anthropisation

Des insectes dans nos assiettes, berck

Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de 2014 : « Les grillons ont besoin de douze fois moins d’aliments que les bovins, et de moitié moins d’aliments que les porcs et les poulets pour produire la même quantité de protéines. » 2 kilos d’alimentation produisent 1 kilo de grillons. La start-up Cricket One s’est donc spécialisé dans la production de poudre de grillon, complément protéiné venant du Vietnam et proposée en Europe comme aux Etats-Unis. Plusieurs modes d’alimentation des insectes ont été mises au point à partir de cassaves de soja ou de maïs. Une seule ligne de production est pour l’instant installée : elle traite 150 tonnes par mois, pour produire environ 30 tonnes de poudre. La poudre, sous forme de sacs de 5 ou 20 kilos, revient aux importateurs entre 16 et 24 euros le kilo. Bruxelles avait élargi aux insectes la réglementation concernant les « nouveaux aliments » consommables par l’homme. 

Son seul concurrent européen sur ce segment est le néerlandais Protix, le français Ynsect propose des aliments à base de scarabées.

Le point de vue des écologistes végétariens mais presque

– Un beau publi-reportage du MONDE qui consacre deux pages à une toute petite et seule entreprise située au Vietnam.

– Le marché restera très confidentiel pour une raison première : on mangera de plus en plus local, le transport réchauffe le climat.

– On se croirait dans le film soleil vert, la pilule miracle qui permet de nourrir une surpopulation affamée.

– Nourrir des grillons avec du soja et du maïs est source de déforestation, d’épuisement de la ressources hydrique, etc.

– Pourquoi élever des bestioles alors que les protéines végétales sont d’accès plus direct : légumineuses (pois cassés, pois chiches, petits pois, haricots, lentilles, soja, fèves…). Oléagineux (arachide, noix, noisettes, amandes). Céréales (blé, riz, avoine, quinoa, sarrasin, épeautre).

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

manger des insectes dans un environnement dégradé (2013)

extraits : Nous mangerons des insectes. Ils se reproduisent rapidement et « présentent des taux de croissance et de conversion alimentaire élevé tout en ayant un faible impact sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie », note l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En outre, les insectes « sont nutritifs, avec une teneur élevée en protéines, matières grasses et minéraux ». Ils peuvent « être consommés entiers ou réduits en poudre ou pâte et incorporés à d’autres aliments ». De grosses blattes OGM bien grasses nourries au lisier de porc… J’en salive d’avance, rien que du bonheur….

Après les insectes, vous mangerez nos enfants (2021)

extraits : La Commission européenne a autorisé le 12 novembre 2021 la mise sur le marché en tant qu’aliment le Locusta migratoria. C’est la deuxième autorisation par l’UE d’un insecte comme aliment – les larves du ténébrion meunier, aussi appelées « vers de farine » – remonte à juin. Un troisième insecte, le grillon domestique, pourrait suivre prochainement. D’un côté l’UICN établit des listes rouges pour la biodiversité en danger, même les insectes sont en voie de disparition ; de l’autre le gouvernement encourage la consommation d’insectes : après le vers de farine, le criquet migrateur est autorisé dans les assiettes des Européens. Ainsi va le système thermo-industriel qui détériore l’environnement et nous prie de nous adapter à l’insupportable….

Ensète ou insectes, pas de nourriture miracle (2022)

extraits : Demain pas de problème alimentaire, on mangera des algues et de la spiruline « si riches en protéines »… On pense même nous faire ingurgiter du krill, la nourriture des baleines, 500 millions de tonnes de matière vivante. Et maintenant la pulpe abondante et la racine de l’ensète ! On nous fait croire au miracle d’une source illimités de nourriture, ce qui n’empêche pas 800 millions de personnes de souffrir grave de la faim. On ne pense pas du tout au fait de limiter la fécondité humaine alors que nous sommes dorénavant 8 milliards de bouches à nourrir….

Catastrophique, moins d’insectes sur nos pare-brise

extraits : « Mais où sont passés tous les insectes ? », s’interroge La revue Science. Cette question inquiète les automobilistes de plus de 40 ans qui se souviennent que, jusque dans les années 1990, leur pare-brise était constellé d’impacts de bestioles. Il est aujourd’hui, le plus souvent, immaculé. Le déclin des abeilles n’est, de toute évidence, que la (petite) partie émergée d’un immense iceberg….

Des insectes dans nos assiettes, berck Lire la suite »

L’ ASPAS et les Réserves de Vie Sauvage

Le congrès des JNE (Journalistes-écrivains pour la Nature et l’écologie) a tenu son congrès fin juin 2024 dans un lieu qui cherche le contact avec la nature. Entre l’idée de biorégion et la réalisation d’espaces préservés, le département de la Drôme montre l’exemple, la destination était trouvée. Lors de leur rencontre bisannuelle, une grande partie des participants au congrès est donc partie sur le sentier du Grand Barry. Grâce à l’action de l’ASPAS, la première « Réserve de Vie Sauvage » y a été créée le 17 septembre 2012, aujourd’hui 130 hectares au cœur d’un vaste massif boisé à la biodiversité exceptionnelle. Créé par l’association pour la protection des animaux sauvages, ce label correspond au plus fort niveau de protection de la nature en France. C’est un espace dont la gestion est la non gestion, la libre évolution, le laisser faire : la nature peut s’y exprimer pleinement et librement.

Sont interdits la chasse et la pêche, l’exploitation forestière et agricole, l’élevage, la cueillette, les feux, le passage de chiens non tenus en laisse et bien sûr les dépôts de déchets. Seule la promenade à pied, et seulement sur les sentiers, est autorisée. Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l’Union internationale de conservation de la nature. Les Réserves de Vie Sauvage du Grand Barry (Drôme) et du Trégor (Côte-d’Armor) ont intégré le réseau européen Rewilding Europe.

Nous ne conseillons pas aux simples curieux de s’y rendre, il ne faudrait pas que ces lieux protégés deviennent une destination du tourisme de masse. Le nombre d’humains transforme toujours un lieu de rêve en un cauchemar marchandisé. Le deuxième problème, c’est que le passage de l’appropriation privée à la propriété associative entraîne des tensions entre différentes parties prenantes, les agriculteurs, les chasseurs, les randonneurs… En 2019 dans le massif du Vercors, l’Aspas avait racheté 500 hectares, sa quatrième réserve de vie sauvage. L’appel à un financement participatif avait médiatisé cette action: « Vous donnez 30 euros pour 200 mètres carrés d’un endroit où on va laisser en paix la faune et la flore. » Une manifestation avait été organisée fin août 2020 pour dire « non au ré-ensauvagement » ! Ce site était auparavant une réserve de chasse… où les animaux étaient nourris. L’écologie est de nos jours devenu un combat partagé… entre points de vue parfois complètement contradictoires. C’est pourquoi l’association « Forêts Sauvages » dont l’objectif est assez similaire à celui l’ASPAS (protection intégrale de surfaces forestières conséquentes par la maîtrise foncière) agit dans la complète confidentialité de ses actions.

Le dernier problème, c’est la difficulté pour la vie sauvage de retrouver un potentiel créatif durable dans des espaces de petites tailles. A titre de comparaison, le parc national de Yellowstone, créé en 1872, s’étend sur 8 983 km2, soit une superficie plus importante que celle de la Cors. Si chevreuils, biches ou cerfs se mettent à pulluler au Grand Barry, qui servira de régulateur s’il n’y a plus de  prédateur ? Faudra-t-il réintroduire des loups ? D’autre part la Drôme est touchée de plein fouet par une dépopulation importante. Mais que deviendront les espaces qui aujourd’hui retournent à la nature grâce à l’exode rural et à l’ASPAS s’il y avait des zones à nouveau habitées et exploitées étant donnée une plus grande attractivité du territoire ? Quelle que soit la bonne volonté des amoureux de la nature sauvage, sans limitation généralisée de notre fécondité, on ne peut permettre à la biodiversité de conserver son espace vital. Que représente la réserve du Grand Barril par rapport à l’intense artificialisation des sols que mène l’espèce humaine ? Une action seulement symbolique sans aucun doute, mais c’est déjà un pas dans la bonne direction.

Pour en savoir plus :

Aspas-nature, association pour la protection des animaux sauvages

Fondée en 1980 sous le nom de « Union des victimes de la Chasse et de leur Nuisances », elle devient en 1981« l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages ». L’ASPAS défend les sans-voix de la faune sauvage, les espèces jugées insignifiantes, encombrantes, ou persécutées par les activités humaines. L’association milite également pour la libre évolution de la nature. Plus nous rendons à la nature sauvage des territoires où elle peut s’exprimer pleinement et librement, mieux nous retrouvons une place à notre mesure, sans démesure.

http://www.forets-sauvages.fr/web/foretsauvages/99-coordonnees.php

https://www.demographie-responsable.fr/

L’ ASPAS et les Réserves de Vie Sauvage Lire la suite »

Surtourisme et décroissance de la mobilité

La démesure de la société thermo-industrielle entraîne le règne des « SUR » : SURabondance, SURactivité, SURcommunication, SURconsommation, SURdéveloppement, SURemballage, SURendettement, SURéquipement, SURmédicalisation, SURpâturage, SURpêche, SURproduction… Le SURtourisme complète cette liste.

Dans un contexte de pénurie globale des ressources naturelles, l’avenir n’est plus dans l’expansion, mais dans son inverse. A la croissance économique doit donc succéder la DEcroissance conviviale, à l’effet rebond l’effet DEbond, à la mondialisation la DEmondialisation, à la pollution des sols et des esprits la DEpollution, au populationnisme la DEpopulation, à l’urbanisation la DEsurbanisation, à la voiture pour tous le Devoiturage, au réarmement actuel la DEmilitarisation et au tourisme de masse la Demobilité. Mais le passage à la décroissance socialement consentie ne peut se faire immédiatement.

Un éditorial du MONDE (5 octobre 2018) introduisait le terme surtourisme : « 90 millions de visites en France, 1,3 milliard de touristes sur cette petite planète dont la moitié à destination de l’Europe… Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée à un phénomène que les professionnels désignent désormais sous le néologisme de « surtourisme »… Mais en 2019, Valérie Pécresse , présidente du Conseil régional, pouvait encore s’exclamer : « Il n’y a pas de “surtourisme” en Ile-de-France, il faut y aller à fond. » Et en 2020, Colmar, vidée de ses visiteurs, en avait oublié les critiques sur le « surtourisme ».

Mais un nouveau élément de langage social était né, il ne pouvait que prendre de l’ampleur étant donné les effets néfastes du tourisme de masse. Quelques titres du MONDE en font foi, le rejet du surtourisme s’accélère :

11 août 2022, Sites naturels sur réservation : face au surtourisme, la France entre dans l’ère des quotas

10 avril 2023, Le village d’Etretat, rongé par le surtourisme, suffoque : « Il y a tellement de monde que les gens font n’importe quoi »

28 mai 2023, Des pénuries d’eau même en Cornouailles, avec le surtourisme et le gaspillage

18 juin 2023, Le surtourisme, un défi pour la France

20 juin 2023, Surtourisme : les bateaux de croisière affluent en Grèce

12 juillet 2023, Entre exode urbain et surtourisme : à Amsterdam, la mairie voit rouge

28 août 2023, A Venise, le surtourisme, une réalité difficile à contourner

7 mars 2024, En Polynésie, Teahupoo se réjouit d’accueillir les Jeux olympiques 2024 mais redoute le surtourisme

24 avril 2024, Aux Canaries, le surtourisme exaspère la population

25 avril 2024, Venise lance son billet d’entrée à 5 euros, afin de lutter contre le surtourisme

26 avril 2024, Au Japon, une ville va masquer une vue sur le mont Fuji pour éviter le surtourisme

3 mai 2024, « Une salle devrait être construite au Louvre pour “La Joconde”, afin de sauver les autres œuvres éclipsées et polluées par le surtourisme »

6 juillet 2024, Espagne : manifestation à Barcelone contre le tourisme de masse

Et le dernier paru le 11 juillet 2024, « Surtourisme » : quand voyage rime avec dommage

Sur ce blog biosphere, cela fait longtemps que nous critiquons le tourisme, une vraie imbécillité écologique, un tourisme qui tue le tourisme, la nécessité absolue de se déplacer moins vite, moins loin, moins souvent, et beaucoup plus cheer ! Nous sommes satisfaits de lire que de plus en plus de personnes dans les médias partagent notre point de vue d’écologiste… Même le gouvernement s’y met. Il avait dévoilé le 18 juin 2023 son plan afin de mieux réguler les flux touristiques et d’accompagner les collectivités locales en proie à des pics de fréquentation : créer un observatoire national des sites touristiques majeurs, mesurer l’acceptabilité des flux auprès des locaux, sensibiliser les touristes et les influenceurs. Aucun impact pour le moment. 

Car il y en a qui ne voient pas plus loin que dans une lunette de sociologue, ainsi Jean Viard : « il n’y a pas assez de touristes. Un milliard et demi de Terriens seulement franchissent une frontière chaque année. Ils étaient 60 millions en 1968, je rêve qu’ils deviennent 3 milliards. »

Un bon sociologue se devrait d’être aussi un bon écologiste, sinon son discours hors sol ne signifie rien d’autre si ce n’est flatter les agences de tourisme dans le sens du poil et du profit. Démocratisation des voyages et décarbonation sont définitivement incompatibles.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les écolos, pour ou contre le tourisme ?

extraits : L’explosion du transport aérien depuis le premier vol « charter » en 1954, la baisse considérable des prix de vente des billets corrélée au développement du modèle « low cost » ont favorisé la croissance d’une forme de tourisme dite « de masse ». Ce modèle, basé sur des séjours de courte durée déconnectés de toute notion de distance, mettant les destinations en concurrence et contribuant à une surconsommation intenable de transports carbonés, qu’ils soient par avion ou par paquebot, est destructeur pour la planète et les populations d’accueil. Il est absolument nécessaire de supprimer un passe-temps créée au XIXe siècle pour les privilégiés qui faisaient leur tour d’Europe. Le  » droit au voyage » pour loisirs n’existe pas….

Surtourisme : 1,3 milliard de déplacements inutiles

extraits : Le touriste, c’est triste, déambule en foule, de plus en plus souvent vieux et gros, cachant mal son ennui d’être là derrière son appareil photo et son envie pressente de retrouver enfin son chez soi, à faire semblant d’admirer tout et n’importe quoi. Un déplacement pendulaire, inutile, coûteux pour la planète et destructeur des réalités du lieu. Le touriste est symbolique de notre temps où tout est devenu marchandise, le tourisme, c’est la soumission au fantasme de croire qu’il existe un ailleurs jouissif dans le bruit et la foule. Le tourisme de masse est le droit donné à tous d’accéder à un bien qui n’existe plus ! Le tourisme de masse n’aurait jamais dû exister…

Pour des vacances sans touristes

extraits : Bernard Charbonneau et Jacques Ellul : Le tourisme est le domaine de la publicité, l’agence Havas provoque les mouvements des masses bourgeoises qui, selon les saisons, montent à la montagne pour faire du ski ou descendent vers la mer pour se baigner. Le hasard des intérêts financiers, des lignes de transports et des sociétés de lotissement accumule les touristes à certains endroits. Il y a des foules plus effroyables que celles qui s’entassent à heures fixes dans les métros, ce sont les foules de nos grandes plages. Comme la classe bourgeoise est hiérarchisée, il existera toute une échelle de stations balnéaires, la station chic, la station sportive, le trou à instituteurs. Le programme est établi à l’avance selon quelques standard : visitez le Maroc – un palmier, la Norvège – un fjord pâle. Certains, qui se disent révolutionnaires, songent pourtant à ce spectacle avec plaisir, ils s’indignent seulement que ces « loisirs » soient réservés aux bourgeois. (article paru en juin 1937 dans le Journal des groupes personnalistes du Sud-Ouest)

Tourisme de masse et écologie, incompatibles

extraits : L’industrie touristique figure parmi les mauvais élèves en matière de rejets de gaz à effet de serre et de polluants. Le tourisme de masse met sous tension les ressources, déséquilibre les écosystèmes locaux et met en péril les sites naturels et patrimoniaux. La révélation du « vrai prix des choses » aurait l’avantage d’amener les consommateurs à prendre conscience de leur empreinte écologique d’une part, et d’autre part à effectuer des arbitrages de consommation salutaires. Adopter une telle démarche demanderait de rompre avec la vision stratégique gouvernementale française qui a érigé en objectif prioritaire l’accueil de 100 millions de visiteurs étrangers par an.

