anthropisation

Loi d’urgence agricole, victoire de la FNSEA

Loi d’urgence agricole : Sept députés et sept sénateurs devaient s’accorder sur un texte de compromis entre les versions votées par chaque chambre. Ils ont adopté le 16 juillet 2026 à la majorité (huit voix pour, quatre contre, et deux abstentions) une version qui sera soumise au vote de l’Assemblée nationale et du Sénat, lundi 20 et mardi 21 juillet.

La version de compromis maintient l’objectif de doubler les capacités de stockage de l’eau en France et l’affaiblissement de plusieurs outils de planification visant à assurer une gestion durable des ressources. Un rejet à l’Assemblée nationale aurait risquerait de mécontenter une partie du monde agricole.

Quelques réactions courroucées

Reporterre : Dans les couloirs climatisés du Parlement, sénateurs et députés ont accouché d’une loi cataclysmique pour l’environnement : une « nouvelle loi Duplomb » qui prévoit, entre autre, la réintroduction de pesticides interdits comme l’acétamipride, et qui donne plus de pouvoir aux agriculteurs irrigants. « S’ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils font, c’est qu’ils sont climatisés jusque dans leur tête, froids aux conséquences », a réagi un opposant aux mégabassines.

FNE (France Nature Environnement) : En matière d’eau, le texte valide une fuite en avant irresponsable. En facilitant à outrance le stockage de l’eau pour l’irrigation, il légitime son accaparement par une infime minorité d’exploitations intensives. Dans un contexte de sécheresses et de canicules chroniques, cette loi place de fait l’agriculture industrielle au-dessus de tous les autres usagers… La commission mixte paritaire a cédé à Laurent Duplomb et à la FNSEA en validant la réintroduction de deux néonicotinoïdes. Ces pesticides « tueurs d’abeilles », dont les effets dévastateurs sur les pollinisateurs, la biodiversité et les risques pour la santé humaine sont scientifiquement indiscutables, font l’objet d’un rejet massif. La protection de l’eau, de la biodiversité et de la santé publique n’est pas un obstacle : elle est la condition d’une agriculture résiliente et durable.

Générations Futures : Tout ce que le député Duplomb souhaitait, les représentants des groupes Ensemble Pour la République (EPR – ex Renaissance), MoDem, Les Républicains et Rassemblement National lui ont servi sur un plateau d’argent : le tout dans un texte conçu sur mesure par le Gouvernement pour permettre le pire et l’inimaginable.

Nous appelons l’ensemble des députés à s’opposer à ce projet de loi mortifère pour l’avenir de notre agriculture

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Nos écrits en 2005 sur la gestion des terres

Nous sommes en 2026,

la bétonisation avance toujours

14.04.2005 Artificialisation du territoire

Une étude de l’IFEN (Institut français de l’environnement) dénonce le phénomène de grignotage des espaces naturels du fait de l’urbanisation, des routes et autres infrastructures. Les sols à usage non agricole des humains représentaient 6,1 % du territoire en 2003 et cette emprise a augmenté de 16 % en 10 ans. Biosphere ne s’occupe pas beaucoup de l’impact paysager, à chacun son goût de l’esthétique. Pas beaucoup plus de l’impact sur les inondations et l’érosion. Un peu plus sans doute de la violence exacerbée par un espace mal organisé et un cadre de vie éclaté.

Mais la fragmentation des terres accroît surtout le risque que les écosystèmes ne puissent plus se connecter les uns aux autres au péril de la survie d’une bonne partie de la flore et de la faune.

08.05.2005 Stérilisation des terres

La loi française d’orientation agricole, en préparation, ne reprend pas les propositions du rapport Boisson pour le Conseil économique et social : « La maîtrise foncière, clé du développement rural ». Pourtant c’est l’équivalent des surfaces cultivées d’un département qui disparaît tous les six ans. L’urbanisation, et l’équipement qui l’accompagne, se font le plus souvent en plaine et dans les vallées, d’excellentes terres agricoles. C’est exactement ce qui se passe aussi dans d’autres pays ! En Egypte, les Anciens vivaient à l’orée du désert pour ne pas empiéter sur leurs terres agricoles, maintenant les masses populaires bâtissent en pleins champs cultivés malgré les interdictions : une maison démolie par les autorités sera reconstruite dans la nuit. Partout les humains transforment la Biosphère en un désert de sable et de béton. Pour en revenir à la France, au rythme actuel d’artificialisation des sols au profit de l’habitat, dans 600 ans il n’y aura plus de terres cultivables.

Les optimistes diront encore « Aménageons pour aller vivre sous terre », d’autres diront : « ils étaient fous nos ancêtres ! » Il est préférable de crier dès aujourd’hui contre la folie humaine, même si c’est dans le désert…

11.07.2005 Tiers sauvage

Le Conservatoire du littoral a maintenant 30 ans derrière lui d’acquisition de terres pour protéger la Nature d’une urbanisation sauvage ; il a rendu inaliénable aujourd’hui 10 % du linéaire côtier. L’institution a en effet racheté 860 kilomètres de rivages maritimes, et même 20 % des côtes de la Corse. Le but en 1975 était de protéger le tiers du littoral à l’horizon 2030, il ne sera pas atteint avant 2050. Encore faut-il que les moyens financiers soit préservés dans l’avenir alors que le plus facile a déjà été acquis et que le prix des terrains explose. Les sites restent ouverts au public des marcheurs, mais pas à l’appétit des promoteurs immobiliers.

Si l’ensemble du territoire français suivait la même lignée, la biodiversité serait d’autant mieux respectée. Mais la Biosphère constate que le tiers pour la Nature et les deux tiers pour l’impérialisme humain, c’est bien peu pour la Nature sauvage.

14.08.2005 Des routes, des routes, trop de routes

En vertu de la loi de décentralisation d’août 2004, l’Etat français veut transférer 18 000 kilomètres de routes nationales (pour 10 000 kilomètres d’autoroutes) aux Conseils généraux. Ce n’est qu’un tout petit aspect d’une voirie qui compte 1,5 millions de kilomètres dont les départementales occupent 365 000 kilomètres, les communales 550 000 km et les chemins ruraux environ 600 000 km. Les problèmes de financements deviennent lancinants et le désengagement de l’Etat est à juste titre mal perçu par les collectivités locales. A cela s’ajoute les inquiétudes avec la privatisation prévue de certaines autoroutes. Mais personne ne s’interroge sur le bien-fondé d’un tel réseau dédiés aux déplacements individualisés.

L’importance démesurée de ce réseau de voirie entraîne pourtant la dégradation importante des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour la Biosphère, jamais une société humaine respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage.

01.11.2005 Relié au vivant

Deux visions éloignées de la Nature se rejoignent : l’une est associée aux situations anciennes des populations animistes qui vivent par superstition dans des systèmes de respect de la nature, l’autre qui prend en compte la fragilité écologique de la planète d’un point de vue scientifique est actuelle. De toute façon la croyance des trois derniers siècles est dépassé, celle de domination, de maîtrise complète de la nature, de son caractère inépuisable. Aujourd’hui il faut se mettre dans un situation d’immersion dans le biotope, si ce n’est d’égalité avec la biocœnose. Car nous savons que tout est lié, l’air que nous respirons est le même partout et assure une liaison de proche en proche : pollens, microorganismes, insectes, oiseaux. C’est pourquoi les humains peuvent exploiter cette diversité, mais en la préservant, ce que fait un jardinier : il ne tue pas les légumes qu’il cultive, il doit en récolter les graines pour pouvoir les ressusciter l’année d’après. Mais il faut aussi des espaces non gérés, des lieux qu’on laisse tranquille, des territoires de refuge de la biodiversité.

La Biosphère n’est pas un simple lieu de passage dans l’attente du paradis de certaines religions, elle réclame a minima cette tierce partie sauvage que l’activité humaine a réduit à la portion congrue : sinon il y a suicide consenti, la Terre se réchauffe, les espèces disparaissent, vous mangerez les poisons que vous avez semés.

05.11.2005 Pas de Biosphère sans marais

Les marais au sud de l’Irak couvraient 20 000 km2 en 1970, ils avaient complètement disparus en 2001. Edifié au nom d’une politique agricole visant à développer l’irrigation entre Bagdad et Bassora, un réseau de dignes avait provoqué l’assèchement, phénomène accentué par les barrages en amont le long du Tigre et de l’Euphrate. Non seulement les habitants des marais ont perdu leurs moyens traditionnels d’existence, mais l’élévation de la température locale a atteint près de 5°C à cause de la destruction radicale de l’écologie de la région. Même si, après l’éviction de S.Hussein et un programme coordonné par les Nations unies, les marais ont retrouvé depuis lors 40 % de leur superficie grâce à la démolition des digues, les besoins du pays en eau vont continuer à croître avec l’urbanisation et l’industrialisation : cette reconquête des marais est donc fragile.

Quand les humains auront stérilisé toutes les terres pour leurs propres besoins, que leur restera-t-il comme avenir si ce n’est d’être chassé définitivement du jardin d’Eden.

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Nos écrits en 2005, des échanges internationaux limites

Nous sommes en 2026

et le libre échange bat de l’aile

14.02.2005 Contre l’échange marchand généralisé

L’échange marchand permet la libération de l’individu en éliminant les liens traditionnels de subordination (sociétés d’ordre ou de caste), le commerce pacifie les relations sociales car il permet une nouvelle construction sociale : tout échange économique se fonde sur le principe de réciprocité, de contrat social et d’utilité collective ; en apportant ta contribution aux richesses produites, tu développe ton sentiment d’appartenance à la société, tu te sens liée à elle parce que tu as besoin d’elle et que tu lui es utile. L’échange marchand contraint le commerçant à séduire ses clients et à nouer avec eux des relations de civilité ; il substitue les règles de justice et d’équité d’un libre contrat à celles de l’autorité ou de la servilité. Mais l’échange monétaire a une influence contradictoire : d’un côté il a un rôle émancipateur, de l’autre il appauvrit les relations sociales en privilégiant la valeur des choses par rapport à celle des personnes, il appauvrit la planète en permettant son pillage.

La monétisation des échanges accompagne la montée des égoïsmes et favorise l’indifférence par rapport aux autres humains, à plus forte raison par rapport à la Biosphère. Jamais la médiation monétaire de l’échange ne pourra remplacer le lien social de proximité, liens de proximité indispensables pour des relations harmonieuses avec la Nature.

04.05.2005 Commerce équitable ?

C.Jacob, ministre français du commerce, prépare une procédure d’agrément pour harmoniser les règles du commerce équitable car le texte actuel de l’Afnor ne s’intéresse qu’à la dimension économique. Il faut en effet pour être « équitable » que l’acheteur paye non seulement la matière première à un prix plus élevé que le marché, mais aussi qu’il donne aux producteurs locaux les moyens d’un développement autonome. Ainsi Max Havelaar n’est ni une marque ni une entreprise privée, mais une caution internationale.

Il n’empêche que les produits dits équitables sont souvent des cultures d’exportation (le café principalement) qui se développent au détriment des cultures vivrières, ce qui va à l’encontre du principe de souveraineté alimentaire de chaque territoire et donc d’une véritable autonomie. Equitable ou non, boire du café dans le monde occidental n’aide pas véritablement le tiers-monde.

22.08.2005 Commerce de proximité

Dans un livre récemment paru, « 80 hommes pour changer le monde », on trouve au chapitre « 60 millions de consom’acteurs » l’histoire de Sissalio Svensuka, fondateur de Lao’s Farmer products. Cette coopérative s’approvisionne auprès de 10 000 familles pour fournir les circuits du commerce équitable en Europe et aux Etats-Unis. Grâce à ses ventes de pâtes de fruits, de confitures, de jus de fruits et de bière traditionnelle laotienne, on pourra même financer des programmes d’éducation, de logement et de santé…

Mais toute circulation de marchandise à longue distance nécessite une consommation d’énergie non renouvelable pour rester à bas prix, ce qui fait augmenter les gaz à effet de serre et pénalisera les générations futures dont on aura brûlé le capital naturel. Dans l’intérêt de la Biosphère, faites vos propres confitures et jus de fruits avec vos produits locaux .

06.11.2005 Soyez apôtre du protectionnisme !

Dans « Système national d’économie politique » paru en 1841, Frédéric List (naît dans le Wurtemberg actuel) pensait que les libéraux se trompaient en croyant qu’il existait des lois générales de l’économie en tout temps et en tout lieu. Pour lui, l’évolution économique de chaque pays dépend de son évolution politique et culturelle. Aussi, on ne pouvait présenter le libre-échange comme modèle incontestable à une Allemagne ravagée par les guerres napoléoniennes et politiquement éclatée. Par contre la protection des industries naissantes permettrait l’émergence d’industries hautement compétitives et ce n’est qu’à condition de rattraper le niveau de la Grande-Bretagne que l’Allemagne pourrait ouvrir les frontières car on échangerait alors à armes égales. Il s’agit là d’un « protectionnisme éducateur » et en conséquence, F.List n’est qu’un libre-échangiste différé : son idéal d’avenir reste l’industrialisation, c’est-à-dire tout ce qui détruit les ressources de la planète.

Pour enrayer ce flot de destructions, la Biosphère souhaite que les humains s’arrêtent de faire du libre-échange généralisé de biens matériels, de services financiers ou de travailleurs migrants, mais attacher au contraire les communautés à leur cadre territorial d’appartenance pour qu’elles en vivent de la façon la plus autonome possible. En agriculture, il s’agit de promouvoir la souveraineté alimentaire.

