Effondrement en vue, radicalité militante

Nous voici déjà profondément entrés dans l’effondrement de la société thermo-industrielle, mais nous ne savons pas exactement quelle échappatoire pourrait fonctionner. La seule chose dont nous pouvons être sûrs est la suivante : nous sommes dans une spirale de mort, le temps de la protestation polie est peut-être définitivement révolu.

Rémi Barroux : Ils affirment avoir marché pour le climat, signé des pétitions, sans succès. Alors les jeunes activistes mobilisés contre l’« inaction » des gouvernements et des grandes entreprises multiplient les coups d’éclat. Pas un jour ou presque sans que l’une de leurs actions n’attire l’attention des médias. Les militants de la cause écologique excluent les attaques contre les personnes, mais peuvent en venir à des destructions de biens. Certaines actions s’apparentent à des sabotages, un mot que certains assument, comme les « Sangliers radicalisés » qui s’attaquent aux golfs, ou le collectif international Tyre Extinguishers organisant des dégonflages de pneus de SUV depuis mars 2022. Ce type d’engagement rappelle les années Act Up, quand à la fin des années 1980, des militants se sont lancés dans un activisme intense, n’hésitant pas à interpeller la société, voire à la choquer, parce qu’ils se sentaient foutu ; leur existence individuelle et collective de LGBT était menacée. Mais l’efficacité de ces actions radicales reste incertaine. Elles provoquent souvent l’incompréhension ou la colère de ceux qui subissent les perturbations liées à ces actions. Andreas Malm, auteur de « Comment saboter un pipeline », est fataliste :« Le mouvement pour le climat va inévitablement produire des ailes radicalisées dans un futur proche… à moins qu’il ne se dissolve dans le désespoir général puisque les choses ne vont faire qu’empirer ».

lire, Hymne au sabotage dans Le Guardian

le point de vue des écologistes

Violette : Les jeunes activistes et les autres jeunes ont effectivement de quoi s’inquiéter car les patrons continuent allégrement à ne rechercher que les profits sans égard pour la vie sur la planète Terre. Et quand on entend des politiques parler d’écoterrorisme, d’écovandalisme ou d’écototalitarisme, on doute que les choses vont aller en s’améliorant.

Claustaire : Ce qui est en train de se passer (réchauffement climatique dont nous sommes ici, en Occident consumériste, les premiers responsables) ne peut qu’inspirer un désespoir totalement légitime et compréhensible. Il n’est pas étonnant que les manifestations de ce désespoir puissent être faites avec l’énergie et l’impulsivité du désespoir. Surtout lorsqu’on aurait moins de trente ans et qu’on saurait ne pas pouvoir échapper aux conséquences de la catastrophe en cours, et dont trop de prétendus responsables politiques ou économiques mais aussi de consommateurs irresponsables continuent de se détourner.

Michel Sourrouille : Une référence aux luddites du XIXe siècle est intéressante. Les artisans ont brisé des machines automatiques qui mettaient au chômage beaucoup d’artisans à domicile pour le plus grand profit de l’industrie textile en formation. Deux siècles plus tard, on constate que cette industrialisation à marche forcée a entraîné la croissance économique sans limites et la détérioration brutale des conditions de vie sur Terre. Les luddites avaient donc raison. Mais on a fait à l’époque des lois condamnant à mort pour bris de machines les manifestants, et des luddites sont passé sous les fourches caudines de la raison d’État au service des intérêts économiques. Ce qui veut dire que dans notre système techno-industriel, la protection des biens nuisibles à l’environnement aura sans doute plus de valeur que la vie des manifestants.

Pm42 : Je vous suggère donc de vivre comme les Luddites au XIXème siècle : vous renoncez à la médecine moderne, au dentiste, à Internet, vous regardez vos enfants mourir parce que pas d’antibiotiques… Il n’y a pas eu de détérioration brutale des conditions de vie sur Terre, c’est exactement le contraire vu la croissance économique. Le discours pseudo-écolo réac est hallucinant de négation de la réalité.