Pourra-t-on voyager après l’apocalypse ?

extraits : Longtemps on a vécu comme les « gentils membres » des clubs de vacances qui bronzaient en autarcie dans un camp retranché avec la misère tout autour. Tant que le buffet était plein, la mer chaude et les strings achalandés, pas une seule question à se poser. Tourisme, j’oublie tout. Et puis le niveau de la mer a monté et aussi le prix du baril. Le soleil est devenu notre ennemi… Voilà qu’on ne peut plus consommer la planète ! Le buffet n’est pas à volonté. (Didier Tronchet, éditorial de juillet 2008, l’Écho des savanes p.3)

Les voyages forment-ils la jeunesse ?

extraits : On disait encore, il y a peu, que les voyages forment la jeunesse. Mais le réchauffement climatique est passé par là. Doit-on alors se résigner à ce que nos enfants ne connaissent le lointain qu’à travers les images du monde ? La réponse est simple, c’est oui. Que les jeunes adultes partent à pied ou en vélo faire connaissance avec la brutalité uniformisée de notre monde, pourquoi pas. Ce sont des voyageurs, pas des touristes. Pour les hordes qui envahissent les « lieux de rêve », j’espère que les révoltes des habitants du cru pour les rejeter ou les rançonner prendra une juste ampleur…Faire le tour de son jardin potager va bientôt devenir le passe-temps préféré des jeunes et des moins jeunes….

Surtourisme et décroissance de la mobilité Lire la suite »

Le RN rend inaudible le message qui sauve

Stéphane Foucart : Blendecques (Pas-de-Calais) a été l’épicentre des inondations qui ont frappé le nord de la France. Alors que ses habitants ont fait de première main l’expérience éprouvante des effets du réchauffement, ils ont à 50,7 % massivement voté pour le Rassemblement national (RN) – le parti le plus « écolosceptique » de l’échiquier politique – aux élections européennes. Dans le même temps, la liste écologiste y avait rassemblé seulement 1,7 % des suffrages le 9 juin. Soit moins que l’Alliance rurale (2,5 %) et moins que le Parti animaliste (2,2 %).

En réalité, les épisodes de submersion découle du taux de bétonisation des sols, de l’arrachage des haies, de l’imperméabilisation des terres arables abîmées par l’agro-industrie qui rend les terres de moins en moins résilients aux précipitations extrêmes renforcées par le changement climatique. Le RN assume de poursuivre et de renforcer tout ce qui a contribué à inonder les maisons de Blendecques, mais rien ne semble pouvoir rendre ce constat audible dans la conversation publique. Voter contre soi-même, voter pour la poursuite et l’approfondissement des causes dont on vient douloureusement d’éprouver les effets : il y a là la manifestation d’une sorte de crise de l’intelligibilité du monde, ou plus exactement d’une crise de la perception des chaînes causales.

Le point de vue des (non) écologistes

Nous faisons ci-dessous le recensement de tous les commentaires des abonnés au MONDE qui, par leur anti-écologisme primaire, ne font que renforcer le Rassemblement national, c’est-à-dire l’extrême droite, c’est-à dire la politique des boucs émissaires… et l’oubli complet de l’urgence écologique.

Fréd : En somme, il y a dans ce secteur précis de la France 50,7% d’ignares et 1,7% de savants. Fine analyse de la situation…

jea.vie : Voter RN ou EELV à Blendecques ne va rien changer à l évolution mondiale du climat !

D.lacoste : faut pas s’étonner, tant que des Erynyes, des déesses infernales comme Madame Rousseau, porteront le costume ecolo ce sera ainsi !

André C. : Cet article, tout en supériorité intellectuelle, explique peut-être involontairement, le succès du RN : les électeurs votent pour des politiques qui se mettent à leur niveau au lieu de discours arrogants qui les toisent et les culpabilisent. Par ailleurs, cela montre aussi l’incapacité des écologistes à être crédibles sur l’écologie. À force de faire du LFI peint en vert (pastèque en quelque sorte) et de mettre en avant Gaza, l’immigration et les zadistes, comment peut-on attendre qu’EELV soit audible pour des électeurs non bobos ?

le sceptique : Un écolo français, il vous brame son catéchisme fabriqué par FNE, WWF et les fonctionnaires militants du ministère de l’écologie : « épouvantable, inacceptable, c’est le mal, il ne faut plus artificialiser ni croire qu’on peut maîtriser l’eau, on doit démanteler ces options, le problème est l’humain pas la nature ».

Caro : Les écologistes se sont rallier à LFI, les questions écologiques sont confisquées par l’ultra gauche qui veut nous obliger à accueillir tous les migrants qu’ils assimilent à des réfugiés climatiques. Le message de l’écologie est brouillé par l’idéologie de l’extrême gauche.

XBG : Ce qui est surtout inquiétant et énervant, c’est surtout la radicalité et le fanatisme de certains écolos qui finissent par faire peur. Racontez toujours la même chose ne sert à rien, on a compris.

Pm42 : C’est tout simple : les écolos ne communiquent pas. Ils sont tellement persuadés d’avoir raison et d’être en mission pour sauver le monde qu’ils considèrent que quiconque n’adhère pas à 100% à leur discours est au mieux méprisable au pire haïssable. Donc au lieu d’expliquer, ils réussissent à parler des barbecues, des arbres de Noël à interdire, à jeter de la peinture sur tout ce qui n’a aucun impact sur le climat…Et ils sont fier d’eux. Donc aller expliquer la sources des inondations à la population ? C’est compliqué, salissant…

Patou : « le parti le plus « écolosceptique » de l’échiquier politique », est le seul qui n’ai jamais été, et jamais participé au pouvoir. Alors que tous les autres, écolos compris, ont leur responsabilités, de l’interdiction des curetages, aux érections d’éoliennes-qui-ne-marchent-pas-sans-gaz-russe.

Commentaire de ces commentaires : normalement les abonnés au journal LE MONDE, les seuls habilités à faire des  commentaires, sont des gens intelligents puisqu’ils lisent un journal de  référence. Pourtant ils sont incapables de s’intéresser à la problématique de intelligibilité du monde et à la difficulté de s’y retrouver dans les chaînes de causalité. Alors ils se mettent à la hauteur de la  moitié des électeurs de Blendecques, ils attaquent le messager (les écolos) pour ne pas avoir à comprendre le message.

Le RN rend inaudible le message qui sauve Lire la suite »

Législatives, dette monétaire / dette écologique

Une dette monétaire n’est qu’un bout de papier sur lequel il est écrit qu’il faudrait (peut-être) rembourser une personne ou une institution un jour ou l’autre (après rééchelonnement). Par contre une dette écologique ne peut se rembourser quand on a déjà dilapidé une partie du capital biophysique de la Terre. Nous avons besoin de 1,7 planètes pour maintenir notre niveau de vie actuel, ce qui est impossible dans la durée puisque nous n’avons qu’une seule planète. La préoccupation actuelle par rapport à l’endettement financier exorbitant de la France est certes un élément à prendre en compte lors des législatives du 30 juin prochain, encore ne faudrait-il pas passer complètement sous silence l’urgence écologique.

éditorial du MONDE : La France affiche un déficit public de 5,5 % du PIB, devra emprunter en 2024 près de 300 milliards d’euros sur les marchés financiers, la dette totale s’élève à 3 200 milliards, avec une charge des intérêts dépassant 52 milliards chaque année. Le débat devrait porter sur l’ampleur des économies à trouver pour le budget 2025 qui s’annonce périlleux à boucler… or la perspective des élections législatives et d’un changement potentiel de majorité a totalement désinhibé les partis politiques sur le contexte budgétaire. Leurs programmes de dépenses, dont l’unité de mesure est la centaine de milliards d’euros, ne sont pas financés. La Commission européenne a joué les trouble-fêtes, mercredi 19 juin, en annonçant son intention d’ouvrir une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France. L’extrême droite se trouve prise au piège de ses postures confortables adoptées ces dernières années, lorsque le pouvoir semblait une hypothèse lointaine. La relance keynésienne du Nouveau Front populaire pose également question. Quant à la majorité présidentielle, qui, depuis des mois, assure que le « quoi qu’il en coûte » est terminé et que l’heure est aux économies, elle trouve encore, avec cette élection, le moyen de proposer de nouvelles dépenses. Ces dépenses sans limites révèlent une incapacité à penser l’action politique en dehors d’un « toujours plus » qui, d’évidence, a échoué à rendre le pays plus prospère et les Français plus heureux. Cette France hors-sol ne peut que nourrir la frustration et la rancœur.

Le point de vue des écologistes économes

Michel SOURROUILLE : L’histoire humaine aux temps de l’économie souveraine est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou des affrontements militaires sans fins. Et surtout n’oublions pas que tous ces riches qui vivent à crédit, c’est aussi NOUS en France, toutes les personnes qui possèdent une voiture personnel (la classe globale).Tous les citoyens qui vivent à l’occidentale ont un pouvoir d’achat qui se paye au détriment du capital naturel, mais quand il n’y aura plus de pétrole tout en conservant le réchauffement climatique, on s’apercevra alors, mais un peu trop tard, que l’argent ne se mange pas.

H.M : Je vais rappeler quelques chiffres. On est à 57% du PIB en dépense publique et 46% du PIB en impôt (record du monde!). On a un budget retraite à 14% du PIB et santé à 13% du PIB (record du monde!).On a 60% de la population qui est bénéficiaire nette de la distribution élargie et cela augmente d’années en années. Donc une minorité de plus en plus faible finance tout le monde.
Raoul Radis : Hélas, ce genre d’évidences n’a aucun impact sur l’électeur RN qui ne voit que la baisse du prix de l’essence, ni sur l’électeur NFP qui ne voit que l’augmentation de son salaire et de ses allocations. Mais pas d’inquiétude, tout est financé, au choix, par le sort réservé aux Arabes/Noirs ou par le sort réservé aux riches…

le sceptique : L’attitude des 3 principaux blocs montre que nous allons vers une crise de régime, parce que quasiment toutes les élites politico-administratives sont désormais incapables de tenir un discours de vérité, elles sont concentrées sur la survie à court terme d’un système qui n’a déjà plus les moyens d’acheter les fidélités de ses clientèles.

Demokratos :  » Mon ennemi, c’est la finance ! « , disait François Hollande … En 2024, ils s’exclament tous en cœur « notre ennemi, c’est la bonne gestion ».

Jacques Py : Un des programmes politiciens a t-il proposé de diminuer la place de la publicité dans nos vies ? La surconsommation, les méfaits de la tentation consumériste, et au delà et surtout la vente de nos cerveaux à cette organisation destructrice de notre liberté et libre arbitre. La publicité est l’obscénité la plus prégnante de notre présent. Personne pour la nommer pour ce qu’elle est, notre degré d’aliénation est tel qu’il n’y a personne pour le dire, pas même les écologistes pour qui ce devrait être pourtant un sujet central.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Dette monétaire et dette écologique, BOUM (2024)

extraits : Il n’y a pas que la France qui soit endettée. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards de dollars. En mai 2023, on la retrouve à 31 381 milliards de dollars ! Bientôt la crise finale ! Si le krach boursier du type 1929 n’a pas lieu dans le jours qui viennent, de toute façon il aura lieu bientôt, entraînant son lot de faillites en chaîne et de chômage de masse dans un contexte géopolitique et écologique qui multiplie déjà les risques de déflagrations. Il n’y a pas que la dette financière, il y a la dette écologique. L’économie libérale nous mène d’autant plus à la ruine que la planète a été tellement pillée par nos politiques croissancistes antérieures qu’il n’y a plus assez de ressources naturelles pour envisager un rebond économique quel qu’il soit. La finance va mal et notre milieu de vie encore plus mal, on ne s’en sortira pas par plus d’endettement, mais par des efforts surhumains… Nous sommes en état de guerre, de guerre contre la planète ; la question monétaire est secondaire par rapport à la question des ressources physiques. Bien plus, tout ce que nous avons imaginé antérieurement pour sortir de la crise financière (remettre en route la machine à créer de la monnaie dans les banques) ne servira qu’à mieux préparer la prochaine grande crise.

post-covid, dette économique/dette écologique (2020)

extraits : On oublie un paramètre incontournable, la dette écologique se rajoute à la dette monétaire. Le fait de puiser davantage que la part renouvelable des ressources naturelles au sein d’un écosystème à l’équilibre délicat crée une dette écologique. Le créancier, c’est celui qui prête le capital emprunté. Pour le  capital naturel, le créancier est donc la Terre, ou la biosphère ou la nature, peu importe le nom. D’où une dette écologique des humains envers la Terre. Le fait par exemple de pêcher une espèce de poisson plus que ce qui permet son renouvellement est bien un découvert vis-à-vis des richesses de la mer. Ce découvert, on est normalement obligé de l’acquitter, par exemple en fixant un moratoire sur la pêche, sinon nos contemporains et successeurs seront appauvris. C’est comme si on avait brûlé notre maison… plus d’héritage possible ! Ce n’est pas parce qu’on remplira des brouettes de papier-monnaie qu’on évitera le fait qu’on vit déjà à crédit par rapport aux ressources naturelles comme l’indique l’empreinte écologique. Une seule solution, en finir avec les distributions d’argent gratuit aux États, aux entreprises et aux particuliers ; place à une politique d’austérité, de sobriété partagée, de condamnation des inégalités criantes ou ordinaires…

Définitions de la dette écologique (2012)

extraits : La dette économique est une somme d’argent due à un créancier. En termes simples, le créancier, c’est celui qui prête le capital emprunté. Pour le  capital naturel, le créancier est donc la Terre, ou la biosphère ou la nature, peu importe le nom. D’où une dette écologique des humains envers la Terre. Le fait par exemple de pêcher une espèce de poisson plus que ce qui permet son renouvellement est bien un découvert vis-à-vis des richesses de la mer. Ce découvert, on est normalement obligé de l’acquitter, par exemple en fixant un moratoire sur la pêche, sinon nos contemporains et successeurs seront appauvris. C’est comme si on avait brûlé notre maison… plus d’héritage possible ! On peut toujours refuser de rendre l’argent à l’oligarchie financière qui vit « au détriment des peuples ». Il n’en est pas de même avec la dette écologique : les richesses non renouvelables prêtées par la biosphère ont été définitivement dilapidées par les peuples qui vivent à l’occidentale.

dette écologique (2007)

extraits : Au Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992, la plupart des pays pauvres de la planète ont signé la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Cette convention prenait l’année 1990 comme « année zéro », autrement dit cela signifiait que l’on ne ferait aucune reconstitution du patrimoine des réserves mondiales de combustibles fossiles pillées auparavant depuis des décennies. Donc, d’un trait de plume, on effaçait la dette écologique des pays riches. Rien que pour donner la mesure des inégalités actuelles, rappelons qu’entre le repas du soir pour le Nouvel An et le 2 janvier, une famille américaine aura déjà consommé, par personne, l’équivalent en combustible fossiles des besoins d’une famille tanzanienne pour toute l’année !