16.12.2005 Sauvage ou civilisé ?

Avec la civilisation, terme longtemps opposé à la barbarie, il s’agissait de mettre en place une société cohérente et en avance sur d’autres peuples. L’ethnologie a cependant démontré qu’aucun culture ne pouvait prétendre à une supériorité intrinsèque quand elle prétend organiser les activités humaines selon des normes qui restent relatives : les dits « civilisés » ne sont que des barbares pour d’autres sociétés, un soldat américain qui rentre le fusil d’assaut à la main dans une maison familiale irakienne rompt toutes les règles de la civilité. Des tentatives d’universalisme des valeurs ont été cependant accomplies dans le monde occidental avec les déclarations des droits de l’homme de 1789 et la déclaration universelle de 1948. Le libre-échange économique peut donc s’accompagner de la diffusion de normes et de valeurs jugées universelles comme les droits de l’individu, l’égalité des sexes ou la démocratie, mais il oblige aussi à une marchandisation de l’existence qui pousse au communautarisme car il met en danger les modes traditionnels d’existence. De plus, tant qu’une culture se contente d’établir l’égalité de l’homme et de la femme ou la protection des libertés d’expression, elle reste incomplète. Il manque l’inventaire des droits de la Biosphère.

Le critère fondamental d’une civilisation, c’est de respecter l’équilibre durable entre les activités humaines et les possibilités de la Biosphère. Soyez civilisés, respectez les flux vitaux, ne refaites plus selon votre passé échangiste si peu glorieux.

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Nos écrits en 2005 sur l’impasse agro-industrielle

Nous sommes en 2026

et la FNSEA fait la loi

21.01.2005 Un bilan agricole négatif

L’agriculture est une illustration parfaite de l’échange constant entre matière et énergie. Basée sur l’assimilation chlorophyllienne, elle devrait donner plus qu’elle ne coûte puisqu’elle transforme l’énergie du soleil et les éléments de la terre. C’est ce qui a été fait pendant plusieurs millénaires, ce n’est plus le cas aujourd’hui de l’agriculture productiviste : on doit investir directement sous forme d’hydrocarbures deux fois plus d’énergie que ce qu’on récolte avec la mécanisation, les engrais, l’irrigation, la culture sous serre. Un étude réalisée aux Etats-Unis montre même que l’énergie consommée par l’ensemble de la chaîne alimentaire, compte tenu du processus de transformation et de la distance parcourue par les produits agricoles, représente 10 fois l’énergie restituée sous forme de calories utilisées pour l’alimentation humaine. L’histoire de l’agriculture n’est en fait qu’une succession d’échecs. Pourtant depuis toujours les humains sont liés au bloc de nutrition constitué par l’ensemble des êtres vivants et c’est la famine et la mort qui est l’agent régulateur de cet édifice quand il n’est pas préservé avec soin.

L’agriculture affiche dorénavant un bilan énergétique négatif, on ne peut même plus parler de rendements décroissants, mais de fuite en avant qui appauvrit la Biosphère et amène les humains au désastre.

31.02.2005 phytosanitaires, c’est la santé !

On commercialise d’abord, on retire ensuite. Fin 2003, sept des 13 substances actives organophosphorés ont été retirées du marché et deux autres doivent l’être. Il faut dire que ces insecticides ne s’attaquaient pas seulement aux petites bêtes qui gênent les agriculteurs, mais aux agriculteurs eux-mêmes. Il n’empêche que c’est seulement aujourd’hui que la Mutualité sociale agricole (MSA) s’attaque au problème de fond en annonçant une enquête épidémiologique à grande échelle sur les liens suspectés entre pesticides et cancer.

D’une manière ou d’une autre, une société biocide qui combat à coup de pesticides les insectes, les champignons (fongicides) et les « mauvaises » herbes (herbicides), les escargots, les « nuisibles » et même les vers de terre s’en prend forcément à elle-même.

24.08.2005 Duck rice

Un agriculteur japonais découvre dans un vieux livre d’histoire qu’il était auparavant courant de faire patauger les canards dans les rizières. En appliquant ce principe, Takao Furuno s’est rendu compte que les canards se nourrissaient des mauvaises herbes et des insectes parasites, laissant intact les plants de riz qu’ils n’apprécient guère. De plus leurs déjections sont d’excellents engrais qui nourrissent les sols et, en remuant les fonds, ils oxygènent l’eau. La ferme peut enfin se passer de produits chimiques alors même que les rendements à l’hectare s’améliorent. L’élevage des canards offre aux agriculteurs l’occasion d’utiliser les insectes comme une ressource alimentaire, puis de les manger sous forme de canards !

Dans la Biosphère, les déchets des uns sont la nourriture de l’autre, une agriculture bien comprise doit suivre les voies de la Nature.

02.11.2005 Révolution verte

La révolution verte ou variétés à hauts rendements introduites en Inde à la fin des années 1960 nécessite des surcoûts (engrais pesticides, mécanisation) qui ont été compensés un temps par une meilleure productivité. Mais à cause de la fragmentation des terres avec les successions familiales et les achats ostentatoires (motos, télévision couleur) exigés par la société moderne, les dépenses ont rapidement dépassé les recettes chez les paysans du Pendjab. Le suicide ces dernières années de centaines de fermiers insolvables (trois ou quatre par semaines en moyenne) se fait le plus souvent par absorptions de ce qui devait sauver l’agriculture, l’ingestion de pesticides. Des pratiques étrangères au mode de vie ancestral dans une population largement sous-éduquée arrive un jour ou l’autre à la faillite de ce système ; mais même si la population est bien scolarisée comme en France, cela n’empêche pas la disparition des petites exploitations, la concentration des terres et les cancers chez les agriculteurs.

Le système productiviste en agriculture, éloigné des cycles de recyclage de la Nature à la différence de l’agriculture biologique, n’a pas d’avenir.

03.11.2005 Cycle des aliments

La chaîne alimentaire est un processus cyclique. Les producteurs primaires captent l’énergie solaire et sont mangés par les herbivores qui, à leur tour, sont la proie des carnivores ; les cadavres de ces derniers, ainsi que toutes les autres matières mortes, sont mangés par les nécrophages et ce qui reste est décomposé par les microorganismes en éléments nécessaires aux producteurs primaires, de sorte que le cycle peut se reproduire. Tous les êtres vivants, y compris les activités humaines ancestrales, obéissent à ce processus. Dans son classique Farmer of forty centuries (1904), l’agronome américain F.H.King montre comment les agricultures traditionnelles, par exemple au Japon ou en Chine, restituaient à la terre toute la matière organique, ce qui avait permis d’en conserver la fertilité pendant plus de 4000 ans.

Aujourd’hui les pratiques agricoles aux USA ont épuisé en trois générations les riches prairies naturelles et ce système s’est répandu dans toutes les agricultures occidentalisées : que les Américanophiles soient maudits et que l’agriculture productiviste en crève…

04.11.2005 Des plantes indociles

Le colza est un hybride naturel de la navette (Brassica rapa) et du chou (Brassica oleracea) et dans cette lignée, il est donc susceptible de se croiser avec nombre de ses cousins, crucifères ou brassicacées. Des variétés transgéniques de colza qui tolèrent les insecticides pourraient donc donner cette caractéristique à de « mauvaises » herbes au détriment des cultures humaines. Une étude anglaise (Farm scale evaluation) a d’ailleurs démontré que ce n’était pas une simple hypothèse, même si les rares hybrides observés perdaient cette résistances au fil des générations. L’étude insiste cependant sur un autre inconvénient du colza : sur chaque mètre carré cultivé, de 1000 à 6000 graines tombent sur le sol et les repousses sont extrêmement fréquentes, d’autant plus que les graines peuvent demeurer en terre de cinq à dix ans avant de germer.

Quand la rotation des cultures est perturbée par l’exubérance des plantes, quand les humains continuent de disséminer leurs chimères génétiques, la Biosphère prévoit quelques catastrophes agricoles à venir.

13.12.2005 Du secteur tertiaire au désastre

La classification en secteurs d’activité remonte aux années 1940, on jugeait alors que les pays modernes se développaient en trois étapes, d’abord un primaire prépondérant (l’agriculture), puis une expansion du secondaire (l’industrie), et la maturité avec une proportion très forte de tertiaire (les services) : les sociétés les plus évoluées auraient la proportion de travailleurs la plus importante dans le secteur des services. En fait il s’agit d’un éloignement croissant des travailleurs par rapport à ce qui leur permet réellement de vivre, le travail de la terre. Le secteur de production de biens matériels a multiplié les choses au détriment des relations. Ce n’est pas l’extension des services qui a fondamentalement amélioré un système économique en démultipliant les travaux parasitaires dans un monde fini. Par exemple les services de proximité autrefois accomplis par la famille ou la collectivité géographiquement proche sont aujourd’hui prise en charge par des spécialistes qui se déplacent, ou vous demandent de vous déplacer, ce qui utilise des ressources matérielles et énergétiques supplémentaires. De toute façon un retournement de la conjoncture économique, un choc boursier ou pétrolier mettra à bas toute cette division sociale du travail. Cela s’est réalisé en 1929, cela se reproduira quand les ressources fossiles s’épuiseront.

Le secteur des service est en bout de chaîne de la pyramide artificielle qui décompose l’activité humaine en spécialisations de plus en plus fines, de moins en moins nécessaires ; le niveau de l’emploi en est d’autant plus fragile. La Biosphère vous aura averti, à vous d’en tenir compte.

21.12.2005 Tous chimiquement contaminés

Nous ne sommes plus à l’époque de la peste et du choléra car nous nous défendons de mieux en mieux contre les épidémies, mais nous nous révélons impuissants à juguler les maladies que nous créons nous-mêmes. Le volume des substances chimiques atteint aujourd’hui 400 millions de tonnes au niveau mondial, une multiplication par 400 par rapport aux années 1930. En effet rien de plus facile, la règle de mise sur le marché consiste à n’en avoir aucune, il faut attendre que des substances entraînent des dégâts très apparents sur la santé pour les retirer du marché : c’est la preuve par l’homme, l’évaluation a posteriori. Sur 100 000 molécules chimiques actuellement commercialisées, 3000 seulement ont fait l’objet d’un examen sérieux. Il y a sept ans, le Conseil européen décidait de réformer la commercialisation des substances chimiques, il y a quatre ans un Livre Blanc était publié qui pose le nouveau principe : « Pas de données, pas de marché », une inversion du système en vigueur. C’est là l’enjeu du projet de directive REACH (Registration Evaluation Authorization of Chemicals). Or le responsable de l’industrie dans la commission européenne proposait en octobre 2005 de renvoyer la charge de la preuve sur les gouvernements, c’est-à-dire d’attendre des financements collectifs pour sauvegarder les profits privés : il faut avant tout protéger un secteur d’activité qui emploie 1,9 millions de salariés dans l’UE.

La commission environnement du Parlement européen a refusé de suivre la commission… Il faut espérer que de plus en plus d’humains défendront la bonne santé de la Biosphère.

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Tout savoir sur le conflit Nature / Culture

Au préalable, précisons qu’on doit éviter la confusion entre les deux sens du mot culture. Il y a la culture au sens traditionnel de « cultivé », c’est-à-dire sachant beaucoup de choses qui n’ont aucune importance. Avant on se gorgeait de littérature et on allait au musée, maintenant on connaît le dernier chanteur à la mode et savoure la version télé de la réalité. C’est toujours une culture de divertissement, que ce soit pour les bourgeois ou pour les prolétaires. Ce n’est pas la culture au sens sociologique, l’ensemble des comportements acquis qui permettent d’apaiser les relations sociales et de préparer un avenir durable.

La mémétique utilise le concept, dû à Richard Dawkins, de « mème » (élément de comportement transmis par imitation) pour étudier les évolutions de la culture dans une approche darwinienne étendue. Si la génétique se base sur le concept de gène pour étudier le vivant, la mémétique se base sur le concept de mème pour étudier la culture. Notre blog biosphere a pour ambition de présenter des éléments de langage, donc une culture, qui pourraient améliorer notre société de façon durable. C’est pas simple !

Notre blog, centré sur toutes les problématiques écolos, débute en 2005 et compte plus de 7000 articles. Sur notre moteur de recherche interne, il suffit de taper une demande pour avoir les réponses les plus parlantes. Ainsi l’item « nature culture » nous offre ce panorama dont nous vous sélectionnons l’essentiel.

Notre rapport détérioré à la nature sauvage

Le faux dualisme entre nature et culture

Pour les uns la na­ture, ça n’existe pas, ce n’est qu’une construction de l’esprit, tout est culture. Or ce dualisme a mené l’humanité à une exploitation effrénée et suicidaire des res­sources naturelles. Pour d’autres comme l’anthropologue Philippe Descola, les tribus amérindiennes entrent en connivence avec les autres « existants », tous dotés d’une vie autonome dont dépend la qualité de vie des humains. Satish Kumar a fait une formidable « Déclaration de dépendance » :

« Vous remarquerez que Descartes dit deux fois « je » dans son « je pense, donc je suis ». Il fonde tout seul sa vérité, tout ce qui vit autour de lui n’existe plus ! D’ailleurs il a eu cette révélation en méditant enfermé dans une chambre. S’il avait réfléchi dans la nature, entouré d’arbres, d’animaux, caressé par le vent, il n’aurait pas conclu à une prise de conscience solitaire. En posant l’ego comme le moteur de l’être humain, votre Descartes a institué un dangereux dualisme. »

Cueilleur par nature, obèses par culture

Depuis que l’humanité s’est sédentarisée, passant d’un modèle de chasseur-cueilleur à celui d’agriculteur, elle s’est éloignée d’une grande partie des 80 000 espèces végétales comestibles de la planète. Mais que se passerait-il si tous les consommateurs se convertissaient à la cueillette et partaient à l’assaut des chemins et des collines ? Il n’y aurait plus aucune plante sauvage comestible vu notre nombre.

