épuisement des ressources

Un monde sans carbone, un monde de pauvres

On sait depuis 1972 et le rapport sur les limites de la croissance que « la transition écologique », c’est de la blague s’il n’y pas pas rupture avec la croissance... Mais bon, dès qu’on parle de décroissance les pollueurs patentés se roulent par terre en hurlant au retour du moyen-âge sous prétexte qu’on leur propose de moins prendre l’avion… Au niveau très officiel des engagements qui n’engagent que ceux qui les écoutent, plus d’une centaine de pays voudraient débarrasser leurs systèmes énergétiques du charbon, du pétrole et du gaz , à atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2050. Cette ambition, visant à éliminer la combustion des fossiles et les émissions de CO₂ qui l’accompagnent, c’est du vent. Dans un monde sans carbone, c’est un monde de pauvres, et ça personne n’en veut… pour le moment.

Perrine Mouterde : Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur de la transformation à mettre en œuvre : il faudrait remplacer 1,5 milliard de véhicules fonctionnant à l’essence ou au diesel par des véhicules électriques, et convertir 50 millions de tracteurs. Il faudrait aussi remplacer plus d’un demi-milliard de chaudières au gaz naturel et trouver de nouveaux moyens de faire fonctionner 120 000 bateaux et 25 000 avions de ligne. Vaclav Smil, un expert mondialement reconnu de l’énergie, dans son livre « 2050 Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible » estime que les transitions énergétiques sont des processus « de longue haleine, difficiles, multiformes » et exigent des décennies d’investissements. Vaclav Smil regrette donc « une tendance indéniable à l’optimisme excessif et au battage médiatique ». Pour lui ces « vœux » de sortie du carbone ne sont que des objectifs « aspirationnels » :

« On devrait plutôt s’efforcer de tracer un avenir réaliste qui tienne compte de nos capacités techniques, de nos approvisionnements en matériaux, de nos possibilités économiques et de nos besoins sociaux, puis de concevoir des moyens pratiques pour y parvenir. »

Le point de vue des écologistes décroissancistes

Make the planet great again était de l’humour macronien. Les promesses des Etats ne sont pas tenues ? Aucune surprise ! Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. C’est pour ça que les échéances avaient été définies lointaines et sans jalon intermédiaire. Maintenant que les réserves fossiles s’épuisent, le greenwashing n’est plus possible, il est remplacé par le fascisme : faut faire plaisir, et donc forer toujours davantage. Drill, baby, drill !

Le maintien de la civilisation thermo-industrielle actuelle étant incompatible avec la vie sur terre, nous allons assister à un remarquable crash sur le mur de la réalité. Le changement de mode de vie porte pourtant un nom, la décroissance par la hausse du prix du carbone : Le pétrole devrait déjà être à 1000 dollars le baril et le litre d’essence à 20 euros pour qu’on comprenne enfin notre dépendance envers la merde noire. Un prix de l’énergie toujours croissant, c’est si simple, il suffit juste de le vouloir ! On ne le veut pas. Voter pour le premier candidat qui proposera d’augmenter progressivement et indéfiniment la fiscalité sur les énergies fossiles ? Cela ne se fait pas, c’est même inenvisageable à l’heure actuelle. Les prochaines élections sont si proches !

La carte carbone sera donc un jour absolument nécessaire pour nous obliger à la sobriété énergétique de façon partagée. Cela sera le seul remède à un appauvrissement généralisé de la population dont seuls les très riches seraient exclus.

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du marché carbone à la carte carbone (2024)

extraits : Payer pour polluer ne sera jamais une solution mais plutôt un désastre climatique. Les marchés du carbone sapent l’action en faveur du climat, car ils permettent la poursuite de la production et de l’utilisation de combustibles fossiles à un moment où cela est non seulement inacceptable, mais aussi irresponsable. La compensation n’est rien d’autre qu’un cadeau aux pollueurs…

du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable (2013)

extraits : Prenons l’exemple du carbone, c’est-à-dire les ressources fossiles, charbon, pétrole ou gaz, qui irriguent toutes nos activités économiques. Comme il s’agit d’énergie de stocks, il faut bien prévoir la fin de ces ressources. Un marché carbone pourrait renchérir l’utilisation de ces sources d’énergie, donc limiter la consommation. Nous n’en prenons pas le chemin. Avec la crise financière des subprimes, le prix du CO2 s’était effondré : 25 euros la tonne en 2008, 7 euros en 2012 puis 5 euros…. Puisque le marché carbone est soumis aux contraintes politiques, puisque la plupart des gouvernements refusent aussi la taxe carbone, le rationnement par une carte carbone deviendra inéluctable lors d’un prochain choc pétrolier. C’est ce que nous prévoyons sur ce blog depuis 2009….

Articles antérieurs sur ce blog biosphere

26 octobre 2018, Fiscalité carbone inepte, carte carbone inéluctable

26 août 2015, carte carbone, des quotas individuels de CO2

27 mars 2013, facture énergétique, bientôt la carte carbone !

9 septembre 2010, Sarkozy a-t-il pensé à la carte carbone ?

13 septembre 2009, après la taxe, la carte carbone

10 avril 2009, carte carbone ou taxe ?

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En hommage à Paul. R. Ehrlich, l’IPAT

de la part de notre correspondant Jean Michel Favrot

L’apport essentiel de Ehrlich (de son épouse et de son fidèle collègue J.P.Holdren), c’est l’équation IPAT. L’impact négatif de notre espèce sur les mécanismes régulateurs de la biosphère peut être résumée par l’équation I = P.A.T.

La taille de la population (P) est multipliée par la consommation moyenne de ressources par individu (A pour “affluence”), elle-même multipliée par une unité de mesure de la technologie utilisée (T). Le produit de P, A et T est l’impact écologique (I). Bien sûr entendu l’impact n’est pas seulement au détriment de l’espèce humaine, mais également à toutes les espèces vivantes.

Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Ehrlich est de passer quelques minutes à bien comprendre son raisonnement pour continuer à le faire vivre.

Le terme population P ne porte pas à ambiguïté. Le terme « Affluence » se traduit littéralement par « Abondance, richesse ». La consommation résulte d’un flux de matière première extraite, d’énergie dépensée, de terre défrichée, d’artificialisations en tout genre… voilà bien l’origine de nos maux, ce qui se mesure globalement par le PIB par habitant. Cette façon d’exprimer les choses a le grand mérite d’être quantifiable… Par exemple, 69 300 €/hab pour la Région Ile-de-France et seulement 32 700/hab pour la Région Bourgogne Franche Comté. Pour la France c’est 62 600 $ ppa par hab et pour le Mali 3 300 $ ppa / hab (données annuelles 2024 Banque Mondiale).

Que nous en disent Ehrlich et Holdren :

« Peut-on imaginer comment seront affectés par ces disparités croissantes, nos compagnons de bord des pays sous-développés ? Vont-ils mourir de faim avec beaucoup de tact ? Au contraire vont-ils se mutiner pour obtenir ce qu’ils considèrent comme leur part équitable ?… Au rythme actuel, les américains représenteront dans vingt ans beaucoup moins d’un quinzième de la population mondiale et n’en utiliserons pas moins de la moitié des ressources consommées. » (les références pour cette citation et les deux suivantes sont conformes à la pagination du texte intégral de « La bombe P » publié par les Amis de la Terre aux Editions « J’ai lu »).

Ehrlich n’est nullement un marxiste ou un militant d’extrême gauche, juste un scientifique qui constate le résultat d’une simple multiplication. On est contraint par simple honnêteté intellectuelle d’attribuer les responsabilités relatives de chacun sur l’état de la planète. Ehrlich attribue les responsabilités principales aux plus aisées des pays les plus aisés. La responsabilité de réduire le taux de natalité incombe au premier chef au groupe des gens aisés

Pour bien préciser le point de vue de Ehrlich, Holdren écrit en 1993, « A Brief Hiistory Of “IPAT” (IMPACT = POPULATION x AFFLUENCE x TECHNOLOGY) :

« Quant à l’affirmation selon laquelle « toutes les positions sont correctes », je tiens à souligner que lorsqu’une position soutient que seule la technologie importe et qu’une autre affirme que la technologie, la richesse [PIB par habitant] et la population sont toutes importantes,… la première est erronée, et la seconde est juste. » Que l’on focalise l’attention sur la seule technologie ou sur le seul terme « population », on trahit la pensée de Ehrlich.

D’ailleurs Ehrlich et Holdren ne peuvent pas être plus explicites que dans le texte suivant :  

« Les problèmes liés à la taille et à la croissance de la population, à l’utilisation et à l’épuisement des ressources, ainsi qu’à la dégradation de l’environnement doivent être considérés conjointement et à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, le contrôle démographique n’est manifestement pas une panacée : il est nécessaire, mais ne suffit pas à lui seul à nous aider à surmonter la crise. » (3e paragraphe de l’article « Impact of Population Growth ») numéro du 26 mars 1971 de « SCIENCE » .