Législatives, dette monétaire / dette écologique Lire la suite »

A69. Manifestation interdite, donc violente ?

Les États présentent un caractère double assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage et des projets utopiques. Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126.  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Pour se désenclaver, un travailleur castrais devra donc débourser chaque mois un peu plus d’un quart du smic.

Matthieu Goar et Audrey Sommazi : A partir du 7 juin 2024, les mouvements mobilisés contre le projet d’autoroute avaient prévu trois jours de réunions et d’actions sur le tracé de l’A69. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a demandé au préfet du Tarn d’interdire « cette nouvelle manifestation qui s’annonce extrêmement violente » où pourraient se rendre « 5 000 personnes dont 600 black blocs ». Le groupe des écologistes à l’Assemblée nationale a, pour sa part, évoqué le film Minority Report (2002) en décrivant un gouvernement prêt à « nous plonger en plein film d’anticipation où la violence s’invente avant même son existence éventuelle ».

Après s’être concertés, les principaux collectifs – Les Soulèvements de la Terre, La Voie est libre (LVEL), Extinction Rebellion Toulouse, la ZAD A69 – ont signé un communiqué où ils appellent quand même à « se rassembler massivement ». Autour du chantier de l’A69, des dégradations de matériels ont été constatées depuis plusieurs semaines, certaines revendiquées par le GIEC, le Groupe d’intervention pour l’extinction des chantiers….

Le point de vue des écologistes activistes

ExtinctionRebellion : Darmanin était plus humble et compréhensif face aux agriculteurs en tracteurs de 10 tonnes… Facile de faire le gros bras contre des familles en vélo cargo et quelques freluquets végétariens à capuche.

hapax : Le gouvernement cherche la confrontation. Ce sera donc violent : les luttes de défense de la Terre ne se font pas avec des caresses. Face à l’absurdité de ce projet dénoncé par tous les scientifiques et face à l’urgence climatique, il s’agit de légitime défense. Il s’agit de contre-violence. Il s’agit de défendre l’avenir.

Stchef : Soutien total a ces opposants dont je salue le courage. L’humanité doit RALENTIR et non pas accélérer comme ce qui est propose par ce type de projet complètement décalé par rapport aux enjeux climatiques actuels…

bruno81 : J’habite dans le coin et lors de la dernière manifestation, qui s’est très bien passé d’ailleurs, la police contrôlait les véhicules des personnes qui rentraient chez eux le soir. Ainsi, mon canif de pique-nique m’a été volé par les forces de l’ordre, et est devenu, dans les rapports, la preuve des ambitions violentes de tous les manifestants. Je suis assez fier du destin révolutionnaire glorieux de mon petit canif à fromage, même s’il me manque…

Tanith : Au lieu de construire une autoroute qui ne servira qu’aux quelques privilégiés qui pourront se payer le péage, on ferait mieux d’utiliser tout cet argent, coût de la construction mais aussi coût exorbitant du soi-disant maintien de l’ordre (qui aggrave plus le bordel qu’autre chose) à rendre résiliant nos campagnes et nos villes contre le changement climatique.

Paspourlongtemps : Mais qu’ils la construisent cette autoroute. Dans 10 à 20 ans ce sera une magnifique piste cyclable ! Enfin peut-être que les futurs décideurs la transformeront en ligne de tramways à pneus, ce sera facile et pas cher.

Slibo : A l’heure où tout indique une accélération du réchauffement climatique, Renaissance et le PS, gardent le cap: oui aux autoroutes, non aux arbres

en savoir plus grâce à notre blog biosphere

A69, État pillard et non État stratège ! (avril 2024)

extraits : En dépit des avis négatifs des instances d’expertise et des fortes oppositions locales, la volonté de l’État et des collectivités de construire cette autoroute censée désenclaver Castres semble inébranlable. A quel moment l’État pillard prend-il le pas sur l’État stratège ? Notons que le pillage n’existe que par le soutien des électeurs au pouvoir en place. Toute tentative d’avancée militante se heurte à des personnes qui vivent dans un monde où l’urgence écologique n’existe pas….

A69, entraves à la liberté de la presse (mars 2024)

extraits : Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a demandé le 29 février 2024 à ce que le travail de la presse soit facilité sur le site occupé par les opposants au projet de l’autoroute A69….

A69, quand le futur combat le passé (novembre 2023)

extraits : Le 24 septembre 2023, deux cents scientifiques toulousains d’entre eux avaient réclamé l’abandon de l’A69 (une nouvelle autoroute) dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente (socialiste) de la région Occitanie, qui soutient le projet. Le 4 octobre 2023, ils sont 1 500 scientifiques à signer une lettre ouverte, publiée par L’Obs, pour dénoncer ce même projet….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

A69. Manifestation interdite, donc violente ? Lire la suite »

L’effet tunnel fabrique des mégalopoles

Lancé il y a une vingtaine d’années, le projet de l’A69, qui doit relier Toulouse à Castres, a démarré en mars 2023, soulevant une forte opposition des écologistes. La réalisation de cette autoroute de 53 kilomètres nécessite l’abattage de 260 arbres, 366 hectares de sol à bétonner, dont 232 hectares de terre agricole, la destruction de 23 hectares de zones humides et 13 hectares de forêt avec la biodiversité qui les accompagne. Tout pour les métropoles, rien pour les petites communes, rien pour l’équilibre écologique, c’est l’effet tunnel.

L’effet tunnel explique la révolte des Gilets jaunes

Dès les débuts du chemin de fer, on a parlé d’effet tunnel : un train désertifie les zones rurales en reliant une ville à une autre ville. En France, les conseillers municipaux d’Albion dénonçaient en 1833 l’effet tunnel : « Le chemin de fer est incapable d’être lucratif sauf aux grandes villes… tous les pays intermédiaires en souffriront par le défaut de communication ». Puis on a désertifié les villes intermédiaires avec les TGV. Face à ce vide spatial, les constructeurs d’automobiles ont pu imposer le choix de la voiture individuelle, « indispensable » puisqu’il n’y a plus de dessertes de proximité. Or la voiture dépend du pétrole, et bientôt il n’y en aura plus….

Métropolisation du territoire

Albert Levy, architecte : Dans le contexte de crise climatique et écologique actuel, dont l’A69 est emblématique, c’est la métropolisation du territoire qui est en cause, mise en question, avec la « mondialisation heureuse » à laquelle elle est associée. Ce modèle a été adopté en France avec la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam, loi « Métropoles ») de 2014 par la création, au départ, de onze métropoles, vingt-deux aujourd’hui, postulées indispensables à la croissance économique : l’existence de métropoles attractives, rayonnantes sur le plan international, est une question de survie dans le contexte de la mondialisation.

Mais, pour lutter contre le réchauffement climatique, métropolisation et transition énergétique restent des politiques totalement inconciliables : par l’importance de la mobilité, interne et externe, qu’elle génère et qui la fonde, la métropolisation énergivore, grosse consommatrice d’énergie fossile, freine la transition en impactant le climat. Elle est source, aussi, d’un déséquilibre territorial entre les métropoles qui gagnent (mise en réseau par le TGV), vitrines de prospérité, et la France qui perd, les territoires marginaux à l’écart et en déclin. Avec l’opposition à l’A69, c’est la métropole toulousaine qui est concernée, caractérisée par un tissu urbain fortement étalé (deux fois la surface de Lyon pour une même population) générant des déplacements internes importants (4 millions de déplacements quotidiens où l’auto domine). Une altermétropolisation est-elle possible ?

Le point de vue des écologistes de proximité

Lorsque l’on compare des villes petites ou moyennes de même population on constate que plus elles sont proches (en distance et en temps de trajet) d’une métropole et moins elles ont de services et équipements tels que commerces, cinémas, théâtre, hôpitaux, entreprises, etc. Et évidemment cela se traduit par une augmentation continue du besoin de transports de et vers la métropole, donc on rajoute une autoroute et c’est le cercle vicieux. C’est cela la métropolisation, c’est dévastateur en termes de qualité de vie et d’impact environnemental.

Si l’on n’est pas capable de renoncer ne serait-ce qu’à un tronçon d’autoroute et qu’on invente toutes les fausses excuses imaginables dès que la moindre alternative est proposée, la « transition » est perdue d’avance. Comment arrêter une tragédie en criant à la mort de la démocratie dès qu’on demande ne serait-ce que rouler moins vite ? Les activistes ant-A69 sont des citoyens éclairés et soucieux de la biodiversité, de notre avenir à tous et de celui de nos enfants. Sans ce type d’action, nous aurions encore moins d’écosystèmes préservés.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

extraits : Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols. Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural….

Désurbanisation (2009)

extraits : Qu’on le veuille ou non, il faudra bien un jour sortir du culte de la croissance, toujours plus de pouvoir d’achat, toujours plus de bagnoles, toujours plus d’avions, travailler toujours plus. L’urbanisation croissante est un élément de cette anthropisation forcenée de notre planète qui a accompagné la révolution industrielle dès le XIXe siècle. Mais au lieu d’être progressive, l’explosion urbaine est devenue selon les termes mêmes du Monde (22 septembre 2009) « violente », particulièrement en Afrique : les villes y passeront de 350 millions d’habitants en 2005 à 1,2 milliards en 2050….

L’effet tunnel fabrique des mégalopoles Lire la suite »

La canne à sucre, plus complexe que l’humanité

La canne à sucre, graminée tropicale qui assure aujourd’hui 80 % de la production mondiale de sucre, est la culture la plus récoltée au monde, en biomasse. Elle restait la seule grande plante cultivée dont le génome nous demeurait impénétrable. Le grand livre de son ADN, il est vrai, était d’une redoutable complexité.

Florence Rosier : Écrit en 114 chapitres, pour ses 114 chromosomes, il est en réalité constitué de dix chromosomes, copiés chacun en onze à treize exemplaires… loin d’être tous exactement semblables. Au terme de cinq années de travail, mobilisant trente-cinq scientifiques de quatre pays, les chercheurs ont déchiffré la totalité du génome d’une variété de canne à sucre, la R 570. Les 8,7 milliards de lettres de l’ADN de la canne à sucre – soit vingt fois plus que le génome du riz et trois fois plus que celui de l’homme – ont ainsi été lues dans l’un des plus grands centres de séquençage au monde, le Joint Genome Institute. L’humanité n’est pas la seule espèce à ADN, elle n’est qu’une variante produite par la biosphère depuis 3,5 milliards d’années environ.

Le point de vue de la Biosphère

Je suis la sphère où se déploie la vie, j’inclus toutes les espèces vivantes et les milieux où elles se développent. Pour moi, les humains ne sont qu’un élément de la biocœnose parmi d’autres. Vos dieux ne sont pour rien dans votre existence. Je suis le début et la fin de toute vie. Je suis le sol qui vous porte et l’atmosphère qui vous entoure, les végétaux qui procurent votre oxygène et vos légumes, les animaux que vous contemplez du regard ou dans votre assiette. En vérité en vérité je vous le dis, vous devriez célébrer mon existence puisque vous n’êtes qu’une infime partie de moi-même, toutes les composantes de votre corps existaient déjà dans les premiers instants du grand tout, votre statut actuel ne peut se dissocier du support matériel qui vous associe aux autre espèces et à la place de notre planète dans l’univers, votre survie dépend de la mienne.

Il vous faut admettre que toutes les autres formes de vie existant aujourd’hui descendent comme vous d’un même organisme : les gènes qui mettent en place le plan de fabrication d’un être humain sont les mêmes que ceux fonctionnant chez un ver de terre ou une céréale. Je n’ai inventé qu’un seul système pour organiser l’évolution : mêmes briques de départ, même schéma général d’organisation. Ainsi plumes, écailles, glandes et dents proviennent toutes du même tissu épithélial, dépendent du même répertoire génétique. Cependant certaines de mes composantes disparaissent alors que d’autres demeurent ou se transforment. Vous, les humains,  vous n’êtes que péripétie de ma façon de jongler avec l’ADN.

Pourtant les humains ne considèrent que l’environnement qui entoure leur propre conscience des choses, ils estiment que la biosphère leur est extérieure et qu’ils peuvent en faire ce qu’ils veulent, comme s’ils en étaient propriétaires. Mais si vous aviez un contact plus étroit avec moi, vous auriez mieux conscience de votre juste place : le vivant est un tout dont les humains devraient se sentir solidaires. Vous ne pouvez pas porter de culte à quelque croyance que ce soit tant que ce n’est que parole humaine, faite par des humains pour des humains, sans aucun souci de la Nature. Vous n’êtes qu’un maillon de la chaîne alimentaire et la poursuite de vos activités ainsi que votre existence même dépend de l’équilibre de mes cycles vitaux, les flux d’énergie solaire, la circulation de l’eau, la composition de l’air. Mais à l’heure actuelle vous perturbez trop profondément les conditions de l’équilibre sur la planète et cela m’exaspère, même si j’aurai toujours assez de ressources pour permettre à d’autres formes de vie de vous succéder.

Au cours de votre XIXe siècle, une révolution industrielle succède aux révolutions agricoles et des techniques destructrices de l’environnement prennent tout le pouvoir. Vous devenez alors le cancer de la Terre qui met en péril mon équilibre et donc le vôtre. Votre goût de la puissance n’accepte plus aujourd’hui de limites. Alors que vos activités humaines rentrent en interférence avec mes cycles vitaux comme celui de l’eau, vous engagez la survie de vos générations futures et du reste de la Biosphère en faisant comme si seul votre présent avait de la valeur. Alors qu’une radiation nucléaire ne se voit pas, ne se sent pas, ne fait pas de bruit, ne se touche pas et n’a aucun goût, vous avez réussi à la découvrir et à libérer les forces internes de l’atome. Alors que vous savez que cette radioactivité peut faire des dégâts sur l’organisation du vivant pendant une éternité de temps, vous accumulez les déchets nucléaires. Conformément aux désirs délirants d’une de vos religions, vous devenez féconds et prolifiques, vous remplissez la Terre et vous la dominez, vous soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. Vous êtes plus de 8 milliard d’envahisseurs aujourd’hui de tous territoires que vous pouvez parcourir, cela n’est pas durable, c’est insupportable, c’est inacceptable.

Soyons clair, je ne peux personnellement m’exprimer qu’indirectement par le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité, par les inondations et les sécheresses, par la prolifération des microbes et des virus. En effet je ne possède pas la parole, c’est vous qui en avez le monopole. Je ne peux donc dire qu’au travers de vos propres mots et n’exister à vos yeux que par votre relation personnelle à la Nature. Si vous voulez m’aider à trouver un ordre durable, vous devez suivre la voie de la décroissance humaine, et vouloir une planète où votre trace sera à nouveau infime et insignifiante en mon sein.

C’est à vous, individuellement et collectivement, de rechercher l’harmonie avec l’ensemble de votre environnement naturel et socio-économique. Pour cela, vous ne pouvez pas faire confiance aux actes du passé, encore moins aux dérapages de la civilisation thermo-industrielle présente, vous devez patiemment chercher votre voie au milieu des ruines d’une Nature déjà complètement artificialisée. C’est à vous de faire personnellement preuve de simplicité volontaire et de vous regrouper en association de défense de la nature, c’est à vous d’agir politiquement pour que l’équilibre durable de la Biosphère devienne le fondement de toute décision humaine : il n’y a pas de dieu extérieur à vous-même. Votre tâche sera longue parce que vous devez remettre en question presque toutes vos certitudes, presque toutes vos activités, presque toutes vos pensées. Votre tâche sera difficile parce que vous devrez renier tout ce qui fait de vous des humains arrogants et conquérants, parce que vous devrez apprendre l’humilité et l’écoute de votre milieu de vie.

