anthropisation

SURpêche, un des aspects du règne des « SUR »

La démesure de la société thermo-industrielle a entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage,SURproduction, SURtourisme… et bien sûr SURpêche. Selon un rapport de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), un peu plus d’un quart du volume de poissons débarqués restent issus de populations sur-pêchées, et 7 % de stocks halieutiques considérés comme effondrés (cabillaud de mer du Nord, maquereau de l’Atlantique Nord-Est, anguille…). L’Union européenne s’était pourtant fixé pour objectif d’atteindre d’ici à 2020 au plus tard le « rendement maximum durable » pour tous les stocks, c’est-à-dire le volume maximum de poissons de chaque espèce pouvant être pêché dans une zone géographique, sans mettre en péril le renouvellement de celle-ci à long terme. Nous pensons qu’il faut dorénavant être l’ami des poissons avant d’être l’ami des pêcheurs.

Léa Sanchez : La biomasse devrait baisser de 5 % à 8 % dans les écosystèmes marins français d’ici à 2050, selon des projections scientifiques. C’est davantage encore en Méditerranée, où les eaux se tropicalisent. Les scientifiques de l’Ifremer proposent de « viser des niveaux de capture plus précautionneux », pour maintenir une marge, et de considérer le rendement maximum durable actuel « comme une limite plutôt que comme une cible ». L’élévation des températures de la planète font en sorte que l’océan se réchauffe, s’acidifie et se désoxygène. Le milieu halieutique se dégrade.

Le point de vue des écologistes

– limiter la taille des navires et interdire les chalutier-usines qui pêchent autant que plusieurs centaines de bateaux de pêche artisanale.

– interdire les technologies de pointe qui permettent de traquer le poisson…

– mettre fin aux chaluts qui pulvérisent les organismes vivant sur le fond, dragues, sennes démersales non sélectives….

– soustraire aux pêcheurs certaines zone dans des aires marines protégées…

– pêcher moins, il faut laisser les poissons grandir, se nourrir, se reproduire…

– ne pas soustraire pour l’aquaculture les anchois et autres petits pélagiques…

– les espèces des grandes profondeurs ont besoin de beaucoup de temps pour se reproduire, cessons de détruire leurs habitats…

– mettre fin aux subventions néfastes, estimées déjà à 20 milliards d’euros en 2018

– Appliquer la notion de rendement maximal durable à l’espèce humain elle-même.

Le retour à la pêche artisanale est une nécessité. Sinon on trouvera un jour cette brève journalistique : « Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années… »

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Pêche, de l’artisanat au massacre de masse

extraits : Aujourd’hui les sondeurs, sonars et autres radars traquent les poissons, le recours aux avions pour détecter les bancs de thon et au satellite pour explorer les couches d’eau sont des éléments d’une spirale néfaste dans laquelle les pêcheurs comme les décideurs politiques ont enfermé les ressources halieutiques. Va-t-on aux champignons avec une pelleteuse ? Non, mais ce n’est pas le cas pour la pêche….. 

pêcheries, nous savons tout mais nous ne faisons rien

extraits : En 2016, 40 millions d’heures de pêche ont consommé 19 milliards de kWh d’énergie et parcouru plus de 460 millions de kilomètres, soit 600 fois la distance aller-retour de la Terre à la Lune. 31 % des stocks de poissons sont surexploités dans le monde, ce qui signifie que ces espèces sont prélevées plus rapidement qu’elles ne peuvent se reproduire. En 1995, la capture de poissons a atteint son tonnage maximum avec 95 millions de tonnes. Depuis, la pêche mondiale plafonne autour de 90 millions de tonnes. On peut parler de pic du poisson ou peak fish comme il y a un pic pétrolier…..

Les prises de poisson témoignent de notre surpuissance

extraits : S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, Daniel Pauly prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Daniel Pauly et Dirk Zelly approfondissent la question par une étude de janvier 2016. Ils chiffrent le maximum à 130 millions de tonnes en 1996. Puis les performances de la pêche ont régressé de 1,2 million de tonnes par an. Malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer….

Nos articles les plus anciens

19.06.2008 ami des pêcheurs ou ami des poissons ?

Chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que sa catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective.

Le libéralisme économique repose sur le libre choix, c’est donc un principe vraiment superbe. Mais quand un code de bonne conduite en matière de pêche « responsable » repose sur l’engagement volontaire des pays, la surexploitation des ressources halieutique continue. La moitié des stocks mondiaux est aujourd’hui exploitée au maximum de ses  capacités, et 25 % sont surexploités…

10.03.2009 Surexploitation prouvée de la mer

Il est français mais inconnu en France. Daniel Pauly est le premier à alerter la communauté internationale sur la surexploitation des ressources halieutiques. S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, il prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Il démontre que les humains pêchent des poissons de plus en plus bas dans la chaîne alimentaire des océans : nous finirons par manger du zooplancton…

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Trumper sur le cancer, « backlash » 

C’est l’une des singularités de notre époque : le mensonge est commis au nom de la lutte contre le mensonge. Voici à propos d’un article de Stéphane Foucart les commentaires de personnes qui nient que le niveau de santé se dégrade à cause de nos manières de produire. Selon le dernier calcul mené par Santé publique France , 60 % des cancers ne sont pas attribuables à des facteurs de risque suffisamment connus.

Stéphane Foucart : Lbacklash cancer (« retour de bâton sur le cancer ») réduit la maladie aux comportements individuels pour la dépolitiser. L’augmentation de son incidence serait principalement liée à la consommation de tabac et d’alcool et à l’allongement de l’espérance de vie. Tout le reste – les déterminants socio-économiques, la dégradation de l’environnement, les réglementations laxistes ou absentes – ne serait que distraction. Ce discours n’a pourtant de la science que l’apparat. A bien des égards, il présente de nombreuses analogies avec la campagne climatosceptique. Dans les deux cas, l’accroissement des connaissances déclenche le même genre de contre-discours, souvent porté par des personnes s’exprimant hors de leur champ d’expertise. A chaque fois est répercuté dans l’espace public un mélange de contrevérités, d’omissions et de sophismes. A droite ou à l’extrême droite, les journaux qui propagent aujourd’hui la rhétorique du « cancer backlash » sont ceux qui ont alimenté le climatoscepticisme.

Les commentaires des trumpistes sur lemonde.fr,

l’art de parler pour ne rien dire

Sambon : Quelle honte cette article

aubledur : chronique consternante de mauvaise foi … une de plus

LeontiPreis : Le Foucart du dimanche. On ne le lit plus.

lecteur assidu : La capacité d’autodérision de nos Zecolos est stupéfiante. Vous avez aimé Fessenheim, le glyphosate , le scientisme … vous allez adorer le «  backlash sur les cancers » …

Catcityreader : Comme toujours chez Stéphane Foucart, la manipulation et la déformation de la connaissance scientifique passe avant la rigueur. Tout d’abord, Stéphane Foucart semble accuser certains scientifiques sur ce « Cancer backlash »: pourquoi ne pas les citer et fournir des contre-arguments ? Je ne vois qu’une hypothèse: relativiser et hiérarchiser les différents facteurs de risque du cancer ne convient pas à l’agenda écologique dogmatique de S. Foucart.

Charlieck : Il y a de nombreux oncologues et épidémiologistes, visés par Foucart, qui sont tout à fait dans leur domaine de compétence et d’expertise quand ils doutent ou discutent des informations à la Foucart dont la compétence et l’expertise ne sont pas prouvées.

Arnaud.2 : Les analyses de S.Foucard sont contestées par de nombreux scientifiques qui leur reprochent un manque de rigueur et une dérive idéologique et politique.

22/02/2026 : L’abbé Foucart dans son exercice favori, quand on ne suscite que l’indifférence dans la population, on nomme un ennemi pour essayer de justifier sa quête messianique. Or, les gens ont d’autres préoccupations, des joies, des peines, enfin une vie propre loin de tous ces circonvolutions intellectuelles de bourgeois.

Hydropente : Cet article n’a rien de scientifique mais tout d’idéologique et comme dans toute croisade, il faut désigner les hérétiques qu’il convient d’éliminer…

pm22 : La peur, il faut alimenter la peur… Peur des pesticides, des polluants éternels, du diesel, de n’importe quoi en fait. Il faut alimenter la peur. « On empoisonne nos puits », vielle ritournelle… Nous vivons dans un pays privilégié, bien mieux que nos ancêtres. Heureux comme un français au début du 21 siècle… Mais « il faut alimenter la peur »..

Saint-Thomas : Il suffit pourtant de taper « cancer facteur de risque » dans Google pour avoir des informations plus fiables que cette tribune voulant faire passer au forceps l’idée que l’environnement est responsable d’une grande partie des cancers.

Bandera : La France est l’un des grands pays développés parmi les plus protégés, les plus propres et ayant l’environnement le mieux préservé. Qu’on arrête donc de nous rabattre les oreilles avec des risques environnementaux en réalité microscopiques voire inexistants.

Face à ces trumpistes, quelques vérités

Etoiledunord : Nous produisons salement et donc nous respirons de l’air sale, mangeons des aliments sales et buvons de l’eau sale. Produire proprement devrait être une évidence, mais ce n’est pas l’avis de ceux pour qui la rentabilité et le profit restent la priorité absolue. A charge pour la sécurité sociale de réparer au mieux les dégâts. Les discours moralisateurs vont bon train ( c’est de votre faute si vous êtes malade ), aussi bien dans la population générale que chez les médecins. Je pense à cette personne de ma famille, toujours prête à distribuer ses leçons de morale, qui ne fumait pas, ne buvait pas, mangeait ses cinq fruits et légumes quotidiens, faisait son heure de marche tous les jours, et vantait son mode de vie impeccable. Jusqu’au jour où il lui a été diagnostiqué une tumeur cancéreuse. Oups. Ça calme hein ! Merci à l’auteur de l’article de remettre un peu les pendules à l’heure.

Canicule : La SCIENCE est claire : Le rapport Cancer et environnement (INSERM, 2008), qui constitue l’une des expertises collectives les plus complètes réalisées en France, souligne que des facteurs environnementaux peuvent contribuer à la genèse de certains cancers. Il met notamment en avant l’importance des expositions chroniques à faibles doses et des effets cumulés. Le rapport Pesticides et santé (INSERM, 2013, actualisé en 2021) indique que certaines expositions professionnelles sont associées à un risque accru de lymphome non hodgkinien, de myélome multiple, de leucémies, de cancer de la prostate. (pm22 ca va ?) Certaines familles de substances, comme les organochlorés, les organophosphorés et les carbamates, sont notamment étudiées dans ce cadre. Les mécanismes biologiques plausibles incluent la génotoxicité, la perturbation du système immunitaire et le stress oxydant.

Pour en savoir plus sur Stéphane Foucart grâce à ce blog, le lien :

https://biosphere.ouvaton.org/blog/?s=St%C3%A9phane+Foucart

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Généalogie animale : Éponge ou cténophore ?

Tout un article du MONDE pour ne parler que des modalités d’une rétractation de ceux qui donnent l’éponge gagnante de la course à l’origine. L’essentiel n’est pas mis en valeur, le fait que tous les animaux sont nos cousins plus ou moins éloignés, mais aussi les végétaux. Nous devrions montrer plus sérieusement que le fait de faire sa généalogie familiale relève d’un anthropocentrisme qui nous empêche de voir que nous ne sommes qu’une branche du vivant et que notre destinée personnelle ou même celle de l’espèce humaine n’a qu’une importance très relative. C’est Darwin qui nous a expliqué le fondement de l’évolution des espèces par les mécanismes de la sélection naturelle.

