hui peut se parer du titre de »lanceur d’alerte » ; cela ne lui le légitime pas pour autant. Les gens ne veulent plus entendre Mlle Thunberg qui n’a ni compétence scientifique ni aptitude au compromis ce qui l’essence de la délibération démocratique.

ROTZ : Quand on ne peut pas contester les propos, on s’attaque à celui ou celle qui les tient. C’est une vieille technique qui, comme celles et ceux qui l’utilisent dans les commentaires ici, a fait son temps. Allez, encore un peu de patience, ils débarrasseront bientôt le plancher et nous pourrons enfin commencer à réparer les dégâts qu’il ont créés pendant leur passage sur Terre.

Trompe-la-Mort : « Les gens ne veulent plus entendre de mauvaises nouvelles sur la crise climatique » Ni de la basse propagande mal orchestrée qui consiste à nous faire croire qu’une gamine qui ne sait ni lire ni écrire peut changer quoi que ce soit à la situation dans laquelle nous nous trouvons. A pardon, elle vient en bateau et prend la tesla de schwarzenegger pour fendre les routes des US. Ridicule, du Hollywood comme on en mange depuis 60 ans.

Mathieu Vincennes : N’est-il pas surprenant qu’une jeune fille puisse énerver tant de monde, susciter tant de haine et d’insultes de la part d’adultes dans le monde entier, alors qu’elle ne fait que tenir un discours réaliste et que son combat, qui doit être celui de tous, est plus que légitime? Merci à Greta de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, d’inspirer de nombreuses personnes à sa suite et d’énerver tant de monde dont une bonne partie finira par se remettre en cause, nolens, volens.

Andin du Pérou : Avec son permis et son bac, elle va pouvoir s’offrir la vieille voiture diesel des rêves de ses parents et polluer à son tour elle même!

San-San : À voir les réactions de nombreux contributeurs, effectivement Greta Thunberg dérange. Trop de dormeurs qui ne veulent surtout pas qu’on les réveille dans leurs rêves de croissance infinie. Gardez vos yeux grand fermés braves gens !

Pour savoir ce que Greta répond à tous les empêcheurs de penser juste:

25 juin 2019, CLIMAT, Greta Thunberg s’explique

Joe Biden en flagrant délit de tromperie

Préparez-vous au réchauffement climatique, camarades, il n’y a pas d’autres alternatives : Joe Biden défend un forage pétrolier géant en Alaska ! D’un côté un projet à 6 milliards de dollars, 160 000 barils de pétrole par jour pendant trente ans et 2 000 emplois créés, de l’autre la migration des caribous, la chasse et la pêche de subsistance des Inuits et les émissions de gaz à effet de serre. Devinez vers où la balance penche ?

Ne soyons pas naïfs, tous les présidents américains sans exception ont défendu le niveau de vie des Américains, et celui-ci passe obligatoirement par la manne pétrolière. La réserve nationale pétrolière de l’Alaska fut instaurée en 1923 par le président Harding pour alimenter (éventuellement) en carburant la Navy. Les forages exploratoires avaient eu lieu sous Barack Obama en 2016, les découvertes avaient été annoncées en 2017, les permis d’exploitation octroyés à ConocoPhillips par Donald Trump en octobre 2020, et aujourd’hui confirmé par Joe Biden en 2021… qui dit pourtant avoir fait de la lutte contre le réchauffement climatique un de ses objectifs majeurs. Ben oui, l’économie sera toujours plus forte que le souci environnemental.

La conseillère pour le climat de Biden a fait savoir « que l’administration ne combat pas les producteurs de pétrole et de gaz, mais se bat pour créer des emplois syndiqués, déployer des technologies visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, renforcer l’industrie manufacturière américaine et servir de carburant à l’économie américaine ». On ne peut pas être plus clair… En fait le démocrate Joe Biden reste sur la même ligne que la républicaine Sarah Palin, ex-gouverneur de l’Alaska et ancienne candidate à la vie-présidence des Etats-Unis : « Drill, baby, drill » !

Les géants du pétrole, amoureux des arbres !

Petit calcul sur la compensation carbone. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a décidé de planter des acacias sur les plateaux Batéké en République du Congo. Cette forêt de 40 000 hectares piégera 10 millions de tonnes de CO2 sur une vingtaine d’années, soit environ 1370 tonnes par jour. Quelque 2 000 kilomètres plus à l’est, la compagnie va lancer sur les bords du lac Albert un des plus grands projets pétroliers au monde pour pomper chaque jour 230 000 barils de brut. Mais un baril de pétrole pèse 136 kg et le taux de pollution au carbone du pétrole brut est de 400 kg de CO2 par baril. Le groupe pétrolier va donc émettre chaque jour avec ce projet de pompage 92 000 tonnes de CO2. D’un côté 1370 tonnes pour compensation, de l’autre 92 000 tonnes supplémentaires émises. On est loin de la neutralité carbone, un objectif de toute façon insuffisant pour sauver le climat. Les multinationales du pétrole veulent nous faire croire que le pétrole est propre, il suffit de planter des arbres et leurs méfaits environnementaux seront oubliés.

Nous pensons bien mieux que Jean-Michel Bezat : Planter des arbres et des éoliennes, c’est une illusion ; fermer des puits, c’est absolument nécessaire… Car ce journaliste du MONDE, le cul entre trois chaises, ne sait plus quoi privilégier entre son amour du pétrole, la défense du business as usual et les impacts climatiques des gaz à effet de serre :

« Patrick Pouyanné assume ses choix : porter la production quotidienne d’hydrocarbures de trois à quatre millions de barils en 2030 pour répondre à la demande ; compenser en partie ses émissions de CO2 et multiplier par cinq ses investissements dans les énergies renouvelables d’ici à 2025. Avec un objectif « zéro carbone » au milieu du siècle. Le vert et le noir… La coalition d’investisseurs Climate Action 100+, qui regroupe des entreprises pesant 54 000 milliards de dollars d’actifs, vient d’admettre que les engagements de 95 % de ses entreprises adhérentes, toutes très émettrices de gaz à effet de serre, ne permettront pas de respecter l’accord de Paris… En 2016, lasse du refus d’ExxonMobil de « verdir » ses activités et ulcérée par son négationnisme climatique, la famille Rockefeller s’était débarrassée de ses actions. Tout un symbole, puisque la révolte venait des héritiers de John D. Rockefeller, fondateur de la Standard Oil… Activiste à sa façon, Bill Gates invite à tarir le carbone « à la source », la seule façon de passer de 51 milliards de tonnes de CO2 rejetés aujourd’hui à zéro au milieu du siècle… Planter des arbres et des éoliennes, c’est bien ; fermer des puits, c’est mieux. »

Il est vrai que demander à des actionnaires enrichis par les énergies fossiles de militer pour le zéro carbone c’est comme demander au renard de manger de la salade pour préserver les lapins. Mais si on est logique et précis, la main mise de Total sur les ressources congolaises est une catastrophe à la fois sociale et écologique. Bien sûr dans la région du Lac Albert, mais aussi sur le plateau Batéké. Car là bas, ce seront 40 000 hectares qui vont être enlevés à des populations qui les occupaient et les géraient depuis la nuit des temps. Ces reboisements « greenwashing » sont de véritables dépossessions. Ces terres que les intérêts étrangers acquièrent pour se donner le droit de polluer ailleurs ne sont JAMAIS vides et inoccupées. Ce sont des jachères (donc intégrées à un important système de régénération de la fertilité), des parcours pour les animaux, des zones de chasse, pour la récolte du bois mort, des réserves de terres pour les générations suivantes, … Ce sont aussi des terres très importantes pour le respect du culte des ancêtres. C’est une nouvelle dépossession à grande échelle qui est orchestrée par Total avec la complicité des autorités !

