anthropisation

L’humanité, un psychopathe destructeur

L’humanité est devenue l’espèce la plus dangereuse de la planète, comme l’exprime le dernier livre de Sébastien Bohler. Elle se comporte comme un psychopathe face à la nature, c’est le titre d’un article d’Élisabeth Berthou.

« Dans moins de trente ans, la Terre sera en partie invivable et dans quatre-vingt… Game over », profère Sébastien Bohler, au début de Human Psycho. Pour expliquer ce dysfonctionnement, le neuroscientifique compare l’humanité à un « être global » dépourvu de cortex orbitofrontal, qui appréhende le monde comme un mécanisme… Homo sapiens a instrumentalisé les espèces animales et les ressources naturelles  à la façon d’un prédateur. Ce « superorganisme » revêt une personnalité de psychopathe : sentiment de supériorité, tendance à la manipulation et à l’exploitation d’autrui, absence d’empathie et incapacité à prendre en compte l’avenir pour fixer des limites à ses actes. Il exerce une violence croissante vis-à-vis de sa victime, la nature. »

Il est vrai que notre fonctionnement social actuel préfère la post-vérité et les fake news à l’analyse de la réalité.

« Nous sommes entrés dans une période où l’opinion personnelle, l’idéologie, l’émotion l’emportent sur la réalité des faits. Des chercheurs ont décrypté des millions de livres en anglais et en espagnol couvrant la période de 1850 à 2019. En partant des cinq mille mots les plus utilisés dans chacune des deux langues, leur approche a été celle de l’analyse en composantes principales (ACP), qui permet statistiquement de tirer des tendances.la fréquence d’utilisation de mots associés. Après 1850 la rationalité,avec des mots tels que « déterminer », « conclusion », « analyse », etc., a systématiquement augmenté tandis que celle de mots à connotation sentimentale ou liés à l’expérience humaine, tels « ressentir », « croire », « imaginer », etc., baissait. Quel est l’état d’esprit de notre société ? Nous ne sommes plus entraînés à prendre le temps de réfléchir en profondeur. Et parallèlement, nous sommes sociétalement plus libérés et même encouragés à exprimer nos ressentis. »

Pour beaucoup trop de personnes, un mensonge simple est bien plus attirant qu’une vérité exigeante. L’exemple typique de ce dérèglement de l’esprit de clarté se retrouve dans la posture d’un président de la république, Donald Trump, adepte des faits alternatifs pour mieux cacher sa propre turpitude. C’est ce que vient de démontrer une commission d’enquête suite à lAssaut du Capitole : une plongée sidérante dans les mensonges de Donald Trump.

« De la défaite de Donald Trump face à Joe Biden lors de la présidentielle du 3 novembre 2020 jusqu’à l’attaque initiée par les partisans du président sortant, une campagne de mensonges sur des fraudes imaginaires a été lancée. L’avocat Rudy Giuliani en a été la force motrice, encourageant le président à suivre son instinct, à proclamer sa victoire et à lancer la croisade contre les fraudes. Au total, 62 plaintes en justice ont été déposées par l’équipe présidentielle. Dans aucun des cas un tribunal n’a établi que les accusations de fraude étaient fondées.  L’échec des recours en justice, en novembre 2020, n’a nullement arrêté l’entreprise d’intoxication de l’opinion publique conservatrice. Au contraire. La commission insiste sur l’intérêt pécuniaire des mensonges promus par l’équipe Trump, qui envoyait jusqu’à 25 courriels par jour à ses sympathisants. Au total, 250 millions de dollars ont été levés, dont 100 millions de dollars au cours de la première semaine après l’élection présidentielle, supposément pour financer les plaintes et les investigations sur les fraudes. Le parti républicain s’est détruit sur l’autel de Trump.

Lire aussi : Donald Trump, narcissique et psychopathe

Le point de vue des écologistes : Une humanité qui est devenue le cancer de la Terre (cf. notre article de 2007), le parasite suprême, un super-prédateur et donc un psychopathe destructeur ne peut qu’accompagner ses dysfonctionnements par des éléments de langage qui justifient les comportements individuels et collectifs. Le déni de la réalité a été la première position des négationnistes du climat, la post-vérité devient aujourd’hui l’alibi mensonger qui clôt la discussion. Les psychologues ont certes parlé d’interaction spéculaire ou de dissonance cognitive, n’empêche que le problème reste entier : comment réagir face à des médias qui nous font prendre l’état délirant des choses comme une situation habituelle qu’on peut regarder calmement dans son fauteuil, devant la télé ? Des jeunes, des moins jeunes et des associations essayent de faire ce qu’il peuvent dans un monde en folie. Plus nous serons nombreux pour agir, moins l’effondrement de la société thermo-industrielle sera violent. Mais restons lucide. Tant que notre nombre démesuré et notre croissance économique, disproportionnés par rapport aux possibilités limitées de la planète, restera tel qu’il est, l’action individuelle et collective restera de peu d’effets.

Lire sur ce blog : Population et consommation en interactions

Notre striatum ne dit rien de nos besoins

Selon deux psycho-chercheurs,Thierry Ripoll et Sébastien Bohler, l’insatiable soif de croissance de l’humanité et la crise globale qui en découle seraient la conséquence de notre « câblage » cérébral. C’est du baratin teinté de déterminisme et de littérature romantique. Des références aux phénomènes d’addiction et de récompense mal digérées. Un certain nombre de mots clés comme cognition, psychologie cognitive, conditionnement. Aucune explication, du descriptif littéraire : l’homme programmé, comment et pourquoi, mystère…..

Sébastien Bohler : Le cerveau des vertébrés et des mammifères possède des structures cérébrales profondes, dont le système de récompense est, en son centre, le striatum. Cette structure nerveuse incite les êtres vivants à accomplir des comportements sans limites fixées a priori, en leur donnant du plaisir sous forme d’une molécule, la dopamine. Aujourd’hui, nous continuons à produire de plus en plus de nourriture, de plus en plus riche, pour cette partie fondamentale de notre cerveau, qui n’est pas programmée pour s’autolimiter. La suralimentation, l’obésité, le surpoids et l’émission d’un quart des gaz à effet de serre sont dus à l’absence de limite dans la satisfaction de nos besoins alimentaires.

Thierry Ripoll : L’objectif de croissance est inhérent au vivant. Nous, les humains, sommes une espèce invasive d’une grande île qui s’appelle la Terre. Or, l’évolution qui nous a aussi programmés pour croître est aveugle : elle ignore la finitude de la planète. D’où cette aporie : croître indéfiniment dans un monde fini. Nous sommes soumis à deux tensions contradictoires : celle issue de forces évolutives archaïques nous incitant à croître et celle issue de la partie la plus évoluée de notre cerveau nous enjoignant de prendre en compte les limites de la planète. Notre avenir sur Terre dépendra de l’issue de ce conflit.

Michel SOURROUILLE : Le striatum, bof ! J’ai lu il y a fort longtemps « âge de pierre, âge d’abondance », un livre de Marshall Sahlins. La virgule peut prêter à interprétations. En fait cette étude démontrait que l’âge de pierre (les sociétés premières), c’était vraiment l’âge d’abondance : sans désir de superflu, il n’y avait pas sentiment de manque. Autrefois, aux temps de la chasse et de la cueillette, on vivait en effet un sentiment de plénitude car on limitait les besoins… et donc le travail… pour avoir plus de temps libre… et être heureux. Aujourd’hui l’intérêt du moment change, de plus en plus vite. Il y a toujours un nouveau faits divers à la télé, iI y a toujours un machin de la dernière génération qu’il faut posséder et bientôt la voiture électrique remplacera dit-on la thermique. La période contemporaine fait courir la plupart d’entre nous derrière l’illusion de l’abondance… à crédit. Mais bientôt on sera OBLIGÉ de s’auto-limiter par insuffisance des ressources…

Recensions sur notre blog biosphere

âge de pierre, âge d’abondance (Marshall Sahlins)

– Pourquoi détruit-on la planète ? (de Thierry Ripoll)

Notre cerveau nous pousse à détruire la planète (Sébastien Bohler)

Eurosatory, Macron va-t-en guerre

Macron va-t-en guerre ! Le 13 juin 2022 à Villepinte, il a marqué de sa présence l’inauguration du salon Eurosatory, ce supermarché de la mort qui se tient depuis 1967 tous les deux ans et ne cesse de croître. Là, le client solvable peut se procurer l’attirail complet de l’assassinat de masse, depuis l’arme de poing jusqu’au char d’assaut . Le président de la République y a indiqué que la France doit entrer dans une « économie de guerre ». Son opposé, René Dumont, présidentiable écolo en 1974, constatait : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du tiers-monde. ». Les ventes d’armes n’ont pour finalité que de semer la souffrance et soutenir la belligérance. L’absence de réglementation sur le commerce mondial des armes est alarmante. La France doit se retirer du marché international de l’armement de façon unilatérale et progressive. Dans un premier temps il faudra fermer Eurosatory, ce supermarché de la mort. Malheureusement notre époque est à l’exacerbation des tenions internationales et les militants anti-guerres sont de moins en moins nombreux. En l’an 2000 le collectif pour fermer Eurosatory était composé de plus de 50 groupes. Le 15 juin 2010, un petit rassemblement contre les Profiteurs de guerre et les Marchands d’armes était prévu à 18h à Paris au Mur de la Paix (Champ de Mars). En 2022, les Mennonites de France ont appelé à une manifestation pacifique le 11 juin à Strasbourg contre le salon de l’armement. Le mouvement Stop fuelling War (Cessez d’alimenter la guerre) devient ultramontaine, c’est inquiétant.

Emmanuel Macron

« Quand les menaces augmentent, les moyens doivent suivre. J’ai demandé au ministre des armées de pouvoir mener dans les semaines qui viennent une réévaluation de la loi de programmation militaire à l’aune du contexte géopolitique »

Notons que le nouveau ministre des armées, l’opportuniste Sébastien Lecornu, avait été nommé 21 juin 2017 secrétaire d’État après du ministre de l’écologie après le second tour des législatives de l’époque, Il n’était pas écologiste, juste politicien et instrument de Macron contrôler Nicolas Hulot. Macron s’entoure de gens qui lui ressemblent.

Michel SOURROUILLE

Un président d’envergure internationale mettrait la totalité des forces armées françaises à disposition de l’ONU. La France ne chercherait plus à préserver une défense armée nationale, elle serait directement partie prenante d’une instance internationale ayant pour objectif premier le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Notre pays pourrait ainsi assurer d’une façon indirecte sa propre sécurité : pourquoi attaquer un pays qui se veut le garant de la paix universelle ?

Le point de vue des écologistes : Pour préserver la paix, prépare la paix et non la guerre. Aujourd’hui de 41 milliards d’euros environ, le budget des armées devrait atteindre les 50 milliards d’ici à 2025. Un non-sens ! Le mouvement écologiste est explicitement partisan d’une non-violence efficiente. Ainsi dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001) : « Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme. Conditions :

  • Une conception globale de sécurité mondiale qui donne la priorité aux aspects sociaux, économiques, écologiques, psychologiques et culturels d’un conflit, au lieu d’une conception fondée prioritairement sur les rapports de forces militaires ;
  • Un système mondial de la sécurité susceptible de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits ;
  • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures, à l’éradication du racisme, à l’encouragement de la liberté et de la démocratie et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
  • Un désarmement général et complet, notamment par des accords internationaux, afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques, des mines anti-personnel et des armes à l’uranium appauvri ;
  • Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;
  • L’établissement d’un code de conduite rigoureux concernant les exportations d’armes. »

Budget des armées françaises, 41 milliards actuellement. Notons en comparaison que les Casques bleus de l’ONU, c’était un budget de 8 milliards de dollars en 2015, une somme beaucoup trop faible pour intervenir sur tous les points chauds de la planète alors que les missions de l’ONU deviennent plus complexes. De maintien de la paix (peacekeeping), on s’oriente vers une forme d’engagement « multidimensionnel » pour la construction de la paix (peacebuilding) : désarmer les combattants, reconstruire les institutions, promouvoir les réformes, réconcilier les peuples. Or son budget annuel (de juillet 2021 à juin 2022) est évalué à quelque 6,5 milliards de dollars, moins qu’en 2015. Notons enfin que le secteur de l’armement avait enregistré un nouveau record de ventes en 2020. Le chiffre d’affaires de 531 milliards de dollars avait connu une hausse de 1,3 % en 2020 pour la sixième année de suite, alors que dans le même temps l’économie mondiale chutait de plus de 3 %. à cause de la pandémie.

L’Ukraine n’est qu’un début, nous allons gaiement vers des destructions massives autour de la conquête de territoires déjà occupés (comme l’Ukraine ou Taïwan) et surtout dans l’accaparement des dernières ressources fossiles qui devraient pourtant rester sous terre. La Terre devient une planète de désolation, signe du temps de la fin de la civilisation thermo-industrielle.

Lire aussi : Le coût écologique exorbitant des guerres

et, Pauvreté, guerre et surpopulation sont liées

Jacques Maret, un paysan malthusien

Jacques Maret est un paysan engagé, auteur en 2006 du livre « le Naufrage Paysan ou comment voir l’avenir en vert ». Il a contribué en 2014 au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Voici le contenu de son chapitre.

Population, alimentation, agronomie et famines

Ce chapitre est un condensé de l’ouvrage du même auteur, « le Naufrage Paysan » qui développe de façon plus explicite que l’agriculture est la première culture humaine, celle qui a permis le développement démographique de notre espèce.