Pouic-Pouic : Je résume quelques commentaires, pour faire gagner du temps aux historiens futurs (de cette planète ou d’une autre) : « Il faut sauver l’air des pneus des SUV et s’émerveiller des vitres des musées avant de songer à l’avenir et au présent des espèces encore vivantes sur Terre. » Cela peut nous sembler un peu confus, mais l’historien du futur comprendra.

Lire, Urgence écologique et destructions de biens

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11 réflexions sur “Effondrement en vue, radicalité militante”

  1. En admettant que je sois un patient pour le professeur Foldingue , il n’ en demeure pas moins que vous êtes pour moi le repoussoir absolu…

    Modération @ Marcel
    Commentaire tronqué. Vous n’avez droit qu’à un seul commentaire en principal, et trois en commentaires de commentaires.
    De plus tout commentaire sortant du sujet proposé, ici l’effondrement, ira à la corbeille.

  2. Un commentateur sur ce blog : (Après l’effondrement), « les forces nées du chaos s’ empareront de ces émasculés lâches et les enverront ad patres : sans être un chaud partisan de la violence , une telle situation me fera m’ esbaudir. »

    Le style est certes brutal, mais le fond du débat est bien présent. Si on ne prend pas dès aujourd’hui des mesures radicales pour lutter contre le pillage de la planète, ce sera la brutalité habituelle des humains dans les périodes de stress qui prendra le dessus.
    Un éditorial du MONDE ce jour prône le passage aux 110 km/h sur autoroutes, mesure déjà proposée par la convention citoyenne sur le climat mais refusée par le gouvernement (et toujours inacceptable pour un Gilet jaune). Les demi-mesures ne sont même pas audibles. Selon notre approche sur ce blog, le chaos est donc probable, plus que probable. Cela ne nous empêche pas de scruter la réalité sur ce blog… et d’envisager ce qu’on aurait dû faire.

    1. Si ça peut vous faire plaisir, je suis POUR les 110 km/h.
      Ceci dit la réalité du blog est ce qu’elle est. Si vous voulez continuer à y prôner la radicalité, tout en préservant cette forme de brutalité… afin d’y éviter le chaos… vous savez ce qu’il vous reste à faire. Ce sera alors à mon tour de m’esbaudir.
      Vive le Parti d’en Rire ! 🙂

  3. Ceux qui hurlent à la mort en invoquant constamment la haine (la haiiiiiiiiiiiine) et la violence comme tous ces crétins de bisounours seront les premiers à en faire les frais quand
    les forces nées du chaos s’ empareront de ces émasculés lâches et les enverront ad patres : sans être un chaud partisan de la violence , une telle situation me fera m’ esbaudir .
    Pour les adeptes de la tolérance , des « lumières » , de l’ amour de l’ autre , les temps à venir seront terribles car ils ont perdu tout instinct de survie et la raison du plus fort prédominera
    😁😁😁😁😁

    1. Oui entièrement d’accord !
      D’autant que Michel voit l’humanisme de manière binaire, soit on l’est soit on ne l’est pas ! OR c’est complétement faux, il y a beaucoup de nuance dans l’humanisme ! A chacun sa forme d’humanisme ! Par exemple en voulant abréger les souffrances je veux le faire par humanisme et empathie ! D’ailleurs des infirmières le font dans la clandestinité ! Vouloir abréger les souffrances est un sentiment humain, alors vouloir y procéder a toute sa place dans l’humanisme !

      1. Ce qui là encore ne fait que confirmer ce que, ces temps-ci, je me plais à répéter (La Décroissance juillet 2009). Ce qui du coup en irrite fortement certains et qui finalement ne fait que confirmer le diagnostic.
        Parce qu’il faut bien commencer par nommer les choses par leur nom et appeler un chat un chat !
        Entre celui qui bien sûr n’en est pas à son premier coup d’éclat (pas de lumière en tous cas), et qui non seulement nous prédit mais nous décrit à quoi ressemblera le prochain déchaînement de violence, et qui sans aucune modération balance «une telle situation me fera m’ esbaudir» …
        et l’autre qui lui répond «Oui entièrement d’accord ! [et blablabla]», et qui souhaite pouvoir abréger les souffrances des autres, et patati et patata …
        bref, rien que ces deux-là constituent déjà un formidable cas d’école pour le Professeur Foldingue. Sans parler de cette complaisance qui semble indiquer qu’ils ont entièrement raison.