Pas de bol, l’impossible retour à la nature sauvage

Pas de bol, « Il est trop tard ». Trop tard pour revenir à l’époque de la chasse et de la cueillette. Trop tard pour que l’agriculture nourrisse l’humanité tout en préservant les sols, les zones humides et les forêts. Trop tard pour espérer vivre avec des loups et des ours à nos portes. Trop tard pour avoir un sentiment océanique au milieu des vacanciers des bords de mer. Trop tard pour aller dans un lieu préservé de l’homme car il devient la destination prévue d’un tourisme organisé. Trop tard pour que nos enfants des villes sachent goûter l’aventure dans la nature. Trop tard pour définir des zones naturelles sauvegardées étant donnée la prolifération de l’espèce humaine. Trop tard pour limiter le nombre de nos animaux d’élevage pour laisser plus de place aux espèces férales. Trop tard, trop tard !

BIOSPHERE-INFO n° 365, retour à la nature à Fatu Hiva

Fatu Hiva relate l’expérience de jeunesse de Thor Heyerdahl (1913-2002), quand il a essayé en 1935 de revenir à la nature, de couper toutes les chaînes qui le reliaient au monde moderne. Il écrit :

« C’est le progrès, quand un fermier abandonne sa houe et un pêcheur son filet pour aller travailler à la chaîne, parce que le champ de blé est loué à une industrie, qui a besoin de la rivière aux saumons comme tout-à-l’égout. C’est le progrès, lorsque l’homme de la rue peut cesser de réfléchir parce que tous ses problèmes sont résolus par d’autres, ou quand des gens deviennent tellement spécialisés qu’ils savent presque tout sur presque rien. C’est le progrès, quand la réalité devient si morne et étouffante que nous survivons en regardant des divertissements qui passent sur une boîte. C’est le progrès, quand les villes deviennent si grandes et les forêts si petites. C’est le progrès, quand les enfants obtiennent une contre-allée en échange d’une prairie, quand le parfum des fleurs et la vue sur les collines sont remplacés par de l’air conditionné et la vue sur la rue…

De tous les coins du monde, montent les voix désespérées de funestes prophètes, qui nous prouvent à l’aide de courbes, de calculateurs électroniques et de statistiques convaincantes que l’humanité marche à la catastrophe. Leurs adversaires – nous pourrions les appeler les marchands de sable – s’affairent à répéter aux foules de continuer à dormir en paix : la science peut résoudre tout et l’homme du commun rester devant sa télévision. »

Réapprendre la nature, une nécessité

Arachnophobie, naturel ou culturel ?

Pour déterminer si un comportement est naturel ou culturel, on peut envisager deux critères. Si ce comportement est universel chez une espèce, il s’agit sans aucun doute d’un conditionnement génétique. Montrer que ce comportement est relatif, variable selon les individus, serait donc une preuve de conditionnement culturel. Il suffit alors de mettre à jour l’apprentissage social d’un comportement pour déterminer d’où il vient.

Enfants coupés de la nature, civilisation sans âme

« Quoi ? Pieds nus dans l’herbe ? Ça va pas la tête ! C’est dégoûtant. Il y a des bêtes… » Dans un monde normal, on découvre le contact direct avec la terre dès qu’on commence à marcher. Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine. Et les petits franciliens sortent encore moins. Quand on ne sait plus grimper aux arbres et jouer dans l’herbe, on se déconnecte aussi de tout contact avec le sensible, notre odorat, notre toucher. Quand un enfant joue dehors, la nature lui offre des défis variés, il a l’occasion de prendre des décisions, de résoudre des problèmes. Mais tout retient les enfants à intérieur des habitats, l’attrait des écrans, l’urbanisation, les « dangers » de l’apprentissage de l’autonomie. Des enfants dénaturés, le constat est terrifiant. Comment devenir écolo dans un tel contexte ?

Notre très inquiétante séparation d’avec la nature

Pierre Rabhi exprime son inquiétude : « Nous sommes coupés de la nature et de ses flux de vie : nous grandissons dans des crèches, étudions dans des bahuts, logeons et travaillons dans des cubes de verre et de béton, circulons dans des « caisses », allons en « boîte » pour nous divertir, confinons nos aînés dans des maisons de retraite, en attendant notre cercueil. Nous ne savons plus respirer, nous vivons en disharmonie avec les rythmes de la nature et les pulsions de notre cœur. Quand sortirons-nous de notre aveuglement et de notre surdité ? »

Une culture commune à l’école, l’écologisme

L’école actuelle, attachant les élèves à leurs chaises pendant des années et des années, n’est qu’une création du système thermo-industriel qui a chassé les paysans de leurs terres et rendu l’école obligatoire pour trouver du travail en ville, « en sachant lire, écrire et compter ».

Les jeunes doivent se préparer à un monde beaucoup moins abondant en énergie. Ils doivent donc devenir performant en cuisine, en jardinage ou en bricolage, devenir autonomes au niveau compétences et réflexion. Nos enfants doivent maîtriser des notions comme la capacité de charge d’un territoire, le niveau de CO2 dans l’atmosphère, le taux de renouvellement des ressources, le maximum de captation des ressources fossiles, etc. Ils doivent comprendre les cycles du vivant et la dépendance de l’être humain à la Nature. Il s’agit pour eux de privilégier les conséquences à long terme de ses actes sur la simple satisfaction du moment présent. Il s’agit pour les enfants d’acquérir le sens des limites ainsi qu’une manière de vivre favorable aux générations futures et à la biodiversité.

« La haine de la nature » selon Christian Godin

« La détestation de la nature constitue sans doute l’obstacle principal qui empêchera les hommes d’agir à temps afin de prévenir la catastrophe écologique globale prévue. Le mépris de la nature est une histoire de longue durée : la pensée tend en effet à ne reconnaître qu’autres supériorités qu’en elle. La haine de la nature est d’abord celle d’un réel qui ne vient pas de nous. La nature ne figure pratiquement plus dans notre sphère symbolique. Elle ne nous fait plus contester, ni aimer, ni rêver. Le monde devient inhumain à partir du moment où il n’est plus qu’humain, seulement humain. »

Notre addiction à la culture de la liberté

L’inhumaine loi des hommes contre les lois de la nature (2014)

Une « loi de la nature » décrit une réalité objective qui ne peut souffrir la moindre exception sauf à détériorer les cycles naturels. Dans une société où la loi humaine se veut plus forte que la loi de la nature, il n’est que temps de revenir à ce qui aurait du rester les fondamentaux de toute culture. Stéphane Foucart : « Le problème, c’est que les lois de la nature ne paraissent pas aux yeux de la plupart des gens comme quelque chose que nous ne pouvons pas transgresser. Ainsi de la différence des sexes pour procréer ou les idées de géoingénierie contre le réchauffement climatique. »

Le sexe/genre relève-t-il de la nature ou de la culture ? (2013)

Contrairement au discours courant, il ne faut pas confondre exercice de la sexualité et « théorie du genre ». Lors des journées d’été d’EELV en août 2013 un atelier a eu lieu sur « le genre pour les nuls ». Pourtant il n’ a pas été question de sexualité, mais des inégalités des rôles masculins et féminins dans une tradition toujours bien présente, même en France. La hiérarchisation entre mâle et femelle humaine peut être contestée et modifiée.  Ce n’est pas parce qu’on est égalitariste qu’on prône l’identique. La notion de genre permet de se démarquer d’un certain féminisme « essentialiste » qui croit encore à un déterminisme biologique.

Sexe et enfant, l’homosexualité en lutte contre la nature (2012)

L’homosexualité témoigne de deux manières différentes de la volonté de s’affranchir des limites naturelles. Il s’agit d’abord de promouvoir une sexualité hors norme, ensuite d’exiger une reproduction qui ne peut être que bizarre.

Au niveau sexuel, la possibilité du coït par un couple de lesbiennes est ignorée sauf utilisation d’un godemichet, ce qui ne constitue qu’un succédané de la relation physique entre sexes différents. Entre deux hommes homosexuels, il y a le plus souvent mimétisme : un homme joue le rôle « passif », celui de la femme, offrant son anus faute de vagin et l’autre partenaire se veut « actif », jouant le rôle de l’homme tout en niant la place de la femme. Cette sexualité entre femmes ou entre hommes nie la différenciation sexuelle, mécanisme inventé par la nature pour faciliter le brassage des gènes tout en permettant la reproduction à l’identique. Pourtant, c’est un fait, l’homosexualité existe à toutes les époques. Comment expliquer cette déviance par rapport à l’ordre sexué inscrit par la nature dans nos chromosomes ? Le comportement des humains n’est pas fixé par la nature, mais par la culture. Tout est alors possible.

La faculté de reproduction constitue le deuxième élément naturel qui fonde la différenciation sexuelle. Or les couples de même sexe ont un problème physiologique pour concevoir. Ce n’est pas une pathologie, il s’agit d’un simple constat : un spermatozoïde ne peut en tout état de cause rencontrer un ovule quand il s’agit de sexes identiques. Il s’agit d’utiliser la procréation médicalement assistée (PMA) pour deux lesbiennes ou la gestation pour autrui (GPA) pour deux gays. Le couple parental n’est plus un homme et une femme, mais concerne plusieurs personnes dont on va ou non proclamer le statut parental ou l’anonymat. Il s’agit ni plus ni moins que de fonder une famille dans laquelle plus aucune contrainte naturelle ne serait admise. Le mariage pour tous et la reproduction homosexuelle n’est que le symbole éclatant de la négation totale de la nature par la société occidentale industrialisée.

La culture ne reflète plus notre nature sexuée, elle devient l’expression de la liberté totale des hommes et des femmes insérés dans des institutions dont on a transgressé la stabilité. Une telle société est vouée à l’échec. Non seulement l’enfant n’est qu’un jouet supplémentaire dont on peut disposer à son gré dans les sociétés riches, mais la liberté totale sans aucune limite dissout les liens sociaux et présage du pire.

guerre contre la nature, guerre contre l’homme

Faute d’un changement immédiat et de grande ampleur des comportements, la perte croissante des écosystèmes naturels (pollution de l’air, de l’eau, des sols, équilibre des climats…) va entraîner des modifications irréversibles. Que nous devenions possesseurs et maître de la fusion nucléaire ne ferait qu’accélérer la fin de notre civilisation thermo-industrielle, asphyxiée dans un monde de la démesure, sur une planète de moins en moins vivante, recouverte de bétons et  de terres stérilisées.

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La science fiction de Musk qui se croit réalisable

Notre monde est remplie de fous. Des petits fous qui se permettent de prendre l’avion pour faire du tourisme au bout du monde. Des grands fous qui croient qu’on peut envahir impunément un pays technologiquement développé. Et des fousfous qui croient que l’argent peut tout faire. Elon Musk lance l’introduction en Bourse de SpaceX avec une valorisation espérée entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars. Elle pourrait donc surpasser l’introduction du géant saoudien du pétrole Aramco, en 2019, pour 1 800 milliards de dollars. 

Elon Musk recevra même 550 milliards de dollars s’il parvient à implanter une colonie humaine sur Mars d’au moins un million d’habitants et à faire dépasser un jour la valorisation de la firme au-delà de 7 500 milliards de dollars ! La science fiction de Musk se croit réalisable !

Arnaud Leparmentier : L’introduction en Bourse de SpaceX, la firme spatiale d’Elon Musk, s’annonce comme celle de tous les superlatifs. Le texte introductif commence par une citation de l’entrepreneur :

« Il s’agit de croire en l’avenir et de penser qu’il sera meilleur que le passé. Et je ne saurais imaginer rien de plus exaltant que de partir à la conquête de l’espace et de nous retrouver parmi les étoiles. » Sur son compte X, il a surenchéri : « Je veux permettre à quiconque d’aller sur la Lune ou sur Mars, afin de garantir l’avenir de la conscience. »

Mais SpaceX ne réalisait, en 2025, que 18,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, était endettée à hauteur de 29 milliards, ce qi entraînait 2 milliards de paiement d’intérêts, et des prévisions de profits renvoyées à plus tard ; il a enregistré, en 2025, une perte nette après impôts de 4,9 milliards. Le secteur de l’intelligence artificielle (IA), absorbé par SpaceX en février 2026, se compose de X, l’ancien réseau social Twitter, et de xAI, la société d’intelligence artificielle de Musk ; elle a englouti 6,3 milliards de dollars de pertes opérationnelles pour un chiffre d’affaires réduit à 3,2 milliards, en raison du coût abyssal et de la dépréciation des data centers de la firme. Il n’y a que le réseau de téléphone mondial Starlink, avec 9 600 satellites, qui apporte 4,4 milliards de profits opérationnels pour un chiffre d’affaires de 11,4 milliards.