Ultime citation mais pas la moindre pour l’héritage de notre penseur écologiste :  

« Le titre «La Bombe P » était parfait dans une perspective marketing, mais il a conduit à ce que Paul [Ehrlich] soit catégorisé comme quelqu’un qui ne s’intéresse qu’au nombre d’humains, alors que notre propos était bien plus large : il s’agissait de montrer comment la croissance démographique interagit avec la consommation, l’environnement, et les inégalités sociales pour créer une crise systémique. » Paul R. Ehrlich et Anne H. Ehrlich, « The Population Bomb Revisited », Electronic Journal of Sustainable Development, volume 1, pages 63–71, 2009.

Il faut donc aussi accepter nos responsabilités concernant la consommation (PIB/hab), les inégalités sociales concernant ce paramètre, les choix technologiques ainsi que la planification familiale.

 

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Paul Ehrlich, le digne successeur de Malthus

Paul R. Ehrlich, né en 1932, est mort le 13 mars 2026. Il était pluridisciplinaire, écologue et écologiste, lépidoptériste, biologiste de l’évolution, démographe… et malthusien. Son dernier article, paru en 2023, était intitulé : « La mutilation de l’arbre de la vie par l’extinction massive de genres animaux. »

Enfant, il était passionné par les papillons et on désir d’étudier ces animaux était né de la crainte qu’ils ne disparaissent – ce qu’ils commençaient à faire dans son quartier, sous l’effet du défrichage, des pesticides et de l’urbanisation. Cela a produit chez lui une profonde tristesse et une volonté d’inverser la destruction en cours du monde vivant, avant qu’il ne soit trop tard.

C’est surtout grâce à un livre publié en 1968, The Population Bomb, qu’il accède à la notoriété. Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, il sera l’un des premiers textes à alerter sur les périls environnementaux engendrés par la recherche insatiable de la croissance démographique – quatre ans avant la publication du célèbre rapport du Club de Rome sur les limites à la croissance. Il sera traduit en français sous le titre La Bombe P (Fayard, 1972).

Voici le diagnostic de Paul Ehrlich

« Lorsque des cellules vivantes prolifèrent sans contrôle, il y a cancer ; l’explosion démographique c’est la multiplication sans contrôle des êtres humains. Si nous ne soignons que les symptômes du cancer, le malade peut en être soulagé quelques temps : mais tôt ou tard il mourra, souvent après d’atroces souffrances. Tel sera le destin d’un monde atteint d’explosion démographique si les symptômes seuls sont traités. Nous devons reconvertir nos efforts et tenter l’ablation du cancer. Cette opération demandera de nombreuses décisions qui sembleront brutales et sans pitié. La douleur pourra être intense. Mais la maladie a fait de tels progrès que seule la chirurgie la plus énergique pourra désormais  sauver le malade… »

Ses contradicteurs soulignaient que certaines de ses prévisions, parmi les plus inquiétantes, ne se sont jamais produites. Ehrlich répond :

 « Ce qui est souvent décrit comme des prévisions “fausses” n’était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, expliquait Paul Ehrlich au Monde en 2013. Mais la principale erreur du livre a été de sous-estimer la vitesse à laquelle la révolution verte [modernisation des techniques agricoles] s’est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines. »

En 2013, pour son élection à la Royal Society de Londres, il avait publié dans la revue de la société savante, avec son épouse et coautrice de toujours, Anne Ehrlich, un long texte intitulé « Un effondrement de la civilisation mondiale peut-il être évité ? » Réponse dont il ne s’est jamais départi : oui, mais avec une probabilité de seulement 10 %.

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Tout savoir sur Paul Ehrlich, « la bombe P »

extraits : Les méchants anti-malthusiens ont l’habitude de dénigrer des personnes et des livres sans les avoir lu car il est bien plus facile d’attaquer le messager plutôt que d’essayer de comprendre le message. Ainsi Paul Ehrlich dont le livre de 1971, « la bombe P » (P pour population), relance médiatiquement le message malthusien et qui aujourd’hui est attaqué, y compris par Greenpeace….

L’animal dominant, évolution démographique et environnement de Paul et Anne Ehrlich (2008)

extraits : Quarante ans après la publication de son livre The population Bomb, le scientifique Paul Ehrlich persiste et signe : la surpopulation – associée aujourd’hui à la surconsommation – est au centre de la crise environnementale à laquelle la planète est confrontée. A en croire les médias ainsi que les déclarations de nos hommes politiques, les problèmes environnementaux, tels qu’ils sont reconnus aujourd’hui, peuvent être résolus par des changements mineurs en matière de technologie et de recyclage (T). Des véhicules ultralégers et économes en carburant présenteront de toute évidence des avantages à court terme, mais au fur et à mesure que la population et la consommation augmenteront, ils rejetteront toujours plus de dioxyde de carbone (et de caoutchouc vaporisé) dans l’atmosphère. Aucune avancée technologique ne permettra que la population ou l’abondance matérielle continuent à augmenter. Et face à cet état de fait, il est pour le moins étonnant de traiter par le mépris les deux problèmes, pourtant si liés, de la population et de la consommation….

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débat Commoner/Ehrlich, le débat démographique

Ehrlich, Borlaug, démographie et semences

Paul Ehrlich, les mensonges de Greenpeace

à lire aussi, Stéphane Foucart

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2026/03/18/paul-r-ehrlich-biologiste-et-auteur-d-un-celebre-livre-sur-la-demographie-la-bombe-p-est-mort_6672048_3382.html

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La bombe Ehrlich vient d’exploser

Ecologue et écologiste, lépidoptériste, biologiste de l’évolution, démographe à ses heures et surtout intarissable pessimiste, Paul R. Ehrlich est mort à Palo Alto (Californie), le 13 mars 2026.

C’est grâce à un livre publié en 1968, The Population Bomb, qu’il accède à la notoriété. Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, il sera l’un des premiers textes à alerter sur les périls environnementaux engendrés par la recherche insatiable de la croissance démographique– quatre ans avant la publication du célèbre rapport du Club de Rome sur les limites à la croissance. Il sera traduit en français sous le titre La Bombe P (Fayard, 1972).

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Thomas Piketty, un idéaliste hors sol

Thomas Piketty est un doux rêveur, il croit que le monde sur-développé va continuer sur la même voix croissanciste en devenant même écologiquement compatible, indemne d’un extractivisme forcené. Il suffirait d’un haut niveau des dépenses publiques. Yaka, FauKon. Il a oublié qu’une croissance dans un monde fini voit obligatoirement sa fin, et ce moment approche de plus en plus vite. Comme l’exprimait Thomas Malthus, on ne peut vivre durablement à crédit, au dessus des ressources utilisables.

Thomas Piketty : « L’Europe est devenue une puissance sociale-démocrate ou même un « éco-socialisme ». Les pays nordiques les plus prospères (Danemark, Suède, Norvège) ont des dépenses publiques avoisinant 45 % à 50 % du PIB, proches à l’échelle historique des niveaux observés en Allemagne et en France, et personne ne reviendra sur cette réalité. Les pays européens ont atteint un niveau de prospérité et de bien-être social inconnu dans l’histoire, en grande partie grâce aux investissements collectifs dans la santé, la formation et les infrastructures publiques. L’Europe affirme ses valeurs et défend haut et fort son modèle de développement, opposé en tous points au modèle nationaliste-extractiviste des trumpistes et des poutiniens. Si l’on prend en compte les externalités négatives liées aux émissions carbone, alors le PIB corrigé de ces effets externes s’effondre aux Etats-Unis comparativement à l’Europe. Ce n’est pas en couvrant la planète de centres de données – nouveau fantasme en vogue à Washington et parfois à Bruxelles – que l’on va résoudre les problèmes du monde. »

Le point de vue des écologistes décroissancistes

Valérie S : Merci Piketty pour votre article. Il contribue utilement à la prise de conscience de l’émergence d’une identité européenne distincte au sein du bloc occidental. Cela étant, un élément vient relativiser le succès présumé du modèle européen, et assombrir ses perspectives d’avenir. Malgré des investissements sociaux considérables, les démocraties européennes échouent à contenir la montée des national-populismes, menace directe pour l’Europe et la démocratie. Sur ce terrain, l’Europe ne fait pas mieux que les États-Unis.

Mendo : L’inflation des normes, l’effondrement du niveau scolaire, la désindustrialisation, la fragmentation communautariste mériteraient aussi d’être intégrée à cette analyse. Quant au « niveau de bien être »….Qu’en sera-t-il si, faute « d’extractivité prédatrice » on ne pourra plus se chauffer en hiver ?

Rempart : Décidément ce Piketty est impayable ! Comment la Suède a réduit ses déficits publics pour préserver son modèle social dès les années 1990 ? La retraite : capitalisation + répartition Age de départ à taux plein porté à 65 ans. Fonctionnaires au même régime que le privé. Le montant des pensions varie tous les 2 ans à la hausse ou à la baisse en fonction de la situation économique. Suppression de 70 000 postes de fonctionnaires (- 4 % en France ça en ferait 220 000 de moins). Réduction des prestations sociales. Mise en concurrence des écoles publiques avec le privé.

