effet de serre

Barbari Pompili bientôt à l’épreuve du réel

« L’écologie n’est pas une option. Accélérer, c’est au cœur des priorités que le président m’a chargé de mettre en œuvre », a confirmé le nouveau premier ministre, Jean Castex. Pourtant selon le HCC « le gouvernement ne fait pas suffisamment de suivi des politiques climatiques qu’il annonce » et son « pilotage manque de fermeté ». Les grandes lois d’orientation (Egalim, ELAN, LOM), n’ont pas été évaluées au regard de leur impact sur les émissions, contrairement aux promesses du gouvernement. Surtout, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), l’outil de pilotage de la politique climatique du pays n’est toujours pas « le cadre de référence de l’action collective. »Le gouvernement, faute d’être parvenu à respecter ses objectifs pour la période 2015-2018, a relevé les budgets carbone − les plafonds d’émissions − pour la période 2019-2023. Pour ne pas prendre la température, on casse le thermomètre !

Les solutions pour mener une véritable relance verte sont pourtant connues depuis plus de dix ans, rappelle le Haut Conseil pour le climat. Il propose soit de relancer la croissance de la taxe carbone – gelée après le mouvement des « gilets jaunes » – mais en corrigeant ses effets inégalitaires, soit de renforcer les mesures réglementaires (par exemple les normes d’émissions de CO2 pour l’automobile). Le troisième projet de loi de finance rectificative en cours de discussion à l’Assemblée nationale permettra de fixer la ligne du nouveau gouvernement sur le point crucial de la conditionnalité des aides accordées aux secteurs polluants. Plusieurs amendements seront débattus pour obliger les grandes entreprises récipiendaires de l’aide publique à baisser leurs émissions dès l’année prochaine. Une position défendue par la député Barbara Pompili lors de l’examen en commission des finances, contre l’avis du gouvernement. Reste à savoir si la position de la nouvelle ministre de la transition écologique et solidaire est inchangée.

Les commentaires sur lemonde.fr montrent que la France est partagée en deux, ceux qui estiment qu’il est urgent de ne rien faire (les imbéciles) et les écologistes réalistes :

untel : « La France n’est toujours pas à la hauteur des enjeux climatiques ». C’est encore heureux !!! Si nous l’étions nous serions des climato-dupes : ceux qui font les efforts que les autres ne font pas et qui, du coup, perdent en compétitivité par rapports à ces derniers… sans que cela ne change rien du climat. Vous vouliez la limitation du réchauffement ? Vous aurez le réchauffement et la faillite.

Davemoz : Untel, ce que vous nous proposez c’est de vivre dans un monde pollué, mais avec des sous sur notre compte en banque ? En espérant que cet équilibre débile dure encore quelques dizaines d’année sans doute. Vous me faites rêver mon cher Untel. Mes enfants certainement beaucoup moins.

jea.vie : Les visions purement françaises des émissions de gaz à effet de serre n’ont qu’un intérêt anecdotique à l’échelle de la planète. Nous sommes a peine 1% de la population et avec le nucléaire l’un des pays développés les plus vertueux en la matière. Nous émettons 2 fois moins de CO2 par habitant que les Allemands. Alors certes on adore se culpabiliser en France, mais pendant ce temps là, la Chine construit 150 GWatt de centrales à charbon…

DLB @ jea-vie : Reprenons votre raisonnement : Imaginons que vous soyez obèse et que votre médecin vous recommandeun régime draconien pour ne pas mourir prématurément. Vous, vous lui répondriez : « oui mais mon voisin est plus obèse que moi, c’est à lui de faire un régime, pas à moi ! » Collectivement nos sociétés ont encore des réflexes d’adolescent immature quand il s’agit de faire des efforts.

Philipp69 : Y en a marre de ces ayatollahs de l’écologie voulant que les Français sacrifient leurs emplois et leur niveau de vie simplement pour avoir bonne conscience. Rappelons-le une énième fois, la France c’est 0,9% de la population du monde, 2,5% du PIB mondial et 1% des gaz à effet de serre du monde. Et on voudrait qu’elle fasse des efforts considérables! Pourquoi? Pour donner l’exemple? Qui peut croire que la France va entraîner la Russie, la Chine, les E-U, le Nigeria, le Brésil ou l’Inde dans son sillage ? Quelle attitude présomptueuse que de croire que le monde nous regarde et qu’il va se sentir coupable s’il ne prend pas modèle sur nous! Bref, ces objectifs de réduction de la part dans la France dans la production mondiale de GES est à la fois irréaliste et pathologique, c’est un désir névrotique d’expiation, une haine de soi en tant qu’occidental développé et libéral.

DLB :On demande juste au gouvernement de respecter ses propres engagements, fruits d’une concertation internationale. Chaque pays peut trouver des prétextes comme les vôtres, Philipp, pour ne rien faire et dans ce cas on va dans le mur. Lisez le rapport du GIEC puisque vous avez l’air d’aimer les chiffres.

Or : Il est important de rappeler que si la France a baissé de 20% ses émissions nationales depuis 30ans, l’empreinte carbone des français n’a pas cesser pour autant d’augmenter et reste très élevée. En effet nous avons délocalisé notre production polluante en Chine mais nous avons continué d’acheter des produits polluants. Une solution, la décroissance : consommer moins mais mieux (donc augmentation des prix pour pouvoir acheter des choses produites en France selon des procédés vertueux), meilleure répartition des richesses (=forte taxation du capital) pour que la décroissance soit socialement acceptable et ne touche pas que les plus démunis et pour ça il faut un état stratège, interventionniste et protectionniste (n’ayons plus peur d’utiliser ces mots)

Thibaut : Je vous rejoins entièrement. Il faut ajouter que ce n’est pas un choix idéologique, mais purement rationnel, qui découle d’une réalité géophysique. On peut s’aveugler, s’obstiner et le retarder, mais on finira immanquablement par y venir. Plus ce sera tard, plus ce sera humainement coûteux.

Tundra Cotton : Tant que l’on ne verra pas une baisse de la population mondiale et donc du nombre de consommateurs-pollueurs, ces efforts ne servent pas à grand chose. Mais les divisions politiques, et la volonté des humains à vouloir faire des gamins, rendent une telle tendance impossible. Le facteur limitant sera donc malheureusement l’épuisement des ressources mondiales, et surtout l’accès à l’eau.

Biosphere-Info, un consensus sur le climat

Notre synthèse « Biosphere-Info » paraît le premier de chaque mois. Pour la recevoir gratuitement par mail, il suffit de contacter biosphere@ouvaton.org

Bilan de la CONVENTION CITOYENNE

Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Nous avons suivi attentivement leurs travaux. Voici d’abord la synthèse de leur rapport de 600 pages présentées par les citoyens et citoyennes réunis dans cet exerce salutaire de démocratie participative. En résumé : « Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. » Suivent des extraits de nos articles antérieurs sur le blog biosphere. Merci de votre attention, bonne lecture.

Validité de la convention (en introduction) : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle (en conclusion) : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

Articles antérieurs

30 juin 2020, Macron répond à la Convention pour le Climat

Macron : « Vous (la convention citoyenne) proposez un projet humaniste et tout ce que nous (le gouvernement) sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République…« 

29 juin 2020, Le colibri inspire la convention citoyenne

La convention citoyenne pour le climat vient de rendre publiques ses propositions. Aucune ne prône le maintien du statu quo thermo-industriel, voici quelques propositions iconoclastes qu’ils ont votées : « réduire la vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/h, limiter les déplacements des salariés et des fonctionnaires. renforcer l’écocontribution kilométrique du transport aérien, interdire les terrasses chauffées,et l’éclairage des magasins la nuit,interdire la construction de nouveaux aéroports et l’extension de ceux existants, obliger le changement des chaudières au fioul et à charbon d’ici à 2030, renoncer à la climatisation en deçà de 30 °C, tous les produits manufacturés vendus en France devront pouvoir être réparés, plastiques à usage unique supprimés dès 2023, deux repas végétariens par semaine dans la restauration collective à partir de 2025, légiférer sur le crime d’écocide. »…

22 juin 2020, Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». La démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

15 juin 2020, Une démocratie véritable par tirage au sort

Il est possible d’impliquer des citoyens ordinaires sur des enjeux politiques complexes à un niveau national, c’est ce que démontre la convention citoyenne pour le climat. Le recours à des panels de citoyens désignés par le hasard fait un retour significatif dans les démocraties libérales. Cette démarche rompt avec une théorie politique fondée sur l’élection comme mode de désignation légitime des représentants. Elle s’inscrit dans une ancienne tradition. Au IVe siècle avant J.-C.  était selon la formule d’Aristote « considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives »…

2 juin 2020 Convention citoyenne CLIMAT, pschittt…

Les 150 tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat ont longuement débattu en visioconférence les 30 mai et 31 mai 2020 : près de 150 propositions visant à « changer en profondeur la société ». Il n’était pas facile de se mettre d’accord ! Alors on vote, on élague, et on oublie toute virulence. Les 19, 20 et 21 juin, cette convention présentera à l’exécutif un document final dont on connaît déjà le résultat final : tout ce qu’ils diront a déjà été dit et presque jamais mis en application…

9 mars 2020, acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises…

12 février 2020, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

Cinquième week-end de travail des 150 membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique*. Voici quelques les propositions des groupes de travail thématiques (30 personnes) : 1) se loger, lutter contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain, rénover énergétiquement tout le parc immobilier, inciter à ne pas dépasser une température de 19 °C dans les bâtiments… 2) se déplacer, limiter les émissions polluantes du secteur aérien et l’impact carbone du numérique, encourager l’usage du vélo et des transports en commun, covoiturage pour les trajets domicile-travail… 3) se nourrir, ne pas ratifier le CETA en l’état… 4) consommer, éviter le suremballage, interdire les terrasses chauffées et l’éclairage des magasins la nuit après leur fermeture… 5) produire-travailler, limiter la consommation d’énergie dans les lieux publics…

1er février 2020, Biosphere-Info, les conférences de consensus

Députés et sénateurs, rentrez chez vous, on n’a plus besoin de vous. Les conférences de citoyen vont vous remplacer à meilleur résultat et moindre frais. C’est ce que pourrait démontrer les conférences de citoyens tirés au sort. Voici quelques éléments pour mieux comprendre cette procédure démocratique à la recherche d’un consensus…

