Le Tour de France cycliste a débuté le 4 juillet 2026, nous préférons jouer aux échecs à domicile plutôt que regarder souffrir les forçats de la pédale. Ah si tous supporters des footeux et autres amateurs d’arènes pouvaient se mettre à ce jeu…
Faisons connaissance
Quelques caractéristiques du jeu d’échecs
– 64 cases, 20 positions possibles après le premier coup des blancs, 400 après le second coup, au total environ 1040(un 1 suivi de 40 zéros) parties d’échecs possibles (sans coups illégaux). On approche de l’infini sur un échiquier, on peut s’y perdre.
– Il faut y ajouter la maîtrise du temps, on joue le plus souvent à la pendule.
– Une partie lente prend 3 minutes de réflexion en moyenne pour chaque coup, la partie dure environ 4 heures en moyenne.
– On peut jouer en blitz (5 minutes par joueur), ou même au bullet (une minute par joueur pour toute la partie). On joue sans apparemment prendre le temps de réfléchir…
– La force du joueur repose sur sa capacité de mémoire, souvenirs des partis qu’on a déjà jouée, travail sur les ouvertures, exercices de parties (cf L’informateur des échecs), exercices de mats, etc. Cela facilite l’ analyse d’une nouvelle position grâce à ses connaissances passées.
– La capacité cérébrale d’un GMI (grand maître international) est considérable, il peut jouer à l’aveugle, et même faire des simultanées à l’aveugle : la mémorisation de l’espace est une qualité qui s’améliore grâce à la pratique des échecs.
Pédagogie du jeu d’échecs
– Face à un monde convulsionné, où l’on a l’impression qu’il y a de moins en moins de lois, les échecs sont rassurants. Parce que c’est un jeu où le conflit doit obéir à des règles strictes.
– Enseigné dès l’école primaire, ça serait un bon remède contre les dégâts des écrans.
– C’est pédagogiquement parlant un excellent outil : apprentissage de l’observation, mémorisation des positions, intériorisation cérébrale d’une situation, préparation à la prévision, maîtrise du temps (jeu à la pendule) et de l’espace, pratique du silence et de la concentration, acceptation de la défaite, etc.
– Parcourir l’échiquier a un aspect thérapeutique. Un enfant de milieu défavorisé ou un handicapé peut s’épanouir grâce à ce jeu.
– L’échiquier mural permet de faire cours à toute une classe.
– L’écriture des coups permet un langage commun.
– On utilise en compétition une feuille de partie qui permet le souvenir précis d’une partie et l’analyse des parties d’autrui.
– C’est un jeu universel. Quand des joueurs d’échecs arrivent dans un pays qu’ils ne connaissent pas, ils demandent dans la première ville où se trouve le club. Vous ne parlez pas la langue d’un pays, vous entrez, vous jouez.
– C’est comme pour les musiciens, on n’a pas besoin d’être polyglotte pour se comprendre.
– Plus tu deviens fort, plus tu as envie de progresser et de continuer.
– La plus grande difficulté aux échecs n’est pas technique, elle est psychologique : apprendre à perdre sans se détester.
– On apprend à ne pas plonger dans le regret après une défaite, ni de se laisser emporter par l’orgueil après une victoire. Il faut penser à la partie suivante sans s’attarder sur son ego.
– C’est un immense chemin qui s’ouvre à toi et qui est littéralement sans fin.
– On ne perd jamais aux échecs, soit on gagne, soit on a beaucoup appris !
Les échecs, un jeu égalitaire
– C’est un jeu qui ne fait aucun différence selon l’âge, le sexe, etc. Un enfant de 7 ans peut jouer sans problème contre une personne de 77 ans, un masculiniste peut jouer contre une fêle jeune fille de 16 ans et être écrasé, un handicapé peut venir avec son fauteuil roulant… tout le monde se retrouve sur un pied d’égalité.
– Avec 1.572 points Elo, le jeune Indien Sarwagya Singh Kushwaha, âgé de 3 ans 7 mois et 20 jours, est devenu le plus jeune joueur classé par la Fédération internationale des échecs (FIDE) en cadence rapide (5 décembre 2025).
– Le jeune Américain Abhimanyu Mishra devient en 2019 le plus jeune maître international à l’âge de 10 ans, 9 mois et 3 jours, et en juillet 2021 le plus jeune grand maître international à l’âge de 12 ans, 4 mois et 25 jours.
– Les échecs sont d’abord l’art d’éviter les bêtises.
– Les deux joueurs sont à égalité parce qu’il n’y a pas de hasard. Sans erreur de part ou d’autre la partie se termine par la nulle, l’égalité. Entre deux GMI, il y a bien plus de parties nulles que de parties gagnées.
