épuisement des ressources

Unicef, enfant de trop, enfant mal nourri

Éradiquer la faim semble un objectif de moins en moins atteignable au fur et à mesure que les chocs climatiques, les inégalités économiques et les conflits font progresser l’insécurité alimentaire. On attend depuis longtemps que LE MONDE ajoute à ces déterminants le poids du nombre. On attend depuis trop longtemps que LE MONDE utilise le terme de surpopulation et des freins culturels et politiques à l’autolimitation de la fécondité. On attend avec impatience de savoir quelles sont les politiques de planning familial instaurées dans les différents pays cités par l’article suivant d’une journaliste du MONDE .

Mathilde Gérard : L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, évalue dans un nouveau rapport l’ampleur de la « pauvreté alimentaire » des enfants : un quart des enfants de moins de 5 ans dans le monde (181 millions) vivent dans une situation de pauvreté alimentaire sévère, c’est-à-dire qu’ils ne sont nourris exclusivement que par un ou deux groupes d’aliments – le plus souvent du lait maternel ou infantile et/ou des féculents –, se retrouvant privés d’aliments nutritifs et diversifiés indispensables à leur santé et leur développement, comme les fruits et légumes, les légumineuses ou les protéines animales. C’est le cas de 63 % des enfants en Somalie, de la moitié des enfants en Afghanistan, 40 % en Inde et 32 % en Afrique de l’Ouest. Selon une autre étude dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, la part des jeunes enfants (moins de 5 ans) consommant au quotidien des snacks ou des boissons sucrées se situe entre 25 et 45 %. Il faut garantir les droits des enfants à travers toutes les enceintes de négociations internationales et dans les politiques publiques…

Le point de vue des écologistes néomalthusiens

Qui ne peut nourrir ses enfants n’en fait pas… sinon on peut parler à propos de ces parents indignes « d’incitation à la malnutrition ». Cette réalité doit être perceptible depuis toutes les chambres à coucher du monde, sinon la famine ne peut que s’amplifier. Voici quelques donnés démographiques sur les pays cités par Mathilde Gérard :

Afghanistan : En 1950, l’Afghanistan compte environ 7,5 millions de personnes.En 2021 on atteint près de 40 millions d’habitants. En 2023, la population de l’Afghanistan aurait augmenté de 1 270 382 personnes et à la fin de l’année elle serait de 43 349 960 personnes.

Afrique de l’ouest (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo) : La population en Afrique de l’Ouest (391 millions d’habitants en 2019) devrait doubler d’ici 2050 (796 millions d’habitants) et être multipliée par 3,8 à la fin du siècle (1,5 milliard d’habitants). »

Inde : Au recensement de 1921, la population comptait 300 millions d’habitants, on atteint 400 millions en 1955.  L’ Inde vient de dépasser la Chine en 2023, elle est devenue le pays le plus peuplé de la planète avec 1,4 milliard d’habitants. Comme plus de 40 % de sa population a moins de 25 ans, cela veut dire que la croissance démographique est loin d’être terminée. Notez que l’Inde a déjà une densité de 470 hab./km2.

Rwanda : Le nombre de Rwandais était de 4,8 millions en 1978 et déjà 8,1 millions en 2002 malgré le génocide des Tutsis. Nous arrivons à 13,3 millions en 2022 et 20 millions sont prévus en 2050. En 1965, le Rwanda avait une densité de 126 hab/km². En 1990, LE MONDE la densité avait atteint 760 personnes au km2 . Il est prévu une densité autour de 1 000 hab/km² en 2050, soit 10 habitants par hectare.

Somalie : En Somalie, 16 millions d’habitants, le taux de fécondité est de 5,98 enfants par femme (2019) et le taux de croissance annuel de la population de 2,9% de variation annuelle (2020) soit un doublement en 24 ans seulement.

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Démographie africaine et migrations vers l’Europe

extraits : Emmanuel Macron avait déclaré, en marge du Sommet du G20 en juillet 2017 : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » Il s’attira les foudres de l’ambassadrice de l’Unicef, Angélique Kidjo : « Moi ça ne m’intéresse pas qu’un Président, d’où qu’il vienne, dise à des millions [d’Africains] ce qu’ils doivent faire dans leur chambre à coucher ». Cette déclaration montre bien à quel point l’incompréhension demeure au niveau de l’Unicef sur les enjeux démographiques africains. …

Le péril noir menace aux portes de l’Europe

extraits : L’Agence française de développement (AFD) ne participe pas à des programmes de contrôle des naissances, seulement à des mesures de protection maternelle et infantile. C’est un tort. L’association « Démographie responsable » a demandé qu’un quart du budget actuel de l’Aide au Développement de l’UE soit affecté à la Planification Familiale. Cela nous semble la voie de la sagesse… car les migrations internationales ne peuvent plus servir d’exutoire dans un monde clos et saturé d’humains….

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Démographie galopante en Afrique

Enfin un article du MONDE qui met l’accent sur la problématique démographique

La croissance africaine encore bridée par sa démographie galopante

quelques extraits : En Tanzanie, l’ex-président John Magufuli priait les femmes de « libérer leurs ovaires », car, « lorsque la population est nombreuse, l’économie se développe ». Le président du Nigeria, Bola Tinubu devant un parterre d’entreprises réunies pour sonder les opportunités de ce pays de quelque 220 millions d’habitants :  « Nous avons la jeunesse la plus importante et la plus dynamique d’Afrique ». Sa population a déjà été multipliée par cinq depuis son indépendance en 1960. Au Niger, la population pourrait être multipliée par huit entre aujourd’hui et 2100. Dès 2050, un humain sur quatre sera africain et même un sur trois parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, d’après les Nations unies.

Un emballement susceptible d’amplifier la triple crise – économique, climatique et sécuritaire. Ce facteur démographique apparaît derrière presque toutes les grandes questions du moment, de la congestion des villes aux difficultés dans la provision d’électricité en passant par la migration, constate un démographe camerounais. Durant les années où la forte croissance (5 % en moyenne en Afrique subsaharienne entre 2004 et 2014) nourrissait les discours afro-optimistes, la jeunesse était perçue comme l’un des plus beaux actifs du continent. Depuis une décennie, l’activité progresse moins vite que la démographie. Ce qui signifie qu’en termes réels les ménages africains se sont appauvris. Pour les investisseurs, il est difficile de capitaliser sur un marché dont les consommateurs sont dotés de très faibles revenus. De fait, les perspectives manquent dans des économies où dominent l’informel et le secteur agricole. Ne reste souvent qu’une seule option : partir, migrer ailleurs…

Le point de vue des écologistes malthusiens

Edgard Wibeau : Cela fait des années que lorsque l’on souligne ce point essentiel, « la surpopulation », en commentaire des articles sur l’Afrique, on s’attire des remarques grossières et idéologiquement très marquées. Et voilà que cela fait l’objet d’un article complet, avec forces détails. Le titre montre la gêne (ce « encore », totalement surréaliste …), mais on progresse un petit peu. Avec des décennies de retard, et alors que la situation est pratiquement désespérée.

Michel SOURROUILLE : Ayant accès comme tout abonné aux archives du MONDE, j’avais constaté que le concept de surpopulation était absent des différents articles écrits sur les pays africains. Cet article ne fait pas exception, mais au moins il pose le problème du déséquilibre démographique par rapport aux ressources. J’ai écrit plusieurs livres, avec d’autres co-auteurs, sur la surpopulation, mais LE MONDE ne donne la parole qu’au Français Gilles Pison qui s’évertue à minimiser les problèmes. De plus cet article n’est pas très lisible car il mélange les données de plusieurs pays. Il en ressort néanmoins que l’Afrique noire est mal partie, mais c’est ce qu’écrivait déjà René Dumont en 1962. Comme l’action sur la fécondité est une tâche de longue période, la plupart des pays africains deviennent aujourd’hui des pays en voie de sous-développement. On n’a pas écouté le malthusien René Dumont, le temps perdu ne se rattrape pas…

Demokratos : La baisse de la natalité vient déjà de la volonté éducative, on le sait depuis des décennies. Si c’est pour s’accrocher à des traditions ancestrales, il est clair que ça ne va pas avancer très vite. Il existe des forces néo-conservatrices très puissantes en Afrique qui freinent une réduction rapide de la natalité. Mais on ne va pas imposer de manière coercitive une démarche malthusienne aux pays africains. C’est aux Africains eux-mêmes de se sentir responsables de leurs populations. Il y a malheureusement en Afrique un déficit de la réflexion intellectuelle sur ces sujets, souvent encouragé d’ailleurs par nos altermondialistes occidentaux qui considèrent que tous les problèmes de l’Afrique sont exogènes. La responsabilité est entre les mains des dirigeants africains, nulle part ailleurs.

KLP : Pour le bien de la Planète il serait absolument nécessaire de restreindre le développement des pays africains. Leur accès à un mode de vie du type occidental constituerait en effet une catastrophe en terme d’émissions de GES, réduisant ainsi à néant tous les efforts qui sont en train d’être déployés. Il faut également lancer une importante campagne de diffusion de la contraception et de l’avortement dans ces pays. Les moyens sont connus : arrêt immédiat de l’aide au développement industriel et de technologies d’origine occidentales, fin des livraisons de céréales importées qui concurrencent les cultures agricoles vivrières locales, lesquelles permettent le maintien des populations dans les campagnes, livraisons massives de moyens de contraception !

Mandar : A noter que les ONG américaines ont arrêter de soutenir des programme de planning familial suite aux remontrances des mouvements évangéliques.

Le11 : Dans les pays du Sahel, vouloir ralentir la natalité se heurte aux réalités socio-religieuses: en gros si la femme est enceinte, c’est la volonté de Dieu, et on ne doit pas chercher à aller contre. A ma connaissance les nouveaux dirigeants putschistes n’ont pris aucune mesure destinée à ralentir la démographie.

pierre guillemot : cet article démontre au moins une chose : l’émigration n’est pas une solution. Question de volume. L’effet des départs vers l’Europe et l’Amérique (quelques millions par an) est presque invisible dans les pays africains. Dans les chiffres, car dans les têtes c’est destructeur. Tous ceux qui ont quelques capacités et quelques ressources pensent à partir dans les pays riches au lieu de réussir chez eux.

Bulgroz : Les naïfs présentent l’Afrique et sa « jeunesse » comme l’avenir de l’humanité. Elle sera surtout son boulet…

le sceptique : Le développement, une redistribution pour la paix sociale et la circulation des élites, un passage du stade agraire au stade industriel, une forte classe moyenne ayant intérêt à la stabilité et à la reconnaissance du mérite individuel, un évitement du syndrome hollandais (vivre sur quelques rentes minières ou autres), etc. Or beaucoup de ces conditions manquent encore dans beaucoup de pays africains.

Hansi : Le véritable coupable est la médecine occidentale du XXe siècle. Le taux de mortalité des enfants en bas âge a très fortement chuté grâce aux progrès de la médecine mais comme le taux de natalité n’a pas baissé, on a une grosse augmentation de la population.

Camtaoij : Arrêtons de dire que la population du Niger va être multipliée par 8 d’ici 2100. Cette prévision n’a aucune chance de se réaliser parce qu’il n’y a pas au Niger un potentiel agricole suffisant pour nourrir tous ces gens (et de loin). Seulement 8% du territoire reçoit des précipitations suffisantes pour cultiver dans des conditions correctes. Le pays, comme le Mali et le Burkina (déjà sujets aux conflits d’accès aux terres), courent droit à la catastrophe. D’autre part Mali, Niger, Soudan, Soudan du Sud, Somalie, Congo, Centrafrique sont gangrenés par les conflits ethniques et religieux, comment voulez-vous que ces pays se développent ?

Odomos : Si on pense au bien de la planète et si on prend garde à ce que dit l’article : densité de 49 hab/km2 au sud du Sahara, 112 au sein de l’UE => il serait donc bien plus simple et efficace de diviser par deux la population européenne.

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Baisse natalité, solution à la surpopulation

D’ici à 2100, la plupart des pays auront un taux de natalité trop faible pour assurer le renouvellement de leur population. Le risque ? « Qu’il n’y ait plus suffisamment de personnes en âge de travailler pour soutenir les citoyens plus âgés » ose l’hebdomadaire “New Scientist” (18/04/24), article repris par Courrier International.

On veut nous faire penser que « la chute de la natalité est un problème plus préoccupant que la surpopulation ». C’est une ineptie, la baisse tendancielle (et non « la chute ») de la fécondité est au contraire une solution partielle (car trop tardive) à l’état de surpopulation que nous subissons. Nous sommes plus de 8 milliards, une augmentation d’un milliard ces onze dernières années. C’est invivable, c’est ingérable. Reprenons l’argumentation de cet article nataliste point par point .

– Comme la natalité baisse à mesure que les pays s’enrichissent, le véritable problème démographique pourrait finalement être la décroissance démographique.

=> La transition démographique est certes allé de pair avec le développement économique. L’amélioration culturelle dans un pays qui s’enrichit peut certes permettre une autolimitation de la fécondité. Mais l’épuisement des ressources, le réchauffement climatique et bien d’autres facteurs préoccupants indiquent que nous allons entrer dans une période de récession économique qui sera particulièrement impactant pour les plus pauvres. Côté avancée culturelle, le plus extravagant est l’interdiction actuelle en Afghanistan de la scolarisation des filles. Beaucoup de pays y compris la France, ont une politique nataliste à l’inverse souvent des choix citoyens. Même la Chine auroudhui avec son soutien au troisième enfant !

– Les démographes prédisent que sous vingt-cinq ans trois quarts des États afficheront des taux de natalité trop bas pour renouveler leur population.

=> Les estimations sont variables, une prévision pour 2050 n’est qu’une hypothèse ; « Les démographes » n’existe pas en tant qu’entité unie. C’est l’ONU qui estime que le nombre de personnes habitant sur la planète devrait croître de 2 milliards d’ici à 2050, passant de 7,7 à 9,7 milliards, puis la fécondité étant en baisse, avoisiner les 11 milliards à la fin du siècle. Mais il ne s’agit là que du scénario moyen et ses pronostics évoluent avec le temps. Quant aux « taux de natalité trop bas pour renouveler leur population », en quoi se maintenir au même niveau serait-il un critère d’optimalité ?

– Le vieillissement de la population est inévitable. Avoir moins de personnes en âge de travailler pour soutenir les citoyens plus âgés et subvenir aux besoins d’autres groupes qui n’ont pas d’activité économique présente un défi économique colossal.

=> Accroître les naissances pour verser des retraites est ce qu’on appelle une pyramide de Ponzi démographique : les futurs actifs feront encore plus de retraités plus tard, il faudrait donc faire encore plus d’enfants… jusqu’à ce que la pyramide s’écroule. Ensuite le chômage de masse qui s’amplifie va accroître la population à charge. Notez enfin que la retraite, qu’elle soit par capitalisation ou par répartition, n’est le privilège que d’une fraction de l’humanité. Dans beaucoup de pays c’est l’emploi informel qui prédomine et le statut de retraité n’existe que pour une minorité.

