Macron, Frydman et la lutte contre l’infertilité

Emmanuel Macron vient de faire de la lutte contre l’infertilité son récent combat… pour relancer la démographie française. Mais les choses ne sont pas si simples, et même René Frydman le reconnaît maintenant. Son premier livre en 1986, évoquait « l’irrésistible désir de naissance ». Début 2024, son dernier ouvrage s’intitule « La Tyrannie de la reproduction » !

Donc ce monsieur s’interroge, mieux vaut tard que jamais, surtout après avoir fait son miel (pour ne pas dire son beurre…) sur la Procréation Médicalement Assistée pendant toute sa carrière.

René Frydman : « Traitements de l’infertilité masculine, dépistage génétique préimplantatoire ou encore congélation des ovocytes… Tout cela a d’une certaine manière ouvert le champ des possibles et renforcé la croyance que tout est possible. Cela conduit parfois à une forme d’acharnement chez certains couples, on glisse du « je désire un enfant » à « j’y ai droit ». D’autant plus que, dans notre pays, les techniques de procréation médicalement assistée [PMA] sont prises en charge par la Sécurité sociale, ce qui n’est pas le cas ailleurs. Et je n’ai jamais vu de gestation pour autrui (GPA) hors marchandisation, en dehors de très rares cas. lignes rouges à ne pas franchir ?La plus importante est de ne pas utiliser quelqu’un pour son propre profit. Aujourd’hui, la GPA et demain beaucoup d’autres choses. Un exemple : en Inde, il existe déjà un groupe qui propose de réaliser des greffes d’utérus. Des femmes transgenres pourront-elles aussi demander une greffe d’utérus ?Je pense que c’est une limite à poser. Pour moi, il n’en est pas question.Demain, on pourrait créer des cellules souches à partir d’une cellule de sa peau afin de constituer des spermatozoïdes. Une jeune femme pourrait alors prendre ces spermatozoïdes, faire grandir son enfant dans un utérus artificiel et sera une maman solo et comblée. C’est problématique. »

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Frydman, promoteur infatigable de la PMA

extraits : René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. » En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA…

Loi bioéthique, des techniques sans limites

extraits : La loi bioéthique a été adoptée le 29 juin 2021. On se focalise médiatiquement sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux femmes célibataires ou en couple lesbien. Pourtant nombreux sont les personnes à défendre l’idée que l’ouverture de la PMA pour toutes n’aurait pas dû figurer dans un texte de bioéthique : «  Qui, même au sein des médias, sait réellement ce qui se prépare à travers les évolutions nombreuses que ce texte autorise : Chimères homme-animal, embryons transgéniques, ciseaux génétiques Crispr-Cas9, « bébés-médicaments », autoconservation des ovocytes sans motif médical, gamètes artificiels…

13 février 2011, la bioéthique contre les lois de la nature

extraits : Où s’arrêtent les lois de la Nature et où commence celle des humains ? Pour les humains contemporains, cela paraît évident. La nature leur est soumise et ils peuvent tout faire sans contrainte externe ; tout se joue dans les délibérations sociales. Ainsi la fécondation in vitro est-elle passée dans les mœurs…..

7 octobre 2010, non à la fécondation in vitro

extraits : L’instinct maternel n’existe pas, avoir des enfants n’est pas un droit sans limites. En quoi par exemple la lutte contre la stérilité améliore-t-elle les  relations de l’humanité avec notre Terre-Mère déjà surpeuplée ? La page Planète du MONDE consacre pourtant une page entière au britannique Robert Edwards, nouveau prix Nobel de médecine pour le développement de la fécondation in vitro. Que disent les scientifiques ? René Frydman, « père » d’Amandine, premier bébé-éprouvette français en 1982, conçoit bien que la procréation médicalement assistée soulève une série de problèmes de nature éthique. Mais comme René Frydman est un scientifique au service de la technique, il n’a plus de repères…

8 réflexions sur “Macron, Frydman et la lutte contre l’infertilité”

  1. J’ai l’impression que personne ne capte que Macrelle fait encore une diversion quitte à institutionnaliser la Pma. Un vieux rêve des homosexuels ne pouvant se reproduire et qui doivent aller payer des ventres aux USA.
    Pour être clair une forme d’esclavagisme moderne.
    La soit disant baisse de fertilité des Français est une vaste blague.
    Tout cela est écœurant mais correspond bien aux méthodes de désinformations actuelles.

  2. Didier BARTHES

    En réalité il est possible que toutes ces méthodes artificielles pour booster la fertilité au delà des limites naturelles imposées par l’âge ou les différentes impossibilités d’ordre médical, soient en réalité contre-productives à long terme
    Si les gens qui ont génétiquement des difficultés à se reproduire, le font quand même, il est possible que cette difficulté se propage dans les générations futures (chose par définition impossible dans l’état naturel, la stérilité ne peut se transmettre évidemment les personnes stériles… n’ayant pas d’enfants).
    A terme, quand notre technologie appartiendra au passé, nous serons démunis et une fraction de la population sera… stérile. Et je ne parle pas des effets des composés chimiques laissés dans l’environnement (qui d’ailleurs toucheront aussi le reste du vivant).