Nathaniel Herzberg : Éponge ou cténophore ? Quel est le premier animal à partir duquel tous les autres ont divergé à la base de l’arbre des animaux ? Quelle est « l’espèce sœur » ou « groupe frère » pour reprendre la terminologie des phylogénéticiens. L’éponge, c’est le plus « simple » des animaux, dépourvu de neurones, de muscles et d’intestin. Le cténophore est une bestiole marine gélatineuse à première vue bien plus évoluée. La communauté scientifique s’est alors déchirée en deux camps : à chaque article en faveur des éponges répondait une publication défendant les cténophores.

Le 5 février, le directeur de la rédaction de la revue américaine Science a annoncé que l’article, publié le 13 novembre 2025 plaçant les éponges à la base de l’arbre phylogénétique des animaux, était rétracté.

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Généalogie : notre ancêtre, le dipneuste

extraits : Certains croient faire de gros progrès en reconstituant leur généalogie familiale grâce à quelques archive usées : attitude purement anthropocentrique qui balbutie sur un ou deux siècles. Ce n’est pas là un exercice très captivant, mieux vaut le long souvenir de notre histoire commune. Remonte dans le temps, bien avant l’automobile, le téléphone et l’électricité, va encore plus loin. Tu arriveras il y a 400 générations, quand tes ancêtres commençaient à cultiver la terre et à se croire séparés de l’univers. En remontant encore, il y a 10 000 générations environ, tu trouveras ton premier ancêtre homo sapiens. Mais ton origine est encore antérieure ; il y a 100 000 générations, ceux par qui tu es arrivé étaient des hominidés. Quelques dizaines de millions d’années auparavant, ton ancêtre, un tout petit mammifère, vivait au temps des derniers dinosaures. En remontant encore, ton ancêtre était amphibien : un dipneuste ! Il possède à la fois des branchies et un poumon, ce qui lui permet de respirer aussi bien sous l’eau qu’à l’air libre….

Recension : DARWIN (presque) FACILE

extraits : La science a pris le relais de la religion et la sélection naturelle a remplacé le mythe de la Création divine. L’explication de l’origine naturelle du monde vivant initiée par Darwin a été amplement démontrée par la suite avec les découvertes de la génétique et les analyses ADN. Tous les animaux (Homo sapiens inclus) et les plantes dérivent de la même origine. Darwin nommait cette thèse « Théorie de l’ascendance commune ».

On doit connaître Darwin pour ce renversement majeur de perspective, l’homme n’est qu’une branche du vivant. Et Darwin de confier dans l’un de ses carnets : « Je dois éviter de montrer à quel point je crois au matérialisme »….

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Donald Trump, l’anti-écologiste primaire

Donald Trump relance la pêche commerciale dans une zone protégée le 6 février 2026. La zone concernée, réunie dans le monument national marin de Northeast Canyons and Seamounts, s’étend sur quelque 13 000 kilomètres carrés.

Le président Donald Trump : « Une pêche commerciale gérée de manière appropriée ne mettrait pas en péril les éléments d’intérêt historique et scientifique que le monument protège »

Le patron d’une association de pêcheurs : « Depuis des décennies, une réglementation excessive empêche les pêcheurs de gagner leur vie et de proposer aux consommateurs des produits sauvages, bons pour la santé et pêchés aux Etats-Unis »

Le point de vue des écologistes détrumpés

Ferenczi : Trump passe beaucoup de temps sur le Green et pourtant il n’est pas vert !

Julien Sorel : Lorsqu’il a appris que d’énormes bancs de saumons fumés se trouvaient dans cette zone, Donald a jugé que l’écologie ça commence à bien faire !

Lapetitesouris : Quand les Américains n’auront plus que des billets verts à mastiquer …

Boustrophédon : «Lorsque le dernier ruisseau sera pollué, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l’homme blanc comprendra que l’argent ne se mange pas.» Citation (vraisemblablement apocryphe) de Sitting Bull, chef Sioux.

Yoho : En France on pêche avec les pires méthodes dans nos aires protégées (voir les enquêtes de Bloom).

Charles F : Pourquoi toutes les extrêmes-droites au monde, détestent autant le vivant ?

Shiva : Trump n’est pas fou, il n’est qu’un sale capitaliste dont on a lâché la bride.

Thierry78 : La chasse aux bisons est ouverte…

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L’écologie à l’épreuve de l’ignorance trumpiste

extraits : Trump donne à voir crûment ses menées totalitaires. Désormais l’administration américaine fonctionne comme un édifice hiérarchique le long duquel peuvent descendre des directives aussi absurdes et orwelliennes que l’impossibilité de rechercher certains mots dans les bases de données d’un institut public. On fait même une sorte de guerre contre la métrologie, la mesure des phénomènes. Ainsi, certains types de données ne seront même pas collectées. Nous ne saurons donc plus ce qui se passe. La guerre de Donald Trump contre la science est la phase terminale d’une longue maladie dont les premiers signes ont été ignorés ou relativisés. Depuis de nombreuses années, l’ensemble de la droite américaine ne fait pas mystère de son désir de détruire ou d’assujettir les sciences de l’environnement…..

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Mercosur, les écologistes disent NON !

Les députés Verts allemands au Parlement européen ont choisi d’envoyer un signal hostile au libre-échange. Huit de ses douze eurodéputés, ont voté en faveur d’un renvoi de l’accord avec le Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne. Tollé général. C’est anormal.

Winfried Kretschmann, élu écologiste qui préside le Bade-Wurtemberg (Autoland) depuis quinze ans : « L’accord allait « protéger notre industrie, nos PME et de nombreux emplois dans le Land ». Il a toujours défendu l’industrie automobile et les accords de libre-échange dont elle dépend.

Franziska Brantner, la coprésidente des Verts, a qualifié le vote de ses collègues européens d’« erreur ».

Le commentaire de Michel Sourrouille

Le libre-échange a été imposé par les puissance dominantes, à l’origine par la Grande-Bretagne au XIXe siècle. C’est un facteur important des inégalités de développement entre pays. En tant qu’écologistes, nous devons promouvoir des productions locales pour des marchés de proximité. Enfin il est économiquement ridicule de vendre des voitures à l’étranger alors qu’on importe des voitures fabriquées à l’étranger : pur gaspillage d’énergie. Il n’y a donc pas d’autre choix que l’abandon du Mercosur.

Le commentaire de Ricardo Uztarroz 

Ils ont voté comme l’extrême-droite. Et alors, où est le problème. Ils ont voté contre le Mercosur. A tort ou à raison, la question est là. Des élus écolos qui défendent l’industrie automobile, ça laisse un peu perplexe, en outre favorables à qu’on produise de la viande en Argentine pour qu’on la mange en Allemagne, là ça laisse pantois. Volkswagen est implanté au Brésil depuis les années 50. C’est le plus gros producteur de bagnoles du Mercosur. Renault est en Argentine et au Brésil, Peugeot au Brésil, Fiat au Brésil. Donc ces marques n’exportent vers le Mercosur puisqu’elles produisent sur place.

Protectionnisme contre l’absurde Mercosur

extraits : Un jour déjà lointain, Ernst Friedrich Schumacher (Small Is Beautiful) vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. N’était-ce pas absurde ? Le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait donc alerter personne ?….

Notre article le plus ancien sur la question (06.11.2005)

Soyez apôtre du protectionnisme !

Dans « Système national d’économie politique » paru en 1841, Frédéric List (naît dans le Wurtemberg actuel) pensait que les libéraux se trompaient en croyant qu’il existait des lois générales de l’économie en tout temps et en tout lieu. Pour lui, l’évolution économique de chaque pays dépend de son évolution politique et culturelle. Aussi, on ne pouvait présenter le libre-échange comme modèle incontestable à une Allemagne ravagée par les guerres napoléoniennes et politiquement éclatée. Par contre la protection des industries naissantes permettrait l’émergence d’industries hautement compétitives et ce n’est qu’à condition de rattraper le niveau de la Grande-Bretagne que l’Allemagne pourrait ouvrir les frontières car on échangerait alors à armes égales. Il s’agit là d’un « protectionnisme éducateur » et en conséquence, F. List n’est qu’un libre-échangiste différé : son idéal d’avenir reste l’industrialisation, c’est-à-dire tout ce qui détruit les ressources de la planète.

Pour enrayer ce flot de destructions, la Biosphère souhaite que les humains s’arrêtent de faire du libre-échange généralisé de biens matériels, de services financiers ou de travailleurs migrants, mais attacher au contraire les communautés à leur cadre territorial d’appartenance pour qu’elles en vivent de la façon la plus autonome possible. En agriculture, il s’agit de promouvoir la souveraineté alimentaire.

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Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir

C’est une des premières femmes à faire le tour du monde en solitaire en 1991, elle est aujourd’hui engagée dans la défense du vivant.

Isabelle Autissier, une grande dame à écouter :

– Nous appartenons à la nature. Si elle s’écroule, Homo sapiens s’écroule avec.

– Même si on s’oriente vers un réchauffement à 2,8 °C ou à 3 °C, il peut advenir une crise écologique mondiale qui chamboule tout et freine ce processus. Cela serait très désagréable.

– Les gens préfèrent s’accrocher à leur petite maison et à leur voiture. Le déni sous toutes ses formes neutralise l’action.

Le jour où il n’y aura plus assez de terre cultivable et d’eau potable pour tout le monde, ce sera la guerre.

J’ai bientôt 70 ans, je ne me suis jamais illusionnée, le combat écologiste n’allait pas être un long fleuve tranquille.

– Les oppositions se réveillent toujours lorsque l’on marque des points. Mais plus les conséquences de la destruction du vivant vont se faire sentir, plus les gens vont se résoudre à écouter les scientifiques.

– L’espoir, c’est bien gentil, mais cela n’implique pas immédiatement l’action. J’aurais beau espérer la paix dans le monde, si je reste chez moi à cultiver mon jardin, j’espérerais à vide, en quelque sorte. C’est le combat qui nourrit l’espoir.

– Nombreux parmi ceux qui luttent concrètement pour la liberté finissent en prison, voire pire. C’est là que se trouve le courage.

– Si vous voulez arrêter de déprimer, battez-vous ! Seul, on a davantage tendance à désespérer. Construire des solutions fait du bien à la tête.

– En mer, peu importe les énormes vagues et les avaries. Si je m’arrête par désespoir, je suis morte.

Je mesure en moi-même combien être au contact de la nature permet de se construire, apporte du bonheur, et conforte sur son appartenance à ce grand mouvement de la vie, à cette planète complètement étrange, à la beauté, à la sensibilité, à l’émotion qui s’y réalise.