Jla 83 : Avec une dette de 3 400 milliards, la France peut se sentir à l’aise et fière de ses acquis sociaux. Je pourrais acheter le château de Versailles avec un prêt que je ne rembourserais jamais…

Alec Touvabienovitch : Des dépenses publiques avoisinant 45 % à 50 % je trouve que ça fait déjà beaucoup d’impôts et qu’il faudrait les réduire, l’auteur, que je surnomme « taxman » en pensant à la chanson des Beatles, n’a de cesse de réclamer encore plus d’impôts…

ricob en réponse à Alec Touvabienovitch : Ce ne sont pas que des impôts. La plupart sont des cotisations sociales, retraites, maladie, chômage, cela n’a rien à voir. C’est plutôt une forme d’assurance.

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Taxer les riches pour refroidir la planète

Thomas Piketty : « Au cours du XXe siècle, l’impôt progressif sur le revenu a été un immense succès historique. Au XXIe siècle, il faudra étendre cet héritage à l’impôt progressif sur la fortune, avec des taux de 80-90 % sur les milliardaires, et mettre à contribution les 10 % des patrimoines les plus élevés. Il faut aussi et surtout qu’une part substantielle des recettes pesant sur les plus riches soient versées directement aux pays les plus pauvres, en proportion de leur population et de leur exposition au changement climatique…. (extraits)

CLIMAT, prendre aux riches, donner au pauvres

Thomas Piketty : « les responsables Verts, enivrés par leur succès, notamment en France, refusent de dire s’ils souhaitent gouverner avec la gauche ou la droite. Pourtant tout indique de plus en plus clairement que la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans un puissant mouvement de compression des inégalités sociales. On voit mal comment les classes moyennes accepteraient de changer leur mode de vie si on ne leur apporte pas la preuve que les plus aisés sont mis à contribution. Avec l’ampleur actuelle des inégalités, la marche en avant vers la sobriété énergétique restera un vœu pieux…. (extraits)

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Bifurcation. Hegel, Marx ou Malthus ?

Un article du MONDE qui montre à quel point l’engagement écologique réel est un véritable sacerdoce qui exige une mentalité d’acier… et un bon carnet d’adresses.

Marine Miller : Rien ne prédisposait ce diplômé de Sciences Po Paris à se retrouver sur un bateau de pêche. Arnaud Gilles a arpenté pendant cinq ans les salons des COP en tant que porte-parole de l’organisation non gouvernementale (ONG) WWF : Glasgow, Charm el-Cheikh, Montréal, Dubaï et Cali. Il y faisait ce qu’il nomme aujourd’hui de l’« écologie de salon ». « Les COP, raconte-t-il, c’était lunaire. Petits fours, costards, tu cales des rendez-vous, tu joues un rôle, tu parles aux journalistes. Moi, j’étais une courroie de transmission, j’essayais de porter les sujets qu’on défendait ».

En 2025, Arnaud quitte les cercles politiques parisiens pour se former au lycée maritime de Sète et passer son CAP de matelot. « J’étais arrivé au bout d’un cycle, je comprenais tout le décalage qu’il y avait entre cette écologie des élites et le quotidien des gens, en particulier des classes populaires ». Sur le chalutier Marie-Galante amarré à Port-en-Bessin-Huppain (Calvados), Arnaud, 31 ans, est matelot. Ses journées s’étirent, en fonction des marées, de 12 heures à 22 heures. Il se sent un peu cassé. Il jette un coup d’œil à ses mains. Abîmées, entaillées, rougies. Des mains de travailleurs. Ses genoux sont douloureux. Sans parler du dos, sur lequel il se colle des patchs antidouleur chauffants depuis trois semaines. Comme les autres marins, il carbure aussi au Nurofenflash. Toujours mieux que ceux qui tournent à l’héroïne. Son corps, explique-t-il, n’avait pas vraiment été préparé à ce travail intense et répétitif : « Je n’ai plus de temps ni d’espace pour réfléchir, je suis dans une sorte de grande machine à laver, où je pense surtout à l’économie de mes gestes. Ne pas me faire mal, ne pas perdre de temps. Je n’ai plus le temps d’intellectualiser ce que je fais. »

Cette bifurcation n’est pas sans rappeler celle que d’autres ont commencée avant lui. Des jeunes très diplômés, souvent ingénieurs, qui ont déserté les entreprises ou des « jobs destructeurs » pour inventer une nouvelle façon de vivre et de travailler. Mais en avril, Arnaud partira avec la Fondation Tara Océan dans les eaux du Pacifique, avec une équipe scientifique chargée d’étudier les coraux résistants au réchauffement climatique. La bifurcation « reste un geste inégalitaire »

La mesure phare  d’Arnaud Gilles s’il était président de la République : « Des quotas de pêches prioritaires pour la pêche artisanale française, qui représente 60 % de l’emploi et 80 % des navires. Comment est-il possible qu’on se soit laissé bouffer par la pêche industrielle ? »

Le point de vue des écologistes idéologues

Ainsi va le monde, on en connaît un certain nombre qui ont été encartés à la GP ( Gauche Prolétarienne) et qui sont devenus Inspecteur Général de L’éducation Nationale… C’était l’époque juste après mai 68 de la montée du marxisme dont les plus chauds militants on été intégrés et bien digérés par le système thermo-industriel. L’abondance nourrit le « toujours plus ». Aujourd’hui se sont les jeunes engagés pour le climat qui vont bientôt structurer les instances économico-politiques pour gérer la pénurie et la montée des guerres pour les ressources. La période de confinement où on ne pouvait plus se déplacer librement et où on revenait aux achats de première nécessité nous a donné un avant-goût de ce que va être bientôt le vécu de nos générations futures : la sobriété dans tous les domaines.

Ce n’est pas la volonté des humains qui dictent nos comportement, mais l’état des ressources naturelles dont dépend notre genre de vie. Pour K.Marx, les forces motrices de l’histoire sont à chercher dans l’organisation « matérielle » des sociétés, c’est-à-dire pour lui dans la façon dont elles produisent leurs richesses. C’était une critique de l’idéaliste Hegel pour qui la dialectique (le changement social) est issu du mouvement des idées. Il faut attendre l’année 1971 qui marque un véritable tournant analytique. C’est Howard Odum (Environment, power, and society, 1971) qui fait observer que dans la combinaison « homme, esprit, énergie », c’est la source d’énergie et non l’inspiration humaine que, en dernière analyse, fixe les limites du progrès humain.

Mais c’est Malthus qui a posé clairement le problème de base posé à toute réflexion rationnelle : les ressources de la planète sont limitées, l’humanité ne peut donc croître indéfiniment en nombre. Ce prêtre anglican est donc un précurseur de l’écologie, terme qui n’a été créé qu’en 1866 par Ernst Haeckel.

Lire Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

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Infrastructure matérielle au sens marxiste… et écolo

extraits : K.Marx avait raison d’accorder aux conditions matérielles d’existence un statut explicatif de l’infrastructure idéologique et politique. Mais ce faisant il n’a considéré que le facteur travail et capital, oubliant le fondement strictement matériel qui sous-tend à son tour l’existence des sociétés humaines : l’état des ressources naturelles. C’est Bertrand de Jouvenel qui a le mieux explicité cette nouvelle perception dans son livre publié en 1968 « Arcadie, essai sur le mieux vivre » : « Nous faisons preuve de myopie lorsque  nous négligeons de nous intéresser à l’entretien et à l’amélioration de notre infrastructure fondamentale : la Nature. Une autre manière de penser, c’est de transformer l’économie politique en écologie politique ; je veux dire que les flux retracés et mesurés par l’économiste doivent être reconnus comme dérivations entées sur les circuits de la Nature.

Planification de nos besoins, une nécessité

extraits : « Comment bifurquer » : un manuel de Cédric Durand et Razmig Keucheyan en 2024 pour planifier la transition écologique, une des premières tentatives de théoriser une planification. Contrairement à la planification indicative de la France des années 1960 ou la planification impérative de l’Union soviétique, elle n’aurait pas pour objectif de produire plus, mais plutôt de produire moins, en fonction des besoins, dans le respect des limites planétaires. ...

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Une hausse normale des prix à la pompe

Sur ce blog biosphere, nous ne nous intéressons qu’aux déterminants du long terme et pas à l’écume des jours présents.

L’État se polarise sur ce qui ne le regarde pas vraiment, le prix du carburant. Dans notre système libéral de marché, ce prix est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Si l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix augmente. Si la pénurie arrive, le prix explose. C’est ce qui est s’est passé lors des premiers choc pétroliers de 1974 et 1979. Mais il s’agit là d’une réalité de court terme, à un instant donné. En fait depuis qu’on sait que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables et que leur combustion provoque le réchauffement climatique, les prix à la pompe devraient augmenter constamment pour que les gens s’obligent à la sobriété énergétique. Comme le marché est incapable de prévoir le long terme, l’État doit intervenir. Mais pas pour réduire la facture pour le consommateur, tout au contraire pour l’augmenter…

lemonde.fr avec AFP : La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz ont provoqué une envolée historique du prix du baril de pétrole. Dans un marché paniqué, le baril de pétrole a flambé le 9 mars 2026, et a tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé le 8 mars 2026« un plan exceptionnel de 500 contrôles » dans les stations-service pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe ». Ils seront réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF). Le ministre de l’économie, Roland Lescure, procédera au “name and shame” », en référence à la pratique consistant à montrer du doigt le nom des entreprises non vertueuses.