– Le monde va simultanément connaître un pic des naissances dans certains pays et une chute des naissances dans d’autres. Assurer la stabilité économique et sociétale dans ce contexte de vastes disparités constituera l’un des principaux défis du siècle. Que doivent donc faire les pays pour se préparer à cette bombe démographique à retardement ?

=> Que faire ? Pour simplifier, les pays riches doivent accepter une baisse importante de leur niveau de vie et les pays pauvres doivent soutenir un planning familial performant. Sinon les tensions socio-politiques ne peuvent que s’accroître.

– Nous sommes en voie d’atteindre le “pic démographique” entre 2060 et 2080, soit 9,5 à 10 milliards de Terriens – un chiffre qui diminuera ensuite.

=> 1 milliard d’humains en 1800, c’est déjà beaucoup ; 4 milliards en 1974 c’est beaucoup trop ; 8 milliards en 2022, c’est terrifiant. Les démographes professionnels, sauf rarissimes exceptions, ne portent pas de jugement de valeur sur une statistique, ils se contentent de constater. Or toutes les études scientifiques montrent que nous avons déjà dépassé largement les capacités de la planète à satisfaire les besoins actuels de l’humanité. Quand on sait aussi que la diminution « après un pic à 10 milliard » n’est même pas une certitude, il faut se poser la question : est-ce que toutes les personnes qui s’inquiètent de la baisse de fécondité dans certains pays ne sont pas en fait des natalistes convaincus ou des idéologues anti-malthusiens ?

– Les pays ont généralement besoin d’une natalité de 2,1 enfants par femme pour maintenir la stabilité de la population.

=> Pourquoi avoir « besoin » d’une stabilité de la population, à un niveau donné ? Le chiffre 2,1 (reproduction à l’identique d’une population) est devenu un mythe sans fondement réel. Il faut au contraire souligner qu’un taux inférieur à 2,1 enfant par femme est plutôt un signe de clairvoyance des femmes et des couples plutôt qu’un désastre ! Même la France est déjà surpeuplée, à plus forte raison l’Italie et bien d’autres pays où la fécondité est jugée « trop » faible… pour les gouvernements et certains médias.

– Pour ralentir la chute de la natalité, les pays riches doivent faciliter et rendre plus tentant le fait d’avoir plus d’enfants, par exemple en améliorant l’accès au logement et aux traitements contre l’infertilité.

=> En janvier 2024, Emmanuel Macron a voulu faire de la lutte contre l’infertilité son combat… pour relancer la démographie française. Il ose parler de réarmement démographique. Il ne s’est pas du tout interrogé pour savoir si une France métropolitaine de plus de 66 millions au 1er janvier 2024 n’est pas déjà signe de trop plein. Il ose même parler de lutte contre l’infertilité comme dans l’article“ New Scientist” que nous commentons alors que l’infertilité est un signe donné par la nature de s’abstenir de procréer. On ne fait pas un enfant parce qu’on a personnellement besoin d’avoir un enfant à tout prix, on fait un enfant à la fois pour son autonomie et pour la planète.

– La gestion d’une population vieillissante et d’un recul démographique passera aussi par la construction d’hôpitaux, la modernisation des transports et un nombre plus faible d’écoles

=> Il est infantile de se contenter de « yaka ». Dans un pays surpeuplé, les finances ne suivent pas les besoins en services. On le voit déjà en France où la dette dépasse déjà 3000 milliards d’euros et où il faudra bien se restreindre dans les domaines même essentiels, de gré ou de force.

– Les entreprises doivent aussi faciliter et prolonger le maintien au travail des seniors, par exemple avec des temps partiels.

=> Les droits acquis ne le sont jamais définitivement. C’est seulement en 1945 avec la création de la Sécurité sociale qu’est véritablement né le système français de retraite. Et je connais une personne de bientôt 94 ans qui est dans son jardin tous les jours à retourner la terre et à planter des légumes. Bien sûr on peut préférer des zombies dans des Ephad…

– L’émigration depuis les pays pauvres qui ont une natalité élevée a aussi toutes les chances de perdurer… cette approche ne fonctionnera que si un changement s’opère dans l’attitude politique et populaire qui prévaut actuellement vis-à-vis de l’immigration.

=> La langue de bois n’est pas que l’apanage de la caste politique…

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1 enfant ça va, 3 ou plus bonjour les dégâts

Lors des présidentielles récentes, la question de la maîtrise de la fécondité n’est toujours au programme d’aucun des candidats, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par EELV. Un présidentiable qui préparerait un avenir plus durable dirait pourtant deux ou trois choses. D’abord la France doit montrer l’exemple et rejeter toute sa législation actuelle soutenant une politique nataliste. On ne peut donner de leçons aux pays pauvres que si on s’applique à soi-même ce qu’on recommande pour les autres. Ensuite l’éducation de tous devrait permettre à chacun de maîtriser des notions comme malthusianisme, densité mondiale, population optimum, capacité de charge d’un territoire, choix éclairé du nombre d’enfant à désirer, etc.

Anna Villechenon : Les familles nombreuses représentent une famille sur cinq, avec en grande majorité trois enfants (15,7 %), et plus rarement quatre ou plus (5,7 %). Aux yeux de l’Etat, les familles creusent l’écart à partir du troisième enfant : congé postnatal presque deux fois plus long, part fiscale supplémentaire, doublement du montant des allocations familiales… Les avantages sociaux et fiscaux font un bond. Mais avec « trois, quatre ou cinq enfants », on se rend compte que « ce n’est pas possible ». « Quel monde vais-je leur laisser ? », s’interroge-t-on. Entre l’« absence de prise en compte de l’écologie par nos politiques » et la « montée de l’extrême droite et de l’intolérance en France et dans le monde », les couples commencet à être« inquiets » pour l’avenir de leurs enfants. Tant pis pour la famille nombreuse, la raison l’emporte sur le cœur ».

Le point de vue des écologistes malthusiens

Gedeon42 : Une chose m’étonne toujours lorsque je lis de tels articles, c’est que si peu de personnes interrogées évoquent la responsabilité que représente le fait de mettre un enfant au monde, et par là même de le condamner à vivre. Lorsqu’on voit le nombre de jeunes qui se suicident, qui souffrent du divorce de leurs parents ou de l’absence d’un des parents, qui portent toute leur vie le poids d’une maladie chronique, qui souffrent d’état anxieux voire dépressif, ou qui seront chômeurs ou travailleurs pauvres, comment se fait- il que nous ne nous posons pas plus de questions avant d’en faire? Sans parler de tous les parents qui vous répondent un peu gênés et coupables: « c’est peut-être un futur Einstein ». Responsables mais pas coupables ?

Gbouvier : Avoir des enfants (cela commence dès le premier) est une agression de la Planète bien pire que de prendre l’avion, de manger du steak, d’imprimer ses relevés bancaires ou d’aller au ski (avec les enfants, en faisant une pause toute les deux heures au Mac Do). Il faut le dire.

Jan01 : Ne pas faire plus de 2 enfants est aussi un choix social (en plus d’être écologique et/ou économique). En effet, imposer à la collectivité les charges « famille nombreuse » des États qui, ne connaissant rien à l’économie, fondent la « croissance » sur une augmentation de la population… absurde. Aucune création de sens, simplement une nécessité de plus produire en pillant toujours plus…

Tourane : Une de mes connaissances vient d’avoir son troisième. Avec son mari ils vivent dans un 55 m². De plus la première a des problèmes comportementaux et nécessite beaucoup d’attention qu’elle ne peut plus avoir. Je trouve cette attitude immature et désolante .

Benmonkoko : Le problème ce n’est pas le nombre d’enfants, c’est qui les fait et quelle éducation ils donnent

boulbiba : Un enfant est heureux avec de l’AMOUR et du TEMPS. Deux conditions qui se perdent, alors évidemment qu’on ne fait plus d’enfants. Si c’est pour leur promettre une vie devant les écrans, à quoi bon ?

Michel SOURROUILLE : Il n’est pas compréhensible que l’État français reste antinataliste en incitant par ses largesses aux familles nombreuses alors que nous sommes plus de 8 milliards sur la planète et une densité de 124 hab./km² en France. Depuis le rapport sur les limites de la croissance de 1972, on prévoit que nous ferons face à un effondrement au cours de ce siècle. Notre taux d’urbanisés ne tiendra pas la route à la moindre crise d’importance. Puisque le choix des individus est le mantra de notre société dite moderne, alors allons jusqu’au bout de cette logique : laissons les couples et les mères solos face à leurs responblités ; aucune allocation, aucune aide dès le premier enfant. Un choix personnel doit s’assumer, mais pas aux frais de la collectivité…

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John Stuart Mill, familles nombreuses je vous hais

extraits : John Stuart Mill (1806-1873), arrêté à 17 ans pour avoir distribué des tracts en faveur de la contraception : « J’avoue que je ne suis pas enchanté par un idéal de vie que nous présentent ceux qui croient que cette mêlée où l’on se foule aux pieds, où l’on se coudoie, où l’on s’écrase, et qui est le type de la société actuelle, soit la destinée la plus enviable pour l’humanité », écrit-il dans ses Principes d’économie politique de 1848….

Parentalité, un métier qui s’apprend

extraits : Concevoir un enfant est un acte impliquant de lourdes responsabilités. Pourtant la société ne se soucie guère de savoir qui doit avoir le droit ou non d’en procréer. Le psychologue américain David Lykken estime que les parents devraient passer un permis leur permettant de faire un enfant puisque les intérêts de l’enfant sont au moins aussi importants que ceux des parents. Voici quelques éléments de réflexion….

Un planning familial irresponsable

extraits : Selon la définition des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la santé, la planification familiale est « la capacité des individus et des couples à prévoir et à atteindre le nombre d’enfants qu’ils désirent ainsi que l’espacement et le moment de leurs naissances. » Rien sur l’intérêt collectif et la capacité des écosystèmes à supporter un nombre de naissances individuellement choisis. L’OMS ajoute : « Le planning familial est réalisé grâce à des méthodes contraceptives et au traitement de l’infertilité involontaire. L’avortement n’est généralement pas recommandé comme méthode primaire de planification familiale. » Mieux vaut donc une PMA (procréation médicalement assistée) qu’une IVG (interruption volontaire de grossesse)….

Faire un enfant quand tout est foutu

extraits : Marianne Durano : « Au moment où j’écris ces lignes, je suis enceinte de mon troisième enfant.Et moi, je rédige un article sur la fin du monde. N’est-il pas criminel d’enfanter dans un monde promis à la destruction ? On connaît le succès des discours néomalthusiens, justifiés par les rapports scientifiques et les chiffres qui s’accumulent depuis des dizaines d’années. Ce monde, c’est celui de la croissance sans limite et dénuée de sens. Les inégalités ne cessent d’augmenter, les ressources de s’épuiser, la biodiversité de décliner, la température d’augmenter, les glaces de fondre, les migrants de migrer….

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Dévoiturage, on commence juste à en parler

Sur ce blog biosphere, il y a bien longtemps que nous parlons de dévoiturage. Il faudrait dire aux élèves de sciences économiques et sociales que de leur vivant ils seraient obligé un jour ou l’autre de se passer de voiture personnelle. Sylvie Landriève reflète parfaitement ce discours, on devrait tous le tenir si on était vraiment écologiste, merci à elle…

Sylvie Landriève : L’empreinte environnementale de la production et de la destruction de la voiture électrique est moins bonne que celle de la voiture thermique, a fortiori si elle est réalisée et acheminée avec de l’énergie carbonée. Plus la batterie est petite, plus sa recyclabilité est faible, et moins la voiture est réparable. Pire, le passage à la voiture électrique justifie implicitement le renouvellement complet du parc existant et, par conséquent, la pérennisation du “système voiture”, modèle occidental problématique et inaccessible au reste de la planète. Pour atteindre notre niveau d’équipement (plus de 80 % des ménages), il faudrait passer de 1,5 milliards à 4 milliards de véhicules en circulation dans le monde. A ce niveau, et sans même évoquer les impacts environnementaux de leur extraction, on pressent que des matériaux vont manquer (lithium et cuivre sûrement, nickel, manganèse et cobalt peut-être). N’est-il pas paradoxal de chercher à électrifier le parc automobile tout en demandant aux Français… de moins utiliser leur voiture ?

On sait qu’elle contribue de façon protéiforme à la mauvaise qualité de la vie. La voiture a colonisé l’espace public et l’a reconverti en zone de circulation rapide et dangereuse. Sans même revenir sur le nombre d’accidents et de morts de la route, situation que l’on n’accepterait d’aucune autre politique publique. Et si le problème était… la voiture ? N’est-ce pas l’occasion d’être plus radical ? Passons-nous dès demain de ce formidable objet du siècle passé. Allons vers un autre système de mobilité intégrant marche et vélo pour les trajets courts, cars fréquents pour les distances moyennes, train pour les longues distances.

Nos réponses aux inconditionnels de la bagnole

Arnaud De MaNicos : Article très drôle, j’ai bien ri. Surtout les bus 24/24. Cette personne habite sans doute dans le centre de Paris. Je l’invite à passer un an au milieu de la campagne dans un désert médical et on reparle de l’universalité de son modèle.

Biosphere : Sylvie Landriève nous indique explicitement que l’universalisation de la voiture individuelle n’est pas matériellement possible, la pénurie des matériaux (et de l’énergie) vont rendre ce moyen de déplacement obsolète. Il y a moins d’un siècle, il n’y avait pas de voitures à la campagne, mais chaque village avait son petit commerce… et la relocalisation permettra bien d’autres services sur place.

Arnaud De Marseille : Encore un article hors-sol….la filière automobile a un poids majeur dans l’économie française. Avant la crise sanitaire, elle représentait, dans son ensemble, environ 400 000 salariés, plus de 10 % des exportations de biens et plus de 20 milliards d’euros de valeur ajoutée.

Biosphere : C’est un classique, l’économie contre l’écologie ! Mais une activité économique, surtout matérielle comme le système voiture, a besoin d’énormément de ressources de la planète ; or les ressources sont en voie d’épuisement comme indiquée par Sylvie Landriève. Ne pas voir cela, c’est se contenter d’un commentaire hors-sol.

Euskaraz : Chère Madame « l’experte de la mobilité », permettez moi de vous inviter à boire un verre dans ma bergerie au Pays Basque. Bon, il va falloir marcher un peu si l’on suit vos idées, mais c’est très beau.

Biosphere : Sans voiture, on sera obligé de marcher et cela, c’est très bon pour la force physique et la santé. Bien sûr il n’y aura plus de tourisme au loin dans des contrées de rêve, à chacun d’élever ses brebis chez soi.

Babylon300 : Revenir en arrière semble relever de l’utopie / dystopie sociale. La bagnole, ce n’est pas un phénomène français, c’est une réalité mondiale. Comment croire qu’il soit possible d’imposer des restrictions globales sans bouleversements politiques pas forcément contrôlables ? Pleurnicher ne sert à rien.

Biosphere : L’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. Et madame Landriève nous montre qu’il nous faudra bien changer d’imaginaire quand les circonstances nous y obligeront. Une essence à 10 euros le litre comme cela arrivera, un kWh hors de prix, c’est là notre avenir. La société thermo-industrielle n’aura eu qu’un temps, et dilapidé les ressources de la planète. Alors on reprendra quelques recettes de l’ancien temps, que ce soit en France ou au niveau mondial, nous n’avons qu’une planète, la même pour tous. Et pleurnicheurs seront ceux qui ont fait de la voiture un objet d’adulation.