19 janvier 2020, CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples : Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ; Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ; Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ; Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ; Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ; Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ; Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ; Produire soi-même sa nourriture…

15 janvier 2020, Emmanuel Macron devant 150 citoyens

Devant les 150 citoyens qui bossent pour lui, Emmanuel Macron a présenté trois scénarios suite à leurs propositions sur le climat. Dans le premier cas de figure, le chef de l’Etat n’est pas d’accord : « Je n’ai pas fait cet exercice pour en arriver là. » Deuxième possibilité, « le texte que vous avez se tient, et on y va sans filtre … Les propositions trouveront leur cheminement par voie réglementaire, par voie législative ou par référendum ».Troisième option, la proposition n’est pas assez précise et le chef de l’État s’engage à la « finaliser » avec les citoyens…

24 novembre 2019, 150 citoyens tirés au sort, et moi et moi émoi

Emmanuel Macron annonçait le 25 avril 2019, sur les décombres de la taxe carbone, la création d’une convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens tentent de résoudre ce que les élus de la nation ne sont pas parvenus à faire. L’objectif est fondamental : définir une série de mesures permettant de réduire d’« au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans un esprit de justice sociale »…

8 octobre 2019, Écologie populaire et médiatisations

D’un côté 150 Français tirés au sort, rassemblés dans une convention citoyenne pour le climat, ont commencé à se pencher sur les mesures à prendre lutter contre le dérèglement climatique. Le premier ministre a assuré que cette convention a « vocation à inventer une écologie populaire dans tout ce que ce terme a de plus glorieux ». En fait il s’agit là d’une démagogie démocratique surréaliste, car la question qui est posée, nous savons déjà comment y répondre. Sous Macron la bavardage écolo tient lieu de politique, quand Emmanuel est devenu président il a su imposer une réforme du code du travail sans faire intervenir les citoyens. De l’autre côté les militants du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont lancé quinze jours de désobéissance civile à travers la planète visant à dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique…

3 septembre 2019, Convention citoyenne sur le climat, mascarade ?

Les conférences de consensus (ou de citoyens) sont un mécanisme qui devrait être mis en avant par les écologistes car c’est une nouvelle forme d’exercice démocratique alliant citoyen de base, tirage au sort et réflexion collective sur nos problèmes contemporains. Voici quelques éléments de présentation de ce système mis en place… par Macron ! Voici aussi nos critiques…

14 août 2019, La volonté du peuple exprimée grâce au tirage au sort

Le nombre de personnes pour représenter le peuple en réflexion est trop grand ; plus il y a de personnes, plus le nombre d’interrelations se multiplie et bloque l’expression d’une intelligence collective. Une Conférence de consensus avec une vingtaine de participants suffit. Notons d’ailleurs que nos députés n’ont pas de compétence particulière, si ce n’est l’art et la manière de se faire élire, ce qui ne prédispose en rien à être représentatif d’autrui…

30 avril 2019, Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre. Au-delà de l’aspect climatique, on ne peut que regretter l’impasse faite sur la transition énergétique, la biodiversité, la pollution, la transition agro-alimentaire… autant de sujets éminemment liés, qui restent sans réponse. L’augmentation de la taxe carbone qui avait mis le feu aux poudres en novembre 2018 n’a même pas été évoquée. De toute façon il y a absence totale d’annonces concrètes…

Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Le passage au 80 km/h sur les routes voulu par le 1er ministre Édouard Philippe était une limitation de notre démesure, le président Emmanuel Macron n’en veut pas pour les autoroutes : «  Joker, il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Ce serait profondément injuste que tout votre travail (celui de la convention citoyenne) soit résumé à cette proposition. Je vous le dis très sincèrement : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens. Il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. Si on fait ça, je vous l’écris, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, qui parfois mettent tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, qui ont besoin pour retrouver leur famille de les utiliser, dont la vie s’organise par ces transports, ils vont dire : « OK, leur projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, c’est un projet d’urbains, il n’existe pas. » Ce n’est pas la réponse que vous voulez apporter. Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la caricature. Je pense qu’il faut faire maturer ce débat dans la société, celui de la vitesse. Ne donnons jamais le sentiment à certains de nos concitoyens qu’on les culpabilise. Et donc je propose de repousser ce débat. Je ne voudrais pas que vous connaissiez le même sort que moi, c’est à dire avoir des mois de travail qui s’abîment dans une polémique. »

Noun : Pour le 110 il a évidemment raison, ça nous promettait une deuxième saison du feuilleton gilets jaunes, et c’est pas le moment !

Hil92 : La plupart des mesures proposées ont un coût économique plus ou moins important. Mais il y en a UNE qui ne coûte quasiment rien, c’est le passage de 130 à 110km/h max sur les autoroutes. Et on sait que c’est très efficace. Et, qui sera étonné ?, c’est la première qui est abandonnée… Courage, fuyons !

StephaneB : Humm…il n’est pas interdit de chercher à comprendre la fin de non-recevoir soulevée par Emmanuel Macron avec un peu de bonne foi…parce qu’on peut raisonnablement admettre que notre President n’ignore rien des effets positifs d’une réduction de vitesse sur toute… Il se trouve juste qu’à l’hiver 2019, une grosse majorité de Français a eu la glorieuse et lumineuse idée de soutenir la jacquerie des Gilets Jaunes, qui, sous couvert d’un prétentieux projet de réforme sociale, n’avait en réalité pour autre dessein que d’être à nouveau autorisé à rouler à 160 km sur départementale, et d’obtenir un coup d’pouce financier pour rembourser l’emprunt sur l »ecran plat acheté à la rentrée… Bien…en tant que politique, il a donc bien le droit de se prémunir contre la bêtise des français !

-Alazon- : Cela coûte du temps, qui est un bien précieux. On passe deux ans par an dans une voiture en moyenne, 10% de réduction des vitesses c’est deux mois de plus. La mesure touche principalement les gens en zone rurale, déjà pénalisés par le 80 km/h. Ces mesures sans effet sérieux sur le climat sont défendues par des urbains nantis qui veulent les imposer aux autres.

Démocrate @ Alazon : au collège, on a dû vous apprendre que l’énergie cinétique est égale à 1/2 x masse x vitesse AU CARRE. Donc rouler à 110 km/h c’est 8% plus lent, mais environ 16% plus économe en énergie (donc aussi moins cher et moins dangereux en cas d’accident). Sans compter le temps gagné en réduisant les effets d’accordéons, générateurs de bouchons. En revanche là où vous avez raison, c’est qu’en allant très très très vite, le temps s’écoulera plus lentement pour vous que pour les autres, mais je ne suis pas certain que votre véhicule puisse s’approcher assez de la vitesse de la lumière pour que ce soit notable. Si c’est le cas cependant, vous ne risquez pas l’amende : les flashs des radars ne pourrons pas vous rattraper, inutile donc de les vandaliser. Et toc pour les urbains nantis!

Teknofan : Notre hyperprésident refuse le 110 km/h ! Dommage car rouler à 110 plutôt qu’à 130 permet de diminuer la consommation de 25 % (c’est pas moi qui le dit, mais un site de fana de l’automobile qui a fait l’essai). Que tout ceux qui croient encore notre président soucieux de l’écologie se rassurent ; il s’en fout. Il veut se faire réélire, point !

ChP 2 : Pour faire simple, dans ce domaine de vitesse, la principale force de résistance à l’avancement d’un véhicule est la traînée aérodynamique, Fx,q ui est proportionnelle au carré de la vitesse. L’énergie dépensée, la consommation donc, est proportionnelle à Fx et à la distance parcourue (C’est pour cela qu’elle s’exprime en l/100 km). Si l’on passe de 130 km/h à 110 km/h, on va donc économiser dans le rapport (110/130) au carré soit 72 %. C’est bien sûr un résultat du 1er ordre. La vérité n’est pas très loin.

Don Lope : Malheureusement ce quinquennat comme celui qui l’ont précédé, montre que si on veut de décisions écologiste, il faut… un pouvoir écologiste. Pour tous jusqu’à aujourd’hui, gauche, droite, ou LREM, l’écologie a toujours été un faire-valoir et aucune décision difficile en faveur de la préservation de l’environnement n’a été prise au détriment des intérêts économiques. Si les industries et in fine le consommateur devait payer le vrai coût environnemental évidemment ça changerait beaucoup de choses. <l’environnement appartient à tous et pourtant personne ne s’en soucie.

Michel SOURROUILLE : Passer aux 110 km/h va donc dans le bon sens, comme cela s’est fait pour le 80 km/h sur routes. Les automobilistes conscients des limites de la biosphère devraient se rendre compte que ce n’est là qu’une étape vers le dévoiturage, c’est-à-dire l’abandon à moyen terme de la voiture individuelle comme moyen de déplacement. Nous devons nous préparer à cet événement géo-physique inéluctable, quand il n’y aura presque plus de pétrole, essence ou gas-oil seront à des tarifs dissuasifs. Des évolutions favorables qui limitent notre usage de la voiture sont déjà en cours, le covoiturage, les ralentisseurs qui se multiplient, le recours aux transports collectif. Le bridage des moteurs à 110 km/h serait le nec plus ultra.

Macron répond à la Convention pour le Climat

Sans commentaire de notre part et en attendant les vôtres, voici les principaux extraits du discours du président Macron : « Vous proposez de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus de nos valeurs, de nos autres valeurs fondamentales. Tel que proposé, la rédaction pour le préambule menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques. Et c’est pourquoi je ne souhaite pas reprendre cette proposition parce que je considère qu’elle serait contraire à l’esprit de nos valeurs. Vous proposez un projet humaniste et tout ce que nous sommes en train de faire pour l’environnement, c’est non pas parce que nous mettons la nature au-dessus de nous, mais parce que nous considérons que défendre les droits de la nature est un de nos devoirs en tant qu’homme au sens générique du terme. C’est pourquoi il est essentiel de le mettre au bon niveau, mais de ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains parce que je crois que ce n’est pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui portent notre République… La planète pourrait être sur une trajectoire de plus 7 degrés d’ici 2100, la biodiversité continue de se dégrader. Ce que vous (les 150citoyens) proposez c’est un projet cohérent pour mieux vivre, un projet humaniste auquel j’adhère. Notre société a besoin d’une transformation profonde qui nous permette de faire notre part, nous Français, pour lutter contre le réchauffement climatique et pour lutter pour la biodiversité. Il y a quatre principes que je partage avec vous.

