anthropisation

Moins de bébés, donc moins de logements ?

Combien faut-il de nouveaux logements en France ? Tout dépend en premier lieu de la superficie exigée. Aux USA après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 mètres carrés. Dans les années 1970, la taille moyenne des maisons était de 150 m2. En 2011 elle est de 233. Aujourd’hui c’est pire, il faut au moins deux garages. La meilleure façon de s’afficher comme un citoyen responsable vis-à-vis de l’environnement est de choisir une petite maison, qui consommera automatiquement moins de tout. Fin 2021, l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, préconisait, parmi les moyens d’améliorer le bilan carbone du pays, de construire beaucoup moins.

On n’en a pas encore officiellement l’idée en France. Malgré les raisons écologiques et la baisse de natalité, on prévoit de construire, de construire, de construire…

Claire Ané : La cheffe économiste de la direction générale du Trésor estime qu’il faut environ 250 000 nouveaux logements par an. La Fédération des promoteurs immobiliers présente en mars 2023 une étude concluant à un besoin proche de 450 000 logements par an. Ces études ont en commun de calculer la « demande potentielle » de logements, nombre attendu de ménages, qui dépend de la démographie (natalité, espérance de vie, solde migratoire) et surtout des modes de cohabitation. Selon Samuel Depraz, « 34 % des besoins de logement sont désormais liés à la réduction de la taille des ménages », elle-même liée principalement au recul de la vie à deux (célibat, divorces) et au vieillissement. Les autres paramètres sont, par ordre décroissant, le nombre escompté de nouvelles résidences secondaires, ainsi que le besoin de renouvellement du parc.

Aucun espoir de respecter l’objectif d’arriver en 2050 au “zéro artificialisation net” des sols.

Le point de vue des écologistes débâtisseurs

En résumé, il y a déjà bien assez de logements déjà construits si les couples ne divorcent plus et gardent la progéniture chez soi le plus longtemps possible, si les enfants n’ont pas chacun leur chambre, si les personnes âgées se retrouvant seules prennent des colocataires, si la taille des logements occupés diminue, s’il n’y a plus de logements vacants, si on loge les sans domicile fixe dans les résidences secondaires qu’on ne devrait pas avoir, si les villes se vident pour ne pas faire exploser le prix des loyers et si la baisse de fécondité se poursuit comme elle le devrait.

Pourquoi s’inquiéter, quand le bâtiment va mal, les maçons ont moins mal au dos…

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Logement, avec quelle superficie ?

extraits : C’est par mes gestes quotidiens que je favorise ou non les émissions de gaz à effet de serre. Prenons la façon de se loger. Il n’y a pas de limites à la limitation de nos besoins : Diogène se contentait de vivre dans un tonneau.La taille de la maison est une donnée qui doit être repensée. Les plus grosses économies d’énergie dans l’habitat sont à chercher d’abord dans la superficie.

Interdiction d’avoir plus de deux logements

extraits : La meilleure façon de s’afficher comme un citoyen responsable vis-à-vis des générations futures est d’habiter une petite maison, une seule, près du boulot, qui consommera automatiquement moins de tout et réduira les émissions de gaz à effet de serre. N’oublions pas que chaque logement qui se construit, chaque habitat pavillonnaire qui s’étend à l’extérieur des villes, chaque résidence secondaire… empiète sur le territoire des autres espèces et explose l’empreinte écologique.

Logement social, un socialisme sans qualité

extraits : Adepte du quantitatif, la qualité on s’en fout. On veut imposer une augmentation du quota de logements sociaux dans les villes de plus de 3 500 habitants. On veut multiplier par cinq les sanctions contre les communes qui ne respecteraient pas leurs obligations légales. On veut réquisitionner des terrains publics pour y construire des logements. Mais on ne dit rien sur le niveau d’isolation des maisons, est-ce que ce sera des passoires thermiques ? On ne dit rien sur l’emploi qui devrait être le plus près possible à un logement. On ne dit rien sur le mitage du territoire qu’on devrait combattre…

Notre plus ancien article sur la question,

réduisons la surface de nos logements (2011)

extraits : En 2007, Laura Turner a achevé l’équipement de son modeste EcoManor de 575 m2 à Atlanta. Cette maison a été la première à recevoir la norme environnementale LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Avec 27 panneaux solaires sur le toit, la récupération complète des eaux de pluie, de la géothermie partout, une isolation en mousse de soja et des portes en aggloméré de paille de blé, la baraque consomme de 80 à 90 % de moins d’énergie qu’une maison de la même taille dans la région. Mais une grande maison où vivent peu de personnes ne peut se revendiquer d’un mode de vie durable.

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Anti-écolos, leur stratégie de l’épouvantail

La pensée écologique s’est construite sur l’idée qu’une croissance matérielle infinie est impossible dans un monde fini. C’est un fait, une croissance matérielle trop prolongée produit des désastres globaux et irréversibles : par exemple, le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité. En miroir, la dénonciation des lanceurs d’alerte comme autant de fous ou d’extrémistes est devenue un lieu commun de la rhétorique écolosceptique.

Luc Semal : « Lors de sa déclaration de politique générale, le premier ministre, Gabriel Attal, a jugé utile de définir sa conception de l’écologie par contraste avec une « écologie de la brutalité », supposément portée par « certains » : « Pour eux, l’écologie doit être punitive, douloureuse, passer par la désignation de boucs émissaires et par la décroissance. La décroissance, je le redis ici, c’est la fin de notre modèle social, c’est la pauvreté de masse. »

En rhétorique, cela s’appelle la stratégie de l’épouvantail : caricaturer les propos de l’adversaire, si possible en son absence, pour mieux les balayer du revers de la main. En France, une particularité linguistique veut que cette figure imposée se cristallise sur le mot « décroissance » depuis qu’une (petite) partie des écologistes en a fait son étendard. N’est-elle pas l’épouvantail parfait ? Nul besoin d’argumenter. Mais c’est laisser prospérer l’illusion que l’on pourrait « en même temps » mener la transition écologique et poursuivre indéfiniment la croissance matérielle. C’est faire fi des travaux scientifiques qui alertent sur l’existence des limites et sur les conséquences de leur dépassement.

Pourtant la décroissance n’est ni la récession ni la pauvreté pour tous. Ce serait plutôt, dans sa dimension matérielle, une réduction de la production et de la consommation à des fins de soutenabilité écologique et de justice sociale. Il s’agirait d’abord de faire décroître les consommations des plus riches, et de faire décroître les inégalités. »

Le point de vue des écologistes décroissants

Diego : En deux mots : la décroissance rend possible la sobriété sans pauvreté. À l’inverse, l’obstination dans la recherche de croissance nous mène inévitablement vers une explosion de la pauvreté.

Michel SOURROUILLE : Un système économique ou financier, quand il est en surchauffe, débouche nécessairement sur une crise économique ou un krach boursier. On n’appelle pas cela « décroissance », mais cela en a le goût et l’odeur. C’est une décroissance subie, imposée par le dysfonctionnement de notre machinerie thermo-industrielle. Elle peut se traduire comme en 1929 par un chômage de masse et la montée du fascisme. Les crises cycliques du type Kondratiev sont amorties aujourd’hui par un émission forcenée d’argent, comme après la crise des subprimes de 2008. Mais cela débouche nécessairement sur la stagflation, à la fois stagnation de l’activité économique et inflation. Donc soyons sérieux. La décroissance est une composante obligée d’un système croissanciste. Les « décroissants » disent simplement que pour éviter une récession (décroissance économique), mieux vaut apprendre à l’avance à maîtriser la décroissance, ce qu’on appelle aussi sobriété… dans tous les domaines.

Zahnstocher : Ne pas confondre décroissance et récession. La décroissance (je préfère acroissance) est un projet de société dans lequel la croissance économique n’est pas une nécessité, mais une conséquence éventuelle. Ce qui est nécessaire, c’est une baisse des émissions de GES, ça c’est certain. Pas que de ça, mais on peut déjà commencer avec cela. Si on doit les diminuer de 4% par an, c’est pour des raisons physiques. On ne pourra pas échapper aux lois physiques qui rendront la planète inhabitable sans cela. c’est donc un critère prioritaire. Si on peut maintenir une croissance économique dans ce cadre, fort bien, mais ce n’est pas le cas avec les technologies actuelles (et les autres limites planétaires à prendre en compte). Donc, ou bien on accepte la réalité, on regarde le mur et on freine, ou bien on continue comme actuellement à accélérer jusqu’à se prendre le mur. Faut-il vraiment être si courageux pour lever le pied ? Il va falloir choisir entre crever tous pour profiter encore quelques années des appartements à la neige pour 30 000 euros du mètre carré, ou bien renoncer aux luxueuses glissades sur neige artificielle.

Odyssea : De toutes façons, dans un monde fini comme la planète Terre, la décroissance arrivera tôt ou tard, sachant que tard se mesure au mieux en quelques dizaines d’années…Donc, elle sera brutale si on tarde, si vous êtes boomer, vous y échapperez peut-être…
Elle peut être (plus ou moins bien) maîtrisée si on s’y met immédiatement, ce qui laisse une chance à vos enfants, qui nous remercieront…
Si vous craignez la guerre, la pauvreté, l’horreur d’un monde dévasté, c’est le premier choix qui vous le garantit à coup sûr et non le second. Toute autre option est un fantasme ! Relisez « La cigale et la fourmi », c’est une magnifique illustration des 2 situations…

zap : Abonnez les politiques et journalistes au mensuel ‘la décroissance’ pour les aider à ouvrir les yeux… La décroissance est déjà en marche : une partie grandissante des français se serre la ceinture, pénuries d’eau, rendements agricoles et surfaces productives en chute, disparition de milliers d’espèces etc le changement de logiciel est inéluctable : moins gaspiller, moins consommer, moins produire et moins polluer, moins se déplacer… pour l’avenir de nos enfants et petits enfants !

Les différentes acceptions du mot « Décroissance » sur ce blog biosphere

Décroissance psychiatrique par déprescription

extraits : La décroissance en psychiatrie s’associe d’abord pour moi à la notion de déprescription, c’est-à-dire alléger les ordonnances de psychotropes. Cette pensée orientée vers la sobriété médicamenteuse…

Cadeaux, Noël bientôt en décroissance

extraits : Étonnant que le peuple face à l’inflation ne réclame pas un chèque jouets, et pourquoi pas le chèque foie gras. Les marchands du temple sont partout et conditionnent les familles. Les marchés de Noël, quel étalage de la futilité…

L’habituel déni du mot « décroissance »

extraits : Le cerveau de beaucoup d’humains est socialement programmé pour ne se rendre compte qu’on va dans le mur qu’après qu’on ait heurté le mur ! Le mensuel La Décroissance (novembre 2023) a listé les idioties dites par des gens qui se croient intelligents…

Vers la décroissance, subir ou choisir ?

extraits : La décroissance peut également être abordée comme politique, comme stratégie. Approche plus récente, cette vision ne prône plus la recherche de la croissance et la course à l’attractivité, dans un monde où les ressources sont finies et où, si l’humain doit survivre, il doit savoir se contenter de moins…

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L’agriculture va dans le mur, Attal accélère

Romain, 18 ans, hésite à reprendre ou l’élevage de son père, 250 chèvres, 80 brebis, 10 génisses, des volailles. « Peur d’en chier. Mon père n’a pas pris de vacances depuis vingt ans et ne se retire pas de salaire. Je ne veux pas de cette vie-là. Il me déconseille de reprendre, mais au fond je sais que ça lui ferait plaisir. »

Les élèves en lycée agricole sont inquiets, leur avenir dépend de contradictions actuellement insolubles.

Marc-André Selosse : Notre agriculture va dans le mur, financier, écologique et sanitaire. Les pratiques actuelles détruisent les supports écosystémiques de l’agriculture. Le labour trop fréquent décuple l’érosion et détruit la vie microbienne qui fertilise les sols, les faisant littéralement fondre. En trente ans, les pesticides ont éliminé 80 % des insectes, et en quinze ans ils ont tué 30 % des oiseaux. Nous compensons par des engrais minéraux et des pesticides, au prix d’une catastrophe sanitaire. Les phosphates des engrais minéraux sont contaminés par du cadmium, toxique et cancérigène, qui se retrouve dans nos aliments : les Français avalent 1,4 fois la dose maximale recommandée par l’OMS ! Les résidus de pesticides intoxiquent les eaux potables et empoisonnent les agriculteurs eux-mêmes, qui présentent des surcroîts de cancers (+ 20 % de myélomes et + 50 % de lymphomes, ou de maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

Plus grave, on se dispense de solutions dérivées des sciences écologiques, ce que l’on appelle l’agroécologie. Les haies que l’on répugne à replanter préviennent l’érosion et réduisent de 80 % les bioagresseurs des cultures, en freinant leur dispersion. Des cultures mélangées (céréales et légumineuses mêlées, par exemple) réduisent la propagation des bioagresseurs de 60 % en augmentant la production de 20 % à 40 %. Les cultures sans labour reconstruisent la vie des sols… Or les mesures demandées par la profession agricole, voire accordées par le gouvernement, enferment dans la dépendance aux combustibles fossiles ou aux pesticides, et retardent la mise en place d’alternatives.