Elon Musk détient la moitié de l’entreprise et régnera en maître absolu avec 85 % des droits de vote. Il estime que son marché potentiel est de… 28 500 milliards. : 370 milliards seraient dans l’espace, 1 600 milliards dans Starlink et 26 500 milliards dans l’IA. La cotation au Nasdaq devrait probablement intervenir le 12 juin.

Le point de vue des écologistes sur la terre ferme

– La tour qui devait monter jusqu’au ciel s’est effondré, et « on l’appela Babel »

– Quand l’hubris atteint l’orbite martienne : rêver de colonies sur Mars avant d’avoir appris à cohabiter et à respecter la Terre.

– Bonne chance pour le million de Martiens, sans eau, oxygène ni atmosphère.

– Aller sur Mars pour des humains, c’est absolument impossible, ne serait-ce par les mois de voyages, l’exposition aux radiations cosmiques, etc

– Acheter des actions X, c’est enrichir Musk, donc financer le développement du fascisme en Europe.

– Revendez aussi votre Tesla et boycottez cette marque de voiture et ses superchargeurs.

– La vénalité hystérique et le comportement moutonnier sont tels chez les investisseurs que l’introduction pourrait être une réussite… qui va très mal finir !

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Musk, Zuckerberg… les ingénieurs du chaos

extraits : Nous assistons au retour sur la scène de figures de prédateurs politiques sans scrupules qui s’affranchissent de toute règle et affirment leur emprise par des actions brutales qui sidèrent leurs adversaires : ils ressemblent beaucoup aux personnages que l’on trouve dans les chroniques de Tacite [l’historien romain] ou du penseur italien Machiavel. Mais, d’un autre côté, ces figures bénéficient du soutien de la machine surpuissante des seigneurs de la tech. Ces oligarques ne tolèrent aucune forme d’autorité ou de loi car elles mettraient un frein à leur désir de puissance….

Macron, Musk, Poutine, le culte du chef

extraits : Elon Musk ne vend pas des voitures. Les voitures n’ont absolument aucune importance. Son vrai business, c’est la vente d’actions. Il vend des actions. En utilisant son image. Il a racheté une entreprise (Tesla) avant de construire un véritable culte de la personnalité autour de sa personne. Cela n’a qu’un temps ! Le conseil d’administration de Tesla, composé d’amis d’Elon Musk, de membres de sa famille et d’affidés, laisse libre cours à l’hubris du « big boss », alors que l’aveuglement du chef a souvent été la cause de l’effondrement des empires.

Elon Musk et Donald Trump font la paire

extraits : Le conseiller spécial de Donald Trump, Elon Musk, avait exigé le 22 février 2025 que les travailleurs fédéraux décrivent cinq tâches effectuées récemment dans un courriel, faute de quoi ils seraient considérés comme démissionnaires. Le Pentagone et d’autres agences du gouvernement américain, dont le FBI, ont demandé à leurs équipes de ne pas répondre à ce courriel : « Le ministère de la défense est responsable de l’évaluation des performances de son personnel et il conduira tout examen en accord avec ses propres procédures »…

Elon Musk appelle au boycott de Wikipédia ???

extraits : L’intelligence collective passe par ce blog biosphere, mais surtout par Wikipedia, une encyclopédie collaborative en ligne qui offre gratuitement à chacun les moyens de savoir tout sur tout. Son contenu est évolutif, il découle de la participation de ceux et celles qui veulent améliorer tel ou tel aspect de notre langage commun. Les complotistes comme Elon Musk n’aiment pas Wikipedia car ils n’aiment pas l’intelligence….

Elon Musk, un tout fou très nataliste

extraits : Ce que fait la Silicon Valley à ses enfants est devenu un sujet d’intérêt parental. Steve Jobs, père de quatre enfants, ne les laissait pas jouer sur une tablette. Elon Musk, de son côté, invite régulièrement à faire le plus d’enfants possible pour sauver la civilisation. L’homme de 52 ans a même montré l’exemple avec onze (pour le moment). Sa biographie vient de paraître, titrée de son nom : « J’élève mon enfant pour aller sur Mars ». Né en 2020, son fils X Æ A-XII apprend, bébé, à compter à rebours à partir de 10 en regardant des lancements de fusée….

Elon Musk et la question démographique

extraits : La question démographique semble inquiéter Elon Musk : « L’effondrement de la population est un problème bien plus grave que les gens ne le réalisent » Elon Musk, qui croit n’importe quoi et qui le fait savoir, craint que le « déclin » de la population mondiale ne nuise à son projet de « conquête interplanétaire » : « Mars a un grand besoin de personnes, les humains sont les gardiens d’une autre vie sur Terre. Amenons la vie sur Mars ! ». Il considère la potentielle décroissance démographique comme un problème majeur, ajoutant qu’il y a désormais plus de chance que notre civilisation finisse « dans un gémissement » que dans un « bang ».

Sa quête halluciné d’une colonisation de Mars l’empêche de réaliser qu’au lieu de rêver conquête spatiale, il nous faut réguler nos émissions de gaz à effet de serre et notre expansion démographique sur Terre

Branson ou Musk, l’idiotie de la conquête spatiale

extraits : Folie humaine, une Tesla rouge cerise envoyée dans l’espace par le milliardaire (à crédit) Elon Musk pour un vol d’essai. Un type à enfermer, une info qui prend pourtant une page du MONDE. La conquête spatiale, mais pour quoi faire ? L’ambition ultime d’Elon Musk est l’installation sur Mars. En attendant on prépare des trucs ridicules comme multiplier les petits satellites autour de la terre et un vol privé autour de la Lune. Même dans ces projets démesurés, il y a concurrence entre la société SpaceX d’Elon Musk et Blue Origin du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos…

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Manifeste pour une décroissance Démographique

L’association Démographie Responsable, sous la plume de Marc Gillet (climatologue) et de Didier Barthès (porte-parole de l’association), publie un nouvel ouvrage au titre volontairement direct : 

Manifeste pour une décroissance Démographique

Alors que la population mondiale dépasse les 8 milliards et continue de croître, la planète devant encore gagner 2 milliards d’habitants d’ici la fin du siècle, les enjeux de la surpopulation sont  plus que jamais d’actualité.

Très discutée dans les années 1970 et 1980 (voir le Rapport du club de Rome, les analyses de René Dumont, de Jacques Yves Cousteau ou de Paul Ehrlich via son ouvrage La bombe P…), la question était devenue taboue depuis les années 1990. La plupart des mouvements, même et parfois écologistes, refusaient de voir dans notre nombre un élément de pression sur l’environnement, axant toutes leurs analyses sur la seule responsabilité du mode de vie et de consommation.

Aujourd’hui, la fécondité poursuit sa baisse entamée dès les années 1960 et 1970 et de nombreux pays, en particulier parmi les plus développés se situent désormais sous le seuil de renouvellement des générations (2 enfants par femme), promesse à terme d’une stabilisation (mouvements migratoires mis à part). Quelques pays connaissent même une diminution (le plus souvent légère) de leurs effectifs.

Mais cet affaiblissement de la fécondité est si largement médiatisé sous une approche catastrophiste que nombreux sont ceux qui pensent que nous sommes véritablement entrés en une violente spirale de décroissance démographique et que l’humanité est au bord d’un véritable effondrement de ses effectifs. Il y a là des données à rappeler.

La population mondiale est 5 fois plus nombreuse qu’en 1900 et son rythme de croissance est 2,5 fois plus élevé, la croissance en nombre étant, elle, plus de 10 fois supérieure. S’appuyant sur des projections internationales et sur une analyse des équilibres écologiques, les auteurs montrent que la question démographique ne peut être dissociée, ni de la préservation de l’environnement, ni des équilibres écologiques et sociaux, ni du maintien de nos libertés futures.

Refusant à la fois le catastrophisme et l’inaction, ils plaident pour un objectif assumé de stabilisation puis de décroissance démographique, dans le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux. Ils proposent d’ouvrir un débat lucide sur la natalité, les migrations, la solidarité entre générations et la soutenabilité de nos modèles économiques.

CÉSURA Lyon Éditions, mai 2026, 80 pages, 5 €, ISBN 978-2-494709-19-5

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Notre anéantissement en direct

Ce monde interconnecté est fantastique, on peut suivre son anéantissement en direct, par exemple aujourd’hui samedi 18 avril :

En Iran

0h19 : Le président américain a affirmé vendredi que l’uranium enrichi stocké par l’Iran serait « rapporté aux Etats-Unis », peu après avoir affirmé qu’un accord avec Téhéran était très proche pour mettre fin à la guerre.

1h15 : « L’Iran refermera le détroit stratégique d’Ormuz si les Etats-Unis maintiennent leur blocus sur les ports iraniens », a affirmé samedi le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.

3h15 : « C’est une nouvelle positive que nous avons reçue », a déclaré le premier ministre australien, Anthony Albanese, après l’annonce par l’Iran de la réouverture du détroit d’Ormuz

7h26 : Depuis que les Etats-Unis « appliquent le blocus naval aux navires tentant d’entrer ou de sortir des ports iraniens » par le détroit d’Ormuz, 21 navires « ont obéi aux ordres des forces américaines de faire demi-tour et de retourner en Iran », a annoncé le commandement militaire américain.

8h41 : L’Iran, qui avait annoncé vendredi la réouverture du détroit stratégique d’Ormuz, a menacé de le refermer si les Etats-Unis maintiennent leur blocus.

10h26 : « Tant que les Etats-Unis mettront fin à la libre circulation complète des navires depuis l’Iran vers leur destination et de leur destination vers l’Iran, la situation du détroit d’Ormuz sera strictement contrôlée par nos forces armées et restera dans son état précédent » (commandement central des forces iraniennes)

……………………………

20h26 : « Compte tenu du nombre limité de navires autorisés à passer, l’Iran a décidé de donner la priorité à ceux qui se conforment plus rapidement aux nouveaux protocoles du détroit d’Ormuz et qui s’acquittent des frais liés aux services de sécurité et de sûreté », a déclaré un membre de l’administration de la République islamique

en Ukraine

7h46 : L’armée de l’air ukrainienne a annoncé que l’Ukraine avait été attaquée par 219 drones russes pendant la nuit de vendredi à samedi.

9h07 : L’oblast russe de Samara a été attaqué pendant la nuit . L’usine pétrochimique de Novokouïbychevsk et la raffinerie de Syzran, qui traite jusqu’à 8,9 millions de tonnes de pétrole par an et contribue à l’effort logistique russe, ont été visées par l’Ukraine.

9h14 : Selon le ministère de la défense russe, les forces de défense antiaériennes ont intercepté et détruit 258 drones ukrainiens, dans la nuit de vendredi à samedi.

9h33 : Trois personnes blessées à Kharkiv et une à Odessa, où des installations portuaires ont été endommagées, selon les autorités locales

10h02 : Dans l’oblast russe de ⁠Leningrad, ‌autour de Saint-Pétersbourg, le gouverneur a fait savoir qu’un incendie s’était déclaré dans ‌le port ‌de Vyssotsk, qui abrite ⁠un ‌terminal d’exportation d’hydrocarbures.

………………………………………………

19h26 : Une femme d’une trentaine d’années touchée lors de la fusillade qui a éclaté samedi dans un supermarché de Kiev a succombé à ses blessures à l’hôpital, ce qui porte le bilan à six morts et neuf blessés

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Comment défendre les intérêts de la nature ?

Face aux bouleversements écologiques et climatiques, nos outils habituels montrent leurs limites. Dans plusieurs pays, la nature entre désormais dans le droit. En Colombie, en Nouvelle-Zélande, en Espagne, des fleuves, des forêts ou des lagunes se voient reconnaître une personnalité juridique. Ils peuvent être représentés devant les tribunaux et répondre positivement à la célèbre question posée par le juriste américain Christopher Stone dès 1972 : « Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? »

Pascal Ferren et l’écologue Raphaël Mathevet : Fin novembre 2025, à Arles, un tribunal inhabituel s’est réuni pour juger « le sel », celui qui remonte dans les sols et fragilise rizières et vignobles, tout en mettant sous pression les équilibres hydrologiques du delta du Rhône. Devant plus de 400 personnese, ce « faux » procès du sel reprenait les codes de la justice – juge, avocats, témoins, parquet –, mais ne visait ni à condamner ni à trancher. L’objectif était ailleurs : créer un espace où différentes manières de parler du territoire puissent se confronter. Agriculteurs, pêcheurs et chasseurs, scientifiques, gestionnaires du territoire et naturalistes se sont succédé à la barre. Tous exprimaient une même inquiétude : comment maintenir les activités humaines dans un milieu de plus en plus instable ?

Puis une parole plus inattendue est apparue : celle de la nature elle-même. Bien sûr, la nature ne parle pas directement. Ce sont toujours des humains qui tentent d’en interpréter les contraintes, les rythmes et les transformations. Six interprètes – hommes et femmes d’âges différents, ont prêté serment pour tenter de traduire les dynamiques du vivant. Cet exercice produit un déplacement. Il oblige à regarder autrement un territoire. On n’y conférait pas encore de droits à la nature. On ne la sacralisait pas non plus. Mais on acceptait une idée inconfortable : les intérêts du vivant ne coïncident jamais entièrement avec les intérêts humains. La justice écologique peut aussi passer par des moments fragiles et imparfaits, où la parole du vivant n’est ni transparente ni totale, mais suffisamment présente pour transformer la discussion.