Le premier, c’est de placer l’écologie au cœur du modèle économique en faisant le pari de l’investissement dans les transports, les énergies, les technologies de demain. Il y a un autre choix possible qui est de continuer à dire le cœur de notre modèle économique, c’est de produire sans se soucier de l’écologie. . Ce n’est plus possible ! Nous sommes aux limites du système. Le deuxième choix auquel vous tournez le dos aussi, c’est celui qu’on appelle le modèle de la décroissance. Si nous disions que, pour réussir ce défi écologique, il faut moins travailler, moins produire, je vous dirais : si nous produisons moins nous travaillons, moins nous ne pourrons plus financer le modèle social qui est le nôtre. Vous voulez comme moi qu’on produise pour servir un modèle humaniste. Un modèle de décroissance, c’est un modèle de décroissance aussi de notre modèle social. Une économie quasiment à l’arrêt n’a réduit que de 8 % les émissions de gaz à effet de serre, on voit bien que le choix de décroissance n’est pas une réponse au défi climatique. Je crois à la croissance de notre économie, je crois à un modèle qui innove. Nos entreprises ont besoin d’innover. Elles ont donc besoin d’attirer des capitaux, français et étrangers, sur notre sol.

Le second principe de cette transformation, c’est un principe de justice sociale. Faire en sorte que cette transition écologique ne laisse personne au bord du chemin. Et sur ce sujet, vous avez beaucoup de propositions fortes que je souhaite toutes voir reprises : proposer des chèques alimentaires pour permettre aux plus modestes d’acheter des produits de qualité de cette agriculture que vous voulez transformer, de cette agroécologie dont vous voulez accélérer la promotion, et vous avez raison ; proposer des aides renforcées pour que les plus modestes puissent acquérir des véhicules propres.

Le troisième principe d’une écologisation de notre société est de réussir l’aménagement de notre territoire. Il faut pouvoir articuler un aménagement harmonieux et réduire les trajectoires par avion qui ne sont plus utiles quand on peut se déplacer en TGV à moins de deux heures et demies. Jamais, me semble-t-il, la transition écologique ne doit se faire au détriment des communes, des régions qui sont les plus enclavées. Et c’est pour cela que je crois qu’il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure. Nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés mettent parfois tous les jours 45 minutes, une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, ils ont besoin de retrouver rapidement leur famille. Par contre la division par 2 des surfaces urbanisables, la sanctuarisation des espaces agricoles naturels, forestiers, toutes les mesures que vous préconisez entrent en échos pour moi. Vous préconisez d’instaurer un moratoire sur les nouvelles zones commerciales en périphérie des villes, allons-y ! Allons-y, agissons !

Et puis, le quatrième et dernier principe, c’est celui de la responsabilité de chacun. Ce changement de modèle, ce n’est pas l’affaire du Gouvernement, du Parlement, ce n’est pas l’affaire de textes, c’est l’engagement de toute une nation dans toutes ses composantes. L’État, les collectivités locales, bien sûr, doivent agir avec le courage de bousculer le système. Mais seul, ils ne peuvent rien, car la réussite passe par la conversion des regards, le changement des comportements de chacun. »

Climat, l’Affaire du siècle, inertie politique

Article

Selon une requête déposée devant le tribunal administratif en mars 2019, dite« L’Affaire du siècle », l’Etat méconnaîtrait « ses obligations générales de lutte contre le changement climatique et ses obligations spécifiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique résultant de l’accord de Paris, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du droit de l’Union européenne et du droit national ». Cette action demande aux juges d’enjoindre au gouvernement de « prendre toutes les mesures » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le ministère de l’écologie a pris son temps, seize mois, pour rédiger sa réponse aux quatre ONG. Le ministère réplique que l’Etat a respecté l’accord de Paris dans la mesure où celui-ci ne crée « pas de droit dont les particuliers pourraient directement se prévaloir »… Il précise que le préjudice écologique n’a jamais été appliqué devant la juridiction administrative… Il botte en touche : « La France représente environ 1 % de la population mondiale et émet chaque année environ 1 % des gaz à effet de serre de la planète ». Le mémoire martèle que l’Etat n’est pas en capacité d’empêcher l’intégralité des émissions de gaz à effet de serre sur son territoire car « une part substantielle de cette pollution procède d’activités industrielles et agricoles », mais aussi de « choix et décisions individuelles sur lesquels il n’est pas toujours possible d’influer ». La décision du tribunal administratif pourrait intervenir courant 2021 et devrait faire l’objet d’un appel devant le Conseil d’Etat.

« Le gouvernement ne semble pas enclin à saisir les opportunités qui se présentent à lui pour rectifier la trajectoire de son inaction », ont déploré les quatre associations dans un communiqué, le 25 juin. En mettant en avant les « choix individuels », le gouvernement omet de mentionner son rôle de régulateur et d’investisseur. Il conteste l’existence d’une obligation générale de lutte contre le changement climatique. Il liste des mesures politiques récentes, dont il ne démontre pas les effets sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans la période applicable au recours. Certaines ont d’ailleurs été adoptées après le dépôt du recours. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2019, Deux millions de signatures pour l’Affaire du Siècle

extraits : Nous attendons désormais du Premier ministre une réponse à la hauteur de l’urgence climatique. La même semaine que le lancement de l’Affaire du Siècle, Météo France annonçait que 2018 avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des relevés météorologiques en 1900, avec une séquence de 9 mois consécutifs au-dessus des normales. Pourtant le ministre de l’écologie François de Rugy a esquivé le cœur du sujet…

29 décembre 2018, Signez la pétition pour le climat s’il vous plaît

Aujourd’hui 29 décembre à midi, nous sommes déjà 1 903 700 à soutenir l’action en justice contre l’État pour le climat. Voici le texte intégral de « L’AFFAIRE DU SIÈCLE » :

extraits : Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.

Référendum climat, que va en faire Macron ?

Trouver une place dans la Constitution pour la lutte contre le réchauffement climatique, vaste débat. Dès septembre 2017, Nicolas Hulot avait échangé avec l’association WWF de cette possibilité. En mars 2018, Nicolas Hulot avouait en discuter depuis plusieurs mois avec Emmanuel Macron. Fin juin 2018, Nicolas Hulot obtient de l’exécutif que les mots « environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution ; c’est une avancée car cet article consacre le fait que « le peuple affirme le caractère fondamental de… ». Et puis plus rien, Macron a d’autres chats à fouetter. Aujourd’hui les 150 citoyens reprennent le flambeau hulotiste et souhaitent que le préambule de la Constitution précise que « la conciliation des droits, libertés et principes ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Ils veulent également ajouter à l’article premier que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique ».

L’hypothèse du référendum prend chaque jour plus de consistance à l’Elysée, mais depuis le « non » au traité constitutionnel européen de 2005 aucun président de la République ne s’y est risqué. En 1969 de Gaulle avait proposé d’accroître le pouvoir des régions et d’élargir la représentativité du Sénat par voie référendaire. La campagne référendaire devint un vote pour ou contre le Général, qui, désavoué par les électeurs, quitta aussitôt le pouvoir. Les Français ont pris l’habitude de ne pas répondre à une question qui leur est posée pour faire du simple « dégagisme ». Rappelons que l’article 89 de la Constitution permet au président de la République de soumettre au peuple français un projet de révision de la Constitution, mais il faudrait qu’un vote identique de l’Assemblée nationale et du Sénat valide le projet de référendum… et les deux assemblées ne sont pas de la même couleur politique ! Aussi Emmanuel Macron envisage-t-il sans rire un référendum simplement consultatif : « Ça ne s’est jamais fait, mais je suis prêt à aller dans cette direction, on peut innover démocratiquement. » 265 parlementaires de la majorité envisagent récemment« l’organisation possible d’un référendum à choix multiples pour garantir que la majorité des Français soutient l’ambition climatique du président ».

Disons clairement qu’un QCM (questionnaire à choix multiples) ne représentera rien de ce qu’il faudrait mettre en œuvre, une écologie de rupture. La disparition totale de la taxe carbone à cause de quelques Gilets jaunes à des ronds-points est un exemple de l’incapacité du « peuple » à vouloir lutter contre le réchauffement climatique. La proposition des 150 citoyens d’une « limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute » aurait toutes les chances d’être rejetée par une majorité des hommautos : « On croit fabriquer des automobiles, on fabrique une société. » Emmanuel Macron a prévu de recevoir le 29 juin les 150 pour leur apporter de « premières réponses ». Cette réception confirmera sans doute qu’il faut prendre Macron pour ce qu’il est, un « progressiste » qui nous mène en bateau. Il s’est assis avec le plus parfait mépris sur les milliers de cahiers de doléances du Grand Monologue, pardon du « Grand Débat ». Il fera de même avec les 150 propositions citoyennes.