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La synergie entre Isabelle Autissier et Nicolas Hulot

Isabelle Autissier le 25 novembre 2018 : « Aucune idée n’a avancé aussi vite que l’écologie. Mais cela me dévaste qu’elle ne soit pas encore au cœur des décisions gouvernementales, que le système économique pousse encore à tant de mauvaise foi. Qu’est-ce qu’on va le payer cher ! La planète n’en a rien à faire de nous. Elle peut devenir un gros caillou chauve. Mais quelle sera la qualité de vie des êtres humains ? On va vers beaucoup de souffrances, vers des guerres qui naîtront de situations explosives engendrées par les problèmes de terre, d’eau, de climat. On n’a pas assez d’imagination pour se représenter ce que seront les crises environnementales. On nous décrit la montée des eaux, l’acidification des océans, la disparition des espèces, la raréfaction des terres arables, les grandes villes submergées, mais on ne visualise pas, sinon on arrêterait tout instantanément. » (extraits)

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PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie

Pour chaque dollar dépensé pour protéger la nature, 30 dollars financent sa destruction. Un rapport, publié le 22 janvier 2026 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUE), rappelle l’importance de supprimer et de rediriger les investissements qui nuisent à l’environnement.

Perrine Mouterde : En janvier 2020, un rapport du Forum économique mondial alertait déjà sur le fait que plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial dépend de la nature et des services qu’elle fournit, tels que tout la pollinisation ou la régulation du climat. Selon le rapport du PNUE, le montant des financements directement nuisibles à l’environnement a atteint 7 300 milliards de dollars en 2023, quand les investissements dans des actions favorables à la nature atteignaient 220 milliards de dollars.  Les investissements privés nuisibles à la nature, eux, ont représenté en 2023 près de 5 000 milliards de dollars. Les financements en faveur de la nature relèvent à 90 % de la sphère publique. Il existe des effets d’entraînement entre financements publics et privés. « Si vous subventionnez l’épuisement des nappes phréatiques en n’imposant pas un prix de l’eau assez élevé, vous encouragez aussi la surexploitation des ressources pour l’irrigation, ce qui conduit aussi à épuiser davantage les nappes. Et en baissant artificiellement le prix des combustibles fossiles, vous diminuez aussi le coût des engrais… 

Il faut aller au-delà des abeilles et des arbres pour envisager une manière différente de travailler avec la nature au lieu de la considérer comme un élément extérieur. Mais de telles réformes sont politiquement délicates, car elles touchent souvent des industries ou des groupes puissants qui résistent au changement. La suppression des subventions peut augmenter les coûts pour les consommateurs, ce qui la rend impopulaire auprès du public….

Le point de vue des écologistes consternés

Le Birdie : « Drill, Baby, Drill ! » veut dire « Die, Baby, Die ! »

Gabrielle Siry : « 80 % des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la combustion des énergies fossiles.

Antispécisme : Bienvenu dans un monde ultra-spéciste, qui rêve d’IA et de coloniser tout ce qu’il peut.

თავისუფლება : Pourquoi les dirigeants des entreprises du secteur des énergies fossiles qui provoquent morts et désolations ne sont-ils pas encore en prison ?

lecteur assidu : On ne le répétera jamais assez, mais le Brésil ce sont 1,8 millions de nouveaux habitants chaque année tout à côté de l’Amazonie , l’Égypte 1millions de nouveaux habitants en plein désert, l’Inde 10 millions de nouveaux habitants et une commande en deux jours de 1040 Airbus sans compter les Rafale… Devenons malthusiens.

Artemis purple : Encore pris l’avion ? Vous faites partie du problème. Changez d’imaginaire, faites partie des solutions.

Frog : Arrêtez la Carte Bancaire, payez en cash ou adhérez à une monnaie locale.

Michel Sourrouille : La tragédie de l’horizon reste d’actualité. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Le marché financier, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est en revanche incapable de fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement de marché leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes qui vont frapper les générations d’un futur oublié. Il nous faut donc jeter un pont entre le présent et l’avenir, mettre une chaise pour les acteurs absents lors de toutes les délibérations, qu’elles soient chez les investisseurs, les grandes entreprises et les instances politiques.

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M. Sourrouille représente les acteurs absents

extraits : Le contributeur principal de ce blog, Michel Sourrouille, se veut à l’avant-garde des éléments de langage qui feront florès dans le futur. Ainsi son texte sur les acteurs absents publié dans LE MONDE du 1er octobre 2021 (Paroles de lecteurs) : « Si chaque politicien, chef d’entreprise ou même consommateur prenait en considération les conséquences prévisibles pour les « collectifs muets » de ses décisions courantes, alors les générations futures et les non-humains pourraient devenir des participants incontournables du fonctionnement social »….

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

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Le conte du paysan schizophrène

Le conte du paysan schizophrène et de la source enchantée

Il était une fois, dans un royaume pas si lointain (appelons-le Chez Nous), un fermier très en colère. Toujours en colère.

Un fermier moderne. Connecté. Subventionné. Offensé. Le matin, il se levait furieux contre le Mercosur.

Scandaaale ! Ils importent des aliments bourrés de pesticides interdits chez nous ! On empoisonne les gens ! On tue l’agriculture locale !

Il tapait du poing sur la table, la bouche pleine de convictions bio… et de café industriel.

À midi, après avoir partagé un sandwich pas trop regardant sur l’origine, il devenait furieux autrement.

Scandaaale ! On m’interdit d’utiliser MES pesticides près des captages d’eau ! Non mais vous vous rendez compte ?!

Les captages d’eau, ces petites sources insolentes qui servent à fournir… de l’eau potable aux enfants aux vieux aux mêmes citoyens qui mangent ce qu’il produit

Mais ça, c’est un détail. Dans sa tête, tout était parfaitement logique :

Les pesticides étrangers = poison

Ses pesticides à lui = tradition, bon sens, héritage familial et liberté

Car voyez-vous, dans ce royaume magique, le pesticide change de nature selon qui le verse.

S’il arrive en bateau : c’est un crime contre l’humanité.

S’il est pulvérisé à 5 mètres d’un captage : c’est du bon sens paysan.

La source, elle, ne comprenait pas. Elle gargouillait doucement en murmurant : Excuse-moi, mais moi je bois tout. Je ne fais pas la différence entre un pesticide patriotique et un pesticide mondialisé.

Alors le fermier cria plus fort. Il cria contre l’Europe. Il cria contre l’écologie. Il cria contre les normes. Il cria contre les citoyens qui veulent boire de l’eau propre et manger sain.

Quel culot, franchement. Et pendant ce temps-là, les vrais gagnants du conte les lobbies les multinationales les intermédiaires

regardaient la scène en silence, en comptant les profits, ravis de voir les fermiers et les citoyens se battre entre eux.

Morale du conte (qui pique un peu) :

On ne peut pas dénoncer les pesticides quand ils viennent de loin et pleurer parce qu’on ne peut plus en balancer près de l’eau qu’on boit.

On ne peut pas crier santé publique le matin et je fais ce que je veux l’après-midi.

On ne peut pas vouloir une agriculture respectée en méprisant le vivant autour.

Ce n’est pas un complot. Ce n’est pas de l’idéologie verte. C’est juste de la cohérence.

Mais la cohérence, dans ce royaume, ça n’est pas encore subventionné.

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Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ?

Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ? Oui, mais.. toute liberté est soumise à des contraintes.

L’émission Punchline, c’est sur Cnews. La télévision selon Bolloré ne donne la parole à personne si ce n’est aux obsessions de son propriétaire. L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a sanctionné le fait qu’un climato-sceptique a pu s’exprimer sur sa chaîne « sans que la position qu’il défendait ne soit mise en perspective et sans qu’une contradiction ne soit exprimée à la suite de ses propos. Il y a méconnaissance des exigences d’honnêteté de l’information et de maîtrise de l’antenne. »

Il est vrai que l’intervenant parlait de l’influence humaine sur le réchauffement climatique comme un mensonge, une escroquerie et un complot destinés à justifier l’intervention de l’État dans la vie quotidienne qui s’apparenterait à un totalitarisme. La chaîne (mais pas l’intervenant lui-même) a été sanctionnée d’une amende de 20 000 euros. L’intervenant pouvait donc tout dire, mais Cnews devait permettre aux auditeurs de déterminer où était la vérité et de savoir que c’était une opinion invalidées par les données de la climatologie.

On pourrait s’arrêter là mais Vincent Cheynet, dans un article de « la décroissance » (janvier-février 2026), s’insurge contre une écologie qui serait liberticide : « L’opinion devient un délit, notre société sombre dans un totalitarisme, c’est l’ère de la police de la pensée, l’écologie est utilisée pour nier la liberté… ». Vincent Cheynet s’attache à une superficialité.

« La liberté d’expression est un droit »… sauf qu’il ne faut pas troubler l’ordre public..

« La liberté est ce qui nous spécifie comme humaine » ; sauf que la liberté doit être accompagné de l’égalité, de la fraternité, du respect des avancées scientifiques, du souci des non-humains et des générations futures, etc.

Cet ancien rédacteur en chef de ce journal décroissant s’appuie entre autres pour justifier son point de vue sur cette sentence apocryphe : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Mais dans l’émission Punchline, redisons qu’il n’y avait pas interdiction d’exprimer son climato-scepticisme, mais obligation pour une chaîne d’information de garder une certaine objectivité dans des opinions proférées publiquement. Il est nécessaire d’être protégés contre les fake news, sinon on va tout droit vers une société où les réseaux sociaux aux mains de milliardaires feront la loi et l’aliénation des masses.

En fait Cheynet termine son article par l’essentiel pour lui, faire la publicité pour son prochain livre à paraître en 2026 : « Liberté et décroissance » (parution 20 février 2026 aux éditions du Rouge et du Noir). Il faut connaître la pensée des personnes qui ne pensent pas tout à fait comme nous.

Le point de vue des écologistes réchauffistes

Soutenir d’une manière ou d’une autre les climato-sceptiques est une grave erreur étant donné que cela donne prise au refus de toute action contre nos émissions de gaz à effet de serre. Comme la combustion du carbone fossile est aussi un facteur fondamental de la croissance économique, il est paradoxal pour un décroissant comme Vincent Cheynet de se tirer une balle dans le pied.

Mais comme tout n’est pas noir chez un militant de longue date, voici un résumé de son livre de 2008 (sur notre site de documentation des écologistes).

Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet (extraits)

Vincent attaque assez assidûment ses confrères en objection de croissance, Ellul, Latouche, Hulot, l’ASPO, Malthus, Paccalet, les pédagogues de la catastrophe… Il traite même l’écologie de « mot qui piège ». Mais comme assez souvent il dit des choses très vraies, attardons-nous sur ces morceaux choisis :

– La réflexion sur les mots est primordiale car ceux-ci sont le socle sur lequel faire avancer les idées. Il existe tout autant des mots poisons qui empêchent de penser, que d’autres qui frayent de nouveaux imaginaires. Les capitalistes l’ont bien compris. Armés de légions de communicants, ils s’emploient autant à vider les mots de leur sens qu’à s’accaparer les mots de leurs contradicteurs.

– L’expression objecteurs de croissance est très parlante : les objecteurs de croissance font acte de non violence en refusant la guerre économique comme les objecteurs de conscience refusent l’ordre de la guerre.

– La récusation du débat par notre société est symptomatique d’une forme de totalitarisme mou. Cela se traduit par une inflation d’oxymores tels que « guerre propre », « voiture propre », « croissance verte » « durable » ou « écologique », « fonds de placements éthiques », « entreprises citoyenne », « développement durable », etc

– Depuis deux siècles, la « science » économique occidentale a quasiment évacué le paramètre écologique de ses raisonnements. Elle fonctionne déconnectée de la réalité physique et géochimique.