Sur le monde.fr, Izy n’y va pas par 4 chemins : « Le totalitarisme actionnarial doit être combattu. Si les gouvernements ne s’emploient pas à le réduire, ce sont les simples citoyens qui le feront en passant à l’action pour s’occuper directement de détruire les infrastructures permettant qu’il prospère. » Cela veut dire qu’on peut considérer la destruction de biens nuisibles à environnement comme légitime, c’est une défense du droit des générations futures à recevoir en héritage une planète vivable et durable. La non-violence, ce n’est pas se contenter de manifester dans la rue, c’est prendre les moyens de son objectif, réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Agence internationale de l’énergie, un leurre

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie était surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. De plus l’AIE avait toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique. Mais les temps changent, la contrainte climatique commence à faire ses effets. Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE : « Il y a un énorme fossé entre la rhétorique et la réalité, constate. Cette année 2021devrait encore être l’une des pires en matière d’émissions de CO2. Nous avons réalisé un rapport pour montrer aux décideurs que le secteur de l’énergie doit réaliser une transformation totale d’ici à 2050. Car jusqu’ici, beaucoup d’entre eux l’ont mal compris. »

Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport du 18 mai 2021 reste foncièrement optimiste. Dans le scénario « zéro émission nette », la demande globale en énergie d’ici à 2050 a diminué de 8 %, malgré les deux milliards de Terriens supplémentaires. La demande d’électricité a doublé et la part de renouvelables a été multipliée par huit, passant de 29 % de la production totale d’électricité en 2020 à 90 % trente ans plus tard. En 2030 60 % des voitures vendues seront des véhicules électriques, en 2040 la moitié des bâtiments auront été rénovés de façon efficiente, en 2050 des panneaux photovoltaïques sont installés sur 240 millions de toits. Le recours au charbon a chuté de 90 %, au pétrole de 75 %. La part du nucléaire a doublé, la demande en hydrogène a été multipliée par six, etc. L’AIE se met à rêver, mais on en reste toujours sur les bonnes intentions : « Au-delà des projets déjà approuvés, aucun investissement dans de nouvelles installations pétrolières ou gazières ni dans de nouvelles centrales à charbon sans solution de capture ou de stockage du carbone ne devrait être réalisé. » Les commentaires sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Dance Fly : Voir L’AIE tournait le dos aux hydrocarbures est une avancée considérable en soi. Bon, reste à convaincre Total, Exxon & Co qui n’ont évidemment pas l’intention de renoncer aux combustibles fossiles (tant qu’il y en aura à exploiter). Pour ce faire ces compagnies (dont on peut dire aujourd’hui qu’elles représentent à elles seules la principale force d’inertie à une accélération de la transition) sont prêtes à employer les pires méthodes de communication (à l’instar de l’agrobusiness ou de l’industrie du tabac): voir par exemple un papier passionnant qui vient de sortir dans One Earth: « Rhetoric and frame analysis of ExxonMobil’s climate change communications » .

Hilare : Convaincre  » Total, Exxon & Co » n’est sans doute pas le plus difficile, il s’agit de convaincre des milliards de citoyens d’accepter changer de comportement et modifier leurs achats. Ne nous faisons aucune inquiétude  » Total, Exxon & Co » suivront…

Ulysse : Il faut consommer moins d’énergie, interdire de vente les appareillages énergétivores, quel que soit le secteur, chauffage, voitures, climatisation ect… On attend toujours des mesures à la hauteur du problème.

Sarah Py : Voilà au moins une feuille de route qui fait prospective. Voilà enfin une base de discussion à partir de données et de chiffres. Sauf et encore une fois, la temporalité n’entre pas assez en ligne de compte. Le déploiement des énergies renouvelables qui sont très décentrées ( combien de temps pour un champ éolien) la mise en réalisation active d’innovations technologiques, des décennies, le changement des comportements humains trop volatiles et bien d’autres raisons, tout cela signifie que 8 ans, et près de trente ans sont des délais trop longs. En si peu de temps, changer radicalement ne peut se faire qu’avec plus de contraintes et de choix forcés par les États.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

16 mai 2013, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

12 août 2010, la date du pic pétrolier (signalé par l’AIE en 2006)

16 décembre 2007, en panne d’énergie (Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables »…)

Léonore Moncond’huy, seule contre les avions

Un tollé général de l’ensemble de l’éventail politique face aux propos de la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy : « L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants. »  On extrait de son analyse sur le climat un minuscule fragment pour en faire un drame national et ne pas avoir à réfléchir. Les réactions sont brutales, y compris en provenance des amis écolos de Léonore :

Yannick Jadot d’EELV : « Je pense que les rêves, c’est l’intimité. J’ai pu découvrir une partie de la beauté du monde grâce à l’avion. »

L’insoumis Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : « Coucou Poitiers! Les rêves restent toujours libres, signé Icare. »

L’ancien pilote de ligne, Jean-Baptiste Djebbari : « Des élucubrations autoritaires et moribondes ».

Maud Bregeon, porte-parole de La République en marche : « Des mots dogmatiques, cyniques, et tristes. »

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national : « Interdire, punir, faire payer, freiner l’innovation, vouloir détruire les filières d’excellence industrielle comme le nucléaire et l’aéronautique, s’en prendre aux rêves des enfants: voilà le vrai visage de ces ‘verts’ qui n’ont rien d’écologiste. »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a qualifié les propos de la maire écologiste de Poitiers de « totalement stupides ». Il dénonce « une folie révoltante et dangereuse ».

Tous ces gens nous mènent au désastre du réchauffement climatique puisque pour eux, les rêves des enfants ne doivent pas oublier l’avion. Précisons les termes exacts de l’enjeu. Lors du conseil municipal de Poitiers qui s’est déroulé le 29 mars 2021, Léonore Moncond’huy justifiait son « choix difficile » de ne plus subventionner les aéroclubs de Poitiers pour « protéger l’avenir des enfants ». Elle répondait à l’opposition qui mettait en avant le rôle « éducatif » de ces structures, en ajoutant : « C’était mon rêve d’enfant de prendre l’avion pour aller à l’autre bout du monde. Mais je pense que vous ne vous rendez pas compte des rêves dont on doit préserver les enfants. L’aérien, c’est triste à dire, mais cela ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui. » Elle pointant ainsi du doigt la participation de l’association des Chevaliers du ciel au programme «Rêve de gosse» qui permet à des enfants handicapés de faire un tour en avion. La propagande pour l’avion n’a pas de limites. Léonore évoque enfin un signal de responsabilité : « Compte-tenu du fait que cela ne menace par la survie de l’association, aujourd’hui, nous considérons que l’argent public ne doit plus financer les sports fondés sur la consommation de ressources épuisables, a-t-elle notamment expliqué lors du conseil municipal, ajoutant : « c’est aussi pour ces décisions, qui requestionnent nos politiques au filtre du changement climatique, que nous avons été élus. »

Est-il totalement stupide de penser que tous les fanatiques de l’avion contribuent à la destruction de « la beauté du monde » grâce à leurs voyages dans des plus lourds que l’air qui ont besoin de kérosène ? Le trafic aérien représente, en dehors du temps de pandémie, presque 2 % des émissions mondiales de CO2. «Le futur des enfants dans une France avec 5 et 6 degrés de plus sera bouleversé et leurs rêves aussi», a précisé sur Twitter Léonore Moncond’huy. Elle aspire à «un nouvel imaginaire» et à «de nouveaux rêves» que le XXIe siècle doit inventer pour les « enfants d’aujourd’hui ». Cette approche devrait être partagée par tous les politiciens sans exception, de l’extrême gauche à l’extrême droite ; l’urgence écologique devrait faire consensus absolu. Mais cette unanimité contre la maire de Poitiers montre qu’il est inutile de faire de grandes phrases sur le climat quand on se complaît dans une ambiance délétère qui n’a pour seul objectif que marquer quelques misérables points de « notoriété » dans la joute électorale. Tant que l’art de convaincre des écologistes se heurtera à la libre expression des politiques, surtout quand elle est débile, il n’y aura pas de véritable démocratie possible, c’est-à-dire un système qui repose sur le choix éclairé des électeurs de base et leurs rêves d’un avenir vivable et durable.

