sports et loisirs

Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Covid-19, les footballeurs en complet désarroi

Qui dit championnats à l’arrêt, dit absence de recettes de billetterie et, surtout non-versement d’une partie des droits télévisuels. Un gros trou dans les caisses ! La Juventus Turin a annoncé, samedi 28 mars, qu’elle ne versera pas de salaires à ses joueurs de « mars à juin ». Ces différentes décisions ne sont pas du goût des représentants des joueurs. « Nous sommes extrêmement inquiets qu’un nombre important de clubs, dans plus d’une demi-douzaine de pays, aient commencé à mettre [les joueurs] au chômage technique ou réduire unilatéralement leurs salaires », a déclaré, vendredi 27 mars, le syndicat mondial des footballeurs professionnels. Quelques commentaires sur lemonde.fr* :

yeux ouverts : Dans l’Equipe « Di Maria vit mal son confinement » dans son 350 m2 parisien, alors que Neymar fait du beau volley à Copacabana… no comment !

Hawthorne Abendsen : Personne n’est à plaindre dans ce monde irréel déconnecté de la réalité. Mes enfants sont médecins avec des salaires inférieur a une secrétaire de club de foot… Sans autres commentaires.

JLMUL : Cela serait le summum du cocotier que l’on paie les stars avec nos impôts comme si c’était des smicards sans réserve !

Pascalou : Dans l’article, « Le danger, c’est d’avoir des disparités colossales. On a des situations très hétéroclites, qui nécessitent un accompagnement ». Oui, que les footeux les plus riches soient solidaires avec les footeux les plus pauvres. On n’a pas à payer pour eux.

L’équipe : Dans le journal L’Equipe du vendredi 7 février 2020, un article : Les salaires de la Ligue 1, La valse des millions. Le champion de France paie à prix d’or ses stars et sait les retenir avec des augmentations pharaoniques. Salaires mensuels bruts en euros de : Neymar: 3 060 000. M.bappé : 1 910 000. Thiago Silva : 1 500 000. Cavani : 1 345 000. Marquinos : 1 200 000. M.Verrati : 1 200 000. A.Di Maria : 1 100 000. K. etc.

Bruno BOUSSUGE : La démesure de certaines rémunérations de stars sportives qui semble « éclater » au plein jour sont parfaitement connues. Peut-être simplement, mais ce n’est même pas sûr, que cela n’est plus tolérable dans le nouveau contexte qui émerge en ramènant brutalement a l’essentiel. et qui éloigne, au moins provisoirement, d’une vacuité faussement emplie de divertissements…

BobZ : Si le covid-19 pouvait débarrasser la planète de tous les excès du football pro, en finir avec ce business obscène et ramener ce sport à une pratique amateur ce serait une vraie bonne nouvelle ! Je crois que personne ne va pleurer sur les footballeurs pro.

Sur notre blog le 29 août 2018, Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

* https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/03/29/football-les-clubs-reduisent-les-salaires-les-syndicats-de-joueurs-reclament-un-cadre-commun_6034813_3242.html

Covid-19, les skippers en complet désarroi

Un bateau sous cloche c’est toujours des salaires qu’il faut continuer à verser et des amortissements à assumer. C’est selon la taille des armements entre 2 et 3 millions par an… que l’on courre ou pas. En conséquence les skippeurs s’interrogent sur la capacité qu’auront leurs sponsors « à encaisser le séisme économique » provoqué par la pandémie. Ils savent ce que valent les contrats, du moins tant que la croissance des entreprises permet de dégager des budgets de communication. Or, quand la machine est grippée, ces budgets sont les premiers sacrifiés. Nous connaissons la règle : « c’est la réclame qui saute quand les affaires ne vont pas bien. » Quelques commentaires sur le monde.fr* :

Régis F : Les journalistes sportifs au chômage technique svp. Ne cherchez pas à occuper votre temps à écrire ce type d’articles obscènes.

Test : Ils peuvent faire le Vendée Globe à la maison, comme nous !

Izy : Qu’ils rament. Comme tout le monde.

Michel Brun : Voila effectivement une question essentielle qui peine la planète entière, le sort des skippers. Ils sont gentils les skippers. Ils naviguent à la voile. Cela ne pollue pas, c’est bien pour le climat. Et les footballeurs ? Ils vont bien les footballeurs ? Pas de problèmes de sponsors ? Et les patineuses confinées chez elles et à l’abri de leurs entraîneurs. Elle sont soulagées ? Racontez nous !

Nezrond : J’insiste sur ce sujet essentiel : et les primes de match des joueurs de D1, on y pense ?

Ektor : Les sponsors pourraient’ils sponsoriser les hôpitaux publics ?

Philippe de Bretagne : En direct de Bretagne, je vous avoue trouver quelque peu indécent de pleurer à ce sujet lorsque des milliers de personnes se battent pour la vie d’autres. Dans la même veine, que les JO soient supprimés ne m’émeut pas le moins du monde au regard de la gabegie financière qu’ils représentent. Et si le covid 19 nous donnait d’entrevoir l’espace d’un instant, ce que pourrait être un monde qui pollue moins, dont les loisirs dépensent moins que pour la solidarité avec les plus fragiles…

CamilledeLyon : Si cette crise pouvait mettre un coup d’arrêt aux excès du sport-spectacle dont ces « formules 1 des mers » sont, avec quelques autres sports terrestres, le symbole, je ne pleurerai pas sur le sort de cette industrie et de ses quelques équipages qui se prétendent, pour justifier leur existence vaniteuse, à la pointe de la technologie et du Progrès…

Sur notre blog le 30 juin 2008, bateau, coulé

* https://www.lemonde.fr/sport/article/2020/03/28/coronavirus-les-skippers-se-demandent-si-leurs-sponsors-vont-encaisser-le-seisme-economique_6034743_3242.html

De la neige hélitreuillée pour skier

Même la ministre de l’écologie réagit : « Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible. »* Le directeur du syndicat mixte à Luchon-Superbagnères, conscient que ce n’est pas hyper écologique, se défend : « C’est vraiment exceptionnel, on n’a pas eu le choix cette fois-ci. » C’est en fait la faute du conseil départemental de Haute-Garonne qui sait calculer le bon rapport coût/bénéfice : « En termes de retour sur investissement, il faut multiplier au moins par 10 ». Les skieurs sont contents et 50 à 80 personnes vont pouvoir travailler grâce à cette opération aérienne. Voici quelques réactions sur lemonde.fr :

Hotdog : Ah, ils n’avaient pas le choix. Alors si tous ceux qui n’ont pas le choix continuent de déverser des gaz à effet de serre pour des activités de loisir, on n’est pas près de s’en sortir.

mille sabords : Rappelons qu’il y a peu, des ourses aussi sont arrivées en hélico dans les mêmes coins, pour contourner des « amis de la nature-sans-les ours » très agressifs. Gageons que si on lâche de la neige par hélico pour garder ses touristes, c’est qu’on peut également chasser l’ours par la voie des airs pour garder ses brebis. Quelle époque !

Raphou : Le problème ce n’est pas que les responsables d’une station de ski aient utilisé l’hélico. Le vrai problème, c’est qu’ils aient pu le faire pour une somme d’argent si faible. La seule manière de réguler efficacement la pollution, c’est par l’argent. Il n’y a pas d’utilisation plus ou moins justifiée de l’énergie : que ce soit pour transporter de la neige, chauffer des terrasses, faire rouler une voiture pour aller au boulot, faire tourner un serveur informatique, engraisser du bétail, faire voler un avion ou chauffer une maison mal isolée, chacune utilise l’énergie en fonction du budget dont il dispose et du retour sur investissement qu’il espère. Si on décide que c’est anormal de transporter de la neige par hélico, alors on surtaxe le kérosène (donc le pétrole) d’un facteur 10, mais alors l’impact sera le même pour l’avion, la voiture, les tracteurs ….

Jean Puplu : Une belle illustration de comment le vieux monde n’en fini plus de finir. Ça fait 20 ans que les stations de moyenne montagne voient leur enneigement baisser inexorablement. C’est une constatation, et même les climato-sceptiques ne peuvent nier ce fait. Personne n’a jamais voulu changer d’approche. Personne. La on est au paroxysme de cette inadaptation. « C’est pour sauver des emplois », oui mais pour combien de temps ? Vous croyez que la neige va revenir et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Des millions de petits Titanic prennent l’eau tout autour de nous et on s’inquiète de payer les membres de l’orchestre ? Si on s’était réveillé avant, ils auraient appris à faire autre chose et on en serait pas là. Je ne sais pas si on a encore le temps maintenant…

Mister Z : Il est étonnant de voir comment on se préoccupe de l’emploi dans les stations alors que la destruction des charbonnages, du textile, de la sidérurgie, des chantiers navals, d’une bonne partie de l’automobile et de la chimie était passée sans autre chose que le sursaut de ces dizaines de millions de victimes en partance pour la casse sociale…

Doute : Bien sûr cela nous scandalise. Mais pour changer ces pratiques il faut changer de paradigme. Les acteurs économiques prennent des décisions en fonction des paramètres de coûts qu’ils ont : en l’occurrence c’était rentable. Équiper les stations de canons à neige c’est scandaleux mais c’est rentable. Tant que cette équation ne changera pas, rien ne changera. Il faut rendre ces pratiques non rentables et pour cela augmenter de façon considérable le coût de l’énergie, voire moduler les taxes sur l’énergie en fonction de leur utilisation finale. C’est incontournable.