Mon dernier souhait

Grâce à vos connaissances techno-scientifiques, vous savez que nous ne sommes qu’un minuscule point dans l’immensité de l’infini. Le soleil qui éclaire nos activités n’est que l’une des 50 ou 100 milliards d’étoiles de notre galaxie, la Voie Lactée, le nombre de galaxies connues se compte aussi en milliards et l’objet le plus lointain observé depuis un observatoire terrestre se trouve à plus de 12 milliards d’années lumières (12 x 9500 milliards de kilomètres). Nous, l’ensemble des membres de la biosphère, nous ne sommes que très peu de chose dans l’univers, et certainement un des très rares espaces habité par une vie foisonnante. Ne gaspillons pas cette chance, celle de vivre ensemble et de se perpétuer.

La canne à sucre, plus complexe que l’humanité Lire la suite »

Dévoiturage, on commence juste à en parler

Sur ce blog biosphere, il y a bien longtemps que nous parlons de dévoiturage. Il faudrait dire aux élèves de sciences économiques et sociales que de leur vivant ils seraient obligé un jour ou l’autre de se passer de voiture personnelle. Sylvie Landriève reflète parfaitement ce discours, on devrait tous le tenir si on était vraiment écologiste, merci à elle…

Sylvie Landriève : L’empreinte environnementale de la production et de la destruction de la voiture électrique est moins bonne que celle de la voiture thermique, a fortiori si elle est réalisée et acheminée avec de l’énergie carbonée. Plus la batterie est petite, plus sa recyclabilité est faible, et moins la voiture est réparable. Pire, le passage à la voiture électrique justifie implicitement le renouvellement complet du parc existant et, par conséquent, la pérennisation du “système voiture”, modèle occidental problématique et inaccessible au reste de la planète. Pour atteindre notre niveau d’équipement (plus de 80 % des ménages), il faudrait passer de 1,5 milliards à 4 milliards de véhicules en circulation dans le monde. A ce niveau, et sans même évoquer les impacts environnementaux de leur extraction, on pressent que des matériaux vont manquer (lithium et cuivre sûrement, nickel, manganèse et cobalt peut-être). N’est-il pas paradoxal de chercher à électrifier le parc automobile tout en demandant aux Français… de moins utiliser leur voiture ?

On sait qu’elle contribue de façon protéiforme à la mauvaise qualité de la vie. La voiture a colonisé l’espace public et l’a reconverti en zone de circulation rapide et dangereuse. Sans même revenir sur le nombre d’accidents et de morts de la route, situation que l’on n’accepterait d’aucune autre politique publique. Et si le problème était… la voiture ? N’est-ce pas l’occasion d’être plus radical ? Passons-nous dès demain de ce formidable objet du siècle passé. Allons vers un autre système de mobilité intégrant marche et vélo pour les trajets courts, cars fréquents pour les distances moyennes, train pour les longues distances.

Nos réponses aux inconditionnels de la bagnole

Arnaud De MaNicos : Article très drôle, j’ai bien ri. Surtout les bus 24/24. Cette personne habite sans doute dans le centre de Paris. Je l’invite à passer un an au milieu de la campagne dans un désert médical et on reparle de l’universalité de son modèle.

Biosphere : Sylvie Landriève nous indique explicitement que l’universalisation de la voiture individuelle n’est pas matériellement possible, la pénurie des matériaux (et de l’énergie) vont rendre ce moyen de déplacement obsolète. Il y a moins d’un siècle, il n’y avait pas de voitures à la campagne, mais chaque village avait son petit commerce… et la relocalisation permettra bien d’autres services sur place.

Arnaud De Marseille : Encore un article hors-sol….la filière automobile a un poids majeur dans l’économie française. Avant la crise sanitaire, elle représentait, dans son ensemble, environ 400 000 salariés, plus de 10 % des exportations de biens et plus de 20 milliards d’euros de valeur ajoutée.

Biosphere : C’est un classique, l’économie contre l’écologie ! Mais une activité économique, surtout matérielle comme le système voiture, a besoin d’énormément de ressources de la planète ; or les ressources sont en voie d’épuisement comme indiquée par Sylvie Landriève. Ne pas voir cela, c’est se contenter d’un commentaire hors-sol.

Euskaraz : Chère Madame « l’experte de la mobilité », permettez moi de vous inviter à boire un verre dans ma bergerie au Pays Basque. Bon, il va falloir marcher un peu si l’on suit vos idées, mais c’est très beau.

Biosphere : Sans voiture, on sera obligé de marcher et cela, c’est très bon pour la force physique et la santé. Bien sûr il n’y aura plus de tourisme au loin dans des contrées de rêve, à chacun d’élever ses brebis chez soi.

Babylon300 : Revenir en arrière semble relever de l’utopie / dystopie sociale. La bagnole, ce n’est pas un phénomène français, c’est une réalité mondiale. Comment croire qu’il soit possible d’imposer des restrictions globales sans bouleversements politiques pas forcément contrôlables ? Pleurnicher ne sert à rien.

Biosphere : L’utopie, c’est ce qui n’est pas encore réalisé. Et madame Landriève nous montre qu’il nous faudra bien changer d’imaginaire quand les circonstances nous y obligeront. Une essence à 10 euros le litre comme cela arrivera, un kWh hors de prix, c’est là notre avenir. La société thermo-industrielle n’aura eu qu’un temps, et dilapidé les ressources de la planète. Alors on reprendra quelques recettes de l’ancien temps, que ce soit en France ou au niveau mondial, nous n’avons qu’une planète, la même pour tous. Et pleurnicheurs seront ceux qui ont fait de la voiture un objet d’adulation.

Tourouk.Makteux : Il conviendra quand même d’évoquer l’Histoire. Le déplacement était réservé aux heureux détenteurs de chevaux et de carrosses, jusqu’à l’arrivée de l’automobile, symbole de la liberté individuelle d’aller n’importe où. Convaincre l’humain d’y renoncer, électrique ou pas, va être tout simplement impossible, sauf établissement d’une dictature des comportements engendrant des réactions pas loin de violentes.

Biosphere : L’abondance actuelle pour ceux qui vivent à l’occidentale n’a été possible que grâce à l’utilisation des ressources fossiles ; or celles-ci ne sont pas renouvelables. Les esclaves énergétiques ont certes remplacé les manants, mais sans pétrole ni prise électrique, nous serons bien obligés de revenir à nos forces endosomatiques et sans doute malheureusement à des inégalités qui s’imposeront à tous malgré les violences de la plèbe dans la rue. La liberté du « plus vite, plus loin et plus souvent » sera remplacée par son contraire.

Dèmos : Pendant ce temps, le nationaliste Bardella est à 32% d’intentions de vote aux prochaines élections européennes….on se demande pourquoi. Il faudrait rappeler à l’autrice que nous sommes en démocratie et que c’est au peuple de décider, en matière de mobilité comme dans tous les autres domaines, et non aux experts.

Biosphere : Le peuple n’a pas décidé du passage à la voiture individuelle, ce sont les entreprises, leur marketing et le lobbying qui ont imposé la voiture individuelle au détriment du transport collectif. Le réseau ferré qui desservait autrefois énormément de localités a été déconstruit au profit des autoroutes. Oui, le peuple est en train de décider… de se foutre en l’air (et ses enfants avec). Super ! Vive la démocratie ! Vive le pouvoir à l’extrême droite puisque le peuple en a décidé ainsi !!!

GuiBeau : Un article dictée par l’idéologie plutôt que par la réalité. Renoncer à la capacité individuelle de déplacement c’est une privation de liberté et un appauvrissement par diminution de la capacité à de déplacer.

Biosphere : traiter le discours d’autrui d’idéologique est bien souvent dicté par une idéologie particulière. A chacun sa réalité, et la réalité d’aujourd’hui ne sera pas la réalité de demain. La « liberté » de se déplacer en voiture individuelle n’a qu’un siècle, depuis les premiers exemplaires de la Ford T. Les véhicules présents seront voués à la casse, il y en a déjà beaucoup, de ces cimetières de voiture. Et cette liberté historiquement temporaire de s’asseoir derrière un volant aura un lourd passé derrière elle, le réchauffement climatique, les marées noires, les morts sur la route, les particules fines dans nos poumons, etc.

munstead : La spécialiste ne s’interroge pas une seconde sur le besoin universel de mobilité, depuis que l’homme est apparu. Les chars romains, les voies romaines, le cheval (mobilité individuelle ou collective), tout cela à la trappe!

Biosphere : Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. Au XIXe siècle, seuls quelques riches anglais faisaient le tour de l’Europe, les ancêtres du tourisme !

G-L : Ouais, chouette, revenons aux trajets interminables comme la malle-poste Paris-Brest de 1840 en 44 heures. Vive le temps long ! Je précise que je n’ai pas lu l’article en entier, donc inutile de m’incendier sur des points de détail.

Biosphere : Moins vite, moins loin et moins longtemps, il faudra s’y faire. Sans énergie exosomatique (grâce aux ressources fossiles), nous ferons à nouveau l’éloge de la lenteur. Quant au fait de ne pas lire un raisonnement jusqu’au bout pour en rester à ses préjugés, c’est choisir la voie de la facilité et de l’impuissance intellectuelle.

pm22 : Je propose de remplacer la voiture par la charrette à âne. Heu, non, ce serait de l’exploitation animale…

Biosphere : Vous avez des idées. La première est encore très usitée dans les pays pauvres aujourd’hui. Quand au second, on peut voter pour le parti animaliste lors des prochaine européennes…

Dévoiturage, on commence juste à en parler Lire la suite »

Horrible, l’expression « décroissance »

Le mensuel « La Décroissance » occulte soigneusement des termes comme Démondialisation, Démilitarisation, Dépopulation, Désurbanisation… mais il donne souvent la parole a des spécialistes de la décroissance qui savent ce que raisonner veut dire. Exemple, sur cette question :

La décroissance semble plus que jamais provoquer un rejet radical, voire l’hystérie…

comment le comprendre ?

Serge Latouche : Il s’agit à l’origine de ne pas voir l’ampleur de la pollution généralisée de la Terre ; c’est le déni. Autrement dit, l’idée qu’une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie apparaissait comme « folklorique ». Dans un deuxième temps, comme les faits sont têtus, il devient impossible de nier qu’il se passait quelque chose avec la biodiversité, le climat, etc. Nous eûmes droit au développement durable. Lorsqu’il ne fit plus recette, nous passâmes à la croissance verte, l’économie circulaire, etc. Aujourd’hui, avec l’épuisement de ces stratégies de communication par l’écoblanchiment, la dernière cartouche : anathématisation des partisans d’un véritable changement. On crée des repoussoirs comme « l’écologie punitive », les Khmers verts, etc. Chacun est sommé de s’écrier de façon hystérique : « Non, non, je ne suis pas pour la décroissance. » Mais plus nous serons outrageusement diffamé, plus ce sera le signe que nous disons la vérité.

Luc Semal : Tantôt ce sont les membres du RN qui accusent les Macronistes de condamner la France à la décroissance, tantôt c’est Emmanuel Macron qui dénonce le projet du RN comme un projet de décroissance. De leur point de vue, la décroissance est considérée comme une proposition délirante. La nouveauté, c’est cette intensification de l’invective par un seul mot. Il est navrant de constater combien tout cela est déconnecté du débat scientifique sur les limites planétaires et leurs implications. Il est désormais bien tard sur l’horloge d’une décroissance en catastrophe, nous sommes au pied du mur. Le problème, c’est que cette décroissance abrupte sera seulement perçue comme une proposition encore plus délirante par les défenseurs de la croissance qui répondent toujours par une surenchère de promesses techniques.

Martin Steffans : Si la décroissance est à ce point dénigrée, c’est que le débat politique ne procède plus tout simplement du réel. La croissance économique est impossible, voilà la seule analyse ajustée à un réel fondé sur des savoirs scientifiques. Car s’il y a bien une chose de certaine, c’est que le système Terre est insensible à la communication politique. Pendant des siècles, on a pu définir la politique comme l’instance qui définissait le réel contre la fatalité des dieux ou de la nature. C’est maintenant le réel qui doit redéfinir la politique ! Voyez notre président de la république faisant des vidéos à destination des jeunes sur des questions écologiques sans, à aucun moment, évoquer des savoirs scientifiques. Voyez ce sujet récent au bac de sciences économiques et sociales : « Vous montrerez la façon dont l’innovation permet de repousser les limites écologiques de la croissance. » Je pense malgré tout que, dans quelques temps, la décroissance deviendra un évidence et une réalité.

Nathanaël Wallenhorst : Selon Aristote, un être vivant passe par trois périodes : naître, croître et dépérir. C’est un seul et même mouvement. Est-ce triste ? Oui, si on considère l’arrêt de la croissance comme un mal. Pourtant décroître est un moment de la vie à moins de considérer la vieillesse comme une maladie. Et il y a beaucoup de morts dans le fait de vouloir croître sans cesse : on désole la terre pour les générations qui suivent. Pourquoi a-t-on tant de mal avec ce mot décroissance? Parce que nul n’a envie de céder sa place. Mais qui a envie de ne vivre que pour soi ?

source : La Décroissance n° 209 de mai 2024, page 14 et 15

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Horrible, limiter la liberté d’expression

extraits : Le philosophe John Stuart Mill (1806-1873) avait défini la portée de la liberté d’expression : lorsqu’il est libre, le débat contradictoire peut conduire à une forme d’autorégulation spontanée de la parole. Les contre-vérités, les propos aberrants ou loufoques finissent toujours normalement par être critiqués et neutralisés. Mais à son époque, peu de personnes avaient accès à la parole publique et toutes partageaient les mêmes codes de langage. Le débat éclairé était encore possible. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ….

Horrible, je suis un affreux malthusien

extraits : J’adore James Lovelock quand il déclare que « ceux qui ne voient pas que la surpopulation mondiale et le changement climatique sont les deux faces d’une même pièce, sont des ignorants ou des menteurs. Ces deux énormes problèmes environnementaux sont inséparables et discuter de l’un en ignorant l’autre est irrationnel »….

Horrible, l’expression « décroissance » Lire la suite »

Décroissance, Démilitarisation, Désarmement

Objecteur de conscience, je suis devenu par la suite objecteur de croissance, pour la décroissance du niveau de vie de tous ceux qui vivent à l’occidentale, pour la décroissance démographique dans tous les pays… et pour la décroissance des armées, la démilitarisation, le désarmement. Nous sommes aujourd’hui encore une infime minorité à revendiquer ce point de vue. Mais dans un monde où la télécommunication met en présence les individus de tous les pays, à l’heure où des instances internationales sont institutionnalisées et se coordonnent progressivement, un monde de paix et sans armées devient possible. Ce n’est pas la tendance actuelle.