Notons pour conclure que l’écologie est déjà présente dans la Constitution. Le 28 février 2005, la Charte de l’environnement était approuvée par les parlementaires français réunis en Congrès pour lui donner une valeur constitutionnelle : « Aux côtés des droits de l’homme de 1789 et des droits sociaux de 1946, et au même niveau, nous allons reconnaître les principes fondamentaux d’une écologie soucieuse du devenir de l’homme.» … ». Mais ce n’est pas parce que c’est dans un texte, même jugé « fondamental », que les humains l’appliquent. La preuve, il suffit de regarder l’état de la planète et sa constante dégradation.

les leçons à tirer de la Convention Climat

« Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique… La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. ». Durant neuf mois, 150 citoyen.e.s ont réfléchi dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Voici quelques extraits de leur rapport de 600 pages  :

Validité de la convention en introduction : « Citoyennes et citoyens de toutes origines et professions, nous sommes représentatifs de la société ; nous avons été sélectionnés par tirage au sort selon une génération aléatoire de numéros de téléphone, sans nous être portés volontaires préalablement. Nous ne sommes pas des experts, la convention citoyenne reconnaît la capacité des citoyens moyens de s’exprimer sur un sujet d’avenir majeur. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre [(GES)] d’ici à 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance. Ce que nous avons vécu est une véritable prise de conscience de l’urgence climatique : la Terre peut vivre sans nous, mais, nous ne pouvons pas vivre sans elle. Si nous ne rattrapons pas le retard pris, beaucoup de régions du globe deviendront inhabitables, du fait de la montée des eaux ou de climats trop arides. C’est une question de vie ou de mort ! »

Rupture civilisationnelle en conclusion : « Nous ne sommes pas en compétition avec les élus ou les autres acteurs de la société française : nous devons tous changer nos comportements en profondeur pour laisser à nos enfants et petits-enfants une planète viable. L’urgence climatique nous impose des décisions difficiles mais indispensables . Il apparaît inévitable de revoir nos modes de vie, nos manières de consommer, de produire et de travailler, de nous déplacer, de nous loger et de nous nourrir. Nous, les 150 citoyennes et citoyens, sommes conscients que les mesures que nous préconisons peuvent être difficiles à comprendre et parfois à accepter pour tous ceux qui verront leur métier disparaître et devront se réorienter, et qu’elles impliquent de nouvelles contraintes pour tous les Français. La plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer en acceptant de participer à cette convention qu’ils puissent préconiser des mesures qui peuvent sembler extrêmes. Pour autant, il est vraisemblable qu’elles soient encore insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 40 % des émissions de GES et maintenir l’augmentation de la température de la terre en deçà de 2 degrés. Nous pensons donc important que nos concitoyennes et concitoyens se saisissent de tous les sujets que nous avons travaillés pendant neuf mois avec le souci constant de l’intérêt commun..

Nous considérons que la réussite de cette convention dépendra en grande partie du respect par l’exécutif de son engagement à transmettre nos propositions « sans filtre », c’est-à-dire dire sans être reformulées ni adaptées, mais également de leur prise en compte par le pouvoir législatif. Nous attendons des pouvoirs publics une prise en compte immédiate de nos propositions permettant une accélération de la transition écologique, notamment en faisant du climat la priorité des politiques publiques, en évaluant les résultats et en sanctionnant les écarts. Nous invitons les acteurs économiques à mener une action plus volontariste en faveur de la transition écologique, repensant en profondeur nos modes de production et de consommation, et favoriser une meilleure distribution des richesses. Les référendums sur la Constitution et la reconnaissance du crime d’écocide que nous demandons permettront à tous les Français de prendre conscience, comme nous l’avons fait, des enjeux et des dangers du réchauffement climatique, et d’une sixième extinction de masse, de débattre et de s’approprier la transformation de la société qu’impliquent nos mesures. »

l’infernal triangle emploi/climat/croissance

L’infernale triangulaire des politiques, « stimuler la croissance tout en créant des emplois tout en éviter un rebond des émissions de CO2 ! » L’Agence internationale de l’énergie (AIE) résout le problème par « trente propositions pour une relance favorable au climat » ! L’éternel directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, l’affirme : « L’économie mondiale risque de s’effondrer mais la calotte polaire est aussi en train de fondre. Il faut faire face à ces deux défis en même temps. » On voudrait stimuler la croissance mondiale avec1 000 milliards de dollars d’investissements pour créer chaque année seulement 9 millions d’emplois. Rappelons que la population mondiale s’accroît de 80 millions de personnes chaque année, il faudrait donc structurellement créer au moins autant d’emplois. De toute façon rien de nouveau, l’AIE enfile les perles : efficacité énergétique (pour éviter de parle d’économiser l’énergie), rénovation des bâtiments (dans les bidonvilles?), moteurs électriques (sans s’interroger sur comment produire l’électricité), énergies renouvelables (qui ne seront jamais à la hauteur des énergies fossiles), développer les réseaux de trains à grande vitesse (et supprimer les lignes secondaires de chemins de fer), investir dans l’hydrogène (qu’il faudrait produire avec des énergies renouvelables!), etc. Précisons que l’AIE est une émanation du club des pays riches (l’OCDE) chargé de garantir l’approvisionnement en combustibles du monde développé. Les problèmes du tiers-monde, on s’en moque.

Faisons le point sur l’AIE grâce à notre blog biosphere :

13 novembre 2019, World Energy Outlook, l’avenir énergétique !

World Energy Outlook, rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE – 13 novembre 2019), rien de nouveau sous le soleil ! On croit encore que les panneaux solaires et les éoliennes permettront de produire des énergies « propres »…

11 mars 2017, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. » Aujourd’hui l’AIE croit nécessaire une hausse des investissements (capex) dans l’exploration-production de brut : « L’offre mondiale de brut pourrait avoir du mal à répondre à la demande peu après 2020. »* Notre société cultive les oxymores, l’illusoire union des contraires.

14 novembre 2013, Fatih Birol, prévisionniste déjanté d’un infini pétrole

Fatih Birol : «  Je crois que grâce aux gaz de schiste, le secrétaire d’Etat américain doit se sentir dans une situation plus confortable lorsqu’il est en tournée à l’étranger ». Ils ont certes réduit la dépendance des Etats-Unis aux hydrocarbures du Moyen-Orient, mais ce n’est que temporaire. Nulle mention dans l’article du MONDE de l’opposition internationale aux gaz de schiste, nulle référence à une quelconque avancée technologique pour limiter les effets environnementaux désastreux de la fracturation de la roche mère. Si on vous dit que Fatih Birol est aussi en faveur du nucléaire, vous ne serez donc pas étonné. Un avenir sans pétrole ni nucléaire n’est pas abordé…

16 mai 2013, L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie est surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. L’AIE a toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique. Car si on annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Streeet s’effondrerait…

14 novembre 2012, Fatih Birol et l’AIE contre la démarche Négawatt

Fatih Birol fait la promotion d’une stratégie de l’offre : « La future autonomie énergétique américaine est due au développement des technologies de pointe qui lui permettent notamment d’exploiter les hydrocarbures non conventionnels comme le pétrole et le gaz de schiste. » Fatih Birol croit que la demande d’énergie va croître de plus d’un tiers d’ici à 2035, nulle mention dans son discours de la nécessaire sobriété énergétique. ..

16 décembre 2007, en panne d’énergie

Dans son rapport World Energy Outlook 2007, l’AIE commence enfin à s’affoler : « Une crise de l’offre, avant 2015, s’accompagnerait d’une envolée des cours pétroliers » et «  Il sera extrêmement difficile d’assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables ». Pourtant ce pessimisme se double d’un optimisme effréné puisque, selon l’AIE, le pétrole ne manquera pas avant vingt-cinq ans !!! L’AIE conclut sur l’urgence d’agir pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement climatique. Il faudrait s’engager dans une « transition » visant à « décarboniser «  l’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre tout en admettant qu’il n’existe pas de substitut au pétrole pour le transport…

Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Il aura fallu développer toute une ingénierie participative. Près de 140 experts ont été auditionnés, des animateurs ont encadré les travaux de chaque groupe de travail, un comité de pilotage a veillé à la bonne marche de la convention. Le message est clair : la démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

Les commentateurs sur lemonde.fr nous permettent d’y voir un peu plus clair.

le sceptique : Si l’on avait un doute sur le caractère vicié du processus de la convention citoyenne, la satisfaction d’un édito du Monde le lève définitivement ! L’outil fiscal efficace – taxe carbone – a été évacué au profit de 150 mesurettes bureaucratiques qui sont autant de petites usines à gaz pour fonctionnaires et/ou vexation collective des Français. L’enjeu industriel – comment on produit à bonne échelle de l’énergie et des machines énergétiques bas carbone sans planter le PIB, la balance commerciale, le déficit – a été évacué au profit de chouineries écolo-socialistes à la sauce Dion-Tubiana. L’enjeu (géo-)politique – la capacité de la France et de l’Europe à influencer les émetteurs mondiaux – est absent alors qu’essentiel.

Sarah Py  : En quoi l’urgence climatique est-elle à lier à ce qui serait une urgence sociale ? Nous avons une décennie pour changer de modèle économique. Et l’impérieuse nécessité de l’équité sociale, oui, mais alors pensons au paysan du Bangladesh, et à l’habitant des faubourgs de Lagos. Aïe, ça se complique. Déjà, accélérons dans la réduction de notre empreinte carbone, cessons ces idéologisations des débats ; il va bien l’antiracisme mais que faisons nous pour ceux qui subissent déjà les effets de cette crise climatique au lointain du golfe du Bengale. Il est des situations qui exigent hauteur du regard et pas la banalité du convenu. Urgence climatique oui, mais dans l’équité d’un monde global.

Zahnstocher : Le problème est bêtement pratique. Sans un minimum d’acceptation sociale, les belles mesures souhaitées pour répondre à l’urgence climatique seront rejetées. Tant que nous sommes en démocratie. Et nous sommes encore quelques uns à apprécier être en démocratie. On a bien vu qu’une fois informés, ces 150 citoyens ont pris conscience des efforts nécessaires. Mais ils ne sont que 150 et on voit bien aussi en lisant les commentaires de ces derniers jours que de très nombreux concitoyens vivent encore dans un rêve de toujours plus de confort.

Gramoune : Les écolos n’ont toujours pas compris que le premier pollueur au niveau mondial, c’est LA SURPOPULATION, d’où vient tout le reste CO2, manque d’eau, d’électricité, de production alimentaire… Proposez plutôt des programmes de « limitations » de naissances, voire même des « offres » de stérilisations de femmes ayant déjà 4/5 enfants… et dans 30 ans, on en reparlera.

Schindma37 : Macron s’est piégé lui-même : avec le Covid-19 et la crise économique, comment financer les solutions proposées, qui coûteraient des milliards, et organiser un référendum sur une réforme constitutionnelle qui serait certainement rejetée ?

Obéron : Shindma, nous sommes bien plus « piégés » que vous ne le pensez. Agir contre le réchauffement climatique aura forcément un coût (et ceux qui reprocheront aux membres de la convention citoyenne de ne pas l’avoir suffisamment évalué sont des hypocrites : on définit d’abord ce qu’on souhaite, puis on chiffre plus précisément, les moyens nécessaires ne sont pas les mêmes). Si ce coût est social, alors la solution n’est pas la bonne, il faut revoir sa copie. Mais le coût de ne rien faire, vous intéresse-t-il ? Combien de milliards ? Beaucoup plus, sans aucun doute ! (même si vos enfants le paieront plus que vous) Et le coût social de ne rien faire ? Qui le paiera selon vous ?

Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

Si rien n’est fait pour limiter les émissions de CO2, 3,5 milliards de personnes pourraient sortir de la « niche climatique » dans laquelle les humains ont prospéré depuis six mille ans. Des conditions climatiques presque invivables. Dans un scénario où les émissions continuent d’augmenter sans relâche, la température mondiale devrait s’élever de 3 °C d’ici à 2070 par rapport à l’ère préindustrielle, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Mais, en réalité, selon les auteurs de l’étude américaine publiée le 4 mai 2020, la majorité des humains subira une température deux fois plus élevée : elle pourrait atteindre 7,5 °C, en l’absence de migrations. Cette différence s’explique par le fait que les terres se réchauffent davantage que les océans et parce que la croissance démographique se fera principalement dans les zones les plus chaudes. Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, un tiers de l’humanité pourrait vivre, d’ici à cinquante ans, dans des endroits aussi chauds que le Sahara aujourd’hui. Les commentateurs sur le monde.fr s’inquiètent à juste titre et n’oublient pas la variable démographique :

Captainbeagle : La voici la deuxième vague. Pas une vaguelette, mais une grosse vague qui arrive sur nous et qui est annoncée, confirmée et reconfirmée par les scientifiques depuis de nombreuses années. Des milliards de personnes vont être contraintes de se déplacer pour rejoindre les endroits de la Planète plus habitables. C’est à cette vague qu’il faut se préparer (vite) et c’est celle-ci qu’il est urgent de limiter par la prise des mesures fortes. Ne pas « profiter » de la période actuelle pour mettre sur pied un monde meilleur, plus juste et plus sain, ce ne serait pas une erreur, ce serait criminel.

le sceptique : L’article du MONDE est plus prudent que d’habitude. On commence par dire que le monde n’évolue pas vers un scénario BAU (business as usual), lequel suppose des usages croissants peu réalistes du pétrole, du gaz et du charbon jusqu’en 2080 au moins. Cela dit, le premier paramètre de l’équation de Kaya est la population, qui devrait croître au moins jusqu’en 2050. Si le CO2 / hab baisse, la hausse du nombre d’habitants à nourrir, loger, soigner, etc. compense cette baisse. Et le CO2 n’est pas tout, un humain exploite des équivalents-ha (l’empreinte écologique) avec un niveau de vie moderne au-dessus de celui d’un seigneur du Moyen Age pour notre classe moyenne (pas juste la mythologie confortable des 1% de riches causes de tous les maux).

Grand Enfant : Il faut dire qu’il y a 6000 ans, nous n’étions pas 8 milliards mais moins de 100 millions… La surpopulation, ce n’est pas seulement une histoire d’espace mais d’utilisation des ressources et de production de pollution. En ce sens, il y a une surpopulation dans l’UE (France comprise). Donc, il faut diminuer la population, ce qui aura monstrueusement plus d’efficacité que tout le reste, y compris en France donc. C’est simple : 33 millions de Français, ça pollue 2 fois moins que 66 millions de Français (sans toucher au niveau de vie !). Je préfère que mes descendants vivent riches et peu nombreux dans un monde luxuriant plutôt que dans un monde végétarien surpeuplé et où la campagne aura remplacé tous les espaces sauvages. Hélas, la cécité humaine, le tabou vis à vis du malthusianisme, feront que nous ne vivrons pas cela.

Gaston : la première chose a faire c est la contraception obligatoire donc limiter les naissances surtout dans certains pays dont le nom est tabou du moins ici… La chine a réussi son virage démographique, c est donc possible, mais il faut une volonté politique et un refus des idéologies religieuses qui sont criminelles comme lors de l épidémie du sida et la condamnation des préservatifs en Afrique par les religieux…

Lidae : Il apparaît clairement que l’hypocrisie des dirigeants mondiaux, avec leur soi-disant principe de « la santé quel qu’en soit le prix », ne concerne que les crises immédiates, visibles et médiatiques.
Pourtant les réfugiés climatiques ne seront pas quelques centaines de pauvres gens arrivant par bateaux de fortune. Mais des dizaines de millions de gens affamés. Êtes-vous prêts ?

Hein : L’article du MONDE donne une évaluation de l’objectif : « réduire » la population mondiale d’au moins 3,5 milliards de personnes – en évacuant les régions devenues inhabitables, sans accroître la densité dans les zones restées vivables. Inhumain, impensable? Mais ce ne serait que revenir au chiffre de population de 1970 : 3,5 milliards. On pourrait aussi viser en revenir à celui de 1910 : 1,5 milliard. Ou même à celui estimé en 1789 de 800 millions – qui est aussi celui de la « sustainability » à long terme. Soit environ 10% de maintenant. La hausse de population incroyable du dernier siècle est liée aux antibiotiques, à la réduction de la mortalité infantile, à la production de nourriture – inutile de revenir sur cela, mais la médecine offre tous les moyens de contraception efficace. Un grand plan rationnel à la chinoise nous pend de toute façon au nez. Sinon les zones tempérées seront submergées par les foules fuyant les déserts. Quant à maîtriser le climat : too late!

Climat, gare à la relance économique « grise »

« Tenter de remettre l’économie sur pied sans tenir compte de la trajectoire climatique serait faire preuve d’une myopie dangereuse. La baisse spectaculaire des prix du pétrole, qui se sont effondrés en même temps que l’activité mondiale, pourrait rendre tentante l’idée d’une relance « grise », qui s’appuierait fortement sur des énergies fossiles temporairement bon marché. La France doit se servir de cette crise pour renforcer ses ambitions climatiques… si nous ne le faisons pas dans ces circonstances, il y a peu de chances d’y arriver une fois que les vieux réflexes auront repris le dessus. » Ce n’est pas un dangereux écologiste qui a écrit cela, c’est l’éditorial du MONDE.

Il est en effet très probable qu’on va s’évertuer à rejouer le même air. Comme le pays va se prendre une énorme claque économique, Pôle emploi sera submergé d’inscriptions, le chômage partiel va se transformer en chômage total dans les secteurs du tourisme-restauration, sport, culture, bagnole, aérien… Ça va être le sauve qui peut général, la course au boulot, au client, au chiffre d’affaires. La crise sanitaire vient de repousser de 10 ou 20 ans la transition écologique. Le marché dit : ne raisonnez pas, produisez ! La publicité dit : ne raisonnez pas, consommez ! Le prêtre dit : ne raisonnez pas, croyez ! L’officier dit : ne raisonnez pas, exécutez ! Macron dit : ne raisonnez pas, retournez travailler ! Pourtant un confinement durable et généralisé serait le moment idéal pour mettre en œuvre le processus de destruction créatrice cher à Schumpeter. On doit accepter de perdre des emplois dans des secteurs polluants et non rentables compte tenu de leurs externalités, pour les transférer vers les secteurs réellement utiles à l’échelle de la société. Seul l’État ou la responsabilité cumulée de tous les consommateurs conscientisés ont les moyens de le faire puisque les externalités ne se mesurent qu’à l’échelle de la société entière. A l’échelle des entreprises, tant que les externalités ne leur seront pas taxées, il y a peu d’espoir de réorientation significative des investissements.

Nicolas Hulot affirme à juste titre que la nature exprime avec ce virus « une sorte d’ultimatum ».On verra quel sera le degré d’adaptation de l’espèce homo sapiens-demens face à un danger cette fois-ci irréversible, le réchauffement climatique pour lequel il n’y aura plus d’espoir de traitement ni de vaccin. Un seuil a été dépassé, le seuil de liaison entre le capitalisme fondé sur le crédit et les ressources naturelles qui sont la base de toute richesse réelle. L’espoir d’une nouvelle phase A (le moment de la reprise économique analysé par Schumpeter) du cycle Kondratieff, cet espoir est vain. Nous ne sommes pas à l’aube d’une nouvelle croissance matérielle, nous sommes dans la phase terminale du capitalisme. De l’argent public va être massivement emprunté aux générations futures pour remettre la machine en route, le moins que nous leur devons c’est de penser à eux dans notre façon de l’investir pour leur éviter la double peine. On doit supprimer des millions d’emplois dans les secteurs qui reposent sur les énergies fossiles pour les remplacer par des emplois de maçons spécialisés dans l’isolation des immeubles, dans le retour de la paysannerie et la systématisation de l’artisanat. Il n’y aura de sobriété énergétique et de rupture écologique que sur un champ de ruines. Les années qui arrivent s’annoncent passionnantes.

post-covid, à quel prix le baril après-demain

Ubuesque paradoxe, la valeur du baril cotait à New York le 20 avril au-dessous de 0 dollar, un prix négatif. Autrement dit, les spéculateurs cherchaient à se débarrasser de leurs barils tellement le marché était saturé. La Covid-19 a fait chuter a demande de 30 %, les déplacements en voiture ou en avion sont réduits au minimum. Cette chute illustre aussi la financiarisation du pétrole ; les spéculateurs qui avaient acheté un contrat pétrolier n’ont pas de lieu pour stocker le pétrole et attendre des jours meilleurs. Enfin les considérations géopolitique sont toujours présentes, l’Arabie saoudite et la Russie s’étaient lancées dans une violente guerre des prix en augmentant leur production pour remporter des parts de marché. Bien que spectaculaire, ce prix négatif pour le contrat à terme WTI (West Texas Intermediate) n’est qu’anecdotique. Les économistes sont très forts, ils peuvent expliquer une chose et son contraire, la prospérité éternelle et la crise profonde… après que les faits se soient déroulés. Sur ce blog biosphere, nous ne nous intéressons qu’aux déterminants du long terme et pas à l’écume des jours présents.