Tourouk.Makteux : Il conviendra quand même d’évoquer l’Histoire. Le déplacement était réservé aux heureux détenteurs de chevaux et de carrosses, jusqu’à l’arrivée de l’automobile, symbole de la liberté individuelle d’aller n’importe où. Convaincre l’humain d’y renoncer, électrique ou pas, va être tout simplement impossible, sauf établissement d’une dictature des comportements engendrant des réactions pas loin de violentes.

Biosphere : L’abondance actuelle pour ceux qui vivent à l’occidentale n’a été possible que grâce à l’utilisation des ressources fossiles ; or celles-ci ne sont pas renouvelables. Les esclaves énergétiques ont certes remplacé les manants, mais sans pétrole ni prise électrique, nous serons bien obligés de revenir à nos forces endosomatiques et sans doute malheureusement à des inégalités qui s’imposeront à tous malgré les violences de la plèbe dans la rue. La liberté du « plus vite, plus loin et plus souvent » sera remplacée par son contraire.

Dèmos : Pendant ce temps, le nationaliste Bardella est à 32% d’intentions de vote aux prochaines élections européennes….on se demande pourquoi. Il faudrait rappeler à l’autrice que nous sommes en démocratie et que c’est au peuple de décider, en matière de mobilité comme dans tous les autres domaines, et non aux experts.

Biosphere : Le peuple n’a pas décidé du passage à la voiture individuelle, ce sont les entreprises, leur marketing et le lobbying qui ont imposé la voiture individuelle au détriment du transport collectif. Le réseau ferré qui desservait autrefois énormément de localités a été déconstruit au profit des autoroutes. Oui, le peuple est en train de décider… de se foutre en l’air (et ses enfants avec). Super ! Vive la démocratie ! Vive le pouvoir à l’extrême droite puisque le peuple en a décidé ainsi !!!

GuiBeau : Un article dictée par l’idéologie plutôt que par la réalité. Renoncer à la capacité individuelle de déplacement c’est une privation de liberté et un appauvrissement par diminution de la capacité à de déplacer.

Biosphere : traiter le discours d’autrui d’idéologique est bien souvent dicté par une idéologie particulière. A chacun sa réalité, et la réalité d’aujourd’hui ne sera pas la réalité de demain. La « liberté » de se déplacer en voiture individuelle n’a qu’un siècle, depuis les premiers exemplaires de la Ford T. Les véhicules présents seront voués à la casse, il y en a déjà beaucoup, de ces cimetières de voiture. Et cette liberté historiquement temporaire de s’asseoir derrière un volant aura un lourd passé derrière elle, le réchauffement climatique, les marées noires, les morts sur la route, les particules fines dans nos poumons, etc.

munstead : La spécialiste ne s’interroge pas une seconde sur le besoin universel de mobilité, depuis que l’homme est apparu. Les chars romains, les voies romaines, le cheval (mobilité individuelle ou collective), tout cela à la trappe!

Biosphere : Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. Au XIXe siècle, seuls quelques riches anglais faisaient le tour de l’Europe, les ancêtres du tourisme !

G-L : Ouais, chouette, revenons aux trajets interminables comme la malle-poste Paris-Brest de 1840 en 44 heures. Vive le temps long ! Je précise que je n’ai pas lu l’article en entier, donc inutile de m’incendier sur des points de détail.

Biosphere : Moins vite, moins loin et moins longtemps, il faudra s’y faire. Sans énergie exosomatique (grâce aux ressources fossiles), nous ferons à nouveau l’éloge de la lenteur. Quant au fait de ne pas lire un raisonnement jusqu’au bout pour en rester à ses préjugés, c’est choisir la voie de la facilité et de l’impuissance intellectuelle.

pm22 : Je propose de remplacer la voiture par la charrette à âne. Heu, non, ce serait de l’exploitation animale…

Biosphere : Vous avez des idées. La première est encore très usitée dans les pays pauvres aujourd’hui. Quand au second, on peut voter pour le parti animaliste lors des prochaine européennes…

Dévoiturage, on commence juste à en parler Lire la suite »

Europe 2024, l’union sacrée pour la voiture

Dans la campagne pour les élections européennes du 9 juin 2024, la voiture électrise les débats. Pour ou contre le passage à l’électrique, autant dire que l’idée de dévoiturage n’effleure même pas les débats politiques.

Philippe Bernard : La dénonciation de l’interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique en 2035 par l’Union européenne (UE) tient lieu d’épouvantail pour l’extrême droite et la droite. « La fin du moteur thermique est un coup de canif dans le pouvoir d’achat de nos concitoyens », a martelé le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella. François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti Les Républicains, prédit que « le continent européen va ressembler à Cuba avec des véhicules hors d’âge ». En Allemagne l’AfD (extrême droite) défile au cri de « Le diesel, c’est super », tandis que les conservateurs de la CDU-CSU promettent d’« abolir l’interdiction des moteurs thermiques pour préserver la technologie de pointe allemande ».

Le rejet de la technocratie écologiste s’ajoute au front anti-immigré pour devenir les deux matrices de l’offre électorale des droites européennes. Les politiques écologiques sont vécues comme remettant en cause des modes de vie, voire des identités .Moins on est ouvert à la diversité culturelle et progressiste sur les questions sociétales, plus on est relativiste, voire sceptique, sur le climat et réceptif à l’idée d’« écologie punitive ».

Le point de vue des écologistes sans voitures

Les populistes préfèrent faire semblant de croire que le thermique pourra continuer d’exister jusqu’à la fin des temps, sans aucune contrainte climatique ni fin des réserves pétrolières et envolée du prix baril. Quelle malhonnêteté ! Les technologues font semblant de croire que l’électricité tombe du ciel et de quelques centrales nucléaires sans se soucier du coût écologique de l’électricité et des batteries. Quelle malhonnêteté !

L’automobile en tant qu’objet de consommation de masse (1,2 milliards de voitures dans le monde) était devenue le cancer de notre civilisation thermo-industrielle. Elle casse les villes, dégrade l’espace, pollue la nature. Elle ronge toute nos infrastructures par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse à produire. Elle brise les cadres d’une vie communautaire, chacun de nous restant enfermé dans sa petite carapace qui exalte notre agressivité… ou cultive notre découragement dans les embouteillages. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir donner par l’électrification une nouvelle vie à nos carrosses  ? La voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, car il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle.

Le plus paradoxal est que dans 20 ans on aura du mal à comprendre pourquoi tant de gens s’accrochaient à leurs voitures puantes et bruyantes. Pensez une minute à la complexité du système pour avoir de l’essence ou de l’électricité près de chez soi : extraction ou production, réseaux de distribution, etc. Vive le dévoiturage, le rapprochement du lieu de vie et du lieu de travail, la fin du tourisme au long cours… La trottinette et le vélo n’ont pas besoin de moteur pour être propulsé par notre seule force physique.

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Européennes. Des écologistes inaudibles

extraits : Interrogés sur la question de la transition écologique, plusieurs candidats ont critiqué l’interdiction prévue de la vente des voitures thermiques neuves à partir de 2035. Ainsi de Jordan Bardella (« un coup de canif porté au pouvoir d’achat de nos concitoyens ») ou de Marion Maréchal-Le Pen, qui y voit une mesure qui « favorise une fois de plus les importations chinoises ». Valérie Hayer a souligné qu’il ne s’agissait « pas de dire demain aux Français “vous ne pourrez plus utiliser votre voiture thermique” », mais que « vous pourrez continuer à utiliser des voitures thermiques de seconde main ». Raphaël Glucksmann a approuvé le développement « des filières européennes de voiture électrique »….

Fin du moteur thermique, dévoiturage obligé

extraits : La vraie question que personne ne pose est avec quelle matière première produire la monstrueuse quantité l’électricité nécessaire pour alimenter tout le parc de voiture, camions, autobus ? Éoliennes, photo-voltaïque, bio-masse seront incapables de fournir les quantités requises. Je maintiens qu’il ne faut pas sous-estimer la filière de la voiture à pédale, la seule qui assure d’avoir de beaux mollets….

Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

extraits : Sortir de la voiture individuelle ne sera pas une mince affaire. Pourtant ça urge, le climat et nos poumons sont à la peine. La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL).Un tel choix implique une massification de l’électro-mobilité, et donc la multiplication des centrales nucléaires. Or là-dessus le projet ne dit rien…. 

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Horrible, l’expression « décroissance »

Le mensuel « La Décroissance » occulte soigneusement des termes comme Démondialisation, Démilitarisation, Dépopulation, Désurbanisation… mais il donne souvent la parole a des spécialistes de la décroissance qui savent ce que raisonner veut dire. Exemple, sur cette question :

La décroissance semble plus que jamais provoquer un rejet radical, voire l’hystérie…

comment le comprendre ?

Serge Latouche : Il s’agit à l’origine de ne pas voir l’ampleur de la pollution généralisée de la Terre ; c’est le déni. Autrement dit, l’idée qu’une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie apparaissait comme « folklorique ». Dans un deuxième temps, comme les faits sont têtus, il devient impossible de nier qu’il se passait quelque chose avec la biodiversité, le climat, etc. Nous eûmes droit au développement durable. Lorsqu’il ne fit plus recette, nous passâmes à la croissance verte, l’économie circulaire, etc. Aujourd’hui, avec l’épuisement de ces stratégies de communication par l’écoblanchiment, la dernière cartouche : anathématisation des partisans d’un véritable changement. On crée des repoussoirs comme « l’écologie punitive », les Khmers verts, etc. Chacun est sommé de s’écrier de façon hystérique : « Non, non, je ne suis pas pour la décroissance. » Mais plus nous serons outrageusement diffamé, plus ce sera le signe que nous disons la vérité.

Luc Semal : Tantôt ce sont les membres du RN qui accusent les Macronistes de condamner la France à la décroissance, tantôt c’est Emmanuel Macron qui dénonce le projet du RN comme un projet de décroissance. De leur point de vue, la décroissance est considérée comme une proposition délirante. La nouveauté, c’est cette intensification de l’invective par un seul mot. Il est navrant de constater combien tout cela est déconnecté du débat scientifique sur les limites planétaires et leurs implications. Il est désormais bien tard sur l’horloge d’une décroissance en catastrophe, nous sommes au pied du mur. Le problème, c’est que cette décroissance abrupte sera seulement perçue comme une proposition encore plus délirante par les défenseurs de la croissance qui répondent toujours par une surenchère de promesses techniques.

Martin Steffans : Si la décroissance est à ce point dénigrée, c’est que le débat politique ne procède plus tout simplement du réel. La croissance économique est impossible, voilà la seule analyse ajustée à un réel fondé sur des savoirs scientifiques. Car s’il y a bien une chose de certaine, c’est que le système Terre est insensible à la communication politique. Pendant des siècles, on a pu définir la politique comme l’instance qui définissait le réel contre la fatalité des dieux ou de la nature. C’est maintenant le réel qui doit redéfinir la politique ! Voyez notre président de la république faisant des vidéos à destination des jeunes sur des questions écologiques sans, à aucun moment, évoquer des savoirs scientifiques. Voyez ce sujet récent au bac de sciences économiques et sociales : « Vous montrerez la façon dont l’innovation permet de repousser les limites écologiques de la croissance. » Je pense malgré tout que, dans quelques temps, la décroissance deviendra un évidence et une réalité.

Nathanaël Wallenhorst : Selon Aristote, un être vivant passe par trois périodes : naître, croître et dépérir. C’est un seul et même mouvement. Est-ce triste ? Oui, si on considère l’arrêt de la croissance comme un mal. Pourtant décroître est un moment de la vie à moins de considérer la vieillesse comme une maladie. Et il y a beaucoup de morts dans le fait de vouloir croître sans cesse : on désole la terre pour les générations qui suivent. Pourquoi a-t-on tant de mal avec ce mot décroissance? Parce que nul n’a envie de céder sa place. Mais qui a envie de ne vivre que pour soi ?

source : La Décroissance n° 209 de mai 2024, page 14 et 15

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Horrible, limiter la liberté d’expression

extraits : Le philosophe John Stuart Mill (1806-1873) avait défini la portée de la liberté d’expression : lorsqu’il est libre, le débat contradictoire peut conduire à une forme d’autorégulation spontanée de la parole. Les contre-vérités, les propos aberrants ou loufoques finissent toujours normalement par être critiqués et neutralisés. Mais à son époque, peu de personnes avaient accès à la parole publique et toutes partageaient les mêmes codes de langage. Le débat éclairé était encore possible. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ….

Horrible, je suis un affreux malthusien

extraits : J’adore James Lovelock quand il déclare que « ceux qui ne voient pas que la surpopulation mondiale et le changement climatique sont les deux faces d’une même pièce, sont des ignorants ou des menteurs. Ces deux énormes problèmes environnementaux sont inséparables et discuter de l’un en ignorant l’autre est irrationnel »….

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Aide au développement, on coupe les vivres

Faut-il continuer à aider les pays pauvres quand on constate historiquement que cela n’a servi à rien ? Le fonds de l’Association internationale de développement (AID) est réservé aux 75 pays les plus pauvres de la planète, 2,5 milliards d’habitants. Elle est la première source d’aide au développement au monde. Mais les donateurs se raréfient…

Julien Bouissou : Le tiers des pays les plus pauvres est plus pauvre qu’en 2020. La moitié est en situation de surendettement, avec hémorragie de capitaux en sus, sans oublier les conséquences du réchauffement climatique. Malgré cette situation, les nations les plus riches coupent dans leurs budgets d’aide au développement. La France a annoncé le 22 février 2024 une coupe de 742 millions d’euros de son aide publique au développement pour 2024. Il s’agit de la ligne budgétaire qui a enregistré la baisse la plus importante (13 %). Signe des temps, les donateurs ne veulent plus entendre parler d’« aide » mais d’« investissement solidaire », comme si l’aide sans contrepartie ne suffisait plus à justifier les efforts financiers. Il est vrai que la faillite des pays pauvres n’aurait quasiment aucune conséquence sur le système financier mondial.

Le point de vue des écologistes malthusiens

solon01 : Les aides sans contrepartie pouvant conduire à l’autonomie ne peuvent qu’accélérer la démographie des pays bénéficiaires, ce qui conduit à encore plus d’aides et ainsi de suite. Exemple, la population de Gaza ne vit ou survit que grâce à l’aide internationale. Sa démographie a explosé. Taux de fécondité d’environ 4.

Le 11 : Je suis surpris que le sujet de la démographie soit souvent oublié ou à peine abordé lorsqu’on parle de développement. A t-on peur de choquer en disant que pour s’en sortir, les pays pauvres devraient commencer par faire moins de gosses ?

pm42 : Question : cela fait combien de décennies qu’on aide ces pays ? Question suivante : est ce que cela a servi à quelque chose ?

