sports et loisirs

Décroissance culturelle, l’art de l’essentiel

Biosphere : Les artistes qui vivent de l’air ambiant préfèrent amuser ou épater la galerie plutôt que d’aborder les véritables problèmes de fond, anxiogènes. La vie culturelle semble se dérouler en dehors de la réalité environnementale. Rentrée littéraire après rentrée littéraire, l’écologie est absente des centaines de nouveaux romans publiés et des préoccupations des écrivains. Les philosophes le plus médiatisés traitent de sujets sociétaux et relèguent l’écologie au dernier rang. En art contemporain, les artistes les plus plébiscités ne s’inscrivent pas dans une démarche écologique. Rares sont les films, en dehors des documentaires, qui intègrent l’écologie comme thématique. Les séries télévisées sont encore plus loin du sujet. La chanson française est peu inspirée par les changements du climat et des écosystèmes. La mode qui permet la vacuité des comportements reste bien loin des enjeux environnementaux. C’est d’autant plus dommage que l’évolution vers des modes de vie plus durables est avant tout de nature culturelle ; et que les représentations évoluent plus vite par le prisme de l’art. L’écologie ne semble pas inspirer les artistes. Nous nous réveillerons seulement quand les soubresauts de la planète menaceront de nous ensevelir. A ce moment-là l’art et la culture seront remplacés par des stages de survie et/ou de jardinage !

Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde ») : La pandémie étant le symptôme d’une planète déréglée, le vœu maintes fois exprimé il y a un an de produire moins d’œuvres, plus locales, durables et écologiques, colle peu à la réalité actuelle. Autant dire que la décroissance culturelle n’est pas pour demain. Au contraire… Cinéma, séries, télévisions, plates-formes. Ici la feuille de route est qu’il faut être toujours plus gros pour survivre, ou plutôt pour mener la bataille essentielle du streaming… Une chose est sûre, le fossé va se creuser un peu plus entre une culture constellée de petits bijoux et celle qui bouscule le village global.

Michel Sourrouille : L’art véritable n’appartient ni à une élite qui peut payer, ni à quelques individus qui se proclament artistes, encore moins à des musées. L’art n’existe que par ce que nous pratiquons nous-même. Une chanson à boire n’est ni supérieure ni inférieure à une fugue de Beethoven : il ne peut pas y avoir de supériorité esthétique du complexe sur le simple, c’est là une simple convention. Et il n’existe aucun critère objectif de la vulgarité et de la distinction. L’individu peut s’épanouir dans les domaines les plus variés, musique, peinture, sculpture, collage, improvisations… ou cultiver l’art de la contemplation de l’instant qui passe ; tout le reste n’est qu’illusion. L’art durable n’existe que parce que les humains le pratiquent en personne pour le plaisir, avec des techniques les plus simples possibles. Et il y a de la profondeur dans le regard porté au nuage qui passe. Le nuage nous unit à l’eau dans la contemplation du ciel, La Joconde croupit dans un musée. (extraits du livre « On ne naît pas écolo, on le devient »)

He jean Passe : Il n’y aucune croissance culturelle en France, simplement la croissance des aides, subventions et allocation étatiques aux « artistes » devenus des quasi-fonctionnaires. Le système (fou) produit chaque année plus de « fonctionnaires artistes » et bientôt il y en aura plus que de spectateurs, lecteurs ou visiteurs.

Pour en savoir plus sur le point de vue des écologistes :

23 mai 2017,L’écologie ne semble pas inspirer les artistes

6 juillet 2020, SVP, ne pas confondre culturel et élitisme

La génération des écrans, dégénérescence

Michel Desmurget : « Le premier scandale fut celui du tabac. Puis vinrent les pesticides, l’amiante, le réchauffement climatique, etc. Tous ces désastres auraient pu être anticipés. Il faut dire que les industriels firent de gros efforts pour cultiver le scepticisme, le bien commun s’abîma dans les fanges du profit. Aujourd’hui, c’est au tour de l’industrie numérique d’exploiter le filon. Les articles contradictoires se multiplient sans jamais se répondre. On minaude, on tergiverse, on relativise. En un mot, on vend du doute. Tout propos contrariant devient sans délai « alarmiste », « caricatural » ou « anxiogène ». Toute mise en garde est prestement accusée de « diaboliser les écrans » ou de « culpabiliser les parents ». Au final, cette cacophonie remplit pleinement son rôle : maintenir l’équivoque et retarder autant que faire se peut toute prise de conscience collective. Lorsque l’arsenal des outils numériques actuels (tablettes, smartphones, consoles, ordinateurs, etc.) est mis à disposition des enfants et des adolescents, les pratiques ne s’orientent pas vers l’idéal positif fantasmé dont on nous rebat les oreilles (quatorze heures par jour de Wikipédia, tu parles !), mais vers une orgie d’usages récréatifs dommageables. En moyenne, les 8-12 ans consacrent treize fois plus de temps à se divertir qu’à étudier. Constater cela n’est en rien technophobe. Ce n’est ni une opinion personnelle, ni une hypothèse ouverte à controverse ; c’est un fait scientifique aujourd’hui établi. »

FakeDreams sur lemonde.fr : Clair, net, précis et déprimant. En effet le message est contrariant et nous montre le défi de notre temps : comment accepter massivement les faits qui nous dérangent, quand des faits dits alternatifs, des recits…, nous sont disponibles en masse et surtout bien plus plaisants. Rien n’indique que « le vrai » nous est accessible, nos cerveaux ne sont pas faits pour ça.

Jef 974 : Le problème n’est pas le temps passé sur des écrans ludiques. Le problème est la dévalorisation quasi-complète du savoir rationnel, de l’expertise et de cette culture qui ne s’acquiert que par l’effort et l’austérité et qui donne ses significations profondes aux mots Humanité, Citoyenneté ou Exigence. Jugé trop ch***te… Le QI baisse, les causes sont connues, les dénoncer expose au suicide social ou politique. Dans ces situations, les choses finissent généralement par une catastrophe, qui permet aux survivants de repartir sur d’autres bases. Nous y fonçons.

ManuLeMytho : Les smartphones n’auraient jamais du être autorisés aux mineurs, on glisse vers un délire total. La racine du problème est ce libéralisme qui autorise de mettre tout et n’importe quoi sur le marché sans débat ni principe de précaution alors que les dégâts sont irréversibles. C’est valable pour la bagnole, l’amiante, l’agrochimie, les PCB, les OGM, pesticides, la télé-réalité, la chirurgie esthétique, le gangsta rap, les médias appartenant à des grosses fortunes… La liste est sans fin et l’autodestruction globale en marche.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 février 2020, Un contexte néfaste à l’intelligence humaine

25 octobre 2019, Écrans, décérébration à grande échelle (synthèse)

Le Prix Tournesol de la Bande dessinée

Le 25e Prix Tournesol qui récompense une bande dessinée pour ses valeurs d’écologie politique a été remis le 30 janvier 2021 à L’eau vive” d’Alain Bujak pour le scénario et Damien Rousseau pour le dessin. L’album raconte un grand combat écologique gagné en France il y a 30 ans dans la vallée de la Haute-Loire, qui opposait des citoyen·ne·s aux lobbies et à la puissance publique. Grâce à leur mobilisation et à celle de l’association Loire Vivante, ils ont réussi à empêcher la construction d’un barrage sur le site naturel de Serre de la Fare. D’autres références sur notre blog biosphere :

4 février 2015, Prix Tournesol à Kim Su-bak pour Le parfum des hommes

Le 19ème prix Tournesol, récompensant la BD la plus écologiste de l’année, a été décerné vendredi 30 janvier en « off » du Festival BD d’Angoulême. « Le parfum des hommes » de Kim Su-bak raconte une histoire authentique où l’on montre la multinationale Samsung dans ses pires agissements en Corée.