Jean-Michel Bezat : La protection de l’Europe, des armes conventionnelles au parapluie nucléaire, pourrait être moins « made in America ». Entre 2019 et 2023, 55 % des achats européens d’équipements militaires provenaient des Etats-Unis (contre 35 % auparavant). Les géants européens sont des poids moyens face à Lockheed Martin, Raytheon Technologies, Northrop Grumman, General Dynamics, les leaders mondiaux biberonnés aux commandes du Pentagone, doté d’un budget de 886 milliards de dollars en 2024. La faiblesse de l’Union européenne (UE) vient aussi de la concurrence entre ses Etats membres dans les chasseurs, les frégates, les sous-marins, l’armement terrestre et les boucliers antimissiles. Mais l’année 2024 a sonné le réveil, sur le plan politique au moins. La Commission européenne a dévoilé, le 5 mars, une stratégie et un programme en faveur des industries de défense. Une première, avec ce mot d’ordre : « investir plus, mieux, ensemble et européen ».

Le point de vue des écologistes pacifistes

Dans notre monde déjà surarmé, on ne parle donc que d’en rajouter, des missiles, des porte-avions, des drones, du nucléaire, etc. Étonnant pour un pacifiste que cet article du MONDE n’évoque pas un principe alternatif à la vulgate « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Nous pourrions pourtant, si nous étions intelligent, favoriser l’idée « si tu veux la paix prépare la paix. » L’application est simple, faire la promotion à tous les niveaux (individuel et gouvernemental) de l’objection de conscience, le refus en toutes circonstances de l’usage collectif des armes. Si la France et l’UE indiquaient aussi qu’on va mettre toutes nos forces armées au service de l’ONU (et pas de l’OTAN), un grand pas vers le transnationalisme et la paix dans le monde serait accompli…

Notez l’expression « usage individuel des armes » dans la définition officielle de l’objection de conscience ; cela ramène le refus de la violence armée à seulement une expression individuelle, ce qui veut dire qu’il n’y aurait pas pour nos instances politiques possibilité de vouloir revendiquer la disparition de toutes les armées.

Pour l’instant les médias marginalisent complètement l’idée de démilitarisation :

La fiche wikipedia se contente du juste minimum : « La démilitarisation est le processus de réduction de l’armée d’une nation, de ses armes ou de ses véhicules armés jusqu’à un minimum convenu. » La définition est restrictive, un complet désarmement n’est pas envisagé.

Les archives du MONDE ne parle de démilitarisation que pour des contextes particuliers : « démilitarisation » du Haut-Karabakh, démilitarisation de la centrale de Zaporijia, démilitarisation du FLNC en Corse…

 

Le Monde diplomatique fait une brève référence au livre d’Alain Refalo, membre du Mouvement pour une alternative non violente (MAN) : « Démilitariser la France. Plaidoyer pour un pays acteur de paix. »

Résumé du livre d’Alain Refalo, « Démilitariser la France » : La France est l’un des pays les plus militarisés parmi les pays démocratiques. Notre pays cumule à la fois des symboles militaristes (histoire et mémoire guerrières, défilé militaire, hymne national), une politique de défense très coûteuse avec notamment la dissuasion nucléaire, une industrie de défense qui alimente un important commerce des armes, de nombreuses interventions militaires extérieures et une tendance de plus en plus affirmée à la militarisation de la société. Cet ouvrage met au jour les différents éléments qui structurent la militarisation de notre pays, avec des rappels historiques et des faits d’actualité, conjugués à une réflexion éthique argumentant sur la nécessité de sortir de cette militarisation afin que la France agisse en cohérence avec les valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Pour que la France devienne un véritable acteur de la paix dans le monde, Alain Refalo propose un vibrant plaidoyer en faveur de la mobilisation citoyenne, seule à même de faire bouger les lignes politiques sur des sujets trop souvent confinés dans des cercles spécialisés.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Manifeste du pacifisme (Michel Sourrouille, 2010)

extraits : Désobéir pour la paix est à la fois un acte individuel et un acte collectif. La démarche de l’objecteur de conscience, refusant l’armée pour des motifs personnels, ne peut en réalité se concevoir que dans une vision de la société désirable et dans la volonté de faire partager un idéal. Car la recherche de la paix a le mérite de poser publiquement des questions fondamentales : Quel type de société mérite d’être défendu ? Contre qui ? Par quels moyens qui soient à la fois efficace et justes ?…..

Pour un désarmement nucléaire

extraits : Le jeudi 26 septembre 2019 marquera la célébration par l’ONU de la « Journée Internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires ». A cette occasion, la Fondation de l’Ecologie Politique publie une note sur l’interdiction des armes nucléaires rédigée par deux porte-paroles d’ICAN France, la branche française de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires : « L’élimination des armes nucléaires fait partie des fondamentaux de la pensée écologiste….

objecteur de conscience en temps de guerre

extraits : Se déclarer objecteur de conscience est un droit fondamental. L’objection au service militaire repose sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction. En France, le statut légal de l’ « objecteur de conscience » a été créé en 1963 pour les jeunes se déclarant opposé à l’usage personnel des armes pour des motifs de conscience. Cela faisait suite aux oppositions à la guerre d’Algérie. J’ai obtenu ce statut en novembre 1971….

En savoir encore plus

Objection de conscience en temps de guerre (9 avril 2023)

Objecteur de conscience je suis, je serai

Louis Lecoin, l’histoire d’un pacifiste intégral

Pacifisme, mot inapplicable aux humains

écologie de guerre, guerre à l’écologie

Le coût écologique exorbitant des guerres

Crime de guerre, la guerre est un crime

Refus de la guerre et obsolescence des Nations

Service national universel, foutaise macroniste

Ukraine, éviter l’invasion était possible

Horrible, une société sans armées !!!

Décroissance, Démilitarisation, Désarmement Lire la suite »

Les voyages forment-ils la jeunesse ?

On disait encore, il y a peu, que les voyages forment la jeunesse. Mais le réchauffement climatique est passé par là. Doit-on alors se résigner à ce que nos enfants ne connaissent le lointain qu’à travers les images du monde ? La réponse est simple, c’est oui. Faire le tour de son jardin potager va bientôt devenir le passe-temps préféré des jeunes et des moins jeunes.

Clara Georges : Le taux de départ en vacances atteint 54 % en France. Si 72 % des plus aisés font leurs valises au moins une fois par an, c’est le cas de seulement 37 % des plus modestes. Nous parlons donc d’une minorité privilégiée. Mais quand on a traversé des dizaines de pays, comment ne pas devenir cynique et blasé ? Comment ne pas vomir le surtourisme et les files d’attente Instagram devant une statue ? Indéniable aussi qu’avec la montée de l’anxiété climatique nous y réfléchirions à deux fois avant d’émettre 15 tonnes équivalent CO2 pour un aller-retour à Bangkok. Alors, nos enfants sont-ils condamnés à vivre chaque voyage comme une transgression et une faute ? A ceux de ma génération, l’on a fourré dans les poches un Guide du routard, un billet low cost et une consigne : partez loin ! Et voici qu’un autre discours émerge : restez chez vous !

Le point de vue des écologistes sédentaires

Rappelons notre point de vue d’écologiste sur ce blog biosphere. Le tourisme de masse est en soi destructeur, dire qu’on ne peut pas le condamner au nom du social et de l’emploi est fantaisiste. L’explosion touristique dans beaucoup d’endroits de la planète a entraîné des dégâts considérables en termes d’urbanisme, de pression sur la ressource en eau, de rapports sociaux proches de l’esclavage, de dépendance des emplois envers l’afflux de touristes. On a vécu, à l’époque de la pandémie et de la limitation des déplacements, les lamentation des destinations touristiques : les opérateurs criaient famine, mais c’était un temps écolo. Aujourd’hui en 2023 les touristes sont  malheureusement revenus en nombre, mais ils ont été souvent accablés par la canicule et cernés par les flammes des incendies. On ne pourra pas longtemps vivre comme si on n’avait pas mis la planète au pillage…

Michel SOURROUILLE : Que les jeunes adultes partent à pied ou en vélo faire connaissance avec la brutalité uniformisée de notre monde, pourquoi pas. Ce sont des voyageurs, pas des touristes. Pour les hordes qui envahissent les « lieux de rêve », j’espère que les révoltes des habitants du cru pour les rejeter ou les rançonner prendra une juste ampleur…

Zahnstocher : Les voyages en avion vers la plage de Bangkok n’ont jamais formé la jeunesse. J’en connais par contre qui ont pris une année pour faire un tour du monde à vélo. Il va falloir se rendre compte que ce qui crame la planète n’est pas le voyage, mais le tourisme au loin en coup de vent.

Miam : Avant même de parler de réchauffement, y’avait un truc qui me déplaisait hautement : le regard des pauvres et des esclaves saisonniers, qu’on pouvait croiser presque partout… sauf à rester dans son palace, mais à quoi bon ? Se déplacer dans des régions où la majorité des humains peinent pour manger et se mettent à terre pour grappiller ce qu’on veut bien lui jeter est (était, reste) pour moi une absurdité … Pour connaître il faut vivre au milieu, pour plusieurs mois, années, s’installer, travailler.

X.ARANUI : Il faut renoncer à tous ces voyages. Désormais, la prise de conscience de notre empreinte carbone est une priorité. On ne peut plus faire comme avant . Avant, c’est dépassé.

L Éveillée : Imaginez ce débat en Inde ou en Chine (3 milliards d’habitants) leur rêve étant de visiter Paris et Venise, et ils le font et le feront de plus en plus, c’est eux qu’il faut convaincre.

InG : Moi, quand j’étais petite dans les années 70, on ne voyageait pas tant que ça. Étions-nous pour autant des enfants moins heureux de vivre.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Les écolos, pour ou contre le tourisme ?

extraits : L’explosion du transport aérien depuis le premier vol « charter » en 1954, la baisse considérable des prix de vente des billets corrélée au développement du modèle « low cost » ont favorisé la croissance d’une forme de tourisme dite « de masse ». Ce modèle, basé sur des séjours de courte durée déconnectés de toute notion de distance, mettant les destinations en concurrence et contribuant à une surconsommation intenable de transports carbonés, qu’ils soient par avion ou par paquebot, est destructeur pour la planète et les populations d’accueil.…

Il est absolument nécessaire de supprimer un passe-temps créée au XIXe siècle pour les privilégiés qui faisaient leur tour d’Europe. Le  » droit au voyage » pour loisirs n’existe pas, c’est une revendication à consommer du voyage sans autre fin qu’un dépaysement temporaire et destructeur.

Le slogan publicitaire « plus vite, plus loin, plus souvent et toujours moins cher » doit être remplacé par son inverse….

Les voyages forment-ils la jeunesse ? Lire la suite »

M. Sourrouille représente les acteurs absents

définition : Acteur absent (ou tiers absent, ou collectifs muets…), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

Le contributeur principal de ce blog, Michel Sourrouille, se veut à l’avant-garde des éléments de langage qui feront florès dans le futur. Ainsi son texte sur les acteurs absents publié dans LE MONDE du 1er octobre 2021 (Paroles de lecteurs) : « Si chaque politicien, chef d’entreprise ou même consommateur prenait en considération les conséquences prévisibles pour les « collectifs muets » de ses décisions courantes, alors les générations futures et les non-humains pourraient devenir des participants incontournables du fonctionnement social », assure Michel Sourrouille.

Quelques extraits :

– En 1972, Christopher D. Stone, dans Les arbres doivent-ils pouvoir ester en justice ?, montrait déjà qu’il suffisait que des avocats prennent la parole à la place des affectés comme le fait un tuteur représentant une personne incapable.

– Nous avons tous un système de pensée qui nous incite à devenir personnellement le représentant de causes les plus diverses : notre propre intérêt, les intérêts de notre entreprise, les intérêts des Français, les intérêts des exclus, les intérêts des grands singes, les intérêts de la Terre-Mère, etc.

Dans LE MONDE du 10/05/2024, des experts s’interrogent à la manière sourrouilliste : « Le défi aujourd’hui est de savoir comment représenter la nature dans les discussions et les décisions ».

Benoît Demil, Xavier Lecoq et Vanessa Warnier : La question de la représentation de la nature se pose. Le mot « représentation » peut se comprendre de deux manières. La première concerne la façon dont nos imaginaires contemporains se figurent cette nature. Le second concerne la façon d’inclure la nature dans les débats et les prises de décision. Évidemment, les deux perspectives sont liées : l’inclusion du vivant dans les décisions dépend largement de notre conception de la nature. Aujourd’hui les arguments en faveur de la protection de la nature sont de moins en moins anthropocentrés. Les acteurs, militants ou experts, s’appuient moins sur l’argument de protection de l’humanité. Il s’agit désormais de préserver la nature, voire de lui refaire gagner du terrain pour elle-même. En parlant au nom d’êtres qui n’ont pas la parole (faune, flore, océan, nature en général), les militants ou les experts se positionnent en porte-parole. Diverses expérimentations existent.

Un groupe de travail de l’Agence française de normalisation a, par exemple, mis en place une « chaise vide pour le vivant », qui incarne la présence de la nature à la table de discussion. Lors des réunions, chacun peut venir s’y asseoir pour devenir porte-parole de la nature (ou d’une entité vivante).

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Tiers-absents ! (juin 2007)

extraits : Il y a des entités qui ne sont jamais invitées lors des palabres humaines, les êtres vivants non humains, le milieu naturel. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents, les tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Tu n’es que partie de la Biosphère, tes décisions sont contraintes. Un jour notre bulletin de vote ira à un candidat aux élections qui prendra en compte l’existence des tiers-absents. Ce jour-là, la démocratie aura fait un pas de géant, au delà de son anthropocentrisme ordinaire…. 

une démocratie élargie aux acteurs-absents (décembre 2009)

extraits : Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au court-termisme ? Il faut que chaque citoyen en position de décision délibérative se fasse l’avocat des acteurs-absents, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations : milieu naturel, être vivants non humains, générations futures. Il faut d’ailleurs remarquer que la génération actuelle peut se permettre d’utiliser autant de ressources non reproductibles (et perturber le climat) uniquement parce que les générations à venir sont exclues du marché actuel pour la simple raison qu’elles ne peuvent y être présentes ; sinon le prix s’élèverait déjà à l’infini. Il y a une dictature du présent sur l’avenir….

La démocratie représentative élargie aux acteurs absents (janvier 2016)

extraits : Les désordres écologiques posent, au niveau global comme local, la question centrale : comment vivre ensemble ? ou plus précisément : comment décider ensemble ? A ce propos, nous montrons que les théories de la négociation dévoilent leurs faiblesses quand elles sont confrontées aux acteurs faibles et aux acteurs absents ; deux entités importantes à considérer dans une problématique environnementale. Afin de faciliter la négociation environnementale dans un contexte multi-acteurs, nous avons mis au point le modèle de l’Acteur en 4 Dimensions (A4D). Testé sur plusieurs territoires….

Acteur absent, pour une représentation démocratique (mai 2016)

extraits : La plupart de nos contemporains vivent au jour le jour. Les politiciens, même réunis dans une conférence internationale sur le climat, ne raisonnent pas beaucoup plus loin que les intérêts immédiats de leurs électeurs. Les utopies sont derrière nous et les futurologues ne décrivent l’avenir que sous forme de  catastrophes irréversibles. Comment  donc échapper au fatalisme et au court-termisme ? En utilisant la notion d’acteur absent dans notre conception de la démocratie représentative.

Acteur absent, élément-clé d’une démocratie écologique (août 2016)

extraits : La politique repose sur des « éléments de langage » que les membres de la classe dirigeante s’efforcent de propager dans la presse et d’inculquer à l’opinion publique. Michel Sourrouille propose aux électeurs dans son dernier livre un lexique pour pouvoir mieux se situer face aux jeux du pouvoir et mieux comprendre les enjeux de la démocratie. Exemple : Acteur absent (ou tiers absent), acteur qui ne peut prendre la parole lors d’une négociation, ou qui n’est pas invité à la table des négociations. Exemple : milieu naturel, êtres vivants non humains, générations futures. (Dictionnaire du développement durable, AFNOR, 2004).