Le point de vue des écologistes stoniens

Partout ou presque, on trouve des qualifications doctrinales à propos des « droits » des riverains à un cours d’eau non pollué. Ce qui ne pèse pas dans la balance, c’est le dommage subi par le cours d’eau, ses poissons et ses formes de vie « inférieures ». Tant que l’environnement lui-même est dépourvu de droits, ces questions ne relèvent pas de la compétence d’un tribunal. S’il revient moins cher au pollueur de verser une amende plutôt que d’opérer les changements techniques nécessaires, il pourra préférer payer les dommages-intérêts et continuer à polluer. Il n’est ni inévitable ni bon que les objets naturels n’aient aucun droit qui leur permette de demander réparation pour leur propre compte. Il ne suffit pas de dire que les cours d’eau devraient en être privés faute de pouvoir parler. Les entreprises n’ont plus ne peuvent pas parler, pas plus que les Etats, les nourrissons et les personnes frappées d’incapacité. Mais je suis sûr de pouvoir juger avec davantage de certitude quand ma pelouse a besoin d’eau qu’un procureur ne pourra estimer si les Etats-Unis ont le besoin de faire appel d’un jugement défavorable. La pelouse me dit qu’elle veut de l’eau par son jaunissement, son manque d’élasticité ; comment « les Etats-Unis » communiquent-ils avec le procureur général ?

Nous prenons chaque jour des décisions pour le compte d’autrui et dans ce qui est censé être son intérêt ; or autrui est bien souvent une créature dont les souhaits sont bien moins vérifiables que ceux des rivières ou des arbres.

[Christopher D.Stone, « Should Trees Have Standing? Toward Legal Rights for Natural Objects” 1ère édition 1972 (Les arbres doivent-ils pouvoir ester en justice ? Vers des droits de la nature) in les Grands Textes fondateurs de l’écologie, présentés par Ariane Debourdeau (Flammarion, 2013)]

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Les droits de la nature, à ne pas oublier

extraits : Des fleuves, des montagnes, des forêts se voient progressivement reconnaître comme des personnes juridiques, quand ce n’est pas la nature dans son ensemble – la Pachamama (la Terre Mère) – qui est promue sujet de droit. Cette mutation se heurte toutefois à de fortes oppositions. Si la confrontation semble à ce point radicale, c’est sans doute qu’au-delà de la querelle juridique, les droits de la nature portent en germe une transformation profonde de la pensée, une révolution copernicienne qui bouscule la vision anthropocentrique du monde et ouvre de nouveaux champs de réflexion sur les mutuelles dépendances entre humains et non-humains. C’est aux Etats-Unis que le juriste Christopher Stone élabore, en 1972, la première théorie juridique des droits de la nature : Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? Les arbres dont il est question sont de vénérables séquoias géants multimillénaires de la Mineral King Valley en Californie….

Acteurs absents de nos délibérations présentes

extraits : Le suffrage universel est une conquête récente qui s’est progressivement élargi à des acteurs de plus en plus nombreux, ce qui a permis un certain approfondissement de la démocratie. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote aux femmes et aux adulescents si on pouvait inclure dans la participation électorale les êtres vivants non humains, le milieu naturel et les générations futures. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents ou tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération sans participation vraiment universelle ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions : on s’immerge dans la défense d’un groupe particulier et/ou on ignore le long terme. Mais comment inclure dans la participation électorale des acteurs absents qui, par définition, ne peuvent être présents ? C’est simple….

L’arbre doit aussi avoir le droit de gagner en justice

extraits : On peut, du moment qu’il n’y a pas mort d’homme, complètement éradiquer les forêts… il suffit de payer quelques amendes. Contre cette lacune de la pensée anthropocentrique, il faut donc donner aux arbres le droit d’agir en justice. En 1972, Christopher D.Stone se posait cette question : “Should Trees Have Standing? Toward Legal Rights for Natural Objects”. Ce passage du statut d’objet naturel à celui de sujet de droit s’inscrit pour Stone dans la continuité du processus historique d’extension des droits légaux : après les étrangers, les femmes, les fous, les Noirs… les arbres. Nous prenons chaque jour des décisions pour le compte d’autrui et dans ce qui est censé être son intérêt ; or autrui est bien souvent une créature dont les souhaits sont bien moins vérifiables que ceux des rivières ou des arbres….

L’anthropocentrisme mis en échec en Espagne

extraits : Le tribunal constitutionnel espagnol aait confirmé le 20 novembre 2024 la constitutionnalité de la loi accordant une personnalité juridique à la lagune de Mar Menor, dévastée par la pollution. La Mar Menor, située dans la communauté autonome de Murcie, en Espagne, est la plus grande lagune d’eau salée d’Europe. Jadis trésor de biodiversité, elle est désormais étouffée par les dysfonctionnements cumulés du tourisme, de l’agriculture et des industries minières. Nous commençons à reconnaître une valeur intrinsèque à la nature, mais nous aurons encore beaucoup trop détruit avant de devenir raisonnable….

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Plus important que les municipales, notre avenir

Depuis plus de 20 ans, ce blog biosphere s’intéresse à la problématique du climat, à l’effondrement de la biodiversité et à la déplétion des ressources, tout se passe hélas comme prévu dans les scénarios pessimistes… dont le plus célèbre sur les limites de la croissance remonte à 1972. Vu notre inertie politique et comportementale actuelle, l’effondrement systémique est devenu inéluctable. La planète brûle et même LE MONDE envisage le Chaos.

Climat : la Terre a accumulé une chaleur record en 2025, selon l’ONU

Rapport de l’Organisation météorologique mondiale (23 mars 2026). La quantité de chaleur accumulée par la Terre a atteint un niveau record en 2025, avec des conséquences à craindre pour des centaines, voire des milliers d’années, alerte, lundi 23 mars, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence des Nations unies (ONU). Dans un climat stable, la quantité d’énergie solaire entrante est à peu près égale à la quantité d’énergie sortante. Mais cet équilibre est rompu par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote), qui entraînent un réchauffement continu de l’atmosphère et des océans ainsi que la fonte des glaces. Dans son rapport, l’OMM confirme que les 11 années allant de 2015 à 2025 sont les plus chaudes jamais enregistrées, et que 2025 se classe au deuxième ou troisième rang, avec une température supérieure d’environ 1,43 °C à la moyenne de la période 1850-1900. Les phénomènes extrêmes survenus partout dans le monde, notamment les épisodes de chaleur intense, les fortes pluies et les cyclones tropicaux, ont mis en évidence la vulnérabilité de nos économies et sociétés interconnectées. ces indicateurs n’évoluent pas dans un sens qui laisse entrevoir une issue favorable.

Le chaos climatique s’accélère et toute tergiversation sera fatale….

Face à la crise énergétique, accélérer la transition écologique

Éditorial du MONDE (21 mars 2026). Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran entre dans sa troisième semaine, le scénario d’une crise courte, circonscrite et sans conséquences majeures sur le marché mondial de l’énergie a fait long feu. Les prix du pétrole et du gaz risquent de rester durablement élevés. La vulnérabilité structurelle de nos économies aux crises importées persiste, et elle s’exprime désormais par la volatilité des prix, l’incertitude stratégique et la fragilisation des chaînes industrielles. Pétrole et gaz représentent des dizaines de milliards d’euros d’importations pour la France. Chaque euro public doit être orienté vers ce qui réduit structurellement la consommation d’énergies fossiles. Le développement de productions locales bas carbone et d’une sobriété assumée constituent les moyens les plus efficaces de se protéger contre de nouveaux chocs géopolitiques inévitables.

Mais, alors que l’élection présidentielle se profile, la tentation des solutions de court terme et la démagogie risquent de prospérer….

Nos plus anciens articles sur l’effondrement en cours

15.01.2005 Solidarité avec les bonobos

L’humanité envoie en avion ses touristes occidentaux à l’autre bout du monde pour accélérer le changement climatique, mais elle n’a presque aucun respect pour la vie des non-humains sous toutes ses formes ; l’humanité s’apitoie sur son propre sort, mais elle n’a pas beaucoup de considération pour le déclin de la biodiversité dont elle est pourtant le principal responsable. Il y a quelque chose d’absurde sur cette planète…

21.01.2005 Un bilan agricole négatif

L’agriculture est une illustration parfaite de l’échange constant entre matière et énergie. Basée sur l’assimilation chlorophyllienne, elle devrait donner plus qu’elle ne coûte puisqu’elle transforme l’énergie du soleil et les éléments de la terre. C’est ce qui a été fait pendant plusieurs millénaires, ce n’est plus le cas aujourd’hui de l’agriculture productiviste : on doit investir directement sous forme d’hydrocarbures deux fois plus d’énergie que ce qu’on récolte avec la mécanisation, les engrais, l’irrigation, la culture sous serre. L’histoire de l’agriculture n’est en fait qu’une succession d’échecs….

01.02.2005 la biodiversité en péril

Selon l’Union mondiale pour la nature, 12 à 52 % des espèces actuelles seraient menacées. Mais pour François d’Aubert, ministre délégué à la recherche, « l’instruction de ce dossier devra être rapide afin qu’un rapport soit finalisé pour la prochaine conférence des parties à la Convention de la diversité biologique » (en l’an 2006 au Brésil). Combien d’espèces auront-elles disparues d’ici-là ? Les scientifiques détectent les signes de la dislocation de la vie sur Terre et les politiques attendent…

22.02.2005 La Biosphère à un célèbre ethnologue : que diriez-vous de l’avenir ?

« Ne me demandez rien de ce genre. Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai aimé avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains. Ce n’est plus le mien. Et celui de demain, peuplé de 9 milliards d’hommes et de femmes, même s’il s’agit d’un pic de population, comme on nous l’assure pour nous consoler, m’interdit toute prédiction »…. (Claude Lévi-Strauss, 96 ans)

28.06.2005 Hommage à l’impuissance

Discours de départ du ministre français de l’écologie Serge Lepeltier : « L’objectif minimal, c’est que le budget du ministère de l’Ecologie représente au minimum 1 % du budget de l’Etat. Cela paraît dérisoire, mais c’est le multiplier par trois ! Et puis il faut changer le périmètre de ce ministère, lui adjoindre l’Energie. La question centrale en matière d’écologie, c’est le changement climatique, et donc la question énergétique. Or ce ministère n’a pas la responsabilité de l’énergie, il ne l’a jamais eue. Il n’est donc pas responsable du développement des énergies renouvelables, des éoliennes, du solaire, c’est absurde ! Enfin, ce ministère doit être placé à un niveau plus élevé dans la hiérarchie gouvernementale, au même niveau que la Défense, les Affaires étrangères ou l’Intérieur. »….

22.08.2005 Commerce de proximité

Toute circulation de marchandise à longue distance nécessite une consommation d’énergie non renouvelable pour rester à bas prix, ce qui fait augmenter les gaz à effet de serre et pénalisera les générations futures dont on aura brûlé le capital naturel. Dans l’intérêt de la Biosphère, faites vos propres confitures et jus de fruits avec vos produits locaux.…

08.09.2005 Loi sur l’énergie

Quatre années d’intenses négociations pour une loi américaine sur l’énergie de 1724 pages, adoptée définitivement le 8 août dernier. L’acquisition de SUV (= 4X4) est toujours fiscalement favorisée et les normes pour l’efficacité énergétique des véhicules comme de l’habitat ne sont toujours pas renforcées. On distribue aussi beaucoup de subventions pour les principaux soutiens financiers des républicains ou pour soutenir la production et favoriser la création de nouvelles raffineries. Avec 40 % d’électricité produite à partir du charbon et plus de 5 tonnes de CO2 émises annuellement par habitant (contre 1,8 en France), le gouvernement Bush veut ignorer totalement le poids du mode de vie américain sur la Biosphère. Puisse les catastrophes naturelles s’exacerber aux USA…

13.10.2005 Processus délibératif

Sur les questions d’environnement, il n’y a pas de décideur, il n’y a que des mécanismes de décision qui font interagir des individus ou des groupes qui ont à la fois des représentations différentes du problème débattu et des poids différents dans la discussion. Donc nécessairement le processus délibératif devient sans fin. La Biosphère ne sera pas sauvée par des démarches participatives car plus rien dans la société actuelle n’a le pouvoir de durer quand les scientifiques s’opposent aux scientifiques, les politiques aux politiques, sans parler de l’impossible dialogue entre scientifiques et politiques, politiques et opinion publique, opinion publique et réalité. Seule la catastrophe réalisée (une pétrole-apocalypse ?) rassemble. Alors en attendant, que les plus courageux d’entre vous passent à l’action directe !

16.11.2005 Pédagogie de la catastrophe

Le progrès technique n’est plus un choix de la conscience, mais une drogue à laquelle vous êtes tous accoutumés et à laquelle il est presque impossible de renoncer volontairement : même le militant écologiste au sortir d’une réunion pour sauver la planète retourne le plus souvent chez lui en voiture et non à pied, tourne le commutateur plutôt que d’allumer la chandelle, prend une bière au frigidaire plutôt que d’aller tirer l’eau du puits et regarde la télévision en continuant de pester contre l’abêtissement de la société du spectacle. Seul un échec historique de la civilisation fondée sur l’utilitarisme et le progrès pourrait faire découvrir que le bonheur n’est pas de vivre en grand, mais de vivre bien….