Avant propos : Pour bien décrypter la pensée unique moderne, il nous faut tenter de comprendre comment les experts ont mis en place cette pensée unique. Pour les démographes officiels, les experts économistes et la quasi totalité des politiques, la croissance d’une population déclencherait sa dynamique économique. Leur credo est basé sur cette idée plus que simpliste, que tout doit toujours croître, un peu comme si les « paroles de la Génèse » étaient une vérité absolue, à savoir que l’homme devait croître et se multiplier, pour peupler la surface de la Terre. Les économistes, notamment pour un capitaliste libéral effréné, comme pour un marxiste productiviste, ont d’ailleurs la même idée fixe que la seule solution pour les sociétés humaines est de toujours croître et augmenter, quel qu’en soit le coût humain social et environnemental.

Nous ne sommes plus dans un monde illimité.

Si ces théories peuvent encore s’expliquer dans un monde sans limites connues, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans un monde fermé les flux de nourriture et d’énergie nécessaires à la (sur)vie humaine et de toute espèce vivante posent des problèmes de logistique, les limites de la Planète s’imposent. Les mêmes critères s’imposent d’ailleurs à toute espèce vivante ! Il est inutile de citer de nombreux exemples, mais la dynamique des populations, comme l’épuisement des ressources ne peut que réguler tout système vivant. L’espace vital d’une espèce a deux constantes : la nourriture qu’elle peut tirer de son domaine, et le maintien en état du milieu pour sa vie y reste possible. Mais l’histoire humaine diverge momentanément de cette dynamique lors de la fin du Paléolithique, lors du passage des tribus migrantes ou migratrices, vers les tribus « villageoises ». D’un animal « comme les autres », subsistant sur son milieu ou allant voir ailleurs si le milieu est plus propice à sa survie et à celle de sa progéniture en cueillant ce qu’il trouve, il devient chasseur. Et les reliefs de ses repas finissent par attirer un canidé sauvage, de moins en moins sauvage, et qui finit même par lui « rabattre » son gibier.

Pendant des millénaires, les connaissances paysannes ont permis le passage d’une économie de cueillette stricte à celle de l’éleveur puis au cultivateur.

L’espèce humaine, bien qu’étant une espèce animale parmi les autres, a au moins deux ou trois capacités très exacerbées en comparaison de celles des grands prédateurs ou des grands singes. Tout d’abord sa capacité à transmettre, même si de multiples espèces possèdent des phénomènes culturels, le genre Homo a très vite multiplié cette capacité, par la parole, le dessin, les cultes devant l’incompréhensible Nature. Mais surtout, la capacité à s’abstraire de notre espèce est très vite devenue une force pour notre survie et notre croissance démographique. Certes de très nombreux animaux utilisent des outils, tels que certaines loutres cassant les huîtres grâce à deux cailloux, les chimpanzés utilisant des bâtons pour « pêcher » les termites, deux cailloux de taille très différente pour casser des noix. Le groupe et sa coopération sont aussi une force de notre espèce. Tout comme est celle des grands prédateurs qui chassent en meute, certains rabattant, d’autres effrayant, enfin les derniers capturant le gibier, gibier partagé par la meute ensuite. Intervient ici aussi notre capacité à transmettre notamment lorsque nous posséderons l’écriture, ce qui en plus de la simple transmission orale, permet de transmettre aux générations futures les connaissances accumulées.

Au Néolithique, l’Homme a exacerbé les capacités des milieux par l’élevage puis l’agriculture.

On peut s’imaginer facilement la quête de nourriture pour les grands singes que nous sommes, vivants dans les milieux où sont encore nos proches cousins chimpanzés ou autres simiesques. Les saisons étant en règle générale toujours propices à la pousse végétale, le souci du lendemain le ventre vide est quasi absent. Quoique, dans le cadre de la préservation de la progéniture du groupe, il est probable que des prévisions durent se faire jour. Notamment dès que nous devînmes chasseurs, avec l’aide des canidés rabatteurs puis domestiqués. Cette coopération inter-spécifique fut certainement précieuse pour l’apparition des autres animaux d’élevage, certainement vite devenus une sécurité alimentaire miraculeuse. Plus besoin des risques de la chasse, de ses dangers et du retour les mains vides. La conception d’enclos, puis probablement de nurseries, permirent surement de stabiliser la croissance démographique des tribus profitant ainsi d’une certaine protection contre les disettes. C’est sûrement au début du Néolithique que notre espèce a compris l’imbrication paysanne entre un milieu, les animaux y vivant ainsi que les végétaux intéressants pour notre subsistance. Ainsi que le lien agronomique très fort entre l’accumulation des déjections dans les enclos et la pousse ultérieure des plantes. Notre « ingéniosité » et notre sens de l’observation ont certainement fait le reste, ce qui a permis encore d’augmenter pour une surface identique la sécurité alimentaire. Donc la possibilité de peuplement.…

Mais cette paysannerie avant l’heure restait encore très dépendante de la Nature.

Peu de chose pouvait faire basculer la tribu dans la précarité, la disette, voire la famine. Mais une migration vers un milieu vierge, ou régénéré, permettait sûrement de continuer à manger à sa faim, du moins tant que l’on est en climat « sans hiver »….On peut se demander quelle mouche a piqué Homo pour partir ainsi à la conquête de milieux a priori hostiles, voire très hostiles. D’extraordinaires stratégies d’adaptation ont été élaborées pendant des millénaires, mettant en place des régimes alimentaires totalement contradictoires, depuis le végétarisme quasi total, jusqu’au régime carnivore complet. Une interrogation très prégnante sur notre situation actuelle serait de savoir à quel moment de notre évolution historique nos divers groupes ont « choisi » de rester nomades ou de devenir de plus en plus sédentaires, au risque de devenir des combattants capables de tout pour défendre le territoire de survie de la Tribu, puis du Pays voire de la Nation…. La rupture entre notre espèce devenue sédentaire et son milieu, sa « Planète Mère » au sens des Amérindiens, s’est passée au moment du Néolithique, de façon certainement progressive. Et dans le contexte des climats continentaux, pour la survie de la tribu, il a fallu inventer toutes les façons possibles de stocker de la nourriture, parfois beaucoup de nourriture…. Même pour une tribu d’éleveurs, il faut nourrir les animaux l’hiver.… Cette hantise du stock de nourriture hivernale ne fait plus partie de notre quotidien de citoyen, mais bien encore de celui de paysan qui essaye d’être autonome…. Il s’agit là d’une interrogation, de stratégies permanentes, souvent simples, parfois difficiles, comparables à ce que peut mettre en place un éleveur dans le Sahel, toutes proportions gardées.Toutes sortes de techniques ont du être utilisées, depuis les échanges de savoirs, jusqu’aux échanges de reproducteurs ou de semences.

Cette paysannerie de subsistance va très vite évoluer sous la pression de notre ingéniosité…

Non seulement de notre ingéniosité, mais aussi de notre comportement nomade qui permit l’échange de marchandises, de nourriture également. De très nombreuses périodes de prospérité économique et politique ont souvent abouti à des densités de population très fortes en relation avec les moyens techniques de ces époques. Sans rechercher des dizaines d’exemples, on peut citer quelques cas emblématiques. L’agriculture gauloise était capable de nourrir une population très importante, d’où probablement la « Conquête des Gaules » par un Tribun comme César. Qui contrôle la nourriture peut prendre tout le pouvoir ! Les agricultures Aztèques ou Mayas ont aussi été au service d’états très peuplés, forts et puissants. La France des années précédant la « Guerre de cents ans » était aussi dans ce cas, les estimations démographiques dépassant largement les vingt deux à vingt quatre millions…. Plus proche de nous, les densités de certains départements français dans le courant du dix neuvième siècle ou du début du vingtième sont à proprement parler époustouflantes… grâce par exemple aux terrasses en demie montagne ardéchoise, la productivité était forte, mais très fragile et dépendante de nombreux éléments extérieurs aux territoires concernés. Ces lieux nécessitaient par exemple à certains de leurs travailleurs de migrer l’hiver pour nourrir la famille restée sur place pour entretenir le troupeau. Les « Auvergnats de Paris », les « petits savoyards » ramoneurs, les exemples abondent de ces équilibres humainement instables dans des territoires confinés.

Mais ces équilibres sont tous instables, dépendants de multiples facteurs.

Les autonomies étaient partielles, et des facteurs externes, économiques, politiques, de santé, de guerres peuvent voir s’effondrer ces structures. Il est parfois incompréhensible de voir fondre comme neige au soleil la population de villes comme Rome, ou les cités des civilisations précolombiennes. Les effondrements démographiques sont plus évidents quand on considère la « Grande Peste Noire » des années 1345 à 1350.Ou la disparition de nombreuses sociétés villageoises suite à la saignée de la Grande Guerre, ne permettant plus le renouvellement des générations et surtout la mise en place des techniques paysannes, souvent dévoreuses de temps et d’énergie humaine. Toutes ces civilisations ou organisations disparues, parfois corps et biens, montrent bien la fragilité de nos sociétés, notamment pour la stabilité de la nourriture…. Et pourtant, sans nourriture, pas de société humaine. Et sans agriculture, pas de nourriture pour la population de notre Planète. Depuis quelques dizaines d’années, la facilité des échanges à travers le monde entier a permis de gommer massivement les aléas climatiques et ou politiques. Ces échanges se font grâce aux énergies fossiles et aux techniques modernes. Mais depuis ce même laps de temps, notre nombre a plus que quadruplé, ce qui fait que plus aucune terre vierge ne peut être occupée par notre espèce, pour que nous puissions nous nourrir, même en partielle autonomie…

Cette longue présentation du monde Paysan peut être résumée en quelques phrases.

La « Révolution Néolithique » a permis une relative abondance locale, fragile certes, mais modulable et de nature régénérable. Cette Révolution n’en en fait pas une, juste l’évolution d’une espèce qui a fortement utilisé ses milieux de vie… jusqu’à les modeler de façon extrêmement fine, à développer des symbioses, des milieux totalement anthropiques…Toute espèce vivante interagit avec son biotope, quelle qu’elle soit…!!! Depuis la sédentarisation rendue possible par la Révolution du Néolithique, notre espèce fait plus qu’interagir, elle modèle, bouscule, transplante, modifie même les espèces qui lui sont utiles. Mais tout ceci se faisait selon des règles identiques aux autres espèces, sans que les milieux ne puisent se régénérer…. Ce qui a mené parfois à certaines désertifications, mais souvent au ré équilibrage spontané des densités de populations.

Ce qui a changé depuis quelques millénaires, c’est l’empreinte parfois indélébile laissée par certaines pratiques, notamment en terme de dépendance globale de nos communautés. Et lorsque les pratiques humaines dégradaient un milieu au point qu’il ne puisse se régénérer ou se ré équilibrer, notre possibilité d’y vivre en disparaissait. Entrainant peut être parfois de terribles catastrophes écologiques, comme le chamois déclenchant une avalanche de neige ou de pierraille en ratant un saut…!

Jusqu’aux « révolutions vertes », un paysan était en relative autonomie avec son voisinage.

Mais nous avons vu en quelques exemples que tout ceci peut disparaître très brutalement, par des ruptures imprévisibles. Un des exemples les plus flagrants serait la « Grande Peste » des années 1345 qui vit la population du royaume de France être divisée par deux en moins de cinq ans, suite à des échanges accélérés par la cupidité humaine… On voit donc bien que malgré cette autonomie partielle, des événements démographiques colossaux peuvent émerger. Et détruire rapidement un équilibre apparemment solide !

Mais aujourd’hui, l’autonomie paysanne n’existe plus, l’interdépendance est poussée à son comble sur quasiment tous les secteurs de chaque ferme. Fertilisants, traction, semences (végétales comme souvent animales..!), matériels, même souvent les techniques, tout ou presque dépend de l’extérieur Parfois de l’autre bout de la Planète, comme le fuel ou les protéines végétales telles que le soja. La productivité pondérale par hectare a certes crû de façon vertigineuse, mais les calculs sont totalement faussés, puisqu’on ne compte pas dans les surfaces et les rendements par hectare les flux d’énergie fossile, ni les équivalents en surfaces importées….Mais au final, ce qui importe vraiment c’est notre empreinte écologique en terme de surface disponible, et en terme de régénération équilibrée de la dite surface !

Aujourd’hui chacun habitant dispose d’un gros hectare de surface cultivable, deux tiers d’hectare pour 9 milliards d’habitants en 2050.

Les quelques exemples historiques mis en évidence ci-dessus, avec une population infiniment plus faible qu’aujourd’hui, montrent bien que celle ci peut imploser sous le coup d’événements imprévus. Tous ces exemples sont pris à des époques pendant lesquelles la population était au moins cinq fois plus faible que maintenant… les surfaces disponibles étaient donc infiniment plus grandes que ce modeste hectare..… Cette surface ridicule doit être située dans une zone idyllique alliant en permanence beau temps, bon état agronomique, disposer de la main d’œuvre qualifiée pour produire sans pétrole et permettre une alimentation saine.

Le caractère étriqué de cette surface, la surpopulation, montrent que ce sera une gageure.