Penser l’avenir au nom des acteurs absents (octobre 2021)

extraits : La diffusion du concept d’acteurs absents nous paraît cruciale. Une démocratie ne peut véritablement fonctionner que si les électeurs font preuve d’ouverture d’esprit. La considération des générations futures ainsi que des non-humains est un des éléments de cette aptitude… LE MONDE a publié une contribution de Michel Sourrouille, nous relayons cet article. La lecture de cette opinion est en libre accès sur Internet….

Acteurs absents de nos délibérations présentes (juillet 2022)

extraits : Le suffrage universel est une conquête récente qui s’est progressivement élargi à des acteurs de plus en plus nombreux, ce qui a permis un certain approfondissement de la démocratie. Ce serait élargir l’universalité bien plus fondamentalement que le droit de vote aux femmes et aux adulescents si on pouvait inclure dans la participation électorale les êtres vivants non humains, le milieu naturel et les générations futures. Ce n’est pas une procédure véritablement démocratique que de décider sans eux, les acteurs absents ou tiers-absents, de ce qui les intéresse au premier chef. Une telle délibération sans participation vraiment universelle ne peut qu’entraîner de mauvaises décisions : on s’immerge dans la défense d’un groupe particulier et/ou on ignore le long terme….

 

M. Sourrouille représente les acteurs absents Lire la suite »

Le groupe III du GIEC ignore la décroissance

Les économistes utilisent ce qu’on appelle des « modèles d’évaluation intégrés » (integrated assessment models, IAM en anglais) : « intégrés », car ils combinent des éléments venant de disciplines différentes, de l’économie, des systèmes énergétiques, des sciences du système Terre… Le groupe III du GIEC, chargé d’étudier les solutions face au réchauffement utilise ces IAM sans jamais aborder la possibilité d’une décroissance. Comme si croître indéfiniment dans un monde fini était possible ! L’idéologie de la croissance est devenue une religion, non basée sur les réalités biophysiques.

Jean-Baptiste Fressoz : Dans son dernier rapport, le groupe III du GIEC disposait d’une bibliothèque de 3 131 scénarios générés par plus de 50 familles de modèles. Aucun scénario n’avait inclus d’hypothèses de décroissance. Même pas concernant les pays les plus riches, qui, avec leurs infrastructures, ont contribué de manière disproportionnée au réchauffement climatique. C’est seulement dans Economic Systems Research que neuf jeunes chercheurs explorent en avril 2024 l’hypothèse de la décroissance d’un pays riche, en l’occurrence l’Australie. Les auteurs ont généré 51 scénarios avec des taux de croissance allant de + 3 % par an à – 5 % par an. La décroissance est conçue comme un abaissement du revenu par habitant. Le simple arrêt de la croissance du produit national brut (PNB) australien réduit de 40 % les besoins en énergie renouvelable.

Au fur et à mesure que les années passent et que le CO2 s’accumule dans l’atmosphère, les hypothèses de décroissance – au moins de certains pays riches – vont devenir de plus en plus indispensables

Le point de vue des écologistes décroissancistes

La décroissance n’est pas une possibilité théorique, toutes les civilisations antérieures se sont effondrées après une période de faste plus ou moins longue. La révolution industrielle a certes permis depuis deux siècles une croissance tendancielle, mais celle-ci est cyclique et les périodes d’expansion sont toujours suivies de période de récession ponctuelles, voire de dépression comme en 1929. L’urgence écologique implique à pus forte raison une inéluctable décroissance, c’est ce qui est déjà envisagé au début des années 1970.

1972 est l’année durant laquelle a émergé une conscience écologique mondiale, avec plusieurs publications : le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, dont le titre français était « Halte à la croissance ». Moins connue, la lettre ouverte au président de la Commission européenne de Sicco Mansholt remettait en cause l’orientation vers la croissance de ladite Commission. En avril de la même année, Gorz a publié dans Le Nouvel Obs un article en défense de ces deux textes. Pour lui, ces publications montraient que le capitalisme n’est tout simplement pas compatible avec la survie de l’humanité. Il faut donc engager l’économie dans une logique de décroissance. Il a montré comment une « décroissance productive », par opposition à la « croissance destructive » actuelle, pouvait à la fois enrichir la vie et préserver la planète. Œuvrer à la création d’une société post-capitaliste, c’est faire le choix de vivre mieux avec moins, en travaillant et en consommant moins, mais en s’impliquant davantage socialement.

Le terme de décroissance ne se trouve pas dans le livre-clé de Nicholas Georgescu-Roegen, The Entropy Law and the Economic Process publié en 1971. Mais l’idée de décroissance ou d’après-croissance venait souvent dans les discussions qu’il avait avec Jacques Grinevald. C’est en 1979, que le titre « Demain la décroissance », fut adopté par Jacques Grinevald pour la traduction de plusieurs textes que Georgescu-Roegen lui avait envoyés entre 1976 et 1977.

La critique principale de la prophétie décroissanciste vient aujourd’hui de tous ceux qui mettent en avant l’inacceptabilité sociale de sa mise en œuvre.

Le point de vue des Gilets jaunes

G RICH : La décroissance selon Fressoz ne sera soutenue que par les quelques bobos repus de la capitale. Il faudra de l’acceptation sociale large de la transition, c’est un peu plus sophistiqué que les recettes simplistes inapplicables socialement.

FuturEx : C’est bien beau. Mais il faut quand même avoir en tête que la décroissance va avoir des conséquences sociétales majeures. Qui crée la valeur ajoutée ? Que faire des bullshit jobs (emplois à la con) qui occupent une part non négligeable de la population ? Comment contenir la révolte des masses ?

verst : Deux questions que je me pose. Les électeurs australiens seraient ils d’accord ? Une Australie en décroissance serait elle indépendante ou assujettie ?

Eric.Jean : Il faut appeler un chat un chat. La décroissance vécue au niveau individuel, c’est un appauvrissement, une perte de pouvoir d’achat. S’il faut moins produire on a besoin de moins d’énergie. C’est aussi basique que ça. L’économie ce n’est rien d’autre que de la transformation avec de l’énergie. Maintenant il faut trouver les volontaires pour s’appauvrir pour la planète. Ou les désigner sans provoquer de révoltes. Bonne chance!

Le serpent : Voyons, voyons ! Comment vous les décroissants allez financer votre crédit bagnole, votre appartement, les travaux de chauffage et d’isolation de votre copropriété, la dette des Etats, les études du petit dernier, les énergies renouvelables, et j’en passe ? La décroissance, c’est la mort de l’économie mondiale.

XBG : Le scénario de décroissance pour s’adapter aux exigences écologiques n’est pas une surprise, il a été prévu depuis longtemps, ainsi qu’un appauvrissement général des populations. Ce phénomène ne peut durer qu’un temps, le temps des reconversions nécessaires et des adaptations qui mettent du temps. Un tel chamboulement est difficile à imaginer dans la douceur, à moins qu’on l’accepte étalé sur une longue période. Le réaliser rapidement, dans l’urgence, ne sera pas accepté par la majorité des gens.

Jacques_81 : Il est facile d’intégrer une courbe de décroissance dans un modèle même très complexe. Mais il faut d’abord dire comment convaincre des milliards de citoyens de l’accepter. Or les pays les plus pollueurs sont des démocraties (sauf la Chine), aussi des mesures autoritaires se heurteront à un changement de gouvernement au profit d’une majorité moins « écologique » (les Gilets Jaunes n’étaient qu’un échauffement).

Le point de vue des Décroissants

Où-atterrir : Il y a 50 ans, les Meadows et leur « Limits to growth » avaient déjà construit un modèle systémique simulant la dynamique démographique mondiale. Les conclusions étaient déjà claires… il y a 50 ans. Malgré tout on continue d’ergoter alors qu’on en est arrivé au point d’inflexion de la parabole démographique (et de celle du PIB).

Michel S. : Quand les conditions climatiques et les tensions dans les pays seront devenues ingérables, le citoyen lambda sera bien obligé d’accepter de réduire sa consommation et par conséquence, sa production, donc son niveau de vie !

Vieux : On ne veut pas organiser la décroissance ? Très bien. Elle se fera de manière contrainte et donc bien plus douloureuse. C’est juste une question de temps.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

La Décroissance dans les colonnes du MONDE

extraits : « La marée qui monte soulève tous les bateaux. » Pendant des décennies, cette phrase de John Fitzgerald Kennedy a exprimé le consensus autour de la croissance économique. C’est ne pas connaître le fonctionnement de notre planète que d’ignorer qu’après la marée haute, il y a la marée basse… c’est ignorer la réalité économique que croit que la croissance peut perdurer alors qu’elle aboutit nécessairement à….

Le scénario SSP 1, la décroissance en marche ?

extraits : Le mot décroissance, qu’elle soit économique ou démographique, est encore un tabou merdiatique. Pour éviter d’envisager le pire, on a utilisé tous les subterfuges sémantiques possibles, invention du développement durable, remplacé par croissance verte ou aujourd’hui par « pacte vert de relance ».le scénario dit « SSP 1 » (Shared Socio-Economic Pathway 1) du GIEC, qui fait du bien-être humain et de la réduction des inégalités sociales les deux piliers du développement en lieu et place de la croissance économique. Ce « récit climatique », finalisé en janvier 2017, implique…

L’habituel déni du mot « décroissance »

extraits : Les militants de la décroissance subissent un ostracisme généralisé de la part des politiques et des médias. C’est un fait. Il y a pourtant une réalité biophysique : il est absolument impossible de continuer à croître dans un monde fini. Le cerveau de beaucoup d’humains est socialement programmé pour ne se rendre compte qu’on va dans le mur qu’après qu’on ait heurté le mur ! Le mensuel La Décroissance (novembre 2023) a listé les idioties dites par des gens qui se croient intelligents….

Bibliographie de la Décroissance sur notre site biosphere

2015 Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)

2013 Politiques de la décroissance (pour penser et faire la transition) de Michel Lepesant

2013 Les précurseurs de la décroissance, Epicure, Charles Fourier (nouvelle collection au passager clandestin)

2013 Penser la décroissance (politiques de l’Anthropocène) par collectif

2011 La décroissance heureuse (la qualité de la vie ne dépend pas du PIB) de Maurizio Pallante

2011 Décroissance versus développement durable (ouvrage collectif)

2010 ENTROPIA n° 9, contre pouvoirs et décroissance

2010 L’avenir est notre poubelle (l’alternative de la décroissance) de Jean-Luc Coudray

2010 ENTROPIA n° 8, Territoires de la décroissance

2010 La décroissance (10 questions pour comprendre et en débattre)

de Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider

2009 La décroissance économique (pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale) par collectif

2008 La décroissance, Rejets ou projets ? (croissance et développement durable en questions) de Frédéric Durand

2008 Le choc de la décroissance de Vincent Cheynet

2007 Demain, la décroissance ! (penser l’écologie jusqu’au bout) d’Alain De Benoist

2007 petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche

2006 Le pari de la décroissance de Serge LATOUCHE

2003 objectif décroissance (vers une société harmonieuse) par collectif

2003 carnets de campagne de Clément Wittmann,

candidat de la décroissance à la présidentielle 2002

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

Le groupe III du GIEC ignore la décroissance Lire la suite »

A69, État pillard et non État stratège !

En dépit des avis négatifs des instances d’expertise et des fortes oppositions locales, la volonté de l’État et des collectivités de construire cette autoroute censée désenclaver Castres semble inébranlable. A quel moment l’État pillard prend-il le pas sur l’État stratège ? Notons que le pillage n’existe que par le soutien des électeurs au pouvoir en place. Toute tentative d’avancée militante se heurte à des personnes qui vivent dans un monde où l’urgence écologique n’existe pas, lire ci-dessous cet article et le débat qu’il entraîne …

Stéphane Foucart : L’anthropologue David Graeber en 2018 observait que « les États présentent un caractère double assez particulier, ils sont à la fois des formes institutionnalisées de pillage ou d’extorsion, et des projets utopiques ». Le dossier de l’A69 est celui qui illustre le mieux, ces jours-ci, cette troublante dualité – entre l’Etat stratège soucieux du long terme et l’Etat pillard qui permet le saccage de l’avenir et des biens communs au bénéfice de quelques-uns. L’A69 est ce vieux projet d’autoroute entre Castres et Toulouse dont le tracé jouxte celui de la route nationale 126.  : de vingt à trente minutes gagnées pour relier les deux villes, et une vingtaine d’euros pour l’aller-retour. Pour se désenclaver, un travailleur castrais devra donc débourser chaque mois un peu plus d’un quart du smic. L’A69, c’est une quatre-voies s’étirant sur 53 kilomètres. Au total, les impacts sur les milieux naturels consistent en 22 hectares de zones humides détruits, plus de 13 hectares de boisements rasés, sans compter la destruction de 230 hectares de terres agricoles. En dépit des avis négatifs, la volonté de l’Etat et des collectivités semble inébranlable. Elle se mesure aux déclarations martiales du préfet, aux moyens mobilisés pour contrer l’opposition au projet (plus de 2,7 millions d’euros engagés depuis mars 2023) et à la brutalité policière déployée à l’encontre des opposants.

Mediapart a eu accès au contrat de concession (tenu confidentiel en vertu de la loi sur le secret des affaires) et dévoile que certains actifs fonciers de l’Etat, apportés en nature, n’ont pas été comptabilisés dans le montage. Le montant des aides publiques ne serait donc pas de 24,6 millions d’euros, comme annoncé, mais plutôt de… 111,6 millions d’euros ! Le contrat rendrait en outre quasi impossible la reprise de contrôle de la concession par la puissance publique.

Le point de vue des écologistes déconstructivistes face aux anti-écolos

Steinbeck : Mr Foucart vit à Paris. Peu lui chaut de désenclaver la ruralité. Et de sa hauteur, il dit la messe pour les Castrais. Qu’est-ce que dix minutes de gagner pour vous autres? On est pas pressé à la campagne…

Electre @ Steinbeck : En fait, il ne s’agit pas de désenclaver Castres mais d’un faire une cité dortoir au bénéfice de Toulouse

Titus : Avec le raisonnement Foucart, nous n’aurions jamais construit le réseau autoroutier actuel, dont personne ne nie qu’il est très utile. Et qui contribue, comme d’autres grandes infrastructures, à l’attractivité et à l’économie.

Sahira @ Titus : Avec le raisonnement anti- A69, nous aurions en effet construit différemment. Le maillage du réseau de chemin de fer serait resté dense, pour le bien de nos poumons. De plus, ne soyons pas obtus, ce n’est pas parce qu’on l’a fait par le passé qu’il continuer à le faire. Il faut savoir évoluer.

Charlieck : Et M Foucart fait du Foucart ; tous les sujets lui sont bons

Le paraméen @ Charlieck : Un peu légère votre contribution. Un article argumenté et factuel doit pouvoir être contesté… par d’autres arguments fondés aussi sur des faits. Où sont les vôtres ? Néant . Une petite attaque ad hominem typique de ceux qui n’ont rien à dire et le dise !

MOK : Le complotisme existe bel et bien dans le milieu du journalisme. Il s’infiltre partout donc, pas seulement chez les gens intellectuellement fragiles

Numerobis @ MOK : Aux lecteurs critiques de cet article, qui déplorent sa “partialité” au nom de leur haine pavlovienne des “zécolos”, aucun argument ne justifie la construction de cette infrastructure absurde et criminelle, ni les moyens considérables employés pour l’imposer. Et arrêtez avec le respect de la “démocratie” : l’incompétence, l’ignorance, l’absence de courage et de vision à long terme de nombre d’élus locaux n’est plus à démontrer.

