effet de serre

Riches ET pauvres contribuent à la canicule

La planète ne se demande pas qui vote vert, qui pense rouge ou qui agit bleu-blanc-rouge. Ce qu’elle voit, ce sont les tonnes de carbone. Et si les riches pètent plus haut leurs émissions de gaz, le grand nombre de pauvres arrive au même résultat. En France les 10 % les plus riches émet individuellement 25 tonnes de carbone par an, soit 5 fois plus que les 50% les plus pauvres (5 tonnes). Donc globalement les 10 % les plus riches consomment autant que les 50 % les plus pauvres. Faut-il surtaxer les riches ou éliminer les pauvres ?

Lucas Chancel : « En moyenne, un Français émet 9 tonnes de carbone par an, en prenant en compte les émissions dites importées. L’objectif final est que tout le monde soit descendu à zéro tonne de carbone en 2050. La question c’est : où mettre le curseur et à qui est-ce qu’on demande davantage d’efforts. En 2030, il y a un point d’étape chaque Français devrait être en moyenne à 5 tonnes. Une partie de la population française y est déjà, les moyennes cachent la disparité. Il y a donc un enjeu de répartition de l’effort. La première chose, c’est d’éviter la taxe carbone qui pèse essentiellement sur des classes populaires contraintes dans leur utilisation de la voiture. Et les touristes milliardaires n’arrêteront pas d’aller dans l’espace à cause d’une telle taxe. Du coup, on est vraiment là dans le domaine de la réglementation : il y a certaines activités qui sont polluantes, et elles ne doivent tout simplement pas être autorisées !

Le point de vue d’un écologiste : L’essentiel de la population française fait partie des 10 % les plus riches au niveau mondial. En cela, lutter contre les inégalités en France, c’est accélérer le réchauffement climatique. Plus il y a de gens qui accèdent à un niveau de vie supérieur, plus il y a de pollueurs. La sobriété en France doit être partagée selon des normes minimales de consommation en changeant notre hiérarchie des besoins de TOUS les individus. Mais pour que cela soit acceptable socialement, il faut aussi que le statut de « riches » disparaisse. Comment faire ?

Jean Moreau et Eva Sadoun : A l’heure où les Français sont appelés à la sobriété, le gouvernement envisage pour EDF de modifier la réglementation en vigueur sur les salaires des patrons des entreprises publiques qui limite la rémunération à vingt-cinq fois le Smic par mois, soit 450 000 euros par an. Le plafonnement du salaire des dirigeants nous paraît une boussole salutaire qu’il serait incompréhensible de remettre en question en temps de crise. Au-delà du cas d’EDF, nous proposons que cette question de la sobriété salariale soit étendue à l’ensemble des entreprises. « Vivre plus simplement pour que simplement d’autres vivent », voilà ce qu’est la sobriété, un appel à lutter contre l’accumulation et les inégalités de revenus.

Lire, Les inégalités du point de vue écologiste

Nicolas Hulot : « Osons sanctionner ceux qui pillent, épuisent, accaparent les richesses du monde. Jamais nos sociétés n’ont atteint de tels niveaux d’inégalité. Je pense qu’il faut fixer des limites dans les écarts de revenus, parce que ça n’a pas de sens que quelqu’un gagne cinq cent fois un revenu de base…Tant que nous évoluerons dans un modèle qui ne partage pas la richesse et reste basé sur une exploitation sans mesure du substrat de l’économie (qui s’est développée sur exploitation des matières premières), on sera dans une impasse. Le paradis de cette poignée d’êtres humains qui ont tiré leur épingle du jeu est pavé de l’enfer des autres. Si le progrès doit avoir une finalité, ce serait de mettre un terme à cela. L’épanouissement doit être partagé et la souffrance chronique, résorbée. Quand on a été épargné des souffrances de la misère, cela crée des devoirs. »

Michel Sourrouille : Personnellement j’hériterai d’un patrimoine de rapport, mettons plus ou moins 1 300 000 euros, seuil pour être redevable de l’IFF (impôt sur la fortune immobilière), je ne saurai pas quoi faire de mon argent si ce n’est le donner à Greenpeace ou équivalent. Mais que font donc les riches de leur richesse, si ce n’est devenir de plus en plus riches ET dépenser en frivolités du type bateau de plaisance et places en palace ? Inacceptable !

Lire, 2022, le revenu maximum autorisé au programme

La France dope le réchauffement climatique

Scandale, le climat oublié ! Le 23 juillet le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, pour aider les Français face à la flambée des prix des carburants,, s’est dit favorable à augmenter la remise à la pompe de 18 centimes par litre actuellement à 30 centimes en septembre et en octobre.

Lire, L’impossible blocage du prix des carburants

Voici quelques commentaires qui pourfendent ce populisme anti-écolo.

Prat : On nage en plein délire. Et si si les tensions su les hydrocarbures s’accroissent, on fera quoi ?

Wx sans klp : Pour la planète, il est souhaitable que l’essence devienne hors de prix (3 voire 4 et pourquoi pas 10 euros le litre). La consommation se réduira ainsi naturellement et tout le monde s’adaptera nolens volens !

Zazie : Laissez moi payer mon essence plein pot, je n’ai pas envie d’être à la charge du contribuable. Je suis scandalisée qu’on fasse payer à la collectivité nos consommations de fossiles.

Satisfaits : D’un coté on prétend lutter contre le réchauffement climatique et de l’autre on incite les automobilistes à continuer à utiliser leur automobile à bas prix. C’est à l’image de la prétendue transition écologique qu’essaie de nous vendre le gouvernement.

Benbenben @ Satifsaits : On se met sur la tronche avec les gilets jaunes ? On explique encore « au peuple » ? Dans un hémicycle rempli sur les bords de populisme, ça devrait bien se passer…ou pas. Alors on fait plaisir « au peuple » en diminuant le prix de l’essence.

Artemis purple @ Benbenben : Les dirigeants du pays ne sont pas là pour céder à tous les caprices et frustrations du peuple. Comme les parents ne devraient pas céder à tous les caprices et frustrations de leurs jeunes enfants. On sait où ça mène, des caractériels.

Claude : D’une certaine façon, le mouvement des gilets jaunes aura plomber la capacité de gestion saine de nos dirigeants en activant leur peur et notre déraison. Pour moi, ce n’est pas grave, je suis vieux, je ne verrai donc qu’un nombre limité de conséquences, mais je crains pour mes petits-enfants. Mes pauvres petits. Vous vivrez dans une société « égalitaire » avec le mot Égalité au fronton mais dans la réalité, certains échapperont aux pires. Les différences liées aux inégalités structurelles de revenus et de patrimoine apparaîtront comme de la graine d’injustice devant les brutalités climatiques provoquées par notre. façon d’entreprendre librement, de produire, de commercer et d’être les jouets du capital.

Gaf : Pourquoi ne pas mettre en place un système de tickets carburant calqué sur le système des tickets restau ?
Ces baisses des carburants pour tous sont totalement anti écolo. Pourquoi n’entend on nous pas les Verts tenir ce type de discours ?

planether @Gaf : Quels Verts? Vous voyez du vert dans les diagrammes/graphiques du Monde représentant les forces parlementaires en présence ? Le vert à disparu. Ils ne sont plus audibles qu’au travers du filtre vociférant de l’insoumission quand plus que jamais on aurait besoin de leur expertise et idées.

Pomègue : 100 € le litre, c’est la seule solution. Vivement que la pénurie de ressources fossiles nous y amène.

Lire, Le prix de l’essence va flamber, c’est obligé

L’effondrement en marche avec Macron

Les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), montraient que le dérèglement s’intensifiait dans toutes les régions, à des niveaux sans précédent. « Mieux vaut la pédagogie par anticipation que la pédagogie, dévastatrice, des catastrophes climatiques » assène l’éditorial du MONDE. Il poursuit : « L’exhortation à la sobriété énergétique lancée par Emmanuel Macron le 14 juillet 2022 est certes salutaire, mais il est regrettable qu’elle soit plus le produit des tensions sur les approvisionnements en énergies fossiles de la France du fait de l’invasion russe de l’Ukraine que celui d’un volontarisme climatique assumé. » Les négationnistes du réchauffement climatique (expression employée par l’éditorial) ont certes perdu la partie, ils ne font plus la Une des médias. Mais l’engagement en demi-teinte de Macron démontre que les contre-vérités ont intoxiqué les esprits, Macron y croit mais pas au point de faire qqch de sérieux. C’est toujours un déni de la gravité des enjeux et de l’urgence à agir.

La réponse du gouvernement français reste « insuffisante » pour « garantir un avenir vivable », avait averti en juin le Haut Conseil pour le climat (HCC), dans son quatrième rapport annuel. Les propositions de la convention citoyenne pour le climat qui allaient dans le sens de la sobriété n’ont pas été retenues par Macron.

La climatologue Valérie Masson-Delmotte dit vrai : « Le gouvernement diminue le prix des carburants, ce qui constitue une subvention aux énergies fossiles, et il n’encourage pas la baisse de la vitesse sur les autoroutes ou la limitation du poids des voitures pour réduire la consommation. On réagit après coup et on gère crise après crise au lieu d’anticiper. 

Et comme toujours pas un mot sur la démographie et sin impact climatique alors que les 8 milliards d’habitants de la planète voudraient tous la voiture et la climatisation. Ah, si ! Le Groupe Le Monde a organisé à Couthures-sur-Garonne un Festival international de journalisme qui voulait « mettre l’écologie au cœur des débats ». C’est pas gagné.

thème « Avoir un enfant, une aberration écologique ? » Ce premier débat sur la question du réchauffement climatique a rassemblé Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France et Laure Noualhat, journaliste indépendante. Emmanuel Pont a frappé fort. « Est-ce que procréer, c’est polluer ? » Une question « dont on ne parlait jamais avant, et sur laquelle, maintenant, on commence à s’interroger », explique l’ancienne secrétaire nationale des Verts, et mère de quatre enfants. « Je ne connais pas de parents engagés pour l’écologie qui ne se posent pas la question », renchérit Laure Noualhat, qui déclare ne pas avoir d’enfants. Le débat s’achève par une question d’une jeune femme qui soulève la clameur de l’audience : « Est-ce que ce n’est pas notre devoir d’avoir un enfant quand on est écolo ? Est-ce qu’on doit laisser la planète aux gens qui s’en foutent ? »

On donne donc la conclusion à une imbécile qui ne sait pas que les enfants font souvent l’inverse de leurs parents et aussi que 8 milliards d’écolos, c’est quelques milliards de trop.