Edgard Wibeau : Il se trouve que dans une vie professionnelle antérieure, j’ai bossé dans le développement. La démographie était l’impensé de ce secteur. Tout au plus nous expliquait-on doctement, qu’avoir beaucoup d’enfants, c’est l’assurance vieillesse des pauvres. Au fil des ans, je me suis rendu compte que c’était exactement le contraire. Les pays pauvres s’écroulent sous le poids de leur population et de leur jeunesse. Il n’est tout de même pas difficile de comprendre que lorsque la population double en dix ans, quadruple en vingt ans, etc.. TOUS les efforts faits pour améliorer l’alimentation, l’éducation, l’équipement du pays se perdent comme l’eau dans le sable. TOUT est absorbé et détruit par cette malédiction. La diminution drastique du taux de natalité est une condition préalable indispensable, mais non suffisante, de la sortie de la misère. Pour des pays tels que le Mali, le Niger et le Burkina, il n’y a plus rien à faire. Ils sont en train de s’enfoncer dans le chaos et l’involution économique.

jan aimar : la seule aide moralement acceptable, c’est celle du caoutchouc et de la pilule….le reste est inutile….

Laromolle : Les pays les plus riches développent leur armement . Ce n’est pas moral mais personne ne proteste, de l’extrême gauche à l’extrême droite !

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Tout savoir sur l’aide au développement

extraits : Aide financière au développement, seulement 19 % des soutiens français affichent une volonté de réduction de la pauvreté, 10,9 % soutiennent l’agriculture familiale. La France investit presque deux fois plus dans des projets agro-industriels que dans des projets d’agroécologie. Lutter contre les causes structurelles de la faim par l’agriculture biologique est certes nécessaire. Mais il serait aussi urgent d’augmenter fortement la part de l’aide publique au développement à destination du planning familial. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD y soit consacré….

Arrêtons l’aide alimentaire structurelle

extraits : Disons-le alors tout net, tout pays qui ne fait pas l’effort de maîtriser sa fécondité, et subit en conséquences des problèmes économiques et socio-politiques structurels, n’a pas droit à une aide alimentaire continue. Malthus était très clair sur ce point :

« N’oublions pas que l’humanité et une vraie politique requièrent impérieusement que dans des circonstances de famine, les pauvres reçoivent tous les secours que la nature des choses permet de leur donner. Il est donc de notre devoir de leur donner dans les années de détresse quelques secours temporaires. »….

aide au développement, nouvelle formule

extraits : C’est seulement en 1949 qu’un discours du président américain Truman invente la notion de sous-développement : « Nous devons nous engager dans un nouveau programme audacieux et utiliser notre avancée scientifique et notre savoir-faire industriel pour favoriser l’amélioration des conditions de vie et la croissance économique dans les régions sous-développées ».  La société thermo-industrielle devenait ainsi une référence universelle, il fallait passer obligatoirement par les cinq étapes de la croissance économique, c’est-à-dire dépasser l’état de société traditionnelle, faire son décollage économique pour aboutir à l’ère de la consommation de masse. Cette théorie du parcours obligé a merveilleusement servi les intérêts des grandes puissances….

APD, l’aide au développement, une illusion

extraits : Le développement n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens . Ce n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. L’aide au développement est même devenue une menace pour le pays en difficulté. Il sera entraîné dans une série de dépendances qui en feront un instrument entre les mains de l’institution « donatrice ». Ce n’est pas sans raison que le gros des dépenses va à l’aide militaire, l’aide pour les infrastructures du « développement » et l’aide financière pour sauver des institutions bancaires de la faillite….

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Extractivisme, l’inquiétante frénésie 

Des quantités croissantes de cuivre, de lithium, de nickel et de cobalt sont nécessaires à la décarbonation du système énergétique. Mais difficile de qualifier un site minier de « vert », de « propre » ou même de « durable ». On extrait des ressources qui ont mis des centaines de millions d’années à se former, il n’y a pas de retour en arrière. Et les mines génèrent tellement de déchets…

Perrine Mouterde : Il n’y a pas suffisamment de projets pour faire face à la demande en métaux et minéraux attendue dans le scénario net zéro carbone de l’AIE à l’horizon 2030. Les Etats doivent donc ouvrir de nouvelles mines, mais à quel prix ? L’extraction minière est considérée comme l’une des activités humaines ayant le plus lourd impact sur l’environnement. Pollution de l’eau, de l’air et des sols, déforestation, pression sur les ressources en eau… Une grande partie des mines sont illégales.

La gestion des déchets est un autre défi : chaque année, l’industrie en produit des milliards de tonnes. Par exemple, produire 1 000 à 2 000 tonnes d’or par an nécessite, en raison de sa faible concentration, d’extraire 1,5 milliard de tonnes de minerai. Les éléments toxiques sont souvent naturellement présents dans la roche, où ils sont en quelque sorte enfermés. Le fait de les sortir et de les mettre dans un milieu oxydant au contact de l’air ou des eaux de pluie fait qu’on va libérer des substances comme l’arsenic, le plomb ou le chrome. Le Groupe international d’experts de l’ONU sur les ressources appelle aussi très clairement les pays développés à réduire de manière conséquente leur consommation, notamment de métaux.

Le point de vue des écologistes qui ne veulent pas violer la Terre-mère

– Quand j’étais petit, on nous prédisait que l’Humanité allait mourir de faim parce que nous étions trop nombreux. Un peu plus tard, on a prétendu que nous allions mourir de chaud à cause d’un réchauffement climatique. Aujourd’hui on nous informe que nous allons plutôt mourir empoisonnés. C’est mieux. C’est plus rapide. On souffre moins longtemps.

– Bon, la transition écologique ne va pas être possible pour au moins 7 milliards d humains. Reste 1 milliards de nantis qui vont acheter des légumes bio et des vélos électriques, et prendre l’avion pour les vacances.

La tentation d’être Prométhée, Midas ou automobiliste est la plus forte, alors on y va, droit dans le mur.

– Tout ce qui compose les objets qui nous entourent a été à un moment donné extrait du sol par l’exploitation minière ou pétrolière. Dur dur de se contenter des ressources renouvelables.

– Le besoin en ressources minières est directement proportionnel à la demande. Corolaire : la demande est proportionnelle aux nombre d’être humains, corrigée par le niveau de vie de ces derniers. Et comme le modèle est le niveau de vie d’un riche occidental…

conclusion : Lire et relire l’étude du MIT sur les limites de la croissance (1972). 50 ans plus tard, le scénario central « Business as usual » est celui que nous poursuivons. La vitesse des exponentielles et les lois de la thermodynamique impliquent un inéluctable « effondrement » dans la seconde moitié du XXIème siècle. Les autres scénarios permettent de repousser l’échéance de l’effondrement : aucun ne prédit de l’éviter.

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L’extractivisme se veut indispensable, à tort

extraits : La sagesse de Thomas More a été ignorée, qui condamnait toute ouverture des entrailles de la Terre :« L’or et l’argent n’ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient véritable. C’est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » (L’utopie 1ère édition 1516)….

Nauru, l’extractivisme à l’image de ce qui nous arrive

extraits : Une espèce appartenant au règne animal s’est lancée dans une activité totalement inédite : l’extraction de minerais sans passer par les végétaux, qui jouaient jusqu’alors le rôle de fournisseurs intermédiaires. Cette espèce creuse, perce, concasse le sol, cette espèce c’est la nôtre. Or Nauru est un miroir de la fragilité des civilisations fondées sur le pillage des ressources de la Terre.  Nauru, perdu dans l’étendue du Pacifique, ses 10 000 habitants, ses gisements de phosphate….

La fin programmée de l’extractivisme… en 2017 ? (écrit en 2016)

extraits : Depuis deux siècles nous sommes une société extractiviste, charbon, pétrole, minerais, métaux… On a transformé la Terre en gruyère. Nous avons déjà prélevé plus de la moitié du pétrole et il faudrait en laisser une grande partie sous terre pour éviter l’emballement climatique. Les politiques n’en ont pas encore conscience, mais l’extractivisme est derrière nous. En 1859 le pétrole a été trouvé à 23 mètres de profondeur en Pennsylvanie. Pour les huiles de schiste, la roche mère se situe entre 1500 et 3500 mètres de profondeur….

Démence extractive, c’est-à-dire «Explosons la planète» (2015)

extraits : Nous traversons la dernière étape de l’exploitation à grande échelle des minéraux. En deux siècles à peine, au terme d’une guerre impitoyable, nous aurons remonté à la surface de la terre un trésor qui avait mis des millions, voire des milliards d’années à se constituer. Le point culminant de cette démence extractive est la décision des compagnies pétrolières d’exploiter certains combustibles non conventionnels comme le gaz de schiste, le pétrole en eaux profondes ou les sables bitumineux….

arrêt des extractions minières partout dans le monde (2012)

extraits : A qui appartiennent les ressources minières du Groenland ? Les immenses ressources de son sous-sol attirent les convoitises ; l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire permet d’envisager leur exploitation. Mais ces ressources n’appartiennent ni à l’Europe via le Danemark, ni aux autres Etats limitrophes. Ces ressources n’appartiennent pas non plus aux 57 000 habitants de cette île recouverte d’une couverture de glace atteignant 150 mètres d’épaisseur. Ces ressources n’appartiennent certainement pas aux firmes multinationales comme Exxon Mobil, Cairn Energy ou encore EnCana. Ces ressources n’appartiennent même pas aux générations futures qui n’en feraient pas un usage meilleur qu’aujourd’hui. Il faut lutter contre la logique extractive et sanctuariser les dernières et rares ressources du sous-sol qui nous restent….

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Malthus, un précurseur de la décroissance

Compte-rendu de la conférence-débat organisée par les Amis de la décroissance » de Belle-Île-en-mer le 26 avril 2024 .

Thème : « Malthus est-il ou non un précurseur de la décroissance ? »

Intervenant : Michel Sourrouille

Introduction

La population mondiale augmente de façon exponentielle, 1 milliards d’êtres humains en 1800, 2 milliards en 1930, 4 milliards en 1974 et 8 milliards selon l’ONU en novembre 2022. Entre 2011 et 2022, il n’a fallu que onze années pour s’accroître d’un milliard supplémentaire, population qu’il faut pouvoir nourrir, loger et lui offrir quelques commodités. Juger qu’un tel niveau de croissance dans un monde fini est acceptable n’est le fait que des natalistes ou des démographes. La densité moyenne mondiale est conséquente, 61 hab./km² actuellement. La densité de la France est de 124. Si on prend une densité de 100 hab./km², cela veut dire concrètement qu’un individu n’a qu’un carré de 100 mètres de côté pour satisfaire tous ses besoins…. et laisser un peu de place pour la biodiversité. Un individu à l’hectare, c’est une bonne image de l’état de surpopulation humaine, une situation ingérable et invivable dans la plupart des territoires.

Michel Sourrouille a publié trois livres sur la surpopulation, le premier en 2014 avec 13 auteurs (Moins nombreux, plus heureux) et le dernier en 2023 avec 23 contributeurs (Surpopulation… mythe ou réalité ? ». Il se situe explicitement comme un ami de la décroissance démographique, regrettant seulement que le mensuel « La décroissance » se refuse encore à aborder cette thématique. Malthus fait-il donc peur ? Bien qu’inconnu du grand nombre, le terme malthusien est pourtant entré dans le dictionnaire. Mais pas dans l’éducation nationale ! Il est rare qu’un patronyme devienne un élément de langage, l’approche malthusienne devrait être connue de tout élève. Malthus a publié à partir de 1798 son « Essai sur le principe de population ». C’est à la fois une explication de l’origine du surnombre et une solution à y apporter.

1) le message de Malthus

Rappelons d’abord la loi de Malthus ainsi définie par lui-même :

« Lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique (exponentielle). On n’obtiendra pas avec la même facilité la nourriture nécessaire. En effet, l’agriculture étant soumise à la loi des rendements décroissants, les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique (linéaire). D’où un décalage croissant entre population et alimentation ».

Il en déduisait qu’il était nécessaire de limiter sa fécondité pour essayer de garder un niveau de population en concordance avec l’état des ressources.

« Les obstacles à la population qui maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant. La somme des premiers compose ce qu’on peut appeler l’obstacle privatif ; celle des seconds, l’obstacle destructif. Pour les obstacles privatifs, l’abstinence du mariage, jointe à la chasteté, est ce que j’appelle contrainte morale. Les obstacles destructifs sont d’une nature très variée. Ils renferment toutes les causes qui tendent de quelque manière à abréger la durée naturelle de la vie humaine. Ainsi on peut ranger sous ce chef l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la famine. »

Notez que Malthus n’est pas antinataliste, opposé en toutes circonstances à la natalité. Il indique seulement qu’on ne peut avoir une niveau de fécondité acceptable qu’en rapport avec les ressources naturelles. C’est en ce sens qu’il est non seulement un précurseur de la décroissance, mais aussi un précurseur de l’écologie scientifique, l’étude du rapport d’une espèce avec le milieu qui la fait vivre. Notez aussi qu’il privilégie l’autolimitation de la fécondité, mettant les pauvres face à leurs responsabilités. Si on ne fait pas preuve d’une conscience éclairée en matière de procréation, le fait d’être victime d’un accroissement de la mortalité par des obstacles destructifs n’est pas de son fait. Nulle trace d’autoritarisme dans ses écrits.

2) les critiques et leur dépassement

Le rapport sur les limites de la croissance de 1972 reprenait l’idée de l’impossibilité d’une croissance exponentielle durable dans un monde fini. Sauf qu’il ne considérait pas seulement 2 variables, population et alimentation, mais y ajoutait 3 autres variables, industrie, ressources naturelles non renouvelables et pollution. Cette étude scientifique prévoyait un effondrement au cours du XXIe siècle. Bien d’autres études depuis ont montré que nous avons largement dépassé les limites de la planète. La pensée malthusienne est donc une réalité actuelle. Pourtant bien des critiques sont adressées au malthusianisme. Elles étaient bien présentes dès la parution de son livre :

« La plupart des attaques contre mon essai sont moins des réfutations que des déclamations ou des injures qui ne méritent aucune réponse. Je suis donc appelé à relever seulement des objections qui ont été faites en simple conversation. »

Malthus doit être réhabilité aujourd’hui.

opposition marxiste 

Karl Marx et Engels au XIXe siècle ont été très opposés aux thèses malthusiennes. Engels qualifiait les thèses de Malthus de « déclaration de guerre la plus brutale que la bourgeoisie ait lancée contre le prolétariat». Marx dénonçait «la sottise de Malthus sur la progression géométrique et arithmétique, qui n’est qu’une pure absurdité, une hypothèse parfaitement chimérique». Il suffirait pour Marx et Engels de faire la révolution et de mettre le prolétariat au pouvoir pour que chacun puisse vive l’abondance sans se soucier de l’état des ressources. Ce programme a complètement échoué.

Marx exprimait déjà quelques craintes dans sa Critique du programme de Gotha : « Si la théorie malthusienne de la population est exacte, alors je ne peux pas abolir la loi, dussé-je cent fois abolir le salariat, parce que la loi ne régit pas seulement le système du salariat, mais tout système social. »

opposition du complexe agro-industriel

Certains pensent aujourd’hui qu’on pourrait nourrir 10 milliards de personnes et plus. Mais la famine est encore bien présente dans le monde actuel alors que nous sommes au summum de la richesse produite. En outre, les statisticiens calculent de façon très superficielle la productivité agricole. Il ne faut pas seulement tenir compte des rendements à l’hectare, mais de tous les intrants qui permettent le forçage de la terre. Si on transforme le numérateur (la production) et le dénominateur (les facteurs de production) en calories pour les rendre comparable, on se rend compte que la productivité baisse. On a aussi voulu ignorer la loi des rendements décroissants bien connue de Malthus, on a épuisé la terre, il y a une stérilisation des sols par agriculture thermo-industrielle.