Nous avons vu ci dessus que sans agriculture, pas de société humaine telle que nous l’entendons et la vivons aujourd’hui, avec une organisation fortement axée sur l’urbain, les « campagnes » ayant été laissées pour compte depuis environ cinquante ans. Cette urbanisation couplée à l’industrialisation forcenée de notre économie a eu pour la ruralité deux conséquences majeures. Tout d’abord une désertification sociale qui rend parfois les lieux inhospitaliers pour les jeunes, qui abandonnent encore plus vite ces territoires.… Mais un autre phénomène induit est encore plus prégnant, il s’agit de l’état biologique des terres. Celui-ci est tellement dégradé que certains sols sont quasi stérilisés, et que seules y poussent les agro-fournitures engraissées et protégées par la chimie. Il n’est pas rare de voir des parcelles où même les « mauvaises herbes » ne poussent plus… Force est de constater que la capacité de l’agriculture biologique à nous nourrir semble compromis sur ces terres « brûlées par la chimie » qui représentent la quasi totalité des terres disponibles. Certes une régénération est possible avec des savoirs-faire paysans, mais tout cela demande parfois beaucoup de temps et de patience !

Comment envisager de nourrir plus de monde dans ce contexte ?

Peut-on de façon réaliste envisager de produire plus, de meilleure qualité sanitaire qu’aujourd’hui, alors que nous savons que l’énergie indispensable à la traction mécanique, aux engrais et à la chimie de synthèse va manquer ou du moins décupler ses prix ? Peut on de façon réaliste envisager de produire plus, alors que l’état agronomique de la plupart des terres est fortement déficient, que le climat se réchauffe de façon apparemment très rapide ? Peut on de façon réaliste envisager de produire plus, alors que la diversité biologique, sauvage comme domestique, s’effondre ?

En outre, même en bouleversant notre mode alimentaire occidental trop carné, peut être même beaucoup trop, il n’en reste pas moins que la surface attribuable à chaque individu humain devient très exiguë, au maximum un carré d’environ cent mètres de côté. Ce simple aspect peut permettre d’évoquer la répartition des ressources et la nécessité de ne pas gaspiller les biens rares et/ou communs, l’eau, l’air, la nourriture…

Comment envisager un entassement pareil sur TOUTE la Planète sans implosion sociétale ?

C’est probablement un des aspects de la promiscuité qui est la plus décalée par rapport à l’alimentation, mais on ne peut pas ne pas l’évoquer. Si l’agriculture est la première culture humaine, il n’en est pas moins vrai que notre vie sociale présente un caractère incontournable, car la seule alimentation ne suffit à aucune espèce vivante animale, ni peut être même végétale. En dehors de l’aspect purement social, l’entassement et la promiscuité peuvent et vont provoquer des conséquences sanitaires probablement dramatiques en terme de mortalité… Le vieillissement de notre population est aussi un aspect dont les conséquences peuvent être imprévisibles, tant en terme de croissance ou décroissance démographiques, mais aussi en terme de dynamisme social.

La nécessité de décroître énoncée par Malthus (1766-1834) est donc incontournable.

Dans la perspective de l’alimentation, de la consommation d’énergie et des matières premières, nous sommes devant un constat assez simple, la quasi totalité de ces facteurs sont à la limite de la rupture. Il est donc certain que, de fait, la population ne peut plus augmenter, au risque évident d’un effondrement de nos moyens de nourriture… Homo « Sapiens » (!) pense pouvoir maîtriser les lois de la nature (procréation in vitro, OGM, biologie synthétique etc). Mais la nature sera toujours la plus forte. Il faut qu’elle puisse reprendre ses droits car l’homme a oublié qu’il en était lui-même issu. Y compris et surtout pour notre alimentation, car sans agronomie et sans paysan, pas de société humaine…. Malthus avait donc probablement « mis le doigt là où ça fait mal », en expliquant il y a deux cents cinquante ans que Homo Sapiens Occidentalis avait les yeux trop gros pour le ventre de « notre Planète-Mère ».

Dégradation des terres, famine en vue

« Global Land Outlook ». La deuxième édition du Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) alerte en 2022 sur les conséquences majeures du mauvais état des sols. Mais on n’aborde par l’autre aspect du problème de la famine, la question démographique… sauf en commentaires sur lemonde.fr

Lire, irréversibilité (rapport de l’UNCDD en 2007)

Martine Valo : Sur la planète, 40 % des terres sont désormais dégradées, ce qui affecte directement la moitié de l’humanité, alerte l’UNCCD dans un rapport publié le 27 avril 2022, Perspectives foncières mondiales (Global Land Outlook). La situation s’aggrave très rapidement : la précédente édition de ce rapport, publiée en 2017, évaluait à 25 % la part des sols dégradés, et à 3 milliards le nombre de personnes affectées. Soixante-dix pour cent des terres émergées de la planète ont déjà été transformées par l’homme, « provoquant une dégradation environnementale sans précédent et contribuant de manière significative au réchauffement climatique ». Urbanisation et bétonisation galopantes, industries d’extraction, les causes de dégradation sont multiples, mais la principale responsable est explicitement désignée : l’agriculture moderne. Ce secteur « a altéré le visage de la planète plus que n’importe quelle autre activité humaine ». Les modèles de monoculture intensive dopée aux intrants chimiques dévorent les espaces naturels et constituent la première cause du déclin de la biodiversité. Entre 2013 et 2019, 70 % des forêts défrichées l’ont été pour les cultures et l’élevage, en violation des lois ou des règlements nationaux… Or, l’épuisement des sols est synonyme de pauvreté, de faim, d’émergence de zoonoses, de migrations et de conflits. Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de l’UNCCD, rappelle que, dans la Corne de l’Afrique, beaucoup de gens succombent à cause de la faim aujourd’hui, que même les chameaux meurent de soif par endroits. « On a du mal à mesurer les conséquences de long terme des sécheresses sévères. Elles parviennent à déstructurer des sociétés, font fuir les gens vers les villes, témoigne Ibrahim Thiaw, qui est originaire de Mauritanie. « Nous devons arrêter de discuter en silos, de l’eau d’une part, de l’élevage, des gaz à effet de serre d’autre part. »

Commentaires malthusiens sur lemonde.fr

Hein : Y aurait-il donc une moitié de population mondiale en trop?

Jean-Pierre M : L’agriculture moderne c’est pour donner à manger à la surpopulation d’humains qu’il y a sur cette planète et pour un prix acceptable … et ce n’est pas près de s’arranger

Olivier : La croissance de la population est le problème majeur. Mais comme elle provient des pays du Sud, le sujet est totalement tabou. De nombreux pays d’Afrique ont vu leur population quintupler en quelques décennies.

Rodolphe Leroy : L’empreinte écologique globale par habitant en Afrique est de 1,4 hectares., celle d’un français 5,1 ha. La biocapacité en Afrique est de 1,5 hectares par habitant. Ils ne sont donc pas encore en déficit écologique. Celle de la France est de 2,5 ha/hab. Avec notre train de vie, nous sommes au moins 2 fois trop nombreux.

Janis : Le désert avance en Afrique du fait du surpâturage et de la surexploitation des sols. Le tout à cause de la démographie délirante. Mais comme l’Afrique est infoutue de contrôler sa démographie – il faudrait déjà qu’ils percutent … – et qu’il ne faut pas les critiquer parce que ce serait raciste, forcément, on n’est près d’y arriver.

les carottes sont cuites : Le big problème c est la démographie délirante de certaines populations mais il ne faut surtout pas le dire, plutôt nous accuser de manger de la viande …67 millions de Français consommerons toujours moins que 1,8 milliards d afri…..en 2050, et il faudra bien les nourrir…

Marie-C.D :Trop de gens sur terre… La surpopulation tue la Terre… Ils mangent, ils construisent, ils industrialisent, ils vivent, tout simplement…Et apparemment, ce n’est pas un modèle compatible avec non seulement la faune et la flore, mais aussi la terre elle-même… Et la plupart des gouvernements ne voient pas plus loin que leur réélection ou leur maintien au pouvoir..

Lire, nous créons le désert

Croissance incontrôlée, cancer de la société

En 1972, répondant à une commande du Club de Rome, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient The Limits to Growth, un rapport montrant que la croissance économique ne pouvait se poursuivre indéfiniment dans un monde aux ressources finies. Il prévoyait que la population ainsi que la production industrielle et alimentaire finiraient par ralentir puis reculer, contraintes par les limites de la planète.

À lire, résumé du texte de 1972

Voici ce que pense en 2022 Dennis Meadows, coauteur de ce rapport :

Dennis Meadows : « En 1972, nous avions encore une chance de garder la démographie et la consommation à des niveaux soutenables. Mais pendant cinquante ans, nous n’avons pas agi. Imaginez une voiture qui roule vers un mur. Elle peut s’arrêter de deux façons, soit en freinant, soit en heurtant le mur. Nous sommes au-delà de la capacité de la Terre à nous soutenir, le déclin de notre civilisation à forte intensité énergétique et matérielle est inévitable. Lors de la réédition de notre ouvrage, en 2004, il était encore possible de ralentir par une action humaine. Maintenant, je pense que c’est trop tard. La question n’est plus de savoir SI la croissance va s’arrêter, mais COMMENT. Le niveau de vie moyen va baisser, la mortalité va augmenter. Cela signifie-t-il l’effondrement ? Si vous allez aujourd’hui en Haïti, au Soudan du Sud, au Yémen ou en Afghanistan, vous pourriez conclure qu’il a en fait déjà commencé. Il y a eu tellement de civilisations, les Phéniciens, les Romains et, plus récemment, les Américains. Elles se développent et puis c’est leur fin. Le développement durable n’est plus possible. Le terme de croissance verte est utilisé par les industriels pour continuer leurs activités à l’identique, c’est un oxymore. Si les objectifs d’une société sont d’exploiter la nature, d’enrichir les élites et de faire fi du long terme, alors elle développera des technologies dans ce sens. La limitation du changement climatique est utile, mais revient à donner une aspirine à quelqu’un atteint d’un cancer. Cela l’aidera seulement à se sentir mieux temporairement. Il faut mettre fin à la croissance incontrôlée, le cancer de la société. Il n’y a pas de solution sans une réduction drastique de nos besoins en énergie.

Quand tout le monde comprendra que la croissance ne peut pas continuer, les changements nécessaires seront impossibles car ceux qui s’attendent à obtenir moins y feront obstacle. Or si les gens doivent choisir entre l’ordre et la liberté, ils abandonnent la seconde pour le premier. Je pense que nous allons assister à une dérive vers des formes de gouvernement autoritaires ou dictatoriales. Tous les systèmes politiques – démocraties, dictatures, anarchies – échouent à résoudre les problèmes de long terme, comme le changement climatique, la hausse de la pollution ou des inégalités. Ils ne le peuvent pas, à moins qu’il y ait un changement dans les perceptions et valeurs personnelles, se soucier vraiment les uns des autres, des impacts sur le long terme et dans des endroits éloignés. »

Lire, Les limites de la croissance (1972-2012), quarante ans de perdus

Quelques réactions d’Internautes :

M. Maurice : Meadows a réalisé en 1990 et en 2002 la mise à jour du rapport en intégrant les nouvelles connaissances. Le rapport est basé sur une modélisation systémique et non sur une approche discursive. La prospective (il s’agit bien de prospective et non de prédiction) s’aggrave à chaque mise à jour. Les problématiques vont bien au-delà du changement climatique, elles concernent également la disponibilité de l’énergie et des matières premières qui passent les pics de production une après l’autre. Toute personne au contact des viticulteurs, arboriculteurs, pêcheur, toute personne comme moi au contact des réassureurs peut vous assurer qu’il ne s’agit en aucun cas d’une légende.

Yallayalla : Merci Monsieur Meadows. Voilà quelqu’un qui pense clairement. Et qui sait de quoi il parle (une rareté). Un bémol: La décrue qui s’annonce ne pourra être que violente. L’Ukraine, en comparaison, ce sera une petite virgule dans l’Encyclopédie. La Grande Guerre, 10 millions de morts. La seconde, 55 millions de morts. La troisième, larvée, établira un record qui défiera l’entendement. L’ère des murs a débuté et va prendre une ampleur extraordinaire. Qu’il s’agisse de la ceinture médiane de l’Afrique, de pays quasi condamnés comme le Bengladesh ou ….

Danmer : Les idéologues de la décroissance se sont toujours trompés . Si par malheur nous européens ou français serions touchés par ces idées , d autres zones du monde prendront notre place et se développeront.

Michel SOURROUILLE : Danmer, plus les pays se développent selon le modèle occidental, à la fois productiviste et thermo-industriel, plus ils accélèrent l’arrivée d’une crise profonde, ce qu’on peut appeler aussi décroissance économique du PIB. Tous les chocs pétroliers nous en donnent déjà un bon avant-goût ! Et le rapport de 1972 sur les limites de la croissance n’a jamais été démenti. Dire le contraire, c’est-à-dire aller contre des réalités biophysiques, c’est de la pure idéologie, c’est une pensée hors sol, voulant occulter le choc climatique, l’extinction des espèces, le stress hydrique, l’épuisement halieutique, etc. Il est vrai aussi que si la Chine et autres pays émergents continuent à vouloir imiter le modèle occidental, la planète deviendra invivable encore plus rapidement.

Alain Sager : Sur le fond, tout le monde sait parfaitement que la machine continuera à s’emballer jusqu’au dernier gramme de charbon, à la dernière goutte de pétrole, à la dernière émanation de gaz. Cela fait trois siècles environ que le système fonctionne de cette manière au-delà de toutes ses contradictions. Et puis, au fond, est-il souhaitable et nécessaire, que sur notre insignifiant globule, des êtres prétendument raisonnables continuent à s’agiter et à se propager ? Bien des sages n’en étaient pas certains jadis. Alors aujourd’hui !!