– Répondant au député des Verts Yves Cochet qui lui rappelait nos responsabilités face aux limites de la planète, le chroniqueur du Figaro Philippe Simonnot s’énerve : « Moi, ce qui compte pour moi, c’est la liberté. Je veux pouvoir acheter mes chemises à Hongkong, mes chaussures en Inde. C’est ça qui compte pour moi. »

………………………………….….

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Faut-il avoir peur de la nature ?

Jeudi 8 janvier 2026 à l’Académie du climat (Paris)

Rencontre autour de l’œuvre de François Terrasson

organisée par les JNE (Journalistes-écrivains pour la Nature et l’écologie)

Quelques textes introductifs

Apprivoiser sa peur

(extraits) François Terrasson, je l’ai rencontré lors de voyages JNE à Johannesburg (NDLR 2002) et puis en Guyane (2004). J’aimais sa façon de décrypter nos rapports à la nature, le penchant humain de vouloir la maîtriser coûte que coûte et la nécessité de laisser des espaces libres de toute intervention humaine. Je me souviens quand il est arrivé chez moi dans sa vieille Lada par une journée printanière.  Nous sommes partis sur les chemins forestiers repérer les lieux qui soient suffisamment isolés les uns des autres, pour y déposer les journalistes prêts à tenter l’expérience :  passer une nuit seule au milieu de nulle part, sans téléphone et lampe, juste un duvet …  Chemin faisant, François Terrasson me faisait l’éloge des mousses, des ronces et du rôle primordial de la lisière pour la faune et la flore. François Terrasson, au-delà de ses livres, nous a transmis une expérience sensuelle de la nature….

Myriam Goldminc

Une nuit en forêt

(extraits) Quand j’entre dans la forêt, presque malgré moi, à la lisière entre le clair et l’obscur, je m’incline. Mes genoux cèdent et ma tête se courbe. Comme lorsque j’entre dans une église. Plus sûrement que dans une église. Je salue et je deviens silence…. La nuit, bien sûr, c’est encore plus fort. Il n’y a plus de place à la triche. Je suis livrée à moi-même, sans autre alternative que de m’y réfugier. C’est alors que commence la véritable rencontre… L’obscurité s’intensifie, l’air devient plus coupant et le silence plus dense. Comme derrière le rideau qui vient de tomber sur la scène, tout s’anime : les arbres s’étirent et changent de forme, les animaux sortent de leur cachette, le chevreuil ose une échappée dans la clairière, les sangliers labourent la terre à la recherche de nourriture et moi, je m’immisce plus avant dans les profondeurs. Je ne reconnais plus rien. Les distances, les reliefs, les sons… Je deviens forêt. C’est un réveil en cascade des sens, un feu d’artifice qui se propage de cellule en cellule….Il n’est à mon sens pas d’exercice d’écologie et de réconciliation plus puissant, de communion plus intense, que cette immersion inconditionnelle dans le ventre de la nature….

Christine Krystof-Lardet

« La peur de la nature » de François Terrasson

Quelques extraits significatifs du livre de François Terrasson paru en 1988, La peur de la nature (éditions Sang de la Terre).

(extraits) La Terre n’est pas la planète des hommes. Pendant des centaines de  millions d’années, d’autres êtres vivants ont occupé les lieux où se trouvent maintenant nos maisons, nos lits et nos chaises (p. 15).

La nature, c’est ce qui existe en dehors de toute action de la part de l’Homme. Conserver  la nature ce sera, plus que préserver telle ou telle espèce, parvenir à maintenir l’impression sensibles que nous éprouvons en face de tout ce qui n’est pas d’origine humaine (p. 28-29).

L’expérience du désert ne se raconte qu’en récusant les mots qui servent à le faire. Il n’y a personne, il n’y a trace de personne, rien qui rappelle l’existence de l’homme et de sa civilisation (p. 34-35).

Nous sommes hommes, mais nous pourrions être aussi bien blaireau, pierre ou serpent (p. 83).

La sorcière nature n’a que faire de notre regard, qu’on la voie comme une vieille terrifiante ou comme une belle jeune fille, elle s’en contre-fout, puisqu’elle est les deux et bien plus encore (p .119)….

Michel Sourrouille

L’intégralité du dossier

https://www.jne-asso.org/category/dossiers/dossier-francois-terrasson/

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Regards croisés sur la mort des loups

Publiée fin novembre 2025, la dernière estimation des effectifs de loups en France fait état de la présence de 1 082 individus. Le gouvernement autorise l’abattage de 19 % de la population, 192 loups ont été assassinés en 2025.

– Pour plus d’égalité entre inhumains et non-humains, admettons pour la population française métropolitaine de 66 millions le même taux de régulation des effectifs, soit une perte pour l’année de 12 540 000 personnes. Il resterait encore beaucoup beaucoup de monde, beaucoup de villes, beaucoup  d’élevage extensif, beaucoup d’agro-industrie, beaucoup de routes, beaucoup de tout de trop.

– L’Homme abat 4 millions de bovins chaque année en France, mais si un loup en tue 2 ou 3 ovins, c’est la catastrophe et on abat le loup. Triste dans tous les sens.

– On exploite la nature sans limite, et on s’offusque quand celle ci reprend un peu ses droits par le loup, l’ours ou le requin. Les éleveurs devraient délibérément offrir un de leur animaux aux loups. C’est ce que faisaient les indiens d’Amérique car ils avaient compris que la nature ne leur appartenait pas, mais qu’ils lui appartenait. Ils se devaient de lui rendre une partie de ce que celle-ci leur offrait si généreusement.

– Cet abattage me laisse complètement perplexe. Que l’éleveur soit indemnisé pour ses pertes, évidemment. Mais alors pourquoi abattre des loups ? Cela me rend malade, c’est tellement beau le sauvage. Comment défendre le peu de nature qu’il reste pour mes enfants et leurs futurs enfants ?

– Alfred de Vigny, La mort du loup : « Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes, Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes ! Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C’est vous qui le savez, sublimes animaux ! A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse. – Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur ! »

– Officiellement en France, 33 personnes, des enfants majoritairement, ont été tuées par des chiens de 2003 à 2023. Combien de personnes ont-elles été tuées par des loups ? Aucune depuis trois siècles. Laissons les loups prospérer et débarrassons nous des chiens.

– Encore la redécouverte du relativisme. Il y a des personnes qui arrivent à manger tranquillement avec la télé allumée alignant crimes sordides, génocides et noyades de migrants. Mais si un moustique commence à s’intéresser à leur sang et vrombit près de leur tête alors l’insecticide est lâché.

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Tuer des loups sans sommation, beurk (septembre 2025)

extraits : La France a été en première ligne pour réclamer l’abaissement du niveau de protection du loup, passée d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Quelques mois après l’entrée en vigueur de ce déclassement au niveau européen, l’Etat devait préciser, ce 23 septembre 2025, la manière dont il entend traduire ce changement de statut. Il devait annoncer, notamment, de nouvelles mesures visant à accorder le droit de tuer des loups à l’ensemble des éleveurs afin de défendre leur troupeau, sans condition….

Les loups entre la vie et la mort (décembre 2024)

extraits : Réunis à Strasbourg le 3 décembre 2024, les 50 Etats membres de la convention de Berne ont voté pour un abaissement du niveau de protection des loups. Il v passer d’espèce « strictement protégée » à « protégée », ce qui n’a jusqu’ici jamais été fait pour aucune espèce. Ce déclassement était réclamé par les représentants des éleveurs et des agriculteurs, qui dénoncent une pression trop forte exercée par le prédateur. Ursula von der Leyen s’était emparée du dossier en septembre 2023….

Nos amis les loups en ligne de mire (septembre 2023)

extraits : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a ouvert la voie le 4 septembre 2023 à une possible révision du statut de protection de cet animal : son propre poney, Dolly, a été tué par un loup en septembre 2022 ! Exemple frappant de l’animal domestique choyé au détriment de l’espèce sauvage….

Fécondité des loups, fécondité des hommes (septembre 2023)

extraits : En France, 1 104 loups en 2023 pour 67 millions d’humains : cherchez l’erreur ! Le problème essentiel est que l’espèce homo sapiens s’est propagée au détriment de presque toutes les autres. Que diraient les Français si leur taux de mortalité provoquée était fixé « à 19 % de la population totale » et qu’on pouvait tirer à vue le surnombre avec des lunettes à visée nocturne. Quel est le seuil de viabilité de cette espèce d’hominidé qu’on devrait respecter : environ 500 individus, ou 2500 individus sexuellement matures ? Notez que l’humain et le loup se ressemblent, ils chassent en meute. Ce sont des prédateurs en haut de la chaîne alimentaire qui doivent en conséquence réguler leur population en proportion des ressources à leur disposition. Le loup limite sa reproduction au seul couple dominant de la meute pour ajuster ses effectifs aux ressources disponibles. Quand les proies se font rares, la meute reste parfois deux ou trois ans sans mises bas….

En savoir encore plus

350 loups, 67 millions de Français, le déséquilibre (2018)

Si tu tues les loups, tu dois aussi tuer les cerfs (2014)

Du loup ou des humains, quel est le super-prédateur ? (2014)

de l’homme au loup, une trop troublante similitude (2013)

pas assez de loups, trop de moutons, difficile cohabitation (2012)

Face aux éleveurs, des loups exaspérés (2012)

gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre (2012)

un loup de moins, humanisme en berne (2010)

moins d’éleveurs, plus de loups (2008)

extraits : L’espèce Canis lupus, réintroduite depuis l’Italie vers 1992, serait dans un état de conservation favorable en France avec 150 individus et quatorze meutes. Je rêve d’un territoire français où l’espèce homo sapiens serait ramenée à 150 individus rassemblés dans quatorze villages, ce qui permettrait aux loups, aux forêts et à l’exubérance de la vie sous toutes ses formes de prendre tout l’espace dont l’homme s’est accaparé pour son seul intérêt à court terme…

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Faisons des cadeaux à Casseurs de pub

Soutenons R.A.P., Résistance à l’Agression Publicitaire

Depuis 3 décennies, R.A.P. s’engage sans relâche et avec conviction contre le système publicitaire.

Nous avons œuvré pour en finir avec :

la publicité climaticide : En mars, nous avons publié une synthèse de notre dernier rapport sur la publicité automobile, et l’avons accompagné d’un reportage et d’une grande mobilisation, réclamant la fin des publicités pour la voiture individuelle. Récemment, nous avons aussi lancé un observatoire de la publicité d’aliments d’origine animale, afin d’étudier les pratiques de cette filière.

la publicité abusive : En février, nous avons mobilisé contre les publicités sexistes à l’occasion de la Saint·e Valentin·e dans plusieurs villes afin de les dénoncer. Avec nos partenaires associatifs, nous avons aussi lancé un grand observatoire citoyen de la publicité afin de mettre à mal la pseudo autorégulation du système publicitaire.

la publicité lumineuse : Nous lançons en ce moment-même une grande campagne d’interpellation des candidat·es aux élections municipales pour les engager à réguler plus fortement la publicité et avoir ainsi de nouvelles victoires locales dans ce domaine.

la publicité en ligne : Elle est devenue omniprésente, nous mettons donc de plus en plus d’actions en place pour vous en prémunir, notamment dans les médias sociaux.

Notez que nous avons obtenu cette année une victoire concrète sur l’une de nos revendications historiques : l’interdiction du démarchage téléphonique.