Sur ce blog biosphere, nous voulons que la ministre de l’écologie Elisabeth Borne interdise totalement le tourisme à ski et que Macron impose la taxe carbone. On peut toujours rêver…

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

7 février 2018, Ne skiez pas, ni au Pla d’Adet ni ailleurs

27 décembre 2016, Des vacances de Noël sans chausser les skis

13 mars 2008, Non aux skieurs chinois

* LE MONDE du 18.02.2020 Livraison de neige par hélicoptère dans les Pyrénées : « Ce n’est pas une voie possible », critique Elisabeth Borne

Sport spectacle, pieds nus et tout nus

C’est la fin programmée des records mondiaux : le sportif utilisait 65 % de ses capacités physiques en 1896 (début des JO), contre 99 % actuellement et 99,95 % en 2025 si on prolonge les tendances. Les sportifs de haut niveau s’entraînent dorénavant plusieurs heures par jour contre presque rien  en 1896 ; ils ont des préparateurs physiques, une gestion rationnelle de l’alimentation, on atteint les limites, on échappe normalement au délire olympique du « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Alors reste les prothèses technologiques et cela pose débat. La pharmacopée dopante est prohibée, fin officielle du dopage. La combinaison de natation grâce à laquelle la peau des nageurs s’apparentait à la peau des dauphins (en polyuréthane) est désormais interdite : elle augmentait la vitesse des nageurs de 3 %. Aujourd’hui se pose le problème des chaussures.

Les nouvelles Vaporfly de l’équipementier Nike relèvent du dopage technologique : des sandales qui allient« légèreté de la chaussure », « amorti, stockage et renvoi de l’énergie [grâce à la semelle en mousse zoomX] » et « rigidité en flexion [permise par la plaque en fibre de carbone] »*. Des innovations qui conduisent à une amélioration des performance jusqu’à 4 % en moyenne à une vitesse de 18 km/h . Le 12 octobre 2019, le Kényan Eliud Kipchoge, chaussé du dernier prototype de Nike, avait abaissé pour la première fois la barrière des deux heures sur marathon. En 2 h 14 min 4 secondes, sa compatriote Birgid Kosgei avait éclipsé des annales le record du monde féminin de la Britannique Paula Radcliffe. World Athletics, la fédération internationale, n’est pas allée jusqu’à l’interdiction des chaussures déjà sur le marché. Elle a en revanche annoncé, le 31 janvier 2020 geler l’introduction de toute nouvelle technologie dans les chaussures jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août 2020). Les équipementiers devront désormais faire valider chaque nouvelle innovation par un groupe d’experts, mais World Athletics, se dit « ouvert à un dialogue contenu avec les fabricants de chaussures ».

A la différence du maillot de bain qui paraît pour les pudibonds indispensable dans les compétitions de natation, il n’y a aucune obligation aujourd’hui à mettre des chaussures pour courir en compétition. Tour le monde devrait connaître l’Éthiopien Abebe Bikila, vainqueur pieds nus du marathon olympique de Rome en 1960. En 1996 aux JO d’Atlanta, les athlètes comoriens, dont la Fédération n’avait pas les moyens de leur offrir les dernières chaussures de sprint qui équipaient leurs adversaires, ont couru pieds nus pour protester contre la « course à l’armement ». Imaginons un athlète prometteur et ambitieux. Il se fait amputer au dessous des genoux pour se faire poser une prothèse en lames de carbone : il y aura restitution de 30 % d ‘énergie en plus que le pied quand il était intact. La course à pied peut-être, mais pieds nus puisque le sport n’est en soi ni une performance nationaliste, ni le spectacle de sa marchandisation. Les sportifs doivent rester des amateurs et pratiquer les Jeux Olympiques comme dans l’antiquité, entièrement nus de la tête aux pieds, et sans sponsors. Pour bâtir un alter-JO écolo, nous suggérons aussi la fin de l’hyperspécialisation : chaque athlète devrait concourir dans quinze disciplines différentes. Enfin l’écologie devrait être aux avant-postes : pas de déplacement des sportifs et des spectateurs, chacun concourt près de son lieu de résidence pour éviter le coût énergétique des déplacements…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphère :

29 août 2011, artificialisation du sport et fin de la compétition

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

* LE MONDE du 1er février 2020, Les « chaussures miracles » Vaporfly de Nike autorisées aux Jeux olympiques, mais…

Rallyes, plus de 65 litres aux 100 kilomètres

Le premier ministre Pierre Messmer avait réclamé le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national. Il est vrai que le prix du baril avait quadruplé suite à la guerre du Kippour, l’essence devenait brutalement très chère. Messmer impose aussi les vitesses de 90 km/h sur route et 130 sur les autoroutes alors qu’auparavant on roulait comme on voulait. On n’avait pas de pétrole, il fallait avoir des idées ! Le prix du baril fait accepter des dispositions coercitives. Cette année 2020 on pourra assister en juin à une course Formule1 sur le circuit du Castellet alors que le pétrole devrait au bas mot valoir 1000 dollars le baril et l’essence à 10 euros le litre. Ce serait là juste témoignage de la raréfaction du pétrole et de la lutte contre le choc climatique.

LE MONDE* nous conte cette semaine les paradoxes du championnat du monde « WRC » (World Rally Championship) : Au niveau environnemental, le collectif « Ras le rallye » a organisé une manifestation à Gap le 25 janvier. Ce qui est nouveau, c’est l’écho sur l’opinion publique. « Le rallye de Monte-Carlo représente les “trente glorieuses”, un moment où très peu de personnes avaient conscience des conséquences des activités humaines sur le climat, explique leprésident de la Société alpine de protection de la nature. C’est complètement dépassé. » De fait, en ces temps de fonte accélérée des glaciers, il est compliqué de justifier le soutien à une activité consistant à faire rouler en pleine montagne des voitures qui consomment plus de 65 litres aux 100 kilomètres. Malgré le soutien des industriels, la FIA (Fédération internationale de l’automobile) a conscience des menaces liées à l’angoisse climatique qui pèsent sur la compétition automobile. C’est l’opération mise au vert, hybridation du rallye, création d’une Formule E tout électrique dès 2014. Cette évolution ne fait pas que des heureux. « Ce que j’aime, c’est le bruit », confesse un spectateur. « Les écolos de Gap, je les connais, ils ont de gros 4 × 4, comme tout le monde ici. »

bagacum rey : Quand j’étais gosse, ce rallye faisait l’objet de reportages à la une d’un magazine, Auto-moto 1, si ma mémoire est bonne. Il me faisait rêver mais c’était le décor que j’appréciais le plus, moi le petit môme de la plaine qui n’avais jamais mis les pieds en montagne. Les voitures dérapant ou se faufilant entre rangées de spectateurs et bourrelets de neige, tout cela me fascinait. 45 ans plus tard, je ne vois que futilités et nuisances dans un monde qui a profondément changé.

Ced5999 : J’étais au rallye de Monte Carlo cette année. Et pourtant je suis un ecolo relativement radical au niveau des idées. Je vais d’ailleurs chaque jour au boulot en vélo, qu’il pleuve ou qu’il neige, et ce n’est pas toujours simple a faire. Mais avant de critiquer le rallye de Monte Carlo pensez a stopper vos achats de Suv ….

Jean Rouergue : Comment stopper les achats de grosses cylindrées si à coté on présente toujours des courses publicitaires de rallyes pour stimuler l’achat de ces véhicules ? Pédaler ne suffit pas, il faut aussi réfléchir sur les chemins à suivre..

P.NK1 : « 65 litres aux 100 kilomètres » … c’est pas abusé alors que la planète crame ? Honte à Toyota et aux autres écuries.