Planification publique et carte carbone

Il ne suffit pas de définir un objectif de neutralité carbone à atteindre en 2050, encore faut-il s’en donner les moyens. Réapparition du « haut-commissaire au plan » en France, Plan Biden aux Etats-Unis, Green New Deal en Europe… lidée de « planification » de l’économie par la puissance publique fait son chemin après des décennies de règne de la « loi du marché ». Du point de vue des écologistes, planifier semble nécessaire pour définir une politique globale visant à la décarbonation de l’économie. En effet la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre ne peut pas s’en tenir à la libre volonté des agents économiques.

Un opuscule* fait le tour du problème. Il pointe l’ampleur de la tâche à accomplir pour que les mentalités acceptent les changements majeurs nécessaires, à savoir une vraie rupture écologique. Il en va ainsi de la reconversion des cohortes de travailleurs des industries de l’énergie, de l’automobile ou de l’aéronautique, en passant par l’abandon par les économistes des canons libéraux. Le mythe selon lequel tout pourrait se régler par le « signal prix », l’État restant neutre face aux choix technologiques, nous mène à l’impasse et les générations futures au désastre. Personne actuellement ne connaît la stratégie nationale bas carbone (SNBC) édictée en 2015 et censée diriger depuis toutes les politiques publiques. Il nous faut un marqueur fort, la mise en place planifiée d’une carte carbone nous semble la voie la plus prometteuse.

Voici notre référence la plus ancienne sur la question : « Les chercheurs londoniens de la Royal Society for Encouragement of arts, manufactures & commerce (RSA) étudient la mise en place de cartes-carbones. On verserait à chaque citoyen un quota annuel d’émission de gaz à effet de serre sur un compte individuel, une unité représentant 1 kilo de CO2 (sachant que chaque Britannique en produit déjà annuellement 9,3 tonnes). Tout citoyen disposerait du même droit à polluer, les plus vertueux pourraient revendre leurs unités-carbone non utilisées. La mise en œuvre est envisageable puisque la technologie existe et que le coût serait inférieur à d’autres projets moins urgents comme la nouvelle carte d’identité. Cette mise en œuvre est d’autant plus nécessaire que le changement climatique constitue une vraie menace. Ce projet d’encadrement des pratiques personnelles est fondé puisque plus de 50 % des émissions de gaz carbonique en Europe proviennent de la consommation individuelle d’énergie, essentiellement le transport automobile et aérien, l’électricité et le chauffage domestique. Cela veut dire aussi que ce projet ne devrait pas être réservé aux Anglais, d’autres citoyens comme les Américains sont de gros pollueurs. A la mi-juillet, le secrétaire britannique à l’environnement a qualifié cette perspective de « passionnante expérience de pensée ». La Biosphère estime que ces cartes carbone devraient devenir une réalité internationale non d’ici 2020, mais l’année prochaine ! (écrit le 18.09.2006 par Michel Sourrouille) »

Pour en savoir plus, lire notre synthèse, Carte carbone, bientôt généralisée à tous

* « La planification, une idée d’avenir », « L’Economie politique », n° 89, janvier 2021, 12 euros.

Le monde d’après Covid, avec ou sans avions ?

Jean-Michel Bezat, le cul entre trois chaises : « Dans le monde d’après, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre, sans honte. Passé les violentes turbulences liées au Covid-19, le trafic aérien devrait retrouver son rythme de croisière… (Mais) un voyageur Paris-New York-Paris émet deux tonnes de CO2 – le quota annuel qu’il faudrait attribuer à chaque enfant né aujourd’hui, durant sa vie, pour maintenir la hausse de la température du globe à 2 °C … (Mais) chaque avion de nouvelle génération consomme entre 15 % et 20 % de carburant en moins, grâce à des moteurs plus sobres. Ces progrès technologiques ne s’arrêteront pas, avion propulsé à 100 % par des biocarburants pour la fin de la décennie, court-courrier brûlant de l’hydrogène dans ses réacteurs pour 2035. Objectif : attirer les touristes en mal de destinations exotiques, en attendant un hypothétique retour des hommes d’affaires… (Mais) on peut se battre pour un grand soir écologique. Il suffit d’imposer au transport aérien des taxes environnementales si lourdes qu’il deviendrait inaccessible… (Mais) ce serait revenir aux débuts des vols commerciaux, réservés à une élite fortunée. Et tuer une industrie majeure pour les pays développés, la France en tête. Le ciel sera plus « vert » dans vingt ans, et le rêve d’Icare sauvé. »

Jean-Michel Bezat ménage la chèvre et le chou, mais surtout le Lobby des Avionneurs Irresponsables. Les commentateurs sur lemonde.fr deviennent de plus en plus critiques :

Artemis purple : Le rêve d’Icare n’était pas de faire voler 4,5 milliards de passagers dans une seule année ! Comme tout, c’est l’industrie de masse qui tue l’environnement.

Frédérique Hervé S. : Hormis le fait amusant que cet article base ses prédictions sur celles de l’IATA (donc sur les avionneurs), il est assez frappant que personne, ni l’auteur ni aucun commentateurs, ne se souvienne plus d’un aéronef nommé Concorde. Il y a dix ans encore, peu avant son arrêt, les mêmes avionneurs annonçaient TOUS avoir des plans et des développements pour les appareils transcontinentaux supersoniques du futur. C’était évident. Si je me réfère au destin de Concorde, dans dix ans, on aura sans doute oublié pas mal des bêtises écrites par JM Bezat…

Fouilla : D’abord « chaque avion de nouvelle génération consomme entre 15 % et 20 % de carburant en moins », puis plus loin, « Une nouvelle guerre des prix se profile ». Conclusion, les gains en carburant seront compensés par une baisse des prix et il y aura au moins autant d’émissions CO2, ça s’appelle l’effet rebond. Quand à l’avion à hydrogène pour des vols commerciaux dans moins de 15 ans, qui peut croire une seconde une telle fadaise?

The GonZo Man : Dans le monde d’après on voyagera dans d’immenses soucoupes volantes, et la scène centrale sera occupée par des spectacles pour permettre aux voyageurs de patienter.

Raphou : Pas une seule fois dans toute l’ère industrielle l’amélioration du rendement énergétique n’a entraîné une baisse de la consommation de ressources et donc de l’émission de C02. Si les avions du futurs consomment 50% de kérosène de moins, il s’en produira mécaniquement 50 % de plus, ne serait-ce que pour rembourser les frais de R&D dépensés dans la conception d’un avion mois polluant. Dire que le problème va être résolu avec un avion plus efficace énergétiquement est donc un mensonge flagrant.

Happytaxpayer : l’avion de masse a standardisé le voyage… les mêmes galeries commerciales se retrouve ntdans toutes les villes du monde avec les mêmes produits…. le néant. C’est plus dépaysant fe séjourner en Aveyron qu’à l’île Maurice.

Danmer : C est incroyable au vu des contributions, le nombre de personnes apeurées par le futur. C est par le haut et les progrès scientifiques que la vie sur terre s améliorent. Pas par un retour à l ère préhistorique

Transition_necessaire @ Danmer: La vie sur Terre ne s’améliorera pas avec un réchauffement non contrôlé et les éventuels emballements si l’on dépasse certains seuils. Vous n’avez pas peur, tant mieux pour vous.