JE FAIS UN DON

À chaque campagne menée, votre contribution a des effets tangibles. Face à des lobbys influents, vous renforcez notre capacité à transformer le système.

Avec votre aide, nous enquêterons, mènerons des actions de résistance et transformerons nos territoires et nos modes de vies pour pour construire un avenir meilleur libéré de l’agression publicitaire. 

JE FAIS UN DON

Vos dons bénéficieront d’une réduction d’impôts de 66 % sur vos revenus 2025 ; ne manquez pas de contribuer avant le 31 décembre 2025 pour recevoir votre reçu fiscal avant votre prochaine déclaration d’impôts.

Merci à chacune et chacun d’entre vous pour votre aide inestimable.

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L’Union européenne, une dérive fascisante

« Nous ne combattons pas les combustibles fossiles, mais uniquement les émissions de gaz à effet de serre qui en sont issues. » L’auteur de cette déclaration aux relents de rhétorique orwellienne, c’est Ursula von der Leyen. la présidente de la Commission européenne. Fin juillet, la Commission européenne s’engageait auprès de Washington à importer pour 750 milliards de dollars (638 milliards d’euros) de combustibles nucléaires, de pétrole et surtout de gaz naturel américains au cours des trois prochaines années.

Stéphane Foucart : Cette déclaration de Leyen n’est pas un mot maladroit. Elle est, au contraire, symptomatique du mouvement d’alignement en cours de l’Union européenne (UE) sur l’Amérique de Donald Trump. Cet alignement prend la forme, ces derniers mois, d’une série de reculs environnementaux : détricotage du volet agricole du pacte vert, report du règlement sur la déforestation importée, révision à la baisse du projet d’interdiction universelle des « polluants éternels », réduction à néant de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises, large dérégulation des « nouveaux OGM » sans remise en question de leur brevetabilité, etc., à quoi s’ajoute le feu roulant des paquets législatifs « omnibus » destinés à « simplifier » la réglementation de l’UE sur la chimie, l’environnement, l’automobile, l’alimentation, etc. Le commissaire européen à la santé, le Hongrois Oliver Varhelyi, souhaite la possibilité d’autoriser les pesticides sans limite de temps, de déroger à l’obligation de tenir compte de la littérature scientifique dans les réévaluations nationales des produits ou d’allonger de trois années supplémentaires les « délais de grâce » dont bénéficient les utilisateurs des substances les plus dangereuses après leur interdiction.

Les éléments de langage brandis à l’appui de ces reculs – lutter pour la « compétitivité » de l’Europe, sa « souveraineté », défaire la « complexité » de la réglementation, etc. – ne sont guère qu’un écran de fumée qui dissimule la vassalisation de l’Union. C’est l’esprit de Munich qui souffle ces jours-ci sur Bruxelles. Comme dans les années 1930, il fait accroire que, face à un pouvoir brutal et agressif, autoritaire et peu soucieux du droit, seule la complaisance peut acheter la tranquillité.

Le point de vue des écologistes effondrés

– Il suffit qu’un braillard outre atlantique hausse le ton pour que nos girouettes politiciennes sans conviction se couchent et suivent aveuglement.

– L’UE avec sa stratégie Farm to Fork (littéralement de la ferme à la fourchette) s’était dotée d’un plan pour un système alimentaire durable grâce à la réduction de l’utilisation de pesticides et d’engrais, la promotion de l’agriculture biologique (à hauteur de 25 % des terres), la lutte contre le gaspillage alimentaire et la promotion de régimes alimentaires sains grâce à un étiquetage plus clair, tout en garantissant les moyens de subsistance des agriculteurs et la sécurité alimentaire. » Voilà ce que nous sommes en train de perdre.

– On a les politiques que l’on mérite : de petits politicards sans vision, sans conviction, sans objectif, sans connexion avec le monde réel… Contre l’attente de la population qui aux 3/4 souhaite une transition, nos poulets sans tête courent dans la perspective d’un « bon coup médiatique » dans les 48 h, avec une éternité fixée à 2027 !

– La commission obéît aux injonctions anti environnementales de l’extrême droite du Parlement à laquelle s’est rallié le PPE depuis les assauts de son président Manfred Weber contre l’environnement.

– Globalement ce qu’on appelle « écologie punitive » c’est juste la description factuelle de ce qu’il faudrait faire pour garder la planète à peu près habitable. Notre mode de vie ne peut pas durer, c’est tout.

– Les croyants de l’évangile croissanciste sont incapables de comprendre que l’économie c’est de la thermodynamique : c’est l’énergie fossile abondante et gratuite seule qui a permis la croissance des 230 dernières années.

– Pour croire en une croissance infinie dans un monde fini, il faut être soit un fou, soit un économiste.  Car une croissance économique, c’est obligatoirement une croissance des déchets et des externalités négatives.

– Les faits sont têtus, il n’y a pas de société humaine viable dans un environnement trop dégradé.

– Les politiciens feraient bien de reconsidérer un jour une autre valeur que celle de leur réélection et prendre en compte le bien commun, celui-ci dépassant largement toutes les frontières nationales.

– Si l’on devait aller jusqu’au bout de la logique des normes écolo-sanitaires, il faudrait commencer par arrêter de produire du vin.

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La gauche face aux problèmes de l’immigration

Nommée le 24 septembre 2025 porte-parole du Parti social-démocrate suédois sur l’intégration – poste resté vacant depuis 2010 –, Lawen Redar, fille d’immigrés et députée depuis 2014, a sillonné la Suède et ses banlieues pendant deux ans. Sa mission : élaborer une politique capable de répondre à l’immense défi posé par les 180 quartiers sensibles recensés dans le royaume scandinave, minés par la précarité et souvent la criminalité organisée, où vivent 700 000 personnes, dont 170 000 enfants, majoritairement d’origine étrangère. Les sociaux-démocrates ne comptent pas essuyer un nouvel échec face à l’extrême droite ; ils plaident désormais pour une politique migratoire restrictive et des conditions d’intégration strictes pour les immigrés.

Lawen Redar :  « Je suis née de parents kurdes et j’ai grandi en Suède. Si j’ai rejoint le mouvement jeune du parti à 13 ans, c’était pour combattre le développement des inégalités. L’époque était alors bien différente. Quand j’avais 1 an, en 1990, 200 000 personnes nées hors d’Europe vivaient en Suède. Aujourd’hui, c’est 1,2 million. Certains nous accusent de courir après les Démocrates de Suède [l’extrême droite, qui a obtenu 20,5 % des suffrages en 2022]. D’autres, au contraire, sont contents que les sociaux-démocrates sortent enfin la tête du sable. Pour ma part, je pense qu’il est difficile de trouver des solutions si on ne dit pas les choses clairement. Aucun autre pays européen n’a connu une telle transformation démographique en aussi peu de temps à cause de l’immigration. Les sociaux-démocrates adaptent leur politique non pas parce qu’on imite les partis d’extrême droite, mais parce que la réalité a changé. La politique migratoire devra être restrictive pour faire face aux défis posés par l’intégration. Historiquement, c’est la droite qui a voulu mener une politique d’immigration libérale, pour des raisons idéologiques, dans le but de presser les salaires à la baisse. Quant à l’extrême droite, elle ne croit pas à l’intégration. L’intégration commence par le travail ; nous ne pouvons pas, en tant que nation avec un Etat-providence, fonctionner avec un chômage et une passivité élevés. L’apprentissage de la langue ne sera plus une option, de même que le respect des valeurs démocratiques  comme l’égalité entre les sexes. Entre 40 % et 60 % des demandeurs d’asile se sont retrouvés dans des sociétés parallèles. Une fois leur situation régularisée, 80 % sont restés dans ces quartiers où plus de 50 % de la population adulte ne travaille pas, ce qui en fait un foyer de recrutement incroyable pour les forces destructrices telles que les islamistes radicaux, les gangs criminels ou les trafiquants de drogue. » 

Des commentaires appropriés

– La Suède ne veut plus être une « superpuissance humanitaire » comme l’ancien ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt avait qualifié son pays lors de la crise migratoire en 2015. Près de 163 000 réfugiés, un record en Europe, y avaient alors trouvé refuge.

– La folie suédoise de la « superpuissance humanitaire », précipité par de bons sentiments irresponsables, est désormais un cauchemar .

– L’ espace public en Suède était le plus sûr au monde pour les femmes. Aujourd’hui dans plus de 70% des cas les victimes d’ agression sexuelle ne connaissent pas leur agresseur. Retour des viols de rue.

Significative cette inclinaison chez certains immigrés récents à être restrictifs sur l’immigration. Aujourd’hui une kurde en Suède. Une indienne au Royaume-Uni et un Éthiopien au Danemark… Demain en France, on trouvera bien un(e) originaire d’une ancienne colonie française. « La réalité a changé ».

Si, comme dans les pays nordiques, la gauche française portait un discours réaliste sur l’immigration, son intégration et le droit à la sécurité dans les quartiers populaires, l’extrême-droite française plafonnera à 5% dans les élections …

– Le jour où la gauche aura le courage de regarder en face le problème de l’immigration de masse et ses conséquences diverses sur la vie quotidienne des gens, elle reviendra au pouvoir.

– LFI et les écolos sont irrécupérables. L’équipe PS actuelle ? Ils font la course à la démagogie sur des sujets obsolètes.

– L’immigration ne sera jugulée par aucun parti parce qu’elle ne dépend pas des murs ou des politiques des États mais des guerres ou des inégalités économiques.

– Le dernier entré ferme la porte derrière lui. C’est très raisonnable. Sinon n’importe qui se pointe.

– Quand c’est trop simple… c’est dur à comprendre pour certains.

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IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

extraits : Une certaine gauche, plus ou moins écologique, prône l’ouverture sans frontières. Ainsi la motion de la commission Immigration d’ EELV (présentée au Conseil fédéral fin septembre 2018) : « L’Europe ne doit pas être une forteresse, mais au contraire tendre vers l’ouverture des frontières ; La mise en place d’un titre de séjour européenne « résident.e étranger.e » doit permettre la libre circulation et libre installation de personnes étrangères au sein de l’UE ; Sortir de la logique sécuritaire qui régit actuellement les politique migratoires ; La Méditerranée n’est pas destinée à être un cimetière pour les personnes abandonnées au naufrage ; L’aide au développement doit viser à réduire les inégalités, et non à empêcher les migrations….

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La douloureuse question migratoire

La question migratoire déchire l’opinion publique…

Julia Pascual : L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) distille des études sur l’immigration, livrant clés en main des éléments de langage à quiconque voudrait agrémenter le débat public de considérations alarmistes. Avec un succès certain. Son directeur est régulièrement convié sur les plateaux des médias. Il obtient fréquemment la reprise de ses tribunes et publication. L’OID devient un « organisme de référence » ; une consécration pour cette structure que personne ne connaissait avant 2023. Il y avait « une place à prendre dans le marché des idées ». A en croire son directeur, l’OID propose « une vision rationnelle et dépassionnée, fondée sur la rigueur scientifique et l’efficacité politique ». Il revisite des travaux de la statistique publique. Pour marteler ses idées, l’OID s’appuie sur des « chiffres béliers » : seuls 34 % des immigrés arrivés en 2023 occupaient un emploi en 2024, ou encore 580 millions de personnes dans le monde sont éligibles au droit d’asile en France. L’observatoire prend à rebours le « rassurisme qui relativise l’ampleur des flux ».