Nos textes antérieurs sur Meadows :

8 juin 2012, la nature va gagner contre l’homme, Meadows l’a dit

4 juin 1012, 2/4) croiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiissance, Meadows contre Hollande

30 mai 2012, Les limites de la croissance selon Gerondeau et Meadows

Croissance du PIB, décroissance des idées

Dans la campagne présidentielle, on trouve surtout des croissancistes, mais aussi les « altercroissants » de la croissance verte, et une seule avec l’étendard de la décroissance économique, Delphine Batho. Emmanuel Macron rêve tout haut d’une croissance de « 12 % ou 13 % » à horizon 2030 alors que Jean-Luc Mélenchon affirme dès 2012 « s’interdire le mot “croissance” ». Il est vrai que la croissance du PIB est globalement nocive pour l’environnement – plus on produit, plus on consomme, plus on détruit.

Lire, Une bonne nouvelle, la croissance du PIB est en panne

Elsa Conesa : Longtemps productiviste et convaincue de la nécessité de croître pour redistribuer, la gauche est devenue plus prudente, notamment depuis l’émergence des questions climatiques. Les crises écologiques ont ouvert le débat sur les externalités négatives de la croissance économique. Le leader de La France insoumise propose une « règle verte » : « Ne pas prendre à la nature plus qu’elle ne peut reconstituer ». A droite, les candidats restent en faveur d’une économie en croissance, mais même Eric Zemmour réfute « la croissance pour la croissance ». Cependant la sobriété peine à percer politiquement. Car dans l’opinion, la croissance demeure assimilée à la prospérité et au pouvoir d’achat.

Lire, 2022, le piège du pouvoir d’achat

Nos institutions sont actuellement conçues pour une perpétuation de la croissance . On éalue l’évolution du budget de l’État selon le rythme de croissance du PIB. Quand il y en a moins que prévu, la dette publique explose. Et certains peuvent même écrire que « Si la croissance était abandonnée comme objectif politique, la démocratie devrait aussi l’être ».

Lire, Hymne à toutes les décroissances

Voici les termes du débat sur lemonde.fr, mais pour nous il n’y a pas photo. Un politique ou un économiste qui croit à une croissance durable dans un monde clos est soit un fou, soit un irresponsable.

Marc Girod : Le fait de parler de croissance dans préciser de quoi est problématique, et trompeur. Il s’agit bien sûr de croissance du PIB, effet non pas de croissance de la prospérité ou du bien-être. Le PIB est une mesure de l’activité rémunérée. C’est donc une vision purement quantitative, non qualitative. Le processus est réducteur. La monnaie fonctionne comme convertisseur de qualité en quantité (mesurable et comparable). Les acteurs économiques s’engagent à rembourser des crédits à la mesure de leur système de valorisation propre. On additionne ainsi allègrement des projets antinomiques. L’activité résultante est factice, arbitraire, valorisée indirectement. Ce modèle est absurde et mortifère.

Edouard kidi : je suis plutôt croissant au beurre, avec un peu de confiture. Et surtout pas d’anxiolytiques. Matthieu Ricard, moine bouddhiste qui sème l’altruisme, la compassion et l »amour de l’autre fût inviter à donner un séminaire aux cadres d’une grande entreprise. Il parla donc de ces sujets. A la fin de son intervention, le modérateur le remercia puis dit ‘Passons maintenant aux choses sérieuses’.

LaVénalitéenMarcHe : Oui… L’autodestruction par la croissance du cynisme imbécile, c’est tellement plus sérieux. La radicalisation de la mauvaise foi croissanciste menace notre survie. Ainsi le noble Fourquet de l’IFOP pour qui « la vision traditionnelle est contestée, mais sans qu’on voie vraiment ce qu’est le récit alternatif. » Il faut un sacré culot pour affirmer, comme du temps de Thatchet/Reagan « TINA (There Is No Alternative) ». Comme si n’existait pas le nombre incalculable de livres, films, articles, reportages consacrés à ces alternatives depuis plus de 15 ans ! Sobriété, écovillages, bâtiments bioclimatiques, phyto-épuration, tiny house, économie circulaire e tutti quanti ? Connais pas ! Il est pourtant là, le « récit alternatif », avec sa cohérence et son efficacité… au lieu de moisir dans une vie grise de béton, d’ennui, TV, bagnoles, bruit, pollutions, bs jobs, violences, addictions, gadgets, malbouffe, perte de sens et de soi, inégalités et confiscation du pouvoir par les nantis. Il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir.

Francois M : En France , plus de 30% du PIB est le fait de la redistribution. Décroître, ce serait renoncer à la démocratie sociale ? Dictature ou ultra-libéralisme ?

Surtout : 300 000 sans domicile fixe déjà en France. Un chiffre qui a doublé en 10 ans. Combien en 2025 ? Un quart sont d’anciens enfants placés. En 2017, 49 bébés sont nés dans la rue à Paris, puis 100 en 2018 et 146 aujourd’hui.

Michel SOURROUILLE : La « création de richesses » n’est en fait qu’une transformation de ressources naturelles. Lorsque l’approvisionnement énergétique commence à être fortement contraint, il est logique que l’emploi tertiaire souffre autant que l’emploi productif. Retraites et études longues sont « assises » sur des consommations d’énergie importantes, il n’y a beaucoup de retraités et d’étudiants que dans les pays qui consomment beaucoup d’énergie. Les bons sentiments sans kilowattheures risquent d’être difficiles à mettre en œuvre ! Une journée d’hospitalisation en service de réanimation coûte de 500 à 5000 kWh d’énergie. Même si cela peut paraître sordide, dès lors que la quantité d’énergie est limitée, il devient légitime de se demander si la collectivité doit plutôt les dépenser pour sauver mille conducteurs imprudents, vingt malades de Parkinson ou pour maintenir en vie des personnes en bout de course avec des dispositifs lourds. (dixit Jancovici en 2011)

Patrick Artus, exemple de délire d’économiste

On ne compte plus les articles pondus par Patrick Artus dans les colonnes du MONDE. Ce prétendu spécialiste Patrick Artus, directeur de recherche de cette banque qui a coulé tous ses petits épargnants (Natixis), ose aujourd’hui : « La transition énergétique va nécessiter de disposer de davantage de revenu, donc de croissance ».

Lire, Alerte, les économistes déconnent grave

Artus ferait mieux de lire les commentaires de son article sur lemonde.fr, il deviendrait un peu plus intelligent.

JC : Ah! Le mythe de la croissance verte! Il n’y a pas le début de la queue d’un scénario économique qui concilierait croissance et ne serait-ce que le respect des engagements de l’accord de Paris. Ce dont parle Artus ici, c’est un BAU (business as usual) vaguement mâtiné de correction de trajectoire des investissements. Même l’Agence européenne de l’environnement reconnaît ouvertement dans un rapport de janvier 2021 (Growth without economic growth) que le découplage entre croissance économique et consommation « may not be possible ». Et conclut son « key message » par un « The various communities that live simply offer inspiration for social innovation ». C’était peu de temps après la tirade de Macron sur les Amish… Le techno-solutionisme et la croissance verte sont les croyances magiques ou les excuses de ceux (qui ont beaucoup à perdre ?) qui ont décidé de ne rien changer.

JMarc38 : 3 ou 4 points de croissance annuelle pendant 30 ans pour se passer du pétrole et du charbon, tout en maintenant notre niveau de vie… la macro-économie que l’on enseigne encore aujourd’hui devient de la prestidigitation ! Heureusement, on enseigne encore la physique et la biologie. A suivre!

Lire, P. Artus, la croissance économique ne durera pas toujours

HLR : Les bras m’en tombent…. l’ère du solutionnisme par la croissance est révolu depuis 50 ans. Le rapport du Club de Rome date de 1972, il n’y a que des économistes pour croire à la croissance infinie dans un monde fini.

JEL : Je suis stupéfait de voir qu’à la fin de 2021 on arrive encore à tenir un raisonnement qui repose sur le postulat d’une planète dont les ressources et la capacité à absorber nos pollutions seraient infinies. Donc oui, le recul de la consommation va être violent, et il le sera d’autant plus qu’on aura refusé de voir à quelle impasse le raisonnement économique nous mène. Et oui, il faudrait augmenter le niveau d’instruction dans les savoirs de base parce qu’il va falloir que plus de la moitié de la population revienne à l’agriculture. Ca va être violent aussi, mais sans pétrole, il n’y a pas d’autre option que le travail humain. Au passage, ça éliminera le chômage et relativisera la notion de pauvreté.

CJ : Pathétique… mais compréhensible ! M. Artus est vieux et espère sans doute s’en aller avant que l’aveuglement criant de sa pensée ne soit définitivement visible! Pas un mot sur les ressources, l’attrition du pétrole ou les besoins en cuivre, lithium etc… Pas une pensée sur les conditions réelles d’un monde à +2,7°C. Pour ces gens, les économistes, depuis 150 ans, les ressources étaient gratuites et illimitées dans leurs modèles… maintenant ce sont les conséquences évidentes de leur aveuglement qui sont totalement escamotées: on va quand même pas se laisser embêter par la réalité ! Ce monsieur devrait prendre sa retraite et laisser à d’autres, plus au fait de la physique élémentaire, la lourde tâche de pallier les conséquences de son inconséquence.

Frog : Le mot croissance accolé à celui d’environnement, ça commence déjà très mal. Je présume que ce monsieur imagine que tous les français seront équipés d’un SUV électrique alimentés par des capteurs solaire made in china d’ici 2050.… Mais l’environnement, il y gagnerait quoi, exactement ?

Michel SOURROUILLE : Patrick Artus a publié un livre en 2015, « Croissance zéro. Comment éviter le chaos ? » Il ne savait pas que la France n’était pas au « seuil d’un nouveau modèle de développement », mais au bord de l’effondrement. Le système thermo-industriel ne pourra pas résister à la disparition des énergies fossiles. C’est ce que prévoyait déjà le rapport au Club de Rome en 1972 : « Adopter un comportement de croissance, c’est finalement courir au déclin incontrôlé de la population et des investissements par voie de catastrophes successives. Cette récession pourrait atteindre des proportions telles que le seuil de tolérance des écosystèmes soit franchi d’une manière irréversible. Il resterait alors bien peu de choses sur terre permettant un nouveau départ sous quelque forme envisageable que ce soit ». Un jour la Nature haussera les épaules en concluant que laisser des singes parler d’investissements de croissance était amusant un instant, mais que, en fin de compte, c’était une mauvaise idée.
Lire, Le bêtiser des croissancistes fous

Nicolas Hulot et la DECROISSANCE

Les extraits suivants ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

A mes yeux comme à ceux de tous les écologistes, la question centrale qui se pose désormais est celle-ci : la croissance est-elle la solution ou le problème ? La réponse ne souffre guère de doute, nous nous heurtons aux limites de la planète. Un élève de CM1 peut comprendre que si notre appétit augmente alors que notre potager demeure à taille fixe, il ne peut y avoir de dénouement heureux. Et pourtant ! Tous les jours j’entends ou je lis l’affirmation que l’économie va repartir comme avant. Dans notre système, une croissance à deux chiffres est une bonne nouvelle, alors que c’est la pire des choses pour l’écologie. Nous consommons chaque jour ce que la nature a mis dix mille jours à commettre. Nous devrions nous soumettre au rendement de la nature. Nous ne pouvons qu’être effarés de notre propre aveuglement. Au nom de l’exigence d’un progrès devenu fou, les pires atteintes à la dignité du vivant, les plus brutales agressions envers l’environnement, les inégalités sociales criantes, le mépris croissant envers la beauté et le bonheur de vivre se sont accrus de façon inexorable.

Contrairement à ce que prétendent les statistiques économiques, nous sommes en période de décroissance depuis le milieu du XXe siècle. La croissance économique s’est faite aux dépens d’une forte décroissance du capital naturel. Il est tout de même étonnant que le monde capitaliste ait exclu le capital nature de ses calculs. J’ai toujours déploré l’abus que l’on fait de l’expression « développement durable ». J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à rendre plus digeste nos excès. Car il porte en lui-même une ambiguïté : de quel développement parlons-nous ? L’urgence écologique et sociale nous dicte-t-elle d’aller sur Mars ou de réduire la pauvreté et protéger la planète ? Existe-t-il une alternative entre la décroissance subie et la décroissance conduite ? Je voudrais revenir sur cette idée de décroissance. Sur la finalité, je suis convaincu du bien-fondé de la décroissance économique. Mais l’opérer engendrerait de tels bouleversements, de telles résistance et de tels affrontements que nous ne serions pas gagnants. Je ne vois pas comment nous pourrions imposer une décroissance économique dès demain sans provoquer un séisme social et économique, c’est une question de réalisme. Quand les adeptes de la décroissance me disent que nous sommes utilisés par le système, peut-être ont-ils raison ; mais qu’ont-ils obtenu avec leur prétendue pureté et leur radicalité politique ? A défaut de la notion idéale qui reste à inventer, celle de croissance sélective doublée d’une décroissance choisie peut rester l’ultime voie. Elle contient en elle-même le principe du choix : décider quels sont les flux compatibles avec la contrainte physique et quels sont ceux qu’il faut tarir. L’exemple des ressources halieutiques est à cet égard patent ; les suspendre pour laisser à la ressource le temps de se régénérer relève du bon sens le plus élémentaire. Nous avons abusé de tout en tout. Par conséquent, il s’agit de fixer des limites à notre avidité et à notre cupidité. La société à venir devra mettre fin à la surenchère, choisir ce qui doit continuer à croître et ce qui doit commencer à décroître : moins de biens, plus de liens ! La révolution écologique doit s’orienter vers la compréhension de la plus précieuse ressource sur Terre : nous-mêmes. Cette révolution est spirituelle, avec une règle d’or : de la mesure dans toutes chose. De la modération, de la régulation, de la sobriété partout. Économiser pour pouvoir partager, tel est notre principal devoir !