Il faut impérativement éviter la fracture entre agriculteurs et citoyens, car ces derniers peuvent, par leurs achats ou leurs subventions, aider la transition vers l’agroécologie ; chaque Européen verse 120 euros par an pour la politique agricole commune européenne. On ne pourra pas sauver l’environnement sans les agriculteurs, et réciproquement.

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Soutien des paysans, rejet des tracteurs

extraits : Certes le désespoir règne actuellement chez de nombreux agriculteurs qui ne peuvent plus faire face à la surcharge de travail, à l’augmentation des coûts, à la précarité des revenus, à la dépendance à l’égard des subventions agricoles, à l’absence de perspective de succession pour leurs exploitations et aux nouvelles réglementations émanant des capitales et de Bruxelles. Mais comment font-ils pour s’acheter des tracteurs à plus de 150 000 euros l’unité, sans compter le matériel idoine qui va avec ? C’est là où vont les subventions européennes ? Pourquoi acheter des nouveaux tracteurs surpuissants tous les 4 ans pour faire les foins…

Gabriel Attal, la politique sans l’écologie

extraits : Le premier ministre n’a donné aucun détail sur la manière dont il entendait mieux protéger la biodiversité. Tout au contraire, il a annoncé que la France avait rallié 22 pays à sa demande d’obtenir une nouvelle dérogation européenne à l’obligation faite aux agriculteurs bénéficiant de la politique agricole commune (PAC) de consacrer 4 % de leurs exploitations à des infrastructures bénéfiques à l’environnement, telles que les haies, les bosquets, les mares ou les jachères…

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La chronique décroissante d’Alain Accardo

Depuis 2007, il délivre tous les mois une chronique au journal La Décroissance. Alain Accardo, né le 3 mai 1934, est adepte d’une sociologie critique dans la continuité des travaux de Pierre Bourdieu, notamment sur les systèmes de reproduction des inégalités et de domination. Voici sa dernière prestation, à presque 90 ans, dans le mensuel de février 2024.

« Errare… perseverare… », en résumé :

Alain Accardo : Si l’on en croit les projections des experts de l’ONU, la population mondiale a atteint les 8 milliards d’individus en 2022 et devrait atteindre les 10 milliards en 2050. Est-il nécessaire de préciser que, de l’avis d’à peu près toutes les personnes réellement compétentes sur la question des équilibres démographiques, avec de tels effectifs de population l’état de la planète, d’ores et déjà inquiétant à tous égards, deviendrait absolument ingérable. Une autre thèse consiste à dire qu’assurément la situation deviendrait ingérable non pas à cause du nombre des êtres humains mais à cause de leur mode de vie. Ce qui signifie qu’on ne perdrait tout espoir d’éviter la catastrophe que si ces dix milliards s’obstinent à copier l’American way of life, comme s’efforcent, ou rêvent, de le faire actuellement la plupart des peuples de la Terre.

En revanche, si cette immense population apprenait à modérer ses appétits dans tous les domaines et sur tous les plans, la planète Terre pourrait continuer à se montrer hospitalière pour ses habitants. C’est là une hypothèse de nature à réjouir n’importe quel partisan de la Décroissance, mais qui ne va pas sans quelques interrogations. D’abord, d’où tire-t-on l’assurance que la population globale s’arrêtera d’augmenter une fois franchi le seuil des 10 milliards ? Ensuite comment être assuré que se produise dans le domaine de la fécondité un changement d’attitude sans précédent dans l’histoire de l’espèce ? Pourquoi pourrait-on se fier aux réactions d’une humanité qui a prouvé mille fois qu’elle préférait « danser sur un volcan » ? Rien n’est plus commun que l’erreur, tous les sages nous l’ont répété au fil des siècles.

Et qui peut encore douter aujourd’hui que la majorité des pays européens et au-delà ne soit tombée amoureuse du modèle américain au point de vouloir lui ressembler trait pour trait ? C’est malheureusement le constat d’une telle aliénation qui s’impose. Les mentalités modernes sont marques par le désir obsédant d’accumuler toujours plus de capital, tant chez les simples particuliers que chez les milliardaires. Cela rend encore plus douteuse la conversion massive et rapide d’une conversion à une décroissance économique.

Notre commentaire : Pour une fois et c’est une première, le mensuel de Vincent Cheynet laisse paraître un article sur le douloureux dilemme « décroissance  démographique » et/ou décroissance économique. Après une condamnation sans nuance de la question malthusienne en 2009, une récente ouverture d’esprit se fait donc jour. Voici sur notre blog biosphere :

Comment réduire la population mondiale (décembre 2023-janvier 2024)

extraits : « Comment réduire la population mondiale avec bienveillance », tel est le titre d’un article de Nicolas Bertrand (un pseudo) du mensuel La Décroissance (décembre 2023-janvier 2024). C’est une première dans ce journal, aborder la question démographique à part entière sans porter ouvertement de jugement anti-malthusien. Son rédacteur en chef Vincent Cheynet va-t-il devenir adhérent de l’association Démographie Responsable ?…

Vincent Cheynet, la décroissance démographique (avril 2023)

extraits : Après des années de silence absolu sur la question démographique de la part du mensuel « La décroissance » et de son rédacteur en chef Vincent Cheynet, voici ce mois d’avril 2023 une première approche, disons assez « décalée ». Le grand titre en première page : «  Pour sauver le monde, faites des bébés, pas la guerre ». L’article de fond en page 3 : la pensée stérile des « no kid »…

La surpopulation snobée par les décroissants (février 2023)

extraits : Les anti-malthusiens sont parfois virulents. Le mensuel « La Décroissance » a choisi une voie plus pernicieuse, ne jamais parler de la question démographique, même dans un monde aujourd’hui peuplé de 8 milliards d’une espèce grouillante, nous-mêmes. Voici un témoignage dans le courrier des lecteurs de février 2023 :

« Comment justifier une ignorance aussi perturbante du sujet de la démographie dans vos colonnes ? A travers ce qui ne peut être, à un stade aussi prononcé, qu’une omerta délibérée, vous pratiquez le même genre de manipulations-occultations que celles que nous reprochions aux systèmes en place. Si vous détricotez tous les dégâts que vous déplorez à longueur de numéros, vous verrez apparaître, à la base, le parallèle à la voracité, cette foutue démographie exponentielle. L’espèce humaine grouille et se vautre dans la profanation du miracle qu’est l’apparition de la vie sur la planète Terre.

MALTHUS, décroissant nié par les décroissants (2009)

extraits : Aujourd’hui encore, tout un pan du mouvement de la décroissance rejette le malthusianisme. Un dossier inclus en supplément de la revue La Décroissance (juillet 2009) titre : « La décroissance contre Malthus ». C’est une philippique contre les « malthusiens ». Vincent Cheynet, le rédacteur en chef, estime que c’est un débat miné : « Pour sauver l’humanité, faut-il sacrifier ce qu’il y a d’humain en nous ? » Il évoque une double facette du malthusianisme, la nécessité de prendre en compte les limites écologiques d’une part et une pensée antisociale d’autre part. Il écrit : « En fréquentant les milieux écologistes, nous croisons inévitablement des militants pour la réduction de la population humaine […] Il est particulièrement aisé de percevoir le caractère pathologique de leur démarche. »…

En savoir encore plus sur la surpopulation

Alerte surpopulation, le combat de Démographie Responsable (2022)

Surpopulation… Mythe ou réalité ? (2023)

Un panorama des pays surpeuplés,

Surpopulation généralisée dans tous les pays

Pour lutter contre la surpopulation,

https://www.demographie-responsable.fr/

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Corrida, culture vivante… de la torture

La corrida a repris le 28 janvier 2024 à Mexico après plus d’un an d’une interdiction finalement annulée par la Cour suprême qui ne s’est pas prononcée sur le fond du recours. Près de la plus grande arène au monde, grande colère des antitauromachies.

LE MONDE avec AFP : « Liberté. Taureaux, culture vivante », lisait-on au milieu de l’arène. Des adversaires de la tauromachie ont défilé hors arène sous le slogan « La torture n’est ni de l’art ni de la culture ». Les corridas ont été importées par les conquistadors espagnols au XVIe siècle. Le secteur a généré en 2018 un chiffre d’affaires de 414 millones de pesos mexicains, avec 83 000 emplois directs à la clé, plaident les aficionados.

La condition animale sur ce blog biosphere

Moi, taureau de corrida, exige la réciprocité (2012)

extraits : J’ai fait un rêve, merveilleux rêve, qu’un homme beau et costaud se retrouve dans l’arène, tout nu. Il entre sur le sable, aveuglé par les projecteurs, court à droite ou à gauche, ne sait où aller, ce qu’on attend de lui. Une clameur gonfle, un taureau entre à son tour, majestueux dans sa robe noire, il salue la foule en délire. L’homme comprend brusquement, ce sera une lutte à mort, il cherche comment se défendre, on lui lance un petit couteau. Le spectacle commence. Le taureau, mon frère, va sortir vainqueur, presque toujours. Nous avons sélectionné cet homme pour sa force et son intelligence, nous l’avons élevé avec d’autres dans l’ignorance de son sort funeste, nous l’avons choisi pour mourir aujourd’hui en public. Ainsi va la vie. Un jugement vient de conforter nos traditions. Organiser des corridas humaines dans certaines régions est conforme à la Constitution, vient de juger le Conseil constitutionnel, rejetant le recours d’associations qui militent contre l’humanomachie…

Corrida et « qualité » de vie des taureaux espagnols (2015)

extraits : Depuis que l’Assemblée nationale, travaillée au corps par nos « 30 Millions d’Amis », a voté le projet de loi relatif à la modernisation du droit et reconnu l’animal comme « un être vivant doué de sensibilité » (article 515-14 du Code civil), je m’interroge sérieusement sur la qualité de vie des taureaux espagnols encore libres en cette période hivernale de filtrer par leurs naseaux l’air frais de la prairie….

Des éco-terrorisants au parlement ! (2022)

extraits : Dans une tribune du MONDE, plus de deux cents élus, dont Christophe Castaner et Bruno Retailleau, défendent la corrida et s’opposent à « l’écototalitarisme » : « Interdire la corrida, c’est interdire une culture et humilier une partie de nos concitoyens. Nous ne l’accepterons pas. Du sapin de Noël à la chasse, du barbecue amical aux rêves d’enfants de devenir aviateur, nous ne voulons pas interdire, normer, supprimer, effacer. Nous sommes des défenseurs acharnés de la liberté, et des opposants résolus à l’écototalitarisme. Nous croyons à la défense de la condition animale, mais cela ne doit pas servir d’alibi pour effacer nos singularités culturelles, nos marqueurs régionaux, bafouer le respect d’autrui et la fraternité qui fonde notre République »…

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Soutien des paysans, rejet des tracteurs

Certes le désespoir règne actuellement chez de nombreux agriculteurs qui ne peuvent plus faire face à la surcharge de travail, à l’augmentation des coûts, à la précarité des revenus, à la dépendance à l’égard des subventions agricoles, à l’absence de perspective de succession pour leurs exploitations et aux nouvelles réglementations émanant des capitales et de Bruxelles. Mais comment font-ils pour s’acheter des tracteurs à plus de 150 000 euros l’unité, sans compter le matériel idoine qui va avec ? C’est là où vont les subventions européennes ? Pourquoi acheter des nouveaux tracteurs surpuissants tous les 4 ans pour faire les foins ?

Nous soutenons depuis toujours les technologies paysannes pour « reprendre la terre aux machines ». Les machines comme engins de guerre agricole, mais aussi comme machine industrielle, machine administrée, machine à nourrir ou plutôt à remplir les caddies. Cette agro-industrie profite de chaque occasion pour se propager encore plus, éliminant les savoir-faire, les communautés paysannes, mais aussi la biodiversité et finalement le savoir et le pouvoir s’alimenter. Les dégâts sanitaires et sociaux sont colossaux, pas moins que les dégâts environnementaux…

Disons-le tout net, l’agriculture industrielle est devenue démentielle. Il est abominable de voir à l’heure actuelle une manifestation d’exploitants agricoles centrée sur la mise en image de tracteurs dont la roue arrière est souvent plus haute que le conducteur lui-même. Mais problème, comment faire passer en quelques années seulement la population active agricole de moins de 2 % comme actuellement à 36% comme c’était le cas en 1946 et comme cela aurait du rester?

Sur ce blog biosphere, nous pensons depuis toujours que les paysans doivent être soutenus. Mais nous disons bien « paysans », par opposition aux agro-industriels qui font disparaître cette paysannerie à coup de modernisation sans limite.

(2005.07.10) Les OGM, adaptés à une agriculture extensive, correspondent seulement aux besoins des grandes multinationales de l’agroalimentaire. A l’opposé, le problème agricole mondial n’est pas d’accroître les quantités produites, mais de maintenir des communautés paysannes vivables et viables. En effet la solution au désordre mondial n’est pas à rechercher dans une agriculture industrialisée et peu utilisatrice de main d’œuvre, mais au contraire dans le développement d’une petite agriculture qui protège des sols fragiles et limite l’exode vers des métropoles de plus en plus ingérables….

Nous n’avons jamais changé, lire aussi sur ce blog:

4 juin 2022, Le XXIe siècle sera paysan… ou ne sera pas !