1er février 2014, Le prix Tournesol de la BD écolo à Angoulême

A chaque festival de la BD depuis 18 ans, le prix Tournesol récompense la BD la plus fidèle aux idées de l’écologie politique parue en langue française dans l’année écoulée. Le 31 janvier 2014 à Angoulême, le prix est allé à « Plogoff », dessiné par Alexis Horellou et scénarisé par Delphine Le Lay (éditons Delcourt).

Covid-19, l’oraison funèbre du « tout-ski »

Victoire, les pistes de ski resteront fermées jusqu’en janvier. La phrase du premier ministre Jean Castex nous a mis en joie : « Il sera loisible à chacun de se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes ; toutes les remontées mécaniques et équipements collectifs seront fermées au public.(26 novembre 2020) » Le Covid-19 devrait nous apprendre à distinguer entre l’essentiel et le superflu et à abandonner les « stations de ski ». De toute façon le réchauffement climatique nous condamne à éviter tout ce qui dégage inutilement des gaz à effet de serre, à commencer par les flux touristiques vers une montagne plus ou moins enneigée et les canons à neige comme piètre substitut aux cycles de la nature. Comme l’exprime LE MONDE, « à Noël, les massifs français seront projetés dans la situation que les stations sous 1 700 mètres connaîtront dans vingt à trente ans : des domaines skiables inexploitables, faute d’enneigement naturel suffisant. »

Voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui expriment le point de vue des écologistes :

MLBRLyon : Et les consommateurs de loisirs tarifés découvrirent l’effort physique… il est fascinant de constater que la bulle médiatique autour des 8% de personnes allant l’hiver à la montagne, dont parmi eux pas plus de la moitié ne fait de ski alpin, existe toujours !

Jean Rouergue : La prise en charge des loisirs, le tout en un, voilà ce que notre société proposait et la pollution en était la conséquence. Des navettes déposaient des touristes au cœur d’un parc marin et ne ramassaient jamais les déchets abandonnés dans les fourrés… Qui connaissait la montagne sans le cliquetis des télésièges ? Le bruit de la neige s’affaissant sous la pression des raquettes ? Mais pour cela il fallait faire un effort, se lever tôt, marcher… Cela ne rapportait rien. Notre société préférait l’héliport pour lâcher ses clients loin des sentiers battus…

FDD : Le ski alpin est l’exemple paradigmatique du développement d’un tourisme complètement artificiel, qui détruit la nature qu’il exploite. Il n’y a qu’à voir l’état de la montagne l’été, avec les saignées des remonte-pente, la réduction des forêts comme peau de chagrin… Comme, de surcroît, le réchauffement climatique prive les stations de neige, on en vient à des aberrations écologiques comme le canon à neige ou le dépôt de neige par hélicoptère… Même les glaciers sur lesquels il y avait de la neige disparaissent. Bref, le modèle du ski alpin est en train de mourir. L’interdiction des remontées mécaniques de cette année n’est qu’un clou sur le cercueil. Il reste à inventer l’avenir, qui ne sera certainement pas un retour au passé glorieux des Bronzés « qui font du ski ».

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

25 décembre 2019, Des vacances de Noël sans chausser les skis

19 février 2020, De la neige hélitreuillée pour skier

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

7 février 2018, Ne skiez pas, ni au Pla d’Adet ni ailleurs

Conseils de lecture pour les fêtes

Des idées écolos pour Noël. Les journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie présentent un certain nombre de parutions récentes :

Manière d’être vivant – Baptiste Morizot – postface d’Alain Damiaso >> lire

Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte – Michel Sourrouille (JNE) >> lire

Se libérer du consumérisme (un enjeu majeur pour l’humanité et la Terre) – Michel Maxime Egger >> lire

Colère, contre les responsables de l’effondrement écologique – Éric La Blanche >> lire

La belle histoire des merveilles de la Terre – Gilles Chazot >> lire

Les arbres qui font nos forêts – Emmanuelle Grundmann et Capucine Mazille >> lire

Forêts sauvages – Annik Schnitzler (JNE) – biosphoto – Éditions Glénat >> lire

Arbres et Forêts – Périgord-Quercy-Limousin – Jean-Claude Martegoute >> lire

Rencontres sauvages – voyages au pays des ours – Jean-Paul Thévenin >> lire

Histoire de la domestication animale – Valérie Chansigaud >> lire
Dans le secret des abeilles – Sylla de Saint-Pierre >> lire
Sexe et séduction chez les oiseaux – Marc Duquet >> lire

Oiseaux de France et d’Europe – Rob Hume, Guilhem Lesaffre et Marc Duquet – >> lire
Beaux d’ailleurs, ces espèces exotiques qui nous entourent – François Lasserre (JNE), photos Cyril Ruoso >> lire
Inventaire des petites bêtes des jardins – François Lasserre (JNE) – illustrations Marion Vandenbroucke >> lire
Le guide du jardin créatif – 850 plantes et idées inspirantes – sous la direction de Didier Willery >> lire
Les grandes histoires de la Tanière, zoo refuge – Francine et Parick Violas, Pierre Gemme et Ambre Bartok >> lire
Canidés du monde – José R. Castelló >> lire
Ovibos le survivant de l’Arctique – Rémy Marion et Robert Gessain – préface Vincent Munier (JNE) >> lire
Résidence Beau Séjour – Gilles Bachelet . >> lire
Graines – sous la direction de Serge Schall >> lire
Faune & Flore du Mont-Saint-Michel – Mickaël Mary et Toni Llobet >> lire
Ces mains qui réparent la terre – Bernard Giraud >> lire
AU LIEU du CRIME d’ÉCOCIDE : UN TIGRE DE PAPIER ? par Gabriel Ullmann .>> lire

genou à terre lors d’un match de foot

La footballeuse Megan Rapinoe, championne du monde en 2015 et 2019, n’en fait qu’à sa tête : « Après avoir posé le genou à terre pour la première fois avant le match de la ligue à Chicago, je me suis à nouveau agenouillée dans le Maryland. Le tollé a été énorme et instantané. Les Blancs étaient furax. Pfiou, ce qu’ils étaient furax ! Quand j’ai dit aux journalistes que je m’agenouillais pour dénoncer la suprématie blanche et les violences policières, beaucoup de Blancs l’ont pris de façon incroyablement personnelle. J’ai trouvé ça bizarre. Ce n’était pas leur faute en tant qu’individus s’il y avait eu l’esclavage ; mais c’était notre responsabilité à tous d’affronter le problème en rejoignant la campagne de protestation de Colin. Je croyais que le fait d’être blanche m’offrait une certaine immunité. J’étais également une femme – grande gueule, certes, mais aux yeux de beaucoup d’hommes blancs en colère, assez peu menaçante. Je ne m’attendais pas du tout à une indignation de cette ampleur. Les critiques ne cessaient d’affluer. Les courriers haineux déferlaient au bureau de mon agent. Les gens demandaient que je sois virée de l’équipe. Les fils d’actualité de mes réseaux sociaux débordaient d’insultes. La Fédération a sorti un communiqué : « Représenter son pays est un privilège et un honneur. Devant un public souvent mondial, c’est un privilège de représenter son pays. Aussi attendons-nous des joueurs qu’ils se lèvent en hommage à notre drapeau, au moment où est joué l’hymne national. » Ma sœur Jenny a appelé. Elle aussi jugeait que j’avais été trop provocatrice. »*