Jean Rouergue : Ces courses, ces rallyes, cette vitesse, tout cela est dépassé, d’un autre temps, le temps où notre planète n’avait pas de limite, où nos ressources étaient infinies, nos pollutions négligeables… La course de vitesse est la course d’un vieux monde. Elle perdure encore en quelques domaines comme la 5G…

Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

5 janvier 2010, supprimons les courses automobiles

4 janvier 2010, Padak, pas d’accord

16 mars 2008, la F1, à supprimer

* LE MONDE du 29 janvier 2020, Des rallyes en froid avec la lutte pour le climat

Kobe Bryant est mort, ça n’a aucun intérêt

NBA et autres spectacles où on joue à la baballe sont les symboles d’une société du spectacle, une source de divertissement, dans le sens de divertir, faire diversion, « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». LE MONDE* consacre pourtant tout un article à un ancien champion américain de basket ; Kobe Bryant est mort dans un accident du ciel. Son hélicoptère, qu’il avait tant de fois emprunté pour faire la navette entre son domicile et l’antre des Los Angeles Lakers, s’est écrasé dans les collines. Voici quelques extraits significatif de l’article : « Le « Black Mamba » n’est plus et la sidération est immense… Il peut agacer son entraîneur en ne respectant pas les consignes pour prendre un tir risqué… Désormais maître incontesté du navire Lakers, l’acharné compétiteur grogne, insulte ses coachs, affuble ses partenaires de sobriquets désobligeants, voire refuse de leur passer la balle… Accusé de viol par l’employée d’un hôtel du Colorado en 2003, Kobe Bryant voit ses sponsors le lâcher, et son image s’assombrir… « Un sacré connard », synthétisera le Canadien Steve Nash, son coéquipier pendant trois saisons. » Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Thucydide : J’ai découvert l’existence de cet individu le jour de sa mort. En ferait-on autant pour la mort d’un grand scientifique ? La société a les héros qu’elle mérite.

HUBERT MENSCH : Quelle « Une » du MONDE fascinante, suspendue quelque part entre Voici et Gala. Goici ou Voila ?…

Laurent Outang : Malgré tout le respect que j ai pour cette personne (et toutes celles qui meurent un jour d’ailleurs ). Voir la mort d un sportif faire la une du Monde me laisse pantois !

mille sabords : Rest in peace, certes. Mais ni vous ni moi ne risquons l’accident d’hélicoptère pour rentrer chez nous. Le vélo a un avantage, c’est qu’il pollue moins que l’hélico., et un inconvénient : si vous êtes tué en vélo sur la route de la maison, cela ne fera pas une ligne dans Le Monde. Morale très à la Trump : « polluez comme des fous, même pas grave si vous faites parler de vous… »

René B. : pour sauver la planète je ne prends plus mon hélicoptère pour aller au supermarché.

Le Basque  : Pas une once de compassion dans ces commentaires pour cet homme exceptionnel qui a fait rêver des millions de jeunes à travers le monde et qui disparaît à 41 ans avec sa fille. Je vous plains…

pour en savoir plus, Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

* LE MONDE du 28 janvier 2020, Avec la mort de Kobe Bryant, le basket perd l’un des plus grands joueurs de son histoire

Le sport-spectacle, on tourne en rond

Taylor Phinney, ex-prodige du cyclisme mondial, perd les pédales à 29 ans et devient réaliste : « Mon ego était énorme quand j’ai commencé la compétition. Mes héros de jeunesse n’étaient guidés que par cela. Ces rencontres m’ont laissé un goût amer mais, dans le même temps, j’encourageais cela chez moi… Ce qui rend le cyclisme magnifique à regarder, c’est la hiérarchie du peloton qui repose sur la souffrance. Celui qui dicte le rythme fait mal aux autres. Les autres suivent jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus ou deviennent à leur tour celui qui fait souffrir le reste. On est dans une cage et soit on est le plus fort, soit on se fait fouetter… Les cyclistes sont malheureux, insatisfaits, déprimés, mais excellent à faire taire ces voix, comme ils arrivent à repousser la souffrance… En course, c’est un océan de négativité, bouffe pourrie, temps pourri, voyages pourris. C’est toxique, je ne le supportais plus. C’était dangereux pour ma santé mentale… J’ai pris beaucoup de décontractants musculaires, de somnifères. Quant aux antidouleurs, bien sûr, ça rend la course plus facile, ça te permet d’aller plus loin dans tes retranchements. Mais ceux qui en prennent sont accros à l’opium. Ils en souffriront toute leur vie… La vie de cycliste est une chose absurde : pourquoi partir d’un point A pour y revenir après quatre heures de selle ? Pourquoi pédaler contre les autres plutôt que de réfléchir à la façon dont le vélo peut résoudre la crise environnementale ? » Ses futurs enfants ne feront pas de sport de haut niveau.*

Critiquer le vélo parce que c’est se rendre d’un point A et y revenir, autant le dire pour tous les sports spectacles : course à pieds, vélo, natation, etc. etc. Il y a une contradiction flagrante entre les termes activité physique et sport professionnel… Le sport-spectacle qui empêche les gens de pédaler pour la planète devrait être interdit, le Tour de France cycliste n’a aucune raison valable de perdurer, les courses automobiles et autres compétitions qui tournent en rond et détériorent la planète sont une abomination climatique, chacun devrait percevoir l’absurdité du sport-spectacle et quitter son fauteuil et sa télé pour s’activer par soi-même.

* LE MONDE du 27 décembre 2019, Taylor Phinney, le cyclisme et ses « 99 % d’emmerdes »

Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur « sports et loisirs ». Pour nous la société du spectacle, donc le sport médiatisé et les loisirs futiles, sont une source de divertissement, dans le sens « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». Nous traitons ces activités humaines selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

15 décembre 2019, Miss France 2020, que disent les féministes ?

22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

29 juillet 2019, Fortnite lobotomie, oublier la réalité

8 juillet 2019, Jean-Marc Rochette, adepte de la décroissance (et auteur de BD)

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance (Larry Ellison)

et une petite escapade en 2018 sur notre bête noire, le foot spectacle

29 août 2018, Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

1er août 2018, BIOSPHERE-INFO, futilité du mondial de foot

14 juillet 2018, Total football. Mondial, une arme de diversion massive

10 juillet 2018, Les Belges ou les Français en finale, on s’en foutait

29 juin 2018, Mondial 2018, pour l’élimination de l’équipe de France

13 juin 2018, Le football est coupable de notre décervelage

Des vacances de Noël sans chausser les skis

Sur ce blog biosphere, nous allons à contre-courant, vomissant les loisirs à ski alors que cette activité a envahi la planète. Dans les années 1990, la Chine comptait seulement 500 skieurs à peine, pour la plupart des professionnels. Aujourd’hui le ski est la nouvelle coqueluche chinoise ; les stations aménagées autour de Pékin fonctionnent toutes avec de la neige artificielle, on compte dix usines à touristes à moins de 80 kilomètres de la capitale. Sous le dôme de Ski à Dubai, qui contient 6000 tonnes de « vraie » neige, les pistes en poudre de neige ont été disposées en terrasses pour prévenir tout risque d’avalanche dans la chaleur torride du désert !

Avec ses remontées mécaniques modernes et ses domaines skiables reliés, la France offre 350 stations de ski dans 7 massifs. Comment résister devant les snowparks, le snowboard, le freestyle, les boarder cross, les slaloms et les bosses, l’espace ludique Ludo’Glyss et le speed-riding ? Comment expliquer qu’il ne faut pas skier ? Comment expliquer cela dans un monde sur-développé où les loisirs sont devenus un art de vivre ? Comme amener les touristes des sommets à ne plus aimer les vacances à la neige ? Comment faire ressentir que la montage ensevelie dans son manteau neigeux ne peut que mieux se porter sans tire-fesses, nacelles et autres remonte-pentes ? Le skieur qui ne s’occupe que de la réussite de ses vacances peut-il glisser sans se poser quelques questions sur une neige vomie par des canons alimentés par l’eau qu’on est allé chercher deux mille mètres plus bas dans la rivière ? Comment convaincre des gamins qu’on amène en classes de neige que skier n’est pas bon pour la planète ?

On ne peut maintenir la montagne « propre » quand on y multiplie les immeubles et les remonte-pentes. Ce n’est pas un loisir qui préserve la Biosphère que de déplacer des citadins en mal d’air pur vers de lointaines destinations où on va recréer la ville pour poursuivre des activités inutiles. On remplace les files dans les embouteillages par les files devant un remonte-pente. Ce n’est plus l’a montagne quand on pratique la neige « cultivée ». La consommation d’eau en France pour produire de la neige atteint 15 millions de mètres cubes, un chiffre presque comparable aux 25 milliards de m3 qui servent au remplissage des piscines privées. Il faut aussi 108 millions de kWh pour nourrir les canons à neige qui se multiplient pour pallier réchauffement climatique. De toute façon nous sommes sereins, l’avenir est à la disparition des stations de ski avec le réchauffement climatique.

Miss France 2020, que disent les féministes ?

Laurent Ruquier : « On n’en peut plus de l’élection Miss France ! C’est ringard. Il faut être logique : si on veut être féministe, on doit boycotter aujourd’hui le concours des Miss France ». Mais il a dit ensuite que c’était une blague, faut défendre les intérêts de la télé !