13 novembre 2019, Agribashing et retour à la paysannerie

9 février 2016, pour un retour des paysans contre l’agriculture industrielle

15 mars 2014, semences paysannes contre marchandisation de la vie

26 janvier 2013, Un modèle pour l’écologiste, le paysan Paul Bedel

24 novembre 2012, Paul Bedel, Testament d’un paysan en voie de disparition

22 août 2009, tous paysans en 2050

25 mars 2009, le retour des paysans

9 octobre 2008, paysans de tous les pays, unissez-vous

Nous n’avons pas à soutenir un secteur d’activité qui fonctionne au détriment de la biosphère.

– En Allemagne, des milliers de tracteurs ont roulé pour préserver les subventions au diesel agricole.

– En France, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Grand Bassin parisien se préparent à « un siège » de Paris ce lundi.

Dans un système sans limites, il devient impossible de fixer des limites.

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« Je vous nourris et moi, je meurs » 

« Je suis éleveur, je vous nourris et moi, je meurs ». Avec son cheptel de bovins lait et viande, il gagnait il y a dix-huit ans,1 000 euros par mois, aujourd’hui 800, alors que la taille de sa ferme et sa production de lait ont triplé… Escortés par les forces de l’ordre, les quinze tracteurs en route pour l’opération de blocage des routes organisée le 25 janvier 2025 sont salués par les automobilistes… Les barrages révèlent les mêmes maux : la hausse des coûts, les revenus si faibles pour un travail si lourd et toujours plus complexe et, au fond, par-dessus tout, la perte de sens et le manque de reconnaissance.

« La centaine de propositions très concrètes n’est pas une base de négociations, c’est une demande complète dans laquelle il n’est pas question que l’on fasse ses courses », a averti, de son coté, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. Les services de renseignement alertent le gouvernement sur les risques de débordement de la colère des agriculteurs si « l’attente » de réponses de l’exécutif était « trop longue ».

Réactions sur lemonde.fr

– En clair je veux être aimé, faire ce que je veux et être subventionné automatiquement sans paperasse.

– J’espère que tous les moyens légaux seront mis en œuvre pour mettre fin à ces barrages. Mais bon, comme il s’agit des voix que la Macronie veut aller récupérer, il y a peu de chances.

– Colère des agriculteurs : Gérald Darmanin demande aux préfets de la « modération » et l’intervention des forces de l’ordre « en dernier recours »

-Darmanin a donné aux préfets une consigne de mansuétude dans cette affaire. Morale de l’ histoire : selon qu’on est activiste pour le climat ou violent adepte des mégabassines, la tolérance des autorités n’ est pas la même…

– Merci au gouvernement pour sa pratique de l’ordre à deux vitesses : si incendier et remplir de lisier une préfecture pendant que les CRS ont l’ordre de ne pas bouger ne sont que des broutilles ne méritant que la mansuétude de Darmanin, le discours de Macron sur le retour à l’ordre et à l’autorité est totalement décrédibilisé. Je saurai aussi m’en souvenir.

– Exportation agro alimentaire 80 milliards 2022… Excédent commercial 9,4 Milliards en 2022 … Les 2/3 sont avec l’Europe… donc il y a des secteurs qui marchent

– Non au mélange des agriculteurs riches et des « pauvres. Non aux diktats immédiats. Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, 6ème fortune de France.

– Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA depuis 2023 et président du conseil d’administration du groupe industriel et financier Avril.

– Ils en ont de bien beaux super tracteurs rutilants, ces braves gens, sur ces images. Rien dans cet article, sur leurs patrimoines fonciers…Ca coûte combien un super tracteur?

– On attend toujours l’article de fond sur LES agriculteurs : au choix, les 125 000 exploitations qui ne font pas 25 000 de CA/an, ou les 265 000 restantes qui expliquent qu’en 2022 les résultats agricoles ont connu leur plus haut historique, avec une moyenne de 50 000 € nets dégagés par exploitation, ce qui a permis de verser en moyenne 2 000€ en salaire.

– J’avoue ne pas comprendre quelles actions les agriculteurs exigent des pouvoirs publics. Une prime de rééquilibrage face des importations moins chers ? Des prix plancher ? Des barrières douanières contraires à nos engagements européens ? De nouvelles subventions d’Etat en complément des aides FEADER et régionales ?

– La FNSEA, seul interlocuteur des medias visiblement, qui a la main sur les coopératives agricoles de France et de Navarre, syndicat gangrené par les lobbys agro chimiques qui défend un modèle agricole inadaptable aux problèmes écologiques

– Le jour où les agriculteurs qui manifestent auront compris qu’ils sont les « idiots utiles » de la Fnsea, leur avenir sera moins compromis.

– Les agriculteurs représentent 1,5 % de la population active, soit environ 0,5 % de la population totale. A titre de comparaison, il y a deux fois plus de chasseurs. Leur capacité d’action, aussi phénoménale qu’anecdotique, est l’illustration du malaise d’un changement de monde mal vécu.

– Les agriculteurs exigent du gouvernement (pesticide, bassines, gazole, etc.). Les écolos exigent du gouvernement l’inverse (pesticide, bassines, gazole). La véritable confrontation est là.

– Il y a pourtant une solution simple, rejoindre un circuit court, rencontrer les producteurs, prendre la mesure de la beauté et de la difficulté de leur travail, créer du lien avec eux, les soutenir, manger des produits de meilleure qualité, favoriser un système plus résilient et tant pis si on part pas en Thaïlande ou si on achète pas le dernier SUV cette année…

– Le bon modèle : les agriculteurs se mettent en autarcie, cultivent leur potager et entretiennent leur basses-cours. Il proposent aux citadins des terres en location pour produire pour eux-mêmes leur subsistance et leur facturent leurs conseils.

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Le XXIe siècle sera paysan… ou ne sera pas !

extraits : Les machines comme engins de guerre agricole, mais aussi comme machine économique, industrielle, machine administrée, machine à nourrir ou plutôt à remplir les caddies. Cette agro-industrie profite de chaque choc pour se propager encore, éliminant les savoir-faire, les communautés paysannes, mais aussi la biodiversité et finalement le savoir et le pouvoir s’alimenter. Les dégâts sanitaires et sociaux sont colossaux, pas moins que les dégâts environnementaux.En 2050, nous serons au lendemain des grands chocs écologiques qui vont déstructurer la société thermo-industrielle. Ce sera comme pendant une grande guerre, la pénurie et le rapprochement des campagnes. Ce sera le retour des paysans comme décrit par Silvia Pérez-Vitoria : « Quel que soit l’avenir de nos sociétés, la terre reste le fondement de notre alimentation…

Nicolas Hulot et la PAYSANNERIE

extraits : « Le grand désarroi tragique de l’homme moderne, c’est de ne plus être relié à rien. On ne sait plus comment pousse une betterave ! L’agriculture est un des domaines où nous avons opéré la plus grande transgression. L’homme a voulu se substituer à la nature. En l’espace de quelques décennies, il a détruit des milliards d’hectares de terres agricoles et les a transformés en une espèce de support mécanique inerte. Il est entré dans une spirale tragique consistant à injecter dans les sols toutes sortes de substances toxiques qui donnent un temps l’illusion d’une certaine productivité, mais qui sont très rapidement rattrapées par de multiples effets secondaires sanitaires et environnementaux »…

pour un retour des paysans contre l’agriculture industrielle

extraits : Il nous faudrait promouvoir une agriculture moins industrielle, c’est-à-dire plus artisanale, plus respectueuse de l’environnement mais aussi plus intensive en emplois. En effet la France ne peut plus être compétitive sur les marchés internationaux en tentant d’exporter des denrées standards produites à grande échelle. Les poulets nourris avec du maïs et du soja brésiliens ne peuvent être vendus plus chers que des poulets brésiliens… Beaucoup d’agriculteurs considèrent cependant qu’il leur faut poursuivre avec les formes actuelles d’agriculture industrielle, quitte à considérer les problèmes environnementaux et sanitaires engendrés par celles-ci comme étant relativement secondaires…

« Je vous nourris et moi, je meurs »  Lire la suite »

Gabriel Attal, anti-écolo… comme Macron

Dans notre système français d’un président élu au suffrage universel, le 1er ministre n’est que la voix de son maître, aujourd’hui Emmanuel Macron. L’écologie sera donc absente avec Gabriel Attal, nommé 1er ministre le 9 janvier 2024.

Sur ce blog, nous nous étions penchés en octobre 2016 sur les positions d’Emmanuel Macron en matière d’écologie quand il était encore ministre de François Hollande. Il était pronucléaire sans sourciller : « Le réchauffement climatique est d’une actualité pressante. Grâce à utilisation de l’énergie nucléaire, la France est parmi les pays les plus décarbonés des pays développés. » Macron faisait une confiance absolue à la croissance : « La France dispose de grande marges de progression dans le domaine l’efficacité énergétique, c’est l’objet de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte ainsi que 4 des 9 solutions industrielles qui composent la Nouvelle France Industrielle. » Macron adoptait le mythe contemporain du progrès technique in(dé)fini : « Le moteur de la transition, c’est l’innovation industrielle autant que l’innovation des business model. Toutes ces innovations (ndlr : non précisées) impliquent des créations d’entreprises et des emplois. » Macron était aussi pour l(’impossible) perpétuation du mode de vie actuel : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » ….

Gabriel Attal ne sera qu’un fidèle macroniste qui va donc ignorer l’urgence écologique… comme son maître.

Donnons quelques détails grâce au site Reporterre

À 34 ans, le CV de Gabriel Attal est déjà bien rempli. Mais il n’a jamais exprimé un intérêt pour les questions écologiques. Formé à l’élitiste École alsacienne, puis à Sciences Po Paris, il fréquente les ministères depuis ses 23 ans. Attal est entré en 2012 dans le cabinet de la ministre socialiste de la Santé Marisol Touraine. Attal a été élu député des Hauts-de-Seine de la majorité présidentielle en 2017. Dès octobre 2018, Attal est entré au gouvernement en tant que secrétaire d’État à la jeunesse… L’écologie, dans ce chemin bien tracé, n’a été qu’une question annexe.

Porte-parole du gouvernement en mai 2021, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal : « Notre conception de l’écologie n’est ni celle de LR – qui vote systématiquement contre tous nos textes en faveur de l’environnement – ni celle des Verts qui ne voient comme seule solution que taxer et punir… Nous, on ne dit pas aux jeunes : “Demain, vous ne prendrez plus l’avion”, mais : “on met les moyens pour inventer l’avion de demain.” » En octobre 2021, Attal s’en est pris pendant la campagne présidentielle au programme de l’écologiste Yannick Jadot, qui relève selon lui de « l’écologie punitive ». « Quand on parle de fin du nucléaire, si on n’avait pas le nucléaire, la facture d’électricité des Français, elle s’envolerait en ce moment », a-t-il alors ajouté.

En novembre 2022, invité à s’exprimer sur « l’écologie radicale », Attal fustigeait le soutien des députés Europe Écologie-Les Verts (EELV) ou La France insoumise (LFI) aux manifestants contre les mégabassines. Et Attal approuvait déjà une possible dissolution des Soulèvements de la Terre, s’affirmant comme un soutien de la ligne Darmanin au gouvernement : « Je pense qu’il faut tout regarder. On a eu la main lourde et on l’a régulièrement en Conseil des ministres. On dissout régulièrement des groupes violents, qui ne respectent pas les valeurs de la République. »

Ministre délégué aux Comptes publics, en juin 2023, Attal marquait clairement ses priorités : « S’endetter pour investir notamment dans la transition écologique, on ne peut pas se le permettre. »

Le parcours du nouveau Premier ministre ne semble guère laisser espérer mieux pour les mois et années à venir. Dans son discours lors de la passation de pouvoir avec Élisabeth Borne, il n’a d’ailleurs pas eu un mot pour l’écologie, tout juste a-t-il évoqué « l’avenir de la planète », en sixième position dans ses priorités. Les trois « axes majeurs » de sa future action qu’il a souhaité mettre en avant sont le travail, « la libération de notre économie (…) avec la simplification drastique de la vie de nos entreprises » et la jeunesse.

Son premier déplacement comme nouveau Premier ministre était, dès le 9 janvier, dans le Pas-de-Calais inondé. L’occasion de constater les dégâts humains et matériels causés sur le sol français par le changement climatique. Répétera-t-il aux sinistrés des inondations que la priorité est à la dette plutôt qu’à la crise écologique ?

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Libre circulation et droit de propriété

Pour protéger la nature, il faut la connaître. Et pour la connaître, il faut pouvoir y accéder. On comprend mal l’impérieuse nécessité de venir, en 2023, sanctionner des usagers de la nature, à l’heure où il faudrait changer de fond en comble notre rapport à elle. Mais la loi est toujours soumise à interprétations diverses….

Tribune de 50 personnalités : La loi du 2 février 2023 vise « à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée » ; le simple fait de traverser une propriété rurale ou forestière, sans même l’endommager, constitue une contravention de quatrième classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros. Si la France est depuis longtemps attachée à la liberté d’aller et venir, elle est également protectrice de la propriété privée. Nous souhaitons ouvrir un débat sur l’opportunité de faire évoluer notre législation pour garantir à tous, dans une perspective démocratique, le libre accès aux espaces naturels.