  4. S’il suffisait de tout péter pour résoudre les problèmes, depuis le temps ça se saurait.
    J’ai toujours dit que même s’il n’y avait plus grand chose à espérer, voire rien du tout, il fallait à tout prix éviter le désespoir. Plus facile à dire qu’à faire, certes.
    En attendant, tout péter ne peut mener à rien de bon. Si certains voient là une solution, pour moi le désespoir est un poison. Le désespoir mène à la violence, et pire à la haine. Qui reste le Summum de la Bêtise. Entretenir et attiser tout ça relève de la pathologie.
    – « Désespoir : Perte de toute espérance, abattement total de quelqu’un qui a cessé d’espérer ; affliction profonde, détresse, désespérance .» (Larousse)

    Autant dire que celui qui en est là, va très, très mal.
    Mal dans la tête, mal partout. Allo Maman bobo ! ( à suivre )

    1. Un proverbe allemand dit « Mieux vaut une fin horrible qu’une horreur sans fin !  » Peut être faut il sacrifier des personnes pour abréger leurs souffrances plutôt que de les maintenir en vie dans la souffrance jusqu’à la fin de leurs jours ?

    2. Heureusement, façon de dire, pour calmer cette souffrance il existe des remèdes.
      Se cogner la tête contre les murs ne peut qu’en rajouter à cette souffrance, bonjour le «remède» ! Le plus radical reste sans conteste le suicide. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, cordes, falaises etc. comme je dis à chacun sa came. Ceux qui manquent de courage peuvent se faire assister. Le suicide n’est que la forme ultime de la fuite, là encore bonjour la «solution» ! Et puis il y a aussi ce très vieux remède, inventé justement à une époque qui fait penser à la nôtre, le stoïcisme. Cette philosophie qui nous apprend à faire avec… afin d’être bien dans sa tête, et donc avec les autres, avec le monde… en attendant.

      – « Rejetons la voie de la violence, qui est le produit du nihilisme et du désespoir. » (Kofi Annan)
      – « L’humour est la politesse du désespoir » (de qui, je n’en sais rien)

      1. Justement, la politesse.
        – « La seule chose dont nous pouvons être sûrs est la suivante : nous sommes dans une spirale de mort, le temps de la protestation polie est peut-être définitivement révolu. » (Biosphère)

        On peut même commencer par ramener ça à une toute petite échelle, celle de ce blog, par exemple. Dialogues de sourds, de vieux disques rayés, et bonjour le cercle vicieux, la spirale de la mort. Au diable la protestation polie et bonjour la protestation malpolie. Donc pas jolie. Malhonnête, violente, haineuse, débile etc. Message insupportable, invivable, ingérable etc. etc. il ne reste donc plus qu’à tuer le messager. Avec ça nous voilà bien avancés.

      2. « Ceux qui manquent de courage peuvent se faire assister. Le suicide n’est que la forme ultime de la fuite, là encore bonjour la «solution» ! »

        Tu me fais bien marrer avec tes formules à la Mimie Mathy ! Genre tu aurais un cancer généralisé, tu t’appuierais sur tes idéologies et tes formules Mimimathiciennes en te disant que tu dois rester courageux en souffrant jusqu’au bout ! Genre tu n’aimerais pas que quelqu’un t’assiste pour couper court à ta souffrance ? Arrête ton char ! Par ailleurs, les femmes qui recourent à la péridurale pour leur accouchement sont des lâches ? Bref, pour toi il faut souffrir pour des prunes juste pour prouver qu’on est courageux et prouver qu’on sait faire preuve d’humanisme ?

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