Geneviève de Fontenay, ancienne organisatrice de cette foire à bestiaux: « Sans les charmes il y en a qui n’auraient pas eu le destin qu’elles ont eu… Il y en a beaucoup pour lesquelles ça a changé leur vie… » Étonnant pour une femme d’être pour la promotion canapé !

Vaimalama Chaves, Miss France 2019, : « Participer à @MissFrance est un choix, c’est l’expression de la liberté de choisir, du droit de s’exprimer de chaque candidate à l’élection. Pourquoi serait ce contraire au féminisme ? » Vaimalama, sais-tu définir ce qu’est le féminisme ?

Camille Cerf, ancienne miss France : « C’est vrai qu’on m’a souvent posé la question, « peut on être Miss France et Féministe ? ». Ce à quoi j’ai toujours répondu que OUI. Faut il rappeler ce qu’est le Féminisme ? Je ne vois pas ce que l’égalité H/F vient faire dans le questionnement de la légitimité du Concours. » Circulez, y’a rien à voir.

Zozibini Tunzi, Miss Univers, une Sud-Africaine aux cheveux courts et crépus et au discours plutôt engagé : « J’ai grandi dans un monde où une femme comme moi, avec mon type de peau et mon type de cheveux, n’a jamais été considérée comme étant belle. Je pense qu’il est temps que ça change aujourd’hui. » Mais pourquoi dans ces concours n’y a-t-il personne de taille modeste et bien enveloppée ? Pour ces concours d’étalage de viande, les femmes doivent correspondre à des critères de « beauté ».

Alix Chazeau-Guibert, porte-parole de l’association Osez le féminisme : « faut-il en passer par un concours misogyne pour réussir à être entendue ? »,

En France, les conditions pour candidater au concours de Miss France 2020 sont vraiment misogyne : « ne pas être ni avoir été mariée ou pacsée, ne pas avoir eu ni avoir d’enfant. » Une mesure discriminatoire, qui serait interdite s’il s’agissait d’un recrutement, mais que l’on accepte pourtant pour ce concours. Rien ne change, les hommes sortent encore une fois vainqueurs : ils ont les défilés de Miss pour le fun et les match de foot pour le mental. La société du spectacle joue son rôle dans tous les domaines, nous divertir, c’est-à-dire détourner notre attention des choses qui comptent. Le vrai succès des Miss France remonte à 1986, première retransmission télé du concours, un soir de réveillon chez Guy Lux. L’audimat grimpe en flèche, le concours s’installera sur la première chaîne. Notre société n’est pas encore mûre pour l’égalité des sexes, ni pour la lutte contre le réchauffement climatique. Imaginez Greta Thunberg essayant de devenir miss Univers… Pourtant nous sommes serein. Qui se souviendra demain de Maëva Coucke (Miss France 2018), de Vaimalama Chaves l’an dernier, ou de la nouvelle Miss France 2020 dont le nom n’a aucune importance ? Qui se souviendra de Greta Thunberg ? Beaucoup de monde, elle est monté plusieurs fois sur un podium, mais c’était pour nous dire qqch, pas pour montrer ses jambes et son décolleté ! Elle sera dans les livres d’histoire…

SUV ou Climat, faut savoir choisir !

200 millions de SUV vendus en 2018, désastreux ! Le boom des Sport Utility vehicle menace de réduire à néant les tentatives du secteur automobile de réduire ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) a prévenu l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Son directeur, Fatih Birol, tape aussi sur les véhicules électriques : « Est-ce synonyme de décarbonation ? Absolument pas, la moitié roulent en Chine, où les deux tiers de l’électricité sont produits par des centrales à charbon. » Nos errements se multiplient. Dans un rapport publié eni 2012, l’Agence internationale de l’énergie soulignait l’importance des impacts environnementaux du gaz de schiste : « Ce n’est pas un problème, c’est «LE» problème », indiquait Fatih Birol. Dans son rapport annuel 2010, l’AIE affirmait : « La production de pétrole conventionnel a atteint son pic historique en 2006, elle ne le redépassera jamais. Si aucun changement majeur n’intervient avant 2017, il sera impossible de tenir l’objectif d’une hausse maximale des températures de 2 °C d’ici à 2050. ». C’est en 2005 que l’AIE publiait la première édition du rapport « Economiser l’électricité en urgence ». Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Adrienne : Je suis stupéfaite par le manque de précision et le parti-pris de l’article. Je roule en SUV depuis 15 ans avec l’option 4X4, le premier consommait autour de 8l/100, le suivant était autour de 6,2, le dernier en attente de livraison est annoncé à 5l/100 (mais moins spacieux). Comment partir à la montagne pour le week-end à 4 avec 4 paires de ski et/ou snowboard et un chien de 35 kg avec une petite auto électrique (budget achat équivalent) ou prendre un autre moyen de transport quand on doit atteindre un hameau enneigé tard le soir ?

XXX : Je crois que votre problème va trouver sa solution d’ici peu: il y a de moins en moins de neige en Montagne et d’ailleurs avec la fonte du pergélisol il paraît qu’elles sont en train de s’effondrer. Et puis dans 10 ans votre chien sera mort et vos enfants ne partiront plus avec vous. Patience et courage !

Chriss : Si c’est pas l’exemple parfait de ce qu’on appelle « soucis de riches » ! Sans parler du côté égocentrique… Presque caricatural. Oulalah, et si on m’interdit de prendre l’avion, comment je vais faire pour mon weekend shopping à New York ! Vous ne vous rendez pas compte ! Dur la vie !

Edouard kidi : c’est en effet stupéfiant. Comment partir à la montagne en 4X4 pour skier sur de la neige artificielle produite par des canons à neige qui consomment moult énergie? Et faire une belle randonnée sur la moraine qui a remplacé le glacier disparu? Il faut assumer. Ou changer.

Michel SOURROUILLE : De toute façon les SUV ne sont qu’un des aspects du problème, on multiplie à l’heure actuelle tout ce qui consomme de l’énergie pour le simple plaisir, quads, jet ski, trottinettes électriques et autres gadgets motorisés. Notons pourtant que notre inconséquence a cela de bon que le choc pétrolier arrivera plus vite, soulageant par ce simple fait le climat, mais nous ne sommes pas du tout préparés à changer de mode de vie. Comment arriver à se priver d’un véhicule individuel quand le prix de l’essence sera multiplié par deux ou trois ?

Long spoon : Le vrai problème est le coût dérisoire de l’énergie qui permet de se déplacer sans effort assis sur 2 tonnes de ferraille. On peut ajouter que tout le pétrole extrait du sol finit dans l’atmosphère que l’on respire, SUV ou pas. Faudrait arrêter de se prendre pour Superman.

Oiseau sceptique : On ne peut pas accuser les constructeurs systématiquement, ils vendent ce que veulent leur clients ce qui est la base du commerce libre. Les vendeurs de voiture ne sont pas des saints: ils faut qu’ils bouffent, paient les traites de la maison rurbaine et les déplacements des enfants qui vont au sport. La seule chose qui peut arrêter la mode des SUV est une augmentation importante du prix du carburant, mais il parait qu’il ne faut pas martyriser les Gilets Jaunes !

Violette : Pourquoi n’interdit-on pas aux constructeurs automobiles de produire ce type de véhicule ?

Tsssssss : Juste sous l’article, au moment où je lis, deux pubs « outbrain » pour deux SUV, une pour une crossback E-tense, l’autre pour une autre Citroën (dont j’ai oublié le nom.)
Tout va bien, on va dans le bon sens…

Max bernard : Et les pub de toutes les voitures les plus luxueuses dans le supplément WE du Monde ! … Commerce ne rime pas avec raison et conviction !

Marius Albufera : Grâce aux primes gouvernementales, l’ industrie automobile et ses SUV se portent bien. On a aussi la prime au vélo électrique qui permet maintenant de s’ encombrer de batterie pour pédaler. On attend avec impatience le renouvellement de la prime énergie qui aidera les plus favorisés à installer le climatiseur de leur rêve. On arrête pas le progrès…

CM : Nous sommes individuellement pleinement responsables de la hausse du CO2. Inutile de s’en prendre aux constructeurs automobile, qui arrêteraient de produire des SUV si plus personne n’en voulait. Et merci d’éviter la bonne conscience du genre « j’ai un SUV mais je prends mon vélo », «  oui, mais c’est pour ma sécurité » etc…

François C.H. : Entendu ce matin sur France Culture l’émission de Philo sur David Hume: « Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l’égratignure de mon doigt« . Vous avez 2 heures.