– Notons que le second débat, « Sommes-nous trop nombreux sur terre ? », n’entraîne aucun compte-rendu. Il y a des questions qui font peur au MONDE. Misère, misère…

Lire, 8 milliards d’humains pour le 15 novembre 2022

Cour suprême, un ramassis de cinglès

Six idéologues complètement cinglès vont précipiter les USA dans le camp climato-sceptique et ajouter toujours plus de chaos sur notre petite planète. Les six juges conservateurs de la Cour suprême ont estimé, contre l’avis de leurs trois collègues progressistes, que l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) ne pouvait pas édicter de règles générales pour réguler les émissions des centrales à charbon, qui produisent près de 20 % de l’électricité aux Etats-Unis : « Mettre une limite aux émissions de dioxyde de carbone à un niveau qui imposerait de renoncer au niveau national au charbon pour produire l’électricité pourrait être une solution pertinente à la crise d’aujourd’hui. Mais il n’est pas plausible que le Congrès ait donné à l’EPA l’autorité d’adopter une telle mesure ».

Après la volte-face sur l’avortement la semaine dernière, cette décision est un nouveau renversement de jurisprudence. En 2007, La Cour suprême avait décidé à une courte majorité que l’EPA était compétente pour réguler les émissions de gaz responsables du réchauffement climatique, au même titre qu’elle est chargée de limiter la pollution de l’air par une loi des années 1960.

Dans un argumentaire distinct écrit au nom des progressistes on dénonce cet avis : « Aujourd’hui, la Cour a retiré à l’Agence de protection de l’environnement le pouvoir que le Congrès lui a donné de répondre au “problème le plus pressant de notre époque” » La magistrate Elena Kagan rappelle que les six années les plus chaudes ont été enregistrées au cours de la dernière décennie. Notre planète est en feu et cette Cour suprême extrémiste détruit la capacité du pouvoir fédéral de se battre.

Que le sort de l’humanité dépende de quelques individus comme des conservateurs ignares ou des dirigeants paranoïaques comme Poutine montre à quel point nous sommes une espèce homo demens  bien plus qu’homo sapiens.

Lire aussi, La Cour suprême se penche sur l’avortement

CLIMAT, les pieds dans l’eau, le corps en feu

Depuis cinquante ans, des centaines de rapports, sommets, conférences… et les dérèglements planétaires ne cessent de s’aggraver !

Le climat en 1972

Le 16 juin 1972 se clôturait à Stockholm la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, premier sommet onusien de la Terre,.Deux des 109 recommandations finales de ce sommet prônent une vigilance sur les « activités pour lesquelles il existe un risque appréciable d’effets sur le climat ». Le rôle des produits de combustion dans l’effet de serre est connu depuis le début du XXe siècle. Au milieu des années 1950, la teneur croissante de l’atmosphère en CO2 est surveillée. A la fin des années 1950, les services géologiques des États-Unis annoncent une montée des océans déjà en cours. En 1967, les premiers modèles du climat prévoient un net réchauffement planétaire : + 0,5 °C entre 1970 et l’an 2000, puis entre + 2 et + 4 °C au cours du XXIe siècle. A la suite de deux rapports de 1970 et 1971, coordonnés par le MIT et rassemblant des scientifiques de nombreux pays, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) affirme en 1972 : « Nous en savons assez aujourd’hui de la théorie du climat et de la construction de modèles climatiques pour voir que l’homme peut fort bien provoquer des changements de climat ».  (Christophe Bonneuil)

Le climat en 2022

La France étouffe sous une canicule exceptionnellement précoce, les Etats-Unis subissent un dôme de chaleur, l’Inde et le Pakistan ont connu des températures extrêmes atteignant jusqu’à 51 °C… Pourtant les pourparlers entre les représentants de 196 pays n’ont débouché, jeudi 16 juin 2022 sur aucune avancée notable pour préparer la 27e conférence des Nations unies sur le climat (COP27), qui se tiendra en novembre à Charm el-Cheikh (Egypte). Faute de volonté politique, le processus est englué dans une hyper-technicité et une super-lenteur procédurière. Rien de concret concernant le financement de l’adaptation des pays pauvres au changement climatique et même aucun accord sur les modalités du programme de travail àv enir sur l’atténuation (division par deux des émissions mondiales d’ici à 2030). Pendant ce temps, des gens meurent déjà du changement climatique…

Que faire face à l’impasse climatique ? Emmanuel Macron a LA solution,. Le 18 juin 2022 au salon VivaTech, le chef de l’État a relancé son objectif de développement dans les cinq ans qui vienne de DIX géants de la tech en Europe et d’atteindre le chiffre de CENT licornes [contre 27 actuellement] à l’horizon 2030…

Le point de vue des écologistes

Climat, la faute à la Surpopulation ou à la Surconsommation ? La surconsommation est très clairement ce qui produit le plus de CO2. Un Allemand 1,8 fois plus qu’un Français, un Américain 5 fois plus, un Quatari 7 fois plus, un Marocain 3,5 fois moins et un Africain, l’épaisseur d’un trait. Une infime minorité dans les pays occidentaux fera ce qu’elle peut pour réduire son empreinte carbone. Personne ne voudra de sobriété énergétique dans les pays riches du Golfe. Pire, la classe moyenne Asiatique et Africaine veut rapidement rejoindre le niveau d’émission de gaz à effet de serre des pays développés. La combinaison surpopulation ET surconsommation va faire exploser le CO2. En conséquence la régulation sera mise en œuvre par la Nature ; le réchauffement climatique sera bientôt très efficace pour éradiquer le surplus de consommation ET de population.

La Démobilité face à la SUR-mobilité

On a peur du mot décroissance, alors on parle de sobriété. On a peur de la sobriété/restriction, alors on parle de mode de consommation durable. Ce défi de l’attitude à avoir face à la surconsommation, LE MONDE en fait une série de 5 articles que ne sont pas à la hauteur de la nécessaire rupture avec nos habitudes présentes.

(2/5) moins de voitures et plus d’avion…

La mobilité constitue un levier majeur pour changer la donne en matière d’incidence climatique. Les voitures et les camionnettes comptent pour 70 % de ces 135 millions de gaz à effet de serre, suivies des poids lourds (23 %), des avions (vols intérieurs seulement, 4 %), des deux-roues (2 %), des bateaux (1 %) et des trains (0,3 %). Il y a cinq leviers pour décarboner la mobilité, explique-t-il. La demande de transport, le report modal, le taux de remplissage, l’efficacité énergétique des véhicules et l’intensité carbone de l’énergie. Les trois premiers relèvent de la sobriété, les deux derniers jouent plutôt sur la technologie. Or, la stratégie nationale bas carbone visant à arriver à zéro émission en 2050,prévoit surtout d’agir sur les leviers technologiques. Le facteur-clé, c’est la demande de vitesse, et donc de la distance parcourue. Ni le temps de transport des Français, une heure par jour, ni le nombre de trajets, trois à quatre par jour, n’a changé entre maintenant et l’époque où la marche était le moyen de locomotion surdominant ! Or l’idée de limiter les autoroutes à 110 km/h déclenche un tollé. Le système voiture se caractérise par l’excentration des activités d’achat, des lieux de travail et d’habitation, rendant l’automobile indispensable et créant des imaginaires qui nous font désirer des véhicules lourds et puissant. De plus l’automobile représente, en France, pas loin de 900 000 emplois (y compris indirects et induits) et l’aéronautique autour de 300 000, sans compter les 60 milliards d’euros de contribution au commerce extérieur de la France. Un vol sur dix qui décolle de France est un jet privé.

Le point de vue des écologistes

La croissance contemporaine des mobilités nous est présenté comme l’incarnation de libertés nouvelles, c’est en fait une puissante menace environnementale. En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Face à ce bougisme pendulaire (on part d’un endroit pour revenir au même endroit), voici le temps venu de l’immobilité. Le problème de la nécessaire rupture écologique, c’est qu’elle demande une complète déconstruction de nos structures matérielles et mentales actuelles. Il nous faut un nouvel imaginaire, répétait Serge Latouche. Il nous faut aller moins vite, moins loin et moins souvent, s’exclamait Yves Cochet. Nous marchons sur la tête, ou plutôt nous ne marchons pas assez. Il nous faut tous devenir adepte de la déconstruction du système thermo-industriel , il nous faut pratiquer toute la palette des « dé », démobilité, déconsommer, démondialiser, désurbaniser, dévoiturer… pour lutter contre le règne des SUR (surdéplacements, surabondance, suractivité, surcommunication, surconsommation, surdéveloppement, suremballage, surendettement, suréquipement, surmédicalisation, surpâturage, surpêche, surproduction…).

Lire sur notre blog biosphere

25 janvier 2021, Transports : 2020, année de la « démobilité »

15 mars 2021, Entrons en résistance, « Dé »construisons

15 novembre 2020, Voici venu le temps de l’immobilité…

30 juillet 2018, Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

4 avril 2015, La mobilité géographique, un mythe contemporain

30 mai 2011, le culte de la mobilité, irrationnel

17 septembre 2009, écolomobilité, non électrique

Géo-ingénierie, le cauchemar en route

Le fait que les techniques de géo-ingénierie soient mises à l’agenda des réflexions de la nouvelle Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique devrait susciter une profonde inquiétude… mais ce n’est pas le cas !

Stéphane Foucart : Il est officiellement question de réfléchir aux conditions de déploiement de techniques de géo-ingénierie – c’est-à-dire des méthodes de modification climatique à grande échelle –. Cela signifie d’abord que l’espoir s’estompe de voir le climat terrestre préservé d’une dérive catastrophique. Ensuite, certaines de ces technologies relèvent d’un cauchemar dystopique inimaginable il y a seulement quelques années. Par exemple, envois réguliers de dizaines de milliers de ballons dans la stratosphère pour y brûler du soufre et y disperser ainsi des particules sulfatées, ou encore déploiement d’une gigantesque flotte d’avions gros-porteurs destinés à larguer chaque année des millions de tonnes de particules à plus de 10 kilomètres d’altitude. Ce « bouclier » n’aurait de toute façon aucun effet sur l’acidification des océans….