Le point de vue contrasté des écologistes

Camtaoij : J’ai du mal à comprendre en quoi la nouvelle loi serait mauvaise. Avant, sur son terrain privé, on pouvait mettre un grillage qui interdisait l’accès aux promeneurs. La nouvelle loi l’interdit. En contrepartie, les propriétaires peuvent poser des panneaux interdisant l’accès, ce que seule infime partie d’entre eux voudrait faire.

ti Gilou : Derrière cette loi on reconnaît le lobby des chasseurs  » hauts de gamme », ceux qui chassent à courre ou dans les grandes propriétés, . Bref les copains de Larcher et de Macron, ceux qui aiment mutualiser les pertes et privatiser les bénéfices.

Tri : Par contre, les chasseurs ont le droit de traverser les propriétés privées. Cherchez l’erreur.

JC Bonnier : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité (Article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen).

MCC : En quoi les propriétaires de ces espaces seraient ils « privés » de leur propriété ? Vous m’expliquez ?

Pierre-M. : Il ne s’agit pas d’ôter le droit à la propriété. Juste de donner un droit de passage sur des terres qui ne sont ni habitées ni exploitées.

Albanhautesavoie : Il serait temps de revoir la notion de propriété privée. De quel droit un être humain pourrait-il être propriétaire de vastes espaces naturels? La nature est un bien commun qui ne devrait pas pouvoir être privatisé.

Pm22 : 1) les forêts de l’Etat sont libres d’accès. Pas de chasse le dimanche. 2) les forêts privés sont souvent traversés par des chemins publics (communales, etc.) qui sont libre d’accès. 3) une forêt est un outil de travail, ce n’est pas un terrain de jeu. Vous devez rester sur les chemins et vérifier qu’aucun panneau ne vous en interdit l’accès.

Alphabet : J’ajouterai que le libre accès à la nature ne saurait se faire qu’à pied, pas à cheval, pas à vélo et … surtout pas à moto ou en quad comme je le vois faire trop souvent.

Brutus : Une forêt saine et durable est une forêt sans promeneurs et sans chasseurs.

NB : La loi du 2 février 2023 est d’abord faite pour faciliter la libre circulation de la faune sauvage, ce que ne dit pas cette tribune.

Art. L. 372-1.-Les clôtures implantées dans les zones naturelles ou forestières délimitées par le règlement du plan local d’urbanisme en application de l’article L. 151-9 du code de l’urbanisme ou, à défaut d’un tel règlement, dans les espaces naturels permettent en tout temps la libre circulation des animaux sauvages. Elles sont posées 30 centimètres au-dessus de la surface du sol, leur hauteur est limitée à 1,20 mètre…

Art. 226-4-3.-Sans préjudice de l’application de l’article 226-4, dans le cas où le caractère privé du lieu est matérialisé physiquement, pénétrer sans autorisation dans la propriété privée rurale ou forestière d’autrui, sauf les cas où la loi le permet, constitue une contravention de la 4e classe. »

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Apprendre aux enfants à ne pas croire au père Noël

Une enseignante remplaçante du New Jersey a annoncé à ses élèves, âgés de 6 et 7 ans, que le père Noël n’existait pas. Face au traumatisme enduré, le directeur de l’école élémentaire a envoyé une lettre aux parents pour s’excuser et leur recommande de « prendre les mesures appropriées pour préserver l’innocence des enfants ». L’enseignante a été renvoyée. Elle aurait du être remerciée, félicitée, montrée en exemple.

Car l’innocence des enfants est exploitée, dénaturée. le Père Noël est devenu le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde. Tous ces marchands de rêve et d’illusion, véritables pirates des aspirations enfantines, colporteurs mercantiles de l’idéologie du flic, du fric, du flingue, sévissent dans les médias et les devantures.

« Sauter à la corde ou jouer au ballon devient un exploit quasi contestataire sur des abords d’immeubles transformés en parking. Quelles sont les tendances d’enfants élevés dans un milieu naturel et n’ayant pas à souffrir du poids des divers modes d’intoxication ? Ils courent, ils jouent dans les flaques, se roulent dans la boue, ou tentent de percer les mystères de « papa-maman ». Ils vivent, pensent, créent. Refouler ces pulsions naturelles est donc le but criminel de notre société. Le système des marchands au pouvoir a dit : J’achète le Père Noël. Les marchands tuent l’enfant, tuent les parents, tuent le jouet. »( la Gueule ouverte, janvier 1973)

Noël est une chiotte ignoble et on va plonger nos gosses là-dedans ? Mais faut bien faire plaisir au gamin ! D’ailleurs ces jeux sollicitent de plus en plus de consommation électrique. Allez, tenez, on va fantasmer un peu : bientôt pour construire des EPR nucléaires, EDF s’adressera à nos gosses et leur proclamera la nécessité de l’atome pour fournir de l’électricité à leurs jouets électroniques.

En tant que grand-père, j’ai été horrifié par ce ballon qui, quand on l’envoyait plus loin, disait « suis-moi, suis-moi »… à ma petite fille de deux ans !

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Démographie responsable, écologie efficace

La sagesse de l’éléphante

Une démographie responsable pour une écologie efficace

de Bernard Bousquet

Ingénieur des Eaux et Forêts, docteur en écologie, Bernard Bousquet s’était spécialisé dans la préservation des aires protégées. De son expérience professionnelle, il a tiré une conclusion sans langue de bois : « Ce n’est pas être réactionnaire, néofasciste, misanthrope ou je ne sais quoi d’autre, que de se soucier de la densité d’occupation humaine d’un territoire, et par extension de celle d’un pays, c’est au contraire être au cœur de l’écologie… Alors que la Terre se dirige vers les 9 ou 10 milliards de Sapiens au milieu du siècle, souvenons-nous qu’aucune espèce de grand mammifère n’y a jamais dépassé les quelques millions d’individus. »

Il a proposé le terme d’écodémographie en le définissant par rapport aux ressources naturelles plutôt que par rapport aux ressources alimentaires comme le faisait Malthus en son temps.

Quelques éléments du sommaire sont significatifs de son état d’esprit :

– L’invasion planétaire des sapiens

– L’étonnante myopie démographique des Verts

– Surpopulation, le mythe devenu réalité

– Croissance démographique vs sobriété énergétique

– Réchauffement climatique, surchauffe démographique

– Démographie/écologie : je t’aime, moi non plusieurs

– Plus de population, moins de zone habitables

– Pandémies : ripostes naturelles à la surpopulation humaine ?

– Mégapoles et bidonvilles

– Le spectre de la faim

– Le poids de la démographie africaine

– Les enfants, un « don de dieu » ?

– Le mythe du « bénéfice démographique »

explication du titre : L’éléphante a la capacité d’espacer ses naissances lorsque les conditions vitales se détériorent, les humains font tout l’inverse. Ne serait-il pas temps de nous inspirer de la sagesse de l’éléphante ?

Une recension du site « écologie radicale »

https://www.ecologie-radicale.org/media/editos/2126-demographie-la-sagesse-de-l-elephante

La sagesse de l’éléphante », tel est le titre d’un livre important consacré au tabou démographique par notre ami Bernard BOUSQUET, livre publié aux éditions « Libre et solidaire ».
L’auteur constate que par lâcheté ou ignorance, les leaders politiques, les essayistes et les commentateurs patentés n’osent pas examiner objectivement le défi démographique. Tous déplorent le réchauffement planétaire, l’altération de l’atmosphère, la mort de la biodiversité, la dégradation du cadre de vie des hommes sans aller à la racine du problème.
Si nous émettons des gaz à effets de serre, si le béton, l’asphalte et le bitume coulent à flots, s’il faut sans cesse davantage de logements et d’infrastructures, c’est tout simplement parce qu’il y a trop d’humains à loger, nourrir, amuser, transporter.
Mais cette vérité évidente est interdite, iconoclaste, refusée par les uns qui veulent sans cesse davantage de bons petits blancs bien racés, d’autres qui font de l’immigration créolisante un but idéologique. Nous qu’indiffèrent les dogmes xénophobes et inversement les adorations exogènes, nous osons le dire : la bombe démographique n’est pas pour demain, mais pour aujourd’hui et notre espèce compromet par son omniprésence et ses exactions la survie de toutes les autres espèces, des bactéries du sol aux grands prédateurs. En une cinquantaine d’années, les hommes sont passés de deux milliards à huit milliards sur la Terre et au nombre, l’espèce ajoute ses nuisances par sa cupidité insatiable et sa cruauté sans pareille.
Historiquement, l’homme agit en grand exterminateur. Il veut dominer, exploiter et artificialiser, sans conscience de ses nuisances. Il en résulte une aseptisation des sols, une pollution de tous les milieux, un climat malade, une extinction de toutes les autres formes de vies…

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Limites planétaires franchies => décroissance

Nabil Wakim : le concept de « limites planétaires » est scientifiquement établi. Il provient d’une étude internationale réalisée en 2009. Elle fixe neuf limites à ne pas franchir pour que l’écosystème terre continue de fonctionner d’une manière qui soit vivable pour les humains. Six sont déjà considérées comme dépassées.

  • Le changement climatique ; Nous émettons trop de gaz à effet de serre, surtout à cause de notre usage des énergies fossiles.
  • L’érosion de la biodiversité ; chaque année, entre cent et mille extinctions sur un million d’espèces sont enregistrées – la limite planétaire est fixée à dix, elle est donc largement dépassée.
  • La déforestation aussi appelée le changement d’usage des sols ; l’indicateur retenu est la perte de forêts, compte tenu du rôle qu’elles jouent dans la préservation de la biodiversité et de leurs effets sur le climat. Cette limite implique de préserver 75 % des surfaces forestières d’avant 1700- – nous sommes aujourd’hui à 62 %.
  • la pollution à l’azote ; L’azote est nécessaire à la vie. Le problème, c’est qu’en trop grande quantité, il ne peut plus être absorbé par les plantes et déséquilibre le fonctionnement des écosystèmes. Ce qui est en cause ici, c’est l’usage d’engrais chimiques de manière massive. Cette frontière est très largement dépassée.
  • La pollution chimique ; il s’agit de la quantité de « nouvelles entités introduites dans l’environnement », et cela recouvre aussi bien les plastiques que les pesticides, les solvants, les polluants organiques persistants, etc. Cette limite est jugée dépassée compte tenu de la masse de polluants produits et de leur dissémination.
  • L’utilisation de l’eau douce ; vitale pour les vivants, elle ne représente que 3 % de l’eau disponible sur terre. Cette limite est considérée comme partiellement franchie depuis 2022, notamment pour l’eau « verte » celle nécessaire aux végétaux.
  • L’acidification des océans ; c’est une conséquence directe de l’utilisation des énergies fossiles, puisque les océans absorbent de plus en plus de CO₂. Résultat : ils deviennent plus acides et cela menace la vie marine, la reproduction des espèces et la chaîne alimentaire (y compris celles des êtres humains !).
  • Les aérosols ; il ne s’agit pas de déodorants, mais des particules émises par les énergies fossiles, par exemple les centrales à charbon ou les voitures à essence. Ils ont un impact important sur le climat à un niveau local et un effet majeur sur la santé humaine à travers la pollution de l’air.
  • La couche d’ozone ; la couche d’ozone contribue à protéger les vivants des rayons UV du soleil – ce qui permet la photosynthèse des plantes et évite les cancers de la peau. Grâce à un accord international en 1987, l’utilisation des gaz responsables de sa destruction a été fortement réduite.

Le point de vue des écologistes décroissancistes
Sigi Dijkstra : Ces limites planétaires ont pour indicateurs neuf dimensions : eau douce, ozone, CO2, etc… Il en manque une dixième, et de taille, le nombre d’habitants humains. C’est sur cette dimension, et elle seule car elle détermine toutes les autres, que se fera ou non l’équilibre indispensable.

Savinien : Le concept de limites planétaires n’est pas nouveau puisque c’était déjà l’idée du rapport Meadows au Club de Rome en 1972.

Principe Eugenio : Nous serons un cas unique, nous aurons entraîné notre disparition en connaissance de cause, chapeau bas !! Une seule inconnue : la date. Ca sera sans doute long car l’humain fait preuve d’une capacité d’adaptation incroyable. Et tout le monde pense que c’est suffisamment loin pour ne rien faire aujourd’hui qui permettrait d’éviter le drame pour nos descendants. Bref après nous le déluge, c’est humain comme raisonnement.

Imprécateur : Il y a plus de quinze ans, déjà, un simple calcul nous montrait que vers le 14 juillet l’homme avait consommé les ressources élémentaires eau, air etc. nécessaires à la vie. Nous n’étions que quelques milliards, on dépasse les 8 en novembre 2022 ! Dans un espace clos et bien défini aux ressources limitées une population ne peut s’accroître indéfiniment. On peut évoquer les souris de labos. Et, elles, ne roulent pas en Suv et ne consomment pas 75 kg de barbaque par an, ne prennent pas l’avion sur un coup de tête ! Où est l’erreur ?

Mustafa : OK. Donc, d’une part on s’achemine à coup sûr vers la fin, et, d’autre part, on se massacre encore pour des raisons religieuses (Israël-Palestine) ou pour des raisons incompréhensibles (Russie-Ukraine). En gros, c’est comme si dans une maison en feu, les habitants se battaient pour la télécommande de la télévision. Nous sommes fichus. Dommage, car la planète était bien belle, et ses habitants pleins de potentiel (enfin, manifestement, pas tous).