A moyen terme le pétrole pas cher va inciter beaucoup de pays à pratiquer une relance « grise », basée sur les énergies fossiles, dès la fin des mesures de confinement. Et donc que les émissions de CO2 vont repartir à la hausse. Exit la lutte contre le réchauffement climatique, place aux politiques de relance, au soutien des compagnies aériennes et aux incitations à consommer à crédit. Pour un écologiste, le monde d’après ressemblera étrangement au monde d’avant, quelques problèmes de passage aux différentes frontières exceptés. Situation ubuesque, certes, mais toute l’économie mondiale est actuellement ubuesque…. l’argent continue et continuera à ruisseler sur les murs des banques, quelques spéculateurs vont s’enrichir encore plus, d’autres s’appauvrir beaucoup plus, le Peuple retournera à l’usine et l’État ne pourra qu’accentuer la pression fiscale pour compenser notre arrivée en récession post-covid. Et tout le monde trinquera face à une inévitable envolée des prix, peut-être même une hyper-inflation…

De tout façon à long terme le prix du baril va exploser, un immense choc pétrolier est inéluctable et ses conséquences seront encore plus dévastatrices pour la société thermo-industrielle que le SARS-cov-2. C’est inéluctable car le pétrole est une ressource non renouvelable dont nous consommons 100 millions de barils par jour pour faire travailler nos esclaves énergétiques à notre place. Quand il n’y en aura plus, il n’y en aura plus, c’est aussi simple que cela, on peut l’expliquer à un enfant de 5 ans avec des bonbons dont on mange le dernier devant lui. Voici quelques extraits de nos écrits sur ce blog biosphere :

19 septembre 2018, Le baril de pétrole à 80 dollars, ridiculement bas !

Pour la première fois, la barre historique des 100 millions de barils produits par jour a été franchie au mois d’août, soit 15 900 000 000 litres, soit environ deux litre par jour et par habitant au niveau mondial ! C’est vertigineux, démentiel, non durable. La prise de conscience planétaire pour le climat, le fait de devoir laisser les ressources fossiles sous terre pour éviter la catastrophe est encore loin. Pour rester en dessous de la barre symbolique de 2°C d’augmentation de la température mondiale, il faudrait en effet s’abstenir d’extraire un tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon disponibles dans le sous-sol mondial. Or les pays membres de l’OPEP, le cartel des exportateurs de pétrole, ont pourtant augmenté leur production ces derniers mois…

3 juin 2018, Quel est le véritable prix du baril de pétrole ?

Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. Quel est le véritable prix du baril de pétrole ? Il va tendre vers l’infini au fur et à mesure qu’on se rapprochera des dernières gouttes de pétrole à extraire.

11 mars 2017, Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle

Nous vivons actuellement un contre-choc pétrolier, les cours du baril sont tombés de 114 dollars mi-juin 2014 à 55 dollars… Pourtant nous avons dépassé le pic pétrolier, le moment où nous avons atteint le maximum de production possible avant le déclin, comme l’avait déjà signalé l’AIE : « La production de pétrole conventionnel a atteint son pic historique en 2006, elle ne le redépassera jamais. »… N’oublions pas que lors du choc pétrolier de 1973, le prix du baril a quadruplé dans l’année. Et nous sommes aujourd’hui à 55 dollars le baril… Comme les conférences sur le climat n’ont servi à rien depuis 22 ans, comme les entreprises ne pensent qu’en termes de profit à court terme, il faudra attendre l’affolement des cours du pétrole pour que l’économie retrouve sa vraie définition, l’art d’économiser. Prévoyez dès aujourd’hui d’avoir besoin dans votre mode de vie le moins possible d’une voiture. Sinon, catastrophe !

30 mars 2009, juste prix du baril

Les spécialistes n’ont pas vu venir l’envolée des prix du baril (147,5 dollars à la mi-juillet 2008) ni son effondrement (35 dollars mi-décembre).Pourtant le spécialiste du Monde (rubrique matières premières, 29-30 mars) s’interroge doctement sur le juste prix ou optimum économique. A-t-il la réponse ? Oui, il a la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffit à Jean-Michel Bezat de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe…Les générations futures se passeront de pétrole, elles n’avaient qu’à naître au moment des Trente Glorieuses, période qu’on surnommera plus tard les années toxiques.

acte 6, sauver le climat avec 150 citoyens ?

150 Français tirés au sort ont débattu du 6 au 8 mars 2020 de cent cinquante propositions destinées à « changer en profondeur la société ». Ces lycéens, médecins, sapeurs-pompiers ou agriculteurs, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions françaises, ont auditionné plus d’un centaine d’experts, lu des dizaines de rapports, et poursuivi leurs travaux entre les sessions, en participant à des webinaires (« séminaires par Internet »). Les antagonismes ont été particulièrement vifs sur la question de la réduction de la vitesse sur les autoroutes, de l’évolution des régimes alimentaires, de la taxation des entreprises… Mais aussi sur la question de la réduction du temps de travail. A l’inverse, l’idée d’inscrire l’écocide et les limites planétaires dans la loi a suscité une ovation. De toute façon le financement est le grand absent des débats. L’avis de la majorité silencieuse, qui n’est pas intervenue lors des débats, s’exprimera lors du vote final à bulletin secret ; seule une quinzaine de personnes (soit 10 % seulement) ont pris très fréquemment la parole en plénière. Certains citoyens craignent que leurs mesures « deviennent impopulaires, car portées par un gouvernement impopulaire ». Pour préserver leur héritage, certains membres ont créé une association qui a déjà recueilli une centaine d’adhésions au sein de la convention. « Quand nous remettrons nos mesures à l’exécutif, nous montrerons que nous restons vigilants par rapport à ce qui en est fait », explique Grégoire Fraty, et de se féliciter : « Dans un mois, ce sera la fin de la convention, mais pas des cent cinquante. »*

Pour en savoir plus, Convention citoyenne sur l’écologie, acte 5

* LE MONDE du 10 mars 2020, Les citoyens de la convention pour le climat engagés dans un sprint final

L’urgence climatique interdite de publicité

Greenpeace souhaitait diffuser dans les couloirs du métro une campagne de communication sur l’urgence climatique et l’inaction des décideurs politiques. Mais la régie publicitaire des transports parisiens Mediatransports s’est opposée à sa diffusion. Pourtant les visuels avaient été jugés conformes par l’ARPP, l’autorité de régulation professionnelle de la publicité.

directrice de la communication à Mediatransports : « Dans les contrats avec la RATP et la SNCF, nous n’avons pas le droit de diffuser des campagnes qui ont un caractère politique ou religieux en raison d’un devoir de neutralité…  Cette campagne ne respecte pas ce devoir de neutralité puisqu’elle mentionne l’inaction des décideurs politiques. »*

directeur général de Greenpeace France : « Dans un contexte où les alertes des scientifiques se succèdent pour expliquer que nous sommes la dernière génération à pouvoir agir, il est surprenant de constater que Mediatransports considère des affiches rappelant l’urgence climatique comme indignes du métro parisien, alors que les compagnies aériennes par exemple y développent des campagnes d’ampleur, incitant les voyageurs à prendre l’avion comme d’autres prennent le métro. »* Tout est dit, on a le droit d’empoisonner le climat avec des pubs pour les avions, les bagnoles, la mode, le tourisme, etc. On n’a pas le droit de dire qu’il est urgent d’agir. Quelques commentaires sur lemonde.fr nous font plaisir :

Jean Claude Grange : Faire des publicités avec des gros SUV – toujours montrés dans des paysages splendides et déserts, c’est OK. Faire des publicités pour des sites de rencontres extra conjugales, c’est OK. Faire des publicités avec des femmes en tenues légères pour vendre n’importe quoi, c’est OK. Allumer des écrans toute la journée en consommant une énergie folle pour affiche des publicités, c’est OK. Mais alerter les gens sur l’inaction des gouvernements, c’est pas OK. Et le pire est qu’il s’agit de la décision d’un « service public ».

Lecrapaud : On retiendra que la consommation n’est pas un message politique. Tartufferie vous dîtes?

Françoise B. : Montrer dans le métro des pubs pour des voitures, des croisières, des magasins, des produits de luxe, des banques etc : ça, c’est bien ! Montrer l’urgence climatique : ça, c’est pas bon pour les affaires, coco ! Au panier !! Le consommateur doit consommer, et surtout pas réfléchir.

Zhkarojr : Cela fait longtemps que je ne prend plus le métro à cause de la publicité omniprésente, agressive et qui me donne envie de vomir.

G. Delaurens : Dès lors que le message de Greenpace était justifié, le fait que la régie publicitaire de la Ratp l’ait invalidé montre que l’appel récent des scientifiques à une désobéissance civile ou citoyenne n’est pas prêt d’être relayé.

Articles antérieurs sur notre blog biosphere :

2 février 2016, Faire disparaître les riches, l’innovation… et la publicité

30 décembre 2015, Ascèse ou désir, l’emprise de la publicité sur nos vies

26 novembre 2014, Action municipale contre la publicité, autres actions…

6 septembre 2014, Halte à la publicité sur les chaînes publiques et privées

3 décembre 2013, « déboulonneurs » de publicité, des publiphobes ?

4 septembre 2013, Publicité, désinformation et dévastation du monde

3 septembre 2013, Publicité, règne des marchands et de la propagande

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

* LE MONDE du 4 mars 2019, Une campagne de Greenpeace sur l’urgence climatique refusée dans le métro parisien

Grève des retraites ou grève du climat ?