On sait mal comment l’OID se finance. On sait pour sûr qu’il bénéficie depuis 2023 du fonds Périclès, du millionnaire réactionnaire et partisan du rapprochement entre la droite et l’extrême droite, Pierre-Edouard Stérin. Si l’OID se prévaut d’un « conseil scientifique », un seul de ses membres, Gérard-François Dumont, est docteur en sciences économiques. Il est par ailleurs connu pour présider la revue nataliste Population et Avenir.

Le point de vue des écologistes

Faux débat : que les immigrés viennent pour faire tourner l’économie ou, au contraire, pour manger la pain des Français est un débat accessoire. Le fond du problème est de savoir si la France est déjà surpeuplée et nécessite par conséquent une décroissance démographique. Si oui, il faut fermer complètement les frontières, ce qui incitera les pays d’émigration a réguler leur propre population. Mais si on suit la logique du chacun pour soi, cela veut dire aussi que la France devienne autonome par rapport à ses besoins alimentaires et énergétiques… En termes clairs, sans pétrole, beaucoup moins de voitures individuelles et beaucoup moins de pouvoir d’achat.

La France et le monde sont face maintenant à des choix cruciaux sur une planète dévastée par le croissancisme économique et démographique.

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr

iIl est rare qu’un article du MONDE recueille autant de commentaires (près de 400) et autant d’oppositions frontales

Libertas (261 avis positifs sur 391 commentaires)

L’acharnement du journal LM contre toute organisation mettant en évidence les excès ou les effets parfois négatifs de l’immigration relève de la pathologie. Une grande majorité de Français constate cependant l’augmentation de l’insécurité, le coût de l’assistanat et l’engorgement des services de santé qui a entraîné une baisse de la qualité des soins. LM préfère sa croisade quasi-quotidienne anti-Bolloré et anti-Stérin dans la ligne de son combat contre une extrême droite fantasmée au détriment d’une information objective et s’éloigne de plus en plus de la ligne fondatrice de ce journal. Il est encore temps de faire marche arrière et d’ouvrir les colonnes de ce journal à d’autres voix que celle de la gauche radicale. De nombreux lecteurs, fidèles comme moi depuis des décennies et aujourd’hui atterrés, s’en réjouiraient..

Démocratie vivante (132 avis positifs)

L’article est complet, très bien rédigé et devrait inquiéter les esprits cartésiens. Curieusement, il génère l’hostilité d’une majorité d’abonnés ou de pseudo-abonnés qui sont ici pour faire du lobbying. Depuis 18 mois, on constate une forte recrudescence de commentaires influencés par l’extrême droite dans LM, chose qui n’existait quasiment pas au préalable. Il ne s’agit bien évidemment pas d’un hasard, mais de l’une des ramifications de Péricles. Dans tous les espaces de débat public, les disciples de Stérin officient pour influencer les croyances et l’idéologie des Français. Et de toute évidence, cette croisade manipulatoire fonctionne.

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L’immigration… si possibilité d’intégration

extraits : Didier Leschi est un ancien militant d’extrême gauche à la fin de années 1970. Il est nommé fin décembre 2015 directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration : « L’État social peut-il accueillir tous ceux qui y aspirent ? Peut-on ignorer que le taux de pauvreté des migrants pèse sur une offre de logement social insuffisante, sur des services de soins déjà sous tension et au sein d’écoles où la mixité des conditions fait défaut ? Pourquoi éluder les difficultés de l’intégration ? La raison sensible des peuples leur dit que les migrations, issues des chaos du monde, peuvent déconstruire les sociabilités au profit de multitudes au sein desquelles le repli sur des communautés d’origines empêche toute convergence dans des causes communes…. »

Loi sur l’immigration, où est l’écologie ?

extraits : « Génération Écologie » condamne avec la plus grande force la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre 2023 par le Parlement : «  Il s’agit d’une loi de régression inédite, contraire aux valeurs républicaines… » Cette référence aux valeurs fait l’impasse sur la question de déterminer si des restrictions à l’immigration sont fondamentalement écolos ou complètement réactionnaires….

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La difficile gestion de l’immigration (avril 2023)

Réguler l’immigration, est-ce du racisme ? (mars 2023)

démographie et migrations environnementales (février 2023)

Démographie et immigration, 2 sujets tabous (janvier 2023)

Migration comme solution au déclin, délirant (2022)

L’arrêt forcé des migrations se mondialise (2021)

Politique écologique et migrations (2020)

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ? (2020)

LFI hésite à parler vrai sur la fin des migrations ! (2018)

Immigration, l’écologie politique est-elle humaniste (2018)

La fin des migrations sur une planète close et saturée (2018)

Une nouvelle dimension aux migrations, insupportable (2017)

Que faire pour limiter les flux d’immigration/émigration (2016)

L’immigrationisme pousse à la guerre de tous contre tous (2016)

Liberté…, immigration – la France à l’heure des choix (2016)

Immigration, débat entre malthusiens et écosocialistes (2015)

Immigration : Europe passoire ou Europe forteresse ? (2015)

Le durcissement australien en matière d’immigration (2015)

Les Suisses ont voté halte à « l’immigration de masse » (2014)

En Suisse, le peuple devra trancher sur l’immigration (2014)

Fr. Hollande, l’immigration et la saturation de l’espace (2014)

La fin des migrations, en Europe et ailleurs (2013, Mayotte)

ECOPOP, limiter l’immigration pour protéger la nature (2012)

arrêt des migrations et ressources vitales (2011, Malek Boutih)

l’écologie contre les migrations (2011)

la fin des migrations (2010)

L’immigration fera l’identité nationale (2009)

immigration zéro (2007)

La considération du point de vue écologique amène à une analyse singulière du phénomène des flux migratoires entre le Nord et le Sud. Si l’immigration en provenance des pays pauvres est un phénomène positif du point de vue de l’émigrant, qui trouvera peut-être de meilleures conditions de vie, mais aussi du pays d’accueil qui trouve des « bras » supplémentaires pour payer les retraites du papy boom, un phénomène vicieux du point de vue démographique vient affecter cette belle harmonie.

En effet, si un pays interdit tout départ de sa population, ce que fait la Chine communiste, alors il est obligé de parvenir à la maîtrise de sa démographie. Il apparaît ce que la sociologie appelle un « effet cocotte-minute » qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes – à être responsable démographiquement -, d’où la politique de l’enfant unique. Sinon la cocotte saute, le peuple est dans la rue. En revanche dans le cadre de liberté de flux migratoires, une permissivité totale est laissée au taux de fécondité du pays puisque le surplus, l’excédent d’êtres humains ne trouvant pas de travail sur le pays de départ, partira pour en trouver dans les pays d’accueil. Le phénomène de cocotte-minute est inexistant, ce qui libère l’autorité de la tâche de contrôler la démographie du pays, et accélère l’expansion démographique mondiale.

Le droit de se déplacer selon son désir individuel empiète sur les capacités de la Biosphère, les humains ne peuvent continuer à cohabiter humainement avec des migrations de masse. Alors que les humains ont atteint les limites de toutes les frontières, y compris celles de la planète, ils doivent dorénavant se contenter du territoire où peuvent s’exprimer leurs solidarités de proximité. Les Inuits n’émigraient pas, leur terre recouverte de son manteau neigeux huit mois sur douze leur paraît trop précieuse.

La douloureuse question migratoire Lire la suite »

Histoire de France, une reconstruction raciste

Contrer l’extrême droite passe par la critique du nationalisme en tant que fondement d’une attitude guerrière. L’idée de nation n’existe pas avant le XIXe siècle, c’est une construction historique récente qui a montré, deux guerres mondiales et des opérations colonialistes à l’appui, son échec. C’est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaire. Parce que les uns se sentent plutôt Français pendant que d’autres se veulent Américains ou Chinois, nous n’arriverons jamais à concrétiser internationalement un accord. Cest à l’école d’expliquer l’importance de penser global et agir local, de se ressentir cosmopolite de cœur mais aussi gestionnaire de son territoire d’appartenance.

Joëlle Alazard : A l’heure où les élèves sont travaillés par des particularités identitaires (religieuses, sexuelles, de genre…), revitaliser l’enseignement de la République s’avère crucial. Transmettre l’histoire de France, c’est refuser les récits figés ou instrumentalisés pour mieux équiper les élèves face aux discours simplistes ou haineux. Enseigner une histoire objective suppose de rompre avec la tentation téléologique (admettant l’existence d’une finalité). La « France », héroïsée et statufiée par le Second Empire et la IIIe République, n’est à l’origine qu’un chef local vaincu par Rome et récupéré par l’imaginaire scolaire républicain. Les migrations allemandes, polonaises, italiennes, espagnoles, portugaises, maghrébines, subsahariennes des XIXe-XXe siècles ont contribué à construire notre pays. Elles ont enrichi nos cultures comme notre économie. Taire cette histoire du peuplement et du « devenir français », c’est nourrir les fantasmes de pureté nationale. La colonisation et ses violences, la décolonisation, les guerres oubliées – comme celle du Cameroun, largement éclipsée par celle d’Algérie – doivent être enseignés sans détour. Enfin, on ne peut plus enseigner l’histoire de France sans l’inscrire dans son cadre européen, sans expliquer que l’Union européenne est née des drames du XXe siècle.

Le point de vue des écologistes cosmopolites

En termes abupts, le nationalisme de l’extrême droite repose sur une vision complètement ringarde de l’identité nationale définie comme unique et remontant aux premiers néandertaliens sur lesquels les Français dits de souche ont effectivement opéré un grand remplacement complètement réussi…

Mais pour un pacifiste, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre : Terriens avant d’être Humains. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc.

Un écologiste reconnaît qu’il n’est de nationalité française ET de citoyenneté européenne (depuis 1992) que par inadvertance, par le hasard du lieu de sa venue au monde et des pérégrinations de ses parents. Nous sommes cosmopolites par essence et d’une nationalité quelconque par nécessité temporaire. Il n’y a structurellement ni homme ou femme, ni noirs ou blancs, ni Palestiniens ou Israéliens, ni n’importe quelle autre ethnie, il n’y a que des humains. Nous sommes tous citoyens de l’univers, Terriens.