Pm22 : Philippulus est formel : l’apocalypse c’est pour demain ! Sauf, sauf… Si vous ne mangez plus de viande, si vous roulez en trottinettes mécanique, si vous avez des toilettes sèches, si vous faites de la permaculture de tomates cerises sur votre balcon … Etc. La Planète sera sauvée et Greta est sa Prophète.

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La Société francophone d’économie écologique

extraits : L’empreinte écologique, l’analyse de cycle de vie, la dette écologique… Ces travaux mettent en évidence l’encastrement des systèmes socio-économiques dans la biosphère, principe de base de l’économie écologique que nous promouvons. Malgré l’échec des remèdes proposés par les économistes libéraux, ceux-ci occupent une large place dans l’espace médiatique, marginalisant de fait les contrepoints. L’économie écologique critique l’idée d’une croissance verte et d’un possible découplage entre la croissance économique et ses impacts environnementaux…

Réduisons la production et la consommation !

extraits : Il n’existe aucune base empirique indiquant qu’il est possible de découpler globalement et suffisamment la croissance économique des pressions environnementales. La poursuite d’une croissance économique sans fin par les pays à revenu élevé est un problème car elle réduit ou annule les résultats des politiques environnementales. Le chaos climatique actuel et l’effritement de la toile de vie dont dépend notre société constituent une menace existentielle pour la paix, la sécurité hydrique et alimentaire, ainsi que la démocratie. Cela appelle une réduction démocratiquement planifiée et équitable de la production et de la consommation, parfois appelée « décroissance », dans les pays qui outrepassent leurs ressources écologiques…

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A69, quand le futur combat le passé

Le 24 septembre 2023, deux cents scientifiques toulousains d’entre eux avaient réclamé l’abandon de l’A69 (une nouvelle autoroute) dans une lettre ouverte à Carole Delga, la présidente (socialiste) de la région Occitanie, qui soutient le projet. Le 4 octobre 2023, ils sont 1 500 scientifiques à signer une lettre ouverte, publiée par L’Obs, pour dénoncer ce même projet.

« Nous, scientifiques de différentes disciplines et de différentes institutions de recherche françaises, considérons que ce projet maintient la France sur une trajectoire incompatible avec la transition écologique telle qu’inscrite dans la loi ».

Valérie Masson-Delmotte, qui a coprésidé le groupe 1 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) : « Ce projet [l’A69] a été pensé à un autre moment [l’origine de ce dossier remonte à une trentaine d’années] et se retrouve anachronique ».

A cette levée de boucliers s’oppose le négationnisme politique.

Clément Beaune, ministre des transports : « On ne peut pas avoir comme critère de décision des tribunes ou des actions, aussi sincères soient-elles, quand des décisions démocratiques et des recours juridiques ont été utilisés. »

Antoine Pellion, à la tête du secrétariat général à la planification écologique : « Il faut continuer d’améliorer les interactions avec les scientifiques, et donner plus d’explications dans les cas où l’on ne suit pas leurs recommandations, en précisant les éléments additionnels que l’on prend en compte, sociaux ou économiques par exemple, et qui justifient que l’on s’écarte de leurs avis. »

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A69, la logorrhée des imbéciles aveugles

extraits : Sur ce blog biosphere, nous essayons d’améliorer notre niveau d’intelligence collective. Mais sur la manif contre l’A69, quand on lit les commentaires que font des abonnés du MONDE, pourtant normalement doté d’un cerveau en bon état,… c’est à désespérer. L’avenir est bouché, mais nous l’auront bien cherché !…

autoroute A69, inutile et imposée

extraits : L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension, « Montagne d’or » de Guyane, ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, « grand contournement ouest » de Strasbourg, LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, ferme « des mille vaches », projet de Center Parcs, méga-centre commercial Val Tolosa, projet Europacity à Gonesse…Tous les domaines de la société thermo-industrielle sont concernés, énergie, transports, agriculture, activité minière, société de consommation et de loisirs. Pourtant on persévère dans l’erreur, prolonger une société à bout de souffle.

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Six risques catastrophiques pour l’humanité

Une nouvelle étude nous annonce qu’on est foutu. Ils disent « basculement » comme d’autres parlaient d’effondrement.

LE MONDE avec AFP : Un rapport de l’université des Nations unies, publié le 25 octobre 2023, met en garde contre six menaces qui pourraient faire basculer des systèmes indispensables à la vie humaine. Le concept de point de basculement climatique est désormais régulièrement utilisé par les scientifiques : l’effondrement de la calotte glaciaire du Groenland ou celui de la forêt amazonienne en sont des exemples. On ne fait que créer une nouvelle catégorie, les « points de bascule de risques », qui se concentrent sur l’interaction entre la nature et des systèmes construits par les humains. L’analyse alerte sur certaines menaces déjà souvent décrites, comme la fonte des glaciers ou la disparition d’espèces animales. Mais elle met aussi en valeur certains risques moins souvent cités :

  • L’accumulation de débris spatiaux menaçant de créer des collisions en chaîne qui pourraient rendre l’orbite terrestre inutilisable pour nos satellites ;
  •  Le système d’assurance : avec la multiplication des catastrophes, leurs prix augmentent, et certains assureurs se retirent même de certaines zones, laissant les populations sans filet de sécurité ;
  • L’épuisement des eaux souterraines, utilisées en majeure partie pour l’agriculture, afin de compenser le manque d’eau. En Arabie saoudite, ces puits sont déjà asséchés, note le rapport, et l’Inde est également proche du point de bascule.

Selon le rapport, les solutions mises en place aujourd’hui cherchent surtout à retarder les points de bascule, plutôt qu’à réinventer les systèmes de fonctionnement.

Le point de vue des écologistes pas rassurés

Dav : Retarder le point de bascule … Il faut croire que l’être humain n’aime pas ses enfants à naître.

Nemorosa : Ce qui est bien c’est qu’il y a de multiples risques et de multiples conséquences mais que la cause et unique et connue : le capitalisme. Merci pour votre attention

Athanase : Oui mais quelle est la cause du capitalisme ? Réponse: Homo Sapiens. Ergo, HS creuse lui-même sa tombe et peut-être ne sait-il rien faire d’autre.

Me2 : Rappels: le PNUE (Programme de Nations Unies pour l’Environnement ), émanation directe de l’ONU a été créé en 1972. Le GIEC est créé en 1988 à la demande du PNUE et de l’Organisation Météorologique Mondiale et en 1992, au Congrès de Rio, la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique qui passe la main aux COPs pour les « actions concrètes ». Résultats depuis 1972 : NEANT. Le machin, comme disait de Gaulle, est aussi inutile pour l’environnement et la protection mondiale de la santé que la SDN en son temps pour empêcher les conflits mondiaux. Aucune décision contraignante (même pas suggérée) pour tenter d’arrêter le réchauffement climatique à sa base ou l’effondrement de la biodiversité en mettant en place une réglementation mondiale.

Taz : Le risque le plus évident est toujours un non dit, la guerre généralisée, sur tout le spectre de la guerre civile à la guerre mondiale, sur toutes les modalités du terrorisme au nucléaire.

Lukamanoir : A mon avis, les plus grands risque de catastrophe imminente sont : La bêtise, La haine, Les peurs, Les religions, Et leur conclusion, les guerres.

Bof : Malgré le nombre d’articles dans la presse nous informant des conséquences du mode de consommation des pays dits « avancés », rien ne bouge, tant au niveau des particuliers que des gouvernements. Exemple : Les aéroports sont plein de voyageurs, les villes de province continuent à subventionner les compagnies aériennes et le kérosène n’est toujours pas taxé. Pire, lorsque des individus, alarmés par lesdits articles, protestent contre bassines et autoroutes, l’État leur envoie force CRS et les qualifie d’écoterroristes. Cerise sur le gâteau, de nombreux contributeurs du Monde qualifient ces jeunes bien informés de bobos parisiens hors sol. A se demander qui est hors sol, c’est à dire qui ne tient pas compte du danger de la situation actuelle.

Michel SOURROUILLE : Si on résume les commentaires précédents, les causes du collapse sont multiples, le capitalisme, et donc Homo demens qui le propulse, le croissancisme, et donc le capitalisme qui l’exacerbe, la surpopulation qui multiplie les conducteurs et donc les automobiles, nos chers dirigeants qui mettent le long terme dans leur poubelle, le confort et la démocratie qui ne permettront jamais de changer les habitudes, la technologie qui nous rend malade et qu’on appelle au secours, l’impossibilité dans ce contexte d’énoncer des mesures désagréables. Or la mégastructure (réseaux technologiques comme organisationnels) est devenue tellement obèse que c’est l’arrêt cardiaque ou l’embolie pulmonaire assurée quoi qu’on fasse (ou non). Donc il suffit d’attendre l’effondrement de la société thermo-industrielle. Cqfd.

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« Au bord de l’effondrement » dit un rapport

extraits : « Si l’humanité a immensément prospéré ces dernières décennies, la manière dont nous avons atteint cette prospérité fait qu’elle a été acquise à un coût dévastateur pour la nature », indique en 2021 un rapport de 600 pages commandé par le gouvernement britannique. Le produit national brut (PNB) par habitant a doublé au niveau mondial depuis 1992 mais le « capital naturel » (plus précisément l’estimation des bénéfices que les humains tirent de services offerts par la nature) a chuté de 40 % par tête. « Nous sommes totalement dépendants de la nature, » avertit dans la préface David Attenborough. « Elle nous fournit l’air que nous respirons et tout ce que nous mangeons. Mais nous l’abîmons tellement que beaucoup de ses écosystèmes sont au bord de l’effondrement…

Toute mégastructure implique l’effondrement

extraits : Le pouvoir véritable n’est ni dans les assemblées politiques, ni parmi les dirigeants des entreprises, encore moins dans la rue, le pouvoir est celui de l’état de nos infrastructures matérielles et superstructures organisationnelles à un moment donné.Mettre à bas cette structure socio-économique ne peut pas être pensé aujourd’hui, par exemple il n’y a pas d’acceptation possible d’un dévoiturage, le gouvernement ne peut que proposer de remplacer les véhicules thermiques par des électriques

Effondrement en vue, radicalité militante

extraits : Ils affirment avoir marché pour le climat, signé des pétitions, sans succès. Alors les jeunes activistes mobilisés contre l’« inaction » des gouvernements et des grandes entreprises multiplient les coups d’éclat. Pas un jour ou presque sans que l’une de leurs actions n’attire l’attention des médias. Les militants de la cause écologique excluent les attaques contre les personnes, mais peuvent en venir à des destructions de biens. Certaines actions s’apparentent à des sabotages, un mot que certains assument, comme les « Sangliers radicalisés » qui s’attaquent aux golfs, ou le collectif international Tyre Extinguishers organisant des dégonflages de pneus de SUV depuis mars 2022…

Six risques catastrophiques pour l’humanité Lire la suite »

Toute mégastructure implique l’effondrement

D’un côté des militants s’introduisent dans l’aéroport du Bourget pour y planter des arbres et dénoncer « les criminels climatiques », de l’autre le ministre délégué aux transports, Clément Beaune veut mettre fin à certains projets autoroutiers. Convergence des luttes ? En fait l’action directe tout autant que la volonté gouvernementale ne sont qu’incantations. Politiques, chefs d’entreprise ou ménages, nous sommes tous prisonnier d’une mégastructure qu’on ne peut modifier qu’à la marge.

Le pouvoir véritable n’est ni dans les assemblées politiques, ni parmi les dirigeants des entreprises, encore moins dans la rue, le pouvoir est celui de l’état de nos infrastructures matérielles et superstructures organisationnelles à un moment donné. Prenons un exemple, mais on pourrait faire le même genre de raisonnement sur le transport aérien ou la prépondérance du numérique dans l’organisation sociale. La voiture comme consommation de masse n’est que centenaire, à partir de la Ford T en 1908. A l’époque, il n’y avait en France que 1672 voitures, aujourd’hui il y en a 36 millions et beaucoup plus d’un milliard sur la planète. L’invention de l’automobile a incité à multiplier les voies, ce qui a favorisé l’achat d’automobiles, d’où la construction d’autoroutes, la mondialisation du complexe pétrolier, la création d’entreprises vouées à l’automobile, l’encadrement par l’État, etc. Au début du XXe siècle, on n’avait pas besoin de voitures, il n’y en avait pas ; aujourd’hui on en a absolument besoin car la possession généralisée de voitures a entraîné l’éloignement du domicile et du lieu de travail, et l’obligation de fréquenter les parkings des centres commerciaux.

Mettre à bas cette structure socio-économique ne peut pas être pensé aujourd’hui, il n’y a pas d’acceptation possible d’un dévoiturage, le gouvernement ne peut que proposer de remplacer les véhicules thermiques par des électriques.