Pangeran : Le transport aérien est une cible facile pour les critiques alors que l’impact de l’utilisation intensive d’internet a un impact nettement plus important. Mais on ne peut pas s’en passer. Le monde qu’on nous promet sera sans avion et sans internet ? Allons voyons soyons sérieux.

Stéphane Savoie @ Pangeran : Oui, nous volerons sans doute plus de plus en plus, de moins en moins cher dans une guerre commerciale sans fin, bercés par la douce musique réconfortante des progrès technologiques qui ne lèveront jamais le coût énergétique forcément énorme de défier la gravité… Et alors nous nous crasherons, dans un cataclysme environnemental à l’échelle de notre démesure. Enfin, peut être, nous accepterons la mesure et apprendrons qu’elle n’empêche pas de rêver, de défier la connaissance.. Mais avec respect, douceur et partage.

F.a. : Dans le monde d’après, qui sera comme le monde d’avant en pire, les hommes – et les femmes – rouleront aussi encore en SUV, en 4X4, des grosses voitures prétentieuses, la clim à fond parce qu’il fera « un peu chaud », vite, vite, vite, sur des autoroutes flambant neuves, sans savoir pourquoi, sans honte et sans vergogne et sans but, parce que c’est comme ça, et que le voisin fait pareil, et que sinon c’est la honte.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

22 mai 2020, L’aviation au banc des accusés, coupable ! (synthèse)

21 juin 2019, Mettre à terre le lobby aérien

25 juillet 2015, Limiter le trafic aérien, réduire les gaz à effet de serre

25 septembre 2011, Jean-Michel Bezat occulte la fin du pétrole

Écologie punitive et tragédie de l’horizon

« Écologie punitive » est un élément de langage utilisé par la droite anti-écolo pour éviter d’aborder la nécessaire rupture écologique. Mais si nos décideurs devenaient responsables et ouverts au sort des générations futures, ils devraient mettre en place une réglementation très stricte contre tout ce qui détériore le climat mondial, et donc peser principalement sur les investissements en matières d’énergie fossile. L’exigence du long terme devrait l’emporter sur les préoccupations de court terme.

Gabrielle Siry : « 80 % des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la combustion des énergies fossiles. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié fin 2020 un premier rapport sur les politiques de « sortie du charbon ». L’Union européenne a commencé à développer une « taxonomie verte » (classification) des activités durables, destinée à flécher les investissements en faveur de la transition vers une économie sans carbone. Des mesures doivent être prises afin de faire baisser de manière drastique les financements de ces énergies, qui polluent et causent près de 100 000 morts prématurées par an en France. Si écologie punitive il doit y avoir, c’est à l’encontre de ces financements. Il ne sera plus possible d’adopter une vision restrictive des émissions carbone, pratique que dénoncent régulièrement les ONG : les émissions indirectes (issues de l’utilisation des produits fabriqués, par exemple l’utilisation d’une voiture) seront obligatoirement comptabilisées, au même titre que les émissions directes (issues du processus de fabrication de la voiture). Il doit coûter plus cher de réaliser un investissement nuisible pour le climat qu’un investissement bénéfique à la transition écologique. C’est le sens de la proposition de « facteur de pénalisation brun » : plus l’actif est nuisible pour le climat ou la biodiversité, plus le montant du capital immobilisé par la banque – destiné à couvrir le risque lié à cet investissement et à prévenir le risque de faillite – devrait être élevé. »

La « tragédie de l’horizon» reste pourtant d’actualité , les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement de marché leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes présumées frapper les générations d’un futur lointain. Il nous faut donc jeter un pont entre le présent et l’avenir. Or le marché financier, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est en revanche incapable de fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Il revient donc aux acteurs politiques de déterminer une vision du long terme. Notons aussi que des investisseurs responsables comprendraient que les tendances lourdes qui dégradent la vie des sociétés ont des conséquences néfastes à long terme sur le rendement financier du capital et peuvent aboutir à des pertes importantes.

Pour en savoir plus, Un bon financier est avant tout un bon écologiste

extraits : les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi « fumigènes ». Ils brouillent, ils occultent la réalité. Normalement, plus une ressource se raréfie, moins elle est accessible, plus son prix augmente… ce qui hiérarchise les priorités, flèche les investissements et forge nos représentations du monde. Mais lorsque les indicateurs boursiers ne s’affolent pas, c’est qu’il ne se passe rien. C’est l’une des raisons de l’extraordinaire surdité des dirigeants politiques devant « la multiplicité des menaces scientifiquement avérées » qui pèsent sur les sociétés… La Grande dépression qui a suivi le krach boursier de 1929 n’a pu se résoudre que par l’irruption d’une guerre mondiale… Depuis 2012, une ONG baptisée 350.org a lancé une coalition intitulée Divest-Invest (désinvestissez-Investissez). Le mouvement avait été bien suivi, plus de 200 institutions ont déjà décidé de désinvestir du secteur pétrolier en transférant  50 milliards de dollars vers d’autres domaines. ..

L’adieu au charbon sera long, trop long

Le charbon en France ne représente que 2 % de la production électrique, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le 31 mars 2021, la centrale à charbon du Havre ferme, les deux dernières centrales thermiques en Moselle et en Loire-Atlantique devraient l’être en 2022. Mais dans le monde la demande d’électricité devrait croître de 10 % en Inde et exploser en Chine où la moitié des centrales ont moins de dix ans. Le charbon sert aussi à la fabrication de l’acier et du ciment. La lutte contre le réchauffement climatique est vouée à l’échec face à omnipotente du charbon, du pétrole et du gaz dans nos manières de produire et de vivre actuelles. La vérité est qu’aujourd’hui rien n’est sous contrôle. L’homme qui reste un peu honnête avec lui-même a l’impression de se retrouver dans un piège abominable dont il ne voit pas comment sortir. Voici quel

On sait que le charbon doit rester sous terre pour limiter le réchauffement climatique. Mais à force de croire que demain sera comme aujourd’hui, avec une abondance énergétique extraordinaire mais non renouvelable, nos lendemains seront terribles car nous ne sommes pas préparés collectivement, ni en France, ni ailleurs, à affronter la descente énergétique. Nous étions en train de brûler nos forêts, (mal)heureusement nous avons exploité le charbon. Pour ne pas qu’il s’épuise trop vite, nous avons utilisé le pétrole, le gaz, la fission atomique et même le photovoltaïque… aujourd’hui on veut en revenir au bois ! C’est le signe de l’impuissance collective actuelle à nous mener sur les voies d’un futur acceptable. #EndCoal, enfin un hashtag sur Twitter qui nous parle, des panneaux qui s’enflamment lors d’une manifestation de Greenpeace. Dérisoire symbolqiue. Le 8 janvier 2018, l’église Saint-Lambert du village d’Immerath en Allemagne a été rasée, pour laisser place à une mine de charbon. Le système thermo-industriel résiste, mais ce sont ses derniers souffles avant qu’un choc pétrolier/charbonnier nous amène inéluctablement à la déroute finale.

Bientôt le pic charbonnier. Après son livre de 2003 sur le pic pétrolier, Richard Heinberg s’était consacré au pic charbonnier : la production de charbon suit la même courbe que la production de pétrole. Elle aussi commence par augmenter, atteint un maximum, puis décline inexorablement au fur et à mesure que les gisements s’épuisent. Les chiffres officiels ignorent généralement les différentes qualités de charbon ou les présentent d’une manière exagérément simplifiée, ce qui donne une fausse impression d’abondance. Il n’empêche que le pic charbonnier chinois aura lieu entre 2015 et 2032, aux USA entre 2025 et 2040 … Heinberg conclut que le charbon est suffisamment abondant pour avoir un impact conséquent sur le climat mais ne l’est pas assez pour remplacer durablement les autres énergies fossiles une fois qu’elles auront commencées à décliner.