    1. – Professeur René Frydman : «L’âge est le facteur majeur de l’infertilité» (Le Figaro hier)

      Vouloir faire des enfants passé un certain âge (?), c’est évidemment débile. Et c’est un problème, que semble découvrir René Frydman. Parce que le Travail etc. beaucoup de femmes reportent à plus tard le projet d’un enfant. Et quand le moment est venu, souvent il est trop tard. Et là c’est le parcours du combattant, FIV etc. À 40 ans on est encore jeune, sauf que pour une femme ça commence à faire, c’est comme ça.

      L’autre problème c’est l’infertilité liée à la Pollution (perturbateurs endocriniens entre autres) et au mode vie. Et ça il y a déjà un moment que tout le monde le sait. Notamment cette diminution de plus de 50 % en moins de 40 ans (1973 -2011) de la concentration de spermatozoïdes dans le sperme chez les hommes occidentaux.
      Voir le rapport remis au ministre Olivier Véran en 2022. (Reporterre d’hier)
      ( à suivre )

      1. (suite) Ce qui veut dire qu’à ce rythme là les hommes occidentaux seront quasiment TOUS stériles d’ici peu. Et je ne vois pas comment les malthusiens et autres dénatalistes pourraient se réjouir de cette perspective. Ou alors c’est à désespérer de tout.
        Sans parler des cancers etc. liés eux-aussi à la Pollution et à notre mode vie débile, ce problème de stérilité est peut-être encore plus grave que cette folie qui nous pousse à repousser toujours plus loin les limites. Dans tous les domaines. Comme effectivement ces femmes d’un certain âge qui ont recours à la PMA. Mais finalement, même si la fécondité des femmes de plus de 40 ans ne cesse d’augmenter (dans les pays riches bien sûr)… combien de mamies deviennent maman à 60 voire 70 ans ?
        Bref, pour «résoudre» ce problème d’infertilité, on peut donc tout imaginer.
        ( Limite âge PMA : 45 ans en France, 50 ans en Grèce et Espagne, no-limit aux USA ! )

    2. Je suis un peu étonné de cette théorie de dégénérescence de la fertilité. Je ne vois pas de mécanisme biologique pouvant aboutir à ce résultat.
      Cependant, la médecine généralisée permet à certains individus qui seraient morts en temps normal de continuer à se reproduire. La sélection naturelle ne fait plus son travail.
      Nous n’allons pas nous en plaindre. 😇

  3. Ces 3 derniers articles de Biosphère sont évidemment liés, ils font suite aux récentes déclarations de Macron. Face au problème que représente le vieillissement de la France, avec toutes les conséquences que ça implique, Macron veut donc relancer la natalité française (en berne), et en même temps mener la guerre contre l’infertilité.
    Rappelons au passage que ce problème d’infertilité ne saurait à lui seul expliquer la baisse de la natalité. Laissons aussi de côté, pour le moment, le problème de la (sur)population.
    Ces déclarations de Macron ont soulevé de nombreuses réactions. Comme ici le Communiqué de presse de Démographie Responsable (18 JANVIER 2024 À 22:23-24), avec lequel, pour le coup, je m’associe. Du fait que dès le tout début il dénonce le choix des mots du Président.
    Je ne crois absolument pas que Macron ait employé cette expression («réarmement démographique») à la légère. ( à suivre )

    1. Autre réaction, cet article du Huffington Post, mis en lien par Rapporterre (18 JANVIER 2024 À 23:31-34). Là encore, l’historienne Marine Rouch analyse et déplore la sémantique (rhétorique) de Macron. Sur Le HuffPost lire aussi cet autre article du 16/01/2024 :
      – le « réarmement démographique » du président a des airs de dystopie

      D’un côté cette dérive à droite, extrême droite… qui ne s’observe pas seulement ici… d’un autre ces problèmes de santé publique, comme ici l’infertilité, mais aussi les cancers, l’anxiété, les suicides et j’en passe… auquel je rajoute la Grande Confusion (mère du Grand N’importe Quoi)… comme ici Frydman qui maintenant s’interroge… de la même manière que « s’interrogeait » au printemps dernier ce pauvre Elon Musk au sujet de l’IA. ( à suivre )

      1. Ce même Musk qui, aujourd’hui, nous fait entendre un autre son de cloche :
        – Elon Musk veut faire de Tesla un géant de l’intelligence artificielle et de la robotique
        ( Le Monde, hier )
        La fuite en avant (comme dit Didier Barthès)… la Bêtise et la Haine (pas que sur TikTok) de plus en plus Décomplexées… J’arrête là, je pourrais bien sûr en remplir des pages.
        Bref, de ces graves problèmes je ne peux dire lequel est le pire. Mais tous sont liés.
        Et finalement ils ne font qu’un. Pour moi tout ça est bien plus grave que le reste.
        J’en plaisante souvent, juste pour essayer d’éviter d’en rajouter. Mais tout tout ça sent très mauvais. Nous avons déjà suffisamment d’ingrédients comme ça pour la dystopie, n’allons surtout pas en rajouter.

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