Le prix Nobel de la paix 1970, Norman Borlaug, initiateur des semences à haut rendement, reconnaissait lui-même lors de son discours de réception de son prix que si la révolution agricole ne s’accompagnait pas d’une maîtrise de la fécondité, on ne pouvait aboutir à aucun équilibre durable.

opposition socialiste

Malthus écrivait : « Les lois sur les pauvres tendent manifestement à accroître la population, sans rien ajouter aux moyens de subsistance. Ainsi les lois y créent les pauvres qu’elles assistent. » Ce constat semble irréfutable, pourtant le rejet de Malthus par une certaine gauche actuelle résulte du fait d’y voire là une dénonciation des pauvres par les riches. Malthus ne faisait qu’essayer de responsabiliser : « Le peuple doit s’envisager comme étant lui-même la cause principale de ses souffrances… » Contrairement aux idéologues, Malthus avait le sens de la nuance : « Ce que je propose, c’est l’abolition graduelle des lois sur les pauvres, assez graduelle pour n’affecter aucun individu qui soit actuellement vivant. » Une aide ne peut qu’être temporaire, sinon elle entretient la misère.

Voici la dernière phrase du long essai de Malthus : « Tout lecteur équitable doit, je pense, reconnaître que l’objet pratique que l’auteur a eu en vue par dessus tout, est d’améliorer le sort et d’augmenter le bonheur des classes inférieures de la société. »

Bien d’autres oppositions au malthusianisme existent. Les capitalistes se réjouissent d’un surcroît de naissance qui leur permet d’exploiter une main d’œuvre surnuméraire à bas prix. Les politiciens font preuve d’une volonté de puissance par le nombre, la France est restée depuis les lois répressives de 1920 dirigé par des natalistes. Mais l’opposition contemporaine qui se veut plus subtile regrette la baisse de fécondité qui est le fait de pays de plus en plus nombreux : qui va payer nos retraites ? Il est pourtant absurde de mettre en place une pyramide de Ponzi démographique : faire des enfants pour payer les retraites, c’est faire dans l’avenir encore plus d’enfant pour des retraités encore plus nombreux…, jusqu’à se rendre compte que c’est là une voie sans issue. Reconnaissons d’ailleurs que du temps de Malthus, la notion de « retraité » n’existait pas.

Conclusion

Malthus est un pragmatique réaliste qui s’est explicitement positionné contre les idéalistes de son temps. Il pouvait écrire :

« L’ouvrage de Condorcet, intitulé Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, est un exemple remarquable de l’attachement qu’un homme peut vouer à des principes démentis par l’expérience de chaque jour… Godwin, dans son ouvrage sur la justice politique, se repose avec trop de confiance sur des propositions abstraites et générales…. »

Contre les idées généreuses mais hors sol, Malthus préfère dire que chacun est responsable de son destin et ne doit pas trop compter sur l’État. A une époque où l‘école pour tous n’existait pas, il préconisait d’éduquer le peuple afin qu’il comprenne les réalités de notre monde. De l’avis de Michel Sourrouille, Malthus est non seulement un précurseur de la décroissance, mais son message sur le nécessaire équilibre entre un niveau de population et l’état des ressources devrait être connu de tous. D’autant plus que l’autolimitation de la fécondité est d’abord un choix individuel des femmes et des couples. On a besoin d’une démocratie éclairée, même dans les chambrées.

Pour en savoir plus, Biosphere-Info, les textes de MALTHUS

Malthus, un précurseur de la décroissance Lire la suite »

Pour l’autolimitation de la fécondité

Le fait d’inciter, comme le demande l’association Démographie Responsable, à la diminution sur le long terme de la population humaine, implique de déterminer les moyens à utiliser. Comme l’exprime le principe démocratique d’une « l‘autolimitation de la natalité », il s’agit de valoriser tout ce qui a trait à la libre détermination des personnes. En conséquence cela implique un soutien aux différentes méthodes de maîtrise de la fécondité humaine, la contraception, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et la stérilisation librement choisie. L’idée générale, c’est de respecter la liberté d’une femme ou d’un couple de procréer (ou non) en toute connaissance de cause.

On peut donc juger du caractère plus ou moins démocratique d’un pays en regardant son évolution juridique en matière d’avortement. Même aux Etats-Unis, pays qui se dit libéral, une dizaine d’Etats ont aujourd’hui interdit l’avortement, obligeant des cliniques à fermer ou à déménager. Les pro-life ont un tempérament de type dictatorial. De leur côté les pro-choice, en faveur de l’IVG, n’empêchent pas les croyants de s’interdire pour eux-même l’avortement.

L’exemple de la loi « incroyablement extrême » de l’Idaho en 2020 sur l’avortement est un cas d’école. Avant même la décision de la Cour suprême de mettre fin à la protection constitutionnelle de l’IVG en juin 2022, les conservateurs de cet Etat du nord-ouest avaient fait adopter une loi interdisant tout avortement … sauf dans le cas où la mort de la mère est une certitude absolue. Si vous avez un fœtus qui n’a ni cerveau, ni aucune chance de survie, la loi de l’Idaho vous oblige à le porter pendant neuf mois ! Les médecins risquent cinq ans de prison et la suspension de leur autorisation d’exercer s’ils pratiquent un avortement. Beaucoup préfèrent partir. L’Idaho a perdu un quart de ses gynécologues et plus de la moitié des spécialistes des maternités à risque. Les élus sont confrontés aux conséquences de leur intrusion législative dans le domaine médical : dans certaines parties de l’Etat, les femmes doivent parcourir 250 kilomètres pour consulter un gynécologue, non pas pour un avortement mais pour une visite de routine !!!

Fortement remis en cause aux Etats-Unis depuis l’annulation par la Cour suprême de l’arrêt Roe vs Wade – qui accordait aux Américaines un droit d’avorter au niveau fédéral –, l’accès à l’IVG est devenu l’un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle actuelle. Bien que catholique pratiquant, Joe Biden est devenu l’un des plus vigoureux défenseurs du droit à l’interruption volontaire de grossesse. Le 23 avril 2024, il a attaqué son rival à la présidentielle de novembre, Donald Trump : « Une personne est responsable de ce cauchemar, ramener les Américaines cent soixante ans en arrière. Elle le reconnaît et s’en vante. C’est Donald Trump. L’électorat va lui demander des comptes. Il ne s’agit pas des droits des Etats, mais des droits des femmes… »

La position démocratique est claire, laisser la liberté de choix ! L’IVG sécurisée sauve des vies. Si un gouvernement interdit l’avortement, des femmes le font quand même, mais de façon clandestine. Chaque année dans le monde selon l’OMS, 585 000 femmes meurent de complications liés à la grossesse, à l’accouchement, aux suites de couche et à l’avortement (ce dernier contribuant pour 13 % des décès maternels). Trop de pays et trop de croyants interdisent encore de différentes manières l’avortement. Ce sont des natalistes qui n’ont aucune conscience de ce que veulent dire des mots comme surpopulation ou malthusien. Ce sont des barbares qui ne respectent ni les choix individuels, ni le bien commun. Notre niveau de population est si élevé (8 milliards depuis 2022) qu’un État éclairé devrait nécessairement favoriser l’IVG pour diminuer la pression du nombre.

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IVG, la démocratie impose des contraintes

extraits : Souvenons-nous , pendant des siècles, les gouvernements et les églises ont bel et bien contraint les gens à avoir davantage d’enfants : il n’est de richesse que d’hommes, disait-on. Avortement et même contraception étaient interdits par une loi de 1920 démocratiquement votée en France. Depuis 1967 pour la contraception et 1975 pour l’IVG, c’est l’inverse, c’est autorisé. Or avec 10 ou 11 milliards d’humains prévus en 2100, il est fort possible que la situation devienne alors ingérable et qu’on en arrive démocratique à formuler des contraintes du types stérilisation obligatoire des femmes ayant déjà eu un enfant…..

la « liberté » de recourir à l’IVG

extraits : Le Sénat à majorité de droite s’est prononcé mercredi 1er février 2023, par 166 voix contre 152, pour inscrire dans la Constitution la « liberté de la femme » de recourir à l’IVG, une formulation qui abandonne la notion de « droit » chère à la gauche. Le texte vise à compléter l’article 34 de la Constitution avec cette formule : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ».

C’est donc à la loi de déterminer les modalités de l’IVG, mais on ne voit pas la différence avec la situation actuelle sauf à croire faussement que l’inscription dans la constitution » protège le droit à l’avortement. Mais si l’Assemblée nationale décide plus tard de restreindre l’accès l’IVG en y mettant des « conditions », on sera toujours dans le nouveau cadre constitutionnel…..

Une femme sur trois choisit l’IVG (avortement)

extraits : Une femme sur trois en France connaît dans sa vie une interruption volontaire de grossesse. C’est un choix, mais plus encore une liberté, et pourtant cela est encore et partout un droit fragile. S’attaquer à l’avortement n’est pas une exclusivité américaine. Dans la France des années 1950-1960, les avortements clandestins étaient synonymes de souffrances, voire de morts. On se souvient aussi de la Roumanie, lorsque le président Nicolae Ceausescu a interdit l’avortement : entre 1966 et 1989, plus de dix mille femmes ont trouvé la mort lors d’interruptions de grossesse clandestines et de nombreux enfants ont été abandonnés dans des orphelinats surpeuplés…..

L’IVG est plus qu’un droit, c’est un devoir

extraits : D’un point de vue éducatif et démographique, faire en sorte de mettre au monde un enfant non désiré est une atteinte aux droits de l’enfant à vivre dans une famille aimante et attentionnée alors que la planète subit une surpopulation humaine impressionnante : 8 milliards d’être humains à l’heure actuelle, soit 8 000 000 000 personnes à comparer à l’unicité de chaque nouvelle naissance supplémentaire. Un humain est devenu un simple pion, qu’est-ce alors qu’un embryon ? Pourtant les natalistes font encore la loi dans trop de pays, voulant restreindre ou même supprimer le droit à l’avortement….

Tout savoir sur l’avortement, l’IVG

extraits : Les gouvernements, ivres de chair à canon ou de main d’œuvre servile, ont mené toutes étiquettes politiques confondues une lutte anti-malthusienne qui s’est traduit par la loi de 1920 qui assimile la contraception à l’avortement. Toute propagande anticonceptionnelle était interdit, le crime d’avortement était passible de la cour d’Assises. La contrainte n’est donc pas du côté des malthusiens, mais des natalistes. Pour un néo-malthusien, la liberté de contraception (loi de 1967) et d’avortement (loi Veil de 1975) sont des avancées sociales qui permettent le libre choix entre faire l’amour par plaisir ou faire l’amour pour procréer. Voici l’état actuel de la législation française…..

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Le groupe III du GIEC ignore la décroissance

Les économistes utilisent ce qu’on appelle des « modèles d’évaluation intégrés » (integrated assessment models, IAM en anglais) : « intégrés », car ils combinent des éléments venant de disciplines différentes, de l’économie, des systèmes énergétiques, des sciences du système Terre… Le groupe III du GIEC, chargé d’étudier les solutions face au réchauffement utilise ces IAM sans jamais aborder la possibilité d’une décroissance. Comme si croître indéfiniment dans un monde fini était possible ! L’idéologie de la croissance est devenue une religion, non basée sur les réalités biophysiques.

Jean-Baptiste Fressoz : Dans son dernier rapport, le groupe III du GIEC disposait d’une bibliothèque de 3 131 scénarios générés par plus de 50 familles de modèles. Aucun scénario n’avait inclus d’hypothèses de décroissance. Même pas concernant les pays les plus riches, qui, avec leurs infrastructures, ont contribué de manière disproportionnée au réchauffement climatique. C’est seulement dans Economic Systems Research que neuf jeunes chercheurs explorent en avril 2024 l’hypothèse de la décroissance d’un pays riche, en l’occurrence l’Australie. Les auteurs ont généré 51 scénarios avec des taux de croissance allant de + 3 % par an à – 5 % par an. La décroissance est conçue comme un abaissement du revenu par habitant. Le simple arrêt de la croissance du produit national brut (PNB) australien réduit de 40 % les besoins en énergie renouvelable.

Au fur et à mesure que les années passent et que le CO2 s’accumule dans l’atmosphère, les hypothèses de décroissance – au moins de certains pays riches – vont devenir de plus en plus indispensables

Le point de vue des écologistes décroissancistes

La décroissance n’est pas une possibilité théorique, toutes les civilisations antérieures se sont effondrées après une période de faste plus ou moins longue. La révolution industrielle a certes permis depuis deux siècles une croissance tendancielle, mais celle-ci est cyclique et les périodes d’expansion sont toujours suivies de période de récession ponctuelles, voire de dépression comme en 1929. L’urgence écologique implique à pus forte raison une inéluctable décroissance, c’est ce qui est déjà envisagé au début des années 1970.

1972 est l’année durant laquelle a émergé une conscience écologique mondiale, avec plusieurs publications : le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, dont le titre français était « Halte à la croissance ». Moins connue, la lettre ouverte au président de la Commission européenne de Sicco Mansholt remettait en cause l’orientation vers la croissance de ladite Commission. En avril de la même année, Gorz a publié dans Le Nouvel Obs un article en défense de ces deux textes. Pour lui, ces publications montraient que le capitalisme n’est tout simplement pas compatible avec la survie de l’humanité. Il faut donc engager l’économie dans une logique de décroissance. Il a montré comment une « décroissance productive », par opposition à la « croissance destructive » actuelle, pouvait à la fois enrichir la vie et préserver la planète. Œuvrer à la création d’une société post-capitaliste, c’est faire le choix de vivre mieux avec moins, en travaillant et en consommant moins, mais en s’impliquant davantage socialement.

Le terme de décroissance ne se trouve pas dans le livre-clé de Nicholas Georgescu-Roegen, The Entropy Law and the Economic Process publié en 1971. Mais l’idée de décroissance ou d’après-croissance venait souvent dans les discussions qu’il avait avec Jacques Grinevald. C’est en 1979, que le titre « Demain la décroissance », fut adopté par Jacques Grinevald pour la traduction de plusieurs textes que Georgescu-Roegen lui avait envoyés entre 1976 et 1977.

La critique principale de la prophétie décroissanciste vient aujourd’hui de tous ceux qui mettent en avant l’inacceptabilité sociale de sa mise en œuvre.

Le point de vue des Gilets jaunes

G RICH : La décroissance selon Fressoz ne sera soutenue que par les quelques bobos repus de la capitale. Il faudra de l’acceptation sociale large de la transition, c’est un peu plus sophistiqué que les recettes simplistes inapplicables socialement.