Beaucoup trop de commentaires sur lemonde.fr sont de ce type

Ginkgo_Biloba : Si on comprend bien M. Foucard l’unique solution serait la désindustrialisation à marche forcée, la surveillance du comportement conforme de chaque citoyen par les moujahidins de l’écologie. Un cauchemar en vaut bien un autre

Difficile donc pour les aficionados de la religion du progrès technise de savoir réfléchir et d’entendre un discours contraire

Firesnake : La géo-ingénierie porteur de catastrophes est du même acabit que laisser se déployer des milliers de satellites autour de la terre pour le téléphone et internet partout en tout point du globe, pour toujours plus de débit, plus de « progrès techniques »… Or c’est cela depuis 200 ans, cette idéologie du progrès et de « on trouvera bien une solution technique » sans limite sur une terre limitée qui nous rend la terre de plus en plus invivable.

My2Cents : J’attends le moment où on va étudier la solution passant par la guerre nucléaire qui assombrit l’atmosphère. Ça pourrait nous aider à lutter contre le réchauffement climatique et la surpopulation en prime.

Lire, Le climat, c’est trop compliqué pour la géo-ingénierie

extraits : L’irruption du Pinatubo en 1991 projeta de telles quantités de poussière volcaniques dans l’atmosphère que la température moyenne à la surface de la Terre diminua de 0,5°C. J’entends tout de suite cogiter nos scientifiques : « Si on utilisait encore plus d’aérosols, ces particules vont réfléchir les rayons de soleil et le le réchauffement climatique sera enrayé ».Il n’y a pas d’autres solutions rationnelles contre l’effet de serre que limiter la consommation de carbone des individus et des entreprises, mais la cécité humaine va de pair avec leur imagination débordante. La Biosphère rigole. (écrit sur ce blog biosphere en 2005, la géo-ingénierie ne date pas d’hier)

Lire, Anthropocène, de l’anthropisation à la géo-ingénierie

extraits : Les apprentis sorciers ont encore frappé, ils cherchent avant tout à préserver l’illusion d’une humanité maîtresse des éléments…

Des « décrocheurs » condamnés en cassation

La Cour de cassation a validé, mercredi 18 mai 2022, les condamnations de militants écologistes « décrocheurs » de portraits officiels d’Emmanuel Macron dans des mairies pour dénoncer « l’inaction » du président en matière de climat.

Le Monde avec AFP : Les magistrats de la chambre criminelle de la Cour ont estimé que les juridictions d’appel avaient bien « vérifi[é] le caractère proportionné de la condamnation ».

Michel SOURROUILLE : Je suis surpris que la plupart des commentateurs sur lemonde.fr justifient ce qui s’apparente à une violence judiciaire anti-droit de contestation. En matière de climat, non seulement rien de ce qui est nécessaire n’a été entrepris mais, pire, le gouvernement recule et applique à la lettre les besoins des lobbies. L’action des décrocheurs était donc une action bénéfique à la société. En attirant l’attention du grand public, ils rappellent le gouvernement à ses devoirs. Chacune de ces personnes prenait des risques personnels pour aider le collectif à s’en sortir. Ils méritent des décorations, pas des condamnations. Il n’y a pas violence dans le fait de dérocher un portrait, il n’y a ni atteinte aux biens, ni atteinte aux personnes. Mais que des militants pour le climat ne puissent absolument rien faire contre la violence d’un système thermo-industriel qui nous mène à la ruine, entraînera certainement une radicalisation qui commence à se faire jour, des articles du MONDE en témoignent.

Les activistes écolos se radicalisent

Des actions font la « une » des tabloïds anglais et suscitent l’ire du gouvernement Johnson, des formations militantes, souvent créées à l’initiative d’anciens de XR (Extinction Rebellion). Plus radicales et plus ciblées, elles partagent les mêmes principes que XR : la désobéissance civile, jugée légitime face à l’urgence climatique et à l’apathie des politiques, et l’action non-violente. Animal Rebellion est né en 2019 pour sensibiliser aux conséquences de l’agriculture intensive sur le climat. Une partie de ses membres ont ensuite fondé Insulate Britain, en septembre 2021, pour dénoncer le renoncement de Downing Street à augmenter les subventions d’aide à l’isolation des maisons. Ils ont multiplié les blocages d’autoroutes autour de Londres, dont la très fréquentée M25, provocant la colère de nombreux automobilistes. Dernier mouvement en date : Just Stop Oil, une formation apparue en décembre 2021 qui multiplie les blocages de dépôts de carburants dans le sud de l’Angleterre (Essex, Oxfordshire ou Kent), au point, depuis début avril, de provoquer des pénuries ponctuelles d’essence dans le Grand Londres. Des militants – pour la plupart très jeunes –, se fixent à la colle forte au sommet des camions-citernes ou aux entrées des dépôts.

Wily S : Les démocraties s’autodétruisent depuis longtemps par leur incapacité à gérer deux crises existentielles : le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité. Deux crises documentées par les plus grands processus scientifiques de l’histoire de l’humanité : le GIEC et l’IPBES. Quand un système politique n’arrive plus à gérer les problèmes les plus cruciaux des sociétés qu’il est censé gouverner, il perd sa légitimité et il est remis en cause. Ou alors il y a effondrement prévisible.

Claudia Pena-Rojas, 24 ans, militante Just Stop Oil : « Il n’est pas possible de stopper l’exploitation pétrolière du jour au lendemain, mais l’Agence internationale de l’énergie est claire : si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050, on doit immédiatement renoncer à toute nouvelle exploitation ». Mais une nouvelle loi, baptisée « Police, Crime, Sentencing and Courts Bill » – est en cours d’adoption au Parlement qui donnera à la police des pouvoirs étendus pour arrêter les manifestants. « Cela me fait peur, mais renoncer à l’action serait pire, ce serait accepter un futur invivable sur cette planète », confie Claudia.

2027, une présidentielle sans Macron, ouf ?

Le président Macron ne peut pas être candidat à un troisième mandat en 2027, la Constitution le lui interdit. Sera-t-il soulagé  pour autant ?

Claude Henry : Pendant son second mandat la nature va se faire de plus en plus agressive, en réponse à la multiplication des agressions humaines contre elle. Une sécheresse sans précédent en 2024 a ramené les rendements des grandes cultures aux niveaux d’avant la seconde guerre mondiale. La canicule a atteint dans l’est du pays une intensité que l’on croyait réservée à l’Inde et au Pakistan. L’hiver 2026, déluges d’eau… En 2027, le projet de Total en Afrique provoque de très nombreuses disparitions d’exploitations agricoles. Famines, épidémies et conflits armés, déplacements massifs de populations en quête de refuges introuvables, c’est la banalité du mal pour ces centaines de milliers de personnes. Y aura-t-il chez le président Macron comme un remords ? Ben van Beurden, directeur général de Shell, a battu des records de cynisme : « Shell est pour l’essentiel une compagnie pétrolière et gazière, et elle le restera dans un avenir prévisible. Ce dont nous avons besoin pour maintenir l’augmentation de la température de la terre en dessous de 1,5°C, c’est de reforester massivement. Penser un deuxième Brésil avec sa forêt tropicale. » Ben van Beurden, des remords ? Tout est-il donc perdu ? Dans le livre III de L’Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville décrit et analyse le fourmillement de visions et d’actions nouvelles au cours des décennies 1770 et 1780, convergeant finalement vers l’effondrement de l’ordre ancien. Peut-on espérer que le président de la République y contribuera réellement au cours de son quinquennat ?

Quelques commentaires inspirés :

le sceptique : Ah, 1789… A la Lanterne, le président Macron, son ministre de la planification écologique et les membres du Haut Conseil pour la Nature a défini en 2022 les priorités claires de la nation : – rendre les récoltes aux sauterelles et criquets – multiplier les ours et les loups – s’assurer d’une inflation de l’énergie et de l’alimentation en plus de celle du logement déjà acquise – interdire avant tous les autres le plastique et la viande – exiger d’isoler son bien pour un temps de retour exceptionnel de 38 ans – empêcher tous les projets de mines, carrières, exploitations et de manière générale tout ce qui artificialise – prohiber au plus vite la voiture dans toute ville de plus de 50 000 habitants… A Versailles, on est confiant : le peuple est enthousiaste. Et puis s’il manque de chipolatas, il n’a qu’à acheter des carottes bio.

Izy : Un monde où l’eau plate coûtera plus cher que le Château Margaux nous attend. Que les rieurs rigolent un bon coup, cette secousse zygomatique ne durera pas.

DRAREG : « quelque chose comme un remords ? » J’en doute fort quand on sait que la moindre mesure qui gêne est stoppée nette par des manifs. Alors l’excuse c’est la faute à….Trop facile et pas besoin d’être pro-macron pour constater cette évidence dans la vie quotidienne.

Jac 35 : Moi j’ai des remords tous les soirs. Pourtant tous les matins je recommence. Car je compte sur les autres…

Michel Brunet : Changement climatique : « En 2027, y aura-t-il chez « les présidents Poutine, XI Jinping et autres » quelque chose comme un remord ? »On peut en douter … et le « climat en France » ne dépend pas uniquement des mesures hexagonales ! Le problème est mondial et me semble insoluble en l’état du monde d’aujourd’hui

A. Gauthier : C’est vrai. Mais historiquement la France a toujours eu un rôle de leader, défricheur de voie. La constitution américaine est une application directe des pensées des philosophes français, et ça a montré la voie pour l’ensemble des démocraties. La France seule ne peut sauver la planète, mais elle peut monter qu’un comportement vertueux et responsable est possible, même au niveau d’un Etat. Ou alors on peut aussi se lamenter continuellement de ne plus avoir aucun rôle dans l’évolution humaine.

Philip69 : Notre président est à la tête d’une démocratie, où les capacités du gouvernement à faire des réformes se heurtent à l’extraordinaire résistance des intérêts coalisés et où leurs capacités à changer les mœurs sont nulles.

Osmose95 : Je vous conseille un film, issu d’un livre de Harry Harrisson en 1966, et réalisé par Richard Fleischer en 1973, « Soleil vert » avec Charlton Heston, qui se situe en .… 2022. Film très visionnaire, et si Macron et nos chers dirigeants ne font rien, nous allons y venir à grande vitesse !!!