Que faire ? Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison .Dans le futur proche il nous faudra apprendre à vivre dans un nouveau contexte de catastrophes à répétition qui, inévitablement, porteront atteinte à nos libertés, sans d’ailleurs pour autant que cela résolve les problèmes de pénurie de ressources naturelles. La récession actuellement en cours avec la pandémie nous donne un avant-goût des révisions douloureuses à accomplir. L’avenir passera par des mécanismes administratifs de rationnement ainsi qu’une baisse drastique de nos revenus

En guise de conclusion, nous vous conseillons de lire d’urgence Lewis Mumford : « L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. Le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie,  ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appas du gain, le lendemain épuisée et sans forces. En revanche, l’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué ; le champ labouré, le verger, les planches à  légumes, les terres à blé, les massifs de fleurs – tous témoignent d’un ordre formel, d’un cycle de croissance.»

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

21 octobre 2015, Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

14 mars 2014, La fin du charbon au Royaume-Uni, un air d’apocalypse

27 avril 2012, les dangers du charbon (1/3)

6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !

28 septembre 2010, des mineurs bientôt sans charbon

26 juillet 2010, l’impasse charbonnière

9 février 2008, charbon de terre

5 avril 2007, bientôt une Chine sans charbon !

Loi climat, les commerçants à l’attaque

Il est question dans le projet de loi sur le climat de soumettre à la prérogative des maires les dispositifs publicitaires lumineux au sein des vitrines de magasins. Ces écrans pourraient être soumis à « des prescriptions en matière d’emplacement, de surface, de hauteur et, le cas échéant d’économies d’énergie et de prévention des nuisances lumineuses », définit le texte.

Le point de vue des commerçants : Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture qu’ils qualifient « d’outil de communication principal du point de vente » à l’heure où les commerces sont déjà en difficulté. Pour eux, la mesure s’apparente à « régir la couleur des rideaux aux fenêtres de nos appartements » ou « la page d’accueil d’un site Internet ». « Supprimons aussi les illuminations à Noël, et les animations musicales, s’agace Jean-Pierre Lehmann, président de la fédération nationale des centres-villes. Ce n’est pas en enlevant les écrans de nos boutiques qu’on va sauver la planète. » Les agents immobiliers pestent, ils seront « contraints de revenir au papier pour afficher leurs annonces de logements en vitrine sachant que la filière bois est aussi en danger ».

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr :

Vert de Terre : J’ai beaucoup aimé la phrase « Les commerçants considèrent que la limite de l’action publique s’arrête à la porte de leur devanture ». En cette période où l’état soutient massivement, et à juste titre, les commerçants, je trouve cela osé. Il serait souhaitable de regarder un peu plus loin que le bout de son nez. Le réchauffement climatique va nous appauvrir massivement et ça ne va pas être bon pour le commerce.

F.3368 : Ces écrans devraient tous être interdits dès lors qu’ils donnent sur la voie publique. Une balade urbaine ou autre ne devrait pas être interrompue par de vulgaires publicités !

JohannG : Le sujet de ce projet n’est pas l’économie d’énergie engendrée par l’arrêt de ces écrans mais la publicité intrusive qu’ils imposent. C’est sûr que les agences de voyages ont envie de continuer à mettre en avant les voyages qu’elles proposent avec des vidéos sur des écrans de 2mx3m. Mais à continuer à vendre un modèle de société ultra-consumériste et non soutenable, on n’aide personne à changer ses habitudes et ses envies.

Vincent N : En gros le message c’est « laissez moi la liberté de polluer visuellement », y compris la nuit à 1h du matin… Car quand on voit toutes ces vitrines allumées en plein milieu de la nuit, on se demande bien qui les regarde et l’impact sur les ventes.

pierre marie 22 : Il est temps, mes frères, de se vêtir de noir. Temps de manger du quinoa bio, acheté en vrac. Temps d’avoir des toilettes sèches. Temps de subventionner la permaculture urbaine. Temps de résilier. Gaïa est grande et Greta est sa prophète.

Ce qu’il faut retenir du mois de mars 2021

Les péripéties de la pandémie occulte toute autre préoccupation en matière d’écologie. Cependant en France le mois de mars a connu deux événements politiques, un début de concrétisation des délibérations de la CCC (Convention citoyenne pour le climat) et les prémices d’une inscription dans la constitution d’un article sur l’environnement.

Pour en savoir plus sur ces velléités politiques grâce à notre blog biosphere qui consacre chaque jour un article à l’urgence écologique :

19 mars 2021, L’environnement dans la Constitution, quand ?

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

Nous ajoutons que l’évolution de la loi est une chose, mais jusqu’à présent aucun politicien n’explique à la population qu’en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, il va falloir faire beaucoup d’efforts personnels dans tous les aspects de notre vie quotidienne, déplacements, alimentation, voyages, etc. Il nous faut une sobriété partagée, mais cela, on n’en prend pas le chemin si ce n’est forcé par les confinements.

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution pour notre blog, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

CLIMAT, jour 1 du débat législatif

Tout le petit monde politique est écolo. A compter du 29 mars 2021, les députés se lancent dans un marathon législatif de trois semaines pour débattre du projet de loi Climat et résilience dans l’Hémicycle. Près de 7 000 amendements ont été déposés, preuve des clivages que ce projet de loi cristallise Le mandat de la Convention Citoyenne pour le Climat était « de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale ». Donnons un aperçu d’un débat qui risque d’être aussi passionnant que futile.

Jean-René Cazeneuve, député La République en marche (LRM) et rapporteur général du projet de loi : « Nous voulons une écologie de progrès mais pas une écologie qui casse la croissance économique, ou qui mettrait une industrie la tête sous l’eau. »

Biosphere : Tout est dit. Comme la croyance dans un monde finie est d’autant plus imbécile que nous avons déjà dépassé les limites d’habitabilité de la planète, monsieur Cazenave dit des imbécillités. Il nous faut d’urgence une écologie de rupture avec le système croissanciste, et cela Macron et ses affidés ne le savent pas encore.

Lorange : À l’intention des négationnistes de l’écologie. 1/ Y a-t-il, comme le soutiennent la totalité des biologistes sur terre, une destruction massive de la biodiversité depuis 50 ans (grands mammifères, océans, glaciers, insecte oiseaux, arbres, pollution des eaux et de l’air …) ? Si vous pensez le contraire merci d’étayer votre propos. 2/ Cette destruction massive, ajoutée au réchauffement climatique, laissera-t-elle une terre viable pour nos descendants ? Pensez-vous qu’il soit impératif de laisser une terre viable pour nos enfants ? 3/ La préservation de cette terre pour nos descendants, QUOI QU’IL EN COÛTE, est-elle plus importante que le pouvoir d’achat, la pension de retraite, le SUV et le petit confort de papi boomer ? Merci à ceux qui auront l’honnête ou le courage de répondre à ces questions simples.

Gramoune : Les « négationnistes de l’écologie », ce sont donc tous les Français normaux, qui vivent dans les campagnes françaises, alors que les « grands défendeurs » de l’écologie, ce sont finalement les « bobos parisiens » qui n’ont jamais mis leurs mains dans un terrain, mais qui forcément savent tout, et mieux que les gens des campagnes. Horrible, mais bien français. Nos écolos feraient bien de s’inspirer du modèle allemand, où le Président vert du Baden-Wûrttemberg, M. Kretschmar vient de soutenir les industries automobiles (normal, il s’agit de Mercedes et Porsche), mais quel Écolo français aura le courage de défendre Renault ou Peugeot ? Alors que + de 100 000 personnes sont concernées . Lamentable !