FuturEx : C’est bien beau. Mais il faut quand même avoir en tête que la décroissance va avoir des conséquences sociétales majeures. Qui crée la valeur ajoutée ? Que faire des bullshit jobs (emplois à la con) qui occupent une part non négligeable de la population ? Comment contenir la révolte des masses ?

verst : Deux questions que je me pose. Les électeurs australiens seraient ils d’accord ? Une Australie en décroissance serait elle indépendante ou assujettie ?

Eric.Jean : Il faut appeler un chat un chat. La décroissance vécue au niveau individuel, c’est un appauvrissement, une perte de pouvoir d’achat. S’il faut moins produire on a besoin de moins d’énergie. C’est aussi basique que ça. L’économie ce n’est rien d’autre que de la transformation avec de l’énergie. Maintenant il faut trouver les volontaires pour s’appauvrir pour la planète. Ou les désigner sans provoquer de révoltes. Bonne chance!

Le serpent : Voyons, voyons ! Comment vous les décroissants allez financer votre crédit bagnole, votre appartement, les travaux de chauffage et d’isolation de votre copropriété, la dette des Etats, les études du petit dernier, les énergies renouvelables, et j’en passe ? La décroissance, c’est la mort de l’économie mondiale.

XBG : Le scénario de décroissance pour s’adapter aux exigences écologiques n’est pas une surprise, il a été prévu depuis longtemps, ainsi qu’un appauvrissement général des populations. Ce phénomène ne peut durer qu’un temps, le temps des reconversions nécessaires et des adaptations qui mettent du temps. Un tel chamboulement est difficile à imaginer dans la douceur, à moins qu’on l’accepte étalé sur une longue période. Le réaliser rapidement, dans l’urgence, ne sera pas accepté par la majorité des gens.

Jacques_81 : Il est facile d’intégrer une courbe de décroissance dans un modèle même très complexe. Mais il faut d’abord dire comment convaincre des milliards de citoyens de l’accepter. Or les pays les plus pollueurs sont des démocraties (sauf la Chine), aussi des mesures autoritaires se heurteront à un changement de gouvernement au profit d’une majorité moins « écologique » (les Gilets Jaunes n’étaient qu’un échauffement).

Le point de vue des Décroissants

Où-atterrir : Il y a 50 ans, les Meadows et leur « Limits to growth » avaient déjà construit un modèle systémique simulant la dynamique démographique mondiale. Les conclusions étaient déjà claires… il y a 50 ans. Malgré tout on continue d’ergoter alors qu’on en est arrivé au point d’inflexion de la parabole démographique (et de celle du PIB).

Michel S. : Quand les conditions climatiques et les tensions dans les pays seront devenues ingérables, le citoyen lambda sera bien obligé d’accepter de réduire sa consommation et par conséquence, sa production, donc son niveau de vie !

Vieux : On ne veut pas organiser la décroissance ? Très bien. Elle se fera de manière contrainte et donc bien plus douloureuse. C’est juste une question de temps.

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La Décroissance dans les colonnes du MONDE

extraits : « La marée qui monte soulève tous les bateaux. » Pendant des décennies, cette phrase de John Fitzgerald Kennedy a exprimé le consensus autour de la croissance économique. C’est ne pas connaître le fonctionnement de notre planète que d’ignorer qu’après la marée haute, il y a la marée basse… c’est ignorer la réalité économique que croit que la croissance peut perdurer alors qu’elle aboutit nécessairement à….

Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

extraits : Le mot décroissance, qu’elle soit économique ou démographique, est encore un tabou merdiatique. Pour éviter d’envisager le pire, on a utilisé tous les subterfuges sémantiques possibles, invention du développement durable, remplacé par croissance verte ou aujourd’hui par « pacte vert de relance ».le scénario dit « SSP 1 » (Shared Socio-Economic Pathway 1) du GIEC, qui fait du bien-être humain et de la réduction des inégalités sociales les deux piliers du développement en lieu et place de la croissance économique. Ce « récit climatique », finalisé en janvier 2017, implique…

L’habituel déni du mot « décroissance »

extraits : Les militants de la décroissance subissent un ostracisme généralisé de la part des politiques et des médias. C’est un fait. Il y a pourtant une réalité biophysique : il est absolument impossible de continuer à croître dans un monde fini. Le cerveau de beaucoup d’humains est socialement programmé pour ne se rendre compte qu’on va dans le mur qu’après qu’on ait heurté le mur ! Le mensuel La Décroissance (novembre 2023) a listé les idioties dites par des gens qui se croient intelligents….

Bibliographie de la Décroissance sur notre site biosphere

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre)

de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann,

candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

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Tout savoir sur le débat démographique actuel

Selon les dernières projections de l’Organisation des Nations unies, la population mondiale devrait atteindre un pic dans les années 2080, avec environ 10,4 milliards d’habitants et se maintenir à ce niveau jusqu’en 2100. Les uns s’inquiètent et parlent de surpopulation, d’autres considèrent au contraire qu’il faut faire encore plus d’enfants.

Elsa Conesa : « Moins de naissances, c’est moins de travail et moins de consommation, c’est un affaiblissement économique, un déclin, considère Bruno Retailleau, chef de file des Républicains au Sénat.

« En dehors de l’équilibre des régimes de retraite, la démographie n’est pas une variable essentielle au bon fonctionnement d’une économie capitaliste, explique au contraire l’économiste Jean Pisani-Ferry. « Il y a eu beaucoup d’études réalisées sur la relation entre croissance économique et croissance démographique, et on n’a jamais pu mettre en évidence la moindre causalité, expliquait récemment le démographe Hervé Le Bras. L’Allemagne en fournit la preuve : le pays a mieux réussi économiquement que la France en ayant une fécondité, pendant près de cinquante ans, d’un demi-enfant de moins qu’en France. Le cas du Japon illustre bien qu’un pays peut être en récession démographique sans que cela induise de catastrophe économique. A l’inverse, les pays dont la démographie explose ne sont en effet pas nécessairement les plus prospères. »

Pour Sandrine Rousseau, députée Nupes, les perspectives démographiques qui projettent une population de plus de 10 milliards d’êtres humains sur la terre en 2050 sont une « catastrophe écologique absolue ». Défendant l’idée d’une économie en « état stationnaire » plutôt qu’en « croissance infinie », elle juge qu’« il n’y a pas absolument besoin de relancer la natalité ». L’ancienne candidate à la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts en 2022 dit observer chez les partisans de la décroissance une réhabilitation des thèses de l’économiste britannique Thomas Malthus. Celui-ci voyait les naissances multiples comme un facteur d’appauvrissement dans un monde aux ressources finies.

lemonde.fr : Le spectre du déclin démographique revient hanter les discours politiques. Le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, assume : « La question démographique est une question idéologique, car pour financer un régime par répartition, c’est soit plus d’enfants, soit plus d’immigrés. »

L’équation, validée par tous les démographes, est posée. Le débat est lancé, et il ne rencontre pour le moment qu’une réponse ténue parmi les macronistes. Au grand dam du MoDem de François Bayrou, qui dans une note du Haut-Commissariat au plan soutenait, en mai 2021, ​​que « la démographie devient la clé même de la durabilité et de la générosité du contrat social ». La gauche, faute d’assumer un discours clair – que ce soit le recours à l’immigration, un goût affiché pour la natalité ou même un néomalthusianisme écologique –, s’aventure peu sur ce thème. La sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ex-ministre des familles de François Hollande, se décrit quand même comme une féministe « familialiste »: « Quand un pays n’a plus envie de faire des enfants, c’est un indicateur de perte de confiance de la jeunesse dans son avenir »  Pour le reste, la sénatrice fustige les immuables relents « pétainistes » du discours de la droite : « Faire des enfants pour la France, pour le régime de retraites ou pour faire des soldats, toujours la même histoire… »

La députée écologiste Sandrine Rousseau : « Ce n’est pas neutre, la démographie ! On est 9 milliards, il n’y a pas besoin de politiques publiques pour développer la natalité, il suffit d’ouvrir un peu les frontières », estime celle qui avait lancé à l’Assemblée : « Lâchez nos utérus ! »

Le démographe Hervé Le Bras. « Ce n’est pas pour la patrie qu’on fait des enfants, ni pour la planète qu’on n’en ferait pas, mesure-t-il. Et contrairement à ce qu’on fait croire à propos des retraites, explique-t-il, c’est les jeunes le problème de la nation. » C’est dans cette classe d’âge, pas chez les retraités, que le taux de pauvreté explose, ce qui explique aussi en partie le report du premier enfant. A force de tourner les politiques vers le troisième âge, ou de viser directement les ventres des femmes, on finirait par l’oublier.

Raphaëlle Besse Desmoulières : Persuadés que notre espèce est en train de disparaître, Malcom et Simone Collins, un couple en attente de son quatrième enfant, appellent depuis leur demeure cossue de Pennsylvanie à faire le plus d’enfants possible.  Les époux ont des problèmes de fertilité. Ils ont eu recours à des fécondations in vitro (FIV).

Dans le sillage d’Elon Musk, ces pronatalistes admirateurs de Donald Trump prônent aussi une sélection génétique des embryons. Les Collins ne veulent pas simplement beaucoup d’enfants, ils les souhaitent les plus optimaux possible. « Nous avons des raisons de croire que beaucoup de choses sont héréditaires et nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux »Ils en espèrent au moins sept. Pour l’enfant que Simone attend, ils prétendent être allés plus loin encore. « A ma connaissance, il s’agit du premier bébé qui sera sélectionné pour son intelligence. »

Corine Lesnes : La plus haute juridiction américaine se penche sur le droit de prescrire la pilule abortive par télémédecine, un recours notamment pour de nombreuses femmes dont l’Etat a interdit les interruptions volontaires de grossesse.

En 2000, la Food and Drug Administration (FDA) avait approuvé la mise sur le marché de la mifépristone (aussi connue sous le nom de RU 486). En décembre 2021, elle a supprimé l’exigence selon laquelle le médicament devait être délivré lors d’une visite médicale en personne. Cette décision a facilité la commercialisation du médicament par télémédecine avec expédition par la poste, suscitant l’indignation du mouvement conservateur. Depuis la pandémie de Covid-19, l’avortement chimique, à base de deux médicaments (mifépristone et misoprostol), est devenu la procédure d’interruption de grossesse la plus courante aux Etats-Unis (63 % des procédures en 2023).

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Les raisons de ne pas avoir d’enfants

La publication du bilan démographique de l’Insee, le 16 janvier, a donné lieu à une série de réactions effrayées et à l’injonction du président de la République à engager un « réarmement démographique », lors de sa conférence de presse le même jour. Beaucoup de commentaires ont été consacrés au caractère inapproprié de ce terme et à la vision caricaturale des femmes qui le sous-tend. Une telle expression laisse en effet penser qu’avoir des enfants constitue pour celles-ci une sorte de devoir patriotique et que leur fonction est avant tout d’accroître la population française. Elle sous-entend également qu’il n’est pas question de faire appel à l’immigration pour augmenter le solde naturel de la France, dans la droite ligne de la loi « immigration ». Mais comment lutter contre une baisse de natalité multifactorielle ?

Dominique Méda : La crise économique et financière de 2008-2009 a eu, dans beaucoup de pays, un impact assez rapide sur la fécondité. Pour les baisses de 2022 et 2023, le climat général de très grande morosité est dû notamment à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et aux tensions géopolitiques menaçantes partout dans le monde. De plus l’inflation a considérablement entamé les revenus des ménages, or avoir un enfant a un coût. Enfin, le changement climatique et ses manifestations toujours plus nombreuses assombrissent de plus en plus l’horizon et rendent fragiles les projets de long terme. Les jeunes sont particulièrement concernés aussi par le manque d’accès au logement. Les femmes payent aussi un très lourd tribut à l’arrivée d’un enfant ; ce sont elles qui réduisent leur temps de travail, accèdent moins aux responsabilités, s’arrêtent de travailler. Les enquêtes mettent en évidence qu’un pourcentage de plus en plus élevé de garçons et de filles est aujourd’hui concerné par des problèmes de santé mentale. On constate la multiplication des phénomènes d’angoisse et de stress…

Les mesures à prendre sont donc claires : nous avons besoin d’une politique publique rendant les modes d’accueil des jeunes enfants plus abordables, un congé parental réellement partagé et mieux rémunéré.

Le point de vue des écologistes malthusiens

Michel SOURROUILLE : La conclusion de Méda devait normalement aboutir au fait qu’il est normal d’avoir moins d’enfants dans une situation anxiogène et un futur bien compromis. Elle a listé toutes les nombreuses raisons qui expliquent ce fait. Paradoxalement elle en tire au contraire la conclusion qu’il faut mettre les femmes au travail…. pour qu’elles aient des enfants. Elle se retrouve donc dans la cohorte des « penseurs » idéologiquement orientés qui vont dans le même sens que Macron, un natalisme qui va à l’encontre des désirs des femmes et des couples, ne pas mettre au monde trop d’enfants dans un monde à la dérive.

NC : Le taux d’activité des femmes des pays développés est le plus haut et en même temps le taux de fécondité est le plus bas ! CQFD Mme Méda …

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Combien d’enfants faut-il avoir ?

En savoir encore plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

Les raisons de ne pas avoir d’enfants Lire la suite »

Corinne Maier, le regret d’avoir enfanté

Corinne Maier a participé en 2023 à l’écriture du livre « Surpopulation… Mythe ou réalité ? ». Elle y écrivait : « Les enfantophiles ont beau s’époumoner, la fécondité est en baisse dans de nombreux pays. Beaucoup l’ont compris, les discours natalistes sur le thème « Rien n’est plus beau qu’un sourire d’enfant », « Avoir un enfant épanouit », ne sont rien d’autre qu’une propagande éhontée pour le maintien de l’ordre productiviste. Car l’enfant, futur travailleur, consommateur, contribuable, soldat peut-être (puisque la « mondialisation heureuse » n’a pas apporté la paix), est évidemment un bon plan pour les États. Beaucoup moins pour les parents, qui déboursent en moyenne dans les pays riches 300 000 euros pour élever ce petit être merveilleux, depuis sa naissance jusqu’au moment où il travaille…. » .

Dans Me first ! Manifeste pour un égoïsme au féminin (L’Observatoire, 160 pages, 18 euros), en librairie le 31 janvier, Corinne Maier consacre trois chapitres aux enfants : le premier invite à oser ne pas en avoir (pas vraiment une surprise de la part de celle qui avait publié en 2007 No Kid, chez Michalon) ;  le chapitre suivant enjoint, si on a refusé de suivre le conseil précédent, de refuser d’être une bonne mère ; et le troisième recommande de faire garder ses petits autant qu’on peut. A 60 ans, Corinne Maier reconnaît avoir enfreint toutes ces règles.