Tout le monde se veut écolo, simple mode ou évolution de fond ? Le secrétaire général de la CGT se rapproche d’organisation comme Greenpeace, pourquoi ne pas créer un syndicat « vert » ?* Le nouveau patron de British Petroleum a promis la « neutralité carbone » d’ici 2050, ce sera « Beyond Petroleum » ! Avec Greta Thunberg, des étudiants font grève pour le climat. Maintenant un collectif d’étudiants et de lycéens presse « désespérément » les enseignants, mobilisés contre la réforme des retraites, de s’engager avec la même force contre la crise climatique. Tous ensemble, tous ensemble. Bientôt nous serons tous écolos, de gré ou de force, quand on arrivera aux dernières gouttes de pétole et que la température du globe dépassera en moyenne de 5 °C la période pré-industrielle. Autant agir avant. C’est ce qu’explique quelques étudiants à leurs enseignants :

« Chers professeurs, votre mobilisation contre la réforme des retraites contraste avec l’absence presque indécente de mobilisation pour le problème infiniment plus grave qu’est pour notre génération la crise climatique. Tout semble se passer comme si celle-ci n’existait pas vraiment pour vous, comme si nous allions vivre une vie similaire à la vôtre, comme si vous croyiez qu’en vous battant pour les retraites, c’est aussi notre avenir que vous garantissez. Qui d’entre nous est assez naïf pour s’attendre à prendre sa retraite vers 2070 dans un monde à + 5 degrés ? Vers 2045, dans une Terre « étuve », il sera de plus en plus difficile de vivre.Nous avons désespérément besoin de votre aide. Désespérément besoin que vous pesiez de tout votre poids pour forcer une action politique comme vous le faites pour les retraites. Désespérément besoin que vous vous engagiez massivement contre la crise climatique, comme si nos vies étaient en jeu, parce qu’elles le sont. Vous qui nous côtoyez tous les jours, pourquoi n’agissez-vous pas tant qu’il est encore temps ? Pourquoi ne faites-vous pas massivement grève pour le climat ? Pourquoi nous laissez-vous pratiquement seuls quand nous nous mobilisons ? Vous ne pouvez pas faire comme si la crise climatique était un problème qu’il nous appartiendra de régler, parce que ce « problème » doit être réglé bien avant d’advenir. Si nous dépassons un point de bascule climatique, aucune politique de réduction des émissions ne permettra d’inverser la tendance… Vos élèves, qui auront à peine plus de 40 ans au milieu du siècle. » Voici quelques commentaires sur lemonde.fr :

Zhkarojr : Bravo à ce collectif pour cette belle et urgente tribune. Les jeunes sont malheureusement en train de prendre la mesure de l’égoïsme absolument monstrueux de l’espèce humaine. Les générations actuellement en charge de responsabilités (et ne parlons pas des retraités!) ont délibérément choisi de s’aveugler sur la catastrophe climatique et de sacrifier leurs propres enfants.

Mille : Un prof, à la base, est un animal sûr de ses savoirs, donc sûrement la bestiole la moins apte à se remettre en question … Pensez-vous qu’il y en ait beaucoup qui puissent se dire « voilà 30 ans que je vis comme un débile, il faut que je change de mode de vie » … imaginez-vous un prof se dire  » il faut que j’arrête d’aller de mon pavillon-piscine-pelouse à tondeuse au lycée avec mon SUV et que je prenne le même bus que mes élèves » … « il faut que j’arrête de partir en avion où-que-ce-soit » Déjà, cherchez les prof HG qui aient enseigné le développement durable … et demandez-vous pourquoi l’idée de DD a totalement disparu des nouveaux programmes Blanquer du lycée …
ma@ : Les luttes pour les retraites et celle du climat sont liés. Les fonds de pension, qui seront favorisé par le changement de système , n’investissent pas vers des solutions éthiques et responsables mais favorisent les investissements rentables pour garantir des retraites confortables aux plus aisés.

Sarah Py : Remarquable de rigueur et d’intelligence cette tribune. Le phénomène d’emballement climatique, de réactions en chaînes comme multiplication des conséquences, et qui donnent son seul sens à celui d’urgence climatique est au centre de la réflexion de ces adolescents alors qu’il est si absent des discours de leurs aînés. C’est la totalité de nos élites qui devrait être en cause : depuis trente ans, ils n’ont rien prévu, rien analysé et ils osent même critiquer à travers Greta Thunberg cette jeunesse qui manifeste. Ce rejet collectif quasi unanime de nos intellectuels de plus de 50 ans des grèves du climat par les étudiants pose problème. Il faut remettre en cause leur intégrité intellectuelle et leur capacité de réflexion digne des enjeux à venir.

* LE MONDE du 13 février 2020, Faut-il créer des syndicats « verts » ?

** LE MONDE du 14 février 2020, « L’ambition écologique de BP est considérable, démesurée »

*** LE MONDE du 13 février 2020, « Chers professeurs, pourquoi ne faites-vous pas massivement grève pour le climat ? »

Un réfugié climatique, ça n’existe pas

La Banque mondiale estime que les réfugiés environnementaux pourraient représenter jusqu’à 143 millions de personnes en 2050. Mais les déplacés climatiques n’ont jusqu’à présent aucun statut. Ioane Teitiota habitait dans les îles Kiribati – dont les plus hauts reliefs affleurent à trois mètres. Son pays connaît la salinisation des eaux, les pollutions, les destructions des récoltes,des inondations fréquentes, l’érosion des terres, des conflits entre communautés. Pourtant Teitiota n’a pas obtenu le statut de premier réfugié climatique de la planète !

Jugement en première instance en 2013 :
Ioane Teitiota, un père de famille originaire d’un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, devrait être expulsé vers son pays après avoir été débouté par la justice néo-zélandaise de sa demande d’asile climatique. S’en tenant à la convention de Genève de 1951, la Nouvelle Zélande a fait valoir que personne ne menaçait sa vie s’il retournait chez lui. (LE MONDE géopolitique du 24 octobre 2013).

– Décision de la Cour suprême néo-zélandaise en 2015 : Ioane Teitiota n’a toujours pas obtenu le statut de premier réfugié climatique de la planète.Si la plus haute juridiction du pays a reconnu que les Kiribati étaient « incontestablement confrontées à des défis » climatiques, elle a également estimé que « M. Teitiota ne courait pas de “grave danger” » dans son pays natal. « Aucun élément matériel n’indique que le gouvernement des Kiribati manque à son devoir de protéger sa population des effets de la dégradation environnementale, dans la limite de ses moyens. »(Le Monde.fr avec AFP | 21.07.2015)

Avis du comité des droits de l’homme, rendu public le 21 janvier 2020 à Genève : Le comité de 18 experts a mis près de quatre ans à statuer sur le cas de M. Teitiota. Il a rejeté la demande du plaignant, en faisant valoir que les îles Kiribati avaient pris des mesures pour lutter contre la montée des eaux avec la construction d’une soixantaine de digues,

Mais pour la toute première fois, le comité des droits de l’homme – organe des Nations unies composé d’experts indépendants en charge de vérifier l’application du pacte relatif aux droits civils et politiques – a estimé que les personnes qui fuient les effets du réchauffement climatique ne devraient pas être renvoyées dans leur pays si leurs droits fondamentaux sont menacés. : « Etant donné la gravité de la question et de la détérioration continue des conditions dans certains Etats insulaires, il était important que le Comité identifie les critères pour statuer sur les futurs cas et la possibilité de reconnaître les demandes d’asile pour les “réfugiés climatiques ». L’avis, non contraignant juridiquement, « reconnaît qu’il peut y avoir une violation du droit à la vie du fait du non-accès aux ressources naturelles induites par le changement climatique, il reconnaît aussi que le changement climatique est une vraie menace pour les droits de l’homme. Enfin, il recommande de ne pas appliquer la mention de “l’imminence du dangerlorsque le droit à la vie est menacé dans des dossiers relatifs au changement climatique. » (LE MONDE du 29 janvier 2020, L’ONU ouvre une brèche pour la reconnaissance des réfugiés climatiques)

Les perturbations climatiques, les difficultés agricoles et les migrations sont liées. Nous pouvons même faire un parallèle avec le diagnostic malthusien. Puisque nous ne sommes pas capables de réduire volontairement notre fécondité et de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, alors famine, guerres et épidémies résoudront tous les problèmes. Notons la duplicité du droit, même dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » Le philosophe Etienne Balibar a souligné le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Sur notre blog biosphere :

19 octobre 2015, Réfugiés climatiques, un accueil qui reste inabouti

2 septembre 2015, Il n’y a pas de réfugiés climatiques sur cette planète

CLIMAT, l’illusoire compensation carbone

« Pour s’installer au volant d’un véhicule de plus de 9 CV, il suffirait de débourser 70 euros en achetant auprès des magasins Nature & Découvertes une carte de compensation carbone. On nous explique que l’association Climat Mundi, dont l’activité s’exerce au sein du processus défini par le protocole de Kyoto, va participer avec l’argent récolté au financement d’un projet hydroélectrique en Chine. Même si ce principe est reconnu par l’ONU, il ne permet pas de transformer un véhicule brûlant une ressource fossile en véhicule neutre en CO2. En effet, une centrale productrice d’électricité ne fait qu’ajouter une autre source d’énergie pour l’activité humaine, elle ne peut séquestrer les gaz à effet de serre émis non seulement par le véhicule, mais aussi toutes les émissions générées par ce surcroît d’énergie. De plus on sait qu’un barrage est une source de détérioration du milieu et de perturbation de la biodiversité. Nous savons bien que l’économie, en additionnant un mal plus un autre mal dans le PIB mondial, voudrait nous faire croire que c’est en définitive un bien qui contribue à la croissance. Mais une pollution reste une pollution, il est dangereux pour la planète de faire croire au conducteur d’une automobile qu’il possède un véhicule propre. » Nous écrivions cela sur ce blog en janvier 2008. Douze ans plus tard, les entreprises se ruent sur l’achat de forêts entières en vue de compenser leurs émissions de CO2.