Le point de vue des écologistes à pied

Guerre contre l’Iran et blocage du détroit d’Ormuz, le Rassemblement national (RN) et la France insoumise (LFI), se sont émus de la conséquence, une hausse des prix. Le parti lepéniste réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz. Il appelle aujourd’hui encore à une baisse des taxes sur les carburants. Eric Coquerel (LFI), a demandé au gouvernement de « réfléchir à un blocage des prix » de l’essence.

Les deux partis politiques populistes (RN et LFI) font l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Ils cajolent le consommateur dans le sens du poil en ignorant que les ressources énergétiques deviendront obligatoirement de plus en plus chère à cause de leur rareté croissante. Le marche est myope, il ne voit pas plus loin que l’état de l’offre et de la demande. Les populistes sont aveugles, ils ne voient que l’horizon de la prochaine élection.

Le prix du baril n’est rien, la disponibilité en quantité de la ressource devrait être le seul indicateur fiable. Or la quantité de pétrole est fixé à l’avance, il a été formé autre fois pendant des centaines de millions d’années. Depuis des dizaines d’années la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher. Il faut donc nous préparer au choc pétrolier ultime en nous sevrant progressivement de notre soif d’or noir. Prenons au sérieux la pénurie à venir d’une ressource non renouvelable et l’alerte climatique, transformons nos besoins et nos économies afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques à venir.

Le vrai prix du carburant

Quel est le véritable prix du baril de pétrole ? (juin 2018)

extraits : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XIXe siècle, autant dire demain….

Le quadruplement du prix du baril, une bonne nouvelle (mars 2017)

extraits : Nous vivons actuellement un contre-choc pétrolier, les cours du baril sont tombés de 114 dollars mi-juin 2014 à 55 dollars. La baisse des investissements qui en a résulté pourrait entraîner un début de pénurie et une nouvelle flambée des prix. Les « forces du marché » ne fonctionnent qu’à court terme. Pour les investisseurs, le scénario de la production de pétrole jusqu’à la dernière goutte reste le plus attractif. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans son rapport World Energy Outlook 2011, révélait que la combustion de l’énergie fossile produite actuellement et dans les années à venir par les équipements existants en 2010 provoquerait à l’horizon 2050 un réchauffement du climat de 6° C. L’AIE précisait que « notre économie planétaire ne pourrait absorber sans catastrophe majeure qu’une élévation de température de 2°C. »….

juste prix du baril (mars 2009)

extraits : Les spécialistes n’ont pas vu venir l’envolée des prix du baril (147,5 dollars à la mi-juillet 2008) ni son effondrement (35 dollars mi-décembre). Pourtant le spécialiste du Monde (rubrique matières premières, 29-30 mars) s’interroge doctement sur le juste prix ou optimum économique. A-t-il la réponse ? Oui, il a la réponse : « Le prix équitable se situe autour de 70 dollars ». Pour l’affirmer, il suffit à Jean-Michel Bezat de recopier ce que réclame les pétromonarchies du Golfe. Ni le journaliste, ni les pétromonarchies, ni le CGES (Centre for Global Energy Studie) ne s’interrogent sur la raréfaction croissance du pétrole, le pic pétrolier imminent et le réchauffement climatique provoqué par la combustion de pétrole. Le long terme n’existe pas pour ces « spécialistes », rien ne vaut le bon temps du court et moyen terme. Les générations futures se passeront de pétrole, ils n’avaient qu’à naître au moment des Trente Glorieuses, période qu’on surnommera plus tard les années toxiques….

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Disputatio à propos de l’immigration

Texte paru dans L’œil de Réforme le 11 février 2026   

DISPUTATIO À PROPOS DE L’IMMIGRATION
Dans L’œil de Réforme du 11 février 2026, cette « Disputatio », une confrontation entre deux textes afin de vous faire votre propre idée sur la question.

OUI AU TRAVAIL DES IMMIGRÉS !

Joëlle Nicolas Randegger, pédiatre et humanitaire : Les rafles d’immigrés aux États-Unis et la hausse des violences et atteintes à la dignité envers les personnes étrangères en France, dénoncées par la Cimade, me remplissent de honte et d’effroi. Inspirons à nos élus et nos concitoyens un autre regard et une autre stratégie que cette politique inhumaine ! Imaginons par exemple les avantages que procurerait une mesure très simple : ouvrir le marché du travail aux migrants dès qu’ils posent le pied en France, offrir une régularisation automatique des personnes recrutées.

C’est moins de charges d’assistanat et plus de recettes d’impôts et de cotisations sociales pour l’État. Moins de personnes à loger dans des centres d’hébergement. Moins de proies faciles pour les réseaux de la drogue et de la prostitution. Intégration rapide par une immersion précoce dans la langue et la culture française. Résorption de la tension sur des emplois recherchés dans plus de trente métiers. « Réarmement démographique » par l’arrivée de travailleurs et de familles capables de rééquilibrer les régimes de retraite. Ponts renforcés avec les familles d’origine bénéficiant des transferts d’argent, profitant au développement de leur pays et à nos marchés.
Et pour nous, Français, fierté de reconstruire une société généreuse et solidaire, en accord avec les hautes valeurs de la République, inspirées du christianisme et des Lumières : liberté de circuler, de travailler et d’entreprendre, égalité des droits au travail, au logement, à l’éducation, et mains tendues à nos frères dans l’adversité. Offrir cette chance aux immigrés, n’est-ce pas un bénéfice et une bénédiction pour tous ?

DES IMMIGRÉS SANS TRAVAIL
Martin Rott, juriste : Selon le rapport de la Banque mondiale publié le 13 janvier 2026, 1,2 milliard de personnes entre 15 et 24 ans vont entrer sur le marché du travail d’ici à 2035 dans les pays en développement. La conséquence inéluctable en est une vague migratoire vers les pays développés, y compris la France. Or en France le taux de chômage est actuellement de 7,9% et monte à 21,5% chez les 15-24 ans, avec une tendance à la hausse. La conjugaison de ces deux facteurs rend illusoires les avantages économiques que ce billet attribue à l’ouverture du marché du travail aux migrants. Peu d’entre eux trouveront un emploi stable et encore moins ceux qui vont arriver. Mais ils resteront en France comme demandeurs d’emploi à la charge des comptes sociaux.
Les déséquilibres économiques, sociaux et écologiques provoqués par les migrations auraient pu être évités si l’on avait écouté la mise en garde du Rapport Meadows de 1972 contre la croissance illimitée de la consommation individuelle et de la population mondiale. En 2026, l’aveuglement mondial sur
les limites continue. Vanter les avantages économiques pour la France d’un « réarmement démographique » revient à soutenir la  croissance, alors que chaque semaine les inondations nous rappellent les méfaits d’une artificialisation des sols due à la surpopulation.
L’humanitaire dont se réclame l’auteure ne saurait s’affranchir ni de lucidité ni d’honnêteté intellectuelle. Sinon, il risque de n’être qu’une charité aux frais d’autrui. Bonhoeffer mettait en garde contre une telle bonté à bon marché dans
Résistance et soumission : « L’être intelligent discerne […] les limites infranchissables constituées par les lois immuables qui ordonnent la vie commune des hommes ; par ce discernement, l’homme intelligent agit bien, et l’homme bon intelligemment. »

 

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Aide à l’avortement dans l’Union européenne

D’un point de vue éducatif et démographique, faire en sorte de mettre au monde un enfant non désiré est une atteinte aux droits de l’enfant à vivre dans une famille aimante et attentionnée alors que la planète subit une surpopulation humaine impressionnante : plus de 8 milliards d’être humains à l’heure actuelle. Un humain est devenu un simple pion, qu’est-ce alors qu’un embryon ? Pourtant les natalistes font encore la loi dans trop de pays, voulant restreindre ou même supprimer le droit à l’avortement…

C’est pourquoi toute aide à la liberté d’interruption volontaire de grossesse est une avancée. Le mouvement « Ma Voix, mon choix » avait lancé une pétition afin d’obtenir le droit à l’avortement pour toutes les femmes dans l’Union européenne, y compris lorsqu’elles sont contraintes à se déplacer hors de leur pays. Cette initiative a été couronnée de succès.

AFP : Les pays de l’UE pourront utiliser des fonds européens pour permettre à des femmes d’interrompre volontairement leur grossesse partout en Europe, a déclaré, le 26 février 2026, la Commission à Bruxelles. Cette mesure a été votée en réponse à une pétition signée par plus d’1 million de personnes. Une femme confrontée à un manque de moyens « pourra aller n’importe où dans l’Union européenne pour avoir un avortement digne de ce nom ». Chaque État membre dispose d’une enveloppe dans le cadre de ce fonds, qui représente par exemple quelque 6,7 milliards d’euros pour la France. Mais en Pologne, 38 millions d’habitants sont soumis à une des législations les plus strictes en la matière : seuls 896 avortements ont été pratiqués en 2024. Cette année là, 251 270 IVG avaient été pratiquées en France. Les pays de l’UE pourront financer avec des fonds européens des avortements dans des pays où la législation est contraignante.