Megan Rapinoe confirme notre pensée allergique à la superficialité, celui ou celle qui est jugé(e) comme provocateur-trice ne veut pas provoquer, seulement inciter à réfléchir. Par contre ceux qui se sentent provoqués ont des réactions démesurées, comme s’ils n’avaient pas d’argument pour essayer de chercher ensemble le consensus entre opinions contradictoires. La tolérance réciproque est à la base d’un système démocratique ; en venir aux insultes et menaces est une grave atteinte à l’intelligence collective.

Ceci posé, rentrons dans le détail. S’agenouiller lors de l’hymne national pourrait être interprété comme un hommage à la nation, et rester debout comme une agression ; toute signification peut se retourner quand il s’agit de symboles sociaux, tous plus artificiels les uns que les autres. Respecter un drapeau national, c’est d’ailleurs faire preuve de chauvinisme ; le passage est facilité entre se déclarer la guerre sur un terrain de foot et déclarer la guerre les armes à la main. L’état d’esprit est le même, la confrontation à l’Autre, l’idée d’écraser l’Adversaire au nom de son pays. Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. La question de fond mérite d’être posée en France : est-ce que le drapeau bleu-blanc-rouge ou la Marseillaise font partie des valeurs de la République ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie.

Approfondissons l’analyse. Est-ce qu’un match de foot entre joueurs professionnels complice de la société du spectacle et du fric mérite d’être organisé ? Du point de vue des écologistes, la réponse est NON et détaillée sur notre blog biosphere :

Covid-19, les footballeurs en complet désarroi

Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

Total football. Mondial, une arme de diversion massive

Le football est coupable de notre décervelage

* extraits de son livre « One life », Stock, 278 pages, 20,50 euros.
https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/11/07/megan-rapinoe-je-m-agenouillais-pour-denoncer-la-suprematie-blanche-et-les-violences-policieres_6058848_3242.html

Féminisme, écologie et jeu d’échecs

Le jeu d’échecs possède un avantage certain du point de vue écologique. Il prend peu d’espace pour y jouer, on peut même réunir des centaines de joueurs sur l’équivalent d’un terrain de foot. Il utilise peu de ressources naturelles, les pièces nécessitent très peu de bois et peuvent durer plus qu’une vie. Aucun déchet non recyclable pour une occupation qui peut nous motiver pendant des heures et des journées. Le jeu d’échecs est pédagogiquement parlant un excellent outil : apprentissage de l’observation, mémorisation des positions, intériorisation cérébrale d’une situation, préparation à la prévision, maîtrise du temps (jeu à la pendule) et de l’espace, pratique du silence et de la concentration, etc. Le jeu d’échecs élimine complètement l’existence du hasard, le gain ou la perte découle toujours d’une décision humaine, nous sommes les seuls responsables de l’issue de la partie. Le jeu d’échecs est aussi foncièrement égalitaire, même si les Blancs ont l’avantage du trait. A ce jour, aucune preuve d’une quelconque différence naturelle pouvant causer l’écart entre hommes et femmes n’a pu être avancée. Pourtant il est un domaine où l’inégalité règne, c’est dans la fréquentation du jeu d’échecs selon le sexe et les performances qui en découlent. (texte de Michel Sourrouille)

Durant les années 1960, un psychologue hongrois nommé Laszlo Polgar dévora les biographies de centaines de grands intellectuels et en tira le trait commun : une spécialisation précoce et intensive. Il en conclut que le génie est acquis et non inné “geniuses are made, not born”. Il se mit au défi de le prouver en rendant géniaux ses futurs enfants. Plus pragmatique que romantique, il posta une petite annonce disant en substance “recherche femme pour avoir des enfants génies”. En 1969, naquit Susan. Quatre ans plus tard, alors que son père hésitait encore entre la spécialiser en mathématiques ou en physique, la gamine découvrit par hasard un jeu d’échecs et demanda qu’on lui en apprenne les règles. Ce fut une révélation… pour son père. A la fois une science, un art et un sport, le jeu d’échecs présente l’avantage de produire des résultats parfaitement mesurables, l’idéal donc pour retranscrire la progression de la progéniture. Onze années d’entraînement intensif plus tard, Susan était devenue la meilleure joueuse du monde, à 15 ans ! Elle ne se fit doubler que par Szofia, sa petite soeur. Judit, la cadette, devint Grand Maître international à 15 ans, battant le record de précocité auparavant détenu par l’américain Bobby Fischer. Par la suite, elle s’offrit le scalp des meilleurs joueurs mâles, dont celui de Garry Kasparov. Pour Papa Polgar, preuve a été faite de sa thèse sur l’acquisition du génie, expliquant la supériorité de la cadette par l’amélioration de ses techniques d’entraînement au fil des années. Comment structurer la société pour tendre à l’égalité homme/femme ? (femmes et échecs)

Les femmes représentent seulement 5 à 10  % des joueurs classés que ce soit en France ou dans le monde. Si le pourcentage de femmes au top niveau est faible, c’est avant tout parce que moins de femmes jouent aux échecs. C’est logique : une petite base de femmes signifie que moins de femmes que d’hommes se retrouveront dans le top ! Une des explications principales à la différence hommes/femmes aux échecs est la séparation des sexes dans les championnats. Le premier tournoi féminin de l’histoire des échecs fut organisé à Londres du 23 juin au 3 juillet 1896 ; les dames n’ayant pas obtenu de prix furent récompensées par un lot de consolation… une aiguille à coudre avec du fil ! Si de nombreux sports physiques autorisent une séparation homme/femme est compréhensible, autant pour le jeu d’échecs, elle est injustifiée. Pourtant aujourd’hui encore dans les championnats de France, jeunes comme adultes, il y a un tournoi « mixte » (de fait, presque toujours exclusivement masculin) et un tournoi féminin (interdit aux hommes). Mettre fin à la séparation des sexes dans les championnats serait un pas supplémentaire en direction de l’égalité au jeu d’échecs, et par extension, dans la société. Des joueuses en 2014 ont lancé une pétition adressée à la Fédération Française d’Echecs. Voici quelques points de leur raisonnement :

Un argument psychologique. Comment nos jeunes joueuses peuvent-elles se construire comme les égales de leurs camarades masculins et comment peuvent-elles considérer qu’elles ont autant de potentiel qu’eux alors qu’on les oriente pendant des années vers des championnats séparés et de moindre force avec des titres séparés et de moindre importance ?
Un argument pragmatique. Les filles doivent pouvoir autant progresser que les garçons à l’occasion des championnats de France jeunes. Les efforts, le travail et, partant, les résultats, sont d’autant plus importants que les objectifs sont ambitieux. Quand l’objectif est moindre, les performances ne peuvent qu’être moindres.