Le 4 février 2024, elle à l’honneur d’une interview dans LE MONDE : « En tant que mère, il faut de la distance, de l’indifférence, il faut s’en foutre » En ce moment même son témoignage recueille déjà plus de 190 commentaires, une moitié élogieux et l’autre indignés. Ainsi va la vie…

Corinne Maier : Un jour où je rangeais mes archives dans de grands dossiers , ma fille, qui devait avoir 8 ou 9 ans, m’a dit : « Quand tu seras morte, je brûlerai toutes tes archives. » Un jour, j’ai lancé à mon fils : « L’éducation qu’on t’a donnée est un échec ! » Il venait encore de se faire virer d’une école. Dans les rapports avec les autres, mais encore plus souvent en tant que mère, en me disant qu’il faut de la distance, de l’indifférence, il faut s’en foutre. Je suis à peu près convaincue que l’épidémie de jeunes qui ne font rien, le 1,4 million de 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation [en 2021], est en partie liée au fait qu’on s’occupe trop d’eux. Mon fils de 27 ans a commencé à travailler il y a six mois, et j’ai peur qu’il ne démissionne et se retrouve bientôt à glander pendant des mois à la maison. Parce que je n’ai qu’une envie, c’est qu’on en finisse avec cette transition entre adolescence et âge adulte. Ma fille de 29 ans vit à San Francisco [en Californie] où elle est partie il y a six ans. Elle a pris la nationalité américaine.

LE MONDE : Quand vous écrivez « l’enfant coûte cher, il est épouvantablement chronophage, il emprisonne les femmes dans des vies ennuyeuses et le jeu n’en vaut pas la chandelle », vous n’avez pas peur d’envoyer vos enfants faire quarante ans de thérapie ?

Corinne : Non, mon fils est imperméable à ce que je peux dire ; il ne lit pas mes livres. Ma fille me les demande par politesse et ne les lit pas.

La controverse

DomiDal : Si la psychanalyse c’est cela, alors il faudrait tuer père et mère ! C’est immonde et je ne sais de quelle école viennent ces idées non justifiées ! Au contraire le rôle d’une mère est de connaître au mieux ses enfants.

Michel SOURROUILLE : Immonde ? Connaître ses enfants ? Les relations parents-enfants ne sont jamais simples, c’est pourquoi il faut approfondir ses connaissances avant de porter un jugement sur une personne à propos des relations intrafamiliales.

Corinne Maier est passé par l’IEP, diplômée de troisième cycle en relations internationales et en économie et surtout, pour ce qui nous intéresse, titulaire d’une thèse en « Psychanalyse et champ freudien ». Donc une multi-compétence tant sur la vie socio-économique qu’en psychologie. Dans son dernier livre, elle a fait le calcul que, à raison de vingt heures par semaine pendant vingt ans, elle a consacré vingt mille heures à l’éducation de chacun de ses enfants, ce qui n’est pas rien. Connaissant son cursus intellectuel, je ne pense pas qu’elle ignore que la responsabilité d’un parent est d’être en charge de l’équilibre de l’enfant et qui faut leur témoigner de l’amour. Par contre elle sait aussi que faire passer l’idée selon laquelle nos enfants sont tout pour nous, parent, risque fort d’empêcher leur autonomie, le fait d’être capable de se détacher de ses parents, ce qui commence par la possibilité d’affronter (amicalement ses parents), ce qu’on appelle la crise de l’adolescence.

C’est pourquoi Corinne Maier ne semble pas détruire ses enfants, elle semble au contraire leur permettre de se construire. Elle est très réaliste sur son expérience de parent, un enfant nous échappe, il ne lit plus, il est victime des réseaux sociaux, il croit que la fréquentation de ses pairs et de Tiktok est tout dans une vie. Mais Corinne accepte que ses enfants fasse leur propre vie même si elle n’en pense pas moins. Elle peut même avoir dit regretter de les avoir mis au monde, mais ce monde n’est-il pas devenu invivable ? Trop âgé pour avoir pu conceptualiser un choix radical, devenir stérilisée volontaire, elle avait écrit en 2007« No Kid, Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant », à 44 ans.

Points de vue complémentaires

Lisa dorel : J’ai tout lu cet interview au premier degré, çà m’a fait un bien fou , à moi qui ai toujours tout fait pour mes enfants et çà m’a coutéééééé

Babylon : Une bouffée d’air frais, dans les relations avec les ascendants comme avec les descendants.

Pascale C. : Corinne Maier a un côté rafraîchissant après tous les discours angoissants des Mamans parfaites et de leurs épigones, selon lesquels le moindre manque d’enthousiasme devant une couche à changer peut avoir des conséquences gravissimes et la plus petite marque d’agacement envers un poupon hurleur, générer chez celui-ci un autisme sévère et irrémédiable. Etc, etc. Il fallait bien que quelqu’un le redise, les Mamans parfaites n’existent pas

Nemo auditur : J’ai lu l’interview à mon épouse et nous avons beaucoup aimé son humour. Il faut dire qu’avec cinq enfants qui vont du zadiste à la dentiste nous sommes expérimentés.

Rémy Boileau : Je suis père de deux enfants, jeunes adultes, et j’adhère totalement aux propos de cette mère et psychanalyste. Plus ils grandissaient, plus je me sentais détaché de leurs décisions qui leur appartenaient pleinement. Je n’irai pas jusqu’à dire que je m’en foutais, mais la notion de « mère suffisamment bonne » s’appliquait totalement à mon rôle de père, j’ai essayé de leur foutre la paix.

une retraitée : Contributeurs, vous n’avez pas compris, c’est de la blague tout ça ! D’ailleurs, quand elle parle d’elle (sur sa page web), elle dit qu’elle veut surtout faire rire, car « Peu importe puisque tout va s’effondrer ».

Rose : Sympathique, mais le mieux c’est quand même de ne pas faire d’enfants.

Hdh : Oui ayons le courage et l’honnêteté de ne pas faire d’enfant. La plupart des parents craquent quoiqu’ils en disent et en font trop ou pas assez soumis à la pression sociale. Et surtout ce serait un acte d’amour de ne pas infliger à ces enfants une vie sous l’emprise de la guerre, de la catastrophe écologique et des fascismes de tout bord.

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Corinne Maier, féministe et malthusienne

extraits : Avoir un enfant, c’est cher payé quand on est une femme. Certains balaient d’un revers de main cet argument ; les Français ne disent-ils pas souvent : « Quoi de plus beau qu’un sourire d’enfant » ? Le problème, c’est que cet enfant ne va pas sourire longtemps. Le temps passe, et il est appelé à devenir… Un jeune. Un quart d’entre eux sont au chômage, et les autres, souvent surdiplômés, n’ont guère de perspectives d’avenir. Au regard des « non-carrières » qui sont leur lot, il est peu probable qu’ils soient en mesure, demain, de payer les retraites de leurs aînés. Être jeune, c’est no future. Qu’ils oublient les boulots rémunérateurs, le patrimoine immobilier, ce n’est pas pour eux…

En savoir plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

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Horrible, je suis un affreux malthusien

Le texte suivant est le contre-pied parfait d’un article de George Monbiot paru dans Reporterre le 6 octobre 2009 : La surpopulation, un mythe

Surpopulation… Mythe ou réalité

Je suis un vieux riche blanc de peau ayant largement passé l’âge de la reproduction, je suis aussi un obsédé de la surpopulation mondiale. Ce n’est pas une coïncidence, mon statut me permet de réfléchir aux interactions. J’adore James Lovelock quand il déclare que « ceux qui ne voient pas que la surpopulation mondiale et le changement climatique sont les deux faces d’une même pièce, sont des ignorants ou des menteurs. Ces deux énormes problèmes environnementaux sont inséparables et discuter de l’un en ignorant l’autre est irrationnel ».

Il est vrai que les zones où la population a le plus augmenté sont celles où le taux d’oxyde de carbone s’est le moins élevé et vice-versa. En Inde, les foyers qui gagnent moins de 3 000 roupies par mois ne consomment, par tête, qu’un cinquième de l’électricité et un septième du carburant que consomment les foyers gagnant 30 000 roupies et plus. Mais il est aussi vrai que si 1 milliard de pauvres consommant très peu, c’est beaucoup plus que très peu de riches consommant trop. Surtout quand un pauvre veut avoir la climatisation. Certes la déforestation des pays pauvres est conduite par des opérations commerciales d’approvisionnement en nourriture animale pour les riches consommateurs. Mais beaucoup de pauvres contribuent à la déforestation en sacrifiant des arbres au bois de chauffe, pensez à Haïti déplumée et ses 415 habitants au kilomètre carré. Certes il y en a qui chauffent l’eau de leur piscine extérieure toute l’année. Mais à Mayotte il y a tellement de gens qu’il n’y a presque plus d’eau potable. La réalité est complexe.

La formule imparable IPAT mériterait d’être connue de tous, l’Impact écologique est égal à la Population x l’Affluance (niveau de vie) x la Technologie. Le super-yacht 118 Wally Power consommait 3.400 l/h à la vitesse de 60 nœuds, c’est presque un litre à la seconde. Mais au moins, les plus riches ont la bonne manière de ne pas faire trop d’enfants. Il n’y a pas de complot international de puissants qui tirent les ficelles dans les coulisses et qui décrètent que la croissance exponentielle de la population doit être enrayée au titre de la menace potentiellement désastreuse qu’elle représente sur tous les plans. C’est le rapport très documenté sur les limites de la croissance qui l’a écrit noir sur blanc en 1972. Population Matters au Royaume-Uni ou Démographie Responsable en France sont parmi les rares associations à vouloir décourager les gens de faire trop d’enfants au nom de la sauvegarde de la biosphère ; cela n’empêche pas du tout que d’autres associations, très nombreuses d’ailleurs, dénoncer l’impact délétère des inégalités de richesse. Il y a de fortes raisons sociales d’aider les femmes et les couples à gérer leur fécondité, et de fortes raisons environnementales étant donné le poids du nombre sur les ressources et la santé de la Terre.

N’oublions pas de parler de la célébrissime transition démographique : le taux d’accroissement de la population ralentit pour les populations économiquement aisées. C’est un schéma obsolète. Pour les exclus, encore faudrait-il qu’ils aient encore aujourd’hui accès au développement, ce qui est illusoire étant donné ce qu’on laisse aux générations futures, réchauffement climatique et déplétion des ressources. La population mondiale a dépassé 8 milliards en 2022, cela ne nous suffit pas, on va vraisemblablement atteindre un « pic » autour des 10 milliards. Ne faut-il pas s’interroger sur le fait que c’était déjà trop avec les 4 milliards atteint en 1974 ? On a depuis démontré de multiples manières que nous avons déjà dépassé les limites de la planète à supporter à la fois notre nombre, notre niveau de vie et notre technologie. Mais (presque) personne n’envisage à la fois une sobriété démographique, une décroissance économique et encore moins une limitation de notre hubris technologique. Aujourd’hui on nous pousse faire plus de bébés pour faire face au vieillissement de certaines populations (même en Chine!), on accroît les inégalités de richesse et on veut construire toujours plus de centrales nucléaires. Il n’y a pas de limite à l’extravagance humaine, jusqu’à en faire exploser la biosphère. Elon Musk veut aller sur Mars et fait beaucoup d’enfants, les classes moyennes achètent un SUV pour mener le gamin à l’école « en toute sécurité ».

Celui qui, ayant compris l’interdépendance entre surpopulation, surconsommation et suraccumulation du capital, persiste encore à considérer que la démographie n’est pas un vrai problème n’est qu’un bonimenteur, si ce n’est une éminence grise du croissancisme actuel. Il nous empêche d’agir dans tous les domaines pour enrayer la catastrophe en marche. C’est une espèce de négationnisme, blâmer le malthusien en laissant croire que seuls les excès des riches importent.

Heureusement les jeunes écolos font aussi de l’action directe contre les super-yachts et les jets privés. Il y en a même qui se font stériliser pour ne pas mettre au monde un enfant de plus sur une planète exsangue. Il est temps que nous ayons le courage de nommer les solutions. Faire l’amour et moins de bébés ; boire de l’eau du robinet ; et se déplacer de préférence à pied.

Michel Sourrouille

Voici les livres qui ont été publiés, en collectif et/ou sous mon nom.

Moins nombreux, plus heureux – l’urgence écologique de repenser la démographie (13 coauteurs, Sang de la Terre, 2014)

Alerte surpopulation – Le combat de Démographie Responsable (Edilivre, 2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (23 coauteurs, Edilivre, 2023)

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Amusant la critique marxiste contre Malthus

Engels qualifie les thèses de Malthus d’«infâme et vile doctrine», de «blasphème abominable contre l’homme et la nature», «l’immoralité des économistes [y] atteint son paroxysme», «la déclaration de guerre la plus brutale que la bourgeoisie ait lancée contre le prolétariat»

Marx dénonce «la sottise de Malthus, empruntée à des auteurs antérieurs, sur la progression géométrique et arithmétique, [qui] n’est qu’une pure absurdité, une hypothèse parfaitement chimérique», il dénonce en Malthus un «plagiarus de profession» et «un sycophante professionnel de l’aristocratie foncière dont il a justifié, sur le plan économique, les rentes, les sinécures, le gaspillage, la sécheresse de cœur, etc.»… « Ce Malthus est caractérisé par une bassesse de caractère foncière, une bassesse que seul peut se permettre un curé qui voit dans la misère humaine la punition pour le péché originel et qui, en général, a besoin d’une “vallée de larmes terrestre”, mais qui en même temps, trouve tout à fait avantageux “d’adoucir”, à l’aide du dogme de la grâce et compte tenu des prébendes dont il bénéficie, le séjour des classes dominantes dans cette vallée de larmes»

Il doit donc y avoir quelque chose de central dans l’œuvre de Malthus pour que Marx et Engels mettent tant d’acharnement à critiquer la personne plutôt qu’à argumenter : Si Malthus devait avoir raison, le communisme deviendrait sinon impossible du moins problématique : même une société socialiste (en transition vers le communisme) risquerait de se heurter à la contradiction entre la croissance de sa population et celle de ses ressources alimentaires !

Marx exprime ces craintes dans sa Critique du programme de Gotha :

« Si la théorie malthusienne de la population est exacte, alors je ne peux pas abolir la loi, dussé-je cent fois abolir le salariat, parce que la loi ne régit pas seulement le système du salariat, mais tout système social. C’est justement en s’appuyant là-dessus que, depuis cinquante ans et plus, les économistes ont déploré que le socialisme ne peut supprimer la misère fondée en nature mais qu’il ne peut que la généraliser, la répartir simultanément sur toute la surface de la société. »

source : http://alencontre.org/ecologie/le-moment-malthus-ii-pour-une-critique-marxiste-des-theses-malthusiennes.html

Pour en  savoir plus sur Malthus, lire ses textes que nous avons résumé :

Biosphere-Info, les textes de MALTHUS

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Communiqué de l’assoc. Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.fr/

Voici les nouvelles de ce printemps

Salons

Nous avons participé au salon Primevère du 1er au 3 mars. Comme à chaque édition, nous avons eu de nombreuses discussions avec le public majoritairement favorable à nos idées. Les livres présentés sur notre stand ont eu beaucoup de succès, ce qui témoigne de l’intérêt pour le sujet et un certain nombre de visiteurs ont été heureusement surpris de découvrir l’association. 

– Nous serons présents à la foire Eco Bio d’Alsace à Colmar du 9 au 12 mai. Nous serons heureux d’y rencontrer nos adhérents de la région.