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L’avortement était un crime… en France

extraits : Lors de la Révolution française, la liberté pour les femmes de contrôler leur fécondité fit un bond en avant : le Code pénal de 1791 supprima toute peine envers celles qui avaient avorté, ainsi que la peine de mort pour les avorteurs. Cette liberté ne dura qu’un temps. En 1810, sous le Premier empire, l’article 317 du Code pénal napoléonien requalifiait l’avortement en crime, par conséquent jugé par une cour d’assises, et passible d’une peine d’emprisonnement ; le médecin ayant aidé une femme risquait, lui, les travaux forcés….

Pologne, de la difficulté d’avorter…

extraits : ll est étonnant que des pays qui se disent démocratiques interdisent l’avortement, ainsi la Pologne. L’avortement est interdit depuis une loi de 1993 alors qu’il se pratiquait gratuitement dans les hôpitaux publics au temps du régime communiste. On interdit d’avorter même en cas de grave malformation fœtale. On n’autorise l’avortement qu’en cas de danger pour la vie de la femme enceinte, de viol ou d’inceste. Et l’accès effectif à ce droit est souvent entravé…

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https://biosphere.ouvaton.org/blog/?s=IVG

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La Suisse veut limiter le nombre de Suisses

La population suisse devra décider par référendum s’il est nécessaire de plafonner légalement la population du pays.

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-02-14/suisse/un-referendum-pour-plafonner-la-population-a-10-millions-d-habitants.php

L’initiative vient de l’Union démocratique du centre (UDC), un parti de droite connue pour ses positions critiques en matière d’immigration. L’UDC affirme notamment que la Suisse a accueilli 200 000 personnes l’année dernière, dont près de 26 000 demandeurs d’asile, un chiffre jugé « insupportable » en regard de la population résidente permanente de neuf millions d’habitants : « L’élite économique profite d’une immigration excessive pour obtenir des travailleurs bon marché sans se préoccuper de l’impact sur la population. » Le coût des logements et les services publics est notamment évoqué.

Le gouvernement devrait agir pour limiter l’arrivée de migrants dès que le seuil de 9,5 millions d’habitants sera atteint. Ces mesures viseraient notamment à freiner le nombre de demandeurs d’asile et le regroupement familial. Elles pourraient aussi entraîner, si le seuil est dépassé, la remise en cause de l’accord de libre circulation liant la Confédération suisse à l’Union européenne (UE).

Le point de vue des écologistes malthusiens

Il y a similarité de cette proposition suisse avec la position de l’association Démographie Responsable de limiter à 70 millions la population de la France. Or la croissance de la population en France n’est pas liée au solde naturel devenu négatif en 2025, mais plutôt au solde migratoire.  Dans les pays développés, l’immigration a un rôle déterminant par l’apport de nouveaux arrivants nets et par le fait que les populations immigrées ont en moyenne plus d’enfants que les populations d’origine. Notons que personne n’émigre ni n’immigre en dehors la planète, sauf Elon Musk bien sûr. La question migratoire doit donc être abordée de front.

Mais notez que de multiples lois de réduction des flux par la France n’a pas résolu le problème de fond : l’incitation à partir dans des pays en voie d’appauvrissement. La question du nombre maximal d’habitants dans un pays reste posée, et donc la valorisation ou non du planning familial et la mode actuelle des incitations à procréer.

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L’irresponsabilité écologique des citoyens suisses (mars 2025)

extraits : Le 9 février 2025 a eu lieu en Suisse une votation qui portait sur la « responsabilité environnementale » de l’économie. : « Pour une économie responsable respectant les limites planétaires. » Le parti des Jeunes Verts suisse était parvenir à récolter les 100 000 signatures nécessaires en 18 mois. L’initiative demandait que soit inscrite dans la Constitution le fait que « la nature et sa capacité de renouvellement constituent les limites posées à l’économie nationale. Les activités économiques ne peuvent utiliser des ressources et émettre des polluants que dans la mesure où les bases naturelles de la vie sont conservées. » Les dispositions transitoires donnaient dix ans à la Confédération pour que l’impact environnemental découlant de la consommation en Suisse ne dépasse plus les limites planétaires concernant notamment le changement climatique, la perte de diversité biologique, la consommation d’eau, l’utilisation des sols et les cycles de l’azote et du phosphore.

Le débat n’a même pas eu lieu et tous les cantons ont rejeté le texte.

Référendum en Suisse : halte à la surpopulation (novembre 2014)

extraits : L’association Ecologie et population (Ecopop) avait fait campagne pour son initiative « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles ». Le texte sera soumis à référendum le 30 novembre 2014. Cette initiative veut limiter la croissance annuelle de la population due à l’immigration à 0,2 % sur une moyenne de trois ans. Il pourrait donc immigrer  env. 16 000 personnes/an de plus que celle qui émigrent. Actuellement, chaque année env. 95 000 personnes quittent la Suisse. Par conséquent, il pourrait encore immigrer  env. 110 000 personnes.

Ecopop demande aussi avec cette initiative que 10% des fonds de l’aide au développement de la Confédération soient consacrés à la planification familiale VOLONTAIRE dans les pays bénéficiaires. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Chaque année, il y a dans les pays en développement env. 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale….

Suisse, halte à la surpopulation (août 2025)

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri

extraits : On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20% alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes….

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NON à la pub, NON à la Saint Valentin

La Saint-Valentin (le 14 février) n’est qu’un des nombreux avatars de la démultiplication commerciale des festivités, tout au long de l’année : fêtes des mères et pères, Noël, Halloween ou Black Friday… Ces espaces-temps autrefois exceptionnels promeuvent désormais l’excès permanent du consumérisme. Les casseurs de pub réagissent, les penseurs pensent.

RAP@Toile février 2026

MUNICIPALES: Libérons nos villes de la pub !

La pub est omniprésente dans nos vies ! Elle est devenue inévitable. Et elle génère plusieurs effets négatifs. Les collectivités locales peuvent limiter ces effets. Elle dispose pour cela de 3 leviers : pouvoirs législatifs, contrats publics, communication numérique. Vous avez le pouvoir d’agir ! Citoyen·ne ou candidat·e, vous avez plusieurs leviers d’actions. Nous avons concocté un questionnaire type que nous avons créé. Interpelez vos candidat·es dès maintenant pour leur demander d’y répondre et de nous envoyer leurs réponses. Ce genre d’actions a déjà fait ses preuves dans le passé. Les élu·es actuel·les des villes de Lyon et Grenoble l’avaient rempli quand iels étaient candidat·es. Nous les publierons le 3 mars afin de faire connaître les positions des candidat·es aux électeur·ices. 

Je passe à l’action !

Amsterdam interdit la publicité pour les énergies fossiles et la viande, Florence suit

Énorme ! Amsterdam interdit la publicité pour les énergies fossiles et la viande. C’est la première capitale au monde à faire ça. Florence embraye sur ce type d’interdiction ! Il est temps que les villes françaises fassent de même.

Lire la suite !

14 février – Nous dénonçons le publisexisme de la Saint·e Valentin·e

A l’occasion de nos rencontres des groupes locaux à Lille. Les activistes de nos groupes locaux de Lille, Lyon, Antibes, Rouen, Toulouse, Paris…) se sont mobilisé·es pour vous rappeler ô combien la publicité était sexiste 

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Votre soutien est notre force !

JE SOUTIENS R.A.P. (résistance à l’agression publicitaire)

Le point de vue des écologistes déconsommateurs

Il n’est pas bien difficile de concevoir l’année comme une visite en continu des magasins programmée sur douze mois. D’une année sur l’autre, les « fêtes » se suivent et se ressemblent. Elles font sourire, elles font écrire, mais surtout elles font acheter. L’art de récupérer, de marchandiser ou simplement d’inventer des fêtes porte aujourd’hui le nom de « marketing événementiel ». Le Black Friday le 27 novembre 2025, c’était en fait créer un événement commercial au moment où la fréquentation des magasins baisse afin de se débarrasser des stocks invendus. Ces temps forts créés de toutes pièces ne fonctionnent que s’ils sont médiatisés par les journalistes complices. Marchandiser la fête, ce n’est pas seulement créer des occasions de revenir sans cesse en magasin : c’est aussi faire de l’abus généralisé un mode de vie.

L’usage du mot « fête » dans la publicité cherche à récupérer la surconsommation qu’elle autorise. Mais d’un point de vue anthropologique, la fête se définit comme une expérience collective qui coupe du quotidien : un espace-temps extraordinaire. Pendant les fêtes, on peut (et on doit) boire et manger plus, donner et recevoir des choses rares, parler et échanger davantage. Mais la suspension des règles qui régissent la consommation habituelle est toujours provisoire, limitée dans le temps.

Des slogans comme « Faire de chaque jour une fête »» ou encore « Rendre chaque jour magique et célébrer chaque jour » sont mortifères. L’ère de la consommation de masse, de la consumation à tout va, de la surconsommation cessera le jour où on s’apercevra que l’argent ne se mange pas.

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Faire un enfant en étant responsable

Il y a deux ans, Emmanuel Macron avait choqué en parlant de « réarmement démographique », un terme qu’aucun député macroniste ne reprend désormais. Tous souhaitent éviter le parfum rétrograde des politiques natalistes d’antan et préfèrent « permettre » aux Français de « réaliser leur désir d’enfant », une formule qui a l’avantage d’éviter toute injonction aux femmes et qu’a retenue dans ses travaux la mission d’information parlementaire. Mais n’est-ce pas à chacun et chacune de déterminer par ses propres moyens comment réduire l’écart entre son désir d’enfant et la réalité d’un monde en décomposition ?