Ajoutons un argument organisationnel. Il n’y a pas d’éliminés avec le système suisse d’appariement : on fait jouer les forts contre les faibles à la première ronde et progressivement se détache un groupe « très forts » (composé d’hommes et de femmes), les joueurs plus faibles continuant à pousser du bois avec des joueurs/joueuses de leur niveau. Il n’y a a donc aucune raison organisationnelle de garder des tournois spécifiquement féminins.

=> Malheureusement la demande de non-séparation des sexes dans les championnats n’a pas été écoutée…

Pour en savoir plus :

notre blog biosphere : Le jeu d’échecs est un jeu utile et très écolo

sur Internet : http://echecsetmixte.fr/

Pourra-t-on voyager après l’apocalypse ?

Longtemps on a vécu comme les « gentils membres » des clubs de vacances qui bronzaient en autarcie dans un camp retranché avec la misère tout autour. Tant que le buffet était plein, la mer chaude et les strings achalandés, pas une seule question à se poser. Tourisme, j’oublie tout. Et puis le niveau de la mer a monté et aussi le prix du baril. Le soleil est devenu notre ennemi… Voilà qu’on ne peut plus consommer la planète ! Le buffet n’est pas à volonté. Comme souvent les catastrophes sont à double lecture : on peut y voir la fin du monde. Ou plus modestement la fin d’un monde. Et l’obligation d’en inventer un autre, de toute urgence. Si possible plus juste, moins prédateur, habitable. Honnêtement, si on n’avait pas été poussés au cul par les dérangements climatiques, jamais on ne se serait mis au boulot. Merci la catastrophe. (Didier Tronchet, éditorial de juillet 2008, l’Écho des savanes p.3)

Ce n’est pas spécifique au tourisme, toutes les activités humaines à fort potentiel économique sont menacées par les changements climatiques et par la crise énergétique (qui sont liées). Les ressources en pétrole s’amenuisent, les écosystèmes sont fragilisés. Le tourisme par avion, c’est la seule industrie qui ne peut pas, mais alors pas du tout, se passer de kérosène. Or celui-ci deviendra de plus en plus cher. La semaine en Tunisie, tout compris à 300 euros, c’est terminé. Il faudra intégrer dans le prix de son voyage le vrai coût du transport, la compensation du CO2 émis lors du vol. il est vrai qu’aujourd’hui encore, la grande majorité des touristes se fiche du CO2 lors du vol qui les emmène vers des contrée paradisiaques. Le premier voyagiste français, c’est Marmara. Autant dire que chez Marmara, la démarche environnementale c’est même pas embryonnaire. Mais dans l’avenir, seuls les très riches pourrons s’offrir des destinations lointaines. Or ce n’est pas le but de Voyageurs du monde. Une fois que l’on a dit cela, qu’est-ce qu’on est prêt à faire ? Je suis persuadé que le voyage, sous toutes ses formes, devra faire la preuve de son utilité écologique pour survivre. (Jean-François Rial, l’Écho des savanes de juillet 2008 p.25)

Ces écrits d’il y a douze ans, pourtant très perspicaces, n’ont eu aucun impact sur les prévisions de vente des Airbus et autres Boeing. Merci le coronavirus d’avoir enrayer la spirale mortifères d’un tourisme de masse à la fois planétaire et paradoxalement hors sol.

Sportifs en chambre, Sarko, Jadot, Macron

L’édile vert de Lyon, Grégory Doucet, a vivement critiqué le Tour de France, qui s’arrêtait dans sa ville les 12 et 13 septembre 2020. Pour lui, cet événement est « machiste et polluant » et doit, comme les autres compétitions, être repensé. Cette opposition au sport-business devrait aller de soi pour des politiques éclairés. C’est tout le contraire qui se passe, ils doivent flatter les électeurs de base. Exemples :

Nicolas Sarkozy : « J’aime le cyclisme, j’aime le Tour de France. C’est un sport admirable. Jamais je n’aurais imaginé qu’on attaquerait ces gens-là, qu’on les mépriserait en les traitant de pollueurs et de machistes. C’est ça, la régression… « Moi, quand j’étais enfant, j’attendais toute l’année le jour où j’allais avec ma maman choisir le sapin de Noël. Je n’avais pas le sentiment d’être un criminel qui faisait du mal à l’humanité. »

Yannick Jadot : « C’est vrai qu’il y a une défiance chez nous les Verts envers le sport business. Les militants écolos ne sont pas toujours fans de sport et notre parti est capable de coller des réunions un soir de match…Je ne m’y retrouve pas complètement. En effet j’adore les Jeux olympiques, j’ai kiffé la Coupe du monde en France. Mais on peut toujours aimer cela et combattre la corruption, le dopage, faire des infrastructures respectueuses de l’environnement, qui s’intègrent dans le tissu urbain… » (LE MONDE du 16 septembre)

Daniel Cohn-Bendit :« Des Jeux olympiques écolos, on peut faire. Mais avouez qu’une finale du 100 mètres, c’est magnifique, c’est de l’art ! Apprécier cela n’implique pas d’oublier la corruption, le dopage, l’argent. Le rapport des écolos au sport symbolise leur idéologie. On voit leur rapport au plaisir. Pour eux, le monde va mal, il est détruit. Ils ont peur de jouir, de prendre leur plaisir total. »(LE MONDE du 18 septembre)

Dany, Yannick, et le petit Nicolas viennent d’enfourcher la polémique ridicule de certains « journalistes » sur des propos déformés. Le directeur du Tour de France a lui-même indiqué combien le tour s’efforce de diminuer son empreinte carbone liées aux véhicules suiveurs et de faire la promotion de compétitions féminines. Pour les sapins, il y a longtemps que des entreprises font la promotion de sapins vivants. L’humour de l’ex-président est une nouvelle sortie de route d’un adepte du promoteur de l’impasse libyenne et du naufrage du Grenelle de l’environnement. Quant aux pseudo-écolos, ils soutiennent Macron ou sont proches de le faire…

Emmanuel Macron : Le Président Emmanuel Macron, s’est rendu en Savoie pour assister à la 17ème étape du 107ème Tour de France. En s’appuyant sur un protocole sanitaire strict, il illustre la capacité des Français à vivre avec le virus, et ont ainsi pu maintenir cet événement majeur de notre patrimoine sportif et culturel.(communiqué de l’Élysée)

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

4 janvier 2020, Le sport-spectacle, on tourne en rond

30 juin 2017, Le Tour de France sera « le sauveur » de la biodiversité

23 juillet 2014, Romain Bardet, un des forcenés du tour de France à vélo

27 juillet 2013, mieux que le Tour de France, AlterTour contre la drogue

13 juillet 2013, Il ne faut croire ni au surhomme, ni au Tour de France

12 juin 2013, La démesure du sport qu’un écologiste devrait dénoncer

6 juillet 2012, le sport, antinature, antipathique, pro-capitalisme

6 juillet 2010, AlterTour de France

18 juin 2009, la Grande Boucle, out

NON aux Jeux Olympiques à Paris en 2024

Nous écologistes, nous sommes contre les Jeux Olympiques, le Tour de France, le Mondial de foot, etc. Nous sommes contre tous les sports massifiés, spectularisés, symboles du culte de la performance et de la marchandisation des humains. Le sport professionnel est avec la publicité un des meilleurs moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs. Les JO, c’est aussi un pognon dingue, avec systématiquement dépassement des coûts. Londres, en 2012, avait dû débourser 6 milliards d’euros supplémentaires (total de 11 milliards), Rio en 2016 23 milliards (total de 33 milliards) et Pékin, en 2008, 29 milliards (total de 32 milliards). Les JO, c’est la synthèse de tout ce qu’on déteste, l’affairisme, la corruption, le dopage, la publicité de « grandes » marques, l’oubli des limites. L’idéal olympique ? Il s’agit surtout de piller les ressources publiques et de plumer les contribuables.