F. P. : Sur 1 et 2, ok. Sur 3 : pas du tout ok ! Parce que vous mélangez les choux et les carottes ! Il faut bien disposer de quelque pouvoir d’achat pour changer de voiture (et rouler en Zoé) ou faire installer des panneaux solaires sur le toit de sa maison, non ? Et ce, que l’on soit en activité ou retraité, non ? Bref, vous culpabilisez les particuliers au moment même où vous avez en vue l’intérêt général ! C’est politiquement contre-productif !

LEMONDE : A droite, où l’on a déposé la majorité des 450 amendements de suppression d’articles dans le projet de loi, les députés souhaitent avant tout préserver la liberté d’entreprendre tout en tentant d’esquisser un discours sur « une écologie positive adaptée aux territoires ». « Ce texte représente l’écologie de la taxation. Nous voulons une écologie du pouvoir d’achat », plaide le président du groupe Les Républicains, Damien Abad.

Michel SOURROUILLE : La guerre des mots. Les anti-écolos (à droite ou à gauche ») n’osent plus se dire anti-écolos, alors il font de l’écologie superficielle, entièrement compatible avec le système croissanciste du business as usual. Les éléments de langage contiennent en soi le refus d’une écologie de rupture : écologie « positive », écologie « de progrès ». Comme ils n’ont rien de concret à proposer pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et la raréfaction des ressources naturelles, alors ils veulent déconsidérer les militants d’une écologie de rupture par des mots sans contenu : écologie « de la taxation », écologie « punitive », retour à la bougie ou à l’âge de pierre, ayatollahs de l’écologie, etc. Une telle simplification abusive du débat autour d’un projet de loi qui se voulait « de rupture » démontre le vide conceptuel de l’anti-écologisme.

pierre marie : Oui, il est urgent de couper des cous, de faire des camps entourés de barbelés, d’obtenir des aveux spontanés, etc. Nous avons eu les rouges. Nous aurons les verts.

BorderlineyeDisruptive : « Nous ne voulons pas d’une écologie qui casse la croissance économique », dixit La République en marche arrière. Ce serait bien que notre Roi Soleil Aveuglant explique comment il compte, concrètement, préserver et dépolluer les ressources naturelles tout en continuant « en même temps » à surproduire et surconsommer (définition de la Croissance) de l’inutile et du jetable… Entre protéger certaines industries et protéger l’avenir du genre humain, il va falloir choisir. Étonnant que cette évidence scientifique et mathématique mette tant de temps à monter au cerveau d’un Monarque que certains (surtout lui-même) disent si brillant…

Bright : Entièrement d’accord. Mais nous vivons dans un monde ou le capital est l’ultime objectif et il faut avoir présent à l’esprit que ses mécanismes ont échappé à toute forme de régulation. Le système s’est emballé à l’échelle de la planète. Plus aucun gouvernement ne dispose des leviers nécessaires pour freiner la course en avant. D’outils de productions le prolétariat est devenu outil de consommation et il est indispensable pour fournir les débouché utiles à l’expansion dont le capitalisme se nourrit. Camarades, nous sommes foutus.

François C.H. : Comme souvent, la responsabilité de l’échec n’est pas tant individuelle que collective. On accuse le gouvernement de la jouer petit bras, c’est vrai, mais les oppositions sont loin d’être honnêtes lorsqu’elles affirment que voter les bonnes lois suffirait. C’est faux, il faut que ces lois et leurs effets fassent consensus au sein de la société, et on n’y est pas du tout. Cet objectif de baisse de 40% implique une transformation radicale, une planification économique au moins à l’échelle européenne et au final une sortie du système économique actuel ce qui, on le devine, ne peut se décider dans les ministères. Tant qu’on a pas de consensus la dessus on aura gouvernement après gouvernement la même situation, un exécutif qui vote quelques lois sans envergure, et une opposition qui prétend qu’un peu de volonté suffit. Cette pièce de théâtre se joue depuis 20 ans et ce n’est pas en changeant les acteurs que l’on avancera.

Fustigator : Discours qui omet simplement de préciser que quasiment tous les problèmes environnementaux n’existeraient pas si on n’avait pas multiplié de manière absurde la population par 7 en 150 ans, sans aucune justification. Or, je ne vois dans toutes ces déclarations flamboyantes aucune esquisse de solution pour une réduction drastique de la démographie; bien au contraire, on nous demande d’ajuster nos consommations individuelles pour que d’autres puissent continuer à pulluler sans vergogne. Dit autrement, si il y n’y a aucune raison de rouler avec SUV V8, il n’y en a pas plus d’admettre que des gens fassent plus de deux enfants ; si on veut proscrire le premier comportement pourquoi ne pas proscrire le second ? Rappel : un enfant de plus, c’est 150 aller-retour Paris-New York en avion.

Manifestons pour une vraie loi climat

Bilan écologique de Macron : 89 mesures négatives depuis 2017. Pour être plus précis, 53 % des 169 mesures prises en matière d’écologie depuis 2017 sous la houlette du président sont nuisibles à la planète. Il n’est donc pas étonnant de voir des personnes se mobiliser « pour une vraie loi climat » à la veille de l’examen le 29 mars du projet de loi climat et résilience. Bien sûr le contexte pandémique est défavorable à la dynamique citoyenne, mais diffusez où vous pouvez les slogans écolos de cette manifestation, cela peut faire tâche d’huile et participer à l’intelligence collective :

Sur les banderoles, « Les citoyens planchent, Macron tronçonne ! », « Y a pas de vaccin contre le réchauffement climatique ! », « Pour une vraie loi climat : Stop au blabla », « Macron, ta loi en carton, c’est la poubelle jaune », « Sans filtre, tu nous enfumes », « Fin du monde, fin du mois, même combat », « Urgence climat, il est encore temps d’agir », « Les calottes sont cuites ! », « Quand c’est fondu, c’est foutu », etc.

On se rappelle encore de plusieurs des slogans de mai 68 il y a plus de 50 ans. On se rendra compte dans 50 ans qu’il n’y avait pas de négociations possibles avec le climat !

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CLIMAT : épilogue du match Macron / Dion

Cyril Dion : « En Irlande, deux assemblées délibératives tirées au sort avaient permis de trancher les épineux débats du mariage pour tous et du droit à l’avortement. En France, la convention citoyenne pour le climat s’est achevée le 28 février après dix-sept mois de travail et un rapport riche de 149 propositions. En voici quelques enseignements :

Pour faire bouger le gouvernement sur la question climatique, il faut vraiment insister… La démocratie délibérative demande du temps, de l’attention et une sacrée dose de travail… La démocratie délibérative a permis de construire un plan solide, répondant à des objectifs climatiques et sociaux ambitieux, acceptables pour une majorité. A l’exception du 110 km/h, les propositions séduisent 62 % des Français qui en ont entendu parler… Mais l’oligarchie reste vent debout contre la démocratie. De nombreux éditorialistes fustigeaient la soi-disant radicalité de ces « Khmers verts », « anticapitalistes » et même « décroissantistes », les principaux secteurs industriels concernés (automobile, aérien, agrochimie, publicité) ont mobilisé tous les leviers d’influence à leur disposition, le gouvernement a amoindri le plan qu’il a lui-même commandé. Les conventionnels ont donné la note de 3,3 sur 10 à Macron. Chaque fois qu’un responsable politique trahit sa parole, il affaiblit encore un peu plus notre fragile démocratie, il fait le lit du populisme et il stimule des votes de pure contestation. Une mutation démocratique s’impose. Si nous voulons faire primer l’intérêt général, il faudrait institutionnaliser des processus tels que le référendum d’initiative citoyenne délibératif ou une troisième chambre (du futur). » Quelques réactions sur lemonde.fr :

アグレッシブ烈子 : On a surtout compris qu’il ne fallait surtout pas confier des exercices démocratiques à des militants comme Cyril Dion.