Les grandes marches pour le climat ne disent rien de comment faire diminuer réellement nos émissions de gaz à effet de serre et les déclarations politiques ne sont que des effets de manche. Les seules prémices d’une remise en question des infrastructures sont issues du mouvement de contestation des grands travaux inutiles et imposés : le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les lignes à grande vitesse, le Stade des Lumières, la tour Triangle, les incinérateurs géants, les centrales nucléaires de quatrième génération, les projets de méga-centre commerciaux ou l’A69… Mais tous ces mouvements ne sont que des appels à freiner la sur-structuration de nos sociétés, pas à déstructurer le système thermo-industriel. Alors, que faire? Attendre une mégacrise qui semble inéluctable.

Dans son livre de 1988 sur l’effondrement des sociétés complexes, Joseph A. Tainter avait montré que confrontées à de nouveaux problèmes, les grandes civilisations accroissaient la complexité de leur fonctionnement en investissant plus encore dans les mêmes moyens qui provoquent leur perte. Le gain marginal d’une complexité croissante décline en effet jusqu’à devenir négatif. Alors tout accroissement de la complexité (et de ses coûts) entraîne la diminution des bénéfices sociaux. L’effondrement économique et social est alors probable, celui de l’empire romain par exemple.

Aujourd’hui nous avons créé des systèmes gigantesques et monstrueux qui sont devenus indispensable au maintien des conditions de vie de milliards de personnes. Nous sommes passés en un siècle d’une société de circuits courts à des relations mondialisées où il n’y a plus d’autonomie possible. Le volume du commerce mondial a augmenté de 4 500 % entre 1950 et 2022, chaque humain est devenu complètement dépendant de flux transnationaux. L’omniprésence des complexes sociotechniques a rendu les personnes extrêmement hétéronomes, c’est-à-dire dépourvues des capacités de retrouver quelques îlots d’autonomie. Dans nos sociétés, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans supermarché, sans carte de crédit et sans station-service. Lorsqu’une société devient hors-sol, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre, la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure s’écroule, c’est la survie d’une grande partie de la population qui pourrait ne plus être assurée.

L’effondrement d’une civilisation suréquipée peut être très rapide. Plus le niveau d’interdépendance des infrastructures est élevé, plus de petites perturbations peuvent avoir des conséquences importantes sur l’ensemble. La variation du PIB repose sur des enchaînements qui agissent à la hausse comme à la baisse. Par exemple le multiplicateur de revenu explique en partie la phase d’expansion du cycle, mais aussi la crise. Au niveau financier, le mécanisme est similaire. Lorsque l’économie ralentit, la probabilité d’un remboursement des prêts accordés diminue, entraînant des défauts de paiement et des pertes d’emplois, donc moins de prêts accordés et moins d’argent en circulation. Ce processus s’auto-alimente, et une fois lancé il est très difficile de l’arrêter. Ainsi de la crise des subprimes de 2008. L’économie est aussi très dépendante de la disponibilité des ressources naturelles, en particulier de l’énergie fossile. Rappelons l’analyse de Jean-Marc Jancovici : « Si demain nous n’avions plus de pétrole, ni gaz, ni charbon, ce n’est pas 4 % du PIB que nous perdrions (la place de l’énergie dans le PIB), mais près de 99 %. »

En résumé, une mégastructure se trouve toujours à un moment ou un autre confrontée à des mégachocs. Rappelons la grande crise mondialisée de 1929 suite à un krach boursier, rappelons les premiers chocs pétroliers des années 1970, constatons la fragilité actuelle des approvisionnements de l’Union européenne en énergie ainsi que la volonté croissante des décideurs de faire une pause dans la « transition écologique »…

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à mégamachine, mégacrise (2011)

extraits : LeMonde économie (22 mars 2011) s’interroge : « Et si les effets des mégachocs devenaient insurmontables ? ». Le journal évoque la mégacrise comme résultante du  blocage simultané des différents systèmes socio-économiques « en raison de la désintégration des réseaux d’interdépendance qui les relient ». Mais le dossier est centré sur « qui va payer la facture », pas sur les déterminants fondamentaux et les solutions réelles.  Ulrich Beck résume le problème : « L’extension des risques est consubstantielle à la mondialisation de l’économie industrielle ». Mais c’est l’archéologue Joseph A.Tainter qui nous donne la bonne interprétation, la complexité croissante. ..

La difficulté de démanteler la mégamachine ! (2012)

extraits : Quelle différence, en termes de contenu technologique et de complexité technique, entre une centrale nucléaire et une éolienne industrielle de 5 ou 7 MW ? Ou plutôt un macrosystème de milliers d’éoliennes et de fermes photovoltaïques, reliées par des smart grids permettant à tout instant d’équilibrer offre intermittente et demande variable. Aucune ! On y trouve également des métaux farfelus, une production mondialisée exigeant des moyens industriels à la seule portée d’une poignée d’entreprises transnationales, une installation et une maintenance requérant des moyens exceptionnels (barges, grues, remorques spéciales…), ne pouvant s’appuyer que sur une expertise fortement centralisée, de l’électronique à tous les étages, etc. A mille lieues d’une production autonomie, résiliente, ancrée dans les territoires et maîtrisable par des populations locales…

l’effondrement programmé de la méga-machine (2013)

extraits : Dans nos sociétés complexes, toute notre vie quotidienne repose sur un système mondial de réseaux techniques interconnectés. Derrière une automobile, un grille-pain, un portable, il y a des centrales nucléaires, des lignes à haute tension, des oléoducs et gazoducs, des guerres menées pour assure l’approvisionnement en énergie… A partir du moment où cette méga-machine n’est plus alimentée par une énergie abondant et bon marché, doit-on s’attendre à un effondrement de civilisation ? Voici quelques réponses

Les mégalomaniaques sont au pouvoir

extraits : La tour de Babel s’est effondrée, les monuments en Égypte étaient recouverts par le sable, des pyramides étaient enfouis dans la jungle au Mexique ou au Cambodge et aujourd’hui nos tours se veulent plus haute que le ciel, Elon Musk veut terraformer la planète Mars et tous les dictateurs se construisent des palais grandioses. Plus les difficulté socio-économiques et/ou écologiques sont délétères, plus les dirigeants font dans la démesure … c’est la perte du sens des limites qui signera notre perte...

La mégalomanie de Jeff Bezos, un affront

extraits : Notre époque a besoin de sobriété dans un contexte de raréfaction des ressources, et pourtant on cultive la démesure, la mégalomanie, ce comportement pathologique caractérisé par le désir excessif de gloire et la folie des grandeurs. Ainsi cet article sur Jeff Bezos

Encore une méga-chose qui s’éclate !

extraits : Le « Starship », la mégafusée de SpaceX, explose en vol trois minutes après son premier décollage. Elon Musk lui-même avait reconnu, à l’occasion d’une conférence, qu’il n’y avait qu’une chance sur deux pour que le Starship atteigne l’espace. L’idée de SpaceX consiste à enchaîner les essais jusqu’à ce que cela fonctionne…

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A69, la logorrhée des imbéciles aveugles

Sur ce blog biosphere, nous essayons d’améliorer notre niveau d’intelligence collective. Mais sur la manif contre l’A69, quand on lit les commentaires que font des abonnés du MONDE, pourtant normalement doté d’un cerveau en bon état,… c’est à désespérer.

L’avenir est bouché, mais nous l’auront bien cherché !

Commentaires putrides sur le monde.fr

Jean-Charles : Bienvenue en France au pays des émeutiers et des casseurs qui s’en prennent aux forces de l’ordre…

MarcRaph : Ça suffit de tous ces oisifs et assistés qui ne font que saboter ce pays !

Jean Kaweskars : Israël a le Hamas Nous avons le Soulèvement de la terre

jean-claude meyer : Franchement, marre des ces contestataires qui d’ailleurs ne sont pour la plupart pas de la région et qui ne pensent qu’ à utiliser la violence et l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Maxime L. :De gentils zadistzs qui balancent des pierres « parce que c’est hyper violent cette autoroute». Guignols.

MOK : Les baba cool se cherchent un nouveau squat. C’est non. L’exemple de NDDL et de ce qui se passe à Nantes depuis, la dégradation de la ville à cause de ces populations parasites est un point de référence. Faut les dégager tout de suite.

ALBERTO : Imaginez la construction du barrage de Serre ponçon de nos jours, un chapelet d’activistes perchés dans les arbres, un spectacle extraordinaire.

-Alazon- : L’écologisme ne respecte pas la démocratie mais veut imposer par la force ce qui est refusé dans les urnes. Aucun écolo n’a de légitimité pour défendre un platane qui ne lui a rien demandé. Aucun écolo n’a de légitimité pour imposer leur mode de vie à leurs concitoyens. Défendons la démocratie contre ces factieux.

Jf canet : Il est nécessaires d’appliquer la Loi et les procédures surtout si elles découlent de l’application de la Loi, de mises en œuvre démocratiques et du soutien des élus locaux et de ses habitants . Il est donc nécessaire d’evincer une ZAD non démocratique et potentiellement violente très rapidement. Ceci notamment pour restreindre la dictature des minorites, qui sous prétexte d’urgence climatique, mène un combat anti démocratique.

Jean-pierre Hrases : Une majorité de français souhaite des dirigeants à poigne, à constater l’impossibilité de faire entendre raison à ces minorités qui refusent de respecter la loi et la faiblesse des gouvernants. Les forces mobiles auraient elles dû aussi attendre la fin de la manucure de cette pseudo scientifique avant d’évacuer les délinquants et criminels ?

DBok : Il ne faut pas laisser s’installer des ultra-écolos violents et brutaux. Nous sommes en démocratie et il y a d’autres moyens de s’exprimer.

Zitoune s. : Les règles démocratiques de notre démocratie, certes imparfaite, ont toutes été respectées. Le projet peut avoir lieu. Ce n’est pas quelques individus violents et non respectueux des règles démocratiques qui doivent dicter leur loi. Force doit rester à la loi.

V. : Il,y en a marre de tous ces gens qui, sous prétexte écologique, veulent en fait aller à l‘encontre de décisions prises dans un cadre démocratique et, pour cela n‘hésitent pas à commettre des violences et des dégradations.

Sigi Dijkstra : Les écolos rèvent d’un martyr qui pourrait devenir le saint prophète de leur religion. L’essentiel est que son sacrifice puisse donner naissance à une forte icône digne du grill de Saint Laurent et des flèches de Saint Sébastien. Peut-être qu’un énorme bull-dozer Caterpillar jaune et noir fera l’affaire ?

Vacance du pouvoir : Le militantisme « écologiste » va contre l’écologie, en invalidant la loi et la décision prise démocratiquement. Ces actions n’ont de festif que l’excitation de la transgression. Les Français n’ont aucun besoin de ces clowneries face aux grands défis de la transition écologique, pour laquelle il faudra de l’unité, de la légitimité démocratique, des grands travaux publics avec probablement du béton et du macadam, n’en déplaise aux Amish des ZAD.

Astrophy : Donc une infime minorité veut sauver le monde sans demander son avis à ce même monde. A ma connaissance, personne n’a demandé à être sauvé excepté une infime part de la population. On ne fait pas le bonheur des gens contre eux-mêmes.

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Nous sommes tous des (éco)terroristes

Des milliers d’opposants au projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres ont manifesté le 21 octobre 2023 : « Ramdam sur le macadam », « Plus de moisson, moins de béton », « Aux arbres citoyens », « Le 69 oui, l’A69 non », « Amour et rage, no macadam ! ». L’objectif du cortège le plus « déterminé » était une cimenterie de la société Carayon pour y taguer des slogans hostiles à l’A69, et déployer une grande banderole « No Macadam » sur une centrale à béton. Trois camions toupies ont été incendiés. Est-ce du terrorisme ?

Le terrorisme reste difficile à définir tant le mot est polysémique.

Marc Semo : « Il n’a jamais été possible à l’ONU ni à la Cour pénale internationale de se mettre d’accord sur une définition précise, et surtout acceptée par tous, du terrorisme. Le terrorisme n’est pas une idéologie mais un mode d’action qui peut servir les idéologies les plus variées. Ses définitions sont généralement critiquables pour leur caractère tautologique : le terrorisme est ce qui crée la terreur !  Si sa définition reste floue, la naissance de cette notion est bien circonstanciée. C’est la Révolution française, en particulier la Terreur en 1793-1794, qui invente le terrorisme moderne, la chose puis le mot. Les premiers dans l’histoire à être appelés “terroristes” sont les conventionnels envoyés en mission en province pour assurer la répression du royalisme et du fédéralisme. Le terrorisme naît donc en haut, au cœur même de l’État, il est donc possible de parler de terrorisme d’État. Mais le sens du mot s’est désormais inversé. Il désigne une stratégie de contestation violente de l’Etat, au nom des classes exploitées, puis au nom des peuples opprimés. Le terrorisme se pose dès lors comme l’arme des faibles.