Étonnant, des personnalités aussi anti-écolos que Luc Ferry et Pascal Bruckner signent une tribune anti-Jeux Olympiques à Paris dans LE MONDE : « Il est irresponsable de dilapider l’argent public dans une opération de prestige pharaonique… Les centaines de milliers de touristes qui viendront par avion provoqueront d’énormes pics de pollution… Les prétendus « Jeux verts » établiront un bilan carbone record… Des ressources budgétaires limitées ne peuvent aller à des fastes médiatiques où s’exhibent des athlètes en service commandé au profit du CIO, de ses sponsors et annonceurs… Aussi nous appelons les forces politiques et syndicales, lles organes de presse et leurs journalistes, les autorités morales à dénoncer le projet de Jeux olympiques en France en 2024. Il est temps de proposer pour le « monde d’après » d’autres projets que le dogme olympique de la compétition de tous contre tous, par exemple la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. »

Pour en savoir plus sur les JO grâce à notre blog biosphere :

3 mai 2020, Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

9 févier 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

27 janvier 2018, Bizarre, une loi d’exception pour les Jeux Olympiques

4 juillet 2017, Tokyo2020, Paris2024, des jeux olympiques dispendieux

2 septembre 2016, Que retenir des JO 2016 au Brésil : la fin de records

7 juin 2017, La politisation macroniste des jeux olympiques

9 août 2012, marre des JO, faut s’abonner à BIOSPHERE-INFO !

7 août 2012, Quelques suggestions pour des jeux Olympiques alternatifs

3 août 2012, Les sportifs oublient leurs limites aux Jeux Olympiques

1er août 2012, le sens des limites, contraire à l’esprit olympique

31 juillet 2012, Le CIO (Comité international Olympique), une caste détestable

31 juillet 2012, les Jeux Olympiques nous font oublier l’essentiel

30 juillet 2012, l’abominable histoire des Jeux Olympiques

29 juillet 2012, Les Jeux Olympiques, une simple histoire de fric

28 juillet 2012, bilan des Jeux Olympiques, écologiquement décevant

17 février 2012, 2020, en finir avec les Jeux Olympiques

5 octobre 2009, à quoi servent les JO ?

17 novembre 2008, supprimons les JO

9 août 2009, le sens des limites (aux JO)

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

31 mai 2008, un CIO totalitaire

9 avril 2008, esprit olympique ???

Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Covid-19, les footballeurs en complet désarroi

Qui dit championnats à l’arrêt, dit absence de recettes de billetterie et, surtout non-versement d’une partie des droits télévisuels. Un gros trou dans les caisses ! La Juventus Turin a annoncé, samedi 28 mars, qu’elle ne versera pas de salaires à ses joueurs de « mars à juin ». Ces différentes décisions ne sont pas du goût des représentants des joueurs. « Nous sommes extrêmement inquiets qu’un nombre important de clubs, dans plus d’une demi-douzaine de pays, aient commencé à mettre [les joueurs] au chômage technique ou réduire unilatéralement leurs salaires », a déclaré, vendredi 27 mars, le syndicat mondial des footballeurs professionnels. Quelques commentaires sur lemonde.fr* :

yeux ouverts : Dans l’Equipe « Di Maria vit mal son confinement » dans son 350 m2 parisien, alors que Neymar fait du beau volley à Copacabana… no comment !

Hawthorne Abendsen : Personne n’est à plaindre dans ce monde irréel déconnecté de la réalité. Mes enfants sont médecins avec des salaires inférieur a une secrétaire de club de foot… Sans autres commentaires.

JLMUL : Cela serait le summum du cocotier que l’on paie les stars avec nos impôts comme si c’était des smicards sans réserve !

Pascalou : Dans l’article, « Le danger, c’est d’avoir des disparités colossales. On a des situations très hétéroclites, qui nécessitent un accompagnement ». Oui, que les footeux les plus riches soient solidaires avec les footeux les plus pauvres. On n’a pas à payer pour eux.

L’équipe : Dans le journal L’Equipe du vendredi 7 février 2020, un article : Les salaires de la Ligue 1, La valse des millions. Le champion de France paie à prix d’or ses stars et sait les retenir avec des augmentations pharaoniques. Salaires mensuels bruts en euros de : Neymar: 3 060 000. M.bappé : 1 910 000. Thiago Silva : 1 500 000. Cavani : 1 345 000. Marquinos : 1 200 000. M.Verrati : 1 200 000. A.Di Maria : 1 100 000. K. etc.

Bruno BOUSSUGE : La démesure de certaines rémunérations de stars sportives qui semble « éclater » au plein jour sont parfaitement connues. Peut-être simplement, mais ce n’est même pas sûr, que cela n’est plus tolérable dans le nouveau contexte qui émerge en ramènant brutalement a l’essentiel. et qui éloigne, au moins provisoirement, d’une vacuité faussement emplie de divertissements…

BobZ : Si le covid-19 pouvait débarrasser la planète de tous les excès du football pro, en finir avec ce business obscène et ramener ce sport à une pratique amateur ce serait une vraie bonne nouvelle ! Je crois que personne ne va pleurer sur les footballeurs pro.

Sur notre blog le 29 août 2018, Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

* https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/03/29/football-les-clubs-reduisent-les-salaires-les-syndicats-de-joueurs-reclament-un-cadre-commun_6034813_3242.html

Covid-19, les skippers en complet désarroi

Un bateau sous cloche c’est toujours des salaires qu’il faut continuer à verser et des amortissements à assumer. C’est selon la taille des armements entre 2 et 3 millions par an… que l’on courre ou pas. En conséquence les skippeurs s’interrogent sur la capacité qu’auront leurs sponsors « à encaisser le séisme économique » provoqué par la pandémie. Ils savent ce que valent les contrats, du moins tant que la croissance des entreprises permet de dégager des budgets de communication. Or, quand la machine est grippée, ces budgets sont les premiers sacrifiés. Nous connaissons la règle : « c’est la réclame qui saute quand les affaires ne vont pas bien. » Quelques commentaires sur le monde.fr* :

Régis F : Les journalistes sportifs au chômage technique svp. Ne cherchez pas à occuper votre temps à écrire ce type d’articles obscènes.

Test : Ils peuvent faire le Vendée Globe à la maison, comme nous !

Izy : Qu’ils rament. Comme tout le monde.

Michel Brun : Voila effectivement une question essentielle qui peine la planète entière, le sort des skippers. Ils sont gentils les skippers. Ils naviguent à la voile. Cela ne pollue pas, c’est bien pour le climat. Et les footballeurs ? Ils vont bien les footballeurs ? Pas de problèmes de sponsors ? Et les patineuses confinées chez elles et à l’abri de leurs entraîneurs. Elle sont soulagées ? Racontez nous !