Michel SOURROUILLE @ Chinoiserie : les attaques autant méchantes que non argumentées contre le messager empêchent d’écouter le message. C’est une agression contre la formation d’une intelligence collective, c’est donc aussi une attaque contre soi-même.

Daladier : Je ne suis pas d’accord de déléguer mon pouvoir législatif à une commission dont les membres sont tirés au sort. Surtout avec des idées qui conduisent à plus de chômage.

Michel SOURROUILLE : Daladier, si les parlementaires avaient passés plusieurs WE à bosser les dossiers du climat comme l’ont fait les membres de la convention citoyenne pour le climat, leurs décisions en matière de lutte contre le dérèglement climatique seraient bien plus fondées… Quant au chômage, l’effondrement du système thermo-industriel basé sur les énergies fossiles provoquera tant de chômage que les effets du Covid sur le PIB nous semblera dans l’avenir une aimable mise en bouche.

Pour en savoir plus sur Cyril Dion, extraits :

8 décembre 2020, CLIMAT : Macron / Dion, le torchon brûle

« Monsieur Macron, Puisque vous m’avez apostrophé,, je me permets de vous adresser cette réponse. Vous semblez touché qu’aujourd’hui je vous critique. Vous me traitez « d’activiste » comme si c’était un gros mot. Vous dites que je ne suis pas « honnête », que je fais une « caricature ». Au-delà de cette morgue à mon endroit, il me semble que c’est vous qui ne respectez pas la parole que vous avez donnée. »…

25 avril 2020, Cyril Dion, « Le monde d’après » la covid-19

…« Face aux menaces climatiques, de nombreux collectifs écologistes appellent depuis des années à préparer nos territoires aux chocs qu’ils pourraient subir. Comment ? D’abord en relocalisant une partie de notre alimentation. Chaque territoire devrait pouvoir assurer une part essentielle de la production de nourriture de ses habitants. Ensuite en renforçant l’indépendance énergétique des pays et des territoires avec des énergies renouvelables. »…

18 août 2018, avec Cyril Dion, résistons à ce monde qui déraille

Petit manuel de résistance contemporaine : « Manifester, signer des pétitions, agir localement, occuper des lieux, boycotter… Toutes ces propositions faites dans d’innombrables ouvrages, articles, émissions et réseaux sociaux n’ont aucune utilité, ou presque, si elles sont mises en œuvre de façon isolée. Quant aux perspectives plus radicales d’insurrection, elles conduisent certainement à reproduire ce que nous prétendons combattre, »  …

6 septembre 2016, La synthèse de Cyril Dion : « Être plutôt qu’avoir »

« Il y aurait de quoi se demander si mettre des enfants au monde dans le contexte actuel était bien raisonnable… Car la plupart d’entre nous le savent désormais, la situation ne va pas s’améliorer. Du moins pas toute seule. Pour la première fois dans l’histoire, nous sommes confrontés à une conjonction de problèmes qui, en s’additionnant, pourraient conduire à la disparition d’une partie de notre espèce. »…

CLIMAT, la solution passe (pas) par Bill Gates

Biosphere : Bill, tu n’es vraiment pas réaliste, la généralisation du niveau de vie américains nous mène à la catastrophe climatique et à l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle.

Bill Gates : Je reste optimiste. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus ce sera possible de s’adapter au réchauffement climatique. Mais je suis bien d’accord sur un point, si on ne fait rien, on aura cinq fois plus de morts par an que la pandémie actuelle à ses pires moments.

Biosphere : Bill Gates, écoute-moi, toi un nucléocrate, n’oublie pas les déchets nucléaires, l’insécurité des centrales, l’impasse de la 4e génération…

Bill Gates : Les nouveaux réacteurs nucléaires sur lesquels nous travaillons, avec un refroidissement par le sodium, seront beaucoup moins chers et plus résistants. Dans cinq ans, on devait même avoir un réacteur pilote en Chine, mais cet accord a été annulé. L’espoir fait vivre, je vis d’espoir..

Biosphere : Tu radotes, dormez tranquilles la technologie qui n’existe pas encore va nous sauver. Je crois vraiment que tu es instrumentalisée par les milieux d’affaire, trop content avec toi de rassurer les populations à bon compte. D’ailleurs tu ne parles jamais de sobriété. Tu n’as pas encore compris qu’il nous faut changer radicalement nos modes de vie et de consommation, surtout dans les pays développés.

Bill Gates : Bien sûr, les émissions par habitant sont très élevées aux États-Unis, mais le niveau de vie des Américains n’est pas négociable. Rien ni personne ne m’empêchera de rouler dans ma Porsche électrique. En fait les problèmes viennent des pays à revenus intermédiaires. En Chine ou en Inde, les gens ont aussi le droit d’avoir l’électricité la nuit, le chauffage ou la climatisation, tout ce que nous considérons comme des acquis. Il faut donc se mettre d’accord sur le fait que le monde aura besoin de plus d’acier, de ciment ou d’énergie.

Biosphere : Tu finances des technologies de rupture, mais elles ne seront pas prêtes avant longtemps, si elles le sont un jour ! Face à l’urgence climatique, ne faut-il pas plutôt investir dans celles qui existent déjà ?

Bill Gates : Je suis un visionnaire, il faut travailler sur les sujets de plus long terme, comme l’acier, le ciment ou l’aviation.

Biosphere : Ah ! Tu prends encore l’avion, ce « plus lourd que l’air » qui carbure aux fossiles ?

Bill Gates : On pourra un jour utiliser des avions électriques pour des courtes distances. Pour mon propre avion, j’utilise un kérosène entièrement végétal, c’est un green premium * très cher. Les pays riches ont la responsabilité d’utiliser leur puissance d’innovation pour inventer des solutions. Si on arrive à baisser drastiquement le prix des green premium, idéalement de 95 %, même les habitants de l’Inde pourront construire autrement, cultiver autrement, voyager autrement.

Biosphere : Je parie que tu vas me dire que la taxe carbone n’est pas une bonne solution.

Bill Gates : Une taxe carbone généralisée à tous les produits serait la solution la plus simple, mais ce n’est pas faisable politiquement. J’ai personnellement une empreinte carbone scandaleusement élevée, mais j’ai les moyens de financer des mécanismes de compensation de mes dépenses. Ah, si tout le monde pouvait faire comme moi !

Biosphere : Tu es un gros mangeur de burgers, je suis sûr que tu as aussi prévu de les manger sans viande.

Bill Gates : La viande cultivée permet d’avoir un produit similaire du point de vue de la qualité, avec un prix plus faible. C’est une amélioration du point de vue environnemental et du point de vue du bien-être animal. Je t’invite à essayer.

Biosphere : Merci bien, je préfère la polyculture liée à l’élevage. Quant aux technologies bas carbone, on se passe des énergies fossiles mais on dépend des métaux rares. Cette fois tu ne pourras pas me dire le contraire.

Bill Gates : Les terres rares ne sont pas si rares que ça. Avec l’innovation, on pourra en utiliser moins, trouver d’autres approches. Aujourd’hui, on en exploite ailleurs qu’en Chine, on le fait de manière responsable. Je ne pense pas que la disponibilité de ces matériaux soit un facteur limitant.

Biosphere :Tu reste donc un incorrigible technophile, bercé par ton passé Microsoft, incapable de voir les réalités biophysiques, pic pétrolier, pic des métaux, pic de tout.

Bill Gates : Peut-être, mais je suis aussi un humaniste. Avec ma fondation, on rêvait de réduire de moitié la mortalité des enfants : objectif atteint. Pour le défi climatique, je concède que ma pensée relève de l’acte de foi.