22.12.2005 Nous disons protéger l’environnement

Les Aéroports de Paris sont fières de déclarer en couverture : « We support the Global Impact » (pacte mondial de l’ONU pour le développement durable, regroupant des entreprises de tous les pays). Mais pour normaliser le climat de la Biosphère, il est malheureusement encore loin le temps où les humains se rendront compte que les aéroports doivent disparaître puisque les avions n’auraient jamais du voler…

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50 ans après Ehrlich et « La Bombe P »

Faut-il (re)lire Malthus et les malthusiens ?

Les programmes de l’enseignement secondaire invitent régulièrement à aborder la question de la population mondiale et de l’éventuelle surpopulation planétaire. Au XXe siècle, les inquiétudes démographiques concernaient surtout la capacité à nourrir et à assurer les conditions d’existence d’une humanité en très forte croissante (1,6 milliards en 1900, 6 milliards en 2000). Aux inquiétudes concernant le développement se sont ajoutées les inquiétudes environnementales : subvenir aux besoins d’une humanité croissante impliquerait, dans beaucoup d’espaces, de poursuivre la pression sur les milieux déjà soumis à des atteintes anthropiques. Cela, d’autant plus que l’accroissement démographique s’accompagne d’une augmentation de la part des urbains.

Les adjectifs de « malthusiens » et « néo-malthusiens » ont été utilisés pour critiquer les prises de position les plus pessimistes, notamment l’une des plus emblématiques d’entre elles, celle des biologistes Paul et Anne Ehrlich (La Bombe P, sept milliards d’hommes en l’an 2000, 1968).

Jusqu’à récemment, l’une des réponses scientifiques à ces raisonnements passait par des solutions technicistes selon lesquelles l’ingénierie humaine pourrait réparer les « conséquences fâcheuses » des dégradations environnementales. On ne lit pas les projections démographiques aujourd’hui de la même manière que dans les années 1970. Alors que d’un côté se pose toujours la question du développement et de l’accès au bien-être de toute l’humanité, de l’autre se pose aussi celle de la finitude des ressources et des atteintes environnementales.

Dans ce contexte, plusieurs publications récentes invitent à relire Thomas Malthus, ou en tout cas à reconsidérer les thèses de cet économiste britannique. Pour Yves Charbit, Malthus fonctionne comme un « épouvantail » représentant tous ceux qui estiment que la population mondiale augmente trop vite. Il estime que cela a fait oublier les capacités de Malthus à proposer des modèles économiques pertinents pour comprendre son époque. Il rappelle que ses idées, tombées dans l’oubli lorsque l’amélioration des conditions de vie a entraîné la baisse de la natalité au XIXe siècle, ont été réactivées avec les inquiétudes démographiques du second XXe siècle. En fait, la pensée de Malthus est plus complexe que ce qu’on en dit habituellement, notamment parce qu’il avait proposé plusieurs scénarios, dont un qui prévoyait la croissance du secteur agricole, en contradiction avec l’idée d’un plafond des subsistances habituellement attachée à son nom.

Dans un article de 2009, Paul et Anne Ehrlich reviennent sur leur ouvrage qui s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires, La Bombe P. Ils tiennent à justifier la position qu’ils avaient adopté dans leur ouvrage écrit il y a cinquante ans. Pour eux, non seulement ils avaient vu juste, mais encore étaient-ils trop optimistes. Parmi les conséquences de l’augmentation démographique, ils avaient sous-estimé certaines des dégradations environnementales à venir, notamment climatiques et écosystémiques, que l’état des connaissances scientifiques de 1968 ne permettait pas encore de prévoir. Ce type de positions est assez proche de celles du « 2e appel des 15 000 scientifiques » de 2017, dont l’une des préconisations était d’« estimer une taille de population humaine scientifiquement défendable et soutenable à long terme. »

Pour compléter

15 000 scientifiques alertent sur l’état de l’environnement mondial

Le texte commence ainsi : « Il y a vingt-cinq ans, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, comprenant la majorité des lauréats vivants des prix Nobel de sciences, signaient « l’avertissement à l’humanité des scientifiques du monde » de 1992. […] Ces professionnels préoccupés appelaient l’humanité à mettre un frein à la destruction environnementale et avertissaient qu’un « grand changement dans notre gestion de la terre et de la vie était nécessaire, afin d’éviter de plonger l’humanité dans une vaste misère ». »

L’appel donne également des exemples des choix que l’humanité peut faire pour une transition vers la durabilité (en précisant qu’elles ne sont pas classées par ordre d’importance ou d’urgence) :

 Estimer une taille de population humaine scientifiquement défendable et soutenable à long terme,  en rassemblant les nations et leurs dirigeants autour de cet objectif vital ;

– Poursuivre la réduction des taux de fécondité en assurant aux femmes et aux hommes l’accès à l’éducation et aux services de planning familial volontaire, notamment là où ils font encore défaut ;

– Accentuer l’éducation des enfants à la nature et à l’environnement extérieur, ainsi que l’engagement global de la société dans l’attention portée à la nature ;

– Accentuer l’éducation des enfants à la nature et à l’environnement extérieur, ainsi que l’engagement global de la société dans l’attention portée à la nature ;

    • – Réduire le gaspillage alimentaire grâce à une meilleure éducation et une meilleure infrastructure ;– Promouvoir une transition alimentaire vers des alimentations principalement végétales ;

      – Réorienter les investissements monétaires et réduire la consommation pour entraîner un changement environnemental positif ;

      – S’assurer que les prix, la fiscalité et les systèmes d’incitation prennent en compte les coûts réels que nos modèles de consommation imposent à notre environnement ;

– Adopter massivement les sources d’énergie renouvelable tout en interrompant les subventions à la production d’énergie issue de sources fossiles ;

    • – Maintenir les services écosystémiques en arrêtant la destruction de forêts, prairies et autres habitats naturels ;

– Repeupler les écosystèmes avec des espèces indigènes de faune sauvage, en particulier les prédateurs de fin de chaîne alimentaire, pour restaurer les processus et les dynamiques écologiques ;

– Créer des réserves bien financées et bien gérées d’une proportion significative des habitats terrestres, marins, d’eau douce, et aériens ;

– Élaborer et adopter des instruments politiques adéquats pour remédier à la défaunation, à la crise du braconnage et à l’exploitation et au trafic des espèces menacées.

 

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SURpêche, un des aspects du règne des « SUR »

La démesure de la société thermo-industrielle a entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage,SURproduction, SURtourisme… et bien sûr SURpêche. Selon un rapport de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), un peu plus d’un quart du volume de poissons débarqués restent issus de populations sur-pêchées, et 7 % de stocks halieutiques considérés comme effondrés (cabillaud de mer du Nord, maquereau de l’Atlantique Nord-Est, anguille…). L’Union européenne s’était pourtant fixé pour objectif d’atteindre d’ici à 2020 au plus tard le « rendement maximum durable » pour tous les stocks, c’est-à-dire le volume maximum de poissons de chaque espèce pouvant être pêché dans une zone géographique, sans mettre en péril le renouvellement de celle-ci à long terme. Nous pensons qu’il faut dorénavant être l’ami des poissons avant d’être l’ami des pêcheurs.

Léa Sanchez : La biomasse devrait baisser de 5 % à 8 % dans les écosystèmes marins français d’ici à 2050, selon des projections scientifiques. C’est davantage encore en Méditerranée, où les eaux se tropicalisent. Les scientifiques de l’Ifremer proposent de « viser des niveaux de capture plus précautionneux », pour maintenir une marge, et de considérer le rendement maximum durable actuel « comme une limite plutôt que comme une cible ». L’élévation des températures de la planète font en sorte que l’océan se réchauffe, s’acidifie et se désoxygène. Le milieu halieutique se dégrade.

Le point de vue des écologistes

– limiter la taille des navires et interdire les chalutier-usines qui pêchent autant que plusieurs centaines de bateaux de pêche artisanale.

– interdire les technologies de pointe qui permettent de traquer le poisson…

– mettre fin aux chaluts qui pulvérisent les organismes vivant sur le fond, dragues, sennes démersales non sélectives….

– soustraire aux pêcheurs certaines zone dans des aires marines protégées…

– pêcher moins, il faut laisser les poissons grandir, se nourrir, se reproduire…

– ne pas soustraire pour l’aquaculture les anchois et autres petits pélagiques…

– les espèces des grandes profondeurs ont besoin de beaucoup de temps pour se reproduire, cessons de détruire leurs habitats…

– mettre fin aux subventions néfastes, estimées déjà à 20 milliards d’euros en 2018

– Appliquer la notion de rendement maximal durable à l’espèce humain elle-même.

Le retour à la pêche artisanale est une nécessité. Sinon on trouvera un jour cette brève journalistique : « Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années… »

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Pêche, de l’artisanat au massacre de masse

extraits : Aujourd’hui les sondeurs, sonars et autres radars traquent les poissons, le recours aux avions pour détecter les bancs de thon et au satellite pour explorer les couches d’eau sont des éléments d’une spirale néfaste dans laquelle les pêcheurs comme les décideurs politiques ont enfermé les ressources halieutiques. Va-t-on aux champignons avec une pelleteuse ? Non, mais ce n’est pas le cas pour la pêche….. 

pêcheries, nous savons tout mais nous ne faisons rien

extraits : En 2016, 40 millions d’heures de pêche ont consommé 19 milliards de kWh d’énergie et parcouru plus de 460 millions de kilomètres, soit 600 fois la distance aller-retour de la Terre à la Lune. 31 % des stocks de poissons sont surexploités dans le monde, ce qui signifie que ces espèces sont prélevées plus rapidement qu’elles ne peuvent se reproduire. En 1995, la capture de poissons a atteint son tonnage maximum avec 95 millions de tonnes. Depuis, la pêche mondiale plafonne autour de 90 millions de tonnes. On peut parler de pic du poisson ou peak fish comme il y a un pic pétrolier…..

Les prises de poisson témoignent de notre surpuissance

extraits : S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, Daniel Pauly prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Daniel Pauly et Dirk Zelly approfondissent la question par une étude de janvier 2016. Ils chiffrent le maximum à 130 millions de tonnes en 1996. Puis les performances de la pêche ont régressé de 1,2 million de tonnes par an. Malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer….

Nos articles les plus anciens

19.06.2008 ami des pêcheurs ou ami des poissons ?

Chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que sa catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective.

Le libéralisme économique repose sur le libre choix, c’est donc un principe vraiment superbe. Mais quand un code de bonne conduite en matière de pêche « responsable » repose sur l’engagement volontaire des pays, la surexploitation des ressources halieutique continue. La moitié des stocks mondiaux est aujourd’hui exploitée au maximum de ses  capacités, et 25 % sont surexploités…

10.03.2009 Surexploitation prouvée de la mer

Il est français mais inconnu en France. Daniel Pauly est le premier à alerter la communauté internationale sur la surexploitation des ressources halieutiques. S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, il prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Il démontre que les humains pêchent des poissons de plus en plus bas dans la chaîne alimentaire des océans : nous finirons par manger du zooplancton…

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Trumper sur le cancer, « backlash » 

C’est l’une des singularités de notre époque : le mensonge est commis au nom de la lutte contre le mensonge. Voici à propos d’un article de Stéphane Foucart les commentaires de personnes qui nient que le niveau de santé se dégrade à cause de nos manières de produire. Selon le dernier calcul mené par Santé publique France , 60 % des cancers ne sont pas attribuables à des facteurs de risque suffisamment connus.

Stéphane Foucart : Lbacklash cancer (« retour de bâton sur le cancer ») réduit la maladie aux comportements individuels pour la dépolitiser. L’augmentation de son incidence serait principalement liée à la consommation de tabac et d’alcool et à l’allongement de l’espérance de vie. Tout le reste – les déterminants socio-économiques, la dégradation de l’environnement, les réglementations laxistes ou absentes – ne serait que distraction. Ce discours n’a pourtant de la science que l’apparat. A bien des égards, il présente de nombreuses analogies avec la campagne climatosceptique. Dans les deux cas, l’accroissement des connaissances déclenche le même genre de contre-discours, souvent porté par des personnes s’exprimant hors de leur champ d’expertise. A chaque fois est répercuté dans l’espace public un mélange de contrevérités, d’omissions et de sophismes. A droite ou à l’extrême droite, les journaux qui propagent aujourd’hui la rhétorique du « cancer backlash » sont ceux qui ont alimenté le climatoscepticisme.

Les commentaires des trumpistes sur lemonde.fr,

l’art de parler pour ne rien dire

Sambon : Quelle honte cette article

aubledur : chronique consternante de mauvaise foi … une de plus

LeontiPreis : Le Foucart du dimanche. On ne le lit plus.

lecteur assidu : La capacité d’autodérision de nos Zecolos est stupéfiante. Vous avez aimé Fessenheim, le glyphosate , le scientisme … vous allez adorer le «  backlash sur les cancers » …

Catcityreader : Comme toujours chez Stéphane Foucart, la manipulation et la déformation de la connaissance scientifique passe avant la rigueur. Tout d’abord, Stéphane Foucart semble accuser certains scientifiques sur ce « Cancer backlash »: pourquoi ne pas les citer et fournir des contre-arguments ? Je ne vois qu’une hypothèse: relativiser et hiérarchiser les différents facteurs de risque du cancer ne convient pas à l’agenda écologique dogmatique de S. Foucart.

Charlieck : Il y a de nombreux oncologues et épidémiologistes, visés par Foucart, qui sont tout à fait dans leur domaine de compétence et d’expertise quand ils doutent ou discutent des informations à la Foucart dont la compétence et l’expertise ne sont pas prouvées.