Nezrond : J’insiste sur ce sujet essentiel : et les primes de match des joueurs de D1, on y pense ?

Ektor : Les sponsors pourraient’ils sponsoriser les hôpitaux publics ?

Philippe de Bretagne : En direct de Bretagne, je vous avoue trouver quelque peu indécent de pleurer à ce sujet lorsque des milliers de personnes se battent pour la vie d’autres. Dans la même veine, que les JO soient supprimés ne m’émeut pas le moins du monde au regard de la gabegie financière qu’ils représentent. Et si le covid 19 nous donnait d’entrevoir l’espace d’un instant, ce que pourrait être un monde qui pollue moins, dont les loisirs dépensent moins que pour la solidarité avec les plus fragiles…

CamilledeLyon : Si cette crise pouvait mettre un coup d’arrêt aux excès du sport-spectacle dont ces « formules 1 des mers » sont, avec quelques autres sports terrestres, le symbole, je ne pleurerai pas sur le sort de cette industrie et de ses quelques équipages qui se prétendent, pour justifier leur existence vaniteuse, à la pointe de la technologie et du Progrès…

Sur notre blog le 30 juin 2008, bateau, coulé

* https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/03/28/coronavirus-les-skippers-se-demandent-si-leurs-sponsors-vont-encaisser-le-seisme-economique_6034743_3242.html

De la neige hélitreuillée pour skier

Même la ministre de l’écologie réagit : « Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible. »* Le directeur du syndicat mixte à Luchon-Superbagnères, conscient que ce n’est pas hyper écologique, se défend : « C’est vraiment exceptionnel, on n’a pas eu le choix cette fois-ci. » C’est en fait la faute du conseil départemental de Haute-Garonne qui sait calculer le bon rapport coût/bénéfice : « En termes de retour sur investissement, il faut multiplier au moins par 10 ». Les skieurs sont contents et 50 à 80 personnes vont pouvoir travailler grâce à cette opération aérienne. Voici quelques réactions sur lemonde.fr :

Hotdog : Ah, ils n’avaient pas le choix. Alors si tous ceux qui n’ont pas le choix continuent de déverser des gaz à effet de serre pour des activités de loisir, on n’est pas près de s’en sortir.

mille sabords : Rappelons qu’il y a peu, des ourses aussi sont arrivées en hélico dans les mêmes coins, pour contourner des « amis de la nature-sans-les ours » très agressifs. Gageons que si on lâche de la neige par hélico pour garder ses touristes, c’est qu’on peut également chasser l’ours par la voie des airs pour garder ses brebis. Quelle époque !

Raphou : Le problème ce n’est pas que les responsables d’une station de ski aient utilisé l’hélico. Le vrai problème, c’est qu’ils aient pu le faire pour une somme d’argent si faible. La seule manière de réguler efficacement la pollution, c’est par l’argent. Il n’y a pas d’utilisation plus ou moins justifiée de l’énergie : que ce soit pour transporter de la neige, chauffer des terrasses, faire rouler une voiture pour aller au boulot, faire tourner un serveur informatique, engraisser du bétail, faire voler un avion ou chauffer une maison mal isolée, chacune utilise l’énergie en fonction du budget dont il dispose et du retour sur investissement qu’il espère. Si on décide que c’est anormal de transporter de la neige par hélico, alors on surtaxe le kérosène (donc le pétrole) d’un facteur 10, mais alors l’impact sera le même pour l’avion, la voiture, les tracteurs ….

Jean Puplu : Une belle illustration de comment le vieux monde n’en fini plus de finir. Ça fait 20 ans que les stations de moyenne montagne voient leur enneigement baisser inexorablement. C’est une constatation, et même les climato-sceptiques ne peuvent nier ce fait. Personne n’a jamais voulu changer d’approche. Personne. La on est au paroxysme de cette inadaptation. « C’est pour sauver des emplois », oui mais pour combien de temps ? Vous croyez que la neige va revenir et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Des millions de petits Titanic prennent l’eau tout autour de nous et on s’inquiète de payer les membres de l’orchestre ? Si on s’était réveillé avant, ils auraient appris à faire autre chose et on en serait pas là. Je ne sais pas si on a encore le temps maintenant…

Mister Z : Il est étonnant de voir comment on se préoccupe de l’emploi dans les stations alors que la destruction des charbonnages, du textile, de la sidérurgie, des chantiers navals, d’une bonne partie de l’automobile et de la chimie était passée sans autre chose que le sursaut de ces dizaines de millions de victimes en partance pour la casse sociale…

Doute : Bien sûr cela nous scandalise. Mais pour changer ces pratiques il faut changer de paradigme. Les acteurs économiques prennent des décisions en fonction des paramètres de coûts qu’ils ont : en l’occurrence c’était rentable. Équiper les stations de canons à neige c’est scandaleux mais c’est rentable. Tant que cette équation ne changera pas, rien ne changera. Il faut rendre ces pratiques non rentables et pour cela augmenter de façon considérable le coût de l’énergie, voire moduler les taxes sur l’énergie en fonction de leur utilisation finale. C’est incontournable.

Sur ce blog biosphere, nous voulons que la ministre de l’écologie Elisabeth Borne interdise totalement le tourisme à ski et que Macron impose la taxe carbone. On peut toujours rêver…

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

7 février 2018, Ne skiez pas, ni au Pla d’Adet ni ailleurs

27 décembre 2016, Des vacances de Noël sans chausser les skis

13 mars 2008, Non aux skieurs chinois

* LE MONDE du 18.02.2020 Livraison de neige par hélicoptère dans les Pyrénées : « Ce n’est pas une voie possible », critique Elisabeth Borne

Sport spectacle, pieds nus et tout nus

C’est la fin programmée des records mondiaux : le sportif utilisait 65 % de ses capacités physiques en 1896 (début des JO), contre 99 % actuellement et 99,95 % en 2025 si on prolonge les tendances. Les sportifs de haut niveau s’entraînent dorénavant plusieurs heures par jour contre presque rien  en 1896 ; ils ont des préparateurs physiques, une gestion rationnelle de l’alimentation, on atteint les limites, on échappe normalement au délire olympique du « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Alors reste les prothèses technologiques et cela pose débat. La pharmacopée dopante est prohibée, fin officielle du dopage. La combinaison de natation grâce à laquelle la peau des nageurs s’apparentait à la peau des dauphins (en polyuréthane) est désormais interdite : elle augmentait la vitesse des nageurs de 3 %. Aujourd’hui se pose le problème des chaussures.

Les nouvelles Vaporfly de l’équipementier Nike relèvent du dopage technologique : des sandales qui allient« légèreté de la chaussure », « amorti, stockage et renvoi de l’énergie [grâce à la semelle en mousse zoomX] » et « rigidité en flexion [permise par la plaque en fibre de carbone] »*. Des innovations qui conduisent à une amélioration des performance jusqu’à 4 % en moyenne à une vitesse de 18 km/h . Le 12 octobre 2019, le Kényan Eliud Kipchoge, chaussé du dernier prototype de Nike, avait abaissé pour la première fois la barrière des deux heures sur marathon. En 2 h 14 min 4 secondes, sa compatriote Birgid Kosgei avait éclipsé des annales le record du monde féminin de la Britannique Paula Radcliffe. World Athletics, la fédération internationale, n’est pas allée jusqu’à l’interdiction des chaussures déjà sur le marché. Elle a en revanche annoncé, le 31 janvier 2020 geler l’introduction de toute nouvelle technologie dans les chaussures jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août 2020). Les équipementiers devront désormais faire valider chaque nouvelle innovation par un groupe d’experts, mais World Athletics, se dit « ouvert à un dialogue contenu avec les fabricants de chaussures ».