On aura du mal à demander aux gens d’aller vers une société de privation, mais pourquoi pas vers une société de modération ? Séparons l’essentiel du superflu, interrogeons-nous sur la légitimé de nos actes les plus quotidiens. Est-ce utile, Puis-je m’en passer ? J’aime beaucoup l’idée d’abondance frugale. J’ai lu ce terme pour la première fois sous la plume de Jean-Baptiste de Foucault, qui est un ancien commissaire au Plan. L’abondance n’a rien à voir avec l’opulence, c’est le fait que chacun dispose de ce dont il a besoin, mais de manière frugale. Notre société est condamnée à faire mieux avec moins. Si le changement est subi, les premières victimes seront toujours les mêmes, mais nous prendrons aussi notre part en deuxième ligne. Alors on peut en tout cas choisir une décroissance énergétique. Si nous ne l’organisons pas, elle va s’imposer d’elle même.Si nous laissons perdurer la situation actuelle, nous risquons d’entrer dans une société de privation, avec ses systèmes de quotas, ses cartes de rationnement et tout ce que cela peut compter d’atteintes aux libertés. Le meilleur moyen de s’y opposer, consiste à mettre en place sans plus tarder une société de modération.

Nicolas Hulot et le CODE MINIER

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

  Le code minier français date du 21 avril 1810. Les différentes réformes dont il a fait l’objet jusqu’à maintenant n’ont guère pris en compte la question de leur impact environnemental. Du temps de François Hollande, les députés avaient adopté le 25 janvier 2017 une proposition de loi visant à l’adapter le code minier. Cette réforme, annoncée depuis plus de cinq ans, a laissé un goût amer. En effet, si certaines améliorations ont pu être adoptées, bien souvent malgré l’opposition du gouvernement, cette réforme arrivait en fin de quinquennat et ne pouvait aboutir.

A l’heure actuelle, le « droit de suite » donne encore un droit quasi-automatique au passage à la concession pour les entreprises qui détiennent un permis de recherche. Le Code minier, une législation pour faire de la terre un gruyère ! Emmanuel Macron a paraphé, le 30 décembre 2017, un texte de loi à portée symbolique : « A partir de demain la recherche et l’exploitation des hydrocarbures ne sera plus possible. » La France était le premier pays développé à prendre un tel engagement, mais en réalité le projet était plus subtil. Une semaine plus tôt, le Journal officiel publiait dans ses colonnes six arrêtés prolongeant des permis de recherche de mines d’hydrocarbures dans plusieurs départements métropolitains. A l’origine, j’avais souhaité fermer hermétiquement les vannes des hydrocarbures, avec un texte très coercitif. Mais, soumis au lobbying pressant des entreprises pétrolières et gazières, en même temps qu’aux contraintes du très pesant code minier qui sanctuarise le « droit de suite », j’ai dû composer pour donner de la sécurité juridique au projet de loi et protéger l’État contre de possible compensations financières réclamées par des entreprises. Le texte laissera donc la possibilité de sortir de terre « quelques gouttes » de pétrole après 2040. Il est vrai que la décision politique est complexe et doit ménager des intérêts divergents.

Même dans le détail, ça bloque. Avant le départ du président de la République en Guyane le 26 octobre 2017, j’avais longuement insisté auprès d’Emmanuel Macron sur les menaces pour l’environnement d’un gigantesque projet minier au cœur de la forêt amazonienne, baptisé « Montagne d’or », un monstre sur 190 km2 de concessions, qui prévoit une fosse de 2,5 km de long, 500 mètres de large et 400 mètres de profondeur, avec une usine de traitement du minerai par cyanuration, ainsi qu’une gabegie d’énergie. Porté par un consortium russo-canadien, ce projet menace aussi directement deux réserves biologiques exceptionnelles. Pourtant je n’ai pas été entendu. Lors d’un entretien accordé à France Télévisions Guyane le 27 octobre 2017, le chef de l’Etat s’est dit favorable au dossier : « C’est un projet qui, je le pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane. » Que peut un ministre contre le président de la république ? Reporter les décisions qui fâchent dans le temps : « Les décisions ne seront prises qu’à l’issue du débat public ». Le débat organisé par la Commission nationale du débat public aura lieu au premier semestre 2018 pour une durée de quatre mois.

NB : ces extraits ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective… Chaque jour vous aurez un nouvel extrait sur ce blog biosphere jusqu’à parution intégrale d’un livre qui a été écrit en prévision de la démission de Nicolas de son poste de ministre de l’écologie. On ne pouvait avoir durablement un ministre voué à l’urgence écologique dans un gouvernement qui en restait au business as usual…

Nicolas Hulot et la PAYSANNERIE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  

Le grand désarroi tragique de l’homme moderne, c’est de ne plus être relié à rien. On ne sait plus comment pousse une betterave ! L’agriculture est un des domaines où nous avons opéré la plus grande transgression. L’homme a voulu se substituer à la nature. En l’espace de quelques décennies, il a détruit des milliards d’hectares de terres agricoles et les a transformés en une espèce de support mécanique inerte. Il est entré dans une spirale tragique consistant à injecter dans les sols toutes sortes de substances toxiques qui donnent un temps l’illusion d’une certaine productivité, mais qui sont très rapidement rattrapées par de multiples effets secondaires sanitaires et environnementaux. Les paysans ont aussi été dépossédés d’un droit ancestral : être propriétaires de leurs propres récoltes, et notamment de pouvoir en consacrer une partie au cycle de la reproduction de leurs propres graines. Les industries chimiques et pétrolières se sont organisées pour diviser ce monde en de grandes zones d’agriculture spécialisées qui ont atomisé le milieu agricole et ont conduit à un système totalement schizophrène de circuits longs, dans une débauche énergétique insensées qui occasionnent des externalités négatives considérables, émissions de CO2 notamment. Il a également détruit progressivement toues les cultures vivrières qui avaient mis deux millénaires à s’organiser. Il est temps que l’on cesse de créer des distorsions sur les marchés où, pour finir, l’agriculture vivrière locale est moins avantageuse que les produits d’importation…

Dans l’avant-propos du livre « L’impasse alimentaire ? », écrit par différents membres du Comité de veille écologique de la fondation NH, j’exposais les terme du débat : « On a abordé l’agriculture de manière dogmatique. Soit on rendu les agriculteurs responsables de tous les maux, oubliant qu’ils ne sont pour la plupart que des victimes d’un système pervers et aujourd’hui caduque. Soit on hésite à évoquer la problématique écologique, de peur de blesser une profession courageuse. Les deux attitudes sont aujourd’hui stériles et irresponsables. Il n’est pas davantage acceptables que, chez nous, l’agriculture soit une des principales sources de gaz à effet de serre quand on sait à quel point est grand le périls lié au changement climatique. On peut ajouter à cela le rôle joué par ce secteur dans l’érosion de la biodiversité. Les changements ou les adaptations qui s’imposent ne pourront être délégués aux seuls paysans, mais devront être pris en charge par les collectivité nationales et européennes. » L’urgence du changement est contenu par cette statistique évoquée par le livre : en juillet 1994, la revue Scientific American comparait les polycultures traditionnelles et les agricultures industrielles. Les premières produisent 100 unités de nourriture pour 5 unités d’intrant (de consommation) énergétique, les secondes ont besoin de 300 unités pour produire les mêmes 100 unités de nourriture. Je pense à une phrase d’Albert Einstein, « Le monde est dangereux à vivre. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Comment puis-je agir ? Difficilement quand on n’est pas ministre de l’agriculture.

Le programme du présidentiable Macron donnait de grandes lignes : « Nous réunirons tous les acteurs de la filière alimentaire, producteurs, distributeurs et consommateurs, dans le cadre d’un “Grenelle de l’alimentation”. Nous y définirons un calendrier prévoyant l’élimination progressive des pesticides. Nous soutiendrons l’adoption d’exigences similaires au niveau européen, dans le but d’accélérer la mutation de la filière agroalimentaire. » L’agriculture intensive est destructrice et épuisante alors que l’agroécologie est beaucoup plus sophistiquée. Il s’agit d’une combinaison de l’intelligence humaine et de l’intelligence de la nature, la première s’inspirant de la seconde. Mais la préparation de ces États généraux de l’alimentation (EGA) lors de l’été 2017 m’échappe face à la volonté du ministre de l’agriculture de prendre la main sur cet événement. J’ai très mal vécu ce moment, la façon dont Stéphane Travert a pris les commandes de ce chantier m’a profondément énervé. J’ai une telle dissension avec Travert que je n’arrive plus à communiquer avec lui. Les propos de ce ministre, renvoyant dos à dos tous les modèles (intensifs, bio…) ne peuvent en fait servir d’orientation. Les producteur(rice)s bio de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) dénoncent fin juillet 2017 un renoncement politique historique. Par décision du ministre de l’Agriculture, aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ne sera engagé dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera donc possible.

Le 11 octobre 2017, le chef de l’État concluait la première phase des EGA, limitée à la négociation des prix. Il a évoqué la nécessité de se doter d’un modèle agricole qui réponde aux objectifs de santé et d’environnement, l’agroécologie, le bien-être animal ou encore les choix absurdes faits sur les modes de production. J’espérais que ce discours fixerait une orientation, avec la perspective d’une loi sur ces questions, je croyais encore qu’il y aurait l’atterrissage politique que j’attendais. Mais je n’ai pas participé à la séance de clôture des EGA le 21 décembre 2017. J’étais furieux quand j’ai lu les conclusions que je n’ai découvert que dans le dossier de presse transmis seulement le 21 au matin. Il me fallait manifester clairement ma différence. Je ne vais pas aller faire le beau ou aller dire dans un micro que le compte n’y est pas. Cette phase 2 ne se traduisait pas en actions concrètes, avec des objectifs et des moyens précis. Stéphane Travert et Edouard Philippe ont tout fait dans leur coin. Ils n’ont pas tenu compte de ce que j’avais demandé. Ce n’était pas suffisamment conclusif et ce n’était donc pas pour moi le temps de conclure ; elles n’étaient pas raccord avec les déclarations du président de la République le 11 octobre. Rien n’a été retenu des propositions des ateliers. Le mot climat n’a même pas été prononcé. Ma volonté de faire de ce grand rendez-vous un tremplin pour modifier en profondeur le modèle agricole français s’est heurté au ministre de la FNSEA et au poids des lobbies de l’agro-industrie intensive.

En janvier 2018, lors de mes vœux à la presse, j’avoue : « Oui, ça frotte un peu avec mon collègue de l’Agriculture, Stéphane Travert. Mais nous reviendrons ensemble à l’ouvrage d’ici le Salon de l’agriculture», le 24 février. La très agro-industrielle FNSEA y présentera des alternatives au glyphosate lors du Salon. Attendons. » On ne peut avancer en se faisant des ennemis. Le 31 janvier 2018 en conseil des ministres, on présente en commun le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans la filière agro-alimentaire. En clair il s’agit de faire pencher la balance en faveur du revenu des agriculteurs. La future loi agriculture et alimentation, c’est une toute autre affaire, ce n’est pas la mienne ! Même si j’ai contre moi l’inertie des habitudes et des grosses structures, j’ai aussi pour moi l’opinion qui commence a comprendre la gravité des enjeux. Mon recul aujourd’hui, c’est pour mieux avancer demain. Du moins je l’espère.

NB : ces extraits ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective… Chaque jour vous aurez un nouvel extrait sur ce blog biosphere jusqu’à parution intégrale d’un livre qui a été écrit en prévision de la démission de Nicolas de son poste de ministre de l’écologie. On ne pouvait avoir durablement un ministre voué à l’urgence écologique dans un gouvernement qui en restait au business as usual…

L’union torride entre FNSEA et Denormandie

Qui se ressemble s’assemble, FNSEA et gouvernement ont le même discours ! Lors des arbitrages de la France pour la future PAC (politique agricole commune), les « écorégimes » hérissent les productivistes. Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la mise en place de cette « boîte verte », qui servira à rémunérer des pratiques environnementales vertueuses, représentera une perte sèche de revenus pour une partie de la profession. C’est-à-dire tout pour moi, rien pour le bio. Pour Julien Denormandie, ministre de l’agriculture : « L’écorégime, ce n’est pas de l’argent en plus donné aux agriculteurs. Ça consiste à prendre une partie de leur revenu et à ne le rendre que s’ils mettent en place des principes agroenvironnementaux. J’ai proposé aux députés de faire la même chose avec leurs salaires ! Il n’y a que le milieu agricole à qui on fait ça. »

Lire, Politique agricole à la solde de la FNSEA

Stéphane Foucart : Aucun gouvernement n’a suivi ou même devancé avec une telle constance les desiderata du productivisme agricole : gendarmerie nationale à la disposition de la FNSEA (cellule Demeter), démantèlement des aides au maintien de l’agriculture biologique, projet d’attribuer des subventions « vertes » à l’agriculture conventionnelle, abandon de facto de la lutte contre les nitrates issus de l’élevage intensif, soutien actif à la construction de méga-bassines pour l’irrigation, recul sur la sortie du glyphosate, remise en selle des néonicotinoïdes, volonté de déréguler les « nouveaux OGM »… Le 7 décembre 2021, lors du quatrième plan national santé-environnement, un livre blanc affichait les logos de la FNSEA, de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), du Syndicat de l’industrie du médicament vétérinaire (SIMV) ; il était chapeauté par un inspecteur général au ministère de l’agriculture. Ce Livre blanc est la continuité du sommet One Health, dont l’allocution introductive était assurée par le ministre de l’agriculture en personne, Julien Denormandie. La fusion de la FNSEA et du ministère de l’agriculture paraît vraiment engagée ?