22 avril 2022, Journée de la Terre

La Journée de la Terre (Earth Day) est une fête célébrée aux États-Unis depuis 1970, toujours le 22 avril, en commémoration de la création du mouvement environnementaliste. Même le gouvernement français connaît cette date, la preuve : « La Journée mondiale de la Terre est l’occasion chaque année de sensibiliser les habitants de la planète aux problèmes qui l’affecte. En parallèle de l’action de l’État, des organismes et des entreprises, chacun, à son échelle, peut agir pour la planète. Une action concrète, puisse-t-elle paraître anodine, participe à l’effort collectif pour bâtir un environnement sain et durable, faire face aux changements climatiques et protéger la Terre pour les générations futures. »

lire, journée de la terre, chacun peut faire un geste

Emmanuel Macron ne savait rien de cette journée, pour un nouveau quinquennat il prévoit seulement d’organiser chaque année « une fête de la nature », à l’image de la Fête de la musique ; une célébration franco-français donc ! Nous sommes très très loin de son slogan de 2017 « make our planet great again ». Et les ambitions climatiques de sa profession de foi 2022 sont absolument nullissimes : « Nous pouvons faire de la France une puissance écologique ; sinon nous plongerons le pays dans la régression climatique en démantelant des éoliennes et en couvrant le territoire de centrales à charbon. »

Pourtant l’Europe dont Macron se veut le chantre est déjà touchée par des perturbations extrêmes, dixit LE MONDE du 22 avril 2022 : « Les extrêmes sont plus que jamais la norme dans un monde réchauffé. L’an dernier, l’Europe a ainsi connu l’été le plus chaud jamais enregistré et subi des vagues de chaleur intenses, des incendies ravageurs mais également de dramatiques inondations. C’est ce qui ressort du Rapport sur l’état du climat en Europe en 2021 publié par le service européen Copernicus de surveillance du changement climatique, vendredi 22 avril, à l’occasion de la journée de la Terre. »

Quelques commentaires éclairés :

Flo0409 ; Dommage que ce genre de phénomènes pourtant connus et récurrents soient presque totalement bannis des débats présidentiels… contrairement au pouvoir d’achat !

Les médias ont pourtant un rôle à jouer là-dessus. J’espère que les gens comprendront vite que nous ne sommes qu’au début des problèmes de pouvoir d’achat à venir si nous ne faisons rien contre le dérèglement climatique… et qu’il vaudrait mieux s’attaquer à la cause plutôt qu’aux conséquences

Jackbaissey : les médias et les politiques ont occulté le changement climatique pendant le campagne électorale. Le covid d’abord au début. Ensuite la guerre en Ukraine pour oublier le covid et surtout mettre Macron en valeur. Pauvre monde. Pauvres générations futures.

Polémikoeur : La mécanique mortifère est enclenchée. Elle est même déjà lancée. Pire, elle accélère encore. Comme la fin du film est connue, le climat n’intéresse presque personne. Il ne s’en terminera pas moins certainement comme prévu. Les cadrans des appareils de mesure sont clairs, de plus en plus précis et sans états d’âme. Nous roulons sur la réserve sans y penser ni trop savoir depuis combien de temps. La panne sèche est au bout de la route, d’une route qui sera cruellement trop courte… Voter dimanche en est-il vain pour autant ? Il est toujours possible de sauter dans le vide !

Pourquoi manifester quand on n’a plus d’avenir

Quelques milliers de lycéens et d’étudiants ont défilé à Paris le vendredi 25 mars lors d’une journée internationale de grève à l’appel du mouvement de Greta Thunberg, Fridays for Future.

Audrey Garric : Il y a alors urgence, pour ces jeunes, à remettre au centre du débat le climat, éclipsé par deux ans de pandémie, une élection présidentielle centrée sur les questions de pouvoir d’achat et, désormais, la guerre en Ukraine… A leurs yeux, l’élection présidentielle n’est toutefois pas une fin en soi. Dans un mouvement où beaucoup de participants sont mineurs, la stratégie est désormais de montrer qu’« on peut mener des combats sans attendre le droit de vote ». Si on se contente de lire les rapports scientifiques, on se terre dans notre chambre et on pleure.

Point de vue des écologistes : Le problème n’est pas le faible nombre de participants, l’écume des jours (pandémie, Ukraine, prix de l’essence…) empêche de penser au long terme. Adultes ou jeunes, peu de monde est prêt à choisir la sobriété. Le problème de fond, c’est que les commentaires sur lemonde.fr, pourtant postés par des gens prétendument intelligent puisque abonnés au MONDE, sont plus nombreux à critiquer les jeunes manifestants qu’à comprendre leurs angoisses face à leur avenir. Tous ceux qui ont écrit contre les jeunes ne seront sans doute plus là pour payer les conséquences de leur refus de voir et de faire ! Voici un florilège d’une opposition qui ne devrait pas être.

Zaza : Tant qu’un quarteron de gauchistes admirateurs d’extinction rébellion formera quelque part (de préférence à Paris, bien sûr) une procession de Philippulus catastrophistes, on peut compter sur Planète pour mobiliser un journaliste (Audrey Garric, au hasard).

LJB : Je suis surpris et peiné du sarcasme que ces manifestations suscitent dans les commentaires de cet article. Zazan si qqun est à blâmer ce sont les partis politiques qui n ont pas réussi à construire un projet à la hauteur des enjeux, et ce depuis 20 ans. On en vient à souhaiter de doubler les droits de vote pour ceux qui seront encore de ce monde en 2050 – dont je ne suis probablement pas.

Waltho : Avant de saluer cette mobilisation en faveur du climat, j’aimerais être sûr que ces jeunes sont attachés à la démocratie. On a trop vu d’actions violentes et minoritaires au nom de l’urgence climatique. Le camp du bien s’exonère bien trop facilement des règles élémentaires de la démocratie

D Pesce : Je pense Waltho que vous confondez … les manifestations en Corse n’ont rien à voir avec le climat. Plus généralement tous les mouvements autour de l’écologie sont parmi les plus démocratiques … essayer de les discréditer sur ce point est ignominieux vu l’urgence de la situation.

Vindusud : Entre se promener avec les copines et aller en cours il n’y a pas a hésiter surtout si il fait beau. Ils ont tous un portable et ce soir au chaud à la maison avec le repas préparé ou un tour au Mac Do. Qui paye les gentils organisateurs pour organiser les promenades de ces adolescents nantis?

Gilles SPAIER : Comme d’habitude, les commentateurs aigris et ronchons vitupèrent sur les jeunes qui ont d’autres préoccupations qu’eux. « Y’a plus de respect » , « de mon temps » etc..Difficile d’avoir la même vision des choses à 20 ans et à 60 ans avec un monde en évolution aussi rapide. Ma seule certitude est que toutes les études scientifiques actuelles sur le climat leur donnent raison. L’inquiétude qu’ils expriment est scientifiquement fondée.

Mendo : Feraient mieux de bosser pour inventer les énergies propres du futur. Et de moins utiliser leurs téléphones (ça brûle de l’énergie et des métaux rares). Les enfants de bourgeois bobo promettent d’être encore plus gratinés que leurs parents.

Isa : Mendo, les élèves ingénieurs sont maintenant très sensibles à ces questions et ils sont de plus en plus nombreux à mobiliser leurs compétences dans tous les champs applicable pour améliorer la situation. Mais voilà, leur formation fait qu’ils sont aussi bien conscient qu’ « inventer l’énergie propre du futur », la développer et la déployer ça prend du temps. Temps que nous n’avons plus. Lois de la physique climatique étant ce qu’elles sont, les échéances (et les premières conséquences) climatiques commencent à arriver. Si les problèmes énergie/climat vous intéresse documentez vous sur le sujet (eg les excellentes vidéos de Rodolphe Meyer). Lisez les documents nationaux de référence que sont la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et le Plan National d’Adaptation au Réchauffement Climatique (PNACC) ou votre PCAET local pour comprendre que ces jeunes ont raison. Diminuer les émissions maintenant c’est un investissement pour avoir plus de temps pour trouver « l’énergie propre du futur ».

jea.vie : On espère que ces braves jeunes ont abandonné définitivement le smartphone, les trajets en voiture et en avion, la viande etc. Avant de demander à l’état d’être exemplaire il vaut mieux l’être soi même, sinon, tout ça c’est bidon.

Zab : à bientôt 80 ans, je suis du coté de mes petits enfants. Cela fait des années que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Il est tard en effet. Mais tous ceux qui ont écrit contre les jeunes ne seront plus là pour payer les conséquences de leur refus de voir et de faire!

Kernuizière : Il aurait été plus objectif de remplacer « les » manifestantsdu titre par « des ». On peut aussi se demander si un des risques pour la planète ne serait pas aussi la guerre à nos portes, et pas dans dix ans. La politique, ce sont des dizaines de problématiques qu’il faut considérer. Le climat en est une, mais hélas pas la seule !

Mowglie : La guerre en Ukraine a commencé le 24 février 2022. Le sommet de Rio a eu lieu en 1992. Cela fait donc 30 ans que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Vous pensez que l’actualité des 30 derniers jours justifie 30 ans d’inaction?

lecteur assidu : La moitié des enfants ont fuit l’Ukraine occupée et trois enfants gâtés manifestent à Paris pour qui ? Je vous laisse deviner.

Isa : C’est fou le nombre de personnes qui se satisfont de décrédibiliser les porteurs d’un message plutôt que d’en discuter du fond. Les jeunes que je connais sont *à la fois* actifs pour l’Ukraine et pour le climat il sont conscients du monde qui les entoure et des risques à court et à long terme qu’ils vont avoir à gérer. Etre capable d’anticiper et traiter à leur bon niveau de priorité les actions urgentes aux conséquences immédiates et les actions urgentes aux conséquences futures est une qualité fort utile et est un signe d’intelligence. Or les projections climatiques montrent que les émissions des 50 prochaines années, auront des conséquences bien plus importante en terme de déplacement de population et que nous ne pourrons plus rien y changer pour des raisons physiques. Accessoirement, si notre dépendance aux énergies fossiles avaient été traitée correctement pour des raisons climatique, nos capacités d’actions en Ukraine seraient bien différentes.

CLIMAT, la responsabilité… des autres pays

C’est un des éléments de langage de ceux qui disent qu’il ne faut absolument rien faire pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre ; la France émet 0,9 % du CO2 mondial, elle pourrait donc s’exonérer de lutter davantage contre le réchauffement !!!