Fortnite lobotomie, oublier la réalité

Le jeu Fortnite a remplacé les gadgets de l’année (shambala et autre scoubidous, hand spinner et bracelets brésiliens) dans les cours des écoles élémentaires. On y joue ‘forteunaïteu’ pour de faux en vrai ! Ce jeu phénomène rassemble pourtant 250 millions de joueurs. Pour la finale de la première Coupe du monde, 200 joueurs se sont affrontés les 27 et 28 juillet 2019. Le gagnant est parti avec 3 millions de dollars. On en fait des tonnes sur l’âge de Greta thunberg, égérie écolo de 16 ans… Personne ne s’insurge que des participants étaient mineurs mais « déjà connus du monde des jeux vidéo ». Les éliminatoires de cet epicgame (le jeu consiste à éliminer autrui pour rester seul sur une île !) étaient ouvertes aux 12 ans et plus ! Fortnite lobotomie, oublier la réalité et formater la jeunesse ! Les éliminatoires (le jeu consiste à éliminer autrui pour rester seul sur une île !) étaient ouvertes aux 12 ans et plus ! La société spectacle utilise l’informatique et bien d’autres supports pour manipuler la jeunesse. Il s’agit de faire le vide dans le cerveau pour boire du Coca Cola et s’enfermer dans sa chambres devant un clavier. Il faut bien que certains s’engraissent, Fortnite génère jusqu’à 300 millions de dollars de chiffre d’affaires certains mois. On joue l’apparence de la gratuité… avec possibilité d’effectuer des achats dans le jeu appelé « freemium ».

Du pain et des jeux, est-ce cela qui permettra à nos jeunes d’affronter tout ce qui ressemble à un effondrement probable de notre mode de vie ? Faut-il oublier le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources, l’extinction des espèces, le stress hydrique, la raréfaction halieutique, la dégradation des sols ?

Comment s’occuper autrement ? Il y a de très bons livres écrits pour éveiller les consciences, et beaucoup de jeux de société sans écran. Nos jeunes peuvent même comme Greta Thunberg faire la grève scolaire pour le climat plutôt que s’abrutir devant leur console de jeux…

Jean-Marc Rochette, adepte de la décroissance

« Je suis pour une décroissance radicale, pour un mode de vie plus simple. J’aimerais vivre dans une vallée en autarcie. J’avoue qu’un retour à la bougie ne me semble pas une si mauvaise idée que ça… mais avec quand même des dentistes. Si on pratique la frugalité, on s’en sortira. Le choix du renoncement est une qualité. Mais il est nettement plus facile de s’allumer une autre cigarette que de jeter le paquet. Il est toujours plus facile de continuer dans une voie même suicidaire que de rebrousser chemin et de changer de paradigme.

Pour être franc, je pense qu’au niveau global c’est foutu. L’humanité va aller où elle a décidé d’aller, à la catastrophe. Le train est lancé à pleine vitesse, il n’y a plus de pilote, et les passagers sont soit endormis par les neuroleptiques, soit totalement hystériques 2.0… Au niveau local, je parle du niveau du hameau, il y a sûrement de l’espoir : frugalité, partage, entraide, décroissance, le salut commence par au potager ! Quand je suis rentré de la face nord d’Ailefroide (3954 mètres dans le massif des Écrins) où j’ai failli perdre la vie, le maire du village m’a montré son champ de pomme de terre : le message était clair il m’a montré ce qui était important. »

Jean-Marc Rochette, auteur de BD, écologiste radical dès 1974, qui a pratiqué pendant longtemps la conquête de l’inutile et qui revient aux réalités. Son témoignage est dans le numéro spécial vacances de La décroissance, juillet août 2019, ainsi que beaucoup d’autres choses qui nous changent de la soupe médiatique ambiante. Pour 5 euros, une lecture coup de poing.

Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

Quelques titres pour vous donner l’eau à la bouche :

Le surtourisme (le voyage en solitaire ou à deux dans des contrées lointaines et peu fréquentées appartient à une époque révolue)

Trafic aérien, ça décolle à plein tube (On peut parler de réduire notre empreinte carbone, le transport aérien carbure)

La tonsure du patrimoine (le tourisme esquinte sérieusement les trésors historiques)

Protection reprochée (pour résister aux flots de touristes, certains sites ont fait le choix d’interdire leur accès)

A la recherche de l’aventure perdue (Les bonnes adresses, quand elles sont connues, n’en sont évidemment plus)

Croisières, tout le monde sur le pont (rien n’est plus polluant qu’un paquebot)

Coup de chaud sur le grand froid (les croisières au pôle infligent des dommages à l’environnement)

Tourisme humanitaire à terre (rendre service à l’étranger coûte cher)

Menu touristique (les attractions liées au vin et à la gastronomie se multiplient jusqu’à l’indigestion)

Au cul du monde (beaucoup de voyagistes annoncent le couleur, sexuelle)

Magical Bistouri Tour ( la Tunisie devenue le Paradis de la chirurgie esthétique)

Game of trop (Les Vikings envahis par les touristes, c’est la rançon du succès de l’Islande)

La lutte des places (entre Airnb et les municipalités, c’est : pas de quartier!)

Voyages de jeûne (moins on mange, plus c’est cher)

Chamanique amer (le tourisme néo-chamanique, à consommer avec modération)

War du pays (les zones à risque sont en plein boum !)

Les règles de l’exception (les super-riches ne carburent pas à l’ordinaire, il leur faut de l’étonnant)

Le vrai tourisme étoilé (le marché de l’exorbitant voyage dans l’espace)

Les dessins sont délicieux, comme d’habitude, exemples :

Le papa à ses enfants : « Il faut une alternative à l’avion, nous allons en vacances en rampant cette année. C’est long, mais tu profites du paysage.

Un couple arrive au guichet de l’aéroport : «  Ben, on vient faire du tourisme, quoi… » Le préposé : «  Terrourismo !! En Barcelona, la pronunciacion es Terrourismo »

Une touriste en Amazonie apostrophe les autochtones devant leurs huttes: «  C’est quoi, ici, le code Wifi ? »)

source : Canard enchaîné, numéro spécial, juillet 2019 : 1,4 milliard de touristes : Et moi, et moi, et moi…

Stations de ski et réchauffement climatique

Les Neiges Catalanes, ce sont 6 stations de ski alpin dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Entre Andorre et Méditerranée, la question brûlante de leur avenir a été soulevée lors d’une réflexion initiée par les JNE le 17 mai 2019 : « Changement climatique en zone de montage ». Tous les intervenants, la directrice du parc, le représentant de son comité scientifique, une chercheuse au CNRS… ont été unanimes : à l’horizon 2050, il y aura en moyenne lissée 3 à 4° Celsius en plus dans la région. Tous ont aussi notés les difficultés de penser l’adaptation à ce choc thermique, d’autant plus que les stations de skis locales pratiquent déjà la « neige cultivée ». Les chutes de neige sont aléatoires d’une année sur l’autre et la saison dure à peu près un mois seulement. La question de l’emploi présent et à venir inquiète donc tous les élus. Le parc régional compte 66 communes où vivent quelque 21 000 habitants, le potentiel agricole est limité dans ce territoire où on trouve des sommets à 3000 mètres d’altitude, l’industrie absente. Les familles et les municipalités ne trouvent leur équilibre financier que dans la saison d’hiver avec l’arrivée des skieurs. Un million d’euros investis dans un remonte-pente produit des revenus en cascade et des emplois induits. Mais quand il ne fera plus assez froid pour faire fonctionner les canons à neige, n’aura-t-on pas gaspillé en pure perte l’argent public ? Tel est le dilemme. Les intervenants parlent de catastrophe, de multiplication des friches touristiques. Déjà certaines stations de ski ont mis la clé sous la porte. L’hyper-spécialisation dans la neige est une impasse à laquelle on ne voit pas d’issue. Ce ne sont pas les bourdons qui vivent en nombre et en multiplicité d’espèces dans la réserve naturelle de la vallée d’Eyne qui vont produire un nouveau tourisme de masse. Comme l’exprime brutalement un des locaux, « sans la neige, il n’y a plus rien ». On ne peut pas revenir d’un coup de baguette magique à la situation d’autrefois, une région qui vivait quasi en autarcie. Alors la question se pose dorénavant au niveau national, réfléchir à une improbable adaptation ou agir vraiment pour que les émissions de gaz à effet de serre soient drastiquement réduites.

Un rapport rédigé par les sénateurs Ronan Dantec et Jean-Yves Roux sur l’adaptation de notre pays aux dérèglements climatiques au mitan du siècle a été publié le 16 mai dernier. Il nous annonce d’ici 2050 une France à + 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle avec un climat méditerranéen sur la moitié de l’Hexagone. Il conclut en substance que la France n’est pas préparée au choc. Après un premier « plan national d’adaptation au changement climatique » en 2011 suivi de nul effet, on envisage un deuxième pour la période 2018-2022, avec 3,5 milliards d’euros voués entre autres à l’accompagnement des territoires les plus vulnérables face au changement climatique » (dont le tourisme associé aux sports d’hiver). Mais ces deux textes sont non normatifs, ils appartiennent à la catégorie de la langue de bois, une caractéristique de notre monde politique, qui dit et redit que demain tout ira mieux ! Entre les deux stratégies, « éviter l’ingérable » et « gérer l’inévitable », les sénateurs penchent pour l’idée de privilégier l’adaptation : « Nous nous adapterons, car c’est le propre de l’humanité de s’adapter ». Mais on vient de voir que cette méthode est inapplicable dans certains territoires. N’oublions pas qu’il ne s’agit pas seulement de nos montagnes où l’enneigement continue de diminuer, mais aussi des zones littorales, grignotées par l’érosion et menacées de submersion. Sans parler des effets en chaîne du réchauffement climatique sur l’ensemble de la planète.