Elouk : Il semble qu’une minorité sûre de son bon droit et d’avoir raison peut s’opposer à tous projets en France contre l’avis de la majorité des citoyens. Belle leçon de démocratie. Une dictature écologiste se prépare-t-elle avec l’accord d’un journaliste du Monde?

Goran @ Elouk : Une dictature écologique se prépare? Ah bon. Une minorité sûre de son bon droit…vous parlez des agriculteurs menés par la FNSEA ? Vous parlez des autocrates automobilophiles qui nous imposent des voitures de plus en plus grosses, puissantes, et inutiles ? Il n’y a aucune dictature écologique, il y a un grand backlash contre tout ça : avion à fond, verdissage hypocrite à fond, voiture à fond, etc. Les écolos essayent tant bien que mal de sauver les meubles !

Antonio : C’est vrai que les Amish se débrouillent très bien avec leurs charrettes.

Doudoudodudor @ Antonio : Pourquoi vouloir gagner 20 minutes si c’est pour aller s’affaler devant Hanouna ? Il suffit de partir plus tôt. Tous les scientifiques, tous, le disent : nous avançons vers le réchauffement climatique, inexorablement, avec l’aide de l’Etat. Il faudrait fermer toutes les autoroutes, les rendre à la nature et ne faire que des pistes cyclables.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

A69, entraves à la liberté de la presse (mars 2024)

extraits : Le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a demandé le 29 février 2024 à ce que le travail de la presse soit facilité sur le site occupé par les opposants au projet de l’autoroute A69….

A69, quand le futur combat le passé (novembre 2023)

extraits : Le 24 septembre 2023, deux cents scientifiques toulousains d’entre eux avaient réclamé l’abandon de l’A69 (une nouvelle autoroute) dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente (socialiste) de la région Occitanie, qui soutient le projet. Le 4 octobre 2023, ils sont 1 500 scientifiques à signer une lettre ouverte, publiée par L’Obs, pour dénoncer ce même projet….

autoroute A69, inutile et imposée (octobre 2023)

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension….

A69, État pillard et non État stratège ! Lire la suite »

ZAN, zéro artificialisation nette, faux débat

L’artificialisation des sols et l’étalement urbain entraînent la destruction de la biodiversité, la non-adaptation de nos territoires aux impacts climatiques, mais renforcent aussi les fractures sociales, territoriales et économiques. La trajectoire nationale de zéro artificialisation nette a été instituée en 2021 par la loi Climat et résilience. Son objectif, réduire de 50 % d’ici à 2030 la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers dans le pays, puis atteindre le zéro artificialisation nette en 2050. Tout espace qui sera alors artificialisé sera compensé par un espace naturel équivalent. Non seulement la mécanisme de compensation est inopérant, mais il faudrait déjà promouvoir des espaces naturels supplémentaires. Nous n’en prenons pas le chemin, les impératifs de la réindustrialisation passeraient selon certains avant l’urgence écologique, les politiciens s’affrontent.

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire : « Nous devons nous interroger sur la mise en œuvre du ZAN car la pression monte. Il faut dégager des terrains pour l’industrie. Pas question de se retrouver dans la situation invraisemblable de devoir refuser des investissements industriels représentant des milliards d’euros d’investissement et des milliers d’emplois parce qu’il n’y a pas de terrains disponibles. »

Christophe Béchu, ministre de la transition écologique : « Il n’y aura rien sur le ZAN dans la loi sur la simplification… Tous les projets industriels qui nous ont été remontés par les élus locaux s’intègrent dans le forfait déjà prévus de 12 500 hectares réservés à des projets industriels d’envergure nationale ou européenne et d’intérêt général majeur. Pas besoin de faire évoluer ce cadre.

Le député (Horizons) de Haute-Garonne, Jean-François Portarrieu : « Dans les prochaines années, de nombreuses PME ou des start-up innovantes qui travaillent sur les avions du futur devront sans doute passer en production. Il ne faudrait pas qu’on les empêche de construire des usines au nom du ZAN. Il y va de la souveraineté industrielle de la France »

Maxime Paquin, ONG France nature environnement : « Si les projets industriels devaient sortir du ZAN, pourquoi s’arrêter à l’industrie et ne pas exclure demain les transports ou les services publics, qui sont aussi d’intérêt général ? A la fin, ce serait purement détricoter le ZAN. »

le point de vue des écologistes sauvages

Tous les croissancistes sont contre la ZAN. Les industriels pour leurs usines, les bétonneurs pour leurs lotissements-clapiers, les élus locaux pour leurs voix aux prochaines élections, les énergéticiens pour leurs voltaïques etc etc. Dans un petit village du sud, le fada de maire veut son lotissement géant de 80 clapiers qui va augmenter la population de 30%… le tout sur des terres agricoles. Dans les Hauts-de-France, des friches industrielles, il y en a partout, partout, partout. Le pompon revient à Airbus qui réclame à cor et à cri de la surface pour « les avions du futur », parce que bien sûr, dans la transition et une optique de sobriété, la priorité est de fabriquer des avions… parler de ré-industrialisation en couinant pour réclamer des terrains comme si l’on en avait pas. Avant de se payer le luxe de raser d’autres forêts pour une belle usine toute neuve, on peut commencer par réoccuper tous les sites pollués qu’on a tranquillement laissés avec la clé sous le paillasson. Lemaire est mûr pour un retour chez LR, sous la houlette de Wauquiez, anti ZAN en chef.

Notons que ce sont les zones humides qu’il faut sanctuariser, ZAN sur l’ensemble du territoire ne veut pas dire grand chose. Notons en passant que la remarque du responsable de la FNE est erronée : les services publics et les transports sont déjà exclus de la ZAN . Alors que concrètement bâtiments et routes publiques ne sont pas comptés dans l’artificialisation des sols, c’est bien un grignotage incessant du territoire. Les terres agricoles ont perdu 7,7 % de leur surface depuis 1982 en France métropolitaine, soit 2,4 millions d’hectares. Enfin la compensation a ses limites : reverdir un terrain bétonné alors que tout est mort dessous ou dépolluer une friche à prix exorbitant ? Et quand il n’y aura plus rien à artificialiser, comment fera-t-on pour continuer encore à « croître »?

Dans notre société, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans routes, sans supermarché, sans station-service et sans usines. Lorsqu’une société devient hors-sol, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre, la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure s’écroule, c’est la survie de la population qui pourrait ne plus être assurée.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Artificialisation des sols, à combattre

extraits : L’importance démesurée des réseaux de voirie entraîne une dégradation effroyable des écosystèmes par l’artificialisation des territoires et leur fragmentation. Pour l’équilibre de la Biosphère, jamais une société respectueuse de l’environnement n’aurait du dépasser le niveau des chemins vicinaux qui ne font qu’entretenir les rapports de voisinage et les circuits courts. !

CLIMAT, folle zizanie parmi les ministres

extraits: Quel arbitrage entre ministères ? Le 22 février 2021, la ministre de l’écologie Barbara Pompili a pris le contre-pied de plusieurs de ses collègues, qui avaient condamné l’instauration par le maire écologiste de Lyon d’un menu unique sans viande dans les cantines de la ville. Déplorant « un débat préhistorique », elle a notamment contredit le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et regretté les « clichés éculés » de celui de l’agriculture, Julien Denormandie. Le porte-parole de La République en marche (LRM), Jean-Baptiste Moreau, a reproché publiquement à Barbara Pompili de manquer de « loyauté ». Un sentiment largement partagé dans les rangs macronistes : « Le problème, c’est que Barbara donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale »….

ZAN, zéro artificialisation nette, faux débat Lire la suite »

Anthropocène, expression significative ou non ?

L’impact des activités humaines sur la Terre est d’une telle intensité que cela entraîne des bouleversements d’ordre géologique, visibles jusque dans les sédiments. Si cette notion d’Anthropocène est largement répandue et utilisée dans le débat public et de nombreuses disciplines scientifiques, elle n’est pas officiellement reconnue par la communauté des géologues. Et pour cause : le groupe de travail sur l’Anthropocène a rejeté à une large majorité, début mars 2024, une proposition visant à acter ce changement d’époque.

Vincent Lucchese : Il est notamment reproché au concept d’Anthropocène par L’Union internationale des sciences géologiques de recouvrir, à ce jour, une étendue de temps bien trop brève pour être comparée aux époques et autres découpages géologiques. Sans nier notre impact sur la planète, l’IUGS prône le maintien d’une séparation formelle entre calendrier humain et calendrier géologique. Le problème avait été de définir quand démarre l’Anthropocène. On pourrait remonter au début de l’ère industrielle, lorsque les émissions de carbone ont commencé à modifier le climat, ou bien à la colonisation de l’Amérique et de l’Australie par l’Occident, source de bouleversements écosystémiques majeurs. Et pourquoi pas remonter jusqu’à l’invention de l’agriculture et de l’élevage, déjà source d’émissions de gaz à effet de serre et de modifications profondes de l’environnement ?  Les humains influencent la biosphère depuis des dizaines de milliers d’années, mais cela est déjà contenu dans l’époque Holocène, démarrée il y a 11 700 ans et qui coïncide avec le début de l’agriculture.

L’émotion particulière entourant ce débat de géologues tient aux énormes enjeux attachés à l’Anthropocène, pas seulement comme simple dénomination géologique, mais comme manière de nommer et pointer l’urgence écologique vitale. Nous vivons dorénavant sur une planète fondamentalement imprévisible, incomparable à ce que nous avons connu ces 12 000 dernières années. Colin Waters, président du groupe de travail sur l’Anthropocène, défendait la notion d’anthropocène rejetée lors du vote. Pour lui, le concept d’Anthropocène ne définit pas la première influence humaine, mais le moment accablant de notre impact sur la planète entière, y compris les océans. La grande accélération des années 1950 correspond à ce moment où l’influence planétaire devient globale.

Quelques avis complémentaires

H_Cubizolle : D’un point de vue géologique la décision prise par l’IUGS est justifiée. A l’échelle des millions d’années l’impact de l’homme est pour l’instant négligeable. Il sera vraisemblablement catastrophique, mais pour notre espèce surtout. Il faut se garder d’une perception trop anthropocentrée de l’ évolution de la planète ; sur le long terme nous n’avons aucun moyen d’agir sur les principaux mécanismes qui président au fonctionnement de la planète : paramètres astronomiques, tectonique des plaques, volcanisme, mécanismes d’évolution de la vie etc. Nous allons mettre une belle pagaille sur cette planète, certes, mais la nature remettra dans l’ordre qui lui convient en quelques centaines de milliers d’années.

le sceptique : Pour ma part, je suis davantage convaincu par les chercheurs proposant de remplacer l’époque Holocène par l’époque Anthropocène, donc un simple changement de nom. En effet, tous les processus dont on parle pour le régime « anthropique » de la planète se sont mis en place dès le néolithique : une méga-faune détruite, une sédentarisation croissante avec dépôt sédimentaire de déchets concentrés), généralisation des cultures, métallurgies, formations urbaines et maîtrises hydrauliques, etc. La période très récente (1950-présent) est seulement une accentuation démographique et technologique

Bulgroz : Ne pas vouloir considérer qu’il y a une limite géologique vers 1950 à cause des radionucléides par exemple ne signifie nullement la négation du changement climatique et surtout de son origine anthropique. D’ailleurs, quoi qu’en pense la communauté des géologues, je suis certain que le terme continuera à être utilisé dans la presse, y compris scientifique. Ne confondons pas géologie et climatologie, chacun son domaine, ses experts et son échelle de temps.

Provincial : Si on rapporte l’histoire de la Terre à une journée de 24h, l’ère tertiaire (-66 Millions d’années) commence à 23:39, l’espèce Homo sapiens apparaît 3 secondes avant minuit, puis les étapes se précipitent : – la révolution néolithique (-10 000 ans): 0,2 s avant minuit ; – la révolution mécanique (-200 ans): 0,004 s avant minuit ; – l’ère spatiale (-50 ans): 0,001 s avant minuit !

 

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Anthropocène, de l’anthropisation à la géo-ingénierie (2015)

extraits : En 1885, le congrès international de géologie avait adopté le terme holocène (ère entièrement nouvelle) pour qualifier le cycle à peu près stable de 10 000 ans commencé après la dernière glaciation. Mais c’est oublier les gigantesques bouleversements terrestres d’origine humaine survenus ces deux derniers siècles. C’est pourquoi Paul Joseph Crutzen, Prix Nobel de chimie 1995 reconnu pour se travaux sur l’altération de la couche d’ozone, préfère parler depuis l’année 2000 d’anthropocène, modification de la Biosphère par l’espèce homo sapiens. Cette engeance qui est la notre utilise en effet 50 % des ressources mondiales en eau douce, respire 15 % de l’oxygène de photosynthèse, émet 30 % du dioxyde de carbone, passera de 3,2 milliards d’urbains en 2006 à 9 milliards en 2050….

l’anthropocène confirme l’irresponsabilité humaine (2013)

extraits : L’action de l’homme est devenue la force géophysique dominante. Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz (L’Evénement anthropocène) en dévoilent les grands déterminants Le constat scientifique de l’empreinte gigantesque, tellurique, des humains sur le devenir de la Terre, est incontestable. Nous ne sommes pas entrés dans l’anthropocène par inadvertance, mais par des processus qui ont systématiquement placé hors jeu des mises en garde « environnementales » ou des résistances sociales à développer telle ou telle technologie, à faire tel ou tel choix économique….

Nous conseillons aussi la lecture du livre Voyage dans l’anthropocène de Claude Lorius et Laurent Carpentier. En résumé : « Aussi courte soit-elle, l’ère anthropocène est à la fois l’âge d’or – celui des grandes découvertes, du progrès scientifique, de la démocratie, de l’allongement de la vie -, et l’ère de l’aveuglement. La conférence internationale sur le climat tenue à Villach pourra conclure dès 1985 que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue….

Anthropocène, anthropocentrisme, anthropisation… extinction des espèces (2011)

extraits : Plus d’un oiseau sur huit, plus d’un mammifère sur cinq, plus d’une espèce de conifère sur quatre, un amphibien sur trois sont menacés d’extinction… Nommons le responsable de cette tuerie de la biodiversité : c’est l’homme. Responsable et coupable. Si son espèce disparaît, il l’aura bien cherché ! Pour enrayer la sixième extinction des espèces, il nous faut condamner notre anthropocentrisme et l’anthropisation des territoires qui va avec. Les autres formes de vie ont, elles-aussi, besoin de conserver leur niches écologiques….

anthropocène et schizophrénie (2011)

extraits : Prenons LeMonde–Magazine qui nous présente l’anthropocène, cette ère nouvelle où les humains modifient l’atmosphère de la Terre, mettent à mal l’hydrosphère, agressent la lithosphère et bouleversent la biosphère. Le désastre assuré ! Mais ce Magazine adule aussi les nouvelles technologies : «  Nos enfants auront une puce électronique greffée dans le corps grâce à laquelle ils pourront communiquer, payer, jouer, etc. L’horreur ? Parlez-en avec vos ados, cela ne leur fait pas peur. En route vers le futur ! »…

anthropocène (2008)

extraits : La bonne option, que Crutzen appelle « mitigation », vise à atténuer considérablement l’influence humaine sur la Biosphère, y compris par un contrôle des populations humaines. Mais Crutzen envisage le pire, une société qui ne change pas ses habitudes (business as usual). Alors il faudrait aller jusqu’au bout des sauts technologiques, mettre en place de la géo-ingénierie pour transformer l’atmosphère et nous protéger du réchauffement climatique…

Anthropocène, expression significative ou non ? Lire la suite »

La PAC, vert moisie car productiviste

Après trois ans d’intenses négociations pour verdir la nouvelle politique agricole commune (PAC) et à un an de mise en œuvre, il n’aura fallu que quelques semaines pour détricoter les mesures environnementales. A Paris, le gouvernement présentera, le 3 avril 2024, un projet de loi agricole profondément remanié qui conforte lui aussi le modèle productiviste.

lemonde.fr : Dans le cadre du Pacte vert, Bruxelles a déjà retiré son projet de réglementation sur les pesticides, tandis que la loi sur la restauration de la nature est aujourd’hui bloquée par huit Etats membres. L’un des principaux changements est l’introduction d’une disposition générale permettant aux Etats membres d’accorder des dérogations temporaires et ciblées en cas de catastrophes naturelles pour lever les conditions de versement des aides. Un second changement concerne l’obligation faite aux fermiers de conserver ou convertir 4 % de leurs terres en jachère et en surfaces non productives (comme des haies ou des bosquets).

