SURpêche, un des aspects du règne des « SUR »
La démesure de la société thermo-industrielle a entraîné le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage,SURproduction, SURtourisme… et bien sûr SURpêche. Selon un rapport de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), un peu plus d’un quart du volume de poissons débarqués restent issus de populations sur-pêchées, et 7 % de stocks halieutiques considérés comme effondrés (cabillaud de mer du Nord, maquereau de l’Atlantique Nord-Est, anguille…). L’Union européenne s’était pourtant fixé pour objectif d’atteindre d’ici à 2020 au plus tard le « rendement maximum durable » pour tous les stocks, c’est-à-dire le volume maximum de poissons de chaque espèce pouvant être pêché dans une zone géographique, sans mettre en péril le renouvellement de celle-ci à long terme. Nous pensons qu’il faut dorénavant être l’ami des poissons avant d’être l’ami des pêcheurs.
Léa Sanchez : La biomasse devrait baisser de 5 % à 8 % dans les écosystèmes marins français d’ici à 2050, selon des projections scientifiques. C’est davantage encore en Méditerranée, où les eaux se tropicalisent. Les scientifiques de l’Ifremer proposent de « viser des niveaux de capture plus précautionneux », pour maintenir une marge, et de considérer le rendement maximum durable actuel « comme une limite plutôt que comme une cible ». L’élévation des températures de la planète font en sorte que l’océan se réchauffe, s’acidifie et se désoxygène. Le milieu halieutique se dégrade.
Le point de vue des écologistes
– limiter la taille des navires et interdire les chalutier-usines qui pêchent autant que plusieurs centaines de bateaux de pêche artisanale.
– interdire les technologies de pointe qui permettent de traquer le poisson…
– mettre fin aux chaluts qui pulvérisent les organismes vivant sur le fond, dragues, sennes démersales non sélectives….
– soustraire aux pêcheurs certaines zone dans des aires marines protégées…
– pêcher moins, il faut laisser les poissons grandir, se nourrir, se reproduire…
– ne pas soustraire pour l’aquaculture les anchois et autres petits pélagiques…
– les espèces des grandes profondeurs ont besoin de beaucoup de temps pour se reproduire, cessons de détruire leurs habitats…
– mettre fin aux subventions néfastes, estimées déjà à 20 milliards d’euros en 2018
– Appliquer la notion de rendement maximal durable à l’espèce humain elle-même.
Le retour à la pêche artisanale est une nécessité. Sinon on trouvera un jour cette brève journalistique : « Nous apprenons que nous avons enfin pu reconstituer un spécimen d’une espèce de poisson jadis appelée sardine. Nos prévisions de repeuplement permettent d’anticiper la pêche des sardines dans environ 350 années… »
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Pêche, de l’artisanat au massacre de masse
extraits : Aujourd’hui les sondeurs, sonars et autres radars traquent les poissons, le recours aux avions pour détecter les bancs de thon et au satellite pour explorer les couches d’eau sont des éléments d’une spirale néfaste dans laquelle les pêcheurs comme les décideurs politiques ont enfermé les ressources halieutiques. Va-t-on aux champignons avec une pelleteuse ? Non, mais ce n’est pas le cas pour la pêche…..
pêcheries, nous savons tout mais nous ne faisons rien
extraits : En 2016, 40 millions d’heures de pêche ont consommé 19 milliards de kWh d’énergie et parcouru plus de 460 millions de kilomètres, soit 600 fois la distance aller-retour de la Terre à la Lune. 31 % des stocks de poissons sont surexploités dans le monde, ce qui signifie que ces espèces sont prélevées plus rapidement qu’elles ne peuvent se reproduire. En 1995, la capture de poissons a atteint son tonnage maximum avec 95 millions de tonnes. Depuis, la pêche mondiale plafonne autour de 90 millions de tonnes. On peut parler de pic du poisson ou peak fish comme il y a un pic pétrolier…..
Les prises de poisson témoignent de notre surpuissance
extraits : S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, Daniel Pauly prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Daniel Pauly et Dirk Zelly approfondissent la question par une étude de janvier 2016. Ils chiffrent le maximum à 130 millions de tonnes en 1996. Puis les performances de la pêche ont régressé de 1,2 million de tonnes par an. Malgré la forte croissance des armements, la diffusion des techniques industrielles de pêche jusque dans les coins les plus reculés de la planète et la sophistication toujours plus poussée du matériel, les tonnages des captures ne cessent de diminuer….
Nos articles les plus anciens
19.06.2008 ami des pêcheurs ou ami des poissons ?
Chaque pêcheur est aujourd’hui individuellement conscient que sa catégorie professionnelle va collectivement à la catastrophe. Mais chaque pêcheur sait également qu’en situation de rareté générale, le poisson qu’il ne prend pas immédiatement sera pris par un autre. Il est donc condamné à pêcher tout ce qu’il peut dans un minimum de temps tout en sachant pertinemment que cela aggrave le processus de catastrophe collective.
Le libéralisme économique repose sur le libre choix, c’est donc un principe vraiment superbe. Mais quand un code de bonne conduite en matière de pêche « responsable » repose sur l’engagement volontaire des pays, la surexploitation des ressources halieutique continue. La moitié des stocks mondiaux est aujourd’hui exploitée au maximum de ses capacités, et 25 % sont surexploités…
10.03.2009 Surexploitation prouvée de la mer
Il est français mais inconnu en France. Daniel Pauly est le premier à alerter la communauté internationale sur la surexploitation des ressources halieutiques. S’appuyant principalement sur les statistiques de la FAO, il prouve en 2001 que les stocks de poissons diminuent depuis la fin des années 1980… Il démontre que les humains pêchent des poissons de plus en plus bas dans la chaîne alimentaire des océans : nous finirons par manger du zooplancton…
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