Le climatologue Hervé Le Treut, qui dirige le comité scientifique du projet AcclimaTerra en Nouvelle Aquitaine est bien plus incisif que nos sénateurs. Il pointe le risque qu’en disant qu’il fallait s’adapter, les gens comprennent qu’on peut s’adapter à tout et ne fassent rien pour lutter contre le réchauffement. Je pense qu’il a raison, il s’agit d’abord de s’attaquer aux causes du changement climatique et non de causer sans fin sur l’adaptation aux conséquences. Mais faute d’une politique (internationale) d’interdiction programmée des combustibles fossiles, on assistera sans doute aux environs de 2050 à l’afflux de réfugiés climatiques qui viendront de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur même de notre pays… entre autres de nos stations de ski.

Michel Sourrouille (texte initialement paru sur le site JNE, Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie)

Beaucoup trop de touristes de trop

Notre société va s’effondrer sous son propre poids. On parle trop des migrants en Méditerranée alors que c’est un problème secondaire pour l’Europe, bordée de mers et de pays tampons. Par contre trop peu de monde s’inquiètent du flux de touristes venant en Europe, une vraie plaie. 90 millions de visites en France, 1,3 milliard de touristes sur cette petite planète dont la moitié à destination de l’Europe… Sur ce blog biosphere, cela fait longtemps que nous critiquons le surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles, une vraie imbécillité écologique, un tourisme qui tue le tourisme. Il y a nécessité de se déplacer moins vite, moins loin, moins souvent, de retrouver le sens de la mesure, de se satisfaire de ce qu’il y a autour de son lieu d’appartenance, pourquoi pas de protéger ce territoire contre les intrus. Nous sommes un petit peu rassurés de lire que de plus en plus d’articles du MONDE commencent à partager notre point de vue :

12 juin 2019, Tourisme « La croisière a le dos bien large »

Un rapport de Transport & Environnement annonce : Carnival – l’un des croisiéristes les plus importants –aurait émis en 2017 des quantités de pollution atmosphérique 10 fois supérieures à celles produites par les 260 millions de voitures du parc automobile européen. Le tourisme de croisière, menace à l’intégrité des écosystèmes et des cultures. Ce n’est que la pointe d’un iceberg : celui de nos choix… de touriste. Je voyage, donc je suis ! De l’avènement des transporteurs à rabais résulte un « surtourisme ». Notre système économique actuel ne parle que de création de richesse, qu’en est-il de l’environnement ? Le drame est la croissance illimitée du tourisme, observable dans tous les milieux, du balnéaire (tout inclus) au tourisme urbain (sites culturels, patrimoniaux, religieux, etc.), en passant par le tourisme sportif et d’aventure (pensez Everest), et même au prétendu « éco »-tourisme qui laisse les milieux naturels plus souillés que jamais (pensez Galápagos ou Grande Barrière de corail). On peut apprendre à dire non, à voyager moins souvent.

6 mars 2019, Le tourisme international creuse les écarts entre visiteurs et visités, entre l’homme et l’environnement

Un même refrain extasié s’impose, repris en chœur par monts et par vaux. Parée de toutes les vertus argentées, cohésives et douces du « développement durable », l’expansion touristique est « la » bonne nouvelle à répétition. Suivre le mouvement (le « tourisme de masse » au risque du « surtourisme ») ou s’en distinguer (le « tourisme de niche » au risque de l’« exclusivisme »), la quête de dépaysement opère. Dans le meilleur des mondes. Pourtant le tourisme international crée certes des bénéfices, mais aussi d’importants coûts. Le tourisme international tend à creuser les écarts, entre ceux qui en jouissent et ceux qui en pâtissent, entre les tour-opérateurs transnationaux et les acteurs locaux, entre les visiteurs et les visités, entre l’homme et l’environnement. Si demain chaque individu sur terre se retrouvait en position d’exercer son droit à la mobilité de plaisance sans frontières, les capacités d’absorption écologique n’y suffiraient pas. De l’immobilité des majorités, assignées à résidence, dépend la propension des privilégiés à « se faire » telle ville ou telle contrée, au gré de leurs envies. Mais il ne faut surtout pas toucher à « l’avenir radieux du tourisme international ». (Bernard Duterme, coordinateur du livre La Domination touristique. Points de vue du Sud).

23 novembre 2018, Le touriste entre-t-il pour la culture dans la catégorie des nuisibles ?

Le touriste entre-t-il pour la culture dans la catégorie des nuisibles ? La question ne se posait pas il y a vingt ans. On disait même qu’il était, par son portefeuille, un soutien précieux aux musées, monuments, salles de spectacle. Il l’est toujours. Mais l’est-il trop ? Les visiteurs consomment les lieux comme s’il était dans un centre commercial. Christian Mantei, directeur général d’Atout France : « La France n’est pas encore dans le surtourisme, mais, si on ne bouge pas, on y sera dans trois ou quatre ans. » La France, qui est a première destination touristique dans le monde, a accueilli 88 millions de visiteurs en 2017 et en attend 100 millions en 2020. Le surtourisme va s’amplifier partout. Il y avait 525 millions de touristes en 1995, il devrait y en avoir près de 2 milliards en 2030. On rêve d’un touriste de proximité, qui tisse des liens avec la population. C’est marginal, face à un tourisme de masse porté par une classe moyenne mondialisée qui ne cesse de croître, des compagnies low-cost, des tour-opérateurs, des ferrys qui s’apparentent à des immeubles sur l’eau, et l’explosion du phénomène Airbnb.

4 octobre 2018, éditorial /La France championne du monde du tourisme, au bord de l’overdose

La France n’est pas seulement championne du monde de football, elle l’est aussi en tant que destination touristique.Le secteur éponge 27 % de notre déficit commercial. Mais la

nécessaire course à l’attractivité ne doit toutefois pas faire perdre de vue la montée des conséquences négatives du tourisme de masse. Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée à un phénomène que les professionnels désignent sous le néologisme de « surtourisme ». Le premier secteur économique mondial n’est plus l’industrie pétrolière ou l’automobile, mais le tourisme. Le fait que davantage de gens puissent voyager est plutôt une bonne nouvelle pour la croissance et l’emploi. Le problème est que ces foules de voyageurs ont tendance à se concentrer sur un nombre limité de destinations, au point de créer d’importants déséquilibres au niveau local. Un peu partout, les autochtones expriment leur ras-le-bol face à cette invasion incontrôlée, alors que la manne financière apportée par les touristes a du mal à compenser les dégâts collatéraux. Les prix de l’immobilier s’envolent, l’emploi se concentre sur des métiers saisonniers et mal payés, l’environnement se dégrade, les villes se transforment en musées, en parcs d’attractions ou en lieux de beuverie permanente. Les vacances des uns deviennent un enfer pour les autres.

Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance

Boursouflure de l’ego, moyens financiers démesurés, passe-temps déplorable, ainsi se caractérise Larry Ellison, fondateur d’Oracle (40 milliards de dollars de chiffre d’affaires). Son étalage de nouveau riche devrait révulser. Il possède une île dans l’archipel d’Hawaï, une flotte de super-yachts (50 millions de dollars pour l’un), mais son dada c’était la participation à la doyenne des régates, l’America’s Cup ? Vexé d’avoir perdu en 2017 ce truc où on fait des ronds dans l’eau, Larry Ellison lance SailGP, des bolides robotisés qui « volent » grâce à leurs foils au-dessus des eaux : super fragile, super dangereux, super robotisé, et çà sert à rien. N’attendons pas des commentateurs sur lemonde.fr d’avoir un avis critique sur ce conquérant de l’inutile, la moitié s’exclame « De la SF nautique : j’adore ! ». L’autre moitié s’interroge doctement sur un passage de l’article, « Comment ces bateaux peuvent-ils aller 3 fois plus vite que le vent ? ». Les réponses fusent, techniques, et pas idéologiques pour un sou. D’ailleurs l’article en page entière du quotidien LE MONDE, spécialiste de la fausse objectivité, se garde bien de porter un jugement : l’étalage de la gloriole fait vendre, c’est le principal.