Lire, Julien Denormandie, ministre anti-écolo

Rappelons que Julien Denormandie avait en juillet 2021 signé une lettre, avec dix autres ministres croissancistes, de l’UE appelant la Commission à reporter la publication d’un texte qui doit permettre de mieux protéger la biodiversité : « Cette stratégie se réduit à des considérations environnementales en ne tenant pas compte des aspects socio-économiques…  Nous nous opposons fermement à toute proposition législative sur la planification et la surveillance des forêts… Un tel instrument créerait un fardeau administratif sans précédent… »

Comme son patron Macron, c’est l’homme des lobbys pour lesquels il a travaillé dur dès son entrée en fonction. On en arrive à se demander si tous les tenants fanatiques du productivisme effréné ne seraient pas, au fond, plus bêtes que cupides. Quand ils auront tout désintégré (les sols, l’air, la faune sauvage, etc.) pour gagner un dernier petit sou, que vont-ils faire ?

Les ministres de l’agriculture se succèdent, et ils restent les mêmes. Voici ce que disait en 2017 Nicolas Hulot, ministre de l’écologie, lors de la préparation des États généraux de l’alimentation (EGA) : « J’ai très mal vécu ce moment, la façon dont Stéphane Travert ministre de l’agriculture a pris les commandes de ce chantier m’a profondément énervé. J’ai une telle dissension avec Travert que je n’arrive plus à communiquer avec lui.… Les producteur(rice)s bio de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) dénoncent fin juillet 2017 un renoncement politique historique. Par décision du ministre de l’Agriculture, aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ne sera engagé dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera donc possible.

En finir avec le sexe, en finir avec la mort

Il y a quelques années encore, l’exercice de la sexualité humaine était hétéro, c’était la norme consacrée, ou bien homo, déviance marginale dont on avait conclu récemment que ce n’était pas grave : le 17 mai 1990, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Mais aujourd’hui le goût du sensationnel et de la libération tous azimuts a démultiplié les sentiments d’appartenance. L’indifférenciation des identités devient alors source d’un malaise profondément ressenti par les plus jeunes. Le pédopsychiatre Alexander Korte s’inquiète du fait que les cas de personnes ayant la conviction d’être nées avec le mauvais sexe soient en fore hausse. L’utopie anti-nature de notre société, associée aux progrès de la médecine et à l’intense couverture médiatique de ces sujets juteux, offre aux adolescent(e)s un modèle d’identification de plus en plus vague. Respecter les lois de la nature devrait être un des combats de l’écologisme, ce n’est pas le cas avec EELV, qui s’institue en lobby LGBT. Pour rester terre à terre, mieux vaut lire le mensuel de Vincent Cheynet :

La décroissance, numéro 184, novembre 2021

Dany-Robet Dufour : De mon point de vue, ce n’est pas parce que je me ferai couper le zizi ou que je prendras des hormones féminines que je deviendrais pour autant une femme. Je nuis né homme, c’est peut-être regrettable, mais je ne pourrais jamais changer de chromosomes. Je pourrai au mieux obtenir un paraître, certes, mais pas un être. Or, aujourd’hui, invoquer cette impossibilité (cette limite) suffit à se faire accuser d’homophobie.

Claude Habib : L’existence de deux sexes continue d’être assimilée à un énoncé transphobe aux États-Unis et dans le monde anglophone. Suite aux dénonciations des activistes LGBT, une Anglaise, Maya Forstater, s’est vu refuser le renouvellement de son contrat de travail pour avoir déclaré que « le sexe est un fait biologique et immuable ». Le juge a donné raison à l’employeur selon le motif qu’une telle opinion serait « incompatible avec la dignité humaine et les droits fondamentaux des autres ». Mais en appel, on a de nouveau obtenu le droit d’affirmer que le sexe existe ! La division sexuelle est la limite de notre condition, comme la mortalité. L’une et l’autre sont attaquées : les trans prétendent ébranler la différence de sexe pour la franchir ou l’abolir. Les transhumanistes promettent d’en finir avec la mort, ou de la repousser indéfiniment.

La décroissance, numéro double juillet-août 2019

Dany-Robert Dufour : Devenir unisexe sans amour est présenté comme le summum de la liberté. J’ai été il y a peu en Amérique du Nord où beaucoup d’enfants, souvent de couples LGBT mais pas seulement, reçoivent des inhibiteurs de puberté qui empêchent le développement des parties sexuées du corps. Pourquoi ? Pour que ces enfant décident plus tard, « en toute liberté », du sexe qu’ils se seront choisi. Bref il n’y a pas de limites à ce à quoi j’ai droit puisque « c’est mon choix ». Sauf que c’est d’abord le choix du marché qui se fait fort de permettre aux individus de choisir.

Alexandre Penasse : Pour certains le sexe dépendrait d’une décision individuelle. Il n’aurait rien à voir avec le biologique et la naissance. L’enfant n’aurait plus à être confronté à l’énigme du couple. La négation de la différence des sexes ne s’inscrit pas seulement comme une conséquence de plus du refus des limites propres à nos sociétés libérales ; par la déstructuration de la cellule familiale et la négation de la place du père se promeut une forme de subjectivité nouvelle. Le sexe de naissance prend pour certains le statut d’erreur à corriger dans le réel ; ils veulent désormais changer de sexe et la société leur dit que c’est possible. Mais technique ou pas, on ne peut pas changer de sexe, on ne fait pas d’un gène XX un XY ou inversement.

Alain Troyas : Le libéralisme libertaire semble plus qu’intime avec la société de croissance ; il favorise partout un processus d’individuation en prescrivant à chacun de ne tenir compte que de soi, en prétextant favoriser les différentes libertés de s’auto-définir, de changer comme il le veut. L’époque favorise le désordre, la versatilité et le caprice.

Fabien Ollier : Le mouvement trans-identariste est essentiellement constitué par les nombreuses sectes cyberactifs que sont les transgenres, transsexuels, transbiomorphistes et transhumanistes. Leurs délires sont censé être pris au sérieux par les forces politiques, les milieux éducatifs, les organismes médicaux, les lieux de recherche, etc. Les communautés LGBTIQ+ ont réussi à imposer divers débats sociétaux qui concernent une infime minorité de petits-bourgeois mal dans leur peau. Leurs thèses sont d’une bêtise abyssale : les sexes seraient innombrables et ne posséderaient aucune charge d’altérité, aussi pourrions-nous en changer comme bon nous semble. Il serait logique de devenir non binaire (ni homme, ni femme), les deux à la fois ou rien de tout cela (agenre, xénogenre, etc.). Elle n’offre pour horizon de lutte qu’un renouvellement de l’étiquetage des marchandises humaines au rayon sexe.

Jacqueline Kelen : Plus l’homme s’érige en maître et en finalité de tout, plus le monde devient inhumain et idiot.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

11 juillet 2021, Mon père, transgenre, devenu ma mère

18 juillet 2020, « JK Rowling nie l’identité de genre »

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

8 juillet 2019, Mouvement trans, négation de l’altérité

lexique : LGBTQI+, c’est-à-dire les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles avec le « + » pour les catégories encore non établies.

Vider les océans jusqu’aux tréfonds du fond

Dans les années 1970, nous considérions déjà les étendues de nodules au fond des océans comme des eldorados, mais nous avons d’abord exploité à outrance le plus abordable, vidant les océans de ses poissons. Nous nous tournons maintenant vers les profondeurs océaniques, soi-disant pour mieux connaître, mais avec une telle envie d’exploiter les ressources jusqu’à la lie.

Lire « La planète au pillage » de Fairfield Osborn (1948)

Martine Valo : « Les temps sont venus pour de grandes odyssées d’exploration et d’aventures », a lancé Emmanuel Macron le 12 octobre 2021. Dans sa ligne de mire, l’océan, et plus précisément les grands fonds marins… Paris ne cache pas son appétit pour les ressources minérales qui reposent sur le plancher océanique : cobalt, manganèse, nickel, platine, métaux rare… Elles sont contenues dans les nodules et sulfures hydrométalliques qui se sont lentement formés au fond de l’eau. Certains industriels arguent de l’intérêt de ces métaux pour répondre aux besoins de la décarbonation de l’économie et de la croissance des énergies nouvelles, qui requièrent ces matériaux… Les dégâts environnementaux liés apparaissent cependant inévitables, dans le dernier espace qui n’est pas encore quadrillé par les activités humaines…. Le président Macron ménage la chèvre et le chou : « 84 % de nos minerais sont dans nos océans, formidables réservoirs de recherche, de matières premières dont il nous faut organiser à la fois la connaissance ET l’extraction de manière compatible avec les autres activités, avec la recherche et la préservation de la biodiversité. »

Les commentaires sur lemonde.fr ne sont aps dupes :

ElGringo : Sainte Mère de la croissance infinie, quel bonheur de voir le moine-soldat Macron s’occuper enfin des fonds marins ! Dans un espace fini et pour pouvoir pepétuer une croissance infinie, il nous faut tout exploiter jusqu’à la moelle. Ainsi soit-il

Fëp : Pas sur que ce soit bien rentable, mais y’a des entreprise comme SMD subsea qui commencent à faire des machine sympas comme le bulk cutter qui a de la gueule, pour aller ouvrir des carrières à 3000 m de fond, pour exploiter 50 cm de croûte… Bon… adieu éponges, coraux et toute la chaîne biologique au-dessus, adieu baleines entre Tahiti et Moorea…

W40 : C’est très angoissant cette course en avant. Pourtant, le mur est juste devant… le choc sera violent. On nous dit qu’on a encore 10 ans pour éviter le pire et on fonce à l’inverse de ce qu’il faut faire. Je pige pas. Tous les voyants sont au rouge non ? C’est ce que la science nous dit pourtant.

Thalberg : Un livre parmi d’autres qui nous a alertés sur les dangers de la surexploitation des ressources (eau, forêts, terres cultivables, combustibles fossiles, minerai) : « Les Limites à la croissance » (Rapport Meadows), à l’initiative du Club de Rome en 1972. Les mauvaises tentations sont toujours là.

Krakatoe : On veut modeler tous les recoins du monde à notre image, encore et toujours. Que rien n’échappe. Toujours plus. Conquérir. On est le boss, il s’agit de transformer tout ce matériau qu’est le non soi, le non humain, en attribut de l’humain. Pas de place pour d’autres logiques, d’autres façons d’être. On ne s’intéresse pas aux autres formes d’intelligence, formes de vie, sauf pour les exploiter. Y voir notre intérêt prédateur. Sauf à la rigueur, en garder quelques spécimen dans une cage ou une réserve pour faire joli et nous promener le dimanche. On a tendance à éradiquer ce qui n’est pas nous. C’est assez dingue ce comportement à ce point prédateur, en tant qu’espèce, et même entre nous.

HLB : Et quand on aura fini de détruire la vie sur terre et dans les océans, ce ne sera pas grave, on aura trouvé une autre planète à exploiter…

Croissance, ils n’ont que ce mot à la bouche

Les croissancistes ne comprennent rien à la situation actuelle, avec une biosphère dont on a dépassé les limites en mettant à mal l’avenir des générations futures. Pourtant ce sont eux qui ont la faveur des médias. Ainsi ce professeur au Collège de France, titulaire d’une chaire au titre significatif, « Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance », qui sévit souvent dans les colonnes du MONDE. Voici un condensé de ses délires récents.

Philippe Aghion : Les décideurs économiques ont toujours pris le taux de croissance comme exogène… Or, la croissance est endogène. Investir dans la recherche, l’innovation, la politique industrielle, c’est doper la croissanceLes investissements publics augmentent la croissance et permettent de réduire notre dette. Plutôt que de se focaliser sur le montant total de la dépense publique, il faut plutôt prendre la part de la dépense publique consacrée aux investissements de croissance… Dans une recherche récente, nous analysons l’effet sur la dette publique à long terme d’une augmentation des dépenses de croissance en France et en Italie. En Italie, pays beaucoup plus endetté que le nôtre, un bon usage de l’investissement permet de doper la croissanceBien sûr, nous entendons déjà les esprits chagrins arguer que toute dépense pourrait être présentée comme un investissement de croissance. Un plan d’investissement « acceptable » doit aller de pair avec une réduction de certaines dépenses publiques dont les effets sur la croissance ne sont pas avérés. En France, nous avons considéré les effets d’une hausse des investissements de croissance accompagnée par un allongement raisonnable de la durée de cotisation des retraites… De même, la croissance de la productivité et la croissance de nouvelles entreprises, constituent de bons indicateurs de l’efficacité de l’innovation… Notre approche a l’avantage de ne pas compromettre nos chances de réindustrialiser la et de la mettre durablement la France sur le chemin d’une croissance plus soutenue, plus verte, plus juste.