Solène Cordier : Face au vertige de la chute des naissances, c’est à une « révolution de la politique familiale » qu’appelle le député (Horizons) Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur d’une mission parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité lancée en juillet 2025. Il suggère plusieurs mesures, notamment la création d’un versement familial unique de 250 euros par mois, accordé « dès le premier enfant et sans conditions de ressources ». Le désir d’enfant des Français est supérieur aux chiffres des naissances, il faudrait donc « réduire le delta entre ce désir et sa réalisation ». Il y a une volonté de faire de la natalité et des politiques familiales des sujets de premier plan, en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Le point de vue des écologistes malthusiens

– Sans conditions de ressources !!! Ou l’art de gaspiller l’argent public !

– On peut envisager un service civique dans lequel les filles seraient accueillies dans des fécondoirs au terme de leurs études secondaires ( cela donnerait des points sur parcoursup avec un bonus pour celles qui accouchent de jumeaux) avant d’être rendues à la vie civils une fois leur devoir accompli.

– Il n’existe aucun moyen démocratiquement acceptable de faire remonter la natalité. La seule politique publique efficace est de faire baisser le taux d’alphabétisation des filles, comme l’ont compris Boko Haram et les Talibans. Si vous mettez les filles à l’école, elles font moins d’enfant ensuite.

– Coût d’un logement à Paris pas très grand et dans un arrondissement excentré : 2150 euros, crèche 900 € pour le 1er, 700€ pour le second. Nous voulions 3 enfants, nous n’en aurons que 2, malgré des revenus de 6500€/mois.

– Et puis, nous sommes déjà bien trop nombreux sur la planète !

– Ce type de mesure risque fort de favoriser une surnatalité des couches les plus en difficulté de notre population et d’augmenter fortement les problèmes éducatifs.

– Pour respecter le libre choix de couples en matière de fécondité, l’État devrait faire preuve de neutralité absolue en matière d’aide à la procréation : aucun allocation familiale quel que soit le nombre d’enfants. Ce n’est pas à l’État de s’occuper de ce qui se passe dans la chambre à coucher des gens. C’est à chacun et chacune de prendre ses responsabilités. Par contre le mot « malthusien » devrait appartenir au langage courant des citoyens éclairés par l’école. On ne peut pas avoir plus d’enfant que les ressources disponibles nécessaires.

– Le débat public reste focalisé sur une hypothétique relance de la natalité et évite les sujets, plus brûlants, de l’immigration ou de l’âge de la retraite. Les responsables politiques peinent à s’emparer des différents aspects du virage démographique en cours.

– Si le gouvernement annonce l’interdiction totale des pesticides, la dépollution des sols et de l’eau potable, si les gens arrêtent de prendre l’avion pour passer une semaine de vacances a l’autre bout du monde, leur voiture pour acheter une baguette de pain, si le bien-être animal devient une vraie préoccupation, si on stoppe l’IA et les data centers, si on pouvait être sûrs que le monde ne sera pas invivable dans 50 ans avec des +5 ou +7 degrés, la disparition des glaciers etc. , alors je ferai peut-être un enfant. Mais pas pour 250 euros par mois.

– « Après le malheur de naître, je n’en connais pas de plus grand que de donner naissance à un enfant ». Dixit Chateaubriand dans Les Mémoires d’Outre-Tombe.

Un livre sur la question démographique vient d’être publié

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

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Pérou, l’offensive contre l’éducation sexuelle

En dépit du nombre élevé de grossesses adolescentes et de viols, le Congrès péruvien a adopté fin novembre 2025 une loi supprimant l’éducation à la sexualité. Une offensive menée par une alliance de députés issus des franges les plus radicales du catholicisme et des milieux évangéliques. Derrière ces attaques, un parti d’extrême droite, Renovación Popular (« renouveau populaire »). L’opposition offre peu de résistance. Le courant conservateur transcende l’échiquier politique et traverse tous les partis. Les premiers perdants sont les femmes, les enfants et la régulation des naissances. 

Amanda Chaparro : Depuis plusieurs années, les ultraconservateurs multiplient les initiatives : proposition d’un accord entre les églises évangéliques et le ministère de l’éducation pour cogérer les collèges, loi éliminant l’écriture inclusive (adoptée en 2024), révision des protocoles concernant l’accès à l’avortement thérapeutique (2025), propositions limitant les droits des personnes LGBTQ +, et même proposition de loi visant à criminaliser les femmes portant plainte pour violences conjugales si la justice ne détermine pas la culpabilité du conjoint. Qu’un Etat laïc assume les préjugés des religieux les plus conservateurs au sein de l’école publique doit nous alerter.  

La nécessité d’une éducation sexuelle de qualité est manifeste : des jeunes filles de 15 ans enceintes de 8 mois, des enfants de 14 ans atteints de maladies sexuellement transmissibles, des fillettes d’une dizaine d’années, violées… L’avortement est interdit – sauf en cas de danger pour la mère (ce qui est rarement appliqué).

Le point de vue de Michel Sourrouille

Normalement le planning familial devrait être une obligation pour tout gouvernement qui respecte les choix des personnes et l’état de surpopulation d’un pays. La densité de population de 2026 au Pérou est de 27 habitants par km² pour 34 millions d’habitants, ce qui paraît modéré. Mais les terres arables ne représentent que 2% de la superficie du territoire national ! Comme l’écrivait Malthus, sans équilibrer population et ressources, un pays va au désastre…

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Pour une éducation au malthusianisme (janvier 2023)

extraits : Voici ce que devrait connaître un jeune adulte au sortir du système scolaire : La démographie est une sous partie importante de l’approche écologique, on ne peut avoir un niveau de population que dépasse les capacités du milieu biophysique. Les analyses montrent que la surpopulation est un fait objectif : cf. la loi de Malthus (1803), Les limites de la croissance (1972), l’empreinte écologique (1992, William Rees, thèse de Mathis Wackernagel en 1995). Le jour du dépassement a eu lieu le 28 juillet 2022….

Éducation sexuelle et malthusianisme (mars 2024)

extraits : Le premier projet de programme d’éducation à la sexualité en France a été publié le 5 mars 2024 sur le site du Conseil supérieur des programmes (CSP). Paul Ehrlich en 1968 : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène. Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. Admettons que les Etats-Unis inaugurent enfin une politique démographique sensée dans le pays : nous aurons alors la possibilité de proposer une solution à l’échelle mondiale….

Éducation sexuelle, une nécessité écologique (septembre 2022)

extraits : Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Aujourd’hui en France, l’éducation à la sexualité patine encore dans des questions de « genre » alors que l’ABCD de l’égalité et du malthusianisme devrait être enseigné à tous les élèves. Nos jeunes devraient savoir que nous franchissons la barre des 8 milliards d’êtres humains en 2022 suite à l’exubérance de notre sexualité et qu’il va donc falloir définir des limites : jouir sans procréer, et non jouir sans entraves…

l’Éducation à la sexualité au programme (octobre 2025)

extraits : C’est l’une des principales nouveautés de la rentrée scolaire de septembre 2025 : l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est dotée pour la première fois d’un programme officiel, lequel doit être délivré à raison de trois séances par an à tous les élèves de la maternelle à la terminale… L’éducation à la sexualité répond aux missions spécifiques que la Nation confie à l’École en matière d’instruction, de sensibilisation et de développement des capacités de réflexion des élèves. Mais réfléchir à quoi ? L’éducation scolaire à la sexualité ne devrait pas faire l’impasse sur la question démographique et ses aspects globaux. On ne trouve pas dans tout le programme  officiel mention de la notion de planning familial….

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Serge Latouche en accord avec Malthus

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en a fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.eyrolles.com/Litterature/Livre/malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136/

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Serge Latouche, connu pour ses livres sur la décroissance économique, en a fait la préface suivante :

« Dans la collection des Précurseurs de la décroissance que je dirigeais aux éditions « Le passager clandestin » l’éditeur, pour des raisons de divergence idéologique et/ou politique s’était refusé de publier un ouvrage de Michel Sourrouille sur Malthus et ce en dépit de mon insistance. Cet épisode est assez révélateur des passions que suscite encore aujourd’hui le « sinistre pasteur ». Mais il faut reconnaître que, pour le meilleur ou pour le pire, Malthus est un précurseur. Il est difficile d’être spécialiste d’un auteur sans éprouver à son égard un minimum d’empathie. Michel Sourrouille, spécialiste reconnu du malthusianisme sur lequel il a publié plusieurs écrits, se reconnaît non seulement de la sympathie pour le pasteur, mais s’avoue même malthusien militant.