– Les Blancs ont certes l’avantage du trait. Mais avec les Noirs, il suffit de suivre les pas des Blancs pour danser harmonieusement avec son partenaire… et on arrive à la nulle.
– Quand on perd, aucune excuse, aucune animosité envers l’adversaire. Nous sommes pleinement responsables.
– Si j’essaye de progresser ce n’est pas normalement au détriment d’un « adversaire », mais seulement de moi-même. On joue avec des partenaires, jamais des ennemis. Il en est autrement uniquement parce que notre société marchande nous formate non seulement pour la compétition économique mais aussi pour le sport.
– Le système libéral centré sur la concurrence nous fait ressentir le jeu d’échecs comme une partie au cours de laquelle on devrait « tuer » son rival. Ce n’est pas là l’âme du jeu d’échecs.
– Parcourir mentalement l’échiquier, c’est surtout accompagner une méditation à deux sur 64 cases.
– Le jeu d’échecs se joue certes à deux habituellement, mais n’importe quel spectateur peut rentrer dans la partie en observant la position. Quel coup jouer ? Qu’est-ce que j’aurai fait à la place du joueur ?
– Contrairement aux sports physiques, on se met réellement à la place des joueurs. C’est pour cela que médiatiquement ce sport devrait être roi, mais on préfère les jeux de balle sur nos écrans télé.
– Le Comité national olympique français (CNOSF) ne reconnaît traditionnellement aucune fédération nationale des sports cérébraux.
– À l’occasion de l’Assemblée Générale du CNOSF du 30 mai 2024, une nouvelle étape a été franchie, avec le vote à 96,98% en faveur de l’adhésion définitive de la FFE (Fédération française des échecs) au CNOSF.
– Le Comité international olympique (CIO) reconnaît, depuis 1999, les fédérations internationales du bridge et des échecs.
Le classement Elo des joueurs d’échecs
– Classement ELO, du nom de son inventeur, Arpad Elo
– Atteindre 1400 Elo FIDE signifie que vous êtes un joueur de club compétent. À 1800, vous êtes un fort amateur. À 2000, vous dépassez 90% des joueurs classés
– Le classement Elo moyen des adultes en France est de 1625 (FFE, juillet 2020).
– En 1997, Deep Blue bat Garry Kasparov, un ordinateur défait un champion du monde.
– Magnus Carlsen a réussi à monter son classement Elo jusqu’à 2889 soit 33 points de plus que le précédent record détenu par Garry Kasparov.
– Candidat hors course, un ordinateur d’échecs arrive à 3300 points Elo. Le plus fort joueur de la planète ne peut plus le battre.
Les échecs entre passion et obsession
Pour le joueur qui a construit une part de son identité autour de ce jeu, qui s’est entraîné des centaines d’heures, qui a sacrifié des soirées entières et parfois davantage, la défaite touche à quelque chose d’essentiel.
La passion
– Dans une période où tout va trop vite, se mettre à réfléchir pendant quarante minutes devant un échiquier et oublier le reste, ça fait du bien.
– Depuis qu’il s’est mis aux échecs, mon fils ne réclame plus de jeux vidéo
– Dire : “J’ai passé quatre heures à jouer aux échecs”, c’est mieux que “j’ai passé quatre heures à jouer Call of Duty”. »
– Deux millions de joueurs en ligne et seulement 86 000 licenciés
– Ce que l’application ne peut pas donner, un adversaire en chair et en os.
L’obsession
– Les Échecs sur le Net privent du face-à-face, et n’offre en aucun cas l’immense et fugace plaisir d’une vraie rencontre
– Les échecs, c’est vraiment dévorant.
– Chess.com, c’est l’addiction la plus forte qu’on puisse avoir.
– Ton pouls s’accélère, ton stress monte, c’est pire que le crack.
– Le doomchessing n’a pas encore de nom officiel, il existe depuis que Chess.com a construit une interface conçue pour retenir, relancer et ne jamais vraiment laisser partir les joueurs.
– Le « doomchessing », ou la toxicomanie des échecs : « Parfois, au milieu même d’une conversation avec moi, il commence à jouer »
– A trop vouloir chercher la perfection, on finit par ne jamais agir
Conclusions
Les échecs, c’est un loisir, parfois une passion, dès fois un enfermement… à éviter
L’écologie politique n’attache normalement aucune importance aux joueurs d’échecs. Mais le jeu d’échecs est quand même un avantage du point de vue de la sobriété heureuse. Il prend peu d’espace pour y jouer, on peut réunir des centaines de joueurs sur l’équivalent d’un terrain de foot. Il utilise peu de ressources naturelles, les pièces nécessitent très peu de bois et peuvent durer bien plus qu’une vie. Aucun déchet non recyclable pour une occupation qui peut nous motiver pendant des heures et des journées… et les parties par Internent économisent les déplacements physiques…
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