Conférences

 – B. Bousquet, auteur de « La sagesse de l’éléphante », a tenu une conférence à Périgueux le 12 mars  » Biodiversité en sursis » (affiche en PJ) avec le soutien de la SEPANSO. Vous pouvez  suivre la conférence ici sur youtube, elle a été présentée par G. Charollois, cofondateur de Convention Vie et Nature, association partenaire de la nôtre. 

– J.L Bertaux,membre de notre comité scientifique, a tenu une conférence-débat le 12 mars à Paris à l’invitation du CNRS : « Gérer le nombre d’humains pour vivre bien et longtemps sur la planète ». Il est aussi l’auteur de « Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence »

Articles, publications...

– sur notre site de la réponse de B. Bousquet à un article de Greenpeace. 

– sur son blog, d’un article de D. Barthès, notre porte-parole , » Dépopulation : l’angoisse irrationnelle », écrit en réaction aux innombrables propos  entendus récemment  à ce sujet dans les médias et aux souhaits de « réarmement démographique » de divers gouvernants…

– de ce nouvel article de l’INED paru dans Populations et sociétés, au sujet de la démographie française

 Notre adhérent J.M Favrot , auteur de « Démographie, l’impasse évolutive », et sa compagne Isabelle, ont été interrogés par le Progrès de Lyon pour un article sur les personnes ne souhaitant d’enfant pour des raisons écologiques

Pour en savoir plus

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_responsable

Communiqué de l’assoc. Démographie Responsable Lire la suite »

L’extractivisme se veut indispensable, à tort

La sagesse de Thomas More a été ignorée, qui condamnait toute ouverture des entrailles de la Terre :

« L’or et l’argent n’ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient véritable. C’est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » (L’utopie 1ère édition 1516)

Nous creuserons jusqu’au bout, nous avons tort,  et les livres sur la question se sont multipliés à une époque : Dette et Extractivisme de Nicolas Sersiron (2014), Le crépuscule fossile de Geneviève Férone-Creuzet (2015), Creuser jusqu’où ? (Extractivisme et limites à la croissance, 2015), Extractivisme, exploitation industrielle de la nature d’Anna Bednik( 2016). Mais nous sommes en 2024 et la fièvre de la soi-disant « transition écologique » a remis à l’ordre du jour un extractivisme forcené, exemple pour le lithium. Pourtant une ressource non renouvelable reste une ressource non renouvelable !

Jean-Baptiste Fressoz : Les chiffres impressionnent : des réserves estimées à 375 000 tonnes à Echassières, dans l’Allier. Mais, étant donné la teneur du minerai, son exploitation implique de retirer du sous-sol plus de 2 millions de tonnes de granit, de les concasser, de les broyer et de les soumettre à divers traitements chimiques. Tout cela consomme énormément d’eau – sans doute plus de 1 million de mètres cubes – et d’énergie : un four à calcination brûlera 50 millions de mètres cubes de gaz par an et l’ensemble du projet consommera 446 gigawattheures d’électricité par an. De cette mine, la multinationale Imerys prévoit de sortir suffisamment de lithium pour fabriquer 17 millions de voitures, soit seulement un tiers du parc actuel. Et la voiture électrique ne réduit que de 60 % les émissions de CO2 par rapport à un véhicule thermique. Mais le lobby minier parle maintenant « des métaux pour la transition », le climat est parvenu à réenchanter la mine.

Le point de vue des écologistes anti-mines

L’ensemble de l’économie a désormais repris ce mantra : « Il faut de la croissance pour financer la transition écologique. » Argument inepte, puisque la transition n’a pas même commencé, qu’elle est continuellement reportée, et que chaque euro de PIB supplémentaire aggrave les problèmes environnementaux. L’effondrement brutal devient chaque jour plus probable, faute de lancer avec courage et lucidité le seul vrai débat démocratique qui vaille : quelles activités prioritaires voulons-nous continuer de faire croître (ex. recherche, santé, logement) vs lesquelles allons-nous faire décroître de manière planifiée (ex. mobilité, tourisme, consommation, etc.) ?

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Zygmunt Bauman, exploitation minière et « liquidité » (2017)

extraits : L’exploitation minière est la métaphore de toute la civilisation moderne. L’agriculture traditionnelle favorise l’établissement d’un heureux équilibre entre les éléments naturels et les besoins de la communauté humaine. Ce que l’homme prélève  à la terre lui est délibérément restitué. En revanche, le travail de la mine est avant tout  destructeur : son produit est un amas sans forme et sans vie, ce qui est extrait ne peut être remplacé. La mine passe d’une phase de richesse à l’épuisement, avant d’être définitivement abandonnée – souvent en quelques générations seulement. La mine est à l’image de tout ce qu’il peut y avoir de précaire dans la présence humaine, rendue fiévreuse par l’appât du gain, et le lendemain épuisée et sans forces….

Nauru, l’extractivisme à l’image de ce qui nous arrive (2016)

extraits : Une espèce appartenant au règne animal s’est lancée dans une activité totalement inédite : l’extraction de minerais sans passer par les végétaux, qui jouaient jusqu’alors le rôle de fournisseurs intermédiaires. Cette espèce creuse, perce, concasse le sol, cette espèce c’est la nôtre. Or Nauru est un miroir de la fragilité des civilisations fondées sur le pillage des ressources de la Terre.  Nauru, perdu dans l’étendue du Pacifique, ses 10 000 habitants, ses gisements de phosphate… les millions ne tardent pas à pleuvoir sur le petit État. Si bien que dans les années 1970, Nauru est le pays le plus riche du monde… Les années 1990 sonnent comme le réveil brutal pour tout le pays : 80 % de la surface de l’île a déjà été creusé.  Comme pour toute ressource naturelle non renouvelable, impossible de maintenir une production régulière et durable. Mais comme la population de l’île s’est habituée à jouer les rentiers oisifs et se refuse à diminuer son train de vie….

La fin programmée de l’extractivisme ? (2016)

extraits : En 1859 le pétrole a été trouvé à 23 mètres de profondeur en Pennsylvanie. Pour les huiles de schiste, la roche mère se situe entre 1500 et 3500 mètres de profondeur. En 1930, on extrayait 100 unités de pétrole pour une unité d’énergie consommée. En 2000, on obtient 20 unités de pétrole pour une unité et aujourd’hui 2 unités d’huile de schiste au maximum pour une unité. Le rendement est pratiquement nul. Il en est de même pour les autres matières premières, la raréfaction absolue….

La fin des réserves minières, c’est incontestable (2014)

extraits : rapport de 1972 à propos des ressources minières :« Etant donné le taux actuel de consommation des ressources et l’augmentation probable de ce taux, la grande majorité des ressources naturelles non renouvelables les plus importantes auront atteint des prix prohibitifs avant qu’un siècle soit écoulé ». Vérifions cette conclusion de 1972 avec les données de 2014 : les gisements métalliques et énergétiques, à la base de notre économie moderne auront pour l’essentiel été consommés d’ici 2025 (date de la fin de l’or, de l’indium et du zinc) et 2158 (date de la fin du charbon). La fin du chrome, dont la production mondiale varie de 17 à 21 M t par an, est estimée à l’an 2024….

fin de la société minière, fin de l’abondance à crédit (2013)

extraits : Entre 1985 et 2005, la France a successivement arrêté sa production de tungstène, de bauxite, d’argent, de plomb, de zinc, de fer, d’uranium, de potasse, de charbon et d’or. Après l’arrêt des ardoisières de Trélazé le lundi 25 novembre, il ne subsiste désormais dans l’Hexagone qu’une mine de sel. On allait chercher les blocs d’ardoise à 400 à 500 mètres sous terre, la qualité est moins bonne, le gisement s’épuise : une mine éternelle, cela n’existe pas, c’est non renouvelable. Avec la fin de la société minière, c’est aussi la fin des énergies fossiles, c’est la fin de la civilisation thermo-industrielle, c’est l’heure du grand chambardement, c’est la diminution du pouvoir d’achat, c’est la fin du tourisme de masse… et le retour aux champs….

arrêt des extractions minières partout dans le monde (2012)

extraits : A qui appartiennent les ressources minières du Groenland ? Les immenses ressources de son sous-sol attirent les convoitises ; l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire permet d’envisager leur exploitation. Mais ces ressources n’appartiennent ni à l’Europe via le Danemark, ni aux autres Etats limitrophes. Ces ressources n’appartiennent pas non plus aux 57 000 habitants de cette île recouverte d’une couverture de glace atteignant 150 mètres d’épaisseur. Ces ressources n’appartiennent certainement pas aux firmes multinationales comme Exxon Mobil, Cairn Energy ou encore EnCana. Ces ressources n’appartiennent même pas aux générations futures qui n’en feraient pas un usage meilleur qu’aujourd’hui. Il faut lutter contre la logique extractive et sanctuariser les dernières et rares ressources du sous-sol qui nous restent….

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Baisse de la fécondité humaine, une rêverie

Selon une étude publiée dans « The Lancet » le 21 mars 2024, l’indice de fécondité moyen en 2050 pourrait se situer autour de 1,8 enfant par femme à l’échelle de la planète, soit au-dessous du seuil de renouvellement de la population. Un indice qui pourrait chuter à 1,6 enfant par femme à la fin du siècle. Par comparaison, les dernières projections des Nations unies, rendues en 2022, projetaient un nombre moyen d’enfants par femme autour de 2,1 en 2050 et de 1,8 en 2100.

Stéphane Foucart : Les travaux publiés le 20 mars 2024 anticipent une baisse de la fécondité humaine plus rapide qu’escompté au niveau mondial. Issus du projet collaboratif pilotés par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), les chercheurs ont mené leur analyse pays par pays. Dans les pays du Sud, le nombre d’enfants par femme baisse à mesure que les populations s’y urbanisent, que les femmes accèdent à l’éducation et à des moyens de contraception, que la mortalité infantile baisse, etc. L’Afrique subsaharienne demeurerait la seule grande région du monde dynamique pour une grande part du siècle en cours. Les chercheurs s’attendent à ce qu’en 2100 seuls les Samoa, la Somalie, les îles Tonga, le Niger, le Tchad et le Tadjikistan se maintiennent au-dessus du seuil de renouvellement des populations.

Quant au « réarmement démographique » prôné par Emmanuel Macron, il ne devrait pas enrayer la tendance lourde à la baisse : les chercheurs estiment que les politiques natalistes n’ont qu’un effet marginal, de l’ordre d’un incrément de seulement 0,2 enfant par femme.

Le point de vue des écologistes sérieux

Aguirre : Cette analyse de l’IHME manque de réalisme. Compte tenu de son inertie, nous serons toujours aux alentours des 10 milliards à l’horizon 2100. Cela est catastrophique en matière de pollution, de dégradation de l’environnement et de disparition de la vie sauvage et de la biodiversité.

Venga : Penser qu’une réduction de la population mondiale conduirait automatiquement à la sauvegarde des ressources planétaires est le syllogisme le plus répandu : la majorité des ressources utilisées actuellement est le fait d’une très faible partie de la population. Le modèle d’ultra consommation continue son expansion et attire déjà une immigration massive qui lui garantit la pérennité pour les 50 ans à venir.

Michel SOURROUILLE : L’IHME se répète. Selon leurs prévisions précédentes de 2020, la population mondiale pourrait atteindre son pic en 2064, à 9,7 milliards d’individus, et entamer alors un déclin pour redescendre à 8,8 milliards de Terriens à la fin du siècle. Les chercheurs anticipaient une baisse globale du nombre de naissances par femme, en raison d’un meilleur accès aux moyens de contraception et d’un niveau d’éducation des filles plus élevé, qui retarderait l’âge de la première naissance. Ce scénario de convergence des pays vers un taux de fécondité plus bas que celui estimé par l’ONU reste « une hypothèse spéculative ». Les experts de l’ONU s’appuient sur l’évolution passée des indicateurs de mortalité et de fécondité. L’équipe de l’IHME a anticipé que les décisions politiques, notamment en matière d’éducation et de santé, pouvaient influer la fécondité. Or la recherche de puissance d’un côté et la peur du vieillissement de l’autre pousse à accroître les naissances.

Frog : je crains aussi qu’entre les catastrophes climatiques et les tensions sur les ressources qui en découlent, il y aura d’autre risques pour la population mondiale d’ici 2100.

Kirlu : Reste à régler la répartition et la redistribution des richesses, les nationalismes, les dictatures …

Marie-C.D : De toutes façons, quel sera l’avenir de ces jeunes et de leurs enfants ? Un monde qui ira pourrissant, un climat délétère, des polluants éternels, des pluies diluviennes, des archipels submergés, des terres desséchées qui ne pourront suffire à nourrir la population, des famines, et des guerres, bien sûr, des dictateurs qui ne penseront qu’à s’enrichir…

Restons civils : Dans un monde fini, la croissance exponentielle permanente n’est pas possible. Le 21e siècle sera celui d’un changement radical et probablement irréversible vers une civilisation plus équilibrée… si nous réussirons l’exploit de ne pas nous entre-tuer avant.

PaulPomme : Fier sommet de l’évolution, l’homme a réussi à bousiller la planète de façon irréversible. Il a inventé la guerre, la torture, le viol, le mensonge et le cynisme systématique, l’alcoolisme, la finance reine et le Chacun pour Soi. En résumé une espèce sado-maso. Qu’elle crève l’humanité, la biodiversité en sera soulagée.

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9,7 milliards, la population mondiale en 2064

extraits : Selon une étude publiée par la revue médicale The Lancet, la population mondiale pourrait atteindre son pic en 2064, à 9,7 milliards d’individus, et entamer alors un déclin pour redescendre à 8,8 milliards de Terriens à la fin du siècle. Peut-on sérieusement croire que dans les pays du Sahel les politiques mettent à disposition des femmes des moyens de contraception alors que l’augmentation de leur population est justement un objectif politique ? Comment croire qu’un pays comme l’Italie ou l’Espagne perdrait la moitié de ses habitants d’ici 2100 ? Idem la Chine?….

Earth4all, une autre tromperie démographique

extraits : Des chercheurs de l’initiative Earth4all ont publié un rapport dans lequel ils esquissent deux scénarios possibles pour l’avenir. Dans le premier, le monde continue à se développer économiquement comme il l’a fait au cours des 50 dernières années. La population atteindrait alors son maximum de 8,6 milliards vers 2046 et se réduirait à 7,3 milliards d’ici 2100.Ce scénario repose sur une hypothèse, la perpétuation de la croissance avec les avantages de développement social qui vont avec. Or tous les indicateurs sont au rouge, écologiques, géopolitiques, économiques… Un monde sous tension n’a plus les moyens de se préoccuper de la fécondité humaine….

MEADOWS et la décroissance démographique

extraits : Lorsqu’une situation se dégrade, les boucles de rétroaction positives tirent le système vers le bas à un rythme sans cesse croissant. Lorsque les populations ont faim, elle cultivent la terre de façon plus intensive. Elles obtiennent davantage de nourriture à court terme, mais cela se fait aux dépens d’investissement à long terme dans l’entretien des sols. La fertilité de la terre diminue, entraînant avec elle la baisse de la production de nourriture. Dans une économie affaiblie, il se peut que les services sociaux soient réduits. Si l’on diminue le financement de la planification familiale, le taux de natalité risque de s’élever. La population augmente alors, ce qui diminue un peu plus encore les services par habitant….

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