A la différence du maillot de bain qui paraît pour les pudibonds indispensable dans les compétitions de natation, il n’y a aucune obligation aujourd’hui à mettre des chaussures pour courir en compétition. Tour le monde devrait connaître l’Éthiopien Abebe Bikila, vainqueur pieds nus du marathon olympique de Rome en 1960. En 1996 aux JO d’Atlanta, les athlètes comoriens, dont la Fédération n’avait pas les moyens de leur offrir les dernières chaussures de sprint qui équipaient leurs adversaires, ont couru pieds nus pour protester contre la « course à l’armement ». Imaginons un athlète prometteur et ambitieux. Il se fait amputer au dessous des genoux pour se faire poser une prothèse en lames de carbone : il y aura restitution de 30 % d ‘énergie en plus que le pied quand il était intact. La course à pied peut-être, mais pieds nus puisque le sport n’est en soi ni une performance nationaliste, ni le spectacle de sa marchandisation. Les sportifs doivent rester des amateurs et pratiquer les Jeux Olympiques comme dans l’antiquité, entièrement nus de la tête aux pieds, et sans sponsors. Pour bâtir un alter-JO écolo, nous suggérons aussi la fin de l’hyperspécialisation : chaque athlète devrait concourir dans quinze disciplines différentes. Enfin l’écologie devrait être aux avant-postes : pas de déplacement des sportifs et des spectateurs, chacun concourt près de son lieu de résidence pour éviter le coût énergétique des déplacements…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphère :

29 août 2011, artificialisation du sport et fin de la compétition

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

* LE MONDE du 1er février 2020, Les « chaussures miracles » Vaporfly de Nike autorisées aux Jeux olympiques, mais…

Rallyes, plus de 65 litres aux 100 kilomètres

Le premier ministre Pierre Messmer avait réclamé le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national. Il est vrai que le prix du baril avait quadruplé suite à la guerre du Kippour, l’essence devenait brutalement très chère. Messmer impose aussi les vitesses de 90 km/h sur route et 130 sur les autoroutes alors qu’auparavant on roulait comme on voulait. On n’avait pas de pétrole, il fallait avoir des idées ! Le prix du baril fait accepter des dispositions coercitives. Cette année 2020 on pourra assister en juin à une course Formule1 sur le circuit du Castellet alors que le pétrole devrait au bas mot valoir 1000 dollars le baril et l’essence à 10 euros le litre. Ce serait là juste témoignage de la raréfaction du pétrole et de la lutte contre le choc climatique.

LE MONDE* nous conte cette semaine les paradoxes du championnat du monde « WRC » (World Rally Championship) : Au niveau environnemental, le collectif « Ras le rallye » a organisé une manifestation à Gap le 25 janvier. Ce qui est nouveau, c’est l’écho sur l’opinion publique. « Le rallye de Monte-Carlo représente les “trente glorieuses”, un moment où très peu de personnes avaient conscience des conséquences des activités humaines sur le climat, explique leprésident de la Société alpine de protection de la nature. C’est complètement dépassé. » De fait, en ces temps de fonte accélérée des glaciers, il est compliqué de justifier le soutien à une activité consistant à faire rouler en pleine montagne des voitures qui consomment plus de 65 litres aux 100 kilomètres. Malgré le soutien des industriels, la FIA (Fédération internationale de l’automobile) a conscience des menaces liées à l’angoisse climatique qui pèsent sur la compétition automobile. C’est l’opération mise au vert, hybridation du rallye, création d’une Formule E tout électrique dès 2014. Cette évolution ne fait pas que des heureux. « Ce que j’aime, c’est le bruit », confesse un spectateur. « Les écolos de Gap, je les connais, ils ont de gros 4 × 4, comme tout le monde ici. »

bagacum rey : Quand j’étais gosse, ce rallye faisait l’objet de reportages à la une d’un magazine, Auto-moto 1, si ma mémoire est bonne. Il me faisait rêver mais c’était le décor que j’appréciais le plus, moi le petit môme de la plaine qui n’avais jamais mis les pieds en montagne. Les voitures dérapant ou se faufilant entre rangées de spectateurs et bourrelets de neige, tout cela me fascinait. 45 ans plus tard, je ne vois que futilités et nuisances dans un monde qui a profondément changé.

Ced5999 : J’étais au rallye de Monte Carlo cette année. Et pourtant je suis un ecolo relativement radical au niveau des idées. Je vais d’ailleurs chaque jour au boulot en vélo, qu’il pleuve ou qu’il neige, et ce n’est pas toujours simple a faire. Mais avant de critiquer le rallye de Monte Carlo pensez a stopper vos achats de Suv ….

Jean Rouergue : Comment stopper les achats de grosses cylindrées si à coté on présente toujours des courses publicitaires de rallyes pour stimuler l’achat de ces véhicules ? Pédaler ne suffit pas, il faut aussi réfléchir sur les chemins à suivre..

P.NK1 : « 65 litres aux 100 kilomètres » … c’est pas abusé alors que la planète crame ? Honte à Toyota et aux autres écuries.

Jean Rouergue : Ces courses, ces rallyes, cette vitesse, tout cela est dépassé, d’un autre temps, le temps où notre planète n’avait pas de limite, où nos ressources étaient infinies, nos pollutions négligeables… La course de vitesse est la course d’un vieux monde. Elle perdure encore en quelques domaines comme la 5G…

Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

5 janvier 2010, supprimons les courses automobiles

4 janvier 2010, Padak, pas d’accord

16 mars 2008, la F1, à supprimer

* LE MONDE du 29 janvier 2020, Des rallyes en froid avec la lutte pour le climat

Kobe Bryant est mort, ça n’a aucun intérêt

NBA et autres spectacles où on joue à la baballe sont les symboles d’une société du spectacle, une source de divertissement, dans le sens de divertir, faire diversion, « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». LE MONDE* consacre pourtant tout un article à un ancien champion américain de basket ; Kobe Bryant est mort dans un accident du ciel. Son hélicoptère, qu’il avait tant de fois emprunté pour faire la navette entre son domicile et l’antre des Los Angeles Lakers, s’est écrasé dans les collines. Voici quelques extraits significatif de l’article : « Le « Black Mamba » n’est plus et la sidération est immense… Il peut agacer son entraîneur en ne respectant pas les consignes pour prendre un tir risqué… Désormais maître incontesté du navire Lakers, l’acharné compétiteur grogne, insulte ses coachs, affuble ses partenaires de sobriquets désobligeants, voire refuse de leur passer la balle… Accusé de viol par l’employée d’un hôtel du Colorado en 2003, Kobe Bryant voit ses sponsors le lâcher, et son image s’assombrir… « Un sacré connard », synthétisera le Canadien Steve Nash, son coéquipier pendant trois saisons. » Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Thucydide : J’ai découvert l’existence de cet individu le jour de sa mort. En ferait-on autant pour la mort d’un grand scientifique ? La société a les héros qu’elle mérite.