Biosphere : Tout est dit, tu verses dans la croyance. Alors je te raconte cette parabole, l’histoire d’une petite fille qui fait un dessin. La maîtresse lui demande ce qu’elle est en train de tracer. La petite fille lui répond qu’elle est en train de dessiner Dieu. La maîtresse lui fait remarquer que l’on ne sait pas à quoi ressemble Dieu. Elle lui répond alors que tout le monde le saura quand le dessin sera terminé.

* green premium, surcoût lié à l’usage d’une technologie propre par rapport à son équivalent fossile

CLIMAT, le piège de l’interaction spéculaire

Le parcours démocratique d’une loi climat aurait pu s’arrêter aux 149 mesures issues de la réflexion studieuse (sur plusieurs mois) de la CCC ( Convention Citoyenne pour le Climat). Adoptée sans filtre par le législatif, nous aurions évité l’enlisement. Mais la complexité de nos procédures fait qu’avant même les votes par les député et les sénateurs, il faut passer par une « commission spéciale » chargée de préparer le texte pour les débats à l’Assemblée nationale qui comporte 71 membres et doit examiner 69 articles ainsi que 5000 amendements. Autant dire qu’il n’y a plus de consensus possible, les points de vue ne peuvent qu’être irréconciliables.

D’un côté ceux qui trouvent le texte gouvernemental trop peu ambitieux au regard de l’urgence climatique. En face ceux qui estiment qu’il va trop loin et risque de mettre en danger des secteurs économiques entiers. Les Républicains (LR) demandaient par exemple la suppression de tous les articles encadrant la publicité, et la version opposée souhaitait la reprise mot à mot des propositions de la CCC, annihilant tout travail parlementaire. Du point de vue de la démocratie représentative, il faut rechercher le juste milieu entre personnes arc-boutés sur leurs préjugés, du point de vue des écologistes, on ne peut défendre la liberté de massacrer la planète ! Il n’y a pas de différence, si ce n’est dans les mots, entre organiser la décroissance du secteur aérien et mettre en œuvre sa décarbonation. Mais la nécessaire rupture écologique fait peur aux tenants du business as usual, les habitudes mentales empêche la clairvoyance. D’autant plus que les députés ont des réflexes de chapelle, il faut penser comme le groupe pense, qu’on soit d’ailleurs à droite, au centre ou macroniste. C’est ce qu’on appelle l’interaction spéculaire, comme dans un miroir, je fais par mimétisme selon ce que je pense de ce que les autres attendent de moi.

En résumé, il faut savoir dire non au politiquement correct, apprendre à résister aux diktats socio-économiques, décider selon ce qui est conforme au bien commun, assumer la lourde tâche de sauvegarder les intérêts des générations futures et préserver la biodiversité. La démocratie n’existe que si les décideurs agissent au nom des acteurs absents et non selon l’illusoire défense du moment présent. Une position d’équilibriste à la Macron ne règle ni les enjeux sociaux, ni les enjeux climatiques.

Pour en savoir plus sur la loi « Climat et résilience »

11 mars 2021, CLIMAT, folle zizanie parmi les ministres

extraits :Le porte-parole de La République en marche (LRM), Jean-Baptiste Moreau, a reproché publiquement à Barbara Pompili de manquer de « loyauté ». Un sentiment largement partagé dans les rangs macronistes : « Le problème, c’est que Barbara donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale »…

10 mars 2021, CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

extraits : Examen du projet de loi « climat et résilience », 5 000 amendements ! La lessive et l’essorage vont se faire en même temps au Parlement. Les débats risquent très vite de s’enflammer, des députés LRM ont même déposé des amendements complètement antagonistes. Et nous attendons avec impatience les réactions des transporteurs routiers si l’avantage fiscal sur la taxation du gazole est supprimé. Certains estiment que « Tout l’enjeu, c’est l’acceptabilité sociale des mesures ». Ce sera alors comme pour le Grenelle de l’environnement, une loi au rabais et un climat en folie…

CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

Lutte pour le climat, 149 propositions de la CCC (Convention citoyenne pour le Climat). Examen du projet de loi « climat et résilience », 5 000 amendements ! La lessive et l’essorage vont se faire en même temps au Parlement. Les débats risquent très vite de s’enflammer, des députés LRM ont même déposé des amendements complètement antagonistes. Et nous attendons avec impatience les réactions des transporteurs routiers si l’avantage fiscal sur la taxation du gazole est supprimé. Certains estiment que « Tout l’enjeu, c’est l’acceptabilité sociale des mesures ». Ce sera alors comme pour le Grenelle de l’environnement, une loi au rabais et un climat en folie. En amont des débats, le premier ministre Jean Castex, a posé son diktat anti-écolo : « On n’a pas une approche “ayatollesque” du sujet ». Les Républicains misent aussi sur « une écologie de droite », moins coercitive pour les acteurs économiques.

Quelques réactions sur lemonde.fr :

PHILEMON FROG : Il était certain que les parlementaires, y compris au sein de la majorité, s’emploieraient à renforcer les objectifs du timide projet de loi. Ça n’en rend que plus incompréhensible l’erreur politique qui a consisté à s’engager à reprendre sans censure les propositions de la convention puis à en balayer les 3/4 (malgré leur modestie). Le gouvernement va devoir désormais en accepter une partie, ce qui reviendra à se dédire, et à s’opposer à d’autres, ce qui ne fera que marquer plus fortement son hostilité à l’action écologique. On reste dans un amateurisme étonnant après 4 ans d’exercice du pouvoir.

d dea : allons allons ! pas d’affolement ? comme d’habitude les godillots LRM vont beaucoup parler mais se retrouveront sur la ligne  » la voix de son maître  » . Rien à espérer de ces gens-là .

Lorange : Et nous avons évidemment droit aux litanies anti-écologistes de la génération viandarde des adeptes du glyphosate et du diesel qui laissera une planète dévastée à ses petits enfants et qui n’a même pas la décence de la jouer modeste mais au contraire se trouve finaude de qualifier ceux qui ont une conscience de leur environnement d’ayatollahs ou autre khmers. Au passage, si l’un de nos boomers pouvait nous expliquer concrètement ce que serait une écologie non « punitive », je suis preneur. Je ne vois pas en quoi laisser à sa descendance une eau potable et un air respirable serait une punition ? Quel égoïsme détestable !

Gramoune : Vouloir « changer » le climat est la dernière des « conneries » : le climat n’a rien à voir avec l’écologie – qui parle d’ailleurs d’IDÉOLOGIE, contre le gouvernement – . Que les VERTS parlent de pollution, je peux le comprendre, car là, on peut « changer » nos comportement, mais que peut faire l’écologie contre les périodes chaudes ou froides qui existent depuis des millénaires ? Encore une fois : IDÉOLOGIE contre RÉALISME ! Désolant.

Michel SOURROUILLE : Gramoune, chaque fois que tu brûles de l’essence, du charbon ou du gaz, tu contribues aux émissions de gaz à effet de serre, tu perturbes donc réellement le climat. Ne pas comprendre cela, c’est de l’IDÉOLOGIE, pas de l’écologie qui, elle, repose sur des bases scientifiques et les travaux du GIEC…

pierre marie : Se jeter dans la gueule des fanatiques de l’écologisme, c’est comme cracher en l’air. Ça vous retombe dessus.

Amish : A tous les commentaires sur les khmers verts et autres éco-extrémistes qui pleuvent après ce genre d’article, je rappelle qu’il s’agit juste de se rapprocher un petit peu de l’objectif officiel auquel l’État s’est engagé via la stratégie nationale bas carbone. Il ne s’agit pas de contenter des bobos ou babas utopiques.