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Qu’est-ce qu’être français ? Réponse écolo

extraits : Du point de vue des écologistes, être Français n’a pas grande signification puisque nous habitons tous et toutes la même planète qui se fout des frontières. Mais qu’en pense Emmanuel Macron ? Lors d’un débat sur l’identité le 22 décembre 2020 : « Qu’est-ce qu’être français ? Au fond, vous n’aimez pas la France si vous choisissez des prénoms qui ne sont pas vraiment français. Être français, c’est habiter une langue et une histoire. Nous renforcerons les cours de français et nos exigences en histoire, en particulier pour accéder à la nationalité. On a dit que j’étais un multiculturaliste, ce que je n’ai jamais été. Ma matrice intellectuelle et mon parcours doivent beaucoup à Jean-Pierre Chevènement et à une pensée républicaine. Nous avons la volonté farouche de reprendre le contrôle de notre vie intime et de la France comme nation. »…

Les nationalismes contre l’urgence écologique

extraits : Autrefois des groupes diversifiés se rassemblaient autour d’un lieu et d’une culture spécifique. Après des phases, non encore achevées, de luttes de cultures, ethnies, églises, langues, etc… C’est l’idée de nation qui en est ressortie et a unifié des espaces différents. La nation est devenue, au moins depuis le XIXe siècle, le nouveau paradigme. Elle a permis une unité plus large géographiquement, mais l’expérience montre, deux guerres mondiales à l’appui, son échec. Aujourd’hui encore l’impérialisme russe en Ukraine ou la conquête juive de la Palestine prouve que la nation était une catégorie nécessairement anti-universaliste….

le nationalisme à Copenhague (2009)

extraits : Eric Besson estime qu’il faut « réaffirmer la fierté d’être français », Nadine Moreno veut qu’un jeune musulman « se sente français lorsqu’il est français », les racistes  commencent à s’énerver. Ce n’est pas ainsi que nous préparons le monde de demain à l’heure de Copenhague. Parce que les uns se sentent plutôt Français pendant que d’autres se veulent Américains, ou Brésiliens, ou ethnocentrés, nous n’arriverons jamais à conclure quelque conférence internationale que ce soit. Car les quelque 120 chefs d’Etat et de gouvernement ne sont pas au Danemark pour résoudre les problèmes de la planète, ils ont été élus pour  représenter d’abord les intérêts de leur nation particulière. On va donc promettre un peu d’argent, mais surtout ne pas baisser ses propres émissions des gaz à effet de serre car «  maintenir le niveau de vie de nos nationaux est primordial. »….

Terrien, Humain, Européen, Polonais, apatride

extraits : Le 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel polonais, aux ordres de la majorité nationale-conservatrice, a rendu un arrêt perçu comme remettant en cause un des fondements de l’Union européenne (UE) : la primauté du droit européen sur les droits nationaux. Phagocyté par des juges politisés, directement nommés par la majorité parlementaire, le Tribunal constitutionnel est en fait une « anomalie juridique »

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Big History, pour une histoire globale

L’approche historique globale analyse l’interaction de l’humain avec la planète sur le temps long. Elle convoque des domaines aussi variés que la géographie, l’économie, l’anthropologie, les sciences politiques, la sociologie, la psychologie, l’écologie et en étudie les connexions, non seulement entre ces diverses matières, mais aussi entre les civilisations. On ne peut que constater dans l’histoire qu’à chaque fois qu’une population humaine arrive dans un milieu, elle le détruit. Homo sapiens est un singe devenu “superprédateur” de la planète. Après avoir connu la révolution anatomique il y a 3 millions d’années, la révolution cognitive entre -500.000 et -50.000 ans, la révolution morale il y a à peine 2500 ans avec l’apparition des grandes religions, puis enfin la révolution industrielle et énergétique au XIXe siècle, il risque fort en fin de parcours de rester seul roi dans son désert ! Peu importe l’histoire franco-française. La France aujourd’hui, bétonnée, sur-urbanisée, vouée à une agro-industrie destructrice, et à la merci d’une extrême droite populiste et nationaliste, c’est cela le résultat de l’histoire française…

L’enjeu maintenant est de construire des récits qui mobilisent davantage, pour convaincre de la menace imminente d’un effondrement civilisationnel. Si ce récit global l’emporte sur celui du progrès, du confort pour tous, si on impose un récit de responsabilisation environnementale, on aura commencé à pouvoir changer les choses.

Eric Anceau et Pierre Singaravélou, histoire nationale contre histoire globale

Eric Anceau : Difficile l’écriture d’une histoire commune, partagée par tous les Français. C’est néanmoins ce que j’ai essayé de faire avec Histoire de la nation française. Du mythe des origines à nos jours. Pendant longtemps, il y a eu une histoire officielle (historiographes royaux puis « roman national » sous la IIIe République), mais l’histoire universitaire a fini par s’imposer au XXe siècle.

Pierre Singaravélou : Cet intérêt pour l’histoire est depuis longtemps instrumentalisé par les dirigeants français pour légitimer leur pouvoir. Le « roman national », constitué de mythes fondateurs comme Vercingétorix, ainsi que les décolonisations engendrent des conflits mémoriels qui donnent lieu à des simplifications et falsifications. L’histoire n’a pas pour fonction première de pacifier la société.

Eric Anceau : Par son travail scientifique, par sa parole mesurée et étayée, l’historien peut alerter sur les instrumentalisations en tout genre du passé et contribuer à pacifier la société. J’ajoute qu’on ne peut se passer du cadre national car l’histoire du XIXe siècle est avant tout celle de la construction des Etats-nations.

Pierre Singaravélou : Toute histoire est un fragment que les chercheurs tentent de contextualiser. Une histoire globale désincarnée n’a pas plus de sens qu’un récit national fermé sur lui-même dans lequel la France s’expliquerait exclusivement par elle-même. Alors qu’il constitue aujourd’hui le principal rempart contre les fake news, l’enseignement de l’histoire est menacé par des hommes politiques.

Eric Anceau : Nous avons été trop cloisonnés en disciplines, voire en sous-disciplines, étanches au cours des dernières années, en particulier en France. Même si la croissance exponentielle des connaissances rend peut-être plus difficile que jadis l’interdisciplinarité, celle-ci me semble aussi plus indispensable que jamais.

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big history (8 mars 2008)

extraits : Nous devrions abandonner l’histoire particulière des groupes ethniques particuliers au profit de la big history, une vision à large échelle qui démarre au moment du big bang et se déroule jusqu’au monde contemporain. C’est l’histoire globale qui seule devrait importer, l’histoire commune des humains et des non-humains, une histoire universelle qui ne se limite pas à l’histoire de la race humaine. Il s’agit d’appréhender le monde comme un tout, depuis l’origine de l’univers, des galaxies et du système solaire  jusqu’au sociétés agraires, l’émergence des villes et l’anthropisation de notre monde.

Big History vers le royaume des Ténèbres ?

extraits : Dans les années 1980, le courant de l’histoire globale entendait transcender les cadres historiques nationaux ou régionaux pour mieux penser les dynamiques économiques, technologiques et environnementales du monde actuel. Dans la lignée, Yuval Noah Harari et ses livres appartiennent à un courant appelé Big History (« grande histoire »), sous la bannière duquel on peut ranger l’Américain Jared Diamond, « Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ». Pour Harari , « si on ne fournit pas aux gens un grand récit du monde, ils auront une autre vue d’ensemble en tête – une mythologie, une histoire religieuse ou des récits nationaux. La seule chose qui puisse remplacer une histoire est une autre histoire. Et si la vôtre est meilleure, les gens l’accepteront. » Que faut-il entendre par « meilleure »?….

L’histoire humaine, une succession de fantasmes

extraits : Nous n’apprenons rien de notre histoire personnelle. L’expérience est une lanterne accroche dans notre dos et qui n’éclaire que notre passé. De même nous n’apprenons rien de notre histoire collective. Pourtant les sociétés avancent, stabilisées par des imaginaires partagés… qui restent des imaginaires ! Donc la question de la fiction à laquelle s’identifier, identité locale, nationale, européenne ou cosmopolite … se pose. Il nous faut bâtir un nouveau récit collectif car une stratégie de changement naît d’un autre imaginaire… à construire. La difficulté actuelle consiste à amener l’idéologie nationaliste, qui bien souvent est née de la guerre et pour la guerre, à transmettre des valeurs de paix et de réconciliation….

Tout est fiction alimentée par l’histoire

extraits : Pour l’humanité, le problème politique majeur n’est pas de savoir comment nourrir des millions de gens, mais plutôt comment faire en sorte de les mettre d’accord. Il nous faudrait un imaginaire partagé. Il n’y a ni ordre naturel fixant le comportement humain, encore moins de révélations d’ordre divin pour régenter nos idées, il n’y a que des fictions qui se font passer pour émanant de la nature ou de la religion. Cet ordre imaginé va se faire passer pour réaliste et incontournable dès qu’il sera partagé par un groupe humain. C’est cette construction mythique qui va assure la cohésion du groupe. Ainsi le code Hammourabi, un texte juridique babylonien daté d’environ 1750 av. J.C., instaure d’une manière qu’on croyait définitive la hiérarchie noble/homme du peuple/esclave….

Une histoire nationale à dé(re)construire

extraits : Xavier Bertrand dixit : « L’heure n’est pas à la déconstruction de l’histoire mais à la reconstruction d’une cohésion nationale. L’histoire est à une nation ce que la mémoire est à un individu… »La récupération politicienne du résultat des recherches historiques, c’est juste… de la politique. L’histoire « nationale » est une construction du XIXe siècle, on a inventé le choc des nations pour mettre un semblant d’ordre dans la multiplicité des peuples du monde. Cette idéologie réductrice est complètement dépassée par l’histoire à construire….

les profs d’histoire nous manipulent

extraits : Actuellement les différents récits nationaux européens ne sont pas compatibles. Par exemple le 11 novembre 1918 est une victoire pour les Français, mais le début d’un engrenage mortel pour les Allemands. Le panorama actuel est plutôt sombre. Il y a trois catégories de pays : ceux où l’enseignement de l’histoire veut conforter le chauvinisme national, et ces pays sont majoritaires. Ensuite, il y a les pays de l’Europe du Nord où il n’existe pas de programme national car cela pourrait être considéré comme une atteinte à la liberté de penser. Et il y a une poignée de pays, six parmi lesquels la France, l’Italie et l’Allemagne, où l’on vise à renforcer la réconciliation entre les peuples. La moitié des pays européens n’enseigne pas la construction européenne, mais relate guerre fratricide après guerre fratricide…..

Le programme idéal d’histoire n’existe pas encore

extraits : Historiquement les profs d’histoire avaient une fonction identitaire, il fallait fabriquer des petits français. Nous devrions abandonner l’histoire particulière des groupes ethniques particuliers au profit de la big history, une vision à large échelle qui démarre au moment du big bang et se déroule jusqu’au monde contemporain. L’histoire humaine n’est pas celles des ethnies particulières, même pas celle des hominidés, elle est aussi ce qui récuse toute forme d’ethnocentrisme pour se centrer sur les relations de l’humanité et de la Biosphère. Ce qui importe, ce sont les histoires des déséquilibres que les pratiques agro-industrielles ont entraînés dans le passé comme dans le présent et les perspectives d’avenir souhaitable pour les générations suivantes mais aussi pour les non-humains…..

Une histoire de la démographie sur 300 000 ans

extraits : On estime que la transition progressive de la chasse-cueillette vers l’agriculture-élevage a fait passer la population mondiale de quelques centaines de milliers d’humains il y a 12 000 ans à plusieurs millions (voir quelques dizaines de millions) il y a 5000 ans….

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Un modèle porcin qui coûte cher

Un modèle porcin qui coûte cher

De 2000 à 2020, le nombre de fermes porcines a dégringolé de 78 %, au profit d’exploitations plus grandes et plus intensives. Dans le secteur de la charcuterie, 13 % d’emplois ont été perdus en quarante ans alors que, sur le même intervalle, la production a augmenté de 87 %. En parallèle, le nombre d’abattoirs a été divisé par dix en l’espace de cinquante ans. Si 7 % des éleveurs de porcs ont un revenu négatif, 5 % des exploitations génèrent un revenu courant avant impôt de plus de 237 000 euros par an par associé.