HUBERT MENSCH : Quelle « Une » du MONDE fascinante, suspendue quelque part entre Voici et Gala. Goici ou Voila ?…

Laurent Outang : Malgré tout le respect que j ai pour cette personne (et toutes celles qui meurent un jour d’ailleurs ). Voir la mort d un sportif faire la une du Monde me laisse pantois !

mille sabords : Rest in peace, certes. Mais ni vous ni moi ne risquons l’accident d’hélicoptère pour rentrer chez nous. Le vélo a un avantage, c’est qu’il pollue moins que l’hélico., et un inconvénient : si vous êtes tué en vélo sur la route de la maison, cela ne fera pas une ligne dans Le Monde. Morale très à la Trump : « polluez comme des fous, même pas grave si vous faites parler de vous… »

René B. : pour sauver la planète je ne prends plus mon hélicoptère pour aller au supermarché.

Le Basque  : Pas une once de compassion dans ces commentaires pour cet homme exceptionnel qui a fait rêver des millions de jeunes à travers le monde et qui disparaît à 41 ans avec sa fille. Je vous plains…

pour en savoir plus, Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

* LE MONDE du 28 janvier 2020, Avec la mort de Kobe Bryant, le basket perd l’un des plus grands joueurs de son histoire

Le sport-spectacle, on tourne en rond

Taylor Phinney, ex-prodige du cyclisme mondial, perd les pédales à 29 ans et devient réaliste : « Mon ego était énorme quand j’ai commencé la compétition. Mes héros de jeunesse n’étaient guidés que par cela. Ces rencontres m’ont laissé un goût amer mais, dans le même temps, j’encourageais cela chez moi… Ce qui rend le cyclisme magnifique à regarder, c’est la hiérarchie du peloton qui repose sur la souffrance. Celui qui dicte le rythme fait mal aux autres. Les autres suivent jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus ou deviennent à leur tour celui qui fait souffrir le reste. On est dans une cage et soit on est le plus fort, soit on se fait fouetter… Les cyclistes sont malheureux, insatisfaits, déprimés, mais excellent à faire taire ces voix, comme ils arrivent à repousser la souffrance… En course, c’est un océan de négativité, bouffe pourrie, temps pourri, voyages pourris. C’est toxique, je ne le supportais plus. C’était dangereux pour ma santé mentale… J’ai pris beaucoup de décontractants musculaires, de somnifères. Quant aux antidouleurs, bien sûr, ça rend la course plus facile, ça te permet d’aller plus loin dans tes retranchements. Mais ceux qui en prennent sont accros à l’opium. Ils en souffriront toute leur vie… La vie de cycliste est une chose absurde : pourquoi partir d’un point A pour y revenir après quatre heures de selle ? Pourquoi pédaler contre les autres plutôt que de réfléchir à la façon dont le vélo peut résoudre la crise environnementale ? » Ses futurs enfants ne feront pas de sport de haut niveau.*

Critiquer le vélo parce que c’est se rendre d’un point A et y revenir, autant le dire pour tous les sports spectacles : course à pieds, vélo, natation, etc. etc. Il y a une contradiction flagrante entre les termes activité physique et sport professionnel… Le sport-spectacle qui empêche les gens de pédaler pour la planète devrait être interdit, le Tour de France cycliste n’a aucune raison valable de perdurer, les courses automobiles et autres compétitions qui tournent en rond et détériorent la planète sont une abomination climatique, chacun devrait percevoir l’absurdité du sport-spectacle et quitter son fauteuil et sa télé pour s’activer par soi-même.

* LE MONDE du 27 décembre 2019, Taylor Phinney, le cyclisme et ses « 99 % d’emmerdes »

Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur « sports et loisirs ». Pour nous la société du spectacle, donc le sport médiatisé et les loisirs futiles, sont une source de divertissement, dans le sens « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». Nous traitons ces activités humaines selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

15 décembre 2019, Miss France 2020, que disent les féministes ?

22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

29 juillet 2019, Fortnite lobotomie, oublier la réalité

8 juillet 2019, Jean-Marc Rochette, adepte de la décroissance (et auteur de BD)

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance (Larry Ellison)

et une petite escapade en 2018 sur notre bête noire, le foot spectacle

29 août 2018, Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

1er août 2018, BIOSPHERE-INFO, futilité du mondial de foot

14 juillet 2018, Total football. Mondial, une arme de diversion massive

10 juillet 2018, Les Belges ou les Français en finale, on s’en foutait

29 juin 2018, Mondial 2018, pour l’élimination de l’équipe de France

13 juin 2018, Le football est coupable de notre décervelage

Des vacances de Noël sans chausser les skis

Sur ce blog biosphere, nous allons à contre-courant, vomissant les loisirs à ski alors que cette activité a envahi la planète. Dans les années 1990, la Chine comptait seulement 500 skieurs à peine, pour la plupart des professionnels. Aujourd’hui le ski est la nouvelle coqueluche chinoise ; les stations aménagées autour de Pékin fonctionnent toutes avec de la neige artificielle, on compte dix usines à touristes à moins de 80 kilomètres de la capitale. Sous le dôme de Ski à Dubai, qui contient 6000 tonnes de « vraie » neige, les pistes en poudre de neige ont été disposées en terrasses pour prévenir tout risque d’avalanche dans la chaleur torride du désert !

Avec ses remontées mécaniques modernes et ses domaines skiables reliés, la France offre 350 stations de ski dans 7 massifs. Comment résister devant les snowparks, le snowboard, le freestyle, les boarder cross, les slaloms et les bosses, l’espace ludique Ludo’Glyss et le speed-riding ? Comment expliquer qu’il ne faut pas skier ? Comment expliquer cela dans un monde sur-développé où les loisirs sont devenus un art de vivre ? Comme amener les touristes des sommets à ne plus aimer les vacances à la neige ? Comment faire ressentir que la montage ensevelie dans son manteau neigeux ne peut que mieux se porter sans tire-fesses, nacelles et autres remonte-pentes ? Le skieur qui ne s’occupe que de la réussite de ses vacances peut-il glisser sans se poser quelques questions sur une neige vomie par des canons alimentés par l’eau qu’on est allé chercher deux mille mètres plus bas dans la rivière ? Comment convaincre des gamins qu’on amène en classes de neige que skier n’est pas bon pour la planète ?

On ne peut maintenir la montagne « propre » quand on y multiplie les immeubles et les remonte-pentes. Ce n’est pas un loisir qui préserve la Biosphère que de déplacer des citadins en mal d’air pur vers de lointaines destinations où on va recréer la ville pour poursuivre des activités inutiles. On remplace les files dans les embouteillages par les files devant un remonte-pente. Ce n’est plus l’a montagne quand on pratique la neige « cultivée ». La consommation d’eau en France pour produire de la neige atteint 15 millions de mètres cubes, un chiffre presque comparable aux 25 milliards de m3 qui servent au remplissage des piscines privées. Il faut aussi 108 millions de kWh pour nourrir les canons à neige qui se multiplient pour pallier réchauffement climatique. De toute façon nous sommes sereins, l’avenir est à la disparition des stations de ski avec le réchauffement climatique.