Philippe Aghion est donc un croissanciste, le mot « croissance » revient 13 fois, presque autant que le nombre de paragraphes de sa tribune. Ce conservateur de l’ordre existant n’est qu’un prédicateur et il accuse les autres : « La pression de l’idéologie environnementale dominante crée une angoisse généralisée ». Alors que tout commence à s’effondrer autour de lui, la finance, la croissance, le climat, les ressources halieutiques, etc.), c’est toujours la recherche de la croissance à n’importe quel prix, peu importe l’endettement du moment qu’il crée de la croissance ; Aghion tourne en rond, l’esprit vide ! Rien sur les limites de la croissance, Aghion se contente de répéter par cœur son catéchisme. Une telle tribune n’incite pas à une rupture écologique efficace, basée à la fois sur les économies d’énergie, les énergies renouvelables, une réévaluation à la baisse de nos besoins ET une économie qui vit de son épargne, pas de ses emprunts…

Pour en savoir plus sur Aghion

20 mars 2014, Prêcheurs d’apocalypse, Ph. Aghion et Marc Fontecave

LE MONDE offre une page entière à deux « experts » qui n’ont qu’une seule chose à dire : la transition  énergétique reposera uniquement sur le nucléaire et le gaz de schiste ! Notons d’abord que pour ces spécialistes, l’un de la croissance et l’autre de la chimie, l’objectif d’une « bonne » politique énergétique est de contribuer à la compétitivité. Pourtant, sur une planète dont on a déjà dépassé les limites (cf. empreinte écologique), toute concurrence internationale ne fait qu’accroître la détérioration de notre environnement. (lire la suite)

19 août 2018, un enseignement économique et social (SES) aux ordres

Le cancre et cependant universitaire Philippe Aghion, un proche d’Emmanuel Macron, pilote la réécriture des programmes de sciences économiques et sociales (SES). Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, désigne l’objectif : « Si l’approche pluridisciplinaire (des SES) a tout son sens, les « regards croisés » entre économie, sociologie et sciences politiques seront limités au maximum. (lire la suite)

Hymne à toutes les décroissances

La décroissance est devenue en 2021 un thème de présidentielle, voici quelques éléments de réflexion pour mieux percevoir cette rupture conceptuelle.

Timothée Parrique : La décroissance est bien plus qu’une simple réduction du PIB. L’économie actuelle ressemble à une voiture lancée à pleine vitesse contre un mur écologique. L’urgence est de ralentir avant l’accident. L’objectif est de construire une économie où la production serait socialement utile et écologiquement soutenable :  réduction du temps de travail, relocalisation de la production, rationnement du budget carbone… Pour les décroissants, le niveau de PIB par habitant de la France est démesurée par rapport aux capacités des écosystème. Passé une certaine taille critique, toute activité économique – aussi désirable soit-elle – devient écologiquement problématique. Au sein du mouvement écologiste, si Delphine Batho défend la décroissance, les autres candidats s’y opposent. Mais ils connaissent mal le sujet, qu’ils réduisent à une croissance négative du PIB.

Michel Lepesant : Nous n’éviterons pas un monde à + 1,5 °C (entre 2030 et 2040), explique le GIEC. La réponse politique consiste à cesser de faire de la croissance du produit intérieur brut (PIB) notre boussole. Cet indicateur est devenu une idéologie au service du monde de la croissance. Or tout gain de croissance est corrélé à une dégradation de l’empreinte écologique (EE). Pire, le « jour du dépassement » en 2021 a eu lieu le 29 juillet. Il n’est donc pas devant nous, mais derrière nous. Désormais chaque humain doit se sentir responsable et s’efforcer de repasser sous ce seuil : c’est cela qui s’appelle la « décroissance ». Il s’agit bien d’une crise économique. Une récession correspond au recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs. Quand une récession est grave et durable , elle devient une dépression. Quelle devra être la durée de ce recul ? Le temps de revenir à une EE soutenable. En France, l’EE est de 1,8 planètes par rapport à la biocapacité française et de 2,9 par rapport à la biocapacité mondial. Avec un taux de décroissance de 10 % par an, il faudra près de 40 trimestres de récession si on part d’une EE de 2,9. Pas grave, ce sera une vie où chacun pourra préférer les dimensions du commun, de la coopération, de la convivialité, de la sérénité plutôt que de fétichiser l’individualisme, la concurrence, la rivalité, l’agitation…

François Jarrige : Chaque société a ses tabous comme le mot « décroissance », sans cesse disqualifié depuis vingt ans. Anxiogène, peu mobilisateur, négatif, punitif, tous les qualificatifs pour le discréditer ne peuvent résister au constat implacable selon lequel l’accumulation matérielle atteint ses limites et nous pousse vers l’abîme. Les grands médias s’intéressent aujourd’hui à la décroissance après des décennies de déni. Ils y sont évidemment poussés par la force des choses, alors que les pires prévisions, répétées depuis des décennies par ceux qui se disaient « décroissants », ne cessent de se confirmer, alors que s’impose l’urgence d’une réduction massive des émissions de CO2, c’est-à-dire de la plupart des flux de matières qui constituent le fondement de nos existences. Longtemps, l’idée même de croissance économique n’avait aucun sens. Jusqu’au XIXe siècle, les sociétés vivaient dans un monde relativement stable, gérant la pénurie et des ressources contraintes. Mais l’accumulation matérielle s’intensifie au milieu du XXe siècle. Sa  mesure par le PIB est inventée par Simon Kuznets en 1934. La théorie économique se développe ensuite en laissant de côté les effets délétères sur la nature, les « externalités négatives ». La remise en question de la croissance s’intensifie surtout dans les années 1970, à la suite des chocs pétroliers, des crises énergétiques et des alertes écologistes formulées dans un contexte de vives conflictualités sociales. En 1972, le rapport Meadows sur les « limites à la croissance » suscite d’abondants débats. Nicholas Georgescu-Roegen propose un nouveau paradigme, une « perspective bioéconomique » qui vise à réduire l’empreinte matérielle. Le concept de « décroissance » a été inventé par le philosophe Jacques Grinevald pour contrer les opérations idéologiques de « greenwashing ». La « décroissance » est devenue un « mot-obus », une stratégie disruptive qui porte l’attaque au cœur du système idéologique dominant. Le terme circule de plus en plus dans divers pays… Alors que les plans de relance continuent de célébrer la croissance comme seul horizon, il s’agit de rompre avec cette évidence pour rouvrir le champ des possibles, et imaginer d’autres façons de vivre dans un monde « post-croissance ».

Biosphère : Ces trois intellectuels se centrent sur la décroissance économique, ils ignorent complètement l’idée de décroissance démographique. Il en était de même pour le programme de Delphine Batho. Pourtant, dès 1972, le rapport Meadows sur « les limites à la croissance » montrait les interrelations entre exponentielles, qu’elles soient économiques ET démographiques. Dans le programme du présidentiable écolo René Dumont en 1974 on indique explicitement que « depuis 1650, la population du globe a augmenté à un rythme exponentiel… Nous sommes les premiers à dire que la croissance démographique doit être arrêtée d’abord dans les pays riches, ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France…Nous luttons pour le droit absolu de toutes les femmes de régler à leur seule convenance les problèmes de contraception et d’avortement. »

Des écologistes digne de ce nom devraient assumer une perspective de décroissance économique ET démographique.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

24 septembre 2021, Population et consommation en interactions

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

26 décembre 2020, Décroissance économique ET démographique

La décroissance devient à la mode, trop tard !

Marie Charrel (journaliste au MONDE) : « La transition écologique sera brutale parce que nous avons trop tardé à agir, parce que nous sous-estimons encore l’ampleur des changements individuels et collectifs à venir. Les réflexions sur le sujet sont trop souvent polluées par la confrontation entre deux grands camps : celui des optimistes de la croissance verte, certains que les avancées technologiques conjuguées à des investissements massifs permettront de limiter le réchauffement tout en préservant notre niveau de vie, et celui des décroissants, convaincus que la seule voie possible est de rompre avec le modèle capitaliste basé sur l’exploitation des ressources… Jean Pisani-Ferry souligne que rien ne garantit que la transition sera bonne pour la croissance. Les dirigeants devaient rompre avec l’angélisme parfois béni-oui-oui de la croissance verte. Cesser de procrastiner pour se préparer à une mutation brutale. »

Delphine Batho (candidate à la présidentielle 2022) : « La seule réponse réelle pour ne pas aller dans le mur, c’est la décroissance… Il faut faire de la décroissance le mot d’ordre de l’écologie, et l’assumer… La décroissance, c’est le seul mot d’ordre d’affrontement avec les règles du jeu de la société actuelle…. Aujourd’hui le choix est entre la décroissance subie, que vont nous imposer les événements, ou une décroissance organisée, choisie. Ce qui est irréaliste, c’est de croire qu’on peut continuer sur la trajectoire sur laquelle on est. » (Journal La Décroissance, septembre 2021 page 9)

Nous n’avons pas attendu l’année 2021 pour oser dire sur ce blog biosphere que la décroissance est notre destin. Voici nos références :

29 octobre 2008, décroissance positive

9 décembre 2008, décroissance et catastrophe

20 janvier 2009, décroissance et écologie politique

16 mai 2009, enfin la décroissance !

16 novembre 2009, Décroissance comme Destin

7 juillet 2010, croissance négative ou décroissance choisie ?

30 juillet 2010, une décroissance autoritaire et chaotique

18 août 2010, la décroissance selon Yves Cochet

28 août 2010, la décroissance est porteuse d’espoir

17 novembre 2010, LeMonde pour la décroissance !?

24 janvier 2011, bien parti pour la décroissance

13 octobre 2011, pour une décroissance de la recherche scientifique

3 décembre 2011, Durban, le climat est mal parti, vive la décroissance

17 janvier 2012, Croissance économique, décroissance ou état stable ?

27 mars 2012, Jean-Luc Mélenchon entre productivisme et décroissance

15 juillet 2012, la décroissance est-elle malthusienne ?

22 juillet 2012, La décroissance au programme de terminale SES

4 novembre 2012, pour une religion de la décroissance, un curé nous parle

16 février 2013, Une décroissance voulue n’est pas une récession subie

7 juillet 2013, Décroissance voulue, le bonheur devient une réalité

20 juillet 2013, La décroissance pour s’affranchir de l’impérialisme éco

14 octobre 2013, pour une société de décroissance, des témoignages

4 novembre 2013, Question qui tue : la décroissance est-elle antisociale ?

10 décembre 2013, La décroissance est en marche, même LE MONDE l’écrit

24 janvier 2014, La décroissance est-elle malthusienne ? Vaste débat !

14 février 2014, L’autoproduction, une voie vers la décroissance ?

3 novembre 2014, La Décroissance, c’est simplement le sens des limites

25 décembre 2014, Vivre la simplicité volontaire dans la décroissance

22 juillet 2015, Une seule solution au choc climatique, la décroissance !

28 décembre 2015, L’issue fatale du développement, c’est la décroissance

12 janvier 2016, Introduction à la société de décroissance

22 février 2016, stagnation séculaire, croissance zéro ou décroissance ?

10 avril 2016, Un vrai programme pour la décroissance… en 2007

24 juillet 2016, le programme de décroissance de Georgescu-Roegen

28 novembre 2016, Leopold Kohr (1909-1994), précurseur de la décroissance

1er décembre 2016, les précurseurs de la décroissance… sans Malthus !

1e janvier 2017, Simone Weil (1909-1943), précurseur de la décroissance

1er septembre 2017, BIOSPHERE-INFO, Gouverner la décroissance ?

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

22 septembre 2018, Quelle transition pour le mouvement de la décroissance ?

26 décembre 2018, Presque personne ne veut consentir à la décroissance

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance

26 août 2019, Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance

13 mars 2020, Le virus Covid-19, vecteur de décroissance

4 avril 2020, post-covid, décroissance et relocalisation !

20 juillet 2020, Croissance verte ou décroissance écologique ?

13 août 2020, EELV face au concept de « décroissance »

28 novembre 2020, Décroissance maîtrisée ou récession sévère

26 décembre 2020 : Décroissance économique ET démographique

9 août 2021, Le GIEC nous recommande la décroissance

20 août 2021, Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

Repères bibliographiques sur notre site biosphere de documentation des écologistes :

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre) de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann, candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité

En 2019, le premier rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales ». Du 3 au 11 septembre 2021, Marseille reçoit le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La COP (conférence internationale) sur la biodiversité s’ouvrira en Chine en octobre 2021. Les négociations du traité sur la haute mer se tiendront aux Nations unies au premier semestre 2022. Beaucoup d’agitation pour rien. Laissons la parole à la toile :

G.Delaurens : Pour réagir au changement climatique et à la raréfaction des espèces, le mieux va consister à acheter un climatiseur ainsi qu’à contacter un taxidermiste pour avoir un renard empaillé dans la salle de séjour. Ensuite on n’aura plus qu’à participer au spectacle des éléments déchaînés devant sa télévision et visiter la salle des espèces disparues au Jardin des plantes. Ça, c’est un objectif de civilisation, concret et réalisable …

Nicolas Hulot : A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Choux rave : Il n’y a rien à attendre de la prochaine COP. Ni des prochaines élections. Que reste-t-il alors ? La désobéissance civile ? Et après, la violence ? Les boomers voudraient finir leurs jours tranquillement sans que rien ne change… Les plus riches voudraient continuer à accumuler sans que rien ne change… Pas sûr que cela se passe exactement comme ils le prévoient !

MK : L’espèce humaine consomme trop, elle est invasive et attaque la biodiversité.… Je n’ai entendu aucun homme politique, depuis plus de 50 ans, parler de régulation des naissances.… Peut-être faudrait-il limiter la population mondiale, et celle de la France à 50 millions, afin de maintenir les équilibres de la biodiversité actuelle et la surchauffe de production et de consommation ? Avec intelligence évidemment….