Arnaud.2 : Les analyses de S.Foucard sont contestées par de nombreux scientifiques qui leur reprochent un manque de rigueur et une dérive idéologique et politique.

22/02/2026 : L’abbé Foucart dans son exercice favori, quand on ne suscite que l’indifférence dans la population, on nomme un ennemi pour essayer de justifier sa quête messianique. Or, les gens ont d’autres préoccupations, des joies, des peines, enfin une vie propre loin de tous ces circonvolutions intellectuelles de bourgeois.

Hydropente : Cet article n’a rien de scientifique mais tout d’idéologique et comme dans toute croisade, il faut désigner les hérétiques qu’il convient d’éliminer…

pm22 : La peur, il faut alimenter la peur… Peur des pesticides, des polluants éternels, du diesel, de n’importe quoi en fait. Il faut alimenter la peur. « On empoisonne nos puits », vielle ritournelle… Nous vivons dans un pays privilégié, bien mieux que nos ancêtres. Heureux comme un français au début du 21 siècle… Mais « il faut alimenter la peur »..

Saint-Thomas : Il suffit pourtant de taper « cancer facteur de risque » dans Google pour avoir des informations plus fiables que cette tribune voulant faire passer au forceps l’idée que l’environnement est responsable d’une grande partie des cancers.

Bandera : La France est l’un des grands pays développés parmi les plus protégés, les plus propres et ayant l’environnement le mieux préservé. Qu’on arrête donc de nous rabattre les oreilles avec des risques environnementaux en réalité microscopiques voire inexistants.

Face à ces trumpistes, quelques vérités

Etoiledunord : Nous produisons salement et donc nous respirons de l’air sale, mangeons des aliments sales et buvons de l’eau sale. Produire proprement devrait être une évidence, mais ce n’est pas l’avis de ceux pour qui la rentabilité et le profit restent la priorité absolue. A charge pour la sécurité sociale de réparer au mieux les dégâts. Les discours moralisateurs vont bon train ( c’est de votre faute si vous êtes malade ), aussi bien dans la population générale que chez les médecins. Je pense à cette personne de ma famille, toujours prête à distribuer ses leçons de morale, qui ne fumait pas, ne buvait pas, mangeait ses cinq fruits et légumes quotidiens, faisait son heure de marche tous les jours, et vantait son mode de vie impeccable. Jusqu’au jour où il lui a été diagnostiqué une tumeur cancéreuse. Oups. Ça calme hein ! Merci à l’auteur de l’article de remettre un peu les pendules à l’heure.

Canicule : La SCIENCE est claire : Le rapport Cancer et environnement (INSERM, 2008), qui constitue l’une des expertises collectives les plus complètes réalisées en France, souligne que des facteurs environnementaux peuvent contribuer à la genèse de certains cancers. Il met notamment en avant l’importance des expositions chroniques à faibles doses et des effets cumulés. Le rapport Pesticides et santé (INSERM, 2013, actualisé en 2021) indique que certaines expositions professionnelles sont associées à un risque accru de lymphome non hodgkinien, de myélome multiple, de leucémies, de cancer de la prostate. (pm22 ca va ?) Certaines familles de substances, comme les organochlorés, les organophosphorés et les carbamates, sont notamment étudiées dans ce cadre. Les mécanismes biologiques plausibles incluent la génotoxicité, la perturbation du système immunitaire et le stress oxydant.

Pour en savoir plus sur Stéphane Foucart grâce à ce blog, le lien :

https://biosphere.ouvaton.org/blog/?s=St%C3%A9phane+Foucart

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Généalogie animale : Éponge ou cténophore ?

Tout un article du MONDE pour ne parler que des modalités d’une rétractation de ceux qui donnent l’éponge gagnante de la course à l’origine. L’essentiel n’est pas mis en valeur, le fait que tous les animaux sont nos cousins plus ou moins éloignés, mais aussi les végétaux. Nous devrions montrer plus sérieusement que le fait de faire sa généalogie familiale relève d’un anthropocentrisme qui nous empêche de voir que nous ne sommes qu’une branche du vivant et que notre destinée personnelle ou même celle de l’espèce humaine n’a qu’une importance très relative. C’est Darwin qui nous a expliqué le fondement de l’évolution des espèces par les mécanismes de la sélection naturelle.

Nathaniel Herzberg : Éponge ou cténophore ? Quel est le premier animal à partir duquel tous les autres ont divergé à la base de l’arbre des animaux ? Quelle est « l’espèce sœur » ou « groupe frère » pour reprendre la terminologie des phylogénéticiens. L’éponge, c’est le plus « simple » des animaux, dépourvu de neurones, de muscles et d’intestin. Le cténophore est une bestiole marine gélatineuse à première vue bien plus évoluée. La communauté scientifique s’est alors déchirée en deux camps : à chaque article en faveur des éponges répondait une publication défendant les cténophores.

Le 5 février, le directeur de la rédaction de la revue américaine Science a annoncé que l’article, publié le 13 novembre 2025 plaçant les éponges à la base de l’arbre phylogénétique des animaux, était rétracté.

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Généalogie : notre ancêtre, le dipneuste

extraits : Certains croient faire de gros progrès en reconstituant leur généalogie familiale grâce à quelques archive usées : attitude purement anthropocentrique qui balbutie sur un ou deux siècles. Ce n’est pas là un exercice très captivant, mieux vaut le long souvenir de notre histoire commune. Remonte dans le temps, bien avant l’automobile, le téléphone et l’électricité, va encore plus loin. Tu arriveras il y a 400 générations, quand tes ancêtres commençaient à cultiver la terre et à se croire séparés de l’univers. En remontant encore, il y a 10 000 générations environ, tu trouveras ton premier ancêtre homo sapiens. Mais ton origine est encore antérieure ; il y a 100 000 générations, ceux par qui tu es arrivé étaient des hominidés. Quelques dizaines de millions d’années auparavant, ton ancêtre, un tout petit mammifère, vivait au temps des derniers dinosaures. En remontant encore, ton ancêtre était amphibien : un dipneuste ! Il possède à la fois des branchies et un poumon, ce qui lui permet de respirer aussi bien sous l’eau qu’à l’air libre….

Recension : DARWIN (presque) FACILE

extraits : La science a pris le relais de la religion et la sélection naturelle a remplacé le mythe de la Création divine. L’explication de l’origine naturelle du monde vivant initiée par Darwin a été amplement démontrée par la suite avec les découvertes de la génétique et les analyses ADN. Tous les animaux (Homo sapiens inclus) et les plantes dérivent de la même origine. Darwin nommait cette thèse « Théorie de l’ascendance commune ».

On doit connaître Darwin pour ce renversement majeur de perspective, l’homme n’est qu’une branche du vivant. Et Darwin de confier dans l’un de ses carnets : « Je dois éviter de montrer à quel point je crois au matérialisme »….

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Donald Trump, l’anti-écologiste primaire

Donald Trump relance la pêche commerciale dans une zone protégée le 6 février 2026. La zone concernée, réunie dans le monument national marin de Northeast Canyons and Seamounts, s’étend sur quelque 13 000 kilomètres carrés.

Le président Donald Trump : « Une pêche commerciale gérée de manière appropriée ne mettrait pas en péril les éléments d’intérêt historique et scientifique que le monument protège »

Le patron d’une association de pêcheurs : « Depuis des décennies, une réglementation excessive empêche les pêcheurs de gagner leur vie et de proposer aux consommateurs des produits sauvages, bons pour la santé et pêchés aux Etats-Unis »

Le point de vue des écologistes détrumpés

Ferenczi : Trump passe beaucoup de temps sur le Green et pourtant il n’est pas vert !

Julien Sorel : Lorsqu’il a appris que d’énormes bancs de saumons fumés se trouvaient dans cette zone, Donald a jugé que l’écologie ça commence à bien faire !

Lapetitesouris : Quand les Américains n’auront plus que des billets verts à mastiquer …

Boustrophédon : «Lorsque le dernier ruisseau sera pollué, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l’homme blanc comprendra que l’argent ne se mange pas.» Citation (vraisemblablement apocryphe) de Sitting Bull, chef Sioux.

Yoho : En France on pêche avec les pires méthodes dans nos aires protégées (voir les enquêtes de Bloom).

Charles F : Pourquoi toutes les extrêmes-droites au monde, détestent autant le vivant ?

Shiva : Trump n’est pas fou, il n’est qu’un sale capitaliste dont on a lâché la bride.

Thierry78 : La chasse aux bisons est ouverte…

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L’écologie à l’épreuve de l’ignorance trumpiste

extraits : Trump donne à voir crûment ses menées totalitaires. Désormais l’administration américaine fonctionne comme un édifice hiérarchique le long duquel peuvent descendre des directives aussi absurdes et orwelliennes que l’impossibilité de rechercher certains mots dans les bases de données d’un institut public. On fait même une sorte de guerre contre la métrologie, la mesure des phénomènes. Ainsi, certains types de données ne seront même pas collectées. Nous ne saurons donc plus ce qui se passe. La guerre de Donald Trump contre la science est la phase terminale d’une longue maladie dont les premiers signes ont été ignorés ou relativisés. Depuis de nombreuses années, l’ensemble de la droite américaine ne fait pas mystère de son désir de détruire ou d’assujettir les sciences de l’environnement…..

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Mercosur, les écologistes disent NON !

Les députés Verts allemands au Parlement européen ont choisi d’envoyer un signal hostile au libre-échange. Huit de ses douze eurodéputés, ont voté en faveur d’un renvoi de l’accord avec le Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne. Tollé général. C’est anormal.

Winfried Kretschmann, élu écologiste qui préside le Bade-Wurtemberg (Autoland) depuis quinze ans : « L’accord allait « protéger notre industrie, nos PME et de nombreux emplois dans le Land ». Il a toujours défendu l’industrie automobile et les accords de libre-échange dont elle dépend.

Franziska Brantner, la coprésidente des Verts, a qualifié le vote de ses collègues européens d’« erreur ».

Le commentaire de Michel Sourrouille

Le libre-échange a été imposé par les puissance dominantes, à l’origine par la Grande-Bretagne au XIXe siècle. C’est un facteur important des inégalités de développement entre pays. En tant qu’écologistes, nous devons promouvoir des productions locales pour des marchés de proximité. Enfin il est économiquement ridicule de vendre des voitures à l’étranger alors qu’on importe des voitures fabriquées à l’étranger : pur gaspillage d’énergie. Il n’y a donc pas d’autre choix que l’abandon du Mercosur.

Le commentaire de Ricardo Uztarroz 

Ils ont voté comme l’extrême-droite. Et alors, où est le problème. Ils ont voté contre le Mercosur. A tort ou à raison, la question est là. Des élus écolos qui défendent l’industrie automobile, ça laisse un peu perplexe, en outre favorables à qu’on produise de la viande en Argentine pour qu’on la mange en Allemagne, là ça laisse pantois. Volkswagen est implanté au Brésil depuis les années 50. C’est le plus gros producteur de bagnoles du Mercosur. Renault est en Argentine et au Brésil, Peugeot au Brésil, Fiat au Brésil. Donc ces marques n’exportent vers le Mercosur puisqu’elles produisent sur place.

Protectionnisme contre l’absurde Mercosur

extraits : Un jour déjà lointain, Ernst Friedrich Schumacher (Small Is Beautiful) vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. N’était-ce pas absurde ? Le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait donc alerter personne ?….

Notre article le plus ancien sur la question (06.11.2005)

Soyez apôtre du protectionnisme !

Dans « Système national d’économie politique » paru en 1841, Frédéric List (naît dans le Wurtemberg actuel) pensait que les libéraux se trompaient en croyant qu’il existait des lois générales de l’économie en tout temps et en tout lieu. Pour lui, l’évolution économique de chaque pays dépend de son évolution politique et culturelle. Aussi, on ne pouvait présenter le libre-échange comme modèle incontestable à une Allemagne ravagée par les guerres napoléoniennes et politiquement éclatée. Par contre la protection des industries naissantes permettrait l’émergence d’industries hautement compétitives et ce n’est qu’à condition de rattraper le niveau de la Grande-Bretagne que l’Allemagne pourrait ouvrir les frontières car on échangerait alors à armes égales. Il s’agit là d’un « protectionnisme éducateur » et en conséquence, F. List n’est qu’un libre-échangiste différé : son idéal d’avenir reste l’industrialisation, c’est-à-dire tout ce qui détruit les ressources de la planète.

Pour enrayer ce flot de destructions, la Biosphère souhaite que les humains s’arrêtent de faire du libre-échange généralisé de biens matériels, de services financiers ou de travailleurs migrants, mais attacher au contraire les communautés à leur cadre territorial d’appartenance pour qu’elles en vivent de la façon la plus autonome possible. En agriculture, il s’agit de promouvoir la souveraineté alimentaire.

Mercosur, les écologistes disent NON ! Lire la suite »

Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir

C’est une des premières femmes à faire le tour du monde en solitaire en 1991, elle est aujourd’hui engagée dans la défense du vivant.

Isabelle Autissier, une grande dame à écouter :

– Nous appartenons à la nature. Si elle s’écroule, Homo sapiens s’écroule avec.

– Même si on s’oriente vers un réchauffement à 2,8 °C ou à 3 °C, il peut advenir une crise écologique mondiale qui chamboule tout et freine ce processus. Cela serait très désagréable.

– Les gens préfèrent s’accrocher à leur petite maison et à leur voiture. Le déni sous toutes ses formes neutralise l’action.