Après la révision, pour toucher les aides, « les agriculteurs seront uniquement tenus de maintenir les éléments paysagers existants et seront encouragés, sur une base volontaire, à maintenir les terres en jachère ». Concernant la rotation des cultures qui aide les sols à se régénérer, « les Etats membres pourront utiliser la diversification des cultures comme alternative », ce qui est beaucoup moins exigeant pour les agriculteurs.  Les exploitations de moins de 10 hectares seront dispensées de contrôles et de sanctions si elles n’appliquent pas leurs obligations vertes…. »

Le point de vue des écologistes réalistes

Violette : Réjouissons-nous : le mur que nous voyons se précipiter vers nous depuis des années ne sera pas freiné encore cette fois. Nous continuerons à bouffer des pesticides, des hormones etc. nous risquons même de ne pas avoir le temps de crever de notre cancer…

Mym : Nous allons tellement vite dans le mur que ça en devient une vaste blague.

Mfl : le nombre d’agriculteurs ayant été reconnus en  » accident de travail  » pour maladie en lien avec l’usage des pesticides… a doublé cette année. Eux ( cancer prostate, lymphomes, parkinson..), leurs femmes, leurs enfants( leucémies , hypospadias, fentes labio-palatines, tumeurs cérébrales) cf  » la France agricole ».

Toutvabien : Les défenseurs de l’environnement ont tenté d’éduquer en se basant sur des faits scientifiques, sur l’agrobiologie, la rationalité. Cela dure depuis des dizaines d’années. Le constat aujourd’hui est que seule la radicalité des gros tracteurs paie. Vert de Rage. !

confetto : Maintenant que le Gouvernement a cédé, la FNSEA exigera toujours plus. Arnaud Rousseau demande maintenant l’accompagnement financier par l’État de la mise en faillite des petites exploitations et promeut l’agrandissement des grandes structures agricoles qui vont racheter les petites.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Une politique agricole commune écologique ?

extraits : Lors de la présidentielle 1974, le programme de l’agronome écolo René Dumont remettait en question l’agriculture intensive : l’agriculture sur-industrielle stérilise le sol, déséquilibre les plantes cultivées et leur ôte toute résistance face à leurs ennemis naturels, ce qui rend nécessaire l’emploi d’une quantité de pesticides, insecticides, fongicides. Les marchands d’insecticides et d’engrais, comme par hasard, sont les mêmes. Nous avons tourné le dos à ce programme. Le fait que la plus grande part des subventions de la PAC puisse être indexée sur la taille des exploitations, conjugué aux marges de manœuvre dont chaque État membre dispose dans l’attribution des fonds, a favorisé des mécanismes d’annexion ou de captation frauduleuse du foncier agricole….

PAC, politique agricole… commune ???

extraits :

PAC 2013. Le 13 mars 2013, les parlementaires européens ont voté à Strasbourg les quatre rapports portant sur la réforme de la PAC. Portant sur la période 2014-2020, les mesures sont faibles et les textes manquent cruellement d’ambition…

PAC 2020. Les questions environnementales se sont imposées comme une préoccupation majeure, et une forte demande s’est exprimée d’accélérer la transition agroécologique. En revanche, les moyens de mise en œuvre divisent : quelle place accorder à l’agriculture bio dans le tissu productif, comment réduire l’usage des produits phytosanitaires ?

Politique agricole à la solde de la FNSEA

extraits : Les arbitrages de la France pour la future PAC (politique agricole commune), une descente aux enfers ! Principal outil de verdissement de la future PAC, les « écorégimes » cristallisent tous les mécontentements. Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), la mise en place de cette « boîte verte », qui servira à rémunérer des pratiques environnementales vertueuses, représentera une perte sèche de revenus pour une partie de la profession. C’est-à- dire tout pour moi, rien pour eux. La certification d’une exploitation en « haute valeur environnementale » (HVE) est surtout une concurrence déloyale à l’égard du bio ; ce label a de trop larges critères d’attribution…

La PAC, vert moisie car productiviste Lire la suite »

Libéralisme économique, le marché est Dieu

Des chercheurs considèrent le libéralisme comme une forme de pensée théologique. Le marché y fait figure de dieu digne de foi et tout puissant, avec ses prophètes et ses commandements. Mais c’est un Dieu qui a déclenché le réchauffement climatique, l’extinction de la biodiversité et l’usage des armes.

Stéphane Foucart : Derrière le jargon de l’économie libérale, on retrouve une mythologie des origines, des récits de déchéance et même une doctrine du péché et de la rédemption. Avec, au pinacle de cette « nouvelle théologie », la figure du marché, son mystère et la révérence qu’il inspire. Le lieu de la rencontre entre l’offre et la demande, ce mécanisme théorique qui détermine les prix et la distribution des richesses devient une entité transcendante. Le dieu Marché prétend nous offrir le salut.Le cours de la bourse est consulté chaque jour et les journaux s’emplissent de débats ésotériques sur les déterminants de la croissance.

Le renversement historique est cocasse. Car la naissance de l’idée moderne du marché, au XVIIIe siècle en Europe, est précisément le fruit du refus d’un ordre social fondé sur la loi divine. Trois siècles plus tard, l’Église prend sa revanche et le pape François accuse le marché d’avoir remis en cause l’habitabilité de la planète. C’est le fonctionnement même des marchés qui est la cause majeure de la dérive climatique et de la détérioration de l’environnement. La crise écologique fracture la vision idéalisée d’un marché omniscient et autorégulateur.Paradoxalement, Or nos dirigeants comptent répondre aux destructions provoquées par l’extension des marchés et le déferlement technique par encore plus de marché et de technique.

le point de vue des écologistes écolos

La place de la nature dans la pensée économique depuis Adam Smith (1776) a toujours été négligeable. Si la question du renouvellement des ressources naturelles est au cœur des interrogations de Malthus, les classiques et les néo-classiques ont exclu la nature du champ économique. La question de l’épuisement des ressources ne se pose pas à l’époque. La pollution industrielle apparaît pendant la seconde moitié du XIXe siècle (combustion du charbon…) sans que l’on s’en préoccupe. Le problème majeur est de produire, le reste importe peu.

Karl Marx était dans la même lignée. On devrait s’apercevoir aujourd’hui qu’une durabilité forte nécessite que le patrimoine naturel reste constant (il est absolument complémentaire de l’activité humaine d’une génération à l’autre). Cette conception écolo repose sur la forte complémentarité entre les trois types de capital (technique, humain et naturel). Mais c’est le dieu croissance qui est actuellement toujours adulé.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Libéralisme, marxisme et écologisme

extraits : Il n’y a pas dans l’analyse de Marx l’idée que le capitalisme va dépérir parce qu’il exploite de façon outrancière les ressources de la nature. La cause principale de disparition du  capitalisme reste pour lui la baisse tendancielle du taux de profit. Le développement de l’industrie est en partie « déterminée par la nécessité de diriger socialement une force naturelle, de s’en servir, de se l’approprier en grand par des œuvres d’art, en un mot de la dompter ». Ce qui le préoccupe, ce ne sont pas les ressources de la nature, puisqu’elles sont supposées faciles d’accès et gratuites. Ce qui importe, ce sont les ressources transformées par le travail des ouvriers et le capital des entrepreneurs. Pour Marx, la nature en tant que telle ne produit pas de richesses….

social-écologisme contre social-libéralisme

extraits : L’enjeu écologique nécessite une vision du long terme qui est complètement ignorée par les mécanismes de marché. L’enjeu écologique nécessite une forte intervention de l’Etat et sans doute une planification écologique. L’enjeu écologique nécessite la participation de tous aux efforts nécessaire après débat démocratique. Le fondement idéologique des socialistes, basé sur le rôle de l’Etat, la solidarité collective et un projet de société sans classes, nous prépare mieux que la droite à affronter les différentes crises écologiques et sociales qui émergent aujourd’hui. Contre le social-libéralisme, le social-écologisme pourrait nous ouvrir un avenir durable, plus égalitaire, plus sobre, plus convivial….

non au libéralisme (texte de 2008)

extraits : Le libéralisme économique est fondamentalement pervers, il propose la liberté, mais c’est la seule liberté des riches et des patrons d’entreprise. Ce « libéralisme » repose sur trois postulats qui reposent sur du vide. Le premier réside dans la primauté de l’individu, tous les phénomènes collectifs peuvent être compris grâce à l’étude des décisions individuelles. Ensuite il y a la rationalité individuelle, en poursuivant son propre intérêt, l’individu veut accroître le plus possible sa satisfaction personnelle. Enfin le marché, grâce à la concurrence, est le moyen le plus efficace pour coordonner entre elles les actions des différentes rationalités. Cette idéologie a régné pendant plus de deux siècles, elle a entraîné la plus dangereuse libération des forces productives que la planète ait jamais connue. Mais cette pensée limitée a complètement oublié le substrat qui lui permettait de se développer, les ressources de la planète, la stabilité dynamique de la nature….

Libéralisme économique, le marché est Dieu Lire la suite »

Dette, énergie, futur, où est la sortie ?

(Texte reçu d’un de nos correspondants)

Les Routes de la Soie de Xi Jing Ping consistent à proposer des prêts à la création d’infrastructures plus ou moins pharaoniques dans certains pays – Montenegro, Laos…, qui ne peuvent être remboursées et concèdent donc des droits de propriétés ; La Chine par exemple a acheté Le Pirée parce que la Grèce était surendettée. Je pense qu’une dette est une arme, et aussi un des objectifs des guerres militaires qui permet au vainqueur direct ou indirect de se servir sur la bête. C’est ainsi que je me rappelle qu’après la Guerre des 6 jours (1967) avec Israël, l’Égypte avait dû hypothéquer sa production de coton pour 20 ans auprès de l’URSS. La guerre d’Irak avait le triple objectif de vendre des armes, de reprendre le contrôle de la production pétrolière de ce pays et causer un maximum de destructions massives pour « reconstruire le pays » au bénéfice d’entreprises des pays vainqueurs. Il va de soi que ce qui est ainsi perdu pour le pays qui se vend se traduit en paupérisation pour sa population. Autant une dette est positive lorsqu’elle permet d’investir à bon escient, autant elle reste dangereuse lorsqu’elle creuse le déficit public.

J’écris sur un ordinateur qui n’était même pas envisageable quand j’avais 20 ans en 1970. Pour autant, on ne peut que constater que notre système est porteur d’aberrations, comme le fait qu’un lapin en inox de Jeff Koons s’adjuge plus de 91 millions de dollars, et que, dans le même temps, des flots de migrants désespérés menacent l’identité des pays qu’ils rejoignent au péril de leurs vie. Tandis que ceux-là se noient par milliers, des milliers de palaces proposent à longueur d’année des chambres à 10 000 dollars la nuitée voire plus ! A mon avis, aucune théorie n’offre une ligne de conduite globale à l’échelle de la planète. J’ai l’impression d’un labyrinthe inextricable dont même ceux qui en ont une vue d’ensemble ne sauraient le réagencer pour que l’économie puisse réaliser ce pour quoi elle est faite, assurer le bonheur matériel des humains sur notre minuscule Terre.

Je propose un retour aux origines par un bond prodigieux de 4 milliards d’années dans le passé, pour observer le premier être vivant sortant du minéral inerte, sous forme d’un microcosme autonome délimité par une enveloppe organique. Sitôt apparu, cet être primordial se trouve confronté à un danger mortel, la fuite d’énergie inhérente à tout mouvement, y compris interne. Il s’agit donc de la toute première forme de l’économie : restaurer ce qui constitue son intégrité physique. Dans la soupe primordiale, il lui faut prélever les éléments de matière qui remplaceront les siens défaillants et fourniront l’énergie nécessaire à son fonctionnement en tant qu’être vivant. Il s’agit là d’un critère absolu en ce sens qu’il est fondé sur une réalité physique et non, comme les monnaies, de valeurs aléatoires.

Pour en venir à l’homme, on peut retenir que toute activité sur la planète peut se quantifier en joules, unité de valeur universelle qui permet d’évaluer tout ce qui relève des transferts d’énergie (y compris la matière), dont le vivant fait partie, et donc l’être humain pour sa partie matérielle. Déjà existent des appareils connectés qui évaluent très bien les calories dépensées lors d’un exercice physique, autrement dit des joules. Cela peut être étendu à toute une journée type. En généralisant à la planète, on peut quantifier ce que représente l’existence de 8 milliards d’individus. Bien entendu, il convient de pondérer en fonction des climats, des progrès d’équipement, etc. On pourra alors évaluer combien d’individus peut réellement soutenir la Terre de façon pérenne, toujours selon ce critère apodictique du joule. Mais les humains ne sont pas des machines, leurs « désirs » sont formulés sous forme de match de rugby, recette de cuisine, projets de vacances… toutes choses certes agréables, mais non nécessaires. Cette irrationalité concerne également les dirigeants. Faute d’ampleur transcendante, ils n’ont pas une vision du destin global de l’être humain à long terme et donc des moyens nécessaires à le mener à bien. Ils se contentent au mieux de consolider leur pouvoir, ce qui mène inéluctablement à une catastrophe. L’authentique pensée, rationnelle, est extrêmement rare.

« Equilibrium », un film de Wild Kimer en 2002 avait bien cerné le problème en imaginant une société apaisée par la prise obligatoire de Prozium, médicament annihilant tout sentiment bon ou mauvais. Huxley, dans son roman « Le meilleur des mondes », structure la société en classes proportionnées aux besoins de l’humanité ; le nombre et la qualité des individus sont contrôlés en fonction d’une économie rationnelle globale. Pour ma part, je pense qu’une part de la solution peut venir des neurosciences : une évaluation fine des processus hormonaux et autres qui gouvernent le comportement peut in fine le ramener à des facteurs quantifiables qui permettraient de déterminer à quoi a droit un individu lambda en fonction de son utilité pour lui-même et pour la collectivité humaine. Cela demande certes une révolution des valeurs, mais il faut cesser de croire à la formule « tous égaux en droits » qui est une aberration dans l’évolution de la nature.

L’Intelligence Artificielle est une nouvelle opportunité d’aider à réaliser les paramètres évoqués, si on lui présente les problèmes en ce sens. L’Homme est quelque chose en quoi je crois rationnellement, et j’espère accompagner le plus longtemps possible la métamorphose en marche depuis ma naissance en 1951 vers un être nouveau, dégagé de la détermination de sa condition animale, conscient et confiant dans le sens de son futur.

Hadal

 

Dette, énergie, futur, où est la sortie ? Lire la suite »