Audrey Garric : Eric Zemmour le 7 février  2022 : « Nous n’avons pas à sacrifier l’industrie française sur l’autel de la lutte contre le réchauffement climatique. Que les Américains et les Chinois commencent. » C’est une rhétorique fausse qui fait partie des « douze excuses de l’inaction sur le climat ». Certes, les deux plus grands émetteurs sont aujourd’hui la Chine et les Etats-Unis. Ils ont respectivement représenté 29 % et 14 % des émissions mondiales de CO2 en 2019. Rapporté à la population, la France était placée en 78e position, avec 4,9 tonnes de CO2 par habitant, bien loin derrière les 16 tonnes des Américains (11e rang) et même les 7,3 tonnes des Chinois (50e rang). Mais ce qui est mal compris ,c’est que le réchauffement climatique est un « phénomène cumulatif ». Il dépend tant des émissions présentes que passées. Or la France, qui a bénéficié très tôt des énergies fossiles pour se développer et accroître sa richesse, est le 12e émetteur mondial de CO2 en cumulé depuis 1850. Au-delà de ces aspects comptables, il y a une « dimension morale à agir » dans la lutte contre le changement climatique, qui implique le combat de tous. La France a également une « capacité d’entraînement ».  Après avoir vendu un mode de vie qui n’est pas soutenable, on a désormais la responsabilité de montrer que la prospérité ne repose pas forcément sur une forte consommation énergétique. » Ayant présidé la COP21, qui a débouché sur l’accord de Paris sur le climat, la France « hérite d’un devoir d’exemplarité dans l’action climatique ». A l’inverse, relativiser le poids de la France dans les émissions mondiales « déstabilise le multilatéralisme climatique et démotive les autres pollueurs ».

Lire, Après la COP21, la (dé)route vers la COP26

Quelques commentaires d’Internautes :

Oxyde : L’Europe ne possède ni gaz ni charbon. Si nous ne transformons pas l’économie pour nous en passer ou presque nous allons tôt ou tard être rattrapés par des manques d’approvisionnement ou des hausses de coût insurmontables. Se déplacer, se chauffer, faire tourner l’industrie sans énergies fossiles, donc sans CO2 !

Vert de Terre : Dans ces comparaisons avec nos voisins, on raisonne comme s’il fallait seulement réduire un peu nos émissions. Si l’objectif était de réduire de 20 ou 30%, regarder les plus gros émetteurs aurait du sens. Malheureusement l’objectif est de diviser au moins par 5 nos émissions. Dans ce cas, il ne s’agit pas de gagner un peu mais il s’agit de changer le plus rapidement possible de modèle c’est à dire de décarboner l’économie française le plus rapidement possible. C’est extrêmement difficile mais c’est ce qui est nécessaire pour éviter un avenir extrêmement sombre.

Bernard : Pourquoi raisonner par pays, en comparant des pays de tailles et de caractéristiques différentes ? Allez au bout du raisonnement, divisez l’humanité en 8 milliards d’êtres humains. Tous ceux qui émettent plus de 2 tonnes de CO2doivent réduire leurs émissions. Donc quasiment tous les Français !

Coxsbazar : « cé pas zemour ka rézon ». Mais on connaît bien le trait principal de ses partisans : on peut leur expliquer encore et encore comment qua fonctionne la réalité, l’important c’est ce qu’ils ne veulent que flatter leur ego de gaulois supérieur.

Untel : « Responsabilité historique » et « obligation morale » ! On voit bien qu’il n’est pas question ici de nos intérêts. Les intérêts des Chinois et des Américains priment visiblement.
Pourquoi devrions-nous être les premiers en taxation et en écologie punitive ? La France a été pionnière en donnant au monde la Révolution française et les Droits de l’Homme ; laissons un peu les autres agir maintenant. Qu’ils éclairent le chemin avec leur lanterne, nous suivrons leurs pas.

Dominique Deux 1@ Untel : Ce « refrain » est un couplet de l’hymne nationaliste et souverainiste qui célèbre des lendemains qui chantent pour une France isolationniste, repliée sur elle-même en hérisson, au milieu d’un désastre mondial que nos vaillantes frontières tiendraient à distance comme un vulgaire nuage radioactif. Tolérer cette musique au nom de la liberté d’expression, d’accord, mais refuser fermement à ses multiples choristes tout accès au Parlement et à l’exécutif est une condition absolue de notre survie en tant que Français, Européens et Humains. Tout est lié. Le devoir climatique (et de biodiversité) de la France n’est pas fonction d’un tonnage de gaz carbonique, mais de son appartenance à la communauté mondiale, qui ne se mesure pas.

IdéPa : La question comptable est vite vue : nous sommes 67 millions en France et il y a 7.9 milliard d’habitants dans le monde. Nous représentons donc environ 1 % de la population mondiale pour émettre environ 1% des émissions. Donc on est sensiblement dans la moyenne mondiale, ni mieux ni moins bien. Donc oui : on peut un peu moins/mieux se chauffer et se loger, un peu moins/mieux se déplacer, un peu moins manger/mieux de viande, et tous nous porter mieux.Et montrer l’exemple au monde. Ce serait un peu plus ambitieux et fédérateur pour la jeunesse que de rêver de son prochain SUV…

Segeste : Le premier problème mondial est la surpopulation. A ma naissance il y avait 3 milliards d’hommes sur terre. Nous sommes maintenant 8 milliards et comme l’explique très bien Jancovici nous consommons en énergie l’équivalent du travail de 160 milliards d’humains. Il n’y a pas de baguette magique dans notre situation et ceux qui se disent écologistes en France ne proposent pas de solutions rationnelles. C’est extrêmement contre-productif dans l’opinion publique. Il serait temps de s’en rendre compte.

Lire, UKRAINE / CLIMAT, retour à l’essentiel

CLIMAT, qu’en disent les présidentiables ?

Si une grande partie de la gauche fait du climat un axe majeur et prône une évolution des comportements, la droite défend une vision tournée vers la technologie, et l’extrême droite minimise le sujet. Voici un résumé de l’article d’Audrey Garric et Stéphane Mandard.

Marine Le Pen  n’a pas répondu aux sollicitations du MONDE. Parmi ses « 22 mesures pour 2022 », pas une seule ne concerne la question climatique et aucun « livret thématique » ne lui est consacré, à la différence du tourisme ou de la protection animale.

Eric Zemmour : le programme environnement du candidat de « Reconquête ! » tient sur un feuillet,quand son « programme automobiliste » se décline sur cinq pages.

Valérie Pécresse n’oublie pas le sport mais fait pour l’heure l’impasse sur le climat 

Emmanuel Macron : durant son quinquennat, approche voisine de celle de Pécresse, « croissance durable ». Le président candidat a prévenu qu’il faudrait diminuer de 40 % la consommation énergétique d’ici à 2050. Mais « Sobriété n’est pas décroissance », commente aujourd’hui son « relais » Jean-Charles Colas-Roy.

Fabien Roussel : Sur les 180 propositions, près d’une trentaine visent à « relever l’enjeu climatique ». Mais le contenu est superficiel car« Nous devons faire en sorte que la France des jours heureux s’engage dans la révolution écologique, mais sans en faire pâtir ceux qui vivent déjà difficilement ».

Jean-Luc Mélenchon défend une « règle verte » (ne pas prélever dans la nature plus de ressources qu’elle ne peut reconstituer) à inscrire dans la constitution.

Yannick Jadot souhaite instaurer une « règle d’or climatique », c’est-à-dire considérer toutes les décisions au regard de leur empreinte carbone, et inscrire la protection du climat dans la Constitution – l’une des demandes de la convention citoyenne pour le climat. Comme Mélenchon, son projet porte sur un ISF climatique, un impôt de solidarité sur la fortune qui inclurait l’empreinte carbone des avoirs financiers.

Quelques commentaires :

letarnais : Ont-ils seulement lu le dernier rapport du GIEC ? Celui-ci démontre à l’envi que continuer à exploiter les énergies fossiles sans la moindre restriction est juste suicidaire.…

Lire, Le rapport du GIEC occulté par Poutine…

Taz : Le « clivage » est subtil dans la mesure où aucun des programmes n’est, même approximativement, à la hauteur de l’enjeu. Qui a lu le PTEF du Shift Project ?

Lire, Shift Project, les politiciens l’ignorent

Violette : C’est pourtant sur le climat que tous devraient s’entendre : nous sommes tous concernés, directement. Mais non, certains ne voient pas l’urgence absolue à changer notre mode de vie, notre façon de consommer… certains restent accrochés au profit immédiat sans comprendre qu’un coffre-fort n’est pas une bouée de sauvetage et que l’on n’a pas encore inventé un linceul à poches… il faut revoir nos investissements à la lueur du défi qu’il nous faut relever, le but étant de sauver l’Humanité, ni plus ni moins, la Planète elle, pourrait se régénérer une fois débarrassée de ses prédateurs humains…

Stéphane : L’évolution du climat et de notre survie sur terre ne se décidera pas, ou si peu, dans les urnes. C’est la Nature qui décidera. Et elle est plutôt du genre dictatorial.

Basile Valentin : Beaucoup de gens vont mourir, c’est certain. Depuis la dernière glaciation, terminée il y a 11 700 ans, la population terrienne s’est fort agrandie, et d’après pas mal de projections atteindra un pic en 2060. Pour plusieurs raisons, il est difficile d’imaginer autre chose que l’enfer sur terre, pour les générations qui suivent la nôtre.

Lire, CLIMAT : rationnement, alternative d’avenir

Présidentielle 2022, voiture et climat

Une présentation rapide des programmes des présidentiables 2022 sur deux points, la baisse des émission de gaz à effet de serre et l’usage de la voiture, permet de ressentir le décalage profond qui existe entre l’urgence écologique et les flatteries devant l’électeur. Rappelons aux citoyens que réchauffement climatique et usage généralisé de l’automobile sont intrinsèquement liés. Rappelons aux présidentiables que pour réduire notre empreinte écologique, il faudrait politiquement mettre en place une carte carbone et dire que les déplacements en voiture individuelle, qu’elle soit électrique ou thermique, deviendra bientôt hors de prix.

Baisse des émissions de CO2

Zemmour : Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, Eric Zemmour prône l’interdiction des exportations de bois brut n’ayant subi aucune transformation « afin de favoriser la création de valeur ajoutée sur notre sol et d’éviter leur transport extrêmement polluant ». Le candidat exige aussi la mise en place au niveau européen de la taxe carbone aux frontières. Enfin, il veut privilégier les circuits courts en augmentant la part des produits locaux dans la restauration collective.

Pécresse : Ne croyant pas en « l’écologie punitive », elle veut des incitations financières « plutôt que les taxes » pour décarboner la consommation des ménages. Elle souhaite qu’en 2035 plus aucun véhicule neuf ne fonctionne qu’avec des énergies fossiles, et qu’en 2040 tous les véhicules neufs s’en passent complètement. Elle compte aussi remplacer les transports en commun fonctionnant au diesel par des transports propres.