On peut parler d’une affaire Malthus comme on parle d’une affaire Darwin, les deux n’étant d’ailleurs pas sans lien puisque Darwin a eu l’intuition de sa loi de sélection naturelle à la lecture de l’essai sur le principe de population. Héritiers de l’optimisme des Lumières et ardents croyants dans la théologie du progrès, les penseurs socialistes ont tiré à boulets rouges sur Malthus, partisan raisonné de l’aristocratie foncière, au point que Proudhon pourtant généralement pondéré, déclare qu’il n’y a qu’un homme de trop sur la terre, c’est Malthus. Le coup de grâce a été porté par Marx qui critique l’idée d’une loi universelle et trans-historique de population et met en évidence, dans le cas du capitalisme, une loi de surpopulation relative, due au chômage et à la création d’un prolétariat surnuméraire, pour faire pression sur les prix. Du coup le problème du divorce inévitable entre croissance à long terme de la production et croissance de la population, n’est pas abordée, d’autant qu’aucune limite n’est posée à la croissance des forces productives.

Si tout chez Malthus est discutable dans le détail, l’ensemble n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Ma position personnelle, qui correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance, est que si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population.

On aura beau faire et beau dire, si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple, voir simpliste, est incontournable, en dépit de toutes les faiblesses sur lesquelles il repose et de toutes les critiques qui lui ont été adressés, vérifiant par là la boutade de Paul Valéry : « Tout ce qui est simple est faux, mais ce qui n’est pas simple est inutilisable… ». Le dossier « Malthus » ne sera pas clos par cet essai de Michel Sourrouille, et ne le sera sans doute jamais, mais ce dernier contribue à éclairer le lecteur de bonne foi sur le problème, en particulier dans l’optique de la nécessaire décroissance. »

PS : Pour toute remarque, on peut lui écrire par l’intermédiaire du blog… ou poster un commentaire

biosphere@ouvaton.org

Serge Latouche en accord avec Malthus Lire la suite »

Malthus, parmi d’autres philosophes

Les penseurs de la finitude sont des philosophes connus, Malthus a l’avantage d’être plus compréhensible.

Althusser est un penseur de la limite. Si la philosophie althussérienne offre un espace privilégié pour penser l’altérité, cela tient avant tout à ceci qu’elle est fondamentalement une pensée de la finitude. Théoricien de la « coupure épistémologique », penseur de la ligne de division intra-philosophique entre tendance matérialiste et tendance idéaliste, penseur « aux extrêmes », penseur, enfin, du marxisme « dans ses limites » et du « marxisme comme théorie “finie”.

Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l’Être est ancrée dans l’analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l’existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin.

De son côté Spinoza était déjà un penseur de la finitude ; l’infini chez lui est surtout un moyen de penser celle-ci le plus positivement possible. C’est un penseur de la totalité qui, allant de l’être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l’Absolu le principe d’affirmation d’une finitude essentielle et montre que l’homme, tout en n’étant pas « comme un empire dans un empire », peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu.

Malthus est beaucoup plus concret, enraciné dans notre réalité immédiate. Il montrait au moment de la révolution française le rapport étroit qui existe entre l’évolution démographique et la responsabilité de chacun d’entre nous. Son message principal était d’avant-garde, écologique : nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources.

Malthus était donc un précurseur de toutes les analyses contemporaines qui montrent qu’on a maintenant dépassé les limites de la planète. Le mot « malthusien » est dans le dictionnaire, il devrait être un élément de réflexion connu de tous et toutes à l’entrée dans la vie d’adulte. Le malthusianisme mérite d’être étudié par chaque citoyen car l’essentiel commence par notre chambre à coucher. Nous pouvons pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Pour bien connaître Malthus, Michel Sourrouille en fait le sujet de son 9ème livre, paru fin janvier 2026.

MALTHUS, penseur de la finitude 

(démographie et responsabilité)

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc le commander, soit pas Internet, soit auprès de son libraire. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé.

Pour toute remarque sur le malthusianisme, on peut écrire à l’auteur :

michel.sourrouille@laposte.net

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Thomas Robert MALTHUS, penseur de la finitude

Thomas Robert Malthus à l’époque de la révolution française a montré qu’on ne pouvait croître démographiquement au-delà des ressources du milieu. En termes contemporains, croire qu’on peut croître indéfiniment dans un monde fini est une pensée hors sol. Il peut donc être considéré comme un précurseur de l’écologie, mettant en relation les humains et leur environnement. Si on ne cherche pas un niveau de population adapté au milieu, on récolte guerres, famine et épidémies.

Le mot « malthusien » est dans notre dictionnaire, mais dans une définition tronquée. On ne considère que la baisse de fécondité, et pas le rapport fait par Malthus entre démographie et ressources naturelles. Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

https://www.fnac.com/a22630446/Michel-Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Responsabilite

https://www.babelio.com/livres/Sourrouille-Malthus-penseur-de-la-finitude-Demographie-et-Re/1996022

NB : Il s’agit d’un tirage à la demande. Il faut donc commander le livre. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître, dans vos propres réseaux, ce livre essentiel à la compréhension de notre monde et de son avenir. Merci

Voici le 4ème de couverture

l’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri. Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Mieux comprendre MALTHUS, le débat (extraits)

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?….

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

extraits : La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien….

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

extraits : Il est si rare que MALTHUS soit considéré à sa juste valeur que nous ne nous refusons pas le plaisir de vous transmettre ce texte récent (4 septembre 2025) in « THE CONVERSATION »

https://theconversation.com/malthus-penseur-dune-humanite-soumise-a-des-limites-naturelles-263772

Depuis 1798, date à laquelle l’économiste et ecclésiastique Thomas Malthus a publié pour la première fois Essai sur le principe de population, la position « malthusienne » – l’idée que les humains sont soumis à des limites naturelles – a été vilipendée et méprisée. Aujourd’hui, ce terme est utilisé pour désigner toute personne qui ose remettre en question l’optimisme d’un progrès infini. Mais presque tout ce que la plupart des gens pensent savoir sur Malthus est faux….

Malthus prévoyait la multiplication des épidémies

extraits : Surpopulation humaine, surpopulation de nos élevages, monocultures, les épidémies ont de beaux jours devant elles. Nous mourrons en masse par où nous avons péché : notre fécondité sans frein. La dermatose nodulaire contagieuse détectée pour la première fois dans l’Ain, les bovins du foyer contaminé seront abattus. Cette épizootie est un coup dur pour l’élevage en France, après une année 2024 marquée par la recrudescence de la maladie hémorragique épizootique et de la fièvre catarrhale ovine….

François Bayrou n’aime pas les malthusiens

extraits : Un jour, Corinne Lepage lui parlait des « limites planétaires », une notion cruciale. « Je n’aime pas les malthusiens », rétorque Bayrou. Il est vrai qu’il a 6 enfants et qu’il est grand-père de vingt-et-un petits-enfants. La maîtrise de la fécondité connaît pas. C’est mépriser le raisonnement de Malthus, un peuple ne peut avoir plus d’enfants que ce que les ressources naturelles lui assignent. C’était là de l’écologie avant la lettre, en 1798. Bayrou occulte le fait que la France est aujourd’hui surpeuplée avec 66 millions d’habitants. En 2024, nous ne parlons médiatiquement que des inquiétudes liées à la baise de fécondité dans certains pays alors que nous allons bientôt atteindre 10 milliards d’humains, un chiffre inconcevable pour un prédateur comme nous, en haut de la chaîne alimentaire et qui fait preuve d’une boulimie consumériste insensée….

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Mieux comprendre MALTHUS, le débat

Malthus a été un penseur de la finitude : on ne peut croître indéfiniment dans un monde aux ressources limitées. Le dépassement actuel des limites de la planète par l’activisme et le nombre des humains font en sorte que Malthus redevient d’actualité.

Comme on devrait tous et toutes le savoir à l’entrée dans sa vie d’adulte, Malthus est un grand précurseur de l’écologie.

Voici quelques  précisions données au cours d’un débat

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?

Marc : «  sa préconisation de supprimer toute les aides aux populations pauvres (semble dangereuse) »

Michel : Malthus a une position qui est toujours mesurée. Il indique explicitement qu’une aide conjoncturelle est toujours possible quand cela est nécessaire. Mais quand l’aide devient structurelle, cela incite à ne pas être responsable du nombre d’enfants que l’on fait ; le surnombre fait baisser les salaires, l’emploi devient rare et la pauvreté s’accroît. En termes contemporains, cela pose la question des allocations familiales : doivent-elles aller aux familles nombreuses ou permettre de responsabiliser les couples ?

Puisqu’il faut considérer aujourd’hui que les citoyens doivent devenir responsables de leurs propres  décision, ici en matière de fécondité, l’État devrait rester neutre par rapport aux choix de chacun. La suppression totale des allocations familiales est donc logique.

Marc : « L’analyse des rapports sociaux et de production était encore très sommaire chez Malthus. »

Michel : Malthus a été beaucoup plus perspicace que Marx quant aux rapports sociaux de production. Pour Marx, on se situe uniquement dans la sphère économique, les rapports entre capitalistes et prolétaires. Il raisonne hors sol, considérant que les ressources de la planète sont illimitées. Il suffit que la révolution soit victorieuse (la dictature du prolétariat) et le principe « à chacun selon ses besoins » est alors appliqué ; peu importe le nombre d’humains. Malthus par contre est réaliste, pour lui il faut toujours mettre en relation le nombre d’humains et la capacité de vivre bien par rapport au ressources, à son époque les ressources alimentaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la capacité de charge. En termes actuels, quand des populations surnuméraires se retrouvent entassées et sans emploi dans des banlieues, les relations socio-économiques se dégradent automatiquement.