Le jour où il n’y aura plus assez de terre cultivable et d’eau potable pour tout le monde, ce sera la guerre.

J’ai bientôt 70 ans, je ne me suis jamais illusionnée, le combat écologiste n’allait pas être un long fleuve tranquille.

– Les oppositions se réveillent toujours lorsque l’on marque des points. Mais plus les conséquences de la destruction du vivant vont se faire sentir, plus les gens vont se résoudre à écouter les scientifiques.

– L’espoir, c’est bien gentil, mais cela n’implique pas immédiatement l’action. J’aurais beau espérer la paix dans le monde, si je reste chez moi à cultiver mon jardin, j’espérerais à vide, en quelque sorte. C’est le combat qui nourrit l’espoir.

– Nombreux parmi ceux qui luttent concrètement pour la liberté finissent en prison, voire pire. C’est là que se trouve le courage.

– Si vous voulez arrêter de déprimer, battez-vous ! Seul, on a davantage tendance à désespérer. Construire des solutions fait du bien à la tête.

– En mer, peu importe les énormes vagues et les avaries. Si je m’arrête par désespoir, je suis morte.

Je mesure en moi-même combien être au contact de la nature permet de se construire, apporte du bonheur, et conforte sur son appartenance à ce grand mouvement de la vie, à cette planète complètement étrange, à la beauté, à la sensibilité, à l’émotion qui s’y réalise.

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La synergie entre Isabelle Autissier et Nicolas Hulot

Isabelle Autissier le 25 novembre 2018 : « Aucune idée n’a avancé aussi vite que l’écologie. Mais cela me dévaste qu’elle ne soit pas encore au cœur des décisions gouvernementales, que le système économique pousse encore à tant de mauvaise foi. Qu’est-ce qu’on va le payer cher ! La planète n’en a rien à faire de nous. Elle peut devenir un gros caillou chauve. Mais quelle sera la qualité de vie des êtres humains ? On va vers beaucoup de souffrances, vers des guerres qui naîtront de situations explosives engendrées par les problèmes de terre, d’eau, de climat. On n’a pas assez d’imagination pour se représenter ce que seront les crises environnementales. On nous décrit la montée des eaux, l’acidification des océans, la disparition des espèces, la raréfaction des terres arables, les grandes villes submergées, mais on ne visualise pas, sinon on arrêterait tout instantanément. » (extraits)

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PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie

Pour chaque dollar dépensé pour protéger la nature, 30 dollars financent sa destruction. Un rapport, publié le 22 janvier 2026 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUE), rappelle l’importance de supprimer et de rediriger les investissements qui nuisent à l’environnement.

Perrine Mouterde : En janvier 2020, un rapport du Forum économique mondial alertait déjà sur le fait que plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial dépend de la nature et des services qu’elle fournit, tels que tout la pollinisation ou la régulation du climat. Selon le rapport du PNUE, le montant des financements directement nuisibles à l’environnement a atteint 7 300 milliards de dollars en 2023, quand les investissements dans des actions favorables à la nature atteignaient 220 milliards de dollars.  Les investissements privés nuisibles à la nature, eux, ont représenté en 2023 près de 5 000 milliards de dollars. Les financements en faveur de la nature relèvent à 90 % de la sphère publique. Il existe des effets d’entraînement entre financements publics et privés. « Si vous subventionnez l’épuisement des nappes phréatiques en n’imposant pas un prix de l’eau assez élevé, vous encouragez aussi la surexploitation des ressources pour l’irrigation, ce qui conduit aussi à épuiser davantage les nappes. Et en baissant artificiellement le prix des combustibles fossiles, vous diminuez aussi le coût des engrais… 

Il faut aller au-delà des abeilles et des arbres pour envisager une manière différente de travailler avec la nature au lieu de la considérer comme un élément extérieur. Mais de telles réformes sont politiquement délicates, car elles touchent souvent des industries ou des groupes puissants qui résistent au changement. La suppression des subventions peut augmenter les coûts pour les consommateurs, ce qui la rend impopulaire auprès du public….

Le point de vue des écologistes consternés

Le Birdie : « Drill, Baby, Drill ! » veut dire « Die, Baby, Die ! »

Gabrielle Siry : « 80 % des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la combustion des énergies fossiles.

Antispécisme : Bienvenu dans un monde ultra-spéciste, qui rêve d’IA et de coloniser tout ce qu’il peut.

თავისუფლება : Pourquoi les dirigeants des entreprises du secteur des énergies fossiles qui provoquent morts et désolations ne sont-ils pas encore en prison ?

lecteur assidu : On ne le répétera jamais assez, mais le Brésil ce sont 1,8 millions de nouveaux habitants chaque année tout à côté de l’Amazonie , l’Égypte 1millions de nouveaux habitants en plein désert, l’Inde 10 millions de nouveaux habitants et une commande en deux jours de 1040 Airbus sans compter les Rafale… Devenons malthusiens.

Artemis purple : Encore pris l’avion ? Vous faites partie du problème. Changez d’imaginaire, faites partie des solutions.

Frog : Arrêtez la Carte Bancaire, payez en cash ou adhérez à une monnaie locale.

Michel Sourrouille : La tragédie de l’horizon reste d’actualité. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Le marché financier, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est en revanche incapable de fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement de marché leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes qui vont frapper les générations d’un futur oublié. Il nous faut donc jeter un pont entre le présent et l’avenir, mettre une chaise pour les acteurs absents lors de toutes les délibérations, qu’elles soient chez les investisseurs, les grandes entreprises et les instances politiques.

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M. Sourrouille représente les acteurs absents

extraits : Le contributeur principal de ce blog, Michel Sourrouille, se veut à l’avant-garde des éléments de langage qui feront florès dans le futur. Ainsi son texte sur les acteurs absents publié dans LE MONDE du 1er octobre 2021 (Paroles de lecteurs) : « Si chaque politicien, chef d’entreprise ou même consommateur prenait en considération les conséquences prévisibles pour les « collectifs muets » de ses décisions courantes, alors les générations futures et les non-humains pourraient devenir des participants incontournables du fonctionnement social »….

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

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Le conte du paysan schizophrène

Le conte du paysan schizophrène et de la source enchantée

Il était une fois, dans un royaume pas si lointain (appelons-le Chez Nous), un fermier très en colère. Toujours en colère.

Un fermier moderne. Connecté. Subventionné. Offensé. Le matin, il se levait furieux contre le Mercosur.

Scandaaale ! Ils importent des aliments bourrés de pesticides interdits chez nous ! On empoisonne les gens ! On tue l’agriculture locale !

Il tapait du poing sur la table, la bouche pleine de convictions bio… et de café industriel.

À midi, après avoir partagé un sandwich pas trop regardant sur l’origine, il devenait furieux autrement.

Scandaaale ! On m’interdit d’utiliser MES pesticides près des captages d’eau ! Non mais vous vous rendez compte ?!

Les captages d’eau, ces petites sources insolentes qui servent à fournir… de l’eau potable aux enfants aux vieux aux mêmes citoyens qui mangent ce qu’il produit

Mais ça, c’est un détail. Dans sa tête, tout était parfaitement logique :

Les pesticides étrangers = poison

Ses pesticides à lui = tradition, bon sens, héritage familial et liberté

Car voyez-vous, dans ce royaume magique, le pesticide change de nature selon qui le verse.

S’il arrive en bateau : c’est un crime contre l’humanité.

S’il est pulvérisé à 5 mètres d’un captage : c’est du bon sens paysan.

La source, elle, ne comprenait pas. Elle gargouillait doucement en murmurant : Excuse-moi, mais moi je bois tout. Je ne fais pas la différence entre un pesticide patriotique et un pesticide mondialisé.

Alors le fermier cria plus fort. Il cria contre l’Europe. Il cria contre l’écologie. Il cria contre les normes. Il cria contre les citoyens qui veulent boire de l’eau propre et manger sain.

Quel culot, franchement. Et pendant ce temps-là, les vrais gagnants du conte les lobbies les multinationales les intermédiaires

regardaient la scène en silence, en comptant les profits, ravis de voir les fermiers et les citoyens se battre entre eux.

Morale du conte (qui pique un peu) :

On ne peut pas dénoncer les pesticides quand ils viennent de loin et pleurer parce qu’on ne peut plus en balancer près de l’eau qu’on boit.

On ne peut pas crier santé publique le matin et je fais ce que je veux l’après-midi.

On ne peut pas vouloir une agriculture respectée en méprisant le vivant autour.

Ce n’est pas un complot. Ce n’est pas de l’idéologie verte. C’est juste de la cohérence.

Mais la cohérence, dans ce royaume, ça n’est pas encore subventionné.

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Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ?

Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ? Oui, mais.. toute liberté est soumise à des contraintes.

L’émission Punchline, c’est sur Cnews. La télévision selon Bolloré ne donne la parole à personne si ce n’est aux obsessions de son propriétaire. L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a sanctionné le fait qu’un climato-sceptique a pu s’exprimer sur sa chaîne « sans que la position qu’il défendait ne soit mise en perspective et sans qu’une contradiction ne soit exprimée à la suite de ses propos. Il y a méconnaissance des exigences d’honnêteté de l’information et de maîtrise de l’antenne. »

Il est vrai que l’intervenant parlait de l’influence humaine sur le réchauffement climatique comme un mensonge, une escroquerie et un complot destinés à justifier l’intervention de l’État dans la vie quotidienne qui s’apparenterait à un totalitarisme. La chaîne (mais pas l’intervenant lui-même) a été sanctionnée d’une amende de 20 000 euros. L’intervenant pouvait donc tout dire, mais Cnews devait permettre aux auditeurs de déterminer où était la vérité et de savoir que c’était une opinion invalidées par les données de la climatologie.

On pourrait s’arrêter là mais Vincent Cheynet, dans un article de « la décroissance » (janvier-février 2026), s’insurge contre une écologie qui serait liberticide : « L’opinion devient un délit, notre société sombre dans un totalitarisme, c’est l’ère de la police de la pensée, l’écologie est utilisée pour nier la liberté… ». Vincent Cheynet s’attache à une superficialité.

« La liberté d’expression est un droit »… sauf qu’il ne faut pas troubler l’ordre public..

« La liberté est ce qui nous spécifie comme humaine » ; sauf que la liberté doit être accompagné de l’égalité, de la fraternité, du respect des avancées scientifiques, du souci des non-humains et des générations futures, etc.

Cet ancien rédacteur en chef de ce journal décroissant s’appuie entre autres pour justifier son point de vue sur cette sentence apocryphe : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Mais dans l’émission Punchline, redisons qu’il n’y avait pas interdiction d’exprimer son climato-scepticisme, mais obligation pour une chaîne d’information de garder une certaine objectivité dans des opinions proférées publiquement. Il est nécessaire d’être protégés contre les fake news, sinon on va tout droit vers une société où les réseaux sociaux aux mains de milliardaires feront la loi et l’aliénation des masses.

En fait Cheynet termine son article par l’essentiel pour lui, faire la publicité pour son prochain livre à paraître en 2026 : « Liberté et décroissance » (parution 20 février 2026 aux éditions du Rouge et du Noir). Il faut connaître la pensée des personnes qui ne pensent pas tout à fait comme nous.

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Soutenir d’une manière ou d’une autre les climato-sceptiques est une grave erreur étant donné que cela donne prise au refus de toute action contre nos émissions de gaz à effet de serre. Comme la combustion du carbone fossile est aussi un facteur fondamental de la croissance économique, il est paradoxal pour un décroissant comme Vincent Cheynet de se tirer une balle dans le pied.

Mais comme tout n’est pas noir chez un militant de longue date, voici un résumé de son livre de 2008 (sur notre site de documentation des écologistes).

Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet (extraits)

Vincent attaque assez assidûment ses confrères en objection de croissance, Ellul, Latouche, Hulot, l’ASPO, Malthus, Paccalet, les pédagogues de la catastrophe… Il traite même l’écologie de « mot qui piège ». Mais comme assez souvent il dit des choses très vraies, attardons-nous sur ces morceaux choisis :

– La réflexion sur les mots est primordiale car ceux-ci sont le socle sur lequel faire avancer les idées. Il existe tout autant des mots poisons qui empêchent de penser, que d’autres qui frayent de nouveaux imaginaires. Les capitalistes l’ont bien compris. Armés de légions de communicants, ils s’emploient autant à vider les mots de leur sens qu’à s’accaparer les mots de leurs contradicteurs.

– L’expression objecteurs de croissance est très parlante : les objecteurs de croissance font acte de non violence en refusant la guerre économique comme les objecteurs de conscience refusent l’ordre de la guerre.

– La récusation du débat par notre société est symptomatique d’une forme de totalitarisme mou. Cela se traduit par une inflation d’oxymores tels que « guerre propre », « voiture propre », « croissance verte » « durable » ou « écologique », « fonds de placements éthiques », « entreprises citoyenne », « développement durable », etc

– Depuis deux siècles, la « science » économique occidentale a quasiment évacué le paramètre écologique de ses raisonnements. Elle fonctionne déconnectée de la réalité physique et géochimique.

– Répondant au député des Verts Yves Cochet qui lui rappelait nos responsabilités face aux limites de la planète, le chroniqueur du Figaro Philippe Simonnot s’énerve : « Moi, ce qui compte pour moi, c’est la liberté. Je veux pouvoir acheter mes chemises à Hongkong, mes chaussures en Inde. C’est ça qui compte pour moi. »

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