Lassalle : Le candidat souhaite investir dans les énergies renouvelables en développant l’énergie solaire, géothermique et l’énergie de la mer (houle et écarts thermiques entre la surface et les grands fonds). Il met notamment l’accent sur le développement de la recherche sur le milieu océanique.

Roussel : Le communiste veut élaborer un projet d’investissement pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, « avec une forte croissance de la production électrique, en investissant dans les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien et surtout l’hydraulique) et dans l’électricité nucléaire avec la construction d’au moins six EPR ».

Hidalgo : plan de relocalisation des activités économiques permettant de réduire de 50 % les émissions de CO2 du secteur industriel d’ici à 2035. Elle compte également créer un fonds pour la réindustrialisation et l’emploi local doté de 3 milliards d’euros pour aider temporairement les entreprises en difficulté relevant d’industries d’avenir ou stratégiques

Mélenchon : Le candidat de gauche propose de baisser de 65 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030, soit davantage que l’objectif de 40 % fixé actuellement.

Jadot : Avec ses propositions, Yannick Jadot veut « réduire l’empreinte carbone de la France de 55 % d’ici 2030 en vivant mieux et atteindre la neutralité carbone en 2050 ».

Pas de proposition connue à ce jour (10 mars) : le Pen Dupont Arthaud Poutou Macron

Lire, Les gaz à effet de serre, c’est aussi notre affaire

Avenir de l’automobile

Zemmour : Supprimer les contraintes pour les conducteurs . Le candidat prône la « suppression du permis à points », la « restauration de la limitation de vitesse à 90 km/h » sur les routes, « mettre fin à toute interdiction de circuler en ville », ainsi que « revenir à la limitation de vitesse de 50 km/h en ville ». Il veut aussi « plafonner les amendes de stationnement à 17 euros sur tout le territoire ».

Dupont-Aignan : entend remplacer les 10 millions de véhicules les plus énergivores par le biais d’un nouveau bonus-malus favorable aux véhicules électriques et peu polluants, et accélérer la mise en place de bornes de recharge rapide pour les voitures électriques.

Pécresse : souhaite remplacer les transports en commun fonctionnant au diesel par des transports propres. Elle envisage aussi, pour 2035, de mettre fin aux véhicules neufs consommant des énergies fossiles et de développer les bornes de recharges pour véhicules électriques

Roussel : Estimant que l’amélioration de la qualité de l’air « ne peut pas se faire sur le dos des classes populaires », le candidat propose une prime à la reconversion allant jusqu’à 10 000 euros par foyer pour l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion Crit’air 1 ou 2.

Hidalgo : La candidate souhaite renforcer le recours aux véhicules électriques (aides à l’acquisition, système de location peu coûteux, etc.).

Mélenchon : Diminuer le recours à la voiture individuelle. Pour cela, le candidat propose de mettre en place « un plan national de développement massif des transports collectifs dans les grandes agglomérations » ainsi que le cofinancement avec les grandes agglomérations « des infrastructures cyclables et de stationnement vélo ». Il ambitionne aussi de développer « des parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à faibles revenus ».

Jadot : Pour « réduire la dépendance à l’automobile », le candidat écologiste souhaite mettre fin à la vente de véhicules neufs avec un carburant fossile (essence, diesel ou hybride) et prône une « vélorution ». Il propose notamment le prêt d’un vélo à tous les jeunes de 16 ans qui le souhaitent

Pas de proposition connue à ce jour (10 mars) : lepen arthaud poutou lassalle macron

Lire, Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

UKRAINE / CLIMAT, retour à l’essentiel

Le 28 février, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 2e volet de son sixième rapport en trente ans. Concentré sur les impacts, les vulnérabilités et l’adaptation à la crise climatique, il est beaucoup plus alarmant que le précédent, daté de 2014.

Lire, Le rapport du GIEC occulté par Poutine

Jean Jouzel, climatologue : Les problèmes environnementaux, en dépit de leur extrême urgence et de leur gravité, ne sont que rarement prioritaires. Oui, nous continuons d’être très égoïstes… Certaines des solutions technologiques s’inscrivent dans l’idée que nous pouvons dominer la nature plutôt que d’essayer d’être en harmonie avec elle. D’autant que certaines, à l’instar de la manipulation du rayonnement solaire, me paraissent dangereuses… Il me semble indispensable de répéter que chaque demi-degré compte… Près de cent vingt pays ont adhéré à l’idée de la neutralité carbone d’ici à 2050 (la Chine en 2060 et l’Inde en 2070), mais ces messages ambitieux restent cantonnés aux bonnes intentions. Y compris en France… L’idée des véhicules moins volumineux et émetteurs, qui avait été proposée par la convention citoyenne, n’a pas été sérieusement retenue…

Lire, Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Frog : Il est possible de se passer de nombreuses choses sans que ça fasse le moindre mal. Je ne prends pas l’avion, je n’ai pas de voiture, pas de machine à expresso, pas de sèche linge, pas de lave-vaisselle, pas de piscine, pas de climatiseur, j’achète le moins de neuf possible… et je vis très bien, j’ai même beaucoup de temps pour moi grâce à cela. Pourquoi vouloir imaginer que les défenseurs de l’environnement seraient forcément des pourvoyeurs de malheur ? Pour moi, le plus grand malheur, c’est de passer mon temps à acheter, entretenir et faire réparer une consommation inutile !

le sceptique @ Frog : vous comprenez que c’est différent de dire « moi je ne fais pas X ou Y » et « moi je veux interdire X ou Y ». Dans le premier cas, vous faites usage de votre liberté comme les autres sociétaires ; dans le second cas vous demandez la suspension d’un certain nombre de libertés pour tous les sociétaires. Il ne vous a pas échappé que cette question de la suspension des libertés est critique dans l’histoire démocratique moderne. En outre, dire « cela se passe très bien pour moi dans mon choix libre » ne vous permet pas de dire « cela se passera très bien pour tous si cela devient une obligation ». Pour prendre votre seul premier point, si l’avion devait être interdit, cela se passerait mal pour beaucoup de gens dont le revenu dépend de cette avion, des gens qui n’ont pas votre vie, des gens dont le chômage nuirait à eux et aux autres. Donc voilà, si vous êtes seulement pour la liberté, eh bien cela ne conduit qu’à des petits pas pour le climat.

Lire, Fini la liberté de tondre sa pelouse

Du point de vue des écologistes, on ne peut pas opposer pratiques de Colibri et politiques collectives, tout est en interdépendance. Charbon, pétrole et gaz sont les principales causes du réchauffement, mais aussi principales sources de financement de la Russie de Vladimir Poutine. Notre addiction aux énergies fossiles a armé le maître du Kremlin. Lutte contre le réchauffement climatique, c’est donc à la fois économiser drastiquement notre consommation d’énergie, lutter contre l’usage collectif des armes et oeuvrer pour la décroissance de la population humaine. Vaste programme que les présidentiables 2022 en France ne songent même par à penser. C’est pourquoi le fracas des armes continuera à éradiquer une fraction de la population tout en gaspillant les dernières gouttes de pétrole qi restent encore…

Lire, la dernière goutte de pétrole (notre article de 2010)

extraits : Demain, bientôt, en 2011 ou 2027, le baril à 300 dollars, 1000 dollars, plus… Autant dire le Premier jour de l’après-pétrole. Quelques tankers circulent encore, mais la Russie a serré la vis de ses pipe-lines. L’Europe se dessèche et les Etats-Unis entrent en transes. Des milliers de station-service ferment, les avions cessent de voler, le chauffage au fuel est abandonné. La fermeture des raffineries contamine peu à peu le secteur industriel tout entier. Plus de matières plastiques,  donc plus de tuyauteries, plus d’emballages, de rouge à lèvre, de tissus synthétique, de bouteilles d’eau. Wall Street fait naufrage, les traders sautent par la fenêtre. Le chômage explose, 15 %, 30 %, 50 % de la population… Des manifestations dans tous les pays, des violences incontrôlées, la loi martiale est décrétée. Les voitures s’arrêtent de rouler, les supermarchés ferment quand ils ne sont pas pillés. La plupart des habitants des conurbations ne peuvent plus se rendre désormais à des boulots inexistants. Les banlieues pavillonnaires deviennent des déserts ou des taudis. La police est débordée, l’armée déboussolée. L’obscurité s’étend sur les villes, plus d’éclairage public. Les dernières gouttes de pétrole sont réservées à des tanks qui ne servent plus à grand chose. Les centrales nucléaires sont abandonnées, même l’Etat n’a plus les moyens de les pérenniser. Les émeutes de la faim gagnent les pays du Nord après avoir dévasté le Sud. Des marées humaines se réfugient à la campagne où il n’y a plus de refuges possibles. Des seigneurs de la guerre font la loi à coup de kalachnikov tant qu’ils ont encore des balles. En 2050, la planète compte moins d’un milliard d’habitants. Dans quelques endroits aux terres encore fertiles, la vie communautaire se reconstruit peu à peu. L’ère de la croissance économique dans un monde fini est définitivement terminée.

Le rapport du GIEC occulté par Poutine…

L’invasion en Ukraine n’est qu’une péripétie de l’histoire humaine, traversée constamment par des décisions irrationnelles et des actions militaires sanglantes. Le réchauffement climatique est bien plus grave, il bouleversera durablement les possibilités de vie sur terre. Mais le rapport du GIEC du lundi 28 février 2022 ne fera pas la Une des médias, trop occupés qu’ils sont par la paranoïa de Vladimir Poutine.