Dance Fly : Daccord avec MK pour en finir avec des politiques natalistes devenues « has been » dans un contexte de crise environnementale. Une solution simple pour la France: une allocation dès le premier enfant, doublée au second enfant mais pas augmentée au delà, et versée sous condition de ressource; réduction de l’allocation de rentrée scolaire, uniquement versée sous forme de bons d’achats (pour fourniture scolaire) ; aides financières pour la garde d’enfants uniquement pour les familles les plus défavorisés…

Michel SOURROUILLE : Le moteur de la sixième extinction de masse, la surpopulation humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Jeannot3 : J’aime le vivant, je parcours des forêts de temps en temps, mais 70% de la population vit dans un immeuble, pas de jardin et des terrains vagues. On me dit,« L’école doit jouer un rôle fondamental, il faut apprendre les pieds dans l’herbe mouillée ». C’est beau ça donne envie mais objectivement, à l’échelle française, il y a déjà 12 000 000 d’élèves. Comment on fait ?

boomeuse ok : Dans les années 90, je me souviens, j’organisais des sorties « sauvages » du jour pour le lendemain. On allait dans les chemins creux, on observait les mares, on apprenait à reconnaître les arbres, les fleurs des champs, les oiseaux in situ. Je prévenais la direction, je laissais un mot sur le bureau du maire. Et basta. La dernière fois que j’ai organisé « une sortie », il m’a fallu 3 semaines, un projet pédagogique, l’autorisation de l’intendance, une lettre d’information aux parents, (tout ça pour aller à 150 mètres du lycée au bord de la Creuse). Un jour, tu te lasses de forcer le système, de justifier de l’intérêt de ce type de démarche, de perdre des heures pour finaliser et obtenir le « sésame, ouvre les portes du lycée !  » Et tu pousses un long hurlement intérieur.

Nicolas Hulot : Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature. Plus nous réduisons la diversité, plus nous devenons vulnérables. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

Pierre-Emmanuel Barré : La question n’est plus « quelle planète va-t-on laisser à nos enfants ! » mais « doit-on laisser des enfants à notre planète ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 juin 2021, GIEC et IPBES sont dans un bateau…

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

L’économie française accélère… face au mur !

Bruno Le Maire, ministre de l’économie : « La performance exceptionnelle de l’économie française devrait lui permettre de renouer avec son niveau d’avant-crise début 2022. L’acquis de croissance atteint à la fin du premier semestre (4,8 %) rend atteignable l’objectif de 6 % fixé pour 2021. »

Selin Ozyurt, économiste : « Les indicateurs sont au vert : la confiance est là, les carnets de commandes sont pleins, et la situation est d’autant plus favorable que les revenus des ménages ont été préservés pendant la crise ».

Pour nous faire plaisir en tant qu’écologiste, voici quelques commentaires sur lemonde.fr expliquant que croissance au vert ET écologie verte sont incompatibles :

Cyclable : Parfait, 6% de croissance au service du même type de système économique. Pas de remise en question, pas de projection, tout le monde est content, rendez-vous donc à la catastrophe climatique (et, pour elle, il n’y aura pas de vaccin). Bon, faut dire que l’on ne change pas une équipe qui perd.

Popov : Est-ce qu’à un moment les gens vont comprendre que « reprise économique » ou « atteindre le niveau de productivité de 2019 » n’est pas une bonne nouvelle pour le climat ? On ne peut pas écrire des articles alarmistes sur le climat et s’enorgueillir d’une reprise économique fulgurante d’un autre côté. Il va bien falloir se rentrer dans le crâne que les deux sont incompatibles !!

jamaiscontent : Bienvenu dans le monde d’avant, celui où le PIB est le seul indicateur retenu pour parler de tout, celui qui a causé la crise de 2008 puis celle du Covid, celui qui provoque l’emballement climatique et créé des millions de réfugiés climatiques. Chouette, le PIB augmente, on va consommer, gaspiller, réchauffer !!

disparition des lucioles : Le PIB est un mauvais indicateur, il est urgent de le réformer. Une marée noire augmente le PIB. Un accident sur l’autoroute augmente le PIB. Le thermomètre préféré des économiste, sur lequel se base TOUTES nos politiques, ne prend en compte ni les lois de la thermodynamique ni le capital naturel, comme si ce dernier était une abstraction pure et illimitées. (voir Jancovici, Giraud, Bihouix)

Klyden : Il faudrait 2,9 planètes Terre pour subvenir aux besoins de l’humanité si nous vivions tous comme les Français. En France on surconsomme les ressources de notre planète et le ministre de l’économie se félicite que cette année, on surconsomme encore plus que l’année dernière.

O-Sidartha : Ah bon , j’espérais qu’on avait compris qu’il fallait changer de façon de vivre pour moins polluer et éviter le réchauffement climatique. Il n’en est rien ,on recommence comme avant en triomphant …. Alors le prochain COP en Ecosse, pourquoi faire le déplacement vu que ça ne sert à rien ?

Les « signes vitaux » de la Terre au rouge

Alerte scientifique : Les gouvernements ont, de manière systématique, échoué à s’attaquer aux causes du changement climatique : « la surexploitation de la Terre ». Sur les 31 « signes vitaux » de la planète, qui incluent les émissions de gaz à effet de serre, l’épaisseur des glaciers ou la déforestation, dix-huit atteignent des records, selon un texte publié dans la revue BioScience. Ainsi, en 2020 et en 2021, malgré la chute des émissions de gaz à effet de serre liée au ralentissement de l’activité, induit par la pandémie de Covid-19, les concentrations de CO2 et de méthane observées dans l’atmosphère n’ont jamais été aussi élevées et la déforestation en Amazonie brésilienne transforme ce puits de carbone crucial en émetteur net de CO2. Les auteurs estiment qu’il existe « de plus en plus de preuves que nous approchons, voire avons déjà dépassé » certains des points de bascule qui pourraient entraîner le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable. Les auteurs réclament des actions radicales, éliminer les énergies fossiles, s’éloigner du modèle de croissance actuel et stabiliser la population mondiale.

La plupart des commentateurs sur lemonde.fr s’inquiètent :

Michel SOURROUILLE : J’ai lu les 60 commentaires, assez concordants dans le pessimisme. Dommage qu’aucun ne fasse référence au jour du dépassement qui aura lieu demain 29 août 2021. A partir de ce moment-là nous puisons dans le capital naturel, nous nous appauvrissons irrémédiablement… et nos générations futures à plus forte raison. Le constat d’effondrement en cours est effrayant, mais il est vrai aussi que nous vivons encore une période d’anesthésie, la plupart des « consummateurs » et des politiciens qui les représentent ne rêvent que d’une chose, revoir bientôt le monde d’avant la pandémie et ses contraintes. Comme je le dis sur le blog biosphere depuis plus de quinze ans maintenant, puisque la pédagogie de la catastrophe n’a aucun impact suffisant, c’est la catastrophe qui servira de pédagogie… pour les survivants !

Rémont : Si ces scientifiques ont raison, la situation est déjà irrémédiablement fichue et ce n’est même plus la peine de faire semblant de chercher une solution. Préparons les soins palliatifs des dernières générations humaines et considérons que c’est du sadisme pur que de faire des enfants forcément voués à la catastrophe .

Justin Kidam : Éviter le gâchis des ressources, stopper la croissance de la population, etc… Comme le font remarquer beaucoup de commentaires, il sera extrêmement difficile, voire impossible d’y parvenir. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas commencer. Parce qu’il y a des tas de choses faciles et quasi indolores à faire pour commencer. Pourquoi les SUV sont-ils encore la catégorie de voiture la plus vendue en France? Pourquoi au supermarché trouve t on encore des fruits qui ont parcouru la moitié de la terre avant d’arriver ? Je ne comprends pas les consommateurs qui achètent des poires d’Afrique du Sud ou du raisin d’Inde.

Mafalda : Bon nombre de gens ont depuis longtemps conscience qu’il faut changer nos modes de vie, stopper le libéralisme (et non pas nos libertés, comme certains se plaisent à confondre), et arrêter de dilapider les richesses planétaires détournées au profit de quelques uns. Ça bouge : dans les urnes, dans la rue, dans nos vies, nos associations, nos syndicats.

le sceptique @ Mafalda : Mouais, pour l’instant les opinions et les régimes bougent plutôt vers la droite. Si les écolo-gauchistes pensent qu’ils ont trouvé le truc pour ré-inventer le soviet, on peut craindre qu’ils ré-inventent surtout la voie vers la case prison ou cimetière dans l’hypothèse où ils se montrent un peu trop virulents avec leur utopie. Les gens ont de bonnes raisons d’être davantage intéressés parce que vous n’aimez pas, l’option technologique du dépassement (véhicules électriques, avions à biocarburant, trains à hydrogène, fermes de serveurs accolée à des grands barrages alimentant des loisirs et échanges numériques sans fin, burgers à viande de synthèse, conso recyclée en néo-matériaux, robots autonomes, rêves d’exploitation de l’espace, etc.). Enfin, on verra bien.

Gloup : Lorsque l’instinct de survie individuel, pollué par des années de consumérisme, ne peut plus voir son intérêt à préserver son environnement sur le long terme, cela ressemble à un suicide collectif… Malheureusement, à part une éradication de l’espèce invasive, je ne trouve pas vraiment de mesure rapide et efficace… Se contenter de peu, avec quelques exceptions, pour être heureux n’est déjà plus à l’agenda…

Robert Corel : Il faut réduire la population mondiale par un contrôle des naissances et un maintien du taux de fécondité sous le seuil du renouvellement . Personne enfin peu de gens sont prêts à l’entendre, c’est pourtant essentiel si on veut offrir à toute l’humanité la paix et un niveau de vie correct.

Lesseville : C’est une évidence rejetée par beaucoup mais 1 milliard en 1900 , 7 aujourd’hui et 11 en 2100 c’est du suicide pour notre espèce.

Untel : C’est une solution à long terme tout à fait possible, appliquée en Chine avec succès. Au lieu de ça des scientifiques militants entretiennent l’illusion auprès des lecteurs (les plus naïfs) que le Père Noël va apporter la fin des énergies fossiles et un changement de modèle économique. Comme ça, parce qu’ils le lui ont demandé gentiment dans une petite tribune. Si la survie de la planète dépendait vraiment de ces bisounours nous serions mal barrés !

Claude Kalman : Et pendant que l’irrémédiable approche, Xi Jinping, Narendra Modi, Erdogan, Bolsonaro, Dutertre, Al-Sissi, au Moyen-Orient et en Afrique, les chefs d’état, autoritaires ou tyranniques, ne pensent qu’à une chose : renforcer leur pouvoir sur les milliards d’humains qu’ils gouvernent. Je fais le colibri, bien sûr. Mais comment espérer ?

Dilemme de À à Z : A partir des années 2001 , il a fallu se protéger des terroristes … surveillance , protection policière , vigipirate , fichage etc… en 2020 , il a fallu se protéger du virus …confinement, restrictions , pass sanitaire , masques …. Demain de nouvelles contraintes vont se faire jour … pour sauver la planète et des catastrophes… restreindre l’usage des voitures et avion , manger autrement ,… la technologie va nous aider à alléger ces contraintes , mais elle vont perdurer et il faut réinventer le vivre ensemble d’urgence et réfléchir aux politiques à mettre en œuvre … la liberté devient conditionnelle .. et espérons plus égalitaire … chacun devra faire sa part , beaucoup n’en auront pas envie … que va devenir la démocratie face à l’urgence pour l’humanité ?

SuperKurva : Le problème de tous ces braves gens un peu poètes (« les signes vitaux de la Terrre », LOL²) est qu’ils essayent désespérément de résoudre la crise climatique avec un modèle démocratique. Prenez la campagne de vaccination. Pensez-vous un instant résoudre un problème de cette nature avec l’aide des Dupont-Aignan, le gilets jaunes amateurs de SUV diesel d’occaz , Melenchon, Francis Lalanne et autres Ciotti qui crient à la dictature à propos de la vaccination et du pass sanitaire ? La réalité est que nous irons vers des régimes politiques réellement autoritaires qui seront seuls à même de résoudre un problème de cette nature et d’*imposer* les mesures nécessaires, certes aux « riches », mais surtout aux demi-pauvres qui pleurnichent après les aides pour acheter leur nouveau smartphone, la dernière console à la mode ou aller en vacances très lowcost dans les pays arabes.

pierre marie : l’inconvénient des dictatures qui veulent faire le bien, c’est qu’elles font d’abord beaucoup de mal. Et s’arrête là. Beaucoup d’œufs cassés et pas trop d’omelette.

SuperKurva @pierre-marie : aucune dictature ne veut « faire le bien » comme vous dites. Elles essayent de perpétuer leur propre pouvoir.

Eric.Jean : Les limites de la croissance, y compris par épuisement de l’environnement, ont été modélisées très correctement dés 1972 par un groupe de scientifiques et d’économistes mandatés par l’OCDE (le « Club de Rome ») quand ils ont publié leur rapport (dis « rapport Meadows ») Personne n’a nié la qualité des travaux mais comme les conclusions n’étaient pas plus acceptables que l’annonce d’un cancer mortel à un homme apparemment en bonne santé ,le rapport a été rangé au fond de l’armoire et la société a continué dans le déni. Je n’ai guère de doute qu’elle continuera, l’homme n’est pas assez intelligent pour échapper au destin biologique de tout le vivant végétal ou animal : Croître en utilisant toutes les ressources disponibles puis décroître avec l’épuisement de celles-ci.

M51705 : Oui l’objectif de bâtir un monde pire est donc beaucoup plus raisonnable !

MaxLombard : Mes frères et mes sœurs la fin des temps approche, repentez vous … Tiens j’ai déjà entendu çà !

Biosphere @ MaxLomard : Cher Terrien trop humain, puisque que n’as pas encore compris que la très forte probabilité d’une catastrophe découle d’études scientifiques et non d’une croyance aveugle, la Terre-mère ne t’aime plus, tu es trop méchant…