Quelques extraits de cet article qui montre de façon indirecte l’imbécillité de cette régate : « C’est juste incroyable comme bateau, cela frise la folie ; Tu dois naviguer en fonction des chiffres, il y a 1 200 capteurs. Pas comme tu penses que tu devrais. ; L’équipier manœuvre avec un joystick de jeu vidéo ; Ce n’est plus de la voile, c’est un rêve d’ingénieur aéronautique ; On pourrait totalement automatiser le bateau et avoir un robot aux commandes ; L’humain n’a plus d’importance ; Il ne faudrait pas risquer de harponner un cétacé avec les lames acérées qui permettent de décoller. »

Notez bien : suite à la suppression par le groupe LE MONDE de ses blogs abonnés, notre blog http://biosphere.blog.lemonde.fr/ se réincarne sous la forme http://biosphere.ouvaton.org/blog/. Postez votre commentaire à cette nouvelle adresse, sinon il ne sera pas conservé.

* LE MONDE du 5-6 mai 2019, La « formule 1 des mers », le défi du fondateur d’Oracle

Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

Christian Godin : « L’illusion diffusée par nombre d’intellectuels après la victoire de l’équipe de France en Coupe du monde 1998, illusion selon laquelle le triomphe d’une équipe black-blanc-beur » est une formidable avancée pour le combat anti-raciste, montre à quel point est ignoré le caractère fantasmatique du spectacle sportif, qui se situe sur un autre plan que les phénomènes sociaux : un raciste peut être tout à fait enthousiasmé par les performances sportives d’un Noir ou d’un Arabe, il n’en sera pas moins raciste après. Si, comme on le prétend naïvement, le sport avait une influence bénéfique sur les préjugés des spectateurs, on comprendrait mal pourquoi les États-Unis, après des décennies d’exploits sportifs de Noirs, restent toujours aussi racistes. La nature d’un phénomène social réside dans l’ensemble effectif de ses manifestations concrètes et non dans une prétendue essence idéale. L’idée que le football puisse être une activité bénéfique une fois qu’il sera libéré de ses excès et de ses dérives (la triple obscénité de l’argent, du dopage et et de la tricherie) participe d’une illusion, laquelle est issue d’une méconnaissance de la nature du football. Les excès et les dérives de ce sport, loin d’être des épiphénomènes contingents, font partie de sa nature intrinsèque, de la même façon que les bulles spéculatives, loin d’être des accidents affectant les marchés financiers, en sont les manifestations fatales. Le football, faut-il le rappeler, est une marchandise puisque c’est une image que l’on achète, que l’on vend et que l’on échange. »

Claude Javeau : « Dans le monde réel, rêver de libérer le foot des puissances d’argent, de le rendre au peuple, etc., est de l’ordre de l’extrême myopie, autre mot pour malhonnêteté volontaire. A cet égard, les « intellectuels » qui continuent à vouloir faire du foot un sport « populaire » sont des idiots utiles qui se font du peuple une représentation vertueuse tout à fait hors de mise : le foot fait bien partie de la culture populaire, mais tout n’est pas angélique dans cette culture : on y trouve aussi les jeux télévisés, la presse picole, la corrida et d’autres choses encore peu honorables. »

Matthieu Douérin : «  Le football capitaliste de compétition représente bien une entreprise totalitaire du divertissement, une industrie de l’abrutissement. Il est devenu le rouage médiatique central d’un vaste dispositif audio-visuel exhibitionniste de la société du spectacle. Et pourtant il semblerait que la plupart des intellectuels préfèrent une défaite de la pensée à celle de l’Ajax d’Amsterdam. Il est tristement symptomatique que le chantre de mai 68, Daniel Cohn-Bendit, ait avec enthousiasme accepté d’animer une émission de radio quotidienne consacré au foot sur Europe 1. Il semble loin le temps où l’on pouvait compter avec la férocité publique de Desproges. Sa chronique de la haine ordinaire du 16 juin 1986 sobrement intitulée « A mort le foot » prenait un délicieux plaisir à démonter les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron… »

Fabien Ollier : « Qui parle d’anti-intellectualisme ? Au football, le passe-et-va est une allégorie, le une-deux une anacoluthe, le dribble une homéotéleute. C’est marqué dans l’Équipe, certifié par Pascal (Praud, le balaise de l’heure des pros, pas Blaise). »

extraits de « Total football, arme de diversion massive » (revue quel sport n° 33/34, mai 2018)

NB : pour ceux qui veulent avoir une vision complète du sport spectacle, lire notre biospheer-Info d’août 2018,

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/08/01/biosphere-info-futilite-du-mondial-de-foot/

BIOSPHERE-INFO, futilité du mondial de foot

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C’est un constat, les foules aiment le sport de masse, elles préfèrent ça à la réflexion. Une telle attitude n’est-elle pas l’indice de la chute prochaine de notre civilisation comme « panem et circenses » (du pain et des jeux) a été celui de l’empire romain ? Nous nous attachons dans ce Biosphere-Info au Mondial des footeux. Tout nous ramène dans ces grandes messes planétaires à des histoires de nationalisme et de fric : rien de bon pour la santé de la biosphère. Dans un monde qui voit ses ressources diminuer de plus en plus rapidement, il faut se poser la question de l’existence de tout ce qui est superflu, donc de la société du spectacle qui déplace internationalement les foules pour des raisons futiles. Ce numéro reprend plus particulièrement les analyses de Jean-Marie Brohm, spécialiste de la sociologie politique du sport et critique éclairé des grandes manifestations sportives. La conscience écologique aura progressé le jour où il y aura bien plus de gens mobilisés par le pic pétrolier ou la disparition de la biodiversité que de gens intéressés par le sport-spectacle.

Déjà en juin 2008, nous faisions sur notre réseau de documentation ce résumé du livre de JM Brohm et M.Perelman, « Le football, une peste émotionnelle, sous-titré la barbarie des stades » : le foot-spectacle n’est qu’une activité dont l’objectif est la sidération des masses, l’encadrement d’un troupeau dont chacun fait partie et auquel tous sont assujettis. C’est l’infantilisation d’une foule qu’on a rendu hystérique, qu’elle se rassemble d’ailleurs dans les stades ou qu’elle reste avachie devant sa télé. Le foot est devenu le plus puissant des opiums du peuple, l’utilisation politique de l’hystérie collective est historiquement habituelle ! »

En 2010, nous avons montré l’importance du livre « Divertir pour dominer (la culture des masse contre les peuples) » issu du collectif Offensive : « Les nazis auraient été les premiers à comprendre l’importance de la culture de masse. Avec tous les moyens à leur disposition, ils ont créé un monde d’illusions qui a entraîné un peuple entier au désastre avec sa complicité active. En fait, ce résultat n’est que la continuation logique de la Révolution industrielle. C’est en Angleterre, le berceau de l’industrialisation, que sont nés le sport et le tourisme. A la naissance de la production de masse au début du XXe siècle correspond l’émergence d’une consommation de masse et le développement d’une culture de masse. Elle se définit comme un ensemble d’œuvres, d’objets et d’attitudes, conçus et fabriqués selon les lois de l’industrie, et imposés aux humains comme n’importe quelle autre marchandise. L’impuissance et la malléabilité des masses s’accroissent en même temps que les quantités de biens qui leur sont assignées. A partir du moment où le salariat s’étend à une majorité de la population, les dominants ne peuvent plus se contenter uniquement des rapports de force bruts. A ceux-ci, toujours nécessaire en dernier recours, s’ajouter la fabrication du consentement. La culture de masse est un élément essentiel de la reproduction de la société dominante. La lutte contre le divertissement n’est pas marginale ou périphérique, elle est essentielle. » Jean-Marie Brohm précisait : « Comment des militants peuvent-ils oublier que le sport a un effet politique massif de diversion, d’illusion et d’abrutissement de la classe ouvrière, C’est une manière de redoubler l’aliénation capitaliste. La corruption gangrène le football professionnel, des matchs sont truqués à travers des mafias qui organisent des paris clandestins, etc. Les supporters le savent, mais ils ne veulent pas briser le rêve. C’est très exactement ce qu’on appelle l’aliénation, ce qu’Engels a appelé la fausse conscience : la conscience d’un monde qui fait croire mensongèrement que le football, c’est du jeu, la liberté, la culture… Mais l’ethnologie montre que celui qui critique les mythes est banni, car ceux-ci permettent de renforcer la cohésion sociale. »

En 2014, nous faisions la publicité du livre « Football, la colonisation du monde (collectif) » et du numéro Quel sport ? (n° 25-26, juin 2014). Jean-Marie Brohm dénonçait une nouvelle fois la lobotomisation des esprits : « La dépolitisation massive par le football représente aujourd’hui la forme la plus insidieuse de l’endoctrinement idéologique, qui consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. La fête, et rien que du bonheur, glapissent à l’unisson les fans, mordus et autres accros pour occulter la précarité sociale et la misère culturelle ! Le bavardage sportif, il faudrait même parler de commérage, qui sature de plus en plus l’espace public, les salles de rédaction, les couloirs d’école, les partis politiques… est non seulement la forme ordinaire de l’abrutissement des consciences, mais plus subtilement l’alignement des masses sur l’idéologie dominante. La servitude volontaire se dissimule derrière le déferlement médiatique associant dans la même crétinisation unanimiste les politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite et les entreprises multinationales qui participent grassement au foot business. »

A l’heure du Mondial de foot 2018, Jean-Marie Brohm est interviewé par le mensuel La Décroissance (juillet-août 2018). En voici quelques extraits :

« Pierre de Coubertin a façonné cette idéologie sportive. C’était un admirateur de Hitler, raciste bon teint, colonialiste farouche, misogyne absolu. Pour lui, le sport serait un besoin ancestral, il a donc imaginé une continuité trans-historique du sport antique au sport moderne en passant par les tournois de chevalerie. Il était incapable de comprendre l’évolution de l’humanité selon le développement forces productives et les formes politiques qui en découlent.