Air France annonce que, dès janvier 2020, elle compenserait les émissions de CO2 de ses quelque « 450 vols intérieurs » quotidiens en finançant des projets de « plantations d’arbres, de protection des forêts, de transition énergétique ». Shell veut faire pousser plus de 5 millions d’arbres sur l’année aux Pays-Bas. La forêt devient un marché qui permet aux entreprises de financer des projets de séquestration ou de réduction des émissions. En échange de quoi elles obtiennent des crédits carbone. De La Poste à Danone en passant par MSC Croisières, toutes en parlent. Y compris les responsables de la formule 1. La compensation carbone révèle l’anxiété grandissante des entreprises face au diktat de l’urgence climatique. La demande excède le nombre d’initiatives à financer. La forêt devient un alibi qui fait passer au second plan la priorité numéro un, c’est-à-dire la décarbonation de pans entiers de l’économie.**

Un arbre contre un trajet de train, cela ne peut pas fonctionner de manière aussi simpliste. En effet il y a des différences de temporalités entre le biologique et le géologique. Les arbres plantés aujourd’hui mettront plusieurs dizaines d’années pour séquestrer les émissions actuelles alors que le CO2 a une durée de séjour approximative de cent ans dans l’atmosphère.  Sans compter qu’avec le changement climatique, les forêts sont plus vulnérables aux feux, aux insectes et aux maladies, et qu’à des températures trop élevées, elles relâchent du carbone au lieu d’en stocker. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

19 janvier 2016, loi sur la biodiversité, la mascarade de la compensation

5 novembre 2013, effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

8 janvier 2010, l’illusion de la compensation carbone

* LE MONDE du 4 janvier 2008

** LE MONDE du 28 janvier 2020, Dans la jungle de la compensation carbone

Cl. Allègre enterré par l’Académie des sciences

Claude Allègre : « Le climat variant peut-être de 2 ou 3 °C dans un siècle est-il la première priorité de la planète ? Faut-il mobiliser tous les chefs d’Etat sur ce sujet ? Ne faut-il pas se préoccuper d’abord du problème de l’eau et de la faim dans le monde ? Où sont les urgences ? Ne faut-il pas capturer et séquestrer le carbone, promouvoir le nucléaire de quatrième génération, les organismes  génétiquement modifiés, etc. Le combat essentiel, fondé sur une science ouverte, n’a pas besoin de validation politique ! » (LE MONDE du 22 mai 2010)

Claude Allègre était membre de la vénérable académie des sciences, crée en 1666. Pendant les années 2007-2015, l’Académie a été paralysée sur le sujet climatique par un petit groupe de climatosceptiques menés par le géochimiste Claude Allègre et le géophysicien Vincent Courtillot. Ils bloquaient les débats sur le sujet, ainsi que l’élection de certains climatologues à l’Académie. L’ancien ministre Claude Allègre était alors « protégé » par certains membres du bureau de l’Académie des sciences qui le laissaient librement s’exprimer. Plusieurs membres du bureau de l’institution appartenaient à la Fondation Ecologie d’avenir, créée par Claude Allègre. Cette influence s’est manifestée jusqu’en 2015. Cette année-là, malgré l’absence de Claude Allègre, victime d’un accident cardiaque en 2013, un avis de l’Académie des sciences conçu pour servir d’appui aux négociations climatiques de la COP21 a donné lieu à un affrontement entre académiciens, en particulier avec Vincent Courtillot. Après des mois d’âpres débats, le texte final ne reconnaît pas de manière explicite la responsabilité humaine dans le réchauffement en cours ni ne caractérise les risques posés par le dérèglement climatique.

Le colloque « Face au changement climatique, le champ des possibles », qui s’est déroulé les 28 et 29 janvier 2020 à Paris, change la donne. C’est le premier organisé sur le climat en présence du grand public. « Chaque degré de réchauffement compte, chaque année compte et chaque choix compte », ont conclu les intervenants. Que de temps perdu ! », s’est pourtant exclamée la climatologue Valérie Masson-Delmotte : « Il y a dix ans, j’ai porté un appel signé par près de mille scientifiques du climat en France, qui a poussé l’Académie des sciences à mener un débat scientifique confidentiel et approfondi sur le climat. Je pense que l’Académie des sciences a perdu dix ans en ne jouant pas son rôle de transmission, partage et transformation de la société. »

N’oublions pas que les membres de l’Académie des sciences ont refusé l’entrée de Marie Curie en son sein. Pourtant Marie Curie était une physicienne d’exception, prix Nobel de physique, découvreur du radium. Le président de l’Académie des sciences, effaré par la foule qui se presse le 23 janvier 1911 aux portes de la vénérable maison, faisait le choix du sexe dit fort : «Laissez entrer tout le monde, excepté les dames.» Cela pouvait se comprendre au début du XXe siècle. Qu’un climato-sceptique comme Claude Allègre ait pu faire la loi à l’Académie des sciences un siècle plus tard, est inadmissible. Cela prouve que la rationalité de la science et la validité de la preuve n’est pas un mot d’ordre pour toutes les personnes qui se disent scientifiques… Pour recenser tous les contre-sens sur l’écologie, il suffisait à une époque de lire Claude Allègre. Ses délires ont été abondamment commentés sur ce blog biosphere.

20 septembre 2010, la science n’aime pas l’Académie des sciences

23 mai 2010, Claude Allègre en procès

30 octobre 2010, Allègre n’aura jamais tort !? (débat climatique à l’Académie des sciences)

24 mai 2010, Allègre, politicien et scientiste

5 avril 2010, Allègre, le chouchou du Figaro

4 mars 2010, Allègre radote, le GIEC tranche

7 janvier 2010, Les arguments de Claude Allègre en débat

29 décembre 2009, Claude Allègre n’est qu’un saltimbanque

7 décembre 2009, le mécréant Claude Allègre

24 juillet 2009, Claude Allègre, out

31 août 2007, Allègre ment !

CLIMAT, Juliana contre les États-Unis

Une Cour d’appel américaine a jugé, vendredi 17 janvier, à une majorité de deux juges contre un, qu’il n’est pas du ressort du pouvoir judiciaire fédéral de contraindre le gouvernement des États-Unis à agir contre les changements climatiques*. Dans le dossier « Juliana contre les Etats-Unis », 21 jeunes requérants reprochaient au gouvernement fédéral d’avoir manqué à leur devoir de les protéger du dérèglement climatique, en soutenant depuis plus de cinquante ans l’utilisation des énergies fossiles. Pour sa défense, le gouvernement a fait valoir que ni la loi ni l’histoire des États-Unis ne peuvent étayer la revendication des plaignants pour un droit fondamental à un « climat vivable ». Remédier au changement climatique, explique la cour d’appel, exige « des décisions politiques complexes confiées, pour le meilleur ou pour le pire, à la sagesse et à la discrétion » de la Maison Blanche et du Congrès. Mais moralement les jeunes ont gagné car il est aussi écrit dans le jugement : « Les plaignants ont fait valoir de façon convaincante la nécessité d’agir ; il sera de plus en plus difficile, à la lumière de ce dossier, pour les branches politiques de nier que les changements climatiques se produisent, que le gouvernement a joué un rôle dans leur apparition et que nos élus ont la responsabilité morale de chercher des solutions, développe la décision. Nous concluons, à contrecœur cependant, que les arguments des plaignants doivent être présentés aux branches politiques ou à l’ensemble de l’électorat, ce dernier pouvant modifier la composition des branches politiques par le biais des urnes. »

La troisième juge a, pour sa part, manifesté ainsi son désaccord : « C’est comme si un astéroïde se dirigeait vers la Terre et que le gouvernement décidait de nous priver de tous nos moyens de défense. En cherchant à annuler ce procès, le gouvernement insiste lourdement sur le fait qu’il a le pouvoir absolu et irrévocable de détruire la nation. (Or) la Constitution américaine ne tolère pas la destruction délibérée de la nation par le changement climatique.» Et pourtant c’est le cas ! Ainsi va la démocratie dans nos systèmes complexes, dans le mur. Le peuple envoie par les urnes à la présidence des États-Unis un climato-sceptique assez ignorant de l’intérêt public pour subir actuellement un procès en destitution. Le peuple élit aussi un sénat aux ordres car fondamentalement conservateur ; il défendra un président en train de mettre la planète en feu avec ses coups de sang type type » assassinat de l’Iranien Ghassem Soleimani. » Poison dans la pomme, Trump démantèle méthodiquement toute la législation américaine de protection de environnement depuis son arrivée au pouvoir.

C’est à cause de cette pseudo-démocratie de citoyens sous-informés et sur-conditionnés que l’année 2019 a été la plus chaude enregistrée (avec 2016) depuis les premiers relevés de température au milieu du XIXe siècle, que la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 1,1 °C par rapport à l’époque préindustrielle (1850-1900), tandis que la chaleur accumulée par les océans a atteint un nouveau sommet. Selon l’OMM (Organisation météorologique mondiale) « nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de 3 °C à 5 °C d’ici à la fin du siècle  au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone. »

* LE MONDE du 19-20 janvier 2020, Réchauffement climatique : de jeunes citoyens américains perdent leur combat devant la justice

CLIMAT, convention citoyenne et décisions

Le site* de la convention citoyenne pour le climat vaut le détour. Pratiquer les recommandations qui en émergent mériteraient d’entrer en application tout de suite. Exemples :

​- Faire une commission de citoyens tirés au sort qui déciderait de la commercialisation ou non des produits que les entreprises souhaitent vendre, selon leur impact pour la société ;

​- Faire calculer à tous les élèves de primaire le bilan carbone de leurs parents et le comparer aux objectifs de 2030 afin de les sensibiliser ;

– Inverser la politique actuelle d’allocations familiales en n’ouvrant des allocations qu’au premier enfant ;

– Interdire de vendre les produits qui nécessitent de brûler de la forêt (exemple cité : soja) ;

​- Obliger la vente à emporter de ne vendre que des boissons à verser dans des gourdes ;

– Apprendre aux élèves de l’école primaire à bricoler et réparer les objets ;

​- Faire un quota d’achat d’1kg de vêtements neufs par an ;

​- Produire soi-même sa nourriture…

​Le Canard enchaîné du 15 janvier reprend de son côté d’autres propositions, « instaurer un permis pour manger de la viande » ou « supprimer la publicité de façon pure et simple au moins dans les espaces publics »… Le Canard en profite pour se moquer de nos députés : Nombre de ces idées, même « sans filtre », n’ont aucune chance de se concrétiser. Aucune chance, dans une Assemblée qui vient de voter une distance de sécurité de seulement 5 mètres pour les pesticides d’accepter « Sortir du nucléaire, trop insécuritaire. » En revanche parions que si les citoyens formulaient cette proposition : « Construire 10 EPR pour assurer à la France une énergie décarbonée », elle serait votée à une large majorité macroniste.

Ce que nous venons d’écrire montre deux choses. D’abord que les propositions des 150 citoyens n’ont aucune chance d’aboutir législativement, sauf à être édulcoré de façon à ne plus avoir de signification. Ensuite que la démocratie représentative, qui envoie au parlement des citoyens qui défendent un parti et/ou des intérêts économiques sans se soucier ni de l’intérêt public, ni de la durabilité dans le temps de leurs décisions, est complètement inadaptée à l’urgence écologique. Alors remplacer nos élus au niveau national par des conventions citoyennes semble la première des mesures à prendre pour sortir de la merde où nos émissions de gaz à effet de serre nous mènent…

* https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/