Mathilde Gérard : La filière est très inégalitaire, perd des emplois et génère des impacts sur la santé et l’environnement. Alors que 63 % des Français dépassent les recommandations sanitaires de consommation de charcuterie (pas plus de 150 grammes par semaine, soit l’équivalent de trois tranches de jambon), l’étude évalue à 1,9 milliard d’euros par an les dépenses publiques pour la prise en charge des maladies liées à ces produits. Le diabète représente la majorité de ces coûts (1,3 milliard d’euros), suivi par le cancer colorectal (152 millions d’euros). Le Supermarché, les systèmes de fil d’attente lors des grands événements, etc… sont de la même veine que les unités de production de protéines, dont l’élevage des porcs fait partie.

Une transition agroécologique est la seule à même de limiter la perte d’emplois et de permettre une résilience face aux crises. Une telle transition passerait notamment par une baisse de moitié de la consommation de produits porcins, plafonner le nombre d’animaux selon les bassins de production.

Le point de vue des écologistes

Le cochon est un des mammifères dont on a pu prouver sans discussion possible qu’il avait conscience de lui-même : il sait qu’il existe, il sait qu’il est un individu unique, il sait qu’il peut interagir avec le monde qui l’entoure. Ce sont des animaux propres, leur octroyer si peu d’espace est une vraie torture, les cochons ne font pas leurs besoins là où ils dorment. Ils bougent, ils sont actifs, parfois d’une surprenante vélocité, ils sont affectueux, se laissent gratouiller le bidon. Bref, ils devraient avoir le droit à leur pré. Quand on voit des cochons en plein champ, ils sont adorables ! Les porcelets jouent comme des petits chiens, viennent vous flairer les mains avec curiosité, dorment avec délice en fratrie… une vie heureuse au pré, ça n’a pas de prix !

Philippe Logeay a fait le choix doublement risqué, il y a vingt ans, de se lancer dans le porc bio. Ses cochons sont élevés sur paille, avec accès à l’extérieur et à de l’espace pour fouisser, et les fratries de porcelets disposent de cabanes en paille pour se terrer. On s’interdit les pratiques mutilantes.Ce secteur représente moins de 0,5 % du marché porcin. Pourtant, depuis 2022 et la crise des matières premières, la filière est en grande difficulté, et la production porcine bio s’est contractée de 30 %.

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en Chine, les cochons vivent en HLM

extraits : Pour empêcher une nouvelle épidémie de fièvre porcine, la Chine a transformé ses élevages traditionnels en fermes-usines géantes. A Hongqiao (« Pont arc-en-ciel »), un bâtiment d’élevage de 26 étages est opérationnel depuis octobre 2022. Chaque étage compte 10 000 gorets pour à peine une poignée de vétérinaires et d’agents d’entretien. En juillet, un deuxième bâtiment sera inauguré. La capacité de l’élevage sera doublée pour atteindre 540 000 cochons. …

Virus humain, virus porcin, virus des végétaux

extraits : L’Allemagne, la Belgique, la Chine, la France, le monde entier est concerné par la peste porcine. C’est une maladie animale qui touche exclusivement les porcs domestiques et les sangliers. Faute de traitement efficace connu, les porcs et autres suidés malades doivent être abattus, enterrés ou incinérés dans les conditions sanitaires appropriées. Comme pour la pandémie humaine, le confinement devient obligatoire et le contrôle aux frontières omniprésent. L’élevage en batterie des humains et des animaux ne présage rien de bon, la concentration accentue les risques de contamination….

L214, contre la maltraitance animale

extraits : Dans toutes les études prospectives sur le climat ou la transition du système agricole, une baisse des cheptels et de la consommation de viande fait figure de condition indispensable, avec des variations dans les ordres de grandeur. Mais l’association se démarque de ces scénarios, dans lesquels la question du bien-être animal entre rarement en ligne de compte, en plaçant l’intérêt des animaux au cœur de sa démarche. Parmi les mesures présentées, L214 défend un moratoire sur les élevages intensifs, « c’est-à-dire des élevages où les animaux ne sortent pas à l’extérieur ». En parallèle, L214 propose une réorientation des subventions pour développer les légumes et les légumineuses. Enfin, l’association insiste sur les actions à mener sur les « récits », en régulant notamment la publicité….

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Jane Goodall nous a quitté à 91 ans

Jane Goodall, née le 3 avril 1934, est morte le 1er octobre 2025. Voici un condensé de nos écrits sur Jane.

à lire, son livre de 2008, Nous sommes ce que nous mangeons

extraits : Jane Goodall a utilisé sa notoriété de primatologue pour écrire un livre parfois très personnel et un peu fourre-tout. Mais il fourmille de renseignements (qui ne sont pas toujours référencés). Quelques citations pour te donner envie de lire un livre passionnant :

– Dans le cosmos il n’y a que ceux qui mangent et ceux qui sont mangés. En somme, tout est nourriture.

– La cuisson est un moyen de rendre digestibles des racines trop dures, et inoffensives les herbes empoisonnées. Il est aussi possible d’extraire plus de calories d’une nourriture cuite. Cette nourriture plus apte à la digestion aurait permis une augmentation de l’énergie nécessaire à l’alimentation d’un cerveau plus grand.

– Lorsqu’une nation permet à l’agrobusiness de remplacer d’innombrables petites exploitations par une monoculture plus rentable aux dépens de la diversité des semences,  c’est le système entier qui est menacé : l’apparition d’une maladie peut soudain attaquer des milliards de plants.

– On estime à 0,1 % la part des pesticides qui atteint sa cible effective, ce qui veut dire que toutes sortes de témoins innocents en pâtissent….

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Jane Goodall à l’heure du chimpanzé humain

extraits : A 85 ans, l’éthologue et primatologue Jane Goodall aime encore nous raconter des histoires : « En 1957, aucun zoologiste ne faisait d’observations de terrain . Les animaux sauvages n’étaient connus qu’en captivité. Il n’y avait aucune méthode scientifique que je pouvais suivre. Je devais gagner la confiance des primates. Ils n’avaient jamais vu de singe blanc comme moi, dit-elle en riant. Au bout de quatre mois, je n’avais toujours pas fait d’observations majeures.U n jour, je voit le singe alpha se servir d’une tige pour attraper des termites pour son déjeuner. Une révolution ! On pensait alors que l’outil était le propre de l’homme. Or les animaux étaient dotés de la même capacité à se servir d’outils dans leur vie quotidienne. Nous faisons partie du règne animal…. »

Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine

extraits : Le point de vue global de Jane : «Si nous tenons à notre avenir, il y a trois problèmes majeurs en apparence insolubles que nous devons absolument surmonter. Le premier est la pauvreté. Si vous êtes très pauvre et vivez dans une région rurale, vous êtes forcé de détruire votre environnement – vous devez cultiver davantage de nourriture, ou fabriquer du charbon de bois. Deuxième problème – et le plus difficile à résoudre : nous devons lutter contre le mode de vie consumériste de tous ceux qui ne sont pas les plus pauvres. Nous avons à notre disposition bien plus de choses que ce dont on a besoin. Enfin, il est impératif de réduire le taux de croissance démographique. Il est tout à fait absurde de penser qu’il peut y avoir une croissance économique illimitée dans un monde aux ressources naturelles limitées. Même le pape François nous dit que ce n’est pas parce que nous avons la capacité de nous reproduire comme des lapins que nous sommes obligés de le faire !…. (LE MONDE idées du 5 janvier 2019) »

Jane Goodall, virus et surpopulation

extraits : « Faites que nous prenions conscience que nous faisons partie du monde naturel et que nous dépendons de lui pour notre nourriture, notre eau et notre air. Faites que nous reconnaissions que la santé des personnes, les animaux et l’environnement sont connectés. Faites que nous soyons respectueux des autres, mais aussi de tous les animaux sensibles et de la nature. Dans l’intérêt du bien-être de nos enfants et des leurs, et pour la santé de cette magnifique planète Terre, notre seule demeure…. »

Quelques commentaires sur lemonde.fr

Un citoyen français : Merci Madame pour les bons moments que vous m’avez fait passé depuis l’adolescence en découvrant une troupe de chimpanzés. Notre compréhension de l’organisation sociale de nos cousins dans leur habitat est centrale pour comprendre l’évolution d’homo sapiens depuis que nous nous sommes séparé d’eux. Votre défense de leur habitat restera aussi importante dans votre contribution scientifique pour préserver l’avenir.

Shiva : Déçue des hommes, elle est allée à la rencontre des singes, qui lui ont bien fait comprendre les hommes.

Pgayet : Voilà, il y des gens comme Jane, et d’autres qui vont dépenser 22 millions de dollars pour faire une salle de bal a la Maison blanche…choisi ton camp !

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Bientôt 50 % des routes sans aucune voiture

La voiture demeure le mode de transport ultra-dominant en France, avec une part estimée à 80 % des kilomètres parcourus. Avec 1 million de kilomètres de routes, la voiture est en effet à son aise sur le territoire français. Une étude prône de réduire drastiquement la place accordée à la voiture pour promouvoir un « système alternatif de mobilité ».

Jonathan Parienty : Les politiques destinées à favoriser les transports en commun, le vélo, la marche ou encore le covoiturage sont nombreuses. Mais elles sont menées sans vision systémique pour le territoire. Si on pense les systèmes séparément, il y a forcément des ruptures. Et quand il y a des ruptures, on prend sa voiture. Le « Forum vies mobiles » suggèrent de rendre 23 % des routes aux transports en commun et d’en réserver 20 % aux mobilités douces.

Ce seraient donc 43 % de « routes déclassées » qui seraient interdites à la circulation automobile, à l’exception des riverains. Les coûts d’investissement sont limités, il s’agit de réaffectation d’infrastructures existantes.

Le point de vue des écologistes

Depuis la Ford T, la voiture considérée comme consommation de masse n’a qu’un siècle, et dans un siècle il n’y aura plus du tout de voiture individuelle en circulation à cause du réchauffement climatique et de l’insuffisance de ressources énergétiques et métalliques pour plus de 10 milliards de conducteurs potentiels.

Le problème, c’est qu’on veut croire aujourd’hui que le mode d’existence de l’abondance à crédit va se perpétuer dans la nuit des temps… erreur funeste de raisonnement qui nous empêche actuellement de préparer à grande échelle le nécessaire dévoiturage.

Le (non) débat sur lemonde.fr

melita : Quand va t’on finir d’em…les français et de restreindre leurs libertés ?

Pascalou : Vous parlez notamment de la liberté de détruire le monde dans lequel nous vivons?

_Fabien_ : La voiture n’est pas une liberté…

Stéphane Savoie : La bagnole n’est pas un droit fondamental. Votre liberté ne vous donne pas le droit d’impacter de manière exagérée la vie des autres. La liberté je la vis sans voiture. J’habite en ville et je passe tout les jours devant un panneau qui me dit « qualité de l’air moyenne »… Où est ma liberté de respirer ? Les ressources nécessaires pour 35 millions de voitures sont gigantesques, nous avons un équipement auto qui est 3,5 fois la moyenne mondiale . Vous pensez vraiment que cela va durer ??????

katouchka : On ne court pas à notre perte, on y va en voiture

BOLAND : Trois générations ont grandi dans et pour la voiture, il en faudra bien deux ou trois pour trouver une alternative …

Eredin : Il faut retrouver la joie du voyage en carriole. En plus, cela relancera l’élevage de chevaux en France, et avec tout le crottin récolté, on pourra faire des engrais bio.

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