Pour la sociologie du sport dont je suis le fondateur en France, le sport ne peut se comprendre qu’en tant qu’institution. L’institution sportive apparaît en Angleterre, le pays de naissance du capitalisme, au XVIIIe siècle. Le sport anglais avait pour but de développer la volonté, la compétitivité, l’endurance, des qualités conquérantes pour coloniser les sauvages comme l’écrivait Pierre de Coubertin en 1912 dans son article « Le sport et la colonisation ». Toutes les idéologies fascistes, les nazis, les staliniens, se sont servis du sport pour mobiliser les foules, encadrer la jeunesse, la discipliner, diffuser le culte du héros, du guerrier, du stakhanoviste. Ces meutes sportives qui se rassemblent dans les stades pour hurler, c’est le pire du grégarisme. Le culte de la performance, on le retrouve à la fois dans le sport et dans l’entreprise. Avec une vision tronquée du corps, totalement formaté par la technique. Macron et sa bande de parvenus sont dans ce registre-là : la réussite individuelle à tout prix, en oubliant que la compétition, c’est toujours l’élimination des faibles (les losers) par les forts (les winners).

Aujourd’hui le sport de masse est globalisée, marchandisé, financiarisé. Le tennis, le foot, le Tour de France, la Formule 1 sont des institutions façonnées par le capitalisme financier. Le sport nécessite tout un appareillage technologique : chronométrage électronique, vidéo-scopie… il participe ainsi de l’arraisonnement du monde par la technique. Il suffit de voir comment l’espace est bétonné par la construction des circuits, des stades, et les infrastructures qui vont avec, des stations de ski etc. Le sport participe directement au saccage de la nature et nous enferme dans la futilité. Les matchs passent, les champions sont remplacés, mais les problèmes sociaux et écologiques restent. Pendant que les inégalités sociales s’accentuent et que le capitalisme détruit massivement les océans, la faune, la flore, le sport divertit les foules. C’est un facteur de légitimation d’un ordre inique

Le problème, c’est qu’il n’y a pas de force politique de contestation capable de porter la critique du sport : la gauche n’a jamais fait campagne contre les JO pour 2024 ; au contraire elle veut en faire des « jeux citoyens », « écologiques », un enfumage au quinzième degré. Si par malheur la France gagnait la Coupe du monde, il faudrait s’attendre à une nouvelle déferlante sur les Champs-Élysées, comme en 1998. Le rôle idéologique du sport n’est plus pensé aujourd’hui. Au contraire, universitaires, journalistes et hommes politiques sont contents de se faire photographier comme des crétins parmi des foules de supporteurs. »

Vous pouvez retrouver des articles de Jean-Marie Brohm dans « Total football. Une arme de diversion massive » (Quel sport ? n° 33-34 de mai 2018)

Quelques articles complémentaires sur notre blog Biosphere

– Mondial 2018

Mondial 2018, pour l’élimination de l’équipe de France

Le foot est une religion, habillé des mêmes oripeaux, une tenue spéciale sur le stade ou dans les gradins, des chants comme à la messe, le culte des sanctifiés du ballon rond, des trophées en forme de calice, la ferveur d’une communauté en transe, des foules de supporters confites en dévotion. Plus besoin d’aller à la messe quand on aime le foot. Dieu n’aime pas le foot, c’est devenu un concurrent trop en vogue, un substitut trop parfait. L’écologie aime encore moins le foot…

– Mondial 2014,

Mondial de foot, gabegie et inutilité se terminent enfin

… Après un mois de péripéties sans intérêt, le Mondial de foot est enfin terminé. LE MONDE, autrefois quotidien de référence, commet un édito débile célébrant les côtés positifs et bénéfiques de la fatuité, de la gabegie et de l’inutilité. Après que la Fifa ait imposé ses règles afin d’engranger des dividendes indus et qu’on expulse par milliers les gens de chez eux, ou qu’on pose un cache pour que le Brésil n’exhibe pas sa pauvreté… Mais le comble de l’absurde est atteint en Allemagne. L’entraîneur Joachim Löw s’épanchait après la victoire de son équipe en finale : « Ce profond sentiment de bonheur est éternel… » Le site du Bild. « Merci, Jogi (Löw) ! Merci les garçons ! Vous nous avez rendus infiniment heureux ». L’éternité et l’infini, les attributs de l’univers pour un simple match de foot, l’un parmi les innombrables matchs de foot qui se jouent chaque année dans le monde ! Si les supporters mettaient autant d’enthousiasme que les pantins médiatisés de la FIFA pour essayer d’agir contre les émissions de gaz à effet de serre, la fonte des glaciers pourrait peut-être s’enrayer…

Peut-on être écologiste et aimer le foot ? Certes non

Dans quelle mesure peut-on aimer le foot ? Pourquoi tant d’attention envers ces gamins attardés qui courent derrière un ballon ? Les écologistes véritables condamnent tout ce qui est aliénation de la pensée et de l’acte : pourquoi des stades, ces grands projets inutiles, alors que la marche et la course à pied (avec ou sans ballon) peuvent se faire sans béton ni spectateurs…

Mondial 2014, le football va-t-il quitter les stades ?

Le coup d’envoi de la Coupe du monde de foot sera donné le 12 juin à Sao Paulo. Mais jamais dans l’histoire du Brésil une vague de mécontentement ne s’était exprimée avec une telle ampleur : près de 40 % des Brésiliens interrogés se disaient opposés à la tenue de l’événement. Les manifestations que n’en finissent pas de traverser tout le pays ont contribué à asseoir l’idée que la Coupe du monde est bien le symbole de la gabegie des deniers de l’Etat…

– Mondial 2010

Surinformés et désinformés, donc infantilisés

… Nos sociétés occidentalisées sont à la fois surinformées, sous-informées et désinformées. La coupe du monde 2010, qui n’apporte pourtant aucune information véritable, prend plusieurs pages et souvent les grands titres, même dans Le Monde. Cette prédominance du sport-spectacle, le foot un jour, le tennis le lendemain et la F1 entre-temps est renforcée par la main-mise de la culture de masse sur les informations…

Le Mondial fait grossir

Pour savoir ce qui compte vraiment dans ce Mondial, il faut vraiment chercher. Ainsi nous apprenons que les nutritionnistes donnent un carton rouge à la FIFA. Le fonds mondial de recherche sur le cancer accuse la Fédération internationale de football d’avoir mal choisi ses sponsors qui « vendent des produits malsains : Coca Cola, McDonald’s ou les bières Budweiser ». Ces firmes ont le droit d’afficher leurs publicités sur tous les sites du Mondial alors qu’elles encouragent le surpoids… Et pendant qu’on amuse les voyeurs du ballon rond, la planète crève sous le poids de la dilapidation des ressources naturelles par les firmes multinationales.

Le Mondial des gogos

Nous sommes inquiets, le virus se répand encore plus vite que celui de la grippe A. Déjà 26 milliards de Terriens (audience cumulée des retransmissions télévisées) intoxiqués en 2006 en Allemagne, combien pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud ? Les Terriens n’éprouvent pas le besoin d’aimer le foot, mais les chaînes de télé et les puissances d’argent arrivent à les convaincre d’aduler le foot. Depuis 1998, les droits télévisés ont quasiment décuplé pour atteindre cette année un pactole estimé à 1,4 milliards d’euros. Comme la société de croissance arrive aux bouts de  ses possibilités étant donné l’épuisement des ressources de la planète, il lui faut trouver une alternative, il lui faut amuser le peuple, le divertir pour continuer à le dominer… Si les médias, les politiques et les Terriens avaient prêté autant d’attention au réchauffement  climatique qu’au Mondial de foot, le sommet de Copenhague aurait été un franc succès. Mais le capitalisme libéral préfère que les humains s’intéressent au foot-spectacle plutôt qu’à leurs conditions de vie présentes et futures !