Audrey Garric : « L’humanité et la nature sont en péril. Chaque jour davantage, elles sont poussées jusqu’à leurs limites, voire au-delà, par les impacts toujours plus ravageurs, généralisés et désormais souvent irréversibles du changement climatique d’origine humaine. Ces effets, qui affectent déjà les vies de milliards d’humains, vont s’accélérer quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils frapperont les sociétés de manière intolérable, multipliant les menaces sur la production alimentaire, l’approvisionnement en eau, la santé humaine, les infrastructures côtières, les économies nationales et la survie d’une grande partie du monde naturel. Avec, à la clé, encore davantage de pénuries, de pauvreté, de famines ou de conflits. Ce sombre bilan est dressé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dans le 2e volet de son sixième rapport d’évaluation. »

Quelques réactions d’internautes :

Michel SOURROUILLE : La poursuite de la croissance économique destructrice (artificialisation des sols, surexploitation des énergies fossiles, aggravation des inégalités…) est en train d’amplifier les conséquences et la magnitude du réchauffement planétaire. C’est la première fois qu’un rapport du GIEC fait mention explicite de la décroissance, « volontaire et intentionnelle », comme solution pour réduire de façon effective les émissions de gaz à effet de serre et comme voie d’avenir pour éviter à l’humanité d’aller dans le mur. Mais dans le contexte international actuel, il y a de fortes chances pour que ce nouveau rapport ne soit traité que comme une information de second plan. C’est un défaut de hiérarchisation des informations, pourtant responsabilité première des comités de rédaction des médias. Car le changement climatique et la raréfaction des ressources est à l’origine des visées expansionnistes des régimes autoritaires qui ont pour seule boussole que leurs fantasmes de puissance.

Lire, Le GIEC nous recommande la décroissance (août 2021)

Brigitte Vuitton : quelqu’un a-t-il envoyé un exemplaire du rapport du GIEC à Vladimir ?

DBoy : Où télécharger ce rapport ?

Soteria : Sur le site du GIEC, ipcc.ch

Fouilla : Puisque 2 actualités se percutent, une remarque en passant :La Russie doit être une des seules grandes nations à pouvoir trouver sympathique le changement climatique, les grandes étendues nord-sibériennes devenant moins inhospitalières. Donc ne comptez sur Vladimir le Petit ni pour la paix ni pour la lutte contre le changement climatique.

Strasgorod : Des progrès très récents sur les transports aériens viennent d’être réalisés grâce à l’activisme de l’État russe. J’entends même que des avancées substantielles pourraient voir le jour sur la consommation de gaz en Europe. Il faut donc rester optimiste.

Françoise B. : Si Covid, Poutine et quelques nouvelles pandémies et guerres s’y mettent, il n’y aura bientôt plus beaucoup d’humains pour analyser la situation. Les termites et les scorpions, eux, ont une petite chance d’avoir le temps de s’adapter.

JPS : Être cuits à feu doux par le réchauffement climatique, ou à feu vif par Poutine,… que des perspectives réjouissantes.

Ne pas croire et penser : Chaque habitant sur terre par son activité sa consommation aussi limitée soit-elle, participe au dérèglement climatique, les produits et sous-produits pétroliers sont partout, dans une plus ou moins grande mesure, la mesure compte peu au regard du nombre d’habitants (c’est le facteur du nombre). La terre reprendra ses droits sur l’anthropocène, on peut envisager un retour à l’équilibre par l’effacement d’une partie de la population de la terre (évidemment chacun veut s’en sortir, mais il faut arrêter de penser que l’on aura le choix). Moins nous serons, moins nous polluerons !

Lire, Rapport du GIEC et question démographique (août 2021)

Slibo : La messe est dite semble t’il. La seule planète du système solaire apte à la vie ne l’était pas tant que ça en fin de compte, une espèce ayant choisi de la détériorer. Après le rapide passage de l’engeance Homo demens, la Terre retrouvera sa quiétude.

Nucléaire et gaz, le greenwashing à l’UE

L’exécutif communautaire a fini par publier, le 2 février 2022, son décret sur la taxonomie verte, classement des activités selon leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Le nucléaire classé énergie « verte » et le gaz « énergie de transition », se révèle pour ce qu’elle est, un exercice purement politicien. Le propre de l’oxymore est de rapprocher deux réalités contradictoires. Nucléaire vert, moteur propre, développement durable, agriculture raisonnée, financiarisation durable, vidéoprotection, etc. La montée des oxymores constitue un des faits révélateurs de la société contemporaine. Ces zombies nous suggèrent perfidement la possibilité de concilier l’inconciliable, c’est du pur greenwashing (écoblanchiment).

Lire, Nucléaire vert, énergie durable, oxymores

Virginie Malingre, journaliste : Les investissements dans une centrale à gaz seront jugés durables si le permis de construire a été délivré avant 2030. Les investissements dans le nucléaire, pour leur part, bénéficieront du label « vert » s’ils financent des travaux de modernisation de centrales qui auront obtenu un permis avant 2040 ou la construction de réacteurs de troisième génération qui aura été autorisée avant 2045. « Le texte doit permettre de mobiliser des fonds privés car, comme le souligne Bruxelles, « il n’y a pas beaucoup d’argent public pour ça ». Certes, ni le nucléaire, dont l’exploitation génère des déchets hautement radioactifs, ni le gaz, qui émet du CO2, « ne sont verts ou durables », admet la Commission. Mais, dans une Europe où 15 % de la production d’électricité provient encore des centrales à charbon et où les énergies renouvelables ne garantissent pas un approvisionnement stable, ils permettent de réduire l’empreinte carbone des Vingt-Sept. Trois représentants se sont déclarés contre l’acte délégué : l’Autrichien Johannes Hahn, chargé du budget, l’Espagnol Josep Borrell, haut représentant des Vingt-Sept pour les affaires étrangères, et la Portugaise Elisa Ferreira, responsable des réformes. Le Luxembourgeois Nicolas Schmit, chargé de l’emploi, et le Lituanien Virginijus Sinkevicius, de l’environnement avaient fait valoir leurs réticences. Mais les opposants au texte de la Commission n’ont aucune chance de rassembler la majorité qualifiée de vingt Etats membres représentant 65 % de la population européenne qu’il leur faudrait. Le Parlement européen peut s’opposer à l’acte délégué sur la taxonomie par une majorité absolue et l’état des forces à ce stade ne rend pas la chose inenvisageable.

Jean-Baptiste Chastand, journaliste : La petite Autriche, 8,8 millions d’habitants, a pris la tête du front du refus. Dans ce pays qui s’enorgueillit de n’avoir jamais eu de centrale nucléaire en activité sur son territoire et de produire près de 80 % de ses besoins en électricité par des sources durables, cette position fait l’objet d’un consensus transpartisan, de la gauche à l’extrême droite. Dans le combat autrichien, la France de Macron fait figure de principale adversaire.

Lire aussi, Incompatibilité de la croissance et du climat

Le numérique réchauffe grave la planète

Après la honte de partir en avion (flight shame), faudra-t-il instiller la honte du numérique (digital shame) ? Sans aucun doute ! L ’empreinte énergétique de tous nos bits représente déjà 6 à 10 % de la consommation mondiale d’électricité et 2 à 4 % des émissions de CO2. Ce gadget qui nous ensorcelle, très énergivorace, contribue au réchauffement de la planète de manière de plus en plus importante. Il nous faudra désinformatiser en même temps que démondialiser, dévoiturer, désurbaniser, etc.

Lire, La fabrique du crétin numérique

Charles de Laubier : L’écosystème numérique mondial contribue aux émissions de gaz à effet de serre deux fois plus que le transport aérien. « Pour un courriel lesté d’une pièce jointe lourde, ce sont 20 grammes de CO2 qui sont émis, soit autant que 150 mètres parcourus en voiture », indique Guillaume Pitron, auteur de L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like. Avec 10 milliards de messages électroniques envoyés par heure dans le monde, cela équivaut à 50 gigawatts, soit la production électrique horaire de quinze centrales nucléaires ! Mais la pollution numérique provient pour les trois quarts de la fabrication de terminaux tels que – dans l’ordre de leur empreinte carbone – les téléviseurs, les ordinateurs portables, les smartphones, les box Internet, les écrans et les consoles de jeux. Contenant une cinquantaine de métaux, un smartphone ne pèse pas 150 grammes, mais 150 kilos – ce que M. Pitron appelle « le sac à dos écologique ».

Selon le think tank français The Shift Project, « Les émissions de gaz à effet de serre des services de vidéo à la demande, de type Netflix ou Amazon Prime, équivalent à celles d’un pays comme le Chili (plus de 100 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit près de 0,3 % des émissions mondiales). » Les gains obtenus en émissions carbone pourraient être vite balayés par la croissance du secteur. La réalité virtuelle, les métavers accessibles par des milliards d’êtres humains demanderai tune puissance informatique mille fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Sans parler de la lutte contre la fracture numérique dans un monde où 2,9 milliards d’êtres humains ne sont pas encore connectés à Internet.

Pour en savoir plus, quelques contributions :

BeaufistanUberAlles : Passionnante et implacable démonstration du caractère auto-destructeur de l’idéologie folle de la croissance éternelle. La sobriété est donc l’unique voie, il n’y a plus à écouter les cancres qui prétendent le contraire. La question est : comment réaliser la sobriété ? Évidemment sortir du nucléaire au plus vite. Puis limiter ou supprimer les consommations inutiles et futiles : bagnole individuelle, jeux vidéos, malbouffe, TV, presse people et sportive, congélateurs, tondeuses à gazon motorisées… Les petits ruisseaux font les grands fleuves. Il conviendra aussi de limiter le nombre d’applications et rézosociaux, c’est n’importe quoi. Supprimer twitter, tiktok, insta, whatsapp, limiter le nombre de publications sur youtube, effacer les publications au bout de 6 mois, tout ça est à débattre… On n’y arrivera jamais avec la droite, de Macron à Zemmour, ils ignorent ces sujets qui sont les plus importants.

Lire, Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

Ht : Ce qui est notable et ce sur quoi Charles de Laubier n’insiste pas assez, c’est à quel point les technos les plus consommatrices sont justement celles qui n’apportent rien ou pas grand chose au consommateur : cloud gaming, bitcoin, 5G. Qu’on commence par là plutôt que de culpabiliser ceux qui envoient des mails.

Kim Kitaek : On pourrait commencer par supprimer TiK Tok, Facebook, Twitter etc etc qui visiblement ne sont ni bons pour l’humanité ni pour la planète.

KAR1M : A tout ceux qui rappellent les bienfaits (réels en apparence) du numérique. Renseignez vous sur leur « effet rebond ». En effet, par exemple, si l’on compare l’impact de l’envoi d’un email avec l’envoi d’un courrier physique, il est probable que l’impact soit inférieur. En revanche, la facilité d’envoi d’e-mail fait que finalement nous envoyons beaucoup plus d’e-mail que nous envoyons de courriers physiques. La numérisation s’accompagne ainsi très souvent d’une augmentation des usages de sorte que le bienfait peut s’annuler jusqu’à provoquer l’effet inverse.