Jean-Loup : « Malthus fait une petite erreur mathématique. En effet, il avait constaté que l’augmentation de la population était exponentielle : vrai. Et que les ressources agricoles augmentaient linéairement. En théorie, il n’y a qu’une seule chose qui empêche les surfaces agricoles de croire exponentiellement comme la population :  c’est la finitude de la planète ! Au fond, cette finitude se faisait déjà sentir à son époque : les terres cultivables (à proximité des populations) étaient déjà en grande partie cultivées. » 

Michel : Malthus s’appuie pour les ressources alimentaires sur la loi des rendements décroissants en agriculture. A surface donnée, les rendements décroissent même si on augmente les intrants (nombre de travailleurs, engrais, etc.)

Malthus : « L’homme est assujetti à une place limitée. Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants…. »

Pour l’agro-industrie, c’est pire. Il faut faire le calcul intégral des rendements, c’est-à-dire comparer le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories, comparé au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production. Les rendements chutent !

Marc : « Nous pouvons nous référer à Malthus quand cela est justifié, mais sans nous déclarer pour autant malthusiens ou même néomalthusiens. »

Michel : Ce qui précède montre qu’on ne peut être que malthusien quand on a étudié et compris Malthus. Le mouvement communiste a pris de l’ampleur car il s’est appuyé sur la manifeste du parti communiste de Marx qui faisait miroiter la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’autolimitation de la fécondité se généralisera quand tout le monde aura compris le message malthusien. Mais c’est un message de responsabilisation des personnes, donc on ne peut pas suivre la voie de la facilité.

Les néomalthusiens sont aussi normalement une référence pour l’association « Démographie Responsable ». Avec Paul Robin (1837-1912) par exemple, on va plus loin que la « contrainte morale » de Malthus ; on fait la promotion du planning familial, on s’appuie sur la liberté de contraception et d’avortement, la libération de la femme, etc.

NB : Un livre sur la question démographique vient d’être publié fin janvier.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

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MALTHUS, responsabilité et démographie

Un colloque international, « Malthus hier et aujourd’hui », avait eu lieu en 1984, il y a plus de 40 années. Or nous avons dépassé largement la barre des 8,2 milliards d’humains contre 4,8 milliards en 1984. Comment faire vivre décemment, sans famine ni guerres, des milliards d’humains supplémentaires de façon durable et viable ?

https://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/

Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Il s’agit d’un tirage à la demande. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître ce livre dans vos propres réseaux.

En voici le 4ème de couverture 

L’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri.

Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

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Sans ressources minières, tu n’es plus rien

Selon la Cour des comptes européenne le 2 février 2026, la dépendance de l’UE est totale pour dix matières premières critiques. Or, si elle veut construire elle-même plus d’éoliennes, de panneaux solaires, de pompes à chaleur, de batteries, l’Union européenne (UE) aura besoin de lithium, de nickel, de cobalt, de cuivre ou encore de terres rares…

Adrien Pécout : La Commission européenne a fixé aux Etats membres de l’UE l’objectif d’atteindre 42,5 % d’énergie finale à partir d’énergies renouvelables pour 2030, contre 24,6 % en 2023. La Cour des comptes constate que pour dix composantes (vanadium, scandium, niobium, lithium, terres rares légères, terres rares lourdes, bore, antimoine, magnésium, phosphore), la dépendance aux importations en provenance de pays tiers est « totale ».On fixe l’objectif qu’aucune des 17 matières premières stratégiques ne provienne, à partir de 2030, à plus de 65 % d’un unique pays tiers. Concernant la production, l’objectif est d’extraire du sous-sol de l’UE au moins 10 % des matières qui seront consommées par les 27 Etats membres et d’en transformer au moins 40 % sur leur sol. L’Union européenne semble proche de son objectif de capacité d’extraction puisqu’elle atteint déjà 8 % de ses besoins. A l’inverse, concernant la transformation des matières premières stratégiques, elle en est encore loin (24 % de la consommation).

En avril 2025, la Chine a de nouveau restreint ses exportations de certaines terres rares…

Le point de vue des écologistes anti-extractivistes

Perros Jean Michel : Mince, on découvre qu’il n’y a pas de ressources minérales en Europe. Avoir des idées ne compense pas le fait de ne pas avoir de pétrole.

Magneto : Cet article aurait pu être écrit il y 20 ans. Toutes ces questions ont fait l’objet de rapports et d’alertes, rien n’a été fait. On peut penser que dans 20 ans le problème sera toujours entier. On se mettra à genoux pour commander et payer au prix fort les matières premières, critiques ou pas. Personne en Europe ne peut admettre d’avoir une exploitation minière dans son environnement. Le seuls autorisés et encouragés à polluer sont les agriculteurs. On aura des gouvernements d’extrême droite dirigeant des pays de vieux, sans matière première et sans main d’œuvre, mangeant et buvant une nourriture et une eau empoisonnée. Le problème sera résolu par la

Michel SOURROUILLE : Ils sont beaucoup à psalmodier « croissance… croissance… croissance » sans s’apercevoir que quand on a dépassé les ressources de la planète, il n’y a plus de croissance possible. L’article montre que l’UE est particulièrement vulnérable. Ajoutons que ce n’est pas seulement par rapport aux métaux stratégiques, mais aussi par rapport aux énergies fossiles ou même, pour plusieurs pays, par rapport aux ressources alimentaires. Un politique réaliste dirait que le niveau de vie actuel en Europe sera bientôt obsolète. Mais un politicien peut-il être réaliste ?

Totoro en réponse à Michel SOURROUILLE : Mais non il n’y a pas de problème de croissance à cause des limites de ressources de la planète (fake news). « Drill Baby Drill »!!! a dit un certain politicien dont j’ai oublié le nom 😉

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Une tribune malthusienne dans LE MONDE

La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien.

Guillaume Duval : Le bilan démographique de la France pour l’année 2025, que l’Insee a publié le 13 janvier 2026, fait apparaître pour la première fois un solde naturel négatif. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la planète :

– Les discours qui mettent en avant la perte de compétitivité économique ou la perte de poids politique qu’une baisse de la population impliquerait n’ont pas de sens.

Cette évolution devrait détendre assez rapidement la situation du marché du logement.

– Avec la baisse du nombre d’enfants, on va pouvoir s’attaquer au caractère inégalitaire de notre système éducatif.

Le vieillissement de la population va contribuer à régler notre problème chronique de chômage

– Un financement des retraites qui ne repose que sur une croissance démographique infinie, cela porte un nom : la pyramide de Ponzi.

– Cette évolution est par ailleurs très positive sur le plan écologique. L’explosion des émissions de gaz à effet de serre, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau douce, la pollution plastique et chimique… menacent de rendre la planète inhabitable.

Si cette croissance démographique doit s’arrêter, mieux vaut que cela passe par une diminution du nombre des naissances plutôt que par les guerres et les épidémies qui ne manqueraient pas de se multiplier

Le point de vue des écologistes malthusiens

Karsenti : Enfin un article intelligent sur la démographie. Le problème écologique, c’est exactement juste ça : plus de 8 milliards, on est trop nombreux. La véritable écologie scientifique c est l équilibre entre les espèces et l’environnement physique a un moment donné. Nous sommes trop nombreux parce que nous utilisons beaucoup d énergie pour vivre longtemps et confortablement. Mais nécessairement nous le faisons aux dépends de l ensemble de l écosystème. Comme personne ne veut revenir revenir a un niveau de vie plus simple, la seule solution est de réduire la population humaine.

JP13 en réponse à Karsenti : Malheureusement le problème écologique ce n’est pas « juste ça ». La démographie galopante accentue le problème. Mais au fond du fond le problème c’est notre modèle de société qui tourne à coups d’hyper-consommation, et qui n’est guidée que par le court-terme (rendements financiers ; systèmes politiques etc). À deux milliards sur terre, vivant comme les américains ou les européens, on épuiserait tout aussi bien les ressources de la planète et on la dégraderait, seulement un peu moins rapidement.

Michel SOURROUILLE : Il est trop rare dans les médias de considérer que la baisse de fécondité est un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ajoutons aux arguments de Duval le fait que la population de la France est beaucoup trop nombreuse par rapport aux capacités de son territoire, il y a surpopulation. La baisse des naissance n’est donc pas seulement un avantage, c’est aussi une nécessité…

Jacques Py : Un, Deux ou quatre milliards d’humains… a t-on jamais pensé l’idéal d’une population mondiale acceptable pour la Planète ? Cela signifie une régulation planifiée de la démographie… sujet hautement politique et improbable… pour le moment seulement.

Eglantine13 : Certes, certes, mais quand Macron en appelle au réarmement démographique, ce n’est ni au désir d’enfants ni à un substitut à la fin de vie qu’il pense. En qualité de chef des armées adepte du réarmement militaire, il désire des soldats en grand nombre… On aura encore des guerres comme l’avait prédit Malthus et Duval.

En savoir plus

Le livre de Michel Sourrouille  « MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) » vient juste d’être publié :

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

A commander si vous le voulez bien à partir de ce lien ou après de votre libraire.

Il s’agit d’une impression à la demande, il ne se trouve pas en stock dans les librairies.

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