Les autorités françaises furent parmi les premières à introduire, dès 1986, une définition juridique. A l’époque, elle visait à sanctionner avant tout des poseurs de bombes corses, des pirates de l’air ou des preneurs d’otages. Dans le code pénal français, le terrorisme est caractérisé comme « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Un exemple contemporain d’application

Le « terroriste », c’est d’abord celui dont on veut délégitimer le combat. Une dizaine de policiers, dont plusieurs encagoulés et équipés d’un bélier, ont sonné le 20 octobre 2023 au domicile de Jean-Paul Delescaut, secrétaire départemental de la CGT dans le Nord. Ils intervenaient dans le cadre d’une enquête ouverte pour « apologie du terrorisme » et « provocation à la haine et à la violence ». En cause, un appel à manifester en « soutien au peuple palestinien en lutte contre l’Etat colonial d’Israël ». Sur ce tract, on y lit : « Les horreurs de l’occupation illégale se sont accumulées. Depuis le samedi 7 octobre, elles reçoivent les réponses qu’elles ont provoquées. » Hamid Chebout, coordinateur de la CGT nordiste  : « Nous avons condamné les actes terroristes du côté d’Israël et des Palestiniens. On est clairs et on assume notre position : nous sommes pour une Palestine libre. »

Dès 1948, Albert Einstein et Hannah Arendt n’avaient pas hésité à employer le mot terroriste à propos du mouvement dirigé par Ménahem Begin.

« A l’éditeur du New-York Times. – New York, 2 Dec. 1948. Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, il y a dans l’état nouvellement créé d’Israël l’apparition du “Parti de la Liberté” (Tnuat Haherut), un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis Nazi et fascistes. Un exemple choquant fût leur comportement dans le village Arabe de Deir Yassine. Ce village, à l’écart des routes principales et entouré par des terres Juives, n’avait pas pris part à la guerre, et avait même combattu des bandes Arabes qui voulaient utiliser comme base le village. Le 9 avril 1948, des bandes de terroristes ont attaqué ce village paisible, qui n’était pas un objectif militaire dans le combat, ont tué la plupart de ses habitants – 240 hommes, femmes et enfants – et ont maintenu quelques uns en vie pour les faire défiler comme captifs dans les rues de Jérusalem. Les terroristes, loin d’avoir honte de leurs actes, étaient fiers de ce massacre et ont invité tous les correspondants étrangers présents dans le pays à venir voir les tas de cadavres et les dégâts causés à Deir Yassin. Au sein de la communauté Juive, le Parti de la Liberté prêche un mélange d’ultra-nationalisme, de mysticisme religieux, et de supériorité raciale.

Le point de vue des (éco)terroristes

Nous sommes tous des écoterroristes !

extraits : Les organisateurs, dont la Confédération paysanne et le collectif Bassines non merci, avaient appelé les volontaires pour un périple en tracteur ou à vélo, appelé « convoi de l’eau », pendant une semaine entre Sainte-Soline et Orléans. Devant les grilles de l’agence de l’eau à Orléans, le 25 août, une petite foule de 600 personnes : « Nous sommes tous des écoterroristes ! » Un clin d’œil aux déclarations du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et à sa décision de dissoudre les Soulèvements de la Terre.

Des éco-terrorisants au parlement !

extraits : La déconsidération de l’écologie prend souvent la forme du sophisme de la pente glissante : exagérer ce qu ’on dit ou prtique pour en dénier la validité. Ainsi le fait de traiter les écolos de Khmers verts, d’Ayatollahs de l’écologie, d’écoterroristes, et même au niveau de nos élus d’écototalitarisme. plus de deux cents élus, dont Christophe Castaner et Bruno Retailleau, défendent la corrida et s’opposent à « l’écototalitarisme » : « Interdire la corrida, c’est interdire une culture et humilier une partie de nos concitoyens. Nous ne l’accepterons pas. Du sapin de Noël à la chasse, du barbecue amical aux rêves d’enfants de devenir aviateur, nous ne voulons pas interdire, normer, supprimer, effacer. Nous sommes des défenseurs acharnés de la liberté, et des opposants résolus à l’écototalitarisme…

Eco-guerriers plutôt qu’éco-terroristes

extraits : Hier comme aujourd’hui, l’histoire montre que les premiers coups de canon d’une guerre ou d’une révolution sont toujours sémantiques. Selon M. Darmanin, la France serait menacée par des armées d’écoterroristes prêts à mettre le pays à feu et à sang au nom de leur dangereuse idéologie et de leur sectarisme. Rien de moins ! Que le ministre de l’intérieur d’un pays qui a été ensanglanté par une série d’attentats terroristes islamistes se permette d’établir un parallélisme de langage avec les actions des écologistes relève de l’indécence, du cynisme et d’une irresponsabilité confondante…

Le terrorisme ne peut que s’amplifier (2020)

extraits : Samuel Paty a été assassiné pour avoir défendu dans sa classe la liberté d’expression et fait ainsi son métier d’enseignant. C’est le prolongement d’une longue série de meurtres perpétrés par un islamisme dévoyé et voyou. Mais cela ne doit pas occulter le fait que le nombre total de morts par ce genre de terrorisme en France est marginal par rapport au résultat des interventions militaires occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye ou au Mali. Avec des menaces aussi visuellement impressionnantes que le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001, on a perdu tout sens des proportions et on réagit avec force à des probabilités très faibles.

Peur du terrorisme, insouciance totale pour le climat (2017)

extraits : Le bais de disponibilité, qui s’appuie sur le vécu récent, maintient la menace au premier plan, et l’incertitude quant à la date du prochain attentat ne diminue en rien cette peur : elle l’amplifie. Par contre le changement climatique n’est pas aussi médiatiquement stigmatisé, et les phénomènes météorologiques extrêmes nous sont dans une certaine mesure familiers. C’est pourquoi l’incertitude concernant ses effets n’instille pas un sentiment de crainte ; il donne la marge de manœuvre nécessaire pour nous laisser croire ce que nous avons envie de croire. La perception du risque est aussi déterminée par l’angle social sous lequel il est observé et c’est l’un des puissants aspects qui tend à diviser les gens.

Ecoterrorisme, les écologistes sont-ils coupables ? (2016)

extraits : « Le terrorisme dont sont accusés ces militants radicaux n’est, selon eux, que la réponse au véritable terrorisme que commet quotidiennement et à grande échelle la civilisation industrielle. Leur slogan traduit parfaitement leur philosophie extrémiste : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » (in Écoterrorisme, de la contestation à la violence (Altermondialisme, écologie, animalisme)

Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat (2015)

extraits : Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une œuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon.

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autoroute A69, inutile et imposée

L’enterrement de Notre-Dame-des-Landes ne faisait que préparer l‘épanouissement de la contestation de tous les GTII, Grands travaux inutiles et imposés. Partout sur le territoire, une cinquantaine de projets d’aménagement suscitent de vives oppositions locales, souvent depuis plusieurs années : déchets nucléaires à Bure, lignes à très haute tension, « Montagne d’or » de Guyane, ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, « grand contournement ouest » de Strasbourg, LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, ferme « des mille vaches », projet de Center Parcs, méga-centre commercial Val Tolosa, projet Europacity à Gonesse… Il n’y a pas que ces exemples, il y a aussi le Stade des Lumières, la tour Triangle, les incinérateurs géants, etc.

Tous les domaines de la société thermo-industrielle sont concernés, énergie, transports, agriculture, activité minière, société de consommation et de loisirs. Pourtant on persévère dans l’erreur, prolonger une société à bout de souffle.

Audrey Somazi : Une rencontre-médiation entre les élus du Tarn et de la Haute-Garonne, concernés par le tracé de l’autoroute A69, ne laissait guère d’illusion sur le maintien d’un projet dont les autorisations environnementales avaient été délivrées en mars 2023.

Christophe Ramond, président socialiste du département du Tarn : « J’ai réaffirmé mon soutien plein et entier à l’autoroute, car il n’existe pas d’alternative. Rien ne peut la remplacer. Dans notre territoire, que l’on ne peut pas abandonner, nous aurons toujours besoin d’un véhicule pour se déplacer »,

Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI, deuxième circonscription de la Haute-Garonne : « La déclaration d’utilité publique date de juillet 2018. Depuis, le dérèglement climatique s’est accéléré. En conséquence, ce projet tel qu’il a été présenté ne peut plus rester en l’état ! »

Jean Terlier, député Renaissance de la troisième circonscription du Tarn : « Il n’y aura ni suspension du chantier, ni moratoire. Aucune décision n’a été prise en ce sens. »

Christine Arrighi, députée EELV de la neuvième circonscription de la Haute-Garonne : « Quatre cents hectares de terres agricoles vont être ensevelis sous du goudron. C’est un massacre »

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Combattre les GTII, Grands Travaux Inutiles et Imposés (2018)

extraits: Nos grands élus, épaulés (et briefés) par les grandes entreprises, se sont comportés comme Louis XIV qui a commandé son château de Versailles et les pharaons qui ont fait ériger les pyramides. Les projets pharaoniques étaient de droit divin dans l’Égypte ancienne : pour la gloire d’un seul, on exploitait tout un peuple. Aujourd’hui on fait croire au peuple qu’on construit des éléphants blancs pour son plus grand bonheur. Sinistre illusion qui couvre la terre de béton ou de trous que la descente énergétique rendra prochainement caduc. Les GTII illustrent à merveille les dérives d’un système productiviste qui ne survit qu’à force de gaspillage énergétique. Les « Trente Glorieuses » sont devenues les cinquante gaspilleuses. Impulser une vaste politique de grands travaux ne répond en rien à la crise écologique qui conduit aux crises économiques et sociales, au contraire cela accélère la course à l’abîme…

En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

extraits: Les actes de destruction opérés contre les GTI deviendront-ils en 2018 un impératif catégorique ? L’écrivain italien Erri De Luca avait déclaré à l’occasion du titanesque chantier du TGV Lyon-Turin : « les actes de sabotage sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un chantier inutile et nocif (1er septembre 2013 sur le Huffington Post)».Quand des députés s’opposent à une loi, au Parlement, ils la sabotent à leur manière. L’Italie est pleine de chantiers abandonnés, des ponts, des routes, des hôpitaux… Il y en a des centaines. D’une certaine façon, ces chantiers-là se sont autosabotés. Partout où il y a de grandes industries, il y a des tragédies écologiques. La défense de l’air, du sol, de l’eau, ça, c’est révolutionnaire. Le devoir moral de désobéissance existe. Le pouvoir est immobile, donc il faut parfois des activistes pour mener le combat, au nom du plus grand nombre.  »…

Le point de vue des écologistes anti-GTII

Martin Pêcheur : Pourquoi ce chapô pour l’article d’Audrey Somazi faussement naïf : « Les élus locaux qui défendent l’autoroute A69 et les opposants au projet ne sont pas parvenus à s’entendre. » Ne faudrait-il pas plutôt écrire : « Les élus locaux qui défendent l’autoroute A69 ne souhaitent pas entendre les opposants au projet »

Train_CH : « Dans notre territoire […] nous aurons toujours besoin d’un véhicule pour se déplacer » : impressionnant, c’est le défaitisme puissance 10 ! En gros, on ne peut rien tenter pour augmenter la qualité de vie de la région, elle est définitivement bloquée au XXe siècle ?

YannSaïk :  » Christophe Ramond, président socialiste du département du Tarn. « J’ai réaffirmé mon soutien plein et entier à l’autoroute, car il n’existe pas d’alternative. Rien ne peut la remplacer. » Peut-être serait-ce plus la présidence du département qui est totalement obsolète face aux enjeux climatiques et sociaux.

Jeanb65 : Comment pourraient- ils s’ entendre ? Comment concilier la doxa totalement infrastructurelle des collectivités et de l’Etat, au service aveugle du tout bagnole et d’ une logique de développement économique aveugle, avec le respect de la nature ?

Vince : Dire qu’il n’y a pas d’alternative est faux. Un élargissement de la route actuelle permettrait d’améliorer les conditions de sécurité (berne centrale…) avec une emprise nettement plus réduite qu’une autoroute. Les présidents de département ne sont pas nécessairement connus pour leur clairvoyance. En réalité ces « responsables » sont plus connus pour leurs conflits d’intérêt (comme cet entrepreneur du BTP qui est aussi vice président des routes…) et pour leur soif de pouvoir que pour leur empathie et leur respect de la nature.

Marie Vaudage : J’étais sur la réserve en voyant cette mobilisation face à un projet qui avait recueilli toutes les autorisations administratives. Mais pour me faire une opinion, j’ai lu le rapport de la dernière commission d’enquête publique (en ligne sur le site de la préf). Les conclusions sont sans appel. D’abord l’AE et le CNPF ont émis des avis (certes consultatifs) qui ne sont pas favorables – délégitimation cinglante de ce projet. Ensuite la commission d’enquête prend bien la précaution de souligner que l’objet de l’enquête qui leur est opposée ne porte que sur les travaux, pas sur le projet, et se permet néanmoins d’exprimer ses doutes quant à la pertinence du projet. Fait rare. C’est définitivement un projet du passé ou un projet de l’époque des grands gâchis financiers et environnementaux.

Célestine : Voilà l écologie selon Macron : le mépris et le refus d examiner un projet vieux de trente ans. Même si « qui aurait pu le prévoir  » du président était preuve d une ignorance stupide, maintenant « on sait » … mais on continue comme avant. La technologie, le business et l’amour de la bagnole, voilà l écologie de ce triste président carbo-fasciste.

Pour en savoir encore plus,

lire le petit livre noir des grands travaux inutiles

autoroute A69, inutile et imposée Lire la suite »

La faute au Hamas ou au sionisme ?