Zarastro : On peut aussi s’interroger sur l’abandon prochain des les lignes téléphoniques analogiques classiques qui obligent concrètement à laisser en permanence sa box allumée pour les applications de domotique traditionnelles comme le déclenchement du chauffage à distance… mais aussi à se rééquiper avec du matériel compatible wifi. Bref, l’obsolescence programmée avec la bénédiction de l’État. En fait chaque nouvelle génération de technologie induit plus de consommation énergétique que la précédente.

Christian Giusti : Tout cela me fait penser aux travaux de Lewis Mumford, historien reconnu des techniques qui, au siècle dernier, dénonçait dans « Le Mythe de la machine » : (citation extraite de la page Wikipédia en français) : « la tendance moderne de la technologie, qui met l’accent sur une expansion constante et illimitée de la production et du remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l’encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l’efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne, qu’il appelle « mégatechnique » élude la production durable, la qualité, en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce à des dispositifs tels que crédit à la consommation, designs non fonctionnels et défectueux, obsolescence programmée, changements de mode fréquent et superficiels ».

Lire, Enfer numérique, dictature des chiffres

La bouffonnerie de l’humanité, LE film à voir

Aller au cinéma, c’est choisir deux ou trois films qu’il faut avoir vu dans l’année, le reste on peut s’en passer.

« Don’t Look Up. Déni cosmique » : la comète McKay lancée contre la bouffonnerie de l’humanité

Des chercheurs acquièrent la certitude mathématique qu’une comète colossale fonce droit sur la Terre et menace de la détruire sous six mois. A la Maison Blanche, ils se confrontent à une administration incapable de prendre la mesure du désastre. La présidente et son entourage ne sont que des démagogues outrageusement narcissiques, obnubilés par les scandales de mœurs qui bousculent leur parti (républicain) et l’imminence des élections de mi-mandat. Leurs  visées sont uniquement court-termistes et bassement politicardes. Qu’à cela ne tienne : les scientifiques se retournent vers les médias pour alerter l’opinion publique. Le message ne passe pas. Coulé dans le format d’un talk-show aseptisé, noyé dans le brouhaha des réseaux sociaux, la menace avéré se retrouve minoré, folklorisée, tournée en dérision, ce qui fait que l’alerte n’est suivie d’aucun effet, d’aucune prise de conscience. Les nouvelles voies cacophoniques et saturées de l’information ne conduisent pas aux progrès de la raison, mais à la paralysie et à l’obscurantisme généralisé.Info-spectacle avant tout !

à lire, «Effondrement, bientôt une terre inhabitable

Don’t Look Up dresse la satire du système politico-médiatique devenu une machine devenue folle, produisant perte de temps et déni à la pelle… en lieu et place d’un partage de l’intelligence et d’une action collective efficace… Don’t Look Up » étonne par son habileté à faire tenir ensemble le premier et le trente-sixième degré, la fable et la parodie, la vérité et la folie … Remplacez la comète par le réchauffement climatique, et cela devient tout simplement une image saisissante de vérité. Bientôt 27 année de parlottes diplomatiques et la planète s’avance toujours vers la fournaise.

à lire, Le cataclysme est pour bientôt selon le GIEC

L’ironie suprême du film est de montrer que toutes les alertes lancées, toute la contre-propagande ne servent finalement qu’à renforcer le système médiatique en l’alimentant. L’humanité est irréformable, semble nous dire McKay, et aucun effort ne suffira à la faire dévier de sa bouffonnerie congénitale comme de son destin catastrophique. C’est ce que nous constatons chaque jour en commentant l’actualité sur ce blog biosphere. Mieux vaut en rire en allant voir ce film.

À voir à la rigueur, « La Croisade » (quand la famille passe au vert)

Le nouveau film de Louis Garrel esquisse habilement l’utopie écologique des moins de 18 ans. La Croisade confronte d’un côté les engagements des petits et de l’autre les promesses des grands  sous les auspices à la fois anxieuses et désabusées du « Comment osez-vous ? » de Greta Thunberg, en 2019.

à lire, CLIMAT, rejoignez Greta Thunberg

Le fils de famille a vendu en cachette les objets de valeur dont ses parents ne se servaient plus pour étoffer la cagnotte de l’organisation environnementale dont il fait partie s. Son idée ? Financer un projet d’envergure : créer une mer dans le Sahara pour sauver la planète !!! Mais en faisant preuve d’autodérision, Louis Garrel fait ressentir l’urgence des plus jeunes à agir en dépit de l’autorité parentale.

Jean-Marc JANCOVICI devient malthusien

Le spécialiste de l’énergie Jean-Marc Jancovici nous montre clairement que l’augmentation de la population est un multiplicateur des menaces, ce que s’acharne pourtant encore à ignorer bon nombre de personnes qui se disent écologistes. Voici un résumé de sa dernière publication,  une BD (Le monde sans fin) dont nous espérons que cela a été votre cadeau de Noël à toute la famille.

Lire aussi, Jancovici nous pousse hors zone de confort

p. 49 et suivantes (le texte, sans les dessins) : : Depuis deux siècle, tu vois (sur le graphique) une augmentation de la population qui tient plus de l’hyperbole que de l’exponentielle. Début de la révolution industrielle, 0,5 milliards d’humains ; 1800, un milliard ; 1930, deux milliards ; 1960, trois milliards ; 1975, quatre milliards  ; 1985, cinq milliards ; 2000, six milliards ; 2019, plus de 7,5 milliards. Est-ce que cet accroissement spectaculaire aurait pu avoir lieu sans énergie abondante ? Et si on entre dans une décrue énergétique forte, va-t-on rester 7 ou 8 milliards ? Ce n’est pas complètement sûr. C‘est même assez certain que nous ne connaîtrons pas un monde qui prolongera la tendance que nous avons connu dans le passé…

Lire, Jancovici, « sans pétrole t’es plus rien »

Entre 1930 et 2000, la génération de mes parents, la consommation d’énergie des machines a été multipliée par 10 et leur puissance a plutôt été multipliée par 50. Comme l’énergie est la marque de la transformation, la pression de l’humanité sur la planète augmente aussi vite que la quantité d’énergie qu’on utilise. Reprends le tableau de l’évolution de la population. Multiplie le chiffre qui correspond à chaque année par la quantité d’énergie mobilisée par personne. Ça te donne un bon ordre de grandeur de la pression humaine sur l’environnement. Malheureusement, notre vaisseau spatial de 13 000 km de diamètre ne peut pas supporter une pression constante sans avoir des avaries de tous les bords. Ou on fait un effort qui va nous coûter, mais qui évitera la panne. Ou on attend la panne.

p.122 et suivantes : L‘équation de Yoichi Kaya ne résout pas tous nos problèmes, mais ça donne une idée de leur taille :

GES = GES/E x E/PIB x PIB/POP x POP

GES, gaz à effet de serre, c’est-à-dire la quantité totale de gaz à effet de serre émise par les activités humaines

GES/Énergie, la quantité de gaz à effet de serre émise par une quantité donnée d’énergie

E/PIB, la quantité d’énergie nécessaire à la production totale de biens et services dans le monde

PIB/POP, le PIB par habitant, c’est-à-dire le niveau de vie moyen

POP, Population

On doit diviser le GES par 3 d’ici 2050, reste à savoir comment. En divisant la population par 3 ? La famine et les épidémies peuvent y parvenir. La guerre plus difficilement. A moins qu’elle facilite la famine et la maladie. La grippe espagnole en 1918 a tué plus de gens et plus rapidement que la seconde guerre mondiale. La grande peste du XIVe siècle a divisé la population par 2. Ça, c’est du sérieux. Sinon, il y a le contrôle des naissances, sujet délicat… Bâton merdeux tu peux dire.

Si on prend les projections démographiques, qui ne sont que des projections, la population devrait être multipliée par 1,25 d’ici 30 ans.A moins d’une pandémie fulgurante… ou d’une bonne vieille météorite. Les termes restants, il faut maintenant les diviser, non plus par 3 mais par 3,75 (soit 3×1,25)…

On prend le PIB par personne ? Qui est d’accord pour faire çà ? La France, pour sauver son régime de retraite, compte sur une croissance de 2 % par an. Croissance, croissance, croissance, croissance…

Il ne reste plus qu’à demander aux ingénieurs de diviser les termes restants par 10, c’est-à-dire gagner en efficacité énergétique. Tu comprends qu’à cette vitesse de réduction d’émissions, ça passe par une limitation des activités, donc des richesses, accompagnée d’un risque de déstabilisation sociale.

La vitesse à laquelle il faut réformer le système n’est pas compatible avec le maintien d’une liberté individuelle accompagnée du niveau de vie auquel on est habitué aujourd’hui. Tout débat sur la liberté individuelle est passionnel. Tu as une opposition entre l’urbain de centre-ville qui vit à côté de son boulot et la banlieusard qui doit prendre sa voiture pour aller bosser. Le tissu urbain moderne a été fait par et pour la voiture. On te dit maintenant, « Ne prends plus la voiture ». Tu gueules, « C’est de l’injustice ». Si tu veux limiter les naissances, tu te met à dos tous les courants religieux. Si tu parles décroissance, c’est pareil, pouvoir d’achat contre décroissance. Peut-on continuer à avoir une abondance de biens, de services, de croissance avec une population croissante ? La sobriété et la pauvreté sont deux manières de consommer moins, la première est choisie, la seconde subie, généralement dans la violence… L’approvisionnement fossile devant décliner, le temps se chargera de nous pousser vers la pauvreté.

La planète nous dit : « A cause des dommages que la croissance me fait subir, vous croyez vous enrichir alors que vous vous appauvrissez. A moins de changer les conventions de la macroéconomie. Et arrêtez de considérer le PIB comme l’indicateur unique. »

Lire, Extraits du discours décapant de Jean-Marc Jancovici (en 2017)

p.190 : Aujourd’hui nous avons un sentiment global d’insécurité, dérive alimentaire, érosion des ressources, surpopulation… Alerte, Alerte, Alerte. Pour calmer notre cortex, nous avons plusieurs stratégies. Le déni (« c’est des conneries »), la croyance (« La science trouvera bien une solution »), le greenwashing (« j’achète des crédits carbone »), le n’importe quoi (« avec la croissance verte, c’est possible »). Tout ça, ce sont différentes formes de déni.

Source : BD, Le monde sans fin (éditions Dargaud, 2021)

Du miracle énergétique à la dérive climatique, texte de Jean-Marc Jancovici et dessins de Christophe Blain.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/