Dans ce monde sans repères, je rappelle mon intime conviction. Nous tous habitants de cette planète, nous avons absolument besoin d’un nouveau sermon sur la Montagne qui édicte de nouvelles règles pour tenter de vivre en bonne entente avec la Terre ; car nos dieux, c’est  le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes… Alors la bible et le coran nous paraîtront désuets, inadaptés, mensongers.  Alors le conflit israélo-palestinien nous apparaîtra pour ce qu’il est, le témoignage de l’impasse historique où nous a mené un passé ethnicisé. Reste la question actuelle, laïque et non religieuse : si j’ai des blindés à ma porte qui veulent forcer l’entrée, qu’est-ce que je fais ? »

Exceptionnellement il ne sera pas question directement d’écologie dans ce post. Mais le conflit entre Juifs et Musulmans nous montre que si un mort est toujours un mort quelles que soient les circonstances de ce décès, cela n’apporte rien à l’analyse. Il faut toujours aller au-delà de l’émotionnel et du parti pris pour pouvoir approfondir une réflexion quel que soit le domaine d’étude.

Tribune au MONDE : Pour défendre la paix, il faut d’abord reconnaître qu’une vie vaut une autre vie. Le temps est à la condamnation sans réserve des crimes et des horreurs perpétrés par le Hamas. Mais Israël a transformé de la bande de Gaza en prison à ciel ouvert, développe la colonisation en Cisjordanie, humilie systématiques les Palestiniens aux checkpoint, tolère exactions et provocations. Entre 50 % et 70 % des forces armées sont occupées à quadriller la Cisjordanie et, parmi ces forces, 80 % servent à protéger les colons. La violence aveugle n’apporte aucune solution, pas plus que le fait de ne pleurer les morts que d’un seul côté. Si rien ne justifie les horreurs perpétrées par le Hamas, il est tout aussi impérieux de dénoncer les violences commises contre les Palestiniens soumis dans la bande de Gaza à un blocus inhumain contraire au droit international. On appelle à la vigilance face à un traitement médiatique et politique occultant ou déclassant certaines victimes et certaines responsabilités.

Commentaires

Très bien cette tribune, pour les civils mourir d’une rafale de Kalachnikov dans un Kibboutz israélien, ou de l’explosion d’un missile dans un immeuble de Gaza, c’est tragiquement la même chose. Le pogrom qu’a commis le Hamas est du terrorisme et donc un crime de guerre, puisque commis en temps de guerre. Mais les représailles inhumaines d’Israël contre les 2,2 millions de gazaouis sont également du terrorisme et tout aussi ignobles. Mais mettre les victimes sur le même plan, c’est totalement ignorer l’élément déclencheur : invasion du territoire israélien… ou de la Palestine ?

Allons à l’essentiel, inutile de dénombrer les morts de chaque côté, cela ne résout pas le problème. Il faut remonter à la source du conflit. La commission universitaire anglo-américaine King-Crane (1919) avait remarqué deux choses : le projet européen sioniste ne pouvait se concrétiser que par la violence (à commencer par la violence de l’occupation militaire britannique) et les sionistes étaient convaincus de leur légitimité : un territoire qui leur serait donné par Dieu. Mais le seul fait de ne pouvoir se concrétiser ce projet que par la violence prouvait l’illégitimité de ce projet. En conséquence la commission concluait qu’il fallait remettre en cause le projet européen sioniste. Elle avait compris que le projet israélien ne pourrait jamais être légitime. Bien entendu, le rapport de cette commission a immédiatement été enterré. Mais 100 ans après, on en est au même point et tout ce qui s’est passé est conforme à l’analyse de la commission King-Crane : le projet israélien ne pourra jamais été légitimé. Ce qui étonne, c’est que des gens trouvent normal de conduire une guerre éternelle.

Si nous voulons que cesse l’engrenage diabolique de l’inhumanité réciproque, devrions-nous ne pas prendre parti ? Non, il faut que les juifs qui ont colonisé la Palestine s’en aillent pour laisser le pays à leurs autochtones. Comme les Français ont quitté l’Algérie qu’ils avaient colonisé après avoir massacré bien des Algériens. L’autonomie des peuples et le respect de leurs territoire d’appartenance est mis en péril par une longue succession de guerres de conquête inutile. Les humains préfèrent se battre plutôt que réfléchir.

Fiche d’approfondissement

Le sionisme vise à la formation d’un foyer national juif, qui correspondrait à peu près à Canaan, à la Terre sainte, une région pourtant déjà occupée par les Palestiniens. Face à l’antisémitisme, ce mouvement gagne en popularité. C’est un nationalisme sans territoire qui apparaît au XIXe siècle et trouver une concrétisation politique avec la déclaration Balfour en 1917 puis l’établissement de la Palestine mandataire à l’issue de la Première Guerre mondiale en 1920, ce qui permet l’accroissement de l’immigration juive sur le territoire. Le terme « sionisme » fait référence au « retour à Sion », Sion étant un synonyme utilisé pour Jérusalem, et par extension « la terre d’Israël ». Le terme apparaît pour la première fois en 1890 sous la plume de Nathan Birnbaum.

L’idée qu’il serait possible de créer ex nihilo un État où des Juifs seraient majoritaires ne pouvait se concrétiser qu’avec l’aval des Grandes Puissances. En 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe tandis que Jérusalem serait un corpus separatum sous administration internationale. L’État d’Israël est proclamé le 14 mai 1948. Israël ne comptait alors que 630 000 Juifs pour 1 340 000 Arabes. Les deux populations indigènes de la Palestine historique (une majorité arabe et une minorité juive) avaient vécu dans une paix relative pendant des siècles avant la Nakba, la catastrophe de la création de l’État d’Israël. Si on se fie au récit de l’implantation sioniste, la Palestine apparaissait vide de toute population. Ce mythe a fortement encouragé l’émigration juive et favorisé le chemin à une des plus importantes dépossessions de l’histoire moderne.

Mais les Espagnols, les Portugais et les Anglo-saxons avaient fait antérieurement de même en Amérique, éliminant les populations autochtones. Pour ainsi dire un « grand remplacement » !

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Le grand remplacement, constante historique

Grand remplacement, nativisme, écologisme

Le grand remplacement… en Australie

Le choc de l’ethnicité en Palestine envahie par des Juifs(2008)

Gaza, une surpopulation carcérale (2023)

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Socialisations sexuelles et variations de genre

La revue Actes de la recherche en sciences sociales (n° 249, septembre 2023) est intitulé « Socialisations sexuelles » : comment nous apprenons à désirer, à fantasmer, à faire l’amour aujourd’hui où, avec qui et comment… Le rôle des adultes dans la formation sexuelle des enfants et celui des moqueries que les petits se jettent entre pairs… Les hommes auraient-il par nature des « besoins » sexuels plus importants que ceux des femmes…. Mais l’essentiel de la revue semble être d’instaurer une nouvelle norme sociale, l’homosexualité.

Par exemple : Le sociologue Kevin Diter met en avant la façon dont parents, professeurs, animateurs produisent et légitiment « l’ordre hétérosexuel » – la conviction répandue selon laquelle l’hétérosexualité est plus naturelle et plus légitime que les autres types de sexualité. Camille Masclet a étudié avec brio la façon dont le coming out LGBT des enfants peut modifier la vision de la sexualité de leurs parents. Sarah Nicaise se penche à la fois sur l’apprentissage et l’entretien du désir lesbien dans un groupe militant « transpédégouine » (féministe, queer et anarchiste). Une « resocialisation sexuelle » n’a bien sûr lieu qu’à certaines conditions, mais elle se traduit dès lors par l’endossement d’une nouvelle présentation de soi – celle de « parent de LGBT » ; par de nouveaux apprentissages, dans le domaine du langage, notamment ; et par de nouvelles représentations du monde et de la sexualité, moins hétéronormatives.

Le point de vue de cisgenres sans doute homophobes

JackBarto : S’il fallait une preuve de plus que les « sciences » sociales ne sont rien d’autre qu’un cloaque militant….

Jeannette : Relâche, on rigole ! Merci pour le terme « transpedegouine »!!! Formidable, le mot trans est devenu sacré, on peut y ajouter tous les mots que l’on veut. Ça va vachement faire avancer le débat !

Four Carlton Gardens : Beaucoup de constructions intellectuelles charabiesques alors que nous pouvons tout simplement admettre que nos voisins de table consomment des tripes à la mode de Caen sans avoir envie d’en manger.

Furusato : L’idée de base de la revue est toute simple : seule l’homosexualité est fondée en nature. L’hétérosexualité est un truc appris à cause d’éberlués qui se fondent sur des clichés, les parents par exemple. Renversement complet donc : l’hétérosexualité est un vaste mirage, l’homosexualité le seul vrai mode authentique d’affirmation sexuelle de soi car dénué de clichés auto-produits. Autant dire qu’affirmer que l’hétérosexualité est un comportement majoritaire relève du règne de l’illusion. L’ai-je bien traduite cette scientificité des Actes de la recherche en sciences sociales dans un numéro qui fera date ?

Edgard Wibeau : En ce qui concerne le mode de reproduction, le règne animal est en effet d’une ennuyeuse uniformité. Il y a bien quelques cas de parthénogenèse chez certains pucerons, d’hermaphrodisme chez des escargots, mais ce ne sont vraiment que des exceptions. Et si l’on en vient aux mammifères, c’est un mâle, une femelle, et puis voilà.

Noibur : Très bien exprimé. La base c’est quand même les organes génitaux faits pour se compléter l’un l’autre pendant l’acte, et pouvant générer de la vie. Les autres façons de faire, respectables n’en sont pas moins des chemins de traverses. Le matraquage qui voudrait que tout soit équivalent, n’y changera rien.

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JK Rowling nie l’identité de genre

 extraits : If sex isn’t real, there’s no same-sex attraction. If sex isn’t real, the lived reality of women globally is erased. I know and love trans people, but erasing the concept of sex removes the ability of many to meaningfully discuss their lives. It isn’t hate to speak the truth. » (Je respecte les personnes trans mais ce ne sont pas des femmes ou des hommes parce qu’elles sont et resteront naturellement (génétiquement) un mâle ou une femelle…)…

Sexe, genre, nature humaine et effet de mode

extraits : Un jour de fin d’année dans mon lycée. Je choisis d’aborder le thème de la conscience par le problème de l’identité de genre. Mes élèves ont une culture générale médiocre, celle que leur a donnée l’école 100% numérique. Quant à leur acuité politique, ils seraient bien en peine de donner une définition acceptable du capitalisme ou de rattacher la formule «de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins» à une quelconque philosophie sociale. Par contre, tous connaissent le «non-binaire» Arnaud Gauthier-Fawas, soutien des personnes LGBTQI2+, pour sa célèbre réplique «qui vous dit que je suis un homme?», assénée au journaliste Daniel Schneidermann…

Sexe et enfant, l’homosexualité en lutte contre la nature

extraits : L’homosexualité témoigne par deux manières différentes de la volonté de s’affranchir des limites naturelles. Il s’agit d’abord de promouvoir une sexualité hors norme, ensuite d’exiger une reproduction qui ne peut être que bizarre. Au niveau sexuel, la possibilité du coït par un couple de lesbiennes est ignorée sauf utilisation d’un godemichet, ce qui ne constitue qu’un succédané de la relation physique entre sexes différents. Entre deux hommes homosexuels, il y a le plus souvent mimétisme : un homme joue le rôle « passif », celui de la femme, offrant son anus faute de vagin et l’autre partenaire se veut « actif », jouant le rôle de l’homme tout en niant la place de la femme. Le coït n’est pas évident, il vaut mieux utiliser un lubrifiant pour faciliter la pénétration…

Homosexualité sans limites = dérive libérale extrêmiste

extraits : La technique se veut toute puissante, franchissant la barrière des espèces et la différence sexuée. Les homosexuels en profitent. Ils réclament non seulement le mariage, mais le droit à avoir un enfant, la procréation médicalement assistée et pourquoi pas demain l’utilisation des souches IPS grâce auxquelles ils pourront produire à la fois des ovules et des spermatozoïdes ; la seule limite des IPS, pour l’instant, étant que l’enfant d’un couple de lesbiennes ne pourrait être qu’une fille.  Les couples d’hommes pourront en outre bénéficier de l’utérus artificiel, simple amélioration de la couveuse pour prématurés*. Le passage du défendu au toléré, puis au légalisé, suit le rythme des innovations techniques et l’emporte sur l’éthique…

La bipédie, origine de notre sexualité très encadrée

extraits : Les anthropologues ont renouvelé l’approche de la sexualité en montrant l’importance de la perte de l’œstrus. La relation entre les sexes est soumise chez les mammifères, y compris les grands singes, à une horloge biologique et hormonale qui détermine les périodes de rut ; pour les humains au contraire, l’absence de cette détermination naturelle met la sexualité sous le signe de la disponibilité permanente. Cette liberté totale fut certainement une des conditions de l’apparition des normes et des interdits qui limitent, dans toutes les sociétés, les usages et les pratiques de la sexualité. C’est pourquoi le mot sexualité est à double sens… Il a un côté positif, relation, sentiment, bien-être, compréhension, échange… Mais aussi un côté négatif : viol, pédophilie, maladies sexuellement transmissibles, SIDA… Et maintenant un côté amusant, beaucoup de nos jeunes ne savent plus s’iels (ils ou elles) sont garçons ou filles !…

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